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Économies d'eau pour villes méditerranéennes

Ce document présente les principes de la collecte et de la valorisation des eaux de pluie urbaines comme une ressource alternative. Il décrit les différentes échelles possibles de récupération des eaux de pluie, depuis le bâtiment jusqu'à la ville, et donne des exemples concrets de projets mis en place. Le document souligne l'importance de l'approche technico-économique pour dimensionner de manière réaliste les volumes d'eau à collecter et à stocker.

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Économies d'eau pour villes méditerranéennes

Ce document présente les principes de la collecte et de la valorisation des eaux de pluie urbaines comme une ressource alternative. Il décrit les différentes échelles possibles de récupération des eaux de pluie, depuis le bâtiment jusqu'à la ville, et donne des exemples concrets de projets mis en place. Le document souligne l'importance de l'approche technico-économique pour dimensionner de manière réaliste les volumes d'eau à collecter et à stocker.

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Proceedings journée du 7 février 2012

« Quelles économies d’eau pour sécuriser l’alimentation des villes


méditerranéennes ? »

Réalisé dans le cadre du 11ème séminaire Eau par les étudiants en 5ème année de Sciences et
Technologie de l’Eau - Polytech’Montpellier :

Jenar Aude
Leveteau Mathieu
Moreau Marine
Roger Adrien
Toro Fatoumata
Vatageot Yohan
Remerciements

Tout d’abord, nous souhaitons remercier chaleureusement les personnes qui ont accepté
d’intervenir lors de cette journée de séminaire:
M. Bertrand-Krajewski, M. Cazenove et Mme Heinimann-Luna, Mme Montginoul, M. Rinaudo,
M. Coconi et M. Guilbot.
L’organisation de cette journée aurait été impossible sans eux.

De même nous remercions nos professeurs M. Neppel et Mme Tournoud pour leur aide et leurs
conseils pour la préparation de ce séminaire.

Enfin nous remercions toutes les personnes qui ont assisté et participé à ce séminaire.

Nous espérons que cette journée a répondu à vos attentes et vous retrouver prochainement.
Sommaire

Remerciements ....................................................................................................................................... 2
Liste des intervenants ............................................................................................................................. 4
Liste des participants ............................................................................................................................... 5
Compte rendu des interventions ............................................................................................................ 6
I. COLLECTE ET VALORISATION DES EAUX DE PLUIE URBAINES ........................................................................... 6
II. LES ENJEUX DE LA GESTION PATRIMONIALE DES RESEAUX PUBLICS DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE. .................. 9
III. ETAT DES LIEUX DE NOS CONSOMMATIONS EN EAU ................................................................................. 13
RINAUDO ........................................................................................................ Erreur ! Signet non défini.
V. INFLUENCE DES ECONOMIES D’EAU SUR LES INSTALLATIONS EXISTANTES ...................................................... 21
VI. MISE EN PLACE D’UN POLITIQUE D’ECONOMIE D’EAU .............................................................................. 23
Liste des intervenants

Jean-Luc BERTRAND-KRAJEWSKI
Professeur à l'Université de Lyon - INSA-Lyon
Email : [email protected]
tel : +33 (0)4 72 43 81 80
Conférence : Ressources alternatives : valorisation et réutilisation des eaux.

Nicolas CAZENOVE
Responsable Zone Centre - Service Réseaux AEP & EU Véolia eau
Mail : [email protected]
Tel. : 04.67.20.49.14
Conférence: La gestion patrimoniale des réseaux

Sylvie HEINIMANN-LUNA
Chef de service exploitation – direction de l’eau et de l’assainissement agllomération de
Montpellier
Mail : [email protected]
Tel : 04 67 13 64 97
Conférence: La gestion patrimoniale des réseaux

Montginoul Marielle
Chargé de recherche CEMAGREF
Email : [email protected]
Tel : 0467046304
Conférence : Etat des lieux de nos consommations en eau

Jean-Daniel RINAUDO
Service EAU, BRGM
Email : [email protected]
Tel: 04 67 15 79 90
Conférence : Les solutions socio-économiques : mise en place des compteurs privatifs,
modulation tarifaires

Jean Coconi
Directon de l'Ingénierie - Société des Eaux de Marseille
Mail : [email protected]
Tél. : 04 91 57 60 60
Conférence : Influence des économies d'eau sur les installations existantes

Alain GUILBOT
Maire de Murles
Tel : 04 67 84 40 40
Email : [email protected]
Conférence : Mise en place d’une politique d’économie d’eau
Liste des participants
Compte rendu des interventions

I. COLLECTE ET VALORISATION DES EAUX DE PLUIE URBAINES


Intervenant : Jean-Luc Bertrand-Krajewski – Professeur à l’université de Lyon – INSA Lyon

Compte rendu :

La collecte et la valorisation des eaux usées ont été introduites dès le 19eme siècle
avec la prise en compte des problèmes d’hygiènes causés par l’augmentation des rejets
d’eaux usées dans les grandes villes. Le développement des premiers réseaux urbains de
collecte des eaux usées a permis dans un premier temps de collecter ces eaux de pluie grâce
aux réseaux unitaires mis en place. Par exemple, la reconstruction partielle d’Hambourg
après 1842 suite à un incendie ayant ravagé une grande partie de la ville a permis la
construction d’un réseau récupérant l’eau de pluie afin qu’elle soit utilisée pour lutter contre
les futurs incendies. Au cours du 20eme siècle, la poursuite de l’urbanisation a causé
l’apparition d’inondations plus fréquentes et surtout plus dévastatrices, c’est pourquoi les
réseaux unitaires se sont peu à peu développés dans toutes les zones urbanisés dans le but
d’évacuer le plus loin possible l’eau de pluie. Un peu plus tard, l’apparition de stations
d’épuration des eaux usées et de réseaux séparatifs (séparation réseau de collecte des eaux
usées domestiques et des eaux de ruissellement pluvial) ont été la conséquence du
développement d’une prise en compte de protection de l’environnement. Dans le cas des
réseaux unitaires, des déversoirs d’orages ont étés introduits dans le but d’éviter une
saturation des stations d’épurations.

Face aux pressions liées aux changements climatiques (pluies de plus en plus
intenses, périodes sèches et plus longues, températures plus élevées et eau plus chaude…)
et au contexte urbain et social (re-densification des villes, augmentation des considérations
environnementales et écologiques…), les volumes à collecter dans les réseaux furent de plus
en plus important d’où la nécessité de développer des techniques alternatives de
récupération des eaux de pluie dans le but de soulager ces réseaux. Autrefois une nuisance,
l’eau de pluie devint peu à peu une ressource précieuse de par l’utilisation de ces techniques
alternatives dans une analyse urbaine intégrée. Bien que cette ressource « tombe du ciel »
et qu’elle soit une alternative pour soulager d’autres ressources déjà utilisées, il est
nécessaire d’effectuer une approche technico-économique. En effet, il est important de
prendre en compte le retour sur investissement lorsque le recyclage des eaux de pluie est
envisagé.

Le recyclage de l’eau de pluie peut être envisagé à différentes échelles. Tout d’abord à
l’échelle du bâtiment pour l’arrosage, le nettoyage des véhicules, les chasses d’eau, la
machine à laver… Cette eau peut être captée par l’intermédiaire de gouttières récupérant les
eaux de ruissellement des toitures pour être stockée dans une cuve. Dans certains cas, les
premiers millimètres sont éliminés afin d’éviter un stockage de toute forme de pollution
potentiellement déposée sur les toitures. Bien entendu, un filtrage est nécessaire afin de
retenir toutes matières en suspension. Une désinfection UV peut même être envisagée
suivant l’usage.
A l’échelle d’un quartier, la réutilisation des eaux est envisageable pour arroser des
espaces verts, le lavage des rues, une recharge de nappe… Prenons l’exemple de Berlin, ou
les eaux pluviales sont récoltées par l’intermédiaire des toitures, stockés dans des réservoirs,
puis utilisés pour l’arrosage des jardins. Le trop plein est également stocké pour la lutte
incendie. Un autre exemple de recyclage des eaux de pluie nous vient d’Inde ou elle est
utilisée pour l’alimentation de nappes souterraines surexploitées pour subvenir aux besoins
en eau d’une population en augmentation.
Pour voir encore plus grand, la ville de Séoul en Corée du Sud collecte ces eaux de
pluie à grande échelle dans plusieurs buts. Tout d’abord afin de limiter le ruissellement
urbain pour limiter les risques d’inondation, ensuite pour une utilisation domestique ou un
arrosage des espaces verts et enfin en cas d’urgence pour une lutte incendie par exemple.

Il existe un ratio du volume de stockage sur la surface collectrice (en m3/m2). Ce ratio
vaut approximativement 0.3 à 0.7 pour une maison individuelle, 0.015 à 0.045 pour un
habitat collectif et 0.058 pour un centre dense si on prend l’exemple de Séoul. Ce ratio est
volontairement calculé en dessous de la réalité pour éviter tout surdimensionnement. Une
première approche simplifiée permet de dimensionner le volume à stocker. Les ressources
annuelles sont tout d’abord évaluées (pluie annuelle x surface collectrice x rendement). Le
volume qui pourra être utilisé est également estimé en prenant en compte de la durée
d’une période sèche (variable selon la région). Cette approche demeure tout de même trop
simpliste et trop optimiste. Une seconde approche beaucoup plus réaliste, mais aussi plus
complexe consiste à effectuer une modélisation de chronique pluriannuelle à l’échelle
journalière en prenant en compte la variabilité climatique.
L’estimation des volumes d’eau de pluie nécessaire pour l’usage domestique (chasse
d’eau) est simple (utilisation est quasi constante dans le temps) alors qu’il est difficile
d’estimer le volume d’eau requis pour l’arrosage d’espaces vert par exemple.

Cette utilisation peut être plus ou moins efficace selon la localisation géographique et
la saison. Par exemple, en Sicile, une telle pratique serait inefficace car le volume à stocker
serait trop important compte tenu du fait que la saison pluvieuse est trop éloignée de la
période sèche, ou les besoins en eau se manifestent. Pour le département de l’Hérault, une
étude du LEESU pour le CG 34 a révélé des cartes de potentiel de récupération d’eau de
pluie en fonction de la situation géographique.

Si cette pratique se généralisait, une réduction importante de la consommation en


eau potable pourrait être établie. Ces économies d’eau auraient des conséquences sur les
installations existantes. En effet, dans l’hypothèse d’un réseau unitaire et à l’échelle
annuelle, la consommation en eau potable diminuerait de 43% et les rejets vers les stations
d’épuration seraient diminué de 28%. Plusieurs problèmes sont à prendre en compte et
pourraient voir le jour dans cette optique. Les réseaux d’alimentation en eau potable
seraient surdimensionnés (baisse des consommations unitaires), c’est également le cas pour
les stations d’épuration entrainant de nombreux disfonctionnements (temps de séjours plus
long, sédimentation en augmentation, augmentation des odeurs…).
Pour éviter cela, on peut se demander si il est plus judicieux de stocker l’eau de pluie
seulement pour des usages n’influant pas les rejets d’eaux usées dans les réseaux
(protection contre les inondations, arrosage des espaces verts, recharge des nappes). En
outre, le volume d’eau potable utilisé par chaque abonné serait différent du volume d’eau
usée rejetée dans le réseau. Dans ce cas-là se poserait le problème de financement des
ouvrages d’assainissement dans le but d’une équité de traitement des abonnés.

Il faut savoir que les eaux pluviales urbaines se chargent de diverses substances
polluantes (métaux, HAP, matières organiques…) après ruissellement sur les toitures ou les
chaussées. Suivant l’utilisation de ces eaux pluviales, il est donc nécessaire d’adapter un
traitement spécifique dans chaque cas. Des éléments de réflexion ont vu le jour dans
l’optique d’une réutilisation généralisée de l’eau de pluie : qui du secteur public ou privé en
aurait la responsabilité ? Quels seraient les impacts à long terme d’une telle utilisation ? Il
faudrait du temps pour avoir un réel retour d’expérience à grande échelle afin d’évaluer
l’efficacité du recyclage de l’eau de pluie.

Questions/réponses :

Combien coûte l’installation d’un récupérateur d’eau de pluie et du système hydraulique


associé pour un particulier ? Au bout de combien de temps cet investissement est amorti ?
(Kenza Jbabdi, étudiante STE5 Polytech’Montpellier)

Le cout des travaux est différent si ceci sont fait lors de la construction de la maison ou si ils
sont fait après. Globalement le temps pour amortir ce type d’investissement est long malgré
les incitations fiscales mises en place (plusieurs dizaine d’années) mais on constate que les
particuliers qui choisissent de mettre en place ce type système le font plutôt dans une
démarche socioculturelle qu’économique.

L’eau récupérée est de l’eau que le milieu ne reçoit plus, en quoi est-ce une solution
d’économie d’eau ? (Michel Desbordes, professeur retraité à Polytech’ Montpellier)

Il est nécessaire d’avoir une vision globale, ce système permet d’avoir de la ressource même
en période sèche. De plus, l’eau retourne ensuite dans le milieu via le réseau
d’assainissement ou par infiltration en cas d’utilisation pour l’arrosage.
II. LES ENJEUX DE LA GESTION PATRIMONIALE DES RESEAUX PUBLICS DE DISTRIBUTION
D’EAU POTABLE.
Intervenants :
Sylvie HEINIMAN-LUNA, chef de service Exploitation – Montpellier agglomération
Nicolas CAZENOVE, Responsable zone centre du service Réseau AEP et EU - Véolia Eau

Compte rendu :

La gestion patrimoniale peut se définir comme étant la prise en compte,


intentionnelle et à long terme, d’une politique de gestion d’une installation en vue d’en
conserver toutes les possibilités d’évolution.
Le patrimoine réseau AEP est un patrimoine spécifique par rapport à d’autres grands réseaux
public : par son caractère local (échelle communale / intercommunale), sa valeur à neuf
importante (#1000€/habitants), sa durée de vie élevée (1/2 à 1 siècle), son évolution
technique lente, le fait qu’il soit souterrain et en perpétuel accroissement, enfin parce qu’il
est réparable ponctuellement.
La gestion du patrimoine « réseaux eau potable » se définit selon quatre grands critères :
- Le respect des principes de développement durable
- Le niveau de performance du service (qualité de l’eau distribuée, continuité du
service, la préservation quantitative des ressources, la préservation du cadre urbain)
- L’évolution des exigences réglementaires (Grenelle 2 décret du 27 janvier 2012)
- La garantie d’un prix adapté
C’est une politique propre à chaque maitre d’ouvrage et concertée avec concertée le
gestionnaire, les services de l’état et les consommateurs afin de définir un niveau de
performance à atteindre sur une période de temps donné.

A. La gestion patrimoniale : Exemple du réseau de distribution d’eau potable de la ville de


Montpellier.

Les volumes pompés pour alimenter la commune de Montpellier sont de l’ordre de 34 millions de
m3/an, les volumes consommés de 24 millions de m3 par an. Le rendement du réseau de la
commune de Montpellier est actuellement de 80%, l’objectif que s’est fixé l’agglomération est
d’atteindre un rendement de 90%.

Le réseau de Montpellier à un linéaire de 625 km. 154 km ont été renouvelés ces cinq dernières
années. Cela correspond à un taux de renouvellement de 0.45 %. Ce taux est relativement faible, et
l’agglomération de Montpellier s’est fixé un objectif de plus de 1% de renouvellement.

Le réseau AEP de Montpellier présente des spécificités qui lui sont propres.

 Le milieu environnant :
- la présence de nappes phréatiques ;
- les charges du trafic et du poids des terres transmises aux conduites,
- la qualité des remblais et des travaux de compactage des sols,
- les mouvements de déstabilisation des sols causés par la pose, le remplacement ou les
interventions d'entretien d’autres réseaux techniques ou par des travaux de voirie,
- les variations de températures, par les effets de dilatation ou contraction des conduites liés
aux effets mécaniques du gel des sols puis du dégel ;
- l’agressivité naturelle de certains terrains qui peuvent induire des phénomènes de corrosion
externe

• la qualité de l’eau transportée : ce paramètre n’est pas problématique car, sur Montpellier, l’eau
n’est pas agressive.

• Les matériaux : Là encore, ce paramètre n’est pas problématique sur la commune de Montpellier
puisque la majorité des conduites sont en fonte (grise et ductile).

Les acteurs de ce réseau sont l‘agglomération de Montpellier, le maitre d’ouvrag), Veolia eau
l’exploitant, les services de l’état (agence de l’eau RMC), et les consommateurs (37 000 abonnés).

B. La politique engagée pour répondre aux enjeux

 La qualité de l’eau distribuée :

Différentes actions sont menées pour assurer la qualité de l’eau :

- le renouvellement des branchements en plomb pour répondre à l’échéance réglementaire de


2013.
- la modélisation du réseau permettant le calcul du temps de séjour de l’eau.
- la sectorisation = monitoring du réseau de distribution pour le placer sous surveillance
constante (77 pts sur réseau)
- la rechloration en réseau.
- La maîtrise des contaminations par retours d’eau ou lors des interventions de réparations
-
 La continuité du service

Il faut bien connaître le risque de défaillance pour en limiter les impacts et assurer le confort des
usagers, une continuité de service parfaite pour les usagers particuliers (hôpitaux, crèches...), la
sécurité civile (en cas d’incendie) etc…

 La préservation de la ressource

Pour préserver la ressource, différentes actions sont menées : sectorisation des réseaux,
augmentation du rendement, recherche de fuites, réactivité des interventions.

L’objectif est de rechercher d’un optimum prenant en compte le coût d’exploitation, de


renouvellement et d'amélioration du réseau d’une part, la disponibilité de la ressource en eau et les
coûts de production de l'eau d’autre part.

 La préservation du cadre urbain

Il est nécessaire mettre en place un programme annuel des travaux, de les coordonner et de mettre
en place des outils de communication avec les services de la voirie car les travaux sur les réseaux AEP
ont un fort impact sur le quotidien des habitants et plus particulièrement dans les communes ou
l’urbanisation est dense.

 La Délégation de Service Public et les obligations contractuelles

Les services public et par conséquents les exploitants des réseaux ont des obligations en terme
d’alimentation en eau potable.
Des obligations de résultats : En cas de détection de fuite une intervention doit être faite
rapidement.
Des obligations de rendements : Depuis 1990 des obligations de rendements sont inscrites dans le
contrat d’affermage de Montpellier et dans tout nouveaux contrats depuis le 1er janvier 2010.
Des objectifs sur l’amélioration de l’indice IPL sont aussi présents.

 La maîtrise du prix de l’eau :

Depuis la prise de compétence de la CAM sur 10 communes, une harmonisation du prix de l’eau a été
entreprise soit 1,22 €/m3 afin de tenir compte de :

- le niveau d’équipement existant ;


- la politique de renouvellement du patrimoine souhaitée par la collectivité ;
- la complexité des équipements à gérer ;
- le niveau de performance souhaité par la collectivité ;

L’objectif est d’optimiser du prix de l’eau grâce à l’optimisation de la performance, des


investissements et de l’exploitation.

 Les indicateurs de performances du S.P.D.E. :


Les outils de connaissance du patrimoine
- Données : SIG, interventions réseaux, non conformité, descriptifs tech.
- Outils : Suivi des flux, modèle hydraulique, suivi de la qualité, modèles économiques
Les outils d’aide à la décision
- Outils : SIG, base de données, prédiction/diagnostic/évaluation
- Projections : niveaux de service atteints, coûts financiers induits
Les outils de communication et de dialogue
- rapports annuels sur le prix et la qualité de service et rapports annuels du délégataire
- pour la qualité de l’eau distribuée, le taux de conformité physico chimique et le taux de
conformité bactériologique ;
- pour la protection de la ressource, le rendement global et indice linéaire de perte ;
- pour la continuité du service, le taux d’interruption non programmées

C. Les outils de demain

Pour anticiper les défaillances il est intéressant d’utiliser une approche statistique multicritère pour
extrapoler ce que l’on voit ponctuellement sur des conduites à l’ensemble du réseau. Un indicateur
de l’état des conduites est le taux de défaillances (fuites et casses), calculé à l’échelle des conduites.
Ce genre d’outils permet de :
• Calculer une probabilité de défaillance grâce à des modèles statistiques
scientifiquement éprouvés (Poisson, Survie)
• Effectuer une analyse de Risque associé à chaque tronçon
Risque = Probabilité de défaillance X Conséquence
• Possibilité d’intégrer des facteurs d’opportunité : travaux de voirie, rénovation de
branchements…
On constate que plusieurs facteurs influence sur les défaillances ; les matériaux, le diamètre et
l’année de pose. Ainsi ^plus le diamètre est petit et plus l’année de pose est ancienne, plus la
fréquence des incidents est importante. On constate aussi que c’est sur les tuyaux en fonte grise que
les incidents sont les plus nombreux.
Le développement de ce type d’outil, représente une aide à la prise de décisions puisqu’ils
permettent de simuler l’évolution du taux de casse en fonction du scenario de renouvellement.
Questions/réponses :

Comment faites-vous pour choisir les tronçons à renouveler ? (Christelle Laurent, SAFEGE )
M. Cazenove : Véolia Eau bénéficie d’un retour d’expérience sur la réparation des
canalisations et programme de voirie. Les équipes d’ingénieurs expérimentés sont appuyés
par des analyses multicritères, une base de données, des outils SIG et des outils de
probabilité de casse.

De quels outils disposez-vous pour prédire la défaillance d’un tronçon de réseau ? (Thierry
Lesur, A2E)
Mme Heinimann : La probabilité de défaillance du réseau dépend du type de terrain, de l’âge
du réseau, de la voierie située à proximité et de l’utilisation qui en est faite.

Le taux de renouvellement des réseaux est de 0.45% en moyenne, n’est-ce pas un peu
faible par rapport aux profits de l’entreprise ?
Mme Heinimann : Les investissements sont consacrés à l’extension du réseau dû à la
construction de nouveaux quartiers dans les villes, plus qu’au renouvellement des conduites
anciennes.

Comment vous positionnez vous au niveau des audits techniques pour obtenir les meilleurs
résultats en matière d’économie en eau ? (Elodie Bonet)
Nous réalisons une détection préventive des fuites à l’aide d’outils tels que la télérelève, les
prélocalisateurs acoustiques de fuite et la sectorisation des réseaux qui permet d’avoir une
vision précise des consommations et de pertes.
III. ETAT DES LIEUX DE NOS CONSOMMATIONS EN EAU
Intervenant : Marielle Montginoul, UMR G-Eau – Irstea
Compte rendu:

A. Introduction et enjeux.

Certaines agglomérations, comme la communauté urbaine de Nantes Métropole


connaissent depuis 1990 une diminution de la consommation moyenne en eau potable par
abonné. Une baisse de la consommation en eau comporte plusieurs enjeux majeurs tels que
la préservation de la ressource en eau, le recours à une quantité plus faible de produit de
traitement destinés à la potabilisation, la diminution des rejets dans le milieu naturel.
Cependant, la diminution des consommations peut avoir des conséquences plus
préjudiciables pour les services de l’eau. En effet, l’augmentation des temps de séjour dans
le réseau d’adduction en eau potable provoquée par la diminution de la demande pose un
problème de salubrité de l’eau distribuée. Les problèmes de surdimenssionnent des
installations de potabilisations engendrent également des surcouts et posent des problèmes
d’équilibre budgétaire pour les collectivités.

B. Les tendances de la consommation en eau.

La tendance globale est à la diminution ou la stagnation des consommations en eau par


abonné. On observe une diminution progressive de la consommation en eau par abonné
dans 8 communes en régie de Nantes Métropole entre 2003 et 2008. Les 15 communes de
Perpignan Méditerranée connaissent elles, une stagnation des consommations entre 2005 et
2008.

C. Les facteurs explicatifs.

Les quantités d’eau consommée par un ménage dépendent de multiples facteurs tels que la
géographie locale, le prix de l’eau, l’équipement du logement, la nature de l’habitat, les
caractéristiques du ménage et les actions de sensibilisation menées auprès de la population.

 Influence de la géographie locale.

La température moyenne de la région d’habitation influe la consommation en eaux des


ménage, à partir de 25°C, une augmentation de la température provoque une augmentation
conséquente de la consommation en eau. La pluviométrie de la zone d’habitation joue
également un rôle dans la quantité d’eau consommée, celle-ci est plus importante dans les
régions faible pluviométrie. D’autre part, la consommation en eau n’est pas directement
proportionnelle à la taille d’une commune, une commune de taille importante consomme
plus qu’une commune de taille plus modeste, notamment à cause la consommation en eau
des infrastructures collectives tels que les stades, les espaces verts, les piscines
municipales…Enfin, l’accès à l’eau dans la zone géographique considérée influe sur la
consommation. Ainsi, la possibilité d’accès à d’autres ressources telles que les forages ou la
récupération d’eau de pluie entraine une diminution de la consommation en eau distribuée
par les services de l’eau.

 Prix de l’eau.

Globalement, une hausse des tarifs appliqués à la distribution de l’eau entraine une
diminution de la consommation. Cependant on constate qu’une augmentation progressive
des tarifs a moins d’impact sur les volumes consommés qu’une hausse brutale. La structure
de la tarification joue également un rôle, en effet une tarification proportionnelle à la
surface habitable n’incite pas aux économies d’eau alors qu’une tarification au m3 d’eau
consommé incite au contraire à consommer moins.

 Nature de l’habitat.

La consommation en eau varie selon la nature de l’habitat, un logement en ville consomme


plus qu’un logement à la campagne. Le statuts de l’occupant joue également un rôle dans la
consommation en eau, par exemple un locataire qui change moins régulièrement la
robinetterie du logement qu’un propriétaire consomme plus d’eau. Un logement ancien
consomme plus qu’un récent.

 Caractéristiques du ménage

Le revenu a une influence sur la consommation en eau par habitant, un revenu élevé incite à
la consommation, le taux d’activité d’une personne a également un impact : une personne
active consomme moins d’eau à son domicile qu’une personne au chômage. On constate
également que les personnes âgées consomment moins en moyenne que la classe d’âge
inférieure. Enfin, la catégorie socio-professionnelle et la culture d’utilisation de l’eau jouent
un rôle important dans la consommation en eau.

 Actions de sensibilisation

Les actions de sensibilisation telles que les informations économies d’eau, lettres aux
consommateurs, les diagnostics eau et les kits pédagogiques peuvent avoir un impact non
négligeable sur les habitudes de consommations.

Ainsi, l’on peut dire que les variables explicatives de la consommation en eau par habitant
sont : le prix de l’eau, le revenu moyen par habitant, le coût éventuel de réalisation de
forage privé, le taux de résidences secondaires, le nombre de jour de canicule dans l’année
(nb jours T> 28°C), le nombre de jour de sécheresse (nb jours secs).
Pour conclure, la consommation en eau potable peut s’expliquer par des facteurs variés à
l’échelle de la commune, du logement et des ménages. Une tendance à la baisse est
observée, mais jusqu’où peut-elle aller et où-est-elle observée ?
V. MISE EN PLACE DE COMPTEURS PRIVATIFS ET MODULATION TARIFAIRE

Intervenants :
Jean-Daniel Rinaudo, BRGM

Compte rendu :

1) Les tarifications incitatives :

Comme le prescrivent les directives cadre européenne, en France La loi sur sur l’eau de 2006
introduit la tarification incitative sans discrimination d’ordre sociale comme moyen pour
emmener la population aux économies d’eau. Ainsi, les différentes formes de tarification
incitative consistent en :

- limitation de la partie fixe de la consommation en eau


- tarification saisonnière : toute la population est soumise à la même tarification. Par
exemple : tarification plus chère pendant l’hiver et moins chère l’été ou selon les
zones touristiques
- tarification par paliers croissants : Création de tranches tarifaires, avec une
augmentation de prix progressive. Cette méthode déjà utilisée à Montpellier et
perpignan montrant un succès timide

Les objectifs de ces tarifications incitatives sont d’ordre :

- environnemental : réduire le besoin de ressources en eau en incitant aux économies


d’eau
- économique : réduire les pics de demande été-hiver donc investissement
- social : subventionner les consommations vitales comme dans les hôpitaux et
pénaliser les consommations excessives comme dans les centres de loisirs

Comme difficultés rencontrées on assiste à des effets indésirables comme le développement


de ressources alternatives comme les forages. Ainsi, on assiste à un dévellopement des
forages individuels dans les maisons, ce qui fait que du coup, on obtient des résultats
inverses aux objectifs visés, vu que les gens consomment sans limites. L’autre difficulté
importante vient de la conciliation des trois objectifs que sont : environnement, équilibre
budgétaire, justice sociale.

Exemple : simulation dans l’Ouest de l’Hérault

Cette simulation montre qu’une augmentation du prix de l’eau de 1€/m3 conduit à une
variation de la demande en eau dans l’ensemble des 300 communes de 3,5 m3/an soit un
déficit estimé à 10%

Autre exemple : Tarification par paliers dans l’Hérault


Ici on a 3 blocs avec chacun leur prix et on applique une augmentation sur chacun de ces
blocs sans toucher à la part fixe. Les scénarios sont notés à l’aide de 0 ou X désignant la
valeur de la hausse ou de la baisse pratiquée sur chaque tranche

La simulation montre que d’une augmentation de 1€/m3 conduit à une augmentation des
recettes d’environs 7 Pour une même réduction de la demande, certaines structures
tarifaires mèneront à une augmentation des recettes : BIN, SAIS, (0,X,X) et (0,X/2,X) ; tandis
que d'autres conduiront à un déficit : (0,0,X) et (-X/5,0,X). On se rend donc compte qu’il est
difficile de trouver le scénario adéquat à appliquer.

Autre exemple : Ouest des USA

En Arizona, est pratiquée une tarification saisonnière variable selon le mois et le niveau de
pénurie rencontré.

En Californie, le prix de l’eau varie en fonction de plusieurs paramètres :

- basic : basé sur le nombre de personnes habitant dans la maison


- efficient : prend en compte les usages externes comme l’arrosage du jardin, etc.
- wasteful : un autre tarif est appliqué pour les gaspillages

Ainsi, d’une maison à une autre, la tarification peut varier en fonction du nombre de
personnes qui y vivent comme le montre le schéma ci-après :

2) L’individualisation des compteurs: un prérequis ?

En France, l’individualisation des compteurs est encore une tendance récente. Suite à la loi
SRU, deux objectifs sont visés : l’équité et l’incitation, ce qui entraine l’arrêt de la tarification
en fonction de la surface de l’habitation. Cependant, on a les prérequis en tarification par
palier croissants (TPC) pour un but social.

On a constaté dans des villes comme Amiens, flandres et barcelonne que une hausse sur la
facture avec la mise en place de compteurs privatifs + TPC

On se rend donc compte qu’il ne faut pas chercher la tarification miracle qui répond aux 3
objectifs : mieux vaut traiter le social en dehors de la facture d’eau.

A l’étranger, la situation est la suivante :

• Dans chaque pays, le contexte socio-historique est déterminant, notamment


l’époque où on a généralisé le service d’eau.

• UK: la tradition est de payer l’eau par des rates, liées à la valeur locative et
pas à la consommation (2/3 de compteurs)

• Allemagne et Europe du nord: chaque pavillon a son compteur, mais dans les
quartiers anciens, un seul compteur par immeuble, puis répartition selon
diverses clés

• Espagne et au Portugal: le comptage individuel d’appartement est


systématique. En Italie aussi, mais les compteurs sont mal entretenus, donc
sous-comptage

• Etats-Unis: comptage individuel à l’ouest, mais de grandes villes de l’est


commencent à peine à mettre des compteurs.

• Modèles alternatifs: Boston (compteur collectif et tarification par tranche) –


N.Y. (compteur collectif, + incitations aux économies d’eau)

3) Maitriser l’urbanisme et réduire la demande en eau ?

La consommation en eau est fortement liée à la forme d’habitat (collectif ou individuel) et de


la densité des parcelles (avec présence ou non de d’espace vert à entretenir)

Exemple :
Trois scénarios ont été mis en place dans le pays cœur de l’Hérault pour la répartition des
nouveaux logements construits en fonction du type d’habitat : laisser faire, timide et
volontariste (voir la répartition sur le schéma ci après) :

Cela aboutit à une réduction de la demande en eau avec plus de 36000 habitants accueillis
avec la même ressource.

En conclusion, on retient que plusieurs méthodes de tarification incitative existent mais elles
ne seront efficaces que si l’on sensibilise la population pour les économies d’eau.
L’émergence d’une politique de gestion de la demande est encore difficile mais il ne faudrait
pas attendre qu’on soit dans une situation de crise comme en Californie et en Espagne avant
d’en prendre conscience.

Questions/Réponses :

Quel serait l’impact de l’évolution de la consommation dans le cas d’habitats collectifs ?

A la suite de l’intervention de l’intervenante précédente, d’après les tests statistiques il ya


une forte corrélation entre le nombre d’habitants et la consommation en eau. Ainsi, en
augmentant de 10% le prix de l’eau, on peut baisser de 2% la consommation (ordre de
grandeur). Cet ordre de grandeur est à l’échelle communale donc avec des consommations
moyennes par habitants. A l’échelle du quartier cette valeur variera surement puisque la
densité de population n’est pas pareille partout suivant le type d’habitations : il ya des
maisons de grande surface et avec piscine où vivent 2 ou 3 personnes, tandis que d’autres
quartiers il y a essentiellement des appartements, ce qui constitue un facteur important.
De plus, la plupart des dimensionnements aujourd’hui sont faits sur la base des
consommations par habitants ce qui ne réflète pas la réalité, mais heureusement, cette
tendance est en train de changer.

Pour faire face à cette insuffisance qui est de considérer la valeur de la consommation,
Safège utilise deux hypothèses : hypothèse basse et hypothèse haute, et applique un ratio
(taux de sécurité) pour prendre en compte les variations éventuelles dans le futur. Alors on
se demande Quel est le cout de l’erreur si les consommations ne baissent pas telles que
dans les prévisions.

Le cout de l’erreur c’est qu’aujourd’hui on surdimensionne les réseaux. De toute façon, on


n’a pas le choix, on ne peut que considérer ces valeurs.
V. INFLUENCE DES ECONOMIES D’EAU SUR LES INSTALLATIONS EXISTANTES
Intervenants : Jean Coconi – Société des eaux de Marseille

Compte rendu :

M. Coconi nous a fait part d’un retour d’expérience sur la commune de Marseille. Sa société
des Eaux de Marseille est un groupe privé de service public rattaché au groupe Veolia. Cette société
regroupe 15 sociétés et est présente sur 200 communes. Il s’agit du 4ème distributeur d’eau français
(avec un chiffre d’affaire de 442 millions d’euros) puisqu’il dessert 1 335 000 personnes, mais il reste
très limité géographiquement. 45 stations d’eau potable et 60 stations d’épuration sont gérés par
Eaux de Marseille ce qui représentent 1 270 000 personnes. La société se distingue également par sa
présence dans l’ensemble du bassin méditerranéen notamment dans les pays du Maghreb.
Les usages de l’eau sont multiples et ne représentent pas tous la même proportion. Quand la
toilette et les sanitaires représentent environ 60% de la part d’eau quotidienne, l’eau pour boire et
cuisiner ne représente que 7%. D’autres chiffres sont à noter notamment celui d’un robinet qui fuit :
des études montrent qu’il peut représenter jusqu’à 50 000 litres d’eau par an, de même une chasse
d’eau présentant une avarie, peut consommer jusqu’à 10 fois plus d’eau qu’en temps normal. Des
économies d’eau apparaissent donc possible dans le cadre des foyers.

Si l’on s’intéresse à l’évolution de la demande en eau à Marseille, on constate que celle-ci est
très différente des prédictions faites par Eaux de Marseille par le passé. En effet, au cours de la
période 1975-1985, Eaux de Marseille a engagé des investissements en se basant sur des projections
de population. Malheureusement les résultats observés furent loin de ce que l’on imaginait. La
population attendue en 2000 ne sera effectivement atteinte qu’en 2030. Ces investissements ont
donc provoqué un surdimensionnement de la capacité de production. Si l’on s’intéresse à la
consommation d’eau potable, ce surdimensionnement est également flagrant puisqu’elle est passée,
entre 1995 et 2010 de 76 à 70 millions de m3 soit une diminution d’environ 8%.

Pour connaître les raisons de cette baisse de consommation, il est intéressant de l’étudier en
fonction des usagers. Pour les particuliers, la consommation a faiblement diminué tout comme pour
les industries, une baisse certainement due à la crise qui a vu la fermeture de quelques entreprises
régionales. C’est au niveau des municipalités qu’on remarque la plus forte baisse (63%), en effet ces
dernières avaient pour habitude d’utiliser de l’eau brute pour leur entretien notamment, aujourd’hui
il s’agit d’eau potable, beaucoup plus onéreuse. Un dernier point à relever est le fait que le
rendement du réseau a progressé de 8% pour atteindre 83%, ce qui explique également cette
diminution de la consommation.

L’augmentation du rendement est un défi pour Eaux de Marseille qui cherche, pour les
grandes villes à atteindre un résultat supérieur à 80%. En zone rurale, des rendements de ce type
sont très difficiles à atteindre. Pour obtenir ces résultats, il faut bien sûr gérer de façon correcte son
patrimoine mais également sectoriser afin de mieux « compter » l’eau. Des techniques curatives
comme l’amplification mécanique (détection des fuites en tout point du réseau, à l’aplomb de la
conduite) ou de corrélation acoustique (détection entre deux bouches) permettent de détecter les
fuites.

Pour ne pas réitérer les erreurs qui ont vu un surdimensionnement de la capacité de


production, Eaux de Marseille a décidé de réaliser un nouveau Schéma Directeur d’ici 2030. Celui-ci
sera accompagné d’un audit très fin du patrimoine et sera actualisé plus fréquemment sur les
besoins réels. Le programme de travaux sera cette fois-ci décliné sous forme de plans quinquennaux
afin d’être plus réactifs en cas de mauvaises projections.

En milieu rural, pour une commune de 1000 habitants, le problème semble différent. En
effet, pour dimensionner un réseau, il faut bien sûr se baser sur la population et ses besoins
quotidiens (300 litres d’eau par jour et par habitants) mais il faut également ajouter un coefficient de
sécurité et, aspect non négligeable, prévoir un poteau incendie. Au final, l’élément déterminant est,
dans le cas d’une petite ville, ce poteau incendie. De plus, il faut noter qu’une réduction de 4 à 5% de
la consommation d’eau n’entraine pas d’impact sur les diamètres de conduite.

Economiser l’eau, en optimisant les usages et en limitant les pertes, est évidemment un choix
à privilégier. Cela permet notamment de ne pas mettre à mal la ressource. Mais parfois, quand cette
dernière est suffisante, des effets pervers peuvent apparaître. Le prix de l’eau, notamment, n’aura de
cesse d’augmenter, en effet les communautés urbaines consommeront de moins en moins d’eau
tout en cherchant à maintenir leurs ressources financières. De même les agences de l’eau devront
maintenir leur niveau de revenus. Cette augmentation du prix sera probablement propice à une
augmentation notable du recours à des ressources alternatives (forages notamment) qu’il faudra
surveiller de près. Les économies d’eau peuvent également être à l’origine de problèmes de
traitements. En effet des économies d’eau ont tendance à faire augmenter la charge hydraulique en
entrée de station, alors que ce paramètre est déterminant dans la conception des stations et des
dysfonctionnements peuvent apparaitre en cas de variation.

Pour conclure, les économies d’eau et leurs conséquences positives connues (baisse de
l’impact sur la ressource et des achats d’eau, diminution des investissements pour le traitement …)
sont à mettre en face d’impacts négatifs comme l’augmentation du prix de l’eau ou les
dysfonctionnements de stations d’épuration.

Questions/réponses :

Pourriez-vous nous donner des informations complémentaires quant aux impacts des économies
d’eau sur les réseaux d’assainissement ? (Marine Moreau, étudiante STE 5 à Polytech’ Montpellier)

Ils ne sont pas pris en compte directement. On peut d’ailleurs considérer que des économies d’eau
de 4, 5 ou même 10% n’ont aucun impact sur le réseau, les tuyaux de 20cm de diamètre sont
conservés. Pour une station d’épuration il n’y a pas d’outils d’estimation.

Pourriez-vous nous donner des précisions sur les poteaux incendie ? (Michel Desbordes, professeur
retraité à Polytech’ Montpellier)

A Marseille, on ne demande qu’un poteau incendie au lieu de deux ce qui change complètement les
calculs. Les collectivités doivent assurer leur fonctionnement et parfois, on déplace les poteaux pour
éviter toute pénurie à l’avenir. A Marseille, il est arrivé que les pompiers se retrouvent sans eau.
VI. MISE EN PLACE D’UN POLITIQUE D’ECONOMIE D’EAU
Intervenant : Alain Guilbot maire de Murles

Compte rendu :

Murles est une commune française de 282 habitants située dans le département de
l’Hérault. Elle est située plus précisément à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de
Montpellier. C’est un village de garrigue historiquement alimenté par des citernes pluviales,
des puits et une source grâce à sa situation karstique. C’est aussi un village qui a voulu
entretenir une politique d’urbanisme loin des grandes politiques urbaines d’extension.

Auparavant l’eau de la source était élevée grâce à une éolienne puis, dans les années 50,
avec un moteur électrique jusqu’à une citerne située sous un bâtiment public en haut du
village qui permettait l’alimentation d’une fontaine publique à proximité de la mairie.

A partir de la fin des années 60, un suppresseur fut installé pour amener l’eau courante, puis
en 1973 le village fut raccordé au réseau du syndicat d’eau du Pic Saint Loup. L’eau fut, à
partir de ce moment, à volonté dans les maisons. La civilisation arrivait au village et par
conséquent les possibilités d’urbanisme aussi.

Près de 40 ans plus tard, la problématique des économies d’eau est redevenue
d’actualité pour les raisons suivantes :

- Accroissement de la population
- Ressource limitée face à un tel accroissement
- Prise de conscience du consommateur et nouvelle perception et pratique en termes de
gestion durable des ressources
- Augmentation du prix de l’eau

Dans le même temps, les intervenants dans le domaine de l’eau se sont multipliés. Les
dynamiques d’intercommunalité ont mutualisé les hommes, les moyens et les dynamiques
territoriales Des compétences ont été transférées.

A l’échelle d’une petite commune, de réelles possibilités d’intervention en termes


d’économies d’eau existent mais cette volonté locale doit s’inscrire dans des actions plus
larges. Il est impossible pour un élu locale de mettre en place une politique d’économie
d’eau à l’échelle de la commune sans s’intégrer dans des politiques plus larges.

Les intervenants dans le domaine de l’eau qui concerne Murles sont :

- Le SAGE Lez-Mosson-étangs palavasiens


- Le SCOT Pic Saint Loup Haute Vallée de l’Hérault
- Le SYBLE syndicat du bassin du Lez
- Conseil générale du département de l’Hérault
- La SAUR
- La communauté de commune du grand Pic Saint Loup
- La SMEA Pic Saint Loup

Il y a ainsi de nombreux acteurs qui interviennent dans la définition et la mise en place


d’une politique locale d’économie et de gestion durable de l’eau.
Du fait des nombreux acteurs dans le domaine de l’eau, le maire du village, pour mettre
en place une politique d’économie d’eau, doit être présent partout pour faire entendre
sa voix.
L’élu local doit intégrer l’ensemble de ces possibilités et s’appuyer sur ces outils pour
conforter les actions initiées à l’échelle de sa commune.
Différents niveaux sont envisageables :

- Réduction des fuites


- Politique tarifaire adaptée
- Diversification de la ressource en eau brute
- Type d’urbanisme
- Gestion des espaces publics
- Sensibilisation et information

En France, les pertes par fuites des 850 000 km de réseau d’eau potable représentent en
moyenne 25% des 6 milliard de m3 de volume prélevé par an. L’objectif pour un réseau
très bien entretenu est d’atteindre 15% ce qui représente un gain national de 600
millions de m3/an.
Le SMEA du Pic Saint Loup est, selon les années, entre 74 et 76 %. Du fait d’un réseau
long (456 km) en zone rurale, les progrès vont être difficiles.
Les fuites chez les particuliers sont surveillées et un système d’alerte a été mis en place
par le délégataire (SAUR).
Au sein de la commune une politique tarifaire adaptée et incitative est appliquée (voir
figure 1), il s’agit d’appliquer le principe « plus on consomme, plus on paye cher » sans
pour autant pénaliser d’éventuels industriels gros utilisateurs.

Grille tarifaire appliqué au village de Murles


La politique d’urbanisme du village est en cohérence avec la loi SRU qui favorise une
économie d’espace et l’économie de la ressource. On n’observe que le développement de
grandes parcelles urbanisables sur le modèle pavillonnaire conduit à de fortes
consommations.
Par exemple à Cazevieille, dans les très grandes parcelles (supérieures à 5 000 m2) la
consommation est de 390 m3/hab/an. Au contraire à Viols le Fort, où les habitats sont plus
regroupés et les parcelles plus petites la consommation est de 110 m3/hab/an.
Concernant le projet AQUADOMITIA, l’amenée de l’eau du Bas Rhône a permis l’utilisation
d’eau brute pour les jardins, les lavages des rues et des voitures. Certaines communes ont
prévues et imposées le double réseau (Saint Mathieu de Tréviers, Saint Gély).
A Murles, des ressources anciennes ont été réactivées (citernes pluviales, puits, fontaines et
réutilisation d’anciennes fosses septiques pour la récupération d’eau de pluie) pour des
usages spécifiques. De plus, les habitants ont mis en place des équipements de récupération
de l’eau de pluie (crédit d’impôt: 25% du montant plafonné des équipements éligibles
jusqu’au 31/12/2012)
Pour une optimisation de l’arrosage, les pelouses irriguées (qui consomme 1 m3/an/m2 en
général d’eau potable) sont remplacées par des prairies rustiques, des couvre-sol
gazonnantes, des vivaces méditerranéennes (utilisation d’une gamme végétale
méditerranéenne, résistante à la sécheresse et mieux adaptées aux économies d’eau). De
plus des pratiques d’irrigation (goutte à goutte) et de gestion des sols (décompactage,
broyats conservant l’humidité…) économe en eau sont appliquées.
Une politique d’information et de sensibilisation a permis de communiquer sur le projet

- Au niveau scolaire: SYBLE avec l’APIEU


- Au niveau des habitants: rencontres « Jardins de sécheresse », bulletin
municipal, relation avec l’assainissement (Murles), informations de la SAUR, plaquette du
CG34, actions de l’Agence de l’Eau…

Questions/Réponses :

Le problème des doubles réseaux est un surinvestissement, car ceux-ci coûte cher et ne
pourront être remplacé par la suite par manque de financement. De plus le bilan carbone
de ce double réseau et très mauvais.

Le double réseau est réalisé pour les communes proches du canal BRL. Le problème de ce
double réseau est qu’il entraine un déséquilibre budgétaire qui engendre une augmentation
du prix de l’eau. Cependant ceci permet la préservation des ressources.
Malgré l’augmentation de la population on observe une diminution des volumes vendus.
Ceci est dû à la multiplication des forages. Le problème de ces forage individuelle est qu’il
sollicite la ressource collectives et sont exploité de manière non régulé. De plus il crée un
déséquilibre budgétaire.

Est-ce que les compteurs d’eau ne sont pas mal placés ? Pourquoi ne pas les placer sur les
réseaux d’eau usée ?

L’eau usée causerait d’importants dysfonctionnements au compteur d’eau.


Le canal BRL sert surtout à l’alimentation en eau potable, l’irrigation des parcelles agricoles
et des espaces verts. Les doubles réseaux sont très marginaux. Le canal BRL permet de lutter
contre la disparition des espaces agricoles entre autre.

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