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Rapport National Habitat III Guinée 2016

Ce document présente un rapport national sur l'habitat pour la Guinée. Il fournit des informations générales sur le pays et examine les défis liés à l'urbanisation rapide, à l'aménagement du territoire, à l'environnement, à la gouvernance urbaine et à l'accès au logement.
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Rapport National Habitat III Guinée 2016

Ce document présente un rapport national sur l'habitat pour la Guinée. Il fournit des informations générales sur le pays et examine les défis liés à l'urbanisation rapide, à l'aménagement du territoire, à l'environnement, à la gouvernance urbaine et à l'accès au logement.
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REPUBLIQUE DE GUINEE

Travail – Justice – Solidarité


RAPPORT NATIONAL HABITAT III

COMITE NATIONAL HABITAT III


Février 2016

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 1


TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION .................................................................................................................................. 3
I. INFORMATIONS GENERALES SUR LA GUINEE ........................................................................ 4
I.1 Caractéristiques géographiques .................................................................................................... 4
1.2 Caractéristiques démographiques ................................................................................................ 5
1.3 Organisation territoriale ............................................................................................................... 5
1.4 Contexte économique et politique ............................................................................................... 5
1.5 Stratégie de réduction de la pauvreté et politique nationale de l’habitat ...................................... 6
II. DEMOGRAPHIE URBAINE - ENJEUX ET DEFIS ........................................................................ 7
2.1 Gestion de l’urbanisation rapide ................................................................................................. 7
2.2 Gestion des relations milieu rural-milieu urbain .......................................................................... 7
2.3 Répondre aux besoins des jeunes en milieu urbain ...................................................................... 8
2.4 Réponses aux besoins des personnes âgées ................................................................................. 9
2.5 Difficultés rencontrées ................................................................................................................. 9
2.6. Défis et enjeux futurs à inscrire dans le futur Programme de développement urbain ............... 11
III. L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET LA PLANIFICATION URBAINE ........................ 14
3.1 La planification et l’aménagement durables des villes .............................................................. 14
3.2 Amélioration de la production alimentaire urbaine et périurbaine ............................................. 14
3.3 Mobilité urbaine – congestion du trafic automobile .................................................................. 15
3.4 Renforcement des capacités de planification et de gestion des villes ........................................ 16
3.5 Difficultés rencontrées ............................................................................................................... 17
3.6 Défis et enjeux futurs à inscrire dans le futur Programme de développement urbain ............... 18
IV. ENVIRONNEMENT ET URBANISATION ................................................................................. 21
4.1 Le changement climatique ......................................................................................................... 21
4.2 La réduction des risques de désastres ........................................................................................ 21
4.3 La réduction de la pollution urbaine .......................................................................................... 22
4.3 Difficultés rencontrées ............................................................................................................... 23
4.4 Défis et enjeux futurs à inscrire dans le futur Programme de développement urbain ............... 23
CHAPITRE V. GOUVERNANCE URBAINE ET LEGISLATION ................................................... 26
5.1 Amélioration de la législation urbaine ....................................................................................... 26
5.2 Décentralisation et renforcement des autorités locales .............................................................. 26
5.3 Amélioration de la participation et des droits humains et inclusion sociale et équité ................ 27
5.4 Les difficultés ............................................................................................................................ 27
5.5 Défis et enjeux futurs à inscrire dans le futur Programme de développement urbain ............... 28
VI. ECONOMIE URBAINE – PROBLEMES ET DEFIS FUTURS ................................................... 30
6.1 Amélioration du financement municipal .................................................................................. 30
6.2 Soutien au développement de l’économie locale ....................................................................... 31
6.3 Les difficultés ............................................................................................................................ 31
6.4 Les défis et enjeux dans ces domaines pour le nouvel Agenda urbain. ..................................... 32
VII. HABITAT ET ACCES AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE ................................................ 34
7.1 Les acquis en matière d’accès aux services sociaux de base ..................................................... 34
7.2 Difficultés .................................................................................................................................. 34
7.3 Les défis et enjeux dans ces domaines pour le nouvel Agenda urbain ...................................... 37

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 2


INTRODUCTION

Le présent rapport est élaboré après une large concertation avec tous les acteurs concernés,
dans la perspective de la tenue prochaine de la troisième conférence des Nations-Unies sur les
établissements humains (Habitat III) prévue en 2016 à Quito (Equateur). Il fait le point sur la
mise en œuvre, au plan national, du Programme d’Habitat II adopté lors de la deuxième
conférence des Nations-Unies sur les établissements humains tenue à Istanbul (Turquie) en
1996. En outre il définit les défis et les enjeux pour les vingt prochaines années dans le cadre
du développement durable des villes de la République de Guinée.

La méthodologie d’élaboration de ce rapport a consisté à mettre en place un comité national


comprenant tous les acteurs de l’administration et de la société civile. Le document a été
rédigé par les membres du ce comité sur la base des orientations du document de stratégie de
réduction de la pauvreté, des schémas d’urbanisme et d’aménagement, des documents de
politiques sectorielles et d’interviews de personnes ressources.

Le rapport prend en compte les directives données aux pays par les Nations Unies, en vue de
la préparation de la prochaine conférence et s’articule autour des points suivants :

ž des informations générales, sur les caractéristiques géographiques et démographiques


et le contexte socio-économique, politique et sanitaire du pays ;
ž la présentation des politiques et mesure mises en œuvre par le gouvernement pendant,
les décennies passées en matière de gestion de la démographie urbaine,
d’aménagement du territoire et planification urbaine, de protection de l’environnement
face à l’urbanisation galopante, de gouvernance urbaine, d’économie urbaine, et
d’accès au logement et aux services de base ;
ž les défis et enjeux à prendre en compte dans le prochain agenda urbain ;
ž les indicateurs urbains et les indicateurs d’évaluation du niveau de décentralisation
ž une étude de cas consacrée à l’approche qui a sous tendu l’élaboration de la vision
Habitat 2021 de la Guinée.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 3


I. INFORMATIONS GENERALES SUR LA GUINEE

I.1 Caractéristiques géographiques

La Guinée est située entre 7°05' et 12°51' de latitude nord et 7°30' et 15°10 de longitude ouest
et couvre une superficie de 245 857 km². Le pays qui se localise sur la côte ouest de l’Afrique
Occidentale, est frontalier avec six États1, et comprend quatre grandes régions naturelles :

ž la Guinée Maritime, d’une superficie d’environ 47 518 km², possède 300 km de littoral
et s’étend sur une bande côtière large de 100 à 150 km, comprenant des formations de
mangrove, un ensemble de plaines continentales et des plateaux à l’Est. Traversée par
de nombreux cours d’eau, la région reçoit plus de 1 500 mm de pluie par an, le
maximum atteignant 4 m au niveau de Conakry ;

ž la Moyenne Guinée, qui s’étend sur environ 52 944 km², est la région la plus
montagneuse du pays. Son altitude est partout supérieure à 750 mètres et dépasse 1
200 mètres en certains endroits. Elle a une pluviométrie qui varie entre 1 300 mm au
nord et légèrement plus de 2 000 mm au sud. Cette région fait de la Guinée le château
d’Afrique en donnant naissance à la plupart des cours d’eau qui y coulent.

ž la Haute Guinée a une superficie approximative de 99 432 km² et une altitude


moyenne de 500 mètres, avec des pentes très faibles par endroit. Elle est caractérisée
par une unité géographique et son relief est peu marqué, d’où l’étalement de ses cours
d’eau et l’abondance des plaines alluviales. Sa pluviosité varie entre 1 600 mm au sud
et 1 200 au nord ; et

ž la Guinée Forestière, avec 45 963 km², a un relief tourmenté qui culmine à 1 752
mètres, au Mont Nimba. Cette région jouit d’une couverture forestière abondante et
d’un climat caractérisé par une saison des pluies variant entre sept et neuf mois et une
pluviosité moyenne annuelle de l’ordre de 2 500 mm.


1
Guinée Bissau, Sierra Leone, Libéria, Mali, Cote d’Ivoire, Sénégal.
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 4


1.2 Caractéristiques démographiques

La population de la Guinée qui était de 10,8 millions d’habitants en 2010 devait selon les
estimations, atteindre 12 millions d’habitants en 2015 et 13,7 millions en 2020. Le temps de
doublement de la population qui était de moins de 23 ans en 1996 sera de 24 ans environ en
2020. S’agissant de la population urbaine, comme c’était le cas en 1996 elle représente
toujours environ 30% la population totale, mais son effectif qui était de 2.117 600 environ en
1996 est estimé à 3 580 800 en 2015 et 4 119 900 en 2020. L’effectif de la population
féminine en âge de procréer sera multiplié par 1,4 entre 2010 et 2020 pour atteindre 3,21
millions.

Le trait le plus marquant de l’évolution prévue de la population est son extrême jeunesse
malgré une régression de 2.6 points. En effet, la population âgée de moins de 15 ans qui était
de 45,6 % en 1996, est estimée à 43% en 2015. Le poids de la population âgée (65 ans ou
plus) n’a pas connu beaucoup de changements en termes de proportion. Par contre, son
effectif qui était de 321 557 en 1996 et 480 831 en 2002 est estimé à 406 000 en 2015 et
devrait atteindre 492 000 en 2020. Enfin, la population en âge de travailler (15-64 ans) dont le
poids est actuellement estimé à 54% représentera toujours plus de la moitié de la population
totale. Ces effectifs importants pourraient poser des défis énormes en termes de prise en
charge, si les performances économiques ne sont optimisées.

1.3 Organisation territoriale

Le territoire de la Guinée est constitué de circonscriptions territoriales et de collectivités


locales. Les circonscriptions territoriales sont les préfectures et les sous préfectures et les
collectivités locales sont les régions (8), les communes urbaines (38) et les communes rurales
(303). Les régions sont constituées de préfectures et sont dirigées par des gouverneurs qui ont
parmi leurs attributions, l’impulsion et la planification du développement de leurs territoires
respectifs. Il existe 33 préfectures, dirigée chacune par un Préfet assisté de deux Secrétaires
Généraux chargés respectivement des collectivités décentralisées et de l’administration.
Chaque préfecture est constituée d’une commune urbaine et d’un certain nombre de
communes rurales. Les quartiers et les districts sont respectivement des sections des
communes urbaines et des communes rurales.

1.4 Contexte économique et politique

La mise en œuvre de l’agenda d’Habitat II 1996 s’est effectuée dans un contexte global
caractérisé par la faiblesse de ressources nécessaires pour financer le développement et un
contexte politique et sécuritaire peu favorable. En effet le contexte économique guinéen a été
marqué jusqu’en 2012 par la faible mobilisation de ressources internes et le manque ou la
baisse drastique de l’Aide Publique au Développement et une forte inflation atteignant 29,7%
en glissement annuel, toutes choses qui ont contribué à la forte dépréciation du Franc
Guinéen, et la chute vertigineuse des capacités d’investissement de l’Etat.

Cette situation s’est traduite entre autres par des pénuries régulières dans la fourniture de l’eau
et de l’électricité qui ont affecté négativement le développement des activités des PME/PMI,
les possibilités de création de richesses et d’emplois et la dégradation du pouvoir d’achat des
ménages, rendant leurs conditions de vie encore plus précaires.
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 5


Aussi, la Guinée a subi des agressions rebelles répétées en 2000, et les effets néfastes des
guerres qui ont ravagé le Libéria, la Sierra Léone, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire et
récemment le Mali. Le pays a enregistré la présence de centaines de milliers de réfugiés. Ceci
a représenté pour la Guinée un prix énorme en termes d’équilibre social, financier et
environnemental.

Sur le plan politique, il faut noter que la mise en œuvre du Programme habitat 1996 a débuté à
une période de grandes réformes découlant du remplacement du système socialiste par le
libéralisme économique et l’amorce du processus de la décentralisation. En effet les premières
élections pluripartites ont été tenues en 1993 et de nombreuses réformes politiques,
institutionnelles et économiques ont été engagées.

A partir de 2009, le pays a connu l’avènement de régimes militaires avec une suspension de la
constitution et la mise en place d’un Conseil National de la Transition (CNT) en Février 2010.
Cette situation prendra fin avec l’élection démocratique et l’investiture du Président de la
République, le Professeur Alpha CONDE en décembre 2010, et la mise en place d’une
Assemblée Nationale suite aux législatives de 2013.

1.5 Stratégie de réduction de la pauvreté et politique nationale de l’habitat

La stratégie de réduction de la pauvreté de la Guinée met l’accent sur le développement


urbain et à cet effet articule les interventions autour de l’amélioration de la gouvernance et le
renforcement des capacités institutionnelles et humaines ; le développement des
infrastructures de soutien à la croissance, le renforcement de l’accès aux services sociaux de
base et la résilience des ménages et des habitats.

S’alignant sur ces orientations, la politique du gouvernement en matière d’habitat a pour


objectif stratégique la planification, l’aménagement et l’équipement durable de l’espace
national et urbain.

C’est dans ces différents contextes que le Programme National Habitat II a été réalisé. Il faut
ajouter qu’avec la troisième République, le pays a fait des progrès appréciables dans ses
efforts de création de conditions socio économiques favorables à un avenir meilleur pour les
populations guinéennes. Malheureusement, cet élan a été ébranlé par l’épidémie de fièvre à
virus Ébola qui sévit en Guinée depuis le premier trimestre 2014. Cette crise de santé a
entrainé d’importantes pertes en vie et des impacts négatifs sur tous les secteurs de
l’économie. Entre autres, des projets d’études et de travaux négociés avec les partenaires ont
été reportés ; le trafic de conteneurs dans le port de Conakry a baissé d’un tiers ; deux tiers des
vols sur l’aéroport de Conakry ont été annulés ; les exportations de fruits et légumes vers les
pays voisins ont chuté de 90 pour cent dans le nord-ouest du pays. Les secteurs agricole et
minier ont été durement touchés également.

Aujourd’hui, grâce aux efforts du Gouvernement et de ses partenaires nationaux et


internationaux, cette épidémie est maîtrisée avec les programmes de sensibilisation et la mise
en place de mécanismes de prise en charge des malades du virus.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 6


II. DEMOGRAPHIE URBAINE - ENJEUX ET DEFIS

2.1 Gestion de l’urbanisation rapide

La population de la Guinée était d’environ 10,8 millions d’habitants en 2010, 12 millions en


2015 et devrait atteindre 13,7 millions en 2020. Le temps de doublement de la population qui
était de moins de 23 ans en 1996 passera à 24 ans environ en 2020. Comme en 1996, la
population urbaine représente toujours 30 % environ de cette population totale. Cette
population passera de 2 1175 79 en 1996 à 4 119 900 en 2020 selon les estimations du
Ministère du Plan. La croissance de la population urbaine est essentiellement le résultat d’un
accroissement naturel élevé, de migrations en provenance des zones rurales, et aussi de
transformation des campagnes en périphérie des centres urbains.
La gestion de cette urbanisation en Guinée a été abordée depuis deux décennies
principalement à travers la mise en application d’un schéma national d’aménagement du
territoire, des schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme des villes et d’une
Déclaration de Politique Nationale de la Population qui ont permis :

ž le développement d’importantes infrastructures de voiries, d’énergie, d’adduction d’eau,


d’assainissement, etc.
ž l’amélioration considérable de la situation sanitaire de la population dans l’ensemble, un
début de fléchissement de la fécondité dû à un retard de l'âge du mariage, en particulier en
milieu urbain.

2.2 Gestion des relations milieu rural-milieu urbain

De nombreuses actions ont été réalisées depuis deux décennies afin d’améliorer la gestion des
relations entre le monde rural et les centres urbains dans le sens de la maitrise des flux
démographiques. En effet un certain nombre de programmes de développement local et
participatif, ont entrainé l’amélioration des conditions de vie au niveau local en général et du
cadre villageois en particulier :

ž Le programme national de micro - réalisations réalisé dans les années 1990 par le
Secrétariat d’Etat à la Décentralisation (SED) en vue de satisfaire des besoins ressentis par
les populations elles-mêmes ;

ž Le programme d’appui aux Initiatives de base (PAIB) lancé à partir de 1994 et qui avait
pour objectif le renforcement de la capacité d’auto - promotion des communautés de base
et des collaborations avec les structures nationales et organisations non gouvernementales
(ONG) impliquées dans le développement local participatif ;

ž Le programme d’Appui et de Renforcement des Collectivités Décentralisées de Guinée


(PARC), exécuté en Moyenne-Guinée, en Basse Guinée qui visait, entre autres,
l’augmentation des capacités de gestion et de mobilisation des ressources communautaires
par des programmes d'accompagnement, de formation et d’assistance technique,
répondant aux besoins de chaque commune rurale ;

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 7


ž Le programme d’Appui aux Communautés Villageoises (PACV) qui a permis le
renforcement du processus de décentralisation au niveau politique, administratif et fiscal
ainsi qu’au renforcement des capacités des communautés rurales de développement à se
prendre en charge.

ž Le projet de développement intégré en faveur de la femme et de la jeune fille mis en


œuvre en milieu rural, démarré en 1994, et visant l’amélioration des conditions de vie de
la femme en allégeant ses tâches quotidiennes à travers la mise en place d’infrastructures
(points d’eau, latrines, lavoirs, jarres en ciment etc.), l’équipement des groupements
féminins pour la réalisation des activités génératrices de revenus (saponification, teinture,
maraîchage etc.).

ž Les autorités des collectivités décentralisées qui ont bénéficié de ces projets parviennent à
assumer des activités de planification, de passation de marché et même d’investissement
public, dans les secteurs prioritaires en matière de construction, entretien et amélioration,
des infrastructures socio-économiques, assainissement, etc. Les diverses interventions ont
contribué aussi à l’amélioration du cadre et des conditions de vie des populations
notamment en milieu rural et favorisé la promotion du mouvement associatif et
l’émergence de partenariat entre différents acteurs .

2.3 Répondre aux besoins des jeunes en milieu urbain

La population de moins de 35 ans constitue plus de 74% de la population guinéenne et cette


proportion sera une donnée constante dans la pyramide des âges pour les deux prochaines
décennies. Plus de la moitié de la population (55,1%) a moins de 20 ans ; ce qui représente
approximativement 6 215 000 jeunes. Les jeunes sont particulièrement affectées par le
chômage qui touche particulièrement les jeunes de la tranche d’âge de 20-29 ans, en
particulier ceux qui sont diplômés de l’enseignement supérieur. Le phénomène est
essentiellement urbain et concerne 15% de la population de la capitale Conakry par exemple
contre 0,4% en milieu rural (EIBEP 2002/2003). Plus de 40% des diplômés de

l’enseignement supérieur sont au chômage.

Face à cette situation les autorités publiques ont soutenu depuis 1996, les organisations de
jeunes, la création d’emplois et des actions en matière de développement des infrastructures.

Sur le plan de la création d’emplois divers programmes ont été initiés.

ž Le Programme national d’Appui à l’Emploi des jeunes a eu pour objectif de contribuer à


la réduction de la pauvreté en offrant aux jeunes, scolarisés ou pas, urbains ou ruraux, des
opportunités de formations qualifiantes pour améliorer leur employabilité ;

ž Le programme « Centres NAFA » pour les enfants de 10 à 16 ans, particulièrement les


filles jamais scolarisées ou qui ont abandonné l’école avant la fin du cycle primaire.
Aujourd’hui 64 centres sont fonctionnels dont 58 pour les filles.



Enquête intégrée de base pour l’évaluation de la pauvreté
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 8


ž Le Fonds national d’insertion des jeunes (FONIJ) soutient les initiatives à l’esprit
d’entreprise, les projets générateurs de revenus et d’emplois pour les jeunes en vue de
favoriser leur intégration dans le processus de développement socioéconomique du pays

ž Les programmes de travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) : travaux de


construction routières, portuaires, aéroportuaires, bâtiments et ouvrages ; travaux
d’assainissement (collecte, transfert et traitement manuel des ordures, construction ou
curage des fossés, etc.
ž La promotion de la micro – entreprise : taxi-motos, teinture, saponification, artisanat.

2.4 Réponses aux besoins des personnes âgées

En Guinée, selon la définition établie par le Ministère des Affaires Sociales, de la Promotion
Féminine et de l’Enfance2 , sont considérées comme personnes âgées, tous les individus dont

l’âge est supérieur ou égal à 65 ans. Jusqu’à un passé récent, la société guinéenne, comme
presque toutes les sociétés africaines, fonctionnait essentiellement sur une base
gérontocratique. Les personnes âgées jouissaient d’un statut social privilégié qui leur était
reconnu en raison de leur rôle important dans le système de parenté élargi. Elles étaient
dépositaires des valeurs ancestrales (pouvoir spirituel) et détenteurs des principaux moyens de
production (pouvoir économique).

Cependant, depuis quelques années, on observe des changements dans les structures
familiales et sociales sous l’effet combiné de l’urbanisation et de la modernisation
(l’apparition de la famille nucléaire, l’exode rural, le chômage et la crise économique). Ces
phénomènes qui sont inhérents au développement économique ont affecté sérieusement le
tissu social et le rôle de la famille dans l’encadrement de ses membres. Cette évolution sociale
fait que les personnes âgées sont entrain de perdre les privilèges auxquels elles avaient droit
autrefois, ce qui les met du coup, dans une situation de vulnérabilité.

Face à cette situation le pays ne s’est pas doté d’une politique spécifique des personnes âgées.
Mais la politique de la famille et de la protection sociale intègre des mesures en faveur de
cette couche vulnérable à travers les objectifs de : (i) renforcement et d’extension du système
contributif d'assurance sociale fiable et économiquement viable prenant en compte la
vieillesse (pensions de retraite); (ii) prévention de l'indigence et du renforcement du capital
humain des personnes les plus vulnérables et de la facilitation de leur accès aux services
sociaux de base.

2.5 Difficultés rencontrées

En dépit des efforts déployés par les pouvoirs publics pour une meilleure gestion de
l’urbanisation rapide, des relations milieu rural-milieu urbain, des problèmes des jeunes en
milieu urbain, des personnes âgées et pour l’intégration des questions de genre en matière de
développement urbain de nombreuses contraintes subsistent. Il s’agit de :



Etude sur les groupes marginaux en Guinée, 2012-2013

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 9


2.5.1 En matière de gestion de l’urbanisation :

ž des disparités spatiales persistantes de croissance urbaine des centres urbains :


Conakry et les capitales régionales et les villes minières restent les principales centres
d’attraction des populations rurales ;

ž de la faible connaissance des mouvements de populations et leurs déterminants ;

ž de la prédominance de l’approche sectorielle d’aménagement à cause de la non mise


en place du Comité Interministériel d’Aménagement du territoire et d’une politique
d’aménagement du territoire qui aurait permis d’harmoniser les interventions et ainsi
d’améliorer les rendements des investissements ;

ž du faible développement de certaines petites et moyennes villes.

2.5.2 En ce qui concerne la gestion des relations milieu urbain – milieu rural :

ž la faible densité et la dégradation des routes interurbaines et des pistes rurales et donc les
difficultés d’échanges et de transport des populations et des marchandises entre les deux
milieux ;
ž la faiblesse de l’accès à l’électrification au niveau des campagnes et de la qualité et de
l’efficacité des services publics en général ;
ž l’insuffisance des performances des collectivités due à l’insuffisance des ressources
humaines, financières et matérielles pour assurer leur fonctionnement et des
investissements.

2.5.3 S’agissant des réponses aux besoins des jeunes en milieu urbain

ž la faible coordination des interventions et harmonisation des textes régissant le secteur en


charge de la jeunesse et de l’emploi ;
ž l’insuffisance de centres de formation et de qualités professionnels ;
ž le taux de chômage élevé parmi les jeunes et la faiblesse de l’offre d’emplois tant au niveau
du secteur privé que de la fonction publique ;
ž la quasi manque de centres sportifs polyvalents d’échelle et internationale et
d’équipements sportifs de proximité comme moyen d’insertion des jeunes ;
ž l’importance de la délinquance juvénile, la faiblesse du contrôle parental et l’insuffisance de
l’encadrement judiciaire de prévention.

2.5.4 En matière de prise en compte des besoins des personnes âgées et des questions de
genre

ž La faible prise en charge des problèmes des personnes âgées à cause de l’absence
ž d’une politique nationale en la matière;
ž la faiblesse des pensions des retraités des services publics et parapublics;
ž l’absence d’appui pour leur accès à des services de base et pour satisfaire leur besoin
spécifique ;
ž l’analphabétisme ou le faible niveau d’instruction;
ž le poids des responsabilités sociales et familiales;
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 10


ž la faiblesse des capacités économiques des femmes ;
ž l’insuffisance de centres de prises en charge des enfants en difficultés et des handicapés ;
ž le taux d’abandon élevé de l’école par les jeunes filles.

2.6. Défis et enjeux futurs à inscrire dans le futur Programme de développement urbain

2.6.1 Mesures générales

Globalement, les défis communs à toutes ces thématiques sont : la mobilisation des ressources
financières et le renforcement des compétences techniques des services centraux et décentralisés
et le suivi-évaluation des politiques et programmes.

2.6.2 En matière de gestion de l’urbanisation : Les suggestions concernent aussi bien


l’accroissement démographique que la gestion des problèmes que ce phénomène induit, à
savoir :
ž l’encouragement de la recherche multidisciplinaire, afin de mieux cibler les actions à
entreprendre ; la conduite d’enquêtes spécifiques sur des aspects démographiques peu ou
pas bien documentés telles que les migrations en Guinée, la sexualité et la santé de la
reproduction des jeunes ;

ž la réduction des migrations et la maîtrise des mouvements de population au sein du territoire


afin de susciter dans chaque région l’émergence d’un pôle urbain de développement
d’envergure conforme aux potentialités de chaque région ; ainsi soulager la capitale
Conakry par :

§ l’actualisation et opérationnalisation du Schéma National d’Aménagement du


Territoire (SNAT) ; d’un schéma de cohérence territoriale de Conakry, Coyah,
Dubréka et Kindia ;
§ l’élaboration de schémas de cohérence territoriale pour les autres villes ;
§ la mise en œuvre de programmes d’infrastructures et ’équipement d’envergure et d'un
programme d'équipement minimal de petites villes ;
§ le développement de micro projets dans la zone rurale pour favoriser l’émergence
d’établissements humain ruraux.

2.6.3 En ce qui concerne l’amélioration des relations milieu urbain – milieu rural, les
propositions sont les suivantes :

ž la poursuite par l’Etat, des investissements pour le désenclavement par la construction et


la réhabilitation des pistes et ponts afin de garantir la durabilité de la mobilité ;
ž l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme national de transport en milieu rural en
vue de la résolution des problèmes de mobilité et d’évacuation des produits agricoles vers
les villes et vice versa des intrants vers la campagne;
ž la poursuite de l’électrification rurale
ž la poursuite de l’implantation des fibres optiques
ž le renforcement et l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des services publics en
milieu rural.



Source Plan national de développement agricole
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 11


2.6.4 En matière de prise en charge des besoins des jeunes, les recommandations ci- après ∗

s’articule autour de la formation, la création de l’emploi et la mise à disponibilité des jeunes


des infrastructures de récréation. Il s’agit de :

ž l’actualisation et l’harmonisation des textes régissant le secteur en charge de la jeunesse et


de l’emploi ;
ž l’élaboration et l’adoption des programmes d’enseignement et ou de formation adaptés
aux opportunités de création d’emplois ;
ž l’amélioration de l’employabilité des jeunes à travers la formation qualifiante,
l’information, les conseils d’orientation et la prospection pour l’identification de
gisements d’emplois dans tous les secteurs de développement;
ž la création de centres de métiers dans les quatre capitales régionales : Kindia, Labé,
Kankan, N’Zérékoré et de proximité
ž la promotion et le recours aux travaux HIMO (Haute Intensité de Main d’œuvre) dans
l’exécution des programmes d’investissements publics au niveau local et décentralisé en
vue de créer davantage d’emplois pour les jeunes, en particulier ceux qui sont sans
qualification aussi bien en milieu rural qu’urbain.
ž la construction d’infrastructures de haut niveau, toutes disciplines confondues, capables
d’abriter des manifestations de jeunesse et des compétitions nationales et internationales et
de promouvoir le sport comme moyen d’insertion des jeunes;
ž le développement d’infrastructures et d’équipements sportifs de proximité en vue d’offrir
aux jeunes et à tous les citoyens la possibilité de pratiquer des activités socio-éducatives,
physiques et sportives dans des conditions appropriées.

2.6.5 Concernant la prise en charge des besoins des personnes âgées, le programme
Habitat III devra intégrer :

ž l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique nationale des personnes âgées ;


ž la revalorisation des salaires et pensions pour les travailleurs en activité et les retraités des
services publics et parapublics;
ž la construction d’un Institut de prise en charge psycho – sociale, centre de loisir, lieu
d’échange intergénérationnel, pour personnes âgées ;
ž l’amélioration de leur cadre de vie par l’accès aux services de base ; et la construction
d’abris de repos accessibles aux personnes âgées.

2.6.6 Pour le plein épanouissement des femmes, et des personnes handicapées, les
recommandations relèvent du renforcement des capacités techniques et financières. Il s’agit

principalement de :

ž l’application des conventions internationales relatives aux femmes, aux handicapés et aux
personnes âgées notamment;
ž le renforcement des capacités d'intervention en vue de la mise en œuvre de la Politique
Nationale Genre ;



Source : Plan de Développement de la Jeunesse


Source : Politique Nationale du Genre, et la politique de la famille et de la protection sociale
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 12


ž la finalisation de la construction des centres sociaux des jeunes aveugles de Kankan et la
construction de centres orthopédiques ;
ž la création des centres d’insertion et de formation des enfants en difficulté et des
handicapés ;
ž l’encouragement et la promotion de l’orientation et du maintien des filles dans les séries
techniques pour leur meilleure participation aux projets d’amélioration des établissements
humains ;
ž l’appui aux femmes dans les activités génératrices de revenus qu’elles développent au sein
de l’habitat précaire ;
ž l’appui à la construction de marchés, aménagement des lieux de séchage de poisson,
construction de bâtiments de stockage ;
ž l’appui à l’accès des femmes et des personnes handicapées au logement social et au crédit
pour le logement.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 13


III. L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET LA PLANIFICATION URBAINE

3.1 La planification et l’aménagement durables des villes

Ce n’est qu’à partir de 1986, que la Guinée s’est dotée d’outils de planification et de gestion
spatiale : le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT), quatre Schémas
Régionaux d’Aménagement et de Développement, le plan de développement urbain de
Conakry, et dix Schémas Directeurs d’Aménagement et d’Urbanisme des villes secondaires,
les Plans Urbains de Référence. Pour compléter ce dispositif, le Code Foncier et Domanial et
le Code de l’Urbanisme ont été adoptés. Ces outils ont permis l’amélioration de la
fonctionnalité et de la salubrité des villes, la mobilisation des ressources à partir du foncier,
l’augmentation substantielle de l’accès à la propriété, l’augmentation des investissements
publics et privés dans l’immobilier, etc.

Cependant, malgré l’existence de ce cadre normatif les pratiques informelles prédominent.


Les tissus urbains sont occupés à plus de 50% anarchiquement, les villes connaissent un
étalement urbain accéléré qui se fait à travers des lotissements ponctuels peu articulés. Cette
situation engendre une pollution et une destruction massive des écosystèmes de mangroves,
des rivières, des espaces verts en général aussi bien à Conakry que dans les villes secondaires.

3.2 Amélioration de la production alimentaire urbaine et périurbaine


En milieu urbain et zone périurbaine, sont pratiqués dans des conditions souvent difficiles par
manque d’aménagement, l’agriculture céréalière, l’horticulture, la pêche et le petit élevage.
Pour assurer la sécurité alimentaire et accroître les revenus agricoles, la Guinée s’est dotée
depuis 1991 de trois lettres de politique agricole.
Dans ces cadres le Gouvernement a poursuivi les objectifs que sont l’augmentation de la
productivité et de la compétitivité de la production vivrière en particulier rizicole et la relance
de l’horticulture sur une base durable ; la diversification par la promotion des productions
vivrières de substitution ; l'appui aux producteurs ainsi qu'aux petites et moyennes entreprises
agricoles ; l’amélioration des opportunités de revenus des populations ; la promotion des
investissements privés ; la protection de l’environnement et la gestion rationnelle et durable
des ressources naturelles.
D’importants acquis ont été réalisés dans le cadre du projet de relance des exportations
fruitières, le volet cultures fruitières des Programmes de développement rural en Guinée
Maritime ; du Projet Cadre de Promotion des Exportations Agricoles ; du Projet
d’Investissement et Commercialisation Agricoles ; etc.
Depuis 2012, avec la troisième République on note une amélioration substantielle en matière
de production alimentaire en général et du riz notamment.

En ce qui concerne l’élevage, l’activité occupe une grande place dans la production
alimentaire en milieu urbain et périurbain. Il reste un potentiel important pour satisfaire les
besoins alimentaires de la population. Dans ce domaine l’objectif de sécurité alimentaire vise
l’augmentation significative du cheptel, de la production de la viande, de lait et des œufs.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 14


Par ailleurs la pêche, et l’aquaculture, est un segment économique contribuant
considérablement à la réduction de la pauvreté en milieu urbain (dans les villes situées le long
de la mer, des bras de mer et des fleuves notamment) et à la sécurité alimentaire par la
satisfaction des besoins en protéines animales à base de poissons.

3.3 Mobilité urbaine – congestion du trafic automobile

Les populations guinéennes sont confrontées à d’importantes difficultés de mobilité du fait de


la faible disponibilité des infrastructures et services de transport et de la faible capacité
institutionnelle de l’administration pour assurer la maîtrise et la régulation du secteur. En
moyenne 29.1 % des ménages guinéens mettent plus de 60 minutes pour accéder aux
services de transport public le plus proche. En milieu rural en général et milieu pauvre en
particulier les pourcentages sont respectivement de 39,1% et de 42,9%. En milieu urbain dans
l’ensemble ce sont environ 7,1% des ménages qui sont concernés ; et 10,0% en milieu urbain
pauvre (ELEP 2012).

Tableau Répartition (en %) des ménages selon le temps nécessaire (en minutes) pour
atteindre les transports publics les plus proches

< 15 15 à 29 30 à 44 45 à 59 60+ Total


Ensemble 46,1 13,3 7,5 4,0 29,1 100,0
Milieu de résidence
Rural 38,2 10,5 7,4 4,9 39,1 100,0
Rural pauvre 35,8 9,3 7,4 4,6 42,9 100,0
Urbain 63,5 19,6 7,7 2,0 7,1 100,0
Urbain pauvre 54,7 22,6 9,9 2,8 10,0 100,0
Enquête Légère pour l’Evaluation de la Pauvreté – 2012

Répartition (en %) des ménages selon le temps nécessaire (en minutes) pour
atteindre la route praticable la plus proche
< 15 15 à 29 30 à 44 45 à 59 60+ Total
Ensemble 65,5 9,0 4,7 2,7 18,1 100,0
Milieu de résidence
Rural 58,0 8,2 5,1 3,4 25,4 100,0
Rural pauvre 57,4 7,9 5,3 3,3 26,1 100,0
Urbain 82,0 10,9 3,7 1,3 2,0 100,0
Milieu urbain pauvre 77,5 12,2 4,9 1,9 3,6 100,0
Enquête Légère pour l’Evaluation de la Pauvreté – 2012

A Conakry pour améliorer la fluidité de la circulation un train de banlieue « Conakry Express


» a été mis en service qui a transporté 2.000.000 de passagers en 2011 et une Société de
Transports de Guinée (SOTRAGUI) pour l’exploitation, de cent (100) bus de grande capacité
en vue de doter le pays d’un système moderne de transport urbain et interurbain, capable de
fournir aux usagers des services de qualité à moindre coût.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 15


3.4 Renforcement des capacités de planification et de gestion des villes

L’accomplissement des missions en matière d’habitat s’appuie sur une architecture


institutionnelle qui rencontre des contraintes majeures, au nombre desquelles, on peut citer : la
faiblesse des moyens financiers, matériels et techniques, l’insuffisance des ressources
humaines et la faible évaluation des politiques mises en œuvre.

Les deux décennies passées le Gouvernement a mis en place de nombreux programmes de


renforcement des capacités des collectivités locales et des ministères techniques. Au nombre
de ces programmes figurent le Programme de Renforcement des Capacités Institutionnelles
(PRCI), le Programme d’Appui aux Communautés Villageoises (PACV) et le Troisième
projet de développement urbain (PDU3).

Le Programme de Renforcement des Capacités Institutionnelles a été mis en œuvre à


partir de 2003 en vue d’améliorer la qualité des prestations des services publics en s’attaquant
aux quatre contraintes institutionnelles majeures suivantes :

ž l’insuffisance des ressources financières allouées aux services déconcentrés,


ž les faiblesses de gestion des administrations déconcentrées et des entités décentralisées,
ž le manque de communication efficace entre les prestataires et les bénéficiaires de services,
ž l’absence de système d’incitation à la bonne performance.

Le programme a obtenu des résultats probants tant au niveau central que local, mais n’a pu
voir son terme, faute de financement.

Le programme d’appui aux communautés villageoises a permis de mettre en place dans


plus de 140 communes rurales, des outils de planification et de gestion simplifiés parmi
lesquels : les plans de développement locaux (PDL), les plans annuels d’investissement (PAI),
les comités de passation des marchés et les comités de suivi des travaux. Ainsi des réalisations
importantes ont été faites au bénéfice des populations en matière de santé, d’éducation,
approvisionnement en eau, etc.

Le SENAREC (Secrétariat National pour le Renforcement des Capacités) a été mis en


place en 1999 pour coordonner les activités relatives à l’amélioration de la gouvernance et au
renforcement des capacités en Guinée, tout en servant d’interface avec les partenaires au
développement. Ce programme national de renforcement des capacités et de gouvernance a
permis :

ž l’amélioration des capacités de l’administration centrale, la Banque centrale et les


organisations patronales et professionnelles en matière d’analyse et de prévision
macroéconomique, de programmation et de gestion des finances publiques, de production
de l’information statistique et la promotion du secteur privé ;
ž l’amélioration du secteur de la justice et le renforcement des institutions républicaines ;
ž la promotion le renforcement des aptitudes des acteurs de la société civile et du secteur
privé.

Le troisième projet de développement urbain : Le Gouvernement de la République de


Guinée a mis en œuvre de 1999 à 2013, son troisième projet de développement urbain. Le
projet a couvert dix villes pour lesquelles il a conduit des audits urbains, organisationnels et
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 16


financiers. Ces audits ont permis de mettre en œuvre des actions de renforcement des
capacités par la formation, la construction de sièges des communes et leur équipement,
l’amélioration des grandes infrastructures urbaines de Conakry et des principales villes
secondaires.

3.5 Difficultés rencontrées

Malgré les efforts déployés par le Gouvernement pour améliorer l’impact de la planification et
des capacités de gestion urbaine, l’agriculture périurbaine et la mobilité urbaine,
d’importantes difficultés persistent notamment en ce qui concerne la mobilisation des
ressources. Ce sont :

3.5.1 En matière de planification et l’aménagement durables des villes :



ž la quasi absence d’allocation des ressources du BND pour l’élaboration des documents de
planification ;
ž l’inadaptation des outils de planification existants ;
ž l’absence de documents de planification pour beaucoup de villes ;
ž l’inexistence de la règlementation en vigueur en matière de lotissement et d’attribution de
parcelles ;
ž l’étalement urbain et la spéculation foncière.

3.5.2 Dans le secteur de l’agriculture

ž le déficit en barrages de retenue d’eau et d’aménagements adéquats ;


ž la faiblesse de la fertilité des sols et de l’accès aux facteurs et moyens de production ;
ž les problèmes commercialisation, de conservation, et de transformation industrielle ;
ž les dégâts causés par la transhumance.

3.5.3 Dans le secteur de l’élevage

ž le déficit en construction d’abri d’animaux ;


ž le déficit d’équipements de conservation des produits d’origine animale ;
ž le faible rendement dans le secteur ;
ž la faible connaissance des textes régissant le secteur.

3.5.4 Dans le domaine de la pêche

ž la baisse générale de l’abondance des ressources halieutiques due à la surexploitation des


stocks de poisson ;
ž la perturbation du biotope par l’effet combiné des pollutions, des incursions répétées des
navires industriels dans la zone réservée à la pêche artisanale,
ž la destruction de la mangrove (principale nurserie de la côte guinéenne) ;
ž l’insuffisance des infrastructures d’accueil : port, quai, équipement de froid ; des
structures de traitement des produits et contrôle sanitaire ;
ž le manque de matériels et intrants de pêche, etc.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 17


3.6 Défis et enjeux futurs à inscrire dans le futur Programme de développement urbain

3.6.1 Globalement, les défis communs à toutes ces thématiques concernent la mobilisation des
ressources financières et le renforcement des compétences techniques des services centraux et
décentralisés et le suivi-évaluation de la mise en œuvre des politiques et programmes.

3.6.2 En matière de planification et d’aménagement durable des villes et de gestion du


foncier, les défis et enjeux consistent à changer les pratiques de planification pour prendre en
compte l’environnement, le changement climatique et le rôle de la société civile et des
collectivités décentralisées. Ceci passe par :

ž l’élaboration ou l’actualisation des plans/schémas urbains ;


ž la définition des formes et des densités urbaines adaptées pour les futures extensions et
pour les projets de rénovation et de régénération urbaines;
ž l’intégration des espaces ouverts d’évacuation et de respiration dans la conception des
nouveaux quartiers.
ž l’établissement de plans fonciers tel que institué par le code foncier et domanial en vue de
la sécurisation foncière des ménages à faible revenu notamment et le renforcement des
capacités des collectivités locales pour une gestion de proximité du foncier.
3.6.3 Concernant la production alimentaire urbaine et périurbaine

Secteur de l’agriculture :
ž la construction des barrages de retenue d’eau pour l’irrigation ou à but multiple ;
ž la mise en place des périmètres avec maîtrise totale de l’eau pour l’accroissement de la
productivité agricole et la préservation durable de l’écosystème et du potentiel agricole ;
ž l’augmentation de la productivité de l’exploitation agricole par des aménagements
adéquats et l’amélioration de la fertilité des sols ;
ž l’amélioration de l’accès aux facteurs et moyens de production : terre, intrants,
technologies, etc.
ž la promotion des cultures horticoles et de leur commercialisation : haricot vert, tomate
cerise, melon, petit piment, ananas, mangue, etc. ;
ž l’amélioration de l’équipement des producteurs (dessouchage, sous-solage, matériels
d’irrigation).

Secteur de l’élevage :

ž la sédentarisation des éleveurs par : la formation, l’amélioration de la santé animale, lutte


contre les maladies épizooties l’intensification de l’élevage ;
ž la promotion de l’intégration agriculture/élevage ;
ž le développement des élevages à cycle court par les femmes et l’appui à la mise en place
de couvoirs dans les chefs-lieux des régions ;
ž la mise en place d'une unité de fabrication d'emballages des produits avicoles et
l’implantation d’unités de fabrication d’aliments pour bétail ;
ž la formation des éleveurs et l’appui en faveur de la construction des logements
d’animaux, des infrastructures de commercialisation et équipements de conservation des
produits d’origine animale ;

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 18


ž la promotion et l’appui de l’introduction dans les fermes des espèces animales à haut
rendement pour accroître la production et le rendement des individus issus des différentes
méthodes de reproduction (croisement- métissage, etc.).
ž la vulgarisation du code pastoral.

Secteur de la pêche:

ž le développement de partenariats stratégiques entre les institutions intervenant dans le


secteur de la pêche et de l’aquaculture ;
ž la mise en place d’un fonds d’appui au secteur ;
ž la promotion d’un environnement incitatif pour le développement des activités du secteur ;
ž la promotion et l’appui en faveur de la pisciculture ;
ž le renforcement de la coopération sous-régionale, régionale et internationale notamment
en matière de suivi, contrôle et surveillance des pêches, de recherche, de qualité des
produits et d’accords de pêche ;
ž l’amélioration des services aux secteurs de production (infrastructures de débarquement,
de transformation et de commercialisation, métiers de la mer et de l’entretien…) ;
ž l’élaboration de plans d’aménagement participatif spécifiques pour chacune des
principales pêcheries ;
ž la restauration et la protection des écosystèmes halieutiques ;
ž la mise en place d’infrastructures adéquates pour le débarquement, la conservation et la
distribution des produits de la pêche et de l’aquaculture ;
ž la sensibilisation, le renforcement des capacités des collectivités et la réalisation des
travaux de préservation durable des mares et des écosystèmes environnants.

3.6.4 Mobilité urbaine – congestion du trafic automobile

Le Gouvernement vise à moyen et long terme, la satisfaction des besoins de transport à


moindre coût pour les populations tout en assurant une qualité de service et
l’observation de normes de sécurité.

ž l’élaboration d’un plan ou schéma national directeur des transports ;


ž la mise en place ou le renforcement d’un système de transport en commun et d’inter
modalité, permettant le passage d’un mode de transport à l’autre en fonction des besoins et
des moments, qui permettra d’irriguer l’ensemble du territoire des villes y compris les
périphéries ;
ž le renforcement des liaisons routières entre les régions naturelles du pays ;
ž le développement des transports publics et privés ;
ž la promotion du transport fluvial et marin par la réhabilitation de la navigabilité des
fleuves (Niger et Milo) ainsi que les petits ports et embarcadères fluviaux et marins.
ž le renouvellement du parc automobile et le contrôle technique ; la formation civique des
conducteurs ;
ž l’introduction de l’essence sans plomb, et le recours à des mesures fiscales incitatives et
des mesures de sensibilisation
ž Le développement des transports publics et la promotion des modes de déplacement non
motorisés ;
ž la mise en place d’un système cohérent et centralisé de régulation du trafic, et du
stationnement des véhicules, etc.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 19


3.6.5 Renforcement des capacités de planification et de gestion des villes

En vue d’instaurer une gestion harmonisée, efficace et efficiente des différents acteurs du
secteur urbain, les actions et mesures proposées sont : ∗

ž l’évaluation et la continuation des programmes nationaux de renforcement des capacités


institutionnelles ;
ž la formation post universitaire, universitaire et professionnelle en conception des projets,
suivi - évaluation de leur exécution ; en aménagement du territoire, urbanisme et
architecture pour les cadres et agents des services centraux et des communes ;
ž le renforcement des capacités de planification et de gestion des communes dans les
domaines de l’urbanisme et de l’habitat ;
ž l’appui à la Direction de l’observatoire des villes en vue de la mise en place de bases de
données et d’indicateurs de suivi/évaluation des projets et programmes de développement
urbain.
ž la construction et équipement des sièges centraux et déconcentrés du Ministère de la Ville
et de l’aménagement du Territoire (MVAT) et l’intégration des NTIC ;
ž l’information, la sensibilisation, la formation et l’appui financier aux acteurs privés et aux
ONG du secteur MVAT ;
ž la mise en place d’un mécanisme de partenariat étroit entre le MVAT, le secteur privé et la
société civile.



Source : Politique Nationale de l’Habitat
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 20


IV. ENVIRONNEMENT ET URBANISATION

4.1 Le changement climatique

A l’instar de beaucoup de pays du monde, la Guinée, en ratifiant en 1993 la Convention


Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), s’est engagée à
œuvrer pour une politique de développement durable, basée sur l’utilisation rationnelle des
ressources naturelles et l’amélioration des techniques de production. Pour respecter ses
engagements, le pays a élaboré sa première communication nationale qui a établi la
vulnérabilité des différentes ressources aux changements climatiques.

Cette communication a déterminé les gaz à effet de serre émis et absorbés en Guinée et
répertorié des mesures d’atténuation. En particulier elle a permis de mettre en évidence les
risques d’immersion de nombreuses îles habitées et même des villes continentales, la
destruction des infrastructures situés sur le littoral et des problèmes d’inondation accentués
par l’inadéquation des infrastructures urbaines de drainage pour ne citer que ces contraintes.

Face à cette situation, des stratégies globales d’adaptation ont été déterminées et ont fait
l’objet d’un Plan National d’Adaptation au changement climatique (PANA) qui se fixe
comme but d’exposer les mesures urgentes et immédiates à entreprendre pour s’adapter aux
effets néfastes des changements climatiques. Ces projets traitent de l’amélioration de la
desserte en eau pour les divers besoins, la protection de la zone côtière (villes, faune, flore,
etc.), l’amélioration des rendements agricoles et d’élevage, la sauvegarde des formations
forestières, la promotion de l’information, de l’éducation et de la communication, etc. En
2012 le Gouvernement et ses partenaires ont démarré des actions ciblant le secteur de
l’urbanisme à travers le Projet « Renforcement de la Résilience et Adaptation aux impacts
négatifs du Changement Climatique des Zones Côtières vulnérables de la Guinée (RAZC).

Reconnaissant que l’aménagement du territoire et l’urbanisme peuvent contribuer à la


recherche de solutions d’atténuation et d’adaptation, le projet a mené des activités de :
formation et sensibilisation des cadres et agents du secteur de l’aménagement du territoire et
de l’urbanisme, et la sensibilisation des élus locaux. Il y a eu aussi l’évaluation des schémas
de la zone côtière, en vue de déterminer si des mesures d’adaptation au changement
climatique sont intégrées à ces documents, la préparation d’un guide d’actualisation et ou
élaboration des schémas de Dubréka, Kamsar, Conakry, Coyah et Forécariah, intégrant les
mesures d’adaptation au changement climatique.

4.2 La réduction des risques de désastres

De façon générale, les villes guinéennes sont vulnérables à cause de plusieurs facteurs parmi
lesquels : la faible couverture en caniveaux et ouvrages d’assainissement; l’absence de plans
d’occupation, le déboisement massif des flancs des coteaux, l’implantation anarchique des
constructions et qui sont souvent érigées dans des zones à risques (fortes pentes, marais et
terres basse, aire de crues des cours d’eau, front de mer etc.). Cette situation qui induit des
problèmes importants d’inondation et d’éboulement, découle de la faible application du code
de l’urbanisme, du code foncier et du code de la construction et de l’habitation.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 21


En 2009, 4781 habitations ont été détruites par l’inondation dans 13 villes de la Guinée : 1498
à Guéckédou, 614 à Conakry ; 348 à Siguiri, etc. Ceci a entraîné le déplacement de 6700
personnes environ dont 4315 à Mamou, 1512 à Dabola et 876 à Guéckédou. Entre 2010 et
2011, ce sont 10 828 personnes qui ont été affectées par l’inondation.

Plusieurs glissements de terrains de grande envergure ont été enregistrés dans les villes de la
Guinée. La ville de Coyah par exemple en a enregistré trois* : (i) le premier à Kouria au Mont
Kakoulima (1007 m); (ii) les deux autres dans la commune urbaine au Mont Balan. La
topographie du site, relativement variée, comporte des zones aux versants escarpés,
généralement caractérisés par des inclinaisons supérieures à 5%. Ces versants peuvent induire
une instabilité des sols entraînant des glissements de terrain et des chutes de blocs.

Par ailleurs, la zone côtière de la Guinée n’est pas à l’abri de certaines catastrophes
océaniques comme le tsunami qui est la manifestation de séisme en mer ou de raz de marée.
Aussi les villes sont exposées aux risques d’incendie du fait de la faible structuration de
l’espace.

4.3 La réduction de la pollution urbaine

La croissance démographique et son évolution accentue le déséquilibre entre la population, les


ressources, la capacité d’accueil du milieu, l’environnement et le développement. La plus part
des industries du pays sont concentrés dans la capitale et dans quelques villes capitales
régionales, et villes minières. Ce qui se traduit par un surpeuplement dans ces villes, souvent
au détriment de certaines terres agricoles et la destruction des trames vertes et bleues.

On assiste à une progression des problèmes de pollution industrielle, en raison de


l’augmentation de petites et moyennes industries polluantes et surtout à cause du
développement anarchique de l’espace des villes et du manque de zonage et la non application
de la règlementation devant guider l’implantation des activités socio économiques à travers
les tissus urbains. En dehors de l’impact des activités industrielles, la pollution liée aux autres
activités humaines est très importante. Il s’agit de la formation des poussières dues aux
activités de transport ; le rejet de fumées par les moteurs à combustion, le bois de chauffe et
l’incinération des déchets solides ; le rejet dans la nature des déchets solides et liquides sans
traitement préalable.

Pour améliorer cette situation, le Plan National d’Action Environnemental (PNAE) a été
élaboré et a permis des améliorations substantielles. Aussi les trois projets urbains et le
troisième Projet Eau et Assainissement ont permis d’améliorer la collecte d’eaux usées au
niveau de la Commune de Kaloum, des bassins versants de Landréah dans la commune de
Dixinn et ceux de Sobragui, de Moussoudougou et Madina dans la Commune de Matam.

D’importantes activités de perfectionnement des petites entreprises privées et des artisans


opérant dans le secteur, ont été conduites pour augmenter la qualité des services
d’assainissement de la capitale.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 22


4.3 Difficultés rencontrées

Malgré les projets et programmes mis en ouvre le pays connait des problèmes importants liés
à l’impact du changement climatique, La réduction des risques de désastres, la réduction de la
pollution urbaine.

4.3.1 Concernant le changement climatique et les risques de désastres les contraintes


sont :

ž l’augmentation considérable de la population urbaine et une consommation accélérée de


l’espace ;
ž la faible capacité de planification et de gestion et de mise en œuvre des mesures
d’adaptation aux impacts du changement climatique ;
ž la faible couverture en réseau de drainage malgré les acquis des projets urbains ;
ž les implantations informelles des constructions, caractérisées par de fortes densités de
population, la précarité des bâtiments ; le nombre élevé de personnes vivant sous le seuil
de pauvreté ;
ž la dégradation des cordons dunaires de sable et les mangroves dont l’un des avantages est
la protection de l’arrivée de vagues de hauteur importante ;
ž le fort encombrement des réseaux hydrographiques et la flore à cause de l’urbanisation
anarchique et de la faible application des textes règlementaires que sont les codes de
l’urbanisme et du foncier ;
ž l’occurrence de vagues de chaleurs extrêmes qui sont dues au climat mais aussi à
l’imperméabilisation des terrains, la perte du couvert forestier, à la qualité des matériaux
de construction, aux émissions de gaz à effet de serre.

4.3.2 En matière de pollution

ž la faible maîtrise de la pollution industrielle, en raison de l’augmentation de petites et


moyennes industries polluantes et surtout à cause du développement anarchique de
l’espace des villes et du manque de zonage et la non application de la règlementation
devant guider l’implantation des activités socio économiques à travers les tissus urbains ;
ž la formation des poussières dues aux activités de transport ;
ž le rejet de fumées par les moteurs à combustion, le bois de chauffe et l’incinération des
déchets solides ; et
ž le rejet dans la nature des déchets solides et liquides sans traitement préalable.

4.4 Défis et enjeux futurs à inscrire dans le futur Programme de développement urbain

4.4.1 Dans les domaines du changement climatique et des désastres et catastrophes

ž La connaissance des impacts climatiques sur les tissus urbains, les infrastructures et la
cartographie et l’inventaire des écosystèmes intégrant les espaces verts et boisés, les terres
agricoles, les couloirs biologiques de faunes et de flores, les cours d’eau, les lacs et les
espaces de débordement en période de crue ;

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 23


ž La conduite d’une étude géologique et géophysique des zones sismiques antérieurement
répertoriées et des éventuels rebondissements des secousses sismiques et des glissements
de terrain dans les villes.
ž Le zonage systématique des sites à risques importants : Toutes les villes doivent être
dotées de schémas d’urbanisme comportant la délimitation des zones vulnérables et des
mesures règlementaires selon les niveaux d’exposition et les types de risques. Le
règlement doit comporter des dispositions relatives aux occupations du sol permises,
interdites ou permises avec restrictions ; les nouvelles catégories de zonage que doivent
inclure les schémas doivent concerner les sites inondables, les trames bleue et verte, les
zones à risques sismiques et de glissements de terrain, les sources et nappes phréatiques.
ž La révision du code de l’architecture, de la construction et de l’habitation pour intégrer
des règles parasismiques pour les constructions des grandes infrastructures et des
bâtiments. Les grandes lignes de ces règles de construction parasismique concernent entre
autres l’interdiction absolue ou l’autorisation seulement de constructions légères au niveau
des sites à risques, le choix des matériaux utilisés conformément à leur degré de résistance
et déformabilité ; les précautions d’assemblage des différents éléments qui composent le
bâtiment (chaînages), bref la bonne exécution des travaux.
ž La mise en place d’une politique de réduction des gaz a effet de serre en application des
recommandations de la cop 21.
ž La construction des digues de protection favorisant une diminution de l’attaque des houles
frontales et l’aménagement des espaces naturels tampon entre les façades maritimes et la
mer, ainsi que de la construction des digues aux endroits les plus vulnérables.
ž La création et ou la conservation des trames vertes dans les espaces urbains et périurbains.
ž La délocalisation des villages (îles) menacés de disparition vers des sites plus adaptés à
l’installation d’habitat permanent.
ž La protection et ou le reboisement des têtes de source et les rives de cours d’eau ainsi que
la réalisation des ouvrages anti érosifs et de protection des berges pur freiner
l’ensablement et l’éboulement des berges des cours d’eau.
ž La restauration/ sauvegarde des corridors écologiques interrompus ou en voie de l’être
(notamment par l’urbanisation), le reboisement et la naturalisation des rives, la plantation
d’arbres sur les bordures des rues, la création de zones de fraîcheur et de zones
ombragées, la protection ou la création d’habitats fauniques.

ž La mise en défens et/ou le reboisement des montagnes et monts en général, et des flancs
en particulier pour éviter et freiner les éboulements.

En matière de la pollution

ž l’élaboration de plans d’occupation des sols et le respect des utilisations des sols et de
règlements définis par ces plans ;
ž la conduite d’études d’impact environnemental des interventions ;
ž la construction de décharges ;

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 24


ž la promotion de techniques et technologies appropriées de traitement, recyclage des eaux
usées et des déchets solides ;
ž la construction de latrines améliorées, d’ouvrages semi collectifs et de stations d’épuration
en évitant la pollution des eaux souterraines ;
ž l’équipement des hôpitaux en incinérateurs ;
ž le Renforcement des capacités d’intervention de tous les acteurs : administration centrale
et déconcentrée, collectivités locales, société civile.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 25


V. GOUVERNANCE URBAINE ET LEGISLATION

5.1 Amélioration de la législation urbaine

La législation urbaine en matière d’utilisation du sol et e l’environnement a connu de


profondes mutations. Le Code foncier et domanial (CFD) promulgué en 1992, reconnait et
établit la présomption de propriété, pour toutes les personnes publiques et privées en lieu et
place de la loi qui a prévalu jusqu’à cette date et qui reposait sur le principe que la terre toute
entière appartient à l’Etat. Cependant malgré cette reconnaissance, les ayants droit peuvent
difficilement exercer ce droit, en raison de l’insuffisance des textes d’application et de la
méconnaissance des textes existants. À cela s’ajoutent les lourdeurs administratives qui
encombrent le parcours dans les démarches d’immatriculation, en leur donnant des durées
anormalement longues, au point de susciter des sentiments de découragement et de saper la
confiance des populations en l’administration foncière.

En outre le Code de l’Urbanisme adopté en 1998, a permis dans une certaine mesure de guider
les actions relatives à l’occupation du sol, à la gestion foncière et aux opérations
d’aménagement et d’instaurer une concertation entre les différents acteurs impliqués, que sont
les ayants droit fonciers coutumiers, les autorités administratives et la société civile.

Le Code des Collectivités locales quant à lui adopté en 2006, donne aux collectivités locales
d’importants pouvoirs, en matière domaniale et foncière. Ainsi, en partage avec l’État, elles
exercent la responsabilité et la prérogative de la gestion urbaine et de l’aménagement du
territoire. Elles peuvent établir ou faire établir, conformément aux lois et règlements en
vigueur, les documents et plans d’urbanisme et de zonage nécessaires au développement
harmonieux et durable de leur territoire. Elles ont aussi la responsabilité propre d’assurer leur
mise à jour et leur modification afin de les maintenir appropriés à l’évolution des conditions
existantes sur leur territoire.

Par ailleurs, le Code de l’Environnement (1987), règlemente la protection et la mise en valeur


des milieux récepteurs, le sol et le sous-sol ; la protection et la mise en valeur du milieu
naturel et de l’environnement humain ; la lutte contre les nuisances; la gestion des déchets ;
les installations et les établissements classés. Le Code de l’Eau (1994) traite de la
planification et administration de l’utilisation des ressources en eau, des eaux souterraines,
des préventions des effets nuisibles des eaux, etc. Aussi le code minier dans ses titres 3 et 4
intègre des dispositions relatives à la gestion foncière.

5.2 Décentralisation et renforcement des autorités locales ∗

Les collectivités décentralisées ont été mises en place de 1986 à 1992 mais le processus de
décentralisation a connu un recul de 1992 à 2009. Les instances n’ont pas été renouvelées
durant cette période et beaucoup d’élus ont perdu en légitimité en étant remplacé par des
personnes nommées par l’administration. Ce n’est qu’à partir de 2006 avec l’adoption du
Code des Collectivités, qu’un nouveau souffle a été insufflé à la décentralisation. Le code
donne aux collectivités locales une large autonomie financière et de larges prérogatives. Le
système fiscal leur octroie la jouissance de nombreuses taxes et impôts locaux.



Source d’information : Lettre de Politique de la Décentralisation et du Développement Local
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 26


S’agissant des ressources humaines, l’Etat a fait un effort en mettant à la disposition des
collectivités des secrétaires communautaires, des secrétaires généraux et des receveurs
communautaires. D’autres agents sont détachés notamment pour l’éducation et le
développement rural.

5.3 Amélioration de la participation et des droits humains et inclusion sociale et équité

Le pays met en œuvre en la matière, les dispositions de la Constitution Nationale, les


conventions internationales et la convention de Genève sur le droit social, économique et
culturel.

L’approche participative est une réalité en matière de planification urbaine, les audits urbains
qui ont permis la réalisation des plans locaux d’urbanisme des communes a suivi un processus
participatif qui a impliqué tous les acteurs.

5.4 Les difficultés

5.4.1 Amélioration de la législation urbaine

ž la faible vulgarisation et application des textes par l’Etat, les privés et les ménages ;
ž l’existence de conflits de compétence récurrents entre les secteurs et entre les acteurs;
ž la faiblesse des capacités institutionnelles et le manque de systèmes d’information ;
ž l’absence de crédit foncier ;
ž le faible accès des ménages notamment pauvres à la sécurité de la propriété ;
ž une meilleure prise en compte des pratiques coutumières et l’implication effective dans la
gestion foncière, dans le cadre d’un partenariat bien défini, des acteurs et autres
bénéficiaires ;
ž la faiblesse des revenus tirés du foncier.

5.4.2 Décentralisation et renforcement des autorités locales

ž l’inadéquation entre les ressources des Collectivités Locales et les missions qui leur sont
dévolues ;
ž l’absence de subvention par l’Etat en dehors des indemnités des maires et présidents des
CRD et des salaires des agents mis à disposition. ;
ž la faible exploitation du potentiel fiscal local : difficultés de recouvrement ; complexité du
système fiscal ;
ž le déficit de ressources humaines, le faible niveau de formation des élus ;
ž la faible fonctionnalité des organes délibérants et la prédominance de l’exécutif au niveau
local ;
ž l’absence d’une fonction publique territoriale : cette situation a joué négativement sur le
recrutement de personnel qualifié pour les collectivités territoriales du fait des conditions
non attractives.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 27


5.4.3 Amélioration de la participation et les droits de l'homme dans le développement
urbain

ž Absence d’une politique spécifique de protection et de promotion des droits ;


ž Faiblesse des capacités de tous les acteurs (institutions étatiques et non étatiques)
intervenant dans le domaine des droits de l’homme et sur des thématiques telles que le
contrôle citoyen ;
ž Absence de bureaux pour le personnel en charge de la défense des droits de l’Homme;
ž Faible connaissance des droits de l’homme par femmes et des jeunes filles ;
ž la discrimination persistante des femmes en ce qui concerne l’accès aux postes de
responsabilités ;
ž Existence de violences basées sur le genre ;
ž Coût élevé de l’approche participative.

5.5 Défis et enjeux futurs à inscrire dans le futur Programme de développement urbain

5.5.1 Amélioration de la législation urbaine

Pour augmenter l’impact des textes règlementaires sur le cadre de vie des populations
urbaines les priorités doivent consister en :

ž l’élaboration de textes d’application et la vulgarisation des différents Codes en tenant


compte qu’ils sont écrits dans une langue qui n’est pas accessible à la grande majorité de
la population. Ceci accroîtra l’efficacité des interventions. Les relations entre le pouvoir
central, les autorités locales, le secteur privé, la société civile, les ayants droit fonciers,
etc. seront ainsi moins antagoniques et plus confiantes ;
ž l’harmonisation des missions des ministères en charge des problèmes urbains;
ž la formation des acteurs dans le cadre de la gestion et du développement de l’habitat
urbain et de l’habitat rural ;
ž la mise en place de systèmes d’informations urbaines, foncières et cadastrales ;
ž l’établissement de plans fonciers et le recensement et immatriculation des biens fonciers
de l’Etat en vue de la sécurisation des familles pauvres des quartiers, par l’obtention des
titres de propriété foncière ;

ž une meilleure prise en compte des pratiques coutumières et l’implication effective dans la
gestion foncière, dans le cadre d’un partenariat bien défini, des acteurs et autres
bénéficiaires ; et
ž la mise en place de mécanismes appropriés spécialisés et efficaces dans la résolution des
conflits.



Source : Politique Nationale de l’Habitat – Vision Habitat 2021
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 28


5.5.2 La Décentralisation et renforcement des autorités locales ∗

ž la mise en place d’un deuxième niveau de collectivités locales, les régions ;


ž l’adaptation de l’organisation des services de l’Etat, aux besoins de la décentralisation ;
ž le développement des capacités liées aux politiques publiques locales ; des capacités
techniques pour gérer les compétences sectorielles transférées par l’Etat Central et des
capacités de gestion des équipements ;
ž la mise en place de structures pérennes de formation de l’administration territoriale et des
cadres des communes ;
ž l’appui à l’association des maires des Communes ; et
ž l’amélioration de la participation citoyenne.

5.5.3 Amélioration de la participation et des droits humains et inclusion sociale et équité

ž le renforcement des capacités de tous les acteurs (institutions étatiques et non étatiques)
intervenant dans le domaine des droits de l’homme et sur des thématiques telles que le
contrôle citoyen
ž la création d’un bureau de défense des droits de l’Homme ;
ž la mise en place des programmes d’initiation aux principes des droits de l’homme à
l’intention des femmes et des jeunes filles ;
ž l’introduction de l’enseignement des principes des droits de l’Homme, de gestion des
conflits et de consolidation de la paix dans les programmes scolaires;
ž la promotion de l’égalité des sexes devant la loi notamment en ce qui concerne les droits
de propriété, les conditions de travail ;
ž la lutte contre les violences basées sur le genre ;
ž la construction de prisons selon les normes pour l’amélioration des conditions carcérales
de tous les détenus notamment des femmes et des enfants mineurs;
ž le plaidoyer pour l’accès de tous les guinéens à un logement décent et aux autres services
de base ;
ž la mise en œuvre de la Convention Internationale sur les Droits de l’Homme et le respect
des engagements internationaux de l’Etat Guinéen.



Source d’information : Lettre de Politique de la Décentralisation et du Développement Local
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 29


VI. ECONOMIE URBAINE – PROBLEMES ET DEFIS FUTURS

6.1 Amélioration du financement municipal ∗

Le Gouvernement de la République de Guinée s’est doté en 2005 de la Loi portant Code des
Collectivités Locales en République de Guinée et en 2010 de sa Lettre de Politique Nationale
de Décentralisation et de Développement Local. Ces outils donnent aux collectivités des
responsabilités immenses en termes d’investissement qui nécessitent des besoins conséquent
en fonctionnement. Ainsi par exemple la loi consacre aux collectivités locales l’autonomie
financière. En outre tout transfert de compétences effectué de l’État vers les collectivités
locales est accompagné du transfert concomitant par l’État aux collectivités locales
concernées, des ressources nécessaires.

Chaque collectivité locale a un fond de réserves qui comprend un fonds de fonctionnement,


un fonds d’investissement et un fonds d’amortissement des équipements et du mobilier. Les
éléments qui composent les ressources des collectivités locales comprennent : (i) les recettes
fiscales (ii) les recettes non fiscales, comprenant (rémunérations des services rendus ; produit
des amendes ; droits et redevances du domaine de la collectivité locale ; produits
d’exploitation du patrimoine; revenus du portefeuille); (iii) la dotation de fonctionnement
accordée par l’État dans les conditions définies par la loi de finances ; (iv) les recettes
diverses et accidentelles (dons et legs ; emprunts ; produits de l’aliénation du patrimoine et du
portefeuille ; dotation d’équipement accordée par l’État ; subventions, affectées ou non,
versées par l’État et tous autres organismes) ; les recettes propres des collectivités locales
provenant entièrement de la collectivité.

Des efforts importants sont déployés à travers la mise en œuvre de la politique nationale de la
décentralisation et du développement locale pour l’application du code des CL avec la
décentralisation sectorielle et l’opérationnalisation des transferts ; la territorialisation des
politiques publiques avec une déconcentration effective de moyens aux services déconcentrés,
la construction de la capacité tant au niveau des administrations communales et
communautaires que de l’administration territoriale et des services techniques déconcentrés,
et l’allocation des ressources publiques afin de contribuer à l’adéquation des ressources
financières des CL avec leurs missions.

Malgré ces avancées force est de reconnaître que les besoins restent immenses vue
l’importance des investissements à consacrer pour une amélioration substantielle des
conditions de vie des populations.



Source d’information : Loi des collectivités Locales et Lettre de Politique de la Décentralisation et
du Développement Local

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 30


6.2 Soutien au développement de l’économie locale
L’économie locale est générée par les activités du secteur privé, les fiscalités et le secteur
informel qui a un poids prépondérant dans l’économie nationale, en tant que premier
fournisseur d’emploi surtout aux jeunes non scolarises.
Le Gouvernement a mis en place de nombreuses mesures pour encadrer le développement
économique de la Guinée en général et créer de l’emploi. Ces structures et institutions d’appui
et de promotion des entreprises sont entre autres : l’Office de Promotion des Investissements
Privés (OPIP), la chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat, les chambres d’agriculture,
des mines, la chambre d’arbitrage, le conseil du patronat, etc.
Au niveau local, le Gouvernement met en œuvre à travers sa politique de décentralisation et
de développement local des activités visant l’organisation et la stimulation du développement
économique à la base, à savoir : l’amélioration de la mobilisation et de la productivité des
recettes fiscales ; la création des conditions d’un développement économique local, favorisant
les échanges, la valorisation des filières potentielles, l’accès aux marchés ; l’encouragement
de partenariats entre secteur public et secteur privé pour stimuler la création d’emplois
productifs ; le renforcement des petites et micro – entreprises ; la promotion d’un
aménagement urbain qui met l’accent sur la création d’infrastructures et d’équipements
économiques.
6.3 Les difficultés

6.3.1 Amélioration du financement municipal

Les autorités locales sont confrontées à de nombreuses contraintes dans la mobilisation et la


gestion des ressources financières nécessaires au développement des collectivités
décentralisées. Parmi ces problèmes figurent :

ž la faible connaissance des besoins de financement qu’induit le processus de


décentralisation, notamment en termes de financement des compétences transférées,
et de définition des modalités de couverture de ces besoins ;
ž la complexité du système fiscal, les coûts élevés qu’induisent le recouvrement des
taxes et impôts locaux ;
ž la non maîtrise des assiettes, les déviances des ressources.

6.3.2 Soutien au développement de l’économie locale

ž la faiblesse des compétences de maîtrise d’ouvrage, d’œuvre et d’exécution des projets


d’investissement ;
ž la faible mobilisation des ressources pour prendre en charge les compétences
transférées, l’accès difficile aux crédits aux marchés publics ;
ž la fiscalité excessive ;
ž le déficit d’infrastructures d’accueil et d’incubateurs des projets, etc.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 31


6.4 Les défis et enjeux dans ces domaines pour le nouvel Agenda urbain.

6.4.1 Amélioration du financement municipal ∗

Le Gouvernement met en œuvre et/ou envisage une série de stratégies pour lever les
tendances décrites ci avant et ainsi améliorer les capacités de financement des
collectivités.

ž la définition des besoins de financement de la décentralisation par l’évaluation des


besoins de fonctionnement minimum des collectivités locales, des charges induites par le
transfert des compétences et des coûts liés à l’amélioration des services des Impôts et du
Trésor ;
ž la clarification de la fiscalité locale par : l’organisation systématique et régulière des
opérations de recensement pour connaître la situation des contribuables, et ainsi permettre
d’avoir des données et de faire la projection des recettes budgétaires ;
ž la simplification et la mise à disposition des sous préfets et des CR des moyens
nécessaires à la mobilisation des recettes fiscales ;
ž la définition de stratégie d’accroissement des ressources des collectivités et la mise en
place d’un fonds destiné à regrouper les ressources de l’Etat et de ses partenaires destinés
à appuyer le financement des Plans de Développement Local ;
ž la rétrocession aux collectivités locales sans une remontée au niveau préfectoral, d’un
certain nombre de taxes: la taxe unique sur les véhicules collectée dans les collectivités
locales, la taxe de promotion touristique, la taxe sur les transactions des produits agricoles
et de bétail ;
ž la formation des agents communautaires et le perfectionnement du personnel des services
déconcentrés des impôts et ceux des autres services techniques déconcentrés ;
ž le renforcement des moyens logistiques et techniques des services de recouvrement ;
ž la clarification de la distinction entre domaine de l’Etat et domaine des collectivités
locales ;
ž le changement de mentalité et de pratiques de la part des agents impliqués dans la chaîne
du recouvrement et leur tutelle afin que la confiance des citoyens se construise envers
ceux qui collectent l’impôt.

6.4.2 Soutien au développement de l’économie locale

Les actions prioritaires sont :

ž le recentrage du rôle de l’état en limitant ses fonctions autour de la coordination des


activités économiques, l’encouragement des initiatives privées et le respect des



Source d’information : Lettre de Politique de la Décentralisation et du Développement Local

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 32


règlementations en vigueur que sont le code des investissements, le code des marchés
publics, le code foncier et domanial ; le code de l’urbanisme, la Loi bancaire, etc.
ž l’amélioration des ressources et recettes locales et extérieures;
ž la mise en place de mesures de facilitation pour l’émergence et le développement des
PME par la création des zones industrielles et artisanales viabilisées, de centres
d’incubateurs d’entreprises ;
ž le renforcement des actions de formation des entrepreneurs, organisations
professionnelles pour une gestion efficiente de leur structure et l’instauration de
dialogues productifs entre les différents partenaires ;
ž la formulation et mise en œuvre d’un programme de vulgarisation de l’information
relative aux procédures à l’accès au financement et à la technologie ;
ž l’appui à la valorisation du secteur informel ;
ž l’appui aux activités génératrices de revenus par la construction des infrastructures
économiques et promotion des opérations des travaux à Haute Intensité de Main
d’Œuvre.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 33


VII. HABITAT ET ACCES AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE

7.1 Les acquis en matière d’accès aux services sociaux de base

Le Gouvernement a mis en œuvre depuis deux décennies de nombreuses actions pour


améliorer le cadre de vie des populations. En plus des schémas d’aménagement et
d’urbanisme, trois projets de développement urbain, le troisième projet eau assainissement,
les projets d’électrification et de voirie urbaine, d’infrastructures portuaires ont été réalisés.
Ceci a permis d’améliorer les grandes infrastructures urbaines de Conakry et des principales
villes secondaires ; de soutenir le développement des petites entreprises de construction ; de
renforcer les collectivités locales et institutions ; de renforcer des services d’eau potable de
Conakry et l’extension du terminal containeurs du port. Des projets d’aménagement et
d’équipement de terrains urbains ont permis de produire des trames d’accueil pour l’habitat
nouveau.

En ce qui concerne l’assainissement, les acquis depuis 1997 sont : (i) l’émergence de
prestataires locaux de services d’assainissement, (ii) le raccordement à des réseaux
d’assainissement collectif et semi - collectif de plus de 700.000 résidents de Conakry, (iii) la
mise à disposition de services de traitement des matières de vidange au bénéfice de plus de
1.000.000 habitants des banlieues de Conakry et (iv) la réalisation d’ouvrages
d’assainissement autonome au bénéfice de plus de 18.000 personnes de ménages défavorisés
et d’environ 22.000 personnes fréquentant quotidiennement les lieux publics : gares routières,
écoles, marchés, lieux de culte, etc.

Par ailleurs le Gouvernement a développé, au cours de ces dernières années, les


infrastructures énergétiques pour améliorer la fourniture d’électricité en milieu urbain et rural,
et renforcer les bases de la compétitivité de l’économie. A cet effet, les efforts ont concerné
depuis 2011 la réhabilitation des groupes de Tombo afin d’améliorer la desserte en électricité
dans la ville de Conakry et d’accroître e la capacité de production d’environ 40 méga Watts
supplémentaires. En outre, il a procédé à la réalisation du barrage de Kaléta, à l’accélération
de la mise en œuvre du Projet d’Electrification Rurale Décentralisée (PERD), au lancement
des études de 4 mini centrales hydroélectriques à Kogbédou, Zébélla, Touba et Daboya ; etc.
Cependant de nombreux défis restent à relever.

7.2 Difficultés

7.2.1 Amélioration des taudis et mesures préventives

ž Le développement anarchique des établissements humains et la prédominance de l’habitat


sous équipé : les espaces des villes guinéennes sont constitués dans les proportions de 30 à
60% de l’habitat précaire qui comprend l’habitat sous équipé, l’habitat spontané et les
bidonvilles ou taudis. L’habitat sous équipé est constitué par l’habitat érigé sur des sites
lotis mais médiocrement desservis par les infrastructures et services de base. L’habitat
spontané est souvent constitué des constructions de qualité édifiées sur des sites non lotis
et médiocrement desservis par les infrastructures et services de base. Enfin les taudis sont
constitués de constructions précaires ou de fortune sur des sites lotis ou non lotis et
médiocrement équipés ;

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 34


ž l’urbanisation accélérée du fait de l’exode rural et la faible application des plans et
schémas urbains ;
ž la faible mobilisation de ressources financières et la quasi absence d’opérations
d’aménagement;
ž l’inexistence de logements sociaux pour les couches défavorisées et l’insuffisance
d’infrastructures et équipements collectifs socio économiques

En conséquence la forte proportion de ménages érige avec des moyens limités des abris pour
le logement, l’assainissement et les activités économiques et ainsi contribue à la formation des
taudis et à l’atteinte de l’intégrité des écosystèmes naturels.

7.2.2 Amélioration de l’accès à un logement convenable - accès au crédit au logement

ž Seulement 32 % des ménages environ, sont propriétaires de leurs logements en milieu


urbain (77,4 % au niveau national) ;
ž le taux des ménages locataires reste fort, aussi bien à Conakry (autour de 54 %) que dans
les autres villes du pays (environ 55 %) ;
ž la demande en logements est en forte expansion et cette situation traduit les besoins
immenses et cruciaux en logements décents ;
ž l’inexistence d’une banque de l’habitat et l’absence de lignes de crédit spécifiques à
l’immobilier dans les filières bancaires et financières classiques ne permettent pas aux
pouvoirs publics, malgré leur volonté affichée, de faire face aux besoins croissants et
urgents en matière de logement et d’aménagement de sites ;
ž l’insuffisante capacité du Fond national de l’Urbanisme et de l’Habitat à mobiliser des
ressources pour assurer ses missions de financement de l’aménagement et de construction
de logements sociaux ;
ž la faible qualité des matériaux de construction utilisés par plusieurs ménages : dans les
centres urbains en dehors de Conakry, environ 37,8 % des logements sont en banco,
seulement 31,1 % en ciment. A Conakry par contre 91,3 % des murs des logements sont en
ciment contre 72,6 % en 1994 ;
ž la faiblesse des revenus familiaux et la prédominance de l’auto-construction des logements
par les ménages dont les ressources sont limitées.

7.2.3 Fourniture d’un accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable

En milieu urbain, l’accès à l’eau potable est géré par la Société des Eaux de Guinée (SEG).
Tandis qu’en milieu périurbain et zone rurale, c’est le Service national des Points d’Eau qui
s’en occupe. Les forages constituent la première source d’approvisionnement des ménages en
eau de boisson surtout en milieu rural (42,3%). Le robinet est la principale source
d’approvisionnement en eau des ménages de Conakry (plus de 85%) et dans les villes
secondaires (environ 42 %). Seulement 42,3% de la population rurale ont accès dans un rayon
de moins d’un km, à un point d’eau moderne pour une dotation moyenne journalière de
10l/jour/habitant.

Malgré les efforts consentis par le Gouvernement avec l’appui de ses partenaires, ce sous-
secteur reste encore marqué par :

ž l’insuffisance des investissements, l’accroissement des coûts de fonctionnement, la


faiblesse des revenus.
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 35


ž la mauvaise gestion des ressources du sous-secteur ;
ž l’accroissement progressif de la demande face à une capacité limitée de production,
ž l’insuffisance de la desserte en eau potable suite à l’urbanisation accélérée et mal
contrôlée. ;
ž la vétusté des installations, l’abandon des bornes fontaines pour la desserte
communautaire à cause de l’indisponibilité de la ressource en eau,
ž le refus de payer et/ou l’insolvabilité de la majorité des ménages.
L’ensemble de ces facteurs a freiné considérablement les progrès entrepris pour le maintien
du service public de distribution de l’eau potable aussi bien à Conakry que dans les villes de
l’intérieur du pays.

7.2.4 Fourniture d’un accès durable aux systèmes d’assainissement de base et de


drainage

La Guinée a mis en œuvre plusieurs projets urbains qui ont permis d’améliorer la
fonctionnalité et l’environnement des villes. Mais la situation de l’assainissement reste
critique en Guinée, surtout dans la ville de Conakry.
ž L’évacuation inadéquate des eaux usées sont des facteurs importants de transmission
de maladies telles que le choléra, la fièvre typhoïde, le paludisme ou la polio. Il ya un
manque considérable de latrines et toilettes dans les ménages, et les équipements
collectifs tels que les écoles, les équipements marchands, etc. De manière générale,
l’utilisation des toilettes hygiéniques (toilettes avec chasse d’eau et latrines couvertes
ou améliorées) s’est dégradée aussi bien en milieu rural où le niveau est faible (18,4%
en 2007 contre 14,5% en 2012) qu’en milieu urbain (67,6% en 2007 contre 64,7% en
2012).
ž En matière de drainage des eaux, les villes guinéennes en général enregistrent un
important déficit. Ainsi elles sont exposées à des risques considérables d’inondation.
Les problèmes sont liés :
§ à la topographie des sites (pentes abruptes ou très faibles pentes) ;
§ au caractère fort et orageux des pluies tel que c’est le cas à Conakry;
§ à la faible couverture en réseaux et souvent à leur sous dimensionnement et
fonctionnement déficient ; ou
§ aux implantations informelles des constructions et à la gestion
inadéquate des déchets solides en traînant l’encombrement les voies
naturelles d’écoulement des eaux et les réseaux de drainage.

7.2.5 Amélioration de l’accès à des services d’énergie domestique propre ∗

ž le faible accès aux énergies propres : les ménages n’utilisent que très peu les énergies
propres (gaz et électricité) en raison principalement de leurs revenus ;
ž l’utilisation prédominante du bois et à ses dérivés : plus de 74% des ménages (ELEP
2012) ont recours au bois de chauffe pour la cuisson et plus d’un ménage sur cinq
(23,9%) au charbon de bois ;



Enquête Légère Evaluation de la Pauvreté 2012, Ministère du Plan
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 36


ž la dégradation des ressources en raison notamment de la forte pression des populations
pauvres dont la vie quotidienne en dépend et la dégradation et le déclin de la fertilité des
sols et donc la baisse de la productivité agricole ;
ž la dégradation des ressources résident dans la baisse de la pluviosité et la détérioration du
régime hydrologique avec pour effet le tarissement ou des étiages très des cours d’eau et
leur ensablement ;
ž l’utilisation de l’électricité comme source d’éclairage concerne un ménage sur cinq au
niveau national, principalement les ménages urbains, le service étant quasi indisponible
pour les ménages ruraux ;
ž la faible exploitation de l’important potentiel hydroélectrique (environ 6 000 MW) ; le
thermique joue toujours un rôle important car il représente 61% de la capacité totale
installée du pays (y compris les miniers) et 25% de la production de l’EDG ;
ž les difficultés financières et techniques sont importantes et se traduisent par une mauvaise
desserte et une mauvaise qualité de services : seulement 50% de la demande est satisfaite
et les ménages raccordés disposent de moins de 12 heures d’électricité par jour à
Conakry ;

7.3 Les défis et enjeux dans ces domaines pour le nouvel Agenda urbain

7.3.1 Amélioration des taudis et mesures préventives

La stratégie définie par la politique nationale de l’habitat « Vision Habitat 2021 » pour
améliorer l’habitat précaire est l’éradication des taudis et autres habitats insalubres des centres
urbains, par la restructuration et la rénovation urbaines, l’équipement ainsi que la
régularisation foncière. A cet effet le défis à court, moyen et long termes est la mise en œuvre
de programmes d’équipements dans la perspective de parvenir, dans deux décennies, à des
villes sans bidonvilles par la réalisation d’un programme pilote à Conakry et dans les grandes
villes de l’intérieur à croissance rapide ; ensuite d’un programme national de villes sans
bidonvilles. L’objectif serait de résorber complètement les taudis à Conakry, d’ici 2021 et de
réduire de 50 % les quartiers irréguliers dans les grandes villes. Ces programmes
s’articuleront autour de :

ž la rénovation et la réhabilitation des zones d’habitation des anciens quartiers ;


ž la restructuration de l’habitat spontané et des taudis ;
ž l’aménagement de sites de relogement pour les familles à déplacer ;
ž la réalisation d’équipements marchands, de décharges contrôlées et de voieries dans
les villes secondaires ;
ž la formation professionnelle des habitants des zones urbaines irrégulières dans des
métiers spécifiques leur procurant les revenus ;
ž le développement du micro - crédit à l’intention des populations démunies.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 37


7.3.2 Amélioration de l’accès à un logement convenable - accès au crédit au logement

Pour améliorer le taux d’accès au logement, la stratégie du gouvernement est la satisfaction


des besoins en logement décents de tous les Guinéens à travers des partenariats de l’ensemble
des opérateurs (État, secteur privé de l’habitat et de l’urbanisme, en particulier) selon des
conditions financières adaptées. Les deux problématiques de l’accès au logement sont
l’absence de mécanismes de financement appropriés et le faible accès des ménages à faible
revenu à des logements économiques. Pour répondre à chacune d’elles, les programmes
doivent s’articuler autour des axes suivants :

ž l’opérationnalisation effective du Fonds national de l’habitat et de l’urbanisme (FNHU)


par la mise en œuvre d’une stratégie de mobilisation de ressources propres du FNHU
tirées des loyers sur le patrimoine bâti de l’État, des recettes du cadastre, des taxes sur le
logement, d’une taxe sur les salaires et les employeurs et une subvention annuelle de
l’État ; taxes sur les matériaux de construction importes ;
ž la création d’une Banque de l’Habitat et l’aide au logement est indispensable pour
certaines couches de la population défavorisée : il s’agira, par des fonds publics, de
soutenir une partie du remboursement d’un logement dit économique mis en vente par un
promoteur ;
ž la mise en œuvre de grandes opérations de production de trames d’accueil, pour la
construction de logements sociaux et économique ;
ž l’encadrement de l’autoproduction de l’habitat qui montre un dynamisme reconnu et une
efficacité dans la satisfaction des besoins individuels. Cet encadrement consistera en
l’aménagement préalable des espaces consacrés à l’auto-construction, par les pouvoirs
publics ou par des promoteurs privés à travers des partenariats publics - privés (PPP).
Dans ce partenariat, l’État aura des obligations à remplir dont entre autres : la garantie de
l’investissement, l’accès au foncier et mettra en place une réglementation comprenant
notamment les standards d’architecture, d’urbanisme et les prescriptions techniques ;
ž l’appui à la Société Nationale d’Aménagement et de Promotion Immobilière (SONAPI)
dans la production d’habitations à loyers modérés : L’État, propriétaire ou actionnaire
largement majoritaire de la SONAPI, rétrocéderait les logements construits aux
demandeurs, sous forme de location vente et avec un loyer permettant de récupérer, le
coût du foncier des infrastructures et une proportion non négligeable de la fiscalité ;
ž l’Appui à la Direction du Service d’Appui à la Promotion du logement des Guinéens de
l’Etranger (DSAPL) afin de satisfaire les nombreuses demandes effectuées par les
Guinéens de l’étranger ;
ž la vulgarisation des techniques de construction des maisons évolutives ;
ž le développement des industries de la construction et la diversification des matériaux de
construction par l’organisation et le développement d’une filière de production de
matériaux locaux, peu coûteux et écologiques. Cette action va s’appuyer sur la recherche
appliquée à la production, l’utilisation facilitée des matériaux locaux et l’industrialisation
des unités artisanales de production. Cette approche a l’avantage de contribuer à faire


Politique Nationale de l’Habitat – Vision Habitat 2021
CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 38


baisser les coûts de production du logement, tout en favorisant un développement des
industries de matériaux de construction de l’habitat à travers le territoire national, dans les
centres urbains comme en milieu rural où l’utilisation de matériaux locaux souffre encore
de l’absence d’un accompagnement technique poussé.

7.3.3 Fourniture d’un accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable

Les objectifs généraux et les interventions retenues dans le cadre de la stratégie de


réduction de la pauvreté sont :
ž créer un environnement politique, institutionnel et légal favorable au développement du
secteur et poursuivre les réformes devant conduire à une meilleure organisation du secteur
au niveau stratégique et opérationnel;
ž assurer l’accès à une eau potable avec une ration quotidienne : de 50 litres d’eau potable
par personne dans les centres urbains et de 63 litres d’eau potable par personne dans la
capitale Conakry ; améliorer l’accès à l’eau potable dans les zones rurales ;
ž combler le déficit de production d’eau potable à Conakry et dans les villes de l’intérieur
par entre autre (la mise en œuvre du quatrième projet eau qui permettra à terme d’avoir
340 000 m3 d’eau dans la zone de Conakry, le renforcement du service dans les villes de
l’intérieur qui en sont doté, la création de service d’approvisionnement en eau potable
dans les villes non encore desservie) ;

ž mettre en place d’un système de pompage solaire dans les zones urbaines ;
ž élaborer et mettre en place un programme de renforcement des capacités des principales
structures impliquées dans la gestion du secteur ;
ž mettre en place un mécanisme efficace de financement du secteur (à travers entre autres le
développement du Partenariat Public Privé et la promotion de la coopération sud-sud) ; et
ž approfondir les connaissances sur l’incidence du changement climatique sur les bassins
versants et les ressources en eau superficielles et souterraines ; et protéger les sources
d’eau ;
ž poursuivre des programmes de forages et entreprendre le captage et ou l’aménagement des
sources pour des fins de consommation en eau potable ou pour des buts multiples ;
ž construire de barrages de retenue d’eau sur les sites propices dont les capacités de
stockage sont importantes pour assurer la consommation des agglomérations.

7.3.4 Fourniture d’un accès durable aux systèmes d’assainissement de base et de


drainage

L’objectif du Gouvernement est d’assurer une meilleure évacuation des eaux usées et
pluviales afin de réduire les dégâts matériels et humains enregistrés chaque année dans la ville
de Conakry . Ainsi les populations des zones ciblées et leurs biens seront protégés des

inondations ; l’impact des maladies d’origine hydrique sera réduit ; et les revenus seront

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 39


améliorés du fait de la création d’emplois, d’économies en coûts de reconstruction suite aux
inondations et de coûts des soins de santé.

Les interventions prioritaires en cours et envisagées sont :


ž l’élaboration de schémas directeurs d’assainissement des eaux pluviales et des eaux usées
des villes et la définition et l’application des normes de rejets et d’une réglementation de
la gestion des déchets ;
ž l’extension du réseau d’égouts de Kaloum dans la ville de Conakry et la construction de
mini réseaux d’égouts dans les villes capitales régionales ;
ž la construction et réhabilitation d’infrastructures semi collectives de traitement des eaux
usées au niveau des grands équipements publics et de latrines pour les ménages vivant en
dessous du seuil de la pauvreté ;
ž le renforcement du système de drainage des eaux pluviales par son extension, son
redimensionnement et son entretien régulier ;
ž la mise en place d’une règlementation des implantations notamment : le recul de tout
développement par rapport à la limite des zones d’inondation ; et l’interdiction de tout
développement sur les versants à forte pente ;
ž la formation des acteurs publics et privés, des artisans aux techniques et technologies
appropriées de construction des ouvrages individuels, et à la gestion ; et
ž le développement d’un vaste programme d’Information-Education-Communication en
matière d’hygiène pour susciter des changements de comportement ;
ž le recours en dernier ressort aux méthodes dissuasives et ou répressives concernant en
particulier les dépôts des déchets solides dans les fossés aux fins de discipliner les
contrevenants ;
ž l’atteinte des objectifs SE4ALL : atteindre un taux de 18,1 à 100% en 2030, 40% en
2020 ; l’introduction des normes d’efficacité énergétique dans la conception des
bâtiments ; la promotion des gaz pour la cuisson.

7.3.5 Amélioration de l’accès à des services d’énergie domestique propre

Les stratégies et actions retenues pour l’amélioration de l’accès aux services


énergétiques sont :
ž l’amélioration de la production, de la distribution et de la gestion de l’électricité en milieu
urbain ;

ž la construction pour chacune des 304 communes rurales d’une unité électrique par le
renforcement des capacités du Bureau d’Electrification Rurale Décentralisée (BERD) ;
ž la promotion de l’initiative privée dans le secteur et l’exploration de sources d’énergie
complémentaires, notamment les énergies propres ou non polluantes.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 40


ž l’augmentation de la satisfaction des besoins énergétiques par la biomasse et les énergies
renouvelables, par :
§ l'exploitation rationnelle des ressources forestières avec la responsabilisation des
collectivités locales ;
§ la poursuite du programme de foyers améliorés et la promotion des énergies
renouvelables de substitution (gaz butane, biogaz et solaire) avec un objectif de
30% d’énergie dans le mite énergétique en 2030;
§ l’exploration des possibilités complémentaires comme les hydrocarbures à usage
domestique en vue de diminuer la pression sur la biomasse.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 41


8. LES INDICATEURS

Indicateurs 1996 2006 2013


Populations urbaines vivant dans les bidonvilles 43% 51% 59%
Populations urbaines ayant accès au logement décent convenable 10% 12,3% 21,7%
Populations urbaines ayant accès à l’eau potable 48% 69,7% 61 ,5%
Populations urbaines ayant accès à un assainissement adéquat 8% 28,7% 27%
Populations urbaines ayant accès à une gestion régulière des déchets 9% 12,7% 8,9%
Personnes résidant dans les zones urbaines avec accès à des énergies
1,5% 3,6% 5,9%
domestiques propres
Personnes vivant en zones urbaines avec accès aux transports en 11,4% 9,2% 27,6%
commun

Pourcentage de politique et de la 25% 50% 100%


Niveau de décentralisation législation sur les questions urbaines
effective pour un ? ? ?
développement urbain Pourcentage de la part des revenus et
durable : des dépenses allouées aux régions sur le
budget national
Pourcentage de la part des dépenses des ? ? ?
collectivités locales financées par les
recettes locales
La ville, les autorités régionales et nationales qui ont mis en place des nd nd nd
politiques urbaines de développement économique local et la création
d’emplois
Pourcentage de la ville et des autorités régionales qui ont adopte et nd nd 26%
mise en œuvre des stratégies ou des politiques de sécurité et de la
sécurité urbaine
Pourcentage de la ville et des autorités régionales qui ont mise en
place des plans et des dessins pour des villes durables et résistantes qui
nd nd 5%
sont inclusives et répondent adéquatement a la croissance de la
population urbaine
La part du produit intérieur brut(PIB) des zones urbaines (milliards
0,774 0,580 1,246
dollars)

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 42


9. ETUDE DE CAS

L'étude décrit les étapes qui ont permis la définition de la politique de l’habitat de la Guinée dont
le but était de proposer des mesures et actions permettant au Gouvernement et ses partenaires de
répondre aux défis urbains complexes et de mieux exploiter les avantages de l'urbanisation.
9.1 Contexte national et évolution de la politique au fil du temps

Le projet de formulation de la politique nationale de l’habitat de la Guinée a été réalisé avec


l'assistance technique du PNUD. Inscrit dans le Plan cadre des Nations Unies pour l’Aide au
Développement (PNUAD 2007 - 2011), le projet était une composante du programme
"préservation de l'environnement et gestion durable des ressources naturelles» dont l'un des effets
attendus était que "le cadre institutionnel et juridique pour la conservation de la diversité
biologique et l'utilisation durable des ressources est créé et est fonctionnel ». La politique découle
aussi des recommandations de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté du pays dont les axes
prioritaires sont : l'amélioration du cadre institutionnel et de la gestion administrative du
Gouvernement; la diversification et la croissance économique durable, le développement des
infrastructures économiques pour soutenir la croissance ; et l'amélioration de l'accès aux
infrastructures et services de base, et la résilience des ménages.
9.2 Processus de formulation de la politique

La préparation de la politique nationale due l’habitat a commencé en 2009 par la mise en place du
cadre institutionnel de l'étude qui a été réalisée sous la supervision du Ministère en charge de
l'urbanisme et du l’habitat aujourd’hui appelée Ministère de la Ville et de l’Aménagement du
Territoire.

Le Ministère a mis en place une unité de gestion du processus d’élaboration de la politique qui a
assuré le recrutement des consultants nationaux, la production des rapports sur l'avancement du
projet; la diffusion des résultats du projet vers le Comité de Pilotage de l’étude et le PNUD.
L’unité a également veillé au respect du planning d’exécution de l’étude.

Le développement urbain étant pluridisciplinaire, un comité de pilotage a été créé et comprenait


le secteur public, la société civile, les universités et les centres de recherche. Il avait pour
responsabilités d’encadrer la mise en œuvre du projet et de veiller à ce que les intérêts et les
priorités des divers acteurs soient pris en considération. Il a également eu à examiner et à évaluer
les progrès et les difficultés rencontrées au cours du processus de réalisation des activités prévues.
Pour remplir ses tâches, le Comité a été assisté par une unité technique qui se réunissait plus
fréquemment pour examiner les documents et rapports de projet, et soumettait ses analyses au
Comité de pilotage qui se réunissait deux fois par an.

Le Bureau du PNUD en Guinée qui a fourni un appui principalement sur les paiements directs, le
recrutement des consultants internationaux et l'achat de biens et services, examinait
trimestriellement l’avancée de la mise en œuvre du projet pour en mesurer les performances et
sur cette base, en fin d’année il validait le plan de travail de l’année suivante.

La deuxième étape de l'étude a consisté en l'évaluation des conditions du développement et de la


gestion urbaine. Cela a été fait à travers une revue des études existantes et d'autres données
empiriques disponibles; des interviews de toutes les parties prenantes à travers le pays, y compris:
des professionnels de l’administration, de la société civile, et les communautés. En effet, les

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 43


consultants recrutés ont effectué des missions de recherche sur un échantillon de 12 villes sur les
34 centres urbains du pays et ont élaboré un draft sur le diagnostic de la situation à partir des
résultats de ces enquêtes et de l'analyse de la situation. Cette étape s’est achevée par
l’amendement du document de diagnostic par le comité de pilotage et sa validation par les
principaux acteurs à travers trois ateliers organisés au niveau des régions.

Ensuite, la vision, les stratégies et les plans d’action de la politique ont été définis sur la base des
problèmes majeurs identifiés par le diagnostic de la situation. Il s’agit :

ž du développement déséquilibré des régions et des villes, le faible accès à des droits garantis de
propriété et maîtrise de la gestion des réserves de l’Etat;
ž de la faiblesse de l'offre et la pénurie de logements adéquats et l’insuffisance de ressources
financières ;
ž de l’ampleur de la présence des bidonvilles et autres habitats précaires, et des questions de
financement du développement urbain;
ž de la faiblesse des capacités de gouvernance urbaine.

La politique a été définie par toutes les parties prenantes, avec le soutien de l'équipe
pluridisciplinaire de consultants à travers quatre ateliers thématiques (chacun traitant un enjeu
majeur) et un atelier inclusif qui a permis de consolider les résultats des ateliers thématiques et de
rédiger la première version de la politique. Pendant les ateliers, il avait été mis en place des
groupes de travail constitués selon les critères suivants: être un professionnel de l’administration
centrale ou des collectivités locales, un expert, une personne-ressource, un élu ou un membre de
la société civile.

La première version de la politique ainsi élaborée a été amendée et validée au cours de la tenue
d’un atelier national et ensuite approuvée par Décret par le Gouvernement de la Troisième
République en 2011.

Enfin, une réunion des partenaires au développement a été organisée en Novembre 2011 en vue
de présenter et de mobiliser les appuis et ressources nécessaires à la mise en œuvre des
recommandations de la politique.

9.3 Contenu de la politique nationale de l'habitat

9.3.1 Principes

La politique nationale du l’habitat repose essentiellement sur les principes directeurs suivants:

ž l’anticipation qui vise à appréhender, par des analyses prospectives, l’évolution et les
mutations socio-économiques de l’espace national, afin d’accompagner les dynamiques
souhaitables et d’infléchir les évolutions non désirées ;
ž la solidarité et l’équité nationales, qui visent à assurer la cohésion sociale par un appui aux
couches les plus démunies, à travers le développement de l’habitat social et l’équilibre entre
toutes les composantes de la nation ; et
ž la facilitation de la part de l’État, qui n’est pas chargé de la production directe des logements,
mais l’encourage par la mise en place de leviers fonciers, financiers, fiscaux, réglementaires,
etc.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 44


9.3.2 Objectif et stratégies globales
Fort de ces principes et de la vision de développement durable de l’habitat, le Gouvernement
poursuit l'objectif stratégique de planifier, de construire et d'équiper l'espace national et urbain, en
mettant en œuvre des actions cohérentes en partenariat avec la société civile en général et le
secteur privé spécialement. Ceci afin de faciliter l'accès de la majorité des Guinéens à un logement
décent dans un contexte d'urbanisation maîtrisée. Quatre axes stratégiques sont définis pour
atteindre cet objectif.
a. la maîtrise de la planification urbaine et de la gestion foncière
L’orientation stratégique en matière de développement spatial et foncier, s’articule autour de la
mise en place d’une armature de centres urbains et ruraux équilibrée, et le renforcement du
pouvoir de régulation du système foncier par l’État et les collectivités locales pour mieux
conduire le développement spatial des territoires. La mise en œuvre de cette orientation
stratégique sera sous-tendue par les actions suivantes :

ž l’actualisation du schéma national d’aménagement du territoire, l’élaboration et ou la mise à


jour des plans régionaux et urbains, tenant compte des enjeux économiques, sociales,
environnementales et de changement climatique ;
ž la densification du tissu urbain et la mise en œuvre de programmes d’aménagement de
terrains, particulièrement dans les villes secondaires pour mieux gérer l’étalement urbain
ž l’élaboration de textes d’application du Code foncier et domanial (CFD), leur vulgarisation et
l’application stricte des dispositions du CFD relatives à la procédure d’établissement du titre
foncier ;
ž la formation du personnel et l’équipement des services en charge de la gestion foncière ;
ž la valorisation du foncier dans l’habitat ancien situé au centre des villes;
ž la mise en place d’un système d’informations foncières.

b. la promotion de la production de l’habitat neuf

Dans ce domaine, l’orientation majeure est la mise en place de mécanismes synergiques adaptés à
la production, à grande échelle, de logements décents à des coûts maîtrisés, pour en faciliter
l’accès au plus grand nombre de Guinéens. Il s’agit notamment d’encourager la production locale
de matériaux à moindre coût, de promouvoir la mise en place de circuits de financement adaptés
à la production de logements sociaux, et de procéder à la bonification des crédits acquéreurs et à
leur consolidation sur des durées plus longues. Les financements doivent d’avantage être orientés
vers l’aménagement de trames d’accueil.

Pour le financement du logement, le secteur de l’habitat sera inscrit dans les priorités budgétaires.
L’État devra jouer un rôle central de veille et de régulation, en servant d’interface dans les
relations contractuelles entre les ménages et les organismes prêteurs, pour tout ce qui concerne le
logement social. Pour l’habitat neuf ainsi que pour le financement de sa réalisation et de son
acquisition, les actions se focaliseront sur les actions suivantes :

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 45


ž l'institution d'un cadre réglementaire approprié et des supports divers (des incitations
financières, l'accès aux sites viabilisés) pour l’implication effective du secteur privé et des
autres parties prenantes;
ž le renforcement des ressources et du fonctionnement du Fonds National de l’Urbanisme et
de l’Habitat ; la création d’une banque spécialisée dans le financement de l’habitat ; et la mise
en place des réseaux de micro – crédit spécialisé dans le financement de l’habitat ;
ž l’encadrement de l’habitat auto produit ; et le
ž développement des industries de construction et diversification des matériaux de
construction.

c. Amélioration de l’habitat précaire

Pour le Gouvernement, la stratégie nodale, dans ce secteur, réside dans la rénovation, la


réhabilitation ou la restructuration des taudis et autres habitats précaires des centres urbains.
Cette orientation intègre la lutte contre la pauvreté, par l’amélioration de la qualité du tissu urbain
et des conditions de vie des populations des sites concernés.

L’ensemble des opérations initiées dans ce sens devrait permettre de résorber l’habitat précaire à
Conakry d’ici à 2021, et de réduire de 50 % les quartiers irréguliers dans les autres villes.

Les actions pour la mise en œuvre de cette orientation, sont les suivantes :

ž la rénovation et la réhabilitation des zones d’habitation des anciens quartiers ; la


restructuration de l’habitat spontané ;
ž l’aménagement de sites de relogement pour les familles à déplacer ;
ž la sécurisation foncière pour les logements occupés par les familles pauvres des quartiers
irréguliers, par l’obtention des titres de propriété de leur logement ;
ž la formation professionnelle des habitants des zones urbaines irrégulières dans des métiers
spécifiques leur procurant les revenus ;
ž l’amélioration de l’assainissement des eaux usées dans les villes par l’extension du réseau
d’égouts, la réhabilitation des ouvrages d’assainissement individuels pour les ménages vivant
en dessous du seuil de la pauvreté de Conakry, des autres centres urbains et du milieu rural, et
la réalisation d’infrastructures semi collectives au niveau des grands équipements publics (les
universités, les écoles professionnelles, les écoles primaires, collèges et lycées, les hôpitaux, les
équipements marchands, les abattoirs, les complexes sportifs);

ž la formation des acteurs publics et privés, des artisans aux techniques et technologies
appropriées de construction et de gestion des ouvrages autonomes d’assainissement ;

ž le développement de programmes IEC (Information - Education et Communication) pour


changer les comportements négatifs et faire respecter les codes qui régissent le foncier,
l’urbanisme et l’environnement.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 46


d) Amélioration de la gouvernance urbaine

L’orientation majeure de ce thème se focalise sur la construction d’une architecture


institutionnelle, dont l’ensemble des entités sera renforcé et équipé pour lui permettre d’assumer
pleinement leurs fonctions. La gouvernance est porteuse d’enjeux stratégiques liés au cadre
institutionnel de gestion du secteur, à la formation des acteurs institutionnels, à la diffusion et à
l’application du dispositif législatif et règlementaire auprès de toutes les parties prenantes du
secteur de l’habitat. Ainsi, l a mise en œuvre de cette orientation s’appuie sur les axes
d’intervention dont les différentes actions sont :

ž Le renforcement des capacités de planification urbaine et de coordination des intervenants


dans le secteur de l’habitat ;
ž la mise en place ou le renforcement de services techniques d’urbanisme et de contrôle urbain
dans les communes ;
ž la création d’un cadre de concertation périodique entre le secteur public et le secteur privé;
ž l’instauration de la transparence par la mise en place d’un système de contrôle, d’inspection,
d’audits et de sanctions dans les services concernés ;
ž la mise en place de systèmes d’informations urbaines et foncières et la facilitation de la
circulation de l’information dans et entre les services;
ž la vulgarisation des textes Code des Collectivités, Code de l’Urbanisme et Code foncier et
domanial concernant l’habitat et l’élaboration des textes en matière de promotion immobilière
et l’élaboration de manuels de procédures.

9.3.3 Les Plans opérationnels

Pour la concrétisation des orientations stratégiques ci- dessus, la politique recommande les quatre
plans opérationnels présentés dans les tableaux suivants. Les financements nécessaires pour la
mise en œuvre de ces plans viendront de diverses sources : le budget national et des collectivités,
le secteur privé guinéen et extérieur, les bénéficiaires, et l’aide publique.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 47


Plan opérationnel n° 1. le développement spatial équilibré et l’accès à la sécurité foncière
Durée
Objectifs Projets Coût USD Institutions Responsables
(mois)
1.1 Actualisation du Schéma national et élaboration de Ministère de la Ville et de
1 500 000 18
directives territoriales d’Aménagement l’Aménagement du Territoire, le
1.2 Actualisation des Schémas Directeurs d’Aménagement et Ministère en charge de la
Eliminer à travers des 6 000 000 60 Décentralisation, les collectivités
d’Urbanisme des capitales régionales (7)
approches concertées le locales.
désordre dans le 1.3 Actualisation des Plan de Développement de Conakry 500 000 12
développement spatial et Ministère de la Ville et de
1.4 Création d’un mécanisme de financement de
favoriser l’intégration du 25 000 2 l’Aménagement du Territoire,
l’aménagement régional et du territoire
développent urbain dans Ministère Economie et Finances
processus global de Ministère de la Ville et de
développement national l’Aménagement du Territoire, le
1.5 Construction d’infrastructures dans les capitales
15 000 000 36 Ministère en charge de la
régionales et les villes moyennes
Décentralisation, les collectivités
locales, secteur privé.
1.6 Creation of a land tenure information system 150 000 12
Elaboration de plans d’occupation des sols et de plan
1 500 000
fonciers (production of photos aériennes, acquisition 12
d’images satellites, enquêtes ; élaboration de plans, etc.)
Accès à la sécurité des Ministère de la Ville et de
droits de propriété et à des 1.7 Constitution de réserves foncières appartenant à l’Etat 100 000 6 l’Aménagement du Territoire (Bureau
parcelles assainis pour lutter 1.8 Actualisation du Code Foncier et Domanial, du Code de de la Conservation foncière, Direction
contre les conflits et les 100 000 12 des Domaines et du cadastre),
l’Urbanisme par l’élaboration des textes d’application
spéculations foncières Ministère en charge de la
Décentralisation, les collectivités,
1.9 Vulgarisation des codes y compris le code des collectivités 150 000 12 secteur privé.

1.10 . Mise en place et densification d’un réseau géodésique 3 625 200 24


1.11 Etude de faisabilité et mise en œuvre d’opération
d’aménagement des terrains Zones d’Aménagement 27 150 000 60
Concerté.

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 48


Plan opérationnel n°2 : Promotion de la production de l’habitat neuf
Durée
Objectifs Projets Coût USD Institutions Responsables
(mois)
2.1 . Etude pour la mobilisation des
ressources devant alimenter le Fond 50 000 2 Ministère de la Ville et de l’Aménagement
National de l’Habitat du Territoire, Ministère Economie et
2.2 . Étude institutionnelle, étude Finances; les banques
financière et étude technique pour la 50 000 3 .
création d’une banque de l’habitat
2.3 Aménagement préalable par les
pouvoirs publics des espaces pour l’auto 15 000 000 60
Ministère de la Ville et de l’Aménagement
Appuyer l’accès au logement neuf, production
du Territoire, Ministère Economie et
encadrer l’habitat auto construit, 2.4 Promotion des coopératives de Finances, le secteur privé, les ONG
promouvoir les partenariats public 150 000 24
construction du logement
– privé et création d’industries et
diversification des matériaux de 2.5 . Élaboration d’une réglementation de
construction la promotion immobilière avec des
50 000 3
dispositions incitatives pour le secteur Ministère de la Ville et de l’Aménagement
privé du Territoire, Ministère Economie et
2.6 Mise en œuvre d’opération de Finances, le secteur privé
construction de logement à travers des 50 000 000 24
conventions de partenariat public - privé
2.7 Organisation et développement de la
filière de production des matériaux 100 000 12 Ministère de la Ville et de l’Aménagement
locaux de construction du Territoire, le secteur privé et les
2.8 Recherche appliquée de valorisation
150 000 24
universités
des pratiques rurales de construction

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 49


Plan opérationnel n° 3 : Amélioration de l’habitat précaire
Durée
Objectifs Projets Coût USD Institutions Responsables
(mois)
3.1 Construction des infrastructures de Ministères en charge de l’Hydraulique
PM
base (routes, eau, électricité, éducation, santé) et Energie, de l’Education, la Santé
Ministère de la Ville Aménagement
3.2 Construction d’équipements marchands à du Territoire, Ministère Economie et
3 500 000 36
Conakry et dans les capitales régionales Finances, Ministère du,
Commerce, le Secteur Privé
3.3 . Extension du réseau d’égouts de Kaloum
15 000 000 36
dans la ville de Conakry
3.4 Construction et réhabilitation
d’infrastructures semi collectives de traitement
PM
Promotion des programmes des eaux usées au niveau des grands équipements
ambitieux d’équipement de l’habitat publics
spontané et sous équipé dans les villes, 3.5 Construction de latrines pour les ménages de PM
dont un programme d’urgence de cinq Conakry vivant en dessous du seuil de la pauvreté
ans renouvelable pour Conakry 3.6 Construction et réhabilitation d’ouvrages Ministère de la Ville et de
d’assainissement individuels pour ménages autres l’Aménagement du Territoire,
PM
centres urbains vivant en dessous du seuil de la Ministère en charge de
pauvreté
l’Environnement, Ministère de
3.7 Construction et réhabilitation d’ouvrages l’Economie et des Finances, le
PM
d’assainissement pour ménages ruraux
Secteur Privé, les ONG
3.8 . Définition des normes de rejets et d’une
50 000 4
réglementation de la gestion des déchets
3.9 Construction de décharges contrôlées PM
3. Promotion des actions de récupération, de
150 000 12
recyclage et de compostage
Résorber complètement les taudis à 3.10 . Cartographie des bidonvilles et des taudis 100 000 8
Conakry, d’ici 2021 et réduire de 50 %
les quartiers irréguliers dans les 3.11 Rénovation de l’habitat dégradé des
PM
grandes villes du pays. communes de Kaloum

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 50


Plan opérationnel n°4 : Amélioration de la gouvernance urbaine
Durée
Objectifs Projets Coût USD Institutions Responsables
(mois)
4.1. Mise en place d’un Comité Ministère de la Ville Aménagement
interministériel de toilettage des différents 20 000 2 du Territoire, Ministère en charge de
textes la Décentralisation
4.2 Formation post universitaire,
Ministère de la Ville Aménagement
universitaire et professionnelle en
**** du Territoire, Ministère en charge de
conception des projets, suivi - évaluation
l’Education
de leur exécution (urbanisme, architecture)
4.3 Construction des sièges du Ministère
de la Ville et de l’aménagement du 3 500 000 24 Ministère de la Ville Aménagement
Territoire et des services déconcentrés du Territoire, Ministère en charge de
4.4 Équipement des services de l’Economie et des Finances, le
Développement d’une gestion harmonisée,
l’Urbanisme et de l’Habitat et intégration 1 600 000 24 secteur privé et les Communes
efficace et efficiente des différentes
des NTIC
composantes de l’architecture
institutionnelle Ministère de la Ville Aménagement
4.5 Mise en place d’un Système
1 250 000 12 du Territoire et les Communes
d’Information urbaine (SIU)

Ministère de la Ville Aménagement


du Territoire, Ministre de la
4.6 Information, Sensibilisation et
60 000 12 Communication, la presse privée, les
Formation
ONG

CONFERENCE INTERNATIONALE HABITAT 3 –QUITO 2016 Page 51


9.4 LEÇONS APPRISES

Le processus de participation de l'élaboration de politique avait nécessité beaucoup de ressources


financières et de temps, mais il a permis d’impliquer effectivement les acteurs concernés. Il a
suscité l’intérêt et l’engouement de toutes les parties prenantes à trouver des solutions idoines à
leurs problèmes. Ainsi l'unité de projet était en mesure de recueillir des informations et des
recommandations précieuses concernant, les questions urbaines et de l’habitat et les domaines
stratégiques clés et actions prioritaires de la politique.

L'approche participative a révélé qu'il existait un besoin urgent et une forte demande de la part
des élus locaux et des populations, concernant la croissance urbaine incontrôlée, le manque
d'infrastructures, l’éloignement des services publics, l'état avancé de détérioration de leur
environnement et des ressources naturelles. Malgré les efforts des populations pour satisfaire leur
besoin en services de base (eau, assainissement…) la qualité de vie dans les villes est souvent
critique.

Les collectivités locales ne mobilisant pas assez de ressources pour faire face à cette situation,
elles ont mis l’accent pendant le processus d’élaboration de la politique, sur le renforcement de
leurs capacités de planification et de gestion et sur la collaboration entre les sphères du
gouvernement et les autres intervenants pour répondre à la demande croissante des
infrastructures et services de base créée par la croissance de la population urbaine accélérée et de
l'étalement urbain.

52

ANNEXE : LIGNES DIRECTRICES ET FORMAT POUR LA PRÉPARATION DES
RAPPORTS NATIONAUX HABITAT III.

ÉTAPES RECOMMANDÉES

Etape 1: Organiser un Comité National Habitat

La première étape recommandée est d'initier ou de rétablir un Comité National d'Habitat


élargie, équilibrée. Etant donné que les gouvernements ont la responsabilité principale de
l'élaboration des rapports, il est important de promouvoir le dialogue et un consensus entre
toutes les parties prenantes. Il est également recommandé que les villes et les collectivités
établissent leurs propres comités locaux pour faire le rapport sur les progrès réalisés au
niveau local et communautaire.

Étape 2: Recueillir et analyser l'information/ Il est recommandé que les comités nationaux
d'Habitat initient la collecte et l'analyse des indicateurs, des meilleures pratiques, des études
de cas, de bonnes politiques, des plans d'action et autres informations. Exemples de plans
d'action nationaux et locaux incluent : national Habitat II rapports, politiques urbaines
nationales (lorsqu'ils existent) des stratégies nationales de développement urbain etc.

Etape 3: Organiser un atelier national pour examiner les plans d'action : Il est
recommandé que le Comité National de l'Habitat organise un atelier national pour examiner
les plans d'action nationaux et locaux et leur mise en oeuvre depuis 1996 et à évaluer les
progrès réalisés et les difficultés rencontrées dans la mise en oeuvre du Programme pour
l'Habitat. Il est suggéré que cela soit organisé sous la forme d'une discussion ouverte et
inclusive avec un groupe large et équilibrée des parties prenantes.

Étape 4: S'accorder sur les priorités, les enjeux et les défis pour un nouvel agenda
urbain
Dans la quatrième étape de la présentation des rapports, il est recommandé que partenaires
identifient les priorités, les enjeux et les défis pour un Nouvel Agenda Urbain.

Étape 5: Préparer un rapport National de l’Habitat III : il est suggéré que les comités
nationaux d'Habitat préparent et diffusent largement leurs rapports de pays.

ÉVALUER LES PROGRÈS ET TOURNER VERS L'AVENIR : PRÉSENTATION ET


CONTENU DU RAPPORT NATIONAL

Le rapport National ne doit pas dépasser 25 000 mots, ou 50 pages. C'est y compris les
tableaux et illustrations. Le rapport doit être préparé à l'aide de MS Word, interligne simple et
taille de police 12 et doit être soumis, à l'Habitat III Secrétariat <
[Link]@[Link] >.

Le rapport devrait être empirique et illustré avec des données actuelles, ainsi que les
politiques et les programmes pertinents et devrait également être tourné vers l'avenir. Les
sources d'information, bibliographie et personnes contactées dans la préparation du rapport
devraient être fournis à la fin du document.

53

Le rapport National doit suivre la structure fournie dans l'esquisse ci-dessous :

I. Démographie urbaines : enjeux et défis pour un nouvel Agenda urbain


(Maximum de 4160 mots y compris les tableaux et illustrations)
Décrire ce que votre gouvernement Central, les autorités locales (y compris les grandes
villes) et les autres autorités gouvernementales infranationales, en partenariat avec les
intervenants ont réalisé, dans le cadre de l’Agenda pour l'Habitat, dans les domaines
énumérés ci-dessous.

Décrire également les difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines, ainsi
que les enjeux et les défis futurs qui pourraient être abordés à travers un nouvel Agenda
urbain.

1. Gestion de l'urbanisation rapide (540 mots)


2. Gestion des relations rural-urbain (540 mots)
3. Répondre aux besoins des jeunes en milieu urbain (540 mots)
4. Répondre aux besoins des personnes âgées (540 mots)
5. Intégration du genre dans le développement urbain (540 mots)
6. Difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines (1-5) (730 mots)
7. Défis et enjeux dans ces domaines (1-5) qui pourraient être abordés par un nouvel Agenda
urbain (730 mots).

II. L’aménagement du territoire et la planification urbaine : enjeux et défis pour un


nouvel Agenda urbain (Maximum de 4160 mots y compris les tableaux et illustrations)

Décrire ce que votre gouvernement Central, les autorités locales (y compris les grandes
villes) et les autres autorités gouvernementales infranationales, en partenariat avec les
intervenants ont réalisé, dans le cadre de l’Agenda pour l'Habitat, dans les domaines
énumérés ci-dessous.

Décrire également les difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines, ainsi
que les enjeux et les défis futurs qui pourraient être abordés à travers un nouvel Agenda
urbain.

8. Assurer une planification et un aménagement urbains durable (540 mots)


9. Amélioration de la gestion de l'espace urbain et la maitrise de l'étalement urbain (540
mots)
10. Amélioration de la production alimentaire urbaine et péri-urbaine (540 mots)
11. Relever les défis de la mobilité urbaine (540 mots)
12. Améliorer les capacités techniques de planification et de gestion des villes (540 mots)
13. Difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines (8-12) (730 mots)
14. Les défis et enjeux dans ces domaines (8-12) qui pourraient être abordés par un nouvel
Agenda urbain (730 mots)

III. Environnement et Urbanisation : enjeux et défis pour un nouvel Agenda urbain


(Maximum de 3560 mots y compris les tableaux et illustrations)

Décrire ce que votre gouvernement Central, les autorités locales (y compris les grandes
villes) et les autres autorités gouvernementales infranationales, en partenariat avec les

54

intervenants ont réalisé, dans le cadre de l’Agenda pour l'Habitat, dans les domaines
énumérés ci-dessous.

Décrire également les difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines, ainsi
que les enjeux et les défis futurs qui pourraient être abordés à travers un nouvel Agenda
urbain.
15. Faire face au changement climatique (540 mots)
16. La réduction des risques (540 mots)
17. Réduire la congestion du trafic (540 mots)
18. La pollution atmosphérique (540 mots)
19. Difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines (15-17) (700 mots)
20. Les défis et enjeux dans ces domaines (15-17) qui pourraient être abordés par un nouvel
Agenda urbain (700 mots)
IV. Gouvernance Urbaine et législation : enjeux et défis pour un nouvel Agenda urbain
(Maximum de 4160 mots y compris les tableaux et illustrations).

Décrire ce que votre gouvernement Central, les autorités locales (y compris les grandes
villes) et les autres autorités gouvernementales infranationales, en partenariat avec les
intervenants ont réalisé, dans le cadre de l’Agenda pour l'Habitat, dans les domaines
énumérés ci-dessous.

Décrire également les difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines, ainsi
que les enjeux et les défis futurs qui pourraient être abordés à travers un nouvel Agenda
urbain.
21. Amélioration de la législation urbaine (540 mots)
22. La décentralisation et le renforcement des capacités des autorités locales (540 mots)
23. Amélioration de la participation et les droits de l'homme dans le développement urbain
(540 mots)
24. Renforcement de la sécurité et la sureté urbaine (540 mots)
25. Améliorer l'inclusion sociale et l'équité (540 mots).
26. Difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines (20-24) (730 mots)
27. Les défis et enjeux dans ces domaines (20-24) qui pourraient être abordés par un nouvel
Agenda urbain (730 mots)

V. Economie urbaine : Enjeux et défis pour un nouvel Agenda urbain


(Maximum de 4160 mots y compris les tableaux et illustrations)

Décrire ce que votre gouvernement Central, les autorités locales (y compris le capital ou
les grandes villes) et les autres autorités gouvernementales infranationales, en
partenariat avec les intervenants, ont obtenu, par le biais de l'habitat, dans les domaines
énumérés ci-dessous.

Décrire également les défis expérimentés et leçons tirées dans ces zones, comme les
questions et les défis futurs qui pourraient être abordés à travers un nouveau
programme urbain.

28. Améliorer les finances municipales/locales (540 mots)


29. Renforcement et amélioration de l'accès au crédit logement (540 mots)
30. Soutenir le développement économique local (540 mots)
31. Création d'emplois décents et des moyens de subsistance (540 mots)

55

32. L'intégration de l'économie urbaine dans la politique nationale de développement (540
mots)
33. Difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines (27-31) (730 mots)
34. Les défis et enjeux dans ces domaines (27-31) qui pourraient être abordés par un nouvel
Agenda urbain (730 mots).

VI. Logement et services urbains de base : enjeux et défis pour un nouvel Agenda
urbain
(Maximum 4800 mots y compris les tableaux et illustrations)

Décrire ce que votre gouvernement Central, les autorités locales (y compris le capital ou
les grandes villes) et les autres autorités gouvernementales infranationales, en
partenariat avec les intervenants, ont obtenu, par le biais de l'habitat, dans les domaines
énumérés ci-dessous.

Décrire également les défis expérimentés et leçons tirées dans ces zones, comme les
questions et les défis futurs qui pourraient être abordés à travers un nouveau
programme urbain.

35. Amélioration et prévention des bidonvilles (540 mots)


36. Amélioration de l'accès à un logement convenable (540 mots)
37. Assurer un accès durable à l'eau potable (540 mots)
38. Assurer un accès durable à l'assainissement et de drainage (540 mots)
39. Améliorer l'accès à l'énergie domestique (540 mots)
40. Améliorer l'accès à des moyens durables de transport (540 mots)
41. Difficultés rencontrées et les leçons tirées dans ces domaines (34-36) (780 mots)
[Link] défis et enjeux dans ces domaines (34-36) qui pourraient être abordés par un nouvel
Agenda urbain (780 mots)

VII. Les indicateurs

Fournir des données pour votre pays pour les indicateurs urbains suivants. Données devraient
être pour 1996, 2006 et 2013, lorsque possible ventilée selon le sexe.

i. pourcentage de personnes vivant dans des bidonvilles


ii. le pourcentage de population urbaine avec accès à un logement convenable
iii. le pourcentage de personnes vivant en zones urbaines avec accès à l'eau potable
iv. le pourcentage de personnes vivant en zones urbaines avec accès à un assainissement
adéquat
v. pourcentage de personnes résidant dans les zones urbaines avec accès à la collecte
régulière des déchets
vi. le pourcentage de personnes résidant dans les zones urbaines avec accès à des énergies
domestiques propres
vii pourcentage de personnes vivant en zones urbaines avec accès aux transports en commun
viii. niveau de décentralisation effective pour un développement urbain durable, mesurée par:
(i) pourcentage de politiques et de la législation sur les questions urbaines dans les
gouvernements locaux et régionaux dont formulation ont participé depuis 1996 à ce jour ; (ii)
le pourcentage de la part des revenus et des dépenses allouées aux gouvernements les et
régionaux sur le budget national ; (iii) le pourcentage de la part des dépenses des collectivités
locales financées par les recettes locales

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ix. le pourcentage de la ville, les autorités régionales et nationales qui ont mis en place des
politiques urbaines de développement économique local et la création d'emplois décents et
des moyens de subsistance
x. pourcentage de la ville et les autorités régionales qui ont adopté ou mis en oeuvre des
stratégies ou des politiques de sécurité et de la sécurité urbaines
xi. pourcentage de la ville et les autorités régionales qui ont mis en place des plans et des
dessins pour des villes durables et résistants qui sont inclusives et répondent adéquatement à
la croissance de la population urbaine
xii. la part du produit national brut (PIB) qui est produit dans les zones urbaines
xiii. toute autre urbaine donnée utile au rapport National.

VIII. Les études de cas et les documents de politique

Les pays sont encouragés à soumettre des études de cas, des plans d'action et des documents
de politique etc. sur des approches réussies à la mise en œuvre du programme pour l'Habitat.
Ces documents doivent être illustratifs des réalisations mentionnées dans le rapport national
de l'Habitat III. Cependant, ces documents ne doivent pas être soumis dans le cadre du
rapport national, mais comme éléments additionnel.

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