Usinabilité Des Aciers Inoxydables: Christian TROMBERT
Usinabilité Des Aciers Inoxydables: Christian TROMBERT
L e marché mondial des produits longs (billettes, fil machine, barres) en acier
inoxydable s’élève aujourd’hui à près de deux millions de tonnes. Plus de la
moitié de ces produits verront au cours de leur mise en forme au moins une
opération d’usinage. Cet usinage peut être limité, entre autre pour les pièces for-
gées, mais il est aussi parfois très important, c’est le cas des pièces mécani-
ques. Ainsi, dans le décolletage, les coûts d’usinage sont à l’origine de la plus
grande partie des coûts de revient des pièces finies et nous arrivons alors au
paradoxe suivant : l’usinabilité se situe parmi les propriétés les plus importan-
tes exigées des produits longs aciers inoxydables.
Cette usinabilité met en jeu plusieurs paramètres : bien sûr le matériau lui-
même, mais aussi la machine sur laquelle le matériau va être transformé, les
outils de coupe, le lubrifiant, pour ne citer que les paramètres les plus immé-
diats. Nous connaissons une évolution rapide de tous ces paramètres, en parti-
culier du matériau, à tel point que la mauvaise réputation des aciers inoxydables
en usinabilité devient de plus en plus injustifiée.
Nous rappellerons, dans une première partie, quelques définitions concernant
l’usinabilité, ses critères d’appréciations et les diverses techniques d’usinage.
Puis nous étudierons l’influence des propriétés physiques et métallurgiques du
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auront les durées de vie les plus longues et les plus fiables dans les
zones de bon fonctionnement mises en évidence sur le diagramme ; 2.2 Influence des propriétés physiques
— essais de perçage de courte durée : mesure des efforts de per-
çage (couple, effort de pénétration) et détermination de courbes
efforts/vitesses.
Les propriétés physiques qui jouent un rôle important lors de
■ Compréhension des mécanismes de formation du copeau : l’usinage des aciers inoxydables sont la conductivité thermique, les
coefficients de frottement et les coefficients de dilatation.
Les essais dans ce domaine ne sont limités que par l’ingéniosité
des chercheurs et nous ne citerons que celui qui figure parmi les
plus connus : la coupe orthogonale interrompue (quick stop, [5]).
Couplée à la mesure d’efforts de coupe et à l’observation métallo- 2.2.1 Effet de la conductivité thermique
graphique du copeau, cet essai a apporté de nombreux renseigne-
ments, en particulier sur le rôle des inclusions (cf. § 2.5). Nous pouvons retenir que les sources de chaleur lors de la forma-
tion du copeau sont localisées dans les zones de cisaillement pri-
maire et de cisaillement secondaire (figure 3, issue de [6]) :
1.4 Modes de dégradation de l’outil Une conductivité thermique élevée évite un échauffement trop
important de la zone de coupe grâce à une bonne évacuation de la
chaleur produite à l’interface outil/copeau dans toute l’épaisseur du
Les mécanismes d’usures et la mesure des endommagements copeau.
occasionnés sont ceux présentés en détail au chapitre endommage-
ment des outils de coupe [11] c’est-à-dire pour les mécanismes :
l’adhésion, l’abrasion, la diffusion et l’écaillage.
Outil
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2 000
32 X 10 Cr Ni 18 - 8
Austénitiques
29 X 5 Cr Ni 18 - 10 (AISI 304)
1 500
X 5 Cr Ni Mo17 - 12 - 2 (AISI 316)
Nuances
26 martensitiques
1 000 X 6 Cr 17 (AlSl 430) Ferritique
X 12 Cr 13 (AlSl 410)
23
Nuances X 20 Cr 13 (AlSl 420) Martensitiques
ferritiques Nuances
austénitiques 500
20
0 10 20 30 40 50 60 70
Taux d'écrouissage (%)
17
Figure 5 – Écrouissabilité des aciers inoxydables austénitiques,
ferritiques et martensitiques
14
Figure 4 – Conductivité thermique des aciers inoxydables 2.3 Propriétés métallurgiques à froid
Il s’avère que les aciers inoxydables présentent des conductivités La mauvaise conductivité des aciers inoxydables provoque un fort
thermiques beaucoup plus faibles que les aciers peu alliés (1,5 à gradient de température à l’intérieur même du copeau, d’autre part
3 fois plus faibles). Les austénitiques sont de loin les plus défavori- les températures varient énormément avec les conditions de coupe.
sés (figure 4), même si une augmentation de la température dimi- Il est donc nécessaire de prendre en compte non seulement les
nue leur handicap. Les martensitiques sont les moins pénalisés, propriétés à froid du matériau usiné, mais aussi les propriétés à
mais leur conductivité reste tout de même environ 1,5 fois plus fai- chaud. Ceci est d’autant plus vrai que les caractéristiques des aciers
bles que les aciers peu alliés. inoxydables évoluent beaucoup avec la température dans la gamme
Cette mauvaise conductivité a alors pour conséquences : rencontrée en usinage.
— des températures à l’interface outil/copeau élevées et des Nous commencerons à étudier l’influence des propriétés à froid,
efforts de coupe importants ; en particulier les caractéristiques mécaniques, l’écrouissabilité, la
taille de grain.
— une tendance à des conditions de déformation de type adiaba-
tique aux vitesses de coupe élevées, d’où une instabilité plastique ;
— une usure des outils par fatigue thermique et par diffusion plus 2.3.1 Influence des caractéristiques mécaniques
importante.
et de l’écrouissabilité
2.2.2 Rôle du coefficient de dilatation Nous distinguerons dans ce paragraphe les trois grandes familles
que sont les austénitiques, les martensitiques et les ferritiques, du
fait de caractéristiques et de comportements différents.
Les coefficients de dilatation élevés ont une influence directe sur
Les austénitiques ont, à l’état hypertrempé, une charge à rupture
la tenue des cotes et sur les déformations des pièces usinées. Ceci
relativement importante (typiquement 600 MPa) ainsi qu’un allon-
est tout particulièrement vrai pour les austénitiques pour lesquels le
gement à rupture relativement élevé (de l’ordre de 60 % avec une
cumul de températures de coupe élevées et de forts coefficients de
striction de 70 à 80 %). L’énergie de déformation à apporter lors de
dilatation peut poser des problèmes lorsqu’une grande précision
la coupe est donc élevée et de plus le copeau sera difficile à fraction-
d’usinage est exigée.
ner.
En outre, la limite d’élasticité croît très fortement avec l’écrouis-
2.2.3 Influence du coefficient sage (figure 5) pour atteindre des valeurs dépassant 1 500, voire
de frottement outil/copeau 2 000 MPa pour des taux de déformation de l’ordre de 50 %. L’usina-
bilité, jugée par des critères d’usures d’outils, d’efforts de coupe, ou
bien encore de conditions de coupe optimales, va alors se trouver
Les aciers inoxydables austénitiques ont des coefficients de frot- très largement dégradée (figure 6). Par contre, une augmentation de
tement élevés, ce qui a pour conséquence une usure rapide des la dureté ira plutôt dans le sens d’une amélioration de la fragmenta-
outils ainsi que des risques de collage qui vont conduire à des tion du copeau.
dégradations d’outil de type adhésion.
Les variations du taux d’écrouissage suite à des transformations à
En conséquence, les aciers inoxydables, et tout particulièrement froid (étirage par exemple) ou suite à des premières passes d’usi-
les austénitiques, ont des propriétés physiques qui les pénalisent nage avec des conditions de coupe mal adaptées vont alors faire
lors de l’usinage. Ceci rend l’usinage des aciers inoxydables très varier notablement l’usinabilité.
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20 350
Les ferritiques aciers inoxydables présentent les caractéristiques
mécaniques les plus basses des aciers inoxydables, ainsi que
l’écrouissabilité la plus faible à l’état recuit.
0 1 2 3 4 Une augmentation de la dureté permettra pour cette famille une
Teneur en cuivre (% en masse) amélioration de la fragmentation du copeau qui est un des problè-
mes principaux de la famille. Cette augmentation détériorera cepen-
Acier inoxydable austénitique à 18 % Cr, 8 % Ni et 2 % Mo
dant l’usinabilité, mais dans une mesure moindre que pour les
Perçage avec foret en acier rapide
austénitiques.
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x 8 CrNiS 18 – 9
Figure 10 – Examen MEB et analyse EDX du cratère sur outil carbure après tournage d’un acier austénitique
4
Profondeur de passe
Cisaillement primaire (mm)
Cisaillement secondaire
0
0 0,1 0,2
Avance (mm/ tour)
a acier austénitique type 304 [X5 CrNi 18 – 10 (1.4301)] avec S = 0,025 %
a AISI 304 : S = 0,025 %
Profondeur de passe
(mm)
3
0
0 0,1 0,2
b acier austénitique type 303 [X8 CrNi S18 – 9 (1.4305)] avec S = 0,30 % Avance (mm/ tour)
b AISI 303 : S = 0,300 %
Vitesse de coupe 180 m/min
Vitesse de coupe 180 m /min
Figure 11 – Essai de coupe interrompue : examens micrographiques
Figure 12 – Diagrammes de fragmentation de copeau
du copeau
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150
2 4 6 8 2 4 6 8
1 10 100 300 1 000
lg S
tent de remplacer les inclusions dures par des oxydes à basse tem-
pérature de fusion du diagramme ternaire CaO—Al2O3—SiO2.
Ugine-Savoie a développé un savoir-faire très pointu en la
matière grâce à ses efforts de recherches. Cela a conduit à la mise au
point de nuances inoxydables « à oxydes contrôlés », maintenant a X5 CrNi 18 – 10
réputées sous le nom de nuances UGIMA.
Tout d’abord, ces oxydes ont des propriétés leur permettant de se
déformer lors de la coupe et s’allonger dans les zones de cisaille- Allongement des oxydes
ment du copeau et de frottement entre le métal et l’outil [10]. Ce
phénomène est très bien illustré par l’observation métallographique
de copeaux d’acier AISI 304 (EN 1.4301). La figure 14 compare les
examens des copeaux obtenus sur un AISI 304 standard et sur un
AISI 304 à oxydes contrôlés. Les oxydes sont les parties les plus fon-
cées du copeau.
Il faut noter la meilleure régularité de la distance entre les bandes
de cisaillement sur l’acier ayant subi l’élaboration avec un contrôle
de la nature des oxydes. Nous aurons donc une amélioration de la
fragmentation des copeaux, ce qui est confirmé par les diagrammes
présentés sur la figure 15.
De plus, l’examen au microscope électronique à balayage du cra-
tère des outils montre la présence d’un film dont la nature a été ana-
lysée grâce aux RX : il contient d’une part les classiques MnS, mais
aussi des oxydes riches en Ca, Al, Si (figure 16).
Ceci confirme la formation d’un film d’oxydes lubrifiant l’outil de
coupe, ce qui va permettre de diminuer ses usures. La figure 17
illustre bien ce propos : les usures d’un outil en carbure revêtu sont
diminuées de 20 à 30 % lorsqu’on passe d’un AISI 316L (EN 1.4404) b X5 CrNi 18 – 10 à oxydes contrôlés
standard à un AISI 316L à usinabilité améliorée. Les essais montrent
également que la vitesse de coupe peut être augmentée de 20 à Vitesse de coupe 180 m /min
30 % lorsqu’on passe d’une version standard à une version à oxydes
contrôlés, sans pour autant dégrader l’usure des outils. Figure 14 – Examens métallographiques de copeaux nuance
Le mécanisme d’action de ces oxydes est donc très semblable à X5CrNi18-10 (1.4301) et de la même nuance à oxydes controlés
celle des sulfures. Cependant, ces inclusions d’oxydes ont une tem-
pérature de fusion nettement plus élevée que les sulfures et ils ne
sont réellement malléables qu’à des températures relativement éle- soufre standard et contenant environ 3 % de cuivre, d’atteindre un
vées ou lors de déformations à grande vitesse. Ils ne joueront donc Vb15/0,15 de 320 m/min.
parfaitement leur rôle que lorsque les températures de coupe ou les
vitesses de déformation seront suffisamment hautes. L’usinage avec
des outils en carbure remplit bien cette condition. Dans le cas des 2.5.3 Autres additions (plomb, tellure, sélénium)
outils en aciers rapides, nous bénéficierons mieux des effets des
oxydes lorsque les conditions d’usinage seront relativement sévè- D’autres éléments ont été ajoutés aux aciers pour en améliorer
res [perçage avec de fortes avances par exemple (figure 18)]. l’usinabilité, mais souvent au prix d’une détérioration catastrophi-
La figure 19 présente le gain en usinabilité, donné par le Vb15/ que d’autres propriétés.
0,15, pour des aciers inoxydables austénitiques avec différentes
■ Le plomb, insoluble dans l’acier, apparaît sous forme de nodules
teneurs en soufre. Le gain est plus important sur les versions resul-
sphériques, même après corroyage. Il a des mécanismes d’action
furées. Le soufre permet en effet d’atteindre des vitesses élevées,
assez semblables aux sulfures, ayant lui aussi une basse tempéra-
d’où un gain plus important apporté par les oxydes malléables.
ture de fusion. Son addition dans les nuances sulfurées permet un
Dans le même esprit, nous avons constaté une synergie entre gain supplémentaire en usinabilité. Malheureusement, il a des
l’effet du cuivre et l’effet UGIMA, qui permet à une nuance à inconvénients rédhibitoires :
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4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
0 0,1 0,2 0 0,1 0,2
Avance (mm/ tour) Avance (mm/ tour)
a AISI 304 standard (X 5 CrNi 18 – 10) b AISI 304 à oxydes contrôlés (X 5 CrNi 18 – 10 à oxydes contrôlés)
Figure 15 – Diagrammes de fractionnement de la nuance X5CrNi18-10 standard et à oxydes contrôlés : effet des oxydes
Figure 16 – Examen MEB et analyse EDX du cratère d’un outil ayant usiné un acier X5CrNi18-10 à oxydes contrôlés :
mise en évidence des films de sulfures et d’oxydes
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0,30 400
300 AISI 303
316 L 350
Standard 300 304 Bas soufre 304 UGIMA
UGIMA
0,20 200 316 L 250
316 L Standard 200 AISI 304
Oxydes 304 Bas soufre
contrôlés 150
0,10 100 25 300
1 10 100 1 000
316 L lg S
Oxydes
contrôlés Standard UGIMA
0 10
10 20 30 20 30
Temps (min) Temps (min) Sur l'axe des abcisses la teneur en soufre est exprimée en 10 –3%
AlSI 316 L = Acier X2 Cr Ni Mo 17 – 12 – 2 (1.4404) Figure 19 – Amélioration de l’usinabilité apportée par les oxydes
contrôlés en fonction de la teneur en soufre
Figure 17 – Comparaison des usures d’outils en acier austénitique
standard ou à oxydes contrôlés : essais de tournage carbure
res de manganèse. Par contre, il détériore la forgeabilité presque
autant que le plomb dans les aciers inoxydables, ce qui a conduit à
l’abandonner au profit du sélénium.
Effort de pénétration
(kN) ■ Le sélénium a une action proche de celle du soufre. Il forme avec
6 le manganèse un composé MnSe qui est totalement miscible, à
l’état solide, avec le sulfure MnS qu’il a la propriété de globuliser. Il
améliore ainsi les propriétés en sens travers des nuances resulfu-
rées. Vu son prix élevé, il est seulement utilisé en complément du
5 soufre. De plus, sa toxicité est un inconvénient majeur qui limite
drastiquement son utilisation en aciérie.
Avance
316 L 0,19 mm/tr
4
2.6 Conclusion : comparaison
de l’usinabilité
3
316 L des différentes nuances
à oxydes Avance
contrôlés 0,08 mm/tr
La figure 20 compare les résultats des essais Vb15/0,15 de diffé-
2 rentes nuances dans les trois principales familles. Les nuances
UGIMA sont les variantes à oxydes contrôlés produites par Ugine-
316 L à Savoie. Nous retrouvons dans ce tableau de nombreux éléments
oxydes contrôlés évoqués aux paragraphes précédents : influence de la structure,
1 effet du molybdène, du soufre et des oxydes contrôlés...
0
0 10 20 30 40 3. Évolution des outils
Vitesse de coupe (m/min)
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X 12 Cr S 13
X 20 Cr 13 (1.4021) traité Martensitiques
X 20 Cr 13 (1.4021) adouci
Martensitiques
X 6 Cr Mo S 17 (1.4105) Ferritiques
X 6 Cr 17 (1.4016) Ferritiques
Figure 20 – Comparaison de l’usinabilité des nuances les plus courantes d’aciers inoxydables
■ Les carbures
Vitesse de coupe
Ce sont des outils actuellement très utilisés. Ils sont essentielle- (m/min)
ment constitués de carbures de tungstène, de carbure de titane, de Ca
rb
tantale ou de niobium et d’un liant qui est généralement le cobalt. La 300 ur
e
variation des proportions des différents éléments d’alliage peut leur re
vê
donner des propriétés très différentes en dureté et tenacité. Toute la Ca tu
rb
ur Ti
difficulté réside pour l’usineur dans le bon choix du compromis eP c-T
20 iN
dureté/tenacité, qui doit dépendre du matériau usiné ainsi que de
250
l’opération d’usinage.
La classification internationale ISO définit les classes de carbures
AISI 303
selon le compromis résistance à l’usure/résistance aux chocs, ces
deux propriétés étant antinomiques.
Ces carbures permettent d’accéder à des vitesses de coupe tout à 200
fait raisonnables. 10 20 30 40 50 70 90
En outre, le développement de géométries de plaquettes adap- Temps (min)
tées aux aciers inoxydables a permis de faire de gros progrès dans Figure 21 – Comparaison des droites de Taylor obtenues sur un acier
la maîtrise du copeau. X8CrNiS18-9 avec un outil en carbure et en carbure revêtu de TiC-TiN
■ Les carbures revêtus
Les progrès dans ce domaine ont été spectaculaires pendant les
dernières années. Les revêtements les plus courants sont : revêtement TiC-TiN lors du tournage d’aciers inoxydables. À noter,
— le nitrure de titane, réputé pour sa résistance à l’abrasion, il est qu’avec ces plaquettes, l’usure en cratère est quasi nulle.
souvent utilisé en dernière couche ;
■ Les cermets et les céramiques
— le carbure de titane, qui présente une bonne adhérence avec le
substrat, mais a le défaut d’être fragile ; Les cermets (TiC, TiN) massifs se sont avérés très bien adaptés au
— l’alumine, souvent utilisée en couche intermédiaire comme tournage en finition des aciers inoxydables. Ils se différencient des
barrière de chaleur. carbures revêtus par l’obtention d’états de surfaces remarquables à
Les gains pour la coupe des aciers inoxydables ont été très impor- de fortes vitesses de coupe. Ils restent cependant encore trop fragi-
tants grâce à ces carbures. Cependant, ils sont à utiliser avec précau- les pour être utilisés en ébauche.
tion dans la mesure où leurs performances sont très largement Les céramiques ont connu un développement qui est resté très
dépendantes du métal usiné, ce qui a conduit à la notion de couple marginal pour les aciers inoxydables. Elles permettent cependant
outil/matière. des gains qui peuvent être spectaculaires dans le cas des nuances
En ce qui concerne les aciers inoxydables, les meilleurs résultats d’aciers inoxydables difficiles à usiner, en particulier les aciers
semblent aujourd’hui être obtenus avec les revêtements TiN en cou- inoxydables réfractaires ou les martensitiques à durcissement struc-
che extérieure. La figure 21 donne une idée du gain apporté par un tural.
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