1
Ecole nationale polytechnique
Département de Génie Mécanique
Module de Thermodynamique
Compte rendu du TP N 01
Pression de vapeur a haute température
Enseignant :
Mr. Bennour
Trinôme :
LAKHDARI Boutheina
BENSALEM Sara
DJAIDJA
Annee universitaire 2021/2022
2
Pression de vapeur d’eau à haute
température
Introduction
Pour un corps pur, la donnée du couple (température, pression) détermine
son état liquide, gaz ou solide. Pour une température T donnée, la
coexistence simultanée du corps sous les deux états liquide et gaz n'est
possible que pour une seule valeur de la pression, que l'on appelle pression
de vapeur saturante.
La pression de vapeur saturante ou tension de vapeur est la pression à
laquelle la phase gazeuse d'une substance est en équilibre avec sa phase
liquide ou solide. Elle dépend exclusivement de la température. Certains
utilisent le terme « pression de vapeur », mais celui-ci est ambigu car il
évoque la pression partielle de la vapeur.
La pression de vapeur saturante est la pression partielle de la vapeur d'un
corps pur à partir de laquelle une partie du corps pur passe sous forme
liquide (ou solide). On dit aussi que c'est la pression maximale de sa vapeur
« sèche » (c'est-à -dire sans phase liquide).
Quand la pression partielle de la vapeur est égale à la pression de vapeur
saturante d'une substance, les phases gazeuse, liquide ou solide sont dites en
équilibre.
Historique
En revenant à l’histoire, c’est auXIX eme siècle, que le chimiste et physicien
britanniqueJohn Dalton (1766-1844) étudia le volume de vapeur d'eau qui
était nécessaire pour saturer l'air. Il remarqua que ce volume dépendait
beaucoup de la température.
I – Le but de l’expérience
Cette séance de travaux pratiques est pour but de :
1- Déterminer expérimentalement la fonction ln(p)=f (1/t) dans le cas de
la molécule d'eau, en mesurant la pression de vapeur d’eau en fonction
de la température.
2- Déterminer la chaleur latente de vaporisation puis la comparer avec la
valeur donnée dans les tables de vapeur.
3- Déterminer le point d’ébullition d’eau à la pression atmosphérique.
3
II – La partie théorique
1 – Principe
L’eau est chauffée dans une chambre de pression fermée. L’équilibre entre
l’eau liquide et sa vapeur s’établit de sorte qu’il existe une relation bien
déterminée entre la pression P et la température T,f (P, T)appelée
communément LA LOI DE TENSION DE VAPEUR.
L’expression analytique de f (P, T) =0fait intervenir la chaleur latente de
vaporisationL=hlg , cette dernière peut êtredéduite connaissant de la loi de
tension de vapeur sous certaines hypothèses.
La chambre contenant l’eau est échauffée à l’aide d’une résistance
électrique réglable afin de contrô ler la variation de la pression et de
température correspondante. La pression est indiquée par le manomètreà
pression relative. La température est mesurée à l’aide d’un thermocouple
placé dans le trou prévu à cet effet. Le thermocouple doit être induit d’une
pâ te conductrice de chaleur.
2 – Théorie
On montre qu’à l’équilibre entre un liquide pur et sa vapeur on a égalité
des énergies libres de Gibbs des deux phases gg=(T, P)=gl(T, P) avecg=h-T×S
La forme différentielle est la relation de Clausius – Clapeyron :
dP L
=
dT T (v g−v l)
v g et v lSont les volumes molaires de la vapeur et du liquide. On intègre de
façon approchée la relation précédente en considérant les hypothèses
suivantes :
•La chaleur latente L est sensiblement constante sous les conditions
choisies ; pour les volumes molaires v g ≫ vl de sorte que v g−v l ≈ v g
•La vapeur se comporte comme un gaz parfait ouP v g=RTavec R=8.314
J/[Link]
L’intégration de la relation de Clausius – Clapeyron donne :
−L 1
ln P= × + const
R T
4
3 – Définitions
En ce qui concerne la loi de tension de vapeur, il est utile de connaitre les
concepts suivants :
La tension de vapeur :
La tension de vapeur est la pression à laquelle la phase gazeuse d'une
substance (eau) est en équilibre avec sa phase liquide ou solide. Elle dépend
exclusivement de la température.
La pression de vapeur saturante est la pression partielle de la vapeur d'un
corps pur à partir de laquelle une partie du corps pur passe sous forme
liquide (ou solide). On dit aussi que c'est la pression maximale de sa vapeur
surchauffée.
Quand la pression partielle de la vapeur est égale à la pression de vapeur
saturante d'une substance, les phases gazeuse, liquide ou solide sont dites en
é[Link] la pression partielle de la vapeur dépasse la pression de vapeur
saturante, il y a liquéfaction ou condensation.
La chaleur latente :
C’est la chaleur δQ échangée avec le milieu extérieur lors d’un changement
d’état : solidification, fusion, ébullition… Elle est notée L.
Lorsqu’elle est exprimée pour 1 Kg de matière, c’est la chaleur latente
massique, lorsqu’elle est pour 1 mole, c’est la chaleur latente molaire.
Q = [Link] L enJ/kg
Q = [Link] L en J/mol
La chaleur latente de vaporisation :
On appellechaleur latente massique ou molaire de vaporisation LV la chaleur
qu'il faut fournir à l'unité de masse ou de quantité de matière deliquide pour
le transformer en vapeur aux conditions d'équilibre à la
températureconsidérée:
1 1
Lv ( T ) = × Q L v ( T )= × Q
m n
Par exemple, l'eau bout à 100 °C sous la pression d'1 atmosphère.
L'enthalpie de vaporisation de l'eau, égale à la quantité de chaleur fournie
pour transformer l'eau liquide en vapeur, est de 2257 kJ/kg.
5
L’énergie libre de Gibbs :
L’énergie libre de Gibbs ou enthalpie libre est une fonction d’état
introduite par le physicien américain Josiah Willard Gibbs dont la variation
mesure la partie de l'énergie d'un système qui produit un travail utile, à
température et pression constantes, elle permet donc d'évaluer la partie de
l'énergiepotentielle du système (son enthalpie, h) qui n'est pas dissipée sous
forme de chaleur (son entropie, S).G=h-T× S
G < 0le système est instable et la réaction se déroule spontanément.
G>0la transformation ne peut avoirlieu spontanément.G=0 le système est à
l’état d’équilibre.
La température d’ébullition :
La température d’ébullition est la température sous laquelle une substance
à une pression se met à se transformer de la phase liquide à la phase
gazeuse.
III –Manipulation
1 – Matériel utilisé
Le dispositif pour réaliser cette expérience comporte certains appareils et
instruments de mesure, qui sont :
Chambre de compression
La chambre de pression est un récipient métallique de forme cylindrique,
qui renferme l’eau qui va être chauffée et refroidie sous pression.
Appareil de chauffage
C’est une plaque chauffante de forme
permettant de protéger la chambre cylindrique,
et les dispositifs fabriqués en métal, céramique
ou en verre.
Elle possède les caractéristiques suivantes :
•Puissance exigée: 500W
•Tension: 230V, 50…60HzAppareil de chauffage
•Température de surface : 500°C
• Dimensions : 160×95×90 mm
6
Manomètre
Le manomètre est un instrument destiné à mesurer la pression, dans cette
expérience nous utilisons un manomètre à pression relative, qui est lié à la
chambre de compression, là où il mesure la pression relative de l’eau.
Thermocouple
Le thermocouple d’une façon générale est un instrument de mesure de
température il se compose de 2 métaux de nature différente. Dans notre
expérience nous utilisons un température mètre, il est d’abord relié avec la
chambre de pression par intermédiaire d’une pâ te conductrice de chaleur, il
mesure donc la température de l’eau enfermée dans cette chambre.
Pâte thermo-conductrice 50g
Cette pâ te est une graisse de silicone avec des
additifs métalliques, elle est utilisée pour but
d’améliorer le transfert de chaleur entre 2 corps liés
l’un à l’autre (thermocouple et chambre de
compression dans notre cas).
Elle a comme caractéristiques :Pâte thermo-conductrice 50g
• Excellente conductivité thermique même à de hautes températures.
•Excellentes propriétés : Ne migre pas.
• Utilisation sur une large plage de température.
•Manipulation facile.
Résistance
Une résistance est utilisée afin de contrô ler la vitesse d’échauffement et de
refroidissement de l’eau.
Dispositif de l’expérience pour
déterminer la loi de tension
de vapeur
7
2 – Fonctionnement
L’eau est chauffée dans chambre de pression fermée à l’aide de l’appareil
de chauffage contrô lé par une résistance électrique réglable, l'eau se vaporise
dans une quantité permettant que la pression dans la chambre corresponde à
tout moment la pression de la vapeur en fonction de la température, la
pression de l’eau est mesurée par le manomètre à pression relative, ainsi que
le température mètre qui est relié à cette chambre par intermédiaire d’une
pâ te thermo-conductrice indique la température du fluide.
3 – Mesures
Nous voulons déduirela chaleur latente de vaporisation molaire et la
température d’ébullition, nous suivons les étapes ci-dessous :
1- Mesurer la variation de la pression en fonction de la température puis
nous traçons la droite ln P =f (1/T) par la méthode des moindres carrées.
(Mettre lentement le système sous la pression maximale de 40 bars puis
prendre les mesures en contrô lant la vitesse de refroidissement à l’aide la
résistance. Il faut surtout respecter strictement les consignes de sécurité.
2- Déduire la chaleur latente de la vaporisation molaire L, et la comparer
avec la valeur que donnent les tables de vapeur.
3- Déduire par extrapolation la température normale d’ébullition (sous 1
atmosphère)
Nous allons commencer l’expérience par l’échauffement de l’eau, puis
nous la fons refroidir et nous apportons les résultats aux deux tableaux
qui viennent après.
IV – les applications
1 – L’échauffement
Les résultats de l’échauffement de l’eau sont illustrés sur le tableau
(1) comme suit :
8
P relative Pr(bar) 4 5 8 11 14 17
P absolue P(Pa) 501325 601325 901325 1201325 1501325 1801325
T (°C) 84.9 109.6 148.5 170.7 186.2 199.3
1/T (K-1)×10-3 2.792 2.612 2.371 2.253 2.176 2.116
Ln (P) 13.125 13.307 13.712 13.999 14.222 14.404
20 23 26 29 31 34 37 40
2101325 2401325 2710325 3001325 3201325 3501325 3801325 4101325
210.1 218.5 226.6 233.1 236.8 242.4 246.7 251.2
2.069 2.033 2.001 1.975 1.961 1.939 1.924 1.907
14.558 14.691 14.809 14.914 14.979 15.069 15.151 15.227
Tableau (1) : résultats pour l’échauffement de l’eau
A – Détermination de la droite
En utilisant la méthode des moindres carrées :
[ 1 1
N ∑ (¿ )¿ ∑ (¿ )¿ ∑
T T
1
T ( )] [ ]
2
b
[
∑
∑ ln ( p )
( )
× ¿ a = ( ln ( p ) . 1 )
T ]
[ 14 0.030229
][][
× b = 202.167
0.030229 65.790 ×10−6 a 0.4327 ]
[ 14 0.030229
0 5.1915× 10−7 ]×[ ]=[
b
a
202.167
−2.3978 ×10−3 ]
a=-4618.70et b=24.41
L’équation de l’échauffement est ln (P)=-4618.70(1/T)+24.41
La droite d’échauffement est tracée dans la figure (1)
B – Détermination de la chaleur latente de vaporisation molaire
On a L’équation de l’échauffement est ln (P)=-4618.70(1/T)+24.41et on a
−L 1
l’équationln P= R × T + const
Du graphe : pente=-L/R ouL=-pente. R(ou bien par superposition) :
−L
On a R =-4618.70 alors L=8.314×4618.70ce qui donne L=37568.5 J/mol
ou bien L=37.568kJ/mol
9
2 – Refroidissement
Les résultats du refroidissement de l’eau sont illustrés sur le tableau
(2) comme suit :
P relative Pr(bar) 40 37 34 31 29 26
P absolue P(Pa) 4101325 3801325 3501325 3201325 3001325 2710325
T (°C) 250.9 246.6 240.8 235.2 231.8 224.9
1/T (K-1)×10-3 1.908 1.924 1.946 1.967 1.98 2.008
Ln (P) 15.227 15.151 15.069 14.979 14.914 14.809
23 20 17 14 11 8 5 4
2401325 2101325 1801325 1501325 1201325 901325 601325 501325
216.8 208.1 196.8 183.2 168.6 146.2 105.4 81.5
2.041 2.078 2.128 2.128 2.264 2.385 2.642 2.819
14.691 14.558 14.404 14.222 13.999 13.712 13.307 13.125
Tableau (2) : résultats pour le refroidissement de l’eau
A – Détermination de la droite
En utilisant la méthode des moindres carrées :
[ 1 1
N ∑ (¿ )¿ ∑ (¿ )¿ ∑
T T
1
T ( )] [ ]
2
b
∑ [
∑ ln ( p )
( )
× ¿ a = ( ln ( p ) . 1 )
T ]
[ 14 0.030382
][][
× b = 202.167
0.030382 66.5 ×10−6 a 0.4348 ]
[ 14 0.030382
0 5.6603× 10−7 ]×[ ]=[
b
a
202.167
−2.5122× 10
−3 ]
a=-4438.30et b=24.07
L’équation du refroidissement est ln (P)=-4438.30(1/T)+24.07
B – Détermination de la chaleur latente de vaporisation molaire
On a L’équation de l’échauffement est ln (P)=-4438.30(1/T)+24.07et on a
−L 1
l’équation ln P= R × T + const Du graphe : pente=-L/R ouL=-pente. R(ou
bien par superposition) :
10
−L
On a R =-4438.30 alors L=8.314×4438.30ce qui donne L=36900.03 J/mol
Ou bien L=36.900 kJ/mol
La droite du refroidissement est tracée dans la figure (2)5
L’échelle est23×10-5(K-1)
ln(P)
30
25
20
15
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (1/T)
Figure(1): Droite de l'échauuffement d'eau
11
ln(P)
30
25
20
15
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (1/T)
Figure(2): Droite du refroidissement d'eau
Remarque :
Dans cet expérience nous avons effectué un échauffement puis un
refroidissement, sachant que ce dernier était brusquement réalisé, ce qui
explique l’existence de petites erreurs entre les 2 chaleurs latentes
d’vaporisation molaire obtenues en échauffement et au refroidissement.
Comparaison des chaleurs latentes
On a obtenu L=37.568 kJ/molalors que la valeur que donne les tables de
vapeur est L=40.500 kJ/mol, il existe une erreur relative de :
40.5−37.568
ε=
40.5
=0.07% ,
Car l’expérience était réalisée un peu brusquement par rapport aux
conditions normales auxquelles-elle doit êtreréalisée ce qui implique
l’apparition de ces erreurs, en plus des erreurs des instruments de mesure et
les erreurs de lecture.
Analyse des deux graphes
12
Dans de bonnes conditions d’expérience, nous devons avoir les mêmes
courbes pour l’échauffement et pour le refroidissement.
D’après les études connues, il existe une relation de proportionnalité entre
la température et la pression, par contre en observant ce graphe lorsque
ln(P) augmente (1/T) diminue, ce qui montre il existe une relation
inversement proportionnelle
En échauffement, l’augmentation de la température implique
l’augmentation de la pression, ce mène l’eau à se vaporiser dans une
quantité permettant que la pression dans la chambre corresponde à tout
moment à la pression de la vapeur en fonction de la température.
Au refroidissement, la diminution de la température implique une
diminution de la pression, dans ce cas l’eau se met à se condenser.
La température d’ébullition sous 1atm
1 ATM=101325 Pa =0.101325 MPA
On utilisant les tables : 0.1<0.101325<0.125 (MPA)et 99.63<Teb<105.99 (°C)
0.101325−0.1000 T−eb
99.63
=
0.125−0.100 105.99−99.63
Alors on obtient Teb=99.97°C
V – la conclusion
Dans cette expérience nous avons vu la chaleur latente de vaporisation
molaire de la molécule d’eau, qui représente la quantité de chaleur de
chaleur qu'il faut fournir à une mole d’eau liquide pour la transformer en
vapeur, elle est déterminée à différentes températures à partir de la mesure
de la pression de la vapeur. Il avait une différence être la valeur de calculée et
celle théorique due aux conditions de l’expérience et aux différentes erreurs
des instruments de mesure.
13