EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
REMERCIEMENTS
L'expert de cette évaluation de la contamination par l’amiante, tient à
remercier les nombreuses personnes rencontrées, les responsables du
Laboratoire du Bâtiment et de l’Equipement, les fonctionnaires du
gouvernement de Djibouti et les parties prenantes dans le projet, notamment
les responsables des services de l’Hôpital Bouffard, les ingénieurs et
techniciens du laboratoire indiqué et du Bureau d’Etudes SAFI, pour leur
soutien accompagnement sur les lieux, et les informations fournies lors de la
mission d'évaluation. Les remerciements s’étendent également à toutes les
personnes pour leur temps, commentaires et contributions qui ont été
essentiels pour ce rapport. Enfin mais pas des moindres, l’évaluateur tient à
exprimer une profonde gratitude pour le soutien précieux fourni pour Madame
la Directrice Générale du Laboratoire Central du Bâtiment et de l’Equipement
et ses recommandations pour la réussite de la présente mission.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
À PROPOS DE L’ÉVALUATION
Type d’évaluation : Caractérisation de l’Amiante et Evaluation de la
Contamination.
Description succincte : Ce rapport de mission et de visite sur les lieux,
repose sur l’identification des produits d’amiante dans chaque bâtiment de
l’hôpital Bouffard, que celui-ci soit actuellement en service, ou non-occupé,
mais aussi sur le site local de démolition récente de quelques locaux vétustes.
Il offre l’occasion d’échantillonner méthodiquement les produits visés, leur
emplacement et leurs fonctions dans la conception des bâtiments en termes
de génie civil. L’objectif majeur et de caractériser la nature de l’amiante par les
moyens analytiques nécessaires (microscopie photonique, électronique,
rayons X, analyses chimiques) dont les résultats seront restitués en détail
dans un rapport technique supplémentaire comportant les propositions et les
recommandations recherchées pour remédier à la contamination et réhabiliter
les lieux pour un usage sécuritaire et durable. Les capacités locales et les
orientations futures des différentes activités à conduire dans le cadre d’un
projet de décontamination de cet hôpital public seront aussi abordées, avec
une mention particulière à la gestion du risque sanitaire, voyant le caractère
nocif de l’amiante qui est classée par l’OMS en tête des dix premiers produits
les plus dangereux à l’échelle mondiale. A l’avenir, le renforcement des
capacités djiboutiennes à l’échelle locale et nationale devra être examiné,
visant ainsi à améliorer les dispositions institutionnelles et réglementaires et
l’amélioration des capacités en termes de gestion de l’amiante et de ses
déchets dangereux, la sensibilisation du public, et l’éducation.
Deux objectifs principaux sont recherchés dans le présent rapport: (i) fournir
les preuves de l’existence de l’amiante dans les bâtiments visités, leur état de
conservation, leur quantitatif et leurs fonctions dans la conception des locaux ;
(ii) échantillonner autant que nécessaire l’amiante sur place et dans les
déchets de démolition de bâtiments vétustes en vue d’analyses détaillées ; et
(3) remettre cet héritage de l’usage de l’amiante dans son contexte historique
national et international voyant les dispositions réglementaires prises pour
bannir l’usage de l’amiante, et faire part des perspectives futures dans ce
domaine pour prévenir les risques sanitaires potentiels.
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Mots clés : Hôpital Bouffard, amiante, identification, usage, caractérisation,
évaluation, risque sanitaire, Djibouti.
IDENTIFICATION DU PROJET, RESPONSABILITES ET
INTERVENANTS
LCBE ID : Laboratoire central du bâtiment et de l’équipement
LCBE-SPA-ID Consultation n° 49/2021
LCBE cycle Génie Civil-Bâtiments-Equipements
LCBE Aire focale Amiante dans les Bâtiments ; Hôpital Bouffard
LCBE Département
Diagnostic et expertise des déchets dangereux dans les
Titre du Projet
bâtiments et les équipements de l’Hôpital Bouffard Djibouti
LCBE Manager du
Madame Rahima AHMED MOUSSA
Projet
Pays Djibouti
Bureau d’Etudes SAFI
Résidence Centre Bebel 2éme Etage, Appt N°3 Bloc F,
Adresse et Montplaisir
Tel : (216) 71 906 309 – Fax : (216) 71 906 675
coordonnées E-mail :
[email protected] Consultant SAFI Saïd Tlig
Email
[email protected]SAFI Page III
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Table de Matières
1. INTRODUCTION.............................................................................................................1
2. OBJECTIFS ET PORTÉE DE L'ÉVALUATION DE SITUATION...........................3
2.1 DÉFINITION MINÉRALOGIQUE ET GISEMENT...........................................................4
2.2 VUE D’ENSEMBLE DU PROJET.........................................................................................6
2.2.1 Production mondiale........................................................................................................... 6
2.2.2 Produits de substitution de l’amiante..................................................................................7
2.2.3 Epidémiologie et conséquences de l’exposition à l’amiante...............................................9
2.2.4 Eradication de l’amiante.................................................................................................... 11
2.2.5 Systèmes d’indemnisation des patients en Europe et aux Etats Unis...............................12
3. AMIANTE EN DJIBOUTI.............................................................................................14
4. ETUDE DES EXPÉRIENCES ÉTRANGÈRES EN MATIÈRE DE RÉSOLUTION
DE LA PROBLÉMATIQUE DE L’AMIANTE...................................................................15
4.1 EVALUATION DES RISQUES ET MESURES D’EXPOSITION À L’AMIANTE........15
4.1.1 Diagnostic des pathologies liées à l’amiante....................................................................15
4.1.2 Mesure des expositions à l’amiante..................................................................................16
4.1.3 Risques courants, habituellement identifiés à l’étranger...................................................17
4.2 MESURES RÉGLEMENTAIRES PRISES DANS LES PAYS ÉTRANGERS.................19
4.2.1 Exposition des travailleurs à l’amiante..............................................................................19
4.2.2 Réglementations et dérogations pour l’utilisation de l’amiante.........................................20
4.2.3 Mesures réglementaires concernant les déchets d’amiante en France............................21
4.3 ETUDE DU RISQUE SANITAIRE : SUIVI-ÉVALUATION............................................21
5. IDENTIFICATION, CARACTÉRISATION ET ÉTENDUE DE L’AMIANTE À
L’HÔPITAL BOUFFARD À DJIBOUTI.............................................................................23
5.1 PRÉSENTATION DE L’HÔPITAL BOUFFARD..............................................................23
5.2 VISITE DES LIEUX, RECHERCHE, IDENTIFICATION ET ÉCHANTILLONNAGE
DES PRODUITS AMIANTES..........................................................................................................26
5.2.1 Résidus des bâtiments démolis........................................................................................ 26
5.2.2 Service d’urgence............................................................................................................. 28
5.2.3 Service ORL-Ophtalmologie-Dentisterie et locaux voisins................................................28
5.2.4 Bloc opératoire vacant...................................................................................................... 29
5.2.5 Bloc de Restauration......................................................................................................... 31
5.2.6 Locaux médicotechniques de la partie Sud de l’hôpital....................................................33
5.2.7 Bâtiment du service de maintenance................................................................................34
6. SYNTHESE ET RECOMMANDATIONS...................................................................36
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Liste des tableaux
Tableau 1: Production Mondiale et Consommation d’amiante souple (chrysotile) pour l’année 1999..............5
Tableau 2: Production totale d’amiante de 1900 à 2003, pourcentages et principaux pays producteurs..........7
Tableau 3: Produits de substitution de l’amiante selon ses usages, utilisés dans le domaine industriels..........8
Tableau 4: Morts estimées en 1999, dues au cancer de poumon et mésothéliomes, en prenant la Finlande et
le Royaume Uni comme références........................................................................................................................11
Tableau 5: Quantité de fibres par millilitre autorisée sur huit heures de travail...............................................21
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ABREVIATIONS
AEP : Eau d’Assainissement et Eau Potable
BE : Bureau d’études
Institut Fédéral Allemand d’Evaluation du Risque
BfR:
(Bundesinstitut für Risikobewertung)
BTP : Bâtiment-travaux Publics
CEE : Communauté Economique Européenne
CIAMIT : Société Ciment Amiante Tunisie
EIE : Etude d’Impact sur l’Environnement
El Mawassir : Société El Mawassir pour la Transformation de l’Amiante
FAD : Forces Armées Djiboutiennes
FFDj : Forces Françaises stationnées à Djibouti
ICPE : Industries Classées pour l’Environnement
LCBE : Laboratoire Central du Bâtiment et de l’Equipement
LIT : Convention Internationale sur les Travailleurs de l’Amiante
MET : Microscope Electronique à Transmission
Ministère de l’Habitat, de l'Urbanisme, de l'Environnement et de
MHUEAT :
l’Aménagement du Territoire
MOCP : Microscope Ordinaire à Contraste de Phase
MOLP : Microscope Ordinaire à Lumière Polarisée
Mt : Million de Tonnes
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
PGES : Programme de Gestion Environnemental et Social
PVC : Chlorure de Polyvinyle
SAFI : Société Africaine d’Ingéniérie
SICOAC : Société Industrielle des Conduites et Accessoires, Tunisie
USA: United States of America
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RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Les amiantes, leurs déchets et leurs propriétés
L’amiante (asbeste) est un nom commercial qui désigne une variété de
minéraux silicatés argileux (amiante chrysotile, amiante serpentine), ou de
pyroxènes habituels des roches ultrabasiques et acides syénites et granites
alcalins (groupe des amphiboles : crocidolite ou amiante bleu, amosite ou
amiante brune, amiante anthophyllite, amiante trémolite, et amiante actinolite).
La chrysotile et la serpentine sont qualifiées d’amiantes souples, par rapport
aux cinq dernières variétés qui sont plutôt des amiantes dures et donc très
dangereuses.
Ce sont tous des minéraux calorifuges, très résistants à la tractation, qui se
vitrifient à très haute température sans bruler (propriétés ignifuges), pouvant
former des fibres et se prêter à la filature (chrysotile notamment). La variété
d'amiante la chrysotile (amiante blanche) qui est en fait une serpentine (même
formule chimique) et qui représente pratiquement la moitié de l'amiante utilisé
depuis la fin des années 1800.
L’amiante est utilisé dans le bâtiment, dans les utilitaires d’air conditionné et
chauffage, pour la protection contre l’incendie, dans les appareillages
ménagers (fours, machines frigorifiques, etc.), dans les accessoires de
voitures (patins de frein, disque d’embrayage), dans les bateaux, dans
certains procédé chimique (industrie du chlore, de la soude et de l’hydrogène),
etc. C’est donc un produit qui a cohabité avec l’homme depuis plus d’un
siècle.
Historique des maladies liées à l’amiante et leur reconnaissance comme
maladies professionnelles
Durant la seconde grande guerre, la consommation mondiale en asbeste
n’était que de 50.000 tonnes par an environ. Cette consommation a
cependant augmenté d’une manière fulgurante pour attendre un pic de 4 793
451 tonnes en 1977, lorsque des symptômes de maladies sérieuses liées à
ces produits ont commencé à envahir le Monde.
En réalité, les maladies provoquées par l’amiante ont été identifiées très tôt
(1920) au cours du 20ème siècle, chez les ouvriers travaillant l’amiante ; mais
ce n‘est qu’au début des années 1960s, grâce à des études de cas sur des
ouvriers en Afrique du Sud, que le lien direct entre amiante et mésothéliomes,
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a clairement été prouvé. Ce n’est pourtant que deux décennies plus tard que
ce lien entre amiante et maladies mortelles a été reconnu en France, en
Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas, etc. A cette époque, les pays grands
producteurs d’amiante avaient affiché une nette opposition avant de
reconnaitre leur responsabilité quant aux méfaits de l’amiante et les maladies
y associées.
Toutes les amiantes produisent des microparticules fines (≈ 5µm) très
toxiques qui dans l’air, ont un comportement anti-Stockes et de ce fait, elles
persistent en agitation dans l’ambiance ce qui rend facile leur inhalation. Ces
microfibrilles d’amiante s’incrustent dans les alvéoles des poumons et peuvent
pénétrer jusqu’à la plèvre pour provoquer d’abord une pneumonie et ensuite
un mésothéliome. La maladie peut apparaitre rapidement chez les personnes
contaminées, mais peuvent aussi perdurer sur une longue période (une à
deux décennies).
Décision mondiale de l’éradication de l’amiante
Ce n’est qu’à partir des années 1990 que la plupart des états avancés se sont
rendus compte de la nécessité de reconnaitre l’amiante comme un indicateur
d’intérêt sanitaire, et que les maladies liées à l’amiante doivent être reconnues
en tant que maladies professionnelles. A partir de 1997, la plupart des pays
ont décidé d’éradiquer l’amiante, sauf pour certaines dérogations d’usages
spécifiques (ex : utilisation de l’amiante dans les procédés Chlor-Alkali de
synthèse du chlore, de la soude et l’hydrogène à partir du sel de table). Déjà
en 1996, la consommation mondiale a chuté de plus de moitié (2100.000
tonnes), et les premières études ont été lancées pour la recherche de produits
de substitution de l’amiante. Les anciens producteurs d’amiante se sont
rapidement convertis dans le développement, la production et la
commercialisation de produits nouveaux de substitution.
Le mal est mondial
L’amiante aujourd’hui classé par l’OMS en tête des dix premiers produits les
plus dangereux (dont le mercure, le plomb, le cadmium, les hydrocarbures
aliphatiques et polycycliques, etc.). Il n’a épargné aucun pays, et à ce titre la
République de Djibouti ne fait nullement exception. De plus, devant ce mal,
chaque pays s’arrange pour se donner les moyens pour éradiquer le mal
constant de l’amiante.
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Par exemple de la Tunisie, un pays voisin de la République de Djibouti, avait
possédé depuis les années 1970, trois usines de transformation de l’amiante :
(i) CIAMIT à Bizerte, définitivement fermée en 2002 ; (ii) SICOAC au Jebel
Jeloud près de Tunis convertie à la transformation du PVC en 1998, et (iii) El
Mawassir à Bir Mcherga à 40 km au Sud de Tunis, convertie au PVC en 2013.
La République de Djibouti dispose de son Code de l’Environnement (Loi
n°51/AN/09/6ème L portant Code de l’Environnement) et a interdit l’importation,
la transformation, la commercialisation et l’usage de l’amiante (Loi
n°95/AN/2ème L portant interdiction d’importer sur le territoire national des
déchets ou résidus industriels toxiques, radioactifs ou polluants ; Décret n°99-
0202/PR/MTPUL portant interdiction de l'amiante en République de Djibouti ;
Décret n°2003-0212/PR/MHUEAT portant réglementation du transport des
produits dangereux). Ceci constitue un début très précieux pour l’éradication
du mal lié à l’amiante.
L’amiante au Centre Médicochirurgical de Bouffard, une situation héritée
La création et la mise en service de cet hôpital à la fin des années 1970,
coïncide avec le pic de consommation mondiale de l’amiante. Il faut donc
s’attendre à ce que ce produit soit utilisé dans la conception des bâtiments et
dans moult produits de consommation, d’aménagement du territoire
(canalisations d’assainissement ou de distribution d’eau), d’armement de
bateaux, etc. Ceci est d’autant possible que les conditions climatiques sont
sévères (sècheresse, canicules, période chaude bien marquée durant une
longue période de l’année). De plus, c’est la démolition de deux bâtiments
vétustes de l’établissement hospitalier indiqué qui n’a été rétrocédé à la
République de Djibouti qu’en 2016, qui a récemment déclenché l’alerte contre
les dangers de l’amiante, et de ce fait la décision très sage des autorités, a été
immédiate pour clarifier le problème et ordonner la remédiation nécessaire.
C’est l’objectif de la présente mission.
Notre exploration sur site, à l’emplacement des deux bâtiments vétustes
démolis et dans tous les bâtiments de cet hôpital, at été concluante. Un
amiante dur, fibreux et non stabilisé a été utilisé quasi-systématiquement
comme isolant calorifuge des toitures sur plaques de faux-plafonds, mais
aussi comme écran ignifuge voyant la quantité des câblages d’électricité
notamment, disposée librement au-dessus de l’écran de toit amianté. Dans
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DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
l’un des locaux médicotechniques, le même type d’amiante a été utilisé pour
le revêtement mural isolant.
Dans l’emprise des deux bâtiments démolis, les sols sont aujourd’hui
contaminés, et les déchets en partie laissés sur place et ceux éliminés en
décharge, sont certainement très contaminés par l’amiante.
Recommandations
Sans vouloir être alertant, le risque de contamination de tous les bâtiments
d’accueil de l’hôpital et ses structures médicotechniques libres ou occupés,
est fort à très fort, et le consultant recommande l’intervention urgente, la plus
rapide et la plus économique pour remédier à la situation. Tout doit faire appel
aux meilleures techniques disponibles pour neutraliser l’amiante sur place, et
pour récupérer tous les bâtiments pour un usage sain, en écartant toute
tentative de démolition, car dans ce cas la déperdition du produit dangereux
peut être fatale pour l’hôpital, mais aussi pour les habitations et
administrations alentours.
Il ne s’agit ici que d’un rapport préliminaire de mission qui demande une
analyse approfondie des échantillons d’amiante prélevés dans tous les
bâtiments. Comptant sur sa propre expérience, le consultant penche à une
variété unique d’amiante fibreux qui a été utilisé dans ces lieux (crocidolite).
Le constat, les conclusions, les recommandations et les orientations futures
des activités de remédiation à pourvoir pour assainir le centre
médicochirurgical de Bouffard suivront sur la base d’analyses approfondies
(microscopie photonique, électronique à balayage et à transmission, analyses
chimiques, et diffraction des rayons X notamment). Un rapport complet et
complémentaire sera donc produit proposant le programme le plus adéquat et
le plus rationnel pour assainir définitivement ces lieux d’accueil du public pour
des soins de santé.
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DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Tableau 1: INTRODUCTION
Le projet «Caractérisation de l’Amiante et Evaluation de la Contamination
dans les Bâtiments de l’Hôpital Bouffard à Djibouti », est mis en œuvre
conjointement par le Laboratoire Central du Bâtiment et de l’Equipement, le
Ministère de l’Equipement et des Transports, et le Ministère de la Santé. Il a
été conçu pour traiter les défis potentiels, induits par l’usage de l’amiante dans
différents bâtiments de l’Hôpital public Bouffard, et pour pallier les risques de
contamination par ce produit dangereux. En effet, suite à la démolition de
quelques bâtiments vétustes de cet hôpital, un bruit courut quant à la
présence de ce type de produit et donc de ses méfaits potentiels. L’alerte au
danger de l’amiante a été déclenchée au plus haut niveau de l’autorité. Dès
lors, le laboratoire indiqué a été chargé de caractériser l’amiante, son usage
potentiel dans la conception des structures des bâtiments existants, d’évaluer
la situation en termes de contamination et d’orienter les efforts et projets futurs
de désamiantage des lieux. Cette action est nécessaire, et s’impose
notamment pour se conformer aux dispositions des textes réglementaires
nationaux ayant déjà banni l’échange, l’importation et l’usage de toutes les
catégories et formes d’amiantes depuis l’année 1999.
C’est dans ce cadre que le Bureau d’Etudes SAFI a été sollicité de dépêcher
d’urgence un expert international spécialisé, géochimiste-minéralogiste-
environnementaliste de métier, venant de Tunisie, qui a été chargé des quatre
aspects (identification, caractérisation, évaluation du risque sanitaire et
technologie de la dépollution) dans le domaine. Arrivant sur place le dimanche
07 février 2021, l’expert a immédiatement entamé sa mission de contact avec
les parties prenantes du projet et le diagnostic de situation sur les lieux. Les
travaux sur site se sont étendus du 08 au 14 février 2021 sous la
responsabilité conjointe du Laboratoire Central du Bâtiment et de
l’Equipement, de ce Bureau d‘Etudes, et de l’Administration de l’Hôpital public
Bouffard, notamment son Service de Maintenance.
Les responsables du projet ont immédiatement mis à disposition de l’expert le
personnel technique d’accompagnement nécessaire notamment les
ingénieurs du BE SAFI, les personnels les mieux qualifiés du LCBE et du
service de Maintenance de l’Hôpital, pour qu’il puisse conduire dans les règles
de l’art, les tâches qui lui sont demandées, et dans les conditions les plus
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
sécuritaires. La situation durant cette pandémie du Covid-19, parfaitement
maîtrisée par l’armée blanche de l’hôpital, ne fût qu’un nuage passager, et n’a
nullement entravé la conduite de la mission de reconnaissance,
d’échantillonnage et de caractérisation préliminaire de l’amiante et de son
étendue.
Les paragraphes suivants détaillent dans un premier temps, le contexte relatif
à la nature des amiantes, l’historique de leur usage à l’échelle mondiale,
l’expérience des pays développés pour combattre, prévenir les dangers
potentiels de ces produits, et agir pour les neutraliser et définitivement les
éradiquer, que ce soit par les meilleures techniques disponibles de
décontamination ou par la prise de décision en termes institutionnels,
réglementaires et techniques pour la stabilisation, la dépose de l’amiante et
produits amiantés, mais aussi la gestion de ce type de produits et déchets
reconnus extrêmement dangereux.
Dans un second temps, un diagnostic de l’état des lieux sera établi et illustré
sur la base de l’observation, de l’identification visuelle, de l’échantillonnage,
de la fonctionnalité des produits d’amiante dans la conception de tous les
bâtiments de l’hôpital visité, depuis les premiers construits jusqu’à ceux les
plus récents, mais aussi en observant les résidus de déchets laissés sur place
suite à la démolition de bâtiments vétustes d’extension spatiale quelque peu
réduite.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Tableau 2: OBJECTIFS ET PORTÉE DE L'ÉVALUATION
DE SITUATION
Les principaux objectifs fixés pour cette mission peuvent être résumés comme
suit :
Analyser le contexte national et international de la lutte contre l’amiante,
notamment par référence à l’expérience de pays développés ;
Fournir les preuves matérielles de l’existence de l’amiante dans les
bâtiments de l’hôpital et un premier quantitatif des produits dangereux
utilisés ;
Etat de conservation des bâtiments qui peuvent être non-occupés, de
gestion des déchets de démolition et résidus laissés sur place ;
Echantillonnage systématique des produits d’amiante en vue d’analyses à
l’aide techniques modernes (microscopie électronique, rayons X, analyses
chimiques de reconnaissance de la nature minéralogique des espèces
d’amiantes : amiantes dures, amiantes souples) ;
Evaluation première dans un rapport séparé, du risque sanitaire lié à
l’amiante dans cet hôpital et les perspectives futures des opérations de
désamiantage et de réhabilitation des bâtiments ;
Renforcement des capacités nationales en matière de reconnaissance des
amiantes, de lutte contre leur danger, et des opérations d’intervention pour
la décontamination des lieux dans les conditions les plus sécuritaires ;
Donner les recommandations de base pour les activités d’éducation et de
sensibilisation du public contre les dangers de l’amiante.
Le présent rapport esquisse l’essentiel de ces objectifs sur la base de
l’observation et de la reconnaissance de l’amiante sur les lieux. Les résultats
d’analyse approfondie des échantillons d’amiante prélevés et les leçons à en
tirer feront l’objet d’un rapport ultérieur, complément de la présente mission.
Quatre thématiques principales sont abordées dans le présent rapport :
Revue bibliographique et documentaire de l’amiante, sa nature
minéralogique et ses propriétés, l’historique de son usage depuis les
années 1960, et les dangers y afférents ;
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Expérience des pays développés en matière de lutte contre les dangers
de l’amiante, et recommandations pour bannir l’utilisation de ces produits ;
Identification et caractérisation de l’étendue de la contamination par
l’amiante des locaux de l’hôpital Bouffard ;
Recommandations des techniques de remédiation faisables, les plus
convenables permettant la mise en sécurité des lieux et leur
assainissement définitif et durable.
La sensibilisation du public contre les dangers liés à l’amiante, doivent s’en
suivre.
2.1 DÉFINITION MINÉRALOGIQUE ET GISEMENT
Le terme ‘’amiante’’ n’est pas une définition minéralogique ; c’est un nom
générique donné à une variété fibreuse de six minéraux naturels qui ont été
utilisés dans une multitude de produits commerciaux. Il s’agit une
dénomination commerciale pour ces produits qui possèdent une résistance
élevée à la traction, un fort pouvoir calorifuge, une forte flexibilité, une
résistance particulière à la dégradation chimique et thermique, une résistance
électrique élevée, et pour certains, une capacité potentielle à être tissés.
Ces minéraux appartiennent à deux groupes de silicates naturels provenant
de l’altération de roches magmatiques ultrabasiques dont les serpentinites :
minéraux des serpentines (phyllosilicates) et des amphiboles (inosilicates). La
variété d'amiante serpentine dominante est la chrysotile (amiante blanche) qui
représente la plupart de l'amiante utilisé depuis la fin des années 1800. Il
s’agit d’un phyllosilicate (de phullos en grec =feuille ; formule demi-maille :
Si2Mg3O5(OH)4). La serpentine voisine du kaolin et inoffensive, est aussi
utilisée à cette fin.
Les variétés commerciales d'amiante amphibole sont les suivantes :
crocidolite (amiante riebeckite ; ou amiante bleu), amosite (amiante
cummingtonite-grunerite ; amiante brune), l'amiante anthophyllite, l'amiante
trémolite, et l'amiante actinolite. Ces derniers types de produits sont très
toxiques, et ont été extraits au cours de la longue histoire de plus d’un siècle,
de production et d’utilisation de l'amiante. Le tableau suivant donne un
quantitatif de la production mondiale et sur la consommation de la chrysotile
(amiante souple) pour l’année 1999.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Tableau 3: Production Mondiale et Consommation d’amiante souple
(chrysotile) pour l’année 1999
Production Mondiale (tonne) en % Consommation Mondiale en tonne en %
Russie 683 000 36,80 Pays de l'Est et Océanie 770 000 41,60
Canada 345 000 18,60 Russie et Kazakhstan 470 000 25,40
Chine 250 000 13,50 Moyen Orient, Inde 212 000 11,50
Brésil 200 000 10,80 Amérique Latine 205 000 11,10
Zimbabwe 137 000 7,40 Afrique 72 000 3,90
Kazakhstan 105 000 5,70 Europe 60 000 3,20
Grèce 50 000 2,70 Amérique du Nord 60 000 3,20
Inde 25 000 1,30 Total 1 849 000 99,9
Swaziland 20 000 1,10
Afrique du Sud 18 000 1,00
Colombie 8 000 0,40
Etats Unis 7 000 0,40
Autres Pays 10 000 0,50
Total 1 858 000 100
(Source : The Asbestos
Institute).
La riebeckite fait partie du groupe des amphiboles clinopyroxènes (de pyros
en grec = feu) de caractère sodique et de système cristallin monoclinique.
L’ensemble de ce groupe des inosilicates (inos en grec = chaine, ruban, ou
tresse), c'est-à-dire que les tétraèdres silice-oxygène qui forment leur
structure sont disposés en rubans, doubles dans le cas présent. La formule
chimique globale peut s'écrire : [Si4O11(OH)2]Na+2 (Fe32+,Fe23+). Cependant,
toutes les compositions chimiques intermédiaires possibles existent,
notamment le glaucophane, dans lequel le fer est remplacé par le magnésium.
La formule précédente ne représente donc que le pôle extrême, riche en fer et
en sodium. Les cristaux microscopiques sont opaques, de couleur bleu-noir à
noir et d'éclat vitreux, et de forme prismatique commune aux amphiboles.
La crocidolite est une variété d’amiante fibreuse de couleur de biréfringence
bleu lavande. La curiosité est aussi que ‘’l'œil de tigre’’ qui est une pierre
semi-précieuse, brun-jaune chatoyant, est formée de crocidolite altérée,
enrobée dans du quartz.
La riebeckite (crocidolite : amiante dure, très utilisée) est l'amphibole classique
des granites alcalins et des syénites, qui s’associe parfois avec l'ægyrine
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(NaFe3+Si2O6), pyroxène alcalin sodique. La crocidolite se trouve aussi dans
les schistes cristallins, mais assez rarement dans des roches volcaniques
altérées.
3.1 VUE D’ENSEMBLE DU PROJET
3.1.1 PRODUCTION MONDIALE
5000000
4500000
4000000
Production mondialte en tonnes
3500000
3000000
2500000
2000000
1500000
1000000
500000
0
1900 1907 1914 1921 1928 1935 1942 1949 1956 1963 1970 1977 1984 1991 1998
Figure 1 : Production mondiale de l’amiante de 1900 à 2003
La production et la consommation mondiale de l’amiante a commencé au tout
début du 20ème siècle avec l’industrialisation. Les quantités produites et
pratiquement toutes consommées à une échelle mondiale, ont nettement
augmenté et de manière exponentielle à partir des années 1930, pour
atteindre un maximum (4 793 551 tonnes) en 1977. Depuis, les quantités
produites et destinées à l’usage industriel et dans d’autres secteurs, ont
commencé à chuter rapidement jusqu’en 1994 (2 250 000 tonnes), pour se
stabiliser aux alentours de près de deux (2) millions de tonnes entre 1994 et
2000.
A la même période, une prise de conscience mondiale s’est généralisée en ce
qui concerne le drame déjà constaté et connu depuis 1920, des maladies
provoquées par l’amiante. Aussi, les prises de décisions pour bannir l’usage
de l’amiante et la recherche de produits substituts de ce matériau, ont évolué
très rapidement notamment durant la première décennie du 21 ème siècle, avec
une volonté absolue de l’éradication pratiquement totale de l’amiante de tout
usage et de commercialisation sur le marché mondial.
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La production mondiale d’amiante est dominée par deux grands pôles : la
Russie et le Kazakhstan (38,9%) à l’Est, et le Canada (33,81%) à l’Ouest.
D’autres pays comme l’Afrique du Sud (5,49%), le Zimbabwe (5,06%), le
Brésil (2,87%), la Chine (4,79%), l’Italie (2,13%) etc., en ont produit des
quantités considérables.
Tableau 4: Production totale d’amiante de 1900 à 2003,
pourcentages et principaux pays producteurs
Pays producteurs Production 1900-2003 Pourcentage
Australie 750 582 0,41
Brésil 5 186 162 2,87
Canada 61 165 286 33,81
Chine 8 659 684 4,79
Grèce 880 516 0,49
Italie 3 861 573 2,13
Russie et Kazakhstan 70 373 401 38,9
Afrique du Sud 9 939 807 5,49
Swaziland 1 797 914 0,99
USA 3 288 343 1,82
Zimbabwe 9 152 235 5,06
Autres Pays 5 866 983 3,24
TOTAL 180 922 466 100
Autres Pays Australie
Zimbabwe 3%
5% 0%
Brésil
USA 3%
2%
Swaziland
1%
Canada
34%
Afrique du Sud
5%
Chine
Kazakhstan et Russie 5%
39%
Italie Grèce
2% 0%
Figure 2 : Principaux pays producteurs d’amiante et pourcentages relatifs de
production
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4.1.1 PRODUITS DE SUBSTITUTION DE L’AMIANTE
Des recherches et adaptations ont déjà été faites sur la substitution de
l’amiante, danger véritable, par des produits pratiquement inoffensifs pour
l’environnement et pour la santé. Ces produits ne se limitent pas à des
matériaux qui remplacent l’amiante (exemple : PVC et cellulose utilisés pour
fabriquer des ciments fibreux pour toitures ou pour tuyauteries diverses). Il
existe aussi un ensemble d’autres produits qui peuvent remplacer l’amiante
pour ses différents usages classiques. Les mêmes pays auparavant
producteurs et exportateurs d’amiante redeviennent aujourd’hui exportateurs
de ces matériaux de substitution de l’amiante et de leurs produits.
Tableau 5: Produits de substitution de l’amiante selon
ses usages, utilisés dans le domaine industriels
Produit à base d’amiante Produit de substitution
Ciment fibreux utilisé pour toitures à base fibres
synthétiques (alcool polyvinyle, polypropylène) et fibres
végétales/cellulose (pâte kraft de résineux, bambou,
coco, tiges de tabac, etc.), avec en option des fumées
de silice, des cendres volantes,…
Tuiles en micro-ciment ;
Tôles galvanisées ;
Briques en argile ;
Amiante-ciment pour tôles ondulées Fibres végétales dans l'asphalte ;
Tuiles métalliques revêtues ;
Tuiles en aluminium ;
Feuilles de toiture en PVC extrudé ;
Polyéthylène recyclé polypropylène haute densité et
pierres concassées ;
Aluminium recouvert de plastique ;
Acier galvanisé et plastifié.
Ciment fibreux à base de fibres de cellulose à partir de
légumes / fibres de cellulose (voir ci-dessus), de
papier, de fibres synthétiques
Panneaux de plafond en gypse
Plafonds, corniches et cloisons en polystyrène, Murs
de façade à structure en polystyrène avec enduit de
Plaques en amiante-ciment (plafonds, plâtre
façades, cloisons) Revêtement en aluminium
Brique
Revêtement par des planches
Charpente galvanisée avec plaque de plâtre ou de
silicate de calcium
Charpente en bois tendre à revêtement de plaques de
plâtre ou en silicate de calcium.
Conduites en amiante-ciment Haute pression :
Fonte et tuyaux en fonte ductile
Tuyaux en polyéthylène haute densité
Tuyaux en chlorure de polyvinyle
tuyaux en béton renforcé par l’acier (grandes tailles)
Tuyau en polyester renforcé de verre
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Produit à base d’amiante Produit de substitution
Basse pression :
Conduite en-ciment de cellulose
Tuyaux ciment à fibres de cellulose ou PVC
Conduites en argiles
Tuyau en polyester renforcé par des fibres de verre
Tuyaux en béton renforcés par de l’acier (grand
diamètre, drainage)
Ciment à fibres de cellulose
Polyéthylène
Réservoirs de stockage d’eau amiante- Fibres de verre
ciment Métal
Fer galvanisé
Ciment à fibres de cellulose et PVC
5.1.1 EPIDÉMIOLOGIE ET CONSÉQUENCES DE L’EXPOSITION À L’AMIANTE
L'utilisation de l'amiante est l'une des questions les plus controversées
entourant l'industrie de ces minéraux. Son caractère cancérigène prouvé, un
manque général de connaissance des niveaux d'exposition minimale de
sécurité, son utilisation généralisée depuis plus de 100 ans, et la longue
période de latence pour le développement du cancer du poumon et de
mésothéliome, sont les principaux facteurs contribuant à ces controverses. Un
autre facteur est que, malgré des décennies de recherches, les mécanismes
responsables de ses propriétés cancérogènes sont encore largement mal
connus.
Les États-Unis ont produit environ 3,29 millions de tonnes (Mt) d’amiante et
utilisé environ 31,5 Mt entre 1900 et 2003. En 2002, la dernière mine
d'amiante aux Etats-Unis a fermé, marquant la fin de plus de 110 ans de
production d'amiante aux Etats Unis. La production mondiale cumulée de
1900 à 2003 était d'environ 181 Mt. Si l'on suppose que la consommation
mondiale est à peu près égale à la quantité produite, environ la moitié de la
production mondiale consommée avait eu lieu entre la fin de 1976 et la fin de
2003. Ceci correspond à peu près au pic du risque manifeste, et à la période
d’une prise de conscience générale pour bannir l’usage de ce produit.
L’amiante est un produit naturel abondant, fibreux, constitué de minéraux
flexibles, réfractaires et résistant à la corrosion. Le produit a été fortement
exploité et commercialisé pour des applications diverses (industries, BTP,
calorifugeages, isolation,…). Comme avancé, il s’agit d’un groupe de
minéraux relevant des silicates naturels dont les représentants les plus
communs et les plus abondants sont la crocidolite (amiante bleue), l’amosite
(amiante brune) et la chrysotile (amiante blanche). Pour son aspect fibreux
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très développé et l’aisance de sa filature, ce dernier représente au moins 90%
des quantités d’amiante utilisée de par le Monde.
Il semble que les dangers de l’amiante ont été reconnus tôt, suite à des morts
suspectes d’ouvriers travaillant dans le domaine de l’exploitation et de l’usage
du produit. Au 20ème siècle, les morts provoquées ont été reconnues dès les
années 1920s, mais ce n’est cependant qu’au début des années 1960s, grâce
à des études de cas sur des ouvriers en Afrique du Sud, que le lien direct
entre amiante et mésothéliomes, a clairement été prouvé. Aux années 1980s
en France (Université Pierre et Marie Curie à Jussieu), en Allemagne, aux
Pays Bas, etc., ce type de maladie mortelle est définitivement reconnu comme
signature de l’exposition à l’amiante.
Malgré les réticences de pays producteurs d’amiante (Amériques, Afrique du
Sud, Russie, …) défendant l’inoffensivité de ce produit et donc son usage et
échanges, l’Allemagne, l’Italie, le Danemark, la Finlande, le Norvège et la
Suède sont les premiers à forcer le pas pour bannir totalement l’exploitation
minière de l’amiante, sa production, sa commercialisation, son usage, et son
import/export. Les études et les législations de par le Monde ont rapidement
évolué au cours des années 1980-2000. Ainsi, l’Union Européenne dans sa
totalité a définitivement banni la commercialisation et l’usage de tous produits
à base d’amiante au 1er Janvier 2005. Après des décennies d’usages divers
non contrôlés, les enquêtes et statistiques ont permis de reconnaître jusqu’à
250 000 morts dues à l’exposition à l’amiante dans la période de 1960 à 2000.
Une étude sur les cas de mésothéliomes males, a permis de recenser les
morts dans plusieurs pays d’Europe durant cette période.
Les estimations au Royaume Uni sur les morts dues aux mésothéliomes
provoqués par l’amiante sont venues renforcer cette tendance et les décisions
y afférentes. Les Services de Sécurité et d’Hygiène ont estimé un pic
dominant de mésothéliomes pour l’année 2010, beaucoup plus tôt que le pic
qui avait été estimé auparavant pour l’année 2020.
Aux Etats Unis, on estime l’apparition d’environ 2000 cas de mésothéliomes
males par an et 2000 à 3000 d’autres cas types de tumeurs associées à
l’amiante qui ont été rapportés dans les journaux traitant d’épidémiologie.
Néanmoins, l’utilisation de l’amiante demeure toujours légale aux USA, malgré
un contrôle renforcé et relativement strict.
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L’utilisation de l’amiante demeure aussi courante dans plusieurs pays sous-
développés, en cours de développement ou même émergents, pour des
raisons surtout d’usage dans le domaine industriel. La tendance a été même à
l’évolution de ces pays comme un dépotoir de l’amiante et de ses déchets,
surtout dans les pays ou ce type d’usage n’est pas contrôlé ou interdit. Aussi
malheureusement, il n’existe dans ces pays que peu d’études
épidémiologiques sur les maladies provoquées par l’amiante.
Tableau 6: Morts estimées en 1999, dues au cancer de poumon et
mésothéliomes, en prenant la Finlande et le Royaume Uni comme références.
Pays Cancer de Poumons Mésothéliomes
Royaume Uni 2 700 1 700
USA 13 100 8 100
Russie 6 400 4 000
Belgique 420 260
Allemagne 3 600 2 250
Suisse 380 240
Norvège 225 140
Pologne 1 600 1 000
Estonie 60 40
Ratio Cancer de Poumon/Mésothéliome
Finlande 4à5/1
(estimé)
Royaume Uni (Journal of Cancer, 1999)……………………... 1,6 /.1
(évalué)
6.1.1 ERADICATION DE L’AMIANTE
D’après les informations recueillies sur le site de l’Organisation Mondiale du
Travail (www.ilo.org/safework) les mesures prises contre l’amiante, en 2003,
sont les suivantes.
27 ratifications de la Convention de la Ligue Internationale de travail sur
l’amiante par les pays suivants : Belgique Bolivie, Bosnie Herzégovine,
Brésil, Cameroun, Canada, Chili, Colombie, Croatie, Chypre, Equateur,
Finlande, Allemagne, Guatemala, Pays Bas, Norvège, Portugal, Russie,
Serbie et Monténégro, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Macédoine,
Uganda, Uruguay, Zimbabwe (donc seulement 8 Pays de la CEE ont
ratifié la Convention de la Ligue sur l’Amiante.
25 Pays ont banni l’usage de l’amiante : 15 pays d’Europe, Argentine,
Australie, Chili, Croatie, Hongrie, Norvège, Pologne, Arabie Saoudite,
Slovénie, Suisse.
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Pays n’ayant pas ratifié la Convention LIT, mais qui sont couvert par la
décision de la CEE de bannir l’usage de l’amiante : Danemark, France,
Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Grande Bretagne.
Les Pays qui n’ont pas encore ni ratifié la Convention, ni banni l’usage de
l’amiante, mais qui sont attendus à prendre décision, sont : Estonie,
Lettonie, Lituanie, République Tchèque, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie,
Turquie, Islande.
6.1.2 SYSTÈMES D’INDEMNISATION DES PATIENTS EN EUROPE ET AUX ETATS UNIS
Les systèmes de compensation pour les atteintes à la santé liées à l'amiante
en Europe sont en cours d’évolution. Des cas récents en France et au
Royaume Uni ont porté les dangers de l’amiante à l'attention du public mais
aussi le secteur des assurances. Alors que les coûts sont restés à être
compensés par les différents systèmes de sécurité sociale, il y avait peu
d'implication des assurances. Cependant, le nombre de litiges liés aux
atteintes par l'amiante et les réclamations d'assurances sont nettement à la
hausse. Cela conduit à s'interroger sur la possibilité d'une explosion de la
responsabilité du délit d’atteinte par l’amiante en Europe de manière similaire
à ce qui s’est déjà produit en Amérique. En dépit de cette évolution de la
situation européenne vers une plus grande reconnaissance de ce type de délit
avec la participation des assurances, des différences significatives entre les
situations européenne et américaine demeurent, dont les principales sont :
Maladies indemnisables : Aux États-Unis, un nombre croissant de
personnes non encore atteintes de maladies manifestes liées à l’amiante,
portent plaintes et peuvent recevoir une compensation. Ainsi, au cours des
dernières années parmi l’ensemble des plaignants, seulement 10% ont
manifesté réellement des tumeurs malignes. A la même période, il n'y a
pas encore de pays européens qui reconnaissent le tort de la simple
exposition à l’amiante ou des cicatrices pleurales en provenant, comme
délit sujet à indemnisation. Par exemple, en mai 2003, en Finlande, une
plainte d'exposition professionnelle à l’amiante n’a pas été déclarée
indemnisable. Cette exposition a eu lieu en 1971 en cours de construction
de la propriété des parents des victimes. Les victimes ont été exposées
pendant le nettoyage de la poussière d'amiante provenant du traitement
de l'amiante-ciment. Si ce genre de plaintes se multiplie, les assureurs
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peuvent être confrontés à une augmentation significative des déclarations
de sinistres.
Implication des Unions de Travailleurs : Les actions des syndicats
américains ont largement soutenu les plaignants dans des procès sur
l'amiante. Jusqu'à présent, les syndicats européens ont été moins
impliqués dans des actions similaires, mais ils commencent à jouer un rôle
de en plus actif, en participant à des conférences, en échangeant des
informations et parfois en fournissant un appui juridique aux plaignants.
Les groupes de victimes atteintes par l’amiante demandent aussi des
modifications de lois en s’appuyant sur le soutien des institutions
syndicales.
Consolidation des plaintes : Il est de pratique aux États-Unis de
consolider plusieurs cas de plaintes ensemble, qui peuvent regrouper des
personnes manifestant des tumeurs malignes et d’autres des tumeurs non
malignes. La présence de personnes à tumeurs malignes dans le groupe
incite les jurés à régler toutes les réclamations afin d'éviter tous verdicts
potentiellement non équitables pour les cas les plus graves. Dans la
mesure où les lois européennes (au cas par cas) ne permettent pas ce
processus de consolidation, les litiges traités au cas par cas devraient être
plus contrôlés.
Forum juridique : Les différences entre les systèmes judiciaires des
États-Unis dans chaque Etat ont encouragé les avocats à rechercher les
juridictions connues pour être favorables aux plaignants en raison des
tendances du jury ou des perspectives judiciaires. En Europe, Le système
juridique plus cohérent et spécifique au sein de chaque pays européen
empêche ce genre de démarche suivie aux USA.
Engagement des cabinets d’avocats : les cabinets d'avocats américains
ont investi dans des procès de l'amiante, en cas d’atteinte, sur une base
d'honoraires conditionnels, c'est-à-dire sur la possibilité de gain de cause
par le plaignant. En général, les différents systèmes juridiques européens
ne permettent pas d'honoraires conditionnels. Certaines formes limitées
d'honoraires conditionnels sont utilisés au Royaume-Uni, mais en général,
ne sont pas autorisées dans les autres pays.
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Tableau 7: AMIANTE EN DJIBOUTI
La République de Djibouti dispose de son Code de l’Environnement (Loi
n°51/AN/09/6ème L portant Code de l’Environnement) et a interdit l’importation,
la transformation, la commercialisation et l’usage de l’amiante (Loi
n°95/AN/2ème L portant interdiction d’importer sur le territoire national des
déchets ou résidus industriels toxiques, radioactifs ou polluants ; Décret n°99-
0202/PR/MTPUL portant interdiction de l'amiante en République de Djibouti ;
Décret n°2003-0212/PR/MHUEAT portant réglementation du transport des
produits dangereux). Ceci constitue un début très précieux pour l’éradication
du mal lié à l’amiante.
Une recherche bibliographique exhaustive indique que cette République
indépendante depuis le 27 juin 1977, et à l’instar de beaucoup de pays
émergents, est surement victime de l’amiante (produits calorifuges et
ignifuges), de ses produits manufacturés (produits de consommations
ménagers), conduits d’assainissement et de desserte d’eau (eau AEP,
canalisations d’irrigation en agriculture), épaves de grands bateaux, etc.
Au plan des responsabilités et du partenariat, tous les ministères du pays sont
concernés, voyant l’usage fréquent du produit amiante dans la conception du
génie civil des bâtiments, mais surtout la haute fréquentation des lieux
administratifs et publics. Ceci appelle à se doter à l’avenir de la meilleure
stratégie nationale de lutte contre l’amiante, de son éradication,
d’assainissement, et de l’usage des meilleures technologies disponibles
d’élimination des produits d’amiante et de ses déchets.
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Tableau 8: ETUDE DES EXPÉRIENCES ÉTRANGÈRES
EN MATIÈRE DE RÉSOLUTION DE LA
PROBLÉMATIQUE DE L’AMIANTE
L’évaluation du risque, repose sur la caractérisation danger et la potentialité
de sa survenue et donc sa gravité pour le groupe de consommateurs
concernés (évaluation de l’exposition). Ces sujets sont discutés en public. Le
BfR (Institut fédéral Allemand d’Evaluation des Risques ; Ministère de
l’Agriculture) étudie et évalue également sur demande des autorités, par
exemple lorsqu’il n’existe encore aucune loi traitant un risque donné.
8.1 EVALUATION DES RISQUES ET MESURES D’EXPOSITION À L’AMIANTE
Afin de prendre les dispositions réglementaires adéquates en ce qui concerne
l’utilisation de l’amiante et la gestion des déchets d’amiante, il est nécessaire
de procéder à une évaluation chiffrée du risque comprenant :
Un volet sanitaire réservé au diagnostic des pathologies liées à l’amiante ;
Un volet « mesure des expositions » : campagnes et plans de contrôles et
mesures, agents de contrôle et techniciens, laboratoires d’analyses,
reconnaissance des niveaux d’exposition pour limiter les risques
pathologiques.
8.1.1 DIAGNOSTIC DES PATHOLOGIES LIÉES À L’AMIANTE
Le volet sanitaire a pour objectifs :
De recenser les maladies professionnelles provoquées par l’amiante :
- lorsqu’un patient se rend chez son médecin, il faut pouvoir effectuer le
bon diagnostic (fibrose pulmonaire, cancer broncho pulmonaire,
mésothéliome) ;
- En cas de décès, il faut pouvoir identifier les causes de la mort, en
pratiquant le cas échéant les prélèvements nécessaires post-mortem ;
- De rechercher au travers d’une enquête si l’exposition à l’amiante a pu
être une cause à la survenue de pathologies qui ne sont pas spécifiques
(cancer broncho pulmonaire).
De dénombrer les maladies professionnelles associées à l’amiante pour
établir l’incidence dans toute la population, de pouvoir faire des
recoupements géographiques, par secteur professionnel, âge, etc.
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Pour ce faire, les pouvoirs publics, au travers du Ministère de la Santé,
doivent désigner un Observatoire des Pathologies liées à l’Amiante qui sera
chargé du « volet santé » et qui aura la responsabilité d’organiser la collecte
des informations, leur archivage dans une base de données, leur traitement,
leur synthèse et la diffusion des résultats :
- Mise en place d’une procédure de collecte des informations (forme et
hiérarchisation de l’information, sensibilité, priorité, …) ;
- Formation des médecins généralistes et spécialistes pour la détection des
pathologies, la réalisation d’enquêtes auprès des malades ;
- Renforcement des équipes de médecins de travail ;
- Sensibilisation des médecins du travail pour la réalisation d’enquête en
milieu professionnel et pour la recherche des signes et symptômes d’une
exposition (allergies, asthmes, pneumonies, plaques pleurales, etc.) avant
même la survenue d’une pathologie déclarée.
8.1.2 MESURE DES EXPOSITIONS À L’AMIANTE
Compte tenu des difficultés techniques de mesures précises des
concentrations en fibres d’amiante dans l’air, ainsi que de moyens rapides et
efficace de détecter l’amiante dans les matériaux, il est prioritaire de procéder
comme suit :
Mise en œuvre par des laboratoires publics de capacités d’analyse
adéquates de matériaux basées sur l’identification minéralogique des
variétés d’amiantes dans les produits par Microscope photonique en
lumière polarisée (MOLP), par microscopie électronique à balayage, par
Microcopie Electronique à Transmission MET), par diffraction de rayons X,
et par des mesures de concentration en fibres d’amiante dans l’air par
MOCP (Microscope optique à contraste de phase), etc.
Formation des techniciens et agents de contrôle et de prélèvement
d’amiante sur les sites d’utilisation (habitat, administrations, lieux publics,
etc.) et dans les produits à base d’amiante, et les techniciens d’analyse de
produits de l’amiante au laboratoire.
Réalisation de campagnes de mesure des concentrations en fibres dans
l’ambiance de bâtiments, d’usines ou d’ateliers, afin d’estimer les niveaux
d’exposition des individus et des travailleurs dans chaque secteur
d’activité.
Les normes étrangères correspondant à ces méthodes d’analyse
existent, sont pratiquées de manière courante à l’étranger et peuvent
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facilement être utilisées par certains laboratoires à Djibouti, surtout ceux
qui disposent des techniques d’analyse indiquées.
8.1.3 RISQUES COURANTS, HABITUELLEMENT IDENTIFIÉS À L’ÉTRANGER
Les situations d’exposition peuvent être résumées comme suit :
Santé publique : les personnes sont exposées sans rapport avec leur
activité professionnelle (enseignant dans une école ou dans une université
aux bâtiments munis de matériaux amiantés, habitants d’immeubles à
produits d’isolation amianté, etc.) ;
Santé des travailleurs : les personnes sont exposées du fait de leur
activité professionnelle (poseur de canalisations en amiante ciment par
exemple).
Le danger est dû à l’inhalation de fibres d’amiante lors de l’utilisation de
produits manufacturés ou de la fréquentation de locaux contenant de l’amiante
(matériaux de construction et équipements).
8.1.3.1 Produits manufacturés
Ces produits sont notamment :
des produits de friction : garnitures de freins ou d’embrayage, de véhicules
(automobiles ou camion), …
courroies de transmission en filature d’amiante (chrysotile) pour des
moulins, pompes,… ;
des produits isolants dans des appareils de consommation courante
(grille-pain, convecteurs électriques, fers à repasser, table à repasser,
machines frigorifiques, revêtements isolants de four …) ;
des produits d’étanchéité : joint de culasse, joints de chaudière, de four,
de canalisation, … ;
des produits de protection thermique : plaques de protection pour le
soudage, de cheminée, gants et combinaisons de protection, … ;
Conduites en amiante ciment ;
Tôles (plaques) ondulées pour toitures, très utilisées dans certains pays
comme brise-vent et comme muraille anti-ensablement surtout au cours
des années 1970 ;
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Faux plafonds, revêtements muraux d’insonorisation, plaques planes
d’isolation au plancher, etc.
Ces produits ne représentent généralement pas la principale source
d’exposition. Des mesures d’interdiction totale ou au moins partielle
d’utilisation de l’amiante dans ces produits est généralement facile à mettre en
œuvre et peu coûteuse. Un régime d’interdiction générale peut-être instauré
en permettant l’attribution de dérogations aux matériaux amiantés non
friables, ne libérant pas facilement de fibrilles lors de leur manufacture,
transport, manutention et application, et ceux pour lesquels des produits de
substitution n’existent pas à un coût comparable.
8.1.3.2 Matériaux et produits de construction
Ces produits sont notamment :
Les produits de construction à base d’amiante ciment : plaques ondulées
ou planes, tuyaux d’adduction d’eau potable ou d’assainissement,
éléments de couverture, plaques de parement ou de bardage, etc. ;
Les matériaux et produits de protection contre l’incendie : flocage,
projection pâteuse, peintures intumescentes, portes et clapets coupe-feu,
panneaux de recoupement, etc. ;
Les matériaux et produits de protection thermique : calorifugeages de
canalisations, gaines, conduits de ventilation et d’installations (fours,
étuves, chaudières, incinérateur, etc.) ;
Les produits décoratifs, de revêtement de sol (amiante vinyle), de faux
plafonds, …
8.1.3.3 Santé des travailleurs
Les risques les plus élevés semblent être ceux auxquels sont soumis les
travailleurs dont l’activité concerne la transformation de l’amiante (fabrication
de l’amiante ciment par exemple), ou ceux de techniciens du bâtiment ou de
l’industrie lors de la mise en œuvre de produits ou de matériaux en contenant
(pose de canalisation en amiante ciment).
L’exposition de techniciens et agents de maîtrise aux produits amiantés, peut
par la même occasion entraîner l’exposition involontaire des familles, par le
transport des fibres et poussières au domicile.
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Seule une fraction des travailleurs est amenée à être exposée à l’amiante,
pour cette fraction l’exposition peut être très importante. Pour ces travailleurs,
les niveaux et durée d’exposition sont généralement très importants et
conduisent à la survenue de maladies professionnelles.
Il faut noter que des niveaux et durée d’exposition à l’amiante élevés peuvent
entraîner des atteintes, à plus ou moins long terme et de manières directe ou
indirecte à la santé publique.
C’est de loin l’impact sur l’air qui est le plus susceptible d’avoir des
répercussions sur la santé de l’homme par le biais de vecteurs de transport
aéraulique, de sédimentation, puis de ventilation ou de remise en suspension.
Aucune pathologie liée à la consommation d’eau contaminée par l’amiante n’a
été relevée. L’impact d’amiante dans l’eau de consommation ne semble pas
être prioritaire.
Les eaux de ruissellement sont capables de transporter des fibres d’amiante
hors des lieux de stockage, puis de les déposer plus loin dans les caniveaux,
talwegs et crevasses. Au séchage, les plaques desséchées à fibres d’amiante
décantées auparavant, sont à nouveau susceptibles d’être remises en
suspension dans l’air ;
Il n’existe pas d’information quant à l’impact sur le biote. Il n’est pas exclu que
la faune soit affectée par une inhalation de fibrilles d’amiante,
comparativement à l’homme.
8.2 MESURES RÉGLEMENTAIRES PRISES DANS LES PAYS ÉTRANGERS
8.2.1 EXPOSITION DES TRAVAILLEURS À L’AMIANTE
L’exposition des travailleurs à ce produit est contrôlée et harmonisée à un
niveau européen. Ce volet a d’abord fait l’objet des deux directives 83/477 et
91/382 de la CEE. Les valeurs limites fixées pour la concentration dans l’air
sont :
pour la chrysotile : 0.60 fibres/cm3, taux calculé ou mesuré pour une
période de référence de 8 heures ;
pour toute autre forme d’amiante : 0.30 fibres/ cm3, taux calculé ou mesuré
pour une période de référence de 8 heures ;
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Afin de garantir le respect des valeurs limites, la teneur de l’air en amiante est
mesurée régulièrement. Les lieux où se déroulent des activités présentant des
risques d’exposition sont clairement délimités et signalés. Ils sont interdits aux
personnes autres que ceux qui, en raison de leur travail ou de leur fonction
sont amenés à y pénétrer. Les travailleurs disposent de vêtements de travail
ou de protection appropriés.
Ces mesures ont été revues en 2003, suite aux nouvelles données
épidémiologiques et sanitaires ; une nouvelle directive a été
établie (2003/18/CEE) :
elle réduit la valeur limite pour l’exposition professionnelle des travailleurs
à l’amiante;
elle révoque les deux valeurs limites établies par la directive 83/477/CEE
en fixant une seule valeur limite maximum de concentration d’amiante en
suspension dans l’air de 0.1 fibre/cm3 mesurée par rapport à une moyenne
pondérée dans le temps sur 8 heures ;
elle interdit les activités qui exposent les travailleurs aux fibres d’amiante,
à l’exception du traitement et de la mise en décharge des produits
résultant de la démolition et du désamiantage ;
elle met à jour les recommandations pratiques pour la surveillance clinique
des travailleurs exposés, à la lumière des connaissances médicales les
plus récentes, en vue d’un dépistage précoce des pathologies liées à
l’amiante.
8.2.2 RÉGLEMENTATIONS ET DÉROGATIONS POUR L’UTILISATION DE L’AMIANTE
En décidant d’interdire l’amiante, les pays européens ont tous accordé des
délais pour l'application de cette mesure. De larges dérogations existent
encore dans certains pays, et que même dans les pays les plus restrictifs
(Allemagne, Autriche, Suède), des dérogations continuent à être accordées au
cas par cas par les services compétents quand il s'agit d'amiante chrysotile et
que l'on peut prouver que des produits de remplacement moins ou non nocifs
ne sont pas disponibles. Ainsi, sept pays européens, dont la Grande-Bretagne
et l'Espagne, permettent un usage contrôlé de l'amiante comme le stipule la
réglementation européenne.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Les valeurs limites d’exposition à l’amiante pour la plupart des pays
européens sont actuellement de 0.1 à 0.6 fibres par millilitre, les valeurs
françaises étant les plus faibles.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Tableau 9: Quantité de fibres par millilitre autorisée sur huit heures de travail
Pays Chrysotile Autres fibres d’amiantes
Allemagne 0,15 0,15
Belgique 0,5 0,15
Danemark 0,3 0,3
Espagne 0,6 0,3
France 0,1 0,1
Italie 0,6 0,2
Royaume-Uni 0,5 0,2
Suisse 0,25 0,25
En Europe un étiquetage spécial est aussi imposé pour tout produit ou déchet
contenant de l’amiante.
9.1.1 MESURES RÉGLEMENTAIRES CONCERNANT LES DÉCHETS D’AMIANTE EN
FRANCE
Sont pris en considération des déchets d'amiante occasionnés par les travaux
d'enlèvement et de traitement de l'amiante, qui sont les déchets de flocage et
de calorifugeage des bâtiments devant faire l'objet de travaux au titre de
l'inventaire prévu par le décret du 7 février 1996, mais aussi, tous les déchets
de sites industriels ou résultant d'une utilisation de l'amiante autre que
domestique (textiles, garnitures de friction...).
Tous les déchets d’amiante font partie de la liste des déchets dangereux
établie par le Conseil de l'Union européenne dans sa décision du 22
décembre 1994, prise en application de la directive n°91/689 du 12 décembre
1991.
Tous ces déchets font l’objet d’un cadre réglementaire concernant leur origine,
leur nature, les obligations du détenteur de ces déchets, celles du collecteur et
du transporteur, la protection des travailleur, mais aussi les techniques de
traitement et de valorisation.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
9.2 ETUDE DU RISQUE SANITAIRE : SUIVI-ÉVALUATION
Les informations précédentes, tirées de l’expérience étrangère, montrent que
l’étude du risque sanitaire lié aux indicateurs d’intérêt sanitaire dont l’amiante,
a débuté aux USA au courant des années 1990. Dans l’esprit de l’Académie
des Sciences Nord-américaine, ce type d’étude de risque sanitaire répond à
trois conditions :
La séparation de responsabilité entre évaluation du risque sanitaire d’un
côté, et la gestion du risque, de l’autre ;
Le recours à la contribution solide des structures et institutions
académiques de recherche et de technologie ;
Il n’est pas fait mention en Amérique, du lien entre étude d’impact sur
l’environnement et étude de risque sanitaire.
En Europe (France), le volet risque sanitaire est intégré dans l’Etude d’Impact
sur l’Environnement. Ce volet doit être traité à part par un BE spécialisé. Les
résultats de l’étude de risque doivent être considérés dans l’EIE, dans le
PGES, et dans le plan de suivi des produits à risque sanitaire au long terme. Il
existe parfois une confusion entre ‘’danger’’ (accident de travail, réglementé
par le Code du Travail et nécessitant une étude de danger à part pour les
établissements ICPE).
En Allemagne, l’évaluation du risque sanitaire et la prise de décision relève du
l’Instit fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) (Ministère chargé de
l’Agriculture) qui collabore avec différents autres ministère. La gestion du
risque qui est discutée en public, relève de la responsabilité des différents
ministères à l’échelle nationale et celle des Landers.
En Tunisie, le décret 2005-1991 du 11 juillet 2005 relatif à l’EIE est assez
ancien. Il n’exige pas un volet du risque sanitaire dans l’étude d’impact.
Aucune disposition supplémentaire n’a encore été prise à ce sujet.
Cependant, pour de grands projets, des dispositions strictes au plan santé
sont exigées par les bailleurs de fonds, dans un volet séparé de celui de
l’impact sur l’environnement.
Au regard de la vision de l’Académie des Sciences Nord-Américaine, les
structures de recherche et instituts de technologie continuent le premiers
maillon de l’étude du risque sanitaire par l’acquisition et la dispense du savoir ;
or le consultant trouve que ce type d’engagement commun : instituts de
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
recherche-technopôles-écoles d’ingénieurs d’un côté et agences d’évaluation
du risque, sa gestion et sa communication, demeure très en-deçà du souhaité.
Cet engagement est la pierre angulaire de l’édifice qui permet d’estomper
définitivement cette disjonction constatée entre Agences administratives et
structures de recherche.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Tableau 10: IDENTIFICATION, CARACTÉRISATION ET
ÉTENDUE DE L’AMIANTE À L’HÔPITAL BOUFFARD
À DJIBOUTI
10.1 PRÉSENTATION DE L’HÔPITAL BOUFFARD
L’Hôpital Bouffard ouvre sur la route de la Siesta qui longe la côte, à l’Est de
la ville de la capitale. Cette rejoint plus au Nord, le Boulevard de la république,
puis l’avenue Général Galleni qui mène au Port.
L’Hôpital Médico-Chirurgical Bouffard est un établissement des Forces
Françaises stationnées à Djibouti (FFDj) composé de personnel médical du
service de santé des armées françaises. Cet hôpital a pour mission le soutien
santé des membres des FFDj et de leurs familles. Il comptait 100 lits et est
bien équipé. La couverture concerne environ 20.000 personnes dont 3000
militaires, le restant (plus ou moins 17 000 personnes) étant constitué par les
familles des militaires djiboutiens. L’infirmerie de l’hôpital accueille également
les autorités et la classe aisée djiboutienne.
Avant 1981, l’hôpital Bouffard assurait également une mission
complémentaire de soutien du personnel des Forces Armées Djiboutiennes
(FAD) et de la gendarmerie locale. La population djiboutienne est également
soignée dans le cadre de l’aide médicale aux populations. Cependant, à partir
de cette date, la France a demandé la signature d’une convention afin de fixer
le taux de remboursement des dépenses hospitalières au prix de journée des
hôpitaux de France.
Pour l’année 2014, ce sont plus de 7 500 journées d’hospitalisation en
médecine, chirurgie et réanimation qui ont été réalisées sur plus de 2 000
patients. Le service des urgences a accueilli environ 4 400 patients. Les
domaines spécialisés (soins dentaire, chirurgie, ORL, psychiatrie, anesthésie)
totalisent près de 10 000 consultations. La majorité des interventions sont
faites au profit des militaires et civils djiboutiens (88% des journées
d’hospitalisation et 61% des consultations).
Le Centre Médico-Chirurgical Bouffard contribue également à la formation des
futurs médecins djiboutiens en les accueillant pour des périodes de stage au
sein de ses différents services (trente (30) externes djiboutiens ont été formés
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
en 2013). En 2016, ce centre a été rétrocédé à l’Etat djiboutien, selon le traité
de coopération en matière de défense en vigueur entre la France et Djibouti.
Le soutien médical des FAD est alors pris en compte par le nouvel hôpital
militaire djiboutien. Celui-ci comporte : des services de médecine interne, des
urgences, de cardiologie, d’anasthésiologie, de chirurgie générale, de
réanimation, mis aussi un bloc opératoire, un centre maternel, un laboratoire,
une pharmacie et les services médicotechniques
Figure 3 : Localisation de l’Hôpital Bouffard dans la capitale Djibouti
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Figure 4 : Plan de masse de l’Hôpital Bouffard
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Locaux : 001. Service des Urgences ; 02. Local d’Oxygène ; 03. Laboratoire de Biologie ; 04. Morgue ; 05-032-013-014. Locaux de service ; 007. Service de Maintenance et
Administration ; 040 : Résidence du personnel ; 018-017. ORL-Dentisterie ; 008. Blocs opératoires ; 009-010. Blocs vétustes démolis ; 006. Bloc Covid ; 011-021.
Administration ; 019. Maternité ; 012-016. Covid ; 015. Restauration et ateliers médico-techniques ; 027. Service Matériels ; 026. Vide.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
10.2 VISITE DES LIEUX, RECHERCHE, IDENTIFICATION ET ÉCHANTILLONNAGE
DES PRODUITS AMIANTES
10.2.1 RÉSIDUS DES BÂTIMENTS DÉMOLIS
Les blocs n°009 et 010 ont été totalement démolis et la plupart des déchets
enlevés et mis en décharge. Dans l’emprise de ces bâtiments, les sols ont été
recouverts de graviers basaltiques qui laissent entrevoir de nombreux flocons
de laine d’amiante. Une partie des déchets de matériaux de démolition
‘ferrailles, tubages en PVC, pièces métalliques, bois, etc.) laissés sur place en
bordure Sud du terrain de démolition montrent également et à l’évidence,
beaucoup de déchets de laine d’amiante.
L’entreprise ayant eu à charge cette démolition, n’a surement pas été
alertée quant à la présence d’amiante dans les bâtiments et ses dangers,
et de ce fait les personnels techniques et ouvriers n’étant pas familiers
avec ce produit et ses déchets, ne pouvaient pas identifier la source de
mal et donc prendre les précautions nécessaires pour se prémunir
contre la contamination. Les sols toujours recouverts de graviers
doivent être couverts d’amiante et déchets d’amiante engendrés par
l’opération de démolition, ce qui permet de conclure à une
contamination résiduelle très sérieuse dans l’emprise des bâtiments
démolis. Ces lieux doivent en principe être gardés et interdits d’accès.
Les illustrations suivantes rapportent les observations faites de résidus
d’amiante à l’air libre. Ils montrent les résidus de laine d’amiante laissés sur le
sol, ou mélangée à des déchets de démolition divers abandonnés en bordure
Sud du terrain de démolition.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Flocons de laine d’amiante apparaissant au travers des graviers
Laine d’amiante mélangée aux déchets de démolition (Marqueur : 15 cm
long)
Espace de démolition des bâtiments 009 et 010 : a) vers le Sud ; b) vers
le Nord.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
10.2.2 SERVICE D’URGENCE
Les locaux de ce service sont construits en dur et possèdent une charpente
métallique suspendue au-dessus d’un faux-plafond en plaques en contre-
plaqué (60cmx60cm). Les coordonnées levées sont : 11° 32,274’ E ; 43°
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
09,156’ N. L’une des plaques déplacée avec la précaution nécessaire, permet
de visiter le toit du bâtiment et montre une couche d’amiante fibreuse de 7 à
8cm recouvrant toute l’étendue du toit du couloir, des chambres, des bureaux,
et autres facilités de service. Cette couche d’amiante non-stabilisée, ni
recouverte, de consistance fibreuse, supporte les câblages de service du
bâtiment. Dans la conception des locaux, cette couche sert d’isolation du toit
en raison de la forte capacité calorifuge de l’amante. L’amiante fibreuse n’est
pas souple, et correspond apparemment à de l’amiante bleu (crocidolite).
Chambre : carreau avarié et amiante
Couloir : faux-plafond supportant l’amiante.
exposé.
Figure 5 : Locaux du service des urgences conçus en dur et à toiture constituée
d’un faux plafond (plaques en aluminium ou contre-plaqué) supportant une
couche d’amiante libre, puis d’un recouvrement suspendu en tôle métallique
observable de l’extérieur.
10.2.3 SERVICE ORL-OPHTALMOLOGIE-DENTISTERIE ET LOCAUX VOISINS
Les coordonnées géographiques sont : 11° 35,290’ E ; 43° 09,158’ N. Il s’agit
des locaux de ce service, du laboratoire de biologie, de la morgue (non visitée
par respect de ses occupants), du local de stockage de l’oxygène et autres
petits locaux techniques. Les locaux du personnel de service que nous
n’avons pas pu visiter sont de même architecture et doivent donc être conçus
avec les mêmes matériaux et de la même manière. La conception de tous ces
locaux est identique à celle du bâtiment de service d’urgence, comportant une
couche de toit formée d’amiante, d’une épaisseur de 7 à 8cm qui repose
directement sur des carreaux de faux-plafond (60cmx60cm) en contre-plaqué
ou en aluminium. Le recouvrement final est en charpente métallique et tôle
ondulée métallique observable de l’extérieur.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Toiture du local de stockage d’oxygène à faux-plafond en contre-plaqué
et couche d’amiante (7 à 8cm d’épaisseur), libre, non stabilisée ni
recouverte.
Toiture du bloc-Dentisterie à faux-plafond en carreaux et couche
d’amiante.
Figure 6 : Conception de la toiture du service ORL-Dentisterie et des bâtiments
et services voisins (urgences, laboratoire de biologie, morgue, constructions de
services techniques, et éventuellement le bloc de résidence de personnel) en
simple faux-plafond supportant une couche d’amiante fibreuse (crocidolite)
libre, recouverte par une charpente suspendue supportant la tôle ondulée
extérieure.
10.2.4 BLOC OPÉRATOIRE VACANT
Les coordonnées sont : 11° 36,274’ E, 43°9,177’ N: Ce bloc pratiquement en
deux niveaux, délaissé neuf, très spatiaux et bien conservé, a été construit en
2003. Il peut absolument être récupéré pour une nouvelle occupation durable.
L’amiante y existant, limité au système de climatisation peut facilement être
neutralisé.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Le bâtiment abrite du côté Nord, les locaux de machineries d’alimentation
électrique notamment et autres services, et dans sa partie Sud, le bloc
opératoire et les bureaux. Dans cette partie, sur la façade Est du côté intérieur
(1er étage), une gaine délabrée montre clairement une canalisation de
climatisation de près de 20cm de section, dont les coudes ont été recouverts
de laine d’amiante enveloppée dans du papier aluminium. La toiture des
étages est en dalle pleine indemne d’amiante. Ce bâtiment a été visité à deux
reprises (9 et 10.02.2021), dont la dernière en compagnie du responsable de
maintenance Mr Hassan Idriss.
Le toit de l’immeuble a été visité le 10.02.21, supporte des accessoires de
chauffage d’eau et de climatisation. Les machineries et canalisations de
chauffage d’eau sont indemnes d’amiante et les canalisations sont
recouvertes de polyéthylène. Par contre, le local séparé de compresseur
contient des tuyauteries (20 à 25 cm de section) de climatisation générale
recouvertes d’amiante enveloppé dans du plastique et du papier aluminium.
Ces canalisations sont reliées à la gaine de distribution observée au premier
étage et décrite précédemment.
Gaine de climatisation avariée avec amiante fibreuse recouvrant les
coudes de canalisations de climatisation.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Salle des compresseurs de climatisation avec conduites enveloppées
d’amiante fibreuse recouverte de papier aluminium et de plastique.
Local des machineries de
Plaque d’inauguration du bloc en
chauffage d’eau sur le toit,
2003.
indemne d’amiante.
Figure 7 : Canalisations d’air recouvertes d’amiante fibreuse non stabilisé,
enveloppé dans de l’aluminium et protégé par du plastique notamment dans la
salle des compresseurs au toit.
10.2.5 BLOC DE RESTAURATION
C’est la partie Est du bloc 015 marqué dur le plan de l’hôpital (11+ 35,288’E ;
43° 09,158’ N). Au rez-de-chaussée la salle de restauration présente une
toiture formée de plaques de faux -plafond (60cmx60cm) couverte d’amiante
qui ressort localement d’entre les plaques.
Une plaque déplacée en toute précaution, permet d’observer la partie
supérieure sous la charpente et toiture en tôle métallique ondulée. Une
couche d’amiante qui couvre toute la surface du plafond, mais aussi de
l’amiante qui recouvre les tuyaux de conditionnement d’air.
La salle de stockage comporte un faux-plafond assez bien conservé en
carreaux de contreplaqué recouverts d’une couche d’amiante de 4 à 5cm
d’épaisseur ?
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
La salle du chef cuisinier possède une toiture de même conception, mais
apparemment sans couche d’amiante, ou que l’amiante a été déplacée de
manière à ce qu’elle ne soit pas observable.
La visite à l’étage supérieur a rencontré de l’amiante sur les marches et en
rebord de l’escalier. En apparence, le toit de cet étage semble construit en
dalle ; pourtant, au-dessus de l’escalier, un panneau effondré (40cmx80cm)
montre clairement une couche d’amiante fibreux pendante. Dès lors, une
question se pose : existe-il un faux plafond généralisé en plâtre qui supporte
une couche régulière d’isolation en amiante dur fibreux qui recouvre tout
l’étage supérieur ? Le risque de contamination en cours de visite ne permet
pas de se hasarder à casser en plusieurs points ce faux-plafond pour
s’assurer de l’existence d’une couche d’amiante généralisée.
Amiante ressortant des plaques Apparence de la toiture de la salle
de restauration.
Accès pour l’observation de la
couche d’amiante sur faux- Salle du Chef Cuisinier
plafond.
Salle de stockage à couche
d’isolation en amiante sur faux- Plaque de faux plafond arrachée au
plafond. toit du 2ème étage.
SAFI Page 36
EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Chute d’amiante en rebord d’escalier Couche d’amiante pendante dans la
partie arrachée au toit du 2ème étage.
Figure 8 : Identification de l’amiante dans les locaux du bloc de restauration (n°
015 partie Est)
Remarque : la quantité de poussières au plancher de tous les locaux qui doit
être amiantée, et le caractère très contaminé des lieux ont obligé les visiteurs
à quitter le bloc dès que l’essentiel des observations a été réalisé, et le plus
rapidement possible.
10.2.6 LOCAUX MÉDICOTECHNIQUES DE LA PARTIE SUD DE L’HÔPITAL
Ce sont les parties Sud et Ouest du bloc noté n°15 du plan de masse de
l’hôpital. Dans la partie Sud existe le local de stockage des matériels qui est
fermé et des locaux vides qui ont été visités. Ces locaux doivent être munis
d’un faux-plafond supportant une couche d’amiante.
La partie Ouest comporte sept (07) locaux. Le premier, au Sud doit
correspondre à un atelier abandonné recouvert d’un faux-plafond en plaques
d’aluminium, recouvert d’une couche d’amiante enveloppée dans une feuille
d’aluminium qui se déchire facilement. Les coordonnées sont : 11° 35,217’ E ;
43° 09,202’ N.
Dans ce local et pour la première fois, il a été relevé que l’amiante non
stabilisé a été utilisé pour le revêtement mural d’isolation. Le produit appliqué
en une couche de 5cm environ sur tout le mur comportant la porte de sortie,
mais aussi en revêtement intérieur de l’enceinte sur une hauteur de 1,50m,
sur le pourtour des murs. L’amiante est recouvert par un contreplaqué
localement avarié sur le côté intérieur de la façade, laissant apparaitre la
couche du produit dangereux et de nombreuses bavures qui se détachent et
tombent sur le plancher.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Amiante isolant la façade du Amiante en recouvrement des
bâtiment murs
Amiante d’isolation du toit Couche d’amiante fibreux de toit
Couche d’amiante sur faux-plafond Couche d’amiante à base de
plastique
Figure 9 : Diverses utilisations de l’amiante pour l’isolation des locaux de la
partie Ouest du bloc n° 015 dans la partie Sud de l’hôpital Bouffard.
10.2.7 BÂTIMENT DU SERVICE DE MAINTENANCE
Il s’agit d’un bâtiment à deux étages (coordonnées : 11° 35,265’E ; 43° 09,183
N ; et 11° 35, 259’ E ; 43° 09,190 N), dont le rez-de-chaussée est recouvert
d’une dalle pleine, munie d’un faux plafond qui est apparemment indemne
d’’amiante. Ce rez-de-chaussée abrite les services de maintenance.
Cependant la toiture de l’étage supérieur servant pour l’administration est
conçue de manière identique à celle des locaux médicotechniques cités plus
haut, soit une charpente métallique suspendue et une couche épaisse
d’amiante qui repose sur des plaques de faux-plafond en aluminium. Cette
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
couche d’amiante supporte toujours les câblages de services accessoires et
alimentation en électricité.
Amiante d’isolation de toit de local. Bavures d’amiante dans des toilettes
abandonnées
Figure 10 : Recherche et identification de l’amiante dans les locaux de
maintenance et administratifs de l’hôpital Bouffard.
SAFI Page 39
EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Tableau 11: SYNTHESE ET RECOMMANDATIONS
L’amiante (asbeste) est un nom commercial qui désigne une variété de
minéraux silicatés argileux (chrysotile, serpentine), ou à structure en ruban
double chaine, du groupe des pyroxènes habituels de certaines roches
magmatiques ultrabasiques et acides : syénites, granites alcalins (groupe des
amphiboles : crocidolite (amiante riebeckite ; ou amiante bleu), amosite
(amiante cummingtonite-grunérite ; amiante brune), amiante anthophyllite,
amiante trémolite, et amiante actinolite).
Ce sont tous des minéraux calorifuges, très résistants à la tractation, qui se
vitrifient à très haute température sans bruler (propriétés ignifuges), pouvant
former des fibres et se prêter à la filature (chrysotile notamment). La variété
d'amiante serpentine dominante est la chrysotile (amiante blanche) qui
représente la plupart de l'amiante utilisé depuis la fin des années 1800.
La consommation mondiale en asbeste a augmenté de 50.000 tonnes
environ, pour attendre un pic de 4 793 451 tonnes en 1977, lorsque des
symptômes de maladies sérieuses liées à ces produits ont commencé à
envahir le Monde.
Les maladies liées à l’amiante ont été identifiés depuis 1920, chez les ouvriers
travaillant l’amiante ; mais ce n‘est qu’au début des années 1960s, grâce à
des études de cas sur des ouvriers en Afrique du Sud, que le lien direct entre
amiante et mésothéliomes, a clairement été prouvé. Le lien entre amiante et
maladies mortelles a été reconnu deux décennies plus tard en Europe
(France, en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas, etc.). A cette époque,
les pays grands producteurs d’amiante avaient affiché une certaine opposition
à ces déductions et aux décisions d’éradication de l’amiante.
Toutes les amiantes produisent des fines (≈ 5µm) très toxiques qui persistent
dans l’air et peuvent facilement être inhalées. Ces microfibrilles s’incrustent
dans les alvéoles des poumons, engendrent des centres d’irritation continue,
et peuvent pénétrer jusqu’à la plèvre pour provoquer d’abord une pneumonie
et ensuite un mésothéliome. Ces maladies peuvent apparaitre rapidement
chez les personnes contaminées, mais peuvent aussi perdurer sur une longue
période (une à deux décennies).
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
A partir des années 1990, la plupart des états avancés se sont rendus compte
de la nécessité de reconnaitre l’amiante comme un indicateur d’intérêt
sanitaire, et que les maladies liées à l’amiante soient reconnues
professionnelles. A partir de 1997, la plupart des pays ont décidé d’éradiquer
l’amiante, sauf pour certaines dérogations d’usages limités et spécifiques.
1996, La consommation mondiale d’amiante a chuté de plus de moitié
(2100.000 tonnes) en 1996, et les premières études ont été lancées pour la
recherche de produits de substitution de l’amiante.
L’amiante est aujourd’hui classé par l’OMS en tête des dix premiers produits
les plus dangereux. Ce danger manifeste n’a épargné aucun pays, et à ce titre
la République de Djibouti ne fait pas exception. Cette République dispose déjà
de son Code de l’Environnement et a interdit l’importation, la transformation, la
commercialisation et l’usage de l’amiante, ce qui constitue un début très
adéquat pour l’éradication du mal lié à l’amiante.
Pour le site objet de mission, la création et la mise en service du Centre
Médicochirurgical de Bouffard à la fin des années 1970, coïncide avec le pic
de consommation mondiale en amiante, il faut donc s’attendre à ce que ce
produit soit utilisé dans la conception des bâtiments, d’autant plus que les
conditions climatiques (sècheresse, canicules, période chaude bien marquée
durant un longue période). Cet hôpital a été rétrocédé aux autorités
Djiboutiennes en 2016 ; mais c’est la démolition de deux bâtiments vétustes
de cet établissement qui a été cause du déclenchement de l’alerte contre
l’amiante.
Notre visite et exploration sur site à l’emplacement des bâtiments démolis, et
dans les bâtiments de cet hôpital, a permis d’identifier clairement de l’amiante
fibreux (amiante dure) qui a été utilisé en couche isolante (calorifuge et
ignifuge), non stabilisée (dans du ciment par exemple), dans pratiquement
tous les bâtiments. Les couches d’amiante des toits mais aussi localement en
revêtement de murs, ont été systématiquement échantillonnés pour des
procédures d’analyse et reconnaissance approfondie. Les résultats feront
l’objet d’un rapport complémentaire du présent rapport de mission.
L’identification de l’amiante dans l’emprise des bâtiments démolis, et dans la
quasi-totalité des bâtiments de l’hôpital n’a rien de surprenant, voyant
l’utilisation à outrance de l’amiante dans la conception des bâtiments aux
années 1970-1980, et les lieux doivent être sérieusement contaminés. Elle
nécessite par ailleurs l’intervention de spécialistes dans le domaine.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
Comme pour tous les pays, la conception d’une stratégie de lutte contre
l’amiante dans tous les secteurs socioéconomiques est nécessaire, et c’est
dans ce cadre que devrait se placer un programme d’assainissement de
l’hôpital visité. Notons qu’il s’agit de lieux hautement fréquentés par du public
sensible ou recherchant des services de soins de santé. L’urgence est donc
de mise pour intervenir en vue de décontamination, en faisant appel aux
meilleures techniques disponibles dans le domaine. A ce titre, la formation de
cadres djiboutiens aptes à faire face à ce danger doit obligatoirement faire
partie du (des) programme (s) de désamiantage.
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EVALUATION DE LA CONTAMINATION DANS LES BATIMENTS
DE L’HOPITAL BOUFFARD A DJIBOUTI
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