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Défis des emballages écologiques en logistique

Cet article présente les résultats d'une revue systématique de la littérature sur les emballages écologiques et les défis associés à leur adoption dans la chaîne logistique d'une entreprise. 50 articles ont été analysés. Les défis internes identifiés incluent la complexité du processus décisionnel, les coûts additionnels et le risque de perte de rentabilité. Les défis externes résultent des pressions des consommateurs, du législateur et des intermédiaires. Une stratégie coopérative dans la chaîne logistique pourrait atténuer ces défis.

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Défis des emballages écologiques en logistique

Cet article présente les résultats d'une revue systématique de la littérature sur les emballages écologiques et les défis associés à leur adoption dans la chaîne logistique d'une entreprise. 50 articles ont été analysés. Les défis internes identifiés incluent la complexité du processus décisionnel, les coûts additionnels et le risque de perte de rentabilité. Les défis externes résultent des pressions des consommateurs, du législateur et des intermédiaires. Une stratégie coopérative dans la chaîne logistique pourrait atténuer ces défis.

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Adoption des emballages écologiques par l’entreprise: quels défis dans la

chaîne logistique ? Une revue de littérature systématique


Karima Afif, Claudia Rebolledo et Jacques Roy
HEC Montréal, Montréal, Canada
Résumé
Objectif – L’objectif de cet article est de recenser les études antérieures sur les emballages écologiques
pour comprendre l’avancement des recherches dans ce domaine et ultimement, proposer des avenues de
recherche futures. Il s’agit d’explorer les spécificités de ce type d’emballages et les défis associés à leur
mise en place dans la chaîne logistique de l’entreprise.

Design / méthodologie / approche – L’article s’appuie sur une revue systématique guidée par trois
questions de recherche : 1) Quels sont les spécificités de l’emballage écologique par rapport à
l’emballage traditionnel ? 2) Quels sont les facteurs de pression externes qui influent sur le choix de
l’entreprise d’un emballage écologique pour ses produits? 3) Quels sont les facteurs de pression
internes qui influent sur le choix de l’entreprise d’un emballage écologique pour ses produits ? La revue
porte sur les articles publiés entre 1989 et 2016 sur les emballages écologiques dans les revues
spécialisées dans les domaines de la gestion de la chaîne logistique verte, de la gestion des opérations
et de l’environnement. Une approche systématique rigoureuse est adoptée pour identifier les articles et
analyser leur contenu.

Résultats – 50 articles sont sélectionnés. L’analyse de leur contenu révèle que les décideurs des
emballages écologiques font face à plusieurs défis provenant de l’environnement d’affaires interne et
externe. Parmi les défis internes identifiés, on note la complexité du processus décisionnel de ce type
d’emballage, les coûts additionnels encourus et le risque de perte de rentabilité du produit emballé.
Quant aux défis externes, ils résultent notamment des pressions du consommateur, du législateur et des
intermédiaires dans la chaîne logistique. Ces défis agiraient comme des freins au choix des entreprises
des emballages écologiques pour leurs produits. Le choix d’une stratégie coopérative dans la chaîne
logistique permettrait d’atténuer ces défis. Enfin, une analyse des avenues de recherche futures
proposées par les auteurs a été effectuée et a permis de relever les pistes de recherche non encore
explorées.

Limites de recherche / implications – Seules les revues scientifiques anglophones issues du domaine
de la gestion ont été ciblées. Cette restriction présente une limite dans le sens où les revues relevant des
autres domaines ainsi que les revues francophones pourraient apporter des éléments complémentaires.
Il serait alors intéressant de considérer cette limite dans les études futures, surtout que le domaine des
emballages écologiques reste encore embryonnaire en matière du nombre de publications.

Implications managériales – Les résultats présentés dans cette étude fournissent un cadre systématique
pour les gestionnaires qui s’intéressent à ce type d’emballage. Sur le plan interne, l’étude apporte un
éclairage sur les différents aspects que les décideurs devraient considérer pour réussir la mise en place
des emballages écologiques. Sur le plan externe, l’étude fait valoir qu’il est utile pour les gestionnaires
d’adopter une stratégie coopérative avec les différents acteurs de la chaîne incluant le manufacturier
d’emballages, le détaillant, le distributeur, le régulateur et le consommateur, afin de joindre toutes les
forces respectives de ces acteurs et pouvoir ultimement adopter un couple emballage/produit optimal.

Mots-clés Emballage écologique, Chaîne logistique verte, Environnement, Revue de littérature


systématique.
Type de papier Revue de littérature
1. INTRODUCTION

Si la préservation de l’environnement a été par le passé une préoccupation secondaire,


aujourd’hui, priorité absolue lui est accordée. L’environnement est désormais au cœur des
préoccupations des communautés académiques aux quatre coins de la planète (UNEP, 2002).
Cette tendance écologique n’exclut pas le secteur de l’emballage étant donné que ce dernier est
souvent assimilé à un futur déchet (Stilwell et Tibbs, 1991). Selon la Fondation Ellen Mac
Arthur (2013), les consommateurs des pays appartenant à l’OCDE consommeraient en
moyenne 207 millions de tonnes d’emballage annuellement, ce qui équivaut à près de 384
milliards de dollars. La plupart de ces emballages finissent dans des incinérateurs, des sites
d’enfouissement ou sont jetés dans la nature (Sauvé et al., 2016). C’est pourquoi le cadre
réglementaire régissant les emballages, se montre de plus en plus exigeant et strict dans la
plupart des pays (Directive n° 94/62/CE ; Agence de l’Environnement, 2013).

Face à ce contexte, les entreprises n’ont d’autres choix que de s'investir davantage et d’œuvrer
dans le cadre de démarches en faveur de l'environnement. Le développement d’emballages
performants sur le plan environnemental appelés « green packaging », « emballages verts » ou
« emballages écologiques », est désormais une démarche importante dans la chaîne logistique
de l’entreprise (Kassaye et Verma, 1992 ; White et al., 2015 ; Dang et Chu, 2016). Un produit
éco-emballé désigne le produit conditionné dans un contenant fabriqué à base de matériaux
respectueux de l’environnement, biodégradables ou compostables et qui peuvent être
décomposés par la voie de moyens naturels (Magnier et Crié, 2015).

Le conditionnement des produits dans des emballages écologiques contribue grandement à


l’amélioration de la performance environnementale de la chaîne logistique de l’entreprise
(García-Arca et al., 2014) dans le sens où ce type d’emballage mobilise des pratiques reliées à
la réduction à la source, la récupération, le réemploi et le recyclage (Kim et Lee, 2012). Les
trois domaines de l’environnement, de l’emballage et de la chaîne logistique sont d’ailleurs
devenus, depuis les années 90, de plus en plus interreliés (Prendergast et Leyland, 1996 ; Lin
et Ho, 2011). Par exemple, les exigences réglementaires en matière de recyclage ont des
implications directes sur les décisions de distribution du produit emballé tout au long de sa
chaîne de distribution (Kayasse, 2001). Selon une étude menée par Accenture (Sundip et al.,
2011), l’adoption d’un emballage écologique permettrait à l’entreprise de réaliser une économie
de coût allant de 3 à 5% tout au long de sa chaîne logistique.

En revanche, le processus de sélection de ce type d’emballage est complexe. Il est souvent le


résultat d’un compromis entre les fonctions logistiques, marketing et environnementales du
produit (Prendergast et Pitt, 1996 ; Vernuccio et Cozzolino, 2010). De plus, les décideurs se
trouvent confrontés à une série de pressions qui résultent de la divergence d’intérêts des
différentes parties prenantes relevant de l’environnement d’affaires externe et interne de
l’entreprise (Szymankiewicz, 1993 ; Prendergast et Pitt, 1996 ; Wossen, 2001 ; Kassaye, 2001
; Rokka et Uusitalo, 2008 ; Kim et Lee, 2012 ; White et al., 2015).

Bien que la connaissance des défis entourant le choix de ce type d’emballage revête une
importance certaine, rares sont les publications qui ont exploré cette question dans la littérature
académique (White et al., 2015). Plusieurs auteurs (ex. Wossen, 2001 ; Verghese et Lewis,
2007) affirment que le développement théorique reste extrêmement important dans ce domaine.
D’où l’intérêt que l’on y porte dans cet article qui s’appuie sur une revue systématique des
études antérieures pertinentes sur les emballages écologiques pour comprendre l’avancement
des recherches existantes dans ce domaine et proposer des avenues de recherche futures.

Le reste de l’article est structuré comme suit. La section suivante expose l’approche
méthodologique adoptée et met en lumière les résultats obtenus. L’analyse des résultats obtenus
est présentée dans la section subséquente. Une discussion suivra. Les contributions
académiques et managériales ainsi que les limites de l’étude sont ensuite présentées.

2. MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE
Cet article s’appuie sur la méthodologie de la revue systématique des articles publiés entre 1989
et 2016 sur les emballages écologiques. Les revues spécialisées dans les domaines de la chaîne
logistique verte, de la gestion des opérations et de l’environnement, sont ciblées. En effet,
l’approche de la revue systématique est particulièrement intéressante car elle permet de mettre
en œuvre une démarche scientifique rigoureuse qui vise à repérer, examiner, évaluer, combiner
et synthétiser toutes les recherches antérieures pertinentes (Seuring et Gold, 2012).

La démarche de conduite de la revue de littérature systématique adoptée dans cet article, est
inspirée de Seuring et Gold (2012) et Manders et al. (2017). Après la formulation de la question
de recherche, une collecte rigoureuse des articles est effectuée, suivie par la sélection des
articles pertinents parmi ceux identifiés. On procèdera ensuite à l’analyse des résultats en
débutant par une analyse descriptive des caractéristiques des articles sélectionnés et ensuite une
analyse de leur contenu. Dans ce qui suit, nous formulerons d’abord les questions de recherche
qui vont guider la revue systématique, ensuite nous présenterons les démarches de collecte de
données et de sélection des articles. Quant à l’analyse des résultats, elle fera l’objet de la section
subséquente.
[Link] des questions de recherche

L’objectif de cet article étant d’explorer les spécificités des emballages écologiques et les défis
associés à leur mise en place dans la chaîne logistique de l’entreprise. La revue systématique
est guidée par les trois questions de recherche suivantes :

QR 1 : Quels sont les spécificités de l’emballage écologique ?


QR 2 : Quels sont les facteurs externes influant sur le choix d’un emballage écologique ?
QR 3 : Quels sont les facteurs internes influant sur le choix d’un emballage écologique ?
La figure 1 expose le cadre conceptuel qui sous-tend l’étude.

Figure 1. Cadre conceptuel

Spécificités de
l’emballage écologique

QR1

Facteurs QR3 QR2 Facteurs


Choix de l’entreprise d’un emballage d’influence
d’influence
écologique pour ses produits externes
internes

2.2. Collecte des références

Pour explorer la littérature académique disponible sur les emballages écologiques, la base de
données ABI/INFORM Collection (diffusée par ProQuest) a été choisie et ce, pour les raisons
suivantes. ABI/INFORM Collection inclut trois bases de données à savoir, ABI/INFORM
Dateline, ABI/INFORM Global et ABI/INFORM Trade & Industry, ce qui permet d’avoir
accès à un éventail exhaustif d’articles couvrant les principaux domaines de la gestion
notamment le marketing, la gestion des opérations et la logistique. D’autant plus qu’elle dispose
d’un moteur de recherche amélioré qui inclut plusieurs options permettant de filtrer et d’affiner
les recherches selon par exemple le type de la source et des documents, la nature des
publications ainsi que les années de publication.

La recherche dans cette base de données a été conduite à l’aide d’une série de combinaisons de
mots-clés. Il est à noter que plusieurs combinaisons ont été testées mais seules les combinaisons
présentées ont été fructueuses. Le tableau 1 présente les résultats de chacune de ces
combinaisons. Les résultats obtenus ont été affinés au moyen de certaines options de recherche
afin de restreindre leur nombre et d’aboutir à une meilleure sélection d’articles. La lecture des
résumés des articles obtenus dans les résultats restreints a permis de repérer ceux qui semblent
pertinents dépendamment de la portée et des objectifs de l’étude. Ce processus de filtrage s’est
achevé par la sélection de 50 articles.

Tableau 1. Options de recherche et résultats obtenus pour chaque combinaison de mots-clés


Nombre d'articles
Combinaisons de mots-clés Résultats Résultats restreints Résultats retenus
Options de recherche primaires (Sélection initiale) (Sélection finale)
(Sans
Rechercher: partout, sauf texte sélection) Filtrer par publications: inclusion publications Évaluation de la
intégral dans les domaines: Business, Environment, pertinence des articles
Limiter à: Revu par les pairs & Sustainability, Supply Chain management, par rapport à la portée
Publications académiques Green Supply Chain, Waste Management, de notre article, et ce
Date de publication: Toutes les dates Production, Marketing, Greener Management. en lisant leurs résumés.
‘Green' and 'packaging' 121 54 14
‘Packaging' and 'environment' 321 97 24
‘Friendly' and 'packaging' 46 18 3
‘Green packaging' and 'tradeoffs' 1 1 1
‘Green packaging' and 'dilemma' 2 2 1
‘Green packaging' and 'challenges' 8 2 1
‘Green Packaging Management' 57 27 4
‘Eco-friendly packaging' 6 2 0
‘Green packaging' and 'logistics' 8 4 2
Total 570 207 50

2.3.Sélection des articles

Il s’agit à ce niveau d’identifier les revues scientifiques où les articles sélectionnés dans l’étape
précédente, ont été publiés (Manders et al., 2017). Le tableau 2 présente un aperçu sommaire
de la répartition des 50 articles retenus par revue de publication. Notons que 27 sont publiés
dans 13 revues de premier rang, 17 sont publiés dans 12 revues de second rang, 6 sont publiés
dans 5 revues de troisième rang et 2 sont publiés dans 2 revues de quatrième rang. Ce qui
signifie que 44 articles sont publiés dans des revues de premier et de second rang. La majorité
des articles inclus dans notre revue de littérature sont alors de très bonne qualité. Les rangs des
revues ont été établis en se référant au facteur d’impact consulté à partir du Journal Citation
Reports. Les articles sélectionnés feront l’objet d’un examen plus approfondi dans la section
suivante.
Tableau 2. Répartition des articles sélectionnés par revue de publication
Nombre
Revues scientifiques
d'articles
Management Review 7
International Journal of Physical Distribution & Logistics Management 4
Journal of Supply Chain Management 2
International Journal of Consumer Studies 2
International Journal of Logistics Management 2
International Journal of Production Research 2
Journal of Business Ethics 3
Logistics Information Management 2
Autres revues (un article par revue) 26
Total 50
Note : Les autres revues sont présentées dans l’annexe 1 (ce dernier n’a pas été inclus dans cette version
de l’article en raison de la limite du nombre de mots).

3. ANALYSE DES RÉSULTATS


Pour effectuer une analyse rigoureuse, Seuring et Gold (2012) et Manders et al. (2017)
suggèrent d’aller du général vers le particulier en commençant par une analyse descriptive
globale des caractéristiques des articles retenus pour ensuite effectuer une analyse plus détaillée
du contenu de ces articles.

[Link] descriptive des caractéristiques des articles sélectionnés


Dans la revue systématique, l’intérêt de la phase d’analyse descriptive est de présenter un
portrait global de certaines dimensions formelles des articles sélectionnés dans la phase
précédente. Deux de ces dimensions seront présentées dans ce qui suit.

La première dimension formelle est l’évolution temporelle du nombre d’articles. Le tableau 3


présente par intervalles de cinq années, le nombre d’articles publiés dans chacune des revues
en fonction de leur rang. La plus ancienne étude sur les emballages écologiques, date de 1989.
Il s’agit d’une étude de cas de Dyllick qui s’intitule « Ecological Marketing Strategy for Toni
Yogurts In Switzerland » publiée dans la revue de premier rang « Journal of Business Ethics ».
La plus récente étude s’intitule « Evaluation framework and verification for sustainable
container management as reusable packaging », par Dang et Chu (2016). Elle a été publiée
dans la revue de premier rang « Journal of Business Research ». L’évolution temporelle du
nombre d’article apparaît plus clairement dans la figure 2. On peut voir que l’intervalle entre
1989 et 1993 et celui entre 2009 et 2013 ont respectivement connu le plus grand nombre
d’articles publiés sur les emballages écologiques.
Tableau 3. Évolution temporelle du nombre d’articles publiés dans des revues de premier et second rang
Revues de publication
3ème rang 4ème
Revues de 1er rang 2ème rang
rang T
Intervalles M I O
de 5 I T
B I I I J J J I J I E B A J J I J
années B J J J J J S J M M I L A
P J J J E M S T M S P J N F M A A L O BI L
S B B C C B B R R I T I
M L P P E T C S R D D C V J J B A M M M
E E R M P S R D R P F M
J M E R M M M M L S . R E
M
R M
1989-1993 1 7 1 2 1 1 1 14
1994-1998 1 1 1 2 1 6
1999-2003 1 1 1 1 1 5
2004-2008 1 1 1 1 1 1 6
2009-2013 1 1 2 1 1 1 1 1 2 11
2014-2016 1 1 1 1 1 1 1 1 8
TOTAL 1 1 2 1 2 3 1 1 1 1 1 2 1 7 1 1 2 4 1 1 1 1 2 2 1 1 1 1 1 1 1 1 50
Note de lecture : Toutes les périodes comptent 5 années, exceptée la dernière qui ne compte que trois années.

Figure 2. Évolution du nombre d'articles publiés entre 1989 et 2016

16

14

12

10

0
1989-1993 1994-1998 1999-2003 2004-2008 2009-2013 2014-2016

La seconde dimension formelle concerne les méthodologies de recherche utilisées ainsi que les
pays où les études retenues ont été conduites. Le tableau 4 expose la fréquence des différentes
approches méthodologiques utilisées dans les articles sélectionnés. L’approche conceptuelle et
la méthode d’enquête représentent 66% des méthodologies adoptées. On constate que les États-
Unis représentent le chef de file mondial de la recherche dans le domaine des emballages
écologiques vu que 40% des études retenues y ont été conduites (tableau 5). Il faut toutefois
préciser que le fait d’avoir ciblé uniquement des revues anglophones aurait conduit
naturellement à ce résultat. En somme, bien que cette approche présente la limite d’être
purement descriptive, elle permet d’avoir un aperçu global des caractéristiques des articles et
se complète ainsi avec la phase d’analyse de contenu.
Tableau 4. Méthodologies de recherche des articles retenus
Méthodologie de recherche des articles Nombre Fréquence
Article conceptuel 20 40%
Enquête 14 28%
Étude de cas 7 14%
Modélisation 6 12%
Analyse de contenu 2 4%
Analyse comparative 1 2%
Total 50 100%

Tableau 5. Nombre d’études par pays

Pays Nombre d'études Fréquence


Les États-Unis 22 44%
Royaume-Uni 6 12%
France 3 6%
Australie 3 6%
Allemagne 3 6%
Inde 2 4%
Espagne et Belgique 2 4%
Brésil 1 2%
Suisse 1 2%
Japan 1 2%
Chine 1 2%
Qatar 1 2%
Corée 1 2%
Finlande 1 2%
Danemark 1 2%
Afrique du sud 1 2%
Total 50 100%

3.2. Analyse de contenu des articles sélectionnés

3.2.1. Analyse de contenu générale


On constate que le « green packaging » représente un thème central dans 74% des articles
sélectionnés (tableau 6), ce qui témoigne de leur pertinence compte tenu de la portée de la
présente étude. Le tableau 7 expose la fréquence des mots-clés jugés pertinents au niveau des
résumés des 50 articles. Cette analyse a été effectuée sur le résumé des articles car celui-ci
reflète généralement le contenu du papier d’une façon sommaire. Au fur et à mesure, d’autres
mots-clés synonymes à ceux spécifiés au début, ont été rajoutés. Le tableau 7 présente la liste
des mots-clés ainsi que le nombre de fois où le mot-clé ou l’un de ses synonymes a été cité au
niveau des résumés des 50 articles. Dans près de 86% des articles, le terme « green packaging »
ou bien l’un de ses synonymes, est cité dans le résumé des articles.
Tableau 6. Fréquence des articles où le « green packaging » est un thème central

Nombre d'articles Fréquence


Le "green packaging" est un thème central dans le papier 37 74%
Le "green packaging" n'est pas un thème central dans le papier 13 26%

Total 50 100%
Tableau 7. Mots-clés et leur fréquence dans les résumés des articles

Nombre d'articles où les mots-clés Fréquence par rapport au


Mots-clés
sont cités dans le résumé de l'article total des articles
Green Packaging
Eco-friendly packaging
38 86%
Environment-friendly packaging
Efficient packaging
Supply Chain Management
Green Supply Chain
Green reverse logistics 25 57%
Sustainable supply chain
Green Marketing

Supply Chain partners


21 48%
Decision makers

Environment
Environement protection 34 77%
Sustainability

Pressure
Challenges
Tradeoffs
24 55%
Influence factors
External influences
Internal influences
Minimisation waste
Packaging wastage
22 50%
Reduce packaging
Source reduction

3.2.2. Définitions et spécificités de l’emballage écologique

Le respect de l'environnement est une tendance profondément enracinée dans les


préoccupations actuelles (Scott et Vigar-Ellis, 2014). Devant une telle tendance, l’entreprise est
appelée à concevoir un emballage performant sur le plan environnemental que l’on dénomme
« green packaging » ou « emballage vert » (White et al., 2015). Ce dernier est également appelé
« emballage écologique » (Marenghi, 1992 ; Magnier et Crié, 2015), « emballage durable »
(Dang et Chu, 2016) ou encore « emballage respectueux de l’environnement » (Hein, 1993).
Le tableau 8 présente quelques définitions de ce concept qui ont été formulées par différents
auteurs dans la littérature disponible.
Tableau 8. Quelques définitions de l’emballage écologique

Auteurs Définitions
Dang et Chu L’emballage vert (green packaging) ou « emballage durable » (sustainable packaging) se définit comme
(2016) étant un emballage qui contribue au développement durable en minimisant ses impacts environnementaux,
sociaux et économiques.
Kruschwitz L’emballage écologique fait référence à un emballage qui dispose de caractéristiques optimales en matière de
(2012) taille, forme et de matériaux qui le composent. Les impacts positifs de ce type d’emballage sont nombreux. Il
réduit le gaspillage, protège l’environnement, permet une meilleure utilisation des ressources, réduit les espaces
nécessaires pour l’entreposage des produits emballés et optimise l’activité de manutention requise.
Magnier et L’emballage vert, dénommé également « emballage écologique » (eco-friendly packaging), désigne
Crié (2015) l’emballage fabriqué à base de matériaux respectueux de l’environnement, biodégradables ou compostables qui
peuvent être décomposés par la voie de moyens naturels.
Wossen (2001) Un emballage écologique est un emballage qui optimise les ressources, réduit les déchets générés en fin de
son cycle de vie. Il est récupérable et recyclable.
Hein (1993) L’emballage vert ou « emballage respectueux de l’environnement » (environmentally friendly packaging)
qualifie un emballage performant sur le plan environnemental. Le développement, le design et la sélection de
ce type d’emballage sont basés sur une analyse du cycle de vie du produit.
Marenghi L’emballage écologique désigne un emballage dont la conception est basée sur le concept de la « réduction à la
(1992) source » qui consiste à réduire le volume et la taille d’emballage utilisé afin d’éviter le gaspillage. Ce qui permet
de ralentir l’épuisement des ressources naturelles et de prolonger la durée de vie utile de l’emballage en étant
réutilisable ou recyclable.

L’aspect commun à ces définitions réside dans l’optimisation de la conception des emballages
afin de réduire ultimement les impacts négatifs sur l'environnement tout au long de leur durée
de vie et ce depuis l’extraction des matières en passant par la production, la distribution et
l’utilisation jusqu’à la fin de vie de l’emballage (White et al., 2015). Le concept d’emballage
écologique dépasse ainsi les simples notions de recyclage ou de réutilisation (Verghese et
Lewis, 2007). Il constitue en réalité une source potentielle de valeur ajoutée pour l’entreprise
dans le sens où il pourrait lui permettre d'acquérir un avantage compétitif sur ses rivales (Blyth,
1990) comme il pourrait impacter positivement sa performance opérationnelle ainsi que la
valeur perçue par le consommateur (White et al., 2015 ; Green et al., 2015).

Dang et Chu (2016) évoquent les quatre principes qu’un emballage devrait satisfaire pour qu’il
soit qualifié d’emballage écologique (figure 3). Le premier constitue le principe d’efficacité en
réponse aux exigences fonctionnelles de l'emballage. Le second est le principe d’efficience en
matière d’utilisation des matériaux, d’énergie et de l’eau. Le troisième est le principe de
cyclicité en termes d’utilisation de matériaux renouvelables et de recyclabilité à la fin du cycle
de vie. Le dernier, mais non le moindre, est le principe de sécurité dans le sens que l’emballage
ne devrait porter aucun préjudice à l’environnement et à la santé du consommateur. Ces
principes nous réfèrent au concept de l’économie circulaire qui vise à augmenter l’efficacité de
l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact des externalités négatives sur
l’environnement. Diverses démarches comme l’écoconception du couple produit/emballage, la
réutilisation des emballages, la prévention des déchets d’emballages, l’amélioration de la
recyclabilité font partie des actions qui favorisent la mise en œuvre d’une économie circulaire
pour les emballages (Fulconis et Philipp, 2016).

Figure 3. Les quatre principes d’un emballage vert

Emballage Emballage Emballage Emballage Emballage


efficace efficient cyclique sécuritaire écologique

Source : Adapté de Dang et Chu (2016)

Certains auteurs font remarquer que le processus de mise en place d’un emballage écologique
- depuis sa conception jusqu’à la gestion des déchets qui en résultent - se caractérise par la
multiplicité des acteurs qui y sont impliqués (Verghese et Lewis, 2007). Cela apparaît
clairement dans la figure 4 qui expose les différents intermédiaires dans la chaîne logistique de
l’emballage écologique, qui est une chaîne en boucle fermée. Ces acteurs ont souvent des
priorités et des intérêts divergents (Szymankiewicz, 1993 ; Kassaye, 2001 ; Rokka et Uusitalo,
2008 ; Kim et Lee, 2012 ; White et al., 2015 ; Fulconis et Philipp, 2016). De là, il est d’ores et
déjà possible d’anticiper les multiples défis et enjeux qui s’imposent compte de la structure de
ladite chaîne. Les décideurs des solutions d’emballage font face à une série de compromis qui
sont souvent difficilement conciliables compte tenu d’une série de facteurs d’influence en
provenance de l’environnement d’affaires interne et externe (Szymankiewicz, 1993; Wossen,
2001 ; Kim et Lee, 2012 ; White et al., 2015).

Figure 4. La chaîne logistique d’un emballage écologique

Fournisseurs de Détenteurs de marque


Fabricants
matériaux
d’emballages et producteurs de Détaillants Distributeurs
respectueux de produits emballés
écologiques
l’environnement

Législateur

Recyclage Consommateurs
Réutilisation Collecteurs et recycleurs
de produits
Récupération des déchets d’emballage
Valorisation des emballés
matériaux

Source : Adapté de Verghese et Lewis (2007)


3.2.3. Les défis en provenance de l’environnement externe de l’entreprise

Les auteurs des études sélectionnées soulèvent certains défis externes auxquels les décideurs
sont confrontés. Ces défis externes résultent des pressions du consommateur, du législateur et
des différents intermédiaires dans la chaîne logistique.

La pression du consommateur
Plusieurs auteurs font remarquer que les consommateurs se montrent de plus en plus sensibles
aux dimensions environnementales des produits. Ces derniers perçoivent généralement les
produits écologiques très favorablement comparativement à ceux non écologiques (Kassaye,
2001 ; Borin et al., 2011). Cependant, leurs comportements d’achat ne suivent pas toujours cette
tendance (Thogersen, 1999 ; Rokka et Uusitalo, 2008). Une étude empirique menée par Rokka
et Uusitalo en 2008 auprès d’un échantillon de 330 consommateurs de boissons emballées dans
des emballages écologiques, apporte un éclairage sur ce dilemme. L’objectif de cette étude a
été d’explorer si l’attribut environnemental figure parmi les déterminants de la décision d’achat
des répondants. Les auteurs ont examiné l’effet de quatre attributs : la marque, le prix,
l’emballage et la commodité d’usage du produit. Les résultats confirment l’importance
particulière accordée aux boissons emballées dans un contenant écologique. Cet attribut
représente 34% de l’importance relative moyenne accordée à l’ensemble des attributs examinés.
Toutefois, l’attribut du prix affiche une importance relative moyenne de 35%. Plus que les deux
tiers des répondants préfèrent le produit le moins cher. Assez étonnamment, les répondants
affichent moins d’intérêt pour le produit ayant un emballage écologique mais dont le prix est
élevé.
L’intérêt pour l’emballage écologique est alors corrélé avec le prix du produit, ce qui exerce
une pression considérable sur les décideurs qui doivent être en mesure de concevoir un
emballage performant sur le plan environnemental tout en veillant à ce que le prix du produit
demeure raisonnable (Scott et Vigar-Ellis, 2014). Il n’est toutefois pas clair jusqu’à quel point
le consommateur est prêt à supporter un coût additionnel pour l’attribut environnemental.
Livingstone et Sparks (1994 : 17) attirent l’attention sur un autre défi: « les entreprises doivent
fournir un emballage écologique qui doit demeurer pratique pour protéger le produit et
attractif pour assurer la promotion du produit. La nécessité de recycler les déchets d’emballage
est incontestable. Toutefois, les spécialistes du marketing sont préoccupés par le fait que les
emballages écologiques soient moins attrayants pour les acheteurs potentiels ». Kruschwitz
(2012) et White et al. (2015) affirment que la transition vers un emballage écologique pourrait
effectivement nuire à la qualité des fonctions de base de l’emballage, particulièrement la
fonction de protection. Or, les consommateurs sont à l’affût d’emballages avec des propriétés
de protection du produit irréprochables. Le défi serait alors de développer un emballage
écologique qui maintient autant que possible l’efficacité de ses fonctions de base (Dyllick,
1989; Lin et Ho, 2011).

La pression du législateur
La pression réglementaire se manifeste par exemple par l’obligation de se conformer à la
législation qui décrète l'emballage requis pour des catégories particulières de produits
(Vernuccio et Cozzolino, 2010 ; Garcia-Arca et Prado-Prado, 2014), tels que les denrées
alimentaires (Garcia et al., 2017). Les résultats de l’étude de Lin et Ho (2011) suggèrent que la
pression réglementaire impacterait positivement l'adoption des pratiques écologiques par les
entreprises. En effet, les institutions réglementaires émettent un signal explicite aux entreprises
à réduire les externalités négatives de leurs emballages (Livingstone et Sparks, 1994 ; Fullerton
et Wu, 1998). Plusieurs auteurs, tels que Fullerton et Wu (1998), confirment la grande part de
responsabilité des entreprises dans le processus de gestion des impacts négatifs générés par
leurs emballages à la fin de leur cycle de vie. À cet effet, plusieurs pays ont mis en place un
nouveau cadre législatif visant à responsabiliser ces acteurs en les impliquant davantage dans
les considérations environnementales. Ce cadre repose sur le principe de la « Responsabilité
Élargie du Producteur » qui prolonge la responsabilité du « pollueur-payeur » en aval de la
chaîne logistique, c’est-à-dire à un stade post-consommation des produits emballés (Fullerton
et Wu, 1998 ; ; Verghese et Lewis, 2007). Cette politique précise les objectifs de récupération
et de recyclage à atteindre. Il s’agit de concevoir des emballages optimaux en matière de volume
et de poids. Les matériaux qui les composent ne doivent pas non plus porter préjudice à
l’environnement (Directive n° 94/62/CE).

La pression des intermédiaires dans la chaîne logistique


Les différents intermédiaires dans la chaîne logistique, notamment les fournisseurs, les
distributeurs et les détaillant ont souvent des besoins spécifiques et des attentes différentes en
matière des propriétés fonctionnelles de l’emballage (Verghese et Lewis, 2007). La priorité
accordée aux considérations environnementales parmi les autres enjeux considérés, varie d’un
acteur à un autre dans la chaîne (Vernuccio et Cozzolino, 2010). Pour adopter une solution
d’emballage écologique, l’entreprise se doit de concilier l’ensemble des attentes dans la chaîne
pour trouver un juste compromis (Garcia et al., 2017). Les intermédiaires dans la chaîne
logistique exigent un emballage sans défaut, notamment en matière de ses fonctions techniques
(Kassaye, 2001). Par exemple, les détaillants et les distributeurs exigent un emballage qui
préserve le produit des diverses influences externes telles que l’humidité ou la chaleur. Ces
influences pourraient particulièrement toucher le produit emballé lors des opérations de
manutention et de transport. Cette dimension correspond à la fonction de protection de
l’emballage, qui est d’autant plus importante dans le cas des produits qui se transportent sur de
longues distances ou ceux qui sont manutentionnés à plusieurs reprises, ce qui les expose à un
plus grand risque de détérioration. Enfin, la commodité d’usage de l’emballage reste également
une fonction importante pour les intermédiaires dans le sens où celui-ci ne devrait pas entraver
les activités de manutention, de transport et de stockage du produit (Masson, 1992 ; Kassaye,
2001 ; Verghese et Lewis, 2007 ; White et al., 2015). En somme, il semble que l’entreprise soit
confrontée à un véritable défi. D’une part, elle devrait réduire la taille, le volume et les
matériaux utilisés dans son emballage écologique (Magnier et Crié, 2015). Et d’autre part, elle
devrait s’assurer que ce soit un emballage approprié pour minimiser le risque de gaspillage du
produit tout au long de sa chaîne de distribution (Kassaye, 2001; Lin et Ho, 2011).

3.2.4. Les défis en provenance de l’environnement interne de l’entreprise


Les auteurs des études sélectionnées soulèvent certains défis internes auxquels les décideurs
sont confrontés. White et al. (2015) affirment que ces défis agissent comme des freins au choix
des emballages écologiques. Il s’agit de la complexité du processus décisionnel relatif au choix
de ce type d’emballages, les coûts additionnels encourus et le risque de perte de rentabilité du
produit emballé.

La complexité du processus décisionnel


La complexité du processus décisionnel de l’emballage écologique pourrait conduire à une
résistance quant au changement de l’emballage traditionnel. Elle pourrait par le fait même
inciter les décideurs à vouloir maintenir le statu quo en termes des matériaux et du design
adoptés dans l’emballage actuel des produits (Kassaye, 2001 ; Rokka et Uusitalo, 2008 ; White
et al., 2015). À titre d’exemple, la complexité technique perçue pour opérer le nouveau
conditionnement du produit impacterait significativement la décision de l’entreprise d’adopter
ce type d’emballage. La qualification et l’expertise du manufacturier pour opérer la production,
la disponibilité et les coûts des installations et matériaux requis seraient également des facteurs
qui impacteraient le choix des décideurs (Lin et Ho, 2011 ; White et al. 2015 ; Dang et Chu,
2016). L’efficacité logistique perçue des améliorations associées aux activités
d'approvisionnement, de manutention, de stockage et de transport impacterait significativement
le choix de la pratique écologique à adopter par l’organisation (Verghese et Lewis, 2007). La
conservation de l’intégrité et de la qualité du produit ainsi que les prérogatives fonctionnelles
sont d’autres facteurs importants que les décideurs se doivent de considérer dans leur processus
décisionnel (White et al., 2015).
Les coûts additionnels encourus
La transition d’un emballage traditionnel vers un emballage écologique implique souvent des
coûts supplémentaires dépendamment des caractéristiques des technologies requises telles que
la compatibilité, la complexité et l'avantage relatif (Lin et Ho, 2011). Il est également essentiel
de prévoir un budget pour la recherche et développement afin de repenser le design du nouvel
emballage (García-Arca et al., 2014). De plus, il est important de disposer de l’expertise
nécessaire pour la mise en œuvre du nouveau design. À cela se rajoutent les coûts de production
ainsi que les coûts de transition vers le nouvel emballage (Stilwell et Tibbs, 1991 ;
Szymankiewicz, 1993 ; Kim et Lee, 2012 ; Kruschwitz, 2012).

Le risque de perte de rentabilité du produit emballé


Plusieurs auteurs font remarquer que les décideurs désirant mettre en place un emballage
écologique, opèrent très souvent un arbitrage entre les fonctions commerciales de l’emballage
d’une part, et d’autre part les exigences environnementales (Prendergast et Pitt, 1996 ; White
et al., 2015; Fulconis et Philipp, 2016). L’emballage écologique pourrait entraîner une réduction
de l’espace dédié à la promotion du produit comparativement à celui offert par l’emballage
traditionnel. Le produit risque alors de ne pas être suffisamment attractif, ce qui pourrait faire
craindre aux décideurs que leur produit ne soit pas en mesure d’attirer l’attention d’un grand
nombre d’acheteurs potentiels. Cela se traduirait possiblement par une perte des ventes
(Livingstone et Sparks, 1994).

3.2.5. Avenues de recherche futures proposées dans les articles retenus

Les suggestions de recherches futures proposées dans les articles sélectionnés, ont été
analysées. Il s’agissait d’identifier les propositions de recherches futures des différents auteurs
et d’examiner, au fur et à mesure, si ces propositions ont été étudiées dans les articles publiés
dans des périodes de temps subséquentes ou antérieures. Seules les avenues de recherche non
encore explorées sont retenues.

Sur le plan des déterminants du choix des emballages écologiques, D'Souza (2006) suggère
d'étudier l'impact des caractéristiques démographiques et culturelles du pays sur la perception
des consommateurs quant aux produits respectueux de l'environnement. La prise en compte de
ces prédicteurs devrait permettre de comprendre les déterminants de la perception globale des
produits écologiques. En ce sens, il juge pertinent d’effectuer des études longitudinales pour
pouvoir capter l’effet du changement dans le temps de la perception des consommateurs. Dans
cette même ligne de pensée, Magnier et Crié (2015) suggèrent d’effectuer des enquêtes pour
examiner dans quelle mesure les différences culturelles entre les pays impactent les perceptions
des consommateurs et leurs réactions à la signalisation écologique des emballages. Selon cet
auteur, d'autres enquêtes sont nécessaires pour analyser des attributs écologiques spécifiques
des emballages d’une catégorie de produit, ce qui permettrait d'affiner la compréhension des
attitudes des consommateurs face aux aspects écologiques. Par ailleurs, Rokka et Uusitalo
(2008) font remarquer que les achats de biens de consommation, sont généralement des choix
multi-attributs. Par conséquent, la mesure simple des attitudes éthiques ou environnementales
peut ne pas être suffisamment valable pour prédire le comportement réel d'achat. Il est alors
nécessaire que les recherches futures mettent l'accent sur les comportements concrets des
consommateurs en fonction de différents contextes.

Sur le plan des décisions relatives au choix des emballages écologiques, Prendergast (1996) a
proposé une piste de recherche intéressante qui n’a pas été traitée dans la littérature consultée.
Cet auteur fait remarquer qu’au niveau personnel, le gestionnaire pourrait agir en fonction de
sa préoccupation environnementale, mais au niveau de l'entreprise, la préoccupation
environnementale pourrait ne pas être tenue en compte dans ses décisions vu les exigences de
profit et d’objectifs stratégiques. Prendergast (1996) suggère ainsi d’examiner si les attitudes
environnementales personnelles des gestionnaires se reflètent dans leurs décisions
organisationnelles. D’autre part, Kim et Lee (2012) proposent également une piste de recherche
intéressante. Dans leur étude, ils n’ont pas réussi à établir une relation définitive entre la
pression des actionnaires et l’adoption de pratiques logistiques environnementales à cause de
la petite taille de l’échantillon. Il suggère ainsi d’examiner dans les recherches futures le lien
de causalité entre ces deux variables et ce, en intégrant d’autres variables prédictives pertinentes
dans le même modèle. Il suggère l’utilisation d’un échantillon de plus grande taille pour
augmenter le potentiel de généralisation des résultats.

Sur le plan de l’impact des emballages écologiques, Robertson (1990) souligne l’importance de
l’évaluation de la qualité de l’emballage écologique et suggère aux chercheurs d’effectuer une
analyse approfondie des fonctions techniques et commerciales de ce type d’emballage ainsi que
les ressources qu'il consomme et les impacts environnementaux qu'il génère à chaque étape de
son cycle de vie. L'analyse des impacts de l'emballage écologique à chaque étape de son cycle
de vie n'a pas encore été traitée dans la littérature. Cette analyse a été d’ailleurs également
suggérée par White et al. (2015) comme avenue de recherche future. White et al. (2015)
suggèrent l’évaluation du cycle de vie à la fois de l'emballage et celui des produits emballés. Ils
considèrent l’examen de l'efficacité des pratiques logistiques collaboratives entre les partenaires
de la chaîne logistique, comme un domaine de recherche potentiellement intéressant, dans le
sens où ces pratiques réduiraient les coûts et les impacts environnementaux des emballages.
Ces auteurs soulignent également l’importance de tenir compte de toutes les parties prenantes
de la chaîne logistique pour évaluer la conception des emballages écologiques dans une
perspective interorganisationnelle. Dans la même ligne de pensée de White et al. (2015),
Sharfman (2009) souligne que l’examen de l’impact de la ''gestion environnementale de la
Supply Chain coopérative'' sur l’adoption effective de pratiques durables dans la chaîne
logistique, est un champ de recherche intéressant du point de vue théorique et pratique.
L'évaluation de cet impact dans l'ensemble de la chaîne permettrait aux entreprises de
déterminer si l'empreinte écologique globale de la chaîne est réduite ou simplement celle de
l'entreprise centrale.

Sur le plan législatif, Prendergast (1995) a suggéré comme recherche future d’identifier
comment les entreprises prennent conscience des directives sur les emballages et d’évaluer les
perceptions des entreprises sur la manière dont ces directives sont élaborées et mises en œuvre.
De telles recherches restent intéressantes car elles donneraient un aperçu de la manière dont les
directives sur les emballages pourraient s’améliorer. La première suggestion a été partiellement
traité par Bailey (2000) et Gonzalez-Torre et al. (2004) tandis que la seconde n’a pas été traitée
dans la littérature consultée.

4. DISCUSSION DES RÉSULTATS

Les emballages écologiques contribuent incontestablement à l’amélioration de la performance


environnementale de la chaîne logistique de l’entreprise. Bien qu’il soit important, ce champ
de recherche reste encore peu exploré dans la littérature académique (White et al., 2015). La
présente étude s’est appuyée sur une revue systématique et l’analyse du contenu de 50 articles.
Il a été possible de cerner les spécificités des emballages écologiques et de dresser une typologie
des défis internes et externes auxquels les décideurs font face lorsqu’ils décident d’adopter ce
type d’emballage. Les défis internes identifiés sont la complexité du processus décisionnel des
emballages écologiques, les coûts additionnels encourus ainsi que le risque de perte de
rentabilité du produit emballé. Quant aux défis externes, ils résultent principalement des
pressions du consommateur, du législateur et des intermédiaires dans la chaîne logistique. Le
cadre conceptuel qui apparaît dans la figure 6 affiche une synthèse de ces résultats.
Figure 6. Cadre conceptuel

Spécificités de
l’emballage écologique

Emballage optimal
Emballage efficace
Emballage efficient
Emballage cyclique
Facteurs d’influence Emballage sécuritaire Facteurs d’influence
internes externes
Complexité du processus QR1 Pression du
décisionnel consommateur

Coûts additionnels QR3 QR2 Pression du législateur


encourus Choix de l’entreprise d’un emballage
écologique pour ses produits Pression des
Risque de perte de intermédiaires dans la
rentabilité chaîne logistique

Il va sans dire que ces facteurs d’influence, qu’ils soient internes ou externes, complexifient
davantage la mission des acteurs impliqués dans le processus de conception des emballages
écologiques. Ces défis sont certainement contraignants. Malgré la volonté des décideurs à
améliorer la performance environnementale de leur emballage, ces facteurs de pressions
agissent comme des freins qui pourraient dissuader les décideurs à s’orienter vers ce type
d’emballages. Dans un tel contexte, l’entreprise fait face à un véritable dilemme : elle doit
développer une solution d’emballage performante sur le plan environnemental et qui soit en
mesure de satisfaire aux attentes – divergentes - des parties prenantes concernées. Autrement
dit, l’emballage développé doit être respectueux de l’environnement sans pour autant porter
préjudice à la qualité des trois fonctions de base de l’emballage (commodité, protection et
communication). Le consommateur, bien qu’il soit écoresponsable, n’accepterait jamais un
emballage écologique qui ne protège pas le produit (Polonsky et al., 1998 ; Borin et al., 2011 ;
Kruschwitz, 2012 ; Green et al., 2015).

Les principes de la « théorie de la contingence structurelle » (Lawrence et Lorsch, 1973)


pourraient être mobilisés pour mieux comprendre ce dilemme. D’après cette théorie, la
performance de l’entreprise dépend de son environnement interne et externe. Pour être efficace,
l’entreprise doit être en mesure de s’adapter aux contraintes en provenance de son
environnement interne et externe. Ce sont plus exactement les décisions des gestionnaires qui
contribuent à l’ajustement de l’entreprise à son environnement. Le développement de solutions
d’emballages écologiques appropriées nécessiterait un effort coordonné de la part de toutes les
parties concernées tout en tenant compte des contraintes de chacune d’entre elles. Ce faisant la
solution développée va concilier le mieux possible leurs attentes et considérations respectives.
Selon Lawrence et Lorsch (1973), la structure de l’environnement est dans ce cas de type
« organique », ce qui signifie que la coordination devrait s’effectuer par ajustement mutuel et
via une communication horizontale basée sur l’échange de l’information entre les acteurs
internes et externes de l’entreprise.

5. CONCLUSION

Le choix des pratiques écologiques dans la chaîne logistique est un phénomène relativement
nouveau. Les emballages écologiques constituent l’une de ces pratiques qui suscite beaucoup
de débats. Le développement théorique reste alors très important dans ce domaine. La principale
contribution académique de cet article est le fait qu’il permet de comprendre l’avancement des
recherches sur les emballages écologiques à la suite de l’examen systématique et de la synthèse
des études antérieures. Les avenues futures suggérées fournissent ainsi un point de départ pour
les recherches futures. Cette étude offre également un cadre systématique permettant de
comprendre les spécificités de ces emballages et les différents défis associés à leur mise en
place.

Sur le plan managérial, la présente recherche présente une synthèse des différents défis associés
au choix des entreprises des emballages écologiques. Pour relever ces défis, il est utile pour les
décideurs de pouvoir d’abord les comprendre. Cette étude en fournit une typologie claire. Sur
le plan interne, il est notamment utile pour les gestionnaires de prévoir que le choix de ce type
d’emballage pourrait impliquer une volonté de maintenir le statu quo et une résistance des
collaborateurs, ce qui nécessiterait une gestion efficace du changement. Sur le plan externe, il
a été démontré dans l’étude qu’il est utile pour les gestionnaires d’adopter une stratégie
coopérative dans la chaîne logistique. Il s’agit de tisser une relation de coopération basée sur la
concertation avec les acteurs concernés - en amont et en aval de la chaîne logistique – sur les
pratiques environnementales. Plus exactement, la coopération avec le manufacturier permettrait
aux décideurs de s’assurer qu’il dispose des compétences, équipements et matériaux requis pour
concevoir des emballages écologiques. La coopération avec le détaillant et le distributeur
permettrait aux décideurs de comprendre leurs exigences en matière des fonctions techniques
que l’emballage devrait remplir. La coopération avec le régulateur devrait permettre à
l’entreprise de comprendre les responsabilités environnementales et les différents incitatifs
disponibles. Cette coopération devrait renforcer ses capacités à être plus créative dans la gestion
de ses relations avec les autres parties prenantes. La coopération avec le consommateur
permettrait aux décideurs de cerner ses attentes notamment en matière des attributs prioritaires
dans un emballage écologique. Les décideurs seront ainsi en mesure d’aligner leur choix. Il est
aussi important de réussir la transition vers l’emballage écologique sans que cela impacte
considérablement le prix du produit emballé.

La principale limite de cette étude réside dans le fait que seules les revues scientifiques
anglophones dans le domaine de la gestion ont été ciblées. Les revues relevant des autres
domaines et les revues francophones pourraient apporter des éléments complémentaires. Il
serait alors intéressant dans une étude future de considérer cette limite, surtout que le domaine
des emballages écologiques reste encore embryonnaire en termes du nombre de publications.

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