Chapi Iii
Chapi Iii
Il est à noter, que lors de l’étude d’un système thermodynamique, on ne considère pas
les variations des paramètres du milieu extérieur.
-1-
Le processus de variation de l’état du système à cause des échanges avec le milieu
extérieur s’appelle une transformation ou évolution thermodynamique.
L’état du système est décrit ou caractérisé par un certains nombres de paramètres (m, p,
V, T, …) dites variables d’état. Ils expriment les propriétés du système considéré. Ces
variables d’état sont dépendantes les unes aux autres, et la variation d’une variable
provoque la variation des autres. Cette dépendance de variables d’état est gouvernée par
une relation dite équation d’état (Equation 1.1).
f ( P, V , T ) 0 (1.1)
PV nRT (1.2)
Ou :
P : pression (Pa)
V : volume (m3)
n : nombre de mole (mole)
R : constante des gaz parfaits (J/mol.K)
T : température (K)
Pour les corps purs et homogènes, seuls trois variables principales sont considérées, à
savoir P, V et T. L’équation d’état permet d’exprimer une variable d’état en fonction des
deux autres, pour les gaz parfaits ;
nRT
1° En termes de pression : P (1.3)
V
nRT
2° En termes de volume : V (1.4)
P
PV
3° En termes de température : T (1.5)
nR
MPV
4° En termes de masse : m (1.6)
RT
5° En termes de la constante universelle des gaz parfaits :
PV
T (1.7)
mr
m MP
6° En termes de densité : ρ (1.8)
V RT
-2-
Outre les variables d’état, il existe d’autres grandeurs caractéristiques essentielles du
système, elles s’appellent les fonctions d’état. Ce sont des grandeurs indirectes, qui se
déterminent à partir des variables d’état, elles ne sont pas mesurables directement. A titre
d’exemple, on peut citer les fonctions suivantes : l’énergie interne, l’enthalpie et
l’entropie.
Une transformation qui s’effectue très lentement, permet au système de rétablir son état
d’équilibre à chaque instant de son évolution, cette transformation est appelée
transformation réversible ou équilibrée. Dans le cas du gaz dans un cylindre à volume
-3-
variable (Figure 2.2.), on obtient une transformation réversible en faisant tendre la vitesse
de déplacement du piston vers zéro.
En effet, dans ces conditions, l'écoulement du gaz généré dans le cylindre devient
négligeable, et la pression tend vers une répartition uniforme. En conséquence, la durée
nécessaire pour obtenir un déplacement fini du piston devient infinie ; c'est pourquoi, en
pratique, une telle transformation est impossible à réaliser. La transformation qui ne
remplit pas les conditions d’équilibre (réversibilité) est appelée transformation
irréversible.
Parmi toutes les transformations possibles en thermodynamique, considérons d’abord
les principales. Ce sont :
1- Transformation isotherme : transformation s'effectuant à température constante (T=cte).
2- Transformation isobare : transformation s'effectuant à pression constante (P=cte).
3- Transformation isochore : transformation s'effectuant à volume constant (V=cte).
4- Transformation adiabatique : transformation au cours de laquelle le système n'échange
pas de chaleur avec le milieu extérieur (Q=0).
-4-
Figure 1.4. Exemple de cycle thermodynamique
La chaleur et le travail sont les deux formes dont l'énergie peut être transférée d’un
système vers le milieu extérieur et vis versa. Une des découvertes les plus importantes de
la thermodynamique était que le travail pourrait être convertit en une quantité équivalente
de chaleur et que la chaleur pourrait être transformée en travail.
-5-
1. 5. 1. L’énergie
L'énergie est définie comme la capacité d'un système à effectuer des travaux ou de
produire de la chaleur. L'énergie potentielle et l'énergie cinétique sont des formes
macroscopiques d'énergie. Elles peuvent être visualisées en fonction de la position et de la
vitesse d'objets. En plus de ces formes macroscopiques de l'énergie, une substance possède
plusieurs formes microscopiques d'énergie. Qui sont notamment ceux liés à la rotation, les
vibrations et les interactions entre les molécules d'une substance. Aucune de ces formes
d'énergie ne peut être mesurée ou évaluée directement, mais les techniques ont été
développées pour évaluer la variation de la somme totale de toutes ces formes d'énergie.
Ces formes microscopiques d'énergie sont appelées l'énergie interne, habituellement
représentés par le symbole U.
Au cours d’une transformation, la variation d’énergie interne U est égale à l’énergie
totale échangée avec l’extérieur.
U Q W (1.9)
L’énergie interne n’est pas directement mesurable, elle donc une fonction d’état. Elle
ne dépend que de l’état initial et l’état final du système. Pour un cycle, la variation
d’énergie interne, U 0 .
1. 5. 2. Le travail
Le travail est une forme d'énergie, c'est une énergie qui accompagne une
transformation. il n’est pas une propriété d'un système. C’est un processus effectué par ou
sur un système, mais un système ne contient pas de travail.
Le travail est défini pour les systèmes mécaniques comme l'action d'une force
extérieure sur un objet à travers une distance. Il est égal au produit de la force (F) fois le
déplacement (d).
En thermodynamique, il est important de faire la distinction entre le travail effectué
par le système sur son milieu extérieur et le travail effectué sur le système par le milieu
extérieur. C'est-à-dire, il y a un travail reçu par le système, tel est le cas pour faire tourner
une turbine et ainsi produire de l'électricité dans une génératrice. Et il y a un travail fournit
par le système, tel est le cas dans un moteur à combustion interne. Une valeur positive pour
le travail indique que le travail est reçu par le système, par contre, une valeur négative
indique que le travail est fournit par le système au milieu extérieur.
-6-
Soit un cylindre renfermant un gaz à la pression P ; le piston à une section S. Voir
(Figure 1.6.). Lorsqu’un opérateur extérieur exerce une force sur le piston, celui-ci se
déplace vers la gauche : Le gaz exerce alors une force pressante F ;
F=P.S (1.10)
dW F .dx (1.11)
La force F de pression exercée par le gaz est parallèle au déplacement dx et elle est
en sens opposé avec ce déplacement, le travail fourni par la force est donc négatif (travail
résistant). La force F est décomposée en ses deux composantes planes et par conséquent,
on écrit :
dW F .dx F .dx. cos 180 Fdx PSdx (1.12)
On obtient alors :
dW PdV (1.13)
Remarques :
1°/ Dans le cas d’une compression : dV<0, le volume diminue et dW>0, le gaz reçoit du
travail du milieu extérieur.
-7-
2°/ Dans le cas d’une détente : dV>0, le volume augmente et dW<0, le gaz fournit du
travail au milieu extérieur.
On écrit ;
2
W1 2 P dV PV 2 V1
(1.14)
1
On écrit ;
2
W1 2 PdV
1 (1.15)
D’autre part, on a :
PV=n.R.T (1.16)
D’où,
2 2
dV dV
W1 2
nRT
V
nRT
V
1 1 (1.17)
V1 P
W1 2 nRT ln nRT ln 2
V2 P1
(1.18)
W1 2 PdV
1
(1.19)
W1 2 0 (1.20)
-8-
d) Transformation adiabatique (isentropique) (Q=0)
dW PdV (1.21)
Avec,
PV γ Cte (1.22)
dV
Alors, on peut écrire, dW P.V γ . (multiplication par V γ et division par V γ )
Vγ
2
dV
Donc, W1 2 PV γ (1.23)
1
Vγ
Il faut rappeler que ci-dessus est une intégrale type fonction de puissance ;
2
1
x dx n 1 x
n n 1
(1.24)
1
Ce qui donne :
2 2
V γ 1 PV
W1 2 P.V γ . (1.25)
γ 1 1 γ 1 1
P2V 2 P1V1
Donc : W1 2 (1.26)
γ 1
De :
PV nRT (1.27)
On peut écrire pour chaque état d’équilibre :
-9-
On remplace en l’expression du travail W, les termes P2V 2 , P1V1 par nRT2 ,
nRT1 respectivement, on obtient :
nRT2 T1
W1 2 (1.30)
γ 1
Remarque
1. 5. 4. La chaleur
a) La chaleur sensible
La chaleur ajoutée ou enlevée à une substance (système) pour produire un
changement de sa température est appelée chaleur sensible.
Elle est donc proportionnelle à la masse du système et au gradient de température,
d’où pour une transformation infinitésimale :
- 10 -
dQ [Link] (1.31)
La chaleur Q échangée lors d’une transformation finie entre deux états d’équilibres
(état 1 et état 2) peut être obtenue par intégration de la relation (2.31) ci-dessus.
2 2
b) La chaleur latente
Un autre type de chaleur est appelée chaleur latente. C’est la quantité de chaleur
ajoutée au ou retirée d'une substance pour produire un changement de phase. Lorsque la
chaleur latente est ajoutée, aucun changement de température ne se produit.
Il existe deux types de chaleur latente :
1- La première est la chaleur latente de fusion. Il s'agit de la quantité de chaleur
ajoutée ou retirée pour assurer le changement de phase entre le solide et le
liquide.
2- Le deuxième type de chaleur latente est la chaleur latente de vaporisation. C’est la
quantité de chaleur ajoutée ou retirée pour assurer un changement de phase entre
le liquide et la vapeur.
La chaleur latente de vaporisation est parfois appelée la chaleur latente de
condensation.
Q m.L (1.34)
Où :
m : la masse de la substance considérée,
L : la chaleur massique associée à un changement d’état, cette chaleur est soit
libérée (état vapeur état liquide) ou absorbée (état liquide état vapeur).
- 11 -
Remarque :
Les changements d’état sont mis à profit dans les machines thermiques parsqu’ils
libèrent d’importantes quantités de chaleur.
- 12 -
Exercices corrigés
Exercice 01 :
Un (01) m3 d'air assimilé à un gaz parfait sous une pression P1=10 bars subit une détente à
température constante; la pression finale est de P2=1 bar.
1°/ Déterminer le travail issu de la détente de l’air
2°/ Déterminer la quantité de chaleur échangée par le l’air lors de son évolution
3°/ Déduire la variation en énergie interne au cours de cette détente isotherme.
Solution :
La transformation de l’air considéré étant isotherme : à n et T constante, on écrit :
p1V1 nRT1
p2V2 nRT2
p1V1 p2V2
p1.V1 10 * 105 * 1
D’où : V2 10m 3
p2 1 * 105
2
V1
Alors : Q12=0
- 13 -
Exercice 02 :
Un récipient fermé par un piston mobile renferme 2 g d'hélium (gaz parfait monoatomique)
dans les conditions (P1, V1). On opère une compression adiabatique de façon réversible qui
amène le gaz dans les conditions (P2, V2). Sachant que : p1=1 bar et V1=10 l, p2=3 bar.
Déterminer :
1- le volume final du gaz V2
2- le travail échangé par le gaz avec le milieu extérieur
3- la variation d’énergie interne du gaz
4- déduire la variation de température du gaz sans calculer sa température initiale.
Cp 5
On donne : γ , R 8.32 J/[Link]
CV 3
Solution :
1 0,333
V
1 p 2
3.10 5 * 5,17.10 3 10 5 * 10 2
W12 2125 J
1.66 1
Ce qui donne :
U U 2125
T 511 K.
[Link] nRCV 0,5 * 8,32
- 14 -
Exercice 03 :
Calculer la variation d'énergie interne de chacun des systèmes suivants :
a) - un système absorbe Q=2 kJ tandis qu'il fournit à l'extérieur un travail W=500 J.
b) - un gaz maintenu à volume constant cède Q=5 kJ.
c) - la compression adiabatique d'un gaz s'accomplit par un travail W=80 J.
Solution :
Dans le cas ou le système absorbe une quantité de chaleur Q=+2000 J et fournit un travail
au milieu extérieur W=-500 J.
Il en résulte :
ΔU= +1500 J.
b) Un gaz maintenu à volume constant (ΔV=0) implique un travail nul, par contre il cède
au milieu extérieur une quantité de chaleur Q=5 kJ.
Alors :
U W Q Q 5 kJ .
Exercice 04 :
On effectue une compression de 1 bar à 10 bars d’un litre d’air assimilé à un gaz parfait
pris initialement à la température ambiante 20 °C. Cette compression est suffisamment
rapide pour que le récipient renfermant l’air n’ait pas le temps d’évacuer la chaleur pendant
J J
la compression (dQ=0). On donne pour l’air : γ 1,4 ; r 287,1
; cV 0,55
.
[Link] [Link]
Solution :
1°/ Etant donné que la compression effectuée est une compression adiabatique (dQ=0), on
écrit :
p1V1γ p 2V 2γ
Et
p.V=m.r.T
D’où, on tire :
- 15 -
1 γ 1 γ
T1 . p1 γ T2 . p 2 γ
γ 1 0, 4
p γ 10.10 5 1, 4
T2 T1 .
2 293.
5
283 °C.
p1 1.10
2°/
p1 .V1 m.r.T1
Et
p 2 .V 2 m.r.T2
p1 .V1 p 2 .V 2
On a :
T1 T2
p1 .V1 .T2
Donc, V 2 0,2 litres
p 2 .T1
3°/
U [Link] .T2 T1
De : p1 .V1 m.r.T1
p1 .V1 1.10 5 .1.10 3
m 1,2 g.
r.T1 287.293
D’où :
U 1,2.0,55.556 293 0,2 Joules.
- 16 -
Chapitre 2
Les gaz parfaits, Transformations
Et 1er principe de la Thermodynamique
En général, les fluides intervenants dans les machines thermiques sont assimilés à des
gaz parfaits, d’où l’intérêt particulier de la thermodynamique à étudier ces gaz.
V
v [m3/kg]
m
m 1
ρ [kg/m3]
V v
La pression:
F
P [N/m²]
A
La température :
La température T est un paramètre qui caractérise l'état thermique du gaz, c.à.d. son
degré d'agitation thermique.
- 17 -
2.2. Les équations d’état des gaz parfaits
Tous les gaz à des pressions suffisamment basses et des températures élevées (faible
densité) sont considérés des gaz parfaits et obéissent à trois lois : Boyle, Charles, et Gay-
Lussac.
1° La loi de Boyle-Mariotte : le volume occupé par une certaine masse de gaz, maintenue à
température constante (T=Cte), varie inversement avec la pression qu’elle subit, ou bien :
2° La loi de Charles : la pression d'un gaz varie directement avec la température lorsque le
volume est maintenu constant (V=Cte).
3° La loi de Gay-Lussac :
Le volume d’un gaz varie directement avec la température lorsque la pression est
maintenu constante (P=Cte), ou
Echauffement ou refroidissement à pression constante (P=Cte ):
mrT1 mrT2
V1 V2
P1 P2
(2.3)
Cela permet d’écrire :
V1 T1
V 2 T2
(2.4)
- 18 -
= 8.32
r J
R (2.7)
M Mole.K
J
Avec : r C P CV en dite relation de Mayer.
kg.K
- 19 -
2.5. Gaz semi-parfaits
On distingue alors entre gaz parfait et semi-parfait, satisfaisant à l'équation :
P.V = n.R.T,
pour un gaz parfait les chaleurs massiques (Cp et CV) sont constantes.
pour un gaz semi-parfait les chaleurs massiques sont fonction de la température.
2
P a.
n V n.B [Link] (2.9)
V
Les valeurs numériques de a et b sont caractéristiques d'un gaz donné peuvent être
calculées par les relations suivantes:
- 20 -
U Q W (2.11)
Ce principe repose sur l’usage des concepts de l’énergie interne U , la chaleur (Q) et
le travail du système (W).
1° Selon les conditions et sur la base de l’équation de Clapeyron, on obtient les équations
de transformations, sous la forme : P=f(V) ; T=F(V) ; T=f(P) ; V=f(T)
2° Sur la base de l’équation de la transformation, on peut établir les valeurs des variables
d’état au début (P1, V1, T1) et à la fin (P2, V2, T2) de la transformation.
3° Evaluation des quantités de Chaleur Q et du travail W par leurs relations respectives :
2
Q [Link]
1
(2.12)
- 21 -
2
W [Link]
1
(2.13)
U U 2 U 1 CV T2 T1 (2.14)
b) Enthalpie :
H H 2 H 1 C P T2 T1 (2.15)
c) Entropie
Lorsqu’elle ne dépend que des deux états : initial et final de la transformation, elle est
donnée par :
S S 2 S 1 (2.16)
D’où,
dU pdV
dS (2.18)
T
dT P
dS CV . .dV (2.19)
T T
P r
(2.20)
T V
On obtient alors,
dT dV
dS CV . r. (2.21)
T V
2 2 2
dT dV
S dS CV
1
1
T
r1
V
(2.22)
Donc,
- 22 -
T2 V
S CV . ln r. ln 2 (2.23)
T1 V1
Et :
On peut écrire :
dV dP dT
(2.26)
V P T
dT dT dP dT dP
dS CV . r.
CV r . r. (2.27)
T T P T P
Où :
T2 P
S C P . ln . r. ln 2 (2.28)
T1 P1
ΔS, peut aussi être exprimé en fonction de P et V. Des deux formules précédentes, il
vient :
dV dP dV
dS CV .
r. (2.29)
V P V
dP dV
dS CV . CV r . (2.30)
P V
dP dV
dS CV CP . (2.31)
P V
Après intégration,
V2 P
S C P . ln CV . ln 2 (2.32)
V1 P1
- 23 -
2.9. Les transformations thermodynamiques de base
Dans ce paragraphe, nous nous intéressons uniquement aux transformations de base à
savoir :
1- Transformation isochore (V=Cte)
2- Transformation isobare (P=Cte)
3- Transformation isotherme (T=Cte)
4- Transformation Adiabatique (Isentrope) (Q=0 et S=Cte)
D’où entre deux états d’équilibre (1) et (2) d’une transformation isochore, on a:
P1 T1
(Loi de Charles) (2.36)
P2 T2
- 24 -
b) Travail extérieur :
W1 2 [Link] 0
1
(2.37)
c) Quantité de chaleur :
d) Energie interne :
e) Enthalpie :
H 1 2 H 2 H 1 C P .T2 T1 (2.40)
f) Entropie :
T2
S 1 2 CV . ln (2.41)
T1
r
V .T C.T (2.43)
P
Avec, C : c’est une constante, où :
V
C
T
D’où entre deux états d’équilibre (1 et 2) d’une transformation isobare, on a:
V1 T1 V1 V 2
Où (Loi de Gay-Lussac) (2.44)
V 2 T2 T1 T2
- 25 -
Figure 2. 4. Représentation graphique d’une transformation isobare.
b) Travail extérieur :
Puisque P=Cte, on a :
2
W peut être exprimé en fonction de température, de l’équation d’état des gaz parfaits,
r.T1 r.T
V1 Et V 2 2
P1 P2
c) Quantité de chaleur :
d) Energie interne :
e) Enthalpie :
H 1 2 H 2 H 1 C P .T2 T1 (2.49)
Dans ce cas : H Q (voir quantité de chaleur).
f) Entropie :
T2
S 1 2 C P . ln (2.50)
T1
- 26 -
2.9.3. Transformation Isotherme (T=Cte)
P2 .V 2 Cte
D’où :
P1 V 2
(2.53)
P2 V1
On voit que, les pressions dans ce cas sont inversement proportionnelles aux volumes.
b) Travail extérieur :
On a :
2
W1 2 [Link]
1
(2.54)
- 27 -
De l’équation d’état, on a :
r.T
P (2.55)
V
D’où :
2 2 2
dV dV V
W1 2 [Link] P1 .V1 .
1
1
V
P1 .V11
V
P1 .V1 . ln 2
V1
(2.56)
V2
W1 2 r.T . ln (2.57)
V1
P1
Et encore : W1 2 r.T . ln (2.58)
P2
c) Quantité de chaleur :
U Q W (2.59)
Pour cette transformation (ΔU=0), il vient donc :
V2
Q1 2 W1 2 r.T . ln (2.60)
V1
d) Energie interne :
Q1 2 V
S 1 2 r. ln 2 (2.64)
T V1
Q0
- 28 -
Donc, dQ 0
Du 1er principe, on a :
dQ dU pdV (2.65)
Aussi,
dQ dH V .dP (2.66)
On obtient :
Où :
CP V .dP
γ γ .PdV V .dP 0 (2.70)
CV [Link]
dP dV
P
γ.
V
C ln P γ . ln V ln C (2.71)
P.V γ Cte
On a :
CP
γ (2.72)
CV
Et,
C P CV R (2.73)
- 29 -
Il vient donc,
R C CV C P
P 1 γ 1 (2.74)
CV CV CV
Alors, pour une transformation adiabatique entre deux points d’équilibre, on peut écrire :
γ 1 γ 1
T2 V1 V
T .V γ 1 Cte
T2 T1
1 (2.75)
T1
V 2 V2
De :
PV P.V γ 1
P.V nRT T
.V Cte P.V γ Cte (2.76)
nR nR
On aura :
γ
V
P2 P1 .
1 (2.77)
V2
De :
γ
n.R.T R.T
P.V n.R.T V P.
Cte P1γ .T γ Cte (2.78)
P P
1γ
γ
T .P Cte (2.79)
Il vient :
γ 1
P γ
T2 T1.
2 (2.80)
P1
T .V γ 1 Cte (2.82)
- 30 -
b) Travail extérieur :
On a :
2
W1 2 [Link]
1
(2.83)
Multipliant par V γ et divisant par V γ , P et V varient mais P.V γ Cte et on peut donc le
ressortir de l’intégrale :
2 2
dV V γ 1
γ
W1 2 P.V = P.V γ (2.84)
1
V γ 1 1
2
P.V
W1 2 (2.85)
1 γ 1
Donc :
P1 .V1 P2 .V 2
W1 2 (2.86)
γ 1
De même, et à partir de l’équation d’état des gaz parfaits, le travail peut réécrit en fonction
de T comme suit :
r.T1 T2
W1 2 (2.87)
γ 1
γ 1
r.T1 P2 γ
W1 2 1
(2.88)
γ 1
P1
c) Energie interne :
U 1 2 CV .T2 T1 (2.89)
d) Enthalpie :
H 1 2 H 2 H 1 C P .T2 T1 (2.90)
- 31 -
e) Entropie :
S 1 2 0
Transformation
adiabatique
Isotherme 2
Isotherme 1
Equation de T p
Cte Cte p.V Cte p.V γ Cte
transformation V T
1er principe U W Q W=0 ; U Q Q W ; U 0 Q 0 ; U W
V2 p 2 .V2 p1 .V1
W p1 .V1 ln W
W p.V2 V1 V1 γ 1
Travail W 0
W m.r T2 T1 V2 m.r T1 T2
W [Link] . ln W
V1 γ 1
V2
Q p1 .V1 ln
V1
Chaleur Q=[Link].(T2-T1) Q=[Link].(T2-T1) Q=0
V
Q m.rT1 ln 2
V1
- 32 -
Transformation Isobare Isochore Isotherme Adiabatique
(p=Cte) (V=Cte) (T=Cte) (Q=0)
T2 T2 V2
Entropie S m.c p . ln S [Link] . ln S m.r. ln S 0
T1 T1 V1
p1 .V1γ p 2 .V 2γ
γ 1
T1 V2
T2
V1
Gaz parfaits V1 T1 p1 T1 V1 p
2 γ
p.V m.r.T Cte V2 T2 p 2 T2 V2 p1 p1 V 2
p 2
V1
γ
p1 T1 γ 1
p 2
T2
- 33 -
Exercices corrigés
Exercice 01 :
En utilisant l'équation d'état du gaz parfait, démontrer que la masse volumique relative de
tous les gaz par rapport à l'hydrogène n'est égale qu'a la moitié de sa masse molaire.
Solution :
La masse volumique :
m p.M
ρ
V R.T
Pour l’hydrogène : M H 2 2
Le rapport de la masse volumique d’un gaz à la masse volumique de l’hydrogène est
toujours :
ρ M M
ρ H2 M H2 2
Exercice 02 :
Un gaz parfait à la température T0=0 °c. A quelle température faut-il l'échauffer pour que
sous la même pression son volume sera doublé ?
Solution :
T1
T2
V1
V2
Si, V 2 2.V1
273,16
Alors : T2 2.T1 2.273,16 546,32 K.
1
2
- 34 -
Exercice 03:
Solution :
Si, V 2 2.V1
288,16
Alors : T2 2.T1 2.288,16 576,32 K.
1
2
Exercice 04:
Pour un gaz parfait, on donne T1=10 °c et T2=20 °c. Déterminer la variation relative de
pression.
Solution :
Exercice 05:
Une salle de classe a pour dimensions 3x6x8m3. Déterminer la masse de l'air dans la salle,
si T=17 °c, p=780 mmHg. On donne pour l’air : r=287,1 J/kg.K.
Solution :
p.V m.r.T
V 3.6.8 144 m3
- 35 -
780mmHg
p 1,026.10 5 Pa.
760mmHg ( Patm)
Exercice 06:
Quel est le volume massique du gaz propane C3H8 dans les conditions normales?
P=760 mmHg, m=1 kg, R=8,314.10+3J/Kmole deg
Solution :
M C3H8=12*3+1*8=44 g/mole.
R
p.V m.r.T m. .T
M
m 1
ρ 1,964 kg/m3.
V V
Exercice 07:
Un réservoir fermé renferme de l'air à 35 °c et sous une pression de 7 bars. Que devient la
pression quand la température s'abaisse à 10 °c?
Solution :
p 2 6,43 Bars.
- 36 -
Exercice 08:
La masse volumique d'un gaz de ville est ρ 0.56 kg/m 3 à 17 °c et sous une pression de
980 mbars.
1°/ Quelle est la valeur de sa constante r?
2°/ Quelle est sa densité par rapport à l'air?
Solution :
1°/ La constante r :
p
On a: rT
ρ
p 98.10 3
D’où : r 603 J/kg.K.
ρ .T 0,56.290
rGaz 603
d 2.1
rAir 287,1
Exercice 05 :
comme suit :
1- une compression isochore : l’air est chauffé jusqu’à ce que sa pression soit 3 fois
sa pression initiale.
2- Dilatation isobare : l’air est chauffé jusqu’à ce que sa température soit égale à
876,1 K.
1°/ Représenter sur un diagramme de Clapeyron les deux transformations qu’à subi l’air.
2°/ Quelle est la température atteinte par l’air à la fin de la première transformation ?
3°/ Calculer la masse m d’air et déduire la variation d’énergie interne de l’air lors de la
première transformation.
4°/ Quel est le volume occupé par l’air à la fin de la deuxième transformation ?
5° Calculer la variation d’énergie interne de l’air dans la deuxième transformation.
On donne : R=8,32 J/[Link], =1,4, CV=708 J/[Link], M=29 g/mole.
- 37 -
Solution :
p1 .V1 mRT1
p 2 .V1 mRT2
p 2 3. p1
p1 .V1
m.R
T1
p 2 .V1 3. p1 .V1
Donc : T2 3.T2 3.293,1 819,3 K.
mR p1V1
T1
p 3 .V3 mRT3
p1 .V1
.T3
mRT3 .T1 V .T
V3 1 3 21,3 Litres.
p3 3. p1 3.T1
- 38 -
La variation en énergie interne lors de la 2ème transformation
U 2 3 [Link] .T3 T2 26.10 3.708.873 819,3 985 J.
Exercice 06 :
Dans un cylindre de 200 mm de diamètre est emprisonnée une certaine masse d’azote sous
une pression de 30 bars absolus et à la température de 17 °C. Le piston, qui se trouvait
initialement à 100 mm du fond du cylindre, est brusquement libéré et son déplacement
stoppé après une course de 100 mm.
On demande de déterminer :
1° la température finale du gaz ;
2° la variation d’énergie interne ;
3° la variation d’enthalpie ;
4° le travail utile recueilli sur la tige du piston, la pression atmosphérique du moment étant
de 1 bar. On néglige les frottements ainsi que la masse du piston.
On donne : R=8,32 J/[Link], =1,4, Cp=6,94 cal/[Link].
Solution :
1°/ La détente du gaz s’effectue très rapidement, elle peut donc considérée comme
adiabatique.
γ 1
T2 V1
La température finale T2 est donnée par :
T1
V 2
1, 4 1
D’où : T2 290.
1
220 K.
2
U [Link] .T
cp cp 6,94
γ 1,4 cV 4,95 cal/[Link]
cV γ 1,4
Alors,
U 3,90.4,95. 70 1351 Calories.
- 39 -
3°/ La variation d’enthalpie :
W R p1 .V1 V 2 10 5 . 3,14.10 3 3,14.10 2 =314 Joules.
Exercice 07 :
Un réchauffeur est traversé par un débit horaire de 1000 kg d’air qui, entrant à +15 °C, sort
chauffé à 75 °C, sous une pression constante de 10 bars absolus.
Calculer :
1°/ la variation d’énergie interne du gaz ;
2°/ la chaleur absorbée par son échauffement ;
3°/ le travail fournit par sa dilatation.
L’air sera supposé sec et l’on prendra γ 1,4 et r=287,1 J/[Link].
Solution :
U 1 2 [Link] .T2 T1 m
r
T2 T1 1000 287,1.348 288 43065 kJ/h.
γ 1 1,4 1
287,1.1,4
Q1 2 1000. 348 288 60291 kJ/h.
0,4
- 40 -
Le volume d’air sortant du réchauffeur,
T2 348
V 2 V1 82,685. 99,911 m3/h
T1 288
Exercice 08 :
Au cours d’une transformation isobarique à 7 bars absolus, le volume d’une certaine masse
de gaz passe de 70 à 100 dm3. Au cours de cette évolution, l’énergie interne du gaz
augmente de 20 kcal. On demande la grandeur et le sens de la quantité de chaleur qui
accompagne l’évolution.
Solution :
On voit que le travail est négatif c’est-à-dire que le système (gaz) à reçu du travail.
En se basant sur le premier principe de la thermodynamique, on a :
U 1 2 W1 2 Q1 2
Exercice 09 :
Une masse d’air de 1 kg prise dans l’état initial 1 (1bar, 17°C) subit les transformations
suivantes :
a) compression adiabatique réversible 1-2 jusqu'à la pression P2= 10 bars ;
b) détente isobare 2-3 au cours de laquelle le gaz reçoit une quantité de chaleur
Q=100 kcal/kg ;
c) détente isotherme 3-4 jusqu’à la pression initiale ;
d) compression isobare 4-1 jusqu’à l’état initial.
1°/ Déterminer les paramètres (p, V, T) de l’air à chaque point du cycle.
2°/ Représenter le cycle 1-2-3-4 sur le diagramme de Clapeyron (p, V).
- 41 -
3°/ Calculer le travail échangé le long de chacune des transformations partielles.
4°/ Déduire le travail total échangé avec le milieu extérieur
5°/ Déterminer la quantité de chaleur échangée le long du cycle.
On donne : Cp=0,244 kcal/[Link] ; CV=0,175 kcal/[Link] ; γ=1,4 ; r=287,1 J/[Link]
Solution :
Et p1 .V1 m.r.T1
p1 1 bar ; T1=17 °C
mr.T1 1.287,1.290,16
V1 0,833 m3.
p1 1.10 5
1 1
p γ 1 1, 4
V 2 V1 .
1 0,833.
0,16 m3.
p2 10
100
T3 553 962.82 K.
1.0,244
p 3 .V3 mr.T3
mrT3 1.287,1.962,82
V3 0,28 m3
p3 10.10 5
Il vient donc :
- 42 -
T4 962,82 K.
10.10 5 .0,28
V4 5
2.8 m3
10
p
W3 4 p 3 .V3 . ln
4 743740 J/kg.
p3
- 43 -
WTotal W1 2 W 2 3 W3 4 W 4 1
- 44 -
Chapitre 3
Transformations Quasi statiques, Entropie et
2ème principe de thermodynamique
Remarque :
Une transformation quasi statique est une notion idéale. Elle exclut tout frottement, elle est
infiniment lente. Une représentation commode d'une telle transformation est le diagramme
de Clapeyron, soit la trajectoire décrite dans le système de coordonnées (P, V) le long de
laquelle tous les points sont définis.
On a PA PB, il existe une micro fuite de A vers B qui sont des réservoirs à parois rigides.
Donc A subit une transformation quasi statique (B extérieur pour A) et B subit une
transformation quasi statique (A extérieur pour B). Par contre, le système (A+B) n'est pas
en état d'équilibre interne à tout instant. Il ne l'est qu'au bout d'un temps infiniment long.
Le système (A+B) ne subit donc pas une transformation quasi statique.
45
3.2. Transformation réversible
3.2.1. Définition :
De plus une transformation quasi statique, Si, l'équilibre est réalisé à tout instant entre
le système et le milieu extérieur, de telle façon qu'une très faible variation des paramètres
extérieurs suffit pour inverser le sens de la transformation, cette transformation est dite
réversible.
Remarque :
Une transformation quasi statique n'est pas nécessairement une transformation réversible,
car elle peut se réaliser sans référence au milieu extérieur. Par contre, une transformation
réversible est nécessairement quasi statique.
Dans le système ci-dessous, on suppose qu'il n'y a pas de frottement entre le piston et
les parois. Supposons que le poids p est obtenu par l'addition de poids infinitésimaux dp,
soit : p dp .
A tout instant, la pression dans le récipient est en équilibre avec la pression exercée par
le piston. On peut faire remonter ou abaisser le piston par retrait ou addition de dp.
46
3.3. Transformation irréversible
3.3.1 Définition :
Par définition, une transformation qui n'est pas réversible est dite irréversible. En
référence à la transformation réversible, on peut dire qu'une transformation est irréversible
si le processus obtenu en changeant le signe du temps est très improbable. Ce sont les
frottements qui sont la cause mécanique de l’irréversibilité.
Exemple 02 :
Une roue de voiture en mouvement est freinée progressivement jusqu'à son arrêt, par
conséquent un échauffement des plaquettes, disque de frein et du pneu de la roue. En
aucun cas, on ne voit cette roue se mettre seule en mouvement en absorbant la chaleur
dégagée par le freinage et remonter la pente.
47
Dans l'état final (cloison enlevée), les molécules plus chaudes (T2) diffusent vers la droite
et communiquent par chocs une partie de leur énergie aux molécules plus froides (T1), pour
atteindre finalement un état d'équilibre où les deux compartiments sont à la même
température. Dans cet état final d'équilibre, les molécules ont en moyenne même énergie
cinétique et le système est caractérisé par un plus grand désordre.
Une quantité de chaleur ne peut jamais être transférée spontanément d'une source
froide (BT) vers une source chaude (HT).
48
Les travaux de Clausius sur les cycles de Carnot l’ont amené à définir une fonction
d’état, S dite entropie, telle que pour toute transformation passant d’un état 1 à un état 2,
elle peut être définit comme suit :
2
δQ
T
1 e
S 2 S1 (3.1)
Figure 3.6. La conversion intégrale d’une quantité de chaleur en un travail est impossible
49
Figure 4. 7. Les frottements rendent une transformation irréversible
50
La performance d'un système peut être améliorée en réduisant l'irréversibilité associée.
En conclusion, l’irréversibilité est le synonyme des pertes de travail d’un système.
51
Figure 3. 9. L’accroissement de l’entropie d’un système lors d’une transformation
L’entropie est désignée par S, son unité est [kJ/K], la variation élémentaire d’entropie
d’un système thermodynamique est définie par :
dQ rev
dS (3.3)
T
Avec,
L’entropie d’un système peut être exprimée selon le choix des variables de la manière
suivante :
CV L
dS dT V dV (3.6)
T T
Où,
CP L
dS dT P dP (3.7)
T T
La variation d'entropie d'un système lors d'une transformation réversible peut être
déterminée par l'intégration de l'équation (3.3) entre les deux états initial et final
d’équilibre, elle est donnée par:
2
dQ rev
S S 2 S 1
1
T
(3.8)
52
Notez que nous avons effectivement défini la variation d'entropie à la place de
l’entropie, tout comme nous avons défini la variation d'énergie interne à la place de
l'énergie elle-même lorsque nous avons développé le 1er principe. Donc, l’entropie ne
dépend que des états initial et final de la transformation c.à.d. qu'elle ne dépend pas du
chemin suivi.
T
dQ
0 (3.9)
2
dQ rév
T
dQ
soit,
1
T
2 1
0 (3.10)
T
dQ
S S 2 S 1 (3.11)
2 1
c.à.d.
S
dQ
1 2
T
dQirrév
Où : dS (3.12)
T
53
Cette inégalité est l’énoncé général du 2ème principe. C'est-à-dire, au cours d’une
transformation irréversible, une partie du travail se transforme en chaleur à cause des
frottements ce qui augmente l’entropie du système thermodynamique en conséquence.
dQirrév
dS σ (3.13)
T
Pour tout système fermé, il existe une fonction d'état, extensive, non conservative, telle
que sa variation au cours d'une transformation élémentaire s'écrit :
dS δS Tr δS Pr (3.14)
Avec,
δQ
δS Tr (4.15)
Te
54
Où : S est l’entropie du système,
δS Pr 0 Pour une transformation irréversible,
δS Pr 0 Pour une transformation réversible,
δSTr : Entropie reçue par le système,
δS Pr : Entropie produite (crée) dans le système lors de la transformation,
δQ : Quantité de chaleur reçue par le système,
Te : Température du milieu extérieur.
Enfin, une transformation qui aboutirait à une production d'entropie négative est
impossible. C'est en cela que le deuxième principe est un principe d'évolution : son
application nous dira si une transformation est possible ou pas, et dans quel sens elle se
fera.
Où, δQrev est la quantité de chaleur reçue dans le cas de la transformation réversible.
55
[Link]. Cycles monothermes
Un cycle monotherme ne fait intervenir des échanges d'énergie (Q, W) qu'avec une
seule source de chaleur. L'entropie étant une fonction d'état, sa variation au cours d'un
cycle est nulle, de même que celle de l'énergie interne. Pour un système échangeant une
quantité de chaleur Q au cours d'un cycle non nulle, avec une seule source thermique à la
température T, le 1er et le 2ème principe donnent respectivement :
U 0
W Q 0 (3.17)
Et
Q
S 0
0 (3.18)
T
Un cycle dithermes (machine dithermes) fait intervenir des échanges d'énergie (Q, W)
entre deux sources de chaleur.
Pour qu’un système dithermes fournisse du travail, il faut qu’elle encaisse de la chaleur
de la source chaude et qu’elle en remet une partie à la source froide.
56
Une machine thermodynamique doit donc nécessairement fonctionner entre au moins
deux (02) sources de chaleur :
- la transformation de chaleur en travail (Q → W) à partir d'une source chaude n'est donc
possible qu'à la condition de rejeter une partie de la chaleur à une autre source froide
(cycle dithermes).
- cette chaleur rejetée est donc perdue et influera sur les performances de la machine
thermique: d'où la notion de rendement thermique. Ce que ce précède est considéré
comme une conséquence du deuxième principe.
A partir de ce schéma à deux sources (source chaude et source froide), on définit deux
types de machines thermiques:
1. Les machines thermo-dynamiques,
2. Les machines dynamo-thermiques.
Leurs principes de fonctionnement sont illustrés comme suit :
a) Machines thermo-dynamiques
57
D’après le 1er principe :
Q1 + Q2 + W = ΔU = 0 (3.19)
D’après le 2è principe :
Q1 Q2
S 0 (3.20)
T1 T2
Notion de rendement
WFourni W Q Q2 Q
η 1 1 2 1 (Rendement de Carnot) (3.21)
QPr élevée Q1 Q1 Q1
b) Machines dynamo-thermiques
58
D’après le 1er principe, on a:
Q1 + Q2 + W = ΔU = 0 (3.22)
Q1 Q2
S 0 (3.23)
T1 T2
Elle est basée sur le même principe qu’un réfrigérateur mais avec un objectif différent,
c’est pomper de la chaleur d’une source froide et la restituer à une source chaude (c’est
pour chauffer).
Q1 + Q2 + W = ΔU = 0 (3.25)
59
D’après le 2ème principe:
Q1 Q2
S 0 (3.26)
T1 T2
Q2 Q2 T2
η 1 (3.27)
W Q2 Q1 T2 T1
60
Exercices corrigés
Exercice 01 :
On chauffe 10 g de dioxygène de 20 à 100 °C sous pression constante. Calculer la variation
d’entropie correspondante. On donne : cp[O2(g)] = 29,26 [Link]-1.
Solution :
Pour une transformation isobare, la variation d’entropie est donnée par :
dQ dT T
S S 2 S 1 T
m.c p
T
m.c p ln 2
T1
100
S S 2 S 1 10.10 3.29,26. ln 0,47 J/K.
20
Exercice 02 :
On chauffe 10 g de dioxygène de 20 à 100 °C sous volume constant. Calculer la variation
d’entropie correspondante. On donne pour les gaz parfaits: cV c p R .
Solution :
Pour une transformation isobare, la variation d’entropie est donnée par :
dQ dT T
S S 2 S 1 T
[Link]
T
[Link] ln 2
T1
S S 2 S 1 m. c p R . ln T2
T1
100
S S 2 S 1 10.10 3.29,26 8.32 . ln 0,337 J/K.
20
Exercice 03 :
Une masse de 1 kg de dioxyde de carbone CO2 décrit un cycle de Carnot entre les
pressions limites 2 et 16 bars.
1°/ Les valeurs de p, V, T et S aux quatre points du cycle, on prendra S= 0 pour T=0 et p=1
bar.
2°/ Les quantités de chaleur et de travail échangés avec le milieu extérieur.
3°/ Le travail fourni par le gaz le long du cycle.
4°/ Le rendement thermique du cycle.
5°/ Représenter le cycle des transformations sur les diagrammes (p, V) et (T, S).
61
On donne : γ 1,3 , rCO2 189 J/kg.K, c p 0,196 kcal/kg.K.
Solution :
Au point 1 :
p1 .V1 m.r.T1
m.r.T
V1
p1
1.289.290
V1 0,274 m2
2.10 5
1γ
γ
S 1 c p . ln T1 p 1 c p . ln T0 0,883 kcal/kg.
Au point 2 :
p1 .V1 p 2 .V 2 m.r.T2
p1 2
V 2 V1 0,274 0,137 m3.
p2 4
3
S 2 0,196 ln 290 ln 4. 0,196 0,852 kcal/kg.
13
Au point 3 :
p 3 16 bars.
γ 1
p γ
T3 T2 3 399,3 K.
p2
p1 T3
V3 V1 0,047 m3.
p 3 T1
3
S 3 0,196.2,3. ln 399,3 ln 16 0,1968 0,852 kcal/kg.
13
S 3 S 2 (Vérification)
62
Au point 4 :
p4 p
3 4
p1 p2
D’où : p 4 4. p1 8 bars.
V 4 V1
4
V3 V 2
V1
D’où : V 4 V3 . 2.V3 0,094 m3.
V2
S 4 0,883 S 1 (Vérification)
Q 2 3 0 (Compression adiabatique)
m.r
W 2 3 [Link] .T3 T2 T3 T2 68,86 kJ.
γ 1
Q 4 1 0 (Compression adiabatique)
63
5°/ Représentation du cycle thermodynamique en diagrammes (p, V) et (T, S) :
Exercice 04 :
Un métal de masse m=1 kg, de capacité massique c=880 J/kg.K et de température initiale
T0=27 °C, est mis en contact brutalement, à pression constante, avec un thermostat de
température T1=100 °C ; on attend que le métal soit en équilibre thermique avec la source
de chaleur.
1°/ La transformation est-elle réversible ?
2°/ Calculer la variation d’entropie du métal.
3°/ Calculer la création d’entropie SCréée.
Solution :
1°/ Non, le fait d’avoir un gradient thermique important est une cause fondamentale
d’irréversibilité (pas de retour possible à l’état initial).
2°/ La transformation réelle est donc irréversible, mais l’état initial et l’état final du
système (métal) sont parfaitement déterminés : l’entropie étant une fonction d’état, on peut
alors imaginer une transformation réversible fictive, partant du même état initial et arrivant
au même état final, qui conduira à la même variation d’entropie pour le métal choisi
comme système. On peut alors écrire pour une transformation isobare:
dQ dT
dS m.c p
T T
T0
S m.c p ln 191,5 J/K.
T1
64
3°/ Par ailleurs, le métal a reçu de la part du thermostat la quantité de chaleur :
Q m.c p T1 T0
Q m.c p .T1 T0
S échangée
Tsource T1
T1 m.c p .T1 T0
T T T
S Créée m.c p . ln 1 1 0 19,3 J/K.
T0 T1
Exercice 05 :
Un réservoir d’air comprimé servant au démarrage d’un moteur Diesel à une capacité de
0,5 m3. Il est entièrement vide à l’arrêt, p1=0 bar, on le remplit à l’aide d’une batterie de
trois bouteilles d’air comprimé de 30 litres chacune et sous pression de 100 bars. Le
remplissage s’effectue lentement et la température de l’ensemble (réservoir, batterie de
bouteilles) reste inchangée à 20 °C.
Calculer l’augmentation d’entropie au cours du remplissage.
On donne : p1 0 bar, V1 0,5 m3, T1 293 K.
Solution :
La pression finale dans l’ensemble (réservoir-bouteilles) est donnée par la loi de Dalton :
65
Exercice 06 :
Une machine thermique dégage une quantité de chaleur de 1600 kJ/kg et produit un travail
de 800 kJ/kg (Voir Figure ci-dessous).
1°/ Calculer la quantité de chaleur reçue par la machine.
2°/ Calculer son rendement thermique.
Solution :
Exercice 07 :
Un compresseur rotatif à air aspire de l'air (gaz parfait) à une pression de 1 bar et une
température de 20 °C et le comprime de manière adiabatique à une pression de 6 bars. Le
rendement isentropique de la compression est de 0,85 et les variations de l'énergie
cinétique et potentielle peuvent être négligées.
Solution :
U Q W
66
dQ T .dS
dW pdV
dU
cV
dT
Alors :
cV .dT T .dS [Link]
p dT
dS dV cV .
T T
S S 2 S1 R ln cV ln 2
V1 T1
Et
γ 1
T2 p 2 γ
T1 p1
Alors :
1
p γ T
S 2 S1 R ln 1 cV ln 2
p2 T1
1, 4 1
0 , 285
p 1, 4
6
T2 s T1 . 2 293,1 488,5 K.
p1 1
T2 s 488,5 K.
T2 s T1 488,5 293,1
T2 T1 293,1 523 K.
η 0,85
1
p γ T
S S 2 S1 R ln 1 cV ln 2
p
2 T1
1
1 1, 4 523
67
S 0,3673 0,4166
S 0,05 kJ/kg.K.
Exercice 08 :
Une masse de 01 kg d'air contenue dans un cylindre sous la pression de 1,5 MPa et la
température de 1000 K, se détend d’une manière isotherme réversible à un volume dix fois
plus grand.
2°/ Tracer l’évolution de l’air dans les diagrammes (p, V) et (T, S) respectivement.
Solution :
V2
Q W p1V1 ln Avec, V2=10.V1
V1
V2
Q W m.r.T1. ln 1.287,1.1000. ln 10 661,07 kJ.
V1
S
T
68
Il vient :
1000.
S = 661070
Donc :
661070
S 661,07 J/K.
1000
69