LES RATIOS
I. INTRODUCTION
1. PRINCIPES ET UTILITÉ DU CALCUL
Les ratios sont le rapport de deux grandeurs significatives. L’enseignement apporté par les ratios
est indispensable à un gestionnaire ou à un responsable d’entreprise au niveau interne, à un
prêteur ou à des conseillers d’entreprise au niveau externe.
L’analyse financière par les ratios ne peut cependant être menée à bien qu’en procédant à l’aide
de ratios soigneusement sélectionnés, simples, significatifs.
L’analyse par les ratios est donc une aide à la décision. Elle permet :
D’établir des comparaisons sectorielles et internes dans le temps. Par exemple, une
évolution dans le temps satisfaisante (constatée grâce à un choix sélectif de ratios sur au
moins 3 années) peut être en fait que très médiocre, si parallèlement les ratios globaux
sectoriels donnés par les organisations professionnelles révèlent un comportement de la
concurrence encore meilleur
De tenir un tableau de bord grâce à un choix d’indicateurs probants, transcrits souvent
sous forme de graphiques tendanciels plus lisibles et plus utilisables
Utilité des ratios
Constitue une information synthétique - interne : pour dirigeants, responsables
- externe : pour actionnaires, banquiers,
conseillers, etc.…
Visualiser une évolution - historique (sur 3 ans au moins)
- prévisionnelle
Etablir des comparaisons - avec les entreprises du même type
- avec les entreprises de la même branche
Tenir un tableau de bord - choix de ratios fiables
- transcription des ratios sous forme de
Graphiques simples et lisibles
Aider à la prise de décision (avec prudence)
Pour être des auxiliaires fiables, les ratios
doivent être simples, peu nombreux,
honnêtes
2. Mise en garde
L’analyse par les ratios a des limites qu’il convient de garder à l’esprit.
2.1 Les ratios utilisent des données annuelles ne rendant pas compte de la saisonnalité éventuelle
de l’activité. Par exemple, pour une entreprise saisonnière, un besoin en fonds de roulement
calculé sur les états de fin d’année ou une durée de clients calculée grâce au poste « clients » du
bilan de clôture, peuvent n’avoir aucune signification.
2.2 L’inflation provoque un accroissement fictif du résultat et une sous-évaluation des actifs.
L’analyste financier devra veiller à apporter le correctif nécessaire pour moduler les incidences
de l’inflation.
2.3 Le SYSCOHADA a pour l’essentiel intégré les différents retraitement nécessaires (crédit-
bail, personnel intérimaire, effets escomptés non échus etc.…) à la restauration de la réalité
économique.
II. DIAGNOSTIC DE LA STRUCTURE DE L’ACTIVITE ET DE LA RENTABILITE
PAR LES RATIOS
SECTION 1 : ANALYSE DE LA STRUCTURE
L’étude de la structure doit être appréciée à deux niveaux : structure financière et structure
économique.
1. ANALYSE DE LA STRUCTURE FINANCIÈRE
Cette étude permet de répondre à la question suivante : quelle est la structure financière, à la
clôture de l’exercice, résultant des opérations réalisées, des financements obtenus et des résultats
dégagés.
1.1 Principaux ratios de structure
Intitulé du ratio Mode de calcul du Interprétation du ratio
ratio
La couverture des immobilisations par les
Financement des immobilisations Ressources durables ressources (ratio > 1) est en général requise
Actif immobilisé du regard de l’importance du besoin de
financement de l’exploitation. Sinon
l’entreprise est en situation de fragilité.
L’augmentation de ce ratio correspond
théoriquement à une amélioration des
structures de financement
* attention au BFRE négatif, à la réduction des
capitaux propres, remboursements
Lorsque ce ratio est inférieur à 1 alors que le
Ressources durables ratio précédent est supérieur à 1, l’entreprise
Equilibre financier Actif immobilisé + doit recourir à des crédits de trésorerie pour
BFRE financer l’excédent du BFR sur le FNRG
Ce ratio est complémentaire des précédents.
Financement bancaire de Crédits de trésorerie Il permet d’apprécier :
l’exploitation BFR exploitation - le risque bancaire dû au non
renouvellement des crédits de trésorerie (en
principe reconductibles)
- le financement des besoins permanents de
l’exploitation
l’utilisation systémique de crédit de trésorerie
n’est pas saine car elle traduit une
insuffisance de ressources durables et en
outre elle grève la rentabilité et la capacité
d’autofinancement
Indépendance financière ou Capitaux propres C’est un ratio qui mesure la dépendance
autonomie financière Endettement à terme financière extérieure de l’entreprise.
Ou Il n’existe pas de règle absolue en la matière,
Endettement à terme mais l’orthodoxie financière et les normes
Capitaux propres bancaires recommandent que l’endettement à
Ou terme ne soit pas supérieur aux capitaux
Endettement à terme propres.
Cap. Propres + Toutefois, l’effet de levier et la fiscalité
Endettement à terme favorable à l’endettement incitent les
entreprises à s’endetter plus que de raison.
Importance de l’endettement global Endettement global Le contenu informationnel de ces ratios est
Capitaux propres analogue à celui du ratio d’autonomie
Endettement global=endettement à financière. Bien qu’il n’y ait pas de norme.
terme + dettes à l’égard des associés Les financiers avancent parfois l’idée que ce
+ crédits de trésorerie ratio ne devrait pas être supérieur à deux. En
réalité, c’est l’étude de l’évolution de ce ratio
dans le temps qui est significative.
Importance des crédits de trésorerie Crédits de trésorerie Ce ratio traduit l’arbitrage réalisé par
Endettement global l’entreprise entre emprunts à terme et
crédits de trésorerie.
Une forte proportion de concours de
trésorerie dans l’endettement peut
signifier une situation de vulnérabilité qui
tient à la précarité de principe de ce type
de ressources et à son coût.
Capacité de remboursement Endettement total Ce ratio mesure la capacité théorique de
CAF l’entreprise à rembourser ses dettes. Le
milieu financier recommande la prudence
en fixant un endettement global inférieur
ou égal à 3 ou 4 années.
Taux d’autofinancement Autofinancement La vocation de l’autofinancement étant
Investissement de entre autres de financer les nouveaux
l’exercice + variation investissements et la variation du besoin
du BFRE en fonds de roulement d’exploitation,
l’étude de ratio est fort enrichissant pour
apprécier la structure du financement des
emplois économiques totaux.
1.2 L’effet de levier
1.2.1 Définition
On appelle « effet de levier » l’incidence de l’endettement de l’entreprise sur la rentabilité des
capitaux propres (ou rentabilité financière).
1.2.2 Illustration
Soit une entreprise qui dispose d’un actif économique de 1000, dont la rentabilité est de 15 %.
Calculons sa rentabilité financière selon la manière dont est financé l’actif économique (coût de la
dette i = 10 %).
Financement par capitaux Financement par capitaux
propres seulement propres et endettement
Capitaux propres 1000 500
Dettes 0 500
Actif économique 1000 1000
Résultat économique ou 1000 x 0,15 = 150 1000 x 0,15 = 150
d’exploitation
Charges d’intérêt 0 500 x 0, 10 = 150
Résultat imposable 150 100
Résultat net 150 x 2/3 = 1000 100 x 2/3 = 66,67
Rentabilité financière 100/100 = 10 % 66,67 / 500 = 13,33
Il apparaît clairement que le recours à l’endettement accroît la rentabilité financière. En
l’occurrence, on dira que l’effet de levier est de 13,33 % -10 % = 3,33 %.
1.2.3 Formulation et généralisation
Soient : Capitaux propres = K
Dette = D
Actif économique = K+D
te = taux de rentabilité économique
i = taux de la dette
Résultat économique = (K + D) t e
Charges d’intérêt = Di
Résultat imposable = (K + D) t e – Di = Kte + D (te –
Résultat net = (1 – 0) [Kte + D(te – i)]
Rentabilité financière = Résultat net = t f = (1-0) [te + D(te – 1)]
K K
Cette formule peut aussi s’écrire : tf = (1 – 0)te + (1 – 0)D(t – 1)
K
Le rapport D/K est appelé « levier financier »
La relation (1) ci-dessus montre que :
1. si l’entreprise n’est pas endettée (D = 0) tf = (1 – 0) te
2. si l’entreprise est endettée, l’expression (1 – 0) D (te – i) mesure l’effet de levier, c’est à
dire la
K
contribution positive ou négative de l’endettement à la rentabilité financière.
. Si t > i, l’effet de levier est positif ; t f est d’autant plus élevée que D/K est grand.
. Si t < i, l’effet de levier est négatif ; t f est d’autant plus faible que D/K est grand.
Exemple :
Evaluation du t f et de l’effet de levier en fonction de D/K, de t e et de i 0 = 1/3
D/K 0 1 2
te > i tf = 2/3 x 0,2 t = 2/3 x 0,2 + 2/3 x 1 (0,2 – 0,1) = T = 2/3 x 0,2 + 2/3 x 2 (0,2
= 13,33 % 20 % – 0,1) = 26,67 %
0,2 0,1 Effet de levier Effet de levier = 20 – 13,33 % = Effet de levier = 26,67 –
=0 6,67 % 13,33 % = 13,34 %
te > i tf = 2/3 x 0,07 t = 2/3 x 0,07 + 2/3 x 1 (0,07 – 0,1) T = 2/3 x 0,07 + 2/3 x 2
= 4,67 % = 2,67 % (0,07 – 0,1) = -1,33 %
0,07 0,1 Effet de levier Effet de levier = 2,67 – 4,67 = -2 % Effet de levier = -1,33 % –
=0 4,67 % = -6 %
2. Analyse de la structure économique
Ces ratios pourraient aussi être qualifiés de ratios descriptifs de moyens d’exploitation mis en
œuvre.
Intitulé du ratio Mode de calcul du ratio Interprétation du ratio
Ce ratio exprime le rendement
Intensité de l’investissement Valeur ajoutée de l’équipement. Il permet
Ou Immobilisation d’exploitation également de situer l’aptitude
Rendement marginal du + BFRE des immobilisations productives
capital à transformer les biens
Productivité de Valeur ajoutée Ce ratio pour être significatif,
l’investissement Investissement d’exploitation doit utiliser la variation de la
Ou + var° BFRE valeur ajoutée
Coefficient marginal du capital
Productivité du travail Ce ratio doit être établi
Ou Valeur ajoutée conjointement et comparé au
Rendement du travail Effectif rendement de l’équipement
Ce ratio mesure le rapport
existant entre le travail et le
capital. Une entreprise dont
l’équipement est très moderne
Intensité de la mécanisation Immobilisation d’exploitation devrait avoir un ratio d’intensité
ou Effectif capitalistique élevé (exemple :
Intensité capitalistique centrale électrique). Il peut être
intéressant de suivre l’évolution
de ce ratio de manière à suivre la
propension à investir des
dirigeants d’une entreprise.
Ce ratio peut être
Taux d’obsolescence des Amortissement complémentaire du précédent. Il
immobilisations Immobilisation brute peut permettre de juger de
amortissable l’effort d’investissement et de
modernisation de l’entreprise.
Le besoin en fonds de roulement
d’exploitation est une
caractéristique essentielle d’une
activité. Il y est étroitement lié.
Besoins en fonds de roulement BFR Exploitation x CAHT Toutes choses étant égales par
(en jours de CAHT) 360 ailleurs, il évolue parallèlement
au chiffre d’affaires. Le besoin
en fonds de roulement est
généralement exprimé en jours
de chiffre d’affaires hors taxes.
SECTION 2 : LES RATIOS DE CROISSANCE (OU D’ACTIVITÉ)
De façon générale, les ratios d’activité mesurent les performances réalisées par l’entreprise sur
plusieurs exercices. L’activité sera évaluée soit à partir du chiffre d’affaires (ventes de
marchandises et de services + production vendue) seul porteur de recettes de trésorerie, soit à
partir de la valeur ajoutée, seule apte à mesurer la richesse créée. Pour que les résultats soient
significatifs, il faut tenir compte de l’inflation.
Ce ratio mesure le taux de
croissance (variation) apparent. Il
Taux de croissance du CAHTN+1 - CAHTN est intéressant de suivre son
chiffre d’affaires hors taxes CAHTN évolution.
Toutefois, il faut neutraliser l’effet
de l’inflation
Ce ratio mesure le taux de
croissance (variation) apparent de
la valeur ajoutée qui représente la
Taux de croissance de la VAn+1 - VAn richesse créée durant le cycle de
valeur ajoutée (ou de la VAn production. Son évolution sur
valeur ajoutée globale) plusieurs exercices est
intéressante. Il faut comme pour le
C.A. tenir compte de l’inflation.
Désignons par :
X0 l’expression monétaire d’une variable déterminée (CAHT ou VA) à la date 0
X1 son expression monétaire à la date 1 (c’est à dire une année plus tard)
i le taux d’inflation relatif à l’année 1
c le taux de croissance réel de X
0 1
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
X 0 X 1
La relation liant X et X est :
1 0
X1 = X (1 + i)(1+ c)
0
X1
D’où c = –––––––––––––– - 1
X0 (1 + i)
Exemple
Quelle est la croissance réelle du CAHT, au cours de l’exercice+ N+1 sachant que l’on a :
- taux de l’inflation relatif à l’année N+1 = 0,04
Années N N+1
CAHT 1000 1200
SOLUTION
Le taux de croissance réelle du C.A. est donné par la relation
1200 = 1000 (1,04) (1 + c)
1000
c = ––––––––– -1 = 0,1538 soit c = 15,38 %
1000 (1,04)
par contre, le taux de croissance apparente est
1200 –1000
––––––––––––– x 1000 = 20 %
1000
SECTION 3 : ANALYSE DE LA RENTABILITÉ
L’étude de la rentabilité doit être envisagée à trois niveaux : rentabilité d’exploitation, rentabilité
économique, rentabilité financière.
1. ANALYSE DE LA RENTABILITÉ D’EXPLOITATION
Taux de marge commerciale Marge commerciale L’examen de ce ratio conduit à
Chiffres d’affaires HT l’appréciation de la stratégie
commerciale de l’entreprise ainsi qu’à
l’appréciation des contraintes du
marché et de la politique du prix de
vente
Taux de valeur ajoutée Valeur ajoutée Ce ratio est l’instrument de mesure de
Chiffre d’affaires HT la taille économique de l’entreprise et
Ou du degré d’intégration de l’entreprise.
Valeur ajoutée Son évolution permet d’apprécier la
Production stratégie industrielle d’une entreprise
Taux d’excédent brut Excédent brut d’exploit Ce ratio permet d’apprécier le niveau
d’exploitation Chiffres d’affaires HT du résultat, indépendamment de la
politique financière, de la politique
d’investissement, de l’incidence, de la
fiscalité et de l’incidence des éléments
hors activités ordinaires. C’est un bon
élément de comparaison inter-
entreprises du même secteur
Taux de rentabilité Résultat d’exploitation Ce ratio met en évidence le niveau
d’exploitation Chiffres d’affaires HT relatif du résultat strictement lié à
l’exploitation indépendamment de la
politique financière, de l’impôt, et des
éléments hors activités ordinaires.
Toutes choses étant égales par ailleurs,
c’est un résultat récurrent.
Taux de marge sur coût Marges sur coûts La marge sur coût variable contribue à
variable variables la couverture des charges fixes. Le taux
Chiffres d’affaires HT de marge sur coût variable aide à la
détermination du seuil de rentabilité qui
sera examiné ultérieurement.
2. ANALYSE DE LA RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE
Intitulé du ratio Mode de calcul du Interprétation du ratio
ratio
Rentabilité brute des La rentabilité économique mesure les
capitaux engagés dans résultats dégagés par les capitaux engagés
l’exploitation pour assurer une activité. On le désigne
également par le vocable de « ROI »
E B E (Return On Investment).
Capital économique
Il convient de ne retenir dans le calcul du
ratio que les seules immobilisations
productives.
La rentabilité économique résulte :
- de l’aptitude à vendre avec une marge
bénéficiaire
Rentabilité des capitaux Résultat d’exploitation - de la capacité à engendrer du
engagés dans l’exploitation Capital économique Chiffre d’affaires
3. Analyse de la rentabilité financière
Intitulé du ratio Mode de calcul du ratio Interprétation du ratio
Rentabilité nette des capitaux Résultat net L’importance de ce ratio qui
propres Capitaux propres mesure la rémunération nette des
capitaux propres, sera appréciée par
référence au taux moyen de
rendement des placements à
revenus fixes. Le taux d rentabilité
doit être supérieure au loyer fixe de
l’argent
Flux de fonds dégagés par les Capacité Ce ratio permet d’apprécier
ressources propres d’autofinancement l’aptitude à dégager des ressources
Capitaux propres assurant le renouvellement et le
renforcement des immobilisations
Price Earning Ratio (PER) Capitalisation boursière L’analyse des éléments boursiers
Résultat net est indispensable pour une société
Price Cash Flow Ratio (PCFR) cotée.
Ou
Pour décrire les phénomènes
Cours de l’action boursiers, on utilise :
Résultat par action
- la capitalisation boursière qui
est calculée à la clôture de
l’exercice
Capitalisation boursière = derniers
Capitalisation boursière cours à la clôture x nombre
Capitaux d’actions
d’autofinancement - les ratios PER ou PCFR
Ou
Cours de l’action De façon générale, les PER sont
Capacité compris entre 8 et 12.
d’autofinancement Un PER inférieur à 8 correspond à
des valeurs mal cotées.
Un PER supérieur à 12 correspond
à des valeurs en croissance.
Toutefois, la généralisation de ces
résultats doit être prudente.
En effet, le ratio peut être influencé
par l’annonce de nouveaux
marchés, ou de dividendes
importants.
SECTION 4 : LES RATIOS DE ROTATIONS
1 LES RATIOS DE ROTATIONS TECHNIQUES
Elles sont obtenues en rapportant les numérateurs aux dénominateurs les plus appropriés.
1-1 Rotation des stocks
Une bonne gestion des stocks consiste pour l'entreprise à disposer de la quantité de matières ou
de produits aussi faible que possible, afin de ne pas alourdir ses besoins de financement, mais
sans pour autant courir le risque de se trouver en rupture. Il lui faut, en fait, réaliser le chiffre
d'affaires maximum avec le montant de stock minimum.
Le stock doit donc «tourner rapidement». Lors d'une étude de bilans, il faut calculer cette vitesse
de rotation qui indique combien de fois dans l'année, le stock a tourné ; il faut également la
comparer avec les vitesses de rotation dégagées au cours des exercices précédents et, si possible,
avec celles d'entreprises ayant une même activité.
On peut calculer ces rotations pour les différents types de stocks :
1-1-1 matières premières
Stock final (ou moyen) de matières premières et consommables x 360 /Achats H.-T.
1-1-2 marchandises (surtout pour entreprise commerciale)
Stock final (ou moyen) de marchandises x 360 /Coût des stocks vendus (HT)
1-1-3 produits finis
Stock final (ou moyen) de produits finis x 360 /Coût des stocks vendus (HT)
Le premier ratio permet de déterminer le nombre de jours d'approvisionnement qui doit « nourrir
» l'entreprise.
Les deux autres ratios mesurent en nombre de jours de ventes, la quantité de marchandises ou de
produits prêts à la vente. Il convient d'étudier avec attention, l'évolution de ces ratios compte tenu
du coût de détention de ce genre de stock et de la signification qu'il faut attribuer à un sur
stockage. En outre, des variations importantes peuvent être enregistrées au cours de l'année en cas
de production saisonnière ou de vente par campagne.
La vitesse de rotation des stocks connaît, selon les entreprises étudiées, d'importantes variations ;
elle dépend essentiellement :
o Des délais d'approvisionnement des fournisseurs ;
o De la durée du cycle d'exploitation ;
o De la politique suivie en matière de ventes : fabrication à la commande, ventes sur stocks ;
o De la durée de vie du produit fabriqué.
Elle dépend également du caractère plus ou moins saisonnier de l'activité. Certaines entreprises,
en effet, ont des approvisionnements saisonniers, ou bien intensifient leur production à certaines
périodes de l'année, ou bien encore doivent constituer des stocks pour faire face à des ventes
concentrées sur quelques mois ou quelques semaines seulement. Dans tous ces cas, selon la date
du bilan, on trouvera des stocks soit très faibles, soit très importants.
Une entreprise dont le stock tourne rapidement est moins vulnérable qu'une autre car plus le
degré de liquidité de son stock est élevé, plus ses disponibilités se reconstituent.
Lors d'une étude sur plusieurs bilans successifs, si le ratio exprimé en nombre de jours baisse,
cela signifie que la vitesse de rotation s'accroît ; ce qui généralement, est un élément favorable
(sauf période de pénurie où les stocks ne peuvent être constitués, ce qui, au début, provoque une
diminution du ratio).
Au contraire, une hausse du ratio doit être attentivement étudiée pour pouvoir déceler et
interpréter les causes du ralentissement constaté de la vitesse de rotation. Ce peut-être le signe
que l'entreprise spécule ; cette tendance à spéculer se révélera le plus souvent dans une affaire
industrielle par une augmentation massive du poste « matières premières ». Les matières
premières connaissent en effet de très fortes variations, ce qui peut pousser certaines entreprises à
profiter d'un cours d'achat en baisse, pour constituer des stocks très importants.
Ce qui peut être également le signe d'une mévente ; en ce cas ce sera principalement le poste «
Produits finis » qui augmentera très rapidement alors que le chiffre d'affaires restera constant ou
bien diminuera.
L'apparition au bilan d'un stock trop important, notamment de produits finis, compte tenu du
chiffre d'affaires réalisé, peut faire craindre que ce stock ne soit constitué d'éléments invendables.
Dans la plupart des cas, un ralentissement dans la rotation des stocks entraînera des difficultés de
trésorerie, liées à l'accroissement du passif exigible à court terme.
Dans le domaine de la gestion prévisionnelle, le ratio de rotation des stocks permet, compte tenu
des prévisions d'activité, de déterminer approximativement le niveau du stock moyen nécessaire
pour que l'entreprise puisse fonctionner normalement.
1-2 Rotation des clients
(Clients + comptes rattachés + Effets escomptés non échus) x 360 /C. Affaires TTC
Nota : Afin de mieux apprécier les délais de paiement accordés à la clientèle, il est souhaitable
d'intégrer les clients douteurs pour leur valeur brute.
Ce ratio indique, à l'époque du bilan, (en nombre de jours de ventes T.T.C), le montant du crédit
accordé à la clientèle. Il dépend fortement du secteur d'activité et du caractère saisonnier de
l'exploitation.
Il faut suivre attentivement le montant du poste clients douteux.
L'étude des délais de paiement consentis à la clientèle permet de se pencher sur la politique de
crédit, que mène l'entreprise vis-à-vis de ses clients : elle permet également de se rendre compte
si les montants inscrits dans les postes (clients + effets à recevoir + en-cours d'escompte) restent
dans un rapport raisonnable avec le chiffre d'affaires. Précisons que cette étude touche à la
gestion financière mais également à la politique commerciale que suit l'entreprise.
Si la durée du crédit ainsi déterminée paraît trop importante eu égard aux usages de la profession,
ou bien par rapport aux délais de paiement accordés habituellement, il faudra chercher une
explication.
On pourra constater par exemple que l'entreprise a une activité saisonnière et que les ventes ont
été particulièrement importantes en fin d'exercice ou bien que l'entreprise voit ses affaires se
développer de façon considérable. Ces constatations sont favorables.
Mais dans la même situation, on pourrait constater que l'entreprise est obligée d'accorder des
délais anormalement longs pour faire face à une concurrence très forte ou bien qu'elle a du mal à
encaisser ses créances ; cette situation est tout à fait défavorable.
En période d'activité normale, les délais de paiement aux clients doivent être sensiblement
stables.
L'entreprise doit cependant toujours s'efforcer de réduire ces délais mais sans pour autant
compromettre ses débouchés et la satisfaction de la clientèle.
1-3 Rotation des fournisseurs
(Fournisseurs + comptes rattachés) X 360 /Achats (T.T.C)
L'étude des délais de paiement accordés par les fournisseurs permet de se pencher sur la politique
que suit l'entreprise en matière d'appel au crédit fournisseur ; elle permet également de se rendre
compte si les dettes vis-à-vis des fournisseurs restent dans un rapport raisonnable avec le montant
des achats effectués.
S'il est naturel que l'entreprise utilise comme mode de financement les crédits à court terme qui
lui sont accordés par ses fournisseurs, il faut cependant veiller à ce que le ratio ne soit pas trop
élevé, c'est-à-dire que l'entreprise ne doit pas, en période d'activité normale, demander à ses
fournisseurs de trop longs délais de paiement.
Si la durée du crédit paraît trop importante eu égard aux usages de la profession, ou bien par
rapport aux délais de paiement habituellement obtenus, c'est le signe de difficultés.
En effet, le meilleur moyen pour soulager une trésorerie serrée, c'est de retarder au maximum le
paiement de ses dettes et en particulier de ses dettes envers les fournisseurs. Une augmentation de
la valeur du ratio est très souvent la conséquence d'une rotation trop lente des stocks et de leur
gonflement ; c'est également la première manifestation de difficultés à venir. C'est, dans ce cas,
un élément défavorable.
Mais cette variation peut également provenir de ce que l'entreprise a une activité saisonnière et
que les ventes ont été particulièrement importantes en fin d'exercice ou bien que l'entreprise voit
ses affaires se développer de façon spectaculaire. Ces constatations sont favorables.
Enfin, le ratio peut évoluer si l'entreprise change de fournisseurs et que les nouveaux ont des
délais de paiement très différents des anciens sans que cela modifie l'appréciation à porter sur
l'entreprise et son évolution.
L'analyse de ce ratio est particulièrement utile dans le cas où des changements dans la technique
de production (par exemple intégration amont) entraînent de très nettes variations du ratio de
rotation financière correspondant.
Il importe de bien noter que le crédit obtenu des fournisseurs n'est pas toujours gratuit ; même si
l'achat n'est pas majoré du coût du crédit, le règlement différé peut empêcher l'entreprise de
bénéficier d'un escompte de règlement.
C'est à l'entreprise de déterminer la source de financement la moins onéreuse et celle à laquelle
elle peut avoir le plus facilement accès :
o les emprunts auprès des banques pour régler comptant ses fournisseurs et bénéficier ainsi
o d'un escompte ;
o utiliser les délais accordés par les fournisseurs en renonçant à l'escompte.
2. LES ROTATIONS FINANCIERES
Les rotations techniques apportent les informations fondamentales pour l'analyse de l'évolution
des différentes composantes du Besoin en Fonds de roulement.
Mais l'absence d'une référence commune (un dénominateur commun) ne permet pas la
comparaison immédiate de ces différentes rotations.
Pour éliminer cet inconvénient, il a paru nécessaire de ramener toutes les données à une base
commune. Le chiffre d'affaires (H.T) tel qu'il apparaît dans le tableau de formation du résultat a
été retenu car il existe des relations évidentes entre les différents stocks, le crédit client, le crédit
fournisseur et la production vendue.
Ces différents ratios obtenus en rapportant les numérateurs des rotations techniques à un même
dénominateur, le C.A. HT sont appelés ratios de rotations financières.
Exemple :
• Stocks en nombre de jours de CAHT =
Stocks x 360 (en décomposant éventuellement ces stocks) /CA HT
• Clients en nombre de jours de CAHT :
Clients et cptes rattachés + effets escomptés non échus x 360 /CA HT
• Fournisseurs en nombre de jours de CAHT
(Fournisseurs et comptes rattachés X 360 /CA HT
Pour leur interprétation, on peut se rapporter aux éléments donnés dans l'étude des rotations
techniques.
Cette présentation permet d'exprimer le Besoin en fonds de roulement en nombre de jours de CA
et de le décomposer de façon additive.
CAS N°9 SOCIETE C.S.E
La société C.S.E est une entreprise de services spécialisée dans la finition de chantiers
immobiliers. Le poste « achats directement liés aux services vendus » qui figure dans les charges
du compte de résultat concerne les achats de petits matériels et de consommables utilisés sur les
chantiers et refacturés aux clients en plus de la prestation rendue
Bilans- liquidité schématique N1 N2 N3
Immobilisation (1) 2 100 5 000 6 000
Stocks (services en -cours) 32 000 48 000 72 000
Clients 1 500 2 250 3 250
Banques 650 150 150
Total actif 36 250 55 400 81 400
Capitaux propres après répartition du bénéfice (1) 32 250 38 850 43 275
Emprunts à long terme (1) 100 2 000 2 500
Découverts bancaires 0 8 550 26 625
Fournisseurs 3 900 6 000 9 000
Total passif 36 250 55 400 81 400
(1) postes à long terme, les autres termes sont à moins d’un an
Comptes de résultat schématiques N1 N2 N3
Prestation de services 144 000 216 000 300 000
Variation des services en cours 0 16 000 24 000
Achats directement liés aux services vendus 18 000 27 000 34 500
Autres achats et charges externes 18 700 29 000 35 000
S/T valeur ajoutée 107 300 176 000 254 500
Salaires et charges sociales 96 000 160 000 240 000
Dotations aux amortissements 600 1 400 1 700
Charges financières 0 1 400 3 950
Impôts sur les sociétés 5 100 6 200 4 150
Bénéfice 5 600 7 000 4 700
TRAVAIL A FAIRE