Mécanismes de Commutation dans les Conv-Statiques Chapitre 2
2.1 Introduction
Jusqu'à un passé récent, l’introduction des contraintes liées aux pertes par commutation et à la
CEM, lors de la conception des circuits de l’électronique de puissance, n’était pas correctement
maîtrisée et elle était toujours considérée comme une épreuve que subit le prototype réel avant la
fabrication série. Depuis quelques années, de grands efforts ont été mis en place pour minimiser le
recours à des prototypes réels en favorisant le prototypage virtuel.
Ces efforts ne cessent d’augmenter, spécialement avec l’évolution des technologies utilisées pour
la réalisation des convertisseurs d’électronique de puissance.
Ceci est dû aux performances des nouvelles générations des semi-conducteurs qui deviennent de
plus en plus impressionnantes grâce à leurs faibles pertes en commutation liées à leur rapidité
croissante. Ce dernier critère représente la cause principale des interférences électromagnétiques
qui, par effet d’interaction des dv/dt et des di/dt avec les différents éléments parasites du circuit,
n’en deviennent que plus critiques.
Les pertes occasionnées et les niveaux élevés des harmoniques résultantes des grandeurs
électriques commutées peuvent généralement être déterminés par des simulations temporelles.
Cette reconstruction exige nécessairement des modèles précis des semi-conducteurs et une
schématisation détaillée des éléments parasites du convertisseur.
A cette phase, plusieurs contraintes s’imposent sur la façon d’aborder le problème et sur les
critères de choix (méthode, modèles et paramètres).
2.2 Commutations
La fermeture d’un interrupteur à semiconducteur connecte les bornes qu’il relie, son ouverture
interrompt cette connexion.
Au moment où il se ferme, il force les potentiels de deux bornes qu’il relie à devenir égaux. La
fermeture d’un interrupteur entraîne une discontinuité du potentiel d’au moins une des bornes,
sauf si à cet instant, les deux potentiels étant égaux, la tension aux bornes de l’interrupteur est
nulle.
Au moment de l’ouverture, l’interruption de la connexion entre les deux bornes que l’interrupteur
reliait force le courant qui circulait d’une borne à l’autre à s’annuler. Ce courant subit une
discontinuité, sauf si à cet instant il était nul.
Ces contraintes sont acceptables si elles sont compatibles avec la continuité de l’énergie au sein
du montage dans lequel les interrupteurs sont insérés. En pratique cela revient généralement à
vérifier que les commutations n’entraînent pas
de discontinuité de la tension aux bornes d’un ou plusieurs condensateurs,
de discontinuité du courant dans une ou plusieurs inductances.
Aussi, avant d’examiner le déroulement des commutations, est-il nécessaire de voir comment
caractériser les générateurs et récepteurs entre lesquels sont montés les interrupteurs.
1er année master commande électrique 11 Electronique de puissance avancée
Mécanismes de Commutation dans les Conv-Statiques Chapitre 2
2.3 Intérêt de la commutation pour les échanges d’énergie
L’électronique de puissance est une électronique de commutation : idéalement, un interrupteur
ouvert ou fermé ne dissipe pas d’énergie. Ainsi, il est possible de transférer de l’énergie entre une
source d’entrée et une charge de sortie en contrôlant son transfert. A chaque cycle de
commutation, un quantum d’énergie est donc transféré (ou stocké si un dispositif existe dans la
structure) entre la source d’entrée et la sortie.
2.4 Règles d’association des sources
Un convertisseur statique est donc constitué d’interrupteurs qui connectent séquentiellement une
source d’entrée à une charge (encore dénommée source de sortie compte tenu de sa réversibilité
potentielle). On constate aisément que toutes les associations de sources ne sont pas permises :
1- On ne peut mettre en parallèle deux sources de tension de valeurs différentes. La
conséquence en serait un courant de circulation infini,
2- On ne peut mettre en série deux sources de courant de valeurs différentes (tension infinie),
3- On ne peut court-circuiter une source de tension (courant infini de court-circuit),
4- On ne peut ouvrir une source de courant (tension infinie d’ouverture).
Il reste donc comme association permise deux sources de natures différentes : une source de
tension associée à une source de courant comme représenté ci-dessous.
2. 4.1 Caractérisation des générateurs et des récepteurs
En électronique de puissance, on caractérise les générateurs et les récepteurs par rapport aux
commutations en indiquant s’il s’agit d’un générateur ou d’un récepteur de tension ou de courant.
a. Définitions et Représentations
Un générateur ou un récepteur est dit de tension si la valeur instantanée de la tension à ses bornes
ne subit pas de discontinuité lors des commutations.
On le représente (figure 2.1.a) par un cercle éventuellement traversé par un trait dans le sens de
passage du courant.
Un générateur ou un récepteur est dit de courant si la valeur instantanée du courant qui le
traverse ne subit pas de discontinuité lors des commutations.
On le représente (figure 2.1.b) par deux cercles entrelacés ou par un cercle traversé par un trait
perpendiculaire au sens de passage du courant.
1er année master commande électrique 12 Electronique de puissance avancée
Mécanismes de Commutation dans les Conv-Statiques Chapitre 2
i i
i i
u ou u
u ou u
Tension (a ) Récepteur
(a) Générateur i
i i
i
u u
u
u
(b) Récepteur
(b) Générateur
Courant
Fig.2.1 forme d’onde u et i
Pour la tension u et le courant i on adopte des conventions de signe telles que la valeur moyenne
du produit ui soit positive pour un générateur débitant de la puissance ou pour un récepteur en
recevant. u u
0 0
t t
u
u
0 0
t t
(b)
(a)
Fig.2.2 forme d’onde u et i
À titre d’exemples, on a tracé les formes d’ondes de la tension u et du courant i
d’un générateur de tension sinusoïdale parfait débitant un courant formé de créneaux
rectangulaires (figure 2.2a),
d’un générateur de tension continue parfait débitant un courant formé d’arcs de sinusoïdes
(figure 2.2b).
Ces générateurs de tension sont parfaits puisque u reste sinusoïdale ou constante malgré les
brusques variations de i provoquées par les commutations.
1er année master commande électrique 13 Electronique de puissance avancée
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b) Réversibilités. Sources
Pour caractériser un générateur ou un récepteur, il faut en outre indiquer ses réversibilités en
précisant s’il est :
réversible en tension (u > 0 ou u < 0) ou non,
réversible en courant (i > 0 ou i < 0) ou non,
réversible en tension et en courant (u > 0 ou u < 0, et i > 0 ou i < 0) ou non.
Ainsi une batterie d’accumulateurs est réversible en courant mais pas en tension. Les moteurs à
courant continu et les moteurs à courant alternatif, synchrones ou asynchrones, sont réversibles en
courant et en tension.
Dès qu’il y a au moins une réversibilité, le sens d’écoulement de la puissance instantanée ui peut
être inversé : on ne parle plus de générateur ou de récepteur mais de source.
c) Amélioration ou changement de nature d’une source
Amélioration
Vis-à-vis des commutations, la quasi-totalité des sources qu’on trouve en électrotechnique
(machines à courant continu ou alternatif) sont naturellement des sources de courant en raison de
leur inductance.
Seuls quelques dispositifs, comme les batteries d’accumulateurs par exemple, peuvent être
considérés comme sources de tension.
Si l’inductance interne d’une source de courant est insuffisante pour qu’on puisse la
considérer comme une bonne source de courant, on ajoute une inductance supplémentaire en
série. Plus l’inductance totale L est grande, plus la f.é.m. d’induction L di/dt réduit
l’amplitude des variations du courant i qu’entraînent les brusques variations de la tension u
lors des commutations.
De même si une source de tension a une inductance interne non négligeable, les variations à
fort di/dt du courant i lors des commutations entraînent des variations de la tension u
excessives. On atténue celles-ci en dérivant un condensateur aux bornes de la source ; il
fournit du courant quand u diminue, en absorbe quand u augmente réduisant ainsi les
variations de u provoquées par celles de i.
2. 5 Cellule élémentaire de commutation
Dans un convertisseur direct respectant la règle de l’alternance des sources, les interrupteurs
relient les bornes d’une source de tension à celles d’une source de courant.
Pour respecter les règles de base des circuits électriques il faut qu’à chaque instant parmi les
interrupteurs reliés à une même borne de la source de courant, il y en ait un et un seul fermé. En
effet :
si tous les interrupteurs aboutissant à cette borne étaient ouverts, la source de courant
serait en circuit ouvert ;
si plusieurs interrupteurs aboutissant à cette borne étaient fermés, ils établiraient un court-
circuit entre les bornes de la source de tension à laquelle ils sont reliés.
1er année master commande électrique 14 Electronique de puissance avancée
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Lors d’une commutation, on demande donc à deux interrupteurs reliés à une même borne de la
source de courant de transférer le courant à cette borne d’une borne de la source de tension à une
autre borne de cette source. Pour cela, il faut ouvrir l’interrupteur précédemment fermé et fermer
l’interrupteur précédemment ouvert.
Pour suivre le déroulement de ce transfert, on peut se limiter à l’examen de la partie de l’ensemble
du circuit concernée : l’association en série de deux interrupteurs sous la tension u assurant
l’aiguillage du courant i; c’est la « cellule élémentaire de commutation ».
On considère la commutation correspondant à l’ouverture de l’interrupteur K, donc au transfert du
courant i de la voie que fermait cet interrupteur à la voie que ferme l’interrupteur K’. Les courants
dans ces deux voies doivent varier très rapidement, passant de i à 0 pour iK, de 0 à i pour iK’.
2.5.1 Types de commutations
Pour simplifier la présentation de la commutation K → K’, on suppose que, pendant toute sa durée
:
- la tension u, égale à vK – vK’, reste constante et égale à U,
- le courant i reste constant et égal à I,
- les variations des tensions vK et vK’ et des courants iK et iK’ sont linéaires.
Si ces hypothèses ne sont pas satisfaites, la description des phénomènes et les conclusions qu’on
en tire ne sont pas notablement affectées.
Suivant les signes de I et de U, il y a quatre possibilités :
I > 0 et U > 0 , I > 0 et U < 0 , I < 0 et U < 0 , I < 0 et U > 0.
L’étude des deux premières suffit ; les deux autres sont les mêmes à condition de permuter K et
K’, d’inverser le sens positif du courant dans les interrupteurs et celui de la tension à leurs bornes.
Commutation K → K’ avec U et I positifs (figure 2.4)
Quand K conduit, la tension aux bornes de K’ est égale à − U donc négative. Cet interrupteur ne peut
écouler I tant que vK_ est négatif.
La commutation commence donc par la montée de la tension vK qui passe, de t = t0 à t = t1, de 0 à
+U. Pendant cet intervalle, iK reste égal à I, iK’ reste nul, et vK’ passe de −U à 0.
Quand vK’ s’annule, l’interrupteur K_ peut entrer en conduction. Pendant la montée du courant
iK_ de 0 à I, qui correspond à l’intervalle (t1, t2), iK décroît de I à 0, vK reste égale à U et vK’ à 0.
À l’instant t = t2, le transfert de I est terminé.
Le trajet des points de fonctionnement montre que ce type de commutation nécessite la commande
à l’ouverture de K qui doit donc être du type transistor.
L’interrupteur K’ effectue une fermeture spontanée : il doit donc se comporter comme une diode.
Si le courant I est transféré à une diode, ce qui est souvent le cas, il n’y a pas de problème. Si I est
transféré à un semiconducteur à fermeture commandée, du type thyristor ou transistor, il faut que
celui-ci se comporte comme une diode, c’est-à-dire qu’il devienne passant dès que la tension à ses
bornes tend à devenir positive, ce qui nécessite qu’une commande lui soit appliquée.
Commutation K → K’, avec I positif et U négatif (figure 2.5)
Quand l’interrupteur K conduit, la tension à ses bornes ne peut devenir négative tant que le
courant positif qui le traverse ne s’est pas annulé.
1er année master commande électrique 15 Electronique de puissance avancée
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La commutation commence par un intervalle (t0, t1), pendant lequel iK décroît de I à 0, iK’ croît
de 0 à I, pendant lequel vK reste nulle et vK’ égale à −U.
Quand iK s’annule, la tension vK peut décroître de 0 à U et vK’ de −U à 0. À la fin de ce second
intervalle (t1, t2), la commutation est finie.
Le trajet des points de fonctionnement montre que ce type de commutation nécessite une
commande à la fermeture de l’interrupteur K’ ; suivant qu’il a ou n’a pas à assurer des ouvertures
commandées, il sera du type transistor ou du type thyristor.
L’interrupteur K doit, lors de cette commutation, se comporter comme une diode. S’il s’agit
effectivement d’une diode, il n’y a pas de problème. Il n’y en a pas non plus s’il s’agit d’un
thyristor car celui-ci se comporte comme une diode lorsqu’il est à l’état passant.
Fig.2.4 Commutation K → K’ avec U positifs Fig.2.5 Commutation K → K’ avec U négatifs
Pour la présentation du principe de fonctionnement d’un convertisseur et la détermination des
caractéristiques liant les valeurs des grandeurs d’entrée et de sortie, on peut d’ordinaire négliger la
durée des commutations devant la période de fonctionnement. On suppose les commutations
instantanées.
1er année master commande électrique 16 Electronique de puissance avancée
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Sur la forme d’onde du courant i dans un interrupteur et celle de la tension v à ses bornes, les
commutations apparaissent alors comme des discontinuités. La figure 2.6 les représente dans les
quatre cas possibles.
i i i i
0 0 0 0
i i
i i
0 0 0 0
Spontané Commandée Spontané Commandée
Fermeture Ouverture
Fig.2.6 commutation dans les quatre cas possibles
On remarque que la commutation commandée d’un interrupteur est toujours associée à la
commutation spontanée de l’autre. Sur les formes d’ondes schématiques, telles celles de la
figure 2.6, il est aisé de reconnaître la nature des commutations :
dans une commutation commandée, le courant dans l’interrupteur lorsqu’il est fermé et la
tension à ses bornes lorsqu’il est ouvert sont de même signe.
dans une commutation spontanée, ce courant et cette tension sont de signes contraires.
Les surfaces hachurées sur les figures 2.4 et 2.5 montrent l’énergie dissipée dans
l’interrupteur qui effectue une ouverture ou une fermeture commandée :
iK est égal à I pendant toute la montée de vK, dans le premier cas ;
vK_ est égale à |U| pendant toute la montée de iK, dans le second.
Dans ces commutations commandées dites « dures » par opposition aux commutations spontanées
(ou à pertes nulles) dites « douces », la puissance instantanée dissipée atteint une valeur élevée
(égale à V.I). Mais cette puissance correspond à une énergie faible en raison de la brièveté de
l’intervalle (t0 – t2) dont la durée est fixée par la vitesse de commutation des semiconducteurs
utilisés.
2. 5.2 Adoucissement des commutations
Dans les commutations types telles qu’on vient de les présenter, l’interrupteur dont la
commutation est commandée effectue une commutation dure car :
o il doit reprendre le courant avant que la tension à ses bornes descende, s’il est commandé à la
fermeture ;
o il doit reprendre la tension avant que le courant qui le traverse descende, s’il est commandé à
l’ouverture.
Il en résulte des pertes de commutation qui limitent la fréquence à laquelle on peut faire commuter
les interrupteurs.
1er année master commande électrique 17 Electronique de puissance avancée
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Pour réduire ces pertes, on peut :
soit reporter une partie de l’énergie dissipée dans l’interrupteur lors des commutations
dans des éléments réactifs placés en série ou en parallèle avec lui. C’est le rôle des circuits
d’aide à la commutation (CALC), appelés snubbers en anglo-saxon. L’interrupteur reste
entièrement commandable mais la durée des commutations adoucies est allongée ;
soit associer à l’interrupteur un circuit résonnant qui va permettre :
d’assurer une fermeture commandée fortement adoucie suivie d’une ouverture spontanée
par passage par zéro du courant dans l’interrupteur (zero current switching, ZCS) ;
ou d’assurer une ouverture commandée fortement adoucie suivie d’une fermeture
spontanée par passage par zéro de la tension aux bornes de l’interrupteur (zero voltage
switching, ZVS). Ces interrupteurs « résonnants » ne sont plus entièrement commandables
(sauf addition d’un interrupteur supplémentaire, mais les circuits deviennent alors
complexes).
Les convertisseurs qui utilisent de tels interrupteurs sont dits quasirésonnants. Leurs principales
applications se trouvent dans la conversion continu-continu, aussi en présenterons-nous le principe
à la fin du chapitre consacré aux hacheurs.
Pour l’étude de l’adoucissement des commutations, on reprend la cellule de commutation
présentée précédemment et on suppose encore que la tension u et le courant i restent constants et
égaux à U et à I durant toute la commutation.
2.6 Commutation naturelle
Lorsque la tension anode cathode aux bornes du thyristor diminue ou passe par zéro, le courant
d'anode devient inférieur au courant de maintien : le thyristor se bloque. On dit qu'il y a
commutation naturelle.
2.7 Commutation forcée
Lorsque la tension anode cathode aux bornes du thyristor reste toujours positive, après amorçage
par le dispositif de commande, il est nécessaire de lui adjoindre un dispositif de commutation
forcée.
2.8 Adoucissement d’une commutation a la fermeture
On considère la cellule de commutation de la figure 2.7. En l’absence de l’inductance λ les formes
d’ondes du courant iK dans l’interrupteur K et de la tension vK à ses bornes sont celles de la figure
2.7a. On admet que les variations de iK pendant son temps de montée tr et de vK pendant son
temps de descente tf sont linéaires.
En présence de λ, les formes d’ondes de iK et vK deviennent celles de la figure 2.7b. On suppose
que le temps de descente tf de vk est inchangé et que cette décroissante est encore linéaire.
Calculer l’énergie WON dissipée dans l’interrupteur à chaque fermeture en l’absence de snubber,
puis la valeur WON de cette énergie en présence de λ dans le cas où le temps de commutation tc
est supérieur ou égal à tf. Quelle valeur λlim faut-il donner à λ pour que la commutation se termine
à l’instant où vK s’annule ? Quel est alors le rapport W’ON/WON ?
Quels sont les effets d’une diminution ou d’une augmentation de λ ?
1er année master commande électrique 18 Electronique de puissance avancée
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Fig.2.7 Cellule de commutation
𝑈𝐼(𝑡𝑟 −𝑡𝑓 ) ′ 𝑈 2 −𝑡𝑓2 𝑈 𝑡𝑓 ′
𝑊𝑂𝑁 1 𝑡𝑓
𝑊𝑂𝑁 = 𝑊𝑂𝑁 = 𝛾𝑙𝑖𝑚 = , donne =
2 12 𝐼 2 𝑊𝑂𝑁 6 𝑡𝑟 +𝑡𝑓
′
𝑊𝑂𝑁
Si 𝛾 diminue augmente
𝑊𝑂𝑁
′
𝑊𝑂𝑁
Si 𝛾 augmente diminue
𝑊𝑂𝑁
2.8.1 Pertes dans les interrupteurs
L'électronique de conversion d'énergie est basée sur l'utilisation de composants semi-conducteurs
jouant le rôle d'interrupteurs. Ces derniers, lors de leur utilisation, présentent des pertes thermiques
correspondant aux diverses phases de leur fonctionnement. On distingue trois types de pertes,
chacune correspondant à un état de l'interrupteur :
Les pertes par conduction, associées à l'état passant du composant.
Les pertes par fuites, liées à l'état bloqué de l'interrupteur.
Les pertes dynamiques, ou pertes en commutation, associées aux changements d'état de
l'interrupteur, c'est-à-dire lors du passage de l'état passant à l'état bloqué et vice versa.
La figure 2.8 représente la structure simplifiée d'un interrupteur de puissance de type IGBT,
associée à sa représentation symbolique. ic Est le courant de collecteur traversant l'interrupteur et
vce la tension aux bornes du composant prise entre le collecteur et l'émetteur.
Pour cette dernière, on fera la distinction entre la tension Vce correspondant à la tension tenue par
le composant, donnée pour une tension de commande VGE nulle (à l'état bloqué), et la tension
𝑉𝑐𝑒−𝑠𝑎𝑡 correspondant à la chute de tension directe à l'état passant, obtenue avec une tension de
commande de 15 V. Le paramètre 𝑉𝑐𝑒−𝑠𝑎𝑡 dépend de la température.
Fig. 2.8: Structure simplifiée d’un IGBT
avec son symbole [78]
1.4.1. Pertes
2.8.2. Pertes par conduction
Durant la phase de conduction, c'est-à-dire pour une tension de commande VGE de l'IGBT
supérieure à sa tension de seuil Vge-th, le courant ic est fixé par la structure de puissance dans
laquelle se trouve l'IGBT.
1er année master commande électrique 19 Electronique de puissance avancée
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La tension 𝑉𝑐𝑒−𝑠𝑎𝑡 , caractéristique directe du composant à l'état passant, est fortement
dépendante du courant ic, comme le montre la figure 1.8, mais également de la température. Cette
courbe permet de définir deux paramètres, le premier est la tension de seuil, notée 𝑉𝑐𝑒0, le second
un paramètre ohmique, noté Rce, représentatif de la résistance du dispositif à l'état passant tel que
représenté par la relation (1.1).
𝑉𝐶−𝑠𝑎𝑡 (𝑉𝐺𝐸 , 𝑇𝐽 ) = 𝑉𝐶0 (𝑉𝐺𝐸 , 𝑇𝐽 ) + 𝑅𝐶𝑒 (𝑉𝐺𝐸 𝑇𝐽 )𝐼𝐶
L'énergie dissipée à l'état passant, notée Econd, intégrée sur le temps de conduction tcond, est
définie pour une température de jonction réelle Tj par :
𝑡𝑐𝑜𝑛𝑑
𝐸𝑐𝑜𝑛𝑑 (𝑉𝐺𝐸 , 𝑇𝐽 ) = ∫ 𝑉𝑐𝑒 (𝑉𝐺𝐸 , 𝑇𝐽 ) 𝐼𝐶 𝑑𝑡
0
a) b)
Fig.2.9 : Caractéristique Ic = f( 𝑣𝑐𝑒) pour différentes valeurs de VGE
(a): Pour une température Tj=25°, (b): Pour une température Tj=125°
2.8.3 Pertes par commutation
Pour les pertes par commutation, les phases de transition correspondant à l'ouverture et à la
fermeture du composant ne peuvent être abordées de la même façon.
En effet, l’utilisation de différentes combinaisons de modèles d'approximation de calcul de pertes,
et des approximations dans l’identification des paramètres, nous conduisent à de grandes erreurs
dans la prédiction des pertes de puissance. Cela peut avoir un impact important sur le choix des
composants constituant le convertisseur et sur l’approche des objectifs de conception concernant
le rendement énergétique et la fiabilité
Les semi-conducteurs sont responsables de la majorité des pertes dans un convertisseur. Les
mécanismes de calcul des pertes pour ces dispositifs ne sont pas faciles à mettre en œuvre car,
aussi simple que soit leur topologie, ils sont insérés dans un environnement fortement non linéaire,
ainsi ces pertes dépendent de plusieurs paramètres (internes et externes au convertisseur) tels que :
La topologie du convertisseur
Le mode de commande (hard switching, softswitch,…)
Les impédances d’entrée et sortie
La famille du semi-conducteur (unipolaire, bipolaire, ou mixte)
La technologie des semi-conducteurs utilisés
1er année master commande électrique 20 Electronique de puissance avancée
Mécanismes de Commutation dans les Conv-Statiques Chapitre 2
Les circuits de pilotage (driver)
La méthode de modulation utilisée
Les contraintes CEM (compatibilités électromagnétiques)
Les couplages thermoélectriques.
Les contraintes mécaniques.
Les pertes par commutation sont dues à la phase d'amorçage et de blocage, du fait que le courant
ainsi que la tension doivent varier sur une grande plage, pour atteindre les grandeurs imposées par
les sources entre lesquelles le convertisseur est inséré.
Table 1 Paramètres transitoires décrivant la phase de commutation à la fermeture d’un (IGBT)
Table 2 Paramètres transitoires décrivant la phase de commutation à l’ouverture (IGBT)
Le calcul des pertes soit de conduction soit de commutation forcée ou naturelle dans un semi-
conducteur doit être effectué en fonction du type d'interrupteur et du circuit dans lequel il est
inséré.
1er année master commande électrique 21 Electronique de puissance avancée
Mécanismes de Commutation dans les Conv-Statiques Chapitre 2
En électronique de puissance, les transistors à grille isolée comme les transistors (IGBT) et les
transistors à effet de champ (MOSFET) sont utilisés comme des interrupteurs de base, tandis que
les diodes sont principalement utilisées pour assurer la roue libre, fournissant ainsi un chemin de
retour pour le courant des transistors IGBT et MOSFET qui sont unidirectionnels. Les pertes dans
les interrupteurs semi-conducteurs représentent une partie considérable des pertes totales d'un
convertisseur d’électronique de puissance.
2.9 Exercices
Exercice 1
On schématise avec des interrupteurs mécaniques deux convertisseurs continu-continu indirects,
– l’un (figure a) reliant deux sources de tension réversibles en tension et non en courant,
– l’autre (figure b) reliant deux sources de courant réversibles en courant et non en tension.
Pour chacun de ces convertisseurs,
– indiquer la nature de l’élément de stockage S et justifier la nécessité de la complémentarité de la
commande des deux interrupteurs,
– indiquer les branches de caractéristiques utilisées par les interrupteurs et les commutations à
réaliser,
– en déduire le schéma de principe et les semiconducteurs à utiliser.
Exercice 2
Soit le convertisseur triphasé à diodes représenté par la figure ci-dessous
Les sources de tension sont imparfaites et leur impédance interne est définie par une inductance
série N représentant celle de la ligne ajoutée à l’inductance de fuites totalisées au secondaire. De
ce fait, la commutation entre les diodes n’est plus instantanée, sa durée est notée tc. On étudie la
commutation entre D11 et D12 et , à courant i constant =I; le courant i1 décroît de I à 0 alors que
i2 croît de 0 à I, tandis que v1 et v2 évoluent sinusoïdalement et que la tension des diodes D11
D12 et est nulle.
1er année master commande électrique 22 Electronique de puissance avancée
Mécanismes de Commutation dans les Conv-Statiques Chapitre 2
1- Écrire les équations d’état de i1 et i2, résoudre et donner les expressions de i1 et i2 et pendant la
commutation.
2- Tracer le chronogramme de i1 et i2.
3- montrer que la mesure de tc, V et I permet de déduire la valeur initialement inconnue de N.
𝑉1−𝑉2 3𝑉3
4- Montrer que pendant la commutation étudiée que : 𝑈𝐾𝐴 = -𝑉3 = −
2 3
Exercice 3
Pertes dans les interrupteurs de puissance
Les données d’un fabricant d’interrupteurs de puissance spécifient les temps de commutations
Correspondant aux caractéristiques d’un interrupteur « K » présentées à la figure 1(a).
tri = 100 ns, tfv = 50 ns, trv = 100 ns, tfi = 200 ns.
ON
t
0
OFF OF
F
tON tOFF
T +
E - R
ik +
Vd -
I0
(b)
VON t
0
td(O
N) trf tf0 trv tf0
(a)
tc(O tc(OF
Fig.
N) 1 : (a) Caractéristiques intrinsèques de l’interrupteur
F) K
(b) Montage utilisant K
1- Tracer la variation de PK en fonction de la fréquence de commutation f.
2- On désire alimenter une charge R = 75Ω à partir d’une source de tension E = 300 V à l’aide
de cet interrupteur (figure 1(b)) pour une fréquence de commutation de 100 kHz et un rapport
cyclique de 50%. Calculer le rendement du dispositif. On donne Von = 0,6 V.
3- Proposer une solution pour diminuer les pertes par commutation de l’interrupteur ; donner un
schéma explicatif et justifier.
1er année master commande électrique 23 Electronique de puissance avancée
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Exercices 4
Dans le but d’étudier le comportement du transistor en commutation, on propose le montage de la
𝐿
figure 1, On suppose : La constante du temps 𝜏 = de la charge est grande devant les temps de
𝑅
commutation du transistor de sorte que I0 reste constant est égale à 5 A, la diode est parfaite, le
comportement du transistor aux moments de commutations est donné par la figure 2.
R L
ic
I0 ic
E iD
c
VD Tr Vce
t
tON Figure.2 tOFF
Figure.1
A- Commutation à la fermeture sans circuit d’aide à la commutation.
1- Préciser les valeurs initiales de iD et de Vce. Tracer les variations de iD (t) et de ic(t).
2- A quel instant la diode D se bloque-t-elle ? Représenter alors Vce ( t).
3- Déterminer l’expression de Di (t ) pendant cette phase. En déduire celle de l’énergie W1
perdue dans le transistor au moment de la mise en conduction.
B- Commutation à l’ouverture du transistor
[Link] à l’ouverture sans circuit d’aide à la commutation.
Le courant commence à décroître à l’instant t = t1 , que l’on prendra comme nouvelle origine des
temps, conformément à la figure N°2. On posera 𝑡 ′ = 𝑡 − 𝑡1
1- Quelles sont les évolutions de iD et de Vce ? Représenter alors 𝑖𝑐 (𝑡 ′ ), 𝑖𝐷 (𝑡 ′ ) et 𝑉𝑐𝑒 (𝑡 ′ ).
2- Donner l’expression de 𝑖𝑐 (𝑡 ′ ) pendant la commutation, en déduire celle de l’énergie W2
perdue dans le transistor Tr au moment de blocage. Calculer alors la puissance P 2 dissipée.
3- Indiquer le déplacement du point de fonctionnement de Tr dans le plan ( ic, Vce).
1er année master commande électrique 24 Electronique de puissance avancée