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La Littérature, Genres, Fonctions Et Caractéristiques

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Angèle AHOUANDJINOU
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Qu’est ce que la littérature 

Au sens strict, la littérature est l’ensemble des œuvres écrites et orales, dans la
mesure où elles portent la marque de préoccupations esthétiques. Dans ce sens, on parle
de la littérature d’un pays, d’une époque, de la littérature universelle ; on parle aussi de
bonne et de mauvaise littérature, d’écoles littéraires et de doctrines littéraires. En variant
la formulation, on dit aussi, toujours au sens strict, que la littérature est ‘’ tout usage
esthétique du langage, même non écrit’’. Ce qui distingue le discours littéraire (oral ou
écrit) proprement dit des autres formes de discours (du discours scientifique, par
exemple), c’est précisément sa valeur esthétique, c’est-à-dire sa beauté. Le discours
littéraire a ceci de particulier qu’au-delà de la simple communication, il vise à plaire,
par sa beauté. Les œuvres littéraires sont : le roman, la nouvelle, la poésie, le théâtre, le
conte, la légende, l’épopée, le mythe, le proverbe, etc.

LES GENRES ORAUX

Le mythe
Genre le plus ancien d'après certains auteurs, il regroupe toutes les croyances d'un
peuple expliquant l'origine du monde (cosmogonie), son fonctionnement et la place
laissée à l'Homme. Il y est donc question, selon les cas, de chaos primordial (chez les
Grecs par exemple), de monde créé en 6 jours par un dieu unique (chez Les Chrétiens),
à l'inverse, de dieux créés par les éléments primordiaux (par l'accouplement de l'eau
douce et de l'eau salée chez les Sumériens), etc. Les protagonistes d'un mythe sont
généralement des divinités ou des personnages assimilés (dieux, demi-dieux, démons,
etc.). Le mythe a très souvent un lien fort avec la religion et est parfois sacré.
L'ensemble des mythes d'un peuple constitue sa mythologie. Il est à noter que ces
mythes peuvent être plus ou moins cohérents entre eux et que plusieurs versions proches
d'un même mythe peuvent coexister. Pour s'en convaincre, on pourra consulter la
mythologie grecque dont les sources écrites sont abondantes et parfois contradictoires.

L'épopée
 Il s'agit d'un grand récit héroïque, souvent en vers, parfois en prose, en général
chantés par des professionnels. L'épopée raconte les exploits d'un ou plusieurs grands
héros, fondateurs d'un peuple. On pourra citer Ulysse, Achille et Hector
dans L'Illiade et L'Odyssée, Antar, Gilgamesh, David de Sassoun, Gésar de Ling dans
les épopées éponymes, Väinämöinen et Ilmarinen dans le Kalevala, Roland dans La
Chanson de Roland, etc. Au même titre que la mythologie est l'ensemble, parfois
incohérent, des mythes d'une même culture, une épopée est constituée de l'ensemble des
récits épiques d'un même peuple, parfois rassemblés sous un même texte plus ou moins
cohérent. Le Kalevala finlandais est constitué de la sorte, issu de la fusion par Ellias
Lönrott au XIXème siècle d'un ensemble de runos qu'il a recueillis dans tous le pays.
D'après Lönrott, c'est comme ça qu'Homère aurait procédé pour
réaliser L'Illiade et L'Odyssée, par fusion de plusieurs chants qui lui auraient préexisté. .

Le conte au sens large


C'est le genre le plus documenté et le plus vaste. Il est difficile à définir
précisément car il englobe un grand nombre de récits différents. D'une manière
générale, il s'agit d'un récit de fiction se présentant comme tel, au contraire de la
légende, de l'épopée ou du mythe. Il s'agit d'un récit d'origine populaire, au contraire du
mythe et de l'épopée mais au même titre que la légende.

On en distingue plusieurs sous-genres : le conte merveilleux, le conte facétieux, le conte


de sagesse, etc.

La nouvelle
Il s'agit avant tout d'un genre littéraire. Par rapport au conte, la nouvelle se situe
dans un cadre réaliste, même s'il s'agit d'un récit explicitement fictif. En outre, la
nouvelle a tendance à être plus descriptive et à donner plus de profondeur
psychologique aux personnages, alors que le conte se focalise quasi-exclusivement sur
l'action de personnages archétypique, sans relief, parfois même sans nom.

Toutefois, on l'a vu, il y a des exceptions, tous les contes ne font pas appel au
merveilleux, certains conteurs sont plus descriptifs que d'autres et il est parfois difficile
de savoir si un récit écrit donné relève de la nouvelle plutôt que du conte. Maupassant a
écrit de nombreux « contes et nouvelles », on serait bien en peine de dire lesquels
relèvent de chaque catégorie... De même, la littérature médiévale et du début de la
renaissance recèle de nombreux recueils utilisant indifféremment les termes de contes,
nouvelles, fables pour des récits très proches.

La fable
Genre plus souvent écrit qu'oral, il s'agit d'un récit construit autour d'une morale
généralement explicite. Parfois la morale est la conclusion de l'histoire, parfois l'histoire
n'est là que pour illustrer la morale. Les représentants les plus célèbres de ce genre sont
Ésope et Jean de la Fontaine, toutefois le recueil le plus ancien actuellement recensé
est le Pañchatantra indien. Marie de France, célèbre pour ses Lais, a aussi écrit des
fables. Les fabliaux médiévaux relèvent a priori de cette catégorie, mais nombreux sont

@SpacheTech
ceux qui ont été repris en tant que contes, par exemple dans les Contes de Cantorbéry.
Dans ces cas-là, ils relèvent généralement du conte facétieux.

La légende
Contrairement au conte, à la fable ou à la nouvelle, mais au même titre que le
mythe ou que l'épopée, elle est basée sur des événements supposés réels, même si elle
peut faire appel au surnaturel. Elle est située historiquement et géographiquement, au
contraire du conte par exemple. Il s'agit souvent d'une histoire courte et centrée sur un
épisode précis. Les légendes dites urbaines sont une variante moderne des légendes
anciennes et l'une des rares survivances de l'oralité dans les régions industrialisées. On y
retrouve cependant des motifs anciens présents dans de nombreux contes ou légendes
anciennes.

Le récit de vie
Il s'agit d'une forme récente, racontant les événements réels survenus au conteur
ou à une personne qu'il a pu rencontrer. Par essence, il s'agit donc d'un récit basé sur des
faits réels et contemporains, même si la narration peut faire appels à des éléments fictifs
ou volontairement exagérés dans un but de dramatisation. C'est un genre manifestement
très répandu en Amérique, que ce soit au Canada ou aux États-Unis, mais beaucoup
moins en Europe. Bien que ce genre ait été défini très récemment, il est probable que les
récits épiques et autres légendes aient été créées ainsi, par modifications successives de
faits réels.

@SpacheTech
FONCTIONS DE LA LITTERATURE ET SES CARACTRISTIQUES

En faisant un parcours synthétique des travaux consacrés à la littérature orale, il


ressort plusieurs fonctions. Parmi celles-ci, nous pouvons citer la fonction ludique
(divertissement et de détente), la fonction pédagogique, la fonction politique ou
idéologique, la fonction initiatique, et pour terminer, la fonction fantasmatique.

La fonction ludique :
La fonction ludique imprègne une bonne partie des textes traditionnels. C'est ainsi
que les devinettes, les contes, les chants, les épopées et récits mythologiques ont pour
fonction de satisfaire les besoins de la communauté, qui désire se "délecter" des
histoires à travers les veillées nocturnes.
Généralement dans les villages africains, notamment moose, le soir, autour d'un feu, des
vieux, des jeunes, des femmes et des enfants se retrouvent pour partager le plaisir de la
parole. Cependant, ce plaisir de raconter est consubstantiel à d'autres fonctions
notamment la fonction pédagogique assignée à la littérature orale.

La fonction pédagogique :
La fonction pédagogique des textes sert essentiellement à initier les jeunes
générations aux valeurs cardinales de la société moaaga. Une édification morale est
assignée au message du conteur qui prend le soin de baliser les bonnes conduites aux
jeunes afin de contribuer à leur plein épanouissement. Pour ce faire, il est demandé,
sinon prôné, l'obéissance aux coutumes et aux ancêtres. C'est ainsi que les contes
mettent en scène une organisation sociale et économique forte, basée sur la hiérarchie et
les strates sociales dans l'univers des fables. C'est le procédé de l'anthropomorphisme
qui permet par métaphore, de critiquer et de stigmatiser les individus dans la société. Il
y a donc à travers la fonction pédagogique, une puissante référence aux ancêtres dont le
socle est essentiellement assuré par la gérontocratie.
Il y a aussi un besoin impérieux de créer des liens étroits entre les morts et les
vivants à cause d'une dette de sang qui lie les seconds aux premiers. Comme le note si
bien le professeur Chevrier, la fonction pédagogique de la littérature orale "permet de
concilier les forces du bien et d'exorciser les forces du mal. On comprend donc [toute]
l'importance qui est attachée à la parole bien dite ; car à certains moments la parole a
véritablement valeur d'acte". Ainsi dans les textes, il y a toujours une pédagogie
subreptice comme dans le cas de l'anthropomorphisme, que nous avons évoqué, destinée
aux jeunes et parfois aux adultes. On remarque aussi que les textes de littérature orale
sont souvent construits autour du récit d'un conflit, ou d'un méfait assorti d'un
dénouement. Ces textes s'inscrivent dans la veine de la morale sociale en vigueur au
sein de la société ; il y a comme une sanction infligée à toute infraction à la norme

@SpacheTech
admise. C'est un procédé qui répond aussi au souci politique et idéologique du maintien
de l'ordre. A ce niveau, les gouvernés et les gouvernants ne sont pas épargnés. Les chefs
et les roturiers d'une part ; les responsables politiques comme le peuple d'autre part ne
sont pas au dessus de la loi et se doivent de respecter la coutume. Nous pouvons dire
que la plupart des contes du Lagl Naaba sont bâtis sur cette philosophie de la morale.
Chez les moose, qui sont en partie régis par le système de l'oralité, c'est à travers la
parole que s'effectue une part importante de l'éducation, notamment la transmission des
valeurs et savoirs. La pédagogie moaaga joue surtout la carte de l'émotion, de la
stimulation, du fantastique (ou fantasmagorique) qui représentent pour elle, les moyens
psychologiques les mieux appropriées, ainsi que les meilleures conditions pour éveiller
et entretenir au maximum la réceptivité des enfants. Cette réceptivité, en tant que
conditionnement mental préparerait une bonne assimilation des choses enseignées en
sollicitant entre autres choses, toute l'attention et l'intérêt des plus jeunes. L'usage à des
fins pédagogiques de "l'épouvantail", l'appel répété au surnaturel et au sublime, à
l'imaginaire ou la "crainte inconsciente" de voir mourir un être cher, de par la faute de
l'enfant... participent de cette volonté posée ici comme principe de "pédagogie". Les
moyens pour réaliser un tel contexte mental et intellectuel, paraissent assez variés dans
le patrimoine éducatif moaaga, de même le conte y tient une place de premier choix.
Pour terminer, notons que la vertu principale des contes, en tant que support
pédagogique, tient de leur caractère cérémonial ou le merveilleux et l'imaginaire se
retrouvent en établissant dans des rapports de complémentarité.

La fonction idéologique :
Cependant on peut dire que cette fonction politique et idéologique s'adresse
beaucoup plus aux adultes qu'aux enfants. Ainsi la mise en scène des problèmes vitaux a
pour souci d'une part de juguler les tensions découlant des inégalités, des injustices
sociales, d'autre part de créer la cohésion sociale du groupe. C'est ainsi que nous avons
des types de discours qui existent entre les groupes sociaux, basés sur la parenté à
plaisanterie ou dakššre chez les moose, jouant le rôle cathartique de régulateur de
tensions sociales. La fonction politique et idéologique de la littérature orale, est axée
surtout sur les grandes orientations assignées par les intellectuels des sociétés.

@SpacheTech
La fonction initiatique :
La fonction initiatique de la littérature orale se manifeste essentiellement à travers
un langage métaphorique. L'initié a accès à certains codes secrets pour entrer dans le
monde des adultes. A cet effet, à l'occasion de la circoncision et de l'excision, certains
chants ou textes secrets sont enseignés aux candidats afin de les préparer
psychologiquement à accepter la douleur et la souffrance, qui fera plus tard d'eux des
hommes et des femmes mûrs. Certains textes ésotériques sont également appris aux
candidats. La fonction initiatique de la littérature orale permet de franchir l'étape de la
mort symbolique (la réclusion dans le bois sacré) pour renaître dans un monde
nouveau : l'intégration dans la vie adulte au sein du monde social. On apprend aux
circoncis pendant tout ce temps, certains secrets propres au groupe : les interdits, la
genèse du clan, le secret des plantes etc. Par ailleurs, dans les "Contes en miroir" de
Denise Paulme, on retrouve la structure du récit initiatique. Ainsi nous avons deux héros
au départ ; le premier entreprend une quête en surmontant une série d'épreuves tout en
évitant les pièges. Puis il revient gratifié de sa quête ; le second héros, jaloux du succès
du premier, se lance aussi à la quête, mais il surmonte mal les épreuves et commet une
série de bévues ; il est ensuite puni et mit à mort sous plusieurs chefs d'inculpation.
Nous pensons notamment au célèbre conte de Bernard Dadié Le Pagne noir qui répond
bien à la structure du conte en miroir.

La fonction fantasmatique :

Enfin la fonction fantasmatique de la littérature orale résulte de la mise en scène des


tensions et des affrontements de la vie familiale. Il y a dans ce cadre opposition de la
parenté de sang à la parenté d'alliance ; les hommes aux femmes, la vie à la mort. Nous
pouvons noter à ce propos, les récits de Denise Paulme sur la mère dévorante qui
présente de façon métaphorique la peur que les hommes ont de la femme,
simultanément objet de désir et de possession. Cela peut se traduire par le récit de la
courge qui avale tout sur son passage pour en définitive être fendue en deux par un coup
de corne d'un bélier. L'évocation du symbole phallique est évidente à travers les cornes
tandis que le réceptacle féminin est connoté par la courge.
Certains contes mettent davantage en scène des personnages qui consomment des
quantités énormes de nourriture. Ce procédé que nous retrouvons dans certains contes
moose est proche des prouesses alimentaires du personnage Gargantua de Rabelais qui,
est en fait, semble un reflet du procédé fantasmatique du crève-la-faim qui permet par
exemple en temps de famine ou de disette, d'exorciser le spectre de la faim.

@SpacheTech
Par ailleurs,
 La littérature orale conforte l'identité propre à une culture ou une communauté. Elle
pose des questions universelles. 
 La littérature orale peut être considérée comme la partie de la tradition qui est mise en
forme selon un code propre à chaque société et à chaque langue, en référence à un fonds
culturel. Elle véhicule aussi bien l'histoire du groupe que ses croyances, ses
représentations symboliques, ses modèles culturels ou sa vision du monde naturel.
 Fortement imprégnée de valeurs spécifiques de la société, elle sert souvent de base à
l'enseignement traditionnel.
 En posant sous une forme symbolique des problèmes communs à toutes les sociétés
humaines (explication du monde, relations entre les membres du groupe familial, etc...),
la littérature orale se prête au comparatisme.
 La littérature orale, dans son cadre traditionnel vise à la permanence, à la stabilité, à la
fidélité. Elle n'est pas censée inventer mais reproduire. Ce souci de permanence va
cependant de pair avec une variabilité de fait qui s'explique par des mutations
historiques et sociales aussi bien que par une relative création individuelle. Celle-ci
reste généralement cantonnée au domaine de la forme, on brode sur des thèmes connus
en puisant dans un fonds commun d'images et de formules. Cependant, la variabilité
peut parfois atteindre le sens.

@SpacheTech

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