Texte These 2
Texte These 2
DOCTEUR
ORGANISATION STRUCTURALE ET
FONCTION METABOLIQUE DES UNITES
ENERGETIQUES INTRACELLULAIRES (ICEUs)
tel-00011814, version 1 - 8 Mar 2006
Karen GUERRERO
Abstract
The aim of this work was to study the regulation of mitochondrial respiration in situ in
cardiac and skeletal muscle cells. Oxygraphy, spectrophotometry and confocal microscopy on
saponin-permeabilized muscle cells or fibers were used as well as mathematic modelisation.
In muscle cells, mitochondria are ordered very precisely in ‘a crystal like pattern’. This
intracellular arrangement could be the basis of a structural and functional organisation within
which mitochondria are functionally coupled by cytoskeleton to the other organelles:
sarcoplasmic reticulum and myofibrils: ICEUs (intracellular energetic units). In cardiac cells,
there are two levels of regulation of mitochondrial respiration by exogenous ADP:
permeability of the outer mitochondrial membrane (VDAC) and localized restrictions of ADP
diffusion in the neighbourhood of mitochondria. β-tubulin and STOP protein, a microtubule-
associated protein, participate indirectly to these mechanisms of regulation. These
experimental data are useful for explaining the metabolic aspects of the Frank-Starling law of
the heart. The notion of ICEU can be diagnostically used in clinical study of energetic
metabolism of lung recipients transplants before and after a home-interval training program.
Publications p7
Préambule p 11
3. Saks V., Kuznetsov A., Andrienko T., Usson Y., Appaix F., Guerrero K., Kaambre
T., Sikk P. and Vendelin M.. (2003). Heterogeneity of ADP diffusion and regulation of
respiration in cardiac cells. Biophys J 2003 May;84(5):3436-56
4. V.A. Saks, A.V. Kuznetsov, M; Vendelin, K. Guerrero, L. Kay and E.K. Seppet.
(2004). Functional coupling as a basic mechanism of feedback regulation of cardiac energy
metabolism. Molecular and Cellular Biochemistry 256/257: 185-199
9. Guerrero K, Andrieux A, Puurand U., Vendelin M., Olivares J., Job D., Seppet E.
and Saks V. Study of the roles of microtubular system, tubulin and STOP protein in
regulation of mitochondrial function in muscle cells (en préparation)
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Participation à des conférences
• 13th European Respiratory Society Annual Congress (27 septembre-01 octobre 2003,
Vienna, Austria)
communication orale
« Permeabilized skeletal muscle fiber technique: a tool to unravel energy metabolism
dysfunction in myopathy during chronic lung diseases »
K. Guerrero, C. Pison, B. Wuyam, L. Kay, J. C. Borel, R. Hacini, B. Aguilaniu, P. Mezin, V.
Saks
• 48th Annual Meeting of Biophysical Society (14-18 février 2004, Baltimore, USA)
poster:
« Metabolic regulation inside the intracellular energetic units (ICEUs) »
K. Guerrero, Annie Andrieux, Florence Appaix, José Olivares, Didier Job, V. Saks
• 5èmes Journées Francophones Alvéole (4-6 mars 2004, Montpellier, France)
poster :
« Modifications de la respiration mitochondriale du muscle squelettique chez les transplantés
pulmonaires : effets de la réhabilitation »
K. Guerrero, C. Pison, B. Wuyam, L. Kay, JC. Borel, R. Hacini, B. Aguilaniu, P. Mezin, V.
Saks
Saks
interactions cellulaires sont impliquées dans divers processus tels que le phénomène de
contraction, le transport des ions, etc. Les caractéristiques de la respiration mitochondriale,
comme le Km pour l'ADP, sur mitochondries isolées, dépourvues de leur environnement
cytoplasmique, sont très différentes de celles obtenues dans les fibres ou les cardiomyocytes
isolés. Ainsi, la problématique de la régulation de la fonction mitochondriale est apparue
puisque les paramètres cinétiques in vitro ne sont pas identiques à ceux trouvés in vivo.
Le but de ce travail est l’étude dans les cellules de muscle cardiaque et squelettique in
vivo, d’une part de l’activité respiratoire mitochondriale et d’autre part, de l’arrangement des
mitochondries et du cytosquelette, basé sur des méthodes récentes d’imagerie telles que la
microscopie confocale.
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INTRODUCTION :
Etat actuel des
connaissances
A. Organisation des cellules musculaires striées
La mitochondrie est un organite indispensable dans les cellules animales. En effet, elle
est le siège de la respiration et le lieu de production de l’ATP, servant à tout le métabolisme
des êtres vivants.
La mitochondrie est un organite semi-autonome qui possède son propre ADN qui permet de
coder pour certaines sous-unités des protéines de sa structure et de son fonctionnement,
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cependant elle est obligée d'importer la plus grande majorité des protéines qui lui sont
nécessaires. Le nombre de mitochondries par cellule est relativement constant et
caractéristique d’un type déterminé de cellules. La microscopie électronique a révélé que les
mitochondries ont, dans la cellule intacte, les dimensions d’une bactérie : 1-2 µm de long et
moins d’1 µm de large. Elles peuvent occuper une fraction importante du volume cellulaire,
par exemple 30-35% dans la cellule du muscle cardiaque.
Elle comporte une double membrane : une membrane externe (MME) et une
membrane interne (MMI) séparées par un espace intermembranaire. La membrane interne
délimite un compartiment soluble appelé matrice, dans laquelle a lieu le cycle des acides
tricarboxyliques (cycle de Krebs). La membrane interne forme des replis également
appelés "crêtes".
Les visualisations tridimensionnelles des mitochondries in situ, grâce à la tomographie
électronique ont permis d’établir ce nouveau modèle d’architecture membranaire (Fig. 1).
Contrairement à l’ancien modèle où l’on pensait que de larges ouvertures connectaient
l’espace intracrêtes à l’espace intermembranaire, on a pu observer que d’étroites ouvertures
tubulaires (jonctions intercrêtes) connectent en réalité ces deux espaces. La plupart des crêtes
possèdent plus d’une jonction intercrêtes et celles-ci peuvent se trouver du même côté de la
périphérie mitochondriale ou sur des côtés opposés si la crête s’étend complètement en travers
de la matrice.
L'activité de pompage des protons par les complexes I, III et IV conduit à une grande
différence de concentration des protons de part et d’autre de la membrane interne : il s'établit
un gradient de concentration de protons (voir Fig 2.). Ce gradient se manifeste par une
différence de pH entre la matrice et l'espace intermembranaire, ce dernier étant plus acide que
la matrice. A la fois, le déplacement des protons à travers la MMI et le mouvement des
électrons dans la chaîne respiratoire créent la différence de potentiel électrique, ∆Ψ.
Les protons ainsi libérés entraînent la création d’une force proton motrice entre
l’espace intermembranaire et la matrice. La théorie chimiosmotique de Peter Mitchell (1961)
est basée sur la théorie du potentiel électrochimique de Gibbs (Nicholls et Fergusson., 2002) :
Par contre, si le transfert d’un ion est dirigé par le potentiel membranaire en absence
de gradient de concentration, on a
∆µi = -zF ∆Ψ
On divise par F afin d’obtenir l’expression de la force proton motrice p exprimée en volts, ce
qui donne :
insérée dans la membrane interne de la mitochondrie, F0, qui est un canal à protons utilisant la
différence de gradient électrochimique des protons pour faire passer l'énergie à la partie F1 (la
tête appelée corpuscule de Racker) qui dépasse fortement de la membrane vers la matrice
mitochondriale. F1 est attachée par quelques sous-unités à la membrane interne. Cette tête est
formée de plusieurs sous-unités qui synthétisent l'ATP dans la mitochondrie. Cette structure
se voit très nettement au microscope électronique. L'ATPase mitochondriale bovine est une
protéine complexe constituée de 16 sous-unités différentes atteignant une masse totale
supérieure à 500 kDa (Saraste, 1999).
La structure du domaine F1 a été déterminée par cristallographie.
Les sous-unités a, b, δ, α (3 copies) et β (3 copies) constituent le stator, les sous-unités c, γ et
ε constituent le rotor dont la rotation transfère l'énergie du flux de proton à la synthèse de
l'ATP.
Fig. 4. Observation de la rotation de F1. (A). Système utilisé. (B). Images vidéos d’un filament
d’actine en rotation induite par l’ATP (intervalle d’images 133 ms). (D’après Kinosita et al., 1998)
A
Les sous-unités β passent par les états O (ouvert), L (lâche) et T (tendu). Une rotation
complète du rotor produit 3 ATP. Il s'agit du "binding change mecanism" (ou mécanisme
liaison-échange). La sous-unité β possède, selon sa conformation, une affinité différente pour
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l'ATP.
Répétition
Ouvert Tendu
de P/O pour les substrats liant le NAD est de 2.5-3 et de 1.5-2 pour le succinate (Lee et al.,
1996a, Hinkle et al., 1979). Pour une molécule d’O2 réduite, 20 protons sont transférés et 6
molécules d’ATP sont synthétisées, donnant le rapport H+/ATP de 3-4.
La phosphorylation oxydative est primordiale dans tous les aspects de la vie cellulaire
aérobie car elle constitue la principale source d’énergie utilisable.
L’ANT (également appelé transporteur ATP/ADP) est un lien énergétique clé dans le
transport d’énergie entre les compartiments de la mitochondrie et du cytoplasme. Cet antiport
est responsable de l’échange transmembranaire entre l’ATP généré au sein de la mitochondrie
par la phosphorylation oxydative et l’ADP cytosolique. L’ANT consiste en 300 acides aminés
environ et, est localisé dans la membrane interne mitochondriale. Sa quantité peut atteindre
10% des protéines de la membrane interne dans les mitochondries de tissus qui ont des
besoins énergétiques élevés (Klingenberg, 1969, Kramer et al., 1989, Klingenberg, 1979).
L’ANT est étroitement associé à six molécules de cardiolipines (Beyer et Klingenberg., 1985)
requises pour la translocation des nucléotides (mais pas pour leur liaison) (Hoffmann et al.,
1994).
Sur la base d’expériences de centrifugation analytique et de diffusion de neutrons
réalisées en présence d’inhibiteurs spécifiques, l’ANT est considéré comme étant organisé en
homodimères (Block et al., 1982, Hackenberg et Klingenberg., 1980). En revanche, des
données biochimiques supportent l’hypothèse que la forme fonctionnelle de l’ANT serait un
homotétramère, chaque dimère étant impliqué dans le transport d’un nucléotide, ATP ou ADP
(Brandolin et al.,1985, Fioret et al.,1998).
n’est pas neutre au niveau des charges électriques, l’ATP possédant quatre charges négatives
et l’ADP trois charges négatives. Comme conséquence du potentiel mitochondrial
membranaire, l’ATP est préférentiellement exporté de la matrice. L’analyse structurale de
l’ANT en présence d’un inhibiteur de l’ANT, le carboxyatractyloside (CAT), par
cristallographie aux rayons X avec une résolution de 2.2 Å a été réalisée (Pebay-Peyroula et
al., 2003). L’ANT seul n’a pu être cristallisé à ce jour. Le transport des nucléotides
adényliques pourrait être associée à différents changements conformationnels à l’intérieur de
chaque monomère de l’ANT.
Fig. 6. Section à travers le transporteur. L’ANT possède une cavité conique où vient se fixer
(BKA) et les 5 étapes du mécanisme. (A). La membrane est perméable au BKA qui inhibe le
transporteur dans l’état ouvert du côté matriciel (m-state), tandis que CAT ne passe pas la membrane
et inhibe le transporteur dans l’état ouvert du côté cytosolique (c-state). Les 2 états symbolisent
l’orientation du site de fixation en respectant l’espace matriciel et le cytosol dans le système natif. (B).
(1) diffusion à l’intérieur du canal, (2) fixation de l’ATP, (3) translocation, (4) dissociation et (5)
L’ANT est apparue comme une protéine, qui, mis à part sa contribution à la
translocation ADP/ATP, pouvait faire partie du pore de transition de perméabilité (PTP) non
seulement au niveau structural des sites de contact mais aussi à un niveau fonctionnel dans la
régulation de la perméabilité de la membrane mitochondriale durant l’apoptose (Belzacq et
al., 2002). Cette hypothèse est aujourd’hui écartée car des études sur des souris déficientes en
ANT ont montré que cette protéine ne fait pas partie du PTP (Kokoszka et al., 2004).
structure et les propriétés de VDAC sont assez différentes des structures et propriétés variées
de la famille des canaux bactériens appelés porines (Colombini, 2004). Les canaux VDAC
sont présents dans les cellules de la plupart des organismes de Escherichia Coli à la pomme
de terre et aux primates. Ce canal protéique est la protéine majoritaire de la membrane externe
mitochondriale, comptant pour 60% des protéines totales de la membrane externe (Thinnes et
al., 1990).
Le pore formé par la protéine est relativement petit, son poids moléculaire est
d’environ 30 kD (Mannella et al., 1975, Mannella, 1982). VDAC forment des canaux à partir
de feuillets β (Fig. 8).
traverse la membrane est composé d’une hélice α et de 13 feuillets β. Les travées sont orientées à 46°
de l’axe du pore. Les boucles entre les régions sont transmembranaires et sont probablement les sites
d’interaction avec les protéines et d’autres facteurs solubles. Une boucle (inhabituelle mais conservée)
du côté cytosolique est un candidat pour un site de fixation d’une protéine. Il y a aussi une boucle
chargée très positivement dans quelques isoformes (incluant celles des mammifères) de VDAC. Alors
que la longueur globale est hautement conservée, il y a des extensions N-terminales dans quelques
VDAC pouvant servir comme fonction de reconnaissance ou de site d’attachement. (d’après
Colombini, 2004).
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On a longtemps pensé que le rôle des canaux VDAC est de limiter la dislocation des
composés de poids moléculaire élevé (>3-10 kDa) (Benz, 1990). Cette approche a changé
maintenant car il a été montré par plusieurs études que la régulation des canaux VDAC
jouerait un rôle important dans la régulation de la fonction mitochondriale (Liu et Colombini.,
1992, Hodge et Colombini., 1997, Vander Heiden et al., 2000).
Une protéine soluble appelée le modulateur de VDAC (ou VDAC modulator) isolé à
partir de mitochondries est capable de moduler la perméabilité de VDAC. Cette protéine a été
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tout d’abord découverte chez Neurospora crassa et ensuite dans d’autres espèces telles que
les eucaryotes. Le rôle de ce modulateur reste à ce jour inconnu (Liu et Colombini., 1992, Liu
et al., 1994). Dans certains tissus (foie, cerveau) VDAC agit donc à la périphérie des
mitochondries comme un site de liaison pour des enzymes telles que l’hexokinase (Fiek et al.,
1982, Nakashima, 1989) et la glycérol kinase (Ostlund et al., 1983, Towbin et al., 1989),
indiquant de possibles connections entre la fonction des canaux de porines et la synthèse
d’ATP glycolytique.
Fig. 9. Transport du Ca2+ dans la mitochondrie. Schéma simplifié d’une mitochondrie avec les
principaux éléments de la chaîne de transport d’électrons et les voies proposées pour les influx et les
efflux de Ca2+. Le ∆Ψm fournit la force proton motrice pour la phosphorylation de l’ADP par la FoF1
ATPase. Le captage électrophorétique du Ca2+ via l’uniport est dépendant du ∆Ψm, et l’abolition du
potentiel abolit le captage mitochondrial du Ca2+. Le Ca2+ ressort par l’antiport Ca2+/Na+. Le pore de
transition de perméabilité mitochondrial (MPT) est un large canal composé de plusieurs protéines
Les myofilaments sont composés d’épais (myosine) et de fins (actine) filaments ainsi
que d’éléments contractiles associés et des composants du cytosquelette (Fig. 10).
Les têtes de myosine établissent des ponts union (ou croisés, crossbridges) qui
interagissent avec l’actine pour générer la contraction. Lorsque la [Ca2+] cytoplasmique
s’élève, les myofilaments sont activés de manière Ca2+ dépendante, traduisant de ce fait
l’énergie chimique (ATP) en force mécanique de contraction.
Bien que les modes de régulation soient très diversifiés, le fonctionnement de tous les
types de myosine est similaire. La fixation d’une molécule d’ATP entraîne le détachement
entre l’actine et la myosine et l’hydrolyse de l’ATP provoque un mouvement au niveau de
l’articulation de la tête de myosine. L’ADP et le Pi permettent une faible interaction de la tête
de myosine avec une nouvelle molécule d’actine. En présence de calcium, la tête de myosine
s’accroche fortement au filament d’actine. La libération du Pi entraîne la contraction en
changeant la conformation de la tête de myosine qui peut alors glisser sur le filament d’actine.
A la fin du mouvement, la molécule de myosine a glissé le long du filament d’actine. Le sens
d’accrochage du filament d’actine par rapport à la myosine est polarisé. Pour que le
mouvement ait lieu, il est indispensable que les deux éléments actine et myosine soient
orientés de manière correcte.
filaments glissants. Elle est apparue à partir des études de diffraction aux rayons X (Huxley,
1969) et de perturbation mécanique (Huxley et Simmons., 1971). Les étapes chimiques
impliquant le cycle de crossbridges ont été intensivement caractérisées et corrélées avec les
schémas physico-mécaniques (Goldman, 1987; Brenner, 1987). Bien que le cycle soit le
même pour les muscles squelettiques et cardiaque, les constantes contrôlant les transitions
intermédiaires des crossbridges sont différentes.
Fig. 11. Le mécanisme du cycle de crossbridge. (A): Il est composé de 8 étapes. Une liaison
forte est désignée par"•" et une faible liaison par "~". A, actine; M, myosine; Pi, phosphate
inorganique. Le cycle commence en haut, avec un crossbridge attaché fortement à l’actine (A•Mf, où f
est la force du crossbridge) et son « cou » est en position étendue (voir B). (B): Le cycle de contraction
et les changements structuraux associés. Il n’y a aucune interaction lorsque l’actine est en grise et la
myosine en verte, un interaction faible quand A est en jaune et M en bleue et enfin une forte
interaction est montrée par une A verte et une M rouge. (D’après Gordon et al., 2001)
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Les crossbridges s’attachent et exercent une force constante pendant les étapes 6, 7, 8
et 1 (contraction isométrique) et la force diminue jusqu’à zéro quand les crossbridges se
séparent à l’étape 2. Pendant les contractions isotoniques les filaments glissent les uns sur les
autres, la contrainte sur le crossbridge est réduite et l’étape 7 arrive plus rapidement. Le
mécanisme mécano-chimique de la Fig. 13 implique que durant la contraction isométrique, un
crossbridge reste fortement attaché à l’actine pour un temps relativement long (>100
ms/cycle).
Le mouvement de la tête de myosine induit par l’ATP n’a pas été observé dans les
filaments dont l’activité ATPase des têtes de myosine a été éliminée. L’addition d’ADP n’a
pas produit un mouvement appréciable des têtes de myosine. Les résultats de Sugi et al. (Sugi
et al., 1997) ont montré que le mouvement de la tête de myosine induit par l’ATP se produit
en absence de filaments fins. L’étape limitante est le relargage des produits de l’hydrolyse de
l’ATP. L’hydrolyse de l’ATP en ADP et Pi nécessite des ions Mg2+.
Depuis longtemps, il est connu que les différents types de muscles squelettiques ont
des propriétés contractiles variées. Selon la théorie classique de Barany (Barany, 1967), la
myosine des muscles rapides possède une activité ATPase plus élevée et catalyse donc une
déplétion plus rapide en ATP. En revanche, la myosine des muscles lents, comme le cœur, a
une activité ATPase plus faible donc une diminution de l’ATP plus lente.
La longueur du sarcomère affecte la force maximum et la sensibilité de la force au Ca2+ dans
les muscles cardiaque et squelettiques. Le Ca2+ intracellulaire se fixe sur le site spécifique de
la troponine C (TN-C). Cette fixation modifie la conformation de la molécule de
tropomyosine, libérant ainsi les sites de fixation spécifiques de la myosine présents sur la
molécule d'actine. Dans le même temps, la fixation du Ca2+ sur la TN-C permet la levée de
l'inhibition exercée par la troponine I (TN-I) sur l'activité ATPasique de la tête de myosine. La
dépendance de la tension maximum tétanique dans le muscle squelettique, en particulier sa
diminution pour des sarcomères de grande taille, a été utilisé pour appuyer le modèle de
crossbridge de la contraction musculaire (Gordon et al., 1966), tandis que sa diminution pour
des sarcomères de courte taille a été moins précisément expliqué. La relation force-longueur
est d’une importance capitale dans le muscle cardiaque car le cœur fonctionne normalement
dans la gamme de longueur du sarcomère, donnant ainsi naissance à la relation de Frank-
Starling.
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L’hypothèse fondamentale est que la force maximale est déterminée, quelle que soit la
longueur du sarcomère, par le degré de superposition des filaments fins et épais (le nombre de
crossbridges). Dans les myofibrilles, composées de plusieurs unités sarcomériques, les
filaments de titine forment un réseau filamenteux contigu. Il y a trois à six molécules de titine
associées avec chaque filament épais dans chaque moitié d’un sarcomère dans les muscles de
vertébrés (Squire, 1997). La titine interagit directement avec plusieurs protéines associées aux
filaments épais (la protéine C liant la myosine, la protéine H liant la myosine, la protéine M,
la myomésine et la tige de la chaîne lourde de myosine). La titine interagit donc directement
avec les filaments d’actine près des disques Z et avec des composants des disques Z : l’α-
actinine et la « T-cap » (téléthonine). D’après Granzier et ses collègues, la titine est dirigée
radialement plutôt qu’axialement afin d’augmenter la force au repos pour de grandes
longueurs qui approcheraient en fait les filaments fins et épais plus près les uns des autres
pour faciliter les ponts union, ou crossbridges, (Cazorla et al., 2001). Une autre possibilité est
que la contrainte de la titine altère l’emballage de la myosine dans les filaments épais ou
l’orientation des têtes de myosine le long de l’épine dorsale du filament épais. La diminution
de la contrainte de la titine, réduit la sensibilité au calcium et la dépendance longueur- force
du myocarde.
Fig. 12. Sarcomère et myofilaments myocardiques. (A) Schéma d’un sarcomère montrant les
relations spatiales des filaments fins et épais et les interactions putatives de la titine avec les filaments,
qui donneraient naissance aux forces radiales et axiales quand le sarcomère est étiré. (B) Schéma des
filaments fins et épais illustrant la diminution de la séparation latérale pour des grandes longueurs. La
probabilité d’interaction en pont union (ou crossbridge) augmente pour des grandes longueurs due à la
plus grande proximité vis-à-vis de l’actine (d’après Moss, 2002).
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Relation force-longueur décrite dans le muscle squelettique de grenouille par Gordon et al. (1966).
Celle pour le cœur de chat (Allen et al., 1974) est illustrée dans la gamme des longueurs
Le mécanisme par lequel le Ca2+ active la contraction est bien établi (Solaro et Rarick.,
1998, Zot et Potter., 1987). Des mesures directes de la [Ca2+] libre dans les cellules cardiaques
sont nécessaires pour la compréhension de la régulation de la contractilité. Les variations
cycliques des ions Ca2+ cytosoliques sont aussi appelées flux de Ca2+. Dans le ventricule
quiescent, les mesures de viabilité cellulaire ont donné une concentration moyenne en Ca2+
libre de 0.26 µM, pendant les contractions les flux de Ca2+ atteignent 10 µM (Marban et al.,
1980). Des améliorations dans les techniques pour la mesure du Ca2+ intracellulaire suggèrent
une concentration diastolique aux environs de 10-7 M, et un pic systolique jusqu’à 10-5 M
dépendant de l’état contractile du myocarde (Opie, 1998). En présence d’une [Ca2+] suffisante
la myosine peut interagir avec l’actine ce qui augmente la capacité d’hydrolyse de l’ATP par
la myosine ATPase.
Fig. 14. Schéma général du cycle du Ca2+ dans le myocyte ventriculaire. Le Ca2+ entre via
les canaux calciques (ICa) et l’échange Na/Ca (NaCaX). L’influx de Ca2+ contrôle le relargage
de Ca2+ du RS par le récepteur à la ryanodine (RyR). Le Ca2+ est enlevé des myofilaments
(Myofil) et du cytosol par les pompes SERCA du RS (modulées par le phospholamban, PLB),
myofibrilles. (A) Muscle squelettique de grenouille. Chaque myofibrille est entourée d’un réseau de
SR. Dans le muscle squelettique de mammifère, les tubules-T et les triades sont situés normalement à
la jonction bande A-I. (B) Muscle cardiaque de mammifère. Comparé au muscle squelettique, les
tubules-T cardiaques sont plus larges en diamètre et le RS plus dispersé. Les mitochondries sont plus
grosses et les myofibrilles plus irrégulières dans le cœur. (d’après Fawcett et Nutt., 1969).
Dans les myofibrilles, le RS est très élargi au niveau des citernes terminales lui
permettant un contact des 2 côtés avec les tubules T pour former les triades au niveau des
disques Z. Dans les muscles squelettiques de mammifères, les tubules T et les triades sont
situés à la jonction bande A- bande I (Fawcett et McNutt., 1969). La surface du sarcolemme
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est physiquement continue avec la membrane du tubule T et les deux se combinent pour
former une barrière perméable entre les milieux intracellulaire et extracellulaire. Le volume
du RS varie selon les types cellulaires et il se trouve en quantité plus abondante dans les
muscles squelettiques (Eisenberg et al., 1974; Eisenberg et Kuda., 1975; Eisenberg et Kuda.,
1976) que dans le cœur de mammifères (Bossen et al., 1978; Forbes et Sperelakis., 1995).
Une petite fuite de Ca2+ du RS vers le cytoplasme peut se produire au repos peut être
via les canaux de relargage du Ca2+ du RS. Récemment, il a été reconnu que ces signaux de
relargage de Ca2+du RS, sont les sommations d’événements élémentaires de relargage: les
‘Ca2+ sparks’. L'observation de ces ‘Ca2+ sparks’ montrent qu’ils peuvent se produire soit
individuellement ou prendre la forme d’un flux homogène de Ca2+ se propageant comme des
vagues de Ca2+ le long de la cellule cardiaque. Le laboratoire de Niggli a observé des
événements de relargage de Ca2+ plus petits que les Ca2+ sparks, appelés Ca2+ quarks, se
produisant à l’ouverture d’un seul canal de relargage du Ca2+ du RS (RyR) (Fig. 16 et Niggli,
1999b).
Fig. 16. Ca2+ sparks et Ca2+ quarks cardiaques. A t = 1 ms, un canal Ca2+ de type-L, situé dans
le plasmalemme s’ouvre et du Ca2+ entre dans la fente (15 nm de large). Ceci déclenche presque
immédiatement le relargage de Ca2+ depuis RyR (faible sensibilité) ce qui génère un flux élevé de Ca2+
du RS dans la fente (t = 2 ms). La propagation du Ca2+ dans la fente entraîne un certain nombre de
Ca2+ quarks des RyR (forte sensibilité, faible flux) qui contribuent à la transformation des Ca2+ quarks
en sparks (t = 5 ms). (d’après Niggli, 1999a).
niveau des ces ATPases, il est donc nécessaire de régénérer rapidement l’ATP.
Les créatine kinases (CK) sont des guanidino kinases qui catalysent le transfert
réversible d’un résidu phosphate de haute énergie entre l’ATP et la créatine (Cr), générant
ainsi de l’ADP et un transporteur de liaison phosphate riche en énergie: la phosphocréatine
(PCr). La réaction a été découverte par Karl Lohmann (Lohmann, 1934) :
L’activité des isoformes des CK diminue dans l’ordre suivant : muscle squelettique
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rapide, muscle squelettique lent, muscle cardiaque mais l’activité de la MiCK augmente elle
dans le même ordre et son activité atteint 30-40% de l’activité de l’enzyme totale dans le cœur
(Saks et al., 1974; Iyengar, 1984; Yamashita, 1991). Les isoenzymes couplées des CK
fonctionnent via un mécanisme de couplage fonctionnel (canalisation métabolique) mais dans
différentes directions suivant leur localisation.
Contrairement aux isoformes cytosoliques, MiCK peut apparaître sous la forme de dimères ou
d’octamères, ces derniers étant assemblés à partir de dimères. Les octamères de MiCK
peuvent former des liaisons stables entre les membranes externes et internes, induisant ainsi
des sites de contact in vitro (Rojo et al., 1991).
Fig. 17. MiCK dans les sites de contact mitochondriaux. Un modèle de topologie de la MiCK,
de l’ANT, et de VDAC dans les sites de contact périphériques, où la MiCK lie les membranes
mitochondriales externe et interne. Noter l’interaction directe de la MiCK avec VDAC et les
cardiolipines, aussi bien que sa proximité avec l’ANT. Les chemins des substrats et des produits sont
indiqués. Cr, créatine; PCr, phosphocréatine. (modifié d’après Schlattner et al., 2004).
VDAC
Membrane externe
Espace
intermembranaire
Membrane interne
différente selon leur localisation : dimère ou octamère de la MiCK en complexe avec l’ANT
(Wallimann et al., 1992). Le point de vue du groupe de Wallimann ainsi que d’autres auteurs
va dans le sens d’une forme octamèrique pour la MiCK dans le cœur (Wallimann et al., 1992;
Wyss et Kaddurah-Daouk., 2000). Un lien direct entre la forme octamèrique de la MiCK et la
forme tétramèrique de l’ANT impliquant les cardiolipines a été initialement proposé par
Schnyder et Wallimann (Schnyder et al., 1994) mais la stoechiométrie MiCK:monomère
d’ANT s’est révélée être 1:2 (Kuznetsov et Saks., 1986). Une forte preuve en faveur de cette
stoechiométrie 1:2 et la possibilité d’une proximité structurale entre la MiCK et l’ANT, a été
apportée lors du travail dans lequel les MiCK de mitoplastes (mitochondries dépourvus de
membrane externe mitochondriale) ont été traitées par des anticorps inhibiteurs ou non de la
MiCK (Saks et al., 1987). Les anticorps non inhibiteurs de lapin avec une forte affinité pour la
CK mitochondriale de rat n’ont inhibé ni l’activité de la MiCK ni de la phosphorylation
oxydative, contrairement aux anticorps inhibiteurs. Ces données montrent l’arrangement
spatial spécifique de la MiCK et de l’ANT dans les mitochondries.
Une propriété importante du système des CK est que son activité totale, la distribution
de ses isoformes et la concentration en substrats guanidiques sont fortement variables selon
les tissus et les espèces. Dans les cellules musculaires adultes, hautement organisées, les
isoenzymes spécifiques des CK sont liées aux compartiments intracellulaires et sont
fonctionnellement couplées aux enzymes impliqués dans la production et l’utilisation d’ATP
ainsi qu’au transfert d’énergie. Les muscles squelettiques, sont incapables de maintenir un
niveau constant de PCr durant des contractions continues de grande intensité (tétanos) et
l’instabilité métabolique qui se développe conduit à la fatigue musculaire. Pendant la période
de repos, la dette en oxygène est réglée grâce à l’activation de la respiration mitochondriale, la
PCr revient à son niveau initial par sa synthèse prédominante via le couplage ANT-MiCK,
utilisant le fort rapport PCr/Cr caractéristique d’un retour à l’état de repos (Saks et al., 1977 ;
Walsh et al., 2001b ; Mahler, 1985 ; Greenhaff, 2001). Au contraire dans le myocarde, les
niveaux d’ATP et de PCr ne changent pas (phénomène de stabilité métabolique), et le rôle de
la MiCK dans la régulation de la respiration est plus important grâce au couplage avec l’ANT
(Kupriyanov et al., 1980 ; Saks et al., 1977; Walsh et al., 2001b ; Mahler, 1985).
10 nm, c'est-à-dire dans la situation où le couplage fonctionnel entre les enzymes serait perdu
(Fossel et Hoefler., 1987), les données cinétiques prouvent l’existence d’un fort couplage
(Krause et Jacobus., 1992). Donc la colocalisation d’enzymes dont les réactions qu’elles
catalysent sont consécutives, pourrait augmenter l’efficacité de leur couplage cinétique. Cette
proximité est en faveur d’une canalisation des métabolites. Une telle canalisation a été
observée dans des cellules de cœur de grenouille traitées au Triton-X 100 : l’ATP était
directement canalisé de la CK vers le site de la myosine ATPase et ne diffusait pas dans la
solution (Arrio-Dupont, 1988).
De même, MM-CK est fortement liée aux membranes du RS, où elle est
fonctionnellement couplée à la SERCA, pour assurer un approvisionnement énergétique
efficace du RS par la régénération locale d’ATP (Levitskii et al., 1977; Rossi et al., 1990 ;
Korge et al., 1993 ;1994 ; Minajeva et al., 1996). L’ATP régénéré par les CK endogènes n’est
pas en équilibre avec l’ATP du milieu environnant mais il est préférentiellement utilisé par la
CaATPase du RS pour le captage du Ca2+ (Korge et al., 1993). La translocation efficace de
l’ATP de la CK vers la SERCA, malgré la présence d’un piège externe pour l’ATP du milieu
environnant, peut être expliqué par la proche localisation de la CK et de la CaATPase sur la
membrane du RS. Plusieurs facteurs (quantité de CK liée à la membrane, oxydation des
groupements thiols (-SH) de la CK, diminution de la [PCr]) peuvent influencer la capacité du
système PCr/Cr à supporter un faible rapport ATP/ADP et alimenter les pompes calciques en
ATP (Korge et al., 1993).
Dans le cytoplasme, la réaction de la MM-CK est couplée au système glycolytique qui
assure l’utilisation de l’ATP produit par la phosphoglycérate kinase et la PK. L’interaction
entre les systèmes glycolytiques et la phosphorylation oxydative peut être efficacement
régulée par le système de la CK : un rapport PCr/Cr (du à la respiration mitochondriale
élevée) dans le cytoplasme inhibe l’ensemble des flux glycolytiques à cause d’une
disponibilité limitée de l’ADP (Kupriyanov et al., 1980).
1. dans le temps, tamponner l’énergie pour maintenir un rapport ATP/ADP adéquat dans les
cellules quand la demande énergétique augmente (McGilvery et Murray., 1974; Connett,
1988) et
2. dans l’espace, tamponner l’énergie pour maintenir des rapports ATP/ADP locaux constants
ou servir au transport de l’énergie (Saks et al., 1994; 1998a; 2004; Wallimann et Hemmer.,
1994 ; Ventura-Clapier et al., 1994).
Fig 18. Schéma du transfert de l'énergie dans la cellule par la navette PCr/Cr grâce aux
CK. Le transport des composés phosphate riches en énergie est réalisé par une chaîne de molécules de
transport est effectué au-dessus de pools locaux d’ATP, ADP, PCr et Cr sans changement des
concentration libre d’ADP cytoplasmique dans les cellules (aux environs de 50 µM), ce qui ne
peut pas être mesuré biochimiquement ou par RMN, cet aspect est très largement exploité en
pratique dans les études modernes (Saks et al., 1996). Ce concept donne des explications
satisfaisantes de certains événements (concentrations, flux, etc, …) mais n’est pas suffisant
pour expliquer l’existence de différentes isoenzymes de CK (qui possèdent des
caractéristiques cinétiques et thermodynamiques très similaires et une structure conservée de
leur site actif) (Muhlebach et al., 1994), ainsi que l’apparition dans l’évolution de la MiCK.
La fonction spatiale de tampon du transport énergétique est la navette PCr/Cr entre les
sites de production d’ATP et les sites utilisateurs. Pour ce faire, la PCr joue le rôle de
transporteur d’énergie en connectant les sites mitochondriaux de la phosphorylation oxydative
aux sites utilisateurs de l’énergie (Ventura-Clapier, 2004 ; Saks et al., 2004). Joubert a montré
expérimentalement le rôle de la CK à la fois comme tampon et comme navette à travers les
isoformes des CK dans le cœur isolé et le myocarde. Il a mis en évidence la versatilité
physiologique des voies de transfert énergétiques par l’ATP et la PCr (Joubert et al., 2004).
Ceci prend en considération l’organisation structurale des cellules, notamment que l’espace
cytoplasmique contient une quantité significative de MM-CK entre les mitochondries et les
myofibrilles. La diffusion facilitée est définie comme un procédé de transport passif ; par
lequel les molécules diffusent à travers les membranes grâce à des transporteurs (protéines).
La combinaison de la diffusion facilitée des composés phosphate riches en énergie dans le
cytoplasme avec la fonction de stockage d’énergie confère au système de la CK la propriété
de capacité métabolique (Meyer, 1998 ; Sweeney, 1994).
Fig. 19 Les réseaux de transfert d’énergie dans les cellules musculaires. (D’après Dzeja et
al., 2004).
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membranes (Bangham et al., 1962) permet l’étude de la fonction des organelles tout en
maintenant l’architecture et en contrôlant le milieu intracellulaire (Veksler et al., 1987 ; Saks
et al., 1991; 1993; 1994; 1995a; Kaasik et al., 2001). La saponine et la digitonine, à cause
d’un cœur stéroïde hydrophobe, ont une haute affinité pour le cholestérol et préférentiellement
le cholestérol extrait des membranes. Ils s’attaquent donc spécifiquement aux membranes
riches en cholestérol comme le plasmalemme (Korn, 1969). Le réticulum endoplasmique a un
plus faible contenu en cholestérol ; la membrane interne mitochondriale a encore moins de ce
lipide (Comte et al., 1976 ; Saks et al., 1985). Cette méthode peut être appliquée sur de très
petits échantillons de tissus, rendant ainsi possible l’étude de la fonction mitochondriale de
biopsies humaines, tissus d’animaux transgéniques, cultures cellulaires (Saks et al., 1998b).
La méthode d’investigation de la fonction mitochondriale dans les préparations
perméabilisées a été validée selon les critères suivants :
1. une morphologie des mitochondries préservée
2. une perméabilisation complète du sarcolemme
3. des fonctions mitochondriales normales
Des études ultrastructurales des préparations perméabilisées par plusieurs groupes
(Saks et al., 1993, 1991; Penman, 1995 ; Lin et al., 1990 ; Kunz, 1993a) ont montré que des
cardiomyocytes traités à la digitonine gardent une bonne morphologie globale (Altschuld et
al., 1985), que les mitochondries restent intactes et gardent une apparence identique à celles
des cellules non traitées. Les sarcomères des cellules traitées à la digitonine restent bien
alignés avec un léger épaississement des disques Z.
Des études de microscopie électronique de fibres perméabilisées de ventricules
(Veksler et al., 1987 ; Saks et al., 1993) ont également révélé une ultrastructure intact des
mitochondries et du RS alors que le sarcolemme était complètement dissout (Fig 20).
en présence de créatine (Cr).Dans tous les types de fibres de muscle squelettiques rapides, l’affinité
mitochondriale pour l’ADP est très élevée (Km apparent très bas) et n’est pas sensible à la trypsine ou
à la Cr. (D’après Saks et al., 1998b).
Ces observations montrent aussi que la valeur élevée du Km ne peut pas être
trivialement expliquée par la diffusion limitée de l’ADP dans la cellule comme cela a été
suggéré dans quelques études (Seppet et al., 2004). Tous les résultats théoriques et
expérimentaux nous donnent des arguments solides et clairs contre cette simple explication
(Aliev et Saks., 1997 ; Saks et al., 1991, 1993, Vendelin et al., 2000 ; Weiss et Korge, 2001 ;
Fontaine et al., 1995). Dans les fibres perméabilisées de soléaire, l’inhibition partielle de la
respiration par l’azide de sodium (NaN3) ne diminue pas significativement le Km apparent
pour l’ADP, excluant une possible explication d’une faible affinité apparente des
mitochondries pour l’ADP dans ces cellules et sa consommation rapide due à une forte
activité oxydative et des problèmes de diffusion intracellulaires (Kay et al., 1997). L’affinité
des mitochondries dans les fibres perméabilisées peut être augmentée de 3 façons :
(i). par le gonflement des mitochondries et la rupture de la membrane externe mitochondriale
par traitement hyposmotique
(ii). par traitement protéolytique des fibres perméabilisées
(iii). par isolement des mitochondries
Dans les muscles lents, l’activation de la réaction couplée de la CK par l’addition de
Cr, initiant la régénération d’ADP dans l’espace intermembranaire, diminue de manière
significative le Km pour l’ADP exogène jusqu’à 70-100 µM (Table 1).
Les résultats indiquent un couplage fonctionnel étroit entre la MiCK et l’ANT dans les
fibres de soléaire et de cœur (Veksler et al., 1987 ; Saks et al., 1993, 1994). Pour les fibres de
gastrocnémien, l’effet n’a pas été observé par les méthodes standard (oxygraphie). L’effet de
la créatine était partiellement absent dans les cœurs de grenouille (Kuznetsov et al., 1996).
Dans le cœur ischémique, le changement le plus précoce est le gonflement
mitochondrial pouvant résulter en la rupture de la membrane externe mitochondriale ou la
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Une protéolyse limitée augmente l’affinité des mitochondries de cœur et des muscles
lents pour l’ADP sans détruire la membrane externe mitochondriale. Un traitement des fibres
à la trypsine, chymotrypsine ou l’élastase diminue le Km apparent pour l’ADP (Figs. 21 et 22)
dans le cœur et le soléaire jusqu’à 40-98 µM sans altération décelable de la membrane externe
mitochondriale (Kuznetsov et al., 1996, Table 1). Ceci confirme l’hypothèse selon laquelle la
sensibilité mitochondriale pour l’ADP in vivo est contrôlée par des protéines cytoplasmiques.
Les cardiomyocytes fantômes (dont la myosine a été extraite), qui contiennent en majorité
mitochondries, RS et cytosquelette ont une forme normale et un Km apparent pour l’ADP
élevé (Kay et al., 1997). Dans les homogénats de foie, le traitement à la trypsine diminue
également la valeur du Km pour l’ADP. Ces résultats montrent que la diffusion de l’ADP
dans les hépatocytes pourrait être retardée par des facteurs protéiques sensibles à la trypsine
qui seraient perdus lors de l’isolement des mitochondries (Fontaine et al., 1995).
Les procédés de congélation lente permettent l’observation de nombreuses connections
entre les mitochondries et la surface myofibrillaire dans le tissu myocardique de rat
(Rappaport, 1998). Ces résultats vont dans le sens d’un Km apparent élevé dans la régulation
de la phosphorylation oxydative du cœur et des muscles lents in vivo expliqué par une faible
perméabilité des VDAC de la membrane externe mitochondriale mais aussi par des problèmes
de diffusion de l’ADP dans la cellule. Une fois de plus, il est suggéré que des protéines
associées au cytosquelette contrôlent la perméabilité de VDAC pour l’ADP.
Fig. 22. Effet du traitement à la trypsine des fibres de cœur et de soléaire de rat. TR :
Trypsine ; CT : Chymotrypsine, EL : Elastase. (D’après Saks et al., 1998b)
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pour l’ADP exogène est très bas (7-10 µM) et peu différent de celui pour les mitochondries in
vitro (Kay et al., 1997; Kuznetsov et al., 1996). Quand la respiration des fibres rouges a été
partiellement inhibée, le Km apparent observé pour l’ADP exogène dans les fibres rouges
excédait toujours largement celui des fibres blanches, en dépit du diamètre plus petit des
fibres rouges (Kay et al., 1997).
(4). Initialement, on a proposé que le Km apparent élevé pour l’ADP exogène pourrait être le
résultat des problèmes de diffusion pour l’ADP dans les myofibrilles (Saks et al., 1991).
Néanmoins, l’extraction de la myosine par le KCl (800 mM) n’a eu aucun effet sur la valeur
du Km apparent pour l’ADP exogène (Saks et al., 1993). En même temps, on a découvert que
la rupture de la membrane mitochondriale externe par le traitement hyposmotique des fibres
perméabilisées entraînait des diminutions du Km apparent pour l’ADP exogène vers des
valeurs très basses, proches de celles observées pour les mitochondries isolées in vitro (Saks
et al., 1993). On a également constaté que la présence de Cr (due à la membrane
mitochondriale externe), dans l’espace intermembranaire des mitochondries, participant à la
réaction couplée mitochondrie-MiCK, diminue le Km apparent pour l’ADP exogène (Saks et
al., 1991; 1993).
(5). Une diminution significative du Km apparent pour l’ADP exogène dans la régulation de
la respiration mitochondriale in vivo est obtenue par un traitement protéolytique plutôt sélectif
des fibres perméabilisées de muscle et des hépatocytes sans aucun changement évident de la
géométrie des cellules ou des activités enzymatiques, telles que la MgATPase (Kuznetsov et
al., 1996).
A.5. ICEUs et communication intracellulaire
A.5.1. Notion d’unités énergétiques intracellulaires : ICEUs
Les cardiomyocytes montrent, en microscopie à fluorescence, une organisation structurale
bien établie alors qu’après un traitement protéolytique une désorganisation structurale de ces
cellules est observée. Un marquage des mitochondries au nonylacridine orange (NAO),
marqueur spécifique des cardiolipines de la membrane interne, ne pénétrant pas en fonction
du potentiel membranaire mitochondrial à la différence de la rhodamine (ou par une autre
sonde fluorescente) révèle une distribution ponctuée des mitochondries le long des disques Z
en stries parallèles, entre les myofibrilles (Kay et al., 1997 ; Saks et al., 2001 ; Vendelin et al.,
2005).
Il existerait non seulement une organisation structurale mais aussi une organisation
fonctionnelle : les ICEUs (IntraCellular Energetic Units) (Seppet et al., 2001 ; Saks et al.,
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Les ICEUs sont organisées par les interactions entre les mitochondries, le réticulum
sarcoplasmique et les sarcomères avec le cytosquelette (Fig. 23).
Fig 23. Schéma des Unités Energétiques Intracellulaires dans les cellules cardiaques. Les
mitochondries, le RS et les Mg-ATPases des myofibrilles sont connectés par la canalisation
métabolique des intermédiaires de réaction au sein des ICEUs par les systèmes de myokinase (ou
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adénylate kinase) et créatine kinases. Les facteurs protéiques (non identifiés à ce jour et marqués 'X'),
certainement connectés au cytosquelette, fixent la position des mitochondries et contrôlent sans doute
aussi la perméabilité de VDAC pour l’ADP et l’ATP. Ceci augmente la microcompartimentation des
nucléotides adényliques dans les ICEUs. Par interaction avec les éléments du cytosquelette, les
mitochondries et le RS sont précisément fixés entre 2 disques Z et 2 tubules T. Les nucléotides
adényliques des ICEUs ne s’équilibrent pas rapidement avec ceux de la phase cytosolique et
pourraient être connectés par des métabolites qui diffusent plus vite comme la créatine ou la
phosphocréatine. L’ATP de la phase cytosolique pourrait constituer une réserve métabolique cellulaire
ou servir à des fins de régulation. Abréviations: AK, adénylate kinase; AKcyt, adénylate kinase
cytosolique AMP : Adénosine MonoPhosphate, CK créatine kinase; CKcyt, créatine kinase cytosolique,
Cr, créatine, FoF1, ATPase-synthase mitochondriale, PCr, phosphocréatine, Pi, phosphate
inorganique, 'X', facteur protéique encore inconnu contrôlant la fonction mitochondriale. (D’après
Saks et al., 2001).
ICEU
Tubule-T
Réticulum Sarcoplasmique
Ca2+
ATP Myofibrilles
Pi ADP CK
Mitochondrie Ca2+ Ca2+
Cr
AMP
PCr
ADP Cr
ADP
F0
ATP Ca2+
synthase F
ATP 1 CK PCr
ADP CK ATP
H+ ICEU
ANT
ADP
ADP
Cr ATP ATP ATP
ADP
F1 ADP Pi
Mb interne ADP
AN
PCr Pi ATPase
T
F0 ATP Pi
AMP
ADP
AK cyt AK AK
Mb externe AMP ATP
CK "X"
cyt
Bulk Phase
Réticulum Sarcoplasmique
Tubule-T
ICEU
A.5.2. Canalisation métabolique de l’ADP exogène et compartimentation intracellulaire
Ces complexes jouent un rôle important dans la canalisation métabolique de l’ADP
endogène par un couplage effectif entre la production locale d’ADP (par les systèmes
compétents qui consomment de l’ATP) et son utilisation pour la synthèse d’ATP dans la
matrice mitochondriale. Ces mécanismes de canalisation sont reliés à l’augmentation de
l’hétérogénéité de la diffusion intracellulaire de l’ADP et de l’ATP ainsi qu’à leurs
restrictions locales de diffusion dues à l’organisation spécifique des ICEUs.
Donc, selon cette hypothèse, l’augmentation de la valeur du Km pour l’ADP exogène
dans la régulation de la respiration mitochondriale dans les fibres perméabilisées montre un
meilleur degré d’organisation structurale. Dans les muscles lents, l’énergie est transférée entre
les mitochondries et les myofibrilles par la navette Cr/PCr tandis que dans les muscles rapides
l’énergie pour la contraction est fournie en grande partie par les systèmes glycolytiques via un
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équilibre entre les CK cytosoliques et les systèmes couplés myofibrillaires MM-CK (Fig. 24).
Fig. 24. Représentation schématique des différences entre les muscles oxydatifs et
glycolytique. Organisation schématique intracellulaire de la production mitochondriale
d’énergie et les transferts énergétiques pour le muscle glycolytique (A) et le muscle
oxydatif (B). (A) Le muscle glycolytique est caractérisé par (1) une faible capacité oxydative
maximale, représentée par une faible respiration maximale (Vmax) et une production d’ATP
glycolytique; (2) une sensibilité élevée de la respiration mitochondriale pour l’ADP (faible Km), le
signal pour la respiration est l’ADP cytosolique; (3) des transferts d’énergie non couplés dans la
cellule entre les mitochondries et les ATPases. (B) Le muscle oxydatif est caractérisé par (1) une
capacité oxydative maximale élevée, représentée par une respiration stimulée par l’ADP élevée; (2)
une faible sensibilité de la respiration mitochondriale pour l’ADP (Km élevé), le signal pour la
respiration est la créatine; (3) des transferts d’énergie couplés dans la cellule entre les mitochondries et
les ATPases par la navette des CK. (D’après Ribera et al., 2003).
Kaasik et al., ont montré que l’ATP mitochondrial est presque aussi efficace que
l’ATP venant de la réaction de la CK pour stimuler la respiration mitochondriale, ces 2
sources d’ATP étant plus efficaces que l’ATP exogène, suggérant l’existence d’une
canalisation directe ATP/ADP entre la mitochondrie, le RS et les myofibrilles. Il existerait
donc des interactions directes entre ces organelles permettant d’expliquer la préservation de la
fonction cardiaque chez les animaux déficients en CK cytosolique et mitochondriale (Kaasik
et al., 2001). Ces observations de Kaasik confirment l’hypothèse d’une organisation en ICEUs
où structure et fonction sont intimement liées.
Ainsi le système des CK participe activement au concept de système métabolique
organisé où les enzymes sont contrôlées par leur micro environnement ainsi que par d’autres
composants du même système. Un système de canalisation directe des substrats et des
produits se met en place, permettant de diminuer les distances diffusion entre les
intermédiaires et les temps de transit entre les différentes séquences de réactions
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A.6. Le cytosquelette
cellules épithéliales (peau, etc.). Type 3. Les IF sont distribués dans plusieurs types cellulaires
incluant : la vimentine dans les fibroblastes, les cellules endothéliales et les leucocytes ; la
desmine dans les cellules musculaires, le facteur acide glial fibrillaire dans les astrocytes et la
périphérine dans les fibres nerveuses périphériques. Type 4. Les neurofilaments (H : lourd
(heavy); M : moyen (medium) ; et L : léger (low)). Un autre IF de type 4 est l’internexine et
quelques types 4 non standard sont trouvés dans les fibres optiques de l’œil (filensine et
phakinine). Type 5. Les lamines qui ont une séquence de signal nucléaire pour former un
support filamenteux à l’intérieur de la membrane interne nucléaire. Les lamines sont
indispensables à la reformation de l’enveloppe nucléaire après la division cellulaire.
Les protéines associées aux IF peuvent lier ces filaments (en faisant des ponts pour
améliorer la stabilité), ou ils peuvent lier des filaments d’autres structures. En dépit de leur
diversité, les membres de la superfamille des IF partagent une structure commune : un dimère
composé de 2 hélices α orientées en parallèle (Fig. 25).
Fig. 25. Modèle structural d’un filament intermédiaire (IF). Les dimères polarisés d’IF
forment des tétramères antiparallèles qui s’associent longitudinalement et latéralement en
protofilament apolaire de 2 à 3 nm de diamètre puis en protofibrilles de 4 à 5 nm de diamètre. De 2 à 4
protofibrilles (4 ici) s’associent pour fournir un arrangement composé d’approximativement de 16 à 32
polypeptides en coupe. (D’après Fuchs et Cleveland., Science, 1998).
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visualisé par micrographie électronique (B). (A) Les MT sont des fibres fortement ordonnées
qui ont une polarité intrinsèque, montrée schématiquement dans la figure. (B). Microtubules assemblés
in vitro à partir de tubuline en présence de protéines associées aux microtubules (MAP1, MAP2, tau).
Protofilament B)
Sous-
unité α
Hétérodimère
de tubuline Sous-
unité β
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Fig. 27. Schéma indiquant les connections entre le cytosquelette d’actine et la matrice
extracellulaire via les complexes intégrines et dystrophine. (d’après Bers, 2002)
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potentiel d’action par le cytosquelette d’actine, il y a, à ce jour, des résultats sur ses effets sur
des courants ioniques cardiaques où la conclusion est la modulation de l’activité des canaux
par le cytosquelette d’actine non sarcomèrique (Calaghan et al., 2004). Il y a des différences
entre l’actine costamèrique (cytosquelette) dans les cellules en culture et le myocarde intact
(Calaghan et al., 2004). Dans les cellules cultivées sur une matrice extracellulaire de substrats,
l’actine est toujours présente aux sites d’adhésion focaux au niveau des costamères cependant,
elle n’a pas été détectée comme faisant partie de l’axe matrice extracellulaire-intégrines dans
le myocarde intact (Borg et al., 2000).
La cytochalasine D est l’agent pharmaceutique le plus utilisé pour étudier le
cytosquelette d’actine. La cytochalasine B a également été utilisée pour détruire le réseau
d’actine (Dick et Lab., 1998). D’autres agents incluant la lantrunculine A, la DNAase I, la
gelsoline et la cofiline, peuvent aussi détruire le cytosquelette d’actine.
Donc la structure du cytosquelette d’actine dans le myocyte adulte est bien caractérisé
et possède des différences marquées entre la distribution et la densité des microfilaments
d’actine dans les cardiomyocytes en culture et néonataux comparés aux cellules adultes, ou au
myocarde intact. A cause des difficultés de visualisation de l’actine cytosquelettique, la
vérification des effets pharmacologiques ou des altérations observées en conditions
pathologiques restent problématiques (Kostin et al., 1998).
(B) Schéma soulignant comment le cytosquelette de desmine pourrait s’associer avec des sites de contact
mitochondriaux et potentiellement influencer la stabilité membranaire et la fonction mitochondriale. Ces sites
sont des structures dynamiques qui impliquent une fusion des membranes interne et externe mitochondriales (la
fusion n’est pas montrée ici), et sont des participants clés dans le transport de protéines, le couplage énergétique
avec le cytosol via la formation de PCr et le captage des acides gras pour le métabolisme oxydatif. (D’après
Capetanaki, 2002).
La molécule de desmine est organisée en 3 domaines : un domaine tige en hélice α très
conservé entouré d’une tête non hélicoïdale et de domaines de queue. La tige consiste en 4
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segments en hélices α, 1A, 1B, 2A et 2B interrompus par des liens (Fuchs et Weber., 1994).
Les souris déficientes en desmine montrent de sévères atteintes de l’architecture musculaire
dans le myocarde et les muscles squelettiques (Li et al., 1996). Des mutations de la desmine
causent un assemblage défectueux de filaments (Munoz-Marmol et al., 1998 ; Park et al.,
2000), la destruction du réseau préexistant de filaments endogènes d’autres IF (Sjoberg, 1999)
et l’accumulation d’agrégats chimériques intracellulaires (Li et Dalakas., 2001 ; Wang et al.,
2001).
Les IF s’associent de manière prédominante avec les mitochondries et cette association
a été trouvée dans divers types cellulaires (Capetanaki, 2002 ; Rappaport et al., 1998).
L’absence de desmine conduit à la perte non seulement de la distribution des mitochondries
mais aussi de leur nombre, de leur morphologie et de leur fonction (Milner et al., 2000). De
plus, une calcification excessive des cœurs de souris desmine K/O (Mavroidis et Capetanaki.,
2002 ; Weisleder et al., 2004) pourrait être directement reliée à l’homéostasie normale du
Ca2+ ou être la conséquence d’une mort cellulaire importante initiée par une voie
indépendante du Ca2+ liée aux mitochondries. Afin d’étudier le rôle possible des filaments de
desmine dans le contrôle des mitochondries, des souris transgéniques déficientes en desmine
ont été utilisées (Kay et al., 1997). Des cardiomyocytes fantômes, contenant en partie des
mitochondries, du RS et le cytosquelette de desmine, qui gardent une forme normale, ont
montré des valeurs élevées du Km apparent pour l’ADP. Dans ces cellules fantômes, les
anticorps anti-desmine n’ont pas modifié la régulation des cinétiques de respiration par
l’ADP. Cependant, dans les fibres perméabilisées de cœur et de soléaire de souris
transgéniques, des modifications de la régulation de la respiration par l’ADP ont été observées
(Kay et al., 1997). Des observations morphologiques par microscopie électronique ont
confirmé l’existence de 2 populations cellulaires distinctes dans les cellules musculaires de
souris transgéniques. La desmine elle-même ne contrôle pas les VDAC mitochondriaux mais
son absence entraîne l’apparition de cellules désorganisées avec une population de
mitochondries altérées dépourvues probablement du facteur protéique contrôlant VDAC.
Fig. 29. Représentation schématique du muscle cardiaque illustrant les profils des MT.
A : bande A ; I : bande I ; M : bande M ; Z : bande Z ; ID : disque intercalé ; Mt :
microtubule ; Mi : mitochondrie ; SR : réticulum sarcoplasmique ; T : tubule-T. (d’après
Goldstein et Entman., 1979).
2001 ; Kerfant et al., 2001), alors que le taxol (10 mM, 2-4h) a l’effet opposé (Tsutsui et al.,
1994; Howarth et al., 1999). Le taxol diminue le flux de Ca2+ dans les myocytes ventriculaires
de rat (Howarth et al., 1999). Cette réduction du flux de Ca2+ est du, en partie, à un plus faible
relargage de Ca2+ du RS (Howarth et al., 1999). La publication de Kerfant (2001) présentant
l’analyse des flux de Ca2+ lors de l’altération des MT, montre une augmentation de ces flux
après un traitement prolongé à la colchicine.
Parallèlement à un manque d’effet sur les flux de Ca2+ en l’absence de prolifération
antérieure de MT, la désorganisation du réseau de MT par la colchicine ne module pas
significativement l’activité contractile adulte du muscle cardiaque ou des myocytes (Tsutsui et
al., 1994 ; Ishibashi et al., 1996 ; Tagawa et al., 1998 ; Takahashi et al., 1998 ; Hongo et al.,
2000 ; Calaghan et al., 2001). Cependant, contrairement à ces études, il a été également
montré que dans les myocytes ventriculaires de rat, la colchicine diminue l’amplitude des
Ca2+ sparks et augmente l’amplitude globale du flux de Ca2+.
Le cytosquelette microtubulaire a été mis en cause dans de nombreuses conditions
pathologiques. La désorganisation des ce réseau a été observé dans l’ischémie (Hori et al.,
1994 ; Hein et al., 1995), des dommages cellulaire irréversibles peuvent être associés à
l’effondrement des MT (Iwai et al., 1990). La prolifération des MT avec le taxol protège
contre les dommages engendrés par l’hypoxie/ré-oxygénation (Skobel et Kammermeier.,
1997), tandis que la colchicine abolit les bénéfices du préconditionnement ischémique
(Sharma et Singh., 2000 a, b).
Les MT sont reliés au système β-adrénergique dans le cœur (Palmer et al., 1998) et
sont impliqués dans le signal du récepteur β-adrénergique (Rasenick et al., 1990). Le rôle des
MT dans la régulation du système β-adrénergique dans le muscle cardiaque adulte est sujet au
débat (Calaghan et al., 2004). Les MT et les mitochondries semblent être en proche relation,
et l’on pourrait s’attendre à des jonctions spécifiques entre les composants des membranes
externes mitochondriales et les composants des MT. Les interactions mitochondries-MT sont
spécifiques et apparaissent dans tous les types cellulaires (Bernier-Valentin et Rousset.,
1982). Les résultats de Saetersdal et ses collaborateurs indiquent la présence d’une β-tubuline
spécifique se liant à la membrane externe mitochondriale qui implique probablement les
translocateurs à la base des MT et/ou les MAP (Saetersdal et al., 1990). Des domaines
spécialisés des membranes mitochondriales sont impliqués dans des associations avec les MT
médiées par les MAP (Leterrier et al., 1994).
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transmembranaire Fzo (Hales et Fuller., 1997) qui possède des homologues de la levure aux
humains. La dynamine et les « dynamine-related proteins » ou DRP forment une petite famille
de GTPases impliquées dans la dynamique des membranes. Ainsi la dynamine joue un rôle
dans le phénomène d’endocytose en intervenant dans la scission des vésicules de clathrine
(van der Bliek et Meyerowitz., 1991). Ce groupe de chercheurs a également mis en évidence
plus récemment que la « dynamine-related protein » DRP-1 de C. elegans et son homologue
humain Drp1 (aussi connu sous le nom de Dlp1, Dvlp1 ou Dymple) sont spécifiquement
nécessaires pour la division de la membrane externe mitochondriale (Labrousse et al., 1999 ;
Smirnova et al., 2001). Ces auteurs soulèvent également l’hypothèse que l’endocytose et la
division mitochondriale auraient une origine commune (van der Bliek, 2000).
Fusion MI
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transplantation.
En 1982, la première greffe cardiopulmonaire est réalisée en Europe par CABROL à Paris.
Dans cet élan, REITZ et SHUMWAY mettent au point la greffe cœur-poumons, l'équipe de
PATTERSON à Toronto s'illustre dans la greffe pulmonaire.
Ainsi, en 1986, COOPER, réussit la première transplantation bi-pulmonaire à Toronto.
En Angleterre, YACOUB et WALLWORK révèlent d'impressionnantes séries de greffes
cardio-pulmonaires et pulmonaires.
prélèvement. Mais, comme pour le foie ou le rein, un parent vivant peut également proposer
de donner une partie de ses poumons. Dans ce cas, un seul poumon est prélevé, le poumon
restant permettant d'assurer une fonction respiratoire correcte. Ces greffes avec donneur
vivant sont exceptionnelles actuellement (1 cas en 2002, aucun en 2003). Dans ces cas,
l'intervention peut être programmée. Receveur et donneur sont opérés en même temps, par
deux équipes différentes, dans deux salles d'opération voisines.
Dans le cas d'une greffe avec donneur en état de mort cérébrale, prélèvement et greffes
sont réalisées par deux équipes différentes en des lieux différents. Habituellement, l'ensemble
coeur-poumons est prélevé chirurgicalement chez le donneur, au bloc opératoire. Ensuite,
coeur et poumons sont éventuellement séparés pour être proposés à des malades différents.
Les organes sont soigneusement examinés pour vérifier l'absence de lésions. Entre 80 et 85 %
des poumons ne peuvent être greffés car ils sont le siège d'un oedème ou d'une infection, ce
qui explique en partie l'insuffisance de greffons pulmonaires. Donneur et receveur doivent
être de même groupe sanguin ou, en cas d'urgence, de groupes sanguins compatibles.
L'intervention dure 6 à 8 heures. Trois types de greffes peuvent être réalisés :
• La greffe bipulmonaire. Dans ce cas l'ensemble des deux poumons, avec leur
vascularisation, est prélevé en bloc chez un donneur, et le poumon droit, puis le
gauche, sont greffés successivement à la place des poumons du receveur.
L'intervention se déroule souvent sous circulation extracorporelle : le sang est dérivé
de part et d'autre du coeur, l'oxygénation et la circulation sanguines étant assurées par
un oxygénateur et une pompe extracorporelle ;
• La greffe monopulmonaire. Un seul poumon est remplacé, l'autre étant laissé en place.
La circulation extracorporelle n'est généralement pas nécessaire ;
• La greffe coeur-poumons. L'ensemble coeur-poumons est greffé. Dans ce cas la
circulation extracorporelle est bien sûr indispensable. La préparation du receveur
comprend d'abord l'ablation du coeur, puis celle des poumons. Ensuite les poumons
sont mis en place dans le thorax et la trachée est suturée à celle du receveur. Le coeur
est suturé comme dans le cas d'une transplantation cardiaque.
La transplantation coeur-poumon est indiquée lorsqu'il existe une altération cardiaque
associée à l'atteinte pulmonaire ou en cas d'hypertension artérielle pulmonaire. La
transplantation monopulmonaire est exclue en cas de suppuration pulmonaire. Dans les autres
cas, le choix de l'intervention se discute. La transplantation monopulmonaire est plus simple
et permet de greffer deux personnes à partir d'un seul donneur.
Les 88 transplantations pulmonaires réalisées en 2002 comprenaient 54 greffes
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Le typage des fibres a longtemps été effectué par marquage histochimique de l’activité
myosine ATPase (Brooke et Kaiser, 1970). La détermination du type de fibre par
électrophorèse des MHC sur fibres isolées (Pette et Staron., 1990) a montré l’existence de 3
types principaux de MHC rapides [types IIA, IIB, et un nouveau type IID ou IIX (un type
intermédiaire)] et d’un type de MHC lent qui possède aussi les types de MHC IIA, MHC IIB,
MHC IID ou IIX et MHC I. Ces isoformes de MHC sont des protéines non pas issues d’une
régulation post-transcriptionnelle d’autres MHC, mais dérivent de gènes différents (Schiaffino
et Reggiani, 1994). L’apparition de fibres hybrides comportant pour certaines plus de 2
isoformes de MHC, a contribué à la combinaison du marquage de la myosine ATPase et de
l’électrophorèse des MHC pour le typage (Gorza, 1990). Enfin, l’hybridation in situ (Kanbara
et al., 1997) et la RT-PCR sur fibres isolées (Peuker et al., 1998) ont permis non seulement de
valider les méthodes précitées, mais aussi de préciser l’appartenance d’isoformes spécifiques
à un type de fibre déterminé.
Il existe une bonne corrélation entre le typage des fibres par la technique de la myosine
ATPase et le type d’isoforme de la myosine et il est admis que le typage histochimique est un
bon reflet de la composition du muscle en myosine (Staron et Pette., 1986).
(Ekblom, 2000). D’autre part, pour un exercice sous maximal, la VO2 reste inchangée, avec
un seuil ventilatoire inchangé ou faiblement augmenté, alors que la fréquence cardiaque et la
concentration en lactate sont réduites. Ces expériences démontrent ainsi que l’augmentation
de l’apport en O2 par une augmentation des capacités de transport de l’oxygène permet
d’améliorer la VO2max.
l’Homme, semble relativement faible. Les différences de performance entre différents sujets
ne peuvent pas s’expliquer uniquement par une différence dans la distribution des types de
fibres (Mallory et al., 2002). En effet, il a été montré que lors d’un exercice sous maximal, il
n’y a aucune relation entre les paramètres de « l’économie musculaire » (∆VO2/∆puissance
mécanique) ou de « l’efficacité musculaire » (∆énergie totale consommée/∆puissance
mécanique) et le pourcentage de fibres de type I (Mallory et al., 2002).
indépendamment du phénotype contractile. D’autre part, des résultats similaires ont été
obtenus chez des sujets ayant différents niveaux d’activité physique (Zoll et al., 2002). Cette
étude a mis en évidence que la créatine kinase mitochondriale devient fonctionnellement
couplée à la production d’ATP uniquement chez les sujets sportifs qui sont capables de
soutenir une activité physique importante et prolongée. Ceci suggère que chez ces sujets les
capacités oxydatives ne dépendent pas seulement de la quantité de mitochondries, mais
également des mécanismes de contrôle de la respiration mitochondriale.
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OBJECTIFS
SCIENTIFIQUES
Les données disponibles dans la littérature montrent que la fonction mitochondriale est
régulée différemment in vitro et in vivo. In vitro, l’affinité du système respiratoire
mitochondrial pour l’ADP exogène est élevée (Km apparent 10-20 µM). In situ, le Km
apparent est de 300-400 µM et ce paramètre est contrôlé par des structures cellulaires restant
encore à déterminer.
Comme cette introduction a tenté de le montrer, il existe de nombreuses et complexes
interactions entre les mitochondries et leur environnement cytoplasmique. Cela fournit donc
des voies de recherche diverses quant à la nature des candidats possibles pour la régulation de
la fonction mitochondriale in vivo.
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Par ailleurs, l’organisation hautement précise des mitochondries au sein des ICEUs est
très vraisemblablement liée aux éléments du cytosquelette comme l’ont montré de
nombreuses études citées dans l’introduction de ce mémoire.
La quatrième partie de ce travail de thèse s’est intéressée plus précisément à la
tubuline, et au réseau microtubulaire dans les différents types de cellules musculaires striées
(cœur, muscle oxydatif et glycolytique). Ainsi une étude structurale mais également
fonctionnelle a été menée pour déterminer si la tubuline, ou les microtubules, participe(nt) à
l’organisation intracellulaire des mitochondries et à la régulation de la phosphorylation
oxydative in situ. L’utilisation d’animaux transgéniques déficients en protéine STOP, a
permis pour la première fois d’étudier cette microtubule–associated protein dans les différents
types de cellules musculaires.
Etude du rôle potentiel de la tubuline, du réseau microtubulaire et de la
protéine STOP dans l’organisation intracellulaire des mitochondries et dans
la régulation de la fonction mitochondriale dans les cellules musculaires
striées.
Enfin, la dernière partie de ces travaux a été consacrée à une recherche clinique. En
effet, nous nous sommes intéressés à l’étude des modifications de la respiration
mitochondriale de muscle squelettique chez des transplantés pulmonaires et aux effets d’un
réentraînement de ces sujets en regard d’un groupe témoin. Cette étude originale a pour but de
comprendre les mécanismes cellulaires à l’origine du dysfonctionnement musculaire
persistant après transplantation pulmonaire d’une part, et les bénéfices d’une réhabilitation à
domicile d’autre part. Cette étude s’apparente à une application de notre théorie d’ICEU dans
laquelle nous allons déterminer les caractéristiques de la fonction mitochondriale de muscle
squelettique.
Etude des modifications de la respiration mitochondriale de muscle
squelettique chez des transplantés pulmonaires avant et après réhabilitation.
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MATERIEL et METHODES
A. Description des expérimentations
1. Animaux
Les expérimentations animales ont été effectuées conformément au « Guide for the
Care and Use of Laboratory Animals » publié par le National Institute of Health (NIH
Publication No 85-23, révisé en 1985).
Rats Wistar
Des rats de souche Wistar mâles et femelles de 250-400 g ont été utilisés dans les
expériences. Ils proviennent soit de la reproduction au sein de l’animalerie soit d’une source
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commerciale. Les animaux sont gardés par cage de 5 maximum à température constante (20 ±
1°C) avec des cycles alternant 12h de jour et de nuit. Les animaux ont été nourris avec de la
nourriture standard de laboratoire.
La technique des fibres perméabilisées a été décrite pour la 1ère fois par Endo et
Kitazawa en 1978. Elle a ensuite été introduite au Laboratoire de Bioénergétique
Fondamentale & Appliquée par le Pr V.A. Saks en 1993.
Un rat femelle Wistar de 200-250 g est anesthésié au pentobarbital sodique (50mg/ml). Toutes
les étapes se déroulent à 4°C dans la solution A (de conservation). Le cœur est prélevé et
débarrassé des oreillettes et de l'aorte. Il est ensuite ouvert le long du ventricule gauche et des
fragments tissulaires sont prélevés (lambeaux de 5-7 mm de longueur et 0,3- 0,5 mm de
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large).
Les fibres obtenues sont dilacérées mécaniquement à l'aide de fines aiguilles. L'étape de
dilacération sert à l'oxygénation du tissu et permet une meilleure accessibilité au détergent de
perméabilisation.
La saponine (50 µg/ml) est utilisée pour la perméabilisation pendant 30 min, à 4°C, sous
agitation, dans la solution A. Les fibres subissent ensuite 3 lavages successifs de 10 min, à
4°C, sous agitation, dans la solution B(M) (solution de respiration). Ces lavages ont pour but
d'éliminer l'ADP présent dans le milieu après la perméabilisation.
La saponine a été choisie comme détergent car elle possède une très forte affinité de liaison
avec le cholestérol retrouvé dans la membrane du sarcolemme. La membrane externe
mitochondriale ne contenant pas de cholestérol (voire très peu), la perméabilisation est donc
sélective et ne remet pas en cause l'intégrité des mitochondries. Ce système permet ainsi
d'étudier les mitochondries au sein de la cellule avec une structure environnante intacte c'est à
dire "in situ".
3. Isolement des cardiomyocytes
Les résultats de ce travail présentent des cardiomyocytes préparés par Joëlle Demaison et
Serge Soyez (protocole décrit ci-dessus) ainsi que des cellules préparées par le Dr. José
Olivares, du LBFA, selon la technique décrite dans l’article de Kay et al (Kay et al., 1997).
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4. Isolement des mitochondries de cœur
Le culot mitochondrial final est remis en suspension pour obtenir une concentration protéique
de l'ordre de 12 mg/ml.
Ces extraits sont préparés pour faire des western blots (différentes isoformes de
tubuline et protéine STOP).
Un rat Wistar est anesthésié au pentobarbital sodique (50 mg/ml). Le cœur ainsi que le
soléaire et le vaste externe sont rapidement prélevés et immergés dans des béchers contenant
du tampon PEM. Toutes les étapes se déroulent à 4°C dans le tampon PEM. Le cœur est vidé
de son sang et débarrassé de l'aorte et des oreillettes. Les différents muscles sont ensuite
broyés manuellement à 4°C, dans un Potter en verre de 2cm3 (Potter IV) contenant un
minimum de tampon PEM. La dilution généralement utilisée est 1/20 soit 50 mg de tissu frais
dans 1 ml de tampon. Ceci aboutit à une concentration finale en protéine de 10 mg/ml. Une
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fois broyés, les muscles sont mis à bouillir dans 15 min à 100°C puis subissent très
rapidement une ultra-centrifugation de 70000 rpm pendant 30 min à 4°C. Les surnageants
sont récupérés en fin de centrifugation. Une grande partie des surnageants est stockée à -80°C.
Un échantillon de surnageant est dilué avec du bleu de coloration (NuPageTM LDS Sample
buffer (4X), Invitrogen, France), dilution ¼, pour être déposé sur gel.
Les western blots ont ensuite été réalisés au CEA, Grenoble par Annie Andrieux et
Dominique Proietto.
6. Sujets humains
Critères d'inclusion
• Pour tous les participants, compte tenu du caractère d’étude sans bénéficie individuel
direct, un examen médical sera réalisé avant l’expression du consentement des patients.
Les résultats de cet examen seront remis au médecin de leur choix. Tous doivent être
affiliés ou bénéficiaires d’un régime de la sécurité sociale. La participation éventuelle à
cette étude est volontaire, et une compensation financière peut être versée compte tenu des
contraintes et du temps passé à faire ces explorations (article L. 1124-2). Tous les
participants seront inscrits sur le fichier national des personnes qui se prêtent à des
recherches biomédicales sans bénéfice individuel direct et aurons la possibilité de vérifier
auprès du Ministère chargé de la Santé de l’exactitude des données vous concernant
présentes dans le fichier et de leur destruction au terme du délai d’un an prévu à l’article
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R. 2045 du CSP.
6.1. Témoins
Ils seront recrutés au sein des équipes investigatrices après signature d’un consentement
éclairé en veillant à un bon appariement en terme d’âge et de sexe des patients inclus. Ils sont
indemnes de pathologie cardio-respiratoire et ne reçoivent pas de thérapeutiques susceptibles
de modifier la respiration mitochondriale. Ils ont une activité physique de moins de 3 heures
programmées par semaine. Douze sujets contrôle seront inclus après lecture d’une
information spécifique aux sujets témoins et signature du consentement éclairé spécifique aux
sujets témoins.
Une biopsie à la pince est réalisée sous anesthésie locale conformément aux études
récentes (Maltais et al., 1996 ; Bussieres et al., 1997 ; Lampert et al., 1998 ; Pouw et al.,
1998). Les sujets ne doivent pas avoir fait d’efforts significatifs dans les 24 heures
précédentes. La biopsie musculaire sera réalisée dans le muscle vaste externe :
- Localisation : face antéro-externe de la cuisse, jonction 1/3 inférieur - 1/3 moyen du
segment joignant l'interligne fémoro-tibial et l'épine iliaque antéro-supérieure ;
- Rasage large et dégraissage (éther) nettoyage (alcool et Bétadine) ;
- Anesthésie locale (Xylocaïne 2%) de la peau et de l'aponévrose musculaire ;
- Incision cutanée et aponévrotique sur une longueur de 6 à 10 mm ;
- Introduction d'une pince de Weil-Blakesley de petite taille (3,5 mm de diamètre) à
une profondeur de 1 cm dans le muscle ;
- Ouverture de la pince, section et extraction du tissu ;
- Compression au poing d'une durée de 5 minutes dès l'extirpation de la pince ;
- Fermeture par bandes adhésives maintenues en place pendant 5 jours ;
La quantité moyenne de tissu obtenu par cette technique est de 100 mg. Cette biopsie est
répartie en 3 fragments sur une plaque stérile dépourvue d’ARNases :
• 20 mg pour l’analyse ultra structurale, immédiatement congelé dans l’azote liquide via
son immersion 10 secondes dans un récipient rempli d’isopentane, lui même plongé dans
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l’azote liquide. Le fragment est ensuite placé dans un tube Eppendorf pour analyse
ultérieure.
• 40 mg pour l’étude de l’expression des gènes par le micro array spécifique du muscle
squelettique. Ce fragment est préservé dans un milieu ARNase free. Une extraction
secondaire de l’ARN est faite puis cet ARN est réparti sur le micro-array.
• 40 mg pour l’analyse oxygraphique. Une fois prélevés, les fragments musculaires sont
conservés dans une solution A dite solution de conservation, contenant en particulier: ATP
+ PCr à 4°C. Les fibres sont ensuite dilacérées à l’aide de pinces chirurgicales sous une
loupe binoculaire, afin de permettre une meilleure action du détergent. Puis, elles sont
placées dans la solution A contenant de la saponine à une concentration de 50 µg/mL.
Cette étape de perméabilisation se déroule à 4°C, pendant 30 min. et sous une agitation
constante et modérée. Les fibres ainsi perméabilisées sont lavées deux fois 10 minutes
dans une solution B ou solution de respiration, sans composés phosphorylés toujours à
4°C et sous agitation. Ces lavages permettent l’élimination de la saponine, de la
phosphocréatine et des nucléotides adényliques contenus dans la solution de conservation.
Ce détergent se combine au cholestérol rendant les sarcolemmes perméables à l’ADP.
L’ajout de ce dernier au cours des expériences réalisées permet de déterminer les variables
cinétiques (Vmax = vitesse maximale de consommation d'oxygène et Km apparent pour
l'ADP) sur les tracés obtenus par l’oxygraphe. Cette technique possède de nombreux
avantages, elle est économique et simple à réaliser. En effet, elle permet de conserver le
milieu intracellulaire et donc de faire une étude de la fonction mitochondriale «in situ».
Elle évite également d’endommager les membranes des mitochondries (quasiment
dépourvues de cholestérol). On obtient ainsi une préparation de fibres composée de
mitochondries intactes. A partir des fibres perméabilisées, on réalisera les tests suivants :
test au cytochrome C dans le but d’étudier l’intégrité de la membrane externe
mitochondriale, test à la créatinine pour éliminer une lésion ischémique, une cinétique de
la respiration mitochondriale avec l’ADP. A partir de cette cinétique, on détermine la V0
ou consommation d’oxygène (nmol O2/min/mg tissu sec) sans ADP, Vmax en présence
d’ADP et le Km pour l’ADP. Enfin, en fonction des données acquises, en utilisant des
substrats et des inhibiteurs spécifiques, on pourra aisément déterminer les activités des
différents segments de la chaîne respiratoire mitochondriale.
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7.2. Evaluation des sujets
L’évaluation initiale et finale est réalisée après signature du consentement éclairé et est
faite à J0 et J90 en Hôpital de Jour du Département de Médecine Aiguë Spécialisée au 4èmeD
ou au Centre d’Investigations Cliniques (CIC, INSERM) pour les témoins et les transplantés
pulmonaires. Ces évaluations s’intègrent au programme de surveillance réglée de ces patients
évitant ainsi tout déplacement supplémentaire pour cette étude.
Ces explorations sont réalisées deux fois chez les témoins. Sont relevés les données
anthropométriques : âge, sexe, poids, taille et composition corporelle par impédancimétrie
[83]. ECG, VEMS, CV sont enregistrés. Un questionnaire de qualité de vie SF36 est
administré. Une épreuve d’effort maximale est réalisée après un échauffement de 5 minutes,
par paliers de 20 watts et de 1 minute jusqu’à la capacité maximale de chaque individu. Une
lactatémie est prélevée à la fin de l’exercice. Une épreuve d’endurance est réalisée à 80% de
la puissance maximale atteinte lors du premier test.
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Une mesure de la force du quadriceps est réalisée avant et après l’épreuve d’endurance. De
façon à rendre cette mesure peu coopérante et éviter la variabilité liée aux difficultés
d’obtention d’une contraction maximale reproductible (coopération dépendante, recrutement
variable d’agonistes et antagonistes selon les sujets apportant une contribution non
quantifiable à la force mesurée), une mesure de force maximale en réponse à une stimulation
magnétique du quadriceps sera réalisée. Cette méthode réalise une stimulation supra
maximale unique du nerf fémoral et induit une contraction brève (secousse musculaire unique,
(‘twitch’ tension) du muscle quadriceps). Cette méthode a l’intérêt de ne stimuler que les
fibres efférentes du nerf et constitue une méthode indolore (à la différence, par exemple, de la
stimulation électrique du nerf utilisée en électrophysiologie classique qui active également des
fibres sensitives). Le champ magnétique induit ne contre-indique pas l’utilisation en cas
d’implants métalliques (clous, vis, plaques) mais, en raison de sensations et stimulations
sensitivo-sensorielles modifiables, cet usage ne sera pas réalisé en cas d’implants métalliques
(prothèse de hanches). En pratique, le sujet est assis en position neutre, genou à 90°.
L’activation préalable du nerf fémoral (facilitation) est évitée en soutenant le talon du sujet en
position neutre à 90°. Cette méthode est appliquée à deux reprises au repos puis après test
d’effort en endurance selon procédures ci dessus.
B. Techniques d’étude de la fonction mitochondriale
Fig. 32. Schéma du dispositif expérimental. (A). Photo de l’ensemble de la plate forme
d’oxygraphie. (B). Schéma de la composition de l’oxygraphe. (D’après [Link]
A B
Test KCl
Effet Créatine
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Ce test a pour but de voir si le couplage entre la Créatine Kinase mitochondriale (miCK)
et l'ANT (Adénine Nucléotide Tranlocase) est intact. La miCK se trouve dans une position
qui lui permet de réguler le flux métabolique entre la mitochondrie et le cytoplasme, et de
répondre de façon adéquate à une demande d'énergie par les muscles oxydatifs. La Créatine
Kinase mitochondriale est située dans l'espace intermembranaire, accolée à la face externe de
la membrane interne de la mitochondrie. Elle fonctionne de façon couplée avec l'ANT. L'ATP
produit par la phosphorylation oxydative dans la mitochondrie va, à travers l'ANT, passer
dans l'espace intermembranaire et sera utilisé par la miCK pour le renouvellement de l'ADP
nécessaire pour stimuler la respiration mitochondriale. Cet ADP va regagner la matrice via
l'ANT. Tout changement au niveau de la morphologie de la membrane, particulièrement le
gonflement des mitochondries par augmentation de Pi pendant l'ischémie myocardique,
provoque la dissociation de la Créatine Kinase et élimine l'efficacité de la stimulation de la
respiration par la créatine. Ceci est un des meilleurs indicateurs des dommages ischémiques
du cœur.
Dans les fibres perméabilisées intactes, l'addition de créatine en présence d'ADP 0,1 mM
stimule la respiration par activation de la miCK qui régénère l'ADP localement, dans l'espace
intermembranaire à partir de créatine et d'ATP nouvellement synthétisé par la mitochondrie.
Cinétique de respiration
Le principe de ce test est de déterminer des paramètres cinétiques tels que le Km pour
l’ADP (affinité apparente pour l'ADP) et la Vmax (vitesse maximale de respiration). La
respiration est stimulée successivement par des concentrations croissantes d'ADP exogène de
0,05 mM à 2 mM.
Cela permet de calculer les constantes cinétiques.
A Mito B Fibres
ADP 4µM
ADP 0.05mM
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ADP 0.3mM
ADP 20µM
ADP 40µM ADP
0.5mM
ADP 1 mM
25 ng atome O
2 min
3. Principe de la spectrophotométrie
On utilise la spectrophotométrie pour calculer l’activité d’une enzyme de manière
indirecte en faisant appel à un système couplé. Ces systèmes offrent la possibilité de suivre
l'activité de l'enzyme suivant l'addition de divers réactifs tels que activateurs ou inhibiteurs.
Cette méthode est basée sur la propriété d’absorbance de certaines molécules à des longueurs
d’onde données.
Il existe une relation linéaire entre l’absorbance et la concentration des molécules dans
une certaine limite déterminée par la loi de Lambert-Beer :
A = ε. L. C
Avec: A = absorbance sans unité
ε = coefficient d'extinction molaire en [Link]-1, constante caractéristique pour
chaque molécule
L = longueur du trajet optique dans la cuve en cm (généralement L = 1 cm)
C = concentration de la molécule en mM
Nicotinamide
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D-Ribose
système est testé in vitro. Il s'agit de rajouter de l'ADP exogène afin de shunter la réaction de
la MgATPase et ainsi de vérifier l'état du système couplé pour oxyder le NADH.
Fig. 37. Changements de la vitesse de relargage de l’ADP des fibres cardiaques et son
flux à travers le système PK/LDH en activant ou inhibant la respiration mitochondriale.
(A). Schéma des réactions des ATPases couplées soit à la phosphorylation oxydative soit à la
rephosphorylation de l’ADP par le système extramitochondrial PEP/PK. (B). Enregistrement original
des changements du flux d’ADP à travers les système PEP/PK estimé comme la diminution de NADH
dans le milieu, avant et après différentes additions : ATP 1 mM, substrats (glutamate 10 mM et malate
5 mM) et atractyloside 98 µM. (D’après Seppet et al., 2001).
A
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Toutes les mesures ont été effectuées sur un spectrophotomètre Uvikon 941 plus (Kontron
Instruments, UK), à 340 nm, à 25°C, sous agitation, et les durées de cinétique ont été fixées à
2 minutes par mesure.
Le volume final dans les cuves est de 2 ml.
C. Techniques d’imagerie intracellulaire
La microscopie confocale
Une des limitations de la microscopie classique est la faible profondeur de champ de
l'image. La zone observée de mise au point est nette, les zones immédiatement au dessus et au
dessous sont floues et perturbent l'image observée. La parade à cela consiste à faire des
préparations très fines de l'ordre du micron en microscopie électronique, 2 à 3 µm en
microscopie optique.
La microscopie confocale est basée sur la microscopie à fluorescence (c'est donc une
technique de microscopie optique), mais la lampe à lumière blanche est remplacée par un
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laser, qui fournie une lumière parfaitement cohérente. Le laser est focalisé sur la préparation
et seule la zone de focalisation sera suffisamment excitée pour émettre de la fluorescence, le
reste de la préparation, que se soit sur les cotés ou sur un autre plan de focalisation, reste
sombre. En balayant par le laser tout le plan de focalisation, on obtient une image très nette de
ce plan focal, les zones floues n'apparaissent plus.
Entre chaque balayage, le plan focal peut être modifié pour traiter toute l'épaisseur de
la préparation. On dispose alors de la luminosité de tous les points de la préparation qui
peuvent être utilisés de plusieurs façons :
• En exploitant les coupes une à une, on peut étudier les connexions entre les
différents éléments observés sur la préparation.
• En reconstituant une image nette sur une épaisseur pouvant atteindre plusieurs
microns, les éléments longitudinaux tels que les fibres cardiaques peuvent être
suivis sur leur longueur sans interruption.
Photodétecteur
(photomultiplicateur)
Diaphragme du détecteur,
ouverture confocale
Diaphragme de la source
Lentille de l’objectif
Échantillon Foyer
Plan focal
Rayons incidents
Rayons émis
Après émission, le rayon laser (contenant seulement deux à trois fréquences) est
renvoyé sur la préparation par deux miroirs actionnés par des moteurs piézo-électriques. Ces
miroirs, en vibrant de manière parfaitement contrôlée assurent le balayage de la préparation.
La lumière laser déjà cohérente est focalisée par l'objectif, seul le pixel se trouvant au point de
focalisation sera suffisamment excité pour émettre de la lumière. La lumière émise par la
préparation repart par le même chemin, mais un miroir dichroïque l'empêche de remonter
jusqu'à la source laser et la dévie vers le système optique spécial. Celui-ci contient une série
de miroirs qui replie le rayon, puis un second miroir dichroïque sépare les différentes
fréquences du rayon émis (ce qui permet de réaliser deux marquages simultanément. Les
rayons sont captés par deux photorécepteurs qui détectent l'intensité lumineuse de l'émission.
Le résultat des photorécepteurs est envoyé à un ordinateur qui assure le traitement de l'image.
Juste avant chaque photorécepteur un trou extrêmement fin, le pinhole (trou d'aiguille en
anglais) diaphragme le rayon afin d'éliminer les rayons qui sont légèrement hors de l'axe. Ce
trou diminue la luminosité de l'image (ce que l'ordinateur peut compenser) mais en revanche,
il augmente fortement la résolution du système en éliminant la lumière des points de la
préparation situés à proximité immédiate du point focal. Le microscope confocal s'approche
de la limite théorique de résolution d'un système optique plus près que n'importe quel autre
microscope.
La microscopie biphotonique
La microscopie biphotonique décrite pour la première fois en 1990 (Denk, 1990)
repose sur un mécanisme très particulier d’interaction entre la lumière et les molécules
chromophores. Les conséquences physiques de ce mécanisme apportent des avantages
uniques en biologie par rapport à toutes les autres méthodes d’imagerie conventionnelles.
Classiquement, la fluorescence d'une molécule résulte d'un processus relativement
bien connu. Schématiquement, un photon est absorbé, portant la molécule dans son état excité
d’où elle se désexcite en rayonnant un photon fluorescent. Ce processus classique d’excitation
nécessite que le photon d’excitation ait la “bonne” couleur, ou autrement dit qu’il apporte
exactement la quantité d’énergie nécessaire à la transition, ni plus ni moins. La microscopie
biphotonique repose sur une idée très simple: au lieu d’apporter l’énergie de la transition par
un photon unique, on l’apporte par deux photons d’énergie moitié. Une fois excitée, la
molécule va alors rayonner un photon fluorescent, exactement de la même façon que si elle
avait été excitée par un photon unique. La base du mécanisme de fluorescence biphotonique
est là, qui ne se distingue de la fluorescence classique que par la façon d’exciter. Ce type
d'excitation nécessite des sources laser d'un type très particulier, produisant des impulsions
ultra brèves très intenses. Les caractéristiques du rayonnement émis par le chromophore sont
inchangées. Pour obtenir des images à l'aide d'un microscope biphotonique, il suffira de
balayer l'échantillon avec un faisceau focalisé dans le plan d'intérêt. La notion d’excitation
biphotonique, s’étend aux ordres supérieurs, en apportant par exemple l’énergie de transition
sous forme de 3 photons d’énergie 1/3, ou plus. On parle de fluorescence multiphotonique,
concept qui permet d’étendre considérablement les champs d’applications. On utilise
également la notion de microscopie de fluorescence non-linéaire, pour la raison que les
mécanismes d'excitation impliquant deux ou plusieurs photons ont une efficacité qui n'est plus
proportionnelle à l'intensité de la source d'excitation -comme les mécanismes classiques à un
photon-, mais à son carré, ou des puissances plus élevées de cette intensité. Le concept
général d'excitation non-linéaire s'applique du reste aussi à d'autres phénomènes que la
fluorescence, bien au-delà de la seule fluorescence biphotonique qui en est historiquement la
première réalisation (Denk, 1990).
Dans ce contexte très général d'excitation non-linéaire apparaît une conséquence
fondamentale du point vue pratique pour la formation d'image : l'excitation est strictement
restreinte au volume focal. Autrement dit, tout se passe comme si la lumière d'excitation se
propageait jusqu'au plan focal sans interagir avec l'échantillon. L’interprétation de cette
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localisation est liée au fait que l’excitation multiphotonique nécessite un flux très élevé qui
n’est réalisé que dans le volume focal.
Cette propriété d'excitation strictement restreinte au volume focal se traduit par plusieurs
conséquences pratiques immédiates.
Tout d'abord, les processus de photoblanchiment (photobleaching) et de phototoxicité,
souvent limitants en imagerie de fluorescence confocale ou conventionnelle seront ici limités
au minimum nécessaire. Puisque toute la fluorescence excitée provient du volume focal, elle
est utilisable en totalité pour construire l'image, à la différence de la microscopie confocale
qui excite de la fluorescence tout au long de l'axe optique, pour ne "garder" que celle qui
provient du volume focal.
Les photons d'excitation, typiquement situés dans l'infrarouge proche -700 à 1000nm-
sont moins énergétiques que les photons employés en fluorescence linéaire; les conséquences
sont que le rayonnement d'excitation -comparé aux UV par exemple- est moins destructeur, et
pénètre plus profondément dans les tissus -jusqu'à 0,5 mm environ. Enfin, de ce qui précède,
il ressort que la microscopie non-linéaire, et la fluorescence biphotonique en particulier,
permet de réaliser, dans la limite de pénétration, une biopsie optique du plan de mise au point
comme si ce plan était à la surface de l'échantillon.
L’utilisation d’une source biphotonique permet, d’une part d'atténuer le phénomène de
photobleaching et, d’autre part, assure une meilleure pénétration du signal lumineux dans
l'épaisseur de l'échantillon. Enfin, l’énergie utilisée pour l'excitation est 2 fois plus faible (2
fois 700 nm) ce qui rend le laser beaucoup moins nocif pour les préparations cellulaires et
permet d'observer leurs propriétés physiologiques plus longtemps et de manière plus stable.
Méthodologie
Les images digitales des flavoprotéines mitochondriales ont été prises par un
microscope confocal LSM 510 NLO (Zeiss) avec un objectif à immersion à eau 40x (NA 1.2).
L’immersion à eau a pour but d’empêcher des aberrations géométriques lors de l’observation
in vitro de cellules vivantes. L’autofluorescence des flavoprotéines est obtenue par excitation
avec un laser argon à 488 nm, la puissance générée par le laser a été fixée en moyenne à 8
mW. La fluorescence a été collectée par un miroir dichroïque laissant passer les longueurs
d’onde supérieures à 510 nm et un second filtre laissant passer les longueurs d’onde entre 505
et 550 nm. L’autofluorescence du NADH a été excitée par une absorption biphotonique en
utilisant un laser infra-rouge pulsé à la femto-seconde (Tsunami+MilleniaVIII,
SpectraPhysics). La fréquence de pulsation a été fixée à 100 MHz d’une durée de 100 femto-
seconde. L’infra-rouge a été réglé à 720 nm en donnant un maximum d’absorption
biphotonique à 360 nm. La puissance du laser a été fixée à 400 mW en moyenne. Les signaux
de fluorescence ont été collectés par une fente avec un maximum de réflexion du faisceau
pour 488 nm±10 nm (pour la ligne de rejet à 488 nm) et au-dessus de 700 nm (pour le rejet de
l’excitation infra-rouge). Une deuxième fente a été utilisée pour séparer le signal du NADH
de celui des flavoprotéines. Le signal des flavoprotéines passe à travers d’un filtre laissant
passer les longueurs d’onde comprises entre 500 et 550 nm suivi d’un filtre de rejet infra-
rouge avant d’être collecté à travers un pinhole. Le signal du NADH est redirigé, lui, vers un
filtre laissant passer les longueurs d’onde entre 390 et 465 nm avec un filtre additionnel infra-
rouge.
Les fibres perméabilisées offrent la possibilité d'étudier la localisation des
mitochondries dans leur contexte physiologique, permettant ainsi l'approche de la régulation
intercellulaire de l'hétérogénéité mitochondriale.
attachées par leurs extrémités afin qu’elles restent fixes sous l’objectif. Les cardiomyocytes,
en revanche, sédimentent au bout de quelques secondes. Il est ensuite possible de les suivre
tout comme les fibres perméabilisées.
La calibration du signal peut être réalisée soit sur des fibres de ventricule gauche
perméabilisées à la saponine, soit sur des cardiomyocytes isolés de rat adulte, en présence de
découplant (DNP ou FCCP) donnant l’oxydation maximale ou de cyanure permettant
d’enregistrer le minimum de signal de fluorescence des flavoprotéines.
Les marqueurs de la famille des MitoTracker sont des sondes spécifiques des
mitochondries qui restent dans les mitochondries lors de la fixation et la perméabilisation des
cellules. A l'inverse, les sondes classiques utilisées pour marquer les mitochondries
(tétraméthylrhosamine et rhodamine 123) sont séquestrées tant que demeure un potentiel
membranaire et ressortent des organites lorsque celui-ci disparaît. Cette caractéristique limite
leur usage dans certaines expériences dans lesquelles les cellules doivent être fixées avec des
fixateurs aldéhydiques ou d'autres agents qui affectent l'état énergétique des mitochondries.
Les marqueurs permanents Mitotracker contiennent un résidu chlorométhyl qui réagit avec
les groupements thiols. Une fois que le Mitotracker s'est accumulé dans la mitochondrie, il
peut réagir avec les groupements thiols accessibles des peptides et protéines pour former des
conjugués se fixant aux aldéhydes.
Le Mitotracker green FM possède l'avantage d'être non fluorescent dans les solutions
aqueuses, et de devenir fluorescent quand il s'accumule dans l'environnement lipidique des
mitochondries. De ce fait, le bruit de fond de la fluorescence est négligeable, permettant aux
chercheurs de visualiser les mitochondries dans les cellules vivantes sans lavage préalable.
Toutes les préparations ont été observées en utilisant un microscope confocal Leica
DM IRE2 (Leica Microsystems, Heidelberg, Germany) avec une lentille à objectif X63 à
immersion à eau.
Deux méthodes indépendantes ont été utilisées pour visualiser la position des
mitochondries : la visualisation du calcium matriciel par la sonde Rhod-2 AM et la
visualisation du potentiel de membrane mitochondrial par la sonde Mitotracker Red
CMXRos.
Protocole de marquage :
Les cardiomyocytes perméabilisés à la saponine sont fixés au paraformaldéhyde 2% pendant
une nuit à 4°C. Ils subissent ensuite 2 rinçages au PBS/BSA 2%.
Anticorps Iaires
Les anticorps proviennent de Santa Cruz Biotechnology, Inc. (USA) sauf la desmine et la
protéine STOP.
- Desmine : Anticorps purifié anti-lapin préparé par le Dr [Link] (INSERM unité 127,
Hôpital Lariboisière, Paris, France)
La dilution utilisée est de 1/200 dans du PBS/BSA 2%, on laisse incuber pendant une nuit à
4°C, sous agitation, ensuite on effectue 2 rinçages dans du PBS/BSA 2%.
- β-Tubuline (H-235) : sc-9104 (anticorps polyclonal de lapin) (dilutions recommandées par
le fournisseur : 1/200-1/1000)
La dilution utilisée est de 1/300 dans du PBS/BSA 2%, on laisse incuber pendant une nuit à
4°C, sous agitation, ensuite on effectue 2 rinçages dans du PBS/BSA 2%.
- STOP (23C/N) : anticorps purifié de lapin donné par le Dr. Annie Andrieux (DRDC, CEA
Grenoble, France).
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La dilution utilisée est de 1/400 dans du PBS/BSA 2%, on laisse incuber pendant une nuit à
4°C, sous agitation, ensuite on effectue 2 rinçages dans du PBS/BSA 2%.
Anticorps II aires
- TRITC : Fragment F(ab)2’ d’un IgG (issu d’âne conjugué avec la Rhodamine TRITC) anti-
lapin ou anti-chèvre (dilutions recommandées par le fournisseur : 1/50-1/200) dilution utilisée
1/50
- Red-X : IgG (issu d’âne conjugué avec la Rhodamine Red-X) anti-lapin (dilutions
recommandées par le fournisseur : 1/50-1/200) dilution utilisée 1/50
La dilution utilisée est de 1/50 dans du PBS/BSA 2%, on laisse incuber pendant 4h à
température ambiante, sous agitation.
On effectue ensuite 3 rinçages dans du PBS et 3 rinçages dans de l’eau ultrapure avant d’être
déposées entre lame et lamelle. La suspension de montage est un mélange de mowiol et de
glycérol auquel on a ajouté du 1,4-diazobicyclo-(2,2,2)-octane. Après un séchage de 3 jours
minimum à l’obscurité, les échantillons sont observés au microscope confocal.
3. Distribution quantitative et qualitative des mitochondries dans les cellules musculaires
Un logiciel, réalisé par le Dr. M. Vendelin, calcule les coordonnées des mitochondries
les unes par rapport aux autres (distribution directionnelle des distances) en considérant les
coordonnées des centres des carrés comme étant celles des mitochondries.
Pour ce faire, l’espace autour de chaque mitochondrie est divisé en 8 secteurs de 45°
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chacun et le logiciel recherche pour chacune d’elles, la mitochondrie voisine la plus proche
par rapport à son centre.
D. Modèle mathématique des restrictions de diffusion (Dr. M. Vendelin)
On a fait varier deux paramètres décrivant la diffusion de l’ADP pour ajuster au mieux
le modèle aux données expérimentales. Ces 2 paramètres sont DF : la fraction de diffusion et
PF : la fraction de perméabilité décrivant la perméabilité de la membrane externe
mitochondriale pour l’ADP.
Dans ce modèle, les vitesses de réaction de toutes les enzymes ont été réduites 4 fois
comparées aux données de précédentes publications (Vendelin et al., 2000). Pour prendre en
compte la différence de température (25°C dans cette étude au lieu de 37°C dans l’étude
précédente). L’activité ATPase, VATP des fibres perméabilisées est estimée comme non
périodique (fibres non contractées), mais stationnaire et dépendante des concentrations en
MgATP et MgADP. La concentration en Pi est inchangée dans ce travail, il reste à 3 mM. La
diffusion entre la fibre et la solution est simulée seulement en une coupe transversale. La
coupe transversale a été remplie avec des mitochondries (diamètre 1 µm) qui ont été
distribuées de manière aléatoire pour remplir un quart du volume de la fibre ceci en accord
avec les images des flavoprotéines mitochondriales en microscopie confocale. Le chemin de
diffusion d’un métabolite a été divisé en 3 parties :
- une diffusion restreinte de la solution à travers le cytoplasme et l’espace myofibrillaire
jusqu’à la proximité de chaque mitochondrie avec un cœfficient de diffusion Dapp
- une diffusion passive à travers la membrane externe mitochondriale avec un coefficient de
perméabilité PF x R
- des échanges par transporteur de l’espace intermembranaire vers la matrice mitochondriale
Les concentrations en métabolites dans des mitochondries voisines sont différentes à
cause des variations de concentrations des métabolites entourant chaque mitochondrie dans
les compartiments myofibrillaire et myoplasmique. Les concentrations des métabolites dans la
matrice mitochondriale ont été calculées à partir de leur concentration dans l’espace
intermembranaire et par la cinétique du transport des nucléotides adényliques et du Pi
(Vendelin et al., 2000). Les vitesses de respiration ont été calculées comme fonction des
concentrations des métabolites dans la matrice mitochondriale (Vendelin et al., 2000).
Puisque les concentrations sont différentes à l’intérieur de chaque mitochondrie, les vitesses
de respiration le sont aussi. En comparant avec les données expérimentales, une moyenne de
la vitesse de respiration a été utilisée.
Dans ce modèle, similaire à celui d’Aliev et Saks (1997), Vendelin et ses
collaborateurs (Vendelin et al., 2000), ont assumé que le couplage fonctionnel ANT-MtCK se
produit pour des concentrations locales en ATP et ADP élevées dans un microcompartiment
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DISCUSSION
RESULTATS et
1. Etude de l’organisation intracellulaire des mitochondries par imagerie
confocale : approche qualitative et quantitative.
Les mitochondries des cellules cardiaques sont caractérisées par une organisation
structurale très précise (Duchen et al., 1998; 1999, Appaix et al., 2003). Des études
d’ultrastructure ont montré la localisation intracellulaire des mitochondries dans les cellules
de muscles (Ogata et Yamasaki, 1997). Ces auteurs ont utilisé des muscles fixés au
glutaraldéhyde et le procédé ‘aldéhyde-osmium-DMSO-osmium’ afin d’enlever la matrice et
les myofilaments cytoplasmiques de la surface dans le but d’exposer de grands secteurs de
mitochondries et du réticulum sarcoplasmique. L’observation de ces échantillons par la
microscopie électronique à balayage à haute résolution a prouvé que, dans les fibres de
muscle oxydatif, les mitochondries sont organisées en structures ou réseaux tridimensionnels
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distribution relative des centres de mitochondries est plus complexe. Dans le soléaire et le
gastrocnémien blanc les mitochondries sont principalement organisées en paires au niveau des
bandes I, et, à cause d’une telle organisation il y a deux distances caractérisant la distribution
des mitochondries dans la direction longitudinale dans ces muscles. La distance entre les
centres des mitochondriaux dans la direction longitudinale pour la même bande I est de 0.91 ±
0.11 µm et de 0.61 ± 0.07 µm dans le soléaire et le gastrocnémien blanc, respectivement. La
deuxième distance décrivant l’arrangement mitochondrial dans la direction longitudinale – la
distance entre les centres mitochondriaux de bandes I différentes – est d’environ 3.7 µm dans
le soléaire et d’environ 3.3 µm dans le gastrocnémien blanc. Dans la direction transversale,
les mitochondries sont considérablement proches les unes des autres dans le soléaire (plus que
dans le gastrocnémien blanc) – la distance est égale à 0.75 ± 0.22 µm dans le soléaire et de
1.09 ± 0.41 µm dans le gastrocnémien. Nos résultats montrent que les mitochondries, qui sont
situées entre les myofibrilles, sont arrangées de manière hautement ordonnée à la manière
d’un cristal muscle spécifique avec de relativement petites déviations dans les distances entre
mitochondries voisines. Ceci va dans le sens du concept de nature unitaire de l’organisation
du métabolisme énergétique du muscle.
Cette observation va dans le sens de la proposition émise par Duchen en 1999
(Duchen, 1999) que les mitochondries et le RS puissent être intimement associés en une unité
fonctionnelle. Le concept d’unités énergétiques intracellulaires (ICEUs) proposé par Seppet et
Saks en 2001 décrit justement l’organisation fonctionnelle de l’énergétique des cellules en
raison de la position fixée avec précision des mitochondries (Seppet et al., 2001; Saks et al.,
2001).
Enfin, dans le cas d’une structure proche de celle d’un cristal, il est difficilement
envisageable que des phénomènes de fusion et de fission mitochondriales puissent se
produire. En effet, sous la contrainte des structures cytoplasmiques, et notamment des
protéines du cytosquelette, la position des mitochondries dans les cellules est fixée et ces
organelles ne sont pas libres de se déplacer dans les cellules. En revanche, il est probable que
ces phénomènes de fusion et de fission mitochondriales puissent être des mécanismes de
contrôle de la position des mitochondries et par conséquence de la fonction mitochondriale.
Ainsi, des rats obèses ont montré qu’une répression du gène codant pour la mitofusine 2
(Mnf2) s’accompagne d’une altération de la capacité oxydative musculaire (Bach et al.,
2003). Ces auteurs ont mis en évidence un rôle majeur de Mfn2 dans la thermogenèse et le
métabolisme énergétique mitochondrial qui, lorsqu’il est dérégulé peut être un facteur de
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noyau des cellules ne s’est formé (Saks et al., 2001). D’ailleurs, les résultats expérimentaux
montrent la même valeur élevée du Km apparent pour les cardiomyocytes fantômes où
l’activité de la MgATPase est diminuée par un facteur 5 par l’extraction sélective de la
myosine (Saks et al., 1993; Kay et al., 1997) et d’autre part, le Km apparent pour l’ADP
exogène est très bas (8-15 µM) dans les fibres de muscle squelettique à contraction rapide
avec un grand diamètre (50-80 µm) pour une pCa de 7 (Kuznetsov et al., 1996; Burelle et
Hochachka., 2002). Ces résultats prouvent clairement que le Km apparent pour l’ADP
exogène est indépendant de la distance de diffusion de l’ADP dans la phase aqueuse, et est lié
aux structures et aux processus intracellulaires (Seppet et al., 2004).
L’hétérogénéité de la diffusion de l’ADP et la régulation de la respiration ont été
étudiées dans des cardiomyocytes perméabilisés et des fibres cardiaques in situ et in silico.
L’arrangement régulier des mitochondries dans les cellules a été altéré par un court traitement
protéolytique à la trypsine et visualisé par microscopie confocale. Le système pyruvate kinase
(PK) – phosphoénolpyruvate (PEP) a été utilisé pour piéger l’ADP généré par les réactions
des Ca,MgATPases. L’inhibition de la respiration par le système PEP-PK a augmenté de 2-3
fois après la désorganisation de des mitochondries dans les cellules. L’ADP produit
localement par la réaction de la créatine kinase n’était pas accessible au système PEP-PK dans
les fibres perméabilisées intactes, mais une partie a été libérée après protéolyse ménagée à
cause d’une plus grande perméabilité de la membrane mitochondriale externe. Dans les études
in silico, nous montrons par le modèle mathématique que les résultats peuvent être expliqués
par la diffusion hétérogène de l’ADP à cause des restrictions de diffusion au niveau de la
MME et de son voisinage, qui sont changées après traitement à la trypsine. Les restrictions
localisées et la diffusion hétérogène de l’ADP démontrent l’importance des complexes
fonctionnels des mitochondries avec le réticulum sarcoplasmique et les structures
myofibrillaires et de la créatine kinase dans la régulation de la phosphorylation oxydative.
Le traitement à la trypsine ne change pas les paramètres de respiration des
mitochondries isolées, mais entraîne une diminution de 5 fois du Km apparent pour l’ADP
dans les fibres perméabilisées. L’organisation des cellules est perdue par protéolyse sélective
de certaines protéines du cytosquelette et le Km apparent pour l’ADP diminue. Pour diminuer
significativement le Km apparent pour l’ADP exogène, il faut soit créer un choc
hyposmotique qui rompt la MME soit réaliser un traitement protéolytique (Saks et al. 2003).
Pour analyser les problèmes de restriction de diffusion dans certaines régions à
l’intérieur de la cellule, en premier lieu le coefficient de diffusion pour les métabolites dans
les fibres contrôles (Dapp) a été choisi comme égal à la valeur dans la phase cytosolique des
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cellules (D0, DF=1), alors que la perméabilité de la membrane externe mitochondriale pour
l’ADP (exprimée comme PF) a été pris comme variable, selon notre hypothèse initiale (Saks
et al., 1995). La comparaison de ces résultats avec les données expérimentales de la
dépendance de la respiration pour l’ADP exogène a montré selon ces conditions,
l’augmentation de la perméabilité de la membrane externe pour l’ADP augmente l’affinité du
système pour l’ADP, comme cela était attendu, approchant les valeurs expérimentales des
mitochondries isolées in vitro. La valeur DF=1 n’explique pas l’effet de la trypsine sur
l’inhibition compétitive du système PEP/PK, il doit donc exister d’autres restrictions
supplémentaires de la diffusion de l’ADP en dehors de la membrane externe mitochondriale,
par exemple entre les différentes unités fonctionnelles. On cherche alors les valeurs optimales
de DF et PF simultanément pour un meilleur ajustement. Les valeurs optimales de DF sont
situées entre 0.02 et 1 et PF entre 0.02 et 0.08. Ceci signifie que le coefficient moyen apparent
de diffusion pour l’ADP peut être diminué de un ou deux ordres de magnitude quelque part
entre les complexes fonctionnels (ICEUs) et le milieu, et la perméabilité de la membrane
externe mitochondriale pour l’ADP peut aussi diminuée en comparaison avec celle des
mitochondries isolées.
L’efficacité du système PEP/PK en compétition avec les mitochondries pour l’ADP
endogène dépend de la vitesse de diffusion de l’ADP endogène dans les fibres entre les
Ca,MgATPases et les mitochondries, et entre les Ca,MgATPases et la solution. Pour les fibres
non traitées, un bon ajustement entre les valeurs calculées et expérimentales donne des
valeurs de DF inférieures à 0.06, le meilleur ajustement étant pour DF= 0.02. Quand le
coefficient de diffusion pour l’ADP était celui de la phase cytosolique (DF=1), l’effet calculé
du système PK était très important et les courbes théoriques très éloignées des points
expérimentaux pour des fibres intactes. Après traitement à la trypsine, lorsque la structure du
muscle est désorganisée, en présence de PK un bon ajustement a été trouvé pour DF=2 : la
courbe théorique se trouvant dans les barres d’erreurs expérimentales. Quelques restrictions
de diffusion pourraient toutefois être encore présentes, cependant les moyennes des valeurs
expérimentales sont un peu au-dessus pour des activités de PK inférieures à la courbe
théorique.
Une information importante sur la distribution des restrictions de diffusion dans les
cellules cardiaques perméabilisées peut être obtenue à partir de la stimulation de la respiration
par 20 mM de Cr en présence du système PEP/PK. Dans tous les cas, l’effet stimulant de la
créatine sur la respiration en présence du puissant système piège d’ADP PEP/PK est
reproductible par le modèle et le degré de stimulation dépend remarquablement des valeurs de
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PF pour la membrane externe mitochondriale. Pour les fibres intactes, la vitesse de respiration
en présence de créatine calculée a toujours été dans la gamme d’erreurs expérimentales avec
une légère diminution de la VO2 lorsque DF augmente.
L’influence de DF et PF sur la vitesse de respiration stimulée par la créatine a été
également analysée quantitativement. Les vitesses simulées excèdent toujours les vitesses
initiales et la diminution de DF conduit à une augmentation de PF et vice versa. Après
traitement à la trypsine, lorsque DF=2, le seul paramètre important est PF, de bons
ajustements avec les valeurs expérimentales ont été observés pour PF supérieur à 5. Ceci
signifie que le traitement à la trypsine résulte dans une augmentation significative de la
perméabilité de la membrane externe mitochondriale.
Enfin, la dépendance de la VO2 pour la concentration en ADP exogène a été simulée
après le traitement protéolytique des fibres. Les valeurs observées couramment pour le Km
apparent autour de 300-500 µm correspondent à DF=0.06 et à la valeur correspondante de
PF=0.03. Quand la structure de la cellule est désorganisée par la trypsine et que DF=2,
l’augmentation de PF aboutit à une diminution rapide du Km apparent pour l’ADP exogène.
Dans ce cas, les valeurs expérimentales du Km apparent pour l’ADP exogène se situent entre
40 et 70 µM correspondant à des valeurs de PF >0.5-1.
On peut diminuer les valeurs de PF dans les cellules perméabilisées in situ jusqu’à
deux ordres de magnitude, et celui de DF d’un ordre de magnitude en comparaison avec des
mitochondries in vitro.
Les résultats ont montré que les données expérimentales de cette étude et des
précédentes peuvent être expliquées par l’hétérogénéité de la diffusion des métabolites
phosphorylés découverte par Kinsey et de Graaf (Kinsey et al., 1999; de Graaf et al., 2000).
Le dépendance expérimentale de la VO2 pour l’ADP exogène (et l’ATP), le Km apparent pour
ces substrats, les altérations de l’affinité apparente pour l’ADP exogène par la trypsine et les
changements et la canalisation métabolique de l’ADP par ce traitement protéolytique; tout
ceci pourrait être expliqué par des variations de la constante apparente de diffusion Dapp, et de
la perméabilité de la MME, et donc par des altérations de la diffusion hétérogène de la
diffusion intracellulaire de l’ADP (et de l’ATP).
En conclusion, le modèle mathématique modifié du transfert d’énergie
compartimentalisé a été adapté dans ce travail pour étudier la diffusion de l’ADP exogène et
endogène dans les fibres cardiaques avant et après désorganisation de la structure des ICEUs.
Une analyse quantitative des données expérimentales par le modèle mathématique du transfert
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d’énergie compartimentalisé a montré que la diffusion de l’ADP dans les cellules est
hétérogène et que le coefficient de diffusion peut être diminué localement de plus d’un ordre
de magnitude. Ceci se produit en plus de la restriction de la perméabilité de la MME pour
l’ADP dans la cellule in vivo. L’analyse quantitative de ces données par le modèle du transfert
d’énergie compartimentalisé a confirmé que la perméabilité de la MME est restreinte dans les
cellules in situ et augmentée après traitement protéolytique. Dans ces systèmes,
structurellement et fonctionnellement organisés, le rôle central de la régulation de la
respiration mitochondriale appartient aux réseaux de CK et d’AK (Dzeja et al., 1998; Saks et
al., 1998a). Ce phénomène est clairement tissu-spécifique, il ne dépend pas de la taille des
cellules et ne peut pas être expliqué trivialement par l’existence de longues distances de
diffusion dans les fibres (Kay et al., 1997 ; Seppet et al., 2004).
La modélisation des effets de la Cr sur la respiration stimulée par l’ADP endogène en
présence du système piége PEP-PK supporte à la fois la conclusion d’un rôle central de la
MiCK dans ma régulation de la respiration et l’importance des changements de la
perméabilité de la membrane externe pour les nucléotides adényliques après traitement
protéolytique des fibres à la trypsine.
mais sont plutôt localisées dans certains compartiments des cellules cardiaques (Vendelin et
al., 2004a).
Une question se pose alors : quelles sont les conséquences de ce phénomène
d’hétérogénéité de la diffusion de l’ADP (et de l’ATP) sur le plan du métabolisme
énergétique musculaire ?
Nous avons déjà constaté que cela pouvait expliquer la valeur élevée du Km apparent
pour l’ADP exogène mais qu’en est-il du rôle majeur du couplage fonctionnel ANT-MiCK
dans la régulation de la phosphorylation oxydative ?
Les théories de contrôle métabolique décrivent le contrôle des flux énergétiques
quantitativement par les coefficients de contrôle de flux. L’un des théorèmes fondamental de
ces théories postule que, dans le cas d’un système homogène, la somme des coefficients de
contrôle est de un (Westerhoff et Van Dam., 1987). Kholodenko et ses collègues ont
développé plus profondément cette théorie, montrant dans le système de canalisation
métabolique, que la somme des coefficients de contrôle des flux dépasse significativement un
(Kholodenko et al., 1993a, b, c ; Kholodenko et al., 1995) et que de tels systèmes sont
contrôlés de manière plus efficace que de simples systèmes métaboliques homogènes. Dans
les systèmes complètement couplés, la somme des coefficients de contrôle des flux pourrait
avoir une valeur supérieure à 8 (Saks et al., 1996) très différents des coefficients de flux des
systèmes homogènes.
(Starling et Visscher., 1927). Ces résultats ont été par la suite reproduits par Neely (Neely et
al., 1967) et Williamson (Williamson et al., 1976) sur des cœurs travaillant isolés de rat. Il a
été montré sur ce modèle que l’augmentation du taux de remplissage du ventricule gauche
peut augmenter fortement le taux de consommation l’oxygène sans changements cruciaux des
niveaux d’ATP et de PCr (Williamson et al., 1976). Ceci décrit le phénomène de stabilité
métabolique, second principe fondamental de l’énergétique cardiaque après la loi de Frank-
Starling. La théorie de l’équilibre de la réaction de la CK n’explique pas ces observations car
dans ce cas, la stabilité métabolique représente des niveaux stables et relativement élevés
d’ADP cytoplasmiques en comparaison avec l’affinité de l’ANT pour ce substrat, ce qui
pourrait donc déjà activer la respiration au repos. Ces théories prédisent qu’au repos il y a une
faible concentration en calcium libre dans le cytoplasme et qu’une augmentation du travail
devrait augmenter la concentration de Ca2+, après l’entrée de ces ions dans la mitochondrie,
activant la respiration par l’intermédiaire de deshydrogènases mitochondriales du cycle de
Krebs sensibles au Ca2+. Ainsi, si ce mécanisme de régulation est le principal, la concentration
de calcium autour des mitochondries devrait augmenter linéairement avec l’augmentation du
travail. L’utilisation des sondes de calcium n’a montré aucun changement dans les
mouvements transitoires calciques cytoplasmiques dans ces conditions (Kentish et Wrzosek.,
1998; Shimizu et al, 2002). De plus, il a été montré par le groupe de Balaban (Territo et al.,
2001) qu’à une concentration de 600 nM de calcium, la vitesse de respiration était maximale
et que l’état 4 était augmenté d’un facteur de 2. Sachant que la concentration de calcium
cytoplasmique peut s’étendre jusqu’à 1-3 µM, aucun effet du calcium sur la respiration ne
peut être espéré dans ces conditions puisque le système de respiration mitochondrial est déjà
saturé à 600 nM de calcium libre. Par ailleurs, l’inhibition du relargage de calcium du RS a
diminué les mouvements transitoires calciques et la force contractile, mais n’a pas changé le
rapport force-longueur (Kentish et Wrzosek., 1998). En effet, l’activation adrénergique du
cycle du calcium discutée par Balaban décale seulement la courbe de Frank-Starling vers le
haut (inotropie positive), mais ne change pas le phénomène décrit basé sur le rapport force-
longueur des sarcomères. Starling et Visscher avait déjà compris ce phénomène en 1927 en
écrivant que « l’adrénaline augmente la consommation d’oxygène à une longueur donnée de
fibre, sans cependant, altérer la correspondance générale entre les changements dans le
volume diastolique et la consommation d’oxygène » (Starling et Visscher., 1927).
L’augmentation du volume du ventricule gauche augmente la consommation en ATP et la
production d’ADP puis de la Cr (Ventura-Clapier et al., 1994) dans les myofibrilles et
augmente ainsi simplement la signalisation métabolique par rétroaction.
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fonctionnel ANT-MiCK pour la stabilité métabolique du cœur a été récemment vérifiée par
Spindler (Spindler et al., 2002) dans une étude sur cœurs transgéniques isolés perfusés. Ces
cœurs étaient déficients en isoforme sarcomérique de la créatine kinase mitochondriale
(sMiCK) : dans ces cœurs, la rapport PCr/ATP était considérablement diminué.
Toutes les données actuelles de la littérature sont en faveur de la théorie d’un
mécanisme de rétroaction métabolique de la régulation de la respiration mitochondriale in
vivo. Le mécanisme central est le couplage fonctionnel de différentes enzymes et
transporteurs, augmentant le turnover des nucléotides adényliques en amplifiant donc le signal
métabolique venant du cytoplasme. Le couplage fonctionnel ANT-MiCK explique le
phénomène le plus important de la physiologie cardiaque et du métabolisme énergétique : la
dépendance linéaire de la consommation d’oxygène en fonction du travail régulée par le
mécanisme de Frank-Starling en conditions de stabilité métabolique.
dans le cœur et les muscles squelettiques sont d’un grand intérêt de cette étude. Nos
précédentes études (Kuznetsov, 1996; Voloshchuk, 1998) ont démontré une faible affinité de
la respiration mitochondriale pour l’ADP exogène dans les muscles oxydatifs (myocarde,
soléaire) versus muscles glycolytiques (extensor digitorum longus, EDL, vastus lateralis,
VE). Une protéolyse sélective entraîne l’augmentation de l’affinité des mitochondries pour
l’ADP dans les muscles oxydatifs mais n’a aucun effet sur les muscles glycolytiques
(Kuznetsov, 1996; Voloshchuk, 1998). Après traitement à la colchicine (10 µM, 2h, 4°C), le
réseau de MT est détruit mais la tubuline est toujours présente dans les cellules cardiaques. De
plus, en oxygraphie, on voit apparaître deux populations de mitochondries dont l’une d’elles
seulement voit son affinité apparente pour l’ADP augmenter significativement. L’hypothèse
selon laquelle les deux muscles oxydatifs, myocarde et soléaire, expriment probablement des
protéines capables d’exercer un contrôle intracellulaire sur la respiration mitochondriale
tandis que les muscles glycolytiques n’ont pas ces protéines, a été émise. Pour définir la
nature de ces protéines, nous avons isolé les gènes qui sont communs entre les deux types de
muscles oxydatifs mais non exprimés dans le muscle glycolytique (VE). Pour évaluer les
différences entre muscles au niveau de l’expression des gènes, nous avons isolé les pools
totaux d’ARN de tissus de rat d’intérêt de muscle lent oxydatif : le cœur (C) et le soléaire (S)
ainsi que le extensor digitorum longus (EDL). Ensuite, les pools totaux d’ARN ont été
retranscrits en double hélice d’ADN. La technique d’électrophorèse a été utilisée pour
l’analyse de l’ADN. Nous avons démontré que dans la souris adulte, le gène de la β-tubuline
M-beta-4 est spécifique du type de fibre. Donc, nous avons étudié le rôle possible des
microtubules dans la régulation de la respiration mitochondriale dans les muscles cardiaque et
squelettiques par oxygraphie et microscopie confocale. Dans une deuxième étape,
l’implication de la protéine STOP, associée aux microtubules, dans l’énergétique cellulaire
des muscles a également été étudiée.
Nos résultats d’imagerie confocale montrent que la β-tubuline, à 4°C, est présente
dans les cellules cardiaques sous forme polymérisée de réseau microtubulaire dense ce qui est
conforme aux résultats d’Appaix et al (Appaix et al., 2003). Les MT semblent entourer les
mitochondries et les deux marquages ne se superposent qu’en quelques endroits seulement.
Dans le soléaire, la β-tubuline est présente sous une organisation différente : elle forme des
stries dans le sens transversal de la cellule et son marquage se superpose à celui des
mitochondries. Enfin dans l’EDL, on ne retrouve que très peu de cette protéine et
essentiellement au niveau subsarcolemmal. Le marquage de la protéine STOP, à 4°C, montre
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qu’elle est attachée aux MT dans le cœur, ainsi que dans le soléaire alors que sa présence n’a
pu être détectée dans le muscle rapide, EDL.
Dans les souris déficientes en protéine STOP, STOP (-/-), la tubuline est toujours
présente dans les cellules cardiaques mais sous forme dépolymérisée, son marquage est
complètement diffus. Cette observation est la même qu’après un traitement à la colchicine qui
détruit le réseau de MT dans les cellules cardiaques. Dans le soléaire, le marquage est
également plus dispersé. Enfin, dans l’EDL, le marquage est extrêmement faible. Dans le
gastrocnémien blanc, nous avons observé un marquage complètement différent de la tubuline
dans deux fibres voisines. Ceci reflète donc la spécificité de la distribution de cette protéine
dans les cellules musculaires.
Ainsi, nous avons montré que l’organisation de la tubuline dépend du type de fibre
musculaire.
La tubuline libre (non polymérisée) est soluble dans le cytoplasme et, étant donné que
nous travaillons sur cellules perméabilisées, la présence de cette protéine nous indique qu’elle
est attachée à des structures intracellulaires qu’il reste à identifier.
Par ailleurs, les résultats de l’étude fonctionnelle ont montré que le traitement à la
colchicine induit l’apparition d’une population de mitochondries sensibles à ce traitement.
Ces données expérimentales semblent cohérentes avec l’existence d’une population de MT
résistante à la colchicine. La colchicine est un agent connu pour induire une myopathie chez
l’Homme (De Deyn et al., 1995; Choi et al., 1999, Wilbur et Makowsky., 2004). Cette
myopathie s’accompagne d’une élévation des niveaux de CK ainsi que d’une désorganisation
des myofibrilles dans les muscles et de la présence de vacuoles subsarcolemmales de taille
variable contenant des lysosomes (De Deyn et al., 1995; Choi et al., 1999). Ces observations
semblent indiquer que les MT jouent un rôle majeur dans l’énergétique cellulaire des muscles
squelettiques en participant à l’organisation structurale des ICEUs.
tubuline acétylée et tyrosinée et en β-tubuline 3 mais qu’elle ne contient que très peu de β-
tubuline 4 en comparaison de la tubuline cellulaire. Ces résultats vont également dans le sens
que l’isotype de β-tubuline 4 est majoritairement cytoplasmique ce qui rejoint les données de
notre étude concernant sa tissu spécificité. La tubuline mitochondriale est probablement
organisée en hétérodimères α/β qui représentent environ 2% de la tubuline cellulaire. Enfin,
des expériences d’immunoprécipitation ont montré que la tubuline mitochondriale est
spécifiquement associée avec le VDAC mitochondrial (Carré et al., 2002). On peut à partir de
ces données, émettre l’hypothèse qu’il existe un signal transmembranaire qui serait en mesure
de modifier la perméabilité de VDAC donc de réguler la respiration mitochondriale selon
l’interaction cytoplasmique de la β-tubuline 4, tissu spécifique, avec des MAP et les
mitochondries.
Il reste encore énormément de recherches à effectuer pour répondre à toutes ces
interrogations passionnantes. Les interactions entre MAP2, la tubuline (ou les microtubules)
et VDAC restent à préciser. Le rôle physiologique de STOP est à ce jour inconnu car nos
études ont été réalisées à 4°C et nous n’avons aucune idée du rôle de cette protéine à 37°C.
Par ailleurs, il y a également beaucoup à découvrir de l’énergétique dans le cerveau.
Les souris STOP se sont révélées être un modèle animal proche de la schizophrénie humaine.
Or, en 1991, Klushnik et ses collaborateurs ont montré que les tissus de cerveau de patients
schizophrènes contenaient 5-10 fois moins de BB-CK et 1.5-3 moins de MiCK comparés à
des contrôles. Ces altérations intracellulaires des isoformes de CK pourraient refléter des
modifications de la synthèse et de l’utilisation de la phosphocréatine. Plus récemment, il a été
montré que chez des patients souffrant de schizophrénie, contrairement à d’autres maladies
neurodégénératives, une activité réduite de certaines enzymes clés mitochondriales, par
exemple le complexe de la pyruvate deshydrogènase, n’est pas fréquente mais que chez
certains patients on pouvait trouver des anomalies des mitochondries du cerveau (Bubber et
al., 2004). Plusieurs aspects soulignent le fait que le dysfonctionnement des mitochondries
pourrait être impliqué dans la schizophrénie. Parmi eux, un métabolisme énergétique cérébral
altéré, une hypoplasie mitochondriale, un dysfonctionnement de la phosphorylation oxydative
et une expression altérée des gènes relatifs aux mitochondries. De plus, l’interaction entre la
dopamine, un facteur étiologique prédominant dans la schizophrénie, et la respiration
mitochondriale est considéré comme un mécanisme possible soulignant les cycles d’hypo- et
hyper-activités de la schizophrénie (Ben-Shachar, 2002). Le dysfonctionnement des
mitochondries entraîne des altérations dans la synthèse de l’ATP et les concentrations de
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l’effort par la restauration d’un débit cardiaque et d’une fonction respiratoire normale, la
capacité d’effort maximale de ces patients reste très limitée, en pratique au 2/3 d’un sujet
sédentaire du même âge. Parmi les problèmes non résolus comme le manque d’organes et le
développement progressif de dysfonctions chroniques, la limitation de la consommation
maximale d’oxygène (VO2max) a été constatée depuis le début des années 90 sans explication
définitive. Ainsi, il apparaît que les pathologies chroniques comme les BPCO et les
cardiopathies conduisent à une baisse durable de la capacité d’effort, persistant pour une large
part après transplantation thoracique. Cette limitation est liée à l’installation d’une myopathie
progressive qui persiste après transplantation thoracique. Cette myopathie reconnaît de
nombreuses causes potentielles : sédentarité, effets de l’hypoxie, de l’hypercapnie, de
l’acidose, de l’inflammation systémique, effets de la cachexie respiratoire et cardiaque, des
médications (béta-bloquants, calcium bloqueurs, corticoïdes, cyclosporine). Depuis, on a
montré que les transplantés pulmonaires possèdent des réponses cardiaques et ventilatoires
normales à l’exercice (Levy et al., 1993). Beaucoup d’auteurs pensent qu’une dysfonction des
muscles squelettiques de ces patients pourrait expliquer leur limite d’exercice. Le
métabolisme énergétique serait donc impliqué dans la genèse des altérations de la capacité à
l’exercice.
A ce jour, les mécanismes cellulaires mis en jeu dans la limitation de la consommation de
l’oxygène restent inconnus bien que la masse musculaire et le % de fibres de type I jouent un
rôle important (Richardson et al., 2004).
Pour cette étude, nos hypothèses de travail étaient :
1. Malgré une diminution de la masse des muscles squelettiques et du % de fibres de type I
partiellement due à l’état avancé de la maladie respiratoire, les altérations de l’organisation
intracellulaire de la production d’énergie c’est à dire la respiration mitochondriale et le
transfert via la navette créatine-phosphocréatine sont impliquées dans les limitations de la
performance des muscles squelettiques.
2. La réhabilitation à domicile est capable d’améliorer ces anomalies.
Les mécanismes responsables de la limitation de la capacité à l’exercice des
transplantés pulmonaires et les bénéfices de l’entraînement physique ont été étudiés. Les
paramètres de la respiration mitochondriale, les transferts énergétiques et la structure
cellulaire ont été étudiés dans des biopsies de vaste externe en utilisant la technique des fibres
perméabilisées et des mesures histocytochimiques et morphométriques. Douze contrôles non
sédentaires et douze transplantés pulmonaires ont suivi une réhabilitation de trois mois à
domicile. Avant l’entraînement, de fortes corrélations entre la capacité à l’exercice (VO2max
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Comme nous venons de le voir, la théorie des ICEUs peut ainsi expliquer des
phénomènes cliniques. Ainsi l’étude de la respiration mitochondriale in situ dans des fibres
perméabilisées de muscle squelettique permet un diagnostic efficace du métabolisme
énergétique intracellulaire sur de petits échantillons de tissus humains.
PERSPECTIVES
CONCLUSION et
La principale thématique de ce travail est la régulation de la phosphorylation
oxydative in vivo dans les cellules musculaires cardiaques et squelettiques. En étudiant les
interactions entre les mitochondries et le cytoplasme, nous avons voulu montrer l’importance
de l’organisation intracellulaire des mitochondries sous forme d’ICEUs (unités énergétiques
intracellulaires) au sein desquelles mitochondries, cytosquelette, RS et myofibrilles
interagissent pour former des couplages fonctionnels primordiaux dans la régulation de la
fonction mitochondriale. Pour cette étude à la fois structurale et fonctionnelle des
mitochondries, nous avons fait appel à différentes techniques telles que l’oxygraphie, la
spectrophotométrie et pour une majeure partie aux techniques d’imagerie confocale mais
également à la modélisation mathématique (avec le Dr Vendelin).
hautement ordonné, tissu-spécifique, est proche de celui d’un cristal. Les mitochondries sont
organisées de manière très précise au niveau de la bande A des sarcomères. Dans les muscles
squelettiques, oxydatifs et glycolytiques, les mitochondries sont, quant à elles, organisées en
paires situées au niveau des bandes I. Les distances entre mitochondries voisines sont très
fortement conservées dans chacun des muscles étudiés. Cette conclusion va dans le sens de la
nature unitaire de l’organisation du métabolisme énergétique du muscle où les phénomènes de
fission et de fusion sont minimes.
3. Dans les cellules des muscles oxydatifs, l’arrangement régulier intracellulaire des
mitochondries au sein des ICEUs s’accompagne donc de propriétés fonctionnelles
caractéristiques. Notre travail a montré que l’expression et l’organisation intracellulaire de la
β-tubuline ainsi que celles de la protéine STOP sont tissu-spécifiques (présentes dans les
muscles oxydatifs). Nous avons mis en évidence que la présence ou non de tubuline est reliée
à la valeur élevée du Km apparent pour l’ADP dans les cellules musculaires et que ce n’est
donc pas la forme polymérisée, en MT, qui est importante pour la régulation de la fonction
mitochondriale dans les cellules musculaires (travaux sur souris STOP K/O). Notre
conclusion est que la tubuline participe indirectement à ces mécanismes de régulation, qui
font certainement intervenir d’autres MAP.
5. Enfin, nous avons étudié les modifications de la respiration mitochondriale dans des
muscles squelettiques de transplantés pulmonaires avant et après un programme de
réhabilitation. Nos résultats montrent que le traitement par les anti-calcineurines n’affecte pas
les propriétés intrinsèques de la chaîne respiratoire mitochondriale chez les TP. Après
réhabilitation, l’affinité apparente des mitochondries pour l’ADP exogène augmente d’un
facteur 2 à la fois chez les TP et les contrôles ne s’accompagnant d’aucun changement de
typologie ni de morphométrie des fibres musculaires, mais d’une amélioration de la VO2max,
et d’autres paramètres physiologiques intégrés. Nous n’avons pu établir de corrélations
évidentes entre les paramètres bioénergétiques et physiologiques intégrés. Nous en concluons
que nos observations, au niveau intracellulaire, sont intimement liées à l’organisation en
ICEUs et que les modifications de ces complexes fonctionnels peuvent être des événements
précoces ne pouvant être détectés au niveau tissulaire ou de l’organisme. Ainsi, notre théorie
d’organisation structurale et fonctionnelle des mitochondries au sein des cellules musculaires
permet d’établir un diagnostic très sensible du métabolisme énergétique pour de petits
échantillons de tissus humains.
Donc, dans ce travail nous avons pu montrer différents aspects de la régulation de la
phosphorylation oxydative dans les cellules de cœur et de muscles squelettiques in situ
notamment en étudiant la position intracellulaire des mitochondries et les différences de
cinétique de régulation de la respiration par l’ADP exogène et endogène. Mais surtout nous
avons conforté notre hypothèse de l’importance des ICEUs où des mitochondries sont
intégrées avec le RS et les myofibrilles et reliés par des couplages fonctionnels.
Tout d’abord concernant l’étude des ICEUS, les protéines qui sont responsables de
cette architecture très précise devront être identifiées. Pour ceci, l’étude du cytosquelette
devra être poursuivie soit par l’étude de MAP (MAP-2 par exemple), soit par l’étude d’autres
candidats potentiels. Des travaux d’Appaix et al., avaient montré que la plectine, un cytolinker
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