Les coûts partiels:
Le Direct costing
et le Direct costing amélioré
Plan
Introduction
I- Notions de base
1- La double classification des charges
2- Coût fixe et coût variable
3- Le schéma de base des méthodes des coûts
partiels
La 1ère partie: Le Direct costing
1- Définition
2- Principes de la méthode
3- Application
4- Avantages de la méthode
5- Problèmes de mise en place et limites de la
méthode
Suite du plan
La 2ème partie: Le Direct costing amélioré
1- Définition
2- Principes de la méthode
3- Application
4- Avantages de la méthode
5- Problèmes de mise en place et limites de la
méthode
Conclusion
Introduction
L’une des plus fortes critiques adressées à la
méthode des coûts complets est qu’elle fait
supporter la totalité des charges enregistrées
par une entreprise au cours d’une période aux
seuls produits qu’elle fabrique. Aussi vaut-il
mieux recourir parfois à des méthodes de coûts
partiels qui n’intègrent qu’une part bien définie
des charges totales : on détermine alors une
marge mesurant la capacité contributive des
produits aux charges communes.
Le coût d’un produitest la somme de la valeur des
ressources (charges) utilisées pour fabriquer ce
produit. Par analogie,
un coût partielest une
partie du coût global du produit (c'est-à-dire une
partie de son coût complet).
La marge d’un produit est la différence entre le
revenu tiré de ce dernier et une partie de son
coût (coût partiel). La méthode des coûts partiel
part donc du principe que les produits fabriqués
par l’entreprise génèrent des marges (et non des
résultats) qui contribuent à couvrir une masse de
charges (charges fixes communes).
C’est une méthode prévisionnelle qui permet de :
Connaître la contribution de chaque produit à la
couverture des charges fixes ;
Mesurer la rentabilité de chaque produit et
identifier ceux qui sont les moins rentables ;
Calculer le seuil de rentabilité (chiffre d'affaires
pour lequel les charges fixes sont entièrement
couvertes par la somme des marges dégagées
par chaque produit).
Notions de base
1. La double classification des charges
Le choix entre ces différentes méthodes de coûts partie
dépend de importance
l' relative
des différents types de
charges et de lanature des décisionsà prendre.
2. Coût fixe et coût variable
Un coût variable ou opérationnel est un coût
comprenant exclusivement des charges
variant avec l’activité sans qu’il y ait
nécessairement une proportionnalité exacte.
Un coût fixe ou de structure est généralement
indépendant du niveau d’activité et
irréversible à court terme puisqu’on ne peut
en modifier le montant une fois qu’il a été
engagé. En réalité, il varie par pallier.
Prenons un exemple. Une machine valant 50000
dhs, amortissable linéairement sur 5 ans, permet
de fabriquer une ou deux séries à l’heure. La
dotation aux amortissements est une charge fixe:
que l’on fabrique une ou deux séries, la charge
est de 10000 dhs. Mais si on souhaite augmenter
la production et fabriquer plus de deux séries à
l’heure (3 ou 4), la charge fixe passe un palier
pour s’établir à 20000 dhs, correspondant à
l’acquisition d’uneème2 machine de mêmes
caractéristiques techniques.
Les charges variables sont considérées comme des
charges d’exploitation, tandis que les charges
fixes sont des charges de période qui doivent être
couvertes par la marge sur coût variable.
3- Le schéma de base des méthodes des coûts
partiels
En retranchant à la somme des marges les charges
communes, on obtient un
résultat global
:
Résultat = marges - charges communes
La notion derésultatn'est employée que lorsquetotalité
la
des coûtsa été rapportée à son objet: résultat par
produit, par commandes, etc.
On aboutit alors au schéma de base qui
constitue la trame des différentes méthodes
de coûts partiels:
Ainsi, Les produits dégagent des marges (et non
des résultats) qui contribuent à couvrir une
masse indifférenciée de charges non réparties
(charges fixes communes, etc.).
On appellemargela différence entre le prix de
vente et un coût partiel; il existe autant de
marges que de coûts partiels: marge sur coûts
variables, et marge sur coûts spécifiques.
Toutes les analyses ou décisions de gestion se
feront à partir des marges ainsi dégagées.
Le Direct costing
1- Définition :
Cette méthode a été développée dans les années
cinquante aux États-unis sous le nom de « Direct
Costing ». C’est une méthode comptable qui
n’incorpore aux coûts que les seules charges
variables, à l’exclusion de toute charges fixes.
Par cette méthode, la comptabilité de gestion met en
évidence les marges sur coût variables, par produi
et pour l’ensemble de l’entreprise.
2- Principes de la méthode
Charges Charges indirectes
directes
Charges fixes Exclues Exclues
Charges variables À affecter À imputer
a- Charges retenues pour le calcul des coûts
On ne retient donc dans le calcul des coûts que
les seules charges variables, à l’exclusion de
toute charge fixe.
Les charges variables retenues sont tout à la fois:
Les charges variables directes;
Les charges variables indirectes.
b- Résultats analytiques obtenus en application de la
méthode
Les résultats analytiques correspondent à une marge
entre le prix de vente et le coût variable. On ne les
appelle donc pas bénéfices ou pertes, mais marge
sur coût variableou contributions (sous-
entendu:contributions apporté à la couverture des
charges fixes).
c- Résultat global de l’entreprise
Les stocks sont évalués en coûts variables et non
en coûts complets.
Pour obtenir le résultat global les charges fixes ne
sont pas imputées.
3- Application
Une entreprise fabrique trois types de produits P1, P2,et P3
pour lesquels les données sont les suivantes pour le mo
de Février N: (en milliers de dhs)
Éléments de l’analyse
P1 P2 P3 Totaux
Chiffres d’affaires 1000 5000 3000 9000
Charges variables 900 3200 2000 6100
Marges sur coût 100 1800 1000 2900
variable
Charges fixes 2000
Résultat courant 900
4- Avantages de la méthode :
Les coûts variables sont fiables et précis
Les charges fixes indirectes ne peuvent être imputées, par
nature même, de façon satisfaisante.
En les excluant, la méthode des coûts variables améliore
la fiabilité et la précision des coûts, par rapport à la
méthode des coûts complets.
Les coûts unitaires ne sont pas affectés par les
variations du niveau d'activité
C'est l’un des intérêts principaux de la méthode. De ce fait,
il est beaucoup plus faible de rechercher l'influence des
autres facteurs qui sont à l'origine de l'évolution
des coûts. c'est-à-dire :
Les variations des prix et des rémunérations,
Les variations de la productivité.
l'efficacité de l'organisation et de la gestion.
Raisonner à partir de la marge sur coûts variable
est commode, et parfois même indispensable po
certains problèmes
Le calcul du seuil de rentabilité de l’entreprise suppo
la connaissance des M/CV et des frais fixes globa
Le contrôle des charges fixes
En appliquant cette méthode, les charges fixes seron
isolées et elles pourront être surveillées bien plus
efficacement que si elles sont réparties entre les
coûts de chaque produit ou activité de façon souve
artificielle.
Évaluation d’un résultat prévisionnel
5- Problèmes de mise en place et
limites de la méthode
La distinction entre charges fixes et charges variables n’est pas toujours facile.
Les coûts variables moyens ne sont pas une bonne référence pour la fixation des prix d
vente.
Par suite des évolutions économiques et sociales, les charges variables sont de moins e
moins nombreuses.
Le Direct costing amélioré
1- Définition :
La méthode des coûts spécifiques ou « direct
costing évolué » constitue une évolution de la
méthode des coûts variables.
La méthode du coût spécifique est une méthode
comptable qui incorpore aux coûts, non
seulement les charges variables, mais aussi les
charges fixes spécifiques qui peuvent être
rattachées sans arbitraire. Les charges fixes
communes à plusieurs produits ou activités
restent seules exclues des coûts.
2- Principes de la méthode
Charges Charges indirectes
directes
Charges fixes À affecter Exclues
Charges variables À affecter À imputer
a- Charges retenues pour le calcul des coûts
On ne retient donc dans le calcul des coûts que les
charges variables et les seules charges fixes
directes.
b- Résultats analytiques obtenus en application de
la méthode
Les résultats analytiques correspondent à une
marge entre le prix de vente et le coût
spécifique. On les appelle donc marge sur coût
spécifique ou contributions (sous-
entendu:contributions apporté à la couverture
des charges fixes communes ou indirectes).
c- Résultat global de l’entreprise
Les stocks sont évalués en coût spécifique et
non en coûts complets.
Les charges fixes indirectes sont répartis
globalement pour la détermination du résultat.
Le résultat de l’entreprise est présenté dans un
compte d’exploitation analytique en coûts
spécifiques
Tableau du mécanisme du direct costing évolué
3- Application
Reprenons l’application précédente, et supposons que les
charges fixes spécifiques sont de:
150 000 pour P1-210 000 pour P2- et 190 000 pour P3.
Éléments de l’analyse
P1 P2 P3 Totaux
Chiffres d’affaires 1000 5000 3000 9000
Charges variables 900 3200 2000 6100
Marges sur coût variable 100 1800 1000 2900
Charges fixes spécifiques 150 210 190 550
M/CV et CF spécifiques -50 1590 810 2350
Charges fixes 1450
Résultat courant 900
4- Avantages de la méthode :
Les coûts spécifiques sont fiables et précis
En effet, comme on l’a déjà dis ce sont les coûts
variables majorés des charges fixes directes qui, pa
définition ne posent aucun problème d‘affectation.
Les coûts spécifiques unitaires contrairement
coûts variables sont affectés par les variation
du niveau d'activité
Cela résulte, naturellement de l’incorporation des
charges fixes directes.
L’étude des seuils de rentabilité par produit o
activité implique un raisonnement à partir des
charges spécifiques
Ainsi, les calculs des points morts doivent se faire su
la base des M/CV et des charges fixes spécifiques
Le contrôle des charges fixes
En appliquant cette méthode, les charges fixes
pourront être surveillées efficacement.
Elle intègre plus de charges que la méthode
des coûts variables.
5- Problèmes de mise en place et
limites de la méthode
les limites de cette méthode sont:
La distinction entre charges fixes et charges variables n’est pas toujours facile.
Pas plus que les coûts variables, les coûts spécifiques ne sont pas une bonne référence
pour la fixation des prix de vente.
Cas pratique
la société Coblenz
1- Le coût variable:
La société Coblenz fabrique et commercialise trois
lignes de produits A,B et C. Le calcul des coûts
de revient complets pour la période de référence
a permis de déterminer un résultat par produit :
Le directeur se demande s'il doit abandonner l'une d
lignes de produits déficitaires, en faveur de quel
produit mettre en oeuvre une politique commercial
plus active et comment apprécier le travail des troi
responsables de produits ? Ces derniers lui
expliquent fréquemment qu'ils ne peuvent assume
certaines charges de structure dont ils n'ont pas
l'entière maîtrise.
Conscient d'un certain arbitraire dans la répartition d
frais fixes (difficultés de trouver des unités d'oeuvr
satisfaisantes dans les centres d'analyse) qui ne lu
permet plus d'évaluer correctement la profitabilité
ses produit, ni de juger objectivement de la
performance des différents responsables
Le directeur à demandé à ses comptables d'établir un
nouveau compte d'exploitation analytique plus
opérationnel, basée sur la méthode des coûts
variables :
Celui-ci démontre que l'abandon d'une des lignes
de produits (A ou B) entraînerait une diminution
du résultat global. En effet, si l'on abandonne la
ligne A, la société Coblenz se prive d'une marge
positive de 600, sans aucune économie de
charges en contrepartie, puisque les charges de
structure sont supposées fixes.
2- Le coût spécifique :
L'importance des charges fixes a conduit la société
Coblenz à les analyser plus finement: sur les 1 400
de charges fixes, 600 peuvent être considérées
comme directes et imputées aux différents produits.
Le compte d'exploitation analytique se trouve ainsi
modifié:
3- Prolongement :
Toutefois, les "charges fixes communes" représentent
encore 28,6% des coûts. Dans un univers très
concurrentiel, il peut être contestable de les subir
passivement. C'est pourquoi l'ordre des experts
comptables préconise d'inclure dans les coûts
spécifiques, une partie des charges fixes indirectes,
celles pour lesquelles on a été en mesure de définir
une unité d'oeuvre physique, suffisamment fiable et
représentative de l'activité du centre. C'est parfois le
cas des frais fixes de production ou de distribution.
Supposons, dans notre exemple, qu'une partie des
charges fixes indirectes, appartenant au cycle de
production et de distribution, puissent être
raisonnablement imputées aux trois produits. Le
compte d'exploitation pourrait alors prendre la
forme suivante :
Conclusion
En guise de conclusion et selon l’analyse faite on peu
avancer que cette méthode se caractérise par :
L’exactitude: Il n’y a pas de problème de répartition,
comme la méthode de coûts complets.
La justesse temporelle: les coûts fixes n’arrivent pas en
même temps que les coûts variables.
La facilité pour calculer l’impact d’une suppression
d’activité.
Elle est pratique si les coûts variables ou les coûts directs
sont importants.
Bibliographie
Techniques quantitatives de gestion:
comptabilité de gestion, tome 3 de C. Pérochon,
éditions Foucher 1996.
Encyclopédie de gestion, tome 1, sous la
direction de Y. Simon et P. Joffre, éditions
Economica 1997.
Comptabilité analytique de gestion, de L.
Dubrulle et D. Jourdain, 4ème édition 2003.
Comptabilité analytique, calcul et maîtrise des
coûts, de S. Kabbaj et S. Youssef. Edition Al
Maarifa Marrakech 2003.
Webographie
www.scribd.com
www.ens.univ-rennes1.fr
www.logistiqueconseil.org