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Pour Mieux Connaître Votre Environnement Économique: Manuel D'économie

economie bac

Transféré par

Yousouf Estt
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REPUBLIQUE TUNISIENNE

MINISTERE DE L’EDUCATION

Pour mieux connaître votre


environnement économique

Manuel d'Économie
4ème Année de l’Enseignement Secondaire
Section : Économie et Gestion

Elaboratrices

Mounira Mahfoudh
Inspectrice principale

Kaouthar Bouraoui Héla Mellouki


Conseillère pédagogique Professeur formatrice
Raoudha Kooli
Professeur formatrice

Evaluateurs

Ghazi Boulila Mohamed Trabelsi Mohamed Haddad


Universitaire Universitaire Inspecteur

Centre National Pédagogique


Remerciements
Nous adressons nos plus vifs remerciements à toute
l'équipe de techniciens de la Direction de l'Edition du Centre
National Pédagogique pour leur contribution à la mise en
œuvre de cet ouvrage.
Nos remerciements s’adressent également à tous les
enseignants qui nous ont fait part de leurs remarques et de
leurs suggestions.

Photo de couverture
Tableau de Salvador Dali : “el moli paisaje de cadaques” 1924

© Tous droits réservés au Centre National Pédagogique


Avant propos
Le présent manuel « Pour mieux connaître votre environnement économique » couvre
l'ensemble du programme d'économie applicable à partir de septembre 2007. Il est conçu
pour vous, élèves de la 4ème année « Economie et Gestion » conformément aux objectifs et
contenus du programme officiel ainsi qu'aux instructions pédagogiques qui l'accompagnent.
Cet ouvrage aborde les quatre parties de ce nouveau programme à savoir la croissance
économique et ses facteurs, les mutations des structures économiques, le développement
durable et enfin la mondialisation et ses enjeux. Chaque partie se subdivise en chapitres et
chaque chapitre en sections. Toutes les sections suivent la même démarche :
– Une page de présentation vise, à partir d'une citation, d'un paragraphe introductif, d'une
photo et de l'annonce du plan, à vous sensibiliser au contenu de la section et à orienter
votre réflexion.
– La rubrique « Mobilisons nos pré-requis » vous permet de vérifier et de consolider les
acquis antérieurs exigés pour la construction de nouvelles connaissances. Elle se présente
sous forme d'activités.
– La rubrique « Construisons nos savoirs » est constituée d'un ensemble de documents
variés et organisés respectant la progression du cours et choisis en fonction des objectifs
visés. Le questionnement qui accompagne les documents cherche à développer les com-
pétences requises par le programme. Chacun des documents est systématiquement ratta-
ché à un contenu. Les supports qui vous sont proposés contribuent à vous aider soit à
découvrir et à construire un savoir, soit à l'illustrer, ou simplement à l'appliquer. La réfé-
rence aux faits historiques ou à certains auteurs, souvent présentés dans des encadrés,
répond plus à la volonté d'illustrer certains concepts qu'au souci de couvrir l'histoire
économique.
– La rubrique « Retenons l'essentiel » est constituée d'un résumé structuré et concis du cours
pour vous permettre de faire le point sur les savoirs essentiels. Vous trouvez également
une liste de mots-clés regroupant la terminologie à retenir.
– La rubrique « Préparons-nous au Bac » permet de vérifier l'acquisition des savoirs et
savoir-faire développés dans la section. Elle est aussi conçue pour vous permettre de
consolider et d'intégrer les savoirs et les savoir-faire acquis et de vous préparer à l'épreuve
du baccalauréat.

Nous vous proposons, au début de cet ouvrage, un sommaire ainsi que deux pages
« Mode d'emploi » en vue de faciliter le repérage des pages et de vous permettre de navi-
guer aisément dans le manuel.

En fin d'ouvrage, nous vous proposons :


– Un corrigé des activités d'évaluation.
– Un glossaire qui rassemble les définitions des mots-clés. Vous pourrez vous y reporter
chaque fois que vous vous heurtez à une difficulté de vocabulaire.
– Des adresses de sites Web pouvant être consultées pour enrichir vos connaissances.

Nous espérons que cet ouvrage vous aidera à consolider vos acquis et sera pour vous un
outil de travail motivant et efficace pour préparer votre baccalauréat. Bon courage et beau-
coup de succès !

Les auteures

3
Sommaire
Pages
Mode d'emploi 6
PARTIE I : LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE ET SES FACTEURS ............................. 8
Chapitre 1: La croissance économique.................................................................................... 10
Section 1 : Définition et mesure de la croissance...................................................................... 12
Section 2 : L'irrégularité de la croissance ................................................................................. 24
Chapitre 2: Les facteurs de la croissance économique .......................................................... 34
Section 1 : La contribution du travail à la croissance économique........................................... 36
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance économique ........................... 48
Section 3 : La contribution des échanges extérieurs de biens et services à la croissance économique.. 62

PARTIE II : LES MUTATIONS DES STRUCTURES ÉCONOMIQUES ....................... 72


Chapitre 1 : Les mutations des structures de la production ............................................... 74
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle....................................................... 76
Section 2 : L'évolution des techniques de production............................................................. 86
Section 3 : La concentration des entreprises............................................................................ 96
Chapitre 2 : Les mutations de la consommation .................................................................. 110
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie ........................................................................... 112
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation ................................................... 122
Section 3 : Les transformations des modes de vie................................................................... 130

PARTIE III : LE DÉVELOPPEMENT DURABLE............................................................. 140


Chapitre 1 : Les coûts de la croissance................................................................................... 142
Section 1 : Les coûts socio-économiques................................................................................ 144
Section 2 : Les coûts environnementaux................................................................................. 154
Chapitre 2 : Le développement durable................................................................................. 164
Section 1 : Notion de développement durable......................................................................... 166
Section 2 : Les composantes du développement durable........................................................ 176
Section 3 : Les indicateurs du développement durable............................................................ 184

PARTIE IV : LA MONDIALISATION ET SES ENJEUX.................................................... 196


Chapitre 1 : Les échanges internationaux de biens et services et leur évolution.................. 198
Section 1 : Présentation des échanges internationaux de biens et services............................. 200
Section 2 : L'essor des échanges internationaux de biens et services..................................... 210
Chapitre 2 : L'évolution de la structure des échanges internationaux de biens et services 218
Section 1 : L'évolution de la structure des échanges internationaux par produit.................... 220
Section 2 : Le développement du commerce interbranche et intrabranche............................. 230
Section 3 : La division internationale du travail...................................................................... 240
Section 4 : L'évolution de la structure géographique des échanges mondiaux....................... 250
Chapitre 3 : Les firmes multinationales ................................................................................. 260
Section 1 : Notion de firme multinationale............................................................................. 262
Section 2 : Les différentes formes de filiales........................................................................... 272
Section 3 : Le développement des échanges intrafirmes......................................................... 282
Section 4 : Les mobiles de la multinationalisation.................................................................. 290
Section 5 : Les effets de la multinationalisation sur le pays d'origine et le pays d'accueil..... 300

4
Corrigé des activités
Partie I - Chapitre 1 ............................................................................................................... 310
Section 1 : Définition et mesure de la croissance.................................................................... 310
Section 2 : L'irrégularité de la croissance................................................................................ 311
Partie I - Chapitre 2 .............................................................................................................. 313
Section 1 : La contribution du travail à la croissance économique......................................... 313
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance économique.......................... 314
Section 3 : La contribution des échanges extérieurs de biens et services à la croissance économique 316

Partie II Chapitre 1 ................................................................................................................ 317


Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle....................................................... 317
Section 2 : L'évolution des techniques de production............................................................. 318
Section 3 : La concentration des entreprises............................................................................ 319
Partie II - Chapitre 2................................................................................................................ 321
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie............................................................................ 321
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation.................................................... 323
Section 3 : Les transformations des modes de vie................................................................... 324

Partie III - Chapitre 1.............................................................................................................. 325


Section 1 : Les coûts socio-économiques................................................................................ 325
Section 2 : Les coûts environnementaux................................................................................. 326
Partie III - Chapitre 2.............................................................................................................. 327
Section 1 : Notion de développement durable......................................................................... 327
Section 2 : Les composantes du développement durable........................................................ 328
Section 3 : Les indicateurs du développement durable............................................................ 329

Partie IV - Chapitre 1............................................................................................................... 331


Section 1 : Présentation............................................................................................................ 331
Section 2 : L'essor des échanges internationaux de biens et services..................................... 335
Partie IV - Chapitre 2............................................................................................................... 337
Section 1 : L'évolution de la structure des échanges internationaux par produit.................... 337
Section 2 : Le développement du commerce interbranche et intrabranche............................. 338
Section 3 : La division internationale du travail...................................................................... 339
Section 4 : L'évolution de la structure géographique des échanges mondiaux....................... 340
Partie IV - Chapitre 3............................................................................................................... 341
Section 1 : Notion de firme multinationale.............................................................................. 341
Section 2 : Les différentes formes de filiales........................................................................... 342
Section 3 : Le développement des échanges intrafirmes......................................................... 343
Section 4 : Les mobiles de la multinationalisation.................................................................. 344
Section 5 : Les effets de la multinationalisation sur le pays d'origine et le pays d'accueil..... 345

Glossaire................................................................................................................................... 346

Sites Web.................................................................................................................................... 352

5
Mode d'emploi
PRÉSENTATION DE LA PARTIE

Titre de la partie  Chapitre 1 : La croissance économique

1 LA CROISSANCE
ÉCONOMIQUE
ECONOMIQUE
ET SES FACTEURS
 Chapitre 2 : Les facteurs de la croissance économique Plan de la partie

haque économie revêt certaines caractéris-

C tiques à un moment donné. Or, d'un point de


vue dynamique c'est-à-dire en considérant le
facteur temps, les économies subissent indéniable-
ment des changements. Depuis la révolution indus-
trielle, plusieurs pays, d'une manière parfois, très
inégale, n'ont cessé de connaître des transforma-
tions. Les principaux indicateurs économiques évo-
luent à des rythmes plus ou moins élevés. Des
mutations de structures économiques apparaissent.
Introduction de la partie
Pourquoi dit-on que ces économies connaissent la
croissance et quels sont les facteurs qui permettent
de favoriser ce processus ?

Image de la partie

8 9

PRÉSENTATION DU CHAPITRE

Chapitre 1 :

Titre du chapitre La croissance économique

L
a croissance économique, une expression qui revient comme un leitmotiv
dans la littérature économique, renvoie à l'idée d'une augmentation de
certains indicateurs économiques. Toutefois, la croissance se limite-t-elle à

Introduction du chapitre la seule dimension quantitative ?


Il s'avère donc nécessaire de définir clairement ce concept et de le mesurer. Il
importe aussi de chercher si cette évolution est régulière ou si elle est marquée
par des fluctuations.
Section 1 : Définition et mesure de la croissance Images et titres
des sections du chapitre

Caricature

Section 2 : L’irrégularité de la croissance

10 11

VOUS TROUVEREZ DANS CHAQUE SECTION

Présentation Mobilisons nos pré-requis


Section 1 : Notion de développement durable

Titre de la section Section 1 : Définition et mesure de la croissance


Mobilisons nos pré-requis

1 1. Les coûts de la croissance


La Terre, notre planète, va mal, et c'est de notre faute. Les habi-
3
Citation " Tout ce qui croît change en croissant "
François Perroux.
tants des pays riches consomment et gaspillent énormément.
Aujourd'hui, on ne fait même plus la différence entre envie et
besoin. Consommer toujours plus, c'est piller toujours plus les res-
sources naturelles que la planète a mis des millions d'années à créer
(air, eau, océans, forêts, terres cultivables, biodiversité, pétrole), et
qui ne se renouvellent pas assez vite pour satisfaire la demande
CHAPITRE 2 : LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

croissante. Cette situation ne peut pas durer : les catastrophes éco- Montrez que la
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

logiques et sanitaires montrent déjà les limites du système. Et cela croissance génère
ne va faire que s'aggraver : la Terre compte 6 milliards d'habitants ; de multiples coûts

C
roître, d'après le Petit Robert, c'est augmenter. La croissance économique peut donc

Introduction être entendue comme l'augmentation des grandeurs économiques. Mais, est-elle
seulement de nature quantitative ou au contraire revêt-elle un autre aspect
non mesurable ?
en 2050, nous serons 3 milliards de plus.
Aujourd'hui, la grande majorité de l'humanité vit toujours dans
la pauvreté. Des millions de femmes, d'hommes et d'enfants n'ont ni
eau potable, ni électricité, ni éducation, ni assez à manger… Mais si
humains et envi-
ronnementaux.

A quels indicateurs faut-il se référer pour mesurer la croissance économique ? tous les habitants de la terre vivaient comme nous, il faudrait deux
planètes supplémentaires pour satisfaire leurs besoins ! Or, nous
n'avons pas de planète de rechange.
Anne Jankéliowitch. Association de good planet.
2. Les besoins
Le besoin est un manque, un sentiment de privation accompagné
du désir ou de la nécessité de le faire disparaître. Cette définition
très générale vaut pour l’ensemble des besoins qu’ils soient d’origine
A. Définition de
Plan de la section
physiologique ou d’ordre intellectuel. Ils sont le fait d’individus, de
groupes sociaux, voire de collectivités nationales. On oppose souvent 1 Rappelez la notion
la croissance
économique
les besoins primaires et les besoins secondaires. Les premiers cor-
respondent à ceux dont la satisfaction est considérée comme essen-
tielle à la survie (besoins physiologiques). les seconds, moins impérieux,
varient selon les sociétés et les finalités qu’elles se donnent. Mais,
de besoin.

2 Quelles sont ses


différentes formes ?
Documents
Image de la cette distinction est relative : la frontière entre les uns et les autres n’est
pas évidente. L’univers des besoins est essentiellement social et culturel.
Claude-Danièle Echaudemaison, Dictionnaire d’économie,
Editions Nathan. accompagnés
B. La mesure de
la croissance section 3. Les besoins fondamentaux
L’organisation internationale du travail consacre la primauté des
besoins essentiels (basic needs approach) qu’elle définit comme
composés de deux éléments : le minimum de ce qui est nécessaire à
1 Qu’appelle-t-on
besoins fonda- de questions
économique une famille au titre de la consommation individuelle, une alimentation, mentaux ?
un logement et un habillement convenables, de même que certains
articles ménagers et du mobilier ; les services de base fournis et 2 Dégagez les deux
utilisés par la collectivité dans son ensemble, par exemple l’eau éléments qui les
composent.
potable, un système sanitaire, des moyens de transports publics, des
services de santé et des possibilités d’instruction et d’activité culturelle.
Edwin Zaccaï, Le développement durable,
Dynamique et constitution d’un projet, Editions Ecopolis.
167
12

6
Construisons nos savoirs
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation

Construisons nos savoirs

2 Constater que la structure de la consommation se modifie au


cours de la croissance.
Dégager l'évolution de la part des services dans la consommation.
1. Évolution des coefficients budgétaires
Objectif

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


Evolution de la structure des dépenses des ménages en
Tunisie selon les fonctions de consommation
Fonction de Structure en % Valeur des dépenses
1 Calculez les coeffi- consommation en dinars
cients budgétaires 1975 1985 1995 2005
relatifs à chaque Alimentation 41,7 39,0 37,7 2 857,4
fonction de con-
sommation pour Habitation 27,9 27,7 22,2 1 872,1
l’année 2005. Habillement 8,8 6,0 11,9 722,6
2 Comment ont évo- Hygiène et soins 5,4 7,0 9,6 845,7
lué les coefficients Transport et 4,7 9,0 8,7 1 182,4
budgétaires pour
chacun des postes télécommunication
de consommation ? Enseignement, 8 8,9 8,9 689,7
culture et loisirs
Autres dépenses 3,5 2,4 1,0 41,1
Total 100 100 100 8 211

Documents
Institut National de la Statistique.
1 Comment évo-
2. Les dépenses alimentaires en évolution
luent les dépen- En théorie, les ménages satisfont d'abord leurs besoins primaires,
ses alimentaires puis les besoins moins essentiels, et ainsi de suite, jusqu'au super-
lorsque le revenu flu. C'est dans cet esprit que le statisticien Ernst Engel a formulé

accompagnés 2 Par
augmente ?

quoi se justifie
la baisse de la
part des dépenses
au siècle dernier des lois statistiques censées mettre en évidence la
hiérarchie des besoins des consommateurs. La plus célèbre de ces
lois énonce que la part des dépenses d'alimentation recule lorsque
le revenu s'accroît. Mais l'affirmation d'Engel est aussi vérifiée
alimentaires au

de questions cours de la crois-


quand on compare la consommation des ménages selon leurs reve-
sance ? nus à une époque donnée, en coupe transversale : les ménages pau-
vres consacrent une plus grande part de leur revenu à l'alimenta-
tion que les ménages plus riches.
La justification de l'énoncé d'Engel est intuitive : chaque indi-
vidu ne possède qu'un estomac et il ne peut donc accroître indéfi-
niment les quantités qu'il ingère. C'est pourquoi, quand ses res-
sources augmentent, il consacre de préférence son surplus de reve-
nu à d'autres postes. Ce phénomène de saturation ne s'observe pas
seulement pour l'alimentation, mais aussi dans d'autres domaines
Ernst Engel (1821-1896) comme l'habillement ou l'électroménager.
Mathématicien-économiste allemand.
Chloé Mirau, Alternatives économiques, n° 164.
124

Retenons l'essentiel
Sectio
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Liste des mots-clés
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de
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Préparons-nous au Bac
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

2 Préparons-nous au Bac

1. Comment mesurer le niveau de vie d’un ménage ?


CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

1 De quoi dépend le Le pouvoir d’achat d’un ménage n’est autre que l’expression
pouvoir d’achat de son niveau de vie. Ses variations, en baisse ou en hausse,
d’un ménage ? seraient mesurées par le montant du revenu disponible d’un ménage
si l’ensemble des prix à la consommation ne variaient pas.
2 Pourquoi le pouvoir
d’achat à lui seul ne
Parce que les prix ne restent jamais durablement stables, les varia-
rend-il pas compte tions du pouvoir d’achat doivent prendre en compte les variations
du niveau de vie du revenu et des prix.
d’un ménage ?
Pierre Salles, Problèmes économiques généraux,
Editions Dunod.

Documents 2. Evolution du niveau de vie

accompagnés 1 Complétez le
Evolution de la population et du PIB en Tunisie

1994 2004

de questions
tableau sachant
que la population
totale a été multi- Population totale 8 815,4 ?
pliée par 1,1266 (en milliers de personnes)
au cours de la
période 1994 - 2004.
PIB nominal
15 813,8 35 043,2
2 Calculez l’évolution (en millions de dinars)
du niveau de vie
moyen de la popu- PIB réel
lation au cours de 12 773,8 ?
(en millions de dinars)
cette période.
Interprétez le résul-
tat obtenu. Déflateur du PIB ? 170,8
(1990 = 100)

Institut National de la Statistique

120

VOUS TROUVEREZ EN FIN D’OUVRAGE


Corrigé des activités Glossaire Sites Web
Corrigé
Corrigé Partie
Partie 4-Chapitre
1-Chapitre 31
1
apitre
2-Ch
rtie Section 5 : Les effets de la multinationalisation sur le pays d'origine et
gé Pa
planta
Corri le pays d'accueil et non tions
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rielles
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les
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de la lation de la
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de Les firmes ne se contentent pas de profiter de cette faible protection sociale, elles vont jusqu’à Recet profon l’activi par un le écono- La la
troisiè chimie tions dan
ns popu ution cessé ula- ven tes fiscde que té éco ralentis l’inf
catio de la l’évol %) n’a pop
faire travailler une main-d’oeuvre en dessous de l’âge légal, à un salaire trés faible et sur une durée ant orm me
ales la dép nomiqu - et de atique,, actuel des tran domai-
et s le
ifi ielle décriv
ent
0 (74 de la
de dix heures par jour. Les conditions de travail sont pénibles pour la main-d’oeuvre qui est parfois res des
l’én le,
s mod ion
sector ument en 180 5% total. obligée de se loger à proximité des usines dans de mauvaises conditions. Ainsi la multinationalisa- con non remprélèv : Recet ression. e
trep
l’Etat artie boursa ents tes pro
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ergie des bio est celsports.
atomiq tec le de
inait plus que
1 : Le
loi tion peut se traduire par une exploitation des travailleurs dans les pays hôtes. ue. hnolog
artit le doc e l’emp pub afin de directe bles obligatoi- - l’emplo
tisa
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ion la rép prédomrésent dans repré-
liqu fina et i de n :
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Sect olutio
n de sentés al qui ne rep
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dép
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: Év ce sec e es S
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ité 1 l’évol l’emp1913 pui e. La caricature symbolise la domination exercée par les multinationales sur les pays d’accueil. Cette activit : Dé et
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pen menta t, en 15 ansge des des
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domination s’exprime sous plusieurs formes : roître ativ con pp
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: Divisio tion ire le
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personadul-
CORRIGÉ DES ACTIVITÉS

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toujou tion de – Une domination technologique exercée par les firmes sur le pays hôte qui accueille une technologie tion les con es rée plu
autono sieurs n du mamarch
leur tex s nes
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quo te sim nan t, qui peu
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par l’a g du tendan 180 1800, sa pop évolué menta étrangère dictée par les intérêts de la firme. app de conces con ssance é de
activencernantt au lon autres mes march rché
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ssa et l’ut
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- Co er tou upée. trie :
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à 27%mploi tot duit une s et oir uns cou rt sur
IG É

nce i- bie prim peu


occ dus de cetive occ – Une domination de la main-d’oeuvre des pays d’accueil travaillant sous les ordres des firmes dans Redev de t dis par rap tiveme la val la val
déclinactive
usa nou s en ver
passée s l’e qui tra ges n aire nt eur tur
nt l’in : tion des conditions parfois déplorables. Som ance . velles daire rémuné qui est tinguer port aux eur des e :
tion ncerna constate menta tion act le est r dan [Link] me et ment qui est et le ré bie le Ter
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5 pui t de ce 68% rém précai
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sentait 0. marqu ers telsd’actifs ée de treparti - ploi tion pro


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en 197* puis, le sec passan le ter 199 4 dans pays rchand constitué au départ un pays d’accueil des filiales-ateliers de montage. Puis, elle a pu s’insérer davan- d’aute es com que immaté droits e aut une par ent : Situ Tre . ale nt dan plois
ns en les les riel de re tie reprise atio et
nt en ma urs , les mercia nd s
is da al 199 dans 0. tage dans le commerce international en accueillant des filiales-ateliers dont l’activité consiste non ainsi s non d’ordre entrep de la clie n dan dan
C

bre
ncerna sse loi tot al en 4 vices 199 biais que procéd les, vets, produc
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onn : Ter s l’emla
emplo s l’emp loi tot en 199 n des ser
nte s
- Co de la hau depuis seulement à assembler mais à fabriquer les composants du produit final. Il en résulte une plus grande tants s. Ce rise app à lon e qui me
T IV

pou les les tion réali- -


sens . des mp al duits d’acco r l’ut és ind dro des lle-
normeci fixe elée dond’une qui, g term désign rigine
d’o
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prototyorigina rds de ilisation ustriel
its
téri sur une e. Mo e une
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produc s-tr r éco se l’év lon uveme tendan lo-
ang
teur les pay d’un alisatio
IT É

ust .
2 : La t du sec teur ind icole dan moyen nom olutiongue pér nt con ce
le
teur
lisé ,
dans ive Activité 4 : Les multinationales applaudies ou accusées ? Recyc s à de pro tion ai-
ité sec n act partir - être pays dan n : . ique. d’un iode, tinu
sec r agr uel
du PIB
r ulatio
lage La
Activ par lisa Tre
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de mades déc
de différeappréh s une spé
cia
nte phé carac-
moyen activ la pop la pér déc duc ntes endée produc lisation croissa Glo nom
S

68 % est la part du croiss 0. Les multinationales peuvent constituer à la fois un espoir et une menace pour le pays d’origine et le hets
grands nce rieuses ène
uel ion re de ue sur 5. éva tériaux hets tion :
du biepar le de deu tion peu
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pu contin 200 tion n’a
27 197 :
est stru s. poidsble du n con poids x faç t 4. pays inde et régPériod
5 % est le ens dep croiss la po de la sse 7% en ula t – Pour le pays d’origine, elles peuvent leur procurer certains avantages tels que le rapatriement de Révol ant uti-
tion est éle PIB du sidéré
de ons
ustriel uliè e de
%
2,2 europé taux de e de ution ne bai à 18, s la popcette par revenus, le rayonnement économique et technologique. Mais, elles menacent l’emploi et risquent de form ution des la
dan pro- Tro s de re des
uc tur vol s d’u 5% marquation ind poidsdans ce vé et plu pays, s l’en c :
pays est le str race
l’é
le sen de 45, sa par me tem
t dan ps, part réduire les revenus et le solde commercial. De plus, l’implantation de filiales à l’étranger se traduit éco
machi ée par nom rielle
ust
des pro s la plu - con
tre Echang 194
5 à
de la t la con
% S ret dans sée de don par des investissements à l’étranger occasionnant une sortie de capitaux. iqu : sidéré exp duit est spécia s ce à la d’a
monnautres e dire
1,8
olu tion l’IN faite al est passsements un deu
xiè
tiaires5. – Pour le pays d’accueil, les multinationales représentent un espoir du fait qu’elles créent des nologi nisme le dév e et Trans- exp
orta
tion dans
orta
tion forte ; lisa- ie. biens ct de
par st ter la fin es mis et des eloppe sociale est s par
: Év lié s’e tot roi dan plois en 200 emplois et des revenus, qu’elles améliorent le solde commercial et qu’elles constituent une source Ang du XV es en nouvel ment du dan élevé
s du l’en du pro le san
s recbiens
ité 3 e pub nisie. ution mploi à un acc. Puis, 5.
200 des em49,0% non négligeable de capitaux, de technologie et plus généralement de croissance économique. s ce et pay sem
produit plus s ; plus ble des t Urb
dui ours
tistiqu en Tu l’évol s l’e
lete place les
Activ u sta teur maire, teur dan d’abor à 36, 3% enissance
d 2%
6 à Toutefois, des craintes sont exprimées quant à la sortie de capitaux, à la domination économique et
europé rre III e
puis siècle à par
tech-
est fort la spé ce poi san
anisat
U
lea gressiv ens dan tir Sta
sec
Le tab e par secteur de ce sec
pri assistede 20,3% 4 à 32, cro en 196 technologique et à la menace d’un contre-pouvoir étranger dans le pays. et
ement que s d’a d’abord de mis nda e. cialisat ds agg te de ion :
t e, on 198 6 à la 2% essen-
On
dis se utre en atio
rdisat ion lom la Conce
occupéns le La par ondair passée 2% en uis 196 t de 34, nt : ppés active indust tingue à trav propag s pay n et ion ération popula ntra
- Da 005. r sec elle est de 36, , dep passan me elo n du XV rielles souveners le ent s de sim : Act s de tion tion cro
am Activité 5 : Les multinationales, quel impact sur l'emploi ? mo pro plifica ion d’u
t not pays dév ulatiosecondai- type dans
teu t Struct is-
6-2
196 ns le sec En effet, passanon assistelever en don pop siècle III e siè . La pre t 3 rév nde. - tion nifo urbain des
d’un ure
ique Dans lesdans la secteurs
en est cle miè olution . r- .
- Da upée. resser tiaire, sé de s’é nom : t on- La multinationalisation engendre des effets sur le volume de l’emploi :
vap
eur marqu et du re
déb de la s vem ensem Eléme
:
ve occ de rég teur ter n’a ces les e éco utres sa par vers les rs sec – Dans le pays d’origine : Elle entraîne une destruction d’emplois en cas de transfert d’activité
textile et ée
et les inn par la
ut du fin ent
moyen sta ble
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e de
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cessé ns le sec total toriel issanc vers d’a si que maire secteu ide à l’étranger. Dans le cas de non fermeture d’usines dans le pays d’origine, l’implantation de filiales
est
celle la sid ova ma XIX e ne pérble sur nomiqudament de
pay libr
- Da l’emploi s sec la cro teur ain r pri des
nt rap
ave érurgie tions chine iode. la cou e rela al à l’éc s aya e-écha
tation nent n sec e baisse secteu ution ne fait pas profiter le pays d’accueil des emplois nouvellement créés. c l’éle de la
. La dans à Syndic ti- ent hange nt abo nge
ppeme
rte
dans contrib
ctricité fin
s mu ompag ive d’u cultur ps, du – Dans le pays d’accueil : Elle a un effet positif sur l’emploi du fait qu’elle entraîne de nouveaux , le du XIX e onde
sec le déf
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et la re
eux de bie li les : Groupe
: Le ns acc n act gri tem et, la se. dévelo moteu de ses re les Organi
des
nièrespays tiermais
, ns et restric
ité 4 atio ulatio dans l’a mier vices.r : En eff e régres e et un emplois dans le cas de création de filiales et qu’elle évite la suppression d’un certain nombre d’entre siècle
rà memb intérêts ion des
sat gardande ser tions
Ac tiv orm pop s pre ser tur rgi eux dans le cas de rachat d’entreprises vouées à la disparition. exp propre s des vice
transfnt de la d’actif dans un vers les secteul’agricul sidéru lo- res. profes tiné s. politiq t vis- s
urs sionnee à Zon ues à-vis
bre e
Plusie glissemele nom nt s’opèr premi du PIB celle
ers par de ou la 345 ls phi e franch dou
x re tex tile ue. que a-
- Un ent sseme , deu ctu rs que le matiq d’un délimi e : Ter
stru
tiellem. Le gli puis desde la ccroît alotelles quel’infor calisapays et té situ ritoire
totale tertiaire ications PIB s’a ivités nique ou 7 351 dérogation ou bénéfic é à
l’int
géo
gra
re et s modif re au taines act lectro 31 toire. d’une iant d’u érie -
réglem ne déf ur
- De et tertiaide cer me
l’é
entatiois-
daire déclin ivités com n
- Un es act
d’autr

7
1 LA CROISSANCE
ÉCONOMIQUE
ECONOMIQUE
ET SES FACTEURS

8
 Chapitre 1 : La croissance économique
 Chapitre 2 : Les facteurs de la croissance économique

haque économie revêt des caractéristiques à

C un moment donné. Or, d'un point de vue


dynamique, c'est-à-dire en considérant le fac-
teur temps, les économies subissent indéniablement
des changements. Depuis la révolution industrielle,
plusieurs pays, d'une manière parfois, très inégale,
n'ont cessé de connaître des transformations. Les
principaux indicateurs économiques évoluent à des
rythmes plus ou moins élevés. Des mutations de
structures économiques apparaissent.
Pourquoi dit-on que les économies de ces pays
connaissent la croissance et quels sont les facteurs
qui permettent de favoriser ce processus ?

9
Chapitre 1 :
La croissance économique

L
a croissance économique, une expression qui revient comme un leitmotiv
dans la littérature économique, renvoie à l'idée d'une augmentation de
certains indicateurs économiques. Toutefois, la croissance se limite-t-elle à
la seule dimension quantitative ?
Il s'avère donc nécessaire de définir clairement ce concept et de le mesurer. Il
importe aussi de chercher si cette évolution est régulière ou si elle est marquée
par des fluctuations.

10
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

Section 2 : L’irrégularité de la croissance

11
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

1 " Tout ce qui croît change en croissant "


François Perroux.
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

roître, d'après le Petit Robert, c'est augmenter. La croissance économique peut donc

C être entendue comme l'augmentation des grandeurs économiques. Mais, est-elle


seulement de nature quantitative ou au contraire revêt-elle un autre aspect
non mesurable ?
A quels indicateurs faut-il se référer pour mesurer la croissance économique ?

A. Définition de
la croissance
économique

B. La mesure de
la croissance
économique

12
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

Mobilisons nos pré-requis

1. PIB et PNB
1
Le PIB mesure la valeur des biens et services produits par les 1 Rappelez la no-
tion de valeur
unités résidentes. Il est égal à la somme des valeurs ajoutées des ajoutée.
agents résidents. Tandis que le PNB est calculé en ajoutant au
PIB les revenus primaires reçus du reste du monde par les unités 2 Distinguez le PIB
du PNB.

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


résidentes et en soustrayant les revenus primaires versés par les
unités résidentes à des unités non résidentes. Pour évaluer l'évo- 3 Etablissez la rela-
tion entre PIB
lution de la production dans le temps, il importe de s'assurer que nominal et PIB
les prix n'ont pas varié. On calcule pour cela un PIB réel. réel.

Sophie Brana et Marie-Claude Bergouignan, 4 Quel est l'intérêt


Macroéconomie, Editions Dunod. du calcul du PIB
réel ?

2. Indicateurs de la production
1. La valeur ajoutée réalisée par une entreprise est la différence
entre le chiffre d’affaires réalisé au cours d’une année et l’en-
semble des coûts supportés durant la même période.

2. Le déflateur du PIB mesure l’évolution du PIB sur une période. Corrigez les
propositions
3. Le taux de croissance du PIB mesure l’ensemble des richesses
créées au cours d’une année.

4. La valeur ajoutée réalisée par une entreprise étrangère implan-


tée sur le territoire national n’est pas comptabilisée dans le PIB.

Application.

3. Mesure de l'évolution d'une grandeur économique


1 Donnez la formu-
le de chaque indi-
Considérons les indicateurs suivants : cateur.
– un taux de variation
– un coefficient budgétaire 2 Les indicateurs
proposés sont-ils
– un coefficient multiplicateur tous des indica-
– une part en pourcentage teurs d’évolution?

13
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

Construisons nos savoirs


1 A. Définition de la croissance économique
Identifier la croissance économique en tant que
phénomène quantitatif et qualitatif.
1. Révolution industrielle et croissance
A partir du dernier tiers du XVIIIème siècle, un certain
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

nombre de pays ont connu la plus profonde mutation qui ait jamais
affecté les hommes depuis le néolithique : la révolution indus-
trielle. Les économies peuvent désormais fournir, en les multi-
Dégagez les pliant sans cesse jusqu'à nos jours, des biens et des services mis
changements
à la disposition d'hommes toujours plus nombreux ; on passe,
qui ont affecté
les économies parfois brutalement, le plus souvent par des transitions lentes
depuis la révo- et difficilement perçues, du vieux monde rural à celui des villes
lution indus- " tentaculaires ", du travail manuel à la machine-outil, de l'atelier
trielle. ou la manufacture à l'usine. Des paysans s'exilent vers les cen-
tres industriels nouveaux, l'artisan s'inquiète ou disparaît, des
professionnels surgissent (promoteurs, ingénieurs, techniciens,
etc).
Jean-Pierre Rioux, La révolution industrielle,
Editions du Seuil.

2. La croissance économique
Depuis deux siècles, nous assistons à une formidable amélio-
ration des performances de l'économie. Nous produisons de plus
en plus de biens, nous en consommons de plus en plus, les
Identifiez la besoins se transforment en même temps que les structures et les
croissance
modes de consommation, la répartition des revenus évolue. Cet
économique.
ensemble de phénomènes qui accompagnent l'amélioration des
performances de l'économie s'appelle la croissance économique.
D'une manière simpliste, on peut assimiler celle-ci à une aug-
mentation durable de la production totale. Mais, la croissance est
un phénomène plus complexe qu'une simple amélioration des
indices globaux de production. C'est l'ensemble des phénomènes
et des changements de structures qui accompagnent l'améliora-
tion des performances quantitatives. En ce sens, la croissance est
tout autant un phénomène quantitatif que qualitatif.

Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale,


Editions de L'atelier.

14
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

3. Aspects quantitatif et qualitatif de la croissance


Si l'on peut mesurer la croissance économique grâce à un indi-
cateur synthétique, celui-ci ne rend compte cependant que d'un
aspect de la croissance : l'accroissement des quantités produites.
Or, dans le processus de la croissance, bien des transformations
1 Dégagez les chan-
gements qualita-
tifs qui accompa-
gnent la croissan-
ce économique.
1
s'opèrent. En voici les principales : La structure de la population
active se modifie, la structure de la production se transforme, les 2 Illustrez ces chan-
conditions de la concurrence changent, les économies s'ouvrent gements par des
exemples pris
sur l'extérieur, les structures de la consommation se transforment. dans votre envi-

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


ronnement.
Albert Cohen et Pascal Combemale, Croissance et crises,
Editions Hatier.

4. Croissance extensive et croissance intensive


Considérons le territoire d'un pays avec ses multiples ressour- 1 Rappelez les fac-
ces, sa population et un certain stock de capital : à un certain teurs de produc-
tion.
moment donné, la mise en œuvre de tous ces facteurs permet de
réaliser un certain volume de production. Un accroissement de
cette production peut alors provenir soit d'une augmentation de 2 Comment peut-on
obtenir un accrois-
la quantité disponible de l'une ou de plusieurs de ces ressources sement des riches-
(croissance extensive), soit d'une plus grande efficacité de leur ses créées ?
combinaison (croissance intensive). Dans la réalité, la croissance
est, à la fois, extensive et intensive. 3 Distinguez la crois-
sance extensive
Michel Vaté, Leçons d'économie politique, de la croissance
Editions Economica. intensive.

5. Croissance économique en France


Evolution annuelle moyenne du PIB et de la
productivité en France

1991-1995 1996-2000 2001-2005


Repérez les pério-
des où la croissan-
Croissance du ce est plutôt exten-
1,0 2,5 3,2
PIB (en %) sive et où elle est
plutôt intensive.
Croissance de la Justifiez votre ré-
productivité par 1,5 1,2 4,0 ponse.
tête (en %)

Jean Pisani-Ferry, Plein-emploi,


Editions La Documentation Française.

15
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

1 B. La mesure de la croissance économique

Calculer et interpréter les indicateurs de la croissance

6. Comment mesurer la croissance ?


CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

La croissance économique est l'accroissement des richesses


produites dans un pays au cours d'une période. Cet accroisse-
1 Montrez que la
ment de richesses est le plus souvent exprimé en taux de
croissance éco-
nomique est un croissance de la production d'une période par rapport à la
phénomène me- production de la période précédente. Ainsi, quand on dit que la
surable.
croissance économique a été de 2 % une année donnée, cela
2 Interprétez le signifie que la production de l'année considérée a été, selon les
taux de 2 %. indicateurs dont on dispose, de 2 % supérieure à celle de l'année
précédente. Mesurer la croissance suppose que l'on puisse calculer
l’accroissement de la production réalisée au cours d'une année.
Janine Brémond, Jean-François Couet
et Marie-Martine Salort, Croissance et crises,
Editions Liris.

7. Référence à un agrégat
L'analyse de la croissance consiste à étudier l'évolution de
l'activité, des quantités produites, année après année, dans une
1 Qu'est-ce qu'un économie. Le problème est simple dans une entreprise qui ne
agrégat ? réalise qu'un seul ou qu'un petit nombre de produits. Dans une
économie globale, la difficulté résulte du très grand nombre de
2 Quelle est son biens produits, échangés et consommés. Analyser la croissance,
utilité ? exige, dès lors, la définition préalable d'un indicateur. Pour
évaluer l'activité globale d'une économie, il convient d'élaborer
un agrégat représentatif de l'ensemble produit ; on l'obtient en
sommant les activités de la multitude d'unités de production.

Jean-Paul Gourlaouen et Yves Perraudeau,


Croissance et cycles économiques,
Editions Vuibert.

16
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

8. Le PIB à parité de pouvoir d’achat

La croissance économique est mesurée par la progression du


produit intérieur brut (PIB), après élimination des hausses de
1
prix (évolutions en volume). 1 Quel est l'indica-
teur de référence
Les comparaisons internationales sont effectuées en parité de qui permet de
pouvoir d'achat (PPA), de manière à gommer les différences de mesurer la crois-
structures de prix d'un pays à l'autre. Pour cela, on considère des sance réelle des
" paniers " identiques de biens et de services similaires, représen- richesses créées
dans un pays ?

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


tatifs de la consommation des ménages dans les différents pays.
Pour effectuer la comparaison, au lieu de prendre le taux officiel 2 Pourquoi le recours
de change de la monnaie nationale avec l'euro, on utilise le au PIB évalué en
rapport du prix de chaque panier. Par exemple, si le panier en PPA s'impose-t-il
question coûte 100 euros de ce côté-ci de l'Atlantique et 110 dol- pour effectuer des
lars aux Etats-Unis, la PPA entre l'euro et le dollar sera de comparaisons inter-
nationales des ri-
1 euro = 1,1 dollar alors que, sur le marché des changes, le 25 chesses créées ?
septembre 2001 l'euro valait 0,916 dollar.

Denis Clerc, Alternatives économiques n° 50


Octobre 2001.

9. Méthodes d'évaluation du PIB utilisées


dans les comparaisons internationales
Lorsqu’on cherche à comparer le niveau des richesses des dif-
férents pays, le chiffre le plus souvent cité dans les médias est le
produit intérieur brut exprimé en dollars courants. Il est obtenu
en multipliant la production nationale (évaluée aux prix inté-
rieurs) par le taux de change du dollar au cours de l’année consi-
dérée. Cette méthode donne une image déformée car le taux de
Présentez les deux
change ne reflète pas nécessairement le niveau des prix relatifs
méthodes d'éva-
d’un pays à l’autre. Les institutions internationales calculent dé- luation du PIB
sormais un PIB «à parité de pouvoir d’achat» PIB-PPA. Cet indi- exposées dans le
cateur est obtenu en multipliant le PIB calculé aux prix natio- document.
naux par un taux de change fictif qui rend équivalent le prix d’un
panier de marchandises dans chaque pays. La méthode des PIB-
PPA permet une comparaison plus réaliste du niveau de la pro-
duction et du pouvoir d’achat d’un pays à l’autre. Elle montre
que certains pays ne sont pas aussi pauvres que ne le laisse croire
le taux de change courant de leur monnaie tandis que d’autres
ne sont pas aussi riches.
L’état du monde 2006,
Editions La Découverte.

17
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

10. PIB évalué en dollars et PIB en PPA


1 PIB en $ et PIB en PPA en 2005 dans quelques pays

PIB en milliards PIB en milliards


Pays
de $ (USA) de PPA

Norvège 295,5 191,5


Classez les pays
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

en fonction du PIB
Etats-Unis 12 416,5 12 416,5
évalué en milliards
de $ (USA) et du
PIB évalué en Japon 4 534,0 3 995,1
milliards de PPA.
Que constatez-
vous ? Chine 2 234,3 8 814,9

Tunisie 28,7 84,0


Rapport mondial sur le développement humain 2007-2008
Editions.

11. Mesure de l'évolution des richesses créées


1 Quel est l'indicateur L'augmentation du PIB en valeur est la résultante d'un effet
qui vous paraît le quantité (accroissement des quantités) et d'un effet prix (accrois-
plus pertinent pour
mesurer la crois-
sement du niveau général des prix), aussi peut-elle masquer une
sance économique ? stagnation, voire un recul de la production en période d'infla-
Justifiez votre tion ; c'est donc l'augmentation du PIB en volume d'une année
réponse. sur l'autre qui sera retenue comme indicateur de la croissance
économique.
2 Supposons que la Le taux de croissance annuel du PIB réel se définit alors
période dépasse 2
ans, donnez la comme la variation relative du PIB en volume d'une année sur
formule du taux de l'autre.
croissance global Dans la période t -1 le PIB en volume est Yt-1
du PIB.
Dans la période t le PIB en volume est Yt
Le taux de croissance (en %) du PIB en volume est égal à :
Yt – Yt-1
x 100
Yt-1
Michel Bialès, Rémi Leurion et Jean-Louis Rivaud,
Notions fondamentales d'économie,
Editions Foucher.

18
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

12. Evolution du PIB


1 Complétez le
Evolution du PIB en Tunisie

PIB à prix constants de 1990


(en millions de dinars)
18330
2002 2003

19349
2004

20517
2005

?
lll
tableau.
2 Calculez puis
interprétez le
taux de croissan-
ce annuel du PIB
1
réel en 2004.
PIB à prix courants
29924 32202 ? 37202 3 Déterminez puis
(en millions de dinars)
interprétez le taux
Déflateur du PIB de croissance
163,3 ? 170,8 174,0
(1990 = 100) global du PIB à
prix courants et

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


Institut National de la Statistique. celui du PIB à
prix constants
sur la période
13. Une moyenne des taux de croissance annuels : 2002-2005.
Le taux de croissance annuel moyen (TCAM)
Chacun est habitué à la notion de vitesse moyenne : dire qu'on
a parcouru telle distance à 80 Km/ H, cela ne veut pas dire qu'on
a toujours roulé à cette vitesse, ni qu'on a parcouru 80 Km en une
heure cela veut dire que si la vitesse avait été uniformément de 1 Quel intérêt pré-
sente le taux de
80 Km/H, la même distance aurait été couverte dans le même croissance annuel
temps. Comme toute moyenne, cette vitesse est un bon résumé moyen ?
des nombreuses vitesses instantanées successives auxquelles on 2 Sachant que le
a roulé. TCAM du PIB réel
De la même façon, il est commode de résumer une succession de la Tunisie est
de taux de croissance par leur moyenne, qui est le taux de crois- de 5,26 % sur la
période 2002-2005,
sance uniforme qui aurait abouti à la même croissance globale donnez une inter-
dans le même temps. De même que l'unité habituelle de vitesse prétation à cette
est le " Km / H ", l'unité habituelle des taux de croissance est valeur.
le " % par an ".
M-L. Lévy, S. Ewenczyk et R. Jammes, Comprendre
l'information économique et sociale, Editions Hatier.

14. L'indice du PIB (ou PNB)


La comparaison dans le temps peut se faire à partir d'indices.
Pour cela, on choisit une période de référence (année de référen- Déterminez la rela-
ce ou année de base), en général la période de départ ; et on attri- tion entre les indi-
cateurs suivants
bue un indice 100 à la variable étudiée (PIB ou PNB par exem- relatifs au PIB ou
ple) pour cette date. La valeur pour la période d'arrivée est alors au PNB : son indi-
ce, son taux de
exprimée à son tour en indice ; ce qui permet de visualiser immé- croissance global
diatement la croissance entre les deux dates. et son coefficient
PIBt multiplicateur dans
Indice du PIBt / année de référence = x 100 le cas où l’année
PIBannée de référence de référence est
l’année de départ.
Cécile Arnoult et Sarah Périnet, ABC du Bac,
Editions Nathan.

19
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

1 Retenons l’essentiel
Définition et mesure de la croissance

A. Définition de la croissance économique


La croissance traduit l'amélioration des performances d'une économie. Elle est
définie comme étant l'augmentation soutenue, pendant une période longue, des
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

grandeurs économiques (production, consommation, investissement, épargne,


etc.) accompagnée de transformations des structures économiques. Elle présente
donc deux aspects :
– un aspect quantitatif : La croissance est un accroissement durable des agrégats
économiques. Souvent, c'est l'augmentation du produit intérieur brut (PIB) ou du
produit national brut (PNB) qui est retenue pour repérer cet accroissement.

– un aspect qualitatif : La croissance s'accompagne de modifications importantes


des structures économiques : changements des structures de production, modifi-
cations dans la répartition de la population active par secteur, mutations de la
consommation, etc.

La croissance économique résulte d'un ensemble de facteurs. Dans le cas où elle


découle d'un accroissement des facteurs de production, la croissance est dite extensive.
Elle est qualifiée de croissance intensive lorsqu'elle provient de l'amélioration de
leur efficacité. Dans la réalité, la croissance est à la fois extensive et intensive.

Croissance économique

Augmentation durable Transformations des


des grandeurs économiques structures économiques

(Aspect quantitatif) (Aspect qualitatif)

Croissance intensive pro-


Croissance extensive pro-
venant de l'amélioration
venant de l'accroissement
de l'efficacité des fac-
des facteurs de production
teurs de production

20
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

B. La mesure de la croissance économique


La mesure de la croissance d'une économie au cours d'une période donnée nécessite :
1. La référence à l'agrégat PIB ou PNB qui peut être évalué :
– En valeur (à prix courants ou nominal) ou en volume (à prix constants ou réel).
– En monnaie nationale, en dollars (USA) ou à parité de pouvoir d'achat (PPA) : Le PIB
ou le PNB exprimé en PPA signifie qu'il est évalué non pas à partir des prix intérieurs
1
mais en se basant sur un taux de change fictif qui rend équivalent le prix d’un panier de
marchandises dans chaque pays. Ainsi, la méthode PPA est plus pertinente en matière de
comparaisons internationales dans la mesure où elle élimine les différences de prix entre
pays et permet par conséquent d’évaluer les richesses créées en un standard de pouvoir
d’achat.

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


2. Le calcul de l'évolution de l'agrégat retenu :
La mesure de la croissance économique s’effectue par la prise en compte non pas
de l'agrégat lui-même mais de son évolution.
On détermine les indicateurs suivants de l'agrégat retenu (PIB par exemple)
– Le taux de croissance annuel : C'est le taux qui mesure l'évolution de l'agrégat au
cours d'une année (tn) par rapport à l'année précédente (tn-1).
PIBtn – PIBtn-1
Taux de croissance annuel du PIBtn = x 100
PIB t
(en %) n-1

– Le taux de croissance global : C'est le taux qui mesure l'évolution globale de l'agrégat
au cours d'une période [t0 tn] (t0 étant le début de période, tn la fin de période).
Taux de croissance global du PIBtn = PIBtn – PIBt0 x 100
(en %) PIBt0
– Le taux de croissance annuel moyen : C'est le taux qui mesure l'évolution en moyenne et
par an de l'agrégat au cours d'une période [t0 tn].
– Le multiplicateur : C'est le coefficient par lequel est multiplié l’agrégat au cours de la
période considérée.
Coefficient multiplicateur du PIBtn / t = PIBtn
0
PIBt0
– L'indice : Il mesure l'évolution de l'agrégat par rapport à une année de référence
(appelée aussi année de base).
PIBtn
Indice du PIBtn / année de référence = x 100
PIBannée de référence

L'indice de l'agrégat à l'année de base est toujours égal à 100.


L'indicateur de croissance le plus couramment utilisé par les organismes internatio-
naux est le taux de croissance annuel moyen du PIB ou du PNB évalué en PPA.

Mots clés : Croissance économique – Croissance extensive – Croissance


intensive – Taux de croissance annuel, global, annuel moyen – Indice du PIB
ou du PNB – PIB ou PNB à parité de pouvoir d’achat.

21
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

Préparons-nous au Bac
1 1 Complétez le 1. La croissance économique en Tunisie
tableau sachant
que le déflateur Evolution du PIB en Tunisie
du PIB en 2005
était de 174.
1990 2005
2 En déduire les
taux de croissan- PIB réel en millions de dinars
ce du PIB réel et ? 21380
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

(année de base 1990)


du PIB nominal
au cours de la PIB nominal en millions de dinars 10 798 ?
période 1990-
2005. Interprétez Indice PIB réel (1990 = 100) ? ?
les résultats obte-
nus. Indice PIB nominal (1990 = 100) ? ?
3 Que constatez- Institut National de la Statistique.
vous ?

2. Mesure de la croissance économique


1 Quelle est l'utilité La croissance économique qui est caractérisée par l'augmenta-
du recours à tion des richesses créées pendant une longue période est mesurée
l'évolution du PIB
(ou du PNB) en
souvent par la croissance du PIB ou du PNB. Ces deux indica-
termes réels pour teurs sont calculés à prix courants. Pour obtenir leur évolution en
mesurer la crois- termes réels (ou en volume), on pondère les quantités annuelles
sance écono- par l'intermédiaire d'un système de prix d'une année de
mique ?
référence. En deux siècles de révolution industrielle, le PIB réel
2 A quel indicateur a été multiplié par plus de 30 dans les principaux pays industria-
correspond 30 ? lisés. Cette spectaculaire progression a été unique par son
Rappelez sa for-
mule. rythme et sa durée.
Hervé Bougault, Croissance, crises et cycles économiques,
Editions Techniplus.

3. Evolution du PIB réel en Chine


Taux de croissance annuel (TCA) et taux
de croissance annuel moyen (TCAM) du PIB en Chine
Interprétez les
deux valeurs sou- Années 2002 2003 2004 2005
lignées dans le
tableau. TCA du PIB (en %) 9,1 10,0 10,1 9,9

TCAM du PIB (en %) 9,77


Atlaséco 2007.

22
Section 1 : Définition et mesure de la croissance

4. Le taux de croissance du PNB


Le produit national brut peut être considéré comme un indica-
teur des performances d'une économie. Tantôt, on l'utilisera pour
apprécier ces performances à un moment donné et procéder à des
1 La croissance
économique est-
elle mesurée au
1
comparaisons internationales (étude statique), tantôt on lira dans moyen du PNB
son évolution une représentation de la croissance de l'économie ou plutôt de son
considérée (étude dynamique). Dans ce cas, la performance con- évolution ?
cerne la vitesse d'accroissement de l'activité économique et de 2 Justifiez votre
ses résultats. On calcule donc le taux de croissance annuel du réponse.

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


PNB et on étudie son évolution dans le temps.

Michel Vaté, Leçons d'économie politique,


Editions Economica.

1 Déterminez le
5. L’évolution du PIB nominal en Tunisie taux de croissan-
ce annuel du PIB
nominal en 2005.
Le PIB est simplement la somme des valeurs ajoutées. Il est
exprimé en unités monétaires. On parle volontiers de PIB nomi- 2 Pourquoi ce taux
nal ou PIB en valeur. En 2005, le PIB nominal tunisien était égal ne permet-il pas
de mesurer la
à 37 202 MD alors qu’en 2004, il était seulement de 35 043 MD. croissance réelle
Mais, cette augmentation du PIB nominal est due, à la fois, à une des richesses
augmentation des quantités produites et à une variation des prix ; créées en 2005.
or, bien sûr, seule compte l'évolution des quantités produites 3 Donnez alors un
dans l'analyse de la croissance économique. indicateur qui me-
sure cette évo-
Données d’après l’Institut National de la Statistique. lution.

6. Évaluation du PIB exprimé en parité de pouvoir


d'achat
Pour assurer une comparaison pertinente de la richesse produite
chaque année dans les différents pays, il faut procéder à une cor- Quel est l'intérêt
rection primordiale, qui consiste à convertir les PIB en un stan- de recourir à l'éva-
dard de pouvoir d'achat. En effet, le niveau des prix peut être très luation du PIB
exprimé en parité
différent d'un pays à l'autre - la même quantité monétaire confère
du pouvoir d'achat
alors un pouvoir d'achat différent d'un pays à l'autre - si bien que dans les compa-
la conversion des PIB en une monnaie commune, par le recours raisons interna-
aux taux de change du marché, ne suffit pas à garantir une pleine tionales ?
comparabilité des valeurs.
Institut National de La Statistique et
des Etudes Economiques.

23
Section 2 : L’irrégularité de la croissance

1 “ Il faut rappeler aux nations croissantes qu’il


n’y a point d’arbre dans la nature qui, placé
dans les meilleures conditions de lumière, de
sol, et de terrain, puisse grandir et s’élargir indéfiniment ”.
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

Paul Valéry

a croissance économique se traduit par une amélioration des performances

L de l’économie. Mais, les faits montrent que cette amélioration n’est pas
régulière. En effet, certaines économies connaissent une accélération de
leur taux de croissance, d’autres un ralentissement voire même, une baisse. La
croissance économique n’est donc pas uniforme. Par quoi se manifeste cette
irrégularité ?

24
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

Mobilisons nos pré-requis

1. Un démarrage spectaculaire
1
En septembre 1958, l'ampleur du changement accompli dans
l'économie tient du miracle. La production industrielle impres-
sionne par son ampleur (plus du double de celle d'avant -guerre).

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


Des branches inconnues ou presque, comme l'électroménager, la
pétrochimie, la construction électronique, se développent à vive
allure. Le matériel utilisé s'est renouvelé. Dans les campagnes, la
modernisation des techniques, la concentration des exploitations
et le progrès des rendements préparent en profondeur la puissance
agro-alimentaire qui se manifestera ultérieurement. Surtout, la Dégagez du docu-
transformation du cadre de vie est immédiatement sensible à ment les aspects
quantitatif et quali-
toute une population qui accède enfin à la consommation de tatif de la crois-
masse. De la dauphine Renault au moulin à café Moulinex, tous sance.
deux sortis en 1956, des téléviseurs, dix fois plus nombreux en
quatre ans, des textiles synthétiques qui révolutionnent les habi-
tudes vestimentaires, les symboles ne manquent pas de ce
mieux-être qui tranche avec le dénuement de l'immédiat
après-guerre.
[Link], Histoire de l'économie française depuis 1945.
Editions Colin.

2. Mesure de l’évolution du PNB


Evolution du PNB nominal en Tunisie
1 Complétez le
1990 2003 2004 2005 2006 tableau sachant
que l’année de
référence est
PNB
l’année 1990.
nominal
(en millions 10 471,0 30 868,3 33 610,1 35 402,7 38 339,9
2 Interprétez les
de dinars)
résultats obte-
nus relatifs aux
Indice
deux dernières
du PNB ? ? ? ? ?
années.
nominal

Budget économique 2005.

25
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

Construisons nos savoirs


1 Repérer l’aspect irrégulier de la croissance.

1 Représentez gra-
1. Évolution du PIB en Tunisie
phiquement les
Evolution des taux de croissance annuels (TCA)
données du tab-
leau (en mettant les du PIB réel en Tunisie
années en abscis-
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

ses et les taux de 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
croissance annuels
du PIB réel en TCA du PIB
ordonnées). 4,7 4,9 1,7 5,6 6,0 4,2 5,8
réel (en %)
2 La croissance éco-
nomique tunisien- Budget économique 2005.
ne a-t-elle été uni-
forme au cours de 2. La croissance économique en Allemagne
cette période ?
Justifiez votre Evolution des taux de croissance annuels moyens (TCAM)
réponse.
du PIB en Allemagne

1820- 1870 - 1913 - 1950 - 1973 -


Constatez que durant 1870 1913 1950 1973 1992
la période 1820-
1998, la croissance TCAM du PIB
économique de 2,01 2,83 0,3 5,68 1,76
(en %)
l'Allemagne n'a pas
été régulière. Angus Maddison, L’économie mondiale : une perspective millénaire,
Editions OCDE

3. Fluctuations et cycles économiques


1 Qu’appelle-t-on
«fluctuations éco- Toutes les économies, sans exception, connaissent des fluctua-
nomiques» ?
tions. Quand le PIB réel croît rapidement, les affaires sont bon-
2 Qu’est-ce qu’un nes : les clients sont nombreux et les profits confortables. Quand
cycle ? le PIB décline, les chiffres d'affaires et les profits chutent et les
entreprises connaissent des problèmes. Le terme cycle écono-
3 Toutes les fluctua- mique tend à faire croire à une certaine régularité, alors que les
tions de l’activité fluctuations économiques sont tout, sauf régulières. Certaines
économique sont-
elles toujours cy-
récessions se succèdent rapidement alors qu'on peut passer de
cliques ? Justifiez très nombreuses années sans en retrouver.
votre réponse.
N. Grégory Mankiw, Principes de l'économie,
Editions Nouveaux horizons.

26
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

4. Morphologie d'un cycle


Des périodes de récession succèdent aux périodes d'expansion :
l'économie subit des fluctuations. Souvent, ces périodes se succè-
dent avec une certaine régularité. Bien qu'il existe des différences
1
importantes d'un cycle à l'autre, il est possible de caractériser les dif-
férentes phases que l'on rencontre dans tous les cycles.
On parle de reprise lorsque le creux est franchi. On dit aussi que
le point de retournement inférieur est dépassé. La reprise est pro-
longée par l'expansion. Dans la reprise, la consommation redémar-
re. La production s'accroît. On utilise le capital inemployé et on

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


commence à embaucher les travailleurs. On remplace les machines
usagées, on investit. Les banques recommencent à prêter, etc.
On approche d'un sommet quand le taux d'utilisation de la capa-
cité de production tend vers son maximum. Les entreprises doivent
emprunter pour augmenter leurs capacités de production. Le taux
d'intérêt augmente. Les prix augmentent. Les revendications sala-
riales se multiplient. Elles seront répercutées sur les prix. Quand la
hausse des prix se généralise, on parle d'inflation.
A partir du point de retournement supérieur, l'économie bascule
dans la récession. La consommation et la production commencent Identifiez chacu-
à fléchir. Les investissements réalisés se révèlent insuffisamment ne des différen-
rentables. Les taux d'intérêt se révèlent trop élevés. Les faillites tes phases d'un
deviennent courantes, etc. C'est la récession. Si la situation écono- cycle.
mique est particulièrement mauvaise, on parle de dépression.
Celle-ci est caractérisée par un taux de chômage très élevé. Les
profits sont faibles et se transforment en pertes. Les faillites sont
nombreuses. Les investissements chutent. La production diminue.

Les différentes composantes d’un cycle économique

en %

Récession

Daniel Martina, Les fluctuations cycliques,


Editions Nathan.

27
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

5. Croissance et expansion

1 Dans l'ensemble des phénomènes économiques, la croissance


appartient à la catégorie des mouvements de longue période. On
doit bien distinguer la croissance de l'expansion.
L'expansion, mouvement court, désigne une augmentation du
niveau de l'activité économique ; elle se traduit par un accroisse-
Comparez la ment des indicateurs quantitatifs tels que le produit intérieur
croissance éco- brut.
nomique et l'ex- La croissance, mouvement long, est le résultat (mesuré par un
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

pansion. accroissement durable de ces mêmes indicateurs quantitatifs),


d'un ensemble de transformations qui affectent les structures
économiques. La référence nécessaire aux transformations struc-
turelles conduit à voir dans la croissance, une expression quanti-
tative et qualitative.
Michel Vaté,
Leçons d'économie politique,
Editions Economica.

6. Récession et dépression
L'opposition entre les rythmes de variation et les niveaux des
1 Pourquoi variables économiques est très importante à comprendre. On
toute
augmentation du évite alors de nombreuses confusions. Ainsi, la valeur du PIB
PIB réel ne signi- réel permet d'apprécier le niveau de l'activité, durant un exercice
fie-t-elle pas donné. Le taux de croissance est le rythme de variation dans le
nécessairement temps du PIB réel. Deux problèmes méritent d'être soulignés :
une augmenta-
l'un relatif à la représentation graphique des phénomènes, l'autre
tion de son taux
de croissance ? d'ordre terminologique.
Identifiez chacu- Sur le plan de la représentation graphique, il est courant d'en-
ne des situations. registrer, non pas l'évolution dans le temps du niveau du PIB
réel, mais l'évolution de son taux de croissance.
2 Distinguez la
D'un point de vue terminologique, une variation du niveau
phase de réces-
sion de la phase d'une variable doit, bien entendu, être distinguée d'une variation
de dépression. de son taux de croissance. Illustrons cette observation sur un
exemple : La variable est le PIB réel. Une dépression est une
baisse du niveau de la variable, alors que l'on parlera d'une réces-
sion lorsque seul baisse le taux de croissance qui reste positif.

Jean-Paul Gourlaouen et Yves Perraudeau,


Croissance et cycles économiques,
Editions Vuibert.

28
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

Constater que sur le long terme, la tendance générale


des richesses créées est à la hausse.

7. Croissance économique et trend


La croissance économique, définie comme un mouvement de
1
longue période, caractérisée par l'augmentation soutenue d'un 1 Identifiez la no-
indicateur de dimension, doit être distinguée du " trend ". Le trend tion de "trend ".
ou tendance longue indique toute tendance animant le mouve-
ment de l'activité économique dans le long terme. Cette tendance 2 L'existence d'un
peut être orientée vers la croissance aussi bien que vers la trend signifie-t-

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


décroissance. Les XIXe et XXe siècles connaissent une tendance elle toujours une
générale de croissance économique. Mais, ce trend n'est pas croissance éco-
régulier : il est ponctué de cycles économiques. nomique ?

Hervé Bougault, Economie,


Editions Techniplus.
8. Tendance et cycles
Le trend représente la tendance, l'évolution à long terme du
phénomène étudié. Il peut s'agir de la diminution de la population
agricole, du développement de l'électricité ou du déroulement de
n'importe quelle variable. On a coutume de dire que l'allure du
trend est déterminée par les paramètres structurels de l'économie
qui résistent aux perturbations du court terme.
Le mouvement cyclique est dû au comportement fluctuant de La tendance gé-
la plupart des séries économiques. nérale à la haus-
Imaginons que nous représentons graphiquement l'évolution se des riches-
du PIB réel durant une période suffisamment longue. ses créées tra-
duit-elle l'absen-
PIB réel ce de fluctua-
tions de l'activité
économique ?

Le segment de droite caractérise le trend. Les fluctuations


autour du trend manifestent la présence d'une composante cyclique.
Jean-Paul Gourlaouen et Yves Perraudeau,
Croissance et cycles économiques, Editions Vuibert.

29
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

Retenons l’essentiel
1 L’irrégularité de la croissance économique

La vie économique est marquée par des irrégularités. En effet, la croissance n'est
pas un processus continu. L'activité économique connaît des vitesses de croisière diffé-
rentes : à certains moments, son rythme s'accélère ; à d'autres moments, il ralentit. On
parle alors de fluctuations pour désigner les mouvements de l'activité économique. La
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

notion de cycle est utilisée dans l'hypothèse où l'on admet la régularité de ces fluctua-
tions. Un cycle est, de ce fait, un phénomène répétitif caractérisé par une certaine
périodicité (caractère récurrent).

Le cycle économique comporte :


– Une phase d’expansion : Elle traduit l'accélération de l'activité économique. Durant
cette phase, les principales grandeurs économiques augmentent rapidement.
Toutefois, il ne faut pas confondre croissance et expansion. En effet, contrairement à
la croissance économique qui se définit comme l’amélioration des performances éco-
nomiques sur une longue période accompagnée de transformations des structures éco-
nomiques, la phase d’expansion n’est caractérisée que par l’augmentation des riches-
ses créées sur une courte période.
– Un point de retournement de l'activité économique, appelé «crise» : Il met fin à
l'expansion pour déboucher sur une récession ou une dépression.
– Une phase de récession : Elle traduit le ralentissement de l'activité économique. Les
principales grandeurs économiques augmentent mais à un rythme moins accéléré.
Leur taux de croissance qui diminue reste, toutefois, positif. On parle de dépression,
au contraire, si le niveau de l'activité économique baisse, ce qui se traduit par une
diminution des principales grandeurs économiques dont le taux de croissance devient
négatif.
– Un point de retournement de l’activité économique appelé «reprise» qui cor-
respond à un signal de redémarrage d’une nouvelle expansion.

30
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

Toutefois, les fluctuations économiques n'ont pas toujours le caractère cyclique.

A long terme, se dessine une tendance ou trend qui résume les fluctuations
1
économiques. Au cours de la croissance économique, cette tendance générale de l'évo-
lution des richesses créées est à la hausse.

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


PIB
Activité économique

Période

Mots clés : Fluctuation économique - Cycle économique - Expansion -


Crise - Récession - Dépression - Reprise - Trend.

31
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

Préparons-nous au Bac
1 1. L’évolution économique au XXe siècle
Les évolutions économiques sont marquées par le retour des
cycles. A la croissance régulière des Trente Glorieuses (1945-1975)
succèdent, à partir du milieu des années soixante dix, des phases
alternées d'expansion et de ralentissement de l'activité économique.
Les fluctuations caractérisent la croissance du dernier quart du
XXe siècle.
Depuis 1975, la croissance s'est sensiblement ralentie par rap-
CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

port à la période antérieure, avec des variations conjoncturelles


assez soutenues et une aggravation de certains déséquilibres.
Constatez le carac- Les années 1975 -1982 sont caractérisées par une forte inflation,
tère irrégulier de un ralentissement de la croissance et une progression du chômage.
la croissance éco-
Les années 1983 -1989 sont marquées par une reprise lente mais
nomique.
très inégale selon les pays. Pour tous les pays, la croissance reste
cependant bien inférieure au niveau des années soixante. Dans leur
ensemble, les économies européennes conservent une croissance
plus faible avec un taux qui ne dépasse pas 2,5 %.
L’année 1990 va marquer le début d'une nouvelle période de
récession. La crise du Golfe renforce les tendances récessionnistes
en déclenchant d'une part un nouveau choc pétrolier et, d'autre part,
des anticipations défavorables à la reprise économique.
A partir de 1994, l'économie mondiale renoue avec la croissance
avec des phases successives d'expansion et de récession.
M. Dupuy, F. Larchevêque, C. Nava et C. Sauviat,
Les fluctuations de la croissance dans les pays développés,
Editions Hachette Education.

2. Les cycles économiques


La croissance d'une économie n'est jamais régulière. Pendant
longtemps, la vie économique a été troublée par les fluctuations
cycliques et de graves crises économiques. Après plusieurs années
1 Repérez, dans un d'expansion (phase caractérisée par un accroissement de la produc-
graphique, les dif-
tion pouvant se réaliser sans changement important dans les struc-
férentes compo-
santes d’un cycle
tures économiques), on assistait à un brusque retournement de la
économique. conjoncture, c'était la crise avec accroissement du chômage et
faillites ; l'économie entrait alors dans une période de récession ou
2 Caractérisez cha- dépression de plusieurs années, puis, à nouveau, la conjoncture se
cune de ces com- renversait, il y avait reprise et on entrait dans une nouvelle période
posantes. d'expansion. On parlait alors de fluctuations cycliques. Le cycle
économique est donc la succession de périodes d'expansion et de
récession ou de dépression séparées par une crise qui marque le
renversement de la tendance vers le bas et d'une reprise qui marque
le renversement de la tendance vers le haut.
Jean-Paul Gourlaouen et Yves Perraudeau,
Croissance et cycles économiques, Editions Vuibert.

32
Section 2 : L'irrégularité de la croissance économique

3. Fluctuations et cycles
Comme la vie sociale, l'activité économique est scandée de
multiples rythmes. Elle suit, depuis l'origine, le rythme des jours,
des mois, des saisons, des années. Moins ses techniques de maî-
1
trise des données climatiques sont élaborées, plus l'agriculture a
d'importance et plus la production est aléatoire, soumise qu'elle
est à des variations climatiques. Tous les mouve-
Avec l'apparition et l'expansion de l'industrie qui s'est affran- ments de l’activité
chie des rythmes naturels sans l'être complètement des rythmes économique sont-

CHAPITRE 1 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE


saisonniers (variation de la demande par exemple), c'est à d'aut- ils cycliques ?
res rythmes ou fluctuations que l'activité économique se trouve
soumise. La périodicité des cycles n'est pas rigoureuse.
L'économie n'est pas un mouvement d'horloge et les cycles se
succèdent sans pour autant être identiques ni dans leur forme ni
dans leur durée. L'usage qui a prévalu veut que l'on parle de
cycles, le terme le plus général étant celui de fluctuations, lequel
implique moins de régularité et de symétrie.
Bernard Rosier, Les théories des crises économiques,
Editions La Découverte.

4. Une croissance irrégulière


L'accumulation de richesses matérielles est certainement la
caractéristique première des sociétés industrielles. Les données
indiquent que la production a plus que décuplé au cours des cent 1 La croissance éco-
nomique se tra-
dernières années dans l'ensemble du monde industriel. Pour duit-elle toujours
spectaculaire qu'elle soit sur la longue période, la croissance par un accroisse-
économique ne s'accompagne pas moins parfois d'un recul ou ment des riches-
une stagnation, dans le meilleur des cas, un ralentissement de la ses créées ?
production. L'instabilité chronique des économies a donné lieu à
2 Comment expli-
une réflexion sur les cycles économiques, autrement dit les quer l'éclipse puis
fluctuations de l'activité autour d'une tendance de croissance. la relance de la
Extrêmement vivante dans l'entre-deux-guerres, cette réflexion réflexion sur les
a connu une éclipse pendant la longue phase de croissance cycles ?
d'après-guerre qui semblait marquer leur disparition. L'irruption
de la crise au milieu des années soixante dix a relancé la
discussion sur l'instabilité des économies et suscite un regain
d'intérêt pour les cycles.
Jacques Adda, Croissance, crises et cycles,
Editions La Découverte.

33
Chapitre 2 :
Les facteurs de la croissance économique

C
omprendre la croissance économique nécessite la connaissance des fac-
teurs qui contribuent à l'amélioration des performances économiques et aux
transformations économiques qui en découlent.
D'abord, l'activité économique paraît étroitement liée au facteur travail et au
facteur capital, le progrès technique y étant incorporé. Ces deux facteurs sont donc
essentiels pour la croissance économique. Il ne s'agit pas de facteurs pris seulement
dans leur dimension quantitative mais aussi dans leur dimension qualitative. Par
ailleurs, étant donné que les économies sont de plus en plus ouvertes sur l'extérieur,
certains pays qui développent leurs échanges commerciaux bénéficient de plu-
sieurs avantages stimulant ainsi leur activité économique.
Comment tous ces facteurs contribuent-ils à la croissance d’une économie ?

34
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

Section 3 : La contribution des échanges extérieurs


de biens et services à la croissance
35
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

1 " La croissance a toujours été la glorification du


travail : une société est jugée sur ce qu'elle fait et
pas sur ce qu'elle est. "
Jacques Attali
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

L
e travail, en tant que facteur de production, ne cesse d’évoluer. En effet, non seu-
lement la population active augmente en nombre mais, la qualité du travail s'en trou-
ve modifiée.
C'est, en premier lieu, par son accroissement quantitatif que le travail contribue à la
croissance économique. Mais, sa contribution dépend aussi de sa productivité et
s'explique donc de plus en plus en considérant son aspect qualitatif. Enfin, le travail
permet d’améliorer des performances économiques à travers les revenus qu'il génère.
Comment les travailleurs du fait de leur nombre, de la qualité de leur travail et des
revenus qu'ils perçoivent peuvent-ils contribuer à la croissance économique ?

A. L’importance quan-
titative du travail
dans la croissance

B. L’importance de la
qualité du travail
dans la croissance

C. L’importance des
revenus du travail
dans la croissance

36
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

Mobilisons nos pré-requis


1. Comment varie la population active ? 1
La population active étant une sous-partie de la population tota-
le, son évolution est influencée par des données démographiques.
Ainsi, la fin des années 40 a été marquée par une forte augmen-
tation de la natalité, le "baby boom" ; celui-ci a une incidence sur
le volume de la population active, quand les générations nombreu-

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


1 Qu'appelle-t-on
ses d'après-guerre ont été en âge de travailler. population active ?
Inversement, la baisse du taux de fécondité au cours des années Rappelez ses com-
70 a pour effet de ralentir le rythme de croissance de la population posantes.
active après l'an 2000.
Les migrations de population peuvent aussi agir sur le volume 2 Quels sont les fac-
de la population active. Ainsi par exemple, les entrées et les teurs qui influen-
sorties d'actifs du territoire national exercent une action immédiate cent son évolution
sur le nombre d'actifs. et l’évolution de sa
La variation des taux d'activité résulte d'un ensemble de fac- structure ?
teurs qui exercent des influences de nature différente. Certains
pèsent de façon négative sur la population active : l'allongement
de la scolarité et la baisse de l'âge de cessation d'activité induisent
une diminution des taux d'activité. D'autres jouent de façon posi-
tive : le développement de l'activité professionnelle des femmes
entraîne une hausse du taux d'activité féminin.
Janine Brémond, Jean-François Couet et Marie-Martine Salort,
Emploi et chômage, Editions Liris.

2. Des notions à ne pas confondre !


Les facteurs de production sont constitués par tous les éléments 1 Repérez les no-
qui sont utilisés pour produire. Ainsi, le travail est un facteur de tions à ne pas
production dans la mesure où pour réaliser une production, il faut confondre.
faire appel à une main-d'œuvre qui travaille. 2 Rappelez la no-
Un facteur de production contribue à la production, mais ne se tion de productivité
confond pas avec elle. du travail. Dégagez
La production ne doit pas être confondue non plus avec la sa formule puis
donnez d'autres
productivité. Ainsi, deux entreprises A et B qui ont une même pro- manières de la
duction, par exemple 100 000 unités d'un produit, peuvent avoir calculer.
une productivité différente si l'entreprise A a deux fois plus de
salariés que l'entreprise B. 3 Pourquoi les deux
entreprises A et B
Janine Brémond, Jean-François Couet et Marie-Martine Salort, ont-elles une pro-
Emploi et chômage, Editions Liris. ductivité différente ?

37
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

Construisons nos savoirs


1 A. L'importance quantitative du travail dans la croissance

Montrer la contribution de la quantité de travail à la


croissance économique.
1. Quantité de travail et croissance économique
1 Dégagez les déter- La quantité de travail peut être un facteur de croissance écono-
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

minants de la quan- mique. La production, en effet, s'accroît d'autant plus vite que la
tité de travail. population active est plus forte ou que le temps de travail annuel est
plus important. A niveau technique égal, la puissance économique
2 Quel est le facteur d'un pays est proportionnelle au nombre de ses travailleurs. C'est
qui a contribué à la ainsi que le fort taux de natalité d'après-guerre dans les pays
croissance écono- européens a contribué d'une manière incontestable à la croissance
mique des "trente des " trente glorieuses ".
glorieuses" ? Hervé Bougault, La croissance et ses irrégularités,
Editions Techniplus.

2. L'évolution de la population active


Plusieurs études empiriques démontrent l'importance de la
démographie pour expliquer la croissance économique. En Asie de
l'Est, la croissance remarquable de l'économie observée depuis un
demi-siècle a coïncidé étroitement avec l'évolution démographique
de la région. De 1950 à 2000, la mortalité infantile est passée de
181 à 34 pour 1000 naissances et la fécondité de 6 à 2 enfants par
femme. Le décalage entre la baisse de la mortalité et celle de la
fécondité a créé la génération du baby-boom : entre 1965 et 1990,
1 Par quoi a été sti- la population d'âge actif s'est accrue presque quatre fois plus vite
mulée la croissan- que la population inactive. Selon plusieurs études, cette évolution
ce économique
démographique a été à l'origine d'un tiers de la croissance écono-
en Asie de l'Est et
en Irlande?
mique de l'Asie de l'Est au cours de cette période.
De 1960 à 1990, le revenu a progressé d'environ 3,5 % par an en
2 La croissance Irlande. Pendant les années 1990, ce taux a atteint 5,8 %, c'est-à-
constatée est-elle dire bien plus que dans les autres pays européens. L'évolution
plutôt extensive démographique n'est pas étrangère à ce résultat. Deux autres fac-
ou intensive ? teurs ont alimenté la croissance économique en relevant l'offre de
Justifiez votre main d'œuvre. Premièrement, si le taux d'activité des hommes, en
réponse. Irlande, est resté relativement stable, celui des femmes, en particu-
lier les femmes âgées de 25 à 40 ans, a fortement augmenté entre
1980 et 2000. Deuxièmement, le taux d'émigration a toujours été
élevé parmi les jeunes adultes irlandais. La diminution des cohortes
de jeunes et la croissance économique rapide des années 1990 ont
inversé cette tendance : on a assisté à une immigration nette de
travailleurs, composée en partie d'irlandais rentrant au pays, mais,
aussi, pour la première fois, d'un nombre considérable d'étrangers.
Finances et Développement, Publication trimestrielle
du Fonds Monétaire International, Septembre 2006.
38
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

3. Importance du nombre d'actifs dans la croissance


L'humanité connaîtrait pendant longtemps encore des change-
ments démographiques. En raison de l'accroissement rapide de la
population mondiale depuis quelques décennies, les femmes en
âge de procréer sont extrêmement nombreuses. Cela engendre un
1
"élan démographique" : la population de la plupart des pays,
même ceux où les taux de natalité sont en baisse, va continuer de
s'accroître pendant de nombreuses années. Ces changements ont Comment une
d'énormes conséquences sur le rythme de la croissance écono-

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


population active
mique. En influant sur la structure par âge de la population, le plus nombreuse
changement démographique modifie le ratio actifs / inactifs. stimule-t-elle la
L'existence d'une proportion exceptionnelle de personnes d'âge croissance éco-
nomique ?
actif au sein de la population à un moment donné signifie que le
ratio est plus élevé qu'auparavant. Il y a donc moins de jeunes
bouches à nourrir. La production peut s'accroître par rapport à la
consommation.
Il faut aussi prendre en compte l'évolution de l'épargne. En
effet, les personnes épargnent davantage pendant leur vie active,
de sorte que si la cohorte d'âge actif est plus nombreuse que les
autres groupes, l'épargne par habitant va augmenter. Pendant
cette période, la population active augmente temporairement
plus vite que le nombre de personnes qu'elle fait vivre, ce qui
libère des ressources pour l'investissement dans la croissance
économique et le bien-être des familles.
Finances et Développement, publication trimestrielle
du Fonds Monétaire International, Septembre 2006.

4. Croissance économique et croissance de la


population active

Evolution annuelle moyenne (TCAM) du PIB


et de la population active occupée aux Etats-Unis
(en %)
Quelle relation
1913-1950 1950-1973 1973-1998 dégagez-vous
entre la croissan-
TCAM du PIB 2,84 3,93 2,99 ce économique
et la croissance
de la population
TCAM de la popula- active occupée
1,2 1,6 1,5 aux Etats-Unis ?
tion active occupée

Angus Maddison, L’économie mondiale : une perspective millénaire,


Editions OCDE

39
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

1 B. L'importance de la qualité du travail dans la croissance

Mettre en évidence la contribution de la qualité du


travail à la croissance à travers les gains de produc-
tivité qu'elle génère.
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

5. Qualité du travail et productivité


1 Quel est le sens
donné à la qualité
du travail du point Lorsqu'on évoque la qualité du travail, le premier réflexe est de
de vue du con- penser au travail bien fait, à la qualité des produits. En réalité, il
sommateur et de s'agit ici de travail accompli. Ce travail accompli dépend de la
celui de l’écono-
qualité du facteur travail. L'ébéniste qui réalise une commode de
miste ?
style absolument parfaite le doit avant tout à ses propres qualités
2 En vous basant mais aussi à d'autres facteurs. Toutefois, si du point de vue du
sur l'exemple don- consommateur les travailleurs réalisent un travail de qualité, aux
né, dites quels yeux des économistes celui-ci n'est considéré comme tel que
sont les facteurs
dans la mesure où il est efficace, Ainsi, la qualité du travail
qui ont permis à
l'ébéniste de réali- renvoie à la notion de productivité.
ser un travail de
qualité. Alternatives économiques, n° 114 ; février 1994.

6. Croissance économique et productivité


Evolution annuelle moyenne (TCAM) du PIB et de la
productivité du travail par tête au Japon (en %)

1913-1950 1950-1973 1973-2000


Quel lien pou-
vez-vous établir
entre les deux 2,3 9,3 3,0
TCAM du PIB
indicateurs ?

TCAM de la producti- 1,5 7,5 2,9


vité du travail par tête

Angus Maddison, L’économie mondiale : une perspective millénaire,


Editions OCDE

40
Section 1 : La contribution du travail à la croissance
7. Capital humain et croissance économique
La croissance économique est fondée sur notre capacité de
production de biens et services. Le capital humain est le terme
que les économistes emploient pour désigner l'ensemble des
connaissances et des talents acquis par les travailleurs au travers
de l'éducation, l'apprentissage et l'expérience. Il regroupe toutes
les compétences acquises de la maternelle à l'université, plus tard
1
dans la vie active par l'expérience professionnelle. S'il s'agit de
facteurs moins tangibles que des usines, des ordinateurs ou des
laminoirs, le capital humain n'est pas très éloigné du capital phy- 1 Rappelez la notion
sique. Comme ce dernier, il accroît notre capacité productive. Le de capital humain.

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


capital humain recouvre l'ensemble des investissements dans Dégagez les fac-
l'homme. Le plus important est bien entendu l'éducation, la for- teurs susceptibles
mation et la santé. Comme toute forme de capital, il représente de l'améliorer.
une dépense effectuée, à un moment donné, pour accroître la pro-
ductivité future. Mais, contrairement aux autres formes de capi- 2 Comment le capital
tal, l'éducation, la formation et la santé sont inextricablement humain contribue-t-
il à l'amélioration
liées à un individu particulier, et c'est précisément cette relation
des performances
qui lui confère le caractère de capital humain. Comme il fallait économiques ?
s'y attendre, les individus au capital humain plus développé
gagnent mieux leur vie que les autres. Aux Etats-Unis, les diplô-
més de l'enseignement supérieur gagnent 65 % de plus que les
diplômés de l'enseignement secondaire. Et cette différence est
valable dans le monde entier. Elle est même beaucoup plus gran-
de dans les pays où les qualifications élevées sont rares. Il est
facile de comprendre pourquoi la formation accroît les salaires.
Les entreprises qui demandent du travail sont prêtes à payer plus
cher des travailleurs mieux formés, car ceux-ci sont plus produc-
tifs et contribuent plus au développement de leurs affaires et à
l'accroissement de la production.
N. Gregory Mankiw, Principes de l'Economie,
Editions Nouveaux Horizons.
8. La qualification et l’âge des travailleurs
Si la productivité mesure la qualité de la main-d'œuvre, cette
dernière évolue dans le temps en fonction des caractéristiques
individuelles des personnes actives : le niveau de qualification et 1 Dégagez les fac-
l'â[Link] d'abord, l'éducation est en effet, une source de qualité teurs qui permet-
de la main d'œuvre. Ainsi, le niveau moyen des études et le tent d'améliorer la
productivité du
diplôme peuvent représenter une source d'évaluation de ce
travail.
niveau d'éducation. On observe aussi une relation entre l'âge et
la productivité. Il est traditionnel de considérer que la relation 2 Tracez la courbe
entre la productivité du travail et l'âge peut être représentée par qui traduit pour le
une courbe en dos d'âne : L'expérience s'accroît en effet avec travailleur la rela-
l'âge, tandis que les capacités physiques et intellectuelles subis- tion entre son âge
sent l'effet du vieillissement. L'expérience et donc la productivi- et sa productivité.
té augmentent dans un premier temps avec l'âge, avant de décli-
ner au fur et à mesure que les capacités physiques et intellectuel-
les s'épuisent avec le vieillissement.
Jean-Paul Gourlaouen et Yves Perraudeau,
Croissance et cycles économiques, Editions Vuibert.
41
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

1 9. Evolution de l'organisation du travail et


productivité

Le taylorisme repose sur l'accroissement de la productivité


du travail. Il confisque le savoir-faire ouvrier pour le remettre
dans les mains de la direction. Pour ce faire, il décompose le
travail manuel en éléments simples, chronomètre chaque
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

geste et supprime toute initiative à l'exécutant. Désormais, les


tâches sont réglées selon le principe du " one best way ".
Comment chacune Finalement, l'apport de Taylor consiste à séparer radicalement
des formes d’orga- le travail de conception et d'exécution. En accentuant la divi-
nisation du travail sion du travail, le temps d'apprentissage est ainsi réduit. Un
permet-elle d'amé- travailleur moins qualifié aura moins de pouvoir dans l'entre-
liorer la producti- prise. De plus, par l'augmentation considérable des rende-
vité ?
ments qui en découle, le taylorisme accroît les profits des
chefs d'entreprise. Le fordisme se définit comme un approfon-
dissement du taylorisme. L'utilisation d'un convoyeur accroît
la productivité. Les changements qui s'opèrent affectent éga-
lement la nature des objets : la production devient de plus en
plus standardisée et s'inscrit dans une phase d'accumulation
intensive. Les nouvelles formes d'organisation du travail ont
aussi favorisé la hausse de la productivité.

G. Ferréol et P. Deubel, Economie du travail,


Editions Armand Colin.

10. Les gains de productivité


1 Définissez la L’amélioration de la productivité du travail permet de créer
notion de “gains des revenus supplémentaires. Les gains de productivité repré-
de productivité”. sentent, en effet, une ressource supplémentaire que l’entrepri-
se peut répartir entre plusieurs bénéficiaires : les salariés en
2 A qui peuvent-ils
augmentant leur rémunération, les consommateurs en baissant
bénéficier ?
les prix, l’entreprise elle-même par l’accroissement des béné-
fices non distribués, ses propriétaires par la hausse des divi-
dendes et l’Etat par l’augmentation des impôts et des taxes.

Jean-Yves Capul et Olivier Garnier,


La productivité, Editions Hatier.

42
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

C. L'importance des revenus du travail dans la croissance


Mettre en évidence la contribution des revenus du
travail à la croissance
11. Motivation des travailleurs : clé de la performance
1 Dégagez les
1
"Chez Microsoft, 30 % du résultat net est dû à la motivation du
moyens qui per-
personnel " affirme Bill Gates. Les employés mieux payés sont plus mettent de moti-
rentables explique pour sa part une récente étude du cabinet de ver les travail-
conseil Bain et Compagnie. Non seulement, ils sont plus produc- leurs.
tifs, mais ils fidélisent la clientèle ! Les 44 entreprises sélectionnées

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


pour le grand Prix de l'Entrepreneur 1997 font partie des 100 entre- 2 Montrez que
prises les plus performantes en termes de croissance. Chez elles, le des travailleurs
turnover est proche de zéro, l'absentéisme inférieur à celui des plus motivés
autres entreprises. Depuis que les entreprises ont souhaité rendre améliorent les
l'initiative aux salariés, elles ont tout essayé pour " fabriquer de performances de
la motivation ". L'intéressement vise à associer les salariés aux per- leur entreprise.
formances de l'entreprise à travers un supplément de rémunération
flexible et motivant. Revue l'entreprise n° 145.

12. Revenus du travail et croissance


Il fallut attendre le début du XXe siècle pour qu'on comprenne
que les salaires versés aux travailleurs ont un effet macroécono-
mique. Plus la masse salariale est importante, plus la demande éco-
nomique globale sera forte. C'est ainsi qu'Henry Ford, le fondateur
de la grande firme automobile qui porte son nom, parvint à la
conclusion que les intérêts des producteurs et ceux des travailleurs
sont, dans une large mesure, convergents. En payant des salaires
suffisamment élevés, on permettrait à une importante fraction de la
population d'acheter les biens produits par les entreprises et on évi-
terait ainsi les risques de surproduction. La hausse des salaires ne
Comment les
manquerait pas d'élever d'abord la propension à la consommation. revenus du travail
Ceci entraînerait une hausse de la demande et permettrait au pro- contribuent-ils à
duit national brut de s'élever. C'est ainsi que de hauts salaires sti- la croissance ?
mulent la demande et relancent la croissance. A mesure que s'ac-
croît le revenu, la consommation totale augmentera. Mais, il y a
diminution relative de la consommation. On peut facilement illustrer
ce phénomène par un exemple. Supposons un travailleur dont le
revenu est faible. Il dépensera donc 100 % de ce revenu. Peut-être
dépensera-t-il plus de 100 % de ce revenu s'il se trouve contraint
d'emprunter. Supposons maintenant que ce même travailleur béné-
ficie d'une augmentation de son revenu. Ses dépenses de consom-
mation, exprimées en pourcentage, vont diminuer. Un phénomène
analogue se produit dans l'ensemble de l'économie. A mesure que
croît le revenu, l'épargne augmente, ce qui stimule les investisse-
ments. L’accroissement du revenu pourra ainsi être investi dans
l’immobilier, le commerce et des activités productives. C'est là un
phénomène très important pour la croissance économique.
Mark Eyskens, Economie pour tous, Editions Labor.
43
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

Retenons l’essentiel
1 La contribution du travail à la croissance
Le travail constitue un facteur de croissance. Il contribue à l'amélioration des
performances économiques au travers de son importance quantitative, qualitative et
des revenus qu'il génère.
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

A. L'importance quantitative du travail dans la croissance


La quantité de travail qui dépend non seulement des facteurs démographiques et
sociaux mais aussi de la durée du travail, contribue par son augmentation à la crois-
sance économique :
Une population active plus nombreuse, résultant d'un accroissement naturel démogra-
phique, de l'immigration et des changements dans les taux d'activité (plus de travail
féminin par exemple), est capable de produire davantage. Des ressources humaines
plus importantes sont ainsi mobilisées dans des activités de production et peuvent
donc contribuer à l'accroissement des richesses créées.
Une population active plus nombreuse modifie le ratio actifs / inactifs. L'augmentation
de ce ratio se traduit par un accroissement de la production, de la consommation, de
l'épargne et de l'investissement.

B. L'importance de la qualité du travail dans la croissance


La contribution du travail à la croissance n'est pas seulement liée à sa quantité
mais aussi à sa qualité.
Celle-ci dépend essentiellement de l'élévation du niveau d'éducation, de la qualifica-
tion, de l'expérience, de l'état de santé de la population active, de la structure par âge
de cette population (les compétences dans le métier s'accroissent avec l'âge tandis que
les capacités physiques et intellectuelles subissent l'effet du vieillissement), de sa plus
grande capacité d'adaptation aux nouvelles technologies ainsi que des conditions de
travail (organisation de travail par exemple).
Tous ces facteurs améliorent la qualité du travail et contribuent donc à augmenter
l’efficacité productive des travailleurs. L’accroissement de la productivité qui en
résulte, constitue un élément déterminant qui dynamise l’économie d’un pays, améliore
sa compétitivité et contribue ainsi à sa croissance.
Par ailleurs, cet accroissement de la productivité se traduit par des gains de pro-
ductivité c’est-à-dire des revenus supplémentaires obtenus par l’entreprise qu’elle
peut répartir entre plusieurs bénéficiaires : ses salariés sous forme d’accroissement de
salaires, ses clients sous forme de baisse des prix, elle-même en augmentant les pro-
fits non distribués, ses propriétaires par l’accroissement des dividendes, l’Etat par
l’augmentation des impôts et des taxes.
44
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

La répartition des gains de productivité peut ainsi favoriser l’accroissement de la


consommation et des investissements et par conséquent contribue à l’amélioration des
performances économiques. 1
C. L'importance des revenus du travail dans la croissance

L'accroissement des revenus du travail contribue à la croissance.

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


– En effet, des revenus du travail plus élevés motivent davantage les travailleurs
qui deviennent plus productifs. L’augmentation de leur productivité dynamise la
croissance économique.
– Des revenus du travail plus élevés génèrent un accroissement de la consom-
mation. La hausse de la demande qui en résulte relance la croissance.
– Des revenus du travail plus élevés favorisent l’accroissement de l’épargne et
stimulent par conséquent l’investissement.
– De même, des revenus du travail plus élevés augmentent les recettes publiques
qui peuvent être utilisées pour financer des investissements.

Contribution du travail
à la croissance économique

Par son aspect Par son aspect Par les revenus


quantitatif qualitatif du travail

Mots clés : Facteur travail – Quantité du travail – Taux d’activité – Ratio


actifs-inactifs – Qualité du travail – Capital humain – Productivité du travail
– Gains de productivité – Revenus du travail – Motivation des travailleurs.

45
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

1 Préparons-nous au Bac

1. Importance du capital humain


Le capital humain est le stock de qualifications et de connais-
sances incorporées dans "l'esprit" et "les mains" de la population.
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

En vous basant Une éducation, une formation professionnelle et une expérience


sur le texte, dites accrues permettent aux travailleurs de tirer plus de produit du
par quoi s’ex- même volume de capital physique. Par exemple, la majeure par-
plique le miracle tie du capital physique de l'Allemagne occidentale a été ravagée
économique alle- pendant la seconde Guerre mondiale ; Mais le capital humain de
mand de l’après-
guerre. la population active qui a survécu ne s'est pas évaporé entre
1939 et 1945. Avec ses qualifications, la République fédérale
d'Allemagne a pu se rétablir rapidement après 1945 et reconsti-
tuer son capital physique. Mais sans capital humain, il est dou-
teux que nous eussions jamais entendu parler du miracle écono-
mique allemand de l'après guerre.

D. Begg, R. Dornbusch et S. Fisher, Macroéconomie,


Edition Ediscience internationale.

2. Pourquoi recourir à l'immigration ?


Le recours à des travailleurs immigrés, connaissant moins bien
leurs droits et pour qui un bas salaire apparaît élevé en compa-
raison des rémunérations dans leur pays d'origine, permet aux
Dégagez la con- employeurs de limiter le coût du travail, en leur permettant de
tribution de l’im- rémunérer chichement certains emplois ou en les dispensant de
migration à la réaliser les investissements nécessaires pour améliorer les condi-
croissance éco- tions de travail. " Nous sommes actuellement en mesure d'ac-
nomique.
cueillir un nouvel afflux de population immigrée, avec l'ouverture
à l'Europe centrale et orientale ", expliquait ainsi l'Union profes-
sionnelle artisanale à l'automne dernier. Le besoin de main-
d'oeuvre ne se limite pas aux emplois les moins qualifiés. La
France importe aussi des médecins hospitaliers et a besoin de
chercheurs en informatique.

Maks Banens, Alternatives économiques,


n° 181 (Mai 2000).

46
Section 1 : La contribution du travail à la croissance

3. Qualité du travail, composante essentielle pour


l'amélioration de la productivité

La formation contribue à l'acquisition de qualifications.


1
Ces qualifications permettent ensuite d'améliorer la producti-
vité et la compétitivité. Tout indique que les gains de produc-
tivité sont fonction de la technologie incorporée dans le capi- 1 Quels sont les
tal associé à un emploi, des rapports entre les emplois et l'or- facteurs qui agis-

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


sent sur la qualité
ganisation du travail et de la nature et du rôle de la supervi-
du travail ?
sion exercée. Le profit tiré de la formation ou de l'investisse-
ment dans de nouveaux équipements dépend en grande partie 2 Comment la quali-
de leur mutuelle adaptation, ainsi que d'autres facteurs comme té du travail contri-
la modification de l'organisation du travail. En d'autres ter- bue-t-elle à amé-
liorer les perfor-
mes, tous les investissements ne sont pas comparables : ceux
mances écono-
qui sont associés à une formation donnent de meilleurs résul- miques ?
tats que ceux qui ne le sont pas, et la valeur économique de
l'investissement dans de nouvelles technologies est fonction
de l'amélioration parallèle des qualifications des travailleurs
qui les utilisent.

L'Observateur de l'OCDE n° 178.

4. La motivation des travailleurs


1 Quels sont les
facteurs qui per-
L'observation du monde réel montre tout simplement que mettent de motiver
les travailleurs sont plus ou moins motivés. Certaines person- les travailleurs ?
nes sont moins motivées que d'autres et les mêmes individus
2 Montrez, à partir
semblent plus motivés dans certaines circonstances que dans du texte, com-
d'autres. Le comportement économique, le niveau et la nature ment les revenus
de l'effort que les travailleurs s'imposent dans leurs activités du travail stimu-
lent l'activité éco-
économiques sont fonction de ces différents degrés de moti- nomique.
vation. En outre, des contextes différents créent et affectent
l'intensité de la motivation. Mais, le principal facteur de moti- 3 Quels sont les
autres effets de
vation reste le revenu qui joue comme un stimulant induisant l’accroissement
des niveaux d'effort plus efficaces et exerce une influence des revenus du
significative sur la production. travail sur la
croissance éco-
nomique ?
H. Leibenstein, Crise et renouveau de la théorie économique,
Editions Bonnel Publisud.

47
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

1 " Produire plus et mieux vaut bien un détour de


production : l'investissement "
Böhm-Bawerk
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

L
a croissance économique est directement liée à l'accroissement des facteurs de
production. L'un d'entre eux, le capital, joue un rôle essentiel dans la croissance.
En effet, l'accroissement du PIB ou du PNB dépend en grande partie de son
rythme d'accumulation. Le taux de croissance est, le plus souvent, corrélé avec le taux
d'investissement. Le progrès technique, étant intégré dans le capital, modifie sa nature et
améliore son efficacité. Comment l'accumulation du capital contribue-t-elle à la croissance
économique ?

A. La contribution de
l’investissement à la
croissance par son
action sur l’offre

B. La contribution de
l’investissement à la
croissance par son
action sur la demande

48
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

Mobilisons nos pré-requis


1. Capital, facteur de production
L'investissement est une source de création de richesses. Le
1
nombre de machines et d'usines a évidemment une influence sur
le niveau de la production. Directement tout d'abord : toutes cho-
1 Rappelez les no-
ses étant égales par ailleurs, le niveau de la production est d'autant tions de capital et
plus élevé que celui du capital l'est. Indirectement aussi : l'accu- d'investissement.

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


mulation du capital physique permet un progrès technique " incor-
poré " dans les machines. Le capital a ainsi un double rôle : éco- 2 Dégagez le rôle
du capital dans la
nomiser le travail et favoriser le progrès technique. production.
Dominique Guellec et Pierre Ralle,
Les nouvelles théories de la croissance, Editions La Découverte.
2. Les différentes formes d'investissement :
Distinction difficile à faire !
Lorsque l'on parle d'investissement, il ne faut jamais perdre de
vue que le motif de l'investissement n'est pas nécessairement
d'accroître les capacités de production. Il peut aussi être
d'augmenter la productivité pour baisser les coûts. Il y a donc des
investissements de capacité pour produire plus de produits ou des
produits nouveaux et des investissements de productivité, mais il
1 Rappelez les diffé-
n'est pas toujours facile de les distinguer. Notons aussi l'existence rentes formes d'in-
d'investissement de remplacement lorsqu'il faut remplacer les vestissement.
équipements déclassés, c'est-à-dire des équipements qu'il a fallu
retirer du processus de production, soit parce qu'ils sont usés à 2 Pourquoi est-il dif-
force d'avoir fonctionné, soit parce qu'ils sont devenus obsolètes. ficile de les distin-
guer ?
Pour un bien d'équipement, l'obsolescence est le fait d'être périmé
à cause de l'évolution technique (par exemple un ordinateur qui
peut continuer à fonctionner sans problème, mais est rendu obsolète
par l'arrivée sur le marché d'un nouveau modèle beaucoup plus
puissant et de coût moindre). L'investissement de remplacement
est souvent aussi un investissement de productivité.
Jean-Paul Piriou, Pour comprendre l'investissement,
Editions La Découverte.
3. Pourquoi investir ?
Pour avoir besoin d'investir, il faut évidemment être incapable 1 Dégagez les fac-
teurs qui déter-
de produire plus avec le capital déjà installé. Autrement dit, la minent la déci-
première condition de l'investissement est que le taux d'utilisation sion d'investir.
des capacités de production soit très élevé, de telle sorte que de
nouveaux équipements soient nécessaires pour produire plus. 2 Rappelez les
Encore faut-il avoir besoin de produire plus, autrement dit que les autres détermi-
nants de l'inves-
débouchés prévus, que la demande anticipée soient suffisants. tissement.
Jean-Paul Piriou, Source citée.

49
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

Construisons nos savoirs


1 A. La contribution de l’investissement à la croissance par
son action sur l’offre
1. La contribution de l'investissement à l'accroissement de la production
Montrer que l'investissement génère un accroissement
de la production.
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

1. Taux d'investissement et rythme de croissance


Les grandes phases de l'histoire sont scandées par la variation du
taux d'investissement qui suit le mouvement économique mais en
l'amplifiant. Elles accompagnent les expansions et les récessions de
l'activité économique. La croissance n'est pas possible sans une
1 Rappelez la notion accumulation d'équipements importante. La hiérarchie des puissan-
du taux d'investis- ces est à peu près l'inverse de celle du XIXe siècle. Cela s'explique
sement. par le vieillissement des équipements des pays les plus précoces
tandis que les " derniers arrivés " acquièrent d'emblée les tech-
2 Pourquoi l’auteur niques modernes. Le gigantesque effort du Japon avec des taux
affirme-t-il que la
hiérarchie des d’investissement dépassant 35 % dans les années 1970, explique sa
puissances du propulsion au premier rang mondial en une quarantaine d'années.
e
XIX siècle n’est L'équipement, souvent moins sophistiqué qu'en Europe, y est bien
plus la même que plus important. Les pays européens se situent dans la moyenne, les
celle d’aujourd’hui ?
Etats-Unis au-dessous car ils ont longtemps vécu sur leur avance,
le Royaume-Uni accumule, depuis les années vingt un retard consi-
dérable dans la modernisation d'équipements vieillis ; son redresse-
ment doit attendre les années 1980.
Jean-Paul Delas, Economie contemporaine (1991),
Editions Ellipses.

2. Taux de croissance du PIB réel et taux d’investissement

Quels liens pou-


vez-vous établir
entre les deux
indicateurs ?

N. Gregory Mankiw, Principes de l'économie,


Editions Nouveaux horizons.

50
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

3. Investissement et accroissement de l’offre


L'investissement contribue à accroître l'offre en augmentant
les capacités productives. Ses effets diffèrent, cependant, en
fonction de sa forme. Par nature, un investissement de capacité
accroît l'offre. Il correspond à une volonté de produire plus et tra-
Montrez comment
chaque forme d'in-
vestissement per-
1
duit le désir de croître de l'entreprise. Dans le cas d'un investis- met d'accroître les
sement de productivité, c'est la compétitivité de l'entreprise qui richesses créées.
est en jeu. Elle est rendue possible par la diminution des coûts
unitaires de production. L'entreprise peut ainsi gagner des parts

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


de marché à l'exportation ou sur le territoire national. Quant à
l'investissement de remplacement, sa croissance permet un rajeu-
nissement du capital en accélérant le renouvellement des équipe-
ments usagés. En revanche, son recul est dangereux car il pro-
voque, à terme, un vieillissement de l'appareil productif.
Cahiers Français, n° 279,
Editions La Documentation Française. Joseph Alois Shumpeter
Economiste autrichien
(1883-1950)
4. Innovations et accroissement des richesses
Les innovations remodèlent la structure existante de l'indus- 1 Quels sont les
trie en introduisant de nouvelles méthodes de production (l'usine types d'innova-
mécanisée, l'usine électrifiée, la synthèse chimique, etc.), de tions décrits dans
nouveaux biens (tels que les services ferroviaires, les automobi- ce document ?
les, les appareils électriques, etc.), de nouvelles formes d'organi- 2 Comment, d'après
sation, de nouvelles sources d'approvisionnement, de nouvelles ce passage, les
routes commerciales, de nouveaux marchés pour les achats et les différentes inno-
ventes. Pendant que ces nouveautés sont mises en train, la vations génèrent-
prospérité est prédominante. Les évolutions se traduisent chaque elles l'accroisse-
ment des riches-
fois par une avalanche de biens de consommation.
ses créées ?
Joseph Alois Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie,
Editions Payot.

5. Investissement et croissance
La contribution du facteur capital à la croissance est double.
L'investissement consiste, en effet, rarement en un simple rem- En vous basant
placement à l'identique d'une machine existante. Il incorpore sur des exemples,
souvent un progrès technique et les performances des nouvelles montrez comment
machines sont supérieures à celles des anciens équipements. l'investissement
est source d'une
L'investissement est donc source d'une croissance extensive, croissance exten-
résultant de l'accumulation de facteurs de production et d'une sive et d'une
croissance intensive, résultant de l'amélioration de la productivité croissance inten-
de ces facteurs grâce à l'incorporation du progrès technique. sive.
Hervé Bougault, Croissance, crises et cycles économiques,
Editions Techniplus.

51
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

6. L'importance des investissements de productivité

1 dans la croissance économique


Lorsqu'on exploite la même ligne technologique, les effets de
l'accumulation du capital se réduisent peu à peu. Afin d'éviter
cette baisse, il est généralement nécessaire de changer de tech-
Tout investisse- niques. L'informatique qui remplace une partie de la transmis-
ment permet-il sion mécanique par un traitement électronique de l'information,
d'améliorer l'effi-
cacité des fac-
redonne une efficacité accrue à l'accumulation du capital. Dans
teurs de produc- certains cas, elle peut aussi favoriser un nouveau mode d'accu-
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

tion ? Justifiez mulation du capital. A la fin du règne de la technologie méca-


votre réponse. nique traditionnelle, on ne parvenait plus, dans bien des cas, à
augmenter la production qu'à travers un gigantisme accru de
nouvelles installations. C'est un atout considérable quand la
croissance se ralentit et quand les investissements de productivité
deviennent plus nécessaires que les investissements de capacité.
m
Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale,
Les Editions de l'Atelier.

7. Les effets d'entraînement


Un investissement peut produire des effets en chaîne. Je ne
sais si vous avez vu ces prodigieuses compositions réalisées par
1 Qu'est-ce qu'un des milliers et des milliers de dominos debout. Il suffit qu'un seul
effet d'entraîne- domino soit renversé et peu à peu tous les dominos s'effondrent.
ment ?
Il y avait dans le système des dominos debout un équilibre qui a
2 Basez-vous sur entraîné le passage au système des dominos couchés.
un exemple pour Les progrès dans la pulsion des avions à réaction exigent des
mettre en évi- progrès dans la métallurgie et entraînent la nécessité de techno-
dence les effets logies nouvelles dans les appareils de contrôle qui, eux-
d'entraînement
mêmes… Le changement entraîne le changement. Bien plus, une
d'un investisse-
ment. innovation dans un domaine où elle était capable de mobiliser les
moyens financiers nécessaires à sa mise en œuvre, s'introduit peu
à peu dans d'autres domaines. Sans la conquête de l'espace, nous
aurions attendu bien longtemps l'ère de la télévision hertzienne.
Elle est aujourd'hui à notre portée.
Jean-Marie Albertini, Des sous et des hommes,
Editions du Seuil.
1 Qu'appelle-t-on 8. Les externalités
" externalités " ?
Il existe des externalités lorsque l'activité d'un agent a des
2 Cherchez un conséquences sur un autre. Les externalités sont positives dans le
exemple d'exter-
nalités positives,
cas par exemple de l'activité de recherche qui peut profiter à l'en-
générées par un semble de l'économie et non uniquement à l'entreprise qui en a
investissement supporté le coût.
public. J. Brémond, J-F. Couet, M-M. Salort,
La croissance et ses crises, Editions Liris.

52
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

9. Phénomène d'externalité entre les firmes


Le capital physique est l'équipement dans lequel investit une
entreprise pour la production de biens ou de services. En inves-
tissant dans de nouveaux équipements, une firme se donne les
moyens d'accroître sa propre production mais également celle
des autres firmes concurrentes ou non. L'explication de ce phé-
1
nomène réside dans le fait que l'investissement dans de nouvelles 1 Comment les inves-
technologies est le point de départ à de nouveaux apprentissages tissements réalisés
au sein d'une firme
par la pratique. Parmi les formes d'apprentissage, citons : l'amé- peuvent-ils profiter

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


lioration des équipements en place, les travaux d'ingénierie, à d'autres ?
l'augmentation de la compétence des travailleurs. Or, ce savoir
ne peut être approprié par la firme qui le produit. Il se diffuse 2 Qu'est-ce qu'un
inévitablement aux autres firmes. Chaque firme bénéficie des brevet d'invention?
Permet-il d'empê-
avancées technologiques de ses voisines, et l'augmentation de la cher la réalisation
productivité de chacune dépend alors de l'investissement des aut- de ces externalités ?
res. Cette diffusion gratuite des connaissances acquises sans coût
spécifique constitue une externalité.
Bien sûr, il existe des moyens pour protéger l'inventeur, prin-
cipalement le brevet pour assurer à l'inventeur un plus grand
contrôle de ses inventions. Le brevet n'est accordé cependant que
pour une durée limitée de telle façon que l'invention puisse être
utilisée par d'autres en vue de faire progresser la connaissance.
Dominique Guellec, Croissance mondiale
Editions Sciences humaines.
10. Les technopoles
Une technopole est une zone réunissant en un même lieu, labo-
ratoires de recherches et entreprises petites ou grandes pour
favoriser “la fertilisation croisée” c’est-à-dire les échanges de
savoir entre chercheurs industriels. La première technopole fran-
çaise Sophia-Antipolis, fut créée en 1972. Les technopoles fran- 1 Qu'est-ce qu'une
çaises hébergeaient en 1998 plus de 5 000 entreprises, 2 000 cen- technopole ? Déga-
tres de recherche, 200 établissements d’enseignement supérieur, gez du texte des
exemples de tech-
60 pépinières d’entreprises innovantes. La Silicon Valley est une
nopoles. En con-
région des Etats-Unis située au sud de San Francisco, en naissez-vous d’aut-
Californie, où se sont implantées de très nombreuses entreprises res ?
d’électronique. Parmi les entreprises les plus célèbres, on peut
citer le constructeur d’ordinateurs Apple ou le fabricant de com- 2 Montrez que l'im-
plantation d'une
posants Untel. La Silicon Valley s’est développée au début des
firme dans une
années 1950. Elle peut être considérée comme un modèle de technopole est sour-
technopole. On trouve sur son territoire de nombreuses uni- ce d'externalités.
versités ainsi que des laboratoires de recherche. Des entreprises
devenues grandes y cotoient une multitude de firmes naissantes.
Annie Kahn, Technopole,
Editions Larousse.
53
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

1
2. La contribution de l'investissement à l'amélioration de la production

Constater que l'investissement améliore la production

11. Investissement et compétitivité

Pour se mettre au diapason international, les entreprises


CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

doivent réaliser d'importants efforts de productivité. La révo-


1 Qu’appelle-t-on «com- lution technologique issue de l'informatique et de l'électro-
pétitivité» ? Quelles
sont ses compo-
nique est l'occasion pour des branches de combler leur retard.
santes ? Les investissements de productivité sont largement privilé-
giés au détriment des créations de nouvelles activités. Les
2 Montrez comment entreprises ont modernisé leurs procédés de fabrication. Le
les investissements consommateur, lassé des grands standards, réclame des pro-
intégrant les nou-
velles technologies
duits de plus en plus personnalisés. Innovation, souplesse,
permettent de mo- qualité, capacité de répondre vite et bien, autant d'attentes
difier les données auxquelles les innovations peuvent répondre. Les nouvelles
de la compétitivité technologies ont aussi changé les données de la compétitivité.
de l'économie.
Catherine Levi, La crise jusqu'où ?
Editions Hatier.

12. L’amélioration de la production.

L'investissement - au sens large du terme, en éducation, en


infrastructure, en recherche ou en équipements - est généra-
teur de croissance parce qu'il permet d'accumuler des connais-
sances, des savoir-faire, des expériences, bref ce qu'il est
Comment les inves-
convenu d'appeler habituellement le progrès technique. Cette
tissements peu- croissance se matérialise sous la forme de produits de meilleure
vent-ils contribuer qualité et plus divers, et également sous la forme de produits
à améliorer la pro- qui élargissent la gamme existante. Avec cette approche, le
duction ? progrès technique non seulement ne tombe pas du ciel, mais,
il devient l'objet d'une stratégie. Les investissements sont des
moyens - aléatoires, car le succès n'est pas assuré - pour ajouter
quelque chose au stock de connaissances existantes, et c'est
cet ajout qui produit la croissance.
mmmmmmmmmmmmmm
Alternatives économiques, Juillet-août 1995.

54
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

B. La contribution de l'investissement à la croissance par


son action sur la demande
Montrer que l’investissement accroît la demande
à travers ses effets sur les revenus.
1
13. Investissement et accroissement des revenus
Les résultats de l'investissement sont immédiats. Qu'il soit privé
ou public, il aura pour conséquence de mettre directement des hom-
1 À l'aide d'un sché-

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


mes au travail. Supposons par exemple, la construction d'un barrage.
Des sommes sont consacrées à sa construction, aux salaires, inté- ma, montrez com-
ment un investis-
rêts, profits, achats de ciment et autres matériaux. Des entreprises
sement génère un
travaillent pour cette construction. Et ainsi, à nouveau, des revenus accroissement de
sont distribués et des achats de biens de production réalisés. revenus et une
Progressivement, l'argent distribué se transforme pour une partie en augmentation de
revenus de ménages et pour une autre partie en réserves (épargne la demande.
des entreprises). Mais les ménages, salariés ou non, dépensent une 2 Montrez alors qu’il
partie de leurs revenus. Des commerçants voient à leur tour aug-
contribue à la crois-
menter leurs revenus et leurs dépenses, et ainsi de suite. Autrement sance à travers cet
dit, la masse monétaire mise en circulation à propos de l'investisse- accroissement de
ment va servir successivement à plusieurs opérations de dépenses. la demande.
La production sera directement et immédiatement touchée par l'ac-
croissement de la demande.
Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale,
Les Editions de l'Atelier.

14. Répartition des gains de productivité et croissance


économique
Les investissements de modernisation génèrent des gains de pro-
1 Donnez des exem-
ductivité, qui, à travers leurs effets sur les revenus et les prix, dyna- ples d'investisse-
misent la production. La baisse des prix réels des biens et services ments qui génèrent
stimule la consommation des ménages. Les entreprises peuvent des gains de pro-
conserver une partie des gains de productivité sous forme de haus- ductivité.
se des profits facilitant l'autofinancement des investissements. Les
recettes de l'Etat étant assises sur les revenus et la consommation, 2 À qui ces gains
peuvent-ils profiter ?
les prélèvements fiscaux et sociaux peuvent croître pour financer
des dépenses publiques croissantes : investissements publics, créa- 3 Montrez comment
tion d'emplois publics et transferts sociaux qui soutiennent la la répartition des
consommation des ménages. Les gains de productivité en permet- gains de productivi-
tant la baisse des prix de vente favorisent les exportations. té peut dynamiser
Ainsi, la distribution des gains de productivité, en dynamisant les chaque composan-
te de la demande
différentes composantes de la demande globale (consommation, globale.
investissement, dépenses publiques et exportations) est facteur de
croissance économique.
Joëlle Bails, Cahiers Français, n° 279.
Editions La Documentation Française.

55
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

1 15. L'investissement, composante de la demande

L'investissement a une influence du côté de la demande. Il


fait d'abord partie des composantes de la demande comme les
1 Pourquoi l'inves- exportations ou la consommation. En effet, la dépense d'inves-
tissement est-il
considéré comme
tissement correspond à une demande exprimée auprès des pro-
une demande ? ducteurs de biens d'équipement. Mais l'effet de demande est
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

plus large car il se diffuse à l'ensemble de l'économie. Lorsque


2 Comment ses effets les entreprises investissent, les flux de dépenses qu'elles réali-
se diffusent-ils à l'en- sent donnent lieu à une distribution de revenus. Par exemple,
semble de l'écono-
mie ?
les salariés des entreprises fabriquant les biens de production
reçoivent des revenus qu'ils vont ensuite consommer ou épar-
gner. On voit ainsi qu'une dépense initiale d'investissement se
traduit par une succession de flux de revenus et de dépenses.

Pierre-André Corpron, Cahiers Français, n° 279.


Editions La Documentation Française.

16. Le multiplicateur d'investissement


C'est un processus par lequel un investissement initial peut
1 Qu'appelle-t-on être à l'origine d'un flux de revenus qui au total seront un mul-
"multiplicateur d'in-
tiple du montant de l'investissement initial. En effet, l'investis-
vestissement " ?
sement initial aboutit à une distribution de revenus dont une
2 Rappelez la notion partie est dépensée ; ces achats sont à l'origine de nouveaux
de "propension mar- revenus qui, à leur tour, se dépensent en partie et ainsi de suite.
ginale à consom- L'importance des revenus ainsi créés est inversement propor-
mer ".
tionnelle aux sommes non dépensées, épargnées. Autrement
3 Quelle influence a- dit, si :
t-elle sur le multipli-
1
cateur ? ΔR=kxΔI avec k =
1– c

c étant la propension marginale à consommer.


k (appelé multiplicateur d'investissement) étant l'inverse de la
propension marginale à épargner.

Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale,


Les Editions de l'Atelier.

56
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

Constater que l'investissement modifie la demande

17. Investissement et modification de la demande


L'investissement est un moyen important d'élargir la palette des
1
choix de consommation. Il donne la possibilité aux individus de
trouver des aliments diversifiés et nourrissants, de bénéficier d'un
transport motorisé au lieu de marcher, de disposer de soins de santé,
d'une éducation, de l'eau courante au lieu de la tirer d'un puits. Les
Montrez comment

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


choix de consommation dépendent de la diversité des biens et ser- l'investissement
vices disponibles. Nombre de biens et services les plus essentiels influence la con-
(eau potable, assainissement, enseignement, soins de santé, sommation et con-
transport et électricité) supposent des infrastructures : conduites tribue donc à mo-
d'eau, égouts, lignes électriques, écoles, dispensaires, routes, etc. difier la demande.
Les investissements, dans le domaine de l'énergie, ouvrent une
myriade d'opportunités pour les consommateurs : pour la cuisine, le
chauffage, l'éclairage comme pour le transport, la communication,
etc. Prenons le cas de la Chine, les dépenses consacrées aux nou-
veaux biens durables par les familles établies dans les villes y ont
pratiquement doublé entre 1980 et 1994. Les achats de lave-linge,
de réfrigérateurs et de téléviseurs ont été multipliés par 40. Au
cours de la dernière décennie, les changements dans les modes de con-
sommation et les diffusions des produits de "marque" ont été rapides.
Rapport Mondial sur le développement Humain 1998,
Editions Economica.

18. Les mutations de la consommation


Les changements de la consommation sont étroitement liés aux
modifications du système productif. Par leurs innovations commer-
ciales (avec par exemple l'ouverture des premiers hypermarchés au 1 Rappelez la notion
début des années 60) et technologiques (tant au niveau des procé- de coefficient bud-
dés de fabrication que de produits eux-mêmes), les entreprises ont gétaire.
grandement participé au développement d'une consommation de
2 Comment l'inves-
masse. Cette augmentation du volume global de la consommation tissement, à travers
est accompagnée d'une évolution qui n'est pas seulement d'ordre les innovations com-
quantitatif. La structure de la consommation a profondément merciales et tech-
changé. La part de l'alimentation dans le budget des ménages a nologiques, modi-
diminué confirmant ainsi la validité d'une loi " établie par Engel au fie-t-il la structure
XIXe siècle. Les autres postes particulièrement santé, loisirs, cul- de la consomma-
tion ?
ture, etc. ont désormais des coefficients budgétaires qui augmen-
tent. De plus en plus, la consommation des services par les ména-
ges augmente. Le tertiaire prend désormais une place importante.
Découverte de l'économie, Cahiers français, n° 279,
Editions La Documentation Française.

57
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

Retenons l’essentiel
1 La contribution de l'investissement à la croissance
L'investissement, quelque soit sa forme (de renouvellement, de capacité, ou de produc-
tivité), constitue la clé essentielle de l'amélioration des performances économiques. On
constate en effet, que les pays qui investissent massivement sont généralement ceux qui
connaissent des taux de croissance les plus élevés. L’investissement contribue à la crois-
sance aussi bien extensive qu’intensive en agissant à la fois sur l'offre et sur la demande.
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

A. L'investissement contribue à la croissance économique par son action sur l'offre


1. L'investissement génère un accroissement de la production
L'investissement contribue à la croissance :
a. Par ses effets sur le renouvellement et l'amélioration des capacités de production
Le niveau de la production est lié en grande partie aux capacités de production dispo-
nibles. L'investissement permet aux entreprises de maintenir leurs capacités de production
(investissement de remplacement qui permet de constituer un apport important pour la
croissance particulièrement lorsque l'équipement devient usé et/ou obsolète), de les aug-
menter (investissement de capacité qui permet d'ajuster l'offre à la demande) ou encore
d'obtenir avec de nouveaux équipements un volume égal ou supérieur de production
(investissement de productivité favorisé par le progrès technique.)
b. Par ses effets sur la productivité des facteurs de production
L'investissement de productivité, incorporant le progrès technique, génère le perfec-
tionnement continu des méthodes de production. En effet, en engageant des investisse-
ments, les entreprises introduisent des innovations. Il en résulte une amélioration de l’ef-
ficacité des facteurs de production. Il sera donc possible de produire une plus grande
quantité de biens avec les mêmes facteurs de production.
c. Par ses effets d'entraînement
Un investissement induit des effets d'entraînement lorsqu'il permet de susciter d'autres
investissements et donc d’accroître la production.
d. Par les externalités positives qu'il engendre
Un investissement privé ou public génère des effets externes positifs lorsqu'il peut
profiter, non seulement à l'agent économique qui supporte les coûts, mais aussi à d'autres
agents.
C’est ainsi que les investissements réalisés par une entreprise ou par l’Etat en matière de
recherche par exemple peuvent bénéficier à d’autres agents.
En outre, l’implantation des entreprises dans des technopoles (espaces géographiques
regroupant des entreprises, des centres de recherche, des laboratoires, des universités)
favorise «la fertilisation croisée» des connaissances et dynamise la croissance économique.
2. L'investissement améliore la production
Etant considéré comme un vecteur du progrès technique, l'investissement permet d'in-
troduire des innovations de procédés et de produits. Il favorise, de ce fait, l'amélioration

58
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

de la qualité des biens produits, une plus grande diversification et une différenciation des

1
produits. Il contribue ainsi à rendre l’économie plus compétitive (compétitivité structurelle)
et à améliorer les performances économiques.

B. L'investissement contribue à la croissance économique par son action sur la demande


1. L'investissement accroît la demande de biens
L’investissement accroît aussi bien la demande de biens de production (biens d’équipement
notamment) que la demande de biens de consommation. En effet :
– L'accroissement des revenus (ΔR) qui découle d'un investissement additionnel (ΔI),
induit de nouvelles dépenses de consommation. Cette nouvelle demande de biens se tra-

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


duira à son tour par un supplément de production qui engendrera une distribution de reve-
nus supplémentaires, lesquels, à leur tour, se transformeront en consommations (effet mul-
tiplicateur). Une augmentation de l'investissement ΔI entraîne donc une augmentation plus
que proportionnelle du revenu ΔR.
1
ΔR = k x ΔI avec k=
1–c
k étant le multiplicateur d’investissement et c la propension marginale à consommer c’est-
à-dire la part de l'augmentation du revenu destinée à l'augmentation de la consommation.
Plus cette part est élevée, plus l’effet multiplicateur est important. Le résultat final d'un
accroissement de l’investissement sur le niveau des revenus et sur le niveau de la produc-
tion est donc supérieur au montant de cette augmentation initiale.
– Etant vecteur du progrès technique, l’investissement génère des gains de productivité.
Leur répartition peut profiter à tous les agents économiques : En profitant aux entreprises,
les gains de productivité augmenteront leurs profits et leur permettent de réaliser d’autres
investissements. En profitant aux ménages, l’accroissement des revenus et la baisse des
prix qui en découlent, augmentent leur pouvoir d’achat et peuvent susciter une augmenta-
tion de leur consommation. En profitant à l’Etat, les gains de productivité lui permettent
d’accroître ses recettes publiques et de financer de nouvelles dépenses publiques.
Par ailleurs, la répartition des gains de productivité peut stimuler les exportations, (deman-
de étrangère) à travers la baisse des prix qui améliore la compétitivité-prix de l’économie.

2. L'investissement modifie la demande


L'investissement offre de plus grandes possibilités de consommation. Désormais, le
consommateur a, à sa disposition, une panoplie de produits qui lui permettent de mieux
répondre à ses besoins. En incorporant des innovations, l’investissement permet de propo-
ser de nouveaux produits aux consommateurs et contribue par là même à transformer leurs
habitudes de consommation. En outre, les gains de productivité qu’il génère contribuent à
l’amélioration du pouvoir d’achat et à la modification de la structure de la consommation.
La part des biens alimentaires baisse au profit d’autres biens industriels et des services.

Mots clés : Accumulation du capital – Investissement – Effet d’entrainement –


Externalité positive – Fertilisation croisée – Innovation de procédés – Innovation
de produit – Diversification des produits – Différenciation des produits.

59
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

Préparons-nous au Bac
1 1. Innovations et croissance économique
Le changement technique résulte d'investissements réalisés par
1 Identifiez les inno- des agents économiques. L'évolution de la productivité est attri-
vations citées dans buable essentiellement au progrès technique. Seuls le perfection-
le texte. nement continu des méthodes de production et l'amélioration des
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

biens produits permettent d'engendrer l'augmentation soutenue de


2 Comment ces inno-
vations peuvent- l'efficacité de la production qui est observée depuis deux siècles
elles contribuer à dans les économies occidentales. La croissance de l'après-guerre
l'accroissement
des richesses ?
repose largement sur la mise en œuvre de technologies découver-
tes avant et après la guerre.
Dominique Guellec, Economie de l'innovation, Editions La Découverte.

2. Importance du progrès technique


En l'absence de progrès technique, l'accumulation du capital
Montrez que le
cesserait rapidement. En effet, au-delà d'un certain seuil, accroître
progrès technique l'équipement en machines n'a plus d'effet sur la productivité : à
incorporé dans l'in- quoi bon avoir trois tournevis identiques si l'on n'a que deux
vestissement sti- mains. Ainsi, en plus de son effet direct sur la productivité (les
mule la croissance machines sont plus efficientes), le progrès technique entraîne aussi
économique. l'accumulation du capital.
D. Guellec, Recherche et innovation technologique, Editions ecoflasch.

3. Les externalités de savoir


De façon générale, on définit les externalités comme des inter-
actions entre les agents qui ne sont pas reflétées dans les prix. Dans
le cas de la technologie, les principales externalités sont positives.
La principale forme d'externalités associée à la technologie est "les
Qu’appelle-t-on externalités de savoir" ou externalités informationnelles. Elles
“externalités de désignent le fait que le savoir produit par l'innovateur bénéficie à
savoir” ? d'autres agents sans compensation monétaire ou autre. Une même
connaissance peut être utilisée un nombre quelconque de fois, par
un nombre quelconque d'agents, sans se détériorer. Si l'on ne peut
manger la même pomme deux fois, l'on peut en revanche mettre en
œuvre la même invention autant de fois que l'on veut. Les inven-
tions des uns bénéficient non seulement à l'inventeur lui-même
mais aussi à ses concurrents et aux consommateurs gratuitement.
Dominique Guellec, Economie de l'innovation, Editions La Découverte.

60
Section 2 : La contribution de l'investissement à la croissance

4. Les externalités positives de l'investissement


L'investissement n'améliore pas seulement la capacité productive
de l'entreprise ou du travailleur considéré, mais également celle des
entreprises ou travailleurs avec lesquels ils sont en relation. Cela
résulte par exemple des transferts de connaissances ou d'expérien-
ces entre firmes ou travailleurs qui utilisent de nouvelles techniques :
1 Qu’est-ce que «la
Silicon Valley» ?

2 De quels avan-
1
une entreprise gagne en expérience et les entreprises du voisinage tages profitent les
en bénéficient. Cette transmission du savoir-faire permet d'expli- entreprises qui se
regroupent dans
quer pourquoi les entreprises de pointe tendent à se regrouper dans cette zone géogra-
des zones géographiques spécifiques comme la Silicon Valley aux

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


phique ?
Etats-Unis. Lorsque ces effets externes sont importants, ils ont des
conséquences significatives pour l'explication de la croissance.
Jean Lecaillon, Nouveaux regards sur la croissance, Editions Sedeis 1 Décrivez le méca-
nisme du multipli-
5. Le multiplicateur d’investissement cateur.
Quand un investissement nouveau est mis en œuvre par un agent 2 Dégagez du docu-
économique, il équivaut à fournir une source nouvelle de revenus à ment la formule du
d'autres agents, qui sont eux-mêmes générateurs d'autres dépenses, multiplicateur d’in-
donc d'autres revenus, et ainsi de suite. Il y a donc naissance d'on- vestissement.
1
des successives de revenus. L'expression 1– c est supérieure à 1 3 Sachant que la
puisque la propension marginale à consommer c est inférieure à 1 et propension margi-
est dénommée multiplicateur d'investissement : on peut dire par nale à épargner
conséquent que l'effort supplémentaire d'investissement a joué un est de 0,2 et que
l'investissement
rôle d'impulsion sur l'ensemble de l'activité économique et notam- nouveau est de
ment sur le revenu. 1000 UM, déter-
Michel Bialès, Rémi Leurion et Jean-Louis Rivaud, minez l'augmenta-
Notions fondamentales d'économie, Editions Foucher. tion des revenus
générée par cet
6. Investissement et croissance investissement.
Prenons un exemple : si l'Etat décide de construire beaucoup Que constatez-
d'écoles, d'édifier de grands hôpitaux dans les villes et de remplacer vous?
les taudis par des logements décents, il est bien évident que tous les
corps de métiers travaillant dans le bâtiment et l'équipement des
écoles et des hôpitaux verront leurs activités augmenter. Les salariés
et les entrepreneurs de ces secteurs retireront plus de revenus ; des
travailleurs jusqu'alors en chômage retrouveront un emploi et un
salaire. Leurs dépenses accroissent le revenu des commerçants et
des entreprises qui, à leur tour, augmentent leurs propres dépenses ;
des revenus supplémentaires sont à nouveau distribués. Les revenus Décrivez le méca-
nisme déclenché
résultant d'un investissement initial sont supérieurs à cet investisse-
par l’accroissement
ment. On parle à ce propos d'effet de multiplication. Les revenus des investissements
augmentant, la demande de biens de consommation s'accroîtra. publics.
Devenant importante, l'augmentation des ventes va avoir une action
sur les achats des commerçants et des chefs d'entreprise qui se
voient forcés de réaliser des investissements. L'investissement qui
avait augmenté continue à s'accroître.
Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale,
Les Editions de l'Atelier.

61
Section 3 : La contribution des échanges extérieurs de biens
et de services à la croissance

1 " Le commerce extérieur est devenu la lentille


à travers laquelle on perçoit la croissance. "
Dani Rodrik
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

L
a croissance économique dépend du travail pris dans ses dimensions quantitative
et qualitative. Elle dépend aussi de l'investissement engagé dans la mesure où
celui-ci agit à la fois sur l'offre et sur la demande. Mais, le dynamisme de la
croissance dépend aussi de l'importance des échanges extérieurs d'une économie. Le com-
merce extérieur est incontestablement un facteur de croissance. Comment les importations
et les exportations de biens et services peuvent-elles contribuer à la croissance ?

A. La contribution
des importations à
la croissance

B. La contribution
des exportations
à la croissance

62
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

Mobilisons nos pré-requis

1. Le reste du monde
1 Rappelez les no-
1
Il est nécessaire de faire apparaître les opérations économiques tions " d'agents
entre les agents intérieurs et le reste du monde. Puisqu'il ne nous intérieurs " et du
reste du monde ".
intéresse pas de savoir ce que deviennent les produits ou les fonds Donnez leur
une fois passées les frontières ou ce qu'ils étaient avant d'entrer synonyme. Quel

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


dans notre pays, on se contente de considérer que le reste du est le critère qui
permet de les
monde constitue un agent fictif qui achète ce qui est exporté, vend distinguer ?
ce qui est importé.
Quelles sont les
Bernard Brunhes, Présentation de la comptabilité nationale française,
2 opérations effec-
Editions Dunod. tuées avec le
reste du monde ?
2. Les services s'échangent aussi !
Le marché mondial des produits manufacturés exportés est en
expansion rapide. Il passe de 384 milliards de dollars en 1973,
année du premier choc pétrolier, à 2 187 milliards en 1988 puis à
4 139 milliards en 2000 soit une progression au rythme de 3,3 % En vous basant
en moyenne entre 1988 et 2000. Mais, même les exportations de sur ce passage,
services augmentent. Les échanges de services commerciaux sont dites sur quoi
peuvent porter
souvent induits par les biens industriels vendus. En effet ces ser- les échanges
vices comprennent essentiellement les transports, le tourisme, les extérieurs. Don-
télécommunications, les assurances, les services bancaires et nez des exem-
divers services professionnels. Tous ces échanges de services ples.
connaîtront sans doute une expansion très rapide.
Alain Gélédan, Economie, Editions Belin.

3. Compétitivité-prix et compétitivité structurelle


La compétitivité-prix traduit la capacité à proposer sur le mar-
ché des produits à des prix inférieurs à ceux des concurrents. Elle
est affectée par les coûts salariaux, le prix de la consommation 1 Rappelez la no-
intermédiaire, le coût du capital, le comportement des marges des tion de compétiti-
firmes, etc. La compétitivité structurelle ou hors prix, met en vité.
relief le poids des critères fins de la compétitivité comme la diffé-
2 Quelles sont ses
renciation des produits, la conception et la qualité, l'innovation, la deux formes ?
souplesse d'adaptation et la recherche de positions fortes sur des
créneaux fixes spécifiques. Cette forme de compétitivité est de
plus en plus prépondérante.
K. Abd Al Rahman, Le commerce international
Cahiers français, n° 253.

63
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

Construisons nos savoirs


1 A. La contribution des importations de biens et services à
la croissance
Montrer que les importations de biens et services
contribuent à la croissance économique.
1. Importations de produits énergétiques en Chine
93 % des ressources énergétiques chinoises sont issues des
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

énergies fossiles. Mais, le charbon, qui assure près des deux tiers
de la consommation énergétique chinoise, ne suffit plus alors même
que la Chine en est le premier producteur mondial avec 33,7 % de la
production mondiale, ce qui explique pourquoi il est la première
source d'énergie. Pourtant, la Chine ne parvient pas à répondre à la
Pourquoi l'impor- demande intérieure. La Chine, avec une production pétrolière de
tation de matiè-
3,6 millions de barils par jour (Mb/j) en 2005, soit 4,6 % de la pro-
res premières
duction mondiale, n'est que le 6ème producteur mondial et sa pro-
est-elle indispen-
sable pour assu-
duction nationale ne suffit plus. Elle a importé en 2005 un peu plus
rer la croissance
de 3Mb/j soit 47 % de sa consommation. Mais, cet accroissement
chinoise ? du volume des importations chinoises de pétrole n'est pas récent,
même s'il s'est accéléré ces trois dernières années. En 2025, en rai-
son de la structure de sa forte croissance économique et si cette
croissance se maintient jusque là, la Chine pourrait, importer 82 %
de ses besoins en pétrole. Elle utilise tous les moyens pour accéder
et sécuriser pour l'avenir son accès aux hydrocarbures et plus
largement aux matières premières dont elle a besoin.
Images économiques du monde 2007, Editions Armand Colin.

2. Importation de technologie et croissance


Les transferts de savoirs sont une source de croissance soutenue
à long terme, et les économies les plus ouvertes sont plus exposées
à un stock mondial de connaissances leur permettant d'améliorer la
productivité. Une des voies par lesquelles l'ouverture peut augmen-
ter l'exposition de l'économie domestique aux transferts de techno-
logie est en facilitant, par le biais d'interactions commerciales inter-
nationales plus fréquentes et soutenues, l'imitation par les produc-
teurs domestiques des technologies étrangères et par l'incorpora-
Comment l'im-
portation des
tion de ces connaissances dans leur propre procès productif. Cette
technologies
exposition accrue peut provenir de l'importation directe de biens de
peut-elle stimu- haute technologie. Ceci devrait se traduire par une plus grande
ler la croissance capacité à concurrencer les économies les plus avancées sur les
économique ? marchés mondiaux. Une telle évolution a certainement formé une
partie du miracle de la croissance Est-asiatique, caractérisée par
d'importantes transformations dans la composition des biens pro-
duits et exportés, de l'agriculture à l'industrie lourde et finalement
aux biens de haute technologie, à travers l'imitation de la tech-
nologie née dans les pays industrialisés.
R. Wacziarg, Measuring the dynamic gains from trade,
The World Bank Economic Review.
64
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

3. La concurrence stimulante !
Si la mondialisation est bénéfique, c'est pour une raison bien
simple : elle signifie l'extension de la concurrence aux produc-
teurs du monde entier. Or, dire qu'il y a concurrence sur un mar-
1
ché, c'est dire que tout producteur a le droit d'y entrer librement. Montrez que les
Il en résulte naturellement que chaque producteur est incité à importations de
biens et servi-
faire mieux que les autres, c'est-à-dire à proposer des produits et ces qui concur-
services moins coûteux et mieux adaptés aux besoins de ses rencent les pro-

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


acheteurs. C'est pourquoi, comme l'a souvent écrit Friedrich duits nationaux
Hayek, la concurrence est " un processus de découverte ". Elle améliorent la
est un facteur essentiel de l'innovation et du progrès économique. compétitivité
d'une économie.
Le producteur national qui subit soudain la concurrence de pro-
ducteurs étrangers découvre par-là même qu'il est possible de
produire mieux et moins cher, et il est donc incité à rechercher de
nouveaux produits et de nouveaux processus de production.

Pascal Salin, La mondialisation est source


de richesse pour les plus pauvres.
Conférence de Cancun. 2003.

4. Pourquoi recourir à des importations


En ouvrant leurs frontières aux transactions commerciales, les
pays forcent leurs entreprises à être concurrentielles avec les
biens et services produits à l'étranger et, donc, à rester compéti-
tives en répercutant la baisse des coûts de production dans leurs A partir des
avantages cités
prix de vente aux consommateurs. dans le texte,
Le commerce extérieur offre aux consommateurs et aux pro- montrez com-
ducteurs nationaux un choix de biens et de services qui ne ment les impor-
seraient pas disponibles autrement. Dans la mesure où cela tations peuvent
concerne aussi bien des produits de consommation finale que des contribuer à la
croissance ?
biens intermédiaires et des intrants, le commerce extérieur appa-
raît donc à la fois comme favorable aux consommateurs et au
développement de la capacité de production nationale.
Organisation des Nations-Unies
pour l’alimentation et l’agriculture.

65
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

B. La contribution des exportations de biens et services

1 à la croissance
Montrer que les exportations de biens et services tirent sur
la croissance.
4. Les exportations et le "miracle asiatique "
Alors miracle ou non ? Peu importe le terme : l'augmen-
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

1 Pourquoi parle-t- tation des revenus et la chute de la pauvreté en Asie orien-


on de miracle tale depuis trente ans sont sans précédent. Personne ne peut
asiatique ? s'y rendre sans s'émerveiller de cette mutation, de ces chan-
gements économiques que reflètent toutes les statistiques
2 Quel est le fac- imaginables : épargne forte, investissements publics dans
teur qui a contri-
bué à la croissan- l'éducation, etc. La région est transformée en puissance
ce remarquable économique. Les taux de croissance ont été phénoménaux
des pays d’Asie
orientale ?
pendant plusieurs décennies. Le commerce était important
et l'accent était mis sur la promotion des exportations.
Joseph Eugène Stiglitz, La grande désillusion,
Editions Fayard.
5. Les exportations dynamisent la croissance
Durant les Trente Glorieuses, la croissance des exporta-
tions de biens et services étant très rapide, elle a pu se révé-
ler un facteur notable de croissance. Lorsque les débouchés
sont limités, les firmes tentent de trouver un second souffle
en recherchant des débouchés vers l'extérieur. Les recettes
d'exportation leur permettent d'acheter des machines et des
biens d'équipement et donc de moderniser l'économie. C'est
ainsi qu'en introduisant des innovations, les entreprises aug-
mentent et améliorent la production. Il faut innover dans les
processus, et dans les produits. L'exemple de l'effort de
Taiwan est significatif de l'impératif de modernisation pour
élever la valeur ajoutée des produits exportés dans les
Joseph Stiglitz domaines de l'informatique, de l'électronique et de l'ingénie-
rie. L'effort de maîtrise technologique est puissant. Comme
le Japon, plusieurs pays raisonnent de façon profondément
Comment les planifiée au sein d'un univers concurrentiel. Leur démarche
recettes d'exporta- de base consiste à prévoir, à l'horizon de 15 ans, les produits
tion permettent- susceptibles de se vendre massivement, les prix auxquels
elles de financer ces produits sont vendables. Les techniciens sont alors chargés
l'activité écono-
mique ?
d'évaluer les quantités qu'il faudra produire. Les entreprises
sont ensuite invitées à former du personnel, à faire des re-
cherches et à investir en fonction de ces programmes d'avenir.
Alain Gélédan, Le développement comment ?
Editions Belin.
66
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

6. Les exportations : une demande étrangère stimulante


Les exportations exercent une action stimulante sur la croissan-
ce par ses effets sur la demande. Exporter plus, c'est trouver une
nouvelle demande externe qui s'ajoute à la demande interne et
contribue à l'accroissement de l'emploi ; c'est aussi permettre, au
moins à certaines entreprises, de produire en plus grande série, de
1 Qu'appelle-t-on
"économies d'é-
chelle " ?
1
baisser les coûts unitaires et les prix de vente grâce à des économies
d'échelle. Chaque entreprise peut espérer conquérir, en ce qui la 2 Comment, d'après
concerne, un marché plus vaste. Pour conquérir ce marché, les ce passage, les
entreprises sont souvent conduites à investir ; en conséquence, il y exportations ont-
a croissance de la production. Etant une source d'accroissement de

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


elles permis de
la production, les exportations dynamisent la croissance. De plus, la stimuler la crois-
croissance des exportations, toutes choses égales par ailleurs, réduit sance ?
le déficit commercial (quand les dépenses d'importations dépassent
les recettes d'exportations).
Janine Brémond, Jean-François Couet et Marie-Martine Salort,
Mondialisation et échanges extérieurs, Editions Liris.

7. Exportations, source de devises


Grâce surtout à ses exportations de pétrole et de gaz, l'Algérie vit
depuis quelques années un véritable boom économique. Elle profi-
te pleinement de la hausse du prix des hydrocarbures. Les indica-
teurs s'inscrivent dans le bon sens, avec une croissance du PIB. Les
revenus du pétrole et du gaz ont permis au pays d'accumuler des Quels sont les
réserves de devises enviables, de l'ordre de 56 milliards de dollars avantages que
procurent les
fin 2005, soit l'équivalent de deux années d'importations. La dette
recettes d'expor-
extérieure a de son côté été réduite à 16,4 milliards de dollars en tation à une éco-
2005. Un programme complémentaire de soutien à la croissance nomie ?
vise notamment au développement des infrastructures du pays :
construction d'une autoroute reliant l'est à l'ouest du pays, moderni-
sation du réseau ferroviaire, construction de trois barrages et de dix
stations de dessalement de l'eau.
Le nouvel Observateur, Atlaséco, Atlas économique mondial 2007.

8. Exportations, génératrices de revenus et d'emplois


La notion d'une ouverture au commerce bénéfique à la croissance
est aujourd'hui soutenue comme partout dans le monde. Les expor-
tations revêtent un caractère important.
Au niveau domestique, les exportations constituent des sources
de revenus et d'emploi. Au Bengladesh, l'augmentation des expor-
tations de produits textiles depuis 1990 est à l'origine d'environ Comment les ex-
1,8 millions d'emplois créés dont plus de 90 % destinés aux fem- portations sont-elles
génératrices de
mes. L'augmentation des revenus dans le secteur d'habillement a
création d'emplois
permis de réduire la pauvreté. Lorsque le gouvernement vietnamien et d’accroissement
décida de libéraliser le commerce du riz, les producteurs nationaux de revenus ?
virent les portes des marchés mondiaux s'ouvrir à eux entraînant
du même coup d'importantes améliorations. Dans ces deux cas,
les effets, à assiette large, sur les revenus et l'emploi, générés par
les exportations, ont donné un nouvel élan à la croissance.
Rapport mondial sur le développement humain 2005, Editions Economica.
67
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

1 Retenons l’essentiel
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

Aucun pays ne peut vivre en économie autarcique. Il doit, en effet, effectuer des
échanges avec l’étranger. Les échanges de biens et services regroupent l’ensemble des
échanges de biens et services effectués entre les agents résidents et le reste du monde. Ils
sont constitués par les importations et les exportations de biens et services pouvant
contribuer à la croissance économique.

A. Contribution des importations de biens et services à la croissance


– Les importations permettent à un pays de s’approvisionner en matières premières et
énergétiques dans le cas où le pays ne dispose pas ou peu de ressources naturelles. Les
importations de ces produits permettront ainsi de réaliser et d’accroître la production et
d’assurer par conséquent la croissance économique.

– Les importations de biens d’équipement permettent de moderniser l’appareil pro-


ductif et contribuent ainsi à accroître et à améliorer la production et la productivité. Les
importations de biens et services constituent donc un moyen de transfert technologique
qui pourra permettre à un pays de rattraper son retard technologique et de profiter des
innovations effectuées à l’étranger. L’économie, devenant plus compétitive connaîtra une
croissance accélérée.

– Les importations de biens et services de l’étranger renforcent la concurrence. En effet,


les producteurs nationaux ne sont plus confrontés seulement à la concurrence des autres
producteurs nationaux mais aussi à des producteurs étrangers. Pour se maintenir sur le
marché, il devient indispensable d’être compétitif aussi bien au niveau des prix qu’en
dehors des prix. La concurrence va avoir un effet stimulant ; les producteurs sont ame-
nés à améliorer la production et à accroître leur productivité. Cette situation renforce la
croissance.

68
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

B. La contribution des exportations à la croissance économique

Les faits montrent que dans plusieurs pays, existe une forte corrélation entre le taux de
1
croissance des exportations et le taux de croissance du PIB. On dit que les exportations
tirent sur la croissance économique.

– Les exportations sont elles-mêmes une composante de la demande. Elles constituent des

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


débouchés supplémentaires qui élargissent le marché. Leur augmentation va stimuler les
entreprises à produire à grande échelle et à réduire ainsi leur coût unitaire.

– Constituant une demande additionnelle, les exportations vont susciter de nouveaux


investissements qui vont créer des emplois et générer par là même des revenus.

– Les exportations permettent au pays de percevoir des recettes en devises. Celles-ci


peuvent être utilisées pour financer les importations de biens et services et l’activité écono-
mique.

Grâce aux exportations, le déficit commercial diminue. La dette extérieure se réduit.


L’Etat aura la possibilité d’entreprendre des investissements pour développer par
exemple l’infrastructure.

Echanges extérieurs de biens et services

Importations Exportations

Croissance économique

Mots clés : Importation – Exportation – Produit de base – Parts de marché –


Débouché – Economies d’échelle – Devise – Déficit commercial.

69
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

Préparons-nous au Bac
1 1 Dégagez les avan-
1. Approvisionnement de produits de base et croissance
La Chine est devenue l'un des principaux partenaires commer-
ciaux de l'Afrique. Motivée avant tout par la volonté de sécuriser
tages que pro- les approvisionnements en pétrole, l'avancée chinoise est spectacu-
curent les échan-
laire. L'Afrique offre l'avantage de posséder des réserves considé-
ges avec les pays
d'Afrique à l'écono- rables de matières premières dont la Chine a fort besoin pour ali-
menter sa très vigoureuse croissance. Pétrole d'Angola, platine du
CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE

mie chinoise ?
Zimbabwe, cuivre de Zambie, bois tropicaux du Congo Brazzaville,
2 L'Afrique profite-t- fer d'Afrique du sud, etc. autant de produits inscrits sur la liste des
elle également de
ses échanges avec
emplettes chinoises. En 2005, Beijing (Pékin) a acheté au total 50 %
la Chine ? des ventes de pétrole du Soudan, équivalent à 5 % de ses besoins
en hydrocarbures.
Le nouvel Observateur, Atlaséco,
Atlas économique mondial 2007.

2. Économies d'échelle et exportations


L'élargissement des marchés est un avantage très important de
l'échange international pour les activités où existent des économies
d'échelle. Lorsque les coûts de production sont principalement des
coûts fixes, comme l'écriture d'un logiciel ou la réalisation d'un
Quelles sont les
activités pour les- film, tout élargissement de la production permet de réduire les
quelles l’élargisse- coûts. La mondialisation du marché des logiciels ou des films per-
ment des marchés met de les produire de manière plus efficace. A l'extrême, des biens
constitue un avan- comme les grands avions ne peuvent voir le jour sans un marché
tage ? Justifiez mondial. Cet effet est d'autant plus important que le marché inté-
votre réponse.
rieur est étroit. Il est donc maximal pour un pays faiblement déve-
loppé qui ne peut compter sur un marché intérieur suffisant.
Arnaud Parienty, Alternatives Economiques.

3. Technologie importée et croissance


Les échanges commerciaux constituent l'un des moteurs de la
croissance. Certains des bénéfices les plus importants à retirer de
Mettez en évidence ces échanges proviennent des importations de biens d'équipement.
l'impact des impor- La République de Corée et la Province chinoise de Taïwan, parmi
tations de techno- la première génération des " tigres " d'Asie Orientale, ont stimulé
logie sur la com- le développement des capacités technologiques en important des
pétitivité des éco-
technologies nécessaires à la diversification de leurs secteurs de
nomies des pays
d'Asie Orientale. fabrication industrielle ; ces importations ont permis d'augmenter
leur productivité et leur intégration au sein de cercles du commerce
mondial à valeur ajoutée élevée. Elles ont aussi permis aux entreprises
de concurrencer, avec succès, les autres acteurs des marchés étrangers.
Rapport mondial sur le développement humain 2005,
Editions Economica.
70
Section 3 : Contribution des échanges extérieurs à la croissance économique

4. Pourquoi recourir à des importations ?


En ouvrant leurs frontières aux transactions commerciales, les
pays forcent leurs entreprises à être concurrentielles avec les biens
et services produits à l'étranger et, donc, à rester compétitives en
répercutant la baisse des coûts de production dans leurs prix de 1 Quelles sont les
1
vente aux consommateurs. deux composantes
du commerce ex-
Le commerce extérieur offre aux consommateurs et aux produc-
térieur ?
teurs nationaux un choix de biens et de services qui ne seraient pas
disponibles autrement. Dans la mesure où cela concerne aussi bien 2 Etablissez les liens

CHAPITRE 2 : LES FACTEURS DE LA CROISSANCE


des produits de consommation finale que des biens intermédiaires et qui existent entre
des intrants, le commerce extérieur apparaît donc à la fois comme ces deux compo-
santes du com-
favorable aux consommateurs et au développement de la capacité
merce extérieur.
de production nationale.
Organisation des Nations-Unies
pour l’alimentation et l’agriculture.

5. Commerce extérieur et croissance économique


Le commerce extérieur est une dimension stratégique de la crois-
sance à long terme de toute économie. L'échange international per-
met, à plusieurs pays, d'élargir le marché offert à leurs producteurs
nationaux, avec toutes ses retombées positives en termes d'écono-
mies d'échelle, de gains d'efficience et d'allocation des ressources. Montrez comment
Mais il conditionne aussi la possibilité d'acquérir les biens que les chacune des com-
posantes du com-
producteurs locaux ne sont pas en mesure de produire, et notam- merce extérieur
ment les biens d'équipement à fort contenu technologique, indispen- contribue à la crois-
sables au développement de l'appareil productif. sance économique.

Jacques Adda, La mondialisation de l'économie, Editions Repères.

6. Les avantages du commerce extérieur


Les échanges extérieurs facilitent le développement de la concur-
rence et entretiennent l'esprit d'innovation, non seulement entre
producteurs nationaux, mais encore entre les divers pays. Le com-
merce extérieur permet un agrandissement du marché. Il entraîne
ainsi le développement de la production de masse et les avantages Quels sont les
qui y sont attachés. La baisse des prix, par étalement des coûts de avantages que
production, profitera aussi aux consommateurs. De plus, on évite procure le com-
les risques de pénurie que comporte la stricte localisation des merce extérieur
pour une écono-
productions et des marchés.
mie ?
Raymond Barre, Économie politique,
Presse Universitaire de France.

71
2
LES MUTATIONS
DES STRUCTURES
ECONOMIQUES

72
 Chapitre 1 : Les mutations des structures de la production
 Chapitre 2 : Les mutations de la consommation

L
a croissance économique se traduit non
seulement par l'accroissement des
richesses créées mais aussi par des
transformations qualitatives qui permettent de
produire plus et mieux.
Les principales transformations qualitatives
que l'on désigne par le terme mutations des
structures économiques sont :

– Les mutations des structures de la production


– Les mutations de la consommation.

73
Chapitre 1 :
Les mutations des structures de la production

u cours de la croissance économique, les structures de la production

A connaissent de nombreuses mutations. En effet, la répartition secto-


rielle du PIB ainsi que celle de la population active se modifient. Les
techniques de production évoluent et un phénomène de concentration des
entreprises se développe.

74
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

Section 2 : L'évolution des techniques de production

Section 3 : La concentration des entreprises


75
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

2 " Nous sommes à un tournant de l’histoire où le


tertiaire doit prendre dans la croissance à venir un
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

rôle semblable à celui que la production indus-


trielle a joué tout au long des 30 années de l’après-guerre. "
Michel Gaspard (1988)

a croissance économique, étudiée sous son aspect qualitatif, se traduit par de

L nombreuses mutations économiques. C'est ainsi que la structure de la population


active et celle de la production se modifient. Au cours de la croissance, les
secteurs d’activité connaissent des changements remarquables particulièrement en ce
qui concerne leur poids dans l’économie. En effet, l'évolution de la répartition
sectorielle du PIB et celle de la population active sont assez remarquables.

A. L'évolution de la
répartition secto-
rielle du PIB

B. L'évolution de la
répartition secto-
rielle de la popu-
lation active

76
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

Mobilisons nos pré-requis


1. Croissance et mutations économiques
La croissance peut être définie comme l'augmentation de la pro-
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


duction et l'amélioration des performances économiques. Elle
aboutit à des changements dans les ordres de grandeur et à l'appa-
rition d'un monde nouveau. Le changement devient l'élément central
de la vie économique. Même si les variations de certaines gran- 1 Identifiez la crois-
deurs sont devenues indices de la croissance, cette dernière n'est sance économique
pas un pur phénomène quantitatif. Un enfant ne devient pas un peu sous son aspect
plus adulte en prenant simplement du poids. C'est aussi parce qu'il quantitatif et quali-
tatif.
se développe psychologiquement, sexuellement et culturellement.
Les économistes distinguent souvent à ce propos expansion et
2 Distinguez la crois-
croissance. L'expansion est l'augmentation de la production sans sance de l'expan-
changement important dans les techniques, les facteurs de produc- sion.
tion disponibles et l'agencement général de l'économie et de la
société. Elle n'est, de ce fait, qu'un phénomène à court terme. La
croissance suppose des modifications profondes de l'économie et
de son insertion dans l'ensemble de la réalité mondiale.
Jean-Marie Albertini, Des sous et des hommes,
Editions du Seuil.
2. Évolution de la population active
Evolution de la population active en Tunisie
1 Rappelez les no-
2003 2004 2005 tions de popula-
tion active, de
Population active totale population active
3261.6 3328.6 3414.6
(en milliers de personnes) occupée, de popu-
lation d’âge actif et
Population d'âge actif du taux d'activité.
? ? ?
(en milliers de personnes)
Taux global d'activité (en %) 45.7 45.8 46.3 2 Complétez le
tableau.
Institut National de la Statistique.
3. Les secteurs d'activité
Les secteurs d'activité sont classés en trois catégories. Le secteur
primaire couvre la production de ressources naturelles : agricultu-
re, pêche, chasse, forêt, etc. On leur adjoint les mines. Le secteur
secondaire est centré sur l'industrie manufacturière, c'est-à-dire sur
la transformation des ressources naturelles en produits manufactu-
rés. On lui adjoint souvent le bâtiment. Le secteur tertiaire regrou- Identifiez chacun
des secteurs d'ac-
pe la production de services. Ces services sont majoritairement tivité.
marchands : commerce, banque, assurance, hôtellerie, etc. Ils peu-
vent aussi être non marchands, c'est-à-dire non destinés à être ven-
dus sur un marché. Ils sont alors généralement le produit de l'acti-
vité des administrations : éducation, justice, défense nationale.
Claude Dargent, Editions Nathan.
77
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

Construisons nos savoirs


2 A. L'évolution de la répartition sectorielle du PIB.
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

Constater l'évolution de la répartition sectorielle du PIB

1. Évolution du PIB et de sa structure en Tunisie


Valeurs ajoutées par secteur d’activité et PIB
1 Calculez les à prix constants 1990 (en millions de dinars)
parts de chaque
secteur dans le 1990 1995 2005
PIB.
Agriculture 1 700,3 1 572,8 2 530,8
2 Toute augmen-
tation de la pro- Industrie 3 221,9 3 990,9 5 974,4
duction d'un sec-
teur signifie-t-elle
Services 5 893,5 7 510,6 12 878,8
nécessairement PIB 10 815,7 13 074,3 21 384,0
une augmenta-
tion de sa part Institut National de la Statistique.
dans le PIB ?

2. Évolution de la répartition sectorielle du PIB


Évolution de la structure du PIB en Corée du Sud (en %)

Parts
1 Comment a évo-
lué la part de 100
chaque secteur
dans le PIB en
Corée du Sud 80 44,80 43,80
durant la pério- 55,50
de 1970-2005 ? 60

2 Complétez la
phrase suivante: 40 29,20
41,30
En Corée du
Sud, la part de
20 40,80
l’agriculture 26,00
dans le PIB a 14,90
diminué de ...... 0 3,70
1970 1980 2005 Années
points en 2005
par rapport à Agriculture Industrie Services
1970.
L'état du monde 1995 et Atlaéco 2007.

78
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

3. Evolution de la structure de la production en France


2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


Evolution de la répartition du PIB par secteur en
France (en %)

Parts Rédigez un para-


graphe résumant
les informations
fournies par le
diagramme.

INSEE 1991 et Atlas éco 2007.

4. Vers une société de services

Plus une économie connaît la croissance et plus la part des Montrez que les
services devient importante dans la création de richesses : ils économies évoluent
représentent plus de 70 % du produit intérieur brut des pays vers un développe-
avancés. On distingue plusieurs sortes de services : les services ment de plus en
plus remarquable
marchands non financiers, les services financiers et les services du tertiaire.
non marchands. Nos sociétés sont saturées d’objets. En revan-
che, il semble que les services offrent des possibilités de déve-
loppement sans limites : on peut toujours être mieux éduqué,
mieux soigné, mieux informé et diverti de davantage de façons.
L’irruption des nouvelles technologies a ouvert tout un monde de
services que personne n’aurait imaginé il y a une quinzaine
d’années.
Sophie Gherardi, Services, Editions Larousse.

79
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

B. L'évolution de la répartition sectorielle de la population

2 active

Constater l'évolution de la répartition sectorielle de la


CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

population active.

5. Modernisation des secteurs d’activité et emplois

Le secteur primaire connaît une modernisation profonde et


un progrès technique qui permet à de moins en moins d'agricul-
teurs de nourrir de plus en plus de personnes. Or, si la producti-
vité est à croissance moyenne dans l'agriculture, la demande aug-
mente lentement (nous n'avons qu'un estomac et la suralimenta-
tion nuit à la santé !). En conséquence, l'emploi dans le secteur
primaire décline inexorablement, surtout depuis la deuxième
Repérez les sec- moitié du siècle dernier.
teurs gagnants Le secteur industriel connaît un progrès technique rapide et la
et les secteurs productivité y augmente rapidement : il est donc possible de pro-
perdants en ter- duire de plus en plus de produits manufacturés avec moins de
mes d'emplois.
salariés. La demande de produits industriels est en augmentation
à un rythme moyen, mais la productivité progresse encore plus
vite. Il en résulte une réduction des effectifs industriels qui s'ac-
célère avec l'arrivée des robots et la diffusion de la troisième
révolution industrielle.
Le secteur tertiaire est incontestablement le gagnant en
termes d'emplois, il se gonfle, se gonfle. La productivité y
augmente de façon plus lente qu'ailleurs, mais la demande y est
forte. Un tertiaire moderne se développe. On parle même de qua-
ternaire pour désigner les nouveaux emplois du secteur de la
communication, etc. Mais, là aussi, la troisième révolution indus-
trielle va intervenir et il semble que la machine puisse là aussi
remplacer l'homme : de l'enseignement assisté par ordinateur
(EAO), au dessin assisté par ordinateur (DAO), l'informatique
fait des progrès et limite la création d'emplois même dans le
tertiaire.
Alain Gélédan, Economie,
Editions Belin.

80
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

6. Évolution de la répartition sectorielle de la


population active 2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


Parts

1 Que représente
chaque aire du
diagramme ?

2 Caractérisez l'évo-
lution de la répar-
tition sectorielle
de la population
active depuis
1896 en France.

O. Marchand et C. Thélot,
Deux siècles de travail en France et Images éco 2007.

7. Développement des emplois précaires dans les


services
Dégagez les
Il se développe une sorte de tertiaire, non plus moteur de la caractéristiques
croissance économique, mais réceptacle d’une main-d’oeuvre en des emplois qui
se développent
mal d’occupation : petits boulots, caractérisés par leur précarité,
dans le tertiaire.
leur faible productivité, la modicité des rémunérations qu’ils
dispensent.
René Passet, Le Monde, 1990.

81
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

2 Retenons l’essentiel
Les modifications de la répartition sectorielle
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

Depuis le XVIII e siècle, on assiste à de nombreuses mutations de l’appareil


productif et plus particulièrement des mutations sectorielles. En effet, au cours de
la croissance économique, la structure du PIB et celle de la population active ne
cessent de subir des transformations.

A. L’évolution de la répartition sectorielle du PIB


– Le poids du secteur primaire était d'abord très élevé dans le PIB. Puis, sa part dans le
PIB régresse.
– L’industrie, quant à elle, connaît une nette progression. Sa part dans le PIB était, dans
un premier temps la plus importante. Mais elle voit, ensuite, son poids dans le PIB se
réduire.

– Enfin, c’est le secteur tertiaire qui connaît une évolution de plus en plus rapide. En
effet, sa part dans le PIB augmente sans cesse. On parle d’ailleurs de la "tertiarisa-
tion" de la production.

Au cours de la
CROISSANCE ECONOMIQUE

La répartition sectorielle du PIB évolue

Poids du secteur primaire


dans le PIB diminue

Poids du secteur secondaire dans le


PIB augmente puis diminue

Poids du secteur tertiaire dans le


PIB ne cesse d’augmenter

82
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

B. L’évolution sectorielle de la population active

La répartition sectorielle de la main-d’oeuvre connaît aussi une évolution au cours


de la croissance. Elle reflète d’ailleurs les transformations de la production d’autant
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


plus que les progrès de la productivité ont été plus rapides dans l’agriculture et
l’industrie que dans le tertiaire.
C’est dans le secteur primaire que la majorité de la population active trouvait des
emplois. Puis, avec la mécanisation de l’agriculture, le nombre d’emplois libéré a com-
mencé à augmenter sans cesse. L’amorce du déclin de l’emploi agricole remonte déjà à
la révolution industrielle. Depuis, l’emploi dans le primaire n’a cessé de diminuer
d’abord au profit du secondaire puis du tertiaire. On assiste à un glissement de la main
d’oeuvre vers le secteur tertiaire puisque les deux autres secteurs utilisent des combi-
naisons de plus en plus capitalistiques.
La progression de la part des services dans l’emploi est inéluctable. En effet, le ryth-
me de croissance de la productivité est en moyenne plus rapide dans l’agriculture et
dans l’industrie que dans les services.
Il se développe dans les services des emplois précaires, peu rémunérés et peu
sécurisés.

Evolution sectorielle de la population active


occupée au cours de la croissance économique

Augmentation puis
Progression de
Déclin de l’emploi réduction de la
l’emploi dans le
dans le primaire part de l’emploi
tertiaire
dans le secondaire

L’analyse en termes de secteurs d’activité montre un accroissement du poids du sec-


teur tertiaire aussi bien dans le PIB que dans la population active. Cette évolution se tra-
duit par l’explosion du secteur tertiaire.

Mots clés : Mutation sectorielle – Répartition sectorielle du PIB – Répartition


sectorielle de la population active – Tertiarisation – Economie de services.

83
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

Préparons-nous au Bac
2 1. Évolution de la répartition sectorielle de la
population active
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

Évolution de la répartition de la population par secteur dans les pays développés

Décrivez l’évolu-
tion des parts de
chaque secteur
dans l’emploi
total.

Paul Bairoch,
Capital, Août 2004

2. La croissance des emplois dans le tertiaire


De 1954 à 1994, l’emploi total a augmenté à un rythme lent
dans plusieurs pays européens, l’emploi dans le tertiaire a cons-
Que représente tamment et fortement progressé : l’emploi dans l’industrie
chacun des pour- avait, lui, augmenté jusqu’en 1973 pour ensuite diminuer régu-
centages donné
lièrement. Enfin, l’emploi primaire n’a cessé de diminuer tout au
dans le document ?
long de la période. Le tertiaire représentait en 1994 un peu plus
des deux tiers (68 %) de l’emploi total, l’industrie 27 % et le
secteur primaire 5 %. Depuis 1990, la croissance moyenne des
services marchands (+ 2,2 %) est plus rapide que celle de
l’ensemble de l’économie (+ 1,8 %).
A. Beitone, C. Dollo, Economie, Editions Sirey.

84
Section 1 : Les modifications de la répartition sectorielle

3. Évolution de la structure de la population


active par secteur

Évolution de la structure de la population active occupée


2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


selon les secteurs d’activité en Tunisie (en %)

1966 1984 1994 2005

Secteur primaire 45,5 27,9 21,5 18,7 Décrivez l’évolu-


tion de la structure
de la population
active occupée par
Secteur secondaire 20,3 36,2 33,8 32,3 secteur en Tunisie
depuis 1966.

Secteur tertiaire 34,2 35,9 44,7 49,0

Institut National de la Statistique.

4. Les mutations sectorielles


Si l'on peut mesurer la croissance économique grâce à un
indicateur synthétique tel que le PIB, celui-ci ne rend compte
cependant que d'un aspect de la croissance : l'accroissement des
quantités produites. Or dans le processus de la croissance, bien Dégagez du
des transformations s'opèrent. texte les trans-
La structure de la population active se modifie : la population formations qui
agricole régresse non seulement en part relative mais en nombre accompagnent
la croissance
absolu, jusqu'à atteindre moins de 5% de la population active aux
économique.
Etats-Unis ou en Grande-Bretagne par exemple. La population
active occupée dans le secteur secondaire gonfle rapidement, puis
plafonne en part relative tandis que le secteur tertiaire occupe une
part croissante de la population. Dans tous les pays développés,
50 à 60 % de la population active travaillent dans les services.
La structure de la production se transforme également : une
part croissante du PIB est réalisée par les secteurs secondaire et
tertiaire. Certaines branches d'activité régressent (textile, sidérur-
gie, aujourd'hui par exemple) tandis que d'autres connaissent une
progression rapide (électronique, informatique, ….)
A. Cohen. P. Combemale Croissance et crises
Editions Hatier.

85
Section 2 : L’évolution des techniques de production

2 " Je gage qu’il pourra y avoir un jour du


CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

commerce entre la Terre et la Lune. L’art de voler


ne fait que naître ; il se perfectionnera et on ira
jusqu’à la Lune. "
Bernard de Fontenelle (1657-1757)

a croissance s’accompagne de plusieurs mutations de structures économiques.

L Ces mutations, parfois profondes, touchent l’appareil productif dans son ensem-
ble et plus particulièrement les techniques de production. Depuis la révolu-
tion industrielle, ces techniques n’ont cessé d’évoluer. De plus, elles deviennent de plus
en plus flexibles.

A. Les techniques
de production
en évolution

B. La flexibilité
des techniques
de production

86
Section 2 : L’évolution des techniques de production

Mobilisons nos pré-requis


1. Qu’est-ce que l’innovation ?
Quel est le point commun entre une automobile, internet et le 1 Pourquoi dit-on
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


que l’automobile,
taylorisme ? Ce sont des produits ou des façons de produire qui,
Internet et le taylo-
n’existaient pas au XIXe siècle, et lorsqu’ils sont apparus sur le risme ont constitué
marché, ils constituaient des innovations. L’innovation est la mise des innovations ?
en place sur le marché d’une idée nouvelle. Ainsi, la commerciali-
sation du premier ordinateur ou la mise en place du taylorisme sont 2 Quels sont les
deux types d’inno-
des innovations. Il ne faut pas confondre “invention” et “innova- vations évoqués
tion”. L’invention est le fruit d’une découverte, alors qu’il n’y a dans le texte ?
innovation que si cette invention est mise en place dans la pratique
au sein de l’entreprise, par exemple sous la forme d’un produit ou 3 Distinguez l’inno-
vation de l’inven-
d’un processus de fabrication nouveau. Ainsi, la découverte du
tion.
principe du moteur à explosion est une invention mais la première
automobile commercialisée est une innovation. Par ailleurs, il peut
y avoir innovation sans découverte scientifique. Ainsi, la mise en
place au XIXe siècle du premier grand magasin est une innovation
car c’est une idée nouvelle mais qui n’est pas le fruit d’une décou-
verte scientifique.
Janine Brémond, Jean-François Couet et Marie-Martine Salort,
Innovation et progrès technique, Editions Liris.

2. L'investissement, facteur de croissance Premier ordinateur


Au-delà des effets à court terme de l'investissement dans la
conjoncture économique, celui-ci exerce une influence détermi-
nante sur le niveau de croissance durable d'un pays.
L'investissement a, en effet, un rôle spécifique dans la diffusion de 1 Identifiez les deux
formes d'investis-
l'innovation. Les nouveaux équipements, intégrant des procédés
sement citées dans
plus modernes, permettent dans la plupart des cas de réaliser des le document.
gains de productivité. Ils sont ainsi source de gains de parts de
marché. De la même manière, l'investissement immatériel, c'est-à- 2 Comment l'inves-
dire les dépenses de recherche-développement, de formation, de tissement matériel
et l’investissement
prospection commerciale de marketing, etc. contribue également à
immatériel consti-
une amélioration de la compétitivité des entreprises. Les innova- tuent-t-ils une sour-
tions dans les processus de production permises par la recherche et ce de compétitivité
l'utilisation de nouveaux logiciels abaissent le coût de fabrication pour les entrepri-
et améliorent la compétitivité prix des produits et favorisent l'ap- ses ?
parition de nouveaux produits ; les dépenses commerciales accen-
tuent leur différenciation et permettent leur diffusion, ce qui cons-
titue un élément de la compétitivité hors-prix de l'offre nationale.
[Link], C. Beaux, [Link], [Link],
Economie politique contemporaine 2002 , Editions Armand Colin.

87
Section 2 : L’évolution des techniques de production

Construisons nos savoirs

2 A. Les techniques de production en évolution


Mettre en évidence l’évolution des techniques de production.
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

1. Les techniques de production d’hier et d’aujourd’hui


L’entreprise d’hier utilisait des techniques de production rudi-
mentaires, stagnantes et souvent évidentes. Ces techniques apparais-
sent rudimentaires par rapport à celles d’aujourd’hui. Le fait qu’elles
aient été stagnantes correspond au fait que les méthodes évoluaient
lentement par rapport à l’évolution d’aujourd’hui. Les techniques
étaient évidentes, en ce sens qu’elles étaient simples et pouvaient
1 Comment étaient être apprises “sur le tas”. Le travailleur apprenait au total peu de cho-
les techniques ses par rapport à la formation d’un ingénieur d’aujourd’hui. On
de production ?
accordait une importance aux tours de main, à certaines habiletés et
2 Comment sont- on les apprenait par des méthodes si rituelles que l’apprentissage
elles devenues ? était long. Par contre, il était relativement facile : Tout homme qui
vivait assez longtemps pouvait acquérir ces tours de main. Tout fils
de tonnelier pouvait devenir tonnelier, tout fils de charpentier, char-
pentier. Mais, aujourd’hui, bien des fils d’ingénieurs ne peuvent
devenir ingénieurs. Les techniques avaient donc un caractère
d’évidence : il apparaissait à nos ancêtres que l’on devait faire ainsi
et que l’on ne pouvait faire autrement, d’où méfiance à l’égard de
tout progrès technique. Les techniques aujourd’hui sont scienti-
fiques. Elles sont en rapide évolution. La fonction de l’entreprise n’est
pas seulement d’appliquer des techniques, mais de les faire progresser.
Jean Fourastié, La réalité économique, Editions Pluriel
2. L’impact de la révolution industrielle sur les
techniques de production
C’est en Angleterre que se manifeste le grand bouleversement
technique connu sous le nom de révolution industrielle. Il sera à
l’origine de l’essor économique de la Grande Bretagne. Les
inventions se multiplient. Le machinisme va se substituer au travail
manuel. Il implique le remplacement du travail manuel par des pro-
cédés plus productifs, exigeant l’intervention d’instruments intermé-
1 Rappelez ce diaires entre l’homme et les matières premières. En matière d’ou-
qu’est la révolu- tillage, l’industrie textile voit apparaître les premières inventions. En
tion industrielle. même temps, les procédés de fabrication se perfectionnent, spéciale-
ment dans l’industrie métallurgique. La préparation du fer se faisait
2 Dégagez ses
auparavant au charbon de bois. Les hauts fourneaux devaient donc
conséquences
sur les tech- être installés à proximité des forêts. Puis, le coke a été substitué au
niques de pro- bois et l’invention du puddlage permet d’obtenir un acier de meilleure
duction. qualité. Les progrès les plus décisifs seront réalisés en matière de
force motrice. L’essor de l’industrie moderne n’eût pas été possible
sans la découverte de la machine à vapeur.
Lajugie et Delfaud, les systèmes économiques,
Editions Presses universitaires de France.
88
Section 2 : L’évolution des techniques de production

3. Innovation technique et révolution électronique


Dès avant la deuxième guerre mondiale, apparaissent les pre-
mières applications industrielles de l'électronique : un premier
émetteur de télévision, celui de la BBC, fonctionne à Londres en
1936. Les applications de la chimie organique et de la révolution
électronique se multiplient après la guerre. Les ordinateurs com-
mencent à supplanter les machines mécanographiques à la fin des
Quels sont les
domaines touchés
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


par la révolution
années 1950. Aujourd'hui, les applications de la révolution électro- électronique ?
nique à la transmission et au traitement de l'information, à l'image,
au son, à la communication se multiplient, cependant que de nou-
veaux matériaux continuent d'apparaître et que les biotechnologies
sont riches de potentialités. A ce mouvement d'innovation technique
est liée une expansion de la production sans précédent.
Paul Dubois, Production et productivité, Editions Economica.

4. L’activité automobile en mutation


L'évolution de la production automobile a accompagné les
grands bouleversements du XXe siècle. D'un artisanat réservé à une Décrivez l'évolution
clientèle limitée, elle a su passer à une production industrielle de des techniques
masse. Avant 1914, la construction automobile répondait aux carac- de production uti-
téristiques de ce qui était encore un produit de luxe et aux exigen- lisées dans la
ces d'une clientèle restreinte. Les voitures étaient construites quasi- construction auto-
ment sur mesure, souvent par des artisans qui habillaient de leurs mobile.
carrosseries les châssis et moteurs des constructeurs. Rapidement,
la demande de la clientèle allait imposer la transformation de cet
artisanat en industrie, centrée sur un découpage des tâches et sur
l'utilisation à chaque étape de machines spécialisées. Ce type
d'organisation de la production industrielle sera formalisé pour la
première fois par F.W. Taylor.
[Link]-peugeot-citroë[Link] Jean Fourastié
Economiste français
5. Le rythme d’évolution des techniques de production 1907-1990
Les techniques de production sont en évolution et de nos jours en
évolution très rapide par rapport à la durée humaine. Le branle de la
phase actuelle de l’évolution des techniques a été donné au XVIIIe 1 Pourquoi les tech-
niques de produc-
siècle en Angleterre, lorsque des hommes d’action, des chefs d’en-
tion évoluent-elles
treprises ont commencé à appliquer à l’agriculture et aux manufac- à un rythme de plus
tures les techniques issues de la Renaissance scientifique des XVe, en plus rapide ?
XVIe et XVIIe siècles. D’abord très lent et sporadique, le progrès
technique est devenu “le grand espoir du XXe siècle”. Il est un fait 2 Montrez que l’évo-
capital qu’il faut toujours rappeler tout en étant évident : Chaque lution des tech-
production a une technique qui lui est propre. Et donc, le progrès niques de produc-
des techniques, tout en étant un phénomène général n’a pas du tout tion diffère selon
la même intensité selon l’activité. Le coiffeur, à Paris ou à Calcutta, les activités.
met toujours, comme en 1850, une vingtaine de minutes à couper
les cheveux d’un homme ; écrire un roman, écrire et jouer une pièce
de théâtre, peindre un tableau demande autant de temps qu’au
XVIIIe siècle. Les techniques du tertiaire, ayant peu évolué dans le
temps, se trouvent aussi analogues dans l’espace. Par contre,
l’évolution est énorme pour toutes les productions de type secondaire
et primaire.
Jean Fourastié, La réalité économique, Editions Pluriel.
89
Section 2 : L’évolution des techniques de production

6. Le règne du machinisme

2 Comment le
Dans l’entreprise artisanale traditionnelle, l’homme se situait au
centre du processus de production : l’outil n’était que l’instrument de
production de son art. Dans l’usine, le travailleur devint un instru-
ment de production parmi d’autres, plus ou moins qualifié, mais tou-
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

machinisme jours lié à la machine. L’introduction du machinisme dès le XIXe siè-


modifie-t-il les cle modifie les procédés de production. Il a favorisé les rassemble-
procédés de pro- ments d’hommes dans les grands centres industriels. Dans le travail
duction ?
à la chaîne, par exemple, chaque ouvrier demeure soumis à la caden-
ce de l’ensemble. Certaines techniques tendent même vers la méca-
nisation du travail imposant à l’ouvrier ses gestes et ses rythmes.
Elles peuvent aussi permettre de supprimer l’effort physique du tra-
vailleur en réduisant le nombre de ses interventions. La machine fait
de plus en plus perdre à l’homme le contact direct avec l’objet de son
travail.
Encyclopédie 360 Rombaldi.
7. Mécanisation et automatisation
Lorsqu’un conducteur de métro dirige celui-ci, de station en sta-
tion, il y a mécanisation et non automatisation car la machine reste
Distinguez la directement dirigée par l’homme. Par contre, si l’on fait fonctionner
mécanisation de un métro sans conducteur, il y a conduite automatique et la conduite
l’automatisation.
du métro est automatisée.
Lorsque la peinture de certaines carrosseries ou la fabrication de
certains blocs moteurs chez Renault, se fait sans manipulation
humaine, il y a processus automatique, une partie de la production
est automatisée. De façon générale, lorsqu’un processus de produc-
tion peut être rendu opérationnel sans intervention directe de l’hom-
me, on dit qu’il y a automatisation.
Janine Brémond et Alain Gélédan, L’automatisation,
Editions Hatier.
8. Vers la robotisation
Le terme automatisation est apparu dès 1947 pour désigner les
formes modernes de la mécanisation de la production. Avec l'auto-
En quoi la roboti- matisation, l'effort de l'homme est totalement remplacé par la machi-
sation est-elle ne, mais la présence humaine est cependant indispensable pour sur-
une technique de veiller le bon fonctionnement des opérations. Une évolution s’est
production plus produite : la machine remplace non seulement l'activité physique de
évoluée que l'homme mais encore certaines activités intellectuelles. La machine
l’automatisation ?
s'autocontrôle, détecte les incidents, corrige leurs effets mineurs et
alerte le technicien dans les autres cas. L'informatisation devient un
élément omniprésent et d'aide à la dé[Link] robot est pro-
grammé pour assurer une ou plusieurs tâches spécifiques : manipu-
lation des pièces, assemblage, usinage, etc.
Dominique Larue et Alain Caillat, Les modes de production,
Editions Hachette technique.

90
Section 2 : L’évolution des techniques de production

B. La flexibilité des techniques de production


Montrer que les techniques de production sont de plus en
plus flexibles.
Constater que la flexibilité des ateliers est le résultat de la
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


polyvalence des équipements et des travailleurs.

9. Qu'est-ce que la flexibilité ?


Le principe sous-jacent à la flexibilité est d'adapter la production
aux besoins des clients, que ces besoins s'expriment en termes de 1 Identifiez la flexibilité.
délais, de volumes ou d'innovations, dans les domaines de la fabri-
cation ou de la conception, de produits ou de services. C'est une ten- 2 Pourquoi les tech-
niques de produc-
dance forte du développement des entreprises depuis une trentaine tion deviennent-elles
d'années. La flexibilité est une caractéristique de moyens de produc- de plus en plus flexi-
tion, visant à atteindre les objectifs de réactivité. Il s'agit de mettre bles ?
en place des modes et des moyens de production ajustables, recom-
posables et optimaux.
La flexibilité vise à répondre à des variations d'activités assez
fréquentes ou imprévisibles, et aux urgences. Cependant, si la flexi-
bilité trouve sa justification principale dans les fluctuations de la
demande, elle est aussi une modalité de réponse aux fluctuations et
aléas des capacités de production telles que les pannes de machines,
l'absentéisme, etc.
Organisation et technologie,
Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail

10. Atelier flexible


La part de la technologie dans la flexibilité est importante. Plutôt
que d'utiliser des machines très spécialisées, très productives mais
longues à régler et produisant " pour le stock ", l’atelier flexible s'ap-
puie souvent sur des machines polyvalentes, adaptées à une large
gamme de produits, et à temps de réglages courts permettant de Montrez qu'un ate-
changer rapidement de fabrication. L'avancée d'une étape à l'autre lier flexible exige la
dans les processus de fabrication s'effectue par petites quantités, ou polyvalence des
même à l'unité, sans stock intermédiaire. Les enjeux en termes de équipements et des
travail se situent à plusieurs niveaux dont notamment : travailleurs.
– Accroissement des compétences techniques pour piloter des machines
dont le fonctionnement est souvent assisté par ordinateur, et pour
maîtriser à la fois les réglages et la conduite de la ou des machines.
– Sollicitation plus importante de la vigilance et de la mémoire pour
embrasser toute la gamme des produits fabriqués sur une même
machine ou sur une même chaîne ou sur un ensemble de machines.
Organisation et technologie,
Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail

91
Section 2 : L’évolution des techniques de production

2 Retenons l’essentiel
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

L'évolution des techniques de production

A. Les techniques de production en évolution

Depuis la révolution industrielle, on assiste à l’accélération du rythme d’évolution


des techniques de production. D’une économie artisanale utilisant des techniques de pro-
duction tout-à-fait traditionnelles, on est passé à une économie caractérisée par une évo-
lution spectaculaire des techniques de production.
Cette évolution rapide des techniques de production s’explique en grande partie par
l’intégration croissante du progrès technique dans le processus de production. Toutes les
grandes entreprises et un nombre sans cesse croissant de petites et moyennes entreprises
sont engagées dans des opérations de mécanisation, d’automatisation et de robotisation.

* La mécanisation se traduit par l'utilisation des machines dans le processus de pro-


duction ; ces machines sont dirigées directement par des travailleurs.

* L’automatisation commence dès qu’une série d’opérations s’effectue spontanément


sans autre intervention humaine que le déclenchement initial. Ainsi, la machine se
substitue aux travailleurs dans leurs activités physiques.

* La robotisation se traduit par l’utilisation de robots qui accomplissent certaines tâches


spécifiques plus ou moins complexes. Les entreprises tendent de plus en plus à associer
des ordinateurs à des machines mécaniques pour en faire des robots.

92
Section 2 : L’évolution des techniques de production

B. La flexibilité des techniques de production

La flexibilité est un concept récent introduit à partir des années 1980. Elle désigne la
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


capacité d’une entreprise à s’adapter à un environnement fluctuant. Les techniques de
production deviennent de plus en plus flexibles pour répondre rapidement à une augmen-
tation ou une modification des caractéristiques de la demande.

La flexibilité des ateliers est aujourd’hui facilitée par le progrès technique.


Cette flexibilité des ateliers est le résultat aussi bien de la polyvalence des équipe-
ments que de la polyvalence des travailleurs.

– La polyvalence des équipements : C’est la capacité des chaînes de production à


produire des biens qui répondent mieux à la demande. Avec l’introduction de l’informa-
tique, une simple programmation rend possible la production de deux modèles voire plu-
sieurs modèles du même bien sans perte de temps.

– La polyvalence des travailleurs : C’est leur capacité à s'adapter assez rapidement à


un environnement économique en perpétuel changement. Les travailleurs polyvalents
doivent développer des compétences techniques qui les rendent aptes à réaliser aussi bien
des tâches d'exécution que des tâches de contrôle et de réparation.

Mots clés : Mécanisation – Automatisation – Productique – Robotisation –


Flexibilité – Flexibilité des ateliers – Polyvalence des équipements – Polyvalence
des travailleurs.

93
Section 2 : L’évolution des techniques de production

Préparons-nous au Bac
2 1. Des robots dans une usine de chaussures !
Proposer des produits spécifiques, fabriqués dans des délais de
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

plus en plus courts, telle est aujourd’hui l’obsession de Jallatte. Ses


nouveaux ateliers sont largement automatisés. Une fois l’embout de
sécurité posé, la tige de la chaussure posée sur une forme passe dans
un premier four de viellissement qui la stabilise. La semelle est,
Caractérisez les ensuite, collée automatiquement sous la tige, et ce quelque soit la
techniques de taille de la chaussure. L’automate sélectionne lui-même la bonne
production adop- pointure de semelle. Suit, le gardage, c’est-à-dire la préparation de la
tées par l’entre- surface avant le collage, qui se fait lui aussi automatiquement. Puis,
prise Jallate.
un robot transfère la chaussure sur le carrousel d’injection. Ensuite,
la chaussure retourne sur la chaîne sans intervention humaine.
Viennent enfin les opérations de finition, encore largement manuelles.
J. Ghiulamila, L’usine nouvelle n° 2457

2. La technologie télévisuelle en évolution


Si le caractère de loisir de la télévision est celui qui est perçu en
premier lieu, il ne faut pas oublier que la caméra de télévision est un
instrument scientifique et technique de premier plan. La robotique
utilise la caméra de prise de vue pour transmettre instantanément des
1 Donnez des exem-
ples de domaines images ; tout le système est miniaturisé. Ainsi, on peut explorer les
d'application de la fonds sous-marins ou l'intérieur d'une veine ou d'un organe du corps
télévision. humain. La télévision permet de voir là où l'homme, pour des raisons
diverses, ne peut pas arriver.
2 Montrez que la La révolution du numérique permet d'obtenir des images plus
technique télévi- nettes, de transmettre et de reproduire avec plus de fiabilité le signal
suelle ne cesse correspondant à une image.
d'évoluer.
Le site de l'histoire, Hachette multimédia.

3. Vers des techniques de production plus flexibles !


Les possibilités qu'offrent les équipements commandés par ordi-
nateur de réaliser de nombreuses tâches de manière plus flexible ont
changé considérablement la manière d'organiser désormais le travail
dans les industries manufacturières et les services. La responsabilité
pour de nombreuses opérations se situe dans l'atelier, permettant
ainsi une organisation moins hiérarchique de la production dans les
Comment un
grandes entreprises. La flexibilité, fondée sur la qualité du facteur
atelier devient-il
flexible ? travail, une plus grande mobilité interne entre les tâches, un cloison-
nement moins rigide des fonctions, une plus grande flexibilité dans
la définition des tâches, la formation et le recyclage, semble avoir
nettement surpassé le système fordien.
Problèmes économiques, Mars 1994,
Editions La documentation française.

94
Section 2 : L’évolution des techniques de production

4. La flexibilité
Au niveau de la production, la flexibilité permet à l’entreprise
d’anticiper les modifications de son environnement. La flexibilité
technique vise la recherche d'un accroissement rapide du volume
de la production en réponse à une augmentation de la demande ainsi
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


que la capacité de s'adapter à un changement des caractéristiques de
la demande en passant rapidement d'un type de produit fini à un autre. 1 Qu’entendent les
auteurs par flexibi-
Elle s’accompagne de la flexibilité du travail pour adapter le temps de lité technique et
travail et la charge de travail du personnel aux besoins de la production. flexibilité du travail ?
La flexibilité est relativement facile à mettre en oeuvre en par-
ticulier grâce à l’automatisation et à la robotisation. Les flux, jadis 2 Montrez que la
prédeterminés et stables dans le temps deviennent variables. Les flexibilité exige la
polyvalence des
machines sont alors polyvalentes et les moyens de manutention machines et des
sont de plus en plus liés aux équipements de production. travailleurs.
D. Larue et A. Caillat, Les modes de production,
Editions Hachette technique.

95
Section 3 : La concentration des entreprises

2 " L'entreprise géante est devenue le moteur le plus


puissant du progrès économique et en particulier de
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

l'expansion à long terme de la production totale. "


Joseph Schumpeter

es entreprises étaient, à l’origine, constituées de petites unités de production. La

L concurrence pure et parfaite était alors le modèle. Mais, l’accélération de la


croissance économique que l’on observe depuis la révolution industrielle s’est
accompagnée de profondes mutations de l’appareil productif. En effet, à partir de la
seconde moitié du XIXe siècle, se développe un vaste mouvement de concentration des
entreprises. Le paysage des entreprises s’en trouve continuellement remodelé. En quoi
consiste ce phénomène ? Quelles formes peut-il prendre ?

A. Définition de la
concentration

B. Les différentes
formes
de concentration

96
Section 3 : La concentration des entreprises

Mobilisons nos pré-requis

1. Qu’est-ce qu’une entreprise ?


Dans le langage courant, qui dit entreprise, pense usine. Dans le
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


jargon économique, non seulement toutes les entreprises ne sont
pas des usines, mais toutes les usines ne sont pas des entreprises ! 1 Identifiez une en-
car l'entreprise, au sens économique, peut être aussi bien le petit treprise.
commerce que la société multinationale, l'exploitant agricole que
le producteur de voitures, le médecin en profession libérale que la 2 Dégagez les diffé-
société anonyme. Bref, l'entreprise désigne l'unité économique rentes formes d’en-
dont l'activité aboutit à une vente sur le marché. Ce qui constitue treprises.
l'entreprise, c'est le fait d'employer du travail-salarié ou indépen-
dant- pour produire une valeur marchande.
Denis Clerc, Déchiffrer l'économie, Editions Syros.

2. Les économies d'échelle


1 Rappelez la défini-
Les économies d'échelle sont des économies réalisées par tion de la notion
l'entreprise au fur et à mesure que l'on grimpe l'échelle de pro- d'économies d'é-
duction : elles correspondent à une baisse du coût unitaire de pro- chelle.
duction (coût moyen) lorsque les quantités produites augmentent.
Elles s'expliquent par une meilleure répartition des coûts fixes sur 2 Par quoi se justifie
une plus grande quantité produite et par les réductions que l'entre- la réduction du
prise obtient sur des achats en plus grand nombre. coût unitaire ?
Jean Longatte, Pascal Vanhove, Economie générale, Editions Dunod.

3. Toutes les entreprises ont-elles un pouvoir de marché ?


Si la station-service qui est à côté de chez vous augmente le prix
de l’essence de 20 %, elle va rapidement enregistrer une forte
chute de ses ventes : ses clients iront acheter leur essence dans une
autre station-service. En revanche, si la compagnie de distribution
d’eau augmente ses tarifs de 20 %, la quantité d’eau distribuée ne
diminuera pas beaucoup. Les gens arroseront un peu moins leur 1 En vous basant sur
jardin, feront un peu plus attention en prenant leur douche, mais il le texte, dites quelle
est difficile de réduire fortement sa consommation d’eau. La diffé- est la structure du
rence entre le marché de l’essence et celui de l’eau est évidente : il marché de l’essen-
y a énormément de stations-service, mais une seule compagnie de ce et celle du mar-
ché de l’eau.
distribution d’eau. Et cette différence est lourde de conséquences
sur le comportement des firmes qui opèrent sur le marché en ques- 2 Comment sont for-
tion. Un marché est considéré comme concurrentiel si tous les més les prix dans
acheteurs et tous les vendeurs sont petits par rapport à la taille du chacun de ces mar-
marché et n’ont donc pas possibilité d’influencer le prix sur le chés ?
marché. Si, au contraire, une entreprise a la possibilité d’influen-
cer le prix sur le marché pour les produits qu’elle vend, on dit
qu’elle jouit d’un pouvoir de marché.
N. Gregory Mankiw, Principes de l’économie,
Editions Nouveaux horizons.

97
Section 3 : La concentration des entreprises

Construisons nos savoirs


2 A. Définition de la concentration
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

Définir la concentration des entreprises

1. La course à la taille
Les pionniers des entreprises étaient des hommes seuls.
Beaucoup ont créé leur entreprise sans aide extérieure. En effet,
l’ère du machinisme n’en était qu’à un stade embryonnaire et la
production n’exigeait qu’un capital réduit. Par ailleurs, l’entrepri-
A partir de quelle se restait souvent trop petite pour avoir une influence déterminan-
période les entrepri- te sur le marché. Le schéma de la concurrence pure et parfaite était
ses ont-elles été vérifié dans les faits. A partir de la seconde moitié du XIXe siècle,
amenées à s’agran-
dir ? Pourquoi ?
on va voir, au contraire, apparaître de puissantes entreprises. Dans
certains cas, la personnalité d’un grand capitaine d’industrie est à
la base d’un empire industriel. Souvent, les entreprises qui doivent
faire face aux exigences du machinisme qui demande des outilla-
ges et exige des masses croissantes de capitaux cherchent à limiter
la concurrence.

Jean-Marie Albertini, Capitalismes et socialismes :


de croissances en crises, Editions ouvrières.

2. Qu’est-ce que la concentration ?


L’agrandissement de la taille des entreprises peut se réaliser de
1 Comment peut se deux manières : la croissance interne et l’appel à l’extérieur. La
réaliser l’agrandis- croissance interne se fait par autofinancement ou appel aux action-
sement de la taille naires. Elle permet ainsi une extension des installations indus-
des entreprises ? trielles, une diversification de la gamme des produits, etc. Pour
Donnez une défini-
grandir rapidement, une société peut se regrouper avec d’autres.
tion de la concen-
tration. De la sorte, elle acquiert d’un seul coup un ensemble industriel, un
réseau commercial, un laboratoire de recherche, etc. Ce qui est
2 Quelles sont les plus rapide qu’une création de toutes pièces. La concentration peut
périodes caractéri- être définie donc comme la diminution du nombre des entreprises
sées par l’accéléra-
et l’augmentation de leur taille. Les périodes de crise ont toujours
tion du phénomène
de concentration ? été des périodes de grande concentration. Il en va de même des
périodes de rapide mutation économique.
Jean-Marie Albertini, Les rouages de l’économie nationale,
Les éditions de l’atelier.

98
Section 3 : La concentration des entreprises

3. Les phases de la concentration


L’accroissement de la dimension des entreprises s’opère au tra-
vers d’un processus continu de concentration croissante d’abord
dans l’espace national puis, assez rapidement, international. Ce
mouvement peut être décomposé en trois phases successives. Il est
d’abord, dès la première moitié du XIXe siècle, la conséquence
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


d’une concentration involontaire due essentiellement à l’élimina-
tion d’un certain nombre d’entreprises à l’occasion des crises, à
l’aptitude inégale des entrepreneurs et à la plus ou moins grande Décrivez le proces-
opportunité des choix de production. Cette concentration touche sus de concentra-
tion à l’échelle
surtout les petites entreprises par voie de la faillite. La seconde
nationale et interna-
phase est celle d’une concentration volontaire sur le plan national. tionale.
Ainsi, s’opère le passage d’une économie de petites unités à une
économie de grandes unités. La troisième phase de la concentra-
tion est celle de l’émergence puis du développement rapide de fir-
mes à l’échelle internationale. Le mouvement avait commencé
pour certains pays dès le XIXe siècle (Rockfeller par exemple) et
s’est développé dès l’entre-deux-guerres. Il atteint aujourd’hui son
plein régime.
Alain Cotta, Le capitalisme, Editions Presses Universitaires de France.
4. Un phénomène difficile à mesurer
La concentration se traduit par l’existence d’un nombre plus
restreint d’entreprises de plus en plus grandes. Mais “plus gran-
des” peut s’entendre de diverses façons. La plus simple est l’aug- 1 Dégagez les diffé-
mentation du nombre moyen de salariés. Mais, avec le développe- rents indicateurs
ment de l’automatisation, une production croissante peut aller de permettant de me-
pair avec une baisse des effectifs. D’autres indicateurs sont utili- surer la taille des
sés. Les plus faciles sont de mesurer la valeur ajoutée réalisée ou entreprises.
le chiffre d’affaires réalisé par une entreprise c’est-à-dire le mon-
tant de ses ventes durant l’année. Toutefois, ce type de classement 2 Pourquoi la taille
revient à favoriser les entreprises commerciales qui se bornent à des entreprises est-
acheter puis à revendre en l’état, alors qu’il défavorise les entre- elle difficile à me-
prises de transformation. Un autre indicateur retenu est celui des surer ?
capitaux propres. Mais là encore, il faut plus de mise de fonds pour
extraire du pétrole que pour vendre des savonnettes.
Alternatives économiques, Septembre-octobre 1990.

5. Exemple d’une concentration industrielle

Sur la base du
document, dites
pourquoi les acti-
vités de construc-
tion d’automobiles
constituent un
exemple d’une
concentration
industrielle.
Patrick Friederson, Histoire des usines Renault.
99
Section 3 : La concentration des entreprises

2 B. Les différentes formes de concentration

Décrire et caractériser les différentes formes de concentration.


CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

6. Qu’est-ce que la concentration horizontale ?


La concentration horizontale s’effectue par le regroupement
d’entreprises ayant le même type d’activité ; plus précisément,
1 Qu’appelle-t-on “con- elles opèrent dans le même secteur et au même stade de la produc-
centration horizon- tion. Cette forme de concentration correspond à l’agrandissement
tale” ?
de la taille de l’entreprise. L’entreprise qui s’agrandit sur son marché
2 Dégagez les objec- d’origine augmente sa part de marché. La concentration horizonta-
tifs de la concentra- le vise clairement à supprimer la concurrence entre les entreprises.
tion horizontale. Cela peut être bénéfique lorsqu’une concurrence affaiblit ces entre-
prises en face de concurrents étrangers.
Michel Vaté, Leçons d’économie politique,
Editions Economica.

7. La concentration des entreprises dans le domaine


de l’informatique
L’informatique est un des secteurs d’activité qui, depuis près de
35 ans, a fait le plus l’objet d’opérations de concentration. D’une
manière générale, la logique qui a prévalu jusqu’à maintenant a été
celle de la concentration horizontale, c’est-à-dire le regroupement
d’entreprises ayant la même activité, en l’occurence ici, la fabrica-
1 Pourquoi la concen- tion d’ordinateurs. Depuis le début des années 1970, beaucoup
tration horizontale d’entreprises ont fait l’objet de rapprochements. La concentration
s’impose-t-elle dans horizontale répond essentiellement à un souci de rationalisation.
le domaine de l’in-
Elle permet à la firme de bénéficier d’économies d’échelle. Elle a
formatique ?
pour logique la recherche de l’accroissement de la part de marché
2 Qu’appelle-t-on pour un produit donné ou un groupe de produits voisins (exemple
“taille critique” ? d’IBM s’implantant sur le marché de la micro-informatique pour
Interprétez le pour- être présent sur tous les créneaux de marché). Des études ont mon-
centage souligné
tré que la taille critique dans le domaine de l’informatique cor-
dans le texte.
respond à 7 % de part de marché mondial. La concentration hori-
zontale s’impose donc dans le secteur.
Christian Bialès, Economie,
Editions Foucher.

100
Section 3 : La concentration des entreprises

8. Concentration horizontale, stratégie de domination ?


La concentration horizontale consiste, pour une entreprise, à
intégrer des entreprises dont les activités se situent au même stade
de production que le sien. Il s’agit, en fait, pour l’entreprise d’ac-
quérir des sociétés fabriquant des produits concurrents ou substi-
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


tuables. Cette stratégie peut être conduite pour obtenir un mono-
Dégagez les mobi-
pole sur le marché et augmenter le prix de vente du produit. Si la les de la concentra-
concentration a permis à l’entreprise de rationaliser sa production, tion horizontale.
de mettre en oeuvre des technologies de pointe et d’abaisser ses
prix de revient unitaires, son pouvoir de monopole lui donne la
possibilité d’augmenter ses prix de vente. La concentration hori-
zontale est vive dans les banques, les assurances et l’informatique.
Christian Vauthier, Claire Opsomer et Jean Lange, Economie,
Les éditions Foucher

9. La gamme Lactel

1 Qu’est-ce qu’une
gamme de produits ?

2 Quel est l’intérêt


pour une entreprise
d’élargir sa gamme
de produits ?

Entreprise Lactel

10. Seb élargit sa gamme de produits !


L’entreprise Seb emploie, en 2004, 14 400 salariés et réalise un
chiffre d'affaires de 2,4 milliards d'euros.
Elle fabrique des produits électroménagers (1953 : Lancement
de la cocotte-minute, 1967 : première friteuse électrique, etc.) 1 Dégagez la forme
– 1968 : Acquisition de la société Tefal (spécialisée dans les arti- de concentration
cles culinaires anti-adhésifs). illustrée par le
– 1972 : Acquisition de la société Calor spécialisée dans les fers à document.
repasser, les sèche-cheveux et les radiateurs électriques d'appoint. 2 Présentez ses mo-
– 1988 : Acquisition de la société Rowenta, dont les usines, biles.
implantées en France et en Allemagne, fabriquent des fers à
repasser, des cafetières électriques, des grilles-pain et des aspirateurs.
– 2001 : Acquisition de la société Moulinex.
Les comptes de l’entreprise SEB 2004.
101
Section 3 : La concentration des entreprises

11. La stratégie de filière

2 La filière agro-alimentaire peut être représentée par le schéma


suivant :
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

Repérez les diffé-


rentes activités se
situant en amont,
au centre et en
aval de la filière
agro-alimentaire.

Rémi Leurion, Stéphane Derocles et Michel Scaramuzza,


Perspectives Economie, Editions Foucher.

12. Concentration verticale ou intégration


C’est la réunion d’entreprises appartenant à la même filière
exerçant des activités complémentaires les unes des autres, de
telle sorte que le produit de l’une est “la matière première” de
l’autre. Aussi, un certain nombre d’opérations successives sont-
elles effectuées par la même entreprise. La concentration vertica-
1 Donnez une défini- le se développe soit en direction de l’amont, l’intégration s’orien-
tion de la concen-
tration verticale. tant vers les sources d’approvisionnement (par exemple une
société sidérurgique qui se concentre avec une entreprise minière
2 Quelles sont les de charbon) soit en direction de l’aval, l’intégration se tournant
raisons qui pous- vers les débouchés (une société sidérurgique se concentre avec
sent les entrepri-
ses à remonter et
une entreprise de construction mécanique). Ainsi, Philips produit
ou à descendre d’abord des tubes électroniques mais encore des postes de radio et
une filière de leurs de télévision, des machines à laver ; Michelin, parti du pneuma-
activités? tique, au caoutchouc industriel et à l’automobile. Par l’intégration,
l’entreprise assure son indépendance économique en contrôlant
ses approvisionnements et ses débouchés.
Pierre Salles, Problèmes économiques généraux,
Editions Dunod.

102
Section 3 : La concentration des entreprises

13. Concentration conglomérale, pourquoi ?


La concentration par conglomérat a longtemps désigné un
regroupement d’activités techniquement indépendantes en vue de
répartir les risques sur plusieurs secteurs. On a souvent vu dans de
telles pratiques des objectifs purement financiers. Aujourd’hui, le 1 Qu’appelle-t-on un
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


conglomérat connaît une très forte expansion. Toutefois, cette conglomérat ?
forme de concentration obéit à une stratégie précise. Il ne s’agit pas
2 Quels sont les objec-
seulement de répartir les risques mais de se donner les moyens d’une tifs recherchés par
expansion sans frontières. On s’empare des firmes représentant les la concentration
branches ou les marchés géographiques promis à un bel avenir. conglomérale ?
Jean-Marie Albertini, Les rouages de l’économie nationale,
Les éditions De l’Atelier.

14. Diversifier pour accroître la rentabilité !


Les entreprises ne fabriquant qu’un seul produit sont rares. En
fait, les nécessités techniques ou économiques font que la plupart
des entreprises produisent plusieurs biens, un bien principal (celui
en vue duquel la production a été engagée) et d’autres biens. De
nombreuses firmes produisent de façon délibérée des biens divers
Pourquoi les entre-
n’ayant que peu de liens les uns avec les autres : Le conglomérat a prises diversifient-
des activités extrêmement diversifiées dans le but de diversifier ses elles leurs activités ?
risques, d’utiliser ses compétences pour conquérir de nouveaux
marchés, bref d’élever le plus possible sa rentabilité. Ainsi, une
entreprise automobile peut fabriquer des vélomoteurs ou de l’ou-
tillage, une entreprise d’aéronautique des réfrigérateurs, etc. L’entreprise
assure sa survie en prenant pied dans des secteurs en expansion.
Pierre Salles, Problèmes économiques généraux,
Editions Dunod.

15. Pourquoi le premier fabricant d’ascenseurs


diversifie-t-il ses activités ?
Ascinter-Otis, le premier fabricant français d’ascenseurs, s’inté-
resse de plus en plus au téléphone. Après le rachat de 3 sociétés
1 Dans quels domai-
installatrices de téléphone, l'entreprise a jeté son dévolu sur la bran- nes l’entreprise d’as-
che “installations téléphoniques privées”. Puis, elle se diversifie censeurs s’est-elle
encore dans 3 autres domaines : la maintenance technique d’im- diversifiée ?
meubles (entretien de la climatisation, de la sécurité, etc.), la vente
et l’installation de manches d’évacuation d’immeubles et enfin 2 Recherchez les avan-
tages que procure
la pose d’un nouveau revêtement. Pourquoi cette frénésie de cette diversification
diversification ? Parce que l’ascenseur, lui, va plutôt mal. La socié- pour l'entreprise.
té ne peut ignorer que les commandes d’ascenseurs neufs offrent
des perspectives peu encourageantes.
Antoine Thiboumery, Quand l’ascenseur va mal,
Le nouvel économiste, n° 66

103
Section 3 : La concentration des entreprises

Retenons l’essentiel
2 La concentration des entreprises
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

A. Définitions
1. La croissance de l’entreprise
La croissance d’une entreprise, considérée comme la condition de sa survie, se traduit
par l'agrandissement de sa taille. Cette croissance peut s’effectuer selon deux modalités :
– La croissance interne : Cette stratégie correspond à l’augmentation des capacités de
production de l’entreprise permise par la mobilisation de ses propres ressources pour
développer ses investissements. Elle va croître donc par ses propres moyens.
– La croissance externe : Cette stratégie correspond à l’augmentation de la taille d’une
entreprise grâce au regroupement avec d’autres firmes.
2. Notion de concentration
– Définition de la concentration
La concentration peut être définie comme un processus par lequel des entreprises se
regroupent en vue de constituer une firme plus grande. Il en résulte que le nombre d’en-
treprises diminue alors que leur taille augmente.
– Concentration involontaire et concentration volontaire
Les grandes entreprises apparaissent surtout à partir de la révolution industrielle. Dans
un premier temps, la concentration était essentiellement involontaire résultant des dif-
férentes crises cycliques et des mutations économiques. En effet, les entreprises les moins per-
formantes étaient absorbées par d'autres, ce qui accroît la taille des entreprises et réduit
leur nombre. Puis, la concentration devient volontaire dans le sens où c’est la firme qui
décide d'accroître volontairement sa taille en se regroupant avec d’autres afin de bénéfici-
er de plusieurs avantages. Ce mouvement de concentration touche tous les secteurs. Il dépasse
même les frontières d'un pays.
– Mesure du phénomène de concentration
– On peut mesurer le degré de concentration. Plus le nombre d’entreprises est grand, plus
la concentration est faible. En revanche, la concentration est forte si le nombre d’entreprises
est réduit.
– Plusieurs indicateurs plus ou moins pertinents permettent de mesurer la taille des entreprises
tels que le nombre de salariés, la valeur ajoutée, les capitaux propres, le chiffre d’affaires.
B. Les formes de concentration
La concentration des entreprises prend trois formes :
1. La concentration horizontale : c’est le regroupement d’entreprises exerçant la même
activité c’est-à-dire fabriquant le même produit ou le même groupe de produits.
Cette concentration a pour objectifs :
– la réduction de la concurrence et la domination du marché. En effet, pour pouvoir s’in-
troduire sur un marché, s’y maintenir ou s’y développer, il faut avoir une taille critique qui
est imposée par le marché. Cette taille minimale est différente selon les secteurs d’activité.
Par ailleurs, la concentration horizontale est source de pouvoir de marché. L’entreprise
peut, désormais, détenir un pouvoir de négociation face à ses clients et à ses fournisseurs
et influencer ainsi le prix.
104
Section 3 : La concentration des entreprises

– La réalisation d’économies d’échelle : L’effet de dimension va entraîner la réalisation


d’économies d’échelle grâce à une production à grande échelle. Le coût moyen diminue en
raison principalement d’une meilleure répartition des charges fixes.
– L’élargissement de la gamme des produits offerts : La gamme est constituée par toutes
les variétés de produits que l’entreprise fabrique et/ou vend. L’élargissement de la gamme
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


permet à l’entreprise de bénéficier d’une clientèle plus importante et d’être présente sur
tous les créneaux du marché.

2. La concentration verticale : c’est le regroupement d’entreprises appartenant à la même


filière (cette notion évoque l’ensemble des activités interdépendantes allant de l’extrac-
tion de matières premières à la vente d’un produit fini au consommateur) et ayant des
activités se situant à des stades complémentaires du processus de production. L’entreprise
va donc croître en s’adjoignant des activités de production situées en amont et/ou en aval
de son activité d’origine.
Cette concentration peut donc s’effectuer :
• vers l’amont : L’entreprise remonte la filière en se concentrant avec d’autres entreprises
fournissant des produits situés à des stades antérieurs à son activité d’origine (matières
premières, produits semi-finis, biens d’équipement, etc.) c’est-à dire qu’elle intègre désor-
mais les activités de ses fournisseurs. Elle devient donc son propre fournisseur (chaîne
d’hypermarchés par exemple qui se concentre avec une entreprise agroalimentaire).
• vers l’aval : L’entreprise descend la filière en intégrant des activités se situant à des
stades postérieurs à son activité. (cas où l’entreprise assure elle-même la commercialisa-
tion des produits qu’elle fabrique).
Par la concentration verticale, l’entreprise vise essentiellement :
– à assurer son indépendance économique et la sécurité de ses approvisionnements et de
ses débouchés : Elle cherche à ne plus dépendre de ses fournisseurs en contrôlant ses
approvisionnements (intégration en amont) et à ne plus dépendre de ses clients en s’assu-
rant des débouchés et en maîtrisant les conditions auxquelles elle va écouler sa production
(intégration en aval) ;
– à réduire ses coûts de production et à réaliser une marge bénéficiaire plus importante
(élimination des intermédiaires par exemple).

3. La concentration conglomérale : c’est le regroupement d’entreprises ayant des activités


diversifiées dans des secteurs différents. Cette forme de concentration permet à une entre-
prise de se développer donc dans des activités sans rapport avec son activité d’origine.
Par la concentration conglomérale, l’entreprise vise :
– à réduire les risques qu'elle encourt ;
– à être présente dans les secteurs où il est possible de réaliser des profits importants. Elle
se regroupera ou se séparera d’entreprises, en fonction essentiellement des préoccupations
de rentabilité.

Mots clés : Croissance interne – Croissance externe – Concentration horizontale


– Concentration verticale – Concentration conglomérale – Economies d’échelle
– Domination du marché – Taille critique – Diversification.

105
Section 3 : La concentration des entreprises

2 Préparons-nous au Bac
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

1. Recherche de pouvoir de domination

La concentration procure plusieurs avantages pour la simple


raison que les installations, les lignes de production, les achats et
les ventes, la recherche et d’autres activités des entreprises
Quelle est la forme réunies peuvent être consolidés et rationalisés. En fait, il s’agit
de concentration d’éliminer la concurrence existante ou potentielle, pour acquérir
évoquée dans ce une plus grande puissance. C’est surtout quand l’élasticité-prix
passage ? Pourquoi ? de la demande d’un produit est peu élevée ou quand il y a surca-
pacité dans un secteur que l’union avec un concurrent peut être
profitable car une guerre des prix ruineuse est ainsi évitée.
Quantités de regroupements d’entreprises se font pour éliminer la
concurrence et partant, pour favoriser la formation d’oligopoles
ou de monopoles.
Bulletin de la Bad Godesberger kredit-bank.

2. Exemples de concentration verticale


La concentration verticale conduit à la réunion des différents
1 Dégagez les exem- intermédiaires impliqués dans la production d’un bien. La
ples d’entreprises
qui illustrent la société Perrier illustre bien ce type de concentration : l’eau
concentration verti- Perrier est mise en bouteille dans des bouteilles fabriquées par la
cale. Pourquoi ces société Perrier à l’aide du verre produit par elle-même. Les éti-
entreprises se
concentrent-elles ? quettes et les capsules sont également fabriquées par la même
société. Le club Méditerrannée est également une société
2 Donnez des exem- intégrée fournissant aux touristes : transport, hébergement, nour-
ples d’activités pou-
vant faire l’objet riture, activités sportives, etc. D’autres exemples peuvent être
d’une intégration en cités : Unilever, Michelin.
amont et en aval D’une façon générale, on distingue la concentration en amont
avec une entreprise
produisant des con-
et en aval du produit. En amont, il y a intégration par acquisition
serves de produits d’entreprises jusque-là fournisseurs. La concentration en aval
alimentaires. conduit l’entreprise à acquérir les différentes sociétés assurant la
distribution et la commercialisation du produit.
Christian Vauthier, Claire Opsomer et Jean Lange, Economie,
Editions Foucher.

106
Section 3 : La concentration des entreprises

3. Par quoi s’explique l’intégration des entreprises ?


La concentration verticale ou intégration réunit des entrepri-
ses qui exercent leur activité dans le même secteur mais à des
stades différents de la production. Le processus se développe
Donnez des exem-
ples d’activités que
peut exercer une
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


entreprise dans le
autour d’une entreprise par intégration d’entreprises situées en cas d’une concentra-
amont ou en aval dans la filière. L’entreprise cherche, non pas à tion verticale. Quels
réduire la concurrence (les entreprises regroupées n’étaient pas peuvent être les
concurrentes entre elles), mais à acquérir une plus grande indé- objectifs recherchés
par cette entreprise ?
pendance. D’un autre côté, et non le moindre, la concentration
verticale est un facteur de puissance. Celle-ci se manifeste en aval
sur les marchés des produits où l’entreprise bénéficie d’un degré
de monopole accru. Elle se manifeste également en amont, vis-
à-vis des banques, des fournisseurs, etc.
Michel Vaté, Leçons d’économie politique,
Editions Economica.

4. Exemples de conglomérats
Les conglomérats sont des formes d’entreprises modernes
aux activités extrêmement diversifiées susceptibles de changer
d’objet ou de secteur avec une mobilité extrême, dans le but
d’élever le plus possible leur rentabilité. Quelques exemples per-
mettent d’identifier ce genre de firmes : International Telephone
and Telegraph, plus connue par ses initiales (ITT) s’est concen-
trée avec quelques 45 sociétés, allant des télécommunications
(son activité de départ) à l’édition, la construction, la location de
voitures, l’hôtellerie. La Ling Temco Vought (LTV) s’est concen-
trée avec 40 entreprises allant des articles de sport à l’industrie
aérospaciale, à la pharmacie et aux produits alimentaires. Il 1 Qu’est-ce qu’un
s’agit là de cas extrêmes, mais la manie de faire des conglomé- conglomérat ?
rats a gagné peu à peu des secteurs entiers de l’industrie. Le 2 Donnez ses carac-
conglomérat pousse, à l’extrême, l’idée de diversification des téristiques.
risques pour la transformer en captage des plus hauts taux de
profit, où qu’ils soient. Une des règles des conglomérats est de 3 Précisez ses objec-
ne rechercher que les firmes dont le taux de profit dépasse la tifs.
moyenne et paraît pouvoir s’élever encore à l’avenir. Le conglo-
mérat déplace son capital des secteurs à rentabilité déclinante
vers les entreprises à rentabilité croissante. Cela nécessite une
prospection permanente des marchés actuels et futurs.
Gilbert Mathieu, Le conglomérat,
Editions universitaires

107
Section 3 : La concentration des entreprises

5. Croissance interne et croissance externe

2 1. Cofil est une entreprise


qui fabrique des articles
en coton.
2. Pour s'agrandir et
produire plus. Cofil
construit une nou-
velle usine.
CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION

5. Cofil pense à l'avenir si demain les


ventes d'articles en coton diminuent, il
1 Dites, pour chacune faudra pouvoir vendre autre chose.
des étapes, si la 3. Cofil ne s'arrête pas là. Pour
Elle rachète donc une entreprise de gagner des parts de marché sur ses
croissance est inter- meubles et une entreprise de bricolage. concurrents, elle rachète tout le capi-
ne ou externe. Con- tal de l'entreprise socotil qui fabrique
cernant les exemples également des articles en coton.
de croissance exter-
ne, précisez la forme
de concentration
tout en justifiant
votre réponse.
4. Cofil veut maîtriser toutes les étapes
de la production des articles en coton
depuis leur fabrication en usine jusqu'à
leur vente au consommateur. Elle pourra
ainsi réaliser des économies. Cofil rachète
donc Textil grossiste et Fildor détaillant.

Exemple
6. A quelle forme de concentration recourir ?
- La société de télévision par satellite TPS a été rachetée en
2007 par Canal+, qui est une société de télévision par satellite.
1 Présentez chaque - Le rachat d'Evian (entreprise d'eau minérale) par les verreries
forme de concentra- BSN qui voulaient continuer à vendre leurs bouteilles en verre,
tion illustrée par ces au début des années 1970.
exemples. - L'achat d'une société de chemin de fer britannique, d'une com-
pagnie aérienne, et de fabricants de soda par le groupe Virgin
2 Quels peuvent être
les objectifs recher- dirigé par Richard Branson, initialement spécialisé dans la dis-
chés par Canal+ tribution de disques.
dans les deux opéra- - L'achat des studios de production de films Universal par
tions de concentra- Canal+ en 2000.
tion présentées ?
Exemple

108
Section 3 : La concentration des entreprises

7. Stratégie de diversification
L’entreprise se développe en multipliant ses activités et en
s’installant sur un nombre de plus en plus grand de marchés 1 Quelle est la forme
2

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


différents. Cette stratégie la conduit : de concentration à
– à se soustraire à certains risques. C’est, en effet, en diversifiant laquelle font allusion
ses activités que l’entreprise réduit les risques dûs aux fluctua- les auteurs ?
tions saisonnières du marché, à l’implantation géographique des
2 A partir d’un exem-
sociétés, aux variations sectorielles des activités, etc. ple, dégagez les
– à augmenter sa rentabilité. Des économies sont alors faites sur objectifs de cette
les fonctions principales telles que le marketing, l’administra- forme de concentra-
tion, la recherche ; et ceci grâce en particulier à la mise en place tion.
de la concentration.

Christian Vauthier, Claire Opsomer et Jean Lange, Economie,


Editions Foucher.

8. Pourquoi la concentration conglomérale ?


La concentration conglomérale s’est développée à un rythme
croissant aux Etats-Unis. Depuis peu, elle a fait son apparition en
Europe. Le conglomérat est une entreprise qui se diversifie dans
le cadre d’une unité de décision économique. Il s’étend, non pas
en cherchant à conquérir une position monopolistique sur un seul
marché, mais en multipliant les activités les plus diverses de
manière à prendre pied sur un nombre considérable de marchés Pourquoi la firme
différents. La firme Louis Vuitton-Moët-Hennessy (LVMH) LVMH est-elle consi-
n’échappe pas à cette logique. Cette firme déploie l’ensemble de dérée comme un
ses activités (maroquinerie, produits de beauté, etc.) dans le conglomérat ?
domaine du luxe mais ces activités ne présentent à priori entre
elles aucune cohérence. La logique industrielle cède le pas à une
logique économique. La concentration conglomérale vise à
réduire les risques (la crise dans une activité est mieux absorbée
par la firme) et à augmenter la rentabilité (la firme ne se
regroupe qu’avec des entreprises potentiellement rentables ou à
forte expansion ultérieure).
Christian Bialès, Economie,
Editions Foucher.

109
Chapitre 2 :
Les mutations de la consommation

L
a croissance économique s’accompagne de nombreuses mutations non
seulement de la production mais aussi de la consommation. En effet, au
cours de la croissance, le niveau de vie moyen de la population ne
cesse de s’élever. La consommation augmente mais aussi se modifie. Les modes
de vie se transforment.

110
Section 1 : L’amélioration du niveau de vie

Section 2 : L’évolution de la structure de la consommation

Section 3 : Les transformations des modes de vie


111
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

2 " La dynamique du système de consommation


transforme les objets de luxe d’une génération en
objets de première nécessité pour la suivante. "
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

Frederick Taylor

a croissance économique qui se traduit par l’accroissement des richesses créées

L permet une augmentation importante du pouvoir d’achat des ménages et une


hausse sensible du revenu par habitant. C’est ainsi que tous les pays en croissan-
ce enregistrent une amélioration du niveau de vie de leur population. Quels sont les
indicateurs qui permettent de mesurer le niveau de vie et son évolution ? Comment la
croissance économique permet-elle d’améliorer le revenu par habitant ?

A. Définition et mesure

B. Croissance économique
et amélioration du
niveau de vie

112
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

Mobilisons nos pré-requis


1. Qu’est-ce que la consommation ?
Etymologiquement, consommation signifie destruction. Cette
2
destruction peut se dérouler dans un laps de temps plus ou moins
long (en fonction de la durabilité des produits consommés) et avoir 1 Rappelez la défi-
des finalités différentes. A cet égard, consommer c’est aussi user

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


nition de la con-
(dans ses diverses acceptions). La mise en relation de ces deux ter- sommation. Se
mes permet de comprendre la notion de consommation immaté- limite-t-elle à la
rielle mieux que ne le permettrait la seule référence à l’idée de des- notion de des-
truction qui renvoie davantage aux aspects matériels de la consom- truction ?
mation. Car, on consomme, certes, des biens mais aussi des servi-
2 Distinguez entre
ces dont on use de plus en plus. la consommation
La considération des différentes finalités de la consommation finale et la con-
permet, en outre, de distinguer les consommations “productives”, sommation inter-
qui participent directement ou indirectement à un processus de médiaire.
production de la consommation dite “finale” qui contribue à la
satisfaction immédiate d’un besoin chez l’utilisateur.
Christophe Longuet, Consommation découverte de l’économie,
Cahiers français n°279.

2. La mesure de la croissance économique


Pour mesurer la production ou pour savoir s’il y a croissance éco-
nomique ou non, il faut la mesurer, ce qui implique un instrument
de mesure. L’indicateur généralement utilisé est le produit inté-
rieur brut (PIB) ou le produit national brut (PNB). Les statisticiens
calculent le PIB marchand et non marchand. Pour mesurer l’évo-
lution du PIB dans une économie, un problème apparaît : l’inflation. 1 Comment mesure -
Quand on évalue le PIB d’un pays, les valeurs ajoutées que l’on t-on la production
additionne sont exprimées en monnaie courante c’est-à-dire avec au niveau d’un
les système de prix de l’année considérée. Donc, le PIB de l’année 1 pays ?
est exprimé avec les prix de l’année 1 et le PIB de l’année 2 est
exprimé avec les prix de l’année 2. Si le PIB a augmenté de 10 % 2 Dégagez le pro-
blème posé par
par rapport à l’année antérieure, cet accroissement peut être dû à
l’évaluation du PIB ?
un accroissement réel de richesses, mais il peut aussi être lié à un Quelle est alors la
accroissement des prix. C’est pour éviter les confusions sur l’ori- solution préconi-
gine des accroissements de PIB que les statisticiens calculent les sée ?
PIB à prix constants c’est-à-dire les PIB exprimés dans le même
système de prix quelle que soit l’année considérée, de façon à ce que
les écarts de valeur entre le PIB de différentes périodes correspondent
exclusivement à des variations de richesses et non à l’inflation.
Janine Brémond, Jean-François Couet et Marie-Martine Salort,
Production et productivité, Editions Liris.

113
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

Construisons nos savoirs


2 A. Définition et mesure
Définir le niveau de vie
Calculer et interpréter le PIB par habitant
Calculer et interpréter le taux de croissance du PIB par habitant.
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

1. Comment mesurer le niveau de vie d’un individu ou


1 Q’appelle-t-on pou-
d’un groupe ?
voir d’achat d’un Elément d’information précieux, le niveau de vie, notion pure-
individu ? Comment
le déterminer ? ment quantitative, contribue au bien-être dont jouit un individu,
une famille ou un groupe. Pour l’individu, l’indicateur le plus cou-
2 De quoi se com- rant est le montant total de son revenu confronté au niveau des prix
pose le patrimoine
d’un individu ?
qui permet de déterminer son pouvoir d’achat. Pourtant, le niveau
de vie d’un individu dépend aussi de son patrimoine et des avan-
3 Pourquoi le pouvoir tages dont il dispose. En ce qui concerne la famille, il faut comp-
d’achat ne consti- ter, outre le revenu de ses membres, les avantages indirects dont
tue-t-il pas toujours
un indicateur perti- elle jouit, notamment en matière de fiscalité, de logement, de
nent du niveau de transport, etc.
vie ? Rombaldi, Encyclopédie 360
Editions Paris-Match.

2. Le niveau de vie et son évolution


Le fait central de l’évolution contemporaine est l’élévation du
niveau de vie c’est-à-dire du volume de la consommation par tête
d’habitant. Les besoins humains se révèlent, s’affirment puis se
perpétuent ou disparaissent dans un ordre déterminé lorsque le
niveau de vie s’élève. A la base, il y a le minimum vital. Mais, le
niveau minimal de vie non seulement ne permet pas aux besoins
Par quoi se tra- non végétatifs de se satisfaire, mais il ne leur permet même pas de
duit l’élévation du se révéler. L’élévation du niveau de vie à partir du minimum vital
niveau de vie de végétatif ouvre d’abord aux consommations alimentaires variées,
l’individu ? à un habitat plus éloigné de la tanière animale, à un habillement
plus varié et plus adapté au corps humain. Ultérieurement, se font
jour les besoins d’objets manufacturés, d’équipements ménagers,
en même temps que le besoin d’enseignement élémentaire ; puis
l’ensemble de besoins tertiaires, les soins médicaux, dentaires, chi-
rurgicaux croissants, l’enseignement secondaire, puis supérieur,
etc. Le grand enseignement des cent dernières années de croissan-
ce que le monde vient de vivre est l’immense capacité de consomma-
tion que détient l’homme moyen.
Jean Fourastié, Les 40 000 heures, Editions Laffont-Gonthier (1965).

114
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

3. Comment mesurer le niveau de vie de la population ?


Une personne dont les revenus sont élevés peut plus facile-
ment s’offrir un niveau de vie élevé qu’un individu dont les reve-
nus sont maigres. Ce qui est vrai pour l’individu l’est aussi pour
2
une économie entière. Quand on veut savoir comment tourne
l’économie, il est naturel de regarder le revenu total généré par
l’ensemble de la population. C’est précisément ce que fait le pro-

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


A quel indicateur
duit intérieur brut. Cette donnée unique qu’est le PIB définie
se réfère-t-on pour
comme la valeur de l’ensemble des biens et services finals mar- mesurer le niveau
chands et non marchands produits par un pays sur une période de vie moyen de la
donnée, mesure le revenu total généré par la production de ces population ?
biens et services.
Le PIB par tête indique donc le revenu de l’individu moyen.
Chacun préfère gagner plus et dépenser plus, “le PIB per capita”
semble donc être une mesure du bien-être économique de l’indi-
vidu moyen. Dans les pays où le PIB par tête est élevé, on trouve
plus de radios, de télévisions, de téléphones, plus de routes, et plus
de ménages qui profitent des bienfaits de l’éléctricité. Les don-
nées montrent clairement que la qualité de vie des citoyens est
directement fonction du niveau du PIB moyen.
N. Gregory Mankiw, Principes de l’économie,
Editions Nouveaux horizons.

4. L’amélioration du niveau de vie


Le niveau de vie dans un pays se mesure par le PIB par habi-
tant qui se calcule en divisant le PIB par la population.
Son élévation se mesure par le taux de croissance (Tc) du PIB par
1 Donnez la formule
habitant calculé à partir de la formule suivante : du PIB par habitant
Tc du PIB / hab = Tc du PIB – Tc de la population Que mesure-t-il ?
Mais, la croissance du PIB par habitant donne une estimation
assez grossière des progrès du niveau de vie d’une population. Le 2 Comment apprécier
PIB par habitant est une moyenne qui masque les inégalités au l’élévation du niveau
de vie d’une popula-
sein d’un pays : certains groupes peuvent profiter de la croissan- tion ?
ce, tandis que d’autres connaissent une régression de leur niveau
de vie. D’autre part, les variations de prix au cours du temps sont 3 Cet indicateur com-
différentes d’un produit à l’autre : la hausse du niveau de vie porte-t-il des limites ?
dépend des produits considérés. Pour mesurer avec plus de fines- Lesquelles ?
se les progrès du niveau de vie, l’économiste Jean Fourastié a pro-
posé de recourir à la notion de PIB réel.
Christian Branthomme et Michel Rozé, Croissance et développement,
Editions Hachette éducation.

115
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

B. Croissance économique et amélioration du niveau de vie

2 Montrer que la croissance économique améliore le niveau


de vie

5. Croissance économique et niveau de vie


CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

La croissance économique permet la hausse du niveau de vie


moyen dans un pays. La hausse massive du niveau de vie qui a
marqué notre société depuis la fin du XVIIIe siècle, n’aurait pas pu
Pourquoi, selon avoir lieu sans la croissance économique, car l’on ne peut consom-
les auteurs, le mer que ce qui a été préalablement produit. En deux siècles, la pro-
niveau de vie duction disponible par habitant a été multipliée par dix en Europe.
n’aurait-il pas pu La croissance économique a permis, à la fois, l’amélioration du
s’améliorer sans
la croissance éco-
niveau alimentaire et la multiplication des biens industriels dispo-
nomique ? nibles (de l’automobile à la télévision), l’accès à l’éducation et aux
soins médicaux, le droit à la retraite, etc.
Quand il y a croissance, la production à répartir s’accroît chaque
année. Le surplus de production permet d’accroître le niveau de
vie moyen.
Janine Brémond, Jean-François Couet et Marie-Martine Salort,
Croissance et crises, Editions Liris.

6. Amélioration remarquable du niveau de vie


depuis le XVIIIe siècle !
Au XVIIIe siècle, le niveau de vie d’un français et d’un Indien
sont approximativement les mêmes. L’Italien n’avait même pas le
niveau de vie de ses compatriotes de l’Empire romain !
Les effets de la révolution industrielle sont impressionnants :
Dégagez les fac- accumulation du capital, évolution technologique intégrée à la pro-
teurs qui ont favo- duction. Le progrès technique engendre la productivité. Il rend
risé l’amélioration possible des revenus plus élevés.
du niveau de vie Dans cette course au progrès du niveau de vie, les 30 années de
depuis le XVIIIe
siècle.
1945 à 1974 ont une place inégalée. Jean Fourastié donnera à cette
période le nom flatteur de Trente Glorieuses. Durant cette période,
l’explosion de la consommation est fille de la croissance. Alain
Lipietz synthétise cette réalité : “ Ce qui laissera de cette époque,
un souvenir impérissable, c’est quand même la croissance : triple-
ment de la production, triplement de la productivité, triplement de
la consommation”. Cela ne veut pas dire bien sûr que le bonheur a
triplé ; mais le bien-être a rapidement évolué.
Alain Gélédan, Economie,
Editions Belin.

116
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

7. Productivité, facteur déterminant du niveau de vie


Expliquer la grande disparité des niveaux de vie dans le
monde est facile. L’explication tient en un seul mot : productivité.
Un pays vivra bien s’il est capable de produire de grandes quan-
2
tités de biens et services. Les Américains vivent mieux que les
Nigérians parce que les travailleurs américains sont plus produc-

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


tifs que leurs homologues Nigérians. Les Japonais ont vu leur
niveau de vie progresser plus rapidement que celui des Argentins, Constatez que la
car la productivité des travailleurs japonais a progressé plus rapi- croissance, à tra-
dement. Notre niveau de vie dépend de notre capacité productive. vers l’accroisse-
ment de la produc-
Pratiquement, tous les changements de niveaux de vie s’expli-
tivité, améliore le
quent par des différences de productivité des pays, c’est-à-dire la niveau de vie.
quantité de biens et services produite par heure travaillée. Dans
les pays où les travailleurs peuvent produire une grande quantité
de biens et services par unité de temps, la plupart des gens béné-
ficient d’un niveau de vie élevé. Dans les pays où les travailleurs
sont moins productifs, la population doit se contenter d’une exis-
tence plus austère. Si la productivité est un facteur déterminant
du niveau de vie, d’autres facteurs doivent être considérés.
N. Gregory Mankiw, Principes de l’économie,
Editions Nouveaux horizons.

8. Croissance et augmentation de la consommation


Au cours de la croissance, l’augmentation de la consomma-
tion totale ainsi que la quantité de biens et services consommés
annuellement par chaque habitant en moyenne est considérable.
L’explication de cette augmentation doit être recherchée tant du
côté de la demande que du côté de l’offre. La première cause est Dégagez les rai-
l’augmentation du pouvoir d’achat du revenu disponible des sons qui expli-
quent l’accroisse-
ménages. Celle-ci est liée d’abord à l’accroissement du salaire
ment de la con-
réel. Le développement de la protection sociale a aussi contribué, sommation par
à travers la hausse de la part des revenus de transfert, à tisser un habitant au cours
filet de sécurité favorable au développement de la consommation. de la croissance.
La forte croissance de la productivité permet simultanément une
augmentation des salaires supérieure à celle des prix et une crois-
sance des profits. Par leurs innovations commerciales et techno-
logiques, les entreprises ont grandement contribué au développe-
ment de la consommation en répondant par des conditions de prix
plus avantageuses.
Christophe Longuet, La consommation,
Cahiers français n° 279.

117
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

2 Retenons l’essentiel
L'amélioration du niveau de vie

A. Définition et mesure
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

1. Définition du niveau de vie


Le niveau de vie qui est une notion quantitative, correspond à l’ensemble des biens et
services dont peut bénéficier un individu ou un groupe et qui lui permettent de satisfaire
ses besoins. L’individu ou le groupe utilise non seulement des biens et services mar-
chands mais également des services non marchands produits par les administrations dans
les domaines de la santé, de l’enseignement, des loisirs culturels ou sportifs, etc. Tous ces
services contribuent à accroître le niveau de vie de la population au même titre que les
services marchands.

2. Mesure du niveau de vie


a) Mesure du niveau de vie d’un individu ou d’un groupe

Le niveau de vie d’un individu ne doit pas être confondu avec son pouvoir d’achat :
en effet, le pouvoir d’achat n’étant qu’un élément du niveau de vie, correspond à l’ensem-
ble de biens et services que l’individu peut se procurer avec son revenu disponible. Le
niveau de vie d’un individu est une notion plus générale puisqu’il intègre non seulement
son revenu réel (pouvoir d’achat) mais également son patrimoine (c’est-à-dire l’ensem-
ble des avoirs tels que logement, terrains, mobilier, etc. et des dettes telles que les crédits
à la consommation, etc.) et les services non marchands dont il bénéficie.
Le niveau de vie d’une famille est mesuré par l’ensemble des ressources de ses mem-
bres auxquelles il faut ajouter les avantages sociaux dont elle peut bénéficier.

b) Mesure du niveau de vie d’un pays

Pour apprécier le niveau de vie d’un pays, on rapporte le PIB réel à la population : on
obtient ainsi le produit par tête ou encore le revenu moyen par habitant. Cet indicateur
n’est qu’une moyenne. Il peut donc masquer des inégalités.

PIB réel par habitant = PIB réel


Population

118
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

2
3. Mesure de l’amélioration du niveau de vie d’un pays
La croissance économique s’accompagne, en général, de la hausse du niveau de vie
de la population qui se mesure de la manière suivante :

CHAPITRE 1 : LES MUTATIONS DES STRUCTURES DE LA PRODUCTION


Taux de croissance = Taux de croissance – Taux de croissance
du PIB réel /habitant du PIB réel de la population

La formule montre bien que l’amélioration du niveau de vie d’un pays dépend à la
fois de la croissance du PIB réel et de celle de la population. Le niveau de vie n’enre-
gistre donc une hausse que dans le cas où le PIB réel croît à un rythme plus rapide que
l’accroissement démographique.

B. Croissance et amélioration du niveau de vie


La croissance économique s’accompagne d’une amélioration du niveau de vie
moyen de la population. Cette amélioration s’explique notamment par le fait :

– qu'une augmentation des revenus du travail et du capital induite par une croissance
plutôt extensive (accroissement des facteurs de production) améliore le pouvoir d’achat
des bénéficiaires de ces revenus.

– que l’accroissement des revenus provenant de la répartition des gains de productivité


au profit des travailleurs sous forme d’accroissement de leurs salaires, ou aux propriétai-
res du capital sous forme de profit contribue à élever leur niveau de vie

– que la baisse des prix de certains biens permise par l’accroissement de la productivi-
té et par la réalisation d’économies d’échelle élève le revenu réel des consommateurs
de ces biens et améliore donc leur pouvoir d’achat.

– que la croissance économique permet à l’Etat d’accroître ses recettes et d’augmenter


ses investissements. Il pourra ainsi fournir davantage de services publics qui contri-
buent à l’amélioration du niveau de vie de la population.

– que l’accroissement des richesses permet aussi de mettre à la disposition de la popu-


lation des biens plus abondants. Une plus grande quantité de biens sera désormais
disponible pour la consommation. Si, au cours de la croissance, l’accroissement des
richesses créées dépasse celui de la population, le niveau de vie moyen s’améliore.

Mots clés : Niveau de vie – Pouvoir d’achat – PIB réel par habitant – Taux de
croissance du PIB réel par habitant – Patrimoine.

119
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

2 Préparons-nous au Bac

1. Comment mesurer le niveau de vie d’un ménage ?


CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

1 De quoi dépend le Le pouvoir d’achat d’un ménage n’est autre que l’expression
pouvoir d’achat de son niveau de vie. Ses variations, en baisse ou en hausse,
d’un ménage ? seraient mesurées par le montant du revenu disponible d’un ménage
si l’ensemble des prix à la consommation ne variaient pas.
2 Pourquoi le pouvoir
d’achat à lui seul ne
Parce que les prix ne restent jamais durablement stables, les varia-
rend-il pas compte tions du pouvoir d’achat doivent prendre en compte les variations
du niveau de vie du revenu et des prix.
d’un ménage ?
Pierre Salles, Problèmes économiques généraux,
Editions Dunod.

2. Evolution du niveau de vie


Evolution de la population et du PIB en Tunisie

1 Complétez le
tableau sachant 1994 2004
que la population
totale a été multi- Population totale 8 815,4 ?
pliée par 1,1266 (en milliers de personnes)
au cours de la
période 1994 - 2004.
PIB nominal
15 813,8 35 043,2
2 Calculez l’évolution (en millions de dinars)
du niveau de vie
moyen de la popu- PIB réel
lation au cours de 12 773,8 ?
(en millions de dinars)
cette période.
Interprétez le résul-
tat obtenu. Déflateur du PIB ? 170,8
(1990 = 100)

Institut National de la Statistique

120
Section 1 : L'amélioration du niveau de vie

3. La croissance du niveau de vie


Au sein d'un pays, les variations de niveau de vie dans le
temps peuvent être importantes. Sur les cent dernières années aux
Etats-Unis, le revenu moyen, mesuré par le PIB réel par tête d'ha-
bitant, a crû de 2% par an. Ce pourcentage paraît faible, mais il
1 Interprétez le taux
souligné dans le
document.
2
assure néanmoins un doublement des revenus tous les 35 ans. Le
revenu moyen d'aujourd'hui est pratiquement huit fois supérieur à 2 Par quoi se mani-
feste l’améliora-

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


celui d'il y a cent ans. Par conséquent, l'Américain moyen d'au-
tion du niveau de
jourd'hui jouit d'une prospérité économique très supérieure à celle vie de l’américain
qu'ont connue ses parents, ses grands-parents et ses arrière- moyen d’aujourd’-
grands-parents. hui ?
Gregory N. Mankiw, Principes de l'économie,
Editions Economica.

4. Mesurer le niveau de vie, à quel indicateur recourir ?


Il semble d’abord utile de faire intervenir la variable popula-
tion et de raisonner en termes de pouvoir d’achat par tête ou par
ménage. Ceci permet des comparaisons de meilleure qualité en Quels sont les pro-
blèmes évoqués
réduisant l’effet de l’évolution démographique.
par l’auteur pour
Mais, cette approche est insuffisante dans la mesure où elle ne mesurer l’améliora-
prend pas en compte la hausse des prix. Pour cela, il faut déflater, tion du niveau de
c’est-à-dire diviser la progression du revenu par celle des prix. vie dans un pays ?
Jean-Paul Betbèze, Economie contemporaine,
Editions Nathan.

5. Evolution du niveau de vie


Jusqu’à une époque récente, l’économie n’était pas organisée
en fonction de la croissance mais de la simple survie de l’espèce.
A des besoins relativement stagnants répondait une population 1 Par quoi se carac-
stagnante. Certes, des changements se produisaient mais ils térisait le niveau
de vie dans les
étaient souvent plus culturels qu’économiques et, en tout cas, ils économies de
n’avaient qu’une influence restreinte, lente ou à long terme sur les subsistance ?
performances économiques. Aujourd’hui, il n’en va plus de
même. Les économies se sont organisées en fonction de la crois- 2 Comment l’auteur
sance. Dans les économies contemporaines, l’utilisation des sur- explique-t-il l’amé-
lioration du niveau
plus de productivité a permis de multiplier le volume de la pro- de vie dans les
duction par habitant. L’amélioration des niveaux de vie qui s’en économies con-
est suivie est assez évidente. temporaines ?
Jean-Marie Albertini, Les rouages de l’économie nationale,
Editions de l’atelier.

121
Section 2 : L’évolution de la structure de la consommation

2 " La part des dépenses alimentaires diminue au


fur et à mesure que le revenu augmente. "
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

Ernst Engel

u cours de la croissance économique, on observe une sensible évolution de la

A structure de la consommation résultant de nombreux facteurs économiques et


sociaux. Pour suivre l’évolution de cette structure de la consommation, il est
commode d’utiliser les coefficients budgétaires. Comment ont-ils évolué ? Par quoi se
caractérise aujourd’hui l’évolution de la structure de consommation dans les pays en
croissance ?

122
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation

Mobilisons nos pré-requis


2
1. Qu’est-ce qu’un coefficient budgétaire ?

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


La consommation des ménages est qualifiée de consommation
finale car il s’agit d’utilisation de biens sans concours à une nou-
velle production. Puisqu’ils sont destinés à satisfaire des besoins, 1 Précisez la notion
les biens consommés peuvent être classés par fonction ; exem- de consommation
finale.
ples : produits alimentaires, habillement, logement, loisirs et cul-
ture, etc. 2 Rappelez la défini-
La structure de la consommation s’analyse à l’aide des coeffi- tion du coefficient
cients budgétaires. Le coefficient budgétaire d’un bien donné dans budgétaire. Donnez
la consommation globale est le rapport exprimé en pourcentage de sa formule.
la consommation du bien dans l’ensemble de la consommation.
Daniel Martina, Le précis d’économie,
Editions Nathan.

2. Les services, comment les définir ?


Le secteur tertiaire comprend toutes les activités de services,
que ces services soient marchands ou non marchands. Il regroupe
les services en aval de la transformation du produit, mais tout
aussi indispensables à son utilisation. Cela comprend les activités
de transport, de distribution, etc. Mais de plus, le secteur tertiaire
comprend toutes les activités qui concourent de façon parfois 1 Donnez une défini-
tion du secteur ter-
dérivée à la production des biens : ce sont tous les services admi- tiaire.
nistratifs publics et privés (autoroutes, hôpitaux, écoles, compa-
gnies d’assurances, poste et télécommunications, etc.). Mais, il 2 Dégagez du texte,
faut ajouter tous les services qui s’avèrent liés complémentaire- des exemples de
ment à la production (services rendus aux entreprises : activités de services rendus
aux consomma-
conseil, de financement, de gardiennage, etc.) Pour terminer cette teurs. En connais-
longue énumération, on mentionnera les activités de services qui sez-vous d’autres ?
constituent en eux-mêmes des consommations, sans les rattacher
à des biens industriels : spectacles, par exemple. Cette longue
liste des activités dites tertiaires est loin d’être exhaustive. C’est
que les activités de services se sont considérablement développées
et diversifiées.
Christian Bialès et Michel Marchesnay, Economie,
Editions Istra.

123
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation

Construisons nos savoirs

2 Constater que la structure de la consommation se modifie au


cours de la croissance.
Dégager l'évolution de la part des services dans la consommation.
1. Évolution des coefficients budgétaires
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

Evolution de la structure des dépenses des ménages en


Tunisie selon les fonctions de consommation
Fonction de Structure en % Valeur des dépenses
1 Calculez les coeffi- consommation en dinars
cients budgétaires 1975 1985 1995 2005
relatifs à chaque Alimentation 41,7 39,0 37,7 2 857,4
fonction de con-
sommation pour Habitation 27,9 27,7 22,2 1 872,1
l’année 2005. Habillement 8,8 6,0 11,9 722,6
2 Comment ont évo- Hygiène et soins 5,4 7,0 9,6 845,7
lué les coefficients Transport et 4,7 9,0 8,7 1 182,4
budgétaires pour
chacun des postes télécommunication
de consommation ? Enseignement, 8 8,9 8,9 689,7
culture et loisirs
Autres dépenses 3,5 2,4 1,0 41,1
Total 100 100 100 8 211
Institut National de la Statistique.
1 Comment évo-
2. Les dépenses alimentaires en évolution
luent les dépen- En théorie, les ménages satisfont d'abord leurs besoins primaires,
ses alimentaires puis les besoins moins essentiels, et ainsi de suite, jusqu'au super-
lorsque le revenu flu. C'est dans cet esprit que le statisticien Ernst Engel a formulé
augmente ? au siècle dernier des lois statistiques censées mettre en évidence la
hiérarchie des besoins des consommateurs. La plus célèbre de ces
2 Par quoi se justifie
la baisse de la lois énonce que la part des dépenses d'alimentation recule lorsque
part des dépenses le revenu s'accroît. Mais l'affirmation d'Engel est aussi vérifiée
alimentaires au
cours de la crois-
quand on compare la consommation des ménages selon leurs reve-
sance ? nus à une époque donnée, en coupe transversale : les ménages pau-
vres consacrent une plus grande part de leur revenu à l'alimenta-
tion que les ménages plus riches.
La justification de l'énoncé d'Engel est intuitive : chaque indi-
vidu ne possède qu'un estomac et il ne peut donc accroître indéfi-
niment les quantités qu'il ingère. C'est pourquoi, quand ses res-
sources augmentent, il consacre de préférence son surplus de reve-
nu à d'autres postes. Ce phénomène de saturation ne s'observe pas
seulement pour l'alimentation, mais aussi dans d'autres domaines
Ernst Engel (1821-1896) comme l'habillement ou l'électroménager.
Mathématicien-économiste allemand.
Chloé Mirau, Alternatives économiques, n° 164.
124
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation

3. La structure de la consommation et le revenu


Aux Etats-Unis, le statisticien Caroll Wright prolongera les ana-
lyses d’Engel en dégageant d’autres régularités ayant une portée
plus générale et dont la paternité est souvent attribuée à Engel :
– La part des dépenses consacrées aux vêtements est approxima-
2
tivement la même quel que soit le revenu.
– La part des dépenses consacrées à l’habitation, au chauffage et 1 Présentez l’évolu-

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


à l’éclairage varie peu lorsque le revenu s’accroît. tion de la structu-
– La part des dépenses diverses (loisirs, éducation, santé, etc.) augmente. re de la consom-
mation en fonc-
L’augmentation du niveau de vie s’est traduite par une modifi-
tion du revenu.
cation du volume et du contenu de la consommation : en 1750, les
dépenses alimentaires (essentiellement des achats de céréales) 2 Quel est l’indica-
représentaient 80% des dépenses d’une famille française, aujourd’- teur souligné
hui cette part est tombée en dessous de 20% (avec moins de 3% des dans le texte ?
dépenses consacrées aux céréales). Bien entendu, cela ne signifie
pas que les dépenses alimentaires ont diminué en valeur absolue,
mais simplement qu’elles ont augmenté beaucoup moins rapide-
ment que les autres types d’achat.
Raymond Barre et Frédéric Teulon,
Economie politique
Editions P.U.F

4. Montée de la consommation de services


Après 1960, on assiste à un développement rapide de la consom-
mation des services. Les dépenses de santé ont connu un accroisse-
ment spectaculaire avec le recours plus fréquent aux soins médi-
caux. Puis les prémices de la société post-industrielle sont apparus
depuis une quinzaine d’années avec le développement rapide des 1 Quelles sont les
activités de communication et de loisir : livres, disques, films rubriques de con-
connaissent une diffusion accrue tandis que la pratique des sports, sommation qui
les voyages et séjours touristiques bénéficient également d’un connaissent un
engouement sans précédent. Plus récemment encore, les jeux accroissement ra-
pide depuis 1960 ?
électroniques et les multiples formes modernes de la communica-
tion (du téléphone à l’abonnement aux réseaux câblés de télévi- 2 Comment évolue
sion) occupent à leur tour une part rapidement croissante dans le leur coefficient bud-
budget des ménages. Enfin, il convient de ne pas oublier que, dans gétaire ?
des sociétés nanties et très attentives à se prémunir contre les
risques de toutes sortes, les cotisations versées régulièrement aux
diverses compagnies d’assurance représentent une part non
négligeable des dépenses familiales.
Serge Berstein et Pierre Milza,
Histoire du vingtième siècle, La croissance et la crise,
Editions Hatier.

125
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation

Retenons l’essentiel
2 L’évolution de la structure de la consommation
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

Notion de structure de la consommation

La croissance économique génère non seulement une augmentation des dépenses de


consommation des ménages mais également une modification dans la structure de la
consommation. Celle-ci se traduit par un classement par fonction de consommation. Tous
les biens et services répondant au même besoin sont classés dans la même fonction. Le
classement ainsi retenu met en évidence différentes rubriques de consommation.
L’Institut National de la statistique retient les rubriques suivantes : alimentation, habita-
tion, habillement, hygiène et soins, transport et télécommunications, enseignement, cul-
ture et loisirs et enfin une rubrique intitulée “autres dépenses” qui regroupe les dépenses
administratives (timbres par exemple) l’achat de bijoux et d’autres dépenses de transfert
telles que les dons.

La mesure de la structure de la consommation


La structure de la consommation peut être appréhendée à l’aide de coefficients bud-
gétaires. Le coefficient budgétaire d’une rubrique de consommation donnée est la part
que prend cette rubrique dans le total des dépenses de consommation. C’est donc le rap-
port exprimé en poucentage des dépenses de consommation relatives à une rubrique sur
le total des dépenses de consommation.

Coefficient budgétaire = Dépenses de consommation relatives à cette rubrique x 100


d’une rubrique Total des dépenses de consommation
(en %)

L’évolution de la structure de la consommation


De grandes tendances liées à l’évolution du niveau de vie mettent en évidence les
transformations structurelles de la consommation. Ernst Engel (1821-1896), statisticien
allemand constata que la proportion des dépenses alimentaires dans le revenu est
d’autant plus forte que le revenu était faible. D’autres études ont permis d’établir
d’autres lois connues sous le nom de “lois d’Engel”. Ces lois décrivent l’évolution de la
structure de la consommation qui se caractérise par :

126
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation

– Une baisse de la part de l’alimentation dans les dépenses totales


Le besoin alimentaire est un besoin qui arrive à saturation à partir d’un certain niveau
de revenu. Le coefficient budgétaire de la rubrique alimentation diminue donc lorsque le
2
revenu augmente.

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


– Une stagnation de la part de l’habillement et de l’habitation dans les dépenses totales
Les dépenses relatives à ces rubriques augmentent au même rythme que le revenu.

– Une augmentation de la part de la consommation de services dans les dépenses totales


Les dépenses relatives à l’hygiène et soins, aux transports et télécommunications, à
l’enseignement, culture et loisirs prennent davantage de place dans le budget des ména-
ges. Les dépenses qui y sont consacrées augmentent à un rythme plus élevé que celui du
revenu. En effet, au cours de la croissance, de nouveaux services répondant à de nou-
veaux besoins apparaissent et les rubriques de consommation de ces services ainsi que
leur poids dans les dépenses totales s’en trouvent modifiés.

Evolution de la structure de la consommation

Lorsque le revenu Lorsque le revenu s’é- Lorsque le revenu


s’élève, les dépenses lève, les dépenses augmente, les dépen-
consacrées à l’ali- consacrées à l’habille- ses consacrées aux
mentation augmentent ment et à l’habitation services tels que
moins rapidement que augmentent dans les santé, culture, loisirs,
le revenu. mêmes proportions croissent plus rapide-
que le revenu. ment que le revenu.

Mots clés : Structure de la consommation – Coefficient budgétaire – Lois


d’Engel – Fonction de consommation.

127
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation

Préparons-nous au Bac
2 1. Les lois d’Engel
C’est en 1857, dans une étude du budget des familles, que Ernst
Engel, économiste et statisticien allemand , met en rapport les dif-
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

férents types de dépenses de consommation et le revenu des ména-


ges. Ses résultats lui permettent d’énoncer la règle suivante : “plus
Comment évolue un individu, une famille, un peuple sont pauvres, plus grand est le
la structure des pourcentage de leurs revenus qu’ils doivent consacrer à leur entre-
dépenses de tien physique, dont la nourriture représente la part la plus impor-
consommation
quand le revenu
tante.” Cette loi fut vérifiée dans tous les pays et généralisée à l’en-
augmente ? semble des biens et services consommés. En classant les besoins
sur une échelle allant des plus nécessaires (se nourrir, se loger, se
vêtir) aux moins fondamentaux, on a pu constater statistiquement
que l’élévation du niveau de vie favorisait la consommation de
biens de seconde nécessité, puis de biens de luxe.
Marc Pallud,
Editions Nathan,

2. Évolution des coefficients budgétaires


Tendances longues de la structure de la consommation des
ménages en France (en %)

1960 1980 2000 2006


Alimentation 27,6 16,5 13,8 12,9
1 Quelle est la signi- Habillement 10,1 6,1 4,2 3,5
fication du nomb-
re souligné dans le Logement 9,7 15,4 18,1 19,3
document ? Equipement 7,9 6,4 4,8 4,6
Santé 1,9 1,6 2,5 2,6
2 Comment ont
évolué les coeffi- Transports, communications 9,5 13,3 13,8 13,5
cients budgétai- Loisirs et culture 6,1 6,9 7,2 7,2
res pour l’alimen-
tation et le loge-
Autres dépenses 13,1 13,7 13,2 13,2
ment ? Dépenses de consommation
14,1 20,1 22,4 23,2
socialisée
Total 100 100 100 100
Les comptes nationaux édités par
l’Institut National de la Statistique et des Etudes Eonomiques

128
Section 2 : L'évolution de la structure de la consommation

3. Une nouvelle structure des dépenses de consommation


La croissance économique a globalement permis aux sociétés
des pays industriels développés de consommer davantage de toutes
choses ; mais, dans cette expansion générale, la part relative de
2
chaque catégorie de biens a évolué de façon très différente dans le
budget des ménages.

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


La diminution de la part des dépenses alimentaires constitue à
cet égard un cas exemplaire : Il est bien évident que les pénuries de
l’après-guerre ne sont plus qu’un mauvais souvenir et que l’alimen- Comment ont
évolué les coeffi-
tation est devenue plus riche et plus variée (la consommation de
cients budgétai-
céréales recule devant celle de viande, de laitages, de légumes et de res de chaque
fruits) ; pourtant, le “panier de la ménagère” qui absorbait près de poste de consom-
la moitié du revenu des ménages en 1950 n’en représentait plus que mation ?
le tiers en 1960 et seulement le cinquième en 1980, avec il est vrai
des écarts importants entre les pays et les catégories sociales. Les
dépenses vestimentaires ont connu la même évolution : on s’habille
mieux que naguère en y consacrant une moindre part de ses res-
sources. Cela signifie que les ménages ont employé la majeure par-
tie des revenus supplémentaires que leur a procurés la croissance
économique à d’autres consommations jugées plus attrayantes, dès
lors que les besoins essentiels de nourriture et de vêtements étaient
satisfaits.

Serge Berstein, Pierre Milza, Histoire du vingtième siècle,


La croissance et la crise, Editions Hatier.

4. La structure de la consommation obéit-elle aux


lois d’Engel ?

La consommation des ménages regroupe des dépenses qui dif-


fèrent par la nature des biens (durables, non durables, services) ou Dites pourquoi
encore par leur fonction (alimentation, habillement, etc.). Un outil les lois d’Engel
de mesure permet d’appréhender la structure de la consommation. ne sont pas tou-
Au XIXe siècle, l’économiste Engel énonce une loi liant la structure jours vérifiées.
de la consommation alimentaire à l’évolution du revenu. On lui
attribue deux autres lois qui sont beaucoup moins bien vérifiées de
nos jours. Il faut mettre en évidence l’importance prise par les ser-
vices dans la consommation des ménages.

Lucile Dasque, Pascal Vanhove, Christophe Viprey, Economie,


Editions Dunod.

129
Section 3 : Les transformations des modes de vie

2 " Le domaine du genre de vie va de l’hygiène, aux


loisirs et à la durée du travail en passant par toute
une série d’éléments non chiffrables. "
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

Jean Fourastié

a croissance économique s’accompagne de plusieurs transformations au niveau

L des toutes les structures économiques. Les mutations qui caractérisent la


consommation en constituent un exemple. En effet, les pays en croissance se
caractérisent non seulement par l’accroissement du niveau de vie et des changements
des structures de la consommation mais aussi par des transformations des modes de
vie de leur population. Comment la croissance modifie-t-elle les modes de vie ?

A. Définition du
mode de vie

B. Croissance et
transformation
des modes de vie

130
Section 3 : Les transformations des modes de vie

Mobilisons nos pré-requis

1. Les différents besoins, distinction difficile à faire !


Un besoin est un sentiment de manque accompagné du désir de
2
combler ce manque ; par exemple, la faim est l’indice du besoin de 1 Identifiez un besoin.
se nourrir. Les besoins sont hiérarchisés. On distingue souvent les
besoins primaires (se nourrir, lutter contre le froid, etc.) et les 2 Quel est le critère

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


besoins secondaires (se divertir, etc.). Mais, cette approche doit de classification des
être relativisée. A titre d’exemple, on parle du besoin de se nourrir, besoins retenu dans
mais on peut se nourrir avec une bouillie de céréales ou avec du le texte ?
caviar. La distinction entre besoins primaires correspondant notam-
ment à la satisfaction des besoins biologiques et besoins secondai- 3 Pourquoi, selon ce
critère, la distinction
res qui trouvent leur origine dans la société, entre les biens néces-
entre les différents
saires et ceux qui seraient superflus est donc très difficile à établir. besoins est-elle dif-
Pour satisfaire leurs besoins, les hommes se procurent des biens et ficile à établir ?
services. La plupart des biens et services que nous consommons
sont disponibles en quantité limitée par rapport au caractère illimité
des besoins. Ces biens sont dits “rares”. Pour lutter contre la rareté,
il faut produire.
Alain Beitone et Ahmed Silem, La consommation,
Editions Hachette Education.

2. L’évolution de la consommation
Consommer consiste à utiliser des biens et services qui seront
détruits, immédiatement ou progressivement, au cours de leur
usage. L’augmentation des revenus a permis une augmentation 1 Rappelez la notion
considérable de la consommation qui s’est particulièrement accéléré de niveau de vie.
dans plusieurs pays depuis 1950 faisant de la consommation de
masse une de leurs caractéristiques essentielles. Lorsque le niveau 2 Quel impact a l’au-
de vie s’élève, les ménages ne se contentent pas de consommer gmentation des
plus, ils consomment autrement. Ernst Engel, statisticien allemand, revenus sur la
a remarqué que lorsque le revenu s’élève, la proportion des dépen- consommation ?
ses consacrées à l’alimentation baisse. La structure de la consom-
mation qui s’analyse avec les coefficients budgétaires s’est profon-
dément modifiée.
Alain Beitone et Ahmed Silem, La consommation,
Editions Hachette Education.

3. Les gains de productivité 1 Qu’appelle-t-on


Les gains de productivité correspondent à un surplus de riches- “gains de producti-
ses créées grâce à l’amélioration de l’efficacité productive. Ils sont vité” ?
à la source de l’augmentation des niveaux de vie sur le long terme.
Ce sont, en effet, les gains de productivité qui permettent de diminuer 2 Pourquoi sont-ils
le coût de revient des biens. Cette diminution des coûts se diffuse considérés comme
aux salariés sous forme de hausse de salaires nominaux et/ou de un moyen d’aug-
baisse des prix de vente des produits qui élèvent leur pouvoir d’achat. menter le niveau
de vie ?
Joëlle Bails, La productivité, Cahiers Français, n° 279.

131
Section 3 : Les transformations des modes de vie

Construisons nos savoirs


2 A. Définition du mode de vie

Définir la notion de mode de vie


CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

1. Qu’est-ce qu’un mode de vie?


Le mode de vie ou genre de vie désigne l’ensemble des manières
de vivre d’un individu ou d’un groupe humain, caractérisé par les
1 Qu’est-ce qu’on conditions matérielles et l’organisation de la vie quotidienne :
entend par “mode modalités et conditions de travail, nature des ressources, formes
de vie” ?
d’habitat, façons de consommer, types de loisirs, etc. Le mode de
2 Montrez, à partir vie est une notion qualitative, à la différence du niveau de vie qui
d’exemples, qu’en est une notion quantitative. A un même niveau de ressources peuvent
ayant un même correspondre des genres de vie différents (ménage ouvrier en milieu
niveau de vie, des urbain et famille d’agriculteurs en milieu rural par exemple).
individus peuvent
La notion de genre de vie évolue dans le temps et l’espace.
avoir des modes
de vie différents. Dans les sociétés à technique rudimentaire, l’adaptation au milieu
physique est centrale. Dans d’autres sociétés, ce sont les contrain-
tes économiques et sociales qui prennent le dessus.
Dictionnaire d’économie et de sciences sociales,
Sous la direction de Claude-Danièle Echaudemaison,
Editions Nathan.

2. Les déterminants du mode de vie


Le mode de vie est l’ensemble des éléments qui caractérisent
les façons de vivre des ménages. Le mode de vie dépend en partie
du niveau de vie mais ne se confond pas avec lui : les habitudes
1 Dégagez les fac-
culturelles, les différents conditionnements sociaux (dont celui de
teurs qui influent
sur le mode de vie. la publicité), les rythmes imposés par la société, tous ces facteurs
influencent les modes de vie. Lorsqu’on évoque le mode de vie des
2 Illustrez par des individus, on pense à quelque chose d’abstrait comme s’il existait
exemples. un mode de vie standard. Or, en réalité, les caractéristiques du
ménage (revenu, âge, lieu d’habitation, etc.) ont une influence très
forte sur son mode de vie.
Christian Branthomme et Michel Rozé,
Niveau de vie et mode de vie,
Editions Hachette éducation.

132
Section 3 : Les transformations des modes de vie

B. Croissance économique et transformations des modes


de vie

Montrer que la croissance économique transforme les modes


2
de vie

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


3. Évolution des modes de consommation
Une fois leurs besoins caloriques satisfaits, les ménages s'atta-
chent à améliorer la qualité de leur alimentation. D'où, à mesure
que le revenu s'élève, la consommation de légumes frais augmente
au détriment des pommes de terre. Cette croissance qualitative des
dépenses est, en principe, illimitée. C'est pourquoi les dépenses Montrez que l’amé-
alimentaires continuent à croître, même pour les revenus les plus lioration du niveau
élevés. La démarcation entre les besoins primaires et les besoins de vie, permise par
secondaires est donc souvent floue : s'alimenter est indispensable, la croissance, modifie
mais dans quelle mesure l'amélioration de la qualité de la nourri- le comportement des
ménages à l’égard
ture est-elle nécessaire ou superflue ? Par ailleurs, un bien peut de la consommation.
passer du statut de bien de luxe à celui de bien indispensable. La
voiture est désormais pour bien des ménages un bien de première
nécessité, du fait du développement de l'habitat périurbain et de
l'accroissement de la distance entre le domicile et le lieu de travail.
Il en va de même pour les dépenses de santé : l'accès universel aux
soins médicaux fait désormais l'objet d'un consensus généralisé.
Chloé Mirau, Alternatives économiques, n° 164.

4. Croissance et changement du genre de vie


Le trait majeur de la croissance qui la fait rechercher par tous
les peuples de la planète est l’augmentation du niveau de vie des
hommes. Cette augmentation du niveau de vie s’accompagne
d’une transformation du genre de vie : l’activité professionnelle se
Quels sont les fac-
déplace (de l’agriculture vers les services ; du travail physique vers teurs qui contri-
le travail intellectuel) ; l’habitat passe de la dispersion des campa- buent aux transfor-
gnes à l’agglomération urbaine. Ces effets de la croissance sont mations du mode
dus aux progrès des techniques de production, souvent fantas- de vie ?
tiques, qui permettent un progrès de la production nationale suffi-
sant pour transformer notablement la condition humaine. Le
“gâteau” consommable, naguère presque immuable, augmente
rapidement. Tous les facteurs du genre de vie changent plus ou
moins radicalement, en principe dans le bon sens : habitat (confort),
instruction et culture, etc.
Jean Fourastié, La réalité économique, Editions Pluriel.

133
Section 3 : Les transformations des modes de vie

5. Les progrès spectaculaires des modes de vie

2 La croissance de l'économie débouche sur une transformation


profonde des modes de vie. L'augmentation de la productivité agri-
cole et l'essor de l'industrie, puis des services, ont alimenté un
vaste mouvement de bascule des campagnes vers les villes, amor-
1 Comment la crois- cé au siècle précédent. Dès les années 30, le taux d'urbanisation
sance économique dépasse 50 %. Ce processus s'accompagne d'une amélioration,
permet-elle de lente mais bien réelle, des conditions de vie, permise par l'éléva-
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

transformer profon-
tion des revenus des ménages : aussi bien les revenus directs, du
dément les modes
de vie ? fait de la répartition des gains de productivité, que les revenus indi-
rects, à travers la redistribution et les biens collectifs offerts par
2 Caractérisez les les pouvoirs publics et les organismes de Sécurité sociale (éduca-
modes de vie qui se tion, santé, etc.). Les progrès vont bien au-delà des seuls biens
sont transformés.
matériels : progrès spectaculaires de la médecine au cours du siè-
cle, rupture radicale dans la qualité de l'alimentation apportée par
la diffusion des réfrigérateurs, de l'eau potable et par l'amélioration
des normes sanitaires, etc. Au début du siècle, des milliers d'en-
fants contractaient chaque année la tuberculose en buvant du lait
non pasteurisé. En parallèle, les individus paraissent conquérir une
maîtrise plus grande de leur mode de vie. L'automobile, par exem-
ple, assure une immense liberté de déplacement individuel et le
téléphone permet d'entretenir des réseaux de sociabilité qui
dépassent le seul voisinage immédiat.
Louis Maurin, Alternatives économiques, n° 042.

6. Vers une uniformisation des modes de vie


Le mode de vie est la façon dont les ménages organisent leur
existence sur la base d’un certain niveau de vie. Le mode de vie
américain (américan way of life) popularisé par les séries améri-
caines a largement inspiré l’imaginaire de tous les pays. Le message
Montrez que les véhiculé par ces séries est qu’il faut posséder un logement confor-
modes de vie ten- table, un niveau élevé d’équipement du foyer en biens durables,
dent à s’uniformiser. deux automobiles, une multitude d’objets matériels, etc.
Le fait majeur des Trente Glorieuses est la diffusion des biens
de consommation durables qui équipent le foyer : réfrigérateurs,
téléviseurs, etc. Jean Boissonnat résume clairement le bilan des
Trente Glorieuses : “Quand nous avions 20 ans, 20 % des familles
avaient une voiture ; 70 % en ont une aujourd’hui. 5 à 6 % avaient
une machine à laver le linge, un réfrigérateur et un téléphone ;
aujourd’hui, 95 % ont un réfrigérateur, 80 % un lave-linge et 65 %
un téléphone. Quant à la télévision, elle équipe neuf foyers sur dix
en 1995.
Alain Gélédan, Economie, Editions Belin.

134
Section 3 : Les transformations des modes de vie

7. Des modes de vie de plus en plus diversifiés


Depuis 1945, le niveau de consommation des ménages s’est
considérablement élevé avec l’accroissement des revenus. Les pro-
fondes mutations (urbanisation croissante, travail des femmes, etc.)
rejaillissent nécessairement sur le mode de vie. La norme de
2
consommation des “Trente glorieuses” centrée autour de l’acquisi-
tion de biens durables et identiques pour tous se trouve aujourd’hui
grandement remise en cause. L’élévation du niveau de vie entraîne

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


une diversification des modèles de consommation. Chacun cons- 1 Caractérisez les
truit son mode de vie en fonction de ses ressources, de ses compé- modes de vie
tences et de ses attentes. L’offre s’est diversifiée afin de répondre durant les trente
à cette demande, elle autorise les acheteurs à se différencier dans glorieuses.
leur choix par les marques, les styles, etc. Les comportements de
consommation sont de moins en moins codifiés. L’habillement, par 2 Comment se sont-ils
transformés ?
exemple, n’est plus uniformément lié à l’âge. Les modes vestimen-
taires massives ont laissé place à des courants brefs et parcellaires.
Les constructeurs automobiles multiplient les séries spéciales, les
fabricants de meubles déclinent les versions et les coloris à l’infini.
Depuis la décennie 70, le temps libre occupe une place croissante
et les individus l’utilisent pour développer des activités domes-
tiques et informelles. La sociabilité extérieure régresse en faveur
des activités internes au foyer ( la soirée télévision remplace les
sorties au cinéma). L’avènement des nouvelles technologies de
communication génèrent une diversification des supports (magné-
toscopes, télévision par câbles, satellites, fibres optiques, etc.).
Elles modifient à la fois l’organisation du travail et la vie quotidienne.
Claude Nava, Frédéric Larchevêque et chantal Sauviat, Economie,
Editions Hachette Technique.

8. Temps de travail et temps de loisirs


Sur la longue période, les sociétés industrielles ont affecté une
partie des gains de productivité à diminuer le temps passé au tra-
1 Qu’est-ce qui a per-
vail. Les salariés ont obtenu de gagner plus, mais aussi de vivre mis de réduire le
mieux. En même temps que la journée de travail se réduisait, les temps de travail au
actifs ont gagné de plus en plus de jours de congé : c'est le temps cours de la crois-
des vacances. L'enrichissement de nos sociétés - sur le plan maté- sance ?
riel, mais également culturel - se traduit par un développement des
loisirs actifs. Il permet à une population toujours plus nombreuse 2 Montrez que cette
d'accéder à des activités variées, qu'elles soient sportives, culturel- réduction du temps
de travail a permis
les ou sociales. Dans une société marquée par le culte de la perfor-
de transformer les
mance et de la compétition, les hommes parviennent, cependant, à modes de vie des
transformer leur liberté en contrainte. Certains loisirs prennent de individus.
plus en plus une allure... de travail. Des activités minutées qui
s'enchaînent à un rythme élevé. Chaque individu cherche à " renta-
biliser " toutes ses activités.
Louis Maurin, Alternatives économiques. n° 180.
135
Section 3 : Les transformations des modes de vie

2 Retenons l’essentiel

Les transformations des modes de vie


CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

A. Définition du mode de vie

Le mode de vie ou genre de vie est l’ensemble des manières de vivre d’un indivi-
du ou d’un groupe social dans un cadre démographique, géographique, technolo-
gique, économique et socioculturel donné . Il correspond donc à l’ensemble des façons
de se comporter, d’utiliser son temps, d’organiser sa vie, compte tenu des ressources
matérielles données et des contraintes sociales existantes. Ainsi, le mode de vie est une
notion qualitative contrairement au niveau de vie qui est une notion quantitative.

Les facteurs qui déterminent le mode de vie

Le mode de vie dépend de plusieurs facteurs. On distingue :

– Le niveau de vie : Il est considéré comme un déterminant important du mode de


vie. Mais, la notion de mode de vie déborde largement celle du niveau de vie : A
niveau de vie égal, les individus peuvent avoir des modes de vie différents.

– Un ensemble d’autres facteurs économiques et sociaux : Le mode de vie inclut


aussi la vie du travail, le type d’activité, les habitudes, le milieu social d’origine,
l’âge, le lieu d’habitation, les conditionnements sociaux, les rythmes imposés par
la société, etc. Tous ces facteurs influent sur les comportements des individus.

B. Croissance économique et transformations des modes de vie

La croissance économique constitue depuis deux siècles un formidable accélérateur


du changement des modes de vie. Les manières d’être, d’agir, de se comporter sont
remodelées profondément. Cette évolution des modes de vie provient, pour une large
part, des transformations économiques. Ainsi par exemple, les comportements des
consommateurs dépendent beaucoup du niveau de leurs revenus, du type des produits
mis sur le marché, etc.
C’est à travers l’accroissement des revenus, l’évolution des techniques de produc-
tion, les innovations de produits et l’augmentation de la productivité que la croissance,
tout en élevant le niveau de vie de la population, transforme les modes de vie.

136
Section 3 : Les transformations des modes de vie

En effet, en période de croissance on assiste à :


2
– Un progrès spectaculaire des modes de vie : Au cours de la croissance, on assis-
te à des changements qualitatifs remarquables au niveau de l’alimentation qui se diver-

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


sifie, de l’habillement qui devient plus pratique, du logement qui devient plus confor-
table, du transport qui devient plus rapide et plus sécurisant, des communications qui
connaissent une réelle révolution, etc. Ces changements qualitatifs transforment les
habitudes et les comportements des consommateurs et modifient par conséquent leurs
modes de vie.

– Une tendance à l’uniformisation des modes de vie : Les modes de vie tendent de
plus en plus à se rapprocher sous l’effet notamment de l’élévation du niveau de vie, de
la production de masse, des innovations commerciales (publicité, développement de la
grande distribution, vente à crédit). Le mode de vie des cadres moyens se distingue de
moins en moins de celui des ouvriers. Le ménage vivant dans une région rurale adop-
te un mode de vie de plus en plus influencé par le mode de vie urbain. Ce rapproche-
ment des modes de vie se manifeste aussi bien dans l’alimentation, l’habillement, l’é-
ducation, l’équipement des ménages, les télécommunications, les loisirs, etc.

– Une différenciation des modes de vie : La tendance à l’uniformisation des modes


de vie ne signifie pas qu’ils sont devenus les mêmes. De profondes différences subsis-
tent entre les groupes sociaux et parfois entre les individus appartenant au même grou-
pe social du fait de l’élargissement de la gamme des produits (haut de gamme, bas de
gamme par exemple), de la diversification de produits mis à la disposition des consom-
mateurs, etc.

– l’utilisation du temps : Le temps était, pour la majorité de la population, consacré


au travail. Grâce à la croissance et à l’amélioration de la productivité qui en résulte,
on assiste à un abaissement régulier de la durée du travail. Le temps libre s’est donc
accru. De nouvelles habitudes de consommation se développent telles que les activités
culturelles et de loisirs.

Mots clés : Mode de vie – Genre de vie – Habitudes de consommation –


Durée du travail – Temps libre.

137
Section 3 : Les transformations des modes de vie

2 Préparons-nous au Bac

1. Evolution des modes de vie


Il est certain que la diffusion des biens durables à l’ensemble
des ménages a constitué un puissant facteur d’uniformisation des
CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION

modes de vie. Mais, cette tendance semble aujourd’hui s’atté-


nuer. Depuis le début des années 1970, les changements des
modes de consommation paraissent se diffuser de moins en
moins selon des processus hiérarchisés, les catégories sociales
Dégagez les princi-
pales caractéristi- défavorisées suivant avec retard les catégories à revenus plus
ques des modes de élevés. Ce modèle de comportements homogènes n’est plus vala-
vie avant et après les ble. Les principaux biens d’équipement ne font plus aujourd’hui
années 1970. l’objet que d’une demande de renouvellement. Les jeunes géné-
rations, plus nombreuses et plus urbaines cherchent à se différen-
cier et à exprimer leur propre personnalité. On assiste à une frag-
mentation de plus en plus poussée des modèles de consomma-
tion à l’intérieur même des groupes sociaux. Les pratiques de
consommation se résument maintenant à davantage de différen-
ces et à moins de hiérarchies.
Jean-Yves Capul et Daniel Meurs,
Les grandes questions de l’économie,
Editions Nathan.

2. La consommation entre l’uniformisation et la


différenciation
Bifidus actif, goût bulgare, fruits rouges, 0 % de matière
grasse, à boire, en pots de verre, au lait entier, natures, sucrés,
lights, etc. c'est la perplexité au rayon laitage des épiceries.
L'imagination des spécialistes du marketing ne connaît plus de
limites, la baguette elle-même est en train d'y passer ! Nos
Décrivez l’évolution
grands-parents, comme aujourd'hui encore les trois quarts de
des modes de vie. l'humanité, se demandaient seulement, en partant faire leurs
courses, si leur porte-monnaie était assez plein. Nous avons le
privilège d'avoir en plus, au sens propre du terme, l'embarras du
choix. Depuis le début du siècle, on assistait à une diffusion pro-
gressive de produits standardisés, fabriqués dans des séries de
plus en plus grandes pour des marchés de plus en plus vastes.
Cette dynamique est manifestement brisée.
Guillaume Duval ,
Alternatives économiques, n° 130.

138
Section 3 : Les transformations des modes de vie

3. Vers une plus grande modernité des modes de vie !


Les consommateurs transforment sans cesse leur mode de
vie, c’est-à-dire la façon d’utiliser leur revenu en modifiant les
qualités des produits et les types de biens et services qui cor-
respondent à leurs goûts. Le genre de vie se transforme avec
1 Qu’est-ce qui a
poussé les consom-
mateurs à modifier
2
l’enrichissement ; des biens nouveaux entrent dans le mode de leur mode de vie ?
consommation. Les consommateurs modernes, en particulier, 2 Par quoi sont carac-

CHAPITRE 2 : LES MUTATIONS DE LA CONSOMMATION


sont de plus en plus friands de services et d’outils de communi- térisés les modes de
cation les plus divers. On parle ainsi de dématérialisation de la vie contemporains ?
consommation pour désigner la modernité des modes de vie
contemporains dans des sociétés globalement riches.
Alain Gélédan,
Sciences économiques et sociales, Editions Belin.
4. Vers un télé-communicateur
On va entrer, avec l’an 2000, dans l’ère du “consommateur
entrepreneur”. Celui-ci travaillera indifféremment au bureau et à
la maison, mélangera vie professionnelle et vie privée. Résultat :
l’invasion au domicile de produits réservés jusque-là au bureau.
D’où le boom des téléphones portables, des fax domestiques, des Décrivez le mode de
micro-ordinateurs. D’où aussi des logements décorés différem- vie d’”un consomma-
ment. Même des vêtements spéciaux pour le travail à la maison teur entrepreneur”.
pourraient surgir. “Demain, ce sera trois jours au boulot, deux
chez soi” prévoit Monsieur Consommation.
L’express, 10 avril 1997.

5. Naissance de nouveaux consommateurs !


Alors, c’est vrai, finies les petites sorties ? Dans les années
qui viennent, allons-nous nous dépêcher de rentrer chez nous
pour nous terrer ? Problème de sécurité, de repli sur soi ou sim-
plement besoin de confort et envie de profiter des joujoux
modernes ? Car, ils sont nombreux, du maxi écran de télé au
magnétoscope, en passant par l’ordinateur, la chaîne hifi, le lec-
teur de vidéo-disque ou de compacts, de téléphone qui mémori-
se, celui qui répond, celui qui note, le sans-fil, etc. sans oublier Caractérisez le com-
portement des "nou-
la console de jeux. Il faut dire que le terrier, heureux bénéficiaire veaux consomma-
du développement des télécommunications et de l'informatique, teurs".
s'est grandement amélioré depuis quelques années ! La maison
est connectée au reste du monde. Sans sortir, nous pouvons nous
nourrir, décorer notre maison, nous habiller, travailler, nous dis-
traire, nous cultiver, être à la pointe de l'information.
LSA (Libre Service Actualités) n° 1773
Revue hébdomadaire professionnelle sépcialisée dans la grande distribution.

139
3 LE DÉVELOPPEMENT
LE DÉVELOPPEMENT
DURABLE
DURABLE

140
 Chapitre 1 : Les coûts de la croissance
 Chapitre 2 : Le développement durable

L a croissance économique a de multiples avantages.


Mais, plusieurs aspects négatifs sont de plus en plus
dénoncés. Les coûts socio-économiques et environ-
nementaux sont nombreux dans tous les pays. Outre les
effets pervers que génère la croissance sur le plan humain et
social, il importe de souligner que les fruits de la croissance
ne profitent pas à tous de la même manière : des inégalités
apparaissent. Par ailleurs, la croissance est à l’origine de plu-
sieurs formes de nuisances.

De ce fait, de nouvelles préoccupations apparaissent. De


plus en plus, les intérêts des générations présentes mais éga-
lement ceux des générations futures sont au centre des
débats. Les pays en croissance aspirent désormais à un déve-
loppement humain durable.

141
Chapitre 1 :
Les coûts de la croissance

D
epuis la seconde guerre mondiale, l'accent a été mis sur les aspects positifs
de la croissance qui a permis une augmentation remarquable du niveau de
vie. Aujourd'hui, la croissance " à tout prix " est sévèrement remise en cause
et l'on met en exergue les coûts qu’elle génère. De nombreux auteurs et organisa-
tions mettent en avant ces coûts. En effet, la croissance n'a pas résolu les problè-
mes de pauvreté, elle aggrave les inégalités et crée de multiples contraintes. De plus,
la consommation de ressources non renouvelables et renouvelables est de plus en
plus importante. La croissance porte donc de graves atteintes à l'environne-
ment et à l'équilibre écologique.

142
Section 1 : Les coûts socio-économiques de la croissance

Section 2 : Les coûts environnementaux de la croissance

143
Section 1 : Les coûts socio-économiques de la croissance

3 " Durant la croissance, les inégalités de revenus


persistent, les reconversions professionnelles sont
difficiles, une fracture sociale apparaît dans les
sociétés où la pauvreté côtoie la richesse. "
Programme des Nations-Unies pour le Développement
Michel Gaspard (1988)
CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE

a croissance économique génère, certes, plusieurs conséquences positives. Elle

L favorise notamment l’amélioration du niveau de vie de la population. Toutefois, elle


comporte des aspects négatifs. D'une part, elle génère des coûts humains et sociaux.
D'autre part, elle ne profite pas à tous de la même manière : Des inégalités au niveau des
individus, des entreprises et des régions persistent et peuvent même se creuser.

A. Les coûts humains


et sociaux

B. La persistance des
inégalités

144
Section 1 : Les coûts socio-économiques

Mobilisons nos pré-requis


1. Croissance et mutations économiques
A forte croissance de la production, forte élévation du produit
par tête. Celui-ci croît, un quart de siècle durant, au rythme annuel
3
de 3% faisant ainsi plus que doubler entre 1950 et 1973. Le pou-
voir d’achat grimpe régulièrement. Nulle surprise alors de voir 1 A quelle période
s’accroître la consommation des ménages avec une ruée sur les fait allusion l’au-
biens durables, nouvellement introduits ou plus anciens mais teur dans ce pas-
sage ?
inabordables pour la majorité avant-guerre. C’est ainsi que monte
en flèche le taux d’équipement en voitures particulières, postes de 2 Caractérisez l’ère
radio et de téléphone, réfrigérateurs, téléviseurs, etc. Nulle surpri-

CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE


de la consomma-
se de voir se modifier les coefficients budgétaires des ménages tion de masse.
avec un recul de la part consacrée à l’alimentation, une hausse de
la part des produits industriels ; dans le même temps que se gonfle
le pourcentage des services.
B. Marcel, J. Taieb, crises d’hier, crise d’aujourd’hui,
Editions Nathan.
2. Le chômage
La perte d’un emploi est certainement l’une des expériences les
plus stressantes qu’un individu puisse connaître dans sa vie profes-
sionnelle. Elle implique à la fois une réduction immédiate du 1 Rappelez la notion
niveau de vie et une certaine angoisse quant à l’avenir. L’une des de chômage.
questions importantes est celle de savoir si le chômage est de cour- 2 A quelles formes
te durée ou au contraire de long terme. S’il n’est que de courte de chômage cor-
durée, on peut admettre que le problème est moins grave. En respondent le chô-
revanche, si le chômage doit durer longtemps, alors le problème mage de courte
est très sérieux. Le chômeur de longue durée est, en effet, très durée et de lon-
affecté, à la fois économiquement et psychologiquement. gue durée ?
N. Gregory Mankiw, Principes de l’économie,
Editions Nouveaux horizons.
3. La qualification, notion difficile à cerner !
Soulignons l’hétérogéneïté du groupe des travailleurs. Le temps
n’est plus où l’on pouvait les considérer comme un bloc homogène.
Essayons alors de situer les travailleurs les uns par rapport aux aut- 1 Identifiez la qualifi-
cation individuelle.
res. Le critère de qualification est traditionnellement celui que l’on Donnez son syno-
retient. Malgré les apparences, cette notion reste floue. C’est qu’il nyme.
convient de distinguer sous la même étiquette deux notions : En
premier lieu, la qualification individuelle, c’est-à-dire l’aptitude à 2 Identifiez la qualifi-
mettre en oeuvre un certain type de travail qualifié, est acquise au cation de l’emploi.
terme d’un processus de formation. La qualification de l’emploi, Donnez son syno-
en deuxième lieu, est la qualification exigée pour opérer sur un nyme.
poste de travail donné.
Jean-Pierre Gourlaouen et Yves Perraudeau,
Croissance et cycles économiques, Editions Vuibert.

145
Section 1 : Les coûts socio-économiques

Construisons nos savoirs


3 A. Les coûts humains et sociaux
Mettre en évidence que la croissance économique génère
des coûts humains et sociaux

1. La croissance, à quel prix ?


Dès les années 60, une question que l’on commence à se poser
est mise au premier plan : la croissance est-elle nécessairement
synonyme de l’amélioration du bien-être ? A plus d’un titre, elle
CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE

commence à être contestée. En effet, il apparaît que la croissance


Dégagez les coûts
générés par la n’a pas engendré que des bienfaits. Le phénomène d’urbanisation
croissance écono- intensive conduit à une destructuration des villes avec son cortège
mique. de bidonvilles, de délinquance, d’embouteillages, etc. Des
maladies nouvelles se développent (maladies nerveuses et menta-
les, cancer, maladies cardio-vasculaires par exemple). Par ailleurs,
la société de consommation, sur laquelle repose la croissance éco-
nomique, privilégie une civilisation de l’ “Avoir” et rend encore
plus sensible le problème des exclus de la croissance. De plus, la
croissance est obtenue en premier lieu par une augmentation de la
productivité des facteurs de production. Concrètement, cela signi-
fie que les travailleurs devront travailler plus efficacement et qu’ils
devront intensifier l’effort de production. Cela signifie par exem-
ple une accélération des cadences, du stress et de la fatigue.
Christian Bialès, Michel Marchesnay, Economie,
Editions Istra.

2. Des mutations déstabilisantes


La croissance n’implique pas seulement que les objets se
multiplient, elle signifie aussi que la vie des hommes se transfor-
me. C’est ainsi que, pour pousser la production et la croissance, il
Comment la crois- faut allonger la durée du travail, parcelliser celui-ci, accélérer son
sance économique rythme. Toutes choses qui influencent défavorablement le bien-
déstabilise-t-elle la être des travailleurs. Les transformations techniques suppriment
vie des travailleurs ? des emplois. Des agriculteurs quittent la terre, les petits commer-
çants sont progressivement éliminés par les magasins à grande sur-
face, les ordinateurs remplacent des armées de bureaucrates. Pour
tous, la vie du travail est transformée. L’angoisse qui les étreint
devant un monde où leur sort est incertain est à l’origine des réac-
tions violentes des travailleurs, des agriculteurs ou des commer-
çants, de surtension et d’inquiétude.
P. D’Iribarne, L’expansion.

146
Section 1 : Les coûts socio-économiques

3. Les conséquences sociales de la métropolisation*

3
La "métropolisation" ne se traduit pas seulement par une forte
croissance du nombre de déplacements, ni du temps passé en
mouvement, mais aussi par l’augmentation des distances parcou- 1 Pourquoi assiste-t-
rues et surtout, par des trajectoires plus diverses : les déplace- on à une métropoli-
ments domicile-travail, périphérie-centre, font place à des phéno- sation au cours de
mènes de "pérégrination", des trajets zigzagants, employant un la croissance ?
nombre croissant de modes de transport, même si la conséquence
mécanique de l'étalement urbain est la domination croissante de 2 Quelles consé-
quences sociales
l'automobile dont la place dans les déplacements urbains croît et
peut-elle générer ?
croîtra encore. Derrière cette modification très forte des déplace-
ments, s'exprime un changement des modes de vie urbains. La
diversité des activités professionnelles et privées, la désynchroni-

CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE


sation des rythmes, etc. réorganisent les liens sociaux. Chacun
choisit ses affinités et organise ses relations à sa manière, en
mobilisant tous les dispositifs à sa portée, parmi lesquels les
réseaux de communication. A ces nouveaux rapports à l'espace
s'ajoutent de nouveaux rapports au temps. L'articulation des
temps, ceux du travail, des services, des transports, des loisirs, le
temps individuel et celui des autres membres de la famille, etc.,
devient une préoccupation majeure du citadin. Montréal
Hubert Guillaud,
Enjeux, Débats, Prospective (03/11/2006)

4. La montée de la délinquance
La criminalité n'est pas une conséquence de la pauvreté. Au
contraire, plus une société est riche, plus elle est criminogène
parce que les tentations et les cibles sont plus nombreuses et plus
vulnérables. Le fait de vivre dans une société anonyme et urbaine, Pourquoi la délin-
le manque de contrôle social, et notamment la passivité des quance s’accen-
témoins potentiels favorise également la délinquance : le taux de tue-t-elle avec la
réaction de la plupart des témoins d'un délit est proche de zéro. richesse et l’urba-
nisation ?
Pour les vols, les témoins n'envisagent même pas de les déclarer
aux autorités, ils ne se sentent pas concernés, ne veulent pas per-
dre leur temps. Le taux d'urbanisation est clairement un facteur de
délinquance. Ce qui détermine avant tout le taux de délits est la
croissance des villes : Elle procure les cibles et engendre la dispa-
rition du tiers protecteur par l'anonymat. Il existe également un
lien avec le taux de chômage et de ségrégation spatiale (ghettoïsa-
tion). L'urbanisme, l'inactivité et la ghettoïsation font apparaître
une " culture de rue " propice à des motivations délinquantes. " La
pauvreté est rurale et la délinquance est urbaine ".
Gare à la délinquance !
Sébastian Roché, La délinquance des jeunes,
Editions du Seuil.

*Métropolisation : Phénomène caractérisé par l’accroissement du nombre de grandes villes et de leur poids
démographique (grande concentration de la population dans les grandes agglomérations).

147
Section 1 : Les coûts socio-économiques

B. La persistance des inégalités.

3 Montrer que la croissance économique accentue les inégalités.


5. Les inégalités sociales se creusent
Les écarts de revenus constituent le socle de l’inégalité : dans
une société marchande, l'argent fait largement le bonheur ! Le creu-
sement des inégalités, ce n'est pas seulement l'accès différencié aux
biens ou au logement, c'est aussi la capacité pour certains d'acheter
Par quoi se tra- le travail des autres : du recours aux femmes de ménage en passant
duit le creuse- par le développement des loisirs ou des cours privés, une économie
ment des inégali- de services inégalitaire s'est mise en place. Ces écarts de niveau de
tés sociales ? vie contribuent en outre à la reproduction des inégalités dans le
temps. Les familles les plus modestes ont non seulement des diffi-
CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE

cultés structurelles à améliorer leur niveau de vie, mais elles sont


également les plus exposées à voir leurs enfants échouer.
Louis Maurin. Alternatives économiques, n° 218.
6. Les oubliés de la croissance
La croissance délaisse totalement une fraction de la population
qui reste dans la misère. En effet, malgré un revenu par habitant en
constante progression, il subsiste dans tous les pays des catégories
sociales qui ne bénéficient pas des fruits de la croissance. Les for-
mes traditionnelles de la pauvreté couvrent les individus les plus
défavorisés (ouvriers, travailleurs immigrés, etc.) et les retraités les
Montrez que les
fruits de la crois-
plus âgés. Avec la crise économique, cette pauvreté s’est même
sance ne bénéfi- accrue ces dernières années et a donné naissance à ce que l’on
cient pas à tou- nomme la “nouvelle pauvreté”. Il s’agit de nouvelles catégories
tes les catégo- sociales victimes des mutations économiques en cours et qui
ries sociales. deviennent marginalisées. Ce sont des jeunes sans formation pro-
fessionnelle, des commerçants ou artisans écrasés par la concurrence,
des cadres rejetés par les restructurations d’entreprises. Cette pauvreté
est souvent liée au développement du chômage de longue durée et
aux problèmes d’insertion ou de réinsertion sur le marché du travail.
C. Nava, R. Bénad, J-P Jouve et V. Pieulle, Economie,
Editions Hachette technique.
7. Est-on tous égaux devant le chômage ?
La croissance économique est le principal moteur des créations
d'emplois. L'embellie du marché de l'emploi va de pair avec l'accé-
1 La croissance
est-elle seule-
lération de la croissance. Toutefois, les suppressions d'emploi sont
ment créatrice nombreuses particulièrement en période de ralentissement de l'ac-
d’emplois ? tivité économique du fait que la baisse des offres d'emploi et l'aug-
mentation des licenciements économiques contribuent à l'aggrava-
2 Répondez à la tion du chômage. Mais, derrière un même taux de chômage peu-
question posée vent se cacher des situations très différentes. Dans certains cas,
dans le titre. c'est la " vulnérabilité " c'est-à-dire le risque de tomber au chôma-
ge, qui est importante. En revanche, pour d'autres, comme les chô-
meurs âgés, c'est " l'employabilité ", c'est-à-dire la probabilité de
sortir du chômage, qui est faible.
Pascal Vanhove et Christophe Viprey, Economie, Editions Dunod.
148
Section 1 : Les coûts socio-économiques

8. Les inégalités entre entreprises


La structure de l’appareil productif est duale : d’un côté, les
grandes entreprises à haute intensité capitalistique, à forte producti-
vité, offrant à leurs salariés des salaires élevés et la garantie de l’emploi
à vie. De l’autre, un tissu de petites et moyennes entreprises (PME)
à haute intensité en main-d’oeuvre, où les salaires sont faibles, les
emplois précaires et les conditions de travail souvent très dures.
Par quoi se mani-
festent les inéga-
lités entre les
entreprises ?
3
Y. Leclerc, Un système productif, Editions La découverte.
9. Explosion des faillites d'entreprises
L'enquête trimestrielle Dun & Bradstreet sur les défaillances
d'entreprises en France au deuxième trimestre 2001 est édifiante :
si l'augmentation, tous secteurs confondus, est forte (plus de 33 %),
le secteur informatique est lui particulièrement touché avec une 1 Interprétez les
augmentation des faillites de plus de 95 % sur un trimestre. On pourcentages

CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE


soulignés dans
notera également que ces défaillances concernent, pour l'essentiel,
le texte.
de petites structures puisque 90 % des faillites* touchent des entre-
prises comprenant moins de 10 salariés. La règle qui veut que ce 2 Quelles sont les
soit en début de vie que les jeunes pousses courent les plus grands entreprises dont
risques quant à leur pérennité se vérifie : 90% des défaillances la survie est
concernent des entreprises créées depuis moins de quatre ans. menacée ?
Dun & Bradstreet. Jeudi 26 juillet 2001.
10. Disparités de niveaux de vie
Le niveau de vie de la population tunisienne s’est nettement
amélioré durant ces trente dernières années. Mais, des disparités
persistent entre villes et campagnes d’une part et entre régions de
l’autre. On observe de grandes différences de consommation par
tête entre le milieu urbain et le milieu rural. Le milieu urbain est
défini en Tunisie par l’ensemble des localités érigées en communes
par une décision administrative. C’est en référence à cette définition
qu’on l’appelle généralement milieu communal. Le reste du pays 1 Mettez en évi-
constitue le milieu rural ou non communal. L’effet de l’urbanisation dence les dispa-
sur le niveau de consommation est très net. Les disparités régiona- rités de niveaux
les importantes persistent. Elles tiennent en partie à un inégal degré de vie entre le
d’urbanisation. Celui-ci est plus élevé dans les régions côtières que milieu communal
dans celles de l’intérieur du pays. et le milieu non
communal.
Évolution des dépenses moyennes par personne et par an (en dinars courants)

2 Interprétez les
1800
1600 1604 données du dia-
1400 gramme.
1200 1209
1000
800 864
600
400 581
200 192 106
0
1975 1995 2000 Années

Milieu communal
Milieu non communal

Jacques Vallin et Thérèse Locoh, Population et développement en Tunisie,


Ceres Editions.
*Faillite : État d’un débiteur en état de cessation de paiement (qui ne peut plus payer ses créanciers).

149
Section 1 : Les coûts socio-économiques

3 Retenons l’essentiel
Les coûts socio-économiques
La croissance économique génère non seulement des coûts humains et sociaux mais
également des inégalités au niveau des individus, des entreprises et des régions.

A. Les coûts humains et sociaux


CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE

La croissance n’est pas toujours synonyme de bien-être individuel et collectif. Elle


entraîne, en effet, de nombreux coûts humains et sociaux.

– L’éloignement du lieu de travail, la fatigue nerveuse, les conditions de vie plus tendues,
le stress, la délinquance, etc. caractérisent le nouveau paysage des sociétés en croissance
et transforment douloureusement le mode de vie de leur population. Une tendance inquié-
tante de désagrégement des liens familiaux et sociaux se développe. La communication
et la solidarité au sein d’un groupe s’amenuisent. De plus, la parcellisation des tâches et
l’accélération des cadences dans l’entreprise accentuent le stress et la fatigue des
travailleurs.
– Des maladies se développent notamment des maladies nerveuses et mentales, des
maladies cardio-vasculaires, etc.
– Le phénomène d’urbanisation et la métropolisation aggravent les problèmes de loge-
ment (développement des bidonvilles, multiplication des ghettos) et de circulation
(embouteillage, accidents, perte de temps, etc.) notamment.

B. La persistance des inégalités

Malgré l’accroissement remarquable du niveau de vie au cours de la croissance, les


inégalités sociales dans la plupart des pays persistent et s’aggravent. D’autres formes
d’inégalités retiennent l’attention. Il s’agit des inégalités entre les entreprises et des
inégalités régionales.

1. Les inégalités sociales

– Les inégalités de revenus : La croissance économique ne met pas fin aux disparités de
revenus. Les inégalités persistent tant en termes de revenus que de niveaux de vie. La
croissance conduit, en effet, à privilégier certaines catégories de personnes au détriment
d’autres catégories. Les “exclus” de la croissance sont nombreux. Dans les pays en crois-
sance, la pauvreté persiste. Pis encore, une nouvelle pauvreté se développe.

150
Section 1 : Les coûts socio-économiques

C’est ainsi, que plusieurs catégories de personnes deviennent peu à peu mar-
ginalisées. C’est le cas par exemple des jeunes sans formation, des travailleurs non
qualifiés, des chefs d’entreprises ruinés, des petits agriculteurs, des commerçants ou des
artisans écrasés par la concurrence, etc.
3
– Les inégalités devant l’emploi : Durant la croissance économique, de nouveaux
emplois sont créés alors que d’autres sont détruits. C’est ainsi que tous les emplois exis-
tants ne se maintiennent pas. Il en résulte d’énormes inégalités puisque l’opportunité de
trouver un emploi, de le garder ou de le retrouver n’est pas la même pour tous. Il
importe de souligner que :

CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE


* Certains travailleurs sont plus vulnérables que d’autres au chômage : Les
jeunes travailleurs sans formation, les travailleurs peu qualifiés, les titulaires de
contrats de travail à durée déterminée, etc. sont, en effet, les plus exposés au
chômage.

* De plus, l’employabilité est plus faible pour certains postulants à l’emploi que
pour d’autres : En effet, les travailleurs peu formés et/ou dont la qualification
acquise est inadaptée à la qualification requise ont plus de difficultés de sortir du
chômage.

2. Les inégalités entre les entreprises


La croissance économique s’accompagne de plusieurs mutations de l’appareil
productif qui se traduisent par des restructurations d’entreprises. En effet, seules les
entreprises les plus compétitives peuvent se maintenir sur le marché et croître. Les
autres entreprises qui rencontrent des difficultés pour affronter la concurrence ont du
mal à survivre. Les faillites des entreprises sont nombreuses notamment dans les
secteurs qui requièrent une taille critique.

3. Les inégalités régionales


Les inégalités régionales se manifestent entre les villes et la campagne, entre les villes
elles-mêmes ou entre les régions.
Généralement, les régions qui attirent les investissements sont les plus favorisées
(niveau de vie plus élevé, infrastructure plus développée, etc.). En revanche, les régions
délaissées par les investissements ne profitent pas des fruits de la croissance.

Mots clés : Chômage – Coûts humains – Coûts sociaux – Inégalités socia-


les – Inégalités entre les entreprises – Exclus de la croissance –
Délinquance – Urbanisation – Métropolisation – Employabilité – Vulnérabilité
– Inégalités régionales – Faillite.

151
Section 1 : Les coûts socio-économiques

Préparons-nous au Bac
3 1 Pourquoi la crois-
1. Croissance et emploi
Toutes les catégories socioprofessionnelles ne sont pas à égalité
sance est-elle géné- face à l'emploi et surtout par rapport à la conservation de l'emploi.
ratrice de destruc- Le progrès technique, dans la mesure où il se caractérise par de nou-
tion d’emplois ?
velles façons de produire, se traduit à la fois par un processus de
2 Expliquez la pre- création mais aussi de destruction d'emplois. Pour des raisons
mière phrase du tenant à la compression des coûts de production et à la recherche
texte d'une meilleure compétitivité, la plupart des entreprises ont rempla-
cé l'homme par la machine, c'est ce que l'on appelle la substitution
CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE

du capital au travail, évidemment ce sont les moins qualifiés qui


voient leurs postes de travail disparaître.
Jean-Claude Drouin, la France face à ses inégalités sociales,
Editions Hatier.

2. Croissance, vecteur de progrès social


Le fossé entre Américains riches et pauvres s’est à ce point élargi
que les 2,5 millions de riches vont percevoir pratiquement la même
Pourquoi peut-on
masse nette de revenus que les 100 millions de personnes qui se
affirmer que la
croissance améri- trouvent en bas de l’échelle. On ne s’étonnera pas, dans ces condi-
caine n’est pas tions, de découvrir une dégradation sociale : mini-bidonvilles
source de bien- côtoyant de somptueuses villas, files de chômeurs alignés sur les
être pour tous ? trottoirs à deux pas de boutiques au luxe insolent, sans-abris au
milieu de poubelles éventrées, etc.
Michel Albert, Capitalisme contre capitalisme,
Editions du seuil.

3. Inégalités sociales en Chine : De l'alerte orange au rouge ?


L'écart entre les riches et les pauvres, qui a commencé à se mar-
quer de plus en plus à partir de la fin des années 70, moment où
Beijing a choisi de se tourner vers l'économie de marché, a atteint
un niveau record. La situation est telle que le Study Times, journal
Caractérisez la du Parti au pouvoir, a constaté que le feu orange était allumé et que
situation sociale
en Chine depuis la
l'alerte rouge pouvait être dépassée dans les cinq prochaines années.
fin des années 70. Selon le ministère du travail et de la sécurité sociale, les 20% de
Chinois les plus riches du pays accaparent 55% des richesses, alors
que les 20% les plus pauvres doivent s'en partager les 4,7%. Les
coûts de l'éducation et de la santé figurent parmi les sources majeures
des inégalités sociales. Le coût du traitement médical d'une maladie
importante est de 7 000 yuans, alors que le salaire moyen mensuel
net à la campagne est de 2 000 yuans.
Eva Cheng, Inégalités sociales en Chine,
paru dans "Solidarités" n°89 (14/06/2006).

152
Section 1 : Les coûts socio-économiques

4. Les inégalités entre les entreprises


L’entreprise est un organisme vivant. Comme l’être humain,
elle a un cycle de vie : elle naît par la volonté de ses propriétai-
3
res, elle se développe et arrive à maturité puis voit parfois son 1 Décrivez le cycle
de vie d’une
activité décliner, ce qui la conduit à disparaître ou à être reprise entreprise. Pour-
par une autre entreprise. Mais, ce cycle est théorique : certaines quoi est-il théo-
entreprises ne connaissent pas de phase de maturité, elles meu- rique ?
rent du fait de leur incapacité d’affronter la concurrence et des
difficultés auxquelles elles se trouvent donc confrontées : 2 Montrez alors
que les entrepri-
mévente des produits, mauvaise adaptation à leur environne-

CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE


ses se dévelop-
ment, insuffisance des ressources financières, etc. Elles seront pent d’une maniè-
contraintes soit à faire faillite soit à être rachetée par d’autres re très inégale.
entreprises plus puissantes. Celles-ci cherchent à renforcer leur
position vis-à-vis de leurs partenaires et à gagner des parts de
marché sur leurs concurrents. Elles se développent par leurs pro-
pres moyens en construisant de nouveaux établissements ou en
agrandissant leurs locaux. Elles peuvent aussi se regrouper avec
d’autres entreprises.
Dominique Larue et Alain Caillat, L’entreprise,
Editions Hachette technique.

5. Les inégalités entre régions


Entre villes et campagnes, les inégalités sont manifestes :
d'après l'Académie chinoise des sciences sociales, en 2002, 93 %
des 10% les plus riches résidaient dans les villes et 7 % à la cam-
pagne, alors qu'à l'autre bout de l'échelle, les 10 % les plus pau- En vous basant
vres se trouvaient à 1,3 % dans les villes et 98,7 % dans les cam- sur l'exemple
pagnes. Le rapport 2005 du Programme des Nations Unies pour chinois, constatez
que la croissance
le Développement (PNUD) note sur ce point que l'écart entre le s’accompagne de
niveau de revenu dans les villes et dans les campagnes est nombreuses inéga-
" peut-être le plus élevé du monde ". Le rapport du PNUD lités régionales.
observe : " Comparée au premier temps des réformes, l'inégalité
de la distribution des revenus en Chine s'est accrue rapidement.
Ce phénomène se manifeste aussi bien entre les zones urbaines
et rurales, entre les villes et entre les régions".

Eva Cheng, " Progrès et inégalités : la Chine aux deux visages ",
Le monde diplomatique (janvier 2006).

153
Section 2 : Les coûts environnementaux

3 " La détérioration de l’environnement et la perte


des ressources naturelles représentent l’une des
voies principales par lesquelles la génération pré-
sente crée des coûts non compensés pour le futur. "
David Pearse
CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE

’observation du monde contemporain amène à s’interroger sur les coûts environ-

L nementaux de la croissance. Souvent, l’accroissement des richesses soumet l’en-


vironnement à rude épreuve et met en cause l’équilibre des écosystèmes. En
effet, la croissance économique dégrade l’environnement. De plus, les ressources natu-
relles existent en quantités limitées. La croissance risque donc d’aboutir à un épuise-
ment des réserves mondiales de ces ressources.

A. La dégradation de
l’environnement

B. L'épuisement des
ressources naturelles

154
Section 2 : Les coûts environnementaux

Mobilisons nos pré-requis


1. Montée de la consommation
La consommation de biens et services est une activité constante
de la vie quotidienne. Au cours du XXe siècle, la consommation a
3
1 Rappelez la notion
progressé à un rythme sans précédent. Il semble bien que le train de de consommation.
la consommation se soit emballé. Son rôle consiste à accroître les
capacités des individus à vivre longtemps et dans de bonnes condi- 2 Dites pourquoi elle
tions. La consommation donne accès à des opportunités sans les- s’est emballée au
quelles une personne souffrirait de la pauvreté. Nourriture, toit, eau cours du XXe siècle.
potable, installations sanitaires, soins médicaux et vêtements sont
des conditions nécessaires à la longévité et à la santé.

CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE


Rapport mondial sur le développement humain 1998,
Editions Economica.
2. L’industrie, secteur moteur !
L’industrie reste le secteur moteur de l’économie. Elle possède
deux forces essentielles : Grâce à l’accroissement de la productivi-
té dans ce secteur, elle est considérée comme un facteur détermi- Pourquoi l’indus-
nant de l’élévation du revenu. Dans l’analyse des statistiques natio- trie est-elle consi-
nales, apparaît, en effet, une forte relation entre la hausse des parts dérée comme le
du produit intérieur brut générée par l’industrie et l’élévation des secteur moteur de
revenus. Ses liaisons en amont et en aval sont plus nombreuses que l’économie ?
celles des autres secteurs. De plus, l’industrie offre une gamme de
possibilités très élargie pour remplacer efficacement les importa-
tions par les productions locales et accroître les exportations.
[Link], [Link], M. Roemer et D. Snodgrass, Economie du développement,
Editions Nouveaux horizons De Boeck Université.

3. Gérer un monde urbain


Le monde est en passe de devenir urbain, puisque plus de la
moitié de l’humanité va bientôt vivre dans des villes. New York,
Tokyo, Londres et Paris étaient les plus grandes agglomérations du
monde en 1950 et seules New York et Tokyo comptaient plus de 10
millions d’habitants. En 2005, la taille de 20 agglomérations urbai-
nes excède 10 millions. On constate par ailleurs une “métropolisa- 1 Par quoi se mani-
tion du monde”, c’est-à-dire que le nombre et le poids démogra- feste le phénomène
phique des plus grandes villes s’accroissent au fil du temps. Ce qui d’urbanisation ?
fut longtemps perçu comme une conséquence de la croissance éco-
2 Pourquoi l’urbani-
nomique – la concentration de populations dans des cités toujours
sation constitue-t-
plus grandes – est aujourd’hui devenu une source de préoccupa- elle une source de
tion. Il est vrai que la croissance économique s’est accompagnée préoccupation ?
d’un intense essor urbain. Mais, l’accroissement des populations
urbaines a des effets pervers par une dégradation des conditions de
vie en ville. Le nombre des bidonvilles augmente et la population
qui vit dans cet habitat très précaire ne cesse de s’accroître.
Jacques Véron, Le nouvel observateur, Atlaséco 2006.

155
Section 2 : Les coûts environnementaux

Construisons nos savoirs

3 A. La dégradation de l'environnement
Mettre en évidence que la croissance économique génère une
dégradation de l'environnement.
1. Activités humaines responsables de la pollution !
Toutes les activités humaines sont polluantes, à un titre ou à un
1 À partir d’exem- autre. Chez les particuliers, il s’agit de l’eau utilisée pour la toilette,
ples, montrez
le nettoyage et la lessive, du combustible brûlé pour se chauffer ou
que toute activité encore de l’électricité ou du gaz, enfin des ordures ménagères. Il en
humaine est con- est de même des activités industrielles ne serait-ce que par l’eau et
CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE

sidérée comme l’énergie consommées. Et beaucoup rejettent au fleuve des liquides


polluante. insuffisamment traités et lâchent dans l’atmosphère des gaz délétè-
res. Sans parler des déchets d’usines qui, même s’ils ne sont pas
2 Qu’appelle-t-on toxiques, doivent être traités ou recyclés. L’agriculture moderne,
“coûts de la enfin, fait un grand usage des engrais ou pesticides chimiques, dont
dépollution” ? on retrouve la trace dans les sols et la nappe phréatique. Tout cela a
un coût qui ne cesse d’augmenter appelé selon les cas : “coûts de la
non pollution” ou coût de la dépollution”.
Le monde, 5 janvier 1998.
2. Décibels sur tous les tons
1 Pourquoi assimi- La pollution sonore est un sous-produit de la croissance urbaine
le-t-on le bruit à et technologique. Le fracas des machines cause de nombreuses sur-
une forme de dités professionnelles. Plus insidieux est le vacarme ambiant. Les
pollution ? médecins lui imputent la responsabilité de troubles nerveux ou psy-
chiques de plus en plus fréquents. La surdité sénile a accusé une pré-
2 Quels en sont les cocité de cinq années environ. On vit de plus en plus vieux mais on
coûts ?
entend de moins en moins bien.
Revue croissance, n° 350.
3. L’environnement se dégrade, quel désastre !
L’environnement est le siège de nuisances et de pollutions. Des
quantités de plus en plus grandes de charbon, de pétrole et de gaz
sont consumées par les usines et les centrales électriques, les véhicu-
les à moteur et les ménages. Les émissions de dioxyde de carbone
(CO2) et de soufre rendent les pluies acides, détruisent les forêts et
détériorent les sols. Les déchets toxiques de l’industrie et de l’agri-
culture recourant aux produits chimiques risquent de s’introduire
1 Montrez que la dans les réserves d’eau, de polluer les sols et d’entrer dans la chaîne
croissance est alimentaire. La pollution, les déchets toxiques et la contamination
responsable de de l’eau ont des effets immédiats et directs sur les individus et pro-
la dégradation de voquent de nombreuses maladies. Les maladies véhiculées par l’eau
l’environnement. (diarrhée, dysentrie, vers intestinaux et hépatite) sont fréquentes. Les
zones de pêche sont elles aussi polluées par les eaux usées. L’utili-
2 Quelles en sont sation excessive d’engrais provoque là encore de graves problèmes
les conséquen- de pollution de l’eau. Au fil des ans, les nitrates traversent le sol et
ces ?
atteignent la nappe phréatique.
Rapport mondial sur le développement durable 1998.
156
Section 2 : Les coûts environnementaux

4. Les gaz à effet de serre : Un véritable gachis


Depuis la révolution industrielle, la croissance économique s'ac-
compagne d'une augmentation de la consommation de combustibles
fossiles. Les émissions de dioxyde de carbone qui en résultent sont
devenues la principale source de gaz à effet de serre. Ces gaz empri-
sonnent le rayonnement infrarouge dans l'atmosphère terrestre.
1 Pourquoi les émis-
sions de gaz à
effet de serre
3
Selon le rapport établi en 1995 par le Groupe d'experts intergouver- sont-elles en aug-
mentation ?
nemental sur l'évolution du climat, la température moyenne plané-
taire pourrait augmenter de 1 à 3,5 degrés Celsius et le niveau des 2 Dégagez leurs
mers s'élever de 15 à 95 centimètres d'ici à 2100, si les tendances conséquences.
actuelles des émissions de gaz à effet de serre devaient se mainte-
nir. Ces changements peuvent sembler mineurs, mais ils pourraient

CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE


avoir de multiples conséquences négatives. Les forêts et autres éco-
systèmes, faute de pouvoir s'adapter à l'évolution des températures
et à la configuration des précipitations, pourraient se dégrader. Il faut
aussi s'attendre à ce que les individus aient à souffrir de cette situation.
La Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement 2000.

5. La planète en danger ?
La croissance économique crée des déficits biologiques et influe
sur les équilibres naturels dans plusieurs domaines. Avec la gigan-
tesque croissance de l'usage des combustibles fossiles depuis 1950,
les émissions de carbone ont outrepassé la capacité de l'écosystème 1 Comment la majo-
de la planète à fixer le dioxyde de carbone. L'augmentation consé- rité des scienti-
cutive des niveaux de CO2 dans l'atmosphère est considérée par la fiques expliquent-
majorité des scientifiques comme responsable du réchauffement de ils le réchauffe-
la planète. L'une des conséquences de la hausse de température est ment de la pla-
nète ?
d'insuffler un surcroît d'énergie dans les tempêtes. Ainsi en France,
trois tempêtes hivernales très violentes ont abattu en décembre 1999 2 Montrez, à partir
des millions d'arbres, dont certains étaient âgés de plusieurs siècles. d’exemples, que
Des milliers de bâtiments ont été détruits. Ces tempêtes, les plus la Terre est en
violentes jamais enregistrées en France, ont provoqué des dégâts danger.
d'un coût de plus de 10 milliards de dollars. En octobre 1998, l'ou-
ragan Mitch – l'une des tempêtes les plus puissantes jamais sorties
de l'Atlantique – a traversé les Caraïbes et s'est installé plusieurs
jours durant sur la côte de l'Amérique centrale. Les effets écolo-
giques et économiques globaux de cette tempête ont été dévasta-
teurs. Les catastrophes naturelles sont en augmentation. Les pertes
économiques se sont multipliées par huit. Il apparaît que la majeure
partie de l'augmentation provient de catastrophes – dont des tempê-
tes, des sécheresses et des incendies de forêts – aggravées ou pro-
voquées par des activités humaines.
Lester R-Brown,
Une autre croissance est possible, écologique et durable.
Editions du seuil.

157
Section 2 : Les coûts environnementaux

B. L'épuisement des ressources naturelles

3 Mettre en évidence que la croissance économique génère un


épuisement des ressources naturelles

1 Montrez que la 6. La croissance économique, boulimique en ressources naturelles


croissance est L'état de l'environnement n'est plus simplement le problème des
fort consomma- générations futures, comme on avait coutume de le dire, mais bien
trice de ressour- celui des générations présentes. La plupart des ressources naturelles
ces naturelles. sont dans un état alarmant, du fait des altérations que la croissance
économique leur fait subir depuis un siècle. D’ailleurs, la croissance
2 Quelles en sont n'a été possible que grâce à l'utilisation intensive des combustibles
CHAPITRE 1 : LES COÛTS DE LA CROISSANCE

alors les consé- fossiles, le charbon d'abord, puis le pétrole et, enfin, le gaz (la con-
quences ? sommation de pétrole a été multipliée par deux depuis le début des
années 70, tandis que la consommation de gaz a triplé). La produc-
tion mondiale de pétrole ne suffirait pas aujourd’hui à étancher la
soif d'une Chine devenue aussi boulimique en or noir que les Etats-Unis.
Alternatives économiques, n° 059 (01/2004).
7. Un monde de plus en plus énergivore !
En dépit de l'amélioration constante des technologies d'explora-
tion, le volume de pétrole découvert chaque année n'a cessé de
décroître depuis les années 60. Depuis 1980, le monde consomme
1 Comment expli- plus de pétrole qu'il n'en découvre : désormais, un seul baril de pétro-
quer la croissan- le est découvert pour quatre consommés. Quarante ans de réserves,
ce accrue de la
c'est une durée très courte au regard des bouleversements techniques,
demande du
pétrole ?
économiques et sociaux qu'implique un changement de régime éner-
gétique. Selon les géologues Colin J. Campbell et Jean H. Laherrère,
2 Quelles sont les la production mondiale de pétrole culminerait vers 2010. A partir de
conséquences cette date, le déclin progressif de l'offre devrait entraîner des tensions
qui peuvent en croissantes sur les prix. Dès lors, la croissance prévue de la deman-
résulter ? de fait planer de sérieuses menaces.
Marc Chevallier, Alternatives économiques, n° 215 (06/2003).
8. Epuisement des sols et désertification
1 Qu’est-ce qui
La croissance économique et démographique est souvent consi-
explique l’ép