Prime des agents de la police maritime
Prime des agents de la police maritime
SOIXANTIEME A N N E E -N ° 1 Z S r lL d A L i u n io n - D IS C I P L I N E - t r a v a il MARDI 13 N O V E M B R E 2 01 8
JOURNAL OFFICIEL
NUMERO SPECIAL
DE LA PRIX DE VENTE : 3.006 FCFA
Un conseiller chargé des affaires maritimes est nommé, en tant La formule du serment est la suivante :
que de besoin, près l'ambassade ou le consulat.
« Je jure d ’accomplir ma mission, de faire mes rapports et de
Art. 7. — L'autorité maritime administrative, à travers donner mes avis sur mon honneur et ma conscience. »
l’administration des Affaires maritimes, est chargée :
La prestation de serment est enregistrée sans frais au greffe du
— d ’administrer les navires, engins flottants, îles artificielles, tribunal.
ouvrages de mer et de lagune, épaves maritimes et hypothèques
Art. 10. — Les agents des affaires maritimes sont astreints au
maritimes ;
port de l’uniforme et sont soumis à un code de discipline.
— d ’organiser et coordonner les transports maritimes et
Dans l’exercice de leurs missions, les agents des affaires
fluvio-lagunaires ;
maritimes ont droit :
— d ’assurer la gestion des gens de mer sur les plates-formes
de forage ; —- au port d'arme lorsqu’ils sont en service ;
Art. 8. — L’administration des affaires maritimes est composée LES PRINCIPES FONDAM ENTAUX
d ’agents qui constituent un corps paramilitaire de fonctionnaires Art. 15. — Les domaines publics maritime, lagunaire et fluvial
comprenant les emplois suivants : sont inaliénables, imprescriptibles et insaisissables.
— les administrateurs des affaires maritimes et portuaires ;
Art. 16. — Les domaines publics maritime lagunaire et fluvial
— les officiers des affaires maritimes et portuaires ; peuvent toutefois faire l'objet de concession ou d'autorisation
— les contrôleurs des affaires maritimes et portuaires ; d'occupation temporaire.
— les agents de police maritime. Si un bien, avant son incorporation au domaine public, est
Art. 9. — Les agents des affaires maritimes de tout grade, grevé d'une servitude quelconque au profit d'une collectivité ou
hormis les personnels interministériels, prêtent serment devant d’un particulier, cette servitude continue à condition qu'elle ne
la juridiction la plus proche du lieu de leur affectation. soit pas contraire à l'affectation du bien.
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Les charges de voisinage supportées par les propriétés voisines La collectivité locale concessionnaire conserve cependant,
au dom aine public sont les servitudes générales au profit des dans tous les cas, la responsabilité de la sécurité et de la salubrité
équipements publics, des servitudes d'urbanisme, d ’hygiène, de du rivage.
sécurité et de passage. Art. 22. — Les autorisations d ’occupation temporaires et les
TITRE II concessions font l’objet de redevance dont le montant est fixé
LE DOM AINE PUBLIC MARITIME
par la loi de finances.
CHA PITRE l Section 2 : La mer territoriale
La consistance et la délimitation Art. 23. — La souveraineté nationale sur la mer territoriale,
l’espace aérien sur jacent ainsi que sur le fond de cette mer et son
Section 1 : La consistance
sous-sol s'exerce dans les conditions prévues par Convention des
Art. 17. — Le domaine public maritime est composé du Nations unies sur le droit de la mer et les autres règles du droit
domaine public naturel et du domaine public artificiel.
international et les accords internationaux frontaliers.
Le domaine public naturel comprend :
Art. 24. — Les navires de tous les Etats jouissent du droit de
— la mer territoriale, son sol et son sous-sol s’étendant à douze passage inoffensif dans la mer territoriale de la Côte d'Ivoire
milles marins à partir de la ligne de base ainsi que les espaces conformément aux règles de droit international.
s’étendant entre la ligne de base et le rivage :
CHAPITRE 3
— les parties du rivage de la mer alternativement couvertes et
Le domaine public portuaire
découvertes par les eaux de la mer ;
Section 1 : La consistance et la délimitation
— une zone supplémentaire de 100 mètres à partir de la laisse
de haute mer ; Art. 25. — Le domaine public portuaire comprend :
— les lais et relais de la mer ; — un plan d ’eau abrité, délimité par des protections naturelles
ou artificielles ;
— les lagunes, fleuves, étangs salés, les baies et rivières
navigables communiquant avec la mer. — un chenal d'accès éventuellement lié à une zonejie mouillage :
Le domaine public artificiel comprend : — des quais, des môles, des rampes immergées et autres
installations d ’accostage spécialisées ;
— les ports maritimes ;
— des terre-pleins permettant la circulation routière ei
— les ouvrages autorisés sur le bord de la mer et d’une manière
ferroviaire et le stockage. Certains de ces terre-pleins peuvent
générale les lieux aménagés en bordure de mer et affectés à
être acquis hors du domaine public ;
l'usage public ;
— des entrepôts ou hangars en zone portuaire ;
— la bande de terre constituant la zone comprise entre
l'étendue maritime et la terre ferme. — un outillage lourd public ou privé, essentiellement de
manutention.
Section 2 : La délimitation
Les installations portuaires prévues à l’alinéa précédent doivem
Art. 18. — La délim itation et les modalités de gestion du
être conformes aux prescriptions du Code international pour la
domaine public maritime sont fixées par décret pris en Conseil
sûreté des navires et des installations portuaires dit code ISFS.
des ministres.
Art. 26. — Les limites des zones portuaires sont fixées par
Art. 19. — La délimitation des frontières en mer avec les Etats décret pris en Conseil des ministres.
voisins se fait conformément aux dispositions de la Convention
Lorsqu’une zone portuaire n’est pas expressément délimitée,
des Nations unies sur le droit de la mer, aux accords bilatéraux
sont considérées comme limites celles qui résultent de la pratique
ou à un arbitrage éventuel.
et des usages.
Cette délimitation est matérialisée par une carte.
Section 2 : L exploitation
CHAPITRE 2
Art. 27. — La navigation dans les eaux portuaires et dans les
L ’exploitation chenaux d’accès est réglementée par la réglementation en vigueur.
Section 1 : Les généralités Art. 28. — Le régime juridique des ports ainsi que les relations
Art. 20. — Les titres et autorisations relatifs aux concessions entre l’administration des affaires maritimes et portuaires et l’autorité
ou aux occupations temporaires des domaines publics maritime, portuaire sont déterminés par la réglementation en vigueur.
fluvial et lagunaire, sont délivrés par arrêté du ministre chargé Section 3 : Le remorquage
des Affaires maritimes et portuaires, après avis d ’une commission Art. 29. — Par le contrat de remorquage, l’arm ateur d ’un
interm inistérielle dont la composition, les attributions et le remorqueur s’engage à remorquer un navire ou un engin en état
fonctionnement sont déterminés par décret pris en Conseil des de navigabilité ou flottant jusqu’à un lieu déterminé ou à exécuter
ministres. une manœuvre déterminée.
Le domaine public maritime mentionné à l’alinéa précédent ne Art. 30. — Sont considérés comme opérations de remorquage,
comprend pas les ports maritimes qui sont régis par des textes notamment :
spécifiques. — les opérations consistant à tirer ou à pousser un navire ou
Art. 21. — Le domaine public maritime, à l’exception des ports un engin en état de navigabilité ou flottant ;
maritimes, peut également faire l ’objet de concession aux col — les manœuvres effectuées en vue de faire accoster, de faire
lectivités locales. Celles-ci peuvent à leur tour accorder des partir ou d’aider l’appareillage d’un navire ou d’un engin en état
concessions ou autorisations à des particuliers. de navigabilité ou flottant ;
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— le convoiement ou toute aide apportée dans l'exécution Les actions nées à l’occasion des opérations de remorquage se
d'autres manœuvres effectuées par un navire ou un engin en prescrivent par deux ans après l’achèvement de ces opérations.
état de navigabilité ou flottant. Section 4 : Le pilotage
Art. 31. — La loi applicable au contrat de remorquage est : Art. 39. — En vue de garantir la sécurité de la navigation entre
— dans le cas du remorquage hauturier, la loi ivoirienne sauf les ports, sur les routes maritimes vers les ports, dans les zones
stipulation contraire des parties ; portuaires et dans toutes autres zones qui sont déterminées par
— dans le cas du remorquage portuaire, la loi ivoirienne sans décision du ministre chargé des Affaires maritimes, l ’entrée ou
que les parties puissent y déroger. la sortie des navires est effectuée avec l’assistance de pilotes.
Toute clause contraire est nulle et non avenue. L'obligation de prendre un pilote s ’applique à tous navires,
Art. 32. — L’exécution du contrat de remorquage commence quel que soit leur pavillon ou leur nationalité à l’exception des
dès que le navire effectuant le remorquage se présente à proxi dispenses de l’obligation de pilotage mentionnées à l'article 41
mité du navire à remorquer en vue de l'exécution des opérations de la présente loi.
de remorquage convenues. Art. 40. — Le pilotage consiste dans l’assistance donnée aux
L’exécution du contrat prend fin lorsque la dernière opération capitaines par un personnel commissionné par l’Etat pour la
de remorquage a été effectuée et que le navire remorqueur s'est conduite des navires à l’entrée et à la sortie des ports, dans les
éloigné à distance suffisante du navire ou de l'engin en état de ports, rades, eaux maritimes, des fleuves et des canaux.
navigabilité ou flottant remorqué. Art. 41. — Le pilotage est obligatoire à l’entrée, à la sortie et
Art. 33. — Dans les eaux portuaires les opérations de remor pour tous les déplacements dans les limites de la zone de pilotage
quage sont effectuées sous la direction et la responsabilité du pour tous les navires dont la capacité ou la jauge nette est
navire remorqué. Le capitaine du navire rem orqueur est tenu supérieure à 150 tonneaux.
de suivre les instructions données en matière nautique par le La capacité ou la jauge nette mentionnée à l’alinéa 1 du présent
capitaine du navire remorqué. article peut être modifiée par voie réglementaire sur proposition
Les opérations de remorquage hauturier se déroulent sous la de l’autorité portuaire.
direction et la responsabilité du remorqueur. Le capitaine du Art. 42. — Le pilotage du navire commence à partir du
navire remorqué est tenu de suivre les instructions données en
moment où le pilote embarque et prend fin lorsqu’il débarque.
matière nautique par le capitaine du navire remorqueur.
Le pilote n ’a pas le droit de quitter le navire avant que le navire
Art. 34. — La responsabilité de l'armateur du navire dont
ne soit en sécurité, amarré ou sorti en mer, à moins qu’il n ’ait été
le capitaine a la direction des opérations de remorquage, est
remplacé par un autre pilote.
présumée. Cependant, il peut dégager sa responsabilité s’il
prouve que les dommages résultent de la faute de son cocontractant, Art. 43. — Le capitaine du navire doit faciliter l’embarquement
d'un tiers ou d'un cas de force majeure. du pilote qui se présente, notamment en lui fournissant tous les
moyens nécessaires pour embarquer dans les meilleures conditions
Dans le cadre d ’un remorquage hauturier les parties peuvent
de sécurité.
par convention écrite déroger au régime de responsabilité défini
au présent article. Lorsque le pilotage du navire a été effectué, le capitaine du navire
Art. 35. — L'armateur du navire remorqueur et l’armateur du a les mêmes obligations en cc qui concerne le débarquement du
navire remorqué sont solidairement responsables des dommages pilote.
causés à des tiers, lors des opérations de remorquage. Cette Art. 44. — Le pilote doit apporter en priorité son assistance à
responsabilité est présumée à moins qu'ils puissent établir qu'ils tout navire se trouvant en danger, même si elle n’a pas été requise
ne sont, ni l'un ni l'autre, responsable des cas de dommages en expressément, à partir du moment où il a pu constater le péril
vertu de l’une des causes d ’exonération prévues à l’article 34 de dans lequel se trouve le navire ou en être informé.
la présente loi. Le pilote a droit, dans ce cas, à une rémunération spéciale,
Art. 36. — Si, en cours d ’exécution du remorquage, le navire conformément à la réglementation en vigueur.
remorqué se trouve en danger, et que le remorqueur entreprend
Art. 45. — Durant les opérations de pilotage, le pilote est placé
des opérations de sauvetage ou d ’assistance, son armateur a droit,
sous l’autorité du capitaine du navire piloté.
en cas de succès, à une rémunération de sauvetage ou d ’assistance.
Le capitaine du navire est tenu de fournir au pilote tous rensei
Art. 37. — Si un transport de marchandises ou de passagers a
gnements concernant le navire.
été stipulé dans le contrat de remorquage, que ce transport soit
assuré par le navire remorqué ou au moyen du remorquage de La présence d ’un pilote à bord du navire ne libère pas le
tout autre engin en état de navigabilité ou flottant, les dispositions capitaine de ses responsabilités en ce qui concerne la manœuvre
de la présente loi, relatives au transport de marchandises et au nautique du navire.
transport de passagers, s ’appliquent, en ce qui concerne la En cas d ’incident en cours de pilotage ou de réaction anormale
responsabilité de l’armateur du remorqueur. du navire piloté, le pilote est tenu de faire rapport à l’autorité
S’il y a doute sur le point de savoir s’il s ’agit d ’un contrat de portuaire, avec copie à l’autorité maritime.
remorquage ou d ’un contrat de transport par remorquage, il est Art. 46. — Le navire dont le capitaine a obtenu pour le port
présumé qu’un contrat de remorquage a été conclu. considéré une licence de capitaine-pilote est affranchi de
Art. 38. — Sauf clause d ’arbitrage, les litiges nés à l’occasion l’obligation de pilotage sans préjudice du paiement par lui des
des opérations de remorquage portuaire sont portés devant les droits de pilotage dont il ne peut être exonéré sauf à en réduire le
tribunaux ivoiriens. montant.
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Les conditions d ’obtention de la licence de capitaine-pilote et Art. 55. — L’Etat de Côte d ’Ivoire a égalem ent juridiction
la réduction des droits de pilotage sont fixées par le ministre exclusive, dans la zone économique exclusive prévue à l'article
chargé des Affaires maritimes. précédent, pour :
Art. 47. — L’armateur, son représentant, ou à défaut le — mettre en place et utiliser les îles artificielles, les installa
capitaine, est responsable du paiement des droits à l’entrée et à tions et les ouvrages ;
la sortie de la zone de pilotage du navire. — effectuer la recherche scientifique marine ;
Art. 48. — Le pilote n ’est pas responsable envers les tiers, — assurer la protection et la préservation du milieu marin ;
des dommages causés au cours des opérations de pilotage. Il — exercer la surveillance et la police du trafic maritime.
contribue à la réparation des dommages, dans ses rapports avec Art. 56. — Les Etats étrangers jouissent dans la zone écono
l’armateur du navire piloté dans la mesure où celui-ci établit que mique exclusive de libertés en matière de navigation, de survol,
le dommage est dû à sa faute. de pose de câbles et d’oléoducs sous-marins sans toutefois porter
Art. 49. — Au cours des opérations de pilotage ou au cours atteinte à l’écosystème marin, conformément à la convention sur
des manœuvres d ’embarquement ou de débarquement du pilote, le droit de la m er et aux autres règles de droit international.
les accidents survenus au pilote ou à l ’équipage du bateau pilote, Toutefois la pose de câbles et d'oléoducs sous-marins doit faire
sont à la charge de l’arm ateur du navire piloté à moins q u ’il l’objet d ’une autorisation de l’autorité maritime.
n’établisse la faute du pilote ou de l’équipage du bateau pilote. CHAPITRE 3
Au cours des mêmes opérations, les avaries causées au bateau Le plateau continental
pilote sont à la charge de l’armateur du navire piloté, à moins qu’il Art. 57. — Le plateau continental comprend, conformément
n ’établisse la faute du pilote ou de l’équipage du bateau pilote. aux définitions de la Convention des Nations Unies sur le droit
Art. 50. — Un décret pris en Conseil des ministres détermine de la mer, les fonds marins et leur sous-sol ju sq u ’à la marge
le cadre institutionnel des services de pilotage. continentale qui est incluse dans la zone économique exclusive.
Art. 51. — Les qualifications professionnelles exigées des Art. 58. — L’Etat de Côte d ’ivoire exerce des droits
•*
souverains
pilotes sont déterm inées par le ministre chargé des Affaires sur son plateau continental aux fins de son exploration et de
maritimes. l’exploitation de ses ressources naturelles.
Art. 52. — Sauf clause d ’arbitrage, les litiges nés à l’occasion Art. 59. — L’exercice des droits souverains de l’Etat de
des opérations de remorquage portuaire sont portés devant les Côte d’Ivoire sur son plateau continental, tel qu’il est prévu à
juridictions ivoiriennes. l’article précédent, comporte notam m ent le droit exclusif de
procéder à la construction de tous dispositifs et installations et
Les actions nées à l’occasion du pilotage se prescrivent par
d ’en assurer le fonctionnement et l’utilisation.
deux ans après l’achèvement des opérations de pilotage.
TITRE IV
TITRE III
LES DOM AINES PUBLICS LAGUNAIRE ET FLUVIAL
LES AUTRES ZO NES M A RITIM ES SOUS JU RIDICTION NATIONALE
CHA PITRE I
CHA PITRE I
La consistance et la délimitation
La zone contiguë
Section 1 : La consistance
Art. 53. — La zone contiguë s'étend jusqu'à vingt-quatre milles
Art. 60. — Les domaines publics lagunaire et fluvial sont
marins de la ligne de base à partir de laquelle est mesurée la
composés des domaines publics naturel et artificiel à l’intérieur
largeur de la mer territoriale.
des lignes de base des accès à la mer.
Dans cette zone, la Côte d'ivoire peut exercer les actions et
Le domaine public naturel comprend :
contrôles nécessaires en vue :
— les lagunes classées dans les limites de leurs eaux mesurées
— de prévenir les infractions en matières maritime, douanière,
à partir de la plus haute marée ;
fiscale, sanitaire, d ’immigration ou d ’atteinte à l'environnement ;
— les cours d ’eaux navigables ou flottables classés dans les
— de réprim er ces mêmes infractions lorsqu’elles sont limites de leurs eaux coulant à plein bord avant de déborder ;
commises sur le territoire national ou dans la mer territoriale ;
— les étangs en communication ou non avec les lagunes, les
— d ’organiser la circulation sans discrim ination entre les lacs navigables ou flottables classés dans les limites de leurs eaux
pavillons, conformément à la réglementation internationale. coulant à plein bord avant de déborder ;
CHA PITRE 2 — une zone de vingt-cinq mètres de large de bord autour des
La zone économique exclusive îles et îlots qui se forment dans le lit de ces cours d ’eau, de ces
lagunes, de ces lacs ou de ces étangs ;
Art. 54. — Dans la zone économique exclusive, qui s’étend à
deux cent milles marins de la ligne de base, l’Etat de Côte — la bande de terre constituant la zone comprise entre l’étendue
d ’Ivoire a des droits souverains prévus par les articles 55 à 59 de lagunaire ou fluviale et la terre ferme.
la Convention sur le droit de la mer, notamment les dispositions Le domaine artificiel comprend :
relatives à l’exploration et à l'exploitation, à la conservation — les ports lagunaires et fluviaux ;
et à la gestion des ressources naturelles, biologiques ou non — les ouvrages publics et d ’une manière générale les lieux
biologiques des fonds marins et de leur sous-sol et des eaux sur aménagés en bordure des lagunes, fleuves, lacs ou étangs et
jacentes. affectés à l’usage public.
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Les domaines publics lagunaire et fluvial mentionnés à l’alinéa Les différents types d ’engins flottants dispensés de l’obligation
précédent ne comprennent pas les ports lagunaires et fluviaux qui de détenir un titre de nationalité sont déterminés par le ministre
sont régis par des textes spécifiques. chargé des Affaires maritimes.
Section 2 : La délimitation Art. 68. — Pour obtenir l’ivoirisation, tout navire autre que le
Art. 61. — La délimitation et les m odalités de gestion des navire de pêche doit :
domaines publics lagunaire et fluvial sont fixées par décret pris — appartenir à des personnes physiques ou morales ivoiriennes
en Conseil des ministres. ou étrangères résidant ou ayant un représentant en Côte d ’ivoire,
CHAPITRE 2 et justifiant d ’un cautionnement d ’une banque agréée en
L'exploitation Côte d ’ivoire ;
Art. 62. — L’exploitation des domaines publics lagunaire et — être armé par un personnel composé de 20 % au moins de
nationaux ivoiriens pour les officiers et de 40 % au moins de
fluvial, à l’exception des ports lagunaires et fluviaux, est soumise
nationaux ivoiriens pour les autres membres de l’équipage ;
à une autorisation de l’autorité maritime administrative après avis
des ministres chargés du tourisme et de l’environnement. — ne pas avoir été construit depuis plus de vingt ans. Ce délai
court du jour de la première immatriculation.
La délivrance de l’autorisation mentionnée à l’alinéa précédent
est soumise à la perception d ’une taxe dont le montant est fixé Art. 69. — Pour obtenir l’ivoirisation, tout navire de pêche doit :
par la loi de finances. — appartenir pour au moins un tiers, à des personnes
Art. 63. — Les modalités de concessions ou d ’autorisations physiques ou morales de nationalité ivoirienne ;
d ’occupation sont fixées par décret pris en Conseil des ministres. — être armé par un personnel composé de 100 % de nationaux
ivoiriens en ce qui concerne les officiers et de 75 % au moins de
Art. 64. — Les domaines publics lagunaire et fluvial peuvent
nationaux ivoiriens en ce qui concerne les autres membres de
faire l’objet de concession aux collectivités territoriales. Celles-
l ’équipage ;
ci peuvent à leur tour accorder des concessions ou autorisations
à des particuliers. — ne pas avoir été construit depuis plus de vingt ans. Ce délai
court à compter du jour de la première immatriculation.
Les collectivités territoriales ayant obtenu des concessions en
ce qui concerne les rivages des lagunes, fleuves et autres cours Art. 70. — Pour l ’application des articles 68 et 69 de la
présente loi, l’autorité maritime administrative peut à la demande
d'eau, à des fins balnéaires, de loisirs ou d ’aquaculture, peuvent
de l’armateur, accorder des dérogations en ce qui concerne la
à leur tour accorder des concessions ou autorisations à des parti
composition de l’équipage.
culiers, dans les domaines précités.
Art. 71. — Sous réserve des tirets 2 et 3 des articles 68 et 69
La collectivité territoriale concessionnaire conserve dans tous
de la présente loi, tout navire appartenant pour plus de 50 % à
les cas, la responsabilité de la sécurité et de la salubrité du rivage.
des personnes morales ou physiques de nationalité ivoirienne
LIVRE II destiné à être exploité en Côte d’ivoire doit être ivoirisé.
LE NAVIRE ET LES NAVIGATIONS M ARITIM E. INTERIEURE
L'acte d ’ivoirisation peut être accordé aux navires affrétés
ET LA PLAISANCE
coque nue si la législation de l’Etat où le navire est immatriculé
TITRE I permet ce changement de pavillon.
LA GESTION ADMINISTRATIVE DU NAVIRE ET DES AUTRES ENGINS Art. 72. — L’autorité maritime peut refuser d ’accorder l’acte
CHA PITRE 1 d ’ivoirisation à un navire si elle estime que la demande d’ivoiri
Le statut adm inistratif du navire sation ne remplit pas les conditions exigées par les articles 68 ou
69 ou si elle estime que la demande d'ivoirisation est contraire
Section 1 : La définition et la nationalité du navire
aux intérêts de l’Etat de Côte d ’ivoire. La décision de refus doit
Art. 65. — Au sens de la présente loi, le terme navire désigne être motivée et notifiée immédiatement au demandeur.
tout engin flottant de nature mobilière, quel que soit sa jauge,
La décision prévue à l'alinéa précédent peut faire l’objet d ’un
sa forme, ou son mode de propulsion et qui est affecté à titre
recours adm inistratif formé par écrit dans le délai de deux mois
principal à une navigation maritime.
à compter de sa notification.
Tout navire jouit de la nationalité de l’Etat dont il bat pavillon.
Art. 73. — Les navires, construits ou achetés à l’étranger en
Art. 66. — L’ivoirisation est la procédure administrative qui vue d ’être immatriculés en Côte d ’ivoire, doivent être munis,
confère au navire le droit de battre pavillon de la République pour s’y rendre, d ’un titre de nationalité provisoire délivré par le
de Côte d ’Tvoire avec les privilèges et les obligations qui s ’y consul ou un représentant diplomatique de la République de Côte
rattachent. Cette opération est constatée par l ’acte d ’ivoirisation d ’ivoire, ou en leur absence par une autorité maritime nationale
qui constitue le titre de nationalité du navire. habilitée à cet effet.
Les conditions et les circonstances dans lesquelles les navires Art. 74. — Le ministre chargé des affaires maritimes détermine
doivent arborer le pavillon national ainsi que les obligations im par arrêté :
posées à cet égard aux navires étrangers dans les eaux territoriales — les formalités à accomplir, les justificatifs et les pièces à
de la Côte d ’ivoire, sont fixées par arrêté du ministre chargé des fournir en vue de l’obtention de l’acte d ’ivoirisation ;
Affaires maritimes. — les formalités et les conditions à rem plir en cas de perte
Art. 67. — Tout navire ivoirien qui prend la mer doit avoir à de l’acte d ’ivoirisation ou de modifications dans les caractéris
son bord un titre de nationalité délivré par l’autorité maritime ad tiques du navire telles qu’elles ont été mentionnées dans l’acte
ministrative. d ’ivoirisation.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 135
Art. 75. — L’Etat de Côte d ’Ivoire peut concéder à des tiers — la date de radiation ou de suspension de la précédente
l’imm atriculation des navires marchands affectés à une navi immatriculation du navire ;
gation internationale. Les conditions de cette concession sont — le nom, l’adresse et, s’il y a lieu, la nationalité de l’affréteur
fixées par voie réglementaire. coque nue, si les lois et règlements nationaux prévoient l’imma
Art. 76. — Tout navire battant pavillon ivoirien perd sa natio triculation des navires affrétés coque nue ;
nalité dans les conditions ci- après : — le détail de toutes hypothèques ou autres charges analogues
— manquement aux obligations relatives à son obtention ; grevant le navire selon les dispositions des lois et règlements de
— transformation notable du navire sans déclaration préalable ; la Côte d ’ivoire ;
— ivoirisation frauduleuse du navire étranger. — la part du navire appartenant à chacun des propriétaires,
s ’il y a plus d ’un propriétaire ;
Cependant, en cas de vente forcée d ’un navire ivoirien sous
pavillon étranger, le ministre chargé des Affaires maritimes peut — le nom, l’adresse et s’il y a lieu, la nationalité de l’exploitant,
décider que le navire conserve tem porairem ent sa nationalité si l’exploitant n ’est pas le propriétaire ou de l’affréteur coque nue.
même si les exigences prévues aux articles 68 et 69 de la présente L’enregistrement et la délivrance du titre de nationalité donnent
loi ne sont plus remplies. lieu à la perception d ’une taxe, dont le montant est déterminé par
Section 2 : L'immatriculation, la suspension et la radiation la loi de finances.
Art. 77. — Tout navire est individualisé par son nom, son port Le ministre chargé des Affaires maritimes approuve par arrêté
d'attache, sa jauge et sa nationalité. la liste des navires qui sont dispensés de l’immatriculation.
Art. 78. — Le nom d ’un navire sous pavillon ivoirien est choisi Art. 82. — L’immatriculation d ’un navire ivoirien peut être
par son propriétaire, avec l’approbation de l’autorité maritime suspendue dans le registre d ’immatriculation soit d ’office par
administrative. l’autorité maritime administrative lorsque ledit navire ne remplit
Le nom du navire doit être indiqué de façon lisible de chaque plus les conditions fixées par la présente loi, soit à la demande
côté de la proue et sur la poupe. du propriétaire. »
Le nom du port d ’immatriculation doit être indiqué sous le nom Art. 83. — La radiation du registre d ’immatriculation est
du navire, figurant sur la poupe. effectuée d’office ou à la demande du propriétaire dans les cas
Art. 79. — La jauge est l’expression du volume des capacités où le navire :
intérieures du navire. — a coulé ou a été détruit ou démoli ;
Les opérations de jaugeage consistent à déterminer les jauges — est perdu ou est présumé perdu ;
brute et nette du navire, ainsi que ses dimensions. Ces opérations
— a été déclaré irréparable ;
sont effectuées par l’autorité maritime administrative ou par des
sociétés de classification habilitées à cet effet par le ministre — ne remplit plus les conditions de nationalité requises ;
chargé des Affaires maritimes. — a perdu la qualité de navire ;
Art. 80. — Les règles applicables en matière de jaugeage des — a été vendu à un acquéreur étranger ;
navires de plus de vingt- quatre mètres de long sont fixées par la — a été saisi par les autorités ivoiriennes pour actes de contre
Convention internationale de 1969 sur le jaugeage des navires. . bande ou de piraterie ;
Le ministre chargé des Affaires maritimes fixe les nonnes de — dont le contrat d ’affrètement coque nue en vertu duquel
jaugeage pour les autres types de navires. le navire a fait l’objet d ’une immatriculation sur le registre des
Les montants des droits de calcul de la jauge sont fixés par la navires ivoiriens a pris fin.
loi de finances. CHA PITRE 2
Art. 81. — Les navires qui répondent aux conditions d ’ivoiri- Le statut adm inistratif des engins de navigation intérieure
sation prévues aux articles 68 et 69 de la présente loi sont inscrits et des installations en mer et en lagune
sur un registre d ’immatriculation au nom du ou des propriétaires
Section 1 : Le statut des engins de navigation intérieure
ou de l’affréteur coque nue.
Les mentions qui figurent au registre sont notamment : Art. 84. — Sont considérés comme engins de navigation
intérieure :
— le nom du navire et, le cas échéant, son nom antérieur et
— les engins de servitude ;
l’immatriculation précédente ;
— tous engins à propulsion mécanique muni ou non de voile ;
— le lieu ou port d ’attache et le numéro ou la marque officielle
d ’identification du navire ; — les bacs automoteurs à passagers ;
— l’indicatif d ’appel du navire, s ’il en existe un ; — les bateaux à voile ;
— le nom des constructeurs, le lieu et l’année de construction — les embarcations artisanales de plus de cinq mètres.
du navire ; Art. 85. — Pour obtenir l'ivoirisation, l’engin de navigation
— la description des principales caractéristiques techniques du intérieure doit appartenir à des personnes physiques ou morales
navire ; résidant en Côte d ’Ivoire ou ayant un représentant résident.
— le nom, l’adresse et, s ’il y a lieu, la nationalité du proprié L’engin de navigation intérieure utilisé à titre professionnel et
taire ou de chacun des propriétaires, et, sauf s’ils sont consignés dont l’équipage n ’est pas composé de marins professionnels
dans un document public aisément accessible au service chargé reçoit un permis de circulation délivré par l’autorité maritime ad
de l’immatriculation dans l’Etat du pavillon ; ministrative après son immatriculation.
136 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
Le permis de circulation indique les caractéristiques de l’engin Les frais de signalisation incombent au propriétaire ou à
de navigation intérieure. l ’exploitant. Ces dispositions s ’appliquent, le cas échéant, à la
signalisation des zones de sécurité.
Les conditions d ’immatriculation de l’engin de navigation
intérieure et de délivrance du permis de circulation sont fixées Faute pour les personnes énumérées à l’alinéa précédent de se
par le ministre chargé des Affaires maritimes. conformer aux instructions que l’autorité maritime administrative
leur donne pour l ’application du présent article et sans préjudice
Art. 86. — En cas de perte ou de démolition de l’engin de
des poursuites judiciaires, ladite autorité peut, après mise en
navigation intérieure, le propriétaire est tenu d ’en aviser l’autorité demeure restée sans effet, prendre d ’office et aux frais du
maritime administrative dans un délai de trente jours à compter propriétaire ou de l ’exploitant les mesures nécessaires.
de la date de la perte ou de sa remise à un chantier de démolition.
Pour s’assurer que lesdites personnes satisfont aux obligations
Le propriétaire a également l’obligation de déposer entre les mises à leur charge par le présent article, l’autorité maritime
mains de l’autorité maritime administrative le permis de circulation. administrative a accès aux installations et dispositifs, ainsi qu’aux
En cas de vente de l’engin de navigation intérieure, l’acheteur appareils de signalisation.
dudit bateau est tenu d ’en aviser l’autorité maritime administrative. Art. 91. — Le propriétaire ou l ’exploitant d ’un dispositif
Si, à la suite de la vente, l’engin de navigation intérieure est ou d ’une installation mentionné à l’article 87 de la présente
exporté, cette obligation incombe au vendeur. loi ou la personne qui assure à bord la direction des travaux
Section 2 : Le statut des engins et installations en mer et en lagune d ’exploration ou d ’exploitation, est tenu de transm ettre à
l’autorité maritime administrative les informations nautiques et
Art. 87. — Au sens de la présente loi, on entend par engins, et hydrographiques ayant pour objet :
installations en mer et en lagune :
— les prévisions de mise en place ou d ’enlèvement d ’un
— les plates-formes fixes ou mobiles et autres engins d’exploi dispositif ou d ’une installation, ainsi que celles ayant pour objet
tation ou d ’exploration de produits de la mer, des lagunes et la modification d’un dispositif ou d ’une installation en place ;
fleuves, de leur sol ou de leur sous-sol ou affectés à des — l’exécution de telles opérations ainsi que toute modification
recherches scientifiques ou leurs annexes ; accidentelle d ’un dispositif ou d ’une installation, même si la
— les bâtiments et leurs annexes qui participent directement personne qui assure à bord la direction des travaux d’exploration
aux mêmes opérations d ’exploration, d ’exploitation ou de ou d’exploitation a déjà émis un message pour signaler l’accident
recherche scientifique. Ces plates-formes, engins ou bâtiments et les dangers en résultant.
peuvent également être destinés à la transformation ou à l’entre Art. 92. — Dans la zone économique exclusive, les eaux
posage des ressources minérales des fonds de la mer, des lagunes territoriales et les voies d’eau intérieures, les ministres chargés
et des fleuves ou de leur sous-sol ou à des missions de servitude. des Affaires maritimes et des Mines réglementent conjointement
Art. 88. — Il est établi autour des installations et engins une la construction, l’exploitation et l’utilisation :
zone de sécurité s’étendant ju sq u ’à une distance de cinq cents — d’îles artificielles ;
mètres mesurée à partir de chaque point du bord extérieur de ces — d’installations et ouvrages affectés aux fins d’exploration,
installations et dispositifs. Il est interdit de pénétrer sans autori d ’exploitation, de conservation ou de gestion des ressources
sation dans cette zone, pour des raisons étrangères aux opérations naturelles, biologiques ou non des fonds marins, de leur sous-sol
d ’exploration ou d ’exploitation. et des eaux surjacentes, ainsi que d ’autres activités tendant à
Des restrictions peuvent être apportées par l’autorité maritime l’exploration ou l’exploitation de la zone à des fins économiques ;
administrative au survol des installations et engins et des zones — d ’installations et ouvrages pouvant entraver l’exercice des
de sécurité en cas de nécessité. droits de l’Etat dans la zone économique exclusive ou dans la
mer territoriale.
Art. 89. — Les installations et dispositifs définis à l’article 93,
TITRE II
en exploitation dans les limites des eaux sous juridiction ivoi
LES NAVIGATIONS MARITIME, INTERIEURE ET DE PLAISANCE
rienne doivent posséder la première cote d ’une société de classi
fication agréée par le ministre chargé des Affaires maritimes. CHAPITRE I
Les installations et dispositifs mentionnés à l’alinéa précédent Les navigations maritime et intérieure
sont soumis aux dispositions de la convention relatives à la Section 1 : la définition et la classification
sauvegarde de la vie humaine en mer, à celles relatives au Code Art. 93. — La navigation maritime est la navigation qui
international pour la sûreté des navires et des installations s ’effectue en mer et dans les parties des fleuves, lagunes, rivières
portuaires dit Code ISPS et au recueil des règles relatives à la et jusqu’au premier obstacle permanent qui s ’oppose au passage
construction et à l’équipem ent des unités mobiles au large dit des navires ou jusqu’à une limite fixée par décret pris en Conseil
CodeM O D U . des ministres.
Lorsque ces installations et dispositifs sont mobiles, ils sont La navigation intérieure est la navigation qui s ’effectue à
soumis à l’im matriculation et aux dispositions du Règlement l’intérieur des lignes de base en lagune, dans les rivières, fleuves,
international de 1972 pour prévenir les abordages en mer et aux lacs et étangs.
visites de sécurité au même titre que les navires. Art. 94. — Les navigations maritime et intérieure comprennent :
Art. 90. — Le propriétaire ou l’exploitant d ’une installation — la navigation de commerce relative au transport de
stationnée en mer et la personne assurant à son bord la conduite marchandises et de passagers ;
des travaux d ’exploration ou d ’exploitation sont responsables, — la navigation de servitude et de circulation ;
chacun en ce qui le concerne, de l’installation, du fonctionnement — la navigation de pêche ;
constant et régulier et du maintien en bon état de sa signalisation — la navigation de plaisance ;
maritime. — la navigation offshore.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 137
Art. 95. — Les limites des différentes zones de navigation, Si le navire ou l’engin est détenu en copropriété, l’acte de vente
bornage, cabotage, long cours et les conditions dans lesquelles est signé de tous les copropriétaires ou de leurs mandataires.
la navigation correspondante peut être pratiquée sont fixées par Art. 102. — La construction de tout navire de plaisance est
décret pris en Conseil des ministres. soumise au visa de l’autorité maritime administrative après
Les zones de navigation font l’objet de balisage conformément approbation des caractéristiques et plans de construction.
à la réglementation internationale en vigueur. Art. 103. — Tout navire de plaisance doit avoir un nom qui le
Le balisage des côtes ivoiriennes est fixé par l’autorité différencie des autres.
maritime administrative compétente ; les opérations matérielles Le nom choisi par le propriétaire doit être agréé par l’autorité
de mise en place et d ’entretien du balisage peuvent être maritime administrative.
concédées à un organisme public ou privé.
Ce nom ne doit pas être contraire à l’ordre public ni porter
Section 2 : Les règles pour prévenir les abordages atteinte aux bonnes mœurs.
Art. 96. — Les dispositions de la convention sur le Règlement Art. 104. — Toute modification de la situation administrative
international de 1972 pour prévenir les abordages en mer et juridique du navire de plaisance doit être notifiée à l’autorité
s ’appliquent à tous les navires ivoiriens, en haute mer, dans la maritime administrative dans un délai de trente jours.
zone économique exclusive, les eaux territoriales et les eaux
Art. 105. — Tout navire de plaisance d ’une jauge brute
intérieures de la Côte d ’ivoire accessibles aux navires.
supérieure à deux tonneaux ou d ’une longueur hors tout
Art. 97. — Les conditions de navigation dans les ports, rades, supérieure à deux mètres ou d ’une puissance réelle supérieure ou
lagunes, sur les fleuves ou les voies de navigation intérieure attenantes égale à dix chevaux destiné à être exploité dans un port ivoirien
à la mer sont fixées par décret pris en Conseil des ministres. doit avoir un acte d ’ivoirisation délivré par l’autorité maritime
CHAPITRE 2 administrative.
La navigation de plaisance
Pour obtenir la nationalité ivoirienne, le navire de plaisance doit :
Section 1 : La définitions et la classification
— appartenir à des personnes physiques ou morales ivoiriennes
Art. 98 — La navigation de plaisance est la navigation pratiquée ou étrangères résidant ou ayant un représentant en Côte d’ivoire ;
par les navires de plaisance à but sportif, récréatif et non lucratif.
— ne pas avoir été construit depuis plus de quinze ans. Ce délai
Art. 99. — Au sens de la présente loi, on entend par : court à compter du jour de la première immatriculation.
— navire de plaisance, tout navire ou engin de toute taille, doté Art. 106. — Les navires de plaisance mentionnés à l’article
d ’une motorisation supérieure à dix chevaux réels, tout navire ou précédent sont soumis à immatriculation dans les conditions
engin de navigation de plus de cinq mètres de long ou tout engin prévues aux articles 77 à 83 de la présente loi.
à voile dont la voilure constitue le mode principal de propulsion;
Un décret pris en Conseil des ministres fixe les conditions
— abri, un port ou un plan d ’eau où le navire peut facilement d ’application de l’alinéa précédent.
trouver refuge et où les personnes embarquées peuvent être mises
Art. 107. — Tout navire de plaisance ayant à son bord un
en sécurité ;
équipage composé de marins professionnels doit avoir un rôle
— club de plaisance, toute association de personnes physiques d ’équipage délivré par l’autorité maritime administrative.
ou morales qui pratiquent habituellement ensemble des activités
Art. 108. — Tout navire de plaisance immatriculé doit avoir
nautiques de plaisance.
une carte de circulation délivrée par l’autorité maritime adminis
Art. 100. — La navigation de plaisance comprend six catégories : trative. Cette carte doit comporter les dates des contrôles de
— première catégorie : navigation qui n'entre pas dans l’une sécurité et doit être présentée à tout contrôle. Elle permet au
des catégories ci- dessous ; navire de plaisance d ’arborer le pavillon ivoirien même si le
— deuxièm e catégorie : navigation au cours de laquelle le propriétaire est étranger.
navire ou engin ne s’éloigne pas de plus de deux cents nautiques En cas de destruction du navire de plaisance ou de sa mise en
d ’un abri ; épave, le propriétaire est tenu de déposer à l’autorité maritime
— troisième catégorie : navigation au cours de laquelle le navire administrative la carte de circulation. Dans le cas contraire, il sera
ou engin ne s’éloigne pas de plus de soixante nautiques d’un abri ; tenu des droits de visites annuelles.
— quatrième catégorie : navigation au cours de laquelle le navire Toutefois, s’il est impossible de récupérer la carte de circulation
ou engin ne s’éloigne pas de plus de vingt nautiques d’un abri ; par suite de la perte du navire de plaisance, le propriétaire en fait
déclaration aux autorités compétentes. Dans cette hypothèse, il
— cinquième catégorie : navigation au cours de laquelle le navire
est dispensé du paiement des droits de visite.
ou engin ne s’éloigne pas de plus de cinq nautiques d’un abri ;
La délivrance de la carte de circulation mentionnée à l’alinéa
— sixième catégorie : navigation au cours de laquelle le navire
premier est soumise à la perception d ’une taxe dont le montant
ou engin ne s ’éloigne pas de plus de deux nautiques d ’un abri.
est fixé par la loi de finances.
Section 2 : Le Statut du navire de plaisance
Art. 109. — Les clubs nautiques peuvent demander la déli
Art. 101. — L’importation de tout navire de plaisance, neuf ou vrance d ’une carte de circulation collective pour l’ensemble des
d ’occasion de moins de quinze ans, est soumise à l’autorisation navires ou engins de sports nautiques dont ils sont propriétaires
de l’autorité maritime administrative et donne droit à la perception et qui sont utilisés exclusivement par leurs membres.
d ’une taxe dont le montant est fixé par la loi de finances. La délivrance de la carte de circulation mentionnée à l’alinéa
Tout transfert de propriété de navire de plaisance fait l’objet précédent est soumise à la perception d ’une taxe dont le montant
d ’une déclaration auprès de l’autorité maritime administrative. est fixé par la loi de Finances.
138 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 110. — Toute personne étrangère résidant en Côte d’ivoire Art. 119. — Les zones, les périodes de baignade ainsi que les
peut conserver le pavillon d ’origine de son navire de plaisance mesures de sécurité, d ’hygiène et de salubrité sont fixées dans
pendant une durée maximale d ’un an. Elle doit néanmoins le déclarer les limites de leur territoire par les collectivités territoriales après
à l’autorité maritime administrative dans le mois suivant son arrivée. avis de l’autorité maritime administrative.
Le navire de plaisance est soumis à une visite de sécurité et au Art. 120. — L’autorisation de séparer les activités de baignade
paiement d ’une taxe de stationnement dont le montant est fixé de celles des sports nautiques peut être accordée par l ’autorité
par la loi de Finances. maritime administrative, à la demande des collectivités territoriales.
Section 3 : L'exploitation du navire de plaisance Section 6 : La plongée sous-marine
Art. 111. — Toute manifestation nautique fait l’objet d’une décla Art. 121. — Les clubs de plongée sous-marine doivent être
ration à l’autorité maritime quinze jours au moins avant la date prévue. autorisés par l’autorité maritime administrative.
L’organisateur de la manifestation est tenu de prendre toutes Les plongeurs professionnels doivent posséder une carte
les mesures de sécurité utiles en liaison avec l’autorité maritime professionnelle délivrée par l'autorité maritime administrative à
administrative. l’issue d ’un examen.
Art. 112. — Toute personne physique ou morale désirant Art. 122. — Les conditions d’exercice des activités profession
exercer les activités commerciales de plaisance doit obtenir un nelles de plongée sous-marine et la liste des équipements autorisés
agrément de l’autorité maritime administrative. sont fixées par arrêté du ministre chargé des Affaires maritimes.
La délivrance de l ’agrément prévu à l’alinéa précédent est TITRE III
soumise à la perception d ’une taxe dont le montant est fixé par LA PROPRIETE DU NAVIRE ET LA RESPONSABILITE
la loi de finances. DU PROPRIETAIRE DU NAVIRE
Section 2 : Les contrats de vente et d ’achat de navires Art. 136. — Lorsqu’un navire est exploité en copropriété, les
Art. 130. — Toute vente ou tout achat de navire sous pavillon copropriétaires sont tenus de désigner, à la majorité des parts ou
ivoirien ainsi que toute vente ou tout achat de parts ou de quirats quirats détenus, un ou plusieurs gérants, copropriétaire ou non.
d ’un tel navire doit faire l’objet, à peine de nullité, d ’un acte écrit. A défaut de désignation de gérant, tous les copropriétaires du
La règle précitée s'applique à tout autre acte constitutif, navire sont réputés gérants.
translatif ou extinctif de propriété ou de tout autre droit réel sur Art. 137. — La nomination, la démission ou la révocation du
un navire sous pavillon ivoirien. gérant est portée à la connaissance des tiers, par une mention sur
Art. 131. — Toute vente d ’un navire ivoirien ou de parts ou de la fiche matricule du navire ainsi que sur l’acte d ’ivoirisation.
quirats d ’un tel navire, effectuée en Côte d ’ivoire, doit faire Art. 138. — Dans le cadre de sa mission de gestion du navire,
l’objet d ’une déclaration de cession auprès de l’autorité maritime le gérant a tous pouvoirs pour agir au nom des copropriétaires.
administrative. Une limitation contractuelle de ses pouvoirs n ’est pas opposable
Si la vente a lieu à l’étranger, la déclaration de cession est reçue aux tiers. Le gérant est habilité, notamment, à nommer et à révoquer
par le consul ou le représentant diplomatique de la Côte d ’ivoire. le capitaine du navire, et à lui donner toutes instructions utiles.
Art. 132. — La vente ou l’achat d ’un navire ivoirien ou de parts Il n ’a pas le pouvoir de consentir des hypothèques sur le navire
ou quirats d ’un navire sous pavillon ivoirien est considérée ou de le vendre.
comme ayant eu lieu lorsqu’une copie certifiée conforme par Cependant, il peut conclure un contrat d'affrètem ent ou de
l’autorité compétente de l’acte de vente ainsi que de la déclaration location du navire pour une durée inférieure à un an.
de cession ont été remises à l’autorité maritime administrative,
Art. 139. — Le gérant a le pouvoir d'ester en justice pour le
au consul ou à tous autres représentants diplomatiques de la
République de Côte d ’ivoire. compte des copropriétaires.
Dès réception de la copie de l’acte de vente ou de la déclaration Toutes actions en justice contre un ou plusieurs copropriétaires
de cession, l’autorité maritime administrative inscrit sur le registre peuvent être engagées contre le gérant du navire.
d ’immatriculation des navires le nom de l’acquéreur comme En l'absence de désignation du gérant chaque copropriétaire
nouveau propriétaire du navire vendu ou des parts ou quirats est habilité à ester en justice pour l'ensemble des copropriétaires.
vendus et m odifie le certificat d ’immatriculation du navire. Une action en justice contre le na\ ire peut, de même, dans ce cas.
L’autorité m aritime adm inistrative m entionne sur la copie de être engagée contre l’un quelconque des copropriétaires.
l’acte de vente, la date et l’heure d ’enregistrement de la vente, Lorsque les copropriétaires ont désigné plusieurs gérants,
ainsi que la réception de ia déclaration de cession administrative. ceux-ci doivent agir d’un commun accord.
Lorsque l’opération de vente ou d ’achat s’effectue à l'étranger, Art. 140. — Le gérant est tenu de rendre compte régulièrement
le consul ou le représentant diplomatique de la République de de sa gestion aux copropriétaires. Dans la mesure du possible, il don
Côte d ’ivoire doit transmettre sans délai la copie de l ’acte de les consulter sur toute décision importante qu’il est appelé à prendre
vente et de la déclaration de cession pour procéder aux diligences
Art. 141. — Lorsqu'une décision relative à la gestion ou a
prévues à l’alinéa précédent.
l’exploitation du navire doit être prise par les copropriétaires,
La vente est opposable aux tiers à compter de son inscription ceux-ci se réunissent en assemblée. Le gérant est tenu de procéder
par l'autorité maritime administrative. à la convocation des copropriétaires et de leur fournir l’ordre du
Art. 133. — L’autorité maritime administrative doit surseoir à jour de l’assemblée, au moins huit jours à l’avance.
l’enregistrement de l’acte de vente lorsque des hypothèques ont
Art. 142. — Le gérant dresse le procès-verbal de l'assemblée
été prises sur le navire vendu ou sur les parts ou quirats vendus,
des copropriétaires et le conserve dans ses archives.
antérieurement à la date de l’acte de vente.
Tout copropriétaire a le droit de consulter les procès-verbaux
Art. 134. — L’enregistrement, sur le registre d'immatriculation
des assemblées des copropriétaires et d ’en prendre copie.
des navires, de la vente d ’un navire ivoirien ou de la vente de
parts ou de quirats d ’un tel navire, peut donner lieu à une Art. 143. — Lorsqu'un copropriétaire est dans l’impossibilité
nouvelle immatriculation du navire. de participer à une assemblée des copropriétaires, il peut charger
le gérant de présenter aux copropriétaires présents à l’assemblée,
CHA PITTRE 2
ses remarques et observations, envoyées par écrit.
La copropriété du navire
Il peut de même donner procuration à un copropriétaire pour
Art. 135. — Il y a copropriété, lorsque la propriété d ’un navire le représenter aux votes ayant lieu lors de l’assemblée. Un
est partagée entre deux ou plusieurs personnes. copropriétaire ne peut avoir plus d'une procuration.
Lorsque les copropriétaires d ’un navire, sans adopter l’une des Le gérant prend les mesures nécessaires pour tenir informé, Je
formes de sociétés commerciales prévues par la législation ivoirienne, copropriétaire absent lors de l'assemblée, des décisions prises.
l’exploitent en commun et assument les fonctions d ’armateur, les
dispositions du présent chapitre leur sont applicables à moins que Art. 144. — Les décisions de l’assemblée sont prises à la
les copropriétaires en soient convenus autrement. majorité des parts détenues par les copropriétaires du navire.
Les copropriétaires d ’un navire ont le choix entre le système Chaque copropriétaire dispose d'un droit de vote proportionnel
des parts et le système des quirats. Lorsque les parts sont à sa part dans la copropriété.
exprimées en quirats, ils sont au nombre de vingt-quatre et sont Art. 145. —- Les décisions de la majorité sont susceptibles de
divisibles en fractions. recours en justice dans le délai d’un an.
Les conditions de création et de fonctionnement de la copro Toutes stipulations contraires aux dispositions prévues à
priété sont fixées par écrit. l’alinéa précédent sont nulles.
140 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE DTVOIRE 13 novembre 2018
Art. 146. — En cas de mésentente, l’un quelconque des copro Art. 156. — Un copropriétaire peut dem ander en justice la
priétaires peut demander, en justice, la désignation d’un gérant. dissolution à son égard de la copropriété, dans les cas suivants :
Art. 147. — Les copropriétaires peuvent, à la majorité des — si le navire en copropriété perd la nationalité ivoirienne et
parts, mettre fin aux fonctions du gérant. qu’il n ’est pas possible de parvenir, dans les quatre mois, à un
Si le gérant détient plus de la moitié des parts, tout coproprié accord en vue de lui conserver sa nationalité ;
taire peut demander en justice, pour justes motifs, sa révocation — lorsque l’un des copropriétaires se trouve en état de cessa
et la nomination d ’un nouveau gérant. tion de paiement ou est l ’objet d ’un redressement judiciaire, de
Art. 148. — La juridiction compétente pour juger les litiges est liquidation de biens ou de faillite personnelle;
le tribunal dans le ressort duquel se trouve le port d ’attache du — en cas d ’atteinte grave à ses droits de copropriété, tels qu’ils
navire. résultent de la convention instituant la copropriété ;
Art. 149. — Le gérant est tenu de faire un rapport écrit sur la — pour justes motifs, notamment en cas d'inexécution de ses
gestion financière au moins une fois par an. Ce rapport doit être obligations par un associé ou de mésentente entre copropriétaires
envoyé aux copropriétaires au plus tard deux mois après ia fin rendant impossible le fonctionnement normal de la copropriété.
de la période annuelle sur laquelle il porte. Art. 157. — En cas de dissolution judiciaire de la copropriété,
Tout copropriétaire peut demander à consulter les livres et les le navire est vendu aux enchères publiques au lieu désigné par
documents comptables sur la base desquels le gérant a effectué les parties, ou à défaut par le tribunal dans le ressort duquel se
son rapport. trouve le port d’attache.
Art. 150. — Les copropriétaires, réunis en assemblée, peuvent Si la vente aux enchères du navire a lieu en Côte d ’Ivoire, les
décider à la majorité des quatre cinquième des parts, d’hypothéquer dispositions des articles 120 à 128 de l'Acte uniforme de
le navire. Un copropriétaire ne peut hypothéquer sa part sans le l'OHADA relatif aux procédures simplifiées de recouvrement et
consentement écrit de la majorité des trois quarts des parts. Les des voies d ’exécution sont applicables.
hypothèques constituées sur un navire en copropriété ou sur la Art, 158. — Les copropriétaires participent aux profits et aux
part du navire appartenant à un copropriétaire sont régies comme pertes de l’exploitation du navire proportionnellement aux parts
pour un propriétaire unique. qu’ils détiennent dans la copropriété.
Art. 151. — Chaque copropriétaire peut aliéner ses parts Ils doivent, dans la même proportion, contribuer aux dépenses
de la copropriété. En cas de projet de vente des parts, les autres de la copropriété et donner suite aux appels de fonds faits par le
copropriétaires ont chacun un droit de préemption, qu'ils exercent gérant.
dans un délai de sept jours, dans la proportion des parts qu'ils Art. 159. — Si un copropriétaire ne donne pas suite à un appel
détiennent déjà. de fonds du gérant et que celui-ci ou un autre copropriétaire fait
Si des parts sont cédées autrement que par la vente, le cédant l’avance de la contribution demandée, le copropriétaire défaillant
a l'obligation, à peine de nullité, d'en informer préalablement, par doit rem bourser le montant de la contribution payée pour son
écrit le gérant et les autres copropriétaires, à charge pour ceux-ci compte, ainsi que les intérêts à compter du jour du paiement de
de faire valoir leurs droits par voie de justice. la contribution.
En cas de décès d'un des copropriétaires, ses parts sont Le copropriétaire ayant fait l’avance de la contribution due par
transférées à ses héritiers sans droit de préemption pour les autres un copropriétaire défaillant a un droit de préférence sur tous
copropriétaires. bénéfices auxquels ce copropriétaire a droit et peut demander au
Art. 152. — Le copropriétaire qui vend ou qui cède ses parts gérant de prélever à son profit, sur ces bénéfices, le montant de
reste tenu de ses obligations de copropriétaire à l’égard des autres la contribution qu’il a avancée, ainsi que les intérêts qui lui sont
copropriétaires et des créanciers de la copropriété, pour autant dus conformément à l’alinéa 1 du présent article.
que celles-ci existaient à la date de la vente ou de la cession des Art. 160. — Les copropriétaires sont tenus indéfiniment et
parts. solidairement des dettes de la copropriété.
Art. 153. — Le copropriétaire qui vend ou qui cède ses parts Toute convention contraire est nulle.
est tenu de le faire mentionner sur la fiche matricule du navire. Art. 161. — Lorsque les copropriétaires choisissent le système
Il n'est plus tenu des obligations contractées par la copropriété de quirats, les décisions prises par la majorité des quirataires lient
postérieurement à l'exécution de cette mesure de publicité. la minorité pour tout ce qui concerne l’intérêt commun des
Art. 154. — Un copropriétaire peut, à tout moment demander copropriétaires du navire. La majorité est formée par le vote des
qu'il soit mis fin à sa participation à la copropriété, copropriétaires détenant ensemble plus de douze quirats du navire.
La copropriété cesse à son égard six mois après la date à Art. 162. — Si des transformations ou des réparations, entraî
laquelle le copropriétaire a adressé sa demande au gérant. nant des dépenses supérieures à 1a moitié de la valeur du navire
Pendant ce délai, les dispositions de l'article 158 de la présente sont à effectuer, la décision est prise à la majorité d ’au moins
loi lui sont applicables. seize quirats.
Art. 155. — Les copropriétaires qui sont membres de Art. 163. — Lorsqu’une décision ne peut être prise parce que
l'équipage peuvent, en cas de congédiem ent, quitter la copro la majorité requise aux articles 161 et 162 ne peut être réunie,
priété et obtenir de celle-ci le remboursement de leur part. En cas un ou plusieurs quirataires peuvent s’adresser au président du
de désaccord relatif à la valeur de leur part, le prix est fixé par le tribunal compétent et lui demander de prendre par ordonnance
tribunal compétent à dire d'expert. les mesures appropriées.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 141
Art. 164. — La décision d ’hypothéquer le navire doit être prise — créances produites par une personne autre que la personne
à la majorité de seize quirats. responsable pour les mesures prises afin de prévenir ou de réduire
un dommage pour lequel la personne responsable peut limiter
Un copropriétaire du navire ne peut hypothéquer ses quirats
sa responsabilité, conformément à la présente loi et pour les
sans le consentement de la majorité.
dommages ultérieurement causés par ces mesures.
Art. 165. — La décision de vendre le navire est prise à la
Le fait d ’invoquer la limitation de responsabilité n’emporte pas
majorité de seize quirats. Si la vente est susceptible d ’entraîner
reconnaissance de sa responsabilité par le propriétaire d ’un navire.
la perte de la nationalité ivoirienne pour le navire, elle est
Art. 169. — Le propriétaire ne peut bénéficier de la limitation
soumise à l’autorisation préalable de l’autorité maritime.
de responsabilité prévue dans les dispositions de la présente
En cas de silence gardé par l’autorité maritime administrative section s’il est prouvé que le dommage résulte de son fait ou de
pendant un m ois à com pter de sa saisine, l’autorisation est son omission personnelle, commis avec l’intention de provoquer
réputée acquise. Le refus de l’autorité maritime d'accorder un tel dommage, ou commis témérairement et avec conscience
l’autorisation préalable doit être motivé et peut être l’objet de qu'un te) dommage en résulterait probablement.
recours par les quirataires. Art. 170. — La limitation de la responsabilité du propriétaire
Chaque copropriétaire peut aliéner ses quirats. En cas de projet de navire, prévue par les dispositions de la présente section, n ’est
de vente des quirats, les autres copropriétaires ont chacun un droit pas applicable :
de préemption, q u ’ils exercent dans un délai de sept jours, dans — aux créances du chef d’assistance ou de sauvetage, y compris
la proportion des quirats qu'ils détiennent déjà. toute créance pour une indemnité spéciale liée à l’assistance ou
aux créances du chef de contribution en avarie commune ;
CHA PITRE 3
La responsabilité du propriétaire de navire — aux créances du capitaine, des membres de l’équipage ou
de tous autres préposés du propriétaire du navire se trouvant à
Section I : Les principes généraux
bord ou dont les fonctions se rattachent au service du navire ;
Art. 166. — Le propriétaire du navire est responsable, en vertu — aux créances des préposés des assistants du propriétaire
des dispositions du Code civil. d 'u n navire dont les fonctions se rattachent aux opérations
Toutefois sa responsabilité peut être limitée en application des d'assistance, de sauvetage, de renflouement ou de destruction de
régimes spécifiques de lim itations de responsabilité prévus navires ;
par les conventions internationales, notamment en matière — aux créances pour dommages dus à la pollution des mers ;
d ’abordage, de pollution de la mer par les navires, de contrat de — aux créances pour dommages nucléaires.
transport maritime et de contrat d ’affrètement.
Art. 171. — Si le propriétaire d ’un navire est autorisé à faire
Art. 167. — Les dispositions du présent chapitre, relatives à la valoir, à l’égard d ’un créancier, une créance pour un dommage
limitation de responsabilité, s'appliquent outre le propriétaire, à résultant du même événement, les créances respectives sont
l'affréteur, l'assistant, l’armateur ou l'armateur gérant d'un navire, compensées et les dispositions prévues au présent chapitre ne
au capitaine, aux membres de î’équipage et aux autres préposés s’appliquent qu’au solde éventuel
nautiques ou terrestres du propriétaire du navire agissant dans Art. 172. — Les limites de la responsabilité du propriétaire du
l’exercice de leurs fonctions. navire sont fixées conformément à la réglementation en vigueur.
Art. 168. — Le propriétaire d ’un navire peut limiter sa Pour l’application des limites de la responsabilité du proprié
responsabilité, quel que soit le fondement de celle-ci, même taire du navire, il est tenu un compte du tonnage du navire
envers l'Etat, pour les créances qui résultent de l’une des causes déterminé conformément aux règles de mesure sur le tonnage
indiquées ci-après : brut prévues à l’annexe I de la Convention internationale de 1969
sur le jaugeage des navires.
— créances pour mort, pour lésions corporelles, pour pertes et
Art. 173. — La limitation de la responsabilité du propriétaire
pour dommages à tous biens y compris les dommages causés aux
d ’un navire, déterminée conformément aux dispositions prévues
ouvrages d ’art des ports, bassins, voies navigables et aides à la
à l’article précédent, s’applique à l'ensem ble des créances du
navigation, survenus du fait du navire ou en relation directe avec
chef de dommages corporels et de dommages matériels nés d’un
l’exploitation de celui-ci ;
même événement, sans avoir égard aux créances nées ou à naître
— créances pour tout préjudice résultant d ’un retard dans le d ’un autre événement.
transport par mer de la cargaison, des passagers ou de leurs La limitation de responsabilité peut être invoquée même si le
bagages ; fonds de limitation prévu à l ’article 176 de la présente loi n’a pas
— créances pour d ’autres préjudices résultant de l’atteinte à été constitué.
tous droits de source extra contractuelle, et survenus en relation Art. 174. — Pour déterminer la limite de la responsabilité d’un
directe avec l’exploitation du navire ou avec des opérations propriétaire de navire, conformément aux dispositions prévues
d ’assistance ou de sauvetage ; au présent chapitre, tout navire de moins de cinq cents tonneaux
— créances pour avoir renfloué, enlevé, détruit ou rendu de jauge brute sera assimilé à un navire de ce tonnage.
inoffensif un navire coulé, naufragé, échoué ou abandonné, y Art. 175. — La responsabilité du propriétaire du navire pour
compris tout ce qui se trouve ou s ’est trouvé à bord ; les dommages résultant d ’un même événement ne peut excéder
— créances pour avoir enlevé, détruit ou rendu inoffensive la les limites fixées conformément aux dispositions de l’ article 176
cargaison du navire ; de la présente loi.
142 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’rVOIRE 13 novembre 2018
Section 2 : La constitution du fonds de limitation — ouvre le cas échéant la procédure de constitution du fonds
Art. 176. — Toute personne dont la responsabilité peut et se prononce sur les modalités de cette constitution ;
être mise en cause sur le fondement d ’une des créances prévues — fixe le montant de la provision à verser par le requérant pour
à l’article 168 de la présente loi, peut constituer un fonds auprès couvrir les frais de la procédure ;
de la juridiction compétente. Le fonds est constitué à concur — désigne un juge-commissaire et un liquidateur ;
rence du montant calculé selon les dispositions de l’article 172
— ordonne le cas échéant qu’une somme suffisante sera
alinéa 2 de la présente loi applicables aux créances dont cette
provisoirement réservée pour permettre au propriétaire de faire
personne peut être responsable, augmentées des intérêts courus
depuis la date de l’événement donnant naissance à la responsa ultérieurement valoir ses droits sur le fonds, aux conditions
bilité ju sq u ’à celle de la constitution du fonds. indiquées à l’article 187 de la présente loi et ce, lorsque le pro
priétaire du navire établit qu’il pourrait être ultérieurement
Le fonds ainsi constitué est affecté exclusivement au règlement
contraint de payer en tout ou en partie une des créances prévues
des créances auxquelles la limitation de responsabilité est appli
à l’article 168 de la présente loi.
cable.
Art. 182. — Le juge-com m issaire désigne un séquestre qui
Art. 177. — Le fait de constituer le fonds de limitation
reçoit en dépôt les fonds versés. Les dépôts sont faits au nom du
n ’emporte pas reconnaissance de sa responsabilité par le proprié
requérant ; aucun retrait ne peut être effectué sans l’autorisation
taire d ’un navire.
du juge-com m issaire. Les intérêts produits par les sommes
Art. 178. — La constitution du fonds de limitation est versées sont affectés au fonds de limitation.
constatée par une ordonnance du président du tribunal compétent, à
la demande du requérant, sur le rapport d ’un juge désigné à cet effet. La rémunération du séquestre mentionné à l’alinéa 1 du présent
article ne peut excéder un pourcent du montant du fonds.
Le fonds de limitation com prend trois parties affectées
respectivement : Art. 183. — Si le fonds est représenté par une caution solidaire
ou par toute autre garantie, cette sûreté doit être constituée au
— au règlement des créances pour décès ou lésions corporelles
nom du liquidateur. Aucune modification ne peut être apportée
subies par les passagers ;
à la sûreté ainsi constituée, sans l’autorisation du juge-commissaire.
— au règlement des créances pour décès ou lésions corporelles Les produits de la sûreté ainsi fournie sont affectés au fonds de
subies par des personnes autres que les passagers ; limitation.
— au règlement des autres créances. Art. 184. — A compter de la date de l'ordonnance constatant
Art. 179. — Toute personne qui entend bénéficier des dispo la constitution du fonds de limitation :
sitions relatives au fonds de limitation de responsabilité est tenue
— les créances cessent de produire intérêts ;
de présenter une requête aux fins d ’ouverture d’une procédure
de constitution dudit fonds au président du tribunal dans le ressort — aucune mesure conservatoire ou d'exécution n'est possible
duquel se trouve : sur les biens du propriétaire par les créanciers auxquels la
limitation prévue par l’article 167 de la présente loi est opposable,
— s ’il s ’agit d ’un navire sous pavillon ivoirien, le port
à condition que le fonds soit effectivement disponible au profit
d ’attache du navire ;
des créanciers ;
— s ’il s'agit d'un navire étranger, le port ivoirien où l’accident
— le propriétaire du navire peut obtenir mainlevée de toute
s’est produit ou le premier port ivoirien atteint après l’accident,
saisie pratiquée sur son navire ou sur tout autre bien lui apparte
ou à défaut de l’un de ces ports, celui où la première saisie a été
pratiquée ou la première sûreté fournie. nant, effectuée à la requête des créanciers auxquels la limitation
susvisée est opposable, ainsi que la libération des cautions et
Art. 180. — La requête prévue à l’article 179 de la présente loi
garanties données.
doit indiquer :
Art. 185. — La décision de main levée prévue à l’article 184
— les circonstances dans lesquelles est née la créance, notamment
ci-dessus tient compte de la constitution du fonds de limitation
l’événement au cours duquel les dommages sont survenus ;
ou de la fourniture de garanties suffisantes, que lesdites garanties
— le montant maximum du fonds de limitation, calculé confor soient constituées sur le territoire de la Côte d ’ivoire, ou à un
mément aux dispositions du présent chapitre ; autre lieu notamment :
— les modalités de constitution du fonds ;
— au port où s ’est produit l’événement donnant lieu à la
— l’état, certifié par le requérant, des créanciers connus de créance du saisissant ;
lui avec, pour chacun d ’eux, l’indication de son domicile, de la
— au port de la première escale après la survenance de
nature et du montant de sa créance ; l’événement, si celui-ci n’a pas eu lieu dans un port ;
— tous documents justifiant le calcul du montant du fonds de — au port de débarquement des passagers ou de déchargement
limitation.
de la cargaison, s’il s’agit d ’une créance relative à des dommages
Art. 181. — Le président du tribunal compétent, statuant par corporels ou à des dommages aux marchandises.
ordonnance au pied de la requête dont il a été saisi :
Art. 186. — Les dispositions des articles précédents seront
— vérifie le bien-fondé de la demande au regard notamment également applicables si la caution ou la garantie déjà constituée
des dispositions des articles 157 à 159 de la présente loi ; est inférieure à l’entière limite de la responsabilité sous l’empire
— vérifie que le montant du fonds de limitation indiqué par le des dispositions prévues au présent chapitre, à condition qu’une
requérant a été calculé conformément aux dispositions prévues caution ou une autre garantie complém entaire soit constituée
au présent chapitre ; pour la différence.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 143
Art. 187. — Lorsque le propriétaire du navire a donné caution Art, 192. — Le liquidateur procède à la vérification des
ou fourni une garantie pour un montant correspondant à la pleine créances en présence du requérant. Si le liquidateur ou le requérant
limite de sa responsabilité, conform ém ent aux dispositions conteste l’existence ou le montant d ’une créance, le liquidateur
prévues au présent chapitre, cette caution ou cette garantie peut en avise immédiatement le créancier intéressé, par lettre recom
servir au paiement de toutes les créances dérivant d ’un même mandée avec demande d ’avis de réception.
événem ent et pour lesquelles le propriétaire peut lim iter sa Le créancier a un délai de trente jours pour formuler ses
responsabilité. observations. Ce délai est augmenté de soixante jours pour les
Section 3: L'admission des créances créanciers domiciliés hors de la Côte d ’ivoire.
Art. 188. — A la suite de l’ordonnance du président du tribunal Art. 193. — Le liquidateur présente au juge-commissaire ses
compétent, le liquidateur informe, par lettre recommandée avec propositions d ’admission ou rejet des créances. L’état des
créances est arrêté par ordonnance du juge- commissaire.
accusé de réception, tous les créanciers dont le nom et le domicile
ont été indiqués par le requérant, de la constitution du fonds de Le greffier du tribunal compétent adresse, dans les huit jours
limitation. suivant l'ordonnance du juge-commissaire, une copie de l’état
des créances à chaque créancier, par lettre recommandée avec
Le liquidateur envoie également aux créanciers une copie
accusé de réception.
de l’ordonnance visée à l’alinéa précédent et leur fournit les
indications suivantes : Art. 194. — Tout créancier figurant sur l’état des créances
mentionné à l'article précédent est admis, pendant un délai de
— le nom et le domicile du propriétaire du navire ou de tout trente jours à com pter de la date d'envoi de la lettre prévue à
autre requérant, avec mention de sa qualité ; l’alinéa 2 de l’article précédent, à formuler au greffe du tribunal
— le nom du navire et son port d ’attache ; compétent des contredits sur toute créance autre que la sienne.
— l’événement au cours duquel les dommages sont survenus ; Le délai est augmenté de soixante jours pour les créanciers
— le montant de la créance tel qu’il a été indiqué par le requérant. domiciliés hors de Côte d ’Ivoire.
Le requérant a le droit de form uler des contredits dans les
Art. 189. — Le liquidateur informe en outre les créanciers :
mêmes délais.
— q u ’ils disposent d ’un délai de trente jours, à com pter de
Art. 195. — Les contredits mentionnés à l’article précédent
l’envoi avec accusé de réception de la lettre recommandée prévue
sont renvoyés par le greffier à la formation de jugem ent du
à l’alinéa 1 de l ’article précédent, pour produire leurs titres de
tribunal compétent après avis donné aux parties par lettre recom
créance ; ce délai est augmenté de soixante jours pour les
mandée avec accusé de réception.
créanciers domiciliés hors de la Côte d ’ivoire ;
Le tribunal compétent statue sur rapport du juge-commissaire.
— que, pendant les mêmes délais, ils peuvent contester le mon
Art. 196. — Tout créancier peut, jusqu’à l’expiration des délais
tant attribué à leur créance par le requérant ;
fixés ci-dessus, contester le montant du fonds de limitation par
— q u ’après écoulement de ces délais, les chiffres indiqués une réclamation déposée au greffe du tribunal compétent.
comme montants des créances sont réputés acceptés par les
Art. 197. — Les créances qui échappent à la compétence du
créanciers.
tribunal du lieu de constitution du fonds de limitation ne peuvent
Art. 190. — Les informations fournies par le liquidateur être inscrites pour leur montant définitif que lorsque la décision
aux créanciers font l’objet d ’une publication dans un journal dudit tribunal est devenue définitive. Elles doivent cependant être
d’annonces légales dans une ou plusieurs publications étrangères ; mentionnées à titre provisoire.
le choix de ces publications est fait par le juge-commissaire. Art. 198. — Tout jugem ent, rendu par le tribunal compétent
Les créanciers dont le nom et le domicile n ’ont pas été indiqués sur les créances contestées ou sur le montant de l’indemnisation,
par le requérant dans la dem ande disposent des mêmes délais est opposable à celui-ci ainsi q u 'à tous les créanciers parties à la
visés à l’article 189 de la présente loi pour produire leurs procédure sauf à exercer les voies de recours appropriées.
créances, à compter de la date de la publication faite dans le pays Section 4 : La répartition du fonds
de leur domicile ou de leur siège social. Art. 199. — Si avant la répartition du fonds, le propriétaire
Art. 191. — Les publications prévues à l’article précédent d ’un navire a payé en tout ou en partie une des créances indiquées
indiquent que, passé le délai de trente jours : à l’article 168 de la présente loi. il est autorisé à prendre à due
concurrence, les lieu et place de son créancier dans la distribution
— les créanciers connus du requérant, mais dont il ignore le
du fonds, mais seulement dans ta mesure où ce créancier aurait
domicile, sont réputés avoir accepté les montants attribués à leurs
pu faire reconnaître en justice sa créance contre le propriétaire.
créances ;
Art. 200. — Lorsque le montant du fonds de lim itation est
— les créanciers inconnus du requérant conservent le droit de définitivement fixé et que l’état des créances admises est devenu
produire leurs créances ju sq u ’à la date de l’ordonnance du pré définitif, le liquidateur présente le tableau de distribution au juge-
sident du tribunal compétent déclarant la procédure close. Ils ne commissaire. Chaque créancier en est informé par le liquidateur
pourront être admis à aucune revendication sur les répartitions qui lui indique également le montant lui revenant.
ordonnées par le juge-commissaire antérieurement à leur production, Art. 201. — Dans chaque partie du fonds de limitation telle
et leur créance sera éteinte s’ils n ’ont pas produit avant l’ordon que définie à l ’article 178 de la présente loi, la répartition est
nance de clôture, à moins q u ’ils ne prouvent que le requérant effectuée entre les créanciers proportionnellement au montant de
connaissait leur existence, auquel cas celui-ci sera tenu envers leurs créances sans que ne s ’appliquent les dispositions de la
eux sur ses autres biens. présente loi relatives aux sûretés maritimes.
144 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 202. — C haque créancier reçoit du liquidateur un titre de L 'hypothèque m aritim e ne peut être consentie sur les navires,
p erception signé du juge-com m issaire, et revêtu de la form ule les engins de navigation in térieu re et les nav ires ou engins
exécutoire. de p laisance apparten an t à des co llectiv ités locales ou à des
S ur p résentation de ce titre, le dépositaire des fonds ou organism es ou entreprises publics de l ’Etat de C ôte d ’Ivoire.
le requérant, s ’il n ’y a pas eu versem ent en espèces, règle le A rt. 212. — Les hypoth èq u es et autres sûretés co n v en tio n
créancier ; à défaut, celui-ci est réglé au m oyen de la garantie ou nelles de m êm e nature, inscrites à l ’étranger sur des navires, sont
par la caution fournie.
valables et produisent effet à condition :
Art. 203. — Sur ordonnance du juge-com m issaire, des répar
— que ces hypothèques et autres suûretés conven tio n n elles
titions provisoires peuvent être faites au profit des créanciers
aient été constituées et inscrites dans un registre conform ém ent
avant que le tableau des répartitions soit définitif.
aux lois de l ’Etat où le navire est im m atriculé ;
A rt. 204. — Le paiem ent à chaque créancier des som m es
— que ce registre et tous actes qui doivent être rem is à l’autorité
auxquelles il a droit éteint sa créance contre le requérant.
m aritim e adm inistrative conform ém ent aux lois de l’Etat où le
L orsque tous les paiem ents ont été effectués, la procédure
navire est im m atriculé, so ien t accessibles au public et que la
est déclarée close par le président du tribunal com pétent, sur le
délivrance d ’extraits du registre et de copies de ces actes soient
rapport du liquidateur, visé par le juge- com m issaire.
exigibles de l’autorité m aritim e ad m in istrativ e m oyennant le
Art. 205.— Les jugem ents statuant sur le m ontant des créances,
paiem ent d'une taxe dont le m ontant est fixé par la loi de finances ;
le m ontant du fonds de lim itation ou les contredits peuvent faire
l ’objet d ’un appel suivant les voies de droit com m un. — que le reg istre ou l ’un des actes visés au tiret 2 précité,
indique à tout le m oins le nom et l’adresse du titulaire de la sûreté
A rt. 206. — Les ordonnances du juge-co m m issaire peuvent
ou le fait que celle-ci ait été constituée au porteur, le m ontant
être frappées d ’opposition dans un délai de dix jo u rs à com pter
de la signification. m axim al garanti, si cela est exigé par les lois de l’Etat d 'im m a
triculation ou si ce m ontant est expressém ent indiqué dans l ’acte
L’opposition est form ée p ar sim ple déclaration au greffe du
portant création de l’hypothèque ou autres sûretés, ainsi que la
tribunal com pétent.
date et les autres m entions qui en déterm inent le*rang.
A rt. 207. — Les ordonnances du président du tribunal
com pétent relatives à la nom ination ou au rem placem ent du juge- Les dispositions du présent article sont applicables sous réserve
com m issaire ou du liquidateur ne sont susceptib les d ’aucune que les lois de l’Etat où les hypothèques et autres sûretés conven
voie de recours. tionnelles ont été inscrites, rendent valables et font produire effet,
TITRE IV dans les conditions précitées, aux hypothèques inscrites en Côte
LES SURETES M A RITIM ES ET LES SAISIES DE NAVIRES d ’Ivoire p ar l ’autorité m aritim e adm inistrative.
CHA PITRE 1 Art. 213. — Sous réserve de l ’application des dispositions de
Les sûretés maritimes l’article 212, les hypothèques et autres sûretés conventionnelles
de m êm e nature, constituées avant l ’ivoirisation d ’un navire, sont
Section 1 : Les dispositions communes
valables et produisent effet à condition :
Art. 208. — Les hypothèques et privilèges m aritim es sont des
sûretés conférant à un créancier les droits réels suivants : — d ’avoir été constituées et inscrites dans un registre, confor
m ém ent à la loi de l’Etat où le navire est im m atriculé ;
— le droit de suite sur le navire en quelques m ains q u ’il passe,
nonobstant tout changem ent de propriété, d ’im m atriculation ou — d ’être portées à la connaissance de l’acquéreur avant l ’acte
de pavillon. En vertu de ce droit de suite, le créan cier peut de transfert de la propriété du navire ;
p rocéder à la saisie conservatoire du navire dans les conditions — de faire l’objet d ’une inscription par l ’autorité m aritim e lors
prévues par les d ispositions de la présente loi. Le créancier de l’ivoirisation du navire. Lorsque ces conditions sont rem plies,
privilégié peut égalem ent, en vertu des dispositions de la présente les hypoth èq u es gardent le rang d ’inscription q u 'elles avaient
loi, procéder à la saisie-exécution du navire à condition que le avant que le navire ait acquis la nationalité ivoirienne.
débiteur en soit le propriétaire. Le m êm e droit peut être exercé
A rt. 214. — L ’hypothèque m aritim e est constituée par acte
par le créancier hypothécaire sur le navire hypothéqué, que le
débiteur en soit ou non propriétaire ; authentique. Elle ne peut être constituée que par le propriétaire du
navire ou par un mandataire muni d ’un mandat spécial à cet effet.
— le droit d ’être payé par préférence à tout autre créancier sur
le produit de la vente du navire pour garantir le principal, les frais Les dispositions du présent article sont prescrites à peine de
et intérêts au m êm e rang. nullité.
Art. 209. — Les sûretés m aritim es prim ent sur toutes sûretés. A rt. 215. — L ’hypoth èq u e d o it être inscrite p ar l’autorité
m aritim e adm inistrative, par m ention sur le registre d ’im m atri
L es privilèges m aritim es prennent rang avant les hypothèques
culation des navires. Elle est effectuée à la dem ande du requérant
m aritim es, quelle que soit la date de leur inscription.
qui p résen te deux co p ies certifiées par un o fficier public
Art. 210. — Les dispositions du présent chapitre s ’appliquent
conform es à l’original de l ’acte co n stitu tif de l’hvpothèque.
aux navires, aux plates-form es de forage, aux engins de naviga
tion intérieure et de plaisance. Art. 216. — L’autorité m aritim e adm inistrative m entionne sur
le registre d ’im m atriculation des navires :
Section 2 : Les hypothèques maritimes
— la date de l’acte co n stitu tif de l ’hypothèque ;
Art. 211. — L’hypothèque m aritim e est une sûreté con v en
tionnelle inscrite dans un registre spécial tenu par le conservateur — les nom s, prénom s, professions et dom iciles des parties ;
d ’hypothèques qui relève de l’adm inistration des finances. — la date et la nature du titre ;
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 145
— le m ontant de la créance pour laquelle l ’hypothèque a été Art. 225. — Les droits et taxes à percevoir, à l ’occasion de la
constituée ainsi que les conventions relatives aux intérêts et aux constitution des hypothèques m aritim es, sont fixés par la loi de
rem boursem ents ; finances.
— le nom et la désignation du navire hypothéqué, la date de Art. 226. — Une hypothèque m aritim e constituée sur un navire
l’acte d ’ivoirisation ou de la déclaration de m ise en construction. sous p av illo n ivoirien ou pour une p art ou un quirat d ’un tel
navire, peut être transférée à toute personne en vertu d ’un docu
Art. 217. — A près avoir procédé à l ’inscription de l ’h y p o
m ent de transfert.
thèque, le conservateur des privilèges et hypothèques m aritim es
restitue au requérant une des copies certifiées conform es à Sur présen tatio n du docum ent de transfert visé à l ’alinéa
l’original de l’acte constitutif de l ’hypothèque. Il certifie au bas précédent, l ’autorité m aritim e adm inistrative est tenue d ’inscrire
le transfert de l’hypothèque m aritim e dans le registre d ’im m atri
de cette copie avoir procédé à l’inscription de l’hypothèque et
culation des navires, en m entionnant le nom du bénéficiaire du
indique la date et les références de cette inscription. La seconde
transfert com m e créan cier hypothécaire ainsi q ue la date de
copie certifiée conform e est transm ise au greffe du tribunal du
l’inscription du transfert en cause.
lieu de constitution de l'hypothèque.
Le m inistre chargé des Affaires m aritim es fixe par arrêté, les
Tout navire grevé d ’une ou de plusieurs hypothèques doit
conditions dans lesquelles un docum ent de tran sfert peut être
obligatoirem ent avoir, dans les docum ents de bord, un état des
établi ainsi que les m entions devant figurer dans ce docum ent.
inscriptions hypothécaires m is à jo u r à la date de son départ d'un
Art. 227. — Si un nav ire im m atriculé en C ôte d ’ivoire est
port ivoirien.
autorisé à battre tem p o rairem en t pavillon d ’un autre Etat, il
Art. 218. — L’ hypothèque m aritim e est rendue publique par reste soum is aux d ispositions de la présente loi relatives aux
son inscription sur le registre d ’im m atriculation des navires par hypothèques.
l ’autorité m aritim e adm inistrative. Le registre d ’im m atriculation
D ans ce cas, une m ention est portée dans le registre d ’im m a
est accessible au public.
triculation des navires, indiquant le nom de l ’Etat dont le navire
Le m inistre chargé des A ffaires m aritim es fixe les conditions est autorisé à battre tem porairem ent pavillon.
de fonctionnem ent du service de conservation des hypothèques Art. 228. — L’autorité m aritim e ad m in istrativ e ne peut
m aritim es et les m odalités de constitution et de conservation de autoriser un navire im m atriculé en Côte d ’ivoire à battre pavillon
ces hypothèques. d ’un autre Etat à m oins que la totalité des hypothèques grevant
Art. 219. — L'hypothèque m aritim e consentie sur un navire ou ce navire n ’ait été préalablem ent purgée ou que les titulaires de
une part indivise du navire s ’étend, sa u f convention contraire, au la totalité de ces hypothèques n ’aient donné leur consentem ent
corps du bâtim ent et à tous les accessoires, m achines, agrès et par acte authentique.
apparaux. A rt. 229. — T out acte ou toute opération, ayant p o u r but
L orsque l ’hypothèque porte sur un navire en construction, elle d ’en traîn er irrégulièrem ent ou frau d u leu sem en t la perte de la
nationalité ivoirienne d ’un navire grevé d ’une ou de plusieurs
s ’étend aux m atériaux, m achines et appareils se trouvant dans
hypothèques m aritim es, est nul et de nul effet.
l’enceinte du chantier du constructeur et qui sont distinctem ent
identifiés com m e étant destinés à être incorporés au navire en Art. 230. — En cas de perte du navire hypothéqué ou en cas
d ’avarie grave le rendant innavigable, les créanciers hypothécaires
construction.
peuvent exercer leurs droits sur les indem nités ou les som m es
Art. 220. — L’hypothèque m aritim e ne porte pas sur le fret, les subrogées au navire et à ses accessoires.
approvisionnem ents, les soutes et tous biens consom m ables se
Sont subrogés au navire et à ses accessoires :
trouvant à bord du navire.
— les indem nités dues au propriétaire à raison des dom m ages
L es équipem ents, installations ou appareils à bord du navire
m atériels subis par le navire hypothéqué ;
hypothéqué, ap partenant à des tiers, et qui ont été loués par
— les som m es dues au p ro p riétaire pour co ntribution aux
le propriétaire du navire ne font pas partie de l ’assiette de
avaries com m unes subies par le navire hypothéqué ;
l ’hypothèque.
— les indem nités dues au propriétaire du navire hypothéqué
Art. 221. — L’autorité m aritim e adm inistrative est tenue de
pour assistance prêtée ou le sauvetage effectué depuis l ’inscription
délivrer, à toute personne qui le dem ande, un état des de l’hypothèque, dans la m esure où elles représentent la perte ou
hypothèques grevant le navire ou un certificat attestant q u ’aucune l’avarie du navire hypothéqué ;
hypothèque ne grève le navire m oyennant le paiem ent d ’une taxe
— les indem nités d ’assurance sur le corps du navire.
dont le m ontant est fixé par la loi de finances.
Art. 231. — Si, au m om ent de la vente forcée, le navire est en
A rt. 222. — La radiation des inscriptions hypothécaires est
possession d ’un chantier de construction navale ou de réparation
effectuée soit avec le consentem ent des parties, reçu devant
de navires qui, en vertu des dispositions de la présente loi, jo u it
notaire, soit en vertu d ’une décision de ju stice passée en force de
d ’un droit de rétention, le chantier de construction navale ou de
chose jugée.
réparation de navires doit abandonner la p o ssession du navire
A rt. 223. — Les hypothèques m aritim es prennent rang dans à l ’acheteur, m ais il est habilité à o b ten ir le règ lem en t de sa
l ’ordre de leur inscription au reg istre d ’im m atriculation des créance sur le produit de la vente.
navires, après les privilèges m aritim es. A rt. 232. — Les frais et les dépenses provoqués p ar la saisie
Art. 224. — L es hypothèques inscrites le m êm e jo u r viennent co n serv ato ire ou p a r les m esures d ’ex écution et p a r la vente
en concurrence quelle que soit la différence des heures de leurs qui les a suivis sont payés confo rm ém en t aux d isp o sitio n s du
inscriptions respectives. chapitre 2 ci-après relatives à la saisie des navires.
146 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
A rt. 233. — Si l’hypothèque ne grève q u ’une partie du navire, Art. 238. — La cession d ’une créance garantie par un privilège
le créancier ne peut saisir et faire vendre que la partie du navire m aritim e ou la subrogation dans les droits du titulaire d ’une telle
sur laquelle porte son hypothè[Link], si plus de la m oitié créance com porte sim ultaném ent la transm ission du privilège.
des parts ou des quirats du navire sont hypothéqués, le créancier Les créanciers titulaires de privilèges m aritim es ne peuvent être
peut, après saisie, le faire vendre en totalité à charge d ’appeler à subrogés au propriétaire du navire pour ce qui est des indemnités
la vente les copropriétaires. dues à celui-ci en vertu d ’un contrat d ’assurance ou de subvention
Art. 234. — Dans tous les cas de copropriété, les hypothèques publique.
consenties durant l ’indivision, par un ou plusieurs co p ro p rié Art. 239. — Les privilèges m aritim es s ’éteignent à l’expiration
taires, sur une portion du navire continuent de subsister après le d ’un délai d ’un an qui court :
partage ou la vente.
— pour les privilèges garantissant toutes som m es dues au
Toutefois, si la vente s ’est faite en justice, le droit des créanciers capitaine, aux officiers et autres m em bres du personnel de bord en
n ’ayant hypothèque que sur une portion du navire sera lim ité vertu de leur engagem ent bord du navire, y com pris les frais de
au droit de préférence sur la partie du prix afférente à l’intérêt rapatriem ent et de cotisations d ’assurance sociale payables pour
hypothéqué. leur com pte, à com pter du jo u r où congé est donné à l ’ayant droit ;
Section 3 : Les privilèges maritimes — pour les privilèges garantissant les rémunérations d ’assistance
Art. 235. — Chacune des créances suivantes sur le propriétaire, et de sauvetage, à partir de la date de la fin de l’intervention ;
l’arm ateur gérant ou l ’exploitant du navire est garantie par un — pour les privilèges garantissant les créances du c h e f de m ort
privilège sur le navire, dans l ’ordre de priorité ci-après : ou de lésions corporelles survenus, sur terre ou dans les eaux, en
— les frais et dépensés provoqués par la saisic-conservatoire relation directe avec l ’exploitation du navire, à com pter du jo u r
ou saisie exécution du navire. Ces frais et dépenses com prennent du décès ou de la lésion ;
notam m ent les frais de justice, les frais de garde et de conserva — pour les autres privilèges, à compter de la naissance de la créance.
tion du navire, les frais d ’entretien de l ’équipage ;
Art. 240. — La prescription des privilèges n ’est susceptible
— les créances p o u r toutes som m es dues au cap itain e, aux d ’interruption qu’en cas de saisie conservatoire, de saisie exécution
officiers et autres m em bres du personnel de bord en vertu de leur du navire ou de toute autre action en justice. •
engagem ent à bord du navire, y com pris les frais de rapatriement Art. 241. — Les privilèges m aritim es sont éteints indépendam
et de cotisations d ’assurance sociale payables pour leur com pte ; m ent des m odes d ’extinction des obligations :
— les frais engagés par l’autorité m aritim e adm inistrative, aux — p ar la vente forcée du navire, prononcée pour infraction aux
fins de sécurité de la navigation ou de protection du m ilieu marin, lois et règlem ents de police, de sûreté ou de douane ;
à l’effet d ’enlever un navire échoué ou coulé ;
— par la vente forcée du navire, à la suite d ’une action judiciaire ;
— les rém unérations dues pour assistance et sauvetage et la
— en cas de tran sfert v olontaire de la propriété, trois m ois
contribution aux avaries com m unes ;
après la publication de l’acte entraînant transfert de propriété.
— les créances du c h e f de m ort ou de lésions corporelles
CHA PITRE 2
survenues, sur terre ou sur l’eau, en relation directe avec
Les saisies de navire
l’exploitation du navire ;
Section 1 : Les dispositions communes
-— les créances du c h e f des droits de port et de canal ainsi que
les frais de pilotage ; Art. 242. — Tout navire battant ou non pavillon ivoirien peut
faire l’objet d ’une saisie, alors m êm e q u ’il serait prêt à quitter le
— les créances délictuelles ou quasi délictuelles en raison de
port où il se trouve.
pertes ou de dommages matériels causés par l’exploitation du navire,
Les navires qui sont la p ropriété de l ’E tat de C ôte d ’ivoire,
autres que ceux occasionnés à la cargaison, aux conteneurs et aux
ne p eu v en t être saisis si, au m om ent où est née la créance, ils
effets personnels des passagers transportés à bord du navire ;
étaient affectés exclusivem ent à un service gouvernem ental non
— la créance du constructeur ou du réparateur du navire. com m ercial.
Art. 236. — Les privilèges de m êm e rang viennent en concours Art. 243. — L orsqu’une saisie est autorisée, l’autorité m aritim e
entre eux au m arc le franc. ad m in istrativ e d o it être tenue inform ée du d éroulem ent de la
Les privilèges m aritim es garantissant les créances pour assis procédure décrite par le présent article.
tance et sauvetage du navire prennent rang entre eux dans l’ordre D ès notification de la décision autorisant la saisie, l ’autorité
inverse de celui où sont nées les créances garanties privilèges. portuaire refuse au navire qui fait l’objet de cette saisie l’autori
Ces créances sont considérées com m e nées, à la date à laquelle sation de départ.
chacune des opérations d 'assistance et de sauvetage est achevée. L’autorisation de départ est cependant à nouveau accordée
A rt. 237. — A ucun privilège m aritim e ne grève le navire pour lo rsq u ’intervient une décision de m ainlevée de la saisie et dès
sûreté des créances visées aux tirets 5 et 7 de Tarticle 235 qui que cette décision a été notifiée à l’autorité portuaire.
proviennent ou résultent : Art. 244. — L’arm ateu r d ’un navire qui, co n form ém ent aux
— de dom m ages découlant du transport m aritim e d ’hydrocar d ispositions prévues à l ’article précédent, s ’est vu refu ser
bures ou autres substances dangereuses ou nocives ; l ’autorisation de départ du port, peut dem ander au président du
— des propriétés radioactives ou d ’une com binaison des tribunal dans le ressort duquel se trouve le navire saisi, statuant
propriétés radioactives avec des propriétés toxiques, explosives dans le cadre d ’une procédure de référé, d ’autoriser le départ du
ou autres propriétés dangereuses d ’un com bustible nucléaire ou navire pour un ou plusieurs voyages déterm inés en fournissant
de produits ou déchets radioactifs. une garantie suffisante.
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Art. 245. — Le président du tribunal com pétent, statuant dans — tout contrat relatif à l’utilisation ou à la location du navire
les conditions prévues à l’article précédent, fixe le délai dans lequel par affrètem ent ou autrem ent ;
le navire doit regagner le port où sa saisie a été autorisée. Il peut — tout co n trat re la tif au transport de m arch an d ises ou de
m odifier ultérieurem ent ce délai, à la dem ande de l’arm ateur. passagers par le navire, p ar affrètem ent ou autrem ent ;
Si le navire n ’a pas regagné le port de saisie à l’expiration — les pertes ou les dom m ages subis par, ou en relation avec,
du délai fixé p ar le président du tribunal, la garantie fournie par les biens, y com pris les bagages, transportés par le navire ;
l ’arm ateur est acquise aux créanciers.
— une avarie com m une ;
Section 2 : La saisie conservatoire
— un rem orquage ;
A rt. 246. — Par saisie conservatoire du navire il faut entendre
— le pilotage ;
toute im m obilisation ou restriction au départ d ’un navire en vertu
d ’une autorisation judiciaire pour garantir le recouvrem ent d ’une — les m archandises, les m atériels, l’approvisionnem ent, les
créance m aritim e. soutes, les équipem ents, y com pris conteneurs, fournis ou
services rendus au navire pour son exploitation, sa gestion, sa
La saisie conservatoire ne porte aucune atteinte aux droits du
conservation ou son entretien ;
propriétaire sur le navire, objet de la saisie.
— la construction, la reconstruction, la réparation, la transfor
Art. 247. — Un navire ne peut être saisi à titre conservatoire
m ation ou l’équipem ent du navire ;
q u ’en vertu d ’une créance m aritim e qui p araît fondée en son
principe et sur autorisation préalable de la ju rid ictio n dans le — les droits et les redevances de port, de canal, de bassin , de
ressort de laquelle se trouve le navire. m ouillage et d ’autres voies navigables ;
Le créancier qui se prévaut d 'u n titre exécutoire constatant une — les rém unérations et les autres som m es dues au capitaine,
des créances m aritim es prévues à l ’article 249 de la présente loi aux officiers et autres m em bres du personnel de bord, en vertu
est dispensé de l’autorisation préalable de la juridiction compétente. de leur eng ag em en t à bord du navire, y com pris les frais de
rapatriem ent et les cotisations d ’assurance sociale payables pour
Tout navire peut être saisi conform ém ent aux dispositions de
leur com pte ;
la présente loi aux fins d ’obtenir une garantie m algré l’existence,
d ’une clause attributive de com pétence judiciaire arbitrale ou de — les p aiem en ts effectués p o u r le com pte du navire ou de
toute autre disposition équivalente. ses propriétaires ;
La règle précitée s ’applique égalem ent en cas de com prom is — les prim es d ’assurance, y com pris cotisations d'assurance
ou de clause prévoyant l’application de la loi d ’un autre Etat au m utuelle, en relation avec le navire, payables pour leur com pte ;
contrat litigieux. — les frais d ’agence ou com m issions de courtage ou autres en
Toutefois, un navire battant pavillon ivoirien ne peut être saisi relation avec le navire, payables par le propriétaire du navire ou
dans un port ivoirien. par l’affréteur en dévolution ou pour leur com pte ;
A rt. 248. — Est considérée com m e créance m aritim e, toute — tout litige quant à la propriété ou à la possession du navire ;
créance découlant notam m ent d ’une ou plusieurs des causes — tout litige entre les co p ro p riétaires du nav ire au sujet de
suivantes : l’exploitation ou des droits aux produits d ’exploitation de ce navire ;
— les pertes ou les dommages causés par l’exploitation du navire ; — une hy p o th èq u e m aritim e ou toute sûreté de conditions
— la m ort ou les lésions corporelles survenant, sur terre ou sur fixées à l ’article 212 de la présente loi ;
eau, en relation directe avec l ’exploitation du navire ; — tout litige découlant d’un contrat de vente du navire.
— les opérations de sauvetage ou d ’assistance ainsi que tout Art. 249. — Sous réserve des d ispositions de l’alin éa 5 de
contrat de sauvetage ou d'assistance, y com pris, le cas échéant, l’article 247 de la présente loi, la saisie conservatoire peut être
une indem nité spéciale concernant des opérations de sauvetage pratiquée sur tout navire dont le débiteur, au m om ent de la saisie,
ou d ’assistance à l ’égard d ’un navire qui par lui-m ém e ou par sa est propriétaire.
cargaison m enaçait de causer des dom m ages à l’environnem ent ; La saisie conservatoire du navire au sujet duquel une créance
— les dom m ages causés ou risquant d ’être causés par le navire m aritim e est alléguée peut être pratiquée si :
au m ilieu m arin, au littoral ou à des intérêts connexes ; les — la personne qui était propriétaire du navire au m om ent où
mesures prises pour prévenir, réduire ou élim iner ces dom m ages ; la créance m aritim e est née est obligée à concurrence de cette
l ’indem nisation de ces dom m ages ; le coût des m esures créance et est propriétaire du navire au m om ent où la saisie est
raisonnables de rem ise en état du m ilieu qui ont été effectivem ent pratiquée ;
prises ou qui le seront ; les pertes subies ou risquant d ’être subies
— l’affréteur, le gérant ou l ’exploitant du navire au m om ent
p ar des tiers en rapport avec ces dom m ages ; et les dom m ages,
où la créance m aritim e est née est obligé à concurrence de cette
coûts ou pertes de nature sim ilaire à ceux qui sont indiqués
ci-dessus ; créance et est affréteur, gérant ou exploitant du navire au m om ent
où la saisie est pratiquée ;
— les frais et les dépenses relatifs au relèvem ent, à l ’en lèv e
m ent, à la récupération, à la destruction ou à la neutralisation d ’un — la créance repose sur une hypothèque ou tout autre droit de
navire coulé, naufragé, échoué ou abandonné, y com pris tout ce m êm e nature inscrit à l’étranger lo rsq u ’il répond aux conditions
qui se trouve ou se trouvait à bord de ce navire, et les frais et les fixées p ar l ’article 212 de la présente loi ;
dépenses relatifs à la conservation d ’un navire abandonné et à — la créance est relative à la propriété ou à la possession du
l ’entretien de son équipage ; navire ;
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— il s 'a g it d ’une créance sur le p ropriétaire, l ’affréteur, La ju rid ictio n qui a autorisé la saisie conservatoire du navire
l ’arm ateur gérant ou l ’ex ploitant du navire, garantie par un est com pétente pour connaître de l’affaire au fond, à m oins que
privilège m aritim e. les parties ne conviennent ou ne soient convenues de soum ettre
Art. 250. — Lorsque des personnes exploitent plusieurs navires le litige à un autre tribunal ou une ju rid ictio n arbitrale.
et q u ’il en résulte une com m unauté d ’intérêts ou de gestion, la L orsque la juridiction qui a autorisé la saisie se déclare incom
juridiction com pétente peut autoriser la saisie conservatoire d ’un pétente en vertu de l’alinéa 2, le créancier doit, dans le délai d ’un
de ces navires pour garantir le recouvrem ent de toutes créances mois à com pter de la date de la décision d ’incom pétence, engager
m aritim es alléguées contre l ’une de ces personnes. la procédure au fond devant le tribunal com pétent ou la ju rid ic
tion arbitrale désignée par les parties.
Art. 251. — Toute personne justifiant d ’une créance m aritim e
peut par requête solliciter de la ju rid ic tio n dans le resso rt de Si au term e du délai précité, la procédure au fond n ’a pas été
laquelle se trouve le navire, l’autorisation de procéder à la saisie engagée, la m ainlevée de la saisie ou de la garantie est autorisée
conservatoire du navire. par ordonnance de référé rendue par la ju rid ictio n qui a autorisé
la m esure conservatoire.
Art. 252. — L’ordonnance autorisant la saisie conservatoire
doit, à peine de nullité, préciser le m ontant de la som m e pour la Art. 257. — Tout débiteur dont le navire a été saisi doit en
g arantie de laquelle la m esure conservatoire est au torisée et obtenir m ainlevée lo rsq u ’une garantie d ’un m ontant suffisant
indiquer le nom du navire. et sous une form e satisfaisante a été constituée, sa u f dans les cas
où la saisie est pratiq u ée en raison des créances m aritim es
Art. 253. — L’ordonnance autorisant la saisie conservatoire est
énum érées aux tirets 19 et 20 de l ’article 248 de la présente loi.
caduque si celle-ci n ’a pas été pratiquée dans un délai d ’un m ois
En ce cas, le tribunal qui a autorisé la saisie peu t perm ettre
à com pter de la date de ladite ordonnance.
l’exploitation du navire par la personne qui en a la possession,
Art. 254. — La saisie conservatoire est pratiquée entre les lorsque celle-ci aura co n stitu é une g aran tie d ’un m ontant
m ains du capitaine par voie d ’h uissier de ju stice qui en dresse suffisant, ou réglé de toute autre m anière la question de la gestion
procès-verbal. du navire pendant la durée de la saisie.
Le procès-verbal doit, à peine de nullité, m entionner : Faute d ’accord entre les parties sur la garantie,*le tribunal qui
— la décision de la ju rid ictio n com pétente ayant autorisé la a autorisé la saisie, statuant en m atière de référé sur la dem ande
saisie ou le titre exécutoire constatant une créance m aritim e en de m ainlevée de la m esure conservatoire, en fixe la nature et le
vertu duquel la m esure conservatoire est pratiquée ; ces docu m ontant qui ne peut excéder la valeur du navire saisi.
m ents sont annexés à l ’acte en original ou en copie certifiée L a dem ande de m ainlevée de la saisie en contrepartie d ’une
conform e à l ’original par un officier public ; garantie suffisante ne peut être interprétée com m e une reconnais
— les nom , prénom s et dom icile du saisi et du saisissant ou, sance de resp o n sab ilité ni com m e une renonciation à toute
s ’il s ’agit de personnes m orales, leur form e, dén o m in atio n et défense ou tout droit de lim iter la responsabilité.
siège social ou dom icile élu ; La ju rid ictio n qui a autorisé la saisie peut, statuant en m atière
— élection de dom icile p ar le créancier dans le ressort de référé, donner égalem ent m ainlevée de la saisie conservatoire
territorial de la juridiction ayant autorisé la saisie si le créancier en cas de violation des articles 242 à 260 de la présente loi.
n ’y dem eure pas ; La dem ande de m ainlevée et toutes les autres contestations,
— les nom, type et tonnage du navire ; notam m ent celles relativ es à l ’exécution de la m esure, sont
— la m ention, en caractères très apparents, que le navire est portées devant la juridiction qui a autorisé la saisie.
indisponible, et q u ’il est sous la garde du débiteur qui ne peut ni Art. 258. — Un navire ne peut être saisi et une garantie donnée
l ’aliéner ni le déplacer, sous peine de sanction pénale ; plus d ’une fois pour la m êm e créance m aritim e et pour le m êm e
— la déclaration du capitaine sur toute saisie an térieure du dem andeur.
navire depuis son arrivée et la m ention de son obligation de faire Si un navire est saisi et q u ’une garantie a été donnée, soit pour
connaître la présente saisie à tout créancier qui procéderait à une obtenir la m ainlevée de la saisie, soit pour éviter celle-ci, toute
nouvelle saisie sur le navire ; saisie ultérieure de ce navire ou d ’un autre navire appartenant au
m êm e p ro p riétaire, par le m êm e d em an d eu r et p o u r la m êm e
— la m ention, en caractères très apparents, du droit pour le
créance m aritim e, sera levée et le navire sera libéré par la
débiteur de dem ander la m ainlevée de la saisie soit contre une
ju rid ictio n qui a autorisé la m esure conservatoire, à m oins que le
garantie soit en dém ontrant que les conditions de validité de la
dem an d eu r ne p ro u v e à la satisfactio n du tribunal com pétent,
saisie ne sont pas réunies ;
que la garantie a été définitivem ent libérée avant que la saisie
— l’indication selon laquelle la ju rid ic tio n qui a autorisé la su bséquente n ’ait été pratiq u ée ou que la perso n n e qui a déjà
saisie est com pétente pour connaître des dem andes de m ainlevée constitué la sûreté ne soit ou ne paraisse pas capable d ’exécuter
et de toutes autres contestations. tout ou partie de ses obligations .
Art. 255. — Une fois la saisie conservatoire pratiquée, l ’huissier Si une garantie suffisante a été donnée pour obtenir la m ain
de ju stice doit la dénoncer à la capitainerie du port qui a levée d ’une saisie sur un navire, il ne peut être opéré au titre de
l ’obligation d ’em pêcher l ’appareillage du navire. la m êm e créance m aritim e, une autre saisie du navire concerné
Art. 256. — D ans un délai d ’un m ois à com pter de la saisie ni d ’un autre navire du propriétaire.
conservatoire, le créancier qui n ’a pas de titre exécutoire, doit in Toutefois, le dem andeur peut pratiquer la saisie conservatoire
troduire ou accom plir les form alités nécessaires à l ’obtention de pour la m êm e créance sur le m êm e navire ou un autre navire
ce titre. A défaut, la saisie devient sans cause. appartenant au m êm e propriétaire si :
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 149
— la garantie a été définitivem ent libérée avant que la saisie L’huissier désigne un gardien et rem et u ne copie du procès-
subséquente n ’ait été pratiquée ; verbal au capitaine ou à la personne qui le représente.
— la personne qui a déjà constitué la sûreté n ’est ou ne paraît A rt. 266. — U ne copie du procès-verbal de saisie doit être
pas capable d ’exécuter tout ou partie de ses obligations. signifiée p ar l’huissier, au propriétaire du navire, dans les huit
Art. 259. — U n navire ne peut être saisi plus d ’une fois dans jo u rs de son établissem ent.
un port m êm e pour des créances ayant une cause différente. Le créancier doit égalem ent, au cours de ce délai de huit jours,
Tout créancier désirant pratiquer une saisie sur un navire objet assigner le propriétaire devant le tribunal dans le ressort duquel
d ’une précédente saisie doit introduire une requête auprès du la saisie a été pratiquée, p o u r voir dire q u ’il sera procédé à la
président de la juridiction com pétente aux fins d ’être autorisé à vente du navire saisi avec fixation de la m ise à prix et des condi
être partie à la procédure de saisie en cours. tions de la vente. C e délai est de quinze jo u rs si le propriétaire se
Art. 260. — La personne qui dem ande la saisie d ’un navire est trouve hors de la Côte d ’ivoire.
responsable de tout préjudice causé à la suite d ’une saisie revêtant Art. 267. — Si le propriétaire du na% ire n 'a pas son dom icile
un caractère fau tif ou abusif. ou son principal établissem ent dans le ressort du tribunal du lieu
Toutes contestations relatives à la responsabilité du requérant de la saisie, les significations et citations lui sont données en la
pour les dom m ages causés à la suite d ’une saisie sont de la com personne du capitaine du navire saisi ou. en son absence, en la
pétence de la juridiction qui a autorisé la m esure conservatoire. personne de celui qui représente le propriétaire ou le capitaine.
Art. 261. — Toute personne qui a constitué une garantie en Si le pro p riétaire du navire est étran g er et hors de la
vertu des dispositions de la présente loi peut, à tout m om ent, C ôte d ’ivoire, les significations et citations sont données, outre
dem ander au tribunal de réduire, m odifier ou annuler cette sûreté aux personnes visées à T alinea précédent, au consul ou au
sans préjudice de l’application de l ’article précédent. représentant diplom atique de î*Etat dont le navire bat pavillon.
Section 3 : La .saisie exécution Si cet Etat n ’est pas représenté en Côte d ’ivoire, les significations
Art. 262. — La saisie exécution est la saisie qui tend à la vente et citations sont données dans les form es prévues par le code de
publique du navire en vertu d ’un titre exécutoire. p rocédure civile, ad m in istrativ e et co m m erciale lorsque le
Il ne peut être procédé à une saisie exécution sur un navire que destinataire d ’un exploit d 'h u issier habite à l’étranger.
vingt-quatre heures après signification d ’un commandement de payer. A rt. 268. — D ans un délai de huit jo u rs à co m p ter de la
Art. 263. — Le com m andem ent de payer prévu à l’article date du procès-verbal de saisie, celui-ci doit être inscrit dans un
précédent est notifié au propriétaire du navire à son dom icile. registre spécial tenu par l'au to rité m aritim e adm inistrative.
Si le navire se trouve entre les m ains d ’un tiers détenteur, le Lorsque le navire est sous pavillon ivoirien, le procès-verbal
com m andem ent de payer doit égalem ent lui être notifié. est égalem ent inscrit sur sa fiche m atricule.
Si la notification ne peut être faite à ce tiers détenteur, le Art. 269. — L orsque le navire saisi bat p avillon de la C ôte
com m andem ent doit être notifié au capitaine. d ’ivoire, Pautorité m aritim e adm inistrative délivre un état des
A rt. 264. — Le com m andem ent préalable peut être délivré inscriptions hypothécaires sur le navire.
dans l’acte de signification du titre exécutoire. La saisie est dénoncée par exploit d ’huissier, dans un délai de
Art. 265. — La saisie du navire est effectuée par exploit d ’huissier. huit jo u rs à com pter de sa date aux créanciers inscrits.
Le procès-verbal de la saisie exécution doit, à peine de nullité, La d énonciation com porte citation à com paraître d evant le
énoncer : tribunal du lieu de la saisie pour voir dire q u 'il sera procédé à la
— les nom , prénom s, et dom icile du créancier ou s ’il s ’agit vente du navire saisi.
d ’une personne m orale, sa form e, sa dénom ination et son siège Art. 2 “ 0. — L orsque le navire saisi bat pavillon d’un Etat
social ou dom icile élu ; étranger, le créan cier doit dans le m ois de la saisie, notifier le
— le titre exécutoire en vertu duquel il procède à la saisie ; procès-verbal de saisie :
— le m ontant de la créance ; — au consul ou au représentant diplom atique dont le navire
— la date du com m andem ent de payer ; bat pavillon. Si cet Etat n’est pas représenté en C ôte d ’ivoire, la
notification est donnée dans les form es prévues par le code de
— l'élection de dom icile faite par le créancier dans le ressort
du tribunal devant lequel la vente doit être poursuivie ; p rocédure civile lorsque le destin ataire d 'u n exploit habite à
l’étranger :
— les nom et prénom s du propriétaire du navire ou s ’il s ’agit
d ’une personne m orale, sa form e, sa dénom ination et son siège — aux autorités chargées de la tenue du registre des navires
social ou son dom icile élu ; dans l'E tat d 'im m atriculation du navire :
— la m ention, en caractère très apparent, que le nav ire est — à tous les créanciers hypothécaires inscrits dans le registre
indisponible, q u 'il ne peut quitter le port et ne peut être aliéné, d ’im m atriculation des navires de l ’Etat précité.
hypothéqué ou déplacé ; Art. 271. — La signification prévue à l'article précédent doit
— la déclaration du capitaine au sujet d ’une éventuelle saisie m entionner la date et le lieu de la vente forcée et tous renseigne
antérieure sur le m êm e navire ; m ents concernant la vente forcée ou la procédure aboutissant à
— la mention, en caractère très apparent, du droit qui appartient celle-ci.
au d ébiteur de dem ander la m ainlevée de la saisie à la ju rid ictio n La signification à toutes les autorités m entionnées dans l’article
dans le ressort de laquelle 1a saisie a été pratiquée ; précédent doit être adressée par courrier recom m andé ou par tout
— les nom , type, tonnage et nationalité du navire. m oyen d e com m unication donnant lieu à accusé de réception.
150 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
La signification aux créanciers hypothécaires inscrits dans Art. 281. — L’adjudicataire est tenu de payer le prix, sans frais,
l’E tat d ’im m atriculation du navire est effectuée p a r exploit au greffe, dans les vingt-quatre heures sous peine de folle enchère.
d ’huissier avec assignation à com paraître devant le tribunal du lieu A défaut de paiem en t ou de co n signation suite à la folle
de la saisie pour voir dire q u ’il sera procédé à la vente du navire enchère, le navire est rem is en vente et adjugé trois jo u rs après
saisi avec fixation de la m ise à prix et des conditions de vente. une nouvelle p u b licatio n et affiche unique. L’adjudicataire, à
Art. 272. — La signification du procès-verbal de saisi au l’origine de la folle enchère, est tenu au paiem ent de la différence
p ropriétaire et les dénonciations prévues au présent chapitre de prix entre la prem ière et la seconde vente aux enchères, sans
doivent intervenir au m oins trente jours avant l ’audience de mise préjudice des frais, dom m ages et intérêts qui sont mis à sa charge.
à prix et de fixation des conditions de la vente. Art. 282. — U ne fois prononcée, l ’adju d icatio n , outre le
tran sfert de la p ropriété du navire vendu, produit notam m ent
Art. 273. — Le tribunal com pétent fixe par son ju g em en t la
les effets suivants :
m ise à prix, les conditions de vente et, pour le cas où il ne serait
— les hypothéqués et privilèges cessent de grever le navire ;
pas fait d ’offre, le jo u r auquel de nouvelles enchères auront lieu
sur une m ise à prix inférieure déterm inée par le m êm e jugem ent. — les fonctions du capitaine du navire cessent.
Art. 274. — 11 est procédé à la vente du navire saisi à Art. 283. — Le jo u r m êm e de la vente du navire, le tribunal
l’audience des criées du tribunal dans le ressort duquel la saisie fixe la date de com parution des créanciers en vue d 'u n accord
am iable entre eux sur la distribution.
a été pratiquée trente jours après l ’apposition d ’une affiche et une
insertion de cette affiche dans un journal d ’annonces légales sans Il désigne égalem ent le ju g e-co m m issaire chargé de la
préjudice de toutes autres publications qui pourraien t être collocation des créanciers et de la distribution.
autorisées par le tribunal. L’audience du juge-com m issaire se tient dans les quinze jours de
A rt. 275. — L’affiche m entionnée à l’article précédent est l’adjudication sans augm entation de délai à raison de la distance.
apposée sur la partie la plus apparente du navire saisi, au tribunal Art. 284. — Les créanciers opposants sont tenus de produire
com pétent, dans les services des affaires m aritim es, au port où dans les trois jo u rs qui suivent l ’adju d icatio n , leurs titres de
le navire est am arré notam m ent à l ’entrée et à la capitainerie, à créance, faute de quoi il est procédé à la distribution de la vente
la cham bre de com m erce. sans que les créanciers opposants n ’y soient com pîis.
Art. 276. — L 'affich e ainsi que toutes annonces relatives Art. 285. — Si les créanciers p arviennent à un accord avant
à la m ise en vente sur saisie du navire, doivent com p o rter les la date d ’audience, ils peuvent saisir le ju g e-co m m issaire à la
m entions suivantes : requête du plus diligent par acte extra judiciaire.
Art. 286. — Si les créanciers ne s ’entendent pas sur la distri
— les nom , prénom s, profession et dom icile du créan cier
bution du prix, il est dressé procès-verbal de leurs prétentions et
et du p ropriétaire ou, s ’il s 'a g it d ’une personne m orale, leur
contredits. D ans ce cas, le ju g e-co m m issaire renvoie la cause
form e, dénom ination et siège social ;
devant le tribunal, chacun des créanciers étant alors tenu dans
— le titre en vertu duquel il agit ; un délai de huit jo u rs, de déposer au greffe de ce tribunal une de
— le m ontant de la créance ; m ande de collocation avec titre à l’appui.
— l’élection de dom icile faite par le créancier dans le ressort Art. 287. — Le délai d ’appel est de quinze jo u rs à com pter de
du tribunal com pétent ; la signification du jugem ent, outre les délais de distance prévus
— les nom , prénom s et dom icile réel ou élu du propriétaire du en m atière de procédure civile.
navire saisi ; Art. 288. — En cause d ’appel, la ju rid ictio n com pétente après
— le nom du navire et le lieu où il se trouve ; avoir dresse l’etat des créances colloquées en principal, intérêts
et frais rend sa décision dans les huit jo u rs de sa saisine.
— le m ode de propulsion du navire, son tonnage et toutes
Art. 289. — La collocation des créances et la distribution du
autres spécifications techniques ju g é es utiles ;
produit de la vente sont faites entre les créanciers privilégiés et
— la m ise à prix et les conditions de la vente ; hypothécaires suivant leur ordre, et entre les autres créanciers au
— les jour, lieu et heure de l ’adjudication. m arc le franc de leurs créances. Tout créancier colloqué l ’est tant
Art. 277. — Les dem andes en distraction sont form ées et pour son principal que pour scs intérêts et frais.
signifiées au greffe du tribunal avant l ’adjudication. Le ju g e autorise la radiation des inscriptions des créanciers non
Si des dem andes en distraction ne sont form ées q u ’après colloqués. Il est procédé à cette radiation sur dem ande de toute
l’adjudication, elles sont converties de plein droit en opposition partie intéressée.
à la délivrance des som m es provenant de la vente. Art. 290. — La saisie d’un ou de plusieurs quirats d ’un navire et la
distribution du prix de la vente du navire sont soumises aux dispositions
Art. 278. — Le dem andeur ou l’o pposant a trois jo u rs p o u r
de la présente section, sous réserve des dispositions suivantes :
fournir ses m oyens ; le défendeur a trois jo u rs pour les contre
dire. — la saisie doit être dénoncée aux autres quirataires dans les
conditions prévues à l ’article 269 ci-dessus ;
La cause est portée à l ’audience sur sim ple citation.
— lorsque la saisie porte sur des parts ou des quirats représentant
A rt. 279. — L es oppositions à la d élivrance des som m es
plus de la m oitié de la propriété du navire, la vente est étendue
provenant de la vente ne sont reçues que pendant un délai de trois à tout le navire, autres copropriétaires détenant des parts ou des
jo u rs suivant la date de l’adjudication. autres quirataires, pour des m otifs reconnus sérieux et légitim es.
Art. 280. — La surenchère n ’est pas adm ise en cas de vente Il est statué sur l ’opposition p ar le tribunal de la saisie avant la
ju d iciaire de navire. m ise en adjudication du navire.
13 novembre 2 0 18 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 151
Toutefois, d ’autres titres de sécurité prévus par les conventions Le perm is et la carte de circulation sont délivrés par l ’autorité
internationales peuvent être exigés par l’autorité m aritim e adm i m aritim e ad m in istrativ e après réception et visite de m ise en
nistrative. service du bateau et sur présentation d ’une police d ’assurance.
Art. 303. — D es titres provisoires de sécurité sont délivrés par Le m odèle du perm is ou de la carte de circulation prévu à
l ’am bassade ou le consulat p o u r les bâtim ents construits ou l ’alinéa 1 du présent article est fixé p ar le m inistre chargé des
acquis à l ’étranger et expédiés pour effectuer la traversée jusque A ffaires m aritim es.
dans un port ivoirien.
La délivrance du perm is ou de la carte de circulation prévue à
Art. 304. — Tout navire, engin et installation en mer, en lagune l’alinéal du présent article est soum ise à la perception d ’une taxe
et dans les parties navigables des fleuves sont soum is aux visites d ont le m ontant est fixé par la loi de finances.
suivantes :
Art. 313. — Les bateaux pratiquant la navigation de com m erce
— une visite de m ise en service ; sur les voies d ’eau intérieures et ayant à bord des m arins profes
— une visite périodique tous les douze m ois ; sionnels sont astreints à la possession d ’un rôle d'équipage.
— des visites supplém entaires, en cas de besoin. Art. 3 14. — En cas de destruction du bateau ou de sa mise en
A l ’issue de ces visites, l’autorité m aritim e adm inistrative épave, le propriétaire est tenu de déposer à l ’autorité m aritim e
délivre un titre de sécurité ou de circulation conform ém ent aux adm inistrative le perm is ou la carte de circulation. L’inobserva
présentes dispositions. tion de cette prescription oblige celui-ci à acquitter les droits de
Les visites visées ci-dessus sont effectuées dans des conditions v isite annuelle.
précisées par le m inistre chargé des A ffaires maritim es. Toutefois, s ’il est im possible de récupérer le perm is ou la carte
Art. 305. — Tout navire étranger est soum is, dans les ports de de circulation, le propriétaire en fait la déclaration aux autorités
C ôte d 'iv o ire , à une inspection technique dans le cadre des com pétentes. D ans cette hypothèse, il est dispensé du paiem ent
contrôles exercés par l’Etat du port. des droits de visite.
A rt. 306. — A près l’une quelconque des visites prévues à Art. 315. — Tout bateau de navigation intérieure qui peut faire
l ’article 304 de la présente loi, aucun changem ent ne doit être l ’objet d ’une im m atriculation est soum is à une visite de m ise en
apporté sans autorisation de l ’autorité m aritim e adm inistrative à service.
la structure, aux am énagem ents, aux équipem ents, aux m atériaux Tout bateau de navigation intérieure im m atriculé est soum is à
ou aux échantillons ayant fait l’objet de la visite. une visite technique annuelle et des visites supplém entaires en
A rt. 307. — Les visites et contrôles effectués p ar l’autorité cas de besoin.
m aritim e adm inistrative sont soum is à la perception de taxes dont Les visites effectuées par l ’autorité m aritim e ad m in istrativ e
le montant est fixé par la loi de finances et donnent lieu à un procès-
sont soum ises à la perception d ’une taxe dont le m ontant est fixé
verbal dont un exem plaire est rem is au navire contrôlé et l’autre
p ar la loi de finances.
conservé par l ’adm inistration pour des contrôles ultérieurs.
Art. 316. — N ul ne peut conduire un bateau im m atriculé sur
Art. 308. — Les conditions de délivrance, de renouvellem ent,
les voies d ’eau intérieures s ’il n 'est titulaire d ’un certificat de
de validité, de prorogation, de retrait et la form e des certificats
capacité ou de tout autre titre éq u iv alen t, v alable p o u r la
sont arrêtées par le m inistre chargé des A ffaires m aritim es.
navigation effectuée.
Art. 309. — Le service d ’inspection de l ’autorité m aritim e
Art. 317. — La classification de la navigation par catégorie et
adm inistrative, en liaison avec la capitainerie du port, effectue
les conditions d ’obtention des certificats de capacité sont fixées
des contrôles pour l’em barquem ent, le stockage, la séparation et
par le m inistre chargé des A ffaires m aritim es.
l ’arrim age des m archandises dangereuses et des cargaisons de
grains en vrac. A rt. 318. La liste des d ocum ents, des équipem ents de
CHAPITRE 4 sauvetage et de secours à bord des bateaux de navigation intérieure
La sécurité du bateau de navigation intérieure est déterm inée par le m inistre chargé des A ffaires m aritim es.
Art. 310. — Toute personne entreprenant en C ôte d ’îvoire. CHA PITRE 5
pour son com pte ou pour le com pte d ’un acquéreur, la construction Les règles de navigation et de sécurité des navires
d ’un bateau de navigation intérieure est tenue d 'e n faire la et engins de plaisance
déclaration à l ’autorité m aritim e adm inistrative.
A rticle 319 : La navigation de plaisance s ’effectue conform é
Le m inistre chargé des A ffaires m aritim es fixe les caractéris
m ent aux dispositions de la convention sur le règlem ent interna
tiques techniques que doivent respecter les bateaux de navigation
tional de 1972 pour prévenir les abordages en mer.
intérieure.
Art. 320. — Tout navire et engin de plaisance qui peut faire
Art. 311. — Tout bateau soum is à l ’im m atriculation doit, avant
l ’objet d ’une im m atriculation est soum is à une visite de m ise en
sa m ise en service, faire l ’objet d 'u n e réception p ar l'au to rité
m aritim e adm inistrative. Cette réception fait l’objet d ’un procès- service.
verbal dont une copie est rem ise au dem andeur. Tout navire et engin de plaisance im m atriculé est soum is à une
Tout bateau ayant subi des transform ations n otables est visite technique annuelle et à des visites supplém entaires en cas
obligatoirem ent soum is à une nouvelle réception à la dem ande de besoin.
du propriétaire. Art. 321. — La liste des docum ents, des équipem ents de
A rt. 312. — A ucun bateau im m atriculé ne peut être m is en sauvetage et de secours à bord des navires et engins de plaisance
service sans un perm is ou une carte de circulation. est déterm inée par le m inistre chargé des A ffaires m aritim es.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 153
D ans les autres cas, l ’autorité m aritim e adm inistrativ e doit — les m archandises jetées ou tom bées à la m er ;
être inform ée au plus tard dans les quarante-huit heures suivant — g én éralem en t tous objets dont le p ro p riétaire a perdu la
l ’arrivée du navire dans un port étranger. possession, qui sont soit échoués sur le rivage d épendant du
Art. 333. — Lorsqu'une enquête a été effectuée par des autorités dom aine public m aritim e, soit trouvés flottants ou tirés du fond
étrangères à la suite de la survenance de l'un des événem ents de la m er dans les eaux territoriales ou trouvés flottants ou tirés
m entionnés à l'article 327 de la présente loi, le propriétaire du du fond en haute m er et ram enés dans les eaux territoriales ou
navire ou le capitaine est tenu, sur dem ande de l'autorité maritim e sur le dom aine public m aritim e.
ad m inistrative de la C ôte d ’ivoire, de leur faire p arvenir une Au sens de la présente loi, ne sont pas considérés com m e
copie de ce rapport, dans la m esure où il est disponible. des épaves, les navires, engins flottants aéronefs, m archandises
TITRE V et objets volontairem ent abandonnés ou je té s en m er ou sur le
rivage en vue de les soustraire à l’action de la douane.
LES SOCIETES DE CLASSIFICATION ET D ’EXPERTISE MARITIME
Art. 339. — L o rsq u ’un bien considéré com m e épave, dans les
Art. 334. — Est considérée com m e société de classification
conditions prévues à l’article précédent, est trouvé dans les eaux
toute personne m orale dont les activités consistent notam m ent à :
territoriales ou dans les voies d ’eau intérieures ou sur les rivages,
— suivre la construction de navires neufs, de leur conception l ’autorité m aritim e adm inistrative doit en être inform ée par la
à leur m ise en service ; personne qui a découvert l ’épave m aritim e, dans les quarante-
— suivre les travaux de réparation des navires existants ; huit heures suivant la découverte ou l’arrivée dans le prem ier port
— vérifier la conform ité des navires et leurs dém em brem ents si l’épave m aritim e a été trouvée en haute mer.
aux norm es de sécurité internationales et attribuer une cote aux L’inventeur d ’une épave prend les m esures de sauvegarde pour
navires en fonction de leur âge et de leur état ; préserver autant que possible la valeur du bien.
— délivrer des titres et certificats nationaux ou internationaux La déclaration faite à l’autorité m aritim e adm inistrative doit
en m atière de sécurité des navires et de la protection du m ilieu préciser la date et le lieu de la découverte ou du sauvetage de l ’épave
m arin ; m aritim e ainsi que les circonstances dans lesquelles il a eu lieu.
— réaliser des études et recherche en m atière de construction Art. 340. — L’autorité maritime administrative pcend les mesures
et d ’équipem ent des navires. utiles pour la sauvegarde et la conservation des biens sauvés.
Art. 335. — Les sociétés de classification peuvent être membres Ces biens d em eu ren t aux risques des propriétaires ; leur
d étérioration, altération ou dép erd itio n ne peut d o n n er lieu à
des com m issions de visites de sécurité et des com m issions
dom m ages intérêts quelle q u ’en soit la cause.
d ’enquêtes nautiques.
A rt. 341. — L orsque le propriétaire d ’une épave découverte
Art. 336. — Est considéré com m e un expert m aritim e, toute
ou sauvée est identifié, l ’autorité m aritim e adm inistrative prend
personne physique ou morale dont l’activité consiste notamment à :
les m esures suivantes :
— inspecter la coque et les installations du navire ;
— si le propriétaire a son dom icile en C ôte d ’ivoire, elle lui
— inspecter et surveiller la cargaison ; adrese, ainsi q u ’au consul de l ’Etat dont le navire bat pavillon
— déterm iner l’origine, l ’étendue et le m om ent de survenance s ’il est étranger, une notification pour l’inform er de la découverte
des dom m ages ou m anquants ; ou du sauvetage de l ’épave m aritim e. L’au to rité m aritim e
— réaliser des études et des enquêtes nautiques. adm inistrative indique au propriétaire q u ’il dispose d ’un délai de
deux m ois à com pter de la réception de la n o tification pour
Art. 337. — Les sociétés de classification et d ’expertise m ari
rev en d iq u er son bien et le m et en dem eure, dans un délai à
tim e doivent être agréées par l ’autorité m aritim e adm inistrative.
d éterm in er en fonction des circonstances, de p rocéder aux
La délivrance et le renouvellem ent de l ’agrém en t se font opérations de sauvetage, de récupération, d ’enlèvem ent, de
su ivant les m odalités déterm inées p ar le m inistre chargé des destruction ou à celles destinées à supprim er les dangers que pré
Affaires m aritim es et donnent lieu à la perception d ’une taxe dont sente cette épave m aritim e ;
le m ontant est fixé par la loi de finances. — si le p ro p riétaire a son d o m icile à l ’étranger, l’autorité
TITRE VI m aritim e adm inistrative lui adresse une notification et une m ise en
LES EPAVES M A RITIM ES OU LES NAVIRES dem eure identiques, par le procédé de son choix, en confirm ant
ET LES ENGINS FLOTTANTS ABA NDONNES l’intermédiaire des services du m inistère des Affaires étrangères.
CHAPITRE 1 Le propriétaire dispose d ’un délai de trois m ois après réception
Les épaves maritimes de la notification pour revendiquer ses droits. Il doit égalem ent
prendre les m esures nécessaires dans le délai que lui fixe l’auto
Art. 338. — Sont considérées com m e épaves m aritim es et
rité m aritim e adm inistrative.
soum ises aux dispositions du présent chapitre :
Art. 342. — En cas de découverte ou de sauvetage d ’une épave
— les engins flottants et les navires en état de non flottabilité
m aritim e dont le pro p riétaire est inconnu, l ’autorité m aritim e
abandonnés p ar leur équipage, qui n ’en assure plus la garde
adm inistrative prend les m esures suivantes :
ou la surveillance, ainsi que leurs approvisionnem ents et leurs
— publication au journal officiel ou dans un journal d ’annonces
cargaisons ;
légales, d ’un avis re la tif à la d écouverte ou au sauvetage de
— les aéronefs abandonnés en m er ou sur le dom aine public l’épave m aritim e, avec indication du délai de six m ois pendant
m aritim e et en état d ’innavigabilité ; lequel le pro p riétaire peu t faire v alo ir ses droits ; l ’avis porte
— les em barcations, m achines, agrès, ancres, chaînes, engins ég alem ent m ise en dem eure d ’av o ir à prendre les m esures
de pêche abandonnés et les débris des navires et des aéronefs ; nécessaires conform ém ent à l’article précédent ;
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 155
— affichage dans tous les services des affaires m aritim es et A rt. 348. — T oute p erso n n e qui sauve une épave m aritim e
portuaires de l ’avis publié au journal officiel ou dans un journal appartenant à autrui ou qui contribue au sauvetage d ’une telle
d ’annonces légales ; épave m aritim e, a droit à une rém unération calculée en tenant
com pte des frais exposés, de l ’habileté déployée, du risque couru
— notification au consul de l’Etat d ’im m atriculation du navire.
et de l’im portance du m atériel de sauvetage utilisé ainsi que de
Art. 343. — L orsqu’il y a urgence ou lorsque le propriétaire la valeur de l’épave m aritim e sauvée.
d ’une épave m aritim e est inconnu ou lorsque, dûm ent m is en S ’il y a plusieurs sauveteurs, l’indem nité se partage d ’après les
dem eure, il ne procède pas dans les délais prévus aux articles 341 bases sus-indiquées.
et 342 aux opérations de sauvetage, de récupération, d ’enlèvement,
Le m ontant total de la rém unération ne peut dépasser la valeur
de d estruction ou à celles destinées à supprim er le caractère de l ’épave m aritim e. :
dangereux de cette epave m aritim e, l ’autorité m aritim e adm inis
Les épaves m aritim es de faible valeur non réclam ées et dont
trative peut, d ’office, faire procéder, aux frais et risques du
le propriétaire reste inconnu peuvent être remises par l’adm inistra
propriétaire, à l ’exécution des m esures précitées. tion m aritim e adm inistrative au sauveteur en toute propriété six
Dans les cas prévus à l’alinéa précédent ou lorsque l'ex isten ce m ois après leur déclaration.
d'une épave m aritim e rem onte à plus de cinq ans, la déchéance Art. 349. — Si le propriétaire réclam e l’épave dans les délais
des droits du propriétaire peut être prononcée par l ’autorité im partis par la présente loi, la rém unération est fixée par accord
m aritim e adm inistrative. entre lui et le ou les sauveteurs et, s ’il y a désaccord, par la
juridiction dans le ressort de laquelle l ’épave a été soit trouvée,
L orsqu’une épave m aritim e est constituée par un navire et sa
soit am enée.
cargaison, la déchéance et la vente au profit de l’Etat s ’étendent
à l ’ensem ble de cette épave m aritim e, sans préjudice du recours Si le propriétaire n ’a pas réclam é l’épave m aritim e dans les
délais prévus par la présente loi ou si elle appartient à l’Etat, l’autorité
du propriétaire de la cargaison contre le transporteur et, le cas
m aritim e adm inistrative fixe elle-m êm e la rém unération forfai
échéant, contre l ’affréteur.
taire du sauveteur.
Art. 344. — La créance de l ’autorité m aritim e adm inistrative
Art. 350. — L o rsq u ’un navire a contribué occasionnellem ent
en raison des opérations de sauvetage est garantie p ar un au sauvetage d ’une épave m aritim e, la répartition de la rém uné
privilège sur la valeur de l’épave m aritim e de m êm e rang que le ration entre l’arm ateur, le capitaine et l’équipage est fixée par la
privilège des frais pour la conservation de la chose. co nvention des parties, à défau t p ar la ju rid ic tio n du lieu où
A rt. 345. — L’autorité m aritim e adm inistrative peut faire l’épave m aritim e a été soit trouvée, soit am enée.
v endre l ’épave aux enchères publiques p ar le m inistère d ’un L es d ispositions du présent article ne s ’ap p liq u en t pas aux
co m m issaire-priseur si le propriétaire n ’a pas reven d iq u é ses entreprises qui font habituellem ent des opérations de sauvetage.
droits dans les délais fixés par les articles 341 et 342 de la Art. 351. — Les épaves m aritim es présen tan t un intérêt
présente loi. historique, archéologique, artistique ou scientifique sont déclarées
propriétés de l’E tat de C ôte d ’ivoire, leurs p ro p riétaires étant
La vente est assortie d ’un cahier des charges im posant les
indem nisés s ’ils les ont acquis de bonne foi.
m odalités et délais d ’enlèvem ent ou de récupération de l ’épave
m aritim e. La rém u n ératio n de la p ersonne qui aura trouvé ou sauvé
de telles épaves m aritim es sera fixée p ar l ’autorité m aritim e
Il est opéré sur le produit de la vente de l ’épave m aritim e la adm inistrative ou en cas de contestation par la ju rid ictio n dans
déduction des frais d ’extraction, de récupération ou de démolition, le ressort de laquelle se trouve soit le lieu de la découverte soit
en particulier de ceux qui ont été exposés par l ’autorité m aritim e le lieu où a été am enée l ’épave maritim e.
administrative, des frais de gestion et de vente, de la rémunération Art. 352. — T oute p ersonne, autre q ue le propriétaire, qui
du sauveteur, des droits de douane et autres taxes et redevances. procède à la destruction d ’une épave m aritim e qui présentait un
Le produit net de la vente est versé à la régie des affaires caractère dangereux, a droit à une in dem nité dans les m êm es
m aritim es où il peut être réclam é pendant deux ans par le conditions que le sauveteur.
propriétaire non déchu de ses droits. Art. 353. — Le droit du sauveteur à rém unération, ainsi que
D ans les cas de déchéance le produit net est versé im m édiate celui de la personne prévue à l’article précédent est prescrit par
m en t au trésor. un délai de deux ans à co m p ter du jo u r où les o pérations de
sauvetage, de récupération, d ’enlèvem ent ou de destruction de
Art. 346. — Si l ’épave m aritim e est une m archandise ou un
l’épave m aritim e ont pris fin.
autre bien de nature périssable ou si sa conservation ou sa
La rém unération susm entionnée est assortie d ’un privilège sur
sauvegarde im plique des dépenses ju g ées excessives, l ’autorité
l’épave m aritim e sauvée ou détruite.
m aritim e adm inistrative peut procéder à la vente de l ’épave
Art. 354. — En cas de vol ou de d étournem ent d ’épave
m aritim e, sans que soient observés les délais prévus.
m aritim e, un procès-v erb al de co ntravention est dressé p ar
Le produit net de la vente est versé dans les m êm es conditions l’autorité m aritim e adm inistrative, et l’exécution de perquisitions
que celles définies à l ’article précédent. peut être dem andée aux autorités judiciaires.
Art. 347. — L’autorité m aritim e adm inistrative peut, si l’épave Le procès-verbal dressé à la suite d ’un vol ou d ’un détourne
m aritim e n ’est pas vendue, passer un contrat de concession soit m en t d ’épave m aritim e est transm is p ar l ’autorité m aritim e
avec l’inventeur de l ’épave m aritim e ou toute autre personne, adm inistrative au procureur de la République.
à la condition que le propriétaire ait renoncé à son d ro it de Art. 355. — Les m odalités pratiques de vente des épaves m a
p ropriété ou en ait été déchu. ritim es sont fixées p ar le m inistre chargé des A ffaires m aritim es.
156 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 13 novembre 2018
CHAPITRE 2 LIVRE IV
Les navires et les engins flottants abandonnés LES GENS DE MER
TITRE I
Art. 356. — L es dispositions du présent chapitre s ’appliquent
LE STATUT PROFESSIONNEL DU M ARIN
à tout engin flottant ou à tout navire en état de flottabilité,
CHA PITRE 1
abandonné dans les eaux sous juridiction ivoirienne et présentant
Le régime adm inistratif et professionnel
un danger.
A rt. 361. — Au sens de la présente loi, on entend par m arin ou
L’abandon par le propriétaire, l’arm ateur ou l’exploitant résulte gens de mer, toute personne salariée engagée par un arm ateur ou
soit de l ’absence d ’équipage à bord ou de la con statatio n que son représentant, p ar un interm édiaire ou em barquée pour son
l’équipage n ’a plus de nouvelles de l’arm ateur ou de l ’exploitant propre com pte en vue d 'o ccu p er à bord d ’un navire de com m erce
soit de l ’inexistence de m esures de garde et de m anœ uvres. ou de serv itu d e, de pêche, de navigation intérieure ou de
A rt. 357. — En vue de m ettre fin a l ’encom brem en t et aux plaisance un em ploi re la tif à la m arche, à la conduite et à
l’exploitation du navire.
dangers que présentent les navires et engins flottants abandonnés,
il peut être procédé à la réquisition des personnes et des biens, La qualité de marin est constatée par l’inscription sur le registre
d’identification des marins, tenu par l’autorité maritime administrative.
avec attribution à l'a u to rité ju d ic ia ire en ce qui co ncerne le
contentieux du droit à indem nité. Art. 362. — Toute personne désirant exercer la profession de
m arin doit rem plir les conditions suivantes :
L orsque le propriétaire ou l ’arm ateur ou l’exploitant ou leurs
— être de nationalité ivoirienne ;
représentants, dûm ent m is en dem eure, dans le délai qui lui est
— être âgée de dix-huit ans au m oins ;
im parti, de m ettre fin à l ’encom brem ent ou au dan g er que
présente le navire ou l ’engin flottant abandonné, refu se ou — être apte physiquem ent pour l ’em ploi envisagé ;
néglige de prendre les m esures nécessaires, l ’autorité m aritim e — satisfaire aux conditions de qualifications professionnelles
adm inistrative peut intervenir elle-m cm e, à leurs frais et risques. exigées ;
— ne pas avoir été condam née à une peine privative de liberté.
D am s les zones portuaires, l ’autorité m aritim e adm inistrative
peut autoriser l ’autorité portuaire à sc substituer au propriétaire Art. 363. — Les fonctions de capitaine, de patron ou d ’officiers
à bord des navires de com m erce, de p êche et de plaisance
ou l ’arm ateur ou l’exploitant, à leurs frais et risques.
professionnelle sont exercées par des m arins ayant les brevets
En cas d ’urgence, l ’intervention peut être exécutée d ’office requis en cours de validité.
sans délai.
Ces qu alificatio n s sont celles d éfin ies par les conventions
Art. 358. — Si l’état d ’abandon persiste, la déch éan ce des internationales sur les norm es de form ation des gens de mer, de
droits du propriétaire sur le navire ou l’engin flottant abandonné délivrance des brevets et de veille et leurs am endem ents ainsi que
peut être prononcée par décision de l’autorité m aritim e adm inis toutes au tres conventions internationales que la C ôte d ’ivoire
trative. C ette décision ne peut intervenir q u ’après m ise en viendrait à ratifier.
dem eure au propriétaire de faire cesser, dans un délai qui ne peut A rt. 364. — La navigation intérieure, à l’exception de celle
être inférieur à un m ois, l ’état d'abandon dans lequel se trouve effectuée sur des em barcations artisanales, doit être exercée avec
son navire ou son engin flottant. des brevets côtiers, sauf pour les m achines puissantes nécessitant
des qualifications appropriées.
En cas de déchéance, le navire ou l’engin flottant abandonné
La plaisance exercée p ar des m arins professionnels est
ne peut être vendu aux enchères publiques au profit de l ’Etat de
assim ilée aux catégories de navigation au co m m erce ou à la
C ôte d ’ivoire q u ’à l ’expiration d ’un délai de deux m ois et sous
pêche. A ce titre, ils doivent être titulaires des brevets requis selon
réserve des droits des créanciers privilégiés et hypothécaires. la taille ou la puissance du bateau.
Les créances afferentes aux frais exposes par l ’autorité com Les conditions d ’aptitude physique, selon les norm es fixées par
pétente au titre des m esures d 'in te rv e n tio n prises en application le m inistre chargé des A ffaires m aritim es, sont constatées par des
de l’article 357 sont imputées en priorité sur le produit de la vente. m édecins des gens de m er ou des m édecins agréés par l ’autorité
A rt. 359. — La cargaison des navires et engins flottants m aritim e adm inistrative.
abandonnés peut être vendue aux enchères, si elle n ’est pas re Art. 3 6 5 .— L’autorité m aritim e ad m in istrativ e délivre à
vendiquée ou enlevée. Le produit de la vente est consigné durant toute personne ayant la qualité de m arin, un livret professionnel
m aritim e conform e aux norm es internationales. Il est interdit d 'y
trois ans à la régie des affaires m aritim es. Les créances afférentes
porter une appréciation sur le marin.
aux frais exposés pour la conservation et la vente de la cargaison
sont garanties par un privilège sur la valeur de la cargaison de A l’étranger, le livret professionnel peut être établi par le consul
ou le rep résen tan t d iplom atique de la R épublique de C ôte
m êm e rang que le privilège des frais pour la conservation de la
d ’ivoire, à la dem ande du capitaine. Le docum ent ainsi délivré
chose. Au term e du délai de trois ans, les som m es pour lesquelles
reste valable ju s q u ’à l'arriv ée du m arin en C ôte d ’ivoire.
aucun créancier ne s ’est m anifesté sont acquises à la régie des
La form e, les caractéristiques générales, la durée de validité,
A ffaires m aritim es.
les conditions de délivrance et de retrait du livret professionnel
Art. 360. — Les m odalités d ’application des dispositions du m aritim e sont fixées par le m inistre chargé des A ffaires
présent chapitre sont fixées par voie rég lem en taire.. m aritim es.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 157
La délivrance et le renouvellem ent du livret professionnel Ces énonciations font foi en justice ju sq u ’à inscription de faux.
m aritim e sont subordonnés au paiem ent d ’une taxe d o n t le II permet l’établissement des actes d ’état civil. Il tient lieu de preuve
m ontant est fixé par la loi de finances. de navigation effectuée par l’équipage, tant pour l’obtention des
A rt. 366. — L’autorité m aritim e adm inistrative peut égalem ent pensions que pour des prestations à caractère social.
délivrer à des personnes autres que celles définies à l'article 361, A rt. 371. — Le rôle d ’équipage peut être com plété :
des autorisations d ’em barquem ent dont la validité est lim itée à — du rôle spécial d ’équipage des navigateurs kroom en ;
une durée déterm inée. — du rôle annexe ;
Sont concernés notam m ent : — de la feuille particulière d ’enregistrement des actes d ’état civil.
— les personnes com pétentes en m atière de navigation m ari L’extrait du rôle d ’équipage est la liste d ’équipage perm ettant
tim e, de construction navale ou de pêche se rendant à bord d ’un de vérifier l ’application de la décision d ’effectif.
navire à des fins d ’inspection, de recherche scientifique ou pour Art. 372. — Tout embarquement ou débarquement d ’un membre
tout autre m o tif sim ilaire ; de l ’équipage doit faire l’objet d ’une m ention au rôle indiquant
— les personnes em ployées par des entreprises de navigation, la date et le lieu de l ’em barquem ent ou du débarquem ent.
portuaires ou de pêche m aritim e, effectuant à bord du navire un A l’étranger, les autorités diplom atiques ou consulaires sont
stage nautique ; habilitées à enregistrer ces mouvements q u ’ils signalent immédiate
— les ouvriers achevant à bord pendant la navigation des tra m ent au port d ’arm em ent et au port d ’im m atriculation du navire.
vaux pour le com pte d ’une entreprise terrestre ; CHA PITRE 2
— les em ployés d ’entreprises terrestres sans rapport avec la Le contrat d 'engagement maritime
conduite du navire et ayant à bord une fonction d ’anim ation re Section 1 : La form ation du contrat
levant du tourism e.
Art. 373. — Au sens de la présente loi, on entend par contrat
A rt. 367. — La radiation du m arin de la m atricule peut être d ’en gagem ent m aritim e, tout contrat écrit, dûm ent visé p ar
prononcée dans les cas suivants : l ’autorité m aritim e adm inistrative et revêtu de la signature des
— lorsque le m arin en form ule la dem ande et à condition q u ’il parties ayant pour objet l ’accom plissem ent d ’un service à bord
soit dégagé de tout engagem ent m aritim e ; d ’un navire en vue d ’une expédition m aritim e, conclu soit entre
un m arin ou son représentant et un arm ateur ou son représentant,
— lo rsq u ’il cesse de rem plir l ’une des conditions exig ées à
soit en tre un m arin ou son rep résen tan t et un interm édiaire.
l ’article 362 de la présente loi ; L’écrit est exigé p o u r la co n clu sio n du co n trat d ’engagem ent
— lorsqu’il est privé du droit d ’exercer la profession de m arin m aritim e à peine de nullité. Toutes m odifications éventuelles
à la suite d ’une décision ju d iciaire ou par décision disciplinaire de celui-ci ainsi que toutes dén o n ciatio n s et résiliatio n s sont
de l ’autorité m aritim e adm inistrative ; effectuées dans les m êm es conditions à peine de nullité.
— lorsqu’il n ’a pas navigué pendant une période de deux ans. L’autorité m aritim e adm inistrative peut refuser son visa si le
Le marin radié de la matricule pour défaut de navigation durant deux contrat com porte des stipulations contraires aux prescriptions de
la présente loi et aux textes pris pour leur application ou à des
ans peut néanmoins demander sa réinscription s’il reprend la mer.
dispositions d ’ordre public.
Art. 368. — La décision de refus d’immatriculation ou celle relative
Art. 374. — Nul ne peut contracter valablem ent un engagem ent
à la radiation de la m atricule peut être attaquée par l ’intéressé.
m aritim e s ’il n ’est libre de tout autre engagem ent m aritim e.
A rt. 369. -— Sont astreints à la possession d ’un rôle d ’équipage,
A rt. 375, — Tout m ineur ne peut co n tracter un engagem ent
les navires et bateaux em barquant des m arins professionnels et
m aritim e.
en particulier ceux qui ont une décision d ’effectif.
Toutefois, en m atière de navigation à la pêche, le m ineur de
Le rôle d'équipage est délivré et renouvelé annuellem ent par 16 ans révolus non ém ancipé peut co n tracter un engagem ent
l’autorité m aritim e adm inistrative. m aritim e avec l ’au to risatio n de la p ersonne ou de l’autorité
L es conditions de délivrance et de renouvellem en t du rôle investie du droit de garde à son égard.
d ’équipage ainsi que la liste des navires dispensés de l ’obligation Art. 376. — L’autorisation donnée au prem ier em barquem ent
de détenir ce docum ent sont fixées par voie réglem entaire. p ar la p ersonne ou l’autorité m entionnée à l’article p récédent
La délivrance et le renouvellem ent du rôle d ’équipage sont confère au m ineur la capacité pour accom plir tous les actes se
subordonnés au paiem ent d ’une taxe dont le m ontant est fixé par rattachant à un engagem ent m aritim e, notam m ent pour percevoir
la loi de finances. ses salaires.
Le retrait de cette autorisation ne peut être opposé aux tiers,
Art. 370. — Le rôle d ’équipage est établi en double exem plaire
à l ’autorité m aritim e ad m in istrativ e notam m ent, s ’il n ’a pas
et com porte les m entions suivantes :
été porté à leur co nnaissance avant la co n clu sio n du contrat
— les caractéristiques du navire et le nom du propriétaire ; d ’engagem ent m aritim e.
— le nom et l’adresse de l’arm ateur responsable ; Art. 377. — En dehors des périodes d ’em barquem ent du marin
— l’identité com p lète des m em bres de l ’équipage avec et des congés afférents, le contrat est régi p ar les dispositions du
indication des fonctions à bord ; code du travail.
— l ’engagem ent form el du capitaine de se soum ettre à la Art. 378. — Les dispositions de la présente loi ne sont pas appli
réglem entation en vigueur. cables aux m arins engagés en C ôte d ’ivoire en vue d ’un service
Le rôle d ’équipage mentionne également les conditions collectives à effectuer à bord d ’u n navire sous pavillon d ’un Etat étranger
ou individuelles d ’engagement de l’équipage ainsi que les sanctions sa u f si le co n trat d ’en g ag em en t le prévoit, ou s ’il existe des
disciplinaires infligées à bord. A défaut, elles doivent y être annexées. accords de réciprocité entre la C ôte d ’ivoire et cet Etat étranger.
158 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
A rt. 379. — Le contrat d ’engagem ent m aritim e peu t ctre — le m arin a été déchu de ses droits d ’exercer les fonctions
conclu pour une durée déterm inée à term e im précis ou indéter m aritim es prévues dans les conditions d ’exercice de la fonction
m inée ou pour un voyage. de m arin ;
Art. 380. — Le contrat d ’engagem ent m aritim e à durée déter — à l’issue d ’une visite m édicale effectuée par les services de
m inée ne peut excéder douze m ois, repos et congés com pris. santé des gens de mer, il est constaté une inaptitude à l ’exécution
du travail prévu dans le contrat d ’engagem ent m aritim e.
L es renouvellem ents successifs du contrat d ’engagem ent
m aritim e à durée déterm inée ne doivent pas avo ir pour effet Art. 387. — Le contrat d ’engagem ent peut être rom pu par le
d ’excéder douze m ois. A u-delà de cette durée, le co n tra t est m arin sans préav is en cas d ’inexécution par l ’arm ateur de ses
réputé à durée indéterm inée. obligations, notam m ent en cas de non-paiem ent de son salaire
ou de non-respect des conditions d ’em ploi.
Section 2 : La suspension et la rupture du contrat
Art. 388. —- La rupture du contrat d ’engagem ent m aritim e ne
A rt. 381. — Tout contrat d ’engagem ent m aritim e peu t être
peut avoir lieu, dans tous les cas, entre le début et la fin du voyage.
suspendu par l’arm ateur ou son représentant :
On entend par voyage en m er la période com prise entre le jo u r
— en cas de m aladie professionnelle ou d ’accident du travail
de la sortie du navire du port et le jo u r de l'ach èv em en t de toutes
entraînant une incapacité d ’exercer de plus de six m ois ou de les opérations de chargem ent ou de déchargem ent dans le port de
plus de quatre m ois pour toute autre m aladie non liée au travail destination.
m aritim e ;
L 'autorité m aritim e adm inistrative peut cependant, pour m otifs
— lorsque le m arin est dans l ’im possibilité d ’exercer ses graves, autoriser un débarquem ent im m édiat du m arin à charge
fonctions m aritim es en raison de causes justifiées pendant une pour l’arm ateur d ’assurer le cas échéant, le rapatriem ent.
période qui ne peut excéder un mois.
A rt. 389. — Le co n trat d ’en g ag em en t m aritim e peu t à to u t
Art. 382. — L orsque le term e d ’un contrat d ’en gagem ent m om ent, être rom pu par consentem ent m utuel des deux parties.
conclu pour une durée déterm inée vient à échoir au cours d ’un
Art. 390. — La rupture par l ’arm ateur ou son représentant d ’un
voyage, l ’engagem ent du m arin prend fin à l ’arrivée du navire
contrat d ’engagem ent m aritim e à durée déterm inée ou indéter
au prem ier port d ’escale.
m inée ouvre droit à une indemnité de rupture, sa u f en cas de faute
L’engagem ent est toutefois prolongé ju sq u ’à l ’arrivée du navire lourde du marin. *
dans un port de la R épublique de Côte d ’ivoire si le bâtim ent doit L’indem nité de rupture du contrat est fixée conform ém ent à la
y retrouner dans un délai d ’un m ois à com pter de l ’expiration du législation du travail.
contrat d ’engagem ent.
Art. 391. — Le m arin peut dem ander à rom pre son contrat s ’il
Art. 383. — La résiliation unilatérale du contrat d ’engagem ent établit :
à durée indéterm inée est subordonnée à un préavis donné par la
— q u ’il a la p o ssib ilité d ’o b ten ir le com m andem ent d ’un
partie qui en prend l ’initiative. Les conditions et la durée du
navire ou un em ploi d ’officier ou to u t autre em ploi d ’un rang
préavis sont fixées par les conventions collectives.
plus élevé que celui q u ’il occupe conform ém ent aux stipulations
La partie qui prend l ’initiative de la rupture doit notifier par du contrat d ’engagem ent m aritim e ;
écrit sa décision à l’autre.
— que, p ar suite de circo n stan ces intervenues depuis son
Art. 384. — La résiliation du contrat d ’engagem ent m aritim e engagem ent, son départ présente pour lui un intérêt certain.
conclu pour une durée indéterm inée ne peut intervenir du fait de Toutefois, son départ ne peut avoir lieu entre le début et la fin
l’arm ateur ou de son représentant dans les cas suivants : d ’un voyage en mer.
— lorsque le m arin se trouve en congé ; Art. 392. — A l ’expiration du contrat d ’engagem ent m aritim e,
— quinze jo u rs avant le congé et quinze jo u rs après le congé ; l’arm ateur ou son représentant doit délivrer un certificat de travail
— pendant une période de m aladie du m arin ; contenant des indications relatives aux périodes de travail effec
tué à son service, aux fonctions exercées à bord et m entionnant
— pendant les deux années précédant l ’âge de la retraite ;
q u ’il est libre de toutes les obligations prévues dans son contrat.
— pendant la durée du service effectué dans les forces arm ées,
Le certificat délivré par l’a n n a te u r ou son représentant ne
sous la réserve que le m arin reprenne le service dans les deux
doit co n ten ir aucune app réciatio n sur la q u alité du travail du
m ois à com pter du jo u r de sa libération ;
m arin, ni aucune indication sur les salaires q u ’il a perçus.
— pendant une absence du travail pour m otifs ju stifié s et Art. 393. — Les rapports entre l ’arm ateur et le capitaine sont
prévus par des dispositions légales ou conventionnelles. de nature co n tractu elle ; les différends se règlent d evant les
Art. 385. — Le contrat d ’engagem ent conclu pour un voyage tribunaux com pétents selon la nature du litige.
prend fin le jo u r où le navire, après avoir atteint le port de desti Section 3 : Le placem ent des marins
nation, a term iné toutes les opérations de chargem ent o u de
Art. 394. — Le recrutem ent des m arins s'effectu e :
déchargem ent ou à l ’expiration d ’un délai de trois jo u rs suivant
— soit par em bauche directe ;
l ’arrivée du navire au port de destination indiqué dans le contrat
d ’engagem ent m aritim e. — soit par des sociétés ou établissem ents de placem ent agréés
p ar l ’autorité m aritim e adm inistrative ;
A rt. 386. — Tout contrat d ’engagem ent m aritim e peut être
rom pu par l’arm ateur ou son représentant sans préavis dans les — soit par un organism e public ou parapublic.
cas suivants : Les m odalités d ’application de l’alinéa précédent sont fixées
— le m arin a enfreint gravem ent ses o b ligation s de service par voie réglem entaire.
ou la discipline à bord et, après accord de l ’autorité m aritim e La délivrance de l ’agrém ent est soum ise à la perception d ’une
adm inistrative ; taxe dont le m ontant est fixé par la loi de Finances.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 159
Art. 411. — Le capitaine du navire et les officiers responsables Art. 420. — Le marin qui s’absente du bord sans justification
du pont, des machines et du service général, rémunérés sur une perd tout droit au salaire pendant la durée de son absence.
base forfaitaire, n ’ont pas droit à une rémunération supplémentaire Art. 421. — Le contrat d ’engagement du marin est suspendu
pour le travail effectué en dehors des heures normales de service. lorsqu’il est détenu comme suspect en raison d ’une infraction à
Art. 412, — Lorsque, pour des raisons de sécurité du navire, la législation pénale. Il peut réintégrer immédiatement son
le capitaine ordonne à un marin d ’exécuter un travail en dehors service en cas de non-condamnation.
de ses heures de service, en vue du renforcem ent d ’un poste Art. 422. — Le marin ne peut déléguer ses salaires ou des parts
d ’équipage, une rémunération supplémentaire doit lui être versée de profit qu’en faveur d ’une personne dûment mandatée. Une
pour chaque heure de travail effectuée. telle délégation ne peut dépasser les deux tiers du montant total
Art. 413. — Les membres de l’équipage d ’un navire, à l’exception des salaires ou des parts de profit dus.
de ceux engagés au service d'une entreprise de sauvetage, qui La délégation des salaires peut être donnée ou révoquée à tout
ont assisté un autre navire ou participé à son sauvetage ou prêté moment par le marin, par écrit, dûment revêtu de sa signature et
assistance avec un résultat utile, ont droit à une part de la rému certifiée par l’autorité maritime administrative, ou en cours de
nération allouée au navire à bord duquel ils sont embarqués. voyage, par un télégramme ou tout autre moyen de communica
Art. 414. — En cas de perte du navire par naufrage, le marin a tion adressé à l'armateur et confirmé par le capitaine du navire à
droit au salaire payable conformément aux stipulations du contrat bord duquel le marin se trouve.
d ’engagem ent maritime, pendant une période de deux mois à La délégation des salaires et sa révocation prennent effet dès
compter du jour du naufrage du navire, si le contrat d'engage leur notification à l’armateur.
ment a été résilié par l’armateur et que le marin est resté sans Art. 423. — Le marin a droit à des avances à valoir sur ses
travail pendant cette période. salaires. Le montant des avances susceptibles d’être versées ainsi
En cas de vente, prise ou innavigabilité du navire, le marin a que les conditions de leur paiement doivent être fixés dans un
droit à une indemnité de chômage pendant une période de deux règlement intérieur établi par l’armateur après avis du délégué
mois dans les mêmes conditions qu’à l’alinéa 1 du présent article. du personnel et approuvé par l’autorité maritime administrative.
Art. 415. — En cas de rupture du contrat par le fait ou par la faute Art. 424. — Le marin peut égalem ent obtenir, en cours de
de l’armateur ou de son représentant, le marin a droit aux salaires route, un acompte sur ses salaires. Tout versement d ’un acompte
qui lui sont dus pour le temps passé au service de l’annateur. doit être mentionné sur le livre de bord et suivi de la signature
Le marin a également droit dans tous les cas, à une indemnité du marin et de celle de deux membres de l’équipage.
de licenciement équivalent à : Les acomptes versés ne peuvent être supérieurs à un tiers du
— 30 % du salaire mensuel moyen des 12 derniers mois, de montant total des salaires dus au marin au moment où un acompte
I à 5 ans d ’ancienneté ; est demandé, sous déduction des avances et délégations.
— 35 % du salaire mensuel moyen des 12 derniers mois, de Art. 425. — Les dispositions légales relatives aux parts de
6 à 10 ans d ’anciennete ; salaires non cessibles et aux parts de salaire ne pouvant être
saisies par décision de justice au profit d ’une tierce personne,
—•40 % du salaire mensuel moyen des 12 derniers mois, plus
sont applicables au marin.
de 10 ans d ’ancienneté.
Sont insaisissables, pour quelque cause que ce soit :
En outre, il a droit à une indemnité compensatrice de préavis.
— les vêtements du marin ;
Art. 416. — En cas de rupture du contrat par le fait ou la faute
de l’armateur ou de son représentant, le marin a également le — les instruments et autres objets appartenant au marin
droit de retenir, à titre d ’indemnité, les avances [Link]. lorsqu’ils sont utilisés dans l’exercice de sa profession ;
Le marin rémunéré au profit a droit à une indemnité dont le — les sommes dues au marin pour frais médicaux et pharma
montant est fixé d ’un commun accord ou, à défaut, par le tribunal ceutiques et pour rapatriement.
compétent. Sous-section 2 : L'approvisionnement du marin
Art. 417. — En cas de rupture abusive du contrat par le fait ou Art. 426. — L’armateur est tenu de fournir au marin, à
la faute de l’armateur ou de son représentant, le tribunal saisi peut titre gratuit et pendant toute la durée de son inscription au rôle
accorder au marin, en plus de l ’indemnité de licenciement, des d’équipage, la nourriture et une boisson potable en quantité
dommages et intérêts conformément au droit commun. suffisante. Sur les navires affectés à la navigation côtière,
Art. 418. — En cas d ’inaptitude à la suite d ’un accident de l’armateur peut verser au marin une allocation équivalente.
travail à bord du navire ou en raison d ’un mauvais état de santé Art. 427. — Tout navire doit être muni d ’installations, d ’amé
du marin dûment constaté, les salaires qui lui sont dus ne peuvent nagements et d ’équipements appropriés pour la réception et la
être diminués pendant le voyage. conservation de vivres et de l’eau, de même que pour la prépara
Si le contrat d ’engagement a été conclu pour un voyage ou tion des repas et le service de cuisine et de table à bord.
en cas de rémunération au profit, la totalité du salaire ou des Art. 428. — Le ministre chargé des Affaires maritimes fixe sur
montants prévus est duc. les navires de plus de douze personnes :
Art. 419. — En cas de disparition du marin pendant un voyage, — la composition de la ration journalière minimum de la nour
une indemnité mensuelle est due à ses ayants droit ju sq u ’au riture qui doit être fournie au marin sur les différentes catégories
jugem ent déclaratif de décès. de navires ;
Le montant de cette indemnité ne peut être inférieur à un mois — le montant de l’allocation équivalente qui peut être versée,
de salaire que le contrat d ’engagement ait été conclu au voyage, le cas échéant par l’armateur, et les conditions dans lesquuelles
pour une durée déterminée ou pour une durée indéterminée. le marin peut en bénéficier.
13 novembre 2 0 18 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 161
Art. 429. — Pour les navires effectuant une navigation — lorsqu’il est procédé à la première immatriculation du navire
internationale, le ministre chargé des Affaires maritimes définit dans un port ivoirien ;
la réglementation applicable à l’approvisionnement des marins — lorsque les logements de l’équipage ont été modifiés d’une
en vivres, en eau et au service de table à bord. manière importante ou reconstruits ;
Art. 430. — Pour les marins effectuant une navigation inter — lorsqu’une plainte écrite est adressée à l’autorité maritime
nationale, l’autorité maritime administrative fixe les conditions administrative soit par une organisation de marins reconnue en
dans lesquelles, à des intervalles de temps déterminés, le Côte d’ivoire, soit par un représentant de tout ou partie de l’équi
capitaine ou un officier spécialement désigné par lui à cet effet, page. Dans ce cas la plainte devra parvenir à l’autorité maritime
accompagné d 'u n membre de l’équipage du navire, procède à administrative suffisamment tôt pour éviter tout retard au navire
l’inspection ; et devra préciser quelles sont les dispositions législatives ou
— des provisions en vivres et en eau ; réglementaires dont la violation ou le non-respect est invoqué.
— des locaux et des équipements utilisés pour la réception Art. 436. — Une infirmerie est prévue à bord de tout navire
et la conservation des vivres et de l'eau ainsi que des locaux, embarquant un équipage d ’au moins quinze personnes et affecté
aménagements et équipements utilisés pour la préparation et le à un voyage de plus de trois jours. L’autorité maritime adminis
service des repas. trative peut accorder des dérogations à cette disposition en ce qui
Les résultats de chaque inspection doivent être consignés par écrit. concerne certaines catégories de navigation dont la liste est fixée
Art. 431. — Sur plainte écrite d'un quart au moins des membres par voie réglementaire.
de l’équipage ou à la suite d ’une plainte formulée par une Art. 437. — Tout navire ne disposant pas d ’une infirmerie
organisation reconnue d ’armateurs ou de marins, relative à la conformément à l’article précédent doit être pourvu d ’un coffre à
fourniture des provisions en vivres et en eau ou au service de médicaments, d ’un type approuvé par l’autorité maritime admi
cuisine et de table à bord, l’autorité maritime administrative peut nistrative, accompagné d'instructions aisément compréhensibles.
procéder à une inspection et faire procéder à l’analyse des Le ministre chargé des Affaires maritimes fixe la composition
prélèvements aux frais de l'armateur. des coffres à médicaments à bord des navires et des bateaux de
Afin de ne pas retarder, le cas échéant, le départ du navire, la navigation intérieure.
plainte prévue à l’alinéa précédent doit être formulée dès que Sous-section 4 : L'habillement du marin
possible et au moins vingt-quatre heures avant l'heure fixée pour
Art. 438. — L'arm ateur est tenu de fournir gratuitement, à
le départ du navire du port.
chaque membre de l'équipage, des vêtements de travail et de
Art. 432. — Il est interdit à toute personne d ’introduire à bord protection, suivant la nature du travail effectué à bord.
du navire des boissons alcoolisées, sans l’autorisation expresse
Le ministre chargé des Affaires maritimes dresse la liste des
du capitaine.
vêtements de travail et de protection à fournir, ainsi que la liste
Toute boisson alcoolisée, introduite à bord du navire, contrai des vêtements de sortie, les conditions de leur attribution et de
rement aux dispositions de l’alinéa précédent, est confisquée par le leur utilisation.
capitaine sans préjudice des sanctions disciplinaires ou pénales.
Section 3 : Le rapatriement du marin
Sous-section 3 : Le logement du marin
Art. 439. — Les dispositions de la présente section s ’appli
Art. 433. — Les dispositions de la présente sous-section ne quent aux navires de commerce et de pêche ayant une jauge brute
s ’appliquent pas : supérieure à cent tonneaux et effectuant des voyages internationaux.
— aux navires de commerce ayant une jauge brute inférieure Art. 440. — Tout membre d ’équipage de nationalité ivoirienne,
à cinq cents tonneaux ; domicilié en Côte d ’ivoire, qui est débarqué à l’étranger en cours
— aux navires de pêche artisanaux et côtiers ; ou en fin de contrat, a le droit d’être rapatrié à son port ivoirien
— aux remorqueurs et aux navires exclusivement utilisés dans d ’embarquement.
la navigation en eaux portuaires et intérieures. Si le port d ’em barquement se trouve à l’étranger, le marin
Art. 434. — Le ministre chargé des Affaires maritimes déter ivoirien est rapatrié à sa demande en Côte d ’ivoire.
mine les modalités d ’application des dispositions relatives à : Art. 441. — Les frais de rapatriement comprennent toutes les
— l ’aménagem ent des cabines et des postes de couchage dépenses relatives au transport, au logement et à la nourriture du
de surface minimale, ventilés, éclairés, chauffés et protégés des membre de l'équipage durant son retour. Ils comprennent égale
nuisances ; ment les frais d ’entretien jusqu’au moment fixé pour son départ.
— la fourniture des couchettes individuelles mises à la dispo Art. 442. — Le rapatriement est considéré comme assuré
sition des membres de l’équipage ; lorsqu’il est procuré au marin un emploi convenable à bord d ’un
— l’installation de cuisines, cambuses et réfectoires à bord des navire se rendant au port d ’embarquement visé à l’alinéa 1er de
navires ; l’article 440.
— l’installation de locaux de récréation à bord ; Lorsque le marin est rapatrié comme membre d ’un équipage,
— les installations sanitaires à bord des navires et la fourniture il a droit à la rémunération des services accomplis pendant le
d ’eau douce, chaude et froide, ainsi que les moyens de lavage et voyage.
de séchage du linge. Art. 443. — Les frais de rapatriement du marin, resté à
Art. 435. — L’autorité maritime administrative inspecte tout l’étranger pour des raisons indépendantes de sa volonté, sont à
navire ou engin flottant et s’assure que les logements de l’équi la charge de l’armateur s’il a été débarqué ou abandonné à
page sont conformes aux conditions exigées par la présente loi l’étranger en raison :
et par les textes pris en vue de son application, notamment : — d ’un accident survenu au service du navire ;
162 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 459. — En dehors de son service au port, le marin a le Art. 471. — Ne sont pas considérés comme interrompant la
droit de quitter le bord si les conditions de sécurité du navire le continuité de la période de service :
permettent. — les interruptions de serv ice de courte durée qui ne sont pas
Art. 460. — Le jour et l’heure de présence de l’appareillage imputables au fait ou à la faute de l’intéressé, et ne dépassant pas
du navire ou de changement de son lieu de mouillage doivent un total de six semaines dans une période de douze mois ;
être indiqués suffisamment tôt sur le tableau d'affichage à la — un changement quelconque dans la gérance ou la propriété
coupée du navire. des navires à bord duquel ou desquels le marin a servi.
Lorsqu’un marin s ’absente du bord, sans justification à l’heure Art. 472. — Le ministre chargé des Affaires maritimes
d'appel précédant l’appareillage du navire au port d'arm em ent, détermine les modalités et conditions spécifiques d ’octroi des
il peut être remplacé. repos et congés des marins.
Art. 461. — Sur les navires dont l'équipage hors officiers CHAPITRE 3
comporte plus de douze marins, ceux-ci peuvent désigner un
Les conflits de travail
ou plusieurs délégués de bord, selon les spécialités, chargés de
transmettre leurs demandes au capitaine. Art. 473. — Les litiges qui s’élèvent en ce qui concerne les
contrats d ’engagement maritime entre armateurs, maîtres et
Art. 462. — Les représentants syndicaux officiellement
marins sont portés préalablement devant l'inspection du travail
reconnus comme représentant certaines catégories de marins ont
maritime pour une tentative de conciliation.
libre accès à bord pendant les séjours au port pour se concerter
avec les marins ou présenter des demandes au capitaine. En cas d ’échec de la tentative de conciliation, le litige est porté
devant le tribunal du travail.
Art. 463. — Tout accord relatif aux conditions de travail
intervenu entre l'arm ateur et une catégorie de personnel est porté Art. 474. — Les actions en responsabilité engagées contre le
à la connaissance de l’autoritc maritime administrative pour visa marin pour toutes fautes commises dans l'exécution du contrat
et enregistrement. d ’engagement maritime sont résolues suivant la procédure
indiquée à l’article précédent.
L’autorité maritime adm inistrative peut le transformer en
réglementation si la portée de la convention intéresse d'autres Art. 475. — Toute stipulation ou clause quelconque ayant pour
personnels. but de donner compétence en ce qui concerne les litiges relatifs
aux contrats d'engagem ent maritime sur les navires ivoiriens, à
Art. 464. — L’armateur est tenu au respect des dispositions
établies par l’autorité maritime adm inistrative en matière de un tribunal étranger ou à une juridiction arbitrale statuant à
prévention des accidents de travail. Il est tenu, à cet effet, de l’étranger, est considérée comme nulle et non avenue.
signaler à l’autorité maritime administrative tous les accidents Art. 476. — Les personnes assumant des fonctions et des
de travail, de fournir toutes informations, notamment le nombre, charges élèvées dans le secteur maritime public ou privé, les
la nature, les causes et les conséquences des accidents du travail officiers, maîtres et marins ayant exercé avec dévouement
et de préciser dans quelle partie du navire et en quel lieu pendant au moins quinze ans dans le domaine maritime
l’accident s’est produit. bénéficient d ’un droit à une proposition dans l’ordre du mérite
Art. 465. — Les dispositions du présent chapitre, relatives à la ivoirien. Tout acte de bravoure ou de dévouement exceptionnel
durée du travail à bord, ne sont pas applicables : reconnu est éligible à une telle proposition.
— au second capitaine ou au ch ef mécanicien ; Un décret précise les contingents attachés à chaque catégorie,
— à tout autre officier chef de service qui ne prend pas le quart. en sorte que cette décoration revienne principalem ent à des
Art. 466. — Le navire en rade ou au port, qui attend un pilote, navigants et à des professionnels maritimes.
un poste à quai, un contrôle sanitaire ou douanier ou le règlement TITR E III
des formalités requises par les autorités adm inistratives, est LE REGIME SOCIAL DES MARINS
considéré comme un navire faisant route. CHAPITRE 1
Art. 467. — Les modalités d ’application des dispositions du Les dispositions communes
présent chapitre sont déterminées par décret.
Art. 477. — Tout ivoirien exerçant la profession de marin est
CHAPITRE 2
Le repos et les congés soumis au régime général de prévoyance sociale en vigueur en
Côte d ’ivoire.
Art. 468. — Les marins employés à durée déterminée ont droit,
outre les repos compensatoires, à un nombre de jours de congés Les ressortissants d ’autres Etats embarqués sur des navires
proportionnel au temps d ’embarquement à raison de six jours par battant pavillon ivoirien sont affiliés au régime de prévoyance
mois d ’inscription au rôle d ’équipage. Ce temps est porté à trois sociale en vigueur en Côte d ’ïvoire, sauf s’ils relèvent déjà
jours pour les mineurs. d ’un autre régime prenant en compte cette période d ’emploi ou
Art. 469. — Les mineurs âgés de dix-huit ans, en service à bord renonciation expresse de leur part.
de navires, ont droit à un congé payé annuel de trente jours Art. 478. — Le bénéfice du régime de prévoyance sociale est
ouvrables. accordé aux marins et à leurs ayants droit, sous réserve que les
Art. 470. — Tout accord portant sur l’abandon par le marin du marins réunissent les conditions de navigation, d ’affiliation et de
droit au congé payé annuel ou sur une compensation en espèces cotisation au régime général de prévoyance sociale en vigueur
est considéré comme nul. en Côte d ’ivoire.
164 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE D E C O T E D 'IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 479. — Les armateurs et tous autres employeurs bénéficiant Le débarquement du marin et son hospitalisation sont décidés
des services des marins sont tenus au paiement d ’une cotisation après avis du médecin du bord ou de tout autre médecin agréé
calculée en fonction des salaires versés aux marins, conformément par l’autorité maritime déclarant que l ’état du malade requiert
aux règles prévues par le régime général de prévoyance sociale. son débarquement.
Les armateurs et les marins peuvent améliorer contractuellement Art. 486. — Lorsqu’un marin est débarqué dans un port
ce régime auprès d ’assurances privées. étranger à la suite de blessures ou de maladie contractée à bord
Art. 480. — Les marins qui, à bord des dispositifs et installations du navire, le consul ou le représentant diplomatique de la Côte
prévus à l’article 87 de la présente loi participent à des activités d ’ivoire doit exiger du capitaine le dépôt, auprès d ’un organisme
d ’exploration ou d ’exploitation des ressources du plateau ou d ’une caisse qu’il lui désigne, de la somme présumée néces
continental peuvent, sur leur demande, rester assujettis au régime saire au traitement et au rapatriement du marin blessé ou malade.
d ’assurance sociale applicable aux gens de mer et continuer donc
Art. 487. — Le capitaine est tenu de prendre toutes les mesures
à bénéficier des dispositions de la présente loi relatives aux
nécessaires en vue d ’assurer la garde des biens se trouvant à bord
risques maladie, accident et au rapatriement. Leur employeur est
tenu, dans ce cas, aux obligations prévues à la charge de l’armateur. qui appartiennent à un marin blessé ou malade, jusqu’au moment
du débarquement de celui-ci.
CHAPITRE 2
Les dispositions spécifiques Art. 488. — L’assistance à la charge de l’armateur comprend :
Section 1 : Les maladies et les accidents en cours de navigation — le traitement médical et la fourniture des médicaments et
autres moyens thérapeutiques en qualité et quantité suffisantes ;
Art. 481. — Le marin blessé, dans un accident survenu au
cours ou à l’occasion du service à bord du navire ou lors d ’un — la nourriture et, en cas de nécessité, le logement ;
travail effectué à terre pour le compte de l’armateur pendant la — le rapatriement s’il est débarqué hors du port d’embarquement ;
durée du contrat d ’engagement maritime, a droit à une assistance — le salaire pendant la période de prise en charge médicale,
à la charge de l’armateur ju sq u ’à son débarquement.
rapatriement y compris.
Après le débarquement le marin blessé est pris en charge par
Le salaire n’est pas dû si la maladie ou la blessure a été causée
le régime général de prévoyance sociale, nonobstant le délai de
par un fait intentionnel.
quatre mois de soin dû par l’armateur au marin à compter du jour
où celui-ci a été débarqué à terre en Côte d ’ivoire. Art. 489. — Les soins cessent d ’être dus par l’armateur lorsque
Art. 482. — L’accident du travail maritime s ’entend d ’un le marin est guéri ou lorsque la blessure est consolidée ou lorsque
événement ayant une cause extérieure ou non, survenu au cours l’état du malade a pris un caractère chronique.
ou à l’occasion du travail lié à la profession de marin et entraînant Ils cessent également d ’être dus au plus tard à l’expiration d’un
pour la victim e, soit la nécessité de soins médicaux, soit une délai de quatre mois à compter du jour où le marin a été débarqué
incapacité de travail temporaire ou définitive. à terre, en Côte d ’ivoire.
Art. 483. — Est assimilé à l ’accidcnt du travail maritime, Toutefois, si le marin a été débarqué hors de la Côte d ’ivoire
l’accident survenu au marin : les soins sont dus, s ’il y a lieu, au-delà du délai de quatre mois
— du fait ou à l’occasion d'un travail effectué à terre ou à bord prévu à l’alinéa précédent, et jusqu'au rapatriement.
d ’un navire, pour le compte de l’armateur, par un marin appartenant
Section 2 : Le décès du marin
au personnel de l’armateur ;
Art. 490. — En cas de décès du marin à la suite de maladie ou
— au cours d ’un stage de perfectionnement ou de spécialisation
du fait de blessures dont les frais de traitement sont à la charge
professionnelle ordonnée par l’armateur ;
du navire, celui-ci est également tenu de supporter les frais de
— pendant le trajet entre la résidence du marin et le lieu de
retour du corps au port de rapatriement et les frais funéraires.
l ’embarquement ou du travail, ou inversement, dans la mesure
où le parcours n ’a pas été interrompu pour un m otif dicté par l’in Art. 491. — En cas de décès ou de disparition du marin en
térêt personnel ou indépendant de l’exercice de l’emploi. cours de navigation, le capitaine est tenu d’effectuer l’inventaire
des biens, effets et valeurs laissés par le marin décédé à bord ou
Art. 484. — Le marin perçoit ses salaires et est soigné aux frais
disparu en cours de voyage.
du navire, s’il est blessé ou contracte une maladie pendant qu’il
est au service du navire ou s ’il tombe malade pendant le cours Ces biens et effets sont immédiatment mis sous scellés et
de son embarquement. laissés à la garde du capitaine qui prend toutes dispositions utiles
Les dispositions de l’alinéa précédent sont applicables au marin pour en assurer la conservation. Les valeurs doivent être déposées
qui tombe malade entre la date de son embarquement et la date dans le coffre du bord, dans un contenant scellé. Ils sont tenus
du départ du navire ou postérieurem ent à la date de son à la disposition de la famille du marin par l’armateur ou par
débarquement et avant tout autre embarquement. Dans ce dernier l’autorité maritime administrative.
cas, il doit être établi que la maladie a été contractée au service Art. 492. — En cas de décès du marin, l’armateur est tenu de
du navire. payer aux ayants droits une indemnité dont !e montant est égal à
Art. 485. — Le marin qui est obligé de cesser son travail à la un mois du salaire minimum catégoriel du marin pour chaque
suite de blessures ou de maladie contractée pendant le service à année passée au service de l’armateur.
bord du navire est débarqué et hospitalisé au port où se trouve le Art. 493. — En cas de décès du marin pendant la durée du
navire ou au premier port touché par le navire en attendant son contrat, ses salaires, allocations de congé et les indemnités de
rapatriement. toute nature acquis à la date du décès sont dus à ses ayants droit.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE DTVOIRE 165
— le contrôle de l’aptitude physique à l’entrée dans la profession Elles ne s’appliquent pas aux bâtiments de la marine nationale
et les contrôles annuels ou périodiques des marins au commerce, lorsque l ’abordage a eu lieu au cours d ’exercices militaires
à la pêche, des travailleurs offshore des plateformes de forage en effectués dans des zones ayant préalablement été déclarées
mer, des navigateurs kroomen, des élèves et stagiaires des comme dangereuses pour la navigation. Les commandants de
établissements d ’enseignement maritime ; ces bâtiments restent toutefois tenus de l ’obligation de prêter
— les visites d ’embauche et les visites annuelles des dockers assistance aux navires abordés.
et des navigateurs kroomen ; Art. 519. — Si l’abordage est fortuit, s’il est dû à un cas de
— le contrôle de l’hygiène à bord des navires et sur les plate force majeure ou s ’il y a doute sur les causes de l’abordage, les
formes de forage - la police sanitaire aux frontières maritimes ; dommages sont supportés par ceux qui les ont éprouvés.
— l’aide médicale d ’urgence à bord des navires et sur les Cette disposition reste applicable dans le cas où, soit les navires,
plateformes de forage ; soit l’un d’eux aurait été au mouillage au moment de l’abordage.
— la médecine curative et préventive pour les gens de mer et Art. 520. — En cas d ’abordage entre un navire-remorqueur ou
assimilés et leurs familles. un navire remorqué et un autre navire, le convoi constitué par le
remorqueur et le remorqué est considéré comme un seul navire.
Art. 511. — Le personnel est astreint, pendant le service, au
port d ’un uniforme dont la composition est définie par voie Si le remorqueur a la direction des opérations de remorquage,
réglementaire. sa responsabilité pourra être mise en cause par le navire tiers qui
a été victime d’un abordage.
Art. 512. — L’organisation et le fonctionnement du service de
santé des gens de mer et des formations sanitaires sont définis La responsabilité à l’égard du navire tiers victime d ’un
par arrêté du ministre chargé des Affaires maritimes. abordage incombe par contre au navire remorqué lorsque le
capitaine de ce navire a conservé la direction des opérations de
T ITR E VI
remorquage.
LES DELEGUES D’EQUIPAGE ET LES DIRIGEANTS SYNDICAUX
Art. 521. — Si l’abordage est causé par la faute de l’un des navires,
Art. 513. — Sur tout navire de plus de dix marins, des délégués la réparation des dommages incombe à celui qui a commis la faute.
d ’équipage titulaires et des délégués suppléants sont obligatoire
S ’il y a faute commune, la responsabilité de chacun des navires
ment élus dans les conditions fixées par les dispositions légales
est proportionnelle à la gravité des fautes respectivement
et réglementaires en vigueur.
commises. Toutefois, si d ’après les circonstances, la proportion
Art. 514. — Le nombre de délégués et leur répartition sur ne peut être établie ou si les fautes apparaissent comme équiva
le plan professionnel, les conditions exigées pour être électeur lentes, la responsabilité est partagée par parts égales.
ou éligible, les horaires de travail, les conditions de révocation
Art. 522. — Les dommages causés soit aux navires, soit à leurs
des délégués par leur collège d ’électeurs sont fixées par voie
cargaisons, soit aux effets ou aux autres biens des équipages, des
réglementaire.
passagers ou d ’autres personnes se trouvant à bord, sont supportés
Art. 515. — Tout licenciement d ’un délégué du personnel par les navires en faute, dans ladite proportion, sans solidarité à
envisagé par l’employeur ou son représentant doit être soumis à l’égard des tiers.
l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail maritime.
Les navires en faute sont cependant tenus solidairement à
La même procédure est applicable au licenciement des anciens l’égard des tiers pour les dommages causés par mort ou une
délégués d ’équipage pendant une période d'un an à partir de l’ex lésion corporelle, sauf recours de celui qui a payé une part
piration de leur mandat.
supérieure à celle que, conformément à l’alinéa 2 de l’article 521,
LIVRE V il doit définitivement supporter.
L ES E V E N E M E N T S DE M E R Art. 523. — La responsabilité prévue aux articles 521 et 522
T ITR E I subsiste dans les cas où l’abordage est causé par la faute d ’un
LES ABORDAGES pilote, même lorsque le pilotage est obligatoire.
Art. 516. — Est considéré comme abordage, toute collision Art. 524. — Les actions en réparation de dommages en cas
entre navires ou entre navires et bateaux de navigation intérieure d’abordage se prescrivent par deux ans à partir de l’événement.
ou heurt d ’un obstacle résultant d ’une manœuvre de navigation Le demandeur peut, à son choix, saisir aux fins de réparation
sans tenir compte des eaux où l’abordage s ’est produit. te tribunal :
Tous engins flottant, à l’exception de ceux qui sont amarrés — du domicile du défendeur ;
à poste fixe, sont assimilés, selon le cas, soit aux navires, soit — de celui du port ivoirien dans lequel l’un ou l’autre navire
aux bateaux de navigation intérieure pour l’application de l’alinéa s’est réfugié en premier lieu ou a été saisi ;
précédent. — dans le ressort duquel l’abordage s’est produit.
Art. 517. — Outre les cas d ’abordage prévus à l’article précédent, T IT R E II
l’application de la présente loi s’étend à la réparation des
L'ASSISTANCE
dommages causés par un navire à un autre, aux personnes et aux
CHAPITRE I
biens s ’y trouvant, en raison de l’exécution d ’une manœuvre, de
l'omission d ’exécuter une manœuvre ou de l’inobservation des Les dispositions communes
règlements. Art. 525. — L’assistance des navires en danger, ainsi que les
Art. 518. — Les dispositions du présent chapitre s ’appliquent services de même nature rendus entre navires et bateaux de
aux navires et bateaux de navigation intérieure de l’Etat de Côte navigation intérieure, sont soumis aux dispositions du présent
d’ivoire ou affectés à un service public. titre, sans tenir compte des eaux où ils ont été apportés.
13 novembre 2 0 18 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 167
Tous engins flottants sont assimilés, selon le cas, soit aux navires, Art. 532. — Le capitaine et le propriétaire du navire ou le
soit aux bateaux de navigation intérieure pour l ’application de propriétaire des autres biens en danger ont, envers l’assistant,
l’alinéa précédent. l’obligation :
Art. 526. — Au sens du présent titre, on entend par : — de coopérer pleinement avec lui pendant les opérations
— dommage à l’environnement tout préjudice matériel pour la d ’assistance ;
santé de l’homme, la faune ou la flore marine ou pour les ressources — d ’agir avec les soins voulus pour prévenir ou limiter les
de la mer, des lagunes, des fleuves, estuaires et canaux ou dans les dommages à l’environnement ;
zones adjacentes, causé notamment par pollution, contamination, in — d ’en accepter la restitution lorsque l’assistant le leur de
cendie, explosion ou par des événements similaires ; mande raisonnablement et que le navire ou les autres biens ont
— bien, tout bien qui n ’est pas attaché de façon permanente et été conduits en lieu sûr.
intentionnelle au littoral ou aux rives et comprend le fret en CHAPITRE 3
risque. Les droits des assistants
Art. 527. — Les dispositions du présent titre sont applicables aux Art. 533. — Les opérations d ’assistance qui ont eu un résultat
navires appartenant à l’Etat ou qui sont affectés à un service public. utile donnent droit à une rémunération.
Elles ne s’appliquent pas aux navires de guerre, aux plate Sauf disposition conventionnelle contraire, aucun paiement
formes fixes ou flottantes ni aux unités mobiles de forage au large n ’est dû si le secours prêté n ’a pas eu de résultat utile.
lorsque ces plateformes ou unités sont affectées, là où elles se La rémunération, à l’exclusion des intérêts et des dépens, ne
trouvent, à l’exploration, à l’exploitation ou à la production de peut dépasser la valeur du navire et des autres biens sauvés.
ressources minérales du fond de la mer, des lagunes, fleuves,
Art. 534. — Les services rendus malgré la défense expresse et
estuaires et canaux.
raisonnable, du propriétaire ou du capitaine du navire ou du
Art. 528. — Les dispositions de la présente loi s’appliquent à toute propriétaire de tout autre bien en danger qui n ’est pas et n ’a pas
opération d ’assistance à moins qu’un contrat en dispose autrement. été à bord du navire, ne donne droit à aucune rémunération.
Le capitaine peut conclure des contrats d ’assistance au nom du Art. 535. — Le remorqueur n ’a droit à une rémunération
propriétaire du navire. Des contrats d ’assistance peuvent être pour l’assistance apportée au navire par lui remorqué ou de sa
conclus par le capitaine ou le propriétaire du navire pour le cargaison que s ’il a rendu des services qui dépassent ce qui peut
compte du propriétaire des biens se trouvant à bord. raisonnablement être considéré comme l’exécution normale d ’un
Art. 529. — Tout contrat d ’assistance est nul ou modifié si : contrat de remorquage.
— le contrat a été conclu sous une pression abusive ou sous La présente disposition est applicable au pilote du remorqueur.
l’influence du danger : Art. 536. — Une rémunération est due encore que l’assistance
— le service rendu ne présente pas les caractères d ’une ait eu lieu entre navires appartenant au même propriétaire.
véritable assistance, nonobstant la qualification que les parties Art. 537. — Il n’est dû aucune rémunération par les personnes
lui ont donnée. sauvées.
CHAPITRE 2 Le sauveteur de vies humaines qui a participé aux services
Les obligations de l 'a ssistant, rendus à l’occasion de l’accident ayant donné lieu aux opérations
du propriétaire et du capitaine d ’assistance a droit à une part équitable du paiement alloué à
Art. 530. — Tout capitaine est tenu, sans que son intervention l’assistant pour avoir sauvé le navire ou d ’autres biens ou pour
ne présente un danger pour son navire, son équipage ou ses avoir prévenu ou limité les dommages à l’environnement.
passagers, de prêter assistance à toute personne trouvée en mer Art. 538. — Le montant de la rémunération est fixé par la
et dans les voies d ’eaux intérieures, en danger de disparaître dans convention des parties et à défaut par le tribunal.
les eaux. Il en est de même de la proportion dans laquelle cette rémuné
Le propriétaire du navire n ’est pas responsable de la violation ration doit être répartie soit entre les sauveteurs, soit entre les
par le capitaine de l’obligation énoncée à l’alinéa précédent. propriétaires, le capitaine et l’équipage de chacun des navires
Art. 531. — L’assistant a, envers le propriétaire du navire ou assistants.
des autres biens en danger, l’obligation : La juridiction compétente peut réduire ou supprimer la rému
— d’effectuer les opérations d ’assistance avec le soin approprié ; nération s’il apparaît que les sauveteurs ont par leur faute rendu
l’assistance nécessaire ou qu’ils se sont rendus coupables de vol,
— d ’agir avec le soin approprié pour prévenir ou limiter les
recel ou autres actes frauduleux.
dommages à l’environnement, lorsqu’il s’acquitte de l’obligation
au premier tiret ; Art. 539. — La rémunération est fixée compte tenu des critères
suivants, sans égard à l’ordre dans lequel ils sont présentés
— de chercher à obtenir l’aide d ’autres assistants chaque fois
ci-dessous :
que les circonstances l’exigent raisonnablement ;
— l’étendue du succès obtenu par l’assistant ;
— d’accepter l’intervention d ’autres assistants lorsqu’il est
— la valeur du navire et des autres biens sauvés :
raisonnablement prié de le faire par le capitaine ou le propriétaire
du navire ou des autres biens en danger. Il est néanmoins entendu — l’habileté et les efforts des assistants pour prévenir ou
que le montant de la rémunération n ’est pas affecté s ’il s’avère limiter les dommages à l’environnement ;
que cette demande n ’était pas raisonnable. — la nature et l'importance du danger ;
168 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
— l'habileté et les efforts des assistants pour sauver le navire, — la part revenant à l’équipage est partagée entre ses membres,
les autres biens et les vies humaines ; proportionnellement au montant de leur salaire.
— le temps passé, les dépenses effectuées et les pertes subies Toutefois les membres de l'équipage ayant pris des risques
par les assistants ; particuliers peuvent concourir à la répartition pour plusieurs parts
— le risque de responsabilité et les autres risques courus par leur revenant.
les assistants ou leurs matériels ; La part attribuée au capitaine ne doit en aucun cas être
— la promptitude des services rendus ; inférieure au double de la part allouée au membre de l ’équipage
— la disponibilité et l’usage de navires ou d ’autres matériels ayant reçu la part la plus élevée.
destinés aux opérations d ’assistance ; Le pilote se trouvant à bord du navire, lorsque des opérations
— l’état de préparation ainsi que l’efficacité et la valeur du ma d’assistance sont entreprises, a droit à une part de la rémunération ;
tériel de l’assistant. cette part est prélevée sur le montant alloué à l’équipage, elle doit
être proportionnelle au salaire de l’officier de pont percevant le
Art. 540. — Le paiement de la rémunération doit être effectué
salaire le plus élevé.
par toutes les parties intéressées au navire et aux autres biens
sauvés en proportion de leur valeur respective. Art. 546. — Dès que le calcul de la répartition de la rémunération
due au capitaine et aux membres de l’équipage est effectué, le
Si l’une des parties intéressées a effectué le paiement de
propriétaire ou l’arm ateur non propriétaire du navire doit leur
l'ensemble de la rém unération due, elle a un droit de recours
faire savoir le montant de la rémunération auquel ils ont droit,
contre les autres parties pour leur part respective.
ainsi que le plan de répartition qui a été adopté.
Art. 541. — Si l’assistant a effectué des opérations d’assistance
En cas de règlement amiable, la répartition nette des sommes
à l’égard d ’un navire qui par lui-même ou par sa cargaison me
affectées au titre de l’assistance est signifiée individuellement
naçait de causer des dommages à l’environnement, il a droit de
par l’armateur du navire sauvé au propriétaire et éventuellement
la part du propriétaire, indépendamment de l’indemnité prévue à
à l’affréteur, au capitaine, au représentant de l’équipage et au
l’article 533 de la présente loi, à une indemnité spéciale égale à
pilote s’il est concerné.
trente pour cent des dépenses engagées par l’assistant.
Art. 547. — Les règles prévues aux articles 544 à 546 ne
La juridiction compétente peut, en se fondant sur les critères
s’appliquent pas au capitaine et aux membres de l’équipage des
fixés par Particle 539 augmenter l’indemnité spéciale sans que
navires ayant pour activité l’assistance et le sauvetage.
celle-ci représente plus de cent pour cent des dépenses au titre
de l’assistance. Art. 548. — En cas de services d ’assistance rendus dans le
cadre de contrats existants, aucun paiement n ’est dû en vertu des
Les dépenses de l’assistant à prendre en compte pour l’évalua
dispositions du présent titre à moins que lesdits services ne
tion de l’indemnité spéciale, com prennent les débours qu’il a
dépassent ce qui peut raisonnablement être considéré comme
raisonnablement engagés ainsi qu’une somme équitable pour le
l’exécution normale d ’un contrat conclu avant que le danger ne
matériel et le personnel effectivement et raisonnablement utilisés,
survienne.
compte tenu des critères énoncés aux huitième, neuvième et
CHAPITRE 4
dixième tiret de l’article 539 de la présente loi.
Les créances et actions
L’assistant a été négligent et n ’a pu de ce fait, prévenir ou
Art. 549. — L’assistant ne peut pas faire valoir son privilège
limiter les dommages à l’environnement, il peut être privé de la
maritime lorsqu’une garantie suffisante lui a été dûment offerte
totalité ou d ’une partie de l’indemnité spéciale due en vertu du
ou fournie pour le montant de sa créance, intérêts et frais compris.
présent article.
Art. 550. — A la demande de l’assistant, la personne redevable
Art. 542. — La rémunération est répartie entre assistants sur
d ’un paiement en vertu des dispositions du présent chapitre est
la base des critères prévus par l’article 539 de la présente loi.
tenue de fournir une garantie suffisante au titre de la créance de
Art. 543. — Si le navire qui a porté assistance n ’est pas l’assistant, intérêts et frais compris.
exploité par son propriétaire, la moitié de la rémunération est
Sans préjudice des dispositions prévues à l’alinéa 1, le propriétaire
répartie à parts égales entre l’arm ateur du navire et l’affréteur,
du navire sauvé doit faire toutes diligences nécessaires pour
après déduction des frais exposés, sauf stipulation contraire
obtenir des propriétaires de la cargaison, avant que celle-ci ne
du contrat d ’affrètement ou de toute autre convention entre l’ar
soit libérée, une garantie suffisante au titre des créances formées
mateur du navire et l’affréteur.
contre eux, intérêts et frais compris.
Art. 544. — La rémunération de l’assistant est répartie pour
Le navire et les autres biens sauvés ne doivent pas, sans le
moitié entre le propriétaire et l'équipage du navire après déduction :
consentement de l’assistant, être enlevés du prem ier port ou
— des frais de réparation pour les dommages subis par le navire du lieu où ils sont arrivés après l’achèvement des opérations
de l’assistant, sa cargaison ou tous autres biens se trouvant à bord ; d ’assistance, sans qu’une garantie suffisante au titre de la créance
— des frais de combustible ; de l’assistant sur le navire ou les biens concernés n’ait été constituée.
— des salaires et indemnités payés au capitaine et à l’équipage, Art. 5 5 1 .— La juridiction compétente pour statuer sur la
à l’occasion des opérations d'assistance. créance de l’assistant peut, par une décision provisoire, ordonner
Art. 545. — La répartition de la moitié de la rémunération que celui-ci reçoive un acompte équitable et juste, assorti de mo
nette revenant au capitaine et à l ’équipage, conformément aux dalités y compris d ’une garantie s’il y a lieu, qui soient équitables
conditions prévues à l’article 544 de la présente loi, est effectuée et justes suivant les circonstances de l’affaire.
comme suit : En cas de paiement provisoire en vertu du présent article,
— le capitaine reçoit un tiers et les m embres de l ’équipage la garantie prévue à l’article 550 de la présente loi est réduite
deux tiers ; proportionnellement.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 169
Art. 552. — Toutes contestations relatives à la rémunération Art. 559. — Toute dépense supplémentaire, volontairement
au titre de l’assistance ou à sa répartition entre le propriétaire du exposée pour éviter une dépense ou une perte qui aurait été
navire, le capitaine et l'équipage, sont soumises Soit au tribunal classée en avaries communes, sera qualifiée elle- même, comme
du lieu où l’assistance a été apportée ou du lieu où les biens telle, à concurrence du montant de la dépense économisée ou de
sauvés ont été amenés, soit au tribunal dans le ressort duquel se la perte évitée.
trouve le domicile réel ou élu de l’assistant. Art. 560 . — Lorsque la décision de faire des sacrifices ou
Art. 553. — Si le navire assistant et le navire assisté battent d ’engager des dépenses a été brisée, le capitaine mentionne dès
tous deux, pavillon ivoirien et si les opérations d ’assistance ont que possible dans le journal de bord les date, heure et lieu de
eu lieu dans les eaux territoriales de Côte d ’ivoire, toute clause l’événement, les motifs qui ont déterminé sa décision et les
attributive de juridiction à un tribunal étranger ou toute stipula mesures qu’il a ordonnées.
tion suivant laquelle compétence est donnée à un tribunal arbitral
Au premier port où le navire aborde, le capitaine est tenu, dans
siégeant à l'étranger, est nulle.
les vingt-quatre heures de son arrivée, d ’affirmer les faits ainsi
Lorsque le navire assistant et le navire assisté ne battent pas consignés sur le journal de bord.
pavillon du même Etat, ils peuvent convenir dans le contrat d ’as
CHAPITRE 2
sistance de soumettre les litiges relatifs à l’exécution des opérât
ions d ’assistance à une juridiction de leur choix appliquant la loi La contribution aux avaries communes
qu’ils auront déterminée dans leur contrat. Art. 561. — Les avaries communes sont supportées par le
Art. 554. — Toute action en paiement en vertu des dispositions navire, le fret et la cargaison, évalués comme il est dit ci-après.
du présent chapitre est prescrite si une procédure judiciaire ou Art. 562. — La contribution aux avaries communes est déter
arbitrale n ’a pas été engagée dans un délai de deux ans. Le délai de minée par le rapport entre les créances résultant de l’ensemble
prescription court du jour où les opérations d ’assistance ont pris fin. des dépenses, pertes ou dommages admis en avaries communes
La personne contre laquelle une action a été entreprise peut, et la valeur réelle des biens sauvés et des biens sacrifiés.
avant que le délai de prescription n ’arrive à son terme, prolonger Art. 563. — Le navire contribue en proportion de sa valeur
celui-ci par déclaration adressée au créancier. estimée au port où s’achcve l’expédition, augmentée s’il y a lieu
TITRE III du montant des sacrifices qu’il a subis.
LES AVARIES Le fret brut et le prix du passage non acquis à tout événement
Art. 555. — Les avaries sont communes ou particulières. contribuent pour les deux tiers.
Sont avaries communes les sacrifices faits et des dépenses Le montant des dommages et pertes à admettre en avaries
extraordinaires exposées, sur décision raisonnable du capitaine, communes est déterminé pour le navire au port où s ’achève
pour le salut commun et pressant d ’un navire, de son équipage l’expédition. Il est égal au coût des réparations consécutives aux
et de sa cargaison. sacrifices subis, coût réel si elles ont été effectuées ou coût
Sont particulières toutes les avaries qui ne sont pas classées en estim atif s’il n ’y a pas été procédé.
avaries communes. Elles sont supportées par le propriétaire de Art. 564. — Les marchandises sauvées ou sacrifiées contribuent
la chose endommagée ou par celui qui a exposé la dépense, sauf en proportion de leur valeur marchande, réelle ou supposée,
leurs éventuelles actions en responsabilité, en remboursement ou estimée au port de déchargement.
en indemnité. Le montant des [Link] pertes à admettre en avaries
Art. 556. — A défaut de stipulations contraires des parties communes au titre des marchandises est égal au coût des
intéressées, elles sont réglées conformément aux dispositions de sacrifices faits, calculé sur la base de leur valeur marchande à
la présente loi. l’état sain au port de déchargement.
Toute clause contractuelle par laquelle le transporteur se Art. 565. — Les marchandises qui ont été déclarées pour une
réserve une option entre les présentes dispositions et toutes autres valeur inférieure à leur valeur réelle contribuent à proportion de
dispositions est réputée non écrite. leur valeur réelle, mais leur perte ou leur avarie ne donne lieu à
CHAPITRE 1 classement en avaries communes qu’à proportion de leur valeur
Le classement en avaries communes déclarée.
Art. 557. — Sont seuls admis en avaries communes les Art. 566. — Les marchandises pour lesquelles aucun connais
dommages et pertes atteignant matériellement les biens engagés sement ou autre titre faisant foi de leur chargement n’a été délivré
dans l’expédition ainsi que les dépenses exposées pour ces biens ne sont pas admises en avaries communes si elles sont sacrifiées.
lorsque ces dommages, pertes ou dépenses sont la conséquence Elles contribuent cependant, à proportion de leur valeur réelle,
si elles sont sauvées.
directe de l ’acte d ’avaries communes décidé par le capitaine.
Les pertes ou dommages directs ou non, subis par le navire ou Art. 567.— Les marchandises chargées en pontée ne sont pas
la cargaison par suite de retard, soit au cours du voyage, soit pos admises en avaries communes si elles sont sacrifiées. Elles
térieurement, tels que le chômage du navire, ne sont pas admis contribuent toutefois, à proportion de leur valeur réelle, si elles
en avarie commune. sont sauvées.
Art. 558. — Lorsque l’événement qui a donné lieu au sacrifice Art. 568. — La disposition de l ’article 567 ne s ’applique
ou à la dépense est la conséquence d ’une faute commise par l’une pas en cas de chargement des marchandises en conteneur à bord
des parties engagées dans l’expédition maritime, il y a lieu à de navires munis d ’installations appropriées pour ce type de
règlement d ’avaries communes, sauf recours contre celui à qui transport ou si le chargeur ou son représentant a consenti par écrit
la faute est imputable. au chargement des marchandises en pontée.
170 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE D E C O T E D ’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 569. — Les effets et bagages des membres de l’équipage Si ce port est situé hors de la Côte d ’ivoire, les experts sont
et des passagers, pour lesquels aucun connaissem ent, reçu ou nommés par le président du tribunal du port d ’attache du navire.
autre document faisant foi de leur chargement n ’a été délivré, Art. 576.— Si le règlement du répartiteur n ’est pas accepté par
ainsi que les envois postaux de toute nature, sont exempts de toutes les parties intéressées, il est soumis à l’homologation de
contribution s’ils ont été sauvés. la juridiction compétente prévu à l'article 575 de la présente loi,
S ’ils ont été sacrifiés ou endommagés, ils participent à la à la requête de la partie la plus diligente.
répartition dans les conditions prévues aux articles 555 et En cas de refus d’homologuer, le tribunal procède à la réparti
suivants de la présente loi. tion en s ’appuyant, au besoin, sur le règlement d’un ou plusieurs
Art. 570.— La répartition se fait au marc le franc. nouveaux experts répartiteurs.
En cas d ’insolvabilité de l’une des parties ayant à contribuer, Art. 577.— Toute action découlant des avaries communes se
sa part est répartie entre les autres, proportionnellement à leurs prescrit par cinq ans à compter de la date à laquelle l’expédition
intérêts. La valeur de sa contribution est pour chaque intéressé a pris fin.
la limite de son obligation. La prescription est interrompue dans les conditions des articles
Art. 571.— Si, après la répartition entre les parties intéressées, 2244 à 2250 du code civil et également à partir du moment où
mais avant le paiement des parts de la contribution, des biens un répartiteur est désigné.
sacrifiés sont récupérés par leurs propriétaires, la répartition LIVRE VI
décidée doit être révisée afin de tenir compte de la valeur des LA P R O T E C T IO N DE L’E N V IR O N N E M E N T
biens récupérés, déduction faite des dommages qu’ils ont subis M A R IN ET FL U V IO -L A G U N A 1R E
et des frais exposés en vue de leur recouvrement.
TITRE I
Si le recouvrement des biens sacrifiés a lieu après le paiement
LA PREVENTION DE LA POLLUTION MARINE ET FLUVIO-LACUNAIRE
de la contribution, la valeur de ces biens est partagée entre les
CHAPITRE I
parties ayant eu à contribuer, en proportion de leurs parts.
Les dispositions générales
La valeur des biens récupérés est déterminée d ’après leur
valeur marchande, déduction faite des frais de recouvrement et Art. 578.— Au sens du présent titre, on entend par :
des frais de vente. — substance nuisible, notamment toute substance dont
CHAPITRE 3 l'introduction dans la mer, les fleuves et lagunes, est susceptible
de mettre en danger la santé de l'homme, de nuire aux ressources
Le règlement des avaries communes
biologiques, à la faune et à la flore marines ; de porter atteinte à
Art. 572.— Il n ’y a lieu à aucun règlem ent en cas de perte l’agrément des sites ou de gêner toute autre utilisation légitime
totale des intérêts engagés dans l’expédition. de la mer ou toute subatance soumise à un contrôle ;
Art. 573.— L’arm ateur doit s’assurer que les marchandises — rejet, lorsqu’il se rapporte aux subtances nuisibles ou
ayant à contribuer en avaries communes ne sont pas délivrées au aux efflents contenant de telles subtances, tout déversement
destinataire avant paiement de la contribution qui leur incombe provenant d ’un navire, quelle qu’en soit la cause, et comprend
ou caution suffisante fournie par le destinataire. tout écoulement, évacuation, échappement, fuite, déchargement
En l’absence de paiement de la contribution ou de fourniture notamment par pompage, émanation ou vidange ;
d ’une caution suffisante, le capitaine peut refuser de délivrer les — rejet, toute opération de déversement ne couvrant pas
marchandises et demander leur consignation. l ’immersion de déchets et autres matières en mer, au sens des
Lorsque les marchandises concernées sont des denrées dispositions prévus dans le titre III du présent livre et les déver
périssables, le résident du tribunal compétent saisi par l’armateur sements de subtances nuisibles effectués aux fins des recherches
ou le capitaine, statuant comme en matière de référé, ordonne la scientifiques légitimes visant à réduire ou à combattre la pollution ;
vente desdites marchandises et le produit de la vente est affecté — événement, tout incident qui entraîne ou est suceptible
au paiement de la contribution du propriétaire défaillant. d ’entraîner le rejet à la m er d ’une subtance nuisible ou d ’un
A rt.574.— La demande d ’établissem ent d ’un règlement effluent contenant une telle subtance.
d ’avaries communes doit être adressée à un répartiteur par Art. 579.— Les dispositions du présent titre, à l’exception des
l’armateur, dans le délai de trente jours à compter de la date à navires de guerre, s ’appliquent à tout navire quel que soit son
laquelle s ’est achevée l’expédition. pavillon, aux hydroptères, aéroglisseurs, engins submersibles,
Si l’armateur ne désigne pas de répartiteur dans le délai prévu engins flottants et plates-formes fixes ou flottantes.
à l’alinéa précédent, toute partie intéressée peut lui demander Art. 580.— Les dispositions du présent titre ne s’appliquent
d ’en désigner un dans un délai de quinze jours. pas aux autres navires appartenant à l’Etat ou exploités par l’Etat
Art. 575.— A défaut d ’accord entre les parties intéressées lorsqu’ils sont utilisés exclusivement à des fins non commerciales.
sur la désignation d ’un répartiteur ou sur le règlement d ’avaries Art. 5 8 1 Les navires pétroliers transportant plus de 2000
communes, un ou plusieurs experts répartiteurs sont, à la requête tonnes en vrac doivent justifier d! un certificat d ’assurance de res
de la partie la plus diligente, nommés par le président du tribunal ponsabilité civile en cours de validité prévu par les dispositions
du dernier port de déchargement. des conventions internationales en vigueur.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE D E C O T E D ’IVOIRE 171
Tout navire qui est tenu de posséder le certificat d ’assurance — intérêts connexes, les intérêts de l'Etat de Côte d’ivoire direc
prévu à l’alinéa précédent est soumis, dans les ports ou les tement affectés ou menacés par l’accident de mer et qui ont trait
terminaux au large relevant de la juridiction de la Côte d’ivoire, notamment aux: activités maritimes côtières, portuaires, lagunaires
à une inspection effectuée par les services des affaires maritimes. ou d'estuaires y compris les activités de pêcherie, constituant un
Art. 582.— L'inspection prévue à l'article précédent a pour moyen essentiel d ’existence pour lés intéressés, à l'attrait touristique
seul objet de vérifier la présence à bord du navire du certificat de la région considérée et à la santé des populations riveraines et au
d ’assurance en cours de validité, sauf si l'autorité maritime bien-être de la région considérée, y compris la conservation des
administrative a des raisons précises de penser que les caracté ressources biologiques marines, de la faune et de la flore.
ristiques du navire ou de son équipement diffèrent sensiblement Art. 587.— Les dispositions du présent chapitre s ’appliquent
de celles qui sont portées sur le certificat. aux navires et à tous engins flottants.
S’il n'y a pas à bord du navire de certificat d ’assurance en cours Art. 588.— L'autorité maritime administrative peut prendre
de validité, l'autorité maritime administrative prend les mesures les mesures nécessaires pour prévenir, atténuer ou éliminer
nécessaires pour empêcher le navire d ’appareiller avant qu'il les dangers graves et imminents que présentent pour les côtes
puisse le faire sans danger excessif pour le milieu marin. L'auto ivoiriennes ou pour les intérêts connexes, une pollution ou une
rité maritime administrative peut cependant autoriser le navire à menance de pollution des eaux de la mer par les hydrocarbures
quitter le port ou le terminal au large pour se rendre au chantier ou par des substances autres que les hydrocarbures, à la suite d’un
de réparation approprié le plus proche. accident de mer ou des actions afférentes à un tel accident,
Art. 583.— L’Etat de Côte d ’ivoire élabore un plan de lutte susceptibles selon toute vraisemblance d'avoir des conséquences
contre la pollution marine dont l’organisation opérationnelle dommageables très importantes.
doit respecter les principes édictés par l’organisation maritime Art. 589.— Le droit de l'Etat de Côte d ’ivoire de prendre des
internationale en la matière. mesures, conformément aux dispositions du présent titre est exercé
Toutes les entreprises recevant des hydrocarbures et des par l’autorité maritime administrative dans les conditions suivantes :
produits chimiques ont l’obligation de disposer d ’un plan de lutte — consulter, avant toute prise de mesures par l'autorité mari
approuvé par l’autorité compétente en matière de lutte contre la time les autorités compétentes des autres Etat mis en cause par
pollution marine et sont soumises à l’obligation d ’assurance. l’accident de mer, en particulier celle du ou des Etats du pavillon ;
CHAPITRE 2 — notifier sans délai les mesures envisagées aux personnes
Les rejets provenant des navires physiques ou morales qui sont connues d’elle ou qui lui ont été
signalées au cours des consultations comme ayant des intérêts
Art. 584 — L’autorité maritime administrative en collaboration
qui pourraient vraisemblablement être compromis ou affectés par
avec le ministère chargé de l’environnement et les autorités
ces mesures. L’autorité maritime prend en considération les avis
judiciaires compétentes, enquêtent sur toute pollution provenant
que les personnes peuvent lui soumettre ;
d ’un navire ivoirien signalée par un Etat étranger, ou sur toute
pollution dans les eaux sous juridiction ivoirienne. — consulter éventuellement avant la prise des mesures appro
priées, des experts indépendants ;
Art. 585.— En cas de rejet par un navire étranger de substances
nuisibles ou nocives dans les eaux sous juridiction ivoirienne, — prendre en cas d ’urgence sans notification ou consultation
constaté par l’autorité maritime administrative, celle-ci fournit préalable ou sans poursuivre les consultations en cours des
aux autorités de l’Etat dont le navire bat pavillon, la preuve de ce mesures immédiates et appropriées aux circonstances de
rejet afin de leur permettre de prendre les mesures appropriées, l’accident de mer ;
sans préjudice des poursuites qui peuvent être engagées par les — s’assurer, avant de prendre de telles mesures et au cours de
autorités judiciaires compétentes en Côte d ’ivoire. leur exécution, d ’éviter tout risque pour les vies humaines,
CHAPITRE 3 d ’apporter aux personnes en détresse toute l'aide dont elles
L'intervention en haute mer en cas d ’accident entraînant peuvent avoir besoin et de ne pas entraver le rapatriement des
ou pouvant entraîner une pollution équipages des navires ;
Art. 586.— Au sens du présent chapitre, on entend par : __notifier sans délai aux autorités compétentes des Etats et
aux personnes physiques ou morales intéressées qui sont
— accident de mer, de tout abordage, échouement ou autre in
connues, les mesures qui ont été prises en application des dispo
cident de navigation, ou tout autre événement survenu à bord ou
à l ’extérieur du navire qui aurait pour conséquence des dom sitions du présent chapitre.
mages matériéls subis par un navire ou sa cargaison ; TITRE II
LA RESPONSABILITÉ POUR DOMMAGES DUS À LA POLLUTION
— hydrocarbures, notamment du pétrole brut, du fuel-oil, de
l'huile diesel et de l’huile de graissage ; PAR LES HYDROCABURES
Art. 590.— Au sens du présent titre, on entend par :
— substances autres que les hydrocarbures, les substances
énumérées dans une liste annexée au protocole de 1978 à la conven — propriétaire, la personne ou les personnes au nom de
tion internationale du 29 novembre 1969 sur l'intervention en haute laquelle ou desquelles le navire est immatriculé ou, à défaut
mer en cas d ’accident entraînant ou pouvant entraîner une pollution d ’immatriculation, la personne ou les personnes dont le navire
par les hydrocarbures et les autres substances susceptibles de mettre est la propriété. Dans ce cas de navires qui sont la propriété d ’un
en danger la santé de l'homme, de nuire aux ressources vivantes, à Etat et qui sont explotés par une compagnie ou toute autre
la faune et à la flore marines, de porter atteinte aux agréments ou personne enregistrée comme exploitant des navires, le terme
de gêner toutes autres utilisations légitimes de la mer ; propriétaire désigne cette compagnie ou cette personne ;
172 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE D E C O T E D 'IVO IRE 13 novembre 2018
— affréteur, toute personne physique qui loue ou exploite un — le pilote ou toute autre personne qui, sans être membre de
navire en location, selon les termes du contrat de location ou l’équipage, s ’acquitte de services pour le navire ;
charte-partie d ’affrètement ; — toute personne accomplissant des opérations de sauvetage
— hydrocarbure, tous les hydrocarbures minéraux persistants, avec l’accord du propriétaire ou sur les instructions d’une autorité
notamment le pétrole brut, le fuel-oil, l’huile diesel lourde et publique compétente ;
l’huile de graissage, qu’ils soient transportés à bord d ’un navire — toute personne prenant des mesures de sauvegarde ;
en tant que cargaison ou dans les soutes de ce navire ; — tous préposés ou mandataires des personnes mentionnées
— dommage par pollution, tout préjudice ou dommage causé sous les tirets 3 et 4, à moins que le dommage ne résulte de leur
à l’extérieur du navire par une contamination survenue à la suite fait ou de leur omission personnels, commis avec l'intention de
d ’une fuite ou d ’un rejet d ’hydrocarbures du navire, ou que cette provoquer un tel dommage, ou commis témérairement et avec
fuite ou ce rejet se produise ou le coût des mesures de sauvegarde conscience qu'un tel dommage en résulterait probablement.
et les autres préjudices ou dommages causés par ces mesures ; Aucune disposition du présent titre ne porte atteinte aux droits
— mesures de sauvegarde, toutes mesures raisonnables prises de recours du propriétaire du navire contre les tiers.
par toute personne après la survenance d ’un événement pour pré Art. 597.— Lorsqu'un événement met en cause plus d'un navire
venir ou limiter la pollution. et qu'un dommage par pollution en résulte, les propriétaires de
Art. 591.— Les dispositions du présent titre s ’appliquent ex tous les navires en cause sont, sous réserve des exemptions pré
clusivement aux dommages par pollution survenus sur le terri vues à l'article précédent, conjointement et solidairement respon
toire y compris la mer territoriale et dans tous autres espaces sables pour la totalité du dommage.
maritime, fluvial et lagunaire de Côte d ’ivoire ainsi qu’aux CHAPITRE 3
mesures de sauvegarde, où qu’elles soient prises , destinées à évi La limitation de responsabilité du propriétaire de navires
ter ou réduire de tels dommages. et la constitution d'un fonds de limitation
Art. 592. — Les dispositions du présent titre ne sont pas Art. 598.... Le propriétaire d'un navire peut limiter sa responsa
applicables aux navires appartenant à l’Etat de Côte d ’ivoire et bilité à un montant total par événement calculé sur la base des dis
affectés exclusivement au moment de la survenance de l’événe positions des conventions internationales en vigueur en la matière.
ment à l’origine de la pollution, à un service non commercial. 11 ne peut limiter sa responsabilité, s'il est prouvé que le
CHAPITRE 2 dommage par pollution résulte de son fait ou de son omission
La responsabilité du propriétaire du navire personnelle, commis avec l’intention de provoquer un tel
dommage, ou commis témérairement et avec conscience qu’un
Art. 593. — Le propriétaire du navire au moment d’un événe
tel dommage en résulterait probablement.
ment ou si l'événement consiste en une succession de faits, au
moment du premier de ces faits, est responsable de tout dommage Art. 599.— Pour bénéficier de la limitation de responsabilité,
par pollution causé par le navire et résultant de l'événement. le propriétaire doit constituer un fonds à la limite de sa respon
sabilité auprès du tribunal saisi de la demande d ’indemnisation.
Il en est de même de l’affréteur en cas de contrat d ’affrètement.
Le fonds peut être constitué soit en numéraire, soit par la pré
Art. 594. — Le propriétaire n’est pas responsable s'il prouve sentation d'une garantie bancaire ou de toute autre garantie jugée
que le dommage par pollution résulte : satisfaisante par la juridiction compétente.
— d ’un acte de guerre, d ’hostilité, d ’une guerre civile, d ’une Art. 600.— La distribution du fonds entre les créanciers s'ef
insurrection ou d'un phénomène naturel de caractère exceptionnel, fectue proportionnellement aux montants des créances admises.
inévitable et irrésistible ;
Si, avant la distribution du fonds, le propriétaire, son préposé
— en totalité du fait qu’un tiers a délibérément agi ou omis ou son mandataire ou toute personne qui lui fournit l'assurance
d ’agir dans l’intention de causer un dommage ; ou autre garantie financière a, à la suite de l'événement, versé une
— en totalité de la négligence ou d ’une autre action préjudi indemnité pour dommage par pollution, cette personne est
ciable des autorités responsables de l'entretien des feux ou autres subrogée, à concurrence du montant qu'elle a payé, dans les droits
aides à la navigation. de la personne indemnisée.
Art. 595. — Si le propriétaire prouve que le dommage résulte Art. 601. — Lorsque le propriétaire ou toute autre personne
en totalité ou en partie, soit du fait que la personne qui l’a subi a établit qu’il pourrait être contraint de payer ultérieurement en
agi ou omis d ’agir dans l’intention de causer un dommage, soit tout ou en partie une somme pour laquelle il aurait bénéficié
de la négligence de cette personne, le propriétaire peut être exo d'une subrogation en vertu de l’article précité si l'indemnité avait
été versée avant la distribution du fonds, le tribunal peut ordonner
néré de tout ou partie de sa responsabilité envers ladite personne.
qu'une somme suffisante soit provisoirement réservée pour permettre
Art. 596.— Aucune demande de réparation de dommage par à l'intéressé de faire ultérieurement valoir ses droits sur le fonds.
pollution ne peut être introduite contre le propriétaire, l’affréteur,
Art. 602. — Les dépenses effectuées et les sacrifices consentis
sous quelque appellation que ce soit autrement que sur la base
volontairement par le propriétaire aux fins d ’éviter ou de réduire
des dispositions de la présente loi.
une pollution lui confèrent sur le fonds des droits équivalents à
Sous réserve de l’alinéa 3 du présent article, aucune demande de ceux des autres créanciers.
réparation de dommage par pollution, qu'elle soit ou non fondée sur Art. 603. — L’assureur ou toute personne dont émane la
les dispositions du présent titre, ne peut être introduite contre : garantie financière peut constituer un fonds, aux mêmes
— les préposés ou mandataires du propriétaire ou les membres conditions et avec les mêmes effets que si le fonds était constitué
de l'équipage ; par le propriétaire.
13 novembre 2 0 18 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE D E C O T E D ’IVOIRE 173
Un tel fonds peut être constitué même lorsque le propriétaire Art. 609.— Le certificat délivré ou visé sous la responsabilité
n'est pas en droit de limiter sa responsabilité. Dans ce cas, les des autorités compétentes d'un Etat-partie aux conventions inter
victimes conservent leurs droits à l’égard du propriétaire. nationales en vigueur sur la responsabilité civile pour les dom
Art. 604. — Lorsque, après l'événement, le propriétaire a mages dus à la pollution par les hydrocarbures, est reconnu par
constitué un fonds en application des dispositions qui précèdent l’autorité maritime administrative à toutes les fins des conven
et est en droit de limiter sa responsabilité, aucun droit à indem tions précitées et est considéré comme ayant la même valeur que
nisation pour dommages par pollution résultant de l'événement le certificat qu’elle délivre, même lorsqu'il s’agit d’un navire qui
ne peut être exercé sur d'autres biens du propriétaire. n'est pas immatriculé dans un Etat-partie auxdites conventions.
De même, aucun droit à indemnisation ne peut être exercé sur Les dispositions de l’alinéa précédent s ’appliquent pour toute
un bien appartenant au propriétaire, saisi à la suite d'une demande convention ou protocole ratifié par la Côte d ’ivoire.
en réparation pour les dommages par pollution causés par le
même événement. Art. 610.— L’autorité maritime administrative peut à tout m o
ment demander à l’autorité compétente qui a délivré ou visé le
Dans les mêmes conditions, aucune saisie ne saurait être opérée
certificat, de vérifier que l'assureur ou le garant porté sur ledit
sur toute caution ou garantie au titre d ’un droit à indemnisation
pour dommage par pollution résultant de l’événement. certificat a la capacité financière suffisante pour faire face aux
imposées par les Conventions internationales en vigueur.
Les dispositions qui précédent ne s’appliquent toutefois que si
le demandeur peut saisir le tribunal qui contrôle le fonds et si CHAPITRE 5
celui-ci peut effectivement être utilisé pour couvrir sa demande. Les droits et actions
CHAPITRE 4 Art. 611.— Toute demande en réparation de dommages dus
Les assurances et autres garanties financières à la pollution peut être formée directement contre l’assureur ou la
Art. 605. — Le propriétaire d’un navire immatriculé en Côte personne dont émane la garantie financière couvrant la respon
d'ivoire et transportant plus de 2 000 tonnes d'hydrocarbures en sabilité du propriétaire ou de l’affréteur pour les dommages par
vrac en tant que cargaison, est tenu de souscrire une assurance pollution. Dans un tel cas, le défenseur peut, même lorsque le pro
ou toute autre garantie financière, d 'u n montant fixé par priétaire ou l’affréteur n ’est pas en droit de limiter sa responsabilité,
application des limites de responsabilité tel que prévu par les se prévaloir des limites de responsabilité prévues aifprésent titre.
conventions internationales en vigueur en la matière.
Le défendeur peut en outre se prévaloir des moyens de défense
Art. 606. — Un certificat atteste qu’une assurance ou qu’une que le propriétaire ou l'affréteur est lui-même fondé à invoquer,
garantie est en cours de validité, est délivré à tout navire par
excepté ceux tirés de sa faillite ou de sa mise en liquidation.
l’autorité maritime administrative après que celle-ci s’est assurée
que le navire satisfait aux dispositions prévues à l’article précèdent. Le défendeur peut également se prévaloir du fait que les dom
mages par pollution résultent d'une faute intentionnelle du pro
Le certificat délivré par l'autorité maritime administrative fait
priétaire ou de l’affréteur, mais il ne peut se prévaloir d'aucun
partie des documents nécessaires pour autoriser l’appareillage et
une copie doit être déposée auprès de l’autorité qui tient le regis des autres moyens de défense qu’il est fondé à invoquer dans une
tre d ’immatriculation du navire. II doit comporter les renseigne action intentée par la propriétaire ou l’affréteur contre lui.
ments suivants : Le défendeur peut, dans tous les cas, obliger le propriétaire du
— le nom du navire et du port d'immatriculation ; navire ou de l’affréteur à se joindre à la procédure.
— le nom et le lieu du principal établissement du propriétaire ; Art. 612 .— Les actions en indemnisation pour les dommages
— le type de garantie ; dus à la pollution par les hydrocarbures sont prescrites dans un
délai de trois ans à compter de la date où le dommage est survenu.
— les noms et le lieu du principal établissement de l'assureur
ou autre personne accordant la garantie et, le cas échéant, le lieu Art. 613.— Les juridictions ivoiriennes sont exclusivement
de l’établissement auprès duquel l’assurance ou la garantie a été compétentes pour connaître des demandes d’indemnisation :
souscrite ; — lorsqu’un événement a causé un dommage par pollution sur
— la période de validité du certificat, qui ne saurait excéder le territoire ivoirien, y compris l'ensemble des espaces maritimes
celle de l’assurance ou de la garantie. et des eaux sous juridiction de la Côte d ’ivoire :
Art. 607.— L’autorité maritime administrative ne doit pas — lorsque des mesures de sauvegarde ont été prisés pour
autoriser un navire soumis aux dispositions du présent titre et bat prévenir ou atténuer tout dommage par pollution sur le territoire
tant pavillon de la Côte d'ivoire à commencer toute expédition ivoirien, y compris les espaces et eaux précités.
maritime si ce navire n'est pas muni d'un certificat délivré en ap
plication des dispositions de la présente loi. Art. 614. — Les juridictions ivoiriennes sont seules compétentes
pour statuer sur toutes questions de répartition et de distribution du
Art. 608.— L’assurance ou toute garantie financière ne peut
fonds constitué conformément aux d’ impositions du présent titre.
cesser ses effets pour une raison autre que l’expiration du certi
ficat mentionné à l’article 606, qu’après un délai de trois mois à CHAPITRE 6
compter du jour où préavis en a été donné à l’autorité maritime La réparation parle fonds international d'indemnisation
administrative, à moins que le certificat n ’ait été restitué à cette pour les dommages par pollution
autorité ou qu’un nouveau certificat valable n ’ait été délivré avant Art. 615.— Le Fonds international d’indemnisation pour les
la fin de ce délai. dommages dus à la pollution par les hydrocarbures, dénommé
Les dispositions qui précèdent s'appliquent également à toute ci-après le Fonds, tel qu’institué par les conventions internatio
m odification de l’assurance ou garantie financière ayant pour nales en vigueur, est reconnu comme une personne juridique pou
effet de faire perdre à celle-ci sa validité au regard du présent vant, assumer des droits et obligations et être partie à toute action
article. engagée auprès des juridictions ivoiriennes.
174 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 616.— Le Fonds est tenu d ’indem niser toute personne Art. 623. — L'autorité maritime administrative, avec le concours
ayant subi un dommage par pollution si cette personne n ’est pas des autres ministères concernés délivre les permis spécifiques et
en mesure d ’obtenir une réparation équitable du propriétaire ou les permis généraux, enregistre la nature et les quantités de toutes
de l’affréteur. les matières dont l’immersion est autorisée, ainsi que le lieu, la
Ce fonds est alimenté à proportion des quantités de pétrole date et la méthode d'immersion. Elle surveille également l'état
brut importées par la Côte d ’ivoire. Le ministère en charge de des eaux maritimes après immersion.
l’environnement marin et l’autorité maritime administrative Art. 624. — L’autorité maritime adm inistrative transmet à
doivent s ’assurer du versement de la contribution ivoirienne par l’autorité judiciaire avec les résultats de son enquête les consta
l’industrie pétrolière. tations faites pour tout rejet constaté provenant des navires
ivoiriens ou étrangers dans sa zone économique exclusive et ses
Art. 617.— Les actions relatives à des demandes d'indemnisation
eaux nationales.
fondées sur les dispositions des conventions internationales
en vigueur ne peuvent être portées devant les juridictions Art. 625. — L’autorisation des rejets ponctuels et le sabordage
ivoiriennes que dans les cas suivants : en mer de navires inutilisables, après leur dépollution, est précédée
d ’une étude d ’impact.
— lorsque les dommages ont été occasionnés sur le territoire
de la Côte d'ivoire ou dans ses eaux territoriales ou si les Art. 626. — Le ministre chargé des Affaires maritimes et les
dépenses ont été faites en vue de prévenir ou de réduire les ministres chargés de l’Environnement et de la Défense déterminent
dommages au territoire ou aux eaux territoriales ivoiriennes ; les modalités de contrôle de l’immersion en mer de déchets et
autres matières.
— lorsqu'un des dommages provenant du même événement ou
série d’événements ayant la même origine et ayant eu lieu dans Les autorités administratives mentionnées à l’alinéa 1 du présent
un Etat qui est partie aux conventions internationales sur la article, déterminent également les modalités et procédures de
responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par retrait, de stockage et de traitement avant enfouissement ou
les hydrocarbures ou dus à des navires ou engins ivoiriens. déversement à terre des déchets provenant des navires et aéronefs.
Le fréteur qui a vendu le navire demeure responsable conjoin Art. 640.— Si le poste de chargement n’a pas été fixé dans la
tement avec le nouveau propriétaire du navire, de toutes les charte-partie, le fréteur doit présenter le navire au lieu désigné
obligations résultant du contrat d'affrètement en cours. par l'affréteur.
Art. 632.— L'affréteur est responsable à l’égard du fréteur et A défaut de désignation en temps utile, du poste de chargement
des propriétaires des autres m archandises transportées sur le par l'affréteur, le fréteur présente le navire au poste fixé par les
navire, des pertes ou dommages résultant d'une violation des autorités du port.
prescriptions légales et réglem entaires, en particulier celles Art. 641. — Le fréteur est tenu d'informer l’affréteur que le
relatives à une interdiction d'im portation, d’exportation ou de navire est arrivé au lieu de chargement et qu'il est prêt à charger.
transit de marchandises de contrebande. Cet avis est donné au moment convenu par les parties au contrat,
De même l’affréteur est responsable à l’égard de l’Etat du port et au plus tôt lorsque le navire se trouve au port de chargement
d’embarquement ou delébarquement des dommages résultant du ou à l’entrée de celui-ci.
transport de marchandises illicites et prohibées ou dont le condi Si le poste de chargement est précisé dans la charte-partie ou
tionnement et le transport font l’objet de réglementation spécifique. s’il a été indiqué par l’affréteur, l’avis est donné lorsque le navire
Le fréteur peut à tout moment faire décharger les marchandises est prêt à s ’amarrer à ce poste de chargement.
illicites et prohibées dans un port quelconque. Il a droit à la L'avis que le navire est prêt à charger est à délivrer par écrit pendant
totalité du fret dû pour leur transport. les heures de bureau à la personne désignée par l’affréteur. Tout avis
Art. 633.— Les rapports entre le fréteur et l’affréteur sont régis remis en dehors des heures de bureau est considéré comme délivré
par les dispositions prévues dans la charte-partie, même si en à la première heure de reprise du travail dans les bureaux.
vertu de celle-ci un ou plusieurs connaissements ont été émis. Art. 642. — Le fréteur ne peut refuser l'exécution d'opérations
Art.634.— Le fréteur a un privilège sur les marchandises pour de remorquage dans le port ou le déplacement du navire d'un
le paiement du prix de l’affrètement. poste de chargement à un autre quel que soit le chargement qui
a été convenu, si l'affréteur le demande et rembourse les
Art. 635.— La prescription des actions nées du contrat d'affrè
frais résultant des opérations ainsi effectuées et si l’opération
tement ou de sous-affrètement est de deux ans. Le délai court à
envisagée ne présente pas de danger pour le navire.
partir de la fin du contrat, même si celle-ci intervient avant le
terme prévu, pour quelque raison que ce soit. Art. 643. — Si un cas de force majeure empêche pour un
temps le départ du navire, le contrat d’affrètement subsiste sans
Les conditions d ’application du présent chapitre sont déterminées
qu’il y ait lieu à dommages et intérêts en raison du retard.
par voie réglementaire.
CHAPITRE 2 Le contrat subsiste et il n ’y a lieu à aucune augmentation de
Les différents types d 'affrètements fret si la force majeure survient pendant le voyage.
Section 1 Art. 644. — L'affréteur a également droit à une réduction
L'affrètement au voyage convenable du fret et à la réparation du dommage subi, si le
Art. 636.— Par le contrat d’affrètement au voyage, le fréteur fréteur ne met pas à sa disposition toutes les parties du navire
s'engage à mettre, totalement ou partiellement, un navire à la prévues par la charte-partie.
disposition de l’affréteur en vue d'accomplir un ou plusieurs voyages. Art. 645. — L'affréteur peut rem placer les marchandises
L’effréteur conserve la gestion nautique et commerciale du navire. prévues dans la charte-partie, à condition que le fréteur y
consente. Le fret payé par l’affréteur ne peut cependant être
Art. 637.— La charte-partie doit contenir, au moins, les men inférieur à celui qui a été stipulé dans la charte-partie.
tions suivantes :
Lorsque l'affréteur charge sur le navire une quantité de
— les éléments d ’individualisation du navire ; marchandises inférieure à celle stipulée dans la charte-partie, le
— les noms et domiciles du fréteur et de l'affréteur ; fréteur peut compléter la cargaison par d’autres marchandises si
— la précision si l'affrètem ent est total ou partiel et, dans l'affréteur y consent. Dans ce cas, le fret dû par l'affréteur est
ce dernier cas, l’indication des cales ou autres espaces mis à la réduit, proportionnellement à la quantité de marchandises fournie
disposition de l’affréteur ; par le fréteur.
— l’indication du genre de voyage à effectuer ; Art. 646.— Le navire est mis à la disposition de l'affréteur, aux
fins de chargement et de déchargement de la cargaison, pendant
— les lieux et dates de chargement et de déchargement ;
les jours de planche ou staries ; ce délai ne donne pas lieu à
— le taux de fret et ses modalités de paiement ; rémunération. En cas de dépassement de ce délai, l’affréteur doit
— l’importance et la nature de la cargaison ; des surestaries qui sont un supplément de fret.
— le temps prévu pour le chargement et le déchargement. Le point de départ et la computation des jours de planche et
Art. 638.— Le fréteur est tenu de présenter à la date et au lieu des surestaries ainsi que la rémunération due au fréteur au titre
convenus le navire et de le maintenir en bon état de navigabilité des surestaries sont réglés conformément au texte en vigueur en
pendant le voyage, convenablem ent armé, équipé et apte à matière de computation de délai.
accomplir les opérations prévues dans la charte-partie. 11 veille Art. 647.— Si le chargement du navire n'a pas été achevé à la
également au bon état des conteneurs et autres engins qu’il fournit fin de la période de surestaries, le fréteur a droit au fret prévu
pour la réception, le transport et la conservation des marchandises. pour la quantité de cargaison non chargée.
Art. 639.— L'affréteur s’engage à payer le prix de l’affrètement La charte-partie peut cependant prévoir les conditions dans les
et à mettre à bord la quantité de m archandises énoncée par la quelles un délai supplémentaire, appelé contre-surestaries, est
charte-partie. A défaut, il paie la totalité du fret prévu pour cette accordé par le fréteur, à l'expiration de la période de surestaries,
quantité. en vue de permettre l’achèvement du chargement de la cargaison.
176 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
Dans ce cas, le fréteur ne peut faire partir le navire avec un A l’expiration de ce délai, le fréteur peut procéder comme en
chargement incomplet avant l’expiration de ce délai supplémentaire. matière de gage.
A défaut de convention entre les parties, la rémunération due Art. 654.— Si l'affréteur ou son représentant ne se présente pas
au fréteur pour les contre-surestaries est égale à celle des sure- au lieu de déchargement, refuse de décharger les marchandises,
staries, majorées de cinquante pour cent. ou retarde le navire de telle sorte que les opérations de déchar
gement ne puissent être terminées avant l'expiration du délai de
Art. 648.— Le fréteur est tenu de payer à l'affréteur une prime
déchargement, le fréteur a le droit de faire débarquer les mar
de célérité si le chargement ou le déchargement du navire a été
chandises et de les faire déposer en lieu sûr pour le compte et aux
effectué par l’affréteur avant l'expiration de la période de jours
risques de l'affréteur. Il doit aviser sans délai l'affréteur de la mise
de planche stipulée dans la charte-partie. en dépôt des marchandises.
Si le taux de cette prime n’a pas été fixé dans la charte-partie, Art. 655.— Si les opérations de déchargement et de mise en
il est égal à la moitié de la rémunération due pour les surestaries. dépôt mentionnées à l’article précédent dépassent le délai de
Les jours non ouvrables sont exclus du calcul des heures et des déchargement et les surestaries prévues dans la charte-partie, le
jours épargnés pour le fréteur. fréteur a droit à une indemnité pour le retard subi. Cette indem
Le montant de la prime de célérité est déductible de celui des nité est calculée dans les mêmes conditions que celle due pour
surestaries dues par l'affréteur. les contre-surestaries pendant le chargement.
Art. 649.— Le fréteur reste responsable des marchandises Art. 656.— Le fréteur peut rompre le contrat d'affrètement et
reçues à bord par le capitaine dans les limites prévues à la charte- exiger le paiement d'une indemnité si le port de chargement à
partie. option n’a pas été indiqué en temps utile ; il en est de même si le
Le fréteur peut néanmoins se libérer de cette responsabilité en port de chargement désigné par l'affréteur n'est pas sûr.
prouvant notamment : Art. 657.— La rupture du contrat d’affrètem ent peut être
— qu'il a satisfait à scs obligations de fréteur ; demandée par l’affréteur si le navire arrive en retard au port de
chargement ou s ’il n’est pas en état de navigabilité.
— que les pertes ou les dommages ne proviennent pas d'un
manquement à ses obligations ; Cependant le fréteur peut établir que le retard ou le délai requis
pour mettre le navire en état de navigabilité permettaient d’exé
— que les pertes ou les dommages sont dus à une faute
cuter le contrat d ’affrètement sans dommage pour l’affréteur.
nautique du capitaine, ou de ses préposés.
Art. 658.— Avant le départ du navire et sans qu’une faute n ’ait
Art. 650.— Le fréteur doit accomplir le voyage dans les délais
été imputable à l’une ou l’autre des parties, le contrat d'affrète
et par la route qui ont été stipulés dans la charte-partie et, à
ment est rompu sans dommages-intérêts de part et d ’autre dans
défaut, dans les délais usuels et par la route ordinaire.
les cas suivants :
Le déroutement du navire effectué afin de sauver des vies
— le navire a été ou est devenu irréparable à la suite d'un
humaines, le navire ou la cargaison, ne sera pas considéré comme accident ;
une violation du contrat d'affrètement.
— le navire a été réquisitionné ou interdit d ’appareiller par les
Le fréteur est tenu d'inform er sans délai l'affréteur de tout autorités compétentes ;
retard ou déroutement lors de l'exécution du transport.
— une interdiction de commerce a été décidée par le pays dans
Art. 651.— Le transbordement de la cargaison ne peut être ef lequel le navire doit se rendre ;
fectué, à moins que l'affréteur y ait consenti. Un tel transborde — un événement de force majeure rend l'exécution du voyage
ment peut cependant être effectué sans l'accord préalable de impossible.
l'affréteur, s’il est rendu nécessaire en vue de la poursuite du trans
Art. 659. — L'affréteur peut rompre le contrat d'affrètement
port de la cargaison ou en raison d'avaries au navire.
avant le début du chargement, il doit, dans ce cas, indemniser le
Le fréteur a droit, dans ce cas, au paiement d'un fret propor fréteur pour le préjudice qu'il a subi.
tionnel de distance, à moins que Tinterruption du voyage soit im
L'indemnité due ne peut être supérieure au montant du fret.
putable à des faits dont il répond.
Art. 652.— Si le navire ne peut pas entrer dans le port de des Art. 660. — En cas de rupture du contrat d'affrètement par le
fréteur, celui-ci doit veiller à la conservation en bon état des
tination ou ne peut pas y décharger sa cargaison, à la suite d'un
marchandises et à leur acheminement à destination, si l’affréteur
événem ent de force majeure ou pour toute autre cause non
ne lui a pas donné de renseignements précis à leur sujet.
imputable au fréteur, celui-ci est tenu d'en aviser immédiatement
l'affréteur. Art. 661. — En cas d ’interruption du voyage pour une cause
non imputable au fréteur, l'affréteur est tenu au paiement d'un fret
Si l’affréteur n'a pas donné au fréteur, dans un délai raisonna
de distance si les marchandises ont été transportées, et conservées
ble, les renseignem ents quant au lieu de déchargement de la
en bon état.
cargaison, le fréteur peut ordonner au capitaine, soit de décharger
les marchandises dans le port sûr le plus proche, soit de ramener Le fret de distance correspond à la partie du fret qui est due,
la cargaison au port de chargement. Dans tous les cas, l’affréteur proportionnellement à la partie du voyage stipulé qui a été effectuée.
est tenu de payer le fret de distance. Section 2
Art. 653.— Si le fret et la rémunération due au titre des sure- L'affrètement à temps
staries et des contre-surestaries ne lui sont pas payés par l’affré Art. 662.— Par le contrat d'affrètem ent à temps, le fréteur
teur, le fréteur peut, avec l’autorisation du tribunal compétent, s'engage à mettre à la disposition de l’affréteur un navire armé,
faire consigner les marchandises et sommer l ’affréteur de payer équipé et apte à l’usage stipulé dans la charte-partie, pour une
le fret ou fournir une caution suffisante sous huitaine. durée déterminée.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 177
Art. 663.— La charte-partie doit contenir, entre autres, les men Art. 670. — Si la durée du dernier voyage dépasse la date
tions suivantes : convenue pour l'échéance du contrat, ce dernier est prolongé
— les éléments d'individualisation du navire ; jusqu'à l'arrivée du navire au port où il doit être restitué au fréteur.
Celui-ci a droit, pour la période de prolongation de l’affrètement,
— les noms et domiciles du fréteur et de l'affréteur ;
au fret qui avait été stipulé dans la charte-partie, à moins qu'il
— les activités comm erciales auxquelles le navire peut être n’en ait été convenu autrement.
employé et les zones géographiques dans lesquelles il peut en
treprendre la navigation ; L’affréteur doit indiquer en temps utile au fréteur la date et le
port de la restitution du navire.
— le montant du fret et les modalités de son paiement ;
Art. 671. — Si l'affréteur ne paie pas le fret convenu à
— la durée pour laquelle le contrat d'affrètement est conclu ;
l'échéance, le fréteur peut rompre le contrat et exiger de l'affréteur
— le lieu et la date auxquels le navire devra être mis à la dis des dommages et intérêts en réparation du préjudice résultant de
position de l'affréteur. la perte du fret et pour tous autres dommages subis.
Art. 664. — Le fréteur s'engage à présenter à la date et au lieu Art. 672. — Si le navire devient inapte à l'usage stipulé dans
convenus le navire désigné et à le maintenir en bon état de navi la charte-partie, par suite d'une faute ou négligence de l'affréteur
gabilité pendant toute la durée du contrat, conformément aux sti ou de ses préposés dans l'exploitation commerciale, le fréteur
pulations de la charte-partie. conserve son droit au paiement du fret pour le temps pendant
Le fréteur conserve la gestion nautique du navire ; à ce titre, le lequel le navire est inapte à l'usage prévu.
capitaine et les membres de l'équipage demeurent ses préposés Art. 673. — En cas de perte ou de destruction du navire ou
et sont tenus de suivre ses instructions pour tout ce qui concerne s'il est devenu irréparable, le contrat d'affrètement est rompu.
la gestion nautique. Il doit assurer le navire, payer les salaires et L'affréteur doit le fret jusqu'au jour où ont été reçues les dernières
accessoires des salaires de l'équipage. nouvelles du navire.
11 doit par ailleurs supporter les frais de réparation et d’entretien Si la perte ou la destruction du navire est imputable à l'affréteur,
nécessaires pour maintainir le navire en état de navigabilité. celui-ci reste tenu au paiement du fret convenu dans la charte-
L'affréteur est tenu d'accorder au fréteur le temps nécessaire à partie. Le fréteur a également droit à une indemnisation pour les
l'exécution des travaux mentionnés à l'alinéa précédent. pertes et dommages qu'il a subis.
Art. 665.— La gestion com m erciale du navire appartient à Art. 674. — Si dans l’exercice de ses fonctions, le capitaine
l'affréteur. n’a pas déclaré aux tiers avec lesquels il contracte q u’il agit pour
L’affréteur est tenu de supporter tous les frais inhérents à l'ex le compte de l’affréteur, celui-ci est responsable solidairement
ploitation commerciale du navire, en particulier les soutes, en avec le fréteur des obligations contractées par le capitaine.
quantité et en qualité nécessaires, ainsi que le paiement des Section 3
heures supplémentaires effectuées par l'équipage. L ’affrètement coque nue
Le capitaine et les membres de l’équipage sont tenus, dans les Art. 675. — Par le contrat d’affrètement coque nue, le fréteur
limites des dispositions prévues dans la charte-partie, de respecter s'engage, contre le paiement d’un fret, à mettre un navire sans
les instructions de l’affréteur pour tout ce qui concerne la gestion armement ni équipement ou avec un armement et un équipement
commerciale. incomplets, à la disposition de l'affréteur, pour une durée déterminée.
Art. 666. — Le fret court du jour où le navire est mis à la dis Un affréteur ivoirien coque nue peut bénéficier du pavillon
position de l’affréteur dans les conditions du contrat. Sauf ivoirien pendant la durée de la charte-partie si le pavillon initial
convention contraire des parties, le fret est payable par période du navire le permet et si le navire peut obtenir les certificats
d'un mois et d ’avance. Le fret payé n'est pas acquis à tout événement. internationaux de sécurité.
Le fret n ’est pas dû pour les périodes durant lesquelles le navire Art. 676. — La charte-partie doit contenir, entre autres, les
est commercialement inutilisable, si du moins l’immobilisation mentions suivantes :
dépasse vingt-quatre heures.
— les éléments d'individualisation du navire ;
Art. 667, — Si le fréteur a informé l'affréteur que le navire ne
serait pas mis à sa disposition dans les délais stipulés à la charte- — les noms et domiciles du fréteur et de l'affréteur ;
partie, l'affréteur doit, dans un délai raisonnable, informer le — les activités commerciales auxquelles le navire peut être
fréteur q u ’il n'entend pas poursuivre le contrat. employé et les zones géographiques dans lesquelles il peut
Art. 668, — Le freteur est tenu de faire effectuer au navire les entreprendre la navigation ;
voyages demandés par l'affréteur, dans les conditions prévues à -— le montant du fret et les modalités de son paiement ;
la charte-partie. Il peut cependant refuser tout voyage susceptible — la durée pour laquelle le contrat d'affrètement est conclu ;
d'exposer le navire et les personnes se trouvant à son bord à des
— le lieu et la date auxquels le navire devra être mis à la
risques qui ne pouvaient raisonnablement être prévus lors de la
disposition de l’affréteur.
conclusion du contrat d'affrètement. Le fréteur peut également
refuser le chargement à bord du navire de cargaisons inflammables, Art. 677. — Le fréteur s'engage à présenter, à la date et au lieu
d'explosifs et de toutes autres marchandises dangereuses. convenus dans la charte-partie, le navire en bon état de naviga
bilité et apte à l’usage auquel il est destiné.
Art. 669. — Le fréteur est responsable des dommages subis
par la marchandise s’il est établi q u ’ils sont dus à un manquement Pendant la durée du contrat, le fréteur a la charge des répara
à ses obligations, sauf dans le cas de la faute nautique du tions et remplacements dus aux vices propres au navire.
capitaine ou des autres préposés. Art. 678. — L’affréteur a la gestion nautique et commerciale
L’affréteur est responsable des dommages causés au navire du du navire. II doit l'utiliser conformément à sa destination normale
fait de son exploitation commerciale. et aux stipulations du contrat d’affrètement.
178 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
En cas d'immobilisation du navire par suite d ’un vice propre — contrat de transport par mer, tout contrat par lequel le
ou d ’un cas de force majeure, le paiement du fret est suspendu transporteur s'engage, contre paiement d’un fret, à transporter des
pendant la période où le navire n’est plus à sa disposition, à condi marchandises par mer d'un port à un autre ; toutefois, un contrat
tion que l'immobilisation dépasse vingt-quatre heures. qui implique, outre un transport par mer, un transport par quelque
Art. 679. — L'affréteur est tenu d'assurer, équiper, maintenir autre mode n’est considéré comme un contrat de transport par
en bon état de navigabilité le navire et de le rendre apte aux mer aux fins des dispositions du présent Titre que dans la mesure
opérations pour lesquelles il a été affrété. L'entretien du navire, où il sc rapporte au transport par mer ;
les réparations et les remplacements autres que ceux dus aux — connaissement, tout document faisant preuve d'un contrat
vices propres, sont à la charge de l'affréteur. Il supporte également de transport par mer et constatant la prise en charge ou la mise à
tous les frais d'exploitation et en particulier les soutes. bord des marchandises du chargeur par le transporteur ainsi que
L’affréteur recrute le capitaine et les membres de l’équipage, l'engagement de celui-ci de délivrer les marchandises au desti
paie leurs salaires et les accessoires de ces salaires, leur nourriture nataire contre remise de ce document. Cet engagement résulte
et toutes autres dépenses annexes. d’une mention dans le document stipulant que les marchandises
doivent être délivrées à l'ordre d’une personne dénommée ou à
Art. 680. — A l’expiration du contrat d'affrètement, l’affréteur
ordre ou au porteur d ’un des originaux du connaissement ;
doit restituer le navire, à la date et au lieu stipulés, dans l'état où
il l’a reçu compte tenu de l'usure normale du navire. — droit de trafic, la prérogative de jouissance reconnue à l’Etat
de Côte d ’Ivoire sur le trafic maritime généré par son commerce
En cas de retard dans la restitution du navire, le fréteur a droit
extérieur.
au paiement du fret qui avait été stipulé dans le contrat d'affrète
ment, pour la période comprise entre la date de l'expiration du Art. 685. — L’Etat de Côte d ’Ivoire détient un droit de trafic
contrat et celle de sa restitution au fréteur, à moins qu’il n’en ait maritime sur les cargaisons générées par son commerce cxtéricm.
été convenu autrement. La participation à l’exploitation des droits de trafic est soumise
Art. 681. — L’affréteur garantit le fréteur contre tous recours à la libre concurrence.
des tiers qui sont la conséquence de l’exploitation du navire. Toutefois l’Etat de Côte d ’Ivoire peut réserver au pavillon
Section 4 national certains trafics en raison des circonstances.
Les sous-affrètements Art. 686.— Sans préjudice des redevances et taxes portuaires,
Art. 682.— L'affréteur peut, dans la limite des droits qui lui la participation à l’exploitation du trafic donne lieu à la perception
sont reconnus dans la charte-partie, sous-fréter le navire, pour la de droits et taxes à la charge de l’armateur et dont les montants
totalité ou pour partie. sont fixés par la loi de finances.
Le contrat de sous-affrètement ne modifie pas les conditions L’organisation générale des transports maritimes et en particulier
du contrat intervenu entre le fréteur et l’affréteur. L'affréteur reste les mesures de régulation de ce secteur et de facilitation du trafic
tenu envers le fréteur des obligations stipulées dans la charte-partie. sont déterminées par voie réglementaire.
Art. 683.— Le fréteur, dans la mesure de ce qui lui est dû par Art. 687. — Les pratiques anticoncurrentielles, notamment
l’affréteur, peut agir contre le sous-affréteur en paiement du fret l’abus de position dominante par un armateur ou groupe d’armateurs,
qui lui est encore dû par celui-ci. sont interdites conformément à la réglementation en vigueur.
Le sous-affrètem ent n ’établit pas d ’autres relations directes Les auteurs des pratiques contraires à la concurrence sont
entre le fréteur et le sous-affréteur. poursuivis et sanctionnés en application des dispositions législa
TITRE II tives et réglementaires qui les régissent et par les sanctions
LES TRANSPORTS MARITIMES prévues à la présente loi.
CHAPITRE 1
Art. 688.— Les dispositions du présent chapitre sont applicables
Les dispositions générales à tous les contrats de transport de marchandises par mer qui ne
Art. 684.— Au sens de la présente loi, on entend par : sont pas soumis à une convention internationale à laquelle la Côte
— transports maritimes, toutes activités commerciales de d’Ivoire est partie, et en tous les cas aux opérations de transport
transport de marchandises et/ou de passagers par voie maritime ; et aux clauses des contrats de transport qui sont hors du champ
— transporteur, toute personne par laquelle ou au nom de d ’application d ’une telle convention, dès lors que :
laquelle un contrat de transport de marchandises par mer est — le port de chargement ou de déchargement prévu dans le
conclu avec un chargeur ; contrat de transport par mer est situé en Côte d'ivoire ;
— transporteur substitué, toute personne à laquelle l'exécution — l'un des ports à option de déchargement est le port de
du transport de marchandises, ou d'une partie de ce transport, est déchargement effectif et que ce port est situé en Côte d'ivoire ;
confiée par le transporteur et doit s'entendre ou toute autre per — le connaissem ent ou autre document faisant preuve du
sonne à laquelle cette exécution est confiée ; contrat de transport par mer est émis en Côte d'ivoire ou prévoit
— chargeur, toute personne par laquelle ou au nom et pour le que les dispositions de la présente loi régissent le contrat.
compte de laquelle un contrat de transport de marchandises par
Art. 689. — Les dispositions du présent titre s’appliquent quelle
mer est conclu avec un transporteur. Il doit s’entendre ou de toute
que soit la nationalité du navire, du transporteur, du transporteur substi
personne par laquelle ou au nom et pour le compte de laquelle
tué, du chargeur, du destinataire ou de toute autre personne intéressée.
les marchandises sont effectivement remises au transporteur en
relation avec le contrat de transport par mer ; Art. 690. — Les dispositions du présent titre ne s'appliquent
— destinataire, toute personne habilitée à prendre livraison des pas aux contrats d'affrètement.
marchandises ; Toutefois, elles s ’appliquent lorsqu'un connaissement est émis
— marchandises, les marchandises générales ou les marchandises en vertu d'un contrat d'affrètement, pour autant qu'il régisse les
spécialisées en vrac solides ou liquides conteneurisées ou non. Il relations entre le transporteur et le porteur du connaissement, si
doit s ’entendre également des animaux vivants ; ce dernier n'est pas l'affréteur.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 179
Art. 691. — Lorsqu'un contrat prévoit le transport de marchan Pour satisfaire à la demande d'un connaissement embarqué de
dises par expéditions successives pendant un temps convenu, les la part du chargeur, le transporteur peut modifier tout document
dispositions du présent titre régissent chacune de ces expéditions. précédemment délivré, à condition que le document ainsi modifié
Toutefois, lorsqu’une expédition est faite dans le cadre d'un contrat contienne tous les renseignements qui doivent être mentionnés
d'affrètement, les dispositions de l’article précédent sont applicables. sur le connaissement embarqué.
CHA PITRE 2
Art. 695. — Le défaut d ’une ou plusieurs des mentions prévues
Les transports de marchandises par mer à l’article 693 n ’affecte pas la nature juridique du document qui
Section 1
demeure un connaissement à condition toutefois de satisfaire aux
Les documents de transport conditions exigées au tiret 8 de l’article 684.
Art. 696. — Si le connaissement contient des indications
Art. 692.— Lorsque les marchandises sont prises en charge par
particulières concernant la nature générale, les marques princi
le transporteur ou le transporteur substitué, le transporteur doit
pales, le nombre de colis ou de pièces ou le poids ou la quantité
émettre un connaissement.
des marchandises, dont le transporteur ou la personne qui émet
Le connaissement peut être signé par une personne ayant reçu le connaissement en son nom sait ou a des raisons de soupçonner
pouvoir du transporteur. qu’elles ne représentent pas exactement les marchandises qu'il a
Un connaissement signé par le consignataire ou le capitaine du effectivement prises en charge ou si un connaissement embarqué
navire transportant les marchandises est réputé avoir été signé a été émis, les marchandises qu’il a effectivement mises à bord
pour le compte du transporteur. ou s’il n’a pas eu des moyens suffisants de contrôler ces indica
La signature apposée sur le connaissement peut être manus tions, le transporteur ou son représentant doit faire dans le
crite, imprimée en fac-similé, appliquée par perforation ou par connaissement une réserve précisant ces inexactitudes, la raison
tampon, se présenter sous forme de symbole ou être portée par de ses soupçons ou l'absence de moyens de contrôle suffisants.
tout autre moyen mécanique ou électronique. Si le transporteur ou la personne qui émet le connaissement en
Art. 693.— Le connaissement doit contenir notamment, les son nom n'y fait pas mention de l’état apparent des marchandises,
mentions suivantes : il est réputé avoir mentionné dans le connaissement que les
marchandises étaient en bon état apparent.
— la nature générale des marchandises, les marques princi
Art. 697. — A l’exception des indications pour lesquelles une
pales nécessaires à leur identification, une déclaration expresse
réserve a été faite et dans les limites de cette réserve :
le cas échéant du caractère dangereux des marchandises, le nom
bre de colis ou de pièces ainsi que le poids des marchandises ou — le connaissement fait foi, sauf preuve contraire, de la prise
leur quantité exprimée autrement, telles que ces indications ont en charge ou, dans le cas d'un connaissement embarqué, de la
été fournies par le chargeur ; mise à bord par le transporteur des marchandises telles qu’elles
sont décrites dans le connaissement ;
— l'état apparent des marchandises ;
— la preuve contraire par le transporteur n'est pas admise
— le nom et l’établissement principal du transporteur ; lorsque le connaissement a été transmis à un tiers ou au destinataire,
— le nom du chargeur ; qui a agi de bonne foi en se fondant sur la description des
— l’identité du destinataire, s’il a été désigné par le chargeur ; marchandises donnée au connaissement.
— le port de chargement prévu dans le contrat de transport et la Art. 698. — Un connaissement qui ne mentionne pas le fret ou
date de prise en charge des marchandises au port de chargement ; n’indique pas que le fret est dû par le destinataire constitue une présom
ption, sauf preuve contraire, qu’aucun fret n’est dû par le destinataire.
— le port de déchargement prévu dans le contrat de transport ;
Toutefois, le transporteur n'est pas admis à faire la preuve
— le nombre d’exemplaires originaux du connaissement, s’il contraire lorsque le connaissement a été transmis à un tiers ou au
en existe plusieurs ; destinataire, qui a agi de bonne foi en se fondant sur l’absence
— le lieu d’émission du connaissement ; d ’une telle mention au connaissement.
— la signature du transporteur ou d’une personne agissant en Art. 699. — Si le transporteur émet un document autre qu’un
son nom ; connaissement pour constater la réception des marchandises à
— le fret dans la mesure où il doit être payé par le destinataire transporter, ce document fait foi, sauf preuve contraire, de la
ou toute autre indication que le fret est dû par le destinataire ; conclusion du contrat de transport et de la prise en charge par le
transporteur des marchandises telles qu’elles y sont décrites.
— l’indication, le cas échéant, que les marchandises sont trans
portées en pontée ; Art. 700. — Toute lettre de garantie ou tout accord par lequel
le chargeur s'engage à indemniser le transporteur de tout préjudice
— la date ou le délai de livraison des marchandises au port de résultant de l’émission par le transporteur ou par une personne
déchargement, si cette date ou ce délai a fait l’objet d’un accord agissant en son nom, d'un connaissement sans réserve quant aux
exprès entre les parties ; indications fournies par le chargeur pour mention au connaisse
— la ou les limites supérieures de responsabilité lorsqu’elles ment ou à l'état apparent des marchandises, est sans effet à l’égard
sont fixées d'un commun accord conformément à la présente loi. de tout tiers à qui le connaissement a été transmis.
Art. 694. — Une fois que les marchandises sont à bord, le Art. 701. — La lettre de garantie ou l’accord prévu à l’article
transporteur doit délivrer au chargeur un connaissement dit précédent est valable à l'égard du chargeur, sauf lorsque le
connaissement embarqué qui, en sus des indications prévues à transporteur ou la personne agissant en son nom, en s ’abstenant
l'article précédent doit indiquer que les marchandises sont à bord de faire les réserves prévues à l'article 696 de la présente loi,
d'un ou de plusieurs navires identifiés ainsi que la date ou les a l’intention de léser un tiers qui agit en se fondant sur la descrip
dates de chargement. Si le transporteur a précédemment délivré tion des marchandises donnée au connaissement. Si, dans ce
un connaissement ou tout autre docum ent donnant droit à ces dernier cas, la réserve omise concerne les indications fournies
marchandises, le chargeur doit, à la demande du transporteur, lui par le chargeur pour mention au connaissement, le transporteur
restituer ce document en échange d'un connaissement embarqué. n'a droit à aucune indemnisation du chargeur.
180 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 13 novembre 2018
En aucun cas, le cumul des réparations dues par le transporteur Le montant total des réparations dues par le transporteur, le
ne peut dépasser la limite qui serait applicable en cas de perte transporteur substitué et leurs préposés et mandataires ne peut
totale des marchandises pour le transport desquelles la responsa dépasser les limites de responsabilité prévues par le présent chapitre.
bilité du transporteur est engagée. Art. 720. — Nonobstant les dispositions de l’article 719 alinéa 1,
Art. 714.— La limite la plus élevée est calculée selon les règles lorsqu'un contrat de transport par mer prévoit expressément
ci-après : qu'une partie spécifiée du transport auquel s'applique ledit contrat
— lorsqu'un conteneur, une palette ou tout engin similaire est sera exécutée par une personne dénommée autre que le transpor
utilisé pour grouper des marchandises, il est considéré comme teur, il peut également y être stipulé que le transporteur n'est pas
un colis ou unité de chargem ent et indiqué au connaissement responsable de la perte, du dommage ou du retard à la livraison
émis, ou dans tout autre docum ent faisant preuve du contrat causé par un événement qui a eu lieu alors que les marchandises
de transport par mer. En dehors de ce cas, les marchandises conte étaient sous la garde du transporteur substitué pendant celte partie
nues dans cet engin sont considérées com me une unité de du transport.
chargement ; Néanmoins, toute stipulation limitant ou excluant cette respon
— lorsque cet engin lui-même a été perdu ou endommagé, ledit sabilité est sans effet si aucune procédure judiciaire ne peut être
engin est considéré, s'il n'appartient pas au transporteur ou n'est engagée contre le transporteur substitué. Le transporteur a la
pas fourni par lui, comme une unité distincte. charge de prouver que la perte, le dommage ou le retard à la
livraison a été causé par ledit événement.
Art. 715.— Les exonérations et limitations de responsabilité
prévues par les dispositions du présent chapitre sont applicables Art. 721. — Toutes les dispositions de la présente loi régissant
la responsabilité du transporteur s ’appliquent à la responsabilité
dans toute action contre le transporteur pour pertes ou dommages
du transporteur substitué pour les transports effectués par lui.
subis par les marchandises faisant l’objet du contrat de transport
ou pour retard à la livraison, que l'action soit fondée sur la Section 4
responsabilité contractuelle, délictuelle ou quasi délictuelle. La responsabilité du chargeur
Si l'action prévue à l'alinéa précédent est dirigée contre un préposé Art. 722. — Le chargeur est responsable envers le transporteur,
ou un mandataire du transporteur, ce préposé ou mandataire, s'il le transporteur substitué ou le navire, pour les préjudices ou
prouve avoir agi dans l'exercice de ses fonctions, est habilité à dommages résultant de sa faute ou négligence ou de* celles de ses
se prévaloir des exonérations et des limitations de responsabilité préposés ou mandataires.
que le transporteur peut invoquer en vertu des dispositions du Les préposés ou mandataires du chargeur sont responsables des
présent chapitre. dommages ou préjudices causés par leurs fautes ou négligences,
Art. 716. — Le transporteur, son préposé ou son mandataire, au transporteur ou au transporteur substitué.
ne peut pas se prévaloir de la limitation de responsabilité, s’il est Art. 723.— Le chargeur est réputé avoir garanti au transporteur
prouvé que la perte, le dommage ou le retard à la livraison résulte l’exactitude des indications relatives à la nature générale des
d'un acte ou d’une omission de l’auteur du dommage commis soit marchandises, à leurs marques, leur nombre, leur quantité et leur
avec l'intention de provoquer cette perte, ce dommage ou ce poids, fournies par lui pour mention au connaissement. Le
retard, soit témérairement et sachant que cette perte, ce dommage chargeur doit indemniser le transporteur du préjudice résultant
ou ce retard en résulterait probablement. de l’inexactitude de ces indications.
Art. 717. — Le transporteur n'est autorisé à transporter les Le chargeur reste tenu par la garantie prévue à l’alinéa 1 même
marchandises en pontée que si ce transport est effectué confor si le connaissem ent a été transmis à un tiers. Le droit du
mément à un accord avec le chargeur ou aux usages du commerce transporteur à cette indemnisation ne limite en aucune façon sa
considéré ou s’il est exigé par la réglementation en vigueur. responsabilité en vertu du contrat de transport par mer envers
Si le transporteur et le chargeur sont convenus que les toute personne autre que le chargeur.
marchandises seront transportées en pontée ou pourront l'être, le Section 5
Art. 726.— Si les marchandises ont été livrées par un trans Les parties peuvent également, après que le litige est né, convenir
porteur substitué, tout avis qui lui est donné dans les conditions de le soumettre à l'arbitrage.
de l ’article 724 a le même effet que s’il avait été donné au trans Art. 735. — Toute clause d ’arbitrage n ’est opposable au desti
porteur, et tout avis donné au transporteur a le même effet que nataire que si celui-ci a signé le titre de transport et a accepté
s'il avait été donné au transporteur substitué. expressément ladite clause.
Art. 727.— En cas de perte ou de dommage certain ou présumé, Art. 736. — Lorsqu'un contrat d ’affrètement prévoit que les
le transporteur et le destinataire doivent se donner réciproque litiges découlant de son exécution seront soumis à l’arbitrage et
ment toutes les facilités raisonnables pour procéder à l'expertise q u’un connaissement émis en vertu de ce contrat d ’affrètement
des marchandises et à la vérification du nombre de colis. ne spécifie pas, par une clause expressément acceptée par le
Art. 728.— Si un avis de perte ou de dommage, spécifiant la destinataire, que cette disposition lie le porteur du connaissement,
nature générale de la perte ou du dommage, n’est pas donné par le transporteur ne peut pas opposer cette disposition à un détenteur
écrit au chargeur par le transporteur ou le transporteur substitué de bonne foi du connaissement.
dans les quarante-cinq jours consécutifs suivant la plus éloignée Art. 737. — La procédure d’arbitrage est engagée, au choix
des deux dates ci-après, celle à laquelle la perte ou le dommage du demandeur en un lieu, sur le territoire national, où est situé
s'est produit ou celle à laquelle la livraison des marchandises a l’établissement principal du défendeur ou, à défaut, sa résidence
été effectuée, il est présumé, sauf preuve contraire, que le trans habituelle, ou le lieu où le contrat a été conclu, à condition que
porteur ou le transporteur substitué n’a subi aucune perte ni dom le défendeur y ait un établissement, une succursale ou une agence
mage dû à une faute ou à une négligence du chargeur, de ses
par l’intermédiaire duquel le contrat a été conclu, ou le port de
préposés ou mandataires.
chargement ou le port de déchargement.
Art. 729. — Aucune réparation n’est due pour le préjudice
La procédure d'arbitrage peut être engagée également en tout
résultant du retard à la livraison à moins qu'un avis n'ait été donné
autre lieu désigné à cette fin dans la clause compromissoire.
par écrit au transporteur, à son représentant ou au consignataire
du navire dans un délai de trente jours à com pter de la date à L’arbitre ou le tribunal arbitral applique les dispositions prévues
laquelle les marchandises ont été livrées au destinataire. dans la présente loi sauf dispositions contraires des parties.
Art. 730. — Toute action relative au transport de marchandises Art. 738. — Les dispositions de l’article précédent sont réputées
se prescrit par deux ans. incluses dans toute clause compromissoire. Toute disposition
contraire est nulle.
Le délai de prescription court à partir du jour où le transporteur
a livré les marchandises ou une partie des marchandises ou Aucune disposition de l’article 732 de la présente loi n'affecte
lorsque les marchandises n’ont pas été livrées, à partir du dernier la validité d'un accord relatif à l'arbitrage conclu par les parties
jour où elles auraient dû l’être. après qu'un litige est né du contrat de transport par mer.
Section 6
Le jour indiqué comme point de départ du délai de prescription
Le transport de marchandises dangereuses p a r mer
n'est pas compris dans le délai.
Art. 739. —La présente section fixe les règles particulières du
Toute personne tenue responsable peut exercer une action
transport par mer des marchandises dangereuses au départ et à
récursoire même après l’expiration du délai de prescription prévu
destination des ports ivoiriens notamment celles classées selon
à l’alinéa 1 du présent article.
la nomenclature des conventions internationales en vigueur en la
Art. 731. — Dans tout litige relatif au transport de marchandises matière.
soumis aux dispositions de la présente loi, le demandeur peut, à
Art. 740. — Le transport des marchandises en colis nécessite
son choix, et nonobstant toute clause attributive de juridiction,
intenter une action devant le tribunal dans le ressort duquel se un emballage bien adapté, étanche s ’il s ’agit de transport de
trouve l'un des lieux ou ports ci-après : liquides et résistant pour les gaz sous pression ainsi qu’un
étiquetage et des documents déclaratifs normalisés, indiquant leur
— l’établissement principal du ou de l ’un des défendeurs ou à classification précise.
défaut, leur résidence habituelle ;
Art. 741. — Le chargeur est tenu d’apposer sur les marchandises
— le üeu où le contrat a été conclu, à condition que le défendeur
dangereuses une marque ou une étiquette indiquant de manière
y ait un établissement, une succursale ou une agence par l’inter appropriée qu’elles sont dangereuses.
médiaire duquel le contrat a été conclu ;
Lorsqu’il remet des marchandises dangereuses au transporteur
— le port de chargement ou le port de déchargement ;
ou à un transporteur substitué, le chargeur doit informer le trans
— tout autre lieu désigné à cette fin dans le contrat de transport. porteur ou le transporteur substitué, selon lecas, du caractère dan
Art. 732. — Nonobstant les dispositions prévues à l’article gereux des marchandises et, si besoin est, indiquer les précautions
précédent, une action peut être intentée devant le tribunal de tout à prendre.
port ou lieu où le navire effectuant le transport ou tout autre Si le chargeur manque à cette obligation et si le transporteur
navire du même propriétaire a été saisi. ou le transporteur substitué n’a pas connaissance du caractère
Aucune procédure judiciaire relative au transport de marchandises dangereux des marchandises, le chargeur est responsable envers
en vertu des dispositions du présent chapitre ne peut être engagée en le transporteur et envers tout transporteur substitué du préjudice
un lieu non spécifié à l’article 731 ou à l’alinéa 1 du présent article. résultant de rembarquement desdites marchandises.
A rt..733. — Est nulle et non avenue toute clause d ’un contrat de Dans ce cas, les m archandises peuvent à tout moment être
transport qui aurait pour effet d ’écarter l’application des articles 731 débarquées, détruites ou rendues inoffensives, selon ce qu’exigent
et 732 de la présente loi. les circonstances, sans qu'il y ait matière à indemnisation.
Art. 734. — Les parties au contrat de transport peuvent prévoir, Ces dispositions ne peuvent pas être invoquées par une
par un accord constaté par écrit, que tout litige relatif au transport personne qui a pris en charge les marchandises en sachant qu’elles
des marchandises sera soumis à l'arbitrage. étaient dangereuses.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 183
Art. 742. — Les marchandises y compris les conteneurs — en ce qui concerne le passager et ses bagages de cabine,
doivent être chargés, arrimés, et assujettis pendant toute la durée la période pendant laquelle le passager et ses bagages de cabine
du voyage conform ément aux dispositions réglem entaires en se trouvent à bord du navire ou en cours d'em barquem ent ou
vigueur ou selon les instructions données par le chargeur pour le de débarquement, et la période pendant laquelle ceux-ci sont
transport desdites marchandises. transportés par eau du quai au navire ou vice versa, si le prix de
Art. 743. — L’autorité maritime administrative délivre un visa ce transport est compris dans celui du billet ou si le bâtiment
pour tout embarquement ou tout transbordement de marchandises utilisé pour ce transport accessoire a été mis à la disposition du
dangereuses dans les ports ivoiriens. passager par le transporteur. Toutefois, le transport ne comprend
Les modalités d ’application de l’alinéa précédent sont déter pas en ce qui concerne le passager, la période pendant laquelle
minées par voie réglementaire. il se trouve dans une gare maritime ou sur un quai ou autre
La délivrance du visa prévu à l’alinéa 1 est soumise à la perception installation portuaire ;
d ’une taxe dont le montant est fixé par la loi de finances. — en ce qui concerne les bagages de cabine, la période pendant
Art. 744.— En cas d'événem ent entraînant ou risquant laquelle le passager se trouve dans une gare maritime, sur un quai
d ’entraîner la perte par-dessus bord en mer de marchandises ou autre installation portuaire, depuis la prise en charge des
dangereuses en colis, le capitaine du navire, ou toute autre bagages par le transporteur, ses préposés ou mandataires, jusqu’à
personne ayant la charge du navire envoie sans retard à l’Etat cô leur remise au passager ;
tier le plus proche un compte-rendu détaillé sur les circonstances — en ce qui concerne les bagages de cale et les véhicules
de l’événement et le caractère dangereux desdites marchandises. transportés en vertu du contrat de passage, la période comprise entre
Art. 745.— Si le navire qui subit l’événement prévu à l’article le moment où ils ont été pris en charge par le transporteur ou ses
précédent est abandonné ou lorsque le compte-rendu envoyé par préposés ou mandataires, à terre ou à bord, et le moment où ils ont
ce navire est incomplet ou impossible à obtenir, le propriétaire, été rendus par le transporteur, ses préposés ou ses mandataires.
l’affréteur, l’arm ateur-gérant ou l ’exploitant du navire ou leur
Section 2
agent, doivent assumer les obligations qui incombent au capitaine
L'exécution du contrat de passage
au terme de la présente loi.
CHA PITRE 3 Art. 750. — Le transporteur est tenu de mettre [Link] conserver
Le transport de passagers et de bagages par m er le navire en bon état de navigabilité, convenablem ent armé,
Section 1
équipé et approvisionné pour le voyage à entreprendre. Il doit
Le contrat de passage également prendre les soins nécessaires pour assurer la sécurité
des passagers et de leurs bagages.
Art. 746. — Par le contrat de passage, le transporteur s'engage à
transporter, par la voie maritime, contre une rémunération déterminée, Les bagages ne doivent pas être transportés sur le pont, à moins
un passager et ses bagages, et à prendre toutes les mesures né qu'il en ait été convenu expressément sauf si le bagage est d ’un
cessaires en vue de l’exécution du transport et des prestations type usuellement transporté en pontée.
contractuelles ou usuelles en matière de contrat de passage. Art. 751. — Le voyage doit être effectué dans des délais
Art. 747. — Est considérée comme passager, toute personne raisonnables. Le déroutement du navire doit être justifié par un
qui est transportée par la voie maritime en vertu d’un contrat de m otif grave notamment pour sauver des vies humaines ou des
passage. biens en mer.
Les dispositions des chapitres i à IV du présent titre ne s'appli Art. 752. — Le transporteur doit veiller à ce que le passager
quent ni au transport bénévole, ni aux passagers clandestins. soit logé et nourri convenablement pendant le voyage, confor
Cependant, elles s’appliquent au transport gratuit lorsqu’il est mément aux stipulations du contrat de passage. En cas de maladie
effectué par une entreprise de transport maritime. du passager durant le transport, le transporteur doit prendre les
Le transport gratuit est celui où une personne est transportée mesures nécessaires afin de lui faire assurer les soins appropriés.
par mer, à la suite d ’une offre faite par un transporteur, à titre Art. 753. — Lors de la conclusion du contrat de passage, le
publicitaire, dans un but social ou pour tout autre motif, qui ne transporteur délivre un billet de passage au passager.
donne pas lieu au paiement d'une rémunération.
Le billet de passage peut être nominatif ou au porteur. Il consti
Le transport bénévole est le transport d ’une personne par tue une présomption que le prix du passage a été payé.
voie maritime, ne donnant lieu à aucune rémunération et pour
Si le transporteur ne délivre pas de billet de passage, il ne peut pas
l'exécution duquel le transporteur n'a conclu aucun contrat ou
invoquer la limitation de sa responsabilité prévue au présent titre.
convention quelconque avec le passager.
Art. 754. — Le billet de passage doit contenir les indications
Art. 748. — Sont considérés comme bagages :
suivantes :
— les objets dont le passager conserve la garde ou le contrôle ou
— le lieu et la date d'émission du billet ;
qu'il a dans sa cabine. Ils sont désignés comme bagages de cabine ;
— le port d’embarquement et le port de destination ;
— les bagages ou colis contenant des effets personnels du
passager, enregistrés avant le début du voyage et transportés dans — les nom et adresse du transporteur qui conclut le contrat de
les cales du nav ire. Ils sont désignés comme bagages de cale ; passage ;
— les nom et adresse du passager, si le billet de passage est
— les véhicules enregistrés conformément au contrat de passage.
nom inatif ;
Ne sont pas considérés comme bagages, les objets ou colis pour
— le nom du navire ;
lesquels un connaissement ou un autre document de transport a
été émis. — la date d'embarquement et, le cas échéant, du débarquement ;
Art. 749.— Sont considérées comme faisant partie du transport — le montant du prix de passage ;
les périodes suivantes : — la classe et le numéro de la cabine.
184 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D'IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 755. — Si le billet de passage est nominatif, il ne peut être Art. 763. — Si le voyage est interrompu ou si le navire ne peut
cédé à un tiers sans le consentement du transporteur. atteindre le port de débarquement prévu dans des délais raison
La cession du billet de passage n'est plus possible après le nables, le transporteur est tenu, au choix du passager, de rem
commencement du voyage. bourser la fraction du prix de passage correspondant à la partie
du voyage non effectuée, ou de le faire transporter avec ses
Art. 756. — Si le transport des passagers est effectué par un
bagages et sans frais, jusqu’au port de débarquement par le pre
navire de moins de dix tonneaux de jauge brute ou par un
mier navire approprié ou par un autre moyen de transport accepté
bâtiment effectuant des services portuaires ou services réguliers
dans des zones côtières délimitées par l’autorité maritime, un par le passager.
ticket de passage peut être délivré par le transporteur. Si le transporteur n ’établit pas que la cause de l’interruption
du voyage ou du retard ne lui est pas imputable, le passager peut
Les dispositions de l'article 754 ne sont pas applicables au
obtenir réparation du préjudice subi.
ticket de passage ; celui-ci devra cependant indiquer, dans tous
les cas, le nom et l'adresse du transporteur, le service effectué et Art. 764.— Si le passager décide de ne pas continuer le voyage
le prix du passage. pour une cause qui ne lui est pas imputable ou ^n raison de la
survenance d ’un événement imprévisible de nature à rendre
Art. 757. — Lors de la réception des bagages de cale et de
impossible la poursuite du voyage ou en dégradant les conditions,
véhicules transportés en vertu du contrat de passage, le trans
il a également droit au remboursement de la fraction du prix cor
porteur délivre un récépissé.
respondant à la partie du transport non effectuée.
La restitution des bagages de cale et de véhicules s'effectue
contre remise du récépissé. Art.765.— Le passager est tenu au respect des règles relatives
au maintien de l’ordre et à la sécurité à bord du navire.
Si le transporteur ne délivre pas de récépissé pour des bagages
de cale ou des véhicules, il ne peut invoquer la limitation de Art. 766.— Le transporteur peut faire mettre en dépôt les
responsabilité prévue au présent titre. bagages, aux frais et risques du passager, jusqu'à ce que les
créances résultant du contrat de passage aient été payées ou aient
Art. 758. — Le passager doit se présenter à rembarquement
fait l'objet d'une garantie.
dans les conditions fixées par le billet de passage.
Si les créances du transporteur ne font pas l’objet d’un paiement
En cas de renonciation au voyage, signifiée au transporteur au
ou d'une garantie dans le délai de quinze jours, le transporteur
moins huit jours avant la date d'erribarquem ent stipulée, le
peut faire vendre les bagages, aux enchères publiques, en procé
passager a droit à la restitution du prix du passage déjà payé.
dant comme en matière de gage.
Art. 759. — En cas d ’em pêchem ent pour cause de force
Section 3
majeure ou de décès du passager, le contrat est résolu par l’avis
qu ’en donne avant rembarquement, le passager ou ses ayants La responsabilité du transporteur dans le contrat
de transport de passagers
droit. Le quart du prix du passage est alors dû au transporteur.
Les mêmes dispositions s ’appliquent aux membres de la famille Art. 767.— Le transporteur est responsable du décès ou des
lésions corporelles d ’un passager s’il est établi q u ’ils résultent
du passager empêché ou décédé qui devaient voyager avec lui.
d ’une violation de ses obligations prescrites par le présent titre
Art. 760. — Le transporteur et le passager peuvent rompre
ou d ’une faute commise au cours du transport ou, pendant les
le contrat de passage, sans dommages et intérêts de part et
opérations d ’embarquement ou de débarquement, soit au port de
d'autre, si au cours du voyage prévu, le passager, le navire ou son
départ ou de destination, soit au port d ’escale, par le transporteur
équipage est susceptible d'être exposé à un risque de guerre, de
lui-même ou par l’un de ses préposés ou mandataires agissant
blocus, d ’émeutes, de troubles civils, de piraterie ou autre
dans l’exercice de leurs fonctions.
intervention de forces armées. La partie au contrat de passage qui
veut utiliser cette possibilité de rupture doit en aviser l’autre partie Le transporteur est responsable du décès ou des blessures cor
dans les délais les plus brefs. porelles du passager causés par naufrage, abordage, explosion,
incendie ou défaut du navire, sauf si le transporteur prouve que
La rupture est possible pour les deux parties au contrat de
l’événement qui a provoqué le décès ou les blessures n ’est dû ni
passage même lorsque l'événement mentionné à l’alinéa
précédent n’est que temporaire, mais que ses conséquences leur à sa faute ni à celle de ses préposés ou mandataires.
paraissent insurmontables. Le transporteur est responsable, dans les conditions prévues à
Art. 761.— Si le navire ne part pas ou si son départ est retardé l’alinéa 1 du présent article, du préjudice subi par le passager du
de plus de trois jours pour une cause non imputable au transporteur, fait d ’un retard dans l’exécution du transport.
chaque partie peut rompre le contrat de passage, sans dommages- Art. 768.— Le transporteur est responsable des pertes et
intérêts de part et d ’autre, sauf au transporteur à rembourser au dommages subis par les bagages et véhicules enregistrés.
passager, le prix de passage déjà perçu. Art. 769.— La responsabilité du transporteur en cas de décès
Si le transporteur ne peut établir que la cause de l’empêche ou de lésions corporelles d’un passager est limitée, dans tous les
ment ou du retard ne lui est pas imputable, le passager peut cas, à un montant fixé suivant les conventions et usages en
obtenir des dommages-intérêts pour le préjudice qu’il aurait subi. vigueur. Si l’indemnité peut être fixée sous forme de rente, le
Art. 762 .— En cas de modification importante des horaires capital de la rente ne peut dépasser cette limite.
prévus, de l’itinéraire fixé dans le contrat de passage ou des Art. 770.— La responsabilité du transporteur en cas de perte
escales prévues, le passager peut dem ander la résiliation du ou de dommages survenus aux bagages de cabine est limitée, à
contrat et des dommages et intérêts pour le préjudice subi, le cas un montant maximum fixé suivant les conventions et usages en
échéant. vigueur, par passager et par transport.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE 185
La responsabilité du transporteur en cas de perte ou de dommages Art. 776. — Le transporteur peut interdire au passager d’emmener
survenus aux véhicules, y compris les passagers transportés dans le à bord des bagages de nature dangereuse ou susceptibles de
véhicule, est limitée, à un montant maximum fixé suivant les conven constituer un danger pour le navire ou les marchandises, ou pour
tions et usages en vigueur, par véhicule et par transport. l'équipage ou les autres passagers.
La responsabilité du transporteur en cas de perte ou de dommages Si de tels bagages ont été amenés à bord et que le transporteur
survenus aux bagages autres que ceux mentionnés aux alinéas 1 et 2 n'a pas eu connaissance de leur nature, il peut les débarquer, les
ci-dessus, est limitée, à un montant maximum fixé suivant les conven rendre inoffensifs ou les détruire, selon ce qu’exigent les circons
tions et usages en vigueur, par passager et par transport. tances, sans qu'il y ait matière à indemnisation.
Le transporteur et le passager peuvent convenir que la respon Il en est de même si, le transporteur ayant eu connaissance de
sabilité du transporteur n ’est engagée que sous déduction d'une la nature des bagages, ceux-ci présentent par la suite un danger
franchise n ’excédant pas des montants déterminés, fixés suivant pour le navire ou les marchandises, ou pour l’équipage ou les
les conventions et usages en vigueur, en cas de dommages causés passagers, et ne peuvent plus être gardés à bord.
à un véhicule et en cas de perte et dommages survenus à d'autres
Art. 777. — Si le transporteur a subi un préjudice imputable
bagages. Les sommes ainsi fixées sont déduites du montant de
aux bagages d'un passager, celui-ci est responsable des
la perte ou du dommage.
dommages causés s'il est établi qu’ils sont dus à sa faute ou à sa
Toute clause du contrat de passage qui limite la responsabilité négligence ou à celle d’une personne dont il répond.
du transporteur à un montant inférieur à ceux prévus suivant les
Art. 778. — Le transporteur peut invoquer, dans tous les cas,
conventions et usages en vigueur est nulle et réputée non écrite.
l'exonération de sa responsabilité en ce qui concerne le transport
Art. 771.— Si une action est dirigée contre un préposé ou d’animaux vivants voyageant comme bagages.
mandataire du transporteur ou du transporteur substitué en raison
Art. 779. — Si tout ou partie du transport convenu est confié à
de dommages prévus par les dispositions de la présente loi, ce
un transporteur substitué, le transporteur reste néanmoins respon
préposé ou mandataire peut, s’il prouve qu’il a agi dans l’exercice
de ses fonctions, se prévaloir des exonérations et des limites sable, dans les conditions prévues au présent chapitre, pour l'en
de responsabilité que peuvent invoquer le transporteur ou le semble du transport. Le transporteur substitué, ainsi que ses
transporteur substitué. préposés ou mandataires, sont assujettis aux dispositions du pré
sent chapitre et peuvent s’én prévaloir pour la partie du transport
Art. 772.— Lorsque les limites de responsabilité prennent effet,
qu’ils exécutent eux-mêmes.
elles s'appliquent au montant total de la réparation qui peut être
obtenu dans le cadre de toutes les actions en responsabilité Le transporteur est responsable, en ce qui concerne le transport
intentées en cas de décès ou de lésions corporelles d’un passager exécuté par le transporteur substitué, des actes et omissions du
ou de pertes ou de dommages survenus à ses bagages. transporteur substitué ainsi que de ses préposés et mandataires
agissant dans l’exercice de leurs fonctions.
En ce qui concerne le transport exécuté par un transporteur
substitué, le montant total de réparation qui peut être obtenu du Art. 780. — Tout accord spécial conclu avec un passager, en
transporteur et du transporteur substitué, ainsi que de leurs vertu duquel le transporteur assume des obligations qui ne lui
préposés ou mandataires agissant dans l'exercice de leurs sont pas imposées par le présent titre, ou au contraire renonce à
fonctions, ne peut excéder l'indemnité la plus élevée qui peut être des droits qui lui sont conférés par ce titre, n’est opposable au
mise à la charge soit du transporteur, soit du transporteur substitué, transporteur substitué que si ce dernier en convient de façon ex
sous réserve qu’aucune des personnes mentionnées ne puisse être presse et par écrit.
tenue pour responsable au-delà de la limite qui lui est applicable. Lorsque le transporteur et le transporteur substitué sont
Dans tous les cas où le préposé ou mandataire du transporteur responsables, et dans la mesure où ils le sont, leur responsabilité
substitué peut se prévaloir des limites de responsabilité prévues à la est solidaire.
présente loi, le montant total de la réparation qui peut être obtenu du Section 4
transporteur ou, le cas échéant, du transporteur substitué ainsi que de Les actions en réparation
leurs préposés ou mandataires, ne peut dépasser ces limites. Art. 781. — Le passager doit adresser une notification écrite
Art. 773. — Le transporteur, son préposé ou le mandataire substitué au transporteur ou à son mandataire dans les cas de dommages
est déchu du bénéfice des limites de responsabilité visées aux apparents causés à des bagages, pour les bagages de cabine, avant
articles 770 et 772 de la présente loi, s’il est prouvé que les dom le débarquement du passager ou au moment de ce débarquement,
mages résultent d'un acte ou d'une omission que le transporteur pour tous autres bagages, avant leur livraison ou au moment de
a commis, soit avec l'intention de provoquer ces dommages, soit cette livraison.
témérairement et en sachant que ces dommages en résulteraient.
— Dans les cas de dommages non apparents causés aux
Art. 774.— Le transporteur n'est pas responsable en cas de bagages, dans les huit jours qui suivent la date du débarquement
pertes ou de dommages survenus à des pièces, des titres négo ou de la livraison ou de la date à laquelle la livraison aurait dû
ciables, de l'or, de l’argenterie, de la joaillerie, des bijoux, des
avoir lieu, le passager doit également adresser une notification
objets d'art ou d'autres biens de valeur, sauf si ces biens de valeur
écrite au transporteur ou à son mandataire.
ont été déposés auprès du transporteur. La limitation de respon
sabilité n ’est pas applicable dans ce cas. Il en va de même en cas de perte, dans les quarante-cinq jours
qui suivent le débarquement du passager.
Art. 775. — Lorsque le passager a connaissance de la nature
dangereuse de ses bagages, ou sait qu'ils peuvent constituer un Faute de se conformer aux dispositions du présent article, le
danger pour le navire ou les marchandises se trouvant à son bord, passager est présumé, sauf preuve contraire, avoir reçu ses
ou pour l’équipage et les autres passagers, il est tenu d’en aviser bagages en bon état.
le transporteur avant le commencement du voyage. 11 en est de La notification écrite n'est pas exigée si l'état des bagages a fait
même si des bagages, autres que des bagages de cabine, doivent l'objet d’un constat ou d'une inspection contradictoire au moment
faire l’objet de soins particuliers. de leur réception.
186 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 782. — Une action intentée en vertu des dispositions du Art. 787. — Lors de la remise du passager clandestin aux
présent chapitre doit être introduite, au choix du demandeur, autorités du port de débarquement, le capitaine remet à celles-ci
devant l’une des juridictions énumérées ci-dessous : un rapport contenant l'indication de tous les renseignements en
— le tribunal compétent du lieu de la résidence habituelle ou sa possession.
du principal établissement du défendeur ou de l’un des défendeurs ; Art. 788. — L’autorité maritime administrative peut interdire
— le tribunal du lieu de départ ou du lieu de destination stipulé la navigation dans les eaux sous juridiction ivoirienne à tout na
dans le contrat de transport ; vire transportant des passagers clandestins.
— le tribunal compétent du domicile ou de la résidence habi Elle peut, en outre, arraisonner ou dérouter tout navire suspecté
tuelle du demandeur, si le défendeur a un établissement, une de transport de passagers clandestins.
agence ou un mandataire résidant dans l’Etat où est situé ce TITRE III
domicile ou cette résidence ; LES TRANSPORTS DE M A RCHANDISES ET DE PASSAGERS
— le tribunal compétent du lieu de conclusion du contrat. PAR VOIES D ’EAU INTERIEURES
Les parties peuvent aussi convenir, par un compromis d'arbi CHA PITRE 1
trage, de confier le règlement de leur litige à un tribunal arbitral. Les dispositions générales
L’arbitre applique les dispositions de la présente loi sauf si les
Art. 789.— Constituent des transports de marchandises ou de
parties en disposent autrement.
passagers par voies d’eau intérieures, tous services commerciaux
Toute stipulation contractuelle, conclue avant l'événement qui réguliers de transport effectués en lagune et dans les parties
a causé le décès ou les lésions corporelles du passager, ou les navigables des fleuves par toute entreprise de transport ou
pertes ou dommages survenus à ses bagages, et qui aurait pour groupement d ’intérêts économiques de transporteurs et tout
effet de restreindre le choix spécifié à l’alinéa 1 du présent article, transporteur individuel.
est nulle et non avenue. Toutefois, ne sont pas soumis aux dispositions du présent titre
Art. 783.— Toute action en réparation du préjudice résultant le transport mixte de voyageurs et de matériels effectué par les
du décès ou de lésions corporelles d'un passager ou de pertes ou bacs et engins spéciaux appartenant à l’Etat ainsi que le transport
de dommages survenus aux bagages, se prescrit par deux ans. privé de personnel et de matériels effectué par les entreprises
Le délai de prescription court : pour les besoins de leurs activités.
— dans le cas de lésions corporelles, à partir de la date du dé Les entreprises de transport ou groupements d ’intérêts écono
barquement du passager ; miques mentionnés à l’alinéa 1 du présent article doivent être de
— dans le cas d'un décès survenu au cours du transport, à partir droit ivoirien. Ils sont soumis dans l’exercice de leurs activités
de la date à laquelle le passager aurait dû débarquer et, dans le aux lois et règlements sur la concurrence. Ils doivent transmettre
cas de lésions corporelles s’étant produites au cours du transport à l’autorité maritime, à des fins statistiques, toutes informations
et ayant entraîné le décès du passager après son débarquement, à requises.
partir de la date du décès. Le délai ne peut cependant dépasser Art. 790. — Toute personne physique ou morale désirant
trois ans à compter de la date de débarquement ; exercer les activités de transport de marchandises et de passagers
— dans les cas de perte ou de dommages survenus aux ba par voies d ’eau intérieures en Côte d ’ivoire doit obtenir l’agré
gages, à partir de la date du débarquement ou de la date à laquelle ment préalable de l’autorité maritime administrative.
le débarquement aurait dû avoir lieu, en considérant la date la La délivrance de l’agrément est soumise à la perception d ’une
plus tardive. taxe dont le montant est fixé par la loi de finances.
Art. 784.— La cause de suspension ou d'interruption des délais Les modalités d’application de l’alinéa 1 du présent article sont
de prescription sont régies par la loi de la juridiction saisie ou par déterminées par voie réglementaire.
celle du siège du tribunal compétent.
CHA PITRE 2
Cependant, en aucun cas, une instance régie par les dispositions
Les transports de marchandises pa r voies d ’eau intérieures
du présent titre ne peut être introduite après l'expiration d’un délai
de trois ans à compter de la date du débarquement du passager Art. 791.— Par le contrat de transport par voies d ’eau inté
ou de la date à laquelle le débarquement aurait dû avoir lieu. rieures le transporteur s'engage, contre paiement d'un fret, à trans
Section 5 porter des marchandises par voies d ’eau intérieures d'un port à
Les passagers clandestins un autre, d ’une gare à une autre ou d ’un appontement à un autre.
Art. 785.— Toute personne qui, dans un port quelconque ou en Le contrat de transport par voies d’eau intérieures peut être verbal
un lieu à sa proximité, se dissimule dans un navire sans le consen ou matérialisé par un document constatant la prise en charge ou
tement du propriétaire de ce navire ou du capitaine ou de toute la mise à bord des marchandises par le transporteur ainsi que
autre personne ayant la responsabilité du navire, et qui est à bord l’engagement de celui-ci de délivrer les marchandises contre remise
après que le navire a quitté ce port ou ce lieu est un passager de ce document. Cet engagement résulte d ’une mention dans le
clandestin. document stipulant que les marchandises doivent être délivrées à
l’ordre d ’une personne dénommée ou à ordre ou au porteur.
Art. 786. — Si, au cours du voyage d’un navire immatriculé en
Côte d'ivoire, un passager clandestin est découvert dans un port Art. 792.— Lorsqu’un contrat prévoit le transport des marchan
ou en mer, le capitaine du navire peut le livrer aux autorités dises par expéditions successives pendant un temps convenu, les
habilitées à recevoir et à traiter les passagers clandestins, dans le dispositions du présent titre régissent chacune de ces expéditions.
premier port où le navire fait escale après la découverte de celui-ci, Art. 793. — Les dispositions du présent titre s'appliquent,
et dans lequel il estime que ce passager peut être traité convena quelle que soit la nationalité du transporteur, du transporteur
blement. substitué, du chargeur, du destinataire ou de tout autre mandataire.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE .187
Art. 794. — La responsabilité du transporteur en ce qui Le transporteur peut mettre en dépôt, pour justes motifs, les
concerne les marchandises couvre la période pendant laquelle les bagages du passager, et aux frais et risques de celui-ci.
marchandises sont sous sa garde au lieu de chargement, durant Art. 802. — Le régime de la responsabilité du transporteur de
le transport et au lieu de déchargement. passagers par mer et les règles relatives aux actions en responsa
Les marchandises sont réputées être sous la garde du transpor bilité qui peuvent être exercées contre lui, sont applicables au
teur à partir du moment où celui-ci les prend en charge des mains transporteur de passagers par voies d ’eau intérieures.
du chargeur ou d ’une personne agissant pour son compte, d'une LIVRE VIII
autorité ou autre tiers auquel les m archandises doivent être LES PROFESSIONS DES TRANSPORTS MARITIMES
remises pour l'expédition.
TITRE I
Elles sont également réputées être sous la garde du transporteur L’ARM ATEUR, LE CAPITAINE ET LE SUBRECARGUE
jusqu'au moment où il effectue la livraison en remettant les mar
CHAPITRE 1
chandises au destinataire.
L'armateur
Il en est de même dans les cas où le destinataire ne reçoit pas
Art. 803. — L’armateur est la personne physique ou morale
les marchandises du transporteur, en les mettant à la disposition
qui exploite un ou plusieurs navires en son nom, soit à titre de
du destinataire conformém ent au contrat ou aux lois ou aux
propriétaire, soit à un autre titre lui attribuant l ’usage du ou
usages du commerce applicables au lieu de livraison ou en
desdits navires.
remettant les marchandises à une autorité ou autre tiers auquel
elles doivent être remises. L’armateur peut exploiter le navire à titre individuel ou en
Art. 795.— Des clauses limitatives de responsabilité peuvent copropriété, ou dans le cadre d ’une société d ’armement.
être inscrites sur le titre de transport prévu à l’article 791 du pré Art. 804.— Quiconque désire exercer en qualité d ’armateur en
sent chapitre. Côte d ’Ivoire doit préalablement obtenir un agrément délivré par
Cependant ces clauses ne peuvent avoir pour effet de ramener la le ministre chargé des Affaires maritimes.
réparation due en cas de perte ou avaries des marchandises, à un Les modalités d ’application de l’alinéa précédent sont déter
montant inférieur à celui prévu par la police d’assurance préalable minées par voie réglementaire.
ment souscrite par le propriétaire ou toute personne assimilée. La délivrance de l’agrément prévu à l’alinéa 1 du présent
Art. 796 .— Le chargeur engage sa responsabilité envers le article donne lieu à la perception d’une taxe dont le montant est
transporteur dans les mêmes conditions que dans le transport de fixé par la loi de Finances.
marchandises par mer. Art. 805. — L’armateur est tenu de déclarer au registre d ’imma
CHAPITRE 3
triculation de la Côte d ’ivoire tout navire qu’il a l’intention
Les transports de passagers et de bagages
d’éxploiter commercialement. Cette déclaration doit être accompa
par voies d'eau intérieures
gnée des documents prescrits par les dispositions de la présente loi.
Art. 797.—Toute personne qui est transportée par voies d ’eau
Si l’armateur a l’intention d’exploiter un navire dont il n ’est
intérieures, en vertu d'un contrat de passage, est un passager.
pas propriétaire, il doit également indiquer dans sa déclaration
Lors de la conclusion du contrat de passage, le transporteur les nom et adresse du propriétaire du navire et le titre en vertu
délivre un ticket ou un billet de passage au passager. duquel l’usage de ce navire lui est attribué.
Le ticket de passage est délivré par le transporteur si le trans Art. 806.— Tout armateur doit désigner un consignataire de
port est effectué dans les zones urbaines et interurbaines. navire pour le représenter auprès de l’autorité maritime adminis
Le billet de passage est délivré par le transporteur, conformé trative et pour effectuer en son nom et pour son compte les opé
ment aux dispositions du transport par mer, en cas de transport rations usuelles liées à l’expédition maritime.
international de passagers et de bagages.
Le service de consignation peut être assuré par une succursale
Art. 798. — Par le contrat de passage, le transporteur s’engage à de l’armateur.
transporter par voies d ’eau intérieures, contre une rémunération
Art. 807.— L’armateur est tenu de s ’assurer que les navires
déterminée, un passager et ses bagages et à prendre toutes les mesures
qu’il exploite répondent aux exigences des dispositions législa
nécessaires en vue de l'exécution du transport et des prestations tives ou réglementaires applicables, en ce qui concerne l'état de
contractuelles ou usuelles en matière de contrat de passage. navigabilité, la sécurité, l’armement, l’équipement et l’approvi
Art. 799. — Sont considérés comme bagages les objets dont le sionnement, et que d ’une manière générale, ils sont dans l’état
passager conserve la garde ou le contrôle, les bagages ou colis approprié pour le service auquel ils sont destinés.
contenant des effets personnels du passager, enregistrés avant le
CHA PITRE 11
début du voyage et les véhicules qui les accompagnent.
Le capitaine et le subrécargue
Art. 800. — Le contrat de passage international peut être rompu
Section 1 : Le capitaine
par le transporteur ou par le passager dans les mêmes conditions
que pour le contrat de transport de passagers par mer. Art. 808.— Le commandement du navire est exercé par le
capitaine.
En cas d ’inexécution du contrat de passage urbain ou interur
bain imputable au transporteur, le passager a droit au rembour Le capitaine est nommé et révoqué par le propriétaire du navire ou
sement du prix du ticket. par l’armateur, conformément à la convention conclue entre les parties.
Art. 801. — Le passager est tenu de respecter strictement les Art. 809.— Le contrat d ’engagement du capitaine, conclu avec
règles relatives au maintien de l’ordre et à la sécurité à bord de le propriétaire du navire ou l’armateur ou son représentant, prend
l’engin de navigation intérieure. effet à compter de l’inscription du capitaine au rôle d ’équipage.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 189
Le consignataire doit présenter aux autorités portuaires une Faute de ces réserves, le consignataire de la cargaison est
attestation certifiant qu’ii a obtenu la garantie visée à l ’alinéa réputé avoir reçu les marchandises dans l’état et pour la quantité
précédent et indiquant la nature et la forme de cette garantie. décrits dans le connaissement ou dans le document de transport.
Cette présomption peut être combattue dans les rapports du
En l ’absence d ’une telle attestation, les autorités portuaires
consignataire et du transporteur.
peuvent interdire aux navires la sortie des ports ivoiriens.
Le consignataire de la cargaison bénéficie d ’un droit de
Art. 842. —Le montant de la rémunération du consignataire du
rétention à raison des rémunérations dues pour les services qu’il
navire est fixé dans la convention conclue par les parties ou confor a rendus ainsi que des avances justifiées qu’il a faites pour le
mément aux tarifs applicables ou, à défaut, suivant les usages. compte de ses mandants.
Les fonds fournis par le consignataire au capitaine et les Art. 849. — Le montant de la rémunération du consignataire
dépenses faites par lui à l’occasion du séjour du navire au port, de la cargaison est fixé dans la convention conclue entre les
doivent lui être remboursés par l’armateur dans les délais conve parties ou conformément aux tarifs applicables ou, à défaut,
nus. Le consignataire du navire peut demander à l’armateur de suivant les usages.
lui fournir des acomptes pour couvrir les frais résultant de la prise Le consignataire de la cargaison a droit au remboursement par
en charge des intérêts du navire pendant son séjour au port. ses mandants, dans les délais convenus, des dépenses qu’il a
Art. 843. — Le consignataire du navire doit mettre en œuvre faites à l’occasion des opérations habituelles et nécessaires, en
tous les moyens afin que l’armateur ou l’affréteur exécute leurs vue de la réception des marchandises.
obligations en ce qui concerne : Art. 850.— Toute action relative à l’exécution du contrat de
— le paiement des droits de port et des taxes diverses ainsi que consignation de la cargaison se prescrit par deux ans à compter
des prestations fournies dans l’intérêt du navire ; du jour de la livraison de la marchandise ou à la date à laquelle
elle aurait due être livrée.
— le paiement des dépenses résultant de l’exécution des CHAPITRE 2
consignes données par les autorités portuaires dans l’cxercice de Le manutentionnaire
leur pouvoir de police, qu’elles aient été engagées par le consi
Art. 851.— Est manutentionnaire, toute personne morale de
gnataire ou d ’office par les autorités portuaires ;
droit ivoirien qui effectue par quelque moyen que ce soit, contre
— la réparation des dommages causés aux installations rémunération, les opérations de chargement, d ’arrimage, de
portuaires ou à tous autres équipements et installations de l’Etat désarrimage et de déchargement des marchandises de toute nature,
et des collectivités locales sur les domaines publics maritime, les opérations de mise et de reprise desdites marchandises sous
lagunaire et fluvial dans les limites de la responsabilité des hangar, sur terre-plein, dans les magasins, sur parc à bois ou sur
propriétaires de navires prévues par la présente loi ; les terminaux.
— le paiement des salaires de l’équipage, dans les limites et Le manutentionnaire peut aussi assurer, pour le compte du
les conditions prévues par les contrats d ’engagement et après navire, du chargeur ou du réceptionnaire, la réception, la recon
justification de l’existence des créances de salaires. naissance à terre des marchandises destinées à être chargées ou
qui ont été déchargées ainsi que la garde, la conservation et la
Art. 844. — Le consignataire du navire doit rendre compte à
livraison desdites marchandises.
l’armateur, dans les délais convenus, des sommes perçues et
dépensées, et prendre toutes mesures utiles en vue de sauvegarder Art. 852.— Le manutentionnaire emploie, dans le cadre de
ses activités, des dockers et des dockers transit dont le statut est
les droits de l’armateur envers les tiers.
déterminé par voie réglementaire.
Art. 845.— Toute action née à l’occasion du contrat de
Art. 853.— Le contrat de manutention est conclu par écrit.
consignation du navire se prescrit deux années à compter du
départ du navire. Dans l’exécution de ses obligations, le manutentionnaire doit
apporter les soins et la diligence requis par le type et le caractère
Section 2 : Le consignataire de la cargaison des opérations effectuées, compte tenu des moyens techniques
Art. 846.— Est consignataire de la cargaison toute personne disponibles.
morale de droit ivoirien qui, en vertu d ’un mandat des ayants Art. 854. — Le manutentionnaire opère pour le compte de celui
droit à la cargaison, s’engage moyennant une rémunération à qui a requis ses services et sa responsabilité n’est contractuelle-
prendre livraison des marchandises au nom et pour le compte de ment engagée qu’envers celui-ci.
ses mandants, à payer le fret pour les marchandises s’il est dû, et Art. 855.— Lorsqu’il accomplit les opérations mentionnées à
à répartir les marchandises entre les destinataires. l’alinéa 1 de l’article 851 de la présente loi, le manutentionnaire
Art. 847.— Le consignataire de la cargaison doit exécuter, en est responsable des dommages causés par sa faute.
bon père de famille, ses obligations, telles qu'elles sont prévues Art. 856.— Le manutentionnaire est responsable des pertes et
dans le contrat de consignation, veiller aux intérêts de l’ayant des dommages aux marchandises ou des dommages subis par le
droit à la marchandise et prendre les mesures appropriées en vue navire lorsqu’il accomplit les fonctions prévues à l’alinéa 2 de
de la sauvegarde de leurs droits. l’article 851 de la présente loi.
Art. 848.— Lorsque l’état ou la quantité des marchandises dont Le manutentionnaire n ’est cependant pas tenu des pertes ou
il prend livraison ne correspond pas aux indications figurant des dommages aux marchandises ou des dommages subis par le
sur les connaissements ou dans tout document de transport, le navire ou par un autre moyen de transport, s ’il prouve qu’ils
consignataire de la cargaison doit formuler des réserves contre résultent des causes suivantes :
le transporteur ou son représentant, dans les conditions et les — des faits constituant un événement non imputable au manu
délais prévus par la législation applicable. tentionnaire ;
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 191
— des grèves, lock-out ou entraves apportées au travail, pour Toute action relative à l’exécution du contrat de courtage maritime
quelque cause que ce soit, partiellement ou complètement ; se prescrit par deux ans à compter de la fin du contrat de courtage.
— une faute du chargeur notamment en cas de défaut de CHA PITRE 4
l’emballage, de conditionnement défectueux, d ’absence ou de L ’avitailleur maritime
défaut des marques ;
Art. 865. — Est avitailleur maritime toute personne morale de
— un vice propre de la marchandise. droit ivoirien chargée de fournir contre rémunération son appro
Le demandeur peut cependant, établir que les pertes ou les visionnement à un navire, à une plate-forme fixe ou flottante et
dommages sont dus, totalement ou partiellement, à une faute du à tout autre engin d ’exploration et d ’exploitation des ressources
manutentionnaire ou de ses préposés. de la mer.
Art. 857.— Le manutentionnaire répond des conséquences La preuve du contrat d ’avitaillement maritime est administrée
dommageables des retards dans les opérations de chargement ou par tout moyen laissant trace écrite visé par le donneur d ’ordre.
de déchargement du navire, au-delà des délais stipulés dans le Art. 866. — L’avitailleur garantit la bonne qualité des appro
contrat de manutention, à moins qu’il ne puisse établir que ces visionnements au moment de la livraison.
retards ne lui sont pas imputables.
Sous réserve de l’alinéa précédent, la responsabilité de l’avi
Le montant de l’indemnité qui peut être dû par le manutention tailleur n ’est engagée que si sa faute est établie.
naire en cas de retard ou de dépassement des délais stipulés est
Art. 867.— Toute action relative à l’exécution d ’un contrat
fixé dans le contrat de manutention ou conformément aux usages
d ’avitaillement maritime se prescrit par deux ans à compter de
du port de chargement ou de déchargement où le retard a eu lieu.
la fin du contrat d ’avitaillement.
Art. 858. — En cas d’interruption du travail au cours des opé
CHAPITRE 5
rations de manutention portuaire, la partie au contrat de manu
L'agent maritime
tention à qui une telle interruption est imputable répond des
conséquences dommageables et des frais qui peuvent en résulter. Art. 868. — Est agent maritime, toute personne morale de droit
ivoirien qui fait profession d ’organiser les transports qui com
Art. 859. — Est nulle à l ’égard du chargeur, du réceptionnaire
portent une partie maritime.
ou de leurs ayants droit, toute clause ayant directement ou
indirectement pour objet ou pour effet de soustraire le manuten Art. 869. — L’agent maritime peut être l’agent officiel d’une
tionnaire à sa responsabilité telle que définie par la présente loi, ou de plusieurs compagnies de navigation. Il peut accomplir
de renverser la charge de la preuve lui incombant et de céder au F ensemble des opérations complémentaires ou accessoires du
manutentionnaire le bénéfice d’une assurance de la marchandise. transport maritime.
Art. 860. — Toutes les actions nées à l’occasion du contrat de Art. 870. — L’agent maritime recherche le fret pour le compte
manutention se prescrivent par deux ans à compter du jour de la des compagnies de navigation et tient à jour la documentation
livraison de la marchandise ou du jour où elle aurait dû être livrée. sur les mouvements des navires, leur capacité et leurs particula
rités afin de rendre un service optimal à ses clients.
CHA PITRE 3
Le courtier maritime L’agent maritime peut organiser le transport de personnes par
voie maritime.
Art. 861. — Est courtier maritime, toute personne morale
qui, moyennant rémunération, met en rapport des personnes Art. 871. — En raison de la diversité des fonctions de l’agent
désireuses de conclure des contrats d ’affrètement, de transports maritime, il y a lieu de tenir compte, dans chaque cas, des condi
maritimes, d ’achat et de vente de navire ou tous autres contrats tions dans lesquelles il a contracté avec son client, de l’initiative
relatifs au commerce ou à la navigation maritimes. qui lui a été laissée, de l’étendue des obligations qu’il a contrac
tées. Selon le cas, l’agent maritime agit notamment en qualité de
Le contrat de courtage maritime est conclu par écrit.
commissionnaire de transport, ou de simple mandataire.
Art. 862 . — Le courtier peut recevoir mandat de promettre et de
Art. 872. — Toute action relative à l’exécution d ’un contrat
stipuler au nom et pour le compte de l’une ou de toutes les parties.
d ’agent maritime se prescrit par deux ans.
Lorsqu’il représente plus d ’une partie dans la conclusion du
CHAPITRE 6
contrat, le courtier est tenu d ’informer toutes les parties de
l’existence de ses différents mandats. Il doit agir avec impartialité Le commissionnaire de transport
et prendre en considération les intérêts de tous ses mandants. Art. 873. — Le contrat de commission de transport est un
Le courtier maritime est tenu d ’agir dans les limites des pou contrat par lequel l’une des parties, le commissionnaire de
voirs qui lui ont été conférés, et conformément aux instructions transport, s’engage envers le donneur d ’ordre, en contrepartie
de son mandant. Il a le droit de recevoir et de payer, au nom de d ’une rémunération, à accomplir pour le compte de celui-ci, en
son mandant, toutes les sommes à percevoir ou ducs en vertu du son propre nom et sous sa propre responsabilité, les opérations
contrat conclu, sauf stipulation contraire dans le mandat. nécessaires au déplacement des marchandises.
Art. 863. — Le montant de la rémunération ou commission du Art. 874. — Le contrat de commission est constaté par un
courtier maritime est fixé dans le contrat de courtage conclu par document qui comporte notamment les mentions suivantes :
les parties ou conformément aux tarifs applicables ou, à défaut, — la nature générale des marchandises, les marques princi
suivant les usages.
pales nécessaires à leur identification, une déclaration expresse,
Le courtier maritime n ’a cependant droit à une rémunération le cas échéant, du caractère dangereux des marchandises, le nom
que si le contrat pour lequel ses services ont été requis est conclu. bre de colis ou de pièces ainsi que le poids brut des marchandises
Art. 864. — Le courtier est responsable de ses fautes dans les ou leur quantité exprimée autrement, telles que ces indications
conditions de droit commun. ont été fournies par le donneur d ’ordre ;
192 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 13 novembre 2018
— l ’état apparent des marchandises ; Lorsque les instructions reçues sont inexactes et ne peuvent
— le nom et l’établissement principal du commissionnaire et pas être exécutées, le commissionnaire de transport décide du
du donneur d ’ordre ; montant pour lequel les marchandises doivent être assurées ainsi
— le nom du destinataire, s’il a été désigné par le donneur d’ordre ; que les risques qui doivent être couverts.
— le lieu et la date de prise en charge des marchandises par le Une déclaration de valeur des marchandises par le donneur d’ordre
commissionnaire de transport ; ne constitue pas une instruction d’assurer ces marchandises.
— le lieu de livraison des marchandises ; Art. 882 — Le commissionnaire de transport peut exercer un
— la date ou le délai de livraison des marchandises au lieu droit de rétention sur les marchandises en cas de non-paiement
de livraison, si cette date ou ce délai a fait l’objet d ’un accord de sa rémunération et des frais qui lui sont dus dans le cadre de
express entre les parties ;
l’exécution du contrat.
— le lieu et la date de l’émission du document ;
Art. 883. — Si le destinataire ne prend pas livraison des
— la signature du commissionnaire ou d’une personne marchandises au lieu et au moment qui ont été convenus, le com
mandatée par lui ;
missionnaire de transport peut faire entreposer les marchandises,
— la rémunération du commissionnaire ;
aux risques exclusifs du donneur d ’ordre. La responsabilité du
— le cas échéant l’itinéraire envisagé pour le parcours, les commissionnaire pour les marchandises prend fin, dans ce cas, à
modes de transport à employer et les points de transbordement partir du moment où elles ont été confiées à un entrepositaire.
prévus, s’ils sont connus au moment de l’émission du document.
Dans le cas où le commissionnaire est tenu de payer les frais
Art. 875. — Le donneur d ’ordre est tenu de fournir au
commissionnaire de transport toutes indications nécessaires en d ’entreposage des marchandises, le donneur d'ordre doit rem
vue de l'exécution du contrat. bourser le montant de ces frais.
Le donneur d’ordre est responsable de tout préjudice causé au Art. 884. — Le commissionnaire est responsable des marchan
commissionnaire de transport ou à des tiers provenant de dises depuis leur prise en charge jusqu'à leur livraison confor
l’absence d ’indications, d ’indications frauduleuses, d’indications mément aux instructions du donneur d ’ordre.
inexactes ou incomplètes relatives aux marchandises. Art. 885. — Le commissionnaire est responsable du préjudice
Art. 876. — Le commissionnaire de transport est tenu de résultant des pertes ou dommages subis par les marchandises,
fournir des conseils au donneur d ’ordre, de prendre soin des ainsi que du retard à la livraison si l’événement qui a causé la
marchandises et d ’en assurer le transport conformément aux
perte ou le retard est survenu pendant que les marchandises
instructions éventuellement reçues.
étaient sous sa garde, ou sous celle de toute personne à qui il a
Art. 877. — Le commissionnaire de transport a le libre choix
confié tout ou partie de l’exécution de sa mission.
des moyens de transport à utiliser et des itinéraires à suivre, sauf
instructions particulières du donneur d’ordre. Le commissionnaire de transport n ’est pas responsable si le
Art. 878. — Si le contrat de commission renferme des indications préjudice a été causé notamment dans les cas suivants:
particulières concernant la nature générale, les marques principales, — la faute ou la négligence du donneur d’ordre ;
le nombre de colis ou de pièces, ou le poids, ou la quantité des — la manutention des marchandises par le donneur d ’ordre ou
marchandises, dont le commissionnaire, ou une personne agissant
par des personnes agissant pour son compte ;
en son nom, sait ou a des raisons de soupçonner qu’elles ne
représentent pas exactement les marchandises qu’il a effective — l’insuffisance ou l’absence de marques ou de nombres sur
ment prises en charge ou s’il n ’a pas de moyens suffisants de les emballages ;
contrôler ces indications, le commissionnaire ou la personne — l’absence ou la défectuosité de l’emballage ;
agissant en son nom, doit faire, dans le contrat une réserve,
précisant ces inexactitudes, la raison de ses soupçons ou — le vice propre des marchandises ;
l’absence de moyens de contrôle suffisants. — les cas de force majeure.
Si le commissionnaire de transport ou la personne agissant Art. 886. — Nonobstant les dispositions prévues aux tirets 1 à 4
en son nom ne fait pas mention dans le contrat de commission de l’alinéa 2 de l’article précédent, le commissionnaire de transport
de l’état apparent des marchandises, le document est réputé est responsable des pertes, avaries ou retard dans la mesure où sa
mentionner que les marchandises étaient en bon état apparent.
faute ou sa négligence a contribué à la réalisation du préjudice.
Art. 879.— A l’exception des indications pour lesquelles a été
faite une réserve autorisée en vertu de l’article précédent et dans Art. 887.—En cas de responsabilité du commissionnaire de
les limites de cette réserve, le contrat de commission fait foi, sauf transport pour les dommages imputables à un retard dans la
preuve contraire, de la prise en charge, par le commissionnaire, livraison des marchandises, une indemnisation n’est due que dans
des marchandises telles qu’elles sont décrites dans ce document. les cas où le contrat n’a pas été exécuté dans des délais raisonnables,
Art. 880.— En cas de perte ou de dommage imputable à un compte tenu des circonstances de l’espèce et des usages en la matière.
tiers, le commissionnaire de transport est tenu d’en informer le Art. 888.— Si l’utilisation d ’un mode de transport déterminé
donneur d ’ordre et de prendre toutes mesures nécessaires en vue
a été convenue, ou s’il est établi que la perte ou le dommage aux
de sauvegarder les droits de ce dernier.
marchandises ou le retard dans leur livraison est survenu pendant
A rt 881. — A moins qu’il ait reçu des instructions écrites, indiquant
le montant pour lequel les marchandises sont à assurer et les risques le transport des marchandises par ce mode de transport déterminé,
contre lesquels elles doivent être assurées, le commissionnaire de le commissionnaire de transport est responsable conformément
transport n ’est pas tenu d’assurer lesdites marchandises. au régime juridique applicable à un tel mode de transport.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 193
Si le contrat d'assurance a été établi suivant des conditions Art. 913. — Le contrat d’assurance maritime est nul si, au
générales types ou selon une police d'assurance type, il en est fait moment de sa conclusion, les risques couverts par l'assurance se
mention audit contrat. Le texte des conditions générales ou de la sont déjà réalisés ou si leur réalisation était impossible, à moins
police type doit être joint à la police d'assurance délivrée à l'assuré. que l’assuré n'ait pu avoir connaissance de ces faits lors de la
Toute stipulation prévue dans les conditions générales types ou une conclusion du contrat.
police d'assurance type, contraire aux termes de la police d'assurance Art. 914. — En cas de retrait d ’agrément, de liquidation de
délivrée à l'assuré, est considérée comme nulle et non écrite. biens, de redressement judiciaire ou de déconfiture de l’assureur,
l’assuré a la faculté de rompre l’assurance et de réclamer le rem
Art. 909. — La police d'assurance contient notamment les
boursement de la prime correspondant à la période d ’assurance
mentions suivantes :
restant à courir.
— les lieu et date de souscription ;
Art. 915. — L’assureur peut demander l’annulation de
— les noms et domiciles des parties au contrat d'assurance ; l’assurance pour toute omission ou déclaration inexacte de
— la désignation de la chose ou de l'intérêt assuré ; l’assuré de nature à diminuer sensiblement l’opinion de l’assureur
— les risques assurés et les risques exclus ; sur le risque, qu’elle ait ou non influé sur le dommage ou sur la
— les temps ou les voyages pour lesquels le contrat d’assurance perte de l’objet assuré.
a été conclu ; Cependant, si l’assuré prouve sa bonne foi, l ’assureur, sauf
— la somme assurée ; stipulation plus favorable au profit de l’assuré, est garant du
risque proportionnellement à la prime perçue par rapport à celle
— le montant de la prime.
qu’il aurait dû percevoir, sauf s’il établit qu’il n’aurait pas couvert
La police d’assurance est établie, au choix de l'assuré, à les risques s ’il les avait connus.
personne dénommée, à ordre ou au porteur. Art. 916. — Toute modification au cours du contrat, soit de ce
Elle indique, le cas échéant, que le souscripteur agit pour le qui a été convenu lors de sa formation, soit de l’objet assuré, d ’où
compte d ’autrui. résulte une aggravation sensible du risque, entraîne la rupture de
Art. 910. — Le contrat doit indiquer le montant pour lequel l’assurance si elle n’a pas été déclarée à l’assureîir dans les cinq
l’objet est assuré. La valeur ainsi assurée ne doit pas excéder la jours où l’assure en a eu connaissance, jours fériés non compris.
valeur assurable. Si l’assuré apporte la preuve de sa bonne foi, il est fait
Si la valeur assurée, stipulée au contrat, est supérieure à la application de l’alinéa 2 de l ’article 915 de la présente loi.
valeur assurable, l'assureur n'est pas garant des dommages pour Si l’aggravation est le fait de l’assuré, l ’assureur peut, soit
la partie du montant stipulé qui est supérieure à la valeur réelle rompre le contrat dans les trois jours à partir de la date où il en
de la chose assurée. a eu connaissance, soit exiger une augmentation de prime
correspondant à l’aggravation survenue.
Si la valeur assurée indiquée au contrat, est inférieure à la
valeur assurable, l’assureur n’est pas garant des dommages pour Art. 917. — Toutes les fois où l’assurance est rompue en
le montant compris entre la valeur assurée et la valeur réelle de raison du fait de l’assuré, la prime est acquise à l’assureur.
la chose assurée. CHAPITRE 2
Art. 911. — La valeur assurable est le prix courant de l'objet Les obligations de l'assureur et de ! assuré
assuré au moment où le contrat d’assurance est conclu. Section 1 : Les obligations de l’assureur
Lorsque les parties conviennent, au moment de la conclusion Art. 918.— L’assureur répond des dommages matériels causés
du contrat, d’une valeur assurable ou valeur agréée, seule celle- aux objets assurés pour fortune de mer ou pour un événement de
ci est prise en considération pour la fixation du montant de force majeure, de la contribution des objets assurés à l'avarie
l'indemnité d'assurance. commune, sauf si celle-ci provient d'un risque exclu par l'assurance
ou des frais exposés en vue de sauver l'objet assuré, de le préserver
Si l’assureur prouve qu'il y a eu fraude de la part de l’assuré,
d’un dommage matériel ou de limiter l’étendue des dommages.
l’assurance contractée pour une somme supérieure à la valeur
réelle de l'objet assuré est nulle, et la prime lui reste acquise. Ces frais sont remboursés dans la proportion de la somme
assurée par rapport à la valeur assurable, même si le total de ces
Art. 912. — La valeur assurable d'un navire comprend, sauf frais et de l'indemnité d’assurance excède la somme assurée.
convention contraire, le corps, les machines et leurs accessoires,
Art. 919. — L’assureur répond des dommages causés aux
l'approvisionnement du navire et le coût de son assurance.
objets assurés même en cas de faute de l’assuré ou de ses préposés
La valeur assurable de la cargaison est représentée par sa valeur terrestres , à moins qu’il n ’établisse que les dommages sont dus
au lieu et à la date du chargement, augmentée de tous les frais à un manque de soins raisonnables de la part de l’assuré pour
jusqu'au port de destination, y compris le coût de l'assurance de préserver les objets assurés des risques survenus.
fret, et le profit espéré. La garantie de l’assureur peut cependant être atténuée en cas de
La valeur assurable du fret est le montant total du fret augmenté faute intentionnelle ou inexcusable de l’assuré, à dire d’expert.
du coût de l'assurance. Art. 920. — L’assureur répond également des dommages
La valeur assurable des autres intérêts susceptibles d'être assurés, causés aux objets assurés, même s’ils sont dus à une faute du
à l’exception de la responsabilité civile, est déterminée d’après la capitaine, d’un membre de l’équipage ou du pilote.
somme que l’assuré aurait perdue ou qu’il serait obligé de payer La garantie de l’assureur peut cependant être atténuée en cas
à un tiers, si le risque s’était produit au moment où l'assurance de dommage causé par une faute intentionnelle du capitaine ou
prend effet, cette somme étant augmentée du coût de l'assurance. de l ’un de ses préposés, à dire d’expert.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 195
Art. 921. — Les risques assurés demeurent couverts même en — de porter à la connaissance de l'assureur, lors de la
cas de changement forcé de route, de voyage ou de navire ou, en conclusion du contrat, toutes les circonstances connues de lui
cas de changement décidé par le capitaine sans que l’armateur ou et qui sont de nature à avoir une influence sur l'estimation du
l'assuré ait été préalablement consulté. risque par l’assureur ;
Art. 922. — La clause dite franc d'avaries affranchit l'assureur — de déclarer à l'assureur, dans la mesure où il en a connais
de toutes avaries, soit communes, soit particulières, sauf dans les sance, les aggravations sensibles ou les modifications impor
cas qui donnent ouverture au délaissement. tantes des risques assurés, survenues en cours de contrat.
Dans ces cas, l'assuré a le choix entre l’action d’avarie et le Art. 926.— En cas de défaut de paiement de la prime à
délaissement. l’échéance prévue, l'assureur peut, même si l’assuré est l’objet
Le délaissement consiste pour l’assuré à demander le paiement d ’une procédure de redressement judiciaire, de liquidation des
total de la somme assurée contre l’abandon au profit de l’assureur biens ou de faillite personnelle, soit suspendre l'assurance, soit
de ses droits sur l’objet qui est couvert par l’assurance. rompre le contrat d'assurance.
Art. 923.— L’assureur ne couvre pas notamment, sauf stipula La suspension ou la rupture ne prend effet qu’à l'expiration d'un
tion contractuelle contraire, les risques suivants : délai de huit jours suivant la réception par l’assuré, ou le syndic,
d’une mise en demeure de payer la prime échue, adressée par
— guerre civile ou étrangère mines et tous engins de guerre ;
lettre recommandée avec accusé de réception, non suivie d'effet.
— piraterie, actes de terrorisme ou de sabotage ayant un
Art. 927. — Lorsque le défaut de paiement de la prime a
caractère politique, ou se rattachant à la guerre civile ;
entraîné la suspension ou la rupture du contrat d ’assurance, cette
— capture, prise, détention ou destruction ordonnées par décision de l’assureur reste cependant sans effet à l'égard des tiers
l’autorité politique ou militaire ; de bonne foi, bénéficiaires de l’assurance en vertu de droits nés
— émeutes, mouvements populaires, grèves ou lock-out ; antérieurement à la notification de la suspension ou de la rupture.
— dommages causés par l’objet assuré à d’autres biens ou Art. 928.— Si un sinistre entraînant des dommages aux objets
personnes ; l’assureur est cependant garant du remboursement des assurés se produit, l’assuré est tenu de prendre toutes les mesures
dommages de toutes natures dont l’assuré serait tenu sur les nécessaires en vue de sauver les objets assurés et dé prévenir les
recours des tiers en cas d ’abordage par le navire assuré ou de heurt dommages ou d'en réduire l’étendue. 11doit également prendre toutes
de ce navire contre un bâtiment, corps fixe, mobile ou flottant ; les mesures en vue de permettre à l’assureur l’exercice des actions en
réparation contre les personnes responsables des dommages.
— sinistres dus aux effets directs ou indirects d'explosion, de
dégagement de chaleur, d'irradiations provenant de transmutation En prenant les mesures indiquées à l’alinéa précédent, l’assuré
de noyaux d ’atomes ou de la radioactivité, ou aux effets de doit suivre les instructions éventuellement reçues de l’assureur.
radiations provoquées par l’accélération artificielle des particules. En l’absence d’instructions, il prend les mesures qui lui paraissent
raisonnables, suivant les circonstances de l'espèce.
Lorsqu'il n'est pas possible d’établir si les dommages aux biens
assurés ont pour origine un risque de guerre ou un risque de mer, Art. 929. — L’assuré est responsable envers l’assureur du dom
il sera présumé qu’ils sont dus à un événement de mer. mage qui a pu être causé par l’inexécution des obligations prévues
à l’article précédent, lorsqu'il y a faute ou négligence de sa part.
Art. 924. — L’assureur n’est pas garant notamment des
TITRE III
dommages et des risques subis dans les cas suivants :
LES REGLES PARTICULIERES AUX DIFFERENTES ASSURAN CES
— pertes et dommages matériels provenant des vices propres
CHAPITRE 1
de l’objet assuré, sauf s ’il s’agit du vice caché du navire et en
particulier l’innavigabilité pour vice caché du navire ; L ’assurance sur corps
— pertes et dommages résultant d'amendes, de confiscations, Art. 930.— L'assurance du navire est contractée, soit pour un
de mises sous séquestre, de réquisitions, de mesures sanitaires voyage, soit pour plusieurs voyages consécutifs, soit pour une
ou de désinfection, ou consécutifs à la violation de blocus, à des durée déterminée.
actes de contrebande, de commerce prohibé ou clandestin ; Elle couvre la coque, les machines principales et auxiliaires,
— dommages et intérêts ou autres indemnités dues à la suite les équipements et installations, ainsi que toutes dépendances ou
accessoires, fixes ou mobiles, qui sont nécessaires à son fonc
de saisies ou de cautions données pour libérer les objets saisis ;
tionnement, sa navigation et sa manœuvre. Elle couvre également
— préjudices indirects résultant du chômage du navire, de retard, de les frais d'armement et les approvisionnements normaux de
la différence de cours, d’obstacles apportés au commerce de l'assuré ; voyage.
— pertes et dommages matériels provenant d’un vice propre L’assurance peut être contractée sur bonne arrivée, avec
d’une propriété naturelle ou spéciale des marchandises, ou impu l’accord des assureurs du navire, à peine de nullité.
tables aux effets de cargaisons explosives, inflammables ou L’assurance sur bonne arrivée ne couvre que la perte totale ou
dangereuses chargées sur le navire à l’insu de l'assureur ou de le délaissement du navire consécutif à la réalisation d’un risque
son représentant. couvert par la police.
Section 2 : Les obligations de l'assuré Art. 931. — La police d’assurance du navire doit contenir les
Art. 925. — L’assuré est tenu notamment : indications permettant d’individualiser le navire. Elle précise,
— de payer la prime et les frais aux lieu et époque convenus ; notamment, son nom, son type, sa nationalité, son tonnage, le
— d’apporter les soins raisonnables à tout ce qui est relatif au port d’attache et le numéro d'immatriculation, l'année et le lieu
navire ou aux marchandises ; de la construction.
196 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 932. — Dans l'assurance au voyage, la garantie court Art. 941. — Le délaissement du navire peut être effectué
depuis le début du chargement des marchandises au port de notamment dans les cas suivants :
départ jusqu'à la fin du déchargement au port de destination et — la perte totale du navire ;
au plus tard quinze jours après l'arrivée du navire dans ce port.
— la perte présumée du navire, pour défaut de nouvelles,
En cas de voyage sur lest, la garantie court à partir du moment depuis plus de trois mois.
où le navire a levé l’ancre, et cesse au moment où il est amarré
La perte est réputée s'être produite à la date à laquelle les der
au lieu de destination.
nières nouvelles ont été reçues ;
Si une nouvelle assurance au voyage est conclue à la suite de
— les dépenses de sauvetage ou de réparation du navire sont
celle couvrant les risques du voyage précédent, l'assurance cou
susceptibles d ’atteindre les trois quarts de la valeur agréée ;
vrant ce dernier voyage prend fin aussitôt que l'assurance conclue
pour le nouveau voyage prend effet. — la réparation du navire est impossible ;
Art. 933. — Dans l'assurance au voyage ou pour plusieurs — en cas de prise ou de confiscation du navire, et lorsque
voyages consécutifs, la prime est acquise à l'assureur, pour la l'assurance couvre les risques de guerre, ou en cas d t capture du
totalité de son montant, à partir du moment où les risques ont navire par des pirates, lorsqu'une telle situation dure plus de trois
commencé à courir. mois à compter de la date à laquelle la prise, la confiscation ou
la capture a eu lieu.
Art. 934. — Dans l'assurance à temps, la garantie court à partir
de la date prévue dans la police. Les risques du premier jour et Art. 942. — L'assuré doit notifier le délaissement à l'assureur
du dernier jour sont couverts par l'assurance. Les jours sont par lettre recommandée avec accusé de réception dans le délai
comptés de zéro à vingt-quatre heures, d'après l'heure du pays de six mois à compter de la date à laquelle il a eu connaissance
dans lequel la police a été émise. des circonstances dont la survenance justifie le délaissement.
Les parties peuvent convenir que les risques ne sont pas L'assuré est tenu de faire connaître à l'assureur tous les droits
couverts par l'assureur dans certaines zones géographiques ou réels grevant le navire assuré ainsi que les autres assurances le
dans des régions déterminées, ou que l'assurance n'aura d ’effets concernant.
qu'en ce qui concerne des risques se produisant dans certaines Art. 943. — L'assureur peut refuser la demande de délaisse
zones géographiques ou dans des régions déterminées. ment du navire si la notification n’est pas faite conformément aux
Art. 935. — Si le contrat d'assurance à temps prend fin au cours conditions prévues à l’article précédent.
d'un voyage du navire, il est prorogé de plein droit jusqu'au L'assureur doit faire connaître son refus du délaissement dans
lendemain, à douze heures, du jour où le navire est arrivé au port le délai de trente jours à compter de la date à laquelle il en a reçu
de destination et y a été amarré ou ancré. notification.
L'assuré est tenu de payer une prime complémentaire, calculée L'assuré dont la notification de délaissement n'est pas recevable
sur la base de la prime stipulée dans le contrat d'assurance et conserve le droit à une indemnité d'assurance conformément à la
proportionnelle à la durée de temps pour laquelle le contrat a été police souscrite.
prorogé.
Art. 944.— En cas d'aliénation ou d'affrètement coque nue du
Art. 936. — Dans l'assurance à temps, la prime stipulée pour navire assuré, le contrat d’assurance continue de plein droit au
toute la durée de la garantie reste acquise à l’assureur en cas de profit du nouveau propriétaire ou de l'affréteur, qui doit informer
perte totale ou de délaissement à sa charge. l’assureur de l'aliénation du navire ou de son affrètement coque
Si la perte totale ou le cas de délaissement n ’est pas à sa charge, nue dans un délai de dix jours à compter de la vente ou de
le prime reste acquis à l ’assureur en fonction du temps écoulé l'affrètement.
jusqu’à la perte totale ou la notification du délaissement. L'acquéreur du navire ou l'affréteur coque nue est tenu,
Art. 937. — A l'exception des dommages aux personnes, solidairement avec le vendeur ou l’affréteur, du paiement de la
l'assureur répond des dommages de toute nature causés à des tiers prime d'assurance et de l’exécution de toutes autres obligations
et dont la réparation incombe à l'assuré, à la suite d'un abordage dont l’assuré était tenu en vertu du contrat d’assurance.
par le navire assuré, ou d'un heurt de ce navire avec des bateaux, L'assureur peut rompre le contrat, dans le délai d'un mois à
engins flottants assimilés à des navires, corps ou ouvrages fixes compter de la date à laquelle l’aliénation ou l'affrètement lui a été
des domaines publics maritime, lagunaire et fluvial. notifié. L’acquéreur du navire ou l'affréteur coque nue peut, dans
Art. 938.— L’assureur ne répond pas des dommages et pertes le même délai, également rompre le contrat d'assurance.
résultant du vice propre du navire, sauf s’ils sont dus à un vice caché. Si, au moment de l’aliénation ou de l'affrètement coque nue,
Art. 939. — Lorsque la valeur assurée du navire est une valeur le navire se trouve en mer, le contrat d ’assurance en cours est
agréée, les parties s ’interdisent réciproquement toute estimation, prorogé jusqu'à l'arrivée du navire au premier port d'escale.
sous réserve des dispositions prévues aux articles 914 et 971 de Les dispositions du présent article sont applicables en cas d'alié
la présente loi. nation de la majorité des parts ou quirats d'un navire en copropriété.
La valeur agréée du navire comprend de façon indivise la Art. 945. — Les dispositions contenues dans le présent chapitre
valeur des différents éléments énumérés à l’alinéa 1 de l’article 912. sont également applicables aux contrats d'assurance concernant les
Art. 940. — Dans le cas de sinistres successifs, couverts par le navires qui ne sont assurés que pour la durée de leur séjour dans les
même contrat d'assurance, l'assureur répond des dommages dus ports, rades ou autres lieux, qu’ils soient à flot ou en cale sèche.
à chacun des sinistres, jusqu'à concurrence de la somme assurée. Art. 946.— Les conditions dans lesquelles les dispositions du
Cette règle s’applique même si le montant total des dommages présent chapitre peuvent s’appliquer à l'assurance des navires en
dépasse la valeur assurée. construction sont déterminées par voie réglementaire.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE DTVOIRE 197
Art. 959. — L’assurance de responsabilité, qui a pour objet la Art. 968. —Après le paiement de l’indemnité d'assurance,
réparation des dommages causés aux tiers par le navire ne produit l’assureur est subrogé dans les droits et actions de l'assuré contre
d'effets qu’en cas d'insuffisance de la somme assurée par la police les tiers, à concurrence de son paiement.
sur corps. L’assuré est tenu de fournir à l’assureur tous les renseignements
Art. 960.— Quel que soit le nombre d'événements survenus et informations utiles, de lui procurer tous documents et de pren
pendant la durée de l'assurance de responsabilité, la somme sous dre toutes les mesures nécessaires en vue de préserver les droits
crite par chaque assureur constitue, par événement, la limite de de l’assureur.
son engagement. Si l'assuré renonce à des droits envers les tiers, sans le consen
CHA PITRE 4 tement de l'assureur, celui-ci peut refuser de payer tout ou partie
Les autres assurances de l'indemnité d'assurance, à concurrence des droits auxquels
l'assuré a renoncé.
Section 1 : L ’assurance contre les risques de guerre
Art. 969. — Si un même risque a été couvert par deux ou
Art. 961. —Les parties au contrat d’assurance peuvent convenir, plusieurs assureurs pour la même période, chacun d ’eux est tenu
par une clause spéciale, que les risques de guerre dus aux engins à concurrence de la somme qu’il a assurée, et dans cette limite.
de guerre, à la piraterie ou au terrorisme, sont couverts, totale Art. 970.— Si l'assuré fait une déclaration inexacte sur les
ment ou partiellement, par l'assurance moyennant le paiement circonstances du sinistre et sur l'étendue des dommages, il est
par l'assuré du supplément de prime correspondant. déchu du bénéfice de l'assurance si sa mauvaise foi est établie.
Art. 962. — L'assurance contre les risques de guerre couvre Art. 971. — Les actions nées du contrat d ’assurance se
les pertes et les dommages résultant d'actes ou d'événements de prescrivent par deux ans.
guerre, ainsi que tous faits survenus après la fin de tels actes ou Le délai de prescription court à partir :
événements, mais qui peuvent être considérés comme leur suite.
— de la date d'exigibilité, en ce qui concerne l'action en
Les risques d'émeutes ou d'insurrections sont assimilés à des paiement de la prime ;
risques de guerre. — de la date de l'événement donnant lieu à faction en avarie
Section 2 : L'assurance contre les risques off-shore s'il s'agit d’un navire ;
Art. 963. — L'assurance contre des risques off-shore a pour — de la livraison des marchandises ou du jour où elles auraient
principal objet la garantie des engins et matériels utilisés pour la dû l’être, pour les dommages aux marchandises ;
prospection et l’exploitation des gisements marins. — de la date de l'événement qui donne droit à l’action de
Sont soumis à l ’obligation d ’assurance contre les risques délaissement et, si un délai est fixé pour donner ouverture à cette
off-shore, les plates-formes de forage et d ’exploitation mobile ou action, à partir de la date d'expiration de ce délai ;
fixe, les navires ou engins de forage, les navires spécialisés dans — du jour de l'action en justice contre l'assuré ou du jour du
les travaux de mer opérant dans la zone économique exclusive paiement, en ce qui concerne l’action de l'assuré ayant pour cause
ivoirienne. une contribution en avarie commune, une rémunération d’assis
TITRE IV tance ou le recours d'un tiers ;
LE REGLEM ENT DES INDEM NITES EN CAS DE SINISTRE — du jour du paiement, pour l’action en répétition de l’assu
Art. 964. — Les dommages et pertes aux biens assurés sont reur contre l’assuré.
réglés en avaries sous réserve de la faculté donnée à l’assuré Art. 972.— La notification à l’assureur d'une demande de
d’opter pour le délaissement. délaissement interrompt la prescription de l’action en avarie.
Art. 965.— Dans le règlement d'avaries, en ce qui concerne LIVRE X
l’assurance sur corps, l’assureur ne rembourse que le coût, justifié LES PECHES MARITIMES ET LAGUNAIRES
par des factures acquittées, des remplacements et réparations TITRE I
reconnus nécessaires pour remettre le navire en bon état de navi
LES DISPOSITIONS GENERALES
gabilité. L'assuré ne peut prétendre à aucune autre indemnité, ni
pour dépréciation, ni pour chômage de navire, ni pour une autre Art. 973.— Les dispositions du présent livre sont applicables
cause quelconque. à toutes les personnes pratiquant la pêche dans la limite des eaux
maritimes et lagunaires sous juridiction ivoirienne, aux navires
Art. 966. — La contribution à l'avarie commune ainsi que les
et autres engins de navigation utilisés pour cette activité, sous
frais d'assistance et de sauvetage sont remboursés par l'assureur, réserve de la législation nationale spéciale, des conventions et
proportionnellement à la valeur assurée, déduction faite s'il y a accords internationaux en vigueur.
lieu des avaries particulières à sa charge.
Art. 974.— Sont considérées comme pêches maritimes, les
Art. 967.—Le délaissement ne peut être ni partiel ni conditionnel. activités de pêche ci-dessous se déroulant dans les eaux territo
Il entraîne le transfert des droits de l’assuré sur les objets couverts riales ou dans la zone économique exclusive:
par la police à l’assureur, au moment où le délaissement lui est — les pêches artisanales ou industrielles dont les produits sont
notifié, ou après l’expiration d'un délai de trente jours à compter destinés à la vente ;
de la date à laquelle il a reçu la notification du délaissement sans — la pêche scientifique ou pédagogique pratiquée à des fins
avoir fait connaître expressément son refus. d’études sur les ressources halieutiques et les techniques de pêche ;
Après paiement de l'indemnité d'assurance, l'assureur peut — la pêche artisanale de subsistance dont le produit est destiné
disposer de l'objet assuré. à la consommation personnelle ;
13 novembre 2 0 18 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 199
— la pêche de plaisance pratiquée à des fins sportives ou de loisirs ; — les agents des Affaires maritimes ;
— la pêche sous-marine avec ou sans équipement autonome ; — les officiers et officiers mariniers, commandants de
— la pêche à partir du rivage, professionnelle ou de loisirs. bâtiments de la Marine nationale de l’Etat de Côte d ’Ivoire ;
Art. 975.— L’introduction ou l’importation en Côte d ’ivoire — les agents habilités de l’administration des pêches ;
d’animaux vivants et végétaux aquatiques est soumise à l’auto — les officiers de police judiciaire.
risation de l’autorité compétente dans les conditions fixées par Lorsque la recherche et la constatation des infractions concernent
voie réglementaire. les activités de la pèche et de l’aquaculture la présence des agents
Art. 976.— L’autorité maritime administrative assure la gestion de l’administration de la pêche dessaisit toute autre administration.
administrative et le contrôle technique des navires et embarca Art. 986. — Les procès-verbaux dressés par les agents verba-
tions destinés à la pêche maritime et lagunaire. lisateurs énumérés à l’article 986 de la présente loi sont transmis
Elle assure également la gestion administrative des marins à l’autorité [Link] toute autre autorité compétente, pour leur
professionnels à la pêche, contrôle leur qualification et leurs diligence.
conditions d ’embauche et d ’emploi. LIVRE XI
Art. 977. — Le droit de pêche dans les eaux sous juridiction LE REGIME DISCIPLINAIRE ET PENAL
ivoirienne appartient exclusivement à l'Etat de Côte d ’ivoire qui TITRE I
peut le concéder à des personnes physiques ou morales, dans les LES DISPOSITIONS GENERALES
conditions fixées par voie réglementaire.
CHA PITRE 1
Art. 978.— L’exercice de la pêche lucrative est subordonné à
Les poursuites des infractions
l’obtention d ’une autorisation délivrée par le ministre chargé des
Pêches dans des conditions définies par voie réglementaire. Art. 987.— Les infractions aux dispositions de la présente loi
sont constatées par les agents des affaires maritimes, les officiers
Art. 979.—Toute personne morale ou physique qui désire
et officiers mariniers et commandants de bâtiments de la marine
exercer en qualité d'armateur à la pêche doit obtenir au préalable,
nationale, les officiers de police judiciaire, les fonctionnaires et
un agrément délivré par l’autorité maritime administrative.
agents auxquels sont attribuées des fonctions de police judiciaire.
Les modalités d’application de l’alinéa précédent sont fixées
par voie réglementaire. Les procès-verbaux dûment signés, établis par les personnes
mentionnées à l’alinéa précédent font foi jusqu’à inscription de faux.
La délivrance de l'agrément prévu à l’alinéa 1 est soumise à la
perception d'une taxe dont le montant est fixé par la loi de Ils sont transmis à l’autorité maritime administrative ainsi qu’à
finances. toute autre autorité compétente qui saisit le procureur de la
République près le tribunal compétent.
Art. 980. — Les armements agréés à la pêche sont tenus de
communiquer aux autorités compétentes les données relatives à Le procureur de la République peut engager des poursuites
l’effort de pêche ainsi que toutes informations requises. indépendamment de la procédure de la saisine prévue à l’alinéa
précédent, conformément à la procédure de droit commun.
Art. 981. — Les activités de plongée sous-marine à des fins de
pêche sont soumises à une autorisation délivrée par le ministre Art. 988. — Les dispositions du présent livre sont applicables
chargé des Pêches dans des conditions définies par voie régle à toute personne, même étrangère, qui se trouve à bord d'un na
mentaire. vire battant pavillon ivoirien ou non, lorsque l'infraction a été
commise dans les eaux sous juridiction ivoirienne, sous réserve
Art. 982. — Les établissements de pêcherie, de culture de
des dispositions de l’article 1018 en matière de piraterie.
végétaux aquatiques, les parcs d ’élevage d ’animaux vivant par
tiellement ou complètement dans le milieu aquatique, ne doivent Art. 989. — Nonobstant les dispositions des articles 987 et 988
pas faire obstacle à la navigation maritime ou fluvio lagunaire. ci-dessus, les règles prévues au Code de procédure pénale en
matière d ’enquête préliminaire sont applicables.
Ils doivent être installés de telle manière que leur position
géographique soit connue. CHA PITRE 2
— à l’inexécution d’un ordre de l’autorité maritime ou — pour ceux qui y sont soumis, absence ou non validité des
portuaire ; certificats prescrits par les conventions internationales ratifiées
— à toute entrave à la navigation par la création d ’obstacles par la Côte d'ivoire ;
aux navigations maritime, lagunaire, fluviale et de plaisance ; — importations ou constructions non autorisées ;
— à l’occupation de tout ou partie des domaines publics — achat ou vente d ’un navire sans déclaration à l’autorité
maritime, lagunaire et fluvial ou de leurs dépendances ou la maritime administrative ;
réalisation de dépôts sans autorisation préalable ou d’une façon — défaut de permis de navigation ou de carte de circulation
non conforme à la destination ; ou permis de navigation ou carte de circulation périmée ou
— au stationnement de navires en permanence sur le domaine suspendue ou falsifiée ;
public maritime ou portuaire sans autorisation ou abandonnés par — absence de rôle d ’équipage ou rôle d'équipage périmé ou
leurs propriétaires ; falsifié ; *
— à toute atteinte à l’usage auquel les domaines publics — absence de police d ’assurance ;
maritime, lagunaire et fluvial sont destinés ou à leur affectation. — défaut du matériel de sécurité réglementaire, matériel non
Art. 992. — L’amende prononcée à la suite d’une condamnation approuvé, ou entretien non effectué à la date limite ;
pour l’une des infractions prévues à l’article 994 de la présente — navigation sans avoir exécuté les prescriptions dans les
loi peut être mise à la charge de la personne morale employant délais impartis ;
l’auteur de l’infraction, de son dirigeant de droit ou de fait ou du — non-conformité aux règlements des locaux collectifs ou
civilement responsable. individuels, cuisines et chambre de conservation, infirmerie.
Art. 993. — L’autorité maritime administrative saisie de l’une Art. 999. — Est puni d’un emprisonnement de trois à douze
des infractions prévues à l'article 991 de la présente loi peut mois et d’une amende de 100.000 à 2.000.000 de francs CFA ou
ordonner l’arrêt immédiat des travaux dont la poursuite serait de de l’une de ces deux peines seulement :
nature à porter atteinte à l’intégrité des domaines publics mari — le capitaine ou le mécanicien qui assure'’la conduite ou
time, lagunaire et fluvial ou de leurs dépendances ou à aggraver le fonctionnement d’un navire sans être titulaire des titres de
l’atteinte déjà portée. qualification requis ou lorsque lesdits titres leur ont été retirés ou
L’autorité maritime administrative prend toutes mesures pour sont périmés ;
en assurer l’application immédiate. — l’armateur ou le propriétaire d ’un navire qui emploie un
Le sursis à l’exécution de la décision de l’autorité maritime capitaine ou un mécanicien sachant qu’ils sont démunis des titres
administrative est ordonné suivant les voies de droit ordinaires. de qualification requis ;
Art. 994. — Quel que soit le temps écoulé depuis la survenance — le capitaine qui, en état d’ivresse ou sous l ’emprise d ’un
de l’infraction, le tribunal saisi peut condamner à la réparation état alcoolique, conduit ou tente de conduire un navire ;
de l’atteinte portée aux domaines publics maritime, lagunaire et — le propriétaire ou à défaut le capitaine qui, en cas d ’accident,
fluvial et notamment à l’enlèvement des ouvrages faits. Les ne prévient pas immédiatement l’autorité maritime administrative
personnes condamnées supportent les frais et dépens de l’instance ou ne requiert pas les secours nécessaires, et tente ainsi d'échap
ainsi que les frais des mesures provisoires et urgentes que per à la responsabilité pénale et civile qu’il peut encourir.
l’autorité maritime administrative a pu être amenée à prendre. Art. 1000. — Lorsque l’auteur de l’un quelconque des délits
Art. 995. —L’action en réparation du préjudice causé aux prévus à l’article précédent est reconnu coupable des faits conco
domaines publics maritime, lagunaire et fluvial est imprescriptible. mitants d’homicide ou de blessures involontaires, les peines prévues
pour sanctionner ces derniers faits sont portées au double.
Art. 996.— Afin de garantir le paiement éventuel de l’amende
et des frais de procédure, le prévenu, s’il s’agit d ’un capitaine, Art. 1001. — Est puni d’une peine d ’emprisonnement de un à
maître ou patron d’un navire, doit consigner immédiatement entre trois ans et d’une amende de 2.000.000 à 50.000.000 de francs
CFA où de l’une de ces deux peines seulement, le propriétaire,
les mains de l’autorité maritime administrative un cautionnement
l’exploitant ou l’affréteur d’un navire ivoirien qui, sans aucun
égal au maximum de l’amende encourue, une caution solvable
motif légitime et par quelque moyen que ce soit, dissimule la
ou une lettre de garantie à première demande délivrée par un éta
nationalité ivoirienne du navire ou lui fait attribuer d ’une manière
blissement bancaire agréé en Côte d ’ivoire.
illégale une nationalité étrangère.
Faute pour le prévenu de fournir ces garanties, le navire est Art. 1002. — Est puni d’une peine d’emprisonnement de un à
frappé d’interdiction d ’appareiller. trois ans et d ’une amende de 500.000 à 5.000.000 de francs CFA
TITRE III ou de l’une de ces deux peines seulement, le propriétaire ou le
LES DISPOSITIONS EN MATIÈRE DE NAVIGATION MARITIM E, capitaine d’un navire qui utilise ou tente d’utiliser un certificat
INTERIEURE ET DE PLAISANCE ET DE GESTION DU NAVIRE d ’immatriculation qui n ’a pas été régulièrement délivré.
Art. 997. — Est puni d’une amende de 500.000 à 3.000.000 de TITRE IV
francs CFA, quiconque agit en violation des articles 112 et 115 LES INFRACTIONS CONCERNANT LA SÉCURITÉ DE LA NAVIGATION
de la présente loi. CHAPITRE 1
Art. 998. -— Est puni d’une amende de 500.000 à 5.000.000 de Les règles de navigation et de circulation
francs CFA, quiconque commet Fune des infractions ci-dessous : Art. 1003. — Est puni d’une amende de 500.000 à 2.000.000
— absence, faux ou usage de faux documents ou non-confor de francs CFA, quiconque commet l’une des infractions aux
mité des documents de nationalité ou d’identité ; règles de navigation et de circulation ci-dessous :
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 201
— le non-respect du règlement de la convention sur la régle S’il résulte des faits de piraterie des blessures ou des maladies,
mentation internationale pour prévenir les abordages en mer en le maximum des peines prévues à l’alinéa 4 du présent article est
matière de règles de route, de feux et de signaux de signalisation appliqué.
ou de manœuvre ; S’il en résulte la mort d’une ou plusieurs personnes, la peine
— l’emploi injustifié des signaux de détresse ; est F emprisonnement à vie.
— le non-respect de la conduite à droite et des chenaux Les dispositions des articles 117 et 118 du Code pénal relatives
obligatoires ; aux circonstances atténuantes ne sont pas applicables à l’infraction
— l’entrave à la libre circulation dans les eaux ivoiriennes ; de piraterie.
— le défaut de signalisation conforme d’une plate-forme en mer Art. 1009.— Sera poursuivi et jugé conformément à l’alinéa 4
et le non-respect de la distance de sécurité pour les autres navires ; de l’article 1008 ci-dessus :
— la vitesse excessive devant les plages sans respect du balisage ; 1. tout individu faisant partie de l’équipage d’un navire et
naviguant sans être inscrit sur le rôle d’équipage, ou sans avoir
— le non-respect des règles de conduite d’un engin sportif à moteur ;
été muni pour le voyage de passeport, de commissions ou
— le défaut de déclaration d’une manifestation collective de d’autres actes constatant la légitimité de sa présence à bord ;
plaisance ;
2. tout capitaine d’un navire porteur de commission délivrée
— le défaut de mesure de sécurité dans un club sportif ou lors par deux ou plusieurs puissances ou Etats différents.
d ’une manifestation autorisée ;
Art. 1010.— Seront poursuivis et jugés conformément à l’ali
— le non-respect de la distance de sécurité autour d'un signal néa 4 de l’article 1008 de la présente loi :
de plongeur qui remonte.
1. tout individu faisant partie de l'équipage d'un navire ivoirien
Art. 1004.— Est puni d’une amende de 500.000 à 2.000.000 lequel commettrait à main armée des actes de déprédation ou de
de francs CFA, quiconque vend à un utilisateur des matériels de violence, soit envers des navires ivoiriens ou des navires étran
sécurité non conformes aux exigences des conventions interna gers, soit envers les équipages ou chargements de ces navires ;
tionales ou des règlements nationaux.
2. tout individu faisant partie d'un navire étrange? lequel, sans
Dans ce cas, l’autorité maritime administrative peut, après être muni d’une commission régulière, commettrait lesdits actes
avis des services concernés, demander au tribunal compétent envers des navires ivoiriens, leurs équipages ou chargements ;
d ’ordonner la saisie et la destruction desdits matériels.
3. le capitaine et les officiers de tout navire qui auraient com
Art. 1005. — En cas d ’infraction aux règles de sécurité et mis des actes d’hostilité sous un pavillon autre que celui de l’Etat
de navigation, le navire est interdit d’appareiller par l’autorité dont ils auraient commission.
maritime administrative.
Art. 1011.— Sera également poursuivi et jugé comme pirate
CHA PITRE 2
tout ivoirien, qui, ayant obtenu, même avec l'autorisation du Gou
Le? accidents de mer
vernement, commission d'une puissance étrangère pour comman
Art. 1006. — Les capitaines, pilotes, officiers de quart et der un navire armé, commettrait des actes d’hostilité envers des
mécaniciens sont pénalement responsables des infractions qu'ils navires ivoiriens ou d’Etats auxquels des droits équivalents ont
commettent dans la conduite du navire. été reconnus, leurs équipages ou leurs chargements.
Art. 1007. — Est puni d’une peine d’emprisonnement de trois Art. 1012.— Seront poursuivis et jugés comme pirates :
à douze mois et d’une amende de 500.000 à 5.000.000 de francs
1. tout individu faisant partie de l'équipage d’un navire ivoirien qui.
CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
par fraude ou violence envers le capitaine, s’emparerait dudit navire :
— s’abstient de déclarer une épave ;
2. tout individu faisant partie de l’équipage d’un navire ivoirien
— soustrait frauduleusement ou détourne une épave. qui le livrerait à des pirates ou à l'ennemi.
CHA PITRE 3 Art. 1013.— Dans le cas prévu par le paragraphe 1 de l’article
La piraterie 1009 ci-dessus, les pirates seront punis des peines suivantes :
Art. 1008. — On entend par piraterie maritime tout acte illicite — 20 ans d’emprisonnement, pour les capitaines, chefs et officiers ;
de violence, de menace, de détention ou de déprédation commis — 10 ans d’emprisonnement pour les autres hommes de l'équipage.
par l’équipage ou des passagers d ’un navire ou d ’un aéronef et
Tout individu coupable de Finfiractioci pré\Tie au paragraphe 2 du
dirigé contre un autre navire ou aéronef ou contre des personnes même article sera puni d ’une peine de 20 ans d’emprisonnement
ou des biens à leur bord, au-delà de la mer territoriale.
Art. 1014.— Dans les cas prévus par les paragraphes 1 et 2 de
Est également qualifié de piraterie maritime tout acte de parti l’article 1010 de la présente loi, s’il a été commis des dégradations
cipation volontaire à l’utilisation d’un navire ou d ’un aéronef, et violences sans homicides ni blessures, les capitaines, chefs et
lorsque son auteur a connaissance de faits dont il découle que ce officiers seront punis de l’emprisonnement à vie et les autres
navire ou cet aéronef est un navire ou aéronef pirate. hommes de l’équipage seront punis de la peine de 20 ans d ’em
Tout acte ayant pour but d’inciter à commettre les actes définis prisonnement.
aux alinéas l et 2 du présent article ou commis dans l’intention Si ces dégradations et violences ont été précédées, accompa
de les faciliter est également qualifié de piraterie maritime. gnées et suivies d’homicides ou de blessures. Femprisonnement
L’infraction de piraterie prévue au présent article est punie, à vie sera indistinctement prononcé contre les officiers et les
d ’une peine de dix à vingt ans et d’une amende de 20.000.000 à autres hommes de l'équipage.
200.000.000 de francs CFA. L’infraction mentionnée au paragraphe 3 de l'article 1010 sera
La tentative est punissable. puni d’une peine d ’emprisonnement à vie.
202 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 1015. — Quiconque est reconnu coupable de l’infraction Si, à la suite de la perquisition ainsi effectuée, des marchan
prévue par l'article 1011 de la présente loi sera puni de la peine dises ou des objets non autorisés appartenant à un marin ou un
de l’emprisonnement à vie. navigateur kroomen sont découverts, le capitaine peut décider
Art. 1016. — Dans le cas prévu au paragraphe 1 de Farticle leur confiscation et mise sous garde.
1012 de la présente loi, la peine sera : Si ces objets ou marchandises menacent la santé ou la vie des
— l’emprisonnement à vie contre les chefs et les officiers ; personnes se trouvant à bord, ou la sécurité du navire et de sa
— l’emprisonnement de 20 ans contre les hommes de l'équipage. cargaison, ou s’ils sont susceptibles d'entraîner pour le navire des
sanctions pour infractions aux lois et règlements applicables en
Si le fait a été précédé, accompagné ou suivi d'homicides ou matière maritime, douanière, sanitaire ou environnementale, le
de blessures, la peine de l’emprisonnement à vie sera indistinc
capitaine a le droit de faire détruire lesdits objets ou marchandises.
tement prononcée contre tous les hommes d'équipage.
Art. 1023. — Tous les moyens mis en œuvre par le capitaine
L’infraction prévue au paragraphe 2 du même article sera puni et toutes les mesures prises par lui doivent obligatoirement être
de la peine de l’emprisonnement à vie. mentionnés dans le livre de bord.
Art. 1017.— La vente des navires capturés pour cause de pira Art. 1024. — Tout membre de l’équipage qui, contrairement
terie sera ordonnée par le tribunal compétent et le produit de aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, com
ladite vente sera versé au fonds d’appui au développement du met un acte préjudiciable au déroulement normal du service, à
secteur maritime et portuaire. bord d’un navire battant pavillon ivoirien ou à terre, encourt des
Un décret déterminera les modalités d'application des disposi sanctions disciplinaires pour autant que l’acte incriminé n ’est pas
tions du présent article. de nature à entraîner une responsabilité pénale.
Art. 1018.— Les juridictions ivoiriennes sont compétentes pour Art. 1025. — Il est ouvert un livre spécial, appelé livre de
connaître des faits de piraterie tels que prévus et réprimés par les discipline lors de l’armement du navire. Le capitaine mentionne
articles 1008 à 1016 même lorsqu’ils sont commis en haute mer. dans ce livre la nature des fautes disciplinaires ou les circons
En application des conventions internationales auxquelles la tances des crimes et délits commis à bord, les résultats des
Côte d’ivoire est Partie, les personnes mentionnées à l’article 987 enquêtes effectuées, les sanctions prononcée^ et les mesures
disposent d’un droit de poursuite en haute mer des auteurs des spéciales ordonnées.
faits de piraterie. Art. 1026. — Le livre de discipline est présenté au visa de
T IT R E V l’autorité maritime toutes les fois où un délit ou un crime a été
LE REGIM E DISCIPLINAIRE ET PENAL DU MARIN commis à bord du navire.
CHAPITRE 1 Art. 1027. — Sont considérées comme fautes contre la discipline :
Le régime disciplinaire — le refus d ’obéir à tout ordre concernant le navire ;
Art. 1019. — L’autorité à bord du navire, sur les membres de — l’ivresse à bord, la consommation de drogues, de substances
l’équipage et sur toute autre personne embarquée, appartient au psychotropes ou hallucinogènes ;
capitaine ou, à défaut, à la personne qui, régulièrement et en fait,
exerce le commandement du navire. — toute faute dans l’exécution du service de nature à nuire à
la sécurité du navire et des personnes se trouvant à bord ;
Le capitaine est tenu d ’assurer l’ordre et la sécurité à bord et
de veiller à la bonne exécution de l’expédition maritime. Il peut — le manque de respect envers un supérieur ou les injures et
employer à cet effet tous les moyens nécessaires, prévus par les insultes directement proférées à rencontre d’un subalterne à bord
dispositions législatives et réglementaires en vigueur. ou à terre ;
Art. 1020. — Le capitaine peut faire arrêter et consigner, au — les querelles et disputes, sans voies de fait ;
besoin par la force, pendant le voyage, toute personne se trouvant — la négligence dans le service de quart ou de garde ;
à bord du navire dont il considère la conduite comme dangereuse — le fait d ’avoir allumé du feu sans autorisation ou d’avoir
pour la sécurité du navire, des personnes à bord ou de la cargaison fumé dans une partie du navire où il est interdit de fumer ;
transportée.
— l’emploi non autorisé d’une embarcation du navire, lorsqu’il
L’usage de la force n ’est autorisé que dans les cas où d ’autres n ’y a eu ni perte, ni dégradation, ni abandon de cette embarcation ;
moyens apparaissent ou se sont avérés insuffisants.
— 1’absence du bord du marin ou du navigateur kroomen, sans-
Art. 1021. — L’usage de la force ne doit cependant être utilisé autorisation, même lorsqu’elle n ’a pas eu pour conséquence de
que si le comportement d’une personne à bord constitue une menace lui faire manquer le départ du navire ;
pour l’ordre et la sécurité du navire ou entrave l’exercice, par le
— l’introduction à bord du navire d ’objets ou de marchandises
capitaine et les membres de l ’équipage, de leurs fonctions.
susceptibles de nuire à la sécurité du navire, des personnes em
La consignation d ’une personne à bord prend fin avec l’arrivée barquées à bord ou de la cargaison, ou qui sont soumis à des dis
du navire au premier port ivoirien ou dans un port du pays dont positions restrictives de la part des autorités ivoiriennes ou des
la personne consignée a la nationalité. Dans l’un de ces ports, le autorités des Etats dans les ports desquels le navire fait escale ;
capitaine est tenu de remettre la personne consignée aux autorités
compétentes, avec un rapport relatif à la consignation à bord du — l ’introduction volontaire, à bord du navire, de personnes
navire et aux motifs pour lesquels elle a été décidée. non autorisées ;
Art. 1022. — S’il est présumé qu’un membre de l ’équipage — les larcins à bord, avec restitution à leur propriétaire de l’objet volé.
détient à bord des objets ou des marchandises, en infraction Art. 1028.— Lorsque le capitaine a connaissance d ’une faute
avec les dispositions prévues à l’article 402 de la présente loi, le contre la discipline, il est tenu de procéder immédiatement à une
capitaine peut ordonner qu’une perquisition soit effectuée. enquête.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE DTVOIRE 203
Le capitaine interroge la personne qui a commis la faute sur — autoriser l’armateur qui dispose du pouvoir patronal, à
les faits qui lui sont reprochés et entend les témoins à charge et licencier l’officier ou le marin sans préavis quelle que soit la
à décharge. nature du contrat d ’engagement en principe au port d ’armement.
Art. 1029 . — Les résultats de l’enquête prévue à l’article pré Dans les cas les plus graves et les plus urgents, l’autorité consu
cédent sont consignés dans un procès-verbal, signé par les laire peut accepter le licenciement du marin ou l’expulsion de la
témoins, qui relate la nature de la faute contre la discipline rele personne en cause à l’étranger, avec retour à ses frais ;
vée, les noms des témoins et leurs déclarations et les explications — retirer le livret maritime du marin ou du navigateur
de l’auteur de la faute. Les résultats de l’enquête sont également kroomen, temporairement ou définitivement.
mentionnés au livre de discipline et leur contenu contresigné, Les décisions prises par l’autorité maritime administrative qui
après lecture, par la personne à qui la faute contre la discipline sont de nature à aggraver la situation du marin ou du navigateur
est reprochée. kroomen sont portées à la matricule.
Art. 1030. — Lorsque l’armateur est saisi par le capitaine d’une Art. 1035. — Indépendamment des sanctions disciplinaires
plainte concernant une faute contre la discipline, il est tenu de prévues aux articles 1033 et 1034 de la présente lo^ l’autorité
convoquer immédiatement l’auteur de cette faute, le capitaine et maritime administrative peut, en répression d ’une infraction
les témoins à charge et à décharge. maritime en matière de navigation, de sécurité ou de police, sus
Art. 1031. — Les sanctions disciplinaires éventuelles sont pendre tout brevet, ou la dérogation afférente, ainsi que les
prises par l’armateur ou son représentant après que le capitaine capacités ou permis de conduire à la plaisance, y compris celui du
et les témoins ont été entendus et que l’auteur de la faute contre capitaine ou du pilote, pour une durée n’excédant pas trois mois.
la discipline, assisté s’il le désire d ’un conseil de son choix, a Art. 1036. — L’autorité maritime administrative peut, pour
fourni des explications écrites ou verbales. faute contre l’honneur, ou pour faute grave dans l ’exercice de la
Lorsque les explications fournies par l’auteur de la faute sont profession de marin ou en cas d ’incapacité physique, prononcer
verbales, elles font l’objet d ’un procès-verbal rédigé par l’arma à l'encontre de tout marin, ou de tout pilote, soit directement en
teur ou son représentant, contresigné par l’auteur de la faute et cas de condamnation définitive à une peine afflictive ou infa
le conseil qui, le cas échéant, l’a assisté. mante, soit dans tous les autres cas après avoir pris l’avis d’une
Lorsque l’auteur de la faute n’a pas été assisté par un conseil, commission d’enquête, le retrait temporaire ou définitif, partiel
mention en est faite dans le procès-verbal. ou total, des droits et prérogatives afférents à la nature du diplôme
ou du brevet détenu par le marin ou le pilote.
Art. 1032. — Si les explications fournies par l’auteur de la
faute contre la discipline ne sont pas de nature à le disculper, Lorsqu’un navigateur kroomen se trouve dans l’un des cas pré
la sanction prononcée lui est signifiée par écrit et copie de la vus à l’alinéa précédent, l’autorité maritime administrative peut
décision prise est envoyée à l’autorité maritime administrative. prononcer sa radiation.
La sanction prononcée est également mentionnée dans le livre Art. 1037. — La composition de la commission d ’enquête
de discipline. mentionnée à l’article précédent les règles relatives à sa consti
tution et à son fonctionnement ainsi que les conditions d ’exécu
Art. 1033. — Les sanctions susceptibles d ’être prononcées en
tion des avis émis par elle sont déterminées par le ministre chargé
matière de faute contre la discipline sont les suivantes :
des Affaires maritimes.
— l’avertissement écrit ;
Art. 1038. — Tout marin détenteur d ’un brevet ou d ’un
— la consigne à bord du navire, pour quatre jours au plus : diplôme et tout pilote, qui comparaît devant la commission
— les arrêts dans la limite de quinze jours, avec ou sans d ’enquête mentionnée à l’article 1036 de la présente loi, peut, du
suspension de salaire et avec ou sans du service ; simple fait de la citation devant la commission et jusqu’à ce que
— les arrêts dans la limite de quinze jours avec suspension de la commission ait émis son avis, être suspendu de l’exercice des
salaire et sans continuation de service ; droits et obligations afférents au diplôme ou au brevet détenu,
— le licenciement. par décision de l’autorité maritime administrative.
CHAPITRE 2
Art. 1034. — Dans le cas où la faute est d ’une gravité particu
lière, ou a un caractère de récidive, ou souligne des tendances Le régime pénal
peu compatibles avec la vie sociale à bord, les sanctions indi Art. 1039.— Est puni d ’un emprisonnement de six à trente-six
quées ci-dessus ont un caractère provisoire et le dossier est mois et d ’une amende de 200.000 francs CFA à 2.000.000 de
adressé pour décision à l’autorité maritime. francs CFA ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque
L’autorité maritime administrative, après avoir entendu les par commet Fune des infractions suivantes :
ties intéressées, peut procéder ainsi qu’il suit : — absence de pièces d ’identité des gens de mer ;
— estimer que les sanctions prises par le capitaine sont suffi — recrutement de marins par des procédés interdits ;
santes, ou y ajouter une amende disciplinaire d’un montant de — absence d ’autorisation parentale pour embarquement d ’un
25.000 à 50.000 francs CFA pour un marin ou un navigateur mineur ;
kroomen, ou de 50.000 à 200.000 francs CFA pour un officier ; — absence de décision d’effectif sur les navires qui y sont astreints ;
— requalifier les faits de faute disciplinaire, en délit, particu — tenue incorrecte du rôle d’équipage ;
lièrement dans les matières touchant à la conduite ou à la sécurité — détention de brevets et certificats de qualification non
du navire, et de les transmettre à l’autorité judiciaire à ce titre ; conformes au niveau nécessaire sauf dérogation ;
204 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
— pilotage d ’un navire sans être com m issionné ; Art. 1048. — Est puni, d ’une am ende de 100,000 à 1.000.000
— conduite d ’un navire de plaisance sans le perm is requis. de francs CFA, tout capitaine trouvé en état d ’ivresse à bord de
son navire ou sous l’em prise de drogues, substances psychotropes
Art. 1040. — Q uiconque com m et ou tente de com m ettre un
ou hallucinogènes.
faux ou fait usage ou tente de faire usage d ’un faux en m atière
de pièce d ’identité des gens de mer, est puni d ’un em prisonne Est puni d ’un em prisonnem ent de trois à douze m ois et d ’une
am ende de 200.000 à 2.000.000 de francs CFA ou de l ’une de
m ent de six m ois à trois ans et d ’une am ende de 500.000 francs
à 2.000.000 de francs CFA. ces deux peines seulem ent, tout cap itain e qui n ’assure pas en
personne le com m andem ent de son navire à l’entrée, à la sortie
CHAPITRE 3
des ports, havres et passes et pendant les m ouvem ents intérieurs
Les crimes et délits
sa u f en cas de m aladie.
A rt. 1041. — Les ju rid ic tio n s de d roit com m un de C ôte
Est puni, de la peine prévue à l ’alinéa 2 ci-dessus, tout capi
d ’ivoire sont seules com pétentes en m atière de crim es et délits
taine qui, au m om ent d ’assurer le com m andem ent de son navire,
com m is à bord des navires sous pavillon ivoirien.
à l ’entrée, à la sortie des ports, havres et passes etf>endant les
U ne copie du ju g e m en t ou de l ’arrêt rendu à la suite d ’une m ouvem ents intérieurs, est trouvé en état d ’ivresse ou sous l ’em
condam nation p o u r crim e ou délit com m is à bord d ’un navire prise de drogues, substances psychotropes ou hallucinogènes.
sous pavillon ivoirien est transm ise sans délai à l’autorité
Les peines prévues à l’alinéa 2 ci-dessus sont applicables à tout
m aritim e adm inistrative.
officier, m aître et hom m e d ’éq u ipage trouvé p endant le quart
Art. 1042. — En cas d ’infraction com m ise dans les eaux dans les m êm es circonstances.
territoriales ou p o rtuaires ivoiriennes à bord des nav ires sous
Art. 1049. — E st puni d ’un em prisonnem ent de trois à douze
pavillon d ’un E tat étranger, les ju ridictions pénales sont com pé
m ois et d ’une am ende de 200.000 à 2.000.000 de francs CFA ou
tentes pour connaître du ju g em en t desdites infractions lorsque : de l’une de ces deux peines seulem ent, tout pilote qui entreprend
— l ’intervention des autorités ivoiriennes a été réclam ée ; de conduire un navire en état d ’ivresse ou sous l’em prise de
— l ’infraction a troublé l’ordre public ; drogues, substances psychotropes ou hallucinogènes.
— fauteur ou la victim e est ivoirien. A rt. 1050. — Est puni d ’un em prisonnem ent de trois m ois à
Art. 1043. — Dans les cas prévus à l ’article précédent, l’auto douze mois et d ’une am ende de 200.000 à 1.000.000 cle francs CFA
rité m aritim e est tenue d ’inform er im m édiatem ent le consul ou ou de l’une de ces deux peines seulem ent, tout capitaine, officier
ou maître, qui abuse de son autorité ou qui ordonne ou tolère un
le représentant diplom atique de l ’Etat d ont le navire bat pavillon
abus d ’autorité à l’égard d’une personne se trouvant à bord du navire.
des faits à la suite desquels les juridictions ivoiriennes ont eu à
connaître des crim es ou délits com m is à bord du navire. Est puni des m êm es peines tout capitaine, officier ou m aître
qui se rend co upable d ’outrag e p ar vo ie verbale, p ar geste ou
A rt. 1044. — Si le capitaine a connaissance d ’un crim e ou
m enace envers un m em bre de l’équipage, im pose des durées de
d ’un délit com m is à bord, il procède à une enquête prélim inaire.
travail illégales sans m otifs de sécurité ou refuse d ’accorder un
A rt. 1045. — Pour les nécessités de l ’enquête préliminaire, le repos ou une sortie sans m o tif de service ou de sécurité.
capitaine peut procéder à la garde à vue de la personne mise en cause.
Art. 1051. — Est puni d ’une am ende de 500.000 à 5.000.000
Le capitaine transm et les pièces de l’enquête prélim inaire à de francs CFA to u t cap itain e qui refuse ou qui, sans m o tif
l ’autorité m aritim e adm inistrative, au prem ier port ivoirien dans égitim e, néglige d ’effectu er les co n statatio n s req u ises en cas
lequel le navire fait escale. de crim e ou de délit com m is à bord du navire, d ’enregistrer les
L orsque le prem ier port n ’est pas un port ivoirien, le capitaine naissances, m ariages et décès et de rédiger les docum ents prévus
rem et le m is en cause et les pièces de l ’enquête prélim inaire au par les dispositions de la présente loi.
représentant diplom atique ou au consul de la C ôte d ’ivoire dans Est puni des m êm es peines, tout capitaine qui néglige ou refuse
l ’E tat du port. sans m o tif légitim e de tenir régulièrem ent le jo u rn al du bord, le
Lorsque la garde à vue est susceptible de durer plus de quatre- livre de discipline et tous autres docum ents dont la tenue est pré
vingt-seize heures et que la m ise à l ’écart de la personne m ise en vue par les dispositions de la présente loi.
cause est nécessaire, le capitaine procède conform ém ent aux A rt. 1052. — Est puni d ’un em prisonnem ent de trois m ois à
articles 1020 et 1021 de la présente loi. un an et d ’une am ende de 200.000 à 1.000.000 de francs CFA,
CHAPITRE 4 tout capitaine qui favorise, par son consentem ent, l’usurpation
Les infractions à la police intérieure du navire de l’exercice du com m andem ent à bord de son navire.
Art. 1046.— Est puni d ’une am ende de 200.000 à 1 000.000 Est puni des m êm es peines, que celles prévues à l’alinéa 1 du
de francs CFA tout officier, m aître ou hom m e d ’équipage qui se présen t article, quico n q u e prend indûm ent le com m andem ent
rend coupable d ’absences irrégulières à bord, lorsque ces d ’un navire.
absences ont eu pour conséquence de lui faire m anquer le départ Art. 1053. — Est puni d ’un em priso n n em en t de trois m ois
du navire. à un an, to u te personne em barquée, autre que le cap itain e qui
Art. 1047.— Tout capitaine qui, hors les cas de force m ajeure, com m et o u ten te de co m m ettre dans une intention coupable
rom pt son engagem ent et abandonne son navire avant d ’avoir été et à l’insu de l ’arm ateu r un acte de fraude ou de contrebande
rem placé, est puni d ’un em prisonnem ent de trois m ois à deux ans co n stitu tif d ’une infraction pénale.
et d ’une am ende de 1.000.000 à 5.000.000 de francs CFA ou de L orsque l’infraction prévue à l’alinéa 1 du présent article est
l ’une de ces deux peines seulem ent si le navire se trouve en sûreté com m ise par le capitaine du navire, celui-ci encourt une peine de
dans un port ou d ’un em prisonnem ent d ’un à deux ans e t d ’une six m ois à vingt-quatre m ois d ’em prisonnem ent et une am ende
am ende de 2.000.000 à 10.000 000 de francs CFA ou de l ’une de de 500.000 à 2 .000.000 de francs CFA ou l ’une de ces deux
ces deux peines seulement si le navire se trouve en rade ou en mer. peines seulem ent.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 205
Art. 1054. — Est puni d ’une peine de trois à cinq ans d ’em pri Art. 1061. — Est puni d ’un em prisonnem ent de trois à douze
sonnem ent et d ’une am ende de 5.000.000 à 20.000.000 de francs m ois et d ’une am ende de 200.000 à 1 000.000 de francs CFA ou
CFA, tout capitaine qui, dans une intention frauduleuse, détourne de l’une de ces deux peines seulem ent, tout hom m e d ’équipage
à son profit le navire ou qui, volontairem ent et dans une intention qui, après une som m ation form elle du capitaine ou d ’un officier,
crim inelle, entreprend un déroutem ent du navire ou détruit sans refuse d ’obéir ou résiste à un ordre concernant le serv ice à bord
nécessité tout ou partie de la cargaison, des vivres du bord ou des du navire.
effets se trouvant à bord du navire. Si l’infraction prévue à l'alinéa précédent est com m ise par un
Le double des peines prévues à l’alinéa 1 ci-dessus, est applicable officier ou un m aître, les peines encourues sont portées au double
au capitaine qui vend le navire dont il a le com m andem ent. de celles m entionnées ci-dessus.
Art. 1055. — Est puni d ’une peine d ’em prisonnem ent de trois CHAPITRE 5
m ois à douze m ois et d ’une am ende de 1.000.000 à 5.000.000 de Les in fractions à l'ordre public maritime
francs CFA, ou de l ’une de ces deux peines seulem ent, tout
Art. 1062. — Les peines prévues à l’alinéa 2 de l’article 1061
capitaine, officier ou hom m e d ’équipage qui altère v o lo n taire
sont encourues p ar toute personne em barquée sur un navire
m ent des m archandises faisant partie de la cargaison du navire.
b attant pavillon ivoirien qui, hors des eaux sous ju rid ictio n
A rt. 1056. — Est punie d ’un em prisonnem ent de cinq à nationale, ne se conform e pas aux ordres donnés par un consul
dix ans, toute personne se trouvant à bord du navire qui altère ou un représentant diplom atique de la C ôte d 'iv o ire ou par le
volontairem ent les vivres, boissons ou autres biens destinés à la com m andant des navires des affaires m aritim es ou d ’un bâtim ent
consom m ation hum aine.
de la m arine nationale.
Si l'altératio n des vivres, boissons ou autres biens destinés
Art. 1063. — Est punie, d 'u n e peine d 'em prisonnem ent d 'u n
à la consom m ation hum aine est consécutive à l ’em ploi de
à trois ans et d ’une am ende de 500.000 à 5.000.000 de francs
substances nocives et s ’il en est résulté ou non une m aladie pour
CFA ou de l'u n e de ces deux peines seulem ent, toute infraction
une ou plusieurs personnes à bord du navire une m aladie, la peine
aux dispositions relatives au recrutem ent des m arins telles que
encourue sera de dix à vingt ans d ’em prisonnem ent.
prévues par la réglem entation en vigueur.
Si le décès d ’une ou de plusieurs personnes à bord est résulté
Art. 1064 .— Est puni, d ’une am ende de 200.000 à 2.000.000
des faits m entionnés à l’alinéa précédent, la peine encourue est
de francs CFA , q uiconque em pêche ou tente d ’em p êch er un
l’em prisonnem ent à vie.
représentant de l’autorité m aritim e adm inistrative de procéder
Art. 1057. — Est punie d ’une peine d’em prisonnem ent de trois aux contrôles et inspections prévus par la présente loi.
m ois à vingt-quatre m ois et d ’une am ende de 500.000 à
Art. 1065. — Est puni d ’une am ende de 500.000 à 2.000.000
1.000.000 de francs CFA, quiconque à bord d ’un navire, détériore
de francs CFA, tout capitaine q u i. requis par le s autorités
volontairem ent, détourne ou vend un objet utile à la navigation,
co m pétentes, refuse sans m o tif légitim e de se charg er d ’un
à la m anœ uvre ou à la sécurité du navire ou qui vend des vivres
d ossier d ’en quête ou de pièces à conviction, ou d ’assurer le
em barqués pour le service du bord.
transport d ’un m is en cause, o u qui ne li\T e pas un m is en cause
Art. 1058. — Est puni des peines prévues aux articles 401 et ou un dossier confié à ses soins aux autorités com pétentes.
420 du C ode pénal ivoirien, tout m arin ou navigateur kroom en
Art. 1066. — Est puni de la peine prévue à l’article précédent
qui, après avoir reçu des avances sur salaire ou parts de profit,
tout capitaine qui, sans m o tif légitim e, refuse de d onner suite à
s ’abstient sans m o tif légitim e de prendre son service à bord du
la dem ande de l’autorité m aritim e adm inistrative concernant le
navire et ne rem bourse pas les avances qui lui ont été accordées.
rapatriem ent d ’un m arin ivoirien vers la C ôte d ’ivoire.
Art. 1059. — Est punie d ’un em prisonnem ent de trois m ois à
Art. 1067. — Est puni d ’un em prisonnem ent de trois à vingt-
douze mois et d ’une amende de 200.000 à 1 000.000 de francs CFA
quatre m ois et d ’une am ende de 500.000 à 2.000.000 de francs
ou de l'une de ces deux peines seulement, toute personne embarquée,
CFA ou de l’une de ces deux peines seulem ent, tout capitaine
qui introduit à bord du navire des boissons alcoolisées ou qui en
d 'u n navire ivoirien qui, en mer, n 'o b éit pas à l’injonction faite
facilite l'introduction, sans l’autorisation expresse du capitaine.
p ar un navire des affaires m aritim es ou un bâtim ent de la marine
Est puni, des m êm es peines que celles prévues à l'alin éa 1
nationale de la R épublique de C ôte d 'h o ir e et le contraint ainsi
ci-dessus, le capitaine ou l’arm ateur qui em barque ou fait
à faire usage de la force.
em barquer des boissons alcoolisées destinées à la consom m ation
de l ’équipage en quantités supérieures à celles adm ises par la Art. 1068. — Est puni d ’une am ende de 1.000.000 à 5.000.000
réglem entation en vigueur. de francs CFA et d ’un em prisonnem ent de six à vingt-quatre mois
ou de l’une de ces deux peines seulem ent, tout capitaine qui.
Les peines prévues aux alinéas 1 et 2 ci-dessus du présent ayant laissé à terre, dans un port où ne se trouve pas de consul
article s'ap p liq u en t à quiconque qui introduit à bord des m ar ou de représentant diplom atique de C ôte d 'iv o ire, un officier, un
chandises non autorisées, de fraude ou de contrebande, drogues, m aître ou un hom m e d ’équipage m alade ou blessé, ne lui procure
substances psychotropes et hallucinogènes. pas les m oyens n écessaires en vue d 'a ssu re r son traitem ent
Art. 1060. — Est puni d’une am ende de 2.000.000 à 10.000.000 m édical et son rapatriem ent.
de francs CFA, tout capitaine qui débarque clandestinem ent un .Art. 1069. — Les peines prévues à l'a rtic le précédent sont
m em bre de l ’équipage ou un passager non ivoirien dans les eaux ég alem ent encourues par le capitaine qui. ayant laissé à terre,
sous juridictions ivoiriennes ou dans un port ivoirien. avant q u 'il ait atteint son lieu de destination, un passager m alade
Est considéré com m e débarquem ent clandestin, tout débarque ou blessé, n ’en inform e pas aussitôt le consul ou le représentant
m ent non porté à la co nnaissance de l’autorité m aritim e et de diplom atique de l ’Etat dont le passager débarqué a la nationalité
celle chargée de l ’im m igration. ou. à défaut, les autorités m aritim es locales.
206 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 13 novembre 2018
Art. 1070.—- Est puni d ’une am ende de 1.000.000 à 5.000.000 Art. 1077.— Tout arm ateur, m êm e étranger, qui u tilise son
de francs CFA, tout arm ateur ou propriétaire de navire qui ne se navire dans les eaux iv o irien n es pour le tran sp o rt e x c lu sif de
conform e pas aux prescriptions de la présente loi relatives à la passagers clandestins est puni d ’un em prisonnem ent de cinq à
réglem entation du travail à bord, à l ’alim entation et au couchage dix ans et d ’une amende de 50.000.000 à 200.000.000 de francs CFA.
à bord des navires, et aux textes réglem entaires pris en vue de Tout capitaine, m êm e étranger, qui utilise son navire dans les
leur application.
eaux ivoiriennes pour le transport à titre onéreux de passagers
Est égalem ent puni de la peine prévue à l’alinéa 1 ci-dessus, clandestins est puni d ’un em prisonnem ent de deux à cinq ans et
le capitaine qui com m et personnellem ent ou en accord avec d ’une am ende de 25.000.000 à 100.000.000 de francs CFA.
l'arm ateur ou le propriétaire du navire les infractions prévoies à
Art. 1078. — Est puni, d'une peine d ’em prisonnement de dix à
l ’alinéa précédent.
vingt ans et d ’une am ende de 20.000.000 à 200.000.000 de francs
La peine prononcée à re n c o n tre du capitaine, conform ém ent CFA ou de l’ une de ces deux peines seulement, tout capitaine d ’un
à l ’alinéa 1 ci-dessus, peut être atténuée s ’il est prouvé que celui- navire ivoirien ou étranger qui jette à la mer un p a c a g e r clandestin.
ci a reçu un ordre de l’arm ateur ou du propriétaire du navire, lui
S ’il en est résulté la m ort ou la disparition du clandestin, la
dem andant de prendre les m esures qui donnent lieu à poursuites.
peine est l ’em prisonnem ent à vie.
A rt. 1071. — Est punie d ’un em prisonnem ent de trois à douze
Les dispositions des articles 117 et 118 du C ode pénal relatives
m ois et d ’une am ende de 500.000 à 2.000.000 de francs CFA ou
aux circonstances atténuantes ne sont pas applicables aux
de l ’une de ces deux peines seulem ent, toute personne qui, sur
infractions prévues au présent article.
un navire sous pavillon ivoirien, exerce sans l ’autorisation de
l ’autorité m aritim e adm inistrative et hors les cas de force m ajeure Art. 1079. — Toute personne em barquée qui, à l ’insu du
soit le com m andem ent du navire, soit toute autre fonction à bord, capitaine, introduit sur un navire, en vue de les faire transporter,
sans satisfaire aux conditions exigées par les dispositions de la des m archandises non inscrites au m anifeste, est punie d ’une
présente loi et les textes pris en vue de leur application. am ende de 200.000 à 2.000.000 de francs CFA et d ’un em prison
Est punie des peines prévues à l’alinéa 1 du présent article, nem ent de six m ois à trois ans ou de l ’une de ces deux peines
toute personne qui, sans une com m ission régulière de pilote de seulem ent, sans préjudice du droit du capitaine de je te r à la m er
la station, entreprend ou tente d ’entreprendre la conduite d ’un les m archandises indûm ent chargées sur le navire.
navire en qualité de pilote. Art. 1080. — Est puni d ’une am ende de 200.000 à 2.000.000
A rt. 1072.— Est puni, p o u r chaque m em bre de l ’équipage de francs CFA, tout capitaine qui, hors le cas d ’em pêchem ent
irrégulièrem ent em barqué ou débarqué, d ’une am ende de dûm ent ju stifié, ne dépose pas le rôle d ’équipage, le rôle spécial
500.000 à 2.000.000 de francs CFA, tout capitaine qui em barque des navigateurs kroom en et le livre de discipline auprès des ser
ou débarque un m em bre de l’équipage, sans faire m entionner, vices de l ’autorité m aritim e adm inistrative ou du consul ou du
par l ’autorité m aritim e adm inistrative cet em barquem ent ou ce représentant diplom atique de la Côte d ’ivoire, soit dans les vingt-
débarquem ent au rôle d ’équipage ou du rôle spécial des naviga quatre heures de son arrivée dans un port ivoirien ou dans un port
teurs kroom en. étranger où réside un consul lorsque le navire doit séjourner plus
A rt. 1073. — Est punie des peines d ’em p riso n n em en t et de vingt-quatre heures dans le port, les jo u rs fériés étant exclus,
d ’am ende prévues à l ’article 1071 de la présente loi, toute soit dès son arrivée si le navire doit séjourner m oins de vingt-
personne qui contracte ou tente de co ntracter un engagem ent quatre heures dans le port.
m aritim e en produisant de fausses pièces d ’identité ou un livret A rt. 1081. — Est puni d ’une am ende de 500.000 à 5.000.000
professionnel m aritim e obtenu frauduleusem ent. francs CFA, tout capitaine qui ne se conforme pas aux dispositions
Art. 1074.— Est punie d ’une am ende de 200.000 à 1.000.000 de la présente loi ainsi q u ’aux dispositions réglem entaires en
de francs CFA, toute personne autre que les agents habilités, vigueur en ce qui concerne les m arques extérieures d ’identité des
qui pénètre à bord d ’un navire sans l ’autorisation du capitaine navires ou qui efface, altère, couvre ou masque lesdites marques.
ou de l ’arm ateur, ou sans y être appelée pour les besoins de TITRE VI
l ’exploitation du navire. LES DISPOSITIONS PENALES EN MATIÈRE D’ABORDAGE, DE PERTE,
Art. 1075.— Toute personne qui s ’introduit frauduleusem ent D’ÉCHOUEMENT ET AUTRES ACCIDENTS DE LA NAVIGATION
à bord d ’un navire avec l’intention d ’effectuer une traversée est Art. 1082. — En cas d ’abordage ou de tout autre événem ent
punie d ’une am ende de 500.000 à 2.000.000 de francs CFA et
de navigation concernant un navire battant pavillon ivoirien et
d ’un em prisonnem ent de six m ois à trois ans.
qui est de nature à engager la responsabilité pénale ou discipli
Art. 1076. — Toute personne qui, soit à bord du navire, soit à naire du capitaine ou de toute autre personne au service du navire,
terre, a favorisé l’em barquem ent ou le débarq u em en t d ’un des poursuites ne peuvent être engagées que devant les autorités
passager clandestin, l ’a dissim ulé ou lui a fourni des vivres à ju d iciaires ou l ’autorité m aritim e adm inistrative ivoirienne.
l ’insu du capitaine, est punie d ’une am ende de 500.000 à
Si le navire battait pavillon d ’un autre Etat, des poursuites ne
2.000.000 de francs CFA et d ’un em prisonnem ent de six m ois à
peu v en t être engagées que devant les autorités ju d ic ia ire s ou
trois ans. Le m axim um de ces deux p ein es doit être prononcé
ad m in istrativ es de l ’E tat dont le navire battait pavillon au
à l ’égard des personnes qui se sont groupées p o u r faciliter des
em barquem ents clandestins. m om ent de l ’abordage, sa u f dans les cas suivants :
Les frais résultant du refoulem ent de passagers clandestins hors — l’intervention des autorités ivoiriennes a été réclam ée ;
du territoire national sont m is à la charge du navire à bord duquel — l ’ordre public est troublé du fait de l’abordage ;
ces passagers ont été trouvés. — l ’auteur ou la victim e est ivoirien.
13 novembre 2018 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D’IVOIRE 207
A rt. 1083.— Les autorités ju d iciaires ou l'autorité m aritim e Est puni des peines prévues à l’alinéa 1 du présent article, le
adm inistrative sont habilitées à entreprendre des poursuites en capitaine qui, hors les cas de force m ajeure, s'éloigne du lieu de
cas d'abordage survenu dans les eaux intérieures, dans les ports la collision av an t de s'être assuré qu'une assistance à l'autre
et rades ou dans les eaux territoriales ivoiriennes et qui est de navire, à son équipage et aux passagers à son bord, est inutile et,
nature à entraîner la responsabilité pénale du capitaine ou de tout si l'autre navire a som bré, avant d’avoir fait tous ses efforts pour
autre m em bre de l'cquipage au service d'un navire battant recueillir les naufragés. S 'il en est résulté la mort ou la disparition
pavillon d'un autre Etat. d ’une ou plusieurs personnes, la peine prévue est portée au double.
Art. 1084. — Est puni d ’un em prisonnem ent de dix à vingt ans, A rt. 1088. — En cas d'abordage, est puni d’une am ende de
q uiconque volontairem ent échoue, perd ou détruit un navire 200.000 à 2.000,000 de francs CFA et d ’un em prisonnem ent de
quelconque par quelque m oyen que ce soit. trois à douze m ois ou de l'une de ces deux peines seulem ent,
le capitaine de chacun des navires abordés qui, s’il le peut sans
Le m axim um de la peine prévue à l ’alinéa précédent est
d anger pour son navire, ne fait pas co n n aître au cap itain e de
appliqué à la personne qui est chargée, à quelque titre que ce soit,
l’autre navire le nom de son propre navire et les nom s des ports
de la conduite du navire ou qui le dirige com m e pilote.
d ’attache, de départ et de destination de celui-ci.
Art. 1085. — Est puni d'une am ende de 200.000 à 2.000.000
Art. 1089.— Est puni d'un em prisonnem ent de trois à douze
de francs CFA et d'un em prisonnem ent de six m ois à trois ans ou m ois et d ’une am ende de 200.000 à 2.000.000 de francs CFA,
de l'une de ces deux peines seulem ent, tout capitaine ou c h e f de tout capitaine qui, en cas de danger, abandonne son navire pendant
quart qui se rend coupable de violations des règles relatives soit le voyage sans l'avis des officiers et des m em bres de l'équipage.
aux feux à allum er la nuit aux signaux à faire en tem ps de brume,
Est puni d'un em prisonnem ent de six m ois à trois ans et d ’une
soit à la route à suivre et aux m anœ uvres à exécuter en cas de
am ende de 1.000.000 à 5.000 000 de francs CFA, tout capitaine
rencontre d'un autre navire.
qui, en cas de danger, et avant d’abandonner son navire, néglige
Si l'une des infractions prévues à l’alinéa 1 du présent article d 'organiser le sauvetage de l'équipage et des passagers et de
ou tout autre fait de négligence im putable au capitaine, au ch ef sauver les docum ents du bord.
de quart ou au pilote a occasionné, pour le navire lui-m êm e ou
Est également puni des peines prévues à l’alinéa précédent, le capi
pour un autre navire, soit un abordage, soit un échouem ent ou un
taine qui, forcé d'abandonner son navire, ne reste pas à bord, le dernier.
choc contre un obstacle visible ou connu, soit une avarie grave
Art. 1090.— Tout capitaine qui, alors qu'il peut le faire sans
du navire ou de sa cargaison, le coupable est puni d'une am ende
danger pour son navire, son équipage et les passagers à son bord,
de 500.000 à 5.000.000 de francs CFA et d'un em prisonnem ent
ne prête pas assistance à toute personne, m êm e ennem ie, en d an
de un à cinq ans ou de l'une de ces deux peines seulem ent.
ger de se perdre en mer, est puni d'une am ende de 1.000.000 à
Si l'une des infractions prévues à l'alinéa 2 du présent article a 5.000.000 de francs CFA et d'un em prisonnem ent de six m ois à
eu pour conséquence la perte ou l'innavigabilité absolue du navire trois ans, ou de l'une de ces deux peines seulem ent.
ou la perte de la cargaison, ou si elle a entraîné, soit des blessures
TITRE VII
graves, soit la m ort ou la disparition d ’une ou plu sieu rs
LES DISPOSITIONS ADMINISTRATIVES ET PENALES EN MATIERE
personnes, lecapitaine, le c h e f de quart ou le pilote est puni d'un
DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT MARIN
em prisonnem ent de cinq à dix ans et d'une am ende de 1.000.000
à 5.000.000 de francs CFA ou de l'une de ces deux peines seulement. Art. 1091. — L'autorité maritime administrative peut immobiliser
tout navire qui ne se conform e pas aux p rescrip tio n s des
Art. 1086. — Tout m em bre de l'équipage, autre que le capitaine,
dispositions des conventions internationales en vigueur.
le c h e f de quart ou le pilote, qui se rend coupable pendant son
service d'un fait de négligence, d’un m anque de vigilance ou de A rt. 1092. — L orsqu'elle décide de l'im m o b ilisatio n d’un
tout autre m anquem ent aux obligations de son service, ayant navire, l'autorité m aritim e est tenue de délivrer au capitaine du
occasionné, pour un navire quelconque, soit un abordage, soit un navire im m obilisé une note indiquant les m otifs de l'im m obili
échouem ent ou un choc contre un obstacle visible ou connu, soit sation. L orsque le navire bat pavillon ivoirien, copie de cette note
une avarie grave à un navire ou à une cargaison, est puni d'un est adressée au propriétaire du navire. Si le navire bat pavillon
em prisonnem ent de trois m ois à douze m ois et d’une am ende de d’un Etat étranger, une copie de la note est transm ise au consul
2 0 0.000 à 1.000.000 de francs CFA, ou de l'une de ces deux ou au représentant diplom atique de cet Etat, ou en leur absence
peines seulem ent. aux autorités com pétentes de l'Etat dont le navire bat pavillon.
Si l’infraction prévue à l’alinéa 1 du présent article a eu pour Le m inistre chargé des affaires m aritim es fixe les règles rela
conséquence la perte du l'innavigabilité absolue d'un navire ou tives à la procédure d'im m obilisation du navire en cas de viola
la perte d'une cargaison ou si elle a entraîné soit des blessures tion des dispositions du présent titre et à la procédure de levée
graves, soit la m ort ou la disparition d ’une ou plusieurs de l'im m obilisation dudit navire.
personnes, le m em bre de l'équipage qui en est l'auteur est puni Art. 1093.— L orsqu'un navire a été im m obilisé, l'autorité
d'un em prisonnem ent de six m ois à trois ans et d'une am ende de m aritim e ad m in istrativ e peu t ex iger du pro p riétaire du navire
1.000.000 à 5.000.000 de francs CFA ou de l'une de ces deux qu'il fournisse une garantie financière.
peines seulem ent. Si une telle garantie financière est fournie, l'autorité m aritim e
Art. 1087.— Est puni d'une am ende de 1.000.000 à 5 .000.000 peut ordonner la levée de l'im m obilisation du navire.
de francs CFA et d'un em prisonnem ent de six m ois à trois ans ou Art. 1094. — En cas de contestation des décisions prises par
de l’une de ces deux peines seulem ent, tout capitaine qui, après l'autorité m aritim e adm inistrative en ce qui concerne l'application
un abordage et pour autant qu’il peut le faire sans danger pour des dispositions du présent titre et des textes pris en vue de leur
son navire, son équipage et les passagers à bord, néglige d’em application, le capitaine ou le propriétaire du navire, qu’il soit
ployer tous les m oyens dont il dispose pour sauver du danger créé sous pavillon ivoirien ou sous pavillon d'un Etat étranger, peut
par l'abordage, l'autre navire, son équipage et ses passagers. exercer un recours adm inistratif.
208 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DECOTE D ’IVOIRE 13 novembre 2018
A rt. 1095.— Le recours prévu à l'article précédent doit être A rt. 1106. — Tout navire qui a servi à des opératio n s de
exercé dans le délai de deux m ois à com pter de la date à laquelle pêche, en infraction aux dispositions légales en vigueur, peut être
le capitaine ou le p ropriétaire du navire s'est vu n o tifier la arraisonné par l ’autorité m aritim e adm inistrative et im m obilisé
décision de l'autorité m aritim e adm inistrative. à quai jusqu'à entier paiem ent des frais de garde et d'entretien.
A rt. 1096.— Est puni des am endes prévues au C ode de L’autorité m aritim e adm inistrative adresse, dans un délai de
l ’E nvironnem ent, tout arm ateur, propriétaire ou capitaine de soixante-douze heures, au Président du tribunal de prem ière ins
navire qui enfreint les prescriptions des dispositions en vigueur en tance com pétent, une requête visant au m aintien de la m esure
matière de pollution marine et d ’immersion des déchets en mer. d ’im m obilisation effectuée.
En cas de non-respect des délais prévus à l'alinéa 2 du présent
Art. 1097. — Est puni d ’une peine d'am ende de 1 000.000 à
article, la m esure d ’im m obilisation cesse de produire tous effets.
5.000.000 de francs CFA et d ’un peine d'em prisonnem ent de six
m ois à trois ans ou de l'une de ces deux peines seulem ent le Art. 1107. — La levée d ’im m obilisation est ordonnée par le
capitaine qui s'oppose aux visites et inspections entreprises par P résident du tribunal de prem ière instance contr# versem ent
des représentants de l'autorité m aritim e adm inistrative. d ’une caution fixée par ledit tribunal, ou si une garantie bancaire
d'un m ontant équivalent a été fournie.
T IT R E VIII
Art. 1108. — En cas de non-paiem ent des créances de l'Etat
LES DISPOSITIONS PÉNALES EN MATIÈRE DE TRANSPORTS MARITIMES
résultant de la m esure d ’im m obilisation prévue aux articles 1106
A rt. 1098. — Est puni d ’une am ende de 5.000.000 à et 1107 de la présente loi, l’autorité m aritim e adresse une requête
5 0 .000.000 de francs CFA, tout arm ateur ou au x iliaire des aux fins de saisie du navire. Dans ce cas, il est procédé confor
transports m aritim es, qui exerce dans les ports ivoiriens sans m ém ent aux dispositions des articles 254 à 301 de la présente loi.
agrém ent ou refuse de com m uniquer à l’autorité m aritim e Art. 1109. — Sont tenus du paiem ent des am endes infligées
adm inistrative les inform ations requises relatives à l ’activité pour pour les infractions prévues au présent titre, les consignataires,
laquelle il a été agréé. les arm ateurs ou les pro p riétaires de navire de p êche m êm e
En ce qui concerne l ’activité d ’avitailleur, l’am ende est de lorsque lesdites infractions sont im putables au captfaine du navire
1.000.000 à 5.000.000 de francs CFA. de pêche et à l’équipage.
Est puni de la peine prévue à l’alinéa 1 du présent article, quiconque Art. 1110. — En cas de saisie d ’un navire de pêche étranger,
affrète un navire sans l’autorisation de l’autorité maritime administrative. notification en est im m édiatem ent donnée au consul ou au
représentant diplom atique de l’Etat dont le navire bat pavillon.
Art. 1099. — Sont punis conformément à la réglementation relative
L’ordonnance du président du tribunal de prem ière instance, ainsi
à la concurrence, les abus de position dominante dans les ports ivoiriens.
que toute décision ju d iciaire ou adm inistrative susceptible d ’être
A rt. 1100. — E st punie d ’une am ende de 1 0 0 0.000 à prise ultérieurem ent, sont égalem ent notifiées audit consul ou
5.000.000 de francs CFA, toute infraction aux dispositions des représentant diplom atique.
articles 33, 39, 42 et 43 de la présente loi. Art. 1111. — L’autorité m aritim e adm inistrative collabore avec
Art. 1101. — Est punie d’une amende de 10.000.000 àl 00.000.000 les autres adm inistrations concernées pour conclure des transac
de francs CFA, tout capitaine d ’un navire ivoirien ou étranger tions avec les personnes poursuivies pour toutes infractions com
qui débarque clandestinem ent toute personne ou qui laisse m ises au m oyen de navires de pêches.
s ’échapper sur le territoire ivoirien des passagers clandestins non Les m odalités relatives à ces transactions sont définies par voie
ivoiriens pendant l’escale. réglem entaire.
A rt. 1102. — Est punie d’une amende de 50.000.000 à 250.000.000 Art. 1112. — Les infractions relatives à la pêcherie sont punies
de francs CFA et d ’une peine d ’em prisonnem ent de six m ois à conform ém ent à la réglem entation en vigueur.
trois ans ou de l ’une de ces deux peines seulem ent, tout armateur, LIVRE XII
propriétaire ou capitaine de navire qui transporte des m archan LES DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES
dises dangereuses en violation de la réglem entation en vigueur. Art. 1113. — Les infractions prévues par la présente loi sont
A rt. 1103. — Est punie d ’une am ende de 500.000 à 5.000.000 des délits et la tentative est punissable.
de francs CFA, quiconque exerce les activités de transports de Art. 1114. — Les dispositions antérieures contraires à la présente
m archandises ou de passagers p ar voies d ’eau intérieures sans loi sont abrogées, notamment celles de la loi 61-349 du 9 novem
agrém ent ou autorisation. bre 1961 relative à l’institution d ’un Code de la Marine marchande.
Les délais prévus par la présente loi sont francs.
Art. 1104.— E st puni des peines prévues à l’article précédent,
quiconque enfreint les clauses du cahier des charges, portant autorisa Art. 1115. — La présente loi sera publiée au Journal officiel de
la République de Côte d ’ivoire et exécutée com m e loi de l’Etat.
tion d ’un service régulier de transport de voyageurs ouvert au public.
Fait à Abidjan, le 30 juin 2017.
TITRE IX
Alassane OUATTARA.
LES DISPOSITIONS PENALES EN MATIERE
DE PECHES MARITIMES ET LAGUNAIRES
IM PR IM ER IE NATION A LE D E CO TE D ’IV OIRE — Dépôt légal n° 102 246
A rt. 1105. — Est puni d ’une am ende de 5.000.000 à
50.000.000 de francs CFA, tout arm ateur à la pêche qui achète,
im porte ou affrète un navire de pêche sans l ’au torisation de
l ’autorité m aritim e adm inistrative.