LE BOIS DANS TOUTES SES FACETTES
Le bois dans le génie civil
Serge Lenévé
Le bois, de tous temps, a été présent dans les multiples ouvrages de génie civil, mais on assiste
depuis quelques années à un développement marqué dans tous les domaines.
Ce développement s’explique notamment :
— par la présence d’une ingénierie de plus en plus structurée, que ce soit sous la forme de
bureaux d’études indépendants ou intégrés en entreprises de constructions bois ;
— par la maîtrise de technologies permettant d’exploiter toute la souplesse du matériau tout
en assurant une bonne durabilité ;
— par l’intégration permanente d’innovations ;
— par une explosion de l’automatisation de l’usinage dans le domaine de la charpente
bois ;
— par une prise de conscience collective de ce qu’apporte le matériau bois sur le plan envi-
ronnemental (matériau renouvelable, qualité de l’intégration dans le site, etc.).
Explicitons ces éléments de développement ci-après.
Concernant les avancées technologiques liées aux moyens de production, les entreprises de
constructions bois ont investi en France ces dernières années dans des ensembles de logiciels
et d’outils d’usinages automatiques. S’il n’en existait qu’une dizaine il y a vingt ans, plus de cent
vingt fonctionnent à ce jour.
Ceci favorise le positionnement économique des entreprises face à la concurrence et permet une
grande souplesse de conception.
Ainsi, il est désormais possible d’envisager des formes complexes, des usinages multiples,
permettant notamment la maîtrise
de l’écoulement des eaux au
niveau des points singuliers de la
construction (ex : écoulement de
l’eau au niveau des assemblages),
ce qui contribue à augmenter la
durée de vie des ouvrages.
Ensemble d’usinage informatisé
Photo CTBA
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SERGE LENÉVÉ
Essais de traction sur goujons collés Coupe d’une poutre type “Carbo glulam”
Photo CTBA Photo CTBA
Au plan de l’innovation, on relèvera quelques travaux actuels prometteurs :
• La technologie des assemblages par goujons collés
Cette technologie fait l’objet actuellement d’études poussées au sein du Centre technique du
Bois et de l’Ameublement (CTBA). Des entreprises sont en phase d’appropriation de cette tech-
nologie qui a déjà été utilisée sur des ouvrages d’art notamment en France ou en Suisse. Ce
mode d’assemblage permet de tendre vers un fonctionnement mécanique de type encastrement,
ce qui permet, entre autres, une optimisation des sections utilisées et a l’avantage de générer
des liaisons très esthétiques. Le principe est fondé sur l’intégration de tiges métalliques scellées
dans le bois à l’aide de résines adaptées. Le CTBA a développé un Dossier technique d’évalua-
tion pour chaque entreprise et s’oriente en complément vers la conception d’une certification de
produit.
• La mixité des matériaux à partir de composants de construction à base de bois
Dans cette voie, on peut citer le concept “Carbo glulam” qui introduit la mixité entre bois
lamellé-collé et profils en carbone pultrudé (produit tiré dans une filière et non poussé comme
dans l’extrusion). Les poutres lamellées-collées sont ainsi dotées de renforts haut et bas dans
les zones de travail en compression et traction. Cette innovation permet d’atténuer les effets
visuels massifs des ouvrages de grandes portées et améliore l’homogénéité globale du compo-
sant sur le plan du comportement mécanique. Cette technologie a nécessité des études appro-
fondies pour aboutir à une maîtrise du collage entre deux matériaux aux comportements différents
sous sollicitations diverses (température, humidité…). Plusieurs projets de construction sont
actuellement au stade de l’étude de faisabilité avec un transfert envisagé de cette technologie.
• La mixité des composants pour constituer un ouvrage
Le métal est de plus en plus utilisé en complémentarité avec le bois pour des ouvrages de génie
civil. Il est destiné aux assemblages et éléments de contreventement, haubanages ou tirants
divers. Le béton est également employé en mixité avec le bois lamellé-collé notamment pour la
conception de tabliers de pont. Dans ce cas, les porteurs primaires sous la forme de poutres en
bois lamellé-collé reçoivent une dalle support de chaussée. Cette dalle peut être envisagée en
repos simple ou connectée avec les porteurs bois. Dans le second cas, plusieurs sociétés fran-
çaises sont titulaires d’un Avis technique leur permettant également un développement de ces
composants dans le bâtiment en planchers de constructions publiques par exemple.
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Le bois dans toutes ses facettes
Procédé de trempe bi-oléothermique Bi-oléothermie : pénétration
Photo CIRAD Photo CIRAD
• Le traitement bi-oléothermique
Il s’agit d’un nouveau procédé permettant l’amélioration de la durabilité des bois. Le principe
repose sur une chauffe dans un bain chaud créant une surpression et un séchage du bois puis
un transfert rapide vers un bain froid (trempe) en créant une dépression et favorisant ainsi la
pénétration d’huile de type huile de lin ou autres. Le bois est encapsulé dans sa couronne péri-
métrique jusqu’à une certaine profondeur (variable suivant les essences, le programme de trai-
tement, la présence d’aubier ou non…), ce qui lui confère des caractéristiques d’hydrophobicité.
Il devient plus stable, moins appétant pour les insectes et champignons par destruction de
certaines molécules de type amidon et est beaucoup moins sujet à la fissuration externe, ce qui
évite l’apparition dans le temps de zones localisées de piégeage de l’eau. Cela doit être par
conséquent un élément d’amélioration de la durée de vie des ouvrages.
Un élément-clé de la réussite du matériau bois dans les ouvrages de génie civil est en effet la
maîtrise de la durabilité.
Force est de constater que, se fondant sur un savoir-faire ancestral et sur un retour d’expérience
important, la filière-bois progresse de jour en jour sur ce plan, que ce soit par une plus grande
connaissance de la durabilité naturelle des essences (locales ou exotiques), par le développe-
ment de technologies permettant de conférer une durabilité (traitement par trempages, pulvéri-
sation, autoclaves…), ou encore par le choix de principes constructifs judicieux du point de vue
sanitaire (écoulement de l’eau).
Le professionnalisme dans ce domaine réside dans la maîtrise de l’adéquation entre la concep-
tion prévue (essence, traitement et système constructif) et la durée de vie attendue de l’ouvrage.
Cette réflexion amène bon nombre de concepteurs à raisonner en identifiant sur un même
ouvrage des parties à fonctions structurales essentielles qui doivent être protégées des intem-
péries (protections globalisées ou localisées), et des pièces secondaires qui peuvent faire l’objet
de remplacements ultérieurs éventuels.
Si le bois est utilisé depuis de nombreuses années dans des ouvrages de type poteaux (France
Télécom, EDF), pour les traverses de chemin de fer ou pour certains types d’ouvrages d’art, il
apparaît désormais dans d’autres domaines tels que : les écrans routiers, les glissières de
sécurité, les aménagements extérieurs divers.
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SERGE LENÉVÉ
Nous vous proposons de découvrir ci-après quelques exemples d’ouvrages significatifs révéla-
teurs de cette tendance.
LES OUVRAGES D’ART
Les ouvrages d’art à base de bois peuvent être conçus suivant plusieurs systèmes constructifs
qui peuvent être conjugués entre eux pour certains, dont les principaux sont les suivants :
— éléments porteurs linéaires sous tablier ;
— éléments porteurs linéaires en élévation avec ou sans couverture ;
— structures triangulées latérales en élévation avec ou sans couverture ;
— systèmes en arc lamellé-collé implantés sous, à cheval ou au-dessus du tablier ;
— triangulations ou béquilles de réductions de portée implantées sous tablier ;
— principes de supports de réductions de portée positionnés en élévation au-dessus du
tablier.
Les ponts routiers
• Le pont de Crest
Maîtrise d’œuvre : Scetauroute (69) / Architectes : Atelier de l’Entre (42)
Maître d’ouvrage : Ville de Crest
BET bois : Arborescence (73) / Entreprise Bois : Fargeot (71)
Réalisation : 2001 / Lieu : Crest (26)
Photo : Mairie de Crest / CNDB, Arborescence
Le pont de Crest constitue à ce jour le plus long pont en bois de France. Réalisé en 2001, il est
ouvert au trafic routier. Il comporte une travée centrale de 33 mètres et deux travées latérales
de 29 mètres. Sa largeur est de 8 mètres et permet l’implantation de deux voies de circulation
et de deux trottoirs latéraux.
La structure en Douglas lamellé-collé repose sur quatre appuis générés par deux piles en béton
fondés dans le lit de la rivière.
Une arborescence de contrefiches en bois lamellé-collé transmet les efforts des porteurs princi-
paux sous tablier vers les assises.
La structure primaire est constituée de quatre poutres longitudinales en bois lamellé-collé de
Douglas purgé d’aubier qui supportent des plaques composites à base de bois massifs contre-
collés en cinq plis. L’ensemble reçoit le complexe d’étanchéité et le revêtement de la chaussée.
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Le bois dans toutes ses facettes
Le pont de Crest : coupe transversale de la structure (ci-dessus)
Quelques schémas d’assemblages structuraux (à gauche)
Dessins BET Arborescence
Les éléments de la superstructure sont réalisés en Chêne
pour le platelage des zones piétonnes et en Douglas traité
pour les garde-corps.
Un grand nombre d’assemblages sur les éléments structurels
ont été effectués par la technique des goujons collés (tech-
nologie évoquée p. 114).
• Pont de franchissement de l’A 89
Architecte : Alain Spielmann (75) / Maître d’ouvrage : ASF
BET Bois : Arborescence (73) / Entreprise bois : Fargeot (71)
Réalisation : 2002 / Lieu : A 89
Photo : CNDB
Le passage supérieur de l’aire de Haute-Corrèze a été ouvert en 2003. Il enjambe l’autoroute
A 89. Il s’agit d’un pont routier à deux travées. La structure porteuse primaire est constituée de
poutres en bois lamellé-collé de Douglas reposant sur des jeux de béquilles situés sur l’appui
intermédiaire et sur les culées d’assises d’extrémités.
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SERGE LENÉVÉ
Le concepteur a prescrit ici le bois dans une fonction porteuse principale sous la protection d’un
tablier avec débords protecteurs.
Le tablier en béton repose sur la poutraison en bois, des carters de protections et garde-corps
en métal sont implantés latéralement.
• Pont des Fayettes
Ce pont est situé dans l’Isère. La protection de l’ouvrage par chapeautage global a été retenue.
Celui-ci prend assise sur les deux structures triangulées latérales réalisées en élévation au-dessus
du tablier (portée 38 mètres). Les
éléments structuraux principaux
sont en bois lamellé-collé de Pin
sylvestre. Le tablier est mixte
puisqu’en béton de compression
goujonné sur une dalle nervurée
en bois. Ce pont réalisé en 2000
comprend 2 voies de circulation
et 2 trottoirs.
Entreprise : SDCC / Bureau d’Étude Photo Arborescence CNDB
Les passerelles
• La passerelle Pinot de Blagnac
Cet ouvrage est une illustration de ce qui
peut être conçu en mixité multi-matériaux
puisque bois, métal et béton cohabitent en
complémentarité parfaite.
Dans ce cas, le bois est mis en œuvre sous
la forme de deux arcs de 28 mètres de
portée en bois lamellé-collé connectés à
des profils métalliques porteurs d’une dalle
en béton, par l’intermédiaire de ferrures de
pieds en extrémités d’arc et de tirants
métalliques en parties courantes.
Maître d’ouvrage : Ville de Blagnac
Maître d’œuvre : Alain Spielmann
BET Bois : D. Calvi / Mise en service : 1999
Photo : Ville de Blagnac
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Le bois dans toutes ses facettes
• La passerelle d’Ajoux
Cette passerelle située en
Ardèche est un exemple de
valorisation de la ressource
locale.
Le choix du Châtaignier n’est
pas neutre. Non seulement
c’est une essence de bois
disponible dans la région
mais étant naturellement
durable, elle peut être pres-
crite pour ce type d’ouvrage.
Architecte : M. Reygner (07) / Maîtrise d’ouvrage : Communes d’Ajoux et d’Issamoulenc
Bureau d’études : Anglade Structures Bois (66)
Entreprise charpente : Traversier (07) / Entreprise de levage : Aharonian (07)
Réalisation : 2001 / Lieu : Ajoux (07)
Photo : CNDB/JMP
Elle a pour fonction d’assurer la continuité d’un sentier pédestre. Elle a environ vingt mètres de
portée. Le site de construction étant peu accessible, il était exclu d’envisager des éléments préfa-
briqués de grandes dimensions, aussi l’ensemble a été conçu sur la base d’éléments courts
reconstituant la triangulation de l’arche.
Un double platelage en diagonale assure le contreventement de la passerelle. Les appuis écartés
stabilisent l’ouvrage.
• La passerelle de Sully-sur-Loire
Une passerelle en Chêne en
légère déclivité assure sur
48 mètres le franchissement
des douves médiévales.
Là encore, la durabilité natu-
relle d’une essence nationale
est exploitée.
Les assises sont réalisées en
pieux battus en Chêne.
Architecte : Jacques Moulin ACMH (75) / Maîtrise d’ouvrage : Ville de Sully-sur-Loire
Bureau d’études : ECSB, M. Genès (49) / Entreprise Bois : Ateliers Perrault Frères (49)
Réalisation : 1994 / Lieu : Sully-sur-Loire (45)
Photo : A. Brumaire
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• Passerelle piétonne sur le lac de Zürich
Dans le même esprit que la passerelle de Sully-sur-Loire, cet ouvrage valorise les performances
intrinsèques du Chêne.
Il relie les deux rives du lac de Zürich
dans sa partie la plus étroite en
créant un cheminement à fleur d’eau
d’une longueur de 840 mètres.
Les fondations sont en troncs de
Chêne purgé d’aubier. Des profils
métalliques servent d’assises au
platelage fait de madriers en Chêne
liaisonnés à l’aide de tiges filetées
avec maîtrise d’un espace de ventila-
tion et d’écoulement de l’eau entre
chaque élément.
Architecte : Reto Zindel (Suisse)
Maître d’ouvrage : Ville de Rapperswil et Commune de Freienbach
BET : Huber & Partner, Walter Bieler / Entreprise bois : W. Rüegg AG
Réalisation : 2001 / Lieu : Lac de Zürich
Photo : Schenk & Campell et Huber & Partner (CNDB)
• Une passerelle à Montbéliard
Cette passerelle de 43 mètres entre
appuis et de 57 mètres de franchis-
sement global comprend environ
60 m3 de bois lamellé-collé.
Elle a été réalisée par l’entreprise
Simonin pour le compte de la Ville
de Montbéliard. Maître d’œuvre :
Sovarel.
Le tablier est ici suspendu dans la
grande travée sur les deux arcs Passerelle à Montbéliard Photo CNDB
cintrés latéraux bloqués en pieds.
• Passerelles couvertes
Cette passerelle a été conçue par
M. Perrot maître d’œuvre et
construite en France par l’entreprise
Simonin.
Sa portée est de 38 mètres pour une
largeur de passage de 2,20 mètres.
L’option de protection par chapeau-
tage général a été prise. Photo CNDB
120 Rev. For. Fr. LVI - numéro spécial 2004
Le bois dans toutes ses facettes
Une autre passerelle couverte plus intégrée architecturalement dans un site urbain a été réalisée
en Suisse par l’entreprise Simonin. Le maître d’ouvrage est la coopérative Migros, le maître
d’œuvre est le cabinet Solderer. L’ensemble représente environ 100 mètres de franchissement.
LES PASSAGES DE FAUNE
Il existe quelques références en la matière mais nous nous attacherons plutôt à souligner les
éléments suivants.
Jusqu’alors, l’essentiel des conceptions d’ouvrages d’art à base de bois ont fait l’objet de
démarche unitaire spécifique à chaque site. Or, il semble important à ce jour de progresser vers
une démarche “produit” pour certains types de construction. Il convient pour cela de mettre au
point techniquement un ouvrage standard correspondant à des configurations de franchissements
courants. Le but étant de faciliter le lancement d’opérations sur la base d’éléments techniques
reproductibles et maîtrisés par les différentes Directions départementales de l’Équipement (DDE)
de France.
Ainsi, le CTBA, à l’actif de la Direction régionale de l’Agriculture et de la Forêt (DRAF) Picardie à
l’origine, a lancé une étude de conception technique type sur la thématique des passages de
faune. La cible est la réhabilitation de couloirs verts sur des axes routiers ou autoroutiers exis-
tants. La solution technique proposée permet de réduire considérablement les perturbations du
trafic pendant la durée des travaux qui est courte.
Une première étude de faisabilité a mis en évidence les intérêts techniques et économiques des
solutions bois envisagées. Une seconde étude a abouti à l’élaboration d’un cahier des charges
standard.
Une recherche de sites appropriés sera effectuée pour expérimenter la conception.
1.00 2.50 7.00 1.00 1.00 7.00 2.50 1.00
2.00
Passage de faune
Coupe longitudinale 2 (autoroute enterrée)
Cette démarche est lancée dans une période où le Service d’Études techniques des Routes et
Autoroutes (SETRA) et le Centre d’Études techniques de l’Équipement (CETE) de l’Est travaillent
sur l’élaboration d’un guide de conception des ouvrages d’art en bois. Ce guide devrait être
destiné à l’ensemble des Directions départementales de l’Équipement (DDE) de France et à la
maîtrise d’œuvre en général. Il doit être un outil d’appropriation des techniques constructives à
base de bois auprès des décideurs techniques.
Ceci rejoint la nécessité d’apporter des solutions prédigérées et des outils de compréhension et
de maîtrise.
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SERGE LENÉVÉ
LES ÉCRANS
Les écrans protecteurs implantés sur les différentes voies de circulation (routes, autoroutes, voies
ferrées) sont en plein essor. Ceci s’inscrit dans une action politique globale d’amélioration du
confort acoustique et visuel.
Écran acoustique le long
d’une voie routière
Photo CNDB
Les principaux industriels fabricants d’écrans en bois se sont regroupés récemment en fondant
l’association AREBOIS (Acoustique Réalisations Écrans Bois). Cette association est une compo-
sante de la Fédération de l’Industrie Bois Construction et est sur le point d’achever l’élaboration
d’un “guide de conception et de réalisation d’écrans acoustiques en bois”.
Ce guide a pour but d’assister les maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage dans l’élaboration de
pièces techniques pour la passation de marchés de travaux. Il définit notamment les bases tech-
niques permettant l’atteinte d’un niveau qualitatif qui pérennisera l’image des écrans bois. Tous
les fabricants adhérents d’AREBOIS s’engagent à respecter le contenu de ce guide.
Exemple d’écrans acoustiques à base de bois Photos CNDB
Les produits concernés sont de trois types :
— les écrans réfléchissants à simple paroi ou à double paroi ;
— les écrans absorbants à simple ou double face ;
— les parements absorbants verticaux ou horizontaux.
Actuellement, annuellement plus de 50 000 m2 d’écrans acoustiques sont construits en bois en
France. Le bois présente l’avantage d’offrir une grande souplesse architecturale tout en demeu-
rant très compétitif. Les choix possibles de matériaux, que ce soient d’essences à forte durabi-
lité naturelle (essences exotiques notamment) ou à partir d’essences pouvant être traitées
efficacement (Pin sylvestre, Pin maritime…), permettent d’assurer la longévité des ouvrages.
122 Rev. For. Fr. LVI - numéro spécial 2004
Le bois dans toutes ses facettes
LES GLISSIÈRES DE SÉCURITÉ
Les glissières de sécurité en bordure
de chaussées routières connaissent
un développement important depuis
plus d’une dizaine d’années. Ce déve-
loppement a été possible par la vali-
dation des produits par le SETRA qui
décerne des agréments techniques
par marques commerciales.
Les bois de constitution peuvent faire
l’objet d’une certification CTB-B+ qui
atteste notamment de l’efficacité des
traitements de préservation, ce qui
apporte des garanties sur la longé-
Glissière de sécurité routière Photo CNDB
vité de l’ouvrage.
PYLÔNES ET POTEAUX
Lors de la décennie 1990, deux études significatives ont abouti à la construction de pylônes
prototypes à structure bois pour lignes de moyenne tension :
• La première, projet Corolle, est à l’actif de la Société Transel
avec la collaboration du CTBA et une réalisation par l’entre-
prise Weisrock. Un mât en bois lamellé-collé de Pin (dont les
lamelles sont traitées en conformité avec la classe d’emploi 4)
descend en s’ouvrant en pétale vers le sol. Des anneaux supé-
rieurs étagés supportent les câbles. Ces poteaux sont visibles
dans le Jura.
• La seconde, “projet Grand
Duc”, est à l’actif de la filiale
RTE d’EDF qui, en partenariat
avec l’ENSTIB d’Épinal et la
Société Aubrilam, a conçu un
pylône à architecture de por-
tique en bois lamellé-collé,
avec ferrure d’encastrement
en pied sans haubanage.
Ces deux créations n’ont à
ce jour pas été exploitées
massivement sur le réseau,
mais ont été mises au point
pour apporter des solutions
environnementales ciblées
sur des sites spécifiques en
Photos CNDB
alternative aux solutions
usuellement pratiquées.
Rev. For. Fr. LVI - numéro spécial 2004 123
SERGE LENÉVÉ
Par contre, on mentionnera l’existence d’une opéra-
tion importante en Auvergne, qui est actuellement
en cours de lancement. Il s’agit de portiques bois
supportant un réseau haute tension. Les portiques
sont conçus à base de bois ronds, à hautes perfor-
mances mécaniques. Les hauteurs maximales sont
de l’ordre de 25 mètres. Le bois est traité confor-
mément aux exigences de la classe d’emploi 4. Tous
les assemblages, y compris les ferrures d’ancrages
au sol, ont été travaillés en conception pour en
assurer la durabilité dans le temps.
Portique en bois – Ligne Volvic - Ancizes
AMÉNAGEMENTS EXTÉRIEURS DIVERS
Le bois est présent dans des ouvrages très divers Source : Entreprise Transel
en extérieur (voir l’article “le bois à l’extérieur”, et BET Héclat
p. 95) de type :
Soutien de terre pour voie terrestre (ci-dessous à gauche, en haut)
Estacades (ci-dessous à gauche, en bas)
Candélabres (ci-dessous à droite)
Photo BET bois Arborescence Photo CNDB
Photo Atelier Ruelle
Photo CNDB
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Le bois dans toutes ses facettes
Platelages et cheminements
Photo CNDB
Photo Architecte Collet
Photo CNDB
CONCLUSIONS
Photo Atelier Ruelle
Nous espérons simplement que ces quelques exemples vous ont convaincus des immenses
possibilités du matériau bois et du caractère novateur des travaux réalisés depuis quelques
années, qui ne font que confirmer la modernité de
ce matériau. Serge LENÉVÉ
Responsable CIAT
CENTRE TECHNIQUE DU BOIS
ET DE L’AMEUBLEMENT (CTBA)
Allée de Boutaut
F-33028 BORDEAUX CEDEX
([Link]@[Link])
LE BOIS DANS LE GÉNIE CIVIL (Résumé)
Si le bois, de tout temps, a été présent dans de multiples ouvrages de génie civil, son usage est en déve-
loppement depuis quelques années grâce notamment à certaines évolutions qui sont explicitées. Des
exemples concrets sont présentés concernant ponts routiers et passerelles, avec, pour chaque ouvrage, une
courte description de ses caractéristiques majeures.
TIMBER IN CIVIL ENGINEERING APPLICATIONS (Abstract)
Timber has always been used in a variety of civil engineering works but has been expanding in recent years
as a result of a number of developments that are described. Some practical applications in vehicle bridges
and footbridges are presented together with a short description of the major feature of each engineering
structure.
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