2.
La cryogénie
2.1. Introduction
La cryogénie est l’art de produire, de maintenir et d’utiliser les très basses températures, elle
a été découverte vers 1845 lorsque Michael Faraday réussi à liquéfier les gaz les plus connues
alors, comme le protoxyde d’azote et l’ammoniac. Cependant, six d'entre eux résistent, ils sont
désignés à l'époque « gaz permanents » : dioxygène, dihydrogène, diazote, monoxyde de
carbone, méthane, monoxyde d'azote.
En décembre 1877, Louis Paul Cailletet en France et Raoul Pictet en Suisse réussissent à
produire, par deux procédés différents et indépendamment l'un de l'autre, les premières gouttes
d'oxygène liquide à 90 k.
La première quantité mesurable d'oxygène liquide est produite par le Polonais Karol
Olszewski et Zygmunt Wróblewski ,le 5 avril 1883.
Donc les 1ers essais cryogénique remontent à la fin du 18eme siècle ; dès ce moment, on
avait aussi liquéfié le SO2 par réfrigération en utilisant la pression. Par contre, les fluides
cryogéniques qui sont principalement des gaz, autrefois appelés gaz permanents, les essais de
liquéfaction remontent au 1878 par « LINDE et HAMPSON », ont était les premiers à liquéfier
l’air en 1902 ; ils ont pu séparer air-liquide, O2-liquide, et N2-liquide.
Nous désignons généralement les liquides cryogéniques par leur symbole chimique
précédé de la lettre « L ». Exemples : LN2 ; LO2 ; LH2 ; LAr
2.2. Les liquides cryogéniques :
Les principaux liquides utilisés dans le labo: N2 liquide dans la gamme [64-104 K]; H2
liquide [14-30K] ; He liquide [1-5K]. Cependant, dans les applications particulières dans le
labo et dans l’industrie le CH4, Ar, O2, l’air, le F, Kr, le Xe.., le deutérium et l’hélium sont des
fluides dont l’usage se révèle intéressant du point de vue économique et pratique.
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2.3. Procédés de séparation des gaz
La méthode la plus efficace de séparation des gaz permanents et des mélanges gazeux
ou liquides et des mélanges liquide-gaz est la méthode cryogénique c’est-à-dire séparer le
mélange à très basse température. La méthode employée pour séparer le mélange est celle de la
rectification, on prend par exemple l’air qui est composé de l’azote de l’oxygène, du CO 2 et de
l’argon, il est nécessaire de connaitre les températures d’ébullition des éléments à séparer.
Tableau 1: Exemple de température d’ébullition à ρ et p normale
fluide He3 He4 H2 Ne N2 O2 Ar CH4
T d’eb (K) 3.2 4.2 20.4 27.1 77.1 90.2 87.3 111.7
2.5. Paramètres de performance du système
Il existe trois moyen pour indiquer la performance d’un système de liquéfaction soit par :
𝑊̇
- Le travail requis par unité de masse du gaz compressé (−𝑚̇)
𝑊̇
- Le travail requis par unité de masse de gaz liquéfié) (−𝑚̇ )
𝑓
𝑚̇𝑓
- La fraction totale du flux de gaz liquéfié (𝑦 = )
𝑚̇
Les deux dernières fonctions sont reliées à la première par la relation :
𝑊̇ 𝑊̇
(−𝑚̇) = (−𝑚̇ ) 𝑦
𝑓
Dans tous les systèmes de liquéfaction, on doit minimiser le travail requis et
augmenté au maximum la fraction de gaz liquéfié. Ses moyens de fonctionnement différent
d’un gaz à un autre, pour cela on doit tenir compte d’un autre paramètre qui permettra la
comparaison du même système utilisé pour différent fluides. Ce paramètre est « Figure of
Merite » ou FOM Qui est définie comme le travail théorique minimal requis pour le
système :
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−𝑊̇𝑖 /𝑚̇𝑓
𝐹𝑂𝑀 =
−𝑊̇/𝑚̇𝑓
Sachant que le travail de la FOM varie entre 1 et 0, plus elle est proche de 1 plus le
système réel approche les performances du système idéal.
2.6. Système thermodynamique idéal :
La liquéfaction est un processus ouvert donc pour le système idéal de liquéfaction nous
allons choisir les premiers processus du cycle de Carnot, une compression isotherme réversible
suivie d’une détente isentropique réversible, le cycle idéal est indiqué sur le diagramme TS et
est schématisée comme suit :
Figure 1 : Système de liquéfaction thermodynamique idéal
Le gaz à liquéfié est comprimé réversiblement et iso-thermiquement de l’état ambiante,
point 1, à une certaine pression, point 2. Cette pression est choisi de sorte que le gaz soit à l’état
de liquide saturé au point f, suite à une détente isentropique réversible à travers l’expander. A
l’état finale au point f, la pression est la même que la pression initiale, au point 1.
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La pression atteinte à la fin de la compression isotherme est extrêmement haute de
l’ordre de 70 à 80 Gpas pour l’azote. En pratique il est très difficile d’atteindre ses pressions
dans un système de liquéfaction. C’est l’une des raisons pour lesquelles ce type de système
n’est pas employé dans les installations de liquéfaction.
Dans l’analyse des systèmes de liquéfaction nous appliquons la première loi de la
thermodynamique pour le flux stationnaire, écrit en générale comme suit :
Etant donné que le processus de transfert de chaleur réversible et iso-thermique dans le
cycle de Carnot on appliquant la seconde loi de la thermodynamique on obtient :
Car le processus du point 2 au point f est isentropique S 2=S1 ou s est l’entropie du fluide
en combinaison de l’eq (5) dans (4) on peut déterminer le travail requis pour le système idéal :
Dans le système idéal 100% du gaz comprimé est liquéfié ou , ce qui implique
que Y=1.
L’équation (6) nous donne le travail minimum requis pour liquéfaction d’un gaz.
Le travail idéal requis dépend uniquement de la pression et de la température au point 1
et du type de gaz à liquéfié, en générale on prend le point (1) dans les conditions ambiante.
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Dans le tableau suivant on trouve la liste de quelques travaux idéaux requis pour
quelques gaz et pour un point (1) pris a 101.3 kpa et a 300K.
Tableau 2 : Point d’ébullition et le travail idéal de liquéfaction de quelques gaz
gaz Pt d’ébullition (K) Travail idéal de liquéfaction (–wi/mf)
(Kj/Kg)
He3 3.19 8178
He4 4.21 6819
H2 20.27 12019
N2 77.36 768.1
Air 78.8 738.9
CH4 111.7 1091
O2 90.18 635.6
3.1. Système de LIND HAMPSON à colonne simple
Le système de LIND HAMPSON à colonne simple est utilisé pour la liquéfaction des
gaz plus spécialement l’air. Il est composé d’un compresseur, d’un échangeur de chaleur, d’une
vanne de JT (Joule Thomson) et d’une seule colonne.
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Figure 2 : procédé de LIND HAMPSON à colonne simple.
Le gaz est introduit au point 1 dans les conditions ambiantes T1, P1 passe par un
compresseur pour être comprimé à la pression P2 au point 2. Cette étape nécessite l’utilisation
de quantité importante d’énergie. Le gaz passe ensuite à travers un échangeur de chaleur ou il
subira une détente isobare jusqu’au point 3 (T3<T2). Ensuite, le gaz passe à traversera la vanne
de J.T ou il va subir une détente isenthalpique (H = Cst). A l’issue de cette détente, le gaz sera
liquéfié partiellement et on aura à la sortie (point 4) un mélange (Liquide + Gaz). Après la
décantation au niveau du bac de stockage le liquide sera récupéré en bas du bac et la vapeur
froide sera récupérée pour être injecte à l’entrée du système.
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Figure 3 : Diagramme TS du procédé de LIND HAMPSON à colonne simple.
On appliquant la première loi de la thermodynamique en supposant que le travail se fait dans
des conditions idéales :
- Pas de chute de pression
- Pas de perte de chaleur
- Echangeur de chaleur efficace à 100%
La fraction du gaz liquide est donnée par l’expression suivante
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3.3. Système de CLAUDE
Dans le but d’atteindre de plus basse température on fait appel à une détente isentropique dans le
cycle de Claude.
Dans le système de Claude, le gaz est comprimé à l’aide du compresseur, puis il passe
dans le premier échangeur de chaleur à la sortie du quel une partie du gaz est dévrillé de son
chemin principale pour qu’il soit détendu dans un détendeur (expander) et pour qu’il soit injecté
avec le flux de retour dans le deuxième échangeur de chaleur. L’autre partie du gaz continue
sont parcoure à travers le deuxième et le troisième échangeur pour être partiellement liquéfié
après son passage une vanne Joule Thomson. La vapeur froide est retourne au point 1 à travers
les échangeurs ou elle servira à refroidir le gaz circulant dans le sens direct.
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Figure 5: Procédé de Claude
Figure 6: Diagramme TS du procédé de Claude.
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En appliquant le premier principe sur le Cycle de Claude
La fraction totale du flux qui passe à travers l’expander
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