Cours de Metallogenie: Master Sciences Et Techniques: Prospection Et Valorisation Des Ressources Minérales
Cours de Metallogenie: Master Sciences Et Techniques: Prospection Et Valorisation Des Ressources Minérales
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COURS DE METALLOGENIE
CHAPITRE I : GENÉRALITÉS
I DÉFINITIONS
Les minéraux sont à la base des civilisations : après l’âge de la pierre, l’humanité a toujours cherché
à diversifier ses sources de matières premières (cuivre, fer, …). L’étude des gîtes minéraux est à la
base de la géologie. Après les alchimistes du moyen âge, les premières études scientifiques sont
celles des érudits de la renaissance en Europe centrale, en particulier Goerge Bauer (1494-1555), dit
Agricola. Les travaux ont ensuite suivi les développements de la métallurgie, en particulier en
Europe centrale et dans l’ouest-américain.
En apprenant à reconnaître à utiliser les propriétés des divers minéraux et métaux, les hommes se
créent peu à peu des besoins, il fallut des quantités croissantes de produits minéraux ; de cette
manière se développa la recherche minière. Mais on s’aperçut vite que certains gisements étaient
trop petits ou à teneur trop basse pour valoir la peine d’être exploités dans les conditions
techniques, économiques et sociales du moment. Ainsi apparaissent les notions d’exploitabilité des
gîtes.
1- La métallogénie : est à la fois une science fondamentale et une science appliquée. Elle vise à
décrire les gîtes minéraux, à comprendre leur mécanisme de formation et à fournir à l’explorateur
minier des guides de prospection. Le terme gîtologie en désigne la partie descriptive. L’étude des
gîtes métallifères s’appuie sur un vocabulaire concis et rigoureux.
2- Un minerai : c’est un minéral ou une substance minérale susceptible d’être exploitée. On
distinguera les concentrations métallifères où l’on va détruire la structure des minéraux pour en
extraire un élément, par exemple la sphalérite pour le zinc, des concentrations de minéraux
industriels où l’on conserve la structure naturelle tout en l’aménageant comme c’est le cas pour
l’amiante.
3- Un gisement : est une concentration minérale anormale en éléments métalliques dans l’écorce
terrestre, et qui est exploitable économiquement. La notion de gisement repose sur une base
économique, elle-même dépend de la nature du minerai, de sa teneur et tonnage, de sa localisation
géographique, des coûts métallurgiques (le coût et le mode de traitement etc.) et à la structure du
marché tel que l’existence d’une concurrence plus ou moins vive.
D’un point de vue géologique un gisement constitue un volume de roche. Sa position, sa forme, son
contenu minéral et chimique et chimique sont en relation avec les traits géologiques locaux et
régionaux des terrains qui l’entourent. La genèse du gisement doit être interprétée à la lumière de
l’histoire géologique du district qui le contient, c’est ç dire les faits relatifs à la sédimentation, au
métamorphisme, à la granitisation, au volcanisme et à la tectonique.
4- Le facteur de concentration : correspond au taux d’enrichissement en un élément chimique,
c’est à dire au rapport entre sa teneur moyenne d’exploitation et son abondance dans la croûte
(clarcke).
5- Le clarcke : est la teneur moyenne d’un élément dans l’écorce terrestre. Il n’est pas le même
pour tous les métaux (tabl.1.1). Les corps géologiques qui méritent l’appellation de gîtes minéraux
montrent des concentrations beaucoup plus importantes que le clarke.
Subsidence
Sur ce cycle se greffent souvent mais de façon non obligatoire et à des stades variés : volcanisme,
métamorphisme, formation de granite et parfois mises en place de roches grenues basiques et
ultrabasiques. Les concentrations métallifères prennent place à des moments divers du cycle et leur
étude peut donc s’inscrire dans le cadre de la géodynamique externe et interne.
IV-1 Processus exogènes (sédimentation)
IV-1-1 Sédimentation détritique
L’altération chimique et la désagrégation mécanique des roches permettent la libération des
minéraux résistants et denses (magnétite, ilménite, zircon, rutile, cassitérite, or, platine …). Ces
minéraux s’accumulent tout d’abord sur les versants des reliefs sous forme éluvions, puis ils sont
entraînés par les eaux de ruissellement et ils se concentrent dans les alluvions des cours d’eau ainsi
que sur certaines plages en bordure de la mer.
IV-1-2 Sédimentation chimique
L’altération libère des éléments chimiques. Les plus solubles migrent en solution et sont entraînés
vers les bassins de sédimentation (lacs, lagunes côtières, mers, océans). Ils précipitent et se
concentrent dans ces bassins, en raison des changements physico-chimiques du milieu pH, Eh…
(fig. 9).
Pyrite Chalcocite
CuFeS 2
+ CuSO4 2 CuS + FeSO 4
Chalcopyrite Covellite
Gisements Orthomagmatique
Endogènes Pegmatitique
Gisements liés au plutonisme acide
Pneumatolytique
(domaine collisionnels, marges actives) pyrométasoamtique
INTRODUCTION
Ils se forment à la surface de la terre par les processus d’érosion, d’altération et de sédimentation
détritique, chimique ou biochimique. Ils se forment dans les marges passives et dans les domaines
cratoniques stables. L’action de l’eau (dissolution, transport et dépôt) contribue fortement à affecter
la géochimie de la surface, et conduit à la formation de gisements d’ampleur souvent considérables.
La minéralisation est souvent stratiforme et syngénétique dans les terrains sédimentaires. Pour
suivre la minéralisation on suivra et on cartographiera la couche porteuse. Dès lors qu’on reconnaît
que la minéralisation dans les formations sédimentaires une liaison génétique étroite avec leur
enveloppe, il paraît normal de les distinguer d’après le caractère du milieu générateur.
A : LES GISEMENTS EXOGENES LIÉS À LA SÉDIMENTATION
Lors de l’altération supergène des roches, les minéraux résistants sont préservés (cassitérite, zircon,
rutile, or, platine, diamant …). Ils s’accumulent d’abord sur les pentes des reliefs où ils forment des
concentrations élluviales. Ils sont ensuite transportés par les eaux superficielles et ils se concentrent
dans les alluvions des cours d’eau ou dans les sédiments littoraux. Ainsi se constituent des
formations détritiques renfermant une minéralisation en grains : les placers. Ces derniers peuvent
être fluviatiles ou marins.
La formation d’un placer nécessite tout d’abord l’existence d’une roche mère renfermant une
minéralisation constituée par des minéraux denses et peu ou pas altérables. La minéralisation dans
la roche mère peut être disséminée et sans intérêt économique.
La roche mère doit être ensuite soumise à une altération chimique et à une fragmentation
mécanique, qui sont guidées par la stratification, la schistosité et la fracturation. L’altération
+ +
chimique favorisée par les climats chauds et humides, permet l’évacuation de certains ions Na , K ,
++ ++
Mg , Fe , … qui partent en solution.
La pénétration de l’eau dans les interstices des roches exerce des tensions importantes qui
conduisent à la fragmentation et la désagrégation de la roche en débris. Les débris des roches mères
sont accumulés par gravité sur les versants des reliefs et constituent des éluvions minéralisés ; ceux-
ci sont susceptibles d’être exploités (exemple : Le platine dans les éluvions des roches ultrabasiques
dans l’Oural, URSS). Les éluvions constituent simplement une étape transitoire. Ils sont entraînés
ensuite par les eaux superficielles et vont constituer les alluvions des cours d’eau. La formation des
placers nécessite par conséquent des processus de transport des particules minéralisées : par traction
(quand le diamètre > 2mm), par saltation (quand 0.5 < d < 2mm) et par suspension (d < 0.5 mm).
Ces processus obéissent à quelques principes :
1) Sur des particules de même forme, l’action du courant dépend de la densité et du diamètre des
particules. Pour des particules de même nature minéralogique, on obtiendra lors du dépôt un
classement par taille, c’est à dire que les particules les plus grosses se déposent les premières
c’est le calibrage . Les particules les plus denses se déposent les premières c’est le triage. Les
minéraux denses de petite taille (chromite) s’accumulent avec les gros débris des minéraux (ou
roches) les plus légers (quartz, feldspath).
2) Il y a une concurrence entre la masse des particules et la turbulence du courant. Le parcours des
particules est long quand le courant est rapide. Quand le courant s’affaiblit le transport des
particules cesse. Les particules denses se déposent de manière privilégiée sur les rives convexes
des cours d’eau et dans les zones où les vallées s’élargissent. Les irrégularités du fond de la
vallée constituent des pièges où s’accumulent les minéraux denses (fig.21).
3) Les fortes concentrations des minéraux denses de petite taille, se déposent avec des galets ou
des graviers de roches légères (ou minéraux légers). Les minéraux de minerais denses
s’introduisent dans les espaces ménagés entre les galets et finissent par aboutir sur le fond
rocheux.
1- Définition :
Le terme red-bed s’applique à des concentrations métalliques en milieu détritique grossier. A
l’origine ce terme caractérisait des concentrations de Cu rencontrées dans des grès et conglomérats
des séries rouges. Ce type a été défini dans le Permien et le Trias de l’Europe, mais il est très
répandu dans le monde et dans des formations sédimentaires d’âges variés. Une extension du terme
aux concentrations de Zn, Pb, U est devenue usuelle.
2- Exemple du gisement de Largentière
Ce gisement est localisé à la transgressions mésozoïques sur le socle hercynien dans le bassin
sédimentaire du SE de la France. La minéralisation est portée par des termes détritiques, grès et
conglomérats du Trias. Quatre domaines sont distingués (fig. 9) :
- Glacis
- Un domaine pédimentaire à caractère fluviatile, peu ou pas chenalisé, reprenant les
matériaux partiellement altérés du socle hercynien.
- Un domaine de bordure où les éléments détritiques sont soudés par un ciment siliceux ou
sulfuré ; c’est le siège du gisement de Largentière. Le gisement montre une variation latérale de la
nature du ciment. La minéralisation exploitable se localise dans des chenaux et montre toutefois un
passage d’une minéralisation plombifère (PbS) à une minéralisation plombo-zincifère (PbS-ZnS),
ce qui représente une zonalité horizontale.
- Un domaine lagunaire à caractère évaporitique (anhydrite-dolomie), perturbé par les
apports détritiques non classés.
Autres exemples : les gisements de Pb de la Haute Melouya (Maroc), dont le gisement de
Zeida et Aouli
Les gisements d’uranium du Colorado (USA)
Définition :
Le terme kupfer-schieffer est un terme stratigraphique caractérisant un niveau marin bitumineux du
Permien supérieur de l’Europe centrale et occidentale. Ce type a été déterminé pour la première fois
pour les gisements de cuivre dans des shales noirs de la région de Mansfeld (Allemagne).
De nombreux environnements sédimentaires détritiques fins de type shales, dont la couleur noire
est due à la présence de la matière organique contiennent des concentrations métallifères
économiques (Cu, Pb, Zn …).Les meilleurs exemples des gisements de ce type sont les kupfer-
schieffer européens (Allemagne, Pologne, Hollande et Angleterre), en raison de leur importance
économique (1000 ans d’exploitation).
Les kupfer-scheiffer représentent un mince épisode marin de 1 m d’épaisseur, intercalé entre des
conglomérats et des grès permiens reposant sur un socle paléozoïque et des évaporites et carbonates
permiens. Ils constituent des minéralisations (1 à 2% de Cu), associées à la transgression
permienne. Les corps minéralisés sont concordants avec leur encaissant. Le tonnage est de 50
millions tonnes de Cu, mais les zones considérées comme exploitables (3%) sont très localisées.
Hypothèse génétique
Les reconstitutions paléogéographiques faites par différents auteurs, s’accordent sur un dépôt
contemporain de la minéralisation et de l’encaissant. La minéralisation syngénétique est liée à
l’érosion et à l’altération du socle hercynien riche en filons minéralisés et elle s’est formée
simultanément avec la couverture sédimentaire lors de la transgression permienne. Le dépôt de la
minéralisation est suivi d’une évolution minéralogique pendant la diagenèse. Cette minéralisation
montre une zonalité horizontale. De l’ancienne ligne de rivage vers le large nous avons une zone à
chalcopyrite-bornite-chalcocite-sulfures d’argent, suivie par une zone à galène-sphalérite et
finalement d’une zone à pyrite. Cette zonalité est due à la stabilité chimique des métaux les plus
chalcophiles (à forte affinité avec le soufre), précipitent les premiers (Cu, Ag), suivis par les
éléments les moins chalcophiles (Pb-Zn).
Composé %
NaCl 78
MgCl2 9.2
MgSO4 6.5
CaSO4 3.5
KCl 2.1
CaCO3 0.4
Divers 0.3
Ceci met en évidence la dominance considérable de NaCl. Pour permettre un dépôt de sulfates et
surtout de chlorures, il faut des conditions exceptionnelles d’évaporation réalisées dans les bassins
côtiers ou reliés à une mer intérieure mais aussi dans des dépressions continentales en pays
désertiques. S’ils sont exposés, les dépôts évaportiques sont soumis aux infiltrations, à la pluie et à
des lessivages qui éliminent d’abord les constituants les plus solubles, c’est à dire les chlorures et à
moindre degré les sulfates. Leur concentration suppose une protection efficace.
Comme exemple nous citons les grands gisements de halite et de sylvite du Zechstein de l’Europe
du nord (Allemagne).
II-4-2 LES PHOSPHATES
Les phosphates apportent un autre élément indispensable à l’agriculture intensive, pour former les
engrais trivalents (P-K-N). Les phosphates en grains des bassins marins récents représentent la plus
9
grande partie des réserves mondiales (35 10 tonnes) pour le Maroc seul, qui en possède la moitié et
6
en produit annuellement 15 10 tonnes.
A l’exception des concentrations d’apatite exploitées en Russie dans les roches magmatiques
alcalines, tous les gisements sont sédimentaires et résultent en grande partie de l’accumulation de
squelettes des animaux vertébrés.
Les lignites, les charbons, le pétrole et le gaz naturel représentent la plus grande partie des réserves
d’énergie. Leur genèse est due à la transformation de la matière organique lors des processus de
sédimentation et diagenèse de la matière organique. La diagenèse particulière des hydrocarbures
suppose une température notable et nécessite des pièges.
Les températures de 150°C environ réalisées selon le gradient thermique local, à des profondeurs de
3 à 10 km produisent un craking naturel, c’est à dire une rupture des grandes molécules et les
hydrocarbures sont d’autant plus « légers » que le processus a été plus poussé. Les huiles brutes et
les gaz s’échappent alors de leur roche mère et s’accumulent dans des roches-magasins poreuses à
condition toutefois qu’une couche imperméable, bloquant leur progression vers la surface.
Les réservoirs sont constitués à 60% par des grès et à 40% par des calcaires ou des dolomies
poreuses, vacuolaires ou fissurées. Quant au pièges, ils sont réalisés le plus souvent par des
structures anticlinales mais aussi aux dômes de sel dont le chapeau bréchique et les biseaux qu’ils
induisent dans les couches traversées forment d’excellents réservoirs. Des biseaux stratigraphiques,
des failles colmatées par des argiles peuvent également piéger les hydrocarbures.
Les combustibles solides restent dans leur formation d’origine mais leur constitution, suppose un
milieu réducteur. Comme ils n’ont pas la possibilité de migrer et de s’accumuler, il faut pour qu’ils
soient en quantité notable et surtout en bancs épais de 1 m environ, que la matière organique soit au
départ très abondante.
PLANTES ANIMAUX
Bois Protéines
Lignine Cellulose
LIGNITES
Charbons
Schéma simplifié montrant la formation des charbons (d’après Enders in Van Krevelen,
I- GISEMENTS RÉSIDUELS :
Gisements formés par latéritisation de roches préexistantes, sous climat chaud (> 20°C) et humide,
(climat équatorial). Les phénomènes d'altération sont exacerbés car la vitesse des réactions
d'hydrolyse augmente très vite lorsque ces réactions s'opèrent à haute température. La ceinture
équatoriale est le lieu privilégié de ce type d'altération. L'action des eaux de pluies très abondantes
et la couverture végétale (eau acidifiée) provoque la formation de latérites. Les silicates sont
largement hydrolysés et leurs éléments sont évacués totalement (K, Na, Ca, Mg), ou partiellement
comme Si. Les diagrammes de potentiels ioniques (fig. 9) montre Fe et Al sont moins solubles que
les autres éléments. Les éléments les moins mobiles s'organisent en néoformations des constituants
fondamentaux des cuirasses ou latérites in-situ sur la roche mère sous forme oxydée ou hydroxylée.
Les plus fréquents sont : l'oxyde de Fe (hématite), l'hydroxyde de Fe (goethite), et l'oxyde d'alumine
hydraté (gibbsite Al2O3, 3H2O; la bohémite Al2O3, H2O).
*** Lorsque nous avons la dominance des oxydes de Fe nous avons les latérites ferrugineuses, qui
se forment par latéritisation de roches riches en Fe.
*** Lorsque les oxydes de Al sont dominants nous avons les latérites alumineuses dites bauxites,
qui se forment par latéritisation des roches alcalines riches en alumine. Les syénites néphéliniques
contiennent l'orthose, la néphéline et peu de minéraux ferro-magnésiens des îles de Los (Large de la
Guinée) et sont altérées en bauxites, (la latéritisation s'opère encore actuellement).
*** Quand certaines péridotites riches en Ni, telle celle de la Nouvelle Calédonie, sont soumises à
un climat chaud et humide, nous avons la formation de latérites nickelifères.
INTRODUCTION
L’oxydation et la cémentation sont étroitement liées au régime des eaux de surface et souterraines.
Trois zones sont distinctes (fig. 10) : zone d’oxydation, zone de cémentation et zone statique
(minerai hypogène).
II-1 Zone d’oxydation
Au-dessus de la surface piezométrique (phréatique), c’est la zone d’aération, de dissolution,
d’oxydation où l’eau circule rapidement vers le bas. Elle est chargée d’oxygène et de gaz
carbonique atmosphérique et dissout les éléments chimiques des roches et des minerais. Dans cette
zone les sulfures sont instables et les minerais sulfurés sont oxydés. En règle générale quand un
dépôt métallifère est exposé en surface il est oxydé en chapeau d’oxydation. Dans cette zone la
minéralisation primaire a perdu par lessivage une grande partie de ses constituants chimiques utiles.
Sa composition minéralogique, chimique, et sa structure ont été profondément modifiées.
LES RÉACTIONS DANS LA ZONE D’OXYDATION : FORMATION DE SULFATES ET
D’HYDROXYDES FERRIQUES
Prenons à titre d’exemple l’un des sulfures les plus courants dans les dépôts métallifères : la pyrite
FeS2. Ce minéral lorsqu’il soumis à des conditions oxydantes donne du sulfate ferreux et de l’acide
sulfurique :
2 FeS 2
+ 7 O2 + 2 H2O 2 FeSO 4
+ 2 H2SO4
12 FeSO 4
+ 3 O2 + 6 H2O 2 Fe (SO )
2 4 3
+ 4 Fe(OH)3
sulfate ferreux sulfate ferreux hydroxyde ferrique
4 FeSO 4
+ 3 O2 + 2 H2SO4 2 Fe (SO )
2 4 3
+ 2 H2O
Le sulfate ferrique est instable en solutions neutres ou faiblement , est hydrolysé en hydroxyde
ferrique et en acide sulfurique :
Fe (SO )
2 4 3
+ 6 H 2O 2 Fe(OH) 3
+ 3 H2SO4
Le sulfate ferrique est un oxydant puissant, il attaque la pyrite et d’autres sulfures et fournit plus de
sulfates ferreux :
Fe (SO )
2 4 3
+ FeS2 3 FeSO 4
+ 2S
Sulfate ferrique pyrite sulfate ferreux soufre natif
Dans le cas où nous aurions la sphalérite qui accompagne la pyrite :
ZnS + 4Fe2(SO4)3+ 4 H2O ZnSO4 + 8 FeSO4 + 4 H2SO4
En général la réaction de transformation des sulfures est écrite comme suit :
MS + 4Fe2(SO4)3+ 4 H2O MSO4 + 8 FeSO 4
+ 4 H2SO4
La plupart des sulfates formés sont plus ou moins solubles et ces solutions descendent à travers le
dépôt et précipitent leur contenu métallique plus bas, ainsi la zone d’oxydation superficielle est
lessivée. Les solutions sulfatées descendantes peuvent déposer leurs métaux dans la zone de
saturation.
Elle est située en dessous de la zone piézométrique, les roches subissent une imbibition d’eau
permanente : c’est la nappe aquifère. La circulation de l’eau y est encore appréciable. Elle descend
lentement vers les points bas. A ce niveau les phénomènes de dépôt des éléments dissous dans la
zone d’oxydation sont très importants. Le dépôt des métaux peut se produire de diverses manières :
Par réactions d’échange entre solutions et corps solides
- Par évaporation et saturation des solutions en climat aride
II-2-1 Réactions d’échanges entre solutions et corps solides
C’est le phénomène le plus important déterminant le dépôt. Les échanges peuvent s’effectuer :
- entre les solutions sulfatées et la gangue, plus la solution est acide, plus elle peut
dissoudre. Le dépôt sera donc favorisé par des conditions qui diminuent l’acidité
de la solution. La calcite, la dolomite et la sidérite neutralisent Fe2(SO4)3 et
H2SO4 et dans le milieu neutre ainsi réalisé nous avons une réaction (réversible)
du type :
MSO 4
+ CaCO3 MCO 3
+ CaSO4
- ou les roches encaissantes ou entre les solutions et sulfatées et les sulfures
hypogènes. Ces échanges de métaux obéissent à l’intensité de la chalcophilie.
Voici quelques réactions à titre d’exemple :
PbS + CuSO4 CuS + PbSO 4
5FeS 2
+ 14 CuSO4 + 12 H2O 7 Cu S + 5FeSO + 12 H SO
2 4 2 4
Pyrite Chalcocite
5CuFeS 2
+ 11 CuSO4 + 8 H2O 8 Cu S + 5FeSO + 8H SO
2 4 2 4
Chalcopyrite Chalcocite
CuFeS + CuSO2 4
2CuS + FeSO 4
Chalcopyrite Covellite
***** Les cumulats chromifères : Dans les magmas basiques et ultrabasiques, le chrome forme
facilement des complexes stables particulièrement la chromite, Fe2Cr2O4. Celle-ci tôt formée,
participe à la sédimentation intramagmatique conduisant à la formation de cumulats chromifères.
****** Les cumulats sulfurés : Le nickel a une forte tendance à se substituer au Mg des olivines.
Au cours de la cristallisation, dès 800°C et 2 kbars, l'olivine devient instable :
4(MgfeSiO2) + S - -----------à FeS + F
e3O4 + 2 (Mg Si O )
2 2 6
Les oxydes de Cr formés à haute température lors de la cristallisation fractionnée des magmas
basiques et ultrabasiques, forment des lentilles ou des lits pseudostratiformes dans les intrusions
basiques et ultrabasiques litées ou dans la séquence ultrabasique des ophiolites (fig. 11) (Bou Azzer,
Oman, Chypre).
Exemples de gisements
* Nous prendrons pour type le complexe du Bushveld (Afrique du Sud). Le complexe igné du
Bushveld est un lopolite (de 375 km * 300 km) s'étend sur 67000 km2 (fig. 25). Son épaisseur est
de 8 km. C'est la plus grosse intrusion mafique et ultramafique connue, et renferme les plus grosses
9
réserves mondiales de chromite (18 * 10 tonnes ) et platinoïdes (6000 tonnes).
Le lopolite du Bushveld s'est mis en place il y a 1.9 milliards d'années, entre les sédiments du
supergroupe du Transvaal et les formations acide de Rooiberg. Le granite Rouge Du Bushveld
intrusif dans la série de Rooiberg, est postérieur au complexe ultramafique/mafique (fig. 26). Il a été
divisé en plusieurs zones (fig. 27, 28)
L'origine intrusive du lopolite est prouvée par la présence d'une part de bordures figées au mur et au
toit, d'autre part en raison de l'existence d'un métamorphisme de contact dans les formations
encaissantes. La disposition en lits des différents types lithologiques et des minéralisations
(chromite, sulfures, magnétite) s'explique par le processus de cristallisation fractionnée et
ségrégation magmatique : dans l'ensemble les roches les plus riches en Fe-Mg se situent dans la
base du complexe tandis que les roches différenciées et pauvres en Fe-Mg sont situées au sommet.
En raison de la répétition des niveaux ultramafiques et des minéralisations, il est probable que la
mise en place du complexe du Busheveld s'est faite par injections magmatiques successives.
* Le "Grand Dyke" du Zimbabwe (fig. 29), s'étend sur 500 km de long et 5à 6 km de large. Il
renferme des lits de chromite dans des péridotites serpentinisées. On y trouve également, au
sommet des pyroxénites, un horizon à sulfures renfermant des métaux du groupe de platine,
comparable au "Merensky Reef" du Bushveld.
* Le complexe de Sudbury (Ontario, Canada) est constitué par des norites renfermant des sulfures
6
de nickel et de cuivre. Le minerai exploité renferme 0.6 à 0.9 r/t de platine. Sudbury a fourni 7* 10
tonnes de Ni.
* Le complexe de Stillwater (Montana, USA), comporte (1) une zone basale avec des lits de
harzburgites, pyroxénites , pyroxénites, chromite; (2) une zone rubanée et une zone supérieure
constituée de lits de norites, gabbros, anorthosites. Des sulfures renfermant des métaux du groupe
du platine existent dans la zone rubanée.
* Le complexe de Noril'sk (Oural, URSS) est une intrusion de gabbro-dolérite de 12 km de long et
de 30à 350 m d'épaisseur. La minéralisation est à Cu, Ni, Platinoïdes, sous forme de sulfures
massifs ou disséminés.
Granite---------------------------------------à Greisen
Quartz + Feldspath + Muscovite -----------à Quartz + Muscovite
Ces gisements peuvent être exploités pour Sn, W, Mo, Bi (voir tableau).
Comme exemple nous avons les gisements de Cornouaille (Grande Bretagne) qui sont exploités
pour Sn, W et Cu.
Les gisements uranifères de Saint-Sylvestre (Limousin, France) (fig. 24) : associés aux
leucogranites, des filons de quartz-pechblende-pyrite et des "épisyénites" minéralisées en
pechblende (UO3,Th,Pb), datés de 280 à 270 MA.
II-1/ Généralités
Ces gisements sont associés à des stades plus ou moins avancés de rifting. Ils sont appelés
communément les amas sulfurés. Leur mise en place est liée aux processus d'accrétion affectant la
croûte continentale ou océanique. L'accrétion se fait par injection de laves à l'axe des rifts
océaniques (dorsale Atlantique, dorsale Pacifique) ou continentaux (rift est Africain vers le Zaïre et
Djibouti, lac Tanganyika).