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Modélisation géométrique en CAO/DAO

Ce document traite de la modélisation géométrique en DAO et CAO. Il présente les différents types de modélisation 2D et 3D ainsi que leurs avantages et inconvénients respectifs.

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Modélisation géométrique en CAO/DAO

Ce document traite de la modélisation géométrique en DAO et CAO. Il présente les différents types de modélisation 2D et 3D ainsi que leurs avantages et inconvénients respectifs.

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Ecole Nationale Polytechnique d’Oran

« Maurice Audin »

Département de Génie Mécanique

Génie Mécanique

Conception Assistée par Ordinateur

2. La modélisation géométrique
en DAO et CAO
(Notes de cours)

Dr A. NOUREDDINE
La modélisation géométrique en DAO et CAO 2/15

SOMMAIRE

1. Introduction

1.1. DAO et CAO

1.2. Le modèle géométrique

2. La modélisation bidimensionnelle

2. 1. Introduction au 2D

2.2. La modélisation 2D

2.2.1. Définition
2.2.2. Avantages
2.2.3. Inconvénients

3. Les modélisations tridimensionnelles

3.1. Introduction à la 3D

3.1.1. Avantages
3.1.2. Inconvénients

3.2. La modélisation filaire

3.2.1. Définition
3.2.2. Avantages
3.2.3. Inconvénients

3.3. Les modélisations surfaciques

3.3.1. Définition
3.3.2. Avantages
3.3.3. Inconvénients

3.4. La modélisation volumique

3.4.1. Définition
3.4.2. Avantages
3.4.3. Inconvénients

Cours CAO - Productique mécanique – Dépt. Génie mécanique - ENP d’Oran A. NOUREDDINE
La modélisation géométrique en DAO et CAO 3/15

1. Introduction

Le domaine de la modélisation géométrique et du solide est la base de la CAO


mécanique et d'applications graphiques avancées. Il s'agit de représenter fidèlement des
objets et d'être capable, à partir de là de résoudre des problèmes géométriques,
physiques,.... et de représentation graphique. C’est une représentation d’objets réels du
point de vue de leurs propriétés géométriques (et non pas fonctionnelles).

Dans les années 70, les logiciels de CAO (Conception Assistée par Ordinateur)
n’étaient que des logiciels de DAO (Dessin Assisté par Ordinateur). Ils ont évolué petit à
petit grâce, d’une part à l’augmentation des performances du matériel informatique et
d’autre part à la recherche dans le domaine du logiciel. L’importance du modèle
géométrique 3D qui est le cœur des logiciels de CAO n’est plus à démontrer.

Les premières tentatives pour représenter des solides ont été dues à des problèmes
qui n’étaient pas directement liés à la CAO (on n’employait d’ailleurs pratiquement pas
ce terme à l’époque), mais à des contraintes spécifiques.
En effet, la nécessité de manipuler graphiquement des objets a rapidement conduit à se
poser le problème de leur représentation en machine.

Parmi les premiers systèmes basés sur la modélisation des solides, on peut citer,
dès le début des années 70, EUCLID, en France (CNRS) et EUKLID en Suisse. La
motivation des concepteurs d’EUCLID se trouvait dans la nécessité de disposer d’une
maquette virtuelle pour traiter des problèmes de soufflerie.

Aux Etats-Unis un certain nombre d’études ont été lancées, alors même que les
systèmes dits « clés en main », qui provenaient de ce même pays, ont conservé très
longtemps (y compris au début des années 80), une approche « fil de fer ». Le principal
projet est connu sous le terme PADL, et il reste indiscutablement l’approche la plus
formalisée de la modélisation des solides. Il a débouché sur des systèmes industriels,
parmi lesquels le plus caractéristique est probablement GMSOLID (General Motors).
D’autres développements (avec Hanratty, par exemple), bien que moins avancés d’un
point de vue formalisation, ont permis des implantations dans de nombreux systèmes
industriels (AN VIL, par exemple).

Le Japon, bien que relativement peu connu dans le domaine de la CAO, a vu se


développer, essentiellement dans le cadre universitaire, des modèles de solides, comme
GEOMAP, vers 1978, ou TIFS (avec une des premières approches comportant des
notions de boîtes), qui sont eux aussi des systèmes génériques.

Enfin, l’Europe a vu également se développer des projets autour de la


modélisation des solides, comme COMPAC ou ROMULUS.

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La modélisation géométrique en DAO et CAO 4/15

Parallèlement à ces projets se développaient, chez les fournisseurs de CFAO et


chez de grands utilisateurs, des systèmes répondant à des besoins spécifiques, le plus
souvent dans le domaine de la modélisation des surfaces. Ce fut tout particulièrement
vrai pour la modélisation des surfaces, avec les travaux de Coons, Bézier, De Casteljau
et d’autres, dont les avancées théoriques sont encore à la base des systèmes d’aujourd’hui.
D’autres développements, à l’Aérospatiale ou chez Dassault, allaient conduire à des
systèmes commercialisés par la suite (STRIM, CATIA, ...).

Il est à noter que les travaux sur les surfaces se sont longtemps développés de
manière totalement indépendante de ceux sur les solides. En réalité, ces deux approches
répondaient à deux grandes catégories de problèmes et ont fait appel à des méthodes de
résolution très différentes (« mathématique» pour les surfaces, « structure de données »
pour les solides). Ce fut également le cas pour des systèmes dont la vocation pragmatique,
au sens où ces systèmes étaient directement utilisables en bureaux d’études sans remettre
en cause les méthodes de travail, était évidente.

Plus particulièrement orientés vers le 2D (ou le 2D 1/2), ces projets ont débouché
sur des systèmes tels que CADAM (Lockheed). On peut remarquer enfin, que des
méthodes très actuelles (conception paramétrique, géométrie variationnelle), étaient déjà
présentes dans plusieurs travaux dès le début des années 1980.

Notons le fait que la plupart des algorithmes que l’on considère comme liés à la
modélisation géométrique ont été définis dès le début des années 1970, que ce soit pour
les aspects visualisation (les fondements de la plupart des algorithmes d’élimination des
parties cachées datent d’avant 1972) ou pour le calcul du résultat d’une opération
booléenne sur deux solides. Cela ne signifie pas que les solutions proposées aient été
parfaitement formalisées, mais elles avaient le mérite de fonctionner correctement.

1.1. DAO et CAO

Un logiciel de DAO peut-être considéré comme un logiciel à part entière ou


comme un module, intégré dans un ensemble, appelé logiciel de CAO.
Il est important de noter que les appellations les plus courantes actuellement distinguent
les logiciels de

 DAO pour les modèles bidimensionnels (2D)


ils ont une connaissance des objets limitée à des vues planes, sans relations entre
ces vues. Ils sont bien adaptés au dessin industriel. Certains outils (de type trait
de rappel) peuvent faciliter des relations partielles entre vues.

 CAO pour les tridimensionnels (3D)

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Ces modèles sont subdivisés en trois classes principales


 les modèles fil de fer (wireframe) : un objet est connu par ses sommets et
les arêtes qui joignent ces sommets;
 les modèles surfaciques : les surfaces d’un objet sont connues, mais pas
la matière;
 les modèles de solides: les objets sont parfaitement (au moins en théorie)
connus.

1.2. Le modèle géométrique

Le terme de modèle géométrique est entendu au sens d'un ensemble d'outils


mathématiques (en particulier géométrie analytique) permettant de définir
(géométriquement et topologiquement), dans la machine, la forme de ce qui sera un objet
ou un ensemble d'objets matériels (après fabrication).

 modèle paramétré
il est en général décrit par programmes. Il est évidemment surtout intéressant dans
le cas où l’on peut décrire des éléments en fonction de paramètres. Le paramétrage
interactif devient un aspect bien traité dans certains systèmes.
On ne conserve que la façon dont doit être construit l’objet en fonction de certains
paramètres. En général les objets paramétrés sont décrits par des programmes,
maintenant en interactif, auquel cas le modèle peut être du type « historique ».
Un objet particulier est donc simplement décrit par le modèle générateur de toute
la famille et des paramètres définissant cet objet en particulier.
 modèle mathématique
essentiellement appliqués aux courbes et surfaces.
Les courbes sont en général décrites par « morceaux ». Cette définition impose
des contraintes, par exemple pour les raccordements à rayon constant ou évolutif.
On utilise dans tous les systèmes des représentations sous forme polynomiale. De
nombreux travaux restent en cours sur ces représentations. Les deux types de
modèles les plus courants dans les systèmes de CFAO sont les courbes et surfaces
de Bézier, les courbes et surfaces B-spline.
Les modèles mathématiques sont intéressants car l’on peut déduire les propriétés
directement du modèle mathématique utilisé. Par exemple, on choisira une
approche B-spline ou Bézier suivant le type d’application (de nombreux
paramètres permettent cependant de faire varier l’influence du contrôle dans les
deux cas).

 modèle CSG (Constructive Solid Geometry)

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la donnée est une collection de formes primitives telles que demi-espaces, sphères,
cylindres, domaines limités par des surfaces NURBS (Non-Uniform Rational
Basis Splines) et une suite d'opérations booléennes (union, intersection,
différence). Ce modèle est appelé ainsi parce qu’il peut être représenté par un
arbre, bien qu’un modèle plus général soit de type réseau. En général, on trouve
aux feuilles de l’arbre les objets primitifs paramétrables et aux nœuds les
opérations. A chaque nœud correspond un objet, même si celui-ci n’est pas
réellement « calculé ». En fait, plutôt que de parler d’arbre de construction il
vaudrait mieux parler de « conservation de l’historique ». Il y a une volonté de
conserver une information «générique ». Ces modèles ont été introduits depuis
relativement peu de temps dans les systèmes de CAO. Ils sont assez souvent
limités aux opérations booléennes et ne prennent pas forcément en compte tous
les types d’objets (figure 2.1).

 modèle BRep (pour Boundary Representation)


la donnée est une collection de morceaux de surfaces normalement orientées,
censés constituer le bord de l'objet. On pourrait résumer ce modèle en disant que
le système conserve la « peau » de l’objet et sait, dans la modélisation solide, de
quel côté est la matière (figure 2.2).

U

Union Intersection

Différence

Figure 2.1. Opérations booléennes sur solides dans le modèle CSG

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Figure 2.2. Modélisation B-Rep

Il existe d’autres modèles comme le modèle spatial, mais étant très peu utilisés
industriellement, il ne sera pas abordé dans ce cours.

2 – La modélisation bidimensionnelle

2. 1. Introduction au 2D

Le DAO permet de représenter un objet matériel de manière simple, en utilisant


les techniques classiques du dessin industriel. Ce modèle représente donc la pièce par ses
contours. Ce type d'outils est destiné à des dessinateurs industriels, en tant qu'outils de
production de plans. Dans ce type de logiciels, le dialogue homme-machine utilise
largement le vocabulaire et le processus mental de ce métier.

Il est important de noter que souvent, beaucoup de logiciels de CAO sont utilisés pour
leurs fonctions de DAO.

2.2. La modélisation 2D

2.2.1. Définition

C'est la plus simple des modélisations. Elle permet la création et la manipulation de


dessins techniques.
C'est un outil de traitement de dessins qui gère des points et des lignes sans aucune notion
de pièce (au sens mécanique du terme) comme un traitement de textes gère des caractères
alphanumériques sans notion concernant le sens du texte.

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Si l'on veut transmettre d'autres informations, elles doivent être explicitement indiquées
(par exemple le volume d'une pièce, le nombre de vis d'un ensemble...)

2.2.2. Avantages

Le 2D correspond au travail du dessinateur (pour des études simples). Il utilise les mêmes
méthodes de travail, ce qui en facilite l'apprentissage.
Il facilite grandement les manipulations de dessins : que ce soit du transfert ou de la
modification.

Les facilités de modification induisent deux avantages importants :

 rendre utile et productive la constitution d'une bibliothèque des pièces déjà


existantes. De plus (si la base de données des pièces est correctement structurée)
cette bibliothèque sera effectivement utilisée par les dessinateurs car il est plus
facile et rapide de modifier localement que de redessiner complètement (comme
il est nécessaire de le faire sur une planche à dessin) ;

 permettre une amélioration de la « justesse » des plans. Quand on modifie un tracé,


il est facile de modifier la cote en même temps (si le logiciel ne le fait pas lui
même). Les facilités de transfert et copie induisent, elles aussi, deux avantages
importants :

 permettre un gain de temps appréciable pour la constitution des plans de


détail (à partir du plan d'ensemble préalablement stocké dans la machine);

 faciliter « le remontage sur plan » du mécanisme à partir des dessins de


définition. Les sorties papier sur tables traçantes permettent d'améliorer la
qualité des tracés et des écritures. A partir de là, il est possible de créer un
standard. Il est important de noter que le 2D est très souvent indispensable
pour l'habillage et la cotation des plans.

2.2.3. Inconvénients

La création d'un plan d'ensemble prenait plus de temps que sur la planche à dessin. Mais
cette différence tend à disparaître (et même à s'inverser) grâce à l'augmentation de rapidité
et de capacité mémoire des nouveaux matériels.
Par exemple, dans les années 80, avec un PC/XT (8086), le «temps-DAO» est
couramment égal à 120-125 % du «temps-planche».
Avec un PC/AT (80286), ce temps descend à 100-120 % et avec un PC équipé d'un
80386, il est possible d'atteindre 80-90 % du « temps-planche ». Avec la puissance des

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PC actuels, le dessin-planche n’est pratiquement plus utilisé. En outre, ces logiciels ne


permettent aucune relation entre les différentes vues d'une même pièce ou d'un même
mécanisme. C'est ce qui les a souvent fait appeler «planches à dessin électronique».

3. Les modélisations tridimensionnelles

3.1. Introduction à la 3D

Il existe trois types de modélisation 3D : filaire, surfacique et volumique. Ces


modélisations permettent une représentation « réelle » des objets. Elles apportent une aide
très précieuse quand la complexité des formes et/ou des représentations de ces formes
devient trop importante pour la méthode classique du dessin technique utilisée en 2D.
Une des contradictions importantes que doivent résoudre les modélisations
tridimensionnelles est la nécessité d'une représentation, la plus réelle possible, des objets
et la nécessité d'un temps de réponse le plus réduit possible (pour l'affichage à l'écran).
Une solution est de faire varier la modélisation et/ou la représentation utilisée en fonction
du stade d'avancement des travaux où elle intervient. Par exemple, dans un même logiciel,
peuvent exister plusieurs types de modélisations : filaire et surfacique ou surfacique et
volumique, et différentes représentations : traits ou images (ombrées, colorées)
(figure2.3).

filaire surfacique volumique

Figure 2.3. Les différents types de modélisation 3D

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3.1.1. Avantages

Le 3D permet souvent de diminuer (ou d'éviter) l'étape coûteuse (et fastidieuse) de la


maquette. Ceci grâce aux caractéristiques suivantes :

 Les visualisations possibles


Il est possible de visualiser l'objet sous différents angles ; l'utilisateur définit lui-
même les directions d'observation qu'il désire, et ceci d'une manière simple.
Suivant le modèle et le logiciel, il est également possible de faire varier le type de
représentation (ombrage, élimination des arêtes cachées...). Mais il faut noter que
le 3D (les logiciels eux-mêmes ou leur utilisation) ne doit pas se limiter à faire de
«belles images».

 L'ouverture du modèle
L'ouverture du modèle permet la connexion avec des logiciels spécifiques en vue
de réaliser différentes applications ou opérations telles que calculs de structures,
élaboration de gammes d'usinage, programmation de machines-outils à
commande numérique...

3.1.2. Inconvénients

La modélisation 3D présente un certain nombre d’inconvénients, surtout en ce qui


concerne :

 Les coûts
Les logiciels 3D coûtent plus cher que les 2D.

 Les temps
Ces logiciels possèdent un nombre de commandes plus important et sont
d'utilisation plus complexe ; ils demandent de ce fait souvent un temps
d'apprentissage plus long que le 2D. Ils demandent aussi un temps d'adaptation
plus important car ils apportent des changements plus profonds dans les méthodes
de travail.

 Les applications
Les logiciels 3D ont une gamme d'applications différente du 2D. Le choix de ces
applications doit être sérieusement étudié sous peine de se révéler très pénalisant
pour l'utilisateur, essentiellement en temps et en motivation.

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3.2. La modélisation filaire

3.2.1. Définition

Cette modélisation appelée aussi linéique, treillis, ou fil de fer (wireframe), est le premier
niveau de modélisation dans l'espace. Elle utilise les mêmes entités géométriques que le
2D, en y ajoutant la troisième dimension. Elle est donc basée sur des points et des lignes.
L'objet est décrit par ses sommets (points) et ses arêtes (lignes qui relient ces sommets).
Pour gérer la notion de pièce, on ne pourra utiliser que des points appartenant aux arêtes
car ce sont les seuls repérables.

3.2.2. Avantages

Cette modélisation permet la représentation « réelle » d'un objet dans l'espace. Les erreurs
d'interprétation sont diminuées (du fait des compléments d'informations apportés par la
troisième dimension). Elle permet donc de traiter des géométries plus complexes que le
2D.

3.2.3. Inconvénients

Cette modélisation ne comporte pas les notions de surface et de volume bien que la
visualisation obtenue puisse en donner « l'idée ». Il n'y a donc pas d'élimination
automatique des arêtes cachées. Elle doit être faite manuellement par l'utilisateur et cela
peut apporter des ambiguïtés au niveau de la compréhension de la géométrie de la pièce.
Pour des pièces d’une relative complexité, on se trouvera vite confronté à des problèmes
de lecture de dessin, celle-ci devenant difficile au-delà d'une certaine densité de traits (qui
est, en général, vite atteinte).

3.3. Les modélisations surfaciques

3.3.1. Définition

Cette modélisation est le premier outil du concepteur de formes car elle prend en compte
la notion de surface dont elle permet la représentation et la manipulation.
Un objet est défini par son enveloppe, ses surfaces-frontières. On gère les intersections
de surfaces et on applique des règles de contrôle topologique (ouvert/fermé,
intérieur/extérieur) pour « créer » des objets. C'est le premier niveau de modélisation qui
permet de traiter les parties cachées.
Il existe deux types de modélisation surfacique : par facettes planes et par surfaces
gauches.

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 Par facettes planes


C'est la méthode la plus couramment utilisée en surfacique. L'objet y est
représenté par des facettes. On habille une structure filaire avec ces facettes
polygonales planes (ou « carreaux »). Il est possible d'obtenir une visualisation
correcte de l'objet en utilisant un grand nombre de facettes.

 Par surfaces gauches


Cette méthode est employée quand la surface à définir est trop complexe pour être
définie par des surfaces simples (planes, cylindriques, sphériques, coniques...). La
surface à définir l'est alors par des fonctions polynomiales paramétrées.
L'utilisation de ces fonctions donne une excellente approximation de la surface
réelle (et permet aussi l'obtention à l'écran de son profil apparent). Son utilisation
est indispensable pour la commande numérique, car on connaît
mathématiquement tout point de la surface.

3.3.2. Avantages

 Du surfacique en général
Cette modélisation permet une définition précise de la surface de l'objet, ainsi que
des intersections de surfaces. Elle procure une nette amélioration de la
visualisation, principalement par la possibilité d'élimination automatique des
arêtes cachées.
C'est un niveau suffisant pour accéder à des calculs complexes dans de nombreux
domaines.

 Du surfacique à facettes
Elle permet de modéliser n'importe quel solide, avec relativement peu de calculs.
Elle convient très bien pour des calculs de structure.

 Du surfacique gauche
Elle permet la définition des surfaces complexes qu'elle modélise bien. On peut
connaître tout point de la surface et de plus, il y a la possibilité d'avoir la notion
de matière (par exemple par la normale orientée à la surface). Elle est donc
indispensable pour la conception des surfaces complexes.
Elle est aussi indispensable pour l'usinage par commande numérique (définition
mathématique des surfaces).
Par rapport à la modélisation par facettes, elle apporte une nette amélioration de
la visualisation (en particulier par les possibilités d'ombrage et de coupe). Ce qui
permet d'introduire des notions d'esthétique dans la représentation de la pièce.

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3.3.3. Inconvénients

 Du surfacique en général
Cette modélisation n'est pas toujours bien adaptée à la conception d'éléments de
machines. Les temps de réponse sont importants pour l'élimination des arêtes
cachées.

 Du surfacique à facettes
Ce modèle est difficilement utilisable pour l'usinage par commande numérique,
principalement pour des questions de temps de calcul. En effet, pour obtenir une
surface « lisse », on doit réduire la taille des «carreaux», donc augmenter leur
nombre, donc la durée des calculs.

 Du surfacique gauche
En ce qui concerne les objets complexes, les temps de réponse sont très
importants.

3.4. La modélisation volumique

3.4.1. Définition

C'est la modélisation la plus complète car elle englobe les deux précédentes (arêtes et
surfaces). Elle permet la représentation dans l'espace, avec la notion de matière.
Pour créer un objet, le 3D volumique :

 Utilise des primitives volumiques


Les primitives volumiques sont des volumes simples qui sont stockés en
bibliothèque, dans laquelle l'utilisateur va « piocher » selon ses besoins. Les
primitives les plus courantes sont parallélépipède, cylindre, sphère, cône,
pyramide, tore, polyèdres... En théorie, il faudrait une infinité de primitives pour
créer une pièce complexe. De plus on peut en créer de nouvelles (selon les besoins
spécifiques). Elles sont stockées en bibliothèque et sont utilisables au même titre
que les primitives initiales.

 Assemble les primitives volumiques par des opérateurs logiques


Les opérateurs logiques sont les opérations booléennes classiques (union,
intersection, différence). Ils permettent de combiner les primitives pour créer des
solides plus complexes.

 Manipule les primitives volumiques par des opérateurs géométriques

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Les opérateurs géométriques sont des transformations géométriques classiques.


Les principales sont : translation, rotation, symétrie, homothétie...

 Conserve les étapes de la construction et présente une visualisation.


Une variante de visualisation souvent utilisée est la représentation approchée par
facettes. Cette approximation permet de réduire les temps de réponse d'une
manière importante. Ce qui est particulièrement intéressant pour les traitements
nécessitant des grands temps de calcul. Il est important de noter que la
représentation de l'objet est exacte dans la base de données, seule sa représentation
à l'écran est approchée.

3.4.2. Avantages

Ce modèle apporte la connaissance de la notion de matière. Il donne une définition exacte


et non ambiguë de l'objet, ce qui en fait le modèle préféré des concepteurs d'éléments de
machines.
Il facilite la conception car il permet de concevoir des dispositifs ou des ensembles qui
peuvent être complexes. Et il permet de le faire exactement comme on imagine en suivant
le processus mental du concepteur (alors que le 2D suit le processus mental du
dessinateur).
D'autres facilités de conception sont apportées par la possibilité de prendre en compte les
notions de montage, d'esthétique, de faisabilité...
De plus, il améliore la visualisation de l'objet en déterminant les intersections de volumes
et les perspectives (extérieures et intérieures).
Les perspectives extérieures donnent des informations sur le contour apparent de l'objet,
son aspect extérieur, son encombrement... Les perspectives intérieures donnent des
indications sur les formes internes, les aménagements, les possibilités de montage...

3.4.3. Inconvénients

L'interface homme-machine est difficile d'utilisation car elle requiert de la part de


l'utilisateur une vision spatiale intégrale amenant celui-ci de l'espace vers les projections
planes ce qui va à contre-courant de la formation initiale d'un concepteur dont tout
l'apprentissage a consisté à concevoir dans des plans de projection pour en déduire le
volume de l'objet.

Ce modèle ne convient pas pour les dessins d'exécution. Jusqu'à présent, il ne convenait
pas non plus pour la commande numérique car il conduit à faire des approximations sur
la géométrie des pièces. Mais cette barrière semble être levée par l'apparition de logiciels
3D volumique avec «sortie» en commande numérique ceci se réalisant grâce à une
«conversion» en surfacique transparente pour l'utilisateur.

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Bibliographie

« Les modélisations géométriques utilisées dans les logiciels de DAO/CAO »


Philippe Vanackère
Actes du colloque « L'intégration de l'informatique dans l'enseignement et la formation
des enseignants »du 28-29-30 janvier 1992.

« Conception, modélisation géométrique et contraintes en CAO : Une synthèse »


Robert Maculet, Marc Daniel, Rapport de Recherche LSIS-2003-005 Laboratoire des
Sciences de l’Information et des Systèmes, UMR CNRS 6168 Equipe LXAO ESIL

« Algorithmique et CAO » et « Topologie différentielle »


Cours DDESS Ingénierie Mathématique, Université de Paris Sud, 2002, 2003

« LA CFAO »
Y. Gardan, Hermès, 1991

« Modélisation et construction de surfaces pour la CFAO »


J. C. Leon, Hermès, 1991

« Méthodes mathématiques pour la CAO »


J. J. Risler, Masson, 1991

« L’utilisation des courbes et surfaces en CAO »


P. Bézier, Hermès, 1988

« Basics CAO DAO »


Jan Krebs, Birkhäusen, 2007

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