ABSOUTE
Du latin absolvere, pour dire acquiter, absoudre, l’absoute désignait dans l’Eglise primitive,
l’absolution publique solennelle que donnait l’évêque pour le prêtre aux pénitents la veille du jeudi
saint ou le jeudi saint même afin de leur permettre de participer aux sacrements lors des fêtes
pascales.
Plus tard, le mot absoute sera appliqué au rite de conclusion de la liturgie des défunts qui a lieu
autour du cercueil du fidèle catholique défunts ayant reçu le baptême. Même s’il n’y a pas eu la
liturgie eucharistique lors des funérailles, l’absoute est obligatoire sauf en l’absence du corps du
défunt. Aujourd’hui cette partie de la liturgie des défunts est appelé le Dernier adieu, et l’absoute
désigne toute la liturgie lorsqu’il n’y a pas eu de messe sur la dépouille du défunt. On entend dire à
juste titre « pour ce fidèle défunt on n’a pas pu faire une messe corps présent. C’était une absoute.
Pour en venir au contenu de l’absoute en tant que rite de conclusion des funérailles à l’Eglise,
aujourd’hui appelé dernier adieu, il faut retenir qu’elle fait penser aux cérémonies culturelles des
familles données aux défunts dans l’anthropologie africaine ou béninoise. L’Eglise famille de Dieu se
rassemble autour de la dépouille du fidèle défunt un peu avant la sortie de l’Eglise pour lui appliquer
le rituel adéquat. On comprend alors que les funérailles chrétiennes ne manquent de rien pour
assumer pleinement l’anthropologie africaine en cas de décès.
Ce rite d’adieu comporte quatre mouvements :
- Le chant d’adieu
- L’aspersion
- L’encensement
- La prière de recommandation
Le chant d’adieu : autrefois chant d’invocation de la miséricorde du Seigneur pour le défunt, d’où le
nom d’absoute, c’est aujourd’hui un chant d’espérance et de foi en la résurrection des morts, qui,
exécuté en se souvenant de l’amitié et la fraternité qui nous a unis au défunt durant sa vie sur terre,
en se souvenant de la vie de foi du défunt, le confie à la miséricorde du Seigneur pour qu’il ne soit
jamais séparé de lui et pour qu’à la fin de notre parcours, nous allions tous nous rencontrer dans la
demeure de Dieu au ciel.
L’aspersion : nous sommes chrétiens par l’eau du baptême qui nous a plongés dans la mort du Christ
pour nous donner de renaître à la vie éternelle par sa résurrection. L’aspersion du corps du défunt,
rappelle cette mort dans le Christ, et cette vie donnée par le baptême.
L’encensement : l’une des vertus de l’encens est d’honorer la divinité par son odeur et sa fumée. Il
est appliqué au défunt puisqu’il est le temple de l’Esprit pour avoir été marqué plusieurs fois du Saint
Chrême ou tout au moins une fois au baptême et pour avoir été uni au divin corps du Christ dans
chaque communion eucharistique. Il symbolise également l’intention du peuple de remettre le
défunt dans les mains de Dieu d’où les paroles prononcées : « En signe de respect pour N, notre
frère, notre sœur, que cet encens entoure son corps et monte devant Dieu avec notre prière ».
La prière de recommandation du défunt : le prêtre ou le ministre qui préside l’absoute ou le dernier
adieu conclut en adressant une prière au Seigneur, qu’il se souvient de sa miséricorde et de la
souffrance de ceux qui sont éplorés pour accueillir le fidèle défunt dans sa joie et sa lumière
éternelle. Que celui-ci ou celle-ci ne soit jamais séparé de lui.