Des ateliers Montessori à
l’école maternelle
Fondements, intérêts, principes, limites.
Comment les intégrer avec pertinence
à la vie de la classe ?
Sandrine Leplâtre CPAIEN
Isabelle Pasquinelli PEMF Itinérante
Florence Madiot Directrice de Maternelle
La pédagogie Montessori
1 – L’apport des neurosciences
Le développement global de l’enfant S. Giampino
2 – Les principes de la Pédagogie Montessori.
« Apprend moi à faire seul »
3 – Les différences entre l’enseignement traditionnel et Montessori
Mise en perspective des ateliers d’inspiration Montessori selon les
programmes de 2015
4 – La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori dans nos classes
: Pourquoi ? Comment ? Quoi ? Quand ? où ?
5 – Echanges et témoignages.
L'attention
Les 4 piliers de L'engagement
l’apprentissage Le retour d'information immédiat
(neurosciences) La consolidation par la répétition
=> automatisation
Le matériel est attrayant
Les principes liés à Le matériel dénote l'erreur
Montessori La répétition améliore le geste
Permettre à l’enfant de se sécuriser, de
construire sa confiance de base
Apprendre à l’enfant à prendre soin de lui
Donner à l’enfant des clefs pour se repérer dans
Le développement les relations s’identifier, sentir la valeur de soi et
la valeur de l’autre
global de l’enfant
Offrir à l’enfant des conditions, du temps et de
(S.Giampino) l’espace pour se déployer et apprendre en
exerçant sa vitalité découvreuse et ludique
Inviter l’enfant à se socialiser et entrer dans la
culture, à apprivoiser le langage, des codes et
des valeurs.
Les 4 piliers de l’apprentissage – L’attention
C’est la capacité que nous avons à nous ouvrir à la réalité : l’attention
ouvre notre esprit.
L’attention sert à sélectionner les informations, moduler l’activité
cérébrale et faciliter l’apprentissage.
Mais l’attention peut être sélective.
Nous apprenons et mémorisons en fonction d’un projet de
mémorisation et tous les stimuli non pertinents sont évacués par le
cerveau et deviennent littéralement invisibles.
La conséquence pour l’enseignement : une formidable concentration
La tâche la plus importante de l’enseignant va être de
canaliser et captiver, l’attention de l’enfant.
Les 4 piliers de l’apprentissage – L’engagement actif
« Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal
lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses
connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à savoir quand il
ne sait pas. » Stanislas Dehaene
Une étude scientifique a montré que le nombre de tests via des
exercices compte plus dans la mémorisation que le nombre d’heures
passées à étudier.
L’enfant sera d’autant plus actif et engagé quand il aura envie de faire
l’action.
Cette envie est déclenchée quand l’activité lui
plaît, qu’elle importe pour lui, qu’il y voit un
intérêt personnel… et non pas parce qu’il y est
contraint par un intervenant extérieur.
Les 4 piliers de l’apprentissage – le retour d’information
Le matériel Montessori doit toujours comporter un contrôle de
l’erreur.
Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est
constitutif de l’apprentissage.
Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action
corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne. Les erreurs
sont positives et sources d’apprentissage.
Les erreurs sont normales dans le processus
d’apprentissage car elles expriment à la fois la
représentation mentale que l’élève se fait d’une notion ou
d’une action et un obstacle à repérer avant de le dépasser.
Les 4 piliers de l’apprentissage – La consolidation
L’automatisation des connaissances est essentielle ; c’est le fait de passer d’un
traitement conscient, avec effort à un traitement automatisé, inconscient.
Lors d’un nouvel apprentissage, notre cerveau a recours à un traitement explicite,
c’est-à-dire une situation, ou plutôt un stade où le cortex préfrontal est fortement
mobilisé par l’attention.
Le point culminant d’un apprentissage est le « transfert de l’explicite vers
l’implicite » : c’est l’automatisation des connaissances et procédures.
Cette automatisation passe par la répétition et l’entrainement. Elle permet de
libérer de l’espace dans le cortex préfrontal afin d’absorber de nouveaux
apprentissages.
Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :
pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au
minimum, pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.
Il est nécessaire de dispenser l’apprentissage : tous les jours !
Les 4 piliers de l’apprentissage d’après les neurosciences
Les domaines du développement global de l’enfant et les compétences
visées
Les domaines du développement global de l’enfant et les compétences
visées S. Giampino
Rôle du jeu
Le jeu est le contexte d’apprentissage privilégié de l’enfant. Initié par l’enfant ou par
l’adulte, il lui permet d’apprendre à se connaître, d’apprivoiser son environnement
et d’interagir socialement.
Mais pour que chaque enfant s’engage activement dans le jeu, il faut prévoir
suffisamment de temps, on peut penser à une ou deux périodes de 45 minutes par
jour, puisque si les enfants savent qu’ils ne disposeront pas d’assez de temps pour
développer leur jeu, ils ne s’investiront pas et le jeu restera superficiel.
Il revient à l’enseignant de prendre en compte les acquis de l’enfant, ses intérêts et
ses préoccupations afin d’y faire appel comme leviers pour l’apprentissage.
Par ses interventions, l’adulte soutient et guide l’enfant dans son jeu pour l’amener à
le complexifier progressivement.
Il questionne l’enfant et fait de la médiation en interagissant avec lui.
Un enfant qui joue est un enfant qui apprend.
Le jeu va permettre à l’enfant de développer les outils nécessaires
pour devenir un bon apprenant tout au long de sa vie.
Les domaines du développement global de l’enfant et les compétences
visées S. Giampino
Puisque l’école doit se préoccuper du développement de l’enfant sur le plan physique et
moteur, affectif, social, langagier et cognitif, le programme de la maternelle invite
l’enseignant à proposer une variété d’activités éducatives.
Il est nécessaire d’accorder à chacun des domaines une importance comparable et de veiller
à développer les cinq compétences du programme.
Dans les activités proposées aux enfants, les divers domaines de développement s’intègrent
et s’influencent.
Par exemple, quelles que soient les activités offertes, les dimensions langagière et cognitive
sont fréquemment sollicitées. En jouant en petit groupe, l’enfant réfléchit et s’exprime tout
en étant interpellé affectivement et socialement
Il importe de construire la motivation à apprendre des jeunes enfants en leur permettant
d’exploiter tous les domaines de développement.
À titre d’exemples : multiplier les occasions données aux enfants de parler avec leurs pairs,
des enfants d’autres groupes d’âge, leur enseignant ou d’autres adultes
consigner des questions posées spontanément par les enfants et les réponses trouvées pour
conserver des traces de leurs démarches d’apprentissage;
Les domaines du développement global de l’enfant et les compétences
visées S. Giampino
Les principes de la pédagogie Montessori
« Aide-moi à faire seul. »
MARIA MONTESSORI
(1870-1952)
Les périodes sensibles
Saisir l’opportunité du moment d’apprentissage
• La période sensible au mouvement
• La période sensible au langage
• La période sensible à l’ordre
• La période sensible du raffinement des
perceptions sensorielles
• Les autres périodes sensibles
Les périodes sensibles
Saisir l’opportunité du moment d’apprentissage
Pour qu’elles puissent se mettre en place il faut que
l’environnement soit :
❖ Sécurisant et sécurisé
❖ Serein
❖ Riche de possibilités d'exploration
❖ Adapté aux besoins de chaque période
❖ Respectueux de l'ordre
❖ Garant de la liberté d'action de l'enfant.
La période sensible au mouvement
Permettre aux enfants de découvrir leur milieu
Permettre aux enfants d'expérimenter
La période sensible au mouvement débute dans le ventre maternel, se
poursuit jusque vers l'âge de cinq ans et décroît ensuite.
Elle atteint son maximum entre un an et demi et quatre ans.
Le mouvement est un besoin vital chez l’enfant. C’est « le moyen » pour
entrer en contact avec son milieu et de découvrir le monde.
L'activité est le moteur de sa croissance psychique.
L'enfant a besoin d'expérimenter ce qu'il découvre à travers son corps. De
plus, le mouvement participe à l'émergence de la conscience car il fait le
lien entre l'être et le monde.
S'il est libre de perfectionner ses capacités motrices, l'enfant montre une
exactitude de ses propres actes pour la réalisation de son être.
La période sensible au langage
L'enfant nomme les objets qui l'entourent.
L'adulte l'accompagne dans ses découvertes.
Elle débute dès la naissance et se poursuit jusqu'à six ans.
Le bébé, sans l'aide de professeurs, ni de leçons, apprend parfaitement, la (les)
langue(s) parlée(s) autour de lui, contrairement à l'adulte qui acquiert une langue
étrangère au prix de beaucoup d'efforts.
Après l'âge de six ans, l'apprentissage d'une langue devient beaucoup plus difficile
pour l'enfant.
Pendant cette période de sa vie, l'enfant révèle une aptitude considérable à
s'imprégner et à répéter tous les sons entendus autour de lui.
Sans effort, il se met à dire ses premiers mots, puis il organise son langage.
Vers six ans, l'enfant connaît des milliers de mots et se perfectionne dans la
composition des phrases.
La période sensible passée, il va perdre peu à peu cette formidable aptitude.
La période sensible à l’ordre
Découvrir qui est qui.
Savoir quelles relations il a avec les différentes personnes.
Comprendre la fonction de chaque chose.
Celle-ci apparaît au début de la première année et dure deux à trois
ans.
Pendant cette période, l'enfant fait preuve d'un intérêt immense
pour la place des choses dans le temps et dans l'espace. Tout doit
être à sa place. C'est vital. L'enfant est un ritualiste.
Le jeune enfant a besoin d'une ambiance ordonnée pour se
construire des repères fiables qui lui permettent peu a peu de
s'orienter seul et de comprendre l'ambiance dans laquelle il vit.
Une fois ces repères acquis, il est prêt à élargir son cadre de vie.
L'ordre facilite l'autonomie ; l'adulte est un modèle.
La période sensible du raffinement des perceptions sensorielles
Développement des 5 sens
Utilisation des 2 mains
Cette période va de la naissance jusqu'à l'âge de six ans.
L'enfant porte un grand intérêt aux impressions sensorielles
en tous genres.
C'est de la précision des perceptions sensorielles de l'enfant
que dépend sa capacité future à percevoir toutes les
subtilités de son environnement.
Comme lors de toute période sensible, le but n'est pas
seulement de mettre l'enfant en relation avec
l'environnement, mais de perfectionner les différents
organes, sensoriels : audition, olfaction, vue et toucher.
Grâce au développement de ses sens, l’enfant découvre le
monde qui l’entoure.
Les autres périodes sensibles
Découverte les règles de la société
Maîtrise des pulsions
De trois à six ans, l'enfant s'intéresse à la perfection de
ses actes. C'est la période favorable aux « bonnes
manières ». Fermer et ouvrir une porte avec
délicatesse, dire bonjour. ..
II existe beaucoup d'autres périodes sensibles comme
celle de la minutie, de la socialisation, de l'écriture, de
la lecture ...
Les périodes sensibles sont transitoires et se
manifestent avec plus ou moins d'acuité selon les
enfants et à des moments différents. Le travail en libre
choix est alors le meilleur moyen de les repérer, de les
alimenter, et de laisser l'enfant s'y impliquer.
Comment l’enfant apprend ? L’esprit absorbant
Maria Montessori identifie l’enfant comme "l’esprit
absorbant".
Elle compare le jeune enfant à une éponge. Il absorbe
complètement l’information de l’environnement.
Puisque l’enfant détient cette capacité à apprendre en
absorbant jusqu’à ce qu’il ait presque sept ans, elle
pense que l’expérience de l’enfant peut être enrichie au
sein d’une classe où il pourra manipuler le matériel qui
lui montrera les informations éducatives de base.
Comment l’enfant apprend ? La manipulation
Maria Montessori souligne que la main est le
professeur principal de l’enfant.
Pour apprendre il faut de la concentration, et la
meilleure façon pour un enfant de se concentrer et de
fixer son attention sur la tâche est de l’accomplir avec
ses mains .
Tout le matériel d’une classe Montessori permet à
l’enfant de renforcer ses impressions insouciantes en
l’invitant à utiliser ses mains pour apprendre.
Le rôle de l’enseignant – « Aide moi à faire seul »
Il est, avant tout, un observateur très attentif des besoins et intérêts
individuels de chaque enfant qui va :
• Anticiper, (l’enseignant va se mettre à la place de l’élève et s’interroger sur l’explicite de
chaque « plateau ».)
• Faire confiance/être discret,
• Être bienveillant,
• Observer/ajuster, (si l’observation montre que la plupart des élèves ne respectent pas
l’objectif, alors il y a nécessité de remanier l’activité proposée.)
• Intervenir, (à la demande de l'enfant)
Rigoureux, présent et positif l’enseignant va « créer une ambiance »,
mettre au point et conserver en permanence l’organisation matérielle
de la classe : adaptée, ordonnée, simple, propre.
Tout au long de la journée il va ranger, ranger et encore RANGER.
Il est incontournable que la classe reste attractive du matin au soir.
Le rôle de l’enseignant – « Aide moi à faire seul »
Il reste attentif à cette ambiance, à l’environnement pédagogique, au
respect du matériel et des règles d’utilisation.
Il présente le matériel de manière individuelle et quelquefois collective. Ce
matériel doit toujours être utilisé comme il a été présenté. S’il le faut,
expliquer encore et encore.
Il encourage et va établir une relation de confiance avec l’enfant.
Il observe, suit chaque élève au plus près de ses besoins et de ses capacités
Il respecte et laisse faire un enfant qui n’agit pas mais regarde les autres
faire car cet enfant est en recherche.
Il rend les enfants conscients des stratégies d’apprentissage qui leur
permettent de construire leurs savoirs.
L’éducation Montessori
Une atmosphère non compétitive
• L’enfant travaille individuellement avec le
matériel, il n’y a pas de compétition dans une
classe Montessori.
• Chaque enfant se réfère uniquement à son
propre travail précédent et ses progrès ne sont
pas comparés aux réussites des autres.
• M. Montessori pense que la compétition en
éducation ne devrait être introduite qu’après
que l’enfant ait pris confiance dans l’utilisation
des savoirs faire élémentaires.
Les enjeux de la pédagogie Montessori
Respecter les
rythmes de Grâce au libre choix de l’enfant
l’enfant dans ses activités
Grâce à un environnement
Développer adapté à sa taille et à sa force ;
l’autonomie de un matériel autocorrectif ; un
l’enfant éducateur (enseignant) en
retrait
Grâce à l’attitude
Favoriser la
confiance en soi bienveillante de l’éducateur
(enseignant)
Par des ambiances (classes)
Développer le hétérogènes en terme d’âges
sens social
Les principes de la pédagogie Montessori
❖ Le libre choix
❖ L’autodiscipline
❖ Le respect du rythme de chacun
❖ L’autonomie, l’effort
❖ L’activité individuelle
MARIA MONTESSORI
(1870-1952)
Le libre choix
• En classe, les enfants sont libres de choisir
l’activité qu’ils souhaitent faire parmi celles qui
leur sont proposées, à la seule condition d’avoir
déjà « vu » cette activité avec l’enseignant.
• Ils peuvent y passer le temps qu’ils veulent.
• La répétition est un des éléments clé de la
pédagogie Montessori.
• Ils ont aussi le droit de parler (à voix basse) et de
se déplacer comme ils l’entendent dans la classe,
tant que l’ambiance de travail est respectée.
Le libre choix
❖ Je choisis le matériel
❖ Je m’installe à ma place
❖ Je choisis la durée de manipulation
La seule obligation, incontournable pour la
vie de la classe, est le rangement du
matériel choisi à l’endroit où il doit être, où
il a été trouvé.
Mais c’est l’enseignant qui décide du
matériel installé…
L’autodiscipline
• Elle va de pair avec la notion de
liberté et s’applique tout autant pour
l’attitude que pour les corrections.
• Les déplacements sont contrôlés, les
échanges verbaux se font à voix
basse.
• La maîtresse est disponible pour
aider, quelquefois il faut attendre si
elle est avec un autre enfant.
L’autodiscipline
• On peut demander de l’aide aux
autres enfants ou se débrouiller
seul.
• On ne prend un travail que s’il a
été présenté par la maîtresse.
• On doit ranger son matériel à la
place déterminée.
Les regles des ateliers
Un seul atelier pour un seul enfant.
Je prends un tapis pour m’installer.
Je fais mon atelier en faisant attention au matériel.
Le respect du rythme de chacun
• L’enfant suit son propre rythme. Il choisit une
tâche, apprend peu à peu à contrôler ses
mouvements, impulsifs au départ.
• Le rythme de chacun peut varier en fonction des
moments de la journée, de l’activité, des
différentes périodes de développement.
• Peu importe qu’il soit rapide ou lent, tant qu’il
est concentré.
• L’enfant, expérimente et mène la tâche à son
terme ; ses apprentissages se font par à-coups.
Le respect du rythme de chacun
• Tout cela implique une certaine
discipline :
• respecter le travail des autres,
• organiser sa volonté,
• équilibrer ses pulsions,
• ranger le matériel.
L’autonomie, la concentration
De tous les points évoqués découle une
autonomie qui s’installe assez rapidement.
La liberté et la répétition entraînent une
forte capacité de concentration spontanée.
L’effort
❖ Maria Montessori dit que le travail que l’on
propose à l’enfant doit être fait sans « effort ».
❖ L’élève reprendra ainsi un atelier jusqu’à ce qu’il
soit totalement satisfait de son travail, quelquefois
par plaisir de réussir.
❖ Il ne faut évidemment pas l’en empêcher.
L’activité individuelle
❖ Si quelques activités sont présentées
en groupe à l’aide du cercle, la plupart
se font plutôt en individuel, afin que les
enfants s’approprient les concepts de
façon personnelle.
❖ L’environnement est préparé et
constitue le centre des décisions de
l’enfant et de son apprentissage
❖ L’activité individuelle est toujours
réalisée en premier (la main, le
mouvement, le geste)
Le cercle
Dans les classes Montessori il existe des temps de
regroupements. Outre les rituels quotidiens et la
présentation des nouveaux plateaux, les élèves peuvent
prendre la parole pour dire aux autres quelque chose
d’important pour eux : « la nouvelle du jour ».
A ces moments-là, les enfants se réunissent sur la ligne
du cercle, assis au sol. L’enseignant se met au même
niveau et dans la même position que ses élèves.
Il n’y a pas de places fixes, chacun s’assied où il veut.
Mais on doit se tenir bien sur le cercle, ne pas être
allongé, accroupi, etc.…
Le matériel
Le matériel Montessori peut être divisé en quatre
groupes principaux :
❖ Vie pratique
❖ Vie sensorielle
❖ Langage
❖ Mathématiques
Vie pratique
Le matériel de vie pratique permet à l'enfant
d'apprendre à s'adapter à son milieu de manière
autonome et de s'approprier les codes
culturels (comme la politesse par exemple).
En accomplissant ces tâches l’enfant acquiert un
meilleur contrôle de ses gestes et une meilleure
coordination de ses mouvements.
Certaines de ces activités permettent une
préparation indirecte à l’écriture.
Vie pratique
Vie pratique
Vie pratique
Vie sensorielle
Ce matériel a pour objectif la construction de
l'intelligence à travers l'expérimentation et le
raffinement des 5 sens.
Il a pour but de préparer à l'abstraction tout
comme d'accéder à une perception plus fine
du monde.
Il permet d'introduire du vocabulaire détaillé
pour décrire l'environnement avec précision.
La tour rose
o C’est un ensemble de dix cubes
roses de taille graduée de un à
dix centimètres de côté.
o Tous les éléments sont de
mêmes couleur, forme et
matière.
o Pour effectuer l’exercice, l’enfant
doit reconnaître la graduation en
taille et construire la tour en
commençant avec le plus grand
cube et en plaçant finalement le
plus petit tout en haut.
L’escalier marron
o L’escalier marron enseigne à l’enfant comment
différencier la taille en deux dimensions.
o C’est un ensemble de dix prismes d’une longueur
constante de dix centimètres mais dont la largeur et la
hauteur varient toutes deux de un à dix centimètres.
o L’enfant doit placer les éléments selon une graduation
correcte formant une structure ressemblant à un
escalier.
Les barres rouges
o Les barres rouges aident l’enfant à reconnaître les
différences de taille en une dimension - la
longueur.
o L’enfant doit placer les barres dans un ordre
correct de la plus petite qui mesure dix
centimètres de long jusqu’à la plus grande qui
mesure un mètre de long.
Les plaques de couleurs
o La première introduction à la couleur est une boîte
contenant six plaquettes : 2 rouges, 2 bleues, 2 jaunes.
o Toutes les plaquettes ont la même taille, forme et
texture.
o Elles se distinguent seulement pour des couleurs très
contrastées.
o Au cours de cet exercice, l’enfant forme des paires et
apprend les noms correspondants.
Langage
L'objectif du matériel est de
permettre à l'enfant de construire et
développer le langage dans ses
trois aspects fondamentaux :
expression orale, écriture, lecture
et ce à différents niveaux.
Apprendre à écrire
Apprendre les formes des lettres avec des lettres rugueuses
o L’enfant rencontre les symboles alphabétiques en
utilisant les Lettres Rugueuses.
o Chaque lettre de l’alphabet est dessinée en papier de
verre sur une carte individuelle, les voyelles en bleu et
les consonnes en rouge.
o L’enseignant montre à l’enfant
comment tracer la lettre avec deux
doigts en suivant la même direction
que celle avec laquelle elle est tracée.
Apprendre à écrire
Apprendre le son des lettres avec les lettres rugueuses
o L’enfant apprend les sons phonétiques des lettres
avant d’apprendre les lettres alphabétiques dans
l’ordre.
o Les sons phonétiques sont appris en premier parce
que ce sont les sons que l’enfant entend dans les
mots.
Apprendre à écrire
Perfectionner les aptitudes motrices avec les
formes à dessin en métal
o L’enfant apprend à maîtriser son crayon en remplissant
des lignes fermées.
o Pour faire une ligne fermée, il utilise un matériel connu
sous le nom de formes à dessin. Chaque forme à dessin
représente une forme géométrique différente.
o Après avoir sélectionné une figure
et l’avoir tracée sur le papier, l’enfant
remplit la ligne fermée avec le crayon
de couleur de son choix.
Mathématiques
Ce matériel concret est auto-correcteur
et implique beaucoup de manipulations,
afin d’assimiler le concept abstrait des
nombres, les notions de quantités, les
symboles et les opérations.
Les barres rouges et bleues
o L’enfant apprend les nombres grâce à un ensemble de
barres rouges et bleues qui représentent les quantités
de un à dix.
o L’enseignant aide l’enfant à compter les parties
alternativement rouges et bleues de chaque barre
alors qu’il les arrange en forme
d’escalier.
o L’enfant appelle la plus petite Barre
Un, la suivante Deux, et ainsi de suite.
o La Barre Numéro Deux est un élément, elle est aussi
égale à deux Barres Numéro Un.
Les fuseaux
o Les fuseaux représentent un exercice parallèle dans
l’association des chiffres à leur quantité.
o Les chiffres sont dans un ordre fixé et les quantités
sont mobiles.
o Les boîtes à fuseaux possèdent dix compartiments
marqués de Zéro à neuf. Dans une boîte annexe il y a
45 fuseaux.
o L’enfant met un fuseau dans le
compartiment 1, deux fuseaux dans
le compartiment 2, etc....
o Le premier compartiment est marqué du Zéro et ceci
correspond à la première introduction de ce symbole.
Les chiffres et les jetons
o Dans cet exercice les symboles et les quantités sont
mobiles en même temps et l’enfant doit les placer dans
l’ordre.
o Il met en premier les chiffres dans l’ordre ascendant.
o Lorsqu’il place le nombre correspondant de disques
sous chaque figure, l’enfant les met par
rangée de deux.
o Chaque nombre impair possède un
seul disque dans la rangée du bas. Cet
arrangement illustre automatiquement
les nombres pairs et impairs.
L’escalier de perles
o L’escalier de perles représente les quantités de un
à dix dans des couleurs facilement
reconnaissables.
o Une perle rouge représente le 1. Une barre de
deux perles vertes représente le 2. Une barre de
trois perles roses représente
le 3, et ainsi de suite, une
barre de dix perles dorées
représente le 10.
Mise en perspective des ateliers d’inspiration Montessori selon les programmes de 2015
Un cycle unique fondamental pour la réussite de tous
1. Une école qui s’adapte aux jeunes enfants
Une école qui tient compte du développement de l’enfant
L'équipe pédagogique aménage l'école (les salles de classe,
les salles spécialisées, les espaces extérieurs...) afin d'offrir
aux enfants un univers qui stimule leur curiosité, répond à leurs
besoins notamment de jeu, de mouvement, de repos et de
découvertes et multiplie les occasions d'expériences
sensorielles, motrices, relationnelles, cognitives en sécurité.
Une école qui pratique une évaluation positive
Elle repose sur une observation attentive et une interprétation
de ce que chaque enfant dit ou fait. Chaque enseignant
s'attache à mettre en valeur, au-delà du résultat obtenu, le
cheminement de l'enfant et les progrès qu'il fait par rapport à
lui-même.
Mise en perspective des ateliers d’inspiration Montessori selon les programmes de 2015
Un cycle unique fondamental pour la réussite de tous
2. Une école qui organise des modalités spécifiques d’apprentissage
L'enseignant met en place dans sa classe des situations
d'apprentissage variées : jeu, résolution de problèmes, entraînements,
etc.. et les choisit selon les besoins du groupe classe et ceux de chaque
enfant.
Dans tous les cas, les situations inscrites dans un vécu commun sont
préférables aux exercices formels proposés sous forme de fiches.
Apprendre en jouant
L'enseignant donne à tous les enfants un temps suffisant
pour déployer leur activité de jeu. Il les observe dans leur
jeu libre afin de mieux les connaître. Il propose aussi des
jeux structurés visant explicitement des apprentissages
spécifiques
Mise en perspective des ateliers d’inspiration Montessori selon les programmes de 2015
Un cycle unique fondamental pour la réussite de tous
2. Une école qui organise des modalités spécifiques d’apprentissage
Apprendre en réfléchissant et en résolvant des problèmes
L'enseignant est attentif aux cheminements qui se manifestent par le
langage ou en action ; il valorise les essais et suscite des discussions.
Apprendre en s’exerçant
Les apprentissages des jeunes enfants s'inscrivent dans un temps long
et leurs progrès sont rarement linéaires. Ils nécessitent souvent un
temps d'appropriation qui peut passer soit par la reprise de processus
connus, soit par de nouvelles situations.
Leur stabilisation nécessite de nombreuses répétitions dans des
conditions variées. Les modalités d'apprentissage peuvent aller, pour
les enfants les plus grands, jusqu'à des situations d'entraînement ou
d'auto-entraînement, voire d'automatisation.
Mise en perspective des ateliers d’inspiration Montessori selon les programmes de 2015
Un cycle unique fondamental pour la réussite de tous
3. Une école où les enfants vont apprendre ensemble et vivre
ensemble
Comprendre la fonction de l’école
L'école maternelle initie ainsi la construction progressive d'une
posture d'élève.
L'enseignant rend lisibles les exigences de la situation scolaire par des
mises en situations et des explications qui permettent aux enfants - et
à leurs parents - de les identifier et de se les approprier.
Se construire comme une personne singulière au sein d’un groupe
Les règles collectives sont données et justifiées par l'enseignant qui
signifie à l'enfant les droits (s'exprimer, jouer, apprendre, faire des
erreurs, être aidé et protégé...) et les obligations dans la collectivité
scolaire (attendre son tour, partager les objets, ranger, respecter le
matériel...).
PROGRAMME DE L’ÉCOLE MATERNELLE 2015
LISTE DES ATTENDUS DE FIN DE MATERNELLE ET ATELIERS MONTESSORI ASSOCIÉS
(à mettre en place sur un temps donné pour compléter les apprentissages "traditionnels".
MOBILISER LE LANGAGE DANS TOUTES SES DIMENSIONS
L'ORAL
ATTENDUS DE FIN DE GS ATELIERS AUTONOMES MONTESSORI
Les objets de l'environnement - Les cartes de
Communiquer avec les adultes et avec les autres
vocabulaire classifié - Les mots qui vont bien ensemble
enfants par le langage, en se faisant comprendre.
- Les contraires - De l'un à l'autre
Oser entrer en
Les objets de l'environnement - Les cartes de
communication S’exprimer dans un langage syntaxiquement
vocabulaire classifié - Les mots qui vont bien ensemble
correct et précis.
- Les contraires - De l'un à l'autre
Reformuler pour se faire mieux comprendre. Les objets de l'environnement
Pratiquer divers usages du langage oral : Les mots qui vont bien ensemble - Les contraires - De
Echanger et
raconter, décrire, évoquer, expliquer, l'un à l'autre - Les images séquentielles
Réfléchir avec
questionner, proposer des solutions, discuter un
les autres
point de vue.
Comprendre et Dire de mémoire et de manière expressive Toutes les comptines, chansons, poésies, jeux de doigts
apprendre plusieurs comptines et poésies. de l'année
Repérer des régularités dans la langue à l’oral en Les syllabes d'attaque - Le premier son des mots - Je
français (éventuellement dans une autre langue). devine - Les rimes
Commencer à
réfléchir sur la Manipuler des syllabes. Dénombrer les syllabes
langue et Les boites des sons - Les syllabes d'attaque - Le premier
acquérir une son des mots (sans puis avec lettre correspondante au
Discriminer des sons (syllabes, sons-voyelles ;
conscience son) - Je devine - Les rimes - Les lettres rugueuses -
quelques sons-consonnes hors des consonnes
phonologique J'entends, je n'entends pas - Dictées muettes -
occlusives).
Pochettes de lecture
PROGRAMME DE L’ÉCOLE MATERNELLE 2015
LISTE DES ATTENDUS DE FIN DE MATERNELLE ET ATELIERS MONTESSORI ASSOCIÉS
(à mettre en place sur un temps donné pour compléter les apprentissages "traditionnels".
CONSTRUIRE LES PREMIERS OUTILS POUR STRUCTURER SA PENSÉE
1 – DÉCOUVRIR LES NOMBRES ET LEURS UTILISATIONS
ATTENDUS DE FIN DE GS ATELIERS AUTONOMES MONTESSORI
Évaluer et comparer des collections d’objets Barres numériques - Les jetons – L'escalier
Utiliser avec des procédures numériques ou non coloré
les numériques. Le système décimal
nombres Réaliser une collection dont le cardinal est Les jetons - Les fuseaux - Le jeu de mémoire
donné.
Utiliser le dénombrement pour comparer Les jetons - Les fuseaux - Le jeu de mémoire -
deux quantités, pour constituer une Le jeu du serpent - Les opérations avec les
collection d’une taille donnée ou pour perles dorées
réaliser une collection de quantité égale à la Les opérations avec les timbres
collection proposée.
Utiliser le nombre pour exprimer la position
d’un objet ou d’une personne dans un jeu,
dans une situation organisée, sur un rang ou
pour comparer des positions.
Mobiliser des symboles analogiques, verbaux Barres numériques
ou écrits, conventionnels ou non L'escalier coloré
conventionnels pour communiquer des
informations orales et écrites sur une
quantité.
PROGRAMME DE L’ÉCOLE MATERNELLE 2015 - LISTE DES ATTENDUS DE FIN DE MATERNELLE ET ATELIERS MONTESSORI ASSOCIÉS
EXPLORER LE MONDE
1 - SE REPÉRER DANS LE TEMPS ET L'ESPACE
ATTENDUS DE FIN DE GS ATELIERS AUTONOMES MONTESSORI
Stabiliser les 1ers repères Situer des événements vécus les uns par rapport aux autres et
Les saisons (tri d'images)
temporels, introduire les en les repérant dans la journée, la semaine, le mois ou une
Les objets d'hier et d'aujourd'hui
repères sociaux saison.
Sensibiliser à la notion Utiliser des dispositifs permettant de visualiser l’écoulement du Manipulation de sablier, de clepsydre
de durée temps (fabrication), le chronomètre
Consolider la notion de Ordonner une suite de photographies ou d’images, pour rendre
chronologie compte d’une situation vécue ou d’un récit fictif entendu, en Les images séquentielles
marquant de manière exacte succession et simultanéité.
Utiliser des marqueurs temporels adaptés (puis, pendant, Les images séquentielles
avant, après…) dans des récits, descriptions ou explications.
Situer des objets par rapport à soi, entre eux, par rapport à des
objets repères.
Faire l’expérience de Se situer par rapport à d’autres, par rapport à des objets
l’espace repères.
Dans un environnement bien connu, réaliser un trajet, un
parcours à partir de sa représentation (dessin ou codage).
Représenter l’espace Élaborer des premiers essais de représentation plane,
communicables (construction d’un code commun).
Orienter et utiliser correctement une feuille de papier, un livre
ou un autre support d’écrit, en fonction de consignes, d’un but
ou d’un projet précis.
Utiliser des marqueurs spatiaux adaptés (devant, derrière,
droite, gauche, dessus, dessous…) dans des récits, descriptions
ou explications.
Découvrir différents Découvrir des espaces moins familiers (paysages, pays et Les animaux et les continents
milieux cultures) Les animaux et leur lieu de vie
Différences entre Montessori et l’enseignement traditionnel
Chez Montessori
❖ L’éducateur a un rôle non intrusif dans la classe
❖ La classe et la méthode encouragent l’autodiscipline
❖ L’instruction est principalement individuelle
❖ Les âges sont mélangés
❖ L’enfant choisit son propre travail
❖ L’enfant découvre par lui-même les concepts
(autocorrection)
❖ l’enfant travail aussi longtemps qu’il le veut sur le plateau
choisi
❖ l’enfant repère ses erreurs grâce au matériel
❖ l’enfant renforce l’apprentissage par la répétition de son
travail.
Différences entre Montessori et l’enseignement traditionnel
Dans l’enseignement traditionnel
❖ L’enseignant est au centre de la classe et suit un
programme structuré pour son enseignement.
❖ L’enseignant agit comme imposeur premier de la
discipline.
❖ L’instruction est en groupe et individuelle
❖ Les groupes se font par tranche d’âges
❖ L’enfant est guidé dans la conceptualisation par
l’enseignant
❖ L’allure de l’instruction est fixée par le groupe
❖ L’enseignant corrige les erreurs par la répétition et les
récompenses (notes, smiley, images…)
❖ Il y a peu de matériel pour le développement sensoriel
Avant de se lancer …
Savoir pourquoi on veut changer sa pratique de classe
Réfléchir et être au clair avec ce qui nous semble
primordial pour enseigner efficacement à nos élèves.
Conjuguer au quotidien apprentissage scolaire et
épanouissement de l’enfant,
Faire accéder à l’autonomie,
Aider à établir la confiance en soi et dans les autres,
Encourager et développer la motivation,
Faire manipuler,
Instaurer le respect de soi, des autres, du matériel…
Avant de se lancer …
Se documenter, s’imprégner de théorie, de documents,
de témoignages d’expériences. (Si possible, aller voir des classes qui
fonctionnent avec des ateliers Montessori.)
Recenser son matériel de classe (meubles et matériels
pédagogiques).
Recenser le matériel que l’on souhaite acquérir et/ou
fabriquer.
Construire une progression de présentation du matériel
sur toute l’année.
Construire un document de suivi du travail individuel des
élèves
Se lancer… sans oublier que tout ne fonctionnera pas à la
perfection tout de suite, et qu’il faudra réguler, améliorer…
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori
dans nos classes. Pourquoi ?
Pour proposer des situations individuelles de manipulation, d’expérimentation et de
découverte librement choisies par les élèves.
Pour instaurer des temps d’ateliers d’inspiration Montessori clairement identifié
dans l’emploi du temps.
Pour avoir du temps pour observer les élèves.
Pour laisser les élèves utiliser le matériel une fois, deux fois, dix fois.
Pour donner des repères aux élèves en ritualisant le temps d’AIM.
Pour sortir des activités photocopiées.
Pour trouver un mode de fonctionnement pédagogique différent.
4 – Pour développer chez les élèves l’initiative, l’autonomie, la concentration.
5 – Pour aider les élèves à construire individuellement des savoirs en respectant leur
rythme.
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori
dans nos classes. Comment ?
Avec une réflexion poussée autour des objectifs des plateaux et
des interactions langagières :
❖ Suis-je dans l’activité ou dans l’apprentissage ?
❖ Quel matériel vais-je mettre sur mon plateau ?
❖ Quels sont les éléments transférables en terme d’apprentissage ?
❖ Quelles interactions langagières vais-je pouvoir mettre en place ?
❖ Dans quel domaine de la maternelle se situe l’apprentissage ?
❖ Quel est mon objectif en utilisant ce matériel ?
❖ Quelles sont les actions que les élèves vont réaliser ?
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori
dans nos classes. Comment ?
Avec des règles de fonctionnement précises :
❖ Je choisis un atelier pour un seul élève
❖ Je prends un tapis pour m’installer
❖ Je fais mon atelier en faisant attention au matériel
❖ Je range tout dans le plateau comme je l’ai trouvé
❖ Je nettoie mon espace de travail si nécessaire (éponger,
balayer)
❖ Je remets le plateau à sa place avant d’en prendre un autre
❖ En aucun cas je ne dérange mes camarades
❖ Je chuchote
❖ Dans tous les cas, je peux demander de l’aide à la maîtresse
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori
dans nos classes. Comment ?
Avec une présentation des ateliers très rigoureuse :
❖ Présenter le plateau, le matériel, son utilisation
❖ Expliciter la consigne, clarifier l’objet d’apprentissage
❖ Si l’activité est clairement induite par le matériel laisser de
vrais espaces de recherche
❖ Verbaliser les règles de fonctionnement avant chaque séance
d’AIM
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori
dans nos classes. Comment ?
❖ En choisissant dans mon emploi du temps le moment le plus
pertinent pour la mise en place des AIM (entre 30 et 45 min,
une à deux fois dans la journée)
❖ En construisant un document de suivi du travail des élèves
❖ En pensant à prévenir son ATSEM qu’il ne faut pas faire à la
place des élèves. Que le but n’est pas la réussite à tout prix.
❖ En conservant un fonctionnement traditionnel en dehors des
temps d’ateliers mais aussi en conservant la même
bienveillance tout au long de la journée.
❖ En circulant dans la classe, en intervenant éventuellement
pour aider, réguler.
❖ En faisant verbaliser les actions, en interrogeant les
procédures et en faisant émerger les stratégies utilisées.
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori
dans nos classes. Quoi ?
❖ Les mouvements de la main : enfiler, plier,
transvaser, transporter, pincer…
❖ La capacité à catégoriser : classer, trier selon
différents critères
❖ Le développement sensoriel
❖ L’exploration du monde écrit
❖ Des fiches techniques, des puzzles, pavages…
❖ Tous les jeux de la classe, toutes les activités de
manipulation peuvent devenir des plateaux dès
qu’on identifie la compétence sous tendue.
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori
dans nos classes. Quand ?
❖ A l’accueil,
❖ En rituels,
❖ Pendant les ateliers,
❖ Après un atelier dirigé,
❖ En tant qu’ateliers,
❖ Quand l’élève le souhaite,
❖ Quand l’enseignant l’autorise,
❖ Sur des plages horaires identifiées dans
l’emploi du temps,
❖ A tout moment,
❖?
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori dans
nos classes. Où ?
❖ Dans la classe, aux tables, au coin regroupement, dans
les coins jeux, avec des espaces délimités.
❖ Dans la classe, assis sur une chaise mais aussi assis au
sol, à genou, debout… ce qui permet aux élèves d’avoir
des gestes plus adaptés.
❖ Dans des espaces accessibles, ouverts, attractifs.
❖ Sans oublier que ces espaces vont être, eux aussi, des
vecteurs d’ateliers ciblant des compétences précises
(coin écoute, espace transvasement, espace
écriture/graphisme)
❖ Dans un emplacement fonctionnel de la classe qui doit
s’intégrer dans un espace contraint
❖ Dans des colonnes plastiques, dans des meubles bas,
sur des étagères.
La mise en place d’ateliers d’inspiration Montessori dans
nos classes. Où ?
L’observation des ateliers d’inspiration Montessori
Elle pourra porter sur :
❖ Les attitudes des élèves (respect des règles, postures de
recherche…)
❖ L’utilisation adaptée du matériel
❖ Les productions réalisées
❖ Le réinvestissement des notions abordées en classe et le lien
que l’élève est capable d’en faire spontanément
❖ La qualité orale de la prise de parole face au groupe.
Elle se fera au choix avec :
❖ Des photos,
❖ Des brevets, des plans de travail
❖ Des grilles d’observation
❖ Des grilles d’observables
L’évaluation des ateliers d’inspiration Montessori
L’évaluation est très liée à l’observation quotidienne des élèves.
Il ne faut pas vouloir tout évaluer, tout le temps.
Un atelier d’inspiration Montessori n’est considéré comme réussi, ou une
compétence atteinte, qu’après plusieurs réussites autonomes. On garde une trace
ou une photo et on inscrit alors la date de la réussite dans le carnet de suivi.
Impliquer les élèves dans leur évaluation en favorisant l’autoévaluation par du
matériel le plus possible autocorrectif. et en remplissant le cahier de suivi en leur
présence.
Les temps d’échanges langagiers et de bilans en grand groupe sont aussi des
moments d’évaluation ; peut être les plus importants !
On dit ce que l’on a fait, appris, on reformule une consigne, on
donne les critères de réussite, de réalisation…
Interroger sa pratique ?
Mettre en place des ateliers d’inspiration Montessori entraîne :
Une conception des apprentissages différente avec davantage de
matérialité
Un travail long et rigoureux sur les échanges langagiers entre pairs
et avec l’enseignant
L’obligation d’envisager des modalités de travail différentes
L’obligation de prendre de la distance pour observer les élèves
La mise en place de grilles d’observation
De travailler différemment, de clarifier les concepts, les
compétences sous tendues par le matériel proposé dans chaque
plateau.
Expliciter les apprentissages
Pour permettre à l’élève de :
Connaitre les enjeux de l’apprentissage :
Que vais-je apprendre ?
Connaître le contrat didactique :
Que dois je faire, que vais-je faire pour
réussir ?
Prendre conscience de ses progrès :
Qu’ai-je appris ? Qu’est ce qui était difficile
pour moi ?
Présenter les ateliers
Prendre le temps de les présenter un par un, en nommant et en
décrivant de quoi ils sont constitués (utilisation d'un vocabulaire
précis), les précautions à prendre (en terme de sécurité, d'utilisation),
les modalités de rangement (emplacement, nettoyage…).
Expliciter que ces ateliers permettent aux élèves de choisir :
❖ Ce qu'ils veulent apprendre,
❖ Ou les gestes qu'ils veulent affiner,
❖ Ou les activités pour lesquelles ils veulent s'entraîner,
❖ Ou ce dont ils ont besoin, ou ce dont ils sont capables à un
moment donné.
Présenter les ateliers
Dire qu'ils vont permettre d'apprendre, maintenant ou un petit peu plus tard, à :
❖ Transvaser, verser, pincer, visser
❖ Ranger, trier, classer, ordonner, catégoriser, compter
❖ Identifier des formes, organiser dans l'espace
❖ Reconnaître les lettres, écrire des mots
Montrer comment on procède :
❖ Aller chercher le plateau (en respectant les règles).
❖ S'installer.
Découvrir le plateau :
❖ Faire décrire les objets avec lesquels on travaillera sur ce plateau,
❖ Faire trouver l'activité
❖ Expliquer l'utilité de cette activité (on va apprendre à utiliser les
doigts qui travailleront quand on tiendra son crayon pour écrire,
ou à se servir de la main gauche, …)
Présenter les ateliers
Observer la maîtresse faire l'activité :
❖ Montrer ce qu'il faut faire pour réussir l'atelier très précisément
en verbalisant (ou non) les actions pour que les élèves sachent ce
qu'ils apprennent au fur et à mesure de l'activité.
Rappeler les règles encore et toujours :
❖ L'élève choisit un atelier
❖ Il se déplace en silence (Tous les déplacements se font en silence et calmement)
❖ Il s'installe où il veut et où il y a de la place
❖ Il peut réaliser plusieurs fois la tâche proposée par l'atelier
❖ Lorsqu'il pense qu'il maîtrise la tâche ou si c'est trop difficile ce
jour-là, il peut aller ranger le plateau au bon emplacement et en
choisir un autre.
❖ Lors d'une difficulté rencontrée, l'élève lève son doigt pour que
l'enseignant vienne l'aider
❖ Au signal, chaque élève range son plateau à l'endroit où il l'a trouvé
et comme il l'a trouvé, puis s'installe au coin du regroupement
De la pédagogie Montessori on retiendra
• Permet le développement de compétences en
adéquation avec les programmes 2015
• Favorise l’autonomie de l’enfant, un des enjeux de la
Le matériel qui : maternelle
• Permet la manipulation et l’expérimentation qui
donnent un véritable sens aux apprentissages
Or, si l’élève trouve du sens à ce qu’il fait, le
implique chemin vers le désir d’apprendre sera peut
être moins complexe
• Complète ce que le matériel permet à savoir donner du
Le libre choix qui : sens aux apprentissages
• Permet de respecter le rythme de chacun
• Permet l’engagement de l’enfant
il devient acteur de sa formation
• Accompagne, guide, observe, encourage
Un rôle différent • Garant d’un environnement riche et répondant aux
pour l’enseignant besoins de l’enfant
La classe ne s’organise plus autour de sa
prestation mais de sa capacité à mettre en
situation.
Pour conclure
❖ Les AIM favorisent les apprentissages parce qu’ils respectent le développement
de l’enfant.
❖ Les AIM facilite la gestion de l’hétérogénéité en s’adaptant facilement aux
différences
❖ Les AIM donnent du sens aux apprentissages proposés en inscrivant l’enfant
dans une démarche de travail et de progrès volontaires.
❖ Les AIM ne couvrent que certains besoins des élèves car ils sont très centrés sur
la motricité fine et le développement des sens.
❖ Il est peu question de productions artistiques dans les AIM
❖ Les AIM nécessitent beaucoup de matériel et beaucoup de place. Ils peuvent
être onéreux.
❖ Les AIM vont couvrir de la PS à la GS d’une à deux heures par jour ; l’enseignant
devra durant les 4 à 5 heures restantes proposer aux élèves des situations
riches de sens dans tous les domaines de la maternelle.
❖ Les AIM peuvent créer un enfermement pour certains élèves de par les règles
posées et ne pas permettre d’interactions langagières si on oublie le travail de
présentation en avant, l’observation pendant et le bilan après.
Pour conclure
❖ Dans les AIM comme dans tous les dispositifs proposés à la maternelle, ce n’est
pas tant la question du matériel utilisé qui est importante que le
questionnement autour de la compétence à atteindre.
❖ On peut trouver dans ces ateliers des idées, des pistes qu’il faudra penser,
repenser en fonction de sa classe, de ses élèves mais pas un modèle à utiliser
tel quel.
❖ Le risque d’individualisation totale, le manque d’échange avec les pairs peut
aller à l’encontre du but recherché, à savoir « faire progresser tous les élèves
avec bienveillance ».
❖ Les AIM n’ont de sens que s’ils évoluent tout au long de l’année
❖ Les AIM permettent de nombreux apprentissages dans le « vivre ensemble »,
beaucoup moins dans le « apprendre ensemble »
Viviane Bouysse dit « être épatée par le silence qui règne dans une classe
Montessori et par la concentration des élèves » mais elle pointe aussi le peu
d’échanges verbaux entre les enfants et le peu de temps collectifs riches pour les
apprentissages langagiers.
Pourtant notre priorité à l’école maternelle est bien le langage !
En l’absence d’échanges pas de langage et pas de progrès !