Croissance Économique : Sources et Défis
Croissance Économique : Sources et Défis
PLAN DU CHAPITRE
Grand oral
RAPPEL : les élèves s’inscrivent pour présenter un sujet à travers un support (quand c’est le cas). L’oral se
déroulera selon les critères du grand oral, sans support, et donnera lieu à une note.
Durée : 5 minutes
La croissance économique est un phénomène assez récent à l’échelle de l’humanité qui débute à la
révolution industrielle (début du XIXème siècle).
Croissance économique : accroissement continu des quantités de biens et de services produites dans un
pays sur une longue période.
Il ne faut donc surtout pas confondre croissance économique (LT, par exemple les Trente Glorieuses (1945-
1975)) et expansion économique (CT, par exemple l’année 2018).
La croissance économique est alors mesurée par le taux de croissance du PIB. Mais celui-ci étant un
indicateur monétaire, son niveau peut être affecté par la hausse (inflation) ou la baisse des prix. Donc il
faut « déflater » le PIB en le divisant par _____________________ pour mesurer l’évolution des quantités
La pause savoir-faire :
• Mesure de variation : Taux de variation, coefficient multiplicateur et indice (p 380-381)
Exercice d’application :
Année 2018 2019
PIB français (en milliards € constants) 2289,7 2323,9
Taux de croissance économique (en
%)
Source : INSEE
1. Calculez le taux de croissance du PIB entre 2018 et 2019. Complétez la dernière ligne du tableau.
2. Faites une phrase d’interprétation avec la donnée 2019 et le taux de croissance économique.
Attention : Ne pas dire « la croissance économique a augmenté de… ». C’est le PIB qui a augmenté ; la
croissance économique n’est que le résultat du calcul du taux de variation du PIB.
La pause savoir-faire :
• Valeur nominale, valeur réelle (p 386)
Important : Lorsque l’on parle d’€ constants, c’est ce
que l’on a fait l’hypothèse que les prix soient restés
stables sur la période étudiée afin de voir si la hausse
du PIB s’explique réellement par une hausse des
quantités produites et non par une hausse des prix.
On peut également dire « PIB en volume » ou « PIB
réel ». Dans tous les cas, on parle alors de PIB déflaté
(ou PIB sans effet prix)
Synonyme : Valeur è Volume ; Courant è constant ;
nominal è Réel
La pause savoir-faire :
• Taux de variation moyen (p385)
Puisque la croissance économique est un phénomène de long terme, il faut mesurer la variation du PIB sur
une longue période, par exemple dix ans, pour en déduire le rythme de la croissance économique. C’est ce
que permet le Taux de croissance annuel moyen (TCAM) qui calcule la variation en moyenne chaque année
du PIB. Par exemple, sur le graphique d’intro, le TCAM du PIB est représenté par les barres horizontales
pour chaque décennie. Ainsi, durant les années 1960, le PIB a augmenté en moyenne chaque année de 6%,
alors que dans les années 2000, il n’a augmenté chaque année en moyenne que de 1,5%.
Produire nécessite d’employer des moyens techniques et humains dans le processus de production. Une fonction de
production est la quantité de biens et de services (output) qu’il est possible d’obtenir par la combinaison de facteurs
de production (inputs). Elle s’écrit sous la forme : Y = f(K,L).
En décomposant la production ainsi – Production = quantité de facteurs de production utilisée (K+L) X efficacité de
ces facteurs – on peut mettre en lumière les deux formes de la croissance. La première est la croissance extensive.
Croissance extensive : accroissement de la production résultat de l’augmentation des quantités de facteurs utilisés :
augmentation du facteur travail (hausse du nombre d’heures travaillées ou du nombre de travailleurs (la population
active occupée)) ou du facteur capital (achat de nouvelles machines = investissement).
1. Comparez les changements visibles dans la chaîne de montage automobile entre le début du XXème siècle et
aujourd’hui.
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2. Quelles sont les conséquences du progrès technique sur le niveau de production et de productivité ?
3. Expliquez en quoi l’augmentation de la productivité globale des facteurs (PGF) peut avoir un impact sur les coûts
de production d’une voiture et donc sur la demande.
La deuxième forme de croissance provient du fait que le produit Y peut augmenter plus vite que les facteurs K et L
utilisés pour l’obtenir. C’est donc que leur combinaison a été rendue plus efficace (on a modifié la fonction de
production f sans modifier K et L). Elle s’appelle la croissance intensive
Sujet n°2 - Présenter une ou plusieurs innovations et montrer en quoi elles ont changé les conditions de
production des entreprises et/ou les conditions de vie des individus.
Robert Solow montre que l’accroissement des quantités de facteurs n’explique qu’une partie de la croissance. Pour
lui, la part inexpliquée de la croissance, qu’il nomme résidu, est en fait imputable au progrès technique qui regroupe
l’ensemble des éléments qui permettent d’augmenter la production à quantités de capital et de travail inchangées.
Ce facteur résiduel correspond à la productivité globale des facteurs (PGF).
En effet, la hausse de la PGF entraîne une hausse de la production qui ne s’explique ni par une augmentation du
facteur travail, ni par une augmentation du facteur capital. => « un résidu » au sens de Solow.
Productivité globale des facteurs (PGF) correspond à l’efficacité de la combinaison des facteurs travail et capital qui
est mesurée de la manière suivante :
Production
--------------------------------------------------------
Quantité de facteurs de production utilisés
Cependant, nous savons maintenant que la PGF joue un rôle déterminant dans la croissance : la croissance s'explique
par l'augmentation des quantités de facteurs de production utilisées, mais aussi (et surtout) par le progrès technique
qui permet d'augmenter l'efficacité de la production.
Les gains de productivité sont la principale explication de la croissance pendant les Trente Glorieuses et tout au long
du XXe siècle = la croissance est davantage intensive qu'extensive.
Le progrès technique est une notion large, c'est l'ensemble des améliorations apportées aux façons de produire et
aux produits (transformations de produits existants et création de nouveaux produits). Pour les façons de produire,
cela ne concerne pas que les biens de production mais aussi l'organisation de la production ou de la
commercialisation.
Hausse de la _______
La compétitivité est le
fait d’être meilleur (sur
les prix et/ou sur la
qualité) que ses
concurrents
__________________
2. Sur le schéma, distinguez l’action des gains de productivité sur l’offre (indiquez « côté offre ») et sur la demande
(indiquez « côté demande »).
3. Expliquez pourquoi une hausse de la PGF peut générer une hausse des profits et/ou une hausse des salaires.
4. Expliquez en quoi une hausse de la PGF peut faire augmenter les recettes de l’Etat et contribuer à la croissance
économique.
Document A : Taux de croissance et taux de croissance annuels moyens (TCAM) par période, en France
Quelques préconisations avant de lire des taux de croissance :
ðToujours lire le titre du graphique afin de s’assurer qu’il s’agit bien d’un taux de croissance
ðToujours repérer le 0 sur l’axe des ordonnées et bien faire attention à la forme des courbes qui peuvent être
trompeuses. Sur ce type de graphique (et uniquement)
• Toutes les données au-dessus du 0 correspondent à des taux de croissance positif. Autrement dit, la variable étudiée (ici le
PIB) augmente tant que la courbe est au-dessus de 0.
• Si la courbe est décroissante MAIS au-dessus de 0, cela signifie que le PIB augmente de X%, mais moins rapidement qu’à la
période précédente. Exemple : En 1950, le PIB a augmenté d’environ 8% ; en 1951 le PIB a augmenté de 5.5% è Le PIB
continue d’augmenter mais moins vite !
• Inversement si la courbe est croissante et au-dessus-de 0, alors le PIB augmente encore plus vite d’une période à l’autre.
• Dès que la courbe passe sous le 0, alors cela signifie que le PIB diminue. Exemple : En 1974, le PIB a diminué de 1%.
ðLe taux de croissance annuel moyen est un taux de croissance calculé sur une plus longue période. Il permet
de connaître le rythme moyen de la variation du PIB : on fait donc « comme si » le PIB avait augmenté au même
rythme tous les ans sur cette période. Exemple : Entre 1971 et 1980, en moyenne, chaque année, en France, le
PIB a augmenté de 3.6%.
On remarque que dans les pays les plus avancés, c’est la croissance intensive qui est la principale contribution à la
croissance, alors que c’est la croissance extensive qui est dominante dans les pays pauvres et émergents.
Au-delà des aspects économiques, la croissance économique suppose aussi un environnement favorable en termes
d’organisations, de valeurs et d’institutions.
Institutions :
1. A l’aide de ce document, montrez le rôle joué par les institutions dans le développement économique de ces
deux pays.
ð Rappel : Une corrélation met en évidence un lien statistique entre deux variables. Toutes les corrélations ne sont
pas des causalités ; c’est le cas seulement quand l’évolution d’une des deux variables est la cause de l’évolution
de l’autre.
Synthèse
L’historien et économiste Douglass NORTH a souligné le rôle décisif des institutions dans le processus de croissance.
Pour lui, les institutions désignent les contraintes établies par les hommes. Ce sont toutes les règles formelles et
informelles qui régissent les interactions humaines. De manière plus restrictive, elles représentent les organismes,
procédures ou réglementations spécifiques. A un niveau intermédiaire, les institutions sont définies en référence à
la protection des droits de propriété, à l’application des lois et règlements, et à la corruption.
Pour mesurer la qualité des institutions, les analyses récentes tiennent compte de la qualité de la gestion des affaires
publiques (corruption, droits politiques, efficience du secteur public et poids de la réglementation), de l’existence de
lois protégeant la propriété privée, de l’application de ces lois et enfin des limites imposées aux dirigeants politiques.
Ainsi, les pays en développement pourraient améliorer leurs résultats économiques en renforçant leurs institutions.
Par exemple, si la qualité moyenne des institutions en Afrique subsaharienne rattrapait celle de la moyenne de tous
les pays étudiés, le revenu par habitant de la région s’élèverait de 250%. Plus les institutions s’améliorent, plus les
gains potentiels pour l’Afrique subsaharienne augmentent.
Selon la théorie des droits de propriété, la propriété privée est un stimulant efficace dès lors qu’elle attribue le
droit de s’approprier le bénéfice résultant de l’utilisation d’un actif.
Les droits de propriété ont pour fonction d’inciter les individus à créer (brevets sur les inventions), et à valoriser les
actifs (maximiser le bénéfice).
Bilan
Le brevet repose sur un principe simple : accorder aux inventeurs un ……………………… temporaire sur leur découverte,
de manière à encourager l'innovation. Si le brevet, en tant que ……………… de ………………….., permet à l’entreprise de
bénéficier d’un pouvoir de marché et donc d’augmenter son ………., ce qui n’est pas favorable pour l’économie dans
son ensemble. Le brevet est toutefois source d’………………………. positives, car il va profiter tout de même aux autres
entreprises, sans qu’elles aient eu à assumer le coût de la R&D. En effet, le dépôt d’un brevet impose la publication
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de l'innovation. Cela permet de rendre accessibles aux autres entreprises et sans coûts les connaissances contenues
dans les innovations. Le monopole temporaire, outre une incitation à investir dans la R&D, devient alors également
une incitation pour les firmes à révéler les connaissances produites. Cette fonction des systèmes de brevets se
matérialise dans les bases de données entretenues par les offices de brevets, qui offrent un accès libre à l'ensemble
des brevets existants. Dans ce cas précis, le brevet est donc un facteur de diffusion de l'information.
D’après : Lévêque, François, et Yann Ménière. «Brevet et efficacité », Économie de la propriété intellectuelle. La Découverte,
2003
Joseph A. Schumpeter, économiste autrichien va mettre en évidence la nécessité d’innover pour les
entreprises afin qu’elles puissent dégager un profit plus élevé, au moins temporairement. Il distingue
différentes innovations : les innovations de produits, les innovations de procédé, les innovations
organisationnelles.
Innovation : Mise en œuvre à grande échelle d’une méthode de production nouvelle ou perfectionnée (innovation
de procédé), d’une nouvelle organisation du travail (innovation organisationnelle) ou création de biens ou services
nouveaux ou améliorés (innovation de produit).
Donc :
• L'innovation de produit concerne le produit fabriqué lui-même, il s'agit d'un produit nouveau (innovation radicale)
ou d'un produit incorporant une nouveauté (innovation incrémentale). Par exemple, un nouveau modèle de voiture
ou un nouvel appareil (l'iPod, iPhone).
• L'innovation de procédé concerne les techniques de production ou de commercialisation. Par exemple, quand la
SNCF a mis en place la vente de billets par Internet.
• L'innovation organisationnelle est une innovation dans l'organisation de l'entreprise et dans l'organisation du travail.
Par exemple, mise en place nouvelles formes d'organisation du travail (taylorisme, fordisme, toyotisme...).
ð ATTENTION : Ne pas confondre une invention (=conception d’un objet qui n’existait pas auparavant) avec une
innovation (application industrielle d’une invention). Une innovation est l’application réussie d’une invention.
Bilan
Source : « L’innovation, stimulant de la croissance économique ? », Analyse Belfius Research, Mai 2017
Doc 7 : Le progrès technique : conséquence des investissements dans les différentes formes de capitaux
(3 p 19)
Ainsi, on peut constater que les investissements dans ces différents capitaux vont bénéficier à l’ensemble des acteurs
économiques alors même qu’ils n’y pas forcément contribuer à l’investissement initial. En économie, on parle alors
d’externalités (positives).
Rappel - Externalités : situation où l’action d’un agent économique (une entreprise, un consommateur) impacte
positivement la situation d’un autre agent économique sans que ce dernier n’en ait à assumer les coûts.
Exemple : L’état investit dans la recherche médicale et met à la disposition de tous les acteurs du secteur les
connaissances scientifiques découvertes.
Exemple : La Silicon Valley en Californie, Sophia Antipolis à Nice : site où sont réunies des entreprises (souvent dans
les nouvelles technologies) qui peuvent s’entraider et mutualiser leurs efforts de recherches.
Dans les années 1950, l'analyse dominante était celle de Solow (néoclassique) : le progrès technique était
l'explication principale de la croissance, mais on pensait que le progrès technique “tombait du ciel”, était inexpliqué.
Depuis les années 1980, les théories néoclassiques contemporaines expliquent au contraire que la croissance est un
phénomène autoentretenu, on parle alors de croissance endogène.
Les modèles de croissance endogène expliquent la croissance par des variables internes au modèle, et non par des
variables exogènes « inexpliquées » comme le progrès technique autonome.
Ces théories sont donc apparues dans les années 1980, par la remise en cause du modèle de Solow par Paul Romer
et Robert Lucas (Prix Nobel 1995).
Le modèle de Paul Romer étudie les effets de l’accumulation de connaissances. C’est en produisant qu’une économie
accumule spontanément les expériences et les savoirs : plus la croissance est forte, plus l’accumulation de savoir-
faire est importante, ce qui favorise la croissance. L’accumulation de connaissances par une entreprise produit des
externalités positives pour les autres entreprises par effet d’imitation et par diffusion des compétences de la main-
d’œuvre employée dans d’autres entreprises.
Robert Lucas considère que l’accumulation de capital humain est un facteur endogène de croissance. L’accumulation
de capital humain produit des externalités positives car le niveau d’éducation d’un individu joue non seulement sur
sa productivité mais aussi sur celle de ses partenaires. => efficacité cumulative.
Les facteurs de croissance mis en avant par ces modèles, comme la technologie ou le capital humain, ne perdent pas
leur efficacité au cours du temps, ni ne s’usent contrairement au capital physique. => peuvent être accumulés et ont
des rendements croissants => plus efficaces.
ð production d’externalités positives : les investissements d’un agent bénéficient à d’autres agents sans que cet effet
ne donne lieu à une relation marchande.
Ces théoriciens, pourtant issu du courant néoclassique donc libéraux, réhabilitent le rôle de l’Etat dans l’économie.
L’innovation d’une entreprise peut produire des externalités mais elle peut aussi détruire des technologies existantes
en les rendant obsolètes : c’est le processus de destruction créatrice.
Mis en évidence par Schumpeter, ce processus explique le caractère cyclique de l’activité économique. Il constate
que les phases d’expansion correspondent à l’apparition de grappes d’innovations. Les innovations décisives vont
permettre une foule d’innovations secondaires de se diffuser et de créer des produits nouveaux et des occasions de
Le progrès technique est à l'origine des gains de productivité des facteurs de production, qui explique l'essentiel de
la croissance. Les gains de productivité issus du progrès technique sont distribués, plus ou moins équitablement,
entre les entreprises (hausse des profits), les salariés (hausse des salaires et/ou baisse du temps de travail) et l'Etat
(hausse des recettes publiques) ; cela va donc dynamiser les différentes composantes de la demande globale
(consommation, investissement privé, investissement public, mais aussi exportations) et donc favoriser la croissance
Sur l’ensemble du XXème siècle, le progrès technique est le facteur qui a eu l’impact le plus important sur la
croissance économique :
*il explique l’essentiel de la croissance des Trente Glorieuses ;
*le ralentissement du progrès technique et des gains de productivité est corrélé avec la récession des années 1970.
Bilan
Si le processus de destruction-créatrice génère des gains importants pour les salariés et les entrepreneurs qui
sont présents dans les secteurs innovants qui bénéficient de « rentes de monopole » (le fait de pouvoir fixer des prix
élevés faute de concurrence suffisamment importante dans le secteur), il entraîne également des pertes pour les agents
économiques présents dans les secteurs d’activité vieillissants qui voient leurs débouchés s’éteindre à mesure que leurs
clients les désertent : ce sont des professions entières qui disparaissent, parfois localisées dans des régions dont
l’attractivité périclite et qui entrent en crise. Le chômage dit technologique, causé par l’apparition d’une innovation qui
rend inemployable les salariés qui n’ont pas les qualifications requises en est une manifestation.
Le 1er défi de nos sociétés contemporaines face au progrès technique est donc d’assurer la formation en
continue de la main d’œuvre pour la rendre employable et adaptable au changement technologique sans cesse
renouvelé.
Le progrès technique a un effet de polarisation sur la société, provoquant une forte montée des inégalités de revenu
dénoncées par des économistes comme Daniel Cohen, Thomas Piketty ou Joseph Stiglitz. En effet il :
- accroît la demande de travailleurs très qualifiés dont les compétences sont requises pour utiliser les nouvelles
technologies (programmateurs informatiques, designers…) ce qui provoque une hausse de leurs salaires,
- réduit la demande des travailleurs peu qualifiés (souvent dans l’industrie) dont les tâches manuelles routinières
(ouvriers spécialisés) sont remplacées par les innovations technologiques (caissièr(e)s, guichetier(e)s…) ce qui
provoque une baisse de leurs salaires,
- maintient la nécessité de travailleurs peu qualifiés dans les services produisant des tâches manuelles non
routinières (serveurs ou aides-soignants). Mais puisque ces travailleurs sont en très grand nombre, leurs salaires
demeurent très faibles.
Le 2nd défi de nos sociétés contemporaines est de développer des mécanismes pour réduire ces inégalités de revenu via
des mécanismes de redistribution (fiscalité, prestations sociales) mais également de prédistribution (formation initiale
des travailleurs pour les rendre employables).
_________des revenus des plus riches _________des revenus des plus pauvres
* : Le travail non qualifié et routinier a tendance à être de plus en plus remplacé par du capital (=progrès technique) en raison
Le changement climatique est un phénomène climatique de grande ampleur lié à une élévation anormale et rapide
des températures moyennes sur Terre et qui entraîne un certain nombre de modifications du climat.
Le réchauffement climatique de 4°C prévu à partir de 2060 aurait de nombreuses conséquences effroyables :
- accroissement des évènements climatiques extrêmes : fonte des glaces, montée des eaux, ouragans, sécheresses,
inondations…
- extinction des espèces animales et végétales : acidification des océans, diminution des ressources forestières,
avancée des déserts…
- de nombreux effets sociaux et économiques pour la population : sous-nutrition et malnutrition, pénuries d’eau,
mortalité infantile, vagues migratoires (réfugiés climatiques)…
Le Giec a essayé d’évaluer le coût économique du changement climatique et l’a estimé d’ici 2100 à 15 000 000 de
milliards € par le Giec (valeur maximale) = 600 fois la production annuelle mondiale !
On le voit, le problème de l’externalité est que via la dégradation de l’environnement, l’activité d’un agent nuit à un
autre sans que ce dernier ne l’ait souhaité. La pollution est le cas le plus classique pour illustrer une externalité
négative. Ici, la pollution est une externalité négative du fait qu’elle entraîne une dégradation du bien-être de la
société (coût social = celui de tous les agents économiques) non pris en charge par le responsable de la pollution
(coût privé plus faible). Le coût social est supérieur au coût privé. Ce sont les pays les plus développés qui ont les
émissions de GES par habitant les plus élevées, prouvant la corrélation entre la croissance économique et la
pollution.
Non-exclusion Exclusion
Il est impossible d’exclure Il est possible
des consommateurs d’exclure des
consommateurs
Non-rivalité Type de bien : Type de bien :
La consommation d’un agent
ne réduit pas la possibilité de Exemple : Exemple :
la consommation d’un autre
agent
Rivalité Type de bien : Type de bien :
La consommation d’un agent
réduit la possibilité de la Exemple : Exemple :
consommation d’un autre
agent
Un bien commun est un bien rival (sa consommation par un agent réduit celle d’un autre agent) et non-excluable
(on ne peut empêcher quelqu’un de le consommer).
La seconde limite écologique que rencontre la croissance économique est que le stock de capital naturel
dont elle a besoin pour se poursuivre s’épuise, du fait justement de son exploitation trop importante :
Leur épuisement s’explique par la théorie économique de la « tragédie des biens communs ». Elle signifie
que tout bien commun a tendance à s’épuiser du fait de leur libre exploitation. En effet :
- du fait de son caractère rival, chacun a intérêt à exploiter un bien commun au maximum pour pouvoir en profiter
- du fait de son caractère non exclusif, personne n’a intérêt à prendre en charge sa protection ou son renouvellement.
28
Les économistes s’interrogent sur les moyens de rendre la croissance économique plus soutenable, afin
d’assurer sa poursuite dans l’avenir ainsi que le développement des sociétés humaines, et donc permettre un
développement durable.
Les problèmes environnementaux ont ravivé les débats sur la croissance économique tels qu’ils avaient été posés
dans les années 70, notamment par les travaux du Club de Rome, autour de la problématique de la croissance zéro
pour limiter l’épuisement des ressources non renouvelables.
A partir des années 80, l’émergence de problèmes environnementaux globaux et la prise de conscience plus générale
de l’influence de nos modes de production sur nos conditions de vie, se sont traduits par une orientation en
opposition avec la croissance zéro préconisée par le rapport Meadows « Halte à la croissance » du Club de Rome, et
consistant au contraire à chercher sous quelle conditions environnement et croissance pouvaient aller de pair.
La notion de développement durable s’est imposée en 1987 avec le rapport de la commission Brundtland « Our
common Future » qui indique : « Aujourd’hui, ce dont nous avons besoin, c’est une nouvelle ère de croissance, une
croissance vigoureuse et en même temps socialement et environnementalement soutenable ». Ainsi le DD est défini
comme « celui qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre
aux leurs.»
Le développement durable n’implique pas un arrêt de la croissance économique. Il cherche au contraire des solutions
pour la pérenniser dans un monde aux ressources naturelles limitées.
L’autre objectif du développement durable, souvent occulté, est de réduire les inégalités entre pays développés et
pays en développement, mais également au sein de chaque pays.
29
Selon le rapport Brundtland, les objectifs du développement durable peuvent être atteints grâce au progrès
technique et à l’intervention des pouvoirs publics. Les pouvoirs publics doivent inciter les agents économiques à
intégrer l’environnement dans leurs calculs. Ils doivent également favoriser le développement de nouvelles
techniques. Les moyens à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs sont donc relativement flous et ne visent pas
directement la réduction des inégalités.
Le DD ou « soutenable » vise donc à assurer une équité intergénérationnelle car cela impose de ne pas prendre des
décisions qui seraient irrévocables pour les générations futures. Ainsi, les générations actuelles sont porteuses d’une
responsabilité vis-à-vis des générations à venir.
Un débat anime alors les économistes sur la possibilité via les innovations technologiques de rendre la
croissance économique soutenable.
30
• La soutenabilité faible : les innovations nous sauveront :
Travail à faire : Utilisez les documents pour illustrer cette partie (Documents 2 et 3 pages 28 et 29 de votre manuel.)
Le progrès technique peut alors repousser les limites posées à la croissance économique. La liberté des
agents (la concurrence), les mécanismes du marché (autorégulation via O / D > prix > incitations > comportements
et décisions), qui les pousse à rechercher la technologie optimale pour produire, peut donc suffire à assurer la
soutenabilité de la croissance de la production et de notre développement. L’homme peut donc grâce aux
innovations soit protéger le capital naturel (économies d’énergies…), soit trouver des sources d’énergies alternatives
au capital naturel (énergie éolienne…).
La soutenabilité est donc assurée tant que les générations présentes lèguent un stock global de capital
constant aux générations futures (quelle qu’en soit sa composition).
Les partisans de la « soutenabilité forte » ne partagent pas cet optimisme. Ils considèrent en effet que les
atteintes au capital naturel sont, dans une certaine mesure au moins, irréversibles : les dommages causés à
l’environnement restent en partie irréparables et certaines ressources épuisables sont irremplaçables. Pour les
économistes de l’éco-écologie, les capitaux ne sont pas substituables mais complémentaires : associés, ils peuvent
favoriser le développement mais ils ne peuvent se remplacer l’un l’autre, en particulier les capitaux physique et
naturel. Ainsi, la dégradation des stocks de capital naturel ne peut être compensée par un accroissement du stock
de capital physique.
Dans cette hypothèse, il ne peut suffire de maintenir le capital global constant par la substitution des capitaux
au capital naturel. Le capital naturel doit faire l’objet d’une conservation spécifique. Les tenants de la soutenabilité
forte suivent donc la théorie de N. Georgescu-Roegen selon laquelle « une croissance infinie dans un monde fini est
impossible ». Il faut donc préserver l’environnement au détriment de la croissance économique afin d’assurer la
soutenabilité de notre développement.
La soutenabilité forte met également des thèses favorables à la décroissance. Selon ce courant développé
dans les mouvements écologistes, il est possible d’avoir un processus de développement et d’atteindre un bien-être
partagé sans avoir recours à la croissance économique. Il privilégie les liens sociaux aux biens
économiques.
Elle est également à l’origine du principe de précaution (éviter toute activité économique
ou recherche scientifique tant qu’il existe un doute sur ses effets concernant l’environnement ou
la santé humaine) : interdiction de la fracturation hydraulique dans l’exploitation des gaz de
schiste, interdiction des OGM dans les produits alimentaires…
Vidéo Dessine-moi l’éco « La Décroissance, solution à la crise ? » :
[Link]