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Secourisme en milieu de travail et responsabilité des différents acteurs.
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S. ARTIGNAN
(1) assistant en médecine du travail, Ecole d’application du service de santé
des armées, BP n°1, 00466 - Armées
INTRODUCTION
La responsabilité consiste à répondre de ses actes devant un tiers.
Que ce soit dans les grandes entreprises où les secours sont pris en charge par
les sauveteurs secouristes du travail, les infirmiers et les médecins du travail, ou
dans les petites entreprises où les secours sont effectués par des services
d’urgence extérieurs, chacun engage sa responsabilité au cours des soins
administrés.
Celle-ci relève des actes pratiqués, mais également de la rédaction des
protocoles pour le médecin et du respect de ces protocoles par les infirmiers et
sauveteurs.
Nous allons donc rappeler les différents types de responsabilités engagées, puis
détailler celles qui sont spécifiques à chaque acteur du secourisme.
NB : instruction ministérielle IM 3018 pour les ressortissants de la Défense.
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CODES ET RESPONSABILITÉS
Codes concernés
I. Code du travail
D’une façon générale c’est la loi n° 91-1414 du 31 décembre 1991 qui régit les
principes généraux de prévention. Elle est codifiée dans les articles L 230 à 233
du code du travail.
Les articles concernés sont :
sécurité
l’article L 230-2 : « le chef d’établissement prend les mesures nécessaires pour
assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de l’établissement, y
compris les travailleurs temporaires » ;
l’article L 230-3 : « conformément aux instructions qui lui sont données par
l’employeur, dans les conditions prévues au règlement intérieur, il incombe à
chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses
possibilités, de sa sécurité et de sa santé, ainsi que de celles des autres
personnes concernées du fait de ses actes ou de ses omissions au travail » ;
l’article L 230-4 : « les dispositions de l’article L 230-3 n’affectent pas le principe
de la responsabilité des employeurs ou chefs d’établissement » ;
l’article R 232-1-6 : « les lieux de travail sont équipés d’un matériel de premier
secours adapté à la nature des risques et facilement accessible. Ce matériel doit
faire l’objet d’une signalisation par panneaux conformes aux dispositions prévues
par l’article R 232-1-13» ;
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secourisme
L’article R 241-39 : « dans chaque atelier où sont effectués des travaux
dangereux, dans chaque chantier occupant vingt personnes au moins pendant
plus de quinze jours où sont effectués des travaux dangereux, un membre du
personnel doit avoir reçu obligatoirement l’instruction nécessaire pour donner les
premiers secours en cas d’urgence. Les salariés ainsi formés ne peuvent être
considérés comme tenant lieu des infirmiers ou infirmières prévus à l’article R
241-35 ».
l’article R 241-40 : « sans préjudice des dispositions prévues par l’article
R 232-1-6, en l’absence d’infirmières ou d’infirmiers, ou lorsque leur nombre,
calculé conformément aux dispositions de l'article R 241-35, ne permet pas
d’assurer une présence permanente de ce personnel, l’employeur prend après
avis du médecin du travail, les dispositions nécessaires pour assurer les
premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces dispositions qui sont
prises en liaison notamment avec les services de secours d’urgence extérieurs à
l’entreprise sont adaptées à la nature des risques. Ces dispositions sont
consignées dans un document tenu à la disposition de l’inspecteur du travail » ;
infraction
l’article R 264-1 : « les infractions aux dispositions des articles L 241-1 à
L 241-11 (obligation de former des secouristes dans les ateliers où sont
effectués des travaux dangereux, obligation d’organiser un service de garde de
nuit dans les établissement travaillant de jour et de nuit) sont passibles d’une
contravention de cinquième catégorie et d’un emprisonnement de dix à trente
jours».
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II. Code pénal
Les articles du code pénal concernant la responsabilité des différents acteurs du
secourisme en milieu de travail sont :
l’article 121-1 : « nul n’est responsable pénalement que de son propre fait » ;
l’article 221-6 : l’homicide involontaire ;
l’article 222-19 : « causer à autrui par maladresse, imprudence, inattention,
négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence
imposée par la loi ou les règlements, une incapacité totale (ITT) de plus de
trois mois » (fractures dentaires post-intubation, compression nerveuse après
réduction d’une luxation d’épaule) ;
l’article 222-20 : même définition que précédemment avec une ITT inférieure à
trois mois ;
l’article 223-1 : « le fait d’exposer directement autrui à un risque immédiat de
mort ou de blessure de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité
permanente par la violation manifestement délibérée d’une obligation de
sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement » (utilisation de
matériel non stérile, non-respect des contre-indications d’un médicament) ;
l’article 121-1 : la responsabilité pénale des personnes morales, à l’exclusion
de l’Etat, pour des infractions commises pour leur compte, par leurs organes ou
représentants (en cas d’accident du travail, si la responsabilité d’une personne
physique n’a pu être retenue, cet article permettrait de soulever la responsabilité
de l’entreprise en cas de manquements graves et répétés aux règles d’hygiène
et de sécurité) ;
l’article 223-6 : l’omission de porter secours (même en cas de carence du
système de communication). Le médecin qui n ‘a pu être joint sur son téléphone
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portable (non branché, hors zone de réception, …) est considéré comme
responsable au titre de l’omission de porter secours.
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III.Code civil
Dans le code civil, on peut relever les articles suivants :
l’article 1382 : « tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage,
oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer» ;
l’article 1383 : « chacun est responsable non seulement du dommage qu’il a
causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son
imprudence » ;
l’article 1384 alinéa 5 : « on est responsable non seulement du dommage que
l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait de
personnes dont on doit répondre ».
IV. Code de déontologie
Dans le code de déontologie il existe un article commun à tous les médecins et
cinq articles spécifiques à la médecine du travail qui sont :
l’article 9 : « tout médecin qui se trouve en présence d’un malade ou d’un blessé
en péril, ou informé qu’un malade ou un blessé est en péril, doit lui porter
assistance ou s’assurer qu’il reçoit les soins nécessaires » ;
les articles 95 à 99 qui concernent le médecin salarié et notamment l’interdiction
de délivrance de soins curatifs dans les services de médecine préventive, sauf
en cas d’urgence.
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Responsabilités mises en cause
I.Responsabilité pénale (code pénal et code du travail)
La responsabilité en matière pénale est engagée en cas de non-respect des
différents articles concernés, dans le code du travail et le code pénal.
Les articles du code du travail édictant des sanctions pénales débutent souvent
par la formule «toute infraction ... », sans comporter d’imputation spécifique. Les
dispositions répressives les plus récentes sont rédigées de façon plus
rigoureuse. La plupart des infractions à la réglementation du travail sont des
infractions d’omission : la simple abstention est punissable, dès lors que le texte
applicable impose une obligation de faire (cf article R 264-1).
Les peines encourues associent amende et/ou emprisonnement :
pour l’omission de porter secours l’amende s’élève à 500 000 F et
l’emprisonnement à 5 ans,
pour l’homicide involontaire à 300 000 F et trois ans,
pour les infractions au titre de l’article R 264-1, l’amende varie de trois à six mille
francs 5ème catégorie et l’emprisonnement de dix à trente jours.
La prescription du délit est de 3 ans (on rappelle que celle de la contravention
est de un an et celle du crime de dix ans).
Il n’est pas possible de prendre une assurance personnelle pour la
responsabilité pénale.
S’agissant d’une infraction au code du travail, c’est l’inspecteur du travail qui la
constate puis en informe le ministère public en vue de poursuites devant le
tribunal de police ou le tribunal correctionnel.
S’agissant d’une infraction au code pénal, c’est le procureur de la république
qui met en œuvre le tribunal correctionnel.
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II. Responsabilité civile
La responsabilité civile consiste pour l’auteur d’un dommage à devoir en réparer
les conséquences.
En entreprise, il s ‘agit de la responsabilité délictuelle ou quasi-délictuelle
énoncée dans les articles 1382, 1383, et 1384.
La sanction est purement pécuniaire sous la forme de dommages et intérêts.
Une assurance en responsabilité civile est possible.
La prescription est de 10 ans.
La juridiction compétente est le tribunal de grande instance.
III.Responsabilité administrative
La responsabilité de l’administration est engagée du fait de l’action des agents
publics, elle consiste à réparer le dommage causé par un de ses agents
considéré en service.
Les dommages et intérêts sont payés par l’administration : il n’y a donc pas
lieu de recourir à l’assurance personnelle pour les actes pratiqués dans
l’exercice de sa fonction.
La prescription est de 4 ans.
La juridiction compétente est le tribunal administratif.
A noter qu’une faute est dite « détachable du service » lorsque celle-ci est
inexcusable ou traduit une intention malveillante (omission de porter secours,
abandon d’un blessé dans un local en feu, rixe…).
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IV. Responsabilité ordinale (pour les médecins uniquement)
Elle résulte habituellement du non-respect des devoirs du médecin envers son
patient.
Les sanctions disciplinaires sont l’avertissement, le blâme, l’interdiction
d’exercer temporaire ou définitive, totale ou partielle, voire la radiation.
Il n’existe pas de prescription.
La juridiction compétente est le conseil de l’ordre régional.
ACTEURS ET RESPONSABILITÉS
Médecin
Le médecin du travail exerce une médecine préventive.
Au plan pénal, il ne peut dispenser de soins ou prescrire de médicaments que
dans le cadre de ses obligations concernant l’assistance à personne en péril.
Il ne peut être reconnu pénalement responsable d’une faute commise par l’un de
ses infirmiers car, « nul ne peut être reconnu pénalement responsable que de
son fait personnel ».
Sa responsabilité civile est engagée en cas de faute technique d’un infirmier
placé sous son autorité (art. 1384 du code civil), de même s’il demande au
personnel paramédical d’effectuer des actes qui lui sont normalement confiés.
A noter qu’en cas d’accident du travail le médecin est considéré comme
«irresponsable », sauf en cas de faute inexcusable. En effet, il n’existe pas
encore de responsabilité civile dans les rapports entre la victime et l’employeur
et ses préposés (art. L 451-1 du code de la sécurité sociale) sauf si la faute est
inexcusable (art. L 454-1) ou résulte d’un tiers (art. L 451-1). La réparation ne
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concerne alors que le préjudice patrimonial, à l’exclusion des préjudices
douloureux, esthétique et d’agrément.
Mais la jurisprudence est en train de changer et le médecin est de plus en plus
considéré comme un tiers, qui peut donc être responsable, et non plus comme
un préposé, car il n’y a pas de subordination à l’employeur pour les actes
techniques.
NB : la faute inexcusable est une faute de gravité exceptionnelle de l’acte ou de
l’omission. Elle est caractérisée par l’absence de cause justificative de cet acte,
le défaut d’élément intentionnel et la conscience du danger que devait avoir
l’auteur de la faute.
Concernant les trousses de secours, le médecin engage sa responsabilité quant
au choix des médicaments et produits qu’il mettra à la disposition des salariés,
notamment en raison des effets secondaires ou iatrogènes qu’ils pourraient
induire. Il est donc préférable de choisir des médicaments délivrés sans
ordonnance et d’indiquer les limites d’utilisation de la trousse.
Actuellement le poste de secours n'est plus exigé pour les chantiers occupant
vingt personnes pendant plus de quinze jours. La trousse de secours contenant
le matériel nécessaire aux premiers soins et des consignes précises répond à un
plus grand souci d'efficacité.
Le médecin veillera particulièrement à établir un protocole écrit, visé par
l’employeur et présenté au comité d’hygiène et sécurité et des conditions de
travail (CHSCT) relatif aux conduites à tenir en cas d’urgence. Seuls les produits
mentionnés clairement dans le protocole devront être utilisés. Ce protocole
d’organisation des secours permet de mieux préciser l’utilisation de la trousse de
secours et d’en établir les limites d’utilisation.
Le médecin veillera à noter sur le protocole le nom de la ou des personnes
habilitées à utiliser la trousse de secours, en vue d’une intervention
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d’urgence. Enfin, il assurera ou fera assurer la mise à jour régulière de ces
trousses.
L'ensemble du matériel nécessaire pour donner les premiers soins aux
accidentés et malades ainsi que les consignes à observer en l'absence de
service infirmier, doivent être regroupés dans un endroit précis, bien signalé,
aisément accessible aux secouristes.
A proximité doit être installé un dispositif d'appel destiné à prévenir l'infirmière
ou à défaut une structure de soins d'urgence extérieure à l'établissement, type
SOS médecins – SAMU.
Le protocole est tenu à la disposition de l'inspecteur du travail.
L’armoire à pharmacie est obligatoire quel que soit le nombre de salariés et
quelle que soit l’activité de l’entreprise. Son approvisionnement s’effectue auprès
des pharmacies d’officine sur présentation obligatoire d’une commande à usage
professionnel. Le contenu de la pharmacie doit être inventorié par le médecin qui
assume la responsabilité de tous les actes pratiqués, même en son absence, à
l’exclusion de ceux pratiqués par l’infirmier sur prescription d’un autre médecin. Il
dégage également sa responsabilité en cas de remise par l’infirmier, à un salarié,
d’un médicament autre que ceux prévus dans l’armoire à pharmacie.
A noter la notion actuelle de « perte de chance » devant la juridiction civile : si le
médecin commet une faute et qu’il existe un dommage chez la victime, celui-ci
est responsable au plan civil en l’absence même d’une relation de cause à effet
certaine (retard à la mise en route du traitement et décès, alors que le traitement
n’est efficace que dans 50 % des cas).
Personnel infirmier
L’exercice infirmier en entreprise est régi par le décret 93-221 du 16 février
1993, relatif aux devoirs généraux des infirmiers, et par le décret 93-345 du
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15 mars 1993, relatifs aux actes professionnels et à l’exercice de la
profession d’infirmier.
Dans le décret du 16 février 1993 on relève les responsabilités suivantes : le
secret médical, l’assistance à personne en péril, la responsabilité des actes
professionnels habilités et le respect des protocoles. Les mêmes règles sont
applicables aux infirmiers salariés.
Le décret du 15 mars 1993 précise qu’ "en l'absence du médecin, l'infirmier est
habilité, après avoir reconnu une situation d'urgence, à mettre en œuvre des
protocoles de soins d'urgence préalablement écrits, datés et signés par le
médecin responsable. Lorsque la situation d'urgence s'impose à lui, l'infirmier
décide des gestes à pratiquer en attendant que puisse intervenir un médecin. Il
prend toutes mesures en son pouvoir afin de diriger le patient vers la structure
de soins la plus appropriée à son état".
Ainsi, dans les cas d’urgence, l’infirmier décide des gestes à pratiquer en
attendant que puisse intervenir un médecin.
Dans les autres cas, il doit se conformer aux prescriptions écrites, datées et
signées.
Il rédige un compte-rendu daté et signé à l'attention du médecin lorsque des
soins d'urgence ou un protocole ont été mis en œuvre.
L’infirmier est pénalement responsable des fautes qu’il a commises (art. 221-6,
222-19, 223-1, 223-6 du code pénal).
L’infirmier du travail est, avec l’accord du médecin du travail, engagé et rémunéré
par l’employeur, il en est donc le préposé. L’employeur est civilement
responsable des fautes professionnelles dommageables de ses préposés.
Cependant, en cas de faute grave d’un infirmier ou si le médecin du travail laisse
effectuer par ses auxiliaires des tâches qui lui incombent, la responsabilité civile
pourrait être partagée entre l’infirmier, l’employeur (commettant) et le médecin
du travail (prescripteur).
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Sauveteur secouriste du travail (SST)
Le SST participe à l’activité de l’entreprise. Il ne peut porter le secours prévu aux
articles R 241-39 et R 241-40 du code du travail qu’à la condition expresse
d’avoir été désigné par l’employeur (à défaut, la victime pourrait assigner le
sauveteur, conjointement ou non avec l’employeur).
En tout état de cause, il doit se conformer aux gestes et interventions acquis lors
de sa formation.
La responsabilité pénale du SST n’est engagée que s’il a commis une faute.
L’employeur reste civilement responsable même si les actes dommageables du
SST sont pénalement répréhensibles.
Le SST est responsable des fautes qu’il pourrait commettre en dehors de
l’entreprise. En effet, le champ d’application du « certificat de SST » est
strictement limité à l’entreprise. La personne titulaire n’a aucune obligation à
intervenir en dehors de celle-ci, sauf à méconnaître une obligation d’assistance à
personne en danger applicable à tout citoyen.
La responsabilité de l’organisme de formation ne peut être recherchée en
dehors des fautes que celui-ci aurait pu commettre dans le cadre strict de la
formation.
En aucun cas les SST ne peuvent se substituer à des professionnels de santé
médicalement formés et soumis à des règles déontologiques particulières.
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Employeur
La chambre criminelle a depuis près d’un siècle, et au départ dans le domaine
de l’hygiène et de la sécurité, posé en droit du travail le principe de la
responsabilité pénale du chef d’entreprise ou de la personne à laquelle il a
délégué, pour l’activité ayant donné lieu à l’infraction, ses pouvoirs de direction
(Crim. 28 juin 1902).
Les infractions au code pénal (art. 223-1) ne sont pas cumulables avec celles du
code du travail (art. 263-2).
Si « nul n’est responsable pénalement que de son propre fait », en matière
d’accident du travail, le chef d’entreprise est systématiquement inculpé et il lui
appartient, pour dégager sa responsabilité pénale, d’établir la délégation de
pouvoirs qu’il a faite au véritable responsable.
L’employeur est responsable des ses préposés (art. 1384 du code civil) :
infirmiers et SST désignés. Sa responsabilité civile est engagée même si les
actes de ses préposés sont pénalement dommageables.
Cette responsabilité peut être partagée avec celle de l’infirmier et du médecin
mis en cause.
Salarié
Tout salarié est considéré comme citoyen soumis au code pénal (omission de
porter secours).
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Au vu des articles L 230-3 et 230-4 du code du travail, il apparaît que le
législateur n’a pas voulu donner lieu à une condamnation pénale du salarié
quant à l’hygiène et la sécurité du travail. Cette responsabilité se situe donc
uniquement sur le plan disciplinaire. Les sanctions sont prises par l’employeur en
cas d'accident avec non-respect des consignes de sécurité.
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CONCLUSIONS
Au plan pénal c’est essentiellement l’omission de porter secours et la blessure
involontaire qui engagent la responsabilité de chacun. Mis à part l’employeur,
nul ne peut être responsable pénalement que de son propre fait.
Au plan civil, l’employeur est responsable de ses préposés, même s’ils sont
condamnés au pénal.
Le statut du médecin varie selon qu’il s’agisse d’un accident du travail
(irresponsable) ou non.
L’infirmier n’est poursuivi au plan civil que s’il agit en dehors de prescriptions du
médecin de l’entreprise.
Le sauveteur secouriste n’engage sa responsabilité que pour des gestes de
secourisme pratiqués en dehors de l’entreprise.
Au plan administratif, la responsabilité dépend du statut de l’intéressé au moment
des faits : en service ou détaché du service.
La vigilance et donc de rigueur en matière de secourisme et chacun doit veiller à
être assuré au plan civil.
RÉFÉRENCES
Note du ministère du travail et des affaires sociales MCM/TD n° 21 du 20 janvier
1997 relative à l’organisation des soins d’urgence, à la délivrance de
médicaments dans les situations d’urgence et à la responsabilité des médecins
du travail et des chefs d’entreprise.
Circulaire CNAMTS-DRP n° 9/97 du 18 février 1997 relative aux responsabilités
en relation avec le sauvetage secourisme du travail.
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Manaouil C., Urgences en médecine du travail, concours médical ,1999, 29,
2219-2223.