Cours 1 Les Traits Articulatoires des voyelles, les semi-
voyelles et les consonnes
LES TRAITS ARTICULATOIRES DES VOYELLES, LES SEMI-VOYELLES ET
LES CONSONNES
A. LES VOYELLES ET SEMI-VOYELLES
a. LES VOYELLES AU NIVEAU ARTICULATOIRE
Pour articuler les voyelles le passage de l’air est libre. Les cordes vocales vibrent.
Quatre traits articulatoires permettent d’opposer les voyelles
- Le lieu d’articulation
Il existe deux possibilités :
a. soit la langue se masse vers la partie antérieure de la bouche, ce sont les voyelles dites
palatales, antérieures ou d’avant ;
b. soit la langue se masse vers la partie postérieure de la bouche, ce sont les voyelles dites
vélaires, postérieures ou d’arrière.
- L’aperture
Elle est définie par la hauteur de la langue par rapport au palais et l’ouverture du
maxillaire. Il y a quatre degrés : fermée (haute), mi-fermée (mi-haute), mi-ouverte (mi-
basse), et ouverte (basse).
- L’arrondissement des lèvres ou la rétraction (écartement)
Les lèvres jouent un rôle en français. Elles sont non seulement arrondies mais souvent
projetées en avant. Il existe une double série de voyelles antérieures : une avec les lèvres
écartées non arrondies, une autre avec les lèvres arrondies. Toutes les voyelles postérieures
sont arrondies.
- La nasalité
Lorsque la dite est dite « nasale », l’air passe par la cavité buccale mais aussi par la cavité
nasale.
Description articulatoire des voyelles
Le français standard classique possède 15 voyelles. Mais deux d’entre elles sont en train de
disparaître du français : le [ɑ] postérieur au profit du [a] et le [œ̃] au profit du [ẽ]. La 16e
voyelle, le [ə] est réalisé soit [ø] soit [œ]. Tous les Français n’ont pas le même système
phonologique. Il y a des variations géographiques ou sociales.
On peut décrire 13 voyelles à l’aide des quatre traits :
[i] : voyelle antérieure, fermée, non arrondie, orale.
[y] : voyelle antérieure, fermée, arrondie, orale.
[u] : voyelle postérieure, fermée, arrondie, orale.
[e] : voyelle antérieure, mi-fermée, non arrondie, orale.
[ε] : voyelle antérieure, mi-ouverte, non arrondie, orale.
[ø] : voyelle antérieure, mi-fermée, arrondie, orale.
[œ] : voyelle antérieure, mi-ouverte, arrondie, orale.
[o] : voyelle postérieure, mi-fermée, arrondie orale.
[ɔ] : voyelle postérieure, mi-ouverte, arrondie, orale.
[a] : voyelle antérieure, ouverte, non arrondie, nasale.
[ẽ] : voyelle antérieure, mi-ouverte, non arrondie, nasale.
[ã] : voyelle postérieure, ouverte, arrondie, nasale.
[õ] : voyelle postérieure, mi-ouverte, arrondie, nasale.
Cours 2 La durée des voyelles
La durée des voyelles
En syllabe fermée accentuée, sont allongées :
- toutes les voyelles nasales, [o] et [ø], quelque soit la consonne qui suit :
mange [mã:ʒ], il ronfle [Rõ:fl], mince [mẽ:s], la côte [ko:t], c’est neutre [nø:tR]
- les autres voyelles orales devant [R], [v], [z], [ʒ] :
la chose [ʃo:z], le port [pɔ:R], je rêve [Rε:v], c’est rouge [Ru:ʒ].
LES VOYELLES AU NIVEAU ACOUSTIQUE
Au niveau acoustique, les voyelles sont classées selon deux traits : aigu/grave ; tendu/lâche
- Toutes les voyelles françaises sont tendues. En effet il n’existe pas de diphtongue en
français. Le timbre est net.
- Le classement des voyelles aiguës et graves est en correspondance avec la grandeur de la
cavité buccale. Plus la cavité est petite, plus le son est aigu, plus la cavité est grande, plus le
son est grave.
b. Les semi-voyelles
Il y a trois semi-voyelles / semi-consonnes. Elles correspondent aux trois voyelles les plus
fréquentes.
- [w] : postérieur, arrondie. Orale, fricative. vélaire .
- [j] : antérieure, non arrondie, orale, fricative, palatale.
- [ɥ] : antérieure, arrondie, orale, fricative, orale. Palatale.
Par exemples [i] [j] comme dans pied [pje]
[y] [ɥ] comme dans lui [lɥi]
[u] [w] comme dans Louis [lwi]
[i] [j] comme dans fille [fij]
Cours 3 : Les Consonnes
B. LES CONSONNES
AU NIVEAU ARTICULATOIRE
Les consonnes s’opposent grâce à quatre modes et lieux d’articulation
Le mode occlusif /constrictif
- Les occlusives
Le passage de l’air est obstrué complètement un court instant puis réouvert et l’on entend une
petite explosion. On les appelle aussi des explosives si on les décrit du point de vue
acoustique. L’explosion ne pouvant être que très brève, ce sont des momentanées.
- Les constrictives / fricatives
Le passage de l’air est rétréci. Un bruit de frottement caractérise ces consonnes qu’on appelle
alors, d’après l’impression auditive, des fricatives. On peut les prolonger, à l’inverse des
occlusives, et elles seront donc appelées continues. Les cordes vocales peuvent vibrer ou ne
pas vibrer.
- Le mode sourd/ sonore
Toutes les occlusives et les constrictives peuvent être sonores ou sourdes, c’est-à-dire que les
cordes vocales vibrent ou ne vibrent pas dans le larynx.
- Le mode oral/nasal
Seules les occlusives peuvent être nasales. Le voile du palais s’abaisse et l’air passe aussi par
les fosses nasales.
- Le mode médian / latéral
Pour la majorité des consonnes, l’air passe par le canal médian de la langue. Mais pour une
seule catégorie, l’air passe différemment : il s’écoule des deux côtés de la langue.
Les occlusives
Pour les occlusives, il y a quatre lieux de fermeture :
- au niveau des lèvres, la lèvre inférieure vient se presser sur la lèvre supérieure.
[p] : occlusive, bilabiale, sourde
[b] : occlusive, bilabiale, sourde
[m] : occlusive, bilabiale, sonore, nasale
- au niveau des dents, la pointe de la langue vient toucher les incisives supérieures.
[t] : occlusive, dentale, sourde, orale
[d] : occlusive, dentale, sonore, orale
[n] : occlusive, dentale, sonore, nasale
- au niveau du palais, le dos de la langue vient se presser contre le palais mou (vélaire) ou le
palais dur (palatale).
[k] : occlusive, vélaire, sourde, orale
[g] : occlusive, vélaire, sonore, orale
[ɳ] : occlusive, vélaire, sonore, nasale
Le [ɳ] est en train de disparaître au profit de [nj]
Les constrictives / fricatives
Pour les constrictives/fricatives, il y a quatre lieux de resserrement :
- au niveau des lèvres et des dents (les labiodentales), la lèvre inférieure vient s’appuyer sur
les incisives supérieures.
[f] : constrictive, labiodentale, sourde
[v] : constrictive, labiodentale, sonore
- au niveau des alvéoles (les alvéolaires),
. le prédos de la langue vient toucher les alvéoles, la pointe de la langue est orientée vers le
bas, ce qui diffère du « s » espagnol.
[s] : constrictive, alvéolaire, sourde
[z] : constrictive, alvéolaire, sonore.
. la pointe de la langue touche les alvéoles et l’air passe de chaque côté de la langue.
[l] : constrictive, latérale, alvéolaire, sonore.
- au niveau du palais (les prépalatales), la langue se creuse, et touche de chaque côté les
molaires.
[ʃ] : constrictive, prépalatale, arrondie, sourde
[ʒ] : constrictive, prépalatale, arrondie, sourde.
- au niveau de la luette (les uvulaires), le dos de la langue vient toucher la luette.
[R] : constrictive, uvulaire, sonore. Ce n’est plus une vibrante sauf dans le cas de « r »
géminé, exemple : il mourrait [ilmuRRε]
Cours 4 : Le niveau Acoustique des consonnes
AU NIVEAU ACOUSTIQUE
Les consonnes sont classées, elles aussi, comme les voyelles selon deux traits aigu/grave et
tendu/lâche.
- Aigu/grave
Plus la cavité est petite, plus le son est aigu. Plus la cavité est grande, plus le son est grave.
Petite cavité antérieure Cavité moyenne Grande cavité postérieure
+AIGU +GRAVE
s t ʃ k f p
z d ʒ g v b R
n m
l
Classement acoustique des consonnes du français : trait aigu et grave
Le [s] est la consonne la plus aiguë du français.
Le [R] est la consonne la plus grave du français.
- Tendu / lâche
Les consonnes occlusives sont plus tendues que les constrictives, du fait de l’énergie
articulatoire de l’explosion des occlusives.
Les sourdes sont elles-mêmes plus tendues que les sonores correspondantes.
« an » se prononce [ã] : banc [bã], banque [bãkə]…
[ã] « en » se prononce [ã] : lent [lã], cent [sã] …
« em » se prononce [ã] : emploi [ãplwa] …
« am » se prononce [ã] : ambiance [ãbjãsə] …
« on » [õ] : thon [tõ], salon [salõ] …
[õ]
« om» [õ] : plombier [plõbje] …
« in » [ẽ] : incorrecte [ẽkoRεktə]
« im » [ẽ] : impossible [ẽ posiblə]
« ein » [ẽ] : teinture [tẽtyRə]
« ain » [ẽ] : main [mẽ]
« aim » [ẽ] : faim [pẽ ]
[ẽ]
« un » [ẽ] : un [ẽ]
« um » [ẽ] : parfum [parfẽ]
Les digrammes sont « an, en, am, em, on, om, in, im, un et um ».
Les trigrammes sont « ein, ain et aim »
1. Le [ə] instable
- A la fin du mot : porte [pɔRtə]
[pɔRt] fenêtre, meule, bouteille, porte, botte,
phonétique, …
- Entre deux consonnes : médecin [medəsẽ] [medsẽ]
- Quand une phrase comporte plusieurs « e » à la suit, en général, un « e » sur deux :
Je le [ʒlə] ou [ʒəl] / Je te le dis [ʒtəldi] ou [ʒətlədis],
Je me le demande est prononcé soit « J’me l’demande » ou « Je m’ le d’mande »
- A l’initial il se maintient à l’exception du pronom personnel « je ».
- le « e » se maintient devant un « h » aspiré, le hall
- le « e » se maintient quand le pronom « le » suit le verbe, « prends-le ».
Cours 5 : La semi-voyelle, Les syllabes, La place de
l'accent
Cours 5
2. La semi-voyelle :
[ɥ]se prononce «ui » comme dans puits [pɥi], suit [sɥi], lui [lɥi], avec les lèvres écartées.
Louis se prononce [lwi] c'est-à-dire « oui » avec les lèvres arrondies.
3. Les syllabes ouvertes et fermées :
- [o] dans pot [po], beau [bo], tôt [to] Syllabes Ouvertes
[ɔ] dans port [pɔR], botte [bɔt], colle [kɔl] Syllabes Fermées
- [e] dans les [le], fée [fe], met [me], ces [se], ses [se] … SO
[ε] dans fête [fεt], mettre [mεtR], belle [bεl], guette [gεt] SF
- [ø] dans peu [pø], feu [fø], jeu [ʒø], lieu [ljø], aveu [avø] SO
[œ] dans peur [pœR], cœur [kœR], meule [mœl] …. SF
4. La segmentation syllabique
Je n’ai plus le temps d’aller au cinéma
[ʒne+ply+ltã+da+le+o+si+ne+ma]
La voyelle est le noyau de la syllabe. Elle peut à elle, constituer une syllabe. Le nombre
de voyelles dans une phrase est égale (=) au nombre de syllabes
Il est rentré puis il est sorti.
[i+le+Rã+tRe+pɥi+zi+lε+sɔR+ti]
En revanche, les semi-voyelles [ɥ, w, j] ne peuvent pas constituées une syllabe.
5. La place de l’accent
L’accent est placé en français sur la voyelle de la dernière syllabe prononcée du mot ou
groupe de mots. On appelle ce groupe de mots : groupe rythmique.
Mettre un accent, c’est donner du relief sonore à une syllabe sonore (accent tonique).
Pour réaliser l’accent phonétique, il y a deux moyens essentiels : un accroissement de la
durée et un accroissement de l’intensité et un changement de la hauteur mélodique.
La voyelle accentuée change souvent de hauteur. Elle monte généralement quand la
phrase n’est pas terminée et descend à la fin. Les variations de hauteur appartiennent
au système intonatif mais comme elles coïncident avec le système accentuel, on associe
ce rôle intonatif à celui de l’accentuation.
Cours 6 : Rôle et Place de l'Accent
Rôle et place de l’accent : groupes sémantiques ou rythmiques.
Lorsqu’on prononce la phrase telle que :
Oui demain je partirai vers cinq heures s’il fait beau.
Le découpage est conforme au sens. On appelle les séquences ainsi déterminées des
groupes sémantiques. Une telle division pourrait se faire par des pauses, comme
lorsqu’on dicte un texte. Sous l’expressivité, l’accentuation finale du français moderne
se déplace souvent sur une autre syllabe. Au théâtre, par ex, les finales sont parfois
difficiles à entendre. Mais dans une conversation ordinaire, l’accentuation finale
(oxytonique, qui porte un accent aigu sur la dernière syllabe) se maintient assez bien.
On appelle les groupes sémantiques, groupes rythmiques parce que l’accentuation nous
donne la perception d’un rythme régulier.
Dès que le n’est plus isolé, en français, il perd son accent au profit du groupe. On n’a
pas besoin de détacher tous les mots pour être compris.
Ex : « Un café» : l’accent est porté sur le é de café.
« Un café allongé » : l’accent est porté sur le « é » de allongé.
‘ ‘
« Un enfant » / Un petit enfant
Bonjour merci bonsoir hier pourquoi
La voyelle de la syllabe accentuée :
- est plus longue que toutes les voyelles non accentuées du groupe rythmique ;
- est réalisée avec un ton plus bas ou plus haut que les autres voyelles du groupe
rythmique.
L’accent et les groupes rythmiques
Ils varient d’une à six syllabes en fonction notamment du débit de la personne qui parle.
Certaines personnes parlent plus rapidement que d’autres. Dans une phrase, le nombre
d’accents varie en fonction, du nombre de groupes rythmiques.
Le rôle de l’accent est donc de découper les énoncés en groupes pas trop longs pour les
rendre plus facile à comprendre. Ce rôle n’est pas comme celui des phonèmes,
distinctifs. On ne peut pas opposer un accent à un autre pour créer un nouveau sens
linguistique.
Le rôle de l’accent est différend on dis qu’il est démarcatif. Il aide à délimiter les unités
de sens mais il ne les crée pas. (Accent fixe remplit une fonction démarcative alors que
la fonction de l’accent libre est parfois distinctive.
Exemples :
Ce matin très tôt, il a téléphoné 2 groupes rythmiques 2 accents
Ce matin, très tôt, il a téléphoné 3 groupes rythmiques 3 accents
Si tu as le temps, demain, viens avec moi, chez l(e) docteur.
4 groupes rythmiques 4 accents
Si tu as le temps demain, viens avec moi, chez l(e) docteur.
3 groupes rythmiques 3 accents
L’accent a donc une fonction démarcative. Il délimite les unités de sens : groupe
nominal, groupe verbal, complément de lieu, complément de temps…
Activité 1 : Activité 2 :
J’ai deux chats. J’aime marcher
J’ai deux beaux chats. J’aime bien marcher
J’ai deux beaux chats gris. J’aime bien marcher vite
Activité 3 :
Il vient voir.
Il vient voir Jean.