Lien entre sorptivité et capillarité du béton
Lien entre sorptivité et capillarité du béton
Résumé :
L'étude présentée dans cette communication a pour but d'étudier le lien entre la sorptivité et la
profondeur de pénétration de l'eau (appelée plus brièvement « capillarité ») pour différents types de
bétons. L'étude a porté sur la mesure concomitante de la sorptivité et de l'avancement du front
capillaire sur différents bétons : un béton à hautes performances, deux bétons poreux et deux bétons
ordinaires. L’étude a été menée sur des bétons sains préalablement séchés ainsi que sur des bétons
endommagés ayant subi des cycles gel-dégel. Les autres propriétés qui ont été mesurées (vitesses
soniques, modules dynamiques, porosités accessibles à l'eau, résistances à la compression) permettent
en outre d'établir des corrélations globales entre la sorptivité, la capillarité et l'ensemble des
propriétés physico-mécaniques. Cette communication entrevoit également l'impact du degré de
saturation en eau du béton, ainsi que la présence d’endommagement localisé, sur le lien entre la
sorptivité et la capillarité.
Abstract :
The aim of the study presented in this paper is to understand the relationship between sorptivity and
the depth of penetration of water (called more briefly "capillarity") for different types of concrete. The
study focused on the concomitant measurement of the sorptivity and the advancement of the capillary
front on different concretes: one high performance concrete, two porous concretes and two ordinary
concretes. The study was performed on previously dried sound concretes as well as on damaged
concretes subjected to freeze-thaw cycles. Some other properties that have been measured (ultrasonic
pulse velocities, dynamic modulus, water-accessible porosities, compressive strengths) also make it
possible to establish overall correlations between sorptivity, capillarity and all physico-mechanical
properties. This paper also shows the impact of the degree of water saturation of concrete, as well as
the presence of localized damage, on the link between sorptivity and capillarity.
1 Contexte général
Certains ouvrages en béton peuvent être au contact de l'eau, que ce soit de manière permanente ou
provisoire (ouvrages immergés ou en zone de marnage, réservoirs, rétentions, caniveaux...). La
question de la connaissance de la profondeur de pénétration de l'eau à l'intérieur du béton, et son
évolution avec le temps, peut se poser dans certaines conditions. On peut citer par exemple le cas
d'ouvrages ayant des fonctionnalités particulières d'étanchéité ou encore l'appréhension des aspects en
lien avec la durabilité dans le cas où l'eau a une nocivité potentielle (présence de chlorures,...).
Lorsque les ouvrages en béton sont soumis à une charge hydraulique, certaines expressions permettent
d'évaluer relativement facilement les profondeurs de pénétration de l'eau. L'expression de Valenta [1]
est l'une des plus connues et des plus utilisées. Elle nécessite la considération de certaines propriétés
du béton comme la perméabilité et la porosité. En revanche, lorsque la charge hydraulique est
négligeable, les phénomènes de capillarité peuvent alors devenir prépondérants. Si les phénomènes
d'absorption capillaire sont largement étudiés dans les matériaux cimentaires, les études témoignent
généralement de la capacité du béton à absorber l'eau à travers la définition de la sorptivité, qui traduit
l'échange à l'interface eau-béton sans rendre compte de la profondeur de pénétration de l'eau [2, 3].
L’absorption capillaire suit une loi en fonction de la racine du temps :
Où i(t) est la quantité d’eau absorbée par unité de surface (mm), S est la sorptivité (mm.h-0,5) et i0 est le
taux d’absorption (mm) à T0.
La cinétique d’avancement du front de pénétration de l’eau par capillarité suit également une loi en
racine du temps [4, 5] qui peut s‘écrire de la manière suivante :
Où h(t) est la hauteur du front d’eau (mm), k est le coefficient de capillarité (mm.h-0,5) et h0 est le taux
d’ascension du front d’eau (mm) à T0.
Ainsi, le lien entre sorptivité et capillarité est généralement défini par le coefficient C [5, 6] :
Différentes valeurs de C peuvent être trouvées dans la littérature. Rabehi [5] trouve par exemple une
valeur constante, de l’ordre de 10, pour des bétons avec différents E/C et différents modes de
maturation. Hanzic et Ilic [6] trouvent quant à eux des valeurs comprises entre 5 et 7 pour différents
mortiers. De même, certains auteurs [7] évoquent le fait que, globalement, l’eau qui pénètre dans le
béton remplit l’ensemble de la porosité accessible et qu’à ce titre la profondeur de pénétration est
directement liée à la quantité d’eau absorbée via la porosité ϕ (ce qui revient à considérer 1/C = ϕ).
Cette considération peut cependant apparaitre comme simplificatrice dans la mesure où il a été montré
que les fronts d’eau peuvent révéler des gradients hydriques plus ou moins importants [8, 9]. Dans ce
cas, pour une profondeur du front d’eau donnée, le degré de saturation en eau serait alors inférieur à
100% ; ce qui induirait alors 1/C < ϕ.
24ème Congrès Français de Mécanique Brest, 26 au 30 Août 2019
Dans ce contexte, l’étude en laboratoire qui est présentée a été menée dans le but d’évaluer le lien
entre sorptivité et capillarité pour différents types de béton et différents états (sain, endommagé,…),
pour in fine accumuler des données expérimentales sur ce type de problématique et identifier des
corrélations.
Les valeurs de résistance à la compression et de porosité accessible à l’eau mesurées à l’état durci sont
recensées dans le Tableau 2. La résistance à la compression est mesurée selon la norme NF EN 12390-
3 [10] sur des cylindres 11 x 22 cm et la porosité à l’eau selon la norme NF P 18-459 [11]. On note
que les formules retenues permettent d’investiguer une plage relativement large en termes de
propriétés : les porosités sont comprises entre 8 et 20 % et les résistances à la compression entre 26 et
95 MPa.
Les corps d’épreuve n’ayant pas leur surface latérale enrubannée, des essais préalables ont été menés
pour vérifier que les résultats n’étaient pas perturbés par l’absence d’enrubannage ; le temps d’essai
relativement court (24 h) et l’hygrométrie ambiante (50 % HR) devant jouer un rôle non négligeable
dans ce constat. Pour améliorer le relevé visuel de l’avancement du front d’eau, de l’eau contenant de
la fluorescéine aux propriétés de phosphorescence sous UV a été employée. L’ascension du front
d’eau a ainsi été suivie à partir de la surface latérale pendant 24 h de manière périodique (aux mêmes
échéances que celles concernant le suivi de la masse), permettant ainsi d’évaluer le coefficient de
capillarité k.
A l’issue de l’essai à 24 h, les corps d’épreuve sont fendus et la hauteur maximale du front d’eau dans
la masse est alors évaluée pour comparaison avec la valeur relevée en surface (cf. photographies ci-
dessous). Des mesures de front d’eau après fendage avec et sans fluorescéine ont également permis de
vérifier que les mesures n’étaient pas impactées par la présence de fluorescéine.
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o Etude sur l’ensemble des bétons à l’état sec (séchage à 105°C jusqu’à masse
constante).
o Etude prospective sur des bétons séchés partiellement.
o Etude sur l’ensemble des bétons ayant subi des cycles gel-dégel. Les bétons ont été
exposés jusqu’à 100 cycles de gel-dégel. Les corps d’épreuve ont fait l’objet d’un
séchage à 105°C jusqu’à masse constante à l’issue des cycles gel-dégel pour la
réalisation des essais d’absorption capillaire.
o Etude prospective sur des bétons fracturés (endommagement localisé) à l’état sec.
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La Figure 3 illustre un exemple de suivi de l’absorption et de l’ascension du front issu d’un essai mené
sur le béton BO1, ainsi que les régressions linéaires permettant d’évaluer la sorptivité et le coefficient
de capillarité.
Ces résultats mettent en avant des valeurs relativement différentes pour l’ensemble des paramètres
évalués en fonction du type de béton étudié.
La sorptivité est très faible pour le BTHP (0,23 mm.h-0,5), elle est comprise entre 0,8 et 1,0 mm.h-0,5
pour les bétons ordinaires, et elle est de l’ordre de 1,3 mm.h-0,5 pour les bétons poreux. Cette tendance
est illustrée dans la Figure 4 qui traduit l’évolution croissante de la sorptivité avec la porosité des
bétons étudiés. On remarque que le coefficient C suit une tendance inverse, il décroit lorsque la
porosité augmente. On peut trouver une certaine cohérence avec les valeurs issues de la littérature (C
de l’ordre de 10 pour des bétons ordinaires et de l’ordre de 5-6 pour des bétons poreux) [5, 6].
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Le comportement spécifique des bétons ordinaires BO1 et BO2 se répercute sur les coefficients de
capillarité k systématiquement supérieurs aux autres bétons, y compris les bétons poreux. Ce constat
témoigne de hauteurs d’ascension des fronts d’eau supérieures aux autres bétons, comme l’illustre la
Figure 5 (hauteurs relevées à 24 h avant et après fendage). On remarque que l’évolution des hauteurs
de front d’eau en fonction de la porosité des bétons met en évidence un effet cloche. On note par
ailleurs que les hauteurs maximales des fronts d’eau dans la masse (après fendage) ont tendance à être
légèrement supérieures à celles mesurées en surface (avant fendage), traduisant un léger bombement
du front d’eau, en particulier pour les bétons ordinaires.
A partir de ces résultats, il est possible d’estimer le degré de saturation en eau sur l’ensemble de la
hauteur du front d’eau à 24 h. L’estimation est réalisée en considérant la quantité d’eau absorbée à 24
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h, la hauteur moyenne du front d’eau relevée (moyenne entre les hauteurs mesurées avant et après
fendage à 24 h) et la porosité accessible à l’eau :
Les valeurs obtenues sont données dans le tableau ci-après. On constate que les degrés de saturation en
eau estimés pour les bétons BO1 et BO2, de l’ordre de 70 %, sont significativement inférieurs à ceux
obtenues pour les autres bétons. Ces résultats permettent d’expliquer la raison pour laquelle les bétons
BO1 et BO2 ont les coefficients de capillarité les plus élevés, et ce même s’ils n’ont pas les sorptivités
les plus élevées.
L’ensemble de ces résultats met en avant l’importance de la microstructure des bétons, et en particulier
de la structure porale (morphologie, connectivité,…). En effet, les bétons poreux et le BTHP
représentent en quelque sorte des cas extrêmes devant respectivement avoir une porosité capillaire
importante et grossière due à de forts excès d’eau et à l’inverse une porosité très faible et très fine
(voire une porosité capillaire quasi-inexistante). Les bétons ordinaires, quant à eux, doivent bénéficier
d’une morphologie de la structure poreuse plus graduée qui favorise les écoulements induits par
capillarité.
Les degrés de saturation partiels ont été obtenus en séchant à 105 °C les corps d’épreuve et en stoppant
le séchage avant la stabilisation de la masse. Pour le retour à l’équilibre thermique, le corps d’épreuve
a ensuite été ensaché et maintenu pendant 24 h dans un local régulé à 20 +/- 1 °C. La Figure 6 présente
les quantités d’eau absorbée ainsi que l’avancement du front d’eau en fonction de la racine du temps.
Le comportement du béton ayant un degré de saturation initial de 17 % apparait globalement assez
proche de celui du béton complètement sec.
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Le Tableau 5 ci-dessous retranscrit les valeurs obtenues pour les coefficients de sorptivité et de
capillarité. On constate une très légère diminution des coefficients de sorptivité et de capillarité pour le
béton ayant un degré de saturation initial de 17 %. Le coefficient C reste du même ordre de grandeur
que celui obtenu sur béton complètement sec.
Le Tableau 6 ci-après fournit les valeurs théoriques de porosité accessible à l’eau en fonction du degré
de saturation préexistant et celles obtenues pour le ratio 1/C. On peut alors remarquer que l’écart entre
ces valeurs a tendance à se réduire dès lors que le béton contient initialement une certaine quantité
d’eau. L’essai à un degré de saturation de l’ordre de 90 % suit également cette tendance (ratio 1/C de
0,012 obtenu).
Ce constat peut être consolidé à partir de l’estimation du degré de saturation à 24 h en se basant sur la
hauteur moyenne du front relevée ainsi que la quantité d’eau absorbée à 24 h (Tableau 7). On note
d’abord que l’effet « bombement » disparait lorsque le béton n’est pas complètement sec. Ensuite,
considérant la porosité théoriquement accessible à l’eau, le degré de saturation estimé à 24 h apparait
plus élevé pour le béton ayant un degré de saturation initial de 17 %. L’ensemble de ces résultats a
tendance à montrer que le comportement des bétons ordinaires, favorisant spécifiquement l’ascension
capillaire, semble particulièrement exacerbé lorsque les bétons sont complètements secs. Le fait que
cette spécificité s’atténue lorsque de l’eau est préexistante au sein du béton pourrait alors se
comprendre par le fait que les dimensions des pores contenant de l’eau augmentent à mesure que le
degré de saturation augmente. Cela traduit alors une incapacité progressive du réseau poreux à
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favoriser l’ascension capillaire au fur et à mesure que le degré de saturation augmente. Ces
conclusions mériteraient bien entendu d’être confortées à partir d’études plus approfondies
comprenant différents types de béton et des investigations sur toute la plage du degré de saturation.
La Figure 7 illustre l’évolution des propriétés dynamiques des cinq bétons testés en fonction du
nombre de cycles gel-dégel. On remarque que le béton BP1 est celui qui voit ses propriétés chuter le
plus fortement ; son module chute brutalement et la vitesse sonique atteint une valeur relativement
basse (de l’ordre de 3000 m/s).
La mesure de la fréquence de résonance au Grindosonic n’est plus réalisable dès 50 cycles pour le
béton BP1, ce qui empêche l’évaluation précise du module dynamique. Bouteille [14] a observé que
les mesures de fréquence de résonance devenaient non réalisables sur des corps d’épreuve ayant subi
des cycles gel-dégel dès lors que le module dynamique chutait de plus de 30 %. Ce comportement est
révélateur d’un endommagement important, probablement encore plus important localement en
périphérie des corps d’épreuve.
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Les autres bétons ne mettent pas en évidence d’endommagement majeur. On peut cependant
remarquer que les propriétés du béton BO2 diminuent de manière graduelle, pour égaler les propriétés
du béton BP2 après 100 cycles, ce qui peut témoigner d’un endommagement progressif (probablement
lié à la porosité particulièrement importante des granulats composant ce béton).
Les essais d’absorption capillaire ont été menés après 50 et 100 cycles gel-dégel sur des corps
d’épreuve préalablement séchés à 105°C jusqu’à masse constante. La Figure 8 ci-dessous montre
l’évolution de la sorptivité et du coefficient de capillarité en fonction du nombre de cycles gel-dégel.
Ces résultats confirment l’endommagement important du béton BP1 ainsi que celui du béton BO2, en
particulier après 100 cycles. Pour ces deux bétons, on observe en effet une nette augmentation de leur
sorptivité et de leur coefficient de capillarité. Ces paramètres restent stables ou évoluent peu pour les
autres bétons. On peut par ailleurs noter que l’ensemble des valeurs de sorptivité mesurées sur bétons
initialement secs trouve une corrélation globalement satisfaisante avec les valeurs de vitesse sonique
mesurées sur les éprouvettes témoins 11 x 22 cm maintenues à l’état saturé (Figure 9).
Il est intéressant de constater que lorsque la diminution de vitesse sonique reste inférieure à 5% (soit
V/V0 > 95%), la sorptivité reste stable. Lorsque la diminution de vitesse sonique est plus importante
(V/V0 < 95 %), la variation de la sorptivité (notée S/S0) devient alors non négligeable. La figure ci-
après (Figure 10) illustre ces observations, qui se conçoivent bien entendu selon les conditions
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Figure 11 : Evolution du ratio 1/C (à gauche) et de la porosité accessible à l’eau (à droite) en fonction
des cycles gel-dégel.
Enfin, l’ensemble des taux d’absorption à T0 (i0) on été déduits expérimentalement. Ils sont fournis
dans la Figure 12. On observe que le paramètre i0 augmente de manière significative pour les bétons
BP1 et BO2 avec les cycles gel-dégel. Une augmentation de moindre ampleur est aussi observée pour
les bétons BO1 et BP2. Ce paramètre caractérisant l’état de la peau du béton, il permet de mettre en
évidence l’endommagement en surface du béton. En effet, l’endommagement induit par les cycles gel-
dégel n’est pas complètement homogène même s’il est diffus (endommagement plus important en
peau). On remarque alors que seul le BTHP reste complètement insensible aux cycles gel-dégel
(invariabilité des paramètres i0, k et S).
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Un essai d’absorption a ensuite été mené sur une éprouvette 11 x 22 cm en BO1, séchée à 105°C
jusqu’à masse constante, et fracturée selon la même méthodologie. Le graphique ci-dessous (Figure
14) affiche l’ascension de l’eau relevée au niveau des fissures en fonction du temps, en comparaison
avec la hauteur du front d’eau relevée sur béton sain (voir aussi les photographies en Figure 15 qui
illustrent l’ascension de l’eau au sein des fissures pendant l’essai et après fendage de l’éprouvette).
Le coefficient de capillarité déduit pour le béton fracturé est de l’ordre de 13,30 mm.h -0,5. Cette valeur
est sensiblement plus élevée que celle obtenue à l’état sain (1,5 fois supérieure). Cependant, la
différence la plus notable se situe au niveau de la hauteur d’ascension initiale h0 qui passe de 2 mm
pour le béton sain à une valeur supérieure à 100 mm pour le béton fracturé (soit 50 fois plus élevée).
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Une sorptivité de 2,21 mm.h-0,5 est mesurée pour le béton fracturé, soit une valeur environ 3 fois plus
grande que pour le béton sain. Les quelques essais menés sur bétons fracturés permettent d’attirer
l’attention quant à l’importance de la présence d’endommagement localisé sur les profondeurs d’eau
atteintes ; et en particulier la faculté à engendrer des écoulements conséquents quasi-instantanés.
Figure 15 : Photographies de l’ascension de l’eau au sein du béton BO1 fracturé, avant et après
fendage.
5 Conclusions
L’étude expérimentale qui a été menée sur des bétons de qualités variées permet de contribuer à une
meilleure compréhension du lien entre sorptivité et capillarité. Il a été observé que la sorptivité
mesurée sur bétons secs augmente avec leur porosité alors que le coefficient de capillarité révèle un
effet cloche. Ce phénomène est probablement lié au fait que les bétons ordinaires, de par leur structure
porale (morphologie, connectivité), favorisent particulièrement les écoulements par capillarité. Il a
cependant été constaté sur un béton ordinaire que les écoulements par capillarité étaient moins
exacerbés lorsque le béton n’est pas complètement sec, ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les
dimensions des pores contenant de l’eau augmentent à mesure que le degré de saturation augmente.
Des essais ont également été menés sur des bétons endommagés. On a pu constater que dans le cas
d’un endommagement globalement diffus, les liens entre sorptivité et capillarité ne sont pas forcément
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Remerciements
Des remerciements sont adressés à l’ensemble des membres du laboratoire béton du département
TEGG d’EDF ainsi qu’à Bastien PIOCH (stagiaire Polytech Montpellier) qui ont permis de mener à
bien cette étude.
Références
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