Plans Experiences (1) .2020
Plans Experiences (1) .2020
1. plans d'expériences
Les plans d'expériences sont utilisés dans les études industrielles pour la
recherche et la valorisation de développement. Ils interviennent dans des nombreux
domaines industriels. On peut citer les domaines suivants :
Il faut néanmoins comprendre que les plans d'expériences ne sont pas un outil
destiné a priori à la recherche fondamentale car ils ne permettront jamais une explication
du phénomène physico-chimique étudié.
Remarque
2/ les calculs peuvent paraître parfois pénibles à réaliser, ils constituent en fait
une étape nécessaire pour la compréhension de la méthodologie ; une fois cette phase
maîtrisée, de nombreux logiciels peuvent venir en aide et exécuter les calculs.
1
Master II génie chimique
Facteurs contrôlables
• les facteurs d'entrée dont on cherche à analyser les paramètres d’influences (matière première,
vitesse d'agitation, température, rendement …)
Les facteurs étudiés dans un plan d'expériences sont bien entendu les facteurs d'entrée.
a). Un facteur : c’est une grandeur le plus souvent mesurable mais il peut s'agir d'une
grandeur qualitative comme les différents lots d'une matière première.
b).La réponse : C’est la grandeur mesurée à chaque essai où le plan vise à déterminer quels
facteurs l'influencent ou quelle est son évolution en fonction de ceux-ci. Cette grandeur est mesurable
mais elle peut également être qualitative.
Dans ce cas ce peut être par exemple une appréciation visuelle sur l'état d'une surface ou une
appréciation bonne, moyenne ou mauvaise sur un produit alimentaire.
La notion la plus importante est celle d'interaction entre deux facteurs d'entrée.
On parle d'interaction entre deux facteurs A et B quand l'effet du facteur A sur la réponse
va dépendre de la valeur du facteur B. On peut citer deux exemples :
Master II génie chimique
2
Master II génie chimique
• une étude sur l'usure des pneus (réponse) montre une interaction entre
la vitesse et la pression de gonflage (facteurs)
• une étude sur la filtration a montré une interaction entre la quantité d’eau
de perméat et la quantité de rétentat particulier filtré. Le graphique
suivant montre les valeurs de la rétention mesurée en unité arbitraire de
0 à 10 en fonction des deux autres facteurs mesurés également avec
des unités arbitraires.
10
Eau pure
9
8 Eau pollué
6
Filration rétention
5
4
3
2
1
0
0 2 3 4 5 6
Eaux usées
3
Master II génie chimique
Ainsi le domaine ne doit pas être trop large … mais à l'inverse pas trop étroit
si on cherche à déterminer une influence possible. Dans ce dernier cas des limites
trop étroites risque de "noyer" une influence dans le "bruit" de l'erreur aléatoire due
aux incertitudes de mesure.
Pour étudier l'influence de deux facteurs sur une réponse, on peut adopter
deux stratégies expérimentales pour la conception des essais.
Master II génie chimique
4
Master II génie chimique
facteur B facteur B
c2 B Y3 Y4
B2 2
c3 c4
B1 B1 Y1 Y2
c1
A A A1 A2
1 2 facteur A
facteur A
Remarque : l'effet de A peut être décrit autrement en écrivant l'expression sous la forme suivante :
Y4 −Y3
Le terme est le demi-effet de A quand B est au niveau haut (c'est-à-dire la demi
2
variation de la réponse quand A passe du niveau bas A 1 au niveau haut A2). De même le terme
Dans cette deuxième stratégie toutes les mesures sont utilisées pour le
calcul d'un effet. On comprend donc que la précision obtenue sera supérieure avec
la méthode de plans d'expériences. Un autre avantage de la méthode des plans
réside dans un nombre beaucoup plus faible d'expériences à réaliser que dans la
méthode traditionnelle quand le nombre de facteurs augmente.
5
Master II génie chimique
Il est bon de signaler que le modèle obtenu ne peut être utilisé qu'à
l'intérieur du domaine d'étude (d'où l'utilité d'une étude préalable correcte …) :
toute extrapolation est très risquée car elle pourrait apporter des résultats bien
différents de ceux attendus. On ne signalera jamais assez que le modèle fourni n'a
pas de signification physique et ne saurait être assimilé à une loi physique.
6
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y = a. x + b
ri = yi − yˆi
Le niveau bas est ainsi codé - 1 alors que le niveau haut est codé + 1.
7
Master II génie chimique
Une application simple est fournie par le plan d'expériences suivant où les
calculs peuvent s'effecteur manuellement. On examine l'influence de la pression et
de la température (deux facteurs) sur le rendement y d'une réaction chimique
(réponse). Le modèle choisi a priori est le suivant :
y = a0 + a1 ⋅ x1 + a2 ⋅ x2 + a12 ⋅ x1 ⋅ x2
1 -1 -1 60
2 1 -1 78
3 -1 1 63
4 1 1 89
niveau – 1 2 bars 50 °C
niveau + 1 4 bars 70 °C
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Master II génie chimique
a0 − a1 − a2 + a12 = 60
a + a − a − a = 78
0 1 2 12
a −a+a −a = 63
0 1 2 12
a0 + a1 + a2 + a12 = 89
9
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y = a0 + a1 ⋅ x1 + a2 ⋅ x2 + a3 ⋅ x3
plan 1
1 1 1 1 Y1
2 -1 1 1 Y2
3 1 -1 1 Y3
4 1 1 -1 Y4
niveau –1 2 bars 50 °C 1 kg
niveau +1 4 bars 70 °C 2 kg
niveau 0 3 bars 60 °C 1,5 kg
plan 2
1 -1 -1 1 Y5
2 1 -1 -1 Y6
3 -1 1 -1 Y7
4 1 1 1 Y8
niveau –1 2 bars 50 °C 1 kg
niveau +1 4 bars 70 °C 2 kg
niveau 0 3 bars 60 °C 1,5 kg
plan 3
1 0 0 0 Y9
2 1 1 0 Y10
3 1 0 1 Y11
4 0 1 1 Y12
niveau –1 2 bars 50 °C 1 kg
niveau +1 4 bars 70 °C 2 kg
niveau 0 3 bars 60 °C 1,5 kg
a =Y
0 9
−Y9 +Y10 +Y11−Y12
a1 =
2
Plan 3 : −Y +Y −Y +Y
a 2 = 9 10 11 12
2
−Y9 −Y10 +Y11+Y12
a
3 =
2
La variance var(Y) (ou l'écart-type) de chacune des réponses Y i est
considérée comme identique en chaque point du domaine. Cette hypothèse est
couramment admise dans les études de plans d'expériences.
Selon les plans on obtient des variances var(a i) différentes pour les
coefficients ai du modèle.
Ceci montre donc que la matrice d'expérience n'est pas quelconque: elle doit
être choisie suivant des critères précis.
Master II génie chimique
5-a. Constitution
La matrice des essais à réaliser pour obtenir le plan d'expériences optimal
se déduit en fait des critères permettant d'obtenir les coefficients avec le maximum
de précision.
1 −1 −1 1
1 1 −1 −1
1 −1 1 −1
1
1 1 1
Ce type de matrice est dite matrice de Hadamard.
Remarque : pour cette matrice les vecteurs colonne sont orthogonaux deux à deux.
Cette propriété n'est pas suffisante pour obtenir la variance minimale pour l'estimation des
coefficients.
t X⋅X=N⋅I
t
où X est la matrice transposée de X, I la matrice identité et N le nombre d'expériences
réalisées. N doit être un multiple de 4.
Par exemple on verra que pour un plan complet à n facteurs, le nombre d'expériences N sera
égal à :
n
N=2
Soit 8 expériences avec 3 facteurs permettant la détermination des 8 coefficients du modèle,
16 expériences avec 4 facteurs …
Pour un plan à 8 expériences la matrice des effets devra s'écrire comme ci-
dessous en transformant conventionnellement +1 en + et -1 en - :
Master II génie chimique
12
Master II génie chimique
+ − − − + + + −
+ + − − − − + +
+ − + − − + − +
+ + + − + − − −
+ − − + + − − +
+ + − + − + − −
+ − + + − − + −
+ + + + + + + +
Il existe des règles pour déterminer les matrices des effets mais on verra
qu'elles ne sont pas utiles à connaître dans la pratique des plans factoriels.
Dans le chapitre III/, après avoir défini le plan factoriel complet, on montrera
que la matrice d'expériences d'un tel plan conduit pour le calcul des coefficients à
une matrice des effets qui est une matrice de Hadamard.
1 1 -1 -1 1 Y5
2 1 1 -1 -1 Y6
3 1 -1 1 -1 Y7
4 1 1 1 1 Y8
a0 a1 a2 a3
= = = =
coefficient +Y5+Y6+Y7+Y8 −Y5 +Y6 −Y7 +Y8 −Y5 −Y6 +Y7 +Y8 +Y5 −Y6 −Y7 +Y8
4 4 4 4
Cette méthode de calcul est générale dans les plans d'expériences factoriels.
N N
ai = ∑
±Y
j /N donc var(ai ) = ∑var(Yj ) / N2
j=1 j=1
2 2
On introduit alors σ (variance connue des mesures) ou s (variance
estimée des mesures). σ ou s sont des écarts-types expérimentaux
Dans le cas où on dispose d'une connaissance importante sur le domaine
étudié et où on peut donc se baser sur les résultats tirés d'un "historique", on
utilisera σ.
Dans le calcul suivant on suppose que l'écart-type est inconnu a priori ; pour
déterminer s on utilisera souvent l'une des méthodes suivantes : réalisation de
plusieurs points au centre du domaine d'étude ou réalisation de plusieurs fois la
totalité du plan d'expériences.
2
La variance s des variables Yj étant supposée identique sur le domaine
d'étude (erreur aléatoire constante pour toutes les réponses Y j) on en déduit que:
2
var(ai) = [Link](Y) / N = var (Y) / N
s(ai ) = s / N
s
L'intervalle de confiance de tout coefficient est alors : a i ± t0,975 ⋅ N
Remarque 2 : la signification des coefficients s'étudie aussi par la technique d'analyse de variance
qui n'est pas abordée ici car elle nécessiterait des développements trop importants.
Pour alléger les notations dans la suite de l'exposé, on utilisera les notations suivantes :
facteur et sa variable : A, B, C …
Un plan factoriel complet est un plan pour lequel toutes les combinaisons
possibles aux limites du domaine d'étude auront été réalisées : c'est le nombre
maximal d'essais pour un plan d'expériences factoriel. Le nombre d'essais N se
k
calcule d'après la formule suivante : N = 2 où k est le nombre de facteurs.
Le nombre d'essais est exactement égal au nombre de coefficients du modèle
2 3
à déterminer. On vérifie bien ceci pour les plans 2 et 2 :
2
Plan 2 : facteurs A et B 4 expériences y = a0 + a1 ⋅ A + a2 ⋅B + a12 ⋅ A ⋅B
3
Plan 2 : facteurs A, B et C 8 expériences
y = a0 + a1 ⋅ A + a2 ⋅ B + a3 ⋅ C + a12 ⋅ A ⋅ B + a13 ⋅ A ⋅ C + a23 ⋅ B ⋅ C + a123 ⋅ A ⋅ B ⋅ C
Master II génie chimique
4
Plan 2 : facteurs A, B, C et D 16 expériences
y = a0 + a1 ⋅ A + a2 ⋅ B + a3 ⋅ C + a4 ⋅ D + a12 ⋅ A ⋅ B + a13 ⋅ A ⋅ C + a14 ⋅ A ⋅ D + a23 ⋅B ⋅ C + a24 ⋅ B ⋅ D
N° essai A B
1 -1 -1
2 1 -1
3 -1 1
4 1 1
Master II génie chimique
En adoptant ces règles empiriques, la matrice des effets est une matrice
de Hadamard.
16
Master II génie chimique
En fait dans la suite on nommera effet d'un facteur la valeur l'effet global
divisé par 2 ce qui est aussi nommé dans la littérature l'effet moyen du facteur.
Remarque : les logiciels, MINITAB notamment, utilisent parfois dans leur exploitation le
nom d'effet pour l'effet global et de coefficient pour l'effet moyen.
Master II génie chimique
On calcule donc :
couleur
30
28
26
24
22
20
18
16
1 cran 3 crans
couleur
30
28
26
24
22
20
18
16
1 bar 2 bar
couleur
45
40
35
1 cran
30 3 crans
25
20
15
10
1 bar 2 bars
19
Master II génie chimique
On obtient donc : a0 = I = 25
a1 = A = 5
a2 = B = 7,5
a12 = AB = 2,5
A = +0,5 et B = -0,5
Remarque : dans cette étude les conclusions sont établies avec l'hypothèse que les valeurs trouvées
pour les effets et l'interaction sont significativement différentes de 0. Cette hypothèse est
implicitement admise ici en admettant par exemple que pour le responsable de cette étude ces
valeurs entraînent des variations de la couleur importantes pour le procédé de peinture. On verra
dans les deux applications suivantes comment estimer cette significativité statistique lorsqu'on n'a pas
d'autre information.
21
Master II génie chimique
3
Un plan factoriel complet 2 est réalisé pour déterminer quels sont les
facteurs et interactions importants.
Numéro d'essai
A B C asymétrie
au centre
1 0 0 0 1,38
2 0 0 0 1,56
3 0 0 0 1,34
4 0 0 0 1,51
5 0 0 0 1,48
6 0 0 0 1,47
Le schéma suivant regroupe les différents essais qui ont bien été choisis aux
extrémités du domaine d'étude.
22
Master II génie chimique
3
Le nombre de coefficients inconnus est de 2 . La matrice des effets s'écrit :
N°
essai moyenne A B C AB AC BC ABC asymétrie
1 + - - - + + + - 1,57
2 + + - - - - + + 1,62
3 + - + - - + - + 1,34
4 + + + - + - - - 1,42
5 + - - + + - - + 1,55
6 + + - + - + - - 1,62
7 + - + + - - + - 1,36
8 + + + + + + + + 1,20
moyenne
ou effet ou 1,460 0,005 - 0,130 - 0,028 - 0,025 - 0,028 - 0,023 - 0,033
interaction
Les coefficients ont été calculés selon la méthode décrite au II-5-b/. Par
exemple pour le coefficient a23, on a :
= −0,023 =
a23 = (+1,57 + 1,62 − 1,34 − 1,42 − 1,55 − 1,62 + 1,36 + 1,20) BC
23
3-c/ Intervalle de confiance des coefficients (effet
ou interaction)
On effectue ici la détermination par des mesures au centre du domaine.
23
Master II génie chimique
x −x 2
s 2 = ∑( i )
n−1
2+ 2+
4/ Application au traitement d'eau polluée par des ions Cu et Zn .
L'exemple est tiré de : "Traitement d'une solution aqueuse contenant des ions Zn 2+ et des
ions Cu2+", projet de licence professionnelle Industries chimiques et pharmaceutiques : BPL et
BPF, Université de Dijon, Marine BRUET, 2006"
durée1 durée2
Numéro d'essai A B C
(s) (s)
1 - - - 29 25
2 + - - 17 22
3 - + - 40 47
4 + + - 20 23
5 - - + 19 22
6 + - + 18 15
7 - + + 29 31
8 + + + 13 12
niveau - chaux x2 2%
niveau + soude x4 10 %
niveau 0 6%
25
Master II génie chimique
N° durée
essai moyenne A B C AB AC BC ABC (s)
1 + - - - + + + - 27
2 + + - - - - + + 19,5
3 + - + - - + - + 43,5
4 + + + - + - - - 21,5
5 + - - + + - - + 20,5
6 + + - + - + - - 16,5
7 + - + + - - + - 30
8 + + + + + + + + 12,5
moyenne
ou effet ou 23,9 - 6,4 3 -4 - 3,5 1 - 1,6 0,13
interaction
26
Master II génie chimique
Remarque : un autre intérêt d'effectuer des points au centre est de permettre de vérifier le modèle
en un point où une "courbure" a de grandes chances d'être visible.
2 ∑si2 2
s = k où si est la variance estimée d'un échantillon i.
27
Master II génie chimique
2
s est calculée avec N – k degrés de liberté
Les plans factoriels complets sont des plans dits sans risque car ils
permettent de déterminer tous les effets et toutes les interactions sans ambiguïtés.
Master II génie chimique
Les essais sont réalisés de telle sorte que les coefficients sont estimés avec
une variance minimale. Leur simplicité d'exploitation assure un bon "rendement" par
rapport aux résultats obtenus.
IV.1-a/ principes
Les plans fractionnaires ont été conçus pour remédier à l'inflation rapide
du nombre d'essais dans les plans complets.
29
Master II génie chimique
On a vu dans les applications sur les plans complets que les interactions
d'ordre 3 pouvaient être négligées. C'est un résultat très général : dans la
pratique les interactions d'ordre supérieur ou égal à 3 sont négligeables sauf de
très rares exceptions.
4
On en déduit alors dans l'exemple du plan complet 2 qu'on va effectuer 16
expériences pour un nombre nécessaire de seulement 11 coefficients à
déterminer. La proportion d'essais utiles par rapport au nombre total d'essais
diminue encore plus nettement si on augmente le nombre de facteurs.
3
Pour un plan 2 avec 3 facteurs A, B et C, si on se contente de vouloir
estimer l'influence de A, B et C sans se préoccuper des interactions, on a 4
coefficients à connaître : la moyenne et les effets des 3 facteurs soit 4 essais.
y = a0 + a1 ⋅ A + a2 ⋅ B + a3 ⋅ C
3-1
Un plan fractionnaire 2 avec 4 essais suffira : 4 essais seront donc
économisés. Néanmoins on n'obtiendra pas d'information sur les interactions (AB,
AC, BC). Si jamais une des interactions n'était pas négligeable, les coefficients du
modèle seraient entachés d'erreur et le modèle ne conviendrait pas pour une
utilisation ultérieure. C'est tout le pari d'un plan fractionnaire !
Pour conclure, les plans fractionnaires sont souvent utilisés en temps que
plans de criblage destinés à déterminer quels sont les facteurs les plus influents sans
forcément étudier les interactions d'ordre 2. C'est souvent le cas si le nombre de
facteurs est très élevé.
Les matrices des effets des plans factoriels doivent comporter autant de lignes
que de colonnes. Chaque colonne correspond à un coefficient du modèle donc il faudrait
4-1
16 colonnes : pour utiliser une matrice à 2 colonnes, il faut donc faire en sorte que les
termes de (16 – 8) colonnes se retrouvent dans les 8 autres colonnes.
Master II génie chimique
Les termes étant tous égaux à – 1 ou + 1, une solution consiste à écrire que la
variable D aura la même valeur dans chacune des 8 expériences que la valeur du
produit de variables A.B.C. Le choix des valeurs de D dans la matrice d'expérience
sera donc fixé.
On peut donc écrire pour les 8 expériences : D = A.B.C. Comme cette égalité
est vraie pour les 8 expériences, on peut écrire l'égalité de colonne suivante :
D=ABC
Le choix de D = A.B.C permet alors d'écrire les égalités suivantes sur les
variables en utilisant le fait que le produit d'une variable quelconque par elle-même
est toujours égal à + 1.
D est aliasé avec A.B.C, B est aliasé avec A.C.D, A.D est aliasé avec B.C …
y = (a0 + a1234 ) + (a1 + a234 )⋅ A + (a2 + a134 )⋅ B + (a3 + a124 )⋅ C + (a12 + a34 )⋅ A ⋅B
= a +a +a
h1 0 1234 h2 = a1 + a234 h3 = a2 + a134 h4 = a3 124
+a
h5 = a12 + a34 h6 = a13 + a24 h7 = a14 + a23 h8 = a4 123
Remarque : un contraste apparaît ici comme une somme mais dans le cas général des signes
négatifs peuvent apparaître. Il suffisait par exemple de choisir comme aliase initiale D = - A.B.C.
Il faut néanmoins être attentif à toute anomalie dans les résultats même si
on estime que ces hypothèses sont vérifiées dans 95 % des cas.
plan de résolution III : effet d'un facteur aliasé avec interaction dont l'ordre le
moins élevé est 2
plan de résolution IV : effet d'un facteur aliasé avec interaction dont l'ordre le
moins élevé est 3
plan de résolution V : effet d'un facteur aliasé avec interaction dont l'ordre le
moins élevé est 4
Il apparaît que les plans d'ordre III sont risqués car si une interaction n'est pas
supposée négligeable, elle s'ajoute à l'effet d'un facteur. Ce type de plan est à
entreprendre pour réduire énormément le nombre d'expériences dans le cas d'un
grand nombre de facteurs. Dans ce cas il est parfois nécessaire de réaliser un plan
complémentaire pour accéder à toutes les interactions (voir 3/).
Les plans d'ordre V permettent de lever tous les doutes sur la détermination
des effets des facteurs et des interactions. Néanmoins ils sont peu fractionnaires et
sont ainsi coûteux en nombre d'essais.
Les plans d'ordre IV présentent un bon compromis: les effets des facteurs
sont faciles à déterminer, il reste par contre des doutes sur les interactions d'ordre 2.
Le plan du 1-c/ est un plan d'ordre IV.
Le calcul de Box est un outil très utile pour l'écriture des contrastes. Cette
méthode s'applique uniquement aux plans fractionnaires à 2 niveaux – 1 et + 1.
• AB=BA
• AI = IA = A et - IA = - A
• AA=I
Une égalité entre deux colonnes A et B signifie que les termes des deux
colonnes sont identiques.
3-1
1-g/ Conception d'un plan fractionnaire 2
3-1
La conception d'un plan fractionnaire 2 permet en 4 expériences d'étudier 3
facteurs A, B et C et leurs interactions moyennant certains risques. Il faudra utiliser
2
la matrice des effets d'un plan factoriel complet 2 et effectuer 4 expériences au lieu
de 8.
Master II génie chimique
N° essai I A B AB
1 + - - +
2 + + - -
3 + - + -
4 + + + +
Une telle matrice ne comprend que 4 colonnes. Quatre autres termes sont à
introduire : C, AC, BC et ABC. Pour cela on choisit comme aliase initial C = AB.
I A B AB
Numéro
d'essai = = = = Y
ABC BC AC C
1 + - - + Y1
2 + + - - Y2
3 + - + - Y3
4 + + + + Y4
contraste h1 h2 h3 h4
Puis on écrit la matrice d'expériences qui indique quels sont les niveaux à
appliquer pour les facteurs A, B et C. Les colonnes C et AB doivent être identiques.
Master II génie chimique
Numéro
d'essai A B C
1 - - +
2 + - -
3 - + -
4 + + +
essai I A B C AB AC BC ABC Y
1 + - - - + + + - Y5
2 + + - - - - + + Y2
3 + - + - - + - + Y3
4 + + + - + - - - Y6
5 + - - + + - - + Y1
6 + + - + - + - - Y7
7 + - + + - - + - Y8
8 + + + + + + + + Y4
Master II génie chimique
B+AC = (1/4).(-Y2+Y3-Y1+Y4)
B = AC ⇒ hcolonne B=AC = B + AC
essai I A B C AB AC BC ABC
1 + - - - + + + -
2 + + - - - - + +
3 + - + - - + - +
4 + + + - + - - -
5 + - - + + - - +
6 + + - + - + - -
7 + - + + - - + -
8 + + + + + + + +
numéro
d'essai A B C D Y
1 - - - - Y1
2 + - - + Y2
3 - + - + Y3
4 + + - - Y4
5 - - + + Y5
6 + - + - Y6
7 - + + - Y7
8 + + + + Y8
niveau - 1 6% 1 20 %
niveau + 2 10 % 2 40 %
niveau 0 8% 30%
Master II génie chimique
37
Master II génie chimique
D'après la relation entre les contrastes et les colonnes, on peut écrire les
relations suivantes :
h1 = moyenne + h5 = AB + CD
ABCD h2 = A + BCD h6 = AC + BD
h3 = B + ACD h7 = BC + AD
h4 = C + ABD h8 = D + ABC
I A B C AB AC BC ABC
numéro
= = = = = = = = Y
d'essai ABCD BCD ACD ABD CD BD AD D
1 + - - - + + + - 275
2 + + - - - - + + 325
3 + - + - - + - + 210
4 + + + - + - - - 220
5 + - - + + - - + 290
6 + + - + - + - - 370
7 + - + + - - + - 260
8 + + + + + + + + 270
contraste 277,5 18,75 - 37,5 20 -13,75 3,75 5 - 3,75
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38
Master II génie chimique
360
340
allongement (%)
320
300
élastomère 1
280
élastomère 2
260
240
220
200
6% 10%
taux d'additif (%)
Un produit synthétisé dans une usine est trop coloré pour être
commercialisable. L'indice mesuré de la couleur doit être inférieur à 20 : cet indice
constitue la réponse. Le responsable de fabrication note les facteurs qui
pourraient être à l'origine de cette coloration. Il pense aux 5 facteurs suivants :
Le but est de rechercher les facteurs influents sur la couleur. Ce plan doit
être abordé comme un plan de criblage (screening) : l'information recherchée porte
d'abord sur les facteurs influents plutôt que sur la modélisation de la réponse.
essai I A B C AB AC BC ABC
1 + - - - + + + -
2 + + - - - - + +
3 + - + - - + - +
4 + + + - + - - -
5 + - - + + - - +
6 + + - + - + - -
7 + - + + - - + -
8 + + + + + + + +
La théorie des aliases montre que pour retrouver ensuite les 32 termes du
modèle il faut utiliser des générateurs dépendants qui sont les produits des
générateurs indépendants 2 à 2, 3 à 3 … Dans notre cas, il n'existe qu'un seul
générateur dépendant qui se calcule ainsi :
I I= ABCDACE = BDE
Les autres aliases sont obtenues en multipliant chaque colonne par chacun
des 3 générateurs (les deux indépendants et le dépendant). On obtient alors :
Master II génie chimique
numéro
d'essai A B C D E Y
1 - - - - + Y1
2 + - - + - Y2
3 - + - + + Y3
4 + + - - - Y4
5 - - + + - Y5
6 + - + - + Y6
7 - + + - - Y7
8 + + + + + Y8
niveau - basse usine 1 lente courte M1
niveau + élevée usine 2 rapide longue M2
D'après la relation entre les contrastes et les colonnes, on peut écrire les
relations suivantes :
Master II génie chimique
42
h1 = moyenne h5 =AB+CD
h2 = A + CE h6 = AC + BD + E
h3 = B + DE h7 = BC + AD
h4 = C + AE h8 = D + BE
Le plan fractionnaire est bien un plan de résolution III.
AC
A B C AB = BC D
numéro I
= = = = BD = = Y
d'essai CE DE AE CD = AD BE
E
1 + - - - + + + - 26,1
2 + + - - - - + + 33,3
3 + - + - - + - + 27,9
4 + + + - + - - - 30,2
5 + - - + + - - + 31,4
6 + + - + - + - - 16,5
7 + - + + - - + - 27,5
8 + + + + + + + + 15,5
contraste 26,050 - 2,175 - 0,775 - 3,325 - 0,25 - 4,55 - 0,45 0,975
43
Master II génie chimique
Par permutation avec le signe "moins" sur les aliases, on en déduit les 4 plans
5-2 5
fractionnaires 2 du plan complet 2 à 5 facteurs. En grisé apparaît le plan
fractionnaire réalisé.
I = - ABCD et I = - ACE
numéro
d'essai A B C D E Y
1 - - - + - Y1'
'
2 + - - - + Y2
'
3 - + - - - Y3
'
4 + + - + + Y4
'
5 - - + - + Y5
'
6 + - + + - Y6
7 - + + + + Y7'
8 + + + - - Y8'
niveau - basse usine 1 lente courte M1
niveau + élevée usine 2 rapide longue M2
AC
A B C AB = BC -D
numéro I
= = = = - BD = = Y
d'essai - CE - DE - AE - CD = - AD - BE
-E
1 + - - - + - + - 24,8
2 + + - - - + + + 18,3
3 + - + - - - - + 25,8
4 + + + - + + - - 17,8
5 + - - + + + - + 24,8
6 + + - + - - - - 34,6
7 + - + + - + + - 26
8 + + + + + - + + 26,7
h1' h2' h3' h4' h5' h6' h7' h8'
contraste = = = = = = = =
24,85 - 0,5 - 0,775 3,175 - 1,325 3,125 - 0,9 - 0,95
Master II génie chimique
A = -1,34
C = -0,08
BC = -0,68
De plus D + BE
Master II génie chimique
= 0,96 et BD + E = -3,84
46
Master II génie chimique
On entend par facteurs aliasés ceux qui sont placés dans des colonnes
k
correspondant aux interactions du plan factoriel complet 2 .
Néanmoins comme un plan trop fractionnaire n'est jamais "inutile" puisque les
résultats sont utilisés ensuite avec les plans complémentaires, il est parfois bien
plus judicieux en termes de coût d'essayer de résoudre un problème avec un plan
fractionnaire de résolution III.
47
Master II génie chimique
On parle d'effet de blocs quand les essais sont divisés en deux parties ; cela
peut intervenir notamment dans le cas d'un plan complémentaire. Pour une
interprétation correcte des résultats obtenus en rassemblant l'ensemble des essais, il
faut s'assurer dans ce cas qu'un facteur supplémentaire ne soit pas intervenu à
cause de la réalisation éloignée dans le temps des deux séries d'essais.
Une méthode rapide pour tester si un effet de bloc est présent consiste à
calculer l'expression suivante :
Moyenneplan1 − Moyenneplan2
2
Si cette valeur n'est pas significative par rapport aux contrastes, on en déduit qu'il
n' y a pas d'effet de blocs et que l'analyse des résultats n'a pas à être modifiée.
Dans l'application du 3/, les deux moyennes étant égales à 26,05 et 24,85, le
calcul de l'expression ci-dessus montre clairement qu'il n'y a pas d'effet de bloc car la
valeur de 0,6 ne peut être considérée comme significative par rapport aux autres
contrastes.
Les résultats d'un plan peuvent aussi être influencés par la présence d'un
facteur non contrôlé évoluant dans le temps comme l'usure d'une machine. Dans ce
cas on utilise des plans factoriels anti-dérive pour corriger l'effet de la dérive.
49