1995 724.221.
2 f
Récupération
de chaleur
dans les bâtiments
d’élevage
Energies renouvelables
Office fédéral des questions conjoncturelles
Récupération de chaleur dans les
bâtiments d’élevage
La récupération de chaleur dans les bâtiments
d’élevage: une solution intéressante pour
l’agriculture
Il existe en Suisse un très grand nombre d’écuries
et d’élevages de bovins, de porcs et de volaille qui
sont chauffés à l’aide d’énergies non renouvelables.
Pour remplacer ou compléter cette énergie, de plus
en plus nombreuses sont les exploitations agricoles
qui s’équipent d’installations récupérant tout ou
partie de la chaleur générée par le bétail, que ce
soient des pompes à chaleur ou de simples échan-
geurs. Ces installations ne contribuent pas seule-
ment aux économies d’énergie mais permettent
également souvent d’améliorer la qualité de l’air
dans les étables ou autres locaux d’élevage.
La brochure « Récupération de chaleur dans les bâti-
ments d’élevage », élaborée dans le cadre du pro-
gramme PACER (Programme d’action énergies
renouvelables) de l’Office fédéral des questions
conjucturelles traite de ce problème.
Les bases théoriques et pratiques pour le dimen-
sionnement, la planification et la construction de
ces installations y sont présentées.
La brochure est complétée par un logiciel de dimen-
sionnement décrit en annexe et qui est un outil de
calcul utile à tous ceux qui désirent calculer le bilan
thermique d’un bâtiment d’élevage et de dimen-
sionner une installation de récupération, que ce soit
une pompe à chaleur ou un échangeur.
Cet ouvrage assorti du logiciel est destiné aux per-
sonnes concernées par la planification de construc-
tions agricoles, soit les architectes, ingénieurs,
conseillers et enseignants ainsi qu’au personnel des
services d’améliorations foncières.
ISBN 3-905232-41-3
Edition originale: ISBN 3-905232-01-4
1996, 75 pages
N° de commande 724.221.2 f
Inclus logiciel de dimensionnement (IBM-PC)
N° de commande 724.221.24 f (Excel 4) ou
N° de commande 724.221.25 f (Excel 5)
Récupération de chaleur dans les bâtiments d'élevage
Récupération de chaleur
dans les bâtiments
d'élevage
Programme d'action PACER – Energies renouvelables
Office fédéral des questions conjoncturelles
Récupération de chaleur dans les bâtiments d'élevage
Conception, rédaction et réalisation de Associations de soutien
l’édition originale allemande
• Josef Brühlmeier, ZTL, 6048 Horw ASETA Association suisse pour l’équipement
• Kurt Egger, INFOENERGIE, 8356 Ettenhausen technique de l’agriculture
• Wilfried Göbel, FAT, 8356 Tänikon ✝ SIA Société suisse des ingénieurs et des
• Hanspeter Pfenninger, Konvecta AG, architectes
9015 St-Gallen-Winkeln SRVA Service romand de vulgarisation agricole
UTS Union technique suisse
Collaborateur
• Josef Penasa, Alfa Laval, 6210 Sursee
Logiciel de dimensionnement (IBM-PC)
• Ludo Van Caenegem, FAT, 8356 Tänikon
(concept)
• Daniel Stutz, FAT, 8356 Tänikon (programma-
tion)
• Marco Nani, Enoec Nigg AG, 9470 Buchs (pro-
grammation)
Rédaction
• Kurt Egger, INFOENERGIE, 8356 Tänikon
Adaptation de l’édition française
• J.-M. Chapallaz, ingénieur EPFL, 1450 Ste-Croix
• P.-A. Mouchet, agro-ingénieur ETS,
1040 Echallens
Correcteur
• Jean-Claude Scheder, 1038 Bercher
Mise en pages, photocomposition et flashage
• DAC , 1006 Lausanne
• CITY COMP SA,1110 Morges
Coordination générale
• Jean Graf, ingénieur ETS, EPFL-DA-ITB-LESO
1015 Lausanne
ISBN 3-905232-41-3
Edition originale: ISBN 3-905232-01-4
Copyright © 1996 Office fédéral des questions conjonc-
turelles, 3003 Berne, avril1996.
Reproduction d'extraits autorisée avec indication de la
source.
Diffusion: Coordination romande du programme d'action
«Construction et Energie» EPFL-LESO, Case postale 12,
1015 Lausanne (N° de commande 724.221.2 f).
Form. 724.221.2 f 4.96 500
Récupération de chaleur dans les bâtiments d'élevage
Avant-propos
D’une durée totale de 6 ans (1990-1995), le publication spécialement élaborée. Toutes ces
Programme d’action « Construction et Energie » se publications peuvent également être obtenues en
compose des trois programmes d’impulsions sui- s’adressant directement à la Coordination romande
vants : du programme d’action « Construction et Energie »
EPFL-LESO, Case postale 12, 1015 Lausanne.
PI-BAT – Entretien et rénovation des constructions
RAVEL – Utilisation rationnelle de l’électricité
PACER – Energies renouvelables
Compétences
Ces trois programmes d’impulsions sont réalisés en
étroite collaboration avec l’économie privée, les Afin de maîtriser cet ambitieux programme de for-
écoles et la Confédération. Ils doivent favoriser une mation, il a été fait appel à des spécialistes des
croissance économique qualitative et, par là, divers domaines concernés ; ceux-ci appartiennent
conduire à une plus faible utilisation des matières au secteur privé, aux écoles ou aux associations
premières et de l’énergie, avec pour corollaire un professionnelles. Ces spécialistes sont épaulés par
plus large recours au savoir-faire et à la matière une commission qui comprend des représentants
grise. des associations, des écoles et des branches pro-
fessionnelles intéressées.
Jusqu’ici, si l’on fait abstraction du potentiel hydro-
électrique, la contribution des énergies renouve- Ce sont également les associations professionnelles
lables à notre bilan énergétique est négligeable. qui prennent en charge l’organisation des cours et
Aussi le programme PACER a-t-il été mis sur pied des autres activités. Pour la préparation de ces acti-
afin de remédier à cette situation. Dans ce but le pro- vités une direction de programme a été mise en
gramme cherche : place; elle se compose du Dr Jean-Bernard Gay, du
– à favoriser les applications dont le rapport Dr Charles Filleux, de M. Jean Graf, du Dr Arthur
prix / performance est le plus intéressant ; Wellinger ainsi que de Mme Irène Wuillemin et de
– à apporter les connaissances nécessaires aux M. Eric Mosimann de l’OFQC. La préparation des dif-
ingénieurs, aux architectes et aux installateurs ; férentes activités se fait au travers de groupes de tra-
– à proposer une approche économique nouvelle vail, responsables du contenu des matières abor-
qui prenne en compte les coûts externes ; dées, du maintien des délais et des budgets.
– à informer les autorités, ainsi que les maîtres de
l’ouvrage.
Documentation
Cours, manifestations, publications, vidéos, etc. La brochure « Récupération de chaleur dans les bâti-
ments d’élevage » traite le problème de la récupé-
Le programme PACER se consacre, en priorité, à la ration de chaleur produite par les animaux pour
formation continue et à l’information. Le transfert chauffer tout ou partiellement des bâtiments ou
de connaissances est basé sur les besoins de la pra- habitations.
tique. Il s’appuie essentiellement sur des publica-
tions, des cours et d’autres manifestations. Les Les bases théoriques et pratiques pour le dimen-
ingénieurs, architectes, installateurs, ainsi que les sionnement, la planification et la construction de
représentants de certaines branches spécialisées, telles installations y sont présentées.
en constituent le public cible. La diffusion plus large
d’informations plus générales est également un élé- La brochure est complétée par un logiciel de dimen-
ment important du programme. Elle vise les maîtres sionnement décrit en annexe et qui est un outil de
de l’ouvrage, les architectes, les ingénieurs et les calcul utile à tous ceux qui désirent dimensionner
autorités. des systèmes de récupération de chaleur.
Le bulletin «Construction et Energie», qui paraît Cet ouvrage assorti du logiciel est destiné aux per-
trois fois par an, fournit tous les détails sur ces acti- sonnes concernées par la planification de cons-
vités. Ce bulletin peut être obtenu gratuitement sur tructions agricoles, soit les architectes, ingénieurs,
simple demande. Chaque participant à un cours ou conseillers et enseignants ainsi qu’au personnel des
à une autre manifestation du programme reçoit une services d’améliorations foncières.
Récupération de chaleur dans les bâtiments d'élevage
Ce document a fait l’objet d’une procédure de
consultation, il a également été soumis à l’appré-
ciation des participants au premier cours pilote. Ceci
a permis aux auteurs d'effectuer les modifications
nécessaires, ceux-ci étant toutefois libres de décider
des corrections qu'ils souhaitaient apporter à leur
texte. Dans ce sens ils assurent l'entière responsa-
bilité de leurs textes. Des améliorations sont encore
possibles et des suggestions éventuelles peuvent
être adressées soit au directeur du cours, soit direc-
tement auprès de l’Office fédéral des questions
conjoncturelles.
Enfin, nous ne voudrions pas conclure cet avant-
propos sans remercier toutes les personnes qui ont
contribué à la réalisation de cette publication.
Office fédéral des questions conjonctuelles
Service de la technologie
Dr B. Hotz-Hart
Vice-directeur
Récupération de chaleur dans les bâtiments d'élevage
Table des matières
1. Climat d’étable 7
1.1 Introduction générale 9
1.2 Bilan thermique 10
1.3 Ventilation d’un bâtiment d’élevage 11
1.4 Logiciel pour ordinateur personnel 12
2. Pompes à chaleur 13
2.1 Principe de fonctionnement d’une pompe à chaleur 15
2.2 Systèmes 18
2.3 Coefficient de performance et flux d’énergie 23
2.4 Matériaux 26
2.5 Utilisation de la chaleur 29
2.6 Frais d’investissement et de fonctionnement 32
2.7 Planification 33
2.8 Exemples d’installations 36
3. Echangeurs de chaleur 39
3.1 Introduction 41
3.2 Notions générales 41
3.3 Corrosion et encadrement 42
3.4 Systèmes d’échangeurs de chaleur 43
3.5 Dimensionnement d’installations à échangeurs de chaleur 46
3.6 Rentabilité 49
3.7 Exemples d’installations 50
Annexe 55
Bibliographie 67
Publications du programme d’action PACER – Energies renouvelables 69
1. Climat d'étable
1. Climat d'étable
1.1 Introduction générale 9
1.2 Bilan thermique 10
1.3 Ventilation d’un bâtiment d’élevage 11
1.4 Logiciel pour ordinateur personnel 12
7
1. Climat d'étable
1. Climat d'étable
1.1 Introduction générale
La notion de climat d’étable décrit l’état de l’air à Valeurs normales et valeurs limites du climat
l’intérieur d’un bâtiment d’élevage. Cet état est d’étable
défini par les grandeurs mesurables suivantes : la
(Norme suisse du climat d’étable, 1983)
température de l’air, l’humidité relative, la vitesse
de déplacement de l’air au voisinage des animaux Humidité relative 70 à 80 %
et la teneur en gaz nocifs. L’état de l’atmosphère Température de l’étable
permettra que le métabolisme des animaux soit (selon type d’animal) 0 à 30°C
assuré avec une consommation minimale en éner- Teneur en gaz carbonique 3500 ppm
gie. Pour obtenir ce résultat, il est nécessaire que les Teneur en ammoniaque 10 ppm
paramètres climatiques du bâtiment d’élevage cités Teneur en hydrogène sulfuré 5 ppm
ci-dessus soient maintenus dans des limites pré- Vitesse de l’air Hiver : 10 cm / s
cises quelles que soient les conditions météorolo- Eté : 50 cm / s
giques, en hiver comme durant les grandes cha-
leurs estivales. Ces paramètres varient selon le type
et la taille de l’animal concerné et sont indiqués
dans les normes du climat d’étable (voir tableau ci-
contre).
La régulation du climat d’étable est assurée par
divers systèmes d’aération tels que fenêtres (venti-
lation naturelle), cheminées (ventilation gravitaire)
ou ventilateurs (ventilation forcée). A la différence
des habitations et des locaux industriels, les bâti-
ments d’élevage produisent de grandes quantités
de chaleur, de gaz carbonique et d’humidité. Le sys-
tème de ventilation sera dimensionné pour assurer
leur évacuation. Parallèlement, la température ne
devrait pas être inférieure aux valeurs indiquées en
hiver ni trop élevée en été. Le bilan thermique, cal-
culé à partir du taux de renouvellement de l’air
nécessaire à l’évacuation de l’humidité et du gaz
carbonique, montrera si une chaleur suffisante est
conservée dans le bâtiment pour y assurer le main-
tien d’une température acceptable.
S’il y a excédent de chaleur, les débits de ventila-
tion peuvent être augmentés ; dans le cas contraire,
il est nécessaire d’installer un chauffage d’appoint
ou un échangeur de chaleur.
Il est également possible d’influencer le bilan ther-
mique par adaptation de l’enveloppe du bâtiment
(meilleure isolation, réduction de la surface des
fenêtres, réduction de la surface de l’élevage).
Une exception est constituée par les étables dites
« froides », pour lesquelles un climat confortable
pour la majorité des animaux d’élevage est obtenu
grâce à des ouvertures généreuses assurant un taux
de renouvellement élevé de l’air (par exemple
9
1. Climat d'étable
étables à ouverture frontale). Dans ce type d’étable,
la température est proche de la température exté-
rieure, ce qui rend les conditions de travail du per-
sonnel plus difficiles et nécessite des équipements
techniques adaptés.
1.2 Bilan thermique
Bilan thermique = Qa - Qb - Qc Le bilan thermique d’un bâtiment d’élevage non
Qa : Chaleur dégagée par les animaux chauffé est déterminé par la chaleur dégagée par les
Qb : Pertes de chaleur par transmission animaux, les pertes de chaleur par transmission et
Qc : Pertes de chaleur par ventilation par ventilation.
Remarque: La nouvelle méthode de calcul FAT, présen-
tée en annexe avec son logiciel, prend en compte le déga- Bilan thermique = chaleur dégagée par les animaux
gement de chaleur par la litière ainsi que l’échange de moins pertes par transmission moins pertes par
chaleur par le sol. L’énergie nécessaire pour évaporer ventilation.
l’eau à la surface du sol et de la litière est également consi-
dérée.
Chaleur dégagée par les animaux : chaque bête
dégage une quantité déterminée de chaleur qui se
Chaleur dégagée par une vache subdivise en chaleur sensible et chaleur latente
(humidité / vapeur d’eau). Alors que la chaleur
Chaleur W Vapeur d'eau g/h
1200 totale reste pratiquement constante, les chaleurs
sensible et latente varient fortement avec la tempé-
1600 rature. La répartition de la chaleur totale en chaleur
1000 sensible (chaleur contenue dans l’air) et chaleur
latente (chaleur utilisée pour l’évaporation de
1200 l’humidité en vapeur d’eau) est un facteur important
800 dans le calcul du bilan thermique et de la formation
de vapeur d’eau.
600
800 Les pertes par transmission à travers l’enveloppe du
bâtiment d’élevage sont fonction du type de
400 construction et de la différence entre températures
intérieure et extérieure. La connaissance de cette
400
différence ainsi que celle du coefficient de trans-
200
mission k des parois du bâtiment permet l’estima-
tion de ces pertes.
0 0
-5 0 5 10 15 20 25 °C Les pertes par ventilation sont calculées à partir des
Température dans l'étable quantités d’air nécessaires pour le renouvellement
de l’atmosphère de l’étable et l’évacuation de l’humi-
Chaleur totale en watt
Chaleur sensible (chaleur contenue dans l’air) dité (selon échelle «humidité» du diagramme) ainsi
en watt que du gaz carbonique. Le système de ventilation
Chaleur latente (chaleur contenue dans l’humi- sera conçu pour un fonctionnement hivernal en
dité) en watt ; correspond à la quantité d’humi- fonction des deux quantités à évacuer. La chaleur
dité (vapeur d’eau) en g / h nécessaire pour chauffer l’air de renouvellement
Une vache de 500 kg dégage par heure environ 1000 watt aspiré dans le local d’élevage de la température
de chaleur et environ 160 litres de gaz carbonique indé- extérieure à la température ambiante correspond
pendamment de la température. aux pertes par ventilation.
10
1. Climat d'étable
1.3 Ventilation d’un bâtiment
d’élevage
Les débits d’air de ventilation varient fortement Valeur limite gaz carbonique CO2
selon la saison de l’année.
L’expérience à montré que la valeur limite pour le CO2
En hiver, la chaleur dégagée par les petits animaux de 3500 ppm peut être dépassée sans dommage pour
n’est pas suffisante pour amener l’atmosphère de la santé des animaux. La valeur maximale tolérée sur
l’étable à la température voulue. La ventilation sera les places de travail (MAK) pour les hommes, et qui est
dimensionnée de façon à ce que la teneur en CO2 de 5000 ppm est une indication qui va dans le même
ne dépasse pas 0,35 % (pointes horaires jusqu’à sens. Lors de l’utilisation de pompes à chaleur tra-
0,5 %) et l’humidité relative 70 à 80 % selon le type vaillant en recyclage, l’acceptation d’une valeur plus
d’animal. Le déficit de chaleur pourra être compensé élevée pour la teneur en CO2 permet une puissance de
dans nombre de cas par l’installation d’échangeurs chauffe supérieure. Pour le dimensionnement de telles
installations, une valeur limite pour le CO2 de 5000ppm
de chaleur (voir chapitre 3).
est proposée.
Lorsque des pompes à chaleur sont installées pour
fonctionner en recyclage (voir chapitre 2.2.) la
vapeur d’eau se condense dans l’évaporateur, ce
qui permet de maintenir dans l’étable un taux
d’humidité inférieur à 80 %. Dans ce cas, la ventila-
tion sera toujours réglée en fonction de la teneur en
CO2. Les pompes à chaleur fonctionnant en recy- Valeurs indicatives pour la chaleur dégagée et
clage peuvent être installées dans des étables à le taux de renouvellement d’air pour différents
types d’animaux
basse température (par exemple étables à bovins à
10°C). Poids Chaleur Débit de
dégagée renouvellement
Lorsqu’il n’y plus de déficit thermique dans un local d’air
d’élevage, spécialement durant l’entre saison, le
Hiver Eté
débit d’air de ventilation est augmenté pour éviter (kg) (W) (m3/h) (m3/h)
que la température ambiante n’augmente. La qua-
lité de l’air y est améliorée par meilleure dilution des Vache 500 1000 50 500
gaz nocifs.
Bœuf 200 400 20 200
En été, les débits d’air doivent être augmentés Bœuf 400 800 40 400
considérablement, jusqu’à 10 fois les débits hiver- Veau 100 200 10 100
naux, pour maintenir la température dans les locaux Truie 200 400 20 200
à un niveau acceptable en évacuant la chaleur en Porc 100 200 10 100
excès. Le calcul se base sur l’hypothèse que la tem- d’engrais-
pérature ambiante ne dépasse pas de plus de 2°C sement
(porcs, volaille) respectivement de 3°C (vaches, Porcelet 20 80 4 40
bœufs) la température extérieure.
11
1. Climat d'étable
Le système de ventilation doit donc être prévu pour
Chaleur dégagée par les animaux répondre aux exigences des conditions hivernales
aussi bien qu’estivales. Ce qui signifie que la régu-
Les valeurs de chaleur dégagée par les animaux figu-
lation doit pouvoir régler les débits d’air entre 10 et
rant dans les normes suisses concernant les climats
d’étable ne correspondent plus à la réalité dans de 100 %. Les ventilateurs d’une ventilation forcée
nombreux cas. Ceci s’explique par le fait que, par seront choisis pour qu’ils puissent fournir les
exemple, les chiffres sont basés, pour les vaches lai- grands débits nécessaires en été. Les débits hiver-
tières, sur des animaux ne produisant que 8 litres de naux seront obtenus par abaissement de la vitesse
lait par jour. La nouvelle norme DIN 18910 est elle et / ou réglés au moyen de clapets. Les systèmes de
basée sur une production de 15 litres par jour. Le logi- ventilation gravitaires ou à convection naturelle
ciel et les calculs présentés dans cette documentation seront dimensionnés pour les températures de
se basent sur le procédé de calcul CIGR de 1984, qui a l’hiver et de l’entre saison. Des ouvertures supplé-
servi de base aussi bien aux normes allemandes mentaires (portes, fenêtres) seront prévues pour
qu’autrichiennes.
augmenter l’aération en été.
1.4 Logiciel pour ordinateur
personnel
Exemples de calcul de climats d’étable Un logiciel informatique pour ordinateur personnel
est à disposition. Les données qui lui seront four-
Type d’étable Etable chaude Etable froide nies concernent le nombre et le type d’animaux
ainsi que les caractéristiques de l’enveloppe du bâti-
Altitude (m) 1350 480 ment. Le programme calcule les débits d’air de ven-
Surface (m2) 128 45 tilation nécessaires pour obtenir un climat d’étable
optimum ainsi que le bilan thermique du bâtiment
Cheptel 15 vaches 9 bœufs à d’élevage.
laitières l’engrais
20 veaux Le programme calcule les paramètres pour diverses
à l’engrais
températures extérieures et taux d’humidité. Il per-
Température de l’étable (°C) 10 –5 met de varier les conditions climatiques de l’étable
Humidité relative (%) 80 90 (température et humidité) et la chaleur dégagée par
les animaux. Données et résultats peuvent être
Température extérieure (°C) -20 – 11 imprimés et / ou mis en mémoire pour une utilisa-
Humidité relative (%) 100 80 tion ultérieure.
Chaleur totale (W) 21125 7470 Enfin, les effets sur le bilan thermique de l’installa-
Emission d’humidité (g / h) 7846 2418 tion d’échangeurs de chaleur ainsi que la puissance
Emission de gaz de chauffe d’une pompe à chaleur peuvent être cal-
carbonique (l / h) 3443 1218
Débit d’air : hiver (m3 / h) 1158 1738
culés.
été (m3 / h) 12710 4018
Une description détaillée du programme est don-
Chaleur sensible (W) 16275 5975 née dans l’annexe.
Pertes par transmission (W) 4764 2268
Pertes par ventilation (W) 10229 3632
Bilan thermique (W) 1282 75
(Les valeurs à adopter pour l’humidité relative sont
indiquées dans l’annexe)
12
2. Pompes à chaleur
2. Pompes à chaleur
2.1 Principe de fonctionnement d’une pompe à chaleur 15
2.1.1. Qu’est-ce qu’une pompe à chaleur? 15
2.1.2 Définitions 17
2.1.3 Dénomination des pompes à chaleur 18
2.2 Systèmes 18
2.2.1 Pompes à chaleur air/eau et eau/eau 18
2.2.2 Récupération de chaleur par recyclage d’air 22
2.2.3 Récupération de la chaleur de l’air extrait 22
2.3 Coefficient de performance et flux d’énergie 23
2.3.1 Coefficient de performance annuel β 23
2.3.2 Flux d’énergie 25
2.4 Matériaux 26
2.4.1 Pompe à chaleur 26
2.4.2 Boîtiers et capots 26
2.4.3 Ventilateur 26
2.4.4 Evaporateurs 26
2.4.5 Commande et régulation électriques 27
2.4.6 Echangeur de chaleur d’étable (collecteur) 27
2.4.7 Canaux de ventilation 28
2.4.8 Nettoyage 28
2.5 Utilisation de la chaleur 29
2.5.1 Introduction 29
2.5.2 Besoins en chaleur d’une habitation 29
2.5.3 Distribution de la chaleur 30
2.5.4 Accumulateurs de chaleur 30
2.5.5 Régulation 31
2.5.6 Eau chaude sanitaire 31
2.5.7 Besoins annuels en énergie 32
2.6 Frais d’investissement et de fonctionnement 32
2.6.1 Frais d’investissement 32
2.6.2 Frais d’exploitation 32
2.7 Planification 33
2.8 Exemples d’installations 36
2.8.1 Etables pour vaches ou bovins d’élevage 36
2.8.2 Porcherie d’engraissement 37
13
2. Pompes à chaleur
2. Pompes à chaleur
2.1 Principe de
fonctionnement
d’une pompe à chaleur
2.1.1 Qu’est-ce qu’une pompe à chaleur?
Une pompe à chaleur est un appareil qui prend de
la chaleur à une source dite «froide» et qui fournit
de la chaleur à une température supérieure moyen-
nant une certaine dépense énergétique. Selon VDI
(Société allemande des ingénieurs), la pompe à
chaleur est une machine thermique placée dans la
catégorie des machines frigorifiques.
Les pompes à chaleur peuvent être utilisées de
diverses manières:
– comme machine frigorifique (production de
froid);
– comme pompe à chaleur («pomper» de la cha-
leur d’une source froide pour la redonner à une
température supérieure);
– en combinant les deux fonctions susmention-
nées (parallèlement ou en alternance).
Les applications les plus intéressantes sont celles
qui utilisent simultanément les deux effets, par
exemple:
– refroidissement d’un local avec chauffage d’eau;
– déshumidification d’un local avec chauffage
d’eau;
– refroidissement et séchage d’une cave à vin com-
biné avec la production d’eau chaude;
– refroidissement de lait combiné avec production
d’eau chaude et / ou chauffage;
– rafraîchissement et déshumidification d’une
étable combiné avec production d’eau chaude
et / ou chauffage de locaux d’habitation ou d’éle-
vage.
Fluides frigorigènes
Pour pouvoir fonctionner, une pompe à chaleur
nécessite une substance ayant le pouvoir d’abais-
ser la température de la source «froide». Cette sub-
stance s’appelle «fluide frigorigène» et circule à
l’intérieur de la machine. Il s’agit de composés fluo-
rés tels que les R11, R12, R22, R500 et R502 ainsi
que la bien connue ammoniaque (NH3). Les fluides
R11, R12, R500, R502 ne sont plus utilisés dans les
15
2. Pompes à chaleur
Sources de chaleur (sources «froides») pour pompes à chaleur
Energie
Air Eau Terrain
solaire
Eaux Eaux Rejets Eaux Sondes sou-
superficielles souterraines de chaleur de circuits terraines
Air introduit,
Air extrait,
Rejets indus- Cours d'eau, Nappes, Eaux de Chauffage à Sondes,
triels, Lacs, Sources, refroidisse- distance, Collecteurs
Chaleur de Mer Puits profonds ment, Réseaux souterrains,
processus, ou sources- Eaux usées de d'eau, Géothermie
Chaleur de thermales ménages, Processus
personnes, Communes,
Chaleur d'ani- Industries
maux
Principe de fonctionnement et composants principaux d’une pompe à chaleur à compresseur
Apport d'énergie noble
(mécanique)
Apport de
chaleur de l'envi-
ronnement
Vers le système
de chauffage
de la source Chaleur
de chaleur
Source de chaleur (froide) vers la du système Distribution
source de de chauffage de chaleur
chaleur (source
Pompe à chaleur chaude)
1: Evaporateur pour absorption de la chaleur basse température (chaleur de la source «froide»)
2: Compresseur comprimant la vapeur du fluide frigorigène
3: Condenseur («liquéfacteur») permettant l’évacuation de la chaleur à niveau de température supérieur (source
«chaude»)
4: Détendeur pour réduction de pression et contrôle du débit du fluide frigorigène
16
2. Pompes à chaleur
pompes à chaleur récentes du fait de leur nocivité
pour la couche d’ozone. Ils devraient être prochai-
nement interdits. Le R22 est considéré comme le
produit de transition le mieux adapté.
Vecteurs de chaleur
L’air, l’eau ou les mélanges eau-glycol (eau-antigel)
sont utilisés pour le transport et la distribution de la
chaleur.
Sources de chaleur
(dites sources «froides»)
Diverses sources de chaleur, résumées sur le tableau
ci-contre, peuvent alimenter une pompe à chaleur.
2.1.2 Définition Définition des composants selon DIN 8900
Lorsque l’on parle de pompes à chaleur, sources de WPHA
chaleur, installations à pompes à chaleur, etc., il est
utile de donner une définition claire des divers com- WPA
posants et paramètres selon la norme DIN 8900.
Ceci est particulièrement utile pour pouvoir définir
les performances d’une installation.
En particulier, lors d’une comparaison de différents
systèmes de production de chaleur, il est possible WQA WP WNA
de ne pas tenir compte de la pompe de circulation
du circuit d’utilisation de la chaleur, car celle-ci
apparaît indépendamment du système choisi.
WQA: Source de chaleur (source «froide»)
WP: Pompe à chaleur
WPA: Installation à pompe à chaleur
WNA: Utilisation de la chaleur (utilisateur, source
«chaude»)
WPHA: Installation de chauffage à pompe à chaleur
17
2. Pompes à chaleur
2.1.3 Dénomination des pompes à chaleur
La dénomination des pompes à chaleur et installa-
tions à pompe à chaleur est définie, selon DIN 8900,
comme suit: en première place le fluide caloporteur
de la source de chaleur dite «froide» suivi par le
fluide caloporteur de la source dite «chaude».
Dénomination des pompes à chaleur et installations à pompes à chaleur selon DIN 8900
Source de Côté Côté Dénomination Dénomination
chaleur froid chaud pompe à chaleur installation à
(WP = PAC) pompe à chaleur
(WPA)
terrain saumure air WP-saumure/ air WPA-terrain/ air
terrain saumure eau WP-saumure/ eau WPA-terrain/ eau
soleil saumure air WP-saumure/ air WPA-soleil / air
soleil saumure eau WP-saumure/ air WPA-soleil / eau
eau eau eau WP-eau / eau WPA-eau / eau
eau eau air WP-eau / air WPA-eau / air
air air eau WP-air / eau WPA-air / eau
2.2 Systèmes
2.2.1 Pompe à chaleur air / eau et eau / eau
Les pompes à chaleur air / eau et eau / eau sont le
plus fréquemment utilisées pour les applications
suivantes dans les exploitations agricoles:
– pompe à chaleur compacte eau / eau à échan-
geur de chaleur (installation à échangeur,
figure A);
– pompe à chaleur compacte air / eau (installation
compacte, figure B);
– pompe à chaleur split air / eau (installation split,
figure C).
18
2. Pompes à chaleur
La pompe à chaleur eau / eau avec échangeur
d’étable (collecteur) est reliée à la source de chaleur
«froide» (étable) par une conduite transportant le
fluide caloporteur eau-glycol. Ce type d’installation
est approprié si une certaine distance sépare la
source de chaleur de la pompe. Le coefficient de
performance de l’installation est affaibli par la chute
de température dans l’échangeur, chute de tempé-
rature nécessaire pour transmettre la chaleur entre
l’air de l’étable et le glycol. Une pompe à chaleur
normale de série peut être utilisée, car il n’y a pas
de danger particulier lié à la corrosion.
Habitation
Etable
WP
Conduite à distance
(eau-glycol)
A: Récupération de la chaleur d’une étable à l’aide d’une pompe à chaleur eau / eau avec échangeur de chaleur
19
2. Pompes à chaleur
La pompe à chaleur compacte air / eau peut être ins-
tallée directement dans l’étable ou dans un local
voisin. Elle peut travailler en recyclage ou avec l’air
extrait. En cas d’installation dans l’étable, il faut por-
ter une attention particulière au choix des maté-
riaux de toute la machine à cause de l’atmosphère
extrêmement corrosive qui y règne. Si la pompe à
chaleur est placée dans un local annexe, ces pré-
cautions ne concernent que les composants de l’ins-
tallation exposés directement à l’atmosphère de
l’étable.
Habitation
Etable
WP
B: Pompe à chaleur air d’étable / eau à évaporation directe (installation compacte)
20
2. Pompes à chaleur
La pompe à chaleur split air / eau peut fonctionner
aussi bien en recyclage qu’avec l’air extrait du local
d’élevage. Dans une construction split, l’évapora-
teur de la pompe à chaleur est séparé de la pompe
elle-même (compresseur, condenseur et déten-
deur) et est placé dans l’étable pour récupérer direc-
tement la chaleur de la source froide. Il est relié à la
pompe par des conduites transportant le fluide fri-
gorigène. La distance séparant l’évaporateur du
compresseur ne devrait pas dépasser 50 m.
Les conduites transportant du fluide frigorigène
sont non seulement plus coûteuses que celles
transportant du glycol mais plus sujettes à des pro-
blèmes d’étanchéité. En cas de fuite, la totalité du
fluide frigorigène peut être rapidement perdue.
Pour des raisons écologiques, ce type d’installation
ne devrait plus être réalisé.
Habitation
Etable
Conduite à distance
(fluide frigorigène)
C: Pompe à chaleur split air d’étable / eau, avec évaporation directe dans l’étable (installation split)
21
2. Pompes à chaleur
Récupération de chaleur par recyclage de l’air 2.2.2 Récupération de chaleur
par recyclage d’air
Pour la récupération de chaleur par recyclage, l’air
de l’étable est refroidi en passant à travers l’évapo-
rateur de la pompe à chaleur et en le réinjectant
dans le local d’élevage. Le refroidissement de l’air
provoque la condensation de la vapeur d’eau et de
l’ammoniaque qu’il contient, ce qui diminue son
humidité et améliore la qualité climatique de
l’étable.
L’air recyclé est refroidi de 5 à 8°C et jusqu’à
2 grammes d’eau par m3 d’air sont condensés.
Ce procédé, qui refroidit l’air de l’étable, ne peut être
adopté que dans des élevages où il y a excédent de
chaleur. Ce qui est le cas des étables où la tempé-
rature est basse, c’est-à-dire où les pertes par trans-
mission sont faibles. La récupération de chaleur à
partir d’air recyclé est en particulier adaptée pour
L’air est refroidi dans un échangeur de chaleur puis réin- les étables à bovins.
jecté dans l’étable
Un canal séparé est nécessaire pour amener l’air
frais (par exemple par gravité dans une étable).
Celui-ci sera dimensionné pour que la teneur en
CO2 ne dépasse pas 0,35 % (pointes horaires
jusqu’à 0,5%). Comme une partie de la vapeur
d’eau contenue dans l’air est condensée dans l’éva-
porateur de la pompe à chaleur, l’humidité ne pose
Récupération de chaleur de l’air extrait pas de problème particulier dans ce type d’étables.
2.2.3 Récupération de la chaleur
de l’air extrait
Dans les locaux d’élevage où la température est éle-
vée (par exemple porcheries et élevages de volaille),
la récupération de la chaleur de l’air extrait est appli-
quée, car elle permet de prélever une quantité plus
élevée de calories. Pour les locaux caractérisés par
un déficit thermique et qui doivent de toute façon
être chauffés, il est judicieux d’envisager l’installa-
tion d’échangeurs de chaleur (voir chapitre 3).
L’air extrait des locaux d’élevage est refroidi d’envi-
ron 5°C avant d’être rejeté dans l’atmosphère.
Comme ce procédé ne traite que l’air extrait, il n’a
pas d’influence sur le climat intérieur.
La récupération de la chaleur de l’air extrait est sur-
L’air extrait de l’étable ou du local d’élevage est évacué tout utilisée dans les porcheries. L’évaporateur de
dans l’atmosphère après avoir été refroidi dans un échan- la pompe à chaleur est généralement directement
geur de chaleur installé dans le flux de l’air extrait.
22
2. Pompes à chaleur
Il est également possible de combiner la récupéra-
tion de chaleur à partir de l’air recyclé avec la récu-
pération à partir de l’air extrait.
2.3 Coefficient
de performance
et flux d’énergie
2.3.1 Coefficient de performance annuel β
Wh/m3
Le coefficient de performance annuel β ainsi que le 8
coefficient performance ∈ sont les paramètres déci-
sifs pour la planification d’une installation avec
pompe à chaleur. Refroidissement 10 °C
6
Le coefficient performance annuel β (coefficient
moyen de la PAC) est le rapport entre l’énergie utile 8 °C
fournie par l’installation et la totalité de l’énergie
facturée durant une année. Un coefficient de 3 signi-
4
fie que pour un kWh d’électricité acheté 3 kWh 6 °C
seront produits sous forme de chaleur.
Pour calculer correctement ce bilan, il convient
2 4 °C
d’ajouter à la consommation du compresseur de la
pompe à chaleur elle-même celle de tous les auxi-
liaires, soit: ventilateurs, pompes, chauffage du corps
du compresseur, régulation. L’énergie consommée
par la pompe de circulation du circuit de chauffage 0
de l’utilisateur n’est pas considérée. 10 12 14 16 18 20 °C
Température dans le local d'élevage
Le coefficient de performance annuel β est fonction
de la température de la source de chaleur (source
Chaleur récupérée en fonction de la température et du
«froide») et de celle du circuit de chaleur de l’utili- taux de refroidissement de l’air d’un local d’élevage
sateur. Le coefficient de performance est d’autant
plus grand que la température de la source «froide»
est élevée et que celle de l’utilisateur est basse.
Exprimé autrement: ce coefficient est d’autant plus
élevé que la différence entre sources «froide» et
«chaude» (utilisateur) est faible. Enfin, la qualité et
le dimensionnement correct des composants et
auxiliaires de l’installation peut influencer fortement
le coefficient de performance annuelβ.
Le coefficient de performance β d’une installation à
pompe à chaleur est indiqué dans le tableau ci-
contre pour différentes températures d’étable et du
circuit d’utilisation de la chaleur.
23
2. Pompes à chaleur
Le coefficient de performance ∈ correspond à la
Température au départ du circuit de chauffage
de l’utilisateur
valeur instantanée du coefficient de performance
annuel β. Dans ce cas, la consommation des auxi-
Température 40°C 45°C 50°C 55°C liaires n’est pas considérée. Comme dans les appli-
moyenne de cations liées à l’agriculture les températures des
l’étable sources «froides» ne varient pas fortement pendant
la saison de chauffe (par comparaison avec une
5°C 2,9-3,2 2,6-2,9 2,3-2,6 2,0-2,3 pompe à chaleur utilisant la chaleur de l’air exté-
rieur), le coefficient de performance ∈ ne diffère pas
10°C 3,2-3,6 1,9-3,2 2,6-2,9 2,3-2,6 fortement du coefficient de performance annuel β.
15°C 3,6-4,0 3,2-3,6 2,9-3,2 2,6-2,9
20°C 4,0-4,4 3,6-4,0 3,2-3,6 2,9-3,2
25°C 4,4-4,8 4,0-4,4 3,6-4,0 3,2-3,6
Coefficients de performance annuels β d’une installation
de chauffage par pompe à chaleur en fonction de la tem-
pérature moyenne de l’étable et de la température de
départ du circuit de chauffage. les valeurs inférieures sont
valables pour des installations avec circuits auxiliaires à
échangeurs de chaleur (installations avec circuits au gly-
col), les valeurs supérieures pour les installations à
échange direct sur l’évaporateur
Coefficient de performance annuel β
(valable pour une période, par exemple une année)
Energie utile
β = —————————
Energie facturée
Exemple:
Energie utilisée dans
une ferme: 24000 kWh
Energie facturée
(électricité): 6667 kWh
Coefficient de performance
annuel β: 3,5
24
2. Pompes à chaleur
2.3.2 Flux d’énergie
Il est utile de considérer le processus de la pompe Chaleur
Energie 85%
à chaleur en fonction de la consommation d’éner- primaire
100% utilisable
gie primaire. La figure A montre qu’un chauffage
conventionnel au mazout valorise environ 85 % de 15%
l’énergie primaire. Energie
perdue
La figure B montre que la production d’électricité
par une centrale thermique, au charbon ou
nucléaire par exemple, ne valorise qu’un tiers envi- A: Production conventionnelle de chaleur (chauffage à
mazout)
ron de l’énergie primaire, alors que les deux tiers
restant ne sont pas, ou peu utilisés dans la majorité
Chaleur de
des centrales. Contrairement au chauffage élec- l'environnement
trique direct, ces deux tiers peuvent être «récupé-
rés» par l’utilisation d’une pompe à chaleur.
67%
Dans une centrale hydroélectrique, l’énergie pri-
maire est nettement mieux utilisée. Pour avoir une Centrale
thermique Chaleur
utile 100%
idée plus nette de la situation, il importe de savoir
que 60 % de l’électricité sont produits en Suisse par 33 %
voie hydraulique et 40 % par des centrales ther-
miques (en majorité nucléaires). 100% Energie Pompe à chaleur
primaire
Des unités de production chaleur-force, couplées à
des pompes à chaleur sont à même de produire 67%
50 % plus d’énergie utile par rapport à l’énergie pri-
maire consommée (figure C). Du point de vue effi-
cacité, le moteur diesel est supérieur au moteur à Chaleur
perdue
allumage (type moteur à essence). Du point de vue
émission de produits polluants, c’est le contraire.
Les deux techniques rejettent cependant plus de B: Flux d’énergie d’une pompe à chaleur électrique uti-
produits polluants qu’une pompe à chaleur élec- lisant de l’électricité produite par voie thermique
trique utilisant de l’électricité produites aux condi-
tions suisses actuelles.
Pertes gaz
d'échappement
8%
Energie Chaleur refroidis-
100% 62% sement moteur
primaire
30% Chaleur 152%
utile
Energie
mécanique
60%
Chaleur de
l'environnement
C: Flux d’énergie d’une pompe à chaleur entraînée par
un moteur à combustion interne à gaz avec récupéra-
tion de chaleur (groupe chaleur-force)
25
2. Pompes à chaleur
2.4 Matériaux
2.4.1 Pompe à chaleur
La résistance à la corrosion des matériaux utilisés
pour la fabrication des machines utilisées dans des
exploitations agricoles doit être bien plus élevée
que pour des appareils d’usage courant. Ceci
concerne aussi les pompes à chaleur.
D’une manière générale, il est possible de maîtriser
les problèmes liés à la corrosion par un choix adé-
quat du matériau ou du revêtement de protection.
Les appareils installés dans des porcheries ou des
poulaillers sont soumis, du fait de la teneur élevée
de l’air en hydrogène sulfuré, ammoniaque et pous-
sières, à des conditions plus sévères que ceux ins-
tallés dans des étables à bovins.
2.4.2 Boîtiers et capots
L’utilisation de tôle d’acier zinguée, recouverte
d’une couche supplémentaire de laque, a donné de
bons résultats pour les boîtiers et capots de pompes
à chaleur.
2.4.3 Ventilateurs
Des ventilateurs radiaux en tôle d’acier zinguée sont
le plus souvent utilisés. Si les roues sont dotées
d’aubes serrées et que l’air n’est pas suffisamment
filtré, la poussière s’y dépose et s’y accumule, ce qui
conduit à un déséquilibre et des dommages aux
paliers. Il est vivement recommandé de recouvrir
les roues d’une couche de laque supplémentaire.
Les ventilateurs axiaux sont moins sensibles à la
poussière. Les roues en aluminium devraient elles
aussi recevoir une couche de peinture. De bons
résultats ont été obtenus avec des roues en plas-
tique.
2.4.4 Evaporateurs
Les évaporateurs traditionnels fabriqués en tubes
de cuivre avec lamelles d’échange thermique en
aluminium ne devraient pas être utilisés dans
l’atmosphère d’une étable ou d’un local d’élevage
car ils sont exposés à la corrosion par l’ammo-
26
2. Pompes à chaleur
niaque et le soufre; ceci bien que quelques cas où
leur utilisation n’a pas posé problème soient
connus. Comme protection minimale contre la cor-
rosion, les lamelles d’aluminium devraient recevoir
un revêtement plastifié ou une laque, si possible
avant leur montage sur les tubes.
Les évaporateurs réalisés entièrement en cuivre
(tubes et lamelles) sont soumis à corrosion par
combinaison d’eau de condensation avec les com-
posants sulfurés et l’ammoniaque contenus dans
l’air. Une protection satisfaisante est obtenue par
laquage ou zingage par trempage, pour autant que
l’épaisseur de la couche soit suffisante.
Une meilleure protection est obtenue si tubes et
lamelles sont revêtus d’une laque déposée par élec-
trophorèse après leur assemblage. De cette
manière, l’eau de condensation chargée de produits
corrosifs ne peut pas s’introduire en lamelle et tube.
Pour permettre leur nettoyage par jet d’eau sous
haute pression, les lamelles seront suffisamment
rigides (épaisseur minimale 0,4 mm).
La solution la plus sûre, mais aussi la plus coûteuse,
consiste à réaliser l’évaporateur en acier inoxydable
résistant aux acides (chrome-nickel-molybdène). Le
coefficient d’échange thermique de ce matériau est
cependant moins bon; il en résulte une augmenta-
tion de la surface d’échange, avec légère diminu-
tion du coefficient d’amplification annuel, due à
l’augmentation des pertes de charge de la ventila-
tion et de la température d’évaporation plus basse.
2.4.5 Commande et régulation électriques
Bien que les armoires contenant les appareils de
commande et de régulation offrent une certaine
protection contre l’atmosphère agressive d’une
étable, il est préférable de les placer à l’extérieur.
2.4.6 Echangeur de chaleur d’étable
(collecteur)
Les matériaux suivants ont fait leurs preuves pour
la construction d’échangeurs de chaleur d’étables:
tôles d’aluminium laquées, plaques en plastique,
registres ou torches en tuyaux de matière synthé-
tique. L’acier inoxydable est approprié, mais très
coûteux. Il est bon de garder à l’esprit que les coef-
ficients de transmission de chaleur de l’acier inoxy-
dable et du plastique sont moins favorables. Mais
27
2. Pompes à chaleur
il est plus important que le matériau choisi soit
résistant à un nettoyage périodique énergique.
2.4.7 Canaux de ventilation
Les canaux de ventilation sont réalisés dans les
matériaux suivants: tôle d’acier zingué, plaques de
bois, ciment, plâtre ou mousse de polyuréthanne
avec revêtement aluminium. Des feuilles ou tubes
en plastiques sont également utilisés, de même que
des tuyaux flexibles renforcés par spirale ou treillis
métallique. Les matériaux non combustibles auront
la préférence.
Les canaux seront courts et faciles à nettoyer. Leur
sortie sera conçue de manière à ce que les animaux
Echangeur de chaleur à recyclage, monté à un emplace- ne soient pas exposés à des courants d’air. La
ment peu favorable pour le nettoyage vitesse de l’air y sera limitée pour des raisons éner-
gétiques (maximum 4 m / s)
2.4.8 Nettoyage
L’air d’une étable est plus ou moins chargé de pous-
sières selon le type d’animal, leur alimentation et le
mode d’élevage. Ces poussières se déposent dans
l’échangeur de chaleur de l’évaporateur et y for-
ment, en liaison avec l’eau de condensation, une
pâte collante.
Un nettoyage périodique des échangeurs est donc
nécessaire, ce qui est le plus souvent réalisé à l’aide
d’une pompe à haute pression. Il est donc impor-
tant que l’échangeur soit facilement accessible et
placé à un endroit où il est possible de gicler de l’eau
sans inconvénients. L’intervalle entre nettoyages
est de deux à trois semaines.
Pour protéger les échangeurs à évaporation directe,
un filtre est installé sur l’entrée d’air. Des nattes fil-
Echangeur de chaleur à recyclage, monté à un emplace- trantes retiennent la poussière, ce qui permet de
ment favorable pour le nettoyage diminuer la fréquence des nettoyages à deux ou
trois fois par année. Les nattes filtrantes devront
elles être changées et lavées une à deux fois par
semaine (au jet à la main ou avec machine à laver).
Des laveurs intégrés (par exemple des buses de net-
toyage) n’ont pas donné, dans nombre de cas, les
résultats escomptés, car la pression de l’eau y est
insuffisante pour décoller la pâte collée sur les
lamelles. De plus, les buses peuvent se colmater si
l’eau est calcaire.
28
2. Pompes à chaleur
2.5 Utilisation de la chaleur
2.5.1 Introduction
Le chauffage de l’habitation représente l’utilisation
principale de la chaleur produite, car c’est là que se
trouvent les plus gros besoins d’une exploitation
agricole.
Pour le chauffage de l’habitation, des pompes à cha-
leur utilisant la chaleur de l’étable sont utilisées en
fonctionnement monovalent. Ceci signifie que la
pompe à chaleur est le seul producteur de chaleur;
il n’y a pas de chauffage d’appoint.
Au contraire des pompes à chaleur travaillant avec
l’air extérieur, la température de la source de cha-
leur (air de l’étable) est relativement constante et
assez élevée toute l’année, ce qui assure un bon
coefficient d’amplification annuel.
D’autres possibilités d’utilisations sont la prépara-
tion d’eau chaude sanitaire et le chauffage des
maternités. Les pompes à chaleur ne servent pas
pour le séchage du foin, car la puissance à disposi-
tion est trop faible.
2.5.2 Besoins en chaleur d’une habitation
Les besoins en chaleur d’une habitation peuvent
Puissance de
être estimés à l’aide de la puissance spécifique chauffe spécifique Type d’habitation
(W/m2), voir tableau. Ces valeurs sont en particu-
lier fonction de la taille, de la situation et de la qua- 80 ... 100 W / m2 fermes anciennes
lité de l’isolation du bâtiment. La valeur de réfé-
rence considérée est la surface au sol du volume 60 ... 80 W / m2 maisons d’habitation
chauffé, somme de la surface des étages habités. isolées de façon
conventionnelle
La puissance de la pompe à chaleur est calculée en
multipliant la puissance spécifique par la surface 30 ... 50 W / m2 maisons d’habitation
bien isolées
chauffée. Il n’est pas recommandé de prévoir de la
réserve lors du dimensionnement, car un surdi- Puissance de la pompe à chaleur =
mensionnement d’une pompe à chaleur s’avère surface chauffée x puissance de chauffe spécifique
coûteux.
Des valeurs plus précises peuvent être obtenues
pour des bâtiments existants lorsque la consom-
mation d’énergie est connue. Le diagramme donne
des valeurs indicatives concernant un chauffage à
mazout avec et sans préparation d’eau chaude:
grossièrement, la puissance de la pompe à chaleur
peut être estimée en multipliant par quatre la
consommation annuelle de mazout en m3.
29
2. Pompes à chaleur
(Exemple: consommation annuelle de mazout
= 3000litres = 3 m3,
Puissance de la pompe à chaleur = 3 x 4 = 12 kW)
Ces techniques d’évaluation sont valables pour des
avant-projets. Avant l’exécution, la puissance ther-
mique devra être impérativement calculée selon les
normes SIA 384 / 2.
2.5.3 Distribution de la chaleur
Puissance d’une pompe à chaleur Une pompe à chaleur travaille d’autant mieux que
la température de départ est basse; elle ne devrait
pas dépasser 50°C.
kW kW
40 32 La chaleur peut être distribuée dans les locaux
chauffés par un chauffage au sol ou par des radia-
teurs à basse température. Le chauffage au sol peut
travailler avec la température de départ la plus
basse tandis les radiateurs peuvent mieux être
30 24
réglés en fonction des apports de chaleur extérieurs
(par exemple ensoleillement). La combinaison des
deux systèmes dans le même circuit de distribution
de chaleur est possible.
Des problèmes peuvent apparaître lorsque l’on
20 16 passe d’un chauffage conventionnel à mazout ou à
bois à l’utilisation d’une pompe à chaleur. Il est alors
nécessaire de contrôler si les radiateurs existants
peuvent distribuer suffisamment de chaleur aux
locaux si la température de départ est de 50°C. Si
8 ce n’est pas le cas, il faut ajouter des radiateurs ou
10
améliorer l’isolation thermique de l’enveloppe du
bâtiment.
2.5.4 Accumulateur de chaleur
0
0 20'000 40'000 60'000 80'000 kWh Les pompes à chaleur peuvent être utilisés avec ou
sans accumulateur de chaleur. Un accumulateur
n’est pas nécessaire si le circuit de chauffage à une
Consommation annuelle de chaleur inertie thermique suffisante et qu’un débit constant
d’eau chaude y circule (par exemple pas de vannes
Puissance de chauffe (zone foncée) d’une pompe à cha-
leur en fonction de la consommation annuelle d’un chauf-
thermostatiques). Par exemple le chauffage au sol,
fage à mazout ou à gaz (limite gauche:pompe à chaleur dont la capacité thermique permet d’éviter des
sans préparation d’eau chaude sanitaire, limite droite: enclenchements et déclenchements fréquents de la
pompe à chaleur avec préparation d’eau chaude sani- pompe à chaleur.
taire)
Pour obtenir une solution optimale du point de vue
de l’hydraulique et de la régulation, il est préférable
d’installer un (petit) volume d’eau chaude tampon.
Grâce à ce volume, la durée de fonctionnement de
la pompe à chaleur entre arrêts est plus longue, ce
30
2. Pompes à chaleur
qui se répercute positivement sur la durée de vie de
la machine. Il est important que l’accumulateur soit
hydrauliquement découplé du circuit de distribu-
tion de chauffage afin d’éviter des circulations para-
sites de l’eau.
Un accumulateur journalier n’est pas recommandé:
le volume d’eau serait trop important pour une
accumulation jour/nuit si l’on considère les faibles
différences de température en jeu. Si la pompe à
chaleur ne fonctionnait que durant la période à bas
tarif (nuit), l’étable ne serait pas déshumidifiée la
journée. D’autre part il est à prévoir que le bas tarif Commande et régulation d’une pompe à
sera de moins en moins appliqué dans le futur, ce chaleur
qui rendra cette solution financièrement moins inté-
ressante.
TVL
2.5.5 Régulation
Sur les installations de chauffage sans accumula- WP WNA
tion, une régulation de la température de départ en Ta
fonction de la température extérieure est générale-
ment prévue. Durant les périodes de fonctionne-
ment à charge partielle, la puissance délivrée par la
pompe à chaleur doit pouvoir être diminuée, le
débit d’eau dans le circuit de chauffage restant
constant. Dans les petites installations, un régula- PI
Ta
teur tout ou rien (arrêt / marche) sera adopté, le
nombre de cycles d’enclenchements / déclenche-
ments étant limité par l’adoption d’un circuit de dis- TVL
tribution de chaleur à inertie suffisante (par
exemple chauffage au sol).
encl.
Le réglage d’installations dotées d’un accumula- Acc.
de
WP WNA
teur est relativement compliqué. Une température chaleur
constante de l’accumulateur permet de simplifier décl.
la régulation et le fonctionnement, mais conduit à
des coefficients de performance annuels légère-
ment plus faibles. Dans ce cas, le débit à travers le
circuit de distribution de chaleur peut être variable
(autorisant l’utilisation de vannes thermostatiques).
En haut: sans accumulateur, circuit de distribution de
chaleur avec grande inertie thermique
2.5.6 Eau chaude sanitaire En bas: avec accumulateur de chaleur, utilisable avec tout
système de distribution de chaleur
L’eau chaude sanitaire peut être produite par le sys- Un coefficient de performance annuel encore meilleur
tème de chauffage ou séparément (pompe à cha- sera obtenu par réglage de la température de condensa-
tion de la pompe à chaleur en fonction de la température
leur ou boiler électrique). Lorsqu’une pompe à cha- extérieure
leur produit l’eau chaude, le boiler n’est chauffé que
durant certaines périodes, la température au départ WP = pompe à chaleur
de la pompe à chaleur étant réglée à la valeur maxi- WNA = utilisateur de chaleur
mum admissible (55°C). Entre ces périodes, la Ta = température ambiante
pompe à chaleur travaille à une température infé- TVL = température circuit chauffage
31
2. Pompes à chaleur
rieure en fonction de la courbe de chauffe deman-
Besoins en énergie de chauffage de maisons
dée. Si une température supérieure à 55 °C est
familiales en MJ / m2a
demandée, le tiers supérieur du boiler sera équipé
Constructions Valeur Constructions- d’un corps de chauffe électrique pour assurer
existantes normale neuves l’appoint.
(état 1988) (rénov.)
L’eau chaude sanitaire peut également être pro-
duite par la pompe à chaleur en dehors de la
Chauffage y période de chauffage. Dans ce cas, la pompe à cha-
compris eau leur sera mise en service une à deux fois par jour
chaude pour chauffer le boiler. Cette manière de faire a
sanitaire 485 400 340
l’avantage de faire fonctionner le compresseur
régulièrement et peut éviter des ennuis dus à un
Chauffage
arrêt prolongé de la machine.
sans eau
chaude
sanitaire 425 340 280
2.5.7 Besoins annuels en énergie
Besoins en énergie de chauffage avec / sans prépara-
tion d’eau chaude sanitaire selon norme SIA 380 / 1. Les besoins annuels en énergie de chauffage peu-
vent être estimés à partir de la consommation
actuelles (constructions existantes) ou sur la base
Exemple de frais d’investissements de l’indice énergétique du bâtiment. La tabelle ci-
(base prix 1990) contre indique les besoins en énergie de maisons
familiales. Les valeurs sont rapportées à la surface
habitée, et les besoins en énergie se calculent en
Pompe à chaleur air d’étable/ eau L15 / W50, multipliant celles-ci par la surface. La consomma-
Puissance thermique 14 kW tion annuelle prévisible de la pompe à chaleur se cal-
Puissance électrique 4 kW cule en divisant les besoins énergétiques par le coef-
Pompe à chaleur avec évaporateur et
ficient de performance annuel (1 MJ = 0,28kWh).
condenseur pour chauffage et prépara-
tion d’eau chaude, y compris tableau de
commande et de surveillance et
dégivrage automatique: Fr. 21 000.–
35 m conduite de transport de chaleur
2.6 Frais d’investissement
(posée) Fr. 3500.– et d’exploitation
Canaux d’air d’amenée et de retour, 2.6.1 Frais d’investissement
isolés, pour fonctionnement en
recyclage (posés) Fr. 3500.–
L’investissement nécessaire pour l’installation
Accumulateur (750 l), régulation en
d’une pompe à chaleur varient fortement en fonc-
fonction de la température extérieure, tion des conditions locales. Aux frais pour la
pompe de charge avec sa régulation Fr. 3200.– pompe, il faut ajouter ceux nécessaires pour la récu-
pération de chaleur (canaux de ventilation) et le
Boiler de 300 l avec thermostat et transport de la chaleur jusqu’à l’utilisateur, fonction
pompe de charge Fr. 3250.– de l’éloignement de ce dernier de l’étable.
Mise en service Fr. 1120.– Les frais d’investissement pour une installation à
pompe à chaleur dans la gamme de puissance 10 à
Total Fr. 35 570.– 20 kW sont de l’ordre de Fr. 35000.– à Fr. 45000.–.
Ne sont pas compris dans ce prix: travaux de maçon-
La répartition des frais pour les différents compo-
nerie, électricité, raccordement au système de chauf-
fage central existant de la maison d’habitation. sants de l’installation est donnée dans le tableau ci-
contre.
32
2. Pompes à chaleur
2.6.2 Frais d’exploitation
Exemple de calcul des frais annuels
d'électricité
Les frais d’exploitation se subdivisent en frais
d’achat d’électricité et ceux consacrés à l’entretien
et aux révisions. Habitation: Surface chauffée 180 m2
Besoins spécifiques 400 MJ / m2 a
Les frais d’électricité sont calculés en connaissant
la consommation de la pompe à chaleur (cha- Pompe
pitre2.5.7) et les tarifs de vente. Pour les pompes à à chaleur: Puissance de chauffe 10 kW
chaleur travaillant sans accumulateur, la part du Coefficient de performance annuel 3,5
Part tarif de jour dans la consommation
courant de jour atteint le 60 à 80 % de la consom-
60%
mation totale. Avec un accumulateur journalier, Prix tarif de jour 18 cts / kWh
cette part se réduit à 30 à 40 %. Le bas tarif nocturne Prix tarif de nuit 10 cts / kWh
et du week-end devrait être de moins en moins
appliqué dans le futur et nombre de communes Besoins totaux en chaleur: 400 x 180 = 72000 MJ
appliquent déjà maintenant un tarif unique durant
l’hiver. Lors du calcul du coût de l’électricité, il Consommation électrique de la pompe à chaleur:
convient également de tenir compte des taxes de 72 000 : 3,5 = 20600 MJ = 5714 kWh
base et de puissance. Tarif de jour: 5714 x 60% x 18 = Fr. 620.–
Tarif de nuit: 5714 x 40% x 10 = Fr. 230.–
Les frais d’entretien et de révision d’une pompe à Coût annuel d’électricité : Fr. 850.–
chaleur sont estimés à 1,5 % de l’investissement;
frais auxquels il faut ajouter ceux consacrés au net- Les frais d’achat d’énergie d’une installation de chauf-
toyage de l’évaporateur et au changement éventuel fage au mazout pour couvrir les mêmes besoins attei-
du filtre. Une demi-heure par semaine devrait suf- gnent également Fr. 850.– pour un prix de combustible
fire pour ces travaux. de Fr. 40.– par 100 kg.
2.7 Planification
La planification d’une installation à pompe à cha-
leur touche à différents domaines qui sont interdé-
pendants. Pour la récupération de chaleur, des
connaissances concernant le climat d’étable, les
systèmes de ventilation ainsi que les pompes à cha-
leur sont nécessaires. Pour l’utilisation de la cha-
leur, le bâtiment devra être examiné du point de vue
énergétique et des compétences en chauffage cen-
tral sont également demandées.
En conséquence, la planification d’une installation
à pompe à chaleur, spécialement pour la récupéra-
tion de la chaleur d’une étable, requiert un soin par-
ticulier. Ce travail devra être impérativement réalisé
par un spécialiste en chauffage.
Le présent manuel donne des connaissances de
base pour permettre la réalisation d’un avant-pro-
jet dans le cadre d’une exploitation nouvelle ou
existante.
33
2. Pompes à chaleur
Calcul bilan thermique Calcul besoins ther- L’incitation pour la réalisation éventuelle d’une telle
étable et puissance pos- miques de l’habitation installation sera donnée au moment où une nou-
sible de la pompe à cha- (chapitre 2.5.2) velle étable, une nouvelle habitation ou l’assainis-
leur (logiciel informa- sement d’un chauffage existant est examinée.
tique annexé) L’amélioration du climat d’une étable ou d’un local
d’élevage est également une raison suffisante pour
en examiner l’opportunité.
Comparaison offre de chaleur de récupération
avec besoins thermiques Dans une première étape, calculer le bilan ther-
mique de l’étable (à l’aide d’un ordinateur et du logi-
ciel informatique décrit dans l’annexe). Le bilan sera
calculé pour la température extérieure minimale en
Estimation des frais d’investissement
et de fonctionnement (chapitre 2.6) utilisant les données climatiques générales concer-
nant les élevages. En tenant compte de l’état actuel
des connaissances, une teneur en CO2 de 0,5 %
dans l’atmosphère de l’étable peut être admise.
Comparaison avec d'autres systèmes de chauffage Pour les étables dont la température ambiante est
et décision provisoire
inférieure à 15°C, la ventilation par recyclage sera
choisie tandis que pour les locaux d’élevage à tem-
pérature supérieure, la chaleur sera récupérée à
Etablissement du projet partir de l’air extrait. Le programme informatique
calcule la puissance de la pompe à chaleur en fonc-
tion du coefficient d’amplification annuel.
Décision définitive La deuxième étape consistera à calculer ou estimer
les besoins thermiques de l’habitation et d’éven-
tuels autres consommateurs de chaleur (chapitre
2.5.2).
Phase d’exécution, mise en service et réception
La comparaison entre ces deux résultats montrera
si l’offre de chaleur par récupération permet de cou-
vrir les besoins lorsque la température extérieure
est minimale. Si cela n’est pas le cas, il conviendra
d’examiner différentes possibilités d’améliora-
tions: par exemple augmentation de l’offre de cha-
leur par meilleure isolation de l’étable, diminution
de la consommation par meilleure isolation de
l’habitation, chauffage d’appoint.
En troisième étape, les frais d’investissement
seront estimés (chapitre 2.6) ou évalués sur la base
d’offres. Il s’agira d’établir les coûts de l’ensemble
de l’installation, en particulier ceux des canaux de
ventilation, des conduites de transport de l’eau
chaude et du fluide frigorigène y c. les travaux de
fouille et de maçonnerie ainsi que le raccordement
et les modifications du système de chauffage exis-
tant. Il est important d’examiner à ce stade l’empla-
cement optimal de l’évaporateur du point de vue
accès et nettoyage.
Les frais d’achat d’électricité seront calculés sur la
base du coefficient d’amplification annuel de la
pompe à chaleur et des tarifs du distributeur local
34
2. Pompes à chaleur
(chapitre 2.6). Les frais d’entretien y seront ajoutés.
Ceux-ci comprennent les coûts annuels pour le
contrôle et la révision de la pompe à chaleur de
même que le nettoyage de l’échangeur et le rem-
placement éventuel du filtre.
Les frais d’investissement et de fonctionnement
seront ensuite comparés avec les coûts d’autres
systèmes de chauffage (par exemple bois ou
mazout). D’autres critères pourront être considérés
pour une sélection provisoire: besoins en place,
amélioration du climat de l’étable, effets écolo-
giques.
Si l’évaluation préliminaire conduit à une décision Critères déterminants pour le choix
positive, il est alors possible d’établir un projet défi- d’une pompe à chaleur
nitif. Pour ce faire il est recommandé d’engager un
spécialiste en chauffage qui sera chargé d’établir un – Récupération de chaleur de l’air recyclé ou de l’air
projet détaillé accompagné d’offres permettant le extrait
calcul définitif des frais pour l’ensemble de l’instal- – Evaporateur à échange direct ou à échangeur de
lation. Les détails d’exécution seront examinés à ce chaleur
moment, en particulier l’utilisation de l’énergie – Emplacement optimal pour l’entretien et le net-
dans l’habitation. Sur la base de ce projet, le maître toyage
d’œuvre pourra prendre une décision définitive.
La dernière étape concerne l’exécution avec com-
paraison des offres, adjudication, conduite des tra-
vaux et mise en service. Pour une installation à
pompe à chaleur, il est important que la responsa-
bilité pour l’ensemble de l’installation soit portée
par une seule personne (ingénieur ou technicien
spécialisé). Ce point doit être précisé dans le contrat
d’entreprise. Cette personne organise aussi la
réception, la remise de l’installation au maître de
l’ouvrage ainsi que la formation de l’exploitant. Il
est indispensable qu’un protocole de réception soit
Contenu d’une documentation
étable, afin que les performances garanties par le
pour le maître d’œuvre
fournisseur soient contrôlées. En cas de problème
ultérieur, ce protocole pourra être utile pour établir – Protocole de réception avec résultats mesurés
un diagnostic. L’expérience à montré que très sou- – Instructions de service et d’entretien
vent la régulation des pompes à chaleur est mal – Contrat d’entretien
adaptée au système de chauffage de l’utilisateur. Il – Dossier de calcul (par ex. besoins thermiques de
est donc important que le responsable du projet l’habitation)
assure un suivi de l’installation pendant au moins – Protocoles vides à remplir pour contrôle régulier
une année pour effectuer les mises au point néces- par l’exploitant
saires.
35
2. Pompes à chaleur
Bilan thermique (à -13°C) 2.8 Exemples d’installations
Paramètre de la ventilation 0,35% 0,5%-CO2
Débit d’air (m3 / h) 1120 760 2.8.1 Etables pour vaches ou bovins
Chaleur sensible (W) 16870 16870
Pertes de chaleur par d’élevage
transmission (W) -5300 -5300
Pertes de chaleur par Une vache de 500 kg produit une puissance calori-
ventilation (W) -8440 -5740 fique d’un bon kW, dont les trois quarts sous forme
Excédent de chaleur (W) 3130 5830
de chaleur sensible et un quart sous forme de cha-
Puissance thermique leur latente (vapeur d’eau) en hiver. Cette chaleur
pompe à chaleur (W) 4700 8750 est disponible à une température de 10 à 15 °C. Ce
sont là des conditions idéales pour une pompe à
La maison d’habitation peut être chauffée si l’on admet une chaleur.
teneur maximale en CO2 de 0,5%.
A température extérieure minimale de -13°C, le débit d’air Dans la plupart des cas, des pompes à chaleur tra-
recyclé atteint 1500 m3 / h (moyenne sur 24heures). La con- vaillant avec l’air recyclé sont installées dans les
densation produit 2,5 litres d'eau par heure. écuries à bovins pour en récupérer la chaleur excé-
dentaire et l’humidité. L’air recyclé y est refroidi
d’environ 6 à 7°C. Pour maintenir la teneur en CO2
à un niveau inférieur à 0,35 % (pointes horaires
jusqu’à 0,5 %), de l’air frais est introduit par venti-
lation naturelle ou forcée.
Départ
chauffage Canal souple Exemple d’une étable pour vaches
Retour Evaporateur air étable
chauffage Conduite fluide frigorène
Etable
Etable
Effectif d’animaux: 20 vaches de 600 kg
chacune
Chaleur disponible: 22 kW
Surface au sol de l’étable: 189 m2
Coefficient moyen de transmission
Local annexé à l'étable
Encombrement d'une de chaleur k du bâtiment: 0,7 W/ m2 K
pompe à chaleur
Température de l’étable: 10°C
Exemple d’une installation «split» avec évaporateur
Humidité relative dans l’étable: 80 %
direct pour récupération de chaleur à partir d’air recyclé Température extérieure minimale: -13°C
Pompe à chaleur
Coefficient de performance annuel: 3,0
Pompe à chaleur à recyclage d’air
Etable
Etable
Habitation
Surface chauffée: 170 m2
Besoins thermiques spécifiques: 50 W / m2
Puissance de chauffe: 8500 W
Canal en
plastique
Local annexé
à l'étable
Encombrement
pompe à chaleur
Exemple de pompe à chaleur compacte pour récupéra-
tion de chaleur d’air recyclé
36
2. Pompes à chaleur
2.8.2 Porcherie d’engraissement
Dans les porcheries d’engraissement, la chaleur est
généralement récupérée à partir de l’air extrait. La
température à l’intérieur du local varie entre 15 et
20°C, ce qui signifie qu’une plus grande quantité de
chaleur peut être récupérée par rapport à l’air recy-
clé. Un abaissement de température de 10oC per-
met un gain de chaleur d’environ 6 Wh par m3 d’air
extrait. Comme les gaz contenus dans l'atmosphère
d’un élevage de porcs sont plus nocifs, la récupé-
ration n’est en pratique réalisée qu’à l’aide d’échan-
geurs de chaleur en matières synthétiques. Les
échangeurs sont installés directement dans le cou-
rant d’air extrait au plafond du local (échangeurs à
convection naturelle). Le montage dans le courant
d’air extrait induit des pertes de charge supérieures,
donc une consommation électrique supérieure des
ventilateurs. L’échangeur à convection naturelle est
caractérisé par un coefficient d’échange thermique
plus faible et exige donc une plus grande surface.
Air extrait Habitation
par le faîte
ouvert
Echangeur
de chaleur
(double Départ Retour
rangée)
Récupération condensats
Pompe à chaleur
Local d'engraissement
Lit de sable
Conduites à distance
Chaudière à Stocker la chaleur Utiliser la chaleur
Collecter la chaleur Transport de la Elévation de combustible (accumulateur (préparation eau
chaleur température solide tampon) chaude et
(bois) chauffage)
Porcherie d’engraissement avec échangeurs de chaleur à convection naturelle dans l’air extrait (sans ventilateur)
37
2. Pompes à chaleur
Exemple d’une porcherie d’engraissement
Bilan thermique (à -13°C)
Paramètre de la ventilation 0,35% 0,5%-CO2 Local d’engraissement
Débit d’air (m3 / h) 807 764
Chaleur sensible (W) 10916 10916 Effectif d’animaux: 40 porcs d’engraissement de
Pertes de chaleur par 40 kg chacun
transmission (W) -3920 -3920 40 porcs d’engraissement de
Pertes de chaleur par 80 kg chacun
ventilation (W) -7207 -6826
Chaleur produite: 11,4 kW
Déficit / excédent de Surface du local d’engraissement: 108 m2
chaleur (W) -211 170 Valeur moyenne du coefficient k
Chaleur récupérée de
l’air extrait 4541 4301
du bâtiment: 0,6 W/m2 K
Puissance thermique Température du local: 15°C
pompe à chaleur (W) 6812 6451 Humidité relative de l’air: 75 %
Température extérieure minimale: -13°C
A température extérieure minimale la puissance four-
nie par la pompe à chaleur n’est pas suffisante pour Pompe à chaleur
chauffer l’habitation. Cette puissance couvre les Coefficient de performance annuel: 3,0
besoins à température extérieure de -4°C. Pompe à chaleur récupérant
la chaleur de l’air extrait
Le bilan thermique du local d’engraissement est pra-
tiquement équilibré à la température extérieure mini- Habitation
male. Ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire d’équi-
per le local d’un chauffage.
Surface chauffée: 170 m2
Besoins thermiques spécifiques: 50 W / m2
Puissance de chauffe: 8500 W
38
3. Echangeurs de chaleur
3. Echangeurs de chaleur
3.1 Introduction 41
3.2 Notions générales 41
3.3 Corrosion et encrassement 42
3.4 Systèmes d’échangeurs de chaleur 43
3.4.1 Echangeurs à plaques 43
3.4.2 Echangeurs de chaleur interconnectés par conduites 44
3.4.3 Echangeurs de chaleur en torche de tuyaux plastiques 45
3.4.4 Echangeurs rotatifs et conduites chauffantes 46
3.5 Dimensionnement d’installations à échangeurs de chaleur 46
3.5.1 Introduction 46
3.5.2 Calcul du débit d’air 47
3.5.3 Calcul de la puissance de l’échangeur de chaleur 48
3.5.4 Garantie/Réception 48
3.5.5 Service d’été 48
3.6 Rentabilité 49
3.6.1 Frais d’investissement et d’exploitation 49
3.6.2 Utilisation de la chaleur récupérée 49
3.7 Exemples d’installations 50
3.7.1 Elevage de porcs 50
3.7.2 Poulailler 51
39
3. Echangeurs de chaleur
3. Echangeurs de chaleur
3.1 Introduction Echangeur de chaleur pour bâtiment d’élevage
Les animaux dégagent de la chaleur et de l’humi-
dité sous forme de vapeur. Ces gaz doivent être éva- FOL
cués et remplacés par de l’air frais. Dans les éle-
vages de volailles et de porcelets, cet air frais doit
en outre être chauffé. Pour ce faire, les moyens sui-
vants sont à disposition :
– raccordement au chauffage central de l’habita-
tion par l’intermédiaire de conduites de chauf- WT
fage à distance ; AUL
– installation d’un chauffage indépendant (à mazout,
au gaz ou à l’électricité) ;
– installation d’un échangeur de récupération de ZUL ABL ZUL
chaleur sur la ventilation du local d’élevage.
Tant du point de vue énergétique qu’écologique,
l’échangeur représente la solution la plus ration-
nelle. Si il est bien construit et bien intégré au bâti-
ment d’élevage, il représente même une solution
financièrement intéressante par rapport à un chauf-
fage conventionnel.
L’échangeur a pour tâche de récupérer la chaleur de WT : Echangeur de chaleur
l’air extrait du bâtiment d’élevage pour la trans- ABL : Air ambiant
mettre à l’air frais introduit. FOL : Air extrait
AUL : Air extérieur
Comme la ventilation doit évacuer des gaz nocifs et ZUL : Air introduit
de l’humidité avec l’air vicié, le système de récupé-
ration de chaleur doit assurer une séparation com-
plète entre air extrait et air sec et frais introduit.
Les échangeurs trouvent la majorité de leurs appli-
cations dans les élevages de porcs et de volaille. Il
y a peu d’expérience disponible pour les élevages
de bovins.
3.2 Notions générales
L’air évacué du local d’élevage est nommé air
ambiant avant l’échangeur et air extrait après
l’échangeur. L’air frais est appelé air extérieur avant
son passage dans l’échangeur et air introduit après
l’échangeur. Dans la plupart des cas, on se limitera
aux termes d’air extrait et d’air introduit, ce qui sera
le cas pour la suite de ce document.
Le critère d’évaluation de la qualité d’un échangeur
de chaleur est le rendement, nommé également le
facteur de récupération. Il donne le rapport entre le
41
3. Echangeurs de chaleur
réchauffement de l’air introduit et la différence de
TZUL - TAUL
température entre air ambiant et air extérieur.
Rendement = ——————
TABL - TAUL
Le rendement est fonction du type et de la construc-
T: Température
tion de l’échangeur, du niveau de température ainsi
AUL : Air extérieur
que de sa sensibilité à l’encrassement. En pratique,
ZUL : Air introduit les rendements sont compris entre 0,2 et 0,7. Un
ABL : Air ambiant échangeur de bonne qualité devrait avoir un rende-
ment d’au moins 0,5 (>50 %) sous toutes les condi-
Exemple tions de fonctionnement.
Rendement 0,5 0,5 0,6
Température 3.3 Corrosion
air extérieur (AUL) -5 0 -5°C
et encrassement
Température
air introduit (ZUL) 6 8 8 °C Un échangeur de chaleur doit atteindre une durée
Température de vie suffisante et en conséquence, il devra pou-
air ambiant (ABL) 17 17 17°C voir résister à la corrosion par les gaz nocifs conte-
nus dans l’air extrait. Il sera donc construit en maté-
riaux résistant à la corrosion ou revêtus d’une
protection adéquate. La présence d’ammoniaque
dans l’air extrait exclu l’usage de tous métaux à
base d’alliages de cuivre et d’aluminium (Cu, Al,
Ms). Dans les cas ou cela n’est financièrement pas
acceptable (par exemple lamelles en aluminium à
remplacer par de l’acier inoxydable), les matériaux
devraient recevoir un revêtement de protection non
poreux et résistant à la diffusion. Des laques à deux
composants d’une épaisseur d’environ 100 microns
donnent satisfaction.
Tout échangeur installé dans un local d’élevage
s’encrasse rapidement. Il sera donc construit de
manière à ce que les particules de poussières y
adhèrent peu ou mal. Par exemple, le plastique ou
un revêtement synthétique offre une adhésion
moindre qu’une surface métallique ou en oxyde
métallique nue qui est relativement poreuse. Les
espaces entre lamelles ou plaques seront suffisants
pour permettre un nettoyage complet des surfaces
d’échange. L’installation de filtres diminue l’encras-
sement, mais par contre ceux-ci devront être net-
toyés fréquemment (une fois par semaine au
moins) sans pour autant éviter le nettoyage de
l’échangeur (une fois par mois). Les filtres aug-
mentent la résistance au passage de l’air et en
conséquence la consommation d’électricité des
ventilateurs d’extraction de l’air.
42
3. Echangeurs de chaleur
3.4 Systèmes d’échangeurs Echangeur de chaleur à plaques
de chaleur
AUL
3.4.1 Echangeurs à plaques
Général
L’air extrait et l’air introduit sont forcés le long de
plaques de séparation ; la chaleur de l’air chaud
passe à travers celles-ci pour réchauffer l’air intro-
duit. Lorsque le point de rosée de l’air extrait est
atteint au cours de son refroidissement, il y dépôt
d’eau de condensation avec dégagement de cha-
leur latente. Les échangeurs à plaques ont donné de
bons résultats en particulier dans des porcheries et
des élevages de volaille où il sont les plus répandus.
FOL
Les matériaux les plus utilisés pour leur construc-
tion sont les plaques de matière synthétique ou
d’aluminium. Le verre et les feuilles plastiques ne
sont guère employés du fait de leur fragilité. FOL = air extrait
L’espace entre plaques ne devrait pas être inférieur AUL = air extérieur
à 8 mm pour éviter l’encrassement.
Limite de givrage %
Les échangeurs à plaques ont malheureusement 60
une limite de givrage assez élevée. Avec une tem-
pérature d’air extérieur de -10°C, la température des
plaques atteint à peine 0°C si bien que l’eau de 50
condensation libérée par l’air extrait commence à
geler.
40
La couche de glace qui se forme diminue et le débit
d’air et le coefficient de transmission de chaleur, si
bien que la température à l’intérieur de l’échangeur 30
continue de diminuer jusqu’à ce qu’il soit complè-
tement colmaté par la glace. Il faut donc éviter que
la température à l’entrée de l’échangeur descende 20
au dessous de -10°C au plus froid de l’hiver. Un
moyen souvent appliqué pour éviter le givrage est
d’aspirer l’air extérieur par le vide entre toit et pla-
fond de l’étable. La perte de chaleur par transmis- 10
sion à travers ce dernier permet le préchauffage l’air
introduit. Une autre méthode consiste à diminuer le
débit d’air introduit à travers l’échangeur sans chan- 0
-10 -5 0 5 °C
ger celui de l’air extrait, ce qui est réalisé par un by-
pass qui introduit directement une partie de l’air
frais sans passer par l’échangeur. Température extérieure
Rendements moyens mesurés d’un échangeur de chaleur
Nettoyage à plaques installé dans une porcherie, en fonction de la
Un échangeur à plaques devrait être nettoyé par rin- température extérieure. Les rendements obtenus sont
çage à l’eau sous pression en gros toutes les trois plus faibles que ceux d’une installation moderne.
43
3. Echangeurs de chaleur
semaines. Pour ce faire, l’accès à l’échangeur
Wh/m3 devrait être facile et un raccordement d’eau ainsi
5
qu’un système d’écoulement indispensables. Les
échangeurs construits en modules tiroirs pouvant
être facilement extraits sont faciles à nettoyer.
4
Si l’intervalle entre nettoyages est trop long, le débit
d’air ainsi que l’échange de chaleur se réduisent.
Dans le cas extrême, l’échangeur peut être totale-
3 ment colmaté par une masse de poussière humide
et collante.
Dimension des échangeurs
2
Les échangeurs de chaleur à plaques ont un coeffi-
cient d’échange thermique d’environ 10 W / m2K.
Pour chaque 25 m3 / h de débit d’air extrait (aux
1 conditions de débit minimum) il faut compter 1 m2
de surface d’échange.
0 3.4.2 Echangeurs de chaleur
0 5 10 15 20 25 30 °C interconnectés par conduites
Différence de température Général
L’air extrait est refroidi dans des échangeurs à
Récupération moyenne de chaleur d’échangeurs de cha- lamelles ou à tubes et il réchauffe ainsi le mélange
leur à plaques pour élevages en fonction de la différence eau / glycol qu’ils contiennent. Ce liquide est conduit
de température entre air extérieur et air ambiant. par tuyaux et pompe de circulation vers l’échangeur
réchauffant l’air introduit.
Ce système présente l’avantage de ne pas devoir
amener l’air extrait et l’air introduit par des canaux
Récupération de chaleur à partir d’échangeurs vers les échangeurs. Les conduites d’eau glycolée
interconnectés par conduites prennent peu de place et sont moins onéreuses à
l’achat et au montage. La chaleur récupérée de l’air
extrait peut être conduite vers chaque local où de la
chaleur est demandée. Dans le cas d’une porcherie,
il est ainsi possible de conduire la chaleur récupé-
rée dans le local d’engraissement vers les porcelets.
Construction des échangeurs de chaleur
lamellaires
Les échangeurs de chaleur lamellaires remplis
d’eau glycolée devraient être pourvus de collec-
teurs aux deux extrémités et pouvoir être vidangés
WT intégralement.
WT
Les conduites sont réalisées en acier galvanisé ou
WT FOL
inoxydable V4A (résistant aux acides), les collecteurs
en acier sablé et peints ou en V4A. L’aluminium avec
WT = échangeur de chaleur revêtement, épaisseur 0,4 mm, est pratiquement
AUL = air extérieur (introduit) exclusivement utilisé pour les lamelles. Le revête-
FOL = air extrait ment a une épaisseur minimale de 100µm et ne sera
44
3. Echangeurs de chaleur
pas poreux. Si l’espace entre lamelles est inférieur à Echangeur de chaleur à lamelles
5mm, l’échangeur se colmatera rapidement.
Avant la mise en service, l’installation sera rincée
soigneusement pour évacuer toutes les particules
de rouille ou résidus de soudage avant de la rem-
plir avec un mélange d’eau et de glycol.
Limite de givrage
La surface des tuyauteries ne doit pas atteindre une
température inférieure à 0°C également dans les
échangeurs interconnectés afin d’éviter le gel des
condensats de l’air extrait.
La limite de givrage peut être abaissée par des
moyens relativement simples à une température
inférieure ou égale à -20°C.
La température de l’eau glycolée peut être aug-
mentée, et ainsi abaisser la limite de givrage, en
augmentant la surface d’échange en contact avec
l’air extrait par rapport celle de l’air introduit. Le
même effet peut être obtenu en augmentant le débit
de circulation et par là diminuer la différence de
température du fluide caloporteur entre entrée et
sortie des échangeurs. Une régulation antigel peut
être également intégrée à l’installation. Celle-ci
diminuera la puissance du récupérateur lorsque les
températures sont basses évitant ainsi le gel des
condensats.
Nettoyage
Etant donné l’espace réduit à 5 mm entre les lamelles
de l’échangeur, l’intervalle entre nettoyages sera rac-
courci à environ deux semaines. Comme les échan-
geurs sont raccordés à des tuyauteries, leur net-
toyage s’effectuera sans démontage. Il est donc très
important de prévoir un accès aisé avec un raccor-
dement à de l’eau sous pression et un écoulement.
Les dépôts de poussière seront évacués des
lamelles par un rinçage abondant.
3.4.3 Echangeurs de chaleur en torche
de tuyaux plastiques
Des torches de tuyaux en plastique peuvent égale-
ment être utilisées pour la récupération de la cha-
leur de l’air extrait d’un bâtiment d’élevage. La
transmission de chaleur à l’air introduit s’effectuant
toujours au moyen d’échangeurs à lamelles
Le grand avantage de ce type d’échangeur est la
facilité avec laquelle il peut être nettoyé et sa faible
sensibilité à l’encrassement.
45
3. Echangeurs de chaleur
Echangeur de chaleur en torche de tuyaux L’inconvénient est la mauvaise transmission de
plastiques chaleur et une faible surface utile. Pour obtenir un
rendement suffisant (d’environ 50 %), la longueur
des conduites installées sera importante.
Il est aussi important de prévoir l’utilisation de
tuyaux en plastique totalement imperméables à la
diffusion d’oxygène (par exemple avec feuille d’alu-
minium intégrée). La pénétration d’oxygène doit
être évitée, car elle neutralise les inhibiteurs de cor-
rosion avec pour conséquence une attaque des
matériaux (trous par corrosion locale).
3.4.4 Echangeur rotatifs et conduites
chauffantes
Les échangeurs de chaleur rotatifs ne sont pas
adaptés pour des applications dans l’agriculture. Ils
sont sensibles à l'encrassement et à la corrosion, et
laissent passer l’humidité de l’air extrait dans l’air
introduit. Des pertes volumétriques par manque
d’étanchéité ne peuvent être évitées et leur net-
toyage n’est pas sans problèmes.
Les conduites chauffantes à lamelles (dites heat-
pipe) utilisables dans le domaine agricole n’existent
pas sur le marché. Les produits disponibles sont
réalisés dans leur majorité en tubes de cuivre à
lamelles en aluminium très minces et à faible espa-
cement. Ces produits sont sensibles à la corrosion
et à l’encrassement ; ils sont difficiles à nettoyer.
Leur usage n’est donc pas recommandé.
3.5 Dimensionnement
d’installations
à échangeurs de chaleur
3.5.1 Introduction
Comme les échangeurs de chaleur font partie du
système de ventilation du bâtiment d’élevage, ils
doivent y être intégrés au moment de sa concep-
tion. Spécialement pour de petites unités, le plani-
ficateur de l’installation de ventilation sera respon-
sable du dimensionnement des échangeurs, des
ventilateurs, des canaux d’air et de la régulation et
de la planification de l’installation de ventilation.
46
3. Echangeurs de chaleur
Les échangeurs peuvent être installés aussi bien
dans des élevages complets que sur des bâtiments
isolés. Des locaux destinés aux porcelets et aux
truies peuvent être soumis à un déficit thermique
en cas de mauvaise isolation, ceci même au cas où
des récupérateurs de chaleur y seraient installés.
Dans ce cas, un bilan positif peut être obtenu en ras-
semblant la chaleur récupérée dans d’autres parties
du bâtiment (locaux d’engraissement) et en la rame-
nant dans la partie thermiquement déficitaire. Les
calculs présentés ci-après sont donc valables aussi
bien pour l’application à un bâtiment unique qu’à
un élevage complet.
Ce document n’est pas consacré au calcul de la ven-
tilation d’un bâtiment d’élevage, mais présente seu-
lement la procédure de dimensionnement d’un
récupérateur de chaleur à échangeur (débit d’air et
performance de l’échangeur).
Au contraire des récupérateurs utilisés dans l’indus-
trie et le commerce, la température de l’air introduit
après l’échangeur ne joue qu’un rôle secondaire. Le
débit d’air est fixé en fonction des données du cli-
mat du local d’élevage (évacuation de l’humidité et
du gaz carbonique). La fonction de l’échangeur est
de récupérer un maximum de chaleur à partir de
l’air extrait et d’élever au maximum la température
de l’air introduit.
Lors du dimensionnement d’un récupérateur de
chaleur, il s’agit de déterminer les débits minimal et
maximum ainsi que la puissance de l’échangeur.
3.5.2 Calcul du débit d’air
Le débit d’air utile pour le calcul de l’échangeur se
détermine à l’aide du logiciel informatique « climat
d’étable », voir annexe. Le débit d’air minimum cor-
respond aux conditions hivernales lorsque la tem-
pérature extérieure est la plus basse. Le débit maxi-
mum est celui qui est atteint au moment où la
température extérieure est suffisamment élevée
pour justifier la mise hors service de l’échangeur de
chaleur. Celle-ci est atteinte lorsque le bilan ther-
mique du bâtiment est équilibré sans récupération.
Avec un récupérateur de chaleur à échangeur, le
bilan thermique du bâtiment d’élevage est excé-
dentaire lorsque la température extérieure est
supérieure à la température minimale admise pour
le dimensionnement. A ce moment, le débit des
47
3. Echangeurs de chaleur
ventilateurs pourra être augmenté par rapport au
minimum théorique, ce qui conduira à une amélio-
ration du climat à l’intérieur des locaux d’élevage
sans manque de chaleur.
En règle générale, l’échangeur de chaleur restera en
service jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de récupération
utile (surchauffe du local). Ceci est le cas au moment
où la température extérieure ne sera inférieure que
de 5 à 10°C à la température ambiante. Le débit
maximum de l’échangeur sera donc déterminé
pour une température extérieure inférieure de 5°C
à la température de l’étable. Un débit d’air suffisant
sera ainsi assuré avec échangeur en service durant
l’entre saison au moment où la température exté-
rieure varie fortement au cours de la journée.
Exemple Le débit du ventilateur de l’échangeur sera réglable
Elevage de porcs avec 100 porcelets de 20 kg
entre les débits minimum et maximum. A titre indi-
Débit d’air selon tabelle des taux d’humidité catif, une valeur comprise entre le triple et le quin-
tuple du débit minimum peut être admise pour le
Température de l’étable : 20°C
débit maximum.
Température extérieure
minimale : -12°C
Humidité relative extérieure : 100 / 80 % 3.5.3 Calcul de la puissance
Echangeur en service de l’échangeur de chaleur
jusqu’à température
extérieure de : 15°C
La puissance d’échange peut être déterminée à
Humidité relative dans le local d’élevage : 70 % l’aide du logiciel informatique pour ordinateur per-
sonnel annexé.
Température extérieure (°C) : -12 15
Débit d’air (m3 / h) 513 2462
3.5.4 Garantie / Réception
Chaleur sensible
dégagée par les animaux (W) 6241 6241 Le rendement d’un échangeur de chaleur doit être
Pertes par transmission (W) -3200 -500 garanti par écrit par le fournisseur. Il devrait
Pertes par ventilation (W) -5247 -4220 atteindre ou dépasser 50 % pour des différences de
température de 30 à 10°C (valeur pour échangeur
Bilan thermique propre).
sans échangeur (W) -2206 1521
Chaleur récupérée Lors de la réception de l’installation de ventilation,
par l’échangeur (W) 2772 0 il est dans l’intérêt du maître de l’ouvrage que les
débits et les puissances soient mesurées et proto-
Bilan thermique avec colées. Ceci permet de calculer le rendement et le
échangeur (W) 566 1521 contrôle des performances garanties. En cas de pro-
blème ultérieur, le protocole peut s’avérer très utile
Dimensionnement de l’échangeur pour un diagnostic.
Débit d’air minimum : 513 m3 / h
Débit d’air maximum : 2642m3 / h 3.5.5 Service d’été
Puissance d’échange
nécessaire par -12°C : 2,7kW Les échangeurs ne sont en service qu’en hiver et
durant l’entre saison. L’installation devra par contre
48
3. Echangeurs de chaleur
être dimensionnée pour fonctionner l’été. Les
débits correspondants peuvent être déterminés à
l’aide du logiciel informatique « Climat d’étable ».
Le service d’été sera réalisé soit par une installation
de ventilation indépendante, soit intégré au récu-
pérateur de chaleur. Dans ce dernier cas, l’échan-
geur sera détourné par un by-pass, ce qui diminue
les pertes de charge et conduit à une augmentation
du débit. Dans certains produits, les modules
d’échange peuvent être retirés de leur boîtier et
remplacés par des « modules d’été », ce qui a le
même effet qu’un by-pass.
Exemple de frais d’investissement (prix 1990)
3.6 Rentabilité Ventilation à pression constante avec échangeurs de
chaleur intégrés d’un bâtiment comprenant 4 locaux
d’engraissement de porcs avec chacun 70 à 80 places
3.6.1 Frais d’investissement (un échangeur par local).
et d’exploitation
Ventilation avec échangeur de chaleur à plaques en
Les frais d’investissement pour un récupérateur de plastique (surface d’échange 40 m2, débit maximum
chaleur à échangeur sont difficiles à chiffrer en détail, du ventilateur 4800 m3 / h) :
car ce type d’installation est intégrée dans la ventila- 4 x Fr. 2900. – Fr. 11 600. –
tion du bâtiment d’élevage qui doit de toute manière
Canaux de ventilation, cheminées,
être réalisée. Le calcul économique d’un récupéra- prise sous toiture,
teur ne va donc tenir compte que du supplément régulation électronique, etc.
d’investissement nécessaire pour des canaux de 4 x Fr. 2500. – Fr. 10 000. –
ventilation plus longs, les régulateurs de débit, les
by-pass et l’échangeur de chaleur lui-même. Répartiteur d’air introduit dans
L’exemple d’une porcherie comprenant quatre la sous toiture : Fr. 2500. –
locaux d’engraissement est donné dans le tableau
ci-contre. Alarme : Fr. 900. –
Montage et travaux
Les frais d’exploitation comprennent le coût de d’adaptation : Fr 6000. –
l’augmentation de consommation d’électricité pour
des ventilateurs plus puissants ainsi que les frais Total : Fr. 31 000. –
d’entretien. Le besoins en électricité peuvent être
évalués en tenant compte des pertes de charge sup-
plémentaires dues aux échangeurs. Ces pertes ne Part récupération
devraient pas excéder 100 à 150 Pa au débit maxi- de chaleur :
mum. Pour comparaison, une perte de charge de
Echangeurs de chaleur
80 Pa pour un débit de 2000 m3 / h correspond à une
avec leur boîtier : Fr. 8000. –
puissance électrique de 80 watt.
Canaux de ventilation
Les frais d’entretien comprennent surtout le net- supplémentaires y c. montage : Fr. 5000. –
toyage des échangeurs de chaleur. Pour ce travail,
il faut compter en gros une demi à une heure de tra- Total part récupération de chaleur : Fr. 13 000. –
vail tous les quinze jours à un mois.
49
3. Echangeurs de chaleur
3.6.2 Utilisation de la chaleur récupérée
Selon le rendement de l’échangeur de chaleur, 40 à
60 % de la chaleur perdue par ventilation peut être
récupérée. Pour le calcul du bilan annuel, il ne faut
compter que la chaleur effectivement valorisée
(remplacement d’énergie de chauffage, améliora-
tion du climat de l’étable par augmentation du débit
d’air). Ce gain va dépendre en première ligne de la
situation géographique de l’élevage et des para-
mètres du bâtiment (température intérieure, qualité
de l’isolation, etc.). Pour des élevages exigeant une
température ambiante relativement élevée (par
exemple porcelets) et une isolation de qualité
moyenne, l’échangeur restera en service environ
3000 heures par année. Pour des animaux en pré-
engraissement, ce ne sont plus que 1000 heures. La
chaleur utilement récupérée correspond pour une
étable de 100 porcelets à environ 3000 à 6000 kWh,
ce qui représente une économie de quelques cen-
taines de francs par année.
Les frais d’investissements ne se laissent pas com-
plètement amortir par la seule économie d’énergie.
En général l’installation d’un récupérateur de cha-
leur à échangeur permet d’éviter l’installation d’un
chauffage supplémentaire dans le bâtiment d’éle-
vage. Dans ce cas, l’économie réalisée est plus
qu’équilibrée, étant donné le prix supérieur d’un
chauffage indépendant ou d’une conduite de chauf-
fage à distance avec les radiateurs.
L’installation d’un échangeur de chaleur apporte
encore d’autres avantages : l’air extérieur introduit
est réchauffé en hiver d’environ 10°C, ce qui réduit
les risques de refroidissement pour les animaux. Le
climat dans le bâtiment est amélioré par le débit de
ventilation supérieur nécessaire pour équilibrer le
bilan thermique. ce qui réduit la teneur en gaz nocifs
dans les locaux d’élevage, améliore la qualité de vie
des animaux et produit un air plus sec qui permet
de prévenir les dommages au bâtiment (par moi-
sissures et condensation).
3.7 Exemples d’installations
3.7.1 Elevage de porcs
Une installation de récupération de chaleur centrali-
sée est installée dans la porcherie de l’école d’agricul-
ture de Flawil. Le bâtiment, d’une surface de 350 m2,
comprend trois locaux pour porcelets à cinq box
50
3. Echangeurs de chaleur
chacun, un local d’engraissement de 60 places et
une étable pour truies, verrats et remontes. L’air
extrait de chaque local est conduit vers un échan-
geur de chaleur central installé sous le toit. L’air
extérieur est aspiré par la sous toiture dans l’échan-
geur puis réparti dans les locaux d’élevage.
L’échangeur est du type à plaques en plastiques qui
peuvent être extraites par paquets ; sa surface
d’échange est de 65 m2. Le débit maximum des ven-
tilateurs (air extrait et air introduit) est de
3000 m3 / h. Le service d’été est assuré par des ven-
tilateurs séparés.
Depuis la mise en service de l’installation de récu-
pération, il n’est plus nécessaire de chauffer le bâti-
ment (à l’exception des lampes infrarouge des por-
celets). Les calculs ont montré que l’installation est
rentable, malgré les investissements relativement
élevés de Fr. 20 000. – (prix 1980).
3.7.2 Poulailler
La récupération de chaleur est particulièrement
intéressante pour les poulaillers, dans lesquels une
température comprise entre 20 et 30°C est exigée
suivant l’âge des animaux.
Les halles d’engraissement de poulets sont des uni-
tés réalisées clef en mains. Ce qui signifie que le
bâtiment, la distribution d’aliments, l’évacuateur du
fumier et la ventilation sont vendus en un bloc. En
Suisse, un fournisseur équipe ses installations stan-
dard d’un échangeur de chaleur.
L’échangeur de chaleur est doté d’un soufflet cylin-
drique (voir figure) en aluminium revêtu d’une
couche plastique, d’une surface d’environ 50 m2. Le
ventilateur, de type axial à double hélice, est
capable de fournir un débit d’air maximum de
9000 m3 / h.
Une halle de 300 m2 (environ 5000 poulets) est pour-
vue de deux unités de récupération à échangeur de
chaleur. Des mesures ont montré que la consom-
mation énergétique de ces unités à pu être dimi-
nuée de 60 %, ce qui correspond à environ 5000 kg
de mazout par année. Le coût pour cette récupéra-
tion de chaleur est de Fr. 15000. –.
51
3. Echangeurs de chaleur
Récupération de chaleur par échangeur dans un élevage de porcs
(7)
(16)
(4)
(9)
(11) (10) (8)
(5)
(3)
(2) (6)
(15) (14)
(12) (13)
(1)
Eté
Hiver
1: Canal collecteur d’air extrait 10 : Clapet de réglage dans le canal d’air introduit
2: Canal d’amenée d’air à l’échangeur de chaleur 11 : Canal d’amenée d’air extérieur
3: Ventilateur d’évacuation d’air du récupérateur 12 : Canal de distribution d’air introduit
4: Echangeur de chaleur 13 : Thermostat du local d’élevage
5: Clapet de réglage dans la cheminée d’air extrait 14 : Ouverture pour introduction d’air supplémentaire
6: Ventilateur de la cheminée (depuis le local de préparation des aliments)
7: Cheminée d’air extrait du récupérateur 15 : Clapet à glissière pour air extérieur en service
8: Aspiration d’air extérieur sous le toit d’été
9: Ventilateur d’air introduit du récupérateur 16 : Cheminée d’air extrait pour service d’été
52
3. Echangeurs de chaleur
Echangeur de chaleur à soufflet cylindrique
Air extrait
Air extérieur
(introduit)
Toiture
Clapet
Vue en coupe
Air introduit
Air vicié de l'étable
Soufflet cylindrique Air extérieur introduit
Air extrait
Vue en plan
Clapet
53
Annexe
Annexe
Logiciel PC climat d'étable version 4.1 55
55
Annexe
Annexe
Logiciel PC climat d'étable version 4.1
1. Méthode de calcul FAT Cette méthode permet une optimisation de l’isola-
tion de l’enveloppe tenant compte du bilan énergé-
Ludo Van Caenegem, Station fédérale de tique et du danger de condensation sur les parois
recherches en économie et technologie agricole et le plafond.
(FAT)
La nouvelle méthode est basée sur des Normes
C.I.G.R. (Commission internationale du Génie rural), 2. Calculs
des Normes SIA et des algorithmes de la FAT. Elle
permet de calculer d’une façon dynamique le climat
d’étable fonction de l’effectif moyen des animaux, Les calculs sont regroupés dans quatre niveaux :
du climat extérieur et de l’isolation du bâtiment. Elle
comprend le calcul du bilan énergétique débit de Hiver (valable pour températures ext. < 20°C)
ventilation, des orifices d’entrée et de sortie d’air, et – production et dégagement de chaleur ;
de l’isolation minimale (valeur-k).
– débits de ventilation nécessaires selon bilan H2O
Les différences par rapport à la méthode utilisée et CO2 ;
jusqu’à présent (normes suisses du climat d’étable – orifices nécessaires d’entrée et de sortie d’air ;
1983) concernent les points suivants : – valeur-k minimale en vue du danger de conden-
– Les calculs ne sont plus limités à la température sation.
optimale. Ils peuvent être exécutés pour des
plages de températures. Eté (valable pour des températures ext. > 20°C)
– En ce qui concerne le dégagement de chaleur par – débits de ventilation nécessaires selon bilan H2O
les animaux (Hp), on distingue entre chaleur sen- et CO2 ;
sible (Hs) et chaleur latente (Hl) ; Hp = Hs + Hl. – orifices nécessaires d’entrée et de sortie d’air.
– La chaleur totale (Hp) est corrigée en fonction de
Hiver avec échangeur de chaleur
la température de l’étable.
– bilan énergétique avec et sans échangeur de cha-
– La proportion entre chaleur sensible (Hs) et leur ;
latente (Hl) est calculée en fonction de la tempé-
rature. – surface de l’échangeur de chaleur ;
– eau de condensation dans l’échangeur de cha-
– En ce qui concerne les pertes de chaleur par
leur ;
transmission on tient compte également des
échanges avec le sol (+/-), des pertes des parois – température de l’air frais et de l’air vicié après
enterrées et de la condensation des vitres. l’échangeur de chaleur.
(Méthode ThK77 ; Roulet, 1987 : Energétique du
bâtiment I). En été on tient compte du rayonne- Hiver avec pompe à chaleur
ment solaire sur la toiture selon la méthode – capacité réfrigérante et réchauffante nécessaire
VSHL- (Verband schweiz. Heizungs- und dans l’étable, énergie utile et puissance du
Luftungsfirmen). moteur pour une à chaleur à air recyclé ;
– Le débit de ventilation est basé sur le flux des – débit de l’air recyclé à partir du bilan énergétique
masses (kg / h) non des volumes. Ceci permet de et H2O ;
tenir compte de l’altitude (pression atmosphé- – capacité réfrigérante et réchauffante nécessaire
rique) d’une façon simple pour le calcul débits dans étable. Energie utile et puissance du moteur
d’air à la fois pour le bilan H2O et le bilan CO2. pour une pompe à chaleur à air de sortie.
– Les pertes de chaleur par la ventilation compren-
nent : Le logiciel fait les calculs d’une façon itérative pour
- l’énergie nécessaire pour chauffer l’air frais une série de températures intérieures en fonction
extérieur introduit jusqu’à la température vou- des paramètres suivants :
lue. – climat extérieur (humidité relative et température
- l’énergie d’évaporation de l’eau sur le sol. selon situation géographique) ;
57
Annexe
– humidité relative dans l’étable ; – En pressant sur un des boutons en bas
– enveloppe du bâtiment (superficies, valeur k, (Bâtiments, Bovins, Porcs, Autres Animaux,
orientation) ; Valeurs défaut) on passe d’une feuille à l’autre et
en même temps on sauve les données.
– système de stabulation (surface sol mouillé,
litière) ; – Confirmer avec OK.
– animaux (genre, poids, nombre, production) ; – Sous les trois symboles de données, on trouve
– rendement de l’échangeur de chaleur (WT) ; 4 symboles, représentant chacun un groupe de
graphiques. Au début le symbole «W » (Hiver)
– réfrigération de l’air recyclé dans la pompe à cha- (quatrième symbole) est actif.
leur ;
– On peut ouvrir les graphiques « Hiver » en pres-
– température de l’air de sortie après la pompe à sant consécutivement sur un des quatre sym-
chaleur. boles en bas.
La plage des températures d’étable peut être modi- – Presser sur le symbole «S » (Eté) (cinquième
fiée. Les calculs pour l’échangeur de chaleur sont symbole). Les symboles des graphiques « été »
valables pour des échangeurs de chaleur à air apparaissent.
croisé. – De la même façon on peut activer les graphiques
« Wt » (Echangeur de chaleur) (sixième symbole)
Les résultats sont présentés d’une façon graphique. et «Wp » (Pompe à chaleur) (septième symbole).
La température extérieure et l’humidité relative inté- – Pour imprimer cliquer « imprimer » (menu cli-
rieure concernées sont mentionnées dans chaque mat) et sélectionner les feuilles et graphiques
graphique. désirés.
– Si l’on désire calculer un nouvel objet, il faut
d’abord enregistrer et fermer le fichier précédent.
ensuite cliquer « nouveau » (menu climat). Les
résultats sont enregistrés dans le répertoire :
3. Logiciel \FAT\CLIMAT1\DONNEES.
Important : Avant de quitter le logiciel, il faut effa-
Pour l’installation consultez la description ci-jointe cer l’écran en pressant un des symboles W, S, Wt
(§ 6). ou Wp. Les cellules ne peuvent pas être vides
(Valeur par défaut : « 0 », zéro).
Le logiciel démarre en cliquant deux fois sur l’icône
« Climat d’étable FAT ». On peut ouvrir les diffé-
rentes feuilles et graphiques à l’aide des menus (en
haut de l’écran) ou des symboles (à gauche, verti-
cal). Lors de la première utilisation procéder
comme suit:
– Cliquer sur ouvrir (menu « climat »). Sélectionner
dans le répertoire \FAT\CLIMAT1\DONNEES le
fichier : [Link] (exemple). La feuille :
« Données générales » est ouverte. On peut se
déplacer d’une cellule à l’autre en pressant la
touche « Tab » (retour = Shift-Tab) ou à l’aide de
la souris.
– Confirmer avec OK. La barre de symboles climat
apparaît.
– Cliquer le premier symbole (soleil). La feuille :
« Données climatologiques et topographiques »
est ouverte.
58
Annexe
4. Explication des tableaux
4.1 Données générales
Objet Type de stabulation / animaux
Nom Nom de l'agriculteur
Adresse Rue
Localité
Téléphone
Utilisateur du logiciel
Date
Description Variante, problèmes, etc.
59
Annexe
4.2 Données climatiques et topographiques
Hiver température minimale Température minimale de l’air extérieur entre –6 et
extérieure °C –26°C selon les documents suisses d’agrométéorologie
Humidité relative de l'air intérieur % (70) Normal entre 50 - 80 %. L’humidité relative doit
correspondre à la valeur k
Différence de température initiale dt °C (4) = différence minimale entre la température intérieure et la
température extérieure minimale. Cette valeur détermine
ensemble avec la température extérieure minimale la
valeur initiale de l’abscisse des graphiques « hiver »
Intervalle axe X (2) °C L’intervalle détermine l’échelle de l’abscisse des gra-
phiques « hiver » sans / avec échangeur de chaleur ou
pompe à chaleur
Eté température maximum extérieure °C Température maximale de l’air extérieur entre 18 et 33°C,
selon les documents suisses d’agrométéorologie
Humidité relative de l’air intérieur % (60) Normal entre 50 - 65 %
Différence de température initiale dt °C (1) = différence minimale entre la température intérieure et la
température extérieure maximale. Cette valeur détermine
ensemble avec la température extérieure maximale, la
valeur initiale de l’abscisse des graphiques « été »
Intervalle (0.5) °C L’intervalle détermine l’échelle de l’abscisse des gra-
phiques « été »
Altitude m Altitude éventuellement corrigée selon la région
( ): valeurs par défaut
60
Annexe
4.3 Données bâtiment (1) et (2)
Ces données interviennent dans le calcul des pertes
par transmission et par aération (évaporation de
l’eau sur le sol). Les positions (F1 - F20, L1 - L8) se
réfèrent à la figure 1.
Paroi en contact avec l'air extérieur Inclus portes et fenêtres
Paroi intérieure Paroi (inclus portes et fenêtres) en contact avec des
locaux, ayant une température peu différente de la tempé-
rature extérieure (3 - 5°C). Les parois en contact avec des
locaux à une même température ne sont pas prises en
considération
Périmètre extérieur sous terrain Longueur et profondeur des parois extérieurs enterrées
Périmètre au-dessus du terrain Périmètre du sol à même niveau ou au-dessus du terrain
Plafond Les plafonds ne s’étendant que sur une partie de l’étable
(p. ex. planchers pour la paille) ne sont pas pris en consi-
dération
Sol Sol entier (inclus partie paillée). Valeur k sol en béton non
isolé (12 - 15 cm) = 5 W / m2.K
Vitrage simple k = 5 W / m2.K
Vitrage double k = 3 W / m2.K
Portes Les portes intérieures ne sont pas prises en considération
Sol mouillé Surfaces à considérer :
• stabulation entravée bovins : 1 m2 / UGB
• stabulation libre :
- sol non perforé bovins :
aires d’exercices et d’alimentation 100 %
- sol perforé bovins et porcs :
aires d’exercices 50 % de la surface
- sol perforé entier 25 % de la surface
Litière Litière pour bovins et porcs
Toiture Surface toiture (= surface sol /cos (pente)) en contact
direct avec l’étable
61
Annexe
4.4 Données animaux (bovins, porcs et
autres animaux)
La quantité de chaleur (sensible et latente) dégagée
est calculée à partir du nombre et du poids des ani-
maux selon des formules de la CIGR.
4.5 Valeurs par défaut
Climat et topographie Valeur par défaut
Humidité relative extérieure hiver % (95) 95°
Rendement échangeur de chaleur (WT) tintrod - text..
(air introduit) (0.55) Rendement WT = ––––––––––– = 0.55
tint. - text.
Refroidissement air recyclé, pompe Refroidissement de l’air recyclé dans une pompe à chaleur
à chaleur WP (5-8) °C à air recyclé = 6°C
Température air extrait pompe Température de l’air extrait pour une pompe à chaleur à air
à chaleur WP (5) °C recyclé = 5°C
Humidité relative extérieure été % (50) 50 %
Diffusivité thermique du sol m2 / h Cette valeur sert à calculer la température du sol
sable / limon (0.0036) 0.0036
sol rocheux (0.0072)
conglomérat (0.0005)
Production laitière
Vache kg / j 15 kg / j
Chèvre kg / j 5 kg / j
Mouton kg / j 5 kg / j
Les valeurs par défaut peuvent être adaptées à la situation locale.
62
Annexe
5. Brève description Graphique 2 : Débit d’air en hiver en fonction
de l’humidité (H2O) et du CO2
des graphiques
Le débit de ventilation en fonction de l’humi-
dité est déduit de la quantité totale de vapeur d’eau.
Graphique 1 : Production H et pertes Q de cha- Cette quantité est calculée en fonction de la tempé-
leur en hiver rature et se compose de :
– la vapeur d’eau produite par la respiration et la
transpiration des animaux (déduite de la chaleur
Production de chaleur = dégagement de cha- latente),
leur par les animaux + dégagement de chaleur
– l’eau évaporée à partir du sol mouillé (dépen-
par la litière dante de la différence de pression partielle de
vapeur d’eau entre l’air ambiant et la couche d’air
La chaleur totale dégagée par les animaux est adhérente au sol) ;
d’abord corrigée en fonction de la température inté- – l’eau évaporée à la surface de la litière (dépen-
rieure. Elle est ensuite partagée en chaleur sensible dante de la différence de pression partielle de
et chaleur latente (fig. 3). La chaleur sensible est la vapeur d’eau entre l’air ambiant et la couche d’air
chaleur qui est réellement dégagée vers l’environ- adhérente à la surface de la litière) ;
nement. La chaleur latente est l’énergie que l’ani- – l’eau évaporée à l’intérieur de la litière (dépen-
mal dégage par la production de vapeur (par respi- dante de la différence de pression partielle de
ration et transpiration). Cette dernière n’est pas utile vapeur d’eau entre l’air ambiant et l’air à l’inté-
pour le maintien de la température intérieure. Une rieur de la litière) ;
partie de cette chaleur peut être récupérée à l’aide – l’eau de condensation des vitres (terme négatif)
d’un échangeur ou d’une pompe à chaleur (conden- dépend de la différence de pression partielle de
sation). vapeur d’eau entre l’air ambiant et la couche d’air
adhérente aux vitres. On distingue entre vitrage
Pour la chaleur dégagée par la litière on suppose simple et double. On suppose qu’il n’y a pas de
une différence de température de 15°C entre la condensation ni aux parois ni au plafond.
litière (à 10 cm de profondeur) et l’air ambiant.
Le débit de ventilation en fonction du CO2 est
calculé à partir de la quantité de CO2 dégagée par
Pertes de chaleur Q = pertes de transmission
les animaux et la litière. Cette quantité est déduite
par l’enveloppe du bâtiment + pertes de cha- de la quantité de chaleur totale. La concentration
leur par l’aération admissible intérieure de CO2 est de 3000 ppm ou
0.3 % (défini par le Conseil de l’Europe). La concen-
Les pertes de chaleur par l’enveloppe sont tration extérieure est de 350 ppm (0.035 %).
constituées par les différentes données du bâti-
ment. Les pertes par le périmètre sont calculées La densité de l’air est déterminée en fonction de la
selon la méthode ThK77. Les pertes de chaleur à tra- température et de l’altitude.
vers le vitrage tiennent compte de la radiation
solaire (SIA 180 / 1) et de la condensation éventuelle. Le plus grand des deux débits (H2O, CO2) est pris en
L’échange de chaleur par le sol est défini entre considération pour le calcul du bilan énergétique en
autres par la température du sol calculée à une pro- hiver.
fondeur de 1 m.
Graphique 3 : Section des cheminées (m2) en
Les pertes de chaleur par l’aération compren- fonction de leur hauteur dh (m). Ventilation
nent la chaleur sensible nécessaire pour chauffer par gravité
l’air entrant et l’énergie nécessaire pour évaporer
l’eau à la surface du sol et de la litière. Le plus grand La section nécessaire est calculée en fonction du
des deux débits (H2O, CO2) est pris en considération plus grand des deux débits (H2O ou CO2) et de la
pour le calcul du bilan énergétique. vitesse de l’air par gravité.
63
Annexe
Les valeurs présentées dans le graphique sont conséquence il faut en été une ventilation latérale
valables pour des cheminées et la faîtière ouvertes. (par les portes et fenêtres). Dans des régions à faible
Les ouvertures d’entrée ne doivent pas être infé- vent on peut tenir compte d’une vitesse de l’air de
rieures à la section des cheminées. 0.5 m / s. Lors d’une ventilation par ventilateur la
section d’entrée et de sortie d’air peut être trouvée
en interpolant entre les courbes de v = 0.5 à 5 m / s.
Graphique 4 : Valeur k minimale pour éviter la
condensation
Graphique 7 : Bilan énergétique avec et sans
Le coefficient de transfert de chaleur (α) se compose échangeur de chaleur (EC)
de la convection (environ 50 %) et de la radiation
(environ 50 %) à des températures normales. Ainsi Les calculs d’échangeur de chaleur sont valables
il faut distinguer entre matériaux réfléchissants et pour des échangeurs à air croisé.
non réfléchissants.
L’échangeur de chaleur n’est intéressant que si le
La surface des matériaux réfléchissants est plus bilan énergétique est négatif. Dans les calculs de
froide que celle des matériaux non réfléchissants. Par récupération de chaleur on tient compte de la
conséquent une paroi ou un plafond en matériau condensation et on suppose que la différence de
réfléchissant exige une valeur k plus petite. Pour des température entre l’air extrait (= air vicié sortant de
surfaces mal aérées (p. ex. par une répartition inégale l’échangeur) et l’air introduit (air frais sortant de
des cheminées) on peut prendre la même valeur de l’échangeur) est d’au moins 2°C. Pour α (coefficient
k que pour des matériaux réfléchissants. de transfert de chaleur, W / m2.K) de l’air frais on a
pris 20 W / m2.K. En ce qui concerne (α) et c (chaleur
spécifique, W / kg air sec.K) de l’air vicié, on tient
Graphique 5 : Débit d‘air en été en fonction de compte de la condensation.
l’humidité (H2O), du CO2 et du bilan énergé-
tique Le volume d’air traversant l’échangeur de chaleur
est le plus grand des deux débits (H2O / CO2).
Les débits de ventilation sur la base de H2O et du L’humidité relative dans l’étable diminue propor-
CO2 sont calculés comme pour la situation « hiver » tionnellement à la condensation.
(graphique 2).
A partir d’une certaine température intérieure
Le débit basé sur le bilan énergétique est le volume
l’échangeur de chaleur n’est plus capable de com-
d’air nécessaire pour éviter que la température inté-
penser le déficit du bilan énergétique de l’étable.
rieure dépasse la valeur mentionnée dans l’abscisse
du graphique.
Graphique 8 : Surface de l’échangeur de cha-
En été on tient compte de la radiation solaire sur la leur
toiture ou du réchauffement de l’espace au-dessus
du plafond. La température de la surface extérieure La surface nécessaire de l’échangeur de chaleur est
de la toiture est déterminée comme : « température définie entre autres par les paramètres suivants :
extérieure + 35°C ». la température au-dessus du
plafond comme : « température extérieure + 5°C». – le bilan énergétique
– le plus grand des deux débits de ventilation
Le plus grand des trois débits (H2O / CO2 / énergie) (selon bilan H2O ou CO2)
doit être pris en considération. tair introd. - tair ext.
– le facteur de rendement = ––––––––––––––
tair int. - tair ext.
Graphique 6 : Entrée et sortie d’air (m2) en été – la condensation
en fonction de la vitesse de l’air v (m / s)
Le trajet de la courbe «surface nécessaire de l’échan-
L’aération par gravité ne fonctionne plus quand la geur de chaleur» en liaison avec la température inté-
différence de température se rapproche de zéro. Par rieure, varie en fonction des paramètres: déficit
64
Annexe
d’énergie, débit de ventilation et transfert de cha- mat il est possible de définir le refroidissement de
leur. Ces paramètres peuvent avoir des effets l’air recyclé (5 - 8°C).
contraires.
La capacité de refroidissement est l’énergie qui peut
Le déficit d’énergie devient en général plus grand
être extraite à l’air de l’étable (utilisation de la cha-
quand la température augmente, tandis que le débit
leur sensible et latente) en fonction du bilan éner-
de ventilation diminue lorsque la température aug-
gétique et de l’humidité relative.
mente. De plus, le transfert de chaleur par unité de
surface augmente quand la différence de tempéra-
Si sur la base du bilan H2O trop de chaleur est
ture intérieure-extérieure s’accroît.
extraite, une partie de la chaleur récupérée doit
Là où la condensation commence on remarque une être ramenée à l’étable. C’est la capacité de
discontinuité dans la courbe. réchauffement de l’étable.
Les graphiques 5 et 6 sont à interpréter ensembles.
La puissance motrice est définie comme capacité de
refroidissement : 2 (estimation grossière).
Graphique 9: Eau de condensation dans l’échan-
La puissance utilisable = capacité de refroidisse-
geur de chaleur
ment + puissance motrice - capacité de réchauffe-
ment.
La condensation dans l’échangeur de chaleur est
proportionnelle à la température et à l’humidité
relative dans l’étable. La condensation augmente
l’efficacité de l’échangeur, par contre elle cause de Graphique 12 : Pompe à chaleur à air recyclé.
la pollution et de la corrosion. Débit d’air en fonction de l’énergie (E - bilan)
et de l’humidité (H2O - bilan)
Graphique 10 : Température de l’air extrait et Le débit d’air de recyclage est le volume d’air néces-
de l’air introduit saire pour extraire à l’air intérieur le surplus d’éner-
gie. Il est fonction du facteur de refroidissement de
Ce graphique est intéressant pour vérifier l’efficacité la pompe à chaleur à recyclage (5 - 8°C) (tab. 2).
de l’échangeur et pour estimer le danger de givrage. Si on réduit le débit d’air frais au volume minimal
L’efficacité de l’échangeur peut être influencée dans (concentration CO2 = 3000 ppm), la quantité totale
un certaine mesure par le facteur de rendement de vapeur d’eau ne peut en général pas être éva-
(tab. 2). Une limite supérieure est fixée par le pro- cuée. L’air doit être séché par la pompe à chaleur
gramme, lorsque l’on n’obtient pas une différence (eau de condensation). Le débit d’air recyclé selon
minimale de 2°C entre l’air extrait et l’air introduit. le bilan-H2O peut être éventuellement plus élevé
que celui du bilan énergétique.
Un danger de givrage existe lorsque en même
temps la température de l’air extrait est inférieure à
zéro et qu’il se forme de la condensation (gra-
phique 9). Le programme ne calcule pas l’échan- Graphique 13 : Pompe à chaleur à air extrait.
geur de chaleur aussi longtemps que le bilan éner- Puissance motrice et utilisable. Capacité de
gétique est positif (température de l’air extrait refroidissement et de réchauffement de
= température intérieure, température de l’air intro- l’étable
duit = température extérieure).
Pour le calcul on part d’un apport d’air frais minimal
selon le bilan H2O. En fonction de l’humidité rela-
Graphique 11 : Pompe à chaleur à air recyclé. tive. Dans la tabelle climat (tab. 2) la température de
Puissance motrice et utilisable. Capacité de l’air extrait peut être modifiée (5°C).
refroidissement et de réchauffement de
l’étable La capacité de refroidissement est l’énergie qui peut
être extraite à l’air de l’étable (utilisation de la cha-
Pour le calcul on part du débit minimum d’air frais leur sensible et latente) en fonction de la différence
(concentration CO2 < 3000 ppm). Dans la tabelle cli- de la température air extrait - air intérieur.
65
Annexe
Si le bilan énergétique est déficitaire une partie de Répertoire de travail C:
la chaleur du condenseur doit être ramenée à C :\FAT\CLIMAT1
l’étable. C’est la capacité de réchauffement de Touche de raccourci:
l’étable. Aucune
La puissance motrice est définie comme capacité de Changer d’icône:
refroidissement : 2 (estimation grossière). Nom:
C :\FAT\CLIMAT1\[Link]
La puissance utilisable = capacité de refroidisse- Confirmer avec OK
ment + puissance motrice - capacité de réchauffe-
ment.
Divers
Barre d’outils :
Si plus d’une barre d’outils est affichée à l’écran,
nous vous conseillons de les supprimer durant l’uti-
lisation du programme Climat (cliquer la touche
6. Description de l’installation droite de la souris sur la barre d’outils).
programme climat d’étable
Répertoire :
Si l’on désire modifier le chemin d’accès:
Equipement nécessaire \FAT\CLIMAT1
Procéder comme suit :
Software : Microsoft Windows 3.1 ouvrir la Macro [Link]
Microsoft Excel 4.0 / 5.0
Important : pendant l’ouverture maintenir pressée
Hardware : Utilisation nécessaire à Excel la touche SHIFT.
(minimum 4 MB RAM conseillés) Dans le champ B24 / B25 un autre répertoire peut
être introduit (\asdf\xcvb\adf). Sauver les données.
Important : pendant la fermeture maintenir pressée
Installation la touche SHIFT.
Créer les sous-répertoires
C :\FAT\CLIMAT1
Copier tous les fichiers et le sous-répertoire
«Données» de la disquette originale dans le réper-
toire
C :\FAT\CLIMAT1
Dans
Gestionnaire de programmes
Applications: fichier
Nouveau
Programme
Confirmer avec OK
Introduire les données suivantes :
Nom:
CLIMAT D’ETABLE
Ligne de commande:
C :\EXCEL\[Link] [Link]
66
Bibliographie
Bibliographie
Publications du programme Autres publications
d'impulsions –
Installations du bâtiment Pompes à chaleur
Infoenergie Colombier, 1981
Amélioration thermique des bâtiments:
expériences pratiques Mesures effectuées au cours de l'utilisation
Office fédéral des questions conjoncturelles, pratique d'échangeurs thermiques à plaques
EDMZ/OCFIM Berne, N° 724.600 f W. Göbel, Rapport FAT N° 301, Tänikon, 1987
Wärmeruckgewinnung in Lüftugs-und Klima-
anlagen
Office fédéral des questions conjoncturelles,
EDMZ /OCFIM Berne, N° 724.709 d (n'existe qu'en Sources des illustrations
langue allemande) (Pour autant qu'elles ne soient pas tirées des
publications ci-dessus)
Lüftungstechnik
Office fédéral des questions conjoncturelles, FAT – Station fédérale de recherches en économie
EDMZ /OCFIM Berne, N° 724.618 d (n'existe qu'en et technologie agricole
langue allemande)
Ecole d'agriculture, Flawil
Systèmes de chauffage pour maisons à
basse consommation d'énergie Kälte Fedder GmbH & Co, Loesfeld
Office fédéral des questions conjoncturelles,
EDMZ/OCFIM Berne, N° 724.609 f Planair SA, La Sagne
Chauffage avec pompes à chaleur air-eau B. Pulver & Co, Muri
Office fédéral des questions conjoncturelles,
EDMZ/OCFIM Berne, N° 724.712 f
Normes
Norme suisse du climat d'étable
Institut für Tierproduction, ETH Zürich, 1983
Climatisation of Animal Houses
Commission internationale du génie rural CIGR,
Aberdeen, 1984
SIA 384/2
Puissance thermique à installer dans les bâti-
ments, recommandation (1982)
SIA 380/1
L'énergie dans le bâtiment, recommandation
(1988)
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