Memoire
Memoire
THEME :
SOUTENU PAR :
MOUSSA KALAMOULAYE GUEYE
ABDOULAYE BA
FATOUMATA NIANG
ENCADREUR : Mr DIONE : ingénieur électrotechnicien diplômé du C.A.E.S.T.P
REMERCIEMENTS :
Nous tenons tout d’abord à remercier Dieu le tout
puissant de nous avoir donné
le courage, la force, la sante et la volonté pour réaliser
ce travail
Nous tenons ensuite à remercier nos parents qui grâce
à leurs aides et à leurs soutient le traitement de ce
sujet fut possible.
Nous adressons nos sincères remerciements à
l’ensemble des professeurs du CEDT LE G15 plus
précisément à notre professeur encadreur Mr Dione, à
l’ensemble des surveillants et surveillantes du G15, au
directeur du centre, à l’intendant et au directeur des
études.
Nous allons terminer par remercier l’ensemble de nos
camarades promotionnaires pour leurs soutient et
leurs conseils durant le traitement du sujet.
I
DEDICACES :
A notre Professeur encadreur, pour sa disponibilité, ces
conseils et ces encouragements tout au long de ce travail,
II
AVANT-PROPOS
L’électrotechnique se rapporte « aux applications pratiques de l’électricité et à
la science étudiant ces applications ». Elle concerne par exemple la production,
le transport, la distribution, le traitement, la transformation, la gestion et
l’utilisation de l’énergie électrique. Nous avons choisi la formation en
électrotechnique car elle touche beaucoup de domaine et c’est un métier vaste
qui nous fascine, qui constitue aussi un moyen d’atteindre nos objectifs.
Le Centre d’Entrepreneuriat et de Développement Technique (CEDT) le G15 est
un centre de formation professionnelle et technique qui assure la preparation
de ces etudiants aux taches de technicien superieur . le centre est structure
comme tel :
DIRECTEUR GENERALE
III
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I.1 : Comparaison selon la teneur en matière sèche _ _ _ _ _ _ _ _ 12
Tableau I.2 : Comparaison selon la température de réaction _ _ _ _ _ _ _ _ 14
Tableau I.3 : Concentrations favorables d’oligo-éléments selon divers sources
bibliographique _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 16
IV
LISTE DES FIGURES
Figure I.1 : Principe de production de biogaz _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 4
Figure I.2 : Biodigesteur en béton _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 6
Figure I.3 : Biodigesteur à réservoir préfabriqué _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 6
Figure I.4 : Exemple de potentiel méthanogène de différentes matières
(Source : Methasim 2010) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 8
Figure I.5 : Processus de la Méthanisation _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 9
Figure I.6 : Diagrammes de corrélation entre le taux de charge organique et le
temps de séjour hydraulique pour diverses concentrations de substrat _ _ _ 19
Figure I.7 : Différentes procèdes d’épuration du biogaz _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 24
Figure I.8 : Schéma simplifié de l’adsorption par variation de pression _ _ _ 25
Figure I.9 : Schéma simplifie du lavage à l’eau _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 26
Figure I.10 : Schéma simplifié de l’absorption physique (lavage aux glycols) _ 27
Figure I.11 : Schéma simplifié de l’absorption chimique (lavage aux amines) _28
Figure I.12 : Détails d’une membrane _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _28
Figure I.13 : Schéma simplifié de la séparation membranaire _ _ _ _ _ _ _ _ _29
Figure I.14 : schéma de l’épuration cryogénique (distillation à froid) _ _ _ _ _30
Figure II.1 : Courbe de rendement électrique des unités de cogénération _ _34
Figure III. 1: Puissance produite par des moteurs de différentes puissances
électriques installées _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 37
Figure III.2 : Graphique représentant le TRI d’une installation de valorisant 90 %
de la chaleur en fonction de la longueur du réseau pour différentes puissances
installées _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 44
Figure III.3 : Graphique représentant la variation du RNC d’une installation de
10 TJ d’énergie primaire avec moteur Dual Fuel en fonction du prix du Fioul _50
Figure IV.1 : Unité de cogénération avec système de régulation du gaz
[DBFZ) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 52
Figure IV.2 : Installation d’une unité de cogénération dans un bâtiment et dans
un conteneur spécialement conçu à cet effet [Seva Energie AG] _ _ _ _ _ _ _55
V
TABLES DES MATIERES :
REMERCIEMENTS _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ I
DEDICACES _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ II
AVANT-PROPOS _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ III
LISTE DES TABLEAUX _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ IV
LISTE DES FIGURES _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ V
INTRODUCTION GENERALE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 3
I. PROCEDES DE PRODUCTION DU BIOGAZ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 4
I.1 LE BIODIGESTEUR _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 4
I.2 MATIERES PREMIERES POUR BIOGAZ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 7
I.3 LA METHANISATION _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 8
I.3-1 HYDROLYSE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 10
I.3-2 L’ACIDOGENESE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 10
I.3-3 L’ACETOGENESE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 10
I.3-4 LA METHANOGENESE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 10
I.4 CONDITIONS PHYSICOCHIMIQUE DE LA METHANISATION _ _ _ _ 11
I.5 PARAMETRES DE FONCTIONNEMENT _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 17
I.6 PRODUCTIVITE, RENDEMENT ET DEGRE DE DEGRADATION _ _ _ 19
I.7 QUALITE DU GAZ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 21
I.8 TRAITEMENT OU EPURATION DU BIOGAZ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 22
1
3.5 ETUDE DE L’INFLUENCE DE LA VALORISATION THERMIQUE _ _ _ _ 42
3.6 COMPARAISON ENTRE MOTEURS ET MICROTURBINES _ _ _ _ _ _ _45
3.7 COMPARAISON ENTRE UN MOTEUR A GAZ ET UN MOTEUR DUEL-
FUEL _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 48
IV. EXPLOITATION, MAINTENANCE ET SITES D’INSTALLATION _ _ _ _ _ 50
4.1 EXPLOITATION _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 50
4.2 MAINTENACE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 52
IV.3 SITES D’INSTALLATION _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
54
CONCLUSION GENERALE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 55
BIBLIOGRAPHIE ET WEBOGRAPHIE _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ 57
2
INTRODUCTION GENERALE
Les combustibles fossiles sont les principales sources d’énergie partout
dans le monde, et leur utilisation ne cesse d’augmenter depuis le début de la
révolution industrielle. Cependant, malgré l’utilisation importante de ces
dérivés de pétrole, il est reconnu qu’un certain nombre de problèmes leurs
sont liés: raréfaction et coû t élevé dus à la croissance démographique et à la
diversification des activités économiques, le réchauffement climatique, la
déforestation, voire même la désertification. Pour la réduction de la
dépendance énergétique vis-à -vis de ces dérivés de pétrole et pour la
préservation de l’environnement, le développement de nouvelles sources
d’énergie a été entrepris notamment l’énergie de la biomasse et plus
précisément le biogaz. Cette énergie renouvelable largement disponible,
peu coû teuse et non polluante, est utilisée pour compléter l’énergie fossile
non renouvelable. La valorisation des déchets organiques et principalement
les déjections animales pour la production de biogaz (bio-méthanisation)
pourrait être considérée comme une solution économique, décentralisée et
écologique à ces problèmes à travers une autonomie énergétique et un
développement agricole durable des zones rurales. La production d’énergie
à partir de la matière organique de diverses origines : matière végétale,
déjections animales, sous-produits de l’industrie agro-alimentaire, boues
des stations d’épurations, ordures ménagères…, au moyen de procédés de
fermentation anaérobie dans des digesteurs appropriés (bio-
méthanisation), constituent les principales sources de matières premières
pour la filière biomasse.
Pour le développement du présent thème nous avons tour à tour étudier les
procèdes de production du biogaz pour ensuite parler de la production
d’électricité à partir du biogaz ; de l’étude économique, énergétique et
environnementale, pour enfin terminer par l’exploitation, la maintenance et
les sites d’installation.
3
I. PROCEDES DE PRODUCTION DU BIOGAZ
La digestion anaérobie n’est autre que l’exploitation par l’homme d’un
processus naturel, la fermentation méthanogène de la matière organique, c’est
à dire une fermentation avec comme but final d’obtenir le bio-méthane. Cette
dégradation de matière organique en anaérobiose conduit à la formation d’un
mélange gazeux composé essentiellement de méthane (CH4) et de dioxyde de
carbone (CO2), communément appelé biogaz. Cette digestion anaérobie de la
matière organique se déroule dans le bio-digesteur et conduit à la
méthanisation. C’est à la suite de cette méthanisation que l’on obtient du
biogaz et du digestat (peut être utilise comme engrais dans les champs). Ce
schéma suivant illustre le procède d’obtention du biogaz.
BIOGAZ
MATIERES
METHANISATION
ORGANIQUES
DIGESTAT
FIG I.1 : PRINCIPE DE PRODUCTION DE BIOGAZ
I.1 LE BIODIGESTEUR
Un biodigesteur aussi appelé réacteur à biogaz ou méthaniseur, désigne une
cuve utilisée dans le processus de méthanisation qui produit du biogaz grâce à
un procédé de digestion anaérobie des matières organiques de diverses
provenances.
Il existe différentes formes et tailles de biodigesteur. Dans une des techniques
rudimentaires utilisées dans les débuts, le biodigesteur se présente sous la
forme d’une fosse hermétique, dans laquelle sont déversées des eaux usées,
des boues et des composés organiques supplémentaires permettant de faciliter
la digestion. Le gaz se forme dans les boues et remonte à la surface,
mélangeant les boues par ce processus. Les boues digérées, appelées digestat,
peuvent être vidangées et utilisées comme engrais.
Les deux principaux types de biodigesteur sont soit des réservoirs préfabriqués,
soit des dômes en brique ou en béton. Le dôme peut être fixe (pour un volume
constant, la pression permettant d’acheminer le gaz dans des conduits) ou
flottant (avec un volume variable).
Le temps de rétention hydraulique est généralement de 15 jours en climat
chaud et 25 jours en climat tempéré, mais peut aller jusqu’à 60 jours si les
4
produits entrants sont hautement contaminés, comme dans le cas de boue. Le
fumier et les déchets organiques permettent de bien meilleurs rendement de
gaz que les eaux usées.
Leur taille varie de milles litres pour un biodigesteur familial à cent mille litres
pour une installation communale.
Ces cuves doivent être chauffées pour que le rendement soit acceptable. Ce
sont des biodigesteurs mésophiles (biodigesteur mésophile est un type de
biodigesteur qui fonctionne à des températures comprises entre 20 ° C et
environ 40 ° C, généralement à 37 ° C) la plupart du temps mais il existe aussi
des réacteurs thermophiles (un réacteur thermophile est un réacteur qui
fonctionne à des températures élevées, comprise entre 40 et 70 ° C et dont la
température optimale est généralement de 55° C). Les avantages sont
multiples et notamment au niveau des odeurs et des bactéries qui sont
détruites.
Un réacteur produit environ 50 à 70 % de méthane, 30 % de CO2 et de l’eau, de
l’hydrogène sulfuré (H2S) et de l’oxygène. Par ailleurs le mélange à digérer doit
comporter une bonne proportion entre résidus Carbone et résidus azotés qui
correspond à celle entre le carbone et l’hydrogène dans le méthane.
Le processus de digestion complet durant un certain nombre de jours, la
effluente doit être remplacer lorsque les possibilités de fermentation sont
épuisées. Toutefois, il existe des configurations de biodigesteurs ayant la forme
d’un tunnel ou d’une cuve dans lesquelles le rechargement se fait de façon
continue sans interrompre le processus en fin de cycle.
Les principales grandeurs qui caractérisent un réacteur de biodigestion
anaérobie sont :
5
La quantité et la composition du gaz : La quantité de gaz peut être
rapportée à la quantité de matière organique éliminée (rendement) ou
au volume du réacteur (productivité). La composition du gaz est variable
selon l’état du réacteur.
6
Les gisements de matières premières sont des déchets ou co-produits
organiques :
- Produisant du biogaz lors de la méthanisation
- Dont l’exploitant maitrise la provenance, la qualité et la régularité des
apports.
7
FIG I.4 : Exemple de potentiel méthanogène de différentes matières
(Source : Methasim 2010)
8
produit également de l’énergie (chaleur) et une nouvelle biomasse. Le mélange
de gaz obtenu comprend essentiellement du méthane (50 à 75 % en volume) et
du gaz carbonique (25 à 50 % en volume). Le biogaz contient également de
petites quantités d’hydrogène, de sulfure d’hydrogène, d’ammoniac et des
traces d’autres gaz. Sa composition est essentiellement déterminée par les
substrats, le processus de fermentation (digestion) et les divers modèles
techniques des centrales de production. Le processus de formation du biogaz
peut être divisé en un certain nombre d’étapes (voir Fig. 4) Les différentes
étapes de décomposition (dégradation) doivent être coordonnées et
harmonisées de la meilleure façon possible pour s’assurer que l’ensemble du
processus se déroule dans de bonnes conditions.
Hydrolyse
9
I.3-1 L’HYDROLYSE
Pendant cette première étape, les composés complexes de la matière première
(hydrates de carbone, protéines et lipides, par exemple) sont décomposés en
composés organiques plus simples (par ex. acides aminés, sucres et acides
gras). Les bactéries hydrolytiques intervenant à ce stade libèrent des enzymes
qui décomposent la matière par des moyens biochimiques.
I.3-2 L’ACIDOGENESE
Les produits intermédiaires formés par le processus d’hydrolyse sont ensuite
décomposés pendant l’acidogénèse (phase d’acidification) par des bactéries
fermentatives (génératrices d’acides) pour former des acides gras inférieurs
(acide acétique, propionique et butyrique), ainsi que du gaz carbonique et de
l’hydrogène. De plus, de petites quantités d’acide lactique et d’alcools sont
également formées. La nature des produits formés à ce stade dépend de la
concentration de l’hydrogène intermédiaire.
I.3-3 L’ACETOGENESE
10
acétique. Dans les conditions qui prévalent dans les centrales de valorisation du
biogaz agricole, aux taux supérieurs de charge organique, le méthane est
produit essentiellement par la réaction utilisant l’hydrogène, alors que ce n’est
qu’aux taux relativement faibles de charge organique que le méthane est
produit par clivage de l’acide acétique. Le phénomène de digestion des boues
d’épuration nous a appris que 70 % du méthane provient du clivage de l’acide
acétique et seulement 30 % de l’utilisation de l’hydrogène. Toutefois, dans une
centrale de valorisation du biogaz agricole, cela n’est vrai, dans le meilleur des
cas, que pour les digesteurs de grande capacité pour lesquels les temps de
séjour sont très courts. Une étude récente confirme que c’est le transfert
d’hydrogène entre espèces qui détermine véritablement le taux de production
de méthane. Les quatre phases de dégradation anaérobie ont lieu
simultanément selon un processus à une seule étape. Toutefois, comme les
bactéries intervenant dans les diverses phases de la dégradation n’ont pas les
mêmes exigences en termes d’habitat (en ce qui concerne le pH et la
température, par exemple), il faut trouver un compromis dans la technologie
du processus. Comme les microorganismes méthanogènes constituent le
maillon le plus faible de la biocénose, compte tenu de leur faible taux de
croissance, et qu’ils sont les plus sensibles aux perturbations, il faut adapter les
conditions environnementales aux exigences des bactéries productrices de
méthane. En pratique, cependant, toute tentative de séparation physique de
l’hydrolyse et de l’acidogénèse de la méthanogénèse en mettant en œuvre
deux étapes distinctes du processus (gestion du processus en deux étapes) sera
relativement peu efficace dans la mesure où, malgré la faible valeur du pH
dans l’étape d’hydrolyse (pH < 6,5), il se formera quand même du méthane. Le
gaz d’hydrolyse obtenu contient par conséquent du méthane en plus du
dioxyde de carbone et de l’hydrogène, ce qui explique pourquoi il doit être
utilisé ou traité pour éviter toute conséquence néfaste pour l’environnement
et tout risque pour la sécurité. Dans les processus en plusieurs étapes,
différents environnements peuvent se créer dans les étapes individuelles de
digestion, selon le modèle de la centrale de valorisation du biogaz et son
régime de fonctionnement, et selon la nature et la concentration de la masse
fraîche utilisée comme substrat. Réciproquement, les conditions ambiantes
altèrent la composition et l’activité de la biocénose microbienne et ont par
conséquent une incidence directe sur les métabolites obtenus.
Pour décrire les conditions physicochimiques, il faut faire une distinction entre
digestion humide et digestion sèche car les deux processus diffèrent
11
considérablement en termes de teneur en eau, de teneur en nutriments et de
transport de masse. (Les termes digestion et fermentation sont parfois utilisés
de manière interchangeable.)
Selon la teneur en matière sèche
- Les procédés à voie humide (< 15 % de matière sèche) : on retrouve ces types
de procédés pour les effluents dits liquides (boues, lisiers, …). Ils peuvent être
utilisés pour les déchets solides, lesquels nécessitent alors une dilution.
- Les procédés à voie sèche (15 % à 40 % de matière sèche). Les procédés en
voie sèche ont surtout été développés pour traiter les déchets solides. Ces
procédés nécessitent un volume moindre (substrat concentré) mais une bonne
maîtrise de la circulation de la matière (pompage et brassage).
Le tableau ci-dessous illustre les différences entre méthanisation par voie sèche
et humide :
TABLEAU I.1 : COMPARAISON SELON LA TENEUR EN MATIERE SECHE
13
LE pH
La situation en ce qui concerne la valeur du pH est similaire à celle qui concerne
la température. Les microorganismes intervenant dans les divers stades de
décomposition ont besoin de valeurs de pH différentes pour une croissance
optimale. Ainsi, pour les bactéries hydrolysantes et acidogènes, le pH optimal
se situe dans la plage de 5,2 à 6,3. Mais ces valeurs ne sont pas définitives car
ces bactéries peuvent encore convertir les substrats lorsque le pH est
légèrement supérieur. Seulement, leur activité est alors légèrement réduite.
Par contre, dans la plage neutre, un pH de 6,5 à 8 est absolument indispensable
pour les bactéries qui produisent de l’acide acétique et pour les archées
méthanogènes. Par conséquent, lorsque la fermentation a lieu dans un même
digesteur, il est impératif que cette plage de pH soit maintenue. Que le
processus soit à une seule étape ou à plusieurs étapes, la valeur du pH dans le
système est automatiquement déterminée par les métabolites alcalins et
acides formés au cours de la décomposition anaérobie.
APPORT EN NUTRIMENT
Les microorganismes participant à la dégradation anaérobie ont des besoins
propres à chaque espèce en termes de macronutriments, de micronutriments
et de vitamines. La concentration et la disponibilité de ces nutriments ont une
incidence sur le taux de croissance et sur l’activité des diverses populations. Il
existe des concentrations minimales et maximales propres à chaque espèce et
il est difficile de les définir compte tenu de la diversité des différentes cultures
et de leur adaptabilité, qui est parfois considérable. Pour tirer le plus possible
de méthane des substrats, il faut assurer un apport optimal de nutriments aux
microorganismes. La quantité de méthane pouvant être tirée des substrats
dépend des proportions de protéines, de lipides et d’hydrates de carbone qu’ils
contiennent. De même, ces facteurs ont une influence sur les besoins
spécifiques en nutriments.
Une proportion équilibrée de macronutriments et de micronutriments est
nécessaire pour assurer la stabilité du processus. Après le carbone, l’azote est
14
le nutriment le plus indispensable. Il est nécessaire à la formation des enzymes
qui assurent le métabolisme. Le rapport C/N des substrats est donc primordial.
S’il est trop élevé (beaucoup de carbone et peu d’azote), le métabolisme est
incomplet, si bien que le carbone présent dans le substrat n’est pas
entièrement converti et que la production de méthane n’est pas optimale.
Dans le cas contraire, un excédent d’azote peut entraîner la formation de
quantités excessives d’ammoniac (NH3) qui, même en faibles concentrations,
inhibe la croissance des bactéries et, dans le pire des cas, peut entraîner
l’effondrement complet de la population de microorganismes. Pour que le
processus fonctionne de manière ininterrompue, il faut que le rapport C/N se
situe dans la plage 10-30. En plus du carbone et de l’azote, le phosphore et le
soufre sont également des nutriments essentiels. Le soufre est un élément
constitutif des acides aminés et les composés phosphorés sont nécessaires à la
formation de l’adénosine triphosphate (ATP) et du nicotinamide-adénine-
dinucléotide-phosphate (NADP) qui sont des vecteurs d’énergie. Pour que les
microorganismes soient suffisamment approvisionnés en nutriments, il faut
que dans le réacteur le rapport C/N/P/S soit 600/15/5/3.
Tout comme pour les macronutriments, l’apport approprié de certains oligo-
éléments est indispensable à la survie des microorganismes. La demande de
micronutriments est généralement satisfaite dans la plupart des centrales de
valorisation du biogaz agricole, notamment lorsqu’elles bénéficient de l’apport
d’excréments animaux. Un déficit d’oligo-éléments est toutefois très courant
dans la mono-fermentation des cultures énergétiques. Les éléments dont les
archées méthanogènes ont besoin sont le cobalt (Co), le nickel (Ni), le
molybdène (Mo) et le sélénium (Se) et parfois également le tungstène (W). Le
nickel, le cobalt et le molybdène sont nécessaires dans les cofacteurs pour les
réactions indispensables à leur métabolisme. Le magnésium (Mg), le fer (Fe) et
le manganèse (Mn) sont également des micronutriments importants pour le
transport d’électrons et pour la fonction de certains enzymes.
La concentration d’oligo-éléments dans le réacteur est par conséquent une
variable de référence cruciale. Il ressort d’une comparaison de diverses sources
documentaires consacrées à ce sujet que les variations peuvent être
considérables (parfois selon un facteur de 1 à 100) dans les concentrations
d’oligo-éléments considérés comme essentiels.
15
LES INHIBITEURS
Le processus biologique qui se déroule dans le digesteur peut être inhibé par
d’importantes concentrations de NH4 ou en NH3.
De plus l’accumulation d’acides organiques peut avoir aussi une action
inhibitrice sur le processus de génération du biogaz et peut même provoquer
l’arrêt de la digestion anaérobie.
Les métaux lourds, comme par exemple le cuivre et le zinc qui sont les additifs
nutritionnels, ou encore les antibiotiques, peuvent également être inhibiteurs.
Il faut également prêter attention aux produits de désinfection des étables
concernant les substances actives et les dosages.
PARAMETRES DE FONCTIONNEMENT
TAUX DE CHARGE ORGANIQUE ET TEMPS DE SEJOUR DU DIGESTEUR
Lors de la conception et de la fabrication d’une centrale de valorisation du
biogaz, l’objectif doit être d’obtenir une dégradation optimale à un coût
acceptable.
À cet égard, le taux de charge organique est un paramètre primordial
d’exploitation. C’est lui qui indique combien de kilogrammes de solides
volatiles (SV, ou matière sèche organique, MSO) on peut introduire dans le
digesteur par m3de volume utile par unité de temps. Le taux de charge
organique est exprimé en kg SV/(m3 · j).
17
Le taux de charge organique peut être spécifié pour chaque phase (enceinte
étanche au gaz, isolée et chauffée), pour l’ensemble du système (volume utile
total de toutes les phases) et avec ou sans l’inclusion d’un système de
recirculation des matières. La modification des variables de référence peut
entraîner des résultats parfois très contrastés pour le taux de charge organique
d’une centrale. Pour comparer de façon significative les taux de charge
organique de diverses centrales de valorisation du biogaz, il est conseillé de
déterminer ce paramètre pour l’ensemble du système sans tenir compte de la
recirculation des matières, autrement dit uniquement pour le substrat frais.
Le temps de séjour hydraulique (TSH) est un autre facteur à prendre en compte
au moment de décider de la taille de l’enceinte. Il s’agit du temps pendant
lequel un substrat doit (après calcul) rester en moyenne dans le digesteur
jusqu’à ce qu’il en soit évacué. Le calcul consiste à déterminer le rapport entre
le volume du réacteur (VR) et le volume du substrat ajouté quotidiennement.
Le temps de séjour hydraulique s’exprime en jour.
Le temps de séjour réel est différent du résultat ainsi calculé car la rapidité
d’évacuation des composants individuels du digesteur diffère en fonction du
degré de mélange, par exemple en raison de flux en circuit court. Il existe une
étroite corrélation entre le taux de charge organique et le temps de séjour
hydraulique (figure 2.2). Si on part du principe que la composition du substrat
reste la même, lorsque le taux de charge organique augmente une plus grande
quantité de matière est ajoutée au digesteur et le temps de séjour est par
conséquent plus court. Pour pouvoir maintenir le processus de digestion, le
temps de séjour hydraulique doit être choisi de sorte que le remplacement
constant du contenu du réacteur n’évacue pas plus de microorganismes qu’il
ne s’en reproduit pendant ce laps de temps (par exemple, il faut 10 jours ou
plus à certaines archées méthanogènes pour doubler leur population) (2-1]. Il
faut également garder à l’esprit qu’avec un temps de séjour court, les
microorganismes disposent de peu de temps pour dégrader le substrat et la
production de gaz est moindre. Il est par conséquent également important
d’adapter le temps de séjour au taux spécifique de décomposition des
substrats. Si on connaît la quantité ajoutée par jour, on peut calculer le volume
18
du réacteur en tenant compte de la dégradabilité du substrat et du temps de
séjour prévu.
La production de
gaz exprimée par
rapport aux intrants est
le rendement. Le
rendement peut
lui aussi concerner la
19
production de biogaz (A(biogaz)) ou celle du méthane (A(CH4)). Par définition, il est
égal au quotient du volume de gaz produit par la quantité de matière
organique ajoutée et est exprimé en Nm3/t SV).
20
processus sont très limitées. Premièrement et avant tout, la composition du
biogaz dépend de la composition des matières introduites. Par ailleurs, la
teneur en méthane dépend de paramètres de fonctionnement tels que la
température de digestion, la charge du réacteur et le temps de séjour
hydraulique, ainsi que d’éventuelles perturbations du processus et de la
méthode de désulfuration biologique utilisée. Le rendement en méthane
possible est essentiellement déterminé par la composition du substrat,
autrement dit par les proportions de lipides, de protéines et d’hydrates de
carbone.
TABLEAU I.5 : Rendement spécifique en biogaz et concentration de méthane
des différents groupes de substances
21
L’épuration consiste à éliminer du biogaz brut les substances indésirables et les
traces de polluants (ammoniaque, éléments soufrés, minéraux…) et augmenter
sa teneur en méthane (par retrait du CO2 et autres composés gazeux) pour
produire un gaz comparable au gaz naturel.
Le biométhane ainsi obtenu constitue du biogaz épuré et enrichi doté d’un
pouvoir calorifique équivalent à celui du gaz naturel
Le biogaz brut se compose des éléments suivants : le méthane (CH4, 50 – 75
%), le dioxyde de carbone (CO2, 25 – 45 %), l’eau (H2O), l’azote (N2), l’oxygène
(O2), l’hydrogène sulfuré (H2S), l’ammoniaque (NH3), et des éléments traces
(organo-halogénés, siloxanes, métaux lourds ….).
L’évent est un gaz pauvre fatalement produit, contenant essentiellement du
CO2, le méthane non extrait et des impuretés issues du biogaz. En fonction de
la quantité de méthane et d’impuretés (COV) de cet évent, celui-ci doit être
traité (oxydation thermique, biofiltre) afin d’éviter toute émission polluante à
l’atmosphère. Dans certain cas ce gaz pauvre peut être valorisé
thermiquement.
Un système d’épuration peut se présenter sous deux formes, selon la nature du
biogaz et des éléments à éliminer ou à réduire
une technologie globale de traitement (épuration et enrichissement)
et/ou
un système composé de différentes étapes de traitement (épuration
puis enrichissement):
Epuration des composés minoritaires suivants:
– Eau – vapeur d’eau :
• Condensation
• Adsorption
• Perméation
– Oxygène :
• Perméation
• Déoxydation catalytique
– Composés soufrés:
• Traitement en amont dans le digesteur (oxydation biologique, désulfurisation
physico-chimique…)
• Traitement en aval après digesteur : Charbon actif, lavages biologique,
lavages à la soude, perméation…
– Composés organique volatils (COV) et COVSi (dont siloxanes):
• Charbon actif
• Combinaison refroidissement/charbon actif,…
Enrichissement en méthane (séparation du CO2):
22
• Perméation (membrane),
• Adsorption (PSA : Pressure Swing Adsorption),
• Absorption
• physique (lavage à l’eau)
• physico-chimique (lavage aux solvants, aux amines…)
• Cryogénie (cristallisation ou liquéfaction du CO2)
23
Les unités se composent de 4 colonnes ou de 6 colonnes. Une partie du
méthane résiduel est renvoyé à l’aspiration du compresseur, et le reste est
envoyé dans l’évent riche en CO2.
LE LAVAGE A l’EAU
24
Si la teneur en éléments soufrés dans le biogaz est élevée, une étape de
désulfurisation en amont s’avère nécessaire (pour les boues de STEP par
exemple).
25
FIG I.10 : Schéma simplifié de l’absorption physique (lavage aux glycols)
26
FIG I.11 : Schéma simplifié de l’absorption chimique (lavage aux amines)
SEPARATION MEMBRANAIRE
La séparation par membrane fonctionne comme un simple filtre.
27
Principe : La séparation du CO2 du biogaz est due à la différence de
perméabilité des membranes vis-à-vis des composés du biogaz: Le dioxyde de
carbone traverse plus vite la membrane que le méthane, ce qui permet de
concentrer le méthane d’un côté du module.
Fonctionnement : le biogaz est comprimé entre 8 et 13 bar. Un traitement
permet de retirer les composés halogénés du biogaz. Le biogaz traverse ensuite
un filtre à particules puis alimente les membranes. Un procédé membrane est
très souvent constitué de deux étages pour permettre un bon rendement. Un
post-traitement est possible pour valoriser le méthane résiduel car celui-ci
n’est pas dilué. Le biométhane est produit à une pression supérieure à 7barg.
Technologie : Les membranes, en forme de fibre, sont en polymère (acétate de
cellulose, aussi nommée zylonite / polyamide) capable de séparer les petites
molécules polaires telles que le CO2, l’H2S, l’O2, l’H2, l’H20…
28
Si l’azote doit être également retiré, le biogaz peut être refroidi d’autant, le
point d’ébullition du N2 étant – 195°C
Cette technique est particulièrement adaptée aux gaz de décharge car elle
traite efficacement les siloxanes et l’azote.
30
pas suffisamment refroidis et risquent de s’encrasser et donc de s’user plus
rapidement. Les moteurs à injection pilotée fonctionnent également avec un
fort excès d’air. La régulation de la charge s’effectue en contrôlant la quantité
d’huile d’allumage ou de gaz injectée.
Si l’approvisionnement en biogaz se tarit, les moteurs à injection pilotée
peuvent fonctionner à l’huile d’allumage ou au diesel. Le changement de
carburant se fait sans difficulté et peut s’avérer nécessaire au démarrage de la
centrale de valorisation du biogaz pour apporter la chaleur nécessaire au
procédé.
D’après la loi sur les sources d’énergie renouvelable, seules les huiles
d’allumage provenant de sources renouvelables, telles que l’ester méthylique
de colza ou autres biomasses approuvées, peuvent être utilisées comme huile
d’allumage. Les critères de qualité exigés par le fabricant du moteur doivent
toutefois être respectés. Les caractéristiques et paramètres des moteurs à
injection pilotée sont présentés dans le tableau 6.9.
2.3 GENERATEURS
Les unités de cogénération sont généralement équipées de générateurs
synchrones ou asynchrones (induction). Étant donné leur forte consommation
de courant réactif, il semble préférable de limiter l’utilisation des générateurs
asynchrones aux unités dont la puissance nominale est inférieure à 100 kWh.
31
Les générateurs les plus courants dans les centrales de valorisation du biogaz
sont donc les générateurs synchrones.
2.4 RENDEMENT ET PUISSANCE ELECTRIQUES
Le rendement d’une unité de cogénération mesure le niveau d’efficacité de la
conversion de l’énergie d’alimentation. Le rendement global associe le
rendement électrique et le rendement thermique et se situe habituellement
entre 80 % et 90 %. En théorie, donc, 90 % de la puissance thermique nominale
totale peut être utilisée pour la conversion d’énergie.
La puissance thermique nominale se calcule ainsi :
33
- le mode de production du biogaz (usine de méthanisation, centre de stockage
de déchets, station d’épuration, méthanisation à la ferme) ;
- la taille de l’installation (quantité de biogaz produite) ;
- les conditions environnementales (pluviométrie, température…) ;
-…
Les contraintes sont donc spécifiques à chaque site. Ainsi, la quantité de
méthane, la concentration de polluants dans le biogaz, la distance à un
consommateur de chaleur, la place sur le site, la faisabilité du raccordement
électrique sont autant d’exemples de contraintes liées à la mise en oeuvre
d’une installation de valorisation du biogaz.
Par conséquent, il faut garder à l’esprit que les résultats de cette étude
économique, énergétique et environnementale sont des indications de base
qui ne peuvent se substituer à une étude d’un projet à réaliser.
34
TABLEAU III.1 : Comparaison de différentes puissances
On peut constater, que le cas avec le moteur de 1200 kWe est celui qui
produirait le plus d’électricité.
C’est également celui qui économiserait le plus d’énergie primaire, qui éviterait
le plus d’émission de
CO2. Dans cette configuration, c’est a priori l’installation avec un moteur de
1200 kWe qui serait la mieux dimensionnée. De plus le TRI est de 17 % ce qui
est très bon.
Avec un moteur de 1200kW, la production électrique sera plus importante
qu’avec un moteur de 1300 ou 1400 kW, même si la puissance électrique
installée est plus faible. Ceci s’explique par le fait que le rendement électrique
se dégrade lorsque le moteur ne fonctionne pas à pleine charge. Donc plus on
est proche de la charge nominale, plus le rendement électrique est bon. Le
graphique ci-dessous montre la puissance délivrée par ces moteurs allant de
1000 kWe à 1400 kWe installés mois par mois (l’aire verte représentant le
potentiel de production si on le moteur installé serait à 37 % de rendement
électrique en permanence).
35
FIG III.1 : Puissance produite par des moteurs de différentes puissances
électriques installées
Par ailleurs, on remarque que, dans le cas d’un sous dimensionnement à 1000
kWe, le TRI perd 2 % par rapport à un dimensionnement de 1200 kWe. Dans le
cas du surdimensionnement à 1400 kWe, le TRI perd 4 %. Le
surdimensionnement a donc plus d’impact sur l’économie du projet qu’un sous
dimensionnement. Ceci s’explique par le fait que l’investissement est plus
important pour le moteur de 1400 kWe que pour celui de 1000 kWe.
On peut également envisager de mettre deux moteurs en parallèle. La
configuration la plus souvent rencontrée est une répartition 2/3 -1/3 de la
puissance. Ce qui, dans notre cas, donne un moteur de 800 kWe et un moteur
de 400 kWe.
36
TABLEAU III.2 : Comparaison de puissance selon le couplage
38
des moteurs à gaz est comprise entre 97 % et 90 %. Celle des microturbines est entre
98 % et 94 %. Les microturbines ont pour avantages d’être souvent en série, donc
quand l’une est en panne, les autres peuvent continuer à produire de l’électricité.
TABLEAU III.4 : Etude de la disponibilité du biogaz
39
Dans cette étude, nous avons considéré que le gain de disponibilité du moteur
est de 5 % avec un traitement du biogaz, et la fréquence de vidange est divisée
par deux, il n’y a donc besoin de deux fois moins d’huile de lubrification.
Le deuxième cas correspond à un gaz où les concentrations en COV, H2S et
siloxanes sont relativement faibles. Le quatrième cas correspond à un gaz où il
y a beaucoup de contaminants. Le troisième cas étant un intermédiaire.
TABLEAU III.5 : Comparaison avec ou sans traitement du biogaz amont
La première analyse que l’on peut porter est que l’utilisation de charbon actif
n’impacte pas de façon considérable le bilan énergétique. Même si la
consommation de charbon actif est importante, jusqu’à plus de 22 tonnes par
an dans le quatrième cas, la diminution de la consommation de l’huile de
vidange permet de compenser. En effet, dans le cas 1, l’huile représente 0,42 TJ
de dépenses énergétiques. Dans le cas 2, la part de l’huile est de 0,22TJ et celle
du charbon actif de 0,1TJ. Donc s’il y a peu de polluants à traiter, un traitement
peut permettre de faire moins de dépenses énergétiques. Dans le cas 4, la part
du charbon actif est de 0,34TJ, cette dépense reste donc relativement faible.
D’autant plus que le gain de disponibilité apporté par la mise en place d’un
traitement permet de produire plus d’énergie. Donc le bilan global de l’énergie
primaire économisée par l’installation est meilleur lorsqu’il y a un traitement
du biogaz.
De même pour le bilan des émissions de CO2.
40
Il est clair que du fait de la consommation de charbon actif, les charges
annuelles sont plus importantes avec un traitement du biogaz, elles peuvent
augmenter de près de 50 %. La différence de TRI est très importante entre le
cas où il n’y a pas de traitement et le cas où il y a une quantité importante de
polluants éliminés.
Néanmoins, dans cette simulation, on ne prend pas en compte les incidents
importants qui nécessiteraient de grosses réparations, comme il est arrivé sur
de nombreux sites sans traitement du gaz. Ces incidents impactent l’économie
des projets de la diminution de par la disponibilité mais aussi de par le coût des
réparations. Il faut prendre ces considérations en compte.
De plus, d’un point de vue énergétique et environnemental, le traitement est
positif. Il permettrait de faire plus d’économie d’énergie primaire et d’éviter
plus d‘émissions de CO2.
De façon générale, la production d’électricité est rentable, même si la mise en
place d’un traitement diminue les bénéfices de l’installation.
Sur les moteurs comme sur les turbines, il est possible de récupérer de
l’énergie thermique.
Cependant, la valorisation thermique n’est pas systématiquement mise en
place et il n’y a pas forcément de débouchés thermiques à proximité du site de
valorisation du biogaz.
Pourtant, valoriser la chaleur a non seulement un impact énergétique et
environnemental positif mais cela permet également de bénéficier de meilleurs
tarifs d’achats de l’électricité. En effet, plus le rendement énergétique global de
l’installation est élevé plus le tarif d’achat est intéressant, grâce à la prime
d’efficacité énergétique.
La valorisation de 30 % de la chaleur permet d’augmenter le tarif d’achat de
l’électricité de 89 à 100 €/MWh. Pour 60 % de valorisation de la chaleur, le
tarif est à 113€/MWh, et pour 90 % il est à 121 €/MWh (le maximum).
Il faut ajouter que dans cette analyse, nous avons considéré que la chaleur était
achetée par une entreprise ou une collectivité à 35 €/MWh de chaleur.
Le tableau suivant permet de comparer différentes situations : sans valorisation
thermique et avec valorisation thermique de différents pourcentages de la
chaleur totale produite. En effet, lorsqu’il y a une valorisation de la chaleur, il
est fréquent que les débouchés thermiques ne permettent pas la valorisation
de toute la chaleur, mais seulement d’une partie. Dans les trois cas où une
41
partie la chaleur est valorisée, nous avons estimé dans les investissements le
coût d’un réseau d’eau chaude de 2 km.
TABLEAU III.6 : Comparaison de l’étude de l’influence de la valorisation
thermique
42
chaleur qui est produite permet d’augmenter de près de 18 % l’énergie
économisée et les émissions de CO2 évitées par le projet.
Sur le plan économique, on peut noter que plus il y a de valorisation
thermique, plus l’économie du projet est bonne. Entre un projet qui ne ferait
pas de valorisation thermique et un projet où on valorise
90 % de la chaleur, le TRI peut se voir doubler. Le fait de valoriser de la chaleur
peut s’avérer très intéressant, puisque non seulement le prix d’achat
d’électricité augmente grâce à la prime d’efficacité, mais aussi on peut
bénéficier du prix d’achat de la chaleur par un tiers.
Aussi bien d’un point de vue énergétique, environnemental ou économique la
valorisation thermique est bénéfique.
Sur le graphique ci-dessous, on peut voir le Taux de Rentabilité Interne d’une
installation valoriserait
90% de la chaleur produite en fonction de la longueur du réseau d’eau chaude
mis en place. Pour une installation de 1200 kW par exemple, on peut
s’apercevoir qu’il n’est plus économiquement intéressant de mettre en place
de la valorisation thermique si le réseau d’eau chaude fait plus de 4,6 km. Pour
une installation plus petite, de 400 kW, il faut un réseau de moins de 3,3 km
pour que le projet ait un TRI d’au moins 10 %.
43
3.6 COMPARAISON ENTRE MOTEURS ET MICROTURBINES
Afin de comparer les microturbines et les moteurs, il faut d’abord fixer les
caractéristiques de cas comparables. Il est intéressant de voir la différence
entre un cas où serait installé un moteur sans traitement du biogaz, un autre
où il y aurait un moteur avec un traitement du gaz et enfin un cas avec des
microturbines avec un traitement du gaz puisque le traitement est nécessaire
dans ce cas.
Le cas 1 correspond donc à un moteur de 1300 kW sans installation de
traitement.
Le cas 2 correspond à un moteur de 1300 kW avec un traitement du biogaz, et
donc une meilleure disponibilité du moteur, puisqu’il y a dans ce cas moins de
vidange et maintenance.
Le cas 3 correspond à une installation de 5 microturbines de 200 kW en
parallèle, soit une C1000 (le rendement des microturbines étant moins bon, la
puissance installée est plus faible). Le traitement du biogaz serait identique à
celui du cas 2, et la disponibilité des machines, dans ce cas, est encore
meilleure, puisque les microturbines ont une disponibilité un peu plus longue
que celle des moteurs.
44
TABLEAU III.7 : Comparaison entre moteurs et microturbine
La première chose que l’on peut constater est que, d’un point de vue
énergétique, les microturbines ont un bilan moins bon que celui des moteurs.
En effet, le cas avec microturbines produirait environ 4,4 % de moins
d’électricité que le cas 1 et 9,5 % que le cas avec un moteur et du traitement du
biogaz. Ceci dû au fait que les microturbines ont un moins bon rendement
électrique et que de ce fait la puissance installée est plus faible.
De plus, on peut constater que les dépenses énergétiques sont quasiment deux
fois plus importantes dans le cas des microturbines. Ceci s’explique par le fait
qu’une installation avec des microturbines consomme plus d’électricité pour
l’alimentation des auxiliaires. Dans le cas des microturbines, l’électricité
consommée par les auxiliaires représente environ 15 % de l’électricité
45
produite, alors que pour les moteurs seulement 5 %. Cette différence
s’explique par le fait que les microturbines nécessitent une pression de 6 bars
en entrée, il y a donc une consommation électrique importante pour la
compression. Et également, la réfrigération du gaz après compression,
demande de l’énergie pour le refroidir de 90°C à 5°C. De ce fait le rendement
global de l’installation n’est que de 25,5 % avec les microturbines, alors qu’avec
un moteur, il est de 30,3 % voire 32 % dans le cas où il y a un traitement.
Donc, d’une part la production d’énergie est plus faible dans le cas des
microturbines et d’autre part les dépenses sont plus élevées. Le bilan
énergétique des microturbines est donc moins bon de 14,2 % par rapport au
cas avec un moteur sans traitement et 18,7 % par rapport au cas avec
traitement.
Le même bilan peut être établi sur les émissions de CO2.
En ce qui concerne le bilan économique, une première remarque peut être
faite sur les investissements. En effet, les investissements seraient moins
importants (d’environ 15 %) pour une
C1000 que pour un moteur de 1200 kW. Il faut cependant noter que pour des
plus petites puissances, les investissements pour les microturbines seraient
plus élevés que pour les moteurs.
Les charges annuelles sont également plus faibles pour les microturbines que
pour le moteur (lorsqu’il y’a dans les deux cas un traitement au charbon actif).
Ceci s’explique par le fait que la maintenance des microturbines est moins
chère que celle des moteurs et qu’il y a moins de consommation d’huile de
lubrification.
Bien que les investissements et les charges sont moins élevés pour le cas avec
microturbines, le TRI est moins élevé, 8 % pour les microturbines contre 15%
dans le cas 1 du moteur sans traitement du biogaz et 12 % dans le cas du
moteur avec traitement. Sur le plan économique, l’installation de
microturbines aurait donc une moins bonne rentabilité, du fait de la
production électrique moins importante.
On peut donc conclure, que d’un point de vue énergétique, les moteurs sont
plus favorables que les microturbines. D’un point de vue environnemental,
certes, l’installation d’un moteur évite plus d’émissions de CO2 que les
microturbines mais ici, le fait que les turbines produisent environ 10 fois moins
de polluants dans les fumées d’échappement que les moteurs n’apparaissent
pas. Du point de vue environnemental, les microturbines présentent cet
avantage. Enfin sur le plan de la rentabilité économique, une installation avec
microturbines seraient moins rentable que des moteurs dans ces conditions.
Mais elle présente l’avantage d’être moins lourde à l’investissement et à
l’exploitation.
46
3.7 COMPARAISON ENTRE UN MOTEUR A GAZ ET UN
MOTEUR DUAL FUEL
Les moteurs à gaz et les moteurs dual fuel sont compétitifs entre 30 kWe et
300kWe. Il est donc nécessaire de se situer dans cette gamme pour pouvoir
faire un bilan comparatif.
Nous avons donc considéré une puissance primaire de 10 TJ apportée par le
biogaz (soit 10 fois moins que pour le reste de l’étude). Nous avons donc
comparé trois moteurs à gaz de 110 à 130 kWe, avec un rendement variant
entre 34 % et 38 % et un moteur dual fuel de 140 kW avec un rendement de 41
%. Ces caractéristiques correspondent aux moteurs de cette gamme de
puissance.
De plus, nous avons considéré la consommation de fioul à la limite autorisée
par l’arrêté du 2 octobre 2001, soit 20 % de l’électricité produite. Par ailleurs
dans cette simulation, il y a un taux de valorisation thermique de 70 %. En effet
pour des installations de petites, il faut la plupart du temps une valorisation
thermique pour bénéficier d’un meilleur tarif d’achat de l’électricité et des
recettes apportées par la vente de la chaleur.
47
TABLEAU III.8 : Comparaison entre moteur à gaz et moteur dual fuel
48
effet, le fioul représente une part importante des dépenses d’exploitation,
étant donné que la quantité de fioul ici serait d’environ 19000 L/an.
Pour qu’une installation avec un moteur dual fuel soit plus rentable qu’avec un
moteur à gaz, il faut que le gain de rendement soit de plus de 3 points, dans le
cas étudié, c’est à dire avec un prix du fioul à 0,8 €/L.
Le graphique suivant permet de voir que l’influence du prix du fioul a une
incidence très rapide sur le résultat net cumulé. On voit qu’à partir d’un prix du
fioul d’environ 1,2 €/L, un moteur à gaz de 34 % deviendrait aussi rentable
qu’un moteur dual fuel qui aurait 7 points de rendement de plus. Si le prix du
pétrole continue d’augmenter aussi rapidement que la tendance actuelle, les
installations dual fuel seront de moins en moins intéressantes du point de vue
économique.
IV.1 EXPLOITATION
Grâce à divers systèmes de commande et de contrôle, le fonctionnement des
unités de cogénération est largement automatisé. Pour permettre l’évaluation
ultérieure du fonctionnement de l’unité de cogénération, les informations
suivantes doivent être enregistrées et conservées :
- Nombre d’heures de fonctionnement
49
- Nombre de démarrages
- Température de l’eau de refroidissement du moteur
- Température d’entrée et de sortie de l’eau de chauffage
- Pression de l’eau de refroidissement
- Pression d’huile
- Température des gaz d’échappement
- Contre-pression des gaz d’échappement
- Consommation de carburant
- Production globale (thermique et électrique).
En principe, les données sont enregistrées par le système de commande de
l’unité de cogénération. Il est généralement possible de connecter ce système
de commande avec celui de la centrale de valorisation du biogaz et d’instaurer
un échange de données avec un système de commande central ou de
transmettre des données par Internet, ce qui permet aux fabricants d’effectuer
des diagnostics à distance. Malgré la présence des multiples dispositifs de
contrôle électroniques, il est important de réaliser une inspection visuelle
quotidienne de l’installation. Dans les unités de cogénération équipées de
moteurs à injection pilotée, la consommation d’huile d’allumage doit
également être mesurée.
Pour pouvoir obtenir des informations sur le rendement thermique de l’unité
de cogénération, des compteurs de chaleur doivent être installés afin de
mesurer la quantité de chaleur produite. Ces données permettent également
d’obtenir des informations relativement précises sur la quantité de chaleur
requise par le procédé ou par les autres installations (stabulations, etc.) reliées
au circuit de chauffage de l’unité de cogénération.
Pour s’assurer que les moteurs sont suffisamment approvisionnés en gaz, la
centrale doit pouvoir amener le gaz à la pression requise avant qu’il ne pénètre
dans le système de régulation du gaz. Si le biogaz n’est pas stocké sous
pression, l’installation doit alors être équipée de compresseurs pour amener le
gaz à la pression souhaitée.
L’huile de lubrification joue un rôle important pour la sécurité et la fiabilité des
moteurs puisqu’elle neutralise les acides qui résultent de la combustion du
carburant dans le moteur. Pour des raisons de vieillissement, de
contamination, de nitration et de réduction de sa capacité de neutralisation,
l’huile de lubrification doit être changée à intervalles réguliers, intervalle qui
dépend du type de moteur, du type d’huile et du nombre d’heures de
fonctionnement. Un échantillon doit être prélevé avant chaque vidange et
analysé dans un laboratoire spécialisé. Les résultats de l’analyse permettent de
décider de l’intervalle optimal entre les vidanges d’huile et fournissent des
informations sur l’usure du moteur. Ces opérations sont souvent intégrées aux
50
contrats de maintenance. Pour rallonger l’intervalle entre les vidanges d’huile,
il est possible d’augmenter la quantité d’huile utilisée en installant des carters
d’huile plus grands (en vente chez de nombreux fabricants).
IV.2 MAINTENANCE
51
Outre les programmes de maintenance, les fabricants proposent également
des contrats d’entretien. L’opérateur de la centrale doit étudier soigneusement
le contrat d’entretien proposé avant d’acheter l’unité de cogénération, en
faisant particulièrement attention aux points suivants :
- les travaux qui devront être réalisés par l’opérateur lui-même ;
- le type de contrat d’entretien ;
- la personne qui est chargée de fournir les pièces ;
- la durée du contrat ;
- l’inclusion d’une révision générale dans le contrat ;
- la gestion des problèmes imprévus.
Les services qui figurent dans le contrat d’entretien dépendent, entre autres,
des tâches qui peuvent être exécutées par l’opérateur lui-même. La VDMA
(Fédération allemande de la construction mécanique et de l’ingénierie) a
préparé des spécifications et un modèle de contrat de maintenance et
d’entretien. Ces spécifications forment la base de la directive VDI 4680
'Combined heat and power systems (CHPS) – Principles for the drafting of
service contracts' (systèmes de production combinée de chaleur et d'électricité
- principes applicables à la rédaction de contrats de service) de l'Association
des ingénieurs allemands. Des informations sur le contenu et la structure de
ces contrats sont disponibles dans. D’après la VDMA, différentes formes de
contrats d’entretien sont possibles.
Le contrat d’inspection couvre les travaux nécessaires pour évaluer l’état de la
centrale. Dans ce type de contrat, la rémunération peut être forfaitaire ou
proportionnelle aux dépenses réelles engagées, et les inspections peuvent être
ponctuelles ou réalisées à intervalles réguliers.
Le contrat de maintenance préventive couvre les mesures nécessaires pour
maintenir la centrale dans un état souhaité. Les travaux à réaliser doivent être
décrits dans une liste qui devient partie intégrante du contrat. Les travaux
peuvent être réalisés à intervalles réguliers ou selon l’état de la centrale. Les
parties au contrat se mettent d’accord sur une rémunération forfaitaire ou
proportionnelle aux dépenses engagées. Selon la nature du contrat, les
réparations qui ne peuvent pas être effectuées par l’opérateur peuvent
également être incluses dans la prestation de services.
Le contrat de maintenance corrective couvre les mesures requises pour que la
centrale retrouve l’état souhaité. Les travaux à réaliser varient en fonction des
défaillances constatées. La rémunération varie généralement selon les
dépenses engagées.
Le contrat de maintenance couvre toutes les mesures nécessaires pour
garantir un fonctionnement sûr et fiable de la centrale [travaux de
maintenance et de réparation, installation des pièces de rechange et
52
consommables (hors carburant)]. En raison de la durée du contrat
(généralement de 10 ans), une révision générale est également incluse dans le
contrat. Ce type de contrat se rapproche davantage d’une garantie. La
rémunération est généralement forfaitaire.
La durée de vie moyenne d’un moteur à injection pilotée est de 35 000 heures
de fonctionnement, ce qui, à raison de 8 000 heures de fonctionnement par an,
équivaut à environ quatre années et demie d’utilisation. Au bout de cette
période, une révision générale s’impose. Cette opération consiste
généralement à remplacer le moteur, car le prix d’une révision générale est
souvent supérieur à celui d’un moteur neuf. La durée de vie d’un moteur à
allumage commandé est d’environ 60 000 heures de fonctionnement, soit à
peu près sept ans et demi d’utilisation. Là aussi, une fois cette durée écoulée, le
moteur doit subir une révision générale, au cours de laquelle pratiquement
tous les composants seront changés en dehors du châssis du moteur et du
vilebrequin. Après une révision générale, le moteur peut normalement
fonctionner à nouveau pendant la même durée. La durée de vie du moteur
dépend en grande partie des conditions d’entretien. Elle peut donc varier
considérablement.
53
FIG IV.2 : Installation d’une unité de cogénération dans un bâtiment et dans
un conteneur spécialement conçu à cet effet [Seva Energie AG]
CONCLUSION GENERALE
L’épuisement annoncé des ressources énergétiques fossiles, allié au problème
environnemental du réchauffement climatique ont renforcé l’intérêt pour les
énergies renouvelables et les alternatives qu’elles peuvent offrir. Les politiques
mises en place tentent de résoudre la contrainte rareté et cherté.
En effet l’utilisation des énergies renouvelables accroit les possibilités de
couvertures énergétique en élargissant l’offre.
Les enjeux des énergies renouvelables sont vastes ; elles permettent d’une part
de limiter l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre en se
substituant aux énergies fossiles.Parmi les multiples sources d’énergies
renouvelables (solaire, éolien, thermique,...) le biogaz produit par digestion
anaérobie, occupe une place particulière ; l’utilisation contrôlée de ce
phénomène naturel permet de valoriser les déchets organiques en produisant
du biogaz qui pourra se substituer au gaz naturel pour de nombreuses
applications (cogénération, chauffage, moteur à gaz, carburant automobile).
Une utilisation croissante de la digestion anaérobie s’inscrit ainsi dans une
politique de développement durable. Les gisements de matière organique
pouvant servir à produire du biogaz sont nombreux (effluents industriels et
agricoles, déjections animales, déchets ménagers,...), mais ils restent
néanmoins sous-exploités.
Le déploiement à grande échelle de la digestion anaérobie est freiné par
un certain nombre de barrières, économiques, politiques mais également
techniques. L’investissement initial est élevé, et les gains financiers liés à la
54
revente potentielle d’électricité, dépendent du prix de rachat fixé par les
décisionnaires. Par ailleurs, la faible vitesse de croissance des bactéries
impliquées, ainsi que leur sensibilité à une surcharge organique ou en
composés toxiques, ont valu une mauvaise réputation aux procédés de
méthanisation, ce qui peut expliquer les réticences des agriculteurs et de
certains industriels qui, faute d’expertise suffisante, craignent un
dysfonctionnement des fermenteurs. Les défis à relever pour populariser les
procédés de digestion anaérobie sont de garantir la pérennité des installations
en dépit de variations des effluents à traiter, et de permettre l’amélioration du
procédé pour optimiser sa rentabilité.
La sensibilité de certains groupes de microorganismes, à certains composés
intermédiaires, ainsi qu’aux paramètres environnementaux, rend le procédé
potentiellement instable. Les conséquences d’une mauvaise conduite d’un
fermenteur méthanogène constitue en cela un vrai risque.
Un manque d’expertise dans la gestion de ces procédés peut conduire
à l’acidification du milieu ce qui, dans les cas extrêmes, nécessite l’arrêt et le
redémarrage de l’unité de traitement. De nombreuses solutions
technologiques ont donc été proposées pour améliorer le procédé et le rendre
plus fiable.
L’évaluation économique, énergétique et environnemental dont traite le
troisième chapitre a permis de montrer l’influence de différents facteurs sur
ces aspects. L’impact de paramètres tels que la puissance installée, le
rendement, la disponibilité ont été analysés. Egalement, la comparaison entre
différentes technologies (moteur à gaz, microturbines, moteur dual fuel) a
permis de les hiérarchiser. L’influence sur le bilan économique, énergétique et
environnemental de la mise en place d’un traitement du biogaz ou de
valorisation de la chaleur a également été révélée.
Les critères et les normes d’une installation de biogaz, les différents
facteurs d’une bonne exploitation et les différents types de maintenance et
leur contrat ont été vue et permettent une meilleure utilisation des centrales
de production d’électricité à partir du biogaz.
La production d’électricité par biogaz pourrait être plus rentables dans les
zones rurales car nécessitant le plus souvent, pour une demande de puissance
importante, une grande superficie. Ainsi l’installation d’unités de production
d’électricité par biogaz ne serait-il pas plus utiles dans les zones à dominance
agricole ?
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BIBLIOGRAPHIE ET WEBOGRAPHIE :
Webographie :
Bibliographie :
[1] RECORD, Techniques de production d'électricité à partir de biogaz et de gaz
de synthèse, 2009, 253 p, n°07-0226/1A. de Ch. COUTURIER – SOLAGRO
[2] Production d’électricité à partir de biomasse ligneuse, 2001 de SOLAGRO
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