Les grands systèmes constitutionnels
Chapitre1:La séparation des pouvoirs et classification
des régimes politiques.
o Section 1 La théorie de la séparation des pouvoirs
o Section 2 classification des régimes politiques
Section 2 : Classification des régimes politiques :
paragraphe 1 : Le régime parlementaire
Le gouvernement est politiquement responsable devant le
parlement, et ce parlement peut ê tre dissout par ce
gouvernement. De mê me, la sé paration des pouvoirs est dite
"souple" en ce sens qu'il existe des moyens d'action ré ciproques
entre les pouvoirs qui se ré sument essentiellement à la
responsabilité politique et au jeu de la dissolution.
La dé finition du ré gime parlementaire :
Un ré gime est dit parlementaire lorsqu'il admet :
• Une sé paration assouplie des pouvoirs qui peut ê tre
organique ou fonctionnelle :
§ La sé paration organique assouplie implique une
distinction entre les organes quoique dé pendants les
uns des autres mais de maniè re é quilibré e.
De mê me, chaque organe dispose d'un moyen d'action contre
l'autre de telle sorte que le pouvoir exé cutif dé tient un droit de
dissolution du pouvoir lé gislatif et que le pouvoir lé gislatif, à
travers le jeu de la responsabilité politique de l'exé cutif devant
lui puisse le dé mettre ( motion de censure)
§ La sé paration fonctionnelle assouplie implique une
confusion de compé tence lé gislative entre les deux
pouvoirs de telle sorte que, si il est de principe que le
pouvoir lé gislatif appartient au parlement, rien
n'empê che que les matiè res qui n'entrent pas dans le
domaine de ce pouvoir lé gislatif puissent relever du
pouvoir exé cutif.
Les diffé rents types de ré gimes parlementaires :
Ils se diffé rencient à travers le nombre d'organes habilité s à
exercer le pouvoir constitutionnel. C'est ainsi qu'il existe le ré gime
parlementaire moniste d'une part et le ré gime parlementaire
dualiste d'autre part.
• Un ré gime parlementaire est dit moniste lorsque le chef de
l‘État est inexistant dans l'exercice du pouvoir
constitutionnel (c'est le chef de gouvernement qui exerce
effectivement ce pouvoir).
• Le ré gime parlementaire est dualiste lorsque dans un tel
ré gime, le chef de l‘État joue un rô le primordial.
Les caractéristiques du ré gime parlementaire moniste sont les
suivantes :
1- Instabilité ministé rielle
2- Disparition du droit de dissolution reconnu à l'exé cutif
3- Possibilité pour le pouvoir lé gislatif de renverser le
gouvernement sans que soit provoqué e une nouvelle
é lection lé gislative.
Les caractéristiques du ré gime parlementaire dualiste :
1- La double responsabilité politique du gouvernement devant
le parlement et devant le chef de l‘Etat
2- La possibilité de dissolution par le chef d’Etat
Paragraphe 2: Le régime présidentiel
La sé paration est rigide dans ce type de ré gime en ce sens que les
pouvoirs législatifs et exécutifs sont exercé s par deux organes
diffé rents et indé pendants qui n'ont aucun moyen de pression l'un
sur l'autre. Et si de tels moyens de pression existaient, ils seraient
ré ciproques.
• Notion de ré gime pré sidentiel :
Le ré gime pré sidentiel, par dé finition, est un ré gime de sé paration
rigide des pouvoirs. En effet le pouvoir exé cutif et le pouvoir
lé gislatif sont organiquement et fonctionnellement indé pendants.
La sé paration organique et rigide dans le ré gime pré sidentiel.
Cette sé paration organique implique que chacun des organes
exerce ses fonctions et quitte celles-ci sans l'intervention de
l'autre pouvoir.
C'est le cas par exemple dans la constitution amé ricaine, où
l'é lection du pré sident de la ré publique est de la compé tence du
peuple qui é lit é galement les membres du congrè s.
De mê me, or le cas de l'impeachment le congrè s ne peut dé mettre
le pré sident de cette fonction, et é galement aucune des deux
chambres du congrè s ne peut faire l'objet d'une dissolution.
Ce type de ré gime admet é galement une sé paration fonctionnelle
plus ou moins rigide, le pré sident conserve la totalité du pouvoir
exé cutif. Né anmoins, dans le droit constitutionnel amé ricain, les
traité s sont ratifié s par le Sé nat. Quant au congrè s, il dispose de la
totalité du pouvoir lé gislatif, mais le pré sident dispose d'un vé to
qu'il peut opposer aux lois adopté es par le congrè s.
• Les formes du ré gime pré sidentiel :
- Les formes authentiques :
Les formes authentiques du ré gime pré sidentiel peuvent
parfaitement ê tre illustré es par l'histoire constitutionnelle des
EU tats-Unis. Dans le ré gime pré sidentiel, puisqu'il est de principe
que les diffé rents pouvoirs sont é quilibré s, il peut arriver des fois
qu'un pouvoir prenne l'ascendant sur l'autre compte tenu de la
situation politique.
C'est pourquoi, en droit constitutionnel amé ricain, il a é té donné
de constater la pré éminence de l'exé cutif (on parlait de
gouvernement pré sidentiel), d'autres fois c'est plutô t la
pré éminence du congrè s qui s'affirme (on parlera alors de
gouvernement congressionnel).
- Les dé formations du ré gime pré sidentiel :
Cette dé formation se constate au niveau de certains Etats africains
et d'Amé rique du sud, que l'on appelle le pré sidentialisme. Le
pré sidentialisme est en effet une caricature du ré gime
constitutionnel amé ricain où le pré sident concentre presque tout
le pouvoir entre ses mains
Chapitre 2: Le régime parlementaire britannique
Les ré gimes parlementaires (l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la
grande Bretagne...) pré sentent deux caractè res communs : d’une
part le gouvernement est responsable devant le Parlement ;
d’autre part, le chef de l’EU tat peut ê tre un monarque hé ré ditaire ou
un Pré sident de la Ré publique, mais, en tout é tat de cause, il n’est
pas é lu au suffrage universel.
Il en ré sulte que la composition de l’é quipe gouvernementale est
toujours dé terminé e indirectement par les ré sultats des é lections
lé gislatives. Mais le mode de fonctionnement des ré gimes
parlementaires varie selon l’é tat des forces politiques et selon les
rè gles inscrites dans la Constitution.
Section 1: L'Organisation des pouvoirs
Thé oriquement le parlement britannique dé tient le pouvoir
exclusif et illimité de lé gifé rer. Mais dans les faits c'est le Cabinet
qui dé tient ré ellement le pouvoir lé gislatif ainsi que le pouvoir
exé cutif, et c'est pourquoi l'on a pu dire que le principe de la
sé paration des pouvoirs en grande Bretagne est un mythe. D'autre
part, et cela depuis bien longtemps, le monarque ne pré sente
qu'une autorité morale et ne dispose que de pouvoirs
symboliques.
A: La monarchie :
L’Angleterre est une monarchie hé ré ditaire où la transmission de
la couronne se fait par ordre de primogé niture.
Les mâ les bé né ficiaient d’une priorité . Les femmes pouvaient
succé der, mais si le monarque dé funt avait des fils et des filles,
c’é tait l’aı̂né des fils qui succé dait, mê me s’il y avait une fille plus
â gé e.( 2013 cette rè gle est abolie par les chefs de gouvernement
des 16 Etats membres du Commonwealth.)
C'est le monarque qui est le chef d‘Etat au Royaume-Uni, et l‘Etat
c'est la Couronne. De nos jours, le monarque ne conserve que des
fonctions symboliques et rituelles. Il repré sente le dé fenseur de la
religion officielle (religion anglicane), il est le chef de l’Eglise
(l’interdiction pour les membres de la famille royale susceptibles
de monter sur le trô ne d’é pouser un ou une catholique est abolie
en 2013.)
Les pouvoirs thé oriques de la couronne demeurent considé rables.
Ils constituent la « pré rogative » royale.
o le droit de nomination à un grand nombre d’emplois,
o le droit de dé cerner les pairies , des titres et des
dé corations,
o le droit de convoquer, proroger ou dissoudre la
Chambre des communes,
o le droit de guerre et de paix,
o le droit de conclure des traité s internationaux ... .
et c'est é galement lui qui repré sente l'unité nationale et la
permanence de l‘Etat britannique.
la Couronne est une piè ce importante du systè me politique
britannique. La Reine et la famille royale symbolisaient à la fois la
grandeur de l’Empire britannique et les vertus de la famille
anglaise. D’un autre cô té , la Reine est tenue informé e de toutes les
dé cisions du cabinet et pouvait exercer une certaine influence
personnelle.
Toutefois, outre que le Parlement peut restreindre l’é tendue de la
pré rogative, les compé tences qu’elle comporte n’appartiennent
que nominalement au roi . Leur exercice est le fait soit du cabinet,
soit du Premier ministre.
B: Le gouvernement et le Cabinet
1- Composition
Le gouvernement se distingue du cabinet. En effet le
gouvernement est composé de ministres avec ou sans portefeuille,
de sous-secré taires d‘Etat et de leurs secré taires parlementaires
privé s.
Le ministè re est gé né ralement composé d'une centaine de
membres qui sont tous parlementaires.
Par contre, le cabinet comportant prè s d'une vingtaine de
membres (pas forcé ment parlementaires), constitue le noyau dur
de l'exé cutif.
2- Attributions
Le gouvernement britannique conduit les politiques exté rieures et
inté rieures de l‘Etat britannique. Mais c'est le cabinet qui dirige le
gouvernement, c'est pourquoi il est appelé le gouvernement du
cabinet.
En principe c'est lui qui dé termine et conduit les politiques de la
majorité parlementaire, il contrô le la procé dure lé gislative,
coordonne l'action des ministres et enfin contrô le les
administrations.
Thé oriquement le cabinet prend ses dé cisions lors de sa ré union
hebdomadaire (habituellement les jeudis). Mais en ré alité c'est le
premier ministre qui dé termine la politique qu'il entend imposer.(
la vision du parti majoritaire).
C: Le premier ministre
1- Désignation
Aprè s les é lections à la chambre des communes, le monarque
nomme le leader du parti qui a la majorité des dé puté s. S'il n'y a
pas de majorité , le monarque dé signe le leader du parti qui a le
plus grand nombre de siè ges.
2- Statut et attributs du premier ministre
Thé oriquement le premier ministre n'a pas de pouvoir particulier,
c'est pourquoi on dit souvent qu'il est le "premier des ministres",
et aussi que le gouvernement ne serait que l'exé cutif du
parlement.
En ré alité , et sauf exception conjoncturelle, le premier ministre est
le vé ritable souverain é lu du Royaume-Uni. Ab cet effet, il nomme
librement le Cabinet et dé signe les autres membres du
gouvernement.
Aussi il les fait dé missionner, et enfin c'est lui qui fixe leurs
attributions.
C'est é galement lui qui nomme les directeurs et chefs de services
des administrations et contrô le la fonction publique.
C'est encore lui qui dé termine, avec le Cabinet, la politique externe
et interne de la Grande Bretagne.
De fait, sa fonction est double. En effet, il exerce les fonctions d'un
chef d‘Etat et celles d'un chef de gouvernement.
En ré alité le pouvoir de dissoudre la chambre des communes,
formellement dé tenu par le monarque, est exercé par le premier
ministre. Il peut exercer ce pouvoir de dissolution chaque fois qu'il
l'estime utile et non pas uniquement à la suite d'un vote né gatif
(vote de dé fiance).
D: Le parlement
Le parlement britannique est bicamé ral. En effet, il est composé de
la chambre des Lords (chambre haute) et de la chambre des
communes (chambre basse).
1: La chambre des Lords
A. Composition :
Avant la ré forme de Tony Blair en 1999 sur environ 1190 pairs, on
comptait environ 900 pairs hé ré ditaires (barons, comtes, ducs,
marquis). Dé sormais, seuls 92 pairs hé ré ditaires environ
subsistent.
Les pairs viagers sont é levé s par un acte de 1958 (life Peerage
Act)à la dignité de Lords par le souverain en raison de leur
é minente ré ussite dans les domaines les plus divers: sciences et
techniques, action sociale... . Depuis la ré forme Blair, ils sont
environ 535.
26 plus hauts pré lats de l'Eglise Anglicane sont é galement Lords.
12 magistrats nommé s à vie pour exercer les fonctions judiciaires
de la chambre des Lords.
La chambre des Lords est dirigé e par un Lord chancelier, dé signé
par le souverain sur recommandation du premier ministre; il est
membre de droit du cabinet en tant que ministre de la justice.
B. Compétences :
§ Compétences en matiè re lé gislative
La chambre des lords a une compé tence limité e en matiè re
lé gislative. (limité es par les Parliament Acts de 1911 et de 1949).
Mais dispose d'un vé to suspensif d'un an pour les lois ordinaires.
Enfin, pour les lois financiè res, elle peut voter un dé lai d'attente
d'un mois avant leur promulgation par le souverain.
§ Compétences en matiè re judiciaire
La chambre des Lords constitue la cour suprê me d'appel en
matiè re civile et pé nale.
Ab cet effet, elle siè ge en formation restreinte, exclusivement
limité e aux lords magistrats.
Puisqu’elle ne se prononce que sur les cas les plus graves, ses
dé cisions sont peu nombreuses et les arrê ts qu'elle rend ont une
grande porté e jurisprudentielle.
2: La chambre des communes
a-Composition et fonctionnement :
Elle est composé e de dé puté s (environ 650) é lus au suffrage
universel direct au scrutin uninominal majoritaire à un tour.
La chambre des communes est dirigé e par le Speaker, dont le rô le
est primordial lors des dé bats.
Cette chambre siè ge au total, prè s de160 jours sur une anné e
lé gislative, divisé e en quatre sessions. L'anné e lé gislative s'ouvre
par le discours du trô ne prononcé par le monarque devant les
deux chambres ré unies. (On de constater que ce discours
prononcé par le monarque n'est pas un discours propre à celui-ci,
mais plutô t celui du Cabinet ).
b-Attributions :
Il s’agit essentiellement de la compé tence lé gislative et de contrô le
de l'action du gouvernement.
§ La compé tence lé gislative exclusive :
La procé dure lé gislative britannique distingue :
Les questions d'inté rê t particulier, concernant notamment les
administrations locales.
Les questions d'inté rê t gé né ral, relevant de la procé dure normale
ordinaire ou d'une procé dure spé ciale comme c'est le cas pour les
lois à valeur constitutionnelle et les lois de finance.
La procé dure lé gislative britannique se pré sente comme suit :
La chambre vote sur l'ensemble du texte aprè s discussion
gé né rale.
Le texte est envoyé à la chambre des Lords.
Le texte va ê tre adopté en termes identiques par les deux
chambres.
En cas de dé saccord, c'est le texte adopté par la chambre des
communes qui est promulgué (aprè s un dé lai d'attente de trente
jours pour les lois de finance, et les autres lois peuvent se heurter
au vé to suspensif d'un an ).
§ Le contrôle du gouvernement :
La chambre des communes est la seule compé tente pour contrô ler
l'action du gouvernement.
Elle le fait par les questions é crite et orales, les commissions de
contrô le traditionnelles, les commissions sectorielles de contrô le
politique du Cabinet.
Enfin, en cas de motion de censure, si le gouvernement est
renversé par la chambre des communes, à la suite d'un vote à la
majorité simple, la coutume veut que la dissolution soit prononcé e
par le monarque à la demande du premier ministre.
Evolution
o Grande Charte de 1215
o Habeas Corpus
o Bill of Rights de 1689
o Parliament acts 1911- 1949
Le bipartisme
-Les Whigs, marchands et protestants libé raux, é taient les
dé fenseurs du parlement contre le pouvoir royal.
- Les Tories é taient les conservateurs anglicans, dé fenseurs du
pouvoir royal.
- Il ne s’agit (17è me siè cle) pas de partis au sens moderne, mais de
groupes parlementaires sans structure ni discipline.
Le dé veloppement de la classe ouvriè re et l’é largissement du
suffrage contribuent à produire un changement politique majeur.
Les nouveaux é lecteurs ouvriers, commencè rent par voter pour
les libé raux, mais comme ceux-ci ne pouvaient se ré soudre à
adopter une politique favorable aux travailleurs, les syndicats
finirent par fonder un nouveau parti, le parti travailliste.
Le dé veloppement rapide du nouveau parti travailliste, joint aux
divisions du parti libé ral et surtout au scrutin majoritaire à un
seul tour, aboutira aprè s 1922 au remplacement de l’affrontement
Conservateurs-Libé raux par un nouvel affrontement
Conservateurs-Travaillistes.
Depuis quelques anné es, le bipartisme paraı̂t menacé par le parti
libé ral dé mocrate, des partis nationalistes é cossais et gallois, ainsi
que le nouveau « parti pour l’indé pendance du Royaume- Uni ».
Les consé quences du bipartisme :
§ Avantages
-La clarté du jeu politique ( majorité claire/ opposition claire)
- La stabilité : au cours de 2 siè cles : 50 gouvernements / En
France : 200 gouvernements.
- Le cabinet, qui est formé des dirigeants du parti, dispose d’une
autorité suffisante sur ses membres, pour obtenir que la majorité
adopte les projets qu’il soumet aux Communes.
L’opposition n’est pas privé e de toute participation au
fonctionnement du systè me. Elle bé né ficie d’un statut spé cial. Le
chef du principal parti d’opposition porte le titre de « leader de
l’opposition de sa Majesté ». Il est ré muné ré à ce titre et il forme
un cabinet fantô me (shadow cabinet) formé de ministres
fantô mes dont les titres correspondent à ceux des membres du
gouvernement en place.
§ Inconvé nients :
-La simplification (ré ducteur d’idé es ).
-L’exclusion ( tiers parti mis à l’é cart : Ex le parti libé ral
dé mocrate).
-Supré matie de fait du cabinet sur le Parlement. Il n’y a pas
davantage de sé paration fonctionnelle des pouvoirs, mais au
contraire concentration d’un pouvoir é norme entre les mains du
cabinet et spé cialement entre celles du Premier ministre.
Le fait que le pouvoir soit concentré ne signifie pas en effet que le
groupe qui le dé tient soit homogè ne. Ce groupe, c’est la majorité
parlementaire, qui comprend le Premier ministre, le cabinet, les
dé puté s de base. Si c’est incontestablement le Premier ministre et
le cabinet qui exercent le pouvoir, ils sont contrô lé s, non certes
par l’opposition, mais par leur propre parti.
L’inté rê t du parti est de rester majoritaire. Qu’il sente que
l’opinion penche vers l’opposition, que la politique mené e par le
Premier ministre le mè ne à la dé faite é lectorale et il s’efforcera
par tous les moyens de l’inflé chir. S’il ne parvient pas à inflé chir la
politique du Premier ministre, il peut changer brutalement de
leader, c’est-à -dire de Premier ministre, en le poussant à la
dé mission comme ce fut le cas pour Margaret Thatcher en 1990 et
pour Tony Blair en 2007.
Chapitre 3: Le régime présidentiel des États-Unis
La confé dé ration amé ricaine est cré ée à la suite de l'indé pendance
des colonies britanniques en 1776, puis a adopté une convention
en mai 1787 sous la pré sidence de George Washington qui é labore
la constitution fé dé rale du 17 septembre 1787, entré e en vigueur
en mars 1789. Cette constitution ne comprenait que 7 articles
auxquels seront ajouté s 26 amendements plus tard.
Les EU tats-Unis d’Amé rique sont une fé dé ration de 50 Etats, et
chacun de ces é tats dé termine en principe librement sa
constitution, mais dans le respect des principes de la constitution
fé dé rale.
Cette constitution est perçue comme é tant la plus ancienne
constitution é crite du monde contemporain : elle é tablit une
fé dé ration des EU tats-Unis, un ré gime pré sidentiel, un Etat de droit
libé ral et un bipartisme souple.
Section 1 : L'organisation des pouvoirs
I. Le pouvoir lé gislatif : le congrè s :
La constitution fait du congrè s l'organe fondamental de l'union. En
droit, c'est le congrè s qui personnifie les Etats-Unis (dans ses
dé cisions, la cour suprê me dé signe le congrè s par l'expression
United States).
Votant les lois et plus particuliè rement le budget, le congrè s est
juridiquement en mesure de dominer le pré sident qui a besoin de
lui pour gouverner.
Le parlement des Etats-Unis (le congrè s) est composé de deux
chambres: le sé nat et la chambre des repré sentants, qui exercent
le pouvoir lé gislatif, et contrô lent le pouvoir gouvernant par
l'action de leurs commissions.
1- Le sénat :
• Composition et élection du sénat :
Le sé nat, la haute chambre, fé dé ral, est composé de 100 membres,
2 par Etat fé dé ré quelle que soit l'importance de l‘Etat.
Les sé nateurs sont é lus au suffrage universel direct, au scrutin
majoritaire uninominal à un tour, dans le cadre de l‘Etat fé dé ré ,
pour six ans, parmi les citoyens ayant 30 ans au moins et ayant la
nationalité amé ricaine depuis au moins neuf ans.
Le sé nat est renouvelable par tiers tous les deux ans. Les é lections
sé natoriales ont lieu en mê me temps que les é lections pour le
renouvellement inté gral de la chambre des repré sentants et soit
en mê me temps que les é lections pré sidentielles, soit à la fin de la
deuxiè me anné e de chaque mandat pré sidentiel.
Le sé nat est un organe permanant qui est pré sidé de droit par le
vice pré sident des Etats- Unis.
Le sé nat est un organe permanant qui est pré sidé de droit par le
vice pré sident des Etats- Unis.
• Attributions et prérogatives du sénat :
En plus du pouvoir lé gislatif qu'il partage avec la chambre des
repré sentants , le sé nat des Etats- Unis dispose d'un certain
nombre de pré rogatives qui font de lui le contrôleur et le
conseiller du pré sident des Etats-Unis:
Il donne son accord à la nomination des secré taires d‘Etat
(ministres)*.
*(Les candidats à la nomination doivent comparaitre devant la commission compé tente
qui exerce é ventuellement un contrô le politique et moral.).
Il donne son accord à la nomination des juges à la cour suprê me,
des ambassadeurs et des hauts fonctionnaires fé dé raux, et exerce
é ventuellement des contrô les politiques et moraux.
Il autorise à la majorité des deux tiers la ratification des traité s par
le pré sident des Etats unis*.
*( Cependant, pour é viter les inconvé nients d'un é ventuel rejet, le pré sident peut signer
avec les Etats é trangers, dans certains domaines, des executive agreements qui sont
dispensé s de ratification. ).
Le sé nat, repré sentant des Etats fé dé ré s unis, jouit d'un prestige
qui est bien supé rieur à celui de la chambre des repré sentants.
Les sé nateurs sont des personnages politiques importants, ils
jouissent traditionnellement d'une grande indé pendance.
1- La chambre des représentants :
La chambre des repré sentants est la chambre basse qui
repré sente le peuple amé ricain.
• Composition et élection
Elle comprend 435 membres é lus au suffrage universel direct
pour deux ans, au scrutin uninominal majoritaire à un tour au
niveau fé dé ral (circonscription interne aux Etats fé dé ré s.)
Pour devenir membres de la chambre des repré sentants, il faut:
§ Avoir au moins 25 ans,
§ Etre citoyens américains depuis au moins 7 ans .
§ Résider dans l‘Etat où se situe la circonscription dans
laquelle il est candidat.
§ Chaque Etat est représenté en fonction de l'importance
de sa population, cependant tout Etat doit avoir au moins
un représentant.
§ Un recensement décennal détermine en cas de besoin le
redécoupage électoral, accompagné éventuellement
d'une nouvelle répartition des sièges entre les Etats.
§ Au début de chaque législature, la chambre des
représentants vote son règlement et élit son président (le
speaker).
• Attributions et prérogatives
Par rapport au Sé nat , la chambre des repré sentants dispose de
deux pré rogatives essentielles:
C'est la chambre des repré sentants qui dé tient l'initiative en
matiè re financiè re. Cependant, cette initiative financiè re peut se
heurter aux amendements du sé nat, et qui peut é ventuellement la
rejeter.
Elle é lit le pré sident des EU tats-Unis lorsqu'aucune majorité n'a pu
ê tre dé gagé e du collè ge des grands é lecteurs.
La compé tence lé gislative du congrè s est partagé e entre les deux
chambres.
La complexité de la procé dure lé gislative amé ricaine s'illustre par
le fait que l'initiative des lois est gé né ralement parlementaire,
mais bien des fois celle-ci peut ê tre soutenue par le pré sident. De
mê me, les votes sont acquis à la majorité simple*.
* (Sauf les ré visions constitutionnelles, le vé to et l'impeachment.)
2- Le contrôle de commission et l'impeachment :
• Les commissions et leur pouvoir
Du fait de la sé paration des pouvoirs entre le congrè s et la
pré sidence, et compte tenu du fait que la responsabilité politique
de l'exé cutif ne peut ê tre engagé e devant le congrè s, les
commissions parlementaires jouent un rô le considé rable, non
seulement dans la procé dure lé gislative, mais é galement dans le
contrô le de l'action du pré sident. L'essentiel de ces commissions
peut se ré sumer entre autres :
- Les commissions permanentes: qui sont au nombre de 22 à la
chambre des repré sentants et 17 au sé nat; ces commissions
sont subdivisé es en sous-commissions.
- Les commissions spéciales: en principe provisoires, elles
disposent d'un pouvoir d'enquê te dans des matiè res
dé terminé es
- Les commissions de conférence: mixtes et paritaires entre les
deux chambres du congrè s, elles concilient les diffé rends
lé gislatifs
- La commission mixte de conciliation : Lorsque les projets de
loi n'ont pas é té adopté s en termes identiques par les deux
chambres du congrè s, ils sont soumis à une commission
mixte de conciliation, dont les propositions ne peuvent ê tre
que rejeté es ou adopté es, sans amendement.
- Les commissions conjointes: é galement mixtes et paritaires,
ont pour tâ che de ré gler certains problè mes administratifs
concernant le congrè s.
- Les commissions de surveillance: elles contrô lent la politique
de l'exé cutif en enquê tant sur ses interventions dans un
domaine dé terminé .
Les membres de commissions permanentes sont dé signé s par les
partis politiques, et le parti majoritaire dé tient la majorité au sein
des commissions et dé signe leur pré sident.
• L’impeachment
Le contrô le du congrè s sur la pré sidence peut thé oriquement
conduire à la mise en œuvre de la responsabilité pé nale du
pré sident, du vice- pré sident, et de tous les fonctionnaires civils à
travers la procé dure de l'impeachment.
La mise en accusation pour fait constitutif de trahison, corruption,
ou tout autre crime ou dé lit est faite par la chambre des
repré sentants et le jugement est prononcé par le Sé nat qui peut
destituer le coupable à la majorité des deux tiers de ses membres.
Ensuite le coupable sera jugé par les tribunaux ordinaires.
L'histoire constitutionnelle des é tats unis regorge de cas d'espè ce
d'impeachment :
• Contre Andrew Johnson en 1868
• Contre Richard Nixon en 1974
• Contre Bill Clinton en 1998
• Contre Donald Trump en 2019 et 2020
II. La Cour suprê me :
• Composition
Elle comprend 9 membres nommé s par le Pré sident avec l’accord
du Sé nat.
Par ses choix, le Pré sident amé ricain s’efforce d’orienter la
politique de la Cour conformé ment à ses propres options.
C’est donc l’un de ses pouvoirs les plus importants et donc l’un des
enjeux de l’é lection pré sidentielle.
Mais il doit aussi tenir compte d’autres facteurs, sous peine de se
heurter au refus du Sé nat:
- Il doit s’assurer par des consultations nombreuses que les
personnalités prévues sont des juristes de premier plan.
- Il doit aussi faire en sorte que la composition de la Cour reflète
quelques traits essentiels de la société américaine*.
* (il y a presque toujours un juge pour chacun des principaux groupes : les noirs, les juifs
ou les femmes et depuis peu les hispaniques.)
• Compétences de la Cour :
L’institution de la Cour est lié e au fé dé ralisme. Chacun des EU tats a
en effet son propre systè me judiciaire.
Besoin des tribunaux pour trancher certains litiges, qui é chappent
à la compé tence des juridictions d’EU tats.
Le pouvoir de la Cour n’est pas un simple pouvoir juridictionnel, si
l’on entend par là le pouvoir d’appliquer des rè gles gé né rales
pré existantes à des litiges particuliers.
Les dé cisions de la Cour sur des cas particuliers sont
immé diatement gé né ralisé es, non seulement par la rè gle du
pré cé dent, mais aussi par suite de plusieurs autres facteurs trè s
importants:
- la nécessité d’interpréter les dispositions de la Constitution
avant de les appliquer et la grande latitude d’interprétation
qui s’offre à la Cour*.
*La Cour peut donc intervenir et formuler les rè gles qui ré giront la vie du pays dans les
domaines les plus importants. Ainsi par exemple, le XIVe amendement de 1868, qui
proclame que chacun a droit à l’é gale protection des lois et qui avait auparavant é té
considé ré compatible avec la sé gré gation raciale, a permis à la Cour de supprimer celle-
ci dans les anné es 1950.
*(le fondement du droit au respect de la vie privé e, qui ne figure pas dans le texte de la
constitution, mais a é té hé rité du droit anglais, que la Cour a dé claré contraire à la
constitution les lois des ES tats qui interdisaient la contraception, puis celles qui
punissaient l’avortement.)
- la Cour peut se contenter de déclarer que la loi est conforme
ou contraire à la constitution, elle peut aussi ordonner des
mesures qu’elle estime nécessaires à la mise en œuvre des
principes constitutionnels*.
*( Le « busing » constitue un bon exemple de telles pratiques. La Cour ayant dé cidé que
la sé gré gation raciale dans les é coles é tait contraire à la constitution, les é coles
publiques durent accepter l’inscription de tous les enfants, sans distinction de race.)
- Le fédéralisme permet à la Cour d’exercer un pouvoir à la fois
important et peu visible. Une grande partie de ses décisions
porte sur les lois des États, de sorte que les questions posées se
présentent comme relatives à la compétence des États, même
s’il s’agit de questions de fond.*
*Lorsque la Cour affirme que la loi d’un ES tat instituant la peine de mort est conforme à la
constitution, cette dé cision n’é quivaut ni en droit, ni en fait, à é tablir la peine de mort.
Elle signifie seulement qu’un ES tat peut é tablir la peine de mort sans violer la
constitution, mais il n’y est é videmment pas tenu. En apparence, la Cour n’a pas lé gifé ré ,
mais seulement dé fini la compé tence des ES tats.
III. Le pouvoir exé cutif : la pré sidence
L'exé cutif amé ricain est monocé phale, à sa tê te un pré sident trè s
fort disposant de pouvoirs assez importants, il dirige toute l'action
du pouvoir exé cutif à l'aide de ses ministres appelé s secré taires
d'é tat qui sont responsables devant lui seul, mais aussi à l'aide des
conseillers pré sidentiels, des organes pré sidentiels et des agences
fé dé rales.
À la fois chef de l‘Etat et chef du gouvernement le pré sident des
USA n'est é lu que pour un mandat de 4 ans, renouvelable une
seule fois (depuis 1951 - amendement 21). En cas de vacance au
poste de pré sident ou cause de dé cè s, d'incapacité , de dé mission
ou d'impeachment, le pré sident est remplacé par le vice pré sident.
o Election du président et du vice président :
Le candidat à la pré sidence doit ê tre né citoyen amé ricain, ê tre
â gé de 35 and au moins, avoir ré sidé 14 ans aux é tats unis. Le
candidat à la vice pré sidence, le vice pré sident é tant é lu en mê me
temps que le pré sident et pour la mê me duré e, doit remplir les
mê mes conditions.
- Désignation des candidats :
Pour chacun des deux grands partis (dé mocrate et ré publicain),
des dé lé gué s sont dé signé s dans les Etats fé dé ré s qui se
ré unissent en convention nationale pour choisir leur candidat à
l'é lection pré sidentielle ainsi que le candidat à la vice pré sidence.
Le pré sident et le vice pré sident sont é lus pour 4 ans, en thé orie
au suffrage universel indirect, mais de fait au suffrage universel
direct.
- Le vote des électeurs américains :
Dans chaque Etat fé dé ré , le mardi qui suit le premier lundi de
novembre (on vote le mê me jour pour la pré sidentielle, le
renouvellement de la chambre des repré sentants, le
renouvellement du sé nat, les assemblé es fé dé ré es , les juges, les
procureurs, les shé riffs, les maires, les responsables du tré sor...),
le peuple amé ricain é lit au suffrage universel direct, au scrutin de
liste, les "é lecteurs pré sidentiels" qui se sont engagé s pendant la
campagne é lectorale pour voter pour l'un des candidats
concurrents (pré sident et vice pré sident).
Les "é lecteurs pré sidentiels" sont juridiquement tenus de
respecter leurs engagements. De fait, sauf exception, les
engagements é tant tenus, le ré sultat des pré sidentielles est connu
le soir de ces é lections.
- Les grands électeurs :
les grands é lecteurs votent pour é lire officiellement le pré sident et
le vice pré sident. Le systè me par lequel est é lu le pré sident
amé ricain peut conduire à titre exceptionnel au fait que la
majorité des é lecteurs pré sidentiels ne coı̈ncide pas avec la
majorité populaire .
Les grands é lecteurs qui sont au nombre de 538 se ré unissent
pour é lire le pré sident; et le candidat qui aura la majorité de 270
voix sera le pré sident é lu des USA. Les ré sultats officiels sont
proclamé s le 6 janvier et le pré sident é lu prê te le serment
constitutionnel, sur la bible, devant le pré sident de la cour
suprê me, le 20 janvier.
o Les pouvoirs du président :
Les pouvoirs pré sidentiels sont assez mal dé finis par la
constitution amé ricaine. Né anmoins, ils sont aujourd'hui trè s
considé rables, mê me si le pré sident doit partager certains de ses
pouvoirs avec le congrè s.
Ab la fois chef d‘Etat et chef de gouvernement, et donc chef de
l'administration fé dé rale, commandant en chef des forces armé es,
chef de la diplomatie, le pré sident des USA est le seul à dé cider,
aprè s avoir é ventuellement recueilli l'avis de ses secré taires d‘Etat
qu'il nomme avec l'accord du sé nat et ré voque librement.
L’ensemble des secré taires d‘Etat placé s à la tê te des
dé partements, constituent le cabinet qui se ré unit sous la
pré sidence du pré sident des USA lorsque celui-ci le souhaite. Le
cabinet n'est pas un vé ritable gouvernement; il n'a pas d'existence
constitutionnelle. De fait, le rô le le plus important est joué par un
cabinet spé cial (kitchen cabinet) qui est composé librement de
conseillers politiques et/ou de responsables administratifs .
A. En matière législative :
Le pré sident dé tient trois faculté s d'interventions et un privilè ge.
1- La convocation du congrès en session extraordinaire.
Le pré sident peut convoquer le congrè s ou une des deux
chambres en session extraordinaire, et fixer la date de leur
ajournement en cas de dé saccord entre elles à ce sujet.
2- L'initiative législative.
Le pré sident peut informer pé riodiquement le congrè s sur "l'é tat
de l'union", et recommander à son attention toute mesure qu'il
jugera né cessaire et opportune; cela lui permet d'exercer un
vé ritable pouvoir d'initiative lé gislative .
Le message sur l'é tat de l'union , qui est devenu annuel et qui est
lu par le pré sident lui-mê me, permet de pré senter des projets
lé gislatifs trè s dé taillé s, qui seront ensuite formellement repris
comme loi par des "amis" membres du congrè s.
Les autres messages pré sidentiels, é ventuellement plusieurs par
mois et qui sont lus par les secré taires des chambres, sont
accompagné s de lois formellement ré digé es.
3- Le droit de véto.
Le pré sident dispose d'un droit de vé to. Les lois voté es en termes
identiques par les deux chambres sont soumises au pré sident
pour ê tre promulgué es dans les dix jours. Avant la promulgation,
la loi peut ê tre renvoyé e avec un message explicatif (vé to de
message) devant le congrè s qui peut renverser le vé to par un vote
à la majorité des deux tiers dans chaque chambre.
De mê me le pré sident dispose encore d'un vé to de poche (pocket
veto) en refusant de signer dans les dix jours une loi ,ce qui met
fin à la procé dure lé gislative ,sans qu'il lui soit né cessaire de se
justifier devant le congrè s et sans que son vé to puisse ê tre
renversé .
4- Le privilège de l'exécutif
§ Le secret d‘Etat :
Le pré sident dispose d'un moyen de dé fense face au congrè s et au
pouvoir judiciaire : il peut refuser de ré pondre à leur demande en
invoquant le secret d‘Etat. Ce privilè ge de l'exé cutif est
constitutionnel mais ne peut ê tre invoqué pour dissimuler des
preuves dans un procè s criminel.
B. : En matière administrative
En tant que chef de l'administration fé dé rale, le pré sident dispose
du pouvoir de nommer, avec l'accord du sé nat, les agents
fé dé raux, sous ré serve de respecter les rè gles de la fonction
publique.
Sur habilitation du congrè s, le pré sident est chargé de ré organiser
l'administration fé dé rale, tandis que c'est le congrè s qui est
compé tent pour lé gifé rer sur l'administration administrative.
La cré ation de nouvelles administrations , d'agences exé cutives, et
de commissions fé dé rales autonomes.
Le pré sident dispose é galement du pouvoir ré glementaire
d'application des lois, mais par extension coutumiè re il dispose
é galement d'un pouvoir ré glementaire autonome trè s important.
En effet, le pré sident peut disposer de pouvoirs spé ciaux en
temps de guerre et de crise.
C. En matière diplomatique
Sur le plan constitutionnel, les pouvoirs sont partagé s entre le
pré sident et le sé nat :
§ Le pré sident accré dite les ambassadeurs amé ricains et
reçoit l'accré ditation des ambassadeurs é trangers.
§ Il né gocie et ratifie les traité s.
§ Le sé nat donne son autorisation à l a nomination des
ambassadeurs et son accord à la majorité qualifié e des
deux tiers à la conclusion des traité s.
Cependant, le pré sident é tant l'unique repré sentant de l'union
dans ses rapports avec les puissances é trangè res, c'est lui qui
reconnait les gouvernements é trangers.
Le pré sident ayant, d'autre part, le pouvoir de signer les executive
agreements, accords en forme simplifié e ayant la mê me valeur
juridique que les traité s.
D. En matière militaire
Le pré sident est le commandant en chef des forces armé es de
terre et de mer des Etats unis, ainsi que des milices des diffé rents
Etats, lorsqu'elles sont requises pour le services des Etats unis.
C'est lui qui propose au congrè s le budget militaire.
Il nomme les responsables militaires.
Il contrô le les nombreuses administrations de dé fense.
Il veille à l'adoption et à l'exé cution des lois militaires.
C'est le pré sident qui dé cide de l'engagement des forces armé es et
de l'utilisation des moyens.
Cependant la dé claration formelle de guerre ou l'autorisation
d'utiliser durablement les forces armé es relè ve de la compé tence
du congrè s.
Chapitre 4: Le régime mixte: le système
constitutionnel français.
Ab l’origine, conçue comme un ré gime parlementaire dans lequel
les pouvoirs de l’exé cutif sont renforcé s, elle est devenue un
ré gime de type semi-pré sidentialiste depuis le ré fé rendum de
1962 qui a instauré l’é lection du pré sident de la ré publique au
suffrage universel direct.
La cinquiè me ré publique apparait donc comme un ré gime
hybride, pré sentant simultané ment certaines des caracté ristiques
propres aux ré gimes pré sidentiels et d’autres issues du ré gime
parlementaire.
Section 1 : L’organisation des pouvoirs
Ab l’origine L’Etat français portait les aspects d’un ré gime
parlementaire, avant de se transformer aprè s 1962 en un ré gime à
tendance pré sidentielle caracté risé par une sé paration souple des
pouvoirs.
I- Le pouvoir exécutif :
§ La Vè me ré publique est doté e d’un exé cutif renouvelé au
sein duquel deux institutions se partagent le pouvoir : le
pré sident de la ré publique et le gouvernement.
§ L’organe exé cutif que l’on a pu qualifier de dyarchique
té moigne du caractè re mixte du ré gime politique.
§ Le gouvernement est un cabinet de type parlementaire, en
revanche le pré sident rappelle son homologue amé ricain.
1- Le président de la république :
Il dispose d’un statut privilé gié du fait qu’il est é lu au suffrage
universel direct depuis 1962.
A- Élection présidentielle :
L’article 6 de la constitution pré voit que le pré sident de la
ré publique est é lu pour 5 ans au suffrage universel direct, cet
article a fait l’objet de deux ré visions constitutionnelles depuis
1958, la premiè re à l’issue du ré fé rendum de 1962, et la seconde à
l’issue d’un autre ré fé rendum en 2000.
La loi du 6 novembre de 1962 pose des conditions de forme dont
l’essentiel demeure le soutien d’un parti politique. Quant aux
conditions de fond, elles sont peu nombreuses, en effet il faut la
nationalité française, la majorité d’é ligibilité fixé e à 23 ans et la
dignité morale. Le mode de scrutin est simple, il s’applique à
l’ensemble de la France, c’est un scrutin majoritaire uninominal à
deux tours.
B- La responsabilité pénale du président de la république :
Le premier cas de figure est organisé par l’article 68 de la
constitution qui dispose que : « Le pré sident de la ré publique n’est
responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions
qu’en cas de haute trahison ».
Il s’agit d’une responsabilité pé nale particuliè re dé rogatoire du
principe de droit pé nal ; en ce sens que la haute trahison dont il
s’agit ici est une infraction, cependant elle n’est pas dé finie.
En effet, il est impossible d’affirmer avec pré cision ce que
recouvre la haute trahison, cependant on peut considé rer qu’il
s’agit d’un manquement grave à la mission du pré sident,
certainement une violation de la constitution.
Finalement, la dé finition de l’infraction dé pend de l’autorité
compé tente pour engager les poursuites. Il s’agit des deux
assemblé es statuant par un vote identique au scrutin publique et à
la majorité absolue des membres les composant.
L’instruction est confié e à une commission de magistrats
professionnels (cinq magistrats du siè ge de la cour de cassation).
Le jugement relè ve de la haute cour de justice spé cialement
conçue par la constitution pour le pré sident.
Chacune des deux assemblé es é lit douze membres (six titulaires et
six supplé ants) ce qui fait 24 membres en tout. L’accusation est
conduite par le procureur gé né ral prè s la cour de cassation*.
Le deuxiè me cas de figure est ré cent et institué par le traité de
Rome (1998) instituant la cré ation d’une cour pé nale
internationale compé tente pour juger les crimes suivants :
• Les génocides
• Les crimes contre l’humanité
• Les crimes de guerre
• Les crimes d’agression d’un autre pays
La ré vision constitutionnelle par la loi du 8 juillet 1999 a rendu
possible la ratification du traité par le dé cret du 6 juillet 2002.
C- Les pouvoirs du président :
L’article 19 de la constitution clarifie la situation en confiant au
pré sident certains pouvoirs exclusifs, encore appelé s pouvoirs
autonomes ou pouvoirs propres. En dehors de ces pouvoirs
propres, seule la pratique arrive à distinguer ces pouvoirs.
L’article 19 é numè re les pouvoirs propres du pré sident, le texte
constitutionnel semble justifier les pouvoirs propres du pré sident
à partir de sa fonction d’arbitre. Le texte met ainsi en exergue la
pré pondé rance du chef de l’Etat au sein du ré gime politique. Dans
tous les cas, chaque pouvoir du pré sident né cessite la sollicitation
d’une autre institution : le gouvernement, le parlement, le conseil
constitutionnel ou la nation.
§ Le président et le gouvernement :
La relation entre le pré sident et le gouvernement est cruciale,
surtout dans un ré gime parlementaire. En effet l’article 8 aliné a 1
de la constitution dispose que : « Le pré sident de la ré publique
nomme le premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur la
pré sentation par celui-ci de la dé mission du gouvernement »*.
* Le pré sident nomme le premier ministre, mais ne peut pas le dé mettre.
Dans un ré gime parlementaire, une telle pré rogative n’est pas
surprenante, en France l’autorité exclusive du pré sident sur la
nomination du premier ministre a rompu le lien qui existait de
maniè re exagé ré e entre les assemblé es et le gouvernement En
effet le premier ministre tient toute son autorité de la seule
volonté du pré sident, il n’a pas besoin de consulter qui que ce soit.
La seule rè gle qu’un pré sident ne saurait ignorer est cette rè gle du
ré gime parlementaire, il ne peut nommer un premier ministre en
dehors de la majorité parlementaire.
Le pré sident dispose d’un droit de message (article 18) et le droit
de dissolution du parlement (article 12). Ce droit de message
permet au pré sident de la ré publique de s’adresser aux deux
assemblé es, et aux membres du gouvernement.
§ Le président et le parlement :
Ses pouvoirs à l’é gard du parlement sont proches de ceux d’un
chef de l’Etat parlementaire. Quoi qu’il bé né ficie d’une
pré pondé rance en cas de concordance des majorité s.
1- Dans le domaine lé gislatif :
Il intervient dans l’é laboration des loi. Dans la mesure où , le
gouvernement ne peut dé poser des projets de loi sans son
accord*. Souvent, il est lui-mê me à l’origine de ces projets (
initiative de fait).
La promulgation des lois lui revient lorsqu’elles adopté es, dans un
dé lai de 15 jours*. Le dé cret de promulgation est contresigné par
le premier ministre et les ministres inté ressé s.
2- La dissolution :
L’article 12 de la constitution lui confè re un pouvoir
discré tionnaire de dissoudre l’assemblé e nationale et provoquer
des é lections anticipé es*.
*Logiquement c’est un pouvoir qui doit appartenir au premier ministre, qui est
responsable devant l’assemblé e.
La dissolution peut ê tre impossible:
- Lorsquel’article16estenvigueur.
- lorsque le sé nat ou le gouvernement, assurent la supplé ance.
- Lorsqu’unepremiè redissolutionest provoqué e avant moins d’une
anné e.
3- Le droit de message :
Le pré sident n’a pas accè s aux chambres. Mais il peut
communiquer par message.
§ Le président et le conseil constitutionnel :
• Les anciens pré sidents de la ré publique sont
automatiquement membres de droit du conseil
constitutionnel. Pendant ses fonctions, le pré sident
entretient deux types de rapports avec le conseil
constitutionnel. D’abord il nomme trois membres tous les
trois ans et il dé signe le pré sident du conseil constitutionnel.
• Il nomme é galement sur proposition du pré sident du conseil
le secré taire gé né ral du conseil constitutionnel.
• Enfin, le pré sident peut saisir le conseil constitutionnel soit
pour vé rifier la constitutionnalité d’un traité ou celle des lois
ordinaires.
§ Le président et la justice :
§ Le recours au référendum :
Il s’agit du ré fé rendum lé gislatif pré vu par l’article 11 : « la
souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses
repré sentants ou par la voie du ré fé rendum ». Ce ré fé rendum peut
ê tre à l’initiative du pré sident.
2- Le gouvernement :
La Constitution est brè ve sur le gouvernement, dont elle traite
dans les quatre articles de son titre III.
ARTICLE 20. Le Gouvernement dé termine et conduit la politique
de la nation. Il dispose de l'administration et de la force armé e. Il
est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant
les procé dures pré vues aux articles 49 et 50.
ARTICLE 22. Les actes du Premier ministre sont contresigné s, le
cas é ché ant, par les ministres chargé s de leur exé cution.
ARTICLE 23. Les fonctions de membre du Gouvernement sont
incompatibles avec l'exercice de tout mandat parlementaire, de
toute fonction de repré sentation professionnelle à caractè re
national et de tout emploi public ou de toute activité
professionnelle. Une loi organique fixe les conditions dans
lesquelles il est pourvu au remplacement des titulaires de tels
mandats, fonctions ou emplois.
Le remplacement des membres du Parlement a lieu
conformé ment aux dispositions de l'article 25.
A- Nomination et révocation des membres du gouvernement :
Les rè gles relatives à la nomination et à la ré vocation des
membres du gouvernement sont fixé es par l’article 8 : « Le
Pré sident de la Ré publique nomme le Premier ministre. Il met fin
à ses fonctions sur la pré sentation par celui-ci de la dé mission du
gouvernement ». « Sur la proposition du Premier ministre, il
nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leurs
fonctions ».
§ Le Premier ministre:
a une existence constitutionnelle et son autorité au sein du cabinet
est expressé ment reconnue. Sans doute, il cesse d’ê tre qualifié de
Pré sident du Conseil puisque cette fonction appartient au
Pré sident de la Ré publique, mais du moins, il n’est pas vis-à -vis
des autres ministres, simplement primus inter pares : il a des
compé tences propres.
ART 21. Le Premier ministre dirige l'action du Gouvernement. Il
est responsable de la dé fense nationale. Il assure l'exécution des
lois. Sous ré serve des dispositions de l'article 13, il exerce le
pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires. Il
peut dé lé guer certains de ses pouvoirs aux ministres. Il supplée, le
cas é ché ant, le Président de la République dans la présidence des
conseils et comités prévus à l'article 15*.
*Le Pré sident de la Ré publique est le chef des armé es. Il pré side les conseils et les
comité s supé rieurs de la dé fense nationale.
Il peut, à titre exceptionnel, le supplé er pour la pré sidence d'un
conseil des ministres en vertu d'une dé lé gation expresse et pour
un ordre du jour dé terminé .
§ Pour les autres membres du gouvernement:
Dans la plupart des ré gimes parlementaires, la composition du
gouvernement est dicté e par la majorité parlementaire. Il en va
autrement sous la Ve Ré publique en dehors des pé riodes de
cohabitation. En effet, c’est le Pré sident de la Ré publique qui
nomme le Premier ministre et, sur la proposition de celui-ci, les
autres membres du gouvernement.
Sans doute le Pré sident de la Ré publique tient-il compte dans son
choix de la situation parlementaire.
Il dispose toujours d’un choix ré el car en France, contrairement à
ce qui se passe par exemple en Grande-Bretagne, on ne trouve
gé né ralement pas, à la tête de la majorité parlementaire, un leader
unique et incontesté. On peut d’ailleurs considé rer que c’est le
Président qui est le véritable chef de la majorité.
D’aprè s l’esprit du ré gime, c’est donc essentiellement du chef de
l’EU tat que procède le gouvernement et le Pré sident n’est donc
mê me pas obligé de choisir son Premier ministre parmi les
membres importants de la majorité parlementaire*.
*J.-P. Raffarin en avril 2002, et Dominique de Villepin en juin 2005 ont é té nommé s à
Matignon alors qu’ils n’é taient pas à la tê te d’un parti, et que (à l’exception de J.-P.
Raffarin) ils n’avaient mê me jamais é té titulaires d’un mandat parlementaire.
En pé riode de cohabitation, la situation est é videmment
diffé rente. Sous peine de provoquer une crise grave, le Pré sident
peut ê tre obligé de choisir comme Premier ministre une
personnalité qui l’a combattu dans le passé , et qui le combattra
sans doute encore dans l’avenir. Mais on ne saurait affirmer pour
autant que son rô le dans la formation du gouvernement est
purement formel.
En effet, la nomination de chaque membre du gouvernement
né cessite l’accord du Premier ministre et du Pré sident. Il y a donc
place pour des né gociations, surtout lorsqu’il s’agit de pourvoir les
postes ministé riels concernant les secteurs d’activité sur lesquels
le chef de l’EU tat estime avoir un droit de regard particulier :
Affaires é trangè res, Dé fense nationale, etc.
L’existence constitutionnelle du gouvernement
Le gouvernement existe juridiquement dè s sa nomination sans
avoir besoin d’avoir reçu une investiture de l’Assemblé e nationale
ou d’avoir fait l’objet d’un vote de confiance de sa part.
§ La révocation des ministres :
C’est le Pré sident de la Ré publique qui met fin aux fonctions du
Premier ministre et des autres membres du gouvernement (art.
8). Mais juridiquement tout au moins, il ne peut pas le faire de sa
propre initiative.
Quant aux membres du gouvernement, le Pré sident de la
Ré publique les ré voque à la demande du Premier ministre. Celui-
ci tient donc de la Constitution le pouvoir de mettre fin aux
fonctions de ses collaborateurs.
§ Les attributions du gouvernement :
La Constitution de 1958 parle tantô t des attributions du Premier
ministre, tantô t de celles du Conseil des ministres. Cette
distinction n’a juridiquement pas d’importance é tant donné que,
de toute façon, la plupart des dé cisions prises par le Premier
ministre doivent avoir é té dé libé ré es en Conseil des ministres.
Elles sont d’ailleurs toutes soumises à l’obligation du contreseing
d’un ministre (art. 22 C).
L’article 20 : « Le gouvernement dé termine et conduit la politique
de la nation ».
Cependant, la distinction purement intellectuelle é tablie par la
Constitution entre la conduite des affaires de la nation qui
appartiendrait au gouvernement et la sauvegarde des inté rê ts
permanents de l’EU tat qui serait du ressort du Pré sident de la
Ré publique, n’est guè re praticable et l’expé rience montre qu’elle
n’a jamais é té ré ellement appliqué e. Lorsque le Pré sident de la
Ré publique dispose du soutien de la majorité parlementaire, il
peut en fait é voquer tous les dossiers.
L’article 20 dé clare qu’il dispose de « l’administration et de la
force armé e ».
§ Les compétences du Conseil des ministres :
1- les compé tences normales :
• l’autorisation donné e au Premier ministre d’engager la
responsabilité du gouvernement devant l’Assemblé e
nationale ;
• la nomination de certains hauts fonctionnaires
• la dé libé ration sur les projets de loi dont le Premier ministre
a pris l’initiative
• la dé cision d’engager la procé dure accé lé ré e pour obtenir le
vote d’une loi dans les conditions pré vues par l’aliné a 2 de
l’article 45.
• La dé cision d’appeler l’Assemblé e nationaleà voter seule un
texte en cas de dé saccord avec le Sé nat et d’é chec des
procé dures de conciliation pré vues par l’art. 45
• La faculté de proposer au Pré sident de la Ré publique d’user
du ré fé rendum ;
• 2- Les compé tences exceptionnelles :
a) le pouvoir de proclamer l’é tat de siè ge et la mise en garde.
b) la dé cision de mobilisation gé né rale.
c) le pouvoir, aprè s autorisation du Parlement, de prendre des
ordonnances dans des matiè res lé gislatives.
Comme le gouvernement a besoin, pour agir, de la confiance de
l’Assemblé e, il pourrait sembler souhaitable que, dè s sa formation,
il demande un vote de celle-ci conformé ment à l’article 49 aliné a
1er qui dispose que « le Premier ministre, aprè s dé libé ration du
Conseil des ministres engage devant l’Assemblé e nationale la
responsabilité du gouvernement sur son programme ou sur une
dé claration de politique gé né rale ».*
*Parmi les gouvernements qui se sont succé dé depuis les dé buts de la Ve Ré publique,
certains, comme le gouvernement Valls formé en avril 2014, ont sollicité quelques jours
plus tard un vote de confiance de l’Assemblé e nationale, d’autres, comme le
gouvernement Rocard formé le 10 mai 1988, ont attendu30 un ou deux ans avant de le
faire ; d’autres enfin, comme le gouvernement ES dith Cresson formé le 15 mai 1991, n’ont
jamais eu recours à l’article 49 aliné a 1.
Il convient de noter que, selon la procé dure de l’article 49 aliné a 1,
la confiance peut ê tre refusé e au gouvernement à la majorité
simple, alors qu’une motion de censure (art. 49 al. 2 et 3) ne peut
ê tre adopté e qu’à la majorité absolue des dé puté s composant
l’Assemblé e nationale. Un gouvernement qui n’est pas trè s sû r de
son soutien parlementaire n’a donc pas inté rê t à dé clencher
l’application de cette procé dure.
3-Le Parlement :
Dans la Constitution de 1946, le Parlement é tait le premier organe
dont le texte s’occupait, la Constitution de 1958 ne pose les rè gles
qui le ré gissent que dans le titre IV, aprè s celles relatives au
Pré sident de la Ré publique et au gouvernement. Ce plan n’est pas
fortuit, il traduit la hié rarchie que les auteurs de la Constitution
ont entendu é tablir entre les pouvoirs publics et qui n’assigne au
Parlement que la troisiè me place.
§ Les attributions du Parlement :
On indique ici les attributions communes aux deux chambres : le
vote de la loi, le contrô le de l’action du gouvernement et
l’é valuation des politiques publiques. Le bicamé ralisme français
n’est pas é galitaire et pour certaines de ces attributions, la
Constitution accorde à l’Assemblé e nationale des pouvoirs
supé rieurs à ceux du Sé nat. C’est notamment le cas pour le vote de
la loi et pour la mise en jeu de la responsabilité du gouvernement.
Composition du Parlement :
Les dé puté s sont « é lus au suffrage direct » (art. 24 C). Leur
nombre est fixé par une loi organique prise en application de
l’article 25 C. Malgré la perte des trois dé partements algé riens en
1962, son é volution depuis les dé buts de la Ve Ré publique a é té
caracté risé e par une tendance à l’inflation.
De 460 en 1958, il é tait dé jà passé à 491 en 1981, au moment où
s’est produite la premiè re alternance politique. Il a é té porté à 577
par la ré forme é lectorale de juillet 1985.
D’après l’article 24 C, « le nombre des dé puté s ne peut excé der
577 ».
Aux termes du quatriè me aliné a de l’article 24 C : « Le Sé nat (...)
assure la repré sentation des collectivité s territoriales de la
Ré publique ». L’aliné a suivant du mê me article nous apprend que
les « Français é tablis hors de France » y sont repré senté s. Mais les
sé nateurs repré sentant les Français é tablis hors de France n’ont
jamais é té qu’un é lé ment marginal. Depuis la ré forme de juillet
2008, ainsi qu’on l’a dé jà noté , ces Français sont d’ailleurs
é galement repré senté s à l’Assemblé e nationale.
Le nombre des sé nateurs est fixé par une loi organique.
Le nombre des sé nateurs est aujourd’hui de 348, dont 326 pour
les dé partements mé tropolitains, 10 pour les territoires d’outre-
mer, et 12 pour les Français de l’é tranger. Ce chiffre a é té atteint
lors du renouvellement de septembre 2011.
Le nombre des sé nateurs est dé sormais plafonné par l’article 24 C.
Il ne peut pas dé passer le chiffre de 348.
Traditionnellement, les sé nateurs é taient é lus pour neuf ans, et
leur renouvellement s’effectuait par tiers tous les trois ans. Mais, à
la suite du remplacement du septennat pré sidentiel par le
quinquennat le novennat des sé nateurs paraissait excessivement
long, aucune autre assemblé e parlementaire en Europe n’ayant un
mandat supé rieur à six ans. C’est pourquoi, rompant avec une
tradition qui remontait à 1875, la loi organique de 2003 a fixé à
six ans le mandat des sé nateurs.
Le rythme des renouvellements demeure triennal mais,
dé sormais, le Sé nat se renouvelle par moitié , et non plus par tiers.
EU ligibilité et iné ligibilité s. – Les rè gles sont les mê mes que pour
l’é lection à l’Assemblé e nationale à une ré serve prè s. Nul ne peut
ê tre é lu au Sé nat s’il n’est â gé au moins de 24 ans ré volus.
Avant les ré formes de 2003 et 2011, l’â ge minimum d’é ligibilité
é tait de 35 ans. L’abaissement ne devrait pas se traduire par des
changements importants car, en pratique, seules des personnes
ayant exercé des mandats locaux, ou ayant acquis une notorié té
politique, peuvent espé rer ê tre é lues au Sé nat. Moins de 1 % des
sé nateurs sont â gé s de moins de 40 ans.