Université Badji Mokhtar Annaba
Département de Biochimie
Master 1 : Biochimie appliquée Dr. Bouzitouna
Biochimie des substances d’origine microbienne
Chapitre 4 : Les protéines d'organismes unicellulaires (P.O.U.)
(Biomasse)
Les protéines d'organismes unicellulaires (P.O.U.) occupent une place de premier ordre
comme source « non conventionnelle » de protéines.
La culture de microorganismes pour l'obtention des protéines a beaucoup d'avantages par
rapport aux sources de protéines conventionnelles :
Contenu protéique élevé,
Temps du doublement (croissance) très court,
Grande flexibilité dans l'utilisation des substrats,
surfaces de cultures plus réduites d'où une plus grande productivité,
Leur obtention n'est pas tributaire de la qualité des sols et des aléas climatiques et des
saisons (production en continu),
Génome des souches utilisées en général bien connu, amélioration plus aisée et
expression des gènes plus facilement contrôlable,
Processus moins polluant.
1. Microorganismes producteurs
Parce que la majorité des microorganismes utilisés pour l'obtention de ces protéines non
conventionnelles est unicellulaire, leur contenu protéique est appelé « protéines d'organismes
unicellulaires ».
Ces organismes sont sélectionnés d'après certains critères tels que leur capacité à utiliser une
large gamme de sources de carbone et d'azote, des conditions de croissance modérées, un taux
de croissance acceptable, une bonne tolérance aux variations de pH, de température et de
concentrations en sels, une récolte facile, une bonne résistance aux infections virales, une
absence de toxicité et de pathogénicité, une valeur nutritive acceptable, etc.
Les microorganismes potentiels sont :
Les levures,
Les champignons filamenteux,
Les bactéries,
Les cyanobactéries.
1.1. Levures
Actuellement de nombreuses espèces de levures amylolytiques ont été isolées et étudiées
parmi lesquelles on peut citer Candïda tropicalis, Schwanniomyces spp., Endomycopsis
filuliger qui fait l'objet d'un développement industriel, etc. Récemment, la levure
méthylotrophe (capable d'utiliser le méthanol comme source de carbone, en l'absence de
glucose) Pichia postons a suscité également beaucoup d'intérêt comme microorganisme
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producteur de P.O.U. et d'autres métabolites.
[Link] filamenteux
Différentes souches de champignons inférieurs amylolytiques ont été utilisées pour la
production de biomasse sur substrats amylacés. Il s'agit en particulier des souches de
Flisarium, de différentes espèces d'Aspergillus, de Rhizopus ou de Trichoderma.
2.3. Bactéries
Plusieurs genres bactériens ont été utilisés pour la production des P.O.U. dont Lactobacillus,
Cellulomonas, Alcaligenes, Pseudomonas, Aeromonas, etc.
2. Substrats de culture
Les principaux substrats utilisés pour la production des P.O.U. incluent des dérivés du
pétrole (paraffine), du méthanol, du méthane des matières premières amylacées brutes, des
matières premières lignocellulosiques ,des sous-produits ou des déchets issus des industries
agricoles, agro-alimentaires , du lactosérum ect.
En définitive, pour une bonne rentabilité et un rendement protéique satisfaisant, il faut :
D'une part, que le substrat de culture soit abondant, peu coûteux et non
polluant ;
Et d'autre part, adapté à la souche de microorganisme.
La culture de ces microorganismes se fait, généralement, sur milieu liquide dans des
fermenteurs mais peut également être conduite sur milieu solide.
3. Extraction et traitement des protéines
Après culture, les microorganismes sont récupérés par filtration ou en les concentrant,
généralement par centrifugation et puis ils sont sèches. Différents traitements sont alors
exécutés pour les rendre plus digestes. Leurs parois sont dégradées par traitement à haute
température, ce qui libère les protéines cytoplasmiques et facilite l'action des enzymes
digestives.
Si les produits cellulaires sont utilisés en alimentation humaine, il est impératif de réduire leur
taux trop élevé en acides nucléiques. C'est le cas des bactéries et levures, notamment. Cette
réduction peut se faire par diverses techniques :
- Extraction des protéines par utilisation d'urée ou de soude concentrées pour hydrolyser les
acides nucléiques.
- Choc thermique (65 à 70 °C durant 80 s) utilisé avec succès pour réduire le taux d'ARN
(de près de 70 %) chez certaines levures et bactéries.
- Par combinaison de moyens physico-chimiques. L'ARN est hydrolyse par des solutions
acides à des températures élevées. Cette hydrolyse est rapide et n'affecte pas les protéines.