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Messirdi 04

Ce document traite de l'analyse complexe. Il présente les notions de base sur les nombres complexes, les fonctions complexes, leur calcul différentiel et intégral, et étudie les propriétés supplémentaires de ces fonctions. Il contient également quelques applications aux séries et intégrales de Fourier.

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Messirdi 04

Ce document traite de l'analyse complexe. Il présente les notions de base sur les nombres complexes, les fonctions complexes, leur calcul différentiel et intégral, et étudie les propriétés supplémentaires de ces fonctions. Il contient également quelques applications aux séries et intégrales de Fourier.

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Bekkai MESSIRDI

Abdellah GHERBI

Analyse
complexe
Cours
Exercices corrigés

*
Filières Sciences et Techniques
Sciences de la Matière
Sciences de l'ingénieur
2ème et 3ème année Mathématiques et Informatique

Editions Al-Djazair
Bekkai MESSIRDI et Abdellah GHERBI
École Supérieure en Génie Électrique et Énergétique d'Oran

Analyse Complexe
Cours détaillé

Exercices d'assimilation Corrigés

Editions Al-Djazair
Préface
Les problèmes issus des sciences expérimentales et appliquées (physique, chimie, biologie,
mécanique,. . . ) ont joué un grand rôle dans l'histoire des Mathématiques. Cette interaction
a entretenu et entretient des relations étroites tant avec l'Analyse réelle et complexe, qu'avec
l'algèbre et la géométrie. Il est donc devenu impérieux de collecter d'une manière moderne
et ecace les diérents outils mathématiques et les présenter dans des ouvrages et des
brochures en tenant compte des besoins pédagogiques et didactiques des étudiants dans
leurs apprentissages.

Ce livre a comme ambition de présenter les concepts de base permettant de discuter


quelques problèmes classiques de la théorie des fonctions à variable complexe que l'étudiant
universitaire ou des écoles supérieures rencontrera incontestablement lors de son parcours
de formation scientique. Tout en donnant des méthodes de portée générale, ce document
présente aussi quelques situations particulières, telles que la notion de points singuliers et
l'intégration sur des chemins dans le plan complexe.

Ce livre a pour sujet, l'analyse complexe, il est subdivisé en quatre chapitres traitant
respectivement les notions de variables et fonctions complexes, l'intégration dans le domaine
complexe, les séries de Laurent, le théorème des résidus et ses applications. A la n du livre,
on donne une armada d'exercices pratiques corrigés.

Ce livre est le fruit de l'enseignement dispensé par les auteurs au sein de l'université
d'Oran 1 et de l'Ecole Supérieure en Génie Electrique et Energétique d'Oran (ESGEEO),
il s'inscrit dans le cadre du programme ociel du module d'analyse complexe et celui
des mathématiques avancées de l'ingénieur (MAI). Ce travail se démarque par un souci
pédagogique réel de faire comprendre les concepts aux étudiants, aussi bien par la clarté des
explications que par la pertinence des applications. Une autre particularité est la richesse
des exercices proposés à la n du livre. La présentation est exceptionnellement claire, les
preuves, les illustrations et les exercices proposés sont données avec grand soin.

Les auteurs.

I
Table des matières
1 Variables et fonctions complexes 1
1.1 Rappels sur les nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Les fonctions complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 Limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.2 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Fonctions holomorphes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3.1 Dérivées des fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.2 Conditions de Cauchy-Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.3 Dérivées d'ordre supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.4 Théorème de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.5 Fonctions harmoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.4 Points singuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

2 Intégration dans le domaine complexe 23


2.1 Chemins et courbes dans le plan complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Intégrale curviligne complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3 Intégrales curvilignes réelles et complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.4 Propriétés des intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.5 Théorèmes de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.6 Primitive d'une fonction holomorphe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.7 Formules intégrales de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.8 Quelques théorèmes importants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications 48


3.1 Séries de Laurent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.2 Résidu d'un point singulier isolé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.3 Le théorème des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.4 Application du théorème des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

4 Exercices corrigés 68

 III 
1
Variables et fonctions
complexes
On présente ici les propriétés des nombres complexes et l'extension aux fonctions de ces
nombres des fonctions élémentaires d'une variable réelle. On développe ensuite leur calcul
diérentiel et intégral et on étudie les propriétés supplémentaires de ces fonctions qui en
découlent. Quelques applications aux séries et aux intégrales de Fourier sont aussi expo-
sées.

1.1 Rappels sur les nombres complexes

Un nombre complexe est à l'origine un couple de réels et on lui associe les opérations
élémentaires :
Somme : (x1 , y1 ) + (x2 , y2 ) = (x1 + x2 , y1 + y2 ),
Multiplication : (x1 , y1 ) + (x2 , y2 ) = (x1 x2 − y1 y2 , x1 y2 + x2 y1 ).
Multiplication par un nombre : λ(x, y) = (λx, λy), λ ∈ R.

Par exemple, (0, 1) + (1, 0) = (1, 1) et (0, 1)(0, 1) = (−1, 0). Ces opérations créent un
corps commutatif, le corps C des nombres complexes ; le couple (0, 0) est l'élément neutre
pour l'addition, (1, 0) est l'élément neutre pour la multiplication et l'inverse multiplicatif
 
x −y
de (x, y) 6= (0, 0) est ,
x2 +y 2 x2 +y 2
. En identiant (x, 0) ∈ R2 avec x ∈ R et en posant
(0, 1) = i où i est un nombre imaginaire qui se caractérise par l'équation i2 = (−1, 0) = −1,
alors, tout couple (x, y) s'écrit sous la forme dite complexe :

(x, y) = x(1, 0) + y(0, 1) = x + iy,

1
1 Variables et fonctions complexes
et

i2 = −1 .

C = z : z = x + iy avec x, y ∈ R et

Si z = x + iy, x = Re(z) est appelé la partie réelle du nombre complexe z et y= Im(z)


sa partie imaginaire. Un nombre complexe avec une partie imaginaire nulle est considéré
comme un réel. On appelle le conjugué d'un nombre complexe z = x + iy, le complexe noté
z déni par z = x − iy. Donc x = z+z
2
et y =
z−z
2i
.

Le module ou la norme d'un nombre complexe z = x + iy se note |z| est le nombre réel
positif déni par :
√ p
|z| = zz = x2 + y 2 .

On remarque que si z ∈ C, z 6= 0 :

1 z z
= = 2.
z zz |z|

Par conséquent, si z1 = x1 + iy1 , z2 = x2 + iy2 et λ ∈ R,

z1 + z2 = (x1 + iy1 ) + (x2 + iy2 ) = x1 + x2 + i(y1 + y2 )


Re(z1 + z2 ) = Re(z1 ) + Re(z2 ) et Im(z1 + z2 ) = Im(z1 ) + Im(z2 )

λz1 = λ (x1 + iy1 )

z1 z2 = (x1 + iy1 ) (x2 + iy2 ) = (x1 x2 − y1 y2 ) + i(x1 y2 + x2 y1 )

z1 z1 z2 (x1 + iy1 ) (x2 − iy2 )


= =
z2 z2 z2 |z2 |2
(x1 + iy1 ) (x2 − iy2 ) x1 x2 + y1 y2 x2 y1 − x1 y2
= 2 2
= 2 2
+i .
x2 + y2 x2 + y 2 x22 + y22

Il est facile de vérier que la fonction module dénie de C dans R+ , possède les propriétés
suivantes :

1) ∀z ∈ C, |Rez| ≤ |z| et |Im(z)| ≤ |z| ,

2) ∀z ∈ C, |z| = |z| ,

3) |z| = 0 ⇐⇒ z = 0,

4) ∀z1 , z2 ∈ C, |z1 z2 | = |z1 | |z2 | ,

5) ∀z1 , z2 ∈ C, |z1 ± z2 | ≤ |z1 | + |z2 | ,

6) ∀z1 , z2 ∈ C, ||z1 | − |z2 || ≤ |z1 | ± |z2 | .

2
1.1 Rappels sur les nombres complexes
Exemple. 1)

1 − in+1
1 + i + i2 + ... + in =
1 − i
 1 si n = 0 mod 4
1 + i si n = 1 mod 4


= .
 i si n = 2 mod 4
0 si n = 3 mod 4

2) Si a 6= 0, b et c sont réels, l'équation az 2 + bz + c = 0 admet toujours deux racines


données par la formule de Viète :

−b± b2 −4ac
si b2 − 4ac > 0

 2a
z= −b
si b − 4ac = 0
2a √
2

−b±i b2 −4ac
si b2 − 4ac < 0

2a

On remarque que dans le troisième cas, les racines sont des nombres complexes conjugués.

3) La droite d'équation ax + by = c dans le plan correspond à l'ensemble des nombres


complexes qui satisfont la relation :

(z + z) (z − z) a − ib a + ib
ax + by = a +b = z+ z = c.
2 2i 2 2

4) le cercle x2 + y 2 = R2 correspond aux nombres complexes z = x + iy tels que |z| = R.

Forme polaire d'un nombre complexe

Pour alléger l'écriture d'un nombre complexe z = x + iy , on a l'habitude de poser :

p
r = |z| = x2 + y 2

et θ l'argument de z, noté arg(z), ou bien l'angle formé dans le plan par z et l'axe x0 ox, θ
est solution du système :

x = Re(z) = |z| cos θ
y = Im(z) = |z| sin θ

D'où,

z = x + iy = |z| cos θ + i |z| sin θ


= r(cos θ + i sin θ)
= reiθ .

3
1 Variables et fonctions complexes
appelée la forme polaire du nombre complexe z.
arctan xy + π si x < 0, y ≥ 0,



 π
si x = 0, y > 0,
θ = arg(z) = 2
y
 arctan x
si x > 0,
y

arctan x − π si x < 0, y < 0

Formule de de Moivre

Les formules d'addition pour les fonctions trigonométriques montrent que l'on a si z1 =
r1 eiθ1 et z2 = r2 eiθ2 :

z1 z2 = r1 r2 (cos(θ1 + θ2 ) + i sin(θ1 + θ2 ))
= r1 r2 ei(θ1 +θ2 ) .

Donc

eiθ1 eiθ2 = ei(θ1 +θ2 ) ,


|z1 z2 | = |z1 | |z2 | ,
arg(z1 z2 ) = arg(z1 ) + arg(z2 ) mod 2π.

En raisonnant par récurrence sur n ∈ N, on obtient la formule de Moivre :


n
eiθ = einθ ,
(cos θ + i sin θ)n = cos nθ + i sin nθ.

Exemple. Quelles que soient a ∈ C et n ∈ N, l'équation z n = a admet n racines. Si a 6= 0,


elles sont toutes distinctes :
    
1/n arg(a) 2kπ arg(a) 2kπ
zk = |a| cos + + i sin +
n n n n

4
1.1 Rappels sur les nombres complexes
où k = 0, 1, ..., n − 1. Lorsque a = 1, les nombres
 
1/n 2kπ 2kπ
wk = |a| cos + i sin , k = 0, 1, ..., n − 1
n n

sont les racines nèmes de l'unité.

Quelques propriétés topologiques

On sait que, quelles que soient |z1 − z2 | ≤ |z1 − z3 | + |z3 − z2 | . Si en


z1 , z2 , z3 complexes,
particulier z3 = 0, on trouve l'inégalité triangulaire |z1 ± z2 | ≤ |z1 | + |z2 | . De plus, une
suite (zn )n∈N de nombres complexes converge vers un nombre complexe z si

lim |zn − z| = 0.
n→+∞

sup [|Re(z)| , |Im(z)|] ≤ |z| ≤ |Re(z)| + |Im(z)| , on a aussi :


En vertu des inégalités

   
lim |zn − z| = 0 si et seulement si lim Re(zn ) = Re(z) et lim Im(zn ) = Im(z) .
n→+∞ n→+∞ n→+∞

En conséquence, les règles de calcul concernant la limite d'une somme, d'une diérence,
d'un produit ou d'un quotient restent valables. De plus, le critère de Cauchy suivant lequel
la suite (zn )n∈N admet une limite si et seulement si lim |zn − zm | = 0 est encore vrai.
n,m→+∞

Exemple. Lorsque (zn )n∈N converge vers z dans C, alors |zn | converge vers |z| mais il
n'est pas sûre que arg(zn ) tend vers arg(z), c'est à dire l'argument d'un nombre complexe
n'est pas une fonction continue, il y a discontinuité tout le long de l'axe réel négatif. Ainsi,
la suite complexe −1 − ni −→ −1 mais arg(−1 − ni ) = arctan n1 − π −→ −π alors que
arg(−1) = π.


P
Une série à termes complexes zn converge si elle converge absolument c'est à dire la
n=0

P
série à termes réels positifs |zn | est convergente.
n=0

Rappelons le critère de Cauchy d'une série entière à coecients complexes dans un disque
ouvert D(z0 , r) centré en z0 et de rayon r.

D(z0 , r) = {z ∈ C : |z − z0 | < r} .

D(z0 , r) = {z ∈ C : |z − z0 | ≤ r} est le disque fermé de centre z0 et de rayon r.

5
1 Variables et fonctions complexes

Théorème 1.1.1: (Critère de Cauchy)



an z n
P
La série entière à coecients complexes an converge absolument dans le
n=0
disque D(0, R), de façon uniforme sur tout disque D(0, r) tel que r < R, et elle
1
diverge si |z| > R où R = 1/n est le rayon de convergence de la série
lim sup |an |
n
entière.

Exemple. La série géométrique converge si et seulement si le module de sa raison est


strictement inférieur à 1 :

X 1
zn = si et seulement si |z| < 1.
n=0
1−z

En y séparant la partie réelle et la partie imaginaire, on en tire les relations :



X 1 − r cos θ
rn cos nθ = ,
n=0
1 − 2r cos θ + r2

X r sin θ
rn sin nθ =
n=0
1 − 2r cos θ + r2

Dénition 1.1.1
Soit un ensemble E ⊂ C.
E est ouvert s'il est voisinage de tous ses points ou bien si et seulement si à chaque
z0 ∈ E correspond r > 0 tel que D(z0 , r) ⊂ E.
E est dit fermé si son complémentaire E c = CE est ouvert.
E est borné s'il existe R > 0 tel que E ⊂ D(0, R). E est dit compact s'il est à la fois
fermé et borné dans C.
E est dit connexe si et seulement si on peut relier deux points quelconques de cet
ensemble par un chemin polygonal entièrement contenu dans cet ensemble.

6
1.2 Les fonctions complexes
Exemple. 1) Un disque ouvert D(a, R) est ouvert. Un disque fermé D(a, R) est fermé.
Toute réunion, toute intersection nie d'ensembles ouverts sont des ensembles ouverts.

2) Le disque D(0, 1) est un ensemble compact dans C.

3)

L'ensemble de gauche est connexe, celui de droite n'est pas connexe, car pour joindre le
point A au point B , il faut sortir de l'ensemble.

1.2 Les fonctions complexes

Les propriétés des fonctions continues de C vers C sont analogues à celles des fonctions
continues de R vers R. La plupart de ces dernières admettent d'ailleurs une extension
simple à des fonctions de C vers C. On étudie notamment les fonctions dérivables au sens
complexe. Pour une fonction de C dans C, on emploie le terme holomorphe plutôt que
dérivable, et on verra qu'une fonction holomorphe, c'est à dire dérivable une fois au sens
complexe, est inniment dérivable.

Dénition 1.2.1
Soient E une partie de C et f une fonction dénie de E dans C qui a une variable
complexe z de E associe une image w = f (z) dans C.
Si w est unique, on dit que la fonction f est uniforme. Si w est multiple on dit alors
que la fonction f est multiforme.
Toutes les fois que nous utiliserons le mot fonction ce sera, sauf spécication contraire,
avec le sens de fonction uniforme.
Si w = f (z), nous pouvons aussi considérer z comme fonction de w, ce qui peut
−1
s'écrire sous la forme z = f (w). La fonction f −1 est appelée la fonction inverse de
f.

Une fonction multiforme peut être considérée comme un ensemble de fonctions uniformes,
chaque élément de cet ensemble étant appelé une branche de la fonction. On choisit ha-
bituellement un des éléments de cet ensemble comme branche principale de la fonction
multiforme considérée, la fonction ainsi dénie est appelée la détermination principale.

7
1 Variables et fonctions complexes
Exemple. w = f (z) = z 2 est une fonction uniforme sur C.

w = f (z) = z est une fonction multiforme sur C, car tout nombre complexe z admet
deux racines carrées complexes :
  
p i arg(z)
|z| exp


2

w=   .
p i arg(z)
 |z| exp +π


2

Parmi les fonctions usuelles complexes à variable complexe on peut citer :

n
ak z k
P
- Les fonctions polynômiales P (z) = où an 6= 0, an−1 , ..., a0 sont des constantes
k=0
complexes et n un entier positif appelé le degré du polynôme P (z).

- Les transformations linéaires w = az + b, a, b constantes complexes.

P (z)
- Les fractions rationnelles w= où P (z) et Q(z) sont des polynômes. Le cas particulier
Q(z)
az + b
w= où ad − bc 6= 0 est appelé transformation homographique.
cz + d

- Les fonctions exponentielles w = ez = ex+iy = ex eiy = ex (cos y + i sin y) , formule dans


laquelle e est la base des logarithmes népériens. On a aussi :


z
X zn
e = , z ∈ C.
n=0
n!

Si a est un réel positif on dénit az = ez ln a où ln a est le logarithme népérien de a.

Les fonctions exponentielles complexes ont des propriétés analogues à celles des fonctions
z z z +z 1 −z ez1 z −z
exponentielles réelles. Ainsi par exemple e 1 e 2 = e 1 2 , z1 = e 1 , z2 = e 1 2 , ...
e e

- Les fonctions trigonométriques


eie − e−iz X z 2n+1
sin z = = (−1)n , z ∈ C,
2i n=0
(2n + 1)!

eie + e−iz X z 2n
cos z = = (−1)n , z ∈ C,
2 n=0
(2n)!
sin z eie − e−iz cos z i(eie + e−iz )
tan z = = , cot z = = .
cos z i(eie + e−iz ) sin z eie − e−iz

La plupart des propriétés des fonctions trigonométriques réelles sont encore valables dans

8
1.2 Les fonctions complexes
le cas complexe. Ainsi par exemple :

sin2 z + cos2 z = 1 ; sin(−z) = − sin z ; cos(−z) = cos z ; tan(−z) = − tan z


sin(z1 ± z2 ) = sin z1 cos z2 ± cos z1 sin z2
cos(z1 ± z2 ) = cos z1 cos z2 ∓ sin z1 sin z2
tan z1 ± tan z2
tan(z1 ± z2 ) = .
1 ∓ tan z1 tan z2

- Les fonctions hyperboliques



ez − e−z X z 2n+1
sinh z = = , z ∈ C,
2 n=0
(2n + 1)!

ez + e−z X z 2n
cosh z = = , z ∈ C,
2 n=0
(2n)!
sinh z ez − e−z cosh z ez + e−z
tanh z = = z , coth z = = .
cosh z e + e−z sinh z ez − e−z

Les propriétés suivantes sont encore vériées :

cosh2 z − sinh2 z = 1 ; sinh(−z) = − sinh z ; cosh(−z) = cosh z ; tanh(−z) = − tanh z


sinh(z1 ± z2 ) = sinh z1 cosh z2 ± cosh z1 sinh z2
cos(z1 ± z2 ) = cosh z1 cosh z2 ± sinh z1 sinh z2
tanh z1 ± tanh z2
tanh(z1 ± z2 ) = .
1 ± tanh z1 tanh z2

- Les fonctions logarithmiques, w = ln z si et seulement si z = ew . Donc si z = reiθ =


rei(θ+2kπ) , alors ln z peut être dénie sur C {0} par :
log z = log r + i(θ + 2kπ), k = 0, ±1, ±2, ...

On remarque que ln z est une fonction multiforme (cette fonction possède une innité de
déterminations). La détermination principale ou valeur principale de ln z est dénie par
log z = log r + iθ où −π ≤ θ < π. Cependant tout autre intervalle d'amplitude 2π peut
être utilisé, 0 ≤ θ < 2π, etc. Par exemple ln(−1) = πi + 2kπi, k ∈ Z, la détermination
principale de ln(−1) est πi.

La fonction logarithme peut être dénie pour d'autres bases réelles que e. Ainsi pour
ln z
z = aw , on a w = loga z avec a > 0, et a 6= 0, 1. Dans ce cas z = ew ln a
. et donc w=
ln a
Exemple. Calculons le logarithme complexe des nombres complexes z1 = i et z2 = −1 + i.

π √ 3π
La représentation polaire de z1 et z2 est z1 = exp(i ) et z2 = 2 exp(i ), alors la
2 4
détermination principale du logarithme complexe de z1 et z2 est :
π √ 3π
log(z1 ) = i et log(z2 ) = ln 2 + i.
2 4

9
1 Variables et fonctions complexes

√ √
D'autre part, log(z1 z2 ) = log(−1 − i) = ln 2 − 3π i. Or, log(z1 ) + log(z2 ) = ln 2 +
√ 4
i 3π + π2 = ln 2 + 5π i et alors log(z1 z2 ) = log(z1 ) + log(z2 ) − 2πi.

4 4

z1
Donc les identités log(z1 z2 ) = log(z1 ) + log(z2 ) et log( ) = log(z1 ) − log(z2 ) ne sont vraies
z2
que modulo 2πi dans le sens où :
z1
log(z1 z2 ) = log(z1 )+log(z2 )+2N πi, log( ) = log(z1 )−log(z2 )+2N πi avec N ∈ {−1, 0, 1} .
z2

On peut montrer que si Re(z1 ) > 0 et Re(z2 ) > 0, alors ln(z1 z2 ) = ln(z1 ) + ln(z2 ).

- Les fonctions trigonométriques inverses arcsin z, arccos z, arctan z, arccotz sont dénies
par :

1  √  1  √ 
arcsin z = log iz + 1 − z 2 ; arccos z = log z + z 2 − 1
i i
1 1 + iz 1 z+i
arctan z = log ; arccotz = log .
2i 1 − iz 2i z−i

Ces fonctions sont multiformes où nous avons omis la constante 2kπ, k = 0, ±1, ±2, ... du
logarithme.

- Les Fonctions hyperboliques inverses :

 √   √ 
arg sinh z = log z + z 2 + 1 ; arg cosh z = log z + z 2 − 1
1 1+z 1 z+1
arg tanh z = log ; arg cot z = log .
2 1−z 2 z−1

Ces fonctions sont multiformes où nous avons omis la constante 2kπ, k = 0, ±1, ±2, ... du
logarithme.

- Les fonctions z α , où α est complexe,sont dénies par z α = eα ln z . De même si f (z) et g(z)


g(z)
sont deux fonctions données, de z , nous pouvons dénir f (z) = eg(z) ln f (z) . En général
de telles fonctions sont multiformes.

10
1.2 Les fonctions complexes
1.2.1 Limites

Dénition 1.2.2
Soient z0 , L ∈ C etf une fonction dénie dans un voisinage de z0 sauf peut-être en
z0 à valeurs dans C. On dit que f admet une limite L en z0 et on écrit lim f (z) = L
z→z0
si et seulement si :

∀ε > 0, ∃r > 0 tel que |z − z0 | < r =⇒ |f (z) − L| < ε.

Ou bien, la fonction f (z) tend vers le nombre complexe L = a + ib au point z0 = x0 +


iy0 si et seulement si, les parties réelle et imaginaire de f (z) tendent respectivement
vers a et b au point (x0 , y0 ).
Ou alors, la fonction f (z) possède une limite L ∈ C au point z0 ∈ C si et seulement
si, pour toute suite (tn ) de nombres complexes qui converge vers le point z0 , la suite
des images (f (tn )) converge vers L dans C lorsque n tend vers +∞.

Remarquons que, quand la limite d'une fonction complexe existe, elle est unique.

Exemple.
z 2 si z 6= i

1) Soit f (z) = , alors lim f (z) = i2 = −1.
0 si z = i z→i
En eet, si 0 < |z − i| < r, on a :

|f (z) − (−1)| = z 2 + 1 = |z + i| |z − i| < r |z + i| = r |z − i + 2i|
≤ r (|z − i| + 2) < r (r + 2) < ε.


Ce qui est possible si 0 < r < −1 + 1 + ε.

2) La fonction f (z) = zz n'a pas de limite au point z0 = 0 puisque si pour tout réel θ ∈]0, 2π[,

xé, on considère la suite de nombres complexes, tn = en , alors tn converge vers 0 dans C
eiθ
tandis que la suite des images f (tn ) = n
e−iθ
= e2iθ tend vers e2iθ , la limite dépend de θ, elle
n
n'est pas unique donc elle ne peut pas exister.

Théorème 1.2.1
Si lim f (z) = L et lim g(z) = L0 , alors
z→z0 z→z0

lim (f (z) ± g(z)) = lim f (z) ± lim g(z) = L ± L0


z→z0 z→z0 z→z0
lim (f (z)g(z)) = lim f (z) lim g(z) = LL0
z→z0 z→z0 z→z0
lim f (z)
f (z) z→z0 L
lim = = si L0 6= 0.
z→z0 g(z) lim g(z) L0
z→z0

11
1 Variables et fonctions complexes
1.2.2 Continuité

Soient E ⊂ C un ensemble, z0 ∈ E un des points de E et f : E −→ C une fonction


complexe. Les énoncés suivants sont alors équivalents :

1) Pour toute suite (zn )n∈N d'éléments de E, convergente vers z0 alors la suite des images
(f (zn ))n∈N converge vers f (z0 ), c'est à dire :

lim zn = z0 =⇒ lim f (zn ) = f (z0 )


n→+∞ n→+∞

2) Pour tout ε > 0, il existe r > 0 tels que : z ∈ E et |z − z0 | < r impliquent


|f (z) − f (z0 )| < ε, c'est à dire lim f (z) = f (z0 ).
z→z0

Lorsque l'un des énoncés (1) ou (2) est satisfait, la fonction f est dite continue en z0 . Elle
est continue sur E si elle est continue en chaque point z0 ∈ E . Une fonction complexe
est donc continue si et seulement si sa partie réelle et sa partie imaginaire le sont toutes
les deux en tant que fonctions réelles. Ainsi, la sommes, diérences, produits, quotients et
compositions de fonctions continues (lorsqu'elles sont dénies) sont continues. De même,
toute limite uniforme de fonctions continues est continue.

Dans la dénition de la continuité le nombre r dépend en général de ε et z0 , lorsqu'il peut


être choisi indépendamment de z0 ∈ E , on dit que f est uniformément continue sur E. En
particulier, on peut montrer que toute fonction continue sur un ensemble compact y est
uniformément continue sur cet ensemble. L'image d'un ensemble compact par une fonction
continue est un ensemble compact. Il suit de ce dernier résultat que sur un ensemble com-
pact, le module, la partie réelle et la partie imaginaire d'une fonction continue atteignent
une valeur minimale et une valeur maximale.

Exemple.
z 2 si z 6= i

1) f (z) = n'est pas continue en z0 = i car lim f (z) = i2 = −1 6= f (i) = 0.
0 si z = i z→i

2) La fonction f (z) = z est continue sur C, en fait elle y est uniformément continue, car
∀ε > 0, ∃r = ε > 0, tel que ∀z ∈ C et |z − z0 | < r, on a :

|f (z) − f (z0 )| = |z − z0 | = |z − z0 | = |z − z0 | < ε.

2) Les fonctions complexes usuelles uniformes sont continues sur leurs domaines de dén-
tions respectifs.

1.3 Fonctions holomorphes

Par analogie avec les fonctions réelles, on dénit la dérivée d'une fonction complexe f de
la variable complexe z.

12
1.3 Fonctions holomorphes
Dénition 1.3.1
Soit D un domaine ouvert non vide dans le plan complexe. Soit f une fonction
uniforme de D dans C et z0 D. On dit que f est C−dérivable au point
un point de
f (z) − f (z0 )
z0 si le taux d'accroissement admet une limite dans C quand z ∈ D,
z − z0
f (z) − f (z0 )
z 6= z0 , tend vers z0 . La limite lim quand elle existe elle est unique,
z→z0 ,z6=z0 z − z0
0 df
elle s'appelle dérivée de la fonction f (z) au point z0 et se note f (z0 ) ou (z0 ).
dz
Si la dérivée de f existe en tout point z d'un domaine D , alors f est dite holomorphe
dans D .
Une fonction f est dite holomorphe en un point z0 si elle est dérivable dans un
disque ouvert centré en z0 . Les fonctions holomorphes sont souvent appelées fonctions
analytiques.
Une fonction complexe est dite entière si elle est dérivable dans tout le plan complexe
C.

Exemple.
0
1) La fonction f (z) = 1
z
est holomorphe dans C {0} et f (z) = − z12 .

2) La fonction f (z) = Rez n'est pas C−dérivable en aucun point.

3) Les polynômes f (z) = an z n + ... + a1 z + a0 , a0 , ..., an ∈ C, les fonctions ez , sin z, cos z


sont des fonctions entières.

4) Toute fraction polynômiale f (z) = Q(z)


P (z)
où P (z) et Q(z) sont des polynômes com-
plexes, est holomorphe sur son domaine de dénition qui est égal à l'ouvert D =
{z ∈ C : Q(z) 6= 0} .

Proposition 1.3.1
Si la fonction f est dérivable au point z0 ∈ D alors elle est continue au point z0 . La
réciproque est fausse, il existe des fonctions complexes continues sans être dérivables.

Démonstration. Il sut de remarque que pour tout nombre complexe z ∈ D, z 6= z0 , on


peut écrire :
f (z) − f (z0 )
f (z) − f (z0 ) = (z − z0 ),
z − z0

f (z) − f (z0 ) 0
et ainsi comme le taux d'accroissement tend vers f (z0 ) quand (z − z0 ) tend
z − z0
vers 0, on aura lim f (z) = f (z0 ). Donc, f (z) est continue au point z0 .
z→z0

Pour la réciproque, on verra par la suite que la fonction f (z) = z est continue sur C mais
non dérivable en tout point complexe.

13
1 Variables et fonctions complexes
Comme pour le cas des fonctions à une variable réelle on vérie que si f et g sont holo-
morphes sur un ouvert non vide D ⊆ C, on aura les formules de dérivations suivantes,

1) (f + g)0 = f 0 + g 0 :

2) (λf )0 = λf 0 , λ ∈ C,

2) (f g)0 = f 0 g + f g 0 ,
 0
f f 0g − f g0
3) = ,
g g2

4) (f ◦ g)0 = (f 0 ◦ g)g 0 .

5) Règle de l'Hospital : Soient D ⊆ C un ouvert non vide, et f et g : D −→ C deux


0 (z)
fonctions dérivables au point z0 ∈ D telles que f (z0 ) = g(z0 ). Alors si lim fg0 (z) existe
z→z0 ,z6=z0
on a :
f (z) f 0 (z)
lim = lim .
z→z0 ,z6=z0 g(z) z→z0 ,z6=z0 g 0 (z)

Exemple. lim z +1 6 5
2 = lim 6z = 3 lim z 4 = 3i4 = 3.
z→i z +1 z→i 2z z→i

1.3.1 Dérivées des fonctions usuelles

On note que les dérivées obtenues des fonctions complexes usuelles sont identiques à celles
établies dans le cas de fonctions de la variable réelle.

dλ d 1
= 0, λ ∈ C
 
dz dz
(arctan z) = 1+z 2
dz n d 1

 dzz
= nz n−1 dz
( arccotz) = −
1+z 2


de d

 dzz
= ez dz
(sinh z) = cosh z 

da d

 dz
= az ln a dz
(cosh z) = sinh z 

d d

 dz
(sin z) = cos z dz
(tanh z) = cosh1 2 z 

d d

 dz
(cos z) = − sin z dz
(coth z) = − sinh1 2 z 

d

 dz
(tan z) = cos12 z d
dz
(arg sinh z) = √1+z 1
2


d
(cot z) = − sin12 z d
(arg cosh z) = √ 1
 
 dz dz z 2 −1

d
(ln z) = z1 d 1
 
 dz dz
(arg tanh z) = 1−z 2

d
(loga z) = z ln1 a d 1
 
 dz dz
(arg coth z) = 1−z 2

d 1 d 1
dz
(arcsin z) = √1−z 2 dz
(arccos z) = − 1−z2

1.3.2 Conditions de Cauchy-Riemann

Soit D un domaine ouvert non vide dans C et f (z) = u(x, y) + iv(x, y) si z = x + iy , une
fonction dénie de D dans C.

14
1.3 Fonctions holomorphes
Théorème 1.3.1
Pour que f (z) soit C-dérivable au point z0 = x0 + iy0 il faut et il sut que la
partie réelle u(x, y) et la partie imaginaire v(x, y) de f (z) soient diérentiables au
point (x0 , y0 ) et que leurs dérivées partielles au point (x0 , y0 ) vérient les conditions
suivantes dites de Cauchy-Riemann :

∂u ∂v
(x0 , y0 ) = (x0 , y0 )
∂x ∂y
∂u ∂v
(x0 , y0 ) = − (x0 , y0 )
∂y ∂x
Autrement dit, f est holomorphe dans D , si et seulement si les dérivées partielles
∂u ∂u ∂v ∂v
, , et ∂y
∂x ∂y ∂x
existent et sont continues en tout point de D , et vérient les équations
de Cauchy-Riemann :

∂u ∂v
=
∂x ∂y
∂u ∂v
= −
∂y ∂x

Démonstration. Si f est holomorphe en tout point z0 = x0 + iy0 de D, on a :

f (z) − f (z0 ) u(x, y) − u(x0 , y0 ) + i (v(x, y) − v(x0 , y0 ))


f 0 (z0 ) = lim = lim .
z→z0 ,z6=z0 z − z0 (x,y)→(x0 ,y0 ) x − x0 + i(y − y0 )

En choisissant y = y0 , x → x0 , on obtient :

u(x, y0 ) − u(x0 , y0 ) + i (v(x, y0 ) − v(x0 , y0 ))


f 0 (z0 ) = lim
x→x0 x − x0
u(x, y0 ) − u(x0 , y0 ) v(x, y0 ) − v(x0 , y0 )
= lim + i lim
x→x0 x − x0 x→x0 x − x0
∂u ∂v
= (x0 , y0 ) + i (x0 , y0 ).
∂x ∂x

Et en choisissant x = x0 , y → y 0 , on obtient :

u(x0 , y) − u(x0 , y0 ) + i (v(x0 , y) − v(x0 , y0 ))


f 0 (z0 ) = lim
y→y0 i(y − y0 )
u(x0 , y) − u(x0 , y0 ) v(x0 , y) − v(x0 , y0 )
= lim + lim
y→y0 i(y − y0 ) y→y0 y − y0
1 ∂u ∂v ∂v ∂u
= (x0 , y0 ) + (x0 , y0 ) = (x0 , y0 ) − i (x0 , y0 ).
i ∂y ∂y ∂y ∂y

Alors,

∂u ∂v
f 0 (z0 ) = (x0 , y0 ) + i (x0 , y0 )
∂x ∂x
∂v ∂u
= (x0 , y0 ) − i (x0 , y0 ).
∂y ∂y

15
1 Variables et fonctions complexes
On en déduit que u et v vérient les conditions de Cauchy-Riemann.


Réciproquement, Soit z = x + iy ∈ D et soit h = h1 + ih2 ∈ C tel que z + h ∈ D . Les
∂u ∂u ∂v ∂v
dérivées partielles , ,
∂x ∂y ∂x
et
∂y
étant supposées continues dans D , alors en utilisant le
développement de Taylor à l'ordre 1, on obtient :

f (z + h) − f (z) = u(x + h1 , y + h2 ) − u(x, y) + i [v(x + h1 , y + h2 ) − v(x, y)]


∂u ∂u ∂v ∂v
= h1 (x, y) + h2 (x, y) + ih1 (x, y) + ih2 (x, y) + (ε1 + iε2 )(h1 + ih2 )
∂x ∂y ∂x ∂y

où ε1 → 0 et ε2 → 0 quand h1 → 0 et h2 → 0.

D'après les équations de Cauchy-Riemann, on a :

∂u ∂v
f (z + h) − f (z) = (h1 + ih2 ) (x, y) + i(h1 + ih2 ) (x, y) + (ε1 + iε2 )(h1 + ih2 ).
∂x ∂x

D'où en divisant par le nombre complexe h = h1 + ih2 et faisant tendre h vers 0, on voit
que :
f (z + h) − f (z) ∂u ∂v
f 0 (z) = lim = (x, y) + i (x, y).
h→0 h ∂x ∂x

Remarque. L'existence des dérivées partielles en un point ne sut pas pour l'existence
de la dérivée complexe comme dans l'exemple suivant.

Exemple. Soit la fonction dénie de C dans C par :


  
1
exp − 4 si z 6= 0

f (z) = z .
0 si z = 0

La dérivée en z = 0 suivant la droite y = x n'est pas dénie. En eet, on a suivant cette


droite, z 4 = (x + ix)4 = x4 (1 + i)4 = −4x4 et alors :

exp 4x14

f (z) − f (0) f (x + ix) − f (0)
lim = lim = lim
z→0 z x→0 x + ix x→0 x + ix
1

1 exp 4x4
= lim = +∞.
(1 + i) x→0 x4

Cependant, les dérivées partielles de u et v en (0, 0) sont toutes égales à zéro. Par exemple,

∂u u(x, 0) − u(0, 0) u(x, 0)


(0, 0) = lim = lim
∂x x→0 x x→0 x
1
exp − x4
= lim = 0.
x→0 x

16
1.3 Fonctions holomorphes
Exemple.
1) La fonction f (z) = z est continue sur C, de plus Re(f (z)) = u(x, y) = x et Im(f (z)) =
v(x, y) = −y, alors ∂u
∂x
∂v
(x, y) = 1 6= ∂y (x, y) = −1. On en déduit que la fonction f (z) = z
n'est dérivable en aucun point de C.

2) La fonction ez = ex (cos y + i sin y), z = x + iy, est holomorphe sur C puisque u(x, y) =
ex cos y et v(x, y) = ex sin y sont de classe C ∞ sur R2 et vérient les conditions de Cauchy-
Riemann :
∂u ∂v
(x, y) = ex cos y = (x, y)
∂x ∂y
∂u ∂v
(x, y) = −ex sin y = − (x, y)
∂y ∂x

En général, les fonctions complexes usuelles sont holomorphes sur leurs domaines de dé-
nitions respectifs.
Corollaire. Si f (z) = u(x, y) + iv(x, y), z = x + iy, est holomorphe dans un ouvert
complexe D, alors la dérivée de f est donnée par :
∂u ∂v
f 0 (z) = (x, y) + i (x, y)
∂x ∂x
∂v ∂u
= (x, y) − i (x, y)
∂y ∂y
 
∂u ∂v
= −i (x, y) + i (x, y) .
∂y ∂y

Les conditions de Cauchy-Riemann peuvent être reformulées comme suit :


∂f ∂f
(z) + i (z) = 0.
∂x ∂y

En notant que x = z+z 2


et y = z−z
2i
, les conditions de Cauchy-Riemann aussi peuvent être
écrites sous la forme :
∂f
= 0.
∂z

Une fonction f holomorphe sur un domaine ouvert connexe D ⊆ C, de dérivée identique-


ment nulle, est constante dans ce domaine.
Exemple.
1) f (z) = z 2 = (x + iy)2 = (x2 − y 2 ) + 2ixy, d'où u(x, y) = x2 − y 2 et v(x, y) = 2xy. Alors
les fonctions u et v sont de classe C ∞ sur R2 et on a :
∂u ∂v
(x, y) = 2x = (x, y),
∂x ∂y
∂u ∂v
(x, y) = −2y = − (x, y).
∂y ∂x

17
1 Variables et fonctions complexes
La fonction f (z) = z 2 est donc holomorphe dans C, et f 0 (z) = ∂u
∂x
(x, y) ∂v
+ i ∂x (x, y) =
2x + 2iy = 2z.

2) Soit la fonction f (z) = z 2 + z Re(z). On a Re(z) = z+z , alors f (z) = z 2 + z z+z



2 2
=
2
z + 2 zz. Donc ∂z = 2 6= 0. D'où, la fonction f ne peut pas être holomorphe en aucun
3 2 1 ∂f z

domaine de C.

1.3.3 Dérivées d'ordre supérieur

Si f est holomorphe dans un domaine ouvert D ⊆ C, f


ne dépend pas de z , il en
donc
∂f
est de même pour sa dérivée. Donc d'après la condition de Cauchy-Riemann
∂z
= 0, la
0
fonction dérivée f est aussi dérivable et ainsi de suite. D'o`u le résultat très important
suivant :

Théorème 1.3.2
Si f est holomorphe dans un domaine ouvert D ⊆ C, alors ses dérivées successives
f , f 00 , ... sont également holomorphes dans D, i.e. les dérivées de tous les ordres
0

existent dans D .
0
∀z ∈ D, f (n+1) (z) = f (n) (z) .

On n'a pas un résultat analogue pour les fonctions réelles. De plus, on démontre que toute
fonction holomorphe f (z) se développe en une série entière au voisinage de chaque point de
∞ (n)
an (z − z0 )n , an = f n!(z0 ) , ∀n ∈ N, est la somme de
P
son domaine d'holomorphie, f (z) =
n=0
sa série de Taylor. Ces résultats marquent la diérence fondamentale entre les fonctions à
une variable complexe holomorphes (ie. C-dérivables) et les applications réelles à plusieurs
variables réelles R-dérivables.

1.3.4 Théorème de Taylor

Si f est holomorphe dans un domaine ouvert D ⊆ C à valeurs dans C, alors pour tout
z0 ∈ D, f est développable en série entière de la variable (z − z0 ) dans un voisinage de
z0 , c'est à dire il existe une suite (an )n∈N de nombres complexes et un nombre réel r > 0

an (z − z0 )n pour |z − z0 | < r, de plus f est la somme de sa série
P
tels que f (z) =
n=0
f (n) (z0 )
de Taylor dans un voisinage dans le voisinage |z − z0 | < r, an = n!
, ∀n ∈ N, et
∞ (n)
f (z0 )
(z − z0 )n .
P
f (z) = n!
n=0


an (z − z0 )n
P
Inversement, si est une série entière de rayon de convergence R ∈]0, +∞],
n=0
et f sa somme sur D(z0 , R) = {z ∈ C : |z − z0 | < R} alors f est analytique dans D(z0 , R)
f (n) (z0 )
et an =
n!
, ∀n ∈ N.

18
1.3 Fonctions holomorphes
Si z0 = 0 dans la série de Taylor, alors la série obtenue est souvent appelée série de
Maclaurin. La liste qui suit contient quelques séries particulières avec leurs domaines de
convergence. Dans le cas de fonctions multiformes on utilise la branche principale.

Fonction Développement de Taylor Rayon et domaine de convergence


 
+∞
1 P n
z R = 1 , D(0, 1)
 
 1−z 
 n=0 
 +∞ 
zn
ez
P

 n! R = +∞ , C 

 n=0 
 +∞ 2n+1 
z
(−1)n (2n+1)!
P

 sin z R = +∞ , C 

n=0
+∞
 
z 2n
(−1)n (2n)!
 P 
 cos z R = +∞ , C 
 n=0 
 +∞ n

(−1)n−1 zn
P
log(1 + z) R = 1 , D(0, 1)
 
 
 n=1 
 +∞ 2n+1

(−1)n z2n+1
P

 arctan z R = 1 , D(0, 1) 

n=0
p(p−1) 2 p(p−1)...(p−n+1) n
(1 + z)p , p ∈ R 1 + pz + 2! z + ... + n! z + ... R = 1 , D(0, 1)

1.3.5 Fonctions harmoniques

Dénition 1.3.2
Soient D ⊆ R2 un ouvert non vide et u : D −→ R de classe C2 sur D. On dit que u
est harmonique si elle est solution de l'équation de Laplace :

∂ 2u ∂ 2u
∆u = + = 0,
∂x2 ∂y 2

pour tout (x, y) ∈ D.

Exemple. u(x, y) = ex cos y est harmonique sur R2 . On a :


∂u ∂ 2u
= = ex cos y
∂x ∂x2
∂u x ∂ 2u
= −e sin y, 2
= −ex cos y.
∂y ∂y

∂2u ∂2u
La fonction u est de classe C 2 sur R2 et ∆u = ∂x2
+ ∂y 2
= ex cos y − ex cos y = 0. Alors u
est harmonique sur R2 .

Proposition 1.3.2
Soient D ⊆ R2 un ouvert non vide et f : D −→ R une fonction holomorphe,
f (z) = u(x, y) + iv(x, y). Si les parties réelle et imaginaire u et v de la fonction f (z)
2
sont de classe C sur D alors elles sont harmoniques dans D .

19
1 Variables et fonctions complexes
Démonstration. Puisque f est holomorphe dans D, alors les fonctions u(x, y) et v(x, y)
vérient les conditions de Cauchy-Riemann i.e. :

∂u ∂v ∂u ∂v
∀(x, y) ∈ D, (x, y) = (x, y) et (x, y) = − (x, y).
∂x ∂y ∂y ∂x

Ainsi, comme les fonctions u et v sont de classe C2 sur D on pourra écrire pour tout
(x, y) ∈ D,

∂ 2u
       
∂ ∂u ∂ ∂v ∂ ∂v ∂ ∂u
= = = = − =⇒ ∆u = 0,
∂x2 ∂x ∂x ∂x ∂y ∂y ∂x ∂y ∂y
∂ 2v
       
∂ ∂v ∂ ∂u ∂ ∂u ∂ ∂v
= = − =− =− =⇒ ∆v = 0.
∂x2 ∂x ∂x ∂x ∂y ∂y ∂x ∂y ∂y

Donc, la partie réelle u et la partie imaginaire v de f (z) sont harmoniques sur D.

Exemple. Soit f (z) = z 2 = (x+iy)2 = (x2 −y2 )+2ixy où u(x, y) = x2 −y2 et v(x, y) = 2xy.
On a :
∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u
= 2x, = 2 ; = −2y, = −2,
∂x ∂x2 ∂y ∂y 2
∂v ∂ 2v ∂v ∂ 2v
= 2y, = 0 ; = 2x, = 0.
∂x ∂x2 ∂y ∂y 2

2 2 ∂2v ∂2v
Alors, ∆u = ∂∂xu2 + ∂∂yu2 = 2 − 2 = 0 et ∆v = ∂x2
+ ∂y 2
= 0 + 0 = 0. D'où les fonctions u et
v sont harmoniques sur R2 .

Proposition 1.3.3
Soit u une fonction de classe C 2 harmonique dans un ouvert D ⊆ R2 . Alors il existe
une fonction f holomorphe de D ⊆ C dans C telle que Ref = u. La fonction f est
unique à une constante près.

x
Exemple. Vérions que la fonction u(x, y) = est harmonique sur R2  {(0, 0)} et
+ y2 x2
cherchons sa conjuguée harmonique v(x, y) telle que la fonction f (z) = f (x+iy) = u(x, y)+
iv(x, y) soit holomorphe dans R2  {(0, 0)} . En eet, puisque pour tout (x, y) 6= (0, 0), on
a:
∂u y 2 − x2 ∂ 2u −2x (x2 + y 2 ) − 4x (x2 − y 2 ) −2x (3y 2 − x2 )
= , = =
∂x (x2 + y 2 )2 ∂x2 (x2 + y 2 )3 (x2 + y 2 )3
∂u −2xy ∂ 2u −2x (x2 + y 2 ) + 8xy 2 −2x (−3y 2 + x2 )
= , = = .
∂y (x + y 2 )2
2 ∂y 2 (x2 + y 2 )3 (x2 + y 2 )3

D'où, la fonction u(x, y) = x2 +y


x
2 est harmonique sur son domaine de dénition. Cherchons

une fonction harmonique v(x, y) qui soit solution du système des équations aux dérivées

20
1.4 Points singuliers
partielles suivant :

∂v ∂u y 2 − x2
= = 2 ,
∂y ∂x (x + y 2 )2
∂v ∂u 2xy
= − = 2 .
∂x ∂y (x + y 2 )2

R 2 −x2
Donc v(x, y) = (xy2 +y 2 )2 dy + g(x) = − x2 +y 2 + g(x) et alors ∂x = (x2 +y 2 )2 + g (x) = (x2 +y 2 )2 .
y ∂v 2xy 0 2xy

Ainsi, comme g 0 (x) = 0 on conclut que la fonction v(x, y) = − x2 +y y


2 + a, a ∈ R, est une

conjuguée harmonique de la fonction harmonique u(x, y) = x2 +y2 . De plus,


x

x y
f (z) = u(x, y) + iv(x, y) = −i 2 + ia
x2 +y 2 x + y2
z 1
= 2 + ia = + ia, a ∈ R.
|z| z

1.4 Points singuliers

Un point en lequel une fonction complexe f à variable complexe cesse d'être holomorphe est
appelé un point singulier ou une singularité de f. z0 est appelé singularité isolée,
Le point
ou point singulier isolé de f, r > 0 tel que le disque D(z0 , r) =
si l'on peut déterminer
{z ∈ C : |z − z0 | ≤ r} ne contienne pas d'autre point singulier que z0 . Si l'on ne peut trouver
une telle valeur r , on dit que z0 est une singularité non isolée.

Exemple. La fonction complexe f (z) =


1
a des singularités en zk = kπ
1  1
, k ∈ Z∗ , et
sin 
z
en z0 = 0. Comme on peut entourer chacune des singularités zk = kπ 1
, k ∈ Z∗ , par un cercle
de rayon rk = 2kπ1
, k ∈ Z∗ , n'en contenant pas d'autres singularités, on en déduit qu'elles
sont isolées. De plus, comme tout cercle de rayon r centré en z0 = 0 contient d'autres
singularités que z0 = 0, on en déduit que z0 = 0 est une singularité non isolée.

Il existe cinq types de singularités isolées :

- Singularités apparentes
Le point singulier z0 est appelé une singularité apparente de f si lim f (z) existe.
z→z0

Exemple. Les fonctions suivantes possèdent une singularité apparente au point z0 = 0 :


2
sin z 1 − cos z ez − 1 sin z
; ; ; .
z z2 z2 sinh z

- Pôles

21
1 Variables et fonctions complexes
On dira que z0 est un pôle d'ordre m ∈ N∗ de f si pour tout entier 0 ≤ p < m, la limite
lim (z − z0 ) f (z) = ∞ mais lim (z − z0 )m f (z) existe dans C et est non nulle. Si m = 1,
p
z→z0 z→z0
z0 est appelé un pôle simple de f .

Exemple. La fraction rationnelle f (z) = z 2 +7


z 3 (z−i)2
admet un pôle d'odre deux au point z1 = i
et un pôle d'ordre trois au point z2 = 0. En eet,

z2 + 7 i2 + 7 6
lim (z − i)2 f (z) = lim = = = 6i,
z→i z→i z3 i3 i3
z2 + 7
lim z 3 f (z) = lim = −7.
z→0 z→0 (z − i)2

- Points de branchement
z0 est un point de branchement de la fonction f lorsque au voisinage
Le point singulier
√ de
ce point
√f n'est pas uniforme. Par exemple le point z0 = 0 pour les fonctions z et ln z,
f (z) = z − 3 a un point de branchement en z = 3 et z = 1 et z = −2 sont des points de
2
branchement de g(z) = ln(z + z − 2).

- Singularités essentielles
Une singularité qui n'est ni un pôle, ni un point de branchement, ni une singularité appa-
rente est appelée singularité essentielle. On peut aussi caractériser une singularité essentielle
a d'une fonction complexe f par l'existence de deux suites complexes (un )n et (vn )n qui
convergent vers a, mais telles que les suites images f (un ) et f (vn ) ne convergent pas vers
la même limite.

Remarque. - Si lim f (z) existe, la fonction f est bornée au voisinage de sa singularité


z→z0
apparente a et elle peut être prolongée en une fonction holomorphe en a.

- Si lorsque z tend vers a, |f (z)| tend vers l'inni, alors a est un pôle de f.

- Si la limite de |f (z)| n'existe pas, f admet une singularité essentielle en a.

Exemple. La fonction f (z) = exp z−1 1


a une singularité essentielle en z = 1.


- Singularités à l'inni
La nature d'une singularité de z −→ f (z) à z = ∞ [le point à l'inni] est la même que
1 3
celle de z −→ f ( ) à z = 0. La fonction z −→ f (z) = z a un pôle triple à z = ∞ car
z
f ( z1 ) = z13 a un pôle triple en z = 0.

Une fonction f : D −→ C qui est holomorphe sur le domaine ouvert D à l'exception de


singularités isolées qui sont toutes des pôles pour f est dite une fonction méromorphe.

22
2
Intégration dans le
domaine complexe
Ce chapitre est consacré au calcul intégrale des fonctions complexes à une variable com-
plexe. On dénit la notion de chemin et courbe dans le plan complexe puis on introduit
l'intégrale simple complexe, on donne ensuite quelques propriétés élémentaires de ces inté-
grales. On établit plus particulièrement les formules intégrales de Cauchy qui permettront
de démontrer plusieurs résultats caractérisant les fonctions holomorphes.

2.1 Chemins et courbes dans le plan complexe

Dénition 2.1.1
Un chemin ou arc de classe C k du plan complexe C est une application de classe Ck
dénie d'un intervalle réel I = [a, b], a < b, vers C.

[a, b] −→ C
t 7→ z(t) = x(t) + iy(t)

Ses points initial et nal sont z0 = z(a) et z1 = z(b).


- La fonction z(t) est souvent notée γ(t), les points initial z0 = γ(a) et nal z1 = γ(b)
sont appelés respectivement l'origine et l'extrémité de γ .

23
2 Intégration dans le domaine complexe

- Lorsque γ(a) = γ(b) on dira que le chemin γ est fermé ou bien un lacet.

- Si la restriction de l'application γ(t) sur l'intervalle ouvert ]a, b[ est injective on dira que
le chemin γ est simple ou qu'il est sans points doubles (c'est à dire, γ ne se recoupe pas
lui-même).

- L'image γ = {γ(t) : t ∈ [a, b]} s'appelle courbe paramétrée dans le plan complexe par
l'application γ.

- Soient γ1 : [a, b] −→ C et γ2 : [c, d] −→ C deux paramétrisations d'une courbe γ . On


1
dira que γ1 et γ2 sont équivalentes s'il existe une bijection de classe C , ϕ : [a, b] −→ [c, d]
−1 1
ayant une application inverse ϕ de classe C et telle que (γ2 ◦ ϕ) (t) = γ1 (t), ∀t ∈ [a, b].
0
Si de plus ϕ est positive, on dit que γ1 et γ2 sont équivalentes de même sens (ou de même
orientation).

- Si γ1 : [a, b] −→ C et γ2 : [b, c] −→ C sont deux courbes paramétrées telles que γ1 (b) =


γ2 (b) la juxtaposition de γ1 et γ2 est la courbe noté γ1 ∧ γ2 dénie de [a, c] −→ C par :

γ1 (t) si t ∈ [a, b]
γ1 ∧ γ2 (t) = .
γ2 (t) si t ∈ [b, c]

En particulier, on peut réunir deux chemins γ1 et γ2 dénis de [0, 1] dans C tels que
γ1 (1) = γ2 (0) par :

γ1 (2t) si t ∈ [0, 21 ]

γ(t) = γ1 ∧ γ2 (t) = .
γ2 (2t − 1) si t ∈ [ 12 , 1]

Notons que si on utilise la bijection ϕ : [0, 1] −→ [a, b] dénie par l'expression t 7→ ϕ(t) =
t(b − a) + a, on déduit que les chemins du plan complexe peuvent être dénis à partir des
applications continues sur le segment [0, 1] dans le plan complexe C.

24
2.1 Chemins et courbes dans le plan complexe

Dénition 2.1.2
Soitγ : [a, b] −→ C un chemin. L'application continue γ − : [a, b] −→ C dénie par

γ (t) = γ(a + b − t) s'appelle chemin opposé ou chemin inverse du chemin γ .

Avec cette dénition on voit que toute courbe paramétrée γ = {γ(t) : t ∈ [a, b]} pourra
être parcourue suivant deux sens : soit de γ(a) = A vers γ(b) = B ou bien de γ(b) = B
vers γ(a) = A. Le parcourt du point A vers le point B s'appelle orientation positive et se
+ −→
note γ = {γ(t) : t ∈ [a, b]} ou AB tandis que la traversée opposée de B vers A s'appelle
− − −→
orientation négative et se note γ = {γ (t) : t ∈ [a, b]} ou BA .

Exemple.
1) Le cercle de centre z0 ∈ C, z0 = x0 + iy0 , et de rayon r > 0, on peut le parcourir soit
dans le sens horaire ou soit dans le sens trigonométrique.

25
2 Intégration dans le domaine complexe
Par convention le sens trigonométrique paramétré par l'application : [0, 2π] 3 t 7→ z(t) =
z0 + reit , est considéré comme une orientation positive du cercle. L'orientation négative du
cercle peut être obtenue à partir de la paramétrisation : [0, 2π] 3 t 7→ z − (t) = z0 + reit .

Le cercle de centre z1 est orienté positivement tandis que le cercle de centre z2 est orienté
négativement.

2) Le segment du plan complexe d'origine z0 ∈ C et d'extrémité z1 ∈ C peut être paramétré


par l'application :
[0, 1] 3 t 7→ γ(t) = (1 − t)z0 + tz1 ∈ C
dont l'image sera notée [z, u] = {(1 − t)z0 + tz1 = z0 + t(z1 − z0 ) ∈ C : t ∈ [0, 1]} .

3) Les courbes γ1 (t) = (t, t2 ), t ∈ [0, 1] et γ2 (t) = (t2 , t4 ), t ∈ [1, 2] sont équivalentes et de
même sens car γ1 (1) = γ2 (1) = (1, 1) et ϕ(t) = t2 est bijective de dérivée positive de [0, 1]
dans [1, 2].

Les courbes γ1 (t) = (cos t, sin t), t ∈ [0, 2π] et γ2 (t) = (sin t, cos t), t ∈ [0, 2π], sont équiva-
lentes de sens inversé avec ϕ(t) = π2 − t.

4) Le bord d'un triangle T dans le plan de sommets z1 , z2 et z3 ∈ C est un chemin fermé


composé de trois chemins qui sont les arrêtes [z1 , z2 ], [z2 , z3 ] et [z3 , z1 ] du triangle T , on
peut le paramétrer par le système suivant :

 z1 + 3t(z2 − z1 ) si t ∈ [0, 31 ]

γ(t) = z2 + (3t − 1)(z3 − z2 ) si t ∈ [ 13 , 23 ] .


z3 + (3t − 2)(z1 − z3 ) si t ∈ [ 32 , 1]

26
2.2 Intégrale curviligne complexe
2.2 Intégrale curviligne complexe

Soient D un domaine non vide du plan complexe C et γ : [a, b] −→ D une courbe de classe
C 1 par morceaux. Soit f : D −→ C une fonction complexe dénie sur D et continue en tout
point de γ. Partageons [a, b] en n intervalles au moyen des points t0 = a < t1 < ... < tn = b,
arbitrairement choisis et posons z0 = γ(a), z1 = γ(t1 ), ..., zn = γ(b). Sur chaque arc joignant
zk−1 à zk où k varie de 1 à n, choisissons un point ξk .

Formons la somme suivante :

Sn (f, γ, ξ) = f (ξ1 )(z1 − z0 ) + ... + f (ξk )(zk − zk−1 ) + ... + f (ξn )(zn − zn−1 )
Xn
= f (ξk )(zk − zk−1 ),
k=1

appellée somme de Riemann de longueur n∈N associée à la fonction f et au chemin γ


subdivisé en n portions de chemins données par les points ξk .

Si l'on fait croître le nombre n (zk − zk−1 ) de la


des subdivisions de façon que la longueur
plus grande des cordes tende vers zéro, alors la somme Sn tend, lorsque n → +∞, vers une
limite indépendante du choix de la subdivision et des points ξk et nous désignerons cette
limite par :
Zb Z
f (z)dz ou f (z)dz,
a γ

appelée intégrale curviligne complexe ou plus simplement intégrale curviligne de f (z) le


long de γ , ou encore intégrale de f (z) entre a et b, le long de γ . Si la courbe γ est fermée et
orientée dans le sens positif (ou sens direct) c'est à dire le sens inverse des aiguilles d'une
H R
montre, on note f (z)dz au lieu de f (z)dz.
γ γ

Ainsi,

Z n
X
f (z)dz = lim Sn (f, γ, ξ) = lim f (ξk )(zk − zk−1 ).
n→+∞ n→+∞
γ sup (zk −zk−1 )→0 sup (zk −zk−1 )→0 k=1
1≤k≤n 1≤k≤n

27
2 Intégration dans le domaine complexe
Remarque. 1) Observons que si on suppose que le chemin γ est de classe C 1 sur [a, b],
on pourra alors écrire zk − zk−1 = γ(tk ) − γ(tk−1 ) = (tk − tk−1 ) γ 0 (c) où tk−1 < c < tk ,
Z Zb
qu'on pourra approcher par (tk − tk−1 ) γ 0 (tk ) et on aura f (z)dz = f (γ(t))γ 0 (t)dt. Ce
γ a
résultat est souvent pris comme dénition de l'intégrale de f le long de la courbe γ .
Z
2) L'intégrale curviligne |dz| le long de la courbe γ de la fonction constante f (z) = 1,
γ
exprime la longueur de γ (γ(t) = z(t) = x(t) + iy(t)) :

Z Zb Zb q
|dz| = 0
|γ (t)| dt = (x0 (t))2 + (y 0 (t))2 dt
γ a a

Exemple. 1) Soit γ l'arc de cercle dénie par γ = γ(t) = z(t) = 2eit : t ∈ [0, 3π . Cal-

Z 2
]
culons z 2 dz.
γ

On a dz = z 0 (t)dt = 2ieit dt. Alors,

3π 3π
Z Z2 Z2
2
z 2 dz = 2eit 2ieit dt = 8ie3it dt
γ 0 0
  3π2
8 3it 8 8
= e = − + i.
3 0 3 3

2) Calculons la longueur de l'arc de cercle paramétré par l'application γ(t) = z0 + reit avec
t ∈ [θ0 , θ1 ].

28
2.3 Intégrales curvilignes réelles et complexes

Rθ1 Rθ1
Longueur de γ = |γ 0 (t)| dt =
R
|dz| = |ireit | dt) = r(θ1 − θ0 ).
γ θ0 θ0

Par conséquent, si on prend θ0 = 0 et θ1 = 2π, on déduit que la longueur d'un cercle entier
de centre z0 et de rayon r > 0 est égale à 2πr.

2.3 Intégrales curvilignes réelles et complexes

Sif (z) = u(x, y) + iv(x, y), z = x + iy, l'intégrale curviligne complexe de f le long d'une
courbe γ paramétrée par γ(t) = z(t) = x(t) + iy(t), t ∈ [a, b], peut être exprimée au moyen
d'intégrales curvilignes réelles de la façon suivante :

Z Z Z Z
f (z)dz = (u(x, y) + iv(x, y)) (dx + idy) = (udx − vdy) + i (vdx + udy)
γ γ γ γ
Zb
= [u(x(t), y(t))x0 (t) − v(x(t), y(t))y 0 (t)] dt
a
Zb
+i [v(x(t), y(t))x0 (t) + u(x(t), y(t))y 0 (t)] dt.
a

Z
Exemple. Calculons f (z)dz où f (z) = iz = y + ix et
γ

 
2 3
γ = γ(t) = z(t) = t + it ∈ C : t ∈ [−1, 2] .
2

29
2 Intégration dans le domaine complexe
On a x(t) = t2 , y(t) = 23 t et dz(t) = dx(t) + idy(t) = (x0 (t) + iy 0 (t)) dt = (2t + 32 i)dt. Alors,

Z Z2
f (z)dz = (y(t) + ix(t)) (x0 (t) + iy 0 (t)) dt
γ −1
Z2  
3 2 3
= t + it (2t + i)dt
2 2
−1
Z2 Z2  
3 2 3 9
= t dt + i 2t + t dt
2 4
−1 −1
 3 2  4 2
t t 9 2 9 87
= +i + t = + i.
2 −1 2 8 −1 2 8

2.4 Propriétés des intégrales

Si f et g sont continues le long de la courbe γ , alors les propriétés des intégrales complexes
curvilignes énumérées ci-dessous se démontrent à partir des sommes de Riemann.

Z Z Z
1) (f (z) + g(z)) dz = f (z)dz + g(z)dz.
γ γ γ

Z Z
2) λf (z)dz = λ f (z)dz, λ ∈ C.
γ γ

Z Z Z Z
3) Si γ = γ1 ∧ γ2 , alors f (z)dz = f (z)dz = f (z)dz + f (z)dz.
γ γ1 ∧γ2 γ1 γ2

Z Z
4) f (z)dz = − f (z)dz.
γ− γ


Z Z

5) f (z)dz ≤ |f (z)| |dz| ≤ sup {|f (z)| : z ∈ γ} longueur(γ).


γ γ

6) Soit z = g(w) une fonction continûment dérivable de la variable complexe w = u + iv .


Supposons qu'une courbe γ du plan de la variable z soit la transformée par g d'une courbe
γ 0 du plan de la variable w, alors
Z Z
f (z)dz = f (g(w))g 0 (w)dw.
γ γ0

30
2.4 Propriétés des intégrales
Z
Exemple. 1) Calculer zdz où γ est la courbe formée des segments joignant −i à 3i et
γ
3i à 3 + 3i.

Soient C1 = {(4t − 1)i ∈ C : 0 ≤ t ≤ 1} le segment joignant −i à 3i et C2 =


{3t + 3i ∈ C : 0 ≤ t ≤ 1} le segment joignant 3i à 3 + 3i.

Sur le segment C1 , on a z(t) = (4t − 1)i, dz(t) = z 0 (t)dt = 4idt et

Z Z1 Z1
1
(16t − 4)dt = 8t2 − 4t 0 = 4.

zdz = [−(4t − 1)i] [4i] dt =
C1 0 0

Sur le segment C2 , on a z(t) = 3t + 3i, dz(t) = z 0 (t)dt = 3dt et

Z Z1 Z1  1
9 9
zdz = [3t − 3i] 3dt = (9t − 9i)dt = t2 − 9it = − 9i.
2 0 2
C2 0 0

Par conséquent,
Z Z Z
9 17
zdz = zdz + zdz = 4 + − 9i = − 9i.
2 2
γ C1 C2

2) Soient m ∈ Z et a ∈ C xé. Calculons l'intégrale curviligne de la fonction (z − a)m le


long du cercle γ de centre a et de rayon r = 1 paramétré par l'application γ(t) = a + eit ,
t ∈ [0, 2π].

Z2π Z2π ( h
ei(m+1)t
i2π
si m 6= −1
Z
(z − a)m dz = eimt ieit dt = i ei(m+1)t dt = m+1
0
γ 0 0
2πi si m = −1
0 si m 6= −1

= .
2πi si m = −1

31
2 Intégration dans le domaine complexe
2.5 Théorèmes de Cauchy

Dans ce paragraphe, on donne la formule de Cauchy en appliquant la formule de Green-


Riemann vue en analyse II. Pour cela on va rappeller la notient d'orientation des domaines
du plan complexe et on rappellera aussi la formule de Green-Riemann.

Dénition 2.5.1
Soit D ⊆C une partie non vide et bornée. On dit que D est simplement connexe
si sa frontière ∂D est constituée par une seule courbe fermée simple. Si D n'est pas
simplement connexe on dira qu'il est multiplement connexe.

Exemple. 1) Les triangles, les rectangles, les polygones, les disques ouverts ou fermés, les
demi-plans de C sont simplement connexes.

2) Si on se donne une partie D de C qui est simplement connexe, alors en xant un


nombre ni de points {x1 , x2 , ..., xn } ⊂ D, le complémentaire D1 = D {x1 , x2 , ..., xn } est
multiplement connexe.

De même, si on enlève de D un nombre ni de disques D(x1 , r1 ), ..., D(xn , rn ) ⊂ D, on


obtient un domaine multiplement connexe :

D2 = D (D(x1 , r1 ) ∪ ... ∪ D(xn , rn ))

Donc, en particulier, pour tout les réels 0 < r < R la couronne circulaire C(r, R) =
{z ∈ C : r ≤ |z| ≤ R} est multiplement connexe car sa frontière est constituée de deux
cercles concentriques de rayons respectifs r et R.

32
2.5 Théorèmes de Cauchy
Dénition 2.5.2
Soit D⊂C un domaine multiplement connexe dont la frontière est constituée par
un nombre ni de courbes simples. On dira que D est orienté positivement si chaque
composante de sa frontière est parcourue de telle sorte que l'intérieur de D reste à
gauche (voir la gure ci-dessous d'un domaine multiplement connexe orienté positi-
vement).

Théorème 2.5.1: (Formule de Green-Riemann)


Soient P (x, y) et Q(x, y) des fonctions de classe C1
dans un ouvert non vide D ⊆ C.
0
Pour tout domaine compact multiplement connexe D ⊆ D orienté positivement
0
l'intégrale curviligne de la forme diérentielle P dx + Qdy sur la courbe ∂D est
donné par :
I ZZ  
∂Q ∂P
P dx + Qdy = − dxdy.
∂x ∂y
∂D0 D0

Théorème 2.5.2: (Théorème de Cauchy)


Soient f une fonction holomorphe dans un domaine ouvert non vide D ⊆ C, dont la
C 1 sur D, et γ une courbe fermée
partie réelle et la partie imaginaire sont de classe
contenue ainsi que son intérieure dans D. Alors
I
f (z)dz = 0.
γ

Ce théorème fondamental est à la fois valable pour des domaines simplement connexes ou
multiplement connexes, il est démontré ici à l'aide de la formule de Green-Riemann.

33
2 Intégration dans le domaine complexe
Démonstration. On sait que :

Z Z Z
f (z)dz = (udx − vdy) + i (vdx + udy).
γ γ γ

Donc, si on applique aux parties réelle et imaginaire de cette intégrale, la formule de Green-
0
Riemann on obtient en notant γ = ∂D :

I ZZ   ZZ  
∂v ∂u ∂u ∂v
f (z)dz = − − dxdy + i − dxdy = 0,
∂x ∂y ∂x ∂y
γ D0 D0

car f est holomorphe dont u et v vérient les conditions de Cauchy-Riemann.

Exemple. Soit γ le cercle de centre 0 et de rayon r,

γ = z(t) = reit : t ∈ [0, 2π] ,




vérions que zdz = 0. On a dz(t) = rieit dt et alors :


H
γ

Z2π Z2π
r2  2it 2π r2
I
reit rieit dt = r2 i e2it dt =

zdz = e 0 = [1 − 1] = 0.
2 2
γ 0 0

De même,
ez
I I I
3
dz = 0 ; sin(z )dz = 0 ; dz = 0.
z − 2r
γ γ γ

En 1900 Goursat a proposé une nouvelle démonstration du théorème de Cauchy sans de-
1
mander que les parties réelle et imaginaire de la fonction f (z) ne soient de classe C .

Théorème 2.5.3: (Cauchy-Goursat (1900))


Soit D⊆C un ouvert non vide et f : D −→ C une fonction holomorphe. Pour tout
0
domaine multiplement connexe compact D qui est orienté positivement et dont la
0
frontière γ = ∂D est constituée par un nombre ni de courbes simples fermées et
disjointes γ = γ1 ∪ ... ∪ γn , l'intégrale curviligne :
I I I
f (z)dz = f (z)dz + ... + f (z)dz = 0.
γ γ1 γn

34
2.5 Théorèmes de Cauchy
Théorème 2.5.4
Soit f une fonction holomorphe dans un domaine connexe D limité par deux courbes
fermées simples γ1 et γ2 et sur ces courbes. Alors :
I I
f (z)dz = f (z)dz,
γ1 γ2

γ1 et γ2 sont orientées dans le sens positif relatif à l'intérieur de D.

γ1 est la courbe externe, γ2 est la courbe interne et γ est la courbe fermée limitant
le domaine compris entre γ1 et γ2 .

Remarque. Ce résultat montre que si nous désirons intégrer f


le long d'une courbe fermée
simple γ nous pouvons remplacer γ par toute courbe fermée simple γ 0 pourvu que f soit
holomorphe dans l'ouvert connexe compris entre γ et γ 0 .

Démonstration. Pour parcounir γ on est obligé de faire une coupure E1 E 2 qui permet de
passer de γ1 vers γ2 et revenir.

35
2 Intégration dans le domaine complexe
La fonction f étant holomorphe dans D, on a d'après le théorème de Cauchy :

I
f (z)dz = 0,
E1 A1 A2 E1 E2 B2 B1 E2 E1

ou I Z I Z
f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz = 0.
E1 A1 A2 E1 E1 E2 E2 B2 B1 E2 E2 E1

Z Z
Comme f (z)dz = − f (z)dz, on en déduit que :

E1 E2 E2 E1
I I
f (z)dz + f (z)dz = 0.
E1 A1 A2 E1 E2 B2 B1 E2

I I
f (z)dz = − f (z)dz
E1 A1 A2 E1 E2 B2 B1 E2

I I
ou bien f (z)dz = f (z)dz.
γ1 γ2
I
dz
Exemple. Calculer où C est l'ellipse dénie par
z
C

C = {z(t) = 2 cos t + 3i sin t : t ∈ [0, 2π]} .

36
2.6 Primitive d'une fonction holomorphe
La fonction f (z) = z1 est holomorphe dans le domaine limité par les courbes C et C1 et sur
ces courbes, où C1 est le cercle de centre 0 et de rayon 1 :

C1 = z(t) = eit : t ∈ [0, 2π] .




Alors d'après le théorème précédent, on a :

I I Z2π Z2π
dz dz 1
= = d(eit ) = idt = 2πi.
z z eit
C C1 0 0

2.6 Primitive d'une fonction holomorphe

Soit D ⊆ C un ouvert non vide et f : D −→ C une fonction continue. Dans ce paragraphe,


on se propose de donner les conditions nécéssaires et susantes pour que la fonction f (z)
possède une primitive.

Si f et F sont holomorphes dans un domaine connexe D FR 0 (z) = f (z),


et telles que alors
F est appelée intégrale indénie ou primitive de f et est notée F (z) = f (z)dz .

Exemple. On a d
dz
(3z 2 − 4 sin z) = 6z − 4 cos z, alors :

Z
(6z − 4 cos z) dz = 3z 2 − 4 sin z + c, c ∈ C.

La fonction z −→ F (z) = 3z 2 − 4 sin z est une primitive de z −→ f (z) = 6z − 4 cos z .

A partir des dérivations directes, on peut obtenir les résultats suivants modulo une
constante complexe d'intégration :

37
2 Intégration dans le domaine complexe
 R 
z n+1
n
R
z dz = , n 6= −1 R coth zdz = log sinh z
 R dz = logn+1z dz
= arctan sinh z 
 R z R cosh z 
 ez dz = ez dz
 R R sinh z
= − arg coth(cosh z) 

az dz
 R az dz = log = tanh z
 
a 2
R cosh
dz
z 
 R sin zdz = − cos z = − coth z
 
sinh2 z
R tanh 
z 1
dz = − cosh
 
 cos zdz = sin z cosh z z

 R R coth z 1
 tan zdz = − log cos z −

 R R sinhdzz dz = sinh z √ 


 cot zdz = log sin z √ = log z + z 2 ± a2 
 R 2
z ±a 2 
dz 1

 = log + tan z R dz 
 cos z
 = log tan z + π 
cos z
z 2 +a2
= a1 arctan az 

 R 2 4 
dz 1

 = log − cot z R dz 1 z−a
 
 = sin z  sin z = log
 
z z 2 −a2 2a z+a
 R log tan 2


dz √ dz = arcsin az
R 
 cos2 z = tan z
 
a2 −z 2   
 R dz 
√ dz 1 √z
R
 R sin2 z = − cot z = log
 
a
 tan z R Rz a2 ±z 2 a+ a2 ±z
2 
 cos z dz = cos1 z √ dz 1
= a arccos z a 
R √z z2 −a2 √

z ± a dz√= z2 z 2 ± a2
 2 2

 R cot z 1

 sin z dz = − sin z 2
 
±√a2 log z + z 2√

 R ± a2 
2  
a2 − z 2 dz = z2 a2 − z 2 + az z
 sinh zdz = cosh z R
 R arcsin a  
az
e sin bzdz = e (a sina2bz−b cos bz)
R az
 R cosh z = sinh z
 
+b2 
az
e cos bzdz = e (a cosa2bz+b sin bz)
R az
tanh z = log cosh z +b2

Théorème 2.6.1: (Théorème fondamental de l'intégration)


Soient f et F deux fonctions holomorphes dans un ouvert connexe D ⊆ C telles que
0
F (z) = f (z) dans D. Si z0 et z1 sont deux points quelconques de D, alors pour toute
courbe γ de point initial z0 et de point nal z1 , on a :

Z Zz1
f (z)dz = f (z)dz = [F (z)]zz10 = F (z1 ) − F (z0 ).
γ z0

Ce résultat est conséquence du théorème de Cauchy et signie que si f est holomorphe


alors la valeur de l'intégrale est indépendante du chemin suivi pour aller de z0 à z1 .

38
2.6 Primitive d'une fonction holomorphe
Démonstration. Rappelons que l'intégrale curviligne de la fonction f (z) le long d'un chemin
Z Zb
de classe C 1 , γ : [a, b] −→ D est donnée par f (z)dz = f (γ(t))γ 0 (t)dt où γ(a) = z0 et

γ a
γ(b) = z1 . Observons que si la fonction F (z) est une primitive de f (z) sur l'ouvert D on a
d
dt
(F (γ(t)) = F 0 (γ(t))γ 0 (t) = f (γ(t))γ 0 (t), donc :

Z Zb Zb
d
f (z)dz = f (γ(t))γ 0 (t)dt = (F (γ(t)) = [F (γ(t))]ba
dt
γ a a
= F (γ(b)) − F (γ(a)) = F (z1 ) − F (z0 ).

I
En particulier, si le chemin γ est fermé alors a=b et f (z)dz = 0.
γ

Remarque. Il est important de souligner à travers ce théorème que si f : D −→ C est une


fonction continue sur D unI ouvert complexe, telle que il existe une courbe fermée γ ⊂ D
dont l'intégrale curviligne f (z)dz est non nulle alors la fonction f (z) n'admet pas de
γ
primitives holomorphe sur D.

z n+1
Exemple. Puisque pour tout entier n ∈ Z, n 6= −1, la fonction est une primitive
n + 1
de la fonction z n sur C∗ et on a pour toute courbe γ d'origine a ∈ C et d'extrémité b ∈ C :

Zb Zb
z n+1
Z  
n n d
z dz = z dz = dz
dz n+1
γ a a
b
z n+1 bn+1 an+1

= = − .
n+1 a n+1 n+1

Cependant, si on intègre la fonction le long du cercle


1
z I γ paramétré par z(t) = e avec
it

dz
t ∈ [0, 2π], on déduit que puisque l'intégrale curviligne = 2πi est non nulle, donc la
z
γ
fonction 1
z
n'admet pas de primitive holomorphe sur l'ouvert C∗ .

Le théorème suivant nous donnera la condition susante pour qu'une fonction continue
possède une primitive.

39
2 Intégration dans le domaine complexe
Théorème 2.6.2: (Existence de la primitive ou théorème de Morera)( sou-
vent appelé la réciproque du théorème de Cauchy)
Soit D ⊆C un ouvert non vide simplement connexe et f : D −→ C
I une fonction

continue. Si pour toute courbe fermée γ ⊂D l'intégrale curviligne, f (z)dz = 0,


γ
alors on a les propositions suivantes :
- Les intégrales curvilignes de la fonction f (z) ne dépendent que des extrémités des
chemins d'intégrations contenues dans D.
Zz
- La fonction z 7→ F (z) = f (u)du, a ∈ D, est holomorphe sur l'ouvert D et c'est

a
une primitive de f (z), c'est à dire F 0 (z) = f (z), ∀z ∈ D (en particulier, f est aussi
holomorphe sur D).

La preuve de ce résultat découle du théorème de Cauchy-Goursat et de la dénition de


la dérivée complexe. Ce théorème montre en particulier que si f est holomorphe, alors
elle admet une primitive holomorphe. Ce résultat n'est pas valable pour les domaines
∗ 1
multiplement connexes. En eet, par exemple la fonction dénie sur C par f (z) = est
z
∗ 1 ∗
holomorphe sur C mais sa fonction primitive n'est pas holomorphe sur C .
z

Corollaire. Si D ⊆ C est un ouvert non vide simplement connexe, alors toute fonction
holomorphe f : D −→ C possède une primitive sur D.
Exemple. 1) La restriction de la fonction z1 sur l'ouvert simplement connexe Uπ = CR−
possède la déterminantion principale du logarithme complexe :

∀z ∈ Uπ , log z = ln |z| + i arg(z) où arg(z) ∈] − π, π[,

comme primitive holomorphe telle que log 1 = 0. Les autres primitives holomorphes de la
fonction z1 sur Uπ sont égales à log z + 2kπi, k ∈ Z.

2) Calculons l'intégrale curviligne de la fonction f (z) = 1


z 2 −1
le long du cercle γ paramétré
par z(t) = 1 + eit , t ∈ [0, 2π].

γ est le cercle complexe de centre (1, 0) et de rayon 1,


I I I I
1 1 1 1 1
f (z)dz = dz = dz − dz.
z2 − 1 2 z−1 2 z+1
γ γ γ γ

Puisque à l'intérieur Ide γ et sur γ, la fonction z+1


1
est holomorphe alors le théorème de
1
Cauchy implique que dz = 0. Donc, on obtient :
z+1
γ

Z2π Z2π
ieit
I I
1 1 1 1 1 1
2
dz = dz = it
d(1 + eit ) = dt = iπ.
z −1 2 z−1 2 e 2 eit
γ γ 0 0

40
2.7 Formules intégrales de Cauchy
En conséquence de ce calcul on déduit que la fonction z21−1 n'a pas de primitive holomorphe
sur l'ouvert C {−1} ou C {1} . Cependant, si on restreint f (z) = z21−1 sur le demi-plan
supérieur H = {z ∈ C : Imz > 0} on vérie que la fonction g(z) = 21 log(z −1)− 12 log(z +1)
est une primitive holomorphe de f (z) sur H telle que g(i) = π2 .

2.7 Formules intégrales de Cauchy

Grâce à une application très simple du théorème de Cauchy, il est possible de représenter
(n)
une fonction holomorphe f (z) ainsi que ses dérivées successives f (z) comme une intégrale
curviligne, cette représentation d'une fonction holomorphe et ses dérivées est connue sous
le nom de formules intégrales de Cauchy, elle permet d'exprimer que si une fonction f (z)
est connue sur une courbe fermée simple γ, alors ses valeurs et les valeurs de toutes ses
dérivées peuvent être calculées en tout point situé à l'intérieur de γ. Ces formules peuvent
être utilisées pour calculer certaines intégrales le long de contours fermés simples.

Théorème 2.7.1
Soient f une fonction holomorphe à l'intérieur d'une courbe fermée simple γ et sur
γ, soit a un point intérieur à γ, alors :

I
1 f (z)
f (a) = dz
2πi z−a
γ

où le contour γ est décrit dans le sens direct. De plus, la n-ième dérivée de f en a


est donnée par :

I
(n) n! f (z)
f (a) = dz, n = 0, 1, 2, ...
2πi (z − a)n+1
γ

Remarque. - La première formule peut être considérée comme un cas particulier de la


deuxième si l'on pose 0! = 1.

- Donc si une fonction de la variable complexe admet une dériée première, i.e. est ho-
lomorphe, dans un ouvert simplement connexe D, toutes ses dérivées d'ordre supérieur
existent dans D. Ceci n'est pas nécessairement vrai pour les fonctions de la variable réelle.

Démonstration. La fonction z 7→ fz−a


(z)
est holomorphe à l'intérieur de γ et sur γ sauf au
point z = a. D'après le théorème 8.5.4, on a :
I I
f (z) f (z)
dz = dz,
z−a z−a
γ γ0

où γ0 est le cercle centré en a et de rayon r, r est choisit assez petit pour que le disque
fermé de centre a et de rayon r reste à l'intérieur du contour γ.

41
2 Intégration dans le domaine complexe

L'équation paramétrique de γ0 est z(t) = a + reit , t ∈ [0, 2π]. On a donc dz = ireit dt et


0
l'intégrale sur γ devient :

Z2π Z2π
f (a + reit ) it
I
f (z)
f a + reit dt.

dz = ire dt = i
z−a reit
γ0 0 0

En prenant la limite quand r → 0+ des deux membres de l'égalité précédente et en utilisant


la continuité de f, on obtient :

I I I Z2π
f (z) f (z) f (z)
f a + reit dt

lim+ dz = dz = lim+ dz = i lim+
r→0 z−a z−a r→0 z−a r→0
γ γ γ0 0
Z2π Z2π
it

= i lim f a + re dt = i f (a)dt = 2πif (a).
r→0+
0 0

I
1 f (z)
On a donc le résultat demandé f (a) = 2πi
dz.
z−a
γ

I
0 0 1 f (z)
Maintenant, on va montrer que f existe et est donnée par f (a) = dz. Soit
2πi
(z − a)2
γ
h ∈ C∗ tel que a+h reste dans l'intérieur du cercle γ 0, on a alors :

42
2.7 Formules intégrales de Cauchy

 
f (a + h) − f (a)
I I
1 1 f (z) 1 f (z) 
= dz − dz
h h 2πi z−a−h 2πi z−a
γ γ
f (z) (z − a)
I I
1 f (z) 1
= dz = dz
2πi (z − a − h) (z − a) 2πi (z − a − h) (z − a)2
γ γ
I  
1 f (z) h
= 2 1+ dz
2πi (z − a) (z − a − h)
γ
I I
1 f (z) h f (z)
= 2 dz + 2 dz.
2πi (z − a) 2πi (z − a) (z − a − h)
γ γ

Montrons que le dernier terme tend vers zéro quand h → 0. En eet, on a :

I I
h f (z) h f (z)
2 dz = 2 dz.
2πi (z − a) (z − a − h) 2πi (z − a) (z − a − h)
γ γ0

La fonction f est holomorphe dans D, elle y est bornée, il existe donc un nombre positif
M tel que |f (z)| ≤ M . On a aussi, si z ∈ γ 0 , |z − a| = r et |z − a − h| ≥ |z − a| − |h| ≥ 2r
r
si |h| ≤ , ce qui est possible puisque h est assez petit tendant vers 0. Alors :
2


|h| M 2 2 |h| M
I
h f (z)
dz ≤ (2πr) = −→ 0 .
2 2
2πi
(z − a) (z − a − h)
2π r r r2 h→0
γ0

Il en résulte que le second membre tend vers 0 quand h → 0. On obtient alors le résultat
cherché, i.e. :
I
0 1 f (z)
f (a) = dz.
2πi (z − a)2
γ

43
2 Intégration dans le domaine complexe
Par récurrence sur n, on voit par un raisonnement semblable que l'on a la formule pour la
n-ième dérivée f (n) (a) def au point a. On peut aussi utilisee le calcul suivant pour établir
(n)
la relation de f (a) :
 
n
∂n
I I   I
(n) d 1 f (z)  1 f (z) n! f (z)
f (a) = n  dz = dz = dz,
da 2πi z−a 2πi ∂an z−a 2πi (z − a)n+1
γ γ γ

qui est une extension aux intégrales complexes de la règle de dérivation sous le signe
intégral.

Exemple.
1) On désigne par γ le cercle de centre 0 et de rayon 2. Calculons les intégrales curvilignes
suivantes en appliquant la formule de Cauchy :

ez z 5 + 10z + 4
I I
dz ; dz.
(z − 1)(z + 3) z(z − 4i)
γ γ

z 5
Puisque les fonctions f (z) = (z+3)
e
et g(z) = z (z−4i)
+10z+4
sont holomorphes sur le disque centré
à l'origine et de rayon 2 la formule de Cauchy nous permet de déduire que :

ez ez
I I I
1 1 f (z) e eπi
dz = dz = f (1) = et dz = ,
2πi (z − 1)(z + 3) 2πi z−1 4 (z − 1)(z + 3) 2
γ γ γ
I 5 I I 5
1 z + 10z + 4 1 g(z) z + 10z + 4
dz = dz = g(0) = i et dz − 2π.
2πi z(z − 4i) 2πi z z(z − 4i)
γ γ γ

2) Soit γ 0 ⊂ γ une courbe simple fermée, elle contourne un domaine simplement connexe
D ⊂ C. Notons que si on applique la formule de Cauchy à la fonction f (z) = 1 sur D on
déduit que :
0 si a ∈
I 
1 dz /D
= .
2πi z−a 1 si a ∈ int(D)
γ0

2.8 Quelques théorèmes importants

Dans ce qui suit on énonce quelques théorèmes importants qui sont des conséquences des
formules intégrales de Cauchy.

Inégalité de Cauchy

44
2.8 Quelques théorèmes importants
Théorème 2.8.1
Si f est holomorphe à l'intérieur de γ et sur γ , où γ est le cercle d'équation |z − z0 | =
r, alors :

f (z0 ) ≤ M n! , n = 0, 1, 2, ...
(n)
rn
où M est la borne supérieure de |f (z)| sur γ ou bien |f (z)| ≤ M, ∀z ∈ γ .

Démonstration. En eet,

I I
f (z0 ) = n! f (z) n! f (z)
(n)
n+1 dz ≤ n+1 |dz|

2πi (z − z0 ) 2π (z − z0 )

γ γ
|f (z)|
I I
n! n! M n! M M n!
= n+1 |dz| ≤ n+1
|dz| = n+1
(2πr) = n .
2π |z − z0 | 2π r 2π r r
γ γ

Théorème de Liouville
Théorème 2.8.2
Une fonction f entière (c'est à dire holomorphe dans C) et bornée sur C, est néces-
sairement une constante.

Démonstration. Soit a et b deux points quelconques du plan complexe C. Considérons le


cercle γ de rayon r centré en a et contenant le point b. On a d'après la formule intégrale
de Cauchy :

(b − a)
I I I
1 f (z) 1 f (z) f (z)
f (b) − f (a) = dz − dz = dz.
2πi z−b 2πi z−a 2πi (z − b) (z − a)
γ γ γ

D'autre part, on a sur γ, |z − a| = r et |z − b| = |z − a + a − b| ≥ |z − a| − |b − a| =


r − |b − a| ≥ 2r si l'on choisit r susamment grand pour que |b − a| ≤ 2r . En tenant compte
que |f (z)| est borné par une constante M > 0 sur γ et à l'intérieur de γ et que la longueur
de γ est égale à 2πr, on a :

I
|b − a| |b − a| |f (z)|
I
f (z)
|f (b) − f (a)| = dz ≤ |dz|
2π (z − b) (z − a)
2π |z − b| |z − a|
γ γ
|b − a| M 2 2M |b − a|
≤ (2πr) = .
2π r r r

Faisons tendre r vers +∞, on voit alors que |f (b) − f (a)| = 0 soit f (b) = f (a) ce qui
montre que f est une constante sur C.

45
2 Intégration dans le domaine complexe
Théorème fondamental de l'algèbre (Théorème de D'Alembert)

Théorème 2.8.3
Toute équation algébrique P (z) = an z n + ... + a2 z 2 + a1 z + a0 = 0, à coecients
complexes an , ..., a1 , a0 , de degré n ≥ 1, an 6= 0, possède au moins une racine dans
C. Ce qui revient à dire que l'équation P (z) = 0 possède exactement n racines dans
C, chaque racine étant comptée avec son ordre de multiplicité.

Démonstration. 1
P (z) = 0 n'a pas de racine, alors la fonction f (z) = P (z)
Si l'équation

est entière (holomorphe dans C). De plus, f est bornée puisque f (z) tend vers 0 quand
|z| → +∞. Alors d'après le théorème de Liouville f et donc P est constant. On est donc
conduit à une contradiction et on en conclut que l'équation P (z) = 0 possède au moins
une racine.

Soit a cette racine ; alors P (a) = 0. D'où,

P (z) − P (a) = (z − a)Q(z),

où Q est un polynôme de degré(n − 1). En procédant à nouveau comme précédemment,


on voit que Q(z) = 0 admet au moins une solution dans C que nous appellerons b (qui
peut être égalé à a), d'où P (z) = (z − a)(z − b)R(z). En continuant ce procédé on voit que
P a exactement n zéros.

Théorème de Gauss sur la valeur moyenne

Théorème 2.8.4
Si f est holomorphe à l'intérieur du cercle γ d'équation |z − a| = r et sur γ, alors
f (a) est la moyenne des valeurs de f sur γ, c'est à dire :

Z2π
1
f (a) = f (a + reit )dt.

0

I
f (z)
Démonstration. D'après la formule intégrale de Cauchy, f (a) = 1
2πi
dz . Le cercle γ
z−a
γ
a pour paramétrisation z(t) = a + reit , t ∈ [0, 2π], alors :

Z2π Z2π
1 f (a + reit ) it 1
f (a) = it
ire dt = f (a + reit )dt,
2πi re 2π
0 0

qui est le résultat demandé.

46
2.8 Quelques théorèmes importants
Théorème du module maximum et du module minimum
Théorème 2.8.5
Si f est holomorphe à l'intérieur d'une courbe fermée simple γ , et sur γ , si de plus f
n'est pas constante (respectivement f (z) 6= 0 à l'intérieur de γ ), alors le maximum
(respectivement le minimum) de |f (z)| est atteint sur γ .

47
3
Séries de Laurent,
Théorème des résidus
et ses applications

Le théorème des résidus en analyse complexe est un outil puissant pour évaluer des in-
tégrales curvilignes de fonctions holomorphes sur des courbes fermées ; il peut aussi bien
être utilisé pour calculer des intégrales de fonctions réelles ainsi que la somme de certaines
séries. Il généralise le théorème de Cauchy et les formules intégrales de Cauchy.

Avant de présenter ce théorème et ses applications les plus courantes en physique, il convient
de dénir les séries de Laurent et d'établir les lemmes de Jordan, dont l'usage est tellement
systématique dans ce cadre.

48
3.1 Séries de Laurent
3.1 Séries de Laurent

Dénition 3.1.1
Une série des puissances de la forme :

X a−2 a−1
an (z − a)n = ... + 2
+ + a0 + a1 (z − a) + a2 (z − a)2 + ...
n∈Z
(z − a) (z − a)

s'appelle série de Laurent centrée au point a ∈ C.


n=−1 +∞
a−1 a−2
an (z −a)n = a−n (z −a)−n = (z−a)
P P
La série des puissances négatives + (z−a) 2 +
−∞ n=1
a−3
(z−a)3
+ .... s'appelle la partie principale de la série de Laurent.
+∞
an (z − a)n = a0 + a1 (z − a) + a2 (z − a)2 + ...
P
La série des puissances positives
n=0
s'appelle la partie régulière de la série de Laurent.
On dira que la série de Laurent converge si sa partie principale et sa partie régulière
convergent.
Si la partie principale est nulle, la série de Laurent se réduit à une série de Taylor de
+∞ +∞
P S (n) (z)
an (z − a)n = (z − a)n .
P
sa somme S(z) =
n!
n=0 n=0

+∞
Exemple. i 1
(−1)n in+1 z n , ∀z ∈ C∗ , 0 < |z| < 1 est une série de Laurent
P
z2
+ z
−i+
n=1
centrée en 0 dont la partie principale est nie a−n = 0, n ≥ 3, a−2 = i, a−1 = 1 et de partie
+∞
régulière −i + (−1)n in+1 z n où a0 = −i et an = (−1)n in+1 , n ≥ 2.
P
n=1

p p
Si les limites lim n
|an | et lim n
|a−n | existent, le critère de Cauchy permet de déduire
n→+∞ n→+∞
+∞
1√
an (z − a)n
P
que la partie régulière converge si |z − a| < n
, tandis que la partie
n=0 lim |an |

n
n→+∞
n=−1 lim |a−n |
an (z − a)n n→+∞
P
principale converge si on a
|z−a|
< 1. Donc la série de Laurent
−∞ p
n
P
an (z − a) converge pour tout nombre complexe z tel que lim n
|a−n | < |z − a| <
n∈Z n→+∞
1√
n
.
lim |an |
n→+∞

p p
Si les limites lim n
|an | et lim n
|a−n | n'existent pas on utilise le théorème de Hada-
n→+∞ n→+∞
mard, c'est à dire on pose :

p
n 1
r = lim sup |a−n | et R= p ,
n→+∞ lim sup n
|an |
n→+∞

an (z − a)n
P
et alors la série de Laurent converge simplement dans la couronne circulaire
n∈Z

49
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications
Cr,R (a) = {z ∈ C : r < |z − a| < R} limtée par les deux cercles concentriques de centre a
et de rayons respectifs r et R.

an (z − a)n
P
Pour tout couple de réels r < r1 < R1 < R, la série de Laurent converge nor-
n∈Z
malement vers une fonction holomorphe f : Cr1 ,R1 (a) −→ C dont les fonctions dérivées

s'obtiennent en dérivant la série de Laurent terme à terme. Pour tout réel r<ρ<R les
coecients de la série de Laurent sont donnés par l'integrale curviligne :

I
1 f (z)
an = dz, ∀n ∈ Z
2πi (z − a)n+1
γ

où γ est le cercle de centre a et de rayon ρ. En eet, soit f la somme de la série de Laurent


dans la couronne Cr1 ,R1 (a), r < r1 < R1 < R, alors pour tout entier m ∈ Z, et grâçe à la
convergence uniforme on peut intervertir les signes somme et intégrale et on peut écrire :

f (z) X
m+1 = an (z − a)n−m−1
(z − a) n∈Z
I I
1 f (z) X an
dz = (z − a)n−m−1 dz
2πi (z − a)m+1 n∈Z
2πi
γ γ

H
Or d'après le théorème de Cauchy, (z − a)n−m−1 dz = 0 si n − m − 1 ≥ 0. En utili-
γ

H dz 0 si m > n
sant les formules intégrales de Cauchy, on a aussi
(z−a)m−n+1
= . Donc,
γ 2πi si m = n
1
H f (z)
2πi (z−a)m+1
dz = am .
γ

Le théorème suivant a été démontré par P.A. Laurent en 1843, il assure que toute fonction
holomorphe sur une couronne circulaire possède une série de Laurent convergente dans
cette couronne.

50
3.1 Séries de Laurent
Théorème 3.1.1: (Théorème de Laurent)
Toute fonction holomorphe f : Cr,R (a) −→ C admet un développement unique en
série de Laurent centrée au point a, c'est à dire :
X
∀z ∈ Cr,R (a), f (z) = an (z − a)n
n∈Z
I
1 f (z)
∀n ∈ Z, an = dz,
2πi (z − a)n+1
γ

où γ est le cercle de centre a et de rayon ρ, r < ρ < R.


Notons que l'expression des coecients an de la série de Laurent ne dépend que de
f (z) et donc ils sont uniques.

Exemple.
1) Développons la fonction sin z
z
en série de Laurent centrée à l'origine a = 0 valable dans
C∗ .

Rappelons que la fonction sin z est holomorphe sur C et son développement en série entière
de Taylor centrée à l'origine est donné pour tout z ∈ C par :
+∞
X z 2n+1
sin z = (−1)n .
n=0
(2n + 1)!

Donc, pour tout z ∈ C∗ , la série de Laurent de sin z


z
est :
+∞
sin z X z 2n z2 z4 z 2n
= (−1)n =1− + + ... + (−1)n + ...
z n=0
(2n + 1)! 3! 5! (2n + 1)!

dont la partie principale est identiquement nulle.

2) Calculons le développement en série de Laurent de la fonction f (z) = 1


z 2 (z−i)
à l'origine
a = 0 valable dans la couronne 0 < |z| < 1.

+∞
On a pour tout |z| < 1, 1 i
(−1)n in z n puisque |−iz| = |z| < 1. On en déduit
P
z−i
= 1+iz
=i
n=0
que le développement de Laurent de la fonction au voisinage de 0 est donné par :
1
z 2 (z−i)
+∞
! +∞
1 1 1 1 X
n n n
X
= 2 = 2 i (−1) i z = (−1)n in+1 z n−2
z 2 (z− i) z z−i z n=0 n=0
+∞
i 1 X
= 2
+ −i− (−1)n in+1 z n , 0 < |z| < 1.
z z n=1

Notons que la partie principle de la série de Laurent de 1


z 2 (z−i)
est nie égale à la fraction
rationnelle zi2 + z1 .

51
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications
3) Rappelons que a fonction exponentielle complexe ez possède sur C le développement en
+∞
P zn
série entière de Taylor ez = n!
, ∀z ∈ C. Donc, pour tout z ∈ C∗ , on a la série de
n=0
Laurent centrée à l'origine :
+∞ 1 n +∞

1
X X 1
e =z z
= n
, ∀z ∈ C∗ .
n=0
n! n=0
n!z

1
Notons que la partie principale du développement de la fonction holomorphe e z en série de
Laurent autour de 0 contient une innité de termes, alors que sa partie régulière contient
un seul terme constant 1 correspondant à n = 0.

4) Développer la fonction holomorphe f (z) = (z−1)(z−2)


1
en série de Laurent dans plusieurs
couronnes contenues dans l'ouvert C {1; 2} .

a) Dans la couronne 0 < |z − 1| < 1, on peut écrire :


1 −1 −1 1
f (z) = = =
(z − 1)(z − 2) (z − 1)(1 − (z − 1)) (z − 1) (1 − (z − 1))
+∞ +∞ +∞
−1 X n
X
n−1
X
= (z − 1) = − (z − 1) =− (z − 1)n .
(z − 1) n=0 n=0 n=−1

b) Dans la couronne 0 < |z − 2| < 1, on a :


1 1 1
f (z) = =
[1 + (z − 2)] (z − 2) (z − 2) [1 − (−(z − 2))]
+∞ +∞
1 X
n n
X
= (−1) (z − 2) = (−1)n (z − 2)n+1
(z − 2) n=0 n=0
+∞
X
= (−1)n+1 (z − 2)n .
n=−1

c) Dans la couronne 1 < |z| < 2, on a :


1 1 1 1 1 1
f (z) = − =− z
−
z 1 − z1

z−2 z−1 21− 2
+∞ +∞  n
1 X  z n 1 X 1
= − −
2 n=0 2 z n=0 z
−1 +∞
X X zn
= − zn − n+1
.
n=−∞ n=0
2

Classication des singularités : Soient a ∈ C et f : D(a, r) =


{z ∈ C : 0 < |z − a| < r} −→ C une fonction holomorphe. Alors on a, en vertu de la
dénition des points singuliers et des séries de Laurent, les propositions suivantes :

52
3.2 Résidu d'un point singulier isolé
an (z − a)n
P
- a est une singularité apparente de f si et seulement si la série de Laurent
n∈Z
associée à f (z) ne contient pas des puissances négatives, dans ce cas lim f (z) = a0 ∈ C.
z→a

an (z − a)n
P
- a est un pôle d'ordre ni de f si et seulement si la série de Laurent associée
n∈Z
à f (z) contient un nombre ni de puissances négatives :

+∞
X
f (z) = an (z − a)n et a−p = lim (z − a)p f (z) 6= 0.
z→a
n=−p

an (z −a)n associée
P
- a est une singularité essentielle si et seulement si la série de Laurent
n∈Z
à f (z) contient une innité de puissances négatives.

3.2 Résidu d'un point singulier isolé

Soient a∈C f : D(a, r) = {z ∈ C : 0 < |z − a| < r} −→ C une fonction holomorphe,


et
donc f est holomorphe et uniforme à l'intérieur du disque D(a, r), excepté au point a centre
de D(a, r). Rappelons que d'après le théorème de Laurent la fonction f (z) se développe
dans le disque pointé D(a, r) en série de puissances sous la forme :
X
∀z ∈ C, 0 < |z − a| < r, f (z) = an (z − a)n ,
n∈Z

telle que pour tout réel ρ, 0 < ρ < r,


I
1 f (z)
an = dz, ∀n ∈ Z,
2πi (z − a)n+1
γ

où γ est le cercle de centre a et de rayon ρ.

Dénition 3.2.1
Avec les notations ci-dessus, le coecient :
I
1
a−1 = f (z)dz,
2πi
γ

s'appelle le résidu de f (z) au point a et se note Res(f (z), a) (a−1 = Res(f (z), a)).

Il est intéressant de noter que pour tout réel 0 < ρ < r, l'intégrale curviligne de f (z) autour
de la singularité isolée a est donnée par :
I
f (z)dz = 2πiRes(f (z), a).
γ

53
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications
Notons aussi qu'à partir de la dénition on en déduit que si f (z) admet en a une singularité
isolée apparente, alors le résidu de f au point a est nul, Res(f (z), a) = 0.

Exemple. Rappelons que pour tout nombre complexe z ∈ C∗ , on a la série de Laurent :


+∞
1
X 1 1 1 1
ez = n
= 1 + + 2
+ ... + n
+ ...
n=0
n!z z 2!z n!z

1 1 1
d'où Res(e z , 0) = 1 et e z dz = 2πiRes(e z , 0) = 2πi.
H
|z|=1

Pour obtenir le résidu d'une fonction f en un point singulier a on pourrait croire d'après
la dénition du résidu à la nécessité d'écrire le développement de f en série de Laurent
dans le voisinage de a. Dans beaucoup de cas on peut déterminer le résidu sans passer par
le développement de Laurent.

Résidu en un pôle simple : Si a est un pôle simple de f le calcul du résidu est par-
ticulièrement simple car dans ce cas la série de Laurent de f au voisinage de a s'écrit
+∞
an (z − a)n et alors :
P
f (z) =
n=−1

a−1 = Res(f (z), a) = lim (z − a)f (z).


z→a

Exemple. Le point a = 1 est un pôle simple de la fonction complexe f (z) = z+1


(z+2)(z−1)
et
le résidu en a = 1 est :
z+1 2
Res(f (z), 1) = lim(z − 1)f (z) = lim = .
z→1 z→1 z+2 3

Remarque. Si a est un pôle simple de f (z) = P (z)


Q(z)
où P et Q sont deux fonctions complexe
telles que P (a) 6= 0, Q(a) = 0 et Q (a) 6= 0, alors : 0

P (z) (z − a) P (a)
Res(f (z), a) = lim (z − a) = lim P (z) = 0 .
z→a Q(z) z→a Q(z) − Q(a) Q (a)

Exemple. Le point a = −1 est un pôle simple de f (z) = ez+1


z 3 +1
et le résidu peut être calculé
par la formule précédente :

ez+1 |z=−1 ez+1 |z=−1 1


Res(f (z), −1) = 0 = 2
= .
3
(z + 1) |z=−1 3z |z=−1 3

Résidu en un pôle multiple : Dans le cas où a est un pôle multiple d'ordre m≥2 de
f (z), le résidu a−1 de f en a est donné par la formule suivante :

1 dm−1
a−1 = Res(f (z), a) = lim [(z − a)m f (z)] .
z→a (m − 1)! dz m−1

54
3.2 Résidu d'un point singulier isolé
En eet, si a est un pôle d'ordre m de f, alors le développement en série de Laurent de f
est :
+∞
X a−m a−2 a−1
f (z) = an (z − a)n = + ... + +
n=−m
(z − a)m (z − a)2 (z − a)
+a0 + a1 (z − a) + a2 (z − a)2 + ...

En multipliant les deux membres de cette égalité par (z − a)m , on a :

(z − a)m f (z) = a−m + a−m+1 (z − a) + ... + a−1 (z − a)m−1 + a0 (z − a)m + ...

m
qui représente la série de Taylor de la fonction analytique (z − a) f (z). Pour atteindre le
m−1
coecient a−1 on doit éliminer (z − a) en dérivant (m − 1) fois par rapport à z l'égalité
précédente.

dm−1 m! (m + 1)!
m−1
[(z − a)m f (z)] = (m − 1)!a−1 + a0 (z − a) + a1 (z − a)2 + ...
dz 1! 2!

Soit en faisant tendre z vers a, on obtient le résultat demandé.

Exemple. Le résidu de f (z) = z


(z−1)(z+1)2
en z = −1, qui est un pôle double de f, est
donné par :
d2−1 
 
1 d z
Res(f (z), −1) = lim 2

2−1
(z − a) f (z) = lim
z→−1 (2 − 1)! dz z→−1 dz z−1
−1 1
= lim =− .
z→−1 (z − 1)2 4

On en déduit que z
= 2πi − 14 = −i π2 .
H 
(z−1)(z+1)2
dz
|z+1|=1

Résidu en un point singulier essentiel : Si a est un point singulier essentiel de f (z), le


résidu de f en a peut parfois être calculé en utilisant des développements en série entières
usuels connus.

Exemple.
1
Si f (z) = e− z , alors z = 0 est un point singulier essentiel et d'après le déve-
loppement en série de Taylor de la fonction eu au voisinage de u = 0, on a :
+∞ n
u
X u u2 u3
e = =1+u+ + + ...
n=0
n! 2! 3!

avec u = − z1 , on trouve :
+∞ n +∞
− z1
X − z1 X (−1)n 1 1 1
e = = =1− + − + ...,
n=0
n! n=0
n!z n z 2!z 2 3!z 3

où l'on voit que le résidu en 0 étant le coecient de z1 , sa valeur est alors −1.

55
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications
3.3 Le théorème des résidus

Soit f une fonction uniforme et holomorphe à l'intérieur d'une courbe fermée simple γ et
sur γ , sauf en un nombre ni de singularités z1 , z2 , ..., zn intérieures à γ:

Alors le théorème des résidus établit que :

Théorème 3.3.1: (Théorème des Résidus)


L'intégrale de f le long de γ est égale à 2πi fois la somme des résidus de f en les
singularités contenues à l'intérieur de γ, c'est à dire :

I n
X
f (z)dz = 2πi Res(f, zk ).

γ k=1

Démonstration. Autour de chaque singularité isolée zk considérons un disque fermé


D(zk , rk ) = {z ∈ C : |z − zk | ≤ rk } où les rayons rk > 0 seront choisis de tel sorte que
les k disques D(zk , rk ) soient disjoints (voir la gure). De plus, orientons la courbe fermée
γ et le bord de chaque disque D(zk , rk ) dans le sens trigonométrique. Alors D'après le
théorème de Cauchy-Goursat, on a :
I I I
f (z)dz = f (z)dz + ... + f (z)dz.
γ |z−z1 |=r1 |z−zn |=rn

I
Ainsi, comme pour chaque singularité zk on a f (z)dz = 2πiRes(f, zk ), 1 ≤ k ≤ n,
|z−zk |=rk
on en déduit le résultat demandé.

La démonstration précédente établit le théorème des résidus pour des domaines simplement
connexes contenant un nombre ni de singularités de f . On peut l'étendre à des domaines

contenant une innité de singularités isolées de f ou étant multiplement connexes.

56
3.4 Application du théorème des résidus
Exemple.
3
1) La fonction f (z) = zz4 +1
+1
possède quatre pôles simples qui se trouvent sur le
cercle unité centré à l'origine et de rayon 1 et sont :
π π πh  π ik
zk = exp i +k = exp i exp i , k = 0, 1, 2, 3.
4 2 4 2

z3 + 1
I
Notons que pour tout réel 0 < r < 1 l'intégrale curviligne dz = 0, en vertu
z4 + 1
|z|=r
du théorème de Cauchy car la fonction f (z) est holomorphe sur et à l'intérieur du cercle
|z| = r. Mais, si le réel r > 1, les quatre singularités zk , k = 0, 1, 2, , sont à l'intérieur du
cercle |z| = r, on aura d'après le théorème des résidus :

3 3
z3 + 1 zk3 + 1
I X X
dz = 2πi Re s(f, z k ) = 2πi
z4 + 1 k=0 k=0
4zk3
|z|=r
3
πX 3
zk + 1 zk car zk4 = −1

= −i
2 k=0
= 2πi.

2) Calculons l'intégrale curviligne de la fonction f (z) = 1−cos z


z 3 (z−π)2
le long du cercle de centre
0 et de rayon 4, parcouru dans le sens trigonométrique.

La fonction f (z) est holomorphe sur C {0, π} et qu'elle présente un pôle triple au point
z1 = 0 et un pôle double au point z2 = π, le théorème des résidus donne :

1 − cos z
I
dz = 2πi [Res(f, 0) + Res(f, π)]
z 3 (z − π)2
|z|=4

1 d2 1 − cos z
    
1 d 1 − cos z
= 2πi lim + lim
z→0 2! dz 2 (z − π)2 z→π 1! dz z3
   
6 12
= 2πi 1 − 4 = 2π − 3 i.
π π

3.4 Application du théorème des résidus

Dans cette section, nous allons appliquer le théorème des résidus pour calculer certaines
classes d'intégrales simples dénies ou généralisées. Avant de présenter les applications les
plus courantes en physique du théorème des résidus, il convient d'établir quelques résultats
particuliers utilisés pour le calcul d'intégrales notamment les lemmes de Jordan.

Lemmes de Jordan : Le premier lemme de Jordan s'énonce comme suit :

57
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications
Lemme. Soit une fonction complexe f (z) continue sur le contour dénie par z = Reiθ ,
R > 0, 0 ≤ θ1 ≤ θ ≤ θ2 ≤ π telle que lim |zf (z)| = 0. Alors
|z|→+∞

Z
lim f (z)dz = 0
R→+∞
CR

où CR est l'arc de cercle de rayon R compris entre les deux angles θ1 et θ2 .

Il existe une autre version de ce lemme, pour un contour en arc de cercle dont le rayon R
tend vers 0:

Lemme. Soit une fonction complexe f (z) continue sur le contour dénie par z = Reiθ ,
R > 0, 0 ≤ θ1 ≤ θ ≤ θ2 ≤ π telle que lim |zf (z)| = 0. Alors
|z|→0

Z
lim f (z)dz = 0
R→0
CR

où CR est l'arc de cercle de rayon R compris entre les deux angles θ1 et θ2 .

Un autre lemme très utile concerne les intégrales contenant un facteur de Fourier eiz . Il
s'énonce comme suit :

Lemme. Soit une fonction complexe f (z) continue sur le contour dénie par z = Reiθ ,
R > 0, 0 ≤ θ1 ≤ θ ≤ θ2 ≤ π telle que lim |f (z)| = 0. Alors
|z|→+∞

Z
lim eiαz f (z)dz = 0, α ∈ R∗+ ,
R→+∞
CR

où CR est l'arc de cercle de rayon R compris entre les deux angles θ1 et θ2 .

Intégrale généralisée d'une fraction rationnelle : Considérons une fonction

P (x)
R 3 x −→ f (x) =
Q(x)

une fonction rationnelle intégrable sur R, où P et Q sont des polynômes, dont la fonction à
variable complexe associée z −→ f (z) est holomorphe sur C sauf en un nombre ni de singu-
larités isolées. On désigne par z1 , z2 , ..., zn les singularités de f (z) qui sont les zéros de l'équa-
tion Q(z) = 0 supposés appartenant au demi-plan supérieur H = {z ∈ C : Imz > 0} .

58
3.4 Application du théorème des résidus

Donc, si pour tout réel R > max {|z1 | , |z2 | , ..., |zn |} , on intégre la fonction f (z) sur la
courbe γ parcourue dans le sens trigonométrique et qui est constituée par l'intérvalle
[−R, R] et le demi-cercle CR de centre l'origine et de rayon R (voir la gure), le théo-
rème des résidus implique que :

I ZR Z n
X
f (z)dz = f (x)dx + f (z)dz = 2πi Res(f, zk ).

γ −R CR k=1

Par conséquent, si on fait tendre le réel R > 0 vers l'inni on obtient l'expression sui-
vante :

Z+∞ Z n
X
f (x)dx = − lim f (z)dz + 2πi Res(f, zk ).
R→+∞
−∞ CR k=1

Donc, si on suppose que la limite lim |zf (z)| = 0 (par exemple lorsque deg(Q(x)) ≥
|z|→+∞
deg(P (x)) + 2), le lemme de Jordan implique que lorsque R tend vers +∞ on obtient
l'expression suivante :

Z+∞ Z+∞ n  
P (x) X P (z)
f (x)dx = dx = 2πi Res , zk .
Q(x) k=1
Q(z)
−∞ −∞

Z+∞
x2
Exemple. Calculons l'intégrale dx. Les pôles de f (z) = z2
(z 2 +1)(z 2 +4)
(x2 + 1)(x2 + 4)
−∞
situés à l'intérieur du contour CR = ΓR ∪ [−R, R] où ΓR est le demi-cercle de centre 0 et
de rayon R situé dans le demi-plan supérieur (voir gure), sont les pôles simples z1 = i et
z2 = 2i, les deux autres pôles −i et −2i de f (z) sont à l'extérieur de ΓR , ils ne seront pas
pris en considération par le théorème des résidus.

59
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications

On a :
z2 i2 i
Res(f, i) = lim(z − i)f (z) = lim 2
= =
z→i z→i (z + i)(z + 4) (2i)3 6
2
z −4 i
Res(f, 2i) = lim (z − 2i)f (z) = lim 2 = =− .
z→2i z→2i (z + 1)(z + 2i) (−3)(4i) 3

Alors d'après le théorème des résidus, on a aussi :

z2
I  
i i π
2 2
dz = 2πi [Res(f, i) + Res(f, 2i)] = 2πi − = .
(z + 1)(z + 4) 6 3 3
CR

Donc
ZR
x2 z2
Z
π
dx + dz = .
(x2 + 1)(x2 + 4) 2 2
(z + 1)(z + 4) 3
−R ΓR


z3
Comme lim |zf (z)| = lim (z2 +1)(z 2 +4) = 0, donc d'après le lemme de Jordan

|z|→+∞ |z|→+∞
Z 2
z
lim dz = 0 et alors lorsque R → +∞, on obtient :
R→+∞ (z 2 + 1)(z 2 + 4)
CR

Z+∞
x2 π
dx = .
(x2 + 1)(x2 + 4) 3
−∞

Z2π
Intégrales dénies de type R(cos t, sin t)dt : Soit R(x, y) une fonction rationnelle

0
réelle à variables réelles x et y qui n'a pas de pôles sur le cercle unité x2 + y 2 = 1. Si on

60
3.4 Application du théorème des résidus
eit −e−it z−z −1 eit +e−it z+z −1
pose z = eit , t ∈ [0, 2π], alors sin t = 2i
= 2i
, cos t = 2
= 2
et dz = ieit dt
ou dt = dz
iz
. Par conséquent,

Z2π
z + z −1 z − z −1
I
1
R(cos t, sin t)dt = R( , )dz.
iz 2 2i
0 |z|=1

1 −1 −1
Posons f (z) = iz
R( z+z2 , z−z2i ), , on a alors d'après le théorème des résidus :

Z2π I n
X
R(cos t, sin t)dt = f (z)dz = 2πi Res(f, zk ),

0 k=1
|z|=1

où les zk , k = 1, ..., n, sont les pôles de la fraction rationnelle f qui appartiennent à


l'intérieur du cercle |z| = 1.

Z2π
dt
Exemple. Calculons l'intégrale . Remarquons d'abord que cette intégrale est
5 + 3 sin t
0
bien dénie puisque 2 ≤ 5 + 3 sin t ≤ 8. Pour calculer cette intégrale on applique la méthode
développée ci-dessus qui consiste à poser z = eit , t ∈ [0, 2π]. Alors :

Z2π I I
dt 1 2
= z−z −1
 dz = dz
5 + 3 sin t iz 5 + 3 2i
(3z 2 + 10iz − 3)
0 |z|=1 |z|=1
I
2 i pi
= dz = 2πiRes(f (z), − ) =
(3z + i) (z + 3i) 3 2
|z|=1

puisque la singularité −3i est à l'extérieur du cercle |z| = 1, où f (z) = 2


(3z+i)(z+3i)
et
Res(f (z), − 3i ) = 4i1 .

Z+∞
P (x) iαx
Intégrales généralisées de type e dx : Considérons une fraction rationnelle
Q(x)
−∞
P (x)
de deux polynômes P (x) et Q(x) dont le dénominateur Q(x) ne possède pas des
Q(x)
racines réelles et son degré est supérieur ou égal au degré de P (x) plus un (c'est à dire
Z+∞
P (x) iαx
deg Q(x) ≥ deg P (x)+1). Le traitement et le calcul de l'intégrale généralisée e dx
Q(x)
−∞
se fera selon le signe du paramètre réel α.

a) α=0 correspond au premier cas étudié.

b) α > 0. Dans ce cas on choisit un réel R > 0 strictement supérieur aux modules des
racines complexes {z1 , z2 , ..., zn } de Q(z) qui appartiennent au demi-plan supérieur H et

61
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications
P (z) iαz
puis on intègre la fonction
Q(z)
e sur la courbe simple fermée CR = ΓR ∪[−R, R] constituée
par l'intervalle [−R, R] et le demi-cercle ΓR ⊂ H centré à l'origine et de rayon R. Donc,
d'après le théorème des résidus on obtient :

I ZR Z n  
P (z) iαz P (x) iαx P (z) iαz X P (z) iαz
e dz = e dx + e dz = 2πi Res e , zk .
Q(z) Q(x) Q(z) k=1
Q(z)
CR −R ΓR

P (z)
Notons que puisque deg Q(x) ≥ deg P (x) + 1, alors Q(z) tend vers 0 quand |z| tend vers
n o
P (z) it
l'inni, donc la fonction M (R) = sup : z = Re et 0 ≤ t ≤ π tend vers zéro quand
Q(z)
2t
R tend vers +∞. Ainsi, on a en utilisant le fait que sin t ≥ π
sur l'intervalle [0, π2 ] :

Z Z Zπ
P (z) iαz P (z) iαz
e |dz| ≤ M (R) eiαR cos t e−αR sin t Rdt

e dz ≤
Q(z) Q(z)

ΓR ΓR 0
π
Zπ Z2
= RM (R) e−αR sin t dt ≤ 2RM (R) e−αR sin t dt
0 0
π
2
2πRM (R) h − 2αR t i π2
Z
− 2αR t
≤ 2RM (R) e dt = − π e π
2αR 0
 0 −αR 
= πM (R) 1 − e −→ 0 .
R→+∞

R P (z) iαz
On en déduit que lim Q(z)
e dz =0 et alors :
R→+∞ Γ
R

Z+∞ n  
P (x) iαx X P (z) iαz
e dx = 2πi Res e , zk .
Q(x) k=1
Q(z)
−∞

c) α < 0. Dans ce cas le terme e−αR sin t diverge lorsque 0<t<π et R tend vers +∞.
On désigne par {w1 , w2 , ..., wn } les racines de Q(x) qui appartiennent au demi-plan in-

férieur H = {z ∈ C : Imz < 0}, puis pour tout réel R > max {|w1 | , |w2 | , ..., |w|n } on
P (z) iαz
intégre la fonction
Q(z)
e sur la courbe fermée CR = ΓR ∪ [−R, R] formée du demi-cercle
ΓR = {Re : −π ≤ t ≤ π} ⊂ H − centré à l'origine et de rayon R et de l'intervalle [−R, R]
it

parcouru dans le sens opposé. Comme ci-dessus en appliquant le théorème des résidus sur
CR on a :

I ZR Z n  
P (z) iαz P (x) iαx P (z) iαz X P (z) iαz
e dz = − e dx + e dz = 2πi Res e , wk ,
Q(z) Q(x) Q(z) k=1
Q(z)
CR −R ΓR

et ainsi le passage à la limite sur R tendant vers l'inni implique que :

Z+∞ n  
P (x) iαx X P (z) iαz
e dx = −2πi Res e , wk .
Q(x) k=1
Q(z)
−∞

62
3.4 Application du théorème des résidus
Z+∞
cos bx
Exemple. Pour tous les réels a > 0 et b > 0 calculons l'intégrale dx.
x 2 + a2
0

ibz
D'après la méthode décrite ci-dessus en intégrant la fonction z2e+a2 sur la corube simple
fermée CR = ΓR ∪ [−R, R] constituée par l'intervalle [−R, R] et le demi-cercle ΓR contenu
dans le demi-plan supérieur H, centré à l'origine et de rayon R, on obtient lorsque R tend
vers +∞ :
Z+∞ Z+∞  −ba 
eibz πe−ab
 
cos bx cos bx e
dx = 2 dx = 2πiRes , ia = 2πi = ,
x 2 + a2 x 2 + a2 z 2 + a2 2ia a
−∞ 0
Z+∞
cos bx πe−ab
dx = .
x 2 + a2 2a
0

Z+∞
P (x) eiαx
Intégrales généralisées de type dx : Dans ce paragraphe, on va adapter
Q(x) x
−∞
P (x) eiαx P (x)
la méthode décrite au paragraphe précédent au cas des fonctions avec est
Q(x) x Q(x)
une fraction rationnelle telle que le polynôme Q(x) ne possède pas des racines réelles
et deg(Q(x)) ≥ deg(P (x)). Dans ces conditions pour calculer l'intégrale généralisée
Z+∞ iαx
P (x) e P (z) eiαz
dx, il sut qu'on intégre la fonction
Q(z) z
sur la courbe fermée CR,ε de
Q(x) x
−∞
la gure ci-dessous, CR,ε = [R, ε] ∪ ΓR ∪ [−R, −ε] ∪ Γε où ΓR et Γε sont des demi cercles
it
centrés à l'origine de rayons respectifs R et ε. ΓR = {Re : 0 ≤ t ≤ π} ⊂ H si α > 0 (si
it − it
α < 0, ΓR = {Re : −π ≤ t ≤ 0} ⊂ H ) et Γε = {εe : −π ≤ t ≤ 0} et où

ε < min {|z1 | , |z2 | , ..., |z|n } < max {|z1 | , |z2 | , ..., |z|n } < R

si z1 , z2 , ..., zn sont les racines complexes de Q(z) qui appartiennent au demi-plan supérieur

H si α > 0 (si α < 0, elles sont situées dans H ).

63
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications
Donc, d'après le théorème des résidus on obtient :

ZR Z−ε
P (z) eiαz P (x) eiαx P (z) eiαz P (x) eiαx P (z) eiαz
I Z Z
dz = dx + dz + dx − dz
Q(z) z Q(x) x Q(z) z Q(x) x Q(z) z
CR,ε ε ΓR −R Γε
n  iαz

X P (z) e
= 2πi Res , zk .
k=1
Q(z) z

P (z) eiαz
Z
Notons aussi que si on procède comme ci-dessus on vérie que l'intégrale dz
Q(z) z
ΓR
tend vers zéro quand le rayon R tend vers +∞. Pour l'intégrale sur Γε on a :

Z0 it Z0
P (z) eiαz P (εeit ) eiαεe P (εeit ) iαεeit
Z
dz = iεeit dt = i e dt
Q(z) z Q(εeit ) εeit Q(εeit )
ΓR −π −π
Z0
P (z) eiαz P (εeit ) iαεeit
Z  
P (0)
lim dz = i lim e dt = iπ .
ε→0 Q(z) z ε→0 Q(εeit ) Q(0)
Γε −π

Donc si on fait tendre ε vers 0 et R vers +∞, on a :

Z+∞ n
P (x) eiαx P (z) eiαz
 
P (0) X
dx = iπ + 2πi Res , zk .
Q(x) x Q(0) k=1
Q(z) z
−∞

Z+∞
sin x
Exemple. Calculons l'intégrale généralisée dx par la méthode des résidus.
x
0

iz
Pour calculer cette intégrale, on intégrer la fonction complexe ez sur la courbe fermée
CR,ε = [R, ε] ∪ ΓR ∪ [−R, −ε] ∪ Γε où ΓR = {Reit : 0 ≤ t ≤ π} et Γε = {εeit : −π ≤ t ≤ 0} .
iz
Donc, puisque la fonction ez est holomorphe sur CR,ε et à l'intérieur de CR,ε , on a en
vertu du théorème de Cauchy :

ZR Z−ε
eiz eix eiz eix eiz
I Z Z
dz = dx + dz + dx − dz = 0.
z x z x z
CR,ε ε ΓR −R Γε

Z−ε ZR
eix e−ix
Comme dx = − dx, on a aussi :
x x
−R ε

ZR
eiz eiz
Z Z
sin x
2i dx = dz − dz.
x z z
ε Γε ΓR

64
3.4 Application du théorème des résidus
Ainsi,

π π
Z iz Zπ Z2 Z2
e 2R π
dz ≤ e−R sin t dt = 2 e−R sin t dt ≤ 2 e− π t dt = (1 − e−R ) −→ 0 ,



z R R→+∞
ΓR 0 0 0

Z0 it
!
eiz eiz eiεe
Z Z
et donc lim dz = 0. D'autre part, lim dz = i lim iεeit dt = iπ. Par
R→+∞ z ε→0 z ε→0 εeit
ΓR Γε −π
ZR
sin x
conséquent, si dans l'intégrale dx on fait tendre R vers +∞ et ε > 0 vers zéro, on
x
ε
Z+∞
sin x π
obtient dx = .
x 2
0

Z+∞
P (x)
Intégrales généralisées de type log xdx : Soit
P (x)
Q(x)
une fraction rationnelle dont
Q(x)
0
le dénominateur Q(x) ne possède pas de racines réelles positives ou nulles, P (x) 6= 0 et
deg(Q(x)) ≥ deg(P (x)) + 2. On considère la fonction f (z) =
P (z)
Q(z)
(log z)2 , où log z désigne
la détermination principale du logarithme complexe telle que arg(z) ∈]0, 2π[, et le contour
it
fermé CR,ε = [ε, R] ∪ ΓR ∪ [R, ε] ∪ Γε de la gure ci-dessous où ΓR = {Re : 0 ≤ t ≤ 2π} et
Γε = {εeit : 0 ≤ t ≤ 2π} sont des cercles centrés à l'origine de rayons respectifs R et ε.

65
3 Séries de Laurent, Théorème des résidus et ses applications
Si R est assez grand et ε est assez petit, alors par le théorème des résidus on a :

I ZR Z
P (z) P (x) P (z)
(log z)2 dz = (log x)2 dx + (log z)2 dz
Q(z) Q(x) Q(z)
CR,ε ε ΓR
Zε Z
P (x) P (z)
+ (log x + 2πi)2 dx − (log z)2 dz
Q(x) Q(z)
R Γε
n  
X P (z) 2
= 2πi Res (log z) , zk ,
k=1
Q(z)

où z1 , z2 , ..., zn sont les singularités de f (z) à l'intérieur de CR,ε .

Comme précédemment les intégrales sur ΓR et Γε tendent vers zéro lorsque ε → 0 et


R → +∞. On obtient alors la relation :

Z+∞ Z+∞ n  
P (x) P (x) X P (z)
(log x)2 dx − 2
(log x + 2πi) dx = 2πi Res
2
(log z) , zk .
Q(x) Q(x) k=1
Q(z)
0 0

D'où,
Z+∞ Z+∞ n  
P (x) P (x) X P (z) 2
−2 log xdx − 2πi dx = Res (log z) , zk ,
Q(x) Q(x) k=1
Q(z)
0 0

alors

Z+∞ " n  #
P (x) 1 X P (z)
log xdx = − Re Res (log z)2 , zk
Q(x) 2 k=1
Q(z)
0
Z+∞ n  " #
P (x) 1 X P (z)
dx = − Im Res (log z)2 , zk .
Q(x) 2π k=1
Q(z)
0

Z+∞
log x
Exemple. Calculons l'intégrale dx. Ici P (x) = 1 et Q(x) = (x + 1)3 , toutes les
(x + 1)3
0
conditions sont vériées, d'où :

Z+∞   
log x 1 1
dx = − Re Res 2
(log z) , −1
(x + 1)3 2 (z + 1)3
0
Z+∞   
dx 1 1
= − Im Res 2
(log z) , −1 .
(x + 1)3 2π (z + 1)3
0

66
3.4 Application du théorème des résidus
Comme −1 est un pôle triple, on a donc :
!
d2 (log z)2 d2
 
1 1 1
Res 2
(z + 1)3 (log z)2

(log z) , −1 = lim = lim
(z + 1)3 2! z→−1 dz 2 (z + 1)3 2! z→−1 dz 2

1 − log z 1 − log(−1)
= lim 2
= = 1 − (0 + iπ) = 1 − iπ.
z→−1 z (−1)2

On en déduit que :
Z+∞ Z+∞
log x 1 dx 1
3
dx = − et 3
= .
(x + 1) 2 (x + 1) 2
0 0

67
4
Exercices corrigés

Exercice 4.1. Cocher la réponse exacte en justiant votre réponse. Le plan est muni d'un
repère orthonormé direct (O, →

u ,→

v ). Soit les points M (z) et M 0 (z 0 ).

1) La distance de M à M 0 est égale à : |z − z 0 | ou ||z| − |z 0 || ou |z + z 0 | .

2) Si arg(z) = arg(z 0 ) modulo 2π alors : O, M et M 0 sont alignés ou z = z 0 ou |z| = |z 0 | .

3) A, B et C sont trois points d'axes respectives zA , zB et zC tels que zB −zA = 4i(zC −zA ).
Alors, ABC est un triangle isocèle ou (AB) et (AC) sont perpendiculaires ou (AB) et (AC)
sont parallèles.

4) L'équation z 2 − 2z + 2 = 0 a pour solutions, z1 = 1 − i et z2 = 1 + i ou z1 = 2i et


z2 = −i ou z1 = 1 − i et z2 = 2 + i.

Corrigé.
−−→ −−→0
1) Par dénition la distance d'un vecteur OM à un vecteurOM est la norme euclidienne
−−→0 −−→ 0
de OM − OM ou en terme d'axes complexes c'est le module |z − z | de z − z0.

2) Si arg(z) = arg(z 0 ) modulo 2π alors arg(z) − arg(z 0 ) = 2kπ, k ∈ Z, donc les deux
argument sont égaux modulo 2kπ ou alors ça revient à dire que les trois points O, M et
M 0 sont alignés.

z −z 1 zC −zA i
3) On C A =
zB −zA
=4i
− 4i donc AB
AC
= zB −zA = − 4 = 14 et donc AC 6= AB. Le triangle
ABC n'est pas isocèle en A. De plus on a, arg(zB − zA ) = arg(zC − zA ) + π2 , c'est à dire le
ségment (AB) est perpendiculaire au ségment (AC).

68
4) Le polynôme P (z) = z 2 − 2z + 2 est à coecients réels, donc l'équation P (z) = 0 admet
deux solutions complexes conjuguées, ça ne peut être que z1 = 1 − i et z2 = 1 + i. En eet,
on vérie facilement que P (1 − i) = P (1 + i) = 0.

Exercice 4.2. Répondre par vrai ou faux en justiant votre réponse.

1) Un complexe est nul si et seulement sa partie réelle et sa partie imaginaire sont nulles.

1 2
2) La partie réelle de est 14 .

2+i

π 9π
3) Un argument de ei 6 + ei 6 est 5π
6
.

4) La fonction exponentielle complexe ez est surjective de C dans C∗ .

5) Soit θ ∈
/ 2πZ, alors f (z) = eiθ z + 1 est une écriture complexe de la rotation de centre
d'axe 1 et d'angle θ.

6) Les deux racines non réelles d'un polynôme de degré 2 à coecients complexes sont
conjuguées.
√ 2π
7) Le complexe −j est racine de z 2 − z + 1 = 0, où j = − 21 + i 2
3
= ei 3 .

8) Pour tout k ∈ N∗ , j k est racine de l'équation z 2 + z + 1 = 0.

9) Si j est racine d'un polynôme réel P , alors j 2 est aussi racine de P.

 n désigne
U l'ensemble des racines nièmes de l'unité dans C, Un =
exp i 2kπ

n
: k = 0, 1, ..., n − 1 .

10) Si m divise n, alors Um ⊂ Un .

11) Les ensembles Un et {w ∈ C : wn − 1} sont en bijection.

12) {w : w ∈ Un } = Un .

13) {w2 : w ∈ Un } = Un pour n impair.

14) Un polynôme complexe qui prend deux valeurs distinctes réalise une surjection de C
dans C.

15) Une fonction polynomiale injective sur C est de degré 1.

Corrigé.
z+z z−z
1) Vrai, car si z = x + iy, z = x − iy, x = 2
et y= 2i
. Donc, z = 0 ⇐⇒ z = 0 ⇐⇒ x =
y = 0.

3
2) Faux, la partie réelle vaut
25
.

69
4 Exercices corrigés
π 9π 5π 5π
3) Faux, car ei 6 + ei 6 = ei 6 2 cos 2π
3
= −ei 6 dont un argument est − π6 .

4) Vrai, car pour tout Z ∈ C∗ , il existe un z∈C tel que ez = Z, z = log Z le logarithme
complexe de Z.

5) Faux, c'est bien une rotation mais le centre est le point d'axe z solution de f (z) =
1
eiθ z + 1 = z, c'est à dire z = 1−e iθ 6= 1.

6) Faux, il manque une condition  à coecients réels . Pour un contre-exemple, on peut


2
considérer le polynôme (z − i)(z − 2i) = z − 3iz − 2, ses solutions sont i et 2i.

7) Vrai car j est racine du polynôme z 2 +z+1, donc [z 2 − z + 1] (z = −j) = j 2 +j +1 = 0.

8) Faux, si n est un multiple de 3, j n = 1 n'est pas racine de l'équation z 2 + z + 1 = 0.

9) Vrai car j2 = j et P est à coecients réels.

n n
10) Vrai, pour tout z ∈ Um car zm = 1 donc zn = zm m = 1 m = 1 et z ∈ Un .

11) Vrai. En fait, Un est en bijection avec tous les ensembles {z ∈ C : z n = a} pour a 6= 0
d'après la structure de l'ensemble des racine nièmes de a.

12) Vrai car zn = 1 si et seulement si z n = 1.

13) Vrai. Il est clair que {w2 : w ∈ Un } ⊂ Un . Réciproquement, écrivons n = 2k + 1 et


remarquons que, pour tout w ∈ Un ,

2
w = w1−n = w−2k = w−k ,

d'où l'autre inclusion.

14) Vrai. Si un polynôme prend deux valeurs distinctes, alors il est non constant donc
surjectif d'après le théorème de D'Alembert-Gauss.

15) Vrai, il est clair que toute fonction constante n'est pas injective. De plus, si une fonction
polynomiale est de degré n, alors chaque complexe admet n antécédents d'après le théorème
de D'Alembert-Gauss, ainsi le degré d'une fonction polynomiale injective est 1.

Exercice
√ 4.3. L'ensemble des points M du plan d'axe z = x + iy tels que |z − 1 + i| =
3 − i a pour équation :

1) (x − 1)2 + (y + 1)2 = 2.

2) (x + 1)2 + (y − 1)2 = 2.

3) (x − 1)2 + (y + 1)2 = 4.

4) y = x + 3−1
2
.

70
Une seule des quatre réponses proposées est exacte, déterminer et justier votre choix.

Corrigé.

√ √ 2
2
|z − 1 + i| = 3 − i ⇐⇒ |(x − 1) + i(y + 1)| = 3 − i

⇐⇒ (x − 1)2 + (y + 1)2 = 4.

La bonne réponse est la réponse (3).

Exercice 4.4. Expliquer pourquoi il est impossible de dénir sur C une relation d'ordre
compatible avec les opérations algébriques.

Corrigé.
Dans un corps totalement ordonné, tout carré est positif ou nul (d'après la règle des signes,
en particulier si x≥0 et y ≥0xy ≥ 0). Par conséquent, le corps C des nombres
alors
2
complexes (dans lequel −1 est le carré de i, i = −1) ne peut pas être muni d'une structure
de corps totalement ordonné.

Exercice 4.5. Mettre sous la forme a + ib, a, b ∈ R (forme algébrique), les nombres
complexes suivants :

1) z1 + z2 , z1 − z2 , z1 − 3z2 , z1 z2 , z1
z2
si z1 = −1 + 2i et z2 = 3 + 4i.

2) (5 − 2i)(4 + 3i)(i − 1).



3) On pose j = − 21 + i 2
3
. Donner la forme algébrique de j 2 et calculer 1 + j + j 2 .

Corrigé.
1)
z1 + z2 = (−1 + 2i) + (3 + 4i) = −1 + 2i + 3 + 4i = 2 + 6i.
z1 − z2 = (−1 + 2i) − (3 + 4i) = −1 + 2i − 3 − 4i = −4 − 2i.

z1 − 3z2 = (−1 + 2i) − 3 (3 + 4i) = −1 + 2i − 9 − 12i = −10 − 10i.


z1 z2 = (−1 + 2i) (3 + 4i) = −3 − 8 − 4i + 6i = −11 + 2i.
z1 −1 + 2i (−1 + 2i) (3 − 4i) −3 + 8 + 4i + 6i 5 + 10i 1 2
= = = = = + i.
z2 3 + 4i (3 + 4i) (3 − 4i) 25 25 5 5

2) (5 − 2i)(4 + 3i)(i − 1) = [(5 − 2i)(4 + 3i)] (i − 1) = (20 + 6 + 15i − 8i)(i − 1) =


(26 + 7i)(−1 + i) = −26 − 7 + 26i − 7i = −33 + 19i.

71
4 Exercices corrigés
 √ 2  √  √  √ √ √
3) j 2 = − 12 + i 23 = − 21 + i 23 − 12 + i 23 = 14 − 43 − i 43 − i 43 = − 12 − i 23 .
√ √
1 3 1 3
1 + j + j2 = 1 + − + i − −i = 0.
2 2 2 2
Exercice 4.6.
1) Montrer que les racines complexes d'une équation polynomiale à coecients réels se
présentent par paires de nombres complexes conjugués. C'est à dire si z0 est une solution
de l'équation P (z) = 0 où P est un polynôme complexe à coecients réels, alors z0 est
aussi solution.

2) Résoudre dans C l'équation z 8 + z 4 + 1 = 0, et préciser le lien entre les solutions trouvées


et les racines douzièmes de l'unité.

Corrigé.
1) Si P (z) = an z n + an−1 z n−1 + ... + a1 z + a0 , alors on a :

an z0n + an−1 z0n−1 + ... + a1 z0 + a0 = 0.

Utilisons les propriétés de la conjugaison complexe, on a aussi :

an z0n + an−1 z0n−1 + ... + a1 z0 + a0 = 0,


an z0n + an−1 z0n−1 + ... + a1 z0 + a0 = 0,
an z0n + an−1 z0n−1 + ... + a1 z0 + a0 = 0,
an z0 n + an−1 z0 n−1 + ... + a1 z0 + a0 = 0.

Donc P (z0 ) = 0, z0 est aussi solution.

2) Procédons au changement d'inconnue Z = z4. L'équation devient Z2 + Z + 1 = 0 qui


admet deux solutions complexes conjuguées d'après la première√ question. Sachant que les
2 1 3 i 2π 2
racines troisièmes de l'unité sont {1, j, j } avec j = − + i = e 3 et 1 + j + j = 0. Par
2 2
2 2
passage au conjugué on a 1+j +j = 0. Donc les deux solutions de l'équation Z +Z +1 = 0
4 4
sont j et j. Revenons à l'inconnue z, on a à résoudre trois équations z = 1, z = j et
4
z = j..

Pour z 4 = j, posons z = reiθ on a z 4 = r4 ei4θ = j = ei( 3 +2kπ) , d'où r=1 et θk = π
6
+ k π2 ,
k = 0, 1, 2, 3, ce qui donne 4 solutions de l'équation.

z4 = j s'écrit z 4 = z 4 = j, donc z k = eiθk et zk = e−iθk , θk =


π
6
+ k π2 , k = 0, 1, 2, 3, ce qui
donne 4 solutions de l'équation qui sont les conjuguées des précédentes.

π
z 4 = 1 donne les racines quatrièmes de l'unité zk = eik 2 , k = 0, 1, 2, 3, ou bien {1, i, −1, −i} .
8 4
Or on voit que 1, i, −1 et −i ne sont pas solutions de l'équation z + z + 1 = 0.

π
+ k π2 , exp ik π2 , k = 0, 1, 2, 3
 
Les 8 solutions exp i 6
sont représentées ainsi dans le
plan complexe :

72
On constate qu'il s'agit des douze racines douzièmes de l'unité sauf les quatre racines
quatrièmes de l'unité 1, i, −1, −i, présentes sur les axes des x et des y.

Exercice 4.7. Résoudre dans C les équations suivantes dont z est l'inconnue :

1) (2 + i)z = 5 + 2i.

2) 3iz − 2 + 4i = (1 − 2i)z + 6.
√ √
3) z 2 − 2(1 + 2)z + 2( 2 + 2) = 0.

Corrigé.
5+2i (5+2i)(2−i) 10+2+4i−5i 12−i 12
1) z= 2+i
= (2+i)(2−i)
= 5
= 5
= 5
− 15 i, donc z= 12
5
− 15 i = 12
5
+ 51 i.

2) 3iz − 2 + 4i = (1 − 2i)z + 6 donne par séparation 3iz − (1 − 2i)z = 6 + 2 − 4i ou bien


(8−4i)(−1−5i)
8−4i
(−1 + 2i + 3i)z = 8 − 4i et alors z = −1+5i = (−1+5i)(−1−5i) = −8−20+4i−40i
26
= −28−36i
26
=
14 18
− 13 − 13 i.

3) D'après le théorème fondamental de l'algèbre, on sait que cette équation admet deux
racines complexes. On calcul le discriminant ∆ dans C,
h √ i2 h √ i √ √
∆ = −2(1 + 2) − 4 × 1 × 2( 2 + 2) = 4(1 + 2)2 − 8( 2 + 2) = −4.

Donc l'équation admet deux racines complexes conjuguées :



2) − i 4
2(1 + √
z1 = =1+ 2−i
√2 √
2(1 + 2) + i 4 √
z2 = =1+ 2+i
2

73
4 Exercices corrigés
Exercice 4.8. Calculer le module et l'argument des nombres complexes suivants :
√ √
1) z = 6−i 2
2
et u = 1 − i. En déduire le module et l'argument de v = uz .

2) ee et eiθ + ei2θ .

Corrigé.
1) On a :

6 − i√2 u
v √ !2 √ !2 r
u 6 2 6+2 √
|z| = =t + − = = 2,

2 2 2 4

√  √3 i  √
3
alors z= 2 2 − 2 et arg(z) = θ tel que cos θ = 2
et sin θ = − 21 . D'où, θ = arg(z) =
√ −i π
− π6 et z = 2e 6 . Puis
√ √ !
√ 2 2 √ π
u = 1−i= 2 −i = 2e−i 4 ,
2 2
√ −i π
z 2e 6 π π π π π
v = = √ −i π = e−i 6 ei 4 = e−i 6 +i 4 = ei 12 .
u 2e 4

2) En utilisant la formule de Moivre, on a :


ee = ecos θ+i sin θ = ecos θ ei sin θ = ecos θ [cos(sin θ) + i sin(sin θ)] ,

 
cos θ eiθ eiθ
puisque e > 0, alors e = ecos θ et arg e = sin θ.

De façon générale pour calculer un somme du type eia + eib il est souvent utile de factoriser
i a+b
par e 2 car :

h i h i
ia ib i a+b i a−b i b−a i a+b i a−b −i( a−b
2 )
e +e = e 2e +e 2 =e 2 2 e 2 +e
 
a − b i a+b
= 2 cos e 2 .
2

Ce qui donne l'écriture en coordonnées polaires de eia + eib . Pour notre cas,


h θ θ
i θ 3θ
eiθ + ei2θ = ei 2 e−i 2 + ei 2 = 2 cos ei 2 .
2

Attention le module dans une décomposion en forme polaire doit être positif. Donc si
cos 2θ ≥ 0, on a :
θ iθ  3θ
2 cos = e + ei2θ et arg eiθ + ei2θ = .
2 2

74

Par contre si cos 2θ < 0, eiθ + ei2θ = 2 cos 2θ = −2 cos 2θ et
   
iθ i2θ θ  i 3θ  θ  iπ i 3θ 
e +e = −2 cos −e 2 = −2 cos e e 2
2 2
 
θ i( 3θ2 +π)
= −2 cos e ,
2



donc arg eiθ + ei2θ = 2
+ π.
Exercice 4.9. En utilisant les nombres complexes, calculer cos 5θ et sin 5θ en fonction de
cos θ et sin θ.

Corrigé.
Nous avons par la formule de Moivre :

5
cos 5θ + i sin 5θ = ei5θ = eiθ = (cos θ + i sin θ)5 .

On développe ce dernier produit par la formule du binôme, puis on identie parties réelles
et parties imaginaires.

5
X
5
(cos θ + i sin θ) = C5k (cos θ)k (i sin θ)5−k
k=0

= (i sin θ)5 + C51 cos θ (i sin θ)4 + C52 cos2 θ (i sin θ)3
+C53 cos3 θ (i sin θ)2 + C54 cos4 θ (i sin θ) + cos5 θ
= i sin5 θ + 5 cos θ sin4 θ − 10i cos2 θ sin3 θ
−10 cos3 θ sin2 θ + 5i cos4 θ sin θ + cos5 θ
= cos5 θ − 10 cos3 θ sin2 θ + 5 cos θ sin4 θ
+i 5 cos4 θ sin θ − 10 cos2 θ sin3 θ + sin5 θ .


D'où,

cos 5θ = cos5 θ − 10 cos3 θ sin2 θ + 5 cos θ sin4 θ


sin 5θ = 5 cos4 θ sin θ − 10 cos2 θ sin3 θ + sin5 θ

Exercice 4.10. Déterminer l'ensemble des nombres complexes z tels que :

1) z−5
z−3
= 1.


2) z−3
2
= .
z−5 2

Corrigé.
1) On pose z = x + iy, (x, y) ∈ R × R. Remarquons que pour les deux ensembles z = 5
z−3
n'est pas solution , donc = 1 équivaut |z − 3| = |z − 5| . Ce qui signie précísement
z−5

75
4 Exercices corrigés
que les points d'axe z vériant cette équation sont situés à égale distance des points A
et B d'axes respectives (3, 0) et (5, 0). L'ensemble solution est la médiatrice du segment
[A, B] qui est la droite verticale (4, y), y ∈ R.

2) On a :


z − 3 2 1

z − 5 = ⇐⇒ |z − 3|2 = |z − 5|2
2 2
⇐⇒ 2(x − 3) + 2y = (x − 5)2 + y 2
2 2

⇐⇒ 2x2 − 12x + 18 + 2y 2 = x2 − 10x + 25 + y 2


⇐⇒ x2 − 2x + y 2 = 7
⇐⇒ (x − 1)2 + y 2 = 8.


L'ensemble solution est donc le cercle de centre le point d'axe
√ (1, 0) et de rayon 8=
2 2.

Exercice 4.11. Déterminer les nombres complexes δ tels que δ 2 = −2i + 6. Puis, déter-
miner les nombres complexes z tels que z 2 + (1 − i)z − 32 = 0. En déduire une factorisation
de z 2 + (1 − i)z − 23 .

Corrigé.

1) On sait que l'équation δ 2 + 2i − 6 = 0 admet deux solutions dans C. On cherche ses


solutions dans C sous la forme algébrique δ = x + iy où x, y ∈ R. Ainsi, les réels x et y
sont solutions du système :

 2
 x − y2 = 6
xy = −2 √ √
x + y 2 = |δ|2 = |−2i + 6| = 22 + 62 = 2 10
 2

p √ p√ p √ p√
donc δ1 = 3+ 10 − i 10 − 3 et δ2 = 3+ 10 + i 10 − 3.

2) Le discriminant de l'équation est ∆ = (1 − i)2 + 6 = −2i + 6. D'après la question


précédente le carré de δ1 et δ2 est égal à ∆ ou bien δ1 et δ2 sont les deux racines carrées de
∆, ainsi :
i − 1 + δ1 i − 1 − δ1
z1 = et z1 = ,
2 2

ou encore :

p √  p√  p √  p√ 
3 + 10 − 1 + i 1 − 10 − 3 − 3+ 10 − 1 + i 1 + 10 − 3
z1 = et z2 = .
2 2

76
3)

3
z 2 + (1 − i)z − = (z − z1 )(z − z2 )
2
 p √  p√ 
3 + 10 − 1 + i 1 − 10 − 3
= z − 
2
 p √  p√ 
− 3 + 10 − 1 + i 1 + 10 − 3
× z − .
2

Exercice 4.12.
1) Résoudre dans C l'équation de degré n − 1 : z n−1 + z n−2 + ... + z 2 + z + 1 = 0 avec n ≥ 2.
En déduire une factorisation du polynôme P (z) = z n−1 + z n−2 + ... + z 2 + z + 1 en n − 1
facteurs du premier degré.

2) Exprimer 1 − exp i 2kπ en faisant apparaitre sin kπ


 
n n
.

n−1
3) En calculant P (1) de deux façons, montrer que kπ n
Q 
sin n
= 2n−1
.
k=1

Corrigé.
1) Constatons que 1 n'est pas solution de cette équation, et appliquons la formule sur la
somme des termes d'une suite géométrique de raison z 6= 1, soit

1 − zn
1 + z + z 2 + ... + z n−2 + z n−1 = .
1−z

Donc l'équation devient z n = 1. n racines nèmes de l'unité, sauf 1,


On trouve les ce qui
2kπ
donne les n − 1 solutions de l'équation P (z) = 0, zk = exp i , k = 1, ..., n − 1. On en
n
déduit par conséquent la factorisation suivante de P (z),

n−1
Y  
2kπ
P (z) = z − exp i .
k=1
n

2) On a :

       
2kπ kπ kπ kπ
1 − exp i = exp i exp −i − exp i
n n n n
" #
exp i kπ kπ

− −i

kπ n
exp n
= −2i exp i
n 2i
   
kπ kπ
= −2i sin exp i .
n n

77
4 Exercices corrigés
3) On a P (1) = n et grâce à la factorisation de P (z) on a aussi :

n−1
Y   n−1 Y    
2kπ kπ kπ
P (1) = 1 − exp i = −2i sin exp i
k=1
n k=1
n n
n−1   n−1  
n−1
Y kπ Y kπ
= (−2i) exp i sin
k=1
n k=1 n
 π  n−1
Y  

n−1 n−1 n−1
= (−1) 2 i exp i (1 + 2 + ... + (n − 1)) sin
n k=1
n
  n−1  
n−1 n−1 n−1 π n(n − 1) Y kπ
= (−1) 2 i exp i sin
n 2 k=1
n
n−1   n−1  
n−1 n−1 n−1 n−1
Y kπ n−1 n−1 2n−2
Y kπ
= (−1) 2 i i sin = (−1) 2 i sin
k=1
n k=1
n
n−1   n−1  
n−1 n−1 n−1
Y kπ n−1
Y kπ
= . (−1) 2 (−1) sin =2 sin = n.
k=1
n k=1
n

On en déduit la formule demandée.

Exercice 4.13. Déterminer la nature des trois transformations complexes suivantes :


f (z) = z − 1 + 3i, g(z) = iz + 1 − i et h(z) = −3z + 4 − 8i.

Corrigé.
Soient M et M0 deux points quelconques distincts du plan complexe.

M0 est l'image de M par la translation de vecteur V si et seulement si zM 0 = zM + V.

M 0 est l'image de M par la rotation de centre Ω et d'angle θ si et seulement si zM 0 =


eiθ (zM − zΩ ) + zΩ .

M0 est l'image de M par l'homothétie de centre Ω et de rapport k (k réel non nul) si et


seulement si zM 0 = k(zM − zΩ ) + zΩ .

1) f (z) = z − 1 + 3i est une translation de vecteur V = −1 + 3i = (−1, 3).

2) Cherchons le point xe de la transformation g(z) = iz + 1 − i, c'est à dire le point z


−1+i
vériant l'équation g(z) = z. Ainsi iz + 1 − i = z et z = = 1. On a donc iz + 1 − i =
−1+i
π π
i2 i2
i(z − 1) + 1 = e (z − 1) + 1 = e (z − zΩ ) + zΩ . Alors, l'application g(z) est la rotation
π
de centre Ω(1, 0) et d'angle + .
2

3) Cherchons le point xe de la transformation h(z) = −3z + 4 − 8i. Donc f (z) = z, donne
−4z = −4 + 8i et z = −4+8i
−4
= 1 − 2i. On a donc

−3z + 4 − 8i = −3(z − 1 + 2i) + 1 − 2i = −3(z − (1 − 2i)) + 1 − 2i


= −3(z − zΩ ) + zΩ avec zΩ = 1 − 2i et Ω = (1, −2).

78
L'application h(z) est alors une homothétie de centre Ω(1, −2) et de rapport k = −3.
Exercice 4.14. Quel est l'axe du point M 0 du le plan d'origine 0, image du point M
d'axe 2 − 2i par :


a) la translation de vecteur U d'axe 1 − i suivie de la rotation de centre 0 et d'angle
ϕ = 135◦ ?

b) la rotation de centre 0 et d'angle −90◦ suivie de l'homothétie de centre 0 et de rapport


−3?

Corrigé.
√ √ √  √ π →

a) 2 − 2i = 2 2 22 − 2
2
i = 2 2e−i 4 . La translation de d'axe 1 − i
M de vecteur U
√ −i π
est le point N d'axe 2 − 2i + 1 − i = 3 − 3i = 3(1 − i) = 3 2e 4 . On fait subir à N
◦ 135
ensuite une rotation de centre 0 et d'angle ϕ = 135 ou ϕ = π = 3π radian ce qui donne
0
√ π 3π
−i 4 i 4
√ π
i2
√ 180 4
le point M d'axe 3 2e e = 3 2e = 3 2i.

b) On fait une rotation du point 0 et d'angle −90◦ = − π2 radian, M est


M de centre
√ −i π −i π √ −i 3π
alors transformé en le point P d'axe 2 2e 4 e 2 = 2 2e 4 . Le point P est ensuite
0
entrainé
 √ par 3πune
 homothétie de centre 0 et de rapport −3, ce qui donne l'image M d'axe
√ 3π
−3 2 2e−i 4 = −6 2e−i 4 = 6(1 + i).

Exercice 4.15. Caractériser les transformations complexes suivantes :


 √  √  √ 
f (z) = −1 − i 3 z + 2 − 3 + 2 + 3 i,
g(z) = (3 − 3i) z + 2,
√ 
h(z) = − 3 − i z + i.

Corrigé.
1) Les points xes de f sont les nombres complexes z solutions de l'équation f (z) = z.
Soit :
 √  √  √   √  √  √ 
−1 − i 3 z + 2 − 3 + 2 + 3 i = z ou 2 + i 3 z = 2 − 3 + 2 + 3 i;

alors
√ √   √ √   √ 
2− 3+ 2+ 3 i 2− 3+ 2+ 3 i 2−i 3 7 + 7i
z= √ =  √  √  = = 1 + i.
2+i 3 2+i 3 2+− 3 7

La similitudef a un donc un unique point xe zΩ = 1 + i d'axe Ω = (1, 1).


 √  √  √  √  √ 
f (z) = −1 − i 3 (z − (1 + i)) − 1 + 3 − 1 + 3 i + 2 − 3 + 2 + 3 i
 √ 
= −1 − i 3 (z − (1 + i)) + 1 + i.

79
4 Exercices corrigés
√ 
−2 π3

Le coecient −1 −
 3
i de z dans f (z) a pour module 2 et d'argument car −1 −
√  √ 2π
i 3 = 2 −1
2
− i 2
3
= 2e−i 3 . Alors,


f (z) = 2e−i 3 (z − zΩ ) + zΩ .

Il résulte que si M est l'axe du complexeM 0 du complexe f (z), le point M 0 se déduit


z et

de M par la composée de la rotation de centre zΩ = 1 + i et d'angle − et de l'homothétie
3
de centre zΩ et de rapport 2.

2) Les points xes de g vérient l'équation g(z) = z. Donc

(3 − 3i) z + 2 = z (2 − 3i) z = −2
ou

2 2 (−2 − 3i) −4 − 6i
z = = = .
−2 + 3i (−2 + 3i) (−2 − 3i) 13

−4−6i
√  3 3

g admet donc un seul point xe zΩ = 13
. De plus, 3 − 3i = 3 2 3√2 − √
3 2
i =
√   √ π
3 2 √12 − √1 i = 3 2e−i 4 .
2

    
−4 − 6i −4 − 6i
g(z) = (3 − 3i) z + 2 = (3 − 3i) z − + (3 − 3i) +2
13 13
4 6
= (3 − 3i) (z − zΩ ) − − i = (3 − 3i) (z − zΩ ) + zΩ
√ −i π 13 13
= 3 2e 4 (z − zΩ ) + zΩ .

−4−6i
g est donc la composée de la rotation de centre zΩ = et d'angle − π4 et de l'homothétie
√ 13
de centre zΩ et de rapport 3 2.

3)h correspond à la transformation



géométrique du plan obtenue en composant la rotation
−1+(1+ 3)i 5π
de centre zΩ = √ et d'angle avec l'homothétie de centre zΩ et de rapport 2.
5+2 3 6

Exercice 16.
Exercice 4.16. A tout nombre complexe z diérent de −2 on associe le nombre complexe
Z tel que
z
Z= .
z+2

1) Montrer que la fonction f (z) = Z est une bijection de C {−2} dans un ensemble E
que l'on précisera. Calculer la réciproque f −1 de f.

2) Déterminer les points xes de f.

3) On pose z = x + iy et Z = X + iY. Calculer X et Y en fonction de x et y.

80
4) Déterminer l'ensemble des points M d'axe z tels que Z soit réel, c'est-à-dire tels que
son image M 0 soit sur l'axe des x.

5) Déterminer l'ensemble des points M d'axe z pour lesquels la partie réelle X de Z est
nulle (autrement dit M 0 est sur l'axe des y ).

6) Calculer Z − 1, et déterminer une relation entre les modules de Z − 1 et de z + 2.


Déterminer aussi une relation entre leurs arguments.

7) Déterminer l'image (transformée par f ) C 0 d'un cercle C de centre A(−2, 0) et de rayon


R donné. Utiliser pour cela la dénition géométrique du cercle C.

8) Déterminer l'image (transformée par f ) D0 de la droite D passant par A et de vecteur


directeur (cos a, sin a), a étant un angle orienté donné, cette droite étant privée du point A.
Pour la démonstration, utiliser la relation entre arguments de la question (6).

Corrigé.
1) f est dénie sur C {−2} . Pour montrer que f est bijective il suttit de montrer que pour
tout Z ∈ C, il existe un et un seul nombre complexe z ∈ C {−2} tel que f (z) = Z. Ce qui
z
revient donc à résoudre l'équation Z = z+2 où z est l'inconnue, ce qui donne z = (z + 2)Z
2Z z
ou bien z(1 − Z) = 2Z et alors z = si Z 6= 1. Si Z = 1, on obtient = 1 ou z = z + 2
1−Z z+2
ce qui est impossible. Par conséquent, f est bijective de C {−2} dans E = C {1} de
−1 2Z
fonction réciproque f (Z) = 1−Z dénie sur E.

z
2) Les points xes de f vérient l'équation f (z) = z. Donc Z = z+2 = z soit z 2 + z =
z(z + 1) = 0 et alors z = 0 ou z = −1. Il existe deux points invariants pour f , z1 = 0
d'axe Ω1 = (0, 0) et z2 = −1 d'axe Ω2 = (−1, 0).

3) Si z = x + iy et Z = X + iY, on a :

x + iy (x + iy) [(x + 2) − iy]


X + iY = =
(x + 2) + iy [(x + 2) + iy] [(x + 2) − iy]
2
x (x + 2) + y y (x + 2) − xy
= 2 +i
(x + 2) + y 2 (x + 2)2 + y 2
x2 + y 2 + 2x 2y
= 2 +i .
(x + 2) + y 2 (x + 2)2 + y 2

Alors,
x2 + y 2 + 2x 2y
X= et Y = .
(x + 2)2 + y 2 (x + 2)2 + y 2

2y
4) Pour que Z soit réel il faut et il sut que Y = 0 ou bien
(x+2)2 +y 2
= 0, soit y = 0. Alors,
tout point de l'axe des x sauf Z = 1, admet un antécédent unique qui est un point de l'axe
des x (sauf −2, et vice-versa). L'axe des x est globalement transformé en lui-même, à deux
points près.

81
4 Exercices corrigés
0
5) La partie réelle X de Z est nulle, autrement dit M est sur l'axe des y , ou alors Z est
x2 +y 2 +2x
imaginaire pure, si
(x+2)2 +y 2
= 0 soit x2 +y 2 +2x = 0. Or, x2 +y 2 +2x = (x+1)2 −1+y 2 = 0
2 2
équivaut à (x + 1) + y = 1 c'est à dire que le point (x, y) d'axe z = x + iy est situé sur
le cercle de centre (−1, 0) et de rayon 1. Ainsi l'axe des y a comme antécédent ce cercle
auquel on enlève le point (−2, 0).

−2
z
−2
6) Z − 1 = z+2 − 1 = z+2 . En modules, cela donne |Z − 1| = z+2 = 2 ou encore
|z+2|
−2 1 1
|Z − 1| |z + 2| = 2. En arguments, arg(Z − 1) = arg( z+2 ) = arg(− z+2 ) = π + arg( z+2 )=
π − arg(z + 2), ou bien arg(Z − 1) + arg(z + 2) = π, où on a utilisé les relations générales
1

suivantes : si w ∈ C et λ > 0, arg(λw) = arg w, arg(−w) = arg w + π et arg =
w
− arg w.
−−→ −−→
7) Tout point M du cercle C est caractérisé par AM = R. Avec le vecteur AM d'axe

zM − zA = z − zA = z + 2, cela s'écrit |z + 2| = R. Grâce à la relation trouvée dans la


question (6), on a |Z − 1| =
2
|z+2|
= R2 . Les points M 0 sont sur le cercle de centre (1, 0) et de
2
rayon . Mais le décrivent-ils en entier ? Quand M fait un tour complet sur C, arg(z + 2)
R
décrit [0, 2π[, et grâce à la relation arg(Z − 1) = π − arg(z + 2), arg(Z − 1) décrit aussi
0 0
un intervalle de longueur 2π, M fait aussi un tour complet. C est donc le cercle de centre
(1, 0) et de rayon R2 .

−−→
8) M appartient à D si et seulement si le vecteur AM fait un angle a ou a + π avec l'axe
des x. Cela s'écrit arg(z + 2) = a modulo π . On en déduit que arg(Z − 1) = π − a modulo
−−→
π c'est aussi égal à (−a) modulo π . Cela signie que le vecteur BM 0 , avec B(1, 0), fait un
0
angle (−a), ou π − a, constant avec l'axe des x. Le point M se trouve sur la droite passant
par B et de vecteur directeur (cos a, − sin a). Grâce à la relation sur les modules, on peut
0 0
armer que lorsque M décrit la droite D privée du point A, M décrit la droite D privée
du point B .

Exercice 4.17. On considère dans le plan complexe le point M1 d'axe z = 1 − i. Pour


tout entier naturel non nul n, on désigne par Mn le point d'axe z n .

1) Donner l'écriture trigonométrique de z n , n ≥ 1.

2) Construire les points M1 , M2 , M3 et M4 .

3) Déterminer les entiers naturels n tels que les points Mn soient sur la droite d'équation
y = x. Les point M2017 et M2019 appartiennent-ils à la droite d'équation y = x?

Corrigé.
√  √2 √  √ π
1) z = 1 − i = 2 2 − i 22 = 2e−i 4 . On déduit alors de la formule de Moivre que
√ −i π n n π
n
pour tout n ≥ 1, z = 2e 4 = 2 2 e−in 4 .
√ π
−i π
2) Le point M1 est d'axe z = 2e−i 4 . Le point M2 est 2
d'axe z = 2e 2 = −2i. Le
√ 3π √ √ √ 
point M3 est d'axe z 3 = 2 2e−i 4 = 2 2 − 22 − i 22 = −2 − 2i. Finalement Le point

M4 est d'axe z 4 = 4e−i 4 = 4e−iπ = −4.

82
3) Le point Mn appartient à la droite d'équation y = x si et seulement si, l'angle entre

− −−−→ π
le vecteur directeur u
de l'axe des x et le vecteur OMn est égal à
4
+ 2kπ, k ∈ Z ou


 \ −−−→
π
π + 4 + 2kπ, k ∈ Z. Or, u , OMn = arg (z n ) = −n π4 , n ≥ 1. Par suite Mn appartient à la
π π π 5π
droite d'équation y=x si et seulement si, −n = +2kπ, k ∈Z ou −n = +2kπ, k ∈ Z,
4 4 4 4
n ≥ 1.

On en déduit que Mn appartient à la droite d'équation y = x, si et seulement si, (n + 1) =


8pπ, p ∈ Z ou (n + 5) = 8pπ, p ∈ Z, donc si et seulement si, (n + 1) est multiple de 8 dans
Z ou (n + 5) est multiple de 8 dans Z.

L'entier 2017 correspond à n = 2017, ni (n + 1) = 2018 ni (n + 5) = 2022 ne sont pas


divisible par 8, donc M2017 n'appartient pas à la droite y = x.

L'entier 2019 correspond à n = 2019, (n + 1) = 2020 n'est pas divisible par 8 par contre
(n + 5) = 2024 est divisible par 8 et alors le point M2019 est bien situé sur la droite y = x.

Exercice 4.18. Le plan est muni d'un repère orthonormé direct (O, →

u ,→

v ). Soit A le point
d'axe zA = 2 − i. Déterminer et construire l'ensemble des points M d'axe z tels que :
 π
arg (z − zA )3 = modulo 2π.
2

Corrigé.
arg (z − zA )3 = π2 modulo 2π n'a de sens que si

Remarquons d'abord que la relation

z 6= zA ou bien si M est distinct de A. D'autre part, on sait que arg (z − zA )3 =




3 arg (z − zA ) , donc la relation s'écrit 3 arg (z − zA ) = π2 modulo 2π ou d'une manière


π
équivalente arg (z − zA ) = arg (z − 2 + i) =
6
+ 2kπ
3
, k ∈ Z. Remarquons que :

π 2kπ π
+ ≡ modulo 2π si k ∈ 3Z,
6 3 6
π 2kπ π 2π
+ ≡ + modulo 2π si (k − 1) ∈ 3Z,
6 3 6 3
π 2kπ π 4π
+ ≡ + modulo 2π si (k − 2) ∈ 3Z.
6 3 6 3

83
4 Exercices corrigés
arg (z − zA )3 = π2 modulo 2π si et seulement si, arg (z − 2 + i) = π

On en déduit alors que
6
modulo 2π ou arg (z − 2 + i) = 5π
6
modulo 2π ou arg (z − 2 + i) =

2
modulo 2π.

L'ensemble cherché est donc la réunion de trois demi-droites AB, AC et AD privées de A


telles que :



\ −→ π
u , AB = modulo 2π,
6


\ −→ 5π
u , AC = modulo 2π,
6


\ −−→ 3π
u , AD = modulo 2π.
2

Exercice 4.19. On considère la suite de nombres complexes (Zn )n∈N dénie pour tout
entier naturel n par Z0 = (1 + i) et Zn+1 = 1+i
2
Zn . On note Mn le point du plan d'axe
Zn .

1) Pour tout entier naturel n, le point Mn appartient au cercle de centre 0 et de rayon 2.

2) Pour tout entier naturel n, le triangle OMn Mn+1 est équilatéral.

3) La suite (Un )n∈N dénie par Un = |Zn | est convergente.


Zn+1 −Zn
4) Pour tout entier naturel n, un argument de Zn
est π2 .

Parmi ces quatre réponses, donner celles qui sont vraies et celles qui sont fausses en
justiant vos réponses.

Corrigé.
1+i √
2
Pour tout entier naturel n, |Zn+1 | = 1+i
2
Z n
= |Zn | =
2 2
|Zn | . √
Alors, la suite (|Zn |)n∈N

2 2
est donc une suite de nombres réels positifs géométrique de raison , comme 0 < < 1,
2 2
on sait que (Un )n∈N est convergente, de limite égale à 0. Donc, (3) est une bonne réponse.

2

2 √
On note queZ1 = 1+i Z0 = (1+i) et |Z1 | = (1+i) = 1
|1 + i|2 = 1 6= 2 = |Z0 | , et aussi

2 2 2 2
6 OM1 . Donc les réponses
OM0 = (1) et (2) sont eectivement fausses.

84
1+i √
Zn+1 −Zn Zn −Zn 2 i 3π
D'autre part,
Zn
= 2
Zn
= 1+i
2
− 1 = −1+i
2
= 2
e 4 . Donc un argument de
Zn+1 −Zn 3π
est et la réponse (4) est eectivement fausse.
Zn 4

Exercice 4.20. Soit A, B, C trois points du plan complexe d'axes respectives : zA =


−1 − i, zB = 2 − 2i et zC = 1 + 5i. On pose Z = zzBC −z A
−zA
. Parmi les réponses suivantes,
donner celles qui sont vraies et celles qui sont fausses en justiant vos réponses.

1) Z est un nombre réel.

2) Le triangle ABC est isocèle en A.

3) Le triangle ABC est rectangle en A.

4) Le point M d'axe Z appartient à la médiatrice du segment [BC].

Corrigé.
On a :
zC − zA (1 + 5i) − (−1 − i) 2 + 6i 2i (3 − i)
Z= = = = = 2i.
zB − zA (2 − 2i) − (−1 − i) 3−i 3−i

Donc Z n'est pas réel et la réponse (1) est fausse. D'autre part,


AC zC − zA
= = |2i| = 2,
AB zB − zA

donc AC 6= AB. La réponse (2) est fausse.

Ensuite,

M B = |zB − Z| = |2 − 2i − 2i| = |2 − 4i| = 2 5,

et

M C = |zc − Z| = |1 + 5i − 2i| = |1 + 3i| = 10

Donc, M B 6= M C et la réponse (4) est fausse. La bonne réponse est la réponse (3).
−→
Vérions le. Z−→ = zB − zA = 3 − i ou encore les coordonnées du vecteur AB sont (3, −1),
AB
−→
Z−→ = zC − zA = 2 + 6i ou encore les coordonnées du vecteur AC sont (2, 6), ainsi
AC
−→ −→ −→ −→
[Link] = (3, −1).(2, 6) = 3 × 2 + (−1) × 6 = 0, c'est à dire les vecteurs AB et AC sont
perpendiculaires. La proposition (3) est eectivement vraie.

Exercice 4.21. On considère la fonction complexe f (z) = Z = 12 z + z1 .




1) Donner le domaine de dénition de f.

2) En écrivant z = ρeiθ avec ρ > 0, θ ∈ R, et Z = X + iY, donner les expressions de X et


Y en fonction de ρ et θ.

85
4 Exercices corrigés
3) Quelle est l'image du cercle Γ de centre l'origine et de rayon R ≥ 1, par la transformation
f?

Corrigé.

1) f est dénie pour tout z complexe non nul donc sur C {0} .

1 1
2) Si z = x + iy = ρeiθ = ρ(cos θ + i sin θ) avec ρ = |z| et θ = arg(z), on a
z
= ρeiθ
=
1 −iθ
ρ
e = ρ1 (cos θ − i sin θ) et :
 
1 1
Z = X + iY = ρ(cos θ + i sin θ) + (cos θ − i sin θ)
2 ρ
    
1 1 1
= ρ+ cos θ + i ρ − sin θ) .
2 ρ ρ

Donc :

 
1 1
X = ρ+ cos θ,
2 ρ
 
1 1
Y = ρ− sin θ).
2 ρ

3) Dans cette situation le module ρ est constant égal à R. Si R = 1, Y = 0 et X = cos θ et


décrit l'intervalle [−1, 1]. Donc l'image du cercle unité par f est l'ensemble :

{X + iY : Y = 0 et − 1 ≤ X ≤ 1} .

1 1

Supposons R > 2 (le lecteur traitera le cas 0 < R < 1). On pose a = R+ et
2 R
b = 21 R − R1 , a et b sont des constantes réelles strictement positives et :



X = a cos θ
.
Y = b sin θ

X2
Y2
Ce qui donne
a2
b2
= cos2 θ + sin2 θ = 1 et qui montre que l'image du cercle de centre
+
O et de rayon R par l'application f est une ellipse de grand axe 2a = R + R1 et de petit
1

axe 2b = R −
R
et de foyers les points (c, 0), et (−c, 0) avec c = a2 − b2 = 1.

Exercice 4.22. Si z, z1 , z2 ∈ C, montrer que ez1 ez2 = ez1 +z2 , |ez | = ex si z = x + iy et


z+2kπi z
e = e , k ∈ Z.

Corrigé.

86
1) Par dénition ez = ex (cos y + i sin y) si z = x + iy. Donc si z1 = x1 + iy1 et z2 = x2 + iy2 ,
on a :

ez1 ez2 = ex1 (cos y1 + i sin y1 ) ex2 (cos y2 + i sin y2 )


= ex1 ex2 (cos y1 + i sin y1 ) (cos y2 + i sin y2 )
= ex1 +x2 [(cos y1 cos y2 − sin y1 sin y2 )]
+ex1 +x2 [i (cos y1 sin y2 + sin y1 cos y2 )]
= ex1 +x2 (cos(y1 + y2 ) + i sin (y1 + y2 )) = ez1 +z2

car z1 + z2 = (x1 + x2 ) + i (y1 + y2 ) .

2)
|ez | = |ex (cos y + i sin y)| = |ex | |cos y + i sin y| = ex

p
car |eiy | = |cos y + i sin y| = cos2 y + sin2 y = 1.

z+2kπi
3) D'après la question (1), e = ez e2kπi = ez (cos 2kπ + i sin 2kπ) = ez . Ce qui montre
z
que la fonction e est 2kπi périodique, en particulier elle a la période 2πi.

Exercice 4.23. Si z, z1 , z2 ∈ C, montrer que sin2 z + cos2 z = 1, eiz = cos z + i sin z, e−iz =
cos z − i sin z = e1z , sin (z1 + z2 ) = sin z1 cos z2 + cos z1 sin z2 , cos (z1 + z2 ) = cos z1 cos z2 −
sin z1 sin z2 .

Corrigé.
eiz −e−iz eiz +e−iz
1) Par dénition, sin z = 2i
et cos z = 2
. Donc,
2  iz 2
eiz − e−iz e + e−iz

2 2
sin z + cos z = +
2i 2
−2iz
e + 2 + e−2iz
 2iz   2iz 
e −2+e
= − +
4 4
2iz −2iz 2iz −2iz
e +2+e −e +2−e
= = 1, ∀z ∈ C.
4

2) On a eiz − e−iz = 2i sin z et eiz + e−iz = 2 cos z, par addition et soustraction de ces deux
identités, on a respectivement :

2eiz = 2 cos z + 2i sin z


2e−iz = 2 cos z − 2i sin z

ainsi eiz = cos z + i sin z et e−iz = cos z − i sin z, ∀z ∈ C.


1 1 cos z − i sin z
= =
eiz cos z + i sin z (cos z + i sin z) (cos z − i sin z)
cos z − i sin z
= = cos z − i sin z = e−iz .
cos2 z + sin2 z

87
4 Exercices corrigés
3)

ei(z1 +z2 ) − e−i(z1 +z2 ) eiz1 eiz2 − e−iz1 e−iz2


sin (z1 + z2 ) = =
2i 2i
(cos z1 + i sin z1 ) (cos z2 + i sin z2 ) − (cos z1 − i sin z1 ) (cos z2 − i sin z2 )
=
2i
cos z1 cos z2 − sin z1 sin z2 − cos z1 cos z2 + sin z1 sin z2
=
2i
cos z1 sin z2 + sin z1 cos z2 + cos z1 sin z2 + sin z1 cos z2
+i
2i
cos z1 sin z2 + sin z1 cos z2 + cos z1 sin z2 + sin z1 cos z2
=
2
= cos z1 sin z2 + sin z1 cos z2 , ∀z1 , z2 ∈ C.

4)

ei(z1 +z2 ) + e−i(z1 +z2 ) eiz1 eiz2 + e−iz1 e−iz2


cos (z1 + z2 ) = =
2 2
(cos z1 + i sin z1 ) (cos z2 + i sin z2 ) + (cos z1 − i sin z1 ) (cos z2 − i sin z2 )
=
2
cos z1 cos z2 − sin z1 sin z2 + cos z1 cos z2 − sin z1 sin z2
=
2
cos z1 sin z2 + sin z1 cos z2 − cos z1 sin z2 − sin z1 cos z2
+i
2
= cos z1 cos z2 − sin z1 sin z2 , ∀z1 , z2 ∈ C.
Exercice 4.24. Montrer que pour tout z ∈ C, sin(−z) = − sin z, cos(−z) = cos z et
tan(−z) = − tan z.

Corrigé.
ei(−z) − e−i(−z) e−iz − eiz e − e−iz
 iz 
sin(−z) = = =− = − sin z,
2i 2i 2i
ei(−z) + e−i(−z) e−iz + eiz eiz + e−iz
cos(−z) = = = = cos z,
2 2 2
sin(−z) − sin z
tan(−z) = = = − tan z.
cos(−z) cos z
Exercice 4.25. Montrer que les zéros des fonctions complexes sin z et cos z sont tous réels
et déterminer leurs valeurs.

Corrigé.
iz −iz
1) Sisin z = e −e
2i
= 0, alors eiz − e−iz = 0 ou bien eiz = e−iz ou encore ei2z = 1 = ei2kπ ,
k ∈ Z. D'où, 2iz = 2kπi et zk = kπ, k ∈ Z, sont les zéros de sin z.
iz +e−iz
2) Si cos z = e 2
= 0, on a eiz = −e−iz et ei2z = −1 = ei(2k+1)π , k ∈ Z. Donc

zk = (2k+1)π 1

2iz = (2k + 1)πi et
2
= k + 2
π, k ∈ Z, sont les zéros de cos z.

88
Exercice 4.26. 1) Soient z = ew avec z = reiθ = r(cos θ + i sin θ) et w = u + iv et
0 ≤ θ < 2π ou −π ≤ θ < π. Montrer que u = log r et v = θ + 2kπ, k ∈ Z.

2) Déterminer les valeurs de log(1 − i). Quelle est sa détermination principale.

Corrigé.
1) De z = r(cos θ + i sin θ) = ew = eu+iv = eu eiv = eu (cos v + i sin v) , on obtient par
identication des parties réelles et imaginaires :


eu cos v = r cos θ
.
eu sin v = r sin θ

u 2 u 2 2 2u
En prenant les carrées de ces égalités on trouve (e cos v) +(e sin v) = r donc e = r2 ou
eu = r et u = log r, r > 0. En reportant dans le système précédent on a aussi r cos v = r cos θ
etr sin v = r sin θ, soit cos v = cos θ et sin v = sin θ d'où v = θ + 2kπ, k ∈ Z. Finalement,
w = u + iv = log r + i (θ + 2kπ) , k ∈ Z.

Si z = ew on pose w = log z. log z = log r + i (θ + 2kπ) , k ∈ Z est une fonction


Ainsi,
complexe multiforme. Autrement dit, on a pour z 6= 0, log z = log |z| + i (arg(z) + 2kπ) ,
k ∈ Z. Ainsi, chaque nombre complexe z 6= 0 possède un ensemble inni de logarithmes.
Le logarithme est donc une fonction à une innité de déterminations ou de branches. Sa
partie réelle est dénie de manière unique, sa partie imaginaire à un terme additif multiple
de 2π près. La fonction uniforme déduite de log z pour k=0 est appelée la détermination
principale du logarithme complexe.

√ π √
z = 1−i = 2e−i 4 , on a log(1−i) = log 2+i − π4 + 2kπ , k ∈ Z. La détermination

2) Si
1
principale est
2
log 2 − i π4 obtenue pour k = 0.

Exercice 4.27. Montrer que la fonction f (z) = log z a un point de branchement en z = 0.

Corrigé.
Chaque point du demi-axe réel négatif, aussi bien que l'origine, est un point singulier de
la branche principale de la fonction logarithme. Le demi-axe réel négatif est la coupure de
la branche principale. Un point singulier commun à toutes les coupures pour une fonction
multiforme est appelé un point de branchement. L'origine est un point de branchement
pour la fonction logarithme.

En eet, on a log z = log r + iθ si z = reiθ , 0 ≤ θ < 2π ou −π ≤ θ < π . Supposons que


l'on parte du point z1 6= 0 du plan complexe avec |z1 | = r1 > 0 = 0 et arg(z1 ) = θ1 ∈
[−π, π[, on a donc log z1 = log r1 + iθ1 . Alors après un tour complet autour de l'origine
dans le sens direct, on trouve en revenant en z1 , r = r1 et θ = θ1 + 2π si bien que
log z1 = log r1 + i (θ1 + 2π). Nous sommes donc sur une autre branche de la fonction et
ainsi de suite, donc z = 0 est un point de branchement. Des tours supplémentaires autour
de l'origine nous conduirons à d'autres branches et (ce qui n'est pas le cas des fonctions
√ 1
telles que z ou z5) nous ne reviendrons jamais à la branche initiale.

89
4 Exercices corrigés

Exercice 4.28. On considère la fonction détermination principale de w = log z, z = x+iy


et w = u + iv . Montrer que :

1) les cercles centrés à l'origine dans le plan de la variable z sont transformés en droites
parallèles à l'axe des y dans le plan de la variable w,

2) les droites issues de l'origine dans le plan de la variable z sont transformés en droites
parallèles à l'axe des u dans le plan de la variable w,

Illustrer ces résultats graphiquement.

Corrigé.
On a w = u + iv = log z = log r + iθ où r = |z| > 0 et θ = arg z, 0 ≤ θ < 2π, donc u = log r
et v = θ.

1) Les cercles centrés à l'origine et ayant pour rayon a, ont pour équation |z| = a. Ils
sont transformés par le logarithme principal en w = log a + iv en les droites du plan de la
variable w d'équations u = log a.

2) Les droites ou rayons issus de l'origine dans le plan de la variable z (en pointillé dans la
gure) ont pour équation θ = α. Ces droites sont transformées en les droites du plan de la
variable w ayant pour équation v = 0 (en pointillé).

90
Exercice 4.29.

1) Calculer log i et log(−1 + i 3).

2) Montrer que log(1+i)2 = 2 log(1+i) mais log(−1+i)2 6= 2 log(−1+i), en détermination


principale.

Corrigé.
π π
+ 2kπ = 2k + 12 πi, k ∈ Z.
 
1) |i| = 1, arg(i) = 2
+ 2kπ, k ∈ Z, donc log i = ln 1 + i 2

√ √ 
−1 + i 3 = 2 et arg −1 + i 3 = 2π .
√ i 2π

3
1

Donc −1 + i 3 = 2e 3 et log(−1 + i 3) = ln 2 + 2 k + πi, k ∈ Z.
3

√ π π √
2) 1 + i = 2ei 4 et (1 + i)2 = 2i = 2ei 2 donc log (1 + i) = ln 2 + i π4 = ln 2
2
+ i π4 et
log(1 + i)2 = ln 2 + i π2 = 2 ln22 + i π4 = 2.
√  √2 √  √ 3π π
Notons que −1 + i = 2 − 2 + i 22 = 2ei 4 . (−1 + i)2 = −2i = 2e−i 2 éviter l'écriture

i 3π
(−1 + i)2 = 2e car ce choix de l'argument nous place dans la deuxième
2 branche (− π2 +
2π = 2 ). Donc log (−1 + i) = ln22 + i 3π

4
2 π
et ln(−1 + i) = ln 2 − i . Ainsi,
2

3π π
6= ln 2 − i = ln(−1 + i)2 .
2 log (−1 + i) = ln 2 + i
2 2
Exercice 4.30. Montrer que l'ensemble des valeurs de log i1/2 est le même que celui de

1
2
log i. Mais l'ensemble des valeurs de log (i2 ) n'est pas identique à celui de 2 log i.

Corrigé.
1)
 log i
    1 
1/2 1
(ln|i|+i arg(i)) (0+i( π2 +2kπ))

log i = log e 2 = log e 2 = log e 2

π π
= log ei( 4 +kπ) = i( + kπ) + i2πl, k, l ∈ Z

4
π
= i( + pπ), p ∈ Z,
4

puisque n + 2m prend toutes les valeurs de Z lorsque n et m parcourent Z. D'autre part,


1 1 π
log i = (ln |i| + i arg(i)) = i( + kπ), k ∈ Z.
2 2 4

1

Donc l'ensemble des valeurs de log i1/2 coïncide avec l'ensemble des valeurs de
2
log i.

2) log (i2 ) = log(−1) = i(π + 2kπ), k ∈ Z. 2 log(i) = 2 (ln |i| + i (arg(i) + 2nπ)) =
π
2i 2 + 2nπ = i (π + 4nπ) , n ∈ Z. Comme {2kπ : k ∈ Z} 6= {4nπ : n ∈ Z} , alors
log (i2 ) 6= 2 log(i).

91
4 Exercices corrigés
Exercice 4.31. Montrer que pour tout n ∈ Z, on a :

1) (1 + i)i = exp − π4 + 2nπ exp i


 
2
ln 2 .

1
2) (−1) π = exp ((2n + 1)i) .

Corrigé.
1)

 
i i log(1+i) i π
i[ln|1+i|+i(arg(1+i)+2kπ)]
(1 + i) = e =e = exp ln 2 − + 2kπ ,
2 4
 π    ln 2  
ln 2

(1 + i)i = exp − + 2kπ cos + i sin , k ∈ Z.
4 2 2

2)

   
1 1 1
(−1) π = exp log(−1) = exp (ln |−1| + i(π + 2kπ) ,
π π
 
1 (π + 2kπ)
(−1) π = exp i = e(2k+1)i , k ∈ Z.
π

Exercice 4.32. On appelle détermination principale de arcsin z et arg tanh z celle qui
vérife arcsin 0 = 0, respectivement arg tanh 0 = 0. Montrer que :

1  √ 
log iz + 1 − z 2 ,
arcsin z =
i  
1 1+z
arg tanh z = log .
2 1−z

Corrigé.
iw −iw
1) Si w = arcsin z, alors z = sin w = e −e
2i
d'où e
iw
− 2iz − e−iw = 0 ou bien e2iw −
2ize − 1 = 0, c'est une équation du second degré en eiw de discriminant ∆ = −4z 2 + 4 et
iw

de solutions : √
iw 2iz ± 4 − 4z 2 √ √
e = = iz ± 1 − z 2 = iz + 1 − z 2 ,
2

√ √
où 1 − z2 tient lieu de ± 1 − z2. D'autre part, eiw = ei(w−2kπ) , k ∈ Z. Alors,

i(w−2kπ)
√ 1  √ 
e = iz + 1− z 2 ou 2
w = 2kπ + log iz + 1 − z , k ∈ Z.
i

La branche pour laquelle w=0 pour z=0 est obtenue en donnant à k la valeur 0, et l'on
trouve le résultat demandé.

92
w −w
2) Si w = arg tanh z, on a z = tanh w = cosh sinh w
w
= eew −e
+e−w
w
et alors e − e
−w
= z (ew + e−w ) ,
w −w 2w 1+z
soit (1 − z)e = (1 + z)e ou e = 1−z .
De plus, e
2w
=e2(w−kπi)
, k ∈ Z, alors e 2(w−kπi)
= 1+z
1−z
ou bien

 
1 1+z
w = kπi + log .
2 1−z

w = arg tanh z = 12 log 1+z



La branche principale est obtenue pour k = 0, donc
1−z
.

Exercice 4.33.
4 −2z 3 +8z 2 −2z+5
Montrer en utilisant la dénition de la limite que lim 3z z−i
=
z→i
4 + 4i.

Corrigé.

On doit montrer : ∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀z ∈ C, 0 < |z − i| < δ, on ait


3z4 −2z3 +8z2 −2z+5
− (4 + 4i) < ε. Comme z 6= i, on a en cherchant δ ≤ 1 :

z−i
4
3z − 2z 3 + 8z 2 − 2z + 5
4
3z − 2z 3 + 8z 2 − 2z + 5 − (4 + 4i)(z − i)


− (4 + 4i) =

z−i z−i
4
3z − 2z 3 + 8z 2 − 2z + 5 − 4z − 4iz + 4i − 4

=
z−i
4
3z − 2z 3 + 8z 2 − (6 + 4i)z + 4i + 1

=
z−i
3
= 3z + (−2 + 3i)z 2 + (5 − 2i)z − 4 + i

= 3z 2 + (−2 + 6i)z − 1 − 4i |z − i|
= 3 (z − i + i)2 + (−2 + 6i) (z − i + i) − 1 − 4i |z − i|

= 3 (z − i)2 + (−2 + 12i) (z − i) − 10 − 6i |z − i|


< δ 3 |z − i|2 + |−2 + 12i| |z − i| + |−10 − 6i|


 
h √ √ i
< δ 3 + 2 37 + 2 34

En prenant pour δ le plus petit des deux nombres 1 et √ ε √ , on trouve le résultat


[3+237+2 34]
demandé.

Exercice 4.34. Calculer les expressions suivantes à l'aide des théorèmes sur les limites.

1) lim (−2 + 3i)z 2 + (5 − 2i)z − 4.


z→1+i

2) lim (2z+3)(z−1)
2 .
z→−2i z −2z+4

z 3 +8
3) lim π z 4 +4z 2 16
.
z→−2ei 3

z 2 + 2z si z 6= i

4) lim f (z) où f (z) = .
z→−i 3 + 2i si z = i

93
4 Exercices corrigés
Corrigé.
1)

lim (−2 + 3i)z 2 + (5 − 2i)z − 4 = lim (−2 + 3i)z 2 + lim (5 − 2i)z − lim 4
z→1+i z→1+i z→1+i z→1+i
2
= (−2 + 3i) lim z + (5 − 2i) lim z − 4
z→1+i z→1+i
2
= (−2 + 3i)(1 + i) + (5 − 2i)(1 + i) − 4
= 2(−2 + 3i)i + 7 + 3i − 4 = −3 − i.

2)

(2z + 3)(z − 1) lim (2z + 3)(z − 1) lim (2z + 3) lim (z − 1)


z→−2i z→−2i z→−2i
lim = =
z→−2i z 2 − 2z + 4 lim z2 − 2z + 4 4i
z→−2i
(−4i + 3)(−2i − 1) −11 − 2i −2 + 11i
= = = .
4i 4i 4

3) Dans ce cas le numérateur et le dénominateur tendent simultanément vers 0, les théo-


rèmes sur les limites ne s'appliquent donc pas directement. On procède par factorisation

du numérateur et du dénominateur à l'aide de (z − 2e 3 ), on a :

π 5π
z3 + 8 (z + 2)(z − 2ei 3 )(z − 2ei 3 )
lim = lim π 2π 4π 5π
z→−2ei 3
π
z 4 + 4z 2 16 z→−2ei 3
π
(z − 2ei 3 )(z − 2ei 3 )(z − 2ei 3 )(z − 2ei 3 )

(z + 2) 2ei 3 + 2
= lim 2π 4π = π 2π π 4π
z→−2ei 3
π
(z − 2ei 3 )(z − 2ei 3 )
(2ei 3 − 2ei 3 )(2ei 3 − 2ei 3 )
2π √
1 ei 3 + 1 8 3
= = − i.
2 (ei π3 i 2π i π
i 4π
− e 3 )(e 3 − e 3 ) 3 8

4) lim f (z) = lim f (z) = lim z 2 + 2z = (−i)2 + 2(−i) = −1 − 2i. On remarque que
z→−i z→−i, z6=−i z→−i
lim f (z) = −1 − 2i 6= 3 + 2i = f (i), c'est à dire que f admet une limite au point −i sans
z→−i
être continue en ce point.


Exercice

4.35. Si l'on ne √considère que la branche de f (z) = z 2 + 3 pour laquelle
3, montrer que lim zz−1
2 +3−2
f (0) = = 21 .
z→1

Corrigé.

√  21
= e 2 log(z +3) = e 2 [ln|z +3|+i(arg(z +3)+2kπ)] , k ∈ Z,
1 2 1 2 2
f (z) = z2 + 3 = z2 + 3
1 √ √
f (0) = e 2 [ln 3+i(arg(3)+2kπ)] = 3eikπ = 3, k = 0.

94
f (z) = e 2 [ln|z |+i arg(z2 +3)] .
1 2 +3
La détermination dans ce cas de f (z) est

√ [ ln|z 2 +3|+i arg(z 2 +3)]


1 log(z 2 +3)
z2+3−2 e 2 −2 e 2 −2
lim = lim = lim
z→1 z−1 z→1 z−1 z→1 z−1
( ) ( )
 log z2 +3   log z2 +3 
e 2 −2 e 2 +2
elog(z +3) − 4
2

= lim   = lim  
z→1 log(z 2 +3) z→1 log(z 2 +3)
(z − 1) e 2 +2 (z − 1) e 2 +2

z2 − 1 z+1 2 1
= lim   = lim   = log 4 = .
z→1 2
log(z +3) z→1 2
log(z +3)
e 2 +2 2
(z − 1) e 2 +2 e 2 +2

Exercice 4.36.
1) Montrer qu'une fonction f (z) : D −→ C, D ouvert de C, est continue au point z0 =
x0 + iy0 si et seulement si ses parties réelle et imaginaire sont continues au point (x0 , y0 ).

2) Vérier que les fonctions f (z) = z, g(z) = z n = (x + iy)n , n ∈ N∗ et h(z) = 1


z
sont
continues sur leurs domaines de dénition.

Corrigé.
1) Pour tout z = x + iy ∈ D, on écrit f (z) = u(x, y) + iv(x, y), on a alors :
q
|f (z) − f (z0 )| = (u(x, y) − u(x0 , y0 ))2 + (v(x, y) − v(x0 , y0 ))2 ,
|u(x, y) − u(x0 , y0 )| ≤ |f (z) − f (z0 )| et |v(x, y) − v(x0 , y0 )| ≤ |f (z) − f (z0 )| .

Puisque f est supposée continue en z0 = x0 +iy0 , alors ∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀z ∈ D, |z − z0 | < δ,


on ait |f (z) − f (z0 )| < ε. Par conséquent, il existe δ >q
0 tel que pou tout (x, y), (x0 , y0 ) ∈
D, vériant k(x, y) − (x0 , y0 )k = k(x − x0 , y − y0 )k = (x − x0 )2 + (y − y0 )2 = |z − z0 | <
δ, on a :

|u(x, y) − u(x0 , y0 )| ≤ |f (z) − f (z0 )| < ε et |v(x, y) − v(x0 , y0 )| ≤ |f (z) − f (z0 )| < ε.

D'où la continuité de u(x, y) et v(x, y) en (x0 , y0 ).

Remarquons que la réciproque de ce résultat est aussi vraie, c'est à dire si la partie réelle
et la partie imaginaire de f (z) sont continues en un point de D alors f est aussi continue
en ce point.

2) On a si z = x + iy ∈ D,

f (z) = z = x − iy, u(x, y) = x et v(x, y) = −y,

u et v sont des monômes continues sur R2 donc f est continue sur C.

95
4 Exercices corrigés
n
X
g(z) = z n = (x + iy)n = Cnk xn−k y k ik .
k=0

n  n 
Cnk xn−k y k Re ik Cnk xn−k y k Im ik
P P
u(x, y) = et v(x, y) = , comme
k=0 k=0


 1 si k = 4q
i si k = 4q + 1

ik =

 −1 si k = 4q + 2
−i si k = 4q + 3

on en déduit que u et v sont des fonctions polynômiales continues sur R2 et alors la fonction
complexe g est continue en tout point de C.

1 1 x − iy x −y
h(z) = = = = 2 2
+i 2 .
z x + iy (x + iy) (x − iy) x +y x + y2

x −y
u(x, y) = x2 +y 2 et v(x, y) = x2 +y 2 sont des fractions rationnelles continues sur R2  {(0, 0)}
et h est continue sur C {0} .

Exercice 4.37.
4 3 2
La fonction f (z) = 3z −2z z−i
+8z −2z+5
est-elle continue au point z = i ?.
Sinon, peut-on prolonger f par continuité au point i ?.

Corrigé.
f (i) n'existe pas dénie au point z = i, donc f (z) ne peut être continue en z = i.

Remarquons que f admet une limite en z=i car

3z 4 − 2z 3 + 8z 2 − 2z + 5
lim f (z) = lim = lim 3z 3 + (−2 + 3i)z 2 + (5 − 2i)z + 5i
z→i z→i z−i z→i
= −3i + 2 − 3i + 5i + 2 + 5i = 4 + 4i.

cela nous permet de prolonger par continuité la fonction f en z = i, par :

4 3 2 −2z+5
f (z) = 3z −2z z−i
 +8z
si z ∈ C {i}
g(z) =
4 + 4i si z = i

g est continue sur C appellée le prolongement par coninuité de f à C.


Exercice 4.38. Montrer que
1
1 + z + z 2 + ... + z n + ... = si |z| < 1.
1−z


Étudier la convergence uniforme de la série à termes complexe zn.
P
n=0

96
Corrigé.
1) Posons Sn (z) = 1 + z + z 2 + ... + z n , alors :

zSn (z) = z + z 2 + ... + z n + z n+1 ,

n+1
etSn (z) − zSn (z) = 1 − z n+1 . Donc (1 − z)Sn (z) = 1 − z n+1 ou bien Sn (z) = 1−z
1−z
. Si
n+1
maintenant z est à l'intérieur du disque unité ouvert, |z| < 1 on a lim |z| = 0 comme
n→+∞
n+1
limite d'une suite géométrique réelle de raison |z| < 1. Or, puisque |z| = |z n+1 | , on en
n
déduit que la suite géométrique complexe z de raison z converge aussi vers 0 dans C si
n+1
|z| < 1. Par conséquent, lim Sn (z) = lim 1−z 1−z
1
= 1−z si |z| < 1, ce qui exprime que
n→+∞ n→+∞

z n de raison z, est absolument convergente dans le disque unité
P
la série géométrique
n=0
1
ouvert de C de somme égale à si |z| < 1.
1−z

2) Une série entière converge normalement (et donc uniformément) sur tout disque fermé
inclus dans son disque de convergence, et plus généralement sur tout compact, inclus dans

z n converge uniformément dans tout disque
P
son disque de convergence. Ainsi la série
n=0
compact D(0, r) = {z ∈ C : |z| ≤ r} , r < 1.

Exercice 4.39. Montrer que si |a| < 1, on a :

1 − a cos θ
1 + a cos θ + a2 cos 2θ + ... + an cos nθ + ... =
1 − 2a cos θ + a2
1 − a sin θ
a sin θ + a2 sin 2θ + ... + an sin nθ + ... =
1 − 2a cos θ + a2

Corrigé.

z = aeiθ , zn
P
Posons alors |z| = |a| < 1 donc la série géométrique est convergente de
n=0
1
somme égale à
1−z
.

∞ ∞ ∞ ∞
iθ n
X X X X
n n inθ
an (cos nθ + i sin nθ)

z = ae = a e =
n=0 n=0 n=0 n=0
1
= ,
1 − a (cos θ + i sin θ)

X (1 − a cos θ) + ia sin θ
an (cos nθ + i sin nθ) =
n=0
[(1 − a cos θ) − ia sin θ] [(1 − a cos θ) + ia sin θ]
(1 − a cos θ) sin θ
= 2 +i
2
(1 − a cos θ) + a2 sin θ (1 − a cos θ)2 + a2 sin2 θ

Or, une série complexe est convergente si et seulement si sa partie réelle et sa partie

97
4 Exercices corrigés
imaginaire convergent, ce qui permet d'écrire :

X ∞
X ∞
X
an (cos nθ + i sin nθ) = an cos nθ + i an sin nθ
n=0 n=0 n=0
(1 − cos θ) sin θ
= 2
+i .
1 − 2a cos θ + a 1 − 2a cos θ + a2

On obtient le résultat demandé en identiant les parties réelles et imaginaires.

Exercice 4.40. Trouver le rayon de convergence R des séries entières suivantes :


+∞ +∞ +∞ +∞ +∞ +∞
zn zn n!z n
1) 2) 3) 4) (n2 + an ) z n , a ∈ C, 5) (sin n) z n , 6) 2n z n! , 7)
P P P P P P
n!
, n
, nn
,
n=0 n=1 n=0 n=0 n=1 n=0
αn si n est pair
+∞

an z n où an = et α, β ∈ C. Étudier le cas particulier où α = 2 et
P
n=0 β n si n est impair
β = 3.

Corrigé.

1) La règle de d'Alembert entraîne que R = 1
où l = lim an+1 où an = 1
. Donc

l n→+∞ an n!
n! 1
l = lim = lim n+1 = 0 et R = +∞, la série est absolument convergente dans C
n→+∞ (n+1)! n→+∞
En fait on sait que la somme de cette série entière est la fonction exponentielle complexe.

2) La règle de d'Alembert entraîne que R=1 et la série converge dans le disque ouvert
D(0, 1) de centre 0 et de rayon 1.

3) La règle de d'Alembert entraîne que R=e et la série converge dans le disque ouvert
D(0, e) de centre 0 et de rayon e.

+∞
n2 z n a ∈ C∗ ,
P
4) Si a = 0, la série entière a pour rayon de convergence R = 1. Si
n=0
+∞
(n2 + an ) z n
P
la série entière peut être étudiée comme étant la somme des deux séries
n=0
+∞ +∞
n2 z n an z n
P P
entières et qui ont les rayons de convergences respectifs R1 = 1 et R2 =
n=0 n=0
+∞
1
(n2 + an ) z n
P
|a|
. Le rayon de convergence de la série est alors R = min (R1 , R2 ) =
  n=0
1
min 1, |a| .

+∞
|(sin n) z n | ≤ |z|n
P
5) L'inégalité entraîne que R ≥ 1, et la divergence de la série sin n,
n=1
puisque le terme général sin n n'a pas de limite à l'inni, montre enn que R = 1.
un+1 (z) n+1 (n+1)! (n+1)n!
6) Posons un (z) = 2n z n! . Pour z 6= 0, on a = 2 2nzzn! = 2 z
un (z) z n!
= 2z nn! . Il vient
que : 

un+1 (z)  0 si |z| < 1
nn!
un (z) = 2 |z|
−→ 2 si |z| = 1
n→+∞ 
+∞ si |z| > 1

98
Par suite R = 1.

7) On a :

p
n |α| si n est pair
|an | =
|β| si n est impair

1
La règle de Hadamard entraîne que
R
= max(|α| , |β|).

Si α = 2
et β = 3, alors le rayon de convergence de la série est donné par la règle de
1
Hadamard
R
= max(2, 3) = 3 et R = 31 .

Exercice 4.41. Soit f une fonction holomorphe non constante sur C. On note u et v les
deux applications de R2 dans R qui à (x, y) ∈ R2 associent u(x, y) = Re (f (x + iy)) et
v(x, y) = Im (f (x + iy)) .

Parmi les armations suivantes lesquelles sont vraies, lesquelles sont fausses et pourquoi ?

1) u et v sont continûment diérentiables.

2) u et v sont holomorphes.

3) ∂u
∂x
= ∂v
∂x
.

4) ∂u
∂x
= ∂v
∂y
.

5) ∂u
∂y
∂v
= − ∂x .

6) ∂u
∂x
∂v
= − ∂x .

7) |f |2 est holomorphe sur C.

8) f 2 est holomorphe sur C.


2
9) f est holomorphe sur C.

10) 1
f2
est holomorphe sur C.

Corrigé.
f est holomorphe sursi et seulement si u et v sont de classe
C C1 sur R2 et vérient les
∂u ∂v ∂u ∂v 2
équations de Cauchy-Riemann
∂x
= ∂y et
∂y
= − ∂x sur R .

1) Vrai. C'est une condition nécessaire pour l'holomorphie de f = u + iv.

2) Faux. Si une fonction est holomorphe sur un ouvert connexe de C est à valeurs réelles,
alors elle est forcément constante. Comme f n'est pas constantes u et v ne peuvent être
simultanément constantes.

99
4 Exercices corrigés
∂u ∂v ∂u ∂v
3) Faux. On arme uniquement les égalités
∂x
= ∂y
et
∂y
= − ∂x sur R2 .

4) et 5) sont vraies, elles constituent les équations de Cauchy-Riemann.

∂u ∂v ∂u ∂v
6) Faux. On arme uniquement les égalités
∂x
= ∂y
et
∂y
= − ∂x sur R2 .

7) Faux. Même réponse que dans (2) puisque |f |2 est à valeurs réelles et non constante.

8) Vrai. f2 est le produit de deux fonctions holomorphes sur C est aussi holomorphe sur
C.
2 2
∂f
9) Faux. Si f (z) = z, alors f est holomorphe sur C par contre f (z) = z 2 et ∂z
= 2z 6= si
2
6 0, ainsi f n'est pas holomorphe sur C, elle est uniquement C-dérivable
z= en 0.

1
10) Faux.
f2
est holomorphe sur C {z ∈ C : f (z) = 0} .

Exercice 4.42. A l'aide de la dénition calculer la C-dérivée de f (z) = z 3 − 2z au point


z0 ∈ C, et au point z0 = −1.

Corrigé.
1) Par dénition, la dérivée en z0 ∈ C est :

f (z) − f (z0 ) z 3 − 2z − (z03 − 2z0 )


f 0 (z0 ) = lim = lim
z→z0 z − z0 z→z0 z − z0
3 3
z − z0 2 (z − z0 )
= lim − lim
z→z0 z − z0 z→z0 z − z0
2 2
= lim z + zz0 + z0 − 2 = 3z02 − 2.

z→z0

Alors f est C-dérivable sur C et f 0 (z) = 3z 2 − 2, ∀z ∈ C.

2) f 0 (−1) = 3(−1)2 − 2 = 1.

Exercice 4.43. Vérier que la fonction puissance f (z) = z n , n ∈ N, est partout C-


diérentiable dans C et donner sa dérivée.

Corrigé.

En eet, on a pour tout z0 ∈ C,

z n − z0n = (z − z0 ) g(z),

avec
g(z) = z n−1 + z0 z n−2 + z0n−2 z + z0n−1 .

100
Ce qui montre que :

f (z) − f (z0 ) (z − z0 ) g(z)


lim = lim = lim g(z)
z→z0 z − z0 z→z0 z − z0 z→z0
 n−1 n−2
+ z0n−2 z + z0n−1

= lim z + z0 z
z→z0

= z0n−1 + ... + z0n−1 = nz0n−1 .


| {z }
n fois

Exercice 4.44. Si f (z) = 1+z


1−z
, trouver la C-dérivée de f et déterminer en quels points f
n'est pas analytique.

Corrigé.
A l'aide de la dénition on a :

1+z+h 1+z
f (z + h) − f (z) −
f 0 (z) = lim = lim 1−z−h 1−z
h→0 h h→0 h
2 2
= lim = si z 6= 1.
h→0 (1 − z − h)(1 − z) (1 − z)2

La fonction f est C-dérivable sur C {1} donc f est analytique sur C {1}, en z=1 la
dérivée de f n'existe pas et donc pour laquelle la fonction n'est pas analytique. Le point
z=1 est un point singulier de f.
Exercice 4.45.
1) Si f est C-diérentiable en z0 alors la partie réelle u(x, y) et la partie imaginaire v(x, y)
de f (z), z = x + iy, admettent des dérivées partielles en (x0 , y0 ), z0 = x0 + iy0 , satisfaisant
les équations diérentielles de Cauchy-Riemann. Montrer que la réciproque de cette propo-
sition n'est pas vraie, c'est à dire il existe des fonctions non C-diérentiables qui admettent
des dérivées partielles vériant les équations de Cauchy-Riemann, en d'autres termes les
conditions de Cauchy-Riemann ne sont pas susantes pour assurer la dérivabilité d'une
fonction à une variable complexe.

2) Donner une condition supplémentaire pour que cette réciproque soit vraie.

Corrigé.
1) Par exemple, si l'on considère la fonction :

z2

si z 6= 0
f (z) = f (x + iy) = z
0 si z = 0

on obtient une fonction non dérivable au point z0 = 0 parce que pour tout z ∈ C, z 6= 0,
f (z)−f (0)
le taux d'accroissement
z
= zz n'a pas de limite quand z ∈ C∗ tendant vers zéro. Ce
pendant, puisque la partie réelle u(x, y) et la partie imaginaire v(x, y) de f (z) sont égales
à :

101
4 Exercices corrigés
( (
x3 −3xy 2 3x2 y−y 3
x2 +y 2
si (x, y) 6= (0, 0) x2 +y 2
si si (x, y) 6= (0, 0)
u(x, y) = et v(x, y) =
0 si (x, y) = (0, 0) 0 si (x, y) = (0, 0)

il est clair que les équations de Cauchy-Riemann sont vériées en (0, 0) car :

∂u u(x, 0) − u(0, 0) ∂u u(0, y) − u(0, 0)


(0, 0) = lim =1; (0, 0) = lim = 0,
∂x x→0 x ∂y y→0 y
∂v v(x, 0) − v(0, 0) ∂v v(0, y) − v(0, 0)
(0, 0) = lim =0; (0, 0) = lim = −1.
∂x x→0 x ∂y y→0 y

2) En plus des conditions de Cauchy-Riemann, l'hypothèse de diérentiabilité des parties


réelle et imaginaire de f (z) est essentielle pour assurer la C-dérivabilité de f (z).

Exercice 4.46. Une fonction qui est holomorphe en z0 ∈ C est C-diérentiable en z0 .


Montrer que la réciproque n'est pas toujours vraie.

Corrigé.
La fonction f (z) = f (x + iy) = x3 y 2 + ix2 y 3 a une partie réelle u(x, y) = x3 y 2 et une
2 3 2
partie imaginaire v(x, y) = x y qui sont diérentiables sur R , cependant les conditions de
 ∂u
∂x
(x, y) = 3x2 y 2 ; ∂u
∂y
(x, y) = 2x3 y
Cauchy-Riemann : ∂v ∂v ont lieu exactement aux points
∂x
(x, y) = 2xy 3 ; ∂y (x, y) = 3x2 y 2
(x, y) vériant 2x3 y = −2xy 3 , donc l'ensemble des points où f est C-diérentiable se réduit
0 0
aux deux axes des coordonnées x ox et y oy. Elle n'est donc holomorphe en aucun point
de C puisque tout voisinage d'un point des deux axes déborde forcément ces axes là où f
perd sa diérentiabilité complexe.

Exercice 4.47.
1) Si f est analytique dans un ouvert complexe D, montrer que f est continue sur D.

2) Donner un exemple montrant que la réciproque de (1) n'est pas exacte.

Corrigé.
f (z0 +h)−f (z0 )
1) Si f est analytique en z0 alors ε(h) = h
− f 0 (z0 ) tend vers 0 lorsque h → 0.
Par conséquent, on a :

f (z0 + h) − f (z0 ) = hf 0 (z0 ) + hε(h),

donc lim (f (z0 + h) − f (z0 )) = 0 ou bien lim f (z0 +h) = f (z0 ), ce qui exprime la continuité
h→0 h→0
de f en z0 .

2) La fonction f (z) = z est continue en tout point de C, mais elle n'est pas analytique et
ceci quel que soit z ∈ C, car sa partie réelle et imaginaire ne vérient pas les équations de

102
Cauchy-Riemann, u(x, y) = x, v(x, y) = −y et
 ∂u ∂v
∂x
(x, y) = 1 6= −1 = ∂y (x, y)
∂u ∂v .
∂y
(x, y) = 0 = − ∂x (x, y).

Ceci montre qu'une fonction continue n'a pas nécessairement de dérivée, et n'est pas né-
cessairement analytique.

Exercice 4.48. Démontrer que :


d z d az d d
e = ez , e = aeaz , sin z = cos z, cos z = − sin z,
dz dz dz dz
d 1 d√ 1 d 1 d 1
tan z = 2
, z= √ , log z = , arcsin z = √ ,
dz cos z dz 2 z dz z dz 1 − z2
d 1 d 1
arctan z = , arg tanh z = .
dz 1 + z 2 dz 1 − z2

Corrigé.
1) ez = ex+iy = ex eiy = ex (cos y + i sin y) = u(x, y) + iv(x, y) où u(x, y) = ex cos y et
v(x, y) = ex sin y. u et v sont de classe C ∞ sur R2 et vérient :
∂u ∂v
(x, y) = ex cos y = (x, y),
∂x ∂y
∂u ∂v
(x, y) = −ex sin y = − (x, y).
∂y ∂x

Alors les équations de Cauchy-Riemann sont satisfaites sur R2 et donc la fonction ez est
holomorphe sur C. De plus

d z ∂u ∂v
e = (x, y) + i (x, y) = ex cos y + iex sin y
dz ∂x ∂x
= e (cos y + i sin y) = ez .
x

2) D'après la règle de dérivation des fonctions composées, on a :

d az d
e = eaz (az) = aeaz .
dz dz

3) sin z = sin(x+iy) = sin x cos(iy)+cos x sin(iy) = sin x cosh y+i cos x sinh y car cos(iy) =
ei(iy) +e−i(iy) y −y i(iy) −i(iy) y −y
2
= e +e
2
= cosh y et sin(iy) = e −e 2i
= − e −e
2i
= i sinh y. D'où, u(x, y) =
∞ 2
sin x cosh y et v(x, y) = cos x sinh y sont de classe C sur R et vérient les équations de
Cauchy-Riemann :

∂u ∂v
(x, y) = cos x cosh y = (x, y),
∂x ∂y
∂u ∂v
(x, y) = sin x sinh y = − (x, y).
∂y ∂x

103
4 Exercices corrigés
Alors,

d ∂u ∂v
sin z = (x, y) + i (x, y) = cos x cosh y − i sin x sinh y
dz ∂x ∂x
= cos x cos(iy) − sin x sin(iy) = cos(x + iy) = cos z.

4)

d eiz + e−iz
   
d 1 d iz d −iz
cos z = = e + e
dz dz 2 2 dz dz
−iz
 iz 
i iz −iz
 i e −e
= e −e = (2i) = − sin z.
2 2 2i

5) D'après la règle de dérivation d'un quotient, on a :

d d
sin z − sin z dz
 
d d sin z cos z dz cos z
tan z = =
dz dz cos z cos2 z
cos2 z + sin2 z 1
= 2
= .
cos z cos2 z


6) La fonction z est multiforme (ayant 2 déterminations possibles), pour qu'elle soit
dérivable elle doit être uniforme, pour cela on doit la restreindre à une seule branche de la
racine carrée.


Considérons d'abord la branche de w= z pour laquelle w(1) = 1. Dans ce cas w2 = z et
dz d √
dw
= 2w et donc dw
dz
1
= 2w ou
dz
z = 2√1 z .


Considérons maintenant la branche w = z pour √laquelle w(1) = −1. Dans ce cas égale-
dz
2
ment on a w = z
dw
= 2w et donc dw
dz
= 1
2w
ou
d
dz
z = 2√1 z .

d √ 1
Ainsi, dans les deux cas on a
dz
z = √
2 z
. On remarquera que la dérivée n'existe pas au
point de branchement z = 0.

dz d
7) Soit w = log z . D'où z = ew dw
= ew = z . Donc dz
et log z = dw
dz
= e1w = z1 . On
remarque que le résultat est valable quelle que soit la branche de log z considérée, et que
la dérivée n'existe pas au point de branchement z = 0. De la même façon on montre que
d f 0 (z)
dz
log (f (z)) = f (z)
.

8) Utilisons la détermination principale de


√ arcsin z vériant arcsin(0) = 0, c'est à dire
arcsin z = 1i log iz + 1 − z 2 , donc


104
d d 1
  √  1 d iz + √1 − z 2 
arcsin z = log iz + 1 − z 2 = dz √ 
dz dz i i iz + 1 − z 2

 
z
1 i − 1−z2√ iz
1 + √1−z 2 1 − z 2 + iz
= √ = √ =√ √ 
i iz + 1 − z 2 iz + 1 − z 2 1 − z2 1 − z 2 + iz
1
= √ .
1 − z2

Le résultat est également vrai si l'on considère d'autres branches.

1 1+iz

9) La branche principale de arctan z est donnée par arctan z = 2i
log 1−iz
, donc :

  d 1+iz
 i(1−iz)+i(1+iz)
d 1 1 + iz 1 dz 1−iz 1 (1−iz)2
log = 1+iz
 = 1+iz

dz 2i 1 − iz 2i 1−iz
2i 1−iz
1
(1−iz)2 1 1
= 1+iz
 = = .
1−iz
(1 + iz)(1 − iz) 1 + z2

arg tanh z = 21 log 1+z



10) On considère la détermination principale
1−z
, d'où

d 1+z
 1−z+1+z
d 1 dz 1−z 1 (1−z)2 1 1
arg tanh z = 1+z
 = 1+z
 = = .
dz 2 1−z
2 1−z
(1 − z)(1 + z) 1 − z2

Exercice 4.49. En utilisant les règles de dérivations, calculer les dérivées de chacune des
fonctions suivantes :
1
f (z) = cos2 (2z + 3i) , g(z) = z arctan (log z) , h(z) = ,
arg tanh(iz + 2)
j(z) = (z − 3i)4z+2 .

Corrigé.
Les règles de dérivations des fonctions complexes sont identiques à celles des fonctions
réelles.

d d
f 0 (z) = cos2 (2z + 3i) = 2 cos (2z + 3i)

(cos (2z + 3i))
dz dz
d
= −2 cos (2z + 3i) sin (2z + 3i) (2z + 3i)
dz
= −4 cos (2z + 3i) sin (2z + 3i) = −2 sin (4z + 6i) .

d d
g 0 (z) = (z arctan (log z)) = arctan (log z) + z (arctan (log z))
dz dz
d
(log z) 1
= arctan (log z) + z dz 2 = arctan (log z) + .
1 + (log z) 1 + (log z)2

105
4 Exercices corrigés
  d
0 d 1 (arg tanh(iz + 2))
h (z) = = − dz
dz arg tanh(iz + 2) (arg tanh(iz + 2))2
 
1 1 d
= − 2 (iz + 2)
(arg tanh(iz + 2)) 1 − (iz + 2)2 dz
i
= − .
(arg tanh(iz + 2))2 (1 − (iz + 2)2 )

d d (4z+2) log(z−3i)  d
j 0 (z) = (z − 3i)4z+2 = = e(4z+2) log(z−3i) [(4z + 2) log(z − 3i)]

e
dz  dz dz 
(4z+2) log(z−3i) d d
= e (4z + 2) log(z − 3i) + (4z + 2) log(z − 3i)
dz dz
 
4z + 2
= e(4z+2) log(z−3i) 4 log(z − 3i) +
z − 3i
4z+1
= (z − 3i) (4z + 2) + 4(z − 3i)4z+2 log(z − 3i).
Exercice 4.50. Déterminer le domaine d'holomorphie des fonctions suivantes :

f (z) = |z| , g(z) = |z|2 , h(z) = |z|2 |z|2 − 2 , j(z) = sin |z|2 ,
 

k(z) = x2 + iy 2 , l(x) = z Re(z), m(z) = sin x cosh y + i cos x sinh y,


cos z
p(z) = , z = x + iy.
cos z − sin z

Corrigé.
Rappelons d'abord que si une fonction est holomorphe alors sa dérivée par rapport au
conjugué de la variable complexe z est identiquement nulle.

√ p
1) f (z) = |z| = zz = √x2 + y 2 . Onqvoit que f n'est pas C-dérivable en 0 car
lim f (h)−f
h
(0)
= lim f (h) = lim hhh = lim hh n'existe pas. Pour z ∈ C∗ , ∂f z
= 2|z| 6= 0,
h→0 h→0 h h→0 h→0 ∂z
donc f n'est holomorphe en aucun point de C.

2)g(z) = |z|2 = zz, on a


∂g
∂z
=z donc f n'est pas holomorphe sur C, par contre elle est
C-dérivable en {0} .

h(z) = |z|2 |z|2 − 2 = zz (zz − 2) ,



3) on a :

∂h
= z (zz − 2) + zzz = 2z |z|2 − 2z = 2z |z|2 − 1 .

∂z

∂h
D'où,
∂z
= 0 si et seulement si z = 0 ou |z| = 1. Ainsi h n'est pas holomorphe sur C mais
elle est uniquement C-dérivable en {0} et sur le cercle de centre 0 et de rayon 1.

j(z) = sin |z|2 = sin (zz) , ∂j 2



4) on a = z cos (zz) = z cos |z| = 0 si et seulement si
q∂z
z=0 ou |z|2 = π
2
+ kπ, donc |z| = (2k+1)
2
π, k ∈ N. Ainsi j n'est pas holomorphe sur C,
q
(2k+1)
elle est C-dérivable en {0} et sur les cercles de centre 0 et de rayons
2
π, k ∈ N.

106
5) k(z) = x2 + iy 2 posons u(x, y) = x2 et v(x, y) = y 2 . Ce sont des fonctions de classe C1
2
sur R . On a :
 ∂u ∂u
∂x
(x, y) = 2x, ∂y
(x, y) = 0
∂v ∂v .
∂x
(x, y) = 0, ∂y
(x, y) = 2y.

Les équations de Cauchy-Riemann de k sont vériées sur la première bissectrice y = x. k


n'est pas holomorphe sur C, elle est C-dérivable en tout point de la droite y = x.

z+z ∂l
= z2 ,

6) l(x) = z Re(z) = z 2
. Donc
∂z
alors l n'est C-dérivable qu'en 0 et n'est pas
holomorphe sur C.

7) m(z) = sin x cosh y + i cos x sinh y. Posons u(x, y) = sin x cosh y et v(x, y) = cos x sinh y,
1 2
alors u et v sont des fonctions C sur R et vérient les équations de Cauchy-Riemann en
2
tout point (x, y) de R :

 ∂u ∂v
∂x
(x, y) = cos x cosh y = ∂y (x, y),
∂u ∂v .
∂y
(x, y) = sin x sinh y = − ∂x (x, y).

Donc m est partout C-dérivable et donc holomorphe sur C.

cos z
8) p(z) = cos z−sin z
, Cette fonction est indépendante de z, alors sa dérivée par rapport à z
est nulle, elle est donc C-dérivable sur son domaine de dénition, c'est à dire sur l'ensemble
{z ∈ C : cos z − sin z 6= 0} . Or, cos z = sin z = cos π2 − z donc π

π
S z = 2 − z + 2kπ ou bien
z = zk = 4 + kπ, k ∈ Z. p est holomorphe sur CD ou D = {zk } .
k∈Z

Exercice 4.51. Soit f (z) = |xy| où z = x + iy . Montrer que les équations de Cauchy-
p

Riemann sont vériées au point z = 0, mais que f 0 (0) la C-dérivée de f en 0 n'existe


pas.

Corrigé.
p
Posons u(x, y) = |xy| et v(x, y) = 0. Comme u(x, 0) = u(0, y) = u(0, 0) = 0 alors les
équations de Cauchy-Riemann sont vériées en 0 :

∂u u(x, 0) − u(0, 0) ∂u u(0, y) − u(0, 0)


(0, 0) = lim =0; (0, 0) = lim = 0,
∂x x→0 x ∂y y→0 y
∂v ∂v
(0, 0) = (0, 0) = 0.
∂x ∂y


f (z)−f (0) |xy|
Par contre lim
z
= lim f (z) = lim n'a pas de limite quand z tend vers 0
z→0 z→0 z x,y→0 x+iy
donc lorsque x et y tendent vers 0. En eet, par exemple cette limite n'est pas unique
|x|
et alors ne peut pas exister suivant la première bissectrice y = x, car on a lim x(1+i) =
x→0
1

si x >0
1+i .
1
− 1+i si x<0

107
4 Exercices corrigés
Exercice 4.52. 1) Montrer que la fonction u(x, y) = e−x (x sin y − y cos y) est harmonique
sur R2 .

2) Déterminer une fonction v(x, y) telle que f (z) = f (x + iy) = u(x, y) + iv(x, y) soit
analytique sur C.

3) Déterminer la fonction f (z) telle que f (0) = 0.

Corrigé.
1) La fonction est de classe C∞ sur R2 .
∂u
(x, y) = −e−x (x sin y − y cos y) + e−x sin y = e−x sin y − xe−x sin y + ye−x cos y,
∂x
∂ 2u
(x, y) = −2e−x sin y + xe−x sin y − ye−x cos y,
∂x2
∂u
(x, y) = e−x (x cos y − cos y + y sin y),
∂y
∂ 2u
(x, y) = e−x (−x sin y + 2 sin y + y cos y).
∂y 2

Alors,

∂ 2u ∂ 2u
(x, y) + (x, y) = −2e−x sin y + xe−x sin y − ye−x cos y
∂x2 ∂y 2
+e−x (−x sin y + 2 sin y + y cos y)
= 0 pour tout (x, y) ∈ R2 .

Ce qui montre que u est harmonique sur R2 .

2) Pour déterminer la fonction v(x, y) de classe C1 sur R2 telle que f (z) = u + iv soit
analytique ou holomorphe sur C, on utilise les équations de Cauchy-Riemann :

∂v
(x, y) = ∂u (x, y) = e−x sin y − xe−x sin y + ye−x cos y,

∂y ∂x
∂v
∂x
(x, y) = − ∂u
∂y
(x, y) = −e−x (x cos y − cos y + y sin y).

En intégrant la première équation par rapport à y,x étant un paramètre, il vient :

v(x, y) = −e−x cos y + xe−x cos y + e−x (y sin y + cos y) + F (x)


= xe−x cos y + ye−x sin y + F (x),

où F (x) est une fonction réelle diérentiable arbitraire de x. En substituant dans la


∂v
deuxième équation relative à
∂x
(x, y), on a aussi :
∂v
(x, y) = e−x cos y − xe−x cos y − ye−x sin y + F 0 (x)
∂x
= −e−x (x cos y − cos y + y sin y),

108
soit F 0 (x) = 0 et F (x) = c, c est une constante réelle arbitraire. Par conséquent, v(x, y) =
−x
e (x cos y + y sin y) + c, c ∈ R.

3) Si f (0) = 0, alors f (0) = u(0, 0) + iv(0, 0) = ic = 0 donc c = 0.


f (z) = u(x, y) + iv(x, y) = e−x (x sin y − y cos y) + ie−x (x cos y + y sin y)
e − e−iy e + e−iy e + e−iy e − e−iy
  iy   iy    iy   iy 
−x −x
= e x −y + ie x +y
2i 2 2 2i
−x  −x
e  e 
ix e−iy − eiy + eiy + e−iy + y eiy − e−iy − eiy − e−iy = 2ixe−iy − 2ye−iy
 
=
2 2
−x −iy −(x+iy) −z
= e e (ix − y) = ie (x + iy) = ize .
Exercice 4.53. Montrer que la fonction u(x, y) = log x2 + y2 = log |z| si z = x + iy est
p

harmonique sur R2  {(0, 0)} mais n'est la partie réelle d'aucune fonction holomorphe sur
C∗ .

Corrigé.
La fonction u(x, y) = 21 log (x2 + y 2 ) est de classe C∞ sur R2  {(0, 0)} , et on a :

∂u x ∂u y
(x, y) = 2 2
, (x, y) = 2 ,
∂x x +y ∂x x + y2
∂ 2u y 2 − x2 ∂ 2u x2 − y 2
(x, y) = , (x, y) = .
∂x2 (x2 + y 2 )2 ∂y 2 (x2 + y 2 )2

2 2 +x2 −y 2
∂2u 2
On en déduit que ∆u(x, y) =∂x2
(x, y)+ ∂∂yu2 (x, y) = y −x
(x2 +y 2 )2
= 0, ∀(x, y) ∈ R2  {(0, 0)}
2
et alors u est harmonique sur l'ouvert R  {(0, 0)} .

Supposons qu'il existe une fonction f holomorphe sur C∗ telle que u(x, y) = Re(f (z)).
Écrivons f (z) = u(x, y) + iv(x, y) où v est de classe C 2 sur R2  {(0, 0)} . Les équations de
Cauchy-Riemann entraînent que :

∂v ∂u y
(x, y) = − (x, y) = − 2 ,
∂x ∂y x + y2
∂v ∂u x
(x, y) = (x, y) = 2 .
∂y ∂x x + y2

 
y x
R
Si on intégre la première équation, on a v(x, y) = − x2 +y 2
dx = − arctan+ c1 , c1 ∈ R.
y
x
dy = − arctan xy + c2 ,
R 
En intégrant la seconde équation on trouve aussi v(x, y) =
x2 +y 2  π
∗ 1 si t > 0
c2 ∈ R. D'autre part, on sait que pour tout t ∈ R , arctan t + arctan t = 2
π ,
− 2 si t > 0
donc

Donc il existe deux réels c1 et c2 tels que :


  
 c1 − arctan x si
x
>0
v(x, y) = y y
.
 c2 − arctan x si
x
<0
y y

109
4 Exercices corrigés
2
La continuité de v(x, y) sur R  {(0, 0)} implique que lorsque x > 0 ou x < 0 et y −→ 0± ,
c1 − π2 = c2 + π2 et c1 + π2 = c2 − π2 . Ceci est manifestement impossible.

Exercice 4.54. Montrer que :

1) Toute fonction holomorphe ne prenant que des valeurs réelles (respectivement des valeurs
purement imaginaires) est localement constante.

2) Toute fonction holomorphe admettant un module constant est localement constante.

Corrigé.
1) En eet, si f (z) = u(x, y) + iv(x, y) est holomorphe sur un ouvert D de C, telle que u
ou v est identiquement nulle alors d'après les équation de Cauchy-Riemann, on a :

∂v ∂v
Si u = 0, alors
∂x
= ∂x = 0, c'est à dire que v est constante localement, elle sera globalement
constante si l'ouvert D est connexe.

∂u
Si v = 0, alors
∂x
= ∂u
∂x
= 0, c'est à dire que u est constante localement, elle sera globalement
constante si l'ouvert D est connexe.

2) Soit f (z) = u(x, y) + iv(x, y) une fonction holomorphe sur un ouvert D de C telle que
u (x, y) + v 2 (x, y) = C une constante réelle non nulle. En dérivant l'équation u2 (x, y) +
2

v 2 (x, y) = C simultanément par rapport à x et y, on a :

∂ ∂u ∂v
u2 (x, y) + v 2 (x, y) = 2u(x, y) (x, y) + 2v(x, y) (x, y) = 0,

∂x ∂x ∂x
∂ 2 2
 ∂u ∂v
u (x, y) + v (x, y) = 2u(x, y) (x, y) + 2v(x, y) (x, y) = 0.
∂y ∂y ∂y

On en déduit, en vertu des équations de Cauchy-Riemann, que :

     
∂u ∂v 2 ∂u ∂v 2 ∂u ∂u
0=u u +v =u +v u =u −v u .
∂x ∂x ∂x ∂x ∂x ∂y

Comme u ∂u
∂y
∂v
= −v ∂y , on obtient :

 
2 ∂u ∂v  ∂u ∂u
u +v v = u2 + v 2 =C = 0,
∂x ∂y ∂x ∂x

∂u ∂v
d'où
∂x
= ∂y = 0 c'est à dire u(x, y) = f (y) et v(x, y) = g(x), puisque f 2 (y) + g 2 (x) = C,
on en déduit que f et g et alors u et v sont localement constantes.

Exercice 4.55. Soit f (z) = u(x) + iv(y) où u et v sont des fonctions de classe C 1 sur R.
Montrer que si f (z) est holomorphe sur C, alors il existe deux constantes complexes A et
B telles que f (z) = Az + B.

110
Corrigé. La fonction f (z) = u(x) + iv(y) est holomorphe si et seulement si l'équation
suivantes est satisfaite
∂u ∂v
= .
∂x ∂y
Le terme de droite de cette dernière équation est une fonction de y et celui de gauche est
une fonction de x, ainsi chacun de ces termes doit être constant, c'est à dire :

∂u ∂v
= = A ∈ R.
∂x ∂y
Ce qui donne
u(x) = Ax + b1 et v(y) = Ay + b2 avec A, b1 , b2 ∈ R.
D'où,
f (z) = u(x) + iv(y) = A(x + iy) + (b1 + ib2 ) = Az + B.
Exercice 4.56. Soient D ⊆ C un ouvert non vide et f : D −→ C une fonction holomorphe.
Si u(x, y) = Re (f (z)) et v(x, y) = Im (f (z)) montrer les formules suivantes :

1) ∂ ∂ ∂
et ∂ ∂ ∂

∂x
= ∂z
+ ∂z ∂y
=i ∂z
− ∂z
.
   
2) ∂
∂z
= 1
2

∂x
− ∂
i ∂y et ∂
∂z
= 1
2

∂x
+ ∂
i ∂y .

3) ∂u
∂z
= 12 f 0 (z) et ∂u
∂z
= 12 f 0 (z).

4) ∂v
∂z
= − 2i f 0 (z) et ∂v
∂z
= 2i f 0 (z).
2 2
5) Le Laplacien de f (z) est ∆f = ∆u + i∆v = 4 ∂z∂z
∂ f ∂ f
= 4 ∂z∂z .

6) Déduire une condition nécessaire et susante pour qu'une fonction de classe C 2 soit
harmonique.

Corrigé.
∂z ∂z ∂z
1) Soit une fonction dérivable F (z, z) = F (x + iy, x − iy). Comme ∂x = ∂x = 1, ∂y = i et
∂z
∂y
= −i, alors les dérivées partielles de la fonction F (z, z) sont données par les expressions
suivantes :

∂F ∂F ∂z ∂F ∂z ∂F ∂F
= + = + ,
∂x ∂z ∂x ∂z ∂x ∂z ∂z
∂F ∂F ∂z ∂F ∂z ∂F ∂F
= + =i −i .
∂y ∂z ∂y ∂z ∂y ∂z ∂z

z+z z−z ∂x ∂x ∂y ∂y
2) Comme x= 2
, y= 2i
, ∂z = ∂z
= 12 , ∂z
= 1
2i
et
∂z
= − 2i1 , on a :
 
∂F ∂F ∂x ∂F ∂y 1 ∂F 1 ∂F 1 ∂F ∂F
= + = + = −i ,
∂z ∂x ∂z ∂y ∂z 2 ∂x 2i ∂y 2 ∂x ∂y
 
∂F ∂F ∂x ∂F ∂y 1 ∂F 1 ∂F 1 ∂F ∂F
= + = − = +i .
∂z ∂x ∂z ∂y ∂z 2 ∂x 2i ∂y 2 ∂x ∂y

111
4 Exercices corrigés
 
0 ∂u ∂v ∂v
3) Puisque f est holomorphe on sait que f (z) = ∂x
+ i ∂x = ∂y
− i ∂u
∂y
= −i ∂u
∂y
+ ∂v
i ∂y .
z+z z−z

Alors u(x, y) = u 2
, 2i et d'après la question précédente et les équations de Cauchy-
Riemann, on a :

   
∂u 1 ∂u ∂u 1 ∂u ∂v 1
= −i = +i = f 0 (z),
∂z 2 ∂x ∂y 2 ∂x ∂x 2
   
∂u 1 ∂u ∂u 1 ∂u ∂u 1
= +i = −i = f 0 (z).
∂z 2 ∂x ∂y 2 ∂x ∂y 2

4) De la même manière que dans la question (3), on a :

     
∂v 1 ∂v ∂v
i ∂v ∂v i ∂u ∂v i
= =−−i +i =− +i = − f 0 (z),
∂z 2 ∂x ∂y
2 ∂y ∂x 2 ∂x ∂x 2
       
∂v 1 ∂v ∂v i ∂v ∂v i ∂u ∂v i ∂u ∂v i
= +i = −i = −i = +i = f 0 (z).
∂z 2 ∂x ∂y 2 ∂y ∂x 2 ∂x ∂x 2 ∂x ∂x 2

5) On a :

    
∂ ∂u ∂ ∂ ∂ ∂
4 = −i +i u
∂z ∂z ∂x ∂y ∂x ∂y
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
= + i − i +
∂x2 ∂x∂y ∂y∂x ∂y 2
∂ 2u ∂ 2u
 
∂ ∂u
= + = ∆u = 4 .
∂x2 ∂y 2 ∂z ∂z
   
∂ ∂v ∂ ∂v
4 =4 = ∆v.
∂z ∂z ∂z ∂z

∂ 2f ∂2 ∂ 2u ∂ 2v
4 =4 (u + iv) = 4 + 4i = ∆u + i∆v = ∆f.
∂z∂z ∂z∂z ∂z∂z ∂z∂z

6) Une fonction u(x, y) de classe C2 est harmonique si et seulement si elle est solution de
∂2u
l'équation aux dérivées partielles,
∂z∂z
= 0.

Exercice 4.57. 1) Montrer qu'en coordonnées polaires (r, θ), les conditions de Cauchy-
Riemann pour une fonction holomorphe f (z) = u + iv s'écrivent :
∂u
= 1r ∂v

∂r ∂θ
,
∂v 1 ∂u
∂r
= − r ∂θ .

2) Montrer que u et v en coordonnées polaires vérient l'équation (dite équation de Laplace


en coordonnées polaires) :
∂ 2 ψ 1 ∂ψ 1 ∂ 2ψ
∆= + + .
∂r2 r ∂r r2 ∂θ2

112
Corrigé.
1) Si f (z) = u(x, y) + iv(x, y) u et v sont de classe C 2 et vérient
est holomorphe alors les

équations de Cauchy-Riemann. Pour z = x + iy = re = r(cos θ + i sin θ), on a :

p y
2 2
x = r cos θ, y = r sin θ, r = x + y , θ = arctan ,
x
∂r ∂θ sin θ ∂r ∂θ cos θ
= cos θ, =− , = sin θ, = .
∂x ∂x r ∂y ∂y r
 ∂ ∂ ∂r ∂ ∂θ ∂
∂x
= ∂r ∂x
+ ∂θ ∂x
= cos θ ∂r − sinr θ ∂θ

∂ ∂ ∂r ∂ ∂θ ∂ ∂ .
∂y
= ∂r ∂y
+ ∂θ ∂y
= sin θ ∂r + cosr θ ∂θ

D'où,
∂u
= cos θ ∂u − sinr θ ∂u

∂x ∂r ∂θ
∂u cos θ ∂u ,
∂y
= sin θ ∂u
∂r
+ r ∂θ
∂v
= cos θ ∂v − sinr θ ∂v

∂x ∂r ∂θ .
∂v
∂y
= sin θ ∂v
∂r
+ cosr θ ∂v
∂θ

∂u ∂v ∂u ∂v
D'après les équations de Cauchy-Riemann
∂x
= ∂y
et
∂y
= − ∂x , on a :

   
∂u 1 ∂v ∂v 1 ∂u
− cos θ − + sin θ = 0,
∂r r ∂θ ∂r r ∂θ
   
∂u 1 ∂v ∂v 1 ∂u
− sin θ + + cos θ = 0.
∂r r ∂θ ∂r r ∂θ

En multipliant la première équation par cos θ et (respectivement par − sin θ) et la seconde


par sin θ (respectivement par cos θ), et en additionnant on a :

∂u 1 ∂v ∂u 1 ∂v
− = 0 ou bien = ,
∂r r ∂θ ∂r r ∂θ
∂v 1 ∂u ∂v 1 ∂u
+ = 0 ou bien =− .
∂r r ∂θ ∂r r ∂θ

∂u
2) On sait que u et v = 1r ∂v
vérient les équations de Cauchy-Riemann
∂r ∂θ
et
∂v
∂r
= − 1r ∂u
∂θ
en coordonnées polaires et sont harmoniques en coordonnées cartésiennes, c'est dire leur
∂u
Laplacien est nul. Pour éliminer v on dérive
∂r
= 1r ∂v
∂θ
par rapport à r et
∂v
∂r
= − 1r ∂u
∂θ
par
rapport à θ, d'où :

∂ 2u 1 ∂ 2v ∂ 2v ∂ 2 u ∂u
 
∂ 1 ∂v 1 ∂v
= = − ou bien = r + ,
∂r2 ∂r r ∂θ r ∂r∂θ r2 ∂θ ∂r∂θ ∂r2 ∂r
∂ 2v 1 ∂ 2u
   
∂ ∂v ∂ 1 ∂u
= =− =− .
∂θ∂r ∂θ ∂r ∂θ r ∂θ r ∂θ2

∂2v ∂2v
Mais
∂r∂θ
= ∂θ∂r
si l'on suppose que u et v sont de classe C 2. Alors :

∂ 2 u ∂u 1 ∂ 2u ∂ 2 u 1 ∂u 1 ∂ 2u
r + = − ou bien + + = 0.
∂r2 ∂r r ∂θ2 ∂r2 r ∂r r2 ∂θ2

113
4 Exercices corrigés
∂2v 1 ∂v 1 ∂2v
De la même manière, par élimination de u on trouve
∂r2
+ r ∂r
+ r2 ∂θ2
= 0.

Exercice 4.58. Résoudre l'équation aux dérivées partielles ∂2u


∂x2
+ ∂2u
∂y 2
= x2 − y 2 .

Corrigé.
z+z z−z
2 2
On a, z = x + iy, z = x − iy, x = 2
et y = 2i
. On en déduit x2 − y 2 = z+z
2
− z−z
2i
=
(z+z)2 +(z−z)2 1 2
∂ u 2 2
4
= 2
(z 2 + z 2 ) et
∂x2
+ ∂∂yu2 = ∂ u
4 ∂z∂z . L'équation de Poisson donnée devient
donc :
∂ 2u 1 2 ∂ 2u 1 2
z + z2 z + z2 .
 
4 = ou bien =
∂z∂z 2 ∂z∂z 8

En intégrant cette équation par rapport à z en considérant z comme un paramètre, on


a :
∂u z 3 zz 2
= + + f (z),
∂z 24 8

où f (z) est une fonction arbitraire de z. On intégre maintenant l'équation aux dérivées
z3 2
partielles d'ordre 1, ∂u
∂z
= 24 + zz8 + f (z), par rapport à z, on obtient :

z 3 z zz 3
u(z, z) = + + F (z) + G(z),
24 24

où F (z) est une fonction obtenue en intégrant f (z) et G(z) est une fonction arbitraire de
z. Exprimons maintenant la solution u en fonction des variables cartésiennes x et y, on
a :

(x + iy)3 (x − iy) + (x + iy) (x − iy)3


u(x, y) = + F (x − iy) + G(x + iy)
24
(x2 + y 2 ) (x + iy)2 + (x − iy)2

= + F (x − iy) + G(x + iy)
24
x4 − y 4
= + F (x − iy) + G(x + iy).
12
Exercice 4.59. Calculer les limites suivantes :
z 10 + 1 1 − cos z 1 − cos z
lim 6
, lim 2
, lim .
z→i z + 1 z→0 z z→0 sin(z 2 )

Corrigé.
f (z) 0 (a)
On applique ici la règle de l'Hospital qui établie que lim
g(z)
= fg0 (a) si f et g sont deux
z→a
0
fonctions analytiques en a telles que f (a) = g(a) = 0 et g (a) 6= 0.

1) f (z) = z 10 + 1 et g(z) = z 6 + 1, alors f et g sont analytiques en a = i, f (i) = g(i) = 0


et g 0 (i) = 6i5 = 6i 6= 0, donc

z 10 + 1 10z 9 5 5
lim 6
= lim 5
= i4 =
z→i z + 1 z→i 6z 3 3

114
2) f (z) = 1 − cos z et g(z) = z 2 , alors f et g sont analytiques en 0, f (0) = g(0) = 0 et
g (0) = 0, donc on devra appliquer une seconde fois successive la règle de l'Hospital à f 0
0
et
g 0 pour déterminer la valeur de la limite :
1 − cos z sin z cos z 1
lim 2
= lim = lim = .
z→0 z z→0 2z z→0 2 2

3) Par applications répétées de la règle de l'Hospital, on a :

1 − cos z sin z cos z 1


lim 2
= lim 2
= lim 2 2 2
= .
z→0 sin(z ) z→0 2z cos(z ) z→0 2 cos(z ) − 4z sin(z ) 2

Remarquons ici qu'on aurait pu déterminer directement la valeur de cette limite en utilisant
sin t
le résultat de la question précédente et la limite usuelle lim = 1 avec t = z 2 :
t→0 t
1−cos z

1 − cos z 1 − cos z 1−cos z lim z2
1
1
z2 z→0 2
lim 2
= lim = lim sin(z 2) =  = = .
z→0 sin(z ) z→0 sin(z 2 ) z→0 sin(z 2 ) 1 2
z1 lim z1
z→0

Exercice 4.60.
1
Calculer lim (cos z) z2 .
z→0

Corrigé.
1
log(cos z)
Soit w = (cos z) z2 alors log w =
z2
où l'on considère la détermination principale du
logarithme. D'après la règle de L'Hospital, on a :
− sin z
log (cos z) cos z 1 sin z 1 1
lim log w = lim 2
= lim = − lim lim =− .
z→0 z→0 z z→0 2z 2 z→0 z z→0 cos z 2
 
La fonction logarithme étant continue, on en déduit lim log w = log lim w = − 21 donc
z→0 z→0
1
1

lim w = lim (cos z) z2 = exp − 2 .
z→0 z→0
Exercice 4.61. Déterminer la nature des singularités des fonctions suivantes, situées à
distance nie.
z 2 − 3z
 
log(z + 3i) 1 p cos z
2
, , arcsin , z(z 2 + 1) , .
z + 2z + 2 z2 z (z + i)3

Corrigé.
z 2 −3z
1) Les points singuliers de la fraction rationnelle 2 sont les zéros du dénominateur
z +2z+2
z 2 + 2z + 2, il s'agit donc de deux pôles simples z1 = −1 − i et z2 = −1 + i car :
z 2 − 3z z 2 − 3z z 2 − 3z1 (−1 − i)2 − 3 (−1 − i)
lim (z − z1 ) = = 1
lim =
z→z1 z 2 + 2z + 2
z→z1 z − z2 z1 − z2 −1 − i + 1 − i
3 + 5i 5 3
= = − + i.
−2i 2 2
2
z − 3z 2
z − 3z z22 − 3z2 (−1 + i)2 − 3(−1 + i)
lim (z − z2 ) 2 = lim = =
z→z2 z + 2z + 2 z→z2 z − z1 z2 − z1 2i
3 − 5i 5 3
= = − − i.
2i 2 2

115
4 Exercices corrigés
2)z = −3i est un point singulier de branchement
 et z = 0 est un pôle double de la fonction
log(z+3i) 2 log(z+3i)
complexe multiforme
z2
car lim z
z2
= lim log(z + 3i) = log 3i 6= 0.
z→0 z→0

3) z=0 est une singularité qui n'est ni apparente ni un pôle ni un point de branchement,
c'est donc une singularité essentielle.

p
4) z(z 2 + 1) est une fonction multiforme, alors z = 0, et z = ±i sont des points de
branchement.

cos z cos z
5) z = −i est pôle triple de la fonction complexe
(z+i)3
car lim (z + i)3 (z+i) 3 = cos(−i) =
z→−i
cosh(1) 6= 0.
Exercice 4.62. Déterminer les points singuliers isolés des fonctions suivantes, puis dé-
terminer leur nature (singularité apparente, pôle, singularité essentielle, point de branche-
ment) : !
 
1 1 1 1 1 z 1
ez , − , − , exp , sin  .
sin z z ez − 1 z 1−z sin z1

Corrigé.
1) z=0 est une singularité essentielle puisqu'elle n'est ni apparente ni un pôle. On peut
aussi caractériser une singularité essentielle a d'une fonction complexe f par l'existence
de deux suites complexes (un )n et (vn )n qui convergent vers a, mais telles que (f (un ))n et
(f (vn ))n ne convergent pas vers la même limite, ce qui est aussi équivalent à dire que a est
une singularité essentielle de f lorsqu'en a la limite de |f (z)| n'existe pas.

Donc si
1
un = n1 et vn = in , alors (un )n et (vn )n convergent vers 0 mais f (un ) = en −→ +∞
in
et f (vn ) = e = cos n + i sin n est bornée sans limite. 0 est donc une singularité essentielle
1
de e z .

1
2) La fonction
sin z
− z1 a des singularités en z = 0 et en tout point z de C tel que sin z = 0.
Ainsi les points singuliers sont zk = kπ, k ∈ Z.

z=0 est une singularité apparente puisque :

1 1 z − sin z o(z 3 )
lim − = lim = lim 2 = 0.
z→0 sin z z z→0 z sin z z→0 z

zk = kπ, k ∈ Z∗ est un pôle simple de


1
sin z
− 1
z
car :
 
1 1 z − kπ z − kπ
lim (z − kπ) − = lim = lim
z→kπ sin z z z→kπ sin z z→kπ sin z − sin kπ
1 1
= sin z−sin kπ
= = (−1)k .
lim z−kπ
cos kπ
z→kπ

1
3)
ez −1
− z1 a une singularité en z = 0 et aux points z solutions de l'équation ez − 1 = 0
z
donc e = 1 ou bien zk = 2kπi, k ∈ Z, remarquons que la singularité z = 0 est atteinte

116
pour k = 0. Par conséquent, la fonction admet une singularité en chaque point zk = 2kπi,
k ∈ Z. 2
1 1 z − ez + 1 − z2 + o(z 2 ) 1
lim z − = lim z
= lim 2 2
=− .
z→0 e − 1 z z→0 z(e − 1) z→0 z + o(z ) 2

Alors z = 0 est une singularité apparente de la fonction complexe ez1−1 − z1 . D'autre part,
 
1 1 z − 2kπi z − 2kπi
lim (z − 2kπi) z − = lim z
= lim z
z→2kπi e −1 z z→2kπi e − 1 z→2kπi e − e2kπi
1
= d z
 = e−2kπi = 1, ∀k ∈ Z∗ .
dz
e (2kπi)

D'où, zk = 2kπi, k ∈ Z∗ , est un pôle simple de la fonction


1
ez −1
− z1 .

z

4) f (z) = exp 1−z
a une singularité seulement en z = 1, cette singularité n'est ni ap-
parente ni un pôle, elle est essentielle. Pour plus de précisions, on considère les deux
1 1
suites un = 1 + et vn = 1 + , alors (un )n et (vn )n tendent toutes les deux vers 1,
n in
n+1 1+in
f (un ) = e −→ +∞ et f (vn ) = e est bornée sans limite.

 
5) La fonction f (z) = sin 1
sin( z1 )
n'est pas dénie en 0 et en
1

, k ∈ Z∗ . 0 n'est pas

1 1
un point singulier isolé, mais une accumulation de points singuliers puisque la suite
kπ kπ
1
converge vers 0 lorsque k tend vers +∞. En revanche, chaque est un point singulier

isolé. On remarque que les limites de f (z), zf (z) en 0 et de (z −
1

1
)f (z) en kπ , k ∈ Z∗ ,
n'existent pas, z = 0 et zk =
1

, k ∈ Z∗ , sont alors des points singuliers essentiels.

En eet, pour plus de détails, si un = 1


1
kπ+arcsin( nπ
et vn = 1
2 , k ∈ Z∗ . Alors,
) kπ+arcsin( π(1+4n) )
(un )n et (vn )n convergent toutes les deux vers kπ, k ∈ Z∗ , mais
! !
1 1
= sin (−1)k nπ = 0,

f (un ) = sin 1
 = sin 1

sin kπ + arcsin nπ
(−1)k nπ
   
1 1
f (vn ) = sin      = sin   
2 2
sin kπ + arcsin π(1+4n) (−1)k π(1+4n)
 
k π + 4nπ kπ
 
= sin (−1) = sin (−1) = (−1)k .
2 2

 
1 ∗ 1
Ceci montre bien que

, k∈Z , est une singularité essentielle de f (z) = sin sin( z1 )
.

Exercice 4.63. Exhiber des fonctions holomorphes n'ayant dans le plan complexe que les
singularités suivantes :

1) un pôle triple en 0, un pôle simple en 1, un point singulier essentiel en i et −i;

2) un point singulier essentiel en tout entier relatif.

117
4 Exercices corrigés
Corrigé.
On sait que les fractions rationnelles
1
(z−a)p
, a∈C et p ∈ N∗ admettent un pôle d'ordre p
1
au point a, et la fonction complexe e z admet un point singulier essentiel en 0. On a alors
les exemples suivants :

1 1 1

1) f (z) = z3
+ z−1
+ exp z 2 +1
.

1

2) f (z) = exp sin πz
.

Exercice 4.64. Montrer que la fonction complexe à variable complexe f (z) = (z+3i)5
(z 2 −2z+5)2
possède des pôles doubles en z = 1 ± 2i et un pôle simple à l'inni.

Corrigé.
f (z) sont les zéros du polynôme (z 2 −2z +5)2 . L'équation z 2 −2z +5 = 0
Les singularités de
2
a pour discriminant ∆ = 4 − 20 = −16 = 16i et pour solutions complexes conjuguées
z1 = 2−4i
1
= 1 − 2i et z2 = 1 + 2i. Ainsi, 1 ± 2i sont des racines doubles de l'équation
(z − 2z + 5)2 = 0. De plus,
2

(z + 3i)5 (z1 + 3i)5 (1 − 2i + 3i)5


lim (z − z1 )2 f (z) = lim = =
z→z1 z→z1 (z − z2 )2 (z1 − z2 )2 (−4i)2
−4 − 4i 1 i
= = + .
−16 4 4
5
(z2 + 3i) (1 + 2i + 3i)5 2876 + 1900i 719 475
lim (z − z2 )2 f (z) = 2
= 2
= =− − i.
z→z2 (z2 − z1 ) (4i) −16 4 4

Donc 1 ± 2i sont des pôles doubles de f (z).

Pour étudier les singularités à l'inni d'une fonction complexe on utilise le changement de
1
variable complexe w = pour se ramener au voisinage de 0, w → 0 lorsque z → ∞. On
z
a :
5
1 (1 + 3iw)
f (z) = f ( ) = ,
w w(5w2 − 2w + 1)2

1±2i
alors w=0 est un pôle simple de f à l'inni de f (z). w = 5
sont des pôles doubles à
l'inni.

Exercice 4.65. 1) Montrer que 0 est un point singulier essentiel de cos 1



z
.

2) Montrer que z z a une singularité essentielle à l'inni.


2

Corrigé.
1) On sait que lim cos t n'existe pas. Par exemple si z tend vers zéro en venant de l'axe
t→∞
réel positif ou négatif, la fonction diverge, elle n'a pas de limite.

118
2 2
2) z z = ez log z
où log z est la détermination principale du logarithme complexe. Posons
 
1
log( w )
1
f ( z1 ) = exp − log w

w= z
et considérons f (w) = = exp w 2 w 2 . si w tend vers zéro en

venant de l'axe réel positif, la fonction tend vers +∞. Si w


vient de l'axedes imaginaires

pures w = iy avec y > 0, la fonction tend vers zéro car f (iy) = exp − [log(iy)
i+log y]
2 =
log y log y
i π2 i π
e 2y e y2 où le terme e 2y 2 est borné et e y2 tend vers 0 puisque y tend vers 0+ .

Exercice 4.66. Quelle est la nature des singularités de chacune des fonctions suivantes :

z+3 1 z2 + 1
f (z) = ; g(z) = ; h(z) = 3 .
sin z12

z2 − 1 z2

Corrigé.
1) z = ±1 sont des pôles simples de f. f admet aussi un pôle simple à l'inni car F (w) =
1 1+3w
f z
= w(1−w 2 ) où w = 0 est un pôle simple de F.

1
= 0 si et seulement si z12 = kπ, k ∈ Z∗ .

2) sin
z2
Donc g admet des singularités en z=0
1 ∗
et en tout point zk = √ , k ∈ Z .

zk = √1 est un pôle simple de



g pour tout k ∈ Z∗ car :

1 1
lim (z − zk )g(z) = lim (z − zk ) 1
=  
z→zk z→zk sin z2 sin( 1
z2
)−sin 1
z2
lim z−zk
k
z→zk
    
d 1 2 1
= sin (zk ) = − 3 cos
dz z2 zk zk2
2 2(−1)k+1
= − 3 cos kπ = 6= 0, k ∈ Z∗ .
zk zk3

z=0 est une singularité non isolée de g puisque lim zk = 0. z = 0 est une singularité
k→+∞
essentielle de g car |g(z)| n'a pas de limite lorsque z tend vers 0. En eet, si z tend vers
zéro en venant de l'axe réel positif, la fonction g(x) = sin1 1 est oscillante qui ne converge
| x2 |
pas.

D'autre part, la fonction g admet un pôle double à l'inni, puisque si G(w) = f ( z1 ) = 1


sin w2
,
w2
alors lim w2 G(w) = lim 2 = 1.
w→0 w→0 sin w

z 2 +1
3) z=0 et z=∞ sont des points de branchement de la fonction multiforme h(z) = 3
z2
car :

z2 + 1
(z 2 + 1)
 
2
 3
h(z) = 3 =  = z + 1 exp − log z
z2 exp 32 log z 2
 2   
1 w +1 3
h( ) = H(w) = exp log w .
z w2 2

119
4 Exercices corrigés
Exercice 4.67. Trouver l'ordre des pôles dans les cas suivants :
z 1
f (z) = , g(z) = z
.
sin z z(e − 1)

Corrigé.
1) Les points singuliers de la fonction f (z) = sinz z sont les solutions de l'équation sin z = 0,
il s'agit alors des points zk = kπ, k ∈ Z. Chaque singularité zk , k ∈ Z∗ , est un pôle simple
de f (z) car :

z z z
lim (z − zk )f (z) = lim (z − zk ) = lim  =  k 
z→zk z→zk sin z z→zk sin z−sin zk lim sin z−sin zk
z−zk z−zk
z→zk
zk kπ
= = = (−1)k kπ 6= 0, ∀k ∈ Z∗ .
cos zk (−1)k

Remarquons que si k = 0, z0 = 0 et lim f (z) = lim sinz z = 1, donc z=0 est une singularité
z→0 z→0
apparente de f (z).

2) La fonction g(z) = z(ez1−1) admet des points singuliers en zk = 2kπi, k ∈ Z. z0 = 0 est


un pôle double de g puisque :

z 1
lim z 2 g(z) = lim = lim ez −1
z→0 z→0 (ez − 1) z→0 z
1
= ez −1
 = 1.
lim z
z→0

Les points zk = 2kπi, k ∈ Z∗ , sont des pôles simples de g:


z − zk z − zk 1 1
lim (z − zk )f (z) = lim z
= lim z z
=  
z→zk z→zk z(e − 1) z→zk z(e − e ) k zk lim ez −ezk
z−zkz→zk
1 zk 1 1 i
= e = = =− , k ∈ Z∗ .
zk zk 2kπi 2kπ
Exercice 4.68. Déterminer les singularités des fonctions suivantes et leur nature :

exp z1

sin z 1
f (z) = 3 , g(z) = cot z − , h(z) = , j(z) = π cot (πz) .
z − π2z z z−1

Corrigé.
sin z
1) f (z) =z 3 −π 2 z
= z(zsin z
2 −π 2 )
sin z
= z(z−π)(z+π) possède deux pôles simples en z = ±π et une
singularité apparente en z = 0:
sin z sin z 1 1
lim f (z) = lim = lim lim = − 2.
z→0 z→0 z(z − π)(z + π) z→0 z z→0 (z − π)(z + π) π

120
Dans un voisinage de ±π, on a respectivement :

(
(z−π)3
− (z−π)
1!
+ 3!
+ ...
sin z = (z+π) (z+π)3
− 1! + 3!
+ ...

et
(z−π)3
 (z−π)
− + 3! +... 1 (z−π)2
sin z  1!
z(z−π)(z+π)
= − z(z+π) + 6z(z+π)
+ ...
= (z+π) (z+π)3
z(z − π)(z + π)  − 1! + 3! +... 1 (z+π)2
z(z−π)(z+π)
= − z(z−π) + 6z(z−π)
+ ...

Donc
(z ∓ π)2
 
1 1
lim (z ∓ π)f (z) = lim − + + ... = − 2 .
z→±π z→±π z(z ± π) 6z(z ± π) 2π

2) On sait que sin z = 0 siz = kπ, k ∈ Z. Alors z=0 et zk = kπ, k ∈ Z, sont les points
singuliers de la fonction g(z) = cot z − z1 .
   
z2 z4 z3 z5
1 z cos z − sin z z 1− 2!
+ 4!
+ ... − z − 3!
+ 5!
+ ...
g(z) = cot z − = = z3 z5

z z sin z z z− 3!
+ 5!
+ ...
3
− z3 + o(z 3 )
= z4
,
z2 − 6
+ o(z 4 )
− z3 + o(z)
lim g(z) = lim z2
= 0.
z→0 z→0 1− 6
+ o(z 2 )

Donc z=0 est une singularité apparente de g.

Chaque zk = kπ, k ∈ Z∗ , g puisque :


est un pôle simple de

 
cos z 1 cos z cos z
lim (z − zk )g(z) = lim (z − zk ) − = lim (z − zk ) = lim sin z−sin zk
z→zk z→zk sin z z z→z k sin z z→zk
z−zk
cos zk cos zk (−1)k
= d
 = = k
= 1, ∀k ∈ Z∗ .
dz
sin z (zk ) cos zk (−1)

1

3) On a déjà vu que z=0 est une singularité essentielle de la fonction exp z
. De plus,
exp( z1 )
z=1 est un pôle simple de h(z) = z−1
car :

 
1
lim (z − 1)h(z) = lim exp = e.
z→1 z→1 z

exp( z1 )
En conclusion, la fonction h(z) = z−1
admet un pôle simple en 1 et une singularité
essentielle en 0.

121
4 Exercices corrigés
4) j(z) = π cot (πz) admet des singularités isolées aux points z tels que sin πz = 0 c'est à
dire aux points zk = k, k ∈ Z. Chaque zk = k, k ∈ Z, est un pôle simple de j(z) car :

cos πz lim cos πz cos kπ


lim (z − k)j(z) = π lim (z − k) = π z→k sin πz−sin kπ
 =π = 1, ∀k ∈ Z.
z→k z→k sin πz lim z−k
π cos kπ
z→k

Exercice 4.69. Trouver les singularités des fonctions complexes suivantes et préciser si ce
sont des singularités isolées ou non, si ce sont des pôles et de quel ordre, des singularités
essentielles ou des singularités apparentes :
1 + z2
 
1 1
f (z) = , g(z) = sin , h(z) = .
1 + sin z z 1 − iz

Corrigé.
1
1) Les singularités de f (z) = 1+sin z
sont les solutions de l'équation 1 + sin z = 0 ou

sin z = −1, donc les points zk = 2 + 2kπ, k ∈ Z. Ce sont des pôles d'ordre 2, en eet dans
un voisinage de zk on a :

(z − zk ) (z − zk )2
sin z = sin zk + cos zk − sin zk + ...
1! 2!
(z − zk )2 (z − zk )4
= −1 + − + ...
2! 4!
(z − zk )2
et alors 1 + sin z ∼ .
z→zk 2!

Donc
(z − zk )2
(z − zk )2 f (z) = ∼ 2.
1 + sin z z→zk

1

2) La seule singularité de la fonction complexe g(z) = sin z
est z = 0. 0 est une singularité
1
essentielle de g, montrons pour cela que |g(z)| n'a pas de limite en 0. Soit les suites un = nπ
1
et vn = inπ , alors (un )n et (vn )n convergent vers 0 mais g(un ) = sin (nπ) = 0 converge vers
0 et g(vn ) = sin(inπ) = i sinh(nπ) converge vers +∞.
2
3) z = −i est l'unique singularité de h(z) = 1+z
1−iz
. Puisque 1 + z = (1 + iz)(1 − iz), on a
h(z) = 1 + iz et donc le point z = −i est une singularité apparente de h.
Exercice 4.70. Soit g une fonction holomorphe au voisinage de a et b = g(a). Soit f
méromorphe ayant un pôle d'ordre m en b. Montrer f ◦ g a un pôle d'ordre mn en a, où n
est l'ordre du zéro de g(z) − b en a.

Corrigé.
f admet un pôle d'ordre m en b s'il existe une fonction h holomorphe dans un voisinage D
h(z)
de b tel que f (z) = (z−b) m , pour tout z ∈ D et lim h(z) = h(b) 6= 0. Alors, on a pour tout
z→b
−1
z au voisinage de a tel que g(z) ∈ D, ou bien z ∈ g (D),
h(g(z))
f ◦ g(z) = f (g(z)) = ,
(g(z) − b)m

122
mais (g(z) − b) = (z − a)n G(z) où G est holomorphe dans voisinage V de a et G(a) 6= 0.
−1
Finalement quelque soit z ∈ g (D) ∩ V, on a :
h(g(z)) h(g(z)) H(z)
f (g(z)) = = = ,
(g(z) − b)m ((z − a)n G(z))m (z − a)mn

h(g(z)) h(g(a))
où H(z) = G(z)m
est holomorphe sur le voisinage g −1 (D) ∩ V de a et H(a) = G(a)m
=
h(b)
G(a)m
6= 0.
Exercice 4.71. On note γ1 , γ2 et γ3 les chemins dénis sur [0, π] par :
γ1 (t) = eit , γ2 (t) = −e−it , γ3 (t) = ei(t+π) .

On note Γ1 , Γ2 et Γ3 les images respectives de γ1 , γ2 et γ3 . Soit f une fonction holomorphe


sur C. Parmi les armations suivantes lesquelles sont vraies, lesquelles sont fausses et

pourquoi ?

1) γ1 et γ2 sont des chemins équivalents.

2) γ2 et γ3 sont des chemins équivalents.

3) Γ1 = Γ2 .

4) Γ1 = Γ3 .

5)
R R
f (z)dz = f (z)dz.
γ1 γ3

6)
R R
f (z)dz = − f (z)dz.
γ1 γ2

7)
R R
f (z)dz = − f (z)dz.
γ1 γ3

Corrigé.
1) Faux. Pour que γ1 et γ2 soient équivalents il faut qu'il existe une application bijective
ϕ : [0, π] −→ [0, π] telle que ϕ et ϕ−1 soient de classe C 1 et γ1 = γ2 ◦ ϕ donc γ1 (t) =
eit = −e−iϕ(t) ou bien ϕ(t) = −(t + π) mais cette fonction est décroissante de [0, π] dans
[−2π, −π] .

2) Faux. γ1 = γ2 ◦ ϕ alors ϕ(t) = (t + π) est croissante de [0, π] dans [π, 2π] .

3) Vrai.Γ1 = {γ1 (t) = eit : t ∈ [0, π]} et Γ2 = {γ2 (t) = −e−it : t ∈ [0, π]} est le demi-cercle
supérieur de centre 0 et de rayon 1.


4) Faux. Γ3 = γ1 (t) = ei(t+π) : t ∈ [0, π] est le demi-cercle inférieur de centre 0 et de
rayon 1.

123
4 Exercices corrigés
5) Faux.

Z Zπ Zπ
f (z)dz = f (γ1 (t))γ10 (t)dt = f (eit )ieit dt,
γ1 0 0
Z Zπ Zπ
f (z)dz = f (γ3 (t))γ30 (t)dt = − f (−eit )ieit dt.
γ3 0 0

6) Vrai. Γ1 et Γ2 sont le demi-cercle supérieur de centre 0 et de rayon 1 avec des orienta-


tions opposées, γ1 relie le point (1, 0) au point (−1, 0) mais Γ2 a pour origine (−1, 0) et
d'extrémité (1, 0), donc les intégrales curvilignes de f sur γ1 et γ2 sont oposées.

7) Vrai. Γ1 ∪ Γ3 est le cercle entier de centre 0 et de rayon 1 orienté dans le sens positif,
puisque f est holomorphe sur C le théorème de Cauchy arme que l'intégrale curviligne
de f le long de γ1 ∪ γ3 est nulle, de plus :
Z Z Z
f (z)dz = f (z)dz + f (z)dz = 0,
γ1 ∪γ3 γ1 γ3
Z Z
f (z)dz = − f (z)dz.
γ1 γ3

Exercice [Link] note γ le chemin de [0, 2π] dans C qui à t associe 1 + eit si t ∈ [0, 2π].
Parmi les armations suivantes lesquelles sont vraies, lesquelles sont fausses et pourquoi ?

1) L'indice de γ par rapport à 0 vaut 1.

2) L'indice de γ par rapport à −1 n'est pas déni.

3) L'indice de γ par rapport à 1 + i


2
est nul.

4) L'indice de γ par rapport à 3


2
vaut 1.

Corrigé.
Remarquons que γ(t) est le cercle de centre (1, 0) et de rayon 1 parcouru dans le sens
positif d'équation |z − 1| = 1. L'indice de γ par rapport à un point a ∈ / γ est déni par
1
H dz
Indγ (a) = 2πi z−a
, il est intuitivement égal au nombre de tours que fait le lacet γ autour
γ
du point a si a est situé à l'intérieur de γ. On utilise dans ce qui suit la formule intégrale
de Cauchy relative à un point a situé à l'intérieur de γ:
I
1 f (z)
dz = f (a)
2πi (z − a)
γ

1) Faux. 0 est situé sur la courbe γ car γ(π) = 0, donc l'indice au point 1 n'est pas déni.

124
2) Faux. L'indice de γ par rapport à −1 est nul puisque le point −1 est à l'extérieur de
γ.

i

3) Faux. 1+ est situé à l'intérieur de γ puisque 1 + i − 1 = i = 1
< 1, donc :
2 2 2 2

I
i 1 dz
Indγ (1 + ) = = 1.
2 2πi z − (1 + 2i )
γ

3
4) Vrai. z= 2
est situé à l'intérieur de γ , alors :

I
3 1 dz
Indγ ( ) = = 1.
2 2πi z − 32
γ

(2,4)
Exercice 4.73. Calculer l'intégrale curviligne (2y + x2 )dx + (3x − y)dy le long de la
R
(0,3)
courbe γ joignant les points (0, 3) à (2, 4) où :

1) γ est la parabole d'équation x = 2t, y = t2 + 3;

2) γ est la ligne brisée formée par les segments de droite (0, 3) à (2, 3) et (2, 3) à (2, 4);

3) γ est le segment de droite d'extrémités (0, 3) et (2, 4).

Corrigé.

1) Pour t=0 on obtient l'origine (0, 3) de γ et t = 1 correspond à son extrémité (2, 4).
2
Donc l'équation paramétrique de γ est x(t) = 2t et y(t) = t + 3 avec 0 ≤ t ≤ 1.

(2,4)
Z Z1
(2y + x2 )dx + (3x − y)dy =
 2
2 t + 3 + 4t2 2dt + 6t − t2 − 3 2tdt
   

(0,3) 0

Z1  4 1
 3 2
 t 3 2
= −2t + 24t − 6t + 12 dt = − + 8t − 3t + 12t
2 0
0
1 33
= − + 8 − 3 + 12 = .
2 2

2) γ = γ1 ∪ γ2 où γ1 est le ségment de droite joignant les points (0, 3) à (2, 3) d'équation


paramétrique x(t) = t, y(t) = 3, 0 ≤ t ≤ 2 et γ2 est le ségment de droite joignant les points

125
4 Exercices corrigés
(2, 3) à (2, 4) d'équation paramétrique x(t) = 2, y(t) = t, 3 ≤ t ≤ 4. Alors :

(2,4)
Z Z Z
2 2
(2y + x )dx + (3x − y)dy = (2y + x )dx + (3x − y)dy + (2y + x2 )dx + (3x − y)dy
(0,3) γ1 γ2

Z2 Z4
2
= (6 + t )dt + (3t − 3)0 + (2t + 4)0 + (6 − t)dt
0 3
Z2 Z4 2 4
t3 t2
 
2
= (6 + t )dt + (6 − t)dt = 6t + + 6t −
3 0 2 3
0 3
8 9 44 5 103
= 12 + + 16 − 18 + = + = .
3 2 3 2 6

3) Le segment de droite γ d'extrémités (0, 3) et (2, 4) a pour équation paramétrique


(x(t), y(t)) = (1 − t) (0, 3) + t(2, 4) = (2t, t + 3) donc x(t) = 2t et y(t) = t + 3, 0 ≤ t ≤ 1.
Alors :

(2,4)
Z Z1
(2y + x2 )dx + (3x − y)dy = 2(t + 3) + 4t2 2dt + [6t − t − 3] dt
 

(0,3) 0

Z1  1
 2  8 3 9 2
= 8t + 9t + 9 dt = t + t + 9t
3 2 0
0
8 9 97
= + +9= .
3 2 6
Exercice 4.74. Calculer l'intégrale curviligne I = zdz, où γ est le chemin joignant le
R
γ
point (1, 1) au point (2, 4) le long de la parabole d'équation y = x2 .

Corrigé.
Les points (1, 1) et (2, 4) sont situés sur la parabole d'équation y = x2 , le chemin γ est
2
paramétré par γ(t) = t où t ∈ [1, 2]. On a donc, le long du chemin γ, z = z(t) = x(t)+iy(t)
2 2 2
où x(t) = t et y(t) = t , t ∈ [1, 2]. z(t) = t + it , z(t) = t − it et dz(t) = (1 + 2it)dt,
alors :

Z Z2 Z2 Z2
2
(2t3 + t)dt + i t2 dt,

I = zdz = t − it (1 + 2it)dt =
γ 1 1 1
2 2
 3 2
t4 t
 
t 7
I = + +i = 9 + i.
2 2 1 3 1 3

Exercice 4.75. Calculer (z 2 + 3z)dz le long du cercle |z| = 2, du point (2, 0) au point
R
γ
(0, 2).

126
Corrigé.

Le cercle |z| = 2 de centre 0 2, est paramétré par z(t) = 2eit où t ∈ [0, 2π],
et de rayon
puisque le chemin γ joint les deux points (2, 0) et (0, 2) du cercle |z| = 2 et le long de ce
π
cercle on voit que l'argument le long du chemin γ est compris entre 0 et . Ainsi, γ est
2
it π
l'arc de cercle paramétré par γ(t) = 2e où t ∈ [0, ]. Alors :
2

π π
Z Z2 Z2   π2
2 2it it
 it 3it 2it
 4 3it 3 2it
(z + 3z)dz = 4e + 6e 2ie dt = 2i 4e + 6e dt = 2i e + e
3i i 0
γ 0 0
8 44 8
= (−i − 1) + 6(−1 − 1) = − − i.
3 3 3

Exercice 4.76. Vérier la formule de Green pour l'intégrale :

Z
(2xy − x2 )dx + (x + y 2 )dy,
C

où C est la frontière du domaine compris entre les courbes d'équations y = x2 et y 2 = x.

Corrigé.

Les courbes y = x2 y 2 = x se coupent en (0, 0) et (1, 1). Le sens direct sur C est indiqué
et
sur la gure ci-dessus. Donc la courbe C est une juxtaposition de deux courbes C1 et C2
2 2
où C1 a pour équation paramétrique x(t) = t, y(t) = t , 0 ≤ t ≤ 1 et x(t) = t , y(t) = t,

127
4 Exercices corrigés
0 ≤ t ≤ 1 (dans le sens opposé) est l'équation paramétrique de C2 .
Z Z
2 2
(2xy − x )dx + (x + y )dy = (2xy − x2 )dx + (x + y 2 )dy
C C1
Z
+ (2xy − x2 )dx + (x + y 2 )dy
C2
Z1
 3
2t − t2 dt + t + t4 2tdt
  
=
0
Z0
 3
2t − t4 2tdt + t2 + t2 dt
  
+
1
Z1 Z1
 5
2t + 2t3 + t2 dt − −2t5 + 4t4 + 2t2 dt
  
=
0    0
1 1 1 1 4 2 7 17 1
= + + − − + + = − = .
3 2 3 3 5 3 6 15 30

D'autre part, en utilisant la formule de Green, on a une autre manière de calculer l'intégrale
curviligne précédente en notant D le domaine limité par la courbe C:
Z ZZ  
2 2 ∂ 2
 ∂ 2

(2xy − x )dx + (x + y )dy = x+y − 2xy − x dxdy
∂x ∂y
C D

ZZ Z1 Z x
= (1 − 2x)dxdy = (1 − 2x)dxdy
D x=0 y=x2
 √ 
Z1 Zx
= dy  (1 − 2x)dx
 

x=0 y=x2

Z1

x − x2 dx

= (1 − 2x)
0
Z1
x1/2 − 2x3/2 − x2 + 2x3 dx

=
0
1
x3 x4

2 3/2 4 5/2
= x − x − +
3 5 3 2 0
2 4 1 1 1
= − − + = .
3 5 3 2 30
Exercice 4.77.
1) Évaluer l'intégrale (5z 4 − z 3 + 2)dz le long :
H

128
i) du cercle γ1 d'équation |z| = 1,

ii) du carré γ2 de sommets (0, 0), (1, 0), (1, 1) et (1, 0),

iii) de la courbe γ3 formée des arcs de parabole y = x2 de (0, 0) à (1, 1) et y 2 = x de (1, 1)


à (0, 0).

2) Évaluer dz
le long :
H
z−2

i) du cercle Γ1 d'équation |z − 2| = 4,

ii) du cercle Γ2 d'équation |z − 1| = 5,

iii) du carré Γ3 de sommets 1 ± i, −1 ± i.

sin πz 2 +cos πz 2 e2z


3) Calculer et où γ est le cercle |z| = 3.
H H
(z−1)(z−2)
dz (z+1)4
dz
γ γ

Corrigé.
1) La fonction polynômiale 5z 4 − z 3 + 2 est holomorphe dans C donc son intégrale est nul
sur toute courbe fermée simple du plan complexe selon le théorème de Cauchy. Toutes les
courbes considérées γ1 , γ2 et γ3 sont fermées simples, alors :

I I I
4 3 4 3
(5z − z + 2)dz = (5z − z + 2)dz = (5z 4 − z 3 + 2)dz = 0.
γ1 γ2 γ3

2) On sait d'après le théorème et l'intégrale de Cauchy que :

I 
dz 2πi si 2 est à l'intérieur de γ
= ,
z−2 0 si 2 est à l'extérieur de γ
γ

pour toute courbe fermée simple γ. Comme 2 est à l'intérieur de Γ1 et Γ2 et à l'extérieur


de Γ3 , on a :
I I I
dz dz dz
= = 2πi et = 0.
z−2 z−2 z−2
Γ1 Γ2 Γ3

1 1 1
3) On a
(z−1)(z−2)
= z−2
− z−1
, donc

sin πz 2 + cos πz 2 sin πz 2 + cos πz 2 sin πz 2 + cos πz 2


I I I
dz = dz − dz.
(z − 1)(z − 2) z−2 z−1
γ γ γ

L'application de la formule de Cauchy respectivement pour les points singuliers a=2 et

129
4 Exercices corrigés
a = 1, donne :
sin πz 2 + cos πz 2
I
dz = 2πi sin π22 + cos π22 = 2πi [sin 4π + cos 4π] = 2πi,
 
z−2
γ

sin πz 2 + cos πz 2
I
dz = 2πi sin π12 + cos π12 = 2πi [sin π + cos π] = −2πi,
 
z−1
γ

car a=1 et a=2 sont situés à l'intérieur de γ et sin πz 2 + cos πz 2 est analytique dans C.
D'où :
sin πz 2 + cos πz 2
I
dz = 2πi − (−2πi) = 4πi.
(z − 1)(z − 2)
γ

D'autre part, la formule intégrale de Cauchy relative à la dérivée troisième de la fonction


2z
holomorphe f (z) = e et au point a = −1 situé à l'intérieur de γ, donne :

e2z d3 e2z
I
3!
4
dz = 3
= 23 e2(−1) ,
2πi (z + 1) dz |z=−1
γ

e2z
I
2πi 8 8π
4
dz = 2
= 2 i.
(z + 1) 3! e 3e
γ

Exercice 4.78. Soit γ l'ellipse dénie par γ(t) = a cos t + ib sin t pour t ∈ [0, 2π], et
a, b > 0. Montrer que l'indice de γ autour du point 0 est égal à 1.

Corrigé.
Par dénition de l'indice d'une courbe γ par rapport à un point, on a :
I
1 dz
Ind(γ, 0) = .
2πi z
γ

En particulier on sait que l'indice d'un cercle centré à l'origine par rapport à 0 est égal
0
à 1. Soit γ le cercle de centre 0 et de rayon r =
1
2
min(a, b), alors γ 0 est un lacet inclu
1 0
dans γ. Puisque la fonction complexe est holomorphe sur γ et sur γ et dans le domaine
z
0
connexe compris entre γ et γ, on en déduit alors d'après le théorème de Cauchy-Goursat
1 0
que l'intégrale de sur γ et celle sur γ coicident, donc :
z
I I
1 dz 1 dz
Ind(γ, 0) = = = 1.
2πi z 2πi z
γ γ0

Exercice 4.79. Calculer de deux manières diérentes dz


où γ est l'ellipse dénie par
H
z
γ
γ(t) = a cos t + ib sin t pour t ∈ [0, 2π], et a, b > 0.

R2π
En déduire la valeur de l'intégrale dt
a2 cos2 t+b2 sin2 t
.
0

130
Corrigé.
Si z∈γ alors z = z(t) = a cos t + ib sin t, t ∈ [0, 2π] et

Z2π Z2π
−a sin t + ib cos t (−a sin t + ib cos t) (a cos t − ib sin t)
I
dz
= dt = dt
z a cos t + ib sin t (a cos t + ib sin t) (a cos t − ib sin t)
γ 0 0
Z2π
−a2 sin t cos t + iab sin2 t + iab cos2 t + b2 sin t cos t
= dt
a2 cos2 t + b2 sin2 t
0
Z2π Z2π
(b2 − a2 ) sin t cos t dt
= dt + iab .
a2 cos2 t + b2 sin2 t a2 cos2 t + b2 sin2 t
0 0

D'autre part, d'après le théorème de Cauchy, on a aussi :

I
dz
= 2πi.
z
γ

Par identication des parties réelles et imaginaires, on trouve :

Z2π
(b2 − a2 ) sin t cos t
dt = 0,
a2 cos2 t + b2 sin2 t
0
Z2π
dt
ab = 2π.
a2 cos2 t + b2 sin2 t
0

Exercice 4.80. 1) Si f est une fonction analytique dans un ouvert simplement connexe
Rb
D, montrer que f (z)dz est indépendant du chemin γ joignant deux points quelconques a
a
et b de D.

2) Soit f une fonction analytique dans un ouvert connexe R limité par deux courbes fermées
simples C1 et C2 , et aussi sur C1 et C2 . Démontrer que :
I I
f (z)dz = f (z)dz
C1 C2

où C1 et C2 sont décrites dans le sens positif relatif à leur intérieur (le sens contraire des
aiguilles d'une montre).

3) Calculer dz
n = 2, 3, 4, ... où a est un point à l'intérieur d'une courbe fermée
H
(z−a)n
,
C
simple C quelconque.

131
4 Exercices corrigés
Corrigé.
1) On applique ici le théorème de Cauchy. Soient C1 = ADB et C2 = AEB deux chemins
diérent joignant les points a et b de D (voir gure ci-dessous) :

Alors,

I
f (z)dz = 0,
ADBEA
I I I
f (z)dz = f (z)dz + f (z)dz = 0.
ADBEA ADB BEA

D'où, I I I
f (z)dz = − f (z)dz = f (z)dz,
ADB BEA AEB

ou bien I I
f (z)dz = f (z)dz.
C1 C2

2)

132
Soient les points D, H, J, K, L
E, F, G choisis arbitrairement et respectivement sur les
et
courbes C1 et C2 . Eectuons la coupure DE pour atteindre C2 à partir de C1 et inversement.
La fonction f (z) étant analytique dans R et sur C1 et C2 , on a alors d'après le théorème
de Cauchy :
I
f (z)dz = 0,
DEF GEDHJKLD
ou encore Z I Z I
f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz = 0.
DE EF GE ED DHJKLD

R R
Puisque f (z)dz = − f (z)dz, on a aussi :
DE ED
I I
f (z)dz + f (z)dz = 0,
EF GE DHJKLD

I I I
f (z)dz = − f (z)dz = f (z)dz,
DHJKLD EF GE EGF E

H H
donc f (z)dz = f (z)dz.
C1 C2

3) En utilisant la question (2), on a :

I I
dz dz
= ,
(z − a)n (z − a)n
C γ

où γ est le cercle de centre a et de rayon ε > 0 assez petit de telle façon que γ soit
à l'intérieur de C (ceci peut être réalisé car z = a est un point intérieur à C ). D'où,
z = a + εeit , 0 ≤ t ≤ 2π et dz = iεeit dt, alors :

Z2π Z2π
iεeit
I I
dz dz i
= = dt = n−1 ei(1−n)t dt
(z − a)n (z − a)n it
(εe ) n ε
C γ 0 0
2π
ei(1−n)t

i
= = 0.
εn−1 i(1 − n) 0

Exercice 4.81. Calculer les primitives et les intégrales suivantes :

Z Z Z Z1
2z
sin 3z cos 3zdz , tan(2z + 5)dz , ze dz , ze2z dz ,
0
Z Z2π Z
dz
z 2 sin 4zdz , z 2 sin 4zdz , .
z 2 + a2
0

133
4 Exercices corrigés
Corrigé.
1) On a :
Z Z Z
d(sin 3z) 1 1 1 d
sin2 3z

sin 3z = sin 3zd(sin 3z) =
3 3 3 2 dz
1 2
= sin 3z + c, c ∈ C.
6

2)
Z Z Z
sin(2z + 5) 1 d(cos(2z + 5))
tan(2z + 5)dz = dz = −
cos(2z + 5) 2 cos(2z + 5)
1
= − log cos(2z + 5) + c, c ∈ C.
2

F (z)G0 (z)dz = F (z)G(z) − F 0 (z)G(z)dz.


R R
3) On fait une intégration par parties du type
2z
0 2z e
Soit F (z) = z et G (z) = e alors G(z) = et
2

ze2z e2z ze2z e2z


Z Z
2z
ze dz = − dz = − + c, c ∈ C.
2 2 2 4

Donc
Z1 1
ze2z e2z e2 1

2z
ze dz = − = + .
2 4 0 4 4
0

4) On fait une double intégration par parties,


Z Z   Z
2 2 cos 4z 2 cos 4z 1
z sin 4zdz = z d − = −z + z cos 4zdz
4 4 2
Z  
2 cos 4z 1 sin 4z
= −z + zd
4 2 4
Z
cos 4z z sin 4z sin 4z
= −z 2 + −
4 8 8
cos 4z z sin 4z cos 4z
= −z 2 + + + c, c ∈ C.
4 8 32
Z2π  2π
2 2 cos 4z z sin 4z cos 4z
z sin 4zdz = −z + +
4 8 32 0
0
1 1
= −π 2 + − = −π 2 .
32 32

5)

d az
Z Z Z 
dz 1 dz1
= 2 = 2
z 2 + a2 a2 1 + az a 1 + az
1 z 
= arctan + c, c ∈ C.
a a

134
On a également,
 
1 1 1 1 1
2 2
= = − ,
z +a (z − ia)(z + ia) 2ia z − ia z + ia

et donc
Z Z Z
dz 1 dz 1 1
= −
z 2 + a2 2ia z − ia 2ia z + ia
1 1
= log(z − ia) − log(z + ia) + c, c ∈ C.
2ia   2ia
1 z − ia
= log + c, c ∈ C.
2ia z + ia
Exercice 4.82. On note C le cercle unité et soit f une fonction holomorphe dans un
ouvert U contenant le disque D(0, 1) de centre 0 et de rayon 1. Exprimer en fonction des
valeurs de f l'intégrale suivante :
I  
1 f (z)
I= 2+z+ dz.
z z
C

R2π
En déduire la valeur de t

f (eit ) cos2 2
dt.
0

Corrigé.
H
On a, d'après le théorème de Cauchy f (z)dz = 0, puisque f est holomorphe sur C et à
C
dn f n! f (z)
H
l'intérieur de C. De plus, en vertu des formules de Cauchy
dz n
(0) = f (n) (0) = 2πi z n+1
dz,
C
on a aussi : I I
f (z) f (z)
2πif (0) = dz et 2πif (1) (0) = dz.
z z2
C C

D'où :
I   I I I
1 f (z) f (z) f (z)
I = 2+z+ dz = f (z)dz + 2 dz + dz
z z z z2
C C C C
(1) (1)

= 0 + 2 (2πif (0)) + 2πif (0) = 2πi 2f (0) + f (0) .

D'autre part, on utilise le paramétrage γ(t) = eit , t ∈ [0, 2π], du cercle unité, on trouve :
Z2π  Z2π
1 f (eit ) it

it it −it
f (eit )idt

I = 2 + e + it it
ie dt = 2 + e + e
e e
0 0
Z2π Z2π  
it t
2
= 2i (1 + cos t) f (e )dt = 4i cos f (eit )dt.
2
0 0

135
4 Exercices corrigés
On en déduit :

Z2π 
2πi 2f (0) + f (1) (0)
 
2 t it I π
2f (0) + f (1) (0) .

cos f (e )dt = = =
2 4i 4i 2
0

Exercice 4.83. Calculer les intégrales suivantes :

Z Z Z Z
zdz , Re(z)dz , |z| dz , arg(z)dz,
γ γ γ γ

pour chacune des trois courbes :

 le segment [0, 1];

 le cercle unité parcouru dans le sens positif ;

 la parabole d'équation y = x2 , 0 ≤ x ≤ 1.

Corrigé.

1) Le ségment [0, 1] a pour équation paramétrique z = z(t) = (1 − t) × 0 + t × 1 = t,


t ∈ [0, 1]. Dans ce cas z(t) = Re(z(t) = |z(t)| = t, arg(z(t)) = 0 et dz(t) = dt, donc :

Z Z Z Z1  2 1
t 1
zdz = Re(z)dz = |z| dz = tdt = = ,
2 0 2
γ γ γ 0
Z Z1
arg(z)dz = 0dt = 0.
γ 0

2) Pour le cercle unité parcouru dans le sens positif, paramétré par z = z(t) = eit , −π ≤

136
t ≤ π, on a :

Zπ Zπ π
e2it
Z 
it it 2it
zdz = e ie dt = i e dt = = 0,
2 −π
γ −π −π
Z Zπ Zπ Zπ
it it it
Re(z)dz = Re(e )ie dt = i (cos t) e dt = i cos t [cos t + i sin t] dt
γ −π −π −π
Zπ Zπ     π 
2 1 + cos 2t sin 2t
= i cos tdt = i dt = i π + = iπ,
2 4 −π
−π −π
Z Zπ Zπ
it it  π
|z| dz = e ie dt = ieit dt = eit −π = 0,
γ −π −π
Zπ Zπ Zπ π
eit
Z 
it

td(eit ) = teit −π − it

arg(z)dz = tie dt = e dt = 2π cos π −
i −π
γ −π −π −π
= −2π − 2 sin 2π = −2π.

3) La partie de la parabole d'équation y = x2 , 0 ≤ x ≤ 1, est paramétrée par z(t) =


2
x(t) + iy(t), x(t) = t, y(t) = t , 0 ≤ t ≤ 1, d'où dz(t) = (1 + 2it)dt :

Z1 Z1 1
t2 t4
Z 
2 3 2
− + it3
 
zdz = t + it (1 + 2it)dt = t − 2t + 3it dt = = i,
2 2 0
γ 0 0

Z1 Z1 1
t2 2i 3
Z 
2 1 2
Re(z)dz = t(1 + 2it)dt = (t + 2it )dt = + t = + i,
2 3 0 2 3
γ 0 0

Z Z1 √ Z1 √
|z| dz = t2 + t4 (1 + 2it)dt = t 1 + t2 (1 + 2it)dt
γ 0 0
Z1 √ Z1 √
= t 1 + t2 dt + 2i t2 1 + t2 dt
0 0
Z2 argZsinh 1
1 √ sinh2 (2u)
= udu + 2i du
2 4
1 0
Z2 argZsinh 1
1 √ cosh(4u) − 1
= udu + 2i du
2 8
1 0
 3/2
2  arg sinh 1
u i sinh(4u)
= + −u
3 1 4 4 0

2 2−1 sinh(4 arg sinh 1) − 4 arg sinh 1
= +i .
3 16

137
4 Exercices corrigés
Exercice 4.84. Si γ désigne le cercle unité parcouru dans le sens positif, calculer :
I  2n
1 dz
z+ , n ∈ N.
z z
γ

En déduire la valeur des intégrales suivantes :


Zπ Zπ
cos2n tdt et sin2n tdt.
−π −π

Obtenir aussi :
Zπ Zπ
cos 2n+1
tdt et sin2n+1 tdt.
−π −π

Corrigé.
En vertu de formule du binôme on a :
 2n 2n  k X 2n
1 X
k 2n−k 1 k 2n−2k
z+ = C2n z = C2n z ,
z k=0
z k=0
I  2n I X 2n 2n I
1 dz k 2n−2k−1
X
z+ = C2n z dz = C2n z 2n−2k−1 dz
k
z z k=0 k=0
γ γ γ
2n
X I
k
= C2n z 2n−2k−1 dz
k=n γ

Comme 2n − 2k − 1 ≥ 0 si 0 ≤ k ≤ n − 1, alors le théorème de Cauchy arme que :

I
z 2n−2k−1 dz = 0
γ

puisque la fonction polynômiale z 2n−2k−1


est holomorphe sur γ et à l'intérieur de γ. D'autre
1
part, si n ≤ k ≤ 2n, z = 0 est un pôle d'ordre 2k + 1 − 2n de la fraction rationnelle z2k+1−2n ,
les formules intégrales de Cauchy donnent :
I I 
2n−2k−1 1 2πi si 2k + 1 − 2n = 1
z dz = dz = .
z 2k+1−2n 0 sinon
γ γ

Ainsi,
I  2n 2n I I 2n I
1 dz X
k 2n−2k−1 n dz X
z+ = C2n z dz = C2n + C2n z 2n−2k−1 dz
k
z z k=n
z k=n+1
γ γ γ γ
| {z }
=0
n
= C2n 2πi.

138
En utilisant la paramétrisation du cercle unité z = z(t) = eit , −π ≤ t ≤ π, on a :

2n Zπ  2n Zπ
ieit
I 
1 dz 1
z+ = it
e + it dt = i (2 cos t)2n dt
z z e eit
γ −π −π

= 22n i cos2n tdt = C2n
n
2πi.
−π

Soit
Zπ n
2πC2n
cos2n tdt = .
22n
−π

π

Comme sin t = cos t − 2
, et en utilisant la 2π -périodicité de la fonction cosinus, on a
aussi :

π
Zπ Zπ  Z2 Zπ n
 π 2n 2πC2n
sin2n tdt = cos t − dt = cos2n sds = cos2n sds = .
2 22n
−π −π − 3π −π
2

En vertu de cette dernière remarque et du fait que sin2n+1 t est une fonction impaire,

Zπ Zπ
cos2n+1 tdt = sin2n+1 tdt = 0.
−π −π

Exercice 4.85. γ désigne le cercle unité parcouru dans le sens positif, calculer :
I
dz
2
.
2z − 5z + 2
γ

Corrigé.
1
Décomposons en fractions rationnelles simples :
2z 2 −5z+2
 
1 1 1 1 1
= 1 = − 1 .
2z 2 − 5z + 2 2(z − 2)(z − 2 ) 3 z−2 z− 2

dz
H
En vertu du théorème et de la formule de Cauchy, on a
z−2
= 0 puisque z = 2 est à
γ
dz 1
H
l'extérieur de γ et
z− 21
= 2πi car z= 2
est à l'intérieur de γ, donc :
γ
I I I
dz 1 dz 1 dz 2π
2
= − 1 = − i.
2z − 5z + 2 3 z−2 3 z−2 3
γ γ γ

139
4 Exercices corrigés
Exercice 4.86. Soient a et b ∈ C tels que 0 < |a| < |b|. Calculer l'intégrale curviligne :
I
dz
,
(z − a)(z − b)
γ

dans les trois cas suivants : i) 0 < r < |a| , ii) |a| < r < |b| , iii) 0 < |b| < r, où γ est le
cercle de cente 0 et de rayon r.

Corrigé.
0 < r < |a| , alors 0 < r < |a| < |b| , donc les deux singularités a et b sont à l'extérieur
i) Si
1
du cercleγ et la fonction (z−a)(z−b) est holomorphe sur γ et à l'intérieur de γ, le théorème
dz
H
de Cauchy arme que l'intégrale le long de γ de cette fonction est nulle, = 0.
(z−a)(z−b)
γ

ii) Si |a| < r < |b| , seule la singularité a est à l'intérieur de γ, b


est située à l'extérieur
1
de γ. La formule intégrale de Cauchy relative à la fonction sur γ et au point a,
(z−a)(z−b)
donne :
I I 1
dz (z−b) 1 2πi
= dz = 2πi = .
(z − a)(z − b) (z − a) (z − b) |z=a (a − b)
γ γ

1
iii) Si 0 < |b| < r, alors 0 < |a| < |b| < r, et les deux singularités a et b de (z−a)(z−b) sont
1
situées à l'intérieur de γ. On décompose la fraction (z−a)(z−b) en éléments simples, on a :
 
1 1 1 1
= −
(z − a)(z − b) a−b z−a z−b

et alors :  
I I I
dz 1  dz dz 
= − = 0,
(z − a)(z − b) a−b z−a z−b
γ γ γ

dz dz
H H
car
z−a
= z−b
= 2πi.
γ γ

Exercice 4.87. Soient D un ouvert de C, f : D −→ C une fonction holomorphe et γ


un chemin fermé parcouru dans le sens positif et contenu ainsi que son intérieur dans D.
Soient enn z1 et z2 deux points à l'intérieur de γ. Calculer :
I
f (z)
dz.
(z − z1 )(z − z2 )
γ

Qu'obtient-on lorsque z1 tend vers z2 .

140
Corrigé.
1
En décomposant la fraction en éléments simples, on a :
(z−z1 )(z−z2 )
 
f (z) 1 f (z) f (z)
= − .
(z − z1 )(z − z2 ) (z1 − z2 ) z − z1 z − z2

D'où a l'aide de la formule de Cauchy, on obtient :


I I
f (z) f (z)
dz = 2πif (z1 ) et dz = 2πif (z2 ).
z − z1 z − z2
γ γ

Alors :
 
I I I
f (z) 1 f (z) f (z) 
dz =  dz − dz
(z − z1 )(z − z2 ) (z1 − z2 ) z − z1 z − z2
γ γ γ
2πi
= (f (z1 ) − f (z2 )) .
(z1 − z2 )

Maintenant si z1 −→ z2 , on a :
f (z1 ) − f (z2 )
I
f (z)
lim dz = 2πi lim = 2πif 0 (z2 ).
z1 →z2 (z − z1 )(z − z2 ) z1 →z2 z1 − z2
γ

Exercice 4.88. γ désigne le cercle unité parcouru dans le sens positif, calculer :
sin6 z
I
dz.
(z − π6 )2
γ

Corrigé.
En vertu de la formule de Cauchy pour la dérivée première de la fonction sin6 z holomorphe

π
sur C, on a puisque z= 6
est à l'intérieur de γ :

 5 √ √
sin6 z
I
1! d 6
 π  5
 π  1 3 3 3
dz = sin z = 6 sin z cos z =6 = ,
2πi (z − π6 )2 dz 6 6 2 2 32
γ
√ √
sin6 z
I
3 3 3 3
dz = 2πi = πi.
(z − π6 )2 32 16
γ

Exercice 4.89.

H1) Soient D un ouvert de C et f : D −→ C une fonction continue. Supposons que


f (z)dz = 0 pour tout contour fermé γ contenu ainsi que son intérieur dans D. Mon-
γ
trer que f est holomorphe dans D (théorème de Morera).

141
4 Exercices corrigés
2) Si f (z) = f (x + iy) = u(x, y) + iv(x, y), démontrer le théorème de Morera en faisant
l'hypothèse que u et v sont de classe C 1 dans D.

Corrigé.
1) Soientz0 ∈ D et D(z0 , r) le disque ouvert de centre z0 et de rayon r tel que D(z0 , r) ⊂ D.
Montrons que f est holomorphe dans D(z0 , r). Par hypothèse, la fonction primitive F
dénie de D(z0 , r) dans C par :

Zz
F (z) = f (u)du,
z0

est bien dénie. Vérions qu'elle est holomorphe et que sa dérivée au point z ∈ D(z0 , r)
estf (z). Soit ρ > 0 tel que D(z, ρ) ⊂ D(z0 , r) et, si |h| < ρ intégrons du point z au point
z + h le long du segment [z, z + h]. On a :
z+h
Z
F (z + h) − F (z) 1
− f (z) = (F (u) − f (z)) du
h h



z
≤ sup |F (u) − f (z)| ,
u∈[z,z+h]

ce qui tend vers 0 avec |h| . La fonction f, étant la dérivée d'une fonction holomorphe, est
elle-même holomorphe.

2) Si u et v sont de classe C1 dans D,


on peut alors appliquer la formule de Green sur
0
toute courbe fermée γ entourant un domaine borné D ⊂ D, et on obtient :

I I
f (z)dz = (u(x, y) + iv(x, y)) (dx + idy)
γ γ
I I
= u(x, y)dx − v(x, y)dy + i v(x, y)dx + u(x, y)dy
γ γ
ZZ   ZZ  
∂v ∂u ∂u ∂v
= − − dxdy + i − dxdy.
∂x ∂y ∂x ∂y
D0 D0

H
Donc si f (z)dz = 0 sur tout contour fermé γ de D, on a :
γ

I I
u(x, y)dx − v(x, y)dy = v(x, y)dx + u(x, y)dy = 0,
γ γ
ZZ   ZZ  
∂v ∂u ∂u ∂v
− − dxdy = − dxdy,
∂x ∂y ∂x ∂y
D0 D0

142
le long de tout contour fermé γ de D. Alors, les équations de Cauchy-Riemann :
∂u ∂v ∂v ∂u
− =0 et − − = 0;
∂x ∂y ∂x ∂y

sont satisfaites dans D et donc la fonction f (z) = u(x, y) + iv(x, y) est holomorphe dans
D.

Exercice 4.90.
1) Démontrer le théorème de Liouville : si f (z) est holomorphe sur C (fonction entière) et
bornée (il existe M > 0, tel que |f (z)| ≤ M, ∀z ∈ C) alors f est une fonction constante.

2) Démontrer le théorème fondamental de l'algèbre : toute équation algébrique P (z) =


an z n + ... + a2 z 2 + a1 z + a0 , de degré n ≥ 1 et telle que an 6= 0, possède au moins une

racine dans C.

Corrigé.
1) Soit a un point quelconque du plan complexe. Considérons le cercle C de rayon r > 0,
arbitraire, centré en a, on a d'après la formule intégrale de Cauchy :

I
1! f (z)
2
dz = f 0 (a).
2πi (z − a)
γ

D'où,
|f (z)|
I I
0 1 M M M
|f (a)| ≤ 2 |dz| ≤ |dz| = (2πr) = .
2π |z − a| 2πr2 2πr 2 r
γ γ

Faisant tendre r vers +∞, on en déduit que |f 0 (a)| = 0 et donc que f 0 (a) = 0, ∀a ∈ C. La
fonction f est donc constante sur C.

2) Supposons par l'absurde que l'équation P (z) = 0 n'a pas de racine dans C, alors f (z) =
1 1 1
est holomorphe sur C. De plus, |f (z)| = ∼ tend vers 0 quand |z| →
P (z) |P (z)| |z|→+∞ |an ||z|n

+∞, alors f est bornée sur C. Alors d'après le théorème de Liouville f (z) et donc P (z) est
constant, ce qui est une contradiction on en conclut que P (z) = 0 possède au moins une
racine dans C.

Exercice 4.91. On note f la fonction qui à z associe f (z) = 1


2z−z 2
. On note γ1 , γ2 , γ3 les
chemins de [0, 2π] dans C dénis par :

γ1 (t) = e2it , γ2 (t) = 2 − e−it , γ3 (t) = 3eit .

Parmi les armations suivantes lesquelles sont vraies, lesquelles sont fausses et pourquoi ?

143
4 Exercices corrigés
1) Le résidu de f en 0 est − 21 .

2) Le résidu de f en 2 est − 21 .

3) L'intégrale de f sur γ1 est πi.

4) L'intégrale de f sur γ2 est −2πi.

5) L'intégrale de f sur γ3 est 0.

Corrigé.
1 1
f (z) =2z−z 2
= z(2−z) , f admet deux singularités en z=0 et au point z = 2, il s'agit de
deux pôles simples, en eet :

1 1
lim zf (z) = lim = ,
z→0 (2 − z)
z→0 2
−1 1
lim (z − 2)f (z) = lim =− .
z→2 z→2 z 2

1) Faux. Le résidu de f en 0 est Res(f, 0) = lim zf (z) = 12 .


z→0

2) Vrai. Le résidu de f en 2 est Res(f, 2) = lim(z − 2)f (z) = − 12 .


z→0

3) Vrai. γ1 (t) = e2it , t ∈ [0, 2π], est le cercle de centre 0 et de rayons 1, puisque uniquement
le pôle 0 est à l'intérieur de γ1 , on a d'après le théorème des résidus :
I
1
f (z)dz = 2πiRes(f, 0) = 2πi × = πi.
2
γ1

4) Faux. γ2 (t) = 2 − e−it = (2 − cos t) + i sin t, t ∈ [0, 2π], désigne le cercle centré en (2, 0)
et de rayon 1, puisque uniquement le pôle 2 est à l'intérieur de γ2 , on a d'après le théorème
des résidus : I  
1
f (z)dz = 2πiRes(f, 2) = 2πi × − = −πi.
2
γ2

5) Vrai. γ3 (t) = 3eit , t ∈ [0, 2π], est le cercle de centre 0 et de rayon 3, donc γ3 entoure les
deux pôles z = 0 et z = 2, alors le théorème des résidus permet d'écrire :
I  
1 1
f (z)dz = 2πi [Res(f, 0) + Res(f, 2)] = 2πi − = 0.
2 2
γ3

Exercice 4.92. Pour chaque question, indiquer les armations qui sont vraies et celles
qui sont fausses en justiant vos réponses.

On note f la fonction qui à z complexe associe tan π



2
z .

144
1) La fonction f a un pôle d'ordre 2 en chaque entier n ∈ Z.

2) La fonction f a une singularité essentielle en 0.

3) Le résidu de f en 1 est − π2 .

4) Le résidu de f en 0 est − π1 .

5) La fonction f est méromorphe sur C.

Corrigé.
π
 sin( π2 z )
Les singularités de f (z) = tan 2
z = cos( π2 z )
sont les nombres complexes z vériant

π π π

l'équation cos 2
z = 0, c'est à dire
2
z = 2
+ nπ, n ∈ Z, donc zn = 2n + 1, n ∈ Z.

1) Faux. En fait, f a un pôle simple en chaque entier zn = 2n + 1, n ∈ Z, car :

lim sin π2 z

π

sin z
2  z→zn
lim (z − zn )f (z) = lim (z − zn ) π
=
z→zn z→zn cos z cos( π2 z )−cos( π2 zn )
2 lim z−zn
z→zn

sin π2 zn 2 sin (2n + 1) π2


 
2
= =−  = − , ∀n ∈ Z.
− π2 sin π2 zn π

π sin (2n + 1) 2 π

2) Faux. 0 est un point où la fonction est dénie f (0) = 0 et y est holomorphe f 0 (0) =
π
2
cos2 ( π2 z )(z=0)
= π2 .

3) Vrai. z0 = 1, obtenu pour n = 0, est un pôle simple de f, le résidu de f en ce point est


d'après le calcul précédent :

2
Res(f, 0) = lim(z − 1)f (z) = − .
z→1 π

4) Faux. Le point 0 n'est pas singulier pour la fonction f. Si f est holomorphe au voisinage
de a on pose, par convention Res(f, a) = 0.

5) Vrai. Une fonction complexe est dite méromorphe si ses seules singularités sont des pôles,
π

ce qui est le cas de la fonction f (z) = tan z .
2

Exercice 4.93. 1) Soit f une fonction holomorphe dans un ouvert D de C et a un point


de D. Que peut-on dire du rayon de convergence de la série de Taylor de f en a ?

2) Développer en série de Taylor autour de z0 ∈ C, les fonctions suivantes :

i) f (z) = z
z+2
, z0 = 1,

ii) f (z) = ln 1+z



1−z
, z0 = 0,

145
4 Exercices corrigés
iii) f (z) = sin z, z0 = π
4
(calculer quelques termes),

iv) f (z) = 1
cos πz
, z0 = 1 (calculer quelques termes),

v) f (z) = ze2z , z0 = −1.

Dans chacun des cas, donner le domaine de convergence de la série obtenue.

Corrigé.
1) fest développable en série entière sur tout disque de centre a contenu dans D . Ce
+∞
P f (n) (a)
développement est la série de Taylor
n!
(z − a)n en a de f . Donc f est la somme de
n=0
sa série de Taylor au moins sur le plus grand disque ouvert de centre a contenu dans D .
Son rayon de convergence est donc supérieur ou égal à la distance de a au bord de D.

z
2) (i) On écrit f (z) = z+2 = z−1
z+2
1
+ z+2 1
, il sut alors de développer z+2 en série entière de
puissances de (z − 1) (au voisinage de z0 = 1) :
! +∞  n
1 1 1 1 1X n z−1
= =  = (−1)
z+2 z−1+3 3 1 + z−1 3
3 n=0
3
+∞
(−1)n

X n
z − 1
= n+1
(z − 1) si
3 < 1 ou |z − 1| < 3.

n=0
3

La série entière converge absolument à l'intérieur du disque de centre (1, 0) et de rayon


3.

(ii) La série de Taylor de la fonction ln(1 + z) au voisinage de 0 est :

+∞
X z n+1 z2 z3 z4
ln(1 + z) = (−1)n =z− + − + ... si |z| < 1.
n=0
n+1 2 3 4

De la même façon, on a :

+∞ n+1+∞
X
n (−z)
X z n+1 z2 z3 z4
ln(1 − z) = (−1) =− = −z − − − + ... si |z| < 1.
n=0
n+1 n=0
n+1 2 3 4

1+z

La série de Taylor de la fonction ln 1−z
au voisinage de 0 est donc :

+∞ +∞ +∞
z n+1 X z n+1 z n+1
 
1+z X
n
X
ln = (−1) + = ((−1)n + 1)
1−z n=0
n + 1 n=0 n + 1 n=0 n+1
z3 z5
= 2z + 2 + 2 + ...
3 5
+∞
X z 2n+1
= 2 si |z| < 1.
n=0
2n + 1

146
1+a

Cette série converge absolument pour |z| < 1, sachant que la formule ln 1−a
= ln(1 +
a) − ln(1 − a) si |a| < 1.

(iii)

 π 
fonction expression valeur en
√ 4
 f (z) 2
 sin z √2


 f (1) (z) 2
 cos z 2√


− √22
 (2)
 f (z) − sin z


−√ 22
 (3) 
 f (z) − cos z 
2
f (4) (z) sin z 2

et donc √ 
(z − π4 ) (z − π4 )2 (z − π4 )3

2
f (z) = 1+ − − + ... , ∀z ∈ C.
2 1! 2! 3!

La série entière obtenue converge absolument dans C.

(iv)

 
fonction expression valeur en 1
1
 f (z)
 cos πz
−1 

 f (1) (z) sin πz
 π cos 2 πz 0 

2 (1+sin πz )
 (2) 2
−π 2

 f (z) π cos3 πz 
 (3) 
 f (z) ... ... 
f (4) (z) ... ...

d'où
1 (z − 1)2
f (z) = = −1 − π 2 + ...
cos πz 2!

série de Taylor qui converge absolument à l'intérieur du disque centré en 1 et de rayon 1.

(v) On a :

f (z) = ze2z = (z + 1 − 1)e2(z+1) e−2 = (z + 1)e2(z+1) e−2 − e2(z+1) e−2


+∞ +∞
−2
X [2(z + 1)]n −2
X [2(z + 1)]n
= e (z + 1) −e
n=0
n! n=0
n!
" +∞ +∞
#
X 2n X [2(z + 1)]n
= e−2 (z + 1)n+1 −
n! n!
" n=0
+∞
n=0
+∞ n
#
n−1
X 2 X 2
= e−2 (z + 1)n − 1 − (z + 1)n
n=1
(n − 1)! n=1
n!
+∞ n−1
X 2 (n − 2)
= −e−2 + (z + 1)n .
n=1
n!

147
4 Exercices corrigés
La série converge absolument dans tout C.

Dans chacun des cas, la série converge uniformément dans tout sous-ensemble compact
(fermé, borné) du domaine de convergence absolue.

Exercice 4.94.
+∞
1) Déterminer l'ensemble des valeurs de z pour lesquelles les séries (−1)n (z n + z n+1 )
P
n=0
+∞
et 1
convergent et donner leurs sommes respectives.
P
(z 2 +1)n
n=1

2) Étudier la convergence absolue et la convergence uniforme de la série entière


+∞
P z(3−z)n−1
3n
.
n=0

3) Si l'on considère la branche de f (z) = arctan z telle que f (0) = 0, montrer que :
z3 z5 z7
arctan z = z − + − + ...
3 5 7

Corrigé.
1) (i) Il s'agit de la somme de deux séries géométriques de raison z, elles convergent alors
+∞
(−1)n (z n + z n+1 ) pour |z| < 1 et on a :
P
ainsi que la série
n=0
+∞ +∞
X X 1
(−1)n z n = (−z)n = si |z| < 1,
n=0 n=0
1+z
+∞ +∞
X X z
(−1)n z n+1 = z (−z)n = si |z| < 1,
n=0 n=0
1+z
+∞
X +∞
X +∞
X
(−1)n z n + z n+1 (−1)n z n + (−1)n z n+1

=
n=0 n=0 n=0
1 z
= + = 1, si |z| < 1.
1+z 1+z

+∞ +∞ n
1 1 1
P P
(ii)
(z 2 +1)n
= z 2 +1
est une série géométrique de raison 2
z +1
, elle converge abso-
n=1 n=1
1 1
lument pour tout z complexe tel que
z 2 +1
=
|z 2 +1|
< 1. Dans le domaine de convergence
1 1
la somme de cette série est
1− 1 = z2
. D'où,
z 2 +1

+∞
X 1 1 2
2 n
= 2 si z + 1 > 1.
n=1
(z + 1) z

+∞ +∞ +∞
z(3−z)n−1 z 3−z n−1 z 3−z n z
P P  P 
2)
3n
= 3 3
= 3 3
est le produit de
3
par la série géométrique
n=1 n=1 n=0
3−z
de raison
3
. Remarquons d'abord que la série converge aussi pour z = 0. D'autre part, la

148
+∞
z(3−z)n−1
P 3−z
série
3n
converge absolument pour tout nombre complexe z tel que <1
3
ou
n=1
bien |z − 3| < 3. Donc la convergence absolue a lieu dans le disque ouvert de centre z0 = 3
et de rayon 3 et au point z = 0.

La convergence uniforme a lieu dans tout compact inclue dans le disque de convergence
de la série, c'est à dire pour |z − 3| ≤ R où 0 < R < 3. Évidemment, il n ' y a pas de
convergence uniforme dans tout voisinage contenant z = 0.

3) On a :

+∞
d d 1 1 X
f (z) = arctan z = = = (−1)n z 2n si |z| < 1.
dz dz 1 + z2 1 − (−z 2 ) n=0

Donc :

Zz Zz X
+∞
du
arctan z − arctan 0 = = (−1)n u2n du si |u| < 1.
1 + u2 n=0
0 0

Or, toute série entière peut être intégrée terme à terme dans son domaine de convergence,

+∞ Zz +∞
X
n 2n
X z 2n+1
arctan z = (−1) u du = (−1)n si |z| < 1.
n=0 n=0
2n + 1
0

Exercice 4.95. Déterminer le développement en série de Laurent des fonctions suivantes


au voisinage des singularités indiquées :

e2z
i) (z−1)3
, z0 = 1,

ii) (z − 3) sin z+2


1
, z0 = −2,

iii) z−sin z
z3
, z0 = 0,

iv) z
(z+1)(z+2)
, z0 = −2,

v) 1
z 2 (z−3)2
, z0 = 3.

Corrigé.

149
4 Exercices corrigés
i) Soit u = z − 1, alors z =u+1 et

+∞ +∞ n
e2z e2 e2u e2 2u e2 X (2u)n 2
X 2 n−3
3
= 3
= 3
e = 3
= e u
(z − 1) u u u n=0 n! n=0
n!
+∞ n
e2 2e2 2e2 4e2 2
X 2 n−3
3
+ 2
+ + + e u
u u u 3 n=4
n!
+∞ n
e2 2e2 2e2 4e2 2
X 2
= 3
+ 2
+ + + + e (z − 1)n−3
(z − 1) (z − 1) (z − 1) 3 n=4
n!
| {z } |
partie singulière
{z }
partie régulière

z0 = 1 est un pôle d'ordre trois, la série de Laurent converge pour toute valeur de z 6= 1.
La série de Laurent calculée converge sur C {1} .

ii) On pose u = z + 2, donc z =u−2 et

+∞ 1 2n+1 +∞

1 1 X
n u
X (−1)n
(z − 3) sin = (u − 5) sin = (u − 5) (−1) = (u − 5)
z+2 u n=0
(2n + 1)! n=0
(2n + 1)!u2n+1
+∞ +∞
X (−1)n X (−1)n
= − 5
n=0
(2n + 1)!u2n n=0
(2n + 1)!u2n+1
+∞ +∞
X (−1)n X (−1)n
= − 5
n=0
(2n + 1)!(z + 2)2n n=0
(2n + 1)!(z + 2)2n+1
5 1 5 1
= 1− − 2
+ 3
+ + ...
z + 2 6(z + 2) 6(z + 2) 120(z + 2)4

La partie singulière du développement en série de Laurent au voisinage de z0 = −2 de la


1
fonction (z − 3) sin , est innie alors z0 = −2 est une singularité essentielle de cette
z+2
fonction. La série de Laurent associée converge sur C {−2} .

iii)

+∞
! +∞
z − sin z 1 X z 2n+1 1 X n+1 z
2n+1
= z− (−1)n = (−1)
z3 z3 n=0
(2n + 1)! z 3 n=1 (2n + 1)!
+∞ +∞
X z 2n−2 1 X z 2n−2
= (−1)n+1 = + (−1)n+1 .
n=1
(2n + 1)! 6 n=2 (2n + 1)!

D'où, lim z−sin


z3
z
= 61 et alors z0 = 0 est une singularité apparente de la fonction z−sin
z3
z
. La
z→0
série de Laurent obtenue converge quelque soit z ∈ C.

150
iv) On pose u = z + 2, donc z =u−2 et

z u−2 2 1 2 1
= = − = +
(z + 1)(z + 2) (u − 1) u u u−1 u 1−u
+∞
2 X n
= + u si |u| < 1,
u n=0
+∞
2 X
= + (z + 2)n si |z + 2| < 1.
z + 2 n=0

z
Alors z0 = −2 est un pôle simple de la fraction
(z+1)(z+2)
et la série de Laurent correspon-

dante converge absolument dans le disque ouvert de centre (−2, 0) et de rayon 1 privé du
centre (−2, 0).

v) On pose u = z − 3, alors z =u+3 et

1 1 1 1 1
= 2 = 2 = 2
z 2 (z − 3)2
u2 (u + 3) 9u2 1 + u3 9u 1 + u 2
 
3
   +∞
1 d 1 1 d X
n u
 n
= −3 = − (−1)
9u2 du 1 + u3 3u2 du n=0 3
+∞ +∞
1 X n+1 n n−1
X n
= 2
(−1) n
u = (−1)n+1 n+1 un−3 si |u| < 3,
3u n=1 3 n=1
3
+∞
1 2 1 X n
= 2
− + + (−1)n+1 n+1 un−3 si |u| < 3,
9u 27u 27 n=4 3
+∞
1 2 1 X n
= 2 − + + (−1)n+1 n+1 (z − 3)n−3 si |z − 3| < 3.
9 (z − 3) 27 (z − 3) 27 n=4 3

z0 = 3 est un pôle d'ordre 2 et la série de Laurent correspondante converge pour toute


valeur complexe de z telle que 0 < |z − 3| < 3.

Exercice 4.96. Développer en série de Laurent la fonction complexe f (z) = 1


(z+1)(z+3)
dans les couronnes suivantes :

i) 1 < |z| < 3,

ii) |z| > 3,

iii) 0 < |z + 1| < 2,

iv) |z| < 1.

Corrigé.

151
4 Exercices corrigés
i) Par décomposition de f (z) en éléments simples, on obtient :
 
1 1 1 1
f (z) = = − .
(z + 1)(z + 3) 2 z+1 z+3

1 1
Si |z| > 1, alors =
z |z|
<1 et

+∞  n X+∞
1 1 1 1X 1 (−1)n
= 1 = − = n+1
.
z+1 z1+ z
z n=0 z n=0
z

Si |z| < 3, on a :

+∞ +∞
1 1 1 1 X  z n X (−1)n n
= z = − = z .
z+3 31+ 3
3 n=0 3 n=0
3n+1

Le développement demandé valable à la fois pour |z| > 1 et |z| < 3, c'est à dire pour
1 < |z| < 3, est :

+∞ +∞
1 1 X (−1)n 1 X (−1)n n
= − z
(z + 1)(z + 3) 2 n=0 z n+1 2 n=0 3n+1
1 1 1 1 1 z z2
= ... − + − + − + − + ...
2z 4 2z 3 2z 2 2z 6 18 54

+∞
1 1 1
P (−1)n
ii) Si |z| > 3, |z|
< 3
< 1, on a comme dans (i),
z+1
= z n+1
et
n=0
+∞  n +∞
1 1 1 1 X 3 X (−3)n
= 3 = − = .
z+3 z1+ z
z n=0
z n=0
z n+1

Le développement en série de Laurent demandé, valable à la fois pour |z| > 3, s'obtient
par soustraction :

+∞ +∞ +∞
1 1 X (−1)n 1 X (−3)n X n
n (1 − 3 ) −n−1
= − = (−1) z
(z + 1)(z + 3) 2 n=0 z n+1 2 n=0 z n+1 n=0
2
+∞ n=−2 −n−1
X
n (1 − 3n ) −n−1 X
n+1 (1 − 3 ) n
= (−1) z = (−1) z
n=1
2 −∞
2
1 4 13
= − + + ...
z2 z3 z4

iii) On pose u = z + 1. Alors :

+∞ +∞
1 1 1 1 1 X  u n X (−1)n n−1
= = = − = u
(z + 1)(z + 3) u(u + 2) 2u (1 + u2 ) 2u n=0 2 n=0
2n+1

+∞
X (−1)n 1 1 1 1
= (z + 1)n−1 = − + (z + 1) − (z + 1)2 + ...
n=0
2n+1 2 (z + 1) 4 8 16

152
valable pour |u| < 2, u 6= 0 ou 0 < |z + 1| < 2.

iv) Si |z| < 1, on a d'après ce qui précède :

+∞ +∞
X (−1) n
1 X 1
= (−1)n z n et = n+1
zn,
z+1 n=0
z + 3 n=0 3
+∞ +∞
1 1X n n 1 X (−1) n n
= (−1) z − z
(z + 1)(z + 3) 2 n=0 2 n=0 3n+1
+∞
(−1)n
 
X 1
= 1 − n+1 z n
n=0
2 3
1 4 13 40
= − z + z 2 − z 3 + ...
3 9 27 81

1
qui est une série de Taylor de la fonction f (z) = (z+1)(z+3)
au voisinage de 0.
Exercice 4.97. Déterminer la série de Laurent de la fonction f (z) = 1
(z−a)(z−b)
, 0 < |a| <
|b| dans le disque pointé 0 < |z − a| < |b| − |a| .

Corrigé.
On a :
1 1 1 1 1 1
= = .
(z − a)(z − b) (z − a) (z − b) (z − a) (a − b) 1 − z−a
b−a

Or,
+∞  n
1 X z−a z − a
z−a
= si
b − a < 1
ou |z − a| < |b − a| .
1− b−a n=0
b−a

Puisque |b| − |a| ≤ |b − a| , alors pour tout z∈C


|z − a| < |b| − |a| , on a
tel que :

+∞  n +∞
1 1 1 X z−a X (z − a)n−1
= =−
(z − a)(z − b) (z − a) (a − b) n=0 b − a n=0
(b − a)n+1
+∞
X (z − a)n
= − .
n=−1
(b − a)n+2

Exercice 4.98. Déterminer le développement en série de Laurent dans la couronne indi-


quée.

1) f (z) = 7z−2
z(z+1)(z−2)
, 0 < |z| < 1,

2) f (z) = 7z−2
z(z+1)(z−2)
, 0 < |z + 1| < 1,

3) g(z) = 1
z 2 (z−i)
, 0 < |z − i| < 1,

z 2 +1
4) h(z) = z 2 (z 2 −1)
, 0 < |z + 1| < 1.

153
4 Exercices corrigés
Corrigé.

1) On décompose f en éléments simples,

7z − 2 1 3 2
f (z) = = − + .
z(z + 1)(z − 2) z z+1 z−2

D'où, pour 0 < |z| < 1,

+∞
3 X
= 3(−1)n z n ,
1+z n=0
+∞ n
2 1 X z
= − z =− ,
z−2 1− 2 n=0
2n
+∞ +∞ n
7z − 2 1 X n n
X z
f (z) = = − 3(−1) z −
z(z + 1)(z − 2) z n=0 n=0
2n
+∞  
1 X 1
= − n
3(−1) + n z n .
z n=0 2

2) On pose u = z + 1, alors z =u−1 et

7z − 2 7u − 9 −3 1 2
f (z) = = = + +
z(z + 1)(z − 2) (u − 1)u(u − 3) u u−1 u−3
+∞ +∞
3 1 2 3 X n 2 X un
= − − −  =− − u −
u 1 − u 3 1 − u3 u n=0 3 n=0 3n
+∞   +∞  
3 X 2 3 X 2
= − − 1 + n+1 u = −n
− 1 + n+1 (z + 1)n ,
u n=0 3 z + 1 n=0 3

développement en série de Laurent valable si 0 < |u| < 1 ou bien 0 < |z + 1| < 1.

3) On pose u=z−i ou bien z = u + i, donc :

1 1 −1 1 i
g(z) = = g(z) = = + +
z 2 (z
− i) u(u + i) 2 u u + i (u + i)2
  +∞ +∞
−1 1 d 1 −1 X n−1 n X
= + +i = + i u +i in−1 nun−1
u u+i du u + i u n=0 n=1
+∞ +∞
−1 X n−1 1 X
= + i (n + 1 − i) un = − + in−1 (n + 1 − i) (z − i)n ,
u n=0
z − i n=0

valable si 0 < |u| < 1 ou 0 < |z − i| < 1.

154
4) Si u = z + 1, z = u − 1 et

z2 + 1 (u − 1)2 + 1 u2 − 2u + 2 −1 1 1
h(z) = 2 2
= 2 = 2 = + −
z (z − 1) u(u − 2) (u − 1) u(u − 2) (u − 1) u u − 2 (u − 1)2
+∞ +∞
1 X un
 
1 1 d 1 d X n
= − − + =− − + u
u 2 1 − u2 du 1 − u u n=0 2n+1 du n=0
+∞ +∞ +∞ 
1 X un

X
n−1 1 X 1
= − − + nu =− + n + 1 − n+1 un
u n=0 2n+1 n=1 u n=0 2
+∞  
1 X 1
= − + n + 1 − n+1 (z + 1)n
z + 1 n=0 2

si 0 < |u| < 1 ou bien 0 < |z + 1| < 1.

Exercice 4.99.
1) Montrer qu'une fonction analytique ne peut être bornée au voisinage d'une singularité
isolée.

2) Soient f et g deux fonctions holomorphes en z0 et h(z) = f (z)


g(z)
. Supposons que g admette
un zéro simple en z0 . Calculer Res(h, z0 ).

Corrigé.
1) Soit f (z) une fonction analytique dans un ouvert D ⊆ C, à l'exception d'une singularité
isolée z = a ∈ D. Soit un C un cercle inclue dans D centré en a et de rayon r > 0
assez petit. Alors d'après le théorème de Laurent f (z) admet un développement en série
de Laurent de la forme :
+∞
X
f (z) = an (z − a)n ,
n=−∞

où les coecients an sont donnés par :

I
1 f (z)
an = dz, n ∈ Z.
2πi (z − a)n+1
C

En particulier, les coecients an de la partie singulière du développement de Laurent de f


au voisinage de a peuvent être exprimés par :

I
1 f (z)
a−n = −n+1
dz, n ∈ N∗ .
2πi (z − a)
C

Alors si on suppose que f est bornée sur D, c'est à dire qu'il existe une constante M >0

155
4 Exercices corrigés
telle que |f (z)| ≤ M, ∀z ∈ D, on a :


|f
I I I
1 f (z) 1 (z)| M
|a−n | = dz ≤ |dz| ≤ |dz|
2πi (z − a)−n+1 2π |z − a|−n+1 2πr−n+1
C C C
M
= (2πr) = M rn , ∀n ∈ N∗ .
2πr−n+1

Comme r peut être pris arbitrairement petit, on a a−n = 0, ∀n ∈ N∗ et la série de Laurent


se réduit à une série de Taylor de f au voisinage de a. Ceci implique que f est analytique
en a et a n'est donc pas une singularité contrairement à l'hypothèse. Cette contradiction
montre que f (z) ne peut être bornée dans le voisinage d'une singularité isolée.

2) z0
est un zéro simple de g implique que g(z0 ) = 0 et g 0 (z0 ) 6= 0, donc z0 est un pôle
f (z)
simple de h(z) = puisque :
g(z)

f (z) f (z)
lim (z − z0 )h(z) = lim (z − z0 ) = lim (z − z0 )
z→z0 z→z0 g(z) z→z 0 g(z) − g(z0 )
lim f (z)
z→z0 f (z )
=  = 0 0 .
lim g(z)−g(z 0) g (z0 )
z→z0 z−z0

Alors :
f (z0 )
Res(h, z0 ) = lim (z − z0 )h(z) = .
z→z0 g 0 (z0 )
Exercice 4.100.
1) Déterminer le résidu des fonctions suivantes en chacun de leurs points singuliers :
z z 2 − 2z ez
f (z) = , g(z) = , h(z) = ,
(z − 1)2 (z + 1) (z + 1)2 (z 2 + 4) sin2 z
1 1 3 z1
j(z) = z , k(z) = 2 , l(z) = z e .
e −1 3
(1 + z )

2) Calculer le résidu de la fonction f (z) = cot z coth z


z3
en z = 0 et g(z) = 1
log2 z
en z = 1.

Corrigé.
z
i) La fonction f (z) = (z−1)2 (z+1)
admet un pôle simple en −1 et un double en 1. D'où :

z 1
Res(f, −1) = lim (z + 1)f (z) = lim 2 =− ,
z→−1 z→−1 (z − 1) 4
 
1 d  2
 d z
Res(f, 1) = lim (z − 1) f (z) = lim
1! z→1 dz z→1 dz (z + 1)
1 1
= lim 2 = .
z→1 (z + 1) 4

156
z 2 −2z
ii) g(z) = (z+1)2 (z 2 +4)
a un pôle double en z = −1 et des pôles simples en z = ±2i, alors :

z 2 − 2z 7±i
Res(g, ±2i) = lim (z ∓ 2i)f (z) = lim 2 = ,
z→±2i z→±2i (z + 1) (z ± 2i) 25
d z 2 − 2z
 
1 d  2

Res(g, −1) = lim (z + 1) f (z) = lim
1! z→−1 dz z→−1 dz z2 + 4
2z 2 + 8z − 8 14
= lim 2 =− .
z→−1 (z 2 + 4) 25

ez
iii) h(z) = sin2 z
possède des pôles doubles en zk = kπ, k ∈ Z.
d u2 eu
 
1 d  2
 u=z−kπ kπ
Res(h, zk ) = lim lim (z − kπ) h(z) = e lim
z→kπ 1! z→−1 dz u→0 du sin2 u

u2 sin u + 2u sin u − 2u2 cos u


= ekπ lim
u→0 sin3 u

On peut utiliser la règle de l'Hospital pour calculer directement cette limite :

2u sin u + u2 cos u + 2 sin u − 2u cos u + 2u2 sin u


Res(h, zk ) = ekπ lim
u→0 3 sin2 u cos u
2 sin u + 4u cos u − u2 sin u + 6u sin u + 2u2 cos u
= ekπ lim
u→0 6 sin u cos u − 3 sin3 u
6 cos u − 6u sin u − u2 cos u + 6 sin u + 10u cos u − 2u2 sin u
= ekπ lim
u→0 6 cos2 u − 6 sin2 u − 9 sin2 u cos u
= ekπ , ∀k ∈ Z.

1
iv) j(z) = ez −1
a des un pôle simple en chaque point zk = 2kπi, k ∈ Z.
z − zk z − zk
Res(j, zk ) = lim (z − zk ) j(z) = lim = lim
z→zk z→zk ez − 1 z→zk ez − ezk
1
= dez
= e−zk = 1, ∀k ∈ Z.
dz |z=zk

1
v) k(z) = (1+z 3 )2
admet pour pôles doubles les trois points −1, −j et −j 2 où j =
√ 2π
3
− 12 + i 2
= ei 3 sachant que 1j = j 2 = j, 1 + j + j 2 = 0 et j 3 = 1. Donc
3 2 2
(1 + z ) = (z + 1)2 (z + j)2 (z + j 2 ) et
 
d  2  d 1
Res(k, −1) = lim (z + 1) k(z) = lim
z→−1 dz z→−1 dz [(z + j) (z + j 2 )]2
   
d 1 2 (2z − 1) 2×3 2
= 2 = − 3 = 3
= .
dz (z 2 − z + 1) |z=−1 (z 2 − z + 1) |z=−1 3 9
 
d  2  d 1
Res(k, −j) = lim (z + j) k(z) = lim
z→−j dz z→−j dz [(z + 1) (z + j 2 )]2
   
d 1 2 (2z − j) 2
= 2 = − 3 = j.
dz (z 2 − jz + j) |z=−j (z 2 − jz + j) |z=−j 9

157
4 Exercices corrigés
 
2 d h 2 2
 i d 1
Res(k, −j ) = lim z + j k(z) = lim 2 2
z→−j 2 dz z→−j dz [(z + 1) (z + j)]

2 (2z − j 2 )
   
d 1 2
= 2 = − 3 = j 2.
dz (z 2 − j 2 z + j) |z=−j 2 (z 2 − j 2 z + j) |z=−j 9

1 1
vi) l(z) = z 3 e z a une singularité essentielle en z = 0, le résidu est le coecient de
z
dans
le développement de Laurent de cette fonction au voisinage de 0.
+∞ +∞
1
X 1 1 X 1 1 1 1 1 z
z3e z = z3 = = ... + + + + + z2 + z3,
n=0
n! z n n=0
n! z n−3 5!z 2 4!z 3! 2!
1 1
Res(l, 0) = = .
4! 24

cot z coth z
2) (i) 0 est un pôle d'ordre 5 de la fonction
z3
= zcos z cosh z
f (z) =
3 sin z sinh z , ainsi le calcul du

résidu par le biais de la dérivée demeure une méthode laborieuse, il est plus pratique alors
1
de chercher le coecient de dans le développement en série de Laurent de f au voisinage
z
de 0. A l'aide des développements de Maclaurin de sin z, cos z, sinh z et cosh z, on trouve
par division suivant les puissances croissantes de z:
  
z2 z4
z2 z4
cos z cosh z 1 − + − ... 1 + 2! + 4! + ...
2! 4!
f (z) = 3 = 3 5 3 5
z 3 z − z3! + z5! − ... z + z3! + z5! + ...
 
z sin z sinh z
   
z4 z4
1 − 6 + ... 1 − 6 + ...
= 2 4 2 4 = z4
z 5 1 − z3! + z5! − ... 1 + z3! + z5! + ...
  
z 5 1 − 90 + ...
7z 4
 
1
= 5 1− + ... .
z 45

7
Donc Res(f, 0) = − 45 .

u = z − 1, on a :
(ii) On pose

1 1 1
g(z) = 2 = 2
= 2 3 4 2 3 4
u − 2 + 3 − 4 + ... u − u2 + u3 − u4 + ...
u u u
 
log z (log(1 + u))
 
1 1 1 2 1 3 1 1 1 u
= 2 = 1 + u + u − u ... = + + − + ...
u 1 − u + 11 2 − 2 u3 + ...
 2 2
12
u 3
u 12 6 u u 12 6
Res(g, 0) = 1.

Exercice 4.101. Calculer les intégrales curviligne suivantes :

1)

ezt ezt
I I I
1 1 dz
dz, dz, ,
2πi z 2 (z 2 + 2z + 2) 2πi z 2 (z 2 + 2z + 2) (z + 1) (z 3 − 1)
|z|=3 |z|=1 |z|=2
sin z − z 1 − cos z
I I
3
dz, dz.
z (z + 1) z 3 (z − iπ)
|z|=2 |z|=2π

158
z 2n−1 + 1
I
2) dz, n ∈ N∗ .
z 2n + 1
|z|=2

I
dz
3) , R > 0, on précisera les valeurs de l'intégrale curviligne en fonction
2z 2 − 5z + 2
|z|=R
de R.
I
4) tan(πz)dz, N ∈ N∗ .
|z|=N

Corrigé.

Dans tout ce qui suit on utilise le théorème des résidus, pour cela on doit d'abord dégager
les singularités de la fonction à intégrer, ensuite désigner celles qui sont situées à l'intérieur
du contour d'intégration et nalement calculer le résidu en chacun de ces points.

ezt
1) (i) f (z) =
z 2 (z 2 +2z+2)
a un pôle double en z = 0 et des pôles simple en z = −1 ± i. Les

trois singularités de f (z) sont à l'intérieur du cercle |z| = 3.

ezt
ezt [t (z 2 + 2z + 2) − 2z − 2]
 
d t−1
Res (f, 0) = lim = lim
2 = ,
z→0 dz z→0 z 2 + 2z + 2
(z 2 + 2z + 2) 2
e−(1+i)t e−(1+i)t e−(1+i)t
Res (f, −1 − i) = lim (z + 1 + i)f (z) = = =i ,
z→−1−i 2(−1 − i + 1) 2(−i) 2
e−(1−i)t e−(1−i)t e−(1−i)t
Res (f, −1 + i) = lim (z + 1 − i)f (z) = = = −i .
z→−1+i 2(−1 + i + 1) 2i 2

ezt
I
1
dz = Res (f, 0) + Res (f, −1 − i) + Res (f, −1 + i) =
2πi z 2 (z 2 + 2z + 2)
|z|=3

eit − e−it
 
t−1 t−1
= + e−t = + e−t sin t.
2 2i 2

ezt
(ii) Si on intégre la fonction f (z) = sur le cercle |z| = 1, on voit que seule la
z 2 (z 2 +2z+2)
singularité z=0 √ est à l'intérieur de ce contour, les pôles z = −1 ± i y sont à l'extérieur
puisque |−1 ± i| = 2 > 1. Donc :

ezt t−1
I
1
2 2
dz = Res (f, 0) = .
2πi z (z + 2z + 2) 2
|z|=3

√ 2π
dz 1 3
(iii) f (z) = (z+1)(z 3 −1)
admet trois pôles simples en z1 = −1, z2 = j = − +
2
i 2
= ei 3
√ 4π
et z3 = j 2 = − 12 − i 23 = ei 3 . Si on pose Q(z) = (z+1)(z
1
3 −1) , alors Res(f, zk ) = 1
Q0(zk )
=

159
4 Exercices corrigés
1
4zk3 +3zk2 −1
, k = 1, 2, 3. D'où en utilisant le fait que 1 + j + j 2 = 0, j 3 = 1 et j 2 = j, et que

les trois singularités sont à l'intérieur du cercle |z| = 2 (|z1 | = |z2 | = |z3 | = 1), on a :

1 1
Res(f, z1 ) = = ,
2
4z13
+ 3z1 − 1 6
1 1 1 2π
Res(f, z1 ) =
3 2
= 3 2
= − e−i 3 ,
4z2 + 3z2 − 1 4j + 3j − 1 3
1 1 1 −i 4π
Res(f, z2 ) = = 6 =− e 3.
4z33 + 3z32 − 1 4j + 3j 4 − 1 3

I
dz
= 2πi (Res(f, z1 ) + Res(f, z2 ) + Res(f, z3 ))
(z + 1) (z 3 − 1)
|z|=2
   
1 1 −i 2π 1 −i 4π 1 i
= 2πi − e 3 − e 3 = 2πi +√ .
6 3 3 6 3

sin z−z
(iv) f (z) = z 3 (z+1)
a une singularité apparente en z = 0 puisque lim sin
3
z−z
=
z→0 z (z+1)
3 5
 
z− z− z3! + z5! +o(z 5 )
lim z 3 (z+1)
= 16 et un pôle simple en z = −1. Alors les deux singularités de
z→0
f sont à l'intérieur du contour |z| = 2 et :

Res(f, 0) = 0,
sin(−1) + 1 1 − sin 1
Res(f, −1) = 0 = = −1 + sin 1,
[z 3(z + 1)] (−1) −1
sin z − z
I
dz = 2πi (−1 + sin 1) .
z 3 (z + 1)
|z|=2

1−cos z
(v) f (z) = z 3 (z−iπ)
admet un pôle simple en z=0 et en z = iπ puisque

  
z2 z4
z 1− 1− 2!
+ 4!
+ o(z 4 ) 1
+ o(z) 1
2!
lim zf (z) = lim = lim = = Res(f, 0),
z→0 z→0 z3 (z − iπ) z→0 z − iπ −2iπ

et
1 − cos z cosh π
lim (z − iπ)f (z) = lim 3
= = Res(f, iπ).
z→iπ z→iπ z −iπ 3

Ainsi, puisque les deux singularités sont à l'intérieur du cercle |z| = 2π, on a :

 
1 − cos z
I
1 cosh π
dz = 2πi (Res(f, 0) + Res(f, iπ)) = 2πi − −
z 3 (z − iπ) 2iπ iπ 3
|z|=2π
2 cosh π
= −1 − .
π2

160
i( π + kπ )
2) L'équation z 2n + 1 = 0
a pour solutions zk = e 2n n , k = 0, 1, ...2n − 1. Chaque zk
z 2n−1 +1
est un pôle simple de le fonction situé à l'intérieur du cercle |z| = 2,
z 2n +1

z 2n−1 + 1 zk2n−1 + 1 zk2n−1 + 1 1 − zk


lim (z − zk ) = 0 = 2n−1 =
z→zk z 2n + 1 (z 2n + 1) (zk ) 2nzk 2n
 2n−1 
z +1
= Res 2n
, zk , k = 0, 1, ...2n − 1.
z +1
 2n−1
P 
2n−1 2n − zk
z 2n−1 + 1 X 1 − zk
I
k=0
 
dz = 2πi = 2πi   = 2πi,
z 2n + 1 k=0
2n  2n 
|z|=2

π 2n
2n−1 2n−1
 
1−(ei n )
π π k π π
h i
i 2n in i 2n i 2n 1−e2πi
P P
car zk = e e =e π =e π = 0.
1−ei n 1−ei n
k=0 k=0

1 1 1
3) La fonction
2z 2 −5z+2
= 2(z− 21 )(z−2)
admet deux pôles simples en z= 2
et z = 2. On doit

1
alors envisager les trois cas possibles suivants en excluant les valeurs
2
et 2 pour R:

(i) Si 0 < R < 12 , la fonction 1


2z 2 −5z+2
est holomorphe sur le disque |z| ≤ R, par conséquent
l'intégrale est nulle d'après le théorème de Cauchy.

1 1
(ii) Si
2
< R < 2, seule la singularité z= 2
est à l'intérieur du cercle |z| = R, donc :

I  
dz 1 1 2πi 2π
2
= 2πiRes 2
, = = i.
2z − 5z + 2 2z − 5z + 2 2 −3 3
|z|=R

1
(iii) Si R > 2, z = 2
et z=2 sont à l'intérieur du cercle |z| = R et alors :

I     
dz 1 1 1
= 2πi Res , + Res ,2
2z 2 − 5z + 2 2z 2 − 5z + 2 2 2z 2 − 5z + 2
|z|=R
 
1 1
= 2πi − + = 0.
3 3

sin πz
4) La fonction tan(πz) = cos πz
est méromorphe sur C ayant que des pôles simples en
zk = 21 + k, k ∈ Z.

sin πz sin πzk 1


Res (tan(πz), zk ) = d
(zk ) = = − , k ∈ Z,
dz
cos πz −π sin πzk π

sin πzk = sin π2 + kπ = (−1)k 6= 0, ∀k ∈ Z. Remarquons que N 6= 12 + k, ∀k ∈ Z,



puisque
1
puisque
2
+ k n'est pas un nombre entier naturel quelque soit k ∈ Z. D'autre part, si

161
4 Exercices corrigés
N ∈ N∗ , il y'a exactement 2N singularités à l'intérieur du cercle |z| = N car :


1 |2k + 1|
|zk | = + k = ,
2 2
1 1
|zk | < N ⇐⇒ −N − < k < N − , k ∈ Z.
2 2

Par conséquent,

I  
X X 1
tan(πz)dz = 2πi Res (tan(πz), zk ) = 2πi −
π
|z|=N k∈Z, |zk |<N k∈Z, |zk |<N
 
1
= 2πi2N − = −4iN.
π

Exercice 4.102. Évaluer par le calcul des résidus :

Z2π Z2π Z2π


cos 3θ dθ sin θ
dθ, , a > |b| , dθ, a > 1,
5 − 4 cos θ a + b sin θ a + sin θ
0 0 0

Corrigé.
eiθ +e−iθ 1 1 eiθ −e−iθ

On pose dans tout ce qui suit z = eiθ , d'où cos θ = 2
= 2
z+ z
, sin θ = 2i
=
1
z − z1 et dz = izdθ.

2i

e3iθ +e−3iθ 1 1

1) cos 3θ = 2
= 2
z3 + z3
et :

Z2π 1
z 3 + z13 dz

z6 + 1
I I
cos 3θ 2 1
dθ = = − dz.
5 − 4 cos θ (z+ 1 ) iz 2i z 3 (2z − 1)(z − 2)
0 |z|=1 5 − 4 2z |z|=1

z +1 6 1
La fonction à intégrer f (z) = z3 (2z−1)(z−2) a un pôle triple en z = 0 et un pôle simple z =
2
à l'intérieur du cercle |z| = 1, la singularité z = 2 est à l'extérieur du cercle elle n'est pas
prise en considération dans le théorème des résidus.

1 d2 1 d2 z6 + 1
 
3
 21
Res(f, 0) = lim z f (z) = lim = ,
z→0 2! dz 2 z→0 2! dz 2 (2z − 1)(z − 2) 8
6
1 1 z +1 65
Res(f, ) = lim (z − )f (z) = lim = − .
3
2 z→ 12 2 z→ 12 2z (z − 2) 24

D'où :

Z2π    
cos 3θ 1 1 21 65 π
dθ = − 2πi Res(f, 0) + Res(f, ) = −π − = .
5 − 4 cos θ 2i 2 8 24 12
0

162
2)
Z2π I dz I
dθ iz 2dz
= b 1
= .
a + b sin θ a+ 2i
z− z
bz 2 + 2aiz − b
0 |z|=1 |z|=1

2
f (z) = bz 2 +2aiz−b
admet deux pôles simples solutions de l'équation bz 2 + 2aiz − b = 0 :
√  √ 
−2ai − 2i a2 − b2 −a − a2 − b2
z1 = = i,
2b b
√  √ 
−2ai + 2i a2 − b2 −a + a2 − b2
z2 = = i.
2b b

On a :
 √  √
−a − a2 − b2 a + a2 − b2 |a| a
i = ≥ = > 1,
b |b| |b| |b|
√ √a2 − b2 − a √a2 − b2 + a
 
−a + a2 − b2
i = √

|b|

b 2 2
a −b +a

b |b|
= √ ≤ < 1.
a2 − b2 + a a

 √ 
−a+ a2 −b2
Donc seul z2 = b
i est à l'intérieur du cercle |z| = 1, le résidu en z2 est :

2 1 1
Res(f, z2 ) = lim (z − z2 )f (z) = lim = = √ .
z→z2 z→z2 2bz + 2ai bz2 + ai i a2 − b2

Finalement,
Z2π
dθ 2π
= 2πiRes(f, z2 ) = √ .
a + b sin θ a2 − b2
0

3)
Z2π 1
z − z1

z2 − 1
I I
sin θ 2i dz
dθ = = .
a + 2i1 z − z1 iz

a + sin θ iz (z 2 + 2aiz − 1)
0 |z|=1 |z|=1

2 −1 √
f (z) = iz(z2z+2aiz−1)

La fonction a trois pôles simples en z1 = 0, z2 = −a + a2 − 1 i et
√ 
z3 = −a − a2 − 1 i. Seuls z1 et z2 sont à l'intérieur du cercle |z| = 1 car :
√ √
√ √
 
a − a 2−1 a + a 2−1
1
|z2 | = −a + a2 − 1 = a − a2 − 1 = √ = √ <1 si a>1


a + a2 − 1 a + a2 − 1
√ √
|z3 | = −a − a2 − 1 = a + a2 − 1 ≥ a > 1.

163
4 Exercices corrigés
Alors :

zk2 − 1
Res(f, zk ) = , k = 1, 2,
i (3zk2 + 4aizk − 1)
−1
Res(f, z1 ) = = −i,
−i √
2(a2 − a a2 − 1 − 1)
Res(f, z2 ) = √ .
i (6 − 4i)a2 − 2ia a2 − 1 − 4

Z2π  
sin θ a
dθ = 2πi (Res(f, z1 ) + Res(f, z2 )) = 2π 1 − √ .
a + sin θ a2 − 1
0

R2π R2π
Exercice 4.103. Calculer les intégrales suivantes : dθ
3−2 cos θ+sin θ
, dθ
(5−3 sin θ)2
.
0 0

Corrigé.
eiθ +e−iθ 1 1 eiθ −e−iθ 1 1
 
z = eiθ , cos θ = 2
= 2
z+ z
, sin θ = 2i
= 2i
z− z
et dz = izdθ.

1)

Z2π I dz I
dθ 2dz
= 1
iz 1 1
= .
3 − 2 cos θ + sin θ 3− z+ z
+ 2i
z− z
(1 − 2i)z 2 + 6iz − 1 − 2i
0 |z|=1 |z|=1

2 2−i
La fonction f (z) = (1−2i)z 2 +6iz−1−2i
possède deux pôles simples en z1 = 2 − i et z2 = 5
.
2−i
Seul z2 = 5
est à l'intérieur du cercle unité.

1 1
Res(f, z2 ) = =
(1 − 2i)z2 + 3i (1 − 2i) (2−i)
5
+ 3i
5 1
= = .
10i 2i

D'où :
Z2π
dθ 1
= 2πiRes(f, z2 ) = 2πi = π.
3 − 2 cos θ + sin θ 2i
0

2)

Z2π I dz I
dθ iz 4 zdz
=  = −
1 2
.
(5 − 3 sin θ)2 3 2i1 i [3z 2 − 10iz − 3]2

5− z−z
0 |z|=1 |z|=1

164

z 10i± −100+36
La fonction f (z) = [3z 2 −10iz−3]2
présente des pôles doubles en z = 6
= 3i, 3i .
i
Seule la singularité
3
est à l'intérieur du cercle unité |z| = 1.
 2 !
i 1 d i d z
Res(f, ) = lim z− f (z) = limi
3 z→ 3i 1! dz 3 z→ 3 dz 9(z − 3i)2
1 −z − 3i 5
= limi 3
=− .
9 z→ 3 (z − 3i) 256

D'où :

Z2π      
dθ 4 i 4 5 5π
= − 2πiRes(f, ) = − 2πi − = .
(5 − 3 sin θ)2 i 3 i 256 32
0

+∞
Exercice 4.104. Montrer que x2 π
R
1+x4
dx = √
2
.
−∞

Corrigé.
z2
Considérons la fonction complexe à variable complexe
1+z 4
f (z) =
. Cette fraction ration-
nelle admet exactement deux pôles dans le demi plan supérieur fermé Imz ≥ 0, chacun
iπ i 3π iπ
d'eux est simple, à savoir e 4 et e 4 = ie 4 .
π π
z2
i π4 i π4 ei 2 e−i 4
Res(f, e ) = (z = e ) = 3π = ,
4z 3 4ei 4 4
3π 3π
i 3π z2 i 3π ei 2 e−i 4
Res(f, e 4 ) = (z = e 4 ) = i π = .
4z 3 4e 4 4

Soit enn, γ le contour fermé constitué par l'intérvalle [−R, R] et le demi-cercle CR de


centre l'origine et de rayon R > 0 où R
est pris assez grand pour que le disque CR de
iπ i 3π
centre 0 te de rayon R contient dans son intérieur les pôles e 4 et e 4 de f.

Donc :

ZR
z2 x2 z2
I Z h i
iπ i 3π
dz = dx + dz = 2πi Res(f, e 4 ) + Res(f, e 4 )
1 + z4 1 + x4 1 + z4
γ −R CR
" π 3π
# "√ √ √ √ #
e−i 4 e−i 4 πi 2 2 2 2 π
= 2πi + = −i − −i =√ .
4 4 2 2 2 2 2 2

z3
Comme lim zf (z) = lim 1+z 4 = 0, alors d'après le lemme de Jordan on a
z→∞ z→∞
z2
R
lim 1+z 4
dz =0 et
R→+∞ C
R

ZR Z+∞
x2 x2 π
lim dx = dx = √ .
R→+∞ 1 + x4 1+x 4
2
−R −∞

165
4 Exercices corrigés
+∞
Exercice 4.105. Calculer x sin πx
R
x2 +2x+5
dx.
−∞

Corrigé.
zeiπz
H
On considère l'intégrale curviligne
z 2 +2z+5
dz où γ = [−R, R] ∪ CR , CR est le demi-cercle
γ
iπz
de centre 0 et de rayon R > 0. La fonction f (z) = z2ze
+2z+5
possède deux pôles simples en
−1 ± 2i, seul −1 + 2i est à l'intérieur de CR . Le résidu de f en −1 + 2i est :
zeiπz (−1 + 2i) eiπ(−1+2i) e−2π
Res(f, −1 + 2i) = (z = −1 + 2i) = = − (−1 + 2i) .
2z + 2 2(2i) 4i

|z|
f (z) est continue sur le chemin CR de plus lim 2 = 0, alors le troisième lemme
|z|→+∞ |z +2z+5|
de Jordan montre que : Z
z
lim eiπz dz = 0.
R→+∞ z2 + 2z + 5
CR

Par conséquent,

Z+∞
xeiπx e−2π
 
π
2
dx = 2πiRes(f, −1 + 2i) = 2πi − (−1 + 2i) = (1 − 2i)e−2π ,
x + 2x + 5 4i 2
−∞
Z+∞ Z+∞ Z+∞
xeiπx x cos πx x sin πx π
dx = dx + i dx = (1 − 2i)e−2π ,
x2 + 2x + 5 2
x + 2x + 5 x2+ 2x + 5 2
−∞ −∞ −∞
Z+∞ Z+∞
x cos πx π −2π x sin πx
dx = e et dx = −πe−2π .
x2 + 2x + 5 2 x2 + 2x + 5
−∞ −∞

+∞
Exercice 4.106. Calculer l'intégrale dx
En déduire les valeurs des intégrales
R
x2 +2ix+2−4i
.
−∞
+∞ +∞
(x2 +2)dx
et (4−x)dx
R R
x4 +8x2 −16x+20 x4 +8x2 −16x+20
.
−∞ −∞

Corrigé.
1
Posons f (z) =
z 2 +2iz+2−4i
. f admet deux pôles simples z1 = 1 + i et z2 = −1 − 3i, seul
z1 est à partie imaginaire strictement positive. Le premier lemme de Jordan est vérié et
alors :
Z
dz
lim = 0,
R→+∞ z2 + 2iz + 2 − 4i
CR
Z+∞
dx
= 2πiRes(f, z1 ).
x2 + 2ix + 2 − 4i
−∞

166
1 1
Res(f, z1 ) = = . Donc :
2z1 +2i 2+4i

Z+∞
dx 2πi 2π π
= = +i .
x2 + 2ix + 2 − 4i 2 + 4i 5 5
−∞

Remarquons que :

1 (x2 + 2) − i (2x − 4) (x2 + 2) + i (4 − 2x)


= =
x2 + 2ix + 2 − 4i (x2 + 2)2 + (2x − 4)2 x4 + 8x2 − 16x + 20
(x2 + 2) (4 − 2x)
= 4 2
+i 4 ,
x + 8x − 16x + 20 x + 8x2 − 16x + 20
Z+∞ Z+∞ Z+∞
dx (x2 + 2) (4 − 2x) 2π π
2
= 4 2
dx + i 4 2
dx = +i .
x + 2ix + 2 − 4i x + 8x − 16x + 20 x + 8x − 16x + 20 5 5
−∞ −∞ −∞

D'où :

Z+∞
(x2 + 2) 2π
dx = ,
x4 + 8x2 − 16x + 20 5
−∞
Z+∞
(4 − 2x) π
dx = .
x4 + 8x2 − 16x + 20 5
−∞

Exercice 4.107. Soit la fonction f (z) = eiz


ez +e−z
.

1) Quelles sont les singularités de f ?

2) Quelle est la nature de ces singularités ?

3) Déterminer le résidu de f en i π2 .

4) Soit R > 0. γ(R) est le rectangle de sommets −R, R, R + iπ, −R + iπ orienté dans le
sens direct. On notera également γ1 (R) le segment orienté de −R à R, γ2 (R) le segment
orienté de R à R + iπ, γ3 (R) le segment orienté de R + iπ à −R + iπ et γ4 (R) le segment
orienté de −R + iπ à −R. Justier que :
Z Z
f (z)dz −→ 0 et f (z)dz −→ 0 .
R→+∞ R→+∞
γ2 (R) γ4 (R)

5) Exprimer f (z)dz en fonction de


R R
f (z)dz.
γ3 (R) γ1 (R)

6) En déduire que :
Z+∞
cos x π
dx = π π .
ex+e −x
e 2 + e− 2
−∞

167
4 Exercices corrigés
Corrigé.
1) Les singularités def sont les zéros de la fonction ez + e−z , donc on cherche les nombres
−z
z
complexes z tels que e + e = 0 ou bien e2z = −1 = eiπ+2kπi , soit zk = i π2 + ikπ, k ∈ Z.

2) Les zk = i π2 + ikπ, k ∈ Z, sont des pôles simples de f car :

π π
eiz eizk e− 2 e−kπ e− 2 e−kπ
lim (z−zk )f (z) = lim (z−zk ) z = z = i π ikπ π = 6= 0.
z→zk z→zk e + e−z e − e−zk e 2 e − e−i 2 e−ikπ 2i(−1)k

3)
π
π e− 2
Res(f, i ) = Res(f, z0 ) = lim (z − z0 )f (z) = .
2 z→z0 2i

4) On utilise les paramétrages z(y) = R + iy avec y ∈ [0, π] et z(y) = −R + iy avec y


décroissant de π à 0 respectivement de γ2 (R) et γ4 (R). D'où :

eiR e−y
Z
f (z)dz = dy,
eR eiy − e−R e−iy
γ2 (R) 0

Z0
e−iR e−y
Z
f (z)dz = dy.
e−R eiy − eR e−iy
γ4 (R) π

et alors :

Z Zπ Zπ
e−iR e−y e−y

π
f (z)dz ≤ dy ≤ dy ≤ R ,

−R iy
e e −e e R −iy R
e −e −R e − e−R


γ2 (R) 0 0

Z Zπ −iR −y

e e e−y π
f (z)dz ≤ dy ≤ dy ≤ R .

−R iy
e e −e e R −iy R
e −e −R e − e−R


γ4 (R) 0 0

R
Le dernier terme tend vers 0 lorsque R tend vers +∞, donc lim f (z)dz =
R→+∞
γ2 (R)
R
lim f (z)dz = 0.
R→+∞
γ4 (R)

5) On va paramétrer γ3 (R) par x + iπ, pour x variant de −R à R. En tenant compte de


l'orientation,

Z−R Z−R Z−R


ei(x+iπ) eix eix
Z
−π −π
f (z)dz = dx = −e = e
ex+iπ + e−x−iπ −ex − e−x ex + e−x
γ3 (R) +R +R +R
Z
−π
= e f (z)dz.
γ1 (R)

168
6) D'après le théorème des résidus, on a :

π
e− 2
I
π π
f (z)dz = 2πiRes(f, i ) = 2πi = πe− 2 .
2 2i
γ(R)

Tenant compte de la question précédente, et en faisant tendre R vers +∞, on en déduit


que :

I Z Z Z Z
π
f (z)dz = f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz = πe− 2 ,
γ(R) γ1 (R) γ2 (R) γ3 (R) γ4 (R)

Z Z
π
lim f (z)dz + lim f (z)dz = πe− 2 ,
R→+∞ R→+∞
γ1 (R) γ3 (R)
Z
π
−π
(1 + e ) lim f (z)dz = πe− 2 .
R→+∞
γ1 (R)

Z+∞
eix π
dx = π π .
x
e +e −x
e 2 + e− 2
−∞

Or, eix = cos x + i sin x, don en prenant la partie réelle de cette égalité on trouve le résultat
demandé.

+∞ +∞
Exercice 4.108. Montrer que 1
R R pπ
sin x2 dx = cos x2 dx = 2 2
.
0 0

Indication : Considérer la fonction f (z) = eiz sur le contour fermé simple C suivant :
2

+∞ √
et utiliser et sin θ ≥ pour 0 ≤ θ ≤ π2 .
2 π
e−x dx = 2θ
R
2 π
0

Corrigé.

169
4 Exercices corrigés
π
Soit C le contour proposé où AB est un arc d'angle
4
du cercle centré en 0 et de rayon R.
D'après le théorème de Cauchy :
I
2
eiz dz = 0.
C

ou bien : Z Z Z
iz 2 iz 2 2
e dz + e dz + eiz dz = 0.
OA AB BO

Sur le ségment OA, z = x de x = 0 à x = R. Sur l'arc AB, z = Reiθ , 0 ≤ θ ≤ π4 . Sur le


π
ségment BO, z = rei 4 , de r = R à r = 0. Alors :
π
ZR Z4 Z0
π
ix2 iR2 e2iθ 2
e dx + e iRe dθ + iθ
e−r ei 4 dr = 0.
0 0 R

C'est à dire :

π
ZR ZR ZR Z4
π 2 2 cos 2θ−R2 sin 2θ
cos x2 dx + i sin x2 dx = ei 4 e−r dr − eiR iReiθ dθ.
0 0 0 0

π π π
Z 4 Z4 Z2

2 2

2 R 2
eiR cos 2θ−R sin 2θ iReiθ dθ ≤ R e−R sin 2θ dθ = e−R sin 2θ dθ

2
0 0 0
π
Z2
R −2R2 πθ π  −R2

≤ e dθ = 1−e .
2 4R
0

Ceci montre que si R +∞,


tend vers cette dernière intégrale tend vers zéro. Dans ces
conditions, on a lorsque R −→ +∞ :

Z+∞ Z+∞ Z+∞ √ √ !√


i π4 2 2 2 π
2
cos x dx + i 2
sin x dx = e e−r dr = +i ,
2 2 2
0 0 0
Z+∞ √ √ r Z+∞
2 2 π 1 π
cos x dx = = = sin x2 dx.
2 2 2 2
0 0

+∞
Exercice 4.109. Montrer que xp−1 π
R
1+x
dx = sin pπ
, 0 < p < 1.
0

Corrigé.

170
z p−1 (p−1) log z
Soit la fonction
1+z
= e 1+z où on considère ici la détermination principale du
f (z) =
logarithme complexe à argument dans [−π, π[. Le point z = 0 étant un point de branche-
ment on utilisera le contour C ci-dessous où l'axe réel positif est la coupure pour avoir
l'accès à la courbe interne et où AB et GH coïncident avec une partie de l'axe des x mais
sont montrés séparés pour une meilleure compréhension. Le cercle de rayon ε > 0 assez
petit est utilisé pour éviter la singularité en z = 0.

La fonction f a un pôle simple en z = −1 situé à l'intérieur de C. Le résidu de f en z = −1


est :
Res(f, −1) = e(p−1) log(−1) = e(p−1)iπ .

On a donc :
z p−1
I
dz = 2πiRes(f, −1) = 2πie(p−1)iπ ,
1+z
C

z p−1 z p−1 z p−1 z p−1


Z I Z I
dz + dz + dz + dz = 2πie(p−1)iπ .
1+z 1+z 1+z 1+z
AB BDEF G GH HJA

On peut alors écrire :

ZR Z2π p−1 Zε p−1 Z0 p−1


xp−1 Reiθ iθ (xe2πi ) εeiθ
dx + iθ
Re dθ + 2πi
dx + iθ
εeiθ dθ = 2πie(p−1)iπ ,
1+x 1 + Re 1 + xe 1 + εe
ε 0 R 2π

où l'on a posé z = xe2πi pour l'intégrale le long de GH , l'argument de z ayant augmenté


de 2π en parcourant le cercle BDEF G.


p−1 Z2π 
iθ p−1
2πRp
Z
Re iθ
Re
Re dθ ≤ Rdθ ≤ −→ 0 ,

1 + Reiθ 1 + Reiθ R − 1 R→+∞


0 0
0
 p−1
εeiθ 2πεp
Z


εe dθ ≤
−→ 0 .

1 + εeiθ 1 − ε ε→0

171
4 Exercices corrigés
D'où en faisant tendre R vers +∞ et ε vers 0+ , on a : :

Z+∞ Z0
xp−1 e2πi(p−1) xp−1
dx + dx = 2πie(p−1)iπ ,
1+x 1+x
0 +∞
Z+∞
xp−1
1 − e2πi(p−1) dx = 2πie(p−1)iπ .

1+x
0

Alors :
Z+∞
xp−1 2πie(p−1)iπ 2πi π
dx = 2πi(p−1)
= pπi −pπi
= .
1+x (1 − e ) e −e sin pπ
0

Exercice 4.110. En considérant lintégrale curviligne log(z+i)


le long du contour γ
H
z 2 +1
dz,
γ
fermé constituépar l'intérvalle [−R, R] et du demi-cercle CR de centre 0 et de rayon R > 0,
+∞
R log(x2 +1)
situé dans le demi-plan supérieur Imz > 0, montrer que x2 +1
dx = π log 2.
0

Corrigé.
log(z+i)
La seule singularité de f (z) = z 2 +1
située à l'intérieur de γ est le pôle simple z = i, le
résidu en ce point est :
log(z + i) log 2i
Res(f, i) = = .
2z |z=i 2i

On a donc d'après le théorème des résidus :

π2
I  
log(z + i) log 2i
dz = 2πi = π log 2i = π log 2 + i,
z2 + 1 2i 2
γ

où on a utilisé la détermination principale du logarithme log 2i = log 2 + log i = log 2 +


log |i| + i arg(i) = log 2 + i π2 . Alors :

ZR
π2
I Z
log(z + i) log(x + i) log(z + i)
dz = dx + dz = π log 2 + i.
z2 + 1 x2 + 1 z2 + 1 2
γ −R CR

Z0 ZR
π2
Z
log(x + i) log(x + i) log(z + i)
dx + dx + dz = π log 2 + i
x2 + 1 x2 + 1 z2 + 1 2
−R 0 CR

En utilisant le changement de variable x → −x dans la première intégrale, on a :

ZR ZR
log(i − x) π2
Z
log(x + i) log(z + i)
dx + dx + dz = π log 2 + i,
x2 + 1 x2 + 1 z2 + 1 2
0 0 CR

172
or puisque log(i − x) + log(i + x) = log(i − x)(i + x) = log(i2 − x2 ) = log(−1 − x2 ) =
log (1 + x ) + log(−1) = log (x2 + 1) + iπ, on a aussi :
2

ZR ZR
log(x2 + 1) π2
Z
iπ log(z + i)
dx + dx + dz = π log 2 + i.
x2 + 1 2
x +1 z2 + 1 2
0 0 CR

D'autre part,

log(z + i) log |z + i| + i arg(z + i) log (R + 1) + iπ
≤ −→ 0 ,
z2 + 1 =

z2 + 1 R2 − 1 R→+∞

R log(z+i)
alors lim z 2 +1
dz = 0. Finalement,
R→+∞ C
R

Z+∞ Z+∞ Z+∞


log(x2 + 1) dx log(x2 + 1)
dx + iπ = dx + iπ [arctan x]+∞
0 ,
x2 + 1 2
x +1 2
x +1
0 0 0
Z+∞
log(x2 + 1) π2 π2
dx + i = π log 2 + i.
x2 + 1 2 2
0

En prenant la partie réelle de l'égalité, on obtient le résultat demandé.

173
Bibliographie
[1] S. Long, Complex analysis- 3eme édition, Springer, 2013.

[2] W. Rudin, Analyse réelle et complexe cours et exercices, Dunod, 1998.

[3] K.T. Tang, Mathematical methods for engineers and scientists 1- Complex analysis,
determinants and matrices, Springer, 2006.

[4] P. Tauvel, Analyse complexe pour la licence 3 cours et exercices corrigés, Dunod, 2006.

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