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L'essai : entre éducation et réflexion

Ce résumé analyse un document sur le genre littéraire de l'essai. Il présente différentes définitions de l'essai et examine dans quelle mesure l'essayiste cherche à guider et faire réfléchir le lecteur ou s'il écrit de manière plus personnelle. L'essai est considéré comme un genre polymorphe difficile à définir de manière uniforme.

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L'essai : entre éducation et réflexion

Ce résumé analyse un document sur le genre littéraire de l'essai. Il présente différentes définitions de l'essai et examine dans quelle mesure l'essayiste cherche à guider et faire réfléchir le lecteur ou s'il écrit de manière plus personnelle. L'essai est considéré comme un genre polymorphe difficile à définir de manière uniforme.

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ANDRADE TELES

Adriana

Apparu au XVIème siècle avec Montaigne, le genre littéraire de l’essai ne cesse de se


réinventer au fil des siècles. Au point où, les théoriciens du genre ne parviennent pas une définition
uniforme pour le caractériser.
Selon Michael Biziou : « l’essayiste prétend à la fois informer, raisonner, moraliser et politiser
son lecteur ». D’après sa définition, Michael Biziou considère l’écriture d’un essai comme ayant
toujours un but qui est tourné vers le lecteur. En effet, celui-ci doit tirer profit de sa lecture, elle doit
s’avérer utile et éducatif comme il l’entend par l’emploi des verbes « informer » et « raisonner ».
Toutefois, les verbes « moraliser » et « politiser » impliquent une dimension qui se situe au-dessus de
la simple éducation. Effectivement, il s’agit d’élever la réflexion du lecteur mais aussi de le faire se
questionner sur ses valeurs et convictions. Ainsi, l’essai serai avant tout un ouvrage pragmatique
dédié au lecteur afin que celui-ci puisse se voir et voir la société sous un nouvel angle.
L’essai est-il forcément un ouvrage où le lecteur tire des informations et dont la lecture lui
permet de réfléchir sur lui-même et le monde ?
Dans un premier temps, nous allons analyser en quoi l’essayiste parvient à élever le lecteur
sur le plan lecture grâce à son ouvrage. Puis, dans un second temps, nous verrons dans quelle
mesure l’essai ne peut être simplement défini comme un ouvrage censé dû sa nature polymorphe.

I) L’essayiste et son œuvre ont pour but de guider le lecteur et de l’élever sur le plan intellectuel et
privé

a) L’essai, un moyen de s’instruire et d’éducation pour le lecteur

- De manière générale, on nomme un « essai », une œuvre de réflexion qui débat sur un sujet précis
par rapport aux idées de l’auteur. Celui-ci véhicule ainsi ses idées et ses connaissance dans ses écrits
afin que le lecteur puisse en avoir connaissance et en tirer parti.

- Un essai est un bon moyen pour le lecteur de lire des textes sur des sujets inconnus ou alors de
parfaire sa connaissance sur un sujet en particulier.

- Dans son œuvre, Montaigne écrit sur des sujets diverses et multiples : la médecine, l’éducation,
l’amitié, la mort, le colonialisme.

-Par ailleurs, dans un contexte historique de grandes découvertes, les peuples du Nouveau Monde
fascinent les européens et Montaigne utilise cette curiosité pour écrire son chapitre « Des
Cannibales ». Ainsi, il décrit de façon très précise les mœurs et les coutumes des habitants du Brésil
et il est soucieux de dépeindre l’image la plus fidèle possible de ces nouveaux peuples.

-Nous pouvons aussi citer Diderot et son essai intitulé Essai sur les règnes de Claude et de Néron. Il
reçoit une commande de la part du Baron d’Holbach et du libraire Naigeon qui lui demandent
d’écrire un livre sur Sénèque. Diderot se base sur des écrits de Tacite, Suétone et Sénèque lui-même.
L’ouvrage se présente comme un texte composite. Le livre I narre la vie de Sénèque et le livre II
consiste en une présentation de ses œuvres.
- Cet essai est un excellent ouvrage pour le lecteur cultivé de l’époque de connaître davantage
Sénèque et ses écrits. Effectivement, il possède une fonction purement utilitaire, du fait que la
biographique de l’auteur antique soit rédigée de manière linéaire.

b) L’essai, un moyen de faire réfléchir le lecteur sur ses opinions et les mœurs de son époque

- En plus, d’informer le lecteur sur un ou plusieurs sujets, l’essayiste peut aussi faire réfléchir celui-ci
sur ses opinions et même remettre en question celles-ci.

- En dépeignant ses idées, l’auteur met celles-ci en face à face avec celles du lecteur. Celui-ci se
retrouve donc déstabilisé face à cette nouvelle pensée, il peut alors la réfuter ou alors la prendre en
compte afin d’influencer son jugement à la fin de sa lecture.

- Par ailleurs, l’essayiste cherche à aller contre la « doxa ». C’est-à-dire qu’il repense les mœurs de
son époque afin d’en montrer le côté révoltant ou paradoxal.

-Montaigne, dans son chapitre « De l’institution des enfants », réfléchit à une nouvelle manière
d’enseigner dont les principes sont novateurs. Il critique notamment l’éducation médiévale et les
instructeurs pédants. Il s’inscrit dans la pensée de Rabelais en dénonçant l’éducation scolastique qu’il
juge trop abstraite, seulement fondée sur l’accumulation de savoirs par la mémoire. Il oppose ainsi
l’homme habile et l’homme en savant dans le chiasme « plutôt envie d’en réussir habile homme
qu’homme savant ». Ainsi, il propose une nouvelle méthode d’enseignement, qui est fondée sur le
dialogue et la réflexion de l’élève.

- Par ailleurs, dans les chapitres « Des coches » et « Des Cannibales », il mène une réflexion sur la
découverte du nouveau monde, le colonialisme et la relativité des valeurs et des mœurs. Dans « Des
Cannibales », il cherche à montrer que le terme « barbare » possède une définition ambiguë et n’est
pas forcément négatif. Selon lui, les civilisations dont on a découvert l'existence, sont des sociétés
vertueuses qui connaissent ainsi le respect des anciens, l'honneur et la fidélité. Ce raisonnement se
fera entendre dans le chapitre « Des Coches » où il va critiquer les dépenses publiques des
souverains et affirme que la société de son époque est menacée de décadence.

- Toutefois, la réflexion que mène l’essayiste dans son œuvre peut tout à fait être novatrice et
remettre en cause une notion qui est, de base, irréfutable. En agissant ainsi, il cherche alors à
perturber le lecteur.

- Ainsi, c’est le cas de Nerval, qui dans son ouvrage Les Nuits d’Octobre, refuse et même réfute le
réalisme. Il plonge alors le lecteur dans un voyage onirique où la rêverie et le bizarre serait un crime.
Nerval cherche à exploser les règles du monde pour aborder une morale qui se délivre de tout
fondement académiste. Il cherche à dénoncer une règle sans fondement, celle du réalisme. En effet,
il nous pose la réflexion suivante : pourquoi le réalisme serait la force qui régit notre monde et non
pas le rêve ?

c) L’essai, un moyen intelligent de dialoguer avec le lecteur, un moyen qui permet d’engager celui-ci 

- L’essai est marqué par un échange entre l’auteur et le lecteur. Effectivement, l’auteur interpelle à
de nombreuses reprises le lecteur.
- Afin d’illustrer cela, nous pouvons donner l’exemple de la préface des Essais de Montaigne,
qui se constitue comme un véritable pacte de lecture : « Ainsi, lecteur, je suis moi-même la
matière de mon livre ».

- La préface s’intitule d’ailleurs « Au lecteur », ce qui signifie donc que le lecteur est impliqué
directement dans la rédaction et dans les propos que tient l’auteur dans son ouvrage.

- En plus de cela, les deux apostrophes (« lecteur ») nous permet de rapprocher cette préface
d’une lettre adressée au lecteur, ce qui crée une proximité entre lecteur et auteur.

- Par ailleurs, Montaigne tutoie son lecteur : « ton service », « je t’assure », ce qui peut
engager une volonté de complicité avec son lecteur de la part de Montaigne.

- Effectivement, il est plus aisé pour un écrivain d’influencer le lecteur par ses propos en
incluant celui-ci dans ses écrits

II) L’essayiste ne cherche pas forcément à être un guide pour le lecteur, il écrit son essai de
manière intuitive et personnelle

a) L’essai n’a pas forcément une fonction éducatrice

- Du fait de sa nature polymorphe, l’essai ne possède pas forcément une fonction éducatrice qui est
dirigée vers le lecteur.

- En effet, en écrivant son ouvrage, l’essayiste ne désire pas forcément écrire un récit censé et de
réflexion.

- Nous pouvons citer le récit de Nerval, par exemple, se rapproche du récit de voyage. En effet, le
récit présente l’auteur qui visite le monde des rêves et des chimères. Lors du récit, il s’aventure dans
une récit de lieu sans avoir vraiment de but, on trouve un enchaînement d’errance. Le texte apparaît
comme une succession voire une juxtaposition de fragments qui n’ont aucun lien commun.

- Le récit ne présente donc pas de fil logique à proprement parlé et le lecteur ne tire pas un
enseignement de sa lecture. Effectivement, la lecture de l’œuvre représente davantage un moment
d’évasion et de rêverie à l’image de l’intrigue pour le lecteur.

b) L’essai, un projet personnel qui n’engage que l’auteur lui-même

- Par ailleurs, la rédaction de l’essai peut-être simple une volonté de l’auteur de s’adresser seulement
à ses proches ou alors d’écrire pour lui-même.

- En effet, Montaigne dans sa préface « Au lecteur », agit tout de même de manière paradoxale. Il
déclare que cet ouvrage est destiné à ses proches. Il déclare qu'il veut donc limiter ses lecteurs à ses
proches ("mes parents et amis"). Il donne une première justification à cette autobiographie : il veut
lutter contre la mort.
- Il se justifie, une nouvelle fois, en expliquant qu'il ne veut pas que l'on ait une fausse image de lui.
L'autobiographie, selon lui, met en jeu une communication entre les êtres, il peut ainsi mieux se faire
connaître, mieux faire savoir ce qu'il est vraiment.

- Montaigne explique qu’il ne demande aucun commentaire de la part des lecteurs, il n’a pas écrit
son livre pour eux : "Je n'y ai eu nulle considération de ton service"

- De plus, chez Nerval, le récit n’implique que l’écrivain lui-même. Le lecteur ne peut se sentir
impliqué dans un rêve qui ne concerne seulement Nerval.

c) L’essai, un genre polymorphe qui ne peut être défini clairement

- La définition du but de l’essayiste de Michael Biziou est utile pour apporter un éclairage sur la
nature de l’essai mais elle ne permet pas de le définir dans sa totalité.

- En effet, malgré la caractérisation des ouvrages cités précédemment comme celle d’un essai. Ceux-
ci possèdent tous des caractéristiques différentes qui les rapprochent d’un autre genre.

- Les Essais de Montaigne, se rapprochent parfois de la littérature d’idée, parfois du genre


épistolaire, notamment avec son chapitre « De l’institution des enfants » qui s’adresse à Mme de
Foix qui attend un enfant

- Les Nuits d’Octobre de Nerval se rapprochent de la nouvelle et de la spécificité du roman d’aventure


ou du récit de voyage.

- L’Essai sur les règnes de Claude et de Néron de Diderot peut être considérer comme une
biographique et un ouvrage historique. En effet, malgré une réflexion sur la nature du pouvoir et du
règne de Claude et de Néron, l’ouvrage est centré sur Sénèque et ses écrits.

Pour conclure, la citation qui nous est proposé est intéressante dans la mesure où elle nous
permet de cerner le caractère réfléchi du genre de l’essai, mais elle ne nous permet pas de dire qu’il
se focalise entièrement sur le lecteur dû aux volonté diverses de l’essayiste et à la nature
polymorphe du genre de l’essai.

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