Exercices d'Algèbre Linéaire MAT1600
Exercices d'Algèbre Linéaire MAT1600
Université de Montréal
2005/07/13
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CHAPITRE 1 : Les équations linéaires en algèbre linéaire et les nombres
complexes
1. Trouver toutes les valeurs du paramètre α de telle sorte que les systèmes suivants n’aient pas
de solution : ( ( (
x + 2y = −3, x + 3y = 4, x + αy = 6,
(a) (b) (c)
αx − 2y = 5, 2x + 6y = α, αx + 2αy = 4.
Pour quelles valeurs de α, le système a-t-il (a) une infinité de solutions ? (b) Pas de solutions ? (c) Une
solution unique telle que x2 = 0 ?
3. Considérer le système (
a11 x1 + a12 x2 = b1 ,
a21 x1 + a22 x2 = b2 .
(a) Montrer que si a11 a22 − a12 a21 6= 0, alors ce système est équivalent de ligne au système
(
c11 x1 + c12 x2 = d1 ,
c22 x2 = d2 ,
où c11 6= 0 et c22 6= 0.
(b) Montrer que le second système a toujours une solution.
Réponse : (a) Échelonner et considérer les deux cas où a11 6= 0 et a11 = 0 ; (b) Il suffit de
remarquer que le second système n’a jamais de ligne nulle dans la forme échelonnée de la matrice des
coefficients des inconnues.
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5. En fonction du paramètre α, discuter et résoudre les systèmes suivants :
x + y− z = 1,
x + y +αz = 2,
(a) 2x + y + (α − 2)z = 2, (b) 3x + 4y +2z = α,
(α − 2)x + 2y + 2z= 3, 2x + 3y − z = 1.
Réponse : Il suffit de substituer les valeurs de x, y, z dans le système et résoudre les inconnues
a, b, c, ce qui donne a = 2, b = −1, c = 1.
7. Sachant que le système
bx + ay = c,
cx +az = b,
cy +bz = a,
3 2
−1 −1
0 + x3 1 .
Réponse : X =
0 0
0 0
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1 −1 −1 x1 b1
9. Etant donné A = 2 −1 1 , X = x2 et b = b2 ,
−3 1 −3 x3 b3
(a) déterminer les conditions sur b1 , b2 , b3 qui sont nécessaires et suffisantes pour que le système
AX = b soit compatible ;
(b) pour chaque choix de b, montrer que le système AX = b est soit incompatible ou donner une
solution :
1 5 7 0
(i) b = 1 , (ii) b = 2 , (iii) b = 3 , (iv) b = 1 .
1 1 1 2
0 1
x3 , x 4 .
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Trouver
13. unsystème de deux équations à trois inconnues AX = b dont la solution générale est
1 1
X = 1 + w 2 (où w est un paramètre libre).
0 1
1 −1 1 0
Réponse : On peut prendre A = et b = .
0 1 −2 1
14. Soit B une matrice de format 4 × 3 sous la forme échelonnée réduite,
(a) Déterminer l’expression de B, si B a exactement trois lignes non nulles ;
(b) supposons qu’un système de quatre équations à deux inconnues a une matrice augmentée A
telle que A est une matrice de format 4 × 3 équivalente de ligne à la matrice B trouvée en (a). Montrer
que le système d’équations est incompatible.
1 0 0
0 1 0
Réponse : (a) On peut prendre B = 0 0 1. (b) La forme échelonnée de A s’écrit donc
0 0 0
1 0 |0
0 1 | 0
0 0 | 1 et l’avant-dernière ligne donne une équation du type 0 = 1 d’où l’incompatibilité du
0 0 |0
système.
6 −4 0 x1
15. Si A = 4 −2 0, trouver tous les vecteurs X = x2 réels tels que
−1 0 3 x3
(a) AX = 2X ;
(b) AX = 3X.
1 0
Réponse : (a) X = k 1 , k ∈ R ; (b) X = k 0 , k ∈ R.
1 1
16. Parmi les transformations suivantes, indiquer celles qui sont linéaires et justifier. Donner,
lorsque c’est possible, la matrice canonique associée.
(b) Elle n’est pas linéaire car, par exemple, T (2X) 6= 2T (X) pour X = (x, y) ;
0 1 0
(c) Elle est linéaire car on peut écrire T (X) = AX où A = 0 0 1 , X = (x, y, z)T ;
1 0 0
(d) Elle n’est pas linéaire car T (ax) = a2 x2 6= aT (x), si a 6= 1.
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Réponse : (a) T (0, 0) = (1, 0) 6= (0, 0),
18. Soit T : R2 → R2 , la fonction qui applique chaque point de R2 sur sa réflexion par rapport à
la droite y = x. Donner une formule pour T et montrer que c’est une transformation linéaire.
Réponse : Une telle transformation applique le vecteur nul sur lui-même. De plus,
on a, par
0 1
exemple, T (1, 0) = (0, 1) et T (0, 1) = (1, 0), ce qui donne T (X) = AX où A = . Comme T
1 0
peut être représenté par une matrice, elle est linéaire.
19. Existe-t-il une transformation linéaire T : R3 → R2 telle que T (1, 0, 3) = (1, 1) et T (−2, 0, −6) =
(2, 1) ? Justifier.
Réponse : Non. On remarque que pour avoir une transformation linéaire, il faudrait que (2, 1) =
T (−2, 0, −6) = −2T (1, 0, 3) = −2(1, 1) = (−2, −2), ce qui est impossible.
20. Trouver la matrice canonique associée à chacune des transformations linéaires suivantes :
(a) T : R2 → R3 : (a1 , a2 ) → T (a1 , a2 ) = (2a1 − a2 , 3a1 + 4a2 , a1 ),
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CHAPITRE 2 : L’algèbre matricielle
(c) Ecrire les matrices A et B de format 3×2 qui ont pour terme général aij = i+j et bij = (−1)i+j .
1 2 3 4 5 6 1
2 2 3 4 5 6 2
Réponse : (a) A = 3 3 3 4 5 6 ; (b) B = 6 ;
4 4 4 4 5 6 24
2 3 1 −1
(c) A = 3 4 et B = −1 1 .
4 5 1 −1
2. Soient les matrices A, B, C données par :
1
A = {aij = , i, j = 1, ..., 5}, B = {bij = i + j − 1, i = 1, ..., 5, j = 1, ..., 6},
i+j−1
1
C = {cij = , i = 1, ..., 5, j = 1, ..., 6},
j +1
déterminer lesquelles des expressions suivantes sont définies et évaluer celles qui peuvent l’être :
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4 −2 2 1
3. Soient A = 2 4 −4 , u = 3.
1 1 0 2
(a) Vérifier que Au = 2u.
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8. Une matrice carrée P est dite idempotente si P 2 = P . Montrer que :
(a) 0 et I sont idempotentes.
1 1 1 0 1 1 1
(b) , et 2 sont idempotentes.
0 0 1 0 1 1
(c) Si P est idempotente, alors I − P l’est aussi et P (I − P ) = 0.
(e) Si P est idempotente, alors Q = P + AP − P AP l’est aussi, quelle que soit la matrice carrée
A (de même format que P ).
(g) Si A et B sont des matrices idempotentes de Rn×n telles que AB = BA alors AB est aussi
idempotente.
Réponse : Pour (a) et (b), il suffit de montrer l’égalité P 2 = P pour chaque matrice donnée ;
(c) (I − P )2 = I − 2P + P 2 = I − P ; (d) (P T )2 = (P 2 )T = P T ;
(e) Comme P est idempotente, on a Q2 = (P + AP − P AP )(P + AP − P AP ) = P 2 + P AP −
P 2 AP + AP 2 + AP AP − AP 2 AP − P AP 2 − P AP AP + P AP 2 AP = P + AP − P AP = Q donc Q
est aussi idempotente ;
(f) (BA)2 = B(AB)A = BA ; (g) (AB)2 = A(BA)B = A(AB)B = A2 B 2 = AB ;
9. En général, le produit matriciel n’est pas commutatif (i.e. AB 6= BA). Cependant dans certains
cas, cette propriété est satisfaite.
(a) Montrer que si D1 et D2 sont des matrices diagonales de format n × n, alors D1 D2 = D2 D1 .
(b) Si A est une matrice de format n×n et si B = a0 I+a1 A+a2 A2 +...+ak Ak , avec a0 , a1 , a2 , ...ak ∈
R, montrer que AB = BA.
Réponse : (a) si on prend D1 = diag(λ1 , ..., λn ), D2 = diag(µ1 , ..., µn ) alors on montre facilement
que D1 D2 = D2 D1 ,
(b) On note d’abord que les puissances d’une matrice commutent entre elles : Am · An = An · Am =
Am+n . Il suffit ensuite d’écrire AB et BA.
10. (a) Trouver des matrices A et B de format 2 × 2 telles que A et B soient symétriques mais
que le produit AB ne le soit pas.
(b) Soient A et B des matrices symétriques n × n, donner une condition nécessaire et suffisante
pour que le produit AB soit symétrique.
1 1 1 2
Réponse : (a) On peut prendre A = et B = . (b) AB = BA.
1 2 2 1
11. (a) Trouver une matrice A de format 3 × 3 réelle différente de l’identité telle que A3 = I
(n’utiliser que des 0 et des ±1).
(b) Trouver une matrice A de format 3 × 3 diagonale différente de l’identité telle que A 3 = I.
0 1 0 1 0 0 √
Réponse : On peut prendre : (a) A = −1 −1 −1 ; (b) A = 0 α 0 où α = − 21 +i 23 .
0 0 1 0 0 α
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1 −1
12. La matrice A = 1 −1 est telle que A2 = 0. Est-il possible pour une matrice symétrique
non nulle de format 2 × 2 d’avoir cette propriété ? Justifier.
2
a + b2 (a + c)b
a b
Réponse : Prenons A = , alors A =
2
. Si b = 0, alors a = c = 0 et
b c (a + c)b b2 + c2
A = 0, solution à rejeter. Donc b 6= 0 → c = −a et a2 + b2 = 0. Pas de solution si A est réelle. Si A
1 i
est complexe, on peut, par exemple, prendre A = .
i −1
15. (a) Rappelons qu’une matrice carrée A est idempotente si A2 = A. Que peut-on alors dire de
A si elle est à la fois idempotente et non-singulière ?
(b) Soient X et Y des matrices carrées non-singulières, montrer que
XY −1 = Y −1 X ⇐⇒ XY = Y X.
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18. Montrer que
0 a 0 0 0
b 0 c 0 0
0 d 0 e 0
0 0 f 0 g
0 0 0 h 0
n’est inversible pour aucun choix des a, b, ..., h.
Réponse : Il suffit de montrer que la matrice est singulière pour tout choix des a, b, ..., h.
20. Si A, B sont des matrices carrées inversibles et que l’on suppose que les inverses dans les
expressions données existent, montrer que
(c) Qu’arrive-t-il si a = − n1 ?
n n n ... n
n n n . . . n
a
Réponse : (a) J 2 = . . .. .. = nJ ; (b) (I + aJ)(I − an+1 J) =I;
.. .. . .
n n n ... n
1−n 1 1 ... 1 1 1−n 1 1 ... 1 1
1 1 − n 1 ... 1 1 1 1−n 1 ... 1 1
1 .. . .. .. ..
.. .. .. .. .. et
1
(c) I − n J = − n . .. . . ∼ .
. . . . .
1 1 1 ... 1−n 1 1 1 1 . . . 1 − n 1
1 1 1 ... 1 1−n 0 0 0 ... 0 0
la matrice est donc singulière.
22. Utiliser la méthode d’élimination de Gauss-Jordan pour inverser les matrices suivantes :
0 0 1 1 2 3
1 i
A = 0 1 1 , B= 2 5 7 , C= .
i 1
1 1 1 −2 −4 −5
0 −1 1 3 −2 −1
1/2 −i/2
Réponse : A−1 = −1 1 0 ; B −1 = −4 1 −1 ; C −1 = .
−i/2 1/2
1 0 0 2 0 1
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23. (a) Trouver l’inverse des matrices de permutation suivantes :
0 0 1 0 0 1
P 1 = 0 1 0 et P2 = 1 0 0 .
1 0 0 0 1 0
(b) Si on définit une matrice de permutation P comme la matrice obtenue à partir de la matrice
identité par un échange quelconque de lignes, montrer qu’on a toujours P −1 = P T .
0 0 1 0 1 0
−1 −1
Réponse : (a) P1 = 0 1 0 ; P2 = 0 0 1.
1 0 0 1 0 0
T T
eν1 eν1
. .
(b) P = . et P P = . eν1 . . . eνn = I, où ν1 , ..., νn est une permutation des
T
. .
eTν1 eTνn
indices 1, ..., n ;
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0 1
26. (a) Montrer qu’il n’est pas possible de factoriser A = 2 3 sous la forme LU .
(b) Trouver une matrice de permutation Painsi qu’une
triangulaire inférieure L et une triangulaire
1 2 3
supérieure U telles que P A = LU pour A = 2 4 5.
3 5 6
1 0 0 1 2 3 1 0 0 1 2 3
Réponse : (b) 0 0 1 2 4 5 = 3 1 0 0 −1 −3.
0 1 0 3 5 6 2 0 1 0 0 1
−2 1 2
27. (a) Calculer la décomposition LU de la matrice A = 4 1 −2 .
−6 −3 4
(b) Est-ce que cette décomposition LU de A est unique ? Justifier.
(c) Existe-t-il une décomposition A = LDU 0 où D est une matrice diagonale et U 0 une matrice
triangulaire supérieure unitaire ? Si, oui, trouver-la.
1 0 0 −2 1 2
Réponse : (a) −2 1 0 0 3 2 ;
3 −2 1 0 0 2
(b) Supposons que nous ayons deux décompositions A = LU = L0 U 0 , on a donc L−1 L0 = U (U 0 )−1 .
La première matrice de cette dernière égalité est triangulaire inférieure avec des 1 sur la diagonale
tandis que la seconde est triangulaire supérieure. On a donc nécessairement L−1 L0 = I = U (U 0 )−1 .
On en déduit facilement l’unicité de la décomposition.
1 0 0 −2 0 0 1 −1/2 −1
(c) −2 1 0 0 3 0 0 1 2/3.
3 −2 1 0 0 2 0 0 1
28. Trouver la décomposition LU des matrices
5 10 0 5
−3 1 i 1+i
2 2 1
(a) A =
−2
, (b) B = 2 1 2i .
0 −1 0
i −1 1
1 10 2 5
1 0 0 0 5 10 0 5
−3/5 1 0 1 0 0 1 i 1+i
0
0 8
2 4
Réponse : (a)
−2/5 1/2 1
; (b) 2 1 0 0 1 − 2i −2 .
0 0 0 −2 0
i 0 1 0 0 2−i
1/5 1 0 1 0 0 0 0
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1 0 0 0
2 −1 −1 0 1 2 −2 1 0 0
Réponse : A−1 = 1 0 −1 , B −1 = −1 3 0 , C −1 =
13
,
−5 1 0
−2 1 2 1 −2 1
−39 13 −3 1
n−2 1 1 1
− n−1 ...
n−1 n−1 n−1
1 n−2 1 1
0 0 0 1/4 n−1 − n−1 n−1 ... n−1
.. .. .. .. ..
0 0 1/3 0
D−1 E −1 . . .
=
0 1/2 0
, = . . .
0
.. ..
.. .. ..
1 0 0 0 . . . . .
1 1 n−2
n−1 ... ... n−1 − n−1
soit inversible et trouver la matrice inverse (a, b, c sont des nombres réels donnés).
c
Réponse : Si a + b 6= 0, A est inversible ⇔ x 6= − a+b . Si a + b = 0, quelque soit x réel, A est
c + bx c x
1
inversible ⇔ c 6= 0. Dans ces cas, A−1 = c+(a+b)x −ax c x .
−a −(a + b) 1
31. Pour quelles valeurs de x réel, la matrice
1 0 −x
−1 3 1
0 2x −4
est-elle inversible ?
Réponse : x 6= −2, 3.
32. Dans chaque cas, trouver la matrice X la plus générale qui satisfait l’équation :
1 1 −1 1 −1 3 5 5 −3 10 2 7
(a) X 2 1 0 = 4 3 2 , (b) 2 2 −1 X = 4 1 3 ,
1 −1 1 1 −2 5 −1 −1 1 −2 0 −1
1 1 1 1 3 2 0 0
0 1 1 1 0 3 2 0
(c)
0 0 1 1 X = 0
.
0 3 2
0 0 0 1 0 0 0 3
3 −1 −2 0
−3 2 0 a b c 0 3 −1 −2
Réponse : (a) −4 5 −2 ; (b) 2 − a 1 − b 2 − c , a, b, c ∈ R ; (c)
0 0
.
3 −1
−5 3 0 0 1 1
0 0 0 3
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33. Soit A = QR où Q, R sont des matrices de format n × n, R est inversible et triangulaire
supérieure et Q est telle que QT Q = I. Montrer que le système AX = B (X, B ∈ Rn ) a une solution
unique.
Réponse : X = R−1 QT B.
Réponse : (a)
rang
A rang
= 2, B = 1, rang C
=2 ;
1 0 1
1 0
1 1 −2
(b) Lig(A) = L , , Lig(B) = L , Lig(C) = L
i , i ;
−3 2 4
−1 i
1 −2 −1
5 −3 2 −4 1
i+1
−2 2 1 0 0
(c) Nul(A) = L 1 , 0 , Nul(B) = L 0 , 1 , 0, Nul(C) = L −1 .
1
0 1 0 0 1
−8 −2 −9 2
36. Soit A = 6 4 8 et w = 1 .
4 0 4 −2
(a) Déterminer si w est dans l’espace colonne de A.
(b) Est-ce que w est dans l’espace nul de A ?
1 5 4
(a) Déterminer les sous-espaces ligne, colonne et nul associés à cette matrice.
(b) Donner une base et la dimension de ces sous-espaces.
(c) Donner les conditions sur a, b, c, d pour que le système
a
x b
A y = c
z
d
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1 2
1 0 1
0 1
Réponse : (a) Lig(A) = L 2 , 1 , Col(A) = L , , Nul(A) = L −1 ;
1 3
1 1 1
1 5
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CHAPITRE 3 : Les déterminants
1. Ne calculer explicitement aucun des déterminants des matrices suivantes ! Reconnaître ceux qui
sont nuls. Justifier.
0 0 0 1 1 1 1 1
0 1 2 3
0 1 0 1 1 1 1
(a)
0
, (b) , (c) 4 5 6 ,
1 0 0 1 1 1 1
−1 −2 −3
1 0 0 0 1 1 1 1
0 0 0 1
0 0 −a −b
0 2 5
(d)
0
, (e) a 0 −c , ∀ a, b, c ∈ R.
3 6 8
b c 0
4 7 9 0
Réponse : Seuls les déterminants des matrices dans (b), (c) et (e) sont nuls. En effet, dans (b)
toutes les lignes sont égales, dans (c) la troisième ligne est un multiple de la première ligne et dans
(e) la matrice donnée est antisymétrique et satisfait donc la relation A = −A T . Dans notre cas, on a
det A = (−1)3 det(AT ) = − det A et donc det A = 0.
Réponse : (a) 0 ; (b) −3x2 ; (c) 0 ; (d) −6 ; (e) 0 ; (f) 0 ; (g) 35.
3. Exprimer, en fonction de det A, le déterminant des matrices suivantes (A est une matrice n×n).
(a) −A, (b) rA où r ∈ R, (c) An , (d) ((−AT )−1 )4 , (A inversible).
Réponse : (a) (−1)n det A ; (b) rn det A ; (c) (det A)n ; (d) 1/(det A)4 .
4. (a) Trouver un contre-exemple au fait que det(A + B) = det A + det B. (b) Quelle est la taille
des matrices pour laquelle cette propriété est vraie ?
0 0 1 0
Réponse : (a) On peut prendre : A = et B = , ce qui donne facilement det(A +
1 1 0 1
B) = 2 6= 1 = det A + det B. (b) L’égalité est toujours vraie pour les matrices de format 1 × 1. Lorsque
n > 1, on peut seulement trouver des cas particuliers pour lesquels det(A + B) = det A + det B .
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5. Donner la raison pour laquelle le déterminant de Vandermonde
a2 a3
1 a
1 b b2 b3
V4 = det ,
1 c c2 c3
1 x x2 x3
est un polynôme cubique de x et expliquer pourquoi ce polynôme est nul aux points x = a, x = b,
x = c.
Réponse : La plus grande puissance de x s’obtient en multipliant les éléments qui se trouvent
sur la diagonale principale. On note que, si x = a, b ou c, la quatrième ligne est un multiple de la
première, deuxième ou troisième ligne, respectivement, et donc V4 = 0.
6. Pour chacune des matrices suivantes, calculer le rang et l’inverse s’il existe :
1 2 1 1 2 1
1 2
(a) , (b) 1 3 4 , (c) −1 1 2 .
1 1
2 3 −1 1 0 1
−1 2
Réponse : (a) Le rang = 2 et l’inverse est . (b) Le rang = 2 et donc la matrice n’est
1 −1
1/6 −1/3 1/2
pas inversible. (c) Le rang = 3 et l’inverse est 1/2 0 −1/2.
−1/6 1/3 1/2
x y 1
7. Soit la matrice A = 2 3 1, trouver toutes les valeurs de x et y pour lesquelles elle n’est
0 −1 1
pas inversible.
Réponse : La matrice n’est pas inversible pour toutes les paires x, y telles que y = 2x − 1.
Réponse : −1 − 17i.
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CHAPITRE 4 : Les espaces vectoriels
1. Est-ce que les ensembles suivants avec les opérations données forment des espaces vectoriels sur
R ? Justifier.
(a) R3 muni de l’addition ⊕ et de la multiplication tels que
(x, y, z) ⊕ (x0 , y 0 , z 0 ) := (x0 , y + y 0 , z 0 ), c (x, y, z) := (cx, cy, cz).
(b) R3 muni de l’addition ⊕ et de la multiplication tels que
(x, y, z) ⊕ (x0 , y 0 , z 0 ) := (x + x0 , y + y 0 , z + z 0 ), c (x, y, z) := (x, 1, z).
(c) l’ensemble des paires (x, y) ∈ R2 pour lesquelles x ≤ 0 avec l’addition et la multiplication par
un scalaire usuelles de R2 .
(d) R2 muni de l’addition ⊕ et de la multiplication tels que
(x, y) ⊕ (x0 , y 0 ) := (x + x0 , y + y 0 ), c (x, y) = (cy, cx).
Réponse : Aucun des sous-ensembles considérés n’est un sous-espace vectoriel sur R. En effet,
pour (a), l’addition n’admet pas un vecteur nul unique ; pour (b), la multiplication n’est pas unitaire
(1 (x, y, z) 6= (x, y, z), en général) ; pour (c), l’opposé pour l’addition n’appartient pas à l’ensemble
considéré ; (d) l’unitaritÃľ de la multiplication n’est pas satisfaite.
2. Dans R2×2 , on considère la loi d’addition habituelle mais la multiplication par un scalaire est
définie par
a b ka 0
k = , ∀ k ∈ R.
c d 0 kd
Est-ce que R2×2 ,muni de ces deux lois, forme un espace vectoriel ?
3. Soit V l’ensemble de toutes les fonctions réelles définies sur R muni de la somme habituelle sur
les fonctions et la multiplication par des scalaires réels a qui satisfait
Réponse : Il suffit de prendre la fonction f (x) = x2 et voir que la distributivité de l’addition des
réels sur la multiplication n’est pas satisfaite. Par exemple, on a ((2 + 3)f )(x) = (5f )(x) := f (5x) =
(5x)2 = 25x2 tandis que (2f )(x) + (3f )(x) = (2x2 ) + (3x2 ) = 13x2 .
Réponse : (a) OUI, il suffit de vérifier que les trois propriétés pour avoir un sous-espace sont
satisfaites par le sous-ensemble {(0, 0, z, w) ∈ R4 } ; (b) et (c) NON, le vecteur nul n’appartient pas à
l’ensemble.
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5. Quels sont parmi les sous-ensembles de R2 [x] suivants ceux qui forment des sous-espaces de
R2 [x] ? Justifier.
(a) W = {p(x) ∈ R2 [x] : p(0) + p(2) = 0}, (b) W = {p(x) ∈ R2 [x] : p(1) = p(3)},
(c) W = {p(x) ∈ R2 [x] : p(1)p(3) = 0}, (d) W = {p(x) ∈ R2 [x] : p(1) = −p(−1)}.
Réponse : (a) OUI, il suffit de vérifier les propriétés : 1. Le polynôme zéro p(x) = 0, ∀x est bien
tel que p(0) + p(2) = 0 ; 2. Si p, q ∈ W alors (p + q)(0) + (p + q)(2) = p(0) + p(2) + q(0) + q(2) =
p(0)+q(0)+p(2)+q(2) = 0+0 = 0, d’où p+q ∈ W ; 3. Si p ∈ W, λ ∈ R alors (λp)(0)+(λp)(2) = λp(0)+
λp(2)) = λ(p(0) + p(2)) = λ0 = 0, d’où (λp) ∈ W . (b) OUI, on vérifie de façon similaire les propriétés
à satisfaire. (c) NON, il suffit de prendre un contre-exemple. En effet, si p(x) = x − 3, q(x) = x − 1,
on peut voir que p + q ∈
/ W . (d) OUI, il suffit de vérifier les propriétés à satisfaire comme ci-dessus.
6. Est-ce que le sous-ensemble des polynômes impairs (comme fonctions ; i.e. ne comportant que
des puissances impaires de x) de degré ≤ n à coefficients réels est un sous-espace vectoriel de R n [x] ?
Justifier.
Réponse : OUI, on peut écrire cet ensemble W = {a1 x+a2 x2 +a3 x3 +...+ak : a1 , a3 , ..., ak ∈ R},
où k = n si n est impair et k = n − 1 si n est pair. Tout d’abord le polynôme 0 appartient à W car il
suffit de prendre a1 = a3 = ... = ak = 0. On vérife aussi facilement que la somme de deux polynômes
impairs est encore un polynôme impair. Il en est de même pour la multiplication par un scalaire d’un
polynôme impair.
7. Est-ce que l’ensemble des fonctions f (x) à valeurs réelles, solutions de l’équation différentielle,
d
dx f (x)+ f (x) = 1 forme un espace vectoriel sur R ? L’addition et la multiplication par un scalaire
réel sont les opérations usuelles entre fonctions.
Réponse : NON, la fonction 0 n’est pas solution de cette équation différentielle. Elle n’appartient
donc pas à cet ensemble.
8. Soit V l’espace vectoriel sur R de toutes les fonctions réelles définies sur R (muni des opérations
habituelles sur les fonctions). Dire lesquels des sous-ensembles suivants sont des sous-espaces vectoriels
de V . Justifier.
Réponse : (a) C’est un sous-espace vectoriel de V , il suffit de vérifier les propriétés : 1. La fonction
zéro f (x) = 0, ∀x est bien telle que f (0) = f (1) ; 2. Si f, g ∈ W alors (f + g)(0) = f (0) + g(0) =
f (1)+g(1) = (f +g)(0), d’où f +g ∈ W ; 3. Si f ∈ W, λ ∈ R alors (λf )(0) = λf (0) = λf (1) = (λf )(1),
d’où (λf ) ∈ W .
(b) Ce n’est pas un sous-espace vectoriel de V car la fonction zéro n’appartient pas à l’ensemble.
(c) C’est un sous-espace vectoriel de V . 1. La fonction zéro est continue et trivialement telle que
R1 R1 R1
f (x)dx = 0. 2. Si f, g ∈ W , alors f + g est continue et 0 (f + g)(x)dx = 0 (f (x) + g(x))dx =
R01 R1 R1
0
f (x)dx + 0 g(x)dx = 0 + 0 = 0, ∀f, g 3. Si f ∈ W, c ∈ R, alors cf est continue et 0 (cf )(x)dx =
R1
c 0 f (x)dx = c · 0 = 0, ∀f, c .
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9. Considérons les sous-ensembles suivants de C 2 [−1, 1] (ensemble des fonctions f continues et
deux fois dérivables sur l’intervalle [−1, 1]). Quels sont ceux qui sont des sous-espaces vectoriels ?
Justifier.
(a) E1 = {f (x) ∈ C2 [−1, 1] : f 00 (0) = 0},
(b) E2 = {f (x) ∈ C2 [−1, 1] : f 00 (x) − ex f 0 (x) + xf (x) = 0},
(c) E3 = {f (x) ∈ C2 [−1, 1] : f 00 (x) + f (x) = sin x, pour tout − 1 ≤ x ≤ 1},
(d) E4 = {f (x) ∈ C2 [−1, 1] : f 00 (x) = 0, pour tout − 1 ≤ x ≤ 1}.
Réponse : Les sous-ensembles en (a), (b) et (d) sont des sous-espaces vectoriels tandis que ceux
en (b) et (c) ne le sont pas. La vérification des propriétés est immédiate pour (a) et (d). Par exemple,
on voit que pour E4 , on a 0 ∈ E4 ; si f, g ∈ E4 , c ∈ R, alors (f + g)00 (x) = f 00 (x) + g 00 (x) = 0 et
(cf )00 (x) = cf 00 (x) = 0 ⇒ f +g ∈ E4 , f ∈ E4 . Pour (b), on voit que 0 ∈ E2 ; si f, g ∈ E2 , c ∈ R, alors
on a (f + g)00 (x) − ex (f + g)0 (x) + x(f + g)(x) = f 00 (x) + g 00 (x) − ex (f 0 (x) + g 0 (x)) + x(f (x) + g(x)) =
(f 00 (x) − ex f 0 (x) + xf (x)) + (g 00 (x) − ex g 0 (x) + xg(x)) = 0 ⇒ f + g ∈ E2 et (cf )00 (x) − ex (cf )0 (x) +
x(cf )(x) = c(f 00 (x) − ex f 0 (x) + xf (x)) = 0 ⇒ cf ∈ E2 . Pour (c), on voit que 0 ∈
/ E3 pour au moins
une valeur de x, par exemple, x = π/4 qui est dans l’intervalle donné.
sont linéairement dépendants si C3 est considéré comme espace vectoriel sur C et sont linéairement
indépendants si C3 est considéré comme espace vectoriel sur R.
Réponse : On considère la matrice dont les colonnes sont formées des composantes des vecteurs
1+i 2 0 1 0 1−i
et on échelonne sur C. Cela donne 1 + 2i 4 − i −1 + 2i ∼ A = 0 1 −1 . Une ligne nulle
i −1 2+i 0 0 0
dans la forme échelonnée indique donc une relation linéaire entre les vecteurs concernés.
Si C3 est considéré comme espace vectoriel sur R, on écrit la combinaison linéaire nulle
av1 + bv2 + cv3 = 0 sous la forme matricielle suivante :
1 2 0 i 0 0 a
1 4 −1 + i 2i −i 2i b = 0.
0 −1 2 i 0 i c
En échelonnant séparément chacune des matrices, on trouve l’unique solution a = b = c = 0 et
l’indépendance linéaire.
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12. Supposons que l’ensemble {x1 , x2 , ..., xn } de Rn soit linéairement indépendant. Montrer que
si A ∈ Rn×n est non singulière, alors {Ax1 , Ax2 , ..., Axn } l’est aussi.
Réponse : On a α1 Ax1 +α2 Ax2 +...+αn Axn = A(α1 x1 +α2 x2 +...+αn xn ) = 0 ⇒ α1 x1 +α2 x2 +...+
αn xn = 0 car A est non singulière. Comme l’ensemble {x1 , x2 , ..., xn } est linéairement indépendant, on
trouve α1 = α2 = ... = αn = 0 et l’ensemble {Ax1 , Ax2 , ..., Axn } est aussi linéairement indépendant.
13. (a) Dans l’espace R4 [x] des polynômes de degré ≤ 4, les trois polynômes p1 (x) = x4 + x3 +
x2 + x + 1, p2 (x) = x4 − x3 + x2 − x + 1, p3 (x) = x3 + x sont-ils linéairement indépendants ? (b) La
paire p1 (x) et p2 (x) est-elle linéairement indépendante ? (c) La paire p2 (x) et p3 (x) ? Justifier.
Réponse : On cherche α1 , α2 , α3 , α4 tels que α1 p1 (x) + α2 p2 (x) + α3 p3 (x) + α4 p4 (x) = p(x). Cela
revient à résoudre le système
1 1 −1 1 α1 −2
0 1 −3 2 α2 −4
= . On obtient donc la solution {α1 , α2 , α3 , α4 } = {−1, 2, 0, −3}
2 0 4 −1 α3 1
1 2 −4 1 α4 0
telle que −p1 (x) + 2p2 (x) − 3p4 (x) = p(x).
15. Montrer que l’ensemble S = {A1 , A2 , A3 , A4 } est formé de vecteurs linéairement dépendants
et exprimer un vecteur de S comme une combinaison linéaire des autres vecteurs où
1 0 −1 1 −1 3 −3 2
A1 = , A2 = , A3 = , A4 = .
−1 1 0 1 −2 5 2 0
1 1 5 0
est {α1 , α2 , α3 , α4 } = α{−2, −3, 1, 0}. On peut donc écrire A3 = 2A1 + 3A2 .
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Réponse : (a) NON, il suffit d’écrire x2 −2 = 2(1)+1(x2 ). (b) OUI, car si on forme la combinaison
linéaire nulle a(x + 2) + b(x + 1) + c(x2 − 1) = 0 ⇒ (2a + b − c) + (a + b)x + cx2 = 0, sachant que
{1, x, x2 } est linéairement indépendant, nous obtenons a = b = c = 0 et l’indépendance linéaire. (c)
OUI, on écrit α1 cos πx + α2 sin πx = 0, x ∈ C[0, 1]. Pour x = 0, on a α1 = 0 et pour x = 1/2, on a
α2 = 0. (d) NON, il suffit de se rappeler que cos x = cos2 x2 − sin2 x2 = 1 − 2 sin2 x2 . (e) OUI, on forme
à nouveau la combinaison linéaire nulle αx3/2 + βx5/2 = x3/2 (α + βx) = 0. En assignant à x deux
valeurs distinctes dans [0, 1], on trouve α = β = 0.
(a) Montrer que c’est un sous-espace vectoriel de R3 [x] et (b) trouver un ensemble des vecteurs qui
l’engendre.
Réponse : (a) Les propriétés habituelles se vérifient aisément. (b) On considère p(x) = ax 3 +
bx2 + cx + d tel que p(1) = a + b + c + d = 0, p0 (−1) = 3a − 2b + c = 0. Cela donne p(x) =
ax3 + bx2 + (−3a + 2b)x + (2a − 3b) = a(x3 − 3x + 2) + b(x2 + 2x − 3). Un ensemble de générateurs
s’écrit {x3 − 3x + 2, x2 + 2x − 3}.
18. Si B = {x1 , x2 , x3 } est une base de R3 , montrer que B 0 = {x1 , x1 + x2 , x1 + x2 + x3 }
est aussi une base de R3 .
19. Montrer que {a+bx+cx2 , a1 +b1 x+c1 x2 , a2 +b2 x+c2 x2 } est une base de R2 [x] si et seulement
si {(a, b, c), (a1 , b1 , c1 ), (a2 , b2 , c2 )} est une base de R3 .
Réponse : Comme dimR2 [x]=dimR3 , l’indépendance linéaire est suffisante pour démontrer que
nous avons une base. Celle-ci
équivaut
à la résolution du système linéaire suivant :
−2
a a 1 a2 α1
b b1 b2 α2 = −4 ,
1
c c 1 c2 α3
0
pour lequel la matrice associée est non singulière et donc α1 = α2 = α3 = 0.
20. Parmi les ensembles suivants, quels sont ceux qui forment une base de R2 [x] ? Justifier.
(a) {x2 , x2 + x, x2 + x + 1}, (b) {2x2 − 3x − 1, 4x2 + x + 1},
(c) {x2 + 6x + 4, 2x2 + 4x − 1, x2 − 2x − 5, 3x − 5},
(d) {x2 − 3x + 2, x2 − 4x + 3, x2 − 5x + 6}, (e) {x2 − x + 3, 2x2 + x + 5, x2 + 5x + 1}.
Réponse : Comme dim R2 [x] = 3, les ensembles (b) et (c) ne peuvent former une base. Pour les
autres cas, il suffit de vérifier l’indépendance linéaire.
(a) OUI car on peut écrire αx2 + β(x2 + x) + γ(x2 + x + 1) = 0, ce qui équivaut au système
1 1 1 α
0 1 1 β = 0, pour lequel la seule solution est le vecteur nul. (d) OUI car, de la même façon
0 0 1 γ
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1 1 1
qu’en (a), la matrice associée est −3 −4 −5. Elle est non singulière. (e) NON car la matrice
2 3 6
1 2 1
associée est −1 1 5 et elle est singulière.
3 5 1
21. Est-ce que {(1, 1, 2, −4), (1, −1, 0, 0), (2, −2, 0, 0)} est une base de W = {(x, y, z, t) ∈ R4 :
x + y + z + t = 0} ? Justifier.
Réponse : On vérifie d’abord que les vecteurs considérés appartiennent au sous-espace W . Ensuite,
il est facile de voir que dim W = 3. Il suffit donc de démontrer que les vecteurs considérés sont
linéairement indépendants. Comme la matrice formée des colonnes admet trois pivots, la seule solution
du système homogène correspondant est la solution triviale.
22. Trouver une base du sous-espace S de R4 consistant en tous les vecteurs de la forme (a +
b, a − b + 2c, b, c)T où a, b et c sont des nombres réels. Quelle est la dimension de S ?
Réponse
: On écrit
Scomme un ensemble générateur et on impose la combinaison linéaire nulle :
1 1 0
1 −1 2
0 + b 1 + c 0 = 0. Il est facile de montrer que la matrice associée admet trois pivots, ce
a
0 0 1
1 1 0
1 −1 2
qui amène à l’indépendance linéaire et dimS=3. Une base est donc donnée par {
0 , 1 , 0}.
0 0 1
1 1 0 a
donne le système 1 2 1 b = 0, qui admet la seule solution triviale.
1 4 4 c
24. Dans C[−π, π], trouver une base et la dimension du sous-espace engendré par les vecteurs
1, cos 2x, cos2 x.
25. Soit W un sous-espace vectoriel de R2×2 , l’espace vectoriel des matrices de la forme A =
a b
. Dans chaque cas, trouver une base pour W .
c d
(a) W = {A : a + b + c + d = 0}, (b) W = {A : a = −d, b = 2d, c = −3d},
(c)W = {A : a = 0}, (d) W = {A : b = a − c, d = 2a + c}.
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1 0 0 1 0 0 −1 2 0 1 0 0 0 0
Réponse : (a) { , , } ; (b) { } ; (c) { , , }:
0 −1 0 −1 1 −1 −3 1 0 0 1 0 0 1
1 1 0 −1
(d) { , }
0 1 1 1
2 −1 1
26. Soient A = 1 4 −1 et W = {x ∈ R3 : Ax = 3x}.
2 2 1
(a) Montrer que W est un sous-espace vectoriel de R3 .
(b) Trouver une base de W et déterminer sa dimension.
Réponse : (a) On peut encore écrire W = {x ∈ R3 : (A − 3I)x = 0} et on sait que l’espace des
solutions d’un système homogème est un sous-espace vectoriel. (b) Une
base
est
formée des solutions
−1 1
linéairement indépendantes du système considéré. On trouve donc { 1 , 0}.
0 1
27. On appelle trace d’une matrice A de format n × n, la somme des termes de la diagonale
principale : T rA = a11 + a22 + ... + ann .
(a) Montrer que E = {A ∈ Mn (R)| T rA = 0} est un sous-espace vectoriel de Mn (R). En donner
une base pour n = 2.
(b) Montrer que E = {A ∈ Mn (R)| T rA = 0 et la somme des termes de chaque ligne est nulle}
est un sous-espace vectoriel de Mn (R). En donner une base pour n = 3.
Réponse : (a) La matrice 0 appartient évidemment à l’ensemble. Soit A, B ∈ E, λ, µ ∈ R, alors
T r(λA + µB) = λT rA + µT rB = 0, à cause des propriétés de la trace. Une base pour n = 2 est donnée
1 0 0 1 0 0
par { , , }; (b) vu ce qui précède, il faut s’assurer que la matrice λA + µB
0 −1 0 0 1 0
est aussi telle que la somme des termes de chaque ligne est nulle. Une base pour n = 3 est donnée par
1 0 −1 0 1 −1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
{0 0 0 , 0 0 0 , 1 0 −1 , 0 1 −1 , 0 0 0}.
0 1 −1 0 0 0 0 0 0 0 1 −1 1 −1 0
28. (a) Montrer que si A ∈ Rn×n alors B = 21 (A + AT ) est symétrique et C = 12 (A − AT ) est
antisymétrique.
(b) En déduire que toute matrice A ∈ Rn×n s’écrit de façon unique comme la somme d’une matrice
symétrique et d’une matrice antisymétrique.
(c) Construire une base de l’espace R3×3 avec uniquement des matrices symétriques et anitsymé-
triques. Ecrire une matrice quelconque A en termes de ces matrices de base.
Réponse : (a) B T = 12 (A + AT )T = 21 (AT + (AT )T ) = 21 (A + AT ) = B, C T = 12 (A − AT )T =
1 T T T
2 (A −(A ) ) = 12 (AT −A) = −C; (b) Tout d’abord, on note que B+C = 12 (A+AT )+ 21 (A−AT ) = A.
Supposons qu’il existe B 0 symétrique et C 0 antisymétrique tels A = B 0 + C 0 . Comme on a aussi
A = B + C, on en déduit que B + C = B 0 + C 0 ⇒ B − B 0 = C 0 − C, mais B − B 0 symétrique et
C 0 − C antisymétrique ⇒ B − B 0 = C 0 − C = 0 ⇒ B 0 = B, C 0 = C et la décompostion est unique.
(c) Une
base est
donnée
par
les 9matrices
suivantes
:
1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0
{0 0 0 , 0 1 0 , 0 0 0 , 1 0 0 , 0 0 0 , 0 0 1 ,
0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 0
0 1 0 0 0 1 0 0 0
−1 0 0 , 0 0 0 , 0 0 1}.
0 0 0 −1 0 0 0 −1 0
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29. Soit V l’ensemble des polynômes réels p(t) = a2 t2 + a1 t + a0 qui satisfont
Réponse : Les propriétés habituelles d’un sous-espace vectoriel se vérifient aisément. Un polynôme
arbitraire p(t) = a2 t2 + a1 t + a0 vérifie l’équation donnée si a0 = −6a2 − 2a1 . Une base est donc donnée
par {t2 − 6, t − 2}.
30. Soient U et W des sous-espaces d’un espace vectoriel réel V tels que U ∩ W = {0}. Si
{u1 , u2 , ..., un } est une base de U et {w1 , w2 , ..., wm } est une base de W , montrer que
{u1 , u2 , ..., un , w1 , w2 , ..., wm } est linéairement indépendant.
Réponse : On considère la combinaison linéaire nulle α1 u1 +α2 u2 +...+αnun +β1 w1 +β2 w2 +...+
βm wm = 0 ⇒ α1 u1 + α2 u2 + ... + αnun = −(β1 w1 + β2 w2 + ... + βmwm ). Le premier membre appartient
à U , le second à W . Comme U ∩ W = {0}, α1 u1 + α2 u2 + ... + αn un = 0 = β1 w1 + β2 w2 + ... + βm wm
mais {u1 , u2 , ..., un } est une base de U et {w1 , w2 , ..., wm } est une base de W , ils sont donc linéairement
indépendants. Finalement, on trouve α1 = α2 = ... = αn = β1 = β2 = ... = βm = 0.
31. Soit U le sous-espace de R5 engendré par {(1, 3, −2, 2, 3), (1, 4, −3, 4, 2), (2, 3, −1, −2, 9)} et V
le sous-espace de R5 engendré par {(1, 3, 0, 2, 1), (1, 5, −6, 6, 3), (2, 5, 3, 2, 1)}. Trouver une base et la
dimension de
(a) U, (b) V, (c) U + V et (d) U ∩ V.
Réponse : (a) dim U = 2 et une base est formée des deux premiers vecteurs. Appelons-les u 1 , u2 .
(b) dim V = 2 et une base est formée des deux premiers vecteurs. Appelons-les v1 , v2 .
(c) dim U + V = 3 et une base est formée de {u1 , u2 , v1 }. (d) Un vecteur u ∈ U ∩ V s’il satisfait
u = α1 u1 + α2 u2 = β1 v1 + β2 v2 ⇒ α1 u1 + α2 u2 − (β1 v1 + β2 v2 ) = 0. On trouve (à un multiple près)
α1 = 0, α2 = −2, β1 = −1, β2 = −1, ce qui donne dim U ∩ V = 1 et une base est formée du vecteur
u = (−2, −8, 6, −8, −4).
32. Soit U = {(a, b, c, −b − c)|a, b, c ∈ R} et V = {(a, −a, c, d)|a, c, d ∈ R}. Trouver une base et la
dimension de (a) U, (b) V, (c) U + V et (d) U ∩ V .
Réponse : (a) Une base de U est donnée par {(1, 0, 0, 0), (0, 1, 0, −1), (0, 0, 1, −1)} et dim U = 3.
(b) Une base de V est donnée par {(1, 1, 0, 0), (0, 0, 1, 0), (0, 0, 0, 1)} et dim V = 3. (d) Un vecteur w de
U ∩ V s’écrit w = (a, b, c, −b − c) ∈ U et aussi w = (x, −x, y, z) ∈ V . En identifiant les composantes,
on en déduit qu’une base de U ∩ V s’écrit {(1, −1, 0, 1), (0, 0, 1, −1)} et dim U ∩ V =2. (c) Sachant que
dim(U + V ) = dim U + dim V − dim U ∩ V = 4, on en déduit que U + V = R4 .
Réponse : (a) Une base de U est donnée par {(1, 0, −1), (0, 1, −1)} et dim U = 2. Une base de
V est donnée par {(1, 0, 1), (0, 1, 0)} et dim V = 2. Une base de W est donnée par {(0, 0, 1)} et dim
W = 1. De plus, on vérifie que dim U ∩ V = 1 et dim U ∩ W = 0 = dim V ∩ W. Donc, dim
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(U + V ) = 2 + 2 − 1 = 3 et dim (U + W ) = 2 + 1 = 3 = dim V + W . Les trois sommes donnent donc
R3 . (b) On a R3 =U ⊕ W = V ⊕ W.
Réponse : Une base de U est donnée par {(1, 0, 0, 0), (0, 1, 0, 0)} et dim U = 2. (b) Une base de V est
donnée par {(0, 0, 1, 0), (0, 0, 0, 1)} et dim V = 2. Les vecteurs qui engendrent W sont linéairement
indépendants et dim W = 2. On montre facilement que U ∩ V = U ∩ W = {0}. Sachant que dim
(U + V ) = dim U + dim V − dim U ∩ V ⇒ dim (U + V ) = 4, on en déduit que U + V = R4 et que la
somme est directe. Il en est de même pour U + W .
35. Soit l’espace vectoriel V , l’ensemble de toutes les fonctions de R dans R, V0 le sous-ensemble
des fonctions paires et V1 le sous-ensemble des fonctions impaires :
V0 = {f ∈ V |∀x ∈ R, f (x) = f (−x)}, V1 = {f ∈ V |∀x ∈ R, f (x) = −f (−x)}.
Montrer que (a) V0 et V1 sont des sous-espaces de V , (b) V = V0 + V1 , (c) V0 ∩ V1 = {0} (la fonction
0) et donc que V = V0 ⊕ V1 .
Réponse : (a) La seule fonction qui est à la fois paire et impaire est la fonction 0. Donc, on
a V0 ∩ V1 = {0}. Par ailleurs, si f, g ∈ V0 , λ, µ ∈ R, on a (λ f + µ g)(x) = λ f (x) + µ g(x) =
λ f (−x) + µ g(−x) = (λ f + µg)(−x) ⇒ λ f + µ g ∈ V0 . V0 est donc bien un sous-espace de V .
Par un raisonnement similaire, on montre que V1 est sous-espace de V . (b) Clairement, V0 + V1 ⊂ V .
Pour démontrer que V ⊂ V0 + V1 , nous devons pouvoir écrire n’importe quelle fonction f ∈ V
comme la somme d’une fonction de V0 et de V1 . Il suffit pour cela d’écrire f (x) = f0 (x) + f1 (x) avec
f0 (x) = 21 (f (x) + f (−x)) et f1 (x) = 21 (f (x) − f (−x)) et de montrer que f0 ∈ V0 et f1 ∈ V1 . (c) Cette
propriété découle de ce qui est dit précédemment.
36. Soit Mn (R), l’espace vectoriel des matrices réelles de format n × n et soit E ∈ Mn (R) telle
que E 2 = E. Soit U = {X ∈ Mn (R) | XE = X}, V = {Y ∈ Mn (R) | Y E = 0}, montrer que :
(a) U et V sont des sous-espaces de Mn (R),
(b) Mn (R) = U ⊕ V .
Réponse : (a) Les propriétés pour avoir un sous-espace vectoriel découlent de celles des matrices.
(b) Tout d’abord, montrons que U ∩ V = 0. X ∈ U ∩ V , alors XE = X et XE = 0 ⇒ X = 0.
On doit ensuite montrer que toute matrice Y ∈ Mn (R) s’écrit comme la somme d’une matrice Y0 de
U et d’une matrice Y1 de V . Il est facile de voir que les matrices cherchées sont Y0 = Y E ∈ U et
Y1 = Y − Y E ∈ V .
37. (a) Si A est une matrice de format n × (n − 1) et si son rang est n − 2, quelle est la dimension
du noyau N (A) ? Justifier.
(b) Quel est le rang de la matrice dont tous les éléments valent 1 ? Justifier.
(c) Quel est le rang de la matrice "échiquier" A = {aij } de format m × n avec aij = 0 si i + j est
pair et aij = 1 si i + j est impair (m > 1 et n > 1) ? Justifier .
(d) Une matrice de format 3×4 peut-elle avoir ses lignes linéairement indépendantes et ses colonnes
linéairement indépendantes ? Justifier .
Réponse : (a) dim N (A) = 1 car A a n − 2 pivots et donc (n − 1) − (n − 2) variables libres. (b)
Toutes les lignes sont identiques, donc rg(A) = 1. (c) La matrice "échiquier" possède seulement deux
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lignes linéairement indépendantes, donc rg(A) = 2. (d) NON, car les trois lignes sont des vecteurs de
R4 et peuvent donc être linéairement indépendantes, par contre, les colonnes sont des vecteurs de R 3
et quatre vecteurs dans R3 sont toujours linéairement indépendants.
38. Les intégrales définies peuvent être considérées comme des applications qui transforment les
R1
fonctions en des nombres. Si on définit T (f ) = −1
f (x)dx,
(a) montrer, par calcul direct, que si on prend f (x) = ex et g(x) = x2 pour −1 < x ≤ 1, alors
T (2f + 3g) = 2T (f ) + 3T (g).
(b) Montrer que T est une forme linéaire de l’espace vectoriel des fonctions continues dans [−1, 1]
sur R ?
R1
(c) Soit S : S(f ) = −1 (f (x))2 dx. Est-ce que S est linéaire ? Justifier.
R1
(d) Soit U : U (f ) = −1 xf (x)dx. Est-ce que U est linéaire ? Justifier.
R1 R1
Réponse : (a) T (2f + 3g) = −1 (2f (x) + 3g(x))dx = −1 (2ex + x2 )dx et on effectue le calcul pour
comparer avec l’expression de 2T (f ) + 3T (g). (b) Soient les fonctions f, g et les nombres réels λ, µ,
R1 R1 R1
alors T (λf + µg) = −1 (λf + µg)(x)dx = λ −1 f (x)dx + µ −1 g(x)dx = λT (f ) + µT (g). (c) NON,
R1 R1
car S(λf ) = −1 ((λf )(x))2 dx = λ2 −1 (f (x))2 dx = λ2 S(f ) 6= λS(f ) pour tous les λ 6= ±1. (d) OUI,
exprimer U (λf + µg) en termes de U (f ) et U (g) pour montrer que U (λf + µg) = λU (f ) + µU (g).
39. Si A ∈ Rn×n , montrer que T r : Rn×n → R : A → T r(A) est une forme linéaire.
Réponse : Cela découle des propriétés de la trace d’une matrice.
40. Soit T : R3 [x] → R2 [x] une transformation linéaire telle que T (1) = 1 − x,
T (x) = x + x2 , T (x2 ) = 1 + 2x, T (x3 ) = 2 − x2 . Trouver T (2 − 3x + x2 − 2x3 ).
Réponse : On pose p0 (x) = 1, p1 (x) = x, p2 (x) = x2 , p3 (x) = x3 , ce qui implique que p(x) =
2 − 3x + x2 − 2x3 = 2p0 − 3p1 + p2 − 2p3 et T (2 − 3x + x2 − 2x3 ) = T (p(x) = T (2p0 − 3p1 + p2 − 2p3 ) =
2T (p0 ) − 3T (p1 ) + T (p2 ) − 2T (p3 ) = −1 − 3x − x2 .
41. Vérifier que chacune des transformations linéaires suivantes est un isomorphisme :
(a) T : R3 → R3 : T (x, y, z) = (x, x + y, x + y + z),
(b) T : R3 → R3 : T (x, y, z) = (x + y, y + z, z + x),
(c) T : P1 [x] → R2 : T (p(x))
= (p(0), p(1)),
a b
(d) T : M2 (R) → R4 : T ( ) = (a + b, d, c, a − b),
c d
(e) T : Mmn (R) → Mnm (R) : T (X) = X T .
(f) T : Mmn (R) → Mmn (R) : T (X) = U XV, U, V étant des matrices inversibles d’ordre m et n
respectivement.
1 0 0
Réponse : (a) Cette transformation linéaire s’exprime comme T (X) = AX où A = 1 1 0.
1 1 1
Cette matrice étant non singulière, T est un isomorphisme. (b) Comme en (a), nous avons, dans ce
1 1 0
cas, la matrice A = 0 1 1 qui est aussi non singulière. (c) On écrit explicitement T (a + bx) =
0 −1 1
(a, a + b) et T (a + bx) = 0 ⇒ (a, b) = (0, 0) donc N ul(T ) = 0. Par ailleurs, un vecteur quelconque
de R2 s’écrit
(u, v) = T (u + (v − u)x) et Im(T ) = R . On a donc bien un isomorphisme. (d) On a
2
a b
T( ) = 0 ⇒ (a + b, d, c, a − b) = 0 ⇒ a = b = c = d = 0 et N ul(T ) = 0. De plus, on a
c d
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1 1
(x, y, z, u) = T ( 2 (x + u) 2 (x − u)
) et Im(T ) = R4 . (e) On a {T (X) = 0 = X T ⇒ X = 0 ⇒
y z
N ul(T ) = 0} et {X = T (X T ) ⇒ Im(T ) = Mnm }. (f) On a {T (X) = 0 = U XV ⇒ X = 0 ⇒
N ul(T ) = 0} et {X = T (U −1 Y V −1 ) ⇒ Im(T ) = Mmn }.
2×2 2 3 a0 + a 2 a0 + a 3
42. Soit T : R3 [x] → R : T (a0 + a1 x + a2 x + a3 x ) =
a1 + a 2 a1 + a 3
. Trouver une base
de Im (T ) et le rang de T ainsi qu’une base du noyau N (T ) et sa dimension. Montrer que T n’est pas
un isomorphisme.
a b
Réponse : Pour trouver l’image, on prend une matrice quelconque et on résoud a0 , a1 , a2 , a3
c d
a0 + a 2 a0 + a 3 a b
dans l’équation = . Le système associé sera compatible si a = b + c −
a1 + a 2 a1 + a 3 c d
b+c−d b
d ⇒ Im (T ) = { , b, c, d ∈ R} et le rang de T est donc égal à 1. Pour trouver le
c d
a0 + a 2 a0 + a 3
noyau, on résoud a0 , a1 , a2 , a3 dans l’équation = 0. Une base de N (T ) est donc
a1 + a 2 a1 + a 3
{p(x) = 1 + x − x2 − x3 } et sa dimension est 1. Pour avoir un isomorphisme, il faudrait que N (T ) = 0
et Im(T ) = R2×2 , ce qui n’est pas le cas ici.
43. Soit l’application f : R2 [x] → R3 [x] : p(x) → (ax + 1)p(x) + (bx2 + 1)p0 (x). Quelles relations
doivent vérifier a et b pour que f soit un endomorphisme de R2 [x] (application de R2 [x] dans R2 [x]) ?
Déterminer dans ce cas le noyau N (f ) ainsi que sa dimension.
Réponse : On écrit p(x) = α + βx + γx2 . Cela donne f (p(x)) = (ax + 1)p(x) + (bx2 + 1)p0 (x) =
(α + β) + (β + aα + 2γ)x + (aβ + γ + bβ)x2 + (2b + a)γx3 et donc f est un endomorphisme si
a = −2b. Avec cette condition, le noyau s’obtient comme l’ensemble des p(x) satisfaisant f (p(x)) =
(−2bx + 1)p(x) + (bx2 + 1)p0 (x) = (α + β) + (β − 2bα + 2γ)x + (−bβ + γ)x2 = 0. Deux cas se présentent :
si 1 + 4b 6= 0 ⇒ p(x) = 0, le noyau est réduit au polynôme zéro et est de dimension 0 ; si b = − 14 alors
N (f ) = {p(x) = β(−1 + x − 41 x2 )} est de dimension 1.
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CHAPITRE 5 : Les valeurs propres et les vecteurs propres
a b
1. Déterminer l’équation caractéristique de A=
−b a
.
Réponse : (a − λ)2 + b2 = 0.
2. Soit p(λ) = λ2 + 2λ + 1. Trouver deux distinctes smatrices qui ont p(λ) comme polynôme
caractéristique.
−1 0 −1 0
Réponse : On peut prendre : et .
0 −1 1 −1
a 0 b 0
0 a 0 b
3. Trouver les valeurs propres de la matrice A = c 0 d 0
.
0 c 0 d
1 h p i
Réponse : (a + d) ± (a − d)2 ± 4bc .
2
4. Déterminer les vecteurs propres et les valeurs propres de la matrice
√ √
2 0 0 √2 √2
0 2 0 2 − 2
√0
A= √0 2 0 0 .
2
√ √2 0 2 0
2 − 2 0 0 2
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6. Réduire à la forme diagonale les matrices suivantes :
0 0 0 0 0 1
0 0 0 0 1 0
3 4 0 0 0 1 0 0
(a) A= , (b) B = .
5 2 0
0 1 0 0 0
0 1 0 0 0 0
1 0 0 0 0 0
7 0 5/9 4/9 3 4 1 1
Réponse : (a) = ; (b) diag(1, 1, 1, −1, −1, −1)
0 −2 4/9 −4/9 5 2 1 −5/4
0 0 1/2 1/2 0 1 0 0 0 0 0 1 0 1 0 1 0 0
1/2 0 0 0 0 1/2 0 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 −1
0 1/2 0 0 1/2 0 0 0 0 1 0 0 1 0 0 0 −1 0
=
.
1/2 0 0 0 0 −1/2 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 0
0 0 −1/2 1/2 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1
0 −1/2 0 0 1/2 0 1 0 0 0 0 0 0 1 0 −1 0 0
7. Une matrice nilpotente A n × n est telle que Am = 0 pour m ≥ 1.
(a) Montrer que les matrices triangulaires avec des zéros sur la diagonale principale sont nilpo-
tentes ;
(b) Montrer que λ = 0 est la seule valeur propre de A si A est nilpotent.
Réponse : (a) Il est facile de voir que toute matrice triangulaire n × n avec des zéros sur la
diagonale principale satisfait An = 0, donc il existe m, 1 ≤ m ≤ n, tel que Am = 0 et A est une
matrice nilpotente. (b) Soit λ une valeur propre arbitraire de A : il existe un vecteur non-nul u
tel que Au = λu. On note que A2 u = λ2 u, . . . , Ak u = λk u. Comme A est nilpotente, Am = 0 et
0 = Am u = λm u. Mais u est non-nul, donc λ = 0.
cos θ sin θ
8. Montrer que les valeurs propres de la matrice A = − sin θ cos θ sont λ1 = eiθ et λ2 =
e−iθ . Calculer les vecteurs propres associés à chacune des valeurs propres et donner la matrice P qui
diagonalise A.
10. Soit λ une valeur propre de A de vecteur propre x. Si B = P −1 AP , montrer que P −1 x est un
vecteur propre de B de valeur propre λ.
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11. Si toutes les lignes de A ont la même somme s, montrer que s est une valeur propre.
a11 − λ a12 a13 ... a1n
a21 a22 − λ a23 ... a2n
.. .. .. .. ..
. . .
Réponse : On veut calculer pA (λ) = det . . .
. . . . .
.. .. .. .. ..
an1 ... . . . ann−1 ann − λ
Pour cela, on remplace la première colonne par la somme de toutes les colonnes, ce qui donne :
Pn
Pi=1 (a1i ) − λ a12 a13 ... a1n
ni=1 (a2i ) − λ a22 − λ a23 ... a2n
.. . . . ..
= det
. . . . . . . .
.. .. .. .. ..
. . .
Pn . .
i=1 (ani ) − λ ... . . . ann−1 ann − λ
s−λ a12 a13 ... a1n 1 a12 a13 ... a1n
s − λ a22 − λ a23 ... a2n 1 − λ a23 . . . a2n
.. . . . . . . . . .
= det . .. .. .. .. = (s−λ) det ..
.. .. .. ..
.
. . . . . . . . . .
.. .. .. .. .. .. .. .. .. ..
s−λ ... . . . ann−1 ann − λ 1 . . . . . . ann−1 ann − λ
C’est évident maintenant que (s − λ) est un facteur du polynôme caractéristique de A et donc λ = s
est une valeur propre de A.
12. (a) Si A2 = −I, quelles sont les valeurs propres de A ? (b) Si A ∈ Mn (R), montrer que n doit
être pair et donner un exemple.
Réponse : (a) Soit λ une valeur propre arbitraire de A et soit u un vecteur propre associé :
Au = λu. On a −Iu = A2 u = λ2 u ou Iu = −λ2 u ⇒ −λ2 est une valeur propre de I. Comme 1
est la seule valeur propre de I, il faut avoir λ2 = −1 ⇒ λ = ±i. (b) Si A ∈ Mn (R), le polynôme
caractéristique de A a des coefficients réels mais admet (seulement) les racines complexes ±i (vu (a))
⇒ pA (λ) = C·(λ2 +1)k où C est une constante réelle et k est un nombre entier ≥ 1 ⇒ n = deg(pA ) = 2k
est pair. Autrement dit, si une matrice réelle admet une valeur propre complexe λ, elle admet aussi λ
comme valeur propre. Donc les valeurs propres complexes d’une matrice réelle arrivent en paires. On
peut déduire, plus généralement, qu’une matrice
A∈M n (R) qui n’a que des valeurs propres complexes
0 −1
est de dimension paire. Un exemple est A = .
1 0
1 1 0
13. Soit A = −1 1 1 et supposons que p(λ) = −λ3 + aλ2 + bλ + c est son polynôme carac-
0 0 −1
téristique. Selon le théorème de Cayley-Hamilton, toute matrice annule son polynôme caractéristique,
c’est-à-dire p(A) est la matrice nulle. Utiliser ce théorème pour déterminer a, b et c. Vérifier le résultat
à l’aide de la méthode traditionnelle.
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1 1 1 0
14. (a) Montrer que les matrices 0 1
et
0 1
ont les mêmes valeurs propres mais ne sont
pas semblables.
(b) Montrer que A est semblable à AT pour toute matrice 2 × 2.
Rappel : A est semblable à B s’il existe S non-singulière telle que B = S −1 AS.
Réponse : (a) λ = 1 est la seule valeur propre
(de multiplicité 2) pour les deux matrices. Par
1 1
contre, le sous-espace propre de la matrice , associé à la valeur propre λ = 1, est de dimension
0 1
1 1
1, donc il n’existe pas une matrice inversible S telle que S −1 S = I. (b) Il faut noter
0 1
d’abord que A − λI et AT − λI ont le même déterminant et le même rang, donc A et AT ont les
mêmes valeurs propres avec la même dimension pour chaque sous-espace propre associé. Si A (donc
AT ) est diagonalisable, alors il existent P et Q inversibles telles que A = P DP −1 et AT = QDQ−1 ,
d’où D = P −1 AP et AT = (QP −1 )A(QP −1 )−1 . Si A n’est pas diagonalisable, ils existent P et Q
λ 1
inversibles telles que A = P JP −1 et AT = QJQ−1 , où J = est la forme Jordan associée (voir
0 λ
compléments). Le même raisonnement qu’auparavant nous amène à AT = (QP −1 )A(QP −1 )−1 , donc
A et AT sont semblables.
15. Montrer que la seule matrice diagonalisable A qui a une seule valeur propre distincte λ est la
matrice A = λI.
Réponse : A diagonalisable (avec une seule valeur propre distincte λ) ⇒ il existe une matrice
non-singulière P telle que A = P DP −1 = P (λI)P −1 = λI.
16. Montrer que deux matrices diagonalisables A et B sont semblables si et seulement si elles ont
les mêmes valeurs propres avec les mêmes multiplicités géométriques.
Réponse : Par hypothèse, il existe une matrice non-singulière P telle que A = P DP −1 . D’autre
part, A et B sont semblables ⇔ il existe une matrice non-singulière Q telle que B = QAQ −1 =
Q(P DP −1 )Q−1 = (QP )D(QP )−1 ⇔ A et B ont les mêmes valeurs propres avec les mêmes multipli-
cités géométriques.
17. Répondre par vrai ou faux aux questions suivantes. Justifier quand c’est vrai, donner un
contre-exemplequand c’est faux.
a−3 2 1
(a) Si A = −1 a 1, alors la seule valeur de a pour laquelle le système linéaire AX = 0 a
0 0 1
une solution non-triviale est a = 2.
(b) Si A ∈ Mn (C) est diagonalisable alors A3 est diagonalisable.
Réponse : (a) Faux. A est aussi singulière pour a = 1 ⇒ AX = 0 a aussi une solution non-triviale
si a = 1. (b) A est diagonalisable ⇒ il existe une matrice non-singulière P telle que A = P DP −1 ⇒
A2 = P D2 P −1 , A3 = P D3 P −1 et Dk est une matrice diagonale pour tout k ≥ 1 entier ⇒ il existe
une matrice non-singulière P telle que A3 = P D̃P −1 ⇒ A3 est diagonalisable.
18. Montrer qu’une matrice triangulaire dont les éléments diagonaux sont distincts est diagona-
lisable.
Réponse : Si T est une matrice triangulaire n × n, alors T − λI l’est aussi. Donc det(T − λI) =
(a11 − λ)(a22 − λ) . . . (ann − λ). Comme, par hypothèse, aii 6= ajj si i 6= j, l’équation caractéristique
a n racines (simples) distinctes et, d’après un théorème du cours, T est diagonalisable.
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19. Expliquer pourquoi parmi l’ensemble des vecteurs propres linéairement indépendants de la
matrice A ∈ Mn (C), il y a au moins un vecteur propre pour chaque valeur propre différente.
Réponse : Quelque soit λ valeur propre de A, A − λI est singulière, donc le système (A − λI)x = 0
admet une solution non-triviale ⇔ il existe u 6= 0 tel que Au = λu (u est un vecteur propre associé à
la valeur propre λ).
20. Soient A et B ∈ Mn (C) des matrices diagonalisables. On suppose en plus que A a toutes
ses valeurs propres distinctes. Montrer que A, B sont simultanément diagonalisables si et seulement si
elles commutent.
Remarque : A et B simultanément diagonalisables signifie qu’il existe une matrice S non-singulière
qui diagonalise à la fois A et B.
Réponse : Commencons par démontrer la condition nécessaire. Par hypothèse, A et B sont simul-
tanément diagonalisables. Il existe donc P inversible tel que A = P DP −1 et B = P D̃P −1 . Comme
les matrices diagonales commutent, on a AB = P D D̃P −1 = P D̃DP −1 = BA. Pour la condition
suffisante, on sait que AB = BA. Comme A a toutes ses valeurs propres distinctes, A est diagonali-
sable et la dimension de chaque sous-espace propre est égale à 1. Soit λ une valeur propre de A ⇒ il
existe u, non-nul, tel que Au = λu et le sous-espace propre de A associé à λ est L{u}. D’autre part,
ABu = BAu = B(λu) ou A(Bu) = λ(Bu) ⇒ Bu est un vecteur propre de A associé à la valeur λ,
donc Bu ∈ L{u} ⇒ Bu = νu pour une constante ν ∈ C. Donc u est un vecteur propre de B aussi.
Comme λ a été choisi arbitrairement, on déduit que la base de vecteurs propres qui diagonalise A est
aussi une base de vecteurs propres de B. En plus, on peut noter que la somme des dimensions des
sous-espaces propres de B est égale à n, donc B est simultanément diagonalisable avec A.
21. Soient A ∈ Mn (C) et A1 = A − αI, α ∈ R. Montrer que λ est une valeur propre de A si et
seulement si λ − α est valeur propre de A1 . Comment les vecteurs propres se comparent-ils ?
Réponse : λ valeur propre de A ⇔ (A−λI) singulière ⇔ (A1 −(λ−α)I) singulière ⇔ λ−α valeur
propre de A1 . On note que Av = λv ⇔ A1 v = (λ − α)v, donc les vecteurs propres de A associés à la
valeur propre λ sont les vecteurs propres de A1 associés à la valeur propre λ − α et réciproquement.
1 0 2 0
22. Soit Q = 0 1 0 1 , donner une transformation linéaire T : R3 [x] → R2 [x] telle que
−1 1 0 −1
Q soit la matrice de T dans les bases canoniques de R3 [x] et R2 [x].
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Réponse : (a) T (p(x) + q(x)) = (p(x) + q(x)) + x(p(x) + q(x))0 = (p(x) + xp0 (x)) + (q(x) +
xq(x)0 ) = T (p(x)) + T (q(x)) pour tous p(x), q(x) ∈ Rn [x] et T (λp(x)) = (λp(x)) + x(λp(x))0 =
λ(p(x) + xp0 (x)) = λT (p(x)), pour tout λ réel et p(x) ∈ Rn [x]. (b) Le noyau est formé de tous les
polynômes p(x) qui satisfont p(x) + xp0 (x) = 0. Si on écrit p(x) = a0 + a1 x + ... + an xn , la relation
précédente revient à a0 + 2a1 x + 3a2 x2 + . . . + (n + 1)an xn = 0, où 0 est ici le polynôme zéro de
Rn [x] ⇒ a0 = a1 = . . . = an = 0. Donc le noyau contient seulement le polynôme nul ⇒ T est une
transformation injective (d’un espace vectoriel sur lui-même) ⇒ T est un isomorphism. (c) Comme
T est un isomorphisme, T est surjective, d’où on déduit la conclusion. (d) Non, car le nouveau T
n’est pas un isomorphisme. Son noyau est formé des polynômes p(x) = a0 + a1 x + ... + an xn tels que
1 0 0 ... 0
0 2 0 . . . 0
. . . .. ..
a0 − a2 x − 2a3 x − . . . − (n − 1)an x = 0 ⇔ {p(x) = a1 x|a1 ∈ R}. (e) .
. . . . . . . .
2 3 n
. . . . ..
. . . . . . . . .
0 ... ... 0 n
a b
24. Pour la transformation linéaire T : R → R2 [x] : T ( c d ) = (a + b) + 2dx + bx2 , on
2x2
1 0 0 1 0 0 0 0
considère les bases { , , , de R2x2 et {1, x, x2 } de R2 [x]. Trouver la
0 0 0 0 1 0 0 1
matrice qui représente T dans ces bases.
1 1 0 0
Réponse : 0 0 0 2.
0 1 0 0
25. Soit k un nombre réel, définissons Tk : R2x2 → R2x2 par Tk (A) = A + kAT . Soit B =
1 0 0 0 0 1 0 1
{ , , , } une base de R2x2 , trouver la matrice représentant cette
0 0 0 1 1 0 −1 0
transformation linéaire dans la base B et conclure que Tk est inversible si et seulement si k 6= 1 et
k 6= −1.
1+k 0 0 0
0 1+k 0 0
Réponse : M =
0
; M non-singulière ⇔ det M = (1+k)3 (1−k) 6=
0 1+k 0
0 0 0 1−k
0 ⇔ k 6= ±1.
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27. Soit la transformation
linéaire
a b −3a + 5d 3b − 5c
T : R2x2 → R2x2 : T = .
c d −2c 2d
1 0 0 0
28. Soit T : R2 [x] → R2 [x], l’application linéaire définie par
T (p(x)) = p(x) + (x + 1)p0 (x).
(a) Si on considère la base canonique B = {1, x, x2 }, montrer que T est représenté par la matrice
1 1 0
M (T )B,B = 0 2 2 .
0 0 3
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Réponse : (a) Soient c1 , c2 , c3 telles que c1 ex + c2 e2x + c3 e3x = 0 pour tout x ∈ R. On a également
on a (par dérivation) c1 ex + 2c2 e2x + 3c3 e3x = 0 et c1 ex + 4c2 e2x + 9c3 e3x = 0 pour tout x ∈ R. En
particulier, pour x = 0, les ci satisfont le système linéaire
c1 + c2 + c3 = 0,
c1 + 2c2 + 3c3 = 0,
c1 + 4c2 + 9c3 = 0,
qui admet seulement la solution nulle c1 = c2 = c3 = 0. (b) Comme T (c1 ex + c2 e2x + c3 e3x ) =
c1 ex + 2c2 e2x + 3c3 e3x , T (f ) = 0 (la fonction nulle) si et seulement si c1 = c2 = c3 = 0. Donc
Nul(T ) = {0} et T est injective. Comme
V , il résulte forcément que T est aussi surjective et
T :V →
1 0 0
donc T est un isomporphisme. (c) 0 2 0 .
0 0 3
31. Soit T : R4 → R4 donnée par
T (x, y, z, t) = (x + z, x + t, y + z, y + t).
0 1 0 1
32. Soit T : R2 → R3 : T (x, y) = (2x + y, x, x − y) et S : R3 → R2 : S(x, y, z) = (x − y + z, x + y),
trouver, dans les bases canoniques de R3 et R2 , les matrices qui représentent les transformations
linéaires T , S, (S ◦ T ). Écrire (S ◦ T )(x, y).
2 1
1 −1 1 2 0
Réponse : A1 = 1 0 , A2 = , A3 = A 2 A1 = ; S ◦ T : R2 →
1 1 0 3 1
1 −1
R2 , (S ◦ T )(x, y) = (2x, 3x + y).
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Réponse : (a) (S◦T )(x, y) = (0, x) 6= (y, 0) = (T ◦S)(x, y) ; (b) (S◦T )(x, y, z) = (x+y, 0, y+z) 6=
a b c 0 0 a a b
(x, 0, z) = (T ◦ S)(x, y, z) ; (c) (S ◦ T )( )= 6= = (T ◦ S)( ).
c d 0 b d 0 c d
34. Soient les transformations linéaires T : V → W et S : W → U .
(a) Montrer que N (T ) ⊆ N (S ◦ T ) où N (T ) est le noyau de T .
(b) Montrer que Im (S ◦ T ) ⊆ Im S où Im (T ) est l’image de T .
35. Soit B = {v1 , v2 , ..., vn } une base d’un espace vectoriel V et S : V → W, T : V → W des
transformations linéaires telles que S(vi ) = T (vi ), ∀i = 1, 2, ..., n. Montrer que S = T .
Réponse : (a) eA(t+T ) = P eΛ(t+T ) P −1 = P eΛt eΛT P −1 = (P eΛt P −1 )(P eΛT P −1 ) = eAt eAT .
1 0 1 −1 cos(1) − sin(1)
(b) On note que e =
A B
, e = et e A+B
= 6= eA eB .
1 1 0 1 sin(1) cos(1)
38. Si A2 = αA (α 6= 0), trouver eAt .
Réponse : eAt = I + α1 (eαt − 1)A.
dy = 2x + 2y.
dt
qui satisfait x(0) = 0, y(0) = 5.
x(t) = 3e4t − 3e−t ,
(
x(t) 0 1 3
Réponse : At
=e · (où A = )⇒
y(t) 5 2 2 y(t) = 3e4t + 2e−t .
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40. Trouver la solution générale du système
dx
= 5x + 8y + 16z,
dt
dy
= 4x + y + 8z,
dt
dz = −4x − 4y − 11z.
dt
Ensuite, trouver une solution qui satisfait x(0) = y(0) = z(0) = 1.
41. Pour les transformations linéaires suivantes, trouver une base dans laquelle les matrices asso-
ciées sont diagonales.
du
(b) Trouver la solution générale de l’équation = Au.
dt
1
(c) Donner la solution unique qui satisfait les conditions initiales u(0) = −1 .
0
t
0 2 1 x(t) e 0 0
Réponse : (a) P = −1 0 1 ; (b) y(t) = e2t − et −e2t + 2et −2e2t + 2et ·
1 1 0 z(t) −e2t + et e2t − et 2e2t − et
et et
c1 x(t) 0 0 1
c2 , où c1 , c2 , c3 ∈ R ; (c) y(t) = e2t − et −e2t + 2et −2e2t + 2et ·−1 = 2e2t − 3et .
c3 z(t) −e2t + et e2t − et 2e2t − et 0 −2e2t + 2et
1 0 0
du
43. (a) Trouver la solution générale du système = 0 3 −2 u.
dt 0 −2 3
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1
(b) Déterminer la solution unique correspondant à la condition initiale u(0) = 0.
1
t
x(t) e 0 0 c1
1 5t 1 t 1 5t 1 t
Réponse : (a) y(t) = 0 2 e + 2 e − 2 e + 2 e · c2 , où c1 , c2 , c3 ∈ R ;
z(t) 0 − 21 e5t + 21 et 1 5t
2 e + 1 t
2 e c3
t
x(t) e
(b) y(t) = − 21 e5t + 12 et .
1 5t 1 t
z(t) 2e + 2e
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CHAPITRE 6 : L’orthogonalité et les moindres carrés
1. Si ||x|| = ||y||, pour x, y des vecteurs d’un espace euclidien, prouver que x − y et x + y doivent
être orthogonaux.
2. Soient u, v vecteurs d’un espace euclidien. Montrer que {u, v} est orthogonal ⇔ ||u + v||2 =
||u||2 + ||v||2 .
Réponse : ||u+v||2 =< u+v, u+v >=< u, u > +2 < u, v > + < v, v >= ||u||2 +2 < u, v > +||v||2 ,
donc ||u + v||2 = ||u||2 + ||v||2 ⇔< u, v >= 0.
4. Trouver un sous-espace vectoriel de R4 qui est orthogonal à (1, 1, 2, 1) et (2, 0, 1, 0). Donner une
base de ce sous-espace.
6. Utiliser le procédé de Gram-Schmidt pour construire une base orthonormée à partir des vecteurs
(−2, 1, 1), (2, 1, 1), (1, −2, 1).
n o
Réponse : √16 (−2, 1, 1), √13 (1, 1, 1), √12 (0, −1, 1) .
7. (a) Soient t0 , t1 , t2 , ..., tk , k ≥ n, des nombres réels distincts. Pour p et q dans Rn [t], on définit
Réponse : (a) (1) < p, q >= p(t0 )q(t0 ) + p(t1 )q(t1 ) + ... + p(tk )q(tk ) = q(t0 )p(t0 ) + q(t1 )p(t1 ) +
... + q(tk )p(tk ) =< q, p >, pour tous p, q dans Rn [t]. (2) < p + r, q >= (p(t0 ) + r(t0 ))q(t0 ) +
(p(t1 ) + r(t1 ))q(t1 ) + ... + (p(tk ) + r(tk ))q(tk ) = (p(t0 )q(t0 ) + p(t1 )q(t1 ) + ... + p(tk )q(tk )) + (r(t0 )q(t0 ) +
r(t1 )q(t1 ) + ... + r(tk )q(tk )) =< p, q > + < r, q >, pour tous p, q et r dans Rn [t]. (3) < cp, q >=
(cp(t0 ))q(t0 ) + (cp(t1 ))q(t1 ) + ... + (cp(tk ))q(tk ) = c(p(t0 )q(t0 ) + p(t1 )q(t1 ) + ... + p(tk )q(tk )) = c <
p, q >= p(t0 )(cq(t0 )) + p(t1 )(cq(t1 )) + ... + p(tk )(cq(tk )) =< p, cq >, pour tous p, q dans Rn [t] et c
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dans R. (4) < p, p >= p2 (t0 ) + p(t1 )2 + ... + p2 (tk ) ≥ 0 pour tout p ∈ Rn [t]. En plus, < p, p >=
p (t0 ) + p(t1 )2 + ... + p2 (tk ) = 0 ⇒ p(t0 ) = p(t1 ) = . . . = p(tk ) = 0 ⇒ p s’annule dans k + 1(≥ n + 1)
2
points, mais le degré de p est n, donc p doit être le polynôme nul. (b) 1, t, t2 − 2 .
{1, cos x, sin x, cos 2x, sin 2x, ..., cos nx, sin nx}, ∀x ∈ R.
Si nous définissons
Z 2π
< f, g >= f (x)g(x)dx, ∀f, g ∈ V,
0
prouver que les générateurs donnés forment une base orthogonale.
(b) Vérifier aussi que l’ensemble
1 1 1 1 1 1 1
{ √ , √ cos x, √ sin x, √ cos 2x, √ sin 2x, ..., √ cos nx, √ sin nx}
2π π π π π π π
forme une base orthonormée de V .
Réponse : (a) On peut montrer que les fonctions données sont linéairement indépendantes de
la même manière que dans l’exercice 30(a) du Chapitre 5. Les fonctions sont aussi orthogonales :
R 2π R 2π
0
cos hx dx = − h1 sin hx|2π0 = 0, pour tout h = 1, . . . , n ; 0 sin kx cos hx dx = 0 pour tout h, k =
R 2π R 2π
0, . . . , n et 0 sin kx sin hx dx = 0 cos kx cos hx dx = 0 pour tout h 6= k, h, k = 1, . . . , n. Pour
R 2π R 2π
démontrer 0 sin kx cos hx dx = 0, considérez deux cas : (1) Si h = k 6= 0, alors 0 sin kx cos hx dx =
1 2π 1 2π
= 0 ; (2) Si k 6= h, non-nuls, utilisez la formule sin a cos b =
R
2 0 sin 2hx dx = 4h cos 2hx|0
1
2 (sin(a + b) + sin(a − b)). La résolution des autres intégrales est similaire. (b) On vérifie que chaque
R 2π 1 2 R 2π 1 2 R 2π
fonction est de norme 1 : 0 √
2π
dx = 1 ; 0
√ cos kx
π
dx = π1 0 1+cos
2
2kx
dx = 1 ;
R 2π 1 2 2π
dx = π1 0 1−cos 2kx
dx = 1, pour tout k = 1, . . . , n.
R
√ sin kx
0 π 2
1
9. (a) Soient f et g ∈ C0 ([0, 1]) et < f, g >= f (t)g(t) dt. Montrer que c’est un produit scalaire
R
0
sur C0 ([0, 1]).
Note : C0 ([0, 1]) est l’ensemble des fonctions continues sur l’intervalle [0,1].
(b) Soient V l’espace C0 ([0, 1]) muni du produit scalaire ci-dessus et W le sous-espace engendré
par les polynômes p1 (t) = 1, p2 (t) = 2t − 1 et p3 (t) = 12t2 . Utiliser le procédé de Gram-Schmidt pour
trouver une base orthogonale de W .
R 1 R 1
Réponse : (a) (1) < f, g >= 0 f (t)g(t) dt = 0 g(t)f (t) dt =< g, f >, pour tout f, g dans
R 1 R 1 R 1
C0 ([0, 1]). (2) < f1 + f2 , g >= 0 (f1 (t) + f2 (t))g(t) dt = 0 f1 (t)g(t) dt + 0 f2 (t)g(t) dt, pour tout
R 1 R 1
f1 , f2 et g dans C0 ([0, 1]). (3) < cf, g >= 0 (cf (t))g(t) dt = 0 f (t)(cg(t)) dt =< f, cg >= c <
f, g >, pour tout f, g dans Rn [t] et c dans R. (4) On note que les propriétés de l’intégrale définie d’une
R 1
fonction impliquent que < f, f >= 0 f 2 (t) dt ≥ 0 pour toute f ∈ C0 ([0, 1]) et < f, f >= 0 ⇒ f ≡ 0
sur l’intervalle [0, 1]. (b) 1, 2t − 1, 12t2 − 12t + 2 .
10. Trouver x et normaliser les colonnes pour faire de la matrice suivante une matrice orthogonale :
0 −1 x
1 0 0 .
0 2 1
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√ √
0 −1/ 5 2/ 5
Réponse : 1 0√ 0√ .
0 2/ 5 1/ 5
11. Trouver tous les λ et µ réels tels que la matrice A soit orthogonale :
2 λ µ
1
A = λ −1 2 .
3
µ 2 2
Réponse : On note d’abord que P := uuT est une matrice idempotente (c.à.d. P 2 = P ) car
(uuT )(uuT ) = u(uT u)uT = uuT . Alors QQT = (I − 2uuT )(I T − 2(uuT )T ) = (I − 2uuT )(I − 2uuT ) =
I − 2uuT − 2uuT + 4uuT uuT = I.
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CHAPITRE 7 : Les matrices symétriques et les matrices hermitiennes
0 a 0
1. Soit A = a 0 c, où un des a, c 6= 0. Montrer que le polynôme caractéristique s’écrit
0 c 0
√
p(λ) = −λ(λ − k)(λ + k), où k = a2 + c2 et trouver une matrice orthogonale P qui diagonalise A.
2. Montrer qu’une matrice réelle symétrique est inversible ssi ses valeurs propres sont non nulles.
Réponse : Soient λi , i = 1, . . . , n, les valeurs propres de A. Comme A est réelle et symétrique,
il existe une matrice orthogonale P telle que A = P DP −1 , où D = diag(λ1 , . . . , λn ). Donc det A =
λ1 · λ2 · . . . · λn , et A inversible si et seulement si aucune valeur propre n’est pas nulle.
a b
3. (a) Montrer que la matrice symétrique A = b c , a, b, c ∈ R, possède des valeurs propres
réelles.
(b) Déterminer les valeurs propres et vecteurs propres de cette matrice lorsque c = a et b > 0.
(c) Effectuer ensuite la diagonalisation.
du x
(d) Soit le système matriciel = Au, u = . Ecrire la solution générale lorsque
dt y
(i) b = 2, a = c = −3, (ii) b = 2, a = c = −1.
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Réponse : (a) Soit λ une valeur propre de A et u un vecteur propre associé : Au = λu. Alors
AT Au = AT (λu) ⇒ u = λAT u. Comme A est inversible, λ 6= 0 ( voir l’exercice 2). Donc λ1 u = AT u et
1
λ est une valeur propre de A . Mais A et A ont les mêmes valeurs propres (à cause de det(A − λI) =
T T
det(AT − λI)), donc λ1 est aussi une valeur propre de A. (b) On prend comme avant Au = λu. On
considère le produit scalaire dans Cn , sachant que A est réelle, on a donc
λ · λ ||u||2 =< Au, Au >= uT AT Au = uT u = ||u||2 ⇒ |λ|2 = 1 ⇒ |λ| = 1.
√
3
(c) λ1 = −1, uT1 = (−1, 1, −1, 1, −1, 1) ; λ2 = 1, uT2 = (1, 1, 1, 1, 1, 1) ; λ3 = − 12 + i 2 =: α,
√ √
uT3= (α, 1, α, α, 1, α) ; λ4 = α = − 21 − i 23 , u4 = (α, 1, α, α, 1, α) ; λ5 = 1
2 + i 23 =: β, uT5 =
√
1 3
(−β, β, 1, β, −β, −1) ; λ6 = β = 2 − i 2 , u6 = (−β, β, 1, β, −β, −1).
T
5. Dans chaque cas, déterminer si la matrice donnée est hermitienne c’est-à-dire A∗ = A (où
A := ĀT ).
∗
1 −i 2 3 1 i
(a) , (b) , (c) ,
i i −3 2 −i 2
1 −i 1 z z |z| z
(d) , (e) √ , z 6= 0, (f ) .
i −1 2|z| z̄ −z̄ z̄ −|z|
√ √ √
6 6 6
3 0 − 6 −i 6
Réponse : U = √ 0 √ 1 0 .
√
6
6 − i 66 0 3
6
8. Pour chaque matrice A suivante, déterminer une matrice unitaire U telle que U ∗ AU est diago-
nal :
1 1+i i 1+i
(a) A = , (b) A = .
1−i 2 −1 + i 2i
!
√1 − √i − √13 + √i
1 i
2 + 1
Réponse : (a) √6 2 2
1 i ; (b) 6
√2
6
√1
3 .
1 −2 + 2 6 3
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9. Soit A une matrice n × n inversible et diagonalisable.
(a) Soit λ une de ses valeurs propres, montrer que λ−1 est une valeur propre de A−1 .
(b) Soit S une matrice qui diagonalise A, trouver à partir de S une matrice T qui diagonalise A −1 .
(c) La matrice A suivante :
1−i 1+i
0 2 0 2
1+i 0 1−i
0
A= 2 2
1+i 1−i ,
0 0
2 2
1−i 1+i
2 0 2 0
est diagonalisable et possède deux valeurs propres doubles +1 et −1. Trouver son inverse.
Suggestion : ne pas calculer.
(d) Quelles sont parmi les propriétés suivantes celles qui sont satisfaites par A : symétrique, anti-
symétrique, hermitienne, antihermitienne, unitaire.
1
Réponse : (a) A inversible ⇒ λ 6= 0 et A−1 (Au) = A−1 (λu) ⇒ u = λA−1 u ⇒ A−1 u = λ u, pour
un vecteur u 6= 0. (b) A = (SDS ) = S
−1 −1 −1 −1
D −1
S⇒T =S −1
. (c) A = I, donc A
2 −1
= A.
(d) La matrice A est hermitienne et unitaire.
Réponse : (a) (iA)∗ = −iA∗ = iA ; (b) (A2 )∗ = (A∗ )2 = (−A)2 = A2 ; (c) (A2k+1 )∗ =
(A∗ )2k+1 = (−A)2k+1 = −A2k+1 , pour tout k ∈ N.
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