Cette brochure décrit en langage non technique certains aspects importants
des Directives techniques de la FAO pour une pêche responsable n° 5 – Développement
de l’aquaculture. Son objectif est de contribuer à familiariser les Etats Membres
de la FAO et les autres parties prenantes aux buts et pratiques se rattachant
au développement durable de l’aquaculture. Elle ne vise pas à remplacer les Directives
techniques n° 5, mais simplement à présenter certains renseignements
complexes contenus dans ces directives sous une forme simplifiée
COMPRENDRE L’AQUACULTURE
afin de les rendre plus accessibles pour tous ceux et celles qui
sont concernés par le développement de l’aquaculture.
ISBN 92-5-205382-4
9 789252 053828
TC/M/A0149F/1/02.06/700
Illustration de la couverture : Emanuela D’Antoni
COMPRENDRE L'AQUACULTURE
ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE
Rome, 2006
Les appellations employées dans ce produit d’information et
la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la
part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture aucune prise de position quant au statut juridique
ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou
zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières
ou limites.
FAO.
Comprendre l'aquaculture.
Rome, FAO. 2006. 20p.
ISBN 92-5-205382-4
Tous droits réservés. Les informations contenues dans ce produit d’information
peuvent être reproduites ou diffusées à des fins éducatives et non commerciales
sans autorisation préalable du détenteur des droits d’auteur à condition que la
source des informations soit clairement indiquée. Ces informations ne peuvent
toutefois pas être reproduites pour la revente ou d’autres fins commerciales
sans l’autorisation écrite du détenteur des droits d’auteur. Les demandes
d’autorisation devront être adressées au Chef du Service de la gestion des
publications, Division de l’information, FAO, Viale delle Terme di Caracalla,
00100 Rome, Italie ou, par courrier électronique, à copyright@[Link]
© FAO 2006
COMPRENDRE L’AQUACULTURE
Ce document est une version simplifiée des Directives
techniques de la FAO pour une pêche responsable nº 5 –
Développement de l’aquaculture – et vise à apporter des
éclaircissements sur l’importance, les possibilités et les défis
du développement responsable de l’aquaculture, comme
convenus par les Etats Membres de l’Organisation des
Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans
le cadre du Code de conduite pour une pêche responsable. Il
souligne les domaines importants et cruciaux qui nécessitent
une attention étroite lors de l’élaboration et de la mise en
œuvre d’un plan et de la gestion de l’aquaculture à l’échelon
national et régional. Il se fonde sur les dispositions énoncées
à l’article 9 du Code de conduite pour une pêche
responsable – Développement de l’aquaculture.
Historique et introduction
La plupart des gens sont conscients que les pêches
constituent une ressource renouvelable qui ne pourra pas
indéfiniment fournir du poisson. Les pêches maritimes et
continentales ne seront durables que si nous les gérons plus
soigneusement. C’est à cette fin que la Conférence de la
FAO a adopté à sa vingt-huitième session, le 31 octobre
1995, le Code de conduite pour une pêche responsable (le
Code). Ce Code, élaboré par la FAO, tient compte des
nombreuses discussions avec les représentants des
institutions des Nations Unies, d’autres organisations
internationales et non gouvernementales qui interviennent
activement depuis 1982. Il doit être appliqué en même temps
qu’un certain nombre d’autres conventions et accords
importants, notamment:
2
• la Convention des Nations Unies sur le droit de la
mer de 1982;
• l’Accord aux fins de l'application des dispositions
de la Convention des Nations Unies sur le droit de
la mer du 10 décembre 1982 relatives à la
conservation et à la gestion des stocks de
poissons dont les déplacements s'effectuent tant à
l'intérieur qu'au-delà de zones économiques
exclusives (stocks chevauchants) et des stocks de
poissons grands migrateurs (1992);
• la Déclaration de Cancún (1992);
• la Déclaration de Rio sur l’environnement et le
développement (1992), et plus particulièrement le
chapitre 17 du programme Action 21.
Ces directives sont facultatives. Les personnes et les
groupes peuvent les utiliser comme une liste de contrôle des
points qui méritent une attention toute particulière lors du
développement de l’aquaculture.
En raison de l’extrême diversité qui caractérise
pratiquement tous les aspects de l’aquaculture et des
pêches, les lecteurs devront utiliser ces directives en tenant
compte de leurs propres besoins. Par exemple, l’aspect
législatif peut être fort dans un pays et représenter la
première source de préoccupation dans un autre. Dans
chaque pays, la progression à long terme vers un code de
conduite viable se fera par petites étapes. Entre-temps,
chaque partie concernée peut mettre en avant les petits
succès remportés par des mesures adoptées ailleurs afin de
plaider en faveur de leur adoption dans son propre pays.
Les lecteurs intéressés sont invités à aider la FAO en
envoyant des renseignements sur les questions techniques,
politiques ou juridiques connexes qui pourraient présenter
une utilité pour mettre à jour, évaluer et améliorer les
3
Directives et pour étoffer les documents d’information afin de
promouvoir le développement responsable de l’aquaculture.
Des renseignements complémentaires sur le Code et
ses dispositions sont disponibles à l’adresse:
[Link]
Développement responsable de l’aquaculture dans les
zones relevant de la juridiction nationale (Article 9.1 du
Code)
Compréhension et application de la législation aquacole
Les gouvernements nationaux doivent élaborer des
politiques, des lois et des règlements visant spécialement les
personnes qui souhaitent développer et promouvoir des
pratiques aquacoles responsables. Il peut être nécessaire
d’adapter le cadre administratif et juridique en vigueur de
manière à répondre à ces besoins en décrivant les
prérogatives et les responsabilités des aquaculteurs et en
expliquant de quelle manière les lois, les règlements et les
décrets doivent être communiqués à chacun pour être
compris et appliqués.
4
L’une des responsabilités générales du gouvernement
consiste à collaborer avec des personnes et des groupes de
la société civile en vue de promouvoir le développement
d’une aquaculture écologiquement rationnelle et viable qui
serait correctement coordonnée avec les plans et les
activités d’aménagement rural, agricole et côtier et à
sensibiliser le public aux nombreux avantages que présente
l’aquaculture, pour eux-mêmes et pour les autres.
Evaluations préalables des effets génétiques
L’une des grandes inquiétudes soulevées par
l’aquaculture concerne la biodiversité. Des modifications
génétiques peuvent être amenées par des espèces
introduites, des espèces domestiquées ou des espèces
génétiquement modifiées dans le cadre de programmes
aquacoles de propagation ou à l’aide d’autres techniques.
Les effets néfastes de la modification génétique d’une
espèce peuvent conduire à:
• la contamination du patrimoine génétique d’une
espèce indigène par hybridation;
• la dégénérescence d’une espèce indigène (par
exemple, diminution de la taille des spécimens,
perte de qualités gustatives, affaiblissement de la
valeur commerciale) ou sa disparition totale;
• la modification de la répartition des espèces
indigènes sous l’effet de la concurrence, des
prédateurs ou de la dégradation de leur habitat
naturel.
Le risque de ces effets néfastes peut être évalué
préalablement si l’on s’interroge sur:
• la probabilité qu’une espèce aquacole puisse
s’échapper dans le milieu naturel;
5
• la probabilité qu’une espèce échappée puisse
survivre dans ce milieu naturel;
• la capacité de reproduction de cette espèce
échappée avec d’autres poissons;
• la possibilité que les gènes de cette espèce
échappée puissent se transmettre aux espèces
indigènes.
Développement et planification de l’aquaculture
Un plan de développement de l’aquaculture devrait
définir les responsabilités de toutes les personnes
concernées et être adapté aux besoins de la région visée en
tenant compte des conditions socioéconomiques locales.
Ce plan devrait également décrire la manière dont la
population pourrait participer au processus de planification,
aider à sa mise en œuvre et contribuer à l’application du
Code de conduite pour une pêche responsable qui a été
élaboré et adopté.
Utilisation responsable des sols et des ressources en
eau et niveaux acceptables de l’impact sur
l’environnement
Les pouvoirs publics pourraient procéder à des
évaluations appropriées de l’impact qu’aura sur
l’environnement l’installation d’une exploitation aquacole, en
mettant en place des procédures permettant de mesurer
l’utilisation des eaux, les effluents, l’utilisation de produits
pharmaceutiques et chimiques et les autres activités qui
pourraient porter atteinte aux eaux et aux terres
environnantes. L’évaluation et le suivi de l’impact sur
l’environnement sont des éléments importants qui
nécessitent une collaboration entre les pouvoirs publics, les
chercheurs et les aquaculteurs. Cependant, les procédures
devraient être suffisamment flexibles de manière à pouvoir
6
être adaptées aux différents types d’activités. Les activités
aquacoles doivent être situées dans des lieux qui
conviennent à la production durable, tant sur le plan
physique que sur le plan économique et social, où les
risques de conflits avec des tiers sont limités ou inexistants
et qui respectent les réserves naturelles, les zones
protégées et les habitats fragiles ou sensibles.
Les pouvoirs publics doivent s’assurer que les
prérogatives et les besoins du secteur aquacole sont
reconnus et respectés par les autres utilisateurs des sols et
des ressources en eau et que les exploitations aquacoles ne
sont pas menacées par les problèmes écologiques touchant
les autres secteurs.
Les règlements de zonage ou de sites doivent tenir
compte des plans de développement régional et
d’aménagement des bassins versants ou des zones côtières.
Le zonage requiert souvent une coopération et un
renforcement des capacités dans des domaines comme
l’évaluation et le contrôle des ressources, la planification
intersectorielle de l’utilisation des ressources, la comptabilité
environnementale, la résolution des conflits et la participation
des différentes parties prenantes aux processus
décisionnels.
Capacité institutionnelle pour l’aquaculture
Dans la plupart des cas, les arrangements
institutionnels employés par les gouvernements pour
développer et soutenir l’aquaculture proviennent des
organismes chargés de la gestion des forêts, des pêches et
d’autres ressources naturelles. Ces arrangements sont utiles
pour faire face aux aspects d’ordre biologique et commercial
ainsi qu’aux questions relatives à la qualité des aliments.
Toutefois, les gouvernements doivent renforcer les liens
entre l’aquaculture et les institutions œuvrant dans des
7
secteurs connexes comme le développement rural,
l’irrigation, le tourisme et la santé. Les experts en
aquaculture et en pêche doivent trouver le moyen de prendre
part à l’élaboration des politiques économiques et juridiques
et des règlements relatifs à la gestion de l’eau.
Promotion d’un développement approprié et d’une
utilisation adéquate des techniques parallèlement à la
protection des moyens d’existence des communautés
locales
Il arrive que les projets de développement aquacole
proposés ne bénéficient pas de l’attention préalable requise
en raison du peu d’expérience qu’ont de nombreux pays
dans ce domaine. Les fonctionnaires collaborant avec les
experts en aquaculture, les aquaculteurs et les investisseurs
devraient réfléchir sérieusement aux avantages et aux
conséquences possibles des projets aquacoles pour
s’assurer que ceux-ci contribueront à augmenter les
disponibilités alimentaires et à améliorer les conditions
socioéconomiques dans les communautés rurales sans
présenter d’effets néfastes graves.
Augmenter la production vivrière est l’une des
principales manières d’accroître les disponibilités
alimentaires et le revenu des populations pauvres. Les
moyens d’existence des populations pauvres des
communautés rurales dépendent de leur capacité à produire
de la nourriture de plusieurs manières, notamment
l’agriculture et l’aquaculture, la pêche et l’utilisation de
produits forestiers. La nécessité d’accroître, d’intensifier, de
spécialiser ou de diversifier la production vivrière entre
souvent en conflit avec les pratiques traditionnelles.
8
Développement responsable de l’aquaculture, y compris
de la pêche fondée sur l’élevage, dans les écosystèmes
aquatiques transfrontières (Article 9.2 du Code)
Protection des écosystèmes aquatiques transfrontières
Les Etats dont les activités aquacoles se déroulent
dans ou à la limite d’eaux internationales devraient accepter
leur obligation envers les pays voisins de faire des choix
responsables concernant les espèces de poissons retenues
pour l’élevage et la localisation et la gestion de ces activités.
Les fonctionnaires, les gestionnaires des pêches et les
aquaculteurs doivent avoir conscience des effets que
certaines pratiques aquacoles peuvent avoir sur les
écosystèmes aquatiques transfrontières si elles ne sont pas
gérées avec soin.
Les possibilités de collaboration sont plus
nombreuses à l’échelon sous-régional et régional. Les
pouvoirs publics, les associations du secteur privé, les
chercheurs et les autres personnes concernées dans
différents pays pourraient trouver utile d’unir leurs efforts afin
de développer et de transférer des technologies, d’échanger
des renseignements sur les marchés, de mener des activités
de recherche et de formation et d’élaborer des mesures pour
faire face aux catastrophes, qu’elles soient naturelles ou
d’origine humaine.
9
Choix des espèces, distribution, localisation et gestion
Le choix des espèces pour l’élevage devrait reposer
sur des critères biologiques, environnementaux et
socioéconomiques. La pêche fondée sur l’élevage mérite
une attention toute particulière car l’objectif de l’aquaculture
est de produire un organisme capable de survivre dans la
nature. Les organismes vivants parviennent généralement à
s’échapper dans l’environnement, même dans des systèmes
d’aquaculture en milieu fermé. C’est pourquoi plusieurs
groupes ont recommandé d’utiliser des espèces indigènes
plutôt que des espèces introduites. A la lumière de ces
éléments, il est nécessaire que les fonctionnaires :
• aient conscience que les espèces génétiquement
modifiées peuvent avoir des effets néfastes sur les
ressources biologiques et sur les communautés
dont les moyens d’existence reposent sur ces
ressources;
• surveillent et contrôlent toute espèce introduite
dans leur pays;
• s’assurent que la localisation et le mode de gestion
des exploitations aquacoles permettent d’éviter les
répercussions négatives sur l’environnement;
• empêchent la transmission de pathogènes et donc
la propagation de maladies qui pourraient porter
atteinte aux ressources ou aux activités
halieutiques d’autres pays.
Les gouvernements devraient se tenir mutuellement
informés de l’apparition de maladies risquant de se propager
dans les écosystèmes transfrontières. Ils devraient élaborer
des plans de coopération à l’échelon sous-régional et
régional afin d’essayer de contenir ou d’endiguer la
propagation de toute maladie.
10
Rôle des organes régionaux de pêche, échange de
renseignements et coopération régionale
Les pays voisins peuvent établir des procédures de
consultation réciproque pour l’introduction d’espèces non
indigènes. Lorsqu’il n’existe aucun organe régional ou
organisme des pêches, les pays concernés pourraient en
créer. Les organes des pêches devraient également se
consulter sur l’introduction d’organismes génétiquement
modifiés. Les discussions devraient notamment porter sur les
points suivants:
• l’espèce, son pays d’origine et le nombre de
spécimens introduits;
• les programmes de reproduction ou les
modifications génétiques appliqués à cet
organisme;
• l’emplacement des exploitations aquacoles et les
voies de dispersion possibles;
• les avantages escomptés;
• les problèmes prévus et potentiels;
• les programmes de suivi et les plans d’urgence;
• le compte-rendu à la FAO des espèces introduites.
La demande de données relatives à l'aquaculture à
l'échelon mondial, régional et national augmente rapidement.
Il est nécessaire de disposer de données et de statistiques
sur la production, les superficies exploitées, les types de
systèmes de production et leurs capacités, les ressources
utilisées et l’emploi dans le secteur de l’aquaculture et les
services connexes. Il existe également un intérêt important
pour les renseignements relatifs à la demande nationale et
internationale de produits aquacoles, notamment les
habitudes de consommation, le prix des produits, le
commerce et ses débouchés.
11
La coopération peut être renforcée entre les
aquaculteurs, leurs associations, les fournisseurs et les
entités de transformation et de commercialisation des
produits afin d’améliorer la collecte, l’analyse et
l’interprétation des données et de favoriser l’échange de
données et de renseignements par le biais des organisations
régionales et internationales dont ils sont membres.
Les gouvernements peuvent contribuer à cette
initiative en soutenant les efforts visant l’amélioration de la
coopération en matière de renforcement des capacités et de
recherche sur les systèmes aquacoles et en améliorant les
procédures d’échange de connaissances, d’expériences et
d’assistance technique pour soutenir les pratiques de
développement durable. Il serait par exemple utile pour les
pêches de bénéficier d’échanges commerciaux équitables
pour le matériel, les aliments et d’autres intrants.
L’aquaculture a également besoin de matériel et de
fournitures spécifiques qui sont souvent en nombre limité ou
difficiles à obtenir dans certaines régions. Il est donc
nécessaire d’améliorer la coopération de manière à établir
des unités de production et à promouvoir le commerce de ce
genre de matériel et de fournitures dans et entre les régions.
Des mécanismes de contrôle appropriés devraient être mis
en place pour surveiller la qualité des matériaux.
Utilisation de ressources génétiques en aquaculture, y
compris en pêche fondée sur l’élevage (Article 9.3 du
Code)
Préservation de la diversité génétique par un
aménagement approprié
La diversité génétique constitue la base de
l’amélioration de la production aquacole. Cependant, les
pratiques aquacoles peuvent influer sur cette diversité à de
nombreux égards, en modifiant les espèces, les
12
communautés halieutiques et les écosystèmes. Une
évaluation du risque et des systèmes de surveillance
adéquats sont nécessaires pour protéger ces ressources
génétiques. Par exemple, la simple tenue de registres pour
la gestion des ressources génétiques sauvages constitue un
repère utile pour mesurer le futur impact. Il est nécessaire de
créer des bases de données sur les ressources génétiques
aquatiques, à la fois pour les espèces d’élevage et les
espèces sauvages. Les stocks utilisés en aquaculture ou
pour la pêche fondée sur l’élevage peuvent être gérés au
sein de l’exploitation aquacole de manière à éviter la
consanguinité, à préserver l’intégrité des stocks en évitant
l’hybridation des stocks, des souches ou des espèces
différents et à réduire au minimum le transfert de stocks
génétiquement différents, ce qui nécessite notamment une
évaluation régulière de leur diversité génétique au moyen
d’analyses de laboratoire.
La limitation des déplacements des diverses
populations ou l’utilisation de techniques génétiques pour
obtenir des spécimens non reproducteurs permet de
maintenir des niveaux naturels de diversité génétique. Il est
nécessaire de sensibiliser le public aux questions touchant la
sécurité et l’éthique des techniques génétiques pour assurer
aux produits aquacoles un bon accueil auprès des
consommateurs.
13
Les personnes et les groupes doivent savoir qu’il
existe déjà, dans de nombreux pays, une législation
régissant l’utilisation et le transport d’espèces en dehors de
leur aire de distribution naturelle. Ainsi, le Code de conduite
du Conseil international pour l’exploration de la mer
(CIEM)/Commission européenne consultative pour les
pêches dans les eaux intérieures (CECPI) et le Nuisance
Species Protection Act des Etats-Unis visent à contrôler les
espèces introduites.
Plusieurs séries de règlements régissent l’utilisation,
le transport et l’introduction dans l’environnement
d’organismes génétiquement modifiés, notamment:
• les directives de l’Union européenne;
• les Performance Standards de l'USDA (normes de
rendement du Département de l’agriculture des
Etats-Unis);
• le Code de conduite du CIEM.
La Convention sur la diversité biologique a établi des
règles de biosécurité pour une utilisation sûre des
organismes génétiquement modifiés. Les bases de données
sur les introductions internationales d'animaux aquatiques et
sur les pathogènes d'animaux aquatiques, généralement
accessibles sur Internet, constituent une autre source de
renseignements. Les codes internationaux de pratique
doivent être adaptés aux pays en développement.
Garanties apportées en matière de qualité, de
performance et d'innocuité écologique des géniteurs et
des produits de leur reproduction
Les instances aquacoles peuvent promouvoir des
pratiques responsables pour l’amélioration génétique des
stocks de géniteurs et pour la production, la
commercialisation et le transport d’œufs, de larves ou
14
d’alevins ou de tout autre organisme vivant. Les
gouvernements peuvent contribuer à cet effort en élaborant
des directives et des règlements sur les techniques
génétiques et les pratiques de reproduction acceptables. Les
codes internationaux de pratiques peuvent inclure des
projets d’élaboration de directives et de procédures
nationales sur l’utilisation des espèces génétiquement
modifiées.
Peu d’aquaculteurs possèdent la formation et
l’expérience requises pour utiliser les techniques génétiques
sans porter atteinte à la valeur adaptative. Ils peuvent
maintenir un niveau élevé de diversité génétique en faisant
se reproduire le plus de poissons possible, en utilisant des
géniteurs et des œufs obtenus pendant la totalité de la
saison de reproduction, en évitant les reproductions entre
pleins-frères et pleines-sœurs ou entre géniteurs et
descendants et en consignant avec soin les pratiques de
production.
L’aquaculture peut contribuer à protéger et à
améliorer les stocks d’espèces menacées d’extinction. Afin
d’assurer leur conservation, ces espèces peuvent être
temporairement maintenues dans des écloseries et dans des
installations aquacoles tandis que des efforts sont déployés
en vue de restaurer leur habitat naturel ou de réduire, voire
d’éliminer, les menaces qui pèsent sur elles. Les
gouvernements peuvent jouer un rôle essentiel pour soutenir
ces efforts en explorant les techniques génétiques
permettant d’obtenir des géniteurs génétiquement
compatibles ou appropriés, de déterminer la taxonomie des
espèces menacées d’extinction et d’assurer un
approvisionnement convenable en gamètes par la
congélation de sperme (cryopréservation) provenant
d’espèces menacées d’extinction ou d'espèces étroitement
apparentées.
15
Aquaculture responsable au niveau de la production
(Article 9.4 du Code)
Promotion de pratiques et d’attitudes responsables dans
le développement de l’aquaculture
Les activités aquacoles se concentrent
essentiellement dans les pays en développement d’Asie où
elles représentent une source importante de nutrition et de
revenu, particulièrement pour les populations pauvres des
communautés rurales. La production, la transformation et la
vente de poisson contribuent à améliorer la santé
nutritionnelle, représentent une source de protéines et de
revenus et augmentent la sécurité alimentaire. Les
exportations d’espèces à forte valeur commerciale
constituent une importante source de devises étrangères.
C’est pourquoi, partout dans le monde, on constate un intérêt
croissant pour des systèmes d’aquaculture plus intensifs
visant les espèces à forte valeur commerciale. Ces systèmes
sont souvent établis dans des zones côtières sensibles où ils
peuvent accroître le risque de dégâts écologiques.
Les pouvoirs publics doivent collaborer avec les
parties prenantes afin d’élaborer des normes pour une
aquaculture responsable, aider les aquaculteurs à créer des
groupes d’aquaculteurs et des associations de producteurs,
16
et soutenir la coopération entre le secteur privé, les pouvoirs
publics, les instituts de recherche et les autres groupes de
producteurs alimentaires.
Avantages de l’association et de l’autoréglementation
L’appartenance à une association de producteurs et
l’élaboration de codes de pratiques et de directives facultatifs
présentent des avantages précis:
• Les aquaculteurs sont mieux à mêmes de
défendre leurs intérêts et de négocier avec des
entités concurrentes afin d’établir leurs droits et
prérogatives.
• Les codes de pratiques et les directives
normatives contribuent à améliorer l’image de
l’aquaculture auprès de l’opinion publique.
• Les aquaculteurs sont mieux à même de
comprendre et de s’accorder sur les mesures à
prendre pour assurer un développement durable.
• Les rôles et les responsabilités des personnes,
des groupes d’intérêts et des institutions peuvent
être négociés et définis clairement.
• Les associations peuvent collaborer efficacement
avec d’autres secteurs en vue d’assurer une
meilleure utilisation des ressources qui devraient
être partagées avec l’aquaculture et les pêches.
Participation à la recherche, formation, vulgarisation et
renforcement des capacités à l’échelle de l’exploitation
Dans les zones rurales, les personnes et les
institutions manquent généralement de ressources (moyens
techniques et financiers, possibilités d’éducation et de
formation, etc.). Les aquaculteurs devraient chercher de
l’aide auprès du gouvernement, des instances aquacoles
locales, des éleveurs des communautés locales, des
17
agences de développement, des fondations et du secteur
privé afin de mobiliser des ressources. Les chercheurs
peuvent contribuer à améliorer les méthodes aquacoles de
manière à assurer la durabilité du secteur. Les aquaculteurs
et les populations des communautés locales devraient avoir
la possibilité de participer à la définition des buts et des
objectifs des recherches et de discuter avec les chercheurs
des résultats de celles-ci.
Etiquetage des intrants utilisés en aquaculture
Les gouvernements ont un rôle essentiel à jouer pour
assurer un étiquetage correct des intrants comme le
matériel, les aliments et les produits chimiques. Les
renseignements importants et les instructions relatives à
l’utilisation de ces intrants devraient être disponibles dans les
langues locales et être indiqués de manière à pouvoir être
compris par des personnes incapables de déchiffrer du texte.
Tenue de registres
Les aquaculteurs doivent tenir des registres sur les
nombreux aspects de leur activité. Outre la valeur qu’ils
représentent en tant qu’outil de gestion, ces registres sont
très utiles en cas d'apparition de maladies et d'accidents et
ils peuvent aider les aquaculteurs à se défendre contre les
accusations de mauvaise gestion ou de négligence.
18
Gestion du stress et préservation de la santé des
poissons
Un environnement de bonne qualité est la première et
la meilleure manière de maîtriser les maladies infectieuses
car il réduit le stress qui pèse sur l’organisme en élevage. Ce
stress résulte des variations de la qualité physique,
chimique, biologique ou microbienne de l’environnement
ainsi que de la modification de l’alimentation et de l’espace
disponible. Il est possible de l’atténuer en utilisant des
densités de stocks appropriées et en mettant en place des
conditions optimales. Les aquaculteurs, les agents de
vulgarisation et les ichtyopathologistes peuvent coopérer afin
de sensibiliser davantage les personnes concernées et
d’accroître leurs connaissances sur la manière d’aménager
et de maintenir un environnement sain.
Interactions avec les prédateurs sauvages
Les oiseaux et les mammifères aquatiques qui se
nourrissent de poissons et d’autres organismes d’élevage
peuvent nuire aux stocks halieutiques, endommager les filets
et autres équipements et transmettre des maladies. Les
aquaculteurs devraient essayer toutes les méthodes
disponibles pour écarter les prédateurs de leur stock et ne
recourir à leur abattage qu’en dernier ressort.
19
Gestion de l'environnement aux fins d'amélioration des
rendements halieutiques
Dans nombre de pays, il existe des étendues d’eau
sous-exploitées qui offrent des possibilités pour la production
halieutique. Lorsque l’on envisage d’installer une exploitation
aquacole dans ces étendues d’eau, outre les coûts financiers
et les avantages, il faut tenir compte des droits existants pour
leur utilisation et des effets possibles sur l’environnement et
sur les communautés locales. Les parties prenantes locales
devraient être invitées à participer au processus de
planification et de gestion, plus particulièrement lorsqu’il
s’agit de plans de remise en état ou d’utilisation des
environnements aquatiques à des fins récréatives.
Sélection et utilisation d’aliments et d’additifs
L’utilisation responsable des aliments et des additifs
alimentaires contribue à une bonne production car elle réduit
la quantité de déchets et l’impact sur l’environnement. Les
fabricants et les fournisseurs d’aliments ont la responsabilité
de fournir des aliments appropriés et d’aider les aquaculteurs
à les utiliser de manière à obtenir les meilleurs résultats.
L’utilisation d’aliments disponibles localement devrait être
encouragée. Une utilisation responsable d’additifs
alimentaires, y compris les antibiotiques et les hormones de
croissance, doit faire l’objet d’une attention particulière.
Sélection et utilisation de fumiers et d'engrais.
Utilisation de médicaments, d'antibiotiques ou d'autres
produits chimiques pour combattre les maladies
Un usage responsable de fumier d’origine humaine et
animale peut contribuer au recyclage efficace et sûr des
nutriments dans les systèmes d'exploitation semi-intensifs et
extensifs en étang. Il convient de veiller à ce que le produit
ne soit pas contaminé par des pathogènes, des parasites,
20
des métaux lourds, des antibiotiques ou autres substances
dangereuses pour les consommateurs.
Les aquaculteurs devraient bénéficier d’une gamme
appropriée de produits testés et approuvés permettant de
traiter les maladies aquatiques ainsi que de directives et de
formation pour leur utilisation. Dans la mesure du possible,
un vétérinaire ou une personne qualifiée devrait superviser
l’utilisation de ces produits. Le gouvernement devrait
contrôler de manière rigoureuse, voire interdire, l’utilisation
de médicaments non certifiés. Les aquaculteurs devraient
éviter d’utiliser des antibiotiques de manière préventive afin
que les poissons ne développent pas de résistance aux
médicaments.
Les gouvernements peuvent contribuer à l’élaboration
de directives et de règlements pratiques sur l’utilisation des
produits chimiques et décrire en détails comment ils seront
mis en œuvre. Les aquaculteurs, les chercheurs et les
fabricants de médicament et de produits chimiques agricoles
peuvent collaborer en vue de tester et d’homologuer les
produits chimiques qui seront utilisés en aquaculture. Ces
groupes devraient également participer à l’élaboration des
politiques, des lois et des règlements sur la production, la
distribution et l’utilisation des produits chimiques réputés
dangereux pour la santé humaine et pour l’environnement.
Cette brochure décrit en langage non technique certains aspects importants
des Directives techniques de la FAO pour une pêche responsable n° 5 – Développement
de l’aquaculture. Son objectif est de contribuer à familiariser les Etats Membres
de la FAO et les autres parties prenantes aux buts et pratiques se rattachant
au développement durable de l’aquaculture. Elle ne vise pas à remplacer les Directives
techniques n° 5, mais simplement à présenter certains renseignements
complexes contenus dans ces directives sous une forme simplifiée
COMPRENDRE L’AQUACULTURE
afin de les rendre plus accessibles pour tous ceux et celles qui
sont concernés par le développement de l’aquaculture.
ISBN 92-5-205382-4
9 789252 053828
TC/M/A0149F/1/02.06/700