Guide Infertilité pour Médecins
Guide Infertilité pour Médecins
Guide pratique
Année 2016
Tables des matières
Remerciements
Abréviations
I. Introduction
II. Définition
III. Rappel de la physiologie de la reproduction
1. Physiologie du cycle menstruel
2. Etapes de la fécondation
3. Axe hypothalamo-hypophyso-ovarien
IV. Causes de l’infertilité
1. Causes féminines
2. Causes masculines
3. infertilité inexpliquée
V. Facteurs de risque
VI. Prévention
VII. Prise en charge de l’infertilité du couple
1. Premier niveau: Consultation de médecine générale
1.1. Counseling
1.2. Anamnèse et examen clinique
1.3. Examens complémentaires
1.4. Thérapeutique
1.5. Les cas à référer
2. Deuxième niveau : Consultation spécialisée
2.1. Prise en charge diagnostique
2.2. Prise en charge thérapeutique
2.3. Les cas à référer
3. Troisième niveau : Centre spécialisé
3.1. Chirurgie de la reproduction
3.2. Procréation médicalement assistée
VIII. Arbre décisionnel de prise en charge d’un couple infertile
IX. Conclusion
Annexes
Références
Remerciements
Abréviations
I. Introduction
L’infertilité est l’incapacité biologique à concevoir des enfants, est considérée, depuis
plusieurs années par l’organisation mondiale de la santé comme une pathologie à part
entière, dans le cadre du concept de santé reproductive qui reconnaît à chaque être humain
le droit à la procréation (CIPD, le Caire 1994).
Actuellement, elle représente un réel problème de santé puisque des statistiques récentes
révèlent qu’environ 15% des couples consultent un médecin au moins une fois pour un
problème d’infertilité.
Dans environ 33% des cas, il est uniquement féminine, dans 21% des cas une cause
uniquement masculine, dans 39% des cas à la fois une cause féminine et une cause
masculine et dans 7% des cas aucune cause n’est trouvée (infertilités inexpliquées) [R].
Elle est le siège de nombreux enjeux de société et tout ce qui la concerne est fortement
médiatisé dans les pays développés, notamment les facteurs environnementaux et les
traitements d’assistance médicale à la procréation. Cependant, ses contours restent souvent
flous, sa fréquence difficile à mesurer, ses causes nombreuses.
Au Maroc, on ne dispose pas de données exactes autour de ce sujet. Mais certes, le nombre
du couple souffrant de l’infertilité est en augmentation et la demande à une aide médicale
pour s’en soigner est en nette évolution.
Cependant, la prise en charge de l’infertilité du couple reste non satisfaisante au niveau des
structures de soins publiques dont le plateau technique et la formation des professionnels
de santé restent insuffisants. De même, cet accès aux soins pour la prise en charge de
l’infertilité du couple reste inaccessible car le coût de l’Assistance Médicale à la Procréation
(PMA) reste élevé. L’offre de soins en matière de PMA est disponible essentiellement au
secteur privé.
II. Définition :
L’infertilité est l’incapacité d’un couple à concevoir après une année de rapports sexuels
réguliers (au moins 2 rapports par semaine) et en dehors de toute contraception.
L’infertilité peut être soit primaire soit secondaire si le couple a déjà conçu.
Les explorations cliniques et para cliniques peuvent être démarrées :
- à partir de 6 mois de vie du couple, si l’âge de la femme est supérieur ou égale à 35
ans.
- dans l’immédiat, en cas d’antécédents ou de signes cliniques évoquant une
pathologie interférant avec la fertilité (chirurgie tubaire, endométriose, ectopie
testiculaire, troubles du cycle, ect …).
Un commentaire
3. Axe hypothalamo-hypophyso-ovarien
Schéma avec rétro contrôle compris (Pr Ait Benkaddour)
IV. Causes de l’infertilité
Toute anomalie anatomique ou physiologique empêchant la rencontre des gamètes, leur
fusion et l’implantation de l’embryon qui en résulte, peut constituer une cause d’infertilité.
La cause peut être d’origine masculine ou féminine ou mixte et elle peut être unique ou
multiple (exemple association d’une obstruction tubaire et d’une anomalie de l’ovulation
chez la même femme). Ces notions imposent l’exploration complète des trois axes de la
fertilité à savoir :
- le sperme,
- l’ovulation,
- la perméabilité des voies génitales chez la femme.
1. Causes féminines
1.1. Troubles mécaniques
1.1.1. Infertilité tubo-péritonéale
La Pathologie tubaire constitue une des premières causes d’infertilité. Elle est responsable à
elle seule de l’infertilité dans 10 % des cas, associée à d’autres lésions dans 25 à 40 % des
cas. Dans 80% des cas, elle est secondaire à des séquelles d’infection sexuellement transmise
(chlamydiae, mycoplasmes, gonocoque) [R]. Les autres étiologies sont représentées par les
séquelles de la tuberculose et de la chirurgie pelvienne ou l’endométriose.
Sur le plan anatomique, il peut s’agir d’obstruction tubaire proximale ou distale entrainant
ou non une rétention de liquide inflammatoire (hydrosalpinx) ou d’adhérences péri-tubo-
ovariennes.
Le diagnostic est souvent suspecté à l’HSG et confirmé à la cœlioscopie. La prise en charge
des infertilités tubo-péritonéales repose sur la chirurgie de reperméabilisation en cas de
lésions tubaires modérées avec muqueuses de qualité satisfaisante et sur la FIV en cas de
lésions tubaires importantes et d’adhérences pelviennes sévères.
1.1.2. Anomalies utérines
Les pathologies endo-cavitaires (fibromes, polypes, synéchies…ect.) constituent des causes
moins fréquentes d’infertilité. Leur traitement repose sur l’hystéroscopie opératoire.
Anomalies cervicales (sténoses, anomalies de la glaire)
Autres : diaphragme vaginal, malformations
1.2. Troubles de l’ovulation
Les troubles de l’ovulation sont classés par l’OMS en 3 groupes:
- Groupe I: Insuffisance hypothalamo-hypophysaire (hypogonadisme hypo
gonadotrope ou aménorrhée d’origine hypothalamique)
- Groupe II: Dysfonction de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien
IIa: Origine idiopathique
IIb: Syndrome des ovaires poly kystiques (SOPK)
- Groupe III: Insuffisance ovarienne
1.2.1. Origine ovarienne
Syndrome des ovaires poly kystiques (SOPK):
Il représente 75% des troubles de l’ovulation[R]. C’est une pathologie complexe, dont la
physiopathologie est non encore complètement élucidée, associant une hyper androgénie
ovarienne, une oligo-anovulation avec hyper-sécrétion de la LH et un hyperinsulinisme. Ce
syndrome se manifeste cliniquement par des troubles de cycles de type spanioménorrhée ou
aménorrhée, hirsutisme, obésité voire un syndrome métabolique. Cependant la
symptomatologie reste variable d’une patiente à l’autre et pour la même patiente durant le
temps.
Le diagnostic repose selon le Consensus de Rotterdam 2003 sur la présence d’au moins 2 des
3 critères suivants :
- Oligo et /ou anovulation,
- Hyper androgénie clinique (hirsutisme) et /ou biologique,
- Aspect échographique :
Présence de ³ 12 petits follicules dans chaque ovaire et /ou
Augmentation du volume ovarien ³ 10 ml
Il faut exclure d’autres étiologies: Hyperplasie congénitale des surrénales, tumeurs
androgénosécrétantes, Syndrome de Cushing.
La prise en charge de l’infertilité en cas de SOPK est actuellement codifiée (consensus
ESHRE/ASRM) avec escalade thérapeutique en 3 paliers en fonction de la réponse
thérapeutique. Les mesures hygiéno-diététiques (perte de poids si l’IMC est supérieur à 30,
lutte contre le tabagisme,..) sont de mise d’emblée chez toutes les patientes.
- Le traitement de 1ère intention est l’induction de l’ovulation par le Citrate de
Clomifène.
- Le traitement de 2ème intention est la stimulation ovarienne par gonadotrophines
ou drilling ovarien par cœlioscopie.
- Le traitement de 3ème intention est la fécondation in vitro
Insuffisance ovarienne : Groupe III
Elle se manifeste par des troubles du cycle de type cycles courts en cas d’insuffisance
ovarienne débutante ou spanio-aménorrhée si l’insuffisance est avérée. Sur le plan
biologique le taux de FSH est élevé avec E2 et AMH effondrés. Les étiologies des
insuffisances ovariennes prématurées incluent le syndrome de Turner typique (XO) ou en
mosaïque (XO, XX, XX), les pathologies auto-immunes, la radiothérapie, la chimiothérapie et
la chirurgie ovarienne invasive.
Le syndrome des ovaires résistants aux gonadotrophines constitue une étiologie rare.
1.2.2. Origine centrale : Groupe I
Hypogonadisme hypo gonadotrope :
Il correspond à un défaut de pulsatilité de la GnRH entrainant une insuffisance hypothalamo-
hypophysaire avec la FSH et la LH plasmatiques basses et une insuffisance de la stimulation
des ovaires.
La prise en charge repose soit sur l’administration pulsatile par pompe de LH-RH, soit sur la
stimulation ovarienne par les gonadotrophines. Les étiologies incluent le syndrome de
Kallman (aménorrhée- anosmie), syndrome aménorrhée-anorexie, tumeurs hypophysaires,
et la nécrose hypophysaire (syndrome de Sheehan).
Hyperprolactinémie :
Elle correspond à une hypersécrétion hypophysaire de prolactine d’origine fonctionnelle
(médicamenteuse, défaut d’inhibition) ou tumorale (micro ou macro-adénome à prolactine).
Elle se manifeste cliniquement par des troubles du cycle (spanioménorrhée ou aménorrhée)
associés à une galactorrhée. Le diagnostic repose sur le dosage de prolactine. La présence de
troubles visuels ou d’une symptomatologie neurologique doit faire évoquer un macro-
adénome compressif.
Dans la plupart des cas le traitement repose sur les agonistes dopaminergiques
(Bromocriptine, Cabergoline).
Autres :
- Dysthyroïde ;
- Hyper androgénie d’origine surrénalienne : élévation du DHA et SDHA,
éventuellement élévation de la 17-OHprogestérone lors du test au Synacthène en
cas de bloc en 21-hydroxylase.
1.3. Endométriose
L’endométriose péritonéale pelvienne retentit sur la fertilité par plusieurs mécanismes:
adhérences péri-tubo-ovariennes, obstruction tubaire, inflammation péritonéale créant un
milieu hostile pour les gamètes, altération de la qualité de l’endomètre,…
Le diagnostic est évoqué en présence de douleurs pelviennes chroniques (dysménorrhée,
dyspareunie profonde, …). L’HSG peut montrer des images évocatrices : diverticules du
segment interstitiel des trompes (images en « boule de gui »), images d’angulation ou de
rétention ampullaire.
La cœlioscopie constitue l’examen de référence pour le diagnostic et le traitement
chirurgical.
2. Causes masculines
2.1. Les anomalies du spermogramme
Le diagnostic d’une anomalie de la spermatogénèse doit être confirmé par au moins 2
spermogrammes, avec un intervalle de 3 mois, montrant des paramètres spermatiques
(nombre, mobilité, formes normales) inférieurs aux valeurs normales (OMS 2010).
Oligo-asthéno-térato-spermie (OATS): C’est une des causes les plus fréquentes (%)
d’infertilité masculine.
Azoospermie: Elle correspond à l’absence totale de spermatozoïdes. L’origine peut être
sécrétoire (testiculaire, axe hypothalamo-hypophysaire) ou excrétoire (obstruction des voies
spermatiques).
Les causes des azoospermies et des OATS sévères sont dominées par les séquelles
d’infections et les anomalies génétiques (micro délétions (AZF), syndrome de Klinefelter,..)
et plus rarement les déficits gonadotropes.
2.2. Autres anomalies
Dysfonction érectile : Troubles métaboliques (diabète…), vasculaires,
neurologiques, psychologiques…
Troubles de l’éjaculation : Ejaculation rétrograde,…
Le bilan minimal devant une infertilité masculine comporte une spermoculture, une
échographie testiculaire et des dosages hormonaux (FSH, testostérone et inhibine). Le
caryotype doit être systématique devant une azoospermie.
La prise en charge des infertilités masculines dépend de leur sévérité et de l’existence d’une
étiologie. En cas d’infection, un traitement antibiotique doit être bien conduit avec contrôle
du spermogramme 3mois après.
En dehors des hypogonadismes documentés les traitements à base d’androgènes doivent
être strictement proscrits car ils entrainent une abolition de la sécrétion androgénique
testiculaire.
La majorité des infertilités masculines relèvent des techniques d’assistance médicale à la
procréation (IIU, FIV, ICSI).
3. Infertilité inexpliquée
Les infertilités inexpliquées représentent un groupe très hétérogène pouvant inclure :
- Des couples à potentiel de fécondité conservé, ayant tout simplement un retard
à concevoir,
- Des couples ayant des anomalies non identifiables par les explorations usuelles de
l’infertilité (ultrastructure des gamètes, processus de fécondation,
implantation…).
Le bilan minimal nécessaire pour parler d’une infertilité inexpliquée comporte un
spermogramme avec spermocytogramme, une hystérosalpingographie (HSG) et une preuve
d’ovulation (progestéronémie, monitorage échographique).
La cœlioscopie est pratiquée uniquement en cas d’arguments en faveur d’une pathologie
tubo-péritonéale et l’hystéroscopie est demandée en cas de suspicion de pathologie endo-
cavitaire.
Les recommandations actuelles de prise en charge de l’infertilité inexpliquée dépendent
essentiellement de la durée d’infertilité. Chez les couples ayant une infertilité de plus de 2
ans, une FIV doit être proposée en 1ère intention. En cas d’infertilité de moins de 2 ans une
IIU est proposée.
Les inducteurs d’ovulation (citrate de clomifène et gonadotrophines) avec rapports sexuels
programmés ne doivent pas être proposés comme traitement de l’infertilité inexpliquée.
V. Facteurs de risque
En dehors de toute pathologie, certains facteurs influent grandement sur la fertilité naturelle
et après traitement.
1. Age biologique parental
1.1. Chez la femme
L’âge est un facteur déterminant puisqu’au fur et à mesure que l’âge augmente, d’une part
les chances de grossesses diminuent de façon très importante (à partir de 35 ans) et d’autre
part il y a une augmentation des fausses couches.
1.2. Chez l’homme
L’âge est associé à une baisse de la fertilité mais à un degré bien moindre que chez la
femme. La majorité des centres de PMA ne prennent pas en charge les hommes de plus de
60 ans. [R]
2. Troubles alimentaires
Les déséquilibres alimentaires entraînant un excès ou un déficit de poids ont une influence
péjorative sur la fécondité, agissant en particulier au niveau de la qualité de l’ovulation.
Un IMC >30 diminue de moitié les chances de grossesse en comparaison avec des femmes à
IMC normal. Il est recommandé d’assurer une prise en charge des troubles alimentaires
avant tout traitement de l’infertilité.
3. Facteurs environnementaux
Les principaux polluants toxiques pour la fertilité sont les dioxines, les pesticides et les
dérivés des plastiques (Phtalates et bisphénol A), par effet perturbateur endocrinien et
mutagène et les solvants organiques par effet génotoxique.
Les effets délétères des polluants se font ressentir à différents niveaux de la reproduction: la
spermatogénèse et le développement ovocytaire.
La chaleur excessive dans l'environnement de travail aurait une incidence péjorative sur la
fonction testiculaire.
4. Addictions
4.1. Le tabac
Le tabagisme actif et passif a des effets néfastes sur la fertilité.
Chez l’homme, le tabagisme :
- a une incidence négative sur le nombre, la motilité et la morphologie des
spermatozoïdes ;
- peut causer des anomalies chromosomiques des spermatozoïdes ;
- peut diminuer la capacité de fécondation des spermatozoïdes ; R]
- peut diminuer le taux de réussite des technologies de reproduction assistée.
Chez la femme,
La possibilité de concevoir douze mois après l'arrêt de la contraception est multiplié par 3,6
quand la femme fume plus de 15 cigarettes par jour.(Fertility and Sterility, vol.81, n°2: p.384-
392).
4.2. L'utilisation des drogues et la consommation d'alcool
La consommation du cannabis, souvent associée au tabac, aggrave les effets délétères sur la
fertilité (le cannabis a une élimination très lente).
La consommation d’alcool est néfaste sur la fertilité, La possibilité de concevoir est
diminuée de moitié (2,2) quand le partenaire consomme plus de 20 unités d'alcool par
semaine. (Fertility and Sterility, vol.81, n°2 : p.384-392).
5. Infections sexuellement transmissibles
Les IST peuvent être responsables d’infertilité chez l’homme et chez la femme. Les infections
à chlamydiae, à mycoplasme et au gonocoque sont des causes majeures d’inflammation
pelvienne. Une prise en charge correcte et une sensibilisation de la population sont
nécessaires.
6. Maladies sous-jacentes
Diabète, maladies cardiovasculaires ou neurologiques, etc.
7. Habitudes hygiéno-diététiques
Des études ont montré qu’une durée d’exercice physique hebdomadaire supérieure à 7
heures était associée à des problèmes d’ovulation. Mais l’absence d’activité physique est
également néfaste sur la fertilité. Il faut donc trouver un juste équilibre dans la pratique
sportive.
Que La possibilité de concevoir est multiplié par 1,7 quand la consommation de thé ou de
café dépassait 6 tasses par jour.
8. Effet de l’irradiation sur la fertilité
à développer
VI. Prévention
Une sensibilisation de la population sur les facteurs de risque s’avère nécessaire pour
diminuer les risques d’infertilité chez les couples.
- Informer que la majorité des grossesses survient dans les 6 mois suivant le mariage en
respectant les critères préétablis.
- Consulter après un an de rapports sexuels réguliers en l’absence de grossesse (avant un
an en cas de troubles patents).
- consulter dès 6 mois, si la femme a plus de 35 ans pour une prise en charge rapide.
- Connaitre que l’âge du mari peut avoir une incidence négative sur la fécondité.
- Eviter les toxines exogènes : le tabac, le cannabis, les substances toxiques industrielles et
environnementales...
- Avoir une alimentation équilibrée avec un IMC normal avant la conception.
- Faire de l’exercice physique de façon modérée et régulière.
- Prévenir, dépister et traiter les IST.
- Consulter précocement devant une anomalie chez l’homme ayant des antécédents de
cryptorchidie, d’oreillons avec orchite, d’hernie pendant l'enfance ou toute autre
chirurgie scrotale ou varicocèle, d’orchis-épididymite, de troubles de la prostate, de
chirurgie ou blessures scrotales et inguinales et de cancers.
- Entreprendre des mesures de prévention chez les adolescents (sensibilisation sur le
tabac, les drogues, l’obésité, les IST,…).
la présence d’une leucospermie supérieure ou égale à 106 polynucléaires neutrophiles par millilitre
d’éjaculat nécessite la réalisation d’une spermoculture.
L’interprétation d’un spermogramme est toujours délicate car nombreuses sont les
fluctuations de la spermatogenèse qui est sensible à plusieurs facteurs (infections, état
dépressif, etc.).
Toute anomalie du spermogramme doit être confirmée par un deuxième spermogramme
après trois mois, après avoir corrigé les facteurs pouvant interférer avec la spermatogénèse
(durée d’abstinence, infection, état dépressif…).
NB : Sachez qu’environ 30% des hommes avec des paramètres spermatiques normaux au
spermogramme ont des spermatozoïdes fonctionnellement déficients (3,4).
Spermocytogramme (analyse morphologique des spermatozoïdes)
Le seuil de 4% de formes normales au-dessous duquel la fertilité est compromise, est retenu
par l’OMS (R).
Le tableau suivant représente les principales anomalies du spermogramme et du
Spermocytogramme :
Hypospermie Volume éjaculatoire complet inférieur à 1,5 ml
Aspermie Volume éjaculatoire nul
Hyperspermie Volume éjaculatoire supérieur à 6 ml
Oligozoospermie Concentration en spermatozoïdes inférieur à 15 millions/ml
Polyzoospermie Concentration des spermatozoïdes supérieure à 200 millions/ml
Azoospermie Absence de spermatozoïdes sur l'éjaculat « frais » centrifugé à 3 000
Tours /min pendant 15 minutes, examiné à fort grossissement (× 400)
Cryptozoospermie Quelques spermatozoïdes sur le culot de centrifugation examinés à
fort grossissement (× 400), mais pas sur l'examen de l'éjaculat « frais »
Asthénozoospermie Diminution de la mobilité progressive (a+b) inférieure à 32%.
Akinétospermie Mobilité nulle de tous les spermatozoïdes du recueil.
Tératozoospermie Nombre de spermatozoïdes normaux inférieur à 4 % selon les critères
de l’OMS.
Nécrozoospermie Vitalité des spermatozoïdes inférieure à 58%.
Spermoculture
Le sperme est physiologiquement un milieu stérile, l’examen cytobactériologique du sperme
énumère et identifie les leucocytes, les bactéries et les parasites spermatiques.
L’interprétation correcte des résultats obtenus nécessite des conditions pré analytiques
rigoureuses et se fait en fonction de la concentration du ou des germes retrouvés, de
l’association ou non de la leucospermie, de la clinique et du spermogramme (R)
La présence d’une flore polymorphe (détection de plus de trois espèces bactériennes
différentes) est en faveur d’une contamination du prélèvement par la flore manu-portée ou
aéroportée ou fécale. Un second prélèvement, réalisé dans des conditions d’asepsie strictes
est nécessaire pour conclure.
Une spermoculture ne sera interprétée comme positive que devant le caractère
monomorphe de la bactériospermie et pour chaque germe en fonction d’un seuil de
pathogénicité(R).
En cas de positivité, la bactériospermie est traitée jusqu’à la négativation (R).
Echographie par voie endo-vaginale
L’échographie endo-vaginale permet un abord direct des organes examinés évitant la paroi
abdominale et l’ombre portée par la symphyse pubienne. Elle autorise, en raison de la
contiguïté des organes explorés, l’emploi de sonde de fréquence plus élevée améliorant
considérablement la définition.
En évitant l’absorption ultrasonore par le panicule adipeux, les anses digestives et la
symphyse pubienne, l’échographie endo-vaginale supprime les difficultés de la voie trans-
pariétale en cas d’obésité, de vacuité vésicale et de rétroversion utérine.
C’est un moyen simple, non invasif permettant d’explorer les causes ovariennes et utérines
de l’infertilité :
- L’échographie de référence dans le bilan d’infertilité se fera au mieux entre le 10 ème et le
14ème jour du cycle pour :
rechercher un follicule pré-ovulatoire,
vérifier la qualité de l’endomètre (épaisseur supérieure à 7 mm, aspect en triple
feuillet), recherche de polype,
analyser le myomètre à la recherche d’anomalies (fibrome, adénomyose),
rechercher d’autres anomalies : kyste ovarien, malformation utérine, hydrosalpinx,…
- Dans certains cas (suspicion de l’insuffisance ovarienne ou de SOPK), une échographie
d’évaluation de la réserve ovarienne se fera au 3 ème jour du cycle. Elle consiste à compter
les follicules antraux (diamètre entre 3 et 10 mm). Cette réserve est dite diminuée
lorsqu’on retrouve moins de 6 follicules entre les 2 ovaires.
Hystérosalpingographie
L’hystérosalpingographie(HSG) est l’examen de 1ère intention pour l’exploration de la
perméabilité tubaire. Il permet aussi l’évaluation de la cavité utérine quoiqu’il soit supplanté
actuellement par l’échographie et l’hystéroscopie dans cette indication. Du fait des faux
positifs (spasmes tubaires) et des faux négatifs (adhérences), l’HSG est considérée comme
un examen de dépistage des anomalies tubo-péritonéales et toute anomalie doit être
confirmée par la cœlioscopie qui constitue l’examen de référence pour le diagnostic et le
traitement des anomalies tubo-péritonéales.
L’HSG doit être systématiquement demandée chez toute femme qui consulte pour infertilité,
sauf dans 2 situations particulières :
- Contexte clinique évocateur d’anomalie tubo-péritonéale (antécédents de chirurgie
tubaire ou pelvienne, signes en faveur d’une endométriose) : dans ces cas une
cœlioscopie est indiquée d’emblée.
- Indication d’une fécondation in vitro de 1ère intention (exemple : oligo-asthénospermie
sévère) rendant inutile l’exploration des trompes.
Autres Examens :
- Hystéroscopie : ne fait pas partie du bilan initial de l’infertilité. Elle est indiquée en cas
de suspicion clinique, échographique ou à l’HSG de pathologie endocavitaire (polype,
fibrome, synéchie..) ou après des échecs répétés d’implantation en FIV.
- La courbe de température est actuellement abandonnée vu son caractère astreignant et
sa faible précision.
- Le test post coïtal ou test de Hunner a une faible valeur prédictive et n’est de ce fait pas
recommandé dans le bilan du couple infertile.
Bilan hormonal féminin
Le bilan hormonal de la femme a pour objectif le diagnostic positif et parfois étiologique des
troubles de l’ovulation. Il peut être subdivisé en 3 niveaux :
Bilan de diagnostic de l’ovulation :
Le dosage de la progestéronémie au milieu de la phase lutéale (J21 pour un cycle de 28
jours) a une sensibilité et une spécificité élevée pour le diagnostic de l’ovulation. Un taux >
4ng/ml constitue une preuve d’ovulation. L’ovulation est satisfaisante en cas de taux > 10
ng/ml.
Le dosage est indiqué en 1ère intention pour faire la preuve d’une ovulation cyclique.
Cependant chez une femme jeune ayant des cycles réguliers, l’échographie peut apporter
des arguments indirects (bonne croissance folliculaire, présence de liquide folliculaire dans
le cul de sac de douglas au cours de la période ovulatoire, image de corps jaune, endomètre
hyperéchogène témoignant d’une imprégnation progestative) prouvant l’ovulation.
Bilan étiologique d’un trouble de l’ovulation :
En cas d’anovulation le bilan étiologique comporte entre autre un bilan hormonal.
- Prolactinémie au 3ème jour du cycle,
- Dosage des androgènes: testostérone, delta-4-androstènedione,
déhydroépiandrostérone (DHA) : en cas d’hirsutisme ou de suspicion d’ovaires poly
kystiques,
- Bilan thyroïdien,
- Dosage
- de FSH et œstradiol.
Bilan de la réserve ovarienne :
En plus de l’âge de la femme et le compte folliculaire à l’échographie, les marqueurs validés
de la réserve ovarienne sont le dosage au 3 ème jour du cycle du couple FSH- œstradiol ou de
l’Hormone Antimüllérienne (AMH). Il n’y a pas de bénéfice démontré à associer plusieurs
marqueurs de la réserve ovarienne.
Ce bilan n’est indiqué qu’en cas de suspicion de baisse de la réserve ovarienne : âge > 35
ans, cycles courts, irrégularité du cycle, antécédents familiaux d’insuffisance ovarienne,
antécédents personnels de chirurgie ovarienne ou avant une fécondation in vitro.
1.4. Thérapeutique
1.4.4. Thyroïdie
1.4.5. SOPK ????
2.1.2 Bilan
Chez la femme
- Echographie endo-vaginale : utérus, ovaires (réserve ovarienne en follicules)
- Dosages hormonaux :
Œstradiol,
Progestérone : 2ème partie du cycle,
FSH et LH,
Androgènes : testostérone…,
AMH : reflète la réserve ovarienne,
TSH, T4 (dysthyroïdie et surtout une hypothyroïdie),
Prolactinémie (adénome hypophysaire).
- Bilan glycémique : à la recherche d’une insulino-résistance,
- HSG : obstacle au niveau du col, utérus, trompes,
- Sérologie chlamydiae,
- Hystéroscopie : diagnostique et thérapeutique,
- Cœlioscopie : diagnostique et thérapeutique,
- TDM ou IRM cérébrale : explore la selle turcique et confirme ou infirme l’existence d’un
adénome hypophysaire,
NB : FCV et mammographie pour dépistage des cancers du col et du sein.
Chez l’homme
- Refaire le spermogramme s’il était anormal avant,
- Spermoculture : si signes cliniques ou biologiques d’infection spermatique,
- Dosages hormonaux : Testostérone, FSH, Inhibine B,
- Echographie testiculaire,
- Echographie endo-rectale : prostate, vésicules séminales,
- Caryotype (47XXY),
- Dosage des paramètres biochimiques du liquide séminal.
IX. Conclusion
Annexes : à identifier
Références : seront rassemblées à partir des différentes parties traitées ci-dessus.
- Fertility and sterility vol.81, n°2: p.384-392)
- Les enjeux actuels et les stratégies de traitement de l'infertilité masculine par Peter T. K. Chan
M.D., C.M., [Link]., FRCS(C) Automne 2007
- Recommandations actuelles de l’infertilité en France CNGOF 2010
- Communiqué Collège National des Gynécologues et obstétriciens Français, Fédération
Nationale des Collèges de Gynécologie médicale, Société Française de Gynécologie.
- Collèges de Gynécologie Médicale, Société Française de Gynécologie.
- Extrait des mises à jour en gynécologie obstétrique publie le10/12/2010
- 63 [Link]