Chapitre I: Appareillage électrique
1. Les interrupteurs
Définition : L’interrupteur électrique est un organe physique qui permet de commander un circuit
électrique, permettant d'interrompre ou d'autoriser le passage de courant. Il est symbolisé dans la
norme NE par la lettre S.
Figure I.1: Symbole standard d’un interrupteur
(a) Etat ouvert (b) état fermé
Il existe plusieurs types des interrupteurs :
Interrupteur à bouton poussoir
L'interrupteur à bouton poussoir est un dispositif à action momentané ou fugitif qui sert à
envoyer une impulsion électrique en ouvrant ou fermant un circuit. L'appui d'un bouton entraine une
modification de l'état du contact.
Figure I.2 : Etats des boutons poussoirs,
S1 bouton poussoir initialement fermé, S2 bouton poussoir initialement ouvert.
Figure I.3 : Etats des interrupteurs commutateurs,
S3 interrupteurs rotatif à clef, S4 commutateur rotatif et S5 Bouton d'arrêt d'urgence coup de poing.
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Les interrupteurs sont repérés dans les schémas électriques par le numéro 1et 2 pour l’état
fermé et 3 et 4 pour l’état ouvert comme illustré à la figure I.4, ainsi le diagramme de
fonctionnement des boutons poussoirs est démontré à la figure I.2.
Figure I.4: Diagramme de fonctionnement des interrupteurs
Interrupteur à levier
Les interrupteurs à levier comptent parmi les composants électriques les plus basiques et les plus
courants. Le levier de commande dépasse sur la face avant d'un support qui peut être un tableau de
bord, sur lequel est fréquemment fixé l'interrupteur par un dispositif d'écrou.
Figure I.5 : Interrupteur à levier
Interrupteur à bascule
Les interrupteurs à bascule sont les plus courants. Ils ont un fonctionnement identique au levier,
le bouton basculeur n'étant qu'un levier à plat. Ils sont limités à trois états, fréquemment deux états
sont utilisés (marche/arrêt). Leur position n'est pas forcément facile à visualiser rapidement, sauf
lorsque leur ergonomie est spécifiquement étudiée, comme par exemple dans les équipements
d'automobile. Ce type d'interrupteur est le plus souvent le plus fiable, car la mécanique du basculeur
est spécifiquement adaptée à la commutation électrique : en associant le travail de l'opérateur à
l'action d'un dispositif de ressort particulièrement simple, il assure des transitions électriques et
mécaniques franches et fiables.
Figure I.8 : Commutateur rotatif
Interrupteur à Lame Souple
Un Interrupteur à Lame Souple (ILS ou interrupteur reed) est un interrupteur qui établit ou coupe
une connexion électrique selon la présence ou non d'un champ magnétique.
Il est le plus souvent constitué d'une ampoule de verre protectrice contenant une atmosphère non
oxydante (sans oxygène ni vapeur d'eau) et deux contacts souples. Ces contacts sont magnétisables et
élastiques, à base de fer doux par exemple. En présence d'un champ magnétique, les contacts
s'aimantent par influence, et sont attirés l'un par l'autre. Ils se rapprochent et se touchent, établissant
le courant. Quand le champ magnétique cesse, l'aimantation cesse aussi, et l'élasticité des contacts les
écarte, coupant le courant.
Il est fréquemment utilisé comme capteur fin de course pour les vérins, ou en générateur
d'impulsions de comptage : un aimant permanent fixé sur la partie mobile modifie l'état de
l'interrupteur en passant devant, transmettant ainsi une information au dispositif de commande ou au
compteur.
Figure I.9 : Interrupteur à lame souple
Il existe plusieurs types des sectionneurs dans le marche parmi les quels on peut citer deux
grandes catégories :
3.1 Sectionneur basse tension:
Cet appareil est souvent muni de fusibles, il est alors appelé sectionneur porte-fusibles. Certains
sectionneurs comportent aussi des contacts à pré-coupure permettant de couper la commande des
organes de puissance afin d'éviter une manœuvre en charge.
3.2 Sectionneur haute tension:
La fonction principale d'un sectionneur haute tension est de pouvoir séparer
un élément d'un réseau électrique (ligne à haute tension, transformateur, portion de poste
électrique,...) afin de permettre à un opérateur d'effectuer une opération de maintenance sur cet
élément sans risque de choc électrique. On combine souvent les sectionneurs haute tension et basse
tension de forte puissance avec une mise à la terre. Il s'agit d'un organe de sécurité, dont le but est de
fixer le potentiel d'une installation préalablement mise hors tension, pour permettre l'intervention
humaine en toute sécurité sur une installation.
Figure I.12 : Schéma et symbole d’un sectionneur triphasé
Le principe de fonctionnement et conditions d’installation sont résumes dans les points suivants :
S’installe majoritairement en tête d’une installation électrique ;
indiquer sans ambiguïté sa position : on parle parfois de coupure visible
Permet d’isoler un circuit électrique (partie puissance et commande) du réseau d’alimentation
dont il doit couper tout les conducteurs actif sauf le PEN.
Figure I.13 : Constitution d’un contacteur tripolaire
4.3 Le circuit de commande et de signalisation
Il comprend un ou deux ou quatre contact de commande pour par exemple (l’auto maintien,
signalisation des lampes témoins…) .
Figure I.14 : Contacts de commande d’un contacteur télémécanique
4.4 Bloc de contacts auxiliaires
Le bloc de contact auxiliaire est un appareil mécanique de connexion qui s’adapte sur les
contacteurs. Il permet d’ajouter de 2 à 4 contacts supplémentaires au contacteur. Les contacts sont
prévus pour être utilisés dans la partie commande des circuits. Ils ont la même désignation et
repérage dans les schémas que le contacteur sur lequel ils sont installés (KA, KM...).
Le circuit auxiliaire est réalisé par l’addition d’un bloc auxiliaire, il est destiné à remplir
autres fonctions qui comportent essentiellement des contacts auxiliaires instantanés et temporisés.
Ils ont la particularité de s’installer sur la face.
Figure I.15 : Bloc contacts auxiliaires
(a)bipolaire et (b) tétra polaire
4.5 L’organe moteur
L’électro-aimant est l’élément qui attire les contactes du circuit de puissance, de commande
et le bloc du circuit auxiliaire simultanément. Il comprend :
• une bobine alimentée sous une tension alternative ou continue en 24V ; 48V ; 110V ; 230V ;
400 V. Elle est repérée par les bornes A1, A2.
Figure I.16 : Constitution du contacteur télémécanique
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5. Fusibles
Les cartouches fusibles pour porte-fusible sont des dispositifs de sécurité qui assurent une
fonction de coupe-circuit. Conducteurs d’électricité, ils laissent passer le courant électrique
jusqu’à une certaine intensité : au-delà de leur valeur limite, ils fondent (certains sont d’ailleurs
équipés d’un témoin de fusion). En interrompant le courant électrique, ils assurent ainsi la
protection des circuits en cas de surintensité et permettent d’éviter tout risque d’incendie et autres
problème.
Figure I.18 : différents types de fusibles industriels
Adaptés aux sections des lignes utilisées dans le cadre de la norme NF C 15-100, ils sont
munis d’un code couleur qui exprime à la fois :
- le calibre en ampères (de 2 à 32 A) : il indique la valeur maximale d’intensité pouvant être
reçue.
- les dimensions du fusible : de 8,5 x 31,5 mm pour le plus petit à 10,3 x 38 mm pour le plus
grand.
Ils sont ainsi facilement repérables pour vous simplifier le choix.
Les fusibles pour appareils électroniques, en corps céramique, sont destinés à la protection
spécifique d’équipements et objets sensibles : variateurs de lumière, micro-informatique [1].
Figure I.18 : différents symboles du fusible
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6. Relais thermique
Le relais thermique est un appareil qui protège les moteurs électriques contre les surcharges. Pour
cela, il surveille en permanence le courant dans le récepteur.
En cas de surcharge, le relais thermique n’agit pas directement sur le circuit de puissance mais il agit
sur le contact de commande 95-96 d’où il ouvre le circuit de commande qui désexcite la bobine A1-
A2 du contacteur KM et le courant traversant le récepteur est coupé.
Le relais thermique est représenté par la lettre F sur les schémas.
6.1 Fonctionnement :
Le relais thermique est constitué d’un bilame métallique (deux lames à coefficient de
température différent). Le passage du courant, s’il est supérieur à la valeur de réglage du relais,
provoque l’échauffement et la déformation du bilame. Un contact électrique associé à ce bilame,
déclenche le circuit de commande.
Figure I.26 : Principe de fonctionnement du relais thermique
En cas de coupure de phase ou de déséquilibre sur les trois phases d’alimentation d’un
moteur, le dispositif dit différentiel agit sur le système de déclenchement du relais thermique.
Principe de la compensation en température :
Afin d’éviter un déclenchement intempestif dû aux variations de la température ambiante, un
bilame de compensation est monté sur le système principal du déclenchement. Ce bilame de
compensation se déforme dans le sens opposé à celui des bilames principaux.
Le circuit principal ou circuit de puissance est intégré entre le contacteur et le moteur. Il est
constitué de :
3 contacts principaux (1/L1 - 2/T1, 3/L2 - 4/T2, 5/L3 - 6/T3)
Figure I.27 : Le circuit de puissance du relais thermique
Le circuit de commande comprend deux contacts de commande Contact de commande
(NO/97-98 ; NC/95-96)
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Figure I.28 : Le circuit de commande du relais thermique
Les contacts auxiliaires: Les déclencheurs thermiques font actionner deux contacts que l'un
est à ouverture et l'autre est à fermeture. Le contact à ouverture coupe le courant d'excitation
de la bobine du contacteur et ainsi sert à mettre le moteur hors service quand il est nécessaire.
Le contact à fermeture peut être employé » pour différents buts.
Bouton de réarmement: Le bouton de réarmement est employé en positions automatique et
manuelle. En position automatique (A) quand les bilames sont refroidis, le relai met en
service le contacteur automatiquement. En position manuelle(M), pour que le contacteur
rentre en service, il faut pousser le bouton de réarmement après le refroidissement des
bilames.
Bouton de test : En poussant le bouton de test, on teste si le contacteur rentre ou sort du
service.
Bouton de stop: Bouton de stop est utilisé pour arrêter le moteur en cas d'urgence.
Le relais thermique peut etre associé aux moteurs triphase, monophasé et moteur a courant
continu comme illustré au figure ci-dessous.
Figure I.29 : Schéma d’association du relais thermique avec moteurs triphase,monophase ou à CC
Figure I.31 : Gamme standardisé des relais thermiques
7. Relais électromagnétique
Le relais électromagnétique est un interrupteur électromagnétique qui se commande avec un
courant continu ou alternatif de faible valeur (dizaine de milliampère). La partie interruptrice sert à
piloter des charges secteur de forte puissance (plusieurs dizaines d’ampères).
7.1 Constitution :
Le relais est composé principalement d'une bobine lorsqu'elle est alimentée un champ
électromagnétique est crée et qui transmet une force mécanique à un système de commutation à
contacts électriques.
L'électroaimant (la bobine) peut être, suivant les spécifications et besoins, alimenté en TBT
(Très Basse Tension) (5V, 12 V, 24 V, 48 V) continu ou alternatif ou en BT (Basse Tension) (230 V,
400 V).
Le système de commutation peut être composé d'un ou plusieurs interrupteurs simples effets
appelés contacts normalement ouverts (NO) ou normalement fermés (NF ou NC). Ces commutateurs
sont adaptés aux courants et à la gamme de tensions à transmettre à la partie puissance.
Divers systèmes mécaniques ou pneumatiques peuvent créer un retard à l'enclenchement ou
au relâchement (on dit alors que le relais est "temporisé").
Dans les systèmes mettant en œuvre une grande puissance, on appelle les relais des
"contacteurs".
Figure I.32: Constitution et symbole du relais électromagnétique [5]
7.2 Principe de fonctionnement.
L'alimentation en courant de la bobine magnétise le circuit qui se ferme et actionne le contact.
Un relais peut être monostable ou bistable :
Fonctionnement monostable : les contacts commutent quand la bobine est alimentée et le
retour à l'état initial se fait quand la bobine n'est plus alimentée (à l'aide d'un ressort en
général). C'est le relais le plus répandu.
Fonctionnement bistable à une bobine : on alimente la bobine pour que les contacts
commutent : l'état ne change pas quand la bobine n'est plus alimentée, un système mécanique
bloque le retour. Pour revenir à l'état initial, on alimente à nouveau la bobine pour débloquer
le mécanisme, dans certain cas en inversant la polarité de l'alimentation.
Fonctionnement bistable à deux bobines : on alimente la première bobine pour que les
contacts commutent : l'état ne change pas quand la bobine n'est plus excitée. Pour revenir à
l'état initial, on alimente la deuxième bobine.
Quand un courant circule dans la bobine (circuit de commande), celle-ci crée un champ
magnétique qui fait se fermer les contacts (circuit de puissance). Quand le courant est coupé, un
ressort de rappel rouvre les contacts.
7.3 Caractéristiques d’un relais électromagnétique.
a- Partie commande (bobine) :
Tension nominale d’alimentation (Un) : valeur de la tension d’alimentation de la bobine pour un
fonctionnement optimal.
Résistance de la bobine d’excitation (Rbob) : Ce paramètre caractérise la résistance électrique du
circuit d’excitation du relais.
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Courant nominal (In) : valeur du courant circulant dans la bobine pour un fonctionnement
optimal (In = Un / Rbob)
Tension d’enclenchement du relais : valeur minimale de la tension d’alimentation de la bobine
permettant le passage des interrupteurs en position de travail.
Tension de déclenchement du relais : valeur maximale de la tension d’alimentation de la bobine
permettant le retour des interrupteurs en position de repos.
Relais actif (commandé) Relais inactif (non commandé)
Figure I.33: Principe fonctionnement d’un relais électromagnétique [5]
b- Partie puissance :
Nature des contacts : On peut trouver plusieurs contacts dans un relais. Ces contacts peuvent
être à ouverture (normalement fermé), à fermeture (normalement ouvert), inverseur ou temporisés.
Intensité maximale du courant pouvant traverser les contacts
Pouvoir de coupure : puissance maximale que l’interrupteur peut supporter
Tension de service : tension aux bornes de l’interrupteur quand celui-ci est ouvert
Nombre maximum de manœuvres possibles
Résistances de contact des interrupteurs
Temps de déclenchement ou d’enclenchement
- Inconvénients du relais électromécanique:
il peut être relativement bruyant
il a une durée de vie limitée car les pièces en mouvement s'usent. Quand on doit commander
très souvent un élément on utilise plutôt des composants électroniques (relais statique,
transistors, ...)
8. Le disjoncteur
Le disjoncteur est un appareil de connexion électrique capable d'établir, de supporter et
d'interrompre des courants dans les conditions normales du circuit, ainsi que d'établir, de
supporter pendant une durée spécifiée et d'interrompre des courants dans des conditions
anormales spécifiées telles que celles du court-circuit ou de la surcharge.
Un disjoncteur différentiel est un interrupteur différentiel réalisant également une protection en
courant de court-circuit (surcharge).
Le principe d'un dispositif différentiel à courant résiduel (DDR) est de comparer les intensités
sur les différents conducteurs qui le traversent. Par exemple, en monophasé, il compare
l'intensité circulant dans le conducteur de phase, et celle du conducteur de neutre. C'est un
appareil de protection des personnes et de détection des courants de fuite à la terre de
l'installation électrique.
Figure I.34 : Principe du disjoncteur différentiel
Le dispositif différentiel est basé sur le principe suivant : dans une installation normale, le
courant électrique qui arrive par un conducteur doit ressortir par un autre. Dans une installation
monophasée, si le courant dans le conducteur de phase au départ d'un circuit électrique est différent
de celui du conducteur neutre, c'est qu'il y a une fuite. La différence d'intensité du courant à laquelle
réagit un disjoncteur est appelée la "sensibilité différentielle du disjoncteur" (obligatoirement 30 mA
sur les circuits terminaux domestiques), notée IΔn ("i delta n").
Son fonctionnement est très simple : chaque conducteur passe dans un tore magnétique, formant
ainsi des champs électromagnétiques de force identique et en opposition qui s'annulent. En cas de
différence, d'où son nom de différentiel, le champ électromagnétique résultant actionne un dispositif
qui coupe immédiatement le courant.
Le courant différentiel-résiduel assigné, noté I∆n, est la valeur maximale du courant différentiel
qui doit provoquer le fonctionnement du dispositif. Sa valeur exprime communément la sensibilité
ou le réglage du DDR (exemple : DDR 30 mA). Un DDR peut, du point de vue des normes de
produits différentiels, déclencher à partir de la moitié de son courant différentiel résiduel assigné.
28
Figure I.35 : Constitution d’un disjoncteur magnétothermique
8.2 Choix d'un disjoncteur:
IN: courant nominal de fonctionnement (trouvé à partir de IB avec IN ≥ IB)
UN: tension nominale de fonctionnement
Pouvoir de coupure (doit être supérieur au courant de court-circuit)
Nombre de pôle de coupure: monophasé, uni, uni + neutre, bipolaire (2 phases),
triphasé (tripolaire) ou triphasé + neutre (tétra polaire)
Type de courbe du disjoncteur : le type de courbe va dépendre du récepteur protégé
(du courant d'appel à la mise sous tension) et il définit les bornes de coupure de la partie
magnétique du disjoncteur. Exemple des courbes les plus courantes :
30
En revanche, la sélectivité n'est que partielle pour les court-circuits élevés. En effet pour des court-
circuits au point Z supérieurs à 500 A, les deux disjoncteurs B et C peuvent s'ouvrir.
La sélectivité est base sur plusieurs modes et les constructeurs en proposent 4 modes :
- La sélectivité ampèremétrique.
- La sélectivité chronométrique.
- La sélectivité logique, (réservé aux disjoncteurs équipés de modules logiques).
- La sélectivité énergétique, (réservé aux fortes intensités et aux disjoncteurs équipés de
modules limiteurs).
A) La sélectivité ampère-métrique.
Le disjoncteur amont a un réglage thermique et magnétique supérieur au disjoncteur aval.
La sélectivité est assurée si l'intensité de court-
circuit traversant les deux disjoncteurs reste
inférieure au réglage du relais magnétique du
disjoncteur
amont D1
Figure I.44 : La sélectivité ampèremétrique
B) La sélectivité chronométrique.
Le disjoncteur amont a ses relais magnétiques légèrement retardés par rapport à ceux du
disjoncteur aval.
Dans le cas ci contre la sélectivité est assurée
quelle que soit l'intensité de court-circuit
traversant les deux disjoncteurs.
On dit que deux disjoncteurs sont sélectifs : si
la courbe du disjoncteur amont est située en
haut et à droite de la courbe du disjoncteur
aval.
Figure I.45 : La sélectivité chronométrique
8.5 La filiation
La filiation est une technique d'association qui permet d'utiliser le pouvoir de limitation des
disjoncteurs, de façon à installer en aval des disjoncteurs à pouvoir de coupure réduit, afin de
diminuer le coût de l'installation.
Exemple: les 3 disjoncteurs A, B, C sont en série. Les courants de court - circuit présumés sont 80
kA en aval de A, 50 kA en aval de B, 24 kA en aval de C.
Figure I.46 : Principe de la filiation [4]
D'après le tableau suivant, on constate que le C60N seul, a un pouvoir de coupure de 10 kA. Son
pouvoir de coupure augmente, si on l'associe à un NS100N (25 kA) ou à un NS250L (30 kA). Il
possède donc un pouvoir de coupure de 30 kA (supérieur à 24 kA). Le NS100N seul, a un pouvoir de
coupure insuffisant (25 kA), mais associé au NS250L, son pouvoir de coupure passe à 150 kA
(supérieur à 50 kA). [4]
Réseau 400v - 415v
Amont PdC (kAeff) C60N NSA160N NS100N NS160H NS250L
10 30 25 70 150
Aval Pdc (kAeff) (filiation) C60N - 25 25 30 30
NG125N - - - 50 70
NS100N - - - 70 150
9. Les capteurs actifs et passifs
Un capteur est un composant qui transforme une grandeur physique (position, température,
luminosité...) en une grandeur généralement électrique.
a) Capteur actif : Il est basé sur source qui produit un signal électrique traduisant le
mesurande aussi fidèlement que possible. La sortie "s" est une:
• charge
• tension
• courant
36
- Effet thermoélectrique
Un circuit formé de 2 conducteurs chimiquement
différents dont les jonctions J1 et J2 sont à des
températures différentes (T1 et T2) induisent une
force électromotrice (f.é.m) proportionnelle à la
différence de température.
Ex. : Thermocouple
Figure I.47 : Capteur thermocouple
- Effets pyroélectrique
Polarisation électrique spontanée de certains
cristaux (Ex.sulfate de triglycine) qui dépend de
leur température. Ils portent en surface des
charges électriques proportionnelles à cette
polarisation et de signes contraires sur les 2 faces.
Φ : flux de rayonnement lumineux
V : variation de tension aux bornes d’un
condensateur associé Figure I.48 : Capteur pyroélectrique
- Effets piezo-électrique :
L’application d'une contrainte mécanique à
certains matériaux (Ex. cristaux de quartz)
entraîne une déformation qui crée des charges
électriques égales et de signes opposés sur les
faces sous charge.
F : force de compression
V : variation de tension aux bornes d’un
Figure I.49 : Capteur piezo-électrique
condensateur associé
- Induction électromagnétique :
Lorsqu’un conducteur se déplace dans un champ
d'induction fixe, il se crée une fém
proportionnelle au flux coupé par unité de temps,
donc à sa vitesse de déplacement.
Ω : rotation du cadre
B: induction fixe
V : fém créé
Figure I.50 : Induction électromagnétique
44
- Classification des schémas selon le mode de représentation.
Il existe plusieurs façons de représenter un circuit électrique. Chacune de ces formes de
représentation, appelée schéma, révèle sensiblement les mêmes informations. Par contre, chacune
met en évidence les éléments essentiels aux besoins de différents utilisateurs selon différentes
situations. Les schémas électriques sont classés selon le domaine d'application. On peut ainsi
Figure II.6 : Un exemple de schéma développé en domaine industriel (démarrage progressif d’un
moteur asynchrone)
b- Schéma fonctionnel :
Le schéma fonctionnel est une méthode de représentation rudimentaire et qui utilise un
ensemble de rectangles ou de blocs reliés entre eux par des flèches. Chacun des blocs comprend une
courte description de sa fonction. La direction des flèches représente le sens de la puissance
électrique ou de l'information.
Le rôle du schéma fonctionnel est de représenter d'une manière sommaire le fonctionnement
général d'un circuit.
Figure II.7 : Un exemple de schéma fonctionnel en domaine industriel
Ce type de schéma est surtout utilisé lorsque la conception d'un circuit électrique est au stade
de projet. Les rectangles représentent la tâche à effectuer mais n'identifient en rien la technologie qui
sera utilisée.
c- Schéma unifilaire :
Le schéma unifilaire en domaine industriel illustre en général des détails non encombrants
dans le schéma à lire ou à analyser.
Figure II.8 : Schéma unifilaire du circuit de puissance de démarrage d’un moteur asynchrone
50
d- Schéma multifilaire :
Le schéma unifilaire du paragraphe précédent peut être représenté par le schéma multifilaire suivant :
Figure II.9 : Un exemple de schéma multifilaire du circuit de puissance de démarrage d’un moteur
asynchrone
Figure IV.3 : Schéma fonctionnel
Figure IV.2 : Le schéma développé d’un moteur triphasé d’un moteur triphasé
P1 : lampe témoin indiquant la mise sous tension.
P2 : lampe témoin indiquant la mise en marche.
P3 : lampe témoin indiquant défaut de surcharge.
L’équation logique du pré-actionneur KM1 s’écrit comme suit :
KM1 = 𝐅𝟏 S2 ( S1 + KM1 )
- Le diagramme fonctionnement
Les Diagrammes ou tableaux explicatifs facilitent la compréhension des schémas et donnant des
informations supplémentaires. On distingue:
Le diagramme ou tableau de séquence qui facilite l’analyse des actions se succédant dans un
ordre déterminé,
Le diagramme ou tableau de séquence temps qui tient compte de la valeur des intervalles de
temps entre les actions successives.
IV.2 Démarrage direct moteur avec double sens de rotation
1. Rappels
Pour changer le sens de rotation d’un moteur asynchrone triphasé, il faut inverser deux des
trois phases du circuit d’alimentation comme illustré à la figure IV. ?
1.1 Détermination du couplage A partir de les indications données par la plaque signalétique du
moteur et le réseau d’alimentation l’utilisateur doit coupler adéquatement les enroulements du stator
soit en triangle soit en étoile.
Si la plus petite tension de la plaque signalétique du moteur correspond à la tension entre
phases du réseau on adopte le couplage Δ.
Si la plus grande tension de la plaque signalétique du moteur correspond à la tension entre
phase du réseau on adopte le couplage Y.
1.2 Couplages des enroulements sur plaque à bornes On utilise des barrettes pour assurer le
couplage choisi des enroulements sur la plaque à bornes du moteur.
Figure IV.5 : Principe d’inversion de sens de rotation d’un moteur asynchrone
Soit le schéma de commande et de puissance d’un moteur triphasé suivant :
Circuit de puissance Circuit de commande
Figure IV.6 : Le schéma développé d’un moteur triphasé en deux sens de rotation
P1 : lampe témoin indiquant la mise sous tension.
P2 : lampe témoin indiquant la mise en marche droite.
P3 : lampe témoin indiquant la mise en marche gauche.
P4 : lampe témoin indiquant défaut de surcharge.
L’équation logique des pré-actionneurs KM1 et KM2 s’écrivent comme suit :
KM1= ( 𝐹1) S2 (S1+KM1) 𝐾𝑀2
KM2= ( 𝐹1) S2 (S3+KM2) 𝐾𝑀1
Le schéma fonctionnel de la rotation en deux sens pour un moteur asynchrone et le
diagramme de fonctionnement sont illustrés dans les figures suivantes :
66
Figure IV.7 : Diagramme fonctionnel Figure IV.8 : Diagramme de fonctionnement
IV.3. Démarrage étoile triangle
1. Principe de limitation du courant de démarrage
Contrairement au démarrage direct, le démarrage des moteurs de moyennes et fortes
puissances nécessite l’utilisation de procédés de limitation de courant de démarrage tout en
maintenant les performances mécaniques de l’ensemble « moteur-machine entraînée ».
Il existe deux types techniques d’actions :
Action sur le stator qui consiste à réduire la tension aux bornes des enroulements statoriques
et le démarrage peut être réalisé par:
Couplage étoile-triangle,
Elimination des résistances statoriques,
Utilisation d’un auto-transformateur.
Ce type d’action est utilisé pour les moteurs de moyennes puissances.
Action sur le rotor : Consiste à augmenter la résistance rotorique au démarrage et le
démarrage peut être réalisé par:
Elimination des résistances rotoriques,
Utilisation des moteurs à cages multiples …
Ce procédé de démarrage est accompagné en plus de la réduction du courant de démarrage,
d’une augmentation du couple de démarrage. Ce type de démarrage est utilisé pour les moteurs de
fortes puissances.
2. Démarrage étoile-triangle
Le démarrage du moteur s’effectue en deux temps :
1er temps : chaque enroulement du stator est alimenté sous une tension réduite
U/√3 en utilisant le couplage Y.
t1 est le temps nécessaire pour que la vitesse du moteur atteigne environ 80% de sa
vitesse nominale.
2ème temps : chaque enroulement du stator est alimenté par sa tension nominale
changeant le couplage au triangle.
Figure IV.9: Principe de couplage Y-Δ
Ce type de démarrage est utilisé pour les moteurs à couplage Δ lors de leur fonctionnement
normal. Exemple :
Un moteur 400V/690V sur un réseau 230V/400V
Un moteur 230V/400V sur un réseau 133V/230V
68
Figure IV.10: Caractéristiques couple-courant en fonction de la vitesse de rotation pour le
démarrage Y-Δ
On constate que le couple et l’intensité au démarrage sont réduits d’environ 3 fois par
rapport à un démarrage direct.
En raison de la diminution sensible du couple de démarrage le moteur ne peut pas
démarrer en charge.
3.3 La temporisation
Pour réaliser la commutation automatisée du couplage Y au couplage Δ, on utilise un
contact temporisé qui permet d’établir ou d’ouvrir un contact après certains temps préréglé de
façon à permettre à notre équipement de fonctionner convenablement.
Le contact temporisé permet d'établir ou d'ouvrir un contact un certain temps après la
fermeture (au travail) ou à l'ouverture (au repos) du contacteur qui l'actionne.
(b) Relais temporisé 0.1-30s (c) Symbole du relais
(a) Principe fonctionnel
Figure IV.11 : Principe de la temporisation pour le démarrage Y-Δ
Il existe deux types de relais temporisés :
- Relais temporisé à action retardée
- Relais temporisé à relâchement retardé
Le principe de fonctionnement est illustré au tableau suivant :
Soit le schéma de commande et de puissance d’un moteur triphasé suivant :
Circuit de puissance Circuit de commande
Figure IV.12 : Le schéma développé d’un moteur triphasé en démarrage Y- Δ
Le schéma fonctionnel du démarrage Y-Δ d’un moteur asynchrone et le diagramme de
fonctionnement sont illustrés dans la figure suivante :
70