Les géochronomètres, des outils au service de géologues
Les géologues choisissent le géochronomètre en fonction de l’âge escompté, déduit de la
découverte de fossiles statigraphiques.
transformation des éléments père en
éléments fils au cours du temps
Hachette 91
TP chronologie absolue: attribuer un âge chiffré au roches
Jusqu’au début du XXième siècle,
P0 transformation des éléments père en
aucune méthode ne permettait
éléments fils au cours du temps
d ’évaluer l’âge absolu d’un
événement géologique. Le physicien
Ernest Rutherford propose alors
d’utiliser la désintégration
radioactive pour mesurer l’âge des
minéraux constitutifs des roches.
Sur quels principes repose la P0/2
chronologie absolue?
La désintégration radioactive
constitue un chronomètre
géologique
Période
ou ½ vie
Bordas 142
quelques géochronomètres classiques
Comment choisir le géochronomètre le plus pertinent pour dater des
échantillons dont la datation relative suggère un âge de quelques
milliers d’années, de quelques millions d’années et de plusieurs
milliards d’années?
Bordas 142
quelques
géochronomètres
classiques
Un spectromètre de masse.
Cet appareil mesure avec une grande précision des rapports isotopiques
dans un minéral isolé ou un fragment de roche.
validité de la radiochronologie: la fermeture du système
température de fermeture en fonction du minéral et du couple d’isotope
Bordas 143
observation microscopique (LPA) d’un granite montrant ses minéraux
constitutifs. La biotite renferme des minéraux de zircons.
Bordas 143
observation microscopique (LPNA) d’un
minéral de biotite renfermant des minéraux
de zircons.
Les cristaux de zircons incorporent de l’uranium 235 et 238, deux isotopes radioactifs
de l’uranium. 235U 207Pb (T = 0,704 Ga) et 238U 206Pb (T = 4,47 Ga)
désintégrations à l’origine des auréoles affectant la biotite.
datation de minéraux du pluton de Carion
Le pluton granitique de Carion à Madagascar
provient du refroidissement lent d’un magma
en profondeur. Il contient des minéraux qui
peuvent être datés à l’aide de différents
chronomètres géologiques
Expliquer pourquoi les minéraux provenant
du pluton de Carion ne fournissent pas tous
le même âge; discuter de la notion de
datation « absolue » d’une roche.
Bordas 143
validité de la radiochronologie: la fermeture du système
température de fermeture en fonction du minéral et du couple d’isotope
Bordas 143
Comment utiliser les radiochronomètres en géologie?
Interview de Loïc Labrousse, professeur à l'UPMC et directeur-adjoint de
l'Institut des sciences de la Terre de Paris.
Un radiochronomètre est utilisable pour déterminer le temps qui s'est écoulé depuis la
fermeture du « système », c'est-à-dire le moment où une roche ou un minéral (le
« système ») a cessé d'échanger des éléments (pères ou fils) avec son milieu. On
date ainsi des roches magmatiques et métamorphiques, mais aussi plus
rarement des minéraux néoformés dans des failles ou des sédiments. Dans le cas
de roches magmatiques n'ayant pas subi de métamorphisme ou de déformation, c'est
la température qui contrôle la diffusion des ions dans les minéraux et donc la
fermeture du système. En dessous d'une certaine température, on peut en effet
considérer que la diffusion entre grains est négligeable et que les gains en isotope fils
et les pertes en isotope père ne sont dus qu'à la désintégration radioactive. On peut
alors calculer le temps écoulé depuis que le grain daté est passé sous cette
température de fermeture.
En utilisant des minéraux dont la température de fermeture est proche de la
température de cristallisation des magmas, on peut donc dater cette
cristallisation.
Des minéraux de plus basse température de fermeture donneront l'âge de son
refroidissement.
On peut donc obtenir plusieurs âges pour une même roche, qui ne sont pas
interprétés de la même façon.
La température de fermeture varie d’un minéral à l’autre et en fonction du
couple d’isotope radioactif choisi pour la datation d’où des résultats
sensiblement différents d’une méthode à l’autre
Dater avec le couple potassium / argon:
40K / 40Ar
le principe d’utilisation du couple potassium / argon: 40K / 40Ar
K est un élément abondant dans
les minéraux de feldspaths, micas.
Loi de désintégration du 40K
d’où
Or tout l’argon de l ’échantillon
provient de la désintégration de
40K (pas de 40Ar dans le magma au
départ, gaz qui s’échappe)
d’où
Bordas 144
Évolution du rapport du rapport 40Ar / 40K au cours des 200 Ma qui
suivent la fermeture du système
La valeur du rapport 40Ar / 40K
est une fonction affine du temps
On mesure le rapport au spectromètre de masse
on obtient l’âge de l’échantillon
Bordas 144
le contexte géologique de
la découverte de Lucy
hachette p91
étude stratigraphique de la région
de l’Hadar:
Fossiles continentaux et lacustres
datés entre - 3 et - 4 Ma dans la
série sédimentaire
Rappel des valeurs des demi-vies de quelques radio isotopes
mesures du rapport 40Ar / 40K dans les feldspaths de 2 échantillons des
roches volcaniques de la série
Certaines roches de ce site sont riches en potassium, permettant
l’utilisation du géochronomètre 40K / 40Ar
Nature des échantillons rapport 40Ar / 40K
Cendres volcaniques 1,7 x 10-4
Coulée de basalte 2,1 x 10-4
Rappel des valeurs des demi-vies de quelques radio isotopes
relation entre la valeur du rapport 40Ar / 40K et l’âge d’un échantillon
relation entre la valeur du rapport 40Ar / 40K et l’âge d’un échantillon
Coulée de basalte
3,6 Ma
Cendres volcaniques
2,9 Ma
1,7 x 10-4 2,1 x 10-4
étude stratigraphique de la région
de l’Hadar:
2,9 Ma
Fossiles continentaux et lacustres
datés entre - 3 et - 4 Ma dans la
série sédimentaire
3,6 Ma
Dater avec le couple rubidium/ strontium:
87Rb / 87Sr
Le chronomètre rubidium / strontium (87Rb/87Sr)
Le rubidium, élément radioactif est plus ou moins abondant dans les minéraux des
roches magmatiques 87Rb 87Sr (T = 48,8 Ga)
D’après la loi de décroissance radioactive on peut obtenir:
(87Sr)t = (87Sr)0 + (87Rb)t (eλt – 1) mais où t et (87Sr)0 sont inconnues
On utilise alors un isotope stable, le 86Sr : même quantité au cours du temps (86Sr)0 = (86Sr)t
On obtient alors (87Sr / 86Sr)t = (87Sr / 86Sr)0 + (87Rb / 86Sr)t (eλt – 1)
Le chronomètre rubidium / strontium (87Rb/87Sr)
Le rubidium, élément radioactif est plus ou moins abondant dans les minéraux des
roches magmatiques 87Rb 87Sr (T = 48,8 Ga)
D’après la loi de décroissance radioactive on peut obtenir:
(87Sr)t = (87Sr)0 + (87Rb)t (eλt – 1) mais où t et (87Sr)0 sont inconnues
On utilise alors un isotope stable, le 86Sr : même quantité au cours du temps (86Sr)0 = (86Sr)t
On obtient alors (87Sr / 86Sr)t = (87Sr / 86Sr)0 + (87Rb / 86Sr)t (eλt – 1)
On mesure les valeurs de 87Rb, 87Sr et 86Sr à l’instant « t » au spectromètre de masse
et on calcule les rapports (87Sr / 86Sr)t et (87Rb / 86Sr)t pour construire la droite
d’équation (87Sr / 86Sr)t = (87Sr / 86Sr)0 + (87Rb / 86Sr)t (eλt – 1)
Le chronomètre rubidium / strontium (87Rb/87Sr) 87Rb 87Sr
(87Sr / 86Sr) = (87Sr / 86Sr)0 + (87Rb / 86Sr) (eλt – 1)
Ordonnée: Ordonnée à Abscisse: Pente de la
variable, augmente l’origine variable, diminue droite isochrone
au cours du temps au cours du temps
car du 87Sr apparait
Tous les minéraux d’une
roche n’ont pas la même
affinité pour un élément Pente(eλt – 1)
chimique (87Sr) ≠ (87Rb)
86Sr est un isotope stable de
référence, sa quantité reste
constante au cours du temps
Par contre un minéral ne fait pas la
distinction entre 86Sr et 87Sr donc
tous les minéraux d’une roche ont le
même rapport (87Sr / 86Sr)0 initial
On calcule la pente « a »
et on en déduit l’âge « t »
Dater avec le couple uranium/ plomb:
U / Pb
Le chronomètre uranium / plomb (U/Pb)
Dater des roches formées il y a plusieurs milliards d'années, qui ont subi
des déformations ou un métamorphisme importants, nécessite de
travailler sur des minéraux très résistants. Le zircon est un bon candidat.
Les zircons contiennent 235U et 238U
235U 207Pb (T = 0,704 Ga) et 238U 206Pb (T = 4,47 Ga)
Or pas de Pb au départ dans le réseau cristallin des zircons
Le plomb mesuré provient uniquement de la désintégration radioactive de l'uranium.
On utilise conjointement les deux radiochronomètres 238U/206Pb et 235U /207Pb pour dater la
formation d'une roche. Toutes les combinaisons possibles de ces rapports sont situés sur une
courbe, nommée Concordia, qui indique l'âge correspondant. Si le système n'a pas été perturbé,
les valeurs de ces rapports isotopiques d'un échantillon sont situées à un point donné sur la
courbe, qui correspond à la durée écoulée depuis que le système est clos.
Le chronomètre U/Pb appliqué au gneiss de l’Anse du Culeron
Ce gneiss récolté au niveau de l'anse provient
de la transformation d'un granite par
métamorphisme. Il fait partie des roches les
plus vieilles de France. Les gros cristaux roses
sont des feldspaths potassiques (ou orthose).
Entre ces cristaux, on observe des alternances
de minces lits clairs (contenant quartz et
feldspaths) et de lits sombres de biotite.
Le chronomètre U/Pb appliqué au gneiss de l’Anse du Culeron
Les mesures des rapports 238U/206Pb et 235U /207Pb dans les zircons du gneiss ne sont pas
regroupées en un point sur la Concordia mais s'alignent sur une droite, nommée « Discordia ».
L'intersection supérieure correspond à des zircons non
perturbés. Il indique la durée écoulée depuis la première
fermeture du système, correspondant à l'âge de
cristallisation de la roche initiale.
Valeurs des rapports
isotopiques 206Pb/238U
et 207Pb/235U mesurés
dans les minéraux de
biotite du gneiss
L'intersection inférieure correspond à des zircons qui se sont
réouverts et indique donc le temps écoulé depuis la fermeture
consécutive à la ré-ouverture des zircons, donc l'âge de perturbation,
due ici au métamorphisme des granites initiaux en gneiss.
Le chronomètre U/Pb appliqué au gneiss de l’Anse du Culeron
L’échelle des temps géologiques ou échelle chronostratigraphique