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Guide Chevre Ab

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2018

Guide technique
Elevage caprin laitier
agriculture biologique
en
Bien choisir son modèle technique

Accompagner votre développement


sommaire

Les règles de conversion à l’agriculture biologique │ 4


Cas 1 : pas de réduction de conversion des prairies permanentes │4
Cas 2 : réduction de conversion des prairies permanentes │4
Gestion de l’alimentation des animaux et date optimale
de conversion en AB du cheptel │5

Choix du cheptel │5
Constitution du troupeau │5

Bâtiment │6
Normes concernant le bâtiment, incluant les règles AB │6
Salle de traite : trouver le bon compromis │6
Gestion des effluents │7

Le pâturage au coeur du système bio │8


Bien gérer son pâturage │8

Descriptif et analyse économique de 3 hypothèses │9


Descriptif du système conventionnel │9
Hypothèse 1 : systèmes bio 100 % achat de concentrés │10
Hypothèse 2 : systèmes bio maïs grain │12
Hypothèse 3 : systèmes bio autonomie alimentaire totale │14

Conclusions et perspectives │16


Pour aller plus loin │17
Bibliographie │17
Contacts │20

Rédaction technique : Séverine Chastaing, Fabien Constantin,


Camille Delaporte, Charles Drouot, Jacques Tournade
Coordination technique et rédactionnelle : Séverine Chastaing,
Jacques Tournade
Relecture : Angélique Roué, Chambre d’agriculture 79 - Comité de
direction de Chèvres Bio de France (CBF)
Mise en page et graphisme : Maryse Gounaud
Photos : Chambres d’agriculture (sauf mention spéciale)
Reproduction interdite sans accord préalable.

2 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018


édito
Hugues Bonnefond
Président de la Commission Régionale Agriculture Biologique
des Chambres d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine

C e guide a été réalisé par le


réseau Chambres d’agriculture,
à l’initiative des Chambres
atelier caprin lait en agriculture
biologique. D’autres hypothèses
auraient pu être imaginées, mais
une autre selon sa propre sensibilité
et différents autres paramètres.
En système ruminant en agriculture
d’agriculture de Dordogne et de l’idée était de tester des systèmes biologique, une bonne gestion du
Lot-et-Garonne. Les conseillers en très tranchés sur le thème de système herbe restera le facteur
charge de l’agriculture biologique et l’autonomie alimentaire et de la principal de réussite : méthode
en élevage caprin ont contribué à mise en œuvre ou non de cultures de pâturage, gestion de l’herbe,
l’élaboration de ce guide, ainsi que céréalières pour le troupeau. L’intérêt ré-implantations, choix des espèces
d’autres conseillers des Chambres et l’originalité de ce travail, mené fourragères. Des écarts importants
d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine. en toute intégrité, est de donner existent entre exploitations, selon le
des repères en allant jusqu’au niveau de maîtrise de ces points.
En partant de l’hypothèse d’une chiffrage des options retenues. Ce sont des facteurs qui peuvent
exploitation de 40 hectares, permettre des économies d’intrants
l’objectif est de comparer plusieurs Les résultats ne vont pas toujours et de coût de mécanisation et limiter
systèmes possibles selon des dans le sens des discours ambiants les besoins de stockage.
critères techniques, économiques sur l’autonomie alimentaire des Nous espérons que cette
et sociaux (taille de troupeau, troupeaux. Ils restent dépendant des contribution apportera des éléments
résultat, investissements, travail, hypothèses de départ et il faut bien à votre réflexion en n’oubliant
compétence…). Ainsi 3 systèmes ont évidemment que chaque producteur pas bien sûr que des visites
été testés : autonomie alimentaire ou futur producteur de lait de chèvre d’exploitation avec des systèmes
totale du troupeau, autonomie bio adapte ces informations au différents restent indispensables
fourragère et achat des autres contexte forcément particulier de son avant de se lancer dans des
aliments à l’extérieur, système exploitation. évolutions de système dans votre
mixte avec du maïs. Le but de cette ferme. N’hésitez pas à solliciter
étude est de vous éclairer dans les Au-delà des données économiques l’accompagnement technique
choix stratégiques à réaliser lors de et de temps de travaux, chaque des Chambres d’agriculture pour
la création ou la conversion d’un producteur choisira une option ou consolider vos projets.

Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 3


Préambule à la mise en place d’un troupeau caprin bio
L’installation en élevage caprin agriculture biologique, qu’il soit pris équilibré type VL en bio et un ali-
dédié à la production laitière pour à l’installation ou pour une conver- ment azoté type tourteau de soja.
une laiterie en bio nécessite avant sion, nécessite de bien maîtriser la
• Hypothèse 2 : système bio
toute chose une connaissance des conversion des terres et du trou-
maïs grain
acheteurs potentiels, de leur mode peau.
de fonctionnement : prix, collecte, Ce guide technique vise à clarifier Troupeau de 150 chèvres, 4 boucs
contrat… les choix techniques qui peuvent et 45 chevrettes (30% de renouvelle-
Il va de soi, que la contractualisa- être pris en agriculture biologique ment) => 30,23 UGB
tion avec une laiterie sur du moyen afin de gagner en efficacité de tra-
L’éleveur produit ses céréales
terme (5 à 7 ans) semble être une vail et en autonomie alimentaire. En
(énergie de la partie concentrée),
solution pour garantir une stabilité effet, le facteur limitant en bio est
la ration pour être équilibrée est
économique au projet. bien celui du coût des aliments et
complémentée par l’achat d’aliment
Ainsi plusieurs opérateurs re- de l’obligation de mettre en œuvre
azoté de type tourteau de soja.
cherchent du lait de chèvre bio ; le pâturage.
citons à titre d’exemple la laiterie • Hypothèse 3 : système
Chêne Vert, la Lémance, Pécha- Dans ce guide, nous nous sommes bio, autonomie alimentaire
lou… attachés à modéliser 3 situations totale
De plus, au niveau national, un en partant du principe que le
facteur limitant est souvent la surface Troupeau de 125 chèvres, 3 boucs
groupement de producteurs s’est
disponible. Ainsi, nous avons testé et 34 chevrettes de renouvellement
constitué depuis 2014, sous la
3 hypothèses avec une surface => 28 UGB
forme d’une SAS (Société par
constante de 40 ha de SAU et un L’éleveur a choisi d’être autonome
Actions Simplifiée) de collecte :
chargement par hectare de SFP de sur l’alimentation du troupeau, il
Les Chèvres Bio France (CBF). Son
5 chèvres : produit l’intégralité des fourrages et
objectif est de fédérer les produc-
des concentrés. Dans ce schéma,
teurs de lait de chèvres bio français. • Hypothèse 1 : système bio le cheptel est abaissé à 125 têtes
Ainsi, sur la région Nouvelle-Aqui- 100 % achat de concentrés pour assurer 100 % d’autonomie
taine, le cheptel de chèvres laitières
Troupeau de 200 chèvres, 5 fourragère.
bio s’élève fin 2016 à plus de
boucs, 60 chevrettes (30% de A noter que dans les hypothèses
9500 têtes (+ 13 % par rapport à
renouvellement) => 40,25 UGB soit 2 et 3, l’éleveur devra acquérir
2015). Les trois quarts sont répartis
5 chèvres par hectare de surface l’expérience des cultures en bio,
sur trois départements : Dordogne,
fourragère principale (SFP). organiser une rotation, avoir l’équi-
Deux-Sèvres et Charente. Malgré
pement nécessaire et planifier le
ce cheptel en augmentation, les L’éleveur ne fait aucune culture mis temps consacré aux cultures dans
besoins de la filière lait de chèvre à part la conduite de ses pâtu- sa gestion globale de l’exploitation.
bio ne sont toujours pas couverts. rages. Il achète tous ses aliments
Le choix de la certification en qui sont de deux types : un aliment

4 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018


Les règles de conversion à l’agriculture biologique
Conversion des terres : 24 mois. années précédentes. peuvent être nourris avec 100 %
Conversion des prairies naturelles Conversion de troupeau : 6 mois. de C2 et 20 % maxi de fourrages
ou friches : possibilité de réduction À partir de la date d’engagement ou protéagineux en C1, issus de
de la période de conversion si non du troupeau, le troupeau doit être l’exploitation.Les deux schémas ci-
utilisation d’intrants non autorisés en nourri avec des aliments certifié AB, dessous illustrent deux hypothèses de
AB. Passage direct en AB si cela jusqu’à 30 % de C2 (conversion modalité de conversion compatible
se vérifie pendant les trois années 2ème année) peut être mis dans la avec la perception des aides conver-
antérieures ou réduction à un an de ration. Dans le cas où les aliments sion pour la totalité des surfaces.
conversion si cela concerne les deux sont autoproduits, les animaux

Cas 1 : pas de réduction de conversion des prairies permanentes

Conversion
des animaux Lait bio, animaux bio
6 mois

Semis en Semis pendant la période de conversion Semis en bio


conventionnel
Prairies perm. Conversion des prairies permanente Prairies permanentes en bio

RECOLTES C1 RECOLTES C2 RECOLTES


= CONVENTIONNEL = EN CONVERSION BIO EN BIO

Conduite des parcelles selon la réglementation bio à


partir du 1er jour du début de la conversion

Engagement 12 mois de 24 mois de


en bio conversion conversion

Cas 2 : réduction de conversion des prairies permanentes

Conversion
des animaux Lait bio, animaux bio
6 mois

Semis en Semis pendant la période de conversion Semis en bio


conventionnel
Prairies Conversion des pairies
permanentes Prairies permanentes en bio
permanentes 1 an

RECOLTES C1 RECOLTES C2 RECOLTES


= CONVENTIONNEL = EN CONVERSION BIO EN BIO

Conduite des parcelles selon la réglementation bio à


partir du 1er jour du début de la conversion

Engagement 12 mois de 24 mois de


en bio conversion conversion

Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 5


Gestion de l’alimentation des animaux et date optimale de
conversion en AB du cheptel
Les dates de conversion des terres, en général vers février/mars. en février de l’année (N+2) ;
des prairies et des animaux sont À titre d’exemple, en reprenant les - en septembre pour le cas 2 (réduc-
à réfléchir en tenant compte de deux schémas précédants, l’opti- tion de la durée de conversion des
plusieurs impératifs : mum se situerait : parcours), pour un engagement du
1. Produire du lait valorisable en - en avril pour le cas 1 (pas de ré- troupeau en septembre de l’année
bio le plus rapidement possible ; duction de la durée de conversion suivante (N+1) et une production
2. Respecter les règles de conver- des parcours) pour l’engagement laitière en AB en février de l’année
sion ; des terres et des parcours, août de (N+2).
3. Tenir compte de la saisonnalité l’année suivante pour le troupeau
de la production : pic de lactation (N+1) et production de lait en AB

Choix du cheptel
Constitution du troupeau
L’éleveur pourra acheter des che- troupeau de chèvres adultes surtout ces chevrettes doivent être claire-
vrettes conventionnelles qu’il pas- pour une mise au pâturage, obli- ment identifiées et passent par une
sera en conversion pendant 6 mois gatoire en AB. S’il y a achat, il est période de conversion de 6 mois.
et qui, à leur première mise bas, indispensable de se renseigner sur Il est possible d’aller jusqu’à 40 %
donneront du lait bio. les performances du troupeau nais- dans 3 situations :
Il peut également acheter des seur (contrôle laitier…) ; dans tous - extension de plus de 30 % du
chèvres déjà certifiées bio afin de les cas, les chèvres adultes auront cheptel (adulte) ;
commencer plus rapidement, dès plus de difficultés à s’adapter que - changement de race ;
un an de conversion des terres et des chevrettes. - race menacée d’abandon (achat
prairies, pour avoir une production Une fois le cheptel constitué, l’achat d’adultes possible dans ce cas).
C2 utilisable à 100 %. Cependant, de chevrettes nullipares non bio
il est plus risqué de partir sur un est limité à 20 % du troupeau ;

6 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018


Bâtiment
Normes concernant le bâtiment, incluant les règles AB
Lors de la conception d’un bâtiment Surface aire paillée/chevrette : Eclairement :
destiné à l’élevage de chèvres, les ► le 1er mois : 0,35 m² • Naturel : 1/20 ème de la surface
bonnes pratiques d’élevage préco- ► au sevrage : 0,5 m² couverte
nisent les règles suivantes. ► à 7 mois : 1,5 m² • Artificiel : 5‑6 Watt/m²
Ces préconisations sont tout à Température :
Largeur du couloir d’alimentation :
fait conformes aux règles bio qui • Pour les adultes : optimum
minimum 4 mètres sauf si tapis
prévoient a minima : 1,5 m² par 10‑16°C
d’alimentation (prévoir alors des
chèvre adulte et 0,35 m² * par • Pour les jeunes
couloirs latéraux pour l’observation
chevreau. ► 25°C les premières heures qui
des animaux).
Attention, en élevage bio, une suivent la mise‑bas
aire d’exercice en libre accès est Longueur d’auge par animal : ► 18°C les 5 premiers jours
obligatoire : • chèvres : 33 cm (3 chèvres/m) ► 10 à 16°C au delà de ces
- soit elle est à l’extérieur du bâti- • chevrettes : périodes
ment et doit compter 2,5 m² par ► le 1er mois : 20 cm ► 15°C pour les chevreaux à
chèvre ; ► au sevrage : 25 cm l’engraissement
- soit le bâtiment est de type stabu- ► à 7 mois : 33 cm
Hygrométrie :
lation libre avec un côté ouvert au Volume du bâtiment : 70 à 80 % d’humidité relative
moins vers l’extérieur et, dans ce • Volume par animal adulte :
cas, il est possible de compter 4 m² 6 à 7 m3 Gaz ammoniac : 5 ppm
de bâtiment par chèvre (1,5 m² + • Volume par animal jeune : Vitesse de l’air :
2,5 m²). 3 à 4 m3 • Adultes : 0,5 mètre/seconde
Surface aire paillée/chèvre : • Jeunes : 0,2 à 0,3 mètre/seconde
1,5 m² minimum

Salle de traite : trouver le bon compromis


Il est important d’investir dans la salle de traite car on y passe du temps. C’est un outil de récolte !
Idéalement, le temps de traite ne devrait pas excéder 1h30. L’installation est donc prévue pour un nombre de
chèvres et surtout pour un temps de traite… De plus, il est nécessaire de réfléchir au nombre de places de la salle
de traite en fonction de la taille des lots.
De nombreux documents techniques ont été produits par Poitou-Charentes, cf Bibliographie en fin de guide.

* Les informations en gras sont obligatoires dans le cadre du règlement bio européen.

Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 7


Gestion des effluents
Les normes sont différenciées en fonction des territoires et des différents
zonages liés aux enjeux eau. Il est donc indispensable de vous référer aux
obligations départementales et aux obligations en zones vulnérables.*
Deux types d’effluents doivent être gérés : les fumiers et les eaux blanches
des salles de traite.
Concernant les fumiers, ils sont pailleux et secs donc stockables au champ
mais difficiles à composter. Cependant, en agriculture biologique, cette
ressource devra être valorisée en fumier ou compost jeune ou élaboré et
plus particulièrement en amendement de fond à l’automne.

Par tonne de
N P205 K20 CaO MgO
produit brut
Fumier de caprin 6,1 5,2 5,7 11,2 1,4
Source : Chambre d’agriculture des Deux-Sèvres, 2011

Concernant les eaux blanches : le lait est considéré comme un polluant car
lorsqu’il est libéré dans le milieu, il consomme de l’oxygène et/ou induit
des modifications de l’écosystème.
Il existe différents systèmes de traitement des eaux blanches. Les plus cou-
rants dans notre secteur sont les filtres à sable plantés de roseaux à deux
étages. Il est également possible de les stocker dans des citernes souples
et de les épandre au champs ou encore de se raccorder au tout à l’égout
sous réserve de l’autorisation des syndicats d’assainissement.

Vue en plan d’un filtre à sable


planté de roseaux

Zone enherbée
Cuve tampon ou fossé
d’homogénéisation
enherbé
Cloisons de
Regard de d’infiltration
séparation
distribution
des filtres

Filtre planté Filtre planté Zone de


1er étage 2ème étage traitement

Les dimensions des différents bassins sont adaptées à la grandeur de votre


salle de traite et au nombre d’animaux. Il est important de se référer à votre
conseiller filière ou bâtiment de votre chambre d’agriculture pour calculer
au mieux les besoins du traitement.

* Pour en savoir plus contacter votre Chambre d’agriculture.

8 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018


Le pâturage au coeur du système bio
Le pâturage est une obligation de la réglementation bio. Par ailleurs, la bonne gestion du pâturage est primordiale
en bio pour concevoir une bonne rentabilité du système ; l’herbe pâturée reste le fourrage le plus économique. Les
concentrés sont coûteux à l’achat aussi il vaut mieux produire le plus de valeur alimentaire avec des fourrages.
Ainsi, dans nos différents modèles, le pâturage occupe une place prépondérante dans l’assolement.
L’affouragement en vert, autorisé en bio, n’est pas considéré comme du pâturage.
En terme d’organisation du travail, il est important d’avoir les pâtures faciles d’accès et d’habituer les chèvres au
pâturage. Globalement le pâturage pourra commencer après les mises bas dès que les conditions de fin d’hiver
sont favorables (fin février/début mars). Dans le sud-ouest, sans irrigation, il n’y a plus de pâturage possible au
coeur de l’été (le plus souvent en août). Enfin, certains producteurs pratiquent le pâturage d’automne quand les
conditions sont favorables dès la reprise de la pousse et jusqu’au tarissement des animaux.

Bien gérer son pâturage


Quelques règles de base  Quelques repères importants
- Faire pâturer les animaux au bon - une mise à l’herbe précoce : il faut un cumul minimum de 300°C jours
stade de l’herbe c’est-à-dire à début à 350°C jours (somme des températures moyenne par jour depuis le 1er
montaison. Si l’herbe est trop haute, janvier)
il y a une perte importante de la - un calibrage des surfaces de pâturage total par lot d’animaux :
valeur nutritionnelle. Il faudra passer
par une fauche ; Cas 1 : Cas 2 : Cas 3 :
- Prévoir une taille de paddocks Potentiel de la
Ares/UGB 200 chèvres 160 chèvres 100 chèvres
adaptée à la taille de son troupeau, parcelle
= 41 UGB = 34 UGB = 21 UGB
à la durée de séjour des animaux
Sol avec un
dans le paddock et au potentiel 30 12,30 ha 10,20 ha 6,30 ha
bon potentiel
agronomique de la parcelle ;
- Prévoir des points d’eau aux Sol avec
paddocks en particulier pour l’été. un potentiel 40 16,40 ha 13,60 ha 8,40 ha
Attention aux zones de piétinement moyen
autour au printemps et à l’automne ; Sol avec un
50 20,50 ha 17,00 ha 10,50 ha
- Anticiper la circulation des ani- faible potentiel
maux ; Source : Chambre d’agriculture des Deux-Sèvres, 2011
- Prévoir de bonnes clôtures élec-
triques, solides.
Calibrage des paddocks  fil arrière leur limitant la zone de
Temps de séjour = 6 jours au pâture afin d’avoir un pâturage
maximum. efficace et permettre la repousse de
Temps de repos avant retour du l’herbe.
cheptel = de 21 à 35 jours.
Le pâturage tournant consiste à
Minimum 6 paddocks.
changer de paddock tous les 1 à 2
Maximum 8 ares par UGB par
jours ce qui nécessite la constitution
paddock soit environ 1 are par
de 11 à 21 paddocks en fonction
chèvre.
de la durée de séjour des animaux.
Au printemps : ne pas descendre
Cette technique suppose l’investis-
à moins de 5 cm herbomètre et ne
sement dans une part importante
pas entrer au-dessus de 8 à 12 cm
en installation fixe, sans oublier les
herbomètre.
points d’eau.
Attention, le pâturage au fil (obliga- Par ailleurs, en agriculture biolo-
toire pour pâturer des légumineuses) gique, l’utilisation d’herbicide est
permet d’éviter les investissements interdite. Il faudra donc investir
lourds de la mise en place des pad- dans un outil performant de désher-
docks mais entraîne des contraintes bage (épareuse, tondeuse à tête
importantes en terme de gestion satellite…) pour bien entretenir le
des fils. Les animaux avancent dans système de clôture.
la parcelle avec un fil avant et un

Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 9


Descriptif et analyse économique de trois hypothèses
Les trois hypothèses retenues sont les Pour chacun de ces systèmes, la va- du fait que nous ne faisons pas varier
suivantes : riable est le nombre de chèvres avec les hectares dans nos modèles, nous
• Système éleveur spécialisé : le pro- une surface d’exploitation constante avons retenu les données du CER
ducteur ne réalise aucune culture, mis d’une quarantaine d’hectares. France. Pour autant, sur le modèle
à part les foins, le reste de l’aliment conventionnel, l’application des don-
Concernant les charges de struc- nées nationales aux mille litres nous
étant acheté sous forme de concentrés.
tures reportées dans les différents donne un résultat approchant.
• Système maïs grain : l’éleveur cas, elles sont issues du travail
produit une partie de son alimentation Pour les prix payés au producteur,
de références mené par le CER
sous forme en particulier de maïs grain a été retenu un prix moyen sur l’an-
France Dordogne. Ces données ont
et d’orge et complémente la ration née de 750 €/1000 litres en conven-
l’avantage d’être communiquées en
avec du tourteau de soja. tionnel et de 900 € les 1000 litres en
hectare alors que dans les réfé-
bio.
• Système autosuffisant : toute l’ali- rences nationales, elles sont fournies
mentation est produite sur l’exploitation. aux mille litres produits. Compte-tenu

Descriptif du système conventionnel


Elevage 5 ha de luzernière. chèvres en production avec une
200 chèvres et 60 chevrettes de Le reste de la ration est obtenu via moyenne de 850 litres de lait par
renouvellement. 1,3 Unité de Main l’achat de concentrés. chèvre, payé en moyenne 750 € les
d’Oeuvre (UMO). 1000 litres.
Approche économique
Assolement Dans ce modèle, l’emploi d’un
Ce modèle repose sur une autosuf-
saisonnier, pour l’équivalent d’un
36 ha de prairie => affouragement fisance en fourrage, aucune pro-
trimestre sur l’année, représente
en vert, foin de prairie, enrubannage. duction céréalières de vente, 200
un quart d’ETP payé au SMIC.
Modèle conventionnel - 41 ha - 200 chèvres

QUANTITÉ PU VALEUR QUANTITÉ PU VALEUR


Lait (850 litres/chèvre) 170 000 750 127 500 CHARGES FIXES HORS AMORTISSEMENT
Chevreaux (1,2/chèvre) 240 12 2 880 Mécanisation 41 296 12 136
Chèvres réforme (33,5 %) 60 22 1 320 Bâtiment 41 7 1 400
TOTAL 131 700 Foncier 41 84 3 444
Aides découplées (moy. nationale 41 241 9 881 Gestion 41 63 2 583
2018)
Salaires et charges 0,3 25 000 7 500
Aides couplées caprines 200 17 3 400
Autres charges 41 241 9 881
Aide Bio cultures (ha) 0 300 0
TOTAL CHARGES FIXES 36 944
Aide Bio prairies (ha) 0 130 0
TOTAL 13 281 EBE 53 313
TOTAL PRODUITS 144 981 AMORTISSEMENT
CHARGES OPÉRATIONNELLES Mécanisation 41 293 12 013

Engrais 41 182 7463 Bâtiment 41 91 3 731

Semences 41 21 875 TOTAL CHARGES DE REMBOURSEMENT 15 744

Autres charges végétales 41 39 1 612 FRAIS FINANCIERS


Concentré 1 (tonne) 76,4 250 19 097 Frais financiers 41 63 2 583

Concentré 2 (tonne) 38,7 400 15 277 TOTAL FRAIS FINANCIERS 2 583

Produits véto 200 15 3 000 Résultat courant 34 986


Autres charges 200 37 7 400 ANNUITÉS
TOTAL CHARGES OPÉRATIONNELLES 54 724 Annuités 41 343 14 063

Marge brute (aides incluses) 90 257 TOTAL CHARGES DE REMBOURSEMENT 14 063

REVENU DISPONIBLE 39 250


Conclusion 
Ce modèle est conforme aux résultats des références nationales menées par l’Institut de l’élevage et ceux du CER
France Dordogne. L’éleveur peut se prélever un salaire de 1,5 SMIC brut par mois et il lui reste de quoi provisionner
des investissements futurs ou consolider sa trésorerie.

10
10 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018
Hypothèse 1 : système bio 100% achat de concentrés
Lors du passage en bio, les concentrés peuvent être remplacés par des concentrés certifiés bio. Les prairies devront
passer en bio ainsi que la luzernière = 2 ans de conversion.
Les animaux ne seront engagés en bio qu’après 18 mois de conversion (possibilité de donner du C2 de l’exploitation).
Outre l’accès permanent à l’aire d’exercice, les chèvres vont devoir être mises au pâturage en tenant compte des
questions techniques vues ci-dessus.

Calcul de la ration 
Ration des animaux en kilo de matière sèche par chèvre et par jour pour un objectif de 700 à 800 kg de lait en
moyenne par chèvre à l’année ; dans l’exemple : 765 kg/chèvre en moyenne. Le pâturage fait partie intégrante
de l’équilibre de la ration et des résultats techniques obtenus.
Ration en kilo de matière sèche par chèvre et par jour
Total/an Total/an
Mise Pic de
Pleine production Tarissement en kg/ en t/200
bas lactation
chèvre chèvres
Mois de lactation 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Foin de prairie 1,4 0,8 0,8 0,5 0,5 0,5 0,5 1 0,5 0,5 1,4 2 312 62,4
Foin de luzerne 0,5 0,7 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,7 0,5 0 177 35,4
Concentré 1 0,5 0,5 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,3 147 29,4
Concentré 2 0,5 0,5 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,2 0,2 138 27,6
Pâture (MB)
Lait produit
moyen /chèvre 2 2,3 2,5 3 3 2,9 2,8 2,6 2,4 2 765 153 000
en litres

Ration en kilo de matière sèche par chevrette et par jour Total/an Total/an
en kg/ en t/60
Age chevrettes
0-1 1-2 2-3 3-4 4-5 5-6 6-7 7-8 8-9 9-10   10-11  11-12   chèvre chevrettes
(en mois)
Foin de prairie 0,2 0,3 0,8 0,8 1 1 1 1,3 1,3 1,3 1 1 330 19,8
Foin de luzerne 0,5 0,5 30 1,8
Concentré 1 0,1 0,2 0,4 0,5 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 162 9,72
Pâture (MB)

Assolement uniquement dédié à de l’herbe 


L’ensemble des calculs de ration amène à déterminer les besoins du troupeau décrit ci-dessus, avec des rende-
ments bio moyens.
Il faudra envisager de réimplanter la luzerne tous les 4 ans et d’éviter un retour sur parcelle avant 5 ans. Sur la
base d’un rendement proche de 8 tonnes MS/hectare, 5 hectares de luzerne seront nécessaires et 15 hectares de
prairies. 20,5 hectares seront nécessaires pour le pâturage. Cela signifie que des parcelles de pâture vont entrer
dans la rotation.

Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 11


Bilan économique après les 2 ans de conversion 
Dans ce calcul, l’agriculteur n’a pas Production AB - Achat concentrés à 100 % - 41 ha - 200 chèvres
besoin d’investir dans du matériel QUANTITÉ PU VALEUR
spécifique pour son passage en bio. Lait (765 litres/chèvre) 153 000 900 137 700
Il est payé 900 € les 1000 litres en
Chevreaux (1,2/chèvre) 240 2 480
moyenne.
Chèvres réforme (30 %) 60 20 1 200
Il perçoit les aides à la conversion
TOTAL 139 380
bio sur ses surfaces toutes entièrement
Aides découplées 41 241 9 881
dédiées à la prairie soit 41 hectares
aidés à 130 €/ha. Aides couplées caprines 200 17 3 400

Le tiers temps saisonnier est maintenu Aide Bio cultures (ha) 0 300 0

dans ce modèle. Aide Bio prairies (ha) 41 130 5 330


TOTAL 18 611
Conclusion
TOTAL PRODUITS 157 991
Malgré l’utilisation de concentrés, le
CHARGES OPÉRATIONNELLES
rendement par chèvre va chuter par
Engrais et amendements 41 11 470
rapport au modèle conventionnel car
Semences et plants 41 28 1 141
les concentrés bio sont moins régu-
Autres charges végétales 41 36 1 469
liers et le dosage de l’azote est plus
délicat. Concentré 1 (tonne) 39,12 465 18 191
Concentré 2 (tonne) 27,6 1 075 29 670
L’EBE approchant dégagé est légè-
Produits véto 200 15 3 000
rement supérieur au conventionnel
malgré les plus de 5000 € d’aides Autres charges 200 37 7 400

bio perçues. Dans notre modèle, TOTAL CHARGES OPÉRATIONNELLES 61 340


l’EBE est tributaire du prix payé et du Marge brute (aides incluses) 96 651
rendement mais aussi du prix d’achat CHARGES FIXES DONT AMORTISSEMENT
des concentrés. Compte-tenu des Mécanisation 41 296 12 136
volumes utilisés, une variation de Bâtiment 200 7 1 400
100 € la tonne va avoir de très fortes
Foncier 41 84 3 444
conséquences économiques. De la
Gestion 41 63 2 583
même manière, le choix du concentré
Salaires et charges 0,3 25 000 7 500
va en déterminer la qualité et donc le
Autres charges 41 241 9 881
prix. Dans notre cas, il y a le concen-
tré 1 à base d’orge (un des moins TOTAL CHARGES FIXES 36 944

onéreux) et le concentré 2 à base de EBE 59 707


soja (le plus onéreux). AMORTISSEMENT
Les aides à la conversion permettent Mécanisation 41 293 12 013
de compenser la perte par rapport Bâtiment 41 91 3 731
au modèle conventionnel et cela sans TOTAL AMORTISSEMENT 15 744
intégrer les 6 mois de conversion de FRAIS FINANCIERS
l’élevage pendant lesquels les animaux Frais financiers 41 63 2 583
mangent bio mais le lait est vendu en TOTAL FRAIS FINANCIERS 2 583
conventionnel. Par ailleurs, sans aides Résulat courant 41 380
bio le modèle n’est plus compétitif face
ANNUITÉS
à celui du conventionnel.
Annuités 41 343 14 063
Le seul intérêt dans ce cas de figure TOTAL CHARGES DE REMBOURSEMENT 14 063
réside dans une moindre fluctuation
du prix du lait bio par rapport au REVENU DISPONIBLE 45 644
conventionnel.
Dans ce modèle, la technicité de
l’éleveur réside ici dans la bonne
conduite du pâturage et une bonne
maîtrise de ses rations.

12 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018


Hypothèse 2 : système bio maïs grain
Dans ce modèle, l’objectif est de produire une partie de l’alimentation.
La conduite des cultures de printemps en bio nécessite de pouvoir assurer l’ensemble des passages permettant une
bonne maîtrise des adventices (entre 4 à 5 après semis), tout en assurant la récolte des foins.
Calcul de la ration 
Dans ce modèle, compte tenu des surfaces limitées à 40 hectares environ, le nombre de chèvre est abaissé à
150 pour assurer l’autosuffisance sur la production céréalière.
Le niveau de productivité par chèvre est toujours à un objectif compris entre 700 et 800 kg/chèvre Dans l’exemple
proposé, la productivité par chèvre est autour de 777 kg/chèvre. Le pâturage fait partie intégrante de l’équilibre
de la ration et des résultats techniques obtenus.
Ration en kilo de matière sèche par chèvre et par jour
Total/an Total/an
Mise Pic de
Pleine production Tarissement en kg/ en t/150
bas lactation
chèvre chèvres
Mois de lactation 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Foin de prairie 0,5 0,6 0,6 0,5 0 0 0 0,7 0,7 1 2 2 258 38,7
Foin de luzerne 1,4 1,4 1 1 1 1 1 1,2 0,9 0,6 0 0 315 47,25
Orge 0,4 0,4 0,4 0,4 0,3 0,3 0,3 0,4 0,4 0,3 0,2 0,2 120 18
Maïs grain 0,4 0,4 0,4 0,4 0,3 0,3 0,3 0,4 0,4 0,3 0,4 0,4 132 19,8
Tourteaux de soja 0,1 0,3 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,3 0,15 0,1 0 0 58,5 8,775
Pâture (MB)
Lait produit
moyen /chèvre 2 2,5 3 3 2,9 2,8 2,7 2,6 2,4 2 777 116 550
en litres

Ration en kilo de matière sèche par chevrette et par jour Total/an Total/an
en kg/ en t/45
Age chevrettes
0-1 1-2 2-3 3-4 4-5 5-6 6-7 7-8 8-9 9-10   10-11  11-12   chèvre chevrettes
(en mois)
Foin de prairie 0,2 0,3 0,8 0,8 1 1 1 1,3 1,3 1,3 1 1 330 14,85
Foin de luzerne 0,5 0,5 30 1,35
Orge 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 63 2,835
Maïs grain 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 63 2,835
Tourteaux de soja 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 45 2,025
Pâture (MB)

Assolement dédié à la production de maïs  Besoins RDT bio Surfaces


L’ensemble des calculs de ration, amène à déterminer les troupeaux en t en t MS en ha

besoins du troupeau décrit ci-contre, avec des rendements bio Foin de prairie 55,2 6 9,2
moyen. Foin de luzerne 48,8 8 6,1

Dans ce modèle, on atteint 42,9 hectares ce qui nous laisse Orge 20,8 2,5 8,3

dans la fourchette des 41 hectares de départ. Maïs grain 22,6 6 3,8


Pâture 15,1
Il faudra envisager de réimplanter la luzerne tous les 4 ans et
d’éviter un retour sur parcelle avant 5 ans. Cela signifie que Surfaces totales 42,9
des parcelles de prairies de fauche entreront dans la rotation.
Il s’agira de les ensemencer avec une majorité de légumi- Assolement bio en ha - Base maïs grain
neuses afin de majorer les aides PAC. Surface totale de 42,9 ha
L’assolement est encore largement basé sur de l’herbe avec 8,9
les 2/3 qui y sont consacrés, le tiers restant pour 1/3 maïs
et 2/3 orge. 15,1 Foin de prairie
Dans ce modèle, il est fortement conseillé d’avoir l’irrigation Foin de luzerne
pour préserver un bon potentiel de rendement en maïs. Orge
Par ailleurs, il pourra être envisagé la culture de dérobés 6,1
Maïs grain
derrière des prairies de fauche en cas de sécheresse afin de
Pâture
proposer du pâturage au fil aux animaux en été.
3,8
8,3
Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 13
Bilan économique après les 2 ans de conversion 

Dans cette modélisation, le lait Conversion AB - Base maïs grain - 42,2 ha - 150 chèvres
est toujours payé 900 € les 1000 QUANTITÉ PU VALEUR
litres. Lait (777 litres/chèvre) 116 550 900 104 895
Les aides bio sont majorées par
Chevreaux (1,2/chèvre) 180 2 360
rapport au modèle précédent,
Chèvres réforme (30 %) 45 20 900
puisque mis à part les 15 hectares
TOTAL 106 155
de pâture aidés à 130 €, le reste
Aides découplées (moy. nationale 2018) 42,2 241 10 175
est aidé en tant que cultures à
300 € par hectare. Aides couplées caprines 150 17 2 550

Seul le tourteau de soja est acheté Aide Bio cultures 27,1 300 8 132

dans ce modèle pour la complé- Aide Bio prairies 15,1 130 1 965
mentation azotée. TOTAL 22 822
Ce modèle implique des inves- TOTAL PRODUITS 128 977
tissements minimum : herse étrille CHARGES OPÉRATIONNELLES
et bineuse ainsi qu’une unité de Engrais et amendement 4 839
stockage d’aliments à la ferme Semences et plants 3 430
estimé à 5 000 €. Le maïs sera Autres charges végétales 1 819
conservé en grains humides en Tourteau de soja 10,8 1 075 11 610
boudin. Compte-tenu des surfaces
Autres achats aliments 0 0 0
impliquées, l’investissement sera sur
Produits véto 150 15 2 250
des matériels de taille modérée.
Autres charges 150 37 8 550
Ils sont estimés à 21 000 € et un
TOTAL CHARGES OPÉRATIONNELLES 32 498
peu moins de 4500 € d’annuité sur
7 ans ce qui impacte directement le Marge brute (aides incluses) 96 480
résultat. CHARGES FIXES
Dans nos calculs, les aides aux Mécanisation 42,2 296 12 498
investissements dans le cadre du Bâtiment 150 7 1 050
PCAE ne sont pas intégrées. Foncier 42,2 84 3 547
Gestion 42,2 63 2 660
Conclusion Salaires et charges 0,3 25 000 7 500
Ce modèle montre que les aides
Autres charges 42,2 241 10 175
permettent de conserver l’EBE de
TOTAL CHARGES FIXES 37 430
l’exploitation malgré la baisse du
EBE 59 050
cheptel.
Là encore, le prix du tourteau de AMORTISSEMENT
soja est le facteur limitant. Mécanisation 42,2 396 16 085
Ce modèle illustre bien que la taille Bâtiment 42,2 91 3 842
de l’exploitation est limitée pour TOTAL AMORTISSEMENT 19 927
absorber les investissements directe- FRAIS FINANCIERS
ment liés au passage en agriculture Frais financiers 42,2 74 3 050
biologique. TOTAL FRAIS FINANCIERS 3 050
L’agriculteur devra être à la fois Revenu courant 36 073
éleveur et céréalier avec l’objectif
ANNUITÉS
de produire de l’alimentation pour
Annuités 42,2 333,1 14 063
son troupeau. Dans ce modèle,
Annuité nouvelle 4 429
si l’éleveur réussit ses cultures, il
pourra intégrer des dérobés en TOTAL CHARGES DE REMBOURSEMENT 18 492
complément et peut-être progressi- REVENU DISPONIBLE 40 558
vement augmenter la taille de son
troupeau. Ce qui sera nécessaire
pour palier l’après conversion qui
entraîne une baisse importante
d’aides.

14 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018


Hypothèse 3 : système bio autonomie alimentaire totale
Ce modèle est basé sur l’autonomie totale de l’exploitation. Compte-tenu de la surface limitée de l’exploitation, le
cheptel est ramené à 125 chèvres.
L’autonomie est basée sur la production de foin de prairie à base de légumineuses, de luzerne et de différents
méteils pouvant être valorisés en enrubannés, en grains immatures, en grain ou en ensilage en fonction du type de
méteils, des conditions pédo-climatiques et de la qualité des méteils de l’année.
Ce modèle permet de s’affranchir des cultures de printemps, pour autant l’irrigation pourra être un atout pour avoir
de l’herbe tout l’été ou pour la conduite de dérobés.
Calcul de la ration 
Dans ce modèle, compte tenu des surfaces limitées à 40 hectares environ, le nombre de chèvre est abaissé à 125
pour assurer l’autosuffisance totale. Le niveau de productivité par chèvre est toujours d’un objectif compris entre
700 et 800 kg/chèvre, dans l’exemple la productivité est de 702 kg/chèvre. Le pâturage fait partie intégrante de
l’équilibre de la ration et des résultats techniques obtenus.
Ration en kilo de matière sèche par chèvre et par jour
Total/an Total/an
Mise Pic de
Pleine production Tarissement en kg/ en t/125
bas lactation
chèvre chèvres
Mois de lactation 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Foin de prairie 0,5 0,5 0 0 0 0 0,3 0,8 0,8 1 0,8 0,8 165 20,63
Foin de luzerne 1,3 1,4 1,3 0,6 0,8 0,8 0,8 1,2 1 1 1 1 366 45,75
Méteil 60 % lég. 1 1,2 0,8 0,6 0,6 0,6 0,8 1 0,8 0,6 0,5 0,5 270 33,75
Pâture (MB)
Lait produit
moyen /chèvre 2,3 2,8 2,7 2,5 2,5 2,3 2,3 2,1 2,1 1,8 0 0 702 87 750
en litres

Ration en kilo de matière sèche par chevrette et par jour Total/an Total/an
en kg/ en t/38
Age chevrettes
0-1 1-2 2-3 3-4 4-5 5-6 6-7 7-8 8-9 9-10   10-11  11-12   chèvre chevrettes
(en mois)
Foin de prairie 0,2 0,3 0,8 0,8 1 1 1 1,3 1 1 1 1 312 11,86
Foin de luzerne 0,2 0,5 0,5 0,5 0,5 66 2,51
Méteil 60 % lég. 0,1 0,2 0,4 0,4 0,6 0,6 0,6 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 162 6,16
Pâture (MB)

Assolement visant à Besoins RDT bio Surfaces


l’autonomie totale troupeaux en t en t MS en ha
Foin de prairie 50 % lég. 32,5 6 5,4
Compte-tenu des rations calculées, la
surface totale est de 41,9 hectares. Foin de luzerne 48,3 8 6,0
Méteil céréales 17,0 3 7,3
Cet assolement est basé sur la pro-
Méteil lég. 22,9 3 8,2
duction de 3 méteils différents dont
1 destiné à l’enrubannage et derrière Méteil enrubannage puis une dérobée 12,2 7 2,0

lequel il est possible de semer une Pâture (matière brute) 0 5 12,6

dérobée afin d’assurer le pâturage Surfaces totales 41,9


d’été voire des stocks d’hiver. Si une
partie des méteils est ensilée, il sera Assolement bio en ha - Autonomie
également possible d’y semer une Surface totale de 41,9 ha
culture dérobée. 5,4
Foin de prairie 50 %
La composition des méteils devra être lég.
12,6
réfléchie en fonction de leur desti- Foin de luzerne
nation. Par exemple, la présence de 6
Méteil céréales
vesce sera très oppurtune dans le cas
d’un méteil enrubanné mais pas du Méteil lég.
tout pour un méteil grain. Méteil enrubannage
2
puis une dérobée
7,3 Pâture (matière
brute)
8,2
Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 15
Bilan économique après les 2 ans de conversion

Dans cette modélisation, le lait est Production AB - Autonomie totale - 41,9 ha - 125 chèvres
toujours payé 900 €/1000 litres. QUANTITÉ PU VALEUR
Les aides bio sont légèrement Lait (702 litres/chèvre) 87 750 900 78 975
supérieures au modèle précédent, Chevreaux (1,2/chèvre) 150 2 300
puisque qu’il n’y a que 12,8 hec- Chèvres réforme (30%) 38 20 760
tares de pâtures aidées à 130 €, TOTAL 80 035
le reste est aidé en tant que cultures Aides découplées (moy. nationale 2018) 41,5 241 10 002
à 300 €/hectare. Aides couplées caprines 125 17 2 125
Il n’y a aucun achat d’aliments Aide Bio cultures 28,9 300 8 684
extérieur à l’exploitation. Aide Bio prairies 12,6 130 1 637
Ce modèle implique au minimum TOTAL 22 447
l’investissement d’une herse étrille TOTAL PRODUITS 102 482
indispensable pour la conduite CHARGES OPÉRATIONNELLES
des cultures d’hiver ainsi que Engrais et amendement 603
d’une petite unité de fabrication
Semences et plants 4 329
d’aliments à la ferme estimée à
Récoltes 2 333
8000 €. Compte-tenu des surfaces
Tourteau de soja 0 0 0
impliquées, l’investissement sera sur
Autres achats aliments 0 0 0
un matériel de taille modérée. Il est
estimé à 9000 € et un peu moins Produits véto 125 15 1 875

de 2500 € d’annuité sur 7  ans ce Autres charges 125 37 4 625


qui impacte peu le résultat. TOTAL CHARGES OPÉRATIONNELLES 13 765

Dans nos calculs les aides aux Marge brute (aides incluses 88 716
investissements dans le cadre du CHARGES FIXES
PCAE ne sont pas intégrées. Mécanisation 41,5 296 12 284
Bâtiment 125 7 875
Conclusion
Foncier 41,5 84 3 486
Dans ce modèle, l’EBE chute de
Gestion 41,5 63 2 615
manière nette. Et malgré les éco-
nomies réalisées sur l’achat des Salaires et charges 0,3 25 000 7 500

aliments à l’extérieur, le modèle Autres charges 41,5 241 10 002


permet de dégager un résultat de TOTAL CHARGES FIXES 36 761
30 721 €, constitué pour plus d’un EBE 51 955
tiers des aides à la conversion bio. AMORTISSEMENT
En effet, la chute de productivité Mécanisation 41,5 352 14 588
associée à la baisse du nombre Bâtiment 41,5 91 3 777
d’animaux pour être autonome ne TOTAL AMORTISSEMENT 18 365
permet pas d’équilibrer suffisam-
FRAIS FINANCIERS
ment le modèle.
Frais financiers 41,5 69 2 870
TOTAL FRAIS FINANCIERS 2 870
Revenu courant 30 721
ANNUITÉS
Annuités 41,5 333,1 14 318
Annuité nouvelle 2 429

TOTAL CHARGES DE REMBOURSEMENT 16 747

REVENU DISPONIBLE 35 209

16 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018


Conclusions et perspectives

Pour rappel, les hypothèses présen- qu’en conventionnel. Par ailleurs, animaux. Il est fort probable qu’il
tées reposent sur un chargement un éleveur qui n’aurait aucune ne poursuive que de manière épiso-
de 5 chèvres par hectare de SFP. technicité en culture aurait dans un dique les cultures de printemps tant
L’orientation de l’éleveur se fera soit premier temps peu intérêt à s’enga- leur réussite est chronophage. Pour
en adaptant le nombre de chèvres, ger dans un système de production autant la mise en place de méteils
soit en adaptant son système bio complexe. Les systèmes présen- à base de légumineuses et com-
alimentaire en prenant en compte tés sont optimisés, il s’agira donc plémenté avec un aliment azoté
le potentiel de productivité de ses pour lui de stabiliser sa productivité acheté à l’extérieur devrait aboutir
terres. Ces trois exemples, certes par chèvre et de bien maîtriser son à un bon compromis dans nos
caricaturaux, nous montrent que pâturage. Pour autant, poursuivre à situations du sud-ouest.
le 100 % autonome dans ce cas 100 % l’achat des concentrés est Dans tous les cas, la mise en place
précis ne conduit pas forcément à risqué compte-tenu des prix élevés de cultures de dérobées à faire
la meilleure rentabilité économique. des aliments bio et de la fluctuation pâturer au fil devra être envisagée
En effet, s’il n’y a pas de possibilité des prix. pour palier les sécheresses d’été
d’augmenter les surfaces, l’éleveur Un éleveur qui réalise des cultures que l’on connaît.
est vite pénalisé par ses surfaces de vente aura intérêt à orienter
et les rendements moindres en bio cette production vers la ration des

Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 17


Pour aller plus loin
Le guide conversion bio et les pages bio sur les
sites Internet des Chambres d’agriculture :
-> rappel réglementaire
-> connaître le dispositif des aides bio

Bibliographie
• Le guide technique de l’ITAB
[http://www.itab.asso.fr/downloads/cahiers-elevage/chevres.pdf]
=> Tout savoir pour bien mener son troupeau en AB (prophy-
laxie…)
• Une présentation de travaux réalisés par l’Institut de
l’élevage
[http://idele.fr/fileadmin/medias/Documents/Presentations/15-
BIO-V1-_JTC_2013.pdf]
=> Résultats technico-économiques
• Repère chèvre bio en Rhône-Alpes :
[http://rhone-alpes.synagri.com/synagri/pj.nsf/
TECHPJPARCLEF/09276/$File/WEB-elevage-caprins.
pdf?OpenElement ]
=> Repères réglementaires
• Guide du pâturage, Chambre d’agriculture du Centre, Pro-
gramme Herbe et Fourrage Centre, Mai 2016, 40 p.
• En route vers l’autonomie alimentaire grâce à l’herbe,
H Feugère, C Brajot, S Martignac, P Rapp, A Antoine, R
Brochier, L Sago, Programme Herbe et Fourrages Limousin et
Centre, Arvalis, Institut de l’élevage, mai 2016, 32 p.
[http://www.herbe-fourrages-limousin.fr]
•­Référentiel de conception et de prix de bâtiments caprins
Poitou-Charentes, Christophe BEALU – Chambre d’agriculture
79, Alain ECALE – Chambre d’agriculture 79, Lionel ROCHE-
TEAU – Chambre d’agriculture 17, Jacques MOUNIER –
Chambre d’agriculture 16, décembre 2012, 31 p. [http://
www.deux-sevres.chambagri.fr/machinisme-et-batiment/bati-
ment-traite.html]
• Concevoir une chèvrerie évolutive et économique, Chris-
tophe Béalu, Chambre d’agriculture des Deux-Sèvres, 2010,
42 p. [http://www.deux-sevres.chambagri.fr/fileadmin/
publication/CA79/19_Production_Animales/Documents/
FTECH_2010_CBE_batiment_caprin_econome.pdf ]
• Fertiliser les prairies avec les fumiers, P Raimon, A Guérin, A
Bignolles - Chambre d’agriculture des Deux-Sèvres, septembre
2011, 4 p.
• Les effluents peu chargés en élevage de ruminants, Jean-Luc
Ménard, Institut de l’Elevage, 2007, 116 p.
• Convertir son troupeau caprin en agriculture biologique :
à quelles conditions ?, Collectif Bio Références, Pôle Massif
Central, 2018, 11 p

18 Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018


Notes

Guide technique Elevage caprin laitier en AB - 2018 19


Vos contacts

Séverine CHASTAING Jacques TOURNADE


Chargée de mission en agriculture biologique Chargé de mission en agriculture biologique
Tél. : 05 53 77 83 12 - 06 77 01 59 97 Tél. : 05 53 63 56 50 - 07 86 00 40 66
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Camille DELAPORTE Charles DROUOT
Technicienne Caprin - Contrôle laitier Conseiller spécialisé Caprin
Tél : 05 53 77 83 95 - 06 48 16 62 83 Tél. : 05 53 45 47 54 - 06 78 03 77 42
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Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne Chambre d’agriculture de Dordogne
271 rue de Péchabout - 47008 AGEN CEDEX Antenne Périgord Pourpre Vallée de l’Isle
Pôle Viticole - 237 rue Bridet - 24100 BERGERAC
www.ca47.fr - www.osetapassion.fr
www.dordogne.chambre-agriculture.fr
Chambre d’agriculture Dordogne - Septembre 2018

Avec le concours financier :

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