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Droit Des Sociétés Master Droit Patrimonial (1) S2

Les commerçants peuvent être soit des personnes physiques, soit des personnes morales. Les sociétés commerciales rentrent dans cette deuxième catégorie de commerçants.

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Droit Des Sociétés Master Droit Patrimonial (1) S2

Les commerçants peuvent être soit des personnes physiques, soit des personnes morales. Les sociétés commerciales rentrent dans cette deuxième catégorie de commerçants.

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COURS: DROIT DES SOCIETES COMMERCIALES

INTRODUCTION GENERALE

Les commerçants peuvent être soit des personnes physiques, soit des personnes morales.
Les sociétés commerciales rentrent dans cette deuxième catégorie de commerçants. Ayant la
qualité de commerçant, les sociétés sont donc d’abord soumises aux règles régissant l’activité
commerciale en général et qui constituent le droit commercial. Mais, en raison de leur
spécificité, les sociétés obéissent aussi à des règles qui leur sont propres. Elles constituent le
droit des sociétés. Ce sont elles qui font l’objet de ce cours.

Le mot « société » a deux sens. D’une part, il désigne le contrat par lequel deux ou
plusieurs personnes physiques ou morales conviennent de mettre quelque chose en commun en
vue de se partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter. Dans cette
acception, la société est un contrat, le contrat de société (V. art. 1832 C. civ.). Elle se distingue
ainsi de l’association qui est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en
commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de
partager des bénéfices. D’autre part, la société désigne la personne juridique née de ce contrat. Il
s’agit d’une personne morale distincte des personnes qui l’ont constituée, à laquelle est affectée
la « chose » mise en commun et qui est investie de la capacité juridique d’agir au nom et dans
l’intérêt de la collectivité. 

Le droit des sociétés s’intéresse à ses deux conceptions de la société. En étudiant la


première (le contrat de société), il envisage l’acte constitutif de la société. En insistant sur l’autre
conception (la société personne morale), il reconnaît l’importance de cette forme d’organisation
des activités humaines et qui est incontestablement le moteur de l’économie moderne. C’est dire
la nécessité d’édicter des règles susceptibles de permettre le développement harmonieux des
sociétés. En ce qui concerne notre pays, ces règles existent depuis fort longtemps et sont
progressivement remplacées par le droit uniforme OHADA.

L’AUS est donc sans conteste, le principal instrument juridique d’encadrement des
sociétés commerciales. En tout cas, il fixe d’une part les règles qui constituent le droit commun
des sociétés commerciales. Ce sont elles que nous allons étudier après avoir envisagé les
différents types de société commerciale.

PREMIERE PARTIE : LES FORMES SOCIALES

Il existe plusieurs types de sociétés. Mais entre les sociétés commerciales elles-mêmes,
on peut opérer plusieurs distinctions.

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On peut ainsi opposer dans un premier temps les sociétés dotées de personnalité morale et
les sociétés non dotée de la personnalité morale. La première catégorie comprend : - la société
en nom collectif, dans laquelle les associés ont tous la qualité de commerçant et répondent
indéfiniment et solidairement tenus des dettes sociales; - la société en commandite simple,
groupant d’une part, un ou plusieurs commandités ayant la qualité de commerçant et répondant
indéfiniment et solidairement tenus des dettes sociales, d’autre part, un ou plusieurs
commanditaires non commerçants dont la contribution au passif social est limitée au montant de
leurs apports à la société ;- la société à responsabilité limitée, dont les associés-ou l’associé
unique- n’ont pas la qualité de commerçant et ne sont responsables qu’à concurrence de leurs
apports ; - la société anonyme, dans laquelle les associés détiennent un titre négociable, appelé
action, et ne supportent les dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports ; - la société par
actions simplifiée, qui peut être constituée entre toutes personnes physiques ou morales-ou par
une seule personne- et dont le fonctionnement interne est librement organisé par les associés.
Les sociétés sans personnalité morale sont constituées des sociétés en participation et des
sociétés de fait ou créées de fait. La société en participation est celle que les associés sont
convenus de ne pas immatriculer et de ne pas soumettre à publicité. Elle est dite « occulte »
lorsque les associés ne la révèlent pas aux tiers et « ostensible » dans le cas contraire. La société
créée de fait, souvent confondue en droit français société de fait, est celle qu’engendre le
comportement de certaines personnes qui apparaissent comme de véritables associés.
On oppose, dans un second temps les sociétés de personnes aux sociétés de capitaux. On qualifie
de société de personne les sociétés dans lesquelles les associés se groupent en considération de
leur personnalité (intuitu personae). Dans ces sociétés, les associés doivent agréer tout nouvel
associé-le cédant étant tenu de demeurer dans la société en cas de refus d’agrément du
cessionnaire- et décider si un événement affectant la personne de l’un deux (le décès notamment)
s’oppose ou non à ce que la société continue son activité. Ces caractéristiques de la société de
personnes ne sont aujourd’hui pleinement consacrées que dans les sociétés en nom collectif et
dans les sociétés en commandite simple. Les sociétés de capitaux sont des sociétés dont le
régime n’est pas fondé sur la personnalité des associés. Ceux-ci ne se connaissent généralement
pas et peuvent, sauf dérogation, céder librement leurs actions. Entre les sociétés de personnes et
les sociétés de capitaux, se trouvent les sociétés à responsabilité limitée dont les traits
caractéristiques sont empruntés tantôt aux unes, tantôt aux autres. Il en est de même des sociétés
par actions simplifiées dans lesquelles l’intuitu personae entre associés est le plus souvent
déterminant.
Enfin, on distingue les sociétés privées des sociétés publiques ou parapubliques. Alors
que les premières sont constituées entre des personnes privées, les secondes sont des sociétés
dont le capital appartient soit exclusivement, soit en partie aux personnes morales de droit public
(société à capital public, société d’économie mixte).

Une dernière distinction, sans doute la plus appropriée, en raison du fait qu’elle permet de
rende compte de toutes les formes sociales est celle qui oppose les sociétés à risques limités aux
sociétés à risques illimités.

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TITRE I : LES SOCIETES A RISQUES ILLIMITES

Les sociétés à risques illimités ont des caractères communs. Il s’agit de sociétés dans lesquelles
les associés se connaissent tous et contractent en considération de la personne. Le contrat de
société est conclu intuitu personae. Ce sont des sociétés à haut risque dans la mesure où l’on ne
peut, à l’avance, fixer un minimum de mise à ne pas dépasser ; si les affaires tournent mal, on
peut y laisser toute sa fortune.
Cependant, au-delà de ces points communs, chaque société a son caractère propre, les fondateurs
pouvant choisir entre différents modèles. Il importe alors de faire le départ entre les deux
catégories :
- La première catégorie regroupe les sociétés immatriculées, lesquelles sont dotées de
la personnalité morale (Chapitre 1),
- La deuxième est celle des sociétés non immatriculées, dépourvues de ce fait de la
personnalité morale (Chapitre 2).

CHAPITRE I : LES SOCIETES A RISQUES ILLIMITES DOTEES DE LA


PERSONNALITE MORALE

SECTION I : LA SOCIETE EN NOM COLLECTIF


La SNC est commerciale par la forme et ses associés sont des commerçants. L’article 270
AU définit la SNC comme une société « dans laquelle tous les associés sont commerçants et
répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales ».
La SNC parce que fondée sur l’intuitu personae, est adaptée aux petites sociétés
constituée par des personnes physiques qui se connaissent, se font confiance, acceptent de courir
ensemble les risques financiers de l’exploitation et de se consacrer activement à l’entreprise
commune. D’où son caractère souvent familiale, conforter par la non existence d’un capital
minimum.
L’intuitu personae caractérise sa constitution, son fonctionnement et sa dissolution.

I : LA CONSTUTION DES SOCIETE EN NOM COLLECTIF.


Sa particularité réside dans la capacité d’accomplir des actes de commerce qui est exigée
des associés. La société en nom collectif conférant aux associés la qualité de commerçants ces
derniers doivent en plus de la capacité, être exempts d’incompatibilité.

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Aussi, deux époux ne sauraient-ils former ensemble une SNC (article 9 de l’acte
uniforme). Cet article protège le patrimoine familial des risques énormes encourus compte tenu
de l’engagement indéfini et solidaire des associés. Par ailleurs, il existe certains interdits : la
forme de la SNC n’est pas permise pour certaines activités (assurance, banque).
La SNC est désigné par une dénomination sociale comprenant le nom d’un ou de
plusieurs associés qui doit être immédiatement procédé ou suivi en caractère lisible des mots
« société en nom collectif »ou du sigle « SNC ».
P II : L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DES SOCIETES EN NOM
COLLECTIF
Le fonctionnement de la SNC nécessite l’intervention de deux organes à savoir : les gérants et les
associés.
- LES GERANTS
La société peut designer, à travers les statuts, un ou plusieurs gérants. En cas de mutisme des
statuts tous les associés sont réputés être gérants. Il faut préciser que le gérant de la société peut
être désigné par un acte autre que les statuts de la société. Il suffit seulement que les associés
l’acceptent comme tel.
Lorsque le gérant est statutairement désigné et est associé, il est pratiquement inamovible.
Seule l’unanimité des associés ou une décision judiciaire peut le révoquer pour juste motif. Par
contre, le gérant qui n’est pas nommé par les statuts peut être révoqué ad nutum ou par décision
de la majorité en nombres et capital des associés. La rémunération du gérant est fixée par les
associés en nombre et en capital.
Le gérant est compétent pour accomplir tout acte dans l’intérêt de la société : signature des
contrats, paiement facture…
Il faut souligner que, dans la SNC, les décisions collectives sont prises en assemblée ou par
consultation écrite. Chaque année, il est tenu dans les six mois qui suivent la clôture de
l’exercice, une assemblée générale annuelle à la cour de laquelle, le rapport de la gestion,
l’inventaire et les états financiers sont soumis à l’approbation de la collectivité et des associés.
De même, les associés non gérants ont le droit de consulter au siège de la société deux fois
par an tous les documents pièces comptable émis par la société. Il exerce ainsi leur droit de
contrôle de la gestion.
- LES ASSOCIES
Les associés de la SNC ont le droit de : 1) demeurer dans la société aussi longtemps qu’il le
désire. Ils ne pourront être exclus de celle-ci qu’en cas de faillite personnelle ou d’impossibilité
d’exercer le commerce, si les statuts ont prévu la continuation de la société en pareil cas ; 2)
rester dans la société et évidemment en sortir mais compte tenu de l’intuitu personea qui domine
la société, la cession d’une part ne pourra se faire qu’avec le consentement unanime de tous les
associés ; 3) participer aux bénéfices réalisés par la société…
Les associés en nom ont la qualité de commerçant. Chacun d’eux sera soumis aux obligations
qui pèsent sur le commerçant. L’obligation spécifique des associés en nom demeure, cependant,
celle de l’article 270 de l’acte uniforme à savoir l’obligation indéfinie et solidaire au passif

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social. L’obligation indéfinie suppose que l’associé est tenu de la totalité des dettes impayées par
la société sur la totalité de ces biens saisissable.
L’obligation solidaire entre associés en nom suppose une parfaite représentation entre ceux-ci.
C’est dire qu’un associé poursuivi paie pour tous les associés quitte à lui d’exercer un recours
contre ses associés, chacun pour sa part.
Les parts sociales sont en principe incessibles sauf clause contraire des statuts ou décision
unanime des sociétés.
P III : LA DISSOLUTION DES SOCIETES EN NOM COLLECTIF

La SNC prend fin lorsque survient l’une des causes générales de dissolution des sociétés
ou l’une des causes propres aux sociétés de personnes. Tous les associés sont ténus solidairement
et indéfiniment du passif social en cas de dissolution.
De même si deux associés viennent à se marier, la société doit se dissoudre. La seule
solution consiste pour les époux à transformer avant le mariage leur société en société en
commandite simple. L’un des époux demeurant commandité et le second devenant associé
commanditaire.

SECTION II : LA SOCIETE EN COMMANDITE SIMPLE.


L’acte uniforme définit la SCS comme une société « dans laquelle coexistent un ou
plusieurs associés indéfiniment et solidairement responsable des dettes sociales ‘‘associés
commandités’’ avec un ou plusieurs associés responsables des dettes sociales dans sociales
dans la limite de leur apports dénommés ‘‘associés commanditaire’’ ou ‘‘associés en
commandite’’, et dont le capital est divisé en parts sociales ».
Si on trouve dans le régime juridique de cette société la plupart des règles propres aux
SNC, il faut relever que la SCS présente aussi des particularités quant à sa constitution son
organisation et fonctionnement et sa dissolution

P I : LA CONSTITUTION DES SOCIETES EN COMMANDITE SIMPLE.


La SCS est une société de personne en ce sens que l’intuitu personae guide le choix des
membres. En cela elle se rapproche de la SNC. La société se désigne sous une dénomination
sociale comprenant le nom des associés en commandités ou de certains d’entre eux précédé ou
suivi en caractères lisible des mots ‘‘société en commandite simple’’ ou du sigle ‘‘SCS’’. Il est
précisé que le nom d’un associé commanditaire ne peut en aucun cas être incorporé à la
dénomination sociale, à défaut de quoi ce dernier répond indéfiniment et solidairement des dettes
sociales (article 295(1) et (2) de l’acte uniforme).
Les statuts de la SCS doivent mentionner :
- Le montant ou la valeur des apports de tous les associés
- La part dans ce montant ou cette valeur de chaque associé commandité ou commanditaire

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- La part globale des associés commandités et la part de chaque associé commanditaire
dans la répartition des bénéfices et dans le boni de liquidation (article 295 de l’acte
uniforme)
Les parts sociales sont en principe cessible et l’article 296 alinéas 1 de l’Acte Uniforme
précise toutefois qu’il faut le consentement de tous les associés. Cependant, les statuts peuvent
organiser d’autres modalités de cessibilité (article 296 alinéa 2).
Les commanditaires ne sont pas simplement des bailleurs de fonds mais de véritables
associés liés aux autres par l’affectio societatis. Etant dans une société de personnes, ils sont
choisis intuitu personae et bénéficient des parts sociales cessibles seulement avec le
consentement des autres associés.
Les sociétés en commandite simple qui confèrent aux associés commandités la qualité de
commerçants exigent des personnes associées commandités en plus de la capacité, d’être
exemptes d’incompatibilité.
P II : L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DES SOCIETE EN
COMMANDITE SIMPLE
Sauf disposition contraire des statuts, la SCS est gérée par tous les associés commandités. Il est
possible de designer un tiers dans la société pour assurer la gérance. Mais, selon l’article 299 de
l’acte uniforme, l’associé ou les associés commanditaires ne peuvent faire aucun acte de gestion
externe même en vertu d’une procuration. Cette règle connue sous le nom de défense
d’immixtion des commanditaires dans la gestion est un principe fondamental de la SCS. En cas
de contravention à cette prohibition, l’associé ou les associés commanditaire fautifs sont obligés
indéfiniment et solidairement avec les associés commandités pour les dettes et engagements de la
société qui dérivent des actes de gestion qu’ils ont fait.
Chaque année est tenue une assemblée générale dont le but est surtout d’apprécier les
comptes de la société.
Les associés commanditaires et les associés commandités non gérants ont deux fois par an le
droit d’obtenir communication des documents de la société. A cet égard, ils peuvent posés par
écrit des questions sur la gestion sociale. La réponse devant également être donnée par écrit. Il
s’agit là du contrôle de la société par les associés.
Les associés commandités ou commanditaire ont le droit de se partager les bénéfices, de
contrôler et de critiquer la gestion
Les associés commanditaires sont ténues des dettes sociales jusqu’à hauteur de leurs parts
sociales alors que les associés commandités sont ténus solidairement et indéfiniment du passif
social.
P III : LA DISSOLUTION DES SOCIETE EN COMMANDITE SIMPLE.
Les causes de dissolution et leur effets sont les mêmes que pour les sociétés
commerciales en général. Mais contrairement à la SNC, les causes particulières à l’associé
frappe seulement les commandités. En cas de décès d’un commandité, la société peut, si les
statuts le prévoient continuer avec ses héritiers. Si ceux-ci sont mineur non émancipés, ils
peuvent être commanditaires. Il doit être procédé à leur remplacement par de nouveaux associés

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commandités ou à la transformation de la société en société de capitaux dans un délai d’un an à
compter du décès. A défaut, la société est dissoute de plein droit à l’expiration de ce délai.
En ce qui concerne les commanditaires, la considération de leur personne étant moins
importante ; l’article 108 de l’acte uniforme prévoit que la société continue malgré le décès de
l’associé commanditaire et les statuts peuvent envisager la continuation de la société sans lui ou
avec ses héritiers.
En conclusion

La responsabilité indéfinie et solidaire des commandités constitue pour les créanciers une
garantie importante ; et les fondateurs ont une grande liberté pour organiser dans les statuts le
fonctionnement de la société.

Avec ces particularités, la SCS convient aux héritiers qui ne veulent pas supporter une
responsabilité indéfinie et solidaire dans une SNC dont ils ont hérité les parts: ils peuvent devenir
des associés commanditaires.

CHAPITRE II : LES SOCIETES A RISQUES ILLIMITES NON DOTEES DE LA


PERSONNALITE MORALE

Il s’agit des sociétés qui ne sont pas immatriculées ; ce qui leur donne une nature quelque peu
spéciale. Il en existe plusieurs catégories, la société en participation et la société de fait ou la
société créée de fait.
La société en participation est une société créer en connaissance de cause ; elle résulte
d’un choix express et délibéré des partenaires en présence, qui décide, après mure réflexion de se
mettre ensemble au sein d’une société non immatriculée. Dans la société créée de fait par contre,
quelques personnes œuvrent ensemble sans se soucier autrement de la qualification juridique de
leur collaboration ; elles n’ont pas conscience d’avoir créé une société ad hoc. Ce n’est
qu’ultérieurement, généralement quand il y a crise ou litige, que l’on cherchera si les partenaires
ne se sont pas comportés comme des associés.
La société en participation et la société créée de fait sont ainsi distinctes l’une de l’autre.
Mais au fond, il s’agit bien là d’une distinction inutile, car la loi les soumet pratiquement au
même régime juridique. Etant toutes deux dépourvues de la personnalité juridique, elles ne
peuvent avoir de patrimoine propre, ni ester en justice.

S’il  apparaît donc que c’est l’immatriculation qui confère la personnalité juridique à la société, il
est dès lors évident que la société en formation (A) et la société constituée mais non encore
immatriculée (B) n’ont pas de personnalité morale. Il en va également de la société en
participation (C) et de la société créée de fait (D). Il faut analyser séparément ces différentes
hypothèses.

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A. La société en formation

« La société est en formation lorsqu’elle n’est pas encore constituée » (V. art. 100 AUS).
Il s’agit d’une société dont le processus de constitution n’est pas encore arrivé à terme. On est
ici dans l’hypothèse où les fondateurs de la société n’ont pas encore effectué toutes les formalités
ou rempli les conditions nécessaires à la formation de la société. Une telle société n’a pas encore
d’existence juridique puisqu’elle n’est qu’en cours de formation. Il se pose alors la question du
sort des engagements pris pour son compte par les fondateurs. Ces actes et engagements doivent
être portés à la connaissance des associés avant la signature des statuts si la société ne fait pas
publiquement appel à l’épargne et, dans le cas contraire, lors de l’assemblée constitutive (Art.
106 al. 1 AUS) et peuvent être repris par la société, postérieurement à sa constitution à la
condition qu’ils soient approuvés par l’AGO (V. art. 108 AUS). Ces actes sont alors réputés
avoir été contractés par celle-ci dès l’origine (V. art. 110 al. 1 AUS). La reprise a donc un effet
rétroactif (Com, 25 oct. Et 15 nov. 1983, D. 1985. 149). La reprise ne saurait en toute hypothèse
couvrir les délits commis au nom de la société (Paris, 24 févr. 1977. JCP 1978. II. 18957). En
l’absence de reprise, les actes ou engagements « sont inopposables à la société et les personnes
qui les ont souscrits sont tenues solidairement et indéfiniment par les obligations qu’ils
comportent » - Art. 110. al 2 AUS). La preuve de la reprise des actes passés pour le compte de la
société en formation incombe à celui qui l’invoque (Com, 21 juil. 1987).

B. La société constituée mais non encore immatriculée

Elle ne se confond pas avec la société en formation. La société constituée non encore
immatriculée est une société dont les statuts ont été signés par les fondateurs (Art. 101 AUS) qui
sont dès cet instant remplacés par les dirigeants sociaux (Art. 104 AUS). Il s’agit donc d’une
société déjà normalement formée mais qui demeure dans l’attente de l’immatriculation qui va la
faire accéder à l’existence juridique.

Les engagements susceptibles d’être pris par les dirigeants sociaux doivent être prévus
par les statuts ou par acte séparé qui leur donnent ainsi mandat pour agir pour le compte de la
société constituée. L’immatriculation emporte reprise par la société de ces engagements (Art.
111 AUS). En revanche, les engagements ou actes pris au-delà des pouvoirs qui leur sont
conférés peuvent être repris par la société à condition d’être approuvés par l’AGO, sauf clause
contraire (Art. 112 AUS). En cas de non reprise, ces engagements sont inopposables à la société
et les personnes les ayant pris sont tenues solidairement et indéfiniment envers les tiers (L’art.
113 AUS renvoie à l’application de l’art. 110). En tout état de cause, ces actes sont à la charge
de ceux qui ont donné mandat de les passer (Com, 3 avr. 1973).

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C. La société en participation

Aux termes de l’art. 854 de l’AUS, « La société en participation est celle dans laquelle
les associés conviennent qu’elle n’est pas immatriculée au RCCM. Elle n’a pas la personnalité
morale  et n’est pas soumise à publicité» (V. art. 114 AUS). Cette société n’est pas portée à la
connaissance des tiers car n’étant pas soumise à publicité. Il s’agit d’une société occulte.
Cependant, les participants (ou associés en participation) peuvent décider de révéler son
existence. Elle peut alors être qualifiée de société ostensible. La société en participation est une
vraie société qui comme telle doit réunir tous les éléments caractéristiques du contrat de société.

N’ayant pas de personnalité juridique, la société en participation entraîne un certain


nombre de conséquences : absence de patrimoine social car chaque participant reste en principe,
propriétaire de son apport ; absence d’engagements sociaux, la société n’est pas tenue en tant que
telle des engagements passés par le gérant ou les associés (la participant qui traite avec un tiers
engage sa responsabilité, sauf révélation de la participation. Toutefois, si les participants agissent
en qualité d’associés au vu et au su des tiers, chacun d’eux est tenu solidairement à l’égard des
tiers des obligations nées des actes accomplis. Il est bien sûr nécessaire de caractériser les actes
personnels des participants pour conclure à l’existence d’une obligation collective (Com, 15 juil.
1987, JCP. [Link]. 20958).

D. La société créée de fait

Des dispositions de l’art. 115 AUS, il résulte qu’il y a société créée de fait lorsque le
contrat de société ou l’acte unilatéral de volonté n’est pas établi par écrit et que de ce fait, la
société ne peut être immatriculée. Elle ne doit pas être confondue avec la «  société de fait »
dont elle est une variante (Art. 865 AUS). « Il y a société crée de fait, dit l’art. 864 de l’AUS,
lorsque deux ou plusieurs personnes physiques ou morales se comportent comme des associés
sans avoir constitué entre elles l’une des sociétés reconnues par le présent AU » (application de
la théorie de l’apparence en vue de protéger les tiers). Il en est également ainsi lorsqu’ elles ont
constitué une société mais sans accomplir les formalités légales constitutives ou ont constitué
une société non reconnue par l’AUS (Art. 865 AUS). Dans tous les cas, l’existence d’une
société de fait est prouvée par tout moyen et si tel est le cas, le juge appliquera les règles de la
SNC aux associés (Art. 868 AUS).

9
La société créée de fait n’a pas de personnalité juridique (Art. 115 AUS). Dans l’intérêt
des tiers ayant traité avec une telle société, il est fait application des règles de la société en nom
collectif (Art. 868 AUS).

TITRE II. LES SOCIETES A RISQUES LIMITES


Elles différentes des sociétés de personnes en ce qu’elles offrent la facilité de
transmission des parts sociales appelée « action ». L‘action est représentée par un titre
transmissible et négociable dans lequel se matérialise le droit de l’associé. L‘action a trois
caractères : 
C’est un titre négociable c’est-à-dire transmissible par des modalités simplifiées sauf
lorsque les statuts prévoient expressément des restrictions (clause d’agrément et de préemption).
C’est un titre d’associé c’est-à-dire un titre qui lui donne droit de participer aux
bénéfices, au partage de l’actif en cas de dissolution, de prendre part à l’administration, de
contrôler la société par l’intermédiaire des associés.
C’est un titre a valeur nominale c’est-à-dire qu’elle représente une quotte part du
capital. Ces sociétés émettent aussi souvent des obligations qui sont des titres qui ne confèrent
pas la qualité d’associé mais plutôt celle de créancier de la société.
Elles se distinguent particulièrement des sociétés de personnes en ce qu’elles sont
soumises à une législation contraignante, à l’exception de la dernière-née de la famille, la société
par action simplifiée (SAS), qui se signale par sa souplesse et son caractère largement
contractuel.
On distingue deux types de sociétés à risques limités : la société à responsabilité limitée
(SARL) qui associe les règles des sociétés de personnes et celles des sociétés de capitaux d’une
part, les sociétés par actions constituées de la société anonyme (SA) et de la société par action
simplifiée (SAS).

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CHAPITRE I : LA SOCIETE ANONYME
«  La société anonyme est une société dans laquelle les actionnaires ne sont responsables des
dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports et dont les droits des actionnaires sont
représentés par des actions ». La SA présente des particularités quant à sa constitution (Section
I) son organisation et fonctionnement (Section II) et sa dissolution (Section III).

SECTION I : LA CONSTITUTION DE LA SOCIETE ANONYME


La Société Anonyme est désignée par une dénomination sociale qui doit être
immédiatement précédée ou suivie en caractère lisibles des mots « société anonyme » ou du sigle
« SA » et du mode d’administration de la société. Elle peut ne comprendre qu’un seul
actionnaire.
La SA doit avoir un capital minimum de 10 million de FCFA. Ce capital est divisé en actions
dont la valeur nominale ne saurait être inférieure à 10000 FCFA.
Les formalités essentielles sont : La rédaction et le dépôt du projet de statuts, La
souscription du capital social ; La libération du capital ; La déclaration notariée de
souscription et de paiement ; La publicité des actes constitutifs de la société

Le capital libéré est déposé soit chez le notaire, soit dans un compte bancaire spécial, ouvert
au nom de la société en formation. Le notaire qui reçoit les fonds ou le certificat de dépôt dresse
l’acte dénommé « déclaration de souscription et versement ». Le certificat de dépôt est annexé à
la déclaration notariée.
Dans le cas où il y’a des apports en nature, l’intervention d’un commissaire au apport est
nécessaire. Le commissaire aux apports est choisi à l’unanimité par les futurs associés parmi les
commissaires aux comptes pour évaluer les apports en nature, ainsi que les avantages
particuliers. Un rapport est dressé à cet égard et déposé au moins trois jours avant la date de
l’assemblée générale constitutive au siège de la société.
Elle ne se tient que lorsque le capital est entièrement libéré. Elle sert à approuvé les statuts et
à choisir les premiers organes de direction et de contrôles de la société. L’assemblée générale
constitutive est présidée par l’actionnaire ayant le plus grand nombre d’actions ou à défaut par le
doyen d’âge.
Un extrait des statuts et des pièces annexées doit être publié dans un journal d’annonce légale
et la société doit être immatriculée au RCCM.
11
SECION II : L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DE LA SOCIETE
ANONYME.
On peut distinguer ici les organes de gestion ou d’administration et les organes de contrôle.
PI : L’ADMINISTRATION DE LA SOCIETE ANONYME
La société anonyme peut avoir soit un conseil d’administration avec direction générale, soit
un administrateur général.
La société anonyme est soumise à des régimes de gestion variés. On distingue ainsi la société
anonyme avec conseil d’administration et la société anonyme avec administrateur général. Dans
le premier cas (SA avec CA), la société est dirigée soit par un président-directeur général, soit
par un président du conseil d’administration et un directeur général (V. art. 415 AUS). Le PDG
est nommé par le conseil d’administration parmi ses membres. Il doit être une personne physique
à peine de nullité (Art. 462 AUS). Le PCA et le DG sont également nommés par le C.A parmi
ses membres. Toutefois, le DG peut être choisi en dehors des membres du CA. Dans le second
cas (SA avec AG : la société a un nombre d’actionnaires égal ou inférieur à trois), la société est
dirigée par un Administrateur Général désigné dans les statuts ou par l’assemblée générale
constitutive (la durée de son mandat ne peut excéder 2 ans) ou par l’assemblée générale
ordinaire en cours de vie sociale (pour une durée de 6 ans au plus) (V. art. 495 et 496 AUS).
P II : LE CONTRÔLE DE LA SOCIETE ANONYME
Il est effectué par le commissaire au compte et les actionnaires.
A- Le contrôle par les commissaires au compte
Le commissaire au compte est choisi en fonction de sa compétence et de son indépendance.
La compétence est tirée de la qualification exigée. En principe, ce sont les experts comptables
qui sont désignés. L’indépendance est recherchée à travers de nombreuses incompatibilités en
vue de leur assurés une liberté morale et matérielle.
Le commissaire aux comptes a une mission permanente de contrôle sur les valeurs et les
documents comptables de la société. Elle se traduit par un droit de se faire communiquer sur
place tous les documents, contrats et registres. Il doit également certifier les états financiers de
synthèse de la société. Aussi, la nouvelle mission à lui assignée est de déclencher la procédure
d’alerte lorsqu’il a connaissance des faits de nature à compromettre la continuité de
l’exploitation. Sa responsabilité en cas de faute peut être engagée. Son contrôle porte sur les
livres, la caisse, le portefeuille et les valeurs de la société. Les commissaires aux comptes
vérifient la sincérité et la régularité de tous les documents comptables, ainsi que l’exactitude des
informations véhiculées.
B- Le contrôle par les actionnaires.
Il est fait par le biais des assemblées. L’assemblée des actionnaires est normalement
convoquée par le conseil d’administration ou par l’administrateur général. A défaut, elle peut
être convoqué par les commissaires aux comptes ; un mandataire désigné par le président de la
juridiction compétente et le cas échéant, par le liquidateur. L’assemblée est présidée, selon le cas,
par le PDG, le PCA ou par l’administrateur général. Exceptionnellement, c’est par l’associé
ayant le plus grand nombres d’actions et en cas d’égalité par le doyen d’âge.
12
L’assemblée ordinaire prend toutes les décisions autres que celles réservées aux
assemblées générales extraordinaires. Elle est notamment compétente pour :
L’assemblée générale extraordinaire est seule habilité à modifier les statuts dans toutes
leurs dispositions. Elle est également compétente pour autoriser les fusions, scissions et
transformations des sociétés, dissoudre par anticipation la société ou en prolonger la durée.
Les assemblées générales spéciales réunissent les titulaires d’actions d’une catégorie
déterminée (action de capital, de jouissance, de priorité). Ces assemblées approuvent ou
désapprouvent les décisions des assemblées générales lorsqu’elles modifient les droits de ses
membres.
SECTION III : LA DISSOLUTION DE LA SOCIETE ANONYME
En dehors des causes communes de dissolution des sociétés, la SA peut être dissoute :
- en cas d’insuffisance du capital social (article 914 AU) c’est-à-dire lorsque le capital
social est inférieur au minimum légal
- En cas de perte de la moitié du capital social
La dissolution de la SA pluripersonnel entraine de plein droit sa mise en liquidation.
La personnalité morale subsiste pour les besoins des opérations de liquidation et jusqu’à leur fin.
Dans tous les cas, la dissolution de la société n’a d’effet à l’égard des tiers qu’à compter de sa
publication au RCCM. Il est en effet, important que les tiers soient informés de la fin d’une
société afin qu’ils puissent exercer leurs recours.
NB : La société anonyme unipersonnelle obéit a toutes les règles de sociétés anonymes
avec comme seul différence qu’elle a forcément un administrateur général puisqu’elle n’a qu’un
seul actionnaire. Ce seul actionnaire exerce des compétences reconnues aux assembles générales
ordinaires et extraordinaires. Ces décisions sont consignées dans les procès-verbaux. En cas de
dissolution d’une SA unipersonnelle, il y a transmission universel de son patrimoine à
l’actionnaire unique, sauf possibilité d’opposition par les créanciers de la société.

13
CHAPITRE II : LES SOCIETES A RESPONSABILITE LIMITEE (SARL)
L’article 309 alinéas 1de l’acte uniforme définit la SARL comme une « société dans
laquelle les associés ne sont responsables des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports
et dont les droits sont représentés par les parts sociales ».
La société est désignée par une dénomination sociale qui doit être immédiatement
précédée ou suivie en caractères lisible des mots « société à responsabilité limitée » ou du
sigle « SARL » (article 319 de l’acte uniforme)
La SARL est une société hybride :
Aux sociétés de capitaux elle emprunte l’absence de responsabilité personnelle des associés
relativement au passif social. La commercialité formelle et l’exclusion des causes de dissolution
attachée à la personne de l’associé ;
Aux sociétés de personnes elle emprunte la non négociabilité des parts sociales.
SECTION I : LA CONSTITUTION DES SOCIETES A RESPONSABILITE LIMITEE.
La SARL peut être constituée par une personne physique ou morale ou entre deux ou
plusieurs personnes physiques ou morales (article 309 de l’acte uniforme). Elle peut donc être
unipersonnelle ou pluripersonnelle. Sous réserve des activités illicites ; immorales,
d’établissement de crédit ou d’établissement d’assurance, la SARL peut être constituée pour
toute activité.
La SARL doit avoir un capital d’au moins un million de francs CFA. Mais en droit
camerounais, il faut ajouter les dispositions de la loi n° 2016/014 du 14 décembre 2016 fixant le
capital minimum et les modalités de recours aux services du notaire dans le cadre de la création d’une
société à responsabilité limité. Le Cameroun, dans le sillage de cinq autres parties contractantes au
Traité a, au moyen de la loi cité supra, ramené le seuil minimal du capital social à la somme de 100.000
FCFA (voir l’article 2). Le capital est divisé en part sociales égales dont la valeur nominale ne peut
être inférieure à 5000 F CFA. Les statuts doivent nécessairement contenir l’évaluation de chaque
apport en nature et des avantages particuliers stipulés.
Les fonds provenant de la libération des parts sociales doivent être déposés par les
fondateurs soit dans une banque soit à l’étude d’un notaire. Ces fonds restent indisponibles
jusqu’au jour de l’immatriculation de la société au registre du commerce et du crédit mobilier.
C’est à ce moment qu’elle acquiert, en effet, la personnalité juridique.
L’associé ou les associés doivent tous, à peine de nullité, intervenir à l’acte constitutif de
la société en personne ou par l’intermédiaire d’un mandataire justifiant d’un pouvoir spécial. Ils
doivent apposer leur signature sur les statuts.

14
SECTION II : L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DES SOCIETES A
RESPONSABILITE LIMITEE.
Contrairement aux sociétés anonymes ou l’on parle d’administrateur, ici se sont les
gérants qui assurent l’administration de la SARL. Leurs pouvoirs, leurs rapports avec la société
(convention, responsabilité, etc.) sont calqués sur ceux des administrateurs de la société
anonyme.
La SARL est administrée par un ou plusieurs gérants associés ou non, désignés par les
statuts ou par un acte postérieur. En l’absence de précision particulière, le ou les gérants sont
nommés pour quatre ans et sont rééligibles.
De manière générale, en l’absence de précision particulière par les statuts. Il convient de
distinguer deux cas :
- Lorsque le gérant est unique, il est compétant pour faire tous les actes dans l’intérêt de la
société. Il a donc un pouvoir de représentation illimitée de la société. Il est précisé que les
clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants sont inopposables aux tiers.
- En cas de pluralité de gérants, ceux-ci détiennent séparément tous les pouvoirs de gestion
sauf le droit pour chacun de s’opposer à toute opération d’un autre avant qu’elle ne soit
conclue. La gestion est donc individuelle et non collective comme dans la SA.
En revanche, le gérant est responsable de toute faute qu’il pourrait commettre dans
l’exercice de ses fonctions. Au cas où plusieurs gérants coopèrent au même fait, tous sont
solidairement tenus du dommage pouvant en découler. Les associés disposent pour leur
compte ou celui de la société de l’action en responsabilité contre le ou les gérants.
Les SARL remplissant l’une des conditions suivantes sont tenues de désigner au moins
un commissaire aux comptes : Capital social supérieur à 10 000 000 (dix million) ; Chiffre
d’affaire annuel supérieur à 250 000 000 (deux cents cinquante millions) ; Effectif permanent
supérieur à 50 personnes.
Pour les SARL ne remplissant pas l’une de ces conditions, la nomination d’un commissaire
aux comptes est facultative. Mais elle peut être demandée en justice par un ou plusieurs
associés détenant au moins 1 /10 du capital social.
La SARL est aussi contrôlée par les associés à qui les gérants doivent rendre compte
selon un régime semblable à celui des sociétés anonymes.
La cession des parts sociales consenties à un associé est en principe libre. La cession à un
tiers étranger est subordonnée à la réunion d’une double conditionnalité :
L’approbation de la majorité absolue (moitié plus un) des associés.
Cette majorité doit représenter les 3/4 du capital social déduction faite des parts de l’associé
cédant.
La transmission successorale est libre.
SECTION III : LA DISSOLUTION DES SOCIETES A RESPONSABILITE LIMITEE.
En plus des causes de dissolution communes à toutes les sociétés, la SARL comporte des
causes propres de dissolution. Il s’agit :
- De la réduction du capital social au-dessous du minimum légal (article 368 de l’AU)

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- De la perte de la moitié des capitaux propres (article 371 AU)
Malgré l’intuitu personae, les évènements qui atteignent personnellement les associés
n’entrainent pas la dissolution de la société. Dès lors, la mort d’un associé n’est, en principe, pas
une cause légale de dissolution de la SARL sauf si les statuts en disposent autrement. Et l’article
384 précise qu’une clause des statuts peut en décider ainsi. Il n’est pas permis de stipuler
conventionnellement que l’incapacité ou la faillite d’un associé sera une cause de dissolution.

Conclusion :

La SARL unipersonnelle ne compte qu’un seul associé, appelé associé unique, qui peut être une
personne physique ou morale. Elle permet d’avoir une structure juridique qui limite la
responsabilité et qui assure en même temps la pérennité de l’entreprise.

Le régime juridique de la SARL unipersonnelle est celui de la SARL pluripersonnelle avec


quelques adaptations.

En effet, la gestion peut être assurée par l’associé unique ou par un tiers non-associé. L’associé
unique prend des décisions ordinaires et extraordinaires, mais il devra veiller à ne pas confondre
le patrimoine de la société avec son patrimoine personnel. S’il succombait à la tentation, il risque
de se voir appliquer les procédures collectives (par exemple, être obligé de combler le passif
social avec son patrimoine personnel). Il peut également être poursuivi pour abus des biens
sociaux.

Le gérant, qu’il soit l’associé unique ou non, doit tenir les assemblées, déposer les rapports de
gestion et l’inventaire, c’est-à-dire qu’il doit rendre compte.

L’associé unique peut décider de la dissolution anticipée. Cette décision est suivie de la
transmission du patrimoine social au patrimoine personnel de l’associé unique.

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CHAPITRE 3 : LA SOCIETE PAR ACTIONS SIMPLIFIEE

Elle est organisée par les articles 853-1 à 853-23 de l’acte uniforme OHADA relatif aux
sociétés commerciales et au groupement d’intérêt économique.

La société par actions simplifiée est une forme de société assez atypique. Elle est caractérisée
principalement par la liberté accordée aux associés relativement à son organisation et à son
fonctionnement.  Sa nature et son régime traduisent sa particularité.

Section 1 : Caractéristiques de la SAS

Plusieurs éléments permettent de caractériser la SAS.


                – La  SAS est une société à risques limités. Les associés ne sont responsables des
dettes sociales qu’à hauteur leurs apports; elle se rapproche donc de c point de vue  de la SARL
et de la SA.
                –  La SAS est une société par actions : en contrepartie de leurs apports, les associés
reçoivent des actions et non pas des parts sociales.
                – La SAS est une société ne faisant pas appel public à l’épargne c’est-à-dire que ses
titres ne sont pas négociables sur le marché boursier. En cela elle se différencie de la SA qui,
dans certaines conditions peut faire appel public à l’épargne.
                –  La SAS peut être une société  pluripersonnelle ou unipersonnelle (dans ce cas, on
parle de la SASU): le législateur a consacré aussi bien la SAS comprenant plusieurs actionnaires
que la SAS qui n’a qu’un seul actionnaire. Il y a là un point commun avec la SA qui peut aussi
être unipersonnelle.
                – La SAS est surtout une société flexible qui peut être librement organisée par les
associés  notamment pour ce qui est du capital social, du nombre d’associés,  des modes
d’administration, etc.
                – La SAS n’est pas une société à capital variable, mais elle peut le devenir.

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                – La SAS n’a pas de capital social minimum; les parties fixent librement le capital
social ainsi que le montant nominal des actions et les conditions de libération des apports.

SECTION 2 : FONCTIONNEMENT DE LA SAS


                Comme conséquence de sa nature particulière, la SAS n’a pas de régime juridique
propre.  Elle est librement organisée par les actionnaires conformément à l’article 853-7 qui
dispose que  « les statuts fixent les conditions dans lesquelles la société est dirigée ». Le seul
organe obligatoire prévu dans la SAS est le Président qui représente la société à l’égard des tiers
( art. 853-8). Les autres pouvoirs sont exercés par l’Assemblée générale ( art. 853-11).
                Par ailleurs, l’article 853-3 prévoit que sauf exception les règles prévues pour les
sociétés anonymes s’appliquent à la SAS. Parmi les exceptions, on note que la présence du
commissaire aux comptes n’est pas obligatoire sauf dans les cas prévus par l’article 853-13
-   Direction
Les associés déterminent librement dans les statuts les règles d'organisation de la société :
nomination d'un président unique ou d'un organe collégial de direction avec désignation d'un
président habilité à engager la société,
possibilité de choisir ou non un dirigeant non actionnaire,
possibilité de désigner ou non une personne morale en tant que dirigeant,
modalités de nomination, de révocation,
délégation de pouvoirs à des comités spéciaux, etc..
-  Décisions collectives
Les associés déterminent également librement dans les statuts les modalités d'adoption des
décisions collectives : définition des décisions devant être prises collectivement, conditions de
forme, de quorum et de majorité, droit de véto à un associé en particulier, etc.
Ils peuvent également prévoir un organe de surveillance du ou des dirigeants.
Certaines décisions doivent obligatoirement être prises collectivement (en assemblée générale ou
par tout autre moyen) : approbation des comptes et répartition des bénéfices, modification du
capital social, fusion, scission, dissolution de la société, nomination des commissaires aux
comptes, transformation de la société en une autre forme de société, examen des conventions
conclues entre la société et ses dirigeants et associés, ainsi que les décisions nécessitant l'accord
unanime des associés (agrément des associés en cas de cession d'actions par exemple).
  Commissaire aux comptes
La désignation d'un commissaire aux comptes dans les SAS n'est obligatoire que si l'une des
conditions suivantes est remplie : Capital social supérieur à 10 000 000 (dix million) ; Chiffre
d’affaire annuel supérieur à 250 000 000 (deux cents cinquante millions) ; Effectif permanent
supérieur à 50 personnes.

En conclusion

Les avantages du recours à ce type de sociétés sont nombreux :

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 La souplesse contractuelle : liberté accordée aux associés pour déterminer les règles de
fonctionnement et de transmission des actions ;
 la simplification du formalisme dans les SASU ;
 la responsabilité des associés limitée aux apports ;
 la structure évolutive facilitant le partenariat ;
 la possibilité de constituer une SAS avec un seul associé (et donc de créer une filiale à
100 %) ;
 la possibilité de consentir des options de souscription ou d'achat d'actions aux dirigeants
et/ou aux salariés de la société ;
 la crédibilité vis-à-vis des partenaires (banquiers, clients, fournisseurs).
DEUXIEME PARTIE : MODALITES DE CONSTITUTIONS DES SOCIETES COMMERCILAES

TITRE I : LES CONDITIONS DE FONDS

L’AUS envisage deux processus de création de la société. D’une part, l’article 4 dit que la société
commerciale peut être créée par un contrat (dit contrat de société). La société est alors le résultat de la
volonté de deux ou plusieurs personnes. D’autre part, l’article 5 dispose que «  la société commerciale
peut également être créée (…) par une seule personne, dénommé «  associé unique  », par acte écrit  ».
Dans cette hypothèse, il s’agit d’une société unipersonnelle et qui résulte d’un acte juridique unilatéral.
Une telle société ne peut être que soit une SARL (V. art. 309 AUS), soit une SA (V. art. 385 AUS) ou
encore SAS (V. art. 853-1 AUS).

La forme dominante en matière sociale demeure bien entendu la société créée par un contrat.
Aussi, comme pour tout contrat, les conditions générales fixées par les articles 1108 du Code civil
doivent être respectées (Section I). En outre, d’autres conditions spécifiques au contrat de société
doivent être réunies pour que la société soit valablement constituée (Section II). Avant de procéder à
leur étude, il convient de relever que le régime du contrat de société constitue le droit commun de l’acte
juridique, de telle sorte qu’il doit être transposé à l’acte juridique unilatéral, sauf évidemment les règles
qui supposent nécessairement l’existence de deux parties.

Chapitre I : LES CONDITIONS DE FOND DU CONTRAT DE SOCIETE

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Aux termes de l’article 4 de l’AUS, « la société commerciale est créée par deux ou plusieurs
personnes qui conviennent, par un contrat, d’affecter à une activité des biens en numéraire ou en nature,
dans le but de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter ». La société est
donc un contrat. Comme tel, le contrat de société obéit aux conditions de validité de tout contrat fixées
par l’article 1108 du Code civil.

Le contrat de société est ainsi soumis à quatre conditions de validité  : le consentement des
parties (A), leur capacité juridique (B), l’existence d’un objet certain (C) et d’une cause licite (D).

A - Le consentement des parties

Les parties au contrat de société sont les futurs associés. Elles doivent exprimer clairement et
librement leur volonté de s’associer, c’est-à-dire de créer une société. Cette volonté doit être
consciente, c’est-à-dire que celui qui l’exprime doit être capable de comprendre et vouloir les
engagements qu’il prend.

Chaque partie doit donc donner son consentement à l’acte constitutif de la société. Ce
consentement doit  exister réellement ; être sincère, c’est-à-dire exprimer la volonté du futur associé.
En tout cas, on considère que la volonté est simulée lorsqu’elle donne naissance à un acte juridique
apparent qui recouvre un acte caché conclu entre les mêmes personnes et correspondant à la volonté
réelle des contractants. Cette simulation est valable si elle n’a pas un caractère frauduleux (V. art. 1321
C. civ.). Par ailleurs, la société fictive est nulle si les associés n’étaient que des prête-noms (Civ, 22 juin
1976, D. 1977. 619). Mais surtout, le consentement doit être exempt de vices. Un contrat de société
entaché d’erreur (par ex. sur la forme de la société. L’erreur sur la valeur d’un apport n’est pas une
cause de nullité (Req. 12 juin 1945, JCP [Link]. 3203 ; Paris, 23 mai 1958, D. 1959, som. 31), de dol
(agissements frauduleux et déclarations mensongères (Com, 27 nov 1972, GP 1973. 1. 259) ou de
violence (contrainte exercée sur une personne pour l’amener à contracter) est susceptible d’être
annulé. La nullité d’une société est un évènement très grave et très dommageable aussi bien pour les
associés ou les tiers. Lorsqu’elle est prononcée, elle entraîne la dissolution de la société (V. art 200 AUS)
et il est procédé à la liquidation de celle-ci.

B - La capacité des parties

Qui peut devenir associé, c’est-à-dire participer à la création d’une société ? L’AUS apporte des
réponses précises à cette interrogation. En premier lieu, l’art. 7 dispose que «  une personne physique ou

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morale ne peut être associée dans une société commerciale lorsqu’elle fait l’objet d’une interdiction,
incapacité ou incompatibilité prévue par une disposition légale ou règlementaire  ». Il s’agit
naturellement des interdictions, incapacité ou incompatibilité prévues par l’AUDCG (Livre I, Titre I, chap.
2). Ensuite, l’article 8 AUS envisage le cas particulier des mineurs et des incapables : ils « ne peuvent être
associés d’une société dans laquelle ils seraient tenus des dettes sociales au-delà de leurs apports ».
Autrement dit, le mineur et l’incapable majeur peuvent être associés d’une S.A, d’une SARL ou d’une
SAS, mais non d’une SNC ou d’une SCS. Bien entendu, même dans les sociétés auxquelles il participe, le
mineur ou l’incapable n’agit pas personnellement. Les actions ou parts sociales sont souscrites par son
représentant légal. Enfin, l’AUS considère la situation des époux. Tout en reconnaissant implicitement le
droit de chaque époux (mari ou femme) à entrer dans une société, en faisant apport de ses biens
propres, l’art. 9 précise cependant que « Des époux ne peuvent être associés d’une société dans laquelle
ils seraient tenus des dettes sociales indéfiniment ou solidairement ». Ils ne peuvent être associés d’une
SNC ni commandités d’une SCS.

Il reste une dernière catégorie de personnes dont l’AUS ne traite pas : ce sont les étrangers.
Conformément à la loi du 10 août 1990 sur l’activité commerciale au Cameroun, les étrangers peuvent
être membres d’une société de droit camerounais, à condition d’être en règle avec les conditions de
séjour et d’exercice d’une activité sur le territoire. Cependant, s’il s’agit d’une société dont le capital est
détenu à plus de 50% par les étrangers, ceux-ci doivent obtenir au préalable un agrément de l’autorité
administrative, sauf s’ils sont ressortissants de pays ayant conclu avec le Cameroun une convention
d’assimilation (V. art. 9 de la loi précitée).

C. L’objet

L’objet est susceptible de deux compréhensions en matière sociale. D’un côté, il peut désigner la
« chose » mise en commun par les fondateurs de la société (V. art. 4 AUS). Ce sont les apports. D’un
autre côté, l’objet prend une acception plus concrète : c’est l’objet social, c’est-à-dire le genre d’activité
que la société se propose d’exercer pour obtenir des bénéfices ou des économies. C’est en ce sens que
l’art. 19 de l’AUS édicte que « Toute société a un objet qui est constitué par l’activité qu’elle entreprend
et qui doit être déterminée et décrite dans ses statuts ». Tout changement d’objet nécessiterait une
modification des statuts (V. art. 22 AUS), sauf s’il s’agit d’une activité qui n’est ni soumise à autorisation
préalable, ni interdite, ni illégale ou immorale (Com, 18 juill. 1989).

En tout état de cause, l’objet doit être possible et licite (V. art. 20 AUS). Si l’objet social est
illicite, la nullité de la société peut être prononcée 1. La licéité de l’objet se détermine à partir de l’activité
réellement exercée par la société et non pas à partir de celle indiquée dans les statuts.

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D. La cause

C’est le motif qui a conduit deux ou plusieurs personnes à constituer une société. Comme
l’objet, la cause doit exister et être licite. Ainsi, ont été jugées nulles des sociétés créées pour faire échec
au droit de gage général des créanciers (V. Toulouse, 3 avril 1941, JCP [Link]. 1954 ; Lyon, 13 juin 1960,
JCP [Link]. 12103) ou à une obligation de non-concurrence ou à une interdiction professionnelle pesant
sur une personne physique (Paris, 1er déc. 1951, JCP [Link]. 6661).

Telles sont les conditions communes à tous les contrats que le contrat de société doit
absolument respecter en vue de sa validité. Il reste à rappeler que la non-observation de ces conditions
est sanctionnée par la nullité. Il s’agit d’une sanction particulièrement grave qui ne peut résulter que
d’une disposition expresse de la loi ou des textes régissant la nullité des contrats en général (V. art. 242,
al.1 AUS). Ainsi, l’art. 242, al.3 AUS précise que «  Dans les sociétés à responsabilité limitée et dans les
sociétés anonymes, la nullité ne peut résulter ni d’un vice de consentement ni de l’incapacité d’un
associé, à moins que celle-ci n’atteigne tous les associés fondateurs  ».

Chapitre II : LES CONDITIONS DE FONDS SPECIFIQUES DU CONTRAT DE SOCIETE

La définition de la société commerciale de l’article 4 de l’AUS met en exergue les principaux


éléments caractéristiques du contrat de société, à savoir la pluralité d’associés (Parag 1), les apports
(Parag 2), la participation aux résultats et la contribution aux pertes (Parag 3), l’affectio societatis (Parag.
4). Seuls les trois derniers seront étudiés.

A : La pluralité d’associés

Il convient d’abord de préciser la notion d’associé. Par associé, on désigne toute personne qui
est membre d’une société quelle que soit la forme de celle-ci. Dans les sociétés par actions, l’associé est
couramment appelé « actionnaire », c’à-d le titulaire d’une action (l’action est un titre négociable émis

22
par la société par actions et qui représente une fraction du capital social), même comme le législateur
préfère employer le terme « associé » pour désigner les membres d’une société par action simplifiée.

Hormis le cas de la société unipersonnelle qui est constitué d’un seul associé, le principe est que
la société suppose, comme toute convention, la réunion d’au moins deux associés. Il s’agit des associés
fondateurs. Pour la jurisprudence, a seule qualité d’associé la personne qui réunit en elle-même les trois
éléments caractéristiques du contrat de société, c’est-à-dire a fait un apport, participe aux bénéfices et
aux pertes et qui a eu la volonté de s’associer (Paris, 16 avril 1985). En général, la détermination de la
qualité ne suscite pas de difficulté. Mais, il en va autrement dans quelques hypothèses qu’il faut
rapidement évoquer.

D’abord, en cas d’indivision (situation juridique ou plusieurs personnes détiennent des droits
concurrents sur un même bien sans qu’il y division de leurs parts) affectant des parts sociales ou
actions ; La jurisprudence considère que chaque indivisaire a la qualité d’associé, et non l’indivision elle-
même (Civ, 6 févr. 1980): « les héritiers d’un associé décédé ont, lorsqu’il a été stipulé que la société
continuerait avec eux, la qualité d’associés  ». Dans la pratique, les indivisaires doivent désigner un
représentant pour exercer les droits attachés à leurs parts ou actions.

Ensuite, l’attribution de la qualité d’associé peut être difficile en cas de mariage. Il n’y a pas de
problème si les époux sont mariés sous un régime de séparation de biens ou de participation aux
acquêts (chaque époux étant libre de disposer de ses biens). La question est délicate lorsque l’entrée en
société est réalisée au moyen de biens communs. Comme il a déjà été relevé, les deux époux ne peuvent
être membres d’une société de personnes. Par contre, s’agissant de la SA, il faut distinguer deux
situations. Lorsque l’apport ou l’achat d’actions a été fait conjointement par les deux époux, chacun
d’un a la qualité d’associé. Lorsque l’apport ou l’achat a été réalisé au moyen de biens communs par un
seul des époux, c’est à celui-ci que doit être reconnue la qualité d’associé.

Par ailleurs, en cas de convention de croupier, par laquelle un associé, sans le consentement des
autres, convient avec un tiers de partager les bénéfices et pertes résultant de l’activité sociale. Une telle
convention, quoique valable, ne confère pas au croupier, c’est-à-dire au tiers, la qualité d’associé.

Enfin, en cas de convention de portage c’est-à-dire une convention par laquelle une prise de
participation dans uns société est effectuée par un établissement financier qui n’entend rétrocéder les
titres sociaux à une personne demeurée dans l’ombre. La jurisprudence est divisée. Certains tribunaux
ont décidé que l’établissement financier a seul qualité d’associé (Paris, 9 juin 1983, D. [Link]. 81) alors
que d’autres reconnaissent cette qualité à la personne ayant traité avec l’établissement (TGI Lille, 28
oct.1986).

B : Les apports

23
Le mot « apport  » est susceptible d’un double sens. Dans un sens, il désigne l’opération d’apport
par laquelle un associé exécute son obligation principale envers ses associés et la société en création
elle-même en mettant à la disposition de celle-ci ce qu’il a promis. Dans un second sens, il désigne
l’objet même de l’apport de l’associé, c’est-à-dire le bien ou l’activité nécessaire à la société.

L’obligation d’apport est une obligation légale. Il résulte de l’art. 37 de l’AUS que « Chaque
associé doit faire un apport à la société ». C’est la confusion des apports des associés qui constituent
l’élément de base du patrimoine social. Chaque apport donne droit à une contrepartie que l’on appelle
« part sociale » ou « action ». Comme le dit l’art. 38 « En contrepartie de leurs apports, les associés
reçoivent des titres émis par la société… ». Ces titres représentent les droits des associés (V. art. 51 AUS).

Il existe différentes sortes d’apports dont la réunion constitue en principe le capital social.

1-La typologie des apports

L’article 37 al. 2 énonce que « Chaque associé est débiteur envers la société de tout ce qu’il s’est
obligé à lui apporter en numéraire, en nature  ou en industrie ». Il en résulte qu’il existe trois principales
formes d’apports : les apports en numéraire, les apports en nature et les apports en industrie. La liste
des apports est limitative comme le confirme l’art. 40 in fine  : « Tout autre apport est interdit ».

- L’apport en numéraire

L’apport est dit en numéraire lorsqu’il consiste dans le versement d’un somme d’argent pour la
constitution de la société (V. art 41 et s AUS). Il s’agit donc d’une remise d’espèces par l’apporteur aux
représentants légaux de la société qui vont les déposer entre les mains d’un dépositaire agréé : banque
ou notaire (V. art 313 Sarl). Cela étant, en cas d’augmentation de capital, l’apport en numéraire peut se
faire par compensation avec une créance certaine, liquide et exigible sur la société (V. art. 44 AUS).

Sauf disposition contraire de la loi, les apports en numéraire doivent être libérés intégralement
lors de la constitution de la société (V. art. 41 al. 2 AUS). Par exemple, dans le cas d’une société
anonyme, l’art. 389 AUS précise que les actions représentant des apports en numéraire doivent être
libérées lors de la souscription du capital, d’un quart au moins de leur valeur nominale et la libération du
reste doit intervenir dans un délai qui ne peut dépasser trois ans à compter de l’immatriculation de la

24
société. Les fonds déposés au titre d’apports sont indisponibles jusqu’au jour de l’immatriculation (V.
art. 314 AUS dans les Sarl).

Le retard dans le versement des sommes dues à la société peut donner lieu à deux sortes de
sanctions : d’une part, ces sommes portent intérêt au taux légal à compter du jour où le versement
aurait dû intervenir ; d’autre part, l’associé retardataire peut être condamné au paiement de
dommages-intérêts s’il y a lieu (V. art. 43 AUS AUS).

- L’apport en nature

Pour faire simple, on dira que les apports en nature comprennent tous les apports autres qu’en
espèces. Mais, la loi se veut plus précise. De la combinaison des art. 40 al. 3 et 45 AUS, il ressort que les
apports en nature sont réalisés par le transfert à la société des droits réels portant sur des biens
mobiliers ou immobiliers, corporels ou incorporels et par la mise à la disposition effective des biens sur
lesquels portent ces droits. Ils peuvent même consister en un apport de droits personnels (créances).
Comme les apports en numéraire, les apports en nature sont libérés intégralement lors de la
constitution de la société (V. art. 45 al. 2).

L’apport en nature peut se faire suivant deux modalités : soit en pleine propriété, soit en
jouissance.

L’apport en pleine propriété

Il consiste, pour l’associé apporteur, à transférer définitivement la propriété du bien à la


société. Celle-ci en devient donc le propriétaire dès lors que le transfert s’est effectué conformément à
la loi et notamment si les formalités usuelles de publicité ont été réalisées (tout dépend de la nature du
bien concerné : immeuble, fonds de commerce, etc). La société bénéficie de la même protection que
l’acquéreur d’une chose. En effet, l’art. 46 prévoit que «  Lorsque l’apport est en propriété, l’apporteur
est garant envers la société comme un vendeur envers son acheteur ». Cela revient à dire que
l’apporteur garantit la société contre les vices cachés de la chose et contre l’éviction (V. art. 1582 et s.
[Link]).

L’apport en jouissance

25
En principe, il s’agit d’un mode exceptionnel d’apport. L’apport en jouissance consiste à mettre
un bien à la disposition de la société sans lui en transférer la société. Autrement dit, la société va
pouvoir user du bien pendant le délai prévu mais l’associé apporteur en demeure propriétaire. Il
rentrerait normalement le bien soit au terme du délai, soit à la dissolution de la société (droit à
restitution).

En matière d’apport en jouissance, il convient de distinguer plusieurs hypothèses. En premier


lieu, s’il s’agit d’un corps certain, il y apport en usufruit, c’est-à-dire que l’apporteur transfère à la
société l’usufruit de la chose (usus et fructus) mais en conserve la nue-propriété (abusus). Dans ce cas,
l’apporteur, dit l’art. 47, est garant envers la société comme un bailleur envers son preneur (V. art. 1713
et s. C. civ) : ce qui revient à dire qu’il doit entretenir la chose pour qu’elle soit en état de servir à l’usage
pour lequel elle a été apportée d’une part, et d’autre part, assurer une jouissance paisible à la société.
En second lieu, lorsque l’apport porte sur des choses de genre (choses fongibles) ou sur des choses
consomptibles, il y a en réalité transfert de la propriété des biens apportés à la société, à charge, pour la
société, dit l’art. 47, « d’en rendre une pareille quantité, qualité et valeur ». Dans cette hypothèse,
l’apporteur est garant, envers la société, du vice caché de la chose et contre l’éviction.

- L’apport en industrie

On considère qu’il s’agit d’une variété d’apport en nature. Les apports en industrie sont des
apports l’industrie des connaissances techniques ou professionnelles ou des services (V. art. 40 AUS).
L’associé met ainsi son activité au service de la société, en faisant usage de ses compétences techniques
ou professionnelles, son expérience ou de son crédit, etc. L’associé apporteur en industrie n’est pas un
salarié de la société. Son travail ou son activité a pour contrepartie, non un salaire, mais une part
éventuelle des bénéfices dégagés par la société (En droit français, signalons que la loi du 15 mai 2001
permet, dans les Sarl, l’attribution de parts sociales en rémunération d’un apport en industrie).
Cependant, comme le salarié, l’apporteur est tenu d’une obligation de loyauté à l’égard de la société (il
doit réserver son industrie à la société).

Cela dit, il convient de noter que l’apport en industrie n’est admissible que dans les sociétés de
personnes. Il ne peut être effectué au profit des sociétés dont la responsabilité des associés est limitée
au montant de leurs apports (S.A, Sarl, SAS par exemple). Enfin, cette forme d’apport pose, plus que
toute autre, le problème de son évaluation. Il est généralement admis que celui qui n’a apporté que son
industrie doit être traité comme l’apporteur en numéraire ou en nature qui a le moins apporté (V. art.
1853 al 2 [Link] cam : «  A l’égard de celui qui n’a apporté que son industrie, sa part dans les bénéfices ou
dans les pertes est réglée comme si sa mise eût été égale à celle de l’associé qui a le moins apporté  »).

En définitive, il convient de préciser que quelle que soit la forme de l’apport, celui-ci doit être
réel, effectif (c’est-à-dire de nature à procurer à la société un bien ou une activité représentant une
valeur certaine) et non fictif. L’apport fictif est nul. Les tribunaux apprécient souverainement le

26
caractère fictif ou non des apports. Ont été jugés fictifs : l’apport d’un bien par une personne qui n’en
pas ou plus propriétaire ; d’un bien sans valeur pécuniaire (brevet nul ou périmé) ; d’un bien ne pouvant
être transféré à la société. Cette appréciation doit se faire au moment de la constitution de la société,
soit au jour de la signature des statuts ou de l’augmentation du capital. C’est dire que toute perte de
valeur postérieure du bien ne doit pas être prise en considération.

2- Le capital social

Il s’agit d’une notion plus juridique que comptable. « Toute société doit avoir un capital social
qui est indiqué dans ses statuts » édicte l’art. 61 AUS. Le capital social désigne la valeur des apports en
numéraire et en nature faits par les associés. L’art. 62 adopte une approche plus large en considérant
que « Le capital social représente le montant des apports en capital faits par les associés à la société et
augmenté, le cas échéant, des incorporations de réserves, de bénéfices ou de primes d’apports,
d’émission ou fusion». (Les réserves sont des prélèvements effectués sur les bénéfices réalisés par une
société avant qu’ils ne soient distribués aux associés en vue de faire face plus tard à certains risques ou
de faciliter l’extension de l’affaire ; la prime d’émission est un droit d’entrée payé par de nouveaux
actionnaires et destiné à compenser la différence entre la valeur nominale et la valeur vénale des
actions anciennes). Il apparaît ainsi que dans certains cas, et notamment pour des sociétés fonctionnant
déjà, le capital peut être plus que la somme des apports en numéraire et en nature. Dans tous les cas, il
ne saurait comprendre les apports en industrie.

Le montant du capital social est normalement fixé par les associés, sauf disposition contraire de l’AUS
(V. art. 65 AUS). Et en effet, la libre détermination du capital n’est effective que dans les sociétés en nom
collectif, les sociétés en commandite simple ou les sociétés par action simplifiées. En revanche, l’AUS
fixe un plancher minimum pour la Sarl : 1 000 000 francs CFA (V. art. 311 AUS) et pour la S.A : 10 000 000
francs CFA (art. 387). Ainsi, si le capital social est inférieur à l’un ou l’autre de ces montants, la société ne
peut être valablement constituée (art. 66 al. 1). Si au cours de la vie sociale, le capital vient à être
inférieur au plancher légal, la société est normalement dissoute ( art.66 al. 2) .

Le capital social est fixe. Toutefois, il peut être augmenté ou réduit (art. 67).

En contrepartie de leurs apports, les associés reçoivent des titres émis par la société : parts
sociales ou actions. Il s’agit donc de droits pécuniaires qui leur confèrent des droits dans la répartition
des résultats, bénéfices, pertes, réserves boni de liquidation et dans les augmentations de capital
(souscription préférentielle). L’équation est donc la suivante : Droits de l’associé = nombre de parts ou
d’actions  : capital social. En tout état de cause, les titres sociaux détenus par les associés leur confèrent
des droits et obligations (art. 53) qui sont proportionnels au montant de leurs apports (art. 54). Parmi
ces droits et obligations figure la participation aux bénéfices et aux pertes.

27
Par ailleurs l’AUS prévoit désormais qu’il peut être stipulé dans les statuts des sociétés
anonymes ne faisant pas appel public à l'épargne et sociétés par actions simplifiées que le capital social
est susceptible soit d'augmentation par des versements successifs des associés ou l'admission d'associés
nouveaux, soit de diminution par la reprise totale ou partielle des apports effectués (Art. 269 et s. AUS).
Ce nouvel article consacre ainsi en droit OHADA les sociétés à capital variable. Il s’agit d’une véritable
entorse au principe de l’intangibilité du capital social que l’AUS institue exclusivement au profit des
sociétés anonymes ne faisant pas appel public à l'épargne et sociétés par actions simplifiées.

La formule de variabilité permet l’entrée de nouveaux associés et la sortie, volontaire (le retrait)
ou forcée (l’exclusion), d’anciens associés sans que qu’il y ait à modifier les statuts. Ceux-ci doivent
prévoir un capital statutaire correspondant au maximum de parts sociales pouvant être émises.

C : La participation aux résultats et aux pertes

Des dispositions de l’art. 4 de l’AUS, il ressort que les associés créent la société «  dans le but de
partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter » d’une part, et « s’engagent à
contribuer aux pertes  » d’autre part. Il convient d’envisager séparément ces deux situations qui sont
caractéristiques du contrat de société.

1- La vocation des associés aux bénéfices et aux économies

La notion de bénéfice est importante car celui-ci constitue le critère caractéristique de la société
et qui permet de la distinguer de l’association. En effet, on considère que si un groupement est fondé
dans le but de partager des bénéfices, il y a société. Au cas contraire, il s’agit d’une association.

A l’origine, la jurisprudence a adopté une conception restrictive de la notion de bénéfices. Dans


un arrêt du 11 mars 1914, la Cour de cassation a décidé que les bénéfices doivent s’entendre « des gains
pécuniaires ou des gains matériels qui ajouteraient à la fortune des associés ». Il en résultait que si le but
du groupement était de faire une économie, il n’y avait pas société mais association. L’article 4, inspiré
de l’art. 1832 du code civil issu de la modification réalisée par la loi française du 4 janvier 1978, admet
une conception large. Ainsi, il y a société non seulement lorsque les associés ont eu pour but de partager
des bénéfices, mais aussi de profiter d’une économie. Concrètement, le profit d’une économie est le but
poursuivi par les associés en regroupant leurs moyens en vue de réduire les dépenses et les coûts de
toute nature (par ex. achats groupés, mise en commun de services, etc).

Tous les associés ont donc vocation à partager les bénéfices ou à profiter de l’économie qui
résulte de l’activité de la société. Le contrat de société, et particulièrement les statuts, doivent

28
normalement déterminer la part respective de chaque associé. S’agissant des bénéfices, il convient de
rappeler que ce sont les titres sociaux détenus par un associé qui lui confèrent un droit sur les bénéfices
réalisés par la société (V. art. 53 AUS). L’AUS précise, à l’art. 54 al. 1 que sauf clause contraire des
statuts, les droits de chaque associé tel les droits aux bénéfices, sont proportionnels au montant de ses
apports. Les statuts peuvent néanmoins prévoir une répartition inégalitaire des bénéfices mais ne
peuvent stipuler qu’un seul associé se verrait attribuer la totalité du profit procuré par la société. Une
telle clause est réputée non écrite (V. art. 54 al. 2 AUS). La loi veut ainsi éviter les clauses léonines (ou
pactes léonins).

L’AUS détermine les modalités d’affectation et de paiement des bénéfices (Art. 144 à 146 AUS).
En premier lieu, il appartient à l’assemblée générale de déterminer la part des bénéfices distribuables
aux associés (Art. 144 AUS). La part de bénéfice revenant à chaque associé est appelée «  dividende ».
Celui-ci doit être payé dans un délai maximum de neuf mois après la clôture de l’exercice, sauf
prolongation du dit délai par le président de la juridiction compétente (Art. 146 AUS).

2- La contribution aux pertes

Si les bénéfices représentent l’excédent des éléments d’actif sur les éléments passifs de la
société, les pertes traduisent par contre une réduction de l’actif social. Il revient alors à tous les associés
de le supporter. En tout cas, l’art.4, al 1 in fine prévoit que les associés s’engagent à contribuer aux
pertes. La contribution aux pertes est la quote-part qui incombe normalement à chaque associé dans le
montant des pertes sociales. Elle ne concerne que les rapports des associés entre eux et ne se confond
pas avec l’obligation aux dettes qui concerne les rapports entre les associés et les tiers.

La part de chaque associé dans les pertes doit être prévue par les statuts. A défaut de
stipulation statutaire, l’obligation de chacun est proportionnelle au montant de ses apports (Art. 54
AUS). Toute clause exonérant un associé de la totalité des pertes ou mettant à sa charge la totalité des
pertes est réputée non écrite (Art. 54 al. 2 AUS AUS). Les statuts peuvent cependant prévoir la limitation
de la contribution aux pertes d’au associé à un montant déterminé (Civ, 16 oct. 1990). Il s’agit alors
d’une clause de dispense partielle parfaitement valable.

D : L’affectio societatis

C’est à la jurisprudence que l’on doit cette notion. Partant de la définition du contrat de société
(Art. 1832 C. civ.), elle considère que la société ne peut exister sans cet élément psychologique qu’est
l’affectio societatis, c’est-à-dire la volonté de chaque associé de collaborer effectivement à l’activité de
la société dans un intérêt commun et sur un pied d’égalité avec les autres associés (absence de lien de

29
subordination). L’affectio societatis, c’est l’esprit sociétaire. Autrement dit, le contrat de société exclut
toute adversité ou lutte d’intérêts mais fait des associés des collaborateurs animés d’un esprit de
fraternité justifié par la poursuite de but commun. Contrairement à la conception unitaire qui fonde
l’affectio societatis sur la collaboration volontaire, active, intéressée et égalitaire des associés, la
conception pluraliste considère que l’affectio societatis implique, outre cette volonté d’union et de
collaboration égalitaire, la participation à la gestion de la société (participer aux décisions collectives) et
au contrôle sur les actes des personnes chargées d’administrer ou de diriger la société.

L’affectio societatis doit exister lors de la constitution de la société mais aussi tout au long de la
vie sociale.

Le rôle de l’affectio societatis n’est pas négligeable. C’est lui par exemple qui justifie pleinement
la participation égale des associés aux résultats et aux pertes. C’est encore lui qui justifie la prohibition
des abus entre les associés et à l’égard de la société, tels l’abus de majorité (décision prise par un
associé ou un groupe d’associés détenteurs de la majorité du capital contrairement à l’intérêt social et
dans son seul intérêt) ou l’abus de minorité (décision des associés minoritaires dans leur intérêt). Dans
tous les cas, ceux qui se plaignent doivent prouver non seulement l’intérêt personnel du majoritaire ou
du minoritaire mais aussi l’atteinte à l’intérêt social.

La jurisprudence stigmatise donc ces comportements égoïstes qui sont incompatibles avec le
comportement raisonnable des associés. L’abus de majorité ou de minorité est généralement
sanctionnée par la nullité ( ex : nullité de la transformation d’une SA en SCS motivée essentiellement par
les avantages fiscaux que pouvait en retirer le principal actionnaire (T. com Paris, 29 juin 1981, GP 1981.
687.); la fixation de rémunérations exagérées pour les dirigeants de la société (Grenoble, 6 mai 1964, GP
1964.2. 208) ; l’autorisation de cautionnement hypothécaire pour garantir un prêt consenti à l’associé
majoritaire (Civ, 25 mars 1998).

30
TITRE 2 : LES CONDITIONS DE FORME

31
Elles concernent la procédure de constitution, la rédaction des statuts et les formalités de publicité.

Chapitre 1 : LA PROCEDURE

Elle diffère selon qu’à sa constitution, la société anonyme recourt (1) ou non (2) à un appel public à
l’épargne.

Section 1  : La procédure dans les Sociétés faisant appel public à l’épargne

Dans les sociétés faisant appel public à l’épargne, la procédure est très formaliste et peut durer plusieurs
mois, ce qui rend plus rare cette forme de constitution. Comme pour toutes les autres formes de
société, il est nécessaire d’établir un projet de statuts (un exemplaire est déposé au greffe où il peut être
consulté par les tiers qui peuvent en obtenir copie à leurs frais) mais il est surtout exigé de ce type de
sociétés qu’elles produisent d’une part une notice d’information (destinée à renseigner les souscripteurs
sur les principales caractéristiques de la société, elle est signée par les fondateurs et indiquant leur nom,
prénom domicile et nationalité, leur siège social, leur forme ou leur dénomination s'il s'agit de
personnes morales) qui sera publiée au bulletin des annonces légales obligatoires (BALO) (a) et, d’autre
part, une note d’information rédigée à l’attention du public (b).

a- Le document d’information

Pour l’information du public, les fondateurs d’une société faisant appel public à l’épargne
doivent, préalablement à l’opération, présenter, à l’organisme de contrôle de la bourse des
valeurs2 des Etats-parties dont le public est sollicité, un projet de document d’information destiné
aux épargnants. L’information du public en cas d’appel public à l’épargne est ainsi strictement
réglementée par les articles 86 et 96 de l’AUS qui font de l’établissement du document
d’information une condition de validité de toute sollicitation de l’épargne du public. Ce
document doit porter sur l’organisation, la situation financière, l’activité et les perspectives ainsi
que les droits attachés aux titres offerts au public de cette société. En plus de ces informations, la
société émettrice doit, au cas où son appel des fonds se ferait dans un autre État-partie que celui

2
D. LOUKAKOU, « Les valeurs mobilières dans l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales de
l’espace OHADA », Pénant, n0 844, Juillet-Septembre 2003, p.261 ; I. N’DIAYE, « La notion de valeur mobilière après
l’adoption des actes uniformes pris en application du Traité OHADA », Revue International de Droit Africain, n0 38,
Juillet-Septembre 1998, p. 45 ; MOUHOUAIN SALIFOU, L’information en droit des sociétés  : Le cas des sociétés
faisant appel public à l’épargne, mémoire de Master II, Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université
de Ngaoundéré (Cameroun), 2009.

32
de son siège social, fournir des renseignements relatifs au régime fiscal, aux établissements qui
assurent le service financier de l’émetteur dans cet État-partie, aux modes de publication des avis
destinés aux investisseurs3. Le document doit donc contenir tous les renseignements nécessaires
aux investisseurs pour fonder leur jugement sur le patrimoine, la situation financière, les résultats
et perspectives de l’émetteur ainsi que les droits attachés offerts à l’épargne.
Cependant, il est admis que certaines informations peuvent ne pas être insérées dans le
document d’information. Ainsi, ne peuvent être insérés dans ce document d’information, les
renseignements de faible importance qui ne sont pas susceptibles d’influencer l’appréciation portée au
patrimoine, à la situation financière, aux résultats et aux perspectives de la société émettrice 4.
Pareillement, ne peuvent être divulguées, les informations contraires à l’ordre public ou celles dont la
publication peut causer un préjudice grave à la société émettrice. L’absence de publication de ces
informations ne doit pas être de nature à induire les épargnants en erreur. On aurait pu craindre que
cette limite apportée par l’article 88 de l’AUS ne soit une autre voie ouverte au secret des affaires. Mais
ce n’est pas le cas. En effet, l’article 90 du même texte oblige la société émettrice à soumettre le projet
de ce document indispensable et de la société émettrice ; lequel « s’assure que l’opération ne comporte
pas d’irrégularités et ne comporte pas d’actes contraires aux intérêts des épargnants ou des
investisseurs ». Bien plus, s’il apparaît entre la date du visa et le début de l’opération projetée des faits
nouveaux significatifs, l’émetteur ou l’initiateur de l’offre doit établir un document complémentaire mis
à jour5 qui, avant toute communication au public est également soumis au visa des autorités boursières 6.

Quoiqu’il en soit, le document final d’information, qui a pour objet de décrire les
objectifs et les modalités du programme d’émission des titres, ne peut en principe être modifié. Il
doit être publié dans un journal habilité à recevoir les annonces légales dans l’Etat-partie du
siège social de la société émettrice et dans les autres États-parties dont le public est sollicité. Il
s’agit d’une véritable transparence supranationale qui serait plus efficace, si le législateur
communautaire africain avait canalisé la publication dans un journal unique, à l’exemple du
journal officiel de l’OHADA. Néanmoins, afin de faciliter l’information des souscripteurs
potentiels, des brochures sont mises à disposition, pour consultation, de toute personne qui en
fait la demande au siège social de la société émettrice 7. Également, une copie du doucement doit
être adressée sans frais à tout intéressé. Ce qui signifie en fait que le document peut être remis ou
adressé de manière systématique à toute personne dont la souscription est sollicitée. De même,
tout communiqué, affiche, annonce ou circulaire qui porte l’opération à la connaissance du
public doit mentionner de façon apparente l’existence de ce document d’information8.
Le document d’information ainsi présenté n’est pas exigé si l’offre est destinée à des
personnes dans le cadre de leurs activités professionnelles ou lorsqu’elle est destinée à rémunérer
en valeurs mobilières des apports effectués à l’occasion d’une fusion ou d’un apport partiel
d’actif. De même, par souci d’éviter un double emploi, l’établissement du document
d’information est exclu lorsque les valeurs mobilières offertes proviennent de l’exercice d’un
3
Art. 87 AUSC.
4
Art. 88, ibid.
5
Art. 92 du même texte.
6
Ainsi, par souci de garantir les droits des investisseurs en leur donnant la confiance nécessaire au fonctionnement
des mécanismes du marché, l’organe de contrôle boursier peut aller jusqu’à demander à la société de faire figurer
sur le document final d’information un avertissement rédigé par leurs soins.
7
Art. 93 AUS. L. D. NGINTEDEM, L’information en droit des sociétés commerciales, [Link].
8
Art. 93 AUS.

33
droit issu des titres dont l’émission a donné lieu à l’établissement de ce document. C’est
également le cas lorsque les valeurs mobilières sont offertes en substitution d’actions de la même
société, sans que leur émission puisse entraîner une augmentation du capital de la société
émettrice. Une exclusion semblable est applicable lorsque l’offre concerne les actions ou des
parts d’organismes de placement collectif de valeurs mobilières autres que fermés, ou bien si le
montant global de l’offre est inférieur à 50 millions de francs CFA. Ces limites ainsi apportées à
la transparence de l’appel public à l’épargne peuvent être interprétées comme la subsistance
d’une certaine opacité en la matière.
Après visa de sa publication, la note d’information est remise ou adressée sans frais à tout
souscripteur, acheteur ou investisseur potentiel sollicité ou à toute personne qui en fait la
demande. Ladite note est également tenue à la disposition du public : « au siège de l’émetteur,
au siège de la bourse des valeurs appelées à admettre les titres aux négociations, dans tous les
établissements chargés de recueillir les souscriptions ou des achats. L’émetteur ou son
représentant est tenu d’informer la Commission des Marchés Financiers au plus tard le jour de
l’ouverture des souscriptions, du nombre de notes d’information imprimées et diffusées dans le
public »9.
Le document d’information ainsi étudié ne doit cependant pas être confondu avec la notice qui
semble moins explicite et nettement moins contrôlée que lui.

b- La notice d’information

La notice est une sorte de déclaration publique faite par les fondateurs qui se proposent de
constituer une société ; elle contient alors la description de la personne morale10.
La notice doit contenir des mentions utiles à l’information du souscripteur, comme le document
d’information. Elle doit contenir les informations sur l’état civil de la société, le nombre des
actions à souscrire, la valeur nominale des actions à émettre, la description sommaire des apports
en nature, leur évaluation globale, leur mode de rémunération avec indication du caractère
provisoire de cette évaluation, les avantages particuliers stipulés dans le projet de statuts au profit
de toute personne et les conditions d’admission d’actionnaires et l’exercice du droit de vote.
Figurent également dans cette notice le délai ouvert pour la souscription avec l’indication de la
possibilité de clôture anticipée, les dispositions concernant la répartition des bénéfices à la
constitution de réserves et la répartition du boni de liquidation. Enfin, les modalités de
convocation de l’assemblée générale constitutive et le lieu de la réunion doivent être mentionnés
dans la notice.
L’article 825 de l’AUS oblige les sociétés anonymes qui font publiquement appel à l’épargne «
d’insérer préalablement à la souscription des actions, la notice plutôt dans les journaux habilités à
recevoir les annonces légales de l’État de leur siège social ou le cas échéant des États-parties dont le
public est sollicité ». C’est dire que cette insertion peut se faire soit au Journal Officiel de l’Etat-partie,
soit dans les quotidiens nationaux d’informations générales.

9
V. art. 19 du Règlement de la Commission des Marchés Financiers camerounais,
10
MOUHOUAIN SALIFOU, L’information en droit des sociétés : Le cas des sociétés faisant appel public à l’épargne,
[Link].

34
Contrairement au document d’information, la publication de la notice n’est soumise à
aucune formalité. Si la notice est d’une importance fondamentale pour l’information du public, il
apparaît en pratique que ce n’est pas elle qui informe le public, mais plutôt les circulaires qui
reproduisent les énonciations de la notice. Ces circulaires contiennent la mention de l’insertion
de la notice dans le journal habilité à recevoir les annonces légales où elle a été publiée 11. Les
affiches, prospectus et annonces dans les journaux doivent reproduire les mêmes énonciations,
voire un extrait de ces énonciations, avec référence à la notice ainsi que l’indication du numéro
du journal dans lequel cette notice a été publiée. Ils doivent également mentionner la signature de
la personne ou du représentant de la société d’où provient l’offre ainsi que les précisions sur
l’inscription des valeurs offertes.
De toute manière, tous ces documents doivent, en plus des énonciations susmentionnées,
exposer les projets des fondateurs quant à l’emploi des fonds provenant de la libération des
actions souscrites12.
Après ces formalités qui viennent d’être citées, les opérations de publicité peuvent alors
commencer (annonces de presse, prospectus et circulaires qui reproduisent les indications du bulletin
d’annonces légales dans lequel la notice d’information a été publiée).

On en vient alors à la phase de formation du capital social. Les apporteurs en numéraire doivent
signer eux-mêmes des bulletins de souscription indiquant le nombre de titres souscrits. Une copie sur
papier libre de ce bulletin obligatoire est remise au souscripteur. A l’appui de sa souscription, le futur
actionnaire doit libérer la fraction du montant nominal des actions à verser immédiatement, qui ne peut
être inférieure à la moitié. Les souscriptions et les versements sont constatés par un certificat du
dépositaire (qui remplace la déclaration notariée), établi sur présentation des bulletins de souscription.

Et lorsque l’intégralité du capital est souscrite, une assemblée générale constitutive doit être
réunie. Après avoir constaté que le capital a été intégralement souscrit et que les actions ont été
libérées du montant exigible (au minimum la moitié), cette assemblée adoptera les statuts et nommera
les organes de la société (dirigeants et un ou plusieurs commissaires aux comptes).

Section 2. La procédure dans les sociétés ne faisant pas appel public à l’épargne

Les formalités rencontrées dans les sociétés faisant appel public à l’épargne ne sont pas
nécessaires dans celles qui ne le font pas.

Cela dit, quelquefois, les fondateurs de la société, qui seront en principe les futurs associés ou
actionnaires, signent un protocole d’accord qui consigne leur engagement sur les points les plus
importants que soulèvent la création et le fonctionnement ou structure de la société. Ce protocole peut
s’analyser en une promesse de société génératrice d’une obligation de faire dont l’inexécution ne
pourrait toutefois être sanctionnée que par des dommages-intérêts.
11
Art. 827 AUS.
12
Y.-R. NGO NDJIGUI, Le secret des affaires dans le droit des pays de l’espace OHADA et en droit français, [Link].,
pp. 323 et s.

35
Dans l’indifférence de la loi, les besoins pratiques conduiront à la rédaction d’un projet de statuts, le
plus souvent par un praticien.

Normalement, il n’y a pas lieu d’établir des bulletins de souscription, l’engagement des
souscripteurs résultant de la seule signature des statuts (a). Par contre, d’autres formalités s’imposent à
ces types de sociétés lorsqu’il y a eu apport en nature (b).

a- L’établissement des bulletins de souscription

Les fondateurs de la société sont chargés d’établir les bulletins de souscription. Ils doivent pour ce
faire contacter personnellement les futurs actionnaires individuellement. En cas d’accord, ceux-ci datent
et signent le bulletin en mentionnant en toute lettre le nombre d’actions souscrites 13.

Selon l’AUS, le bulletin doit être établi en deux exemplaires ; l’un pour la société en formation et
l’autre pour le notaire qui dressera la déclaration de souscription et de versement 14. Il n’est pas prévu
d’exemplaire pour le souscripteur. Il lui est reconnu, toutefois, le droit à une copie.

Le bulletin de souscription doit contenir les mentions suivantes : l’indication du dépositaire


chargé de conserver les fonds jusqu’à l’immatriculation de la société au registre du commerce et du
crédit mobilier15 ; l’indication du notaire chargé de dresser la déclaration de souscription et de
versement.

Le souscripteur peut ainsi vérifier par lui-même si la constitution projetée est réelle et non
fictive.

b- Constitution avec apport en nature et/ou stipulation d’avantages particuliers

En cas d’apport en nature ou stipulation d’avantages particuliers 16, en plus des règles générales qui
viennent d’être étudiées, une assemblée générale constitutive est nécessaire. Souvent il sera même
nécessaire de faire précéder celle-ci d’une assemblée dite préconstitutive. En effet, bien que l’Acte
uniforme ne l’envisage pas comme une formalité qui s’impose, celle-ci peut s’avérer parfois nécessaire.
Ainsi, pour désigner le commissaire aux apports, il est demandé que les futurs associés doivent faire

13
MOUHOUAIN SALIFOU, L’information en droit des sociétés  : Le cas des sociétés faisant appel public à l’épargne,
op. cit.

14
Art. 391 AUS.
15
P.S. AKUETE, « L’immatriculation au nouveau registre du commerce et du crédit mobilier », Revue Togolaise de
Droit des Affaires et de l’Arbitrage, mars 2000, p. 2.
16
R. NJEUFACK TEMGWA, « Les titres sociaux assortis de droits particuliers », Juridis Périodique, n0 77, Janvier-Mars
2009, pp. 83-88.

36
l’unanimité17. Pour éviter tout blocage, cette assemblée préconstitutive s’impose. Son rôle consiste donc
à désigner ce commissaire qui évaluera les apports en nature ou les avantages particuliers stipulés. Elle
ne devient inutile que lorsqu’à défaut de l’unanimité recherchée, les fondateurs se sont adressés à la
justice pour la désignation du commissaire aux apports. Il s’agit en effet d’assurer l’égalité entre les
futurs actionnaires en faisant valeur aussi exactement que possible leurs différents apports.

Le commissaire aux apports est choisi sur la liste des commissaires aux comptes. L’AUS ne parle
que de la désignation d’un seul 18, contrairement au droit français qui prévoit l’éventualité d’en désigner
plusieurs19. Il peut cependant se faire assister dans l’accomplissement de sa mission par un ou plusieurs
experts de son choix20.

Quant à l’assemblée générale constitutive proprement dite, elle a pour but de signer l’acte de
naissance de la société. Elle doit se prononcer sur l’évaluation des apports en nature ou des avantages
particuliers faite par le commissaire aux apports. Elle a en outre pour mission : de constater que le
capital social est entièrement souscrit et que les actions de numéraire sont libérées au moins du quart  ;
d’adopter les statuts de la société avec possibilité de modification à l’unanimité ; de reprendre
éventuellement des engagements souscrits par les fondateurs pour le compte de la société en
formation., de nommer les premiers dirigeants sociaux et le ou les commissaires aux comptes ; de
donner , le cas échéant, aux premiers administrateurs mandat de prendre des engagements pour le
compte de la société avant l’acquisition de la personnalité morale, c’est-à-dire avant l’immatriculation
au registre du commerce et du crédit mobilier 21.

Parce que cette assemblée revêt une importance particulière, la loi encadre son fonctionnement
par des règles très strictes de convocation, de majorité et quorum. L’assemblée est convoquée par les
fondateurs quinze (15) jours au moins avant la date. La convocation est faite soit par lettre au porteur
contre récépissé, soit par lettre recommandée avec demande d’avis de réception 22. La lettre doit
mentionner l’ordre du jour, le lieu, la date et l’heure de l’assemblée. L’inobservation de ces règles est
sanctionnée par la nullité de l’assemblée générale constitutive 23.

Pour délibérer valablement, les souscripteurs présents ou représentés doivent posséder au


moins la moitié des actions 24. Si ce quorum n’est pas atteint, une deuxième convocation doit être
adressée aux souscripteurs six jours au moins avant la date de l’assemblée. Le quorum est fixé au quart
des actions25. A défaut, une troisième convocation peut être adressée aux souscripteurs dans les mêmes
conditions que la deuxième pourvu qu’elle le soit dans un délai maximum de deux mois à compter de la
date fixée par la deuxième convocation26.
17
V. Art. 400 al. 3 AUS.
18
V. Art. 400 AUS.
19
V. la loi de 1966.
20
V. Art. 402 AUS.
21
V. Art. 410 AUS.
22
V. Art. 404 AUS.
23
Ibid.
24
V. Art. 405 al. 1 AUS.
25
V. Art. 405 al. 2 AUS.
26
V. Art. 405 al. 3 AUS.

37
L’assemblée est présidée par l’actionnaire majoritaire ou, à défaut, par le doyen d’âge assisté
d’un bureau27. Elle statue à la majorité des deux tiers des voix dont disposent les souscripteurs présents
ou représentés. Mais il n’est pas pris en compte pour le calcul du quorum et de la majorité, les actions
de l’apporteur en nature ou du bénéficiaire d’avantages particulier même s’il a également la qualité
d’apporteur en numéraire28, nul ne pouvant être à la fois juge et partie. Et il ne faut pas oublier le fait
que l’assemblée générale constitutive a surtout pour mission de juger le rapport du commissaire sur
l’évaluation des apports en nature et l’octroi d’avantages particuliers. Une double voie s’ouvre alors à
elle : soit elle approuve ce rapport, la société peut se constituer, soit elle le désapprouve. Bien souvent
elle estimera que l’apport ou l’avantage particulier a été surévalué. Elle proposera donc une diminution
de sa valeur29. La résolution doit être votée à l’unanimité des souscripteurs. Il faut en plus et surtout le
consentement de l’apporteur30.

L’hypothèse de la sous-évaluation n’a pas été envisagée par le législateur. Mais il ne fait aucun
doute qu’étant souveraine, l’assemblée peut revoir à la hausse l’évaluation faite par le commissaire 31. Il
convient de noter cependant que cela sera fait aux risques et périls des souscripteurs qui bien souvent
ne disposent pas d’assez d’éléments techniques pour y procéder. Quoiqu’il en soit, les actionnaires et
les administrateurs sont solidairement responsables à l’égard des tiers pendant cinq (5) ans de la valeur
attribuée aux apports en nature ou aux avantages particuliers 32.

A la fin de l’assemblée générale constitutive, un procès-verbal doit être établi, indiquant la date,
le lieu de la réunion, la nature de l’assemblée, le mode de convocation, l’ordre du jour, le quorum, les
résolutions soumises au vote, les conditions de quorum et de vote pour chaque résolution et le résultat
des votes pour chacune d’elle, l’acceptation de leurs fonctions par les premiers responsables. Ces
derniers vont ensuite procéder à l’immatriculation de la société au registre du commerce et du crédit
mobilier.

Chapitre 2 : LES STATUTS

Un choix s’offre aux actionnaires entre les statuts simplifiés (ou courts) ou développés (ou longs). Les
premiers mentionnent seulement les éléments impérativement prévus pour la SA et se contentent
ensuite de faire référence aux dispositions légales. Dans la formule développée, on rédige entièrement
les statuts en reprenant les indications légales. Cette seconde formule présente l’inconvénient majeur
de nécessiter une modification des statuts à chaque réforme des dispositions applicables.

27
V. Art. 407 AUS.
28
V. Art. 408 al. 3 AUS.
29
F. ANOUKAHA, C. ABDOULLAH et al., OHADA, Sociétés commerciales et GIE, [Link]., p. 414
30
V. Art. 409 AUS.
31
F. ANOUKAHA, C. ABDOULLAH et al., OHADA, Sociétés commerciales et GIE, [Link]., p. 414
32
V. Art. 409 AUS.

38
Quel que soit le choix opéré, les statuts doivent toujours préciser, en plus des mentions classiques
(forme, dénomination sociale, durée, objet social, siège social, montant du capital), le mode
d’administration et de direction retenu, la désignation des premiers responsables de la société anonyme
à savoir les membres du conseil d’administration ou l’administrateur général, les commissaires aux
comptes et leurs suppléants, les stipulation relatives à la composition, au fonctionnement et aux
pouvoir des organes de la société..

Sont annexés aux statuts le rapport du commissaire aux apports en cas d’apports en nature et
l’état des actes accomplis pour le compte de la société en formation, avec l’indication, pour chacun
d’eux, de l’engagement qui en résulte pour la société. La signature des statuts, qui est nécessaire (en
personne ou par mandataire justifiant d’un pouvoir spécial), marque l’engagement définitif des associés
fondateurs. C’est à cette date que la société est réputée constituée, mais elle n’aura la personnalité
morale qu’à compter de son immatriculation.

Si la signature n’intervient pas dans les six mois du dépôt des fonds, les actionnaires fondateurs peuvent
demander au président du tribunal l’autorisation de récupérer ces sommes 33.

- La forme des statuts

Jusqu’à l’avènement de l’OHADA, la forme notariée, c’est-à-dire la forme authentique était


obligatoire pour les actes constitutifs des S.A, des SCA ou des SARL. Il s’agissait donc d’une exigence de
forme solennelle qui ne souffrait aucune restriction. L’AUS apporte un certain assouplissement. En effet,
l’article 10 dispose que « sauf dispositions nationales contraires, les statuts sont établis par acte notarié
ou par tout acte offrant des garanties d’authenticité dans l’Etat du siège de la société (…) ». En outre,
l’article 11 prévoit clairement la possibilité de statuts rédigés par acte sous seing privé. Ainsi, il est acquis
que l’exigence d’un acte authentique n’est plus de rigueur.

Cela dit, qu’ils soient établis par acte notarié ou par acte sous seing privé, les statuts doivent
être signés par toutes les parties. Celles-ci peuvent le faire directement ou par l’intermédiaire d’un
mandataire muni des pouvoirs nécessaires. La société est constituée à compter de la signature de ses
statuts (V. art. 101 AUS). Par ailleurs, lorsque les statuts sont rédigés par acte sous seing privé  ; ils sont
dressés en autant d’originaux qu’il est nécessaire pour le dépôt d’un exemplaire au siège social et
l’accomplissement des diverses formalités prévues par les textes. Enfin, un exemplaire des statuts sur
papier libre doit être remis à chaque associé et s’il s’agit d’une SNC ou d’une SCS, il doit être remis un
exemplaire original à chaque associé (V. art. 11, al. 11 AUS).

33
V. Art. 398 AUS.

39
En somme, l’acte constitutif de la société doit être établi par écrit. Cet écrit, ce sont les statuts. A
défaut de tels statuts, on se trouve en présence d’une société créée de fait qui ne peut être
immatriculée et n’a par conséquent pas de personnalité juridique (V. art. 115 AUS).

- Le contenu des statuts

L’article 13 de l’AUS précise les mentions obligatoires qui doivent figurer dans les statuts de
toute société commerciale.

L’article 75 de l’AUS sanctionne le défaut ou l’insuffisance des mentions des statuts. En effet, il
énonce : « Si les statuts ne contiennent pas toutes les mentions exigées (…) tout intéressé peut
demander à la juridiction compétente, dans le ressort de laquelle est situé le siège social, que soit
ordonnée, sous astreinte, la régularisation de la constitution. Le ministère public peut également agir
aux mêmes fins ». Cette action en régularisation vise donc à corriger les statuts et à les rendre
conformes aux exigences légales.

Chapitre 3- LES FORMALITES DE PUBLICITE

Ces formalités sont les mêmes formalités, que la société fasse ou non appel à l’épargne. Il s’agit
principalement de la publicité dans un journal d’annonces légales, d’un dépôt du dossier au greffe du
siège social pour immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier.

Le processus de constitution de la société s’achève, en effet, par l’accomplissement d’un certain


nombre d’actes de publicité. Il s’agit de l’immatriculation, du dépôt d’actes ou de pièces au greffe et de
l’insertion d’un avis dans un journal habilité à recevoir des annonces légales.

L’immatriculation (V. art. 34 et s. AUDCG) est l’acte par lequel la société accède à la vie
juridique. Elle se fait au Registre du commerce et du crédit mobilier tenu par le greffe du tribunal.

Les greffiers ou les autorités compétentes n’exigent le dépôt d’actes enregistrés auprès des
autorités fiscales que lorsque l’enregistrement est obligatoire en application de la loi fiscale de l’Etat
partie (V. art. 258 AUS).

Enfin, un avis de constitution de la société, signé par le notaire ou par les fondateurs, doit être
inséré dans un journal destiné à recevoir des annonces légales dans l’Etat où se trouve le siège social.
Cette insertion, qui doit contenir certaines énonciations, doit être faite dans un délai de 15 jours suivant
l’immatriculation (V. art. 261 et 262 AUS).

40
Toutes les formalités de publicité sont effectuées à la diligence et sous la responsabilité des
représentants légaux de la société (V. art. 259 AUS). Elles visent, pour l’essentiel, à révéler l’existence de
la société aux tiers. Il s’agit donc de mesures d’information qui ont une vertu protectrice pour les tiers,
et notamment pour les créanciers des fondateurs. Ceux-ci savent désormais, grâce à la publicité, que
leur débiteur a participé à la constitution d’une société et, dès lors, ils peuvent user des voies de droit
qui leur sont reconnues pour sauvegarder leurs intérêts (action paulienne, action oblique, etc).

En définitive, l’AUS sanctionne les manquements aux règles de constitution de la société. Il y a


bien sûr la nullité dont on a déjà parlé (V. art. 242 et s. AUS). Il s’agit d’une sanction grave qui frappe la
société. Il y en a d’autres qui frappent plutôt les fondateurs et les premiers représentants légaux de la
société. Ainsi, il résulte de l’article 78 que « les fondateurs, ainsi que les premiers membres des organes
de gestion, de direction ou d’administration, sont solidairement responsables du préjudice causé soit par
le défaut d’une mention obligatoire dans les statuts, soit par l’omission ou l’accomplissement irrégulier
d’une formalité prescrite pour la constitution de la société ». Ce texte ouvre donc une action en
responsabilité à toute personne pouvant justifier d’un préjudice, une action qui se prescrit par cinq ans à
compter du jour de l’immatriculation de la société.

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