Analyse de l’annexe fiscale 2002
Loi n° 2002-156 du 15 mars 2002 portant loi de finances de l’année 2002
Première partie
Taxes sur le chiffre d’affaires
ASSUJETTISSEMENT SUR OPTION DES ENTREPRISES DE TRANSPORT A LA TAXE SUR
LA VALEUR AJOUTEE (Art. 2)
I – Présentation générale du dispositif
Aux termes de la Directive n° 02/98/CM/UEMOA du 22 décembre 1998 portant
harmonisation des législations des Etats membres en matière de taxe sur la
valeur ajoutée, les entreprises de transport devront être obligatoirement
assujetties à la TVA au plus tard le 1er janvier 2004. En attendant cette
échéance, les Etats sont autorisés à prévoir l’assujettissement à la TVA sur
option, du secteur des transports.
Afin d’adapter la législation nationale aux dispositions de la Directive, l’article
2 de l’annexe fiscale 2002 autorise les entreprises de transport relevant d’un
régime réel d’imposition à opter pour leur assujettissement à la taxe.
II – Examen du dispositif
A – Conditions de l’option
1. Conditions relatives au régime d’imposition des entreprises de transport
Sont visées par le dispositif, les entreprises de transport relevant du régime réel
normal ou du régime simplifié d’imposition. Il s’agit donc des entreprises dont
le chiffre d’affaires annuel toutes taxes incluses excèdent 25 millions de francs.
Les entreprises réalisant un chiffre d’affaires inférieur ou égal au montant
susindiqué, c’est-à-dire celles relevant du régime de l’impôt synthétique, ne
sont pas concernées par la mesure.
2. Conditions relatives à la nature du transport
a) Transports visés
Sont visées par la mesure, les entreprises de transport public de personnes et/ou
de marchandises.
Peu importe les modalités de transport. Ainsi, il peut s’agir de transport par voie
routière, ferroviaire, fluviale, maritime, aérienne ou lagunaire.
b) Transports exclus du bénéfice de la mesure
L’option pour l’assujettissement à la TVA ne peut être exercée en ce qui
concerne les transports privés de personnes et/ou de marchandises.
Il convient de préciser que les transports spécialisés ne sont pas concernés par
le dispositif dans la mesure où ils relèvent de plein droit de la TVA.
B – Conséquences de l’option
Les entreprises de transport ayant exercé l’option pour la TVA acquièrent la
qualité d’assujetti au régime de la taxe. L’option exercée est irrévocable.
En conséquence, à compter du premier jour du mois suivant celui au cours
duquel l’option est exercée, elles ont l’obligation de facturer la taxe sur
l’ensemble de leurs prestations. De même ces entreprises bénéficient du droit
à déduction de la taxe ayant grevé :
– leurs acquisitions de véhicules affectés au transport public de personnes
et/ou de marchandises et de pièces détachées afférentes auxdits véhicules ;
– les frais de réparation ou d’entretien desdits véhicules ;
– et notamment toutes leurs acquisitions de biens et services non exclus du droit
à déduction (TVA sur l’électricité, sur frais de communication, sur
consommation d’eau, entretien de locaux professionnels, etc.).
La TVA ayant grevé le coût d’acquisition des immobilisations, des véhicules et
leurs pièces de rechanges avant l’option ne peut donner lieu à la constitution
d’aucun crédit de départ. Les entreprises devront amortir ou passer en charges
lesdits biens pour leur valeur toutes taxes comprises.
Remarque
Depuis l’entrée en vigueur de l’annexe fiscale 2003, les entreprises de transport
sont autorisées à déduire la TVA grevant leurs achats de produits pétroliers
utilisés dans le cadre de leurs activités. La déduction est plafonnée à 95 % du
montant de la TVA supportée à condition qu’elle figure sur une facture délivrée
par une compagnie de distribution, à l’exclusion des stations-service.
C – Modalités d’exercice de l’option
L’option est exercée par une simple lettre d’information adressée au Directeur
général des Impôts avec ampliation au service d’assiette des Impôts de
rattachement du contribuable.
L’option prend effet à compter du premier jour du mois suivant la date de
réception de la lettre d’information.
Deuxième partie
Impôts sur le revenu
RETENUE A LA SOURCE AU TITRE DE L’IMPOT SUR LES BENEFICES NON
COMMERCIAUX SUR LES REMUNERATIONS VERSEES AUX ARTISTES ET MUSICIENS
DU SPECTACLE ET AUX SPORTIFS (Art.10)
I – Présentation générale du dispositif
La loi n° 2002-156 du 15 mars 2002 portant loi de finances pour la gestion 2002,
institue à l’article 10 de son annexe fiscale, une retenue à la source au titre de
l’impôt sur les bénéfices non commerciaux sur les rémunérations versées aux
artistes et musiciens du spectacle et aux sportifs.
Cette disposition codifiée sous l’article 96 du Code général des Impôts, appelle
les commentaires ci-après.
II – Examen du dispositif
A – Champ d’application
1. Personnes visées
a) Redevables de la retenue
Sont tenues d’opérer la retenue au titre de l’impôt BNC, toutes les personnes
physiques ou morales quels que soient leur forme juridique et leur statut au
regard de l’impôt sur les bénéfices, et sans considération de leur régime
d’imposition qui versent à d’autres personnes, des rémunérations en
contrepartie de la réalisation d’activités du spectacle et du sport.
Sont notamment visées, les entreprises relevant de l’impôt sur les bénéfices, de
l’impôt synthétique ainsi que les organismes à but non lucratif (associations,
mutuelles, clubs-service, etc.).
b) Personnes devant subir la retenue
Sont concernées par la retenue, les personnes ci-dessous visées à condition
qu’elles ne soient pas liées par un contrat de travail à l’entreprise qui verse les
rémunérations :
– les artistes du spectacle : chanteurs de music hall, artistes musiciens, danseurs,
compositeurs, arrangeurs, comédiens, producteurs, animateurs, présentateurs
de spectacles, impresarios, managers, humoristes et organisateurs de
spectacles ;
– les sportifs, entraîneurs ou encadreurs ;
– etc.
Ne subissent pas la retenue, les personnes exerçant les activités ci-dessus sous
la forme de sociétés de capitaux (SARL, SA).
2. Rémunérations visées
La retenue s’applique aux rémunérations de toute nature versées dans le
cadre de l’organisation des activités du spectacle et du sport.
En cas de rémunération en nature, la partie versante est tenue d’effectuer le
prélèvement en fonction de la valeur marchande du bien remis en paiement.
B – Modalités pratiques
1. Assiette et taux de la retenue
La retenue à la source est assise sur 30 % du montant des sommes ou autres
rémunérations brutes versées ; ce qui correspond à un abattement de 70 %.
Elle est opérée au taux unique de 25 %, soit un taux réel ou effectif de 7,5 %
applicable au montant brut (sans abattement).
2. Fait générateur et exigibilité de la retenue
Le fait générateur et l’exigibilité de la retenue sont constitués du seul fait du
versement des rémunérations quel que soit le mode de paiement (chèque,
numéraire, inscription au crédit d’un compte, virement, remise de biens en
nature, etc.).
3. Paiement de la retenue
a) Procédure et lieu de paiement
Le paiement des retenues s’effectue auprès de la recette des Impôts dont
dépend la partie versante, au moyen d’une déclaration tenant lieu de
bordereau avis de versement. Un état nominatif des personnes ayant subi la
retenue est joint à la déclaration.
La déclaration est accompagnée, pour chaque bénéficiaire, d’une
attestation individuelle de retenue établie en triple exemplaire sur l’imprimé
administratif prévu à cet effet.
Après visa du receveur des Impôts compétent qui doit s’assurer de la
conformité de l’attestation individuelle avec la déclaration, les attestations
individuelles sont remises par la partie versante aux bénéficiaires pour leur
permettre de faire valoir ultérieurement les retenues subies.
b) Date de paiement
Les retenues afférentes aux sommes mises en paiement au cours d’un mois
donné doivent être versées au plus tard le 15 du mois suivant.
C – Sanctions applicables
1. En cas d’omission ou d’insuffisance de retenue
Les omissions ou insuffisances constatées dans les retenues sont sanctionnées
d’une part, par une pénalité égale au montant des retenues non effectuées
et d’autre part, par la non déductibilité des sommes versées.
2. En cas de retard dans le versement
Le versement partiel ou total hors délai des retenues effectuées est sanctionné
par une pénalité de 100 % des sommes dues. Cette pénalité est toutefois
ramenée à 30 % si le retard de paiement n’excède pas un mois.
NB : Depuis la refonte du Code général des Impôts, entré en vigueur le 27 mars
2006, les sanctions applicables en la matière sont celles prévues à l’article 161
du Livre de Procédures fiscales.
3. En cas de défaut de reversement des retenues opérées
Aux termes du b) de l’article 33 ter-3 (93-3° nouveau) du Code général des
Impôts, « sera considéré comme un délit d’escroquerie et sanctionné
conformément aux dispositions de l’article 7 de l’annexe fiscale à la loi n° 67-
588 du 31 décembre 1967 portant loi de Finances pour la gestion 1968, le fait
pour une personne ou tout organisme de ne pas reverser au Trésor public, les
retenues effectivement opérées ».
Les poursuites pénales engagées pour délit d’escroquerie et les peines en
découlant ne font pas obstacle à l’application des sanctions et pénalités
fiscales dont le recouvrement est poursuivi dans les conditions habituelles.
4. Refus ou défaut de production des déclarations de retenues et des
attestations individuelles
Aux termes de l’article 33 ter-3 (93-3° nouveau) du Code général des Impôts,
le refus ou le défaut de production de ces documents est sanctionné par une
amende de 100 000 francs. L’amende est perçue autant de fois qu’il y a de
documents non produits.
Par ailleurs, si les retenues ne sont pas opérées ou reversées, les sanctions sus
indiquées sont, bien entendu, également applicables.
D – Modalités d’imposition des retenues subies
Les retenues opérées et reversées au cours d’une année donnée constituent
des acomptes déductibles de l’impôt sur les bénéfices non commerciaux
exigibles au titre de l’année considérée.
PRECISION RELATIVE AU TAUX DE L’IMPOT SUR LES BENEFICES DES PERSONNES
PHYSIQUES ET DES PROFESSIONS LIBERALES (Art.14)
I – Présentation du dispositif
L’article 7 de l’ordonnance n° 2000-252 du 28 mars 2000 a porté le taux de
l’impôt sur les bénéfices des entreprises individuelles et des professions libérales
de 25 à 35 % libératoire de l’impôt général sur le revenu (IGR). Il a été toutefois
reproché à ce texte qui institue un taux forfaitaire additionnel de 10 % de
remettre en cause le caractère personnel et progressif de l’IGR en ignorant
notamment la notion de quotient familial.
En vue de restituer à l’IGR son caractère personnel et progressif, l’article 14 de
l’annexe fiscale à la loi de finances pour la gestion 2002 d’une part, aménage
le taux de l’impôt sur le bénéfice des personnes physiques et d’autre part,
prévoit au profit des contribuables l’option pour le caractère libératoire de cet
impôt.
II – Analyse du dispositif
A – Principe
L’article 24 devenu article 51 du Code général des Impôts, a été modifié
comme suit :
« a) Le taux de l’impôt est fixé à :
– 35 % pour les personnes morales ;
– 25 % pour les personnes physiques ».
Par ailleurs, l’article 27 bis ancien devenu 258 du Code général des Impôts
prévoit que pour les personnes qui acquittent l’impôt au taux de 25 %, il est
institué un acompte de 10 % d’impôt général sur le revenu assis sur le bénéfice
imposable.
Les contribuables sont donc tenus de produire une déclaration d’IGR en sus de
la déclaration d’impôt sur les bénéfices même lorsqu’ils ne disposent que
desdits bénéfices comme seule source de revenu.
B – Dérogation
Par dérogation à la règle susvisée, le b) de l’article 24 précité prévoit pour les
personnes physiques la possibilité d’opter pour le taux de 35 % en matière
d’impôt sur les bénéfices. L’option pour le taux de 35 % les dispense de la
déclaration de l’IGR, à condition que ces personnes ne disposent pas d’autres
sources de revenus.
C – Mise en œuvre de l’option et modalités de déduction de l’acompte d’IGR
Le bénéfice du caractère libératoire de l’impôt sur les bénéfices des personnes
physiques acquitté au taux de 35 % est subordonné à l’option du contribuable.
L’option doit être expressément exercée par le contribuable lui-même au plus
tard le 30 avril de l’année d’imposition. Cette option n’a pas un caractère
irrévocable. Bien que le dispositif ne le précise pas expressément, la révocation
de l’option doit faire l’objet d’une lettre d’information adressée au Directeur
général des Impôts au plus tard le 30 avril de l’année d’imposition par respect
du principe de parallélisme des formes.
Exceptionnellement, la révocation de l’option peut être effectuée par un tiers
dûment mandaté.
En ce qui concerne l’acompte de 10 %, il est déduit de l’impôt général sur le
revenu souscrit par le contribuable disposant de plus d’une source de revenu.
Le reliquat de précompte non imputé sera reportable sur la déclaration des
années suivantes.
Troisième partie
Contribution des patentes
PRECISION RELATIVE A L’EXONERATION DE LA PATENTE DES AGRICULTEURS
(Art.18)
I – Présentation générale du dispositif
La réforme du dispositif de la patente intervenue en 2001 exclut de la liste des
professions exemptées, les agriculteurs et les éleveurs exerçant en société.
Cette disposition devait permettre l’imposition à la patente des sociétés
agricoles et d’élevage à l’exclusion des particuliers.
La pratique a révélé que très peu de sociétés exercent une activité agricole
ou d’élevage alors que des particuliers réalisent parfois des chiffres d’affaires
très importants sans être soumis à la patente.
En vue de corriger cette inégalité de traitement tenant uniquement à la forme
juridique de l’exploitant, l’article 18 de l’annexe fiscale à la loi de finances pour
la gestion 2002 restreint le champ d’application de l’exonération accordée
aux agriculteurs et éleveurs en matière de contribution des patentes.
Le nouveau dispositif exclut du bénéfice de l’exonération les entreprises
individuelles qui réalisent un chiffre d’affaires les situant dans les limites d’un
régime réel d’imposition ou qui vendent les fruits de récoltes et les produits
d’élevage provenant d’exploitations de tiers.
II – Examen du dispositif
A – Bénéficiaires de la mesure
Le nouveau dispositif prévoit que les entreprises individuelles agricoles et
d’élevage, ne peuvent bénéficier de l’exonération de la contribution des
patentes que si elles remplissent les conditions suivantes :
– réaliser un chiffre d’affaires inférieur à celui fixé par la loi aux entreprises pour
relever d’un régime réel d’imposition c’est-à-dire, 50 000 000 de francs de
chiffre d’affaires hors taxe par an ;
– vendre ou manipuler uniquement les fruits, récoltes ou produits d’élevage
provenant de leurs propres exploitations.
Ces deux conditions sont cumulatives.
A contrario, sont assujetties à la patente les entreprises individuelles agricoles
et d’élevage qui réalisent un chiffre d’affaires annuel supérieur à 50 000 000 de
francs ou qui vendent les produits d’exploitations de tiers. Dans ce dernier cas,
il n’est pas nécessaire que la vente de produits provenant d’exploitation de
tiers constitue l’essentiel du chiffre d’affaires.
Il reste entendu que les entreprises exerçant les activités agricoles et d’élevage
sous la forme de sociétés commerciales demeurent soumises à la contribution
des patentes dans les conditions de droit commun.
B – Portée de la mesure
L’exonération s’applique aussi longtemps que l’agriculteur ou l’éleveur
individuel se limitera à la vente et à la manipulation des produits de ses
exploitations dès lors que son chiffre d’affaires n’excède pas 50 000 000 de
francs par an.
Il est à noter que l’exonération n’est pas acquise à titre définitif. Elle est
conditionnée par l’origine des récoltes et produits de l’agriculteur ou l’éleveur
ainsi que par le seuil du chiffre d’affaires.
L’attention des services est appelée en ce qui concerne le suivi rigoureux du
niveau du chiffre d’affaires et de l’origine des récoltes des exploitants agricoles
et éleveurs individuels relevant de leur gestion.
Quatrième partie
Procédures
RENFORCEMENT DES SANCTIONS EN CAS D’OPPOSITION DES PROPRIETAIRES A
L’EXECUTION DES AVIS A TIERS DETENTEURS DELIVRES A LEURS LOCATAIRES (Art.
32)
I – Présentation générale du dispositif
L’avis à tiers détenteur (ATD) est un moyen de recouvrement forcé de l’impôt
que la loi met à la disposition du comptable public pour obliger un tiers
(banque, employeur, locataire, etc.) qui détient une somme d’argent du
contribuable défaillant, à lui verser tout ou partie des fonds en paiement des
impôts dus.
Pour faire échec à la mise en œuvre de cet acte, certains propriétaires,
débiteurs d’impôts fonciers, exercent des pressions de toutes sortes sur les
locataires qui exécutent les avis à tiers détenteur.
Le présent dispositif vise à protéger les locataires qui défèrent à un ATD
décerné par l’Administration à l’égard des propriétaires d’immeubles qu’ils
habitent.
II – Examen du dispositif
A – Personnes visées
Les personnes visées sont les propriétaires d’immeubles mis en location,
débiteurs d’impôts fonciers et convaincus d’opposition à l’exécution d’un avis
à tiers détenteur notifié à leurs locataires.
Par «opposition », il convient d’entendre toute action de la part du
contribuable défaillant en matière d’impôt foncier qui menace ou use de
représailles à l’égard du locataire qui entend déférer ou a déféré à l’ordre du
receveur des Impôts.
Les représailles peuvent consister en des expulsions ou menaces d’expulsion,
augmentation abusive de loyer ou une interdiction signifiée au locataire de ne
pas poursuivre l’exécution de l’ATD.
B – Contenu et modalités des sanctions
1. Contenu des sanctions
a) Sanctions fiscales
Le contribuable convaincu d’opposition à l’exécution d’un ATD est passible
des intérêts de retard, majorations et frais d’actes de recouvrement dans les
conditions habituelles sans possibilité d’obtenir une atténuation par voie
transactionnelle de sa dette fiscale et des pénalités ainsi mises à sa charge.
En effet, un tel contribuable est présumé être de mauvaise foi. Il est donc
insusceptible de bénéficier de la bienveillance de l’Administration.
b) Sanctions pénales
En application des dispositions de l’article 145 du Livre de Procédures fiscales
devenu l’article 171, celui qui fait obstacle au recouvrement de l’impôt
encourt, sans préjudice des sanctions fiscales, une amende de 500 000 francs
à 30 000 000 de francs et un emprisonnement de un mois à deux ans, ou l’une
de ces deux peines seulement.
En cas de récidive dans le délai de cinq ans, le contribuable est passible d’une
amende de 1500 000 à 100 000 000 de francs et d’un emprisonnement de un
à cinq ans, ou de l’une de ces deux peines seulement.
La même sanction s’applique également aux complices des propriétaires
convaincus de l’infraction en cause.
2. Modalités de mise en œuvre des sanctions
Les sanctions fiscales sont mises en œuvre par l’Administration conformément
aux dispositions de l’article 139 du Livre de Procédures fiscales devenu l’article
161.
L’initiative de l’action en justice relève quant à elle de la compétence du
Ministre chargé de l’Economie et des Finances ou de son représentant, du
Directeur général des Impôts et du Directeur général du Trésor et de la
Comptabilité publique, en matière de résistance à l’impôt, conformément à
l’article 152 du Livre de Procédures fiscales devenu l’article 180.
L’action peut être exercée jusqu’à la fin de la quatrième année suivant celle
au cours de laquelle l’infraction a été commise.
SIMPLIFICATION DE LA PROCEDURE DE DELIVRANCE DES TITRES FONCIERS (Art.36)
I – Présentation générale du dispositif
La procédure de délivrance du titre foncier s’est révélée à la pratique longue
et onéreuse et parfois dissuasive pour les attributaires de terrains.
L’article 36 de l’annexe fiscale à la loi de Finances pour la gestion 2002 simplifie
la procédure d’acquisition du titre foncier tout en réduisant les coûts y
afférents.
II – Examen du dispositif
A – Présentation de la procédure de délivrance du titre foncier
1. Régime antérieur
Jusqu’à l’entrée en vigueur de l’annexe fiscale 2002, la procédure de
délivrance du titre foncier comportait nécessairement les étapes suivantes :
– la concession provisoire accordée par le Ministère de la Construction et de
l’Urbanisme ;
– le constat de mise en valeur avec détermination du montant de
l’investissement, effectué par ledit Ministère ;
– la concession définitive, valant accession à la pleine propriété accordée, par
arrêté du Ministre de la Construction et de l’Urbanisme ;
– l’accomplissement des formalités de publication auprès du Conservateur de
la Propriété foncière et des Hypothèques avec inscription au Livre foncier ;
– la délivrance de la copie du titre foncier au propriétaire.
2. Régime issu de l’annexe fiscale 2002
L’annexe fiscale 2002 institue une procédure simplifiée de délivrance du titre
foncier. Dorénavant, les titres fonciers relatifs aux terrains urbains situés à
l’intérieur d’un lotissement approuvé, préalablement créé au nom de l’Etat
sont transférés directement au profit des acquéreurs sous réserve de satisfaire
au paiement des droits exigibles et à l’accomplissement des formalités
requises.
Cette procédure simplifiée se caractérise par les étapes suivantes :
– la production par l’acquéreur du terrain, d’un exemplaire de l’arrêté de
concession provisoire ou de l’acte de vente, ou une copie originale de la lettre
d’attribution ;
– la production d’une fiche d’informations relatives à l’identité, aux date et lieu
de naissance, à la filiation, à la situation matrimoniale, à la nationalité, à la
profession et à l’adresse complète de l’acquéreur, accompagnée de la copie
de sa pièce d’identité ;
– la création du titre foncier relatif au terrain au nom de l’Etat par le
Conservateur de la Propriété foncière et des Hypothèques ;
– la création et l’inscription en pleine propriété du titre foncier au nom du
propriétaire ;
– la délivrance au propriétaire d’une copie du certificat de propriété ayant
remplacé la copie du titre foncier.
Le constat de mise en valeur avec détermination du montant de
l’investissement, effectué par le Ministère de la Construction et de l’Urbanisme,
n’est plus exigé dans la nouvelle procédure.
B – Droits à acquitter
1. Prix d’aliénation du terrain
Les acquéreurs ont l’obligation de payer le prix de vente du terrain déterminé
soit par la Commission de fixation des prix de cession ou de location des terrains
domaniaux, soit par les parties.
En cas de vente effectuée par les organismes agréés par l’Etat (Bureau
National d’Etude Technique et de Développement (BNETD), Agence de
Gestion Foncière (AGEF), SETU, etc.), le prix de cession doit être acquitté auprès
desdits organismes et reversé par ceux-ci à la recette des Domaines de la
Direction générale des Impôts.
Pour les ventes réalisées par des personnes ou organismes privés, le prix doit
être acquitté par l’intermédiaire du notaire instrumentaire auprès de la recette
des Domaines de la Direction générale des Impôts.
2. Taxe d’établissement du titre foncier et taxe de conservation foncière
La taxe d’établissement du titre foncier et la taxe de conservation foncière sont
respectivement égales à 10% et à 5 % de la valeur vénale du terrain cédé.
L’Etat est exonéré desdites taxes au titre des formalités de création des titres
fonciers en son nom.
Les collectivités territoriales et les entités bénéficiant des privilèges et immunités
diplomatiques sont exonérées de la taxe d’établissement du titre foncier.
Toutefois, elles demeurent passibles de la taxe de conservation foncière.
a) Délais de paiement
Les taxes susvisées doivent être acquittées spontanément par les requérants.
A défaut, elles doivent l’être dans les trente jours suivant la notification d’un
avis de mise en recouvrement.
Les détenteurs des terrains munis d’un ACP ou d’une lettre d’attribution et qui
n’ont pas encore payé le prix du terrain à la date d’application du nouveau
dispositif, bénéficient d’un délai de 12 mois pour procéder à la régularisation.
b) Sanctions
– En cas de retard ou de défaut de paiement
Le défaut ou le retard dans le paiement des taxes est sanctionné par
l’application d’une majoration égale à 20 % du montant dû.
– En cas de défaut de régularisation
En cas de défaut de régularisation du prix de cession dans le délai imparti, les
détenteurs des terrains munis d’un ACP ou d’une lettre d’attribution sont
passibles d’une pénalité égale à 50 % du prix de cession.
L’absence de régularisation dans le délai de 12 mois précité peut également
entraîner la saisine du Ministre en charge de la Construction par la Direction
générale des Impôts aux fins de retrait du terrain en cause.
C – Autres dispositions
– La formalité simplifiée ci-dessus décrite et l’obligation de paiement des droits
y attachés, s’appliquent aux terrains urbains sis à San Pedro antérieurement
soumis au bail emphytéotique, à l’exception de ceux destinés à l’industrie ou
à la promotion touristique déjà titrés au nom de l’Etat.
– A la demande des propriétaires, la valeur des constructions ou de
l’investissement peut être mentionnée au livre foncier moyennant le paiement
d’un droit de conservation foncière au taux de 0,1 % du montant total déclaré.
En cas de réévaluation de la valeur ou en cas d’amélioration apportée à la
consistance de l’immeuble, les propriétaires ont la faculté de faire la
déclaration de la nouvelle valeur.
– les notaires sont tenus, avant la rédaction de tout acte constatant le transfert
du droit de propriété ou de jouissance d’une parcelle de terrain bâti ou non
bâti, de requérir un certificat de localisation établi par un géomètre expert
agréé et précisant :
• les références du titre foncier ;
• les éléments du levé topographique ;
• la description de la construction.
– les terrains non détenus en pleine propriété ne peuvent être cédés et tout
acte rédigé en violation de cette obligation est de nullité absolue.
– il est fait obligation aux services compétents de l’Etat émetteurs des lettres
d’attribution ou de tout document en tenant lieu, de transmettre à la Direction
générale des Impôts (Direction du Cadastre et Direction des Domaines, de la
Conservation foncière, de l’Enregistrement et du Timbre), un exemplaire de
chaque document émis après l’entrée en vigueur de l’annexe fiscale.
– la copie du titre foncier est supprimée et remplacée par un certificat de
propriété délivré à la demande du propriétaire de l’immeuble contre
paiement d’un droit de recherche de 15 000 francs. Ce même droit est
également dû pour la délivrance de l’attestation de péremption ou de non
péremption d’inscription hypothécaire prévue par l’article 124 de l’acte
uniforme de l’OHADA portant organisation des sûretés, en sus de la taxe de
publicité foncière.
– les lots de terrains urbains destinés à l’industrie ou à la promotion touristique
restent soumis aux dispositions qui les concernent.
D – Mesures transitoires
A titre transitoire, les détenteurs de lettres d’attribution délivrées avant l’entrée
en vigueur de l’annexe fiscale 2002 doivent obtenir préalablement l’arrêté de
concession provisoire ou tout document en tenant lieu auprès du Ministère en
charge de la Construction et de l’Urbanisme.
Par ailleurs, les détenteurs des terrains munis d’un ACP ou d’une lettre
d’attribution et qui n’ont pas encore payé le prix du terrain à la date
d’application du nouveau dispositif, bénéficient d’un délai de 12 mois pour
procéder à la régularisation.