PR Punga Syllabus Uro Volume 1
PR Punga Syllabus Uro Volume 1
UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DE MEDECINE
DEPARTEMENT DE CHIRURGIE
Volume 1
2004
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En RDC,
En France,
Professeur Ph Mangin, auquel nous sommes redevable de l’ouverture sur la voie d’OR
justes juges, qui nous ont reçu parmi les Professeurs des Universités et Praticien
Hospitalier en Urologie
en signe de reconnaissance
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Note liminaire
Abréviations
Introduction
Définitions
Objectifs du cours
Histoire de l'Urologie
1. Le diagnostic en Urologie
1. Examen clinique
2. Explorations paracliniques
2. Les malformations congénitales de l'appareil urinaire et de l'appareil génital de l'homme
3. Pathologie infectieuse, parasitaire, SIDA
4. Oncologie
5. Les fistules urinaires
6. Les rétrécissements urétraux
7. La lithiase urinaire
7. Les traumatismes urogénitaux
7. Les urgences urologiques non traumatiques
1. Torsion testiculaire
2. Priapisme
3. Anurie
4. Rétention urinaire aiguë
5. Hématurie
6. Colique néphrétique
10. Les troubles de la continence
1. Vessies neurogènes
2. Incontinence urinaire de la femme
3. Incontinence urinaire de l'homme
4. Enurésie
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Nous avons donné lors de nos enseignements au premier cycle des études médicales une brève
aperçue des spécialités chirurgicales. L'exposé était bref, certes! mais panoramique et suffisant
pour montrer la complexité de la matière chirurgicale. Au second cycle, nous quittons l'exposé
introductif, général , épître des principes, pour pénétrer dans le domaine des sous-spécialités
chirurgicales, véritables spécialités dans la spécialité, enseignées à ce niveau des études
séparément tant elles sont complexes. Ici est présentée l'Urologie, l'une de ces sous-spécialités
chirurgicales, ailleurs dans le temps et l'espace, d'autres chirurgiens enseignent leurs spécialités.
Pour l'auditeur d'amphithéâtre, étudiant avide des connaissances mais à juste titre assoiffé déjà de
pratiquer l'Art de guérir, l'"intérêt" du sujet à cette étape de la formation est la thérapeutique dans
son sens premier, face pittoresque, attractive, "médiatique"de la Médecine. Cet auditeur a raison
parce que, la Médecine a effectivement pour finalité de lutter contre la maladie. Mais il a quelque
peu tort. Son défaut serait de restreindre, la médecine à une seule de ses facettes: les soins, le côté
pratique.
Faut-il rappeler que la Médecine est une science, qu'elle procède d'une méthode, d'une logique,
origine des connaissances fondamentales complexes toujours en évolution? Nous sommes en
faveur de cette compréhension de l'Art de guérir. Les connaissances fondamentales complexes
sont primordiales, essentielles et caractérisent la Faculté, l'Université. Ici l'on conçoit, l'on pense;
et cela pourrait être suffisant en soi (je pense, donc je suis). Les connaissances fondamentales
complexes engendrent la thérapeutique, simple conséquence logique, simple suite faite de
médications ou de gestes plus moins complexes susceptibles d'être exécutés par des automates,
robots opérateurs dont quelques prototypes nous sont déjà proposés par la technologie, tel
Aesop® de Computer Motion. La thérapeutique ne peut être sans les connaissances.
Discours de naïf, de distrait , spéculation mijotée à des milliers d'années lumières de la réalité, de
la vie de tous les jours, diraient certains. Nous, nous disons que nous sommes dans le vif du sujet
parce que, outre l'aspect idéaliste, nous sommes bien pratique. Toute question chirurgicale, et
donc urologique est centrée sur l'homme, organisme vivant appartenant à un biotope et un
environnement social impliquant pour sa résolution une grande masse de connaissances
médicales. Le médecin porte ses soins non pas sur la prostate, mais sur un homme (homo
sapiens) porteur d'organes divers, plus ou moins influencés par l'environnement, ensemble que le
praticien doit évaluer pour atteindre l'objectif final de guérison.! Cette idée émaille l'ensemble de
ce cours. Nous invitons l'étudiant à s'en imbiber. Bonne route, à l'étudiant et à tout autre lecteur
qui nous donnerait l'honneur de lire les pages qui suivent !
Des personnes ou des institutions nous aidé directement ou indirectement à réaliser ces notes: nos
maîtres par leurs instructions et conseils, les facilités qu'ils nous ont offertes à Kinshasa, à Nancy
ou à Paris, le Centre de Recherches Chirurgicales H Mondor par la grande qualité de sa logistique
que nous avons largement exploitée , et la bibliothèque Ste Généviève de l'Odéon pour l'extrême
facilité d'accès à son patrimoine constitué de documents parfois rares et la disponibilité de son
personnel. Nous les remercions pour leur aide.
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Abréviations
EMG: électromyographie
TR: toucher rectal
TV: toucher vaginal
AVC: accident vasculaire cérébral
UIV: urographie intraveineuse
UPR: urétéropyélographie retrograde
EPS: expressed prostate secretions
PSA: prostate specific antigen
UCA: urétrocystographie ascendante
UCR: urétrocystographie retrograde
UCRM: urétrocystographie retrograde et mictionnelle
TDM: tomodensitométrie coaxiale computurisée ou scanner
IRM: imagerie par résonnance magnétique
RUA: rétention urinaire aiguë
PAP: phosphatase acide prostatique
ECBU: examen cytobactériologique urinaire
ETR: échographie trans-urétrale
PET: proton emission tomographie
AFP: foetoprotéine
ACE: antigène carcinoembryonnaire
DHT: dihydrotestostérone
FSH: Hormone Folliculostimulante
Gy: Gray. 1Gy = 100 rads = 1 joule par kilo
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INTRODUTION
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1. DEFINITION DE L’UROLOGIE
Le vocable Urologie naît étymologiquement de deux mots grecs: (ouron), urine et
(logos), discours, science. L'Urologie serait donc la science de l'"urine", ou mieux de l'appareil
urinaire. En fait, elle est la spécialité chirurgicale qui traite non seulement des affections de
l'appareil urinaire dans les deux sexes, mais aussi des affections de l'appareil génital mâle. Ce
dernier volet de l'Urologie s'étend sur un domaine large qui s'érige actuellement en une spécialité
à part entière: l'Andrologie
Celui qui exerce l'Urologie garantit le diagnostic et assure le traitement au double plan médical,
chirurgical.
Le diagnostic se fonde sur la clinique mais aussi sur de nombreuses techniques d'explorations
paracliniques qui ne sont pas spécifiques à la spécialité. Spécifique cependant est
l'Urodynamique, ce moyen de diagnostic complexe où s'associent plusieurs sciences
fondamentales.
La chirurgie urologique quant à elle, grâce aux progrès de l'Anesthésie et de la Réanimation,
étend son champ sur un vaste domaine d'actes: gestes endocavitaires, éxerèses limitées ou larges,
reconstruction, transfert tissulaire et d'organes... Elle fait appel à diverses modalités techniques:
- la chirurgie ouverte: touchant non seulement aux organes urogénitaux, mais aussi digestifs et
vasculaires, ainsi qu'aux téguments et aux muscles
- la microchirurgie d'éléments anatomiques urinaires et vasculaires
- la coeliochirurgie et - l'endoscopie dont la part peut atteindre jusqu'à la moitié des actes
L'Urologie exploite , en outre, sur une large échelle des récents progrès de la Physique et de la
Chimie organique , et d'autres sciences pures, en usage thérapeutique, tels que:
- le L.A.S.E.R., - les ultrasons , - les micro-ondes, - les ondes de Choc, illustrées par la lithotritie
extracorporelle, - les biomatériaux dont des polymères, sous formes de prothèses extrêmement
variées
Enfin, l'Urologie s'adresse à une vaste population , les patients des deux sexes, mais surtout de
tous les âges: le sujet in utero, le sujet pédiatrique, l'adolescent, l'adulte et le sujet gériatrique.
3. OBJECTIFS DU COURS
Les objectifs de ce cours sont ceux retenus pour l'enseignement de la Chirurgie au second cycle
des études médicales. La lecture de ce cours devrait permettre à l'étudiant de :
1) connaître les entités nosologiques courantes en Urologie : définitions, étiologie,
physiopathologie, anatomie pathologique
2) poser le diagnostic sur base des données cliniques et d'explorations paracliniques actuellement
disponibles et avoir un esprit de synthèse susceptible de le conduire à aborder le diagnostic
différentiel;
4) connaître les principes du traitement chirurgical proposé à chaque pathologie: indications,
principaux aspects de la technique chirurgicale
5) connaître les aspects évolutifs et pronostiques
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D'après R Küss et W Grégoir le vocable Urologie, créé par Leroy D'Etioles (1789-1860), est
apparu vers 1840. Mais ce n'est qu'au début du XXè siècle que l'Urologie a nommément désigné
la spécialité, celle-ci étant d'ailleurs une des premières sous-spécialités chirurgicales. Sa
progression rapide lui a valu dans bien de domaines de la Médecine une place de pionnier.
L'appellation Urologie est donc relativement récente, mais l'intérêt porté à l'urine et aux
affections urologiques remonte à la plus haute Antiquité comme l'indiquent les papyrus de la
Mésopotamie et de l'Egypte pharaonique; et ce, pour deux raisons.
D'une part, l'on a cru, des origines jusqu'au milieu du XIXè siècle, sans tort mais en exagérant les
choses, que l'aspect de l'urine pouvait renseigner sur l'état du corps humain C'était de l'uroscopie
et de l'Urologie de la première définition: la Science de l'urine. D'autre part, les tableaux cliniques
des affections urologiques ont été, et le sont encore aujourd'hui, impressionnants: les
insupportables et douloureuses rétentions aiguës d'urine, les mictions difficiles, brûlantes,
sanglantes...
Deux affections se manifestant justement par des troubles mictionnels et de l'aspect de l'urine, ont
marqué profondément l'histoire de la spécialité: le rétrécissement de l'urètre dû à l'urétrite
vénérienne et les "pierres de la vessie" . Ces affections étaient traitées , non pas par des médecins
, mais plutôt par des artisans de tout acabit dont les barbiers: personnes dont la profession était de
tailler ou de raser la barbe. Les barbiers manipulaient le rasoir et bien d'autres instruments:
sondes en matière de toute nature et autres ingrédients qui ne permettaient pas toujours de passer
dans l'urètre rétréci et d'accéder à la vessie. Les artisans opérateurs se résolurent donc à aborder
directement la vessie. L'ouverture de la vessie, ou la taille vésicale, était faite par le périnée. Cette
intervention était considérée comme "cruelle et périlleux", d'autant plus qu'elle était pratiquée
sans anesthésie et était grevée d'une grande mortalité.
Hippocrate l'interdisait dans son serment à ses disciples, et la taille vésicale resta en dehors de la
médecine jusqu'au milieu du XVIIIè siècle. L'opération de la taille (vésicale), malgré son
infortune, eût le mérite d'ouvrir la voie à l'Urologie et à l'ensemble de la Chirurgie viscérale.
Les chirurgiens du XVIIIè siècle, médecins ayant appris l'Anatomie par la dissection, prirent
possession des affections des voies urinaires et mirent fin aux activités des barbiers, artisans
« inciseurs » unis en confrérie au cours des siècles et qui se proclamaient médecins des rois! Les
maladies des voies urinaires furent ainsi reconnues par les universités qui les inclurent dans la
pathologie générale. Cependant l'Urologie se cantonna longtemps au périnée et au petit bassin.
Le rein était pourtant déjà connu par les travaux de Bright et Rayer. Ce n'est que dans la seconde
moitié du XIXè siècle, grâce à la découverte encore récente de l'Anesthésie, mais aussi de
l'asepsie et l'antisepsie, que le rein devint chirurgical. La 1ère néphrectomie fût en effet réalisée
en 1869. L'Urologie couvrait ainsi l'ensemble de l'appareil urinaire et se constitua en spécialité.
Le 1er congrès de la société internationale d'Urologie se tint à Paris en 1908 sous la présidence
du Professeur Guyon. Depuis la spécialité fit des pas de géants dont ces quelques illustrations: -
au début du siècle: mise au point de la technique chirurgicale de l'"adénomectomie prostatique
par Freyer et Fuller, véritable conquête de la chirurgie après des millénaires, rendant à l'homme
âgé prostatique le bonheur bien de "pisser" - 1954,1ère transplantation rénale, libérant
l'insuffisant rénal chronique terminal des servitudes de la dialyse. La transplantation rénale était
aussi le 1er transfert d'organe de l'Humanité.
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MODULE 1.
Le diagnostic en Urologie
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INTRODUCTION
En Urologie, le diagnostic adopte la même structure que dans d'autres spécialités médicales. A
l'interrogatoire et à l'examen physique fait donc suite l'étape des explorations paracliniques.
Nous ne reprenons dans ce module que les points essentiels du diagnostic spécifiques à
l'Urologie.
1. EXAMEN CLINIQUE
1.1. Interrogatoire
La douleur
Elle est due à différents mécanismes: distension des cavités, inflammation, infiltration tumorale,
étranglement, compression, ischémie, nécrose tumorale, nécrose ischémique.... Ces mécanismes
en définissent la traduction clinique.
- Colique néphrétique
Due à une distension des cavités pyélocalicielles par un obstacle sur la voie excrétrice haute
(bassinet, jonction urétérale), la douleur siège dans la fosse lombaire. Ses irradiations sont
descendantes: la douleur contourne le flanc et atteint la fosse iliaque, l'aine, les organes génitaux
externes et parfois même la face interne de la cuisse. Le début de la colique néphrétique est
brutal, la douleur est paroxystique, frénétique: c'est une crise. La crise de colique néphrétique
s'accompagne de signes digestifs: nausées, vomissements, ballonnement abdominal et parfois
arrêt des gaz. Des signes urinaires peuvent lui être associés: pollakiurie, ténesme vésical (= faux
besoin d'uriner). L'évolution d'une crise de colique néphrétique se caractérise par une alternance
de périodes douloureuses et d'accalmie. Parfois les récidives douloureuses sont très rapprochées
dans le temps et intriquées déterminant un " état de mal néphrétique"
La douleur d'origine urétérale réalise la colique néphrétique, lorsque la cause en est une
obstruction de l'uretère.
Douleur vésicale.
La douleur vésicale est hypogastrique ou pelvienne. Elle est de type continue ou paroxystique,
selon les cas. Elle s'associe à des troubles mictionnels:
- besoin intense mais impossibilité d'uriner (cas de rétention urinaire aiguë), due à une
obstruction du col vésical ou de l'urètre; la douleur est continue
- besoin et émission d'urine trop fréquents (pollakiurie), due à une inflammation , un cancer
infiltrant, irritation par une corps étranger, un calcul
- besoins fréquents sans émission d'urine parce que , il n 'y a pas assez d'urine dans la vessie (faux
besoin) , due à une irritation vésicale.
La douleur prostatique est pelvienne mais peut se projeter à la région lombaire (fosse et colonne
lombaires) et au périnée. L'inflammation, et le cancer la déterminent. Des troubles mictionnels et
sexuels lui sont souvent associés.
Douleur de la verge
Elle se manifeste sur une verge flasque ou sur une verge érection
Sur une verge flasque, la douleur est le fait de lésions diverses: inflammatoire (lésions
dermatologiques infectées ou non: ulcères...), tumorales, traumatique...
La douleur de la verge peut ne survenir que sur une verge érigée lors d'une stimulation sexuelle
(dans les atteintes dégénératives des corps caverneux)
L'érection peut se produire en dehors de toute stimulation sexuelle, être permanente et
douloureuse déterminant le priapisme.
Douleurs scrotales
Elle est déterminée par les atteintes des organes inclus dans les bourses.
Les douleurs testiculaires peuvent être de survenue brutale, intense et permanente dans les états
ischémiques (torsion du cordon spermatique, thrombose de l'artère testiculaire), d'installation
insidieuses dans les inflammations et tumeurs malignes avancées
Les douleurs scrotales peuvent être due aux infections épididymaires ou aux inflammations des
bourses.
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Organomégalie
Cependant le patient urologique ne consulte pas seulement pour les augmentations de volume
d'organes urogénitaux mais aussi pour celle d'autres organes: ganglions (grosse adénopathie de
Troisier...), membres (oedème de membre inférieur, éléphantiasis) , autres viscères
Troubles de la température
La fièvre est un symptôme isolé ou associé à d'autres: douleur, organomégalie. Elle est le fait de
différents mécanismes: sepsis à porte d'entrée urologique, infection des parenchymes (rein,
prostate, testicule), stase urinaire infectée ( cavités pyélocalicielles, vessie), stase spermatique
infectée (épididymes), inflammation non infectieuse, nécrose tumorale infectée ou non, nécrose
ischémique, syndrome paranéoplasique . La fièvre prend divers aspects classiques: continu,
intermittent...
Le patient urologique peut présenter à l'opposé une hypothermie, notamment dans les sepsis à
porte d'entrée urologique, à bactéries gram -.
Troubles génitaux .
Troubles mictionnels
Les troubles mictionnels procèdent de différents mécanismes qui permettent de répartir ces
troubles en 3 groupes:
- Les troubles irritatifs. L'irritation vésicale est le fait de l'inflammation, de lésion nerveuse ( de
type irritatif), des tumeurs malignes, de trouble psychiatrique (anxiété...) Les troubles irritatifs
sont: l'impériosité (= miction impérieuse), la mictalgie, la pollakiurie, la nycturie
- Les troubles obstructifs. Ces troubles sont dus à un obstacle à l'écoulement de l'urine situé au
col vésical ou dans l'urètre. Ils comprennent
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Trouble de la diurèse
La diurèse est la quantité d'urine émise par unité de temps: en pratique, l'heure et les 24 heures . Il
s'agit de l'urine retrouvée dans la vessie, évacuée au dehors ou non par celle-ci. L'élimination de
l'urine par les deux reins chez l'adulte est en moyenne de 0,5 à 1 ml /min ; la diurèse horaire est
donc de 30 à 60 ml, la diurèse des 24 heures de 1250 + 250 ml.
Les troubles de la diurèse expriment un dysfonctionnement du haut-appareil urinaire (rein et
uretère) affectant la secrétions de l'urine par le parenchyme rénal et/ou l'excrétion (évacuation de
l'urine vers la vessie) par la voie excrétrice (cavités pyélocalicielles et uretères). Les troubles de
diurèse ne doivent pas être confondues avec ceux de la miction (troubles mictionnels décrits ci-
dessus) qui caractérisent un dysfonctionnement du bas-appareil urinaire.
Les troubles de diurèse se distinguent en troubles par excès et par défaut.
Le trouble unique par excès, ou polyurie, est toute diurèse des 24 heures de plus de 2000 ml. En
Urologie, la polyurie se produit dans le syndrome de levée d'obstacle (diurèse excessive de
mécanisme complexe, mais au minimum osmotique à l'urée à la suite de la suppression d'un
obstacle sur la voie excrétrice (obstacle sur rein unique ou obstacle bilatéral )
Les troubles par défaut se définissent par toute diurèse des 24 heures inférieure à 800 ml. De 800
ml à 100 ml , on parle d'oligurie, de 100 ml à 0 ml d'anurie. Ces troubles sont liées à des causes
prérénales, rénales et postrénales. Les causes les plus fréquentes en Urologie sont post-rénales,
par définition les obstructions bilatérales de la voie excrétrice, ou unilatérale sur rein unique. Ceci
ne signifie pas qu'il n'existe pas de causes prérénales urologiques (thrombose de l'artère rénale...)
et rénale (néphrectomie de rein unique, cancer rénal
L'aspect des secrétions de l'appareil urinaire et génital mâle: urine, sperme, liquide prostatique se
modifie dans certaines conditions pathologiques.
L'urine normale est transparente (on doit bien voir à travers elle), limpide (l'urine ne contient pas
de corps étranger), jaune paille, inodore. Les états pathologiques sont:
- la couleur rouge des urines correspondant à l'hématurie ou mélange d'urine et de sang (= perte
de la couleur normale et de la transparence),
- la couleur autre que la couleur rouge déterminée par la pyurie (émission d'urine mélangée au
pus), la pneumaturie (présence de bulles d'air dans l'urine), la fécalurie (mélange de matières
fécales à l'urine), la chylurie (mélange du liquide lymphatique à l'urine). Sauf dans la chylurie
une telle urine, peut être malodorante
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L'hématurie.
L'hématurie est due à la présence de nombreuses hématies dans l'urine. Elle est macroscopique
(reconnaissable à l’œil nu, et répondant parfaitement à la définition ci-dessus parce que l'urine
est rouge) ou microscopique (reconnaissable seulement au laboratoire, parce que l'urine a un
aspect macroscopique normale.
L'hématurie macroscopique doit être différenciée des autres colorations rouges de l'urine dont les
causes sont nombreuses: médicamenteuse, alimentaire, métabolique, pigmentaire (Hémoglobine,
Myoglobine). Cette discrimination est clinique: l'hématurie lorsqu'elle est massive s'accompagne
de caillot, alors dans les autres colorations rouges , il n'y a pas de caillot. En l'absence de caillot,
on affirme l'hématurie à l'examen microscopique qui met en évidence des hématies.
L'hématurie peut être initiale, ne se retrouvant que dans les premières urines; terminale, retrouvée
seulement à la fin de la miction; ou totale, se manifestant tout au long de la miction. La
chronologie de l'hématurie est classiquement liée à sa source dans l'arbre urinaire: l'hématurie
initiale est d'origine urétrale, l'hématurie terminale d'origine vésicale, et l'hématurie totale
d'origine rénale. Cependant lorsque l'hématurie est massive et totale, l'on ne peut préjuger de son
origine.
La pyurie
La pyurie est déterminée par une présence de leucocytes en grand nombre dans l'urine. Elle
altère la limpidité de l'urine à des degrés divers en fonction de son importance. Minime, la pyurie
ne se manifeste pas à l’œil nu, elle se reconnaît seulement à l'examen microscopique . Importante,
elle est reconnue par ses divers aspects: urine louche (envahie par d'innombrables petits
filaments, à peine perceptibles) , urine franchement trouble (sale) , aspect dépoli (couleur du
pastis coupé d'eau), boue...
La pyurie doit être différentiée d'autres aspects troubles de l'urine:
- chez la femme , des sécrétions vulvo-vaginales (nécessité de prélever l'urine après une bonne
toilette vaginale.
- la phosphaturie. Dans ce cas, les urines s'éclaircissent au contact de quelques gouttes d'acide
acétique
- l'uraturie. Ici, les urines s'éclaircissent au chauffage
- la chylurie. Cf infra
La pneumaturie.
Elle est le fait d'infection urinaire par des agents microbiens producteurs de gaz, de
communication anormales entre les voies urinaires et l'intestin (fistules urodigestives), de
manipulations endoscopiques.
La fécalurie
Sa seule origine est la fistule urodigestive. L'aspect de l'urine est fécaloïde. L'odeur en est
évocatrice. la fécalurie s'associe en règle à la pneumaturie.
La chylurie.
Elle résulte d'une ouverture pathologique des voies lymphatiques dans la voie excrétrice. Les
causes en sont variées: parasitaire (filariose, W Bancrofti; heminthiases...), micobienne, tumorale,
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traumatique... L'urine dans la chylurie est blanchâtre, laiteuse. Elle peut comporter des caillots
lymphatiques
Le sperme normal est lié (visqueux) et d'aspect blanchâtre immédiatement après son émission,
mais quelques minutes plus tard, il se liquéfie devenant clair. Le sperme émis est appelé éjaculât.
En condition pathologique,
- l'éjaculât est purulent , mêlé de pus . C'est la pyospermie due aux infections des voies séminales
(glandes séminales, prostate)
- l'éjaculât peut être sanglant, mêlé au sang. C'est l'hémospermie, rencontrée dans les infections
et cancers des vésicules séminales et prostatiques
Les secrétions prostatiques, incolores, sont émises de manière continue en petite quantité dans
l'urètre postérieur en dehors de l'éjaculation, normalement. Ces secrétions s'évacuent lors des
mictions en même temps que l'urine. En condition pathologique, les secrétions prostatiques
s'écoulent par le méat urétral, en dehors des mictions et de l'éjaculation. C'est la prostatorrhée,
manifeste lors de la défécation, faite de liquide prostatique trouble. Cette turbulence est variable,
allant d'un aspect simplement louche à un liquide franchement purulent. La prostatorrhée est un
signe de prostatite chronique.
En l'état normal, il ne s'écoule pas de liquide par le méat urétral. Tout écoulement de fluide en
dehors de miction est anormal:
-L'urétrorragie désigne cet écoulement lorsqu'il est constitué de sang. Les traumatismes, les
tumeurs , la lithiase sont des causes les plus fréquentes de l'urétrorragie
- Cet écoulement peut être du pus, signe d'infection urétrale
- Parfois cet écoulement est constitué par des petites pertes séreuses. Il s'agit dans ce cas
d'inflammation non infectieuse (persistance de l'irritation urétrale après une urétrite infectieuse,
réalisant la "goutte matinale"), d'infection urétrale sub-aiguë.
Autres signes
De nombreux autres signes, non spécifiques cependant, sont des manifestations d'affections
urologiques:
hypertension artérielle sous diverses formes: continue, paroxystique..., oedème facial, de
membre, varices de membres inférieurs, thrombophlébite, obésité...Pour en connaître le
mécanisme, il faut les intégrer dans le contexte vaste du diagnostic: interrogatoire, examen
clinique et examens complémentaires
Ces étapes ne sont pas spécifiques à l'Urologie, mais doivent être accomplies pour le diagnostic
positif, mais aussi pour l'évaluation générale du patient qui va être soumis à l'anesthésie et au
traitement chirurgical.
L'examen physique est complet: chaque système de l'organisme est examiné. Le patient , ayant
vidé sa vessie depuis peu, entièrement dévêtu, est examiné debout puis couché. L'inspection,
l'auscultation, la palpation, la percussion sont les différents temps de l'examen physique, réalisée
simultanément pour chaque système examiné .
1.2.1. Inspection
1.2.2. Auscultation
On ausculte encore les axes vasculaires construits (accès vasculaires chez patients insuffisants
rénaux sous hémodialyse) mais aussi les organomégalies
Les données obtenues lors de la palpations sont très diverse: les unes sont typiques, les autres
atypiques variant avec la présentation cliniques des différentes affections. Nous ne donnons ici
que les plus typiques
Les organomégalies
La palpation du rein est bimanuelle. Le praticien se place du côté du rein examiné. Le patient est
en décubitus dorsal, les cuisses fléchies sur le bassin; il peut être exceptionnellement en décubitus
latéral sur le côté sain. Un gros rein est reconnaissable à la palpation par deux signes:
- le contact lombaire. La masse rénale est perçue par la main gauche dans la fosse lombaire (elle
pèse sur cette main) lors d'une pression de la main droite sur le flanc homolatérale
- le ballottement rénal. Il consiste à soulever brusquement la masse avec la main placée dans la
fosse lombaire, cette main recueille le choc de la tumeur. C'est un bon signe de mégalie rénale.
Mais toute tumeur qui ballotte n'est pas une tumeur rénale d'une part, d'autre part une tumeur
rénale peut ne pas ballotter si elle est fixée aux éléments anatomiques voisins (cancer avancé,
inflammation)
Le rein tumoral est mât à la percussion
La douleur provoquée à la palpation indique la présence d'une affection sur certains organes
2. EXPLORATIONS PARACLINIQUES
Ces explorations se repartissent 4 groupes: les explorations biologiques, l'Imagerie médicale, les
explorations endoscopiques, les explorations urodynamiques
- La fonction rénale
Elle est mesurée par le dosage plasmatique de l'urée et de la créatinine, sur un échantillon de sang
veineux. Une telle analyse renseigne sur la fonction rénale globale (= des 2 reins). Les valeurs
normales sont pour l'urée de < 40 mg % et pour la créatinine de < 15 mg % 0. La fonction rénale
se mesure mieux par la clearance de la créatinine. La technique classique de la détermination de
la clearance est complexe, de sorte qu'en pratique courante la clearance est établie grâce à
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certaines formules comme celle de Cocrock à partir du taux de créatinine. On parle dès lors de
clearance calculée. La valeur normale de la clearance est de 100 + 20 ml /min
Lorsque est envisagée une néphrectomie (suppression chirurgicale d'un rein), la fonction de
chaque rein doit être connue: on parle alors de fonction rénale séparée. Celle-ci est exprimée par
la clearance de la créatinine dont la valeur normale est de 50 + 10 ml /min (soit la moitié de la
fonction globale). On obtient la clearance de chaque rein par des analyses d'urine séparée des
reins. L'urine de chaque rein est obtenue en y plaçant des sondes urinaires.
La fonction rénale, globale ou séparée, peut être obtenue aussi par des méthodes non biologiques,
l'Imagerie médicale notamment: urographie intraveineuse, échographie, et mieux les explorations
isotopiques (vide infra).
Les explorations cytologiques et bactériologiques sont réalisés sur 3 produits biologiques: l'urine,
le liquide prostatique obtenu par massage et le sperme. Les explorations cytologiques permettent
d'identifier les cellules en nombre anormal sur les 3 produits biologiques. La bactériologie y met
en évidence les bactéries. En pratique:
*Un sédiment urinaire qui permet de mettrent en évidence des hématies (GR) et des leucocytes
(GB), des cylindres, des cellules épithéliales et bactéries. C'est la cytologie ou études des cellules.
Nous omettons dans ce cours l'études des cylindres et des cellules épithéliales exposée en
Néphrologie
Le nombre de GR doit être inférieur 2000/ ml ou 2-4 / champ microscopique au plus fort
grossissement . Plus que des valeurs normales, le nombre de GR devient pathologique et
correspond à une hématurie.
Le nombre de GB doit être inférieur 5000/ ml , soit 8-10 / champ microscopique. Plus que ces
valeurs normales, le nombre de GB devient pathologique et correspond à une pyurie
(leucocyturie significative).
*Un examen bactériologique exécutable en deux étapes. Une 1ère étape est l'examen direct des
bactérie vue au sédiment urinaire, après coloration particulière: gram (pour les germes banales,
Ziehl (pour les mycobactérie). Une 2 è étape est la culture (= uroculture) sur des milieux
appropriés: gélose au sang, Mc Conquey, et pour les mycobactéries Lowenwtesin, Bactoc. La
culture identifie et compte les bactéries. Elle complétée par un antibiogramme.
SEMANTIQUE. Lorsque on recherche une infection urinaire, on réalise un examen
cytobactériologique urinaire ou ECBU, comprenant obligatoire un sédiment urinaire (Cytologie )
et une uroculture (Bactériologie).
21
1. Le cliché d’abdomen sans préparation précède toute UIV, et comprend tout l’appareil
urinaire (de la 11ème côte au pubis), à vessie vide (après avoir fait uriner le patient
immédiatement avant) .
Il permet la recherche d’anomalies osseuses, la recherche de calcifications anormales se
projetant sur le tractus urinaire ; la qualité du cliché (milli-ampérage et kilovoltage choisis
par le radiologue) est correcte lorsque les tonalités fondamentales (air, graisse, eau, calcium)
sont bien visualisées : l’ombre du psoas et les contours du reins sont visibles.
Les clichés sont minutés en référence au début de l’injection ; ce minutage permet une
appréciation fonctionnelle des reins.
Différents temps sont analysés systématiquement et une comparaison entre les deux côtés est
réalisées :
- temps néphropatique, réalisé dans la première minute suivant l’injection, lorsque le
produit se répand dans le réseau vasculaire parenchymateux puis est filtré par les
glomérules. Une asymétrie peut être liée à un problème artériel rénal.
- 4 à 6 clichés sont ensuite réalisés à intervalles réguliers (en moyenne toutes les 5 mn)
pour visualiser la morphologie et la dynamique de la voie excrétrice supérieure.
- Les clichés pré-, per et post-mictionnels, sont réalisés plus d’une heure après l’injection.
Le cliché post-mictionnel doit réalisé immédiatement après la miction.
22
Néphrotomographies
Cette technique permet d’effacer partiellement les structures en avant et en arrière
des reins et une analyse plus fine :
- des calcifications des aires rénales sur les clichés avant injection
- du parenchyme rénal au temps néphrographique
- parfois du pédicule artériel rénal aux temps très précoces
Ces clichés, très utilisés autrefois, sont actuellement plus que contestables sur le plan de
l’irradiation.
Clichés tardifs, jusqu’à plus de 24 heures après injection, nécessaire dans certains
syndromes obstructifs avec important retard de sécrétion et néphrogramme
persistant.
La compression urétérale, appliquée par un ballon ou une sangle abdominale qui comprime
temporairement les uretère en regard du promontoire permet de dilater et de mieux visualiser les
cavités hautes lorsqu’elles sont mal remplies (contre-indiquée en cas de colique néphrétique,
d’anévrisme de l’aorte).
De plus cette compression diminue l’épaisseur, donc le rayonnement diffusé et bloque les
mouvements respiratoires abdominaux, diminuant d’autant le flou cinétique.
Les premiers produits de contraste mono-iodés datent de 1928, diiodés de 1930, les triiodés
modernes, hydrosolubles, datent des années 1950, au départ de haute osmolalité HOCM (high
osmolality contrast media),puis depuis 1977 de basse osmolalité (LOCM). S’il n’est pas prouvé
que les uns apportent une supériorité diagnostique par rapport aux autres, ils se différencient par
leur toxicité générale ou locale (très faible pour les LOCM) et leur prix (LOCM > HOCM).
Après injection intra-veineuse, le produit iodé diffuse au niveau artériel, est filtré par les
glomérules, puis il est concentré dans les tubules proximaux, par réabsorption de l’eau. Dans le
tubule distal se produit une dilution par diurèse osmotique liée à l’hyperosmolarité du produit de
23
contraste. Le produit est ensuite éliminé dans la voie excrétrice urinaire ; les papilles au fond des
calices sont atteintes 2 à 3 mn après l’injection.
L’ aspect des cavités varie selon le type de produit de contraste utilisé : avec les produits
« classiques » hyperosmolaires, la diurèse induite explique des cavités « trop belles » ou de faible
osmolalité, la diurèse induite est faible, le contraste des images est meilleur et le péristaltisme
urétéral est toujours visible.
2.2.2.2.1. Principes.
Opacification de l’artère rénale par injection d’un produit de contraste en intra-artériel, cette
exploration est rarement utilisée actuellement, à titre diagnostique, en raison des progrès des
autres méthodes d’imagerie (TDM, IRM, Doppler couleur).
2.2.2.2. Techniques
La voie de Dos Santos consistait en une ponction directe de l’aorte abdominale sus-rénale à
l’aiguille ; elle permettait une aortographie sans possibilité de cathétérisme sélectif des rénales.
Son caractère invasif, chez un patient sous anesthésie en procubitus explique son abandon
complet au profit de la voie rétrograde.
• Par ponction artérielle au niveau fémoral (ou parfois huméral), sous anesthésie locale, et après
mise en place d’un tube guide au point de ponction (Desilet), un cathéter peut être monté en
rétrograde jusqu’au dessus de l’émergence des artères rénales. Après réalisation d’une
aortographie globale qui permet de repérer les ostia des artères rénales, un cathétérisme sélectif
peut être réalisé pour effectuer une artériographie rénale sélective, apportant des images de
meilleur qualité pour des quantités de produit de contraste plus faible.
• Des gestes complémentaires endo-luminaux peuvent être associés comme une embolisation
sélective ou une engioplastie avec mise en place de stent ; l’injection intra-artérielle
d’angiotensine avait été proposée pour tenter d’affiner le diagnostic d’hypervascularistion
tumorale.
• Pour visualiser les différentes branches artérielles, différentes incidences sont réalisées : face,
face vraie, profil, profil vrai de rein.
Elle a bénéficié des mêmes importants progrès du matériel qu’en cardiologie interventionnelle
(guides, cathéters …), d’une amélioration de la radioprotection, de l’utilisation de nouveaux
produits de contraste.
Avec les progrès des angio-IRM, angio-scanner et échographie Doppler, les indications de
l’artériographie rénale sont en pratique limitées aux gestes thérapeutiques endovasculaires :
2.2.3. Lymphographie
2.2.3.1.Technique
Opacification bilatérale du réseau lymphatique au moyen d’un produit de contraste iodé,
liposoluble, injectés dans les lymphatiques du dos du pied. L’injection préalable de bleu de
méthylène en sous-cutané permettait le repérage des lymphatiques et facilitait leur cathéterisme.
Les clichés étaient réalisés sur deux jours (J1 : temps canalaire ; J2 : temps ganglionnaire).
Ils permettaient une visualisation des lymphatiques des membres inférieurs, iliaques externes et
primitifs (les iliaques internes et obturateurs ne sont pas opacifiés), lombaires et du canal
thoracique.
2. Indications
Autrefois examen de référence dans le bilan d’extension des tumeurs du testicule, la
lymphographie n’est pratiquement plus réalisée, les autres explorations morphologiques (scanner,
IRM) apportant des informations équivalentes, avec un caractère invasif moindre [3,4].
L’avantage théorique de la lymphographie était sa capacité à objectiver des atteintes focales dans
des ganglions non hypertrophiés.
2.2.4. Cavographie
Il s’agit d’une opacification du réseau veineux abdominal profond par injection percutanée d’iode
dans les deux veines fémorales.
Les progrès considérables des autres méthodes d’imagerie (TDM, IRM, Echographie abdominale
et cardiaque) rendent cette technique obsolète.
Les indications en cancérologie urologique étaient représentées par les bilans d’extension
veineuses de tumeurs rénales ou testiculaires.
Cette technique permettait une opacification des veines iliaques externes, primitives et de la VCI.
Les veines iliaques internes n’étaient pas explorées.
L’exploration de la veine cave sus-rénale était souvent difficile du fait du flux veineux rénal non
opacifié venant se mélanger au produit de contraste et créer de fausses images lacunaires.
L’exploration du pôle supérieur du thrombus cave en était rendu aléatoire.
25
L’UPR est une opacification rétrograde de l’uretère et des cavités pyélo-calicielles réalisée par
cathétérisme des orifices urétéraux lors d’une cystocopie.
L’orifice urétéral est cathétérisée par une sonde à embout olivaire (sonde urétérale de Chevassu)
et une injection rétrograde de faible pression opacifie l’uretère puis les cavités pyélo-calicielles.
Il nécessite l’utilisation d’un endoscope rigide (dont le canal opérateur admet la sonde urétérale),
ce qui est désagréable, particulièrement chez l’homme.
L’augmentation de pression dans les cavités peut par ailleurs déclencher une douleur de type
colique néphrétique.
Pour ces raisons et avec la disparition progressive des tables d’examen radiologique dédiées à
l’urologie, l’UPR est de plus réalisé au bloc opératoire comme premier temps opératoire d’un
geste endoscopique sur le haut appareil. L’utilisation d’un appareil de radioscopie permet de
visualiser l’ensemble de l’arbre urinaire sur plusieurs clichés, malheureusement de moins bonne
qualité.
A condition de réaliser l’injection dans les cavités sans hyperpression ni extravasion, l’examen
peut être réalisé chez les patients allergiques à l’iode.
L’opacification antégrade des voies urinaires nécessite la mise en place préalable d’une
néphrostomie percutanée (NPC).
L’opacification descendante des cavités pyélo-calicielles et de l’uretère peut ensuite être réalisée
au bloc opératoire ou dans le service de radiologie.
Elle est intéressante dans le bilan d’obstacles de la voie excrétrice lorsque l’opacification
rétrograde n’est pas réalisable et peut être un premier temps thérapeutique de drainage des cavités
rén
2.2.8. Echographie
2.2.8.1. Définition
Ultrasons = rayonnement vibratoire mécanique constitué par des vibrations acoustiques qui se
dans la matière du fait de son élasticité. Leur fréquence est située au dessus du seuil de fréquence
audible par l’oreille humaine (ultrasons).
A l’inverse, la traversée du cristal par l’écho réfléchi crée une différence de potentiel qui peut être
enregistrée : c’est le signal échographique.
Le même élément peut donc être à la fois émetteur et récepteur. La vitesse de propagation des
ultrasons dans le corps étant connue (1540 m /sec), la mesure du temps écoulé entre le départ et le
retour de l’onde permet de calculer la distance entre la sonde et la surface sur laquelle le faisceau
s’est réfléchi.
1. Echographie A
elle est la première en date à avoir été utilisée (détection du déplacement de l’écho médian du
cerveau en cas de tumeur ou d’hématome).
Elle permet une mesure unidimentionnelle, sur une seule ligne, de la distance (c’est-à-dire de la
durée aller-retour du faisceau ultrasonore) entre la sonde et l’obstacle rencontré.
2 . Echographie B
Ce mode est le plus répandu actuellement ; il fournit les en coupe du corps humain.
Les courbes obtenues de la même façon qu’en mode A sont traduites sur l’écran sous la forme de
points de brillance plus ou moins intenses. Le déplacement (balayage) autrefois manuel est
maintenant réalisé de façon automatique en une fraction de seconde par la sonde elle-même et
permet l’enregistrement de multiples courbes de mode A juxtaposées et de reconstruire une
image bidimensionnelle par sommation de tous les points de brillance.
L’échelle des gris a amélioré la qualité des images en nuançant l’aspect de chaque interférence en
fonction de son impédance :
Actuellement, les images sont représentées en 64 niveaux de gris (alors que l’œil humain peine à
en distinguer 32 !).
Une seule ligne d’échos est recueillie en mode A, mais enregistrée en continu (échelle temps), et
imprimée sur papier d’enregistrement déroulant.
3. Echographie Doppler
L’effet Doppler est la modification de fréquence du son perçu par un observateur lorsque la
source sonore est en mouvement par rapport à celui-ci : la fréquence perçue par l’observateur est
différente de la fréquence émise ; elle augmente si la source et l’observateur se rapprochent, et
diminue s’ils s’éloignent.
Ce phénomène a été prouvé scientifiquement en asseyant un saxophoniste sur le toit d’un train,
jouant une note continue (un « la ») ; l’observateur entendait une note plus aiguë (un « si ») avant
l’arrivée du train, et une note plus grave (un « sol » ou un « fa ») pendant que le train s’éloignait.
Lorsqu’un faisceau ultrasonore (US), émis par une source, traverse des tissus biologiques, il
rencontre un certain nombre de cibles, ou interfaces fixes. La fréquence réfléchie par ces cibles
est identique à la fréquence émise : on qu’il n’y a pas de différence entre la fréquence émise
d’émission (Fo) et la fréquence de réception (Fr).
Si la cible se déplace, comme les globules blancs du sang circulant, il se produit une modification
de la fréquence du faisceau réfléchi :
Fr = Fo + ∆F
b) Doppler continu
Une sonde comportant deux cristaux, l’un émetteur, l’autre récepteur, est dirigée sur un vaisseau
et ses globules rouges circulants.
L’angle Doppler est l’angle entre l’axe du faisceau US et l’axe de déplacement de la cible ; le
cosinus de cet angle entre dans l’équation Doppler. La mesure de celui-ci est indispensable pour
pouvoir réaliser un calcul de la vitesse circulatoire.
c) L’analyse spectrale
Alors qu’en Doppler continu les fréquences sont représentées par des sons, ce qui nécessite une
bonne oreille de la part de l’opérateur, l’analyse spectrale traduit graphiquement les fréquences
enregistrées.
- en abscisse le temps
- en ordonnée la fréquence
- en surbrillance l’intensité
d) Doppler pulsé
Il est obtenu en substituant à l’émission continue précédente un train d’ondes suffisamment bref
pour pouvoir discriminer les échos selon la profondeur comme en échographie B.
Les points soulignés pour le Doppler continu restent valables mais on remarque le signal Doppler
à la fréquence Df n’est connu qu’à partir d’échantillons prélevés de façon discontinue (un
échantillon après chaque tir) : cela explique la limitation du Doppler pulsé lorsque la fréquence
des échantillons (= PRF) est trop faible par rapport à la fréquence Df que l’on veut mesurer
(phénomène d’aliasing).
Une limitation porte également sur la profondeur de tissu explorable, car le temps nécessaire à un
aller-retour du train d’onde doit rester inférieur à celui séparant deux échos (pour un décalage
Doppler de 5KHz, la profondeur explorable est de 8cm).
e) Doppler couleur
29
Le Doppler couleur est une extension du principe du Doppler pulsé à une partie de l’image,
librement choisie par l’opérateur : on ajoute à l’image échographique en temps réel une imagerie
Doppler en temps réel.
Le codage des fréquences Doppler obtenu en chaque point de chaque ligne de cette fenêtre
permet de visualiser les flux circulants ; par convention, les flux se dirigeant vers la sonde sont
codés en rouge et ceux s’en éloignant en bleu. Ce qui est codé en rouge ne correspond donc pas
forcément à un flux artériel ! (un flux veineux peut être codé en rouge s’il se dirige vers la sonde)
Une couleur est d’autant plus clair que les vitesses sont élevées.
Le principal artéfact en Doppler couleur est appelé aliasing : il est créé lorsque le choix d’une
échelle de vitesses ne permet pas le codage de vitesses trop élevées : celles-ci apparaîssent alors
codées en couleurs inverses. (on y remédie en augmentant l’échelle de vitesses).
L’effet Doppler n’est pas analysé en termes de fréquence, mais en termes d’amplitude globale du
signal.
Le Doppler puissance a une meilleur sensibilité aux flux, en particulier dans les angles élevés,
mais donne peu d’informations dynamiques et en particulier pas le sens des flux, à la différence
du Doppler couleur qui visualise les profils de vitesse des vaisseaux.
1. Echographie testiculaire
S’agissant d’un organe très superficiel, de petite taille, les sondes de hautes fréquences (7,5 – 20
MHz) trouvent ici une application idéale.
2. Echographie abdominale
Les reins, organes profonds, sont explorés grâce à des sondes de basse fréquence (3 – 5MHz).
L’examen Doppler du pédicule rénal n’est pas toujours possible.
La vessie est explorée avec les mêmes sondes basse fréquence (3 – 5 MHz) ; la visualisation de la
prostate par voie sus-pubienne est uniquement possible s’il existe une interface liquidienne au
niveau de la vessie ; elle est assez grossière, ne permettant qu’une appréciation de volume sans
analyse de l’échostructure interne à la glande.
30
Le « Bladderscan® » est un appareil portable, exclusivement utilisé pour la mesure d’un volume
vésical (résidu post-mictionnel, globe…), mais qui remplit ce rôle aves fiabilité.
3. Echographie endorectale
Compte tenu de la proximité de l’organe exploré on utilise des sondes de haute fréquence,
monoplan ou biplan deux transducteurs ou barettes courbes perpendiculaires ou multiplan (le
transducteur en tête de sonde tourne de façon mécanique). C’est de loin la technique la plus
employée pour l’exploration fine de la prostate.
a) Endovésicale
Réalisée avec une sonde échographique de calibre suffisamment fin (9 F voire 7,2 F) pour passer
dans l’urèthre, cette exploration est difficile à réaliser sans anesthésie chez l’homme. Les images
obtenues sont de bonnes qualités grâce à la possibilité d’utiliser des hautes fréquences. Cette
technique a été proposée pour le bilan de tumeurs de vessie mais est rapidement limitée dès que
la tumeur est volumineuse ou infiltrante.
b) Endourétérale
Des sondes échographiques dont certaines à usage unique ont été développées pour l’exploration
de la paroi urétérale et des quelques millimètres de tissu l’environnant. La sonde (de 5 à 10 F) est
mise en place sous endoscopie après une UPR. La technique a été expérimentée dans le bilan de
lacunes du haut appareil, de syndromes de la jonction pyélo-urétérale (à la recherche d’un
pédicule polaire).
c) Endovaginale
L’exploration des organes pelviens féminins par voie vaginale utilise le même type de sonde que
l’exploration prostatique.
d) Endo-oesophagienne
Examen du domaine de la cardiologie, l’échographie endo-oesophagienne a parfois une
indication en cas de thrombus de la veine cave dont l’extrémité supérieure est mal identifiable sur
les autres examens. L’exploration des cavités cardiaques par cette voie peut être un complément
pour identifier une extension dans l’oreillette droite.
5. Echographie per-opératoire
En per-opératoire il est possible d’utiliser des sondes de haute fréquence qui, amenées au contact
de l’organe, en permettent une visualisation plus fine que toutes les échographies externes.
La chirurgie conservatrice rénale en a été la première bénéficiaire, car elle permet de mieux voir
les limites d’exérèse et de dépister d’éventuelles lésions satellites.
Elle a pu également être proposée pour l’exploration per-opératoire testiculaire pour les cas de
lésions découvertes en échographie mais non palpables.
31
Chapitre VI TOMODENSITOMETRIE
I. Généralités
1. Définition
2. Terminologie
• Définitions
Ce sont les modifications des modes d’acquisition qui définissent les différentes générations de
scanners.
1. Mode incrémental
- Chaque coupe est obtenue alors que le patient est fixe : le tube et les détecteurs effectuent une
rotation de 360° autour du patient. Cette rotation s’effectue en 1 à 4 secondes en fonction du
choix de l’opérateur et des capacités de la machine.
- Les coupes sont obtenues les unes à la suite des autres.
32
Plusieurs minutes sont nécessaires pour explorer un volume. Le volume n’est pas explorable en
une apnée artefacts respiratoires.
La rotation continue du statif (qui supporte le tube et les détecteurs), l’émission des rayons X et
l’avance concomitante de la table d’examen aboutissent à l’acquisition hélicoïdale.
- tout le volume est étudié en une seule phase qui dure environ 30 secondes (une apnée)
- le tube et le détecteur tournent sans interruption (chaque rotation dure de 0,5 à 0,42
seconde) pendant l’émission des rayons X et la table d’examen avance de façon continue.
- On explore ainsi un volume.
- Des coupes peuvent être reconstruites en tout point du volume exploré.
- Avantage : vitesse d’acquisition, avec pour conséquences :
Il s’agit d’une évolution technologique majeure : les nouveaux systèmes de détection permettent
une augmentation de la vitesse de la table et de la rotation du tube à rayons X (0,5 seconde)
Une rotation de 0,5 sec couvre en effet un volume deux fois plus long qu’une acquisition produite
avec une rotation de 1 sec. Cette vitesse de rotation accrue permet également d’améliorer la
résolution temporelle et de réduire les artefacts cinétiques.
Cependant, l’augmentation des vitesses de rotation est un véritable enjeu technologique, puisque
pour passer d’une durée de 0,5 à 0,4 sec par tour, les accélérations centrifuges subies par les
éléments en rotation passent de 13 à 21 G !
Au Japon existerait déjà un appareil constitué de 256 rangées de détecteurs. Ce système permet
de couvrir 12,8 cm par rotation de tube !
- le volume couvert par unité de temps est environ quatre fois plus important, ce qui réduit
d’autant les temps d’acquisition et permet de limiter la quantité de produit de contraste
injecté et l’exploration des structures mobiles (le rein peut aujourd’hui être exploré en
moins de 5 sec et un abdomen en 10 sec)
- il améliore la résolution spaciale longitudinale (permettant une exploration de volumes
importants sans sacrifier la qualité d’image).
- L’épaisseur de coupe peut être déterminée rétrospectivement (plusieurs épaisseurs de
coupe sont réalisables a posteriori à partir d’une seule acquisition en coupe fine, en
fonction des anomalies mises en évidence).
4. Fluoroscanner
Il permet avec les scanners de dernière génération de visualiser, en temps réel ou presque, la
position et le déplacement d’une aiguille sur un écran disposé dans la salle d’examen.
Le suivi de l’aiguille est basé sur le renouvellement parcellaire, tous les 30°, des données prises
en compte pour la reconstruction des coupes. Un algorithme de reconstruction rapide reconstruit
les images de façon très rapide, sur un processeur dédié. Trois images apparaissent
simultanément à l’écran : une en dessous du point de visée, une à son niveau et une au dessus, ce
qui permet de parfaitement contrôler le trajet de l’aiguille.
Chapitre VII
IRM des voies urinaires
I. Introduction
Les méthodes d’imagerie ont subi des modifications spectaculaires au cour des 10 dernières
années, avec toujours une certaine « concurrence » entre les techniques d’IRM et de
tomodensitométrie.
Il avait été annoncé à la fin des années 1980 une disparition à court terme du scanner, au profit
d’un « raz de marée » IRM.
L’IRM par contre, gardait à cette époque des temps d’acquisition longs, entraînant des artefacts
cinétiques lors de l’exploration de structures mobiles ; par contre elle permet l’exploration en
haute résolution des éléments immobiles (pathologie ostéo-articulaire, neurologie).
L’IRM franchit alors le pas du viscéral et offre de nouvelles perspectives pour l’exploration de
l’appareil urinaire…
Contrairement aux rayons X qui traversent le corps humain, en IRM, c’est la matière elle-même
qui émet le signal.
Ce signal est créé en 3 étapes grâce à l’exposition du tissu dans deux champs magnétiques :
35
L’IRM ne concerne actuellement que le noyau d’hydrogène, et donc l’eau, H2O, qui est le
principal constituant du corps humain.
- séquences en pondération T1
le contraste de l’image dépend essentiellement du T1 de chaque tissu
l’injection IV d’un produit de contraste paramagnétique (Gadolinium) raccourcit le T1 des
tissus imprégnés par le produit.
T1 & T2, temps de relaxation longitudinale et transversale, sont des grandeurs physiques :
chaque tissu a son T1 et son T2.
TR (temps de répétition) et TE (temps d’écoute ou d’écho) sont choisis par le radiologue. Ce
sont les paramètres d’acquisition de la séquence.
36
Chapitre VIII
IMAGERIE PAR EMETTEUR DE POSITIONS
L’imagerie par émetteur de positions est une technique d’imagerie de médecine nucléaire, connue
en recherche depuis une vingtaine d’années, utilisant des molécules marquées par un isotope
radioactif émetteur de positons.
MODULE 3
1. Bilharziose urogénitale
1.1. introduction
L’agent pathogène de la bilharziose est un vers plat de la classe des trématodes (douve) à
coprs foliacé non segmenté. Il existe 4 types de bilharziose qui sévissent dans des zones
géographiques bien déterminés :
- le schistosoma haematobium
38
MODULE 1.
Anomalies de nombre
Agénésie rénale
Définition.
L’agénésie rénale est l’absence du rein dont la genèse n’a pas lieu. En cas de
bilatéralité, une telle malformation, généralement associée à d’autres malformations
graves (hypoplasie pulmonaire notamment), n’est pas compatible avec la vie (40 %
de mort-nés, survie 24 à 48 heures dans la majorité des cas, survie maximum connu
39 jours)
1.1.1.2. Bases embryologiques.
L’origine de la malformation est multifactorielle : on cite l’absence de la crête
néphrogénique (absence du blastème métanéphrogène) et le défaut du
développement du bourgeon urétéral ( absence ou arrête de développement) qui
empêche l’induction du développement du blastème métanéphrogène chez l’embryon
1.1.1.3. Anatomie pathologique.
Le rein n’existe L’uretère ne s’est pas développé, ou lorsqu’il s’est développé, il est
borgne
1.1.1.4. Malformations associées
l’agénésie rénales s’associe à d’autres malformations dans des proportions variables :
- malformation de la voie excrétrice : agénésie urétérale, uretère borgne, hémi-trigone
- agénésie homolatérale de la glande surrénale
- anomalies génitales : chez le garçon, cryptorchidie rarement, souvent gonade
normales, mais avec malformation de la vois séminale (dérivé du canal de Wolff),
chez la fillette : malformations des organes génitaux internes dérivant du cala de
Muller) dont agénésie de la trompe, utérus bicorne, atrésie vaginale…
- anomalies d’autres organes. Le syndrome VATER (V= Vertévral ou malformation
vétébrales , A = Anus ou malfromation anorectal, TE = Trachéo-Oesophagien ou
atrésié trachéooesophagienne, R = rein ou malformation rénale) :
1.1.1.5. Clinique
L’agénésie rénale unilatérale isolée est cliniquement muette. On doit la suspecter en
présence d’anomalies congénitales reconnaissables à l’examen physique : chez le
petit garçon, anomalies déérentielleles ou épididymaire…, chez la petite fille
anomalie du vagin ; affections du syndrome VATER… On découvre l’agénésie
rénale lors des explorations d’imagerie médicale prescrite pour d’autres affections
1.1.1.4. Explorations paracliniques.
- Imagerie médicale. L’agénésie rénale est découverte à l’UIV, à l’échographie, la
TDM ou à l’IRM. Elle se caractérise par une loge rénale vide de rein occupée un angle
colique qui est refoulé en arrière
39
Rein surnuméraire
Définition.
La malformation consiste dans le développement d’un 3è rein normalement constitué
1.1.1.2. Bases embryologiques.
La malformation pourrait provenir de la division en 2 fragment d’une ébauche
métanéphrogène dont l’induction se ferait par 2 bourgeons urétéraux différents.
1.1.1.3. Anatomie pathologique.
Le sujet porteur d’un rein surnuméraire possède 2 rein normaux orthotopique. Le 3è
rein a sa vascularisation propre. Son système collecteur est généralement malformé :
uretère branché sur celui du rein normal… Le 3è rein occupe différentes positions par
rapport au rein normal : en dessous souvent, rarement devant, en haut, en arrière de
lui. Il est séparé du rein normal ou lui est attaché par un tissu conjonctif lâche
1.1.1.4. Malformations associées
Le rein surnuméraire est exceptionnellet associé aux malformations d’autres organes:
1.1.1.5. Clinique
Le rein surnuméraire non compliqué est cliniquement muette. Les complication
obstructives : douleurs, infection, masse le révèlent. On découvre Le rein
surnuméraire lors des explorations d’imagerie médicale prescrite pour d’autres
affections lorsque la clinique est muette.
1.1.1.4. Explorations paracliniques.
- Imagerie médicale. Le rein surnuméraire est découvert à l’UIV, à l’échographie, la
TDM ou à l’IRM.
- Endoscopie. La cystoscopie montre un ou 2 orifices urétéraux du coté de la
malformation
1.1.1.5. Traitement.
La néphrectomies est indiquée en cas de complication.
1.1.4.1. Définition.
La dysplasie est une anomalie de développement due une différentiation anormale du
blastème métanéphrogène et caractérisée par un tissu définitif dysmormorphique.
L’anomalie peut être focale, segmentaire ou diffus à tout le rein. ; uni ou bilatérale.
La dsyplapsie rénale compte de nombreuses variétés anatomocliniques
1.1.4.2. Bases embryologiques
L’origine précise de la dysplasie n’est connue. 3 causes sont avancées :
- anomalie d’induction : le bourgeon urétéral n’aborde pas le blastème métanéphrogène à
l’endroit voulu
- théorie de l’obstruction : faute de contact entre les divisions du bourgeon urétérale et les
tubules urifères primitifs, lorsque le rein primitif commemnce à secréter, les tubules non
drainés se dilatent et forment des kystes
- théorie d’effet tératogène
1.1.4.3. Anatomie pathologique.
Le rein dysplasique peut être de taille normale ou réduite. Son aspect
macroscroscopique est normal ou pathologique. Des kystes de dimensions variables
sont retrouvés ou non. Microscpoquement , un rein dysplasique contient des
structures primitives : glomérules et tubules, entouré par un tissu conjonctif
pathologique ( collagène, quelques fibres musculaires lisses sans élastine) ou du tissu
fibreux.
1.1.4.4. Malformations associés
Elles sont étudiées avec les différentes variétés antomocliniques
1.1.4.5. Diagnostic et traitement
Ils dépendent de la variété anatomoclinique de l’anomalie.
1.1.4.4. Maladies kystiques congénitales du rein
Elles sont décrite dans le module d’Oncologie
Les anomalies de formes de fusions sont par rapport à l’axe médian du corps, soit latérales :
les 2 reins sont situés du même côté de la ligne médiane ; soit médianes : les 2 rein fusionnés
sont à cheval sur la ligne médiane Les anomalies latérales sont nombreuse dans leurs
variétés, les anomalies médianes se résument en une seule variété qui est le rein en fer à
cheval. Cette dernière malformation est la plus fréquente des fusions des rein.
43
1.4.2. Les anomalies de forme et les fusions médianes : le rein en fer à cheval
1.4.2.1.Définition.
L’ anomalie concerne 2 reins situés de part et d’autre de part et d’autre de la ligne
médiane, le long de la colonne vertébrale et fusionnés par leurs pôles inférieurs, ou
rarement par leurs pôles supérieurs, par un isthme parenchymateux ou fibreux..
L’isthme croise la ligne médiane et l’axe des reins est vertical.
1.4.1.2. Bases embryologiques.
La malformation survient après que le bourgeon urétéral est atteint le blastème méta
néphrogène mais avant l’ascension des reins. La malformation serait le fait
d’anomalie des 2 artères iliaques primitives ou des 2 artères ombilicales qui
repousserait en dedans les pôles inférieur des rein l’un vers l’autre. L’ascension du
rein du fer à cheval s’arrête au niveau de l’obstacle que constitue l’artère
mésentérique inférieure. Il existe toujours dans cette malformation une mal rotation
rénale : les 2 bassinets sont antérieurs.
1.4.1.3. Anatomie pathologique.
La fusion est parenchymateuse ou fibreuse. L’isthme se trouve devant les gros
vaisseaux abdominaux. Elle concerne les pôles supérieurs dans 90 % des cas, les
pôles supérieur dans 10 % des cas. L’uretère a souvent une insertion haute dans la
bassinet. La vascularisation rénales est très variable . Une artère rénale irrigue chaque
45
rein ; mais souvent celle-ci subit une duplication ou une triplication ; l’ithme et les
pôles en fusion possèdent leurs artères propres.
dans le blastème sur un site inapproprié qui induirait une faible différentiation.
Limportance de la malrotation est variable. Selon le degré de la malrotation, on décrit :une
hyporotation, une hyerrotattion, une rotation inverse.
le sens ventromédial, a lieu lors de l’ascension de l’organe. Elle est due à une pénétration
inégale des 2 branches du bourgeon urétéral dans le blastème métanéphrogène. Les
branches du bourgeon urétérale sont l’une antérieure, l’autre dorsale. Chaque branche
induit une différentiation du parenchyme rénale. Il y aurait plus de parenchyme issu du
bourgeon antérieur que du parenchyme issu du bourgeon postérieur, cequi induit la
rotation. La malrotation serait le fait d’une pénétration tardive du bourgeon urétéral dans
le blastème rénal qui pénétrerait dans le blastème sur un site inapproprié qui induirait une
faible différentiation. Limportance de la malrotation est variable. Selon le degré de la
malrotation, on décrit :une hyporotation, une hyerrotattion, une rotation inverse.
.
48
On classe les médicaments utilisés dans le traitement des vessies neurologiques en 4 groupes
selon leurs effets sur la continence:
- les médicaments qui facilitent la continence et ceux qui facilitent la vidange
- les médicaments qui augmentent le tonus sphinctérien et ceux qui diminuent le tonus
sphinctérien
MODULE 10.
1. VESSIES NEUROGENES
1.1. Définition
Le terme vessie neurogène désigne les atteintes neurologiques de l'unité fonctionnelle vésico-
urétrale. Il correspond donc aux caractéristiques et aux manifestations des effets des affections
neuromusculaires sur les fonctions de stockage et de vidange du bas-appareil urinaire.
1.2. Etiopathogénie
On peut repartir les causes des vessies neurogènes en 2 groupes: les neuropathies périphériques,
et les lésions du système nerveux central. Les mécanismes à l'origine des troubles neurologiques
varient avec les causes de ceux-ci. Les causes des 2 groupent peuvent s'intriquer.
Ce sont les affections du système nerveux périphérique localisées distalement par rapport à la
jonction des racines rachidiennes antérieures et postérieures. Nous présentons ci-dessous ces
neuropathies en fonction de leur nature:
-pathologie vasculaire
- la myasthénie grave (maladie auto-immune due aux anticorps dirigés contre les récepteurs
nicotiniques). Elle se caractérise par un bloc de la transmission neuro-musculaire et peut affecter
le sphincter externe.
- les maladies systémiques regroupant
les collagénoses (périartérite noueuse, lupus érythémateux dissémie, sclérodermie... ), la
sarcoïdose, les cancers. L'atteinte neurologique (gaine de Schwann ou axone) est le fait des
phénomènes inflammatoires (collagénose, sarcoïde), d'infiltration néoplasique; ou le fait de
compression et d'ischémie.
- les manifestations périphériques des neuropathies génétiques, qui peuvent être sensitivo-
motritrices (p.e.maladie de Charcot-Marie-Tooth),ou sensitives (p.e. la maladie de Thévenard)
Elles concernent la moelle et ses racines, ainsi que l'encéphale. Certaines sont congénitales ,
d'autres sont acquises
La constitution complexe des voies neurologiques (associations des fibres motrices et sentivtives
dans les mêmes nerfs, l'innervation de plusieurs organes par les branches d'un même nerf, )
explique que l'atteinte neurologique de l'appareil de la miction n'est pas un événément isolé. On
trouvera donc presque toujours une association de troubles neurologiques d'autres appareils ou
territoires: atteinte de l'appareil génital, atteinte de l'appareil digestif, des membres... Nous
n'indiquons dans ce cours que quelques deficits:
Six grandes classifications de vessies neurogènes ont été proposées sur base de différents critères:
neuro-anatomiques (Bors et Comar, 1971), neuro-urologiques (Lapides, 1970), urodynamiques
53
- mictions impérieuses
- pollakiurie
- incontinence d'effort
- dysurie et rétention
D'autres symptômes ci-après sont évocateurs:
- abolition ou diminution de la sensation du passage urétral des urines
- rétention urinaire aiguë indolore
- énurésie secondaire
- dysurie avec jet haché (indique une dyssynergie)
- mictions réflexes (percussion ou proffement suspubien...)
- coexistance des troubles mictionnels avec
- des troubles ano-rectaux: incontinence fécale, constipation
- des troubles génito-sexuels: dysérection, trouble de léjaculation.
- des troubles neurologique des membres inférieurs
1.4.2. Antécédents
La vessie neurogène se manifeste chez un patient aux antécédents neurologiques ou non. Mais il
faut dans tous les cas mener une enquête minutieuse.
- Antécédents héréditaires
Si le patient ne s'est pas encore plaint de certains troubles associés aux vessies neurogènes, il faut
les rechercher à ce niveau de l'interrogatoire:
- les troubles sexuels: impuissance, trouble de l'éjaculation
- les troubles de la fonction digestive basse: contrôle des gaz, incontinenence fécale,
prorioception rectale, distinction entre gaz et matière dans l'ampoule rectale
- les troubles de la marche, les anomalies de la colonnes lombaires...
Les vessies neurogènes sont évaluées principalement par deux explorations: l'échographie rénale
et vésicale et l'UCR. L'UIV est indiquée si une anomalie est détectée à l'échographie.
L' échograle décèle aisément une urétérohydronéphrose et les calculs rénaux et vésicaux. Elle
évalue la taille et et l'épaisseur de la vessie. Elle met en évidence les diverticules et le résidu post-
mictionnel.
- L'UCRM.
Lors de la réplétion, on examine la position, la taille, la morphologie et les contours de la vessie.
La vessie peut être distendue avec des contours réguliers, ou des contours irréguliers (crénélés,
multidiverticulaires). Elle peut aussi être de petite taille ronde avce des contours réguliers ou
trabéculés.
La position de la vessie par rapport au plancher pelvien est normale ou basse.
Au cours du remplissage, on peut visualiser un reflux vésico-rénal uni ou bilatéral (= reflux
passif)
Un temps mictionnel doit être réalisé dans la mesure du possible. Si une miction spontanée n'est
pas obtenue, on la provoque par une pression hypogastrique. Au cours de la miction, on évalue la
contraction vésicale, la morphologie et la position de la vessie, l'overture du col vésical, la taille
et l'aspect des diférent segment de l'urètre.
L'UCRM évalue le résidu post-mictionnel.
1.5. Traitement
L'objectif du traitement pharmacologique est d'obtenir une vessie et un sphincter continents avec
un remplissage et une vidange à basse pression et un résidu post-mictionnel nul ou négligeable.
Cet traitement tient compte de plusieurs facteurs: âge, pathologies associées, et surtout des
caratétisques urodynamiques de la vessies neurogènes. Il peut être associé à d'autres méthodes.
Nous citons quelques médicaments utilisés dans certains types de vessies neurogènes en fonction
des caractérisques urodynamiques:
- Vessie hyperréflexique:
On prescrit les médicaments qui facilitent la continence. Ces médicaments réduisent la
contractilité et l'excitabilités vésicale et améliorent la compliance. Exemples:
- les anticholinergiques et antispasmodiques: Oxybutinine (Ditropan®, cé 5 mg, 1 à 3
fois/jour), Flavoxate, Dicyclomine, Propanthéline,
- les bloqueurs des canaux calciques: Nifédipine (Adalate®), Térodiline
- les antidépresseurs tricycliques: Imipramine (Tofranil®, cé 25 à 50, 1à 3 fois mg/jour)
- les autres antidépresseurs: Doxépine (Sinéquan®, cé 25 à 50, 1à 3 fois mg/jour)
- les agonistes ß-adrénergiques: Terbutaline (Bricanyl®, cé 5 mg, 3 fois par jour)
- Vessie hyporéflexique:
On prescrit les médicaments qui facilitent la contraction vésicale.
- Les substances cholinergiques:
Béthanécol. Utilisé par la voie sous-cutanée à la dose de 7,5 mg toutes les 4 à heures, il
donne des résultats inconstants
- Les neuroleptiques: Métoclopramide (Primpéran®, cé 10 mg, 1/2 cé à 1 cé, 3 fois par
jour). Le Primpéran est connu surtout pour son anti-émétique.
60
- Sphincter hypertonique
médicaments qui réduisent les resistances urétrales. Prazosine, alfuzosine
- Sphincter hypotonique
médicaments qui augmentent les resistances urétrales. Phénylpropanol-amine
Il s'agit d'un certain nombre de méthodes thérapeutiques réalisables par les patients eux-mêmes
- Le cathérisme intermittent.
Cette technique consiste à vider la vessie par intermittence (en moyenne 5 fois par jour) au
moyen d'une sonde de petit calibre (10 à 14 CH). La méthode dite de l'autocathérisme propre non
stérile consiste à pratiquer la viange vésical au moyen d'une sonde non stérile. L'autocathétérisme
réalisé à l'hôpital se fait à l'aide d'une sonde stérile en raison du risque d'infection par des germes
multi-résistants.
- La manoeuvre de Credé.
Dans cette technique, la vidange vésical est obtenue par une pression manuelle descendante de
l'ombilic à l'hypogastre. Son risque est de provoquer par l'hyperpression vésicale, une
hyperpression urétérale et donc une urétéro-hydronéphrose.
Le sphincter externe est incisé par voie endoscopique. Ce procédé est indiqué dans les
hypertonies du sphincter externe en présence d'un vessie hyperréflexique dans un contexte de
dyssynergie vésico-sphinctérienne.
ELEMENTS D'ANDROLOGIE
________________________________________
1. DEFINITIONS
____________
1.1. Andrologie
Vient de deux mots grecs: (andros), l'homme; et (logos), discours,
sciences.L'andrologie serait donc l'étude de l'homme, plus particulièrement des affections
spécifiques à l'homme. Cette définition littéraire est précisée par 2 conceptions:
- conception" globale" : l'andrologie est comprise comme étant la partie de la médecine qui traite
de la physiologie, de la pathologie de l'appareil génital masculin et de la sexualité masculine.
- conception "réductionniste" : cette discipline concerne la reproduction et la sexualité chez
l'homme.
61
Avec G Arvis, nous retenons dans le cadre de ce cours la conception "globale". Ainsi l'andrologie
devrait être considérée pour l'homme comme l'analogue de ce que la gynécologie est pour la
femme.
1.2.Subdivisions de l'andrologie
On répartit classiquement l'andrologie en 4 parties:
1. la physiologie des organes génitaux de l'homme;
2. la pathologie des organes génitaux et du sein de l'homme;
3. la fertilité et la contraception;
4. la sexualité et la paternité;
2. L'IMPUISSANCE VIRILE
______________________
2.1.Définitions
-------------------
L'impuissance virile ou impuissance sexuelle se définit comme une impossibilité de développer
ou de maintenir une érection suffisamment rigide pour assurer la copulation pendant une durée
suffisante et nécessaire.
L'érection normale associe 3 phénomènes:
1. augmentation de volume des corps érectiles ou intumescence; la verge érigée peut atteindre 3
fois son volume flaccide.
2. augmentation de la consistance de la verge, correspondant à la rigidification des corps
caverneux. La rigidité de la verge facilite la pénétration vaginale ou l'intromission.
3. maintien de l'intumescence et de la rigidité pendant une durée suffisante et necessaire
Ces trois phénomènes sont affectés dans les troubles de l'érection à des degrés divers, ce qui
permet de distinguer 3 aspects de troubles érectiles (dysérections):
1. anérection ou impossibilité d'obtenir toute érection
2. érection sur verge molle ou hypoérection, ou encore cas d'intumescence sans rigidification.
3. érection instable, ou cas d'érection normale au départ mais vite perdue (durée inférieure à 5
minutes) .
On classe les impuissants en organiques , psychogènes et mixtes. L'impuissance organique résulte
d'un dysfonctionnement des mécanismes vasculaires de l'érection modulées par les fonctions
neurogènes et hormonales. L'impuisance psychogène est le fait d'inhibition dues aux altérations
permanentes ou temporaires de la personalité ou dues aux difficultés psychologiques soit
individuelles soit de couple. Les formes mixtes associent les causes organiques et psychogènes.
Ce sont les formes rencontrées la plupart du temps, car il existe le plus souvent un retentissement
psychologique chez les patients qui voient leur sexualité se dégrader. Le présent chapitre traite
uniquement de l'impuissace liée à des facteurs organiques.
2.5.2. Antécédents
-------------
1. Chirurgicaux: * urologiques: - verge:- priapisme non traité ou traité.
- maladie de La Peyronie
- de la verge
- prostate:
- urètre : les plasties de l'urètre
* chirurgie vasculaire: culotte aorto-bifémorale
* neurochirurgie.
* varices des membres inférieurs.
2. Médicaux: * Facteurs de risque: HTA, diabète, tabagisme, éthylisme,
obésité, dyslipidémie.
* Prise de médicaments:-drogues augmentant la prolactinémie
(opiacés, cimétidine)
-drogues diminuant la testostérone:
(oestrogènes, antiandrogènes,Nizoral,
anabolisants)
-drogues du SNC: (IMAO, antidépres-
seurs tri et tétracycliques),
64
intoxication( canabisme).
* Troubles hormonaux.
2.7. Traitement
-----------
2.7.1. Mesures non spécifiques.
- Conseils hygiéno-diététiques : - cure d'amaigrissement
- arrêt de l'intoxication tabagique
- arrêt de l'alcool
- Arrêt ou substitution de certains médicaments
- Soutien psychologique
3. INFERTILITE MASCULINE
________________________
3.1. Définitions et buts de l'exploration
------------------------------------
La terminologie de la reproduction humaine est fondée sue 2 concepts :
- la naissance vivante = procréation
- la conception = fécondation.
A partir de ces conceptions on donne plusieurs définitions :
1. Est fécond celui qui a pu entrainer une fécondation ou celle qui a été
fécondée.
2. Est partiellement fertile celle qui a pu concevoir mais dont le fruit de la
conception a avorté.
3. Est pleinement fertile celui qui a donné naissance à un enfant vivant,
celui qui a procréé.
Les antonymes de ces 3 concepts sont :
1. infécond pour le 1er(fécond);
2. infertile pour le 2è;
3. stérile pour le 3è.
Les antonymes décrivent les troubles de la fertilité. Mais le terme le plus fréquemment utilisé est
celui d'infertilité.
Celui-ci est défini comme l'absence de fécondation après deux ans de rapports réguliers, non
protégés, en période ovulatoire.
L'infertilité est toujours un problème de couple. Les 2 partenaires peuvent être impliqués,
isolément ou conjointement.
L'homme serait responsable d'infertilité dans 1 couple sur 4.
But de ce chapitre : l'exploration d'un homme infertile. Mais cette notion est difficile à préciser
car il existe des spermes "normaux" non fécodants et des spermes anormaux fécondants.
L'exploration se fonde sur deux questions:
1. La paternité est-elle désirée ou non? Si il y a un refus, arrêt des investi-
gations.
2. Le sujet est-il fertile ou non? Pour répondre à cette question, il existe 2
niveaux d'explorations.
2.2.1. L'interrogatoire.
68
2.2.3. Spermogramme-Spermocytogramme
* Le spermogramme : se réalise après 3 à 5 jours d'abstinence, en l'absence
d'épisode morbide. Il faut 3 échantillons.
-volume: 2 à 6 ml
- pH: 7,2 à 7,8
- viscosité
- liquéfaction après 15 à 30 min
Ces éléments apportent des renseignements sur l'état du plasma séminal.
- état des spermatozoïdes:- nombre: 20-200.10 6/ml
- mobilité: 50-60% mobiles à la 1re heure
- vitalité: (nécropsie) : 80%
- morphologie
- cellules : globules blancs,
* Le spermocytogramme: c'est l'étude cytologique sur frottis pour
rechercher les anomalies caractéristiques ou associées.
* Résultats anormaux:
- numération: une azoospermie = absence de spermatozoïdes.
Se fait si le spermogramme est normal ou s'il existe des anomalies modérées. Il est du ressort du
gynécologue.
Ce test mesure la capacité de migration des spermatozoïdes dans les voies génitales de la femme
en période pré-ovulatoire immédiate.
La glaire est examinée12 heures après un rapport.
Résultat normal: présence de nombreux spermatozoïdes mobiles.
Ce test permet de répondre à plusieurs questions:
- des spermatozoïdes immobiles alors que le spermogramme est normal:
la glaire est-elle pathologique?
Dans ce cas il est nécessaire de faire les tests in vitro:
- test de MILLER KUZROK: les spermatozoïdes du sujet dans la
glaire de sa femme;
- test de KRAEMER: les spermatozoïdes d'un témoin dans la glaire
de la femme.
- précise la part de chacun;
- permet le diagnostic des problèmes immunologiques.
Au total:
- Si l'exploration primaire est normale on arrête les investigations.
- Si l'exploration primaire est pathologique: spermogramme anormal et
test de Huhner anormal, on procède aux explorations secondaires.
MALADIE DE LA PEYRONIE
_________________________
1. Définition
-----------
Infiltration scléreuse du tissu conjonctif séparant les corps caverneux et l'albuginée. Ca entraîne
une érection douloureuse et une déformation de la
verge.
2. Pathogénie
-----------
- hypovitaminose E
- co-existence avec:- la maladie de Dupuytrern
- péri-arthrite scapulo-humérale
- fibrose du cartilage auriculaire
- panniculite nodulaire rédivante ou maladie de Weber-
Christian.
- présence du groupe d'histocompatibilité HLA B27, qui s'associe à la
spondylarthrite ankylosante ou au syndrome de la coiffe des rotateurs de
l'épaule.
3. Anatomo-pathologie
---------------------
- Enveloppes du pénis.
- Enveloppe concernée: celle située entre l'albuginée et le tissu aréolaire.
* Au point de vue macroscopique, la lésion siège sur la ligne médiane.
3 aspects sont retrouvés:- noyaux individualisés durs;
- plaque plus ou moins étendue mais de faible
épaisseur;
- fibrose diffuse non individualisée.
Ces aspects peuvent être associés.
- Localisation: - dorsale: 68%
- latérale: 21%
- ventrale: 7%
Surtout au niveau du 1/3 moyen.
* Microscopie: infiltration périvasculaire de plasmocytes et de lymphocytes,
puis infiltration fibroblastique pouvant se calcifier.
4. Clinique.
---------
4.1. Circonstances d'apparition.
Le début est insidieux.
- induration découverte par le patient;
- déformation pendant l'érection du côté de la plaque qui est souvent dor-
sale ou latérale;
73
5. Diagnostic différentiel
-----------------------
Il est fait soit par rapport aux nodules(1), soit par rapport à la déviation(2).
- fibrose post-traumatique(1)
- fibrose des péri-uréthrites(1)
- incurvation congénitale par brièveté des corps caverneux: le gland est
incurvé du côté ventral(2)
- tumeur primitive si évolution rapide de la plaque(1)
tumeur secondaire: vessie, prostate, testicules,gland.
- phlébite des corps caverneux (dans les hémoglobinopathies). (1)
6. Evolution
----------
-L' aggravation est rare.
- L'amélioration, voire la rétrocession porte surtout sur la douleur; dans un
délai de 10 mois à 4ans.
7. Traitement chirurgical.
-----------------------
1. Ne pas faire l'exérèse de la plaque.
2. Correction de l'angulation par l'intervention de Nesbit qui raccourcit la
verge.
3. Excision suivie de greffe du derme ou de l'aponévrose.
4. Prothèse pénienne. Small-Carion
8. Indications thérapeutiques
-----------------------------
- Aucun traitement médical n'est supérieur à un autre.
Commencer par la vit. E et les traitements adjuvants.
Si ce traitement s'avère insuffisant, on passe à un traitement plus agressif:
ultrasons, corticothérapie, Natulan.
- En cas d'échec du traitement médical, on a recours à la chirurgie, princi-
palement à l'excision-greffe ou à la prothèse si impuissance.
75
VARICOCELE
____________
1. Définition.
-----------
C'est la dilatation orthostatique des veines du plexus pampiniforme, par reflux réno-spermatique.
2. Epidémiologie.
---------------
- siège: côté gauche: 99%
côté droit: 0,9%
bilatéral: 0,2%
- % dans la population générale: 14-15%
% dans la population hypofertile: 13%
3. Anatomie.
-----------
Le drainage veineux se fait par un réseau profond et un réseau superficiel.
a) Le réseau profond comprend un groupe antérieur( plexus pampiniforme)
et un groupe postérieur( plexus crémastérien,soit les veines funiculaires,
soit les veines DF).
* Groupe antérieur.
- Il draine la tête de l'épididyme et les testicules.
- Il se trouve devant le canal déférent et accompagne l'artère spermatique.
- Il se réduit en nombre au niveau du canal inguinal (2 à3 troncs) pour for-
mer la veine spermatique au delà de l'orifice profond du canal inguinal.
La veine spermatique dans la veine cave au niveau de L2 à droite et dans
la veine rénale à gauche.
- La veine spermatique possède des valvules: .
- ostiales: 90% à droite, 60% à gauche;
- autres: dans le canal inguinal, surtout à droite.
* Groupe postérieur;
- Il draine le corps et la queue de l'épididyme.
- Ses veines sont plus grêles et moins nombreuses.
- Les veines funiculaires (crémastériennes) se jettent dans la veine épigas-
trique au niveau de l'orifice profond du canal inguinal, puis dans la veine
iliaque externe.
- Les veines du canal déférent se jettent dans le plexus de Santorini et de
là dans la veine honteuse interne.
b) Le réseau superficiel draîne les bourses et se jettent dans les veines
honteuses externes puis dans la crosse de la veine saphène interne et de
là dans la veine fémorale.
c) Les anastomoses.
- entre les 2 réseaux profonds;
- entre les 2 réseaux profonds et le scrotum;
76
4. Clinique.
---------
* Signes fonctionnels: - souvent asymptomatique;
- pesanteur, rarement douloureux;
- souvent découvert au cours d'un examen systémati-
que.
* Inspection: debout, le cordon paraît comme épaissi, volumineux dans la
partie supérieure du scrotum.
* Palpation: - debout:- tuméfaction impulsive à la toux, ou révélée par l'
épreuve de Vasalva;
- se vide par pression légère
- sensation de sac de verre;
- les testicules sont de petit volume et de consistance
molle.
- la tuméfaction disparait en position couchée.
5. Diagnostic différentiel.
------------------------
- Hydrocèle, kyste du cordon, épididymite: le diagnostic se fait par trans-
illumination.
- Hernie inguino- scrotale
- Tumeur du testicule.
- Lipome du cordon.
- Hémangiome scrotal.
- Nodule variqueux du ligament inguinal
6. Examens paracliniques.
-------------------------
Le diagnostic du reflux se fait par phlebographie, par thermograpie ou par doppler.
Le diagnostic de stase se fait par la scintigraphie: angiographie isotopique au pertechnetate de Na.
Il a son intérêt dans le diagnostic des varicocèles infra-cliniques.
(1) Phlébographie.
- C'est la méthode de référence. Elle permet l'étude anatomique et le
traitement non chirurgical par l'embolisation ou la sclérotisation.
- Technique: la phlébographie explore les 2 veines spermatiques en uti-
lisant ou non la manoeuvre de Vasalva et l'orthostatisme.
- Résultats:
* Diagnostic évident:
- le reflux existe en position debout;
- le calibre de la veine est augmenté;
- formations varicoïdes péri-testiculaires;
77
7. Explorations hormonales.
--------------------------
Il n'existe pas de profil hormonal du varicocèle.
N.B.
a) Si le varicocèle est associé avec des anomalies de la spermatogénèse, il
existe une dissociation entre le FSH (taux très élevé) et le LH (taux nor-
mal). Idem pour la réponse FSH au test LHRH.
Ceci est du à l'atteinte sertolienne avec une diminution de l'inhibine, une
augmentation du FSH et une augmentation de la réponse du test au LH-
RH., et à l'atteinte leydigienne avec taux de testostérone élevé et taux de
LH normal, ou taux de testostérone et de LH augmentés, ou taux de
testostérone abaissé et taux de LH augmenté.
8. Physiopathologie.
------------------
1. Altération testiculaire.
* atrophie testiculaire
* biopsie testiculaire:
a) En microscopie optique:
_ au niveau de l'épithélium germinal:
. desquamation des cellules germinales immatures;
. la structure de l'épithélium germinal est désorganisée, mais
78
10. Traitement
-----------
80