Chap 5 - MS - Cours
Chap 5 - MS - Cours
COURS
2021 – 2022
F. Baldo (sur support de cours N. Rivière)
Table des matières
Introduction........................................................................................................................................1
I. Principes généraux et constitution ..............................................................................................2
I.1. Constitution.........................................................................................................................2
I.2. Relation entre grandeurs électriques et mécaniques ...........................................................5
I.2.a. Cas monophasé bipolaire .................................................................................................5
I.2.b. Cas monophasé multipolaire.. ..........................................................................................5
I.2.c. Cas polyphasé ..................................................................................................................6
I.3. Principes de fonctionnement ...............................................................................................6
I.4. Nécessité du synchronisme..................................................................................................9
II. Modélisation de la MS............................................................................................................... 10
II.1. Hypothèses d’études ......................................................................................................... 10
II.2. Notation complexe ............................................................................................................ 11
II.3. Machine à pôles lisses ....................................................................................................... 12
II.3.a. Flux et f.e.m à vide..................................................................................................... 12
II.3.b. Réaction magnétique d’induit .................................................................................... 14
II.3.c. Flux total et f.e.m en charge....................................................................................... 15
II.3.d. Equations électriques aux bornes d’une phase ........................................................... 16
II.3.e. Détermination des paramètres du modèle ................................................................. 18
II.3.f. Bilan de puissance...................................................................................................... 19
II.3.g. Puissances et couples................................................................................................. 20
II.4. Machines à pôles saillants ................................................................................................. 24
II.4.a. Réaction magnétique d’induit .................................................................................... 24
II.4.b. Flux résultant et f.e.m en charge ................................................................................ 26
II.4.c. Equation électrique aux borne d’une phase ............................................................... 27
II.4.d. Calcul des réactances synchrones .............................................................................. 28
II.4.e. Puissances et couple électromagnétique.................................................................... 29
III. Fonctionnement de la MS...................................................................................................... 32
III.1. Modes de fonctionnement ................................................................................................ 32
III.2. Machine couplée à un réseau puissant .............................................................................. 33
III.2.a. Couplage.................................................................................................................... 34
III.2.b. Fonctionnement générateur ...................................................................................... 36
III.2.c. Fonctionnement moteur ............................................................................................ 38
III.2.d. Fonctionnement en compensateur ............................................................................ 39
III.2.e. Stabilité de fonctionnement....................................................................................... 40
III.2.f. Limites de fonctionnement ........................................................................................ 42
III.3. Alternateur isolé débitant sur charge linéaire à vitesse constante ...................................... 43
III.3.a. Caractéristiques « tension-courant » .......................................................................... 44
III.3.b. Caractéristiques de réglage ........................................................................................ 45
III.3.c. Courbes « tension-puissance » ................................................................................... 46
III.4. Fonctionnement à vitesse variable..................................................................................... 47
III.4.a. Stabilité ..................................................................................................................... 47
III.4.b. Fonctionnement autopiloté ....................................................................................... 48
Conclusion ........................................................................................................................................ 50
17
Introduction
Les machines synchrones occupent une place croissante dans la conversion de l’énergie, aussi bien
en tant que générateur d’électricité (à fréquence fixe couplée au réseau, à fréquence variable dans
les alternateurs automobiles, les éoliennes…) qu’en actionneur contrôlé (du μW au MW).
Si leurs structures sont variées et si leurs fonctionnements sont également très diversifiés, leurs
caractéristiques sont voisines et leur modélisation reste possible à l’aide de modèles équivalents plus
ou moins proches de la réalité suivant les hypothèses adoptées (Behn Eschenburg, Blondel…).
1
I. Principes généraux et constitution
I.1. Constitution
De manière générale, le bobinage d’induit est situé au stator. Il est le siège de f.e.m alternatives
induites par l’inducteur qui est donc au rotor. Ce dernier est souvent constitué d’un électro-aimant
alimenté par un courant continu via un système de contacts frottants bagues-balais, bien qu’il existe
également des rotors à aimants permanents.
Dans le premier cas, le rotor est dit à pôles « lisses » ou à pôles « saillants » :
les rotors à pôles saillants disposent de bobines concentrés dans des encoches de grandes
dimensions autour de pièces polaires appelées aussi « noyaux polaires ». L’entrefer
magnétique varie en fonction de la position du rotor, ce qui permet d’obtenir une répartition
sinusoïdale du champ,
les rotors à pôles lisses sont constitués d’un cylindre plein dans lequel ont été usinées des
encoches où le bobinage est cette fois-ci réparti. Contrairement aux structures saillantes,
l’entrefer magnétique est constant. La répartition sinusoïdale du champ est alors obtenue
par une répartition judicieuse du bobinage.
2
Pour les rotors aimantés, la saillance est plus ou moins marquée suivant la disposition des aimants au
niveau de la culasse ferromagnétique.
Il existe ainsi un très grand nombre de topologies possibles qui se distinguent par la constitution de
leurs circuits magnétiques. Dans le tableau ci-dessous sont présentés plusieurs exemples industriels
de la machine synchrone avec leurs caractéristiques principales.
/ e Rs/Ls
Application p Excitation M
(N.m) ([Link]-1) (mm) (mm/mm)
Propulsion
200 42 kW/2000 à 8000 6 1.7 NdFeB 90/130 30 kg
automobile
Pompe haute
0.03 300 W/110000 1 NdFeB 6/15 0.3 kg
vitesse
Entrainement de
0.003 2.4 W/7200 3 0.3 NdFeB 9/2.5 9.7 g
disque dur
3
Dans certaines applications spécifiques, l’armature de l’induit est tournante et celle de l’inducteur est
fixe. C’est par exemple le cas des excitatrices pour roue polaire de machine synchrone de grande
puissance.
Il est également possible d’inverser la place des deux armatures. L’induit est toujours fixe mais situé
dans la partie intérieure de la machine, alors que l’inducteur est à l’extérieur. Ces structures dites « à
rotor extérieur » sont utilisées dans les moteurs-roues ou encore les petits ventilateurs.
Enfin, les structures de types synchrones ne sont pas nécessairement cylindriques. A partir des
mêmes principes de modélisation et de fonctionnement établis dans ce chapitre, il est possible de
construire des dispositifs linéaires.
Culasse
magnétique
Bobinage
de puissance
Aimants
permanents
Arbre
amagnétique
Pièces
magnétiques
Dans le cadre de ce cours, nous nous pencherons sur les structures cylindriques les plus courantes :
à induit fixe situé sur la partie extérieure de la machine, où le bobinage est parcouru par un
système de courants polyphasés équilibrés et réparti dans les encoches de manières à avoir
autant de pôles qu’au rotor (nécessaire à la condition de synchronisme),
à inducteur mobile situé sur la partie intérieur de la machine, saillante ou non, où
l’excitation être crée soi par des aimants permanents soit par un électro-aimant alimenté
par un courant continu.
4
I.2. Relation entre grandeurs électriques et mécaniques
dϕ
e=−
dt
ϕ = nφ
Où φ est le flux crée par l’aimant à travers une spire et n Rotor bipolaire tournant devant
le nombre total de spires. une bobine fixe
ω = pΩ
. Rotor multipolaire tournant devant
θ = pθ
une bobine fixe
Remarque
f = pN
pN
f= , N [tr. min ]
60
5
Par exemple, pour des MS branchées sur le réseau EDF à 50 Hz, on retrouve les vitesses suivantes :
p N (tr/min)
1 3000
2 1500
3 1000
4 750
5 600
6 500
Soit un rotor à p paires de pôles tournant à la vitesse Ω au milieu de m bobines fixes. Ces bobines
sont déphasées deux à deux dans l’espace d’un angle 2π/pm alors que les f.e.m obtenues sont
déphasées dans le temps d’un angle 2π/m. On retrouve les relations :
ω = pΩ
.
θ = pθ
Sens du courant
Principe de l’alternateur
Dans le cas usuel d’une machine triphasée (m = 3) à p paires de pôles, le principe est le même. Il
s’agit de faire tourner un rotor aimanté ou une bobiné alimentée en continu à l’intérieur d’un
système de trois bobines fixes disposées au stator. Les forces électromotrices induites génèrent ainsi
des courants alternatifs dont l’amplitude et la fréquence dépendent des caractéristiques de la
machine (vitesse de rotation, nombres de pôles, forces magnétomotrices…).
6
Une représentation simplifiée d’une machine bipolaire (p = 1) triphasée est illustrée ci-dessous.
Rotor A 2π 2π 2π
bipolaire
Courant 3 3 3
d’excitation I +V
U
B
-V
Le phénomène précédent est réversible, si bien qu’en alimentant les bobines par un système de
courants alternatifs triphasé équilibré, on créer un champ magnétique statorique tournant qui
interagit avec le moment magnétique rotorique, à l’origine d’un couple à même de faire tourner le
rotor. La MS fonctionne alors en moteur. La représentation précédente reste valable et le principe de
création du champ tournant à partir de courants est illustré ci-dessous.
I I I
I
-I
θ
π 2π
0
3 3
Force magnétique à différents instant
FS
FS
FS
π 2π
ωt = 0 ωt = ωt =
3 3
Production d’un champ magnétique tournant
7
Remarque
Les expressions des forces magnétomotrices créées en un point M de l’entrefer sont données
dans la partie I du supplément de cours.
Pour que le mouvement perdure, les deux champs doivent tourner à la même vitesse, dite de
synchronisme (d’où l’appellation machine « synchrone »). C’est le cas dans l’exemple précédent.
π 2π
ωt = 0 ωt = ωt =
3 3
Forces magnétiques rotorique et statorique en fonctionnement moteur
Cette condition nécessaire à la production d’un couple moyen non nul est appelée condition de
synchronisme. Elle est également valable en fonctionnement générateur. La différence est que le
champ d’induit n’est plus en avance mais en retard par rapport au champ inducteur. En d’autres
termes, les pôles du stator n’attirent plus ceux du rotor mais les freinent.
ω ω
Ω = Ω =
p p
Générateur Moteur
ξ>0 ξ<0
θ θ Axe de référence θ θ Axe de référence
Remarque
Les expressions des champs tournants en fonction des forces magnétomotrices sont données
au point II dans le supplément de cours.
Pour inverser le sens de rotation d’un moteur synchrone, il suffit de permuter deux phases.
De cette manière, le champ statorique tourne en sens contraire et attire les pôles inducteurs
dans l’autre sens.
8
I.4. Nécessité du synchronisme
~ ∧
⇒ C ~ B B sin(ξ) ~ B B sin(θ − θ )
θ = ωt + θ
. , (θ , θ ) = (θ, θ )
θ = ω t+θ
<C > ≠ 0
ω − ω = 0
⇔ .
θ − θ = cte
ω=ω
⇔ .
ξ = cte
Le champ statorique et le champ rotorique doivent donc bien tourner à la même vitesse, dite de
synchronisme et définie par :
Vitesse électrique
ω
Ω =
p
Vitesse mécanique
Remarque
L’expression complète du couple en fonction des champs magnétique est donnée partie III
du supplément de cours.
Si on branche une MS triphasée sur le réseau, on créer un champ tournant à la fréquence 50
Hz. Seulement au démarrage, la vitesse est nulle donc le champ rotorique ne tourne
pas…Pour que la machine tourne, il est nécessaire d’amener son rotor à la vitesse de
synchronisme à l’aide d’un dispositif d’entrainement extérieur (une MCC par exemple) et de
l’ « accrocher » au réseau (III.2).
La MS peut également être alimentée à fréquence variable à l’aide d’un convertisseur (III.4).
9
II. Modélisation de la MS
- comme déjà précisé en début de chapitre, seules les machines hétéropolaires à champ
tournant et à bobinages répartis sont considérées,
- l’ensemble des formes d’ondes sont à répartition sinusoïdale,
- la saturation des matériaux ferromagnétiques est négligée, si bien que le flux résultant est la
somme des flux inducteur et d’induit :
Zone
ϕ ≠ ϕ +ϕ
saturée
Zone
ϕ = ϕ +ϕ
linéaire
I ,I
Flux magnétique total en fonction des courants
10
II.2. Notation complexe
Dans la mesure où l’ensemble des grandeurs sont sinusoïdales, il est possible d’associer à chaque
grandeur réelle de la forme :
y = Re y = Re Y√2e , Y = Ye
y = A + jB
⎧ y = Y√2 = A + B = Y√2e
y = Y√2e , . .
⎨ B
⎩ φ = tan A
φ
Re
y = Y√2cos(ωt + φ)
Notation complexe d’une grandeur sinusoïdale
dy
= jωY√2e = jωy
dt
Dériver une grandeur complexe revient donc à faire tourner le vecteur associé de +π/2 dans le sens
trigonométrique. De cette manière, il devient facile de représenter sous forme de diagramme
n’importe qu’elle relation vectorielle faisant intervenir des grandeurs électriques de même pulsation.
Ces représentations portent le nom de « diagrammes de Fresnel ». Aussi, les lois de l’électricité
applicables en régime continu (théorème de superposition, les lois de Kirchhoff…) le sont également
dans le domaine complexe.
11
II.3. Machine à pôles lisses
Les machines à pôles lisses disposent d’un entrefer magnétique (distance entre culasses statorique et
rotorique) constant. L’ajout le long de la périphérie d’une frette amagnétique ou d’aimants
permanents est sans conséquence étant donné que leur perméabilité est proche de celle de l’air (la
réluctance d’entrefer reste constante quelle que soit la position du rotor).
Pour calculer le flux à vide dans la bobine, il faut d’abord intégrer le flux crée par l’inducteur sur la
surface d’une spire. En notant r et l le rayon d’alésage et la longueur active de la machine :
φ = l r B cos(θ) dθ
π π
⇒ φ = l r B sin −α + − sin −α −
2 2
⇒ φ = φ cos(α) , φ = 2l r B
φ =φ cos(ωt)
dϕ
e =−
dt
Ainsi en notant n le nombre de spire par paire de pôles (p = 1), on en déduit l’expression de la f.e.m
instantanée :
ϕ =n φ
dφ
⇒ e = −n =n ϕ ω sin(ωt)
dt
12
En remplaçant la pulsation par son expression en fonction de la fréquence on en déduit la valeur
efficace de la f.e.m (relation de Boucherot) :
E = 4.44n f ϕ
Comme dans toutes les machines électromagnétiques, la f.e.m est proportionnelle à la vitesse de
rotation et au flux inducteur.
Axe de référence (fixe)
En notation complexe, la force électromotrice à
vide s’exprime par : Phase a
ϕ ωt
E = −jωϕ ,
E
Où le flux ϕ est défini par :
ϕ =ϕ e
13
II.3.b. Réaction magnétique d’induit
Lorsque la machine est en charge, la tension aux
bornes de l’induit n’est plus égale à la f.e.m
générée par la rotation de l’inducteur seul. Il est
ω
nécessaire de prendre en compte le flux crée par ψ π/2
l’induit, on parle de flux de « réaction magnétique
d’induit ».
B B
Le diagramme ci-contre illustre son influence sur le
champ résultant. Pour calculer le flux d’induit
θ
embrassé par une phase (« a » par exemple), on −π 0 B −π
considère qu’il est la somme du flux propre crée
par cette phase et des flux mutuels induits par les
autres phases (« b » et « c »). Réaction magnétique d’induit pour une phase
- Le flux propre dans la phase « a », noté ϕ , est calculé de la même façon que le flux à vide mais à
partir de l’induction générée par la phase « a » uniquement. Son expression finale est donnée par la
relation :
4μ
ϕ =L I , L = (k n ) l r
π e
- Le flux mutuel induit par la phase « b » dans la phase « a », noté ϕ → , est également calculé selon
cette méthode, en intégrant le champ crée par la phase « b » à travers l’enroulement de la phase
« a ». On montre ainsi que :
2μ
ϕ →
=M I , M =− (k n ) l r
π e
ϕ →
=M I
ϕ =ϕ +ϕ →
+ϕ →
⇒ ϕ = L I +M I +M I
Une autre manière de calculer ce flux est de considérer l’induction générée par l’ensemble des
enroulements, celle correspondant au champ tournant (et non au champ pulsant). On montre que :
6μ
ϕ =L I , L = (k n ) l r
π e
14
Dans le cas d’une alimentation triphasée équilibrée :
I + I + I = 0
⎧ .
⎪
⎪M =M =M =M =M =M =M
.
⎨ L = L = L = L
⎪
⎪ .
⎩ L = L = L = L
ϕ = L −M I
L = L − M ⇒ ϕ = L −M I
Ce qui se vérifie aisément par le calcul. Aussi, pour des champs parfaitement sinusoïdaux :
3
L = −2M ⇒ L = L
2
Remarque
Le calcul de flux à partir des inductions ainsi que l’expression des inductances sont détaillés
dans le supplément de cours.
ϕ = ϕ +ϕ
ϕ
La f.e.m en charge pour une phase est donnée par la loi Lenz Faraday (convention générateur) :
E = −jωϕ
E = −jωϕ = −jωϕ − jωϕ ⇒ E = E + E , .
E = −jωϕ
15
II.3.d. Equations électriques aux bornes d’une phase
Si l’on néglige l’ensemble des pertes d’origine magnétiques, la tension aux bornes d’une phase
d’induit est liée à la f.e.m en charge et à la chute ohmique par la relation complexe :
V = E − RI, E = −jωϕ
E = −jωϕ V
V
RI
I E
Pour s’en convaincre, repartons de la représentation complexe des trois phases, chacune étant
caractérisée par sa f.e.m, sa résistance, son inductance propre et ses inductances mutuelles.
E R L M I
E R L M I
N V
E R L M I
V
En régime équilibré, la somme des courants est nulle et les mutuelles entre phases sont égales :
I (t) = 0, k ∈ {a, b, c}
.
M = M = M, (i, j) ∈ {a, b, c}
16
Ainsi, pour chaque phase :
E = RI + jω(L − M)I + V
⇒ E = RI + jωLI + V, L= L −M
Ce découplage des phases permet de ramener l’étude à une seule phase caractérisée par les
schémas électriques équivalents suivants :
R L I Source R L I Charge
E E
Convention Convention
V V
récepteur générateur
E = RI − E + V
⇒ E = RI + V, E = E +E
Axe q
ϕ
ϕ E
E
φ
I
φ : I vers V δ jXI
ψ : I vers E δ V
+ RI
δ : V vers E φ
ψ E
I
δ : ϕ vers ϕ
17
Le schéma électrique monophasé correspondant est illustré ci-dessous.
jXI = jωϕ
R I
I E = −jωϕ E = −jωϕ V
Remarque
En alternateur indépendant, la tension de sortie dépend de la charge qui est alimentée. Cette
dernière impose le déphasage φ lié au facteur de puissance.
Les grandeurs instantanées sont obtenues par projection des vecteurs sur l’axe des réels,
confondu ici avec l’axe de la tension de phase V.
Lorsque la résistance d’induit est négligeable, la f.e.m en charge s’identifie à la tension de
phase et les angles δ et δ sont égaux.
X est la réactance synchrone par phase de Ben-Eschenburg. Elle est constante et
indépendante du courant et de la position du rotor.
En toute rigueur, il aurait fallu ajouter les chutes de tensions induites par les pertes et les
fuites magnétiques. Dans le cadre de ce cours, ces phénomènes ont été négligés.
- La réactance est calculée par un essai en court-circuit à vitesse nominale et sous excitation réduite :
E
E = RI + jXI ⇒ X = −R
I
La résistance d’induit est souvent négligeable devant la réactance synchrone. On aura donc
fréquemment :
E
X =
I
4.44n fϕ 4.44n ϕ
I = = = cte
2πLf 2πL
- La résistance d’induit est mesurée à chaud en fonctionnement générateur monophasé (deux phases
court-circuitées) par la méthode volt-ampèremétrique.
- La caractéristique E = f(I ) est déterminée par un essai à vide. L’alternateur est entrainé à sa
vitesse nominale et le courant d’excitation est augmenté puis diminué progressivement (voir
chapitre sur la MCC).
18
II.3.f. Bilan de puissance
Puissance électrique
Puissance mécanique (puissance utile)
(puissance absorbée)
Pertes Joules
d’induit
Pertes
magnétiques
Pertes
Pertes harmoniques
mécaniques Auto-excitation (mécanique)
Pertes Joules
d’excitation
Dans ce dernier cas, le rendement correspond au rapport de la puissance électrique fournie sur la
puissance mécanique absorbée. En revanche si l’excitation est indépendante, il convient d’ajouter
aux pertes mécaniques la puissance électrique d’excitation.
P P
η= ou η =
P P +P
19
II.3.g. Puissances et couples
Toute machine à courant alternatif met en jeu deux formes d’énergie électrique :
- de l’énergie active, qui résulte de la puissance active des récepteurs sous forme de travail
mécanique et de chaleur (pertes Joule). Elle est associée à la composante « active » du
courant,
- de l’énergie réactive, nécessaire à la magnétisation de la machine. Elle est associée à la
composante « réactive » du courant.
En régime équilibré, les puissances électriques active et réactive (fournies ou consommées suivant le
mode de fonctionnement) ont pour expression :
Composante
puissance active : active du courant
P = 3V × Icos(φ)
puissance réactive : Composante
réactive du courant
Q = 3V × Isin(φ)
Facteur de puissance :
S (VA)
P
Q (VAr) cos(φ) =
S
P (W)
Composition vectorielle des puissances (Fresnel) et facteur de puissance
En négligeant toutes les pertes et en particulier les pertes Joule d’induit, la puissance active P (égale
la puissance électromagnétique P ) ainsi que la puissance réactive Q peuvent s’exprimer en
fonction des paramètres internes de la machine.
En effet, à partir du diagramme des puissances illustré ci-après, pour un fonctionnement à flux forcé
où la tension et la fréquence sont imposées, les composantes active et réactive du courant peuvent
d’écrire en fonction des paramètres internes de la machine :
( )
⎧ Icos(φ) = E sin δ
AN = XIcos(φ) = E sin(δ) ⎪
. ⇒ . X
AM = XIsin(φ) = E cos(δ) − V ⎨ E cos(δ) − V
⎪ Isin(φ) =
⎩ X
3VE
⎧ P = P = 3VIcos(φ) = sin(δ)
⎪ X
⇒ .
⎨ E cos(δ) − V 3V
⎪ Q = 3VIsin(φ) = −
⎩ X X
20
La première équation fait apparaitre une corrélation entre l’angle de charge (angle « interne ») et la
puissance active échangée par la machine avec la source électrique. Dans la deuxième expression, le
premier terme correspond à la contribution de l’inducteur à la magnétisation de la machine, le
second à celle de l’induit.
GENERATEUR δ > 0
P
π cos(φ) > 0 π cos(φ) > 0
φ ∈ − ,0 ⇒ . φ ∈ 0, ⇒ .
2 sin φ) < 0
( 2 sin φ) > 0
(
N
E
SOUS EXCITEE φ < 0
C φ A M
ψ
MOTEUR δ < 0
Diagramme des puissances et types de fonctionnements
Remarque
Par le réglage de l’excitation (quand cela est possible), la machine synchrone peut fournir
(Q > 0) ou absorber (Q < 0) de la puissance réactive. Dans le premier cas on dit que la
machine est « sur-excitée », dans le second « sous-excitée ».
Nous verrons au point III.2.d que cette propriété est exploitée pour le réglage de la tension
des réseaux d’énergie, notamment lors d’un fonctionnement en compensateur synchrone.
En convention parfaite (pas de pertes), une première expression du couple peut être obtenue à partir
de l’expression de la puissance électromagnétique définie précédemment :
21
Dans le cas où l’inducteur est alimenté par un courant continu:
M IV
C = 3p sin (δ)
X
Ainsi, si le courant d’excitation est maintenu constant, le couple est proportionnel à V/ω et au sinus
de l’angle δ. Cette expression est intéressante pour une commande dite « à flux constant » où la
tension est augmentée en même temps que la fréquence pour maintenir le rapport V/ω constant,
égal au flux résultant d’entrefer si l’on néglige les fuites et la résistance d’induit.
Les équations précédentes sont adaptées à un fonctionnement à flux forcé, où la machine est
associée à une source de tension à fréquence fixe (ex : réseau). Dans le cas d’une association avec
une source de courant (ex : convertisseur régulé en courant), une autre expression du couple est
privilégiée, toujours obtenue à partir de la puissance électromagnétique :
1 3E I
⇒C = cos(ψ)
Ω X
⇒C = 3pϕ Icos(ψ)
En remarquant que l’angle ψ est lié à l’angle ξ (angle entre les champs inducteur et induit) :
π
ξ=ψ+ ⇒ C = 3pϕ Isin(ξ)
2
Ainsi, à partir de la position relative des champs, on peut définir les différents modes de
fonctionnement de la machine.
π π
ψ =0 ψ >0 ψ = ψ >0 ψ = ±π ψ <0 ψ =− ψ <0 ψ =0
2 2
22
A excitation et courant d’induit donnés, le couple est :
- maximal lorsque les deux champs sont en quadrature (électriquement parlant), c’est-à-dire
pour une réaction magnétique d’induit transversale,
- nul lorsque les deux champs sont alignés, soit pour une réaction d’induit longitudinale.
Cette expression du couple est commode pour une commande « en courant » de la machine utilisée
pour la variation de vitesse du moteur synchrone (III.4.b)
B B
B B
B
δ = π/2
ψ = π/2
23
II.4. Machines à pôles saillants
La machine à pôles saillant voit son entrefer magnétique varier sur la circonférence de son rotor. Par
conséquent, les inductances ne sont plus constantes et varient en fonction de la position relative
rotor-stator.
L’entrefer étant d’épaisseur variable, le flux produit dans l’entrefer par l’induit en un point donné
dépend de la position des pôles inducteurs. La figure ci-dessous illustre les deux cas limites où la
réaction d’induit est longitudinale (d) ou transversale (q).
E
ψ + π/2 π/2
I E
B
ψ B
E B B I
B B
E − π 0 π − π 0 π E E
Les pôles de l’inducteur sont en face des pôles de l’induit et les flux sont de sens opposés : la réaction
magnétique est longitudinale et démagnétisante. Si l’angle ψ était de −π/2, elle serait magnétisante
(flux de même sens). L’induction générée par l’induit dépend du profil de l’entrefer :
elle est maximale dans l’axe polaire où l’entrefer est minimal. A courant donné, l’inductance
cyclique sera donc elle aussi maximale et définie par (II.3.b) :
6 μ
L , = (k n ) l r
πe
au fur et à mesure que l’on s’écarte de l’axe des pôles, l’entrefer s’élargit et l’induction
diminue. On la multiplie alors par un coefficient k inférieur à 1 qui dépend du profil de
l’entrefer au niveau du pôle. L’expression générale de l’inductance dans l’axe « d » devient :
6μ k
L = (k n ) l r
πe
24
cas : réaction transversale ( = , =− )
Les pôles de l’inducteur sont situés à égale distance des pôles de l’induit. Les lignes de flux de ce
dernier coupent perpendiculairement l’axe des pôles inducteur : la réaction magnétique est
transversale. Le fondamental de l’induction étant plus faible que pour une réaction longitudinale,
l’inductance associée est également réduite, si bien que :
6μ k
L = (k n ) l r , k ~ 0.5k
πe
Cas général
Si l’angle ψ est quelconque, puisque la saturation est négligée, le courant résultant peut se
décomposer en ses deux composantes longitudinale (d) et transversale (q) :
I = ± Isin(ψ)
.
I = ± Icos(ψ)
Axe q
I
Axe d
ξ
I
ψ
ωt
I Axe fixe de la
phase « a »
I
Décomposition du vecteur courant
ϕ =L I
ϕ =L I
E = −jωϕ E = −jX I
. ⇒ .
E = −jωϕ E = −jX I
25
II.4.b. Flux résultant et f.e.m en charge
On vient de voir que le flux d’induit embrassé par un enroulement statorique pouvait s’écrire :
ϕ =ϕ +ϕ
Ainsi, en régime linéaire, le flux total embrassé par une phase peut s’exprimer comme la somme du
flux crée dans l’axe « d » et de celui crée dans l’axe « q » :
ϕ = ϕ +ϕ
ϕ =ϕ +ϕ , .
ϕ = ϕ Axe q
ϕ I
ϕ I
ψ
Axe d ϕ ϕ O I
I
Diagramme des flux (fonctionnement générateur)
Finalement, la machine à pôles saillants peut être vue comme la superposition de deux machines à
pôles lisses de même rayon d’alésage mais d’entrefer différent.
ϕ
I
Ω Ω
e e
ϕ ϕ
Machine d Machine q
Machines à pôles lisses équivalentes (fonctionnement générateur)
La f.e.m en charge dans une phase de l’induit est obtenue à partir de la loi de Lenz-Faraday :
E = −jωϕ
⇒ E = E + E + E
26
II.4.c. Equation électrique aux borne d’une phase
E = V + RI
E = V + RI + jX I + jX I Axe q
⇒ E = (V + RI + jX I) + j(X − X )I
Axe d
j(X − X )I
ϕ
E
φ
I I jX I
δ ψ
O RI
φ V
I
I
I jX I
Machine d E
R
E = V + RI + jX I (d) X I V
E jX I
I
Machine q
R
RI
0 = V + RI + jX I (q) X I V
V RI
V
ψ
I
V + RI = X I I
ϕ
Relations en norme .
E = V + RI + X I Axe d O I
I
Diagramme vectoriel et schémas électriques équivalents
27
II.4.d. Calcul des réactances synchrones
Elles sont calculées par la méthode dite « de glissement ». Inducteur ouvert, le rotor est entrainé à
une vitesse proche de la vitesse de synchronisme et le stator est alimenté en triphasé sous une
tension bien inférieure à la tension nominale de la machine.
I
A
U V
Alimentation
triphasée Excitation
I =0 V
sous tension
réduite
Puissance mécanique
On en déduit X :
U
X =
√3I
A l’inverse, lorsque le champ stator coïncide avec l’axe « q », la tension induite au rotor est
maximale, la tension d’induit minimale et le courant d’induit maximal. Ainsi :
U
X =
√3I
28
II.4.e. Puissances et couple électromagnétique
Le diagramme des puissances est très peu différent de celui d’une structure à pôles lisses et les
remarques sur le fonctionnement moteur, générateur, sur-excité et sous-excité restent valables.
GENERATEUR δ > 0
P
j(X − X )I
N O
E
SOUS EXCITEE φ < 0
C φ A M
ψ
MOTEUR δ < 0
Diagramme des puissances et types de fonctionnements
P = 3VIcos(φ)
.
Q = 3VIsin(φ)
Pour un fonctionnement à « flux forcé », il est préférable d’exprimer les puissances en fonction de
l’angle interne δ. En remarquant que φ = ψ − δ :
Si on néglige la chute ohmique due à la résistance d’induit devant la réactance d’induit, les relations
établies précédemment sur les normes permettent d’exprimer cos (ψ) et sin (ψ) :
Vsin(δ)
Vsin(δ) = X Icos(ψ) ⎧ cos(ψ) =
⎪ X I
. ⇒ .
Vcos(δ) = E − X Isin(ψ) ⎨ E − Vcos(δ)
⎪ sin(ψ) =
⎩ X I
29
En combinant les deux systèmes d’équations, on obtient :
Vsin(δ) E − Vcos(δ)
⎧ cos(φ) = cos(δ) + sin(δ)
⎪ X I X I
.
⎨ E − Vcos(δ) Vsin(δ)
⎪ sin(φ) = cos(δ) − sin (δ)
⎩ X I X I
1 1 1
cos (δ) = (1 + cos(2δ)), sin (δ) = (1 − cos(2δ)), sin(δ) cos(δ) = sin(2δ),
2 2 2
V 1 1 E
⎧ cos(φ) = − sin(2δ) + sin(δ)
⎪ 2I X X X I
.
⎨ E V V 1 1
⎪ sin(φ) = cos(δ) − − − (1 − cos(2δ))
⎩ X I X I 2I X X
En injectant le cosinus et le sinus de φ et dans les expressions des puissances active et réactive :
3E V 3V 1 1
⎧P= sin(δ) + − sin(2δ)
⎪ X 2 X X
.
⎨ 3E V 3V 3V 1 1
⎪Q = cos(δ) − − − (1 − cos(2δ))
⎩ X X 2 X X
P P 3pE V 3p V 1 1
C = = ω ⇒ C = sin(δ) + − sin(2δ)
Ω ωX ω 2 X X
p
C
Couple total
Couple synchrone
Couple de réluctance
δ
−π 0 π
Composantes du couple de la MS à pôles saillants en fonction
de l’angle interne et pour <
30
Le couple réluctant existe même en l’absence d’excitation mais dans ce cas la puissance réactive
échangée est toujours négative.
Les expressions précédentes font intervenir les grandeurs internes de la machines. Elles sont
adaptées à un fonctionnement à « flux forcé », où la source est contrôlée en tension.
⎧P = 3E Icos(ψ) + 3 X − X I sin(2ψ)
⎪ 2
.
⎨ 3
⎪Q = 3E Isin(ψ) − 3X I + X − X I (1 − cos(2ψ))
⎩ 2
3pE Icos(ψ) 3p
C = + X − X I sin(2ψ)
ω 2ω
Les modèles présentés dans cette partie sont valables sous certaines hypothèses simplificatrices
(régime linéaire, fuites magnétiques négligées). Ils peuvent évidemment être améliorés en vue de se
rapprocher du fonctionnement réel de la machine.
31
III. Fonctionnement de la MS
La théorie fondamentale de modélisation des machines synchrones à champ tournant exposée
précédemment est indépendante de leur mode de fonctionnement. Néanmoins, il convient
d’effectuer une distinction à travers la représentation électrique de la machine en fonction des
grandeurs imposées ou contrôlées qui sont, elles, liées au fonctionnement de la machine.
Les modes de fonctionnement de la machine sont caractérisés par la manière dont la condition de
synchronisme est imposée, c’est-à-dire par le contrôle ou non de la fréquence des champs inducteur
et d’induit. Le schéma ci-dessous donne les principaux modes possibles.
Ω
Ω
Charge linéaire
Machine couplée à un
Ω Ω
réseau puissant à tension
Ω et fréquence fixe Onduleur de Onduleur de
Charge non linéaire tension (f, V) tension (f, V, δ, θ)
Onduleur de Onduleur de
f : fréquence des grandeurs électriques courant (f, I) courant (f, I, ψ, θ)
Boucle ouverte Boucle fermée
V : tension simple aux bornes d’une phase de l’induit
δ : angle interne égal au déphasage de V vers E
32
On distingue le mode à fréquence libre (générateur autonome où la fréquence est directement liée à
la vitesse de rotation) de celui à fréquence imposée, où deux fonctionnements sont possibles suivant
que la fréquence est fixe ou variable.
A fréquence fixe, on retrouve le fonctionnement d’une machine synchrone connectée à une source
électrique qui impose courant et tension (ex : réseau de grande puissance).
Cet ensemble forme une source de tension réversible de très forte puissance, si bien qu’elle impose
sa tension et sa fréquence à tout élément de puissance relativement faible qui lui est raccordé (une
machine synchrone par exemple).
Couplée au réseau, la machine synchrone fonctionne à vitesse constante. Elle est utilisée en
générateur pour la production d’énergie électrique (on l’appelle « alternateur ») mais aussi en en
moteur synchrone alimenté directement par le réseau.
Convention générateur
I
Ω V V = cte
f = cte
Dans cette partie nous nous intéresserons principalement à la structure à pôles lisses où la résistance
d’induit est négligeable devant la réactance synchrone.
33
III.2.a. Couplage
Par conséquent, une machine synchrone couplée au réseau est nécessairement démarrée en mode
générateur (en alimentant l’inducteur et en reliant l’induit au réseau, la machine ne démarre pas !).
Deux méthodes de couplages sont possibles suivant que la machine dispose d’enroulements de
démarrage ou non. Dans le premier cas, un démarrage autonome n’est pas possible.
Cette condition est vérifiée si les systèmes de tensions de la machine et du réseau sont :
- de même ordre (A-B-C pour la machine et A -B -C pour le réseau). Les lampes doivent
clignoter en même temps. Si ce n’est pas le cas il suffit de permuter deux phases de l’induit,
- de même valeur efficace,
- de même fréquence. Les fréquences d’allumage et d’extinction doivent être lentes. Sinon il
faut baisser la fréquence,
- de même phase.
La fréquence et la valeur efficace des tensions de la machine sont ajustées par la vitesse de rotation
et le courant d’excitation (en effet, la f.e.m à vide est de la forme E = ϕ ω, où ϕ dépend du courant
inducteur et ω de la vitesse de rotation mécanique).
34
Les f.e.m induites génèrent des courants dans les bobinages à l’origine d’un champ magnétique
tournant à même d’interagir avec celui de l’induit : le rotor est alors soumis à un couple
« asynchrone » et se met à tourner. Le couplage de l’inducteur est ensuite modifié de manière à
générer un couple synchrone et l’accrochage sur le réseau s’effectue naturellement.
Une fois couplée au réseau, la machine peut fonctionner en générateur débitant sur le réseau ou en
moteur à vitesse constante alimentée par le réseau. Le passage d’un mode à l’autre est effectué par
le réglage du transfert de puissance de l’organe d’entrainement.
Selon les hypothèses exposées en début de partie, pour un fonctionnement à tension et fréquence
fixes (régime dit « à flux forcé ») la puissance électromagnétique et la puissance réactive échangées
avec le réseau ont pour expression :
3E V
⎧P= sin(δ)
⎪ X
.
⎨ 3E V 3V
⎪Q = cos(δ) −
⎩ X X
Ainsi le réglage du transfert de puissance active est assuré par celui de la puissance de l’organe
d’entrainement ou la nature du couple mécanique sur l’arbre et le réglage du transfert de puissance
réactive est réalisé à l’aide du courant d’excitation (pour les inducteurs à aimants, cette puissance est
imposée et dépend du type d’aimant utilisé). Quatre fonctionnements sont possibles suivant la
position de l’extrémité du vecteur E .
ALTERNATEUR δ > 0
E E
jLωI
ψ
I
φ δ δ V jLωI
SOUS EXCITEE φ < 0
V φ
SUR EXCITEE φ > 0
ψ
I Q
ψ
I
φ V
V
δ δ jLωI
ψ
I
φ
E jLωI
E
MOTEUR δ < 0
35
III.2.b. Fonctionnement générateur
Au moment du couplage, le courant d’induit est nul et la f.e.m égale la tension du réseau. Si on
augmente le couple fourni par l’organe d’entrainement, le rotor et donc le flux inducteur prend de
l’avance sur le flux résultant, ce qui entraine une augmentation de l’angle interne δ. Un système de
courants apparait et induit un champ tournant résultant qui doit rester immuable (flux forcé !).
Ω
ϕ
ϕ : flux embrassé par une phase de l’induit et généré par
l’inducteur ϕ
ϕ
ϕ : flux embrassé par une phase de l’induit et généré par δ
ξ
l’ensemble des enroulements d’induits (contribution des
trois phases
Si l’excitation est maintenue constante et que l’on agit uniquement sur la puissance mécanique,
l’extrémité du vecteur E décrit un cercle de centre O.
Pour une puissance mécanique croissante, le courant débité et l’angle interne augmentent, la
puissance réactive diminue. Le facteur de puissance de la charge augmente puis diminue.
E
jXI P
N
I
φ jXI
O
φ V A M Axe des puissances
I réactives
36
Il est maximal pour un courant d’induit I , pour lequel la composante réactive est nulle :
E V
E = V + XI ⇒I = −
X X
Si l’on agit uniquement sur le courant d’excitation, l’extrémité du vecteur E décrit cette fois une
droite horizontale d’équipuissance.
Fonctionnement
àP constante
P N P
jXI
E
E
jXI
I
φ
φ V A M Axe des puissances
I réactives
Composante active de I
Diagramme des puissances à puissance mécanique constante
Pour un courant inducteur décroissant, le courant d’induit diminue puis augmente tout en
maintenant sa composante active constante. Le courant passe par un minimum I dont la valeur
se calcule de la même manière que précédemment.
La puissance réactive est d’abord positive : la machine est sur-excitée et fournit du réactif au réseau.
Elle s’annule ensuite pour le courant d’induit minimal puis augmente négativement : le réseau
fournit du réactif à la machine qui est sous-excitée.
37
III.2.c. Fonctionnement moteur
Si au moment du couplage un couple résistant est appliqué sur l’arbre, le rotor ralentit et prend du
retard par rapport au champ résultant. L’angle de charge devient négatif et le stator appelle un
courant au réseau pour reconstituer le champ tournant résultant.
En convention générateur, le fonctionnement moteur est caractérisé par des angles |φ| > π/2 et
|δ| < 0. Les diagrammes qui suivent illustrent les deux cas d’étude précédents, à savoir les
fonctionnements :
- à puissance mécanique constante (couple résistant constant) et excitation variable,
- à excitation constante et puissance mécanique variable.
Apparait alors une totale symétrie entre le mode moteur et le mode générateur.
φ O V A M
jXI Axe des puissances
I φ
E réactives
N P
E
jXI
Fonctionnement à I constant
N
P
Diagramme des puissances à courant d’excitation constant
I
φ O V A M
E Fonctionnement à P constante
E
P N P
38
Le moteur couplé au réseau a la particularité de pouvoir faire varier le courant I et la puissance
réactive par le courant I . Il est donc commode de représenter la variation du courant d’induit en
fonction du courant d’excitation pour différentes valeurs de la puissance mécanique et différents
facteurs de puissance.
Les tracés correspondants sont des courbes en « V » appelées courbes de Mordey. Elles sont limitées
à droite par le courant d’excitation maximal et à gauche soit par le courant d’induit maximal, soit par
la limite de stabilité.
Le lieu des minimums des courbes de Mordey (facteur de puissance unitaire) sépare les
fonctionnements sous-excité et sur-excité de la machine. Il correspond donc aux valeurs de courant
d’induit minimal absorbé (mode moteur) ou fourni (mode générateur).
Limite I ,
I
Limite I
P , >P ,
P ,
I (P , )
P =0
Sous-excitée Sur-excitée I
La quantité de puissance réactive échangée est modifiée à partir du courant d’excitation. Sur les
diagrammes ci-dessous sont indiqués pour les machines à pôles saillants (résistance d’induit
négligée) les points de fonctionnements en mode sous et surexcité. Dans les deux cas la réaction
magnétique d’induit est orientée dans l’axe direct (I = I , I = 0). Elle est donc totalement
magnétisante ou démagnétisante.
Dans le cas idéal où la machine n’échange pas de puissance active avec le réseau (δ = 0, φ = ±π/2),
la puissance réactive vaut :
3V E
Q= −1
X V
39
Aux heures de fortes charges, il créer de la puissance réactive. Autrement, il consomme de la
puissance réactive (pour compenser l’élévation de tension dans les lignes HT par exemple).
ϕ Axe P Surexcité
(fournit du réactif)
V jX I Axe Q
I=I
Axe P Sousexcité
I=I (absorbe du réactif)
ϕ
E jX I
V Axe Q
Dans le cas d’un fonctionnement à flux forcé, l’expression du couple à retenir est celle en fonction de
l’angle interne. Elle montre pour ϕ et V donnés comment évolue le couple en fonction de l’angle
interne, angle qui décrit la position relative des champs d’excitation et résultant. Pour un couple sur
l’arbre donné, deux points de fonctionnement sont à priori possibles (les points 1 et 2 de la figure ci-
dessous) mais un seul est une position d’équilibre stable.
pΩ
1
ϕ V ϕ
C = 3p sin (δ) ω
Lω 1 δ
ϕ
1 2 1
C
1 2
δ δ
δ
pΩ ϕ ω
2 δ
ϕ
2
40
On rappelle qu’une position d’équilibre est stable si suite au passage d’une brève perturbation, le
système revient naturellement vers sa position initiale. Considérons en fonctionnement générateur
le cas d’une baisse de la puissance mécanique sur l’arbre de petite amplitude pendant un bref instant
(due à une variation de pression sur les pâles de la turbine d’entrainement par exemple).
∂C
>0
∂δ
Ainsi, pour la machine à pôles lisses, cette condition de stabilité est obtenue pour :
π π
− <δ<
2 2
Pour les structures à pôles saillants, la plage de fonctionnement stable est plus ou moins large selon
le type de saillance. Pour une saillance directe (X > X ), l’angle interne limite est inférieur à |π/2|,
alors que pour une saillance inversée (X < X ), au contraire, il est supérieur à |π/2|.
Couple Couple
Couple de Couple de hybride
hybride
réluctance réluctance
−π π −π π
π π π π
− δ − δ
2 2 2 2
Zone de Zone de
fonctionnement fonctionnement
stable stable
41
III.2.f. Limites de fonctionnement
Les limites de fonctionnements d’une machine synchrone couplée au réseau sont imposées par :
- la puissance mécanique maximale imposée par la valeur maximale que peut délivrer le
dispositif d’entrainement mécanique (turbine par exemple). Cette limite se traduit dans le
plan des puissances par une droite horizontale,
- le courant d’excitation relatif à l’échauffement maximal toléré de l’inducteur (MS bobinée).
Elle est donnée par le cercle de centre O et de rayon OM. Les surintensités sont tolérées mais
uniquement en régime transitoire,
- le courant d’induit maximal, limite d’échauffement de l’induit. Elle est donnée par le cercle
de centre A et de rayon AM,
- la stabilité, relative à l’angle interne δ, et qui dépend de la saillance de la machine.
Les points de fonctionnements possibles sont donc compris à l’intérieur du contour OLMNRO pour
une machine à pôles lisses et OLMNR O (respectivement OLMNR O) pour une structure à saillance
directe (respectivement inverse).
Axe des P
Limite stabilité
(X = X ) Limite stabilité
(X > X )
N M Limite P
R
R
E
jX I Limite I
R
O φ V A L Axe des Q
I
42
III.3. Alternateur isolé débitant sur charge linéaire à vitesse constante
Un alternateur est dit « indépendant » ou « isolé » s’il n’est connecté à aucun réseau triphasé qui lui
impose une tension et une fréquence. Il peut être entrainé par un dispositif quelconque (éolienne,
turbine…), le cas de figure le plus commun étant celui de l’alimentation d’un système distant du
réseau électrique national (groupe électrogène de secours par exemple).
Ce type de dispositif est caractérisé par des tensions produites qui varient en fonction de la charge,
aussi bien en amplitude qu’en fréquence. La vitesse de rotation est ajustée à tout instant en agissant
sur la puissance mécanique de l’organe d’entrainement, ce afin de maintenir la fréquence constante.
Cette action est généralement effectuée à l’aide d’un régulateur de vitesse.
Charge linéaire
Ω
MS
Ω
Cde
E = V + RI + jXI ~ V + jXI
Axe d
ϕ Axe q
ϕ ϕ E
jXI
δ
φ
V
I
43
III.3.a. Caractéristiques « tension-courant »
Dans le cas de la machine à pôles lisses non saturée, le lieu des points tension-courant V(I)
(caractéristiques « externes ») qui traduisent la variation de la tension d’induit en fonction du
courant débité est donné par l’équation ci-dessous, obtenue à partir du diagramme de Behn
Eschenburg :
E = V + XIsin(φ) + XIcos(φ)
⇒ E = V + 2VXIsin(φ) + (XI)
⇒ V + 2VXIsin(φ) + (XI) − E = 0
0 I
100 200
Caractéristiques externes d’un turboalternateur 62 kVA
Une charge purement inductive entraine une chute de tension en sortie de l’alternateur. Tout se
passe comme-ci le courant d’excitation avait diminué. A l’inverse, une charge purement capacitive
entraine une surtension et tout se passe comme-ci le courant d’excitation avait augmenté. Pour
maintenir la tension constante la valeur des tensions statoriques, il est donc nécessaire de modifier le
courant d’excitation en conséquence.
Ces phénomènes observés sur les tensions peuvent être interprétés à l’aide des flux qui circulent
dans la machine. En effet, lorsque la charge inductive, le flux résultant est plus faible que le flux à
vide : la réaction magnétique d’induit est démagnétisante. A l’inverse, dans le cas d’une charge
capacitive, le flux résultant est plus élevé que le flux à vide : la réaction d’induit est cette fois ci
magnétisante.
44
III.3.b. Caractéristiques de réglage
Les caractéristiques de réglage du turboalternateur précédent sont présentées ci-dessous. Elles sont
généralement tracées pour la tension nominale de la machine V . Elles permettent de déterminer la
valeur du courant d’excitation nécessaire pour maintenir la tension V constante pour I et φ connus.
I
cos(φ) = 0.8 cos(φ) = 1
235 cos(φ) = 0.94
cos(φ) = 0.642 cos(φ) = 0.94
135 φ<0
cos(φ) = 0.8
cos(φ) = 0.642
55
φ>0
I
−15 0 300 600
Caractéristiques de réglage d’un turboalternateur 62 kVA
Pour les charges fortement inductives, il est parfois difficile de maintenir la tension V constante
jusqu’au courant nominal car l’excitation nécessaire entraine un échauffement excessif des parties
actives de la machine. On retrouve cette limitation dans le diagramme tension puissance.
- la fréquence nominale f ,
- la tension nominale U (tension compoosée!),
- le courant nominal I ,
- la puissance nominale apparente S ,
- le facteur de puissance cos (φ) : c’est la valeur du cos (φ) arrière pour laquelle le courant
débité nominal I nécessite I . Il indique donc indirectement la valeur du courant
d’excitation.
Sans échauffement excessif de l’inducteur, l’alternateur peut débiter le courant nominal sous tension
nominale pour tous les facteurs de puissance avant et arrière supérieures à celui indiqué sur la
plaque.
45
III.3.c. Courbes « tension-puissance »
⎧ Icos(φ) = P
P = 3V × Icos(φ) ⎪ 3V
. ⇒ .
Q = 3V × Isin(φ) ⎨ Q
⎪ Isin(φ) =
⎩ 3V
En remplaçant les composantes active et réactive du courant dans l’équation du second degré :
Q P
E = V+X + X
3V 3V
La figure ci-dessous illustre la famille de courbes obtenues pour l’alternateur précédent. En plus des
remarques sur les sous-tensions et sur-tensions, il apparait une zone de divergence due au fait qu’à
facteur de puissance donné, l’alternateur ne peut fournir plus qu’une certaine puissance maximale.
V
cos(φ) = 0.642
cos(φ) = 0.8
φ<0
cos(φ) = 0.94
cos(φ) = 1
cos(φ) = 0.94
cos(φ) = 0.8
φ>0 cos(φ) = 0.642
3VE
P =
X
P
Caractéristiques tension/puissance de l’alternateur
Ces courbes sont importantes car elles mettent en évidence les limites atteintes par l’alternateur,
directement liées à la réactance synchrone (qui intervient au dénominateur dans l’expression de la
puissance maximale P ).
46
III.4. Fonctionnement à vitesse variable
Dans le domaine des très fortes puissances la machine synchrone reste dédiée à la production
d’électricité, donc à fréquence fixe. Pour les petites et moyennes puissances, elle est utilisée plutôt
en moteur à vitesse variable capable de réversibilité. Si dans les deux cas les principes physiques mis
en jeux ainsi que leur modélisation sont identiques, leurs commandes, en revanche, sont différentes.
Dans cette partie on utilisera la convention électrique récepteur, plus adaptée à un fonctionnement
moteur de la machine. Aussi, l’alimentation sera considérée parfaitement contrôlée en courant et
réalisée à l’aide d’une source de tension (MLI).
III.4.a. Stabilité
Les notions de stabilité établies précédemment pour un fonctionnement couplé au réseau restent
valables pour une alimentation en courant. Ceci étant, l’angle interne δ n’est plus un paramètre
pertinent.
En effet, exprimé en fonction des grandeurs de commande (courant d’induit et flux d’excitation), le
couple électromagnétique a pour expression :
A courant d’induit imposé et excitation donnée, l’angle ξ est libre et dépend de la charge sur l’arbre.
On montre par un raisonnement identique à celui décrit pour un fonctionnement couplé au réseau
avec alimentation en tension que la stabilité est vérifiée pour :
∂C
>0
∂ξ
Ce qui donne :
π π
− <ξ<
2 2
47
III.4.b. Fonctionnement autopiloté
MLI
Courants
ϕ
f(C , Ω)
Génération
Asserv.
des consignes
Ω Reg. de courant
C Position du rotor
Limitations
d/dt
La régulation de vitesse est effectuée par l’asservissement du couple et donc du courant I . Dans ces
conditions, et dans le cas d’une machine à pôles lisses, le couple électromagnétique de la machine
est directement imposé par l’amplitude du courant d’induit et de sa phase, ou encore par sa
composante directe I :
L’autopilotage permet d’assurer le contrôle du couple tout en assurant une bonne stabilité :
La machine synchrone fonctionne alors comme une MCC inversée où le système collecteur - balais
est remplacé par le système convertisseur d’électronique de puissance (MLI) / capteur, d’où
l’appellation « machine à courant continu sans balais » (« Brushless DC Motor » en anglais) donnée à
la machine synchrone autopilotée. On dispose en effet de deux grandeurs de réglage de la vitesse
comme pour la MCC : le courant pour le couple et la tension pour la vitesse.
48
Une technique de commande performante consiste à réguler les composantes du courant. La
caractéristiques couple/vitesse type de ce type de fonctionnement est représentés sur la figure ci-
après où l’on distingue deux zones bien distinctes :
- une zone à couple constant (I) où le courant d’induit asservi est constant et indépendant de
la vitesse. L’angle d’autopilotage y est généralement maintenu constant afin d’optimiser les
performances de la machine (couple/pertes),
- une zone à puissance constante (II) au-delà de la vitesse de base où le maintien du courant
n’est plus possible compte tenu de la tension maximale admissible d’alimentation. Le
défluxage est réalisé par action sur le courant d’excitation (rotor bobiné) et/ou en modifiant
l’angle d’autopilotage afin de générer une commande de flux de réaction magnétique
d’induit opposée au flux inducteur. Si la puissance est constante, le couple lui diminue.
Couple
impulsionnel Puissance en
Couple en
régime permanent
régime
permanent
limite
thermique
Limite de tension
d’alimentation
Vitesse Vitesse
de base de rotation
Caractéristique couple/vitesse type d’une machine synchrone autopilotée
49
Conclusion
En cours…
50