février 2005
FICHE RADIOPROTECTION ED 4236
RADIOLOGIE Cette fiche fait partie
d’une série fournissant
INTERVENTIONNELLE une synthèse des
en milieu médical (hors scanner) connaissances utiles
Actes longs (scopie cumulée > 300 s et pouvant en radioprotection, réalisée
atteindre plusieurs dizaines de minutes) par types d’activités.
Chaque fiche présente
les différentes procédures, les
Définition : actes à visée diagnostique ou thérapeutique réalisés avec la présence obli-
gatoire d'un intervenant à proximité du patient et nécessitant un temps de travail sous types de dangers spécifiques,
scopie supérieur à 300 secondes, exemples : dérivation et endoprothèse biliaire, embo- l’analyse des risques et leur
lisation, dilatation vasculaire ou pose d’endoprothèse, procédures diagnostiques dans
évaluation ainsi que les
certains cas (artériographie cérébrale ou médullaire avec cathétérisme sélectif… ).
méthodes de prévention.
Dans le cadre de l’optimisation de la radioprotection, on s’attachera à utiliser une
installation permettant de positionner le tube à rayons X sous la table.
Une fiche rappelle les textes
L’utilisation d’installations de radiologie doit faire l’objet d’une déclaration auprès du
préfet du département qui doit être renouvelée tous les 5 ans, à l’exception des appa- de loi et la réglementation
reils classés « équipements lourds » (angiographie numérisée) pour lesquels une auto- concernant la
risation du ministère chargé de la Santé est requise (autorisation délivrée par la
radioprotection dans le
DGSNR : Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection). De plus, la
mise en service puis l’exploitation des installations sont subordonnées à la réalisation domaine médical
des contrôles réglementairement prévus. (ED 4231).
Ce document a été réalisé par
1. PERSONNEL CONCERNÉ un groupe de travail auquel
L’ensemble de ces dispositions s’applique aux salariés de l’établissement, aux travailleurs ont participé l’ASN (Autorité
indépendants et aux salariés des entreprises intervenantes. Ces dispositions imposent de sûreté nucléaire), la DRT
une coordination des mesures de radioprotection entre les différents intervenants qui
est assurée par le chef d’établissement où sont mises en œuvre les installations. (Direction des relations du
travail), l’IRSN (Institut de
Médecins (opérateurs).
radioprotection et de sûreté
Médecins anesthésistes.
nucléaire) et l’INRS (Institut
Manipulateurs, infirmiers (IDE, IBODE, IADE… ).
national de recherche et de
Étudiants. sécurité). Voir la composition
du comité scientifique sur la
fiche ED 4231.
2. DÉROULEMENT DES PROCÉDURES
Seul le personnel indispensable à l’acte reste à proximité du patient pendant l'émis-
sion de rayons X.
Le port des équipements individuels de protection est obligatoire.
Le reste du personnel dont la présence est nécessaire dans la salle doit se tenir der-
rière un paravent de protection radiologique pendant l'émission de rayons X.
Si la présence d'une autre personne est nécessaire auprès du - des méthodes de travail et du type d'actes (proches ou éloi-
patient (maintien du patient… ), cette personne doit alors porter gnés) : exposition des opérateurs, en particulier des mains et
tous les équipements individuels de protection nécessaires. du visage ;
- des niveaux d'exposition estimés par des dosimètres indivi-
duels (opérationnels, dits « actifs », ou passifs) et d'ambiance,
en veillant pour ces derniers à ce qu’ils soient réellement repré-
3. DANGERS sentatifs de l’exposition des opérateurs (l’utilisation de radia-
mètres pour effectuer des mesures en direct est souhaitable).
Résultats des contrôles de radioprotection de l'installation (à
Rayonnement direct Rayonnement diffusé
la mise en service puis périodiquement).
Faisceau provenant directement du La source essentielle est le patient.
Les mesures de réduction les plus Type d'installation, emplacement et positionnement du
tube à rayons X.
efficaces sont la limitation du tube.
champ d'entrée à la zone utile
Rappel : le tube à rayons X hors Statistique de l'exposition du personnel sur le poste.
(diaphragme et localisateur) et la
fonctionnement (mais éventuelle- position du tube. L'opérateur doit
ment sous tension ) ne constitue pas se tenir aussi loin que possible du
une source de rayonnement. champ d'entrée.
2. Délimitation des zones contrôlées et surveillées
Ces zones, définies par l'employeur après avis de la PCR, sont
intermittentes et n'existent que lors des émissions de rayonne-
ments.
Compte tenu des conditions habituelles de pratique de la
4. IDENTIFICATION DU RISQUE radiologie interventionnelle, la salle doit être classée en zone
RAYONNEMENT IONISANT contrôlée. Il est toutefois possible de revoir, au moins partielle-
ment, ce classement au vu des résultats de l’étude de poste
détaillée réalisée par la PCR, sur la base des conditions norma-
Rayonnement direct Rayonnement diffusé
les de travail incluant les incidents prévisibles.
En principe aucun risque d’expo- Risque d’exposition pour toute
La PCR appuiera notamment sa décision sur :
sition pour le corps entier si les personne présente dans la salle et
contrôles réglementaires sont non protégée par un paravent de - les résultats des mesures de dose ou de débits de dose ;
effectués (cf. § 6.2) et si les règles de protection radiologique.
- la charge de travail : nombre et type d’actes par semaine,
bonnes pratiques sont respectées
Risque pour les parties du corps durée des actes et intensité utilisée ; nombre total de mAs par
(cf. § 6.1).
non protégées de toute personne semaine ;
En revanche, il existe un risque située à proximité de la source de
- l’équipement de la salle (présence de paravents de protection
important d’exposition pour les rayons X.
radiologique ou de dispositifs de protection) ;
mains qui ne peuvent être
protégées efficacement par des - le mode opératoire habituel des intervenants dans la salle.
gants.
3. Classement du personnel en catégories A et B
Classement défini par l'employeur après avis du médecin du
5. ÉVALUATION DU RISQUE travail.
ET DÉTERMINATION Il sera apprécié avec la PCR selon l'étude de poste et les spécifi-
DES NIVEAUX D’EXPOSITION cités locales.
Collaboration médecin du travail-personne compétente
en radioprotection (PCR). Personnel concerné Classement proposé
Opérateurs Catégorie A
Anesthésistes Catégorie A ou B en fonction
1. Éléments d'évaluation du risque Infirmiers des conditions de travail
Étude dosimétrique de poste tenant compte : Manipulateurs (selon l’étude de poste)
Secrétaire N'ont pas à être présents
- de l'activité de la salle :
Personnel d'accueil dans la salle pendant l'émission
• nature et nombre d'actes mensuels réalisés dans la Brancardier de rayons X et ne sont donc
salle ; pas concernés par le classement
Personnel d'entretien Ne doit intervenir qu'en dehors
• durée moyenne de scopie, nombre d'images acquises n'intervenant pas des heures de mise sous tension du
par acte et relevé du produit dose x surface (indicateur sur les générateurs générateur et n’est donc pas concerné
direct de l’exposition du patient et indirect de celle de par le classement
l’opérateur) ;
2 Radiologie Interventionnelle ED 4236
4. Choix de la surveillance dosimétrique 2. Mesures techniques concernant l’installation
Catégorie A : dosimétrie passive poitrine mensuelle et dosi- Appareillage :
métrie des extrémités ; on peut aussi recommander le dosimè-
- aucun appareil de plus de 25 ans ne doit être utilisé ;
tre cou placé au col du tablier ou à l'épaule reflétant l'exposition
des parties du corps non protégées (visage notamment). - marquage CE obligatoire pour les appareils mis en service à
partir de 1998 ;
Catégorie B : dosimétrie passive poitrine trimestrielle accom-
pagnée, si nécessaire, d'une dosimétrie des extrémités. - appareil équipé d'un dispositif permettant d'estimer les
doses de rayons X délivrées ;
Dosimétrie opérationnelle obligatoire pour tout personnel
opérant en zone contrôlée. - choix du matériel en tenant compte des contraintes de radio-
protection avec l’aide de la PCR.
Dosimétrie des extrémités (doigt ou poignet) : nécessaire si les
mains peuvent se trouver dans le faisceau dans des conditions nor- Conception technique des locaux :
males d’examen (exemple : dérivation et endoprothèse biliaire… )
- conformité du local aux normes d’installation NFC 15-160
et 15-161 ;
- mise en place à l’entrée de la salle d'un voyant lors de la mise
sous tension du générateur utilisé à poste fixe ;
6. STRATÉGIE DE MAÎTRISE DE RISQUE
- installation d'un témoin signalant une émission de rayons X
recommandé à côté du voyant précédent, étant précisé que
1. Réduction des risques
l’efficacité de ce témoin sera d’autant plus grande s’il est actif
Utilisation et réglage des appareils par des professionnels formés dès la mise en rotation de l’anode du tube ;
et qualifiés (manipulateurs radio et médecins uniquement).
- paravent de protection radiologique.
Positionnement, dans la mesure du possible, du tube à rayons X
Contrôles obligatoires au titre de la protection des travailleurs
sous la table pour deux raisons :
et des patients : se reporter aux textes en vigueur (cf. fiche « loi
- pour diminuer l'exposition globale de l'opérateur car le rayon-
et réglementation ») :
nement diffusé est beaucoup plus important du côté du champ
d'entrée du rayonnement ; - à la réception et/ou à la mise en service ;
- pour diminuer l'exposition des mains de l'opérateur en raison de
- contrôles périodiques ;
l'atténuation du faisceau primaire par le patient.
De plus, dans le cas où le tube ne peut être positionné sous la - contrôle après modification ;
table, il est rappelé que les intervenants doivent être positionnés
- contrôle après incident ;
plutôt du côté de l'intensificateur d'image radiologique que du
côté du tube à rayons X. - contrôle d’ambiance ;
- maintenance et contrôle de qualité de l'installation (en appli-
Connaissance et respect des consignes de sécurité.
cation du décret n° 2001-1154 du 05 décembre 2001).
Port des accessoires de protection (cf. § 6.3). Au titre du Code du travail (art. R. 231-84 et R. 231-86), les contrô-
les périodiques des installations et d’ambiance doivent être
Utilisation du mode pulsé (scopie par impulsions) selon le type
effectués au moins une fois par an par l’IRSN (Institut de sûreté
d'acte.
nucléaire et de radioprotection) ou un organisme agréé.
Limitation
- des temps et cadence de scopie ;
- du nombre d'images acquises ;
3. Mesures techniques individuelles
- des dimensions du champ d'entrée.
Accessoires de protection radiologiques : tabliers (adaptés à la
Ajustement au mieux de la collimation et du champ de l’intensi- taille et à l’activité des différents opérateurs et en nombre suffi-
ficateur d'image radiologique, comme pour tout acte radiologique. sant), lunettes à verre plombé, cache-thyroïde.
Toutes les personnes, dont la présence n’est pas indispensable NB : les gants chirurgicaux dits de protection radiologique pro-
auprès du patient, doivent se trouver derrière les paravents de posés pour ce type de procédures ont une faible efficacité
protection radiologique pendant l'émission des rayons X ou (réduction d’un facteur 2) et ne sont pas à recommander.
sortir de la salle.
Rappel : un accessoire de protection dont l'équivalent d'épaisseur
Éloignement maximal des opérateurs lors de l'émission des de plomb est de 0,35 mm réduit d'un facteur ≈ 70 l'intensité du
rayons X en mode graphie. rayonnement diffusé.
Déclarer tout incident ou dysfonctionnement au chef de Les accessoires de protection doivent être contrôlés régulièrement
service et informer la PCR. suivant la réglementation en vigueur, notamment par la PCR.
ED 4236 Radiologie Interventionnelle 3
4. Formation et information - en l'absence de dosimétrie opérationnelle et en cas de suspi-
cion d'incident, un traitement en urgence du dosimètre passif
Remise par l’employeur à chaque personne susceptible d’in-
sera effectué. Une enquête sera entreprise, si l'exposition est
tervenir en zones réglementées d’une notice individuelle d’in-
supérieure au niveau fixé par la PCR pour le poste considéré.
formation spécifique à l'établissement.
En cas de changement de lieu d'exercice ou de disparition de
Affichage du plan du local.
l’établissement, l'ensemble du dossier médical est transmis au
Affichage du règlement intérieur comportant les consignes de médecin inspecteur régional du travail qui l’enverra, avec
radioprotection, les noms et les coordonnées de la PCR et du l’accord du travailleur au médecin du travail concerné.
médecin du travail.
Le dossier médical comporte notamment :
Information et formation par la PCR et le médecin du travail. - le double de la fiche d’exposition (art. R. 231-98) ;
- le relevé des résultats dosimétriques.
Élaboration des consignes d’utilisation et de sécurité spéci-
Ce dossier est conservé pendant 50 ans après la fin de la
fiques à l'installation.
période d’exposition.
5. Prévention et surveillance médicale
Surveillance médicale réglementaire :
- visite avant l'affectation au poste puis visite annuelle ;
7. ÉVALUATION DE LA PRÉVENTION
Relevé annuel des doses individuelles transmises par le labo-
- le médecin du travail a toute latitude pour demander tout
ratoire et relevé du système SISERI.
examen complémentaire qu'il juge nécessaire (NFS à l'em-
bauche conseillée puis adaptée à la surveillance individuelle, Bilan statistique des expositions du service.
surveillance ophtalmologique et cutanée… ) ;
Bilan de dysfonctionnements relevés (matériovigilance et
- une carte individuelle de suivi médical doit être remise par le compte rendu des interventions techniques ). A titre d’exem-
médecin du travail à tout travailleur relevant des catégories A ples : voyants hors d'usage, verre plombé cassé non remplacé,
ou B. pédale de scopie bloquée, chaîne vidéo (l’amplificateur de
brillance… ) dont les performances se sont dégradées, paravent
Surveillance dosimétrique : cf. § 5.4.
de protection radiologique trop court, accessoires de protection
- communication à l'intéressé et commentaires par le médecin dégradés, pratiques inadaptées (utilisation du mode continu,
du travail des résultats dosimétriques individuels. collimation du faisceau inadéquate).
Grossesse :
- il est nécessaire que le personnel féminin informe le plus tôt
possible de sa grossesse le médecin du travail ; 8. AUTRES RISQUES POTENTIELS
- aucune femme enceinte ne peut être affectée à un poste
Risque biologique : nécessité de porter une casaque stérile à
impliquant un classement en catégorie A ;
usage unique avec un renfort d'étanchéité sur la face anté-
- les postes compatibles avec la poursuite de l'activité d’une rieure ; cette casaque doit être portée sur le tablier de protection
femme enceinte sont définis par le médecin du travail en radiologique de façon à empêcher l'imprégnation du tablier par
concertation avec la PCR. En cas de maintien à son poste, une des projections biologiques.
dosimétrie opérationnelle est fortement conseillée ;
Risque médicamenteux (chimiothérapie… ).
- le changement d'affectation est laissé à l'entière appréciation
Risque mécanique lié aux déplacements du plateau de la table
du médecin du travail après concertation avec l’intéressée.
et du tube à rayons X ainsi que du tiroir porte-cassettes.
Prises en charge des anomalies et incidents :
Manutention, posture.
- le dosimètre opérationnel est paramétré par la PCR qui
Risque de brûlure en cas de fuite de liquide de refroidissement
définit un seuil d'alarme. En cas de dépassement de ce seuil, la
du tube.
PCR et le médecin du travail prendront les dispositions néces-
saires : enquête complétée éventuellement par le traitement Risque électrique.
du dosimètre passif… ;
Ministère
de l’emploi, du travail
et de la cohésion sociale
Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles
• • •
30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 Tél. 01 40 44 30 00 Fax 01 40 44 30 99 Internet : www.inrs.fr e-mail : [email protected] •
4 Radiologie Interventionnelle ED 4236 Tiré à part DMT n° 100 • 1re édition • mars 2005 • 2000 ex.