Analyse du radar GPR pour Exomars
Analyse du radar GPR pour Exomars
Alia HAMADI
Le Mardi 9 Novembre 2010
Je tiens dans un premier temps à adresser mes remerciements les plus vifs
à Monsieur Alain Reineix, Directeur de recherche CNRS, pour son accueil et pour
avoir dirigé ces travaux de doctorat, ainsi que pour m'avoir fait confiance et
transmis une large partie de ses connaissances scientifiques, ainsi que de m'avoir
souvent apporté des solutions, sinon des conseils judicieux durant les trois
années de these.
ces travaux.
ces travaux.
amis.
2
3
Table des matières
Introduction générale 13
Chapitre I 17
Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars 17
I.1. Introduction 19
I.2. Explorer la planète Mars 19
I.2.1. Objectifs de l’exploration de Mars 19
I.2.2. Présence d’eau sur Mars 20
I.2.3. La géologie et minéralogie de Mars 22
I.3. Mission Exomars 24
I.3.1. Objectifs de la mission 24
I.3.2. Le Rover de la mission 25
I.3.3. Le Radar Wisdom 26
I.4. Radar GPR (Ground Penetrating Radar) 27
I.4.1. Principe de fonctionnement 28
I.4.2. Quelques applications des radars GPR 29
I.4.3. Techniques de modulation d’un radar GPR 31
I.4.3.1. Radar impulsionnel 31
I.4.3.2. Radar à vobulation linéaire de fréquence 32
I.4.3.3. Radar à modulation de fréquence (radar à saut de fréquence) 33
I.4.4. Paramètres de performance d’un radar GPR 34
I.4.4.1. Équation radar 34
I.4.4.2. Dynamique du système 37
I.4.4.3. Rapport signal sur bruit 37
I.4.4.4. Profondeur de pénétration (portée maximum du radar) 37
I.4.4.5. Résolution spatiale 38
I.4.5. Différents configurations d’acquisition 40
I.4.5.1. Mode réflexion 40
1
a. Mode à offset constant 40
b. Mode à offset variable 41
I.4.5.2. Mode transmission 41
I.4.6. Différents types d’enregistrements des signaux radars 42
I.4.7. Traitement et interprétation des signaux radars 44
I.5. Méthodes de modélisation de matériaux diélectriques et homogènes 45
I.5.1. La perméabilité magnétique 46
I.5.2. La conductivité électrique 47
I.5.3. La permittivité électrique 48
I.5.4. Modèles de modélisation des paramètres diélectriques 49
I.5.4.1. Modèle de Debye 50
I.5.4.2. Modèle de Cole-Cole 51
I.6. Réflexion et transmission à l’interface 51
I.6.1. Polarisation perpendiculaire au plan d’incidence (mode TE) 52
I.6.2. Polarisation parallèle au plan d’incidence (mode TM) 54
I.7. Conclusion 55
Chapitre II 57
Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR 57
II.1. Introduction 59
II.2. Antennes ULB et applications en GPR 59
II.2.1. Antennes Cornets 61
II.2.2. Antennes papillons 62
II.2.3. Dipôles Wu-King 63
II.2.4. Antennes à transition progressive (Vivaldi) 63
II.2.5. Antennes à spirale logarithmique 64
II.3. Méthodes numériques utilisées en simulation électromagnétique 66
II.3.1. Méthode des différences finies (FDTD) 66
II.3.1.1. Principe de l’algorithme de FDTD 66
II.3.1.2. Equations de Maxwell 67
2
II.3.1.3. Maxwell aux différences centrées et l’algorithme de Yee 68
II.3.1.4. Discrétisation dans l’espace et dans le temps 69
II.3.1.5. Stabilité de calcul et dispersion numérique 70
II.3.2. Couches absorbantes et PML 71
II.4. Principe d’un modèle de rayonnement équivalent 73
II.4.1. Position du problème 73
II.4.2. Principe de Huygens Fresnel 73
II.4.2.1. La contribution de Huygens 73
II.4.2.2. La contribution de Fresnel 74
II.4.2.3. Le théorème d’équivalence 74
II.4.3. Application du théorème d’équivalence à partir des sources dipolaires 77
II.4.3.1. Conditions exigés pour le système antennaire 77
II.4.3.2. Calcul des sources équivalentes à partir des courants surfaciques 80
II.4.3.3. Mise à jour du champ dans le volume FDTD 82
II.5. Méthodologie pour une antenne large bande 84
II.5.1. Méthodologie pour un modèle de rayonnement 84
II.5.1.1. Traitement du signal fréquentiel 84
II.5.1.2. Validation du modèle de rayonnement 88
II.5.2. Validation sur une antenne Vivaldi 88
II.5.3. Etude du couplage entre les antennes et le Rover 91
II.6. Conclusion 93
Chapitre III 95
Modèle complet d’antenne en émission et réception 95
III.1. Introduction et choix du modèle 97
III.2. Formalisme de Holland 97
III.2.1. Théorie 97
III.2.2. Limitation et proposition d’un autre formalisme 100
III.3. Formalisme des fils obliques 100
III.3.1. Equations de base 100
3
III.3.2. Principe de calcul 101
III.4. Modèle complet d’antenne 104
III.4.1. Modèle d’antenne utilisant les fils oblique 105
III.4.1.1. Courant rayonné par l’antenne d’origine et approche proposée 106
III.4.1.2. Distribution des charges résistives 108
III.4.1.3. Durée d’impulsion et forme d’onde 112
III.5. Facteur d’antenne (FA) 114
III.6. Synthèse de polarisation 115
III.6.1. Définition d’un radar polarimétrique 116
III.7. Synthèse des différents cas de polarisation 117
III.7.1. Calcul du couplage entre les antennes d’émission et de réception 117
III.7.2. Synthèse de la polarisation HH-HV 118
III.7.3. Synthèse de la polarisation VH-VV 119
III.7.4. Comportement polarimétrique du radar complet 120
III.8. Conclusion 123
Chapitre IV 125
Prédiction comportemental du radar Wisdom 125
IV.1. Introduction 127
IV.2. La rugosité 127
IV.3. Paramètres de rugosité 128
IV.3.1. Profil déterministe 130
IV.3.2. Profil statistique 130
IV.3.3. Modélisation de la surface martienne 130
IV.3.3.1. Génération des surfaces rugueuses par méthode fractale 131
IV.3.3.2. Génération des surfaces rugueuses par méthode spectrale 133
IV.4. Méthodologie pour la prédiction d’une acquisition radar 135
IV.4.1. Principe de la méthode 135
IV.4.2. Obtention des acquisitions 138
IV.4.3. Reconstruction d’une image 2D 140
4
IV.5. Méthode développée pour caractériser une surface rugueuse 143
IV.5.1. Première approche : régime impulsionnel 144
IV.5.1.1. Principe de la méthode 144
IV.5.1.2. Présentation des résultats 145
IV.5.1.3. Calcul de Hrms et de Lc 147
IV.5.2. Deuxième approche fréquentielle 150
IV.5.2.1. Principe de la méthode 150
IV.5.2.2. Comparer un profil calculé à un profil réel 152
IV.5.2.3. Calcul de Hrms et de Lc 154
IV.6. Méthode pour mesurer la permittivité du sol 157
IV.6.1. Méthodologie proposée pour mesurer la permittivité 159
IV.6.1.1. Cas sol lisse 159
a. Approche temporel 159
b. Approche fréquentielle 161
IV.6.1.2. Cas sol rugueux 163
a. Approche temporelle 163
b. Approche fréquentielle 165
IV.7. Conclusion 167
Conclusions et perspectives 169
Bibliographie 171
5
6
Liste des figures
Figure I-1. A gauche : photo de la planète Mars (Image : ESA). A droite : Image de la
surface de la planète Mars captée par la sonde Phoenix .......................................................... 20
Figure I-2. Formation de ces canaux liée au jaillissement d’eau liquide provenant d’une
source enfouie. L’eau est restée à l’état liquide pour éroder les roches et former ces canaux
(Photo : NASA/JPL/MSSS) ..................................................................................................... 22
Figure I-3. A gauche : photo qui montre la structure géologique (Image : ESA).
.................................................................................................................................................. 23
Figure I-4. Rover de la mission Exomars ....................................................................... 26
Figure I-5. Eléments composants un GPR...................................................................... 29
Figure I-6. Technique de sondage par géoradar.............................................................. 30
Figure I-7. Signal émis par un radar impulsionnel ......................................................... 32
Figure I-8. Principe de la modulation de fréquence FMCW .......................................... 33
Figure I-9. Principe d’un radar à saut de fréquence........................................................ 34
Figure I-10. Variation de la résolution spatiale en fonction de la fréquence pour
différentes valeurs de la permittivité........................................................................................ 39
Figure I-11. Mode réflexion à offset constant. Le profil radar s’obtient en déplaçant les
antennes le long d’une ligne horizontale.................................................................................. 40
Figure I-12. Mode CMP. La distance entre les antennes augmente le long du profil du
radar.......................................................................................................................................... 41
Figure I-13. Mode transmission. Pour chaque position de l’antenne émettrice, une série
de mesures est effectuée en déplaçant l’antenne réceptrice. .................................................... 42
Figure I-14. Acquisition Ascan....................................................................................... 43
Figure I-15. Acquisition Bscan ....................................................................................... 44
Figure I-16. Représentation du type Cscan..................................................................... 44
Figure I-17. Influence des différentes polarisations en fonction de la fréquence........... 48
Figure I-18. Schéma représentant les phénomènes de réflexion et de transmission à
l’interface entre deux milieux qui représentent des contrastes diélectriques différents........... 52
Figure II-1. Exemple d’un signal ULB impulsionnel ..................................................... 60
7
Figure II-2. À gauche : antenne cornet classique. A droite : cornet ridgé ...................... 62
Figure II-3. Antenne papillon ......................................................................................... 63
Figure II-4. Antenne Vivaldi .......................................................................................... 64
Figure II-5. A gauche : antenne spirale logarithmique. A droite : courbes spiralées ..... 65
Figure II-6. A gauche : cellule de Yee (représentation de discrétisation spatiale). A
droite : différences finies.......................................................................................................... 69
Figure II-7. Onde électromagnétique traversant une ouverture dans un écran pour
atteindre un point d’observation............................................................................................... 74
Figure II-8. Représentation de la surface effective avec les deux domaines intérieurs et
extérieurs .................................................................................................................................. 75
Figure II-9. Vue des antennes montées sur le Rover ...................................................... 78
Figure II-10. La boite d’antennes montée sur le Rover incluant des couples d’antennes
Vivaldi perpendiculaires entre eux........................................................................................... 79
Figure II-11. Schéma d’une source dipolaire située à l’intérieur d’une surface de
Huygens.................................................................................................................................... 82
Figure II-12.A gauche : Localisation des composante E et H sur la surface de Huygens
en mode TE. A droite : localisation des composantes E et H sur la surface de Huygens en
mode TM .................................................................................................................................. 83
Figure II-13. Organigramme du traitement..................................................................... 85
Figure II-14: Amplitude de la sino-gaussienne............................................................... 86
Figure II-15. A gauche : Antenne Vivaldi maillée avec « FEKO ». A droite : Modèle
d’antenne représentée par les sources dipolaires (chaque étoile représente deux dipôles
élémentaires (Ix, Iy ).................................................................................................................. 86
Figure II-16. A gauche : Spectre du courant correspond à la composante Ix. A droite :
Spectre du courant correspond à la composante Iy (Ces deux courants représentent le courant
porté par un seul dipôle)........................................................................................................... 87
Figure II-17. A gauche : Résultat en temporel de la composante Ix après l’application du
IFFT. A droite : Résultat en temporel de la composante Iy après l’application du IFFT. ....... 87
Figure II-18. Cartographie du champ proche mesuré dans le plan de l’antenne ............ 88
Figure II-19. A gauche : composante verticale Eθ dans le plan φ = 0°. A droite :
composante horizontale Eφ dans le plan φ = 0°........................................................................ 89
8
Figure II-20. A gauche : composante verticale Eθ dans le plan φ = 90°. A droite :
composante horizontale Eφ dans le plan φ = 90°...................................................................... 89
Figure II-21. Composante horizontale Eφ dans le plan φ = 0° lorsque l’antenne est située
dans le plan (XOY) et dans le cas où l’antenne est tournée de θ=30° .................................... 90
Figure II-22. A gauche : Directivité en 3D (résultat Temsi-FD). A droite : Directivité en
3D (résultat FEKO). ................................................................................................................. 90
Figure II-23. Vue schématique du Rover avec une antenne émettrice. Les points bleus
montrent les positions des sources dipolaires .......................................................................... 92
Figure II-24. A gauche : Cartographie du champ proche mesuré à l’interface air-sol. A
droite : Cartographie du champ proche mesuré à l’interface air-sol en présence du Rover..... 92
Figure III-1. Représentation du courant et de la charge au sein d’une maille traversée
par un fil ................................................................................................................................... 98
Figure III-2. Volume d’intégration centré autour de la composante Ez,1,m utilisé pour le
calcul de l’impédance Lz,1,m ................................................................................................... 101
Figure III-3. Intersection entre le segment k du fil et la cellule de Yee numérotée m . 102
Figure III-4. Modèle d’antenne dont le contour est délimité par des fils et son
diagramme de rayonnement ................................................................................................... 105
Figure III-5. Antenne représentée par des fils et son diagramme de rayonnement ...... 106
Figure III-6. A gauche : Cartographie du courant mesuré dans le plan de l’antenne. A
droite : Modèle d’antenne basant sur les fils obliques chargés .............................................. 107
Figure III-7. A gauche : Modèle d’antenne basée sur les fils obliques chargés (situé dans
le plan XOY). Adroite : Valeur des résistances en fonction de la position des fils sur l’antenne
filaire ...................................................................................................................................... 109
Figure III-8. A gauche : composante verticale Eθ dans le plan φ = 0°. A droite :
composante horizontale Eφ dans le plan φ = 0°...................................................................... 110
Figure III-9. A gauche : composante verticale Eθ dans le plan φ = 90°. A droite :
composante horizontale Eφ dans le plan φ = 90°.................................................................... 111
Figure III-10. Vu 3D de la directivité dans le cas de l’antenne Vivaldi (A gauche) et
celui du modèle d’antenne filaire (A droite) ......................................................................... 111
Figure III-11. Forme temporelle (à gauche) et fréquentielle (à droite) du courant émis
par l’antenne pour une tension d’excitation qui a une forme d’une sino-gaussienne. ........... 113
9
Figure [Link]éma de modélisation avec les deux antennes et le sol (à gauche).
Signal mesuré à la réception (à droite)................................................................................... 113
Figure III-13. Schéma représentatif du calcul de FA pour un doublet d’antenne......... 114
Figure III-14. Module du FA (facteur d’antenne) pour un doublet d’antenne.............. 115
Figure III-15. a. Onde émise et reçue par un radar fonctionnant en mode de polarisation
horizontale en émission et en réception ou mode HH. b. Onde émise
et reçue par un radar fonctionnant en mode de polarisation verticale en émission et en
réception ou mode VV. c. Ondes émise
et reçue par un radar fonctionnant en mode de polarisation horizontale en émission -
polarisation verticale en réception ou mode HV. d. Ondes
émise et reçue par un radar fonctionnant en mode de polarisation verticale en émission -
polarisation horizontale en réception ou mode VH................................................................ 117
Figure III-16. L’ensemble des antennes (modèle filaire) en configuration semblable à
celle de la mission Exomars ................................................................................................... 118
Figure III-17. Calcul des polarisations HH et HV (vu de haut des antennes) .............. 119
Figure III-18. Calcul des polarisations VV et VH (vu de haut des antennes) ............. 119
Figure III-19. A gauche : courant pour les polarisations (HH, HV, VH et VV). A droite :
Champ pour les polarisations (HH, HV, VH et VV) après application de la fonction de
transfert................................................................................................................................... 121
Figure III-20. Évolution du courant en fonction de la rugosité du sol dans le cas de la
polarisation HH (à gauche) et de la polarisation VV (à droite).............................................. 122
Figure III-21. Évolution du courant en fonction de la rugosité du sol dans le cas de la
polarisation HV (à gauche) et de la polarisation VH (à droite).............................................. 123
Figure IV-1. Modèle géologique du sol martien qui montre les différentes strates
séparées par des interfaces rugueuses .................................................................................... 128
Figure IV-2. a-Réflexion spéculaire b-Réflexion partiellement diffuse c-Réflexion
diffuse..................................................................................................................................... 131
Figure IV-3. Le flocon de neige de Von Koch ............................................................. 132
Figure IV-4. Courbe de Von Koch ............................................................................... 133
Figure IV-5. Évolution du triangle de Sierpinski au cours des itératifs effectués ........ 133
Figure IV-6. Génération d’un profil rugueux par méthode spectrale ........................... 134
10
Figure IV-7. Influence de Hrms sur un profil rugueux de Lc constante ......................... 134
Figure IV-8. Schéma représentatif de l’algorithme de troncature qui permet de simuler
le déplacement du radar.......................................................................................................... 136
Figure IV-9. Principe de reconstruction d’un B-scan. La recombinaison des B-Scans
produit une vue 3D de l’objet cherché ................................................................................... 137
Figure IV-10. Vu simplifié d’un volume de calcul....................................................... 137
Figure IV-11. Scène globale à imager contenant la faille............................................. 139
Figure IV-12. A gauche : le courant résultant d’une scène qui contient le milieu de
propagation avec la faille. A droite : le courant résultant d’une scène ne contenant pas la
faille........................................................................................................................................ 140
Figure IV-13. A gauche : signal dû uniquement à la faille. A droite : radargramme pour
une scène montrant le couplage directe entre les antennes .................................................... 140
Figure IV-14. A gauche : B-scan en polar HH. A droite : B-scan en polar VV ........... 141
Figure IV-15.A gauche : B-scan en polar HV. A droite : B-scan en polar VH ........... 141
Figure IV-16.A gauche : B-Scan en polar HH dans le cas sol lisse. A droite : B-Scan en
polar HH dans le cas sol rugueux........................................................................................... 142
Figure IV-17. A gauche : B-Scan en polar VV dans le cas sol lisse. A droite : B-Scan en
polar VV dans le cas sol rugueux........................................................................................... 142
Figure IV-18. A gauche : B-Scan en polar HV dans le cas sol lisse. A droite : B-Scan en
polar HV dans le cas sol rugueux........................................................................................... 143
Figure IV-19. A gauche : B-Scan en polar VH dans le cas sol lisse. A droite : B-Scan en
polar VH dans le cas sol rugueux........................................................................................... 143
Figure IV-20. Schéma représentatif de la méthode de caractérisation d’un profil rugueux
................................................................................................................................................ 145
Figure IV-21. Profil réel et reconstruit par la méthode temporel en Co- polar (à gauche)
et en Cross- polar (à droite) pour Hrms=0.01 m et Lc=0.33 m ................................................ 146
Figure IV-22. Profil réel et reconstruit par la méthode temporel en Co-polar (à gauche)
et en Cross- polar (à droite) pour Hrms=0.05 m et Lc=0.33 m ................................................ 147
Figure IV-23. Fonctions d’autocorrélation théorique et mesurées (dans le cas du Co- et
Cross polar) et dans les deux cas où Hrms=0.01 m et LC=0.33 m (à gauche) et Hrms=0.05 m et
LC=0.33 m (à droite)............................................................................................................... 148
11
Figure IV-24. Phase en fonction de nombre de scènes visualisé à plusieurs fréquences
(phase avant correction en bleu et après correction en rouge) ............................................... 151
Figure IV-25. Phase en fonction de la fréquence pour différentes positions du radar.. 151
Figure IV-26. Profil réel et reconstruit par la méthode fréquentielle en Co- et Cross-
polar pour Hrms=0.01 m, Lc=0.33 m et pour f=0.5 GHz........................................................ 153
Figure IV-27. Profil réel et reconstruit par la méthode fréquentielle en Co- et Cross-
polar pour Hrms=0.01 m, Lc=0.33 m et pour f=3 GHz........................................................... 153
Figure IV-28. Profil réel et reconstruit par la méthode fréquentielle en Co- et Cross-
polar pour Hrms=0.05 m, Lc=0.33 m et pour f=0.5 GHz........................................................ 154
Figure IV-29. Profil réel et reconstruit par la méthode fréquentielle en Co- et Cross-
polar pour Hrms=0.05 m, Lc=0.33 m et pour f=3 GHz........................................................... 154
Figure IV-30. Hrms en fonction de la fréquence (Co- et Cross-polar) pour les deux cas
Hrms=0.01 m et LC=0.33 m (à gauche) et Hrms=0.05 m et LC=0.33 m (à droite) .................... 155
Figure IV-31. Calcul de la permittivité du sol à partir de la signature d’un point ponctuel
qui est hyperbole .................................................................................................................... 158
Figure IV-32. Calcul de l’angle d’incidence θ.............................................................. 160
Figure IV-33. Valeur de la permittivité en fonction de la fréquence pour le cas où le sol
a une permittivité relative εr=4 (A gauche) et εr=6 (A droite) ............................................... 162
Figure IV-34. Calcul du courant réfléchit par un pic situé sur la surface rugueuse ..... 164
Figure IV-35. Valeur de la permittivité en fonction de la fréquence dans le cas où εr=4
(A gauche) et εr=6 .................................................................................................................. 166
12
Introduction générale
Avec l’exploration de l’espace, l’étude des planètes du système solaire s’oriente vers un
besoin grandissant de meilleure compréhension de la géologie, qui a donné lieu durant ces
dernières années, à un développement important des travaux de recherches orientés sur
l’analyse du sous-sol et l’amélioration de technique de sondage par GPR. L’exploration de
Mars constitue aujourd’hui l’objectif prioritaire des prochaines missions planétaires du
système solaire. Les principaux objectifs de l’exploration de Mars sont la recherche de signes
de vie passée ou présente, l'étude de la distribution de l'eau dans le sous-sol martien, la
caractérisation du climat martien, l’étude de la géologie de Mars et préparer de futures
missions habitées. En effet, la recherche de l’eau sur Mars est l’un des principaux objectifs
des missions martiennes. Cette eau ne peut exister sous forme liquide que dans des réservoirs
souterrains, à des profondeurs variables en fonction de la latitude mais très probablement
supérieures à plusieurs centaines de mètres. Les deux premières missions à destination de
Mars qui devaient comporter un GPR, les missions MARS’96 et NETLANDER ont
malheureusement avorté. Aujourd’hui, l’Agence Spatiale Européenne poursuit les missions
martiennes dans le cadre du programme Aurora.
Depuis plusieurs années, les activités radar ont été entreprises par notre Laboratoire
dans le cadre d’une coopération avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique).
Ce thème de recherche a été poursuivi avec l’étude du GPR de la mission NETLANDER pour
le compte du LATMOS (Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales).
Aujourd’hui la coopération avec LATMOS se poursuit à travers la mission Exomars. Les
objectifs sont d’explorer la planète Mars par l'homme et plus généralement créer un plan
13
européen à long terme d'exploration des objets du système solaire et particulièrement de ceux
qui pourraient contenir des traces de vie. Cette mission consiste entre autres à envoyer sur la
surface de la planète Mars un véhicule automatisé équipé d'instruments de mesures
scientifiques destinés à la recherche de traces de vie. Dans ce mémoire, l'activité de recherche
est focalisée sur l’instrument WISDOM (Water Ice Subsurface Deposits Observation On
Mars), qui est un GPR dont les principaux objectifs scientifiques sont de sonder le sous-sol de
Mars jusqu'à quelques mètres de profondeur pour détecter de l’eau et étudier les structures
géologiques. Cette étude a pour objectif de caractériser le sous-sol proche de Mars. Pour cela,
notre travail s'est déroulé en trois phases. La première a consisté à trouver un modèle de
rayonnement large bande permettant de modéliser le rayonnement des antennes du GPR. La
deuxième a permis de développer des outils permettant de simuler des scènes de différentes
compositions en optimisant le temps de calcul. La troisième phase de cette thèse a permis de
développer deux techniques pour caractériser une surface rugueuse. Ainsi cette approche sera
exploitée pour ensuite développer deux méthodes pour calculer la permittivité du sol en
temporel et en fréquentiel. Ce manuscrit s’articule autour de quatre chapitres :
Dans le deuxième chapitre, nous faisons un rappel des différents types d’antenne
pouvant être utilisés en technique GPR. La méthode FDTD sur laquelle est basée le code de
calcul que nous avons utilisé en simulation sera présentée. Le principe d’un modèle de
rayonnement équivalent, qui sera appliqué pour la génération d’un modèle de rayonnement
large bande, sera ensuite introduit. Ce modèle de rayonnement remplace les antennes
d’émission du GPR pour voir l’effet du Rover et du sol sur le diagramme de rayonnement de
l’antenne.
Dans le troisième chapitre, nous allons présenter un modèle complet d’antenne filaire
basé sur un nouveau formalisme des fils obliques qui est une extension du formalisme de
Holland. Ce modèle d’antenne filaire va ensuite être appliqué dans la synthèse d’une méthode
14
permettant le calcul de différents cas de polarisation pour étudier le comportement du radar
polarimétrique.
Le dernier chapitre porte sur les problèmes relatifs aux sols réalistes. Les sols seront
caractérisés par un ensemble de paramètres. Ensuite on évoquera une technique pour la
prédiction d’une acquisition radar. Cette technique sera exploitée pour développer une
méthode permettant de caractériser une surface rugueuse. Enfin, deux méthodes en régime
impulsionnel et fréquentiel seront présentées pour le calcul de la permittivité du sol.
15
16
Chapitre I
17
18
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
I.1. Introduction
Le radar GPR (Ground Penetrating Radar) est un outil de sondage non destructif et
performant permettant l’exploitation du sous-sol visant à étudier la composition et la structure
de ce dernier. Son principe repose sur l’interaction des ondes électromagnétiques avec les
hétérogénéités du milieu.
Dans ce chapitre, va être présenté le contexte général de cette thèse. Nous allons, dans
un premier temps, donner une description générale de la planète Mars en décrivant
brièvement sa structure, sa géologie et la présence d’eau dans la perspective de la recherche
d’une possible vie sur Mars. Nous ferons ensuite un bref retour sur la mission Exomars en
révélant ses principaux objectifs et en décrivant ses instruments. On rappellera également
notre rôle au sein de cette mission spatiale. Ensuite, on détaillera le principe de
fonctionnement du GPR, ses techniques de modulation et ses principales applications dans
divers domaines. On va aussi évoquer la théorie de l’électromagnétisme et les différentes lois
régissant la propagation d’ondes dans un milieu ainsi que les paramètres caractérisant le
comportement électromagnétique du milieu.
19
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
Figure I-1. A gauche : photo de la planète Mars (Image : ESA). A droite : Image de
la surface de la planète Mars captée par la sonde Phoenix
Depuis le début des années 1960, près de quarante sondes, orbiteurs et atterrisseurs, ont
été envoyées vers Mars, faisant d'elle la planète la mieux connue après la Terre. Les Etats-
Unis, l’Europe et le Japon ont relancé un programme d’exploration vers Mars. Les missions
martiennes Pathfinder (1997), Mars Global Surveyor (1999) ont fourni non seulement des
images à haute résolution de la surface de la planète, mais aussi permis une analyse fine de la
topographie et de la composition minéralogique du sol.
L'objectif de ces missions est de recueillir les données permettant de comprendre son
histoire et de répondre à la question de la vie sur Mars. En outre, grâce à la planétologie
comparée, ces informations apportent souvent des réponses capitales sur le passé, le présent et
le futur de notre planète.
La recherche de l’eau sur Mars est une étape non seulement nécessaire pour la
compréhension de l’évolution géologique, géomorphologique et climatique de la planète,
mais aussi dans la perspective de la recherche d’une vie éventuelle sur Mars.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
Dans un contexte international, la recherche de l’eau sur Mars apparaît depuis plusieurs
années comme l’un des principaux objectifs scientifiques des missions martiennes de la
NASA (National Aeronautic Space Administration, Etats-Unis), de l’ISAS (Institut of Space
and Astronomical Science, Japon), de l’ESA (European Space Agency, Europe) et du CNES
(Centre National d’Etudes Spatiales, France).
Mars est aujourd'hui un monde désolé, balayé par les tempêtes de poussières, et plus
aride que les déserts terrestres. Les températures moyennes, bien inférieures à 0° Celsius, et la
faible pression atmosphérique 6 hectopascals en moyenne, interdisent la présence d'eau
liquide à sa surface. L'eau existe donc encore sur Mars, mais pas sous forme liquide. Il existe
d'abord dans le sous-sol martien une couche de glace d'eau solide appelée le permafrost. Il y a
également de l'eau sous forme de glace dans les régions polaires.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Figure I-2. Formation de ces canaux liée au jaillissement d’eau liquide provenant
d’une source enfouie. L’eau est restée à l’état liquide pour éroder les roches et former ces
canaux (Photo : NASA/JPL/MSSS)
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Figure I-3. A gauche : photo qui montre la structure géologique (Image : ESA).
A droite : photo prise par le spectromètre Omega pour retracer l’histoire géologique de
Mars
Les basaltes et les andésites sont les deux roches terrestres les plus communes, ce qui
prouve que les deux planètes ont du connaître un volcanisme de même nature.
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ExoMars est le nom d'une mission spatiale dans le cadre du programme Aurora de
l’ESA (Agence spatiale européenne) [3]-[4]. En 2018, l'ESA lancera une sonde spatiale vers
la planète Mars. La mission Exomars a pour objectif d’envoyer sur la surface de Mars un
rover automatisé équipé d'instruments de mesures scientifiques dans l’objectif est de faire in
situ des expériences pour analyser le sous- sol martien par prélèvement d'échantillons dont
l’objectif est de rechercher de traces de vie passée ou présente dans le sol martien.
- Etudier les phénomènes de l'entrée dans l'atmosphère de Mars ainsi que la descente et
celui de l'atterrissage de la sonde sur la surface de Mars
- Possibilité de gérer une mobilité avec un rover sur Mars pour des distances allant jusqu’à
quelques kilomètres
- Acquérir des échantillons sur Mars avec une foreuse à une profondeur de deux mètres
Cependant, pour atteindre ces objectifs, deux séries d'instruments sont mis à disposition
: une série mobile à bord d'un Rover équipé d'instruments de sondage du sol et du sous-sol
(charge utile Pasteur) et une autre série à coté du module de surface (charge utile Humboldt).
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Le Rover (Figure I-4) est un robot mobile à six roues destiné à la recherche en géologie.
Il est conçu de façon à faire un parcours de plusieurs kilomètres à la recherche de traces de
vie éventuelle passé ou présente. Ce rover est accompagné d’une foreuse responsable des
prélèvements d’échantillons jusqu’à une profondeur d’environ de deux mètres dans le sous-
sol martien. Egalement, le rover est équipé d’un système SPDS (Sample Preparation and
Distribution System) permettant de contrôler les échantillons prélevés. Il prépare les
échantillons, les analyses et envoie ensuite les résultats vers la Terre. Le Rover est également
équipé de la charge utile Pasteur comportant plusieurs instruments différents.
Pour s’équiper de l’énergie nécessaire le rover utilisera l’énergie électrique générée par
quatre panneaux solaires dont la surface est de deux mètres carrés. Il sera également équipé de
caméras panoramiques qui lui permettront de tracer ses itinéraires et de limiter les
communications avec la terre qui sont généralement rares et courtes et assurées par une sonde
de la Nasa. Le rover doit accomplir un ensemble de taches qui consiste à analyser la
composition de la surface martienne à l’aide d’un ensemble d’instruments. Ces analyses
serviront pour la caractérisation chimique et minéralogique du sous-sol et pour identifier les
processus géologiques et géochimiques.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
Le radar Wisdom est un radar à pénétration de sol (GPR) choisi pour faire partie de la
charge utile Pasteur à bord du Rover de la mission Exomars [5]-[8]. Il a été conçu pour
caractériser la structure du sous-sol martien. Il sera notamment possible de donner accès à la
structure géologique, la nature électromagnétique et l’état hydrologique [9]-[10] du sous-sol
martien. Il abordera également des questions scientifiques importantes concernant l’état
actuel et l’évolution dans le passé de la planète. Les données mesurées seront également
utilisées pour déterminer les endroits les plus favorables pour obtenir des échantillons du
sous-sol martien avec un système de forage monté à bord du rover. L’objectif du radar est
d’obtenir des mesures à haute résolution jusqu’à 3 m de profondeur dans le sous-sol martien
dans le but de déterminer la stratigraphie et la géomorphologie du sous-sol et de ses propriétés
électriques. Wisdom va également aider à identifier les couches sédimentaires où il est fort
probable que des molécules organiques soient conservées et aident à la recherche des signes
de vie passés. Il offrira une résolution de quelques centimètres en profondeur et d’environ 10
cm horizontalement selon la distance entre les positions successives du radar.
Wisdom est un radar à saut de fréquence fonctionnant dans la bande [0.5-3] GHz. Il
réalisera des mesures polarimétriques qui augmente significativement sa capacité à rechercher
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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les propriétés des réflecteurs (dimension, forme, nature) et à analyse les interfaces (rugosité).
Pour ce faire le radar utilise huit antennes ultra large bande de type Vivaldi.
Le radar géologique (ou Ground Penetrating Radar) est une méthode d’investigation et
de prospection géophysique du proche sous-sol rapide et non destructive, basée sur la
propagation et la réflexion d'ondes électromagnétiques permettant d'imager la structure du
sous-sol selon les contrastes des paramètres diélectriques (permittivité diélectriques et
conductivité électrique).
Le radar sol a connu depuis une trentaine d’années une évolution considérable. Les
premières références de l’utilisation des impulsions électromagnétiques comme outil
d’investigation, remontent aux années 20, sous la forme de brevets allemands mais ce n’est
que pendant la seconde guerre mondiale que furent développés les premiers RADARs (Radio
Detection and Ranging) basés sur les propriétés de propagation des ondes électromagnétiques
à des fréquences élevées. Cependant, dans les années 70, les premières utilisations du radar
sol était strictement militaire, concernaient la détection de tunnels en Corées et très vite la
détection de mines anti-personnelles. Les premiers géoradars commerciaux furent proposés en
1974 par la compagnie Geophysical Survey Systems Inc (GSSI). La technique des GPR a été
depuis abondamment utilisée par les ingénieurs dans le domaine civil à partir des années 70.
Toutefois, les premiers géoradars autorisant des prospections performantes n’ont été
commercialisés qu’au début des années 90. Depuis, le nombre d’utilisateurs de cette
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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technique n’a cessé de croître, et les géoradars de surface sont aujourd’hui employés dans des
domaines d’application très variés s’étendant jusqu’aux applications spatiales.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Les systèmes GPR permettent d'obtenir des images très précises et détaillées du sous-sol
sondé (Figure I-6). En fait, dans l’analyse de sous-sols par méthodes de sondage non
destructif, ces systèmes ont pris une place importante ces dernières années en vue
d’applications dans des domaines aussi variés que le génie civil ou le spatial. Dans le premier
cas il s’agit de détecter des objets enfouis. Dans le second cas, des radars à destination de
Mars posés sur la planète, ils doivent établir les preuves de la présence ou non d’eau sous
forme liquide dans le sous-sol martien. En effet, des projets de sondages du sous-sol de la
planète Mars avec un radar GPR ont vu le jour à travers les missions Mars 98, Netlander puis
maintenant Aurora (mission Exomars).
- Les GPR sont utilisés actuellement dans des secteurs toujours plus variés. Dans le secteur
de la construction, les GPR permettent d'établir en quelques minutes le profil souterrain où
par exemple des conduites d'eau ou de gaz, des lignes électriques ou tout autre objet
enfoui peuvent être clairement identifiés et localisés. Dans le secteur de l'entretien des
routes, ils permettent de contrôler l'état de la chaussée. Les GPR sont également utilisés
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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dans la construction des tunnels où il s'agit d'identifier la nature des roches à percer et
d'éviter des accidents majeurs.
- Les GPR sont prisés par les géologues dans leur travail quotidien mais également par les
paléontologues à la recherche de fossiles enfouis parfois sous plusieurs mètres de sable ou
d'argiles ou encore par les archéologues [14]-[16] (localisation de vestiges archéologiques,
système de galeries et de tunnels a été trouvé sous le Sphinx et les pyramides en Egypte).
- Les GPR sont toujours plus utilisés également dans le secteur des sciences criminelles où
ils permettent de retrouver des cadavres ou des armes enfouies. Les GPR peuvent être
d'une très grande utilité dans le cas des catastrophes naturelles telles que tremblement de
terre, éboulement, avalanche ou encore d'attentats terroristes comme celui de septembre
2001 à New York afin de retrouver des survivants ensevelis.
- Finalement, un des secteurs où les GPR sont très utiles est le domaine du déminage. En
fait, La multiplication des conflits de part le monde a eu pour principale conséquence de
disperser des millions de mines antipersonnel qui mettent en danger la vie des populations
et constituent un empêchement au développement économique des régions concernées. On
estime dans le monde à plus de 100 millions le nombre de mines anti-personnelles
enfouies et provoquant la mort ou la mutilation d'un humain toutes les 20 minutes. Dans
ce cas le GPR s’avère un outil très prometteur dans la détection de ces mines [17]-[18].
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Le radar GPR peut utiliser plusieurs types de signaux. Chaque signal a ses
caractéristiques, ses avantages et ses inconvénients. Tout dépend du type d’utilisation et du
milieu dans lequel le radar est utilisé pour effectuer le sondage. Il faut toujours faire un
compromis entre les performances, l’encombrement, la facilité d’utilisation, le coût. Le radar
le plus souvent utilisé est le radar impulsionnel qui émet des impulsions ultra courtes.
I .4 .3 .1 . Ra d a r i m p ul si o n n e l
Les équipements commercialisés aujourd’hui sont des radars de type impulsionnel, pour
lesquels l’impulsion d’énergie initiale est transmise à l’antenne qui émet selon une fréquence
centrale donnée, qui dépend de sa géométrie. Ce radar génère à l'émission de l'impulsion un
champ électromagnétique d'amplitude variable en fonction du temps (Figure I-7). La durée
d’impulsions est typiquement comprise entre 0.5 ns et 10 ns, elle dépend du type
d’application. Cependant certaines applications nécessitent l’emission d’impulsions de durée
allant jusqu’à 1µs. Toutefois d’autres paramètres conditionnent la durée d’impulsion. Etant
donné que la durée d’impulsion est proportionnelle à la portée du radar et inversement
proportionnelle à la résolution spatiale, il sera nécessaire de trouver le bon équilibre entre ces
deux paramètres.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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I .4 .3 .2 . Ra d a r à v o b u l at i o n l i n é ai r e de f ré q u e n c e
Par rapport au simple procédé par radar impulsionel, l'utilisation du radar FMCW a
plusieurs avantages du fait qu’il garantit un bon rapport signal sur bruit. Il est multiplié par le
rapport de compression T*B avec B=FH-FB. D’autre part la puissance émise est réduite
puisqu’elle est divisée par ce rapport. En outre cette méthode offre une meilleure résolution
proportionnelle à la largeur de bande du signal hyperfréquence. De même, la phase du signal
de sortie est complètement maîtrisée. Un autre avantage est la rapidité de ce système puisque
la vitesse de changement de fréquence est très rapide.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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I .4 .3 .3 . Ra d a r à mo du l at i o n de f ré q ue n c e (r a da r à s a ut d e f r é q ue n c e )
L'intérêt de cette méthode vient du fait que dans le radar impulsionnel classique,
l'énergie disponible à l'émission est répartie sur une large bande de fréquences. De ce fait, on
dispose de peu d'énergie dans chaque bande de fréquence. En revanche, dans le cas du radar à
saut de fréquences, toute l'énergie de l'émetteur est concentrée, à chaque étape de mesure, sur
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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une bande de fréquence. Cette technique permet donc de reconstituer une impulsion beaucoup
plus énergétique, d'où une plus grande profondeur de pénétration et une plus grande précision.
En outre, cette technique se fait en bande étroite ce qui réduit la sensibilité au bruit. Par
contre, comme la technique FMCW, le système est complexe et il existera toujours le
problème du couplage directe entre les antennes.
Les performances des systèmes de sondage radar sont liées à leur capacité de
pénétration ainsi qu’à leur résolution. Cependant, les performances du radar peuvent être
altérées par le type du milieu sur lequel se fait le sondage. Le choix d’un radar est conditionné
par le type d’application visé par l’utilisateur. En fait selon l’application on favorise soit la
résolution soit la profondeur de pénétration maximale. De nombreuses études comparatives
[19] ont été menées afin d’estimer les performances radar [20] [21] [22] de divers systèmes en
fonction du type d’application ce qui pourra aider l’utilisateur dans le choix du radar le plus
favorable.
I .4 .4 .1 . É q u at i o n r ad a r
L'équation du radar est un bilan de puissances sur le trajet aller-retour d'une onde émise
par un radar. Cette équation traduit l'influence de phénomènes physiques sur la puissance
rayonnée, la propagation de l'onde jusqu'à la réception du signal réfléchi. Celle-ci dépend des
caractéristiques du radar (antenne, circuits électroniques, pertes de signal…), de celles de la
cible et du milieu traversé le long du trajet. L’équation sert à déterminer quelle puissance le
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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système radar doit générer afin d’obtenir une image avec un certain rapport signal/bruit. Cette
puissance est fonction des paramètres du système radar, y compris le gain d’antenne, la
puissance du bruit. L'équation du radar permet de réaliser une estimation des performances
d'un système radar.
Considérons un radar émettant une puissance Pt en direction d’un objet, cette puissance
vaut :
Avec :
e − 2 α d tc
p a = Pt (I-2)
4 π d tc2
Avec :
- α l’atténuation du milieu
La puissance reçue par la cible est égale au produit de la densité de puissance par la
surface équivalente de la cible (Sc), c'est-à-dire :
e − 2α d cr
Ptc = Prc (I-4)
4π d cr
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Avec :
Avec
λ2
S r = Gr (I-6)
4π
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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I .4 .4 .2 . D y n a mi q ue du sy st è m e
La dynamique du système est le rapport entre la puissance maximale Pmax émise par
l’antenne de réception et la puissance du bruit au niveau du récepteur Pmin. Ce paramètre est
donné en dB.
Pmax
SP = 10 log10 ( ) (I-8)
Pmin
I .4 .4 .3 . Ra p po rt si g n a l s u r b ru i t
Le rapport signal sur bruit désigne la qualité d'une transmission d'information par
rapport aux parasites. Ce terme désigne le rapport entre la puissance moyenne du signal et
celle du bruit.
Les radars doivent pouvoir plus ou moins ignorer ces sources de signaux parasites, afin
de se focaliser uniquement sur les cibles intéressantes. La capacité d’un radar à surmonter ces
nuisances définit son rapport signal sur bruit (SNR). Plus le SNR est grand, plus le radar peut
séparer efficacement une cible des signaux parasites.
I .4 .4 .4 . P ro f o n de u r de p é n é t r a t i o n ( po r t é e m ax i mu m du r ad a r)
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Pmin 1 λ2 e −4αDmax
= = P f .et .er .Gt .Gr .q.S c . . (I-9)
Pmax SP (4π ) 3 Dmax
4
Cependant il est difficile d’estimer Dmax puisque la puissance maximale émise par
l’antenne dépend de l’impédance d’entrée de l’antenne et que cette impédance varie en
fonction du type de sol étudié. Pour cela la profondeur de pénétration maximale n’est pas
fournie par le constructeur.
On peut aussi augmenter la portée du radar en diminuant Pmin. Cela peut se faire de
plusieurs façons. Réduction de la bande passante du récepteur ou bien utilisation de
composants actifs moins bruyants.
I .4 .4 .5 . Ré so lu t i o n s pa t i a l e
La résolution spatiale est la distance minimale requise entre deux points du sol pour être
discriminés. Elle dépendant de la durée de l’impulsion τ qui est donnée par la relation
suivante :
vτ v
δr = = (I-10)
2 2B
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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De même on peut conclure qu’une résolution fine nécessite une durée de l’impulsion
assez faible. Toutefois, il faut que l’onde ait suffisamment d'énergie pour que le signal
rétrodiffusé puisse être capté avec un rapport signal sur bruit satisfaisant. Par conséquent, il
faut trouver un compromis entre une résolution spatiale satisfaisante et une énergie émise qui
garantit un bon rapport signal sur bruit.
3.10 8
δr = (I-11)
2 ε r fc
Dès lors la nouvelle équation montre que la résolution spatiale est inversement
proportionnelle à la fréquence d’utilisation ainsi qu’à la permittivité du milieu (Figure I-10).
Or ce dernier n’est pas contrôlé par l’utilisateur. Cependant l’augmentation de la fréquence
entraîne une diminution de la profondeur de pénétration. En fait, plus la fréquence est élevée
plus l’atténuation dans le milieu de propagation augmente. Il faudra donc trouver un
compromis entre la fréquence d’utilisation qui améliore la résolution et la profondeur de
pénétration maximum.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
I .4 .5 .1 . M o d e r é f le x i o n
L’acquisition en géoradar se fait selon deux méthodes, l’un dit à offset constant, l’autre
à offset variable. Ces deux types d’acquisition permettent pour le premier d’imager le sous-
sol, pour le deuxième de donner un modèle de vitesse en fonction de la profondeur. L’analyse
des résultats en temps donnés par l’acquisition à offset constant et variable permet de replacer
chaque objet imagé à sa vraie profondeur.
a. M o d e à o f f s e t c o n s t an t
C’est le mode le plus souvent utilisé en prospection radar pour l’imagerie du sous-sol.
Dans ce mode, l’espacement entre les antennes réceptrices (TX) et réceptrices (RX) est fixe. Le
couple émetteur-récepteur est déplacé suivant une distance constante le long d’un profil
horizontal (Figure I-11). Pour chaque position, une acquisition est enregistrée. Le
radargramme obtenu présente l’amplitude mesurée en fonction du temps et de la position du
centre du couple émetteur-récepteur.
Figure I-11. Mode réflexion à offset constant. Le profil radar s’obtient en déplaçant
les antennes le long d’une ligne horizontale
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
b . M o d e à o f f s e t v a ri ab l e
Les sondages radars ou sondages de vitesse sont designés sous les noms de « Common
Mid Point » (CMP) et «Wide Angle Reflection and Refraction » (WARR). La vitesse est
évaluée à partir des variations des temps de propagation des ondes radar obtenues pour
différents écartements entre antenne émettrice et antenne réceptrice.
• Mode CMP : dans ce cas la distance entre les antennes émettrices et réceptrice varie. Les
antennes TX et RX sont écartées à pas constant autour d’un point milieu (Figure I-12).
On obtient une courbe à allure hyperbolique pour chacun des réflecteurs. La pente de
cette courbe donne accès à la vitesse moyenne entre la surface et le réflecteur.
Figure I-12. Mode CMP. La distance entre les antennes augmente le long du profil
du radar
• Mode WARR : Dans ce cas l’émetteur reste fixe et le récepteur s’éloigne de l’émetteur.
I .4 .5 .2 . M o d e t ran s mi ss i o n
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
avec des antennes de forage, en déplaçant les antennes émettrice et réceptrice dans des puits
parallèles.
Figure I-13. Mode transmission. Pour chaque position de l’antenne émettrice, une
série de mesures est effectuée en déplaçant l’antenne réceptrice.
La méthode de prospection par radar GPR est basée sur l’émission des ondes
électromagnétiques dans le sol. Ces ondes interagissent avec le milieu en fonction de
contrastes diélectriques rencontrés et se réfléchissent partiellement vers la surface où leurs
caractéristiques sont mesurées par une antenne réceptrice.
• Ascan : dans le cas du radar impulsionnel, une impulsion est émise dans le sol selon un
lobe de rayonnement. Le signal se propage dans le milieu, il rencontre un objet et se
réfléchit vers l’antenne réceptrice. Cependant le signal reçu contient outre la partie
réfléchie par l’objet, des signaux parasites. Ces signaux sont dus à l’effet du couplage
direct entre les antennes émettrices et réceptrices ainsi qu’à la réflexion à l’interface air-
sol. Or il est nécessaire d’éliminer ces signaux parasites puisqu’ils masquent la réponse de
l’objet.
La Figure I-14 montre des différents signaux qui peuvent s’ajouter à la réponse de
l’objet. Une partie du signal incident est directement transmis à l’antenne réceptrice (R), c’est
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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le signal S1 qui constitue l’onde directe émetteur récepteur. Une partie de l’énergie rayonnée
va se réfléchir sur le premier et le deuxième objet, ce qui constitue les signaux S2 et S3
(recherchés). Le signal S4 dû au changement de contrastes diélectriques entre deux interfaces.
• Bscan : pour que le radar puisse localiser un objet enfoui il est nécessaire de déplacer le
radar suivant une direction donnée avec un pas de déplacement donné. Pour chaque
déplacement radar un enregistrement est effectué. Ensuite les données enregistrées sont
combinées pour produire une image bidimensionnelle. Les résultats sont représentés sur
un radargramme sur lequel chaque trace acquise est juxtaposée avec la précédente sur
l’axe des abscisses selon le temps sur l’axe des ordonnées. On peut convertir le temps en
profondeur connaissant la vitesse de propagation des ondes dans le milieu.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Les résultats des données géoradar confirment l’aptitude du radar à imager le sous-sol et
son efficacité dans des divers domaines. Toutefois, ils mettent en évidence la sensibilité du
signal radar aux divers signaux parasites liés aux phénomènes de diffusion intervenant lors de
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
Pour améliorer l’image donnée par les radars, un certain nombre de traitements peuvent
être appliqués. Il existe des logiciels de traitement permettant d’atténuer ces phénomènes
physiques comme l’atténuation du signal avec la profondeur, ou encore la superposition de
bruits parasites. Ces logiciels permettent l’amplification et le filtrage en fréquence. Ces
traitements peuvent être mis en œuvre pendant l’acquisition des données ou après leur
acquisition et ont pour but de faciliter l’analyse des données. Ainsi, des algorithmes de
migration des données permettent également d’imager le sous-sol et d’augmenter le rapport
signal sur bruit. Plusieurs méthodes classiques d’analyse de données sont décrites dans
Reynolds [23], Daniels [24]-[25] et Campbell [26].
Les variations des propriétés physiques du milieu à investiguer peuvent être mise en
évidence par les différentes méthodes de prospection géophysique. Dans notre cas on
s’intéresse aux méthodes électromagnétiques. Cependant, ces variations doivent être
suffisamment importantes pour que leurs effets puissent être détectés, et donc mesurés par les
méthodes géophysiques.
En effet, les équations de Maxwell sont complétées par un ensemble de relations liant
les vecteurs du champ électromagnétique aux propriétés intrinsèques du milieu considéré. Il
existe trois paramètres physiques qui contrôlent la propagation des ondes électromagnétiques,
et qui décrivent donc les propriétés électromagnétiques de la matière à l’échelle
macroscopique : la perméabilité magnétique (µ), la permittivité diélectrique (ε) et la
conductivité (σ). Ainsi, chaque variation d’un de ces trois paramètres peut provoquer une
réflexion ou une diffraction d’onde électromagnétique.
Il faut donc connaître ces trois propriétés pour décrire le comportement des champs.
Réciproquement connaissant ce comportement, on devrait pouvoir déterminer ces trois
propriétés.
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
B = µ 0 .H (I-12)
Avec :
Si le matériau est linéaire et isotrope, la perméabilité magnétique absolue est donnée par
la relation dite constitutive suivante :
B = µ .H (I-13)
Ainsi, la perméabilité magnétique d'un matériau est la capacité que possède ce matériau
à canaliser l'induction magnétique, c'est à dire à concentrer les lignes de flux magnétique et
donc à augmenter la valeur de l'induction magnétique. La relation précédente est due à une
contribution interne et externe, elle vaut :
B = µ0 (H + M ) (I-14)
avec M l’aimantation.
M = χ m .H (I-15)
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Pour pouvoir rendre compte des phénomènes observés lorsqu’on applique sur un
matériau un champ électrique, deux propriétés indépendantes doivent être considérées : la
conductivité électrique qui caractérise les déplacements des charges électriques libres sur des
distances macroscopiques et la permittivité électrique qui sera définie par la suite.
D’après la loi d’Ohm, les courants de conduction sont reliés au champ électrique dans le
cas d’un conducteur linéaire, homogène et isotrope par la relation :
Jc = σ E (I-17)
Avec :
Cependant la conductivité électrique peut être une grandeur complexe définie par :
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Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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D = ε E = ε 0 E + Pe (I-19)
Avec :
1
- ε0 : La permittivité électrique du vide (Fm-1), avec ε 0 = Fm −1
36π 10 9
- Pe : la polarisation électrique
48
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
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Les gammes de fréquences auxquelles ses phénomènes prédominent sont présentées sur
la Figure I-17.
Pour les applications GPR (Figure I-17), la polarisation dipolaire est prépondérante.
Pe = ε 0 K e E (I-20)
=> D = ε 0ε r E = ε 0 (1 + K e ) E (I-21)
Avec : εr=1+Ke
- εr : la permittivité relative
- Ke : la susceptibilité électrique
49
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
induire des vitesses de phases différentes pour les diferentes composantes fréquentielles de
l’impulsion. En conséquence, la forme de l’impulsion se modifie pendant la propagation. Ce
phénomène de dispersion physique ne peut être négligé en radar GPR.
Sachant que les dépendances fréquentielles des phénomènes sont liées aux différents
temps de relaxation donc à la polarisation électrique, magnétique et à la conductivité,
l’objectif se ramène à trouver les fonctions caractérisant le mieux ces phénomènes de
relaxation.
Il existe plusieurs modèles macroscopiques utilisés pour décrire ces phénomènes. Pour
les milieux solides, plusieurs modèles sont proposés dans la littérature comme celui de Cole-
Cole. On utilise le modèle théorique de Debye [27] pour décrire les propriétés des milieux
composés de molécules polaires comme l'eau.
I .5 .4 .1 . M o d è l e d e D e b y e
εs −ε∞ σ
ε (ω ) = ε ∞ + −j s (I-23)
1 + jϖτ ωε 0
50
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
I .5 .4 .2 . M o d è l e d e Co l e - C o l e
εs − ε∞ σs
ε (ω ) = ε ∞ + −j (I-24)
(1 + jϖτ )1−α ωε 0
Les modèles classiques Debye, Cole-Cole et Davidson-Cole ne sont efficaces que pour
des matériaux géologiques dans lesquels la polarisation de type dipolaire domine ce qui est le
cas du radar sol.
Supposons une interface telle que celle illustrée à la Figure I-18, infinie et plane entre
deux milieux diélectriques et isotropes. Dans l’hypothèse d’une onde plane incidente sur cette
interface, il est possible d’établir les équations de Fresnel.
51
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
Ces équations décrivent la réflexion (r) et la transmission (t) pour les modes de
polarisation TE (champ électrique incident est polarisé perpendiculairement au plan
d'incidence) et TM (champ magnétique incident est polarisé perpendiculairement au plan
d'incidence).
Loi de Snell-descartes :
θi=θr (I-25)
n1sinθi=n2sinθt (I-26)
E r n1 cos θ i − n2 cos θ t
rTE = = (I-27)
Ei n1 cos θ i + n2 cos θ t
Et 2n1 cos θ i
tTE = = (I-28)
Ei n1 cos θ i + n2 cos θ t
52
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
Avec :
Ces équations donnent le rapport de l’amplitude des ondes transmises et réfléchies par
rapport à celles de l’onde incidente.
Remarques :
- tTE est toujours positive. Cela signifie que pour n réel et qu’à l’interface, l’onde transmise
est toujours en phase avec l’onde incidente.
- rTE peut être positif ou négatif selon la valeur du rapport n1/n2. En effet si le milieu 2 est
plus réfringent que le milieu 1 c'est-à-dire si n2>n1 l’onde réfléchie subit un déphasage de
π. Mais si le milieu 2 est moins réfringent que le milieu 1 (n2<n1) l’onde réfléchie reste en
phase avec l’onde incidente.
n1 − n2 2n1
- θr=0 ; r= et t=
n1 + n2 n1 + n2
Les équations (I-27) et (I-28) peuvent être définies en fonction de nombres d’ondes des
deux milieux 1 et 2, où:
- K1 = ω ε 1 µ1 et K 2 = ω ε 2 µ 2
E r µ 2 K1 cos θ i − µ1 K 2 cos θ t
rTE = =
Ei µ 2 K1 cos θ i + µ1 K 2 cos θ t (I-29)
Et 2µ 2 K1 cos θ i
tTE = =
Ei µ 2 K1 cos θ i + µ1 K 2 cos θ t (I-30)
53
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
Et 2 ε '1 cos θ i
tTE = =
Ei ε '1 cos θ i + ε ' 2 −ε '1 sin 2 θ i
(I-32)
Dont le cas ou la polarisation de l’onde incidente est parallèle au plan d’incidence, les
coefficients de réflexion et de transmissions sont donnés par les équations suivantes :
E r n1 cos θ t − n2 cos θ i
rTM = = (I-33)
Ei n1 cos θ t + n2 cos θ i
Et 2n1 cos θ i
tTM = = (I-34)
Ei n1 cos θ t + n2 cos θ i
E r µ 2 K1 cos θ t − µ1 K 2 cos θ i
rTM = =
Ei µ 2 K1 cos θ t + µ1 K 2 cos θ i (I-35)
Et 2µ 2 K1 cos θ i
tTM = =
Ei µ 2 K1 cos θ t + µ1 K 2 cos θ i (I-36)
54
Chapitre 1 : Sondage électromagnétique par radar GPR et implication au sein de la mission
spatiale Exomars
I.7. Conclusion
Le radar GPR a prouvé son efficacité dans la prospection non destructive et sa capacité
à être un outil efficace dans des domaines aussi variés tels que la géologie, le génie civil et
l’exploration martienne pour la compréhension de l’évolution géologique et climatique de la
planète dans la perspective de la recherche d’une vie éventuelle sur Mars.
55
56
Chapitre II
57
58
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
II.1. Introduction
Dans ce chapitre, nous allons présenter les différents types d'antennes ULB qui sont
généralement utilisées pour application radar géologique. Toutes ces antennes possèdent
naturellement une bande passante assez large pouvant aller jusqu’à quelques gigahertz. On
présentera les antennes directives (antennes à transition progressive et les cornets). Ces
antennes se caractérisent par un passage progressif de l’impédance caractéristique de la ligne
(ou du guide) à l'impédance d'onde de l’espace libre.
Dans un second temps, nous ferons une revue rapide sur les différentes méthodes
numériques utilisées en simulation électromagnétique et nous détaillerons spécifiquement la
méthode FDTD sur laquelle est basé le logiciel Temsi-FD utilisé dans cette étude.
Alimenté en énergie électrique sur une bande de fréquence, une antenne est chargée de
transformer cette énergie électrique en énergie électromagnétique (antenne d’émission) et
vice-versa (antenne de réception). Le choix de l’antenne conditionne la performance du
système radar. Afin de reconstruire une image satisfaisante, l’antenne doit présenter à la fois
une large bande de fréquence, une directivité et une adaptation permettant une transmission
maximale de l’énergie dans le sol.
Les antennes Ultra Large Bande (ULB), par opposition aux antennes bande étroite, se
caractérisent par la très large bande spectrale sur laquelle elles sont capables de fonctionner.
Les antennes à large bande classiques sont prévues pour fonctionner en régime harmonique et
n’offrent généralement pas les caractéristiques souhaitées pour les expérimentations dans le
domaine transitoire.
59
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
En effet, la technique ULB, qui gère le système d’alimentation des antennes, transmet
et reçoit des formes d'onde formées d’ impulsions de très courtes durées (1 ns).
f h + fb
- Fréquence centrale : f 0 = (II-2)
2
∆f
Lb = ≥1
f0
(II-3)
Les radars traditionnels à bande étroite ont de nombreux inconvénients. En effet, il est
impossible d’émettre et de recevoir en même temps des informations, ce qui implique que
l’on a très souvent des zones aveugles importantes.
En effet, la possibilité d'émettre un signal de durée très brève est très intéressante car la
résolution d'un radar est directement proportionnelle à la bande passante du signal. La bande
60
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
d'un radar GPR ULB est déterminée par plusieurs paramètres: la taille de l'objet, ses
propriétés électriques, la profondeur de l'objet et les propriétés du sol (permittivité et
conductivité).
Toutefois, les radars ULB permettent d'éliminer les inconvénients des anciens radars.
Avant l'arrivée de l'ULB, on détectait les objets profonds à l'aide d'un radar à bande étroite
opérant dans les fréquences basses du spectre. Sachant que le problème de ce type de radar est
leur faible résolution. L’utilisation de fréquences plus élevées permet d’augmenter cette
résolution, mais la profondeur de pénétration devient très petite et les objets profonds ne sont
plus détectés. De ce fait, l'avantage des radars ultra large bande permet d'avoir à la fois une
très bonne résolution due à la très large bande utilisée et une profondeur de pénétration
importante.
- Capacités de pénétration des matériaux, des sols, des murs, de la végétation, de la neige
(utilisation possible des radars en basse fréquence pour améliorer la pénétration)
Les cornets constituent une première catégorie d'antennes large bande directives [30].
Ces antennes sont souvent utilisées dans le cadre d'applications GPR et particulièrement pour
les radars GPR FMCW. Ces antennes sont constituées de guides d'onde rectangulaires ou
circulaires et d'une transition (adaptateur d'impédance). Celle-ci est considérée comme un
transformateur de puissance électromagnétique guidée en puissance rayonnée. Sa forme
permet de passer graduellement des dimensions du guide d’onde à l’espace libre. L’onde est
ainsi graduellement transmise dans l’espace libre.
Cette antenne se caractérise par une bonne directivité. Les cornets présentent une grande
pureté de polarisation et sont en principe des antennes peu dispersives, le centre de phase de
ces antennes varie peu avec la fréquence.
La bande passante est relativement large. En ajoutant une paire d’arches de forme
exponentielle à la structure du cornet, on forme un cornet ridgé. Cette modification permet
61
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
En effet, l’antenne papillon est utilisée avec succès dans de nombreuses systèmes radars
et en particulier dans des radars GPR [31]. La géométrie de départ est constituée de deux
triangles symétriques par rapport au point d’alimentation (Figure II-3). Cette géométrie
d'antenne alimentée par guide d'onde coplanaire lui confère une adaptation d'impédance à 50
Ω, un rayonnement omnidirectionnel, ainsi qu'un encombrement et un coût limités.
Ce type d’antennes présente des réflexions à ses extrémités. Une méthode couramment
utilisée pour augmenter davantage la bande passante et empêcher les réflexions multiple,
consiste à placer des charges résistives de part et d’autre de l’antenne ce qui améliore la bande
passante et empêche les effets « ringing ». Mais cela se produit au détriment du rendement qui
devient plus faible.
62
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
De nombreuses études ont été menées sur des antennes de type dipôle [32]. En effet,
une technique couramment utilisée pour augmenter la bande passante d'un dipôle consiste à
utiliser des charges résistives distribuées le long des deux brins du dipôle. On a alors un
dipôle amorti. Les charges réparties permettent d'éliminer progressivement les courants qui se
réfléchissent aux extrémités du dipôle. Cette technique, basée sur le principe de la non
réflexion de Wu et King [33], améliore très sensiblement la forme de l'impulsion rayonnée et
permet de réduire de façon importante les oscillations parasites non souhaitées.
Ce procédé est parfois utilisé pour les antennes ULB destinées à imager le sous-sol par
GPR. Il a cependant un inconvénient majeur. L’efficacité de l'antenne est fortement diminuée.
Par exemple, pour un dipôle cylindrique, l'efficacité chute à 29 % [34].
Les antennes à fente à transition progressive TSA (Tapered Slot Antenna) constituent
une autre catégorie importante d'antennes ULB directives. Ce sont des antennes à deux
dimensions présentant une transition à partir d'une ligne ou d'un guide d'onde imprimé. Elles
ont été imaginées en 1974 par Lewis et Gibson. Elles sont généralement constituées par une
ligne de fente s'élargissant suivant un profil donné jusqu'à la discontinuité finale. Le profil de
ces ouvertures peut prendre différentes formes. Profil linéaire (antennes LTSA), profil
constant (antennes CWSA), profil linéaire par morceau (BLTSA) ou profil exponentiel
(antenne Vivaldi).
63
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Les applications de ces antennes sont variées et elles sont utilisées surtout dans
l'application radar impulsionnel [35]-[36] et dans l'imagerie micro-onde.
Cette antenne est dispersive, c’est pourquoi elle est utilisée dans le cas où le GPR
utilise la technique step frequency qui permet de faire une correction de phase pour chaque
fréquence.
64
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
sin θ 0
tgψ = (II-4)
a
ρ
s= (II-5)
cosψ
Pour que l’antenne ait une impédance indépendante de la fréquence, il faut que la
largeur de la partie rayonnante reste proportionnelle à la longueur du fil. Dans ce but,
l’antenne n’est pas constituée par un simple fil mais elle est formée par une bande limitée de
deux spirales, d’équations respectives:
ρ1 = ρ 0 e aθ (II-6)
ρ 2 = ρ 0 e a (θ −δ ) (II-7)
Théoriquement, elle possède une bande passante infinie. Mais l'antenne spirale
logarithmique couvre une bande passante de quelques octaves car ses dimensions
65
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
géométriques sont finies. La fréquence haute d'adaptation est limitée par l'espace entre les
deux conducteurs et la fréquence basse est liée à la longueur des brins rayonnants.
D’autre part, il existe des méthodes approchées asymptotiques. Elles reposent le plus
souvent sur des hypothèses simplificatrices validées dans certains domaines limitant ainsi leur
utilisation à des cas précis. Ces hypothèses leur donnent l’avantage d’être plus simples à
implémenter. Parmi les méthodes asymptotiques les plus connues, citons la Théorie
Géométrique de la Diffraction (TGD) [41] et la Théorie Uniforme de la Diffraction (UTD)
[42]-[43].
I I .3 .1 .1 . P ri n c i p e d e l’ al g o ri t h me de F D TD
La méthode numérique des différences finies dans le domaine temporel (FDTD) a été
initiée par Yee en 1966 [44] et ce n’est qu’à partir de 1975 qu’une série d’articles montrent
ses futures applications [45]-[46]. Grâce à ses avantages et à l’évolution des performances des
simulateurs [47], la FDTD n’a cessé de gagner des utilisateurs pour des applications de plus
66
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Cette méthode de différences finies est très robuste et très rapide, par contre elle
possède des inconvénients majeurs comme l’approximation des objets en marches d’escalier
et le problème de dispersion numérique. La FDTD se base sur une formalisation du problème
par des équations aux dérivées partielles. En effet elle impose de choisir une résolution
d’échantillonnage pour constituer un maillage dans le domaine temporel. Le choix de cette
résolution de calcul est l’inconvénient majeur de la méthode puisqu’il peut entraîner un
maillage très important du volume dans lequel on veut faire les calculs.
I I .3 .1 .2 . E q u at i o n s de M ax w e l l
La méthode FDTD est basée sur la résolution numérique des équations de Maxwell au
premier ordre dans la matière. Ils s’écrivent de la manière suivante :
dB
∇× E = − (II-8)
dt
dD
∇H = + jc (II-9)
dt
∇.B = 0 (II-10)
∇.D = ρ (II-11)
67
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Dans un repère cartésien (o, x, y, z), les équations différentielles projetées de Maxwell
s’écrivent :
I I .3 .1 .3 . M ax w e ll aux di f f é r e n c e s c e n t ré e s e t l’ al g o ri t hm e de Y e e
Les dérivées partielles figurant dans les équations de Maxwell sont approchées aux
différences finies centrées comme suit :
df ( x, y, z , t ) f ( x + ∆x / 2, y, z , t ) − f ( x − ∆x / 2, y, z , t )
dx
=
∆x
( )
+ θ ∆x 2
(II-18)
Où f(x,y,z,t) est une fonction qui peut représenter l’une des composantes
électromagnétiques, ∆x représente le pas de discrétisation suivant la direction x et θ(∆x2) est
l’erreur du second ordre commise sur l’évaluation de la dérivée.
68
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
La méthode différences finies est basée sur le schéma de Yee (Figure II-6). Dans ce
schéma, les champs électriques et magnétiques sont évalués en espace et en temps. On
remarque le décalage d’un demi pas spatial et temporel entre les composantes électriques E
et magnétique H lié à l’approximation des opérateurs de dérivation par le schéma centré des
différences finies (Figure II-6).
I I .3 .1 .4 . D i sc r é t i s at i o n d an s l’ e sp ac e e t dan s le t e m ps
Yee a proposé de discrétiser l'espace en décalant les coordonnées des points où les
composantes des champs E et H sont calculées, d'une demi cellule. De cette manière,
chaque composante du champ est entourée par les composantes de l'autre champ (Figure
III-7). Nous pouvons donc directement appliquer les formules des différences finies centrées
pour calculer les dérivées de chaque composante.
Les composantes électriques sont calculées en des points de la cellule de Yee appelés
noeuds électriques qui sont par convention situés au milieu d’une arête. Les composantes
magnétiques sont calculées aux centres des faces de la cellule (noeuds magnétiques). Cette
répartition des composantes permet au schéma de Yee de respecter la continuité des
composantes tangentielles électriques et normales magnétiques à l’interface de deux milieux
différents.
Le calcul temporel des composantes magnétiques est décalé d’un demi pas de temps sur
celui des composantes électriques qui sont calculées tous les n∆t. Les composantes
69
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
magnétiques quant à elles sont calculées aux instants (n+1/2)∆t. Cette disposition assure un
processus itératif entièrement explicite.
Pour les milieux non magnétiques et non dispersifs, l’application de l’équation (II-18)
sur les dérivées partielles des équations de Maxwell conduit à une forme discrétisée des
champs.
H n+1 / 2 .
I I .3 .1 .5 . S t ab i li t é d e c al c u l e t d i s pe rs i o n n um é ri q ue
1
∆t ≤ ∆t max = (II-20)
c 1 / ∆x 2 + 1 / ∆y 2 + 1 / ∆z 2
70
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Cependant, il existe des conditions d’absorption aux limites qui permettent de décrire
des systèmes dans lesquels les ondes qu’ils émettent ou réfléchissent se propagent à l’infini.
En effet, l’espace mémoire limité des calculateurs impose aux utilisateurs de la FDTD de
tronquer leur domaine de calcul. Aux limites du domaine tronqué, les champs
électromagnétiques ne peuvent pas être calculés par les équations discrétisées décrites par la
FDTD. L’existence de frontières nécessite un traitement particulier pour empêcher que l’onde
électromagnétique incidente sur les bords ne se réfléchisse et revienne interférer avec le signal
physique réel.
Cependant pour résoudre les problèmes aux frontières, Holland et Williams ont défini
en 1983 [48] la méthode des couches absorbantes.
Cette méthode utilise le principe d’impédance suivant : dans le vide une onde plane à
incidence normale sur un milieu de conductivité électrique σe et de conductivité magnétique
équivalente σm ne conduit à aucune réflexion si :
71
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
σe σm
= (II-21)
ε 0 µ0
Ainsi l’onde arrivant du milieu incident n’est pas réfléchie vers celui-ci et se trouve
atténuée dans le milieu absorbant. Par contre elles ne sont valables que pour les ondes arrivant
à incidence normale à la limite du domaine car des réflexions parasites apparaissent en
incidence oblique.
Cependant, une généralisation des couches absorbantes de Holland a été introduite par
Bérenger. C’est le cas des couches parfaitement adaptées [49]. Dans ce cas, la couche ajoutée
autour du domaine d’étude ne provoquant aucune réflexion et elle absorbe quasi totalement
tout champ électromagnétique qui se propage. Le principe de cette méthode consiste à
décomposer les champs suivant les axes principaux, ce qui permet de définir des champs
normaux aux bords quel que soit l’angle d’incidence initial. En effet, dans le cas d’une
incidence oblique, l’absorption est non nulle suivant la normale à l’interface entre les deux
milieux et elle est nulle suivant l’axe parallèle à l’interface. La décomposition s’accompagne
de la définition de conductivités virtuelles pour chacune des sous composantes. Le matériau
absorbant est ainsi défini par une certaine épaisseur (certains nombres de mailles) et est
délimité par un conducteur parfait où les champs électriques sont nuls. L’atténuation se fait
progressivement pendant le double parcours dans le matériau absorbant.
L’implémentation des PMLs est spécifique à chaque direction, ainsi les équations de
propagation sont modifiées en définissant des conductivités électriques et magnétiques
spécifiques pour chacune des sous composantes telles que:
∂E x ∂ ( H zx + H zy )
ε0 + σ e Ex =
∂t y ∂y (II-22)
∂E y ∂ ( H zx + H zy )
ε0 +σ e Ey = −
∂t x ∂x (II-23)
∂H zx ∂E y
µ0 + σ xm H zx = −
dt ∂x (II-24)
∂H zy ∂E x
µ0 + σ ym H zy =
dt ∂y (II-25)
72
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
d’annuler les réflexions sur chaque bord du domaine. Sachant que si elles sont toutes nulles
on retrouve les équations de propagation dans le vide. Les équations ci-dessus sont les
équations de base introduites par Bérenger et ne permettant pas d’absorber les ondes
évanescentes elles sont par contre adaptées à la simulation des milieux dispersifs. Depuis que
Bérenger a inventé ses couches PML, beaucoup des travaux ont été menés sur ce sujet et les
équations de base ci-dessus ont subi beaucoup des modifications pour palier à ses limitations.
Wisdom embarquera un système radar bistatique utilisant des antennes de type Vivaldi
fonctionnant dans la bande [0.5-3] GHz. Notre travail préliminaire était d’évaluer le
comportement du système antennaire et son interaction avec le Rover. Ce travail a nécessité
de modéliser ces deux structures dans le même volume de calcul. Se posait alors un problème
d’échelle entre ces deux éléments. D’où la nécessité de recourir à un modèle de rayonnement
qui possède les mêmes propriétés (même diagramme de rayonnement) et qui autorise la
modélisation du système antennaire dans son contexte.
Il s’agit d’un théorème dont la démonstration rigoureuse fait appel à la théorie des
distributions. L’intuition physique est très ancienne car les physiciens qui ont annoncé ce
théorème sont Huygens vers 1678 et Fresnel vers 1818. Leur approche étant très largement
utilisée, ce théorème porte souvent l’appellation de principe de Huygens-Fresnel.
I I .4 .2 .1 . L a c o n t ri b u t i o n de H uy g e n s
Considérons un écran percé d’une pupille de forme quelconque éclairée par une onde
lumineuse et un point d’observation P derrière l’écran :
73
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Figure II-7. Onde électromagnétique traversant une ouverture dans un écran pour
atteindre un point d’observation
Pour simplifier le problème, on fait propager de façon rectiligne une onde vers l’écran
percé. On s’aperçoit qu’après propagation, l’onde derrière l’écran n’est pas concentrée dans
un tube de même forme que la pupille. Pour expliquer le phénomène d’écartement des rayons
de leur trajectoire principal, Huygens fait l’hypothèse que chaque point de la surface atteint
par un rayon peut être considéré comme une source secondaire qui émet une onde sphérique.
Ensuite ces sources secondaires émettront en phase un champ électrique dont le module est
proportionnel à la surface ds(M) et à l’amplitude incidente Ei(M) au point M et qui est donné
par la relation :
e jk ( MP )
dE ( P, M ) = CE i ( M ) ds ( M ) (II-26)
MP
I I .4 .2 .2 . L a c o n t ri b u t i o n de F re sn e l
e jk ( MP )
E ( P ) = ∫∫ dE ( PM ) =C ∫∫ Ei ( M ) ds ( M ) (II-27)
S
MP
I I .4 .2 .3 . L e t hé o rè me d’ é q u i v al e n c e
74
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Figure II-8. Représentation de la surface effective avec les deux domaines intérieurs
et extérieurs
On considère une fonction caractéristique U(M) qui caractérise le champ dans les deux
domaines intérieurs et extérieurs avec :
U(M) =1 ∀ M ∈ De (II-28)
U(M) =0 ∀ M ∈ Di (II-29)
E ( M , t ) = U ( M ) E0 (M , t ) (II-30)
H (M , t ) = U (M ) H 0 (M , t ) (II-31)
∂H0
∇Λ E0 = − µ 0 (II-32)
∂t
∂ E0
∇Λ H 0 = ε 0 (II-33)
∂t
75
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
{ }
∇Λ E ( M ) = U ( M ) ∇Λ E0 ( M ) + nΛ (∆ E.δΣ) (II-34)
Avec :
On a :
En introduisant (II-32) et (II-33) dans (II-34) et (II-35) et compte tenu des équations
(II-36) et (II-37), on obtient :
∂
∇Λ E (M ) = − µ 0 ( H ( M )) + n Λ E 0 ( M ).δ Σ (II-38)
∂t
∂
∇Λ H (M ) = ε 0 ( E ( M )) + n Λ H 0 ( M ).δ Σ (II-39)
∂t
J e = nΛ H 0 ( M ).δΣ (II-40)
J m = − nΛ E 0 ( M ).δΣ (II-41)
76
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
I I .4 .3 .1 . Co n di t i o n s e x i g é s po u r l e s y s t è me an t e n n ai r e
Le choix des antennes constitue une étape cruciale dans le dimensionnement d’un radar.
Les principaux critères de conception du système antennaire du radar Wisdom sont gouvernés
par les objectifs scientifiques que la mission Exomars devra accomplir ainsi que par la
configuration spécifique et sa position sur le Rover (Figure II-9).
En effet, Wisdom devra fournir une résolution spatiale de quelques centimètres et doit
avoir une profondeur de pénétration allant jusqu’à trois mètres. Quelle que soit la technique
de modulation sélectionnée, impulsionnelle ou harmonique, les antennes devront être large
bande afin de garantir la bonne transmission du signal large bande nécessaire à une bonne
résolution.
77
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Habituellement, les antennes du GPR sont déposées sur la terre ou elles sont mises dans
une configuration proche du sol en respectant les contraintes de la distance antenne-sol par
rapport à la longueur d’onde. Considérant les exigences du design du Rover (Figure II-9), les
antennes du GPR doivent éliminer une onde à une distance d’environ 50 cm par rapport au
sol.
Toutefois, il existe une large gamme de types d’antennes habituellement utilisées pour
application du type GPR : antennes spirales, papillons, log-périodique, filaire…. Le choix de
l’un ou l’autre de ces antennes conditionne les caractéristiques du signal électromagnétique
émis dans le milieu. Ce sont donc les contraintes de la mission Exomars qui imposent les
antennes de Wisdom. Ces contraintes sont multiples, électriques mais aussi mécaniques :
antenne large bande (radar impulsionnel), de gain satisfaisant, de masse et d’encombrement
restreints résistantes aux chocs et aux températures externes.
78
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Toutes ces conditions ainsi que d’autres limitations comme les exigences de la
compatibilité électromagnétique et la déformation du diagramme de rayonnement dû aux
effets du couplage avec la structure du Rover, ont amené à une conception d’un système
d’antennes basé sur une structure de type Vivaldi [50]-[51].
- Adaptation ≤ -10 dB
Figure II-10. La boite d’antennes montée sur le Rover incluant des couples
d’antennes Vivaldi perpendiculaires entre eux
79
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
I I .4 .3 .2 . Ca l c u l d e s so u rc e s é q u i v a le n t e s à pa rt i r de s c o u r an t s s u rf a c i q ue s
Pour que le théorème d’équivalence soit applicable en toute rigueur, il faut que la
surface qui entoure les sources, appelée surface de Huygens soit fermée et donc délimite un
volume. Son application à des surfaces ouvertes peut conduire à des erreurs importantes.
Les sources dipolaires sont des dipôles élémentaires dont la longueur est négligeable
devant la longueur d’onde. Elles sont utilisées comme source de rayonnement.
Le champ électromagnétique rayonné par ces sources est connu analytiquement en tout
point de l’espace dans le domaine temporel et fréquentiel. L’intérêt de ces sources réside dans
la possibilité d’illuminer une structure ouverte (un sol infini) avec un front d’onde dont la
forme peut être contrôlée en amplitude et en phase. Avec des réseaux de dipôles élémentaires,
des diagrammes de rayonnement de formes variées peuvent être générés. Un autre avantage
de ceux-ci est de pouvoir les orienter dans une direction quelconque de l’espace et d’incliner
aussi librement le rayonnement résultant.
80
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
leur surface. Dans ce cas, il n’est plus besoin de discrétiser ces sources dans le volume du
calcul suivant les arêtes du maillage, leur effet étant indirectement pris en compte par le calcul
du champ proche rayonné sur la surface de Huygens.
Dans le domaine temporel, le champ proche en espace libre rayonné par un dipôle
élémentaire peut être calculé à partir des formules de rayonnement suivantes :
r
E SM , t − =
1 1
c 4Π rc
v ( ( ))
− u .v u
d 2 f (t ) 1
dt 2
+
r2
v −( ( ))
3 u .v u
df (t ) c
dt
+
r
f (t )
(II-42)
d 2 f (t ) c df (t )
r ε 1
c 4 Π r
( )
H SM , t − = 0 2 u ∧ v
2
+
r dt
(II-43)
dt
avec :
df (t )
- = I (t )Z 0 dl
dt
- r = SM
SM
- u=
SM
81
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
direction du dipôle. u est un vecteur unitaire orienté du centre du dipôle S vers le point
d’observation M là où le champ est calculé. Le point M représente un point situé sur la
surface de Huygens (Figure II-11).
Figure II-11. Schéma d’une source dipolaire située à l’intérieur d’une surface de
Huygens
Avec la méthode des différences finies, la surface de Huygens est composée en deux
surfaces puisque le champ E et le champ H ne sont pas calculés au même endroit sur la cellule
de Yee.
L’espace est composé en deux régions : l’une externe qui correspond à la région du
champ total alors que l’autre interne correspond à la zone du champ diffracté.
Dans la méthode FDTD, le calcul du champ incident sur la surface de Huygens suit le
même principe que celui de l’injection d’ondes planes [47], avec la différence que la zone du
champ total et celle du champ diffracté sont inversées, puisque dans notre application les
sources de courant sont situées à l’intérieur de la surface de Huygens.
Cependant, lorsque plusieurs sources dipolaires sont mises en jeu, il faut évidemment
que la surface de Huygens entoure toutes les sources.
I I .4 .3 .3 . M i s e à j o u r d u c ha m p d an s le v o lu me F D TD
82
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Le calcul du champ dans le volume FDTD est effectué par la mise à jour des différentes
composantes du champ électromagnétique positionnées sur les deux surfaces.
Prenons le cas de la composante Hz qui est située dans la zone du champ total et celle
de Ey qui est située dans la zone du champ diffracté et correspondant successivement aux
coordonnées (i1-1/2, j+1/2, k) et (i1, j+1/2, k). La mise à jour de ces composantes évaluées
successivement aux instants (n+1/2) et (n+1) en espace libre sera :
n ∆E n
1 1 E − E n
x ,t ,i1 −
1
n+ n− ∆t y , s ,i1 y ,t ,i1 −1
H' 2 = H 2 − − 2 (II-44)
z ,t ,i1 −
1
z ,t ,i1 −
1
µ0 ∆x ∆y
2 2
n+
1
n+
1
1
∆H n+ 2 H z ,s ,i + 1 − H z ,t ,i − 1
2 2
∆t 1 1
E ' ny+,s1,i = E yn, s,i
x , s ,i1
+ − 2 2
(II-45)
1 1 ε0 ∆z ∆x
83
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
1 1
n+ n+ ∆t M S n,m
H 2 = H' 2 − ∑E (II-46)
z ,t ,i1 −
1
z ,t ,i1 −
1
µ 0 ∆x m=1 y ,inc,i1
2 2
1
∆t M s n+ 2 ,m
E yn,+s1,i = E ' ny+,s1,i − ∑H (II-47)
1 1 ε 0 ∆x m=1 z ,inc,i1 − 1
2
Les composantes du champ incident (Einc et Hinc) dans les équations (II-46) et (II-47)
sont calculées en utilisant les formules du rayonnement en champ proche données par les
équations (II-42) et (II-43).
Les antennes à bord du Rover auront une incidence de 7o avec le sol lorsque ce dernier
se trouve sur un sol plat et seront situé à environ 50 cm du sol martien (Figure II-9).
Nous allons présenter à travers l’exemple de l’antenne utilisée Vivaldi comment il est
possible de résoudre le problème du rayonnement équivalent. Dans notre démarche, nous
utilisons des données fréquentielles qui décrivent un modèle de rayonnement pour une
antenne large bande.
I I .5 .1 .1 . T r ai t e m e n t d u s i g n a l f ré q ue n t i e l
Pour pouvoir utiliser le modèle des sources dipolaires dans la méthode FDTD, il est
nécessaire d’intégrer des formes d’ondes temporelles qui sont l’image du courant circulant sur
l’antenne. Pour récupérer ces courants, une antenne Vivaldi est simulée en utilisant le logiciel
« FEKO ». En effet, pour obtenir le courant circulant sur l’antenne Vivaldi, on pouvait utiliser
la méthode FDTD ou MOM. Mais vu que la géométrie de l’antenne Vivaldi est difficile à
mailler avec la FDTD en raison de la fente mince au niveau du point d’alimentation, la MOM
était plus adaptée à utiliser dans le cas de l’antenne Vivaldi. La simulation a été réalisée dans
la bande [0.5-3] GHz en utilisant un maillage de λmin/7. Le pas fréquentiel a été fixé à ∆f=100
MHz ce qui donne N=26 échantillons.
84
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
85
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Cette approche est illustrée sur le cas de l’antenne Vivaldi dont le maillage a été
effectué sous « FEKO » (Figure II-15).
Figure II-15. A gauche : Antenne Vivaldi maillée avec « FEKO ». A droite : Modèle
d’antenne représentée par les sources dipolaires (chaque étoile représente deux dipôles
élémentaires (Ix, Iy )
La Figure II-16 montre le spectre du courant résultant sur un seul triangle (élément du
maillage), effectué dans la bande [0-6] GHz et obtenu après l’application du filtrage sino-
gaussien et du traitement zéro-padding.
86
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
On note que la composante Iz est égale à zéro puisque l’antenne est placée dans le plan
(XOY).
Apres le traitement effectué sur le spectre du courant porté par un seul dipôle, on
applique la IFFT sur ce spectre pour obtenir le courant en temporel (Figure II-17). Ensuite ce
courant rayonné dans le volume de calcul par l’intermédiaire d’une surface de Huygens.
87
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
I I .5 .1 .2 . V a li da t i o n du mo dè le de ra y o n n e m e n t
Pour valider l’approche basée sur les sources dipolaires et qui consiste à synthétiser un
modèle de rayonnement pouvant remplacer l’antenne réelle, une cartographie de champ
électrique mesurée dans le plan de l’antenne a été effectuée. Le champ montré est la somme
des modules des trois composante du champ électrique (module de Ex+Ey+Ez). La Figure
II-18 montre que le volume de calcul est divisé en deux zones. Une zone située à l’intérieur
de la surface de Huygens là où le champ est proche du zéro. Une autre zone située à
l’extérieur de la surface de Huygens là où le champ résultant des courants équivalents sur
cette dernière se propage dans la grille FDTD.
88
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Ainsi, les composantes verticales et horizontales sont mesurées dans les plans φ=0o
(Figure II-19) et φ=90o (Figure II-20) pour θ=[0-360]o et ce pour la fréquence 1.5 GHz. On
constate une excellente concordance entre les deux réponses.
89
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
90
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Ensuite, le fichier de type VRML contenant la structure du Rover a été traité par le
logiciel HyperMesh qui constitue un mailleur performant pouvant réaliser des mailles 3D
cartésien pour des structures qui sont complexes. HyperMesh génère un fichier contenant le
maillage surfacique du Rover permettant de réaliser les simulations et d’étudier le couplage
antenne-Rover .
Avec (x1,y1,z1) sont les coordonnées initiales des sources dipolaires positionnées dans
un repère local, θ et φ définissent les angles de rotation sphériques.
Dans les simulations suivantes, la fréquence de travail est fixé à 1.5 GHz, la permittivité
relative du sol est prise égale à 4.5 et la conductivité du sol a été négligée.
91
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
Figure II-23. Vue schématique du Rover avec une antenne émettrice. Les points bleus
montrent les positions des sources dipolaires
Le scenario illustré sur la Figure II-23 est utilisé pour la mesure de la cartographie du
champ proche au niveau du sol avec le modèle d’antennes situé à proximité de 50 cm par
rapport au sol.
Figure II-24 (partie gauche) montre la tâche au sol en absence du Rover, on voit que le
rayonnement de l’antenne est focalisé sur une petite zone au sol. Cependant, Figure II-24
(partie droite) montre la forte influence du Rover sur le champ proche rayonné. Une grande
partie de rayonnement reste concentré sous l’antenne par contre une autre partie est diffusé
vers le Rover. Notons que les parties blanches de la cartographie correspondant à la trace des
roues sur l’interface air-sol.
92
Chapitre 2 : Modèle de rayonnement de l’antenne d’émission du GPR
II.6. Conclusion
Par la suite ce modèle de rayonnement par des sources équivalentes est utilisé pour
évaluer la perturbation que peut ramener la présence d’une structure volumineuse tel que le
Rover à proximité du système antennaire et d’étudier le couplage antenne-Rover.
93
94
Chapitre III
95
96
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
En FDTD, les objets dont une des dimensions est petite relativement à celle de la maille
élémentaire ne peuvent être pris en compte sans le recours à des formalismes spécifiques.
C’est le cas d’un fil mince maillé dans un volume FDTD. Dans un premier temps, ce chapitre
rappelle le formalisme des fils minces de Holland montrant une première approche
permettant de modéliser ces fils. Ensuite, une extension de ce formalisme à des fils obliques
[52]-[53] permettant de modéliser un fils suivant une direction arbitraire au sein des cellules
élémentaire est présentée. Le modèle des sources dipolaires était un modèle de rayonnement
et la modélisation de l’antenne Vivaldi est délicate compte tenu des contraintes de maillage et
de la présence d’une fente mince ; il est indispensable de trouver un modèle d’antenne
complet pouvant fonctionner aussi bien en émission qu’en réception. C’est ainsi qu’un modèle
d’antenne reposant sur une représentation par des fils obliques a été développé. Ce modèle
sera présenté en détail ainsi que l’aspect dispersif régissant le modèle des fils obliques
chargés. Ce modèle d’antenne sera utilisé par la suite pour permettre de développer une
méthode destinée à la synthèse d’un radar polarimétrique. Il va servir à la prédiction du
comportement polarimétrique du radar qui va alimenter les chapitres suivants.
Dans un maillage FDTD pour modéliser des objets dont une de ses dimensions est petite
devant celle de la maille de Yee il faut introduire des formalismes particuliers.
Un fil dont le rayon est très inférieur devant la dimension d’une maille élémentaire
constitue un exemple typique. Or Holland [54] a proposé un formalisme permettant d’intégrer
dans un volume FDTD des fils minces de diamètre 2a très inférieur à la taille d’une maille.
Avec ce formalisme il est devenu possible de modéliser des fils minces à conditions que ces
fils suivent une des directions des arêtes de maillage FDTD et que le rayon de ces fils (a) ne
dépasse pas une certaine valeur [55].
III.2.1. Théorie
97
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Le formalisme de Holland repose sur l’idée suivante : si le rayon d’un fil est faible
devant la longueur d’onde, on peut utiliser les lois de la statique pour calculer le champ
électromagnétique autour du fil. En coordonnées cylindriques (r,θ,z), le champ électrique et le
champ magnétique autour d’un fil supposé infiniment long s’écrivent :
Q
Er = (III-1)
2πε 0ε r r
I
H θ= (III-2)
2πr
∂E r ∂E z ∂H θ
− = −µ0 (III-3)
∂z ∂r ∂t
1 ∂H z ∂ (rH θ ) ∂E r
( − ) = ε 0ε r (III-4)
r ∂θ ∂z ∂t
98
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Les équations (III-1) et (III-2) sont introduites dans les équations (III-3) et (III-4) pour
obtenir les relations suivantes:
∂E z µ 0 1 ∂I c 2 ∂Q
= ( + ) (III-5)
∂r 2π r ∂t rε r ∂z
∂H z 1 ∂I ∂Q
= ( + ) (III-6)
∂θ 2π ∂z ∂t
L’équation (III-5) est ensuite intégré suivant r en en appliquant la condition limite sur Ez
à la surface du conducteur (Ez(r=a)=0) :
∂I ∂Q
E z (r ) = L(r )( + v2 ) (III-7)
∂t ∂z
Avec :
c2
- v =
2
(III-8)
εr
µ0 r
- L(r ) = ln( ) (III-9)
2π a
∂I ∂Q
< E z >= Lmoy ( + v2 ) (III-10)
∂t ∂z
r
∫∫ ln( ) r cos θ drd θ
µ0 ∆ x∆ y ,r > a a
avec : L moy = (III-11)
2π ∆ x∆ y
∂I ∂Q
+ =0 ( pour le calcul de Q) (III-12)
∂z ∂t
Enfin, les équations (III-10) et (III-12) constituent un système d’équations liées qui peut
être résolu par une méthode de type FDTD. La charge Q et le courant I sont décalés d’une
demi-cellule et par conséquent calculés à des instants différents. D’autre part, pour gérer
99
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
l’extrémité libre d’un fil, on applique la condition I=0 et pour l’extrémité d’un fil lié à une
plaque métallique, on applique la condition Q=0.
Compte tenu des limitations du formalisme de Holland, des études ont été menées pour
tenter de s’en affranchir. Cependant parmi tous les modèles qui traitent les fils minces, ceux
qui abordent les fils obliques sont très limités [56]-[57]. Ces modèles se basent sur l’approche
de Holland. Néanmoins ces modèles ne montrent pas comment traiter une jonction avec plus
de deux fils obliques. En effet la jonction multifil constitue un point important et difficile à
traiter et qui exige la continuité du courant équivalent sur les nœuds de la cellule de Yee.
∂I ∂Q
L( ρ )( + v2 ) + RI = E ( ρ ) (III-13)
∂t ∂r
100
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
∂Q σ ∂I
+ Q+ =0 (III-14)
∂t ε ∂r
La relation (III-13) exprime le couplage du fil avec le champ électrique tangentiel au fil.
Avec la nouvelle approche, l’équation (III-13) est appliquée sur chaque composante du champ
électrique de la cellule qui contient le morceau du fil. En plus, pour être en concordance avec
le champ électrique moyen calculé par la FDTD, la relation (III-13) est intégrée sur un
volume d’une cellule qui est centré sur la composante de champ électrique concernée par le
couplage (Figure III-2).
Wire
M
ρ
Ez,1,m Ez,3,m
W
Ez,2,m Ez,4,m
z
y
Yee’s cell m
x
Figure III-2. Volume d’intégration centré autour de la composante Ez,1,m utilisé pour
le calcul de l’impédance Lz,1,m
Ainsi l’équation (III-13) est appliquée avec les 12 composantes du champ électrique
réparties sur une cellule de Yee.
En généralisant l’équation (III-13) pour tenir compte de toutes les composantes sur
l’ensemble des cellules qui sont traversées par le fil oblique, on obtient :
∂I 2 ∂Q
Lu , j ,m + v + RI dr.u = Eu , j ,m (III-15)
∂t ∂r
avec u=x,y ou z, l’indice j=1,2,3 ou 4 indique une des quatre composante dans la
direction u positionnée au sein de la cellule qui entoure le fil. dr est le vecteur unitaire
représentant la direction du fil avec :
101
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
∂I 2 ∂Q
Lu , j ,m + v + RI dru = Eu , j ,m (III-17)
∂t ∂r
L’inductance de la cellule <Lu,j,m> est calculée sur le même volume d’intégration avec
l’équation suivante :
ρ ( x, y , z )
∫∫∫ ln a
dxdydz
µ0 Vu , j ,m
Lu , j ,m = (III-18)
2Π ∆x∆y∆z
avec ρ(x,y,z,)>a
et ρ ( x, y, z ) = ( x − x w ) 2 + ( y − y w ) 2 + ( z − z w ) 2 (III-19)
avec ρ la distance radiale entre un point M(x,y,z) situé sur le volume d’intégration et le
fil.
On suppose que le fil est découpé en Ns segments uniformes tous égaux à ∆l. On note
δ lk,m la longueur du segment k appartenant à la cellule m comme illustré sur la Figure III-3.
Wire with radius a
Yee’s cell m
dr
Ain
∆lk
Wire segment k Ac Aout
z δlk,m
x
Ain: input point of the segment k in the cell m
Aout: output point of the segment k in the cell m
Ac: center point of the segment part belonging to
the cell m
102
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
compte la part du segment k appartenant à la cellule m soit δ lk,m/∆l. Ensuite, pour chaque
direction cartésienne, une pondération de type bilinéaire est construite entre les quatre
équations associés, les coefficients correspondant sont notés pu,j,k,m et sont définis comme
suit :
δv δw δv δw
Pu ,1,k ,m = 1 − 1 − , Pu , 4,k ,m = (III-20.a)
∆v ∆w ∆v ∆w
δv δw δw δv
Pu , 2,k ,m = 1 − , Pu ,3,k ,m = 1 − (III-20.b)
∆v ∆w ∆w ∆v
∂I k ∂Q
Lu ,k + v2 + RI k dru = Eu ,k (III-21)
∂t ∂r
avec :
δl
∑ ( Lu, j,m )
4
Lu,k = ∑ k,m
∆l
pu, j,k,m
(III-22)
m,m∩k j=1
δl
∑ ( Eu, j,m )
4
Eu,k = ∑ k,m
∆l
pu, j,k,m
(III-23)
m,m ∩ k j =1
∂I K 2 ∂Q
∑ u Lu ,k +v + RI k dru .dr = ∑ Eu ,k u .dr (III-24)
∂t ∂r
u = x, y , z , u = x, y , z
103
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
∂I ∂Q
Lk k + v 2 + RI k = E k (II-25)
∂t ∂r
Avec :
I k ∆l
Jk = (III-27)
∆x∆y∆z
δl k,m
J u, j,m = dru ∑
k,k ∩m
pu, j,k,m
∆l
Jk (III-28)
((∇ × H ).u − J )
1
∆t n+
Eun,+j1,m = Eun, j ,m + 2 (III-29)
ε 0ε r
u , j ,m
Enfin, l’équation de la charge (III-14) et l’équation (II-25) sont résolues au sens des
différences finies.
Comme nous l’avons évoqué, l’antenne Vivaldi utilisée est difficile à mailler pour deux
raisons. D’une part, elle présente une fente mince profilée. D’autre part, l’antenne dans sa
configuration finale est inclinée d’où la difficulté de mailler la fente en marche d’escalier au
sein du volume FDTD.
Ces conditions nous incitent à trouver un modèle d’antenne qui peut remplacer
l’antenne Vivaldi d’origine. À ce stade du manuscrit, un modèle de rayonnement se basant sur
des sources dipolaires a été développé. Etant donné qu’il s’agit d’un modèle de rayonnement,
le problème de modélisation de l’antenne Vivaldi est résolu pour la partie émission. Par contre
104
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Plusieurs essais ont été établis afin de trouver le modèle d’antenne le plus adéquat dont
ses caractéristiques de rayonnement (diagramme de rayonnement) se rapprocheraient le plus
possible de l’original.
Une première approche a été de délimiter le contour de l’antenne par des fils. C'est-à-
dire mettre des fils aux endroits où le courant est localisé.
Figure III-4. Modèle d’antenne dont le contour est délimité par des fils et son
diagramme de rayonnement
Cependant, cet essai n’a pas abouti à des résultats satisfaisants puisque le diagramme de
rayonnement de cette antenne était encore très loin de celui visé (Figure III-4). Son
diagramme est très perturbé car le courant circule sur les deux brins de l’antenne ce qui crée
un problème de résonance.
Un deuxième essai était de disperser des fils sur toute la surface de l’antenne en gardant
la même forme que celle de l’origine mais en essayant de la présenter par des fils.
105
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Figure III-5. Antenne représentée par des fils et son diagramme de rayonnement
I I I .4 .1 .1 . Co u ran t r ay o n n é pa r l’ an t e n n e d’ o ri g i n e e t a pp r o c he p r o p o s é e
Toutefois, une cartographie du courant mesuré dans le plan de l'antenne montre une
concentration du courant le long de la fente et de l’ouverture (Figure III-6, partie gauche),
alors que le courant distribué sur le reste de l'antenne est relativement faible et ne contribue
que peu au rayonnement de l'antenne.
D’où l'approche proposée qui consiste à représenter le contour à profil exponentiel par
des fils obliques là où le courant est concentré (Figure III-6, partie droite). Il s’agit donc d’une
antenne qui est composée de deux parties symétriques, chacune comporte N brins de fils
connectés entre eux.
106
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Cependant, la circulation d’un courant dans une antenne filaire génère généralement des
résonances et un phénomène de ringing dus à ses extrémités en circuit ouvert. Ces résonances
sont responsables d’un allongement conséquent des signaux transitoires rayonnés mais aussi
d’une dégradation du taux d’ondes stationnaires à l’entrée de l’antenne.
Or une technique couramment utilisée pour augmenter la bande passante d’une antenne
consiste à insérer des charges résistives. Wu et King [58]-[59] ont montré qu’une répartition
des charges judicieusement choisie permet d’atténuer progressivement les courants qui se
réfléchissent aux extrémités de l’antenne jusqu’à la faire disparaître. Cette technique améliore
très sensiblement la forme du signal émis et réduit de façon importante les oscillations
parasites non souhaitées.
Le modèle d’antenne mis en jeu consiste donc à placer des fils obliques avec un profil
exponentiel et à insérer des résistances sur les deux brins. On obtient donc un modèle
d’antenne filaire chargé large bande.
Le procédé de Wu et King est parfois utilisé pour les antennes ULB destinées à imager
le sous-sol (GPR) ; il a cependant un inconvénient majeur. L’efficacité de l’antenne est
fortement diminuée. Mais nous n’avons pas attaché beaucoup d’importance à ce problème
puisque le modèle d’antenne avec les fils obliques chargés va nous servir pour faire les
simulations où son fonctionnement restera limité dans un cadre théorique. Toutefois, il est
possible de définir un facteur de correction théorique permettant de retrouver le bon niveau.
107
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
I I I .4 .1 .2 . D i st ri b ut i o n de s c h a rg e s ré si st i v e s
Les charges résistives localisées sur les fils obliques le long des deux brins sont
calculées selon la théorie de Wu et King en suivant la loi (III-30) :
η ψ
Z (d ) = α (III-30)
2π l − d
ψ = 2 sinh −1
l
− c(2k 0 a,2k 0 l ) − js (2k 0 a,2k 0 l ) + j
(
1 − e − j 2 k0l ) (III-31)
a k 0l
2π
avec k 0 =
λ
x
1 − cos (u 2 + p 2 )
C ( p, d ) = ∫ (u 2 + p 2 )
du (III-32)
0
x
sin (u 2 + p 2 )
S ( p, d ) = ∫ (u + p )
2 2
du (III-33)
0
108
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
L’équation (III-30) permet donc de calculer les charges reparties sur les deux brins. Les
valeurs sont indiquées dans le tableau 1.
d(m) 0.3366
Re(Z) 1504.663
Figure III-7. A gauche : Modèle d’antenne basée sur les fils obliques chargés (situé
dans le plan XOY). Adroite : Valeur des résistances en fonction de la position des fils sur
l’antenne filaire
109
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Pour valider le modèle d’antenne filaire, nous avons calculé les caractéristiques
électromagnétiques de l'antenne Vivaldi, situé dans un plan (XOY), en particulier le champ
lointain en coordonnées sphériques (Eθ et Eφ) et la directivité pour la fréquence 1,5 GHz. La
simulation est effectuée sous « FEKO ». D’autre part, pour valider le modèle d’antenne basée
sur le formalisme des fils obliques chargés on a appliqué la démarche expliquée ci-dessus
avec la méthode FDTD en utilisant le logiciel « Temsi-FD ».
Ainsi, les composantes verticales (Eθ) et horizontales (Eφ) sont observées dans les plans
φ=0o (Figure III-8) et φ=90o (Figure III-9) pour θ=[0-360]o et ce pour la fréquence 1.5 GHz.
On constate que, dans le cas φ=0o, la composante verticale (Figure III-8. A gauche) est nulle
dans les deux cas quand à la composante horizontale (Figure III-8. A droite) on constate que
pour θ ∈ [25-155]° (rayonnement avant) (repère en coordonné sphérique Figure III-7) le lobe
de rayonnement est plus étroit dans le cas de l’antenne Vivaldi. En outre, pour θ ∈ [205-335]°
(rayonnement arrière) (repère en coordonné sphérique Figure III-7) le niveau du champ
rayonné par l’antenne Vivaldi est plus grand que celui du modèle Wu-King modifié.
Dans le cas du plan φ=90o, on constate une concordance entre les deux antennes en ce
qui concerne les directions pour lesquelles le champ s’annule. Concernant la composante
verticale Eθ (Figure III-9. A gauche) pour θ ∈ [95-265]° (repère en coordonné sphérique
Figure III-7), le lobe de rayonnement pour l’antenne Vivaldi est plus étroit que celui du
modèle Wu-King modifié, par contre dans le cas de la composante verticale Eφ (Figure III-9.
A droite) le lobe de rayonnement du Wu-King est plus étroit.
110
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Une autre comparaison plus générale pour la directivité est effectuée dans un volume
3D (Figure III-10). On s’aperçoit que le diagramme de rayonnement du modèle Wu-King a
une forme qui s’approche de celui de l’antenne Vivaldi avec notamment une directivité
importante dans la direction de rayonnement principale mesurée à la fréquence 1.5 GHz
(Directivité = 4.5).
111
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
I I I .4 .1 .3 . D u ré e d’ i mp u ls i o n e t f o r me d’ o n de
−
(t −t0 )2
e(t ) = A0 sin (2Π f 0 t )e T2 (III-34)
e( f ) = A0T Π e −(Π ( f − f 0 )T )
2
(III-35)
Dans la suite de nos travaux, les caractéristiques de la sino-gaussienne ont été fixées :
f0=1.7 GHz, bande= 2 GHz, Att0= 1000, Attfmax=10. La scène modélisée contient une seule
antenne à l’emission et une seule antenne à la réception (Figure III-12. A gauche). Les deux
antennes sont inclinées de 7° et sont placées à une hauteur h=50 cm par rapport au sol lisse
(hauteur du point d’alimentation des antennes jusqu’au sol lisse). Le sol une permittivité
relative εr=3.
112
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Les antennes ULB (ultra large bande) sont caractérisées à l’aide de leur réponse
impulsionnelle dans le domaine temporel ou de leur fonction de transfert dans le domaine
fréquentiel.
En effet, pour une antenne non dispersive le centre de phase est fixe ce qui revient à dire
que chaque composante fréquentielle du champ doit pouvoir rayonner en même temps. Le fait
qu’une antenne soit non dispersive peut être expliqué par le fait que le temps de groupe est
constant ou encore que la phase doit varier linéairement avec la fréquence.
113
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Pour calculer le FA, l’antenne est illuminée par une onde plane polarisée conformément
à la polarisation principale de l’antenne soit Ey. On récupère le courant au pied de l’antenne
114
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
E inc = E0 e − j K .r
La polarisation de l’onde est décrite par la position du champ électrique dans le plan
d’onde en émission et en réception. Pouvoir choisir la polarisation de l’onde incidente et
mesurer toute la polarisation de l’onde rétrodiffusée nous apporte plus d’informations sur la
cible que si nous effectuons des observations dans une seule polarisation.
115
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Pour produire une onde dont on peut modifier la polarisation selon les besoins, il est
nécessaire d’émettre des signaux avec des composantes dans deux polarisations orthogonales.
Les deux polarisations de base les plus fréquemment utilisées sont les polarisations linéaires
horizontale H et verticale V. Les radars sont normalement conçus pour émettre soit des ondes
polarisées horizontalement soit des ondes polarisées verticalement. Elles se définissent par
rapport à une référence telle que le plan tangent à la surface de la terre.
116
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Les deux canaux des radars à double polarisation ne collectent qu’une partie des
informations sur les propriétés diffusantes de la cible. Ainsi un radar peut générer une co-
polar horizontale (HH) (polarisation principale), une co-polar verticale (VV) (polarisation
principale), une Cross-polar (polarisation croisée) (HV ou VH), une double polarisation
(HH+HV ou VV+VH) ou un quadruple polarisation (HH+HV+VV+VH) et ce avec une
variété de résolutions spatiales.
Chaque signal reçu par le capteur (HH, HV, VV ou VH) possède une sensibilité
particulière à diverses caractéristiques ou propriétés de surface. De plus les données multi-
polarisées peuvent être utilisées pour générer les signatures polarimétriques des éléments de
surface, une information importante pour la caractérisation des mécanismes de rétrodiffusion
du signal radar.
117
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
électromagnétique. Ce couplage doit être pris en compte car il change les propriétés des
antennes (impédance d’entrée et le rayonnement de l’antenne).
Pour synthétiser les quatre polarisations (HH, HV, VV et VH), une méthode temporelle
simple a été définie. Afin de synthétiser les polarisations HH et HV, les deux paires
d’antennes d’émission sont alimentées de façon à émettre une onde polarisée horizontalement.
A la réception, on mesure le courant temporel sur les deux paires d’antennes. Une fois le
courant temporel calculé, on retranche le couplage direct entre les antennes. Ensuite, en
118
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
sommant les courants sur les deux paires d’antennes de réception, on obtient la polarisation
HH et en effectuant la différence des courants on obtient la polarisation HV (Figure III-17).
Pour synthétiser les polarisations VV et VH, les antennes d’émission sont alimentées de
façon à qu’elles émettent une onde polarisée verticalement. On mesure les courants sur les
deux paires d’antennes de réception. Ensuite, on retranche le couplage direct. En effectuant la
somme des courants sur les deux paires d’antennes, on acquiert la polarisation VH et en
effectuant la différence on obtient la polarisation VV.
119
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Les signaux mesurés en Co-polar (HH et VV) sont au moins dix fois plus élevés que
ceux mesués en Cross-polar (HV et VH) (Figure III-19. A gauche). Ces différences de niveau
entre le Co-polar et le Cross-polar respectent une certaine logique par rapport à la théorie de
diffusion.
En effet, on distingue deux types de réflexion : une réflexion spéculaire et une réflexion
en diffusion. La réflexion spéculaire est associée à la réflexion sur une surface plane qui
permet à l’onde de changer de direction sans pour autant modifier la polarisation et la
trajectoire des ondes. Dans le cas où on émet une onde polarisé horizontalement (polar H), le
sol lisse ne modifie pas la polarisation du signal réfléchi. Et dans ce cas le signal reçu en
polarisation H sera favorisé par rapport à celui reçu en polarisation V et par conséquence le
niveau de polarisation HH sera plus important que celle de la polarisation HV.
De la même façon, si on envoie une onde polarisée verticalement (polar V), le sol lisse
ne va pas modifier la polarisation de l’onde incidente et dans ce cas l’onde reçue en
polarisation V sera plus importante que celle en polarisation H. En conséquence la
polarisation VV sera favorable par rapport à la polarisation VH
120
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Figure III-19. A gauche : courant pour les polarisations (HH, HV, VH et VV) dans le
cas d’une interface air-sol lisse. A droite : Champ pour les polarisations (HH, HV, VH et
VV) après application de la fonction de transfert.
La figure (Figure III-20) montre que dans le cas Co-polar HH et VV, le niveau du
courant correspondant au cas sol lisse est plus grand que ceux correspondant aux sols
rugueux. Et au fur et à mesure que le sol devient plus rugueux (Hrms augmente pour Lc
constante), le niveau du courant décroit.
121
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
Ce phénomène peut être expliqué par le fait qu’en présence du sol lisse, la polarisation
de l’onde réfléchie par le sol lisse ne varie pas. Il en résulte que le courant reçu sur la Cross-
polar est théoriquement nul. Mais dès que le sol devient rugueux, la polarisation de l’onde
diffusé changent de polarisation et le niveau du courant reçu sur la Cross-polar est favorisée
au dépend de celle reçue sur la Co-polar.
122
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
III.8. Conclusion
Compte tenu du fait que l’antenne Vivaldi est difficile à mailler et que le modèle de
rayonnement basée sur les sources dipolaires est un modèle incomplet fonctionnant
uniquement en émission, il était indispensable de définir un autre modèle.
123
Chapitre 3 : Modèle complet d’antenne en émission et réception
124
Chapitre IV
125
126
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
IV.1. Introduction
L'interaction d’une onde plane avec une surface plane lisse est un des mécanismes se
décrivant par les lois de la réflexion ou de la réfraction de Snell-Descartes ; les modifications
de phase et d'amplitude sont données par les lois de Fresnel. Toutefois, ces lois simples sont
loin de rendre compte de tous les phénomènes observés.
IV.2. La rugosité
La rugosité est un paramètre physique qui caractérise l’état de surface d’un objet.
- Les surfaces naturelles comme les surfaces de mer, les surfaces rocheuses, les surfaces
recouvertes par de la neige….
- Les surfaces artificielles comme les surfaces optiques, les revêtements muraux ou routiers,
les revêtements de navires, de mobiliers….
Concernant la mission Exomars, les différentes strates géologiques sont séparées par des
couches rugueuses. Comme illustré sur la Figure IV-1 , cette figure montre la stratigraphie
127
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
géologique du sous-sol martien. Cette description simplifiée, basée sur le modèle général du
sous-sol Martien établi par Clifford en 1993 [60]-[63], est très approximative en termes de
minéralogie. Cette description est appropriée pour une évaluation des performances des futurs
instruments géophysiques destinés à la recherche de l’eau dans le sous-sol de Mars.
Cependant entre les différentes strates, on observe parfois des zones rugueuses et parfois des
zones lisses.
Quelles soient naturelles ou artificielles, les surfaces rugueuses peuvent être caractérisés
de façon déterministes ou statistiques (on définira ces deux notions dans les paragraphes
suivants).
Figure IV-1. Modèle géologique du sol martien qui montre les différentes strates
séparées par des interfaces rugueuses
128
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
rétrodiffusion du signal radar, et les travaux poursuivis par les différentes équipes à travers le
monde ont mis en évidence la nécessité de prendre en compte l’ensemble des propriétés du sol
(géométriques et diélectriques) afin d’envisager l’évaluation d’un paramètre du sol à partir
des données radar.
Cependant, la rugosité d’une surface est un paramètre qui est peut être facilement
appréhendé. Toutefois lorsqu’on souhaite mesurer cette rugosité, l’affaire est autrement plus
compliquée. Les premiers rugosimètres datent de la fin des années 1930, dans les grands pays
industriels, certaines professions ont développé leurs propres méthodes de calcul et défini
leurs propres paramètres caractérisant la rugosité.
Les instruments de mesure normalisés sont des systèmes à contact qui balayent la
surface à caractériser suivant une direction donnée, et sur une certaine longueur. Tout
commence donc par l’acquisition d’un profil, auquel on applique ensuite des formules
mathématiques pour en extraire différents paramètres. En effet, la difficulté à appréhender la
rugosité vient du fait que c’est un paramètre statistique. Et du moment que l’on rentre dans le
cadre des statistiques, on peut toujours interpréter le signal de différentes façons.
- LC (longueur de corrélation)
L
1 Lx y
H rms = lim ∫ ∫ (h( x, y ) − h
Lx , L y →+∞ L x L y x =0 y =0
)2 dxdy (IV-1)
avec M(x,y) constitue l’ensemble des points appartenant à une surface rugueuse.
L’autre paramètre largement répandu dans la littérature est Lc (IV-2.a) : il renseigne sur
les caractérisations horizontales du profil en désignant la longueur caractéristique d’un défaut.
Lc est déduite de la fonction d’autocorrélation du profil. Cette fonction traduit le degré de
ressemblance entre deux points de profil en fonction de leur écartement. Elle est définie par le
129
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
décalage pour lequel la fonction d’auto corrélation normalisé d’un profil vaut1/e. Rappelons
que la fonction d’auto corrélation normalisée d’une surface rugueuse est décroissante. Elle
vaut 1 en r = 0 (maximum de corrélation) et tend vers 0 lorsque L tend vers l’infini.
L
1 1
Corr (r ) =
H rms 2
lim
L →∞ L∫(h( x)− < h >).(h(r + x)− < h >)dx (IV-2.a)
0
1
Corr ( Lc) = (IV-2.b)
e
130
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
En ce qui concerne la mission Exomars, l’un des objectifs est de cartographier le sol
martien, ce qui nécessite d’introduire dans les simulations un modèle de surface du sol
martien dont le niveau de rugosité se rapprocherait le plus possible du cas réaliste.
I V .3 .3 .1 . G é n é r at i o n d e s su rf a c e s r ug ue u se s p a r m é t h o de f ra c t a le
La construction des fractales est basée sur un principe de récursivité. Si on regarde une
fractale à des échelles différentes, on retrouve le même motif. C'est ce motif qui est la base de
la fractale. En effet, pour construire une fractale, on considère une forme très simple. Le terme
‘‘fractale’’ a été introduit par Benoît Mandelbrot [64]-[65] au cours des années 70. L’objectif
de Mandelbrot et ensuite de J.F. Gouyet [66] et B. Sapoval [67], a été de créer un domaine
mathématique nouveau destiné à décrire la structure des objets et de phénomènes, naturels ou
créés par l'homme.
La propriété que possède une partie d'un objet d'être exactement semblable à l'objet lui-
même à une dilatation près, s'appelle la similitude interne ou l'autosimilarité. En d’autre terme
le fractal est identique ou apparaît pratiquement identique à lui même à plusieurs échelles.
131
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Les ensembles fractals jouent un rôle central dans de très diverses théories scientifiques.
Il s'agit, par exemple, de la forme des nuages, des pépites d'or, des côtes maritimes, des hautes
montagnes, de la répartition des galaxies dans l'espace ou encore de la turbulence.
ln η
Ds = (IV-3)
ln(1 / k )
Par exemple, quand la fractale est construite à partir d’un algorithme itératif, la
dimension de similarité Ds est donnée par l’équation (IV-3). En effet, à l’étape de construction
i, la structure est constitué de η répliques de celle obtenue à l’étape (i-1), chaque réplique
étant réduite d’un rapport d’homothétie k.
132
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Un autre exemple d’une réalisation d’une fractale auto similaire est le triangle de
Sierpinski (Figure IV-5). Cet exemple utilise comme figure de départ un triangle équilatéral.
En utilisant les milieux de ses côtés, on définit ainsi un nouveau triangle central permettant
d'obtenir la figure après la première étape. Il suffit d'appliquer ce procédé aux trois triangles
restants pour obtenir la figure suivante. En itérant ce procédé une infinité de fois, on obtient
ainsi le triangle de Sierpinski.
I V .3 .3 .2 . G é n é r at i o n d e s su rf a c e s r ug ue u se s p a r m é t h o de s pe c t r al e
La méthode spectrale est une méthode intéressante pour générer une surface rugueuse
basée sur des paramètres statistiques. La méthode spectrale permet de générer un profil
réaliste avec une hauteur quadratique moyenne Hrms et une longueur de corrélation Lc
souhaitée (Figure IV-6).
133
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
S ( f ) = H ( f ) γ u ( f ) => H ( f ) = S ( f )
2
On sait donc générer des profils rugueux de Hrms et Lc connus. La figure (Figure IV-7)
montre les résultats de trois profils générés par la méthode spectrale.
134
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Ces trois profils ont été générés à partir du même bruit blanc gaussien centré réduit n(x)
pour des hauteurs quadratiques moyennes différentes avec une longueur de corrélation
constante.
On remarque que pour une même valeur de Lc, l’influence de Hrms se traduit par une
différence des hauteurs des pics de la rugosité sur les profils.
L’objectif de cette partie est de mettre au point des techniques de traitement permettant
d’exploiter correctement les données du radar Wisdom en mettant en œuvre une méthode
permettant de simuler son fonctionnement. Ces techniques vont servir à développer des
algorithmes afin de construire une image 2D ou 3D à partir des signaux recueillis des
simulations électromagnétiques.
Afin de pouvoir simuler le fonctionnement d’un radar, il est tout à fait possible
d’envisager de développer un algorithme permettant de reproduire le scenario de son
déplacement. Le problème revient donc à simuler le déplacement des antennes au dessus
d’une structure géologique dont les propriétés peuvent varier.
Dans un premier temps, il est nécessaire de créer la scène globale à imager. Cette scène
peut être homogène ou hétérogène comme elle peut enfermer des objets dont les
caractéristiques peuvent varier telles que la forme, l’orientation et les propriétés diélectriques.
Afin de pousser les limites de modélisation de la scène à sonder et d’être dans un cas le plus
réaliste possible, on pourra envisager de modéliser le milieu de propagation par une méthode
prenant en compte une granulosité de la permittivité et de la conductivité.
Une fois la scène à sonder crée, l’idée est d’utiliser un algorithme permettant de
décomposer la scène globale en sous-scène. Chaque sous-scène contient le radar positionné au
milieu de la sous-scène. Pour chaque position du radar, un volume de calcul est défini et ce
volume est centré sur le radar (Figure IV-8). Le fait de découper la scène ainsi revient à déplacer
135
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
le radar sur la scène à simuler et d’effectuer une mesure pour chaque déplacement. Chaque sous-
scène correspond à un volume de calcul permettant d’effectuer une simulation dont le temps de
calcul est beaucoup plus faible que si la scène globale est simulée à chaque fois.
136
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Ce sous-volume tronqué obéit à des conditions régissant la position du radar ainsi que
la profondeur de sondage par rapport à la profondeur du volume de calcul tronqué et les
conditions d’absorption aux limites sur les parois du volume de calcul.
Les paramètres qui permettent de fixer le volume de calcul sont wx, wy et wz (Figure
IV-10) et sont calculés en fonction de la vitesse de propagation et de la durée de la simulation.
h D
et : Ts = 2 + 2 * +t max
c v
137
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
c
où h est la hauteur séparant l’antenne du sol et qui vaut 50 cm, v = est la vitesse
εr
de propagation dans le milieu considéré, D est la profondeur de sondage voulue.
Généralement, on prend D=wz avec wz définit la hauteur de volume de calcul. tmax est la durée
de l’impulsion.
Toutes les faces délimitant le volume de calcul ont été recouvertes par des couches PML
afin de simuler l’espace libre ce qui permet d’absorber l’onde incidente et d’empêcher la
réflexion parasite sur les parois du volume de calcul.
Un autre avantage d’utilisation des couches PML est qu’il permet de tronquer le volume
de calcul tout proche d’un objet si ce dernier est inclut dans la scène à simuler. En effet, dans
le cas où on utilise un mur électrique, il faut garder une certaine marge entre l’objet et ce
dernier pour empêcher que l’onde réfléchie par l’objet ne vienne interférer avec celle réfléchie
par le mur électrique à cause de l’étalement du signal.
138
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Pour chaque volume de calcul une simulation est effectuée. Une onde est émise depuis
les antennes d’émission puis enregistrée par les antennes de réception après propagation dans
le milieu. Cependant, afin de supprimer le couplage direct entre les antennes, on peut procéder
de deux manières. Soit on coupe les premiers nanosecondes des simulations ce qui permet
d’enregistrer le signal réfléchi par le sol. Soit on fait la simulation d’une scène ne contenant
pas la faille, ensuite on fait la soustraction entre les courants résultants des sous-scènes
(Figure IV-12.A gauche) et le courant résultant de la scène qui ne contient pas la faille (Figure
IV-12.A droite), ce qui permet d’enregistrer le courant réfléchi uniquement par la faille
(Figure IV-13).
139
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Figure IV-12. A gauche : le courant résultant d’une scène qui contient le milieu de
propagation avec la faille. A droite : le courant résultant d’une scène ne contenant pas la
faille
Une fois que le courant est mesuré sur l’ensemble des antennes de réception, et après
soustraction du courant correspondant au couplage, on applique la méthode détaillée dans le
paragraphe (III.7) pour calculer le courant dans les cas des Co-polar et Cross-polar.
Les résultats correspondant aux simulations précédentes sont présentés dans les figures
suivantes :
140
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Cependant, nous allons voir l’effet d’introduire une faible rugosité sur l’interface air-sol
et voir comment le courant reçu sur les Co- et Cross polar va réagir avec la rugosité.
L’interface air-sol est maintenant rugueux avec un Hrms=2.5 cm et LC=7 cm.
141
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Figure IV-16.A gauche : B-Scan en polar HH dans le cas sol lisse. A droite : B-Scan
en polar HH dans le cas sol rugueux
Figure IV-17. A gauche : B-Scan en polar VV dans le cas sol lisse. A droite : B-Scan
en polar VV dans le cas sol rugueux
On remarque que lorsque le sol devient un peu rugueux la Co-polar HH est un peu
dégradée par rapport au cas sol lisse (Figure IV-16). Cependant on remarque pas de
modification sur le comportement de la polar VV (Figure IV-17).
142
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Figure IV-18. A gauche : B-Scan en polar HV dans le cas sol lisse. A droite : B-Scan
en polar HV dans le cas sol rugueux
Figure IV-19. A gauche : B-Scan en polar VH dans le cas sol lisse. A droite : B-Scan
en polar VH dans le cas sol rugueux
Il est nécessaire de connaitre les caractéristiques de la rugosité pour les exploiter dans
les calculs des différents paramètres tels que la permittivité d’un sol rugueux. Cependant, les
techniques de mesure de surfaces rugueuses s’avèrent complexes, il est alors plus aisé de
générer les surfaces numériquement que de recourir à un procédé mécanique pour obtenir
leur représentation. Dans notre étude, on génère des surfaces rugueuses gaussiennes.
143
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Or pour caractériser un profil rugueux deux méthodes ont été développées et testées
l’une est basée sur une approche temporelle et la seconde sur une approche fréquentielle. Ces
deux méthodes seront étudiées et comparées afin d’adopter celle qui a donné les résultats les
plus satisfaisants pour être exploiter dans le calcul de la permittivité.
I V .5 .1 .1 . P ri n c i p e d e l a m é t h o d e
d=v*t/2 (IV-5)
h=d*cos(θ) (IV-6)
144
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
I V .5 .1 .2 . P ré se n t a t i o n de s r é s u l t at s
Les caractéristiques de la scène simulée sont : la scène a une longueur de 5.12 m suivant
x et 80 cm suivant y, le déplacement du radar est de 5 cm et la taille des cellules est de 5 mm.
En appliquant l’algorithme qui permet de simuler le déplacement du radar expliqué dans le
paragraphe IV.4, la scène est divisée en 60 sous- scènes et la taille des sous-scènes est de 425
cellules. Le radar est placé au milieu de chaque sous-volume.
Les résultats de l’application de cet algorithme sur les cas de simulations sont présentés
dans les figures après.
145
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
effectuées seront présentées dans cette section (Figure IV-21 et Figure III-19) et comparées
aux profils réels.
Figure IV-21. Profil réel et reconstruit par la méthode temporelle en Co- polar (à
gauche) et en Cross- polar (à droite) pour Hrms=0.01 m et Lc=0.33 m
146
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
ondes se réfléchissent dans toutes les directions de l’espace. En conséquence, on perd une
quantité du signal capté par la Co-polar et c’est en faveur de la Cross-polar où on arrive à
détecter du signal avec un niveau significatif. Ce phénomène s’accentue au fur et à mesure
que la rugosité du sol augmente.
D’autres simulations avec un niveau de rugosité variable ont été effectuées, elles ne sont
pas présentées dans le rapport. Cependant, les résultats de Hrms et de Lc calculés en
s’appuyant sur les profils mesurés sont résumés dans le tableau 2.
I V .5 .1 .3 . Ca l c u l d e H r m s e t d e L c
Après avoir reconstruit le profil rugueux, nous appliquons l’équation (IV-1) pour le
calcul de Hrms et l’équation (IV-2.a) pour le calcul de LC.
147
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Cependant, lorsque la rugosité du sol augmente (cas où Hrms=0.05 m et LC= 0.33 m), on
remarque que la concordance entre la longueur de la corrélation théorique et celle mesurée par
la Co-polar se dégrade et c’est en faveur de la Cross-polar qui commence à être comparable à
la valeur théorique.
148
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Hrms=0.05 m Lc=0.3344 m
On remarque que dans le cas où la rugosité du sol est faible, les valeurs de Hrms et de Lc
obtenus par la Co-polar sont du même ordre de grandeur que celles des valeurs obtenues
directement sur la surface rugueuse mais souvent légèrement différentes. Cependant, les
valeurs obtenues par la Cross-polar sont loin des valeurs théoriques.
Dans le but d’améliorer les résultats trouvés, on a développé une autre méthode
fréquentielle dont on va expliquer et présenter les résultats dans la suite.
149
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
I V .5 .2 .1 . P ri n c i p e d e l a m é t h o d e
Pour une fréquence, une polarisation et un angle d’incidence donné, la phase du courant
diffracté dépend de la variation des hauteurs de la surface. En se basant sur ce principe, une
méthode basée sur une configuration multistatique a été proposée. La méthode proposée
consiste à balayer le radar suivant une direction donnée (dans notre cas suivant x, et à mesurer
le courant reçu dans les deux cas de polarisation Co-polar et Cross-polar. On obtient donc le
courant en temporel In(t) pour les N acquisitions. Ce courant In(t) contient le courant diffracté
par la surface considérée et le courant qui vient du couplage direct. Il est donc nécessaire de
soustraire le courant qui vient du couplage. Pour ce faire, on place les antennes d’émission et
de réception en espace libre et on mesure les courants reçus. Ensuite on fait la soustraction en
temporel entre In(t) et le courant dû au couplage direct. Enfin, on effectue une transformé de
fourrier discrète.
∆(ϕ i ,n − ϕ i ,0 )
hn=1:N ,i = c * cosθ (IV-7)
4πf i
150
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
151
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Une fois la matrice des hauteurs obtenues hn=1:N,i, on peut calculer Hrms(f) (Hrms en
fonction de la fréquence) et Lc(f) (longueur de corrélation en fonction de la fréquence) pour la
surface considérée en utilisant successivement les équations (IV-1) et (IV-2.a).
I V .5 .2 .2 . Co m pa re r un p r o f i l c al c u lé à un p r o f i l ré e l
Les figures ci-dessous présentent la comparaison entre les profils déduits directement
des surfaces rugueuses générées et les résultats de la méthode fréquentielle dans le cas ou
Hrms=0 .01 m et Lc=0.33 m (Figure IV-26 et Figure IV-27) et pour Hrms=0 .05 m et Lc=0.33 m
(Figure IV-28 et Figure IV-29) et c’est dans les cas de la Co-polar et Cross-polar et
notamment pour les fréquences extrêmes de la bande de fréquence (f=0.5 GHz et f=3 GHz).
Concernant le cas où la rugosité est faible (Hrms=0 .01 m et Lc=0.33 m), on remarque, à
basse fréquence (Figure IV-26), une concordance entre le profil théorique et ceux obtenus par
la Co-polar. En contrepartie, les profils obtenus par la Cross-polar sont difficiles à comparer
avec le profil réel. Et si on compare le comportement des Co- et Cross polars à basse et à
haute fréquence (Figure IV-26 et Figure IV-27), on remarque que pour un sol faiblement
rugueux les résultats sont meilleurs à basse fréquence vu que la fréquence haute favorise le
phénomène de dépolarisation.
Maintenant, pour étudier l’effet de rugosité sur les Co- et Cross-polar, on considère le
cas où Hrms=0 .05 m et Lc=0.33 m et on trace les profils théoriques et mesurés pour f= 0.5
GHz et f=3 GHz. D’après ces deux cas de rugosités on peut tirer plusieurs remarques.
152
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
on peut dire que plus la rugosité de la surface augmente plus le comportement Co-polar se
dégrade et c’est en faveur de la Cross-polar. En effet, lorsque la rugosité augmente le
phénomène de réflexion diffuse s’accentue. En conséquence, des ondes réfléchies par la
surface rugueuse et qui contiennent l’information permettant de prédire la rugosité de la
surface, seront renvoyées sur la Cross-polar.
Figure IV-26. Profil réel et reconstruit par la méthode fréquentielle en Co- et Cross-
polar pour Hrms=0.01 m, Lc=0.33 m et pour f=0.5 GHz
Figure IV-27. Profil réel et reconstruit par la méthode fréquentielle en Co- et Cross-
polar pour Hrms=0.01 m, Lc=0.33 m et pour f=3 GHz
153
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Figure IV-28. Profil réel et reconstruit par la méthode fréquentielle en Co- et Cross-
polar pour Hrms=0.05 m, Lc=0.33 m et pour f=0.5 GHz
Figure IV-29. Profil réel et reconstruit par la méthode fréquentielle en Co- et Cross-
polar pour Hrms=0.05 m, Lc=0.33 m et pour f=3 GHz
I V .5 .2 .3 . Ca l c u l d e H r ms e t de L c
Une fois qu’on reconstruit le profil rugueux, on applique l’équation (IV-1) pour le
calcul de Hrms et l’équation (IV-2.a) pour le calcul de LC.
154
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Figure IV-30. Hrms en fonction de la fréquence (Co- et Cross-polar) pour les deux cas
Hrms=0.01 m et LC=0.33 m (à gauche) et Hrms=0.05 m et LC=0.33 m (à droite)
Pour le cas Hrms=0.01 m et Lc=0.33 m (Figure IV-30. A gauche), on remarque que dans
le cas de la Co-polar (HH et VV), on retrouve la valeur théorique à basse fréquence et que la
valeur de Hrms ne varie pas beaucoup en fonction de la fréquence. Cependant, dans le cas de la
Cross-polar (HV et VH), on trouve qu’à basse fréquence, les valeurs mesurées ne sont pas
loin de la valeur théorique.
Dans ce qui suit on va présenter les résultats de Hrms et de Lc correspondant aux quatre
cas de polarisation et dans le cas de plusieurs degrés de rugosité. Les résultats présentés dans
le cas de la Co-polar sont obtenus à la fréquence 0.5 GHz (la fréquence la plus basse de la
155
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
bande utilisée). En contrepartie, concernant la Cross-polar, on introduira les résultats pour f=3
GHz.
Hrms=0.05 m Lc=0.3344 m
D’après les résultats annoncés dans le tableau 3, on trouve que la Co-polar est plus
adaptée à la mesure de Hrms et de Lc que la Cross-polar lorsque la rugosité du sol est faible. En
156
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
revanche, dès que la rugosité du sol devient importante, on commence à obtenir des bons
résultats pour les fréquences hautes de la bande de fréquence sur la Cross-polar.
L’évaluation d’un paramètre physique du sol à partir des données radar impose de
prendre en compte l’ensemble des propriétés du sol (diélectriques et géométriques). En effet,
lorsque les paramètres du radar sont fixes et si la distance radar-sol ne change pas, l’équation
du radar montre que la puissance reçue après rétrodiffusion dépend uniquement de la nature
de la cible qui est le sol. Plus clairement, de nombreux paramètres interviennent dans le
phénomène de rétrodiffusion. Ces paramètres peuvent être séparés en deux grandes
catégories : les paramètres géométriques comme la forme ou l’état de surface et les
paramètres diélectriques liés à la nature du sol comme la permittivité diélectrique ou la
conductivité. D’où la nécessité de caractériser le sol c'est-à-dire connaitre la rugosité de
l’interface air-sol et de caractériser le milieu de propagation c'est-à-dire de connaître ses
caractéristiques diélectriques.
Beaucoup d’auteurs se sont penchés sur les méthodes permettant de caractériser les sols
d’un point de vue électrique à l’aide d’un GPR [69]-[75].
On présentera brièvement les méthodes les plus couramment utilisé pour connaitre la
permittivité du milieu :
• Calcul de la permittivité à partir d’une source ponctuelle ou calibration sur objet test :
Cette méthode permet de connaitre les paramètres du sol. Cette procédure consiste à
placer un objet test à une profondeur connue (elle peut varier entre 5 et 10 cm). On deplace le
radar suivant une direction donnée et on enregistre le B-Scan qui montre une hyperbole.
Connaissant les valeurs des paramètres (x0, z0) qui sont fixes par rapport à un point de
référence choisi au départ, il est facile d’en déduire la vitesse de l’onde électromagnétique et
157
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
par conséquent la permittivité du milieu par le calcul du signal réfléchi par le point ponctuel
en utilisant cette équation :
2 (x − x0 )2 + z 02
v= (IV-8)
t (x )
Cependant, on peut procéder de faire le même calibrage par un choix plus simple qui
consiste à placer une plaque métallique à une profondeur donné (z0). Dans ce cas, on a plus
besoin de déplacer le radar. Connaissant la hauteur et le temps d’arrivé de l’écho réfléchi par
la plaque métallique la vitesse dans le milieu de propagation sera simplement :
2z0
v= (IV-9)
t
Lorsque le radar est en contact avec le sol, une partie de l’énergie est transmise
directement de l’émetteur vers le récepteur sous l’interface air-sol. Connaissant la distance (d)
entre l’émetteur et le récepteur et le temps d’arrivé de l’écho (τ) de cette onde, on calcule la
vitesse de l’onde dans le milieu de propagation et par conséquence on en déduit la permittivité
diélectrique :
158
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
d 1
• v= =
τ ε 0ε r µ 0
(IV-10)
I V .6 .1 .1 . Ca s so l li s se
a . Ap p ro ch e te mp o rel l e
Cette partie consiste à effectuer des calculs en réflexion sur le sol. Nous avons construit
une structure géologique simple constituée de deux milieux homogènes (air et un sol
homogène) que nous avons éclairé à l’aide du réseau d’antenne (modèle des fils obliques
chargés). Une mesure en réflexion permet de remonter à la permittivité relative du milieu.
Dans un premier temps on considère deux milieux homogènes (l’air et le sol), séparés
par une interface lisse.
Pour une onde qui se propage dans l’espace libre vers un milieu homogène et sans
perte, un courant est réfléchi par une interface plane infinie et donné par :
Rsol
I sol = Einc .
2r (IV-11)
Avec Einc le champ incident vers le sol, Rsol le coefficient de réflexion du sol et 2r la
distance parcourue de l’émetteur vers le récepteur.
Rmetal
I metal = Einc (IV-12)
2r
Avec Imetal le courant reçu et réfléchi par un plan de masse ou un métal et Rmetal=-1 le
coefficient de réflexion du métal.
159
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Maintenant, en faisant le rapport entre les équations (IV-11) et (IV-12) , on obtient pour
un sol lisse :
I sol .Rmetal
Rsol = (IV-13)
I metal
dont la seule inconnue est Rsol puisque Isol et Imetal peuvent être obtenu par simulation.
Dans cette configuration de mesure, le coefficient de réflexion est donné par (IV-13).
Une fois obtenu le coefficient de réflexion du sol lisse, la permittivité est donnée par les
lois de Snell-Descartes appliquées aux équations de Maxwell. Nous appliquons l’équation (I-
31) pour le calcul de la permittivité, nous obtenons:
2
1 − Rsol
ε r = cos θ + sin θ 2 (IV-14)
1 + Rsol
Avec θ l’angle d’incidence de l’onde émise de l’antenne vers le sol, il est calculé
suivant la configuration suivante :
160
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
tg (θ ) =
BC / 2
On a : BC 2 = MB 2 + MC 2 et
H
Le tableau 4 fait la synthèse des résultats de la méthode temporelle réalisée sur plusieurs
scènes constituées d’une couche homogène de sol avec une interface air-sol lisse dont la
valeur de la permittivité varie d’un cas à un autre:
3 3.0524 2.9681
4 4.0419 3.9165
5 5.008 4.8437
6 5.9516 5.7503
Tableau 4 : Valeurs de la permittivité dans le cas Co-polar pour une interface air-sol
lisse et obtenues par la méthode temporelle
Ces simulations sont effectuées en considérant un angle d’incidence de 15° avec un sol
homogène et une interface air-sol lisse, cela signifie que le radar détecte la composante
spéculaire du signal rétrodiffusé.
b. Ap p ro ch e fr é qu e n ti el l e
161
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
162
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Conclusion relative au cas où l’interface air-sol est lisse : Avec les deux méthodes
temporelles et fréquentielles nous avons obtenu des résultats satisfaisants. Dans le cas de la
méthode temporelle, les meilleurs résultats trouvés était dans le cas de la polar HH. En
revanche, dans le cas de la méthode fréquentielle les meilleurs résultats trouvés était dans le
cas de la polar VV et pour la fréquence basse de la bande de fréquence utilisée.
I V .6 .1 .2 . C a s s o l r ug ue ux
Nous abordons maintenant le cas d’une interface air-sol rugueuse, plus représentative du
cas réel. Comme que dans le cas du sol lisse, deux méthodes de calcul de la permittivité sont
définies: une dans le domaine temporel et une autre dans le domaine fréquentiel.
a . Ap p ro ch e te mp o rel l e
Dans le cas où le sol est rugueux, la méthode proposée pour mesurer la permittivité
diélectrique consiste à balayer le radar suivant une direction donnée (dans notre cas suivant x,
et à mesurer le courant reçu dans le cas de Co-polar (polar HH et VV). Nous obtenons donc le
courant en temporel Isol(t) pour les N acquisitions. Une fois que nous avons le courant en
fonction du temps, nous soustrayons le couplage direct qui vient des antennes d’émissions et
on cherche le maximum du courant pour toutes les acquisitions. Comme dans le cas du sol
lisse nous utilisons toujours les équations (IV-12) et (IV-14) pour le calcul de Imetal et la
permittivité successivement. Dans le cas du sol rugueux un paramètre supplémentaire est pris
en compte il s’agit de la hauteur quadratique moyenne Hrms. Ce paramètre est introduit dans le
calcul de Rsol.
Dans ce qui suit, nous allons expliquer comment nous pouvons reformuler l’équation du
courant réfléchi par une interface air-sol rugueuse de façon à prendre en compte la rugosité de
l’interface.
163
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Figure IV-34. Calcul du courant réfléchi par un pic situé sur la surface rugueuse
Rmetal
I metal = Einc (IV-15)
2r
E inc Rsol
I sol = (IV-16)
2r '
b = a tan gθ (IV-18)
H
avec r = où H=0.5 m (la distance qui sépare les antennes du sol).
cos θ
Isol,i=1:N est un vecteur qui contient le maximum des courants pour les N acquisitions et
<Isol,i=1:N> est la valeur moyenne des maximums des courants.
164
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Tableau 5 : Valeurs de la permittivité dans le cas Co-polar pour une interface air-sol
rugueuse et obtenues par la méthode temporelle
Conclusion: Le niveau le plus élevé est obtenue pour la rugosité la plus faible, c'est-à-
dire lorsque la composante cohérente du signal rétrodiffusé (émise dans la direction spéculaire
à incidence faiblement normale puisque l’angle d’incidence est faible) est maximale. Lorsque
la rugosité croit, la composante diffuse du signal rétrodiffusé augmente au détriment de la
composante cohérente, ce que traduit la décroissance du signal détectée par le radar. Une
autre remarque est que les valeurs obtenus par la polar VV sont plus proches des valeurs
théoriques.
b. Ap p ro ch e fr é qu e n ti el l e
Comme dans le cas de la méthode temporelle, on deplace le radar suivant une direction
donnée (dans notre cas suivant x, et à mesurer le courant reçu dans le cas de la Co-polar. On
obtient donc le courant en temporel Isol(t) pour les N acquisitions. Après avoir retiré le
165
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
couplage direct, nous effectuons une transformée de fourrier discrète et nous obtenons donc
Isol(f) (amplitude et phase). Ensuite, les équations (IV-21) et (IV-22) sont appliquées.
avec j, un entier utilisé pour indexer la fréquence (f € [0.5-3] GHz,), i celui pour indexer
les acquisitions, N le nombre d’acquisitions, w le nombre des fréquences, <Isol,i=1:N,j> la valeur
moyenne du courant pour toutes les acquisitions et à une fréquence donnée.
2
1 − Rsol , j
ε r , j =1:w = cos θ + sin θ 2 (IV-22)
1 + Rsol , j
Nous présentons dans le tableau ci-dessous, les résultats de la méthode fréquentielle dans
le cas de l’interface air-sol rugueux. Nous incluons dans le tableau 6 les résultats
correspondant à la fréquence la plus basse (f=0.5 GHz) puisque les meilleurs résultats obtenus
étaient pour la fréquence basse.
166
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
Tableau 6 : Valeurs de la permittivité dans le cas Co-polar pour une interface air-sol
rugueuse et obtenues par la méthode fréquentielle
D’après la Figure IV-35, nous remarquons que plus la fréquence augmente plus la
permittivité mesurée diminue et c’est pour les deux polars HH et VV. Ce comportement peut
être expliqué par le fait que lorsque la fréquence augmente la longueur d’onde diminue et la
surface vue par l’onde parait plus rugueuse, par conséquent la diffusion augmente et le
courant captée par l’antenne sera plus petit. D’autre part, les valeurs mesurées par le polar VV
sont mieux que ceux données par le polar HH. Ce comportement est similaire à celui observé
dans le cas de la méthode temporelle. On peut conclure que la basse fréquence est mieux
adapté à la mesure de la permittivité surtout lorsque le sol est rugueux.
IV.7. Conclusion
L’objectif des travaux présentés dans ce chapitre est la mise en œuvre d’une méthode de
caractérisation d’une surface rugueuse. Deux méthodes ont été développées : la première dans
le domaine temporel et la seconde dans le domaine fréquentiel. Afin d’exploiter ces méthodes,
il est nécessaire de passer par une modélisation qui permet de simuler le fonctionnement d’un
radar GPR. Cette méthode permet de composer une scène en plusieurs sous-scènes ; la
167
Chapitre 4 : Prédiction comportemental du radar Wisdom
simulation successive des sous-scènes permet de minimiser le temps de calcul. Et dans le but
d’être dans les situations les plus réalistes possibles, nous avons présenté deux méthodes
permettant de modéliser une surface rugueuse et qui sont la méthode fractale et la méthode
spectrale qui a été adoptée.
168
Conclusions et perspectives
169
Une technique de détection de failles par un radar polarimétrique a été présentée. Pour
ce faire une étape de modélisation du fonctionnement du radar s’est avérée indispensable. Une
méthode permettant d'obtenir, avec un temps de calcul minimum, le B-scan d'une scène
pouvant comporter différents objets a été présentée. La rapidité relative des simulations fait
de cette méthode de modélisation un outil efficace pour obtenir des acquisitions GPR.
Cette approche a été appliquée pour caractériser une surface rugueuse. L’acquisition des
données a consisté à effectuer un profilage radar en surface, en développant deux techniques
temporelle et fréquentielle qui estiment les temps de propagation correspondant aux
maximums des courants reçus. Une validation par une approche expérimentale doit être
envisagée pour finaliser l’étude.
170
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