En Oocn CD 0 CD R O Oo1: Institut National Polytechnique de Grenoble
En Oocn CD 0 CD R O Oo1: Institut National Polytechnique de Grenoble
T H E SE
DOCTEUR DE L'INPG
Directeur de t h è s e :
Nouredine HADJSAÏD
Yvon BESANGER
JURY
cD
CN
CD
CCD
CO
C
>D
r^
oCO
cn
CO
oo
i
cd
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Remerciements
Ce travail a été réalisé dans le cadre d'une convention CIFRE établie entre le
Laboratoire d'Electrotechnique de Grenoble (LEG) et le Groupement d'Intérêt Economique
IDEA (Inventer la Distribution Electrique de l'Avenir).
Je tiens à remercier :
Messieurs Frédéric Dumas et Marcel Chevalier, ingénieurs Schneider Electric, pour leurs
contributions au début du projet, Monsieur Jean Aupied, ingénieur EDF, pour la formation de
l'équipe SYS4 au domaine de la sûreté de fonctionnement et Monsieur Daniel Griffel,
ingénieur EDF, pour sa collaboration, ses compétences ainsi que son recul dans le domaine de
la recherche sur les réseaux.
3
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Messieurs Sylvain Martino, Christophe Andrieu, Seddik Bacha et Tuan Tran Quoc, pour leurs
précieux conseils dans le domaine des réseaux électriques et leur sympathie.
Les doctorants et stagiaires de l'équipe Syrel avec qui j'ai pu collaborer, en particulier
Raphaël Caire, Damien Thirault, Vincent Manzo, Thi-Thu Hà Pham, Ianko Valero et Nicolas
Laverdure.
Et enfin, toutes les personnes du laboratoire et du GIE IDEA, doctorants et permanents, pour
leur bonne humeur et bien sûr tous mes poteaux.
en
oo
CN
cD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
4
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Sommaire
INTRODUCTION GENERALE 11
CHAPITRE I CONCEPTS DE SURETE DE FONCTIONNEMENT 15
1.1 INTRODUCTION 15
1.2 LES DIVERS CONCEPTS DE SURETE DE FONCTIONNEMENT DES SYSTEMES 17
1.2.1 Définition de la fiabilité 17
1.2.2 Définition de la sûreté de fonctionnement. 17
1.2.3 Système et composants 17
1.2.4 Les défaillances 18
1.2.4.1 Définition 18
1.2.4.2 Les modes de défaillance 18
CD 1.2.5 Paramètres de sûreté de fonctionnement 18
OO 1.2.5.1 La fiabilité R(t) 19
CN
cD 1.2.5.2 La disponibilité A(t) 19
1.2.5.3 La maintenabilité M(t) 19
CD
1.2.5.4 Les paramètres temporels moyens 19
CCD 1.2.5.5 Le taux de défaillance A(t) 20
uen
CD
1.2.5.6 Le taux de réparation ^ ( t ) 21
> 1.2.5.7 Le taux de défaillance à la sollicitation 22
r^ 1.2.5.8 Quelques relations utiles 22
oco 1.3 L'ANALYSE QUALITATIVE DE LA SURETE DE FONCTIONNEMENT 24
en
co
oo 1.3.1 Analyse fonctionnelle du système 24
i 1.3.2 Analyse des défaillances du système 24
CD
1.3.2.1 Analyse des modes de défaillance 24
1.3.2.2 Analyse du comportement du système face aux défaillances 25
1.3.2.3 Combinaison de défaillances 27
1.3.2.4 Recensement des séquences d'événements 29
1.4 LES METHODES DE QUANTIFICATION DE LA SURETE DE FONCTIONNEMENT 31
1.4.1 Objectifs 31
1.4.2 Données de sûreté de fonctionnement 32
1.4.2.1 Collecte des données de sûreté de fonctionnement 32
1.4.2.2 Lois de probabilité des paramètres 32
1.4.2.3 Estimation des paramètres 34
1.4.3 Réduction du système 35
1.4.3.1 Réduction du nombre de composants 35
1.4.3.2 Etude d'une partie du système 35
1.4.4 Méthode des équivalents analytiques 36
I.4.4.1 Cas de deux éléments en « série » 37
5
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
6
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
7
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
8
Introduction générale
CD
OO
CN
cD
CD
CCD
uen
CD
>
r^
oco
en
co
oo
i
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Introduction générale
L'utilisation de l'énergie électrique pour les besoins quotidiens de la société s'est traduite par
la mise en place d'un système électrique comprenant la production d'électricité et le transport
de celle-ci jusqu'aux consommateurs . Ce développement s'est effectué par le biais d'une
structure hiérarchique du système qui consiste à produire l'énergie électrique en grande
quantité grâce aux centrales nucléaires, thermiques et hydrauliques (afin de minimiser les
coûts de production), transporter ces grandes quantités d'énergie électrique de façon à les
répartir sur l'ensemble du territoire en haute tension (pour minimiser les pertes Joules) et
enfin distribuer l'énergie à l'ensemble des consommateurs en moyenne tension puis en basse
CD tension . Aujourd'hui, on assiste à de profonds changements du secteur électrique : en effet
OO dans un contexte de libre concurrence et donc de libéralisation du marché de l'électricité
CN
cD (récemment mis en place en Europe), de ralentissement de l'activité du secteur électrique
CD dans les pays industrialisés, de progrès technologiques en matière de petites productions
CCD d'électricité (les piles à combustibles, les microturbines, les système de cogénération et les
uen
CD
énergies renouvelables comme l'éolien, les centrales marémotrices, les panneaux
>
photovoltaïques, ...) et de volonté de développement des énergies nouvelles, on voit
r^
oco apparaître un nouveau concept qui est la production d'énergie dispersée . Cela consiste à
en
oo
oo produire l'énergie par de petites unités au niveau des réseaux de distribution, évitant ainsi le
i transport sur de longues distances, permettant le développement des énergies nouvelles et
CD
système à satisfaire ses fonctions durant une période donnée : il existe, actuellement, des
applications permettant d'évaluer les indices de sûreté prévisionnels d'un réseau de
distribution « classique » mais celles-ci ne permettent pas de modéliser les modifications dues
à la production décentralisée .
12
Chapitre I
Concepts de sûreté de fonctionnement
CD
OO
CN
cD
CD
CCD
uen
CD
>
r^
oco
en
oo
oo
i
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Chapitre I
Concepts de sûreté de fonctionnement
I.1 Introduction
Les techniques de sûreté de fonctionnement ont été développées assez tardivement en
comparaison avec les autres domaines des sciences de l'ingénieur. C'est à partir des années
1940 dans le domaine de l'aéronautique que, confrontés à des défaillances dans des systèmes
électroniques, des ingénieurs se sont intéressés à caractériser les défaillances d'un système en
considérant la fiabilité observée du système, la fiabilité de ses composants et les liens qui
CD
OO pouvaient exister entre ces entités . C'est ainsi que les premières « briques » de la sûreté de
CN fonctionnement, comme la fiabilité d'une chaîne de composants, ont été posées . Partant de ces
cD
premières approches probabilistes, diverses méthodes ont été mises au point afin d'analyser
CD
les risques potentiels d'un système, de recenser les éventuelles séquences d'événements qui
CCD mènent à une défaillance du système et de quantifier sa performance en terme de fiabilité . Les
uenCD études de sûreté ont pris un grand essor à partir des années 60 et 70 dans l'industrie de
>
De nos jours, la compétitivité des marchés industriels fait que les aspects de qualité de
produits et de services ont une grande importance . De même la productivité d'une usine est
directement reliée au bon fonctionnement de ses machines . On voit ainsi apparaître chez les
industriels, qu'ils soient clients ou fournisseurs, un besoin grandissant de mesurer ou
d'améliorer la fiabilité des produits qu'il vend ou qu'il utilise .
en
oo
CN
cD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
oo
oo
1
CD
16
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
17
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
La définition des composants d'un système peut se faire de multiples façons . En effet, un
composant peut être lui-même décomposé en sous composants . Si, par exemple, on considère
un système électrique muni d'un disjoncteur, celui-ci peut être considéré ou bien comme un
composant ou bien comme plusieurs composants à savoir les capteurs de mesure, la partie
électronique qui traite les signaux et la partie mécanique qui ouvre les phases . Il est ainsi
nécessaire de fixer la finesse de l'étude afin de déterminer le choix des composants .
1.2.4 Les défaillances
I.2.4.1 Définition
La défaillance est définie comme la « cessation de l'aptitude d'une entité à accomplir une
fonction requise » . Cette cessation peut être complète (l'entité ne remplit plus sa fonction) ou
partielle (la fonction est assurée dans certaines limites, on parle alors de modes dégradés) . Les
OO
CD
défaillances peuvent être momentanées (indisponibilité du composant à remplir sa fonction
CM
pendant un temps donné, le composant redevient disponible sans réparation) ou permanentes
en• (la défaillance du composant est irréversible, une maintenance est nécessaire pour remettre le
composant en service).
0
C£>D I.2.4.2 Les modes de défaillance
rC Les défaillances d'un même composant peuvent avoir des conséquences différentes . Par
exemple, pour un disjoncteur, la défaillance au niveau de l'électronique qui gère l'ouverture
CO
CD
du dispositif peut avoir comme conséquence l'ouverture du disjoncteur alors qu'une panne au
1
niveau d'un capteur va entraîner la non-ouverture du disjoncteur lorsqu'il est sollicité à
l'ouverture . Il est ainsi important de distinguer, pour un composant, les défaillances qui ont
des conséquences différentes et qui, donc, entraînent des comportements différents du
système . Ces diverses défaillances sont appelées modes de défaillance du composant. La
définition donnée par la Commission Electrotechnique Internationale [VIL 88] est la
suivante : « Un mode de défaillance est l'effet par lequel une défaillance est observée » .
1.2.5 Paramètres de sûreté de fonctionnement
Prévoir qu'une entité va tomber en panne fait appel à des critères probabilistes, on cite ici les
principaux paramètres nécessaires à l'évaluation des défaillances d'un composant .
18
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Elle est définie comme la probabilité qu'une entité fonctionne entre 0 et t . Du fait qu'une
entité ne peut fonctionner éternellement, on peut considérer que :
o R(t) est une fonction non croissante variant de 0 à 1 sur [0,+<*>]
o lim R(t) = 0
t ^
1.2.5.2 La disponibilité A(t)
La disponibilité d'une entité est la probabilité qu'elle fonctionne à l'instant t . Dans le cas d'un
composant non réparable, la disponibilité et la fiabilité se confondent : A(t) = R(t) . Dans le
cas contraire : A(t) > R(t) . L'indisponibilité ID(t) est définie comme étant la probabilité que
l'entité ne fonctionne pas à l'instant t . On a alors : ID(t) = 1-A(t) .
o 1.2.5.3 La maintenabilité M(t)
oCN
Par analogie avec la fiabilité, la maintenabilité est la probabilité que l'entité soit réparée entre
cd 0 et t . Ainsi :
o M(t) est une fonction non décroissante variant de 0 à 1 sur [0,+<^]
w o lim M(t) = 1
C>D t ^
1.2.5.4 Les paramètres temporels moyens
CD
CO
Quelques définitions de paramètres employés dans les études de sûreté [VIL 88]:
o MTTF : durée moyenne de fonctionnement avant la première défaillance (Mean Time
To Failure).
o MTTR : durée moyenne de réparation (Mean Time To Repair).
o MUT : durée moyenne de fonctionnement après réparation (Mean Up Time).
o MDT : durée moyenne d'indisponibilité (Mean Down Time). Cette durée comptabilise
le temps de détection de la panne, le temps de réparation et la remise en service .
o MTBF : durée moyenne entre deux défaillances consécutives d'une entité réparée .
(Mean Time Between Failure).
Ces paramètres sont représentés sur la Figure 1.
19
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Fin d e la r é p a r a t i o n
R e m i s e en service
D é t e c t i o n d e la p a n n e
D é t e c t i o n d e la p a n n e Fin d e la r é p a r a t i o n
Première défaillance
Défaillance R e m i s e en service
Etat de m a r c h e
Etat d e p a n n e
MTBF
At R(t)
At ^ 0
20
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
D'où :
= m ± . [ Ç + - R(,)]
R a , )
At At • R(t)
H
At ^ 0
On a ainsi :
(t) = --@- • ^ (II I)
R(t) dt
A
Pour des composants électriques (comme ceux des réseaux électriques), A(t) a généralement
l'allure d'une courbe en baignoire comme représenté sur la Figure 2 [VIL 88] .
y
A(t)
CD
OO
Période
de
Vie
utile
Période
d'usure
CN
cD
^jeunesse
CD
CCD t
en
Figure 2 : courbe en baignoire
Le taux de défaillance est ainsi élevé dans sa période de «jeunesse » et sa période d'usure :
cela s'interprète comme les défauts d'un équipement qui sont mis en évidence dès sa mise en
o service (période de jeunesse), ensuite des défaillances aléatoires (vie utile), puis des
CD
21
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
La fonction d'un composant peut s'étendre sur une durée dite de fonctionnement . Dans ce
cas, les défaillances du composant sont décrites par le taux de défaillance A(t) . Mais la
fonction à assurer peut être « ponctuelle », comme un système de protection qui agit
lorsqu'un événement dangereux se déroule . Dans ce cas, c'est un taux de défaillance à la
sollicitation y(t) qui caractérise ce type de défaillance « ponctuelle » . Il est défini comme la
probabilité que le composant tombe en panne lorsqu'il est sollicité . Ce taux peut s'exprimer
sous la forme d'un taux de défaillance :
A ( t ) = Y ( t ) • P [ le composant est sollicité à t ]
en En général, les matériels d'un système font l'objet d'une période de mise en service (pour
éviter les défaillances de «jeunesse») et de maintenance préventive (pour éliminer les
§ défaillances d'usure) . Ainsi, durant la période de fonctionnement du système, l'approximation
des taux constants est souvent admise . En considérant le taux de défaillance A(t) = X et le taux
de réparation ^(t) = | constants, on peut écrire d'après les équations (II .1) et (II . 2) :
R(t) = e -X-t (II. 3)
M(t) = 1 - e -X-t
r^
oco
en A(t) = + e -(X+|)-t
co
oo X+| X+ |
i ID(t) = — - ( l - e + )
CD X+ |
-(X |)-t
MTBF = 1 (II. 4)
X
MDT = 1 (II. 5)
I
On calcule les valeurs asymptotiques de la disponibilité A(«>) et de l'indisponibilité ID(^) :
A(~), = | = MTBF et ID(~>). = X - MDT
X + | MTBF + MDT X + | MTBF + MDT
En considérant la définition des paramètres temporels, on remarque que la disponibilité
asymptotique correspond à la proportion de temps pendant lequel l'entité est en état de
fonctionner et que, de même, l'indisponibilité asymptotique correspond à la proportion du
22
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
temps pendant lequel l'entité est en panne . Il est démontré que ce résultat est aussi valable
lorsque les taux À et ^ ne sont pas constants [VIL 88] .
Dans le cas où le temps moyen de réparation est négligeable devant le temps moyen de
fonctionnement, on peut exprimer l'indisponibilité par :
À
ID(^) = -^ (II. 6)
L'approximation des taux A et ^ constants et égaux respectivement à À et ^ donne des lois de
probabilité exponentielles pour R(t) et M(t) . La loi exponentielle est très utilisée dans les
études de sûreté de fonctionnement puisqu'elle permet d'exprimer simplement les variables
de sûreté et permet d'effectuer des calculs analytiques simples sur ces mêmes variables .
D'autres lois sont utilisées pour représenter des taux variables dans le temps : celles-ci seront
en présentées dans le paragraphe I . 4 . 2 . 2 .
CN
cD
en Nous avons donc introduit les définitions de base de la sûreté de fonctionnement, caractérisé
co ce qu'est un système et sa décomposition en sous systèmes appelés composants et explicité
en les variables employés pour caractériser les défaillances d'un composant .
C
>D
r^
oco Les deux parties suivantes détaillent ce que sont les étapes d'une étude qualitative puis d'une
étude quantitative de la sûreté de fonctionnement d'un système :
oo
CD o L'analyse fonctionnelle : elle caractérise le système, ses composants, le
fonctionnement du système et ses contraintes .
o L'analyse des dysfonctionnements : on s'intéresse ici aux différents composants du
système . Les causes et les effets de chaque défaillance sont analysés afin d'identifier
les diverses pannes que peut subir le système .
o La quantification de la sûreté de fonctionnement : une fois les événements identifiés,
le choix de la méthode de calcul de sûreté la mieux adaptée au système est effectué et
ensuite, l'application de la méthode permet d'obtenir les indices de sûreté de
fonctionnement. Au préalable, une recherche doit être menée pour collecter les
données de fiabilité des composants du système .
23
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
24
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Conséquences de la
Composant Mode de défaillance Origines de la défaillance
défaillance
o Mesure erronée
o Ouverture
o Problèmes dans le dispositif Ouverture du circuit
intempestive de déclenchement
o Mesure erronée
Non élimination du
o Refus d'ouverture o Problèmes dans le dispositif
Disjoncteur défaut
de déclenchement
o Agressions extérieures
o Défaut d'isolement Court-circuit
o Echauffement
o Agressions extérieures
o Rupture de contact Ouverture du circuit
o Echauffement
o ... o ...
Transformateur
CD
OO o ... o ...
CN
cD
CD Tableau 1 : analyse des modes de défaillances
c0
en I.3.2.2 Analyse du comportement du système face aux défaillances
C>D
Lorsqu'un système subit une panne, plusieurs étapes doivent être effectuées : la détection de
r^
oco la panne, le diagnostic de l'état du système, les éventuels changements de mode de
en
co fonctionnement du système, la mise de œuvre de mesures de sécurité, la maintenance du ou
oo
1 des composants endommagés et la remise en service des zones du système interrompues . Ces
CD
étapes peuvent être faites soit par des automatismes, soit par des opérateurs, soit par une
combinaison des deux :
25
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
26
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Tous les points décrits ci-dessus constituent des éléments indispensables pour évaluer
l'indisponibilité d'un système lors d'incidents .
I.3.2.3 Combinaison de défaillances
Les conséquences d'une défaillance sont parfois mineures, c'est-à-dire qu'elles n'entraînent
pas de défaillance d'une fonction du système . Par contre, l'apparition d'une seconde
défaillance consécutive peut avoir des conséquences plus graves. L'apparition de ces
combinaisons de défaillances peut se produire dans plusieurs situations .
I.3.2.3.1 Défaillance d'ordre n
CD
OO Une deuxième défaillance se produit lors de la période de maintenance du ou des composants
CM
c=3 endommagés lors de la première défaillance . La fréquence d'une telle combinaison est
en
—) beaucoup plus faible qu'une défaillance d'ordre 1, puisque le 2 événement se produit
ème
pendant la période de maintenance par opposition à une défaillance d'ordre 1 qui se produit
c
ow sur la durée totale de fonctionnement du système . Si la conséquence est lourde, cette
combinaison peut ne pas être négligeable . On détermine une limite d'ordre à partir de laquelle
r^
oco on considère négligeable l'impact des séquences d'ordre supérieur .
g I.3.2.3.2 Défaillance seconde
oo
CD Une défaillance seconde est une défaillance dont la cause est la défaillance (première) d'un
autre composant . Ce phénomène peut être aussi à l'origine de défaillances dites en cascade
dans la mesure où les défaillances secondes entraînent d'autres défaillances secondes . Un
exemple de ce type de défaillances en cascade est le déclenchement de protections de
surcharge sur le réseau de transport d'électricité : à l'origine, un court-circuit fait déclencher
les protections d'une ligne, le réseau étant maillé continue de fonctionner mais les flux de
puissance sur certaines lignes sont beaucoup plus importants et vont faire déclencher les
protections de surcharge de ces lignes, ainsi on a de moins en moins de lignes et de plus en
plus de protections de surcharge qui déclenchent . Les lignes sont ainsi mises hors tension en
cascade .
27
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
La première défaillance n'est pas détectée et donc pas réparée . C'est ce que l'on appelle une
défaillance « cachée» (venant de l'anglais «hidden failure») . La deuxième défaillance se
produit ensuite . Comparée à une défaillance d'ordre 2, la fréquence de ce type de
combinaison est beaucoup plus élevée puisque la deuxième défaillance peut se produire
pendant le reste du temps de fonctionnement du système . De plus, les conséquences sont plus
graves puisque la défaillance « cachée » et la seconde défaillance se produisent presque
simultanément . Ainsi, ce type de combinaison a en général un impact non négligeable . On
peut citer comme exemple celui des défaillances « cachées » des systèmes de protection dans
les réseaux de transport : une panne dans le système de déclenchement d'un disjoncteur fait
que lorsqu'un court-circuit se produit dans une zone autre que celle concernée par le
disjoncteur défectueux, ce dernier va déclencher et ainsi éliminer une ligne « saine » . Ainsi,
CD
OO deux lignes sont mises hors tension . Ce type de défaillance est à l'origine de nombreux
CN
cD incidents graves sur les réseaux de transport .
CD
1.3.2.3.4 Défaillances de cause commune
CCD En général, les défaillances des composants sont supposées être indépendantes du point de
uen
CD vue probabiliste . Parfois, une cause de défaillance peut affecter plusieurs composants
>
r^ simultanément . Le caractère simultané de ces défaillances fait que les conséquences sont plus
oco graves que si ces défaillances se produisaient à des moments différents .
en
co
oo
i
CD Plusieurs causes sont à l'origine de ces défaillances :
o Les agressions de l'environnement (mauvais temps, corrosion, humidité, ...) : chaque
facteur susceptible d'avoir une influence sur les composants doit être envisagé . Si les
seuils limites de ces facteurs peuvent être atteints par les agressions de
l'environnement, l'évaluation des conséquences d'une telle situation doit être faite .
o Les défauts de fabrication (au cours de la fabrication de certains éléments qui
composent le système) : les contrôles de qualité des produits sont censés éviter ce
genre de défauts, malgré cela, certains défauts ne seront mis en évidence que lorsque
les produits seront mis en exploitation . L'évolution des produits d'un fabricant
constitue aussi une source de défauts dans la mesure où le changement de certaines
caractéristiques secondaires d'un produit (censé être une amélioration du produit) va
causer certains problèmes non envisagés lorsqu'il sera mis en service .
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
A partir d'un événement non désiré, l'arbre « remonte » à toutes les causes directes possibles
et ainsi de suite jusqu'à des événements de base (dont on explicite pas la cause) . On identifie
ainsi toutes séquences d'événements menant à un événement choisi . L'arbre de défaillance est
représenté par une structure arborescente (Figure 3) comportant les événements (représentés
par les entités El, E2, ...) reliés par des portes logiques (ET, OU, ET avec condition, OU
avec condition, SI, ...) .
29
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
CN
cD Le raisonnement employé pour cette méthode est « l'inverse » de l'arbre de défaillance . On
CD
part d'un événement dit initiateur puis on envisage toutes suites possibles chronologiquement
jusqu'au retour à l'état normal du système .
CCD
en D , G
CD
> G
B
r^
oco A
D
en
co
E H
oo B
H
i E
CD
Événement
initiateur
F
C
J
F
A J
1.4.1 Objectifs
La méthode de calculs de sûreté doit, à partir des modes de défaillances et du comportement
du système, modéliser les divers événements que le système peut subir et ainsi déduire les
indices de sûreté de fonctionnement comme représenté sur la Figure 5 . Pour quantifier la
sûreté de fonctionnement d'un système, il faut tout d'abord se poser la question « que veut-on
quantifier ?» . Par exemple, s'il s'agit d'un système où l'on veut à tout prix éviter un certain
risque, on va s'intéresser à quantifier la fiabilité du système qui représente la probabilité pour
que le système fonctionne sans incident durant sa durée de fonctionnement et comparer la
valeur obtenue à une valeur considérée comme acceptable . A l'inverse si, d'expérience, on
sait que le système va subir des interruptions, on va chercher à connaître le nombre moyen
CD
OO d'interruptions et la durée moyenne d'indisponibilité . Une fois les indices de sûreté du
CN
cD système définis, il faut choisir une méthode de calcul adaptée aux défaillances du système .
CD Une étape de recherche de données de fiabilité des composants du système que l'on modélise
donne les paramètres d'entrée du modèle de calcul .
CCD
en
C
>D Connaissance des défaillances Comportement du système
r^
oco
• M o d e s de défaillances
• C o n s é q u e n c e s des défaillances
1 • Détection des p a n n e s
1 • C h a n g e m e n t de configuration d u s y s t è m e
en
co • Lois de probabilité a s s o c i é e s aux 1 • Réparation
oo défaillances
1 • R e m i s e en s e r v i c e a p r è s un incident
i
CD
Hypothèses
Pour c h a q u e m o d e de défaillance :
• Choix des indices de sûreté • H y p o t h è s e s de départ
• Taux de défaillance X o u y
• Choix de la m o d é l i s a t i o n • A p p r o x i m a t i o n s d u e s à la m é t h o d e
• Taux de réparation ^
31
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les données de sûreté de fonctionnement concernent les valeurs des paramètres des lois de
défaillance en fonctionnement, de réparation et de défaillance à la sollicitation des
composants du système . L'obtention de ces valeurs se fait de deux manières :
o Les essais de fiabilité, qui consistent à mener des essais sur plusieurs composants
identiques et à évaluer soit les instants de défaillance (test de type I : l'essai est arrêté
au bout d'un temps T), soit le nombre de défaillance (test de type II : l'essai est arrêté
à partir d'un certain nombre de défaillances observées) . Dans un test de type I, une loi
de probabilité associée au taux de défaillance est déterminée . Dans le cas du test de
type II, le taux de défaillance est considéré comme constant et on fournit un estimateur
§ de ce taux . Le défaut de ces essais est qu'ils n'arrivent généralement pas à reproduire
oCM
c=3 les conditions réelles d'exploitation des composants et que leur coût est assez élevé .
en
—) o Les recueils de données en exploitation, qui fournissent les statistiques des
défaillances des composants en exploitation . Il existe plusieurs banques de données
ocw correspondant à divers systèmes industriels comme les équipements des centrales
nucléaires, le matériel militaire ou encore les plates-formes pétrolières off-shore .
o
co Ces données issues des essais de fiabilité ou de recueils de données sont en général très
difficiles à obtenir puisqu'elles font souvent l'objet de confidentialité . Pour les systèmes
récents, les retours d'expérience ne sont pas suffisants pour bien caractériser les défaillances
des nouveaux composants .
1.4.2.2 Lois de probabilité des paramètres
Pour les composants électroniques, les taux de défaillance ont une allure de courbe en
baignoire (comme sur la Figure 2) . Pour les composants mécaniques ou électromécaniques,
on considère que ceux-ci ont un taux de défaillance constant dans la mesure où la mise en
place de périodes de mise en service et de maintenance des composants permet d'éviter les
défauts de fabrication et l'usure des composants . Ainsi, on utilise souvent pour la réparation
des composants la loi log-normale (voir ci-dessous), qui modélise bien les différentes valeurs
que peuvent prendre le temps de réparation d'un composant . On présente, pour différentes
lois utilisées dans la sûreté de fonctionnement, l'expression de la densité de défaillance U(t),
32
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
À
- À - t - À -1
À À
CD
OO
CN
CD
CD
Notons que pour la loi de probabilité exponentielle, le taux de défaillance est égal à À et la
CCD moyenne de la loi, c'est-à-dire le temps moyen de fonctionnement, est égal à 1/À . Le
en paramètre À de loi se confond avec le taux de défaillance A . On emploiera souvent le terme À
C
>D
pour qualifier le taux de défaillance A (et respectivement p pour le taux de réparation . Les
r^
oco
en simplifications induites par cette loi font qu'elle est très souvent employée pour les calculs de
co
oo sûreté de fonctionnement .
i
CD
I.4.2.2.2 La loi normale (deux paramètres p et o)
^ (,-P)
f ,-p 1 rt
A(t) = MTTF = p
2
U(t) = 1 R(t) = -[ e dt
1 1 2
2
1 -e 2 1 o 2 o 2
U ( , )
R(t)
2n cv 2n
J
ov
1-R(t)
0.5
p P P
33
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
@ 1 ( lnt-p
1 R(t) = 1 _ • f e
1 t @ (lnt-p) 2
dt A(t) = R(t) 1
P+-CT2
U(t) = ' •e 2 1 J 2 ° 2
U ( t )
MTTF = e
2
o-1•V2n o/cn t
o
2
J o
1-R(t) A(t)
en
o I.4.2.2.4 La loi de Weibull (trois paramètres p , Y et o )
o
CN Taux de
cD Temps moyen de
Densité de défaillance Défiabilité
CD défaillance fonctionnement
C>D
r^ U(t)
o 1-R(t)
co
en \p=o? ,
co
o
Y =4
o1
0.5
CD • '
o t - Y o t - Y
o t - Y
Dans le cas où on considère les taux À (défaillance selon une loi exponentielle), p (réparation
selon une loi exponentielle) et Y (selon une loi binomiale) constants, des estimateurs de ces
taux sont :
34
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Lorsque le système comporte un grand nombre d'éléments, il peut être très intéressant de
former des équivalents analytiques de groupes d'éléments afin de réduire le nombre de
composants à modéliser et donc la complexité du modèle de sûreté du système.
Dans une certaine mesure, il est possible d'étudier une partie du système. Pour l'exemple des
w réseaux électriques, le système se découpe en plusieurs niveaux qui sont le réseau de
C>D
transport, les réseaux de distribution moyenne tension et les réseaux de distribution basse
en tension [ALL 00]. Considérant un quelconque système, ses différentes parties sont toujours en
oi interaction :
o o Soit la fiabilité de l'une influence celle de l'autre et l'inverse est négligeable.
o Soit les deux parties sont en forte interaction, celles-ci ne peuvent s'étudier
séparément.
Zone 1 |
^ S
Zone 2 Zone 3
Par exemple, sur la Figure 6, si l'on veut étudier la zone 1, il faut déterminer l'influence de la
zone 2 sur la zone 1 (en calculant un équivalent analytique de la zone 2). La zone 3, ayant une
influence négligeable, n'est pas considérée.
35
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
On fait l'approximation que les taux de défaillance sont petits devant les taux de réparation.
Ainsi, pour le calcul de l'indisponibilité et de la fréquence d'apparition des événements, on
dispose des formules suivantes :
d T
c
CD o Pour un événement pouvant se produire au cours de N sollicitations :
r^
og
s
F = moyenne de la loi = Y • N s
§ (II10)
~CD ID(~) = y N ^
M
(II11)
36
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
d'apparition F pour chaque séquence i recensée . Les indices globaux du système s'obtiennent
i
de la façon suivante :
F= ~A
ID = ^ ID i
R(t) - e -A t
À1, p i À2, p2
À1, pi
À2, p2
Figure 8 : système composé d'un composant pouvant être secouru par un autre
37
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Le système est composé d'un composant (composant 1) qui, lorsqu'il est en panne, est
secouru par un 2 composant (composant 2). La défaillance du système se produit lorsque le
ème
CD
2-p,
C0 Les indices du système sont donc :
en F= À,
C>D "
P1
r^
oco
en o ID = À, • À-,
co 2- p 1 2
oo
1 -A-1
À1 - À 2
CD
o R(t) - e P1
Au moins un des deux composants doit fonctionner pour que le système fonctionne. Ainsi,
pour que le système subisse une interruption, il faut que les deux composants tombent en
panne.
38
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
V1 2 J P P
•X r 1 1
o ID = ID + ID = X • — •X — — + X • — •X — — x 1 2
2 +2 •
2
1 2 1 2 2 1
P1 •P1 P2 • p2 2 2 VP 1 P 2 J
2 2
-XX •[ —+— k
en
r 2
oo o R(t) - e - A t -e - 1P1 P2
CN
cD
Il est important de préciser que les calculs utilisés pour un mode de défaillance en
CD
fonctionnement nécessitent la connaissance de la durée D sur laquelle l'événement peut se
C0 produire. Lorsque l'on a un système avec un mode de fonctionnement normal et plusieurs
en
C>D modes de secours (ou dégradés), avec l'hypothèse des taux de défaillance petits devant les
r^ taux de réparation, la probabilité que l'état soit dans son fonctionnement normal est proche de
oco 1. On étudie donc le système dans son mode de fonctionnement normal et la durée D pour
en
co
oo laquelle peut se produire une défaillance première est égale à la durée totale de
1
CD fonctionnement du système.
Le calcul des valeurs des probabilités P demande parfois de faire appel à une autre méthode.
i
Dans certains cas, lorsque les modes de fonctionnements sont nombreux ou trop complexes
pour déterminer les valeurs de P , il est préférable d'employer une méthode plus adaptée,
i
comme les graphes de Markov ou les simulations Monte Carlo décrites dans les paragraphes
suivants.
39
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
en
oo
1 en bon état
2 en bon état
1 en panne
2 en panne
CM
c
en
co 1 en bon état
w 2 en panne
C
>D Figure 10 : Graphe d'un système à 2 composants
r^
oco
en
co Si on évalue la probabilité d'occupation Pi de l'état i à l'instant t + dt, on a (les coefficients a ji
oo représentent le taux de transition de l'état i vers l'étatj et p est le nombre d'états du système) :
CD
+ P[le système est dans l'état j à l'instant t et passe dans l'état i à t + dt]
40
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
dP (t + dt)
Zj=1 J • a ,
i
dt P d t
Pour la résolution de ce système, on fait l'approximation que les transitions sont des lois de
probabilité exponentielle, autrement dit, les taux de défaillance et de réparation sont supposés
constants. Le système ainsi défini est un système d'équations différentielles d'ordre 1 qui se
met sous la forme matricielle suivante :
dt dt dt
CD 11 ... 1 p
OO
a a
ou
CN
cD p1a ... p p a
CD
C0 dP = 0. Ainsi, on peut résoudre simplement le système suivant
En régime stationnaire, on a —
en dt
C>D
["]• P = 0
r^
oco n
en sachant que Z P = 1 i
co
oo
=1
1
CD
o ID = Z P i
états de pannes i
o R(t) - e - A t
41
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les techniques de Monte Carlo ont été utilisées depuis plusieurs siècles, même si ce n'est
qu'après la seconde guerre mondiale qu'elles ont acquis un véritable statut de méthode. Le
principe de la méthode par simulation Monte Carlo est de simuler la « vie J du système au
cours de sa période de fonctionnement. Plusieurs échantillons sont nécessaires pour
déterminer de façon statistique les indices de sûreté de fonctionnement du système. Les
résultats donnés par cette méthode ne sont pas les solutions numériques exactes mais des
intervalles de confiance les contenant avec une probabilité donnée.
en
oo
Etat initial
CN
cD Première défaillance
CD
Nouvel état
des composants
C0
en Analyse du système
C>D
r^
oco
Comptabilisation
Des indices
en
co
oo
1 t > T
Fin de l'échantillon
CD
n = N Résultats
• Moyenne des indices
• Intervalles d e c o n f i a n c e
Au cours d'un échantillon, les événements sont tirés de façon aléatoire selon leur loi de
probabilité. Ensuite, de façon chronologique, le système est analysé à chaque nouvel
événement, afin de déterminer s'il fonctionne ou non (Figure 11). Les indices sont ensuite mis
à jour. L'atout de cette méthode est que l'on peut modéliser n'importe quelle loi de
probabilité, contrairement aux méthodes précédentes où l'emploi de lois de probabilité
exponentielles est nécessaire pour le calcul des indices de sûreté du système.
42
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour modéliser le système, il faut décrire, d'une part, le fonctionnement des composants et,
d'autre part, le fonctionnement du système. Pour un composant, on peut établir différents
modèles de fonctionnement suivant la façon dont il est employé. On représente quelques
exemples Figure 12.
Etat de
Repos
marche
Etat de
marche
Tirage du temps
Tirage d u temps Tirage du temps
de panne
de réparation d e panne Tirage du temps
de réparation
en
o Etat de
o
CM panne
Etat de
c=3 panne
en
—)
o
00
CD
Repos
OO
CO
Tirage du t e m p s Tirage du t e m p s Tirage du t e m p s
Tirage du temps
CD
Etat d e
panne
Etat de
panne
Un réseau de Petri est un graphe d'état dans lequel on retrouve des états et des transitions
auxquelles sont affectées des lois de transitions. Les lois de transitions peuvent être des lois
de probabilités de toute sorte ou des délais constants. L'état du graphe est marqué par un
CD
OO « jeton J qui se trouve dans un des états du graphe. On peut affecter aux transitions :
CN
cD o Des équations « d'entrée J : pour que la transition soit valide il faut que les conditions
CD imposées sur les variables soit vérifiées.
,<1 o Des changements de variables : lorsque la transition est validée, les valeurs de
o certaines variables sont modifiées.
uwCD
>
o Ce couplage de réseaux de Petri avec des variables permet d'une part de faire fonctionner
plusieurs réseaux de Petri simultanément (les différents graphes interagissent entre eux) et
d'autre part de faire évoluer les réseaux de Petri en fonction de variables représentatives du
"CD
système.
Sur la Figure 13, on trouve un modèle pour décrire un générateur. On distingue trois états (en
fonctionnement, en maintenance et au repos). Une loi exponentielle est employée pour la
transition de l'état de fonctionnement à l'état de panne, une loi log-normale est utilisée pour
la réparation, une loi « sollicitation J pour le démarrage du générateur et enfin une loi dirac
(délai constant) pour l'arrêt du composant.
44
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Marche
Entrée : --
Défaillance! Loi : exp (-Xt)
Sortie : a «-1
b- 0
Variables d ' é t a t d u c o m p o s a n t
Entrée : --
•a : vaut 1 lorsqu'il y a défaillance sinon 0
| Loi : dirac t=0
Entrée : d = 1 •b : vaut 1 lorsque le composant est en marche sinon 0
Sortie : a <-1
Loi : p = Y b- 0 Entrée : c = 1
Variables de c o m m a n d e d u c o m p o s a n t
Sortie : b—1 Arrêt | Loi : dirac t •c : vaut 1 pour l'ordre d'arrêt
d- 0 Défaillance Sortie : b <- 0 •d : vaut 1 pour l'ordre de démarrage
c—0
Sollicitation Entrée : --
Réparation exp (-pt)
Sortie : a — 0
Repos
CD
OO Figure 13 : exemple d'un réseau de Petri pour modéliser un composant
CN
CD
~3
CD Des variables dites de « commande J du composant sont affectées aux entrées des transitions
C0 d'arrêt (ordre d'arrêt qui valide la transition) et de démarrage (ordre de démarrage qui valide
en la transition). Des variables dites «d'état» du composant sont modifiées lors des
C>D
changements d'état du composant (changements effectués en sortie d'une transition) : cela
r^
oco permet de définir l'état du composant et d'utiliser cette information par d'autres réseaux de
en
co Petri. Lorsque le démarrage du générateur échoue, un état et une transition sont rajoutés afin
oo
1 de modifier les variables d'état du composant.
CD
45
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Mode normal
a1,b1,c1,d1 a2,b2,c2,d2
CD Figure 14 # exemple d'un réseau de Petri « gestionnaire » pour modéliser le comportement d'un système
L'utilisation de réseaux de Petri implique l'existence d'un logiciel qui gère la simulation
Monte Carlo de réseaux de Petri. Selon la nature des transitions disponibles, des variables
disponibles (booléennes ou continues) et des possibilités d'effectuer des calculs sur les
variables, la description du fonctionnement du système peut être difficilement modélisable.
D'autre part, selon la grandeur et la complexité du système, la modélisation en réseaux de
Petri peut être très complexe. Il est donc parfois préférable de programmer le fonctionnement
complet du système par un code informatique.
46
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les fonctionnements des composants et du système peuvent être directement codés par un
langage informatique. On définit des matrices d'état des composants, des variables
caractérisant le système, des algorithmes d'analyse du système pour définir la réaction du
système lors d'incidents. Le code informatique reprend ainsi la structure de l'algorithme de
Monte Carlo (Figure 11). On distingue trois grandes étapes dans le code qui sont :
o Définir l'état du réseau à partir des états des composants.
o Analyser l'état du système.
o Déterminer les comportements du système.
Pour certains systèmes, la programmation d'une telle application peut être assez longue.
Cependant, l'utilisation d'un code offre une grande souplesse d'utilisation :
o
o Utilisation d'algorithmes.
§ o Manipulation de variables continues.
o Couplage de l'application avec des modules de calculs déjà existants.
o I.4.6.3 L'algorithme Monte Carlo
tn
Une fois le modèle du système défini, l'algorithme de Monte Carlo simule le système sur sa
o période de fonctionnement. A chaque fin d'un échantillon, les indices de sûreté sont stockés.
Les résultats obtenus sont les indices moyennés sur l'ensemble des échantillons (voir Figure
§ 15).
0.164
Echantillons
Figure 15 # convergence de la fréquence d'interruption moyenne d'un système lors d'une simulation
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Lorsque les taux de défaillances sont supposés constants, le nombre de défaillances est
distribué suivant une loi de Poisson. Dans ce cas on peut déduire un intervalle de confiance
pour la fréquence d'interruptions F :
o On se fixe un niveau de confiance (1-a), a représentant la probabilité que la valeur de
F ne soit pas dans l'intervalle de confiance.
o L'intervalle de confiance est ainsi :
X1 a
1
a
F = Fmoy nn ±
e e
2
Ayant accès à tous les événements qui ont été simulés, il est également possible de
en
o représenter les distributions des divers indices et ainsi d'avoir des informations
cn complémentaires sur les défaillances du système.
cD
CD 1.4.7 Analyse des méthodes de calculs
Plusieurs aspects de fonctionnement d'un système sont délicats pour la quantification de la
o
'w sûreté de fonctionnement :
CD
o Le comportement du système face aux défaillances, qui peut être plus ou moins
o complexe.
o o Le nombre important de composants, qui rend certaines méthodes lourdes à appliquer.
CD o Les divers modes de fonctionnement normaux, qui nécessitent pour certaines
méthodes de définir plusieurs modèles de sûreté.
o Les événements d'ordre n (certaines méthodes imposent une limitation d'ordre).
o Les événements liés au temps (comme la décharge d'une batterie au cours de son
utilisation).
o Les événements liés à des variables du système (comme une configuration du système
où l'augmentation de la température du système pendant un certain temps qui
détériore un composant).
Les méthodes de sûreté citées précédemment présentent des avantages et des inconvénients en
matière de simplicité, de rapidité de calculs et d'adéquation à modéliser des systèmes
complexes. Dans les paragraphes suivants, les performances de chaque méthode sont
analysées.
48
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Performances
En admettant l'hypothèse des lois exponentielles, les calculs sont simples. Ces
Simplicité d'utilisation derniers peuvent néanmoins être assez longs du fait du nombre important de
séquences à évaluer.
Evénements d'ordre n largement vérifiée puisque la probabilité des événements d'ordre n décroît en
Ma) ).n
CD
OO Evénements liés au temps La méthode, effectuant ses calculs avec des variables moyennées dans le
CN
cD
temps, ne peut prendre en compte ce type d'événements.
CD Evénements liés aux A chaque combinaison du système, on peut associer des algorithmes de calculs
pour déterminer les variables du système et ainsi définir dans quelles mesures la
en
C>D Description du Lorsque le comportement du système est complexe, Il est possible de
programmer un algorithme pour décrire les réactions du système suivant la
r^ comportement du système
oco défaillance qui se produit.
en
co
oo
1 I.4.7.2 Graphes de Markov
CD
Performances
La formalisation du modèle sous forme de graphe est assez intuitive. Par contre,
Simplicité d'utilisation le nombre d'états du graphe augmente très rapidement avec le nombre de
composants.
Modes de fonctionnement Si les modes de fonctionnements ne sont pas trop nombreux, la méthode des
normaux graphes est très bien adaptée aux changements de fonctionnement du système.
49
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Evénements d'ordre n Pour éviter un graphe trop complexe, il est nécessaire d'imposer une limite
d'ordre.
Evénements liés aux permettent pas de prendre en compte des variables continues.
variables du système
Description du Le modèle du système est constitué d'un seul graphe de Markov. Ainsi, lorsque
le comportement du système face aux défaillances est complexe, le graphe peut
comportement du système devenir très complexe, voir impossible à représenter sans approximations.
Performances
Rapidité de calculs nombre d'échantillons souhaités et du logiciel utilisé, le temps de simulation peut
être assez long.
Modes de fonctionnement
normaux Par définition, tout le fonctionnement du système est défini. Les divers modes de
fonctionnement sont donc inclus dans le modèle.
Evénements d'ordre n
Evénements liés au temps La simulation du système est chronologique, il n'y a donc pas de problème à
prendre en compte des paramètres qui évoluent dans le temps.
Evénements liés aux Au cours de la simulation, des algorithmes spécifiques calculant ces variables
peuvent être mis en place. La prise en compte d'événements liés aux variables
variables du système du système n'est donc pas problématique.
50
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
I.5 Synthèse
Le domaine de la sûreté de fonctionnement est, à l'heure actuelle, une discipline de plus en
plus attractive pour les industriels pour des questions de contrôle de risques, d'amélioration
de la disponibilité des systèmes et de réduction de coût tout en garantissant un niveau de
fiabilité. Depuis les années 40, la sûreté de fonctionnement s'est étoffée de multiples
méthodes qui permettent de contrôler la fiabilité des systèmes. Nous avons présenté les
notions de base de la sûreté à savoir les concepts de fiabilité et de disponibilité et les données
de fiabilité relatives aux composants.
Afin d'exposer la mise en œuvre d'une étude de sûreté, un exemple simple est traité dans
l'annexe 1 où l'on s'est attaché à appliquer les trois méthodes de calculs de sûreté présentées.
Avant de traiter la sûreté des réseaux de distribution, nous allons, dans le chapitre suivant,
présenter les divers réseaux électriques afin de prendre connaissance des diverses notions en
matière de fonctionnement des réseaux et effectuer une analyse du fonctionnement et des
dysfonctionnements d'un système électrique.
51
CD
OO
CN
CD
~3
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Chapitre II
Les réseaux d'électricité
CD
OO
CN
CD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Chapitre II
Les réseaux d'électricité
II.1 Introduction
Les deux caractéristiques fondamentales de l'énergie électrique sont :
o Son aptitude à se transmettre de façon quasi-instantanée sur l'ensemble d'un territoire
en se subdivisant en autant de petites quantités que voulues. Cela fait de l'énergie
électrique un moyen très fonctionnel en matière de transport d'énergie et de
consommation. C'est pour cela qu'aujourd'hui l'électricité est un vecteur
indispensable au développement d'une société.
o L'impossibilité, à l'heure actuelle, de stocker en grande quantité l'énergie électrique.
8 Cette contrainte est très importante pour l'exploitation de cette énergie puisque cela
cD
oblige à en permanence à assurer l'équilibre entre la production et la consommation.
CD
Les réseaux électriques font partie d'un ensemble plus vaste appelé « système électrique ».
o
'w Celui-ci se décompose hiérarchiquement en trois étages :
CD
Depuis les années 90, principalement aux Etats-Unis et en Europe, une volonté de mettre en
concurrence les acteurs du marché de l'électricité fait apparaître de nouvelles exigences au
niveau de la conception même du système électrique. Un point particulier est que du fait de
l'apparition de nouveaux moyens de production d'énergie de petites tailles et du contexte de
libéralisation du marché de l'électricité, on voit apparaître la nécessité de connecter ces
petites productions au niveau des réseaux de distribution.
?6
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Un générateur d'électricité est une unité faisant la conversion d'une énergie thermique,
mécanique ou chimique en énergie électrique. On distingue plusieurs types d'unités de
production électriques :
o Les alternateurs connectés au réseau par un transformateur (centrales nucléaires,
thermiques, hydrauliques, turbines à gaz, ...).
o Les alternateurs (ne tournant pas à la vitesse de synchronisme) connectés au réseau
par une interface d'électronique de puissance (certaines éoliennes, micro-turbines, ...).
CD
OO o Les autres modes de production d'énergie, comme les panneaux photovoltaïques et les
CN
cD piles à combustible (PAC), qui nécessitent une interface d'électronique de puissance.
CD Transformateur
Disjoncteurs-
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1 Interface d'électronique
CD Pile à i de puissance avec
- combustible l stockage d'énergie Disjoncteurs
— Filtre
= 1
actif série
/
Protections machines
Protection générale
&
Figure 16 # architectures électriques d'une turbine à gaz et d'une PAC connectée au réseau
La structure de connexion d'une unité au réseau (Figure 16) comprend, de manière générale,
des protections machines qui déclenchent lorsque les conditions de fonctionnement ne sont
plus acceptables, une protection générale déclenchant sur les défauts du coté installation et
une protection de découplage (fixée par le réseau) lors de défauts sur le réseau. Les auxiliaires
5D
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
(appareillages annexes de l'unité) sont alimentés par une connexion au réseau par
l'intermédiaire d'une cellule de protection : l'alimentation de ces auxiliaires est nécessaire
pour la gestion et particulièrement pour le démarrage de l'unité.
II.2.1.2 Fonctionnement d'une source d'énergie connectée au réseau
Les différents aspects d'une unité de production, qui importent pour une étude de sûreté,
sont :
o La capacité en puissance qui peut être variable dans certains cas (comme l'éolienne).
o Les types de régulations utilisées sur la machine qui conditionnent son fonctionnement
et son rôle dans le réseau. Lorsqu'un générateur est connecté à un système électrique,
différents types de régulations permettent de contrôler certaines variables du
générateur : la régulation de la tension et de la fréquence (V, f), la régulation de la
puissance active et de la tension (P, V) et la régulation de la puissance active et
o
réactive (P, Q). D'autres types de régulation existent (Power System Stabilizer ou PSS
J| sur la régulation de tension, ... ).
o Le comportement de l'unité lors d'une perturbation sur le réseau (fort appel de
c courant, creux de tension, surtension, variation de fréquence). En effet, pour le cas
w d'une machine tournante, celle-ci peut perdre le synchronisme (phénomène explicité
C>D
^ dans l'annexe 3) et devenir instable, déclenchant ainsi ses protections. Pour le cas
r-
° d'un court-circuit sur le réseau, suivant la nature de la machine, la participation au
en
oi courant de défaut n'est pas la même (pendant un court-circuit, les sources connectées
o via une interface d'électronique de puissance peuvent limiter leur courant de défaut au
courant nominal voir à un courant nul, contrairement aux machines tournantes).
o Les appareillages de protection de l'installation qui déclenchent pour protéger la
machine (protection machine), éliminer les défauts de l'installation (protection
générale) et découpler l'installation du réseau lors d'un incident (protection de
découplage).
o Les procédures d'arrêt et de démarrage. Le démarrage d'une machine tournante
nécessite que ses auxiliaires soient sous tension et un certain temps pour que
l'alternateur se synchronise à la vitesse du réseau.
?8
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Du fait des contraintes importantes imposées aux éléments d'une unité de production, les
pannes et les périodes de maintenance constituent une indisponibilité assez élevée (de l'ordre
de quelques pourcents) comparée aux autres composants des réseaux électriques.
IL 2.2 Le réseau de transport et de répartition
II.2.2.1 Son rôle
Réseau 400 kV
Réseau 225 kV
vie
Interconnexion
France-Angleterre
?9
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Ligne
•
-
Unité de p r o d u c t i o n
X Disjoncteur
— Charge
y Transformateur
60
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
C0 Les réseaux de distribution ont pour mission d'acheminer l'énergie d'un poste de
en transformation aux consommateurs. La distribution de l'énergie électrique doit satisfaire des
C>D critères de sécurité des biens et des personnes, de qualité de la tension (la norme européenne
r^
oco EN 50 160 relative à la qualité de la tension est présentée dans l'annexe 4), de disponibilité de
en
co l'énergie et de rentabilité.
oo
1
CD
Assurer la sécurité
des biens et
des personnes
Assurer un niveau de
disponibilité
Rentabilité économique
du système
61
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
pour les zones à faible densité et supérieure à 5 MVA/km2 pour les zones à forte densité).
L'impact de l'environnement sur les équipements du réseau est aussi à considérer : les
réseaux aériens sont soumis à de nombreuses agressions extérieures comme les orages, les
températures extrêmes, les vents violents, les arbres, etc. D'autre part, les réseaux souterrains
sont très coûteux du fait des tranchées. Le choix de l'architecture d'un réseau de distribution
fait donc l'objet d'un compromis entre la rentabilité de l'ouvrage, la qualité de service de
celui-ci et d'autres critères d'ordre plus subjectif (politique).
II.2.3.2 Structure générale des réseaux de distribution
CD
OO
CN On distingue les réseaux HTA qui, à partir d'un poste HTB/HTA, alimentent les zones de
cD moyenne consommation d'une puissance supérieure à 250 kVA (ce sont soit des charges
CD HTA type industriel, soit des postes HTA/BT publics) et les réseaux BT qui, au départ d'un
C0 poste HTA/BT alimentent les clients BT.
en
C>D II.2.3.2.1 Les réseaux HTA
r^
oco La puissance d'une station HTB/HTA varie selon la zone considérée :
en
co o 5MVA à 60 MVA en zone rurale.
oo o 60MVA à 108 MVA en agglomération.
1
CD
o 108MVA à 280 MVA pour une très grosse agglomération.
A A A A A A
C0808 C0202 C0707 C0505 C0606 C7000
L'architecture type d'un poste HTB/HTA en simple antenne est représentée sur la Figure 20.
A partir d'un point de connexion au réseau HTB, un jeu de barres alimente deux
62
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
transformateurs HTB/HTA. Leur puissance est dimensionnée afin qu'un seul transformateur
puisse alimenter l'ensemble de la charge du réseau au cours d'une période de maintenance sur
l'une des deux branches du poste (redondance au niveau des branches du poste). Des
disjoncteurs sont placés en amont (DjHl et DjH2) et en aval (DjMl et DjM2) des
transformateurs pour les protéger et éviter que les défauts du poste ne remontent au niveau
HTB. Chaque transformateur dessert unjeu de barres (JdBl et JdB2) sur lequel part plusieurs
départs HTA. Une interconnexion entre les jeux de barre HTA permet de les coupler (en
actionnant les disjoncteurs Col et Co2) lorsqu'une branche du poste est en maintenance. Les
compensateurs d'énergie réactive (Comp) sont couplés aux jeux de barres HTA. D'autres
schémas sont aussi utilisés comme la structure en double antenne (avec deux arrivées HTB) et
celle en double antenne et doublejeux de barre.
CD
OO Disjoncteur triphasé
CN
à réenclenchement
CD
Artère secondaire automatique
~3 Interrupteur
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1 Ligne vers un
CD autre départ HTA
Détecteur de défaut
La structure type d'un départ HTA est de type radial exploité en boucle ouverte. Cette
architecture est représentée sur la Figure 2l. La structure radiale impose que chaque charge
n'est alimentée que par un seul chemin (contrairement au réseau HTB maillé). Dans les
réseaux de distribution HTA type européens, le neutre n'est pas distribué, les lignes HTA
triphasées sont donc composées de trois conducteurs.
On distingue &
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o Le disjoncteur de départ : son rôle est déclencher sur les défauts du départ.
o Les lignes triphasées : l'artère principale et les artères secondaires.
o Les interrupteurs : lors d'une défaillance sur un composant du réseau, ils permettent
d'isoler la partie comportant le composant en défaut pour effectuer la maintenance.
Plusieurs types d'interrupteurs peuvent être employés comme les Interrupteurs
Aériens à Commande Manuelle (IACM) ou les Interrupteurs Aériens Télécommandés
(IAT).
o Les Disjoncteurs Réenclencheurs de Réseau (DRR) : placés sur des lignes du départ,
ils permettent, lors d'un défaut en aval, d'isoler la partie aval sans que la partie amont
ne subisse de coupure. Ils sont surtout employés sur les départs HTA urbains pour
améliorer la continuité de l'énergie distribuée.
o Les secours : composés d'un interrupteur normalement ouvert et d'une ligne raccordée
CD
OO à un autre départ HTA (du même poste HTB/HTA ou d'un autre), ils servent à
CN
cD réalimenter des zones du départ non alimentées lors de maintenances.
CD o Les Indicateur de Passage de Défaut (IPD) ou détecteurs de défaut : placés au niveau
des organes de coupure, ils indiquent, lors d'un défaut, le passage ou non d'un courant
C0
uen de court-circuit. Leur rôle est d'aider la localisation du défaut sur le réseau.
C>D
r^
oco Les charges HTA sont connectées au réseau par l'intermédiaire d'une cellule de protection
en
co comprenant un interrupteur et un fusible ou un disjoncteur. Cette cellule permet d'éliminer les
oo
1 défauts du coté de la charge afin que le départ n'en soit pas affecté. Pour les charges BT, ce
CD
sont des postes de transformation HTA/BT (leur architecture est détaillée dans la partie
suivante).
Une autre structure, cependant peu utilisée, est le schéma en double dérivation (Figure 22).
Son principe est que chaque charge est reliée à 2 départs différents. La charge n'est alimentée
que par un seul circuit à la fois (la structure radiale est conservée) : lors d'un défaut sur le
départ, un automatisme détecte (au niveau de la charge) l'absence de tension et bascule sur
l'autre circuit. Cette architecture est assez coûteuse du fait du dédoublement des circuits
d'alimentation mais améliore grandement la disponibilité du système. Cette structure n'est
employée, en France, que sur la région parisienne.
64
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
-4
Les départs HTA ruraux se caractérisent par une structure avec beaucoup d'arborescences, du
fait de la dispersion des zones de consommation. A l'inverse, les réseaux urbains ont une
CD
OO structure peu arborescente. La longueur totale d'un départ HTA est comprise entre 10 km et
CN
CD 30 km (pour des réseaux ruraux).
CD II.2.3.2.2 Les réseaux de distribution BT
C0 Plusieurs types de postes de transformation peuvent être utilisés selon leur puissance et leur
en localisation. De manière générale, le poste comporte :
C>D
o Une cellule d'arrivée et de protection générale composée d'appareillages
r^
oco
en HTA (sectionneur, interrupteur, interrupteur sectionneur, disjoncteur, fusible).
co
oo o Le transformateur.
1
CD o Une cellule de protection de départ BT composée soit d'un disjoncteur soit d'un
interrupteur sectionneur.
La topologie des réseaux BT, représentée Figure 23, est radiale. Chaque départ est équipé
d'un coupe circuit à fusible/sectionneur. Au début de chaque ligne BT, un coupe circuit à
fusible est charger d'éliminer les défauts de la ligne. Juste en amont des clients, des
disjoncteurs et des fusibles protègent le réseau des défauts coté client. Contrairement au
réseau HTA, il n'y a pas de secours susceptibles de reprendre des zones du réseau lors d'une
panne d'un ouvrage. La longueur totale moyenne d'un départ BT est de l'ordre de 1 km.
65
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Disjoncteur
A t
Conducteurs triphasés Coupe-circuit à
fusible/sectionneur
- •• i—i—i—i—r
Coupe-circuit ,x ^ ^
à fusible
\i \*, \*i t\ t \
Charge
Disjoncteur
en
oo
CN Figure 23 # schéma unifilaire de la structure d'un départ BT
cD
CD II.3 Analyse des défaillances sur le système électrique
C0 La fonction d'un système électrique est de :
en
C>D o Fournir en permanence, à la ou aux charges, une tension assignée dans des gabarits
r^ d'amplitude et de fréquence définis.
oco o Fournir la puissance demandée par les charges.
en
co
oo
1 Dans une étude de sûreté de fonctionnement, l'événement indésirable est l'interruption
CD
66
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les défaillances subies par un système électrique peuvent avoir plusieurs origines possibles :
o L'apparition d'une défaillance interne à un composant du système due soit à l'usure,
soit à une agression extérieure (foudre, branche d'arbre, pelleteuse, milieu corrosif,
R) ou soit à un défaut de fabrication.
o Les composants du système sont en bon état de fonctionnement mais une ou plusieurs
contraintes de fonctionnement ne sont pas satisfaites. Le système fonctionne dans un
état pour lequel ses composants ne sont pas conçus. L'utilisation d'un composant dans
de mauvaises conditions (où les contraintes du composant sont violées) va provoquer
sa détérioration ou son arrêt lorsqu'une protection est prévue à cet effet. C'est une
cause donnant naissance à des défaillances secondes (définies dans le paragraphe
1.3.2.3.2).
CD
OO Nous allons donc décrire tout d'abord les défaillances causées par l'usure, par une agression
CN
CD extérieure ou par un défaut de fabrication puis ensuite les défaillances dues à un état critique
~3 du système électrique.
CD
C0 II.3.1 Les défaillances de composants
en
C>D II.3.1.1 Court-circuit
Transformateur
HTB/HTA
Transformateur
HTB/HTA
17 Court-circuit entre
Icc $ les p h a s e s 2 et 3
67
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
En raison d'une panne d'un de ses constituants, une source d'énergie peut s'arrêter de
produire. Ce type de défaillance se traduit uniquement par le fait que la puissance qui était
apportée par la source n'est plus fournie au système.
68
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Des phénomènes dits de « dégradation J de l'état du réseau sont liés à certaines contraintes de
quelques composants à savoir :
o La puissance maximale transmissible d'une ligne électrique.
o L'intensité maximale admissible qui est fonction des caractéristiques thermiques du
composant.
CD o La stabilité d'un générateur par rapport aux perturbations, dépendant principalement
OO
CN de la nature du générateur et de son régulateur.
CD
~3 o La puissance maximale active et réactive d'une source d'électricité.
CD
C0 Les phénomènes possibles sont les suivants :
uen
C>D o Les surcharges des lignes : au-delà du courant maximum admissible par la ligne
(limite thermique), l'échauffement des conducteurs provoque l'allongement de la
r^
oco ligne et ainsi un risque beaucoup plus grand de court-circuit (contact entre les phases
en
co
oo en cas de vent important ou contact d'une phase avec une branche d'arbre). Ce
1 phénomène peut se produire en cascade : le déclenchement d'une ligne entraînant des
CD
reports de charge sur les autres lignes qui deviennent elles-mêmes surchargées et ainsi
de suite.
o L'écroulement de tension : il existe pour une ligne une puissance maximum
transmissible autre que la limite thermique (définie dans l'annexe 2). Dans des
situations de forte charge, il arrive que cette puissance soit atteinte, il en résulte un
écroulement de tension qui consiste en une chute de tension progressive (de quelques
minutes à quelques dizaines de minutes) pouvant mener à la déconnexion
d'alternateurs et donc à des situations très critiques.
o Les problèmes de stabilité des alternateurs : des variations importantes de la charge du
réseau (comme un court-circuit ou la perte d'un générateur) peuvent provoquer une
augmentation de l'angle interne des alternateurs (angle entre le champ magnétique du
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Sur la Figure 25 sont représentés les mécanismes de dégradation de l'état d'un réseau
électrique : lors d'une perturbation initiale sur le réseau comme la perte d'un ouvrage ou
en
oo l'occurrence d'un court-circuit, les limites de fonctionnement de certains composants peuvent
CN être atteintes entraînant ainsi la perte d'autres ouvrages et donc la coupure d'alimentation de
cD
CD certaines charges.
c0 f
en Puissance maximale
Déconnection Variations brusques de
C>D
Écroulement
transmissible
de la tension de générateurs la charge du réseau
d'une ligne atteinte
L y
r^
oco Courant maximum
Court-circuit
(à cause de l'allongement
Report de charge sur les
Puissance maximale
transmissible
en
d e s conducteurs de la ligne) d'une ligne atteinte
d'une ligne atteint autres lignes du réseau
co
oo
Perte d'un ouvrage
du réseau
ou
Perte de la ligne
Courant maximum
d ' u n e ligne atteint
1 ou
Court-circuit
CD Variation brusque de Déconnexion Variations brusques de
Instabilité de générateurs
la charge du réseau de générateurs la charge du réseau
L'évolution de ces phénomènes se fait sur une certaine durée selon la sévérité des
perturbations :
o L'écroulement de tension ou de fréquence est de l'ordre de plusieurs dizaines de
minutes.
o La perte de stabilité est de l'ordre quelques secondes ou dizaines de secondes.
o L'allongement (du à l'échauffement) d'une ligne est de l'ordre de quelques minutes.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
en
co
oo
1
Sauvegarde du réseau Éviter les p h é n o m è n e s Parades aux phénomènes
de dégradation du système de dégradation du système
CD
Sauvegarde des
équipements 0 Protections d e s
équipements
« Petites » perturbations
Perturbations i m p o r t a n t e s
V a r i a t i o n s d e l a c h a r g e et
Court-circuit
d e la c a p a c i t é d e c e r t a i n s
Perte d'un o u v r a g e
m o y e n s de production
71
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
1
CD Sécurité du réseau : Continuité d'alimentation
Éliminer e s violations
des contraintes
• Consignes de réglage
• M a n œ u v r e s d'organes
S y s t è m e i n f o r m a t i o n et d e c o m m u n i c a t i o n
de c o u p u r e
72
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
R é g l a g e de la t e n s i o n M a i n t i e n t d u système
d a n s un état stable
Production
& P r o t e c t i o n des
é q u i p e m e n t s du réseau et R e c o n s t i t u t i o n du réseau
des u n i t é s d e p r o d u c t i o n
Réseau HTB
CD
OO
É q u i l i b r e des p u i s s a n c e Parades aux p h é n o m è n e s
de dégradation
CN
cD
CD
Réseaux P r o t e c t i o n des
L o c a l i s a t i o n de défaut
de
C0 R é g l a g e d e la t e n s i o n é q u i p e m e n t s du réseau
et r e p r i s e de s e r v i c e
distribution
en
C>D
Protections
r^
oco
Contraintes de
fonctionnement
des
Phénomènes
de dégradation
Reprise de service
équipements
en
co
oo Figure 28 : les fonctions assurées par les différentes composantes du système
1
CD
Le réglage primaire corrige les écarts entre la puissance produite et la puissance consommée
en modifiant les consignes de puissance active des générateurs. Ce réglage est effectué
localement sur chaque machine par un automatisme. A l'issue de ce réglage primaire, le
réseau se trouve dans un nouveau point de fonctionnement stable mais avec une fréquence
différente. Le réglage secondaire a pour but de ramener la fréquence à sa valeur de référence
ainsi que les échanges contractuels entre les différents réseaux interconnectés. Agissant sur
plusieurs groupes, ce réglage est centralisé. Le temps d'action du réglage primaire est de
l'ordre de quelques dizaines de secondes, il est supérieur à la minute pour le réglage
73
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour ne pas avoir à transporter l'énergie réactive au niveau du réseau de transport (coût
important par augmentation des pertes Joules), l'essentiel de la puissance réactive est générée
par des moyens de compensation (condensateurs placés principalement sur les réseaux de
distribution et compensateurs statiques ou tournants). Les variations de tension sont
étroitement liées aux variations de l'énergie réactive. Pour les fluctuations rapides de la
tension induites par des variations de puissance réactive appelée par les consommateurs ou
par des perturbations sur le réseau (courts-circuits, manoeuvres sur le réseau), la tension est
o
maintenue par les régulateurs de tension des groupes du réseau de transport. D'autres moyens
de réglages comme les régleurs en charge des transformateurs (au niveau HTB ou dans un
poste HTB/HTA) ou les réactances et les condensateurs commutés mécaniquement ou
électroniquement permettent d'ajuster le plan de tension lors de variations plus importantes.
w Ces moyens, basés sur des critères locaux, constituent le réglage primaire de la tension ([TEC
C>D
^ 01], [TEC 02]). Un deuxième réglage dit secondaire se superpose au réglage primaire afin de
r-
° faire face aux perturbations importantes de manière coordonnée (au niveau régional). Il
en
o consiste en une correction automatique des consignes de réglage des régulateurs primaires des
o groupes.
II.4.2 Les organes de coupure automatiques
II.4.2.1 Les protections contre les défaillances des composants de réseau
La détection des défaillances et les ordres de déclenchements des disjoncteurs sont assurés
par les protections du réseau constituées d'une partie mesure (transformateurs de courant ou
74
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Poste source
HTB/HTA
\ Disjoncteur d'arrivée
Disjoncteur d e départ
CD
OO
CN
CD Figure 29 : sélectivité des protections du réseau HTA
CD
Les fonctions assurées sont :
C0
en o La détection des courants de défaut du départ au niveau du disjoncteur de départ (un
C>D tore sur chaque phase déclenche le disjoncteur si, dans une phase, le courant mesuré
r^
oco est supérieur au seuil de courant maximum).
en
co o La détection des courants homopolaires par des capteurs au niveau des
oo
1 transformateurs du poste source et des cellules HTA.
CD
o La détection des chutes de conducteurs grâce à des capteurs sensibles permettant de
détecter de faibles courants de défaut dus à un mauvais contact entre le conducteur et
le sol.
disjoncteurs de départ sont équipés d'un cycle de réenclenchement (présenté sur la Figure 30)
qui effectue trois tentatives de réenclenchement : si le défaut n'est plus présent, le disjoncteur
reste fermé.
I(t) Apparition Déclenchement
~ du défaut Définitif
3 Déclenchements et
enclenchements successifs
t
150 ms 300 ms 500 ms 15 à 30 s e c 500 ms 15 à 30 s e c 500 ms
CD
OO II.4.2.1.2 Au niveau du réseau de transport
CN
cD Les courts-circuits sont susceptibles d'endommager les équipements par la surintensité
en occasionnée et de provoquer des instabilités d'alternateurs. Pour cela, le système de
c0 protection doit les éliminer rapidement. L'architecture du système est maillée, chaque ligne
en relie un poste HTB/HTA à un autre : ainsi le système de protection consiste à détecter tout
C>D
défaut sur une ligne et à donner les ordres de déclenchement aux 2 disjoncteurs placés aux
r^
oco extrémités de la ligne en l'espace de 250 ms. Les disjoncteurs sont télécommandables et
en
co peuvent ainsi être réenclenchés à partir d'un centre de conduite lorsqu'il s'agit d'un court-
oo
1 circuit non permanent, d'une surcharge ou à la suite d'une réparation.
CD
Certains équipements peuvent être équipés d'une protection contre les surcharges (comme les
lignes du réseau de transport), qui met hors tension l'ouvrage lorsque le courant maximal est
dépassé pendant un certain temps. La temporisation peut être dépendante de l'ampleur de la
surcharge. Par exemple, sur le réseau français 400 kV, on a une temporisation de :
o 20 minutes si la puissance transitée est supérieure à 130 % de la capacité maximale.
o 10 minutes si la puissance transitée est supérieure à 150 % de la capacité maximale.
o Quelques dizaines de secondes si la puissance transitée est supérieure à 170 % de la
capacité maximale.
76
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
La protection des alternateurs s'effectue sur des critères de tension, fréquence, vitesse,
température et de puissance afin de :
o Détecter les anomalies au sein de la machine,
o Déconnecter la machine lorsqu'elle perd la stabilité.
o Déconnecter la machine du réseau lorsque la tension ou la fréquence du réseau est très
dégradée et susceptible d'endommager la machine.
11.4.2.4 Le délestage automatique
Dans une situation d'écroulement de fréquence ou de tension, une manière de rétablir un état
stable du réseau est de délester certaines charges (départs de réseaux de distribution). Ainsi,
sur le réseau de transport, des délestages automatiques sont prévus à cet effet : le
CD
OO déclenchement s'effectue sur un critère à minimum de fréquence.
CN
CD II.4.3 La gestion globale du système
~3
CD Chaque système électrique a une gestion globale bien propre à son architecture et à ses
C0 performances. Cette gestion est effectuée par un ou plusieurs opérateurs. Parfois, certaines
uen fonctions peuvent être mise en œuvre par des applications informatiques assurant une réponse
C>D
plus rapide. A partir d'un système d'information complété par des applications informatiques,
r^
oco l'opérateur connaît l'état du réseau (états des composants, tensions des nœuds du réseau et
en
co courants dans les ouvrages) et peut agir sur les éléments du réseau lorsque le système est dans
oo
1 une situation critique.
CD
pour les décisions concernant les actions correctives (applications de simulation rapide
de réseaux, optimisateurs et systèmes experts).
o Les centres de dispatching : en France, on compte 7 centres de dispatching régionaux
et un centre de dispatching national. Ce dernier se charge du réseau 400 kV et de
quelques liaisons 225 kV, il gère l'équilibre production-consommation et supervise les
dispatchings régionaux. Les centres régionaux s'occupent du réseau de répartition : ils
se chargent de la continuité d'alimentation des postes HTB/HTA, de la surveillance du
réseau et de la transmission d'ordre aux producteurs.
II.4.3.1.2 Le respect des contraintes du système
Lorsque le système est dans un état critique (surcharge, écroulement de tension, écroulement
de fréquence ou perte de synchronisme de générateurs), une mesure propre à la nature de
CD l'incident (Tableau 3) peut permettre de rétablir le système dans un état stable. Le réseau de
OO
CN transport et d'interconnexion est conçu pour fonctionner normalement pour toute perte d'un
cD ouvrage quel qui soit. Cette mesure se nomme la règle du « n-1 ». Certaines situations
CD comportant plusieurs incidents nécessitent la surveillance du réseau et la mise en place
CCD d'actions correctives si nécessaire dans des délais plus ou moins courts selon la gravité de
uen
CD
l'incident.
>
r^
oco
en L'action des centres de conduite peut se structurer en trois étages :
co
oo o La prévention, pour faire en sorte que les phénomènes ne s'amorcent pas.
i
CD o La surveillance, pour détecter et corriger les écarts.
o Les parades ultimes, pour tenter de sauver le système d'une panne généralisée.
Pour les 4 phénomènes que l'on a vus précédemment, des mesures spécifiques prévues sont
citées sur le tableau 3 [TEC 03]. La mise en place de ces décisions est complexe puisque les
phénomènes mis enjeu font intervenir des problèmes de dynamiques des réseaux et le nombre
de paramètres est assez conséquent. Les phénomènes en question étant transitoires, un retard
dans l'application des mesures correctrices peut ne pas empêcher le réseau de se dégrader et
mener à une panne généralisée : la rapidité de réaction est ainsi cruciale pour la sûreté du
système.
Pour cela, des outils d'aide à la décision peuvent être mis à la disposition de l'opérateur :
o Les simulateurs rapides de réseaux électriques.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Tableau 3 : mesures pour éviter les dégradations de l'état d'un réseau de transport
D9
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Lors d'incidents graves, la reconstitution du réseau est une procédure délicate et importante
pour limiter l'indisponibilité des clients. Pour cela, des mesures bien précises permettent
redémarrer le réseau en plusieurs zones îlotées, de les synchroniser et finalement de les
connecter entre elles. Pour redémarrer une zone, soit les centrales thermiques ou nucléaires
ont réussi à s'îloter (les auxiliaires des groupes sont alimentés et les groupes prêts à
redémarrer) ou soit l'îlotage n'a pas fonctionné (un renvoi de la tension est nécessaire par une
centrale hydraulique ou une turbine à combustion afin de réalimenter les auxiliaires).
II.4.3.2 La gestion des réseaux de distribution HTA
CD Les moyens mis à disposition pour la conduite du réseau sont mentionnés sur la Figure 31. On
CN distingue :
c o Des postes asservis qui équipent chaque appareil télécommandé et servent au dialogue
=3
entre les appareils et le poste de conduite.
o Des postes mobiles de conduite, constitués d'un véhicule équipé d'une radio
o
fonctionnant sur un réseau de sécurité privé et assurant la liaison entre les agents sur le
CD
80
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Des capteurs, placés sur le départ ou au niveau du disjoncteur de départ, effectuent un relevé
temporel des grandeurs électriques sur une certaine durée. Ces informations supplémentaires
servent aux chargés de conduite à déterminer la nature des courants de défaut et ainsi à aider
au diagnostic de la panne, particulièrement lors d'un défaut fugitif.
Lorsque les organes de coupures sont manuels, leur manœuvre est effectuée par un agent
équipé d'un poste mobile. De même pour les indicateurs de passage de défaut équipant des
interrupteurs manuels, l'indicateur visuel est consulté par un agent sur le terrain.
L'introduction des technologies de téléconduite a permis une plus grande rapidité d'exécution
des manœuvres des organes du réseau et donc une grande amélioration de l'indisponibilité des
clients. Ainsi, hors événements exceptionnels (comme les grandes tempêtes), l'indisponibilité
moyenne d'un client HTA est passée de 135 min/an en 1985 à 40 min/an en 1994 et pour un
en
oo client BT de 375 min/an en 1985 à 80 min/an en 1994.
CN
cD
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Figure 31 # les moyens de conduite du réseau HTA (© copyright Cahier Technique Merlin Gerin n° 155)
81
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Lors d'une panne permanente d'un ouvrage, différentes actions sont menées (Figure 32) :
o La détection de la défaillance par les protections et le déclenchement du disjoncteur
de départ ou du disjoncteur réenclencheur de réseau,
o L'analyse et le diagnostic de la panne par les chargés de conduite, à partir des
informations fournies par les détecteurs de défaut et les télémesures.
o Les manœuvres de localisation de défaut, qui consistent à repérer la section (zone
délimitée par les organes de coupure) en défaut afin de l'isoler. Ceci s'effectue en
isolant certaines sections du départ puis en rétablissant l'alimentation du départ pour
déterminer si le défaut est ou non dans la section isolée.
o Les manœuvres de reprise de service qui consistent à réalimenter les zones saines du
CD réseau, soit par l'alimentation principale (chemin d'origine), soit par les secours du
OO
CN départ.
cD o Une fois la section en défaut isolée du reste du départ, une équipe de maintenance se
CD charge de la réparation de l'ouvrage.
C0 o Lorsque l'ouvrage est réparé, les secours sont ouverts puis les interrupteurs fermés
en pour revenir ainsi à la configuration initiale du réseau.
C>D
r^
oco Défaut
en
co
oo
1 Mise hors tension
d'une partie du réseau
CD par les protections
82
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Ce procédé est défini précisément par des règles de référence. Celles-ci sont détaillées et
présentées sur un exemple pratique dans l'annexe 6.
Le réseau subit plusieurs changements de configurations (provoquées par les manœuvres des
appareils de coupures du réseau) pendant lesquelles certaines charges vont être privées
d'alimentation. Les coupures ainsi occasionnées sont dépendantes de la nature de la
défaillance, sa localisation dans le réseau, du temps d'accès aux informations sur le réseau et
du temps de manœuvre des appareils de coupures.
II.4.3.3 Les réseaux BT
type moteur Diesel pourvu d'un alternateur et reliées directement au réseau à travers un
transformateur. L'avance technologique en matière de viabilité et de rentabilité des moyens
de production d'énergie non conventionnels (comme les éoliennes, les microturbines, les piles
à combustibles ou les panneaux solaires) a permis l'expansion de l'implantation de systèmes
de production électrique décentralisés. Les motivations de cette expansion sont les suivantes :
o La production d'énergie plus près des consommateurs permet de réduire des pertes
dans les lignes.
o La substitution de l'énergie conventionnelle «polluante» (produite par les grandes
centrales nucléaires et thermiques) par des énergies nouvelles « propres ».
o Un intérêt économique très important pour les exploitants de GED grâce aux
subventions accordées.
o En matière de planification, face à une augmentation de la charge, l'insertion de GED
CD
OO sur le réseau de distribution permet d'éviter la construction de nouvelles lignes HTB
CN
cD et ce, avec un temps d'étude et d'installation plus courts. Ou encore pour
CD l'alimentation de sites isolés où il peut être plus rentable d'alimenter un réseau de
distribution local avec des GED plutôt que de relier le site à un poste HTB/HTA
CCD
uen lointain [THI 04].
> CD
o La présence de GED en distribution offre des moyens de réglages supplémentaires
r^
oco comme l'optimisation du plan de tension, la compensation d'énergie réactive et des
en
co harmoniques au moyen d'interfaces d'électroniques de puissance. Ceci implique une
oo
i coordination entre les producteurs et le gestionnaire de réseau.
CD
o D'autre part la continuité de service peut être améliorée dans la mesure où la GED
peut alimenter des charges qui ne tolèrent pas d'interruptions lorsque le réseau est en
panne.
L'appellation "Production Décentralisée" (ou Génération d'Energie Dispersée GED) n'est pas
un concept strictement défini. Il peut varier en fonction du contexte, du pays ou en général de
l'intérêt que l'opérateur y porte. On peut néanmoins caractériser la production
décentralisée par les points suivants :
o Systèmes de production raccordés à une tension maximale de 20 kV (soit en HTA ou
soit en BT).
o Systèmes de production de petite puissance (quelques kVA à 30 MVA).
o Aucune condition sur le placement dans le système de production électrique.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Actuellement, l'intérêt technique et scientifique se porte sur les moyens de production suivants :
o Les générateurs diesel reconvertis ou non au gaz : fabriqués dans des gammes de
puissances de 100 kW à 25 MW, ils sont beaucoup utilisés comme groupe de
production en cogénération (récupération de la chaleur produite) et comme secours.
Les coûts d'installation et d'exploitation ne sont pas très élevés. Ils sont assez
encombrants, bruyants, vibrants et polluants.
o Les turbines à gaz : leur puissance est de l'ordre de 1 MW, elles peuvent être utilisées
comme groupe de production ou comme secours. Elles ne présentent pas les
inconvénients du diesel, à savoir l'encombrement et les vibrations, mais les
démarrages sont longs et coûteux. Notons aussi qu'il y a peu de maintenance à fournir.
o Les micro-turbines : ce sont de petites turbines à gaz de 30 kW à 250 kW.
o Les piles à combustible : elles utilisent l'énergie électrochimique d'un gaz et la
CD
OO convertissent en énergie électrique, leur puissance va de 1 kW à 1 MW.
CN
CD o Les éoliennes : elles récupèrent l'énergie du vent grâce à un aérogénérateur (les plus
~3
CD puissantes sont de l'ordre de 5 MW à l'unité). Les caractéristiques électriques de
C0 sortie de cet aérogénérateur dépendent donc de la force du vent.
uen o Les panneaux photovoltaïques : une unité produisant de 5 W à 100 W, les systèmes
C>D composés de plusieurs de ces modules sont préconisés pour l'électrification de sites
r^
oco isolés combinés à un système conventionnel type diesel. De façon analogue à l'éolien,
en
co la puissance de l'installation est tributaire de l'ensoleillement.
oo
1
CD
Ces moyens de production peuvent s'équiper de dispositifs de récupération de la chaleur (afin
d'accroître la rentabilité de l'ouvrage) et de moyens de stockage. Les unités dites non
conventionnelles, qui ne sont pas équipées de machines tournantes « traditionnelles », sont
connectées au réseau par une interface d'électronique de puissance.
II.5.2 Les diverses solutions d'intégration de l'énergie dispersée
Des précautions sont ainsi à prévoir quant à l'insertion de GED sur les départs de réseaux de
distribution. Actuellement des règles de raccordement sont imposées aux producteurs pour
conserver le bon déroulement du fonctionnement du réseau. Ces règles sont énoncées par
l'arrêté du 17 mars 2003 relatif aux prescriptions techniques de conception et de
fonctionnement pour le raccordement à un réseau public de distribution d'une installation de
production d'énergie électrique détaillé dans l'annexe 5.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Ces règles, actuellement en vigueur, sont prévues pour garantir le bon fonctionnement du
réseau de distribution tel qu'il est actuellement. Si les réseaux de distribution évoluent vers
d'autres architectures et d'autres modes d'exploitation, ces règles sont susceptibles d'être
modifiées.
86
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les générations dispersées sont connectées sur les lignes du départ HTA. La protection de
découplage assure la déconnection de la GED lors d'une perturbation sur le réseau. Cela
implique la révision du plan de protection du départ ainsi que des seuils des détecteurs de
défauts du réseau.
\b
-o <k
4
CD
OO
CN
CD
CD
A
C0 Poste source
en Figure 33 : insertion de GED sur un départ HTA classique
C>D
Une autre solution est de connecter les GED au poste source par l'intermédiaire de départs
r^
oco dédiés. Cela évite les problèmes de fonctionnement des départs puisque l'énergie des GED est
en
co acheminée sur les jeux de barre HTA de la même façon que celle fournie par les
oo
1
1 transformateurs HTB/HTA.
CD
Réseau
Tr2l
JdBl JdB2
N/O
AAAAA AAAAA
D l D2 D3 D4 D5 Cl C2 C3 C4 C5
Le concept actuel des réseaux de distribution n'étant pas adapté à la production décentralisée,
l'augmentation, dans l'avenir, de ce type de production laisse penser que des modifications de
l'architecture de la distribution pourraient être avantageuses dans la mesure où une structure
87
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
plus adaptée pourrait permettre une meilleure exploitation de ces unités de production pour le
fonctionnement du réseau &
o Une topologie comportant des boucles fermées,
o L'utilisation des GED en tant que secours ou soutien du poste source.
Ces mesures pourraient améliorer la fiabilité du réseau de distribution. Mais il faut considérer
les coûts de ces innovations et la rentabilité d'un tel système.
II.5.2.3 Le concept de centrale virtuelle
L'idée de la centrale virtuelle est que certains producteurs raccordés au réseau se regroupent
pour former une entité qui optimise la production (c'est-à-dire fournir une certaine puissance
et une certaine disponibilité de l'énergie). Dans ce concept, on voit apparaître plusieurs
partenaires & le Gestionnaire du Réseau de Distribution (GRD) (qui se charge d'acheminer
oo
CN l'énergie de la production aux clients), les centrales virtuelles (CV) (qui vendent leur
c électricité aux clients) et les clients.
CD
c0
"cos—
0>
h-
Oco Réseau HTA
co
oo
1
0
88
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les prix de l'électricité sont déterminés par une bourse de l'énergie. Un 2 marché de
ème
l'énergie serait destiné aux services réseaux pour garantir une bonne qualité de l'énergie (le
gestionnaire réseau peut acheter de l'énergie réactive pour relever le plan de tension,
demander à un producteur de produire moins et à un autre de produire plus de manière à
décharger une zone du réseau, acheter des capacités de réserve pour une meilleure sécurité
d'alimentation des clients,...). La mise en place d'un tel système implique de définir les rôles
de chacun des partenaires et de prévoir les moyens de coordination nécessaires
(infrastructures de communication).
La sûreté de ces nouveaux réseaux de distribution est très utile à considérer au niveau même
de la conception étant donné l'importance des changements :
o Présence de multiples sources d'énergie.
en
oo o Nouvelles architectures.
CN o Aléas au niveau de la production des générations décentralisées.
cD
CD o Concept de centrale virtuelle et nouveaux comportements engendrés par les variations
C0 de prix dans les bourses de l'énergie.
uen
C>D II. 5.3 L 5impact de la génération dispersée sur les réseaux de distribution
r^ Les réseaux de distribution ne sont, à l'origine, pas conçus pour accueillir des unités de
oco
en production. En effet, l'insertion de GED peut créer certains problèmes puisqu'elle induit :
co
oo
1 o Des modifications au niveau du plan de tension du réseau de distribution.
CD
o Des variations brusques de puissance. Un producteur peut se connecter et déconnecter
à n'importe quel moment, ou bien certaines GED comme l'éolien et les panneaux
photovoltaïques ont des capacités aléatoires puisque dépendantes de facteurs
climatiques pouvant entraîner de brusque variations de puissance (par exemple si une
pointe de vent fort se produit, la ferme éolienne est arrêtée et ne débite plus aucune
puissance).
o La présence de production sur un départ modifie les courants de défaut, puisque les
GED y participent.
o Les interfaces d'électronique de puissance génèrent des courants harmoniques.
89
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les impacts de l'insertion de GED peuvent être multiples. Les différentes conséquences
possibles des GED sur le réseau sont mentionnées sur le tableau 4.
Le plan de protection étant prévu pour une architecture arborescente, la présence de sources sur le départ peut
entraîner des risques:
Plan de o D'aveuglement de la protection de départ (Figure 36) pouvant entraîner des détériorations des équipements du
réseau.
protection o De déclenchement intempestif (Figure 36) ayant pour conséquence le déclenchement d'un départ sain.
o De mauvais fonctionnement des détecteurs de défaut entraînant ainsi des difficultés pour la localisation de
défaut.
Sécurité des o Lors d'un défaut sur le départ, la protection de départ assure la mise hors tension du départ. Si des GED
restent connectées au réseau, le départ reste sous tension présentant ainsi un risque pour le personnel chargé
personnes de la maintenance.
Le régleur en charge du transformateur du poste source relève la tension en début de départ afin que la tension en
en
oo bout de départ ne soit pas en dessous de la limite inférieure. L'injection de puissance par la GED relève le plan de
Plan de tension au point de connexion, on a ainsi des risques :
CN o De tension basse sur le départ lorsque des GED sont connectées en début de départ.
cD tension o De baisse de tension sur les départs adjacents (la tension du départ où se trouve les GED fait que le régleur en
charge baisse la tension du poste source entraînant une baisse de tension pour les autres départs).
CD o De dépassement de la tension lorsque des GED sont connectées en fin de départ (dépassement non détecté par
le régleur en charge du poste source).
C0
en Les brusques variations de puissance occasionnés par les connections et déconnections des GED au réseau ou la
C>D Perturbations production aléatoire (comme celle des éoliennes) peuvent induire :
o Des surtensions pouvant être dommageables pour les équipements du réseau.
dynamiques o Des creux de tension.
r^
oco
o Des variations de la fréquence.
en
co
oo Perturbations
o La génération d'harmoniques par les interfaces d'électroniques de puissance peut perturber les systèmes
1 sur la qualité électroniques et le fonctionnement des moteurs (vibrations). A long terme, cela peut accélérer l'usure de
CD certains composants du réseau par des effets thermiques et de fatigue mécanique.
de la tension o Certaines GED sont sources de Flicker (fluctuations rapides de la tension) comme les éoliennes.
Disjoncteur d e départ
/
90
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
II.6 Synthèse
Le système électrique s'est établi au fil du temps, constituant une organisation hiérarchisée en
commençant par la production d'électricité centralisée (centrales de grandes tailles), le réseau
de transport et de répartition qui mutualise les unités de production du pays et achemine
l'énergie sur l'ensemble du territoire, puis la distribution qui livre l'énergie aux clients. Nous
avons présenté les architectures des réseaux de transport et de distribution ainsi que leur
système de conduite et de gestion respectifs. Le réseau de transport regroupe les unités de
production sur tout le territoire et se charge ainsi de l'équilibre entre puissance consommée et
puissance produite, de la tenue en tension sur l'ensemble du réseau et du maintien du réseau
dans un état de sécurité compte tenu des perturbations (court-circuit, perte d'un générateur,
R) que vit le réseau et des phénomènes de dégradation (écroulement de tension, écroulement
CD de fréquence, surcharges et instabilité des alternateurs). Pour les réseaux de distribution, leur
OO rôle est d'assurer une tension dans les limites exigées et la disponibilité d'alimentation pour
CN
cD ses charges.
CD
CCD Des efforts de sécurisation du système électrique, réalisés au niveau du réseau de transport
uenCD (formation des dispacheurs, organisation des centres de dispatching, système d'information et
>
de téléconduite, gestion de la réserve tournante, plans de défense pour faire face rapidement
r^
oco aux situations critiques, architecture maillée dotée d'un système de protection très fiable
en
co
oo assurant la règle du « n-1 », entretien du réseau, ...), ont considérablement amélioré la
i disponibilité de l'électricité au niveau des postes HTB/HTA (actuellement, en France,
CD
l'indisponibilité moyenne d'un poste HTB/HTA est d'environ 10 minutes par année). Pour ce
qui est de la distribution, l'architecture arborescente fait que la fiabilité des réseaux de
distribution est beaucoup moins importante que celle du réseau HTB : la contribution des
réseaux de distribution à l'indisponibilité au niveau des clients est d'environ 80%.
L'arborescence des départs fait que les coupures d'électricité sont inévitables, ainsi
l'amélioration de la sûreté des réseaux de distribution repose sur la réduction du temps de
coupure des clients et donc sur la rapidité de localisation du défaut, de reprise de service et de
maintenance des équipements en panne. Pour cela, l'utilisation de détecteurs de défaut et
d'appareils télécommandés réduit énormément de temps de localisation du défaut et donc le
temps de coupure des clients. De même, la prédétermination des situations de dépannage
permet une réaction plus rapide de l'opérateur du réseau.
Aujourd'hui le contrat standard proposé par EDF garantie les seuils suivant :
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Agglomérations moyennes
Grosses Agglomérations Cœur des grandes
Zones rurales de 10 000 à 100 000
de plus 100 000 habitants villes
habitants
Nombre maximal de coupures longues 6 3 3 2
(supérieures à 3 min)
Nombre maximal de coupures courtes 30 10 3 2
(entre ls à 3 min)
92
Chapitre III
Sûreté des réseaux électriques de distribution
CD
OO
CN
cD
CD
CCD
uen
CD
>
r^
oco
en
co
oo
i
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Chapitre III
Sûreté des réseaux électriques de distribution
III.1 Introduction
Après avoir défini la sûreté de fonctionnement des systèmes et des méthodes de calculs dans
le chapitre I, exposé les architectures des réseaux publics d'électricité ainsi qu'une étude
qualitative générale comprenant les différents événements impactant sur la fiabilité du
système et les comportements associés des différents réseaux dans le Chapitre II, nous allons
nous intéresser à la modélisation de la sûreté des systèmes électriques de distribution en
en considérant la présence de productions décentralisées.
c
Initialement le fonctionnement des réseaux de distribution, dotés d'un poste source et d'une
CD
architecture arborescente acheminant l'énergie aux différents clients, n'était pas concerné par
§ la gestion de générateurs d'électricité. Les événements sur un tel réseau sont le
tn
déclenchement intempestif de protection, la perte d'une ligne (court-circuit ou rupture), et les
K manœuvres des organes de coupures du réseau (incluant leur défaillance à la sollicitation). Si
l'on considère maintenant la présence de productions, suivant un certain taux de pénétration
co
oo de l'énergie décentralisée, la gestion d'un réseau de distribution n'est plus la même et certains
£ dysfonctionnements, jusqu'alors spécifiques aux réseaux de transport, sont à envisager pour
l'étude de sûreté.
Ainsi, pour ce chapitre, nous allons nous intéresser à la modélisation des événements que
constituent les défaillances et ses comportements associés du système électrique, nous
considérons un réseau regroupant à la fois les caractéristiques des réseaux de distribution et
celles du transport. Une deuxième partie développe les méthodes de calculs prévisionnels des
indices de sûreté d'un réseau électrique. Lors de l'étude d'un cas précis, nous verrons que,
certaines pannes n'étant pas envisageables, plusieurs simplifications du modèle du système
peuvent être effectuées.
95
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
CD
III.2.1 Modèle général d'un réseau électrique
OO
CN A chaque changement d'état, le système est susceptible de réagir afin d'assurer d'une part, la
CD
~3 continuité d'alimentation des charges et d'autre part, le respect des contraintes de
CD fonctionnement des composants. Pour l'analyse de sûreté de fonctionnement d'un système, il
C0 faut modéliser l'état du réseau à chaque changement puis décrire les réactions successives du
uenCD système: l'élaboration de ce modèle comportemental est indispensable pour déterminer les
>
conséquences d'un événement et les combinaisons d'événements susceptibles de se produire.
r^
oco
en
co
oo L'état d'un système électrique se définit par :
1 o Les états de ses composants : fonctionnement, repos en bon état, repos en mauvais état
CD
et en maintenance.
o Les variables d'état du système : courants traversant chaque composant, les tensions
en tout point du réseau et les puissances actives et réactives produites et consommées.
On définit comme changement d'état du système une modification d'un état de composant ou
d'une variable d'état. Cela peut être :
o La panne d'un composant.
o La variation de charge du réseau.
o La variation de puissance d'une unité de production.
o L'ouverture ou la fermeture d'un organe de coupure.
o L'évolution d'un phénomène transitoire.
Nous rappelons que plusieurs types d'évolution du système sont considérés :
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o Les phénomènes dits « ponctuels J qui concernent les pannes des composants et les
manœuvres des organes de coupures (disjoncteurs et interrupteurs),
o Les phénomènes transitoires liés à la dynamique des éléments du réseau. Cela
concerne les générateurs, leurs régulateurs ainsi que certaines charges (comme les
moteurs à induction) lors de variations brusques de charge. Les phénomènes sont
l'écroulement de fréquence, l'écroulement de tension et l'instabilité d'un groupe de
production.
o La surcharge d'un équipement qui est un phénomène transitoire thermique dépendant
des caractéristiques thermiques du composant et de l'ampleur de la surcharge.
Pour les phénomènes transitoires (décrits dans le paragraphe II.3.2), mis à part les problèmes
de surcharge qui peuvent être traités assez simplement (phénomène thermique dont
en
oo l'évolution est fonction de l'ampleur de la surcharge et des caractéristiques du composant),
CN leur étude nécessite l'emploi de simulations dynamiques intégrant les modèles des
cD
CD
générateurs et de leurs régulateurs. Etant donné le nombre d'états que peut prendre un
système électrique, l'emploi de simulations dynamiques nécessiterait un temps de résolution
C
CO beaucoup trop important. Il est possible d'aborder ces événements de manière « ponctuelle J :
c'est-à-direjuste au moyen d'un calcul « statique J déterminant, à partir de l'état du réseau au
moment de l'apparition du phénomène, s'il y a un problème au cours de l'état transitoire du
oco
réseau, quand il se produit et comment. Cette modélisation s'effectue au moyen de
g"CD nombreuses hypothèses et peut être parfois assez éloignée de la réalité. La Figure 37
schématise un modèle général pour décrire chronologiquement la « vie J d'un système
électrique. Ce modèle comporte plusieurs grandes étapes qui sont :
o Le paramétrage du système où on définit des variables concernant les composants, les
consignes de réglage, les puissances des groupes de productions, les puissances des
charges.
o Déterminer et diagnostiquer l'état du réseau à partir des nouveaux paramètres du
système.
o La mise au point des manœuvres de localisation de défaut et de reprise de service.
o La mise au point des actions correctrices afin de rétablir le système dans un état stable.
97
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
C
des générateurs
/ \ \
Variations des Variations des
Réparation Remise
puissances puissances
d'un c o m p o s a n t en s e r v i c e
produites consommées
V V y
Nouvel é v é n e m e n t
( C h a n g e m e n t d'état)
CD
OO
CN
CD
~3 Figure 37 : modèle général de la « vie » d'un réseau électrique
CD
c0 III.2.2 Modélisation des paramètres du réseau
en
C>D
111.2.2.1 La topologie
r^
oco
en Pour représenter la topologie du réseau, il faut une matrice comprenant pour chaque
co
oo composant :
1
CD o La connexion aux nœuds du réseau.
o Son impédance.
o L'état du composant (fonctionnement / repos / maintenance, ouvert / fermé, défaut
d'isolement, ...).
A chaque nouvel événement, cette matrice doit être mise à jour.
111.2.2.2 Les charges
La charge d'un système électrique peut être fixe ou variable dans le temps. Pour représenter
les fluctuations de la charge, on utilise soit une courbe de charge moyenne établie sur la durée
de fonctionnement du système, soit un modèle aléatoire. La consommation d'une charge se
caractérise par la puissance active et réactive, le facteur de puissance dépendant de la nature
de la charge.
98
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
r^
oco Pour des sources dépendantes de phénomènes aléatoires, comme le vent pour une éolienne ou
en
co l'ensoleillement pour un panneau photovoltaïque, la capacité maximale de la machine évolue
oo dans le temps.
1
CD
P éolienne
V n = m + d • y„
A v e c yn=C1.yn-1+C2.yn-2+C3. U n + C 4 . U n - 1 + c 5 . Un-2
O ù c i s o n t d e s c o n s t a n t e s , u u n e loi n o r m a l e d e moyenne
n u l l e , m l a m o y e n n e d u v e n t e t d la d é v i a t i o n .
99
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour modéliser ces variations, on a plusieurs possibilités. Ainsi pour une éolienne :
o On dispose d'un modèle aléatoire qui donne les variations échantillonnées sur une
période donnée (modèle détaillé sur la Figure 38).
o On détermine la loi de probabilité décrivant les puissances possibles de la source
(modèle détaillé sur la Figure 39).
P éolienne
CD
OO
CN
CD
~3
CD
C0 Figure 39 : loi de distribution de la puissance d'une éolienne
en
C>D
La première solution est adaptée pour la méthode Monte Carlo chronologique puisqu'elle
r^
oco décrit un modèle temporel alors que la seconde alternative est une loi pouvant être utilisée
en
co directement dans une méthode analytique.
oo
1 Ici aussi, se pose la question de l'échantillonnage de la puissance de la source. Par exemple,
CD
pour l'éolienne, la variabilité du vent fait que l'on constate d'importants écarts de la
puissance d'une éolienne sur plusieurs dizaines de seconde. On procède alors de la même
manière que pour la courbe de charge.
III.2.2.3.2 Modélisation d'un moyen de stockage
Les moyens de stockage se caractérisent par le fait qu'ils peuvent débiter une certaine
puissance dans un temps limité selon la quantité d'énergie stockée. La difficulté de
modélisation d'un moyen de stockage se situe dans l'évaluation de cette quantité d'énergie
stockée :
o Si l'énergie de stockage est fixe, c'est-à-dire qu'il est bien spécifié que, lors de son
utilisation, le stockage est de x kWh, on déduit facilement, selon la charge du réseau,
quel va être le temps de décharge.
lOO
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
101
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
S
OUI Court-circuit ?
V y
Calcul des tensions
de court-circuit Tests si la variation de
Perte de stabilité de NON
puissance est dans la
certaines machines
bande de réglage du réseau ?
OUI
Écroulement de
CD
OO Calcul de répartition
fréquence
CN
CD Déclenchement
de charge
de certaines protections
de production
CD Instabilité de tension ? OUI
Surcharge ?
C0 NON
en OUI
C>D Défaillance à localiser ?
r^
oco Actions de localisation NON
Actions correctrices
de défaut et de
co
CD
oo
reprise de service
1 Nouvel événement
CD
Les étapes représentées en trames modélisent les réactions du système : on distingue les
déclenchements automatiques de protection et les actions menées par l'opérateur. Ces
dernières seront abordées dans la partie suivante III.2.4.
En ce qui concerne le déclenchement des protections, il est important de signaler que des taux
de défaillance à la sollicitation peuvent être affectés pour modéliser le refus de
fonctionnement de la chaîne protection-disjoncteur.
@02
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour les protections des machines, la tâche est plus compliquée : la déconnection de la
machine s'effectue sur des critères de tension, de courant, de fréquence et de vitesse de la
machine lorsque la machine perd le synchronisme. On abordera cette problématique dans le
paragraphe III.2.3.2.3 sur la stabilité d'une machine sur court-circuit.
111.2.3.2 Cas d'une déconnexion d'un générateur
La stabilité en petits signaux peut s'étudier en mettant le système sous forme d'équations
différentielles, de les linéariser, puis de déterminer les pôles : si un de ceux-ci se trouve être à
partie réelle négative, le système est instable. Le problème est encore que cette approche
nécessite des calculs complexes trop long pour une étude de fiabilité.
en On procède donc en étudiant les règles exigées par le gestionnaire. Ici, la règle est de garantir
o
la stabilité de la machine pour des valeurs de l'impédance équivalente du réseau comprise
cD
entre les valeurs a et b fixés par le gestionnaire. Il faut donc calculer l'impédance équivalente
CD
au nœud de raccordement : si la valeur n'est pas comprise entre a et b, on estime que la
c machine n'est pas stable en régime permanent et on fait déclencher la protection de la
CD
machine.
I.2.3.2.2 Stabilité sur report de charge
Oco
De même que pour la stabilité en petits signaux, ici, le gestionnaire fixe une variation
oo
maximale de l'impédance du réseau pour laquelle la machine doit rester connectée. Ainsi, lors
CD
d'un changement de la topologie du réseau, on calcule la variation de l'impédance pour
chaque machine et si cette variation est supérieure à celle indiquée par le gestionnaire, on
estime qu'il y a instabilité de la machine.
III.2.3.2.3 Déconnection sur les courts-circuits
lO4
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
1
Un
DO % U n
3O % U n
l5 % U n
t
3 0 0 ms 2,5 s
Figure 42 : exemples de gabarits de creux de tension qu 'une machine doit pouvoir endurer
CD Si le creux de tension est plus contraignant que le gabarit, la protection de la machine est
OO
CN supposée déclencher. Cependant, cette méthode ne permet pas d'aborder le comportement de
CD
la machine après élimination du court-circuit.
CD
III.2.3.2.4 Stabilité sur les enclenchements de charge
C0 Pour un alternateur équipé d'un régulateur primaire, l'ajustement de la puissance produite par
en
C>D rapport à la puissance appelée s'effectue en compensant la variation de fréquence par une
r^ augmentation de la puissance du groupe. Ainsi, pour les machines participant à l'ajustement
oco
en
co de la puissance produite, le gestionnaire exige que les groupes soient stables pour des
oo certaines valeurs de fréquence et pendant une certaine durée (comme tenir une plage de
1
CD
fréquence entre f Hz et f Hz pendant un temps T ).
l 2 O
F alternateur
1
AF
2
P alternateur
AP
Figure 43 : courbe de statisme d'un alternateur
lO5
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Une manière de déterminer si les machines du réseau sont capables de tenir une certaine
variation AP de la puissance appelée est de calculer la variation de fréquence résultante puis
le temps minimum, en fonction des pentes maximales des générateurs en MW/s, pour que la
fréquence revienne à sa valeur initiale.
CD
Et enfin la somme des variations de puissance des machines est égale à la variation AP (aux
o variations de pertes près, qui sont, ici, négligées) :
| ]T AP. = AP
CD
Ces équations définissent un système d'équation à (n+1) équations et (n+1) inconnues qui
sont Af et les AP.. La résolution du système nous donne donc la variation de fréquence Af dès
l'apparition de la perturbation et les variations AP. de chaque générateur pour rétablir
l'équilibre production-consommation. Ensuite, en fonction de la pente maximale de chaque
générateur, on détermine la courbe représentant l'évolution maximale de la fréquence du
réseau (Figure 44).
106
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
les protections des machines déclenchent. Par contre si AT est inférieur à T , At peut 0
être supérieur ou inférieur à T . On peut faire l'hypothèse que At = c.AT (ou c est un
0
Évolution réelle de
la fréquence du réseau
f du Évolution m a x i m a l e de
en
oo fo \ 1
CN
cD /
fi
CD Af y - - - *
C0 \t
en f2
C>D
« t
r^
oco AT
en
co < >
oo At
1
CD
Ces calculs permettent ainsi d'approcher ces phénomènes d'instabilité des machines lors
d'une variation importante de la puissance appelée. Cependant, quelques incertitudes
persistent :
o Lorsque l'on détermine qu'il y a un problème d'instabilité, on fait l'hypothèse que
toutes les protections des machines déclenchent. Cette hypothèse est la plus pessimiste
puisque dans un cas réel, c'est une ou quelques machines qui seront déconnectées et le
réseau peut puet être « survivre J à cet événement. On pourrait alors, pour déterminer
quelles machines sont déconnectées, raisonner pour chaque machine selon ses propres
spécifications en tenue en fréquence dégradée, mais cela impose de disposer de ces
informations pour chaque machine.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
arbitraire que At = c.AT pour pouvoir statuer sur l'état des machines.
III.2.3.3 Cas d'un écroulement de fréquence
La capacité d'alimentation du système est calculée en sommant les puissances nominales des
machines du réseau puis comparée à la charge totale du réseau. L'écroulement de fréquence
se produit lorsque la capacité du système est inférieure à la puissance demandée par
l'ensemble des charges du réseau. Pour l'étude de sûreté de fonctionnement, il faut connaître
le temps limite au bout duquel les protections des machines vont déclencher. Une manière
d'approcher ces événements est de déterminer, au moyen de d'outils de simulation
dynamique, pour le maximum de configurations différentes, le temps moyen au bout duquel
les machines se déconnectent en fonction du déficit de puissance. On établit alors une courbe
CD comme celle représentée sur la Figure 45. Ainsi lors d'un écroulement de fréquence, on
OO
CN détermine le déficit de puissance puis le temps supposé d'écroulement du réseau avec la
cD
courbe établie.
CD
Temps d'écroulement
du réseau
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1 Déficit de
CD puissance
Figure 45 : temps limite de déconnection des alternateurs lors d'un écroulement de fréquence
108
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o Les puissances consommées par les différentes charges du réseau aux nœuds de
connexion.
o Les valeurs des réglages des producteurs d'électricité (puissances actives et réactives
P-Q délivrées au réseau, tension et fréquence asservie V-f si la production est chargée
du maintien de la tension et de la fréquence, ou puissance active et tension asservie P-
V, si ces producteurs sont chargés du maintien du plan de tension) ainsi que les butées
réactives des générateurs.
o Les données relatives à l'architecture du réseau comme la topologie et l'impédance
des lignes.
Quatre variables (dites d'état), qui définissent chaque nœud, doivent être définies. Ces
variables sont : la tension V et sa phase 0 au nœud considéré relative à une phase de référence
en
oo plus les puissances active P et réactive Q prélevées de la ligne à ce nœud. De manière
CN générale, pour reconstruire l'état du réseau en tout point, il faut connaître deux des quatre
cD
CD variables d'état pour chaque nœud. La solution du calcul de répartition est obtenue par
C0 itération au moyen d'un algorithme donnant ainsi une solution du réseau ainsi modélisé et
en tenant ainsi compte des simplifications et autres hypothèses effectuées. Le calcul est détaillé
C>D dans l'annexe 7.
r^
oco
en
co La surcharge d'un équipement est reliée à des phénomènes thermiques pouvant détériorer le
oo
1 composant considéré. Une courbe spécifique au composant (comme sur la Figure 46)
CD
déterminant quand il y a détérioration en fonction de l'ampleur de la surcharge permet de
déterminer quand l'équipement se détériore en fonction de l'amplitude de la surcharge.
Temps
Courant
109
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour les protections de surcharge, si on prend l'exemple des protections de surcharge des
lignes du réseau de transport français, le temps de déclenchement est fixé en fonction de
l'amplitude de la surcharge. On détermine donc de manière similaire l'instant de
déclenchement des protections de surcharge.
III.2.3.5 Cas d'une instabilité de tension
Il arrive que l'algorithme de calcul de répartition de charge ne converge pas. Cela se produit
lorsque le réseau se trouve dans un état instable où une solution en régime permanent n'existe
pas : la puissance maximale transmissible d'une ligne est dépassée (annexe 2), c'est le cas
d'une instabilité de tension. On peut ainsi déterminer les situations où il y a un écroulement
de tension, par contre le calcul ne donne aucune information supplémentaire. On procède de
la même manière que pour l'écroulement de fréquence : en s'appuyant sur des simulations
d'écroulement de tension du réseau, on détermine un temps moyen d'écroulement du réseau
o
au bout duquel le réseau subit une panne généralisé. Ce temps d'écroulement du réseau est
J| appliqué dès la détection d'une instabilité de tension.
en
III. 2.4 Les actions de l'opérateur
c0
C£>D III.2.4.1 La localisation de défaut et la reprise de service
rC Cette étape, décrite dans le paragraphe II.4.3.2.2, fait intervenir trois notions :
en o La localisation de la défaillance au moyen d'informations (venant de détecteurs de
co défaut, de disjoncteurs, ...) et éventuellement de tests sur le réseau de manière à
1
o collecter plus d'informations sur l'incident.
o L'isolement de l'élément défaillant pour la maintenance de celui-ci.
o Si la panne produit une coupure d'alimentation d'une zone du réseau, la reprise de
service consiste à réalimenter les charges dans la mesure du possible pendant la durée
de l'incident.
Notons que lors des manipulations des organes de coupures, ceux-ci peuvent refuser de
s'ouvrir ou de se fermer. Dans ce cas, il faut intégrer ces possibilités de défaillance dans les
opérations effectuées.
110
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
S1
— V / / / / / / / / / / / / AS 2- S3
Y= 0 Y = 0.1 Y= 0
CD
OO
CN
CD Figure 47 : opérations d'isolement en tenant compte d'un taux de défaillance d'interrupteur
~3
CD
Pour modéliser les diverses opérations, on distingue ainsi plusieurs cas de figure :
C0 o Soit le système est de petite taille ou soit les opérations sont très simples : on établit à
en
C>D l'avance, pour chaque défaillance, les opérations associées.
r^ o Le système est de grande taille : on préférera programmer un algorithme mettant en
oco
en œuvre les règles et les procédures utilisées par l'opérateur pour ainsi générer les
co
oo
1 actions en fonction de la défaillance et de la topologie du réseau à cet instant. Dans ce
CD
cas, il faut aussi disposer d'une fonction permettant d'analyser la topologie du réseau.
III.2.4.2 Les actions pour respecter les contraintes
III.2.4.2.1 Surcharge
ill
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
systèmes expert ou les outils d'optimisation, qui leur fournissent une ou plusieurs solutions au
problème constaté.
Dans notre modélisation des actions de l'opérateur, il faut déterminer s'il existe des parades
au problème de surcharge et si oui lesquelles. Pour cela, on détermine la matrice des facteurs
de distribution du réseau qui permet de connaître les variations des transits de puissances dans
les composants du réseau lors des modifications des puissances produites ou consommées aux
divers nœuds du réseau. L'obtention de cette matrice est expliquée dans l'annexe 8. En
utilisant cette matrice et en tenant compte des diverses contraintes sur les générateurs et sur
les charges, une optimisation permet de savoir s'il existe une solution pour éviter la surcharge
et de connaître une solution pratique à mettre en place. De cette manière, on peut approcher
les actions prises par l'opérateur. L'application de ces mesures est affectée d'un délai
CD
OO correspondant au temps réel nécessaire à l'opérateur pour définir ses actions et les transmettre
CN
cD aux appareils du réseau.
CD 111.2.4.2.2 Ecroulement de fréquence
CCD Lors d'un écroulement de fréquence, l'opérateur doit rétablir l'équilibre soit en démarrant des
uen
CD
unités rapides prévues à cet effet ou soit en délestant des charges du réseau par ordre de
>
priorité. La quantité de puissance à fournir et/ou de charge à délester est calculée à partir du
r^
oco
en déficit de puissance (déterminé auparavant) et en fonction de critères de sécurité spécifiés par
co
oo le système (comme garder une marge de capacité de puissance au cas où la charge du réseau
i
CD augmente).
111.2.4.2.3 Ecroulement de tension
L'instabilité de tension est provoquée par un état de charge trop important provoquant le
dépassement de la puissance maximale transmissible de certaines lignes : ainsi certains nœuds
du réseau, souvent les plus chargés avec la tension la plus basse, sont responsables de cette
instabilité.
Les actions pour éviter l'apparition d'un écroulement du réseau sont principalement :
o Relever le plan de tension avec l'énergie réactive des groupes ou bien délestage.
o Augmenter la puissance transmissible de certaines lignes grâce aux compensateurs
d'énergie réactive.
o Délester des charges.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Si l'opérateur tient compte de la localisation des points critiques du réseau pour mener ses
actions, il nous faut pour notre modélisation repérer les nœuds critiques. Il existe pour cela
des indices se calculant pour chaque nœud ([BIL 98] et [KES 86]), indiquant les nœuds les
plus critiques et la quantité de puissance à délester. Lorsque l'écroulement de tension est
amorcé, le phénomène étant très critique, les mesures appliquées sont en générale rapides :
délestage par priorité et délestage automatique modélisables facilement.
III.2.5Modélisation des défaillances des composants
III.2.5.1 Evénements aléatoires
Nous avons vu, au paragraphe II.3.1, que les défaillances au niveau d'un composant
pouvaient être, soit entraînées par une dégradation accidentelle du composant (dégradation
soudaine une pièce suite à l'usure du composant, à une agression extérieure, ...), soit causées
CD
OO par le non respect des conditions d'utilisation du composant (lorsque le système est dans un
CN
cD état critique). Pour ces dernières, les instants de défaillance sont déterministes et donc fixés
CD par l'analyse du système. Par contre, pour les défaillances d'origines accidentelles, leurs
C0 occurrences sont modélisées par des lois de distribution.
en Court-circuit Court-circuit Rupture de la Défaillance à la ouverture
Paramètre À À À Y À À H
r^
oco Générateur X X X X
en
co Protection
oo Disjoncteur
X X X X
1 Fusible
CD X X X
Interrupteur X X X
Transformateur X X X
Jeu de barre X X X
Câble aérien X X X X
Câble souterrain X X X
Les modes de défaillance sont représentés sur le tableau 5. Les défaillances des appareils
électriques n'étant pas dues à l'usure, les lois employées pour les défaillances en
fonctionnement sont exponentielles avec comme paramètre le taux de défaillance À. Pour les
défaillances à la sollicitation, y est la probabilité pour laquelle le composant n'effectue pas sa
fonction.
113
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour un composant ayant plusieurs modes de défaillance, soit on dispose des taux de
défaillance pour chaque mode de défaillance, soit le taux de défaillance est global et il faut
déterminer la contribution de chaque mode de défaillance. Un cas problématique est lorsque,
pour un composant ayant un taux de défaillance X en fonctionnement et un taux de défaillance
à la sollicitation y (comme un disjoncteur ou un générateur), il n'est donné qu'un taux de
défaillance. Ainsi :
o Soit la donnée de sûreté inclut uniquement les pannes en fonctionnement. Il manque
donc une donnée sur les défaillances à la sollicitation.
D
CD o Soit la donnée de sûreté inclut les deux types de pannes (ce qui est souvent le cas). La
valeur du taux de défaillance est une estimation de X = X + P. y, où P est le nombre
co
éq
Des facteurs liés à l'environnement extérieur peuvent avoir une influence sur les taux de
défaillance et de réparation des composants, en accentuant le risque de court-circuit, de
rupture de conducteur ou de panne de générateur pour les défaillances et en augmentant le
temps de réparation (conditions difficiles de maintenance). Ces facteurs sont principalement :
o Les vents violents pouvant être responsable de chute de pylônes, de rupture de
conducteurs par la chute d'un arbre et de courts-circuits causés par la chute d'un arbre
sur une ligne ou par la mise en contact de deux conducteurs sous l'effet du vent.
o La foudre pouvant détériorer toutes sortes de composants.
ll4
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o La température élevée de l'air ambiant qui peut réduire la durée de vie de certains
composants (comme une batterie ou un transformateur) ou bien réduire la capacité
d'un ligne.
o Les températures très basses ou le gel pouvant entraîner l'arrêt de fonctionnement de
certains composants ou bien la rupture d'une pièce.
o La corrosivité de l'air (comme les bords de mer) entraînant la corrosion de certains
matériaux et donc augmentant les risques de rupture de conducteurs et de perte
d'isolement.
o Les animaux (oiseaux, rongeurs, serpents, ...) qui peuvent provoquer des courts-
circuits dans les postes de transformation ou sur les lignes aériennes.
Les facteurs influençant la fiabilité des composants de manière continue dans le temps
CD
OO (comme la corrosivité de l'air, la présence d'animaux, ...) sont inclus dans les données de
CN
CD fiabilité (soit les données sont établies sur place soit elles sont corrigées par des coefficients
multiplicateurs). Par contre, pour les situations ponctuelles (comme les tempêtes), les taux de
CD
défaillance et de réparation sont modifiés dans une certaine durée. On a deux cas de figures :
C0 o Les composants du système sont en série (au sens fiabiliste). La variation du taux de
en
C>D défaillance peut se prendre en compte en définissant un taux de défaillance moyen
r^ pour chaque équipement.
oco
en o Le système comprend des redondances. La variation du taux de défaillance nécessite
co
oo
1 de définir un modèle à 2 ou 3 états comme représenté sur la Figure 48 [BOL 01].
CD
En ce qui concerne le taux de réparation, que les éléments soient en série ou en parallèle, il
faut un modèle à plusieurs états. Ces résultats se démontrent facilement en prenant un système
à 2 éléments (en série ou en parallèle) et en effectuant le calcul de la fiabilité du système en
prenant les paramètres moyens puis en employant des modèles de taux à plusieurs états
[WAN 02].
Modèle à 2 états Modèle à 3 états
x
temps temps
0% 100 %
Figure 48 : modèles d'un taux de défaillance variables selon les conditions climatiques
115
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
explicitées. Ainsi, d'autres limitations sont imposées par la méthode selon ses capacités. Le
oc choix de la meilleure méthode se fait donc en fonction de plusieurs critères :
£
o La transcription la plus exacte des modélisations des événements.
oS o La simplicité pour mettre en place la méthode de calcul.
o Le temps de calcul.
co
o Pour les réseaux de distribution, il faut pouvoir modéliser un grand nombre de
composants (50 à 100 composants pour un départ).
o Pour un réseau comportant plusieurs charges, les indices de sûreté, à savoir la
fréquence moyenne d'interruptions et l'indisponibilité, doivent être calculés en
plusieurs points du réseau.
Comme dans la partie III.2, nous présentons, pour un réseau comportant tous les types
d'événements possibles, l'adéquation des méthodes à prendre en compte les divers éléments
de modélisation (Tableau 6). Les graphes de Markov étant mal adaptés aux systèmes de
distribution, les méthodes retenues pour la sûreté de fonctionnement sont les équivalents
analytiques et les simulations de type Monte Carlo.
116
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Constante Aucun x x x x
Topologie
Variable
Quelques modes de
fonctionnements x Approximation
s x x
Nombreux modes de
fonctionnements -
Approximation
s x x
Puissance des Constante Aucun - x - x
charges
Variable Courbe de charge ou
modèle aléatoire -
Approximation
s - x
Capacité des Constante Aucun - x - x
générateurs
Variable Modèle aléatoire -
Approximation
s - x
Batterie de secours
chargée en permanence
Calcul du temps de
décharge x x x x
Moyen de stockage
Charges et décharges
successives Calcul de l'évolution - - - x
Déterminer les
Déclenche sur un défaut disjoncteurs dont la
Protection de réseau dans un ensemble
d'équipement
zone de sélectivité
comprend le x x x x
composant
Simulation temps
Protections d'un Déclenche sur des critères réelle - - - -
de tension, courant,
Approche au moyen
x x
générateur
puissance et vitesse. - -
de calculs analytiques
Simulation temps
Ecroulement réelle - - - -
Phénomène électrique
De fréquence transitoire
x x
Approche au moyen
de calculs analytiques - -
Lois de distribution
Exponentielle Simulation ou calcul
analytique x x x x
Autres Simulation - - x x
Grand nombre
d'éléments - x x x
Plusieurs points de
calcul
- x x x
La première étape est la recherche des séquences de défaillances. Pour cela, on utilise le
modèle de la « vie » du système (Figure 37), le principe est, à partir d'un événement
initiateur, de déterminer toutes les conséquences possibles et d'effectuer cela pour tout défaut
initiateur.
Défaut
initiateur
CD
OO
CN
CD
CD
C0
en
C>D
r^
oco
cd
co
oo
1
CD
1 - y Action
N o u v e l état Nouvel état
du système du s y s t è m e
Analy se Analy s e
du s y s t è m e du s y s t è m e
Réaction Réaction
du s y s t è m e du s y s t è m e
118
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
C0
en
C>D
r^
oco "1 T
en
co
Dj
oo
1 L1
CD
T
S
L2
T
S A n.o.
119
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
La Figure 50 présente un exemple d'un système de type « départ HTA J composé d'un poste
HTB/HTA, un disjoncteur de départ (Dj), une ligne (L1), un interrupteur (S), une seconde
ligne (L2) et un secours (S'). Pour simplifier l'exemple, les défaillances prises en compte sont
les premières défaillances à l'ouverture des organes de coupures et l'occurrence possible d'un
court-circuit sur la ligne L2.
R é p a r a t i o n L1
Puis
Clients O u v e r t u re d e Dj
f e r m e t u r e Dj
c o n n e c t é s à L1
en
oo
CN
cD
CD
t
C0
en At = 1/^
C>D R é p a r a t i o n L2
Puis
r^
oco
fermeture S
Clients
en
co
c o n n e c t é s à L2 A t / 2 D é f a u t L2
oo
1 Ouverture de S
CD
F e r m e t u r e d e S'
At' =
t
A t ' ' = Ts+Ts'
Une fois toutes les séquences de défaillance recensées, on les quantifie en terme de fréquence
puis en terme d'interruptions moyennes et d'indisponibilité moyenne pour chaque client (ou
charge) du réseau. Il faut une fonction qui, à partir d'une séquence donnée, donne les
chronogrammes des alimentations des différents points de livraison du réseau (comme sur la
Figure 51).
120
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Ensuite, on utilise les équations (II.3) et (II.7) à (11.11) pour quantifier la fréquence moyenne
de la séquence puis la contribution de la séquence 1 (seq 1) aux indices de sûreté des clients
C1 (connectés à L1) et des clients C2 (connectés à L2). Ce qui donne :
f V
F seq1 = Moyenne("Défaillance de Ll") • (1 - yD ) • (1 - y ) • (1 - 1 )- •exp j s ys,
f
X 2
1
yj
Fseq! • ( 1 - Y Dj) • ( 1 - Y s) • ( 1 - Y S') 2 —
J_
FcHent2 = X1 • (1 - Y Di ) • (1 - Ys ) • (1 - Y s' ) • X 2 • — • (2 interruptions)
1
I • A._ • -
ID Client1 Di s s 2
1^
V j
CD A2 1
f
0 ID Di s s 2s + s
CN
•
^2
C
V
D 111.3.2.2 Hypothèses
CD
Les hypothèses de calculs sont :
co
en o Les taux de défaillance sont très petits devant les temps de réparation. Cela sous-
entend que l'on suppose que le temps, pendant lequel le système est dans son
fonctionnement normal, est égal à la durée de fonctionnement du système.
co
o Dans la recherche des séquences de défaillances, on pose une limite à l'ordre des
o
événements (on néglige, en général, les événements d'ordre supérieur ou égal à 3).
CD
111.3.2.3 Limitations
si le système comprend plusieurs composants dont l'indisponibilité est importante comme les
générateurs (de l'ordre de quelques pourcents), l'hypothèse de taux de défaillance petits
devant les taux de réparation n'est plus vérifiée. La Figure 52 présente l'exemple d'un
système composé de 15 générateurs de 1 MVA et d'indisponibilité égale à 5 %. On voit que
la probabilité que les 15 générateurs soient en fonctionnement (en même temps) est de 0,46.
Ainsi l'hypothèse, selon laquelle la probabilité, que le système occupe son état de
fonctionnement normal, soit égale à 1, est fausse.
121
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
CD
OO Dans ce cas, il faut déterminer plusieurs états de fonctionnement correspondant aux divers
CN
CD états de pannes de générateurs (avec leur probabilité d'occupation P ) et effectuer un modèle
i
~3 de sûreté pour chaque état. Ainsi, dans notre exemple, il faut déterminer tous les états pendant
CD
lesquels :
C0 o Aucun générateur n'est en panne.
en
C>D o Un générateur est en panne (15 états différents).
r^ o Deux générateurs sont en panne (15x14=210 états différents).
oco
en o Trois générateurs sont en panne (15x14x13=2730 états différents).
co
oo
1 Pour les autres états, leur faible probabilité d'occurrence fait que l'on ne les considère pas
CD
comme des états de fonctionnement normaux (cependant, il faut tenir compte des séquences
de défaillance comportant 4, 5, 6, ... pannes de générateurs).
III.3.2.3.2 Les paramètres variables
Ce sont les variations des capacités de production ou des puissances des charges (courbe de
charge).
122
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Par contre, si le système n'est pas soumis à aux phénomènes de dégradation mais simplement
à des problèmes de capacité de puissance, on peut prendre en compte ces variabilités en
en
oo établissant pour les charges et pour les générations, un modèle donnant les différentes valeurs
CN possibles (dans l'ordre décroissant) durant une période donnée comme une fonction de
cD
CD répartition (voir Figure 53). En combinant ces deux modèles, on parvient à obtenir le modèle
du déficit de puissance du système qui donne la puissance à délester (ou simplement la
C0
en défaillance du système si le délestage n'est pas employé) avec une certaine probabilité.
C>D Cependant, cela ne permet pas d'obtenir les interruptions moyennes des clients, mais
r^
oco seulement les indisponibilités moyennes.
en
co
oo
1 Puissance
de la charge
CD
puissance
Temps
100 %
Capacité
du système
Temps
Temps
100 %
123
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour décrire le modèle du réseau, nous avons vu précédemment que l'on pouvait employer
des réseaux de Petri grâce à un logiciel de simulation de réseaux de Petri stochastiques ou
bien décrire le modèle du réseau ainsi que l'algorithme de Monte Carlo dans un
environnement de programmation. Dans les applications des méthodes de calculs, nous avons
choisis comme logiciel de simulation de réseaux de Petri MOCA-RP [MOC 02 ], et comme
environnement de programmation, Matlab.
124
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
125
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Gestionnaire du réseau
0
CD
OO
CN
cD
Figure 54 # modèle d'un réseau électrique interprété par des réseaux de Petri
CD
c0 III.3.3.2 Modélisation sous Matlab
en
C>D L'environnement de programmation de Matlab offre de nombreux outils pour la
r^
oco modélisation :
en
co o Les opérateurs propres au langage de programmation permettant d'interpréter un
oo
1 algorithme (boucles et tests),
CD
o Les calculs matriciels qui permettent une économie de temps de calcul, en particulier
pour les calculs de réseaux de type électrotechnique comme le calcul de répartition de
charge et les calculs des tensions de court-circuit.
o Plusieurs fonctions mathématiques comme les fonctions d'optimisation, les
générateurs de variables aléatoires, ... .
o La possibilité d'utiliser des modules de calculs déjà existants.
126
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Modification de l'état \
des composants Matrice
Choix de l'événement
du réseau COMPOSANTS RESEAU Nouveaux paramètres du syst
État des composants -Topologie
-Court-circuit | Composant en court-circuit [-
du s y s t è m e (ligne,disjoncteurs - États des composants
- P u i s s a n c e s produites
générations,clients) - Puissances consommées
-Réparation I Composant disponible r
- R é g l a g e générations _ |OUI|
Court-circuit
- D é l e s t a g e de charge _
Charges non connectables]
|NON | |
- D é c l e n c h e m e n t des OUI Déclenchement d e certaines
protections de surcharges Ouverture disjoncteurs f- protections machines
face à l'événement
—\
-Tentative d e relestage Charges connectables Ordres de déclenchement des |NON||
p r o t e c t i o n s d e r é s e a u et
éventuellement Capacité du s y s t è m e NON
- M a n œ u v r e s d'un organe_ de certaines protections
| Composant ouvert/fermé |— supérieure
de coupu re d e production à la c h a r g e ?
- Variation de charge o u
de capacité de production
IB Écroulement de
fréquence
Ordres d e déclenchement
de certaines protections Calcul d e répartition
d e production de charge
Prochain évènement
OUI
Instabilité d e t e n s i o n ?
Surcharge ?
Matrice EVENEMENTS
é v é n e m e n t s affectés |NON
Comptabilisation des indices
d'un temps d'occurrence OUI
CD
Pour chaque client
OO
D S a i l l a n c e à localiser ?
- N o m b r e d'interruptions
-Indisponibilité A c t i o n s d e localisation Actions correctrices
CN
cD
de défaut e de
reprise d e service Ordres d e :
• R é g l a g e s d e production
y
• D é m a r r a g e s d e production
• Délestage de charge
CD
Ordres d'ouverture
et/ou de f e r m e t u r e
Les résultats obtenus sont les interruptions, les indisponibilités de chaque client moyennées
sur l'ensemble des échantillons simulés ainsi que les écarts type et les intervalles de
confiance.
Le seul point délicat de cette modélisation est le temps de calcul qui peut atteindre plusieurs
heures voir plusieursjours suivant la précision du calcul voulue.
127
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
III.4 Synthèse
Les événements susceptibles de se produire sur un réseau de distribution « classique J (c'est-
à-dire sans GED) sont :
o La perte d'une ligne (court-circuit ou rupture).
o Le déclenchement intempestif d'une protection du réseau.
o Les manœuvres des organes de coupure lors des opérations de localisation de défaut et
de reprise de service.
La quantification de la sûreté d'un tel système n'est pas trop complexe puisque la seule
difficulté de modélisation est la détermination des manœuvres de localisation de défaut et de
reprise de service qui nécessite un algorithme.
r^
oco Les pannes d'un réseau électrique peuvent avoir diverses origines :
en
co
oo o La surcharge d'un équipement entraînant son indisponibilité.
i o La déconnection d'un générateur, suite à une perturbation sur le réseau, réduisant la
CD
capacité du système.
o L'écroulement de tension, dû au dépassement de la puissance maximale transmissible
d'une ou plusieurs lignes, menant à la déconnection de moyens de production.
o L'écroulement de fréquence, dû à la capacité du système inférieure à la puissance des
charges, menant à la déconnection de moyens de production.
o Le déclenchement intempestif de protections entraînant la perte d'ouvrages.
o La perte d'isolement provoquant la perte de l'ouvrage et éventuellement la
déconnection de générateurs.
De plus, le réseau comporte certains aléas comme les variations de la puissance des charges
du réseau et de la capacité de certains moyens de production (comme les éoliennes). La
gestion du système est cruciale en matière de sûreté de fonctionnement : celle-ci est plus
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
complexe que pour un réseau de distribution « classique J puisqu'il faut non seulement
prendre en compte les manœuvres de localisation de défaut et de reprise de service mais aussi
les mesures appliquées pour respecter les différentes contraintes du système.
Pour modéliser la sûreté d'un réseau électrique comportant des GED, des outils
supplémentaires sont nécessaires pour traiter les nouvelles défaillances du système ainsi que
ses réactions (Figure 56).
Instant de la panne
Jr Déclenchement des rel ais fréquenti els
Calcul au préalable du temps moyen d e Délestage automatique de charge avant l'écroulement totale
déconnection
en Écroulement de tension et / ou Déclenchement d'une certaine partie
des unités d e production selon le déficit
cD
déconnection
Écroulement de fréquence — des unités d e production lors d ' u n e
instabilité d e tension Déclenchement d'une certaine partie
Délestage automatique de charge des c harges
compte tenu du déficit en puissance
CD Instabilité sur court-circuit
Calcul d e s tensions lors du court-circuit
et / ou
délestage volontaire
d'une quantité de charges
et du temps moyen nécessaire
Déclenchement des relais fréquenti els
avant l'écroulement totale
C0
Déclenchement d s protections sur
critère de tension
C>D Calcul du ÀF o c c a
Calcul du temps mi nimum pour que
le système retrouve s a fréquence initiale
r^
oco
Si l'évoluti on de F n'entre pas dans l es
critères exigés,
on s u p p o s e qu'il y a déclenchement des îlotage s zones satisfaisant :
en
co
machines • Capacité suffisante pour alimenter les
charges
oo
Déconnexion de générateurs Îlotage des zones « saines »
• Critères assurant la stabilité d
1 machines
CD
129
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour ce qui est des méthodes de quantification de sûreté de fonctionnement, celles retenues
sont les équivalents analytiques et les simulations Monte Carlo. Précisons que la méthode la
plus souple en terme de modélisation du réseau est la simulation Monte Carlo dans un
environnement de programmation, qui sera dans notre cas Matlab.
Nous avons donc tous les éléments nécessaires à une étude de sûreté de fonctionnement d'un
réseau électrique : l'analyse qualitative d'un réseau électrique, la modélisation des pannes du
système ainsi que les comportements du système associé, et enfin les méthodes de calculs des
indices de sûreté du réseau. Le Chapitre IV fait l'objet de deux études de sûreté de
fonctionnement sur des cas concrets de réseaux de distribution.
en
oo
CN
cD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
cd
co
oo
1
CD
130
Chapitre IV
Applications
CD
OO
CN
cD
CD
CCD
uen
C
>D
r^
oco
en
co
oo
i
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Chapitre IV
Applications
IV.1 Introduction
Dans le cadre l'étude de l'impact de l'insertion de production décentralisée sur les réseaux de
distribution, les travaux de cette thèse se sont centrés sur l'analyse de sûreté de
fonctionnement de divers cas d'étude. L'insertion de production sur le réseau peut être
considérée de plusieurs points de vue :
o Pour les réseaux actuels, l'insertion de productions sur le réseau de distribution
s'effectue sans modification du réseau. Le raccordement des GED est réglementé par
CD
OO un arrêté permettant d'éviter les problèmes de perturbation du plan de protection et de
CN
cD possibilité de fonctionnement en îlotage de GED (arrêté présenté dans l'annexe 5). La
CD fiabilité du réseau est, cependant, modifiée du fait l'ajout d'équipements susceptibles
CCD de provoquer des pannes supplémentaires. Le premier cas d'étude illustre cette
uen perspective.
C
>D
o Dans une perspective à plus long terme, il peut être envisagé un changement dans
r^
oco l'architecture des réseaux de distribution afin de mieux exploiter l'énergie
en
co décentralisée. Deux axes d'évolution du système de distribution sont à envisager : le
oo
i premier est l'intégration des GED dans les services système comme la gestion du plan
CD
Dans la partie II.3, une analyse qualitative de la sûreté d'un système électrique a détaillé tous
les types de défaillance pouvant se produire sur un réseau électrique. Ainsi pour les cas
étudiés dans ce chapitre, l'analyse des défaillances consistera à négliger les modes de
défaillances ne pouvant se produire. Selon les spécificités du système étudié, le modèle
général de sûreté (Figure 37) du système sera simplifié : certaines étapes, correspondant au
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
diagnostic et aux réactions du système face aux pannes non prises en compte, seront
supprimées du modèle.
• C0202
C0505
H
C0606
CD
C0707
OO •
•
C0808
CN
CD
C7000
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
On a choisi d'étudier un réseau de distribution HTA français de type rural car les départs
ruraux ont une structure plus arborescente que les départs urbains (c'est-à-dire plus d'artères
secondaires) : l'intérêt est de pouvoir étudier l'impact d'une GED selon sa localisation plus
ou moins lointaine de l'artère principale. On a donc formé un réseau sur la base du même
poste source et de départs ruraux à savoir 5 départs similaires à C0202 et 5 autres similaires à
C0707.
134
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Dj 1 HTB Dj 2 HTB
Tri Tr2
Dj i HTA 1 Dj 2 HTA
JdB1 JdB2
1- -1
N/O
AAAAA AAAAA
D i D2 D3 D4 D5 C i C2 C3 C4 C5
CD
OO Figure 58 : Architecture du poste source
CN
cD
CD Les architectures du poste source HTB/HTA et des départs type C0202 et C0707 sont
représentés sur les Figure 58 et Figure 59. Les topologies des départs Di, D2, Ci et C2 sont
C0
en du type C0202 et celles des départs D3, D4, D5, C3, C4 et C5 du type C0707.
C>D
r^
oco
Départ d'un Vers départ
K
autre réseau D1 ,
en
co yN.O.
N.O.
oo
1
CD
Charge BT
Charge HTA
Interrupteur manuel
Interrupteur télécommandé
Câble tr iphasé
E
Détecteur de défaut
Secours
Figure 59 : Architectures des départs DI type C0202 (à gauche) et D2 de type C0707 (à droite)
i35
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Œy
Postes en bas de poteau (type CB)
Réseau
HTA
CD
OO
HTA
GD-
CN
CD Figure 60 # les différents postes HTA/BT
~3
CD
Le fonctionnement du poste est le même que celui décrit au paragraphe II.2.3.2.1. On rappelle
C0 le fonctionnement du départ HTA :
en
C>D o Les départs sont de type radial et tous exploités en boucle ouverte.
r^ o Les interrupteurs normalement ouverts (N.O.) permettent, en cas de défaut,
oco
en
co d'alimenter une portion du départ par une ligne reliant le départ considéré à un autre
oo départ du même poste source ou d'un réseau extérieur. Ces connections normalement
1
CD
ouvertes constituent des secours.
o Lorsqu'un court-circuit se produit, la protection de départ (à maximum de courant) est
sollicitée. Le disjoncteur effectue tout d'abord un cycle de réenclenchements rapides :
si le défaut est fugitif, il disparaît au cours de ce cycle de réenclenchements rapides.
Dans le cas contraire, le disjoncteur déclenche définitivement : l'opérateur du réseau
commence alors une procédure de localisation du défaut (s'aidant des détecteurs de
défauts et effectuant des isolations de certaines sections du départ et des
réenclenchements du disjoncteur) et de reprise de service (en rétablissant la tension
dans les sections saines par réenclenchement du disjoncteur de départ ou par les
secours disponibles).
o La réparation s'effectue lorsque l'équipement défaillant est localisé et isolé (par
ouverture des interrupteurs).
136
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o Lorsque le poste source est hors tension (absence de tension au niveau HTB ou panne
du jeu de barre HTA), les départs du type C0202 sont équipés une connexion à un
départ d'un autre réseau de distribution permettant d'assurer la fonction de secours.
o Le réglage de la tension est assuré par les régleurs en charge des transformateurs du
poste source.
CD
OO
Court-circuit permanent X/2 0.003 - r 4
Ouverture intempestive X/2 0.003 - r 4
CN
cD D é f a i l l a n c e à la sollicitation
Y - 0.05% r 4
Interrupteur m a n u e l HTA
CD Court-circuit permanent
Ouverture intempestive
X/2
X/2
8.80E-05
8.80E-05
-
-
r
r
2#6
2.6
- i% r 2.6
C0 Y
D é f a i l l a n c e à la sollicitation
Interrupteur t é l é c o m m a n d é HTA
en 0#033 - r 2#6
C>D
Court-circuit permanent X/2
Ouverture intempestive X/2 0.033 - r 2.6
D é f a i l l a n c e à la sollicitation
Y - 8% r 2.6
r^
oco Ligne a é r i e n n e HTA (1 km)
en
co
Court-circuit permanent Xcc
Xcc fug
0.004 à 0.i 38
0.0i6 à 0.552
- r
-
3
oo Défaut fugitif ou a u t o - e x t - -
Disjoncteur BT
Tableau 7 : modes de défaillances des composants d'un départ HTA et données de sûreté
Le tableau 7 présente les modes de défaillances des composants du départ HTA et les données
de sûretés associées. Notons que le taux de défaillance correspondant aux courts-circuits non
permanents sur les lignes aériennes est estimé par la relation X f = 4 x X . c c u g cc
i37
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Comme nous l'avons décrits dans le paragraphe II.4, la partie du rôle des chargés de conduite
concernant la sûreté du réseau HTA est la tâche de localisation de défaut et de reprise de
service représentée sur la Figure 61.
138
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
• M a n œ u v r e s des interrupteurs
t é l é c o m m a n d é s s a n s détecteur de défaut
O u v e r t u r e des interrupteurs j u s t e en amont
• M a n œ u v r e s des interrupteurs manuels avec et j u s t e en a v a l d e l'organe défaillant et
f e r m e t u r e d e s interrupteurs t é l é c o m m a n d é s .
détecteur de défaut
Lors d'un défaut sur le départ HTA, les manoeuvres de localisation du défaut et de reprise de
service sont définies par les règles suivantes (l'annexe 6 détaille un exemple des manœuvres
lors d'un défaut) :
CD
OO o A l'aide des informations fournies par les détecteurs de défaut, l'opérateur détermine
CN
C une zone où se trouve le défaut (un détecteur allumé signalant que le défaut est en aval
^D
CD du détecteur et un détecteur éteint signalant que le défaut est en amont).
C0
"(A
C>D
r^
oco
co
CD
oo
1
CD Zone défaillante
o L'ordre de manipulation des organes de coupures est définit : les DRR, les
interrupteurs télécommandés avec détecteur de défaut, les interrupteurs
télécommandés sans détecteur de défaut, les interrupteurs manuels avec détecteurs de
139
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
défaut et enfin les interrupteurs manuels sans détecteurs de défaut (d'abord ceux de
l'artère principale puis ceux sur les premières dérivations et enfin les autres),
o La réalimentation d'une zone saine en amont du défaut s'effectue en ouvrant
l'interrupteur juste en amont de la zone où est le défaut (sur la Figure 62, Int 1) et en
fermant le disjoncteur de départ.
o La réalimentation des zones saines en aval du défaut s'effectue en ouvrant les
interrupteurs juste en aval de la zone où est le défaut (sur la Figure 62, Int 2 et Int 21)
et en fermant les secours appropriés (sur la Figure 62, S1 et S2).
o Lorsque la zone défaillante est définie, des opérations de « tâtonnement J consistent à
ouvrir un interrupteur de cette zone (Int 22 par exemple) et à rétablir l'alimentation
dans cette zone (en déclenchant le disjoncteur, en refermant l'interrupteur isolant la
zone défaillante de la partie amont saine (Int 1) puis en réenclenchant le disjoncteur de
OO
CD
départ). Si celui-ci déclenche, le défaut est en amont de Int 22 sinon, le défaut est en
cD
CN
aval de Int 22. En testant successivement les différents interrupteurs, l'opérateur
en parvient à localiser la section défaillante.
c IV.2.1.3 Réduction du système
co
CD
Les différentes entités, se connectant au départ D1, peuvent modélisées de la façon suivante :
CD
>
o Le réseau HTB et le poste source HTB/HTA & on a vu que le réseau HTB n'est pas
r^
oco
en affecté par la sûreté des réseaux HTA, ainsi on tient compte de l'influence du réseau
co
oo HTB et du poste source par les données de sûreté relatives au poste source.
i
CD o Les départs HTA du jeu de barre JdB1 : ceux-ci affectent la fiabilité du poste source
lorsque leur disjoncteur de départ est défaillant entraînant ainsi l'indisponibilité dujeu
de barre. Pour tenir de la contribution de ces pannes à l'indisponibilité du poste
source, on calcule, pour chaque départ, un équivalent.
o Les départs HTA du jeu de barre JdB2 : ceux-ci affectent la fiabilité du départ D1
lorsque les deux jeux de barre sont connectés, c'est-à-dire lors d'une maintenance
d'une branche du poste source. Cette période de maintenance ne représentant
qu'environ 1% du temps de fonctionnement du système, on néglige ces pannes.
o Les autres départs ayant un rôle de secours : pour modéliser leur indisponibilité, on
calcule un équivalent de ces départs.
o Les réseaux BT : ils sont connectées au réseau par un certain nombre de composants
selon la nature du poste HTA/BT représentés sur la Figure 60. Si l'on calcule un
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
équivalent d'un départ BT, on peut remarquer que le taux de défaillance est beaucoup
plus faible que celui-ci d'un départ HTA du fait d'un nombre moins important de
composants et de lignes plus courtes. Ainsi, la modélisation se limite à la prise en
compte des pannes des équipements jusque la première protection à savoir les
composants encadrés sur la Figure 60.
o Les charges HTA : de même que pour les postes HTA/BT, on tient compte
uniquement de l'interrupteur et du disjoncteur de raccordement.
CD
OO
CN
CD
Y N.O.
Interrupteur manuel
Interrupteur télécommandé
Se et ion équivalente
Détecteur de défaut
Secours
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
141
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Section
équivalente
XccécT^ooi
^•cc fugitif éq ^ ' ' 0 0f u 9 t l f
o Les ouvertures intempestives des organes de coupures (présents dans les équipements
des charges) qui ne sollicitent pas la protection de départ (À ). ss c c
Les départs adjacents modélisés sont Cl (type C0202), D2 (type C0202), D3 (type C0707),
D4 (type C0707), D5 (type C0707) et El (type C0202). Les départs jouant un rôle de secours
(dont il faut modéliser les défauts et l'indisponibilité pour servir de secours) pour le départ
modélisé Dl sont Cl, D2 et El qui sont tous les trois du type C0202. Les autres départs D3,
142
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
D4 et D5 ne sont modélisés que pour leur influence sur la fiabilité du poste source
(modélisation des défauts).
Pour les temps d'indisponibilité du départ type C0707 (qui sera utile pour représenter
l'indisponibilité d'un secours), on estime que :
o Pour une défaillance permanente sur l'artère (court-circuit ou ouverture intempestive
d'un organe de coupure), le temps d'indisponibilité est le temps total pour que la
défaillance soit réparée 1/p, (soit le temps de localisation, d'isolation et de réparation
i
de l'élément défaillant).
o Pour un court-circuit sur une dérivation, on comptabilise que le temps de localisation
car les liaisons pour les secours sont sur l'artère principale (1/^ ). isoi
^CCéq ^ ^CCi
Tous les composants
^ S S C C éq = ^ ^SSCCi
Artère principale
^ CC fugitif éq = ^ ^ CC fugitif i
Lignes aériennes
^ CC i SSCCi i + ^ ^ CC i V i
Artère principale dérivations
^é
^ CC éq + ^ SS CC éq
143
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
On a élaboré un modèle interprété par un réseau de Petri correspondant pour chaque type de
composant à savoir le disjoncteur, l'interrupteur sans détecteur de défaut, l'interrupteur avec
détecteur de défaut, l'interrupteur normalement ouvert, la section, le poste source. L'annexe
10 montre l'environnement de MOCA-RP et les modèles de composants.
oo Section équivalente
1
IACM n°2
o Détecteur de défaut
CD
Secours
Zonel Zone2
Ouverture du disjoncteur Ouverture du disjoncteur
Ouverture de l'IAT Ouverture de l'IAT
Fermeture du secours (D2) Fermeture du disjoncteur
Ouverture de l'IACM n°1
Fermeture du secours (D2)
Zone3
Ouverture du disjoncteur
Ouverture de l'IAT Zone4
Fermeture du disjoncteur Ouverture du disjoncteur
Ouverture de l'IACM n°1 Ouverture de l'IAT
Fermeture de l'IAT Fermeture du disjoncteur
Ouverture de l'IACM n°2 Ouverture de l'IACM n°2
Fermeture du secours (D2) Fermeture de l'IAT
144
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o A partir des sections du départ, on forme des zones délimitées par les détecteurs de
défaut (Figure 65). Les manœuvres, concernant l'isolation de la zone défaillance et la
reprise de service des zones saines, sont modélisées de façon exacte.
o Ensuite pour les manœuvres dites de « tâtonnement J (décrites précédemment), on
suppose qu'en moyenne, il faut deux tests pour localiser la section défaillante.
Disjoncteur de Manœuvres du
Zone du défaut Interrupteurs avec détecteur de défaut disjoncteur lors
départ
des ests dans la
zone défaillante
o o
O-
Zone n 0 1
O o o
o o
-o~
o o
-O
S
-o-c
en
Zone n 0 2
145
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
IV.2.1.4.2 Résultats
Les résultats présentés (Figure 67) sont, pour chaque section du départ (numérotées de 1 à 20
sur la Figure 63), la fréquence moyenne d'interruption (en interruptions/an), l'indisponibilité
moyenne (en heure/an), l'énergie non distribuée (en kWh/an) et le nombre moyen de coupures
de clients (en interruptions/an). La simulation a été effectuée pour 1 million d'échantillons : la
précision obtenue, pour un niveau de confiance à 90 %, est au maximum de 0,23 % pour la
fréquence d'interruption (±0,005 int/an) et de 0,09% pour l'indisponibilité (±0,5 min/an).
Pour le calcul de l' Energie Non Distribuée (END) d'une section, on a appliqué la formule
suivante :
ENDSection i = Charge Section i . Indisponibilité Section i . 8760 h
CD 7* * ^
O en kWh/an en kVA en heures/an
^ (puissance souscrite)
Des indices couramment utilisés pour les réseaux sont les moyennes des indices sur
l'ensemble des clients du réseau. Ainsi on forme les indices : SAIFI (System Average
Interruption Frequency Index) représentant la fréquence moyenne de coupure d'un client,
w ASUI (Average System Unavailability Index) représentant l'indisponibilité moyenne d'un
C>D
client et AENS (Average Energy Not Supplied) représentant l'énergie non distribué d'un
r^
oco
en client :
co
oo
i SAIFI =
CD X N.
ASUI = X ID, • N i
X n,
AENS =X IDi • Pi
X Ni
1 1
Les données techniques relatives aux départs sont présentées dans l'annexe 11. Le temps de
manœuvre d'un interrupteur est de 2 minutes lorsqu'il est télécommandé et de 25 minutes
lorsqu'il est manuel.
146
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Fréquence d'interruption
7.00
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Sections
Indisponibilité
3.00 -,
OO
CD
CM
C
=3
en
—)
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Sections
c0
w Energie Non Distribuée
CD
>
h-"
h-
O00
CD
OO
CO
1
CD
Sections
Sections
Figure 67 : indices de sûreté du départs D1 pour une simulation de 1 000 000 d'échantillons
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les résultats obtenus sur le réseau sans GED semblent montrer que les données d'entrée et la
modélisation sont correctes puisque l'on trouve une fréquence d'interruption moyenne de
5,87 int/client/an et une indisponibilité moyenne de 2,28 heure/client/an, ce qui est classique
pour un départ rural.
IV.2.1.5 Modélisation du système sous Matlab
Le réseau modélisé est le même que précédemment à savoir les composants représentés sur la
Figure 63. La méthode programmée sous Matlab décrit l'architecture présentée sur la Figure
CD
OO
CN
cD
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
sont définis pour un type d'architecture donné (donc applicables à tout type de départ
français) et tiennent compte des éventuels refus d'ouverture ou de fermeture des organes de
coupures. On modélise donc exactement ces manœuvres.
IV.2.1.5.2 Résultats
Le modèle codé sous Matlab nécessite un temps de simulation beaucoup plus important que le
modèle sous MOCA-RP du fait de la lenteur du langage de Matlab pour les boucles (FOR) et
les tests (IF) très utilisées dans les algorithmes de simulation des manœuvres de localisation
de défaut (la programmation en langage C donnerait des temps de simulation beaucoup plus
faibles).
La simulation Monte Carlo est faite pour 350 000 échantillons : la précision obtenue, pour un
niveau de confiance à 90 %, est au maximum de 0,24 % pour la fréquence d'interruption et de
o
0,36 % pour l'indisponibilité.
D
On trouve une fréquence d'interruption moyenne de 6,96 int/client/an et une indisponibilité
moyenne de 3,16 heure/client/an. Cette différence s'explique par le fait que, pour le modèle
en réseaux de Petri, l'approximation des manoeuvres pour localiser un défaut est trop
>
^ optimiste.
r-o
co
en
co
oo
149
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Fréquence d'interruption
10 11
Sections
Indisponibilité
10 11
Sections
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Sections
Figure 69 : indices de sûreté du départs DI pour une simulation de 350 000 échantillons
150
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
IV.2.2.1.1 Architecture
On a donc pris ici le cas d'une cogénération. Cette installation comporte 2 groupes
électrogènes de 500 kVA chacun, couplés sur le réseau HTA et sur un réseau de chaleur et
fonctionne que les mois d'hiver (Figure 70). L'architecture électrique de l'installation est
schématisée sur la Figure 71.
CD
OO
CN
CD
CD
Figure 70 : profil de mission de l'installation
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
IV.2.2.1.2 Fonctionnement
o Pour tous les autres équipements, leurs défaillances entraînent l'arrêt de la production
jusqu'à la fin de la réparation,
o Les défaillances des interrupteurs-fusibles, du disjoncteur général et du sectionneur
(juste après la protection générale) sollicitent la protection de départ du réseau et sont
ainsi considérées comme des défauts du réseau.
Deux modes d'exploitation considérés :
o Mode 1 : la production ne fonctionne que couplée au réseau. Lorsque la tension au
point de raccordement est stable, le producteur peut se connecter. Dès l'apparition
d'une perturbation sur le réseau, la protection de découplage déclenche et isole le
producteur du réseau pour permettre un bon fonctionnement du plan de protection du
départ et éviter tout réseau îloté avec la GED. La production peut se recoupler lorsque
le réseau est rétabli. Dans ce mode, la GED n'est jamais utilisée comme alimentation
en
principale mais toujours en soutien du poste source. C'est le mode actuellement
CN
c employé par les GED existantes.
OT o Mode 2 : on a les mêmes spécifications que précédemment sauf que lors d'un incident
sur le réseau (une panne du poste source ou un défaut permanent sur le départ) la GED
co
en peut être utilisée comme secours. Cela implique que la GED alimente correctement le
départ (une capacité suffisante pour alimenter le départ et la capacité de faire du suivi
r^
oco de charge), qu'il y ait un basculement de la commande de la production (régulation de
puissance vers une régulation de tension et fréquence) et que l'exploitant du réseau
oo
puisse demander au producteur de se connecter lorsque cela est nécessaire. Ce mode
CD
d'exploitation anticipe largement puisqu'il nécessite des investissements
supplémentaires coûteux pour pouvoir réaliser cette fonction de secours d'une GED.
IV.2.2.2 Insertion au niveau du départ HTA
Les conditions de raccordement imposées aux producteurs raccordés sur le départ par le
gestionnaire du réseau font que la GED n'a pas d'impact sur le fonctionnement électrique du
réseau : la GED ne perturbe donc pas le plan de protection du réseau ni les détecteurs de
défaut.
Les impacts potentiels de l'insertion de GED sur un départ HTA (paragraphe II.5.3) sont
mentionnés sur le tableau 8.
153
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Les impacts pris en compte dans la modélisation sont les impacts (h) et (j). Pour les autres :
o
o Les impacts (a), (b) et (i) sont considérés comme inexistants au vue des conditions de
J| raccordement.
o Pour l'impact (c), le changement du courant traversant l'équipement et des
£= harmoniques modifient les défaillances définissant ainsi une nouvelle de distribution.
w Le problème est que l'on ne dispose d'aucunes données sur l'impact du courant sur les
C>D
^ défaillances du composant considéré. D'autre part, les défaillances des équipements
r-
° de réseau HTA sont rarement dues au vieillissement et donc peu sensibles au courant
en
oo les traversant d'où la très faible contribution de l'impact (c).
i
o Comme la GED supporte des creux de tension jusqu'à 500 ms et que la protection de
départ est ampèrmétrique, les impacts (d), (f) et (g) ne produisent pas de
déclenchement de protection, ainsi on considèrent que ces impacts ne relèvent pas de
la sûreté de fonctionnement mais d'une étude des creux de tension.
o Pour l'impact (e), les équipements sont dimensionnés pour pouvoir secourir les
départs voisins. Ainsi, n'ayant pas de problème de capacité de transfert de charge, la
présence de la production sur le départ ne change rien.
La méthode de calcul choisie pour cette application est la simulation Monte Carlo sous
MOCA-RP avec le modèle précédemment établi (IV.2.1.4.1). Le fait que l'hypothèse pour
l'approximation des manœuvres de localisation de défaut soit optimiste n'est pas
problématique dans la mesure où ici, l'étude est relative (elle consiste à comparer les indices
154
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
du départ sans GED avec celui du départ avec une GED). Les composants modélisés pour
représenter la GED sont représentés sur la Figure 72. Des équivalents de certains composants
en série ont été effectués afin de réduire le nombre de composants à modéliser (12 au total).
en
oo
CN Figure 72 : composants modélisés pour la cogénération
cD
CD IV.2.2.2.2 Résultats
C0 Les deux modes possibles de fonctionnements de la GED ont été simulés à savoir :
en o La mode 1 où la GED ne fonctionne que couplée au réseau.
C>D
o Le mode 2 où la GED peut servir de secours. Pour ce cas, afin d'observer l'utilité de la
r^
oco GED en tant que secours, nous avons choisi de ne laisser qu'un secours « classique J
en
co
oo au départ D1 (le secours vers le réseau extérieur).
1
CD
L'insertion de la GED a été simulée sur différentes sections (représentés sur la Figure 73) :
o Section 1 : cas « Av_GED 1».
o Section 6 : cas « Av_GED 2».
o Section 11 : cas « Av_GED 3».
o Section 17 : cas « Av_GED 4».
o Section 15 : cas « Av GED 5».
155
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o>
oo
<N
c Figure 73 : emplacements de la cogénération sur le départ DI
CD
Co L'impact de la GED sur la sûreté du départ DI est à priori faible du fait de sa protection de
co découplage empêchant les défaillances du coté producteur de faire déclencher la protection de
C>D
départ. Ainsi, nous avons choisit d'effectuer 1 million d'échantillons (pour chaque simulation)
r^
oco afin d'obtenir une précision suffisante pour observer l'impact de la GED. La précision
CD
co
oo (intervalle de confiance à 90%) obtenue avec MOCA-RP est la même que précédemment :
"CD ±0,5 min/an pour l'indisponibilité et ±0,005 int/an pour la fréquence d'interruption.
Les résultats présentés sont pour chaque mode et chaque emplacement de raccordement de la
GED:
o Les indices moyens du réseau en terme de fréquence d'interruption SAIFI,
d'indisponibilité ASUI et d'énergie non distribuée END (Figure 84).
o Les variations des indices moyens de fréquence d'interruption et d'indisponibilité par
rapport au cas de référence (Figure 74 à Figure 83). Le cas de référence étant pour le
mode 1 le départ D1 complet et pour le mode 2 le même départ avec un seul secours.
156
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Figure 74 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 1
CD
OO Figure 75 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 6
CN
CD Variations de l'indisponibilité (min/an)
~3
CD
C0
en 11
C>D 1111111111
llllllllll h. m u
r^
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 3 14 15 16 17 1 8 19 2 0
oco Figure 76 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 11
en
co
oo Variations de l'indisponibilité (min/an)
1 n
CD
n • n •
Illl
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 2 0
Figure 77 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 17
Variations de la fréquence (1 /an) Variations de l'indisponibilité (min/an)
0 . 0 3 5 -t
0.005 -
1 2 3 4 5 6 7 8 10 11 12 13 4 15 16 17 1 8 19 2 0
0.5 -
Figure 78 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 15
fl^UUUUUVrUVn n^vli
1 2 3 4 5 6 7 8
Tiirtt
9
«
10 11 12 13 14 15 1 6 17 1 8 19 2 0
157
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Figure 79 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 1
Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)
0 . 0 5 -r 1 1 1 1 I-I I-I LJ ' | _ r U ' U ' l_T L T III ' III ' I I I
1 1
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 1 8 19 20
0.04 --
—
0.03 |—
0.02 -- -20
0.01 --I |—
0 --
6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 5 16 17 1 8 19 2 0
-0.01 --
-0.02 -- -50
- 0 . 0 3 -- _
-0.04 --
CD
-0.05 -- -70
OO Figure 80 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 6
CN
CD Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)
0.12
rrrrrrrrr
CD 0
-15
C0 -25
en
C>D 0.02
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 i l 12 13 14 15 16 17 1 8 19 2 0
r^
oco
-0.02
en Figure 81 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 11
co
oo Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)
1
0.12
0.1
111111111
CD
0
0.06
-20
0.04
-25
0.02
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 1 8 19 2 0
Figure 82 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 17
Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)
Hf
0.12
1 2 3 4 5 6 7 8 9
0.1
-10
-20 lililililililili
0
0.06
0.04
0.02 -
0 -
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
Figure 83 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 15
158
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
SAIFI ( i n t / a n / c l i e n t ) SAIFI ( i n t / a n / c l i e n t )
5.9 6.00
5.
5.95
5.
5. 5.90
5.87
5.85
5.
5.85 5.80
SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5 SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5
ASUI ( h e u r e s / a n / c l i e n t ) ASUI ( h e u r e s / a n / c l i e n t )
2.33 2.60
2.32 2.50
2.31 2.40
2.30
2.30
2.
2.20
2.28
2.10
2.27
2.26 2.00
SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5 SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5
CD
6.80
6.38
OO 6.36
6.34
6.60
6.40
CN
CD
6.32
6.30
6.20
6.00
SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5 SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5
~3
CD Figure 84 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 (à gauche) et pour le mode 2 (à droite)
C0
en
C>D IV.2.2.2.3 Commentaires sur les simulations de la GED en mode 1 (Figure 74 à Figure 78)
159
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
2 2 2
X = 4
- = 0,0096 int/ an
r^
oco
en o Les défaillances « passives J (ne sollicitant pas la protection de départ)
co
oo
1 • Défaut sur le réseau et non fonctionnement de la protection de découplage, du
CD
sectionneur et de l'interrupteur.
• Défaillance passive d'un équipement de l'installation avec non fonctionnement
de l'ouverture de l'interrupteur de connexion.
• Défaillance à l'ouverture de l'interrupteur de connexion lors de l'arrêt annuel
de la production.
PInt • PSec • PDj
1 1 1
•' ^XR é s e a u ^+
X Int + p X Se
^
P
P Int
• p
P Sec |
I X I nt- us +
f X d
^
1+
I
p
P Int
^ p
P Sec
^ p
P Dj
^f^
I -
+ 2 •
^ 2
X l "
2 + ^ 2
+ P • (1 arret) - 0,0101 int/an
P l n t
4
X P a s - - Int
160
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
^ Pour la GED connectée à la section n°1 : À affecte la section n°1 donc toutes les autres
Pas
sections, c'est pour cela que l'on a une augmentation (constante pour toutes les sections) de la
fréquence d'interruption de À + À = 0.025 int/an.
Act Pas
sections sauf que pour les sections en amont (zone n°1), celles-ci voient trois fois plus de
coupures (dues aux manœuvres de localisation). C'est pour cela que l'augmentation de la
en fréquence d'interruption est de 0.025 int/an (-0,0096x3 int/an).
oo
CN
cD Les résultats obtenus avec MOCA-RP semblent donc correspondre avec la modélisation
effectuée.
c
C
IV.2.2.2.4 Commentaires sur les simulations de la GED en mode 2 (Figure 79 à Figure 83)
>D
Les résultats obtenus sur le réseau sans GED avec les secours (vers D2 et C1) supprimés
o
££ montrent une augmentation de l'indisponibilité des sections éloignés du début de départ
co
oo (sections n°10 à n°20 et notamment les n°14, n°15 et n°16).
CD
A partir de ce modèle sans GED et avec 1 seul secours (référence), on insère la cogénération
sur le départ. Celle-ci fonctionne comme précédemment sauf qu'elle peut être utilisée comme
secours pour réalimenter des zones du réseau lorsque cela est possible ; cela suppose que
l'opérateur du réseau contrôle les connexions et les déconnexions de la production.
161
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour l'indisponibilité :
o La fonction de secours de la GED diminue l'indisponibilité des sections. Lorsque la
GED est connectée à la section n°1, la variation de l'indisponibilité n'est pas très
importante car la GED ne peut servir de secours que lorsqu'il y a une panne du poste
source, ce qui est peu par rapport à l'indisponibilité apportée par les défaillances de
l'installation.
o L'impact de la GED est localisé sur la zone délimitée par les organes munis de
en
détecteurs de défaut où est connectée la GED et principalement sur la section à
CN
c laquelle elle est connectée.
S o Le gain apporté par la fonction de secours de la GED est comparable à celui apporté
co par un secours classique : l'utilisation de la GED en secours donne abaisse l'indice
en ASUI jusqu'à 2,20 min/an/client (connexion à la section n°15) comparé à 2,28
min/an/client pour le départ avec ses 3 secours.
162
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
1 Cog
1 Cl
30 k W
2 PAC 4 PAC
7 Cl 13 Cl
PAC : P A C d e 10 k W
Cl : Clients 6 k W
Cog O : Cogénération d e 2 0 0 k W
7 PAC
16
I3 0
2 6 Cl
1 Cl i
Client 3 0 k W
30 kW
1 Cl 5 PAC
30 kW 2 2 Cl 9 PAC
: c â b l e 240 m m 5 Cl 1 Cl
30 kW
100 m
: câble 38 m m 34 Cl
CD
OO 200 m
2 4 7 12
CN -o -o -O
CD 7 PAC
2 6 Cl
4 PAC
117 Cl
2 PAC
10 Cl
3 PAC
10 Cl
CD /
1
C0 13 0 0
1 Cog
en
C>D
Figure 85 : le réseau de distribution BT modélisé
r^
oco
en
co Le réseau se compose donc de :
oo
1 o 25 lignes BT aériennes (leurs impédances directes Rd, X , C , homopolaires R et X
CD d d o o
163
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o Lors d'un court-circuit sur une ligne, les disjoncteurs à chaque extrémité de la ligne
déclenchent. Pour un court-circuit fugitif, le disjoncteur est réenclenché au bout de 6
minutes.
o La défaillance d'un disjoncteur entraîne le déclenchement des disjoncteurs
environnants de manière à isoler les équipements défaillants du reste du réseau.
o La défaillance d'une machine entraîne sa déconnexion du réseau.
164
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o Lors d'une surcharge d'une ligne, une protection de surcharge est prévue pour
déclencher les disjoncteurs de la ligne en 20 minutes. D'autre part, l'opérateur peut, si
c'est possible, éliminer la surcharge en agissant sur les consignes des cogénérations et
en déconnectant ou en reconnectant des PAC ou des clients : le délestage de clients
est, bien sûr, en dernier recours.
o Lors d'un déficit de puissance, des relais fréquentiels de délestage rapide permettent
de rétablir l'équilibre des puissances.
o L'écroulement de tension n'est pas envisagé car les limites imposées par les
puissances maximales transmissibles des lignes sont beaucoup plus hautes que les
puissances mises enjeu dans le réseau et que les limites thermiques (car les lignes sont
courtes et que l'on se trouve en basse tension).
CD
OO o Lorsqu'une cogénération perd la stabilité, sa protection machine déclenche. Son temps
CN
CD de reconnexion est de 30 minutes (incluant le temps de démarrage et le temps de
CD synchronisation).
C0 o La protection de découplage des cogénérations déclenche instantanément pour une
uen tension inférieure à 15 % de Un.
C>D
r^
oco On affecte des priorités de 1 à 5 aux clients (celle-ci sont données dans l'annexe 13) : le
en
co délestage de charge s'effectue en fonction de ces priorités (la priorité 5 étant la plus faible).
oo
1
CD IV 3 2 Modélisation
Etant donné les phénomènes de dégradation envisagés (déficit de puissance et surcharges
d'équipements), le nombre important de paramètres (courbe de charge) et la présence
d'éléments à forte indisponibilité (PAC et cogénérations), nous avons choisit de programmer
une méthode de simulation Monte Carlo chronologique sous Matlab.
IV.3.2.1 Modélisation des pannes de composants
Les pannes considérées sont les courts-circuits permanents et les courts-circuits fugitifs. Pour
le calcul des tensions lors d'un court-circuit, il faut déterminer la nature du court-circuit et
l'endroit : on sait que 80 % des courts-circuits sont monophasés et pour les autres, on suppose
qu'ils sont triphasés (cas le plus défavorable).
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
uniformément cette puissance sur l'ensemble des cogénérations (car celles-ci sont identiques).
Un premier calcul de répartition de charge (détaillé dans l'annexe 7 et développée dans le
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
cadre du projet sys2 du GIE [CAI 04]) permet d'évaluer les pertes et de les répartir sur
l'ensemble des machines (on modélise une des cogénérations par le nœud bilan du réseau, les
autres par des nœuds P,V, les PAC et les charges par des nœuds P,Q). Lorsque les contraintes
sur les puissances minima et maxima des cogénérations sont atteintes, des PAC (et des
charges du réseau suivant leur priorité) sont connectées ou déconnectées suivant le cas.
IV.3.2.2.2 Panne d'un composant
Lors de la perte d'un composant, il n'y a pas d'étapes et localisation de défaut car le système
de protection fait que les défaillances sont, par l'action même des disjoncteurs, localisées et
isolées. La réparation prend place juste après la réaction du système protection. Le temps de
réparation est modélisé par une loi de Weibull avec un paramètre de forme de 6 (la
justification et quelques détails sont développés dans l'annexe 12).
IV.3.2.2.3 L'écroulement de fréquence
cD Lors d'un écroulement de fréquence, les relais fréquentiels déclenchent pour délester les
CD
charges (par ordre de priorité). N'ayant pas de moyen de calculer la fréquence du réseau pour
connaître quel relais déclenche, on modélise ces déclenchements par un délestage aléatoire
c
ôtn sur l'ensemble des clients (de même priorité) du réseau. La quantité de charges délestée
correspond à la différence entre la puissance totale consommée et la puissance totale produite.
r^
oco Ce délestage est considéré dans la simulation comme instantané.
IV.3.2.2.4 L'écroulement de tension
oo
CD Bien que nous ayons conclu sur le caractère improbable d'un écroulement de tension sur ce
réseau, certains rares cas peuvent présenter ce type d'écroulement. Dans ce cas, on approxime
le délestage de charge, de la même manière que pour l'écroulement de fréquence, en
déconnectant aléatoirement 5 % de la charge du réseau. Le temps moyen d'action de
l'opérateur est de 2 minutes.
IV.3.2.2.5 Les surcharges
Pour connaître les courants dans les lignes du réseau, on utilise le calcul de répartition de
charge. A l'issue de ce calcul, on détermine quelles lignes sont surchargées et ainsi quelles
protections de surcharges sont déclenchées (déclenchement de la temporisation de 20
minutes). Lorsque le courant redescend en dessous de la limite thermique, la temporisation de
la protection est annulée.
167
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Le principe utilisé est explicité dans le paragraphe 111.2.4.2.1. Pour déterminer les
changements de consignes des cogénérations, les connexions et déconnexions de PAC et de
clients, on utilise la matrice des facteurs de distribution S du réseau à des changements de
puissance aux différents nœuds. Cette matrice donne les variations des flux de puissance dans
les lignes en fonction des variations des puissances injectées aux différents nœuds du réseau :
AP
P lignes
= S • [APoeuds ] .
n
A Q lignes
Disposant de cette matrice, une optimisation est effectuée avec la fonction de Matlab fmincon
en ayant comme contraintes les vecteurs AP n et AP x de variations de puissance
n o e u d s mi noeuds ma
assignables aux nœuds du réseau (en considérant les contraintes de production des
cogénérations entre 30 % Pn et 100 % Pn et les quantités de puissances connectables ou
CD délestables offertes par les PAC et les clients). Pour des questions de rapidité de calcul, on ne
OO
CCN spécifie pas de fonction objectif, ce nous intéresse est seulement l'existence d'une solution
D permettant d'éviter la surcharge des lignes. Le temps moyen d'action de l'opérateur est de 2
en minutes.
IV.3.2.2.6 Les déconnexions des cogénérations lors d'un court-circuit
0
c
en
Du fait de leur limitation de courant au niveau de l'interface d'électronique de puissance, les
>
rC piles à combustible ne délivrent aucun courant de court-circuit : on ne les prend donc pas en
co compte. Le principe du calcul est de déterminer les chutes de tension dues aux courants de
oo court-circuit et de déduire les tensions en sommant les tensions d'avant court-circuit et les
1
chutes de tension.
Pour le calcul des tensions lors d'un court-circuit, on effectue plusieurs approximations :
o Les courants dus aux charges sont négligés par rapport aux courants des
cogénérations.
o Les tensions avant le court-circuit aux différents nœuds sont supposées égales à Un.
o Les cogénérations sont modélisées par leur réactance transitoire.
Les détails des calculs sont présentés dans l'annexe 9. Une fois les tensions obtenues, les
cogénérations, dont la tension au noeud de connexion est inférieure à 15 % de Un, sont
déconnectés pour 30 minutes.
168
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
L'algorithme utilisé est présenté ci-dessous sur la Figure 87. Il est défini de manière analogue
à l'algorithme de la Figure 55 : les paramètres du système sont modélisés par les matrices
« Composants réseau J et les événements décrits par la matrice « Evénements ». Notons que
la topologie du réseau est variable au cours de la simulation : les paramètres du réseau
(matrice « Composants réseau », matrice des facteurs de distribution, R) sont ainsi mis à jour
à chaque événement.
CD
OO
CN
CD
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Ici, lorsqu'un paramètre change, le système doit être analysé afin de déterminer son état. La
charge du réseau variant toutes les heures, il faudrait donc analyser le système chaque heure.
Sachant que l'on simule 2000 échantillons d'un an et que le temps nécessaire pour un calcul
de répartition de charge nécessite environ 150 ms, le temps de simulation serait supérieur à
730 heures. Pour ramener ce temps de simulation dans des proportions acceptables, à chaque
changement d'état d'un composant du réseau, on contrôle l'état du réseau pour un état à faible
charge et un état à forte charge : si aucun de ces deux tests ne présentent de problème
surcharge ou d'écroulement de tension, on considère que le système n'aura pas de problème
jusqu'au prochain événement.
169
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Taux de défaillance (par an) Taux de défaillance à la sollicitation Temps de réparation (en heure)
Cogénération 1.752 - 50
PAC 1.752 - 50
CD
lieu des câbles de 38 mm2 (supportant 100 A). Les spécifications du modèle sont les
CD
mêmes que le cas n°1 sauf que les câbles utilisés sont tous en 240 mm2.
C0
en Le nombre d'échantillons simulés est de 2000 obtenant ainsi une précision de 12 % pour
C>D
l'indisponibilité et de 7 % pour la fréquence d'interruption (pour un niveau de confiance de
r^
oco 90 %). Le temps de simulation est d'environ 24 heures. Les résultats pour les trois cas simulés
en
co sont présentés sur les Figure 88 et Figure 89 (les nœuds de connexion des clients sont donnés
oo
1 dans l'annexe 13).
CD
Cas n°l
La Figure 88 nous montre que les clients de priorité 5 subissent de longues interruptions. Ce
sont les délestages dus aux surcharges. Les clients de priorité 1 à 4 ont l'indisponibilité
acceptable.
Cas n°2
Les mesures pour éviter les surcharges passent par le changement des puissances aux
différents noeuds. Pour réduire la charge d'un noeud, une solution est de connecter des PAC à
ce dernier. Dans le mode 2, la puissance des PAC suit la courbe de charge : ainsi, dans
certaines situations où une réduction de la puissance en un point est exigée et où la puissance
des PAC n'est pas très importante (à cet instant), des charges seront délestées. C'est pourquoi,
170
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
on voit l'indisponibilité des clients de priorité 5 augmenter fortement : de 17.70 h/an en mode
1 (où les PAC produisent leur puissance nominale) à 48.46 h/an pour le mode 2.
Cas nH
Les résultats prouvent que les surcharges sont énormément réduites : les clients de priorité 5
ont 1.81 h/an d'indisponibilité. Mais la fréquence d'interruption est augmentée pour
l'ensemble des clients. Cela s'explique par le fait que l'impédance des câbles est inférieure à
celles des câbles de 38 mm . Ainsi lorsqu'un court-circuit se produit, les tensions sont plus
2
Figure 88 : fréquences d'interruptions et indisponibilités des clients selon leur ordre de priorité
Fréquence d'interruption Fréquence d'interruption Fréquence d'irterruption
I
1.4
ll
1.2
i g 1
mu mini nulUM
rJ § 0.8
&
• 1 ' I V mu1 « I l i m
E 0.6
ft
•iimir" i - r n 0.4
0.2
0
21 41 61 81 101 121 141 161 181 201 1 21 41 61 81 101 121 141 161 181 201 1 21 41 61 81 101 121 141 161 181 201
Clients Clients Clients
i i.
-
Pi i i yi l —IL1 1 3nr
• iiib •••m iipn mil
21 41 61 81 101 121 141 161 181 201 1 21 41 61 81 101 121 141 161 181 201 1 21 41 61 81 101 121 141 161 181 201
Clients Cuients Clients
171
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
IV.4 Synthèse
Nous avons modélisé, dans un premier temps, la sûreté de fonctionnement d'un départ HTA,
ceci par deux applications différentes :
o La simulation Monte Carlo par réseaux de Petri sous MOCA-RP qui a nécessité
l'approximation des manœuvres de localisation de défaut. Nous avons établi des
modèles des composants de départ HTA, cependant la modélisation d'un départ sous
MOCA-RP est longue et complexe du fait des messages booléens (pour chaque
composant) et du réseau de Petri « Gestionnaire J (particulièrement les opérations de
localisation de défaut) à modifier lors de la modélisation d'un nouveau départ.
o La simulation Monte Carlo sous Matlab. L'application programmée permet de
modéliser la sûreté d'un départ HTA en tenant compte des manœuvres exactes de
CD localisation de défaut en spécifiant uniquement les caractéristiques du départ (type de
OO composants et topologie). Les résultats trouvés montrent que l'hypothèse, utilisée pour
CN
CD approximer les manœuvres de localisation de défaut sous MOCA-RP, est trop
CD optimiste.
C0
uen L'étude de l'impact du raccord d'une GED à un départ HTA a été effectuée à partir du
C>D
modèle sous MOCA-RP. La GED choisie est une cogénération équipée de deux alternateurs
r^
oco de 500 kVA. Les spécifications actuelles de la protection de découplage font que les
en
co
oo problèmes de perturbation du plan de protection et de possibilité de fonctionnement en îlotage
1 sont inexistants. Ainsi les impacts modélisés de la GED sur le départ HTA sont limités aux
CD
défaillances des équipements de raccordements (disjoncteur général et interrupteur) : les
résultats de simulation ont montré un impact faible (la variation maximum des indices d'un
client est de +0.03 int/an et + 2,4 min/an) de la cogénération sur la sûreté de fonctionnement
du départ HTA dû à la fiabilité du disjoncteur général de l'installation. Un autre mode de
fonctionnement prospectif de la GED a été modélisé : lors d'un défaut sur le départ,
l'installation peut être utilisée en tant que secours en fonctionnement ilôté. Les conclusions
sont que l'on constate toujours une faible augmentation de la fréquence d'interruption mais au
niveau de l'indisponibilité, le gain est comparable à celui d'un secours classique.
Dans une perspective à plus long terme en considérant les mutation des réseaux à venir, nous
avons utilisé un réseau de distribution intégrant les GED dans le fonctionnement du réseau :
le système étudié est ainsi un réseau BT isolé fonctionnant avec de petites unités de
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
173
CD
OO
CN
CD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Conclusion générale
CD
OO
CN
CD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Conclusion générale
Nous avons présenté, dans ce rapport, ce qu'est la sûreté de fonctionnement des réseaux
électriques en commençant par les notions de base utilisées en sûreté puis par les méthodes
d'analyse de la sûreté composées d'une part, d'une analyse du fonctionnement et des
dysfonctionnements du système étudié et d'autre part, d'une méthode de quantification des
indices de sûreté.
Ensuite une étude qualitative du système électrique formé par les unités de production, le
réseau de transport et les réseaux de distribution s'est attachée à décrire les modes de
en défaillances (court-circuit, perte d'une unité de production, refus d'ouverture ou de fermeture
oo
CN d'un organe de coupure, instabilité d'une machine, écroulement de fréquence, ...) ainsi que
les mesures prévues (réglages automatiques de l'équilibre des puissances, de la fréquence du
en réseau, de la tension, systèmes de protection, et supervisions par des centres de conduite) pour
oc palier à ces défauts.
C>D
^ En vue d'appliquer les méthodes de sûreté à des cas d'étude, nous avons consacré un chapitre
r-
à la modélisation des événements du système (pannes de composants et comportements du
en
co
oo système) pour ensuite définir l'adéquation des méthodes présentées à modéliser la sûreté d'un
système électrique. Cette étape a mis en évidence une difficulté majeure concernant les
événements liés aux régimes transitoires du système (dynamique des unités de production et
des éléments du réseau) : leur étude nécessite des simulations transitoires trop longues (en
terme de temps de calcul) à mettre en place dans une étude de fiabilité. Certains aspects
peuvent être, cependant, traités en effectuant quelques approximations. Le choix des
méthodes de calculs des indices de sûreté d'un réseau s'effectue en fonction des capacités de
la méthode à modéliser certaines caractéristiques du système (topologie variable, paramètres
variables au cours du temps, ...) et à quantifier les événements recensés lors de l'étude
qualitative (événements liés à des variables continues, algorithmes de calculs de variables du
système, ...). D'autre part, la performance d'un réseau s'évalue en divers emplacements
(points de connexion des clients). Pour ne pas avoir à établir un modèle pour chaque client du
177
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
réseau, il est donc très intéressant de disposer d'un modèle de calcul donnant les indices de
sûreté en tout point du réseau.
Les méthodes les plus adéquates pour la modélisation de systèmes électriques sont les
équivalents analytiques (recherche des séquences d'événements et quantification de la
contribution des séquences aux indices de sûreté des clients par des calculs statistiques
simples) et les simulations de type Monte Carlo chronologique (simulation probabiliste des
événements du système durant sa période de service permettant l'estimation des indices de
sûreté).
Le premier cas d'application est l'étude de l'insertion d'une cogénération sur un départ HTA
« classique J : considérant les spécifications du raccordement de l'installation, le
fonctionnement du plan de protection et des détecteurs de défaut ne sont pas influencés. De
même au niveau HTA, l'introduction d'une production sur un départ n'influe pas sur le
fonctionnement. Ainsi, les seuls impacts recensés se limitent aux défaillances
supplémentaires des équipements de l'installation : les résultats montrent un impact très faible
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Nous avons voulu traiter un cas où des contraintes de fonctionnement du système sont mises
enjeu (comme sur le réseau de transport) afin d'anticiper sur les architectures nouvelles de
réseaux de distribution. Celles-ci n'étant pas encore bien définies, nous avons utilisé un
réseau BT fonctionnant en îloté avec un parc de production constitué de cogénérations et de
piles à combustible : outre les problèmes dynamiques qui ne sont pas abordés, le délestage
fréquentiel afin de maintenir l'équilibre des puissances lors de pertes d'ouvrage, les
surcharges (thermiques) ainsi que les changements de configuration du réseau pour les éviter
CD
OO ont été modélisés. La simulation, du fait de la prise en compte des variations de charge
CN
CD (courbe de charge), est beaucoup plus lente que les précédentes mais donne des résultats
CD satisfaisants.
C0
uen
Les perspectives concernant les méthodes de calcul de sûreté sont :
C>D o Pour certains systèmes ne présentant pas de variations de paramètres au cours du
r^
oco temps (comme une courbe de charge, un moyen de stockage, la puissance variable
en
co d'une éolienne,.), la mise en œuvre d'autres méthodes, comme les équivalents
oo
1 analytiques ou les simulations Monte Carlo non chronologiques, peut être intéressante
CD
pour réduire le temps calcul (assez important pour des simulations de Monte Carlo
chronologiques).
o La prise en compte des événements liés à la dynamique des unités de production :
l'objectif est d'analyser ces problèmes avec des calculs rapides (simulation des
régimes transitoires en employant des modèles d'ordre réduits).
o Définir une architecture logicielle permettant, outre la définition de composants qui ne
pose pas de problème, la définition des comportements du système sans avoir à
reprogrammer systématiquement une nouvelle application. En effet, un problème
récurrent des applications de sûreté de fonctionnement est que, soit l'application n'est
pas dédiée à un type de système et la description du système (composants et
comportements du système) est compliquée (comme sur MOCA-RP ou d'autres
applications utilisant des arbres de défaillance par exemple), soit le logiciel est dédié
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour ce qui est de l'étude de la sûreté des réseaux de distribution, on peut définir deux axes
o
™c d'étude :
o Il serait intéressant d'étudier, pour une insertion massive de générations au niveau des
en
1 réseaux HTA ou BT, l'impact sur la sûreté du réseau de transport (car jusqu'à
co maintenant l'insertion de GED était considérée comme négligeable vu du réseau
o HTA). Pour cela, il faut tout d'abord, disposer d'études concernant les interactions
entre les réseaux de distribution et le réseau HTB dans le cas d'insertion massive de
o
££ GED et ensuite établir un modèle de sûreté pour le réseau de transport, étape
co
oo complexe car son fonctionnement fait intervenir divers comportements (réglages de la
CD
fréquence, de la tension et rôles des divers centres de dispatching) difficiles à
modéliser exactement.
o De nouveaux concepts liés aux réseaux de distribution utilisant des générations
dispersées sont en cours de développement (comme celui de la centrale virtuelle et des
consommateurs virtuels) et devraient définir plusieurs cas d'étude pertinents incluant
de nouveaux modes de fonctionnement différents de ceux employées actuellement.
180
Annexes
CD
OO
CN
CD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 1
Application des méthodes de sûreté à un exemple simple
L'exemple choisi est l'alimentation d'une charge par deux sources qui sont le réseau BT et un
groupe électrogène de secours. L'architecture ainsi que les données de sûreté des composants
sont représentées sur la figure ci-dessous.
Y G = 0,1
I G = 0,02 /h
CD
OO / Disjoncteur
CCN
D 1.10- 5 /h
en |I L 2 = 0,25 /h
c0
en
C>D
r^
oco
en
co
Charge
oo
1 Architecture du système
CD
183
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour des questions de simplicité de l'analyse de sûreté, on ne considère pas certains modes de
défaillance comme l'ouverture intempestive du disjoncteur ou dujeu de barres inverseur.
en
oo
CN
cD
CD
C0
en
C>D
r^
oco
cd
co
oo
1
CD
184
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
GRAPHES DE MARKOV
en
oo
CN
cD
CD
C0
en
C>D 112—1/(1/M-R - )1 / 1 2
Graphe du système
r^
oco
en
co
oo Quelques remarques :
1 o Les états 1, 4 et 11 représentent les états de fonctionnement.
CD
dt 116 Px(t)
dP1 (t' + dt ) 161
6
16 16 P16(t)
dt
185
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
(pr - 0 . 2 )
X R 0 0 "(PO "PR ) R - ( pR - 0.2)
-X R 1.s 0 0 0
0 " YO •s PR - XR 0
0 0 -pR (pO - p R )+XR 0
-(1 - Y O p + 0.2
R 0
- 0.2 1 .s
- Y, • s p, 0 - Y, • s 0 Yj . s
- ( 1 - Y, )• s 0 1.s 0 0
0 0 - Y, •s D 1 .s 0
0 0 0 - ( 1 - Y , )• s p - 0.2
R
0 0 - (1 - Y , )• s D 0 0 X + X + p - 0.2
O L2 R 0
- ( P R - 0.2) 1.s
(pr - 0.2) 0
2
(pR - 0.2) 1 s
- ( 1 - Y Y.s PO - L 2 - p ,
cD 16
CD
Pour pouvoir résoudre ce système, il faut ajouter une équation qui est ^ P = 1. On remplace i
=1
c0 ainsi la dernière ligne de S par une ligne de ' 1'. Cela donne finalement :
en 0"
C>D P
r^ = S•
oco P16
cd
co
oo
1 Avec :
CD
(pr - 0 . 2 )
XR 0 0 - ( pO - p R ) - p R - ( p r - 0.2)
-
-X R 1.s 0 0 0
0 - Yo • s pR - X R 0
0 0 - p R (p O p - R + ) X R 0
0 - ( 1 - Yo )• s 0 0 p R + 0.2
0 0 0 0 - 0.2 0
0 0 0 0 0 -Y, • s P, -Yj •s
0 0 0 0 0 - (1 - Y, )• s 0 11.s
S = 0 0 0 0 0 - Y ,D •s 1 .s 0
0 0 0 0 0 0 -(1 -Y,)- s P R - 0.2
-(1 - Y d ^ s 0 0 X + X + p - 0.2R 0
0 0 0 0 0
O L 2
- ( p - 0.2)
R 1.s
0 0 0 0 0 0.2)
X +X
O L 2 0 (PR - 0
0 0 0 0 0
( PR - 0.2)
0 0 0 0 0
1 S
0 0 0 0 0 (pr - 0.2)
-(1-YY.S P O -I
0 0 0 1 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1
186
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
O ç O
en
oo
CN
cD
—3
CD
Modélisation des composants du système et du « gestionnaire »
C0
en
C>D On a choisi la modélisation par réseaux de Petri pour l'application de la méthode Monte
r^ Carlo. La simulation est effectuée pour 1 million d'échantillons d'une année. Les indices du
oco système sont donnés :
en
co
oo o Pour l'indisponibilité, par le temps moyen d'occupation de la place 32 (non
1
CD fonctionnement de la charge).
o Pour la fréquence d'interruption, par le nombre de franchissements moyen de la
transition de la place 31 à la place 32.
système qui devrait être un peu supérieure à À • 5 min = 5.44 min/an (cas où les composants
R
187
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
(environ 30 min/an), on considère que le système se trouve alimenté la plupart du temps par le
réseau (c'est l'hypothèse ÀR/MR « 1).
Recensement des séquences :
SEQ 1 Panne du
réseau
Démarrage du
générateur
Basculement
de l'inverseur
Enclenchement
du disjoncteur
Ras de panne
du groupe
Retour du
réseau
Déclenchement
du disjoncteur
Arrêt du
groupe
Basculement
de l'inverseur
SEQ 4 Panne du
réseau
e du
générateur
Basculement
d e l'inverseur
Enclenchement
du disjoncteur
Panne du
groupe ou L2
Déclenchement
du disjoncteur
Arrêt du
groupe
Panne de
l'inverseur
Retour du
réseau de l'inverseur
SEQ 5 Panne du
réseau
e du
générateur
Basculement
d e l'inverseur
Panne du
disjoncteur
Arrêt du
groupe
Basculement
de l'inverseur
Retour du
réseau
SEQ 6 Panne du
réseau
e du
générateur
Basculement
d e l'inverseur
Panne du
disjoncteur
Arrêt du
groupe
Panne d e
l'inverseur
Retour du
réseau de l'inverseur
SEQ 7 Panne du
réseau
e du
générateur
Panne de
l'inverseur
Arrêt du
groupe
Retour du
réseau de l'inverseur
SEQ 8 Panne du
réseau
Panne du
générateur
Retour du
réseau
Cft
oo Quantification des séquences en terme de fréquence (fi) et de durée de coupure (Ti) :
CN (1-Y,)
e-Àg+L2-1/^R | Retour du |
( 1 - Y d,)
Arrêt d u
(1-Y,)
cD
ÀR ( H g) ( H D,) groupe
- 5 minutes 1 - 1
- 1 - 1
CD ÀR ( - Y g)
1
(1-Y,) ( 1 - Y d,)
e-Àg+L2-1/^R | Retour du |
(1-YDj)
Arrêt d u
groupe Y ,
| Retour du | | Réparation d e |
C0
- 5 minutes 1 - 1 -
1 - 1 1 - 11 "M, I
C>D
ÀR ( W g) groupe (1-Y,)
- À /
- e
- 5 minutes 0.5/Mr 1 - 1 1 - 1
r^
oco ÀR ( - Y g)
1 (1-Y,) ( 1 - Y d,) (1 - e
- À 3+L2.1 MR) /
( 1 - Y d,)
Arrêt d u
groupe Y ,
| Retour du | Réparation de
c^
co
- 5 minutes 0.5/Mr 1 - 1 - 1 - 11 I M, / 1
oo
1
ÀR (1-Yg ) ( 1 - Y ,) Dj I groupe |
CD 5 minutes I - I I - I
mm
1
Y Y
- 5 minutes - 1 - 1 - 1 - 11 " M,
/ |
- 5 minutes - i - i L M,
1 - 1
/
ÀR Y
SEQ 8
I 1/HFL I
Il faut ensuite déterminer pour chaque séquence, le nombre de coupures occasionnées : notons
que le basculement d'une source à l'autre (manœuvre dujeu de barres inverseur) entraîne une
indisponibilité négligeable donc non comptabilisée dans le temps de coupure mais provoque
une coupure à comptabiliser dans le calcul de la fréquence d'interruption. Ainsi les séquences
n°1 à n°4 comportent 2 coupures et celles numérotées de 5 à 8 comportent 1 coupure.
188
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
en
oo
CN
cD
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
189
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 2
Puissance maximale transmissible d'une ligne
Les phénomènes d'écroulement de tension sur les réseaux de transport [BAR 80] sont
caractérisés par une baisse de tension progressive sur une ou des régions consommatrices.
Cette baisse va en s'accélérant au bout de quelques minutes. Cette dégradation de la tension
est telle qu'elle entraîne des interruptions de service dont les causes peuvent être le manque
de tension ou la surcharge de certains équipements provoquant leur déclenchement. D'autre
part, dans une situation de tension basse, l'augmentation des pertes réactives mène à la limite
en courant de certains alternateurs aggravant ainsi la baisse de tension. Les déclenchements
CD
OO en cascade des alternateurs provoquent ainsi un écroulement total du réseau. Ces phénomènes
CN
CD d'écroulement de tension sont liés au fonctionnement à la limite de la puissance maximale
CD
transmissible de certains éléments du réseau.
c0 Prenons le cas d'une ligne d'impédance Z (P étant le facteur de puissance) alimentant une
en L
C>D charge d'impédance Z (9 étant le facteur de puissance). Le schéma est représenté ci-dessous.
r^
oco
CD
co ZL, P
oo
1
CD Z ,9
V,
I= V 1 I
-J(Z cos
L • P + Z cos
• 9 ) 2 + (Z sin
L • P + Z sin
• 9 )
' j 1 + ( i f + 2 - f - » ( p - 9 >
7 •IJ-rV"
V = Z•I=
2
V 1
L , 1 + [ — I + 2 • — • cos(
(P-9) | + + 2 •7 L • cos(p-9)
7 7
où I™ = -=-
7
190
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
V Z L J Z T
3 - Z - I - cos 9
P
c c
Z
1 +' Z + 2- — -cos(p-9)
V
V L
Z J Z T
U 2 cos 9
P
ZL 2- [1 + cos(p - 9)]
U 2
U
2
CD
oo
Pour différentes valeurs de 9 Pour différentes valeurs de U
CN
cD U
—i
CD
C0
en
C>D
r^
oco
CD
co P P
oo 2 2
o On voit que la puissance d'une ligne est limitée à P et qu'au-delà la zone est 2 m a x
instable (lorsque la tension est basse et la limite est dépassée, les régleurs en charge
vont augmenter la tension de la charge provoquant un plus fort appel de courant
menant à des tensions encore plus basses.
o La puissance maximale transmissible peut augmenter en agissant sur certains
paramètres comme la tension U@ ou le déphasage 9 (l'injection d'une puissance
réactive au bout de ligne permettant de réduire la quantité de puissance réactive à
fournir par la ligne à la charge, ce qui résulte, vue de la ligne, en une réduction de tan
9).
191
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 3
Stabilité d'une machine tournante
Cette annexe présente les éléments de base concernant la stabilité des alternateurs [MAR 02].
En fonction de l'amplitude de cette perturbation, nous allons avoir deux régimes de
perturbation. On définit donc deux types de stabilité :
o La stabilité « static]ne » (ou stabilité en petits mouvements) qui correspond à l'étude
des oscillations autour d'un point d'équilibre stable suite à une petite perturbation.
o La stabilité « transitoire » (ou stabilité en grands mouvements) qui correspond à
l'étude de fortes oscillations qui ont tendance à éloigner la machine de son point
§ d'équilibre stable.
o
CN
cD
Les petites perturbations correspondent par exemple à de faibles pertes de consommation et
^ les grosses perturbations à des courts-circuits proches de l'alternateur.
c
Stabilité statique
On considère le système suivant :
oco
(j) Alternateur
synchrone
2 Ligne ~ '
O s-—^ Réseau de
"è ( > ) r Q ) — i ~i pu i s s a n c e
— infinie
Transformateur
Les points d'équilibre de l'alternateur sont caractérisés par l'égalité entre Cm et Ce. Ainsi, en
considérant l'équation des masses tournantes appliquée au rotor de l'alternateur :
J—
dt
= C mécanique - C électrique
Les points d'équilibre sont donc caractérisés par :
C mécanique C électrique
o> = w 0
192
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Le réseau mono-machine peut être représenté, si on ne tient pas compte des termes dissipatifs
et des capacités, selon :
Xd Xt Xl
->-rm ppn—non -
E = f(Ifl ( O )
en
co
oo y S f j • Xd. I
1 E /Vs
CD
/ j . Xt .I
x. A <<jse Vr / j .Xl .I
W,
Q
I
O ç /
!
Avec :
Se angle entre la tension statorique et la tension du réseau infini.
9 déphasage entre la tension du réseau et le courant.
Les puissances fournies par la machine au réseau sont données par : \P = 3..Vr.I .cos ç
Q = 3. Vr . I . sin ç
193
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
On prend le cas où la tension sortie de l'alternateur (Vs) est constante grâce à une régulation.
CD
OO On a dès lors, d'après l'expression de la puissance électrique fournie par l'alternateur :
CN
CD Puissance
Fonctionnement en
alternateur
CD (3. Vs.Vr)
/(Xt+Xl)
C0
\ Pm
en
C>D
r^
oco
CD
co
oo
1
CD
Fonctionnement en
moteur
Les points d'équilibre sont les points d'intersection entre Pm = f(Se) et Pe = f(Se). On a donc
deux points d'intersection :
o A est le point d'équilibre stable,
o B est le point d'équilibre instable.
194
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
En B, une accélération entraîne une augmentation de S et on a dès lors Pe < Pm. Ceci entraîne
alors une sur-accélération et donc une perte de stabilité. La limite de stabilité est fournie par
Se=90°. Or, comme Se < S, on voit donc que le fait de maintenir la tension en sortie de
l'alternateur permet d'augmenter la limite de stabilité puisque S > 90° lorsque Se = 90°.
Stabilité transitoire
Dans l'étude de la stabilité transitoire, nous considérerons le même réseau mono-machine que
en celui retenu pour l'étude de la stabilité statique.
L'étude de la stabilité transitoire correspond à l'étude du comportement de l'alternateur
§ lorsqu'il est soumis à de fortes perturbations, c'est-à-dire à des variations rapides (à l'échelle
de la seconde) et de grande amplitude (de 50 à 100 %) de la puissance électrique fournie par
o le groupe au réseau infini. Le cas le plus caractéristique est celui d'un court-circui se
£ produisant au voisinage électrique du groupe.
CD
>v Lors de l'apparition d'une perturbation importante dans le voisinage électrique de
CD l'alternateur, la puissance électrique fournie par la machine (Pe) se trouve brutalement
modifiée (et même diminuée) sans que ce changement ne soit immédiatement suivi d'une
o
CD
modification de la puissance mécanique (Pm) fournie par la turbine du fait de l'inertie de
l'ensemble tournant. Il s'ensuit une accélération de la machine due à (Cm-Ce) > 0 ce qui
entraîne une variation du décalage angulaire entre la fem de l'alternateur et la tension du
réseau. Si au cours de ces mouvements, l'alternateur « glisse J d'au moins un tour électrique,
il y a perte de stabilité transitoire.
195
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
P
/
/
^ r / j.X'd.I
V/ V s J M
/
E
en j.Xt. I
o
o
CN
c a / j .Xl .I
D Vr
en• W. /
!
I /
c0
en
C>D Et donc :
r^
oco BPe = 3.-, E.Vr sin a
en
co X'd + Xt + Xl
oo
1
Les points d'équilibre sont fournis par l'intersection des courbes :
CD
Pm = f(a)
Pe = f(a)
De la même façon que dans l'étude de la stabilité statique, on a deux points d'équilibre, l'un
stable (A) et l'autre instable (B) .
P
Pe
Etude de la stabilité
196
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Afin d'étudier les problèmes de stabilité transitoire, nous considérerons deux cas :
o Cas d'une augmentation brutale de puissance mécanique,
o Cas d'un court-circuit triphasé en sortie de l'alternateur.
Pm2
Pm1
en
oo
CN
cD
On considère un point M quelconque. L'énergie cinétique en A et en M est donnée par
CD
C0 Ec( A) = 2.K.o ( A)
2
en
C>D Ec(M ) = 2.J(2(M )
r^
oco Avec : ((A) = ( o
CD
o(M ) = o( A) + Ao(t ) = œo + da—
co
oo
1 dt
CD
Ec( A) = . J . oo
1 2
D'où : 2
Ec(M ) = 2 . J . (2(M ) = 2 J . (oo + —)2
2 2 dt
2 dt 2 2 dt dt
diff
diff v v
L'énergie cinétique différentielle s'annule pour da/dt = 0 . M s'arrête donc lorsque da/dt
s'annule .
Considérons maintenant l'équation des masses tournantes :
197
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
J. = Cm - Ce
dt
En M quelconque
c(M ) = c( A) + Ac(t ) = coo +da—
dt
D'où: J . — = Cm - Ce = — (Pm - Pe)
dt 2 co
C0
en
C>D
On a donc : da^ 2 M 2 Mf (Pm - Pe) .da
r^
oco dt , A J - C o A
en
co
oo
1 da et :
CD Lorsque l'énergie cinétique différentielle s'annule, (—)=0
dt
j (Pm - Pe) . da = 0
L'équation précédente se traduit donc graphiquement par le schéma suivant
iP
1 s M
A * s \ B
\ Pe
^ • a
C'est la «loi des aires » : le point M s'arrête lorsque la surface de freinage est égale à la
surface d'accélération .
L'étude serait similaire si la perturbation était non plus une brusque augmentation de
puissance mécanique mais une brusque diminution de puissance électrique due à un court-
circuit par exemple . On a de même une accélération de la machine et on cherche le point
limite après lequel la machine ne retrouve plus le synchronisme .
On peut dès lors utiliser, dans l'étude de la stabilité, la loi des aires
Pm
en
oo
CN • a
cD
CD
La machine est stable si l'énergie cinétique différentielle entre A et M s'annule avant que le
C0 point M n'atteigne B . Ce point correspond à la position d'équilibre instable . Ceci nous fournit
en donc la limite maximale de stabilité .
C>D
r^
oco En effet, si le groupe atteint le point B, le couple mécanique redevient supérieur au couple
CD
co
oo électrique résistant et on a de nouveau accélération . La vitesse croît de nouveau et l'angle
1 rotorique continue de croîîre, le point de fonctionnement du groupe s'éloignant de plus en
CD
On voit donc qu'un alternateur peut donc perdre la stabilité lors d'une perturbation sur le
réseau . Pour un réseau électrique multi machines, il prend en compte la dynamique des
régulateurs ainsi que les interactions entre les différents générateurs . La stabilité statique
s'étudie par une représentation d'état (en étudiant les pôles du systèmes) . Pour la stabilité
transitoire, différents tests sur des logiciels de simulations transitoires des réseaux s'imposent .
199
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 4
Norme européenne EN 50160 de la qualité de tension en BT
Cette norme spécifie la qualité de la tension délivrée sur les réseaux de distribution BT
français . On présente un extrait de cette norme ci-dessous :
200
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 5
Arrêté relatif au raccordement de GED en distribution
On présente ci-dessous un extrait de l'arrêté du 17 Mars 2003 (http://www . legifrance . gouv . fr)
relatif aux prescriptions techniques de conception et de fonctionnement pour le raccordement
à un réseau public français de distribution d'une installation de production d'énergie
électrique .
Article 1
Chapitre 1er
Le présent arrêté fixe les dispositions constructives et
organisationnelles que doivent respecter les installations de Prescriptions générales
en
oo
production d'énergie électrique, qui livrent en permanence ou
temporairement tout ou partie de leur production au réseau, en vue
de leur raccordement à un réseau public de distribution, en
CN domaine de tension BT ou HTA, afin de respecter les objectifs
C>D Article 3
producteur puisse ajuster, à la demande du gestionnaire du réseau
de distribution, dans la limite des possibilités de fourniture et
d'absorption de puissance réactive, le réglage de tension de son
installation.
r^
oco
Les prescriptions du chapitre 1er s'appliquent aux réseaux de
distribution reliés ou non à un grand réseau interconnecté. Pour le
raccordement aux réseaux publics de distribution non reliés à un Les installations de puissance installée supérieure à 10 M W ,
en
co
grand réseau interconnecté, des prescriptions techniques doivent être équipées d'une régulation de tension agissant dans
oo particulières sont à mettre en oeuvre. Les règles relatives aux leurs limites de réglage de la production et de l'absorption de
installations raccordées à ces réseaux figurent au chapitre II. puissance réactive.
1 Article 4 Article 7
CD
La tension de raccordement de référence est déterminée en Les installations de production raccordées en basse tension ne
fonction de la puissance de production maximale de l'installation doivent pas absorber d'énergie réactive.
conformément au tableau suivant :
Pour les installations de production raccordées au réseau public
de distribution HTA dont la puissance installée est inférieure ou
D O M A I N E DE T E N S I O N P U I S S A N C E LIMITE de l'installation
égale à 1 MW, chaque génératrice doit pouvoir à ses bornes
fournir une puissance réactive égale à 0,4 de sa puissance
BT m o n o p h a s é 18 kVA
nominale apparente (en MVA).
Le producteur communique au gestionnaire du réseau public les Pour les installations de puissance installée supérieure à 10 MW,
caractéristiques techniques de son installation nécessaires à la chaque génératrice électrique doit pouvoir à ses bornes fournir une
définition du raccordement et notamment son apport en courant de puissance réactive minimale égale à 0,6 de sa puissance nominale
court-circuit. apparente et absorber une puissance réactive égale à 0,2 de sa
puissance nominale apparente.
Le raccordement de l'installation de production ne doit pas
entraîner en situation de défaut de dépassement du courant de Si l'installation de production comporte des génératrices
court-circuit au-delà de la limite pour les matériels HTA ou BT des asynchrones, l'auto-alimentation et la fourniture de puissance
postes et du réseau. La vérification de cette condition est faite en réactive se font à l'aide de batteries de condensateurs. La
appliquant les méthodes données dans les publications de la puissance réactive fournie à la demande du gestionnaire de
Commission électrotechnique internationale (CEI 60-909 et ses réseau par les batteries de condensateur associées aux
différentes parties) avec des temps de court-circuit supérieurs ou génératrices ne pourra pas excéder 0,4 de leur puissance
égaux à 250 ms. nominale apparente. Ces batteries peuvent être installées, après
concertation, chez le producteur ou dans le poste HTB/HTA sur
lequel est raccordée l'installation.
201
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
CN mettre en place un dispositif dans son installation pour permettre R A N G S IMPAIRS kn (%) R A N G S PAIRS kn (%)
C0
mise en place de dispositions techniques par le gestionnaire de
l'installation permettant de ne pas affecter le bon fonctionnement 11 et 13 3.0
de la transmission des signaux tarifaires.
en
C>D
> 13 2.0
Article 9
r^ Les perturbations émises par les installations de production sur le Déséquilibre. - Toutes dispositions seront prises pour que la
oco réseau doivent rester dans les limites ci-dessous : contribution au taux de déséquilibre en tension au point de
livraison des installations dont la charge monophasée équivalente
en
co
est supérieure à 500 kVA soit inférieure ou égale à 1 %.
Les appareils des installations doivent être conformes aux textes Article 10
réglementaires et normatifs pertinents.
Les machines de production ne doivent être couplées au réseau
Déséquilibre. - A l'exception des installations de production public de distribution que si celui-ci est en service sauf lors des
raccordées en BT monophasé, le niveau de contribution de situations de reconstitution de réseau et pour les installations
l'installation au déséquilibre doit être limité à une valeur permettant visées à l'article 12 ci-dessous.
au gestionnaire de réseau de respecter le taux moyen limite de
composante inverse de tension de 2 % de la composante directe. Le couplage des machines synchrones doit se faire au
synchronisme avec des écarts maximaux de : 10 % en tension ;
Fluctuation de tension. - Le niveau de contribution de l'installation 0,1 Hz en fréquence ; 1 0 ° e n phase.
au papillotement doit être limité à une valeur permettant au
gestionnaire de réseau de respecter la limite admissible de Plt Sur le réseau HTA, les vitesses de prise en charge ainsi que de
inférieur ou égal à 1. Les appareils des installations doivent être cessation de charge volontaire ne doivent pas dépasser 4
conformes aux textes réglementaires et normatifs pertinents. MW/minute. L'à-coup de tension au point de livraison lors du
couplage et lors de la mise sous tension de l'installation,
Les valeurs limites indiquées par le gestionnaire de réseau sont notamment les transformateurs, ne doit pas dépasser 5 % pendant
fixées dans des conditions transparentes et non discriminatoires. plus de 0,5 secondes.
Article 11
Raccordement en HTA
Les installations de production doivent être mises à la terre dans
les conditions suivantes :
Les limites définies de perturbations produites par le producteur
sont établies sur la base d'une puissance de court-circuit minimale 1 ° Pour les installations raccordées sur le réseau BT : de manière
de référence de 40 MVA au point de livraison HTA. Si, en pratique, générale, le neutre du réseau public BT ne doit pas être relié à la
le gestionnaire du réseau public de distribution met à disposition terre dans l'installation de production tant qu'elle est reliée au
202
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
réseau. Si elle doit l'être en fonctionnement en réseau séparé, un l'installation doit, à la demande du gestionnaire de réseau, lui
asservissement doit être installé entre la mise à la terre du neutre communiquer le programme de fonctionnement prévu. Il est en
et le couplage. Toutefois, si le réseau électrique le permet, la principe considéré que la centrale n'est pas marginale si sa
connexion du neutre du réseau BT à la terre dans l'installation de puissance installée apparente nominale dépasse les 25 % de la
production est possible, après accord du gestionnaire du réseau puissance apparente nominale du transformateur HTB/HTA auquel
de distribution ; est relié le départ HTA du producteur. Il peut être nécessaire
d'installer chez le producteur un dispositif relié au gestionnaire de
2° Pour les installations raccordées sur le réseau HTA : aucun réseau par un réseau de télécommunication (réseau téléphonique
régime de neutre HTA ne doit être créé (même par un générateur commuté par exemple...) permettant d'échanger des informations
homopolaire) dans l'installation de production lorsque celle-ci est d'exploitation.
couplée au réseau. Les écrans du câble souterrain desservant
éventuellement l'installation sont reliés entre eux et aux masses du Si la centrale est raccordée sur un départ HTA non dédié et si son
poste. Si l'installation est contiguë au poste HTB/HTA, il est fonctionnement n'est pas marginal pour le réseau, le gestionnaire
nécessaire d'interconnecter les masses de l'installation et celles du de l'installation doit, à la demande du gestionnaire de réseau, lui
poste. Les conducteurs d'interconnexion doivent être communiquer un programme de fonctionnement prévu, et installer
dimensionnés en fonction de la valeur des courants de défauts qui un dispositif relié au gestionnaire de réseau par un réseau de
peuvent les parcourir. télécommunication (réseau téléphonique commuté par exemple...)
permettant d'échanger des informations d'exploitation, notamment
celles permettant de connaître l'état de fonctionnement de la
Article 12
centrale (puissance active et réactive) et éventuellement de
connaître l'état du réseau (valeur de la tension). Il est en principe
Les installations de production doivent pouvoir assurer la fonction considéré que la centrale raccordée sur un départ non dédié n'est
de protection de découplage destinée à les séparer du réseau pas marginale si sa puissance maximale active nominale dépasse
public de distribution en cas de défauts sur celui-ci. Cette les 25 % de la charge maximale du départ.
protection a pour objet :
Chapitre II
CD
OO - d'éviter le maintien de réseaux séparés sans défaut, afin de ne
pas alimenter les autres utilisateurs à une fréquence et une Dispositions particulières pour les installations
CN
CD
tension anormale et d'éviter les faux couplages au moment de la
reconnexion de ces réseaux au réseau public de distribution ; non reliées au réseau interconnecté
uen
C>D
réseau public de distribution. puissance apparente dépasse 1 % de la puissance minimale
tournante du réseau doivent participer à la sûreté du système
La protection de découplage doit permettre de détecter les électrique.
situations suivantes :
r^
oco - réseau séparé sans défaut ;
Les groupes de production, à l'exception des génératrices
asynchrones, doivent dans cette optique avoir les caractéristiques
suivantes :
en
co - défauts HTA à la terre ;
oo
1 - détection des défauts entre phases pour la HTA et entre
conducteurs pour la BT ;
Tenue en régime normal
CD
- risque de faux couplage ; 1. Puissances fournies. - Pour la fréquence nominale de 50 Hz,
lorsque la tension stator ou pour les machines équipées
- défauts sur le réseau HTB amont : lorsque le raccordement de d'électronique la tension en sortie de l'onduleur est comprise entre
l'installation conduit à ce que la somme des puissances actives 95 % et 105 % de la tension nominale, le groupe doit pouvoir
maximales des installations de production raccordées sur un poste fournir une puissance active (Pn) égale à 0,8 fois la puissance
HTB/HTA devienne importante (> 12 M W environ), le gestionnaire apparente normale (Sn) et fournir une puissance réactive (Qn1)
du réseau de distribution doit, avec l'accord du gestionnaire du jusqu'à 0,6 Sn et absorber une puissance réactive (Qn2) jusqu'à
réseau HTB, mettre en oeuvre les mesures éventuellement 0,1 Sn. La puissance apparente normale (Sn) est mesurée aux
rendues nécessaires suite à ce raccordement pour le maintien de bornes du stator de l'alternateur.
la sécurité des personnes et des biens en cas de défaut sur le
réseau HTB. 2. Marche en continu. - Dans la plage de fréquence de 48 à 52 Hz
et dans la plage de tension de 95 % à 105 % de la tension
Les dispositifs de protection propres aux groupes ne doivent pas nominale, le groupe doit pouvoir régler la puissance active fournie
arrêter leur fonctionnement dans des conditions moins sévères et la puissance réactive fournie ou absorbée dans les limites de
que celles prévues par les fonctions de découplage lors des plus ou moins 5 % autour de Pn et de Qn1 et Qn2 précédemment
situations dégradées du réseau public de distribution. définis.
Article 14
203
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
CD
OO
La liste précise des informations à échanger est établie en
concertation entre l'exploitant de l'installation et le gestionnaire de
CN
CD Article 16
réseau.
Article 20
Si dans un objectif de sûreté du système électrique insulaire, le
CD gestionnaire du réseau public de distribution souhaite, par des Le producteur doit fournir les informations nécessaires au centre
dispositions d'exploitation, pouvoir limiter en fonction de la de conduite du réseau dans le cas où le fonctionnement de la
puissance tournante du système l'appel à des installations de centrale n'est pas marginal par rapport à la gestion et à la conduite
uen
mode commun de l'énergie primaire, il fournit au producteur avec Dans les réseaux insulaires ou assimilés, on considère que la
r^
tout autre ouvrage auquel est relié ce départ HTA. Si la centrale
oco Article 17 est raccordée en ligne sur un départ HTA alimentant des charges,
elle est considérée comme non marginale si sa puissance dépasse
CD
co Les protections de découplage, prévues à l'article 11, doivent être
20 % de la charge maximale de ce départ. Ces puissances doivent
correspondre aux périodes de production éventuellement prévues.
oo adaptées, notamment en élargissant les plages de réglage des
1 relais de fréquence.
Les centrales dont la puissance totale nominale apparente (Sn)
dépasse 1 % de la puissance minimale tournante du réseau
CD Article 18 pendant la période de fonctionnement du producteur sont
également à considérer c o m m e non marginales, si la conduite du
réseau le nécessite.
204
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 6
Localisation de défaut et reprise de service en HTA
Détecteurs de „
défaut a l l u m é s \
205
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
>> Déclenchement de DJ
F e r m e t u r e d e lnt 2 3
O u v e r t u r e d e lnt 1
Fermeture de DJ
10
CD
OO
CN
CD
CD
C0
en
C>D Nouvelle zone défaillante
localisée
r^
oco
Zone réalimentée par
le secours S1
en
co
oo Localisation de la zone de défaillance à l'aide d'un « test »
1
CD
Pour réalimenter les zones saines, l'opérateur dispose du disjoncteur de départ (ou d'un DRR)
pour rétablir l'alimentation d'une zone en amont du défaut. Pour les zones saines en aval du
défaut, leur réalimentation peut s'effectuer si un secours est présent dans la zone (pour la
figure ci-dessus, une zone est réalimentée par le secours SI) .
206
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o Ouverture du dernier interrupteur (télécommandé avec détecteur de défaut) « Int_av » dont le détecteur
de défaut est allumé .
o Réenclenchement du disjoncteur de départ « DJ ».
o Puis, le ou les premiers interrupteurs (télécommandés avec détecteur de défaut), dont le détecteur de
défaut est éteint, sont ouvert si un secours se trouve en aval . On appelle ces n interrupteurs « Int_am_l »
... « Int_am_n » . Les secours en question sont ensuite fermés .
La zone de défaillance est délimitée par : les équipements en aval de « Int_av » et en amont des « Int_am_i ».
Etape 2 : Manoeuvres des interrupteurs télécommandés sans détecteur de défaut (dans la zone de défaillance)
La zone de défaillance est délimitée par : les équipements en aval de « Int_av » et en amont des « Int_am_i ».
207
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Etape 3 : Manoeuvres des interrupteurs manuels en artère équipés de détecteurs de défaut (dans la zone de défaillance)
o Ouverture du dernier interrupteur (manuels en artère avec détecteurs de défaut) dont le détecteur de
défaut est allumé . On appelle cet interrupteur « Int_man_av_ddd ».
o Fermeture de «Int_av». L'interrupteur « Int_man_av_ddd » (manœuvré précédemment) devient
« Int_av ».
o Si des « Int_am_i » se trouve en amont de « Int_av », deux possibilités :
o Si « Int_am_i » est ouvert, l'opérateur ferme, d'abord, le secours associé à celui-ci puis
« Int_am_i ». Ce dernier est supprimé de la liste des « Int_am_i » .
o Si « Int_am_i » est fermé, ce dernier est supprimé de la liste des « Int_am_i » .
o Puis, pour le ou les premiers interrupteurs (manuels avec détecteur de défaut), dont le détecteur de défaut
est éteint, sont appelés « Int_man_av_ddd ». On a plusieurs possibilités :
o Si un « Int_am_i » ouvert se trouve en aval de « Int_man_av_ddd », ce dernier est ouvert .
« Int_am_i » est ensuite fermé et « Int_man_av_ddd » devient « Int_am_i ».
o Si un « Int_am_i » fermé se trouve en aval de « Int_man_av_ddd », ce dernier devient
« Int_am_i ».
CD
OO o Si un secours se trouve en aval de « Int_man_av_ddd », ce dernier est ouvert et le secours
CN
CD est fermé . « Int_man_av_ddd » est ajouté à la liste des « Int_am_i ».
o Sinon, « Int_man_av_ddd » est ajouté à la liste des « Int_am_i » .
CD
La zone de défaillance est délimitée par : les équipements en aval de « Int_av » et en amont des « Int_am_i ».
C0
uen
C>D Etape 4 : Manoeuvres des interrupteurs manuels sans détecteur de défaut (dans la zone de défaillance)
r^
oco L'opérateur manœuvre en premier les interrupteurs d'artère et ensuite ceux de dérivation .
en
co L'interrupteur manuel sans détecteur de défaut, dont la puissance des charges non alimentées en aval est
oo la plus faible, est ouvert . Ce dernier est appelé « Int_man_ss_ddd ».
1 L'opérateur ouvre « DJ », ferme « Int_av » et réenclenche « DJ ».
CD
Deux possibiltés :
o Si « DJ » déclenche, deux possibilités pour réalimenter les charges en amont de « Int_av » :
o Si « Int_av » est manuel et qu'un interrupteur télécommandé se trouve en amont de
« Int_av », l'opérateur ouvre l'interrupteur télécommandé (si possible), réenclenche « DJ »,
ouvre « Int_av » et referme l'interrupteur télécommandé ».
o Si « Int_av » est manuel et qu'il n'y a pas d'interrupteur télécommandé en amont, ou que
« Int_av » est télécommandé, l'opérateur ouvre « Int_av » et referme « DJ ».
208
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
209
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 7
Calcul de répartition de charge
Définition
Le calcul de répartition de charge (ou « Load Flow J en anglais) est un processus permettant à
un opérateur réseau de connaître de manière approchée l'état du réseau en régime permanent .
Ce calcul est réalisé à partir des valeurs accessibles :
o La ou les tensions de référence (consignes des générateurs équipés de régulateurs de
tension ou tension au poste source d'un réseau de distribution) .
g o les puissances consommées ou produites à certains nœuds du réseau .
o
Quatre variables (dites d'état) qui définissent chaque nœud doivent être définies . Ces
^ variables sont : la tension V et sa phase 0 au nœud considéré relative à une phase de référence
o plus les puissances active P et réactive Q prélevées de la ligne à ce nœud .
en
De manière générale, pour reconstruire l'état du réseau en tout point (c'est-à-dire P, Q, V et
o 0), il faut connaître deux des quatre variables d'état pour chaque nœud . Ce calcul nécessite,
CD de plus, d'avoir accès à la topologie du réseau . On entend par topologie :
g o les nœuds de départ et d'arrivée pour chaque ligne et les autres éléments séries du
réseau (transformateurs, disjoncteurs),
o le type des lignes ou câbles utilisés (caractéristiques géométriques, matériaux utilisés,
répartition spatiale), la connexion possible du neutre à la terre . Tous ces paramètres
structurels permettent de réaliser un schéma électrique équivalent des conducteurs,
o la position des charges sur le réseau, ainsi que leur type,
o enfin les modèles retenus pour les lignes, câbles, transformateurs, charges .
La solution du calcul de répartition sera donc solution du réseau ainsi modélisé, tenant ainsi
compte des simplifications et autres hypothèses effectuées .
210
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
CD
OO tensions et courants, on trouve :
CCN
D
CD
C0 1 ' .I
en
C>D Schéma de Fresnel du système simplifié
Avec :
r^
oco
en
co
s; = p + &. Q = vS-T
s s
7
oo
1 V = V. - ( R + j x )-1
s
CD
V's
s
Cette dernière équation montre que les tensions sont liées aux puissances de manière non-
linéaires si elles ne sont pas exprimées aux mêmes nœuds . Ainsi, pour la résolution des
équations du calcul de répartition, on doit utiliser des algorithmes de résolution non linéaires .
Pour réaliser ce calcul numériquement, plusieurs algorithmes sont souvent utilisés selon que
le réseau est radial ou maillé :
o Pour les réseaux radiaux, l'algorithme de Backward & Forward Sweep est très souvent
utilisé .
211
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
o Pour les réseaux maillés, Gauss Siedel et Newton-Raphson sont les plus usités .
en le point initial (x , f (x ))sur la courbe qui sera considéré comme un premier point de
0 0
oo
CN tangente . Ce nombre x est appelé « amorce J du procédé itératif de Newton-Raphson .
0
cD L'abscisse x@ du point d'intersection de la première tangente avec l'axe des x sera considéré
en comme une deuxième valeur approché du zéro à localiser . A son tour, cette valeur permettra
c0 de considérer un deuxième point de tangente (x@, f (x@)) . A nouveau, l'abscisse x du point
2
en
C>D d'intersection de la deuxième tangente avec l'axe des x sera considéré comme une troisième
r^
oco valeur approchée du zéro . En poursuivant ce procédé itérativement, on obtiendra, sous
en
co certaines conditions, une suites de valeurs x , x@, x , x , , x qui a comme limite : un zéro
oo
0 2 3 n
différentes tangentes avec l'axe des x, il faut déterminer l'équation de chaque tangente qui est
212
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
donnée par y = f(x )+f(x ) . (x-x ) : l'algorithme est représentée ci-dessous (l'amorce x de
n n n 0
La solution de l'équation
est x
en
oo
CN
cD n<N 0
CD
C0
en
C>D Algorithme de NeCon-Raphson
r^
oco
CD Mise sous forme matricielle du système
co
oo Dans un réseau, nous pouvons définir 3 types de nœuds :
1
CD Type de Noeud Paramètres Inconnus Utilisation selon les équipements raccordés au nœud
P,V Q,0 Générateurs avec régulation P, V
P,Q v,e Charges ou générateurs avec régulation P, Q
V,0 (nœud bilan) P,Q Générateur avec régulation V, f
Le nœud bilan définit l'origine des phases (0 = 0) . L'utilisateur ne peut maîtriser le flux de
puissance de ce nœud : ce nœud permet d'assurer l'équilibre des puissances sur le réseau .
Lorsque le réseau comporte un nœud réglant la fréquence du réseau (comme le poste source
d'un réseau de distribution), on fait correspondre ce nœud avec le nœud bilan .
213
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Considérons un réseau à n-nœud, ou chaque nœud k est relié à des nœuds m par
l'intermédiaire d'une admittanceY .
CD
km
OO
CN
CD
~3
En choisissant comme notation :
CD O km —km + J&=km
Donc :
tn
£ Sk = Vk • 2 (-km - JBkm )• K
r-J m =@
o — —
Le produit des phases de V et V peut être exprimé, en considérant un système de
co
k m
Pk = Vk 2 (GmVm
m =l
cos^km ) + BkmVm sin ( ^ ))
Q = Vk2(-kmVm
k
m=l
sin{d m)-B^V k m cos{d ))
km
214
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Qn (0j,..., 0n ,Vj,...,Vn ) = Q l ^
Soit en construisant une matrice de correction, les puissances active et réactive connues à
chaque nœud du réseau (type nœuds PQ), sont indiqués par l'exposant consigne (les termes
dPi// d , dQt/
0
, dPi/ et dQi/
/ d j /dVj /dVj
sont déduits des équations précédentes de P et de Q ). k k
en
^0 ' 1 dVj . . dVn J
C
>D Exprimé en terme de sous-matrices :
r^
oco d# dP_ - i
en
co A0 d0 dV AP"
oo AV dQ dQ AQ
i d0 dV
CD
les AP sont nuls). A chaque itération, le calcul de Q. est de nouveau effectué pour chaque
k
noeud P,V, afin de savoir si le nœud PV est valide (Qkm n Qk Qkm ) : Si la valeur de Q. est i
< <
ax
en dehors des limites de la machine, le nœud P V est transformé en nœud P Q ou P Q . k k k kmax k kmin
215
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 8
Matrice des facteurs de distribution d'un réseau
La matrice des facteurs de distribution S du réseau donne les variations de puissance dans les
lignes AP du réseau en fonction des variations de puissance injectées aux différents nœuds
lignes
A P noeuds :
AP,;lignes
= S • noeuds
[ A P ]
A Q lignes
Pour mener une optimisation des transits de puissance (pour le traitement des surcharges), on
formule les contraintes qui sont dans notre cas :
CD
OO o Les variations minima et maxima de puissance assignables aux nœuds du réseau .
CN
CD o Les transits inférieurs aux transits maxima .
CD
C0 Ainsi, au cours de l'optimisation, la fonction permettant d'évaluer les nouveaux transits de
en puissance va être sollicitée un grand nombre de fois . Si cette fonction est assurée par le Load
C>D
Flow, le temps d'optimisation nécessiterait un temps beaucoup trop important . Ainsi, l'utilité
r^
oco de la matrice des facteurs de distribution se justifie par le fait que l'évaluation des transits
en
co s'effectue très rapidement par une multiplication d'une matrice avec un vecteur .
oo
1
CD
R+jX
Vi Vi
La puissance transitant dans une ligne de i à j s'écrit (les notations utilisées sont représentées
sur la figure ci-dessus) :
1 I i iI
S i j = V i • Iij = V i
R + jX = i - i • i - i • V ( V V V )
S" = z - 9 j ) )
R +X
•(V 2 - V •= • e j ( s i
iJ 2 2
216
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
V,
Q R + X •(R• = • sin(9 - 9 j ) + X• = • cos^ - 9 j ) - X • = )
2 2
i
Ainsi les transits Pij et Q ij sont dépendants de = Vj, 9 et 9j. On fait l'hypothèse que le plan i
de tension n'est pas affecté par la variation des puissances injectées aux nœuds AP et que noeuds
j i
OO
CCN
D On vu précédemment, dans l'annexe 7 sur le calcul de répartition de charge, que l'on pouvait
en
déterminer les variations de puissance aux noeuds en connaissant les variations de phase :
c0 noeuds noeuds
= J. " A9 " où J
d P d P
en noeuds 39 3V P9 PV
C>D
A P J J
Les variations des puissances transitées dans les lignes sont donc données par :
3P 3P
AP 0 ... 0 - 0 - 0 0 0 0 -9 n o e u d s
39 39 j
-J [ A P ]
217
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
d j e
R +X 2 2
ae R + X i
2 2
de R + x
i i
2 2
• noeuds ] s' c o c
OO
S [ A P é r i t d n
lignes
CN
CD
—»
CD S 0
S=
P
C0 .0 SQ
en
C>D
dPii ap
r^ avec S = 0 o o 0
y
oco p
ae ae,
en
co
;
oo
1
CD
et S Q 0 0 dQ- o 0 dQ 0 0
ae. ae.
218
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 9
Calcul des tensions lors d'un court-circuit
Dans nos applications, nous avons utilisé un calcul des tensions lors d'un court-circuit soit
triphasé, soit monophasé phase-terre. Plusieurs approximations sont effectuées pour ce
calcul :
o Les impédances directes et indirectes des lignes sont considérées comme égales.
o Les alternateurs sont modélisés par leur réactance transitoire.
o Les tensions avant le court-circuit sont toutes supposées égales à 1 p.u.
o Les courants des charges sont négligés par rapport aux courants de court-circuit.
CD
OO
CCN Le principe du calcul est de déterminer le courant de court-circuit, la chute de tension
D
~3
CD résultante et de sommer cette chute de tension aux tensions initiales [PHA 99]. Pour cela, on
utilise la matrice Z du réseau qui est l'inverse de la matrice Y u s des admittances Ykm
BUS B
o
C
définies dans le calcul de répartition de charge dans l'annexe 7.
w
C
>D
U = [1] + Z i u s , i ( i ) X l i
219
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Pour un court-circuit franc au bus i sur la phase 1+ on détermine les tensions directes,
indirectes et homopolaires par :
U direct
U homopolaire = Z i U S , i (0)X I i
en U 3 a x direct
U V a x U indirect V U homopolaire
où a = e J2/3rc
c
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
220
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 10
Modèles de composants sous MOCA-RP
On présente dans cette partie les modèles de composants développés dans MOCA-RP pour
modéliser le départ HTA D1 (application traitée dans la partie IV.2 du Chapitre IV).
CD
OO
CCN
D
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Chaque modèle de composant est contenu dans un « groupe J permettant une représentation
plus claire du modèle global du départ HTA.
221
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Manche l!
E-IZZl» [ZZ]^[ZZl>-[ZZl
.chl 2 3 chl 3 4 ch234 ch3 4 ch4GED
Rupturs
Alim2, Allm3 Alim4
hors_tension
Rep xRepl
Acretl Atret2—Artet3^^EEet4 'AtretS"^Artet6--Artet7
RepriselReprise2Reprlse3Repi:ise4RepriseSRepriseeReprise7
222
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
chl23Chl34ch234ch34 ch4GEE
ïïarche_2"
défaut
Rupturf
Alim2^ Alim3 Alim4
Ouverture_
hoES_tensit
Reparatic
CD
OO
CCN Reprisel
D Arretl Arret2
Ouverture
fermeture
en
cCD
en Modèle d'un interrupteur avec détecteur de défaut
C
>D [IT PETRI EDTIOR 81
secl gë
FICHIER EDITION AFFICHAGE • DONNEES GROUPE
r^
oco
GRAPHE :
ETAT:
El
| Edition
en
co Harclie_24:
chl23 chl34ch234ch34 ch4GEE
oo
i •
Défaut
cïil23 ch!34 ch234ch34 ch4GE!
CD
défaut
Rupturf
Alim2^ Alim3 Alim4
CZk.
Quverture_
hors_tensic
Reparatic
Reprisel
fermeture
Arretl Arret2
Ouverture
223
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Z ^P794
CD
OO
CM
C
=3
—)
en
c0
en Modèle d'un secours
C>D
r^
o
co
en
co
o
o
1
CD
224
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
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225
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Cycle
n°12
30 m n 5 min
Cycle
n°13
30 m n 5 r
Cycle
n°21
2 min 2 min 30 m n 2 min
Cycle
n°22
2 min 2 min 30 m n 2 min
Cycle
CD
OO n°23
CN
3 0 mi n 5 min
CD Cycle
~3 n°24
CD 3 0 min 5 min
Cycle
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2 min 5 min 30 min 5 min
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Cycle
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CD
n°34
Cycle
n°41
2 min 5 min 30 m n 5 min
Cycle
n°42
2 min 5 min 30 m n 5 min
Cycle
n°43
2 min 5 min 30 m n 2 min
Cycle
n°44 )
30 min 30 m n 5 min 30 m n 5 min
Cycle
n°45
30 m n 5 min 30 m n 5 min
Cycle
n°46
30 m n 5 min
226
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 11
Données techniques relatives aux départs C0202 et C0707
Les données de fiabilités des diverses sections des deux types de départ HTA sont ci-
dessous :
S
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Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
La banque de données de sûreté de fonctionnement utilisée pour les équipements HTA est
détaillée ci-dessous :
Zone d'utilisation Matériel Lambda (10 h ) -6 -1 Gamma (10 )
-3 Temps de réparation (h) Modes de défaillance
Poste source
Poste source HTB / HTA 57 et 7.3 0.07 et 1.92 1
Réseau HTA
Disjoncteur HTA 0.75 0.35 4 2 + 1
Relais HTA 0.28 0.1 4 1 + 1
Interrupteur télécommandé HTA 7.6 80 2.6 2 + 1
Interrupteur manuel HTA 0.01 à 0.02 10 2.6 2 + 1
Ligne aérienne HTA
Type (9) A l m e l e c < 38 mm 2 0.052 / a n / k m 3 2 + 1
Type (4) (8) 3 8 mm 2 < A l m e l e c < 9 3 m r f 0.045 / a n / k m 3 2 + 1
Type (5) A l m e l e c > 93 mm 2 0.004 / a n / k m 3 2 + 1
Type (10) 21 mm 2 < C u i v r e < 29 mm 2 0.138 / a n / k m 3 2 + 1
Type (7) Cuivre > 2 9 mm 2 0.053 / a n / k m 3 2 + 1
Câble souterrain HTA
Type (1) (2) (3) (6) Isolation s y n t h é t i q u e HN33S23 0.015 / a n / k m 1.5 à 30 2
Type (11) Papier unipolaire 0.051 /an/km 1.5 à 30 2
Transformateur HTA/BTA (poteau)
50 kVA 0.75 6.3 2
100 k V A 0.6 6.3 2
160 k V A 0.67 6.3 2
Transformateur HTA/BTA
160 k V A 0.4 6.3 2
250 k V A 0.31 6.3 2
400 kVA 0.24 6.3 2
630 k V A 0.33 6.3 2
en
o Réseau BTA
1000kVA 0.1 6.3 2
CM Producteur
Diesel 40-70 k W 1053 50 2 + 1
c
=3 Sectionneur HTA
Interrupteur fusible HTA
0.6
7.4
0.12 24
2
2 + 1
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228
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 12
Loi de Weibull
Dans l'application traitant la sûreté du réseau BT maillé, nous avons choisi d'affecter une loi
représentant les variations du temps de réparation : dans la mesure où le réseau est maillé, la
sûreté du réseau dépend de la loi utilisée contrairement aux réseaux arborescents où le
paramètre important est uniquement la moyenne de la loi (d'où l'emploi d'une loi
exponentielle).
On a donc spécifié pour les réparations des équipements une loi de Weibull modélisant les
en
oo écarts aléatoires autour de la valeur moyenne de la loi. On rappelle que la loi comporte trois
CN paramètres ' , Y et a.
cD
CD
Taux de
C0 Densité de défaillance Défiabilité Moyenne de la loi
en défaillance
C>D - t-Y 1'
U(t) = '<<-f'.e - r 1 - R(t) = 1 - e
C
A(t)=' a r B.Y+Hp+t )
a'
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1 Nous avons pris comme valeurs : Y 0 et le paramètre de forme ' = 6. Pour déterminer a, il
=
a 1
f
p-r i + p
• 12 3
229
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
Annexe 13
Données concernant le réseau de distribution BT étudié
Les nœuds de connexion des clients ainsi que leur priorité affectée sont donnés ci-dessous :
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o
o
CM
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=3
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Références
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1
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Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution
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