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Cour Algebre 2

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ID

SA
COURS D’ALGÈBRE II
R
OU
Pour les filières SMA/SMI
D

BENKADDOUR SAID
AD
NK

10 novembre 2020
BE
Chapitre 1

STRUCTURES ALGÉBRIQUES

D
1.1 Groupes et morphismes de groupes

I
SA
A. Lois de composition internes

R
Définition 1.1. Soit E un ensemble non vide. On appelle loi de composition interne
(LCI) sur E toute application de E × E dans E.
OU

Notation 1.1. Si ∗ : E × E −→ E est une LCI, l’image de ( x, y) est ∗( x, y) et sera


D

notée x ∗ y. En général on utilise les symboles + ou . pour une LCI.


AD

Exemples 1. — E = {♣, ♦} ....


NK

— L’application ( x, y) −→ x2 − | y| est une LCI sur ZZ.



Par contre ( x, y) −→ x + y ne l’est pas
BE

— La composition des applications est une LCI sur A( X, X ) l’ensemble des applica-
tions de X dans X.

B. Groupes

Définition 1.2. Soit G un ensemble non vide muni d’une loi de composition interne
notée ∗.
On dit que ( G, ∗) est un groupe lorsque l’opération ∗ vérifie

— a) ∀ x, y, z ∈ G : ( x ∗ y) ∗ z = x ∗ ( y ∗ z) c’est l’associativité.

— b) ∃e ∈ G : ∀ x ∈ G x ∗ e = e ∗ x = x. e est dit un élément neutre de ∗.

— c) ∀ x ∈ G ∃ x0 ∈ G : x ∗ x0 = x0 ∗ x = e tout élément admet un


0 − 1
symétrique noté x = x (on verra qu’il est unique).
Si de plus la loi ∗ vérifie
— d) ∀ x, y ∈ G x ∗ y = y ∗ x,
elle est dite commutative et l’on dit que ( G, ∗) est un groupe abélien (ou commutatif).

Notations 1.1. Dans un groupe commutatif la loi est souvent notée +, le symétrique x0
noté x0 = − x.

1
Sans information sur la commutativité elle est notée · et x0 = x−1 .

Exemples 2. 1. L’ensemble des permutations de trois personnes de leurs places muni


de la composition est un groupe.
I ×) ne sont pas des groupes.
2. (IN, +), (Q,

3. V l’ensemble des vecteurs du plan muni de l’addition des vecteurs est un groupe
commutatif.
4. P l’ensemble des paniers (achetés ou retournés) dans un supermarché muni de
"l’addition" des paniers est un groupe.

D
Proposition 1.1. Dans un groupe ( G, .) on a :
— Le symétrique x0 de x élément de G est unique.

I
SA
— ∀ x, y, z ∈ G : ( xy = xz =⇒ y = z) et ( yx = zx =⇒ y = z)
(tout élément est simplifiable à gauche, comme à droite).
— ∀ x, y ∈ G : ( x.y)−1 = y−1 .x−1
R
OU
— ∀ x ∈ G ( x−1 )−1 = x (le symétrique du symétrique de x est x lui même ).
D
AD

C. Sous-groupes

Définition 1.3. Une partie H de G, est dite un sous-groupe de ( G, .) si :


NK

a) H 6= ∅ H est non vide


b) ∀ x, y ∈ H x.y ∈ H H est stable pour le produit (càd H.H ⊂ H)
c) ∀ x ∈ H x−1 ∈ H H est stable pour le passage au symétrique (càd H −1 ⊂ H).
BE

On note alors : H ≤ G.

Exemples 3. — {e} et G sont des sous-groupes de G.


— 2ZZ = {· · · , −4, −2, 0, 2, 4, · · · } est un sous-groupe de (ZZ, +),
par contre {· · · , −5, −3, −1, 1, 3, 5, · · · } = {2k + 1 / k ∈ ZZ} ne l’est pas.

Proposition 1.2. Les trois conditions précédentes sont équivalentes à :


i) H 6= ∅
ii) ∀ x, y ∈ H x.y−1 ∈ H.

Propriétés 1. — D’après ce qui précède eG ∈ H pour tout sous-groupe de G, H


muni de la restriction de la loi (·) est un groupe et e H = eG .

— Si H et K sont des sous-groupes de G alors H ∩ K est un sous-groupe de G. Et en


T
général si ( Hi )i∈ I sont des sous-groupes de G alors Hi est un sous-groupe de
i∈ I
G.
— Si A est une partie quelconque de G, On note par gr( A) l’intersection de tous les
sous-groupes de G qui contiennent A. gr( A) est le sous-groupe de G engendré
par A.

2
Par exemple gr(∅) = {e} et gr({e}) = {e}.
Dans (CI ∗ , ·) on a gr({2}) = {· · · , 18 , 14 , 12 , 1, 2, 4, 8, · · · }.

Notations 1.2. et proposition :


 et x ∈ G, on définit :
Pour ( G, .) un groupe
 x. · · · .x si n > 0
 | {z }

n− f ois
∀n ∈ ZZ , xn = 0 = e

 x si n = 0
 −1 −n − 1 | n |
(x ) = (x ) si n < 0
Et l’on démontre que :

∀(n, m) ∈ ZZ : xm xn = xm+n et ( xm )n = xmn .

D
Remarques 1.1. • A est un sous-groupe de ( G, .) si et seulement si

I
SA
A = gr( A).
• On dit que B est une partie génératrice de ( G, .) si G = gr( B).

R
• On dit que ( G, .) est un groupe monogène quand il existe a ∈ G tel que
OU
G = gr({ a}).
• Un groupe ( G, .) est dit cyclique s’il est fini et monogène.
D

D. Morphismes de groupes
AD

Définition 1.4. Soient ( G1 , .) et ( G2 , ∗) des groupes et f une application de G1 dans


NK

G2 . C’est un morphisme (ou homomorphisme) de ( G1 , .) dans ( G2 , ∗) si :

∀( x, y) ∈ G12 , f ( x.y) = f ( x) ∗ f ( y)
BE

1. Un isomorphisme est un morphisme bijectif.


2. Un endomorphisme est un morphisme d’un groupe dans lui même.
3. Un automorphisme est un endomorphisme bijectif.

Exemples 4. — Si ( G, .) est un groupe et a ∈ G, alors L’application h a : (ZZ, +) →


( G, .) avec ∀n ∈ ZZ : h a (n) = an est un morphisme de groupes ;
— Si ( G, .) est un groupe commutatif, g : G → G avec ∀ x ∈ G : g( x) = x−1
est un automorphisme.

Notations 1.3. — Hom( G1 , G2 ) est l’ensemble de tous les morphismes du groupe


( G1 , .) dans le groupe ( G2 , ∗). En particulier End( G ) = Hom( G, G ).
— S’il existe un isomorphisme entre ( G1 , .) et ( G2 , ∗) on écrit G1 ∼
= G2
— Aut( G ) est l’ensemble des automorphismes de ( G, .).

Propriétés 2. Si f est un morphisme du groupe ( G1 , .) dans le groupe ( G2 , ∗) alors :


1. Soit e1 (resp. e2 ) l’élément neutre de G1 (resp. G2 ) alors :

f (e1 ) = e2

2.
∀ x ∈ G1 : f ( x−1 ) = ( f ( x))−1

3
3. Si H1 est un sous-groupe de ( G1 , .) alors f ( H1 ) = { f ( x) / x ∈ H1 } est un
sous-groupe de ( G2 , ∗).

4. Si H2 est un sous-groupe de ( G2 , ∗) alors f −1 ( H2 ) = { x / f ( x) ∈ H2 } est un


sous-groupe de ( G1 , .).

5. En particulier f ( G1 ) est un sous-groupe de G2 , appelé l’image de f et noté f ( G1 ) =


Im( f ).
Et f −1 ({e2 }) est un sous-groupe de G1 appelé le noyau de f et noté
Ker( f ) = f −1 ({e2 })

f g

D
6. Soient ( G1 , .) , ( G2 , ∗) et ( G3 , •) trois groupes et G1 −→ G2 −→ G3 deux mor-
phismes de groupes. La composée g ◦ f : G1 −→ G3 est aussi un morphisme de

I
SA
groupes.

R
OU
E. Produit de groupes

Définition 1.5. et propsition


D

Étant donnés deux groupes ( G1 , .) et ( G2 , ∗), on définit sur G = G1 × G2 la loi 4


AD

définie par :
∀ X = ( a, b) ∈ G et ∀Y = (c, d) ∈ G, X 4Y = Z avec Z = ( a.c, b ∗ d).
( G, 4) est un groupe, nommé le groupe produit de G1 et G2 .
NK

Exemples 5. ZZ2 , ZZ3 , IR2 ......


BE

1.2 Groupes symétriques Sn


A. Permutations d’un ensemble fini Dans ce paragraph E désigne un ensemble
fini de cardinal n ∈ IN∗ .

Définition 1.6. On appelle permutation de E toute bijection de E dans E.


On note S( E) l’ensemble des permutations de E.

Exemples 6. Pour E = { a} il n’y a qu’une seule bijection c’est Id( a) = a et donc


S({ a}) = { Id}.
Pour E = { a, b} on a deux bijections :
Id E : E −→ E f : E −→ E
a → a et a → b et donc S( E) = S({ a, b}) = { Id E , f }.
b → b b → a

Proposition 1.3. (S( E), ◦) est un groupe d’ordre n! (l’ordre d’un groupe est le nombre
de ses éléments).

4
B. Le groupe symétrique Sn

Définition 1.7. Pour E = Jn = {1, 2, 3, · · · , (n − 1), n}, le groupe (S( E), ◦) est ap-
On le note Sn .
pelé le groupe symétrique d’ordre n. 
1 2 ··· n
Un élément σ ∈ Sn est noté σ = .
σ (1) σ (2) · · · σ (n)
La composition de deux permutations σ1 ◦ σ2 sera notée σ1σ2 .
Le support de σ ∈ Sn noté supp(σ ) = {k ∈ Jn / σ (k) 6= k} est l’ensemble des élé-
ments qui ne sont pas invariants.

Exemples 7. - S1 = { Id} est d’ordre 1 = 1!.


   
1 2 1 2
- S2 est formé de : Id = et σ =

D
1 2 2 1
donc d’ordre 2 = 2!.

I
SA
Et l’on a supp( Id) = ∅ et supp(σ ) = {1, 2}.

C. Les cycles et les transpositions R


OU
Définition 1.8. On appelle cycle toute permutation σ ∈ Sn telle que :
- supp(σ ) = {i1 , i2 , · · · , im } (m > 1),
D

- σ (i1 ) = i2 , σ (i2 ) = i3 , · · · , σ (im−1 ) = im et σ (im ) = i1 .


AD

m est appelé la longueur du cycle σ. On convient que Id est un cycle de longueur 0.


NK

Exemples 8. Dans S5 on a :
c1 = (2 3 4) est un cycle d’ordre 3 et c2 = (2 1 5 4) est un cycle d’ordre 4.
BE

Définition 1.9. On appelle transposition, toute permutation σ qui échange deux élé-
ments de Jn = {1, 2, · · · , n} en laissant les autres éléments
 invariants 
1 ··· i ··· j ··· n
(c.à.d. supp(σ ) = {i, j}). On la note τi j ou (i, j) = .
1 ··· j ··· i ··· n

Remarque 1.1. τi2j = τi j ◦ τi j = τi jτi j = Id E .

Théorème 1.1. 1. Tout cycle de Sn est produit de transpositions.


2. Toute permutation est produit de cycles à supports disjoints deux à deux.
3. Toute permutation de Sn est produit de transpositions. Cette décomposition n’est
pas unique.
4. Le nombre des transpositions figurant dans la décomposition d’une permutation
a toujours la même parité.

ε : Sn −→ {−1, 1}
Soit l’application ;
σ → (−1)ν (σ )
où ν (σ ) est le nombre de transpositions intervenant dans une décomposition de
σ en transpositions.

5
Proposition 1.4. et définition :
L’application ε est un morphisme du groupe (Sn , ◦) dans le groupe ({−1, 1}, .).
ε(σ ) s’appelle la signature de σ.

1.3 Anneaux et morphismes d’anneaux


A. Anneaux

Définition 1.10. Soit A un ensemble non vide muni de deux lois de composition in-
ternes (+) et (.). Le triplet ( A, +, .) est un anneau si :
1) ( A, +) est un groupe commutatif

D
2) a− ∀ x, y, z ∈ A : x.( y.z) = ( x.y).z la loi (.) est associative

I
b− ∃1 A ∈ A : ∀ x  ∈ A x.1 A = 1 A .x = x 1 A est un él ément neutre de la loi (.)

SA
 x.( y + z) = ( x.y) + ( x.z)
c− ∀ x, y, z ∈ A : et la distributivité de (.) par rapport à (+)
( y + z).x = ( y.x) + ( z.x)

R
Si de plus la loi (.) est commutative (∀ x, y ∈ G x.y = y.x) on dit que ( A, +, .) est un
OU
anneau commutatif.
D

Exemples 9. - (ZZ, +, .), (IR, +, .) et (C,I +, .) sont des anneaux commutatifs.


AD

- (P ( E), 4, ∩) est un anneau commutatif (E étant un ensemble).


NK

Notations 1.4. — L’élément neutre de la loi (+) est noté 0 A et celui de la loi (.) 1 A .
Le symétrique (dit opposé) de x ∈ A est noté − x. Le symétrique de x ∈ A pour
la loi (.)s’il existe est noté x−1 (dit inverse).
BE

L’ensemble des éléments de A qui admettent un inverse est noté :


U ( A) = { a ∈ A / ∃b ∈ A : ab = ba = 1 A }.

donné a ∈ A et n ∈ ZZ, on définit (ou on note) na par :


— Étant 

 a + · · · + a si n > 0
 | {z }
n− f ois
na =

 0x = 0A si n = 0
(−n)(− a) si n < 0

— Étant donné a ∈ A et n ∈ IN, on définit an par :
a0 = 1 A pour n = 0
1
a =a pour n = 1
n
a = a.a n − 1 n − 1
= a .a pour n ≥ 2
Propriétés 3. Pour a, b, c ∈ A :
— On a a.0 A = 0 A .a = 0 A .

— On a a.(−b) = (− a).b = −( a.b)

— Par suite (−1 A ).a = 1 A .(− a) = − a et


a.(b − c) = a.b − a.c et (b − c).a = b.a − c.a et
∀n ∈ ZZ (na).b = a.(nb) = n( a.b)

6
— Si a.b = b.a (a et b commutent), on a la formule du binôme
n
n
( a + b) = ∑ {kn ak .bn−k .
k=0

— U ( A) est stable pour la multiplication et (U ( A), .) est un groupe.

B. Sous-anneaux et anneau produit

Définition 1.11. Une partie B de A est un sous-anneau de l’anneau ( A, +, .) si :


1. 1 A ∈ B,
2. ∀ x, y ∈ B , x − y ∈ B,

D
3. ∀ x, y ∈ B , xy ∈ B.

I
SA
Exemples 10. • (ZZ, +, .) n’a qu’un seul sous-anneau qui est ZZ lui même.

R
• IN n’est pas un sous-anneau de (ZZ, +, .). OU
Définition 1.12. et proposition
Soit ( A, +, .) et ( B, ∗, •) des anneaux. On munit l’ensemble A × B des lois de composi-
D

tion internes :
AD

pour tous X = ( a, b), X 0 = ( a0 , b0 ) dans A × B,


X ⊕ Y = ( a + a0 , b ∗ b0 ) et X Y = ( a.a0 , b • b0 )
alors ( A × B, ⊕, ) est un anneau, appelé l’anneau produit de ( A, +, .) et ( B, ∗, •).
NK

Et l’on a 0 A× B = (0 A , 0 B ) et 1 A× B = (1 A , 1 B )
BE

C. Morphismes d’anneaux

Définition 1.13. Soient ( A, +, .) et ( B, ⊕, ) deux anneaux et ϕ : A −→ B une ap-


plication. On dit que ϕ est un morphisme d’anneaux si pour tous x, y ∈ A :
a) ϕ( x + y) = ϕ( x) ⊕ ϕ( y)
b) ϕ( x.y) = ϕ( x) ϕ( y)
c) ϕ(1 A ) = 1 B .

Exemples 11. L’application f : ZZ −→ C


I avec f (n) = n est un morphisme d’anneaux
de (ZZ, +, .) dans (C,
I +, .)
Par contre g(n) = n2 ne l’est pas.

Propriétés 4. Soit ϕ un morphisme d’anneau. Alors :


1.
ϕ(0 A ) = 0 B
2.
ϕ(− a) = −ϕ( a) ∀ a ∈ A.
3. On en déduit par récurrence

ϕ(na) = nϕ( a) ∀ a ∈ A et ∀n ∈ ZZ.

7
4. Si a est inversible on a

ϕ( a−1 ) = [ϕ( a)]−1 .


5. Par récurrence on a :

ϕ( an ) = [ϕ( a)]n ∀n ∈ IN et a ∈ A.

D. Idéal d’un anneau commutatif

Définition 1.14. Une partie I d’un anneau commutatif ( A, +, .) est un idéal si c’est un
sous-groupe du groupe additif ( A, +), et, si pour tout a ∈ I et tout λ ∈ A : λa ∈ I.

Exemples 12. 1- {0} et A sont des idéaux de A.

D
2- Pour n ∈ IN, nZZ est un idéal de l’anneau (ZZ, +, .).

I
SA
Remarques 1.2. 1. I non vide : est un idéal de A si et seulement si il vérifie les
deux conditions

R
(1) [( a ∈ I ) et (b ∈ I )] =⇒ [ a + b ∈ I ]
(2) [( a ∈ I ) et (λ ∈ A)] =⇒ [λa ∈ I ]
OU
2. L’intersection d’une famille d’idéaux de A est un idéal de A.
3. Le noyau ϕ−1 ({0 B }) d’un morphisme d’anneaux ϕ : A → B est un idéal de A.
D
AD

1.4 Corps et morphismes de corps


NK

A. Corps

Définition 1.15. Un corps est un triplet (K, +, .) tel que


BE

a) (K, +, .) est un anneau commutatif ;


b) tout élément de K ∗ = K \ {0K } est inversible.

Un morphisme du corps (K, +, .) dans le corps (K 0 , ⊥, ◦) est tout morphisme de l’anneau


(K, +, .) dans l’anneau (K 0 , ⊥, ◦).

Exemples 13. (ZZ, +, .) est un anneau mais pas un corps.


(Q,
I +, .), (IR, +, .) et (C,
I +, .) sont des corps.

Définition 1.16. Une partie H ⊂ K est un sous-corps du corps (K, +, .) si :


1) 1K ∈ H,
2) ∀ x, y ∈ H : ( x − y) ∈ H,
3) ∀ x, y ∈ H \ {0K } : xy−1 ∈ H.

I est un sous-corps de IR.


Exemples 14. Q

8
1.5 Exercices
Exercice 1.1. :
1) Déterminer les lois de composition internes qu’on peut définir sur un ensemble à deux
éléments.
2) Lesquelles de ces lois définissent une structure de groupes.

Exercice 1.2. :
Étudier la loi de composition interne a>b = a + b − ab sur Q,
I IR ou C.
I
Exercice 1.3. :
On définit sur IN∗ la loi de composition interne > par :
∀( x, y) ∈ (IN∗ )2 , x> y = y x .

D
1) La loi > est-elle associative ?

I
2) Déterminer les éléments réguliers pour la loi >.

SA
Exercice 1.4. :
Soit ? la loi de composition interne définie sur IR par :
∀( x, y) ∈ IR2 , x ? y = xy + ( x2 − 1)( y2 − 1).
R
OU
1) Vérifier que cette loi est commutative mais non associative.
2) Vérifier qu’elle admet un élément neutre.
3) Résoudre l’équation 2 ? x = 5 et l’équation x ? x = 1.
D

Exercice 1.5. :
AD

Soit ( E, .) un ensemble muni d’une loi de composition interne et e ∈ E tel que :


1. ∀( x, y, z) ∈ E3 : ( x.y).z = ( y.z).x
NK

2. ∀ x ∈ E : x.e = x
3. ∀ x ∈ E, ∃ x0 ∈ E : x.x’=e
BE

a- Montrer que la loi . est commutative.


b- Montrer que ( E, .) est un groupe commutatif.
Exercice 1.6. :
Soit ( G, ·) un groupe. Un élément a de G est dit d’ordre fini s’il existe k ∈ IN∗ tel que
ak = e.

1. Soit a ∈ G d’ordre fini, montrer qu’il existe no ∈ IN∗ tel que ano = e et ∀h ∈ IN∗ ,
1 ≤ h < no ah 6= e.
Le no est appelé l’ordre de a et est noté o( a) = no .
2. Quels sont les éléments d’ordre un de G.
3. Soit a ∈ G tel que o( a) = no . Vérifier que gr( a) = {e, a, a2 , · · · , ano −1 } et que
| gr( a)| = no .
ZZ
4. Étudier les ordres des éléments des groupes suivants (ZZ, +), ( , +),
6ZZ
ZZ ZZ
( × , +), ({−1, 1}, ×), (Q I ∗ , ×).
2ZZ 3ZZ
Exercice 1.7. :
Soit E un ensemble fini, muni d’une loi de composition interne associative, notée ?.
Montrer que si tous les éléments de E sont réguliers, alors ( E, ?) est un groupe.
Ce résultat, est-il vrai si E n’est pas fini.

9
Exercice 1.8. :
Soit ( G, ?) un groupe tel que : ∀ g ∈ G, g ? g = e (e l’élément neutre).
Vérifier que ( G, ?) est commutatif.

Exercice 1.9. :
Dresser (si possible) la table de Pythagore d’un groupe à trois éléments.

Exercice 1.10. :
Soit ( G, •) un groupe, et H une partie finie de G telle que :
∀( a, b) ∈ H 2 , a • b ∈ H.
Montrer que H est un sous-groupe de G.

Exercice 1.11. :
Soit G1 et G2 deux sous-groupes d’un groupe ( G, ).

D
Démontrer l’équivalence : G1 ∪ G2 est un sous-groupe si et seulement si G1 ⊂ G2 ou

I
G2 ⊂ G1 .

SA
Exercice 1.12. :
Soit G un groupe fini et soit H un sous-groupe de G contenu strictement dans G. Alors
R
1. | G | ≥ 2| H | (où | G | est le nombre d’éléments de G).
OU
2. Si, de plus, H contient un élément b tel que bk 6= e avec k ∈ IN∗ alors | G | ≥
2(k + 1) (pour k = 2, | G | ≥ 6, pour k = 3, | G | ≥ 8...
D
AD

Exercice 1.13. :
Déterminer tous les groupes à n-éléments avec n = 3,4, 5 ou 6.
NK

Exercice 1.14. :
Soit H et K deux sous-groupes finis du groupe ( G, .) tel que H ∩ K = {e}.
On note H.K = {h.k / h ∈ H et k ∈ K }. Montrer que
BE

card( H.K ) = card( H ) × car(K ).

Exercice 1.15. :
Les rationnels non nuls de Q I ∗ (resp. les irrationnels) forment-ils un sous-groupe du
groupe multiplicatif (IR∗ , .) ?

Exercice 1.16. :
On pose G = IR∗ × IR. On munit G de la loi de composition interne ? définie par :
∀u = ( x, y) ∈ G et ∀v = ( z, t) ∈ G : u ? v = ( x, y) ? ( z, t) = ( xz, xt + y)
1) Vérifier que ( G, ?) est un groupe non commutatif.
2) Montrer que H = IR∗+ × IR est un sous-groupe de G.

Exercice 1.17. :
On munit IR de la loi de composition interne
√ :
2
p
∀( x, y) ∈ IR : x> y = x 1 + y2 + y 1 + x2 .
e x − e− x
1) Montrer que l’application f ( x) = est une bijection de IR dans IR.
2
2) Vérifier que : ∀( x, y) ∈ IR2 : f ( x + y) = f ( x)> f ( y).
3) En déduire la structure de (IR, >).

Exercice 1.18. :
Soit b ∈ IN∗ . Montrer que Γb = { ban / a ∈ ZZ et n ∈ ZZ} est un sous-groupe de (Q,
I +).

10
Exercice 1.19. :
Montrer qu’une partie non vide S de ZZ est un sous-groupe additif de ZZ, si et seulement
s’il existe n ∈ IN tel que S = nZZ.
Exercice 1.20. :
On considère les groupes suivants (ZZ, +), (nZZ, +) (n ≥ 1) et ( G, .)
(où G = {2n / n ∈ ZZ}).
Sont-ils isomorphes les uns aux autres ?
Exercice 1.21. :
Les groupes S3 et ZZ/6ZZ son-ils isomorphes ?
1.22. :
Exercice  
1 2 3 4 5 6 7 8
élément de S8 . Exprimer σ k pour k ∈ ZZ.

D
Soit σ =
4 3 8 7 1 2 5 6

I
SA
Exercice 1.23. :
1) Décomposer en produit de cycles disjoints la permutation de S7 donnée par
σ = ( 1 3 7 2 ) ◦ ( 4 5 1 ) ◦ ( 6 1 5 3 7 ) ◦ ( 1 3 5 7 2 ).
R
2) Décomposer ensuite σ sous forme de transpositions, et donner sa signature.
OU
Exercice 1.24. :
On considère dans S5 les deux familles T = {(1 i ) / 2 ≤ i ≤ 5} et S = {(1 2), (1 2 3 4 5)}.
D

Vérifier que gr( T ) = gr( S) = S5 .


AD

Exercice 1.25. :
Soit τ1 et τ2 des transpositions de Sn . Montrer que τ1 ◦ τ2 = Id ou (τ1 ◦ τ2 )2 = Id ou
NK

(τ1 ◦ τ2 )3 = Id.
Exercice 1.26. :
BE

 
1 2 3 4 5 6
Trouver des permutations τ1 et τ2 de S6 tel que τ1 ◦ τ2 = τ2 ◦
  4 3 5 1 2 6
1 2 3 4 5 6
τ1 = .
6 2 4 3 1 5
Exercice 1.27. : 
f a : G −→ G
Soit ( G, .) un groupe. Étant donné a ∈ G, on considère
x −→ axa−1

1. Montrer que f a est un automorphisme de G (dit l’automorphisme intérieur associé


à a).
2. Montrer que l’ensemble I( G ) des automorphismes intérieurs est un sous-groupe
du groupe ( Aut( G ), ◦).

ϕ : G −→ Aut( G )
3. Montrer que est un morphisme de groupes et déter-
a −→ fa
miner son noyau.
Exercice 1.28. :
Soit ( A, +, .) un anneau tel que :
∀x ∈ A x2 = x
(un tel anneau est dit un anneau de Boole).
1. Pour x ∈ A, calculer ( x + x)2 et en déduire que x + x = 0 A .

11
2. Soit ( x, y) ∈ A2 :
a- Calculer ( x + y)2 .
b- En déduire que ( A, +, .) est un anneau commutatif.
c- En déduire la valeur de xy( x + y).
3. On suppose que x 6= 0 A , y 6= 0 A et x 6= y.
a- Montrer que :
x + y 6= 0 A , x + y 6= x et x + y 6= y.
b- Déterminer le tableau d’addition des éléments x, y, x + y et 0 A .

Exercice 1.29. :
Soit ( A, +, .) un anneau. a ∈ A \ {0 A } est dit nilpotent s’il existe k ∈ IN∗ tel que
ak = 0 A .
1) Montrer que si u et v commutent et sont nilpotents alors u + v est nilpotent (à condi-

D
tion d’avoir u + v 6= 0 A ).

I
2) Montrer que si u est nilpotent alors (1 A − u) est inversible et donner son inverse

SA
( 1 A − u )−1 .
Exercice 1.30. :
R
Soit ( A, +, .) un anneau. On dit qu’il est intègre si :
OU
∀( a, b) ∈ A2 , ( a.b = 0 A ⇒ a = 0 A ou b = 0 A ).
Montrer que tout anneau intègre fini est un corps.
D

Exercice 1.31. :
AD

On munit IR des opérations définies par :


x ⊕ y = x + y − 1 et x y = x + y − xy.
Montrer que (IR, ⊕, ) est un corps.
NK

Exercice 1.32. : √
Montrer que γ = { a + b 2 / a, b ∈ Q
I } est un sous-corps de IR.
BE

Exercice 1.33. :
On définit sur E = IR2 les deuxlois de composition internes ⊕ et par :
( x, y) ⊕ ( x0 , y0 ) = ( x + x0 , y + y0 )
∀( x, y) ∈ E et ∀( x0 , y0 ) ∈ E :
( x, y) ( x0 , y0 ) = ( xx0 − yy0 , xy0 + x0 y)
Montrer que ( E, ⊕, ) est un corps commutatif.

12
Chapitre 2

Polynômes

D
Dans toute la suite on considère le corps (IK, +, .) où IK = IR ou IK = C.
I

I
SA
2.1 A. L’anneau (IK[ X ], +, .)
R
OU
2.1.1 Définitions
Définition 2.1. On appelle polynôme à coefficients dans IK toute suite ( ao , a1 , · · · , an , · · · )
D

(notée ( a p ) p∈IN ) d’éléments de IK n’ayant qu’un nombre fini de termes non nuls.
Un polynôme est dit normalisé (ou unitaire) si son dernier coefficient non nul, appelé
AD

coefficient dominant est égal à 1.


Le polynôme O = (0, 0, · · · ) est appelé le polynôme nul.
NK

Le polynôme (1, 0, · · · ) est appelé le polynôme unité.


BE

Exemples 15. La suite u = ( a p ) p∈IN avec a p = (−1) p n’est pas un polynôme à coeffi-
cients dans IR. √
En prenant IK = C I La suite u = (i, 0, 2, ln 5, π, 0, · · · , an , · · · ) avec an = 0 pour
n ≥ 5 est un polynôme à coefficients dans C.
I

2.1.2 Egalité et opérations entre les polynômes


Soit P = ( a p ) p∈IN et Q = (bq )q∈IN deux polynômes et α ∈ IK. On définit :
L’égalité : P = Q si et seulement si a p = b p pour tout p ∈ IN.
L’addition P + Q = ( ao + bo , a1 + b1 , · · · , an + bn , · · · ) = ( a p + b p ) p∈IN
La multiplication P.Q = ( ao bo , ao b1 + a1 bo , · · · , cn , · · · ) = (cn )n∈IN
où cn = ∑ a p bq = ao bn + a1 bn−1 + · · · + an−1 b1 + an bo ,
p+q=n
cn est bien nul pour n ≥ 2mo lorsque a p = 0 et bq = 0 ∀ p ≥ mo et ∀q ≥ mo .
La multiplication externe. αP = (αao , αa1 , αa2 , · · · ).

Notations 2.1. Posons X = ( ak )k = (0, 1, 0, · · · ), tel que a1 = 1 et ak = 0 ∀k 6= 1.


Ce polynôme est appelé l’indéterminée.
Par convention on pose X 0 = (1, 0, · · · ) = eo (le polynôme unité).
Et l’on définit X 1 = X = e1 , X 2 = X.X = (0, 0, 1, 0, · · · ) = e2 · · · X n = en .
Ainsi tout polynôme P = ( ak )k s’écrit de façon unique (puisque les ak s’annulent à partir

13
d’un certain rang) :
P = ao X 0 + a1 X 1 + a2 X 2 + · · · = ∑ ak X k .
k∈IN

Théorème 2.1. En notant IK[ X ] l’ensemble de tous les polynômes à coefficients dans IK,
on a :
(IK[ X ], +, .) est un anneau commutatif.
On l’appelle l’anneau des polynômes à une indéterminée, à coefficients dans IK.

2.1.3 Degré et valuation d’un polynôme


Définition 2.2. 1. Le degré d’un polynôme P = ( ak )k , non nul, est n le plus grand
des entiers k tel que ak 6= 0. On note deg( P) = n (ou d◦ ( P)).

D
En fait deg( P) est le plus grand exposant k à coefficient non nul dans l’écriture
P = ∑ ak X k .

I
SA
k∈IN
2. La valuation d’un polynôme P = ( ak )k , non nul, est r le plus petit des entiers k
tel que ak 6= 0. On note val ( P) = r.
R
En fait val ( P) est le plus petit exposant k à coefficient non nul dans l’écriture
OU
P = ∑ ak X k .
k∈IN
3. Par convention on pose : deg(0) = −∞ et val (0) = +∞.
D

Exemples 16. Pour P = (0, 0, −1, 5, 0, i, 0, · · · ) = − X 2 + 5x3 + iX 5 , deg( P) = 5 et


AD

val ( P) = 2.
NK

j : IK 7→ IK[ X ]
Remarque 2.1. L’application
a → ( a, 0, · · · )
est un homomorphisme d’anneau, injectif. Ce qui nous permet d’identifier les constantes
BE

a ∈ IK et les polynômes dits constants de la forme ( a, 0, · · · ).


Propriétés 5. Soit P et Q deux polynômes de IK[ X ]. Alors
1. deg( P + Q) ≤ max(deg( P), deg( Q))
et l’on a égalité si deg( P) 6= deg( Q).
2. deg( P.Q) = deg( P) + deg( Q).
3. val ( P + Q) ≥ min(val ( P), val ( Q))
et l’on a égalité si val ( P) 6= val ( Q).
4. val ( P.Q) = val ( P) + val ( Q).

2.2 B. La division euclidienne dans (IK[ X ], +, .)


Théorème 2.2. et définition :
Soit A et B deux polynômes, B non nul.
Il existe un couple unique de polynômes ( Q, R) tel que :
A = BQ + R et deg( R) < deg( B).
Q est appelé le quotient et R est appelé le reste de la division euclidienne de A par B.
Exemples 17. 1) Faire la D.E de A1 = X 5 + X 4 − X 3 + X − 1 par B1 = X 3 + X 2 + 2.
2) Faire la D.E de A2 = X 2 + X − 1 par B2 = X 3 + X 2 + 2.

14
Définition 2.3. On dit qu’un polynôme B divise un polynôme A, et on note B/ A (ou
que A est divisible par B ou multiple de B), si le reste R de la D.E de A par B est le
polynôme nul.

Exemples 18. 1) B = X 2 − 1 divise A = X 4 + X 2 − 2.


2) Un polynôme constant non nul P = c, divise tout polynôme A.

Définition 2.4. 1) Si B divise A1 et A2 , alors B est un diviseur commun de A1 et A2 .


2) Si A1 et A2 n’ont pas de diviseur commun de degré supérieur ou égal à un, alors A1
et A2 sont dits premiers entre eux.
3) Un polynôme P de deg( P) ≥ 1, est dit irréductible dans IK[ X ], si ses seuls diviseurs
sont les polynômes A = α ou A = α.P où α ∈ IK.

D
Exemples 19. 1) B = X + 1 est un diviseur commun de A1 = 1 + 2X + X 2

I
SA
et A2 = 1 − X 2 .
2) D1 = X − 1 et D2 = X + 1 sont premiers entre eux.
3) Tout polynôme de degré un P = aX + b est irréductible dans IK[ X ].

R
OU
Proposition 2.1. Soient A1 et A2 deux polynômes à coefficients dans IK. Il existe un
polynôme unitaire D et un seul tel que :
1) D est un diviseur commun de A1 et A2 ,
D

2) d◦ ( D ) est le plus grand parmi les diviseurs communs de A1 et A2 .


AD

D est appelé le plus grand commun diviseur (pgcd). On note D = A1 ∧ A2 .


NK

Remarque 2.2. 1) Le pgcd D de A1 et A2 est le dernier reste non nul normalisé dans la
suite des divisions euclidiennes successives (connue sous le nom d’algorithme d’Euclide).
2) Par l’algorithme d’Euclide on a l’existence de deux polynômes U et V tel que D =
BE

U.A1 + V.A2 .
En particulier on a le théorème

Théorème 2.3. A1 et A2 sont premiers entre eux, si et seulement si il existe deux poly-
nômes U1 et U2 tels que
U1 .A1 + U2 .A2 = 1 (l’identité de Bezout).

Exemples 20. 1) Déterminer le pgcd( A, B) avec A = 2X 4 − 4X 2 + 2


et B = X 3 + 2X 2 + X.
2) Déterminer le pgcd( A, B) avec A = X 4 − X 2 et B = X 2 + 2.

Théorème 2.4. de Gauss


Soient A, B, C trois polynômes. On a l’implication :
si C est premier avec B et C divise AB alors C divise A.

2.3 C. La division suivant les puissances croissantes.


Proposition 2.2. Pour tous polynômes A et B = bo X 0 + b1 X + · · · + a p X p (bo 6= 0),
et tout entier k ∈ IN, il existe un couple unique ( Q, R) de polynômes, tels que A =
BQ + X k+1 R avec d◦ Q ≤ k.

15
Q et X k+1 R sont respectivement appelés quotient et reste de la division suivant les puis-
sances croissantes de A par B à l’ordre k.
(faire la DSPC de A par B c’est trouver Q et R).

Exemples 21. 1) Faire la DSPC de A = X 5 − 3X 4 − 2X 3 + X 2 + 3X + 2 par B =


2 + 3X + X 2 à l’ordre k = 5.
2) Faire la DSPC de A = X 3 − 2X 5 par B = 3 − 5X 3 à l’ordre k = 2.

2.4 D. Racines d’un polynôme et ordre de multiplicité


P = ( ao , a1 , · · · ) = ao X 0 + a1 X + · · · + an X n de

D
Définition 2.5. A chaque polynôme (
Pe : IK 7→ IK

I
degré n on associe l’application notée

SA
x → Pe( x) = ao + a1 x + · · · + an xn
Au polynôme O on associe l’application nulle O e ( x) = 0 ∀ x ∈ IK.
Pe est dite la fonction polynôme associée à P
R
OU
Remarque 2.3. 1)Par cette association on a une correspondance bijective entre les poly-
nômes à coefficients dans IK et les fonctions polynômes de IK dans IK.
D

2) Et l’on a P^ + Q = Pe + Q, f = PeQ
e PQ f = λ P.
e et λP e
AD

3) Faire la différence entre fonction polynôme et les fonctions qui ne sont pas des fonctions
polynômes.
NK

Théorème 2.5. et définition


a ∈ IK est dit une racine (ou zéro) du polynôme P s’il vérifie l’une deux conditions
suivantes qui sont équivalentes :
BE

1) Pe( a) = 0.
2) le polynôme X − a divise le polynôme P.

Exemples 22. A = 1 + X 2 = (1, 0, 1, 0, · · · ) n’a pas de racines dans IR.


Par contre
√ il a des √
racines dans C.
I
B = 2 − X = ( 2, −1, 0, · · · ) a une racine dans IR.

Proposition 2.3. Formule de Taylor :


Soit P un polynôme de degré n et a ∈ IK. On a
n
1 1 1
P= ∑ Pe(k) (a) k! (X − a)k = Pe(o) (a) + Pe(1) (a) 1! (X − a) + · · · + Pe(n) (a) n! (X − a)n
k=0

Exemples 23. Écrire la formule de Taylor en a = 1 puis en b = −1 pour le polynôme


P = −1 + X − X 2 + X 4

Théorème 2.6. et définition


a ∈ IK est dit une racine d’ordre -k ∈ IN- (ou de multiplicité k) du polynôme P, lorsqu’il
vérifie l’une des conditions suivantes qui sont équivalentes :
1) Pe( a) = Pe0 ( a) = · · · = Pe(k−1) ( a) = 0 et Pe(k) ( a) 6= 0.
2) Le polynôme ( X − a)k divise P et ( X − a)k+1 ne divise pas P.

16
2.5 I [ X ] et dans IR[ X ]
E. Factorisation dans C
Théorème 2.7. de D’Alembert
Tout polynôme, à coefficients dans C,
I de degré n, possède exactement n racines dans C
I
(une racine d’ordre k comptant pour k racines).

Remarque 2.4. Si x1 , x2 , · · · , x p sont toutes les racines deux à deux distinctes d’ordres
n
respectifs α1 , α2 , · · · , α p du polynôme P = ∑ ak X k , d’après ce qui précède, ( X −
k=0
x1 )α1 / P, ainsi que ( X − x2 )α2 / P,etc · · · .
Étant premiers entre eux donc :
( X − x1 )α1 ( X − x2 )α2 · · · ( X − x p )α p / P.
Et l’on a α1 + α2 + · · · + α p = n et le quotient est de degré 0, le terme de degré n devant

D
être an X n , on a donc

I
SA
P = an ( X − x1 )α1 ( X − x2 )α2 · · · ( X − x p )α p

Exemples 24. Factoriser P = X 4 − 6X 3 + 8X 2 + 6X − 9 dans C


I [ X ].
R
OU
Remarque 2.5. Tout polynôme à coefficients réels, est un cas particulier de polynômes
à coefficients complexes, et donc possède autant de racines complexes que son degré. Ses
D

racines sont nécessairement conjuguées deux à deux. Si z est racine d’ordre k de P alors
AD

z est aussi racine d’ordre k de P.


NK

Théorème 2.8. Tout polynôme de degré n ∈ IN∗ , à coefficients réels, se décompose en


facteurs du premier degré ( X − a) (où a est une racine réelle), et(ou) en facteurs du se-
cond degré à discriminant négatif.
BE

Exemples 25. Factoriser en facteurs irréductibles, dans IR[ X ], le polynôme


P = 2X 4 + 2.

Remarque 2.6. Les polynômes irréductibles dans C I [ X ] sont les polynômes de la forme
aX + b avec a, b ∈ C.I
Les polynômes irréductibles dans IR[ X ] sont les polynômes de la forme aX + b avec
a, b ∈ IR ou de la forme aX 2 + bX + c à discriminant négatif ( cad : ∆ = b2 − 4ac < 0).

17
2.6 Exercices
Exercice 2.1. :
Soit P( X ) = ao + a1 X + a2 X 2 + a3 X 3 . Montrer que si Pe( x) est la fonction nulle
( Pe( x) = 0 ∀ x ∈ IK) alors ao = a1 = a2 = a3 = 0 (càd P est le polynôme nul).
En fait c’est général
( Pe( x) = ao + a1 x + · · · + an xn = 0 ∀ x ∈ IK) ⇒ ao = · · · = an = 0.
A partir de là on a :
Pe( x) = ao + a1 x + · · · + an xn = Q e ( x) = bo + b1 x + · · · + bm xm ∀ x ∈ IK
⇒ ao = bo , a1 = b1 , · · · (Deux polynômes sont égaux dans IK[ X ] si et seulement si les
fonctions polynômes, qui leur sont associées, sont égales).

D
Exercice 2.2. :

I
SA
Déterminer a, b, c, α, β ∈ C
I pour que les polynômes
P = aX 5 + bX 4 + X 3 + cX 2 − (2 + 3i ) X + 1 et Q = iX 4 + αX 3 + βX + iγ
vérifient :
(1 − i) P + 2Q = O (O le polynôme nul).
R
OU
Déterminer dans ce cas d◦ ( P) et d◦ ( Q).
D

Exercice 2.3. :
AD

Déterminer a, b, c, u, v ∈ C
I pour que les polynômes
P = aX 4 + bX 3 + X 2 − (2 + i )cX + 2 et Q = X 4 + uX 3 + X + iv
vérifient : d◦ ( P + Q) = 3 et val ( P + Q) = 2.
NK
BE

Exercice 2.4. :
Donner suivant la√valeur de
√ m ∈ IR les degrés d◦ ( PQ) et d◦ ( P + Q)
pour P = (1 − m 2X 2 )( 2X 4 + 2X 3 ) et Q = 2X 6 + 5X 5 − X.

Exercice 2.5. :
Faire la D.E de A par B et de B par A dans les cas suivants et dire si l’un divise l’autre :
1) A = 4X 3 + X 2 et B = X + 1 + i,
2) A = ( X − 1) et B = X 4 − 4X 3 + 6X 2 − 4X + 1,
3) A = X 4 − 4X 3 + 6X 2 − 4X + 1 et B = −8X + 2 + 2X 4 − 8X 3 + 12X 2 .

Exercice 2.6. :
Quelles conditions doivent vérifier p, q et m pour que X 3 + pX + q soit divisible par
X 2 + mX − 1 ?

Exercice 2.7. :
En utilisant l’algorithme d’Euclide donner le pgcd de A et B dans les cas suivants :
1) A = X 4 − 1 et B = 2X 3 + X 2 − 2X − 1.
2) A = X 4 + 1 et B = X 4 + X 2 + 1.

18
Exercice 2.8. :
Faire -si possible- la division suivant les puissances croissantes de A par B et de B par A :
1) A = X 4 − 3X 3 + 2X et B = X 2 + 2 à l’ordre 3.
2) A = X 5 − 3X 4 et B = X 2 + 2 à l’ordre 3.

Exercice 2.9. :
Trouver les racines complexes et leurs ordres de multiplicité des polynômes suivants
1) A1 = 4X 3 + X 2 , A2 = X 4 − 4X 3 + 6X 2 − 4X + 1 et A3 = 64X − 32 − 2X 4 +
16X 3 − 48X 2 .
2) B1 = ( X 4 − 1)2 et B2 = 2X 3 + X 2 − 2X − 1.
3) C1 = X 4 + 1 et C2 = X 4 + X 2 + 1.
4) D1 = X 4 − 3X 3 + 2X et D2 = X 2 + 2.

D
5) E1 = X 5 − 3X 4 .

I
SA
Exercice 2.10. :
1) Trouver les racines complexes des polynômes

R
P = ( X 3 − 1)2 ( X 2 − 1) et Q = ( X − 1)(2X 2 + 2) et donner le pgcd( P, Q)
OU
2) Donner le pgcd( A, B) avec A = X 100 + X 50 + 1 et B = X 50 + 1.
D

Exercice 2.11. :
AD

Pour quelles valeurs de m le polynôme Pm = ( X + 1)m − X m − 1 est-il divisible par


Q = X 2 + X + 1 ? Même question si Pm = 1 − X m + X 2m − X 3m + X 4m et Pm =
1 − X + X 2 − X 3 + X 4 (IK = C).
I
NK

Exercice 2.12. :
Soit A ∈ IR[ X ] un polynôme non constant.
BE

a) Montrer que si Ae( z ) = 0 ( z ∈ C e( z) = 0.


I ) alors A
b) Montrer que z est racine d’ordre n de A si et seulement si z est racine d’ordre n de A.
Application : décomposer en facteurs irréductibles

A = X 4 + 3X 3 − X 2 + 3X − 2
e(i ) = 0.
sachant que A

Exercice 2.13. :
a) Décomposer en facteurs irréductibles dans IR[ X ] les polynômes suivants :

P1 = X 4 + 1 , P2 = X 4 + X 2 + 1 , P3 = ( X 2 − X + 1)2 + 1.

b) Trouver : pgcd( P1 , P2 ) , pgcd( P1 , P3 ) et pgcd( P2 , P3 ).

Exercice 2.14. :
Décomposer P = X 4 + 12X − 5 dans C
I [ X ] puis dans IR[ X ] sachant qu’il a deux racines
x1 et x2 vérifiant x1 + x2 = 2.

Exercice 2.15. :
Décomposer le polynôme B en facteurs irréductibles dans IR[ X ]

19
√ √ √ √
B = X 5 + ( 2 − 1) X 4 − 2X 3 − X 2 + (1 − 2) X + 2.
Exercice 2.16. :
On considère le polynôme :

P = X 6 + 5X 5 + 5X 4 − 12x3 + aX 2 + bX + c

où a, b, c ∈ IR
1) Effectuer la division euclidienne de P par ( X + 2)3 et déterminer a, b et c pour que P
soit divisible par ( X + 2)3 .
2) Pour les valeurs trouvées dans (1) montrer que j est racine de P.
3) Décomposer alors, en facteurs irréductibles, P dans CI [ X ], puis dans IR[ X ].
Exercice 2.17. :

D
Déterminer l’ordre de multiplicité de la racine 1 des polynômes suivants :
a) P = X 6 − X 5 + ( a − 1) X 4 + (1 − a) X 2 + X − 1

I
SA
b) Q = X 2n − nX n+1 + nX n−1 − 1
Exercice 2.18. :

R
Déterminer trois polynômes P,Q,R de IR[ X ] tels que :
OU
X 2 P2 + Q2 − X 3 R2 = 2XPQ
Essayer d’utiliser l’identité u2 + v2 − 2uv = (u − v)2
D
AD

Exercice 2.19. :
Montrer que cos(nθ ) est une fonction polynôme de degré n par rapport à x = cos(θ ) et
NK

que son coefficient dominant est 2n−1 (pour n ≥ 1)


BE

Exercice 2.20. :
Soit une suite de polynômes ( Pn )n telle que :
Po = 1 , P1 = X ,et par récurrence : Pn = 2XPn−1 − Pn−2 pour n ≥ 2
Calculer P3 , P4 , P5 ;.
On pose x = cos(θ ), montrer que f Pn ( x) = cos(nθ ).

Exercice 2.21. :
n
Calculer Pn = (1 + X )(1 + X 2 )(1 + X 4 ) · · · (1 + X 2 ) par récurrence.

Exercice 2.22. :
I avec ak 6= 1 ∀k ∈ IN∗ .
On pose P = (1 + aX )(1 + a2 X ) · · · (1 + an X ) , a ∈ C
a) Établir une relation entre P( X ) et P( aX ).
b) Trouver une relation entre ak et ak−1 pour k ≤ n et P = 1 + a1 X + · · · + an X n .

Exercice 2.23. :
n
Pour P = ∑ ak X k un élément de C
I [ X ], on pose
k=0

n
P= ∑ ak X k
k=0

20
a) Comparer les degrés de P et P.
b) On considère l’application :

I [ X ] −→ C
φ = C I [X]
P → P.P

En exprimant les coefficients de φ( P), montrer que φ( P) est à valeurs réelles.


c) φ est-elle injective ?
d) On définit
φ = C I [ X ] −→ IR[ X ]
P → P.P
φ est-elle surjective ?

ID
Exercice 2.24. :

SA
On pose P = 1 + X + X 2 + · · · + X n et Q = 1 + 2X + · · · + (n + 1) X n .
Calculer le coefficient de X n dans le développement du polynôme produit PQ.

R
OU
Exercice 2.25. :
Déterminer deux polynômes P et Q ∈ IR[ X ] premiers entre eux tels que :
D

P2 + Q2 = ( X 2 + 1)2 .
AD

(indication : utiliser P2 + Q2 = ( P + iQ)( P − iQ)).


NK

Exercice 2.26. :
Déterminer le reste de la division euclidienne de
BE

Pn = ( X − 2)2n + ( X − 1)n − 2

a) par ( X − 2)( X − 1)
b) par ( X − 1)2 .

Exercice 2.27.√ : √
Soit a = 1 + 2 + 4 2. Donner un polynôme P tel que P( a) = 0 et les coefficients de P
sont rationnels ( P ∈ Q
I [ X ]).

21
BE
NK
AD
D

22
OU
R SA
I D
Chapitre 3

Fractions rationnelles

D
3.1 A. Le corps (IK( X ), +, .)

I
SA
On pose K = IK[ X ] × IK[ X ]∗ et on définit sur K la relation R (qui est une relation
d’équivalence) par :
( A, B)R( A0 , B0 ) si et seulement si AB0 = A0 B.
R
OU
L’ensemble K étant muni des deux lois de composition internes (compatibles avec
R)
( A, B) + ( A0 , B0 ) = ( AB0 + A0 B, BB0 ) addition
D

( A, B).( A0 , B0 ) = ( AA0 , BB0 ) multiplication


AD

L’ensemble noté IK( X ) = K/R , dont les éléments sont notés A/ B ou A B est muni
des lois
A A0 AB0 + A0 B A0 AA0
B + B0 = et A
B . B0 = BB0
NK

BB0
c’est un corps.
L’application P → P1 est un morphisme injectif d’anneau de IK[ X ] dans IK( X ),
BE

à l’aide duquel on identifie les éléments de IK[ X ] à ceux d’un sous-anneau de


IK( X ).
L’élément nul est 10 (noté 0).
L’élément unité de IK( X ) est 1 ; l’inverse de A B
B (A 6 = 0 et B 6 = 0) est A .

Proposition 3.1. 1) Pour chaque fraction rationnelle F ∈ IK( X ), il existe un représen-


P
tant Q de F, tel que les polynômes P et Q soient premiers entre eux. Ce représentant est
unique aux constantes multiplicatives près, et est appelé la forme irréductible de F.
Si en plus Q est normalisé on parle de forme irréductible normalisée de F.
2) F = AB est la forme irréductible de F (IK = IR ou C)
I si et seulement si A et B n’ont pas
de racine commune dans C. I
P
Définition 3.1. Soit F = Q une fraction rationnelle mise sous forme irréductible.On
définit :
1) Les racines (ou les zéros) de F sont les racines de P.
2) Les pôles de F sont les racines de Q.
3) deg( F ) = deg( P) − deg( Q).
4) L’ensemble noté D ( F ) = { x ∈ IK / Q e ( x) 6= 0} est l’ensemble de définition de F.
Fe : D ( F ) 7→ IK
5) L’application
→ Pe(x)
e
x
Q( x)

23
est appelée la fonction rationnelle associée à F.

3 2
Exemples 26. F = X −3X +3X −1
X 2 −1
et G = 4X 2X +1
2 +4X +1 , donner les racines et les pôles de F
et G, leurs degrés et leurs ensembles de définition et les fonctions rationnelles associées.
P R
Proposition 3.2. Pour F = Q et G = S deux fractions mises sous forme irréductible,
on a :
— ∀x ∈ D( F) ∩ D(G)

Fe( x) + G ^
e( x ) = ( F + G )( x),
e( x) = (^
Fe( x) · G F · G )( x)

D
— F = G (au sens des fractions rationnelles) si et seulement si

I
SA
∀ x ∈ D ( F ) ∩ D ( G ) : Fe( x) = G
e( x )

3.2 RI (X)
B.Décomposition d’une fraction rationnelle sur C
OU
Soit F = AB mise sous forme irréductible normalisée. Décomposons B en facteurs
D

I [X] :
irréductibles dans C
AD

r
B= ∏(X − ai )αi = (X − a1 )α1 (X − a2 )α2 · · · (X − ar )αr
NK

i =1

où les ( ai )i , sont les racines de B distinctes deux à deux, et chaque ai est racine
BE

d’ordre αi de B, deg( B) = α1 + · · · + αr .
En faisant la division euclidienne de A par B, il existe deux polynômes uniques
E et R tels que :
A = BE + R et deg( R) < deg( B).

Théorème 3.1. et définition :


Avec les notations ci-dessus, la fraction F s’écrit, d’une manière unique et d’une seule,
sous la forme :

c1α1
 
c11 c12
F = E + + ( X − a1 )2
+···+ ( X − a1 )α1 
 − a1 )
( X
c2α2
c21 c22
+ +
( X − a2 )
+···+
( X − a2 )2 ( X − a2 )α2
+ ·· · 
cr1 cr2 crαr
+ ( X − ar )
+ ( X − a )2
+ · · · + α
( X − ar ) r
r

Le polynôme E est appelé la partie entière de F.


Les (ci j )i, j sont des constantes de C. I
ciαi
 
La partie (Xc−i1a ) + (X − ci2
ai )2
+ · · · + ( X − ai )αi
est appelée partie principale relative au
i
pôle ai , et les monômes dont elle est formée se nomment les fractions de première espèce.

24
Étapes à suivre pour faire la décomposition en éléments simples d’une fraction
A
F= I (X)
dans C
B
P
1) Écrire F sous forme irréductible normalisée F = (en simplifiant par le
Q
pgcd( A, B)).
R
2) Faire la D.E de P par Q pour avoir la partie entière : P = E +
Q
3) Décomposer Q en facteurs irréductibles dans C I [ X ] : Q = ( X − a1 )α1 · · · ( X −
ak )αk .
4) Donner la forme de la DES et calculer les coefficients (ci j ).

D
Exemples 27. différentes méthodes pour faire la décomposition en éléments simples dans
I (X) :
C

I
SA
Par identification (calcul direct)
2X 4 + 3X 2
I ( X ) la fraction F =
Décomposer en éléments simples dans C .
( X − 1)2 ( X − i )
Utilisation de valeurs, passage aux limites
R
OU
X3 − X2 + 1
I ( X ) la fraction F =
Décomposer en éléments simples dans C .
( X − i)( X 2 + 1)
Division suivant les puissances croissantes
D

X 2 − iX + 1
AD

I ( X ) la fraction F =
Décomposer en éléments simples dans C .
( X − i )4 ( X + 1)2
NK

3.3 B.Décomposition d’une fraction rationnelle sur IR( X )


BE

Soit F = AB mise sous forme irréductible normalisée. En faisant la division eucli-


dienne de A par B, il existe deux polynômes uniques, E et R tels que :
A = BE + R et deg( R) < deg( B).
La factorisation de B en facteurs irréductibles dans IR[ X ] est de la forme :
s α
B = ∏ Pi i où chaque Pi est de la forme Pi = ( X − ai ) avec ai une racine réelle de
i =1
B d’ordre αi ou Pi = X 2 + bi X + ci avec ∆i = bi2 − 4ci < 0.

Théorème 3.2. et définition :


Avec les notations ci-dessus, la fraction F s’écrit, d’une manière unique et d’une seule,
sous la forme :  
C11 C12 C1α1
F = Q + P + P2 + · · · + Pα1
 1 1 1 
C21 C22 C2α2
+ P2 + P2 + · · · + α2 P2
2
+ ·· · 
Cs1 Cs2 Csαs
+ Ps + P2
+ · · · + Pαs
s s

Les (Ci j )i, j sont des polynômes de IR[ X ] tels que deg(Ci j < deg( Pi ).
aX + b
Si deg( Pi ) = 2, est dit un élément du second espèce.
Pik

25
Étapes à suivre :
Ils sont les mêmes, sauf que la décomposition en facteurs irréductibles du déno-
minateur, doit se faire dans IR[ X ].

Exemples 28. différentes méthodes pour faire la décomposition en éléments simples dans
IR( X ) : En plus des techniques citées avant, on peut rajouter la technique des divisions
euclidiennes successives, ceci lorsque Q est puissance d’un polynôme du second degré, à
discriminant négatif.
X3 + X + 1
Faire la DES de F =
( X 2 + 1)3

D
I
R SA
D OU
AD
NK
BE

26
3.4 Exercices
Exercice 3.1. :
Faire la décomposition en éléments simples des fractions suivantes en utilisant la méthode
indiquée :
3X 3 + 3X + 3
1) F = en réduisant au même dénominateur (calcul direct dans
( X − 1)2 ( X 2 + 2)
IR( X )).
4X 2 + 3X + 1
2) G = en donnant des valeurs particulières à X.
( X 2 + 2X + 1)( X − 1)
X 3 − X 2 − 3X − 2
3) H = dans IR( X ) puis dans C
I ( X ) en utilisant la DSPC.
( X + 1)3 ( X 2 + 1)
1

D
4) I = 6 I ( X ) puis dans IR( X ).
dans C
X −1

I
SA
Exercice 3.2. :
Décomposer en éléments simples dans IR( X ) la fraction suivante :
X5 − X3 − X + 1 R
OU
T= . suivant la valeur de n ∈ IN
( X 2 + 1)n
I ( X ) pour n = 2.
Donner la décomposition de T dans C
D
AD

Exercice 3.3. :
I ( X ), puis dans IR( X ) les fractions suivantes :
Décomposer en éléments simples dans C
NK

3 4X 3 n!
U= 3
, V= , W= .
X +1 X4 − 1 X ( X + 1) · · · ( X + n)
BE

Exercice 3.4. :
Décomposer en éléments simples dans IR( X ) la fraction suivante :
1
F= .
( X + 1)3 ( X 2 − 2X + 4)
Exercice 3.5. :
I ( X ) les fractions suivantes :
Décomposer en éléments simples dans C

(2n)! n! 1
x( x2 − k2 ) x( x − 1) · · · ( x − n) cos(n arccos x)
1 1 1
x (1 − x)n
m ( x − a2 )n
2 n
( x − 1)2
1 x4 + 1
( x + a2 )n
2 ( x2 − x + 1)n
Exercice 3.6. :
Décomposer en éléments simples dans IR( X ) les fractions suivantes :

xm xm
, ,
x2n+1 − 1 x2n+1 + 1
x2m 1
(m < n),
x2n + 1 ( x − 1)2
2n

27
Exercice 3.7. :
f
Soit F = g une fraction rationnelle mise sous forme irréductible ; a étant un pôle double
A B
de F, on pose F = 2
+ +··· .
( x − a) x−a
Montrer que :
" #
2 f ( a) 2 3 f 0 ( a) g00 ( a) − f ( a) g(3) ( a)
A = 00 , B=
g ( a) 3 ( g00 ( a))2

1
Application : décomposer , où x1 , x2 , · · · , xn sont tous distincts et
[ H ( x)]2
n

D
H ( x) = ∏ ( x − xi )

I
i =1

R SA
D OU
AD
NK
BE

28

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