Élaboration Des Fontes Malléables: Jacques CHÉRIÈRE
Élaboration Des Fontes Malléables: Jacques CHÉRIÈRE
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques M 770 − 1
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1.4 Données économiques Ces propriétés conduisent aux applications dans de nombreux
domaines, par exemple :
— automobile et poids-lourds : carters et boîtiers de différentiel,
Chronologiquement les premières dans la famille des fontes culbuteurs, fourchettes, moyeux, pièces de freins et de boîtes de
présentant un caractère de ductilité grâce à la forme nodulaire des vitesses automatiques, etc. ;
particules de graphite, les fontes malléables partagent avec les — tracteurs et machinisme agricole ;
fontes à graphite sphéroïdal une partie du marché des pièces petites — matériel ferroviaire : wagons, selles de rails, supports d’appa-
et moyennes exigeant résistance et capacité de déformation. reillage de contrôle, coussinets de glissement d’aiguillage, pièces
Que ce soit en France ou dans le monde, les tonnages les plus de suspension de caténaires, etc. ;
importants de fontes malléables ont atteint un maximum dans la — matériel de travaux publics ;
période 1975-1980. Les statistiques de 1990 donnent une idée de — électrification : capots d’isolateurs, palonniers, pinces, etc.
l’importance actuelle de ce matériau dans le monde. (0) (pièces galvanisées) ;
— quincaillerie : raccords, chapeaux de bouteilles de gaz, étaux
Production mondiale......................... 1 702 949 t et outillage à main ;
— robinetterie : vannes, volants ;
dont Chine populaire......................... 498 300 t
— bâtiment : pièces d’étais et d’échafaudages, pièces de
URSS.......................................... 300 000 t (estimation)
précontrainte ;
Japon ......................................... 256 126 t — équipement routier : pièces de garde-corps et de signalisation ;
États-Unis .................................. 248 400 t — électroménager : pièces de compresseurs et de condition-
Allemagne fédérale .................. 119 000 t neurs d’air.
Pologne...................................... 32 000 t
Tchécoslovaquie ....................... 31 325 t
Espagne ..................................... 25 500 t
Grande-Bretagne ...................... 24 000 t 1.5 Principaux procédés de moulage utilisés
France ........................................ 17 586 t
Bien que des essais aient été faits pour couler les fontes malléables
L’ensemble des nuances perlitiques constitue environ 50 % de la en coquille, ce qui favorisait l’apparition d’une structure blanche, ce
production totale. La plus forte baisse a concerné la fonte malléable procédé de moulage n’a pas connu de développement significatif
à cœur blanc qui, dans certains pays, telle la France, a presque et cette famille de matériau est coulée dans des moules non
complètement disparu. Le marché actuel est la résultante des permanents, réalisés avec les procédés suivants.
propriétés essentielles des fontes malléables, développées à l’article ■ Moulage en sable silico-argileux
Propriétés des fontes à graphite nodulaire. Fontes malléables à
graphite nodulaire et fontes malléables à coeur blanc [M 394] de ce Le serrage par secousse/pression et le serrage par impact sont
traité, et brièvement rappelées ci-après. utilisés. Les chantiers avec châssis atteignent une production de
250 moules /h, les chantiers sans châssis (moulage en motte à joint
■ Malléables à cœur blanc : horizontal ou vertical) atteignent une production de 400 moules/h.
— soudabilité : c’est la seule fonte exempte de graphite, donc Les premiers sont généralement destinés aux pièces importantes et
parfaitement et facilement soudable, sans risque de création de noyautées, les seconds concernent les petites pièces peu noyautées.
carbures dans la zone affectée thermiquement par la soudure ; ■ Moulage en sable à prise à froid
— grande facilité de galvanisation à chaud en raison du faible
taux de silicium et de l’absence de graphite en surface ; Ce procédé, dans lequel l’agglomération du sable s’effectue soit
— bonne tenue à chaud ; par gazage, soit par autodurcissement à l’air, permet l’utilisation
— bonne aptitude au polissage. d’outillages en bois ou en matériaux de synthèse, adaptés aux faibles
ou moyennes séries.
■ Malléables nodulaires ferritiques : L’application aux fontes malléables est assez limitée par le fait que
— excellente usinabilité, grâce à la présence de nodules de les moules très résistants ne conviennent pas à certaines formes de
graphite ; pièces sensibles au retrait important de la fonte blanche.
— bonne résistance aux chocs à basse température (norme
NF A 32-160) ; ■ Moulage à prise à chaud
— limite et module d’élasticité élevés ; Le procédé Croning, qui utilise un mélange sable-résine formo-
— bonne aptitude à la galvanisation à chaud. phénolique mis au contact d’un outillage chauffé à 300 oC environ,
peut être utilisé pour les fontes malléables quand on cherche, sur
■ Malléables nodulaires perlitiques :
des petites pièces, un état de surface ou une précision dimension-
— caractéristiques mécaniques élevées ; nelle supérieure à ce que donnent les procédés ci-avant. Cependant,
— bon comportement à l’usure par frottement ; sur les pièces sensibles à la déformation, les avantages du Croning
— bonne usinabilité en raison de l’obtention de la structure peuvent être perdus lors du traitement thermique.
perlitique par traitement thermique ;
— bonne aptitude aux traitements superficiels (trempe à haute ■ Moulage avec modèle perdu en polystyrène expansé
fréquence). Ce procédé (Lost foam, Replicast, Polycast...) implique la fabrica-
■ Malléables nodulaires bainitiques : tion, en grande série, d’autant de modèles en polystyrène que de
pièces à réaliser. Ce procédé, qui évite tout noyautage, avec lequel
— très hautes caractéristiques mécaniques associées à une il n’y a ni joint, ni dépouille, permet de réaliser économiquement
bonne ductilité ; en série des pièces dont le coût serait plus élevé avec les méthodes
— possibilité d’écrouissage en service, augmentant la limite de classiques de moulage sable. Il est utilisé pour le moulage des pièces
fatigue ; en fontes malléables.
— très bonne résistance à l’usure par frottement et abrasion.
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Teneur résiduelle moyenne 17 2,75 0,90 3,65 3,050 jusqu’à 1,2 % (nodules
Épaisseur des pièces
en carbone après recuit (1) 19 2,70 0,95 3,65 3,017 de graphite en crabe)
(mm) (%) 21 2,65 1 3,65 2,983
1,5 à 3 0,03 à 0,20
3 à 6 0,20 à 0,30
6 à 13 0,30 à 0,90 2.2.3 Soufre et manganèse
> 13 jusqu’ à 1,30
(1) Le carbone résiduel est celui contenu dans la ferrite, éventuellement Le soufre en excès empêche la graphitisation de la fonte blanche
dans la perlite pour autant que sa teneur soit inférieure à 0,8 % environ aussi bien lors de la solidification qu’au cours du traitement de recuit.
(eutectoïde) et, au-delà, sous forme de graphite nodulaire ou même sphéroï- Il serait un élément intéressant s’il ne provoquait pas l’apparition
dal, suivant, entre autres, les teneurs en manganèse et en soufre (voir dans de certains inconvénients (dureté, fragilité, aptitude à la crique).
les articles Propriétés des fontes à graphite nodulaire [M 392] [M 394] la
différence entre graphite nodulaire et graphite sphéroïdal).
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S (%)
e (mm)
0,14 0,16 0,18 0,20
Pièces minces............... Mn (%) 0,20 0,25 0,30 0,35
e < 8 mm.................................... K – 0,040 8 – 0,025 2 – 0,009 6 + 0,006
Pièces moyennes.......... Mn (%) 0,30 0,35 0,40 0,45
e = 8 à 12 mm ............................K + 0,059 2 + 0,074 8 + 0,090 4 + 0,106
Pièces épaisses............ Mn (%) 0,40 0,45 0,50 0,60
e > 12 mm...................................K + 0,159 2 + 0,174 8 + 0,190 4 + 0,256
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2.4.3 Refroidissement
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■ Fours tunnels
Extérieurement, ce type de four se présente sous forme d’une
carcasse métallique en tôle et fers profilés, maintenus par des
montants et des tirants. Son fonctionnement est semblable à celui
du four de traitement thermique des malléables à graphite nodulaire
représenté sur la figure 9. Ces fours sont toujours à atmosphère
contrôlée et conviennent pour des productions importantes, régu-
lières, avec analyse chimique homogène. Ils permettent de traiter
convenablement les pièces épaisses qui sont le cas le plus
défavorable du point de vue de la décarburation.
L’intérieur est constitué par des briques réfractaires et par un
calorifugeage en briques de diatomite, de façon à réduire le plus
possible les pertes par rayonnement. L’entrée et la sortie sont munies
de sas dont l’étanchéité est assurée par joint de sable, celui de
l’entrée pouvant être prévu avec un balayage à l’atmosphère
contrôlée.
Les résistances électriques sont généralement à montage verti-
cal, en tubes radiants, mais à faible taux d’émission (7 à 9 W/cm2)
du fait des hautes températures et de l’atmosphère oxydante. Le
tube radiant permet, en plus, d’intervenir sur un élément, ou de le Figure 4 – Structure de fonte blanche (cliché CTIF)
changer, sans avoir à refroidir ou à arrêter le four. Les tubes
radiants peuvent aussi être chauffés par combustibles gazeux (gaz
naturel ou propane). Leur rendement est de 70 à 80 %, et leur
durée de vie de l’ordre de deux ans. 3.2 Rôle des éléments
Chaque panier de chargement est constitué par un plateau alvéolé
et des parois en acier inoxydable. La forme spéciale du plateau ■ Carbone
permet un guidage de la charge pendant le trajet. L’enfournement
et le défournement se font automatiquement par une pousseuse, Il doit être le plus bas possible car, bien que sous forme de nodules,
généralement à vérins hydrauliques, située du côté de l’entrée, ce et donc bien moins néfaste que le graphite lamellaire, il ne s’en fait
qui permet le cheminement continu des pièces à l’intérieur du four. pas moins sentir sur la valeur de la résistance à la traction et sur
Les plateaux, guidés par des glissières, avancent sur des galets ou l’allongement. Il ne convient pas, cependant, de descendre trop bas,
glissent sur des rails en carborundum. Au cours de ce cheminement, les pièces devant rester parfaitement saines.
les pièces suivent successivement toutes les phases du cycle. Pratiquement, la teneur en carbone dépend des dimensions des
Suivant la production souhaitée, le four tunnel est prévu pour une, pièces à couler et des moyens de fusion dont on dispose Les limites
deux, voire trois rangées parallèles. Une rangée équivaut à une varient en général de 2,2 à 2,7 %, sauf dans quelques cas particuliers
production de 100 à 250 t/mois. comme l’exemple suivant : si l’on ne recherche pas d’autres
Dans des installations nouvelles de fours continus, on a avantages que l’usinabilité, et si l’allongement et la résistance ne
expérimenté la possibilité de passer de la marche décarburante à sont pas primordiaux, comme dans les raccords de chauffage ou les
la marche non carburante, c’est-à-dire de traiter par campagnes des nipples de radiateurs, une fonte avec 2,8 à 3 % de carbone convient.
fontes malléables à cœur blanc et des fontes malléables à graphite Industriellement, pour les nuances FMN 350.10, FMN 450.06 et
nodulaire. pour les nuances perlitiques, on ne cherche pas à descendre
au-dessous de 2,4 % de carbone. Par contre, la nuance FMN 380.18
ne pourra guère être obtenue qu’avec une basse teneur en carbone
de 2,2 ou 2,4 %. Au cubilot seul, on obtient 2,6 % de carbone et de
3. Élaboration des malléables 0,12 à 0,18 % de soufre. Les fours électriques et les duplex
cubilots-fours électriques permettent n’importe quelle teneur en
à graphite nodulaire carbone, et des teneurs en soufre basses (0,05 %).
■ Silicium
L’élaboration consiste à obtenir une fonte blanche au stade de la La teneur en carbone étant choisie, on ajuste à cette teneur celle
coulée, puis à précipiter le carbone en nodules de graphite au cours en silicium, en la fixant aussi élevée que possible dans le but
d’un traitement thermique. d’avoir une graphitisation rapide au traitement thermique. De plus,
le silicium entre en solution solide dans la ferrite, donnant de la
silico-ferrite dont la résistance à la traction et l’allongement sont
croissants en fonction du pourcentage de silicium :
3.1 Composition chimique 1% Si ...... R = 480 MPa
de la fonte blanche coulée
1,5 % Si ...... R = 510 MPa
2% Si ...... R = 525 MPa
La composition de cette fonte blanche (figure 4) convient aussi
bien pour les nuances ferritiques que pour les nuances perlitiques : Les limites à ne pas dépasser, et ce de façon impérative, sont celles
carbone....................2,2 à 3 % qui donneraient du graphite primaire à la solidification.
silicium ....................1 à 1,8 % Le carbone et le silicium varient évidemment en sens inverse l’un
soufre....................... 0,24 % (§ 3.2) de l’autre : la balance (C % + Si %) est en général comprise entre 3,7
manganèse..............en rapport avec le soufre et le carbone et 4,2 %, la tendance étant de travailler en haute balance, supérieure
équivalent (§ 3.2) à 3,9 %, sauf pour la nuance FMN 380.18.
phosphore ............... 0,10 %
chrome..................... 0,07 %
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2 760 6
1,9 756 6
1,8 752 7
1,7 748 7
1,6 745 8
1,5 741 8
1,4 738 9
1,3 735 10
1,2 732 13
1,1 728 16
1 725 20
(1) Il s’agit du temps de maintien à la température eutectoïde, la durée de
montée en température dépendant, elle, de l’épaisseur des pièces et de la
puissance de chauffe installée.
Figure 5 – Structure de fonte malléable ferritique (cliché CTIF)
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■ Influence de la composition La figure 8 précise les cycles de traitement thermique des diffé-
Il faut chercher, en diminuant le carbone, à augmenter le silicium rentes nuances de malléables perlitiques et la figure 9 présente un
jusqu’au maximum compatible avec l’obtention d’une structure exemple de cycle de traitement thermique, en four tunnel, d’une
entièrement blanche à la solidification. La graphitisation s’accélère fonte malléable perlitique.
quand la teneur en silicium augmente, mais, pour un taux de silicium Concernant les fours utilisés pour la malléabilisation, le lecteur
donné, elle s’accélère d’autant plus que le taux d’inoculant (ferro- pourra aussi se reporter au paragraphe 2.4.4.
silicium) est élevé. Il est possible de combiner l’avantage d’un haut
silicium final et d’une inoculation importante (0,4 % et plus), par
l’utilisation de bismuth (70 g/t) retardant l’apparition de graphite
primaire, et assurant ainsi une réduction du temps de traitement
thermique de 10 à 20 %. Cependant, au lieu de tenter de réduire le
plus possible la durée du traitement, il peut être rentable de réaliser
celui-ci à plus basse température, de l’ordre de 800 oC, ce qui réduit
la consommation d’énergie de 10 à 15 % et évite la déformation éven-
tuelle des pièces. Dans ce cas, on vise des analyses à silicium maxi-
mal (1,6 à 1,8 %) avec du bismuth, en ajoutant des éléments qui
facilitent la germination du graphite, tels que le bore (20 g / t) et
l’aluminium (100 g/t). Une teneur en soufre minimale et en manga-
nèse ajustée avec un excès minimal (§ 3.2) sont favorables au but
recherché.
■ Influence d’éléments spéciaux
L’utilisation de certains éléments, tels que le cérium et surtout le
magnésium, permet d’augmenter le taux de silicium sans risque de
graphite primaire dans la fonte blanche et d’abaisser la température
de traitement de plus de 100 oC. C’est ainsi qu’on peut élaborer la
fonte malléable au magnésium, mais cela implique une teneur très
basse en soufre, inférieure à 0,03 %.
■ Influence de la surchauffe Figure 7 – Structure de fonte malléable perlitique (cliché CTIF)
L’élévation de la température de surchauffe du métal avant coulée
permet un léger gain sur la durée du traitement. Il convient
cependant de s’assurer que cette opération reste rentable.
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Figure 9 – Exemple de cycle industriel de traitement thermique, en four tunnel, de fonte malléable perlitique
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4. Élaboration des malléables Les recommandations pour le bore, le bismuth, le tellure sont les
mêmes que pour les autres nuances de malléables à graphite
bainitiques nodulaire (§ 3.2).
La fonte blanche en vue de l’obtention de nuances bainitiques
doit être élaborée au four électrique à induction.
4.1 Présentation du matériau Si le métal doit être conservé à l’état liquide plus de 30 min, il est
prudent de prévoir 0,2 % de fonte neuve dans le lit de fusion.
Les malléables bainitiques sont des fontes à graphite nodulaire
à très hautes caractéristiques mécaniques, obtenues par des condi-
tions métallurgiques particulières. L’analyse de la fonte blanche est
spécialement choisie, tant pour les éléments traditionnels, carbone, 4.3 Rôle des différents éléments
silicium, manganèse, que pour les éléments d’addition, cuivre,
molybdène, etc.
La structure bainitique (figure 10) est obtenue, après un maintien Seuls sont mentionnés les éléments dont la teneur est spécifique
dans le domaine austénitique, par une trempe suivie d’un maintien pour l’obtention d’une fonte malléable bainitique :
isotherme à une température en relation avec la structure recherchée — le manganèse, élément antigraphitisant, intervient dans la
(bainite supérieure ou inférieure). La trempe et le maintien isotherme désulfuration et améliore la trempabilité ; il ségrège entre les joints
sont, dans la plupart des cas, réalisés en bain de sels. de grains, d’où les limites imposées à sa teneur ;
Les caractéristiques de ce matériau varient en fonction de la struc- — le soufre doit être à une teneur la plus basse possible, pour
ture (Propriétés des fontes à graphite nodulaire. Fontes malléables ne pas exiger une teneur en manganèse trop élevée ;
à graphites nodulaires et fontes malléables à cœur blanc [M 394]) : — le cuivre améliore les caractéristiques mécaniques et favorise
la trempabilité en repoussant vers la droite les courbes TTT (tempéra-
(0) ture, temps, transformation) ;
R m ................................. 800 à 1 100 MPa — le molybdène a, sur les courbes TTT, un rôle identique à celui
R p 0,2 ............................. 600 à 900 MPa du cuivre, mais beaucoup plus énergique ; sa teneur doit être limitée
pour éviter la formation des petits carbures de molybdène au
A % ............................... 5 à 2 voisinage desquels apparaissent des variations dans la structure
HB ................................. 250 à 370 bainitique.
La fonte coulée a la composition massique suivante : Tant que certaines catégories d’usinage ne pourront être réalisées
sur des structures bainitiques, il conviendra de passer par le stade
carbone .................... 2,2 à 2,6 %
de la ferritisation, traitement effectué en 35 à 40 h, avec les para-
silicium ..................... 1,5 à 1,8 %
mètres suivants :
manganèse .............. 0,40 %
en rapport avec le soufre — étape de décomposition de la cémentite à 940-980 oC, pendant
(Mn = 1,72 S + 0,18/0,22) 10 à 15 h suivant l’épaisseur des pièces pour avoir une bonne
soufre ....................... 0,10 % destruction de la cémentite et une bonne graphitisation ;
phosphore................ 0,07 % — refroidissement de 940-980 oC à 800-820 oC en 3 h ;
chrome ..................... 0,07 % — refroidissement de 800-820 oC à 680-690 oC en 20 à 24 h.
cuivre........................ 1,2 à 2,2 % Cette opération de ferritisation est impérative pour permettre un
molybdène ............... 0,2 à 0,6 % usinage correct des pièces, et notamment pour respecter la précision
dimensionnelle des cotes usinées. Un refroidissement sans pré-
cautions entre 820 et 690 oC provoquerait des variations de structure
préjudiciables à la précision requise.
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4.5 Mécanisme de la transformation Après traitement, pièces et éprouvettes subissent l’essai de dureté
suivant un prélèvement statistique vérifiant que l’histogramme de
bainitique dureté de la nuance est respecté.
Pour les pièces réalisées dans l’une des nuances perlitiques,
Dans l’intervalle 840-880 oC, l’austénite s’enrichit en carbone l’utilisation des cartes de contrôle est recommandée afin de mieux
(0,8 à 1 %). Pendant la trempe isotherme, elle se transforme. Dans maîtriser le procédé. Les pièces hors des limites des cartes de
une première étape, l’austénite donne une ferrite sursaturée en contrôle sont mises dans des bennes convenablement repérées pour
carbone et de l’austénite enrichie à 2 % de carbone. Cet enrichisse- être retraitées suivant la procédure des non-conformités. Deux
ment provient du fait que la ferrite sursaturée ne contient que 0,08 % pièces limitant l’histogramme de dureté, c’est-à-dire une pièce parmi
de carbone. La structure obtenue réunit des caractéristiques de résis- les plus dures et une pièce parmi les plus tendres, sont coupées à
tance et de ductilité. Cette première étape risque d’être suivie d’une l’endroit imposé par le client ou par la fonderie (en général à l’endroit
seconde au cours de laquelle la ferrite sursaturée et l’austénite de l’essai de dureté). Les morceaux subissent un examen micro-
enrichie donnent naissance à une structure de ferrite et de silico- graphique au laboratoire.
carbures qui abaissent la ductilité. Les analyses et le traitement On vérifie la conformité des nodules de graphite aux normes en
doivent être réglés avec soin pour éviter l’apparition du deuxième vigueur. Les formes prohibées conduisent au ferraillage des pièces.
stade. Les structures sont vérifiées après attaque nital (mélange de 3
ou 4 cm3 d’acide nitrique dans 97 ou 96 cm3 d’alcool éthylique
dénaturé). Cette attaque est rapide et permet de révéler la ferrite,
5. Contrôles la perlite, la cémentite. La cémentite peut aussi être révélée par
d’autres attaques chimiques spécifiques : picrate de sodium
en cours de fabrication bouillant, réactif de Murakami. Les structures micrographiques
observées sont comparées avec les structures types de chaque
nuance.
5.1 Contrôle des matières premières Si structure et caractéristiques mécaniques sur éprouvettes de
traction sont conformes, les pièces sont disponibles pour le para-
Les composants de la charge (composants métalliques, ferro- chèvement et les autres contrôles : inspection visuelle, courant de
alliages et éléments d’addition, coke, etc.) sont dosés avec des Foucault, magnétoscopie, gammagraphie, ultrasons, ressuage, etc.,
moyens appropriés et efficaces (pesée ou mesure volumétrique). Ces et audit final. Si les structures ne sont pas conformes, les pièces sont
moyens sont fréquemment vérifiés. traitées suivant la procédure de non-conformité.
En dehors des contrôles sur produits, la fonderie doit évidemment
être dotée des moyens de contrôle rigoureux des paramètres
5.2 Contrôle du métal liquide d’élaboration et de traitement, ainsi que d’un système de vérification
et d’étalonnage de tous les appareils de mesure.
La constitution des lots est aussi un point important dans
Tous les éléments de la composition doivent être contrôlés avec l’organisation du contrôle. Après décochage et dégrappage, les
les moyens appropriés. En dehors du carbone, le spectromètre pièces sont loties dans des conteneurs repérés avec la date ou le
convient à tous les dosages. Les contrôles sont effectués à chaque numéro de coulée. Après traitement, les pièces doivent être alloties
piquée pour les cubilots, après chaque remplissage pour les fours par fournées jusqu’au contrôle final de ce traitement.
à induction à creuset, et toutes les heures dans le cas du four à induc-
tion à canal.
Dans les cas où des corrections sont à faire, on utilise les moyens 5.4 Dispositions particulières
suivants : aux fontes malléables bainitiques
— carbone : apport sous forme de graphite ;
— silicium : apport sous forme de ferrosilicium à 75 % de silicium ;
— manganèse : apport sous forme de ferromanganèse à 75 % de
5.4.1 Contrôle du métal liquide
manganèse ;
En fonction des valeurs trouvées, les analyses finales doivent être
— bore : apport sous forme de ferrobore à 18-20 % de bore.
ajustées avec une précision de l’ordre de ± 0,05 % sur les éléments
Les additions de bismuth, tellure et bore sont faites dans les tels que le molybdène ou le cuivre. Il vaut mieux faire des additions
poches de coulée. par étapes prudentes pour réaliser cet objectif. Le molybdène est
La température du métal est vérifiée dans les poches de coulée. corrigé par un apport de ferromolybdène à 50 %, et le cuivre par
Elle est comparée aux prescriptions des gammes de fabrication une addition de cuivre électrolytique.
établies pour chaque type de pièces.
Des éprouvettes de traction sont coulées en quantités suffisantes
et suivant une fréquence déterminée par chaque fonderie en fonction
5.4.2 Contrôle des traitements thermiques
des moyens et des types de fabrication, le minimum étant d’un lot
d’éprouvettes par jour. Il est indispensable d’intégrer à la gamme de fabrication de la pièce
une gamme de traitements thermiques spécifiant les paramètres des
différentes étapes :
— traitement de graphitisation ;
5.3 Contrôle du traitement thermique — traitement de ferritisation ;
— contrôles de dureté et de structure ;
— parachèvement, ébauche, usinage ;
Les pièces dessablées après décochage et dégrappage sont — austénitisation ;
traitées suivant une gamme de traitements thermiques qui indique — temps de transfert avant trempe isotherme ;
la nuance à obtenir et les différents paramètres de l’opération. Les — trempe isotherme, température, temps de maintien ;
éprouvettes subissent les mêmes traitements que les pièces. — nettoyage, graissage des pièces après traitement en bain de
sels.
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Des éprouvettes coulées avec les pièces doivent être mises avec 6.3 Formes et raccordements
chaque lot de traitement (une éprouvette de traction et trois éprou-
vettes d’énergie de choc).
Après le traitement bainitique et le repérage de chaque lot de traite- Les sections sont calculées en fonction des contraintes subies par
ment, le laboratoire doit vérifier sur éprouvettes les principales carac- la pièce et des caractéristiques du matériau choisi (articles Propriétés
téristiques mécaniques (résistance à la traction, limite d’élasticité, des fontes à graphite nodulaire. Fontes malléables à graphite nodu-
allongement, énergie de choc). Un histogramme de dureté est établi laire et fontes malléables à cœur blanc [M 394] et Données
sur chaque lot de pièces, et un examen micrographique est effectué numériques [Form. M 396]).
sur des pièces prélevées aux limites extrêmes de l’histogramme. Les nervures doivent être employées avec discernement. Elles
Parallèlement, des examens de structure et des mesures de dureté donnent non seulement de la rigidité dans les structures, mais aussi
sont effectués sur les éprouvettes de traction et d’énergie de choc. dans la période délicate du refroidissement. Il faut essayer de les
S’il y a corrélation entre pièces et éprouvettes sur les plans dureté, éviter en cherchant le renforcement par de judicieuses ondulations
structure et caractéristiques mécaniques, les pièces sont déclarées des parois. De même, il est préférable d’éviter les sections en I ou
conformes. en U et de donner aux nervures inévitables une forme légèrement
concave préférable à un tracé rectiligne.
Deux parois sont raccordées entre elles par des rayons dont la
valeur égale sensiblement la moyenne des deux épaisseurs. Pour
6. Conseils et contraintes les parois d’épaisseurs très différentes, il est souhaitable de passer
de tracé des pièces de l’une à l’autre par un raccordement incliné. Les raccordements
cruciformes sont à proscrire. Dans le cas de raccordements en Y, il
en fontes malléables faut déformer l’angle le plus faible, pour éviter le coin de sable
difficile à démouler.
Il est utile de vérifier que les raccordements peu visibles au plan
Parce qu’on utilise le métal liquide pour donner au produit sa n’engendrent pas des parties massives inutiles, et que les angles
forme finale, les pièces de fonderie offrent une très grande liberté trop vifs sur parties brutes ou usinées ne sont pas à l’origine de
de tracé. Mais un mauvais tracé aura des conséquences qui se concentrations de contraintes et de problèmes de fatigue.
révèleront tout au cours de la vie du produit : mise au point difficile
et longue, sensibilité à de faibles variations des paramètres de
fabrication, nécessité d’opérations ou de contrôle alourdissant le prix
de revient, allongement des délais, etc. 6.4 Retrait
Le plan d’une pièce moulée doit donc respecter un certain nombre
de règles, indépendantes du sens de moulage et de coulée, qui sont Quand un alliage en fusion est coulé dans un moule, il se refroidit
précisées ci-après avec leurs spécificités dans le cas des fontes et subit des contractions à l’état liquide, en cours de solidification,
malléables. Leur application est facilitée par une collaboration et à l’état solide. Mais le procédé de fabrication des fontes malléables
précoce entre le concepteur et le fondeur. à graphite nodulaire comporte différents types de traitements
thermiques qui font subir aux pièces un gonflement dû à la
graphitisation du carbone.
6.1 Encombrement et masse des pièces Au point de vue dimensionnel, le retrait dont il faut tenir compte
pour la fabrication des outillages est donc la résultante de la contrac-
tion à l’état solide (16 à 20 ‰ ) et du gonflement au traitement
Les épaisseurs maximales résultent d’impératifs métallurgiques, thermique. On utilise généralement les valeurs suivantes :
et ce sont elles qui entraînent une limitation dans l’encombrement — fonte malléable à cœur blanc..........................................12 ‰ ;
et dans la masse des pièces. Les plus grandes pièces en fontes — fonte malléable à graphite nodulaire ............................. 8 ‰.
malléables s’inscrivent généralement dans les châssis ayant jusqu’à Le retrait volumique à la solidification est de l’ordre de 6 % Il
80 cm de côté. nécessite un masselottage des points de dernière solidification. Pour
À titre indicatif, on peut donner les masses maximales suivantes : le tracé, il en résulte que les parties massives doivent se trouver de
— fonte malléable à cœur blanc ........................................... 5 kg ; préférence à la périphérie de la pièce, afin qu’elles soient aisément
— fonte malléable ferritique ..................................................70 kg ; masselottables. Les parties massives internes devront être
— fonte malléable perlitique .................................................50 kg ; rattachées aux zones massives externes par une paroi plus épaisse,
— fonte malléable bainitique.................................................25 kg. ou un renfort de paroi permettant l’action des masselottes exté-
rieures et une solidification dirigée.
6.2 Épaisseurs
6.5 Tolérances dimensionnelles
Pour toutes les nuances, l’épaisseur minimale est de 2,5 à 3 mm.
Il faut cependant noter que l’épaisseur minimale peut varier en fonc- Les tolérances générales des pièces de fonderie sont régies par
tion de la superficie, de la position dans le moule, de la liaison avec la norme A 00-510 qui s’applique aussi aux surépaisseurs d’usinage.
une source d’alimentation et de l’importance de la pièce. Dans cette norme, les classes de tolérances CT8, CT9 et CT10
Les épaisseurs maximales sont de 25 mm pour les malléables à s’appliquent aux pièces en fontes malléables produites en série.
cœur blanc, sans dépasser 8 à 9 mm pour une décarburation accep- Les tolérances particulières sont fixées de préférence avec le
table, et de 50 mm pour les malléables à graphite nodulaire ferri- fondeur en fonction du sens et du procédé de moulage. On tiendra
tiques, perlitiques et bainitiques. compte aussi des risques de déformations au traitement thermique,
et on recherchera les moyens propres à éviter ces déformations, ou
Sur une même pièce, les épaisseurs peuvent varier dans un
rapport de 1 à 6 environ, mais avec un passage progressif d’une à les répartir par un choix judicieux des points d’appui d’usinage.
épaisseur à l’autre.
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dont les propriétés mécaniques sont normales. Ce défaut est d’humidité dans le four. Ce phénomène peut être accentué par une
généralement dû à une atmosphère trop oxydante. Dans le cas de analyse incorrecte au niveau des éléments qui favorisent la
traitement au minerai, il est nécessaire de réduire le taux de minerai graphitisation, notamment teneurs en carbone et en silicium un peu
neuf. Il convient aussi de vérifier les températures de traitement faibles, ou teneurs élevées en manganèse ou en chrome.
thermique et la composition du métal.
■ Perlite à cœur
■ Collage du minerai Si une structure ferritique est recherchée, il s’agit d’un défaut. Cette
Pour les traitements utilisant ce procédé, il arrive que du minerai, présence de perlite ou de ferrito-perlite est due à un traitement
en partie fondu, adhère à la surface des pièces. Cette anomalie est incorrect, à une mauvaise composition ou à la présence d’éléments
généralement due à une température de traitement trop élevée, à stabilisateurs de la perlite tels que l’étain, le chrome, le manganèse
un minerai trop fusible ou de granulométrie trop fine. en excès. Une descente en température trop rapide, supérieure
à 10 oC / h au voisinage du palier eutectoïde (780-680 oC) ou une
■ Cémentite résiduelle erreur de réglage de ces températures peuvent aussi être à l’origine
Ce défaut est dû, en général, à une analyse incorrecte ou à un de cette anomalie. Les pièces peuvent être récupérées en refaisant
réglage défectueux du traitement thermique. La récupération des le second stade du traitement thermique pendant un temps suffisam-
pièces peut être réalisée par un nouveau traitement thermique aux ment long.
paramètres adaptés à cette récupération.
■ Liseré ferritique
■ Grossissement du grain Dans le cas des fontes malléables à structure perlitique, ce défaut,
Le plus souvent, ce défaut a pour origine une durée excessive du pouvant aller jusqu’à l’oxydation superficielle, apparaît dans le cas
maintien au cours du traitement. On peut y remédier par une de dérèglement oxydant de l’atmosphère du four de traitement
normalisation du grain (chauffage à 900-925 oC et refroidissement thermique.
à l’air).
■ Ferrite à cœur
Dans une nuance perlitique, la présence de ce constituant, en géné-
7.4.2 Défauts spécifiques aux malléables ral autour des nodules de graphite, a pour origine un refroidissement
à graphite nodulaire trop lent après le palier haute température ou des teneurs trop faibles
en éléments perlitisants (manganèse).
■ Cordon perlitique ■ Perlite relâchée
La section des pièces présente, après recuit, une bordure claire Toujours dans le cas des nuances perlitiques, une perlite relâ-
et brillante (perlite) contrastée avec l’intérieur sombre chée est due à une trempe effectuée à trop basse température.
(ferrite + graphite). Ce défaut est dû, en général, à la présence
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P
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Élaboration des fontes malléables R
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par Jacques CHÉRIÈRE N
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Normalisation
France NF A 02-001 5-89 Produits de fonderie. Désignation conventionnelle
1 - 1994
N Europe
léables à graphite nodulaire, ferritiques et perlitiques.
ISO 5922
ISO 8062
1981
1984
Fonte malléable.
Pièces moulées. Système de tolérances dimension-
Euronorme Fontes malléables référence 190/220 (numérotation provisoire)
nelles.
devant être soumise prochainement à l’enquête publique.
S
Organismes
A Association française des fonderies de malléables (AFFOMA).
Centre d’information des fontes moulées (CIFOM).
V Centre technique des industries de la fonderie (CTIF).
Syndicat général des fondeurs de France.
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