0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
137 vues240 pages

En Oocn CD 0 CD R O Oo1: Institut National Polytechnique de Grenoble

Transféré par

Eric AGBANGBATIN
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
137 vues240 pages

En Oocn CD 0 CD R O Oo1: Institut National Polytechnique de Grenoble

Transféré par

Eric AGBANGBATIN
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ilU»!

INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE GRENOBLE

N°attribué par la bibliothèque

T H E SE

pour obtenir le grade de

DOCTEUR DE L'INPG

Spécialité : « Génie Electrique »

préparée au Laboratoire d'Electrotechnique de Grenoble


dans le cadre de l'Ecole Doctorale « Electronique, Electrotechnique, Automatique et Traitement du signal »

présentée et soutenue publiquement


en
oo par
CN
§ Malik MEGDICHE
Ingénieur ENSIEG
CD
c le 13 Décembre 2004
0
en
C>D
r^ Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution en présence de
o
<3 production décentralisée
oo
1
CD

Directeur de t h è s e :

Nouredine HADJSAÏD
Yvon BESANGER

JURY

M. J.P. ROGNON , Président


M. M. BEGOVIC , Rapporteur
M. B. FRANCOIS , Rapporteur
M. N. HADJSAÏD , Directeur de thèse
M. Y. BESANGER , Examinateur
M. D. GRIFFEL , Invité
OO
CD

cD
CN

CD
CCD
CO
C
>D

r^
oCO
cn
CO
oo
i
cd
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Remerciements

Ce travail a été réalisé dans le cadre d'une convention CIFRE établie entre le
Laboratoire d'Electrotechnique de Grenoble (LEG) et le Groupement d'Intérêt Economique
IDEA (Inventer la Distribution Electrique de l'Avenir).

Je tiens à remercier :

Monsieur Jean-Pierre Rognon, Professeur à l'Institut National Polytechnique de Grenoble,


pour m'avoir accepter au sein du laboratoire et pour m'avoir fait l'honneur de présider le jury
œ de cette thèse.
oCN
Monsieur Miroslav Begovic, Professeur au Georgia Institut of Technology, et Monsieur
Bruno Francois, Maître de conférence à l'Ecole Centrale de Lille, pour avoir accepté d'être
£= les rapporteurs de cette thèse.
C>D
^ Monsieur Yvon Bésanger, Maître de Conférences à l'Institut National Polytechnique de
r-
Grenoble, pour avoir encadré cette thèse et aussi pour sa jovialité dans le travail comme
en
co
oo ailleurs, ses compétences ainsi que sa disponibilité.
CD

Monsieur Nouredine Hadjsaid, professeur à l'Institut National Polytechnique de Grenoble,


pour m'avoir accepter au sein du GIE IDEA et pour avoir diriger ce travail de thèse.

Monsieur Daniel Roye pour m'avoir accueilli au sein de l'équipe Syrel.

Messieurs Frédéric Dumas et Marcel Chevalier, ingénieurs Schneider Electric, pour leurs
contributions au début du projet, Monsieur Jean Aupied, ingénieur EDF, pour la formation de
l'équipe SYS4 au domaine de la sûreté de fonctionnement et Monsieur Daniel Griffel,
ingénieur EDF, pour sa collaboration, ses compétences ainsi que son recul dans le domaine de
la recherche sur les réseaux.

3
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Messieurs Sylvain Martino, Christophe Andrieu, Seddik Bacha et Tuan Tran Quoc, pour leurs
précieux conseils dans le domaine des réseaux électriques et leur sympathie.

Les doctorants et stagiaires de l'équipe Syrel avec qui j'ai pu collaborer, en particulier
Raphaël Caire, Damien Thirault, Vincent Manzo, Thi-Thu Hà Pham, Ianko Valero et Nicolas
Laverdure.

Et enfin, toutes les personnes du laboratoire et du GIE IDEA, doctorants et permanents, pour
leur bonne humeur et bien sûr tous mes poteaux.

en
oo
CN
cD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

4
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Sommaire
INTRODUCTION GENERALE 11
CHAPITRE I CONCEPTS DE SURETE DE FONCTIONNEMENT 15
1.1 INTRODUCTION 15
1.2 LES DIVERS CONCEPTS DE SURETE DE FONCTIONNEMENT DES SYSTEMES 17
1.2.1 Définition de la fiabilité 17
1.2.2 Définition de la sûreté de fonctionnement. 17
1.2.3 Système et composants 17
1.2.4 Les défaillances 18
1.2.4.1 Définition 18
1.2.4.2 Les modes de défaillance 18
CD 1.2.5 Paramètres de sûreté de fonctionnement 18
OO 1.2.5.1 La fiabilité R(t) 19
CN
cD 1.2.5.2 La disponibilité A(t) 19
1.2.5.3 La maintenabilité M(t) 19
CD
1.2.5.4 Les paramètres temporels moyens 19
CCD 1.2.5.5 Le taux de défaillance A(t) 20
uen
CD
1.2.5.6 Le taux de réparation ^ ( t ) 21
> 1.2.5.7 Le taux de défaillance à la sollicitation 22
r^ 1.2.5.8 Quelques relations utiles 22
oco 1.3 L'ANALYSE QUALITATIVE DE LA SURETE DE FONCTIONNEMENT 24
en
co
oo 1.3.1 Analyse fonctionnelle du système 24
i 1.3.2 Analyse des défaillances du système 24
CD
1.3.2.1 Analyse des modes de défaillance 24
1.3.2.2 Analyse du comportement du système face aux défaillances 25
1.3.2.3 Combinaison de défaillances 27
1.3.2.4 Recensement des séquences d'événements 29
1.4 LES METHODES DE QUANTIFICATION DE LA SURETE DE FONCTIONNEMENT 31
1.4.1 Objectifs 31
1.4.2 Données de sûreté de fonctionnement 32
1.4.2.1 Collecte des données de sûreté de fonctionnement 32
1.4.2.2 Lois de probabilité des paramètres 32
1.4.2.3 Estimation des paramètres 34
1.4.3 Réduction du système 35
1.4.3.1 Réduction du nombre de composants 35
1.4.3.2 Etude d'une partie du système 35
1.4.4 Méthode des équivalents analytiques 36
I.4.4.1 Cas de deux éléments en « série » 37

5
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.4.4.2 Cas d'un élément avec un secours 37


1.4.4.3 Cas de deux éléments redondants 38
1.4.5 Graphes de Markov 40
1.4.6 Simulation Monte Carlo 42
1.4.6.1 Principe 42
1.4.6.2 Modélisation du système avant résolution 44
1.4.6.3 L'algorithme Monte Carlo 47
1.4.7 Analyse des méthodes de calculs 48
1.4.7.1 Equivalents analytiques 49
1.4.7.2 Graphes de Markov 49
1.4.7.3 Simulation Monte Carlo 50
I.5 SYNTHESE 51

CHAPITRE II LES RESEAUX PUBLICS D'ELECTRICITE 55


II.1 INTRODUCTION 55
CD
OO II.2 LES DIVERSES COMPOSANTES DU SYSTEME ELECTRIQUE 57
CN 11.2.1 Les moyens de production d'électricité 57
cD 11.2.1.1 Différentes structures 57
CD 11.2.1.2 Fonctionnement d'une source d'énergie connectée au réseau 58
11.2.2 Le réseau de transport et de répartition 59
CCD 11.2.2.1 Son rôle 59
uen
CD
11.2.2.2 Architecture générale du réseau de transport et de répartition 60
>
11.2.3 Les réseaux de distribution 61
r^
oco II.2.3.1 Les enjeux 61
en
oo
II .2 . 3 . 2 Structure générale des réseaux de distribution 62
oo II . 3 ANALYSE DES DÉFAILLANCES SUR LE SYSTEME ELECTRIQUE 66
i 11.3.1 Les défaillances de composants 67
CD
II . 3 .1.1 Court-circuit 67
II . 3 .1. 2 Rupture de la continuité électrique 68
II . 3 .1. 3 Non fonctionnement à la sollicitation 68
II . 3 .1. 4 Arrêt d'une source d'électricité 68
11.3.2 Les états critiques de fonctionnement d'un système électrique 69
II . 4 COMPORTEMENT D'UN SYSTÈME ÉLECTRIQUE 71
11.4.1 Les réglages automatiques 73
II . 4 .1.1 Adaptation de la production à la consommation 73
II . 4 .1. 2 Réglage de la tension 74
11.4.2 Les organes de coupure automatiques 74
II . 4 . 2 .1 Les protections contre les défaillances des composants de réseau 74
II . 4 . 2 . 2 Les protections contre les surcharges 76
II . 4 . 2 . 3 Les protections machine 77
II .4 .2 . 4 Le délestage automatique 77
11.4.3 La gestion globale du système 77

6
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

11.4.3.1 Gestion du réseau HTB 77


11.4.3.2 La gestion des réseaux de distribution HTA 80
II .4 . 3 . 3 Les réseaux BT 83
II . 5 LES EVOLUTIONS FUTURES DES RESEAUX DE DISTRIBUTION 83
11.5.1 Concept de génération d'énergie décentralisée 83
11.5.2 Les diverses solutions d'intégration de l'énergie dispersée 85
II . 5 . 2 .1 Insertion sur un départ HTA classique 87
II . 5 .2 . 2 Une nouvelle architecture de réseaux de distribution 87
II . 5 .2 . 3 Le concept de centrale virtuelle 88
11.5.3 L'impact de la génération dispersée sur les réseaux de distribution 89
II . 6 SYNTHESE 91

CHAPITRE III SURETE DES RESEAUX ELECTRIQUES 95


III . 1 INTRODUCTION 95
III . 2 MODÉLISATION DE SURETE D'UN SYSTEME ELECTRIQUE 96
CD
OO 111.2.1 Modèle général d'un réseau électrique 96
CN
cD 111.2.2 Modélisation des paramètres du réseau 98
III . 2 . 2 .1 Latopologie 98
CD
III . 2 . 2 .2 Les charges 98
III . 2 . 2 . 3 Les sources 99
CCD
111.2.3 Diagnostic du système 101
uen
CD III . 2 . 3 .1 Cas d'un court-circuit 103
>
III . 2 . 3 .2 Cas d'une déconnexion d'un générateur 103
r^
oco III . 2 . 3 . 3 Cas d'un écroulement de fréquence 108
en
co III . 2 . 3 .4 Cas d'une surcharge 108
oo III . 2 . 3 . 5 Cas d'une instabilité de tension 110
i
CD 111.2.4 Les actions de l'opérateur 110
III . 2 . 4 .1 La localisation de défaut et la reprise de service 110
III . 2 . 4 . 2 Les actions pour respecter les contraintes 111
111.2.5 Modélisation des défaillances des composants 113
III . 2 . 5 .1 Evénements aléatoires 113
III . 2 . 5 . 2 Les facteurs influençant la fiabilité des composants 114
III . 3 LES MÉTHODES DE CALCUL DE SURETE POUR LES RESEAUX ÉLECTRIQUES 116
111.3.1 Choix de la méthode 116
111.3.2 Les équivalents analytiques 118
III. 3 .2 .1 Mise en œuvre 118
III . 3 . 2 .2 Hypothèses 121
III . 3 . 2 . 3 Limitations 121
111.3.3 Simulation Monte Carlo 124
III . 3 . 3 .1 Modélisation du système par Réseaux de Petri 125
III . 3 . 3 .2 Modélisation sous Matlab 126
III . 4 SYNTHESE 128

7
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

CHAPITRE IV APPLICATIONS 133


IV. 1 INTRODUCTION 133
IV. 2 INSERTION D'UNE GENERATION DISPERSÉE SUR UN RESEAU H T A 134
1V. 2.1 Calcul des indices de sûreté d'un départ HTA 135
IV.2. 1 .1 Le réseau étudié 135
IV . 2 . 1 . 2 Analyse qualitative des défaillances 137
IV . 2 . 1 . 3 Réduction du système 140
IV . 2 . 1 . 4 Modélisation du système par MOCA-RP 144
IV . 2 . 1 . 5 Modélisation du système sous Matlab 148
14.2.2 1mpact de l'insertion d'une GED sur le départD1 151
IV. 2 . 2 .1 La production dispersée considérée 151
IV . 2 . 2 . 2 Insertion au niveau du départ HTA 153
IV. 3 UNE ARCHITECTURE NOUVELLE DE RESEAU DE DISTRIBUTION 162
14.3.1 Description du réseau 163
IV . 3 . 1 .1 Son architecture 163
CD
^ IV. 3 . 1 .2 Son fonctionnement 164
CN
j- 1V.3.2 Modélisation 165
IV. 3 . 2 .1 Modélisation des pannes de composants 165
CD
i IV. 3 . 2 .2 Modélisation des comportements du système 166
IV. 3 . 2 . 3 Algorithme développé 169
•w
— IV. 3 . 2 .4 Les données de sûreté de fonctionnement utilisées 170
0 14.3.3 Résultats 170
rC IV. 4 SYNTHÈSE 172
o
00 CONCLUSION GENERALE 177
g ANNEXES 183
1
ANNEXE 1 APPLICATION DES MÉTHODES DE SURETE A UN EXEMPLE SIMPLE 183
ANNEXE 2 PUISSANCE MAXIMALE TRANSMISSIBLE 190
ANNEXE 3 STABILITÉ D'UNE MACHINE TOURNANTE 192
ANNEXE 4 NORME EUROPÉENNE EN 50160 SUR LA QUALITÉ DE LA TENSION EN BT 200
ANNEXE 5 ARRÊTÉ RELATIF AU RACCORDEMENT DE G E D EN DISTRIBUTION 201
ANNEXE 6 LOCALISATION DE DÉFAUT ET REPRISE DE SERVICE EN H T A 205
ANNEXE 7 CALCUL DE REPARTITION DE CHARGE 208
ANNEXE 8 MATRICE DES FACTEURS DE DISTRIBUTION D'UN RESEAU 216
ANNEXE 9 CALCUL DES TENSIONS LORS D'UN COURT-CIRCUIT 217
ANNEXE 10 MODÈLES DE COMPOSANT SOUS MOCA-RP 219
ANNEXE 11 DONNÉES TECHNIQUES RELATIVES AUX DEPARTS C0202 ET C0707 227
ANNEXE 12 LOI DE WEIBULL 229
ANNEXE 13 DONNÉES CONCERNANT LE RESEAU DE DISTRIBUTION B T ÉTUDIE 230
REFERENCES 233

8
Introduction générale
CD
OO
CN
cD
CD

CCD
uen
CD
>

r^
oco
en
co
oo
i
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Introduction générale

L'utilisation de l'énergie électrique pour les besoins quotidiens de la société s'est traduite par
la mise en place d'un système électrique comprenant la production d'électricité et le transport
de celle-ci jusqu'aux consommateurs . Ce développement s'est effectué par le biais d'une
structure hiérarchique du système qui consiste à produire l'énergie électrique en grande
quantité grâce aux centrales nucléaires, thermiques et hydrauliques (afin de minimiser les
coûts de production), transporter ces grandes quantités d'énergie électrique de façon à les
répartir sur l'ensemble du territoire en haute tension (pour minimiser les pertes Joules) et
enfin distribuer l'énergie à l'ensemble des consommateurs en moyenne tension puis en basse
CD tension . Aujourd'hui, on assiste à de profonds changements du secteur électrique : en effet
OO dans un contexte de libre concurrence et donc de libéralisation du marché de l'électricité
CN
cD (récemment mis en place en Europe), de ralentissement de l'activité du secteur électrique
CD dans les pays industrialisés, de progrès technologiques en matière de petites productions
CCD d'électricité (les piles à combustibles, les microturbines, les système de cogénération et les
uen
CD
énergies renouvelables comme l'éolien, les centrales marémotrices, les panneaux
>
photovoltaïques, ...) et de volonté de développement des énergies nouvelles, on voit
r^
oco apparaître un nouveau concept qui est la production d'énergie dispersée . Cela consiste à
en
oo
oo produire l'énergie par de petites unités au niveau des réseaux de distribution, évitant ainsi le
i transport sur de longues distances, permettant le développement des énergies nouvelles et
CD

concordant avec le libéralisme du marché de l'électricité . Outre certaines questions à propos


de l'adéquation d'un tel système aux réelles attentes des citoyens, beaucoup de problèmes se
posent quant à l'introduction de ces nouveaux moyens de production sur les réseaux de
distribution qui ne sont pas prévus pour cela à l'origine .

Dans un souci de sécurité de fonctionnement inhérent à l'utilisation de l'énergie électrique,


des efforts particuliers ont été fournis afin que les réseaux de distribution atteignent un bon
niveau de disponibilité : le temps de coupure moyen d'un client moyenne tension est ainsi
passé de 135 minutes par an en 1985 à 40 minutes par an en 1994 et pour un client basse
tension de 375 minutes par an en 1985 à 80 minutes par an en 1994. Maintenant, si nous
considérons les profonds changements des réseaux de distribution induits par l'introduction
de générations dispersées, leur fonctionnement va être modifié ainsi que leur sécurité de
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

fonctionnement, d'où la nécessité d'analyser la sûreté de fonctionnement de ces nouveaux


réseaux au niveau même de leur conception . La sûreté de fonctionnement est une nouvelle
approche des systèmes (développée dans le courant du 20 siècle) évaluant la capacité du
ème

système à satisfaire ses fonctions durant une période donnée : il existe, actuellement, des
applications permettant d'évaluer les indices de sûreté prévisionnels d'un réseau de
distribution « classique » mais celles-ci ne permettent pas de modéliser les modifications dues
à la production décentralisée .

Les travaux de ma thèse, effectuée au sein du groupement d'intérêt économique « Inventer la


Distribution Electrique de l'Avenir» (réunissant le Laboratoire Electrotechnique de
Grenoble, Electricité de France et Schneider Electric), se sont concentrés sur le
développement de méthodes de sûreté de fonctionnement dans le but d'étudier l'impact de
CD
OO l'insertion de générations d'énergie dispersées sur la sûreté de fonctionnement des réseaux de
CN
cD distribution HTA .
CD
Les premières étapes de la thèse ont concerné l'étude des différentes méthodes de sûreté de
C fonctionnement ainsi que leur adéquation à traiter notre problème puis ensuite l'adaptation et
£
l'application de ces méthodes à divers cas précis d'intégration d'énergie décentralisée en
distribution .
co
en
Ce rapport se décompose en quatre chapitres :
i
o Le premier présente les diverses notions relatives au domaine de la sûreté de
fonctionnement ainsi que quelques méthodes d'analyse et de quantification de la
sûreté d'un système .
o Le deuxième présente les composantes du système électrique et une analyse des
dysfonctionnements et des comportements associés d'un réseau .
o Le troisième présente les diverses modélisations des événements d'un réseau
électrique et la mise en œuvre de méthodes de calculs des indices de sûreté .
o Le quatrième présente l'application des méthodes de sûreté à deux cas constitués pour
l'un, de l'insertion d'une génération dispersée sur un départ HTA et pour l'autre, d'un
réseau BT ilôté comportant une structure maillée et plusieurs unités de production
décentralisée

12
Chapitre I
Concepts de sûreté de fonctionnement
CD
OO
CN
cD
CD
CCD
uen
CD
>

r^
oco
en
oo
oo
i
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Chapitre I
Concepts de sûreté de fonctionnement

I.1 Introduction
Les techniques de sûreté de fonctionnement ont été développées assez tardivement en
comparaison avec les autres domaines des sciences de l'ingénieur. C'est à partir des années
1940 dans le domaine de l'aéronautique que, confrontés à des défaillances dans des systèmes
électroniques, des ingénieurs se sont intéressés à caractériser les défaillances d'un système en
considérant la fiabilité observée du système, la fiabilité de ses composants et les liens qui
CD
OO pouvaient exister entre ces entités . C'est ainsi que les premières « briques » de la sûreté de
CN fonctionnement, comme la fiabilité d'une chaîne de composants, ont été posées . Partant de ces
cD
premières approches probabilistes, diverses méthodes ont été mises au point afin d'analyser
CD
les risques potentiels d'un système, de recenser les éventuelles séquences d'événements qui
CCD mènent à une défaillance du système et de quantifier sa performance en terme de fiabilité . Les
uenCD études de sûreté ont pris un grand essor à partir des années 60 et 70 dans l'industrie de
>

r^ l'armement et dans le secteur du nucléaire où les enjeux étaient de taille . La sûreté de


oco fonctionnement s'est ainsi développée comme une discipline multi outils :
en
co
oo o Méthodes d'analyse des risques .
i
CD o Méthodes de calculs prévisionnels de la sûreté de fonctionnement de systèmes .
o Outils logiciels dédiés à la sûreté .
o Constitution de bases de données statistiques sur la fiabilité des composants .

De nos jours, la compétitivité des marchés industriels fait que les aspects de qualité de
produits et de services ont une grande importance . De même la productivité d'une usine est
directement reliée au bon fonctionnement de ses machines . On voit ainsi apparaître chez les
industriels, qu'ils soient clients ou fournisseurs, un besoin grandissant de mesurer ou
d'améliorer la fiabilité des produits qu'il vend ou qu'il utilise .

Après ce bref historique sur l'apparition et le développement de la science de la sûreté de


fonctionnement, nous allons, dans ce chapitre, définir ce qu'est la sûreté de fonctionnement
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

d'un système et les concepts de base associés comme la fiabilité, la disponibilité, la


maintenabilité, le taux de défaillance d'un composant et le taux de réparation . On abordera
ensuite les différents stades qui composent une étude sûreté à savoir la caractérisation du
système, l'analyse de ses dysfonctionnements et l'évaluation de ses performances en termes
de fiabilité ou de disponibilité . Les diverses méthodes de quantification de la sûreté d'un
système seront présentées .

en
oo
CN
cD
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
oo
oo
1
CD

16
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.2 Les divers concepts de sûreté de fonctionnement des systèmes

1.2.1 Définition de la fiabilité


Le terme « fiabilité » est apparu dans les années 60 et a été adopté par l'académie française
pour traduire le terme anglais « reliability », sa définition est la suivante : « Grandeur
caractérisant la sécurité de fonctionnement, ou mesure de la probabilité de fonctionnement
d'un appareillage selon des normes prescrites » . Ce terme peut porter, dans la pratique,
plusieurs définitions : au sens commun, il définit la confiance que l'usager a d'un appareil, au
sens large il désigne la science des défaillances et regroupe ainsi les divers domaines de
sûreté de fonctionnement (l'analyse des défaillances, l'évaluation des performances d'un
système, les statistiques de défaillance et les prévisions des performances d'un système) et au
O) sens mathématique, il définit la probabilité qu'un système remplisse une ou plusieurs
o
8 fonctions durant un temps donné .
cD
CD 1.2.2 Définition de la sûreté de fonctionnement
La sûreté de fonctionnement est une notion générale qui se caractérise comme la science des
o défaillances . Elle englobe la connaissance des défaillances, leurs évaluations, leur prévision et
C>D
leur maîtrise . L'objet de la sûreté de fonctionnement est de fournir des outils permettant
r^
oco l'analyse et la mesure de l'aptitude d'un système à remplir une fonction .
en
1.2.3 Système et composants
i
Un système est défini comme un ensemble d'éléments discrets qui interagissent entre eux .
Tout système se caractérise par une ou plusieurs fonctions qu'il doit accomplir . Les éléments
définissant un système sont :
o Les fonctions à assurer par le système .
o L'architecture du système, qui comprend les divers composants mis en jeu et leurs
connexions .
o Le système d'exploitation, qui représente les comportements du système durant son
fonctionnement . Cela comprend les diverses actions en réponse aux événements : cela va
de la sollicitation d'un dispositif de sécurité (système d'alarme, mesures de sécurité) aux
changement de configurations du système (modes de secours) en passant par les
maintenances de certains composants .

17
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

La définition des composants d'un système peut se faire de multiples façons . En effet, un
composant peut être lui-même décomposé en sous composants . Si, par exemple, on considère
un système électrique muni d'un disjoncteur, celui-ci peut être considéré ou bien comme un
composant ou bien comme plusieurs composants à savoir les capteurs de mesure, la partie
électronique qui traite les signaux et la partie mécanique qui ouvre les phases . Il est ainsi
nécessaire de fixer la finesse de l'étude afin de déterminer le choix des composants .
1.2.4 Les défaillances
I.2.4.1 Définition

La défaillance est définie comme la « cessation de l'aptitude d'une entité à accomplir une
fonction requise » . Cette cessation peut être complète (l'entité ne remplit plus sa fonction) ou
partielle (la fonction est assurée dans certaines limites, on parle alors de modes dégradés) . Les
OO
CD
défaillances peuvent être momentanées (indisponibilité du composant à remplir sa fonction
CM
pendant un temps donné, le composant redevient disponible sans réparation) ou permanentes
en• (la défaillance du composant est irréversible, une maintenance est nécessaire pour remettre le
composant en service).
0
C£>D I.2.4.2 Les modes de défaillance

rC Les défaillances d'un même composant peuvent avoir des conséquences différentes . Par
exemple, pour un disjoncteur, la défaillance au niveau de l'électronique qui gère l'ouverture
CO
CD
du dispositif peut avoir comme conséquence l'ouverture du disjoncteur alors qu'une panne au
1
niveau d'un capteur va entraîner la non-ouverture du disjoncteur lorsqu'il est sollicité à
l'ouverture . Il est ainsi important de distinguer, pour un composant, les défaillances qui ont
des conséquences différentes et qui, donc, entraînent des comportements différents du
système . Ces diverses défaillances sont appelées modes de défaillance du composant. La
définition donnée par la Commission Electrotechnique Internationale [VIL 88] est la
suivante : « Un mode de défaillance est l'effet par lequel une défaillance est observée » .
1.2.5 Paramètres de sûreté de fonctionnement
Prévoir qu'une entité va tomber en panne fait appel à des critères probabilistes, on cite ici les
principaux paramètres nécessaires à l'évaluation des défaillances d'un composant .

18
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.2.5.1 La fiabilité R(t)

Elle est définie comme la probabilité qu'une entité fonctionne entre 0 et t . Du fait qu'une
entité ne peut fonctionner éternellement, on peut considérer que :
o R(t) est une fonction non croissante variant de 0 à 1 sur [0,+<*>]
o lim R(t) = 0
t ^
1.2.5.2 La disponibilité A(t)

La disponibilité d'une entité est la probabilité qu'elle fonctionne à l'instant t . Dans le cas d'un
composant non réparable, la disponibilité et la fiabilité se confondent : A(t) = R(t) . Dans le
cas contraire : A(t) > R(t) . L'indisponibilité ID(t) est définie comme étant la probabilité que
l'entité ne fonctionne pas à l'instant t . On a alors : ID(t) = 1-A(t) .
o 1.2.5.3 La maintenabilité M(t)
oCN
Par analogie avec la fiabilité, la maintenabilité est la probabilité que l'entité soit réparée entre
cd 0 et t . Ainsi :
o M(t) est une fonction non décroissante variant de 0 à 1 sur [0,+<^]
w o lim M(t) = 1
C>D t ^
1.2.5.4 Les paramètres temporels moyens
CD
CO
Quelques définitions de paramètres employés dans les études de sûreté [VIL 88]:
o MTTF : durée moyenne de fonctionnement avant la première défaillance (Mean Time
To Failure).
o MTTR : durée moyenne de réparation (Mean Time To Repair).
o MUT : durée moyenne de fonctionnement après réparation (Mean Up Time).
o MDT : durée moyenne d'indisponibilité (Mean Down Time). Cette durée comptabilise
le temps de détection de la panne, le temps de réparation et la remise en service .
o MTBF : durée moyenne entre deux défaillances consécutives d'une entité réparée .
(Mean Time Between Failure).
Ces paramètres sont représentés sur la Figure 1.

19
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Fin d e la r é p a r a t i o n

R e m i s e en service

D é t e c t i o n d e la p a n n e
D é t e c t i o n d e la p a n n e Fin d e la r é p a r a t i o n
Première défaillance
Défaillance R e m i s e en service

Etat de m a r c h e

Etat d e p a n n e

MTBF

CD Figure 1 : Diagramme des temps moyens


OO
CN
CD
I.2.5.5 Le taux de défaillance A(t)
CD
C'est un taux horaire (homogène à l'inverse d'un temps) représentant la probabilité que le
C0 composant tombe en panne entre t et t+dt, sachant qu'il a fonctionné de 0 à t . Il est défini de
en
C>D la manière suivante (en appelant les probabilités P) :
r^
oco A(t) = lim— • P[ panne du composant entre t et t + At sachant qu'elle n'a pas eu lieu entre 0 et t ]
en At
co
oo At ^ 0
1
CD D'après le théorème des probabilités conditionnelles [VIL 88], on a :
A(t) = lim @ P [ panne du composant entre t et t + At et pas de panne du composant entre 0 et t ]
At P [ pas de panne du composant entre t et t + At ]
At ^ 0
A(t) = lim @ P [ panne du composant entre t et t + At ] - P [ panne du composant entre 0 et t ]
At P [ pas de panne du composant entre t et t + At ]
At ^ 0
En introduisant la fiabilité R(t) (définie au paragraphe I . 2 . 5 .1) dans l'équation précédente, on
obtient :
= [ - (, + - g - ] (1 R A t ) ) R ( t )

At R(t)
At ^ 0

20
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

D'où :
= m ± . [ Ç + - R(,)]
R a , )

At At • R(t)
H

At ^ 0

On a ainsi :
(t) = --@- • ^ (II I)
R(t) dt
A

Pour des composants électriques (comme ceux des réseaux électriques), A(t) a généralement
l'allure d'une courbe en baignoire comme représenté sur la Figure 2 [VIL 88] .

y
A(t)

CD
OO
Période
de
Vie
utile
Période
d'usure

CN
cD
^jeunesse

CD
CCD t
en
Figure 2 : courbe en baignoire

Le taux de défaillance est ainsi élevé dans sa période de «jeunesse » et sa période d'usure :
cela s'interprète comme les défauts d'un équipement qui sont mis en évidence dès sa mise en
o service (période de jeunesse), ensuite des défaillances aléatoires (vie utile), puis des
CD

défaillances du composant en fin de vie (période d'usure) .


I.2.5.6 Le taux de réparation ¥ ( t )

Il est défini de manière analogue à A(t) :


^ ( t ) = lim — • P [ composant est réparé entre t et t + At sachant qu' il était en panne entre 0 et t ]
At
At ^ 0
En introduisant la maintenabilité (définie au paragraphe I . 2 . 5 . 3), on démontre de la même
manière que :
¥(t) = •^ (II. 2)
1 - M(t) dt

21
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.2.5.7 Le taux de défaillance à la sollicitation

La fonction d'un composant peut s'étendre sur une durée dite de fonctionnement . Dans ce
cas, les défaillances du composant sont décrites par le taux de défaillance A(t) . Mais la
fonction à assurer peut être « ponctuelle », comme un système de protection qui agit
lorsqu'un événement dangereux se déroule . Dans ce cas, c'est un taux de défaillance à la
sollicitation y(t) qui caractérise ce type de défaillance « ponctuelle » . Il est défini comme la
probabilité que le composant tombe en panne lorsqu'il est sollicité . Ce taux peut s'exprimer
sous la forme d'un taux de défaillance :
A ( t ) = Y ( t ) • P [ le composant est sollicité à t ]

1.2.5.8 Quelques relations utiles

en En général, les matériels d'un système font l'objet d'une période de mise en service (pour
éviter les défaillances de «jeunesse») et de maintenance préventive (pour éliminer les
§ défaillances d'usure) . Ainsi, durant la période de fonctionnement du système, l'approximation
des taux constants est souvent admise . En considérant le taux de défaillance A(t) = X et le taux
de réparation ^(t) = | constants, on peut écrire d'après les équations (II .1) et (II . 2) :
R(t) = e -X-t (II. 3)
M(t) = 1 - e -X-t

r^
oco
en A(t) = + e -(X+|)-t

co
oo X+| X+ |
i ID(t) = — - ( l - e + )
CD X+ |
-(X |)-t

MTBF = 1 (II. 4)
X
MDT = 1 (II. 5)
I
On calcule les valeurs asymptotiques de la disponibilité A(«>) et de l'indisponibilité ID(^) :
A(~), = | = MTBF et ID(~>). = X - MDT
X + | MTBF + MDT X + | MTBF + MDT
En considérant la définition des paramètres temporels, on remarque que la disponibilité
asymptotique correspond à la proportion de temps pendant lequel l'entité est en état de
fonctionner et que, de même, l'indisponibilité asymptotique correspond à la proportion du

22
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

temps pendant lequel l'entité est en panne . Il est démontré que ce résultat est aussi valable
lorsque les taux À et ^ ne sont pas constants [VIL 88] .

Dans le cas où le temps moyen de réparation est négligeable devant le temps moyen de
fonctionnement, on peut exprimer l'indisponibilité par :
À
ID(^) = -^ (II. 6)
L'approximation des taux A et ^ constants et égaux respectivement à À et ^ donne des lois de
probabilité exponentielles pour R(t) et M(t) . La loi exponentielle est très utilisée dans les
études de sûreté de fonctionnement puisqu'elle permet d'exprimer simplement les variables
de sûreté et permet d'effectuer des calculs analytiques simples sur ces mêmes variables .
D'autres lois sont utilisées pour représenter des taux variables dans le temps : celles-ci seront
en présentées dans le paragraphe I . 4 . 2 . 2 .
CN
cD
en Nous avons donc introduit les définitions de base de la sûreté de fonctionnement, caractérisé
co ce qu'est un système et sa décomposition en sous systèmes appelés composants et explicité
en les variables employés pour caractériser les défaillances d'un composant .
C
>D

r^
oco Les deux parties suivantes détaillent ce que sont les étapes d'une étude qualitative puis d'une
étude quantitative de la sûreté de fonctionnement d'un système :
oo
CD o L'analyse fonctionnelle : elle caractérise le système, ses composants, le
fonctionnement du système et ses contraintes .
o L'analyse des dysfonctionnements : on s'intéresse ici aux différents composants du
système . Les causes et les effets de chaque défaillance sont analysés afin d'identifier
les diverses pannes que peut subir le système .
o La quantification de la sûreté de fonctionnement : une fois les événements identifiés,
le choix de la méthode de calcul de sûreté la mieux adaptée au système est effectué et
ensuite, l'application de la méthode permet d'obtenir les indices de sûreté de
fonctionnement. Au préalable, une recherche doit être menée pour collecter les
données de fiabilité des composants du système .

23
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

I.3 L'analyse qualitative de la sûreté de fonctionnement


Cette étape est primordiale pour l'étude puisqu'elle permet d'identifier les défaillances du
système et de définir ce qu'il faut quantifier par la méthode de modélisation. Les
connaissances requises pour une telle analyse sont multiples :
o Une bonne connaissance technique du système .
o Un retour d'expérience sur l'exploitation et les éventuelles défaillances observées du
système ou d'un système similaire .
o Une bonne expérience des méthodes d'analyse de sûreté qui requièrent de l'intuition
et du bon sens de la part de l'analyste .
1.3.1 Analyse fonctionnelle du système
L'analyse fonctionnelle a pour but de caractériser le fonctionnement du système . On identifie
ainsi les composants du système, leur rôle ainsi que les contraintes de fonctionnement . Les
™ différentes configurations que peut prendre le système sont répertoriées (modes
^ fonctionnement normaux, mode de secours, mode spécifique pour la maintenance préventive,

•5- ...). Les fonctions que le système se doit d'assurer sont explicitées afin de définir les
c
uCD événements redoutés qui font l'objet de l'étude de sûreté .
>v 1.3.2 Analyse des défaillances du système
o I.3.2.1 Analyse des modes de défaillance
co
oo
Une fois le fonctionnement du système bien identifié et ses composants répertoriés, l'analyse
CD
des défaillances a pour but de recenser pour chaque composant ses modes de défaillance, les
causes de ces défaillances et les divers effets qu'elles peuvent entraîner . Pour cela, une
classification (comme celle représentée en exemple sur le tableau 1) est utilisée avec une
caractérisation des modes de défaillance de tous les composants du système . Des catégories
supplémentaires peuvent être rajoutées dans cette classification, comme la fréquence de la
défaillance ou sa criticité . On envisage donc toutes les configurations du système et de son
environnement (détérioration d'une pièce du composant, valeur anormale d'un paramètre
d'état du composant, problème électronique, agression extérieure, ...) qui menaient à une
interruption d'une des fonctions du composant considéré . Cette étape nécessite une attention
particulière dans la mesure où l'omission d'un mode de défaillance d'un appareil peut
introduire une grande marge d'erreur dans les résultats de l'étude .

24
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Conséquences de la
Composant Mode de défaillance Origines de la défaillance
défaillance

o Mesure erronée
o Ouverture
o Problèmes dans le dispositif Ouverture du circuit
intempestive de déclenchement

o Mesure erronée
Non élimination du
o Refus d'ouverture o Problèmes dans le dispositif
Disjoncteur défaut
de déclenchement

o Agressions extérieures
o Défaut d'isolement Court-circuit
o Echauffement

o Agressions extérieures
o Rupture de contact Ouverture du circuit
o Echauffement

o ... o ...
Transformateur
CD
OO o ... o ...
CN
cD
CD Tableau 1 : analyse des modes de défaillances

c0
en I.3.2.2 Analyse du comportement du système face aux défaillances
C>D
Lorsqu'un système subit une panne, plusieurs étapes doivent être effectuées : la détection de
r^
oco la panne, le diagnostic de l'état du système, les éventuels changements de mode de
en
co fonctionnement du système, la mise de œuvre de mesures de sécurité, la maintenance du ou
oo
1 des composants endommagés et la remise en service des zones du système interrompues . Ces
CD

étapes peuvent être faites soit par des automatismes, soit par des opérateurs, soit par une
combinaison des deux :

o Détection de la panne : souvent, un système comporte des dispositifs de détection de


pannes . Cela peut être des voyants qui indiquent le non fonctionnement d'un
composant, des capteurs qui signalent les valeurs anormales de certaines variables
(pression, température ou courant électrique,...) ou simplement un opérateur qui
constate le défaut. Certains dispositifs peuvent aussi fournir des informations
supplémentaires concernant l'incident (comme les indicateurs de passage de défaut
directionnels placés sur les lignes d'un réseau électrique qui détectent un courant de
court-circuit et indiquent dans quel sens passe le courant, ce qui aide grandement

25
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

l'opérateur à localiser le défaut et ainsi à réduire le temps d'indisponibilité du


système) .
o Diagnostic de l'état du système : en situation de panne, non seulement la panne mais
aussi l'état du système doivent être identifiés, puisque les actions correctives qui
suivent sont directement dépendantes de l'état du système . Pour cela, des équipements
permettent de communiquer à l'opérateur des informations concernant différentes
parties du système . Des outils logiciels peuvent fournir une aide au diagnostic
(déduisant d'une quantité d'informations limitées l'état général du système) . Le
dernier centre d'analyse de la situation est l'opérateur . Celui-ci, se basant sur les
informations fournies par les outils et son expérience, conclut sur la nature de la
panne, sur l'état du système et sur les actions correctives à effectuer .
o Changement de mode de fonctionnement : la panne peut entraîner soit un arrêt total du
en
système jusqu'à réparation, soit l'arrêt de certaines fonctions ou soit aucun arrêt
CN
c (lorsqu'il a une redondance par exemple) . Pour certains systèmes, des modes de
S fonctionnement dits dégradés sont prévus pour que le maximum de fonctions possibles
c soit assuré en attendant la réparation des composants . Pour cela, le système prend une
configuration spécifique, ce changement peut être fait automatiquement ou par un
CD
> opérateur.
r^
oco o Maintenance des composants endommagés : la réparation d'une panne est l'oeuvre
d'équipes de maintenance . La rapidité d'intervention, la qualification et le nombre du
oo
personnel chargé de la maintenance sont autant de facteurs qui influent fortement sur
CD
le temps de réparation et donc sur l'indisponibilité du système . Différentes stratégies
de réparation sont possibles et sont directement reliées aux coûts d'exploitation du
système (le composant est réparé au repos ou lorsqu'il est en marche, le composant
peut être remplacé par un autre puis réparé ultérieurement) .
o Remise en service : une fois la maintenance terminée, le système peut revenir dans sa
configuration initiale . Selon les contraintes de fonctionnement des équipements, un
certain temps est nécessaire au système pour arriver dans son mode normal de
fonctionnement . Par exemple dans le cas où le réseau de transport d'électricité
s'écroule (panne généralisée du type « Blackout »), le redémarrage se fait par zones .
Une fois les zones redémarrées, elles sont synchronisées puis interconnectées entre
elles . Le temps de remise en service constitue aussi un point clé pour la réduction de

26
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

l'indisponibilité du système en particulier pour les systèmes complexes, où les


procédures de remise en service sont longues .

Tous les points décrits ci-dessus constituent des éléments indispensables pour évaluer
l'indisponibilité d'un système lors d'incidents .
I.3.2.3 Combinaison de défaillances

Les conséquences d'une défaillance sont parfois mineures, c'est-à-dire qu'elles n'entraînent
pas de défaillance d'une fonction du système . Par contre, l'apparition d'une seconde
défaillance consécutive peut avoir des conséquences plus graves. L'apparition de ces
combinaisons de défaillances peut se produire dans plusieurs situations .
I.3.2.3.1 Défaillance d'ordre n

CD
OO Une deuxième défaillance se produit lors de la période de maintenance du ou des composants
CM
c=3 endommagés lors de la première défaillance . La fréquence d'une telle combinaison est
en
—) beaucoup plus faible qu'une défaillance d'ordre 1, puisque le 2 événement se produit
ème

pendant la période de maintenance par opposition à une défaillance d'ordre 1 qui se produit
c
ow sur la durée totale de fonctionnement du système . Si la conséquence est lourde, cette
combinaison peut ne pas être négligeable . On détermine une limite d'ordre à partir de laquelle
r^
oco on considère négligeable l'impact des séquences d'ordre supérieur .
g I.3.2.3.2 Défaillance seconde
oo
CD Une défaillance seconde est une défaillance dont la cause est la défaillance (première) d'un
autre composant . Ce phénomène peut être aussi à l'origine de défaillances dites en cascade
dans la mesure où les défaillances secondes entraînent d'autres défaillances secondes . Un
exemple de ce type de défaillances en cascade est le déclenchement de protections de
surcharge sur le réseau de transport d'électricité : à l'origine, un court-circuit fait déclencher
les protections d'une ligne, le réseau étant maillé continue de fonctionner mais les flux de
puissance sur certaines lignes sont beaucoup plus importants et vont faire déclencher les
protections de surcharge de ces lignes, ainsi on a de moins en moins de lignes et de plus en
plus de protections de surcharge qui déclenchent . Les lignes sont ainsi mises hors tension en
cascade .

27
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.3.2.3.3 Défaillance « cachée »

La première défaillance n'est pas détectée et donc pas réparée . C'est ce que l'on appelle une
défaillance « cachée» (venant de l'anglais «hidden failure») . La deuxième défaillance se
produit ensuite . Comparée à une défaillance d'ordre 2, la fréquence de ce type de
combinaison est beaucoup plus élevée puisque la deuxième défaillance peut se produire
pendant le reste du temps de fonctionnement du système . De plus, les conséquences sont plus
graves puisque la défaillance « cachée » et la seconde défaillance se produisent presque
simultanément . Ainsi, ce type de combinaison a en général un impact non négligeable . On
peut citer comme exemple celui des défaillances « cachées » des systèmes de protection dans
les réseaux de transport : une panne dans le système de déclenchement d'un disjoncteur fait
que lorsqu'un court-circuit se produit dans une zone autre que celle concernée par le
disjoncteur défectueux, ce dernier va déclencher et ainsi éliminer une ligne « saine » . Ainsi,
CD
OO deux lignes sont mises hors tension . Ce type de défaillance est à l'origine de nombreux
CN
cD incidents graves sur les réseaux de transport .
CD
1.3.2.3.4 Défaillances de cause commune

CCD En général, les défaillances des composants sont supposées être indépendantes du point de
uen
CD vue probabiliste . Parfois, une cause de défaillance peut affecter plusieurs composants
>

r^ simultanément . Le caractère simultané de ces défaillances fait que les conséquences sont plus
oco graves que si ces défaillances se produisaient à des moments différents .
en
co
oo
i
CD Plusieurs causes sont à l'origine de ces défaillances :
o Les agressions de l'environnement (mauvais temps, corrosion, humidité, ...) : chaque
facteur susceptible d'avoir une influence sur les composants doit être envisagé . Si les
seuils limites de ces facteurs peuvent être atteints par les agressions de
l'environnement, l'évaluation des conséquences d'une telle situation doit être faite .
o Les défauts de fabrication (au cours de la fabrication de certains éléments qui
composent le système) : les contrôles de qualité des produits sont censés éviter ce
genre de défauts, malgré cela, certains défauts ne seront mis en évidence que lorsque
les produits seront mis en exploitation . L'évolution des produits d'un fabricant
constitue aussi une source de défauts dans la mesure où le changement de certaines
caractéristiques secondaires d'un produit (censé être une amélioration du produit) va
causer certains problèmes non envisagés lorsqu'il sera mis en service .
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Les erreurs de conception, de montage et d'exploitation (elles sont relatives aux


erreurs humaines) : les erreurs de conception peuvent être un composant non adapté à
l'utilisation dans le système considéré, une architecture du système présentant des
points critiques (comme un composant alimentant plusieurs sous systèmes, la
défaillance de ce composant peut être fatale pour tout le système), un composant
complexe du point de vue exploitation (susceptible de générer des mauvais diagnostics
de la part de l'opérateur), des mesures visant à améliorer la sûreté d'un composant
mais entraînant d'autres problèmes . L'utilisation de la sûreté de fonctionnement au
stade de la conception permet de limiter ce genre d'erreurs .

Des essais de fiabilité de composants dans différentes conditions d'exploitation peuvent


permettre de déterminer l'influence de certains facteurs . Mais les essais de fiabilité ne
en
représentent pas en général les réelles conditions d'exploitation . Dans ce cas, les mesures de
CN
fiabilité des composants en exploitation fournissent de bien meilleures estimations . Les
S erreurs de fabrication, conception, montage et exploitation sont difficilement quantifiable du
co fait la dépendance importante de facteurs humains.
I.3.2.4 Recensement des séquences d'événements
C>D
[vj A partir de l'analyse des modes de défaillance qui fournit les modes, leurs causes et leurs
r-
° effets, il faut envisager toutes les séquences d'événements susceptibles de se réaliser . Pour
en
oo cela diverses approches sont possibles .
I.3.2.4.1 L'arbre de défaillances

A partir d'un événement non désiré, l'arbre « remonte » à toutes les causes directes possibles
et ainsi de suite jusqu'à des événements de base (dont on explicite pas la cause) . On identifie
ainsi toutes séquences d'événements menant à un événement choisi . L'arbre de défaillance est
représenté par une structure arborescente (Figure 3) comportant les événements (représentés
par les entités El, E2, ...) reliés par des portes logiques (ET, OU, ET avec condition, OU
avec condition, SI, ...) .

29
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Figure 3 : Structure d'un arbre de défaillance


CD
OO I.3.2.4.2 L'arbre de conséquences

CN
cD Le raisonnement employé pour cette méthode est « l'inverse » de l'arbre de défaillance . On
CD
part d'un événement dit initiateur puis on envisage toutes suites possibles chronologiquement
jusqu'au retour à l'état normal du système .
CCD
en D , G
CD
> G
B

r^
oco A
D

en
co
E H

oo B
H
i E
CD

Événement
initiateur
F
C
J
F
A J

Figure 4 : Structure d'un arbre de conséquences

Partant de l'événement initiateur, le comportement du système face à cette défaillance se


décompose en plusieurs étapes . A chaque étape, on envisage le bon déroulement de l'étape
(sur la Figure 4, événement A) ou le mauvais déroulement (événement À) . Les événements
initiateurs sont choisis comme étant toutes les défaillances premières susceptibles de se
produire .
30
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

I.4 Les méthodes de quantification de la sûreté de fonctionnement

1.4.1 Objectifs
La méthode de calculs de sûreté doit, à partir des modes de défaillances et du comportement
du système, modéliser les divers événements que le système peut subir et ainsi déduire les
indices de sûreté de fonctionnement comme représenté sur la Figure 5 . Pour quantifier la
sûreté de fonctionnement d'un système, il faut tout d'abord se poser la question « que veut-on
quantifier ?» . Par exemple, s'il s'agit d'un système où l'on veut à tout prix éviter un certain
risque, on va s'intéresser à quantifier la fiabilité du système qui représente la probabilité pour
que le système fonctionne sans incident durant sa durée de fonctionnement et comparer la
valeur obtenue à une valeur considérée comme acceptable . A l'inverse si, d'expérience, on
sait que le système va subir des interruptions, on va chercher à connaître le nombre moyen
CD
OO d'interruptions et la durée moyenne d'indisponibilité . Une fois les indices de sûreté du
CN
cD système définis, il faut choisir une méthode de calcul adaptée aux défaillances du système .
CD Une étape de recherche de données de fiabilité des composants du système que l'on modélise
donne les paramètres d'entrée du modèle de calcul .
CCD
en
C
>D Connaissance des défaillances Comportement du système

r^
oco
• M o d e s de défaillances

• C o n s é q u e n c e s des défaillances
1 • Détection des p a n n e s

1 • C h a n g e m e n t de configuration d u s y s t è m e

en
co • Lois de probabilité a s s o c i é e s aux 1 • Réparation

oo défaillances
1 • R e m i s e en s e r v i c e a p r è s un incident

i
CD

Hypothèses

Pour c h a q u e m o d e de défaillance :
• Choix des indices de sûreté • H y p o t h è s e s de départ
• Taux de défaillance X o u y
• Choix de la m o d é l i s a t i o n • A p p r o x i m a t i o n s d u e s à la m é t h o d e
• Taux de réparation ^

Figure 5 : les étapes préliminaires nécessaires aux calculs de sûreté de fonctionnement

31
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.4.2 Données de sûreté de fonctionnement


1.4.2.1 Collecte des données de sûreté de fonctionnement

Les données de sûreté de fonctionnement concernent les valeurs des paramètres des lois de
défaillance en fonctionnement, de réparation et de défaillance à la sollicitation des
composants du système . L'obtention de ces valeurs se fait de deux manières :
o Les essais de fiabilité, qui consistent à mener des essais sur plusieurs composants
identiques et à évaluer soit les instants de défaillance (test de type I : l'essai est arrêté
au bout d'un temps T), soit le nombre de défaillance (test de type II : l'essai est arrêté
à partir d'un certain nombre de défaillances observées) . Dans un test de type I, une loi
de probabilité associée au taux de défaillance est déterminée . Dans le cas du test de
type II, le taux de défaillance est considéré comme constant et on fournit un estimateur
§ de ce taux . Le défaut de ces essais est qu'ils n'arrivent généralement pas à reproduire
oCM
c=3 les conditions réelles d'exploitation des composants et que leur coût est assez élevé .
en
—) o Les recueils de données en exploitation, qui fournissent les statistiques des
défaillances des composants en exploitation . Il existe plusieurs banques de données
ocw correspondant à divers systèmes industriels comme les équipements des centrales
nucléaires, le matériel militaire ou encore les plates-formes pétrolières off-shore .
o
co Ces données issues des essais de fiabilité ou de recueils de données sont en général très
difficiles à obtenir puisqu'elles font souvent l'objet de confidentialité . Pour les systèmes
récents, les retours d'expérience ne sont pas suffisants pour bien caractériser les défaillances
des nouveaux composants .
1.4.2.2 Lois de probabilité des paramètres

Pour les composants électroniques, les taux de défaillance ont une allure de courbe en
baignoire (comme sur la Figure 2) . Pour les composants mécaniques ou électromécaniques,
on considère que ceux-ci ont un taux de défaillance constant dans la mesure où la mise en
place de périodes de mise en service et de maintenance des composants permet d'éviter les
défauts de fabrication et l'usure des composants . Ainsi, on utilise souvent pour la réparation
des composants la loi log-normale (voir ci-dessous), qui modélise bien les différentes valeurs
que peuvent prendre le temps de réparation d'un composant . On présente, pour différentes
lois utilisées dans la sûreté de fonctionnement, l'expression de la densité de défaillance U(t),

32
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

de la défiabilité (1-R(t)), du taux de défaillance A(t) et le temps moyen de fonctionnement


MTTF .
I.4.2.2.1 La loi exponentielle (un paramètre À)

Densité de Temps moyen de


Défiabilité Taux de défaillance
défaillance fonctionnement

U(t) = À- e 1 - R(t) = 1 - e A(t) = À MTTF = 1

À
- À - t - À -1

U(t) 1-R(t) A(t)

À À

CD
OO
CN
CD
CD
Notons que pour la loi de probabilité exponentielle, le taux de défaillance est égal à À et la
CCD moyenne de la loi, c'est-à-dire le temps moyen de fonctionnement, est égal à 1/À . Le
en paramètre À de loi se confond avec le taux de défaillance A . On emploiera souvent le terme À
C
>D
pour qualifier le taux de défaillance A (et respectivement p pour le taux de réparation . Les
r^
oco
en simplifications induites par cette loi font qu'elle est très souvent employée pour les calculs de
co
oo sûreté de fonctionnement .
i
CD
I.4.2.2.2 La loi normale (deux paramètres p et o)

Taux de Temps moyen de


Densité de défaillance Défiabilité
défaillance fonctionnement

^ (,-P)
f ,-p 1 rt
A(t) = MTTF = p
2

U(t) = 1 R(t) = -[ e dt
1 1 2
2
1 -e 2 1 o 2 o 2
U ( , )

R(t)
2n cv 2n
J

ov

1-R(t)

0.5

p P P

33
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

I.4.2.2.3 La loi log-normale (deux paramètres p et o )

Taux de Temps moyen de


Densité de défaillance Défiabilité
défaillance fonctionnement

@ 1 ( lnt-p
1 R(t) = 1 _ • f e
1 t @ (lnt-p) 2

dt A(t) = R(t) 1
P+-CT2
U(t) = ' •e 2 1 J 2 ° 2
U ( t )
MTTF = e
2

o-1•V2n o/cn t
o
2
J o

1-R(t) A(t)

en
o I.4.2.2.4 La loi de Weibull (trois paramètres p , Y et o )
o
CN Taux de
cD Temps moyen de
Densité de défaillance Défiabilité
CD défaillance fonctionnement

U(t) =p " f - e ( ? )' 1 - R(t) = 1 - eJ Mrj MTTF = r + o - r ^


p
C (t - ! A(t) = P ( t - Y ) P - 1
1 + p j
0
en
1 o j
o p

C>D
r^ U(t)
o 1-R(t)

co
en \p=o? ,
co
o
Y =4
o1
0.5
CD • '

o t - Y o t - Y
o t - Y

I.4.2.3 Estimation des paramètres

Dans le cas où on considère les taux À (défaillance selon une loi exponentielle), p (réparation
selon une loi exponentielle) et Y (selon une loi binomiale) constants, des estimateurs de ces
taux sont :

à = - Nombre de défaillanc es Nombre de défaillances


Y = Nombre total de sollicitations
Nombres de réparation
Temps cumulé de fonctionnement P =
Temps cumulé de réparation

34
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.4.3 Réduction du système


I.4.3.1 Réduction du nombre de composants

Lorsque le système comporte un grand nombre d'éléments, il peut être très intéressant de
former des équivalents analytiques de groupes d'éléments afin de réduire le nombre de
composants à modéliser et donc la complexité du modèle de sûreté du système.

Un groupe de composants peut être modélisé par un composant équivalent lorsque le


fonctionnement du groupe de composant n'est pas dépendant du reste du système. Dans ce
cas, les équivalents analytiques (méthode détaillée dans le paragraphe 1.4.4) sont utilisés afin
de déterminer les taux de défaillances équivalents des différents modes de défaillance et les
taux de réparation associés. Ce type de réduction du nombre de composants est très utile
OO
CD
lorsque l'on modélise le système par une méthode utilisant des graphes de Markov ou la
CM
c simulation Monte Carlo (méthodes présentées dans les paragraphes 1.4.5 et 1.4.6).
I.4.3.2 Etude d'une partie du système

Dans une certaine mesure, il est possible d'étudier une partie du système. Pour l'exemple des
w réseaux électriques, le système se découpe en plusieurs niveaux qui sont le réseau de
C>D
transport, les réseaux de distribution moyenne tension et les réseaux de distribution basse
en tension [ALL 00]. Considérant un quelconque système, ses différentes parties sont toujours en
oi interaction :
o o Soit la fiabilité de l'une influence celle de l'autre et l'inverse est négligeable.
o Soit les deux parties sont en forte interaction, celles-ci ne peuvent s'étudier
séparément.
Zone 1 |

^ S
Zone 2 Zone 3

Figure 6 : exemple de différentes parties en interaction d'un système

Par exemple, sur la Figure 6, si l'on veut étudier la zone 1, il faut déterminer l'influence de la
zone 2 sur la zone 1 (en calculant un équivalent analytique de la zone 2). La zone 3, ayant une
influence négligeable, n'est pas considérée.

35
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.4.4 Méthode des équivalents analytiques


Une fois les séquences de défaillance recensées, le principe des équivalents analytiques est de
quantifier ces diverses séquences en terme de probabilité d'occurrence durant la durée de
fonctionnement (si l'on veut quantifier la fiabilité du système) ou d'indisponibilités et de
fréquences d'interruptions moyennes (si l'on s'intéresse à l'indisponibilité du système).

On fait l'approximation que les taux de défaillance sont petits devant les taux de réparation.
Ainsi, pour le calcul de l'indisponibilité et de la fréquence d'apparition des événements, on
dispose des formules suivantes :

o Pour un événement pouvant se produire sur une durée D (T étant le temps de


œ fonctionnement du système) :
o
Fréquence d'apparition F = moyenne de la loi = À —D (II.7)
0

d T

o / x = F • durée moyenne de réparation = À D


Indisponibilité ID(œ) (II.8)
M- T

c
CD o Pour un événement pouvant se produire au cours de N sollicitations :
r^
og
s

F = moyenne de la loi = Y • N s

§ (II10)
~CD ID(~) = y N ^
M
(II11)

o Pour le calcul de la fiabilité du système, on fait l'approximation que les défaillances


suivent une loi de probabilité exponentielle et donc, si A est le taux de défaillance
global du système, la fiabilité est :
R(t) - e - A t (II. 12)
o Notons aussi, que du fait que les lois sont exponentielles, le taux de défaillance A, le
paramètre À de la loi et la moyenne de la loi exponentielle e sont égaux.
t

36
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Ainsi, au moyen de ces formules, on quantifie l'indisponibilité ID et la fréquence i

d'apparition F pour chaque séquence i recensée . Les indices globaux du système s'obtiennent
i

de la façon suivante :
F= ~A
ID = ^ ID i

R(t) - e -A t

Dans les paragraphes suivants, on traite quelques exemples simples .


I.4.4.1 Cas de deux éléments en « série »

À1, p i À2, p2

CD Figure 7 : Système composé de 2 éléments en série


OO
CN
cD
Les 2 composants doivent fonctionner pour que le système fonctionne . On recense deux
CD séquences qui mènent à une interruption du système :
C0 o Le composant 1 tombe en panne durant sa durée de fonctionnement: le système
en fonctionne à nouveau lorsque le composant 1 est réparé .
C>D
o Le composant 2 tombe en panne durant sa durée de fonctionnement : le système
r^
oco fonctionne à nouveau lorsque le composant 2 est réparé .
en
co
oo
1
CD Ainsi, on obtient :
o F = F1 + F2 =À1 +À2
o ID = IDj + ID À + À, 2
P1 P 2
o R(t) = e -(À1+À2)t

I.4.4.2 Cas d'un élément avec un secours

À1, pi

À2, p2
Figure 8 : système composé d'un composant pouvant être secouru par un autre

37
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Le système est composé d'un composant (composant 1) qui, lorsqu'il est en panne, est
secouru par un 2 composant (composant 2). La défaillance du système se produit lorsque le
ème

composant 2 tombe en panne. Cette panne se produit pendant la réparation du composant 1,


ainsi on affecte le taux de défaillance du composant 2 avec un coefficient représentant la
proportion de temps pendant laquelle la défaillance de 2 peut se produire. Rappelons que
l'indisponibilité représente la proportion de temps où le composant est en réparation.
Autrement dit, la proportion de temps pendant laquelle la défaillance du composant 2 peut se
1
produire est -
P1
Le temps moyen de rétablissement du système est la moyenne du temps entre la défaillance
du composant 2 et la réparation du composant 1. Comme les taux sont constants, l'instant de
CD défaillance du composant 2 est aléatoire au cours de la période de maintenance — , ainsi le
OO P1
CN
cD
temps moyen est donc — — . 1

CD
2-p,
C0 Les indices du système sont donc :
en F= À,
C>D "
P1
r^
oco
en o ID = À, • À-,
co 2- p 1 2

oo
1 -A-1
À1 - À 2
CD
o R(t) - e P1

I.4.4.3 Cas de deux éléments redondants

Figure 9 : Système composé de 2 éléments en parallèle

Au moins un des deux composants doit fonctionner pour que le système fonctionne. Ainsi,
pour que le système subisse une interruption, il faut que les deux composants tombent en
panne.
38
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Deux séquences sont possibles :


o Le composant 1 tombe en panne, puis, pendant que 1 est en réparation, le composant 2
tombe en panne : le système fonctionne à nouveau lorsque le composant 1 est réparé .
o Le composant 2 tombe en panne, puis, pendant que 2 est en réparation, le composant 1
tombe en panne : le système fonctionne à nouveau lorsque le composant 2 est réparé .

Les indices globaux sont :


o F = F + F = X • — •X + X • — -X, =' 1X •X2 •R—1 + — 1 >
1 2 1 2 2 1
P1 P
V

V1 2 J P P

•X r 1 1
o ID = ID + ID = X • — •X — — + X • — •X — — x 1 2

2 +2 •
2
1 2 1 2 2 1

P1 •P1 P2 • p2 2 2 VP 1 P 2 J
2 2

-XX •[ —+— k
en
r 2

oo o R(t) - e - A t -e - 1P1 P2

CN
cD
Il est important de préciser que les calculs utilisés pour un mode de défaillance en
CD
fonctionnement nécessitent la connaissance de la durée D sur laquelle l'événement peut se
C0 produire. Lorsque l'on a un système avec un mode de fonctionnement normal et plusieurs
en
C>D modes de secours (ou dégradés), avec l'hypothèse des taux de défaillance petits devant les
r^ taux de réparation, la probabilité que l'état soit dans son fonctionnement normal est proche de
oco 1. On étudie donc le système dans son mode de fonctionnement normal et la durée D pour
en
co
oo laquelle peut se produire une défaillance première est égale à la durée totale de
1
CD fonctionnement du système.

Lorsque le système comporte plusieurs modes de fonctionnements normaux dont la


probabilité n'est pas négligeable devant 1, le problème est différent. Il faut
o Déterminer, pour chaque mode i, la probabilité P que le système soit dans ce mode. i

o Effectuer un modèle de sûreté pour chaque mode de fonctionnement normal.

Le calcul des valeurs des probabilités P demande parfois de faire appel à une autre méthode.
i

Dans certains cas, lorsque les modes de fonctionnements sont nombreux ou trop complexes
pour déterminer les valeurs de P , il est préférable d'employer une méthode plus adaptée,
i

comme les graphes de Markov ou les simulations Monte Carlo décrites dans les paragraphes
suivants.

39
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.4.5 Graph es de Markov


Le principe des graphes de Markov est de représenter tous les états du système (états des
composants et mode de fonctionnement du système) et toutes les transitions possibles entre
ces états. La transition d'un état i vers un état j est la probabilité que le système, étant dans
l'état i à l'instant t, passe à l'état j à l'instant t + dt. Sur la Figure 10, la transition de l'état 1
vers l'état 2 est la défaillance du composant 1, ainsi le taux de transition de l'état 1 vers 2 est
par définition le taux de défaillance
1 en panne
2 en bon état

en
oo
1 en bon état
2 en bon état
1 en panne
2 en panne

CM
c
en
co 1 en bon état

w 2 en panne

C
>D Figure 10 : Graphe d'un système à 2 composants
r^
oco
en
co Si on évalue la probabilité d'occupation Pi de l'état i à l'instant t + dt, on a (les coefficients a ji

oo représentent le taux de transition de l'état i vers l'étatj et p est le nombre d'états du système) :
CD

P (t + dt) = P[le système est dans l'état i à l'instant t et y reste]


i

+ P[le système est dans l'état j à l'instant t et passe dans l'état i à t + dt]

Pi(t + dt) = Pi(t)- 1 - 2 ijdt + 2 Pj-ajidt


a

40
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

En posant : a = - Z a dt, on obtient :


ii iJ

dP (t + dt)
Zj=1 J • a ,
i

dt P d t

Pour la résolution de ce système, on fait l'approximation que les transitions sont des lois de
probabilité exponentielle, autrement dit, les taux de défaillance et de réparation sont supposés
constants. Le système ainsi défini est un système d'équations différentielles d'ordre 1 qui se
met sous la forme matricielle suivante :

dP (t + dt) dP (t + dt) dPp (t + dt)


[P1 (t) P2 (t)... Pp (t)] •
1 2

dt dt dt
CD 11 ... 1 p
OO
a a

ou
CN
cD p1a ... p p a

CD
C0 dP = 0. Ainsi, on peut résoudre simplement le système suivant
En régime stationnaire, on a —
en dt
C>D
["]• P = 0
r^
oco n

en sachant que Z P = 1 i

co
oo
=1

1
CD

La résolution de ce système d'équations donne les probabilités asymptotiques d'occupation


des états du graphe. Connaissant les probabilités Pi, les indices du système sont :
o F Z Z x, • P
états de fonctionnements i V états de pannes j J

o ID = Z P i
états de pannes i

o R(t) - e - A t

41
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

1.4.6 Simulation Monte Carlo


I.4.6.1 Principe

Les techniques de Monte Carlo ont été utilisées depuis plusieurs siècles, même si ce n'est
qu'après la seconde guerre mondiale qu'elles ont acquis un véritable statut de méthode. Le
principe de la méthode par simulation Monte Carlo est de simuler la « vie J du système au
cours de sa période de fonctionnement. Plusieurs échantillons sont nécessaires pour
déterminer de façon statistique les indices de sûreté de fonctionnement du système. Les
résultats donnés par cette méthode ne sont pas les solutions numériques exactes mais des
intervalles de confiance les contenant avec une probabilité donnée.

en
oo
Etat initial

CN
cD Première défaillance

CD
Nouvel état
des composants
C0
en Analyse du système
C>D
r^
oco
Comptabilisation
Des indices
en
co
oo
1 t > T
Fin de l'échantillon
CD

n = N Résultats
• Moyenne des indices
• Intervalles d e c o n f i a n c e

Figure 11 : Algorithme d'une simulation Monte Carlo

Au cours d'un échantillon, les événements sont tirés de façon aléatoire selon leur loi de
probabilité. Ensuite, de façon chronologique, le système est analysé à chaque nouvel
événement, afin de déterminer s'il fonctionne ou non (Figure 11). Les indices sont ensuite mis
à jour. L'atout de cette méthode est que l'on peut modéliser n'importe quelle loi de
probabilité, contrairement aux méthodes précédentes où l'emploi de lois de probabilité
exponentielles est nécessaire pour le calcul des indices de sûreté du système.

42
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour modéliser le système, il faut décrire, d'une part, le fonctionnement des composants et,
d'autre part, le fonctionnement du système. Pour un composant, on peut établir différents
modèles de fonctionnement suivant la façon dont il est employé. On représente quelques
exemples Figure 12.

Modèle à 2 états Modèle avec un état de repos

Etat de
Repos
marche
Etat de
marche

Tirage du temps
Tirage d u temps Tirage du temps
de panne
de réparation d e panne Tirage du temps
de réparation

en
o Etat de
o
CM panne
Etat de
c=3 panne

en
—)

Modèle avec un état de repos et un taux de


Modèle avec une défaillance à la mise en service
c0 défaillance à l'arrêt
'co
C
>D Etat de
Sollicitation
h-"
h- Repos
Etat de
marche
marche

o
00
CD
Repos

OO
CO
Tirage du t e m p s Tirage du t e m p s Tirage du t e m p s
Tirage du temps

1 d e réparation d e panne d e panne Tirage du temps


de réparation
de panne

CD

Etat d e
panne
Etat de
panne

Figure 12 : modèles de fonctionnement d'un composant

La description du système doit, à chaque événement, décrire le comportement du système


face aux défaillances à savoir toutes les étapes de :
o Détection de la panne
o Diagnostic de l'état du système
o Changement de mode de fonctionnement
o Maintenance des composants endommagés
o Remise en service
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Cette description regroupe ainsi la détermination de l'état du système après un événement et


les éventuelles actions correctrices. Cette description constitue la difficulté majeure de cette
méthode puisque chaque système possède une façon de fonctionner bien spécifique.
I.4.6.2 Modélisation du système avant résolution

Le modèle de fonctionnement du système (regroupant les modèles de composants et le


comportement du système) peut se décrire par des réseaux de Petri ou bien directement par la
programmation d'un code informatique.
I.4.6.2.1 Les réseaux de Petri

Un réseau de Petri est un graphe d'état dans lequel on retrouve des états et des transitions
auxquelles sont affectées des lois de transitions. Les lois de transitions peuvent être des lois
de probabilités de toute sorte ou des délais constants. L'état du graphe est marqué par un
CD
OO « jeton J qui se trouve dans un des états du graphe. On peut affecter aux transitions :
CN
cD o Des équations « d'entrée J : pour que la transition soit valide il faut que les conditions
CD imposées sur les variables soit vérifiées.
,<1 o Des changements de variables : lorsque la transition est validée, les valeurs de
o certaines variables sont modifiées.
uwCD
>
o Ce couplage de réseaux de Petri avec des variables permet d'une part de faire fonctionner
plusieurs réseaux de Petri simultanément (les différents graphes interagissent entre eux) et
d'autre part de faire évoluer les réseaux de Petri en fonction de variables représentatives du
"CD
système.

Sur la Figure 13, on trouve un modèle pour décrire un générateur. On distingue trois états (en
fonctionnement, en maintenance et au repos). Une loi exponentielle est employée pour la
transition de l'état de fonctionnement à l'état de panne, une loi log-normale est utilisée pour
la réparation, une loi « sollicitation J pour le démarrage du générateur et enfin une loi dirac
(délai constant) pour l'arrêt du composant.

44
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Marche

Entrée : --
Défaillance! Loi : exp (-Xt)
Sortie : a «-1
b- 0
Variables d ' é t a t d u c o m p o s a n t
Entrée : --
•a : vaut 1 lorsqu'il y a défaillance sinon 0
| Loi : dirac t=0
Entrée : d = 1 •b : vaut 1 lorsque le composant est en marche sinon 0
Sortie : a <-1
Loi : p = Y b- 0 Entrée : c = 1
Variables de c o m m a n d e d u c o m p o s a n t
Sortie : b—1 Arrêt | Loi : dirac t •c : vaut 1 pour l'ordre d'arrêt
d- 0 Défaillance Sortie : b <- 0 •d : vaut 1 pour l'ordre de démarrage
c—0

Sollicitation Entrée : --
Réparation exp (-pt)
Sortie : a — 0

Repos

CD
OO Figure 13 : exemple d'un réseau de Petri pour modéliser un composant
CN
CD
~3
CD Des variables dites de « commande J du composant sont affectées aux entrées des transitions
C0 d'arrêt (ordre d'arrêt qui valide la transition) et de démarrage (ordre de démarrage qui valide
en la transition). Des variables dites «d'état» du composant sont modifiées lors des
C>D
changements d'état du composant (changements effectués en sortie d'une transition) : cela
r^
oco permet de définir l'état du composant et d'utiliser cette information par d'autres réseaux de
en
co Petri. Lorsque le démarrage du générateur échoue, un état et une transition sont rajoutés afin
oo
1 de modifier les variables d'état du composant.
CD

Pour décrire le comportement global du système, on définit un réseau de Petri


«gestionnaire» qui, en fonction des variables caractérisant l'état des composants, définit
l'état du système et les actions associés à cet état (ordre d'arrêt, de démarrage, ...). La Figure
14 présente un réseau de Petri « gestionnaire » d'un système composé de 2 générateurs G1 et
G2 alimentant une charge. Les modèles de composants sont les mêmes que celui défini sur la
Figure 13. Les transitions sont uniquement des lois dirac conditionnées en entrée par les
variables d'état des composants. En sortie des transitions, les variables de commande des
composants sont modifiées afin d'agir sur les composants.

45
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Mode normal

Groupe électrogène Groupe électrogène


G1 de secours G2

a1,b1,c1,d1 a2,b2,c2,d2

CD Figure 14 # exemple d'un réseau de Petri « gestionnaire » pour modéliser le comportement d'un système

L'utilisation de réseaux de Petri implique l'existence d'un logiciel qui gère la simulation
Monte Carlo de réseaux de Petri. Selon la nature des transitions disponibles, des variables
disponibles (booléennes ou continues) et des possibilités d'effectuer des calculs sur les
variables, la description du fonctionnement du système peut être difficilement modélisable.
D'autre part, selon la grandeur et la complexité du système, la modélisation en réseaux de
Petri peut être très complexe. Il est donc parfois préférable de programmer le fonctionnement
complet du système par un code informatique.

46
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

I.4.6.2.2 Le codage informatique

Les fonctionnements des composants et du système peuvent être directement codés par un
langage informatique. On définit des matrices d'état des composants, des variables
caractérisant le système, des algorithmes d'analyse du système pour définir la réaction du
système lors d'incidents. Le code informatique reprend ainsi la structure de l'algorithme de
Monte Carlo (Figure 11). On distingue trois grandes étapes dans le code qui sont :
o Définir l'état du réseau à partir des états des composants.
o Analyser l'état du système.
o Déterminer les comportements du système.

Pour certains systèmes, la programmation d'une telle application peut être assez longue.
Cependant, l'utilisation d'un code offre une grande souplesse d'utilisation :
o
o Utilisation d'algorithmes.
§ o Manipulation de variables continues.
o Couplage de l'application avec des modules de calculs déjà existants.
o I.4.6.3 L'algorithme Monte Carlo
tn
Une fois le modèle du système défini, l'algorithme de Monte Carlo simule le système sur sa
o période de fonctionnement. A chaque fin d'un échantillon, les indices de sûreté sont stockés.
Les résultats obtenus sont les indices moyennés sur l'ensemble des échantillons (voir Figure
§ 15).

0.164

1 2001 4001 6001 8001 10001 12001 14001 16001 18001

Echantillons

Figure 15 # convergence de la fréquence d'interruption moyenne d'un système lors d'une simulation
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Lorsque les taux de défaillances sont supposés constants, le nombre de défaillances est
distribué suivant une loi de Poisson. Dans ce cas on peut déduire un intervalle de confiance
pour la fréquence d'interruptions F :
o On se fixe un niveau de confiance (1-a), a représentant la probabilité que la valeur de
F ne soit pas dans l'intervalle de confiance.
o L'intervalle de confiance est ainsi :
X1 a
1
a

F = Fmoy nn ±
e e
2

Où a est l'écart type, N le nombre d'échantillons et X le quantile.

Ayant accès à tous les événements qui ont été simulés, il est également possible de
en
o représenter les distributions des divers indices et ainsi d'avoir des informations
cn complémentaires sur les défaillances du système.
cD
CD 1.4.7 Analyse des méthodes de calculs
Plusieurs aspects de fonctionnement d'un système sont délicats pour la quantification de la
o
'w sûreté de fonctionnement :
CD

o Le comportement du système face aux défaillances, qui peut être plus ou moins
o complexe.
o o Le nombre important de composants, qui rend certaines méthodes lourdes à appliquer.
CD o Les divers modes de fonctionnement normaux, qui nécessitent pour certaines
méthodes de définir plusieurs modèles de sûreté.
o Les événements d'ordre n (certaines méthodes imposent une limitation d'ordre).
o Les événements liés au temps (comme la décharge d'une batterie au cours de son
utilisation).
o Les événements liés à des variables du système (comme une configuration du système
où l'augmentation de la température du système pendant un certain temps qui
détériore un composant).
Les méthodes de sûreté citées précédemment présentent des avantages et des inconvénients en
matière de simplicité, de rapidité de calculs et d'adéquation à modéliser des systèmes
complexes. Dans les paragraphes suivants, les performances de chaque méthode sont
analysées.

48
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

I.4.7.1 Equivalents analytiques

Performances
En admettant l'hypothèse des lois exponentielles, les calculs sont simples. Ces

Simplicité d'utilisation derniers peuvent néanmoins être assez longs du fait du nombre important de
séquences à évaluer.

Rapidité de calculs Très rapide.

Modes de fonctionnement Il faut déterminer la probabilité d'occupation des différents modes de

normaux fonctionnement et effectuer un modèle de sûreté pour chaque mode.

Afin de limiter le nombre de séquences, on pose une limite d'ordre (hypothèse

Evénements d'ordre n largement vérifiée puisque la probabilité des événements d'ordre n décroît en

Ma) ).n

CD
OO Evénements liés au temps La méthode, effectuant ses calculs avec des variables moyennées dans le

CN
cD
temps, ne peut prendre en compte ce type d'événements.

CD Evénements liés aux A chaque combinaison du système, on peut associer des algorithmes de calculs
pour déterminer les variables du système et ainsi définir dans quelles mesures la

C0 variables du système séquence d'événements mène à une ou des interruptions.

en
C>D Description du Lorsque le comportement du système est complexe, Il est possible de
programmer un algorithme pour décrire les réactions du système suivant la
r^ comportement du système
oco défaillance qui se produit.

en
co
oo
1 I.4.7.2 Graphes de Markov
CD

Performances

La formalisation du modèle sous forme de graphe est assez intuitive. Par contre,

Simplicité d'utilisation le nombre d'états du graphe augmente très rapidement avec le nombre de
composants.

Rapidité de calculs Lorsque le nombre n de composants est important, le système d'équations à


résoudre est très important (2n inconnues).

Modes de fonctionnement Si les modes de fonctionnements ne sont pas trop nombreux, la méthode des

normaux graphes est très bien adaptée aux changements de fonctionnement du système.

49
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Evénements d'ordre n Pour éviter un graphe trop complexe, il est nécessaire d'imposer une limite
d'ordre.

Evénements liés au temps


Les graphes de Markov, étant une représentation discrète du système, ne

Evénements liés aux permettent pas de prendre en compte des variables continues.

variables du système

Description du Le modèle du système est constitué d'un seul graphe de Markov. Ainsi, lorsque
le comportement du système face aux défaillances est complexe, le graphe peut
comportement du système devenir très complexe, voir impossible à représenter sans approximations.

1.4.7.3 Simulation Monte Carlo

Performances

Simplicité d'utilisation La modélisation du comportement du système peut être assez longue à


programmer puisqu'il faut décrire tout le fonctionnement du système.

En fonction de la complexité du modèle, du nombre d'événements à simuler, du

Rapidité de calculs nombre d'échantillons souhaités et du logiciel utilisé, le temps de simulation peut
être assez long.

Modes de fonctionnement
normaux Par définition, tout le fonctionnement du système est défini. Les divers modes de
fonctionnement sont donc inclus dans le modèle.

Evénements d'ordre n

Evénements liés au temps La simulation du système est chronologique, il n'y a donc pas de problème à
prendre en compte des paramètres qui évoluent dans le temps.

Evénements liés aux Au cours de la simulation, des algorithmes spécifiques calculant ces variables
peuvent être mis en place. La prise en compte d'événements liés aux variables
variables du système du système n'est donc pas problématique.

Description du La description du comportement du système est décrite par un algorithme et ne

comportement du système pose pas de problèmes.

50
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

I.5 Synthèse
Le domaine de la sûreté de fonctionnement est, à l'heure actuelle, une discipline de plus en
plus attractive pour les industriels pour des questions de contrôle de risques, d'amélioration
de la disponibilité des systèmes et de réduction de coût tout en garantissant un niveau de
fiabilité. Depuis les années 40, la sûreté de fonctionnement s'est étoffée de multiples
méthodes qui permettent de contrôler la fiabilité des systèmes. Nous avons présenté les
notions de base de la sûreté à savoir les concepts de fiabilité et de disponibilité et les données
de fiabilité relatives aux composants.

Les étapes de l'analyse de sûreté de fonctionnement ont été détaillées :


o L'analyse qualitative dans laquelle l'analyste caractérise le système, ses composants,
en son fonctionnement et ses dysfonctionnements. De multiples méthodes existent à ce
sujet, nous n'avons présenté que quelques unes d'entre elles qui ont servi aux études
§ que l'on a menés. Les autres méthodes sont explicitées dans l'ouvrage de sûreté de
^ fonctionnement [VIL 88].
^ o L'analyse quantitative qui, à partir de données de sûreté sur les composants du
o
£CD système, doit modéliser les dysfonctionnements et ainsi déduire les indices de sûreté
- de fonctionnement. Le choix de la méthode de quantification dépend des
CD fonctionnalités plus ou moins complexes du système. Trois types de modèles de
fiabilité ont été explicités à savoir les équivalents analytiques, les graphes de Markov
o
CD
et la simulation Monte Carlo.

Afin d'exposer la mise en œuvre d'une étude de sûreté, un exemple simple est traité dans
l'annexe 1 où l'on s'est attaché à appliquer les trois méthodes de calculs de sûreté présentées.

Avant de traiter la sûreté des réseaux de distribution, nous allons, dans le chapitre suivant,
présenter les divers réseaux électriques afin de prendre connaissance des diverses notions en
matière de fonctionnement des réseaux et effectuer une analyse du fonctionnement et des
dysfonctionnements d'un système électrique.

51
CD
OO
CN
CD
~3
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Chapitre II
Les réseaux d'électricité
CD
OO
CN
CD
CD

C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Chapitre II
Les réseaux d'électricité

II.1 Introduction
Les deux caractéristiques fondamentales de l'énergie électrique sont :
o Son aptitude à se transmettre de façon quasi-instantanée sur l'ensemble d'un territoire
en se subdivisant en autant de petites quantités que voulues. Cela fait de l'énergie
électrique un moyen très fonctionnel en matière de transport d'énergie et de
consommation. C'est pour cela qu'aujourd'hui l'électricité est un vecteur
indispensable au développement d'une société.
o L'impossibilité, à l'heure actuelle, de stocker en grande quantité l'énergie électrique.
8 Cette contrainte est très importante pour l'exploitation de cette énergie puisque cela
cD
oblige à en permanence à assurer l'équilibre entre la production et la consommation.
CD
Les réseaux électriques font partie d'un ensemble plus vaste appelé « système électrique ».
o
'w Celui-ci se décompose hiérarchiquement en trois étages :
CD

o la production d'électricité, qu'on peut plus précisément définir comme la conversion,


en énergie électrique, des énergies primaires comme les combustibles fossiles, le
co
oCD o nucléaire,
Le réseau l'hydraulique
de transport etet des énergies dites renouvelables
d'interconnexion (le vent,
dont la fonction est dele relier
solaire,toutes
...). les
sources d'électricité et de transporter l'énergie, en grande quantité, sur l'ensemble du
territoire.
o Les réseaux de distribution qui acheminent, à partir d'un point de connexion au réseau
de transport, l'énergiejusqu'aux consommateurs.
En France, sont définis plusieurs niveaux de tension (tableau 2) correspondant aux différentes
entités du système :
HTB Tension supérieure à 50 kV Réseaux de transport et de répartition

HTA Tension comprise entre 1 kV et 50 kV Réseaux de distribution

BTB Tension comprise entre 500 V et 1 kV Réseaux de distribution

Tension comprise entre 50 V à 500 V


BTA Réseaux de distribution

Tableau 2 # niveaux de tension définis pour le réseau français


Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Depuis les années 90, principalement aux Etats-Unis et en Europe, une volonté de mettre en
concurrence les acteurs du marché de l'électricité fait apparaître de nouvelles exigences au
niveau de la conception même du système électrique. Un point particulier est que du fait de
l'apparition de nouveaux moyens de production d'énergie de petites tailles et du contexte de
libéralisation du marché de l'électricité, on voit apparaître la nécessité de connecter ces
petites productions au niveau des réseaux de distribution.

Afin d'étudier la sûreté des réseaux de distribution en présence de ces productions


décentralisées, il est important de prendre connaissance, au préalable, non seulement des
caractéristiques de la distribution d'électricité (sa conception, ses différents rôles et ses
conditions d'exploitation), de ses évolutions relatives à la libéralisation des marchés de
l'électricité, mais aussi des autres composantes qui forment le système électrique. En effet, la
en
production d'électricité et les réseaux de transport et de distribution sont des entités
CN
interconnectées et donc dépendantes les unes des autres. De plus, la mutation des réseaux de
S distribution fait que certaines caractéristiques propres aux réseaux de transport se retrouvent
co dans le fonctionnement de ces nouveaux réseaux de distribution. Par la suite, lors d'une étude
en d'un cas précis, il pourra être mis en évidence des indépendances entre certaines parties du
système permettant d'isoler la partie intéressante pour l'étude.
r^
oco
Ce chapitre présente une analyse qualitative du système électrique en commençant par une
oo
caractérisation succincte des architectures des diverses composantes de ce système, puis une
CD
analyse des défaillances pouvant se produire sur un réseau électrique et enfin, l'analyse du
comportement du système face aux perturbations.

?6
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

II.2 Les diverses composantes du système électrique

II. 2.1 Les moyens de production d'électricité


II.2.1.1 Différentes structures

Un générateur d'électricité est une unité faisant la conversion d'une énergie thermique,
mécanique ou chimique en énergie électrique. On distingue plusieurs types d'unités de
production électriques :
o Les alternateurs connectés au réseau par un transformateur (centrales nucléaires,
thermiques, hydrauliques, turbines à gaz, ...).
o Les alternateurs (ne tournant pas à la vitesse de synchronisme) connectés au réseau
par une interface d'électronique de puissance (certaines éoliennes, micro-turbines, ...).
CD
OO o Les autres modes de production d'énergie, comme les panneaux photovoltaïques et les
CN
cD piles à combustible (PAC), qui nécessitent une interface d'électronique de puissance.
CD Transformateur
Disjoncteurs-

C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1 Interface d'électronique
CD Pile à i de puissance avec
- combustible l stockage d'énergie Disjoncteurs

— Filtre

= 1
actif série
/

Protections machines
Protection générale
&

Figure 16 # architectures électriques d'une turbine à gaz et d'une PAC connectée au réseau

La structure de connexion d'une unité au réseau (Figure 16) comprend, de manière générale,
des protections machines qui déclenchent lorsque les conditions de fonctionnement ne sont
plus acceptables, une protection générale déclenchant sur les défauts du coté installation et
une protection de découplage (fixée par le réseau) lors de défauts sur le réseau. Les auxiliaires

5D
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

(appareillages annexes de l'unité) sont alimentés par une connexion au réseau par
l'intermédiaire d'une cellule de protection : l'alimentation de ces auxiliaires est nécessaire
pour la gestion et particulièrement pour le démarrage de l'unité.
II.2.1.2 Fonctionnement d'une source d'énergie connectée au réseau

Les différents aspects d'une unité de production, qui importent pour une étude de sûreté,
sont :
o La capacité en puissance qui peut être variable dans certains cas (comme l'éolienne).
o Les types de régulations utilisées sur la machine qui conditionnent son fonctionnement
et son rôle dans le réseau. Lorsqu'un générateur est connecté à un système électrique,
différents types de régulations permettent de contrôler certaines variables du
générateur : la régulation de la tension et de la fréquence (V, f), la régulation de la
puissance active et de la tension (P, V) et la régulation de la puissance active et
o
réactive (P, Q). D'autres types de régulation existent (Power System Stabilizer ou PSS
J| sur la régulation de tension, ... ).
o Le comportement de l'unité lors d'une perturbation sur le réseau (fort appel de
c courant, creux de tension, surtension, variation de fréquence). En effet, pour le cas
w d'une machine tournante, celle-ci peut perdre le synchronisme (phénomène explicité
C>D
^ dans l'annexe 3) et devenir instable, déclenchant ainsi ses protections. Pour le cas
r-
° d'un court-circuit sur le réseau, suivant la nature de la machine, la participation au
en
oi courant de défaut n'est pas la même (pendant un court-circuit, les sources connectées
o via une interface d'électronique de puissance peuvent limiter leur courant de défaut au
courant nominal voir à un courant nul, contrairement aux machines tournantes).
o Les appareillages de protection de l'installation qui déclenchent pour protéger la
machine (protection machine), éliminer les défauts de l'installation (protection
générale) et découpler l'installation du réseau lors d'un incident (protection de
découplage).
o Les procédures d'arrêt et de démarrage. Le démarrage d'une machine tournante
nécessite que ses auxiliaires soient sous tension et un certain temps pour que
l'alternateur se synchronise à la vitesse du réseau.

?8
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Du fait des contraintes importantes imposées aux éléments d'une unité de production, les
pannes et les périodes de maintenance constituent une indisponibilité assez élevée (de l'ordre
de quelques pourcents) comparée aux autres composants des réseaux électriques.
IL 2.2 Le réseau de transport et de répartition
II.2.2.1 Son rôle

Etant donné les variations de la demande en électricité et la contrainte de maintenir l'équilibre


entre l'énergie produite et l'énergie consommée, le réseau de transport mutualise les
différents centres de production : les grosses unités qui produisent de manière constante et
d'autres unités permettant l'ajustement à la courbe de charge. Le réseau de transport et
d'interconnexion est le véritable nœud du système électrique. La structure du réseau français
est représentée sur la Figure 17.

o

Réseau 400 kV
Réseau 225 kV
vie
Interconnexion
France-Angleterre

Figure 17 : réseau de transport français (© copyright RTE)


Le grand réseau de transport est né de la localisation des sources d'électricité éloignées des
centres de consommation (comme l'hydroélectricité). Le transport de grandes quantités
d'énergie a rapidement imposé la mise en place d'un réseau haute tension à 400 kV pour
limiter les pertes Joules. L'interconnexion du réseau sur tout le territoire a permis de
consommer l'énergie là où l'on ne la produit pas. De plus, la mutualisation des moyens de

?9
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

production (centrales nucléaires, thermiques et hydrauliques) donne une souplesse accrue


pour assurer l'équilibre production-consommation.
Etant donné que les réseaux de distribution ne sont pas prévus, à l'origine, pour fonctionner
sans l'alimentation du réseau de transport, une panne généralisée au niveau d'une zone du
réseau de transport entraîne une coupure d'électricité pour tous les consommateurs de cette
zone. Le réseau de transport a donc une mission très importante en matière de continuité de
fonctionnement. Les conséquences de tels incidents sont très lourdes du point de vue financier
et peuvent être dommageables pour la sécurité des personnes (comme l'absence de chauffage
en hiver par exemple).

Le fonctionnement du réseau de transport doit donc :


o Respecter les normes concernant la qualité de la tension (amplitude et fréquence).
en
oo o Garantir la sécurité du réseau en respectant les contraintes (conduite du réseau
CN performante) et en réagissant de manière efficace aux grandes perturbations (plans de
cD
en défense et procédures de reconstitution du réseau performants).
c0
en II.2.2.2 Architecture générale du réseau de transport et de répartition
C>D
En France, le niveau de tension du réseau de transport est de 400 kV. Pour le réseau de
r^
oco répartition régional, on trouve trois niveaux de tension : 225 kV, 90 kV et 63 kV.
en
co
oo L'architecture type est représentée sur la Figure 18.
1
CD

Ligne


-

Unité de p r o d u c t i o n

X Disjoncteur

— Charge

y Transformateur

Figure 18 : architecture d'un réseau de transport

60
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Les matériels mis enjeu sont :


o Les lignes aériennes triphasées.
o Les postes de transformation.
o Les unités de production.
o Les transformateurs déphaseurs permettant d'adapter l'impédance d'une ligne afin
d'augmenter plus ou moins sa capacité de transit.
o Les compensateurs d'énergie réactive permettant d'ajuster les transits de puissance
réactive et un meilleur contrôle de la tension du réseau.
o Le système de protection poste à poste avec des disjoncteurs à chaque extrémité des
lignes assurant la sélectivité sur chaque liaison du réseau.
o Les charges constitués par les postes HTB/HTA (représentant les réseaux de
distribution).
CD
OO
CN II2.3 Les réseaux de distribution
CD
~3
CD II.2.3.1 Les enjeux

C0 Les réseaux de distribution ont pour mission d'acheminer l'énergie d'un poste de
en transformation aux consommateurs. La distribution de l'énergie électrique doit satisfaire des
C>D critères de sécurité des biens et des personnes, de qualité de la tension (la norme européenne
r^
oco EN 50 160 relative à la qualité de la tension est présentée dans l'annexe 4), de disponibilité de
en
co l'énergie et de rentabilité.
oo
1
CD

Assurer la sécurité
des biens et
des personnes

Respecter les contraintes


de qualité de tension

Assurer un niveau de
disponibilité

Rentabilité économique
du système

Figure 19 : exigences relative à la distribution électrique

61
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Comme le montre la Figure 19, la conception de la structure du réseau, de ses équipements


ainsi que son exploitation est directement dépendante de ces contraintes. Il faut considérer
aussi que la densité de charge sur le territoire présente des disparités assez importantes : pour
cela, les zones de consommation sont classifiées suivant leur densité (inférieure à 1 MVA/km 2

pour les zones à faible densité et supérieure à 5 MVA/km2 pour les zones à forte densité).
L'impact de l'environnement sur les équipements du réseau est aussi à considérer : les
réseaux aériens sont soumis à de nombreuses agressions extérieures comme les orages, les
températures extrêmes, les vents violents, les arbres, etc. D'autre part, les réseaux souterrains
sont très coûteux du fait des tranchées. Le choix de l'architecture d'un réseau de distribution
fait donc l'objet d'un compromis entre la rentabilité de l'ouvrage, la qualité de service de
celui-ci et d'autres critères d'ordre plus subjectif (politique).
II.2.3.2 Structure générale des réseaux de distribution
CD
OO
CN On distingue les réseaux HTA qui, à partir d'un poste HTB/HTA, alimentent les zones de
cD moyenne consommation d'une puissance supérieure à 250 kVA (ce sont soit des charges
CD HTA type industriel, soit des postes HTA/BT publics) et les réseaux BT qui, au départ d'un
C0 poste HTA/BT alimentent les clients BT.
en
C>D II.2.3.2.1 Les réseaux HTA

r^
oco La puissance d'une station HTB/HTA varie selon la zone considérée :
en
co o 5MVA à 60 MVA en zone rurale.
oo o 60MVA à 108 MVA en agglomération.
1
CD
o 108MVA à 280 MVA pour une très grosse agglomération.

A A A A A A
C0808 C0202 C0707 C0505 C0606 C7000

Figure 20 # architecture d'un poste HTB/HTA

L'architecture type d'un poste HTB/HTA en simple antenne est représentée sur la Figure 20.
A partir d'un point de connexion au réseau HTB, un jeu de barres alimente deux

62
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

transformateurs HTB/HTA. Leur puissance est dimensionnée afin qu'un seul transformateur
puisse alimenter l'ensemble de la charge du réseau au cours d'une période de maintenance sur
l'une des deux branches du poste (redondance au niveau des branches du poste). Des
disjoncteurs sont placés en amont (DjHl et DjH2) et en aval (DjMl et DjM2) des
transformateurs pour les protéger et éviter que les défauts du poste ne remontent au niveau
HTB. Chaque transformateur dessert unjeu de barres (JdBl et JdB2) sur lequel part plusieurs
départs HTA. Une interconnexion entre les jeux de barre HTA permet de les coupler (en
actionnant les disjoncteurs Col et Co2) lorsqu'une branche du poste est en maintenance. Les
compensateurs d'énergie réactive (Comp) sont couplés aux jeux de barres HTA. D'autres
schémas sont aussi utilisés comme la structure en double antenne (avec deux arrivées HTB) et
celle en double antenne et doublejeux de barre.

CD
OO Disjoncteur triphasé

CN
à réenclenchement

CD
Artère secondaire automatique

~3 Interrupteur

CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1 Ligne vers un
CD autre départ HTA

Détecteur de défaut

Figure 21 : schéma unifilaire de la structure d'un départ HTA

La structure type d'un départ HTA est de type radial exploité en boucle ouverte. Cette
architecture est représentée sur la Figure 2l. La structure radiale impose que chaque charge
n'est alimentée que par un seul chemin (contrairement au réseau HTB maillé). Dans les
réseaux de distribution HTA type européens, le neutre n'est pas distribué, les lignes HTA
triphasées sont donc composées de trois conducteurs.
On distingue &
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Le disjoncteur de départ : son rôle est déclencher sur les défauts du départ.
o Les lignes triphasées : l'artère principale et les artères secondaires.
o Les interrupteurs : lors d'une défaillance sur un composant du réseau, ils permettent
d'isoler la partie comportant le composant en défaut pour effectuer la maintenance.
Plusieurs types d'interrupteurs peuvent être employés comme les Interrupteurs
Aériens à Commande Manuelle (IACM) ou les Interrupteurs Aériens Télécommandés
(IAT).
o Les Disjoncteurs Réenclencheurs de Réseau (DRR) : placés sur des lignes du départ,
ils permettent, lors d'un défaut en aval, d'isoler la partie aval sans que la partie amont
ne subisse de coupure. Ils sont surtout employés sur les départs HTA urbains pour
améliorer la continuité de l'énergie distribuée.
o Les secours : composés d'un interrupteur normalement ouvert et d'une ligne raccordée
CD
OO à un autre départ HTA (du même poste HTB/HTA ou d'un autre), ils servent à
CN
cD réalimenter des zones du départ non alimentées lors de maintenances.
CD o Les Indicateur de Passage de Défaut (IPD) ou détecteurs de défaut : placés au niveau
des organes de coupure, ils indiquent, lors d'un défaut, le passage ou non d'un courant
C0
uen de court-circuit. Leur rôle est d'aider la localisation du défaut sur le réseau.
C>D
r^
oco Les charges HTA sont connectées au réseau par l'intermédiaire d'une cellule de protection
en
co comprenant un interrupteur et un fusible ou un disjoncteur. Cette cellule permet d'éliminer les
oo
1 défauts du coté de la charge afin que le départ n'en soit pas affecté. Pour les charges BT, ce
CD
sont des postes de transformation HTA/BT (leur architecture est détaillée dans la partie
suivante).

Une autre structure, cependant peu utilisée, est le schéma en double dérivation (Figure 22).
Son principe est que chaque charge est reliée à 2 départs différents. La charge n'est alimentée
que par un seul circuit à la fois (la structure radiale est conservée) : lors d'un défaut sur le
départ, un automatisme détecte (au niveau de la charge) l'absence de tension et bascule sur
l'autre circuit. Cette architecture est assez coûteuse du fait du dédoublement des circuits
d'alimentation mais améliore grandement la disponibilité du système. Cette structure n'est
employée, en France, que sur la région parisienne.

64
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

-4

Figure 22 : schéma en double dérivation

Les départs HTA ruraux se caractérisent par une structure avec beaucoup d'arborescences, du
fait de la dispersion des zones de consommation. A l'inverse, les réseaux urbains ont une
CD
OO structure peu arborescente. La longueur totale d'un départ HTA est comprise entre 10 km et
CN
CD 30 km (pour des réseaux ruraux).
CD II.2.3.2.2 Les réseaux de distribution BT

C0 Plusieurs types de postes de transformation peuvent être utilisés selon leur puissance et leur
en localisation. De manière générale, le poste comporte :
C>D
o Une cellule d'arrivée et de protection générale composée d'appareillages
r^
oco
en HTA (sectionneur, interrupteur, interrupteur sectionneur, disjoncteur, fusible).
co
oo o Le transformateur.
1
CD o Une cellule de protection de départ BT composée soit d'un disjoncteur soit d'un
interrupteur sectionneur.

La topologie des réseaux BT, représentée Figure 23, est radiale. Chaque départ est équipé
d'un coupe circuit à fusible/sectionneur. Au début de chaque ligne BT, un coupe circuit à
fusible est charger d'éliminer les défauts de la ligne. Juste en amont des clients, des
disjoncteurs et des fusibles protègent le réseau des défauts coté client. Contrairement au
réseau HTA, il n'y a pas de secours susceptibles de reprendre des zones du réseau lors d'une
panne d'un ouvrage. La longueur totale moyenne d'un départ BT est de l'ordre de 1 km.

65
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Disjoncteur

A t
Conducteurs triphasés Coupe-circuit à
fusible/sectionneur

- •• i—i—i—i—r
Coupe-circuit ,x ^ ^
à fusible

\i \*, \*i t\ t \
Charge
Disjoncteur

en
oo
CN Figure 23 # schéma unifilaire de la structure d'un départ BT
cD
CD II.3 Analyse des défaillances sur le système électrique
C0 La fonction d'un système électrique est de :
en
C>D o Fournir en permanence, à la ou aux charges, une tension assignée dans des gabarits
r^ d'amplitude et de fréquence définis.
oco o Fournir la puissance demandée par les charges.
en
co
oo
1 Dans une étude de sûreté de fonctionnement, l'événement indésirable est l'interruption
CD

d'alimentation d'une ou plusieurs charges : on ne s'intéresse donc qu'aux problèmes


d'absence de tension au niveau des charges du système électrique. Les dégradations de l'onde
électrique sont considérées comme des problèmes de qualité non contenus dans la sûreté de
fonctionnement. Par contre, lorsque des phénomènes de dégradation de l'onde électrique
comme les variations de tension et de fréquence mènent aux arrêts de certains composants
mettant ainsi le système dans un état critique et pouvant ensuite entraîner des coupures chez
les clients, il convient d'inclure ces événements dans l'étude de sûreté du réseau.

66
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Les défaillances subies par un système électrique peuvent avoir plusieurs origines possibles :
o L'apparition d'une défaillance interne à un composant du système due soit à l'usure,
soit à une agression extérieure (foudre, branche d'arbre, pelleteuse, milieu corrosif,
R) ou soit à un défaut de fabrication.
o Les composants du système sont en bon état de fonctionnement mais une ou plusieurs
contraintes de fonctionnement ne sont pas satisfaites. Le système fonctionne dans un
état pour lequel ses composants ne sont pas conçus. L'utilisation d'un composant dans
de mauvaises conditions (où les contraintes du composant sont violées) va provoquer
sa détérioration ou son arrêt lorsqu'une protection est prévue à cet effet. C'est une
cause donnant naissance à des défaillances secondes (définies dans le paragraphe
1.3.2.3.2).

CD
OO Nous allons donc décrire tout d'abord les défaillances causées par l'usure, par une agression
CN
CD extérieure ou par un défaut de fabrication puis ensuite les défaillances dues à un état critique
~3 du système électrique.
CD
C0 II.3.1 Les défaillances de composants
en
C>D II.3.1.1 Court-circuit

r^ La cause d'un court-circuit est la rupture d'isolement en un point de l'installation. Un court-


oco
en
co circuit dans une installation triphasée est la mise en contact accidentelle de plusieurs
oo conducteurs (comme représenté sur la Figure 24) ou d'un conducteur et la terre.
1
CD

Transformateur
HTB/HTA

Transformateur
HTB/HTA

17 Court-circuit entre
Icc $ les p h a s e s 2 et 3

Figure 24 : cas de court-circuit sur une ligne HTA

67
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

La faible impédance de la boucle de court-circuit provoque un appel de courant assez


important et est susceptible d'endommager les équipements du système, voir de causer un
incendie dans certains cas du fait de l'échauffement dû à la surintensité.

Les courts-circuits se distinguent par plusieurs critères :


o Leur nature : monophasé (entre une phase et la terre), biphasé (entre deux phases) ou
triphasé.
o Leur durée : permanent (chute d'un conducteur à terre ou rupture de l'isolant d'un
composant), semi-permanent (comme une branche entre deux conducteurs aériens qui
finit par se consumer) ou fugitif (cas d'un arc électrique qui disparaîî lorsque la
tension chute).
II.3.1.2 Rupture de la continuité électrique
CD
O
La rupture d'un ou plusieurs conducteurs interrompt la continuité du circuit électrique sans
J| qu'un court-circuit ne se déclare comme :
o La rupture d'un ou plusieurs câbles aériens sans court-circuit.
o Le contact défectueux sur une ou plusieurs phases d'un organe de coupure
C>D (interrupteur, disj oncteur,... ).
^ o L'ouverture intempestive d'un appareil de coupure, particulièrement pour les appareils
r-
° télécommandés (disjoncteur ou interrupteur télécommandé) où un mauvais traitement
en
o de l'information dans la partie commande va envoyer un ordre d'ouverture non désiré.
11.3.1.3 Non fonctionnement à la sollicitation

Des équipements comme les organes de coupures (disjoncteurs, interrupteur, sectionneur ou


fusible) et autres (groupes électrogènes, ...) ont une fonction sur sollicitation comme
l'ouverture, la fermeture ou le démarrage. Le non fonctionnement à la sollicitation est le refus
du composant à effectuer cette fonction. L'origine de ce type de défaillance est soit la partie
commande donnant l'ordre, soit un défaut mécanique du composant empêchant la réalisation
de la fonction requise.
11.3.1.4 Arrêt d'une source d'électricité

En raison d'une panne d'un de ses constituants, une source d'énergie peut s'arrêter de
produire. Ce type de défaillance se traduit uniquement par le fait que la puissance qui était
apportée par la source n'est plus fournie au système.

68
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

II.3.2 Les états critiques de fonctionnement d'un système électrique


Un système électrique doit faire l'équilibre entre les puissances actives et réactives produites
et celles consommées en maintenant l'amplitude de la tension et la fréquence en tout point du
réseau. Pour cela, des générateurs du réseau sont équipés de régulateurs de tension et de
fréquence.

Des phénomènes dits de « dégradation J de l'état du réseau sont liés à certaines contraintes de
quelques composants à savoir :
o La puissance maximale transmissible d'une ligne électrique.
o L'intensité maximale admissible qui est fonction des caractéristiques thermiques du
composant.
CD o La stabilité d'un générateur par rapport aux perturbations, dépendant principalement
OO
CN de la nature du générateur et de son régulateur.
CD
~3 o La puissance maximale active et réactive d'une source d'électricité.
CD
C0 Les phénomènes possibles sont les suivants :
uen
C>D o Les surcharges des lignes : au-delà du courant maximum admissible par la ligne
(limite thermique), l'échauffement des conducteurs provoque l'allongement de la
r^
oco ligne et ainsi un risque beaucoup plus grand de court-circuit (contact entre les phases
en
co
oo en cas de vent important ou contact d'une phase avec une branche d'arbre). Ce
1 phénomène peut se produire en cascade : le déclenchement d'une ligne entraînant des
CD

reports de charge sur les autres lignes qui deviennent elles-mêmes surchargées et ainsi
de suite.
o L'écroulement de tension : il existe pour une ligne une puissance maximum
transmissible autre que la limite thermique (définie dans l'annexe 2). Dans des
situations de forte charge, il arrive que cette puissance soit atteinte, il en résulte un
écroulement de tension qui consiste en une chute de tension progressive (de quelques
minutes à quelques dizaines de minutes) pouvant mener à la déconnexion
d'alternateurs et donc à des situations très critiques.
o Les problèmes de stabilité des alternateurs : des variations importantes de la charge du
réseau (comme un court-circuit ou la perte d'un générateur) peuvent provoquer une
augmentation de l'angle interne des alternateurs (angle entre le champ magnétique du
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

rotor et du stator) se traduisant par des oscillations de la puissance de la machine.


Lorsque l'angle interne dépasse une certaine valeur critique, le machine ne parvient
pas à rester synchronisée au réseau : l'alternateur subit une perte de stabilité entraînant
sa déconnexion du réseau. Le temps d'élimination des courts-circuits est déterminant
pour éviter la rupture de synchronisme des alternateurs. Ces problèmes de stabilité des
machines tournantes sont abordés dans l'annexe 3.
o La dégradation de fréquence du réseau : quand la charge est plus importante que la
puissance générée, la fréquence du réseau baisse et peut mener à la déconnexion de
moyens de production.

Sur la Figure 25 sont représentés les mécanismes de dégradation de l'état d'un réseau
électrique : lors d'une perturbation initiale sur le réseau comme la perte d'un ouvrage ou
en
oo l'occurrence d'un court-circuit, les limites de fonctionnement de certains composants peuvent
CN être atteintes entraînant ainsi la perte d'autres ouvrages et donc la coupure d'alimentation de
cD
CD certaines charges.
c0 f
en Puissance maximale
Déconnection Variations brusques de
C>D
Écroulement
transmissible
de la tension de générateurs la charge du réseau
d'une ligne atteinte
L y

r^
oco Courant maximum
Court-circuit
(à cause de l'allongement
Report de charge sur les
Puissance maximale
transmissible

en
d e s conducteurs de la ligne) d'une ligne atteinte
d'une ligne atteint autres lignes du réseau
co
oo
Perte d'un ouvrage
du réseau
ou
Perte de la ligne
Courant maximum
d ' u n e ligne atteint

1 ou
Court-circuit
CD Variation brusque de Déconnexion Variations brusques de
Instabilité de générateurs
la charge du réseau de générateurs la charge du réseau

Figure 25 : l'enchaînement d'événements menant à des dysfonctionnements du système

L'évolution de ces phénomènes se fait sur une certaine durée selon la sévérité des
perturbations :
o L'écroulement de tension ou de fréquence est de l'ordre de plusieurs dizaines de
minutes.
o La perte de stabilité est de l'ordre quelques secondes ou dizaines de secondes.
o L'allongement (du à l'échauffement) d'une ligne est de l'ordre de quelques minutes.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

II.4 Comportement d'un système électrique


Le système électrique est soumis aux aléas suivants :
o La panne d'un composant qui crée une perturbation (comme les courts-circuits, la
perte d'une unité de production, ...) pouvant dégrader l'état du réseau et mener
éventuellement à une interruption d'alimentation de certaines charges du réseau.
o Les variations de la charge.
o Les variations de la capacité de certains moyens de production comme la production
intermittente des éoliennes et des panneaux solaires, l'épuisement d'une batterie ou la
perte d'un générateur.

Le système électrique a pour objectif d'assurer la continuité d'alimentation des charges en


en
oo garantissant une certaine qualité de la tension qui se décline en quatre critères qui sont : le
CN respect des contraintes de fonctionnement du système, la sauvegarde des équipements du
cD
CD réseau, la sauvegarde du réseau et enfin la reconstitution du réseau. En fonction de ces divers
critères, les tâches que le système doit satisfaire sont représentées sur la Figure 26.
C0
en
C>D
r^
oco
Reconstitution du réseau
P l a n de reconstitu tion
du réseau

en
co
oo
1
Sauvegarde du réseau Éviter les p h é n o m è n e s Parades aux phénomènes
de dégradation du système de dégradation du système
CD

Sauvegarde des
équipements 0 Protections d e s
équipements

Respect des contraintes Réglages a u t o m a t i q u e s Stabilité des


Tension
du système groupes de p r o d u c t i o n
Équilibre des p u i s s a n c e s

« Petites » perturbations
Perturbations i m p o r t a n t e s
V a r i a t i o n s d e l a c h a r g e et
Court-circuit
d e la c a p a c i t é d e c e r t a i n s
Perte d'un o u v r a g e
m o y e n s de production

Situation normale Evénement critique

Figure 26 : objectifs d'un système électrique en matière de sûreté de fonctionnement

71
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

La Figure 27 présente le fonctionnement global d'un système électrique. L'adaptation du


système aux aléas décrits précédemment est assurée par plusieurs étages de contrôle du
système :
o la partie «Réglages automatiques» qui assure, dans certaines limites, l'ajustement
automatique de certaines grandeurs telles que la tension et l'équilibre des puissances
produites et consommées. Les régulateurs des générateursjouent un rôle prépondérant
pour la stabilité des machines et pour le temps relatif à un écroulement de fréquence
ou de tension.
o La partie « Automatismes de coupure » qui met hors tension, en déclenchant les
disjoncteurs appropriés, le ou les ouvrages susceptibles de s'endommager lors d'un
incident sur le réseau (protection des équipements) ou déconnecte certaines charges
lorsque la fréquence du réseau chute (délestage automatique).
CD
OO o La partie « gestion globale du système » chargée d'appliquer les mesures nécessaires
CN
cD pour respecter les contraintes du système lors de perturbations importantes et
CD d'assurer la continuité d'alimentation des charges. Cette gestion centralisée dispose
C0 d'un système performant d'information et de communication permettant d'une part de
en connaître l'état du réseau en temps réel et d'autre part d'agir sur différents éléments :
C>D changements de consignes des générateurs, le démarrage d'unités supplémentaires,
r^
oco manœuvres d'organes de coupure, réduction ou délestage volontaire de charges, etc.
en
co
oo
^ \
Conduite du réseau

1
CD Sécurité du réseau : Continuité d'alimentation
Éliminer e s violations
des contraintes

Gestion - Ajustement des consignes Maintenance p r é v e n t i v e


globale de tension et de p u i s s a n c e Localisation de d é f a u t
- Délestage Reprise de service
Maintenance corrective
Ordres

• Consignes de réglage
• M a n œ u v r e s d'organes
S y s t è m e i n f o r m a t i o n et d e c o m m u n i c a t i o n
de c o u p u r e

Automatismes J Protections Protections d u réseau


de c o u p u r e | machine
C o n s i g n e s des automatismes de réglage
Régulateurs • Régleurs en charge T e n s i o n et c o u r a n t en certains points
Réglages des gr oupes • Compensateur État des o r g a n e s de coupures
automatiques d ' é n e r g i e réactive Détecteurs de défaut

Figure 27 : les différentes niveaux de fonctionnement d'un système électrique

72
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

De part la conception hiérarchique des réseaux électriques, le réseau de transport est le


«cœur» du système, regroupant l'ensemble des productions (Figure 28). C'est lui assure
l'équilibre entre les puissances produites et celles consommées, la qualité de la tension en
amplitude et en fréquence, et la stabilité du système face aux phénomènes de dégradation. Les
réseaux de distribution ayant, quant à eux, des équipements surdimensionnés, ne sont pas
soumis aux phénomènes de dégradation et doivent ainsi uniquement veiller au respect de
l'amplitude de la tension sur l'ensemble des départs et à la continuité d'alimentation des
clients (localisation de défaut et reprise de service performantes).

R é g l a g e de la t e n s i o n M a i n t i e n t d u système
d a n s un état stable
Production
& P r o t e c t i o n des
é q u i p e m e n t s du réseau et R e c o n s t i t u t i o n du réseau
des u n i t é s d e p r o d u c t i o n
Réseau HTB
CD
OO
É q u i l i b r e des p u i s s a n c e Parades aux p h é n o m è n e s
de dégradation

CN
cD
CD
Réseaux P r o t e c t i o n des
L o c a l i s a t i o n de défaut
de
C0 R é g l a g e d e la t e n s i o n é q u i p e m e n t s du réseau
et r e p r i s e de s e r v i c e
distribution
en
C>D
Protections
r^
oco
Contraintes de
fonctionnement
des
Phénomènes
de dégradation
Reprise de service
équipements
en
co
oo Figure 28 : les fonctions assurées par les différentes composantes du système
1
CD

II. 4.1 Les réglages automatiques


II.4.1.1 Adaptation de la production à la consommation

Le réglage primaire corrige les écarts entre la puissance produite et la puissance consommée
en modifiant les consignes de puissance active des générateurs. Ce réglage est effectué
localement sur chaque machine par un automatisme. A l'issue de ce réglage primaire, le
réseau se trouve dans un nouveau point de fonctionnement stable mais avec une fréquence
différente. Le réglage secondaire a pour but de ramener la fréquence à sa valeur de référence
ainsi que les échanges contractuels entre les différents réseaux interconnectés. Agissant sur
plusieurs groupes, ce réglage est centralisé. Le temps d'action du réglage primaire est de
l'ordre de quelques dizaines de secondes, il est supérieur à la minute pour le réglage

73
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

secondaire. Lorsque les réglages automatiques se révèlent inopérants, le plan de production


doit être révisé en tenant compte des critères économiques et en assurant le fonctionnement le
plus sûr du réseau. Des informations plus complètes sur ce sujet sont données par [TEC 01] et
[TEC 02].
II.4.1.2 Réglage de la tension

Pour ne pas avoir à transporter l'énergie réactive au niveau du réseau de transport (coût
important par augmentation des pertes Joules), l'essentiel de la puissance réactive est générée
par des moyens de compensation (condensateurs placés principalement sur les réseaux de
distribution et compensateurs statiques ou tournants). Les variations de tension sont
étroitement liées aux variations de l'énergie réactive. Pour les fluctuations rapides de la
tension induites par des variations de puissance réactive appelée par les consommateurs ou
par des perturbations sur le réseau (courts-circuits, manoeuvres sur le réseau), la tension est
o
maintenue par les régulateurs de tension des groupes du réseau de transport. D'autres moyens
de réglages comme les régleurs en charge des transformateurs (au niveau HTB ou dans un
poste HTB/HTA) ou les réactances et les condensateurs commutés mécaniquement ou
électroniquement permettent d'ajuster le plan de tension lors de variations plus importantes.
w Ces moyens, basés sur des critères locaux, constituent le réglage primaire de la tension ([TEC
C>D
^ 01], [TEC 02]). Un deuxième réglage dit secondaire se superpose au réglage primaire afin de
r-
° faire face aux perturbations importantes de manière coordonnée (au niveau régional). Il
en
o consiste en une correction automatique des consignes de réglage des régulateurs primaires des
o groupes.
II.4.2 Les organes de coupure automatiques
II.4.2.1 Les protections contre les défaillances des composants de réseau

A partir de capteurs de mesure, une protection déclenche un disjoncteur lorsque certains


seuils de sécurité sont dépassés. Une protection est prévue pour protéger certains ouvrages
bien précis : ainsi les protections d'un réseau sont coordonnées entre elles afin d'assurer une
sélectivité. Pour l'étude de sûreté de fonctionnement, il faut retenir qu'une protection
déclenche sur une défaillance d'un équipement placé dans sa zone de sélectivité.
II.4.2.1.1 Au niveau des réseaux de distribution HTA

La détection des défaillances et les ordres de déclenchements des disjoncteurs sont assurés
par les protections du réseau constituées d'une partie mesure (transformateurs de courant ou
74
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

transformateur de tension) et de relais donnant les ordres de déclenchement. Les protections


d'un réseau doivent être coordonnées afin que la sélectivité soit bien effectuée, à savoir
mettre hors tension la partie défaillante et préserver les zones saines.
Disjoncteur HTB

Poste source
HTB/HTA

\ Disjoncteur d'arrivée

Disjoncteur d e départ

> Départ HTA

CD
OO
CN
CD Figure 29 : sélectivité des protections du réseau HTA
CD
Les fonctions assurées sont :
C0
en o La détection des courants de défaut du départ au niveau du disjoncteur de départ (un
C>D tore sur chaque phase déclenche le disjoncteur si, dans une phase, le courant mesuré
r^
oco est supérieur au seuil de courant maximum).
en
co o La détection des courants homopolaires par des capteurs au niveau des
oo
1 transformateurs du poste source et des cellules HTA.
CD
o La détection des chutes de conducteurs grâce à des capteurs sensibles permettant de
détecter de faibles courants de défaut dus à un mauvais contact entre le conducteur et
le sol.

Lors d'une défaillance de la protection (au niveau de la détection, de la transmission de


l'ordre de déclenchement ou de l'ouverture du disjoncteur), les protections environnantes
déclenchent : pour prendre l'exemple d'un départ HTA (Figure 29), si un défaut se produit en
aval du DRR et que le DRR ne parvient pas à l'éliminer, c'est le disjoncteur de départ qui va
déclencher.
Sur les réseaux aériens, des courts-circuits non permanents dits « fugitifs J ou « auto
extincteurs» se produisent. Ils ont dus à des agressions de l'environnement comme une
branche d'arbre en contact avec plusieurs phases qui finit par se consumer. Pour cela, les
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

disjoncteurs de départ sont équipés d'un cycle de réenclenchement (présenté sur la Figure 30)
qui effectue trois tentatives de réenclenchement : si le défaut n'est plus présent, le disjoncteur
reste fermé.
I(t) Apparition Déclenchement
~ du défaut Définitif
3 Déclenchements et
enclenchements successifs

t
150 ms 300 ms 500 ms 15 à 30 s e c 500 ms 15 à 30 s e c 500 ms

Figure 30 : le cycle de réenclenchement d'un disjoncteur de départ

CD
OO II.4.2.1.2 Au niveau du réseau de transport
CN
cD Les courts-circuits sont susceptibles d'endommager les équipements par la surintensité
en occasionnée et de provoquer des instabilités d'alternateurs. Pour cela, le système de
c0 protection doit les éliminer rapidement. L'architecture du système est maillée, chaque ligne
en relie un poste HTB/HTA à un autre : ainsi le système de protection consiste à détecter tout
C>D
défaut sur une ligne et à donner les ordres de déclenchement aux 2 disjoncteurs placés aux
r^
oco extrémités de la ligne en l'espace de 250 ms. Les disjoncteurs sont télécommandables et
en
co peuvent ainsi être réenclenchés à partir d'un centre de conduite lorsqu'il s'agit d'un court-
oo
1 circuit non permanent, d'une surcharge ou à la suite d'une réparation.
CD

II.4.2.2 Les protections contre les surcharges

Certains équipements peuvent être équipés d'une protection contre les surcharges (comme les
lignes du réseau de transport), qui met hors tension l'ouvrage lorsque le courant maximal est
dépassé pendant un certain temps. La temporisation peut être dépendante de l'ampleur de la
surcharge. Par exemple, sur le réseau français 400 kV, on a une temporisation de :
o 20 minutes si la puissance transitée est supérieure à 130 % de la capacité maximale.
o 10 minutes si la puissance transitée est supérieure à 150 % de la capacité maximale.
o Quelques dizaines de secondes si la puissance transitée est supérieure à 170 % de la
capacité maximale.

76
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

11.4.2.3 Les protections machine

La protection des alternateurs s'effectue sur des critères de tension, fréquence, vitesse,
température et de puissance afin de :
o Détecter les anomalies au sein de la machine,
o Déconnecter la machine lorsqu'elle perd la stabilité.
o Déconnecter la machine du réseau lorsque la tension ou la fréquence du réseau est très
dégradée et susceptible d'endommager la machine.
11.4.2.4 Le délestage automatique

Dans une situation d'écroulement de fréquence ou de tension, une manière de rétablir un état
stable du réseau est de délester certaines charges (départs de réseaux de distribution). Ainsi,
sur le réseau de transport, des délestages automatiques sont prévus à cet effet : le
CD
OO déclenchement s'effectue sur un critère à minimum de fréquence.
CN
CD II.4.3 La gestion globale du système
~3
CD Chaque système électrique a une gestion globale bien propre à son architecture et à ses
C0 performances. Cette gestion est effectuée par un ou plusieurs opérateurs. Parfois, certaines
uen fonctions peuvent être mise en œuvre par des applications informatiques assurant une réponse
C>D
plus rapide. A partir d'un système d'information complété par des applications informatiques,
r^
oco l'opérateur connaît l'état du réseau (états des composants, tensions des nœuds du réseau et
en
co courants dans les ouvrages) et peut agir sur les éléments du réseau lorsque le système est dans
oo
1 une situation critique.
CD

II.4.3.1 Gestion du réseau HTB

II.4.3.1.1 Les moyens de conduite

Le système de gestion du réseau de transport se compose de plusieurs outils complémentaires

o Le système d'information et de communication appelé SCADA (Supervisory Control


and Data Acquisition) se charge d'effectuer des mesures (échantillonnées toutes les 10
secondes) sur l'ensemble des postes du réseau, de les transmettre aux centres de
dispatching et de renvoyer les ordres des centres de dispatching vers les postes. Ce
système s'appuie sur une infrastructure de communication sécurisée.
o Le système d'analyse appelé EMS (Energy Management System) se charge
d'exploiter les données reçues pour déterminer l'état du réseau et aider les opérateurs
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

pour les décisions concernant les actions correctives (applications de simulation rapide
de réseaux, optimisateurs et systèmes experts).
o Les centres de dispatching : en France, on compte 7 centres de dispatching régionaux
et un centre de dispatching national. Ce dernier se charge du réseau 400 kV et de
quelques liaisons 225 kV, il gère l'équilibre production-consommation et supervise les
dispatchings régionaux. Les centres régionaux s'occupent du réseau de répartition : ils
se chargent de la continuité d'alimentation des postes HTB/HTA, de la surveillance du
réseau et de la transmission d'ordre aux producteurs.
II.4.3.1.2 Le respect des contraintes du système

Lorsque le système est dans un état critique (surcharge, écroulement de tension, écroulement
de fréquence ou perte de synchronisme de générateurs), une mesure propre à la nature de
CD l'incident (Tableau 3) peut permettre de rétablir le système dans un état stable. Le réseau de
OO
CN transport et d'interconnexion est conçu pour fonctionner normalement pour toute perte d'un
cD ouvrage quel qui soit. Cette mesure se nomme la règle du « n-1 ». Certaines situations
CD comportant plusieurs incidents nécessitent la surveillance du réseau et la mise en place
CCD d'actions correctives si nécessaire dans des délais plus ou moins courts selon la gravité de
uen
CD
l'incident.
>

r^
oco
en L'action des centres de conduite peut se structurer en trois étages :
co
oo o La prévention, pour faire en sorte que les phénomènes ne s'amorcent pas.
i
CD o La surveillance, pour détecter et corriger les écarts.
o Les parades ultimes, pour tenter de sauver le système d'une panne généralisée.

Pour les 4 phénomènes que l'on a vus précédemment, des mesures spécifiques prévues sont
citées sur le tableau 3 [TEC 03]. La mise en place de ces décisions est complexe puisque les
phénomènes mis enjeu font intervenir des problèmes de dynamiques des réseaux et le nombre
de paramètres est assez conséquent. Les phénomènes en question étant transitoires, un retard
dans l'application des mesures correctrices peut ne pas empêcher le réseau de se dégrader et
mener à une panne généralisée : la rapidité de réaction est ainsi cruciale pour la sûreté du
système.
Pour cela, des outils d'aide à la décision peuvent être mis à la disposition de l'opérateur :
o Les simulateurs rapides de réseaux électriques.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Les optimisateurs qui, en fonction du réseau et des conditions à satisfaire, proposent


des solutions.

Prévention Surveillance Parades ultimes

o Architecture robuste du o Eviter les surcharges par o Délestage volontaire des


Surcharges réseau. des manœuvres sur le réseau. départs HTA par ordre de
o Plan de protection coordonné. o Réglage approprié des priorité (1à5).
groupes de production.

o Blocage automatique des


o Bon dimensionnement des régleurs en charge.
moyens de compensation o Contrôle du plan de tension o Baisse de 5% de ta tension des
Ecroulement d'énergie réactive. réseaux de distribution.
o Sources réactives près des en temps réel grâce aux o Surcharge en énergie réactive
de tension centres de consommations moyens de réglage des groupes.
o Possibilité de disposer de automatiques et manuels. o Délestage volontaire des
réserves de puissance réactive départs HTA par ordre de
en
oo priorité (1à5).
CN
cD
o Puissance maximale des
CD o Prévisions fiables de la
o Surveillance de la
disponibilité des réserves de
groupes.
o Délestage volontaire des
Ecroulement consommation et plan de production. départs HTA par ordre de
C0 de fréquence
production adapté.
o Réserve de puissance à
o Contrôle du plan de tension
en temps grâce aux moyens
priorité (1à5).
o Délestage fréquencemétrique (au
en disposition. de réglage automatiques et moyen de relais fréquentiels qui
C>D manuels. déclenchent à partir d'un certain
seuil de fréquence).
r^
oco
en
co
oo o Topologies adéquats
1 Instabilité de prévenant de ce type de
phénomènes. o Contrôle des accélérations o Ilôtage des zones en rupture de
CD
groupes o Plan de protection performant. des groupes. synchronisme.
o Régulation de tension et de
vitesse des groupes.

Tableau 3 : mesures pour éviter les dégradations de l'état d'un réseau de transport

D9
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

II.4.3.1.3 La reprise de service

Lors d'incidents graves, la reconstitution du réseau est une procédure délicate et importante
pour limiter l'indisponibilité des clients. Pour cela, des mesures bien précises permettent
redémarrer le réseau en plusieurs zones îlotées, de les synchroniser et finalement de les
connecter entre elles. Pour redémarrer une zone, soit les centrales thermiques ou nucléaires
ont réussi à s'îloter (les auxiliaires des groupes sont alimentés et les groupes prêts à
redémarrer) ou soit l'îlotage n'a pas fonctionné (un renvoi de la tension est nécessaire par une
centrale hydraulique ou une turbine à combustion afin de réalimenter les auxiliaires).
II.4.3.2 La gestion des réseaux de distribution HTA

II.4.3.2.1 Les moyens de conduite

CD Les moyens mis à disposition pour la conduite du réseau sont mentionnés sur la Figure 31. On
CN distingue :
c o Des postes asservis qui équipent chaque appareil télécommandé et servent au dialogue
=3
entre les appareils et le poste de conduite.
o Des postes mobiles de conduite, constitués d'un véhicule équipé d'une radio
o
fonctionnant sur un réseau de sécurité privé et assurant la liaison entre les agents sur le
CD

>v terrain et les chargés de conduite.


o Des postes de commande distants regroupant les fonctions d'informations sur le
o réseau et de commande des organes de coupure. Ceux-ci sont utilisés par les agents
CD d'astreinte à leur domicile ou sur le terrain dans les postes mobiles.
o Le poste de conduite centralisant les applications informatiques de conduite du réseau
(système SCADA impliquant la gestion des alarmes, des télésignalisations, des
télécommandes), de représentation des informations sur le réseau pour les chargés de
conduite et de traitement des données (calculs de grandeurs électriques du réseau,
fonctions d'automatisation des séquences de manœuvres sur le réseau pouvant être
engagées lors d'un défaut, fonctions d'archivages de données et fonctions évoluées de
gestion de la charge).
o Le système de communication assurant la liaison entre les postes asservis, les postes
de commande mobile et le centre de conduite. Diverses technologies peuvent être
employées comme les liaisons téléphoniques spécialisées, les liaisons téléphoniques
commutées ou les liaisons radio.

80
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Des capteurs, placés sur le départ ou au niveau du disjoncteur de départ, effectuent un relevé
temporel des grandeurs électriques sur une certaine durée. Ces informations supplémentaires
servent aux chargés de conduite à déterminer la nature des courants de défaut et ainsi à aider
au diagnostic de la panne, particulièrement lors d'un défaut fugitif.

Lorsque les organes de coupures sont manuels, leur manœuvre est effectuée par un agent
équipé d'un poste mobile. De même pour les indicateurs de passage de défaut équipant des
interrupteurs manuels, l'indicateur visuel est consulté par un agent sur le terrain.
L'introduction des technologies de téléconduite a permis une plus grande rapidité d'exécution
des manœuvres des organes du réseau et donc une grande amélioration de l'indisponibilité des
clients. Ainsi, hors événements exceptionnels (comme les grandes tempêtes), l'indisponibilité
moyenne d'un client HTA est passée de 135 min/an en 1985 à 40 min/an en 1994 et pour un
en
oo client BT de 375 min/an en 1985 à 80 min/an en 1994.
CN
cD
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

Poste HTA/BT poste HTA/BT appareil aérien HTA

Figure 31 # les moyens de conduite du réseau HTA (© copyright Cahier Technique Merlin Gerin n° 155)

81
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

II.4.3.2.2 La localisation de défaut et la reprise de service

Lors d'une panne permanente d'un ouvrage, différentes actions sont menées (Figure 32) :
o La détection de la défaillance par les protections et le déclenchement du disjoncteur
de départ ou du disjoncteur réenclencheur de réseau,
o L'analyse et le diagnostic de la panne par les chargés de conduite, à partir des
informations fournies par les détecteurs de défaut et les télémesures.
o Les manœuvres de localisation de défaut, qui consistent à repérer la section (zone
délimitée par les organes de coupure) en défaut afin de l'isoler. Ceci s'effectue en
isolant certaines sections du départ puis en rétablissant l'alimentation du départ pour
déterminer si le défaut est ou non dans la section isolée.
o Les manœuvres de reprise de service qui consistent à réalimenter les zones saines du
CD réseau, soit par l'alimentation principale (chemin d'origine), soit par les secours du
OO
CN départ.
cD o Une fois la section en défaut isolée du reste du départ, une équipe de maintenance se
CD charge de la réparation de l'ouvrage.
C0 o Lorsque l'ouvrage est réparé, les secours sont ouverts puis les interrupteurs fermés
en pour revenir ainsi à la configuration initiale du réseau.
C>D
r^
oco Défaut
en
co
oo
1 Mise hors tension
d'une partie du réseau
CD par les protections

Consultations des informations


Consultedon des t é l é t r a n s m i s e s o u p a r une
inform ations é q u i p e sur le t e r r a i n

Localisation du défaut Reprise de service


Manœuvres des organes Manœuvres des organes
Réalimentation des
d e c o u p u r e s m a n u e l s o u •( y de coupures manuels ou
c h a r g e s d a n s la m e s u r e d u
télécommandés télécommandés
p o s s i b l e : le r é s e a u e s t e n
Isolement du défaut m o d e dit d é g r a d é

Réparatio n par une


équipe de m aintenance

Manœuvres des organes


Retour à l'état normal de coupures manuels ou
télécommandés

Figure 32: schéma général du procédé de localisation de défaut et de reprise de service

82
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Ce procédé est défini précisément par des règles de référence. Celles-ci sont détaillées et
présentées sur un exemple pratique dans l'annexe 6.
Le réseau subit plusieurs changements de configurations (provoquées par les manœuvres des
appareils de coupures du réseau) pendant lesquelles certaines charges vont être privées
d'alimentation. Les coupures ainsi occasionnées sont dépendantes de la nature de la
défaillance, sa localisation dans le réseau, du temps d'accès aux informations sur le réseau et
du temps de manœuvre des appareils de coupures.
II.4.3.3 Les réseaux BT

Les réseaux BT sont exploités manuellement : les protections (fusibles et disjoncteurs)


assurent la sécurité des ouvrages en déclenchant sur les courts-circuits. Les défaillances sont
signalées par les consommateurs eux-mêmes par téléphone : il s'agit le plus souvent de la
CD rupture d'un conducteur sans court-circuit, de la fusion d'un fusible ou du déclenchement
OO
CN d'un disjoncteur sur un court-circuit. La conduite du réseau s'effectue principalement sur le
CD
~3 terrain avec des agents disposant de cartographies du réseau et de radios assurant la liaison
CD avec le chargé de conduite.
C0
uenCD II.5 Les évolutions futures des réseaux de distribution
>
r^ II.5.1 Concept de génération d'énergie décentralisée
oco
en
co Initialement, l'acheminement de l'énergie électrique est conçu de façon hiérarchique :
oo
1 l'énergie est produite par de grosses centrales d'électricité, le réseau de transport et de
CD
répartition regroupe les différentes unités de production et transporte l'énergie sur l'ensemble
des régions du territoire par des lignes HTB, puis les réseaux de distribution HTA et BT
acheminent l'énergie jusqu'aux consommateurs à partir des postes HTB/HTA via un système
de distribution arborescent. Ainsi la production d'énergie se fait en grosse quantité et la
connexion des unités s'effectue sur le réseau HTB. Avec l'ouverture du marché de
l'électricité à la concurrence, nous assistons, depuis déjà plusieurs années, à un
développement et à une émergence de nouveaux moyens de production dits décentralisés
connectés au niveau du réseau de distribution et vendant leur énergie au réseau. Ces
« petites J productions d'énergie sont appelées Génération d'Energie Dispersée (GED). Tout
d'abord destiné aux réseaux de distribution moyenne tension et profitant des bénéfices d'un
tarif de rachat avantageux (le tarif d'Effacement de Jour de Pointe EJP d'EDF), le
raccordement d'unités de productions décentralisées s'est développé à travers des unités de
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

type moteur Diesel pourvu d'un alternateur et reliées directement au réseau à travers un
transformateur. L'avance technologique en matière de viabilité et de rentabilité des moyens
de production d'énergie non conventionnels (comme les éoliennes, les microturbines, les piles
à combustibles ou les panneaux solaires) a permis l'expansion de l'implantation de systèmes
de production électrique décentralisés. Les motivations de cette expansion sont les suivantes :
o La production d'énergie plus près des consommateurs permet de réduire des pertes
dans les lignes.
o La substitution de l'énergie conventionnelle «polluante» (produite par les grandes
centrales nucléaires et thermiques) par des énergies nouvelles « propres ».
o Un intérêt économique très important pour les exploitants de GED grâce aux
subventions accordées.
o En matière de planification, face à une augmentation de la charge, l'insertion de GED
CD
OO sur le réseau de distribution permet d'éviter la construction de nouvelles lignes HTB
CN
cD et ce, avec un temps d'étude et d'installation plus courts. Ou encore pour
CD l'alimentation de sites isolés où il peut être plus rentable d'alimenter un réseau de
distribution local avec des GED plutôt que de relier le site à un poste HTB/HTA
CCD
uen lointain [THI 04].
> CD
o La présence de GED en distribution offre des moyens de réglages supplémentaires
r^
oco comme l'optimisation du plan de tension, la compensation d'énergie réactive et des
en
co harmoniques au moyen d'interfaces d'électroniques de puissance. Ceci implique une
oo
i coordination entre les producteurs et le gestionnaire de réseau.
CD
o D'autre part la continuité de service peut être améliorée dans la mesure où la GED
peut alimenter des charges qui ne tolèrent pas d'interruptions lorsque le réseau est en
panne.
L'appellation "Production Décentralisée" (ou Génération d'Energie Dispersée GED) n'est pas
un concept strictement défini. Il peut varier en fonction du contexte, du pays ou en général de
l'intérêt que l'opérateur y porte. On peut néanmoins caractériser la production
décentralisée par les points suivants :
o Systèmes de production raccordés à une tension maximale de 20 kV (soit en HTA ou
soit en BT).
o Systèmes de production de petite puissance (quelques kVA à 30 MVA).
o Aucune condition sur le placement dans le système de production électrique.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Actuellement, l'intérêt technique et scientifique se porte sur les moyens de production suivants :
o Les générateurs diesel reconvertis ou non au gaz : fabriqués dans des gammes de
puissances de 100 kW à 25 MW, ils sont beaucoup utilisés comme groupe de
production en cogénération (récupération de la chaleur produite) et comme secours.
Les coûts d'installation et d'exploitation ne sont pas très élevés. Ils sont assez
encombrants, bruyants, vibrants et polluants.
o Les turbines à gaz : leur puissance est de l'ordre de 1 MW, elles peuvent être utilisées
comme groupe de production ou comme secours. Elles ne présentent pas les
inconvénients du diesel, à savoir l'encombrement et les vibrations, mais les
démarrages sont longs et coûteux. Notons aussi qu'il y a peu de maintenance à fournir.
o Les micro-turbines : ce sont de petites turbines à gaz de 30 kW à 250 kW.
o Les piles à combustible : elles utilisent l'énergie électrochimique d'un gaz et la
CD
OO convertissent en énergie électrique, leur puissance va de 1 kW à 1 MW.
CN
CD o Les éoliennes : elles récupèrent l'énergie du vent grâce à un aérogénérateur (les plus
~3
CD puissantes sont de l'ordre de 5 MW à l'unité). Les caractéristiques électriques de
C0 sortie de cet aérogénérateur dépendent donc de la force du vent.
uen o Les panneaux photovoltaïques : une unité produisant de 5 W à 100 W, les systèmes
C>D composés de plusieurs de ces modules sont préconisés pour l'électrification de sites
r^
oco isolés combinés à un système conventionnel type diesel. De façon analogue à l'éolien,
en
co la puissance de l'installation est tributaire de l'ensoleillement.
oo
1
CD
Ces moyens de production peuvent s'équiper de dispositifs de récupération de la chaleur (afin
d'accroître la rentabilité de l'ouvrage) et de moyens de stockage. Les unités dites non
conventionnelles, qui ne sont pas équipées de machines tournantes « traditionnelles », sont
connectées au réseau par une interface d'électronique de puissance.
II.5.2 Les diverses solutions d'intégration de l'énergie dispersée
Des précautions sont ainsi à prévoir quant à l'insertion de GED sur les départs de réseaux de
distribution. Actuellement des règles de raccordement sont imposées aux producteurs pour
conserver le bon déroulement du fonctionnement du réseau. Ces règles sont énoncées par
l'arrêté du 17 mars 2003 relatif aux prescriptions techniques de conception et de
fonctionnement pour le raccordement à un réseau public de distribution d'une installation de
production d'énergie électrique détaillé dans l'annexe 5.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour le raccordement en HTA, les règles concernent :


o La protection générale qui a pour but d'empêcher les défauts, du coté producteur,
d'affecter le réseau. Elle déclenche le disjoncteur général de l'installation.
o La protection de découplage qui déconnecte l'installation lors d'un défaut sur le
réseau, ceci pour permettre le bon fonctionnement du plan de protection du réseau. Il
existe plusieurs type de protections de découplage suivant la puissance de l'unité.
o Selon la puissance de l'installation, des prescriptions sont imposées au niveau de la
capacité à produire et à absorber de la puissance réactive.
o Pour une installation de plus d'1 MVA, celle-ci doit pouvoir ajuster sa tension à la
demande du gestionnaire.
o Une installation de puissance supérieure à 10 MVA doit être équipée d'un régulateur
de tension.
en
o L'installation ne doit pas perturber les signaux tarifaires.
CN
c o Les perturbations (harmoniques, fluctuations rapides de tension et déséquilibre entre
S les phases) générées ne doivent pas excéder les valeurs indiquées.
o Le couplage d'une machine synchrone au réseau doit se faire avec des écarts
c
minimaux de ± 10 % pour la tension, ±0,1 Hz pour la fréquence et ± 10° pour la
CD
> phase. L'à-coup de tension au point de livraison ne doit pas dépasser 5 % pendant plus
co
oo de 0,5variations
o Les secondes.de puissance ne doivent pas dépasser 4 MW/minute.
CD
o Si la puissance de la production dépasse 25 % de la puissance du poste source, le
gestionnaire peut demander au producteur d'installer un dispositif permettant
d'échanger des informations avec le gestionnaire comme le programme de
fonctionnement prévu, l'état de fonctionnement de la centrale (puissance active et
réactive) et la valeur de la tension.

Ces règles, actuellement en vigueur, sont prévues pour garantir le bon fonctionnement du
réseau de distribution tel qu'il est actuellement. Si les réseaux de distribution évoluent vers
d'autres architectures et d'autres modes d'exploitation, ces règles sont susceptibles d'être
modifiées.

86
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

II.5.2.1 Insertion sur un départ HTA classique

Les générations dispersées sont connectées sur les lignes du départ HTA. La protection de
découplage assure la déconnection de la GED lors d'une perturbation sur le réseau. Cela
implique la révision du plan de protection du départ ainsi que des seuils des détecteurs de
défauts du réseau.

\b
-o <k
4

CD
OO
CN
CD
CD
A
C0 Poste source
en Figure 33 : insertion de GED sur un départ HTA classique
C>D
Une autre solution est de connecter les GED au poste source par l'intermédiaire de départs
r^
oco dédiés. Cela évite les problèmes de fonctionnement des départs puisque l'énergie des GED est
en
co acheminée sur les jeux de barre HTA de la même façon que celle fournie par les
oo

1
1 transformateurs HTB/HTA.
CD

Réseau

Tr2l
JdBl JdB2
N/O
AAAAA AAAAA
D l D2 D3 D4 D5 Cl C2 C3 C4 C5

Figure 34 : insertion de GED sur des départs dédiés


II.5.2.2 Une nouvelle architecture de réseaux de distribution

Le concept actuel des réseaux de distribution n'étant pas adapté à la production décentralisée,
l'augmentation, dans l'avenir, de ce type de production laisse penser que des modifications de
l'architecture de la distribution pourraient être avantageuses dans la mesure où une structure

87
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

plus adaptée pourrait permettre une meilleure exploitation de ces unités de production pour le
fonctionnement du réseau &
o Une topologie comportant des boucles fermées,
o L'utilisation des GED en tant que secours ou soutien du poste source.

Ces mesures pourraient améliorer la fiabilité du réseau de distribution. Mais il faut considérer
les coûts de ces innovations et la rentabilité d'un tel système.
II.5.2.3 Le concept de centrale virtuelle

L'idée de la centrale virtuelle est que certains producteurs raccordés au réseau se regroupent
pour former une entité qui optimise la production (c'est-à-dire fournir une certaine puissance
et une certaine disponibilité de l'énergie). Dans ce concept, on voit apparaître plusieurs
partenaires & le Gestionnaire du Réseau de Distribution (GRD) (qui se charge d'acheminer
oo
CN l'énergie de la production aux clients), les centrales virtuelles (CV) (qui vendent leur
c électricité aux clients) et les clients.
CD
c0
"cos—
0>
h-
Oco Réseau HTA

co
oo
1
0

^ Participants à la Centrale Virtuelle

Participants au Consommateur Virtuelle

Pilotage de la centrale virtuelle

Figure 35 : schéma de la centrale virtuelle

88
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Les prix de l'électricité sont déterminés par une bourse de l'énergie. Un 2 marché de
ème

l'énergie serait destiné aux services réseaux pour garantir une bonne qualité de l'énergie (le
gestionnaire réseau peut acheter de l'énergie réactive pour relever le plan de tension,
demander à un producteur de produire moins et à un autre de produire plus de manière à
décharger une zone du réseau, acheter des capacités de réserve pour une meilleure sécurité
d'alimentation des clients,...). La mise en place d'un tel système implique de définir les rôles
de chacun des partenaires et de prévoir les moyens de coordination nécessaires
(infrastructures de communication).

La sûreté de ces nouveaux réseaux de distribution est très utile à considérer au niveau même
de la conception étant donné l'importance des changements :
o Présence de multiples sources d'énergie.
en
oo o Nouvelles architectures.
CN o Aléas au niveau de la production des générations décentralisées.
cD
CD o Concept de centrale virtuelle et nouveaux comportements engendrés par les variations
C0 de prix dans les bourses de l'énergie.
uen
C>D II. 5.3 L 5impact de la génération dispersée sur les réseaux de distribution
r^ Les réseaux de distribution ne sont, à l'origine, pas conçus pour accueillir des unités de
oco
en production. En effet, l'insertion de GED peut créer certains problèmes puisqu'elle induit :
co
oo
1 o Des modifications au niveau du plan de tension du réseau de distribution.
CD
o Des variations brusques de puissance. Un producteur peut se connecter et déconnecter
à n'importe quel moment, ou bien certaines GED comme l'éolien et les panneaux
photovoltaïques ont des capacités aléatoires puisque dépendantes de facteurs
climatiques pouvant entraîner de brusque variations de puissance (par exemple si une
pointe de vent fort se produit, la ferme éolienne est arrêtée et ne débite plus aucune
puissance).
o La présence de production sur un départ modifie les courants de défaut, puisque les
GED y participent.
o Les interfaces d'électronique de puissance génèrent des courants harmoniques.

89
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Les impacts de l'insertion de GED peuvent être multiples. Les différentes conséquences
possibles des GED sur le réseau sont mentionnées sur le tableau 4.

Impacts potentiels de l'insertion de GED sur un départ

Le plan de protection étant prévu pour une architecture arborescente, la présence de sources sur le départ peut
entraîner des risques:
Plan de o D'aveuglement de la protection de départ (Figure 36) pouvant entraîner des détériorations des équipements du
réseau.
protection o De déclenchement intempestif (Figure 36) ayant pour conséquence le déclenchement d'un départ sain.
o De mauvais fonctionnement des détecteurs de défaut entraînant ainsi des difficultés pour la localisation de
défaut.

Sécurité des o Lors d'un défaut sur le départ, la protection de départ assure la mise hors tension du départ. Si des GED
restent connectées au réseau, le départ reste sous tension présentant ainsi un risque pour le personnel chargé
personnes de la maintenance.

Le régleur en charge du transformateur du poste source relève la tension en début de départ afin que la tension en
en
oo bout de départ ne soit pas en dessous de la limite inférieure. L'injection de puissance par la GED relève le plan de
Plan de tension au point de connexion, on a ainsi des risques :
CN o De tension basse sur le départ lorsque des GED sont connectées en début de départ.
cD tension o De baisse de tension sur les départs adjacents (la tension du départ où se trouve les GED fait que le régleur en
charge baisse la tension du poste source entraînant une baisse de tension pour les autres départs).
CD o De dépassement de la tension lorsque des GED sont connectées en fin de départ (dépassement non détecté par
le régleur en charge du poste source).

C0
en Les brusques variations de puissance occasionnés par les connections et déconnections des GED au réseau ou la
C>D Perturbations production aléatoire (comme celle des éoliennes) peuvent induire :
o Des surtensions pouvant être dommageables pour les équipements du réseau.
dynamiques o Des creux de tension.
r^
oco
o Des variations de la fréquence.

en
co
oo Perturbations
o La génération d'harmoniques par les interfaces d'électroniques de puissance peut perturber les systèmes
1 sur la qualité électroniques et le fonctionnement des moteurs (vibrations). A long terme, cela peut accélérer l'usure de
CD certains composants du réseau par des effets thermiques et de fatigue mécanique.
de la tension o Certaines GED sont sources de Flicker (fluctuations rapides de la tension) comme les éoliennes.

Tableau 4 : impacts de l'insertion de GED sur les réseaux de distribution

Disjoncteur d e départ
/

Figure 36 : aveuglement (à gauche) et déclenchement intempestif (à droite) de la protection de départ

90
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

II.6 Synthèse
Le système électrique s'est établi au fil du temps, constituant une organisation hiérarchisée en
commençant par la production d'électricité centralisée (centrales de grandes tailles), le réseau
de transport et de répartition qui mutualise les unités de production du pays et achemine
l'énergie sur l'ensemble du territoire, puis la distribution qui livre l'énergie aux clients. Nous
avons présenté les architectures des réseaux de transport et de distribution ainsi que leur
système de conduite et de gestion respectifs. Le réseau de transport regroupe les unités de
production sur tout le territoire et se charge ainsi de l'équilibre entre puissance consommée et
puissance produite, de la tenue en tension sur l'ensemble du réseau et du maintien du réseau
dans un état de sécurité compte tenu des perturbations (court-circuit, perte d'un générateur,
R) que vit le réseau et des phénomènes de dégradation (écroulement de tension, écroulement
CD de fréquence, surcharges et instabilité des alternateurs). Pour les réseaux de distribution, leur
OO rôle est d'assurer une tension dans les limites exigées et la disponibilité d'alimentation pour
CN
cD ses charges.
CD
CCD Des efforts de sécurisation du système électrique, réalisés au niveau du réseau de transport
uenCD (formation des dispacheurs, organisation des centres de dispatching, système d'information et
>
de téléconduite, gestion de la réserve tournante, plans de défense pour faire face rapidement
r^
oco aux situations critiques, architecture maillée dotée d'un système de protection très fiable
en
co
oo assurant la règle du « n-1 », entretien du réseau, ...), ont considérablement amélioré la
i disponibilité de l'électricité au niveau des postes HTB/HTA (actuellement, en France,
CD

l'indisponibilité moyenne d'un poste HTB/HTA est d'environ 10 minutes par année). Pour ce
qui est de la distribution, l'architecture arborescente fait que la fiabilité des réseaux de
distribution est beaucoup moins importante que celle du réseau HTB : la contribution des
réseaux de distribution à l'indisponibilité au niveau des clients est d'environ 80%.
L'arborescence des départs fait que les coupures d'électricité sont inévitables, ainsi
l'amélioration de la sûreté des réseaux de distribution repose sur la réduction du temps de
coupure des clients et donc sur la rapidité de localisation du défaut, de reprise de service et de
maintenance des équipements en panne. Pour cela, l'utilisation de détecteurs de défaut et
d'appareils télécommandés réduit énormément de temps de localisation du défaut et donc le
temps de coupure des clients. De même, la prédétermination des situations de dépannage
permet une réaction plus rapide de l'opérateur du réseau.
Aujourd'hui le contrat standard proposé par EDF garantie les seuils suivant :
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Agglomérations moyennes
Grosses Agglomérations Cœur des grandes
Zones rurales de 10 000 à 100 000
de plus 100 000 habitants villes
habitants
Nombre maximal de coupures longues 6 3 3 2
(supérieures à 3 min)
Nombre maximal de coupures courtes 30 10 3 2
(entre ls à 3 min)

L'amélioration de la disponibilité se fait en contrepartie d'investissements, il est donc


intéressant d'estimer les performances d'un réseau de distribution pour déterminer ensuite la
rentabilité de l'ouvrage.
Avec l'arrivée de la politique de libéralisation du marché de l'énergie et celle de nouveaux
moyens de production se connectant au niveau de la distribution (tels que les éoliennes, les
centrales de cogénération, les microturbines, et les piles à combustible), les réseaux de
distribution sont en pleine mutation. Plusieurs solutions d'intégration de l'énergie
CD décentralisée à la distribution peuvent être envisagées. Ces profonds changements des réseaux
OO
CN de distribution à venir suscitent plusieurs problématiques :
CD
o Tout d'abord, compte tenu des évolutions envisagées pour les réseaux de distribution,
CD il convient d'en calculer les performances en terme de sûreté de fonctionnement.
C0 o Les méthodes d'analyse de sûreté des réseaux de distribution doivent être adaptées à
en ces changements. La présence de production décentralisée est susceptible de générer
C>D
des pannes de nature différente de celles constatées sur les réseaux de distribution
r^
oco
en « classiques ». En effet, on assiste à une transgression des notions de fonctionnement
co
oo des réseaux de transport au niveau de la distribution (comparée à la situation classique
1
CD où l'on trouve un seul poste source, on voit apparaître le concept de multiples sources
utilisé en réseau de transport et ainsi que l'utilisation d'une structure bouclée voire
maillée). Ainsi, pour l'étude de sûreté de fonctionnement, les problèmes liés aux
réseaux de transport sont à envisager pour l'étude de ces nouveaux réseaux de
distribution.
o Les mutations des réseaux de distribution sont susceptibles d'interagir avec le réseau
de transport et ainsi d'en modifier la sûreté de fonctionnement.
Considérant ce qui précède, le Chapitre III développe les éléments nécessaires à la
modélisation de la sûreté d'un réseau de distribution incluant ou non les mutations liées aux
GED.

92
Chapitre III
Sûreté des réseaux électriques de distribution
CD
OO
CN
cD
CD
CCD
uen
CD
>

r^
oco
en
co
oo
i
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Chapitre III
Sûreté des réseaux électriques de distribution

III.1 Introduction
Après avoir défini la sûreté de fonctionnement des systèmes et des méthodes de calculs dans
le chapitre I, exposé les architectures des réseaux publics d'électricité ainsi qu'une étude
qualitative générale comprenant les différents événements impactant sur la fiabilité du
système et les comportements associés des différents réseaux dans le Chapitre II, nous allons
nous intéresser à la modélisation de la sûreté des systèmes électriques de distribution en
en considérant la présence de productions décentralisées.
c
Initialement le fonctionnement des réseaux de distribution, dotés d'un poste source et d'une
CD
architecture arborescente acheminant l'énergie aux différents clients, n'était pas concerné par
§ la gestion de générateurs d'électricité. Les événements sur un tel réseau sont le
tn
déclenchement intempestif de protection, la perte d'une ligne (court-circuit ou rupture), et les
K manœuvres des organes de coupures du réseau (incluant leur défaillance à la sollicitation). Si
l'on considère maintenant la présence de productions, suivant un certain taux de pénétration
co
oo de l'énergie décentralisée, la gestion d'un réseau de distribution n'est plus la même et certains
£ dysfonctionnements, jusqu'alors spécifiques aux réseaux de transport, sont à envisager pour
l'étude de sûreté.

Ainsi, pour ce chapitre, nous allons nous intéresser à la modélisation des événements que
constituent les défaillances et ses comportements associés du système électrique, nous
considérons un réseau regroupant à la fois les caractéristiques des réseaux de distribution et
celles du transport. Une deuxième partie développe les méthodes de calculs prévisionnels des
indices de sûreté d'un réseau électrique. Lors de l'étude d'un cas précis, nous verrons que,
certaines pannes n'étant pas envisageables, plusieurs simplifications du modèle du système
peuvent être effectuées.

95
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

111.2 Modélisation de sûreté d'un système électrique


Les divers types de panne d'un système électrique ainsi que son comportement ont été
explicités. Pour modéliser la sûreté du système, il faut tout d'abord établir un modèle qui
fasse apparaître les évolutions successives de l'état du système résultant des événements et de
ses réactions. Un point caractéristique d'une étude est le nombre important de cas traités, ceci
implique que les outils utilisés pour déterminer les comportements du système doivent être
très rapides : de l'ordre de une seconde ou moins. On verra ensuite quelles modélisations des
divers aspects du modèle peuvent être utilisées. Enfin, la dernière étape est d'établir une
méthode de calculs de sûreté qui doit recenser et quantifier les divers scénarios : l'objectif est
que la méthode interprète le modèle du système établi auparavant.

CD
III.2.1 Modèle général d'un réseau électrique
OO
CN A chaque changement d'état, le système est susceptible de réagir afin d'assurer d'une part, la
CD
~3 continuité d'alimentation des charges et d'autre part, le respect des contraintes de
CD fonctionnement des composants. Pour l'analyse de sûreté de fonctionnement d'un système, il
C0 faut modéliser l'état du réseau à chaque changement puis décrire les réactions successives du
uenCD système: l'élaboration de ce modèle comportemental est indispensable pour déterminer les
>
conséquences d'un événement et les combinaisons d'événements susceptibles de se produire.
r^
oco
en
co
oo L'état d'un système électrique se définit par :
1 o Les états de ses composants : fonctionnement, repos en bon état, repos en mauvais état
CD

et en maintenance.
o Les variables d'état du système : courants traversant chaque composant, les tensions
en tout point du réseau et les puissances actives et réactives produites et consommées.

On définit comme changement d'état du système une modification d'un état de composant ou
d'une variable d'état. Cela peut être :
o La panne d'un composant.
o La variation de charge du réseau.
o La variation de puissance d'une unité de production.
o L'ouverture ou la fermeture d'un organe de coupure.
o L'évolution d'un phénomène transitoire.
Nous rappelons que plusieurs types d'évolution du système sont considérés :
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Les phénomènes dits « ponctuels J qui concernent les pannes des composants et les
manœuvres des organes de coupures (disjoncteurs et interrupteurs),
o Les phénomènes transitoires liés à la dynamique des éléments du réseau. Cela
concerne les générateurs, leurs régulateurs ainsi que certaines charges (comme les
moteurs à induction) lors de variations brusques de charge. Les phénomènes sont
l'écroulement de fréquence, l'écroulement de tension et l'instabilité d'un groupe de
production.
o La surcharge d'un équipement qui est un phénomène transitoire thermique dépendant
des caractéristiques thermiques du composant et de l'ampleur de la surcharge.

Pour les phénomènes transitoires (décrits dans le paragraphe II.3.2), mis à part les problèmes
de surcharge qui peuvent être traités assez simplement (phénomène thermique dont
en
oo l'évolution est fonction de l'ampleur de la surcharge et des caractéristiques du composant),
CN leur étude nécessite l'emploi de simulations dynamiques intégrant les modèles des
cD
CD
générateurs et de leurs régulateurs. Etant donné le nombre d'états que peut prendre un
système électrique, l'emploi de simulations dynamiques nécessiterait un temps de résolution
C
CO beaucoup trop important. Il est possible d'aborder ces événements de manière « ponctuelle J :
c'est-à-direjuste au moyen d'un calcul « statique J déterminant, à partir de l'état du réseau au
moment de l'apparition du phénomène, s'il y a un problème au cours de l'état transitoire du
oco
réseau, quand il se produit et comment. Cette modélisation s'effectue au moyen de
g"CD nombreuses hypothèses et peut être parfois assez éloignée de la réalité. La Figure 37
schématise un modèle général pour décrire chronologiquement la « vie J d'un système
électrique. Ce modèle comporte plusieurs grandes étapes qui sont :
o Le paramétrage du système où on définit des variables concernant les composants, les
consignes de réglage, les puissances des groupes de productions, les puissances des
charges.
o Déterminer et diagnostiquer l'état du réseau à partir des nouveaux paramètres du
système.
o La mise au point des manœuvres de localisation de défaut et de reprise de service.
o La mise au point des actions correctrices afin de rétablir le système dans un état stable.

97
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Panne d'un Déclenchement Manœuvre


composant d'une protection d'un c o m p o s a n t
des consignes

C
des générateurs

/ \ \
Variations des Variations des
Réparation Remise
puissances puissances
d'un c o m p o s a n t en s e r v i c e
produites consommées
V V y

Nouvel é v é n e m e n t
( C h a n g e m e n t d'état)

CD
OO
CN
CD
~3 Figure 37 : modèle général de la « vie » d'un réseau électrique
CD
c0 III.2.2 Modélisation des paramètres du réseau
en
C>D
111.2.2.1 La topologie
r^
oco
en Pour représenter la topologie du réseau, il faut une matrice comprenant pour chaque
co
oo composant :
1
CD o La connexion aux nœuds du réseau.
o Son impédance.
o L'état du composant (fonctionnement / repos / maintenance, ouvert / fermé, défaut
d'isolement, ...).
A chaque nouvel événement, cette matrice doit être mise à jour.
111.2.2.2 Les charges

La charge d'un système électrique peut être fixe ou variable dans le temps. Pour représenter
les fluctuations de la charge, on utilise soit une courbe de charge moyenne établie sur la durée
de fonctionnement du système, soit un modèle aléatoire. La consommation d'une charge se
caractérise par la puissance active et réactive, le facteur de puissance dépendant de la nature
de la charge.

98
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Lorsque le réseau comporte plusieurs charges et que celles-ci peuvent évoluer


indépendamment les unes des autres, on peut définir soit :
o Un modèle pour chaque charge.
o Un modèle moyen sur l'ensemble des charges si celles-ci évoluent de manière
similaire.

Selon la dynamique des charges et du comportement du réseau face à celles-ci, on définit


l'échantillonnage de la courbe de charge. Si, sur une période d'une minute, des variations très
rapides de la charge n'entraînent pas d'instabilités des groupes du réseau, il n'y a pas d'intérêt
à modéliser celles-ci : on peut ainsi moyenner la courbe de charge sur la période considérée.
III.2.2.3 Les sources

CD Les paramètres assignés à une source sont :


OO
CN o La capacité de la source en terme d'énergie active et réactive.
cD
o Le type de régulation : tension/fréquence (V,f), puissance active/tension (P,V) ou
CD
puissance active/puissance réactive (P,Q).
C0 o Les consignes de réglage de la production.
en
C>D III.2.2.3.1 La capacité variable d'une source

r^
oco Pour des sources dépendantes de phénomènes aléatoires, comme le vent pour une éolienne ou
en
co l'ensoleillement pour un panneau photovoltaïque, la capacité maximale de la machine évolue
oo dans le temps.
1
CD

P éolienne

Modèle aléatoire du vent

V n = m + d • y„
A v e c yn=C1.yn-1+C2.yn-2+C3. U n + C 4 . U n - 1 + c 5 . Un-2

O ù c i s o n t d e s c o n s t a n t e s , u u n e loi n o r m a l e d e moyenne
n u l l e , m l a m o y e n n e d u v e n t e t d la d é v i a t i o n .

Figure 38 # modèle aléatoire de la puissance d'une éolienne

99
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour modéliser ces variations, on a plusieurs possibilités. Ainsi pour une éolienne :
o On dispose d'un modèle aléatoire qui donne les variations échantillonnées sur une
période donnée (modèle détaillé sur la Figure 38).
o On détermine la loi de probabilité décrivant les puissances possibles de la source
(modèle détaillé sur la Figure 39).
P éolienne

CD
OO
CN
CD
~3
CD
C0 Figure 39 : loi de distribution de la puissance d'une éolienne
en
C>D
La première solution est adaptée pour la méthode Monte Carlo chronologique puisqu'elle
r^
oco décrit un modèle temporel alors que la seconde alternative est une loi pouvant être utilisée
en
co directement dans une méthode analytique.
oo
1 Ici aussi, se pose la question de l'échantillonnage de la puissance de la source. Par exemple,
CD
pour l'éolienne, la variabilité du vent fait que l'on constate d'importants écarts de la
puissance d'une éolienne sur plusieurs dizaines de seconde. On procède alors de la même
manière que pour la courbe de charge.
III.2.2.3.2 Modélisation d'un moyen de stockage

Les moyens de stockage se caractérisent par le fait qu'ils peuvent débiter une certaine
puissance dans un temps limité selon la quantité d'énergie stockée. La difficulté de
modélisation d'un moyen de stockage se situe dans l'évaluation de cette quantité d'énergie
stockée :
o Si l'énergie de stockage est fixe, c'est-à-dire qu'il est bien spécifié que, lors de son
utilisation, le stockage est de x kWh, on déduit facilement, selon la charge du réseau,
quel va être le temps de décharge.

lOO
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Si, comme l'exemple d'une batterie connectée au réseau permettant le lissage de la


courbe de charge, l'état de la batterie est en constante évolution (cycles de charges et
de décharges de la batterie), la modélisation doit être faite par un modèle temporel
avec une méthode Monte Carlo chronologique.
III.2.3Diagnostic du système
Une fois les paramètres du système définis, il faut statuer sur l'état du système :
o Le système est dans un état stable et aucune défaillance n'est présente.
o Le système est dans un état stable et un appareil est défaillant : l'opérateur doit
localiser le défaut, l'isoler et établir un mode de fonctionnement dégradé du réseau
pour la durée de la maintenance, c'est l'étape de localisation de défaut.
o Le système est dans un état électrique stable mais on constate la surcharge d'un
CD
OO équipement. Il faut donc déterminer les conséquences de la surcharge : instant de
CN
cD détérioration de l'appareil et éventuellement déclenchement de la protection de
surcharge (si elle existe). Selon le système, cette surcharge peut être identifiée par
CD
l'opérateur et des mesures spécifiques pour y remédier sont prises.
C0 o Le système est dans un état instable de type écroulement de tension ou de fréquence. Il
uen
C>D faut déterminer l'instant où les protections des sources vont déclencher. Des mesures
r^ pour rétablir le système dans un état stable peuvent être prises.
oco o Le système est dans un état instable de type court-circuit ou perte de synchronisme
en
co
oo d'une machine (causée par une variation brusque de la charge). Dans ce cas, les
1
CD protections du système déclenchent très rapidement : il faut donc déterminer quelles
protections vont déclencher.

La Figure 40 représente plus précisément les étapes de calcul de l'état du système et de


diagnostic décrites sur la Figure 37. On traite successivement les événements les plus rapides
susceptibles de modifier l'état du réseau : les déclenchements de protection de réseau ou de
machine suite à un court-circuit, le déclenchement d'une protection de machine suite à une
instabilité, le délestage de charge suite à un écroulement de fréquence ou un écroulement de
tension. Les surcharges éventuelles sont traitées en dernier.

101
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Nouveaux paramètres du système


-Topologie
- États des composants
- Puissances produites
- Puissances consommées

S
OUI Court-circuit ?

V y
Calcul des tensions
de court-circuit Tests si la variation de
Perte de stabilité de NON
puissance est dans la
certaines machines
bande de réglage du réseau ?

Déclenchement des protections OUI


de réseau et éventuellement
de certaines protections
Capacité de système NON
est supérieure
de production à la charge ?

OUI
Écroulement de
CD
OO Calcul de répartition
fréquence

CN
CD Déclenchement
de charge

de certaines protections
de production
CD Instabilité de tension ? OUI
Surcharge ?

C0 NON
en OUI
C>D Défaillance à localiser ?

r^
oco Actions de localisation NON
Actions correctrices
de défaut et de

co
CD
oo
reprise de service

1 Nouvel événement
CD

Figure 40 : schéma des étapes de calculs de l'état du système et du diagnostic

Les étapes représentées en trames modélisent les réactions du système : on distingue les
déclenchements automatiques de protection et les actions menées par l'opérateur. Ces
dernières seront abordées dans la partie suivante III.2.4.

En ce qui concerne le déclenchement des protections, il est important de signaler que des taux
de défaillance à la sollicitation peuvent être affectés pour modéliser le refus de
fonctionnement de la chaîne protection-disjoncteur.

@02
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

111.2.3.1 Cas d'un court-circuit

Lors d'un court-circuit, les protections du réseau déclenchent : en fonction de la localisation


du défaut et de la sélectivité des protections, on détermine quelles protections déclenchent.

Pour les protections des machines, la tâche est plus compliquée : la déconnection de la
machine s'effectue sur des critères de tension, de courant, de fréquence et de vitesse de la
machine lorsque la machine perd le synchronisme. On abordera cette problématique dans le
paragraphe III.2.3.2.3 sur la stabilité d'une machine sur court-circuit.
111.2.3.2 Cas d'une déconnexion d'un générateur

On compte plusieurs aspects concernant la stabilité d'une machine qui sont :


o La stabilité en petits signaux nécessaire pour que, face à de petites perturbations
CD
OO autour du point de fonctionnement comme des enclenchements de charge, la machine
CN
CD reste stable.
~3 o La stabilité sur report de charge qui doit garantir dans certaines limites la stabilité
CD
lorsque l'impédance du réseau vue de la machine change (lors de changements de
C0 topologie du réseau).
uen
C>D o La stabilité sur court-circuit qui garantit, suivant la sévérité du court-circuit, la
r^ stabilité de la machine.
oco o La stabilité sur les variations importantes de la charge (comme la perte d'une machine
en
co
oo sur le réseau).
1
CD La déconnexion d'une machine suite à une perturbation est due, soit au déclenchement de la
protection de découplage (critères de tension et de fréquence), soit à la perte de synchronisme
(suivie du déclenchement de la protection machine). L'étude ces événements nécessite des
simulations transitoires permettant d'observer la fréquence du réseau et les éventuelles
instabilités des machines. Une approche approximative de ces problèmes de stabilité est de
s'intéresser aux contraintes exigées par le gestionnaire du réseau aux machines connectées.
Ces spécifications donnent, pour chacun des aspects de la stabilité, des gabarits sur certains
critères définissant les limites exigées pour la stabilité de l'installation. Pour notre analyse,
nous procèdons de la façon suivante : nous déterminons les valeurs correspondant aux critères
et si ces valeurs ne sont pas comprises dans le gabarit, il se peut que la machine ne soit pas
stable. Dans notre modèle, on choisit l'hypothèse la plus pessimiste qui est la perte de
stabilité.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

III.2.3.2.1 Stabilité en petits signaux

La stabilité en petits signaux peut s'étudier en mettant le système sous forme d'équations
différentielles, de les linéariser, puis de déterminer les pôles : si un de ceux-ci se trouve être à
partie réelle négative, le système est instable. Le problème est encore que cette approche
nécessite des calculs complexes trop long pour une étude de fiabilité.

Production Nœud infini

Impédance équivalente d u réseau

Figure 41 : schéma de connexion d'une machine au réseau

en On procède donc en étudiant les règles exigées par le gestionnaire. Ici, la règle est de garantir
o
la stabilité de la machine pour des valeurs de l'impédance équivalente du réseau comprise
cD
entre les valeurs a et b fixés par le gestionnaire. Il faut donc calculer l'impédance équivalente
CD
au nœud de raccordement : si la valeur n'est pas comprise entre a et b, on estime que la
c machine n'est pas stable en régime permanent et on fait déclencher la protection de la
CD
machine.
I.2.3.2.2 Stabilité sur report de charge
Oco
De même que pour la stabilité en petits signaux, ici, le gestionnaire fixe une variation
oo
maximale de l'impédance du réseau pour laquelle la machine doit rester connectée. Ainsi, lors
CD
d'un changement de la topologie du réseau, on calcule la variation de l'impédance pour
chaque machine et si cette variation est supérieure à celle indiquée par le gestionnaire, on
estime qu'il y a instabilité de la machine.
III.2.3.2.3 Déconnection sur les courts-circuits

Le gestionnaire impose à chaque machine un gabarit normalisé de creux de tension (Figure


42) que la machine doit tenir sans perdre le synchronisme. Ainsi, pour déterminer si la
protection de la machine déclenche, il faut connaître la durée du court-circuit (qui est fixé par
le temps d'action des protections réseau) et la profondeur du creux de tension occasionné au
moyen d'un calcul des tensions durant le court-circuit (calcul détaillé dans l'annexe 9).

lO4
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

U(t) Apparition Élimination


du défaut •—.. r . . .

1
Un
DO % U n

3O % U n

l5 % U n

t
3 0 0 ms 2,5 s

Figure 42 : exemples de gabarits de creux de tension qu 'une machine doit pouvoir endurer

CD Si le creux de tension est plus contraignant que le gabarit, la protection de la machine est
OO
CN supposée déclencher. Cependant, cette méthode ne permet pas d'aborder le comportement de
CD
la machine après élimination du court-circuit.
CD
III.2.3.2.4 Stabilité sur les enclenchements de charge
C0 Pour un alternateur équipé d'un régulateur primaire, l'ajustement de la puissance produite par
en
C>D rapport à la puissance appelée s'effectue en compensant la variation de fréquence par une
r^ augmentation de la puissance du groupe. Ainsi, pour les machines participant à l'ajustement
oco
en
co de la puissance produite, le gestionnaire exige que les groupes soient stables pour des
oo certaines valeurs de fréquence et pendant une certaine durée (comme tenir une plage de
1
CD
fréquence entre f Hz et f Hz pendant un temps T ).
l 2 O

F alternateur

1
AF
2

P alternateur

AP
Figure 43 : courbe de statisme d'un alternateur

lO5
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Une manière de déterminer si les machines du réseau sont capables de tenir une certaine
variation AP de la puissance appelée est de calculer la variation de fréquence résultante puis
le temps minimum, en fonction des pentes maximales des générateurs en MW/s, pour que la
fréquence revienne à sa valeur initiale.

Chaque générateur est caractérisé par sa puissance nominale, sa courbe de statisme


(représentée Figure 43) et sa pente maximale exprimée en MW/s. Si l'on néglige les
impédances du réseau, la réponse à une variation AP de la puissance appelée se répartit sur
chaque machine au prorata de leur puissance nominale et de leur statisme. Pour un système
comprenant n machines participant à l'équilibre de la puissance, on a pour chaque groupe i (f0

est fréquence nominale du réseau) :


AP @ Af
g Pni S. f0
CN
cD Comme la fréquence est la même sur le réseau, on en déduit que, pour deux générateurs i etj,
en on a :
g AP. = A _ AP.
Pn. . Pn. J

CD

Et enfin la somme des variations de puissance des machines est égale à la variation AP (aux
o variations de pertes près, qui sont, ici, négligées) :
| ]T AP. = AP
CD
Ces équations définissent un système d'équation à (n+1) équations et (n+1) inconnues qui
sont Af et les AP.. La résolution du système nous donne donc la variation de fréquence Af dès
l'apparition de la perturbation et les variations AP. de chaque générateur pour rétablir
l'équilibre production-consommation. Ensuite, en fonction de la pente maximale de chaque
générateur, on détermine la courbe représentant l'évolution maximale de la fréquence du
réseau (Figure 44).

En fonction de la plage de fréquence f@ et définie sur la Figure 44, on distingue plusieurs


cas :
o f - Af > f@ : il n'y a pas de problème.
o

o f - Af < f : les protections des machines déclenchent.


o 2

106
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o fi > f - Af > f : on détermine le temps minimal AT pour lequel la fréquence du


0 2

réseau sera comprise entre f@ et f . Le temps réel At nécessaire au réseau pour


2

retrouver sa fréquence f d'origine est forcément supérieur à AT. Ainsi si AT est


0

supérieur au temps T spécifié par le gestionnaire, on a At > AT > T et on assume que


0 0

les protections des machines déclenchent. Par contre si AT est inférieur à T , At peut 0

être supérieur ou inférieur à T . On peut faire l'hypothèse que At = c.AT (ou c est un
0

coefficient moyen déterminé par des simulations dynamique du système) et supposer


que les protections déclenchent si At > T . 0

Évolution réelle de
la fréquence du réseau

f du Évolution m a x i m a l e de

en
oo fo \ 1
CN
cD /
fi
CD Af y - - - *

C0 \t
en f2
C>D
« t
r^
oco AT
en
co < >
oo At
1
CD

Figure 44 # évolution de la fréquence au cours du temps

Ces calculs permettent ainsi d'approcher ces phénomènes d'instabilité des machines lors
d'une variation importante de la puissance appelée. Cependant, quelques incertitudes
persistent :
o Lorsque l'on détermine qu'il y a un problème d'instabilité, on fait l'hypothèse que
toutes les protections des machines déclenchent. Cette hypothèse est la plus pessimiste
puisque dans un cas réel, c'est une ou quelques machines qui seront déconnectées et le
réseau peut puet être « survivre J à cet événement. On pourrait alors, pour déterminer
quelles machines sont déconnectées, raisonner pour chaque machine selon ses propres
spécifications en tenue en fréquence dégradée, mais cela impose de disposer de ces
informations pour chaque machine.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o La situation où AT est inférieure à T montre les limites du calcul. On fait l'hypothèse


0

arbitraire que At = c.AT pour pouvoir statuer sur l'état des machines.
III.2.3.3 Cas d'un écroulement de fréquence

La capacité d'alimentation du système est calculée en sommant les puissances nominales des
machines du réseau puis comparée à la charge totale du réseau. L'écroulement de fréquence
se produit lorsque la capacité du système est inférieure à la puissance demandée par
l'ensemble des charges du réseau. Pour l'étude de sûreté de fonctionnement, il faut connaître
le temps limite au bout duquel les protections des machines vont déclencher. Une manière
d'approcher ces événements est de déterminer, au moyen de d'outils de simulation
dynamique, pour le maximum de configurations différentes, le temps moyen au bout duquel
les machines se déconnectent en fonction du déficit de puissance. On établit alors une courbe
CD comme celle représentée sur la Figure 45. Ainsi lors d'un écroulement de fréquence, on
OO
CN détermine le déficit de puissance puis le temps supposé d'écroulement du réseau avec la
cD
courbe établie.
CD
Temps d'écroulement
du réseau
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1 Déficit de
CD puissance

Figure 45 : temps limite de déconnection des alternateurs lors d'un écroulement de fréquence

III.2.3.4 Cas d'une surcharge

La surcharge d'un appareil est le dépassement de la puissance maximale admissible. Dans un


réseau, la tension étant proche de la tension nominale, la puissance maximale équivaut donc à
un courant maximal. On doit donc connaître les courants transitant dans le réseau. On emploie
pour cela un calcul de répartition des charges (ou « Load-Flow J en anglais), qui est un
processus itératif permettant de connaître de manière approchée l'état du réseau en régime
permanent à savoir les tensions et les puissances aux différents nœuds et les courants dans
chaque composant. Ce calcul est réalisé à partir des valeurs accessibles :

108
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Les puissances consommées par les différentes charges du réseau aux nœuds de
connexion.
o Les valeurs des réglages des producteurs d'électricité (puissances actives et réactives
P-Q délivrées au réseau, tension et fréquence asservie V-f si la production est chargée
du maintien de la tension et de la fréquence, ou puissance active et tension asservie P-
V, si ces producteurs sont chargés du maintien du plan de tension) ainsi que les butées
réactives des générateurs.
o Les données relatives à l'architecture du réseau comme la topologie et l'impédance
des lignes.

Quatre variables (dites d'état), qui définissent chaque nœud, doivent être définies. Ces
variables sont : la tension V et sa phase 0 au nœud considéré relative à une phase de référence
en
oo plus les puissances active P et réactive Q prélevées de la ligne à ce nœud. De manière
CN générale, pour reconstruire l'état du réseau en tout point, il faut connaître deux des quatre
cD
CD variables d'état pour chaque nœud. La solution du calcul de répartition est obtenue par
C0 itération au moyen d'un algorithme donnant ainsi une solution du réseau ainsi modélisé et
en tenant ainsi compte des simplifications et autres hypothèses effectuées. Le calcul est détaillé
C>D dans l'annexe 7.
r^
oco
en
co La surcharge d'un équipement est reliée à des phénomènes thermiques pouvant détériorer le
oo
1 composant considéré. Une courbe spécifique au composant (comme sur la Figure 46)
CD
déterminant quand il y a détérioration en fonction de l'ampleur de la surcharge permet de
déterminer quand l'équipement se détériore en fonction de l'amplitude de la surcharge.
Temps

Courant

Figure 46 # exemples courbe de tenue du composant lors d'une surcharge

109
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour les protections de surcharge, si on prend l'exemple des protections de surcharge des
lignes du réseau de transport français, le temps de déclenchement est fixé en fonction de
l'amplitude de la surcharge. On détermine donc de manière similaire l'instant de
déclenchement des protections de surcharge.
III.2.3.5 Cas d'une instabilité de tension

Il arrive que l'algorithme de calcul de répartition de charge ne converge pas. Cela se produit
lorsque le réseau se trouve dans un état instable où une solution en régime permanent n'existe
pas : la puissance maximale transmissible d'une ligne est dépassée (annexe 2), c'est le cas
d'une instabilité de tension. On peut ainsi déterminer les situations où il y a un écroulement
de tension, par contre le calcul ne donne aucune information supplémentaire. On procède de
la même manière que pour l'écroulement de fréquence : en s'appuyant sur des simulations
d'écroulement de tension du réseau, on détermine un temps moyen d'écroulement du réseau
o
au bout duquel le réseau subit une panne généralisé. Ce temps d'écroulement du réseau est
J| appliqué dès la détection d'une instabilité de tension.
en
III. 2.4 Les actions de l'opérateur
c0
C£>D III.2.4.1 La localisation de défaut et la reprise de service

rC Cette étape, décrite dans le paragraphe II.4.3.2.2, fait intervenir trois notions :
en o La localisation de la défaillance au moyen d'informations (venant de détecteurs de
co défaut, de disjoncteurs, ...) et éventuellement de tests sur le réseau de manière à
1
o collecter plus d'informations sur l'incident.
o L'isolement de l'élément défaillant pour la maintenance de celui-ci.
o Si la panne produit une coupure d'alimentation d'une zone du réseau, la reprise de
service consiste à réalimenter les charges dans la mesure du possible pendant la durée
de l'incident.

Notons que lors des manipulations des organes de coupures, ceux-ci peuvent refuser de
s'ouvrir ou de se fermer. Dans ce cas, il faut intégrer ces possibilités de défaillance dans les
opérations effectuées.

110
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour l'étude de sûreté de fonctionnement où l'on quantifie les interruptions d'alimentation


des charges, il est important de modéliser chaque changement de configuration du réseau
ainsi que les temps entre chaque modification de la topologie du réseau.
Élément défaillant

S1
— V / / / / / / / / / / / / AS 2- S3

Y= 0 Y = 0.1 Y= 0

CD
OO
CN
CD Figure 47 : opérations d'isolement en tenant compte d'un taux de défaillance d'interrupteur
~3
CD
Pour modéliser les diverses opérations, on distingue ainsi plusieurs cas de figure :
C0 o Soit le système est de petite taille ou soit les opérations sont très simples : on établit à
en
C>D l'avance, pour chaque défaillance, les opérations associées.
r^ o Le système est de grande taille : on préférera programmer un algorithme mettant en
oco
en œuvre les règles et les procédures utilisées par l'opérateur pour ainsi générer les
co
oo
1 actions en fonction de la défaillance et de la topologie du réseau à cet instant. Dans ce
CD
cas, il faut aussi disposer d'une fonction permettant d'analyser la topologie du réseau.
III.2.4.2 Les actions pour respecter les contraintes

III.2.4.2.1 Surcharge

De manière générale, éviter la surcharge d'un équipement du réseau s'effectue en modifiant


les puissances aux différents nœuds du réseau. Les moyens d'action sont les compensateurs
d'énergie réactive, pour les puissances produites, le changement des consignes des
générateurs et, pour les puissances consommées, le délestage de charge. Si on se trouve dans
une structure arborescente, les transits de puissance sont très facilement identifiables. Par
contre pour une structure maillée, la tâche est beaucoup plus complexe puisque les transits de
puissance peuvent se faire dans plusieurs sens. Pour ses systèmes complexes comme le réseau
de transport, les opérateurs de réseaux disposent d'outils d'aide à la décision, comme les

ill
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

systèmes expert ou les outils d'optimisation, qui leur fournissent une ou plusieurs solutions au
problème constaté.

Dans notre modélisation des actions de l'opérateur, il faut déterminer s'il existe des parades
au problème de surcharge et si oui lesquelles. Pour cela, on détermine la matrice des facteurs
de distribution du réseau qui permet de connaître les variations des transits de puissances dans
les composants du réseau lors des modifications des puissances produites ou consommées aux
divers nœuds du réseau. L'obtention de cette matrice est expliquée dans l'annexe 8. En
utilisant cette matrice et en tenant compte des diverses contraintes sur les générateurs et sur
les charges, une optimisation permet de savoir s'il existe une solution pour éviter la surcharge
et de connaître une solution pratique à mettre en place. De cette manière, on peut approcher
les actions prises par l'opérateur. L'application de ces mesures est affectée d'un délai
CD
OO correspondant au temps réel nécessaire à l'opérateur pour définir ses actions et les transmettre
CN
cD aux appareils du réseau.
CD 111.2.4.2.2 Ecroulement de fréquence

CCD Lors d'un écroulement de fréquence, l'opérateur doit rétablir l'équilibre soit en démarrant des
uen
CD
unités rapides prévues à cet effet ou soit en délestant des charges du réseau par ordre de
>
priorité. La quantité de puissance à fournir et/ou de charge à délester est calculée à partir du
r^
oco
en déficit de puissance (déterminé auparavant) et en fonction de critères de sécurité spécifiés par
co
oo le système (comme garder une marge de capacité de puissance au cas où la charge du réseau
i
CD augmente).
111.2.4.2.3 Ecroulement de tension

L'instabilité de tension est provoquée par un état de charge trop important provoquant le
dépassement de la puissance maximale transmissible de certaines lignes : ainsi certains nœuds
du réseau, souvent les plus chargés avec la tension la plus basse, sont responsables de cette
instabilité.

Les actions pour éviter l'apparition d'un écroulement du réseau sont principalement :
o Relever le plan de tension avec l'énergie réactive des groupes ou bien délestage.
o Augmenter la puissance transmissible de certaines lignes grâce aux compensateurs
d'énergie réactive.
o Délester des charges.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Si l'opérateur tient compte de la localisation des points critiques du réseau pour mener ses
actions, il nous faut pour notre modélisation repérer les nœuds critiques. Il existe pour cela
des indices se calculant pour chaque nœud ([BIL 98] et [KES 86]), indiquant les nœuds les
plus critiques et la quantité de puissance à délester. Lorsque l'écroulement de tension est
amorcé, le phénomène étant très critique, les mesures appliquées sont en générale rapides :
délestage par priorité et délestage automatique modélisables facilement.
III.2.5Modélisation des défaillances des composants
III.2.5.1 Evénements aléatoires

Nous avons vu, au paragraphe II.3.1, que les défaillances au niveau d'un composant
pouvaient être, soit entraînées par une dégradation accidentelle du composant (dégradation
soudaine une pièce suite à l'usure du composant, à une agression extérieure, ...), soit causées
CD
OO par le non respect des conditions d'utilisation du composant (lorsque le système est dans un
CN
cD état critique). Pour ces dernières, les instants de défaillance sont déterministes et donc fixés
CD par l'analyse du système. Par contre, pour les défaillances d'origines accidentelles, leurs
C0 occurrences sont modélisées par des lois de distribution.
en Court-circuit Court-circuit Rupture de la Défaillance à la ouverture

C>D permanent momentané continuité sollicitation intempestive


Arrêt Réparation

Paramètre À À À Y À À H
r^
oco Générateur X X X X
en
co Protection
oo Disjoncteur
X X X X

1 Fusible
CD X X X

Interrupteur X X X

Transformateur X X X

Jeu de barre X X X

Câble aérien X X X X

Câble souterrain X X X

Tableau 5 : modes de défaillance des composants HTA

Les modes de défaillance sont représentés sur le tableau 5. Les défaillances des appareils
électriques n'étant pas dues à l'usure, les lois employées pour les défaillances en
fonctionnement sont exponentielles avec comme paramètre le taux de défaillance À. Pour les
défaillances à la sollicitation, y est la probabilité pour laquelle le composant n'effectue pas sa
fonction.

113
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour modéliser les réparations :


o Lorsque la méthode le permet, on peut employer une loi à taux de défaillance variable
comme la loi log-normale ou la loi de Weibull avec comme moyenne de la loi, la
valeur l/^.
o Sinon, on emploie un délai constant égal à l/^.

Pour un composant ayant plusieurs modes de défaillance, soit on dispose des taux de
défaillance pour chaque mode de défaillance, soit le taux de défaillance est global et il faut
déterminer la contribution de chaque mode de défaillance. Un cas problématique est lorsque,
pour un composant ayant un taux de défaillance X en fonctionnement et un taux de défaillance
à la sollicitation y (comme un disjoncteur ou un générateur), il n'est donné qu'un taux de
défaillance. Ainsi :
o Soit la donnée de sûreté inclut uniquement les pannes en fonctionnement. Il manque
donc une donnée sur les défaillances à la sollicitation.
D
CD o Soit la donnée de sûreté inclut les deux types de pannes (ce qui est souvent le cas). La
valeur du taux de défaillance est une estimation de X = X + P. y, où P est le nombre
co
éq

en de sollicitation par année. Le problème est que la valeur de P est dépendante du


système considéré, ainsi, la donnée de sûreté établie est caractéristique du système et
donc à priori fausse pour l'étude que l'on désire faire.
co
en
co
oo Ces problèmes de données de sûreté sont sources d'incertitude qui peuvent être parfois non
CD négligeables. Ainsi, les calculs de sûreté sont souvent doublés d'une étude de sensibilité sur
les paramètres de fiabilité des composants.
III.2.5.2 Les facteurs influençant la fiabilité des composants

Des facteurs liés à l'environnement extérieur peuvent avoir une influence sur les taux de
défaillance et de réparation des composants, en accentuant le risque de court-circuit, de
rupture de conducteur ou de panne de générateur pour les défaillances et en augmentant le
temps de réparation (conditions difficiles de maintenance). Ces facteurs sont principalement :
o Les vents violents pouvant être responsable de chute de pylônes, de rupture de
conducteurs par la chute d'un arbre et de courts-circuits causés par la chute d'un arbre
sur une ligne ou par la mise en contact de deux conducteurs sous l'effet du vent.
o La foudre pouvant détériorer toutes sortes de composants.

ll4
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o La température élevée de l'air ambiant qui peut réduire la durée de vie de certains
composants (comme une batterie ou un transformateur) ou bien réduire la capacité
d'un ligne.
o Les températures très basses ou le gel pouvant entraîner l'arrêt de fonctionnement de
certains composants ou bien la rupture d'une pièce.
o La corrosivité de l'air (comme les bords de mer) entraînant la corrosion de certains
matériaux et donc augmentant les risques de rupture de conducteurs et de perte
d'isolement.
o Les animaux (oiseaux, rongeurs, serpents, ...) qui peuvent provoquer des courts-
circuits dans les postes de transformation ou sur les lignes aériennes.

Les facteurs influençant la fiabilité des composants de manière continue dans le temps
CD
OO (comme la corrosivité de l'air, la présence d'animaux, ...) sont inclus dans les données de
CN
CD fiabilité (soit les données sont établies sur place soit elles sont corrigées par des coefficients
multiplicateurs). Par contre, pour les situations ponctuelles (comme les tempêtes), les taux de
CD
défaillance et de réparation sont modifiés dans une certaine durée. On a deux cas de figures :
C0 o Les composants du système sont en série (au sens fiabiliste). La variation du taux de
en
C>D défaillance peut se prendre en compte en définissant un taux de défaillance moyen
r^ pour chaque équipement.
oco
en o Le système comprend des redondances. La variation du taux de défaillance nécessite
co
oo
1 de définir un modèle à 2 ou 3 états comme représenté sur la Figure 48 [BOL 01].
CD

En ce qui concerne le taux de réparation, que les éléments soient en série ou en parallèle, il
faut un modèle à plusieurs états. Ces résultats se démontrent facilement en prenant un système
à 2 éléments (en série ou en parallèle) et en effectuant le calcul de la fiabilité du système en
prenant les paramètres moyens puis en employant des modèles de taux à plusieurs états
[WAN 02].
Modèle à 2 états Modèle à 3 états
x

temps temps
0% 100 %

Figure 48 : modèles d'un taux de défaillance variables selon les conditions climatiques

115
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

III.3 Les méthodes de calcul de sûreté pour les réseaux électriques

III.3.1 Choix de la méthode


Nous avons vu, dans la partie III.2, les différentes modélisations des événements d'un réseau
électrique que l'on peut employer dans l'étude de sûreté de fonctionnement : la principale
limitation évoquée, à ce niveau, était que les simulations dynamiques de réseaux électriques
ne sont pas possible à mettre en œuvre dans une étude de sûreté car le nombre de séquences à
analyser étant important, le temps de calcul nécessaire serait beaucoup trop grand.
Les quatre méthodes présentées pour notre étude sont :
o Les équivalents analytiques.
o Les graphes de Markov.
CD
o La simulation Monte Carlo de réseaux de Petri.
OO o La simulation Monte Carlo au moyen d'un code informatique.
CM
c
=3 Dans le paragraphe I.4.7, les possibilités et impossibilités de chaque méthode ont été
en
—)

explicitées. Ainsi, d'autres limitations sont imposées par la méthode selon ses capacités. Le
oc choix de la meilleure méthode se fait donc en fonction de plusieurs critères :
£
o La transcription la plus exacte des modélisations des événements.
oS o La simplicité pour mettre en place la méthode de calcul.
o Le temps de calcul.
co
o Pour les réseaux de distribution, il faut pouvoir modéliser un grand nombre de
composants (50 à 100 composants pour un départ).
o Pour un réseau comportant plusieurs charges, les indices de sûreté, à savoir la
fréquence moyenne d'interruptions et l'indisponibilité, doivent être calculés en
plusieurs points du réseau.
Comme dans la partie III.2, nous présentons, pour un réseau comportant tous les types
d'événements possibles, l'adéquation des méthodes à prendre en compte les divers éléments
de modélisation (Tableau 6). Les graphes de Markov étant mal adaptés aux systèmes de
distribution, les méthodes retenues pour la sûreté de fonctionnement sont les équivalents
analytiques et les simulations de type Monte Carlo.

116
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Simulation Monte Carlo


Graphes de Equivalents
Caractéristiques Calculs requis Réseaux de Code
Markov analytiques
Petri informatique

Constante Aucun x x x x
Topologie
Variable
Quelques modes de
fonctionnements x Approximation
s x x
Nombreux modes de
fonctionnements -
Approximation
s x x
Puissance des Constante Aucun - x - x
charges
Variable Courbe de charge ou
modèle aléatoire -
Approximation
s - x
Capacité des Constante Aucun - x - x
générateurs
Variable Modèle aléatoire -
Approximation
s - x
Batterie de secours
chargée en permanence
Calcul du temps de
décharge x x x x
Moyen de stockage
Charges et décharges
successives Calcul de l'évolution - - - x
Déterminer les
Déclenche sur un défaut disjoncteurs dont la
Protection de réseau dans un ensemble
d'équipement
zone de sélectivité
comprend le x x x x
composant
Simulation temps
Protections d'un Déclenche sur des critères réelle - - - -
de tension, courant,
Approche au moyen
x x
générateur
puissance et vitesse. - -
de calculs analytiques
Simulation temps
Ecroulement réelle - - - -
Phénomène électrique
De fréquence transitoire
x x
Approche au moyen
de calculs analytiques - -

Surcharge Phénomène thermique


transitoire
Calcul de répartition
de charge - x - x
Simulation temps
Instabilité réelle - - - -
Phénomène électrique
de tension transitoire Approche avec un
calcul de répartition
de charge
- x - x
Localisation et
Simple Aucun x x x x
Reprise de service Algorithme
Complexe, gérée par un
ensemble de règles définissant les
manœuvres
- x Approximation
s x
x x
Applications des
Règles simples règles - -
Actions correctives
Actions performantes en Matrice des facteurs
x x
de distribution avec
utilisation des logiciels une fonction - -
performants d'optimisation

Lois de distribution
Exponentielle Simulation ou calcul
analytique x x x x
Autres Simulation - - x x
Grand nombre
d'éléments - x x x
Plusieurs points de
calcul
- x x x

Tableau 6 : analyse des méthodes de calcul de sûreté


Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

III.3.2Les équivalents analytiques


III.3.2.1 Mise en œuvre

La première étape est la recherche des séquences de défaillances. Pour cela, on utilise le
modèle de la « vie » du système (Figure 37), le principe est, à partir d'un événement
initiateur, de déterminer toutes les conséquences possibles et d'effectuer cela pour tout défaut
initiateur.

Défaut
initiateur

CD
OO
CN
CD
CD

C0
en
C>D
r^
oco
cd
co
oo
1
CD

1 - y Action
N o u v e l état Nouvel état
du système du s y s t è m e

Analy se Analy s e
du s y s t è m e du s y s t è m e

Réaction Réaction
du s y s t è m e du s y s t è m e

Figure 49 : recherche des séquences d'événements

118
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Le raisonnement est schématisé sur la Figure 49 :


o Pour un événement initiateur choisi (mode de défaillance en fonctionnement
quelconque), on détermine la réaction du système.
o Les réactions du système s'échelonnent dans le temps (chaque action est affectée d'un
temps d'occurrence At sur la Figure 49). A chaque action du système, si un taux de
défaillance à la sollicitation y est mis enjeu (comme l'ouverture d'un interrupteur), on
définit les deux possibilités y pour la défaillance et (1-y) pour le succès.
o Pendant ces temps At, il peut se produire un deuxième défaut (défaut d'ordre 2). On
envisage pour chaque espace de temps, les possibilités de défaillance d'un des
composants.
o On poursuit cette recherchejusqu'au retour à l'état normal.
CD
OO
CN Ce raisonnement est appliqué pour tous les événements initiateurs possibles.
CD
CD

C0
en
C>D
r^
oco "1 T
en
co
Dj

oo
1 L1
CD

T
S

L2

T
S A n.o.

Figure 50 : séquences issues de l'événement « défaillance de la ligne 1 »

119
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

La Figure 50 présente un exemple d'un système de type « départ HTA J composé d'un poste
HTB/HTA, un disjoncteur de départ (Dj), une ligne (L1), un interrupteur (S), une seconde
ligne (L2) et un secours (S'). Pour simplifier l'exemple, les défaillances prises en compte sont
les premières défaillances à l'ouverture des organes de coupures et l'occurrence possible d'un
court-circuit sur la ligne L2.

Pour le mode de défaillance « court-circuit sur la ligne 1 », diverses séquences sont


identifiées. Lorsque L1 est en réparation et que L2 est alimentée par le secours (période
At=1/^ ), il peut se produire un défaut (du 2 ordre) sur la ligne L2.
1
ème

R é p a r a t i o n L1
Puis
Clients O u v e r t u re d e Dj
f e r m e t u r e Dj
c o n n e c t é s à L1

en
oo
CN
cD
CD
t
C0
en At = 1/^
C>D R é p a r a t i o n L2
Puis

r^
oco
fermeture S

Clients

en
co
c o n n e c t é s à L2 A t / 2 D é f a u t L2

oo
1 Ouverture de S
CD
F e r m e t u r e d e S'

At' =
t
A t ' ' = Ts+Ts'

Figure 51 : chronogrammes de l'alimentation des clients pour la séquence 1

Une fois toutes les séquences de défaillance recensées, on les quantifie en terme de fréquence
puis en terme d'interruptions moyennes et d'indisponibilité moyenne pour chaque client (ou
charge) du réseau. Il faut une fonction qui, à partir d'une séquence donnée, donne les
chronogrammes des alimentations des différents points de livraison du réseau (comme sur la
Figure 51).

120
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Ensuite, on utilise les équations (II.3) et (II.7) à (11.11) pour quantifier la fréquence moyenne
de la séquence puis la contribution de la séquence 1 (seq 1) aux indices de sûreté des clients
C1 (connectés à L1) et des clients C2 (connectés à L2). Ce qui donne :
f V
F seq1 = Moyenne("Défaillance de Ll") • (1 - yD ) • (1 - y ) • (1 - 1 )- •exp j s ys,
f

X 2
1

yj
Fseq! • ( 1 - Y Dj) • ( 1 - Y s) • ( 1 - Y S') 2 —

FcHent1 = • (1 - YDi ) • (1 - Ys ) • (1 - Ys' ) • X2 ~ • 1 interruption)


(

J_
FcHent2 = X1 • (1 - Y Di ) • (1 - Ys ) • (1 - Y s' ) • X 2 • — • (2 interruptions)

1
I • A._ • -
ID Client1 Di s s 2

1^
V j

CD A2 1
f
0 ID Di s s 2s + s
CN

^2
C
V

D 111.3.2.2 Hypothèses
CD
Les hypothèses de calculs sont :
co
en o Les taux de défaillance sont très petits devant les temps de réparation. Cela sous-
entend que l'on suppose que le temps, pendant lequel le système est dans son
fonctionnement normal, est égal à la durée de fonctionnement du système.
co
o Dans la recherche des séquences de défaillances, on pose une limite à l'ordre des
o
événements (on néglige, en général, les événements d'ordre supérieur ou égal à 3).
CD
111.3.2.3 Limitations

III.3.2.3.1 Les composants à forte indisponibilité

si le système comprend plusieurs composants dont l'indisponibilité est importante comme les
générateurs (de l'ordre de quelques pourcents), l'hypothèse de taux de défaillance petits
devant les taux de réparation n'est plus vérifiée. La Figure 52 présente l'exemple d'un
système composé de 15 générateurs de 1 MVA et d'indisponibilité égale à 5 %. On voit que
la probabilité que les 15 générateurs soient en fonctionnement (en même temps) est de 0,46.
Ainsi l'hypothèse, selon laquelle la probabilité, que le système occupe son état de
fonctionnement normal, soit égale à 1, est fausse.

121
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Figure 52 : modèle de la capacité d'un système composé de plusieurs générateurs

CD
OO Dans ce cas, il faut déterminer plusieurs états de fonctionnement correspondant aux divers
CN
CD états de pannes de générateurs (avec leur probabilité d'occupation P ) et effectuer un modèle
i

~3 de sûreté pour chaque état. Ainsi, dans notre exemple, il faut déterminer tous les états pendant
CD
lesquels :
C0 o Aucun générateur n'est en panne.
en
C>D o Un générateur est en panne (15 états différents).
r^ o Deux générateurs sont en panne (15x14=210 états différents).
oco
en o Trois générateurs sont en panne (15x14x13=2730 états différents).
co
oo
1 Pour les autres états, leur faible probabilité d'occurrence fait que l'on ne les considère pas
CD
comme des états de fonctionnement normaux (cependant, il faut tenir compte des séquences
de défaillance comportant 4, 5, 6, ... pannes de générateurs).
III.3.2.3.2 Les paramètres variables

Ce sont les variations des capacités de production ou des puissances des charges (courbe de
charge).

Si l'étude comprend les phénomènes de dégradation (surcharge, écroulement de tension et


déconnexion de générateurs), l'instant d'une défaillance est important dans la mesure où les
conséquences de la défaillance sont dépendantes de l'évolution de la charge et de la capacité
des moyens de productions tout au long de la séquence.

122
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

La prise en compte d'une courbe de charge est donc trop complexe :


o En effet, si celle-ci est échantillonnée chaque heure sur une semaine (168 heures) ou
une année (8760 heures), cela définit autant d'instants de défaillance différents que
d'échantillons. Ainsi, s'il l'on tient compte de défauts du 1 et du 2 ordre, les
er eme

possibilités peuvent être très importantes.


o D'autre part, pour un événement qui se produit, les probabilités des différents temps
de réparation sont à prendre en compte puisque les conséquences de l'événement
peuvent être différents selon un temps court ou long de réparation. Cela définit, ainsi,
encore de multiples possibilités.

Par contre, si le système n'est pas soumis à aux phénomènes de dégradation mais simplement
à des problèmes de capacité de puissance, on peut prendre en compte ces variabilités en
en
oo établissant pour les charges et pour les générations, un modèle donnant les différentes valeurs
CN possibles (dans l'ordre décroissant) durant une période donnée comme une fonction de
cD
CD répartition (voir Figure 53). En combinant ces deux modèles, on parvient à obtenir le modèle
du déficit de puissance du système qui donne la puissance à délester (ou simplement la
C0
en défaillance du système si le délestage n'est pas employé) avec une certaine probabilité.
C>D Cependant, cela ne permet pas d'obtenir les interruptions moyennes des clients, mais
r^
oco seulement les indisponibilités moyennes.
en
co
oo
1 Puissance
de la charge
CD

puissance

Temps

100 %
Capacité
du système

Temps

Temps

100 %

Figure 53 : modèle du déficit de puissance d'un système

123
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

III. 3.3 Simulation Monte Carlo


La simulation Monte Carlo chronologique se base sur la simulation du modèle du réseau
établi dans l'analyse qualitative (modèle représenté sur la Figure 37 et sur la Figure 40). Les
événements de type probabiliste sont simulés de la manière suivante :
o Pour un composant avec un mode de défaillance en fonctionnement, lorsque le
composant est mis en service à l'instant t, l'instant d de la défaillance est « tiré J selon
la loi de distribution associée (par exemple, pour une loi exponentielle de paramètre À,
le délai d est obtenu avec d = ln(z)/ À où z est une variable aléatoire uniformément
répartie sur ]0;1[). Cet instant d est le nombre d'heures de fonctionnement du
composant avant sa panne, cela ne comprend donc pas les moments où le composant
est au repos.
CD
OO o Pour un composant avec un mode de défaillance à la sollicitation de paramètre y la
CN
cD panne du composant est réalisée si z < y où z est une variable aléatoire uniformément
CD
répartie sur ]0 ;1[.
o Lorsque la maintenance d'un composant débute, on tire le temps de réparation selon la
C
2 loi associée de la même manière que pour la défaillance.
C
>D

En ce qui concerne les variations aléatoires de certains paramètres du réseau (charges et


co capacités de moyen de production), nous avons deux possibilités :
o o Utiliser une courbe échantillonnée sur la période de fonctionnement du système.
CD
o Etablir un modèle aléatoire donnant les variations à chaque intervalle de temps donné
(comme le modèle pour l'éolienne de la Figure 38).

Pour décrire le modèle du réseau, nous avons vu précédemment que l'on pouvait employer
des réseaux de Petri grâce à un logiciel de simulation de réseaux de Petri stochastiques ou
bien décrire le modèle du réseau ainsi que l'algorithme de Monte Carlo dans un
environnement de programmation. Dans les applications des méthodes de calculs, nous avons
choisis comme logiciel de simulation de réseaux de Petri MOCA-RP [MOC 02 ], et comme
environnement de programmation, Matlab.

124
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

III.3.3.1 Modélisation du système par Réseaux de Petri

Le logiciel MOCA-RP permet la simulation de réseaux de Petri stochastiques, ses


caractéristiques sont les suivantes :
o Les lois disponibles sont nombreuses (exponentielle, dirac, normale, log-normale,
weibull, ...).
o Les variables affectées aux transitions sont booléennes.
o Les équations d'entrées (condition de validation de la transition) de transition sont
composées de variables booléennes et d'opérateurs « ET J et « OU ».
o Les résultats à l'issue de la simulation sont les temps moyens d'occupation des états,
les fréquences moyennes de franchissement des transitions ainsi que les écarts-types
pour chaque valeur donnée. On peut consulter, éventuellement, l'histoire d'une
transition (instants de « tirage » de la transition au cours de chaque échantillon simulé)
o
ou d'une place (temps moyen d'occupation pour chaque échantillon simulé).
D
Les limitations au niveau de la modélisation sont importantes puisque :
o Les variables booléennes ne permettent pas de tenir compte de paramètres continus
(comme la puissance, le courant, ...). Il n'est ainsi pas possible de tenir compte des
>
[vj phénomènes de dégradation du système.
r-
° o L'impossibilité d'employer des algorithmes fait que, si le système comporte des
en
oi étapes de localisation de défaut complexes qui nécessitent l'emploi d'un algorithme
o (comme les réseaux de distribution HTA actuels), on a soit le choix de recenser toutes
les séquences possibles pour chaque défaut (ce qui est bien souvent trop long) ou bien
approximer certaines étapes.
La modélisation d'un réseau, exposée sur la Figure 54, fait donc intervenir les modèles des
composants du réseau et un réseau de Petri appelé « gestionnaire » qui détermine les actions
lors de l'occurrence d'un événement. Certaines actions, comme le déclenchement de
disjoncteurs, qui sont effectuées «localement» peuvent être incluses dans les modèles de
composants afin de simplifier le réseau de Petri « gestionnaire ».

125
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Gestionnaire du réseau

Modèles des composants du réseaux

0
CD
OO
CN
cD
Figure 54 # modèle d'un réseau électrique interprété par des réseaux de Petri
CD
c0 III.3.3.2 Modélisation sous Matlab
en
C>D L'environnement de programmation de Matlab offre de nombreux outils pour la
r^
oco modélisation :
en
co o Les opérateurs propres au langage de programmation permettant d'interpréter un
oo
1 algorithme (boucles et tests),
CD
o Les calculs matriciels qui permettent une économie de temps de calcul, en particulier
pour les calculs de réseaux de type électrotechnique comme le calcul de répartition de
charge et les calculs des tensions de court-circuit.
o Plusieurs fonctions mathématiques comme les fonctions d'optimisation, les
générateurs de variables aléatoires, ... .
o La possibilité d'utiliser des modules de calculs déjà existants.

Matlab ne présente donc pas de difficulté d'interprétation du modèle de sûreté du système.

126
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Modification de l'état \
des composants Matrice
Choix de l'événement
du réseau COMPOSANTS RESEAU Nouveaux paramètres du syst
État des composants -Topologie
-Court-circuit | Composant en court-circuit [-
du s y s t è m e (ligne,disjoncteurs - États des composants
- P u i s s a n c e s produites
générations,clients) - Puissances consommées
-Réparation I Composant disponible r

- P a n n e d'une g é n é r a t i o n - Unité non connectable r

- R é g l a g e générations _ |OUI|
Court-circuit

- D é l e s t a g e de charge _
Charges non connectables]
|NON | |
- D é c l e n c h e m e n t des OUI Déclenchement d e certaines
protections de surcharges Ouverture disjoncteurs f- protections machines
face à l'événement
—\
-Tentative d e relestage Charges connectables Ordres de déclenchement des |NON||
p r o t e c t i o n s d e r é s e a u et
éventuellement Capacité du s y s t è m e NON
- M a n œ u v r e s d'un organe_ de certaines protections
| Composant ouvert/fermé |— supérieure
de coupu re d e production à la c h a r g e ?

- Variation de charge o u
de capacité de production
IB Écroulement de
fréquence
Ordres d e déclenchement
de certaines protections Calcul d e répartition
d e production de charge
Prochain évènement

OUI
Instabilité d e t e n s i o n ?
Surcharge ?
Matrice EVENEMENTS
é v é n e m e n t s affectés |NON
Comptabilisation des indices
d'un temps d'occurrence OUI

CD
Pour chaque client

OO
D S a i l l a n c e à localiser ?
- N o m b r e d'interruptions
-Indisponibilité A c t i o n s d e localisation Actions correctrices

CN
cD
de défaut e de
reprise d e service Ordres d e :
• R é g l a g e s d e production

y
• D é m a r r a g e s d e production
• Délestage de charge

CD
Ordres d'ouverture
et/ou de f e r m e t u r e

C0 Figure 55 # algorithme programmé sous Matlab


en
C>D
Sur la Figure 55, sont présentées les différentes étapes du modèle du système. On retrouve :
r^
oco
en o Les paramètres du réseau décrits par la matrice « composant du réseau J comprenant
co
oo l'état de fonctionnement du composant (type de composant, sous tension / hors
1
CD tension, présence d'un défaut d'isolement / pas de défaut, ouvert / fermé, disponible /
indisponible), les paramètres relatifs aux connexions aux autres composants, son
impédance, sa puissance nominale et les réglages (pour les générateurs).
o La matrice « Evénements J qui contient tous les événements du système décrits par le
composant affecté, le mode de défaillance et l'instant de réalisation.

Les résultats obtenus sont les interruptions, les indisponibilités de chaque client moyennées
sur l'ensemble des échantillons simulés ainsi que les écarts type et les intervalles de
confiance.

Le seul point délicat de cette modélisation est le temps de calcul qui peut atteindre plusieurs
heures voir plusieursjours suivant la précision du calcul voulue.

127
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

III.4 Synthèse
Les événements susceptibles de se produire sur un réseau de distribution « classique J (c'est-
à-dire sans GED) sont :
o La perte d'une ligne (court-circuit ou rupture).
o Le déclenchement intempestif d'une protection du réseau.
o Les manœuvres des organes de coupure lors des opérations de localisation de défaut et
de reprise de service.
La quantification de la sûreté d'un tel système n'est pas trop complexe puisque la seule
difficulté de modélisation est la détermination des manœuvres de localisation de défaut et de
reprise de service qui nécessite un algorithme.

CD Maintenant si l'on considère un système de distribution éventuellement maillé et intégrant


OO plusieurs unités de production, certaines contraintes propres au réseau de transport (comme
CN
cD l'équilibre des puissances produites et consommées, la déconnexion de générateurs suite à
CD une perturbation et les puissances limitées des ouvrages) doivent être envisagées. L'étude
CCD qualitative et la modélisation de la sûreté ont été explicitées pour un système intégrant les
uen fonctionnements et dysfonctionnements à la fois d'un système de transport et de distribution.
C
>D

r^
oco Les pannes d'un réseau électrique peuvent avoir diverses origines :
en
co
oo o La surcharge d'un équipement entraînant son indisponibilité.
i o La déconnection d'un générateur, suite à une perturbation sur le réseau, réduisant la
CD

capacité du système.
o L'écroulement de tension, dû au dépassement de la puissance maximale transmissible
d'une ou plusieurs lignes, menant à la déconnection de moyens de production.
o L'écroulement de fréquence, dû à la capacité du système inférieure à la puissance des
charges, menant à la déconnection de moyens de production.
o Le déclenchement intempestif de protections entraînant la perte d'ouvrages.
o La perte d'isolement provoquant la perte de l'ouvrage et éventuellement la
déconnection de générateurs.

De plus, le réseau comporte certains aléas comme les variations de la puissance des charges
du réseau et de la capacité de certains moyens de production (comme les éoliennes). La
gestion du système est cruciale en matière de sûreté de fonctionnement : celle-ci est plus
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

complexe que pour un réseau de distribution « classique J puisqu'il faut non seulement
prendre en compte les manœuvres de localisation de défaut et de reprise de service mais aussi
les mesures appliquées pour respecter les différentes contraintes du système.

Pour modéliser la sûreté d'un réseau électrique comportant des GED, des outils
supplémentaires sont nécessaires pour traiter les nouvelles défaillances du système ainsi que
ses réactions (Figure 56).

Calcul d e répartition d e charge


Matrice des facteurs de distribution
Réglages des générations
Amplitude d e la surcharge et Contraintes
Surcharge et / ou délestage de charge générateurs, charges, lignes)
courbe d e tenue en courant composant
appropriés

Instant de la panne
Jr Déclenchement des rel ais fréquenti els
Calcul au préalable du temps moyen d e Délestage automatique de charge avant l'écroulement totale
déconnection
en Écroulement de tension et / ou Déclenchement d'une certaine partie
des unités d e production selon le déficit

oo de puissance délestage volontaire des charges


d'une quantité de charges compte tenu du temps moyen
nécessaire

CN Calcul a u préalable du temps moyen d e

cD
déconnection
Écroulement de fréquence — des unités d e production lors d ' u n e
instabilité d e tension Déclenchement d'une certaine partie
Délestage automatique de charge des c harges
compte tenu du déficit en puissance
CD Instabilité sur court-circuit
Calcul d e s tensions lors du court-circuit
et / ou
délestage volontaire
d'une quantité de charges
et du temps moyen nécessaire
Déclenchement des relais fréquenti els
avant l'écroulement totale

C0
Déclenchement d s protections sur
critère de tension

en Instabilité s ur encl enchement d

C>D Calcul du ÀF o c c a
Calcul du temps mi nimum pour que
le système retrouve s a fréquence initiale

r^
oco
Si l'évoluti on de F n'entre pas dans l es
critères exigés,
on s u p p o s e qu'il y a déclenchement des îlotage s zones satisfaisant :

en
co
machines • Capacité suffisante pour alimenter les
charges
oo
Déconnexion de générateurs Îlotage des zones « saines »
• Critères assurant la stabilité d

1 machines

CD

Instabilité sur report de charge


Calcul d e la variation d e l'impédance
équivalente du réseau vue d e la
machine
Si celle-ci n'est pas dans les critères
exigés,
on s u p p o s e que la machine est
déconnectée

Modélisation des nouveaux types de défaillances Modélisation des réactions du système

Figure 56 : récapitulatif de la modélisation des phénomènes de dégradation et des réactions du réseau

Les modélisations des phénomènes transitoires, nécessitant idéalement une simulation


dynamique du réseau, ne sont que partielles et introduisent dans certains cas d'importantes
approximations (notamment pour les déconnexions de machines).

129
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour ce qui est des méthodes de quantification de sûreté de fonctionnement, celles retenues
sont les équivalents analytiques et les simulations Monte Carlo. Précisons que la méthode la
plus souple en terme de modélisation du réseau est la simulation Monte Carlo dans un
environnement de programmation, qui sera dans notre cas Matlab.

Nous avons donc tous les éléments nécessaires à une étude de sûreté de fonctionnement d'un
réseau électrique : l'analyse qualitative d'un réseau électrique, la modélisation des pannes du
système ainsi que les comportements du système associé, et enfin les méthodes de calculs des
indices de sûreté du réseau. Le Chapitre IV fait l'objet de deux études de sûreté de
fonctionnement sur des cas concrets de réseaux de distribution.
en
oo
CN
cD
CD

C0
uen
C>D
r^
oco
cd
co
oo
1
CD

130
Chapitre IV
Applications
CD
OO
CN
cD
CD
CCD
uen
C
>D

r^
oco
en
co
oo
i
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Chapitre IV
Applications

IV.1 Introduction
Dans le cadre l'étude de l'impact de l'insertion de production décentralisée sur les réseaux de
distribution, les travaux de cette thèse se sont centrés sur l'analyse de sûreté de
fonctionnement de divers cas d'étude. L'insertion de production sur le réseau peut être
considérée de plusieurs points de vue :
o Pour les réseaux actuels, l'insertion de productions sur le réseau de distribution
s'effectue sans modification du réseau. Le raccordement des GED est réglementé par
CD
OO un arrêté permettant d'éviter les problèmes de perturbation du plan de protection et de
CN
cD possibilité de fonctionnement en îlotage de GED (arrêté présenté dans l'annexe 5). La
CD fiabilité du réseau est, cependant, modifiée du fait l'ajout d'équipements susceptibles
CCD de provoquer des pannes supplémentaires. Le premier cas d'étude illustre cette
uen perspective.
C
>D
o Dans une perspective à plus long terme, il peut être envisagé un changement dans
r^
oco l'architecture des réseaux de distribution afin de mieux exploiter l'énergie
en
co décentralisée. Deux axes d'évolution du système de distribution sont à envisager : le
oo
i premier est l'intégration des GED dans les services système comme la gestion du plan
CD

de tension, la production de réactif, l'apport d'une certaine capacité de puissance


disponible à certains moments, l'éventuelle fonction de secours lors d'une panne du
réseau, ... et le deuxième concerne les changements de l'architecture du réseau de
distribution avec un plan de protection plus évolué (permettant une sélectivité plus
précise), le bouclage des départs, ... .Un deuxième cas d'étude est basé, sur cette
vision long terme, est traité dans la partie suivante.

Dans la partie II.3, une analyse qualitative de la sûreté d'un système électrique a détaillé tous
les types de défaillance pouvant se produire sur un réseau électrique. Ainsi pour les cas
étudiés dans ce chapitre, l'analyse des défaillances consistera à négliger les modes de
défaillances ne pouvant se produire. Selon les spécificités du système étudié, le modèle
général de sûreté (Figure 37) du système sera simplifié : certaines étapes, correspondant au
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

diagnostic et aux réactions du système face aux pannes non prises en compte, seront
supprimées du modèle.

IV.2 Insertion d'une génération dispersée sur un réseau HTA


L'objet de cette étude est de quantifier l'impact de l'insertion de générations dispersées sur un
départ HTA d'un réseau de distribution. On utilise pour cela un réseau développé au sein du
GIE « IDEA J [GIE 01] représentatif des réseaux de distribution actuels. Il est constitué de
plusieurs types de départs HTA (représentés sur la Figure 57).
Départs HTA

• C0202

C0505

H
C0606

CD
C0707

OO •

C0808

CN
CD
C7000

CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

Figure 57 # réseau de distribution du GIE « IDEA »

On a choisi d'étudier un réseau de distribution HTA français de type rural car les départs
ruraux ont une structure plus arborescente que les départs urbains (c'est-à-dire plus d'artères
secondaires) : l'intérêt est de pouvoir étudier l'impact d'une GED selon sa localisation plus
ou moins lointaine de l'artère principale. On a donc formé un réseau sur la base du même
poste source et de départs ruraux à savoir 5 départs similaires à C0202 et 5 autres similaires à
C0707.
134
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.2.1 Calcul des indices de sûreté d'un départ HTA


On s'intéresse ici à l'analyse d'un départ HTA du réseau. Ce système sera par la suite utilisé
pour l'étude de l'impact de la connexion d'une GED.
IV.2.1.1 Le réseau étudié

O Réseau HTB HTB : 63 kV


HTA : 20 kV

Dj 1 HTB Dj 2 HTB

Tri Tr2
Dj i HTA 1 Dj 2 HTA
JdB1 JdB2
1- -1
N/O
AAAAA AAAAA
D i D2 D3 D4 D5 C i C2 C3 C4 C5
CD
OO Figure 58 : Architecture du poste source
CN
cD
CD Les architectures du poste source HTB/HTA et des départs type C0202 et C0707 sont
représentés sur les Figure 58 et Figure 59. Les topologies des départs Di, D2, Ci et C2 sont
C0
en du type C0202 et celles des départs D3, D4, D5, C3, C4 et C5 du type C0707.
C>D
r^
oco
Départ d'un Vers départ

K
autre réseau D1 ,

en
co yN.O.
N.O.

oo
1
CD

Charge BT

Charge HTA

Interrupteur manuel

Interrupteur télécommandé

Câble tr iphasé

E
Détecteur de défaut

Secours

Figure 59 : Architectures des départs DI type C0202 (à gauche) et D2 de type C0707 (à droite)

i35
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

La connexion des charges du réseau en simple dérivation consiste :


o Pour les clients HTA, à un interrupteur suivi d'un disjoncteur.
o Pour les postes HTA/BT, à la cellule d'arrivée du poste (diverses architectures sont
représentées sur la Figure 60).

Postes sur poteau (type H6 ou CH)

Œy
Postes en bas de poteau (type CB)

Réseau
HTA

Postes type Rural Socle (RS)


Postes type Rural Compact (RC)
Postes type Urbain Compact (UC)
Postes type Urbain Portable (UP)
Réseau

CD
OO
HTA
GD-
CN
CD Figure 60 # les différents postes HTA/BT
~3
CD
Le fonctionnement du poste est le même que celui décrit au paragraphe II.2.3.2.1. On rappelle
C0 le fonctionnement du départ HTA :
en
C>D o Les départs sont de type radial et tous exploités en boucle ouverte.
r^ o Les interrupteurs normalement ouverts (N.O.) permettent, en cas de défaut,
oco
en
co d'alimenter une portion du départ par une ligne reliant le départ considéré à un autre
oo départ du même poste source ou d'un réseau extérieur. Ces connections normalement
1
CD
ouvertes constituent des secours.
o Lorsqu'un court-circuit se produit, la protection de départ (à maximum de courant) est
sollicitée. Le disjoncteur effectue tout d'abord un cycle de réenclenchements rapides :
si le défaut est fugitif, il disparaît au cours de ce cycle de réenclenchements rapides.
Dans le cas contraire, le disjoncteur déclenche définitivement : l'opérateur du réseau
commence alors une procédure de localisation du défaut (s'aidant des détecteurs de
défauts et effectuant des isolations de certaines sections du départ et des
réenclenchements du disjoncteur) et de reprise de service (en rétablissant la tension
dans les sections saines par réenclenchement du disjoncteur de départ ou par les
secours disponibles).
o La réparation s'effectue lorsque l'équipement défaillant est localisé et isolé (par
ouverture des interrupteurs).

136
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Lorsque le poste source est hors tension (absence de tension au niveau HTB ou panne
du jeu de barre HTA), les départs du type C0202 sont équipés une connexion à un
départ d'un autre réseau de distribution permettant d'assurer la fonction de secours.
o Le réglage de la tension est assuré par les régleurs en charge des transformateurs du
poste source.

IV.2.1.2 Analyse qualitative des défaillances

IV.2.1.2.1 Modes de défaillance des composants du système

Composants Mode de défaillance X (par an) Y r (heures)

Poste source HTB/HTA


Interruption c o u r t e Xcourt 0.5 - r court 0.07
Interruption longue Xlong 0.064 - r long i .92
Disjoncteur HTA

CD
OO
Court-circuit permanent X/2 0.003 - r 4
Ouverture intempestive X/2 0.003 - r 4
CN
cD D é f a i l l a n c e à la sollicitation
Y - 0.05% r 4
Interrupteur m a n u e l HTA

CD Court-circuit permanent

Ouverture intempestive
X/2
X/2
8.80E-05
8.80E-05
-

-
r
r
2#6
2.6
- i% r 2.6
C0 Y
D é f a i l l a n c e à la sollicitation

Interrupteur t é l é c o m m a n d é HTA
en 0#033 - r 2#6
C>D
Court-circuit permanent X/2
Ouverture intempestive X/2 0.033 - r 2.6
D é f a i l l a n c e à la sollicitation
Y - 8% r 2.6
r^
oco Ligne a é r i e n n e HTA (1 km)

en
co
Court-circuit permanent Xcc
Xcc fug
0.004 à 0.i 38
0.0i6 à 0.552
- r
-
3

oo Défaut fugitif ou a u t o - e x t - -

1 Câble souterrain HTA (1 km)


Court-circuit permanent X 0.00i5à0.05i - r i6
CD
Transformateur HTA/BT
Court-circuit permanent X/2 0.0052 - r 6.3
Fusible Sectionneur HTA
Court-circuit permanent X/2 3.24E-02 -
r 2
Ouverture intempestive X/2 3.24E-02 - r 2
D é f a i l l a n c e à la sollicitation
Y - - r 2

Disjoncteur BT

Court-circuit permanent X/2 i#40E-03 - r 4


Ouverture intempestive X/2 i .40E-03 - r 4

Tableau 7 : modes de défaillances des composants d'un départ HTA et données de sûreté

Le tableau 7 présente les modes de défaillances des composants du départ HTA et les données
de sûretés associées. Notons que le taux de défaillance correspondant aux courts-circuits non
permanents sur les lignes aériennes est estimé par la relation X f = 4 x X . c c u g cc

i37
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Quelques remarques sur les modes de défaillance des composants:


o Le mode défaillance « Rupture J d'un câble HTA est confondu avec le mode « court-
circuit», car les 2 modes ont la même conséquence à savoir la sollicitation du
disjoncteur de départ.
o D'autre part, on dispose d'une donnée de sûreté globale pour le poste source, ainsi,
pour notre étude, on modélisera le poste comme un seul composant ayant pour mode
de défaillance l'absence de tension sur lejeu de barre HTA.
o On ne prend pas en compte les éventuelles défaillances des détecteurs de défauts qui
induisent, à priori, des étapes de localisation de défaut et de reprise de service plus
longues.

En ce qui concerne les phénomènes de dégradation du système (paragraphe II.3.2) :


en
o Le surdimensionnement des équipements HTA fait qu'il ne peut se produire des
CN
c événements comme une surcharge ou une instabilité de tension.
S o D'autre part, les générateurs du système se trouvent au niveau du réseau HTB : les
co perturbations sur un départ HTA (court-circuit d'une ligne) ne sont que très limitées
en au niveau HTB du fait de l'impédance des transformateurs du poste source qui atténue
les creux de tension. La sûreté du réseau HTA n'influence donc pas celle du réseau
HTB. On peut ainsi dire que, n'ayant pas de générateurs connectés au départ, les
co
phénomènes d'instabilités de machines et d'écroulement de fréquence ne sont pas
o
CD envisagés : ces événements, qui se produisent sur le réseau HTB, ayant comme
conséquence l'absence de tension au niveau du poste source HTB/HTA, sont en fait
inclus dans les données de sûreté relatives au poste source.
IV.2.1.2.2 Comportement du système

Comme nous l'avons décrits dans le paragraphe II.4, la partie du rôle des chargés de conduite
concernant la sûreté du réseau HTA est la tâche de localisation de défaut et de reprise de
service représentée sur la Figure 61.

138
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Défaut Court-circuit sur le Ouverture Défaillance du Défaillance du p o s t e Réparation d'un


fugitif départ intempestive d ' u n disjoncteur de départ source composant
organe de cou pu re
du réseau
C y c l e de C y c l e de Isolation d u Ouvertu res du Ouvertures des
réenclenchement réenclenchement disjoncteur disjoncteur de départ éventuels s e c o u r s
du disjoncteur d e
départ
du disjoncteur d e
départ
J
O u v e r t u r e des interrupteurs
t é l é c o m m a n d é s j u s t e en amont et
l
du reste du départ

Réalimentation d u départ Réalimentation d u départ Fermeture d e


j u s t e e n aval d e l ' o r g a n e défaillant
et f e r m e t u r e d e s s e c o u r s . par le s e c o u r s c o n n e c t é par le s e c o u r s c o n n e c t é organes de c o u p u r e s
• M a n œ u v r e s des interrupteurs à l'autre réseau à l'autre réseau (isolant le c o m p o s a n t
t é l é c o m m a n d é s avec détecteur de défaut réparé

• M a n œ u v r e s des interrupteurs
t é l é c o m m a n d é s s a n s détecteur de défaut
O u v e r t u r e des interrupteurs j u s t e en amont
• M a n œ u v r e s des interrupteurs manuels avec et j u s t e en a v a l d e l'organe défaillant et
f e r m e t u r e d e s interrupteurs t é l é c o m m a n d é s .
détecteur de défaut

• M a n œ u v r e s des interrupteurs manuels s a n s


détecteur de défaut

Figure 61 : comportement du réseau selon la nature de la défaillance

Lors d'un défaut sur le départ HTA, les manoeuvres de localisation du défaut et de reprise de
service sont définies par les règles suivantes (l'annexe 6 détaille un exemple des manœuvres
lors d'un défaut) :
CD
OO o A l'aide des informations fournies par les détecteurs de défaut, l'opérateur détermine
CN
C une zone où se trouve le défaut (un détecteur allumé signalant que le défaut est en aval
^D
CD du détecteur et un détecteur éteint signalant que le défaut est en amont).
C0
"(A
C>D
r^
oco
co
CD
oo
1
CD Zone défaillante

Figure 62 : exemple d'un défaut sur un départ HTA

o L'ordre de manipulation des organes de coupures est définit : les DRR, les
interrupteurs télécommandés avec détecteur de défaut, les interrupteurs
télécommandés sans détecteur de défaut, les interrupteurs manuels avec détecteurs de

139
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

défaut et enfin les interrupteurs manuels sans détecteurs de défaut (d'abord ceux de
l'artère principale puis ceux sur les premières dérivations et enfin les autres),
o La réalimentation d'une zone saine en amont du défaut s'effectue en ouvrant
l'interrupteur juste en amont de la zone où est le défaut (sur la Figure 62, Int 1) et en
fermant le disjoncteur de départ.
o La réalimentation des zones saines en aval du défaut s'effectue en ouvrant les
interrupteurs juste en aval de la zone où est le défaut (sur la Figure 62, Int 2 et Int 21)
et en fermant les secours appropriés (sur la Figure 62, S1 et S2).
o Lorsque la zone défaillante est définie, des opérations de « tâtonnement J consistent à
ouvrir un interrupteur de cette zone (Int 22 par exemple) et à rétablir l'alimentation
dans cette zone (en déclenchant le disjoncteur, en refermant l'interrupteur isolant la
zone défaillante de la partie amont saine (Int 1) puis en réenclenchant le disjoncteur de
OO
CD
départ). Si celui-ci déclenche, le défaut est en amont de Int 22 sinon, le défaut est en
cD
CN
aval de Int 22. En testant successivement les différents interrupteurs, l'opérateur
en parvient à localiser la section défaillante.
c IV.2.1.3 Réduction du système

co
CD

Les différentes entités, se connectant au départ D1, peuvent modélisées de la façon suivante :
CD
>
o Le réseau HTB et le poste source HTB/HTA & on a vu que le réseau HTB n'est pas
r^
oco
en affecté par la sûreté des réseaux HTA, ainsi on tient compte de l'influence du réseau
co
oo HTB et du poste source par les données de sûreté relatives au poste source.
i
CD o Les départs HTA du jeu de barre JdB1 : ceux-ci affectent la fiabilité du poste source
lorsque leur disjoncteur de départ est défaillant entraînant ainsi l'indisponibilité dujeu
de barre. Pour tenir de la contribution de ces pannes à l'indisponibilité du poste
source, on calcule, pour chaque départ, un équivalent.
o Les départs HTA du jeu de barre JdB2 : ceux-ci affectent la fiabilité du départ D1
lorsque les deux jeux de barre sont connectés, c'est-à-dire lors d'une maintenance
d'une branche du poste source. Cette période de maintenance ne représentant
qu'environ 1% du temps de fonctionnement du système, on néglige ces pannes.
o Les autres départs ayant un rôle de secours : pour modéliser leur indisponibilité, on
calcule un équivalent de ces départs.
o Les réseaux BT : ils sont connectées au réseau par un certain nombre de composants
selon la nature du poste HTA/BT représentés sur la Figure 60. Si l'on calcule un
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

équivalent d'un départ BT, on peut remarquer que le taux de défaillance est beaucoup
plus faible que celui-ci d'un départ HTA du fait d'un nombre moins important de
composants et de lignes plus courtes. Ainsi, la modélisation se limite à la prise en
compte des pannes des équipements jusque la première protection à savoir les
composants encadrés sur la Figure 60.
o Les charges HTA : de même que pour les postes HTA/BT, on tient compte
uniquement de l'interrupteur et du disjoncteur de raccordement.

CD
OO
CN
CD
Y N.O.
Interrupteur manuel

Interrupteur télécommandé

Se et ion équivalente

Détecteur de défaut

Secours

CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

Figure 63 : composants modélisés pour le départ D1

Les composants modélisés sont représentés sur la Figure 63.

141
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.2.1.3.1 Calculs des sections équivalentes du départ

Section
équivalente

XccécT^ooi
^•cc fugitif éq ^ ' ' 0 0f u 9 t l f

^-ss cc .T ^ ' ).(i , / £ h


00

Figure 64 # formation des sections équivalentes du réseau


en
oo
CN On définit, comme étant une section, un groupe de composants (lignes et charges) délimité
cD
CD par des organes de coupures. Les éléments de cet section ont les mêmes indices de sûreté car,
si un des composants tombe en panne, les autres ne seront pas alimentés tant que l'élément ne
C0
en sera pas réparé : il est donc intéressant de « grouper J les éléments de cette section : les
C>D indices de sûreté d'un client étant ceux de la section à laquelle il est connecté. Comme
r^
oco schématisé sur la Figure 64, on calcule un équivalent de la section (zone en pointillés) qui
en
co consiste à la mise en série des composants de la section. On distingue 3 modes de défaillance
oo
1 qui sont :
CD
o Le court-circuit permanent qui sollicite la protection de départ (X ). cc

o Le court-circuit fugitif qui sollicite la protection de départ (À ). cc f u g i t i f

o Les ouvertures intempestives des organes de coupures (présents dans les équipements
des charges) qui ne sollicitent pas la protection de départ (À ). ss c c

IV.2.1.3.2 Calculs des équivalents des départs adjacents

Les départs adjacents modélisés sont Cl (type C0202), D2 (type C0202), D3 (type C0707),
D4 (type C0707), D5 (type C0707) et El (type C0202). Les départs jouant un rôle de secours
(dont il faut modéliser les défauts et l'indisponibilité pour servir de secours) pour le départ
modélisé Dl sont Cl, D2 et El qui sont tous les trois du type C0202. Les autres départs D3,

142
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

D4 et D5 ne sont modélisés que pour leur influence sur la fiabilité du poste source
(modélisation des défauts).
Pour les temps d'indisponibilité du départ type C0707 (qui sera utile pour représenter
l'indisponibilité d'un secours), on estime que :
o Pour une défaillance permanente sur l'artère (court-circuit ou ouverture intempestive
d'un organe de coupure), le temps d'indisponibilité est le temps total pour que la
défaillance soit réparée 1/p, (soit le temps de localisation, d'isolation et de réparation
i

de l'élément défaillant).
o Pour un court-circuit sur une dérivation, on comptabilise que le temps de localisation
car les liaisons pour les secours sont sur l'artère principale (1/^ ). isoi

o Pour les défaillances autres que les courts-circuits (À ), la localisation du défaut et la


ss c c

réparation n'interrompent pas le fonctionnement de l'artère principale et donc pas les


CD
OO liaisons servant de secours. On ne prend donc pas en compte ces défaillances.
CN
CD o L'indisponibilité occasionnée par les défauts fugitifs est négligée, c'est pour cela que
~3
CD l'on ne les comptabilise pas dans le calcul de
c0
en Les composants d'un départ HTA sont, du point de vue fiabiliste, en série : le taux de
C>D
défaillance équivalent à mode de défaillance est donc la somme des taux.
r^
oco
en
co
oo Ainsi, pour le calcul des paramètres de l'équivalent d'un départ HTA, on procède de la
1 manière suivante :
CD

^CCéq ^ ^CCi
Tous les composants

^ S S C C éq = ^ ^SSCCi
Artère principale

^ CC fugitif éq = ^ ^ CC fugitif i
Lignes aériennes

^ CC i SSCCi i + ^ ^ CC i V i
Artère principale dérivations

^ CC éq + ^ SS CC éq

143
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.2.1.4 Modélisation du système par MOCA-RP

Ayant à disposition le logiciel de simulation de réseaux de Petri MOCA-RP, nous avons


choisit, dans un premier temps, de modéliser le départ HTA à l'aide de cette application.
IV.2.1.4.1 Modélisation du système

On a élaboré un modèle interprété par un réseau de Petri correspondant pour chaque type de
composant à savoir le disjoncteur, l'interrupteur sans détecteur de défaut, l'interrupteur avec
détecteur de défaut, l'interrupteur normalement ouvert, la section, le poste source. L'annexe
10 montre l'environnement de MOCA-RP et les modèles de composants.

En ce qui concerne les manœuvres de localisation de défaut et de reprise de service modélisée


par le réseau de Petri « Gestionnaire », n'ayant pas de possibilité d'implanter un algorithme
en
oo dans MOCA-RP, nous avons choisi un arbre d'événement qui, en fonction du défaut,
CN sélectionne l'ensemble de manœuvres appropriées et les appliquent ensuite au réseau. Si l'on
cD considère chaque défaut et les éventuelles refus d'ouverture ou de fermeture des organes de
en
protection, le nombre de séquences de manœuvres à rescencer « à la main » est important
c0 rendant la tâche trop ardue. On a donc simplifié les manœuvres de manière à limiter le
en nombre de séquences :
C>D
r^
oco
en
co
o Interrupteur

oo Section équivalente

1
IACM n°2
o Détecteur de défaut
CD
Secours

Zonel Zone2
Ouverture du disjoncteur Ouverture du disjoncteur
Ouverture de l'IAT Ouverture de l'IAT
Fermeture du secours (D2) Fermeture du disjoncteur
Ouverture de l'IACM n°1
Fermeture du secours (D2)
Zone3
Ouverture du disjoncteur
Ouverture de l'IAT Zone4
Fermeture du disjoncteur Ouverture du disjoncteur
Ouverture de l'IACM n°1 Ouverture de l'IAT
Fermeture de l'IAT Fermeture du disjoncteur
Ouverture de l'IACM n°2 Ouverture de l'IACM n°2
Fermeture du secours (D2) Fermeture de l'IAT

Figure 65 : zones délimitées par les organes avec détecteurs de défaut

144
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o A partir des sections du départ, on forme des zones délimitées par les détecteurs de
défaut (Figure 65). Les manœuvres, concernant l'isolation de la zone défaillance et la
reprise de service des zones saines, sont modélisées de façon exacte.
o Ensuite pour les manœuvres dites de « tâtonnement J (décrites précédemment), on
suppose qu'en moyenne, il faut deux tests pour localiser la section défaillante.

Disjoncteur de Manœuvres du
Zone du défaut Interrupteurs avec détecteur de défaut disjoncteur lors
départ
des ests dans la
zone défaillante

o o
O-
Zone n 0 1
O o o
o o
-o~
o o
-O
S
-o-c
en
Zone n 0 2

oo ^^^ Défaut sur ^^^


D
-O-C
CN
cD <K
le départ S
Zone n 0 3
•o D
-OC
CD
Zone n 0 4
•o
S
•OC
C0 D
<K
en
C>D Figure 66 : zones délimitées par les organes avec détecteurs de défaut
r^
oco
en La Figure 66 schématise l'arbre d'événements utilisé. Les manœuvres approchées sont
co
oo
1 traitées dans l'étape «Manœuvres du disjoncteur lors des tests dans la zone défaillante».
CD
L'architecture du réseau de Petri « Gestionnaire » développée est présentée dans l'annexe 10.

La modélisation du départ D1 a nécessité la création de 54 composants plus le gestionnaire.


Le modèle en réseau de Petri regroupe au total plus de 1000 états et 3000 transitions. La
simulation, de ce fait, peut être assez longue selon la précision souhaitée : pour 1 million
d'échantillons, qui offre une très bonne précision, il a fallut 5 h 45 min de calculs.

145
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.2.1.4.2 Résultats

Les résultats présentés (Figure 67) sont, pour chaque section du départ (numérotées de 1 à 20
sur la Figure 63), la fréquence moyenne d'interruption (en interruptions/an), l'indisponibilité
moyenne (en heure/an), l'énergie non distribuée (en kWh/an) et le nombre moyen de coupures
de clients (en interruptions/an). La simulation a été effectuée pour 1 million d'échantillons : la
précision obtenue, pour un niveau de confiance à 90 %, est au maximum de 0,23 % pour la
fréquence d'interruption (±0,005 int/an) et de 0,09% pour l'indisponibilité (±0,5 min/an).

Pour le calcul de l' Energie Non Distribuée (END) d'une section, on a appliqué la formule
suivante :
ENDSection i = Charge Section i . Indisponibilité Section i . 8760 h
CD 7* * ^
O en kWh/an en kVA en heures/an
^ (puissance souscrite)

Des indices couramment utilisés pour les réseaux sont les moyennes des indices sur
l'ensemble des clients du réseau. Ainsi on forme les indices : SAIFI (System Average
Interruption Frequency Index) représentant la fréquence moyenne de coupure d'un client,
w ASUI (Average System Unavailability Index) représentant l'indisponibilité moyenne d'un
C>D
client et AENS (Average Energy Not Supplied) représentant l'énergie non distribué d'un
r^
oco
en client :
co
oo
i SAIFI =
CD X N.
ASUI = X ID, • N i
X n,
AENS =X IDi • Pi
X Ni
1 1

On calcule, à partir des fréquences d'interruptions et des indisponibilités de chaque section,


les indices moyens pondérés par le nombre de clients de chaque section. Ni, Pi, Xi et IDi sont
respectivement le nombre de clients de la section i, la charge souscrite de la section i, la
fréquence d'interruption de la section i et l'indisponibilité de la section i.

Les données techniques relatives aux départs sont présentées dans l'annexe 11. Le temps de
manœuvre d'un interrupteur est de 2 minutes lorsqu'il est télécommandé et de 25 minutes
lorsqu'il est manuel.

146
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Fréquence d'interruption
7.00

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Sections

Indisponibilité
3.00 -,

OO
CD

CM
C
=3
en
—)
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Sections
c0
w Energie Non Distribuée
CD
>

h-"
h-
O00
CD

OO
CO

1
CD

Sections

Nombre de coupures par an x clients

Sections

Figure 67 : indices de sûreté du départs D1 pour une simulation de 1 000 000 d'échantillons
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Les résultats obtenus sur le réseau sans GED semblent montrer que les données d'entrée et la
modélisation sont correctes puisque l'on trouve une fréquence d'interruption moyenne de
5,87 int/client/an et une indisponibilité moyenne de 2,28 heure/client/an, ce qui est classique
pour un départ rural.
IV.2.1.5 Modélisation du système sous Matlab

Afin de s'affranchir de l'approximation des manœuvres de localisation de défaut et de reprise


de service faite sous MOCA-RP, nous avons modélisé le système sous Matlab en
programmant une méthode de Monte Carlo.
IV.2.1.5.1 Modélisation

Le réseau modélisé est le même que précédemment à savoir les composants représentés sur la
Figure 63. La méthode programmée sous Matlab décrit l'architecture présentée sur la Figure
CD
OO
CN
cD
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

Figure 68 : simulation d'un échantillon sous Matlab

L'étape délicate de ce modèle est la programmation des manœuvres de localisation et de


reprise de service lors d'un défaut sur le départ. Les algorithmes utilisés à cet effet
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

sont définis pour un type d'architecture donné (donc applicables à tout type de départ
français) et tiennent compte des éventuels refus d'ouverture ou de fermeture des organes de
coupures. On modélise donc exactement ces manœuvres.
IV.2.1.5.2 Résultats

Le modèle codé sous Matlab nécessite un temps de simulation beaucoup plus important que le
modèle sous MOCA-RP du fait de la lenteur du langage de Matlab pour les boucles (FOR) et
les tests (IF) très utilisées dans les algorithmes de simulation des manœuvres de localisation
de défaut (la programmation en langage C donnerait des temps de simulation beaucoup plus
faibles).

La simulation Monte Carlo est faite pour 350 000 échantillons : la précision obtenue, pour un
niveau de confiance à 90 %, est au maximum de 0,24 % pour la fréquence d'interruption et de
o
0,36 % pour l'indisponibilité.
D
On trouve une fréquence d'interruption moyenne de 6,96 int/client/an et une indisponibilité
moyenne de 3,16 heure/client/an. Cette différence s'explique par le fait que, pour le modèle
en réseaux de Petri, l'approximation des manoeuvres pour localiser un défaut est trop
>
^ optimiste.
r-o
co
en
co
oo

149
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Fréquence d'interruption

10 11
Sections

Indisponibilité

10 11
Sections

Energie Non Distribuée

Nombre de coupures par an x clients

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Sections

Figure 69 : indices de sûreté du départs DI pour une simulation de 350 000 échantillons

150
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.2.2 Impact de l'insertion d'une GED sur le départ D1


IV.2.2.1 La production dispersée considérée

IV.2.2.1.1 Architecture

On a donc pris ici le cas d'une cogénération. Cette installation comporte 2 groupes
électrogènes de 500 kVA chacun, couplés sur le réseau HTA et sur un réseau de chaleur et
fonctionne que les mois d'hiver (Figure 70). L'architecture électrique de l'installation est
schématisée sur la Figure 71.

CD
OO
CN
CD
CD
Figure 70 : profil de mission de l'installation
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

Figure 71 : architecture électrique de la cogénération


151
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.2.2.1.2 Fonctionnement

Les couplages et découplages de l'installation au réseau :


o L'installation est découplée lorsque le disjoncteur de départ déclenche (courts-circuits
permanents et fugitifs).
o L'installation est supposée tenir les creux de tension pendant 500 ms (temps d'un
court-circuit sur les départs adjacents).
o Le temps de synchronisation et de recouplage au réseau est de 1 minute.
o Lorsque le réseau reste hors tension plus de 1 minute, les groupes électrogènes sont
arrêtés.
o Les groupes sont redémarrés 5 minutes après le rétablissement du réseau.
o Lorsque l'installation est utilisée en tant que source de tension (pour le secours), il n'y
a pas d'étape de synchronisation, par contre le système de régulation doit changer
en
§ (d'une régulation de puissance vers une régulation de tension et de fréquence). Dans
CN
ce cas, l'enclenchement de la production prend 30 secondes.
cd• Les protections :
o La protection de découplage déclenche le disjoncteur général de l'installation lorsque
o
w le disjoncteur de départ déclenche, à savoir sur les courts-circuits permanents et
C>D
fugitifs.
r^
oco o La protection générale déclenche le disjoncteur général lorsque qu'il y a défaillance
d'un composant de l'installation (sauf aux niveaux des alternateurs et de leurs
oo
CD
transformateurs) et lorsque la protection de départ du réseau déclenche.
o Les protections machine déclenchent sur les défaillances des groupes électrogènes et
de leurs transformateurs.
o Les interrupteurs-fusibles déclenchent sur les courts-circuits des transformateurs
(d'alimentation des protections et des auxiliaires).
Les défaillances et leurs conséquences :
o La défaillance au niveau d'un alternateur ou d'un transformateur BT/HTA sollicite la
protection machine. Ainsi le fonctionnement de l'autre groupe électrogène n'est pas
interrompu.
o Lorsqu'une défaillance de la cellule disjoncteur machine (protection machine et
sectionneur) se produit, la protection générale déclenche ainsi les groupes
électrogènes sont arrêtés. On isole la branche défaillante en ouvrant l'interrupteur et
on redémarre le groupe de la branche non défaillante.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Pour tous les autres équipements, leurs défaillances entraînent l'arrêt de la production
jusqu'à la fin de la réparation,
o Les défaillances des interrupteurs-fusibles, du disjoncteur général et du sectionneur
(juste après la protection générale) sollicitent la protection de départ du réseau et sont
ainsi considérées comme des défauts du réseau.
Deux modes d'exploitation considérés :
o Mode 1 : la production ne fonctionne que couplée au réseau. Lorsque la tension au
point de raccordement est stable, le producteur peut se connecter. Dès l'apparition
d'une perturbation sur le réseau, la protection de découplage déclenche et isole le
producteur du réseau pour permettre un bon fonctionnement du plan de protection du
départ et éviter tout réseau îloté avec la GED. La production peut se recoupler lorsque
le réseau est rétabli. Dans ce mode, la GED n'est jamais utilisée comme alimentation
en
principale mais toujours en soutien du poste source. C'est le mode actuellement
CN
c employé par les GED existantes.
OT o Mode 2 : on a les mêmes spécifications que précédemment sauf que lors d'un incident
sur le réseau (une panne du poste source ou un défaut permanent sur le départ) la GED
co
en peut être utilisée comme secours. Cela implique que la GED alimente correctement le
départ (une capacité suffisante pour alimenter le départ et la capacité de faire du suivi
r^
oco de charge), qu'il y ait un basculement de la commande de la production (régulation de
puissance vers une régulation de tension et fréquence) et que l'exploitant du réseau
oo
puisse demander au producteur de se connecter lorsque cela est nécessaire. Ce mode
CD
d'exploitation anticipe largement puisqu'il nécessite des investissements
supplémentaires coûteux pour pouvoir réaliser cette fonction de secours d'une GED.
IV.2.2.2 Insertion au niveau du départ HTA

IV.2.2.2.1 Modélisation des impacts de la GED

Les conditions de raccordement imposées aux producteurs raccordés sur le départ par le
gestionnaire du réseau font que la GED n'a pas d'impact sur le fonctionnement électrique du
réseau : la GED ne perturbe donc pas le plan de protection du réseau ni les détecteurs de
défaut.
Les impacts potentiels de l'insertion de GED sur un départ HTA (paragraphe II.5.3) sont
mentionnés sur le tableau 8.

153
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

a. Non fonctionnement du plan de protection

b. Non fonctionnement des détecteurs de défaut

c. Modification des taux de défaillance de certains équipements

d. Modification de la profondeur des creux de tension

e. Amélioration de la capacité de transfert du départ

f. Génération de creux de tension

g. Risque de diminution de la tension sur les départs adjacents

h. Défaillance de la protection de découplage


X
i. Mise en réseau îloté de la GED

j. Utilisation en tant que s o u r c e


X
Tableau 8 : impacts de la GED sur la sûreté d'un départ HTA

Les impacts pris en compte dans la modélisation sont les impacts (h) et (j). Pour les autres :
o
o Les impacts (a), (b) et (i) sont considérés comme inexistants au vue des conditions de
J| raccordement.
o Pour l'impact (c), le changement du courant traversant l'équipement et des
£= harmoniques modifient les défaillances définissant ainsi une nouvelle de distribution.
w Le problème est que l'on ne dispose d'aucunes données sur l'impact du courant sur les
C>D
^ défaillances du composant considéré. D'autre part, les défaillances des équipements
r-
° de réseau HTA sont rarement dues au vieillissement et donc peu sensibles au courant
en
oo les traversant d'où la très faible contribution de l'impact (c).
i
o Comme la GED supporte des creux de tension jusqu'à 500 ms et que la protection de
départ est ampèrmétrique, les impacts (d), (f) et (g) ne produisent pas de
déclenchement de protection, ainsi on considèrent que ces impacts ne relèvent pas de
la sûreté de fonctionnement mais d'une étude des creux de tension.
o Pour l'impact (e), les équipements sont dimensionnés pour pouvoir secourir les
départs voisins. Ainsi, n'ayant pas de problème de capacité de transfert de charge, la
présence de la production sur le départ ne change rien.
La méthode de calcul choisie pour cette application est la simulation Monte Carlo sous
MOCA-RP avec le modèle précédemment établi (IV.2.1.4.1). Le fait que l'hypothèse pour
l'approximation des manœuvres de localisation de défaut soit optimiste n'est pas
problématique dans la mesure où ici, l'étude est relative (elle consiste à comparer les indices

154
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

du départ sans GED avec celui du départ avec une GED). Les composants modélisés pour
représenter la GED sont représentés sur la Figure 72. Des équivalents de certains composants
en série ont été effectués afin de réduire le nombre de composants à modéliser (12 au total).

en
oo
CN Figure 72 : composants modélisés pour la cogénération
cD
CD IV.2.2.2.2 Résultats

C0 Les deux modes possibles de fonctionnements de la GED ont été simulés à savoir :
en o La mode 1 où la GED ne fonctionne que couplée au réseau.
C>D
o Le mode 2 où la GED peut servir de secours. Pour ce cas, afin d'observer l'utilité de la
r^
oco GED en tant que secours, nous avons choisi de ne laisser qu'un secours « classique J
en
co
oo au départ D1 (le secours vers le réseau extérieur).
1
CD
L'insertion de la GED a été simulée sur différentes sections (représentés sur la Figure 73) :
o Section 1 : cas « Av_GED 1».
o Section 6 : cas « Av_GED 2».
o Section 11 : cas « Av_GED 3».
o Section 17 : cas « Av_GED 4».
o Section 15 : cas « Av GED 5».

155
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o>
oo
<N
c Figure 73 : emplacements de la cogénération sur le départ DI
CD
Co L'impact de la GED sur la sûreté du départ DI est à priori faible du fait de sa protection de
co découplage empêchant les défaillances du coté producteur de faire déclencher la protection de
C>D
départ. Ainsi, nous avons choisit d'effectuer 1 million d'échantillons (pour chaque simulation)
r^
oco afin d'obtenir une précision suffisante pour observer l'impact de la GED. La précision
CD
co
oo (intervalle de confiance à 90%) obtenue avec MOCA-RP est la même que précédemment :
"CD ±0,5 min/an pour l'indisponibilité et ±0,005 int/an pour la fréquence d'interruption.

Les résultats présentés sont pour chaque mode et chaque emplacement de raccordement de la
GED:
o Les indices moyens du réseau en terme de fréquence d'interruption SAIFI,
d'indisponibilité ASUI et d'énergie non distribuée END (Figure 84).
o Les variations des indices moyens de fréquence d'interruption et d'indisponibilité par
rapport au cas de référence (Figure 74 à Figure 83). Le cas de référence étant pour le
mode 1 le départ D1 complet et pour le mode 2 le même départ avec un seul secours.

156
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Figure 74 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 1

CD
OO Figure 75 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 6
CN
CD Variations de l'indisponibilité (min/an)

~3
CD
C0
en 11
C>D 1111111111
llllllllll h. m u
r^
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 3 14 15 16 17 1 8 19 2 0

oco Figure 76 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 11
en
co
oo Variations de l'indisponibilité (min/an)

1 n
CD

n • n •

Illl
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 2 0

Figure 77 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 17
Variations de la fréquence (1 /an) Variations de l'indisponibilité (min/an)
0 . 0 3 5 -t

0.005 -

1 2 3 4 5 6 7 8 10 11 12 13 4 15 16 17 1 8 19 2 0
0.5 -

Figure 78 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 avec la GED sur la section 15
fl^UUUUUVrUVn n^vli
1 2 3 4 5 6 7 8
Tiirtt
9
«
10 11 12 13 14 15 1 6 17 1 8 19 2 0

157
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)


0.05 -
0.045 -
0.04 -
0.035 -
1 2 3 4 5 6 7 8 9
0.03 -
0.025 -
0.02 -
0.015 -
0.01
0.005 -
0 -
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 1 8 19 2 0

Figure 79 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 1
Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)
0 . 0 5 -r 1 1 1 1 I-I I-I LJ ' | _ r U ' U ' l_T L T III ' III ' I I I
1 1

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 1 8 19 20
0.04 --

0.03 |—
0.02 -- -20

0.01 --I |—
0 --
6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 5 16 17 1 8 19 2 0
-0.01 --
-0.02 -- -50
- 0 . 0 3 -- _
-0.04 --

CD
-0.05 -- -70

OO Figure 80 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 6
CN
CD Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)
0.12
rrrrrrrrr
CD 0
-15

C0 -25

en
C>D 0.02

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 i l 12 13 14 15 16 17 1 8 19 2 0

r^
oco
-0.02

en Figure 81 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 11
co
oo Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)

1
0.12

0.1
111111111
CD
0

0.06
-20
0.04
-25
0.02

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 1 8 19 2 0

Figure 82 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 17
Variations de la fréquence (1/an) Variations de l'indisponibilité (min/an)

Hf
0.12
1 2 3 4 5 6 7 8 9
0.1
-10

-20 lililililililili
0

0.06

0.04

0.02 -

0 -
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17

Figure 83 : Indices du départ obtenus pour le mode 2 avec la GED sur la section 15

158
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

SAIFI ( i n t / a n / c l i e n t ) SAIFI ( i n t / a n / c l i e n t )
5.9 6.00
5.
5.95
5.

5. 5.90

5.87
5.85
5.

5.85 5.80
SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5 SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5

ASUI ( h e u r e s / a n / c l i e n t ) ASUI ( h e u r e s / a n / c l i e n t )
2.33 2.60
2.32 2.50
2.31 2.40
2.30
2.30
2.
2.20
2.28
2.10
2.27
2.26 2.00
SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5 SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5

AENS (kWh/an/client) AENS (kWh/an/client)


6.46 7.40
6.44 7.20
6.42
7.00
6.40

CD
6.80
6.38

OO 6.36
6.34
6.60
6.40

CN
CD
6.32
6.30
6.20
6.00
SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5 SS GED A V GED1 A V GED2 A V GED3 A V GED4 A V GED5

~3
CD Figure 84 : Indices du départ obtenus pour le mode 1 (à gauche) et pour le mode 2 (à droite)
C0
en
C>D IV.2.2.2.3 Commentaires sur les simulations de la GED en mode 1 (Figure 74 à Figure 78)

r^ A partir du modèle sans GED modélisé précédemment (cas de référence), on insère la


oco
en
co cogénération sur le départ. Celle-ci fonctionne de la manière suivante : elle fonctionne
oo couplée au réseau, lorsqu'un défaut se produit elle est déconnectée et ne peut se reconnecter
1
CD
que lorsque le réseau est rétabli.
o Le fait que la GED ne fonctionne que couplée au réseau et qu'elle ne soit pas utilisée
en tant que secours, implique que l'impact de la GED sur la fiabilité du réseau ne peut
être que négatif : d'où l'augmentation de la fréquence d'interruption et de
l'indisponibilité par rapport au cas de référence. Les petites variations négatives de
l'indisponibilité après insertion de la cogénération peuvent s'expliquer par la précision
que l'on a sur les résultats (±0,5 min/an).
o L'insertion de GED ne dégrade que très faiblement les indices des clients du fait de la
protection de découplage qui déconnecte la GED dès le moindre défaut du coté
producteur : la variation maximum est de +0.03 int/an/section et + 2,4 min/an/section.

159
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

On observe l'influence de divers placements de la production sur le départ :


o Pour l'indisponibilité, l'impact de la GED est localisé sur la zone délimitée par les
organes munis de détecteurs de défaut où est connectée la GED (les zones sont
représentés Figure 65) et principalement sur la section à laquelle elle est connectée,
o Pour la fréquence d'interruption : la GED impacte sur la section à laquelle elle est
connectée mais aussi sur les zones en amont car les défauts issus de la GED
déclenchent une procédure de localisation du défaut où le disjoncteur de départ
enclenche et déclenche.

La GED affecte la fréquence d'interruption des clients de deux manières différentes :


o Les défaillances « actives J (sollicitant la protection de départ)
• Court-circuit des équipements de l'installation placé après la protection de
en
oo découplage : le disjoncteur général, les éléments série (sectionneur et
CN interrupteur-fusible) et l'interrupteur de connexion au réseau.
cD
CD • Court-circuit d'un équipement de l'installation et non fonctionnement de la
C0 protection de découplage (ce qui fait déclencher le disjoncteur de départ).
en + X2 + X2 • PD/ + D2i + X 2. + X2
C>D 2• G
•P™ +2 • 2Dj + Sec X
X X X S

2 2 2
X = 4
- = 0,0096 int/ an
r^
oco
en o Les défaillances « passives J (ne sollicitant pas la protection de départ)
co
oo
1 • Défaut sur le réseau et non fonctionnement de la protection de découplage, du
CD
sectionneur et de l'interrupteur.
• Défaillance passive d'un équipement de l'installation avec non fonctionnement
de l'ouverture de l'interrupteur de connexion.
• Défaillance à l'ouverture de l'interrupteur de connexion lors de l'arrêt annuel
de la production.
PInt • PSec • PDj
1 1 1
•' ^XR é s e a u ^+
X Int + p X Se
^
P

P Int
• p

P Sec |
I X I nt- us +
f X d

^
1+
I
p

P Int
^ p

P Sec
^ p

P Dj
^f^
I -
+ 2 •
^ 2
X l "
2 + ^ 2
+ P • (1 arret) - 0,0101 int/an
P l n t

4
X P a s - - Int

X affecte l'ensemble des sections (puisqu'il y a déclenchement du disjoncteur de départ).


Act

X affecte la section à laquelle la GED est connectée.


Pas

160
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

^ Pour la GED connectée à la section n°1 : À affecte la section n°1 donc toutes les autres
Pas

sections, c'est pour cela que l'on a une augmentation (constante pour toutes les sections) de la
fréquence d'interruption de À + À = 0.025 int/an.
Act Pas

^ Pour la GED connectée à la section n°6 : À affecte la section n°6 et À affecte


Pas Act

l'ensemble des sections donc l'augmentation de la fréquence d'interruption pour la section


n°6 est plus importante que pour les autres.

^ Pour la GED connectée à la section n°11 : À affecte normalement l'ensemble des


Act

sections sauf que pour les sections en amont (zone n°1), celles-ci voient trois fois plus de
coupures (dues aux manœuvres de localisation). C'est pour cela que l'augmentation de la
en fréquence d'interruption est de 0.025 int/an (-0,0096x3 int/an).
oo
CN
cD Les résultats obtenus avec MOCA-RP semblent donc correspondre avec la modélisation
effectuée.
c
C
IV.2.2.2.4 Commentaires sur les simulations de la GED en mode 2 (Figure 79 à Figure 83)
>D

Les résultats obtenus sur le réseau sans GED avec les secours (vers D2 et C1) supprimés
o
££ montrent une augmentation de l'indisponibilité des sections éloignés du début de départ
co
oo (sections n°10 à n°20 et notamment les n°14, n°15 et n°16).
CD
A partir de ce modèle sans GED et avec 1 seul secours (référence), on insère la cogénération
sur le départ. Celle-ci fonctionne comme précédemment sauf qu'elle peut être utilisée comme
secours pour réalimenter des zones du réseau lorsque cela est possible ; cela suppose que
l'opérateur du réseau contrôle les connexions et les déconnexions de la production.

Du point de vue de l'impact sur la fréquence d'interruption :


o l'insertion de GED provoque la même augmentation que précédemment (sauf lorsque
la GED est connectée à la section n°6, où la fréquence d'interruption des sections n°5
et n°6 baisse car lors d'un défaut dans les zones n°2,3 et 4, la production alimente en
îloté les sections 5 et 6 et donc celles-ci ne subissent pas les enclenchements et les
déclenchements du disjoncteur de départ afin de localiser le défaut).

161
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o La augmentation de la fréquence est toujours faible : la variation maximum est de


+0,11 int/an/section.
o Les diverses localisations de la GED impactent de manière similaire sur la fréquence
d'interruption des sections du départ.

Pour l'indisponibilité :
o La fonction de secours de la GED diminue l'indisponibilité des sections. Lorsque la
GED est connectée à la section n°1, la variation de l'indisponibilité n'est pas très
importante car la GED ne peut servir de secours que lorsqu'il y a une panne du poste
source, ce qui est peu par rapport à l'indisponibilité apportée par les défaillances de
l'installation.
o L'impact de la GED est localisé sur la zone délimitée par les organes munis de
en
détecteurs de défaut où est connectée la GED et principalement sur la section à
CN
c laquelle elle est connectée.
S o Le gain apporté par la fonction de secours de la GED est comparable à celui apporté
co par un secours classique : l'utilisation de la GED en secours donne abaisse l'indice
en ASUI jusqu'à 2,20 min/an/client (connexion à la section n°15) comparé à 2,28
min/an/client pour le départ avec ses 3 secours.

g IV.3 Une architecture nouvelle de réseau de distribution


Les réalisations des évolutions profondes des réseaux de distribution comme le changement
"cû
de type d'architecture (bouclage ou maillage de certaines zones) mais surtout le concept de
centrales virtuelles (voir paragraphe II.5.2.3) sont, pour l'instant, en cours de développement
et ne sont pas à notre disposition.
Dans l'optique de se confronter aux difficultés de modélisation de la sûreté d'un système de
distribution incluant les GED dans le fonctionnement du réseau, nous avons utilisé un
système de distribution BT fonctionnant séparément du réseau électrique national avec
uniquement des unités de production décentralisées. Ce réseau n'est pas réaliste d'un point de
vue économique mais il est intéressant en terme de modélisation.

162
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV. 3.1 Description du réseau


IV.3.1.1 Son architecture

1 Cog
1 Cl
30 k W

2 PAC 4 PAC
7 Cl 13 Cl
PAC : P A C d e 10 k W

Cl : Clients 6 k W

Cog O : Cogénération d e 2 0 0 k W
7 PAC
16
I3 0
2 6 Cl
1 Cl i
Client 3 0 k W
30 kW
1 Cl 5 PAC
30 kW 2 2 Cl 9 PAC
: c â b l e 240 m m 5 Cl 1 Cl
30 kW
100 m
: câble 38 m m 34 Cl

CD
OO 200 m

2 4 7 12
CN -o -o -O
CD 7 PAC
2 6 Cl
4 PAC
117 Cl
2 PAC
10 Cl
3 PAC
10 Cl

CD /
1

C0 13 0 0
1 Cog

en
C>D
Figure 85 : le réseau de distribution BT modélisé
r^
oco
en
co Le réseau se compose donc de :
oo
1 o 25 lignes BT aériennes (leurs impédances directes Rd, X , C , homopolaires R et X
CD d d o o

et leur courant maximal sont donnés par le tableau 9).


o Un système de protection composé de disjoncteurs placés à chaque extrémité des
lignes.
o 200 clients domestiques de 6 kW et 4 clients industriels de 30 kW affectés de priorité
de 1 (priorité la plus haute) à 5 (priorité la plus basse).
o Un parc de production de 6 cogénérations de 200 kW et 52 piles à combustibles
(PAC) de 10 kW.
o L'évolution des charges du réseau est décrite par une courbe de charge échantillonnée
heure par heure sur une semaine pour les différentes saisons (Figure 86). La
consommation en terme de puissance active et réactive est définie par un Tan^ de 0,2
pour toutes les charges du réseau.

163
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

ligne Rd (Ohm) Xd (Ohm) Cd (Ohm) Ro (Ohm) Xo (Ohm) Imax (A)


0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100
6

3 -- 2 0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100


2 -- 1 0.242 0.010 54.000 0.054 0.430 480
2 -- 5 0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100
5 -- 8 1.262 0.020 32.000 0.156 0.440 100
2 -- 4 1.262 0.020 32.000 0.156 0.440 100
3 -- 7 1.262 0.020 32.000 0.156 0.440 100
1.262 0.020 32.000 0.156 0.440 100
6 co

0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100


4

8 --12 0.001 0.000 0.270 0.000 0.002 480


4 -- 7 0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100
7--14 0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100
7 -- 11 0.001 0.000 0.270 0.000 0.002 480
1.262 0.020 32.000 0.156 0.440 100
co

7--15 1.262 0.020 32.000 0.156 0.440 100


4--9 1.262 0.020 32.000 0.156 0.440 100
8 -- 16 1.262 0.020 32.000 0.156 0.440 100
16--9 0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100
9 -- 1 5 0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100
9 -- 1 3 0.001 0.000 0.270 0.000 0.002 480
9 -- 1 7 0.121 0.005 27.000 0.027 0.215 480
1 7 -- 1 1 0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100
1 5 -- H 0.631 0.010 16.000 0.078 0.220 100
1 8 -- 2 0 0.001 0.000 0.270 0.000 0.002 480
Heures
10-- 6 0.001 0.000 0.270 0.000 0.002 480

Tableau 9 : caractéristiques des lignes utilisées Figure 86 : la courbe de charge utilisée

IV.3.1.2 Son fonctionnement

en IV.3.1.2.1 Gestion de la production


CN
§ Le système, étant séparé du réseau HTA, doit assurer l'équilibre des puissances et la
régulation de la tension : ainsi, les cogénérations du réseau sont équipées d'une régulation V,
f (tension, fréquence). Les piles à combustibles sont, elles, équipées de régulateurs P, Q. On
o
définit deux modes de fonctionnement du réseau : le mode 1 où les PAC délivrent en
CD
permanence leur puissance maximale et le mode 2 où la puissance des PAC suit la courbe de
charge.
en
co
oo Suivant les exigences de l'opérateur du réseau (pour satisfaire les contraintes des générateurs
CD

en terme de puissance maximale et minimale), les PAC peuvent être déconnectées et


reconnectées.
IV.3.1.2.2 Comportement du système face aux pannes des composants

o Lors d'un court-circuit sur une ligne, les disjoncteurs à chaque extrémité de la ligne
déclenchent. Pour un court-circuit fugitif, le disjoncteur est réenclenché au bout de 6
minutes.
o La défaillance d'un disjoncteur entraîne le déclenchement des disjoncteurs
environnants de manière à isoler les équipements défaillants du reste du réseau.
o La défaillance d'une machine entraîne sa déconnexion du réseau.

164
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.3.1.2.3 Comportement du système face aux phénomènes de dégradation

o Lors d'une surcharge d'une ligne, une protection de surcharge est prévue pour
déclencher les disjoncteurs de la ligne en 20 minutes. D'autre part, l'opérateur peut, si
c'est possible, éliminer la surcharge en agissant sur les consignes des cogénérations et
en déconnectant ou en reconnectant des PAC ou des clients : le délestage de clients
est, bien sûr, en dernier recours.
o Lors d'un déficit de puissance, des relais fréquentiels de délestage rapide permettent
de rétablir l'équilibre des puissances.
o L'écroulement de tension n'est pas envisagé car les limites imposées par les
puissances maximales transmissibles des lignes sont beaucoup plus hautes que les
puissances mises enjeu dans le réseau et que les limites thermiques (car les lignes sont
courtes et que l'on se trouve en basse tension).
CD
OO o Lorsqu'une cogénération perd la stabilité, sa protection machine déclenche. Son temps
CN
CD de reconnexion est de 30 minutes (incluant le temps de démarrage et le temps de
CD synchronisation).
C0 o La protection de découplage des cogénérations déclenche instantanément pour une
uen tension inférieure à 15 % de Un.
C>D
r^
oco On affecte des priorités de 1 à 5 aux clients (celle-ci sont données dans l'annexe 13) : le
en
co délestage de charge s'effectue en fonction de ces priorités (la priorité 5 étant la plus faible).
oo
1
CD IV 3 2 Modélisation
Etant donné les phénomènes de dégradation envisagés (déficit de puissance et surcharges
d'équipements), le nombre important de paramètres (courbe de charge) et la présence
d'éléments à forte indisponibilité (PAC et cogénérations), nous avons choisit de programmer
une méthode de simulation Monte Carlo chronologique sous Matlab.
IV.3.2.1 Modélisation des pannes de composants

IV.3.2.1.1 Les pannes des lignes

Les pannes considérées sont les courts-circuits permanents et les courts-circuits fugitifs. Pour
le calcul des tensions lors d'un court-circuit, il faut déterminer la nature du court-circuit et
l'endroit : on sait que 80 % des courts-circuits sont monophasés et pour les autres, on suppose
qu'ils sont triphasés (cas le plus défavorable).
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

On détermine ainsi de façon aléatoire :


o La nature du court-circuit (monophasé avec une probabilité de 0.8 et triphasé avec une
proababilité de 0.2).
o La localisation du court-circuit sur la ligne (probabilité uniformément répartie sur la
longueur de la ligne).
IV.3.2.1.2 Les disjoncteurs

Les modes de défaillance pris en compte sont :


o La défaillance en fonctionnement incluant l'ouverture intempestive et le court-circuit.
o Le refus d'ouverture ou de fermeture lors d'une sollicitation.
On suppose les protections des production sont « parfaites J : on ne modélise pas les leurs
défaillances. D'autre part, nous n'avons pas examiné les défaillances dites « cachées» des
CD disjoncteurs mais la modélisation de ce mode de défaillance ne constitue pas de difficulté : cet
OO
CN aspect fait partie des perspectives développées dans la conclusion générale.
CD
IV.3.2.1.3 Les unités de production
CD
Pour les deux types d'unités utilisées (PAC et cogénérations), on ne considère que le mode de
C0 défaillance « Arrêt de production », on ne considère pas le mode « court-circuit » d'une
uen
C>D machine (étant donné que l'on a considéré la protection machine comme « parfaite ») ni les
r^ défaillances au démarrage pour les cogénérations.
oco
en
co IV.3.2.2 Modélisation des comportements du système
oo
1 Comme nous l'avons vu dans le 111.2.3, les points délicats de la modélisation sont : le
CD
délestage fréquentiel, la perte de stabilité des cogénérations. Nous avons modélisé le
délestage fréquentiel par un délestage aléatoire (suivant le nœud de connexion) pour les
clients de même niveau de priorité. En ce qui concerne la stabilité des machines, nous avons
pris en compte les découplages des cogénérations lors d'un court-circuit. Les autres
problèmes de stabilité ne sont pas abordés.
IV.3.2.2.1 Fonctionnement des régulations

Pour modéliser le fonctionnement des cogénérations équipées de leur régulation


tension/fréquence, à chaque changement de la charge du réseau, on calcule la puissance à
fournir par les cogénérations aux pertes près (à savoir P h a - P p ) et l'on répartie
c r g e s A C

uniformément cette puissance sur l'ensemble des cogénérations (car celles-ci sont identiques).
Un premier calcul de répartition de charge (détaillé dans l'annexe 7 et développée dans le
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

cadre du projet sys2 du GIE [CAI 04]) permet d'évaluer les pertes et de les répartir sur
l'ensemble des machines (on modélise une des cogénérations par le nœud bilan du réseau, les
autres par des nœuds P,V, les PAC et les charges par des nœuds P,Q). Lorsque les contraintes
sur les puissances minima et maxima des cogénérations sont atteintes, des PAC (et des
charges du réseau suivant leur priorité) sont connectées ou déconnectées suivant le cas.
IV.3.2.2.2 Panne d'un composant

Lors de la perte d'un composant, il n'y a pas d'étapes et localisation de défaut car le système
de protection fait que les défaillances sont, par l'action même des disjoncteurs, localisées et
isolées. La réparation prend place juste après la réaction du système protection. Le temps de
réparation est modélisé par une loi de Weibull avec un paramètre de forme de 6 (la
justification et quelques détails sont développés dans l'annexe 12).
IV.3.2.2.3 L'écroulement de fréquence

cD Lors d'un écroulement de fréquence, les relais fréquentiels déclenchent pour délester les
CD
charges (par ordre de priorité). N'ayant pas de moyen de calculer la fréquence du réseau pour
connaître quel relais déclenche, on modélise ces déclenchements par un délestage aléatoire
c
ôtn sur l'ensemble des clients (de même priorité) du réseau. La quantité de charges délestée
correspond à la différence entre la puissance totale consommée et la puissance totale produite.
r^
oco Ce délestage est considéré dans la simulation comme instantané.
IV.3.2.2.4 L'écroulement de tension
oo
CD Bien que nous ayons conclu sur le caractère improbable d'un écroulement de tension sur ce
réseau, certains rares cas peuvent présenter ce type d'écroulement. Dans ce cas, on approxime
le délestage de charge, de la même manière que pour l'écroulement de fréquence, en
déconnectant aléatoirement 5 % de la charge du réseau. Le temps moyen d'action de
l'opérateur est de 2 minutes.
IV.3.2.2.5 Les surcharges

Pour connaître les courants dans les lignes du réseau, on utilise le calcul de répartition de
charge. A l'issue de ce calcul, on détermine quelles lignes sont surchargées et ainsi quelles
protections de surcharges sont déclenchées (déclenchement de la temporisation de 20
minutes). Lorsque le courant redescend en dessous de la limite thermique, la temporisation de
la protection est annulée.

167
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Le principe utilisé est explicité dans le paragraphe 111.2.4.2.1. Pour déterminer les
changements de consignes des cogénérations, les connexions et déconnexions de PAC et de
clients, on utilise la matrice des facteurs de distribution S du réseau à des changements de
puissance aux différents nœuds. Cette matrice donne les variations des flux de puissance dans
les lignes en fonction des variations des puissances injectées aux différents nœuds du réseau :
AP
P lignes
= S • [APoeuds ] .
n

A Q lignes

Disposant de cette matrice, une optimisation est effectuée avec la fonction de Matlab fmincon
en ayant comme contraintes les vecteurs AP n et AP x de variations de puissance
n o e u d s mi noeuds ma

assignables aux nœuds du réseau (en considérant les contraintes de production des
cogénérations entre 30 % Pn et 100 % Pn et les quantités de puissances connectables ou
CD délestables offertes par les PAC et les clients). Pour des questions de rapidité de calcul, on ne
OO
CCN spécifie pas de fonction objectif, ce nous intéresse est seulement l'existence d'une solution
D permettant d'éviter la surcharge des lignes. Le temps moyen d'action de l'opérateur est de 2
en minutes.
IV.3.2.2.6 Les déconnexions des cogénérations lors d'un court-circuit
0
c

en
Du fait de leur limitation de courant au niveau de l'interface d'électronique de puissance, les
>
rC piles à combustible ne délivrent aucun courant de court-circuit : on ne les prend donc pas en
co compte. Le principe du calcul est de déterminer les chutes de tension dues aux courants de
oo court-circuit et de déduire les tensions en sommant les tensions d'avant court-circuit et les
1
chutes de tension.

Pour le calcul des tensions lors d'un court-circuit, on effectue plusieurs approximations :
o Les courants dus aux charges sont négligés par rapport aux courants des
cogénérations.
o Les tensions avant le court-circuit aux différents nœuds sont supposées égales à Un.
o Les cogénérations sont modélisées par leur réactance transitoire.

Les détails des calculs sont présentés dans l'annexe 9. Une fois les tensions obtenues, les
cogénérations, dont la tension au noeud de connexion est inférieure à 15 % de Un, sont
déconnectés pour 30 minutes.

168
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.3.2.3 Algorithme développé

L'algorithme utilisé est présenté ci-dessous sur la Figure 87. Il est défini de manière analogue
à l'algorithme de la Figure 55 : les paramètres du système sont modélisés par les matrices
« Composants réseau J et les événements décrits par la matrice « Evénements ». Notons que
la topologie du réseau est variable au cours de la simulation : les paramètres du réseau
(matrice « Composants réseau », matrice des facteurs de distribution, R) sont ainsi mis à jour
à chaque événement.

Définition Topologie du système


-Générations connectées
-Architecture (lignes,disjoncteurs)
-Clients connectés

Réglage des générations


D é l e s t a g e d e c h a r g e si n é c e s s a i r e
-Réglage des générations

CD
OO
CN
CD
CD

C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

Figure 87 : modèle du réseau sous Matlab

Ici, lorsqu'un paramètre change, le système doit être analysé afin de déterminer son état. La
charge du réseau variant toutes les heures, il faudrait donc analyser le système chaque heure.
Sachant que l'on simule 2000 échantillons d'un an et que le temps nécessaire pour un calcul
de répartition de charge nécessite environ 150 ms, le temps de simulation serait supérieur à
730 heures. Pour ramener ce temps de simulation dans des proportions acceptables, à chaque
changement d'état d'un composant du réseau, on contrôle l'état du réseau pour un état à faible
charge et un état à forte charge : si aucun de ces deux tests ne présentent de problème
surcharge ou d'écroulement de tension, on considère que le système n'aura pas de problème
jusqu'au prochain événement.

169
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.3.2.4 Les données de sûreté de fonctionnement utilisées

Taux de défaillance (par an) Taux de défaillance à la sollicitation Temps de réparation (en heure)

Ligne aérienne X permanent = 0.1 par km - 15

0,4 kV X fugitif = 0.4 par km - -

Disjoncteur 0.0876 0.05 4

Cogénération 1.752 - 50

PAC 1.752 - 50

Tableau 10 : données de sûreté de fonctionnement utilisées


IV. 3.3 Résultats
On simule trois cas :
o Cas n°1 : les PAC débitent leur puissance maximale (mode 1).
o Cas n°2 : les puissances des PAC suivent la courbe de charge (mode 2).
CD o Cas n°3 : Pour observer l'influence des surcharges sur les indices de sûreté des clients,
OO
CN une simulation a été exécutée avec des câbles de 240 mm , qui supportent 480 A, au2

CD
lieu des câbles de 38 mm2 (supportant 100 A). Les spécifications du modèle sont les
CD
mêmes que le cas n°1 sauf que les câbles utilisés sont tous en 240 mm2.
C0
en Le nombre d'échantillons simulés est de 2000 obtenant ainsi une précision de 12 % pour
C>D
l'indisponibilité et de 7 % pour la fréquence d'interruption (pour un niveau de confiance de
r^
oco 90 %). Le temps de simulation est d'environ 24 heures. Les résultats pour les trois cas simulés
en
co sont présentés sur les Figure 88 et Figure 89 (les nœuds de connexion des clients sont donnés
oo
1 dans l'annexe 13).
CD

Cas n°l
La Figure 88 nous montre que les clients de priorité 5 subissent de longues interruptions. Ce
sont les délestages dus aux surcharges. Les clients de priorité 1 à 4 ont l'indisponibilité
acceptable.
Cas n°2
Les mesures pour éviter les surcharges passent par le changement des puissances aux
différents noeuds. Pour réduire la charge d'un noeud, une solution est de connecter des PAC à
ce dernier. Dans le mode 2, la puissance des PAC suit la courbe de charge : ainsi, dans
certaines situations où une réduction de la puissance en un point est exigée et où la puissance
des PAC n'est pas très importante (à cet instant), des charges seront délestées. C'est pourquoi,

170
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

on voit l'indisponibilité des clients de priorité 5 augmenter fortement : de 17.70 h/an en mode
1 (où les PAC produisent leur puissance nominale) à 48.46 h/an pour le mode 2.
Cas nH
Les résultats prouvent que les surcharges sont énormément réduites : les clients de priorité 5
ont 1.81 h/an d'indisponibilité. Mais la fréquence d'interruption est augmentée pour
l'ensemble des clients. Cela s'explique par le fait que l'impédance des câbles est inférieure à
celles des câbles de 38 mm . Ainsi lorsqu'un court-circuit se produit, les tensions sont plus
2

basses et donc on assiste à plus de déconnection d'unités de cogénération et donc à plus de


situations d'écroulement de fréquence nécessitant un délestage de charge (momentané, le
temps que les cogénérations déconnectées se recouplent).

Figure 88 : fréquences d'interruptions et indisponibilités des clients selon leur ordre de priorité
Fréquence d'interruption Fréquence d'interruption Fréquence d'irterruption

I
1.4

ll
1.2

i g 1

mu mini nulUM
rJ § 0.8
&

• 1 ' I V mu1 « I l i m
E 0.6
ft

•iimir" i - r n 0.4

0.2

0
21 41 61 81 101 121 141 161 181 201 1 21 41 61 81 101 121 141 161 181 201 1 21 41 61 81 101 121 141 161 181 201
Clients Clients Clients

Indisponibilité Indisponibilité Indiapobibilité

i i.
-
Pi i i yi l —IL1 1 3nr
• iiib •••m iipn mil
21 41 61 81 101 121 141 161 181 201 1 21 41 61 81 101 121 141 161 181 201 1 21 41 61 81 101 121 141 161 181 201
Clients Cuients Clients

Cas n°1 Cas n°2 Cas n°3


Figure 89 : fréquences d'interruptions et indisponibilités des clients

171
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

IV.4 Synthèse
Nous avons modélisé, dans un premier temps, la sûreté de fonctionnement d'un départ HTA,
ceci par deux applications différentes :
o La simulation Monte Carlo par réseaux de Petri sous MOCA-RP qui a nécessité
l'approximation des manœuvres de localisation de défaut. Nous avons établi des
modèles des composants de départ HTA, cependant la modélisation d'un départ sous
MOCA-RP est longue et complexe du fait des messages booléens (pour chaque
composant) et du réseau de Petri « Gestionnaire J (particulièrement les opérations de
localisation de défaut) à modifier lors de la modélisation d'un nouveau départ.
o La simulation Monte Carlo sous Matlab. L'application programmée permet de
modéliser la sûreté d'un départ HTA en tenant compte des manœuvres exactes de
CD localisation de défaut en spécifiant uniquement les caractéristiques du départ (type de
OO composants et topologie). Les résultats trouvés montrent que l'hypothèse, utilisée pour
CN
CD approximer les manœuvres de localisation de défaut sous MOCA-RP, est trop
CD optimiste.
C0
uen L'étude de l'impact du raccord d'une GED à un départ HTA a été effectuée à partir du
C>D
modèle sous MOCA-RP. La GED choisie est une cogénération équipée de deux alternateurs
r^
oco de 500 kVA. Les spécifications actuelles de la protection de découplage font que les
en
co
oo problèmes de perturbation du plan de protection et de possibilité de fonctionnement en îlotage
1 sont inexistants. Ainsi les impacts modélisés de la GED sur le départ HTA sont limités aux
CD
défaillances des équipements de raccordements (disjoncteur général et interrupteur) : les
résultats de simulation ont montré un impact faible (la variation maximum des indices d'un
client est de +0.03 int/an et + 2,4 min/an) de la cogénération sur la sûreté de fonctionnement
du départ HTA dû à la fiabilité du disjoncteur général de l'installation. Un autre mode de
fonctionnement prospectif de la GED a été modélisé : lors d'un défaut sur le départ,
l'installation peut être utilisée en tant que secours en fonctionnement ilôté. Les conclusions
sont que l'on constate toujours une faible augmentation de la fréquence d'interruption mais au
niveau de l'indisponibilité, le gain est comparable à celui d'un secours classique.

Dans une perspective à plus long terme en considérant les mutation des réseaux à venir, nous
avons utilisé un réseau de distribution intégrant les GED dans le fonctionnement du réseau :
le système étudié est ainsi un réseau BT isolé fonctionnant avec de petites unités de
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

production (cogénérations et piles à combustible) et une architecture maillée. Cet exemple


met en valeur des phénomènes de dégradation du réseau (surcharges, écroulement de
fréquence, écroulement de tension, déconnection de générations) : la méthode de modélisation
choisie est la programmation d'une méthode de simulation Monte Carlo intégrant divers
outils pour analyser le réseau (calcul de répartition de charge et calcul des tensions lors d'un
court-circuit) et l'utilisation de d'algorithmes et de fonctions d'optimisations pour simuler les
réactions du réseau (consignes des générateurs, connexions et déconnections de PAC et
délestage de charge). Concernant les problèmes de déconnexions de cogénérations suite à une
perturbation, nous n'avons pris en compte que le déclenchement de la protection de
découplage lors d'un court-circuit. L'application programmée permet de modéliser tout type
de réseau, par contre la gestion du réseau (gestion des productions) doit être recodée à pour
chaque système. Le temps de simulation d'un tel système est beaucoup plus important que les
en
méthodes précédentes étant donné l'introduction de la courbe de charge qui définit un
CN
changement de la charge du réseau toutes les heures. Néanmoins, l'étude des phénomènes de
S déconnexion de générateurs doit être incluse dans l'application afin de prétendre à une
c0 quantification de la sûreté de ce type de système.
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

173
CD
OO
CN
CD
CD

C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Conclusion générale
CD
OO
CN
CD
CD

C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Conclusion générale

Nous avons présenté, dans ce rapport, ce qu'est la sûreté de fonctionnement des réseaux
électriques en commençant par les notions de base utilisées en sûreté puis par les méthodes
d'analyse de la sûreté composées d'une part, d'une analyse du fonctionnement et des
dysfonctionnements du système étudié et d'autre part, d'une méthode de quantification des
indices de sûreté.

Ensuite une étude qualitative du système électrique formé par les unités de production, le
réseau de transport et les réseaux de distribution s'est attachée à décrire les modes de
en défaillances (court-circuit, perte d'une unité de production, refus d'ouverture ou de fermeture
oo
CN d'un organe de coupure, instabilité d'une machine, écroulement de fréquence, ...) ainsi que
les mesures prévues (réglages automatiques de l'équilibre des puissances, de la fréquence du
en réseau, de la tension, systèmes de protection, et supervisions par des centres de conduite) pour
oc palier à ces défauts.
C>D
^ En vue d'appliquer les méthodes de sûreté à des cas d'étude, nous avons consacré un chapitre
r-
à la modélisation des événements du système (pannes de composants et comportements du
en
co
oo système) pour ensuite définir l'adéquation des méthodes présentées à modéliser la sûreté d'un
système électrique. Cette étape a mis en évidence une difficulté majeure concernant les
événements liés aux régimes transitoires du système (dynamique des unités de production et
des éléments du réseau) : leur étude nécessite des simulations transitoires trop longues (en
terme de temps de calcul) à mettre en place dans une étude de fiabilité. Certains aspects
peuvent être, cependant, traités en effectuant quelques approximations. Le choix des
méthodes de calculs des indices de sûreté d'un réseau s'effectue en fonction des capacités de
la méthode à modéliser certaines caractéristiques du système (topologie variable, paramètres
variables au cours du temps, ...) et à quantifier les événements recensés lors de l'étude
qualitative (événements liés à des variables continues, algorithmes de calculs de variables du
système, ...). D'autre part, la performance d'un réseau s'évalue en divers emplacements
(points de connexion des clients). Pour ne pas avoir à établir un modèle pour chaque client du

177
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

réseau, il est donc très intéressant de disposer d'un modèle de calcul donnant les indices de
sûreté en tout point du réseau.

Les méthodes les plus adéquates pour la modélisation de systèmes électriques sont les
équivalents analytiques (recherche des séquences d'événements et quantification de la
contribution des séquences aux indices de sûreté des clients par des calculs statistiques
simples) et les simulations de type Monte Carlo chronologique (simulation probabiliste des
événements du système durant sa période de service permettant l'estimation des indices de
sûreté).

Les méthodes de calcul développées sont :


o La simulation Monte Carlo chronologique de réseaux de Petri sous MOCA-RP. Des
CD
OO modèles de composants des réseaux HTA (ligne, disjoncteur, interrupteur manuel,
CN
CD interrupteur télécommandé, secours, poste source, R) ont été créés pour faciliter la
CD construction du modèle. Ne pouvant ni manipuler des variables continues, ni implanter
d'algorithme, cette méthode n'est pas adaptée pour prendre en compte les phénomènes
C0
uen
de dégradation d'un réseau électrique et certains comportements du réseau comme les
C>D manœuvres de localisation de défaut. De plus la construction d'un modèle est assez
r^
oco longue et complexe du fait des messages booléens à définir pour chaque composant.
en
co o La simulation Monte Carlo chronologique sous Matlab. Nous avons développé une
oo
1 application permettant l'étude de la sûreté d'un départ HTA « classique J en spécifiant
CD
seulement l'architecture du départ, les manœuvres de localisation de défaut étant, ici,
modélisées exactement. Ensuite, une deuxième application a été mise au point pour
traiter le réseau BT isolé, plusieurs modules de calcul de réseau ont été insérés dans
l'algorithme de Monte Carlo : un calcul de répartition de charge et un calcul des
tensions lors d'un court-circuit.

Le premier cas d'application est l'étude de l'insertion d'une cogénération sur un départ HTA
« classique J : considérant les spécifications du raccordement de l'installation, le
fonctionnement du plan de protection et des détecteurs de défaut ne sont pas influencés. De
même au niveau HTA, l'introduction d'une production sur un départ n'influe pas sur le
fonctionnement. Ainsi, les seuls impacts recensés se limitent aux défaillances
supplémentaires des équipements de l'installation : les résultats montrent un impact très faible
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

dû particulièrement à la protection de découplage de l'installation. Nous avons étudié le cas


où la GED peut servir de secours pour le départ lors d'une défaillance sur celui-ci : les
résultats montrent que l'installation réduit l'indisponibilité des clients de la même manière
qu'un secours « classique ».

Nous avons voulu traiter un cas où des contraintes de fonctionnement du système sont mises
enjeu (comme sur le réseau de transport) afin d'anticiper sur les architectures nouvelles de
réseaux de distribution. Celles-ci n'étant pas encore bien définies, nous avons utilisé un
réseau BT fonctionnant en îloté avec un parc de production constitué de cogénérations et de
piles à combustible : outre les problèmes dynamiques qui ne sont pas abordés, le délestage
fréquentiel afin de maintenir l'équilibre des puissances lors de pertes d'ouvrage, les
surcharges (thermiques) ainsi que les changements de configuration du réseau pour les éviter
CD
OO ont été modélisés. La simulation, du fait de la prise en compte des variations de charge
CN
CD (courbe de charge), est beaucoup plus lente que les précédentes mais donne des résultats
CD satisfaisants.
C0
uen
Les perspectives concernant les méthodes de calcul de sûreté sont :
C>D o Pour certains systèmes ne présentant pas de variations de paramètres au cours du
r^
oco temps (comme une courbe de charge, un moyen de stockage, la puissance variable
en
co d'une éolienne,.), la mise en œuvre d'autres méthodes, comme les équivalents
oo
1 analytiques ou les simulations Monte Carlo non chronologiques, peut être intéressante
CD
pour réduire le temps calcul (assez important pour des simulations de Monte Carlo
chronologiques).
o La prise en compte des événements liés à la dynamique des unités de production :
l'objectif est d'analyser ces problèmes avec des calculs rapides (simulation des
régimes transitoires en employant des modèles d'ordre réduits).
o Définir une architecture logicielle permettant, outre la définition de composants qui ne
pose pas de problème, la définition des comportements du système sans avoir à
reprogrammer systématiquement une nouvelle application. En effet, un problème
récurrent des applications de sûreté de fonctionnement est que, soit l'application n'est
pas dédiée à un type de système et la description du système (composants et
comportements du système) est compliquée (comme sur MOCA-RP ou d'autres
applications utilisant des arbres de défaillance par exemple), soit le logiciel est dédié
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

un type de système et le comportement est codé en « dur J permettant de traiter


facilement diverses architectures mais uniquement du type défini (comme nos
applications sous Matlab). L'idée est qu'à partir des variables du système (états des
composants et variables d'état du système), l'utilisateur doit pouvoir définir le
comportement du système au moyen d'objets (sans avoir à modifié le code de
l'application) intégrés dans une interface performante : ces objets peuvent être des
modules d'analyse du système (comme le calcul de répartition de charge) et de
traitement de données (comme une protection qui compare certaines valeurs à des
seuils et modifient un paramètre du système en conséquence) existants ou programmés
par l'utilisateur, dont les paramètres d'entrée et de sorties sont gérés par des liens
entre les différents modules.

Pour ce qui est de l'étude de la sûreté des réseaux de distribution, on peut définir deux axes
o
™c d'étude :
o Il serait intéressant d'étudier, pour une insertion massive de générations au niveau des
en
1 réseaux HTA ou BT, l'impact sur la sûreté du réseau de transport (car jusqu'à
co maintenant l'insertion de GED était considérée comme négligeable vu du réseau
o HTA). Pour cela, il faut tout d'abord, disposer d'études concernant les interactions
entre les réseaux de distribution et le réseau HTB dans le cas d'insertion massive de
o
££ GED et ensuite établir un modèle de sûreté pour le réseau de transport, étape
co
oo complexe car son fonctionnement fait intervenir divers comportements (réglages de la
CD
fréquence, de la tension et rôles des divers centres de dispatching) difficiles à
modéliser exactement.
o De nouveaux concepts liés aux réseaux de distribution utilisant des générations
dispersées sont en cours de développement (comme celui de la centrale virtuelle et des
consommateurs virtuels) et devraient définir plusieurs cas d'étude pertinents incluant
de nouveaux modes de fonctionnement différents de ceux employées actuellement.

180
Annexes
CD
OO
CN
CD
CD

C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 1
Application des méthodes de sûreté à un exemple simple

L'exemple choisi est l'alimentation d'une charge par deux sources qui sont le réseau BT et un
groupe électrogène de secours. L'architecture ainsi que les données de sûreté des composants
sont représentées sur la figure ci-dessous.

Alimentation Groupe électrogène


Réseau de secours
X= G 1,142.10-3 /h

Y G = 0,1

I G = 0,02 /h

CD
OO / Disjoncteur

CCN
D 1.10- 5 /h

en |I L 2 = 0,25 /h

c0
en
C>D
r^
oco
en
co
Charge

oo
1 Architecture du système
CD

Analyse des défaillances du système


Les défaillances considérées sont :
o L'absence de tension du réseau.
o Les courts-circuits des lignes L1 et L2 entraînant leur indisponibilité jusqu'à
réparation.
o Les défaillances à la sollicitation du jeu de barres inverseur, du disjoncteur et du
groupe au démarrage.
o L'arrêt intempestif du groupe.
o La défaillance « seconde J du groupe lors d'un court-circuit de L2 et de la non
ouverture du disjoncteur.

183
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour des questions de simplicité de l'analyse de sûreté, on ne considère pas certains modes de
défaillance comme l'ouverture intempestive du disjoncteur ou dujeu de barres inverseur.

Analyse du comportement du système


La figure ci-dessous présente les divers comportements du système lors d'incidents sous
forme d'algorithme.

en
oo
CN
cD
CD

C0
en
C>D
r^
oco
cd
co
oo
1
CD

Comportement du système face aux pannes

Le démarrage du générateur nécessite un temps de 5 minutes (donc un p de 12 /h). Les autres


manœuvres (du disjoncteur et de l'inverseur) se déroulent dans un temps négligeable. On
forme un équivalent des composants 'Réseau' et 'Ligne L1' appelé 'R'.

184
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Méthodes de quantification des indices de sûreté au niveau de l'alimentation de la charge

GRAPHES DE MARKOV

Le système est mis sous forme de graphe comme ci-dessous

en
oo
CN
cD
CD
C0
en
C>D 112—1/(1/M-R - )1 / 1 2

Graphe du système
r^
oco
en
co
oo Quelques remarques :
1 o Les états 1, 4 et 11 représentent les états de fonctionnement.
CD

o Pour modéliser la défaillance à la sollicitation, on affecte aux deux arcs (partant de


l'état de départ vers les états de succès et de défaillance de la sollicitation), des taux de
transitions (y).s (défaillance) et (1-Y).s (succès). Le paramètre s représente un taux
élevé (temps de franchissement très court représentant le temps de sollicitation) fixé à
300 000 /h.
On désire connaître les probabilités asymptotiques P d'occupation des états i du graphe. Pour
i

cela, on traduit le graphe ci-dessus sous forme matricielle :


dP (t + dt )
1

dt 116 Px(t)
dP1 (t' + dt ) 161
6
16 16 P16(t)
dt

185
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Où la matrice S des coefficients s est : i/

(pr - 0 . 2 )
X R 0 0 "(PO "PR ) R - ( pR - 0.2)
-X R 1.s 0 0 0
0 " YO •s PR - XR 0
0 0 -pR (pO - p R )+XR 0
-(1 - Y O p + 0.2
R 0
- 0.2 1 .s
- Y, • s p, 0 - Y, • s 0 Yj . s
- ( 1 - Y, )• s 0 1.s 0 0
0 0 - Y, •s D 1 .s 0
0 0 0 - ( 1 - Y , )• s p - 0.2
R

0 0 - (1 - Y , )• s D 0 0 X + X + p - 0.2
O L2 R 0
- ( P R - 0.2) 1.s
(pr - 0.2) 0

2
(pR - 0.2) 1 s

- ( 1 - Y Y.s PO - L 2 - p ,

En raisonnant sur les probabilités asymptotiques, on obtient le système d'équation suivant :


11 P
en [0] =
oo 161 ••• 1616 P16
CN
s s

cD 16

CD
Pour pouvoir résoudre ce système, il faut ajouter une équation qui est ^ P = 1. On remplace i
=1

c0 ainsi la dernière ligne de S par une ligne de ' 1'. Cela donne finalement :
en 0"
C>D P
r^ = S•
oco P16
cd
co
oo
1 Avec :
CD
(pr - 0 . 2 )
XR 0 0 - ( pO - p R ) - p R - ( p r - 0.2)
-

-X R 1.s 0 0 0
0 - Yo • s pR - X R 0

0 0 - p R (p O p - R + ) X R 0

0 - ( 1 - Yo )• s 0 0 p R + 0.2
0 0 0 0 - 0.2 0
0 0 0 0 0 -Y, • s P, -Yj •s
0 0 0 0 0 - (1 - Y, )• s 0 11.s
S = 0 0 0 0 0 - Y ,D •s 1 .s 0
0 0 0 0 0 0 -(1 -Y,)- s P R - 0.2
-(1 - Y d ^ s 0 0 X + X + p - 0.2R 0
0 0 0 0 0
O L 2

- ( p - 0.2)
R 1.s
0 0 0 0 0 0.2)
X +X
O L 2 0 (PR - 0

0 0 0 0 0
( PR - 0.2)
0 0 0 0 0
1 S

0 0 0 0 0 (pr - 0.2)
-(1-YY.S P O -I
0 0 0 1 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1

En inversant la matrice, on obtient les probabilités asymptotiques P . i

186
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

On déduit ainsi les indices du système :


o L'indisponibilité = (1-P -P -P ).
1 4 11

o La fréquence d'interruption = P .À +P .À +P . (À +À +1/(1/p, -1/12))


1 R 4 R 11 G L2 R

SIMULATION MONTE CARLO

O ç O

en
oo
CN
cD
—3
CD
Modélisation des composants du système et du « gestionnaire »
C0
en
C>D On a choisi la modélisation par réseaux de Petri pour l'application de la méthode Monte
r^ Carlo. La simulation est effectuée pour 1 million d'échantillons d'une année. Les indices du
oco système sont donnés :
en
co
oo o Pour l'indisponibilité, par le temps moyen d'occupation de la place 32 (non
1
CD fonctionnement de la charge).
o Pour la fréquence d'interruption, par le nombre de franchissements moyen de la
transition de la place 31 à la place 32.

METHODE DES EQUIVALENTS ANALYTIQUES

De manière à diminuer le nombre de séquences, on ne considère qu'une seule panne du


réseau. L'indisponibilité supplémentaire due à une deuxième panne du réseau (alors que des
composants de la branche de secours ne sont pas encore réparée) s'évalue grossièrement
à (1 -e"^ ' )• 30min = 0.37 min/an, ce qui est négligeable devant l'indisponibilité du
R (100h)

système qui devrait être un peu supérieure à À • 5 min = 5.44 min/an (cas où les composants
R

de la branche de secours sont parfaits). Du fait de l'indisponibilité peu élevée du réseau

187
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

(environ 30 min/an), on considère que le système se trouve alimenté la plupart du temps par le
réseau (c'est l'hypothèse ÀR/MR « 1).
Recensement des séquences :
SEQ 1 Panne du
réseau
Démarrage du
générateur
Basculement
de l'inverseur
Enclenchement
du disjoncteur
Ras de panne
du groupe
Retour du
réseau
Déclenchement
du disjoncteur
Arrêt du
groupe
Basculement
de l'inverseur

Basculement Enclenchement Pas de panne Retour du Déclenchement Arrêt du Panne de


SEQ 2 Panne du
réseau
e du
générateur de l'inverseur du disjoncteur du groupe réseau du disjoncteur groupe l'inverseur
Retour du
réseau
Réparation
d e l'inverseur

Panne du Déclenchement Arrêt du Basculement Retour du


SEQ 3 Panne du
réseau
e du
générateur
Basculement
de l'inverseur
Enclenchement
du disjoncteur groupe ou L2 du disjoncteur groupe d e l'inverseur réseau

SEQ 4 Panne du
réseau
e du
générateur
Basculement
d e l'inverseur
Enclenchement
du disjoncteur
Panne du
groupe ou L2
Déclenchement
du disjoncteur
Arrêt du
groupe
Panne de
l'inverseur
Retour du
réseau de l'inverseur

SEQ 5 Panne du
réseau
e du
générateur
Basculement
d e l'inverseur
Panne du
disjoncteur
Arrêt du
groupe
Basculement
de l'inverseur
Retour du
réseau

SEQ 6 Panne du
réseau
e du
générateur
Basculement
d e l'inverseur
Panne du
disjoncteur
Arrêt du
groupe
Panne d e
l'inverseur
Retour du
réseau de l'inverseur

SEQ 7 Panne du
réseau
e du
générateur
Panne de
l'inverseur
Arrêt du
groupe
Retour du
réseau de l'inverseur

SEQ 8 Panne du
réseau
Panne du
générateur
Retour du
réseau

Cft
oo Quantification des séquences en terme de fréquence (fi) et de durée de coupure (Ti) :
CN (1-Y,)
e-Àg+L2-1/^R | Retour du |
( 1 - Y d,)
Arrêt d u
(1-Y,)

cD
ÀR ( H g) ( H D,) groupe

- 5 minutes 1 - 1
- 1 - 1

CD ÀR ( - Y g)
1
(1-Y,) ( 1 - Y d,)
e-Àg+L2-1/^R | Retour du |
(1-YDj)
Arrêt d u
groupe Y ,
| Retour du | | Réparation d e |

C0
- 5 minutes 1 - 1 -
1 - 1 1 - 11 "M, I

"(A (1-Y,) ( 1 - Y d,) (1 3+L2.1 MR) ( 1 - Y d,)


Arrêt d u | Retour du |

C>D
ÀR ( W g) groupe (1-Y,)
- À /
- e

- 5 minutes 0.5/Mr 1 - 1 1 - 1

r^
oco ÀR ( - Y g)
1 (1-Y,) ( 1 - Y d,) (1 - e
- À 3+L2.1 MR) /
( 1 - Y d,)
Arrêt d u
groupe Y ,
| Retour du | Réparation de

c^
co
- 5 minutes 0.5/Mr 1 - 1 - 1 - 11 I M, / 1

oo
1
ÀR (1-Yg ) ( 1 - Y ,) Dj I groupe |

CD 5 minutes I - I I - I

Arrêt d u | Retour du | | Réparation de |


• M ÀR ( - Y g) (1-Y,) groupe
SEQ 6 D, ,

mm
1
Y Y

- 5 minutes - 1 - 1 - 1 - 11 " M,
/ |

Arrêt d u Retour du 1| Réparation d e |


À R ( - Y g)
1 Y , groupe

- 5 minutes - i - i L M,
1 - 1
/

ÀR Y
SEQ 8
I 1/HFL I

Il faut ensuite déterminer pour chaque séquence, le nombre de coupures occasionnées : notons
que le basculement d'une source à l'autre (manœuvre dujeu de barres inverseur) entraîne une
indisponibilité négligeable donc non comptabilisée dans le temps de coupure mais provoque
une coupure à comptabiliser dans le calcul de la fréquence d'interruption. Ainsi les séquences
n°1 à n°4 comportent 2 coupures et celles numérotées de 5 à 8 comportent 1 coupure.

188
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Résultats de chaque méthode

Calculs analytiques Simulation Monte Carlo Graphes de Markov

Fréquence d'interruption 2,029 /an 2,046 /an 1.904 /an

Indisponibilité 0,213 h/an 0,216 h/an 0,191 h/an

en
oo
CN
cD
CD

C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

189
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 2
Puissance maximale transmissible d'une ligne

Les phénomènes d'écroulement de tension sur les réseaux de transport [BAR 80] sont
caractérisés par une baisse de tension progressive sur une ou des régions consommatrices.
Cette baisse va en s'accélérant au bout de quelques minutes. Cette dégradation de la tension
est telle qu'elle entraîne des interruptions de service dont les causes peuvent être le manque
de tension ou la surcharge de certains équipements provoquant leur déclenchement. D'autre
part, dans une situation de tension basse, l'augmentation des pertes réactives mène à la limite
en courant de certains alternateurs aggravant ainsi la baisse de tension. Les déclenchements
CD
OO en cascade des alternateurs provoquent ainsi un écroulement total du réseau. Ces phénomènes
CN
CD d'écroulement de tension sont liés au fonctionnement à la limite de la puissance maximale
CD
transmissible de certains éléments du réseau.

c0 Prenons le cas d'une ligne d'impédance Z (P étant le facteur de puissance) alimentant une
en L

C>D charge d'impédance Z (9 étant le facteur de puissance). Le schéma est représenté ci-dessous.
r^
oco
CD
co ZL, P
oo
1
CD Z ,9
V,

Ligne alimentant une charge

La tension V est maintenue à une valeur constante. On en déduit donc


1

I= V 1 I
-J(Z cos
L • P + Z cos
• 9 ) 2 + (Z sin
L • P + Z sin
• 9 )

' j 1 + ( i f + 2 - f - » ( p - 9 >

7 •IJ-rV"
V = Z•I=
2
V 1

L , 1 + [ — I + 2 • — • cos(
(P-9) | + + 2 •7 L • cos(p-9)
7 7

où I™ = -=-
7

190
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

La puissance active fournie à la charge est donc :


P = 3 -V -I-cos 9 =
2 2
UC/ZL Z cos 9
Z
I+ + 2- —Z -cos(p-9)
T

V Z L J Z T

3 - Z - I - cos 9
P
c c

Z
1 +' Z + 2- — -cos(p-9)
V

V L
Z J Z T

Cette puissance est maximale lorsque Z = Z . Sa valeur est ainsi L

U 2 cos 9
P
ZL 2- [1 + cos(p - 9)]

U 2
U
2

CD
oo
Pour différentes valeurs de 9 Pour différentes valeurs de U

CN
cD U
—i
CD
C0
en
C>D
r^
oco
CD
co P P
oo 2 2

1 Différentes courbes P (U ) en fonction du déphase (pet de la tension >


2 2
CD

On représente ci-dessus différentes courbes de P (U ) : 2 2

o On voit que la puissance d'une ligne est limitée à P et qu'au-delà la zone est 2 m a x

instable (lorsque la tension est basse et la limite est dépassée, les régleurs en charge
vont augmenter la tension de la charge provoquant un plus fort appel de courant
menant à des tensions encore plus basses.
o La puissance maximale transmissible peut augmenter en agissant sur certains
paramètres comme la tension U@ ou le déphasage 9 (l'injection d'une puissance
réactive au bout de ligne permettant de réduire la quantité de puissance réactive à
fournir par la ligne à la charge, ce qui résulte, vue de la ligne, en une réduction de tan
9).

191
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 3
Stabilité d'une machine tournante

Cette annexe présente les éléments de base concernant la stabilité des alternateurs [MAR 02].
En fonction de l'amplitude de cette perturbation, nous allons avoir deux régimes de
perturbation. On définit donc deux types de stabilité :
o La stabilité « static]ne » (ou stabilité en petits mouvements) qui correspond à l'étude
des oscillations autour d'un point d'équilibre stable suite à une petite perturbation.
o La stabilité « transitoire » (ou stabilité en grands mouvements) qui correspond à
l'étude de fortes oscillations qui ont tendance à éloigner la machine de son point
§ d'équilibre stable.
o
CN
cD
Les petites perturbations correspondent par exemple à de faibles pertes de consommation et
^ les grosses perturbations à des courts-circuits proches de l'alternateur.
c
Stabilité statique
On considère le système suivant :
oco
(j) Alternateur
synchrone
2 Ligne ~ '
O s-—^ Réseau de
"è ( > ) r Q ) — i ~i pu i s s a n c e

— infinie
Transformateur
Les points d'équilibre de l'alternateur sont caractérisés par l'égalité entre Cm et Ce. Ainsi, en
considérant l'équation des masses tournantes appliquée au rotor de l'alternateur :
J—
dt
= C mécanique - C électrique
Les points d'équilibre sont donc caractérisés par :
C mécanique C électrique
o> = w 0

Ce qui revient à : P (puissance mécanique délivrée par la turbine) = P (puissance électrique


m e

résistante demandée par le réseau).

192
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Le réseau mono-machine peut être représenté, si on ne tient pas compte des termes dissipatifs
et des capacités, selon :
Xd Xt Xl
->-rm ppn—non -
E = f(Ifl ( O )

Où E fem interne de l'alternateur (en Régime Permanent, c'est la fem à vide),


Xd réactance synchrone de l'alternateur,
Xt réactance équivalente de court-circuit du transformateur,
Xl réactance équivalente de la ligne,
Vr tension du réseau de puissance infinie,
CD Vs tension statorique de l'alternateur,
OO
CCN If courant d'excitation de la machine synchrone,
D I courant en sortie de l'alternateur.
en On a
c0 E = Vr + j.Xl.I + j.Xt.I + j.Xd.I
en
C>D D'où :
P
r^
oco /
/

en
co
oo y S f j • Xd. I
1 E /Vs
CD

/ j . Xt .I

x. A <<jse Vr / j .Xl .I
W,
Q

I
O ç /
!

Avec :
Se angle entre la tension statorique et la tension du réseau infini.
9 déphasage entre la tension du réseau et le courant.

Les puissances fournies par la machine au réseau sont données par : \P = 3..Vr.I .cos ç
Q = 3. Vr . I . sin ç

193
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Avec : (Xt + Xl).I. cos 9 = Vs sin Se


On a donc : P = 3.- Vs.Vr • sin
. Se
Xt + Xl
Etant donné que nous avons négligé les termes dissipatifs, cette puissance fournie au réseau
représente la puissance électrique fournie par l'alternateur. Donc :
Pe = 3- Vs.Vr - sin Se
Xt + Xl
Afin de définir les points d'équilibre, on cherche donc les points où Pm = Pe.
On trace pour cela : Pm = f(S)
Pe = f(S)

On prend le cas où la tension sortie de l'alternateur (Vs) est constante grâce à une régulation.
CD
OO On a dès lors, d'après l'expression de la puissance électrique fournie par l'alternateur :
CN
CD Puissance
Fonctionnement en
alternateur
CD (3. Vs.Vr)
/(Xt+Xl)
C0
\ Pm
en
C>D
r^
oco
CD
co
oo
1
CD

Fonctionnement en
moteur

Les points d'équilibre sont les points d'intersection entre Pm = f(Se) et Pe = f(Se). On a donc
deux points d'intersection :
o A est le point d'équilibre stable,
o B est le point d'équilibre instable.

194
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

En effet, en A, suite à une accélération de l'alternateur et donc une augmentation de S, on a Pe


> Pm qui entraîne donc une décélération qui vient contrer l'accélération initiale et entraîne
dès lors un retour à l'équilibre.

En B, une accélération entraîne une augmentation de S et on a dès lors Pe < Pm. Ceci entraîne
alors une sur-accélération et donc une perte de stabilité. La limite de stabilité est fournie par
Se=90°. Or, comme Se < S, on voit donc que le fait de maintenir la tension en sortie de
l'alternateur permet d'augmenter la limite de stabilité puisque S > 90° lorsque Se = 90°.

Stabilité transitoire
Dans l'étude de la stabilité transitoire, nous considérerons le même réseau mono-machine que
en celui retenu pour l'étude de la stabilité statique.
L'étude de la stabilité transitoire correspond à l'étude du comportement de l'alternateur
§ lorsqu'il est soumis à de fortes perturbations, c'est-à-dire à des variations rapides (à l'échelle
de la seconde) et de grande amplitude (de 50 à 100 %) de la puissance électrique fournie par
o le groupe au réseau infini. Le cas le plus caractéristique est celui d'un court-circui se
£ produisant au voisinage électrique du groupe.
CD
>v Lors de l'apparition d'une perturbation importante dans le voisinage électrique de
CD l'alternateur, la puissance électrique fournie par la machine (Pe) se trouve brutalement
modifiée (et même diminuée) sans que ce changement ne soit immédiatement suivi d'une
o
CD
modification de la puissance mécanique (Pm) fournie par la turbine du fait de l'inertie de
l'ensemble tournant. Il s'ensuit une accélération de la machine due à (Cm-Ce) > 0 ce qui
entraîne une variation du décalage angulaire entre la fem de l'alternateur et la tension du
réseau. Si au cours de ces mouvements, l'alternateur « glisse J d'au moins un tour électrique,
il y a perte de stabilité transitoire.

On considère le réseau mono machine précédent. Cependant, du fait du caractère brutal de la


perturbation, nous pouvons considérer que l'alternateur n'est pas caractérisé sa réactance
synchrone mais par sa réactance transitoire. De plus, E n'est plus la fem à vide. C'est la fem
transitoire portée par l'axe q du rotor. Cette fem peut cependant être considérée comme
constante pendant la perturbation car le flux n'a pas le temps de varier.

195
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

On a alors le schéma équivalent:


X'd Xt Xl
rrrv •rm—nnrv

On a dès lors le diagramme vectoriel suivant :

P
/
/

^ r / j.X'd.I

V/ V s J M
/
E
en j.Xt. I
o
o
CN
c a / j .Xl .I
D Vr

en• W. /
!
I /

c0
en
C>D Et donc :
r^
oco BPe = 3.-, E.Vr sin a
en
co X'd + Xt + Xl
oo
1
Les points d'équilibre sont fournis par l'intersection des courbes :
CD

Pm = f(a)
Pe = f(a)
De la même façon que dans l'étude de la stabilité statique, on a deux points d'équilibre, l'un
stable (A) et l'autre instable (B) .
P
Pe

Etude de la stabilité
196
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Afin d'étudier les problèmes de stabilité transitoire, nous considérerons deux cas :
o Cas d'une augmentation brutale de puissance mécanique,
o Cas d'un court-circuit triphasé en sortie de l'alternateur.

Considérerons, dans un premier temps, une brusque augmentation de puissance mécanique à


partir d'un point d'équilibre stable. Au moment de la perturbation, on a une accélération de la
machine. On cherche donc le point A' au-delà duquel la machine ne retrouve pas le
synchronisme.

Pm2

Pm1

en
oo
CN
cD
On considère un point M quelconque. L'énergie cinétique en A et en M est donnée par
CD

C0 Ec( A) = 2.K.o ( A)
2

en
C>D Ec(M ) = 2.J(2(M )
r^
oco Avec : ((A) = ( o
CD
o(M ) = o( A) + Ao(t ) = œo + da—
co
oo
1 dt
CD

Ec( A) = . J . oo
1 2

D'où : 2
Ec(M ) = 2 . J . (2(M ) = 2 J . (oo + —)2
2 2 dt

L'énergie cinétique différentielle entre A et M est alors donnée par :

Ec = . J . (oo + —)2 - . J . oo2 = . J . (2 . oo . ( — ) + (—)2)


1 1 1

2 dt 2 2 dt dt
diff
diff v v

L'énergie cinétique différentielle s'annule pour da/dt = 0 . M s'arrête donc lorsque da/dt
s'annule .
Considérons maintenant l'équation des masses tournantes :
197
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

J. = Cm - Ce
dt
En M quelconque
c(M ) = c( A) + Ac(t ) = coo +da—
dt
D'où: J . — = Cm - Ce = — (Pm - Pe)
dt 2 co

Avec, en première approximation : P = C. c ~ C .co

En multipliant de part et d'autre par 2 . (da ) et en intégrant entre A et I


dt
en
oo
CN J. d2« . 2 .da = „2 .da 1 (Pm - Pe)
r

cD dt2 dt dt. cûo


~3
CD M d 2a 2 M
2 .Jf dt 2 . d a = J c o Jf (Pm - Pe) .da
A J. co A v

C0
en
C>D
On a donc : da^ 2 M 2 Mf (Pm - Pe) .da
r^
oco dt , A J - C o A
en
co
oo
1 da et :
CD Lorsque l'énergie cinétique différentielle s'annule, (—)=0
dt
j (Pm - Pe) . da = 0
L'équation précédente se traduit donc graphiquement par le schéma suivant
iP
1 s M

A * s \ B

\ Pe
^ • a

La surface entre A et A' représente l'accélération du groupe et la surface entre A' et M le


freinage .
198
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

C'est la «loi des aires » : le point M s'arrête lorsque la surface de freinage est égale à la
surface d'accélération .
L'étude serait similaire si la perturbation était non plus une brusque augmentation de
puissance mécanique mais une brusque diminution de puissance électrique due à un court-
circuit par exemple . On a de même une accélération de la machine et on cherche le point
limite après lequel la machine ne retrouve plus le synchronisme .

On peut dès lors utiliser, dans l'étude de la stabilité, la loi des aires

Pm

en
oo
CN • a
cD
CD
La machine est stable si l'énergie cinétique différentielle entre A et M s'annule avant que le
C0 point M n'atteigne B . Ce point correspond à la position d'équilibre instable . Ceci nous fournit
en donc la limite maximale de stabilité .
C>D
r^
oco En effet, si le groupe atteint le point B, le couple mécanique redevient supérieur au couple
CD
co
oo électrique résistant et on a de nouveau accélération . La vitesse croît de nouveau et l'angle
1 rotorique continue de croîîre, le point de fonctionnement du groupe s'éloignant de plus en
CD

plus de la position d'équilibre .

On voit donc qu'un alternateur peut donc perdre la stabilité lors d'une perturbation sur le
réseau . Pour un réseau électrique multi machines, il prend en compte la dynamique des
régulateurs ainsi que les interactions entre les différents générateurs . La stabilité statique
s'étudie par une représentation d'état (en étudiant les pôles du systèmes) . Pour la stabilité
transitoire, différents tests sur des logiciels de simulations transitoires des réseaux s'imposent .

199
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 4
Norme européenne EN 50160 de la qualité de tension en BT

Cette norme spécifie la qualité de la tension délivrée sur les réseaux de distribution BT
français . On présente un extrait de cette norme ci-dessous :

Norme EN 50160 Alimentation basso tension


Fréquence 50 Hz ±1 % pendant 95 % d'une semaine
50 Hz +4 %.-6 % pendant 100 % d'une semaine
Amplitude de la tension Pour chaque période d'une semaine 95 % des valeurs efficaces
moyennes sur 10 minutes doivent être dans la plage Un +10 %
en Variations rapides De 5 % à 10 % de Un
oo de la tension (4 à 6 % en moyenne tension}
CN Creux de tension valeurs indicatives :
cD • profondeur : entre 10 % et 90 % de Un. majorité des creux de tension < G0 % de Un
• durée : entre 10 ms et 1 minute, majorité des creux de tension -Ms
CD • nombre : 'quelques dizaines à 1 millier par an
Coupures hlëves Valeurs indicatives :
C0 m profondeur : 100 % de Un
• durée : jusqu'à 3 minutes. 70 % des coupures brèves sont inférieures à 1 s
en • nombre : quelques dizaines à plusieurs centaines par an
C>D Coupures longues Valeurs indicatives :
• profondeur : 100 % de Un
r^ • durée : supérieure à -i minutes
oco • nombre: entre 10 et 50 par an
CD
co
oo
1
CD

200
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 5
Arrêté relatif au raccordement de GED en distribution

On présente ci-dessous un extrait de l'arrêté du 17 Mars 2003 (http://www . legifrance . gouv . fr)
relatif aux prescriptions techniques de conception et de fonctionnement pour le raccordement
à un réseau public français de distribution d'une installation de production d'énergie
électrique .

Article 1
Chapitre 1er
Le présent arrêté fixe les dispositions constructives et
organisationnelles que doivent respecter les installations de Prescriptions générales

en
oo
production d'énergie électrique, qui livrent en permanence ou
temporairement tout ou partie de leur production au réseau, en vue
de leur raccordement à un réseau public de distribution, en
CN domaine de tension BT ou HTA, afin de respecter les objectifs

cD visés au décret du 13 mars 2003 susvisé.


Article 6

L'élévation calculée de la tension induite par l'installation de


CD Article 2
production doit permettre de maintenir en tout point de livraison du
réseau la tension à l'intérieur des plages prévues par les textes
L'établissement de nouvelles conventions de raccordement et réglementaires ou normatifs et, en particulier, ne pas entraîner le

C0 d'exploitation est nécessaire lorsqu'une installation est nouvelle,


remplace une installation existante ou que sa puissance installée
dépassement des plafonds de tension qu'ils fixent.

est augmentée de plus de 10 %.


en Les installations de plus de 1 MW doivent être équipées afin que le

C>D Article 3
producteur puisse ajuster, à la demande du gestionnaire du réseau
de distribution, dans la limite des possibilités de fourniture et
d'absorption de puissance réactive, le réglage de tension de son
installation.
r^
oco
Les prescriptions du chapitre 1er s'appliquent aux réseaux de
distribution reliés ou non à un grand réseau interconnecté. Pour le
raccordement aux réseaux publics de distribution non reliés à un Les installations de puissance installée supérieure à 10 M W ,

en
co
grand réseau interconnecté, des prescriptions techniques doivent être équipées d'une régulation de tension agissant dans

oo particulières sont à mettre en oeuvre. Les règles relatives aux leurs limites de réglage de la production et de l'absorption de
installations raccordées à ces réseaux figurent au chapitre II. puissance réactive.

1 Article 4 Article 7
CD

La tension de raccordement de référence est déterminée en Les installations de production raccordées en basse tension ne
fonction de la puissance de production maximale de l'installation doivent pas absorber d'énergie réactive.
conformément au tableau suivant :
Pour les installations de production raccordées au réseau public
de distribution HTA dont la puissance installée est inférieure ou
D O M A I N E DE T E N S I O N P U I S S A N C E LIMITE de l'installation
égale à 1 MW, chaque génératrice doit pouvoir à ses bornes
fournir une puissance réactive égale à 0,4 de sa puissance
BT m o n o p h a s é 18 kVA
nominale apparente (en MVA).

BT triphasé 250 kVA


Pour les installations de production dont la puissance installée est
supérieure à 1 MW et inférieure ou égale à 10 MW, chaque
HTA 12 M W génératrice électrique doit pouvoir à ses bornes fournir une
puissance réactive égale à 0,1 de sa puissance nominale
Article 5 apparente.

Le producteur communique au gestionnaire du réseau public les Pour les installations de puissance installée supérieure à 10 MW,
caractéristiques techniques de son installation nécessaires à la chaque génératrice électrique doit pouvoir à ses bornes fournir une
définition du raccordement et notamment son apport en courant de puissance réactive minimale égale à 0,6 de sa puissance nominale
court-circuit. apparente et absorber une puissance réactive égale à 0,2 de sa
puissance nominale apparente.
Le raccordement de l'installation de production ne doit pas
entraîner en situation de défaut de dépassement du courant de Si l'installation de production comporte des génératrices
court-circuit au-delà de la limite pour les matériels HTA ou BT des asynchrones, l'auto-alimentation et la fourniture de puissance
postes et du réseau. La vérification de cette condition est faite en réactive se font à l'aide de batteries de condensateurs. La
appliquant les méthodes données dans les publications de la puissance réactive fournie à la demande du gestionnaire de
Commission électrotechnique internationale (CEI 60-909 et ses réseau par les batteries de condensateur associées aux
différentes parties) avec des temps de court-circuit supérieurs ou génératrices ne pourra pas excéder 0,4 de leur puissance
égaux à 250 ms. nominale apparente. Ces batteries peuvent être installées, après
concertation, chez le producteur ou dans le poste HTB/HTA sur
lequel est raccordée l'installation.

201
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

une puissance de court-circuit inférieure, les limites aux


La puissance réactive réellement fournie ou absorbée par le perturbations de tension effectivement produites par le producteur
producteur dans les limites ci-dessus et le mode de régulation sont sont multipliées par le rapport entre la puissance de court-circuit
déterminés par le gestionnaire du réseau de distribution en de référence et la puissance de court-circuit effectivement fournie.
fonction des impératifs d'exploitation du réseau auquel est
raccordée l'installation. Harmoniques. - Le gestionnaire d'une installation de production
dont la puissance de raccordement est supérieure à 100 kVA doit
Article 8 limiter les courants harmoniques injectés sur ce réseau. Les limites
sont déterminées au prorata de la puissance apparente maximum
de l'installation de production Pref. A chaque harmonique de rang
L'introduction de l'installation sur le réseau public de distribution ne
n est associé un coefficient de limitation kn. Le gestionnaire de
doit pas perturber le fonctionnement de la transmission des
l'installation doit limiter ses courants harmoniques à la valeur :
signaux tarifaires et doit maintenir le niveau du signal à une valeur
acceptable par les appareils des utilisateurs du réseau.
Ihn = kn 3Uc où Uc est la valeur de la tension contractuelle,
Sela la nature de l'installation, une vérification par le calcul du
fonctionnement de cette transmission est effectuée par le
gestionnaire du réseau de distribution avant le raccordement. Preflhn = kn

Si le calcul montre que le raccordement de l'installation perturbe la


transmission tarifaire, les gestionnaires du réseau et de où Uc est la valeur de la tension contractuelle,
l'installation choisiront en commun les dispositions techniques
permettant de ne pas affecter le bon fonctionnement de la
transmission des signaux tarifaires. 3Uc

Lorsque la solution consiste à l'installation d'un dispositif de filtrage


dans l'installation, il appartient au producteur de le mettre en
Pref la puissance apparente maximum de l'installation de
oeuvre et de le maintenir en fonctionnement.
production.

Pour toute nouvelle installation de production raccordée sans


Le tableau ci-dessous donne la valeur de kn en fonction du rang n
équipement spécifique pour limiter les perturbations dans la
CD
OO
transmission des signaux tarifaires, le producteur doit s'engager à
participer aux investissements nécessaires et le cas échéant à
de l'harmonique :

CN mettre en place un dispositif dans son installation pour permettre R A N G S IMPAIRS kn (%) R A N G S PAIRS kn (%)

CD de raccorder un ou plusieurs nouveaux utilisateurs.


3 4.0 2 2.0

Lorsque l'émission des signaux tarifaires fait appel à un mode


d'injection en parallèle, si le calcul montre que le raccordement de 5 et 7 5.0 4 1.0
CD l'installation perturbe la transmission tarifaire, le gestionnaire de
réseau choisira entre le redimensionnement de l'émetteur ou la 9 2.0 > 4 0.5

C0
mise en place de dispositions techniques par le gestionnaire de
l'installation permettant de ne pas affecter le bon fonctionnement 11 et 13 3.0
de la transmission des signaux tarifaires.
en
C>D
> 13 2.0
Article 9

r^ Les perturbations émises par les installations de production sur le Déséquilibre. - Toutes dispositions seront prises pour que la

oco réseau doivent rester dans les limites ci-dessous : contribution au taux de déséquilibre en tension au point de
livraison des installations dont la charge monophasée équivalente

en
co
est supérieure à 500 kVA soit inférieure ou égale à 1 %.

oo Raccordement en basse tension


Fluctuation de tension. - Le niveau de contribution de l'installation

1 au papillotement doit être limité à une valeur permettant au


gestionnaire de réseau de respecter la limite admissible de Plt
CD Harmoniques. - Le niveau de contribution de l'installation à la
inférieur ou égal à 1.
distorsion de la tension doit être limité à des valeurs permettant au
gestionnaire de réseau de respecter les limites admissibles en
Les niveaux d'émission de base sont de 0,35 en Pst et 0,25 en Plt.
matière de qualité de l'électricité livrée aux autres utilisateurs.

Les appareils des installations doivent être conformes aux textes Article 10
réglementaires et normatifs pertinents.
Les machines de production ne doivent être couplées au réseau
Déséquilibre. - A l'exception des installations de production public de distribution que si celui-ci est en service sauf lors des
raccordées en BT monophasé, le niveau de contribution de situations de reconstitution de réseau et pour les installations
l'installation au déséquilibre doit être limité à une valeur permettant visées à l'article 12 ci-dessous.
au gestionnaire de réseau de respecter le taux moyen limite de
composante inverse de tension de 2 % de la composante directe. Le couplage des machines synchrones doit se faire au
synchronisme avec des écarts maximaux de : 10 % en tension ;
Fluctuation de tension. - Le niveau de contribution de l'installation 0,1 Hz en fréquence ; 1 0 ° e n phase.
au papillotement doit être limité à une valeur permettant au
gestionnaire de réseau de respecter la limite admissible de Plt Sur le réseau HTA, les vitesses de prise en charge ainsi que de
inférieur ou égal à 1. Les appareils des installations doivent être cessation de charge volontaire ne doivent pas dépasser 4
conformes aux textes réglementaires et normatifs pertinents. MW/minute. L'à-coup de tension au point de livraison lors du
couplage et lors de la mise sous tension de l'installation,
Les valeurs limites indiquées par le gestionnaire de réseau sont notamment les transformateurs, ne doit pas dépasser 5 % pendant
fixées dans des conditions transparentes et non discriminatoires. plus de 0,5 secondes.

Article 11
Raccordement en HTA
Les installations de production doivent être mises à la terre dans
les conditions suivantes :
Les limites définies de perturbations produites par le producteur
sont établies sur la base d'une puissance de court-circuit minimale 1 ° Pour les installations raccordées sur le réseau BT : de manière
de référence de 40 MVA au point de livraison HTA. Si, en pratique, générale, le neutre du réseau public BT ne doit pas être relié à la
le gestionnaire du réseau public de distribution met à disposition terre dans l'installation de production tant qu'elle est reliée au

202
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

réseau. Si elle doit l'être en fonctionnement en réseau séparé, un l'installation doit, à la demande du gestionnaire de réseau, lui
asservissement doit être installé entre la mise à la terre du neutre communiquer le programme de fonctionnement prévu. Il est en
et le couplage. Toutefois, si le réseau électrique le permet, la principe considéré que la centrale n'est pas marginale si sa
connexion du neutre du réseau BT à la terre dans l'installation de puissance installée apparente nominale dépasse les 25 % de la
production est possible, après accord du gestionnaire du réseau puissance apparente nominale du transformateur HTB/HTA auquel
de distribution ; est relié le départ HTA du producteur. Il peut être nécessaire
d'installer chez le producteur un dispositif relié au gestionnaire de
2° Pour les installations raccordées sur le réseau HTA : aucun réseau par un réseau de télécommunication (réseau téléphonique
régime de neutre HTA ne doit être créé (même par un générateur commuté par exemple...) permettant d'échanger des informations
homopolaire) dans l'installation de production lorsque celle-ci est d'exploitation.
couplée au réseau. Les écrans du câble souterrain desservant
éventuellement l'installation sont reliés entre eux et aux masses du Si la centrale est raccordée sur un départ HTA non dédié et si son
poste. Si l'installation est contiguë au poste HTB/HTA, il est fonctionnement n'est pas marginal pour le réseau, le gestionnaire
nécessaire d'interconnecter les masses de l'installation et celles du de l'installation doit, à la demande du gestionnaire de réseau, lui
poste. Les conducteurs d'interconnexion doivent être communiquer un programme de fonctionnement prévu, et installer
dimensionnés en fonction de la valeur des courants de défauts qui un dispositif relié au gestionnaire de réseau par un réseau de
peuvent les parcourir. télécommunication (réseau téléphonique commuté par exemple...)
permettant d'échanger des informations d'exploitation, notamment
celles permettant de connaître l'état de fonctionnement de la
Article 12
centrale (puissance active et réactive) et éventuellement de
connaître l'état du réseau (valeur de la tension). Il est en principe
Les installations de production doivent pouvoir assurer la fonction considéré que la centrale raccordée sur un départ non dédié n'est
de protection de découplage destinée à les séparer du réseau pas marginale si sa puissance maximale active nominale dépasse
public de distribution en cas de défauts sur celui-ci. Cette les 25 % de la charge maximale du départ.
protection a pour objet :

La périodicité, le contenu et le délai de préavis du programme de


- de permettre le fonctionnement normal des protections et
production sont déterminés par accord entre les deux parties.
automatismes installés par le gestionnaire du réseau de
distribution ;

Chapitre II
CD
OO - d'éviter le maintien de réseaux séparés sans défaut, afin de ne
pas alimenter les autres utilisateurs à une fréquence et une Dispositions particulières pour les installations

CN
CD
tension anormale et d'éviter les faux couplages au moment de la
reconnexion de ces réseaux au réseau public de distribution ; non reliées au réseau interconnecté

~3 - de déconnecter instantanément les installations de production en

CD cas de défaut survenant pendant le régime spécial d'exploitation


instauré lors des travaux sous tension effectués sur le réseau
Article 15
aérien HTA.

C0 Les temps d'action des dispositifs de protection doivent être


coordonnés avec ceux du plan de protection du gestionnaire du
Les installations de production raccordées à un réseau public de
distribution non relié à un grand réseau interconnecté et dont la

uen
C>D
réseau public de distribution. puissance apparente dépasse 1 % de la puissance minimale
tournante du réseau doivent participer à la sûreté du système
La protection de découplage doit permettre de détecter les électrique.
situations suivantes :

r^
oco - réseau séparé sans défaut ;
Les groupes de production, à l'exception des génératrices
asynchrones, doivent dans cette optique avoir les caractéristiques
suivantes :
en
co - défauts HTA à la terre ;

oo
1 - détection des défauts entre phases pour la HTA et entre
conducteurs pour la BT ;
Tenue en régime normal

CD
- risque de faux couplage ; 1. Puissances fournies. - Pour la fréquence nominale de 50 Hz,
lorsque la tension stator ou pour les machines équipées
- défauts sur le réseau HTB amont : lorsque le raccordement de d'électronique la tension en sortie de l'onduleur est comprise entre
l'installation conduit à ce que la somme des puissances actives 95 % et 105 % de la tension nominale, le groupe doit pouvoir
maximales des installations de production raccordées sur un poste fournir une puissance active (Pn) égale à 0,8 fois la puissance
HTB/HTA devienne importante (> 12 M W environ), le gestionnaire apparente normale (Sn) et fournir une puissance réactive (Qn1)
du réseau de distribution doit, avec l'accord du gestionnaire du jusqu'à 0,6 Sn et absorber une puissance réactive (Qn2) jusqu'à
réseau HTB, mettre en oeuvre les mesures éventuellement 0,1 Sn. La puissance apparente normale (Sn) est mesurée aux
rendues nécessaires suite à ce raccordement pour le maintien de bornes du stator de l'alternateur.
la sécurité des personnes et des biens en cas de défaut sur le
réseau HTB. 2. Marche en continu. - Dans la plage de fréquence de 48 à 52 Hz
et dans la plage de tension de 95 % à 105 % de la tension
Les dispositifs de protection propres aux groupes ne doivent pas nominale, le groupe doit pouvoir régler la puissance active fournie
arrêter leur fonctionnement dans des conditions moins sévères et la puissance réactive fournie ou absorbée dans les limites de
que celles prévues par les fonctions de découplage lors des plus ou moins 5 % autour de Pn et de Qn1 et Qn2 précédemment
situations dégradées du réseau public de distribution. définis.

Article 13 3. Marche transitoire en durée limitée. - Le groupe doit pouvoir


fonctionner pendant une durée limitée dans des plages de
Le gestionnaire du réseau public de distribution peut demander à fréquence et de tension plus large que celle indiquée ci-avant. Les
l'utilisateur d'adapter ses dispositifs de protection afin de pouvoir performances des groupes de puissance peuvent alors être
participer à la reconstitution du réseau. Cette participation fait inférieures à celles demandées en marche continue. Ces
l'objet d'une contractualisation dans le cadre des conventions de possibilités doivent être indiquées par le producteur. Le groupe
raccordement et d'exploitation. devra au moins pouvoir fonctionner pendant une durée de 3
minutes dans la plage fréquence de 46 à 48 Hz.

Article 14

Tenue en régime perturbé


Si le fonctionnement de la centrale n'est pas marginal par rapport à
la gestion et à la conduite du réseau, et si elle est raccordée au
poste HTB/HTA par un départ dédié, le gestionnaire de

203
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Les installations de production dont la puissance totale nominale


1. Variations rapides de fréquence. - Le groupe doit pouvoir apparente (Sn) dépasse 1 % de la puissance minimale tournante
supporter des variations rapides de fréquence en restant connecté du réseau, sauf si la technique de production ne le permet pas,
au réseau dans les limites suivantes : doivent maintenir, pendant le fonctionnement du groupe, une
marge de puissance active, dite réserve primaire ; la valeur
- dans la plage 44-46 Hz pendant au moins 30 secondes ; maximale de cette marge est fixée à 15 % (en plus ou en moins)
de la puissance nominale au groupe. La fonction de réglage
- dans la plage 52-54 Hz pendant au moins 5 secondes. correspond à un coefficient de statisme à fixer, selon les groupes,
entre 4 % et 6 %.
2. Baisse rapide de tension. - Le groupe doit pouvoir supporter, en
restant connecté au réseau, des creux de tension affectant une, Les installations considérées c o m m e non marginales en
deux ou trois phases du réseau tels que la tension restante au application de l'article 20 doivent être équipées d'un régulateur de
point de livraison soit de 0,3 fois la tension nominale du réseau tension agissant dans les limites de réglage de la production et de
(Un) pendant 0,6 s et à 0,7 fois Un pendant 2,5 secondes. l'absorption de puissance réactive des groupes. Le groupe doit
être équipé d'un régulateur qui ajuste en quelques secondes la
3. Stabilité. - Le producteur doit vérifier la stabilité de son puissance fournie en fonction de l'écart entre la valeur réelle de la
installation, préalablement à son raccordement, par des études sur fréquence et sa valeur de consigne. Une régulation lente peut être
logiciels dont il doit communiquer les résultats au gestionnaire du installée pour permettre au groupe de revenir à sa puissance de
réseau. Le gestionnaire du réseau communique au producteur : consigne initiale (en plus de 10 minutes).

- les caractéristiques du réseau qui lui sont nécessaires pour Article 19


mener à bien ces études, conformément à l'état de l'art en la
matière ;
Dans les réseaux non reliés à un réseau interconnecté, la
nécessité d'assurer des services auxiliaires conduit à la mise en
- les schémas génériques d'études, les critères et marges de
place d'un circuit d'échanges d'informations spécifiques. Celles-ci
stabilité à respecter.
concernent notamment l'émission permanente des téléconsignes
des réglages secondaires ainsi que les échanges d'informations
Pour les réseaux insulaires fonctionnant à une fréquence nominale d'exploitation en situation dégradée. Ces échanges nécessitent
différente de 50 Hz, les valeurs des plages de fréquence ci-dessus donc des liaisons permanentes de bonne disponibilité.
seront adaptées en conséquence.

CD
OO
La liste précise des informations à échanger est établie en
concertation entre l'exploitant de l'installation et le gestionnaire de

CN
CD Article 16
réseau.

Article 20
Si dans un objectif de sûreté du système électrique insulaire, le
CD gestionnaire du réseau public de distribution souhaite, par des Le producteur doit fournir les informations nécessaires au centre
dispositions d'exploitation, pouvoir limiter en fonction de la de conduite du réseau dans le cas où le fonctionnement de la
puissance tournante du système l'appel à des installations de centrale n'est pas marginal par rapport à la gestion et à la conduite

C0 production qui ne participent pas à la réserve primaire


puissance/fréquence ou qui peuvent subir une perte fortuite en
de ce réseau.

uen
mode commun de l'énergie primaire, il fournit au producteur avec Dans les réseaux insulaires ou assimilés, on considère que la

C>D les résultats de l'étude de raccordement, sur la base d'un


historique récent, une évaluation des découplages qui auraient pu
être demandés si cette installation avait été raccordée.
centrale raccordée à un départ HTA dédié n'est pas marginale si
sa puissance apparente totale nominale dépasse 8 % de la
puissance apparente nominale du transformateur HTB/HTA ou de

r^
tout autre ouvrage auquel est relié ce départ HTA. Si la centrale

oco Article 17 est raccordée en ligne sur un départ HTA alimentant des charges,
elle est considérée comme non marginale si sa puissance dépasse

CD
co Les protections de découplage, prévues à l'article 11, doivent être
20 % de la charge maximale de ce départ. Ces puissances doivent
correspondre aux périodes de production éventuellement prévues.
oo adaptées, notamment en élargissant les plages de réglage des

1 relais de fréquence.
Les centrales dont la puissance totale nominale apparente (Sn)
dépasse 1 % de la puissance minimale tournante du réseau
CD Article 18 pendant la période de fonctionnement du producteur sont
également à considérer c o m m e non marginales, si la conduite du
réseau le nécessite.

204
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 6
Localisation de défaut et reprise de service en HTA

Les organes de coupures disponibles sur un départ HTA sont :


o Le disjoncteur de départ et les Disjoncteurs Réenclencheurs de Réseau (DRR) .
o Les Organes de Manœuvre Télécommandé munis de détecteurs de défaut .
o Les Organes de Manœuvres Télécommandés sans détecteur de défaut .
o Les Appareils de coupures Manuels d'artère munis de détecteurs de défaut .
o Les Appareils de coupures Manuels d'artère sans détecteur de défaut .
o Les Appareils de coupures Manuels de dérivation munis de détecteurs de défaut .
CD
OO o Les Appareils de coupures Manuels de dérivation sans détecteur de défaut .
CN
CD
~3 Lors d'un défaut sur le départ, l'opérateur du réseau est chargé de réalimenter les zones
CD
« saines J du réseau (fonction de reprise de service) et de localiser et isoler la section
C0 défaillante afin d'envoyer une équipe de maintenance pour la réparation (fonction de
en
C>D localisation de défaut) . Les informations disponibles par l'opérateur pour localiser la zone
r^ défaillante sont :
oco
en
co o L'état des détecteurs de défaut . Si le détecteur est allumé, le défaut est en aval de
oo celui-ci, sinon, le défaut est en amont (voir figure ci-dessous) .
1
CD

Détecteurs de „
défaut a l l u m é s \

Zone défaillante localisée à


l'aide des d é t e c t e u r s d e défaut

Localisation de la zone de défaillance au moyen des détecteurs de défaut

205
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Lorsque les détecteurs de défaut ne permettent plus de localiser plus précisément la


zone défaillante, l'opérateur peut « tester J en rétablissant la tension dans une zone du
départ pour savoir si le défaut est présent dans cette zone (déclenchement du
disjoncteur de départ) ou non (le disjoncteur de départ reste enclenché) .

Zone réalimentée par Opérations


le disjoncteur DJ O u v e r t u r e d e lnt 23
O u v e r t u r e d e DJ
F e r m e t u r e d e lnt 1
F e r m e t u re d e D J

>> Déclenchement de DJ

F e r m e t u r e d e lnt 2 3
O u v e r t u r e d e lnt 1
Fermeture de DJ

10
CD
OO
CN
CD
CD

C0
en
C>D Nouvelle zone défaillante
localisée

r^
oco
Zone réalimentée par
le secours S1
en
co
oo Localisation de la zone de défaillance à l'aide d'un « test »
1
CD

Pour réalimenter les zones saines, l'opérateur dispose du disjoncteur de départ (ou d'un DRR)
pour rétablir l'alimentation d'une zone en amont du défaut. Pour les zones saines en aval du
défaut, leur réalimentation peut s'effectuer si un secours est présent dans la zone (pour la
figure ci-dessus, une zone est réalimentée par le secours SI) .

Les manœuvres de l'opérateur s'organisent en plusieurs étapes (l'énergie allant du poste


source aux clients, on appelle, dans l'arborescence du départ, « aval J le sens allant du poste
source aux charges et « amont J le sens inverse) .

206
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Etape 1 : Manœuvres des interrupteurs télécommandés avec détecteurs de défaut

o Ouverture du dernier interrupteur (télécommandé avec détecteur de défaut) « Int_av » dont le détecteur
de défaut est allumé .
o Réenclenchement du disjoncteur de départ « DJ ».
o Puis, le ou les premiers interrupteurs (télécommandés avec détecteur de défaut), dont le détecteur de
défaut est éteint, sont ouvert si un secours se trouve en aval . On appelle ces n interrupteurs « Int_am_l »
... « Int_am_n » . Les secours en question sont ensuite fermés .

La zone de défaillance est délimitée par : les équipements en aval de « Int_av » et en amont des « Int_am_i ».

Etape 2 : Manoeuvres des interrupteurs télécommandés sans détecteur de défaut (dans la zone de défaillance)

o Ouverture de l'interrupteur télécommandé sans détecteur de défaut « Int_télé_ss_ddd » .


o Ouverture de « DJ ».
o Fermeture de « Int_av » .
CD
OO o Réenclenchement de « DJ ».
CN
CD o Deux possibiltés :
~3 o Si « DJ » déclenche, l'opérateur ouvre « Int_av », réenclenche « DJ ». Quatre possibilités :
CD o Si un « Int_am_i » ouvert se trouve en aval de « Int_télé_ss_ddd », « Int_am_i » est fermé
et « Int_télé_ss_ddd » devient « Int_am_i » . L'opérateur teste ensuite le prochain
C0 interrupteur télécommandé sans détecteur de défaut . S'il n'y en a plus, il passe à l'étape 3 .
uen
C>D o Si il y a un secours ouvert en aval de « Int_télé_ss_ddd », ce dernier est ajouté à la liste
des « Int_am_i » et le secours est fermé . L'opérateur teste ensuite le prochain interrupteur
r^
oco télécommandé sans détecteur de défaut . S'il n'y en a plus, il passe à l'étape 3 .
en
co o Si un « Int_am_i » fermé se trouve en aval de « Int_télé_ss_ddd », « Int_télé_ss_ddd »
oo devient « Int_am_i » . L'opérateur teste ensuite le prochain interrupteur télécommandé
1 sans détecteur de défaut . S'il n'y en a plus, il passe à l'étape 3 .
CD
o Sinon, « Int_télé_ss_ddd » ajouté à la liste des « Int_am_i » . L'opérateur ferme
« Int_télé_ss_ddd » et teste ensuite le prochain interrupteur télécommandé sans détecteur
de défaut . S'il n'y en a plus, il passe à l'étape 3 .
o Si « DJ » ne déclenche pas, « Int_télé_ss_ddd » devient « Int_av ». Ensuite, si des « Int_am _i » se
trouvent en amont de « Int_av », l'opérateur ferme les secours associés (aux « int_am_i ») puis ces
« Int_am_i ». Ces derniers sont supprimés de la liste des « Int_am_i » . Finalement, l'opérateur passe
à l'étape 3 .

La zone de défaillance est délimitée par : les équipements en aval de « Int_av » et en amont des « Int_am_i ».

207
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Etape 3 : Manoeuvres des interrupteurs manuels en artère équipés de détecteurs de défaut (dans la zone de défaillance)

o Ouverture du dernier interrupteur (manuels en artère avec détecteurs de défaut) dont le détecteur de
défaut est allumé . On appelle cet interrupteur « Int_man_av_ddd ».
o Fermeture de «Int_av». L'interrupteur « Int_man_av_ddd » (manœuvré précédemment) devient
« Int_av ».
o Si des « Int_am_i » se trouve en amont de « Int_av », deux possibilités :
o Si « Int_am_i » est ouvert, l'opérateur ferme, d'abord, le secours associé à celui-ci puis
« Int_am_i ». Ce dernier est supprimé de la liste des « Int_am_i » .
o Si « Int_am_i » est fermé, ce dernier est supprimé de la liste des « Int_am_i » .
o Puis, pour le ou les premiers interrupteurs (manuels avec détecteur de défaut), dont le détecteur de défaut
est éteint, sont appelés « Int_man_av_ddd ». On a plusieurs possibilités :
o Si un « Int_am_i » ouvert se trouve en aval de « Int_man_av_ddd », ce dernier est ouvert .
« Int_am_i » est ensuite fermé et « Int_man_av_ddd » devient « Int_am_i ».
o Si un « Int_am_i » fermé se trouve en aval de « Int_man_av_ddd », ce dernier devient
« Int_am_i ».
CD
OO o Si un secours se trouve en aval de « Int_man_av_ddd », ce dernier est ouvert et le secours
CN
CD est fermé . « Int_man_av_ddd » est ajouté à la liste des « Int_am_i ».
o Sinon, « Int_man_av_ddd » est ajouté à la liste des « Int_am_i » .
CD
La zone de défaillance est délimitée par : les équipements en aval de « Int_av » et en amont des « Int_am_i ».
C0
uen
C>D Etape 4 : Manoeuvres des interrupteurs manuels sans détecteur de défaut (dans la zone de défaillance)

r^
oco L'opérateur manœuvre en premier les interrupteurs d'artère et ensuite ceux de dérivation .
en
co L'interrupteur manuel sans détecteur de défaut, dont la puissance des charges non alimentées en aval est
oo la plus faible, est ouvert . Ce dernier est appelé « Int_man_ss_ddd ».
1 L'opérateur ouvre « DJ », ferme « Int_av » et réenclenche « DJ ».
CD
Deux possibiltés :
o Si « DJ » déclenche, deux possibilités pour réalimenter les charges en amont de « Int_av » :
o Si « Int_av » est manuel et qu'un interrupteur télécommandé se trouve en amont de
« Int_av », l'opérateur ouvre l'interrupteur télécommandé (si possible), réenclenche « DJ »,
ouvre « Int_av » et referme l'interrupteur télécommandé ».
o Si « Int_av » est manuel et qu'il n'y a pas d'interrupteur télécommandé en amont, ou que
« Int_av » est télécommandé, l'opérateur ouvre « Int_av » et referme « DJ ».

208
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Et quatre possibilités pour les charges en aval de « Int_man_ss_ddd » :


o Si un « Int_am_i » ouvert est en aval de « Int_man_ss_ddd », « Int_am_i » est fermé et
« Int_man_ss_ddd » devient « Int_am_i ». L'opérateur teste ensuite le prochain interrupteur
manuel sans détecteur de défaut .
o Si il y a un secours ouvert en aval de « Int_man_ss_ddd », ce dernier est ajouté à la liste
des « Int_am_i » et le secours est fermé . L'opérateur teste ensuite le prochain interrupteur
manuel sans détecteur de défaut .
o Si un « Int_am_i » fermé est en aval de « Int_man_ss_ddd », « Int_man_ss_ddd » devient
« Int_am_i ». L'opérateur teste ensuite le prochain interrupteur manuel sans détecteur de
défaut.
o Sinon, « Int_man_ss_ddd » ajouté à la liste des «Int_am_i». L'opérateur ferme
« Int_man_ss_ddd » et teste ensuite le prochain interrupteur manuel sans détecteur de
défaut .
o Si « DJ » ne déclenche pas, « Int_man_ss_ddd » devient « Int_av » . Ensuite, si des « Int_am _i » se
trouvent en amont de « Int_av », l'opérateur ferme les secours associés (aux « int_am_i ») puis ces
« Int_am_i ». Ces derniers sont supprimés de la liste des « Int_am_i » .
CD
OO
CN
CD A l'issue de cette étape, voir même dans les étapes précédentes (dépendant de l'architecture du départ et de la localisation du
~3 défaut), la section défaillante est localisée . Nous n'avons pas présenté, ici, les cas où certains organes de coupures sont
CD défaillants à la sollicitation . Retenons simplement que :
o Lorsque l'opérateur cherche à ouvrir un « Int_av » et que celui-ci refuse de s'ouvrir, l'opérateur prend celui juste
C0 en amont .
'w
CD o Lorsque l'opérateur cherche à ouvrir un « Int_am » et que celui-ci refuse de s'ouvrir, l'opérateur prend celui juste
>
en aval .
O o Lorsque l'opérateur cherche à fermer un « Int_av » et que celui-ci refuse de se fermer, l'opérateur attend sa
00
CD réparation .
§1 o Lorsque l'opérateur cherche à fermer un « Int_am » et que celui-ci refuse de se fermer, l'opérateur passe aux
_CD opérations suivantes .
o Lorsque le disjoncteur de départ est défaillant, celui-ci est réparé .

209
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 7
Calcul de répartition de charge

Définition
Le calcul de répartition de charge (ou « Load Flow J en anglais) est un processus permettant à
un opérateur réseau de connaître de manière approchée l'état du réseau en régime permanent .
Ce calcul est réalisé à partir des valeurs accessibles :
o La ou les tensions de référence (consignes des générateurs équipés de régulateurs de
tension ou tension au poste source d'un réseau de distribution) .
g o les puissances consommées ou produites à certains nœuds du réseau .
o
Quatre variables (dites d'état) qui définissent chaque nœud doivent être définies . Ces
^ variables sont : la tension V et sa phase 0 au nœud considéré relative à une phase de référence
o plus les puissances active P et réactive Q prélevées de la ligne à ce nœud .
en
De manière générale, pour reconstruire l'état du réseau en tout point (c'est-à-dire P, Q, V et
o 0), il faut connaître deux des quatre variables d'état pour chaque nœud . Ce calcul nécessite,
CD de plus, d'avoir accès à la topologie du réseau . On entend par topologie :
g o les nœuds de départ et d'arrivée pour chaque ligne et les autres éléments séries du
réseau (transformateurs, disjoncteurs),
o le type des lignes ou câbles utilisés (caractéristiques géométriques, matériaux utilisés,
répartition spatiale), la connexion possible du neutre à la terre . Tous ces paramètres
structurels permettent de réaliser un schéma électrique équivalent des conducteurs,
o la position des charges sur le réseau, ainsi que leur type,
o enfin les modèles retenus pour les lignes, câbles, transformateurs, charges .

La solution du calcul de répartition sera donc solution du réseau ainsi modélisé, tenant ainsi
compte des simplifications et autres hypothèses effectuées .

210
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Equations électriques du système


Entre deux nœuds d'un réseau, on trouve toujours une impédance série, notée dans ce chapitre
Z, qui est la somme vectorielle de la modélisation des pertes actives R et des inductances
séries (Z = R + j.Lo>) . Si on désire calculer l'expression de la tension Vs au nœud récepteur en
fonction de la tension au nœud source Ve et de la puissance consommée Ps et Qs au niveau du
nœud récepteur, on peut faire l'analyse suivante :
I Z Pïâ.
4e Vs
Schéma équivalent considéré
La consommation en aval est P , Q . Si on trace le diagramme de Fresnel des différentes
s s

CD
OO tensions et courants, on trouve :
CCN
D
CD

C0 1 ' .I
en
C>D Schéma de Fresnel du système simplifié
Avec :
r^
oco
en
co
s; = p + &. Q = vS-T
s s
7

oo
1 V = V. - ( R + j x )-1
s
CD

. partir de ces 2 équations, on obtient :


— —
Vs = Ve - ( R + jx)-
P - J i #. Q Q

V's
s

Cette dernière équation montre que les tensions sont liées aux puissances de manière non-
linéaires si elles ne sont pas exprimées aux mêmes nœuds . Ainsi, pour la résolution des
équations du calcul de répartition, on doit utiliser des algorithmes de résolution non linéaires .

Pour réaliser ce calcul numériquement, plusieurs algorithmes sont souvent utilisés selon que
le réseau est radial ou maillé :
o Pour les réseaux radiaux, l'algorithme de Backward & Forward Sweep est très souvent
utilisé .
211
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

o Pour les réseaux maillés, Gauss Siedel et Newton-Raphson sont les plus usités .

Nous allons prendre le cas de la résolution du système par l'algorithme Newton-Raphson


utilisé pour nos applications d'études de sûreté de fonctionnement . Le choix de cet algorithme
se justifie par le fait qu'il fonctionne pour tout type de topologie et qu'il converge très
rapidement (4 ou 5 itérations suffisent) d'où un gain de temps pour l'application .

Principe de résolution d'un système par l'algorithme de Newton-Raphson


Pour résoudre l'équation f(x) = 0, la méthode de Newton-Raphson est basée sur une
convergence utilisant la dérivée de la fonction en un point de la courbe d'une fonction f. Plus
précisément, le choix d'une première valeur x approchée d'un zéro réel à localiser détermine
0

en le point initial (x , f (x ))sur la courbe qui sera considéré comme un premier point de
0 0

oo
CN tangente . Ce nombre x est appelé « amorce J du procédé itératif de Newton-Raphson .
0

cD L'abscisse x@ du point d'intersection de la première tangente avec l'axe des x sera considéré
en comme une deuxième valeur approché du zéro à localiser . A son tour, cette valeur permettra
c0 de considérer un deuxième point de tangente (x@, f (x@)) . A nouveau, l'abscisse x du point
2
en
C>D d'intersection de la deuxième tangente avec l'axe des x sera considéré comme une troisième
r^
oco valeur approchée du zéro . En poursuivant ce procédé itérativement, on obtiendra, sous
en
co certaines conditions, une suites de valeurs x , x@, x , x , , x qui a comme limite : un zéro
oo
0 2 3 n

1 réel de la fonction f comme le montre la figure ci-dessous .


CD

Convergence de la méhode de NeWon Raphson


Pour déterminer successivement les abscisses x@, x , x ,..., x des points d'intersection des
2 3 n

différentes tangentes avec l'axe des x, il faut déterminer l'équation de chaque tangente qui est

212
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

donnée par y = f(x )+f(x ) . (x-x ) : l'algorithme est représentée ci-dessous (l'amorce x de
n n n 0

l'algorithme doit être « proche J de la solution du système pour cela converge) .

La solution de l'équation
est x
en
oo
CN
cD n<N 0

CD

C0
en
C>D Algorithme de NeCon-Raphson
r^
oco
CD Mise sous forme matricielle du système
co
oo Dans un réseau, nous pouvons définir 3 types de nœuds :
1
CD Type de Noeud Paramètres Inconnus Utilisation selon les équipements raccordés au nœud
P,V Q,0 Générateurs avec régulation P, V
P,Q v,e Charges ou générateurs avec régulation P, Q
V,0 (nœud bilan) P,Q Générateur avec régulation V, f

Le nœud bilan définit l'origine des phases (0 = 0) . L'utilisateur ne peut maîtriser le flux de
puissance de ce nœud : ce nœud permet d'assurer l'équilibre des puissances sur le réseau .
Lorsque le réseau comporte un nœud réglant la fréquence du réseau (comme le poste source
d'un réseau de distribution), on fait correspondre ce nœud avec le nœud bilan .

213
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Par contre, lorsqu'il y a plusieurs générateurs avec une régulation V, f, on a 2 possibilités de


modéliser le réseau :
o Une méthode incluant des termes supplémentaires dans les équations du système
permet plusieurs nœuds bilan .
o On associe une des machines au nœud bilan et les autres sont définies comme des
nœuds P, V (où P est déterminé au préalable de manière à compenser les puissances
consommées du réseau aux pertes près) . La résolution du système donne une
évaluation des pertes au niveau du nœud bilan . On refait le calcul en répartissant les
pertes sur l'ensemble des machines .

Considérons un réseau à n-nœud, ou chaque nœud k est relié à des nœuds m par
l'intermédiaire d'une admittanceY .
CD
km

OO
CN
CD
~3
En choisissant comme notation :
CD O km —km + J&=km

Donc :
tn
£ Sk = Vk • 2 (-km - JBkm )• K
r-J m =@
o — —
Le produit des phases de V et V peut être exprimé, en considérant un système de
co
k m

coordonnées polaires, par :


Vk • Vm =\ (Vk e k f )•\ (Vm e m/ ) = VV
b
ie
k m e ^ *m
-]0 1 - )

+ jsin(#km)) avec 6km =6k-6m


Vk • Vm = VkVm(cos(d m) k

En insérant cette expression dans l'équation de S , on obtient : k

Pk = Vk 2 (GmVm
m =l
cos^km ) + BkmVm sin ( ^ ))

Q = Vk2(-kmVm
k
m=l
sin{d m)-B^V k m cos{d ))
km

Ainsi, P et Q sont des fonctions de la tension V et de la phase d dans tout le réseau .

214
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

On a donc si le réseau est dans son état quasi-stationnaire :


P(j j V V )= P consigne

Pn (0j, ..., 0n,Vj,..., Vn ) = P#consigne


ô l ( 0 j , . . . , 0n , V@,..., Vn ) = consigne
Qj

Qn (0j,..., 0n ,Vj,...,Vn ) = Q l ^
Soit en construisant une matrice de correction, les puissances active et réactive connues à
chaque nœud du réseau (type nœuds PQ), sont indiqués par l'exposant consigne (les termes
dPi// d , dQt/
0
, dPi/ et dQi/
/ d j /dVj /dVj
sont déduits des équations précédentes de P et de Q ). k k

" dPi dPj dPj dPj -


T) consigne . j d Vj . . d Vn
-Pj(0j > V. )" dë@ '
"A ë .
CD 1
P 0 0 j

OO dPn dPn dPn dPn


CCN 7) consigne
n - Pn ( j V@. . V. ) dj@ . . d ë n dVj . . d V n Aënk
^D Q consigne
- Qi(ë v. ) dQi dQi dQj dQj AVj.
CD dj@ ' . j 3 Vj . . d Vn
consigne
CCD n - Qn ( j Qn . dQn dQn . d Q n _AV,.
.

en
^0 ' 1 dVj . . dVn J
C
>D Exprimé en terme de sous-matrices :
r^
oco d# dP_ - i
en
co A0 d0 dV AP"
oo AV dQ dQ AQ
i d0 dV
CD

L'équation ci-dessous permet de construire le processus itératif de Newton-Rapshon.


3P 3P -i-i
j j Aj j â v ~ AP "
+ + âdQë dQ
V n V n - j _AV J n - j V AQ
dë av. n - 1
On peut aussi éviter un certain nombre de calculs en réduisant la matrice : on peut simplifier
des termes en fonction de la nature des nœuds (par exemple, pour un nœud P, V, les AV et k

les AP sont nuls). A chaque itération, le calcul de Q. est de nouveau effectué pour chaque
k

noeud P,V, afin de savoir si le nœud PV est valide (Qkm n Qk Qkm ) : Si la valeur de Q. est i
< <
ax

en dehors des limites de la machine, le nœud P V est transformé en nœud P Q ou P Q . k k k kmax k kmin

215
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 8
Matrice des facteurs de distribution d'un réseau

La matrice des facteurs de distribution S du réseau donne les variations de puissance dans les
lignes AP du réseau en fonction des variations de puissance injectées aux différents nœuds
lignes

A P noeuds :

AP,;lignes
= S • noeuds
[ A P ]

A Q lignes

Pour mener une optimisation des transits de puissance (pour le traitement des surcharges), on
formule les contraintes qui sont dans notre cas :
CD
OO o Les variations minima et maxima de puissance assignables aux nœuds du réseau .
CN
CD o Les transits inférieurs aux transits maxima .
CD
C0 Ainsi, au cours de l'optimisation, la fonction permettant d'évaluer les nouveaux transits de
en puissance va être sollicitée un grand nombre de fois . Si cette fonction est assurée par le Load
C>D
Flow, le temps d'optimisation nécessiterait un temps beaucoup trop important . Ainsi, l'utilité
r^
oco de la matrice des facteurs de distribution se justifie par le fait que l'évaluation des transits
en
co s'effectue très rapidement par une multiplication d'une matrice avec un vecteur .
oo
1
CD

R+jX

Vi Vi

Schéma équivalent d'une ligne du réseau

La puissance transitant dans une ligne de i à j s'écrit (les notations utilisées sont représentées
sur la figure ci-dessus) :
1 I i iI
S i j = V i • Iij = V i
R + jX = i - i • i - i • V ( V V V )

S" = z - 9 j ) )
R +X
•(V 2 - V •= • e j ( s i
iJ 2 2

216
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

D'où, les puissances actives et réactives transitant dans les lignes :


P, R + X -(R • V - R • = • COS(9, -9J ) - X • = • sin(9 - 9 j ))
IJ 2
V
2
i

V,
Q R + X •(R• = • sin(9 - 9 j ) + X• = • cos^ - 9 j ) - X • = )
2 2
i

Ainsi les transits Pij et Q ij sont dépendants de = Vj, 9 et 9j. On fait l'hypothèse que le plan i

de tension n'est pas affecté par la variation des puissances injectées aux nœuds AP et que noeuds

donc AV=0. On peut donc écrire :


dP dP
A ) 39 • A9 + 39. • A9 ij
; j

j i

AQ = dQi • A9 +dQi —^•A9


CD 39; ^39 ij
iJ i
i
j
J
j

OO
CCN
D On vu précédemment, dans l'annexe 7 sur le calcul de répartition de charge, que l'on pouvait
en
déterminer les variations de puissance aux noeuds en connaissant les variations de phase :
c0 noeuds noeuds
= J. " A9 " où J
d P d P

en noeuds 39 3V P9 PV
C>D
A P J J

_ A Q noeuds _ _AV_ d Q noeuds d Q noeuds J Q9 J QV


r^ 39 3V
oco
en
co
oo Comme AV = 0, on en déduit que Jp et JQ sont nuls. On peut déterminer les variations de
1 V V

phase à partir des variations de puissance aux nœuds par :


CD

[A9] = J-9 .[AP euds ] n0

Les variations des puissances transitées dans les lignes sont donc données par :
3P 3P
AP 0 ... 0 - 0 - 0 0 0 0 -9 n o e u d s
39 39 j
-J [ A P ]

AQ„ = 0 ... 0 39; 0 0


39;
0 - J -9 [ A P noeuds ]

217
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Les valeurs de dei' ,/a -' / dej


dP,/ 9Q
e
dP / e t 9Q //a -e
S O n t déduites des équations précédentes de Pij
et de Q,j :
dP„ y / . U „ U »W — n i — — i
ae R + X i
2 2

y • (- R • sin (e, - e j ) + x • cos(e, - e j ))


i

d j e
R +X 2 2

dQtj y • (R • cos(e, - e j ) - x • sin (e, - e j ))


i

ae R + X i
2 2

dQtj y • (- R • cos(e - e j ) + x • sin (e - e j ))


i

de R + x
i i
2 2

CD La matrice des facteurs de distribution S de l'équation AQ


lignes A P

• noeuds ] s' c o c
OO
S [ A P é r i t d n

lignes
CN
CD
—»
CD S 0
S=
P

C0 .0 SQ

en
C>D
dPii ap
r^ avec S = 0 o o 0
y

oco p
ae ae,
en
co
;

oo
1
CD

et S Q 0 0 dQ- o 0 dQ 0 0
ae. ae.

218
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 9
Calcul des tensions lors d'un court-circuit

Dans nos applications, nous avons utilisé un calcul des tensions lors d'un court-circuit soit
triphasé, soit monophasé phase-terre. Plusieurs approximations sont effectuées pour ce
calcul :
o Les impédances directes et indirectes des lignes sont considérées comme égales.
o Les alternateurs sont modélisés par leur réactance transitoire.
o Les tensions avant le court-circuit sont toutes supposées égales à 1 p.u.
o Les courants des charges sont négligés par rapport aux courants de court-circuit.
CD
OO
CCN Le principe du calcul est de déterminer le courant de court-circuit, la chute de tension
D
~3
CD résultante et de sommer cette chute de tension aux tensions initiales [PHA 99]. Pour cela, on
utilise la matrice Z du réseau qui est l'inverse de la matrice Y u s des admittances Ykm
BUS B

o
C
définies dans le calcul de répartition de charge dans l'annexe 7.
w
C
>D

Cas d'un court-circuit triphasé


o
S
co Pour un court-circuit franc au bus i du réseau, le courant de défaut est obtenu par la formule
suivante :
CD I c c = 1 p.u. /(ZBUSU)
La chute de tension résultante est donnée par la multiplication de la i ème colonne de Z BUS par
I . Les tensions lors du court-circuit sont donc :
cc

U = [1] + Z i u s , i ( i ) X l i

Cas d'un court-circuit monophasé phase-terre


Comme le court-circuit n'est pas symétrique, on passe par les composantes symétriques du
réseau. On rappelle que ce calcul est employé pour le réseau de distribution îloté : le neutre
des alternateurs est connecté à la terre par une impédance Z . g

219
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Pour un court-circuit franc au bus i sur la phase 1+ on détermine les tensions directes,
indirectes et homopolaires par :
U direct

U indirect ZBUS,i (2)X I i

U homopolaire = Z i U S , i (0)X I i

où I i = 1 / (ZBUS direct i,i V ZBUS indirect i,i V ZBUS homopolaire i,i)

On revient aux tensions des phases U@, U et U par : 2 3

U 1 U direct V U indirect V U homopolaire


U 2= a 2 x U direct V a x U indirect V U homopolaire

en U 3 a x direct
U V a x U indirect V U homopolaire

où a = e J2/3rc
c
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

220
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 10
Modèles de composants sous MOCA-RP

On présente dans cette partie les modèles de composants développés dans MOCA-RP pour
modéliser le départ HTA D1 (application traitée dans la partie IV.2 du Chapitre IV).

Environnement sous MOCA-RP

CD
OO
CCN
D
CD
C0
en
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD

Chaque modèle de composant est contenu dans un « groupe J permettant une représentation
plus claire du modèle global du départ HTA.

221
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Modèle d'une section

Manche l!
E-IZZl» [ZZ]^[ZZl>-[ZZl
.chl 2 3 chl 3 4 ch234 ch3 4 ch4GED

-chl23.chl34 ch234 ch34 ch4GED


Défaut -Chl 2 3"chl 3 4.ch2 3 4 ch34 ch4GED

;chl23"chl34"ch234 ch34 ch4GED

klim2X Alim3 Alim4 GED Lchi23_chl34ch234 ch34 cll4GED

chl 2 3 chl 3 4 ch234 ch3 4 ch4GED


défaut

Rupturs
Alim2, Allm3 Alim4

hors_tension

Rep ara tic

Rep xRepl
Acretl Atret2—Artet3^^EEet4 'AtretS"^Artet6--Artet7
RepriselReprise2Reprlse3Repi:ise4RepriseSRepriseeReprise7

Modèle d'un disjoncteur


|I.L PETRI EDITOR #1

222
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Modèle d'un interrupteur sans détecteur de défaut


[IT PETRI EDTIOR 81
FICHIER EDITION ; AFFICHAGE t-3 DONNEES GROUPE HODE
GRAPHE : El aecl. ged5,
ETAT: | Edition

chl23Chl34ch234ch34 ch4GEE
ïïarche_2"

ch!23 ch!34 ch234 ch34 ch4GE!



Défaut

défaut

Rupturf
Alim2^ Alim3 Alim4

Ouverture_

hoES_tensit

Reparatic

CD
OO
CCN Reprisel

D Arretl Arret2
Ouverture
fermeture

en
cCD
en Modèle d'un interrupteur avec détecteur de défaut
C
>D [IT PETRI EDTIOR 81
secl gë
FICHIER EDITION AFFICHAGE • DONNEES GROUPE

r^
oco
GRAPHE :
ETAT:
El
| Edition

en
co Harclie_24:
chl23 chl34ch234ch34 ch4GEE

oo
i •
Défaut
cïil23 ch!34 ch234ch34 ch4GE!

CD

défaut

Rupturf
Alim2^ Alim3 Alim4
CZk.
Quverture_

hors_tensic

Reparatic

Reprisel

fermeture
Arretl Arret2
Ouverture

223
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Modèle du disjoncteur général d'une GED

Z ^P794
CD
OO
CM
C
=3
—)
en
c0
en Modèle d'un secours
C>D
r^
o
co
en
co
o
o
1
CD

224
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Schéma représentant le fonctionnement du réseau de Petri ; Gestionnaire »

( § s 1 fS § s'il!
:i i !S if î»

Si marc
C1 o 55
D2 o 30
' Fermet

Fermet
du sec

du sec
Si ma
pas
l/
Sj SI
1 ( «• =
SS 5 Lr m
s (5
« •0»
§Sft 3 -jjp
•c 0i l!
a
•0» •a
"S ïO
oE
f „= 4P
o
•c «
[ H ; _ •c o
§Sft o

X
e S S a

T û T "
L
d e •

s
t >
Q ^ ta
l °> î-

Q o
M
•Sï m
CD
OO USC|
Ouverture de
IMFA n 26

c
0

CCN tr> •ts

D t< • _
Oft
O «ÏT
u c

•Sï m
3

CD Su tr> o «;r
O
U c

C0 OJ
Cycle

en
C>D d3 V.

O TT
C

r^
oco
3 i
U
(J s
c

fï.! î o^ ï-
" ••«

en
co Q
!
c

oo JsL. •Soï eom


1 O
6
l^llp^llsl u
f
c

CD
e

"N
ÈÎlÎ:€'. el

^ 12
Q
<f> - er
u
I f» ^
8 E
v
C
>
/ =
§ g CO
^$E a i 1 S 1 • • OM
= \

3 o> ï-
eF cr

*S iS c

J|Ë | J|I | .j•>tp


y
e d 6
2

s§S>£g»§lï£;g
i 5! S O OJ
Cl _
8
u
8
c

^=
O -
j| I S. ^ | | 1 5 SE •Soï OmJ

w
| ? ft e U ? ft Ê Sft O^ ï- i c

Ha> e d6
•SOï ojOJ
•• 3
r e

••e g
w F
U
Si ma
D2 o 5
du se

A
Ferm

MI
6-
âE
F
Cl F S c

^
e

\
r r

O^ ï-
e e

w o oj
Si marc
D2 o 30

re
Fermet
du sec(

O
vu s
e
u oa mi
c
F
e F
e

/
f
l 1 .. H .. « S
N
H î 1
Cycle

CO
o

3=
C
v >
n n n
J S ES

o^ ï-
S 8 ° »! S »U s ! 1
c

ÏSE
ï^ H ^ : 8 ft oo^ T-ï-

8 c

225
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Les cycles simulés d'enclenchements et de déclenchements du disjoncteur de départ sont


représentés ci-dessous :
Cycle
n°11
3 0 min 5 m

Cycle
n°12
30 m n 5 min

Cycle
n°13
30 m n 5 r

Cycle
n°21
2 min 2 min 30 m n 2 min

Cycle
n°22
2 min 2 min 30 m n 2 min

Cycle
CD
OO n°23
CN
3 0 mi n 5 min

CD Cycle
~3 n°24
CD 3 0 min 5 min

Cycle
C0 n°31
en
2 min 5 min 30 min 5 min

C>D Cycle
n °32
r^
oco
2 min 2 min 30 min 2 min

Cycle
en
co n °33
oo 30 m n 5 min 30 min 5 min

1 Cycle
CD
n°34

Cycle
n°41
2 min 5 min 30 m n 5 min

Cycle
n°42
2 min 5 min 30 m n 5 min

Cycle
n°43
2 min 5 min 30 m n 2 min

Cycle
n°44 )
30 min 30 m n 5 min 30 m n 5 min

Cycle
n°45
30 m n 5 min 30 m n 5 min

Cycle
n°46
30 m n 5 min

226
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 11
Données techniques relatives aux départs C0202 et C0707

Les données de fiabilités des diverses sections des deux types de départ HTA sont ci-
dessous :
S
° °
1 1
° o ° ° ° ° ° ° ° ° °
% CÎC^ o

z
o O
z s

c
- 1

S CM
Z
O O
Z

S n £ s r
z
O
O
z

£
Z
S M LJ^
S
O
O
en
oo ! ir
!
CN
Z
-
O O
Z Ë^SÎ^S^

cD £
1

Z
s si
m
K S §
O
-J O
CD J
Z
O 2:o s 1
-1

C0 Z
O 2:O
s § §
en IT SSS
C>D 12 Cî
Z
-1
O 2:o ï
Z •î

r^
oco
O
-J O î^
en
co
Z
O
2:O
oo «
Z ° ° ° s ° ° °
§ ° ° 0 ° ° î^ S
1
° si? Ç» Si^ !i?
<N
co

%
O | |

K Z

CD sa Z
S 5
o

o O 8 2: g

-sQ
«a O
Z
8
o Q 5 ÎÎ
z
O 3
z
o » Ê5
° ° ° ° ° ° m 0 ° ° ° ° TT
-1
2:O
z
O

^
z
O 1 1
S'il
Z
O
-1

2:O 1 g g ^
ZO
«M ° ° ° £ ° ° ° ° ° ° ° 0 ° ° ° °

z
o g
Z
O
is T
- s
S

„ d„
2:O
1

ZO 1 il!
KKK K K
- « « « « « « «

E
2SE s s S g § S s? I
!S1 g ï ï Hs

g£ g g s
SE £
E E E E E £
SE Ji£ $E
E
c
£ £ E
S
£ V) JL JL JL

! <1 JL1 1 E 1= 1
!_ iL <L

JL <L u !_
SE
ILf=
Z
227
CL V) U o z
X
s. S
CC CC
o
I I § ir if if$ ifs v>
&
< ?!<ç
I t^
< I< I< I< Ê CO co co JL n CO Q. QL QL CL QL
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

La banque de données de sûreté de fonctionnement utilisée pour les équipements HTA est
détaillée ci-dessous :
Zone d'utilisation Matériel Lambda (10 h ) -6 -1 Gamma (10 )
-3 Temps de réparation (h) Modes de défaillance
Poste source
Poste source HTB / HTA 57 et 7.3 0.07 et 1.92 1
Réseau HTA
Disjoncteur HTA 0.75 0.35 4 2 + 1
Relais HTA 0.28 0.1 4 1 + 1
Interrupteur télécommandé HTA 7.6 80 2.6 2 + 1
Interrupteur manuel HTA 0.01 à 0.02 10 2.6 2 + 1
Ligne aérienne HTA
Type (9) A l m e l e c < 38 mm 2 0.052 / a n / k m 3 2 + 1
Type (4) (8) 3 8 mm 2 < A l m e l e c < 9 3 m r f 0.045 / a n / k m 3 2 + 1
Type (5) A l m e l e c > 93 mm 2 0.004 / a n / k m 3 2 + 1
Type (10) 21 mm 2 < C u i v r e < 29 mm 2 0.138 / a n / k m 3 2 + 1
Type (7) Cuivre > 2 9 mm 2 0.053 / a n / k m 3 2 + 1
Câble souterrain HTA
Type (1) (2) (3) (6) Isolation s y n t h é t i q u e HN33S23 0.015 / a n / k m 1.5 à 30 2
Type (11) Papier unipolaire 0.051 /an/km 1.5 à 30 2
Transformateur HTA/BTA (poteau)
50 kVA 0.75 6.3 2
100 k V A 0.6 6.3 2
160 k V A 0.67 6.3 2
Transformateur HTA/BTA
160 k V A 0.4 6.3 2
250 k V A 0.31 6.3 2
400 kVA 0.24 6.3 2
630 k V A 0.33 6.3 2

en
o Réseau BTA
1000kVA 0.1 6.3 2

o Disjoncteur BTA 0.32 0.32 4 2 + 1

CM Producteur
Diesel 40-70 k W 1053 50 2 + 1
c
=3 Sectionneur HTA
Interrupteur fusible HTA
0.6
7.4
0.12 24
2
2 + 1
2 + 1

en
—)

c0
w
C
>D
h-"
h-
O00
CD
OO
CO

1
CD

228
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 12
Loi de Weibull

Dans l'application traitant la sûreté du réseau BT maillé, nous avons choisi d'affecter une loi
représentant les variations du temps de réparation : dans la mesure où le réseau est maillé, la
sûreté du réseau dépend de la loi utilisée contrairement aux réseaux arborescents où le
paramètre important est uniquement la moyenne de la loi (d'où l'emploi d'une loi
exponentielle).

On a donc spécifié pour les réparations des équipements une loi de Weibull modélisant les
en
oo écarts aléatoires autour de la valeur moyenne de la loi. On rappelle que la loi comporte trois
CN paramètres ' , Y et a.
cD
CD
Taux de
C0 Densité de défaillance Défiabilité Moyenne de la loi
en défaillance
C>D - t-Y 1'
U(t) = '<<-f'.e - r 1 - R(t) = 1 - e
C

A(t)=' a r B.Y+Hp+t )
a'
-C (t

r^
oco
1 a j

en
co
oo
1 Nous avons pris comme valeurs : Y 0 et le paramètre de forme ' = 6. Pour déterminer a, il
=

faut passer par l'équation de la moyenne de la loi :


CD

Y + a r C1 + ' ) Temps moyen de réparation

a 1
f
p-r i + p

La densité de défaillance de la loi est représentée ci- D e n s i t é d e d é f a i l l a n c e d e la loi

contre pour un temps moyen de réparation de 4 heures.

• 12 3
229
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Annexe 13
Données concernant le réseau de distribution BT étudié
Les nœuds de connexion des clients ainsi que leur priorité affectée sont donnés ci-dessous :

en
o
o
CM
c
=3
en
—)

c0
co
C
>D
h-"
h-
o
00
CD
OO
00

1
CD

230
Références
CD
OO
CN
CD
~3
CD
C0
uen
C>D
r^
oco
en
co
oo
1
CD
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

Références

[ALL 00] R. Allan, R. Billinton, "Probabilistic assessment of power systems", Proceedigns of


IEEE, Vol. 88, n°2, Février, 2000.

[ALL 01] R. Allan, M. Rios, K. Bell, D. Kirschen, "Computation of the value of security",
Manchester Centre for Electrical Energy, UMIST, EPSRC/ERCOS référence n° GR/K 80310,
Octobre 2001.

[ALV 99] F.L. Alavarado, "Solving power flow problems with a Matlab implementation of
CD the power systems applications data dictionnary", Proceedings of HICSS-32, the Hawaii
OO
CN International Conference on System Science, Janvier, 1999.
CD
~3
CD [ASG 96] S. Asgarpoor, M.J. Mathine, "Reliability evaluation of distribution systems with
C0 non-exponential", IEEE Transaction on Power System, 1996.
uen
C>D
[BAR 80] C. Barbier, J. Barret, "Analyse des phénomènes d'écroulement de tension sur un
r^
oco réseau de transport", RGE, Tome 89, n°10, Octobre, 1980.
en
co
oo
1 [BER 02] L. Bertling, R. Ericksson, R.N. Allan, L. A. Gustafsson, M. Ahlen, "Survey of
CD

causes of failures based on statistics and practice for improvements of preventive


maintenance plans", 14 PSCC, Juin, 2002.
th

[BIL 93] R. Billinton, L. Gan, "Monte Carlo simulation model for multiaera generation
system reliability studies", IEE proceedings-C, Vol. 140, n°6, Novembre, 1993.

[BIL 94] R. Billinton and R. N. Alan, "Reliability Evaluation of Power Systems", Plenum
Press, 2nd Edition, New York, US, 1994.

[BIL 97] R. Billinton and S. Aboreshaid, "Voltage stability consideration in composite power
system reliability evaluation", IEEE Transaction on Power System, Juin, 1997.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

[BIL 98] R. Billinton, P. Wang, "Reliability network equivalent approach to distribution


system reliability evaluation", IBB Proceedings on Generation Transimisson Distribution,
Vol. 145, n°2, Mars, 1998.

[BIL1 99] R. Billinton, P. Wang, "Deregulated power system planning using a reliability
network equivalent technique", IBB proceedings Generation Transmission Distribution, Vol.
146, n°1, Janvier, 1999.

[BIL2 99] R. Billinton, P. Wang, "Reliability worth of distribution system network


reinforcement considering dispersed customer cost data", IEB proceedings on Generation
Transmission Distribution, Vol. 146, n°3, Mai, 1999.
cn
[BIL 00] R. Billinton, A.M. Leite da Silva, L.A da Fonseca Manso, J.C. de Oliveira Mello,
CN
"Pseudo-chronological simulation for composite reliability analysis with time varying loads",
CD• IBBB Transactions on Power Sytems, Vol. 15, n°1, Février, 2000.
c
[BIL 01] R. Billinton, R. Karki, "Capacity expansion of small isolated power systems using
PV and wind energy", IBBB Transactions on Power Systems, Vol. 16, n°4, Novembre, 2001.
r^
oco
[BIL1 02] R. Billinton, C. Wu, G. Singh, "Bxtreme adverse weather modeling in transmission
oo
and distribution system reliability evaluation", 14th PSCC, Juin, 2002.
CD
[BIL2 02] R. Billinton, W. Zhang, "Load duration curve incorporating in the reliability
evaluation of bulk power systems", Taylor & Francis, Blectric Power Components and
Systems, 2002.

[BIL 03] R. Billinton, Bagen, Y. Cui, "Reliability evaluation of small stand-alone wind
energy conversion systems using a time series simulation model", IBB Proceeding on
Generation Transmission Distribution, Vol. 150, n°1, Janvier, 2003.

[BOB 94] D.R. Bobo, D.M. Mauzy, "Bconomic generation dispatch with responsive spinning
reserve constraints", IBBB Tarnsactions on Power Sytems, Vol. 9, n°1, Février, 1994.

234
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

[BOL 93] M.H.J. Bollen, "Method for reliability analysis of industrial distribution systems",
IBB Proceedings-C, Vol. 140, n°6, Novembre, 1993.

[BOL 01] M.H.J. Bollen, "Bffects of adverse weather and aging on power system reliability",
IBBB Transactions on Industry Applications, Vol. 37, n°2, Mars, 2001.

[BRO 96] R.B. Brown, S. Gupta, R.D. Christie, S.S. Venkata, R. Fletcher, "Distribution
system reliability assessment using hierarchical Markov modeling", IBBB Transactions on
Power Delivery, Vol. 11, n°4, Octobre, 1996.

[BRO 98] R.B. Brown, J.R. Ochoa, "Distribution system reliability : default data and model
validation", IBBB Transactions on Power Systems, Vol. 13, n°2, Mai, 1998.
CD
OO
CN
CD [BRO 99] R.B. Brown, T.M. Taylor, "Modeling the impact of substation on distribution
CD reliability", IBBB Transactions on Power Systems, Vol. 14,n°1, Février, 1999.
C0
uen [BRO 01] R.B. Brown, "Modeling the reliability impact of distributed generation", IBBB
C>D PBS, 2001.
r^
oco
en
co [BRO1 02] R. B. Brown, "Blectric Power Distribution Reliability", Marcel Dekker, New
oo
1 York, US, 2002.
CD

[CAI 04] R. Caire, « Gestion de la production décentralisée dans les réseaux de distribution »,
mémoire de thèse préparé à l'Institut National Polytechnique de Grenoble, Avril, 2004.

[CAL 00] B.W. Callen, B. Johnson, R.S. Timsit, W.H. Abbott, "Bnvironnemental degradtion
of utility power connectors in a harsh envirionnement", IBBB Transactions on Components
and Packaging Technology, Vol. 23, n°2, Juin, 2000.

[DAV 98] M.W. Davis, A.H. Gifford, "Microturbines - An economic and reliability
evaluation for commercial, residential, and remote load applications", IBBB Transactions on
Power Bngineering, Octobre, 1998.

235
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

[DIA 98] B.N. Dialynas, N.D. Hatziargyrioy, N.C. Koskolos, B.S. Karapidakis, "Bffect of
high wind power penetration on the reliability and security of isolated power systems", Cigré,
session 1998, 1998.

[DUG 02] R.C. Dugan, "Distributed resources and reliability of distribution systems", IEBB,
2002.

[FIN 01] D. Finley, J. Horak, "Load shedding for utility and industrial power system
reliability", Basler Blectric Company, 2001.

[FOT 01] M. Fotuhi-Firuzabad, R. Billinton, S.O. Faried, "Transmission system reliability


evaluation incorporating HVDC links and FACTS devices", IBBB, 2001.
CD
OO
CN
CD [GAT 90] G. Gatine, A. Longchamp, "Distribution électrique à haute disponibilité", Cahier
CD Technique, n°148, Octobre, 1990.
C0
uen [IDB 01] S. Martino, « Réseau de distribution commun au GIE IDBA », Note technique IDBA
C>D NTe/IDBA/01/001/A, 2001.
r^
oco
en
co [KBS 86] P. Kessel, H. Glavitch, "Bstimating the voltage stability of a power system", IBBB
oo
1 Transaction on Power Delivery, Vol. 32, n°3, pp. 346-354, Juillet, 1986.
CD

[KIR 02] D.S. Kirschen, D.P. Nedic, "Consideration of hidden failures in security analysis",
14 PSCC, Juin, 2002.
th

[KOV 96] D.O. Koval, "Transmission equipment reliability data from canadian electrical
association", IBBB Transactions on Industry Applications, Vol. 32, n°6, Novembre, 1996.

[LBM 95] M. Lemaire, "Sûreté des protections en MT et HT ", Cahier Technique Merlin
Gerin, n° 175, Mars, 1995.

[LBV 01] V.A. Levi, J.M. Nahman, D.P. Nedic, "Security modeling for power system
reliability evaluation", IBBB Transactions on Power Systems, Vol. 16, n°1, Février, 2001.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

[LOG 99] S. Logiaco, "Btude de sûreté des installations électriques", Cahier Technique
Merlin Gerin, n°184, Janvier, 1999.

[MAR 02] S. Martino, « Stabilité des alternateurs », cours 3ème année BNSIBG option
PTDB, 2002.

[MBG 03] M. Megdiche, Y. Bésanger, J. Aupied, N. Hadjsaïd, "Reliability assessment of a


distributed system with dispersed generation including fault location and restoration
processes", CIRBD, Mai, 2003.

[MBG 04] M. Megdiche, Y. Bésanger, N. Hadjsaïd, "Reliability assessement of small isolated


cn
power systems including operating constraints", CRIS, Octobre, 2004.
CN
c
CD• [MOC 02] http://www.gfi.fr/french/oasys/french/grif/moca_description.htm
c
[PAN 00] J. Pan, Y. Teklu, S. Rahman, K. Jun, "Review of usage-based transmission cost
allocation methods under open access", IBBB Transactions on Power Systems, Vol. 15, n°4,
£ Novembre, 2000.
CO
CD
CO
O
[PAR 98] Y.M. Park, J.B. Park, J.U. Lim, J.R. Won, "An analytical approach for transactions
CD

costs allocation in transmission system", IBBB Transactions on Power Systems, Vol. 13, n°4,
Novembre, 1998.
[PUR 91] C. Puret, "Les réseau de distribution publique MT dans le monde", Cahier
Technique Merlin Gerin, n°155, Septembre, 1991.

[PHA 99] A.G. Phadke, "Handbook of Blectrical Bngineering Calculations", Marcel Dekker,
New York, US, 1999.

[RBP 99] The Application of Probability Methods Subcommittee, "The IBBB Reliability Test
System-1996", Transactions on Power Systems, Vol. 14, n°3, Août, 1999.

237
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

[RBP 01] Risk and Probability Applications Subcommittee, "The present status of
maintenance strategies and the impact of maintenance on reliability", IBBB Transactions on
Power Systems, Vol. 16, n°4, Novembre, 2001.

[RTB 02] RTB, "Mémento de la sûreté du système électrique", Bdition 2002.

[STI 00] R.H. Stillman, "Modeling the failure data of overhead distribution systems", IBBB
Transactions on Power Delivery, Vol. 15, n°4, Octobre, 2000.

[TBN 02] J.H. Teng, T.S. Luor, Y.H. Liu, "Strategic distribution generators placements for
service reliability improvements", IBBB, 2002.
CD
OO [TBC 01] Techniques de l'ingénieur, « Réseaux de transport et d'interconnexion de l'énergie
CN
CD électrique : réglage et fonctionnement », D4090.
CD

C0 [TBC 02] Techniques de l'ingénieur, « Conduite d'un système de production-transport »,


uen D4080.
C>D
r^
oco [TBC 03] Techniques de l'ingénieur, « Plan de défense des réseaux contre les incidents
en
co majeurs », D4807.
oo
1
CD
[TBC 04] Techniques de l'ingénieur, « Réseaux de distribution : exploitation », D4230.

[TBC 05] Techniques de l'ingénieur, « Protection des réseaux de transport et de répartition »,


D4805.

[TBC 06] Techniques de l'ingénieur, « Protection des réseaux », D4800.

[TBC 07] Techniques de l'ingénieur, « Protection des réseaux à moyenne tension de


distribution publique », D4810.

[TBC 08] Techniques de l'ingénieur, « Systèmes de téléconduite des postes électriques »,


D4850.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

[TEC 09] Techniques de l'ingénieur, « Protection des réseaux à basse tension de distribution
publique», D4815.

[TEC 10] Techniques de l'ingénieur, « Le secteur électrique : du monopole à la concurrence


», D4007.

[TEC 11] Techniques de l'ingénieur, « Sûreté de fonctionnement : méthodes pour maîtriser


les risques », D4670.

[TEC 12] Techniques de l'ingénieur, « Machines synchrones : fonctionnement en régime


permanent », D480.
CD
OO
CN
CD [THI 04] D. Thirault, « Architecture des réseaux de distribution pour l'électrification rurale
~3
CD des pays en voie de développement», mémoire de thèse préparé à l'Institut National
Polytechnique de Grenoble, Mars, 2004.
C0
uen
C>D [VIL 88] A. Villemeur, "Sûreté de fonctionnement des systèmes industriels », EYROLLES,
r^
oco Paris, 1988.
en
co
oo
1 [WAN 99] P. Wang, R. Billinton, "Time sequential distribution System reliability worth
CD

analysis considering time varing load and cost models", IEEE Transactions on Power
Delivery, Vol. 14, n°3, Juin, 1999.

[WAN1 00] P. Wang, R. Billinton, "Reliability cost/worth assessment of distribution systems


incorporating time-varying weather conditions and restoration resources", IEEE Transactions
on Power Delivery, Vol. 17, n°1, Janvier, 2002.
[WAN2 00] P. Wang, R. Billinton, L. Goel, "Probability distribution evaluation of
distribution system reliability indices using a time sequential simulation technique", IEEE
Transactions, 2000.

[WAN1 01] P. Wang, R. Billinton "Impacts of station related failures on distribution system
reliability", Taylor & Francis, Electric Power Components and Systems, 2001.
Sûreté de fonctionnement des réseaux de distribution

[WAN2 01] P. Wang, R. Billinton, "Time-sequential simulation technique for rural


distribution system reliability cost/worth evaluation including wind generation as alternative
power supply", IBB Proceedings on Generation Transmission Distribution, Vol.148, n°4,
Juin, 2001.

[WAN3 01] P. Wang, R. Billinton, "Reliability benefit analysis of adding WTG to a


distribution system", IBBB Transactions on Bnergy Conversion, Vol.16, n°2, Juin, 2001.

en
oo
CN
cD
CD

C0
uen
C>D
r^
oCO
CD
CO
oo
1
CD

240

Vous aimerez peut-être aussi