Cazorla-Enfant Adolescent Sport
Cazorla-Enfant Adolescent Sport
1- L’ENFANT
Georges CAZORLA
1-Cellule Recherche Fédération Française de Football
2-ClinicProSport-Monstade (www.monstade.f)
1
INTRODUCTION
L’activité physique est habituellement définie par les responsables de la santé et plus particulière-
ment par les nutritionnistes comme « tout mouvement corporel produit par la contraction des
muscles squelettiques entraînant une augmentation substantielle de la dépense d’énergie par rap-
port à la dépense de repos d’un individu » (USDHHS, 1996 ; Molnar et Livingstone, 2000 ; Kesaniemi
et al., 2001). Même en n’envisageant que les seuls aspects physiologiques de l’activité physique,
concernant l’enfant, il serait trop réducteur de s’en tenir là. Ce serait en effet limiter le rôle de
l’activité physique à la seule sollicitation des effecteurs du mouvement et donc ignorer leur com-
mande et leur régulation au cours de la croissance et du développement. Ce serait aussi ignorer les
multiples interférences que peut exercer l’activité physique sur le développement psychomoteur,
voire cognitif, de l’enfant.
2
L’enfant est donc très tôt équipé pour développer sa neuro motricité fine mais la motricité exigeant
les mouvements les plus rapides, les plus précis et les plus spécialisés ne peut atteindre sa pleine
efficacité que lorsque la maturation synaptique, la myélinisation des fibres nerveuses, les liaisons et
les coordinations neuromusculaires auront atteint leur plein état de maturité c’est à dire vers l’âge
de 6 ou 7 ans.
Cet état de construction des capacités du système nerveux central constitue l’âge privilégié des expé-
riences motrices multiples et très variées dont il se nourrit pour mieux se développer. Si de nom-
breuses mises en situation et ses jeux le lui ont permis, c’est au cours de cette période que l’enfant
devrait déjà pouvoir construire toute une série d’habiletés que certains auteurs nomment « pro-
grammes moteurs de bases ». Au cours de la petite enfance et ce, jusqu’à 6 ou 7 ans, à partir de jeux,
de situations pratiquées sous forme jouée et d’une éducation physique que l’on peut qualifier « de
base », l’enfant devrait déjà maîtriser toutes les actions comme sauter en avant, en arrière sur les
côtés, à pieds joints et à cloche-pied, lancer avec le membre inférieur placé de façon controlatérale,
attraper un ballon en décollant les coudes de la poitrine, ramper, se suspendre, esquiver, galoper,
frapper, pousser, tirer, glisser, tourner…Ces actions constituent les fondements indispensables à
l’acquisition subséquente des automatismes que vont nécessiter les maîtrises motrices plus com-
plexes comme par exemple les techniques sportives. A la condition qu’elles continuent d’offrir une
grande richesse de situations motrices à résoudre par l’enfant lui-même, celles-ci peuvent être envi-
sagées à partir de cet âge.
Bien que pour acquérir et maîtriser ces actions motrices de base, les rôles de l’environnement paren-
tal, de la crèche et de l’école maternelle apparaissent fondamentaux, il ne faut pas oublier ceux de
notre génotype et du niveau de maturation propre à chaque enfant dans l’expression de sa motricité.
Ceux-ci peuvent aussi expliquer les différences interindividuelles habituellement constatées. La ma-
turation est une tendance fondamentale et naturelle de l’organisme à organiser l’expérience et à la
rendre assimilable, alors que l’apprentissage qui dépend de l’environnement, est le moyen
d’introduire de nouvelles expériences dans cette organisation. Maturation et apprentissage
s’influencent mutuellement pour permettre le développement et l’adaptation.
A partir de six ou sept ans. Six ans, âge d’entrée au cours préparatoire est aussi l’âge préparatoire
au développement moteur futur. A cette période, si les fonctions nerveuses ont normalement évo-
lué, elles peuvent atteindre un niveau de perfectionnement suffisant pour permettre à l’enfant
d’envisager un grand nombre d’apprentissages progressivement de plus en plus complexes. A cet âge
tout le prédispose à apprendre plus facilement. L’enfant devient de plus en plus capable de concep-
tualiser, de mémoriser, d’anticiper et de contrôler rétroactivement ses mouvements. Dès lors que le
bagage des habiletés motrices fondamentales est constitué, la formation uniquement psychomotrice
doit progressivement laisser place aux apprentissages multiples, à la fois utilitaires comme ceux re-
quis par la natation mais aussi s’adossant aux pratiques sportives socialement bien ancrées. Profitant
de l’intérêt marqué par l’enfant pour la pratique d’une activité sportive particulière, les apprentis-
sages multiples seront alors à l’ordre du jour. Plus l’enfant maîtrisera d’apprentissages plus il lui sera
facile d’en envisager de nouveaux. A l’inverse ces capacités peuvent rester inertes si rien n’est fait
pour inciter l’enfant à les utiliser.
3
Si l’enfant ne réussit pas dans un apprentissage donné il est probable que ses structures nerveuses
ou/et musculaires n’aient pas atteint le degré de maturation nécessaire. Dans ce cas il est bien inutile
de lui faire gaspiller son énergie en voulant commencer trop tôt un apprentissage qu’il pourra plus
facilement aborder au moment opportun correspondant à une période critique plus favorable (ta-
bleau 3). A l’opposé, cette période critique passée, il lui sera de plus en plus difficile d’apprendre.
L’apprentissage de la natation en est un bon exemple.
30%
26,50%
44% 56%
■ Aucune APS hors scolaire
25% ■ Une ou plusieurs APS
20%
17%
14% 13,50%
15%
10% 8,50%
6%
0%
Atlhé Gym Judo Foot Hand Bask Rug. Nata Danse Patin Tennis Mult Autres
4
Pratique des APS en France : Filles 7-11 ans (n : 3012)
30% 28,20%
■ Aucune APS hors scolaire
■ Une ou plusieurs APS
25%
57% 43%
20%
16%
14,30%
15% 13,20%
11%
10%
6,90%
4,30%
5%
2,80%
1,70% 1,90% 1,80%
0,70%
0%
Atlhé Gym Judo Foot Hand Basket Nata Danse Patin Tennis Mult Autres
Figure 1 : Répartition des APS pratiquées hors cadre scolaire en France par les garçons et les filles. Les
pourcentages figurant dans les camemberts sont respectivement en jaune ceux des enfants qui ne
pratiquent aucune APS et en bleu, ceux qui en pratiquent une ou plusieurs. Cette enquête nationale,
la seule à ce jour, a été réalisée en 1988. Il se peut donc que le profil des pratiques soit différent au-
jourd’hui (Cazorla, 1988). La pratique privilégiée de certaines activités physiques montre que leur
choix initial n’a pas été neutre mais a probablement été influencé par de nombreuses incitations et
motivations extrinsèques.
Les courbes de croissance osseuse et pondérale accompagnent généralement les carnets de santé
des enfants. Elles permettent notamment de visualiser qu’après une très forte accélération entre la
naissance et les deux premières années, les vitesses de croissance osseuse et pondérale décroissent
et se stabilisent jusqu’au pic pubertaire (Figure 2, tableau1).
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VITESSE DE CROISSANCE EN TAILLE (cm.an-1)
30_
Plus grande Garçons
vitesse de
◘
croissance _ Filles
25 à 30
cm/an 20_
atteinte
à 1 an _ Pics pubertaires
Filles Garçons
10_
_
◘
0 _
◘
◘
◘
I I I I I I I I I II I I I I I I I I I I
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
AGE (ans)
Figure 2 : Le taux de croissance de la taille au cours de la première année après la naissance est égale
à quatre fois le taux de croissance à l’âge de 10 ans et est le double du taux maximum du sommet
atteint au cours de la poussée pubertaire.
Les charges excessives d’entraînement appliquées sur un système osseux, cartilagineux, ligamen-
taires et tendineux encore insuffisamment adapté aux tractions et pressions intenses peuvent être
préjudiciables à la santé de l’enfant. De même, par les perturbations des régulations neuro-
hormonales qu’ils induisent au niveau hypothalamique et par voie de conséquence sur l’hypophyse,
les stress trop importants, mais aussi les carences affectives, peuvent être à l’origine d’un blocage
transitoire de la croissance en poids et en taille de l’enfant.
6
mères. Ces développements peuvent être accélérés par la pratique régulière d’activités physiques et
contribuent au développement des capacités motrices.
Taille
Âge vitesse moyenne de croissance par an
Naissance à 1 an 25 cm
1 à 2 ans 11 cm
2 à 4 ans 7 cm
4 ans jusqu’à 13 ans 5 cm
Taille (cm) = 5 x âge + 85 cm
Poids
Prise moyenne de poids par an
Naissance à 1 an 3 fois le poids de naissance
de 1 à 10 ans 2 kg par an
Poids (kg) = 2 x âge + 8 kg
Tableau 1 : Quelques points de repère sur l’évolution de la taille et du poids au cours de la petite en-
fance et de l’enfance.
La souplesse
Puisque l’enfant possède dès le plus jeune âge un niveau élevé de souplesse résultant d’une masse et
d’un tonus musculaire moins élevés, et aussi d’une élasticité ligamentaire et musculaire plus impor-
tante que celle mesurée chez l’adolescent et chez l’adulte, un entraînement «poussé» de l’amplitude
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de ses articulations ne semble pas nécessaire avant 9-10 ans. Dans la mesure où il est bien contrôlé,
ce type d’entraînement peut être envisagé cependant pour les enfants qui pratiquent certains sports
comme la gymnastique, la danse et toutes autres activités motrices de haute expression corporelle.
Par contre il est très recommandé d’apprendre très tôt à l’enfant les techniques d’auto étirement qui
lui serviront toute sa vie car l’amplitude articulaire décroît très rapidement au cours de la puberté et
de l’adolescence et peut entraîner des difficultés de mouvement chez l’adulte si elle n’est pas entre-
tenue très régulièrement. Remarquons encore que les meilleurs scores aux différents tests de sou-
plesse sont généralement obtenus par les filles, performance probablement expliquée par une
moindre masse maigre et par leur morphologie.
La vitesse gestuelle
La vitesse gestuelle est définie comme le nombre maximum de mouvements cycliques (course, nage,
cyclisme…) ou acycliques, susceptibles d'être réalisés en un temps donné. Dans certaines activités,
comme la nage, le cyclisme et la course sur courtes distances, la vitesse gestuelle entraîne une vi-
tesse de déplacement. Elle est alors définie comme le temps minimum mis pour parcourir une dis-
tance donnée.
La vitesse gestuelle dépend essentiellement de la conjonction de trois ensembles de facteurs :1) ner-
veux sous le contrôle du système nerveux central (SNC) qui analyse, commande et régule les poten-
tiels d’action, 2) neuromusculaires à la jonction du système de commande (le SNC) et du système
effecteur : le muscle, 3) et de la qualité des unités motrices sollicitées au sein du muscle.
Avant l’âge de 10 ans, le niveau de vitesse gestuelle moins élevé chez l’enfant que chez l’adulte est
très fortement lié : au niveau de maturation du système nerveux (myélinisation des axones inache-
vée), à la concentration plus faible de l’acétylcholine (neurotransmetteur) au niveau de la jonction
neuromusculaire, à une vitesse moindre de libération et de repompage du calcium au niveau du réti-
culum sarcoplasmique, et à la capacité de coordination tant au niveau central que périphérique des
muscles sollicités.
Bien que limitée par les facteurs héréditaires, la vitesse peut être développée par une pratique
d’exercices et par l’utilisation de toutes les formes de jeu réalisées avant et pendant la puberté. Il est
donc parfaitement justifié d’envisager très tôt (vers 6 ans) le début du développement de la vitesse
car celle-ci dépend étroitement de la coordination nerveuse et du développement des programmes
moteurs. C’est dans le premier âge scolaire que se manifeste la plus forte amélioration de la fré-
quence et de la vitesse de mouvement. L’augmentation de la taille des leviers et de l’amplitude bio-
mécanique des mouvements explique ensuite au cours de la croissance l’amélioration de la vitesse
gestuelle.
La force musculaire
La force musculaire augmente progressivement au cours de la croissance en fonction de
l’accroissement de la masse corporelle. Avant la puberté, bien que toujours en moyenne plus élevée
chez les garçons, la force maximale des garçons et des filles est assez proche.
En moyenne, les filles présentent l’accroissement en force la plus élevée pendant les années de
croissance maximale: 11,5 à 12,5 ans alors que chez les garçons, l’accroissement est maximal un an
8
après le pic de croissance : 14,5 à 15,5 ans. Ensuite, la force maximale se stabilise vers 18 ans chez la
fille et entre 20 et 30 ans chez le garçon.
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Capacités énergétiques de l’enfant et activités physiques
Nous savons que, selon l’urgence, l’intensité et la durée d’un exercice, le muscle peut faire appel à
plusieurs sources énergétiques pour fournir les molécules d’adénosine triphosphate (ATP) requises
par sa contraction et son relâchement. La première d’entre elles est immédiatement disponible et
permet de libérer une très grande quantité d’énergie grâce au catabolisme de ses deux composés :
l’ATP et la phosphorylcréatine (PCr), les autres sources sont retardées par les nombreuses étapes que
nécessite le catabolisme des substrats utilisés : glycogène, glucose, acide gras libres, acides aminés.
Les sources retardées peuvent elles-mêmes être subdivisées en deux groupes : la source qui utilise le
catabolisme du glycogène sans intervention de l’oxygène et produit de l’acide lactique. Cette source
est souvent définie comme anaérobie lactique ou glycolyse lactique, et la source qui utilise l’oxygène
pour extraire l’énergie des molécules de glycogène, d’acide gras et d’acides aminés. Définie comme
aérobie, cette source nécessite non seulement de nombreuses réactions biochimiques intermé-
diaires mais aussi l’adaptation de chacun des éléments de la chaîne qui transporte les molécules
d’oxygène depuis l’air ambiant jusqu’aux fibres musculaires qui les consomment. Les multiples adap-
tations qu’elle requiert expliquent les délais plus longs de son intervention efficace au cours de
l’exercice musculaire. Ces filières énergétiques présentent-elles des caractéristiques spécifiques au
cours de la croissance ? Est-il pertinent d’envisager leur développement, plus particulièrement chez
l’enfant pré pubère ?
Tableau 2 : Les réserves en ATP-PCr et leur vitesse d’utilisation sensiblement identiques chez l’enfant
et l’adulte ne permettent pas d’expliquer leurs différences de performances en sprint et en puissance
musculaire.
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Première source retardée : la glycolyse lactique
La glycolyse lactique est mise en jeu dès le début d’une activité musculaire intense mais n’atteint son
plein rendement qu’entre 20s et 2 à 3 min lors d’exercices d’intensité maximale ou supra maximale
(égale ou supérieure à VO2max ou à la puissance aérobie maximale), s’accompagne de la formation
de lactate et de proton H+ et donc d’une acidose dont l’importance peut s’avérer délétère pour le
bon fonctionnement cellulaire.
Il a été longtemps soutenu qu’il ne fallait pas soumettre l’enfant à de tels exercices. A cause d’une
maturation insuffisante des enzymes glycolytiques chez l’enfant, d’aucuns ont affirmé que ces exer-
cices s’avéraient inefficaces pour améliorer la glycolyse lactique et pourraient même présenter des
dangers pour sa santé.
Contrairement à ce qu’il fut longtemps soutenu, la glycolyse lactique n’est donc pas maturation dé-
pendante !
En outre, aucune étude n’a rapporté à ce jour un quelconque danger métabolique avéré chez les
enfants pratiquant des activités de type anaérobie lactique (danse, gymnastique, patinage artistique
notamment…). Si danger il y a, il est probablement plus psychologique que biologique, car l’enfant
supporte difficilement les « efforts lactiques ». C’est donc uniquement pour cette raison qu’il vau-
drait mieux éviter les entraînements systématiques d’intensités et de durées sollicitant surtout la
glycolyse lactique.
Il est par contre intéressant de s’interroger sur le déficit constaté chez l’ensemble des enfants non
entraînés. Représente-t-il une réelle spécificité physiologique de l’enfant ou bien n’est-il que la con-
séquence de son mode de fonctionnement ?
La capacité aérobie
La capacité aérobie représente la quantité totale d’énergie potentielle susceptible d’être utilisée par
voie oxydative. Elle dépend des réserves en substrats oxydables (glycogène, glucose, acides gras
libres, acides aminés) et de l’oxygène que l’organisme est capable d’utiliser. En terme de motricité,
elle s’exprime par l’interaction de ses trois composantes que sont la puissance ou la vitesse aérobie
maximale (puissance ou vitesse atteinte à la consommation maximale d’oxygène ou VO 2 max),
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l’endurance aérobie (pourcentage de VO2 max susceptible d’être maintenu le plus long temps pos-
sible) et l’économie de mouvement ou de locomotion (plus faible coût énergétique pour se mouvoir
ou se déplacer à une vitesse donnée sur une distance connue). Rapportée au kilogramme de masse
corporelle, l’économie de mouvement ou de locomotion s’améliore à mesure que les apprentissages
deviennent plus performants ce qui explique que l’enfant s’avère moins « économe » que l’adulte.
Les deux autres composantes de la capacité aérobie dépendent respectivement au plan central de
l’efficacité du transport de l’oxygène du poumon à la cellule et au plan périphérique de la capacité
d’extraction et d’utilisation cellulaire de l’oxygène (figure 3)
Au niveau de la chaîne qui transporte l’oxygène, l’enfant présente un volume d’éjection systolique
plus faible mais une fréquence cardiaque plus élevée que celle de l’adulte. Malgré la compensation
d’une fréquence cardiaque plus élevée, son débit cardiaque demeure inférieur à celui de l’adulte. Par
contre au niveau périphérique, son système d’extraction de l’oxygène est nettement plus perfor-
mant.
[Hb]; % Sa O2
DEBIT CARDIA-
QUE DIFFERENCE ARTERIO- MASSE APPRENTISSAGES
MAXIMAL : VEINEUSE EN O2 max CORPORELLE MOTEURS
CAPACITE AEROBIE
Les muscles de l’enfant démontrent un meilleur pouvoir oxydatif (x 2), un pH plus élevé durant
l’exercice ainsi qu’une récupération métabolique plus rapide. Et ce ne sont pas les seuls avantages
dont l’enfant bénéficie au niveau de la capacité aérobie…Conséquences de son extraction plus per-
formante, l’enfant atteint plus rapidement son VO2 max que l’adulte (entre 1min et 1min30s), accu-
mule un déficit initial en O2 moindre et présente donc une dette d’oxygène moins élevée.
Un autre des avantages et non des moindres dans une perspective de lutte contre le surpoids et
l’obésité, comme en témoignent des quotients respiratoires moins élevés que ceux observés chez
l’adulte lors d’exercices d’intensités relatives identiques, est l’utilisation plus importante des lipides
comme substrats énergétiques de la combustion aérobie.
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En conséquence, tout indique que l’activité musculaire de l’enfant procède surtout d’un métabolisme
aérobie plus efficace laissant peu de place à la sollicitation du métabolisme lactique ce qui pourrait
expliquer le faible développement de celui-ci.
En conclusion
L’enfant, comme l’adolescent a besoin de mouvements pour se construire. Dès la plus petite enfance
l’activité physique va lui permettre les premières conquêtes psychomotrices, prémices d’un dévelop-
pement long, complexe, intégré à l’ensemble du développement cérébral et cognitif et dont les buts
sont, in fine, l’acquisition de l’autonomie et de la socialisation de l’adulte qu’il sera demain. Ce déve-
loppement progressif fait appel à un ensemble de phénomènes physiques (l’enfant grandit), psy-
chiques (il s’éveille à la vie et développe ses interrelations cognitives avec son environnement) mo-
teurs (il développe ses qualités de force, de vitesse, de coordination, d’équilibre et de souplesse) et
énergétiques (il améliore son endurance et la puissance de ses métabolismes).
Pour ce faire, l’organisme de l’enfant est capable de s’adapter à toutes les situations que lui offre
l’activité physique. Pour satisfaire son appétit naturel d’une nourriture cinétique la plus riche pos-
sible, l’éducateur, le pédiatre, le médecin doivent l’aider à trouver dans son environnement toutes
formes d’activités physiques, voire sportives, nécessaires à son développement. Le tableau 3 qui
tient non seulement compte des stades du développement ontogénétique de l’enfant mais aussi de
ceux du développement physiologique, psychologique et social de l’enfant pré pubère, pubère et de
l’adolescent devrait leur permettre de mieux ajuster leur prescription aux âges biologiques. Cepen-
dant, le problème majeur est de savoir trouver l’activité qui convient le mieux aux capacités et aux
goûts de l’enfant, de façon à ce que les joies que procurent les pratiques physiques bien adaptées ne
le privent jamais du plaisir de jouer.
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2 – 4 ans 4 – 6 ans 6 – 8 ans 8 – 10 ans 10 ans - puberté
Programmes moteurs
++++ +++ ++
fondamentaux
Apprentissages
++ ++++ +++ ++
multiples
Apprentissages
++ +++ ++++
techniques
+ ++ ++++
Endurance Aérobie
Capacité anaérobie + + +
lactique
+++ +++ ++++
Vitesse-vivacité
Renforcement
musculaire général + ++ +++
+ ++ +++
Endurance musculaire
+ ++ +++
Souplesse
Tableau 3 : Périodes critiques les plus favorables au développement des principales capacités psy-
chomotrices, aux capacités physiques et physiologiques du jeune, depuis sa petite enfance jusqu’à sa
puberté. + : début du développement ou développement très modéré ; ++ : augmentation du dévelop-
pement ou développement modéré ; +++ : important développement ; ++++ : développement très
important et prioritaire ;
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Endurance Endurance muscu-
Puissance maximale aérobie Puissance anaérobie
aérobie laire
Flexion du tronc de-
Test progressif de course navette aérobie Saut en longueur Sprint de 50m
Tests 6 min de course Détente verticale : Sargent Test puis la position en
à paliers de 1 min (Léger et al. 1982) pieds joints départ arrêté
décubitus dorsal
Âge Nombre Distance parcou- Puissance extrapolée
Nombre de paliers VO2max extrapolé Hauteur du saut Performance performance Nombre de flexions en
(an) rue des membres infé-
de 1 min (ml.min-1.kg-1) (cm) (cm) (s,1/100) 30s
(m) rieurs (w.kg-1)
G : 361 3,9 1,9 51,1 3,2 945 286 19,6 4,2 9,4 1 111,6 17,3 10,51 0,91 12 4
6
F : 392 3,2 1,7 50,1 3,0 841 289 18,1 4,3 9,1 1,1 110,9 17,0 10,75 0,94 11 5
G : 367 4,1 1,8 51,3 3,7 991 301 20,4 4,4 9,7 1,1 128,6 17,5 10,28 0,84 13 5
7
F : 408 3,6 1,6 50,2 3,2 892 310 18,8 4,3 9,3 1,1 121,5 17,4 10,65 0,91 12 5
G : 602 4,8 1,9 51,4 4,1 1065 167 21,9 4,7 10,1 1,1 137,1 18,1 9,80 0,87 15 5
8
F : 599 4,0 1,9 49,6 3,4 999 286 20,9 4,8 9,8 1,2 131,5 17,6 10,17 0,81 14 5
G : 592 5,5 1,9 51,3 4,6 1095 304 24,1 5,4 10,6 1,2 148,9 21,4 9,37 0,80 17 5
9
F : 548 4,4 1,6 48,9 3,7 1054 254 22,6 5,3 10,2 1,2 139,0 19,7 9,82 0,90 16 5
G : 609 6,1 2,1 51,2 4,9 1151 252 26,5 5,9 11,1 1,2 158,3 23,0 9,04 0,76 19 5
10
F : 630 4,8 1,6 48,0 3,7 1066 264 24,8 5,6 10,7 1,2 147,6 19,8 9,50 0,82 16 5
G : 360 6,5 2,0 50,7 5,0 1181 309 27,6 6,1 11,3 1,3 161,8 22,0 8,83 0,74 19 5
11
F : 334 5,1 1,6 47,1 3,9 1044 280 26,3 5,8 11,0 1,2 153,3 21,2 9,18 0,77 17 5
7,1 1,9
G : 375 50,6 4,9 1280 359 29,1 8,2 11,8 1,3 175,6 24,8 8,54 0,86 20 5
12
5,4 1,7
F : 386 46,9 4,0 1055 307 28,1 8,6 11,3 1,3 163,1 22,5 8,93 0,99 17 4
Tableau 4 : Normes représentatives des capacités physiques de la population des jeunes français âgés de 6 à 12 ans (Normes issues de la Batterie France-Eval). G :
garçon, F : filles ; : écart type ; VO2max : consommation maximale d’oxygène.
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2 – L’ADOLESCENT
DEVELOPPEMENT BIOLOGIQUE ET CAPACITES PHYSIOLOGIQUES
AU COURS DE L’ADOLESCENCE
Georges CAZORLA
Introduction :
Faisant apparaître de multiples interactions, la, ou plutôt les définitions de l’adolescence sont dé-
pendantes des sciences qui l’étudient. Celle de l’anthropologue, centrée sur l’avènement de la sexua-
lité envisagée différemment selon les cultures, est bien différente de celle du sociologue, du psycho-
logue ou du physiologiste. Bien qu’il n’existe pas de définition univoque, toutes s’accordent cepen-
dant pour mettre en évidence cette notion de transition entre le stade de l’enfance et celui de
l’adulte caractérisée par le changement. Le problème alors est les importantes variations des âges
qui permettent de délimiter le début et la fin de ce changement. En définissant les adolescents
comme des « teenagers » c'est-à-dire des jeunes âgés entre les années comprenant la terminaison
« teen » : thirteen et nineteen (13 et 19 ans) les anglo-saxons ont résolu à leur façon très pragma-
tique les âges limites de l’adolescence ! Nous sommes cependant éloignés des réalités physiologiques
qui montrent non seulement des différences entre filles et garçons mais aussi d’importantes varia-
tions intra sexe. En ce qui nous concerne, au plan physiologique nous définirons l’adolescence
comme l’ensemble des changements biologiques, sexuels, morphologiques et musculaires qui
s’opèrent entre le début de la puberté et celui de la fin de l’adolescence, ou début du stade adulte,
définition conforme au mot latin adolescere qui signifie « croître, grandir, se développer », d’où est
issu celui d’« adolescence ».
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Remarques : Bien que les âges référencés dans ce chapitre soient des âges osseux obtenus à partir
d’études de radiographies osseuses de la main et du poignet (technique de Greulich et Pyle [1] ou de
Tanner et al.: TW2 [2]), d’importantes variations peuvent être observées non seulement entre garçons
et filles mais aussi au sein de chaque sexe. Ces variations liées à des facteurs environnementaux mais
surtout génétiques, seraient encore plus importantes, voire aléatoires, si seuls les âges chronolo-
giques avaient été retenus. Les âges donnés ne sont donc que des moyennes. D’autres points de re-
pères souvent utilisés aussi : les stades de développement proposés par les échelles de Tanner [3],
ceux se référant au pic de croissance maximale (PCM) de la taille [4, 5] et enfin chez la fille, la date de
ses premières règles (ménarche) [5 : p 331-333].
Chez la fille, le début de la puberté a lieu en moyenne vers dix-onze ans c'est-à-dire un à deux ans
avant le début de celle du garçon, avec cependant des variations pouvant se situer entre huit ans et
demi et quatorze ans.
Chronologiquement le début de développement mammaire ou thélarche est le premier et principal
repère du début d’apparition de la puberté. Ce développement se poursuit ensuite au cours des trois
années suivantes selon des stades successifs définis de 1 (stade pré pubertaire) à 5 (stade adulte) par
Tanner (voir échelles de Tanner ; Tableaux 1 et 2).
Dans près de 85% des cas, la pilosité pubienne ou pubarche débute en même temps ou suit quelques
mois après la poussée mammaire (voir aussi « échelles de Tanner » Tableau 2). Elle se poursuit sur
deux ou trois ans pour recouvrir la région pubienne d’une pilosité en forme de triangle à base supé-
rieure horizontale. Elle-même est immédiatement suivie de la pilosité axillaire et du développement
de la vulve et des organes génitaux internes : vagin, utérus et ovaires.
Les premières règles, définies comme ménarche, surviennent en moyenne deux à trois ans après les
premiers signes pubertaires, vers l’âge de treize ans. Les premiers cycles sont anovulatoires, la fé-
condation n’est donc pas encore possible. Les cycles deviennent ensuite réguliers environ une à deux
années plus tard mais une ovulation à chaque cycle menstruel ne devient régulière qu’en moyenne
cinq ans après la ménarche. Il en résulte une possibilité de fécondation normale qu’à partir de
quinze-dix-sept ans.
Vers quinze ans se manifestent d’autres caractères sexuels secondaires non génitaux au nombre
desquels, outre le complément de développement de la pilosité et des seins, une augmentation et
17
une nouvelle répartition du tissu adipeux sous-cutané s’ajoutant à d’autre transformations morpho-
logiques : chute de la vitesse de croissance de la taille et élargissement du bassin par rapport aux
épaules donne progressivement les formes corporelles féminines tendant vers celles de l’âge adulte.
Notons aussi qu’à cet âge, la voix de la fille devient plus grave d’environ une tierce.
Chez le garçon, les premiers signes pubertaires apparaissent en général entre 10 et 14 ans (en
moyenne vers 11 ans et demi). Par rapport aux filles, il existe donc en moyenne un décalage de près
de 18 mois.
L’augmentation du volume des testicules constitue le premier des signes pubertaires. Ce volume
passe de 1 ml au stade 1 de l’échelle de Tanner à 20-25 ml au stade 5, c'est-à-dire en fin
d’adolescence.
Vers treize ans, la verge, la prostate, les vésicules séminales, le scrotum (enveloppe des testicules)
débutent leurs premières modifications sous l’effet d’une plus grande quantité de testostérone pro-
duite par les testicules déjà plus matures. Alors que le scrotum devient plus pigmenté et plus vascu-
larisé, la verge s’allonge et s’élargit passant de 4-5 cm au stade 1 de l’échelle de Tanner à une lon-
gueur moyenne de 14-18 cm au stade 5.
A partir d’environ quatorze ans, les premières éjaculations se manifestent sous forme de « pollutions
nocturnes » involontaires dont il est important d’expliquer la normalité au jeune adolescent. Faute
d’une concentration requise en spermatozoïdes, le sperme produit à cet âge n’est pas encore fécon-
dant et le deviendra que un à deux ans plus tard.
C’est au cours de cette même période que se développe la pilosité pubienne en forme de losange,
que s’accélère fortement la vitesse de croissance osseuse et qu’apparaissent plusieurs caractères
sexuels secondaires qui se développeront ensuite de façon très variable, comme la pilosité axillaire,
le duvet sur le visage, précurseur de la moustache et de la barbe, la pilosité du tronc et des membres
et le début de la mue de la voie qui devient plus grave d’environ une octave.
Outre la croissance osseuse et donc la taille debout, entre quatorze et dix-huit ans se manifestent
d’autres importantes modifications morphologiques comme l’élargissement des épaules (diamètre
bi-acromial) par rapport au bassin (diamètre bi-trochantérien), l’augmentation de la masse maigre,
notamment musculaire, par rapport à la masse grasse avec des effets bénéfiques au niveau de
l’augmentation de la force et de la puissance musculaire.
18
3.1-Mécanismes de production, et de régulation des hormones sexuelles et de croissance
19
3) enfin la maturation pubertaire proprement dite qui n’a lieu qu’à l’adolescence mais résulte en fait
d’une longue évolution débutant dès la période fœtale.
Figure 1 : Les différents stades de l’adolescence : début de la puberté, stades II et III, puberté et post
puberté, stades II et IV, fin de l’adolescence, début de l’âge adulte, stades IV et V. La courbe du bas de
chaque figure est la courbe de la croissance alors que celle du haut est celle de la vitesse de croissance
exprimée en cm par an (cm.an-1). Les deux courbes sont en décalage d’environ deux ans entre garçons
et filles
20
Structures et fonctions biologiques requises par le déclenchement puis par le développement puber-
taire sont donc déjà en place et fonctionnent au niveau hypophysaire chez l’embryon chez qui elles
ont contribué à la différenciation sexuelle. Fortement inhibée avant la naissance est sensiblement
réactivée immédiatement après, et ce, pendant les 6 premiers mois chez le garçon et les 2 premières
années chez la fille, cette activité subit ensuite un ensemble complexe d’inhibitions partielles au
cours de l’enfance. Cette période d’inhibition se poursuit jusqu’à l’âge de 8-10 ans. Elle est définie
comme période hormonale de repos dite aussi de quiescence [6]. Le déclenchement de la puberté
correspond donc à la levée de cette inhibition et à une réactivation des équilibres hormonaux déjà
présents chez l’embryon *7].
D’une façon résumée, au plan biologique, la plupart des transformations observées au cours de
l’adolescence résultent essentiellement de sécrétions neuro-hormonales dont les cibles, les gonades,
produisent les hormones sexuelles, testostérone (surtout par les testicules chez le garçon) et œstro-
gènes (surtout par les ovaires chez la fille) en quantité de plus en plus importante au cours de
l’adolescence. Ces hormones sont responsables du développement des organes sexuels destinés à la
reproduction. Elles induisent en outre la plus grande part des anabolismes tissulaires et des change-
ments morphologiques caractéristiques de la puberté et de l’adolescence.
Sept étapes sont nécessaires avant d’aboutir à ces résultats. Trois première se déroulent au niveau
cérébral : dans le cortex, l’hypothalamus et l’hypophyse, la quatrième au niveau sanguin, pour abou-
tir aux gonades, testicules et ovaires qui eux-mêmes sécrètent leurs propres hormones dans la circu-
lation sanguine. Ces hormones sont destinées, d’une part aux récepteurs spécifiques des cellules
cibles, et d’autre part, selon l’importance de leurs concentrations sanguines, elles exercent des ré-
trocontrôles activateurs ou inhibiteurs sur les sécrétions corticales, hypothalamiques et hypophy-
saires (figures 2 et 3).
21
carrefour située à la base du cerveau, l’hypothalamus, auxquels elles imposent dès le début de la
puberté une élévation du rythme et de l’amplitude de leurs sécrétions.
22
G. Cazorla 2010
23
G. Cazorla 2010
24
Au début et au cours de la puberté, l’augmentation des sécrétions de testostérone chez le garçon et
d’œstradiol chez la fille, est due non seulement à l’élévation des gonadostimulines circulantes (plus
particulièrement la LH) mais aussi à la plus grande sensibilité des gonades à cette hormone, ceci ré-
sultant d’une augmentation du nombre de récepteurs gonadiques à la LH lors de la puberté.
Outre ces importantes augmentations, à partir du début de la puberté il se produit une baisse pro-
gressive de la concentration plasmatique de leur protéine transporteuse SHBG et donc une augmen-
tation des proportions libres de testostérone et d’œstradiol, formes actives de ces hormones. De
même, il a été observé une baisse de la sensibilité des récepteurs des hormones sexuelles au niveau
hypophysaire (gonadarche) qui peut expliquer aussi les plus fortes sécrétions de FSH et de LH indui-
sant elles-mêmes une plus forte stimulation de la production de testostérone et d’œstrogènes au
niveau des gonades.
Adrénarche : du latin ad et ren qui signifient respectivement « près » et « rein » et du grecque arkhê qui signi-
fie « commencement » : Augmentation des sécrétions cortico-surrénaliennes se produisant quelques années
avant le début de la puberté gonadique et qui s’accompagne d’une première apparition de poils pubiens.
Gonadarche du grecque gonè qui signifie « semence » : Début de la puberté se traduisant par une modifica-
tion des gonades (testicules et ovaires).
Pubarche : du latin pubes qui signifie « poil pubien » : Apparition de la pilosité pubienne.
1) au niveau de l’hypophyse selon une boucle qui échappe au contrôle hypothalamique et qui
peut, soit stimuler ou au contraire, freiner la production de stimulines,
2) 2) au niveau des centres nerveux qui activent ou inhibent alors la production de libérines par
l’hypothalamus.
25
Au début et au cours de la puberté, le même mécanisme contrôle les sécrétions hypothalamo-
hypophysaires et gonadiques mais il semble que les seuils des réactions inhibitrices soient plus élevés
que vers la fin de l’adolescence et a fortiori que chez l’adulte, ce qui expliquerait aussi l’importance
sécrétoire propres à cette période.
La croissance somatique pubertaire résulte d’interactions complexes entre des facteurs intrinsèques,
génétiques et hormonaux, et extrinsèques, apports énergétiques et en minéraux, activité physique et
stress psychoaffectifs (figure 4). Au cours de l’enfance et de l’adolescence, la croissance en longueur
des os résulte de l’activité des différents constituants des cartilages de conjugaison. Après avoir mar-
qué une importante poussée au cours des deux premières années de la vie, cette poussée ralentit
jusqu’à la puberté.
G. Cazorla 2010
26
La vitesse de croissance staturale (mesurée en cm par an ; Figure 5) augmente de nouveau dès le
début de la puberté (stade 2 de l’échelle de Tanner) pour atteindre un pic maximal en moyenne vers
12 ans chez la fille et vers 14 ans chez le garçon. En moyenne, la vitesse maximale de croissance at-
teint 9 cm.an-1 chez la fille et 10 cm.an-1 chez le garçon, avec un gain total moyen de croissance pu-
bertaire se situant entre 20 et 30 cm chez la fille et entre 25 et 35 cm chez le garçon. Ce sont surtout
les os longs des membres supérieurs et inférieurs qui bénéficient de cette poussée donnant provisoi-
rement au jeune adolescent cet aspect « macroskèle » très caractéristique. Par la suite, en fin de
puberté, à nouveau la croissance du tronc corrige ce déséquilibre pour aboutir aux proportions défi-
nitives en fin d’adolescence. L’évolution du rapport partie supérieure-partie inférieure est facilement
mesurable en enregistrant la taille debout et la taille assise au cours de la croissance.
Périodes de
fragilisation
osseuse
Remarques.
Le pic de croissance maximale (PCM) est souvent utilisé comme référence pour évaluer dans quel
« timing » s’inscrivent les différents évènements qui apparaissent au cours de la puberté et de
l’adolescence [5 p 307-331]. Par exemple, l’amélioration la plus importante de la performance au saut
vertical est atteinte un an après le PCM chez le garçon (PCM+1). Chez la fille l’âge de la ménarche est
aussi utilisé pour marquer ces évènements dans les temps pubertaires, voire dans la période couvrant
toute l’adolescence [5 :p331-333]. Cette façon de procéder complète donc de façon plus individualisée
et plus précise l’utilisation des échelles de Tanner.
27
Les concepts « timing » et « tempo » sont souvent utilisés pour étudier les évolutions de différents
paramètres spécifiques au cours de la croissance. Le « Timing » permet de marquer un évènement par
rapport à l’évolution générale, il est donc utilisé pour établir les normes, alors que le « tempo »
s’inscrit dans les études longitudinales pour donner la vitesse d’évolution individuelle de ce para-
mètre.
La vitesse de croissance staturale décroît ensuite pour devenir presque nulle vers 16-17 ans chez la
fille et 18-20 ans chez le garçon, sensiblement avant que ne se produise la fusion des cartilages de
conjugaison qui intervient respectivement vers 18 ans et 21 ans [10]. Ces différences entre fille et
garçon indiquent que ce dernier présente une croissance pubertaire plus longue qui, ajoutée à un pic
de croissance plus élevé, expliquent in fine la différence de taille de près de 10% en sa faveur.
Cette croissance en longueur est accompagnée d’une croissance en épaisseur dont les courbes
d’évolution respectives sont parallèles, ce qui permet de conserver l’intégrité mécanique du sque-
lette [11]. C’est aussi à ces âges que la minéralisation de l’os est la plus importante, ce qui confère
aux os une plus forte résistance. Cependant, le pic de minéralisation osseuse n’intervient que 6 à 18
mois après la pic de croissance maximale [12, 13, 14], décalage au cours duquel le squelette présente
une période de relative fragilité [14]. Cette fragilité osseuse relative et transitoire est maximale au
moment du pic de croissance staturale, au stade pubertaire
P2-P3, soit entre 11 et 12 ans chez les filles et 13 et 14 ans chez les garçons.
En conséquence, durant cette période proche et immédiatement post pic de croissance osseuse, il
serait plus prudent d’éviter tous exercices, activités physiques ou sports à fortes contraintes méca-
niques.
Comme le montrent plusieurs études longitudinales [15, 16, 17], la puberté est aussi marquée par
une différence de masse osseuse entre les sexes relevant d’un accroissement plus important de la
taille des os et de leur épaisseur chez le garçon que chez la fille. Cette différence due à une densité
minérale osseuse (DMO mesurée en g/m2) plus importante chez le garçon reflète de façon fidèle le
degré de résistance aux contraintes mécaniques et permet d’évaluer le risque de fracture plus impor-
tant chez la fille et surtout chez la femme ménopausée.
Un autre aspect plus prophylactique est le risque d’ostéoporose plus fréquemment observé chez la
femme adulte pré ménopausée ou ménopausée. Parmi les facteurs susceptibles d’influencer le
risque d’ostéoporose, la masse minérale osseuse atteinte en cours de croissance ou pic de masse
osseuse (PMO) joue un rôle essentiel *18+. Il a été établi qu’une augmentation de 10% du PMO réduit
de façon significative le risque de fracture ostéoporotique [18]. Autrement dit, la santé du squelette
de l’adulte se prépare au cours de l’adolescence.
Facteurs génétiques.
Compte tenu des possibilités de déplacement, de migration, de mariages multiethniques et multira-
ciaux, hormis certains peuples très localisés par exemple en Australie, en Asie et en Afrique, comme
les pygmées chez qui il a été montré l’absence d’IgF-1 expliquant leur petite taille [19], il est actuel-
lement de plus en plus difficile de dégager un profil bien défini au sein de groupes ethniques qu’il est
de moins en moins aisé de circonscrire.
28
Par contre, il est patent d’observer des similitudes entre les tailles de jumeaux monozygotes et entre
celle des parents et de leurs enfants. Plusieurs études longitudinales [20, 21, 22] portant sur les inte-
ractions entre les facteurs génétiques et mésologiques ont bien montré la prévalence génétique de la
taille par rapport à d’autres facteurs comme par exemple le poids. En outre les courbes de croissance
montrent des concordances de profils supérieures entre jumeaux monozygotes par rapport à celles
de jumeaux dizygotes. Par ailleurs, une des études sur l’héritabilité *21+ a montré que la plus forte
héritabilité (h2=0,86) est obtenue pour l’âge de la fin du PCM (timing), et la moins élevée (h2=0,53)
pour l’augmentation de la taille au cours de la puberté (tempo). Enfin, lorsque des corrélations sont
établies entre des dimensions mesurées à 10 ans et 18 ans les résultats sont significativement plus
élevés avec les jumeaux monozygotes (r=0,9) qu’avec les dizygotes (r=0,65). L’ensemble de ces résul-
tats plaident donc en faveur des facteurs génétiques pour rendre compte de la taille atteinte au
cours ou à l’issue de l’adolescence et de la croissance mais ne nous renseignent en rien sur
l’éventualité de gènes spécifiques.
Il semblerait que le déterminisme de la croissance osseuse puisse être localisé au niveau de la por-
tion distale du bras court du chromosome X. Ce locus ne participerait pas à l’inactivation du X et il
pourrait contribuer dès lors, ainsi que son homologue sur le chromosome Y, à l’acquisition de la taille
future finale.
La recherche du gène candidat se poursuit
Facteurs hormonaux
Les stéroïdes gonadiques, l’hormone de croissance (GH) et son effecteur l’insuline-like growth fac-
tor-1 (IGF-1), l’insuline et l’hormone thyréostimuline (TSH) sont également requis pour obtenir une
croissance harmonieuse [23].
Comme pour la gonadolibérine hypothalamique, par un mécanisme encore inconnu, en même temps
que les modifications de fréquence et d’amplitude des pulses de LH et FSH marquant le début de la
puberté, un facteur hypothalamique, le GRF ou GHRH (growth hormone releasing factor) est aussi
sécrété de façon pulsatile. A partir du début de cette période, le mécanisme enclenché est très
proche de celui de la sécrétion de la LH et de la STH (figure 6)
- une, vers le foie où elle active la sécrétion de l’IgF-1 qui connaît une forte augmentation depuis la
période pré pubertaire jusqu’au milieu de la période pubertaire [9, 23]. L’IgF1 est aussi synthétisé par
le cartilage de conjugaison, par l’os tout entier et par le muscle. Sa concentration ne revient aux va-
leurs adultes (≈ 300 ng.ml-1) que bien après la fin de la puberté.
29
- l’autre, destinée aux différents tissus, particulièrement le tissu osseux, dont elle stimule la crois-
sance à la fois directement mais surtout par l’intermédiaire de son effecteur l’IgF-1 sans lequel il ne
pourrait y avoir de croissance osseuse.
G. Cazorla 2010
L’IgF1 est en outre un puissant anabolisant hormonal qui contrôle de nombreuses actions métabo-
liques de la GH. Par le rétrocontrôle négatif qu’il exerce sur la synthèse hypophysaire de la GH, il
permet d’en réguler les concentrations plasmatiques chez l’adulte. Par contre, au cours de la pre-
mière partie de la puberté, cette concentration continue de s’élever en dépit des valeurs élevées
d’IgF-1 permettant ainsi une croissance osseuse maximale.
30
Avant et au début de la puberté, la croissance est surtout régulée par le couple GH-IgF-1 alors que
pendant la puberté et l’adolescence se sont surtout les hormones sexuelles qui prennent le relai.
Associés à la GH et à l’IgF-1, se sont les œstrogènes qui, aussi bien chez la fille que chez le garçon (via
l’aromatisation de la testostérone), activent les processus de forte croissance osseuse au cours des
trois ou quatre années de puberté et début d’adolescence où le squelette double sa masse.
Hormis le système nerveux central et les organes lymphoïdes, tous les autres organes se développent
sous l’influence de l’anabolisme intense de cette phase. C’est au niveau des organes génitaux que la
croissance est la plus importante : l’utérus passe de 2 à 20 cm3, les ovaires de 0,5 à 4 cm3, les testi-
cules de 2 à 30g. Prostate chez le garçon et glandes mammaires chez les filles se développent aussi
considérablement de même que la glande thyroïde qui quadruple sa masse…
C’est encore sous l’influence hormonale que s’établissent les différences entre filles et garçons qui
s’expriment surtout au niveau de la masse musculaire, du squelette et de la masse graisseuse.
De façon constante, l’os est soumis à un turnover minéral permettant de constituer du tissu osseux
nouveau. Ce turnover résulte d’un couplage entre résorption et formation osseuse cette dernière
étant majoritaire au cours de la croissance. La formation osseuse nécessite la présence de cristaux
d’hydroxyapatite constitués de calcium et de phosphate. Les produits laitiers pris quotidiennement
au cours de deux repas suffisent pour fournir la quantité requise de calcium. Entre 10 et 18 ans,
l’apport quotidien en phosphore doit être limité à 800 mg et respecter un rapport cal-
cium/phosphore entre 1 et 1,5. Ce rapport semble le plus favorable à l’absorption du calcium.
Une prise plus importante du phosphore que l’on trouve en quantité importante dans certaines
boissons de type cola peut paradoxalement s’avérer délétère pour la fonction osseuse, peut créer
non seulement des troubles osseux mais aussi des lithiases uriques et des déficiences au niveau de
l’absorption et de la fixation du calcium et du magnésium. Ces boissons devraient donc être très
limitées au cours de la puberté et de la totalité de la croissance osseuse.
Le magnésium est non seulement nécessaire à la constitution osseuse mais aussi aux fonctions ner-
veuse et musculaire et intervient à de multiples niveaux : croissance, métabolisme énergétique, im-
munité, transmission neuromusculaire…Enfin, la vitamine D apportée par l’alimentation ou/et pro-
duite par les couches basales de l’épiderme sous l’action des rayons solaires, intervient dans la miné-
ralisation du tissu osseux et dans le métabolisme phosphocalcique. Magnésium et vitamine D
s’avèrent donc indispensables au cours de la croissance. Entre 10 et 18 ans leur apport quotidien
respectif devrait se situer entre 300 et 400 mg pour le calcium et 5 µg pour la vitamine D.
31
Facteurs mécaniques : rôle de l’activité physique.
Les contraintes mécaniques exercées sur l’os : tensions musculaires, gravité, force de réaction au
sol…sont nécessaires pour stimuler sa minéralisation [14, 24]. L’importance de la minéralisation dé-
pend des caractéristiques des contraintes mécaniques : amplitude, fréquence, vitesse de mise en
charge, modalités : compression, flexion, torsion, traction, cisaillement… (Lire notamment Ducher et
Courteix [11]). Dans cette même perspective, les contraintes de type dynamique, très variées,
s’avèrent plus efficaces que les contraintes statiques surtout en période de croissance où la sensibili-
té du tissu osseux en est plus importante.
Pour impacter les structures osseuses de l’ensemble du squelette et en obtenir une croissance harmo-
nieuse tant en longueur qu’en épaisseur, des activités physiques dynamiques, variées à contraintes
relativement élevées devraient faire partie des programmes destinés aux adolescents. Dans ce cadre,
les exercices de renforcement musculaire utilisant le propre poids du corps et les exercices de muscu-
lation avec charges devraient en faire partie en évitant des contraintes trop importantes imposées au
rachis comme par exemple les exercices de squat qui ne devraient être envisagés qu’en fin de puberté.
L’amplitude des contraintes imposées par chaque exercice de musculation, encore définie comme
« charge », devrait se situer sans la dépasser à 70% de la charge maximale et devrait correspondre à
une possibilité de 15 répétitions. L’amplitude élevée devrait laisser place à une plus haute fréquence
de répétions de contraintes plus légères au cours de la période articulée autour du pic de croissance
staturale (stade pubertaire P2-P3 de l’échelle de Tanner).
32
présentera toujours un nombre total de fibres musculaires significativement inférieur à celui de
l’homme, ce qui en partie, explique ses moindres qualités de force par rapport à l’homme.
Avant la puberté, le développement de la masse musculaire ne marque pas, ou très peu, de diffé-
rence entre fille et garçon mais se dissocie très fortement dès le début de la puberté du garçon, envi-
ron un an et demi après le début de celle de la fille (figure 7).
33
Concernant la répartition des différents types d’unités motrices au sein du même muscle, l’essentiel
de la distribution est terminée vers 2 ans.
Ensuite, selon l’activité physique habituelle, ou/et selon le type l’entraînement mené, les pouvoirs
biochimiques des fibres (surtout des fibres IIc et IIa) évoluent en majorité dans le sens d’une aug-
mentation de leur pouvoir oxydatif.
Le niveau d’activité physique ayant beaucoup diminué au cours des trente dernières années, pro-
blème encore plus aigu que celui de la « mal bouffe », une véritable pandémie du surpoids et de
l’obésité est de plus en plus à craindre, à tel point que tout enseignant en EPS doit aussi se préparer
à prendre en charge cet aspect de la santé des jeunes. Dans cet environnement, le sigle EPS risque
rapidement de signifier : « éducation physique et santé » !
A l’opposé, la perte trop importante de masse grasse, souvent accompagnée de perte en protéines,
conséquences d’exigences esthétiques sociétales ou de certaines disciplines sportives comme la
gymnastique sportive, la gymnastique rythmique et sportive (GRS) ou artistiques comme la danse
classique, ou encore d’anorexies mentales dont les adolescentes sont quelques fois victimes,
s’avèrent aussi très délétère pour la santé du jeune et surtout de la jeune [32].
Pour ces deux faisceaux de conséquences, quelques fois dramatiques, il est bon que tout éducateur
puisse disposer d’outils accessibles de mesure et des normes qui les accompagnent.
Remarque. Attention, concernant ces problématiques, les normes doivent toujours être appréhen-
dées avec beaucoup de doigtée pédagogie voire de psychologie car la stigmatisation de
l’adolescent aux conséquences quelques fois très graves est toujours à craindre…
Il n’est bien entendu pas question de passer en revue ici toutes les techniques de mesure ou
d’appréciation de la composition corporelle, pour ce faire, lire notamment Brodie et al. [33],
Heyward [34] Léger [35 p47-68], et Martin & Ward [36 p 87-99], mais simplement de ne conserver
que celles accessibles aux plus grand nombre à savoir la technique des plis cutanés et celle de l’indice
de masse corporelle (IMC).
Les pourcentages de graisses peuvent être obtenus avec de nombreuses techniques. Leur nombre
montre qu’une seule et même technique n’a jamais été totalement satisfaisante, ce qui indirecte-
ment signifie que chacune d’elle présente des limites plus ou moins importantes. Si pour les adultes
la technique des quatre plis cutanés (subscapulaire, tricipital, bicipital et supra iliaque) mesurés par
34
une pince type Holtain ou Harpenden et exploités à partir des équations proposées par Womersley
et Durnin [37] a été retenue par le Conseil de l’Europe, cette technique n’a malheureusement pas été
validée pour les enfants et adolescents âgés de moins de 17 ans. Pour les adolescents comme pour
les enfants, Slaughter et al. [38] proposent les équations suivantes :
- Avec plis cutanés tricipital et du mollet :
Garçons : % graisse = 0,735 x (somme des deux plis) + 1,0 (tous âges)
Filles : % graisse = 0,610 x (somme des deux plis) + 5,0 (tous âges)
- Avec plis cutanés tricipital et subscapulaire (> 35mm):
Garçons : % graisse = 0,783 x somme des deux plis + I*
Filles : % graisse = 0,546 x somme des deux plis + 9,7
- Avec plis cutanés tricipital et subscapulaire (< 35mm):
Garçons : % graisse = 1,21 x (somme des plis) – 0,008 x (somme des plis)2 + I*
Filles : % graisse = 0,546 x (somme des plis)2 – 0,013 (somme des plis + 2,5 (2,0 africain ; 3,0 cau-
casien)
Par exemple avec un adolescent de type caucasien ayant une maturation située au stade pubertaire
(niveau II échelle de Tanner) et dont les plis seraient respectivement 15 et 12 mm, le % de graisse se-
rait : 1,21 (27) – 0,008 (27)2 – 3,4 = 23,4 %
Son poids de MG (en kg) et sa MM (en kg) pourraient donc être estimées aussi, par exemple si le poids
de cet adolescent était 55 kg, son poids de MG serait : 55/100*23,5 = 12,9 kg et son poids de MM se-
rait alors de : 55 – 12,9 = 42,1 kg.
Il est à remarquer que, pour éviter les approximations résultant des équations de prédiction, le simple
suivi de la somme des plis peut suffire. Dans ce cas, les poids de MG et de MM ne pourraient pas être
estimés.
Comme le montre la figure 8, en moyenne la MG n’évolue de façon significative que chez la fille dont
le pourcentage de graisse par rapport à sa masse corporelle totale passe progressivement de 14% en
période prépubertaire à 20 à 25 % à l’âge adulte alors que chez le garçon, ce pourcentage a tendance à
diminuer en période pubertaire pour se situer ensuite en moyenne entre 12 et 15 %.…s’il pratique
régulièrement une activité physique et si ses apports nutritionnels sont équilibrés.
Les pinces à plis cutanés n’étant pas totalement démocratisées, il est fait le plus souvent appel à
l’indice de masse corporelle (IMC = BMI des anglo-saxons : body mass index) pour repérer les anoma-
lies pondérales tant en insuffisance qu’en excès. L’IMC se calcule par l’équation : Poids en kg / (Taille
en m)2.
35
Cette méthode ne devrait cependant être utilisée qu’en dernière possibilité lorsque les autres mé-
thodes ne sont pas accessibles ou dans des situations particulières, ce qui est le cas en EPS. En effet,
l’IMC ne rend compte ni du poids d’un squelette très dense, ni de celui de la masse musculaire, par
exemple d’une ou d’un sportif très musclé. Dans ces deux cas, l’IMC peut confondre poids des os et
des muscles avec poids de graisse en excès. L’IMC varie en fonction du sexe et de l’âge. Les courbes de
son évolution ont été établies en France dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS).
Elles sont accessibles auprès du ministère de la Santé : www.sante.fr
A partir de ces courbes, pour en faciliter l’accès aux enseignants d’EPS, nous avons calculé par âge et
par sexe les limites à l’intérieur des différents percentiles traduisant la distribution de la population
des adolescents français (tableau4). Avec la prudence requise, il est possible d’indiquer que les adoles-
cents dont les résultats se situeraient en dessous de 10ème et au-dessus du 90ème percentile, ce qui re-
présenterait respectivement une insuffisance ou un excès pondéral, devraient être signalés au méde-
cin scolaire et devraient faire l’objet d’une attention particulière au cours des séances d’EPS.
G. Cazorla 2010
36
G. Cazorla 2010
Les évolutions de la MG et
de la MM sont à prendre en
compte tant dans leurs rap-
ports avec l’adolescence,
aussi bien concernant les
garçons que des filles, que
dans le dimorphisme inter
sexe qu’elles entraînent au
cours de cette période.
A nouveau, les hormones
peuvent expliquer une part
importante des évolutions
de la composition corpo-
relle. Par leur caractère
anabolisant, testostérone,
hormone de croissance et
IgF-1 sont à l’origine de
l’augmentation de la MM
Figure 9 : Evolution semestrielle (mm par ½ année) des tissus musculaire et
alors que les œstrogènes
graisseux du bras et de la jambe de garçons ♂ et de filles ♀, alignée sur la favorisent le développement
vitesse maximum de croissance (pic de croissance). D’après Tanner et al. *4+. du tissu graisseux. Notons
On remarquera 1) l’augmentation importante de la masse musculaire chez le encore que ces évolutions
garçon et la prise supérieure de tissu graisseux chez la fille, 2) l’alignement
du pic de vitesse de prise de masse musculaire sur le pic de vitesse de crois- dépendent aussi de facteurs
sance chez le garçon mais non chez la fille, 3) la baisse de vitesse de prise de génétiques, de la nutrition et
tissu graisseux, surtout chez le garçon, à proximité du pic de croissance, 4)
l’importance de la prise de tissu graisseux au niveau du bras chez la fille ca-
ractéristique qui demeurera chez la femme adulte.
37
de la pratique ou non de l’activité physique.
La MM augmente de façon très importante chez le garçon au moment de la puberté et la vitesse
maximum de prise de masse musculaire (pic) correspond parfaitement au pic de croissance osseuse
(figure 9), ce qui permet de penser ici aussi aux effets hormonaux et plus particulièrement aux effets
anabolisants de la testos-
térone. En effet, cette
accélération de la vitesse
de prise de masse muscu-
laire ne s’observe pas ou
peu chez la fille.
Au cours de la puberté,
une importante diffé-
rence s’accroît tant au
niveau de la MM que de
la MG entre garçons et
filles (figure 9) ce qui ex-
plique les moindres per-
formances motrices at-
teintes par ces dernières,
surtout aux épreuves
nécessitant de la force et
de la puissance muscu-
laire.
Alors que, probablement
sous l’effet de l’hormone
de croissance, la vitesse
de prise de MG se stabi-
lise, voire décroît à proximité du pic de croissance osseuse et ce, tant chez la fille que chez le garçon.
On observe ensuite chez les filles un important rebond dans les deux années qui suivent son pic de
croissance osseuse. Les dépôts de graisse sous cutanée se font chez elles surtout au niveau des
hanches, des fesses, des cuisses et de la partie postérieure des bras.
De façon à répondre à leur nouveau besoin esthétique, souvent exacerbé à ces âges, c’est le bon mo-
ment pour leur apprendre à mieux gérer leurs apports nutritionnels et surtout leurs pratiques phy-
siques quotidiennes (voir tableaux 5 et 6 www.ANC 2001)
38
faible développement de sa masse musculaire, la fille est moins avantagée aussi bien au niveau de
ses performances motrices que dans les développements de ses grandes fonctions.
Du fait des hautes turbulences de la puberté qui font « sortir » le jeune adolescent de son statut
d’enfant pour le propulser progressivement vers celui d’adulte, il serait en effet plus pertinent de ne
plus considérer l’adolescence comme une entité mais au contraire d’en étudier ses différentes trans-
formations sous l’éclairage des stades de sa maturation : âge osseux, échelles de Tanner, pic de crois-
sance maximale, date de ménarche pour les filles…
Remarquons aussi que les études exclusivement dédiées aux adolescents abordent le plus souvent
leurs transformations par approches synchroniques, ce qui ne permet pas de comprendre réellement
les phénomènes diachroniques propres à la poursuite de la croissance dans cette période singulière
de la vie.
Enfin, les outils de laboratoire utilisés permettent, certes, d’accéder à des résultats scientifiques ri-
goureux et intéressants pour la recherche mais sont souvent très éloignés des attentes des praticiens
comme les enseignants d’éducation physique et des possibilités de leur utilisation dans le quotidien
pédagogique.
C’est pourquoi, chaque fois que nous pourrons le faire, notre parti pris sera d’utiliser en priorité les
résultats de travaux issus de pratiques utilisant des tests et épreuves de terrain accessibles aux en-
seignants et autres praticiens. Pour ce qui concerne les résultats d’études utilisant des mesures de
laboratoire, nous suggérons la lecture des ouvrages [41, 42, 43, 44].
39
d’erreurs ou de résultats contradictoires comme c’est parfois le cas dans des études portant sur les
mêmes objets [44].
Ces réserves faites, examinons en priorité les métabolismes sollicités pour répondre aux besoins de
l’activité musculaire en général et plus particulièrement chez l’adolescent.
Remarque : Même dans les ouvrages les plus récents, probablement par souci didactique, les auteurs
continent de dissocier les performances aérobie et anaérobie alactique et lactique. Pourtant, un cer-
tain nombre de résultats de travaux dont la figure 10 en présente une synthèse, montrent que, à
l’échelle de l’organisme et du travail musculaire, il n’est plus possible aujourd’hui de soutenir le con-
cept d’anaérobie (sans air donc sans oxygène) car, même les exercices très courts et très intenses
bénéficient d’un apport en O2.
G. Cazorla
G. Cazorla 20102010
40
En outre, comme dès les premières secondes de l’exercice musculaire la glycolyse est mise en jeu, il
est donc difficile aussi de soutenir le concept d’alactique qui signifierait qu’aucune molécule d’acide
lactique n’ait été produite pas le muscle ! Il n’est plus possible non plus d’affirmer l’intervention
unique d’une filière énergétique dans l’apport total de l’énergie requis par un exercice donné. On par-
lera d’avantage d’une contribution relative de chaque filière énergétique au processus métabolique
d’une activité musculaire. En fonction de l’intensité et de la durée d’un exercice ou d’une activité, il est
donc indispensable de définir non seulement la prédominance d’une source énergétique mais aussi
l’interaction constante des autres (figure 11).
G. Cazorla 2010
41
- et par les délais de récupération permettant d’éliminer ou de métaboliser les métabolites
produits et de reconstituer les réserves en substrats utilisés.
Selon l’intensité et la durée de l’activité musculaire engagée, l’énergie peut être issue, soit en majori-
té de l’oxydation directe des substrats énergétiques, glycogène, glucose et acides gras, dans la mito-
chondrie elle-même, ou/et des procédures d’urgences que sont le catabolisme des molécules de
phosphorylcréatine (PCr) et du glycogène musculaire. Dans les deux cas l’oxygène est nécessaire
pour alimenter les combustions mitochondriales lors d’exercices de longue durée et ce, d’une part
pour entretenir le travail musculaire en cours, et d’autre part, après l’exercice, qu’il soit de courte ou
de longue durée, pour reconstituer les réserves en substrats utilisées. Transporté depuis
l’environnement où il est puisé jusqu’aux cellules qui le consument, l’augmentation de l’apport plus
important de l’oxygène nécessite l’adaptation aigüe des grandes fonctions, ventilatoire et cardiovas-
culaire
1) la puissance aérobie maximale (PAM) ou la vitesse aérobie maximale (VAM), puissance ou vitesse
limite atteinte à la consommation maximale d’oxygène ou VO2 max,
2) l’endurance aérobie (EA) ou pourcentage de VO2 max de PAM ou de VAM susceptible d’être main-
tenu le plus long temps possible et
3) le coût énergétique pour se mouvoir ou se déplacer à une vitesse donnée sur une distance connue
dont les plus faibles valeurs sont aussi définies comme « économie de locomotion ».
Comme la capacité physiologique aérobie implique le bon état fonctionnel d'un grand nombre d'or-
ganes vitaux : poumons, vaisseaux, cœur, et traduit indirectement la qualité de la combustion mus-
culaire, dans la plupart des recherches portant sur les adaptations physiologiques liées à l'exercice ou
à l'entraînement, l'importance des développements de deux de ses principaux facteurs : la puissance
aérobie maximale et l’endurance aérobie, constituent les critères objectifs le plus souvent retenus
pour apprécier le niveau de condition physique.
Dans la vie de tous les jours, en autorisant une plus grande activité quotidienne sans fatigue exces-
sive, une capacité aérobie (PAM et EA) correctement développée chez l'adulte plus ou moins jeune,
chez l'enfant et l'adolescent et, a fortiori chez le sportif, constitue un gage sérieux d'une bonne con-
dition physique générale et spécifique au sport pratiqué.
42
G. Cazorla 2010
Dans de nombreuses activités physiques et disciplines sportives, la relation qui existe entre la per-
formance de longue durée et la capacité d'utiliser d'importantes quantités d'oxygène est un fait bien
établi. Une bonne capacité aérobie favorise non seulement la performance de longue durée mais, en
permettant des charges plus importantes d'entraînement, peut aussi indirectement favoriser la qua-
lité de toute autre performance.
De même, quelles que soient les motivations individuelles liées à la pratique d'une activité physique,
un bon transport et une bonne utilisation cellulaire de l'oxygène jouent un rôle essentiel dans la ré-
cupération post-exercice.
43
Au plan central, le VO2max dépend de l’efficacité du transport de l’oxygène du poumon à la cellule et
au plan périphérique, de la capacité d’extraction et d’utilisation cellulaire de l’oxygène parfois définie
comme pouvoir oxydatif musculaire.
Au niveau de la chaîne qui extrait et transporte l’oxygène, le jeune adolescent présente un dévelop-
pement pulmonaire et cardiovasculaire qui évoluent en fonction des transformations morpholo-
giques pubertaires et post pubertaire et aussi, avec le niveau d’activité physique mené jusqu’à l’âge
adulte. On peut donc supposer, ici aussi, les effets de l’imprégnation hormonale liée à la puberté
pour adapter systèmes et fonctions à la croissance.
La fonction ventilatoire devient progressivement plus efficace grâce à une moindre résistance à
l’écoulement de l’air dans les voies respiratoires, à une augmentation du volume pulmonaire qui
résulte en grande partie de l’augmentation du nombre d’alvéoles, donc d’une plus grande surface
d’échange gazeux de perfusion dont l’efficacité dépendra de l’importance du lit capillaire pulmonaire
et de la concentration sanguine en hémoglobine (lire notamment 41 p141-158 ; 42 p29-32 ; 53) . Ces
deux facteurs sont sensibles et résultent en partie des effets de l’activité physique.
Au niveau cardiovasculaire [41 p117-140 ; 42 p18-29 ; 54, 55] les valeurs absolues du volume
d’éjection systolique sont plus faibles mais la fréquence cardiaque plus élevée chez le jeune adoles-
cent (Stades II et III des échelles de Tanner) par rapport à celles de l’adulte. Malgré la compensation
d’une fréquence cardiaque plus élevée, son débit cardiaque demeure encore inférieur à celui de
l’adulte. Cependant, calculés par unité de masse corporelle, de masse maigre ou de surface corpo-
relle, le volume d’éjection systolique est comparable à celui de l’adulte [56] tandis que la fréquence
cardiaque de repos baisse avec l’âge. Par contre, au niveau périphérique, le système d’extraction de
l’oxygène du jeune adolescent est moins performant que celui de l’enfant pré pubère mais encore
sensiblement meilleur que celui de l’adulte. Cette meilleure capacité oxydative musculaire résulte
probablement de la plus forte densité mitochondriale du jeune comparé à l’adulte *57,] et d’une
concentration plus élevée en enzymes oxydatives [58, 59]. Progressivement, depuis les premières
annonces pubertaires, l’ensemble de ces paramètres qui étaient proches de ceux de l’enfant évo-
luent pour tendre désormais vers ceux que présente le jeune adulte (stades IV et V des échelles de
Tanner).
Pour obtenir le VO2max, nombreux sont les protocoles et techniques de mesures directes du VO2 en
laboratoire ou d’évaluation indirecte du potentiel aérobie chez le jeune *lire notamment 60+. En
fonction des stades II, III, et IV des échelles de Tanner, les critères d’atteinte de VO 2max de
l’adolescent sont très proches de ceux des adultes : arrêt volontaire (ce critère est quelque fois discu-
té car le jeune adolescent est plus sensible à la fatigue que l’adulte et a tendance à s’arrêter avant
d’avoir atteint les limites de son VO2) avec inflexion et plafonnement de la courbe d’évolution de sa
fréquence cardiaque (FCmax), lactatémie entre 8 et 10 mmol.l -1, QR entre 1,05 et 1,10.
Si la connaissance précise de VO2max est toujours intéressante pour certains sportifs de haut niveau,
pour l’enseignant d’EPS, connaître simplement l’aptitude aérobie du collégien et du lycéen est suffi-
sant. Ainsi, cet élément important du profil physiologique de l’élève devrait pouvoir contribuer à
orienter les contenus des enseignements qui lui sont destinés surtout dans une perspective de main-
tien ou le développement de sa condition physique. Dans cette perspective, les résultats du test na-
44
vette de 20m de Léger et Lambert [61] ou de Léger et al. [62], seul test de terrain à avoir été validé
pour les enfants, les adolescents et les adultes, peuvent correspondre à cette attente. Très populaire
car très accessible, ce test a été et est largement utilisé dans de nombreux pays, ce qui, à partir d’un
macro échantillon de plus de 420 000 sujets, nous a permis de déterminer les normes internatio-
nales pour filles et garçons [63] (figure 13 et tableau 7).
G. Cazorla 2010
Issues de la batterie EUROFIT mise en application en Belgique [64], des normes réalisées dans un des
pays membres de la communauté européenne sont aussi à la disposition des éducateurs physiques
(figure 14 et tableau 8).
45
G. Cazorla 2010
Dans une autre étude [65], toujours en utilisant les résultats du test navette aérobie, il a été montré
une baisse séculaire de la PAM d’enfants et d’adolescents entre les années 1980 et 2000. Cette
baisse moyenne établie pour toutes les tranches d’âge/ sexe/ pays se situe à 8.6 % sur 20 ans c'est-à-
dire à 0.43 % par an, ce qui correspond à environ 3.84 mlO2.kg-1.min-1 sur 20 ans ! Autrement dit,
avant les années 80, les enfants et
adolescents auraient été capables
d’atteindre une VAM de 1km.h-1
supérieure à ceux d’aujourd’hui car,
en moyenne, 1km.h-1 de course
correspond à 3,5 mlO2.kg-1.min-1!
Ces résultats témoignent indirec-
tement d’un niveau d’inactivité
physique (NIP) largement supérieur
au niveau d’activité physique (NAP)
et ce, plus précisément au cours de
l’adolescence (figure 15) ce qui
pose déjà un problème aigu de
santé publique et, si la tendance
n’est pas efficacement modifiée,
aggravera ce problème dans les
années futures.
46
« Timing » et « tempo » de
l’évolution de VO2max au
cours de l’adolescence
Lorsque le VO2max est ex-
primé en en litre par mi-
nute (l.min-1), défini dans ce
cas : VO2max absolu, comme
le montre la figure 16 il
augmente linéairement
jusqu’à 18 ans chez les gar-
47
C’est donc une image
tout à fait différente de
celle qui nous est tradi-
tionnellement présen-
tée. Cette conception
est peut être complexe
à apprécier mais il est
important que ceux qui
interviennent auprès
des jeunes puissent la
connaître de façon à ne
pas interpréter de fa-
çon hâtive et erronée
ce qui pourrait appa-
raître comme une
baisse de capacité phy-
siologique au cours de
la croissance [70].
48
Dans les deux cas, l’évaluation de l’endurance aérobie nécessite de connaître préalablement le
VO2max, la PAM ou la VAM.
Concernant la VAM, les tests de terrain les plus accessibles pour l’obtenir directement sont le test sur
piste de l’Université de Montréal *71] ou mieux, le test VAM-EVAL [72] dont les VAM obtenues ne
sont pas significativement différentes. A la condition de convertir en vitesse de course linéaire la
vitesse de course na-
vette atteinte au dernier
palier complété (voir
tableau 9), le test na-
vette de Léger et al.,
peut être aussi utilisé
lorsque la mise en place
des deux précédents
tests s’avère impossible.
La VAM résulte de
l’interaction de VO2max
G. Cazorla et L. Léger
et de l’économie de 2010
locomotion. Donc
l’extrapolation de
VO2max à partir de la
connaissance de la VAM [VO2max (ml.min-1. kg-1) = VAM (km.h-1) x 3,5 + 2% par année d’âge en des-
sous de 17 ans+ est toujours teintée d’une erreur plus ou moins sensible en fonction du niveau
d’économie de course du sujet et de son âge biologique réel par rapport à son âge du calendrier.
Pour la course, l’économie de locomotion intervient chez l’adolescent mais beaucoup moins que
49
pour la nage et le cyclisme. Comme l’économie de locomotion est moins bonne chez le jeune adoles-
cent que chez l’adulte (voir chapitre suivant), on comprend mieux alors pourquoi, à pourcentage de
VAM égal, il dépense plus d’énergie et court donc moins longtemps que son aîné, ce qui n’est pas le
cas lorsqu’un pourcentage de VO2max est retenu (figure 19).
Plusieurs techniques sont susceptibles de rendre compte du niveau d’endurance aérobie [73].
Certaines sont issues du laboratoire comme par exemple l’intensité de locomotion définie au « seuil
anaérobie » pour une lactatémie de 4 mmol.l-1 ou encore à l’intensité correspondant au « seuil venti-
latoire ». Outre leur difficile accessibilité au grand public, ces techniques sont contestées par les phy-
siologistes car elles ne se sont avérées ni valides au niveau des résultats obtenus, plus particulière-
ment chez les jeunes, ni valides à celui de leurs fondements biologiques [74, 75]. D’autres techniques
plus accessibles peuvent être utilisées directement sur le terrain [lire notamment 76]. Nous ne re-
tiendrons que celles les plus accessibles aux éducateurs, c'est-à-dire les techniques du « temps li-
mite » et de l’« indice d’endurance aérobie ».
Temps limite.
La durée d’un exercice est toujours subordonnée à son intensité selon une relation définie comme
« temps limite ». Ensemble, intensité et durée sont sous la dépendance du métabolisme qui leur
fournit l’énergie requise. Donc, l’intensité connue, il est assez aisé de choisir la bonne durée pour
obtenir l’impact métabolique souhaité.
Remarque. La notion de temps limite
mérite aussi explication car souvent, sous
prétexte que le temps limite est mainte-
nu à une intensité inférieure à la puis-
sance maximale, on désigne comme in-
fra-maximal le type d’exercice corres-
pondant alors que, si précisément il est
maintenu pendant une durée maximale,
il est obligatoirement maximal pour cette
durée. Donc, si un éducateur physique ou
un entraîneur veut faire travailler de
façon infra-maximale ses élèves ou ses
G. Cazorla 2010
sportifs à une intensité égale à celle du
temps limite, il devra choisir des durées
inférieures au temps limite chronométré.
Dans cette perspective en fonction de la VAM retenue comme référence 100%, une performance réa-
lisée sur chaque distance allant du 400m au marathon ou du 50m au 1500m nage permettrait de
tracer la courbe correspondant aux temps limites de chaque sportif (figure 20).
Prenons l’exemple des résultats présentés dans la figure 20. Les temps limites maintenus par un na-
geur à 120%, 100 et 96% de la VAM-nage sont respectivement 2, 5 et 16min, ce qui constituent ses
performances maximales à ces intensités. Si son entraîneur veut lui demander de réaliser des exer-
cices infra-maximaux, il pourra opter par exemple pour une intensité correspondant à 96% de sa VAM
nage mais pendant des durées obligatoirement inférieures à 16min. Pour tout exercice infra-maximal,
il y a donc nécessité de préciser à la fois le pourcentage de la VAM et celui de la durée limite à
l’intensité correspondante.
50
L’épreuve du temps limite à 100% de la VAM (tlim 100) a été surtout décrite et utilisée en France
avec des jeunes âgés entre 6 et 18 ans par l’équipe de l’Université de Lille 2 *77]. Les résultats obte-
nus montrent que le tlim 100 était le plus élevé au moment de la puberté aussi bien chez les filles
(vers 12 ans) que chez les garçons (vers 14 ans) et demeuraient relativement stable ensuite : entre 5
et 6 min. Selon l’hypothèse émise par les auteurs, ces valeurs plus élevées à la puberté pourraient
résulter d’une plus forte intervention du système « anaérobie ». Si c’était le cas on pourrait alors se
demander pourquoi le tlim100 stagne à partir de la puberté alors que le système anaérobie poursuit
son développement post pubertaire?
Dans une autre étude réalisée de façon longitudinale [78], les auteurs observent que le pourcentage
de VO2max maintenu lors d’une épreuve de course de 9 min augmente avec l’âge chez des garçons
évalués à 9,9 ans et à 16,8 ans. La même hypothèse explicative que dans l’étude précédente fut
émise par les auteurs.
51
tante d’unités motrices inutiles et de mouvements parasites [81], métabolisme de base plus élevé,
donc VO2 de repos augmenté [81], composante élastique musculaire moins efficace [82].
L’amélioration du coût énergétique dans une discipline sportive particulière ne relève pas du simple
entraînement mais est un processus de longue haleine qui dépend d’un haut niveau de spécialisa-
tion, la natation en est un bon exemple.
En conclusion de ces travaux, même dans un cadre scolaire au nombre d’heures réduit (3h hebdo-
madaires), il est donc possible de développer la capacité aérobie à la condition :
1- d’élaborer des séances spécifiques pour développer respectivement : l’endurance aérobie
ou/et la puissance aérobie maximale
2- d’individualiser les contenus de ces séances, d’où la nécessité d’évaluer initialement la VAM
et l’endurance aérobie des élèves et de gérer ensuite l’intensité des activités physiques pro-
posées en utilisant les % des VAM (ou les % de FCmax) obtenues individuellement en consti-
tuant des groupes de niveau.
52
d’ATP. Ce débit dépend des capacités ATPasique des têtes les molécules de myosine (ou méromyo-
sine lourde) donc de la nature des fibres musculaires concernées et du nombre de ponts
d’actomyosine formés. Bien que, à notre connaissance, il n’y ait pas d’étude spécifique dans ce do-
maine, on peut raisonnablement penser qu’en matière strictement métabolique, aucune différence
ne devrait exister entre adolescent et adulte. Ceci ne signifie pas que les performances motrices qui
elles, dépendent d’autres facteurs (voir plus loin), soient identiques. Par contre, lorsque la durée de
l’activité musculaire maximale se prolonge, en fonction de la durée, les interventions métaboliques
vont dépendre à la fois des turnover de l’ATP permis par le catabolisme de la PCr, par la glycogéno-
lyse avec formation d’acide lactique et par la mise jeu concomitante des oxydations mitochondriales.
Si les réserves musculaires en ATP et en PCr sont identiques chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte
(entre 4 et 5 mmol.kg-1 de muscle sec pour l’ATP et entre 16 et 17 mmol.kg-1 pour la PCr), par contre,
au cours la puberté et de l’adolescence les réserves en glycogène, tant hépatiques que musculaires,
s’élèvent progressivement jusqu’au niveau de celles de l’adulte *85, 86, 87, 88].
En ce qui concerne l’utilisation de ces substrats, le taux d’utilisation de l’ATP est identique chez
l’enfant, l’adolescent et l’adulte *86] mais celui de la PCr fait l’objet de résultats controversés [86 vs
59, 89+. Il semblerait que son taux d’utilisation ne s’élève que très sensiblement au cours de
l’adolescence.
Il en est autrement de l’activité glycolytique qui, dans les quelques études peu nombreuses qui lui
sont consacrées, montre une évolution en relation avec la maturation pubertaire à telle point que
plus aucune différence n’apparaît entre l’activité de certaines des enzymes clés comme la phos-
phofructokinase (PFK), la lacticodéshydrogénase (LDH) d’adolescents de 13-15 ans et celle de l’adulte
[59, 89]. Le développement de cette activité entraîne une plus forte production d’acide lactique par
la muscle, elle-même à l’origine d’une importante amélioration de l’efficacité des systèmes tampon.
Dès la puberté, l’adolescent est donc de mieux en mieux équipé pour répondre à toutes les formes
de travail musculaire de haute intensité et de durée variable y compris celles relevant des hauts
débits de la glycolyse lactique. Mesurée au niveau sanguin ses concentrations en lactate ne mon-
trent plus de différentes avec celles présentées par l’adulte lors d’exercices d’intensité relative
identique.
Remarque. Il a souvent été, et est encore quelque fois enseigné qu’il ne faut pas soumettre l’enfant
pré pubère à des exercices sollicitant la glycolyse lactique sous prétexte que sa maturation biologique
est insuffisante et que ce type d’exercice peut même s’avérer dangereux notamment pour la fonction
cardiovasculaire. Qu’en est-il exactement ?
Aucune étude n’a rapporté à ce jour un quelconque danger physiologique pour les enfants pratiquant
des activités anaérobies lactiques et pourtant, nombreux sont les enfants s’entraînant régulièrement
en gymnastique sportive, en GRS, en danse, en patinage artistique et dans bien d’autres disciplines
qui en relèvent. Si danger il y a, le vrai danger est plus psychologique que biologique car l’enfant
n’aime pas les exercices intenses et prolongés et peut en éprouver très tôt une forme de rejet.
Plusieurs études ont montré chez l’enfant une augmentation significative des concentrations muscu-
laires en lactate lors d’un exercice à intensité croissante après des périodes d’entraînements spéci-
53
fiques [90, 91+. Si l’entraînement peut induire un développement de la glycolyse lactique, il est évident
que celle-ci ne dépend pas que du niveau de maturation.
Cette hypothèse est corroborée par les résultats de l’étude de Petersen et al. [92]. Utilisant la tech-
nique non invasive de spectroscopie (31P-MRS) avant et après une période d’entraînements intensifs
réalisés par des nageuses pré pubères et pubères, ces auteurs obtiennent les mêmes améliorations
avec les deux groupes et concluent…à la non maturation-dépendance du métabolisme glycolytique de
l’enfant mais plutôt au type d’activités physiques habituel et à l’entraînement-dépendance.
S’il est correctement entraîné, ce métabolisme, comme les autres métabolismes, peut être développé
aussi bien chez l’enfant pré que pubère et post pubère. Si naturellement il n’a pas été développé plus
tôt, c’est que l’enfant utilise plus spontanément son métabolisme aérobie très tôt plus performant.
Pour notre part, au vu de l’ensemble de ces résultats, nous pensons qu’au stade pré pubertaire
l’enfant devrait bénéficier surtout d’entraînement visant au développement de la capacité aérobie
(endurance et puissance) et que, dès le début de la puberté, période très favorable à la poursuite d’un
important développement de la puissance aérobie maximale, progressivement le développement de
ses capacités dites « anaérobie » devrait être envisagé…sans danger !
54
Pour les performances de courte durée, le test de terrain le plus accessible et le plus utilisé dans les
batteries nationales et internationales est le sprint sur 50m. Nos résultats obtenus avec des adoles-
cents français montrent le même profil que ceux précédemment indiqués (tableau et figure). Pour les
durées intermédiaires, comme l’indiquent les figures 10 et 11… le métabolisme glycolytique associé
au catabolisme de la PCr représentent la contribution prépondérante au turnover de l’ATP. La part
prise par l’apport aérobie devient cependant de plus en plus importante à mesure que l’exercice
même très intense (intensité supra maximale : > VO2max) se prolonge. Le test de terrain qui semble
le plus approprié est le sprint long d’une distance de 200m pour laquelle il n’existe pas de normes.
La performance de durée plus longue (90s) qu’il est aussi possible de définir comme « endurance de
la glycolyse lactique », bien que toujours à dominante « lactique », fait de plus en plus appel au mé-
tabolisme aérobie dont la puissance maximale peut être atteinte entre 90 et 120 s chez le jeune pu-
bère. Elle nécessite un délai plus long, entre 2 et 3 min à mesure que l’adolescent s’approche de
l’âge adulte.
Par l’intermédiaire des enseignants d’éducation physique, il serait aussi très intéressant d’établir des
normes nationales non seulement aux tests de course de 50m mais aussi à ceux de 200 m et de 400 m
qui ensemble sont représentatifs des deux facettes de la capacité dite « anaérobie » : puissance et
endurance.
55
Pour accomplir les mouvements des différentes activités quotidiennes normales ou, dans le cadre de
la musculation, ces trois types de contraction peuvent se produire simultanément dans différents
muscles.
Selon l’importance des forces qu’ils sont susceptibles de développer ou bien, de la précision des
mouvements qu’ils doivent conduire, les muscles peuvent bénéficier d’un nombre plus ou moins
élevé d’unité motrice (UM). Une UM est constituée d’un motoneurone dont le diamètre peut varier
en relation avec le profil des fibres qu’il innerve. Toutes les fibres appartenant à une UM présentent
les mêmes caractéristiques fonctionnelles. Comme au sein d’un même muscle coexistent des UM de
différents types (ST, FTa, FTx) et comme la commande motrice du système nerveux peut à tout mo-
ment ne solliciter qu’un pourcentage plus ou moins élevé d’entre elles, sous le contrôle du système
nerveux central (SNC), le muscle est donc capable de moduler à l’infini les gammes des tensions re-
quises par la réalisation de mouvements précis ou/et nécessitant une force plus ou moins élevée.
La force musculaire dépend des interactions de trois composantes susceptibles d’évoluer au cours de
l’adolescence :
- de la qualité de la commande nerveuse,
- de la qualité des groupes musculaires sollicités,
- et du couple muscles-articulation(s) mis en jeu.
La myélinisation des axones distaux ayant été achevée au cours du stade pré pubertaire, la vitesse de
la transmission des potentiels d’action entre le SNC et les UM devient chez l’adolescent très proche
de celle de l’adulte ce qui se concrétise par des temps de réaction identiques entre eux. Par contre,
concernant le recrutement du plus grand pourcentage possible d’UM au sein de mêmes muscles, par
rapport à l’adulte, l’adolescent présente encore un déficit qui peut être rattrapé d’autant plus vite
qu’il pratique des activités physiques nécessitant force et puissance musculaire élevées [93]. On sait
que, à l’issue des premières semaines d’un programme de musculation aucune hypertrophie n’est
obtenue chez le jeune, alors que la force a augmenté de façon significative. C’est donc bien le facteur
neuromusculaire qui permet cette première progression de la force. Après cette période, si le pro-
gramme se poursuit, l’augmentation de la force se fera alors chez l’adolescent par hypertrophie mus-
culaire ce qui n’était pas le cas chez le jeune pré pubère [39 p 226].
56
- de la surface de section des fibres et de l’ensemble des muscles sollicités (nombre de myofi-
brilles et de myofilaments contractiles par mm 2 de section);
- de l’angle de pennation des fibres dans le muscle;
- de l’état de raccourcissement ou d’étirement (ou longueur Lo) dans lequel se trouve le muscle
sollicité.
C’est donc bien de l’hypertrophie du muscle et donc du nombre de filaments contractiles que contient
sa surface de coupe que dépend l’augmentation de la force maximale au cours de la croissance. Cette
question a été bien exposée par Malina et Bouchard *27+. D’autres études [95, 96] montrent que, au
même âge osseux relevé en période post pubertaire, le diamètre des fibres du vaste externe augmen-
tent dix fois plus depuis la naissance alors que celui des fibres du deltoïde n’augmente que de cinq fois
traduisant probablement la fonction ou les intensités auxquelles ces muscles sont exposés au cours de
la croissance [27 P : 123].
Ensemble, muscle et leviers osseux forment un couple moteur dont l'efficacité est directement en
relation avec l'angle formé par l'articulation.
L’effet mécanique résultant de leur interdépendance est défini comme moment cinétique de
l’articulation qui résulte du produit de la force (F) exercée par le muscle à son point d'insertion, par la
distance (L) de ce point par rapport au centre de rotation de l'articulation :
M=FxL
57
Ces aspects biomécaniques en constante évolution, surtout au cours de la puberté, permettent aussi
de comprendre, non seulement l’augmentation de la force maximale durant cette période mais aussi
les ajustements mécaniques auxquels sont soumis les jeunes en forte croissance.
Des deux, le « hand-grip » a été le plus utilisé dans les études portant sur l’évolution de la force au
cours de l’adolescence. Les principaux résultats sont notés dans la figure 21 et le tableau 11). Ces
résultats montrent que la force musculaire augmente progressivement au cours de la croissance en
fonction de
l’accroissement de la
masse corporelle
Avant la puberté, la
force maximale des
garçons et des filles
n’est pas très diffé-
rente [97, 98]. En
moyenne, les filles
présentent
l’accroissement en
force la plus élevé
pendant les années de
croissance maximale:
11,5 à 12,5 ans. Chez
les garçons,
l’augmentation est
G. Cazorla 2010
maximale un an après
le pic de croissance :
14,5 à 15,5 ans [42].
La force maximale se
stabilise vers 6-18 ans
chez la fille et entre 20
et 30 ans chez le gar-
çon.
58
Dans le but de développer la force musculaire, doit-on ou non proscrire la musculation avec charges
additionnelles au cours de la croissance ? Les tenants de la proscription se réfèrent à la fragilisation
d’un squelette en cours d’ossification sur lequel il faut éviter des contraintes mécaniques susceptibles
d’être dommageables pour la croissance osseuse [99]. Que peut-on en penser ? Outre les évolutions
naturelles de la force au cours de la puberté et de l’adolescence, la synthèse des résultats de nom-
breux travaux dont les plus récents [100, 101], met bien en évidence non seulement l’innocuité mais
aussi et surtout les bienfaits de la pratique régulière de la musculation au cours et même avant cette
période de la vie. N’oublions pas que l’accrétion osseuse a besoin de contraintes mécaniques pour se
densifier. Contrairement aux craintes surtout justifiées par la prudence plutôt que par la connais-
sance, la pratique des poids et haltères, notamment par le jeune adolescent, lorsqu’elle est bien con-
duite de façon sécuritaire (voir tableau « Précautions à respecter pour aborder le renforcement mus-
culaire de l’enfant » dans le chapitre « Développement de l’enfant et activité physique » du présent
document), en évitant notamment les charges maximales voire excessives [102], adaptée à son âge et
à sa morphologie, lui est très salutaire, entre autres pour améliorer sa résistance, son équilibre, son estime de
lui-même et peut contribuer aussi à réduire ses risques cardiovasculaires (Lire notamment [103])
d (m)
V (m.s-1) =
t (s)
On distingue quatre facteurs explicatifs de la vitesse entrant en jeu dans la vitesse gestuelle et sur-
tout la vitesse de déplacement.
- le temps de réaction qui est sous la dépendance essentielle du système nerveux central, de la
conduction du potentiel d’action et de la qualité de la réaction musculaire,
- le démarrage qui dépend du temps de réaction et de la puissance musculaire,
- de la durée nécessaire pour atteindre son pic de vitesse maximale qui dépend essentiellement de
la puissance musculaire, de la qualité et de la quantité des UM susceptibles d’être sollicitées,
- et de la vélocité ou « endurance de la vitesse » qui dépend surtout de la qualité de l’utilisation de
l’ATP-PCr, et des possibilités de poursuivre le travail musculaire en milieu acide (pH < 7).
Dans certaines activités sportives comme le sports collectifs, le tennis, le squash, le badminton, le
tennis de table…les vitesses gestuelles de déplacement ou de frappe font aussi appel à la vivacité et à
la coordination d’où les concepts souvent utilisés sur le terrain, de vitesse-coordination ou « vitesse-
vivacité ».Cette qualité complexe dépend à la fois du système nerveux central, de la qualité de con-
traction et relâchement des fibres musculaires et des groupes musculaires agonistes et antagonistes
(coordination neuromusculaire) et de la puissance musculaire.
Comme dans toutes les activités de très courtes durées et d’intensité exhaustive, vitesse et puissance
sont intimement liées. En effet, la puissance dépend essentiellement de la force (F) susceptible
59
d’être exercée pour déplacer une charge un segment, ou sa propre masse corporelle sur une distance
(d), en un temps (t) le plus réduit possible, ce qui s’écrit :
P (watt) = F (newton) x d (m)
t (s)
Comme d/t représente la distance (d) réalisée durant un temps ( t ), il s’agit donc d’une vitesse
V (m.s-1) = d (m)
t (s)
la puissance est donc égale au produit de la force (F) par la vitesse (V) :
P (watts) = F x d = F (newton) x V (m.s-1)
t
Il existe une combinaison de la force optimale pour une vitesse donnée ou le contraire pour obtenir
la puissance la plus élevée.
Facteurs limitants.
La vitesse gestuelle résulte de plusieurs facteurs anatomo-physiologiques dont elle dépend :
- des possibilités de contractions-relâchements des groupes musculaires alternativement mis en jeu,
- donc de la nature de la commande et des coordinations neuromusculaires,
- du nombre et de la qualité des unités motrices sollicitées au sein des groupes musculaires considé-
rés,
- du pouvoir mobilisation et des réserves en substrats énergétiques nécessaires pour alimenter le
couple contraction – relâchement (ATP-PCr),
- des qualités d'élasticité des groupes musculaires mis en jeu,
- et des rapports des segments anatomiques déplacés.
C’est dans le premier âge scolaire que se manifeste la plus forte amélioration de la fréquence et de la
vitesse de mouvement. Ensuite, l’augmentation de l’amplitude gestuelle et le développement de la
force expliquent l’amélioration de la vitesse cyclique au cours de la croissance.
60
* * ** ** **
L’intervention de la force explique les meilleures performances obtenues en sprint par les garçons au
cours de cette période. Par contre, lorsque la vitesse des membres supérieurs est évaluée, par
exemple à partir du test de frappe de plaques inclus dans la batterie Eurofit, les masses musculaires
engagées étant beaucoup moindres, on n’observe plus de différences significatives entre filles et
garçons (figure 23 et tableau 13).
La meilleure évaluation de la vitesse de course est la vitesse lancée. Lorsque le départ est pris en
compte, puissance et vitesse sont évaluées ensemble. Il est ainsi possible de chronométrer une
course de vitesse lancée de 20m et la même distance après un départ arrêté pour apprécier l’effet de
la puissance.
Faute de pouvoir mesurer la force directement sur le terrain et lors de la réalisation d’un geste dans
une activité physique particulière, la puissance quelque fois appelée aussi « force explosive » peut
être évaluée par les différents tests de détente verticale (Sargent test, test d’Abalakov) ou horizon-
tale (saut en longueur départ arrêté et pieds joints) dont les normes concernant les adolescents sont
très fournies (figures 24 et tableau 13)
61
G. Cazorla 2010
Bien que limitée par les facteurs héréditaires, la vitesse gestuelle peut être développée par une pra-
tique d’exercices de vitesse-vivacité et de vélocité réalisés surtout avant et pendant la puberté (jeunes
âgés de 11 à 14 ans). Au sein d’exercices de vitesse, au cours de la puberté et de l’adolescence, il est
très conseillé d’introduire des tâches de plus en plus complexes à réaliser à la plus grande vitesse pos-
sible et en perdant le moins de vitesse possible.
La vitesse cyclique et acyclique dépend étroitement de la coordination nerveuse et du développement
des programmes moteurs. Si par l’utilisation de toutes les formes de jeux spontanés et organisés le
développement de la vitesse a été entrepris très tôt chez l’enfant, elle pourra bénéficier au cours de
l’adolescence de l’augmentation de la force pour obtenir une meilleure amélioration de la perfor-
mance.
62
Dans le premier cas, l'endu-
rance est définie comme la
capacité de maintenir le plus
longtemps possible un pour-
centage donné de la puissance
maximale. Dans ce cas, la du-
rée est la variable à mesurer.
Dans le deuxième cas, l'endu-
rance correspond à la capacité
de maintenir le plus haut
pourcentage possible de la
puissance maximale pendant
une durée donnée. L’intensité
G. Cazorla 2010
constitue ici la variable à
prendre en compte pour tra-
duire l'endurance.
Dans les deux cas, la connais-
sance de la puissance maxi-
male est nécessaire. Cepen-
dant, dans la pratique cou-
rante de l'évaluation de l'en-
durance musculaire, on de-
mande simplement de répéter
le plus grand nombre de fois
possible à intensité sous
maximale, des contractions, des mouvements, des gestes ou des éléments de techniques sans qu'il
soit indispensable de connaître la puissance maximale.
D'où l’endurance musculaire peut aussi être définie comme la capacité de prolonger ou de répéter
le plus grand nombre possible de fois des contractions musculaires à haute intensité.
Facteurs limitants.
Les facteurs qui limitent l'endurance musculaire sont de plusieurs ordres et sont liés :
1° à la fatigue centrale et neuromusculaire,
2° à la fatigue locale musculaire qui elle-même peut dépendre de plusieurs facteurs dont le blocage
partiel de la circulation sanguine par écrasement des parois des vaisseaux par les pressions exercées
par de fortes contractions musculaires, l’augmentation induite de l’acidité du milieu (pH < 7) entraî-
nant le défaut du turnover de l’ATP, constituent probablement les plus importants.
Utilité.
L'endurance musculaire intervient dans de nombreuses activités de la vie quotidienne : grimper une
côte à bicyclette, monter un escalier, transporter une charge lourde, pelleter son jardin... Cette quali-
té est requise surtout pour la pratique de certaines activités sportives, comme : la gymnastique, les
agrès, l'aviron, le cyclisme sur piste, l'escrime, le judo, la lutte...
63
Cette qualité est plus classiquement évaluée par muscle ou par chaînes musculaires se contractant
d'une manière synergique : muscles des membres supérieurs, abdominaux…
Elle traduit aussi bien la possibilité de travail dans des conditions importantes d'acidose (pH<7) que
l'épuisement des réserves initiales, elles-mêmes conséquences du niveau d'entraînement des
chaînes musculaires considérées.
Les résultats obtenus à ce test (figure 25 tableau 15) montrent une augmentation progressive et qua-
si linéaire de l’endurance musculaire abdominale chez le garçon depuis la puberté jusqu’à l’âge
adulte. Bien que la moyenne du nombre de répétions apparaisse toujours supérieure chez le garçon
par rapport à la fille, cette différence ne devient significative qu’à partir de quinze ans. Comme
l’endurance musculaire est surtout activité physique ou/et entraînement dépendante, ce résultat
semble indiqué qu’à partir de cette âge l’adolescente s’adonne de moins en moins aux activités phy-
siques.
Une bonne souplesse permet d’accomplir divers mouvements et activités quotidiennes avec aisance
tout en diminuant les risques de blessure. Elle peut aussi augmenter l’efficacité de certains gestes
techniques comme en natation, dans les lancers, dans les tirs au hand-ball…et peut ajouter à
l’esthétique comme dans les activités à haute expression corporelle, danse, GRS, gymnastique spor-
tive…
Il faut toutefois noter qu’une trop grande souplesse au niveau d’une articulation peut en affecter sa
stabilité. Il existe donc une souplesse articulaire optimale différente selon les individus et par articu-
lation sollicitée.
64
Il faut aussi souligner aussi que la
souplesse est spécifique à chaque
articulation, ce qui rend caduque le
concept global « d’être souple » en
ne prenant en compte que
l’amplitude d’une articulation. Dans
une perspective de condition phy-
sique liée à la santé, il convient de
se concentrer sur les articulations
les plus sollicitées dans la vie cou-
rante : cou, épaules, tronc, hanches,
chevilles, ou, dans une pratique
sportive donnée, recenser les articu-
G. Cazorla 2010
lations les plus mises à contribution
pour choisir le test le plus con-
gruent.
Les résultats obtenus (figure 26 tableau16) mettent en évidence deux caractéristiques bien expli-
quées. Au cours de la poussée pubertaire du garçon, probablement à cause de l’importante crois-
sance osseuse surtout des membres supérieurs et inférieurs et de l’augmentation des masses muscu-
laires, on peut observer une sensible baisse de souplesse entre 12 et 13 ans puis après une améliora-
tion entre 14 et 16 ans une stagnation jusqu’à l’âge adulte. Chez la fille au contraire l’amélioration
est observée à partir de 11 ans et se poursuit jusqu’à 14 ans, pour stagner ensuite. Des différences
significatives apparaissent entre garçon et fille en faveur de cette dernière. Ces différences résultent
probablement du dimorphisme sexuel préparant progressivement la jeune fille à d’éventuelles fu-
tures grossesses par un bassin plus large, aux articulations plus souples, ce qui entraîne une articula-
tion différente de la tête du fémur sur le bassin et donne plus d’amplitude articulaire à ce niveau. De
ce point de vue, la fille apparaît donc plus « souple » que le garçon.
Conclusion
A partir du début de la puberté et durant toute l’adolescence, trois facteurs principaux interagissent
pour expliquer les transformations somatiques et motrices : facteurs génétiques, hormonaux et envi-
ronnementaux comme la nutrition, l’hygiène de vie, l’activité physique et l’état affectif.
65
Les hormones résultant de l’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique sont à l’origine
du déclenchement de la puberté, plus précoce chez la fille, de la maturation du système de reproduc-
tion, de l’apparition et du développement des caractères sexuels secondaires. Potentialisant leurs
effet avec l’hormone de croissance et l’IgF-1, les hormones sexuelles accentuent le dimorphisme fille-
garçon tant au niveau des caractères somatiques : augmentation de la taille, de la masse corporelle
de la masse maigre chez le garçon et de la masse grasse chez la fille, que des développements des
grandes fonctions, des métabolismes et des capacités motrices. L’anabolisme protéique exercé par la
testostérone explique la vitesse d’augmentation de la masse musculaire chez le garçon se traduisant
par un développement plus important des capacités motrices exigeant de la force, de la vitesse et de
la puissance. Pour la fille, ces mêmes capacités se développent linéairement mais plus modestement
jusqu’à son pic maximal de croissance pour stagner, voire régresser ensuite si elles ne sont pas entre-
tenues ou développer à cause d’un niveau d’activité physique insuffisant. C’est surtout à partir de
cette période que les différences entre filles et garçons deviennent les plus significatives. Pour les
autres capacités motrices, il n’existe pas de différence lorsque la vitesse gestuelle limite l’implication
de la puissance musculaire et au contraire, la fille se montre plus souple que le garçon lorsque les
articulations en relation avec son bassin sont sollicitées.
Quels que soient les métabolismes, les grandes fonctions et les capacités motrices, l’endurance est
toujours sous la dépendance du niveau d’activité physique et d’entraînement. Alors que certaines
capacités physiologiques et motrices maximales sont en partie sous dépendance génétique (VO 2max,
vitesse gestuelle…), l’amélioration de leur endurance est susceptible de rendre compte du niveau
d’activité physique et d’entraînement.
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