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Conflits de Juriductions Version Définitive

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Lallaa Taki Maryam
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Royaume du Maroc

Université Abdelmalek Essaadi

Faculté des sciences juridiques économiques et sociales Tanger

Master en Droit International Des Affaires

Exposé en Droit International Privé


Sous le thème :

Les Conflits De Juridictions

Préparé par : Encadré par :


BARA mohammed salim pr : ALAOUI faiza

MARZAK marwan

Année Universitaire : 2020 - 2021


PLAN

Introduction

PARTIE I : La Compétence Des Juridictions Marocaines En Matière


du D.I.P

Chapitre 1 : l’extension de la règle de compétence national vers la


compétence internationale dans le droit marocain

Chapitre 2 : les dérogations de la compétence juridictionnelles


marocaines

PARTIE II : L’impact Des Décisions rendues par l’autorité étrangère


sur les Tribunaux Marocains

Chapitre 1 : les effets des jugements étrangers en droit commun

Chapitre 2 : l’exéquatur

Conclusion

Bibliographie
TABLE DES PRINCIPALES ABRÉVIATIONS

DIP : Droit International privé

CIRDI : le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs


aux Investissements

CPP : code de procédure pénale

Al : Alinéa.

Art : Article.

CCI : Chambre de Commerce International.

CPC : Code de Procédure Civile.

CA : Cour d'appel.

CC : Cour de Cassation.

CMA : Cour Marocaine d'Arbitrage.


INTRODUCTION

Au début de 1970, le Maroc a connu un flux de main d’œuvre et d’étudiants


Marocains vers l’Europe occidentale et principalement la France et les pays du
Benelux, cela permettait les échanges socioculturels, la célébration de mariage Mixtes
et naissances ; ainsi que la création d’actes juridiques sur des territoires Etrangers
destinés à produire des effets juridiques et à reconnaitre des droits sur le Sol nationale.
En outre, L’importance de plus en plus accrue du commerce extérieur s’ajoute a Tous
ces facteurs qui permettent le développement des relations juridiques étatiques
Différents entre des personnes privées au Maroc et en cas de différend entre ces
Dernières qui présente un caractère d’extranéité, il sera conséquent la renaissance De
la discipline du droit international privé et la mise en mouvement de la recherche de la
compétence internationale des juridictions marocains.
En effet, Le conflit de juridiction est la partie préalable du droit international privé qui
vise à déterminer l’habilite de juge marocain à se prononcer sur sa propre
Compétence avant de déterminer la loi applicable.
Néanmoins, les décisions étrangères produisent désormais des effets au Maroc,
Lesquels sont subordonnés à une déclaration d’exequatur à l’occasion de laquelle le
Juge marocain apprécie le bienfondé de la décision quant ’au fond. D’ailleurs, les
Jugements rendus par les tribunaux étrangers sont dotés d’une efficacité et d’une
Autorité de la chose jugée.
Historiquement, l’évolution de conflits de juridiction au Maroc a connu trois période ,
la première période est celle d’avant le protectorat et qu’a l’Aube de la constitution de
la société islamique, la première réponse de l’Islam aux problèmes du droit
international privé était l’institution d’une doctrine qui a eu un critère religieux qui
sert à distinguer les musulmans du non musulman qui était concrétisé sous le nom de
« DHIMMA » et qui est ( un contrat par lequel la communauté musulmane accorde
hospitalité – protection aux membres des autres religions révélées , à condition
qu’eux-mêmes respectent la domination de l’islam ) . Donc, l’élément d’extranéité
était autres confession que l’Islam tant que le christianisme et judaïsme. D’ailleurs
autre régime a été existé, par lequel l’étranger de passage bénéficiant du régime de
protection « AMAN », se voyait également appliquer en matière personnelle et
familiale un régime analogue à celui des DHIMMIS .
la deuxième période coïncide Avec La colonisation française et l’augmentation de
plus en plus importante du nombre des étrangers au Maroc permettaient un
développement massif des relations internationales. Ceux-ci allaient provoquer
l’introduction du modèle conflictualiste .Alors, la création d’un système de droit
international privé grâce à d’importantes réformes judiciaires et législatives entrainant
la modernisation du droit de juridiction, en conséquence la promulgation du dahir du
12 aout 1913 réglementant la condition civile des français et des étrangers ( DCC).

P.Gannagé. L’influence du pluralisme des statuts personnels dans les droits internes des pays du
proche- Orient sur les règles de droit international privé. Journal du droit international 1965.p291
Après l’indépendance et Avec la publication du dahir du 12 avril 1957, les tribunaux
sont devenus exclusivement marocains. Ils puiseront désormais les règles applicables
aussi bien aux situations internes qu’aux situations externes dans le seul code
marocain de droit international privé. le droit international privé français est devenu à
leur égard un droit étranger. Le texte de base demeure donc le dahir de 1913 ; sa mise
à jour a été le fait de la jurisprudence et du législateur à travers certains textes
particuliers. Une doctrine autorisée a plaidé pour la normalisation de ce système.

Pour traiter ce sujet, il est indispensable d’essayer de répondre aux


questions suivantes :

 Est-ce que telle autorité ou telle juridiction au Maroc est


compétente à connaitre un litige comprenant un caractère
international ?
 Quelle sont les compétences des tribunaux marocains et ses
effets juridiques de leurs jugements sur le plan national et
international ?et quelles sont ses limites ?
 Est-ce qu’un jugement ou une décision, rendue par une autorité
ou une juridiction d’un pays étranger pourra être reconnu et
exécuté au Maroc ?

Pour répondre à ces questions, on va préalablement traiter la compétence des


juridictions marocaines en matière de droit international privé(PARTIEI), qui va
après nous permettre de s’y pencher à l’impact des décisions rendues par l’autorité
étrangère sur les tribunaux marocaines (PARTIE II).
PARTIE I : La Compétence Des Juridictions Marocaines En Matière
du D.I.P
Pendant que la compétence internationale des juridictions marocaines emprunte ces
règles dans l’extension de la compétence interne(Chapitre1), ils existent ainsi
certaines règles qui dérogent cette compétence (Chapitre 2).

Chapitre 1 : l’extension de la règle de compétence national vers la


compétence internationale dans le droit marocain

A – les règles générales


Avant tout la compétence des tribunaux marocains se détermine par la loi nationale et
précisément spécifique, qui sont les règles de conflit de juridictions ou règles de
compétences judiciaires internationales. Qui sont des dispositions spécifiques, qui
déterminent la compétence des juridictions marocaines dans des conflits qui comporte
un élément d'extranéité.
Le législateur marocain et en l'absence d'une loi qui régit le DIP, le juge a la
possibilité de faire l'extension des règles internes sur celles internationales, seulement
dans ce cas le juge doit qualifier et adapter ces règles sur le conflit international. A
travers les règles du code de procédure civile, le magistrat national respecte les règles
de droit international privé, la tendance étant de faire prévaloir les conventions
internationales sur le droit interne. La compétence judiciaire internationale du tribunal
national se base sur des critères tels que la territorialité des lois (ressort du bien)1.

Selon L’Article 27 de code de procédure civile marocain qui prévoit que «La
compétence territoriale appartient au tribunal du domicile réel ou élu du défendeur Si
celui-ci n’a pas de domicile au Maroc, mais y possède une résidence, elle appartient
au tribunal de cette résidence. Si le défendeur n'a ni domicile, ni résidence au Maroc,
il pourra être traduit devant le tribunal du domicile ou de la résidence du demandeur
ou de l'un d'eux s'ils sont plusieurs. S'il y a plusieurs défendeurs, le demandeur peut
saisir, à son choix, le tribunal du domicile ou de la résidence de l'un d'eux »2.
- L’article 27 al.1er du Code de procédure civile dispose : « la compétence territoriale
appartient au tribunal du domicile réel ou élu du défendeur ». A l’échelon
international, on peut en déduire que les tribunaux marocains sont compétents pour
toute action concernant une personne domiciliée au Maroc.
- La compétence des tribunaux marocains est établie si le défendeur n’ayant pas son
domicile au Maroc y possède toutefois une résidence (Art.27 al. 2, CPC).
- En cas de pluralités de défendeurs, le demandeur peut saisir à son choix le tribunal
du domicile ou de la résidence de l’un d’eux (Art.27 al. 4, CPC). - L’article 27 al. 3
permet d’établir la compétence du tribunal marocain si le demandeur y a son domicile
ou sa résidence.

1 : soufiane nawali dans le contentieux en droit international privé


2 : Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code
de procédure civile
Tout d’abord, cette compétence internationale à pour but, la désignation des tribunaux
marocains comme compétents, en d'autre terme, céder la compétence au juge
marocain. Au contraire, la compétence interne à pour intérêt de désigner l'un des
tribunaux marocains pour statuer sur le conflit. Cette compétence peut être territorial
c'est-à-dire la désignation du tribunal du ressort ou lieu de résidence, ainsi que la
compétence matérielle qui vaut la désignation du type de conflit (administratif,
commercial, civil) ou la spécialité du litige En ce qui concerne la compétence
internationale.

B - Les règles spéciales dérogatoires


Cependant certaines catégories de litiges , outre le domicile (et exceptionnellement, la
résidence) du défendeur au Maroc, d’autres critères peuvent permettre de saisir un
tribunal marocain en vertus de l’article 28 du CPC relative aux règle interne de
compétence et qui est également étendue aux litiges internationaux. On trouve
D’après l’article 28 du code de procédure civile, on trouve qu’ :

- En matière réelle immobilière, la juridiction compétente est celle de la situation des


biens litigieux.
- En matière de réparation de dommage : l’action en réparation du dommage est
portée devant le tribunal du lieu où le fait dommageable s’est produit ou devant le
domicile du défendeur au choix du demandeur.
- En matière de fournitures, travaux, locations ou louages d’ouvrages, l’action est
portée devant le tribunal du lieu où la convention a été contractée ou exécutée lorsque
l’une des parties est domiciliée en ce lieu.
- En matière de successions : l’action est portée devant le tribunal du lieu où la
succession est ouverte. Ce lieu est le domicile du défunt.
- En matière de société, l’action est portée devant le lieu du siège social.
- En matière de faillite, l’action est portée devant le tribunal du domicile ou de la
dernière résidence du failli. Veuillez écouter les développements du cours fourni.

Chapitre 2 : les dérogations de la compétence juridictionnelles


marocaines

En effet, Chaque Etat ne peut pas se soumettre à la justice d’un autre Etat. C’est à la
fois le principe de souveraineté des Etats, mais aussi la courtoisie internationale qui
fonde les immunités (A) . D’ailleurs, il existe certaines exceptions conventionnelles
faisant échec à la compétence du tribunal objectivement compétent, Dans lesquelles
les parties peuvent se conviennent à soumettre les litiges qui pourraient naître
relativement à l’exécution de ce contrat comme la convention d’arbitrage (B)
A – Les Immunités
En cas de litige avec un Etat étranger ou une organisation internationale, le justiciable
a l’impression de se retrouver comme David face à Goliath. Pour obtenir
effectivement gain de cause, il devra tout d’abord affronter l’immunité de juridiction
avant de défendre sa demande sur le fond. Ensuite, en cas de décision du juge en sa
faveur, encore faudra-t-il que la décision soit effectivement exécutée...si l’Etat ou
l’organisation se montre récalcitrant à y donner suite spontanément, le justiciable
devra retourner devant le juge pour réclamer l’exécution forcée du jugement et se
heurtera à un 2ème obstacle, l’immunité d’exécution.

1. Immunité de juridiction :

L’immunité de juridiction (sensu stricto) est le droit d’être soustrait à la juridiction


des instances judiciaires d’un Etat, en d’autres termes de ne pas comparaitre comme
défendeur dans une action en justice devant les juges de cet Etat sans y avoir
consenti 1.

Il s’agit d’une exception d’irrecevabilité et non d’incompétence : le juge saisi était


bien "le bon juge" (celui normalement compétent, mais il ne peut pas examiner le
fond du litige, il doit immédiatement trancher l’exception d’immunité et déclarer, le
cas échéant, l’action irrecevable.

La convention de vienne 3 du 18 avril 1961réglemente les immunités de juridiction


en vertu par les articles 31, 32 et 38. Selon l’article 31 2, l’agent diplomatique jouit de
l’immunité de la juridiction pénale de l’État accréditaire. Il jouit également de
l’immunité de sa juridiction civile et administrative, sauf s’il s’agit action réelle ou
successoral à titre privé ainsi que l’agent diplomatique n’est pas obligé de donner son
témoignage. Selon le même article, L’immunité de juridiction d’un agent
diplomatique dans l’État accréditaire ne saurait exempter cet agent de la juridiction de
l’État accréditant3.

1 : Le Maroc l’a adhéré sous réserve du paragraphe 2 de l’article 37 de ladite convention.

2 : « La personne de l’agent diplomatique est inviolable. Il ne peut être soumis à aucune forme
d’arrestation ou de détention. L’État accréditaire le traite avec le respect qui lui est dû, et prend toutes
mesures appropriées pour empêcher toute atteinte à sa personne, sa liberté et sa dignité. »Selon l’article
29 de la même convention.

3 JEAN, Robert. : Droit interne, droit international privé. p13


2. Immunité d’exécution

Cette immunité d’exécution est « l’exemption qui permet à certaines entités ou


personnes d’échapper…à toute mesure de contrainte ou d’exécution forcée de la part
des autorités de l’Etat ». Corrélativement, elle « interdit au juge de rendre un
jugement ou une décision ordonnant un recours à la contrainte » . Cette seconde
immunité est bien à distinguer de la première, se situant en aval de celle-ci . Comme
l’immunité de juridiction, l’immunité d’exécution est fondée sur l’idée de
souveraineté. C’est-à-dire, un Etat ne pourrait prêter la main à une exécution forcée
contre un autre Etat sans porter atteinte à la souveraineté de ce dernier. Mais il est
possible que cette souveraineté soit diminuée, par exemple par les sanctions
internationales, ce qui, selon certaines décisions pourrait empêcher l’Etat en cause de
se prévaloir de l’immunité d’exécution.

Dans le même ordre d’idée, suite aux immunités d’exécution les saisies et les mesures
conservatoires ont un effet strictement international. Dès lors, il y aura une extrême
réticence à admettre qu’un tribunal étranger se reconnait compétent pour ordonner des
mesures d’exécution sur notre territoire. Inversement, un juge marocain ne doit pas
pouvoir ordonner de telles mesures sur des biens situés à l’étranger.

B – la convention d’arbitrage

Le recours à l'arbitrage trouve sa source dans la volonté des parties, qu'il soit organisé
par une institution ou non, telle qu'exprimée dans une convention qui prévoit et
organise ce recours, même dans l'arbitrage forcé il est utile de procéder à la volonté
des parties intéressées.

La convention d'arbitrage est l'engagement des parties de recourir à l'arbitrage pour


régler un litige né ou susceptible de naître concernant un rapport de droit déterminé,
de nature contractuelle ou non contractuelle. La convention d'arbitrage revêt la forme
d'un compromis d'arbitrage ou d'une clause d'arbitrage1.

Au Maroc, c'est évidemment le code de procédure civile qui trace les grandes lignes
du cadre général en la matière, Le premier paragraphe de l'article 308 du CPC
dispose que toutes personnes capables, physiques ou morales, peuvent souscrire une
convention d'arbitrage sur les droits dont elles ont la libre disposition.

1 Article 307 du Code de Procédure Civile.


Cette convention peut être établie par les parties à un contrat, avant la naissance
de tout litige. Ils s’engagent ainsi à soumettre les litiges qui pourraient
naître relativement à l’exécution de ce contrat. On parle ici de clause compromissoire
ou clause d’arbitrage1.

Si la convention d’arbitrage est établie après la naissance d’un litige, on parle de


compromis d’arbitrage. Ce choix offert aux justiciables demeures même au cours
d’une instance déjà engagée devant une juridiction étatique 2

1- La clause d’arbitrage

La clause d'arbitrage est la convention par laquelle les parties à un contrat s'engagent
à soumettre à l'arbitrage les litiges qui pourraient naître relativement à ce contrat 3

Elle n'est pas une promesse de compromis4, elle oblige les parties à mettre en œuvre
directement l'arbitrage, en cas de litige Elle doit donc comporter, dès sa conclusion,
les éléments qui le permettront, sans qu'un nouvel accord intervienne. L'article 317 du
CPC énonce, deux séries de conditions : la forme écrite et la désignation du ou des
arbitres.

2- Le compromis d’arbitrage

Le compromis d'arbitrage est la convention par laquelle les parties à un litige déjà né
soumettent celui-ci à un tribunal arbitral 5.il obéit aux règles qui gouvernent les
contrats, c'est la raison pour laquelle le Code de Procédure Civile détermine les
conditions de validité du compromis. De même il conviendra de délimiter son
domaine.

La validité du compromis dépend de la forme écrite énoncée par l'article 313 du


CPC, mais également de son contenu décrit par l'article 315 du même code.

1Article 5 alinéa 4 de la loi N° 53-95 instituant des juridictions de commerce.

2OUARIAGLY EL Mostafa. « Précis de Procédure Civile »1er Edition, année 2017. P 157.

3Article 316 du Code de Procédure Civile.

4 MALAURIE, Philippe et les autres. Les Contrats Spéciaux. p632

5 Article 314 alinéa 1 du Code de Procédure Civile.


PARTIE II : L’impact Des Décisions rendues par l’autorité étrangère
sur les Tribunaux Marocains
Actuellement, il est impossible de donner le même statut aux décisions d’un tribunal
étranger et aux décisions d’un tribunal du for. Le pouvoir de coercition d’un jugement
est limité aux frontières de l’Etat au nom duquel est rendue la justice. L’exécution
forcée d’une décision étrangère implique donc nécessairement un contrôle. Elle n’est
pas le seul effet des jugements étrangers, ces derniers, en s’insérant dans l’ordre
juridique du for, peuvent constater la modification d’une situation juridique, par
exemple un divorce rendu à l’étranger.
Concrètement, chaque Etat précise dans sa législation les conditions, la procédure et
la juridiction compétente pour statuer sur les demandes en reconnaissance (chapitre1)
et en exequatur les décisions judiciaires et actes publics étrangers (chapitre 2).

Chapitre 1 : les effets des jugements étrangers en droit commun

Avant de creuser dans le développement de notre chapitre il faut signaler une


constatation qui s’impose celle de l’impossibilité de donner le même statut aux
décisions étrangères et aux décisions marocaines. Le pouvoir de coercition d’un
jugement est limité aux frontières de l’Etat au nom duquel est rendue la justice.

L’exécution forcée d’une décision étrangère implique donc nécessairement un


contrôle. Elle n’est pas le seul effet des jugements étrangers, ces derniers, en
s’insérant dans l’ordre juridique du for, peuvent constater la modification d’une
situation juridique, par exemple un divorce rendu à l’étranger.

A-L’authenticité d’un jugement rendu par une juridiction étrangère

Selon les dispositions de l’article 418 al 2 du DOC qui reconnait aux jugement
rendus par les tribunaux étrangers un caractère d'authenticité pouvant faire foi des
faits qu’ils constatent, même avant d'avoir été rendus exécutoires. Les jugements
étrangers constituent un mode de preuve sont ainsi revêtus de plein droit de la force
probante 1.
Dans la même émotion l’article 418 du D.O.C prévoit que : « L’acte authentique est
celui qui a été reçu avec les solennités requises par des officiers publics ayant le droit
d'instrumenter dans le lieu où l'acte a été rédigé. Sont également authentiques :

1. Les actes reçus officiellement par les Cadis en leur tribunal ;


2. Les jugements rendus par les tribunaux marocains et étrangers, en ce sens que ces
derniers peuvent faire foi des faits qu'ils constatent, même avant d'avoir été rendus
exécutoires. »

1 PAUL DECROUX. « DROIT INTERNATONAL PRIVE » Tome 2.Edition 281. Page 359
Néanmoins, la doctrine moderne est unanime à reconnaitre que le jugement étranger
constitue intrinsèquement un fait incontournable, qu’il a la force juridique d’un acte
authentique pouvant servir le cas échéant de preuve en cas de besoin.

Elle admet également que les jugements d’état et de capacité produisent leurs effets
sans exequatur sauf l’hypothèse dans laquelle il y a lieu de procéder à des opérations
de saisie sur les biens ou de contrainte sur les personnes, auquel cas, l’exequatur est
nécessaire 1 .
Par ailleurs, la cour de cassation marocain dans son arrêt N 568 du 22 juillet 2014
a considéré que les jugements étrangers constituent un mode de preuve ainsi ils sont
revêtus de plein droit de la force probante. Et le tribunal ne peut l’écarter et lui doter
ses effets juridiques. La mention du tribunal ayant rendu la décision et la signature des
juges le composant suffit à sa reconnaissance, Cette position fut l’aboutissement
d’une jurisprudence exprimée dans plusieurs arrêts retenant le jugement étranger
comme preuve de préjudice 2.

Dans le même chemin, l’arrêt de la cour de cassation N 435 date le 17-06- 2014
dans son dossier N 765-1/2-2014 qui précise l’authenticité des jugements rendus à
l’étranger, en effet la cour de cassation énonce dans cet arrêt que les jugements rendus
en dehors de tout exequatur sont constitués un mode de preuve et sont ainsi revêtus de
plein droit de la force probante, même avant d’avoir été rendus exécutoires 3 .

D’ores et déjà, parmi les bornes d’efficience des jugements étrangers en dehors de la
procédure de l’exequatur, tout en évoquant l’article 128 du nouveau code de la
famille marocain qui a fait l’objet de nombreuses analyses et débats. On a soulevé
ses effets, en matière de reconnaissance et d’exécution des jugements à plusieurs
niveaux. Partiellement à l’efficacité du jugement étranger, il s’avère que cet article
128 ait remis en cause les effets du jugement étranger en dehors de toute procédure
d’exequatur en matière de dissolution du lien conjugal et des actes solennels4.

En effet, le premier paragraphe de l’article 128 al 2 énonce que « Les jugements de


divorce, de divorce judiciaire, de divorce par Khol' ou de résiliation de mariage,
rendus par les juridictions étrangères, sont susceptibles d’exécution s’ils sont rendus
par un tribunal compétent et fondés sur des motifs qui ne sont pas incompatibles avec
ceux prévus par le présent Code en vue de la dissolution de la relation conjugale. » De
plus, ce texte traite deux formes de dissolution du lien conjugal (le divorce et la
résiliation) lesquelles, lorsqu’elles sont prononcées par des juridictions étrangères
compétentes et fondées sur des motifs compatibles avec ceux prévus par le code
marocain de la famille sont susceptibles d’exécution au Maroc 5 .

1 : M. Abboud, Précis de droit international privé, Rabat, 2002 (en langue arabe) ; L. Messaoudi et A.
Ounnir, Cours de droit international privé. Année universitaire. Faculté des sciences juridiques
économiques et sociales de Fès. 1992/1993.
2 : C.S. Arrêt n° 568 du 22 juillet 2014, Jurisprudence de la cour de cassation Revue n° 78, année 2014,
P 131 à 134. 30
3 : C.S. Arrêt n° 435 du 17 Juin 2014, Jurisprudence de la cour de cassation Revue n° 78, année 2014,
P 48 à 50.
4 ABDALLAH OUNNIR &CECILE CORSO. « La reconnaissance et l'exécution des jugements
étrangers en matière de statut personnel ». Rapport – version août 2012.Page 23.
5 : Ibid
Désormais, le second paragraphe de l’alinéa 1er de l’article 128 soumet au même
principe : « les actes conclus à l’étranger devant les officiers et les fonctionnaires
publics compétents. »

Partant de cette constatation, l’exequatur est accordé à la condition sine qua non que «
ces jugements et actes aient satisfait aux procédures légales relatives à l’exequatur,
conformément aux dispositions des articles 430, 431 et 432 du code de procédure
civile. »

D’une autre façon, cette disposition exigeant le respect des règles des articles 430,
431 et 432 du code de procédure civile, laisse penser que le législateur ait voulu
exclure les jugements relatifs à la dissolution du lien conjugal et les actes solennels
conclus à l’étranger de la règle établie par l’article 418 du DOC.

En conséquence, ces jugements et actes ne produise aucun effet au Maroc s’il n’a pas
été soumis, au préalable, à la procédure d’exequatur.

B - l’autorité de la chose jugée des jugements étrangers

D’abord, l’expression « autorité de la chose juge » désigne l’effet attribué par la loi au
dispositif des jugements contentieuse (et des soutenances arbitrales) qui interdit de
remettre en discussions ce qui a été définitivement jugé, à l’exception des choses
jugée oblige le juge à repousser une prétention qui contredirait cette autorité 1 .

De surcroît, l’autorité de la chose jugée fait donc obstacle à un nouveaux procès, entre
les mêmes parties, fondés sur la même cause et tendant au même objet. On donne
parfois à cette expression un sens plus large : l’autorité de la chose jugée
comprendrait aussi la force probante attribuée à la décision judicaires comme mode de
preuve. C’est, par exemple cette force probante qui peut permettre à une partie
d’opposer en compensation une créance. Qui lui a été reconnue par un jugement
étrangers, à une action en paiement d’une créance intentes à son encontre au Maroc 2.

Par conséquence, les jugements étrangers bénéficient de l’autorité de la chose jugée


avant même son exequatur 3. Conformément aux dispositions de l’article 418 du
D.O.C qui considère les jugements rendus par les tribunaux étrangers comme faisant
foi des faits qu’ils constatent, même avant d’avoir été rendus exécutoires 4.

1 : PAUL DECROUX. « DROIT INTERNATONAL PRIVE ». Op.cit, Page 373.

2 : Daniel Alexandre. « Les effets des jugements étrangers indépendants de l’exequatur » DIP :
Travaux du comité française de DIP du 16 janvier 1976, Page 56.

3 : http://v1.ahjucaf.org/Maroc,7307.html.

4 : ABDALLAH OUNNIR &CECILE CORSO. Op.cit, Page 18.


Par ailleurs, au terme de l’article 24 de la convention bilatérale franco-marocaine
relative aux statuts personnels, contrairement à l’art 17 de la convention d’entraide
judiciaire et d’exequatur du 05/10/1957, peuvent être publiés et inscrits dans les
registres d’état civil sans qu’il y ait besoin de les revêtir de la formule exécutoire, les
jugements ayant force de la chose jugée rendus en matière de statut des personnes .

Néanmoins, l’article 14 de la même convention énonce que : « Par exception à


l'article 17 de la convention d'aide mutuelle judiciaire et d'exequatur des jugements du
5 octobre 1957, en matière d'état des personnes les décisions en force de chose jugée
peuvent être publiées ou transcrites sans exequatur sur les registres de l'état civil » 1

Au surplus, l’article 16 de la convention d'aide mutuelle judiciaire et d'exequatur


des jugements du 5 octobre 1957 qui a été complétée par le protocole additionnel
du 10 août 1981 qu’il précise que : « En matière civile et commerciale, les décisions
contentieuses et gracieuses rendues par les juridictions siégeant en France ou au
Maroc ont de plein droit l’autorité de la chose jugée sur le territoire de l’autre pays si
elles réunissent les conditions suivantes :
.
1 -La décision émane d’une juridiction compétente selon les règles de droit
international privé admises dans le pays où la décision est exécutée, sauf renonciation
certaine de l’intéressé ;

2 - Les parties ont été légalement citées, représentées ou déclarées défaillantes ;

3 -La décision est, d’après la loi du pays où elle a été rendue, passée en force de chose
jugée et susceptible d’exécution ;

4 -La décision ne contient rien de contraire à l’ordre public du pays où elle est
invoquée ou aux principes de droit public applicables dans ce pays. Elle ne doit pas
non plus être contraire à une décision judiciaire prononcée dans ce pays et possédant à
son égard l’autorité de la chose jugée » 2.

Nonobstant, l’article 17 de la convention précitée prévoit que : « Les décisions visées


à l’article précédent ne peuvent donner lieu à aucune exécution forcée par les autorités
de l’autre pays ni faire l’objet de la part de ces autorités d'aucune formalité publique
telle que l’inscription, la transcription ou la rectification sur les registres publics,
qu’après y avoir été déclarées exécutoires. » 3.

Bien que, l’article 19 de la convention d'aide mutuelle judiciaire et d'exequatur


des jugements du 5 octobre 1957 précise dans son Alenia première que : « L’autorité
compétente se borne à vérifier si la décision dont l’exequatur est demandé remplit les
conditions prévues aux articles précédents pour jouir de plein droit de l’autorité de la
chose jugée […] » 4.

1 : http://www.justice.gov.ma.
2 : Ibid.
3 : Idem
4 : Idem
D’ailleurs, l’article 24 de la convention franco-marocaine relative aux statuts
personnels précise que : « En matière de garde d'enfants, et au sens des dispositions
des articles 16 et 17 de la convention du 5 octobre 1957, la reconnaissance ou
l'exécution d'une décision rendue dans l'un des deux Etats ne peut être refusée par
l'autre Etat dans les cas suivants :

1) lorsque le tribunal de l'Etat qui a rendu la décision est celui : - de la résidence


commune effective des parents ; - ou de la résidence du parent avec lequel
l'enfant vit habituellement.
2) lorsque le tribunal de l'Etat qui a rendu la décision a appliqué :

a) si les parents sont de même nationalité, leur loi nationale commune ;

b) en l'absence de nationalité commune des parents :


- soit la loi de leur résidence commune effective ;
- soit la loi de la résidence du parent avec lequel l'enfant vit habituellement. Lors de
l'appréciation de la compétence territoriale du tribunal de l'Etat qui a rendu la
décision, l'autorité requise de l'autre Etat est liée par les constatations de fait sur
lesquelles ce tribunal a fondé sa compétence, à moins qu'il ne s'agisse d'une décision
par défaut. »

Chapitre 2 : l’exéquatur

Conformément à l’article 430 du Code de procédure civile « les décisions de justice


rendues par les juridictions étrangères ne sont exécutoires au Maroc qu’après avoir été
revêtues de l’exequatur par le tribunal de première instance du domicile ou de la
résidence du défendeur ou, à défaut, du lieu où l’exécution doit être effectuée… ».
L’article 432 ajoute que « les actes passés à l'étranger devant les officiers ou
fonctionnaires publics compétents sont également susceptibles d’exécution au Maroc
après que l’exequatur a été accordée… ».

A- Les conditions de l’exequatur

L’article 430 du CPC soumet l’exequatur des jugements étrangers à quelques


conditions.

1. La compétence du tribunal étranger

Ce contrôle ne doit pas être excessif et doit être réduit à quelques éléments
uniquement. L’exequatur ne peut être accordé que si les tribunaux marocains ne
bénéficient pas en l’espèce d’une compétence exclusive. Aussi, le contrôle de la
compétence du juge étranger peut être interprété d’une vérification de sa compétence
interne (d’attribution et territoriale).
2. Le contrôle de la conformité à l’ordre public marocain

L’accueil des jugements étrangers doit buter sur les mêmes limites que celles qui sont
posées à l’application des lois étrangères : les valeurs intangibles du for. (Cf. La partie
relative à l’éviction de la loi étrangère à cause de l’exception de l’ordre public
international ainsi que les explications de l’enregistrement du cours).

B - la procédure de l’exequatur
Selon l’article 430 du Code de procédure civile : le tribunal de première instance est
le seul compétent pour statuer sur les demandes d’exequatur. Le tribunal
territorialement compétent est celui du domicile ou de la résidence du défendeur. A
défaut, le tribunal territorialement compétent est celui du lieu où l’exécution doit être
effectuée.

Conformément à l’article 431 du CPC la demande d’exequatur doit être formée par
voie de requête écrite et doit être accompagnée des documents suivants :

- une expédition authentique de la décision ;

- l’original de la notification ou de tout acte en tenant lieu ;

- un certificat du greffe compétent constatant qu’il n’existe contre la décision ni


opposition, ni appel, ni pourvoi en cassation ;

- éventuellement une traduction complète en langue arabe des pièces énumérées


certifiée conforme par un traducteur assermenté.
Conclusion

Les règles de compétence internationale judicaire d’un Etat ne tiennent que de la


compétence des juridictions de cet Etat, la compétence du juge de for est déterminée
en fonction de l’éventuelle compétence concurrente de juridictions étrangères.

Concernant L’exequatur et la question de savoir si le litige relève bien de la


compétence de la juridiction d’origine et si la décision étrangère est compatible avec
l’ordre public du for ainsi il faut vérifier que le litige ne relève pas de la compétence
exclusive des juridictions du for.
Bibliographie

Les ouvrages

- P.Gannagé. L’influence du pluralisme des statuts personnels dans les droits internes
des pays du proche- Orient sur les règles de droit international privé. Journal du droit
international 1965.
- S.Nawali. dans le contentieux en droit international privé
- JEAN, Robert. : Droit interne, droit international privé.
- OUARIAGLY EL Mostafa. « Précis de Procédure Civile »1er Edition, année 2017.
- MALAURIE, Philippe et les autres. Les Contrats Spéciaux.
- PAUL DECROUX. « DROIT INTERNATONAL PRIVE » Tome 2.Edition 281.
- M. Abboud, Précis de droit international privé, Rabat, 2002 (en langue arabe
L.Messaoudi et A. Ounnir, Cours de droit international privé. Année universitaire.
Faculté des sciences juridiques économiques et sociales de Fès. 1992/1993.
- ABDALLAH OUNNIR &CECILE CORSO. « La reconnaissance et l'exécution
des jugements étrangers en matière de statut personnel ». Rapport – version août
2012.
- Daniel Alexandre. « Les effets des jugements étrangers indépendants de l’exequatur
» DIP : Travaux du comité française de DIP du 16 janvier 1976.

Textes juridiques
-Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant
le texte du code de procédure civile
- Article 307 et 316 du Code de Procédure Civile.
- Article 5 alinéa 4 de la loi N° 53-95 instituant des juridictions de commerce.
- Article 314 alinéa 1 du Code de Procédure Civile.

La Jurisprudence
-C.S. Arrêt n° 568 du 22 juillet 2014, Jurisprudence de la cour de cassation Revue n°
78, année 2014,
- C.S. Arrêt n° 435 du 17 Juin 2014, Jurisprudence de la cour de cassation Revue n°
78, année 2014,

Les sites internet


- www.jurismaroc.vraiforum.com
- http://www.ahjucaf.org/Maroc,7308.html
- http://v1.ahjucaf.org/Maroc,7307.html.
- http://www.justice.gov.ma.

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