Impacts des carrières sur l'Oued N'Fis
Impacts des carrières sur l'Oued N'Fis
Par :
Latifa ACHAKAJ
Sous la direction de :
N. KHAMLI
Z. KABBAJ
2011/2012
10
1
Dédicace
A mon oncle
11
1
Remerciements
12
1
Acronymes
13
1
Tables des matières
INTRODUCTION…………………………………………………………………………...1
Chapitre I : Niveau de base et profil d’équilibre des rivières
I. Principe du profil d’équilibre……………………………………………………..5
II. L’équilibre dynamique …………………………………………………………...7
1. L’équilibre dynamique spatiotemporel d’un cours d’eau………………............7
2. Le déséquilibre d’un cours d’eau………………………………………..……...8
a. Les causes naturelles…………………………………………………..........8
b. Les causes anthropiques……………………………………………………9
Chapitre II : Situation géographique et données générales sur le secteur d’étude
I. Situation géographique……………………………………………………………..13
II. Morphologie et hypsométrie du bassin…………………………………………….14
1.Morphologie……………………………………………………………………...14
2.Hypsométrie……………………………………………………………………...14
III. Géologie générale et lithologie……………………………………………..……...15
IV. Réseau hydrographique …………………………………………………………...16
V. Contexte climatique………………………………………………………………..17
1. Climat…………………………………………………………………………..17
2. Régime pluviométrique du bassin……………………………………………. 17
2.1 Pluviométrie mensuelle…………………………………………………...17
2.2 Pluviométrie annuelle……………………………………………………..18
3. Régime hydrologique de l’oued……………………………………………….18
3.1 Variations mensuelles des débits ………………………………………...18
3.2 Variations saisonnières des débits ……………………………………….19
3.3 Variations annuelles des débits…………………………………………...19
3.4 Corrélation pluie-débit……………………………………………………20
VI. Crues………………………………………………………………………………21
VII. Végétation..……………………………………………………………………….22
Chapitre III : les carrières sur oued N’Fis
I. Situation des carrières ……………………………………………………….23
II. Techniques d’exploitation………………………………………………...….28
1. Exploitation artisanale ou informelle……………………….......................28
2. Exploitation industrielle ………………………………………...………...30
14
1
III. Les matériaux élaborés………………………………………………………35
Chapitre IV : Les impacts de l’exploitation des carrières sur l’environnement d’Oued
N’Fis
I. Impacts sur la morphologie………………………………………...………..36
1. Erosion des berges d’oued N’Fis………………………………………..37
2. Elargissement du lit d’oued N’Fis…………………………....................43
II. Impacts sur la qualité de l’air …………………………………....................45
III. Impacts sonores………………………………….. ………………………...47
IV. Impacts sur la faune……………………………………………....................47
V. Impacts sur la flore……………………………………………………….....47
VI. Impacts sur le sol………………………………………………....................48
VII. Impacts sur la sécurité et l’hygiène publique……………………………….49
VIII. Impacts sur le réseau routier………………………………………………..49
IX. Impacts sur l’activité agricole……………………………………………...50
X. Impacts sur les ouvrages hydrauliques………………………………….…53
Chapitre V : Les impacts de l’exploitation des carrières sur les eaux d’oued N’Fis
I. Impacts sur les eaux de surfaces………………………………………………..54
II. Impact de l’exploitation des carrières sur la piézométrie de la nappe ………….57
1. Observations………………………………………………………......57
2. Résultats…………………………………………………....................61
Chapitre VI : Mesures d’atténuation et de compensation des impacts, proposition
d’aménagement
I. Mesure d’atténuation d’impact sur la morphologie………………………………..68
II. Mesure d’atténuation d’impact de poussières…………………………….………..70
III. Mesure d’atténuation d’impact sonore……………………………………………..70
IV. Mesure d’atténuation d’impact sur la flore…………………………………………71
V. Mesure d’atténuation d’impact sur le sol…………………………………………...71
VI. Mesure d’atténuation de l’impact sur l’hygiène publique……………………….....71
VII. Impacts sur le réseau routier……………………………………………………….72
VIII. Mesure d’atténuation d’impact sur les eaux………………………………………72
1. les eaux de surfaces……………………………………………………………..72
2. Les eaux souterraines…………………………………………………………...72
Conclusion……………………………………………………………………………….74
Références Bibliographiques
15
1
Liste des cartes
16
1
Liste des figures
17
1
Fig.V-3 : Evolution piézométrique du puit 3664/53 pour la période (04/2007-04/2010)
(ABHT)
Fig.V-4 : Evolution piézométrique du puit 4442/44 pour la période (02/2006-02/2012)
(ABHT)
Fig.V-5 : Evolution piézométrique du puit 4403/44 pour la période (04/2007-04/2009)
(ABHT)
Fig.V-6 : Evolution piézométrique du puit 3595/53 pour la période (02/2006-05/2010)
(ABHT) (puit témoigne)
Fig.V-7 : Evolution piézométrique du puit 4011/53 pour la période (12/2007-04/2010)
(ABHT)
Fig.V-8 : Evolution piézométrique du puit 3849/53 pour la période (05/2005-05/2008)
(ABHT)
Fig.VI-1 : Méthode détaillée pour la remise en état des zones libérées (In M.CHAKIR.2011)
18
1
Liste des photos
Ph.III-1 : Vue aérienne montrant la section exploitable d’oued Nfis (Route P2013-Oued
Tensift)
Ph.III-2 : Vue aérienne montrant la localisation de la carrière située à l’amont du barrage
Lalla Takerkoust
Ph.III-3 : Vue aérienne montrant la localisation de la zone humide située à l’aval du barrage
Lalla Takerkoust
Ph.III-4 : Photo montrant exemple d’une zone humide
Ph.III-5 : Photo illustrant l’extraction artisanale
Ph.III-6 : Photo d’une zone de dépôt au niveau d’Oued N’Fis
Ph.III-7 : Vue aérienne montrant les zones de dépôts au niveau de l’Oued N’fis
Ph.III-8 :Photo montrant l’engin d’extraction industrielle
Ph.III-9 : Photo montrant le transport des matériaux alluvionnaires vers les stations de
traitement
Ph.III-10 : Exemple d’équipements standards dans une installation de concassage-criblage
Ph.III-11 : Unité de clarification des eaux de lavage avec filtre presse
Ph.III-12 : Exemple d’unité de clarification sans filtre et avec bassins de décantation
Ph.III-13 :Exemple de rejet direct des eaux boueuses et leur épandage dans l’oued
Ph.IV-1 : Photo montrant la profondeur d’extraction
Ph.IV-2 : Photo montrant la dégradation des Berges D’oued N’Fis par l’extraction des
carrières
Ph.IV-3 : Vue aérienne du cours d’eau d’oued N’Fis en amont du barrage de Lalla
Takerkoust et son tracé (Année 2006)
Ph.IV-4: Vue aérienne du cours d’eau d’oued N’Fis en amont du barrage de Lalla
Takerkoust et son tracé (Année 2011)
Ph.IV- 5: Photo montrant l’émission de poussières par la station de concassage (Agafay)
Ph.IV- 6: Photos montrant le décapage du couvert végétal et la dégradation de la flore au
niveau d’oued N’Fis, à gauche (Agafay) et à droite (Souihla)
Ph.IV-7: Photos montrant la déviation du cours d’eau N’Fis vers la rive gauche lors de la
crue 2006, montrant l’érosion des sols de la berge
Ph.IV-8: Photos aériennes montrant le changement de position des prises d’eau : Agoug
Taziouent (440m), Agoug Tirgag (385m) (Souihla)
19
1
Ph.IV-9: Photos aériennes montrant des terraines Limitrophes aux carrières avec des dépôts
important des poussières (Loudaya)
Ph.V-1 :Photo montrant un exemple de déviation de l’écoulement vers la rive droit de l’Oued
N’Fis ce qui a accentué l’érosion de cette berge, cette érosion est plus dommageable lors de
crue (Douar El fakhara) (Crue 2006)
Ph.V-2 : Exemple de zones de stagnations des eaux pouvant être à l’origine des maladies
parasitaires (Souihla)
Ph.V-3 : Vues montrant l'apparition du substratum résultant de l'érosion régressive suite à
l'extraction des matériaux alluvionnaires à gauche (Loudaya) et à droite (Agafay)
Ph.V-4 : vue aérienne témoigne (2004)
Ph.V-5 : Vue aérienne montrant les zones de stagnation des eaux de lavage des matériaux
élaborés par la carrière installée (2011)
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1
Introduction
Les matériaux de carrières font partie de notre quotidien. Ils constituent la 3ème
substance naturelle consommée par l’Homme après l’air et l’eau. Leurs extraction et leurs
production représentent un enjeu économique majeur. Dans le monde de construction qui
nous entoure les applications des granulats élaborés à partir des matériaux alluvionnaires
inclue le domaine de bâtiment, les travaux publics, les ouvrages d’art et le génie civil.
Pour le bâtiment, un m3 de béton nécessite environ 2tonnes de granulats. Et un logement
consomme de 100 à 300 tonnes.
Pour les travaux publics les routes et autoroutes absorbent 80% des granulats produits
pour la construction des routes. Un Km d’autoroute nécessite 30 000tonnes de granulats, de
nature et de dimensions différentes. Sans béton, donc sans granulats, les avions ne
décolleraient pas.
Pour les voies ferrées, la construction d’un Km de voie ferrée nécessite 30 000 tonnes
de granulats (ballast).Equipements collectifs : il faut de 20 000 à 40 000 tonnes pour édifier
un hôpital ou lycée.
Dans le domaine des ouvrages d’art et de génie civil, les Barrages, les enrochements, les
ouvrages de protection des côtes, les ports avec digues, les viaducs et ponts et ne peuvent être
réalisés sans intégration de granulats au sein de béton.
Au Maroc selon les estimations élaborées par le Bureau d’études d’Atelier de
Recherche d’Etude et d’Architecture, la demande en produits issus de matériaux
alluvionnaires en 2004 a été évaluée à 4.370.008 m3 pour les sables et 4.727.978 m3 pour les
gravettes. Les perspectives d’évolution de la demande avaient prévu pour 2010 un besoin de
5.700.000 à 6.600.000 m3 de sables, 6.200.000 à 7.200.000 m3 de gravettes et 3.000.000 à
3.500.000 m3 de moellons graviers. Soit au total, 14.900.000 à 17.300.000 m3 de granulats.
(Charef ,2007)
Cependant si on part de la consommation en ciment de 12 millions de tonnes qui à été
prévue pour 2010 et du fait que 1 m3 de béton nécessite 350 kg de ciment et 1,9 tonne de
granulats, les besoins en granulats ont été évalués à un peu plus de 65 millions de tonnes, soit
près de 40.8 Mm3. Cette estimation comprend aussi bien les besoins du bâtiment (directs et
indirects, milieu urbain et milieu rural).
En termes de disponibilité des ressources, l’approvisionnement des chantiers en sable se
fait essentiellement à partir des dunes du littoral. Les prélèvements de sable de plage posent
des problèmes non seulement en termes de dégradation de l’environnement mais aussi en
1
termes de qualité et de pérennité des bétons les granulats alluvionnaires sont les plus
recherchés, mais il s’agit d’une ressource qui se renouvelle très lentement, de ce fait les
difficultés d’approvisionnement en ce type de granulats se posent avec acuité surtout dans les
régions les plus peuplées.
L’approvisionnement à partir des lits des oueds pose des problèmes compte tenu de
l’exploitation anarchique et non rationnelle de ces ressources et des conséquences pour
l’environnement.
La décision d'exploiter les carrières alluvionnaires au niveau des cours d’eau est souvent
prise au regard de contraintes techniques et foncières. Si l'ouverture d'un site et sa localisation
sont étroitement liées à la présence abondante des matériaux alluvionnaires, à la qualité de ces
matériaux et aux facilités qu'offre le site pour son exploitation, c'est aussi pour répondre aux
besoins d'un marché en granulats. L'énumération de ces facteurs serait incomplète si l'on ne
tenait compte du foncier et de la nécessaire maîtrise d'une surface potentiellement exploitable
et proche, dans la mesure du possible, des lieux d'utilisation et de transformation. Or, la
dimension environnementale et les préjudices dues à cette activité sont souvent négligés et le
coût de ces préjudices ne sont pas internalisés, ces carrières sont abandonnées, se
transforment rapidement en poches d'habitat insalubre, utilisées comme sites de décharges
d'ordures ménagères ou souvent lieux de remblais sauvages.
Ces différentes sortes d'utilisation constituent, certes, des sources de nuisances en
matière d'hygiène et de salubrité ou de dégradation des ressources naturelles (couvert végétal,
eaux souterraines et superficielles,...), menacent parfois des infrastructures ou des habitats.
Les textes législatifs en vigueur ne sont pas appliqués à cause du manque des décrets
d'application et du fait que la quasi-totalité des carrières ont été ouvertes sans l'élaboration
d'études d'impact préalable faisant souvent l'objet d'une exploitation abusive, ces carrières
sont enfin de parcours abandonnées une fois leurs ressources épuisées sans aucun effort de
remise en état des lieux.
A Marrakech les besoins en matériaux de construction deviennent de plus en plus
importants sous la pression de la croissance que connaît le secteur du bâtiment et des travaux
publics.
Pour répondre à ces besoins, les entreprises accroissent leur taille et étendent les
surfaces d’extraction des matériaux de construction.ils en résulte des dommages, souvent
irréversibles, pour l’environnement.
Le cours d’eau qui répond à la demande croissante de matériaux de construction à
Marrakech est l’oued N’Fis. L’activité d’extraction des matériaux alluvionnaires (sables,
2
graviers) au niveau de ce cours d’eau n’est pas sans laisser des traces qui vont au-delà du
simple aspect visuel, mais qui posent de véritables problèmes d’érosion des sols et de
dégradation de l’environnement aux alentours de ces sites. Bien que l’impact environnemental
de chacune de ces carrières peu sembler limité, leurs impacts combinés sont considérables en
raison de leur large dispersion sur la région d’extraction. Ceci est dû aux raisons suivantes :
durant une durée de vie moyenne extrêmement limitée : de nouvelles carrières sont
constamment ouvertes et les anciennes abandonnées sans aucune remise en état des lieux.
Nous avons entamé ce sujet avec un objectif principal c’est celui de dévoiler et de
suivre toutes les modifications multi-temporelles de la morphologie naturelle de l’Oued
N’Fis, enregistrées le long de ces dizaines années d’exploitation alluvionnaire intense.
L’approche retenue pour atteindre cet objectif été de faire superposer les photos
aériennes et les images satellites du site avant le début des exploitations à celles coïncidant
avec l’ouverture de nouvelles carrières et la fermeture d’anciennes. Malheureusement ce sujet
de recherche a coïncidé avec la polémique qui a fait rage suite à la décision du Ministère de
l’Equipement de publier la liste des bénéficiaires des agréments du transport et des permis
d’exploitation des carrières. Soudain tous les obstacles se sont dressés et il est devenu
impossible d’avoir la moindre donnée sur les cahiers de charges imposés à ces carrières, sur
leurs dates d’ouverture et de fermeture et sur les rapports des commissions de contrôle. Les
photos aériennes et les cordonnées géographiques des sites d’extraction sont devenus des
documents ultra confidentiels.
Devant une telle situation, il a fallu exploiter les photos aériennes de certaines parties de
l’Oued datant des années 1979 et 2006 (fournies par ORMVA. Haouz) et les comparer avec
les images satellites de l’année 2011 publiées sur le site Earth Google.
Il a fallu également faire la mise au point sur l’objectif du travail et au lieu de se
contenter de l’étude de l’impact des carrières sur la morphologie de N’Fis, nous avons étendu
le travail à l’étude de leurs impacts sur l’ensemble des composantes de son environnement
(eau, sol, végétation, air, l’homme,…..).
En effet, l’important travail de terrain effectué au cours de plusieurs missions
(observations, mesures, échantillonnage des eaux, enquête au près des habitants, ……) et les
données récoltées nous a permis d’établir l’état global des lieux et d’avoir des preuves
concrètes sur l’implication des carrières dans la dégradation de l’état environnemental de
l’Oued N’Fis.
3
Ainsi, le schéma général de ce mémoire comprend six chapitres. Dans le premier
chapitre, est exposé le principe d’équilibre d’un cours d’eau ainsi que les facteurs de
déséquilibres naturelles et anthropiques des rivières. Dans le deuxième chapitre nous trouvons
la situation géographique ainsi que les données générales sur le secteur d’étude. Le troisième
chapitre est consacré à la présentation des carrières sur l’Oued N’Fis. Le quatrième et le
cinquième chapitre traitent respectivement les impacts de l’exploitation des alluvions sur
l’environnement et les eaux de l’Oued N’Fis. Nous terminons par un essai d’évaluation des
conséquences économiques de l’extraction alluvionnaire sur les communes de l’Oued N’Fis et
des propositions pour atténuer ou compenser ces impacts.
4
Chapitre I : Niveau de base et profil d’équilibre des rivières
5
L’érosion tend à réaliser un profil d’équilibre entre la source et le niveau de base local :
lac, barre rocheuse dure, ou général, mer.une baisse du niveau de base correspond à une baisse
du profil d’équilibre et une érosion régressive. (Vatan,1967)
Dans des conditions naturelles relativement constantes, les rivières tendent à établir une
combinaison « dynamiquement stable » entre deux types de variables (Schum, 1977) :
• Des variables de contrôle (ou variables extrinsèques) : il s’agit du débit liquide qui influe
sur la puissance du cours d'eau et du débit solide qui impose une charge de travail à
effectuer par l'eau. Elles-mêmes sont sous l’influence du climat et de la couverture
végétale qui conditionne l’écoulement de surface et protège les versants de l’érosion. Ces
variables fluctuent à différents pas de temps et dans différents compartiments spatiaux du
bassin versant, ils s’imposent directement à la rivière et contrôlent son évolution physique.
• Des variables de réponse (ou variables intrinsèques) : il s’agit d'érosion des berges et/ou
du fond du lit et de la pente du cours d'eau. Ces variables jouent à l’échelle du tronçon de
cours d’eau ils permettent à la rivière de s’ajuster aux mutations des variables de contrôle,
lorsque celles-ci se produisent (changement climatique, modification importante et
durable de la couverture végétale etc.).
Le schéma de Lane (1955) (Fig. I-2) montre que toute rivière cherche son équilibre
entre la charge alluviale imposée (caractérisée par son volume (Qs) et sa granulométrie (D)) et
le débit liquide (Q), qui, couplé à la pente (J), fournit l’énergie capable de l'évacuer.
De manière très simplifiée, le principe de la dynamique fluviale peut donc être
représenté comme l’oscillation permanente de l’aiguille d’une balance dont l’un des plateaux
serait rempli de sédiments grossiers (variable Qs), et l’autre d’eau (variable Q). Les quantités
respectives et les rapports de ces deux éléments étant extrêmement fluctuants (à l’échelle de la
journée, de l’année, du millier d’années), il s’ensuit un ajustement permanent de la
morphologie du cours d’eau, autour de conditions moyennes, par le biais des processus
d’érosion-dépôt.
6
Fig. I-2 : La balance de Lane et le principe de l’équilibre dynamique (Lane, 1955).
La dynamique spatiale :
La mobilité transversale du cours d'eau est un élément permettant l'ajustement du profil en
long par l’érosion de berges et des crues morphogènes en modifiant la pente .L’endiguement
et le confortement de berge en réduisant l’espace de mobilité transversale diminuent les
capacités d’ajustement naturelles du cours d’eau (l’érosion des berges étant une variable de
réponse).
2. Le déséquilibre d’un cours d’eau
Les causes donnant naissance à un déséquilibre des cours d’eau peuvent être d’origine
naturel en relation avec la géologie (Néotectonique) et l’eustatisme (niveau de base) ou d’origine
anthropique :
a. les causes naturelles
Le profil d’équilibre des rivières étant conditionné par le point le plus bas du bassin versant
appelé niveau de base (local, régional ou ultime (Fig. I-3)), les variations de ce niveau de base
causent le plus souvent un déséquilibre des cours d’eau. Les fluctuations du niveau marin
entrainent un abaissement ou relèvement du niveau de base cette modification provoque
augmentation, respectivement une diminution de l’érosion régressive.
Fig. I-3 : Illustration du profil d’équilibre et du niveau de base d’un cours d’eau
http://www.unifr.ch/geoscience/geographie/ssgmfiches/torrent/5103.php
8
Le fleuve tend vers un profil d’équilibre. Toutes les rivières, cependant, n’atteignent pas ce
profil d’équilibre. Leur lit s’encombre souvent des matériaux transportés et la rivière peut arriver
à un profil de régularisation plus élevé que le profil d’équilibre théorique. Le profil d’équilibre
des rivières n’est pas toujours régulier.il y’a souvent des ressauts dus a des barres rocheuses.
b. Les causes anthropiques
Les activités humaines, le plus souvent de façon fortuite, modifient l’équilibre dynamique
des cours d’eau qui demeure fragile. En général, se sont l'apport solide ou la pente qui sont
modifiés. Ces activités sont :
Blocage des apports solides par les barrages : le blocage de transport solide
entrainent un déficit d’apport solide en aval (provoquant l’érosion progressive).en
bloquant les matériaux les barrages provoquent aussi des exhaussements et une
diminution de la pente en amont.
Rupture de pente par les seuils : le seuil constitue une rupture de continuité du profil
en long du cours d’eau entrainant souvent une diminution de la pente en amont (avec
exhaussements régressifs) et une modification de la pente en aval (avec érosion).
Diminution des apports solides et rupture de pente par l’extraction des matériaux.
Une extraction s'elle est mal réalisée cause le plus souvent des déficits de la charge solide
en aval. Le cours d'eau ne peut alors retrouver son équilibre qu'en modifiant sa pente. Ce qui se
concrétise par des phénomènes d'érosion régressive (incision vers l'amont) et/ou d'érosion
progressive (incision vers l'aval).l’érosion progressive peut entrainer une rupture brutale de la
pente en amont (là où a commencé l’exploitation) et une diminution de celle-ci en aval (là où
s'arrête l’exploitation).Cette extraction lorsqu'elle est génératrice d'un approfondissement du lit
d'un cours d'eau peut avoir des perturbations dommageables pour le milieu physique (lit du
cours d'eau et nappe phréatique).Les répercussions de ces perturbations se font sentir à des
distances importantes (fig. I-4, I-5, I-6)
9
Fig. I-4: L’état initial (In Archimbaud MM 1982).
10
L'extraction se fait à partir du matériau en place, des sédiments provenant de l'érosion
régressive et du transport solide naturel. Cette extraction provoque un abaissement localisé de
la ligne d'eau, érosion régressive et augmentation de la pente amont, recoupement de
méandres amont.
11
solides en aval de l’Oued provoquant ainsi une érosion progressive et une diminution de la
pente.
Dans notre cas d’Oued N’Fis on va s’intéresser au déséquilibre causé au niveau de ce
cours d’eau par l’extraction des matériaux alluvionnaires qui a débuté en 1980.Le
prélèvement des matériaux dans ce cours d’eau modifie le volume solide effectivement
transporté, mais le potentiel de transport reste inchangé et le débit liquide restant le même. Le
reste de l’énergie est utilisé au creusement et à l’érosion du lit.
Le but de notre travail est de mettre en évidence l’érosion causé au niveau du cours
d’eau d’oued N’Fis par l’extraction et évaluer son intensité. Ceci est réalisé en se basant sur
des observations sur terrains et des traitements des photos aériennes par des comparaisons
entre des couvertures aériennes illustrant l’état initial du cours d’eau d’oued N’fis et l’état
actuel.
12
Chapitre II : Situation géographique et données générales sur le
secteur d’étude
La charge solide (matériaux alluvionnaires) disponible au niveau du cours d’eau N’Fis est
contrôlée par l’érosion hydrique du bassin versant. Ce chapitre à pour but de présenter tous ce
qui en relation avec cette érosion (géologie, hydrologie, morphologie, pente, débit, crues…).
I. Situation géographique
Le bassin versant de l’Oued N’Fis est localisé entre les latitudes 30.5°et 31.2° Nord et
entre les longitudes 7.55° et 8.40°ouest. Il fait partie du Haut-Atlas occidental, c’est le bassin le
plus étendu du Haut Atlas du Marrakech.
Il se divise en trois parties:
• Une section aval entre le Haouz et les cuvettes des Goundafa,
• Une section « moyenne » comprenant les cuvettes Goundafa ; correspondant plus ou
moins au synclinal permo-triasique dit du N’Fis,
• Une section amont qui abandonne le synclinal et se dirige vers l’ouest à travers le massif
cambrien schisteux et calcaire jusqu’au massif granitique du Tichka.(In El Younssi,2004).
13
II. Morphologie et hypsométrie du bassin
1. Morphologie
Le bassin versant du N’Fis couvre une superficie de 1270 Km² avec un périmètre de 200
Km.il présente une topographie très accidentée (55% du bassin a une pente supérieur à 50%).
Superficie du BV 1270 km2 Altitude moyenne 2300 m
Le tableau en annexe n°1 présente les classes des pentes d’Oued N’Fis à Imin El
Hammam en fonction de la distance.et la courbe si dessous montre le profil de pente en long.
14
Fig. II-3 : Courbe hypsométrique du bassin versant d’N’Fis à Imin El hammam(ABHT)
Fig. II-4 : Carte géologique du bassin versant du N’Fis (extrait de la carte géologique de
Marrakech au 1/500 000), (El Younssi, 2011)
15
De point de vue pédologique, le N’Fis est caractérisé par la dominance des terrains
imperméables avec une répartition de 20% de sols perméable, 9% de sols semi-perméable et 71%
de sols imperméable. (ABHT).
IV. Réseau hydrographique
Le réseau hydrographique de l’oued N’Fis mesure au total 3322 km environ au barrage
Lalla Takerkousst, son cours principal mesure 152 km jusqu’à la confluence avec l’oued Tensift.
Sur la rive droite du N’Fis se jettent les affluents suivants :
• Oued Wirgane : il prend naissance dans la région de TAZAGHANT à une altitude
de 3616 m,
• Assif Imigdal : il prend naissance à l’altitude 3400 m environ,
• Assif N’Agoundis : il prend naissance dans la région d’OUANOUKRIM à une
altitude de 3600 environ.
Alors que sur sa rive gauche, on trouve deux affluents important :
• Oued Amzmiz : qui rejoint le N’Fis au niveau du barrage Lalla Takerkousst. Draine
un bassin de 105 km² à la station hydrologique SIDI HSSAIN en service depuis
Janvier 1988,
• Assif Ougdemt : affluent le plus important qui prend sa source dans les sommets
calcaires géorgiens (Tizi N’oumslama).
Fig. II-5 : Carte du réseau hydrographique du bassin versant du N’Fis. (El Younssi, 2011)
16
V. Contexte Climatique
1. Climat
Le climat du bassin versant du N’Fis est de type semi-aride. Les mesures de température
au barrage de LallaTakerkoust montrent une température moyenne de 18,6 °C, avec une
température maximale absolue est de 46 °C et une température minimale absolue est de -7.4 °C.
La vitesse moyenne du vent à Takerkousst est de 1,0 m/s.
2. Régime pluviométrique du bassin
Le bassin versant du N’Fis à une pluviométrie moyenne de 426,4 mm par an, et les
précipitations maximales annuelles atteignent 700 mm dans les hautes montagnes.
Le tableau en annexe n°3 présente des données pluviométrique mesurées à la station d’Imin El
Hammam située à l’aval du bassin versant aux coordonnées Lambert : X=241,400 Y=72,400.
2.1 Pluviométrie mensuelle
On peut distinguer d’après la courbe (fig. II-6) obtenue par le calcul de la moyenne
arithmétique des données mensuelles de chaque année deux périodes :
• Une période humide qui s’étend depuis le mois d’Octobre jusqu’au mois d’Avril avec
des hauteurs supérieures à 30 mm et ne dépassent pas les 60 mm.
• Une période sèche depuis Mai jusqu’au le mois de Septembre avec des hauteurs
inférieures à 30 mm.
Le mois le plus arrosé est le mois d’Avril avec une hauteur de 58 mm.et le mois le moins
arrosé est le mois d’Aout avec une hauteur inférieure à 3 mm.
Fig. II-6: La moyenne des précipitations mensuelles de N’Fis à Imin El Hammam (19682010)
(ABHT)
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2.2 Pluviométrie annuelle
La représentation de la moyenne de précipitations annuelles obtenues par sommation des
moyennes mensuelles de chaque année, montre une répartition irrégulière des précipitations
d’une année à l’autre avec un module annuel de 363,4 mm. (fig. II-7)
/71
/73
/75
/77
/79
/81
/83
/85
/87
/89
/91
/93
/95
/97
/99
/01
/03
/05
/07
/09
2004
2006
2008
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
Fig. II-7 : Pluviométrie annuelle de N’Fis à Imin El Hammam (1968-2010) (ABHT)
Les années 70-71,73-74,95-96,96-97, et 08-09 sont les plus pluvieuses avec une hauteur
qui dépasse largement la moyenne.
Les années 1985-1986 et 2000-2001 sont les plus sèches avec une hauteur inférieure à
200mm.
Le maximum pluvieux est de l’ordre de 689 mm en registré en 1973-1974, et le minimum
est de l’ordre de 156 mm enregistré en 2000-2001.
18
Fig. II-8: Débits moyens mensuels de N’Fis à Imin El Hammam.(ABHT)
On remarque que les débits du printemps sont les plus élevés (30,875 m3/s), suivi par
ceux de l’hiver puis d’automne avec des moyennes respectives de 22,732 m3/s et 14,041 m3/s.
Les écoulements d’été sont les moins importants avec une moyenne de 4,64 m3/s.
19
Fig. II-10 : Débits moyens annuels de N’Fis à Imin El Hammam.(ABHT)
L’histogramme montre une répartition irrégulière des débits, les années 67-68, 87-88,
88-89, 89-90 et 95-96 présentent un débit remarquable qui dépasse largement la moyenne
(6,024m3/s) avec une hauteur maximale de 28,442m3/s enregistrée en 95-96. Les autres
années ont enregistrées des débits variant entre une valeur maximale de 10,273m3/s en 70-71
et une valeur minimale de 0,104m3/s en 2000-2001.
3.4 Corrélation pluie-débit
La corrélation met en évidence la contribution de la pluie sur les débits à l’exutoire du
bassin versant.
Les fig. II-11 et II-12 montrent respectivement le lien existant entre les précipitations et
les débits moyens mensuels et annuels à la station d’Imin El Hammam.
20
Fig. II-12: Corrélation pluie-débit annuels de N’Fis à Imin El Hammam.(ABHT)
Dans les deux cas le coefficient de corrélation est élevé, il est de l’ordre de 0,7 pour les
précipitations et les débits mensuels, et de 0,6 pour les précipitations et les débits annuels.
Donc les débits et les pluies sont étroitement liés.
VI. Les crues
Dans cette partie nous allons présentés les crues les plus importantes qui ont affectés le
bassin du N’Fis durant la période (1988-2006). Les données sont fournies par l’ABHT, elles
concernent la station d’Imin El Hammam. (Annexe 5).
Fig. II-13: Débit de point des crues maximales annuelles du N’Fis à Imin El Hammam (1980-
2006)
21
VII. Végétation
La végétation du bassin est influencée essentiellement par la température et l’altitude :
Les hautes températures du piémont assurent les conditions favorables au développement
des espèces steppiques herbacées. (Caroubier, Jujubier, Doum…),
Le froid des hautes altitudes favorise le développement des espèces herbacés (Bulplévres
épineux…).
Le tableau suivant montre l’occupation des sols du bassin N’Fis :
Occupation des sols Superficie km²
Forets 642
Vergers 30
Agricultures 509
Pâturages / terrains nus 483
Terrains rocheux 43
Total 1707
22
Chapitre III : les carrières alluvionnaires sur oued N’Fis
Oued N’Fis est la principale source de carrières qui répond à la demande croissante en
agrégats, gravettes et sables destinés au marché du bâtiment et travaux publics dans la région de
Marrakech Tensift Al Haouz. Cette partie du rapport est réservée à la localisation de ces
carrières et à la description de leurs méthodes d’exploitation.
I. Emplacement des carrières
Les carrières sur Oued N’Fis sont en nombre de quinze. La carte III-1 présente
l’implantation de ces carrières le long du cours d’eau d’Oued N’Fis.
23
Une des quinze carrières est située à l’amont du barrage Lalla Takerkoust, les autres
sont situées en aval du barrage et se répartissent depuis le début de la route P2013 jusqu'à
Oued Tensift. La section située entre l’aval du barrage et le début de cette route n’est pas
exploitable (Zone humide protégée).
La section exploitable de l’oued située entre le début de la route P2013 et Oued Tensift
comporte des zones de sécurité pour les radiers des ponts routiers de la route R212 et de la
route nationale RN8 ainsi que l’ouvrage de traversée d’une conduite d’eau potable de
l’ONEP.
Pont RN8
Ph.III-1 : Vue aérienne montrant la section exploitable d’oued N’Fis (Route P2013-Oued
Tensift)
24
La section située à l’amont du barrage de Lalla Takerkoust contenant une seule carrière
ne montre l’existence d’aucun obstacle physique. La section située entre l’aval du barrage et
le début de la route P2013 n’est pas exploitable à cause de l’existence de la zone humide
susceptible de faire l’objet d’un Site d’intérêt Biologique et Ecologique. Cette zone abrite
plusieurs espèces vivantes notamment des oiseaux, reptiles, et batraciens. Elle abrite
également plusieurs espèces végétales, principalement les roseaux et laurier rose totalisant un
linéaire de prés de 3,5Km.
Retenue du barrage
Lalla Takerkoust
Ph. III-2 : Vue aérienne montrant la localisation de la carrière située à l’amont du barrage
Lalla Takerkoust
25
Zone humide
Ph. III-3 : Vue aérienne montrant la localisation de la zone humide située à l’aval du
barrage Lalla Takerkoust
26
Le tableau suivant montre une liste des carrières implantées le long du cours d’eau d’Oued
N’Fis.
Carrières Commune Province
Intercontinentale Immobilier Industrielle Lalla Takerkousst El Haouz
Les Grandes Carrières EL WAD Tamslouht
Carrières et Transport MENARA
Carrières et Transport MENARA Souihla
Carrières et Transport MENARA
Carrières et Transport MENARA Loudaya
CCGT Granulats
Chantier Moderne Routes et Bâtiments Agafay
Haouz Concassage
Hssaine Ben DAHOU Souihla
IDER Loudaya Marrakech
Intercontinentale Immobilier Industrielle Agafay
Intercontinentale Immobilier Industrielle Loudaya
Intercontinentale Immobilier Industrielle
La Route Marocaine Agafay
Les Grandes Carrières de Routiers Loudaya
MAGRAVE
SAGHRO BITUME Agafay
SEFIANI Souihla
SICOFAM
SOGEMATRO Agafay
Tab.III-1 : Sociétés d’exploitation des carrières installées le long de l’Oued N’Fis (ABHT)
Un document publié par l’ABHT montre d’une manière globale le nombre de sociétés
autorisées à extraire les produits de carrières à l’Oued N’Fis, le nombre de site autorisés ainsi
que les volumes à extraire pour les années 2009, 2010 et 2011
Volume autorisé Nombre des sites Nombre de
Année Province
à extraire (m3) autorisés sociétés
2009 Marrakech 936 000 18 15
Al Haouz 40 000 1 1
2010 Marrakech 541 600 18 14
Al Haouz 50 000 2 2
2011 Marrakech 393 210 16 13
Al Haouz 59 000 2 2
28
En plus de tas de matériaux abandonnés au milieu de l’oued, ce type d’exploitation est
source d’une importante pollution du cours d’eau et du paysage en raison des tas de déchets
divers que les camionneurs déposent sur les bords de l’oued et les pistes d’accès. Le volume
des chargements déversés montrent qu’ils sont déposés par des camions d’une capacité de 3à 6
m3. En effet, les camions qui viennent chercher les matériaux de construction au niveau de
l’oued ou au prés des carrières amènent divers déchets(les déchets inertes en particuliers) qu’ils
déversent sur les berges ou au milieu de l’oued et souvent sur les routes et les pistes d’accès
(Ph.III-6 et Ph.III-7).
29
Ph.III-7 : vue aérienne montrant les zones de dépôts au niveau de l’Oued N’Fis
2. Exploitation industrielle
Le processus d’exploitation des matériaux alluvionnaires extraits du cours d’eau de
l’oued N’Fis commence depuis l’accès à la carrière jusqu'à livraison des produits élaborés.
Cette exploitation industrielle se passe par l’extraction du brut et son traitement au niveau des
unités de concassage-criblage.
L’extraction des matériaux bruts au niveau des plages alluviales de ce cours d’eau se fait
au moyen de pelles mécaniques (Ph.III-8).
30
Le transport des matériaux extraits vers les stations de concassage se fait par camions
d’une capacité de 7 à 18 m3. Ces camions suivent des pistes de circulation aménagées le long
du cours d’eau (Ph.III-9).
Ph.III-9 : Photo montrant le transport des matériaux alluvionnaires vers les stations de
traitement
31
Le traitement des matériaux englobe toutes les opérations réalisées au niveau de la
carrière pour transformer les matériaux bruts alluvionnaires en produits granulaires, sableux et
graveleux commercialisable. Les installations de concassage-criblage de traitement de
matériaux sont de composition et de complexité variables, selon la nature, la qualité et le débit
des matériaux élaborés. Les différentes phases de ce traitement sont décrites ci-après :
• Pré-criblage ou scalpage :étape consistant à séparer de matériau brut les gros éléments
ne pouvant pas passer dans la suite de la chaine de concassage(écrêtage) et la fraction
fine trop sale,
• Concassage primaire : Il est assuré par un concasseur à mâchoires qui a pour rôle de
réduire les gros éléments du matériau brut pour qu’ils soient traités par la suite de la
chaine,
• Concassage secondaire et tertiaire : Ils sont assurés par des broyeurs à cônes placés en
aval du concasseur primaire. Ces opérations permettent de réduire les éléments
concassés à la granulométrie correspondant aux démenions des cribles de sortie qui
permettent de fractionner le matériau concassé aux classes granulaires à produire
(sables, gravettes et graves),
• Criblage : Il est assuré par des cribles positionnés en étages permettant de fractionner le
matériau concassé selon les classes granulaires à produire (granulats pour bétons,
granulats et graves routiers).Cette étape de criblage constitue la principale source des
émissions des poussières dans une station de concassage.
• Lavage : Cette opération est assurée par des cribles laveurs couplés à des unités de
traitement des sables. Elle est réalisée exclusivement pour les granulats pour bétons
pour lesquels on impose des critères de propreté.
• Traitement des eaux de lavage : selon la taille des exploitations, on rencontre quatre
modes de traitement des eaux de lavage :
Unité de clarification des eaux avec cuves de récupération des eaux et filtres
presses pour la récupération des boues isolées des eaux de lavage. Ce système
est actuellement le mieux performant du fait qu’il permet de récupérer et de
réutiliser jusqu’à 85% des eaux de lavage. Le recours au pompage est fait pour
assurer l’appointe en eau qui correspond aux pertes dans les granulats humides,
dans les boues et par évaporation,
32
Unité de clarification sans filtre presse : il s’agit du même système que celui
décrit précédemment mais le filtre presse est remplacé par une série de bassins
de décantation permettant de récupérer une partie des eaux boueuses(en
générale, moins de30%).Les eaux boueuses épaissies sont évacuées vers l’oued
dans des fosses d’évaporation,
Des bassins de décantation : il s’agit d’une série de bassins permettant de
diminuer la charge boueuse des eaux de lavage par décantation. Ce système
n’est pas efficace dans le cas d’installations de grands débits en sable. Les eaux
de lavage sont évacuées vers des fosses au niveau de l’oued presque sans
traitement .le recours au pompage pour alimenter les unités de lavage est quasi
permanent,
Aucun traitement n’est assuré pour les eaux de lavage. Ces dernières sont
évacuées directement dans les fosses aménagées au milieu ou en bordure de
l’oued. Le recours au pompage à partir de la nappe est alors permanent.
Concasseur secondaire
33
Filtre presse
Boues récupérées
Ph.III-13:Exemple de rejet direct des eaux boueuses et leur épandage dans l’oued
34
III. Les matériaux élaborés
Les produits élaborés à partir des matériaux alluvionnaires extraits; au niveau des
installations de concassage criblage implantées sur le cours d’eau de l’Oued N’Fis sont énumérés
ci après :
• granulats pour béton hydraulique : il s’agit du gravette GII classe 15/25mm, gravette GI
classe 8/15, grain de riz classe 3/8mm, et sable lavé classe 0/3mm.
• granulats pour travaux routiers : il s’agit du Gravette10/14mm, Gravette6.3/10mm, et
Gravette 4/6mm.
• graves pour assises de chaussées :il s’agit de Graves GNF1,GNF2,GNF3,Grave GNB, et
Grave GNA.
• granulats pour enrobés bitumineux et graves bitumes : il s’agit du Gravette 10/20mm,
Gravette 10/14 mm, Gravette6/10mm, Gravette4/6mm, et sable de concassage.
Les produits élaborés sont mis en tas et stockés dans des aires préparés à cet effet ou bien
livrés aux chantiers par des camions de 3à 21 m3.
35
Chapitre IV : Les impacts de l’exploitation des carrières sur
l’environnement d’Oued N’Fis
36
Photo.IV-1 : Photo montrant la profondeur d’extraction
1. Erosion des berges d’oued N’Fis
L’extraction des matériaux alluvionnaires (charge solide) au niveau du cours d’eau
d’oued N’Fis perturbe l’équilibre existant entre les variables de contrôles et les variables de
réponses de ce cours d’eau. Cette perturbation se traduit par l’enfoncement du lit du cours
d’eau et le sapement des bergers qui est un type d’érosion de berge au niveau de sa base
accompagnant de dégradation et effondrement de ces berges au cours du temps.
37
Les photos suivantes montrent l’état des berges du cours d’eau d’oued N’Fis :
38
Les photos ci-dessus montrent une érosion et dégradation des berges du cours d’eau
d’oued N’Fis, cette dégradation est due à l’enfoncement du lit de ce cours d’eau par
l’extraction des carrières qui est à l’origine de sapement et effondrement des berges.
Les sapements et les risques d’effondrement sont d’autant plus intenses que la hauteur des
rives est importante et la pente est forte, c’est le cas du cours d’eau d’oued N’Fis. Les fosses
d’extraction atteignant des profondeurs supérieures à 6 m et la forte pente provoquée par l’ajout
de l’exploitation artisanal ou informelle à l’extraction des carrières causent des érosions et des
dégradations intenses de berges de ce cours d’eau.
Pour bien identifier les modifications multi-temporelles de la morphologie de l’oued
N’Fis, on a fait des comparaisons entre des anciennes photos aériennes de la zone étudiée avec
d’autres qui sont récentes. On a obtenu les anciennes photos aériennes d’après le service des
archives au sein de l’ORMVA-Haouz, et concernant les photos récentes, elles sont prises par le
logiciel « Google Earth » et dont la date est l’année 2011.
On note que les anciennes photos aériennes de la zone avale du barrage Lalla Takerkoust
sont datées de 1979 et celles de la partie amont appartiennent à l’année 2006 puisque la
carrière y présente n’a pas été mise en place qu’à cette date.
Pour travailler avec les photos aériennes obtenues par l’ORMVA-Haouz et celles prises
par le logiciel Google Earth on les a importé sur le logiciel Mapinfo. La première étape à
réaliser avec ce logiciel est le géo référencement de ces photos, puis le traçage du cours d’eau
sur les deux couvertures aériennes de l’Oued N’Fis (anciennes et récentes). Le traçage permet
d’effectuer au premier lieu une comparaison visuelle afin de distinguer les zones les plus
modifiées et en deuxième lieu une superposition des deux tracés.
A partir de ces comparaisons primaires et cette superposition des deux tracés, on a réalise ces
deux opérations :
• Pour les photos qui concerne la zone amont du barrage : on a choisit les endroits
(points) où on a une forte modification pour calculer les superficies érodées des
berges de l’Oued,
• Pour les photos de la zone avale du barrage : Sur le tracé de l’oued on a choisit les
sections qui montrent un important élargissement du lit mineur de l’Oued dont on a
calculé les longueurs de ces sections.
39
La superposition des photos aériennes d’oued N’Fis couvrant la partie amont du barrage
Lalla Takerkoust des deux dates différentes (2006 et 2011) montre que l’installation de la
carrière dans cette partie a causée des défigurations et érosion des berges.
Ph.IV-3 : Vue aérienne du cours d’eau d’oued N’Fis en amont du barrage de Lalla
Takerkoust et son tracé (Année 2006)
D
A
B
C
0 1Km
Fig.IV-2 : Tracé du cours d’eau d’Oued N’Fis en amont du barrage Lalla Takerkoust
(Année 2006)
40
N
Ph.IV-4: Vue aérienne du cours d’eau d’oued N’Fis en amont du barrage de Lalla
Takerkoust et son tracé (Année 2011)
A B
0 1Km
Fig.IV-3 : Tracé du cours d’oued N’Fis en amont du barrage de Lalla Takerkoust et son tracé
(Année 2011)
41
La comparaison du tracé du cours d’eau de 2006 et 2011 montre que l’installation de la
carrière a causée un élargissement de ce cours d’eau, cet élargissement s’accompagne avec une
érosion et dégradation des berges.
La dégradation est plus marquée et accentuée au niveau des points A, B, C et D.les
valeurs de surfaces érodées sont comme suit, ces valeurs sont obtenues avec le logiciel
Mapinfo :
En concluant, on a calculé les superficies totales des tracés du cours d’eau d’Oued N’Fis
correspondant aux années 2006 et 2011 et on a obtenu les résultats suivant :
Tab.IV-2 : Mise en évidence de la surface totale érodée au niveau de l’Oued N’fis à l’amont
du barrage Lalla Takerkoust
D’après ce résultat on constate que la superficie totale de l’oued a augmenté ce qui est
toute à fait normal avec la présence du phénomène de l’érosion causée par l’extraction des
carrières.
42
2. Elargissement du lit d’oued N’Fis
Les schémas suivantes montrent le tracé du cours d’eau d’oued N’Fis sur des photos aériennes de deux dates différentes 1979 et 2011.
N A
A
A
A
E
D
B C
Zone humide
0 1Km
43
N A
A
A
A
E
D
B C
Zone humide
0 1Km
44
La comparaison des tracés du cours d’eau d’oued N’Fis initial et actuel qui correspondent
respectivement à l’année 1979,avant l’extraction des matériaux alluvionnaires, et à l’année
2011 ,après 32 ans d’extraction , montre globalement une différence dans la largeur au long de
ce cours d’eau au niveau de la zone exploitable. On note que ces tracés appartiennent à la zone
avale du barrage Lalla Takerkoust.
L’élargissement du lit d’oued N’Fis est plus marquant au niveau de sections AB, AC, AD,
AE. Le tableau suivant montre les valeurs de longueur de ces sections, ces valeurs sont
obtenues avec le logiciel Mapinfo
Tab.IV-3 : Tableau montrant les longueurs des sections (AB-AC-AD-AE) de cours d’eau
d’oued N’Fis correspondant aux années 1979 et 2011
En calculant également la superficie totale des tracés des cours d’eau correspondant aux
1979 et 2011 (Tab.IV-2), on constate qu’il y a une évolution de cette superficie montrant ainsi
l’influence de l’érosion sur le lit de l’oued qui se manifeste par un élargissement de ce lit.
1979 60 900,125
2011 61 502,395
45
d’accès par l’action de vents en absence de couvertures au niveau des installations de
concassage.les émissions des gaz à effet de serre par les moteurs des engins de la carrière
s’ajoutent à ces poussières affectant ainsi la qualité de l’air de la zone.
Ces émissions de carrières dans l’air peuvent avoir des conséquences sur la sécurité
publique, la santé des personnes, l’esthétique des paysages, la faune et la flore.
Poussières dues au
Poussières dues à Poussières dues aux
traitement des
L’impact l’extraction des transports des
matériaux
matériaux matériaux
(concassage)
L’intensité + ++ ++++
Tab.IV-5 : Evaluation de l’impact des poussières générées par les différentes activités des
carrières d’Oued N’Fis
46
III. Impacts sonores
L’exploitation de la carrière est subordonnée de nuisances sonores (bruit) qui peuvent être
causées par les bruits des engins d’extraction et la circulation des camions de transport ainsi que
l’installation de traitement. Ces facteurs contribuent à l’élévation du niveau sonore pouvant
ainsi nuire aux populations et aux espèces animales qui vivent dans l’entourage de carrière.
IV. Impacts sur la faune
Les impacts que les carrières d’oued N’Fis peuvent avoir sur la faune peuvent se
résumer aux points suivants :
• L’occupation de l’habitat naturel abritant la faune locale, lors de l’installation de la
carrière et l’ouverture des zones d’extraction,
• L’empêchement de la libre circulation des animaux notamment les bétails de part et
d’autre des rives des rives de l’oued, ce qui restreint, localement, leur territoires
naturels,
• L’empêchement des séjours des oiseaux migrateurs habitués les zones en
exploitation par l’occupation et la perturbation de leur milieu d’accueil,
• La mort de certains individus de la faune locale par des accidents dus aux engins de
la carrière ou par les zones boueuses dans les zones d’extraction, qui deviennent des
pièges pour ces animaux.
Bien que cet impact est existant, il est difficile de l’évaluer en raison de l’absence de
données précises sur des cas réels et aussi l’absence de constatations directes sur le terrain lors
des visites sur terrain.
47
Ph.IV- 6: Photos montrant le décapage du couvert végétal et la dégradation de la flore au
niveau d’oued N’Fis, à gauche (Agafay) et à droite (Souihla)
VI. Impacts sur le sol
Les impacts négatifs que peuvent subir les sols des carrières d’oued N’Fis et ceux de
son entourage sont d’ordre physique portant atteinte à leur stabilité, et d’ordre chimique
portant atteinte à leur qualité.
Ces impacts pourrait survenir suite aux :
• Mauvais talutage des excavations au niveau des zones d’extraction, ce mauvais
talutage porte atteinte à la stabilité des sols par effondrement,
• Déviation des écoulements vers les berges de l’oued ce qui accentue l’érosion des
terrains avoisinants et compromet leur stabilité. A ce sujet, on notera qu’une extraction
bien étudiée et orientée pourra être bénéfique pour les terrains situés sur les rives de
l’oued et cela en créant n chenal qui dirige les écoulements dans la partie centrale du
cours d’eau, ce n’est pas le cas d’oued N’Fis.la photo Ph.IV-9 illustre ce point.
• Forte circulation de poids lourds sur des pistes non aménagées et sur les plages
alluviales cause un compactage des soles au niveau de ces sites. Ce compactage à pour
effet de réduction de circulation de l’eau et de volume de l’air et dans le sol d’où
asphyxie des racines, des vers de terre et de la vie dans le sol, et par conséquence
diminution des rendements des cultures,
• Modification de la qualité pédologique et biologique des sols d’une part par
l’émission des poussières dues à la circulation des engins de la carrière et au processus
48
de concassage et de criblage et d’autre part par l’épandage de déchets liquides et
huiles.
Ph.IV-7: Photos montrant la déviation du cours d’eau N’Fis vers la rive gauche lors de la
crue 2006, montrant l’érosion des sols de la berge
49
des chaussées ceci est due à la largeur de la chaussée qui ne permet pas le croisement des
poids lourds.et d’autre part dans l’augmentation des risques d’accidents routiers aux points
d’accès aux carrières en raison d’absence de signalisation suffisante, de mauvais
aménagement des points d’accès ou encoure à la forte concentration de trafics de poids lourds
au niveau de ces points.
Ces carrières peuvent aussi avoir un impact sur les routes nationales : le trafic en poids
lourds généré par une zone à forte concentration de carrière (oued N’Fis) accélère la fatigue
des chaussées du fait que les hypothèses de dimensionnement de ces chaussées, basées sur
celles du catalogue de structures de chaussées neuves de la Direction des Routes et de la
Circulation Routière(DRCR), ne tiennent, souvent, pas compte de ce trafic exceptionnel.
IX. Impacts sur l’activité agricole
Le résultat de l’enquête faite avec quelques agriculteurs des douars Hmar, Fnajir,
Rmitat et Fakhara montre que les carrières installées au long du cours d’eau d’oued N’Fis
affectent les activités agricoles sur plusieurs plans :
• La circulation des camions nuit au fonctionnement des canaux d’irrigation
traditionnels(Msarf) obligeant les agriculteurs à les entretenir à l’occasion de chaque
utilisation.
• L’approfondissement du cours d’eau, au niveau des zones d’extraction, a pour
conséquence la mise hors service de plusieurs prises d’eau des seguias.les agriculteurs
recourent alors au pompage en installant des motopompes à moteurs thermiques,
fonctionnant au gasoil, sur les berges de l’oued.
• Les poussières générées par les activités de transport et de concassage des matériaux
peuvent affecter de manière notable la qualité pédologique des sols ainsi que les
cultures qui y poussent. Le couvert végétal pourra être ruiné lorsque d’importantes
quantités de poussières se déposent sur les feuillages qui assurent la photosynthèse de
ces végétaux. Ces poussières couvrant la surface des feuilles induit une diminution des
échanges gazeux entre la plante et l’atmosphère, donc une diminution de la capacité
photosynthétique. Les terrains agricoles les plus touchés par ses poussières sont ceux
d’oliviers, raisins et abricots situés à douar Hmar. (Loudaya)
50
Ph.IV-8: Photos aériennes montrant le changement de position des prises d’eau : Agoug
Taziouent (440m), Agoug Tirgag (385m) (Souihla)
51
Ph.IV-9: Photos aériennes montrant des terraines Limitrophes aux carrières avec des dépôts
important des poussières (Loudaya)
52
X. Impact sur les ouvrages hydrauliques
Les impacts des carrières sur les ouvrages hydrauliques d’oued N’Fis concernent :
• Le pont de Loudaya situé sur la route N°8 :l’impact sur ce pont se traduit dans la
mise à découvert des éléments de fondation cela s’explique par l’érosion régressive
causée par les carrières situées en aval du pont et l’érosion progressive causée par les
carrières situées en amont.les photos ci-dessous illustrent cet impact.
53
Chapitre V : Impacts de l’exploitation des carrières sur les
eaux d’oued N’Fis
I. Impacts sur les eaux de surfaces
Les impacts des carrières sur les eaux de surface d’oued N’Fis se présentent dans les points
suivants :
• Le lavage de granulats pour l’élimination des fines et des impuretés ainsi que la
circulation des engins de chargement et de transport augmentent les matières en
suspension des eaux de surface. De même les produits des opérations de maintenance et
d’entretien des engins (huiles, graisses…) endommagent la qualité de ces eaux de
surface. De même les produits des opérations de maintenance et d’entretien des engins
(huiles, graisses…) peuvent endommager la qualité des eaux.
• Les zones excavées résultantes de l’extraction au niveau d’Oued N’Fis perturbent d’une
part l’écoulement naturel des eaux et des prises d’eaux(Séguias) et d’autre part ces
excavations profondes affectent la qualité des eaux superficielles de cet Oued par
transformation en dépotoirs ou en zones de stagnation des eaux.
La carte suivante (Carte.V-1) montre la localisation des prises d’eau affectées par
l’extraction des carrières au niveau d’oued N’Fis. Ces seguias sont un élément essentiel
dans l'agriculture de consommation de petits agriculteurs qui ne sauraient survivre sans ce
moyen d'irrigation. Cela fait qu'après multiples manifestations l’ABHT et l’office Al
Haouz ont fait une sortie sur lieux, suite à cette sortie il est demandé à l’ABHT de faire
participer toutes les sociétés d’extraction des matériaux alluvionnaires existantes sur
l’oued N’Fis pour les travaux d’urgences de reconstruire de dites Seguias notamment
Tinnine et Tamzgoiutte. Tout cela sous la supervision de la Willaya.
55
Carte.V-1 : Plan de situation des Agougs (Amzri-Tinine-Taziouante-Tadartte-Handek-et
Tirgueg) (ABHT 2011)
56
II. impact de l’exploitation des carrières sur la piézométrie de la nappe
1. Observations
L’exploitation des carrières dans oued N’Fis a débuté depuis 1980, l’impact de
l’exploitation de ces carrières sur les eaux souterraines se présente dans l’augmentation de la
profondeur de la nappe de l’Haouz ce qui dit la baisse du niveau piézométrique.
Les carrières existantes sur oued N’Fis participent dans la baisse du niveau
piézométrique de la nappe de l’Haouz Mejjate d’une part par les prélèvements et d’autre part
par la diminution de l’alimentation.
• Prélèvement
Les unités de clarification des eaux avec cuves de récupération des eaux et filtres presse,
pour la récupération des boues isolées des eaux de lavage permettent de récupérer et de
réutiliser jusqu’à 85% des eaux de lavage et d’utiliser les boues récupérées dans la
réhabilitation des sites d’extraction. Le problème c’est qu’au niveau d’oued N’Fis juste 20%
des carrières qui dispose de ce système, les 80% des carrières restantes font un recours quasi
permanent au pompage pour alimenter les unités de lavage (bassin de décantation).Les
carrières situées à Loudaya pompent jusqu’à 30 millions m3 /ans.(Centre Loudaya)
57
• Diminution d’alimentation
La diminution de l’alimentation de la nappe de Haouz-Mejjat au niveau d’oued N’Fis
s’explique par :
la mise à nu de la nappe phréatique par diminution et parfois surpression de la
couverture alluvionnaire protectrice de la nappe suite à l’extraction de matériaux
alluvionnaires dans le lit mineur de l’Oued (Ph.IV-3). Le départ de cette couverture entraine
une réduction d’alimentation de la nappe. Les débits liquides et les crues du cours d’eau
d’oued N’Fis s’écoulent sans que la nappe profite de ces volumes d’eaux.
Aussi les rejets des eaux boueuses ou de poussières issues de concassage et du lavage
des matériaux élaborés ont pour effet de réduire la perméabilité des couches alluvionnaires et
par suite, l’alimentation de la nappe à travers ces couches.
58
Les photos suivantes (Ph. V-4 et Ph. V-5) montrent la comparaison de la couverture
d’une zone d’oued N’Fis entre deux dates différentes : 2004 et 2011.On remarque sur la
couverture qui correspond à 2011 que l’installation de la carrière s’accompagne avec la
création et l’épandage des zones de stagnation des eaux de lavages.
Ph.V-5 : Vue aérienne montrant les zones de stagnation des eaux de lavage des matériaux
élaborés par la carrière installée (2011)
59
Ainsi l’extraction des matériaux cause un abaissement du niveau des nappes et
perturbations des relations rivière-nappe, notamment par colmatage ou abaissement excessif
de la ligne d'eau à l’aval de l’extraction.
Les schémas suivants montrent les effets d’une extraction sur la piézométrie.
60
2. Résultats
L’observation des données de mesures de la piézométrie des puits, situés à proximité des
carrières et appartenant à la nappe Haouz Mejjat qui est située au niveau d’Oued N’Fis montre
une tendance générale de baisse du niveau piézométrique dans ces puits.
Le tableau en annexe n°5 fournit par l’ABHT montre les coordonnées géographiques de ces
puits, les mesures piézométriques et quelques informations sur ces puits, la carte suivante
présente l’implantation de ces puits sur la carte topographique de la région.
Carte.V-2 : Situation géographiques des puits localisant à proximité des carrières d’oued
N’Fis
61
Les représentations graphiques ci-dessous montrent l’évolution piézométrique au niveau
des puits motionnés auparavant sur la carte précédente.
62
Fig.V-5 : Evolution piézométrique du puit 4403/44 pour la période (04/2007-04/2009)
63
Fig.V-7 : Evolution piézométrique du puit 4011/53 pour la période (12/2007-04/2010)
64
D’une manière générale ces représentations montrent une tendance de la baisse du
niveau piézométrique au niveau de la plupart les puits en le comparant avec le puit
témoin 3849/53, situé à peu prés loin de ces carrières, où on a une augmentation du niveau
piézométrique.
65
Chapitre VI : Mesures d’atténuation et de compensation des
impacts, proposition d’aménagement
66
conséquence de la mise hors service des prises d’eau (Taziouant, Tirgag et Handak)
ce qui a causé la baisse de rendement de 300 arbres d’oliviers,
• L’atteinte à la qualité des sols et les cultures qui y poussent par les poussières
générées par les activités de transport et de concassage des matériaux a causé la
destruction de 6 hectares de cultures au niveau de la région de Loudaya au
niveau de Douar Hmar (3hectares des raisins, 2 hectares abricots, et 1 hectare
d’oliviers).
• La baisse du niveau piézométrique de 11m au niveau des puits situés dans la
région d’Agafay de 5m au niveau des puits situés dans la région de Souihla et
15m au niveau de la région de Loudaya s’ajoute à ces impacts causant des
baisses des rendements agricoles par la diminution d’irrigation.
La population la plus touchée par les impacts des carrières est celle de Loudaya. Cet
impact se présente d’une part dans les disfonctionnements respiratoires et des allergies
ophtalmologiques dues aux poussières. Ces maladies ont affectées 80% des riverains
des douars Hmar et Fnajir et 60% des riverains de douar Oulad maki localisé à peu
prés loin des carrières. Et d’autre part dans des pièges mortels par les zones de
stagnations des eaux boueuses c’est le cas d’un enfant de 10ans au niveau de douar
Rmitat.
Le réseau routier :
Les impacts sur le réseau routier desservant des carrières consistent essentiellement
en une agressivité importante due à un trafic exclusif en poids lourds qui accélère la
fatigue des chaussées, des routes nationales et régionales, du fait que les hypothèses de
dimensionnement de ces chaussées basées sur celles du catalogue de structure des
chaussées neuves de la Direction des Routes et de la Circulation Routière(DRCR) ne
tiennent, souvent, pas compte de ce trafic exceptionnel. Les routes les plus atteintes par
ces poids lourds sont: RN8, RR212 et RP2013.
Dans ce qui suit, nous présentons des propositions d’aménagements des solutions et des
recommandations à adopter, afin d’atténuer et de compenser les impacts sur l’environnement
et les eaux d’oued N’fis décrits précédemment.
I. Mesure d’atténuation d’impact sur la morphologie
Comme il a été précité, l’extraction dans le lit mineur dans oued N’fis a causé une
défiguration et détérioration de la morphologie des sites exploités. Afin de réduire les effets
de cet impact il est recommandé de faire une remise en état des lieux.
67
A la fin de l’exploitation, la totalité des talus obtenus au niveau du site de la carrière
devront être taillés à une pente correcte de manière à empêcher tout éboulement de terrain. Il
ne devrait pas y avoir non plus de blocs suspendus menaçant de chute : les talus devront être
purgés à cet effet et débarrassés de tout élément non adhérent comme montré sur la figure ci-
après :
Fig.VI-1 : Méthode détaillée pour la remise en état des zones libérées(In M.CHAKIR.2011)
68
II. Mesure d’atténuation d’impact de poussières
Afin de réduire les effets liés à l’émission de poussières et pour le bien être de la population
environnante, certaine mesures doivent être prises :
Le chargement de sable ou de graviers fins ne doit pas dépasser le niveau
supérieur de la ridelle des camions,
L’arrêt de travail en périodes de vents forts, et l’arrosage des pistes de circulation
des camions dans l’oued et les stocks des matériaux de façon régulière,
Le bâchage des camions et des stocks en période des vents de forte intensité,
Le renforcement de l’écran végétal du périmètre de la station de concassage par
l’implantation des arbres pour empêcher le transport des poussières par les vents
forts.
69
IV. Mesure d’atténuation d’impact sur la flore
Afin de pouvoir préserver la flore, il est recommandé de procéder à une récupération de la
terre végétale lors de déboisements ou du décapage en vue d’une utilisation ultérieur.
V. Mesure d’atténuation d’impact sur le sol
Afin de préserver les sols, il est exigé de :
• Assurer les mesures de réduction des émissions de poussières,
• Assurer les mesures pour éviter la contamination par les déchets liquides et les
huiles,
• Assurer une bonne gestion des espaces afin de minimiser les surfaces allouées
aux activités de la carrière,
• Réhabiliter pédologiquement les terrains libérés de l’exploitation en procédant à
leur fertilisation ou enrichissement par des terres d’apports.
70
• Assurer la propreté à l’intérieur et autour du site de concassage ainsi qu’au
niveau des zones d’extraction.
71
2. Les eaux souterraines
Afin de pouvoir préserver les eaux souterraines, il est recommandé :
Eviter les excavations profondes où pourraient stagner les eaux de surface,
Eviter l’épandage des eaux boueuses dans les excavations profondes,
Obliger les entreprises d’intégrer dans les carrières des unités de clarifications des eaux
avec cuves de récupérations des eaux et filtre presse pour la récupération des boues isolées
des eaux de lavages.
72
Conclusion
Certes, l’exploitation des matériaux à partir de carrières de l’Oued N’Fis est la base d’un
enjeu économique pour les communes dans les quelles elles sont implantées d’une part par la
création d’emplois directs au niveau des sites de concassage et des emplois indirects liés à ces activités
de carrières, et d’autre part par la contribution aux apports financiers aux recettes de ces communes.
Mais Le retard accumulé dans le domaine de protection de l’environnement depuis l’indépendance et
le non respects de cahier de charges par certaines carrières qui sont actuellement en exploitation ont
engendré des impacts dommageables à l’environnement de ces sites.
Le diagnostique de l’état actuel des carrières du cours d’eau d’Oued N’Fis soulèvent les
problèmes suivants :
• Des atteintes aux activités agricoles d’une part par la destruction des prises
d’eau et les dépôts de poussières sur les terrains agricoles et d’autre part par
l’érosion des berges et l’élargissement du cours d’eau de l’Oued,
• Des transformations progressives des sites non réhabilités en décharges des
déchets inertes,
• Des perturbations des échanges rivière-nappe ce qui induit une diminution du
niveau piézométrique,
• Des atteintes à la santé des riveraines liées à la génération des poussières par
les différentes activités des carrières,
• Des atteintes aux réseaux routiers liés aux poids lourds et au trafic exclusif.
Si les critères économiques (besoin local en matériaux alluvionnaires, proximité
géographique, apport à l’activité économique) sont en faveur de l’installation de carrières
sur l’Oued N’Fis, cependant l’enjeu environnemental est très grand.
Les conséquences financières et sociales sur les communes et les habitants causées
par les activités de carrières sur N’Fis seront largement supérieures à tous les bénéfices
économiques réalisés.
L’enjeu exige la recherche (à l’échelle nationale et régionale) de solutions qui
doivent concilier deux objectifs presque opposés à savoir le caractère stratégique des
carrières et leurs impact positif sur le développement du secteur Bâtiment et Travaux
Publics et l’impact négatif des carrières sur l’équilibre de l’environnement dans les zones
exploitées.
Nous espérons, par ce travail, avoir contribué à l’enrichissement d’un dialogue
encore très pauvre au sein des sociétés dans notre pays le Maroc autour de l’étude
d’impact de l’exploitation des carrières sur l’environnement.
73
Références Bibliographiques
• Bravard J. Petit F., (2000)-les cours d’eau : dynamique du système fluvial, Paris, 220p..
74
75
Annexe. 1 : Tableau des Classes de pentes de l’oued N’Fis a Imin El Hammam en fonction de
la distance. (El Younssi, 2011)
Distance Km
0-10 10-20 20-30 30-40 40-50 50-60 >60
Pente de l’oued
1/100 – 1/60 1/100- 1/93 - 1/110 1/120 1/100 1/70- 1/6
1/200 1/100
Annexe.3 : Tableau des pluies mensuelles d’Oued N’Fis en mm à Imin El Hammam (1968-
2010), (ABHT)
Année Septembre Octobre Novembre Décembre Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Total
1968/69 0 80 112 71 18 5 286
1969/70 86 71 82 53 9 0 0 3 304
1970/71 0 19 16 96 69 47 109 163 106 22 0 647
1971/72 0 6 99 17 32 81 15 57 0 0 0 307
1972/73 13 74 84 15 24 22 82 60 11 1 0 6 392
1973/74 0 65 91 98 14 139 101 144 16 12 9 0 689
1974/75 20 13 13 8 9 20 40 145 49 6 0 0 323
1975/76 25 10 24 4 14 28 65 174 105 2 0 2 453
1976/77 10 66 0 49 130 41 47 1 0 11 0 0 355
1977/78 30 87 19 32 83 15 0 69 10 40 0 7 392
1978/79 18 31 0 35 51 40 9 9 3 5 0 0 201
1979/80 56 139 0 2 45 62 103 44 5 9 0 2 467
1980/81 0 44 74 0 22 33 44 11 18 6 0 0 252
1981/82 9 30 7 28 58 29 11 198 96 0 29 0 495
1982/83 17 12 25 40 0 53 22 49 18 0 0 0 236
1983/84 0 20 36 17 4 2 85 33 86 0 0 0 283
76
1984/85 7 4 52 0 143 25 22 91 53 5 0 0 402
1985/86 0 3 42 14 33 29 19 36 22 0 0 198
1986/87 3 12 38 0 34 44 64 3 1 27 0 0 226
1987/88 13 106 51 32 99 81 53 2 33 0 11 1 482
1988/89 1 52 116 0 33 67 108 75 17 0 0 13 482
1989/90 8 80 33 15 23 0 82 9 20 25 8 2 305
1990/91 7 4 7 44 1 121 172 18 1 7 3 4 389
1991/92 11 27 31 36 0 57 78 71 10 55 0 17 393
1992/93 1 48 25 15 34 31 19 35 13 0 1 0 222
1993/94 2 31 93 39 70 60 62 2 12 0 0 0 371
1994/95 7 75 9 0 0 61 53 92 0 9 0 0 306
1995/96 9 43 22 49 102 74 158 10 55 26 0 0 548
1996/97 11 12 74 106 80 8 35 157 25 5 2 1 516
1997/98 71 60 42 83 33 13 42 29 26 0 0 0 399
1998/99 11 103 0 51 74 74 57 4 13 0 0 2 389
1999/00 1 142 51 41 10 0 0 34 36 0 0 1 316
2000/01 0 28 16 16 34 7 19 32 3 0 0 1 156
2001/02 9 1 17 31 1 21 39 146 37 74 0 0 376
2002/03 0 10 41 25 19 2 38 42 11 23 4 0 215
2003/04 0 184 72 39 0 24 36 77 27 15 2 0 476
2004/05 4 39 35 51 6 49 37 0 15 15 0 22 273
2005/06 0 81 40 22 92 45 1 43 5 29 27 0 385
2006/07 13 64 30 16 22 68 2 86 55 0 0 11 367
2007/08 2 9 61 8 27 21 21 14 35 0 5 0 203
2008/09 40 82 59 31 113 71 90 1 3 30 0 0 520
2009/10 43 3 1 10 62 94 54 267
Moyenne 11,8 48 39,8 31,4 42,7 42,1 55,5 57,9 29,3 12,2 2,6 2,4 363,4
AN /MOIS S O N D J F M A M J JT A MOY
Max 71 184 116 106 143 139 172 198 106 74 29 22 689
Min 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 156
Annexe.4 : débits mensuels en m3/s à Imin El Hammam (1965-2009) (ABHT)
77
1965 - 66 - - - - - - - - - - - 0,062 -
1966 - 67 0,578 2,260 7,060 3,020 1,850 3,350 30,400 7,100 6,670 3,100 0,816 0,272 5,540
1967 - 68 0,975 6,290 103,00 17,400 9,490 10,100 13,900 20,400 11,400 5,340 3,460 0,951 16,892
1968 - 69 0,871 1,020 4,790 5,160 12,200 18,500 12,000 6,490 5,150 3,080 0,986 0,188 5,870
1969 - 70 0,123 6,410 7,600 7,500 41,200 11,400 7,940 8,770 4,930 2,900 0,738 0,136 8,304
1970 - 71 0,134 1,960 16,200 12,700 15,700 11,400 9,760 19,800 19,100 10,800 4,400 1,320 10,273
1971 - 72 0,866 1,730 8,030 4,580 3,740 4,820 11,300 10,700 7,190 3,940 1,430 0,417 4,895
1972 - 73 0,529 1,980 2,600 5,730 3,200 3,880 6,190 4,000 1,760 0,871 0,092 0,050 2,574
1973 - 74 0,050 0,243 1,070 2,150 1,600 2,550 11,900 23,800 15,200 5,870 1,850 0,422 5,559
1974 - 75 0,509 0,756 1,050 1,250 1,200 0,811 0,401 3,130 3,420 0,434 0,106 0,028 1,091
1975 - 76 0,086 0,167 0,288 1,370 0,839 2,170 5,580 6,860 9,270 2,760 0,305 0,021 2,476
1976 - 77 3,410 1,900 2,050 1,420 3,480 2,910 1,660 1,490 0,764 0,319 0,046 0,066 1,626
1977 - 78 1,520 0,718 1,270 2,470 25,300 13,000 8,810 6,190 3,170 1,640 0,237 0,067 5,366
1978 - 79 0,082 0,572 1,010 1,190 36,100 21,900 10,500 10,800 6,550 2,780 0,543 0,027 7,671
1979 - 80 0,548 3,130 1,700 1,420 1,460 4,190 29,200 15,600 6,280 2,230 0,345 0,108 5,518
1980 - 81 0,589 2,300 5,130 2,190 1,280 6,850 11,800 8,010 2,920 1,120 0,141 0,009 3,528
1981 - 82 0,000 0,817 0,931 0,799 1,310 1,170 1,340 8,170 6,030 1,220 0,120 0,000 1,826
1982 - 83 0,091 0,004 2,060 0,819 0,791 0,789 1,580 0,689 1,710 0,165 0,104 0,000 0,734
1983 - 84 0,000 2,910 24,800 3,980 1,320 0,554 1,310 0,860 2,100 0,220 0,022 0,000 3,173
1984 - 85 0,000 0,000 4,160 3,250 9,100 9,580 7,020 6,690 9,200 1,690 0,223 0,031 4,245
1985 - 86 0,007 0,099 0,352 0,690 1,100 1,170 12,800 4,650 1,980 0,499 0,056 0,030 1,953
1986 - 87 0,109 0,715 0,485 0,634 5,720 7,820 1,880 0,609 0,725 1,100 0,012 0,000 1,651
1987 - 88 0,003 7,970 33,600 38,800 1,570 33,600 93,600 25,800 10,800 5,300 1,370 0,427 21,070
1988 - 89 0,523 7,370 106,00 13,700 6,150 6,910 11,800 20,000 8,500 4,620 1,460 1,000 15,669
1989 - 90 0,728 32,900 40,900 49,000 18,400 8,370 36,000 16,100 11,800 6,070 2,710 0,447 18,619
1990 - 91 1,880 1,340 0,744 1,480 1,320 2,290 15,000 13,000 4,910 1,880 0,666 0,696 3,767
1991 - 92 0,187 1,020 1,070 62,900 8,780 17,300 34,700 29,200 12,400 6,320 2,140 0,913 14,744
1992 - 93 0,729 1,530 1,660 2,510 2,600 3,120 4,680 2,720 1,860 0,953 0,714 0,141 1,935
1993 - 94 0,002 5,870 16,100 4,970 3,090 4,030 31,100 13,800 4,190 1,080 0,139 2,210 7,215
1994 - 95 0,135 0,958 1,670 0,785 0,657 1,800 3,660 19,400 3,350 0,496 0,336 3,610 3,071
1995 - 96 0,414 0,478 3,210 25,200 31,000 49,800 86,000 75,400 35,200 30,600 2,570 1,430 28,442
1996-97 1,800 1,230 3,310 5,940 14,900 11,000 9,000 22,500 14,400 5,180 1,380 1,510 7,679
1997-98 2,630 2,540 1,620 1,460 2,320 43,000 18,800 11,800 3,540 2,160 0,639 0,225 7,561
1998-99 0,000 0,175 0,642 3,730 3,660 1,780 1,950 1,750 0,249 0,475 0,039 0,713 1,264
1999-2000 0,388 38,500 7,540 6,060 3,990 3,540 8,050 4,640 0,121 0,115 0,042 0,004 6,083
2000-2001 0,000 0,042 0,068 0,192 0,216 0,175 0,192 0,190 0,147 0,021 0,000 0,000 0,104
2001-2002 0,000 0,000 0,159 6,040 1,600 1,720 2,510 18,800 3,810 0,884 0,066 0,062 2,971
2002-2003 0,004 0,001 1,240 11,700 1,280 1,230 2,290 2,200 2,280 1,300 0,310 2,640 2,206
78
2003-2004 0,456 2,490 4,470 4,830 2,590 5,290 5,630 8,210 7,460 3,580 0,575 0,430 3,834
2004-2005 0,451 4,390 1,520 3,670 2,560 3,250 12,600 7,570 4,240 4,050 3,540 6,450 4,524
2005-2006 1,161 3,716 3,484 5,091 6,585 8,846 6,432 8,961 4,253 1,532 1,295 2,172 4,461
2006-2007 0,849 1,260 1,120 0,971 0,915 2,660 1,030 1,010 0,842 0,722 0,688 0,710 1,065
2007-2008 0,000 0,000 0,979 0,834 1,040 4,750 0,921 0,351 0,167 0,291 0,196 0,090 0,802
2008-2009 0,265 1,86 1,73 0,357 0,388 0,56 4,58 0,783 0,783 1,180 0,506 1,110 1,175
MOYENNE 0,551 3,526 9,964 7,673 6,828 8,231 13,670 11,139 6,066 3,044 0,870 0,724 6,024
16/03/1980 19/03/1980
1979 80 132 34,71 23,6 40,9 8,872 71 6 3,8
à 12h à 12h
03/10/1980 05/10/1980
1980 81 44,8 10,499 2,05 5,74 1,927 51 6 4,3
à 8h à 12h
26/04/1982 27/04/1982
1981 82 58,5 14,476 7 8,08 1,407 27 9 4
à 8h à 12h
08/11/1982 12/11/1982
1982 83 51,4 11,774 0,12 3,4 3,603 85 3 4,4
à 18h à 8h
15/11/1983 18/11/1983
1983 84 482 97,321 25,1 32,4 22,773 65 12 5
à 22h à 16h
09/11/1984 10/11/1984
1984 85 86,5 25,17 0 4,46 3,624 40 3 3,4
à 1h à 18h
01/03/1986 03/03/1986
1985 86 57 30,154 2,2 15 5,428 50 5 1,9
à 5h à 8h
27/01/1987 30/01/1987
1986 87 156 49,883 0,4 9,8 12,032 67 15 3,1
à 16h à 12h
02/11/1987 06/11/1987à
1987 88 810 172,272 24,4 42,4 55,816 90 9 4,7
à 5h 0h
05/11/1988 16/11/1988
1988 89 1220 124,718 56,1 74,7 110,899 247 118 9,8
à 16h à 0h
23/10/1989 29/10/1989
1989 90 455 99,703 2,7 57,8 49,891 139 28 4,6
à 16h à 12h
06/03/1991 08/03/1991
1990 91 63,9 16,915 3 11,9 4,323 71 23 3,8
à 16h à 16h
07/12/1991 12/12/1991
1991 92 446 118,323 63,9 72,7 56,653 133 29 3,8
à 2h à 16h
20/12/1992 21/12/1992
1992 93 25,8 8,011 2,4 2,8 0,778 27 9 3,2
à 12h à 16h
30/10/1993 03/11/1993
1993 94 283 72,435 0 28,3 22,686 87 11 3,9
à 16h à 8h
17/08/1995 18/08/1995
1994 95 501 192,146 0 1,58 8,882 13 3 2,6
à 16h à 6h
14/12/1995 17/12/1995
1995 96 502 117,236 2,8 31,3 29,965 71 29 4,3
à 16h à 16h
21/12/1996 24/12/1996
1996 97 70,6 22,348 1,5 10,8 5,712 71 14 3,2
à 16h à 16h
07/02/1998 12/02/1998
1997 98 274 62,372 9,5 51,48 27,618 123 11 4,4
à 16h à 20h
31/05/1999 01/06/1999
1998 99 73,7 30,147 0,123 3,65 1,411 13 10 2,4
à 16h à 6h
79
28/10/1999 30/10/1999
1999 0 1575 208,2 59,7 59,7 43,5 58 9 7,6
à 6h à 17h
21/10/2000 22/10/2000
2000 1 0,645 0,186 0,015 0,056 0,017 25 4 3,5
à 15h à 17h
31/03/2002 06/04/2002
2001 2 110,4 24,027 3,368 5,096 13,32 154 30 4,59
à 12h à 22h
13/08/2003 15/08/2003
2002 3 364 26,384 1,541 1,7 5,22 55 27 13,79
à 12h à 19h
23/10/2003 28/10/2003
2003 4 187 11,105 1,32 2,904 4,797 120 14 16,8
à 8h à 8h
2004 5
2005 6 29/11/2005 à 2h00 52 27 9,8 13,1 22,4 23 8 1,9
Annexe.6 : les coordonnées géographiques des puits localisant à proximité des carrières d’oued
N’Fis, les mesures piézométriques et quelques informations sur ces puits
X=235143.43
X=220800 X=235143.43 X=223975.84 X=224746.54 X=229084.26,
Y=105525.98
Coordonnées
Z=480.77
Y=121545 Y=105525.98 Y=117780.58 Y=112819.50 Y=104942.67,
Z=460 Z=480.77 Z=384.94 Z=419.08 Z=468.81
Conductivité
1 0 1 0 1,048 0
(µs/cm)
80
NºIRE 3849/53 NºIRE 4442/44 NºIRE 4445/44 NºIRE 3664/53 NºIRE 3595/53 NºIRE 4403/44
Prof NP Prof Prof Prof Prof NP Prof NP
Mois (m) (m) Mois (m) NP (m) Mois (m) NP (m) Mois (m) NP (m) Mois (m) (m) Mois (m) (m)
332,
mai-05 29,55 450 févr-06 59 401 avr-07 41,44 332,56 avr-07 58,08 326,92 févr-06 74,5 405,5 avr-07 41,44 56
332,
mai-05 29,27 451 avr-06 61,01 398,99 mai-07 41,44 332,56 mai-07 58,1 326,9 avr-06 73,98 406,02 mai-07 41,44 56
juin- 332,
mai-05 29,52 450 juin-06 62 398 07 41,84 332,16 juin-07 58,3 326,7 juin-06 72,98 407,02 juin-07 41,84 16
août- 331,
mai-05 29,71 450 06 62,3 397,7 juil-07 42,53 331,47 juil-07 58,5 326,5 août-06 74,02 405,98 juil-07 42,53 47
août- 331,
juin-05 29,94 450 déc-06 63,18 396,82 42,81 331,19 07 58,76 326,24 déc-06 75,1 404,9 39307 42,81 19
janv- 330,
juin-05 30,07 450 07 63,23 396,77 43,33 330,67 sept-07 58,87 326,13 janv-07 75,54 404,46 39339 43,33 67
330,
juin-05 30,22 450 févr-07 63,4 396,6 43,39 330,61 oct-07 59,08 325,92 févr-07 75,9 404,1 39370 43,39 61
mars- 330,
juin-05 30,35 450 avr-07 63,99 396,01 43,51 330,49 nov-07 59,23 325,77 07 75,68 404,32 39401 43,51 49
330,
juin-05 30,49 450 mai-07 64,35 395,65 43,43 330,57 déc-07 59,3 325,7 avr-07 75,8 404,2 39431 43,43 57
janv- 330,
juin-05 30,6 449 juin-07 64,81 395,19 43,33 330,67 08 59,43 325,57 mai-07 76,04 403,96 39462 43,33 67
330,
juil-05 30,71 449 juil-07 65,57 394,43 43,52 330,48 févr-08 59,74 325,26 juin-07 76,16 403,84 39493 43,52 48
août- mars- 330,
juil-05 30,26 450 07 66,45 393,55 43,75 330,25 08 59,61 325,39 juil-07 76,32 403,68 39522 43,75 25
juil-05 30,03 450 sept-07 66,65 393,35 avr-08 août-07 76,53 403,47 39553
329,
juil-05 30,22 450 oct-07 66,76 393,24 mai-08 44,18 329,82 mai-08 59,87 325,13 sept-07 76,78 403,22 mai-08 44,18 82
juin- 329,
juil-05 30,43 450 nov-07 67,05 392,95 08 44,35 329,65 juin-08 59,96 325,04 oct-07 76,94 403,06 juin-08 44,35 65
81
329,
juil-05 30,68 449 déc-07 66,99 393,01 juil-08 44,43 329,57 juil-08 60,02 324,98 nov-07 77 403 juil-08 44,43 57
janv- août- août- 329,
août-05 30,83 449 08 67,05 392,95 08 44,92 329,08 08 60,12 324,88 déc-07 77,4 402,6 août-08 44,92 08
sept- 374,
août-05 30,97 449 févr-08 67,33 392,67 08 oct-08 janv-08 77,86 402,14 sept-08 00
mars- 328,
août-05 31,12 449 08 67,47 392,53 oct-08 45,06 328,94 nov-08 60,4 324,6 févr-08 78,4 401,6 oct-08 45,06 94
mars- 329,
août-05 31,28 449 avr-08 nov-08 44,87 329,13 déc-08 60,64 324,36 08 78,51 401,49 nov-08 44,87 13
janv- 329,
août-05 31,33 449 mai-08 68,1 391,9 déc-08 44,97 329,03 09 60,58 324,42 avr-08 déc-08 44,97 03
janv- 329,
août-05 31,4 449 juin-08 68,62 391,38 09 44,81 329,19 févr-09 60,64 324,36 mai-08 78,68 401,32 janv-09 44,81 19
mars- 329,
sept-05 31,34 449 juil-08 69,21 390,79 févr-09 44,84 329,16 09 60,72 324,28 juin-08 78,75 401,25 févr-09 44,84 16
août- mars- mars- 329,
sept-05 31,43 449 08 70,02 389,98 09 44,76 329,24 avr-09 60,78 324,22 juil-08 79,08 400,92 09 44,76 24
329,
sept-05 31,54 448 sept-08 avr-09 44,92 329,08 mai-09 60,68 324,32 août-08 79,73 400,27 avr-09 44,92 08
328,
sept-05 31,69 448 oct-08 mai-09 45,03 328,97 juin-09 60,92 324,08 sept-08 480 mai-09 45,03 97
juin- 328,
sept-05 31,83 448 nov-08 09 45,14 328,86 juil-09 60,87 324,13 oct-08 80,2 399,8 juin-09 45,14 86
sept-05 31,96 448 déc-08 sept-09 60,98 324,02 nov-08 80,4 399,6 juil-09
janv-
oct-05 32,13 448 09 nov-09 61,1 323,9 déc-08 80,73 399,27 sept-09
oct-05 32,24 448 févr-09 déc-09 61,22 323,78 janv-09 80 400 nov-09
mars- janv-
oct-05 32,38 448 09 70,86 389,14 10 61,25 323,75 févr-09 78,95 401,05 déc-09
mars-
oct-05 32,5 448 avr-09 72,25 387,75 mars- 61,3 323,7 09 77,54 402,46 janv-10
82
10
oct-05 32,67 447 mai-09 72,05 387,95 mai-10 61,43 323,57 avr-09 76,22 403,78 mars-10
oct-05 32,81 447 juin-09 72,5 387,5 juil-10 61,51 323,49 mai-09 75,25 404,75 mai-10
oct-05 32,9 447 juil-09 72,46 387,54 sept-10 61,6 323,4 juin-09 75,54 404,46 juil-10
nov-05 33 447 sept-09 73 387 nov-10 61,7 323,3 juil-09 75,41 404,59 sept-10
nov-05 33,1 447 nov-09 73,48 386,52 sept-09 73,63 406,37 nov-10 43,06
nov-05 33,21 447 déc-09 73,23 386,77 nov-09 71,51 408,49 janv-11
janv- mars-
11/2005 33,3 447 10 72,56 387,44 déc-09 65,95 414,05 11
mars-
nov-05 33,4 447 10 72,65 387,35 janv-10 72,03 407,97 mai-11
mars-
nov-05 33,5 447 mai-10 75,33 384,67 10 71,97 408,03 juil-11
330,
déc-05 33,59 446 juil-10 76,22 383,78 mai-10 71,52 408,48 août-11 43,52 48
330,
déc-05 33,66 446 sept-10 76,2 383,8 juil-10 72,4 407,6 sept-11 43,56 44
330,
déc-05 33,73 446 nov-10 76,24 383,76 sept-10 70,42 409,58 oct-11 43,71 29
janv- 330,
déc-05 33,8 446 11 nov-10 73,43 406,57 nov-11 43,52 48
mars- 330,
déc-05 33,88 446 11 janv-11 janv-12 43,42 58
mars- 330,
janv-06 33,71 446 mai-11 11 févr-12 43,37 63
mars- 330,
janv-06 33,66 446 juil-11 mai-11 12 43,65 35
août-
janv-06 33,67 446 11 77,88 382,12 juil-11
janv-06 33,67 446 sept-11 77,88 382,12 août-11 68,6 411,4
83
janv-06 33,54 446 oct-11 78,13 381,87 sept-11 67,72 412,28
janv-06 33,53 446 nov-11 oct-11 67,34 412,66
janv-
févr-06 33,53 446 12 77,3 382,7 nov-11 67,87 412,13
févr-06 33,54 446 févr-12 77,29 382,71 janv-12 66,05 413,95
févr-06 33,55 446 févr-12 65,32 414,68
mars-
févr-06 33,57 446 12 66,93 413,07
84
85