RAPHAELREGARDS SUR LA PEINTURE
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Gespare De Fiore ‘Giuliana Zuceol: Bellantont
Rédaction
Isabella Ascoli PROCHAIN NUMER
‘Textes ‘Marisa Bussolino
Giovanna Bergamaschi ‘Renata Cogno
Angelo De Fiore Uatiovica Mogisoall TOULOUSE-LAUTREC
Gospare De Fiore Maquette
Mies Mace ‘Cesare Baroni (Direction artistique)
Paolo Cajell
‘Socrétaire de rédaction
‘Traduction et Table 13 Caramel
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Photos Salo Florence: couverture ot pages, 15 18-19, 29, Pourles cutee photo: Archives da
Gruppo Baleriole Fabbri lnSon esprit repand partout
ordre le plus absol, ue
h
moni qui enchante.”
(Eugéne Delacroix, 1830)
APHAEL
“Vendredi Saint a trois
heures du matin’ de année 1483, Ra-
phaél, fils de Giovanni di Sante di Pie-
to - dont le nom dériva en Santius ou
Sanzio - et de Magia di Battista di Ni-
cola Ciatla, nait & Urbino, sous le 18-
gne du duc Guidobaldo de Montefel-
tto et de la duchesse Elisabeth de
Gonzague. Le jour, un vendredi saint,
et Vheure sont ceux que donne Vasari
dans sa Vie de Raphaél, une vie dont il
veut démontrer dés le départ qu'elle
fut miraculeuse, 4 limitation de celle
du Christ, tant Yantiste était pour Tui
sublime et divin. Cette version mythi-
que n’eut guére de difficultés a sim-
Autoport, 1506
Florence, Gi
Of
poser et & marquer linterprétation de
lavie et des couvres de lartiste.
Mais au dela du mythe, il faut
reconnaftre que Raphaél a quelque
chose de miraculeux: sa précocité, ses
progrés, la complexité de son art sont
Temarquables. Chacune des ceuvres
‘qui couvrent ses vingt ans de création
est tune nouvelle découverte, vingt an-
nées qui constituent, selon Heinrich
Wolffin, ta “créte fine” d'un siécle qui
fut a la fois celui de la naissance, de la
crise et de la dissolution de la Renais-
sance humaniste et classique; et celui
de la triade inséparable et fondamen-
tale - Michel-Ange, Léonard, RaphaélBust d forme, 1504 en, -Probablement un
dessin réporoove oun patra desi, comme
| lesuggere Furl -Lonckes, rish Museum,
= dont les confrontations réciproques
marquérent histoire de 'art et dont le
plus jeune, Raphaél, représenta la syn-
these et 'achevernent.
Raphaat grandit done a Ur-
bino qui est un centre encore impor-
tant, mais non plus essentiel, de créa-
tion artistique, et dont le meilleur art-
ste est Pietro Perugino, dit Le Pérugin,
qui zegoit des commandes de toute
FOmbrie, mais aussi de Florence ou
de Rome. Le pére de Raphaél est pein-
tte, lui auss, la cour ducale, Méme si
son talent est beaucoup plus modeste,
{Ui sullt pour remazquer le don ex:
traordinaire de son fils, et c'est proba-
blement en 1494 qu'il le confie au Pé-
rugin; dans la méme année Giovanni
di Sante meurt, Raphaél n'a que onze
ans. a perdu sa mére en 1401. Vor-
phelin vit dans atelier du mate. Vers
149, il collabore avec lui au Rétable
de Santa Maria Nova de Fano, et en
1500, il cbtient avec Evangelista de
Pian di Meleto la commande du Réta-
bile de Saint Nicolas de Tolentino pour
Ja vile de Cita di Castello. Veeuere
fut démembrée et nen reste que des
fragments et quelques dessins qui
rontrent que le projet fut entiérement
congu par Raphael
En quittant Vatelier du Péru-
gin, le joune homme se met & peindre
pour les centres ombriens (Couron-
nement de la Vierge, Perouse; Crucifi-
xxion Mond, Citté di Castello) jusqu’en
1804, date du Mariage de la Vierge ot
il trouve enfin sa maniére inimitable
Das tors, Yombrie ne lui
sult plus. Vasari nous apprend
qu! “ayant entendu célébrer par dim
menses louanges le carton que Léo-
nard de Vinci avait fait.d’un groupe
de trés beaux cavalier [il sagit de la
Bataille d’Anghiari pour le Palazzo
Vecchio}... et parsillement certains
nus bien meilleurs fats en concurren-
ce avec Léonard par Michel-Ange (la
Bataille de Cascina, pour le méme
commanditaie.”, Raphaél décida
Galler a Florence.
sy rend moni d'une lettre
de Giovanna Feltia della Rovere
ressée au gonfalonier Pier Soderini
fe porteur de cette missive est Ra-
phaal, peinte d'Urbin, qui stant pro-
fondément engagé dans son exercice,
a choisi de rester pendant quelque
temps a Florence pour apprendre
Crest un jeune homme discret et gen
De tous points de vue, je aime extzé-
mement..”. Mais Faccueil de Soderini
Vest pas aussi chaleureux, et les com-
andes publiques n/arrvent pas, Flo-
rence lui offre cependant Yoccasion
de pénstrer au coeur de Ja culture
arisique italenne puisque Léonard et
Michel-Ange y travaillent, paraléle
ment a d'autres grands artistes com
me Ghirlandaio et Fra’ Bartolomeo.
Raphaél observe et fait trésor
de ce que chacun peut lui apprendre
Léonard, la fusion des couleurs et Vim-
mersion des figures dans l'espace; Mi-
chel-Ange, le mouvement et les cons-
tructions en spirale ou pyramidales;
Fra’ Bartolomeo, la majesté des figu-
res, Ie sens de la grandeur des com-
positions, Ilest sociable et affable - un
‘ait de caractére qui ne changera ja-
mais - et fréquente la communauté at-
tistique tout en continuant a travailler
en se partageant entre Florence et
VOmbrie. Pour ses commanditaires
ombriens, il peint le Rétable Ansidei,
le Rétable Colonna, la Déposition Ba-
aglioni, Pour les florentins, la premiére
série de ses Madones: la Madone
Connérable, la Madone du grand-duc,
Ja Madone du Belvédére, la Madone
au chardonneret, la Belle Jardiniére, et
quelques portraits, dont celui des
époux Doni, les commanditaires du fa-
‘meux Tondo de Michel-Ange.
En 1508, sa réputation lui
vvaut d’éize appelé a Rome par Jules I,
ui lui demande de peindre les now-
eaux appartements papaux rempla-
sant ceux habités auparavant par Ni-
olas V. Il termine la premiéze Stanza
en 1511, Cesta Chambre de le Signa
ture avec les fresques de la Dispute du
Saint-Sacrement, Ecole d'Athénes,
les Décrétales et le Pamasse, entre:
prise suscite un tel enthousiasme que
Jules décide de faire effacer les fres-ques de Piero della Francesca et de
Signorelli pour que Raphaél soit libre
de créer comme il l'entend dans les
autres Chambres, De 1511 4 1514, i
travaille a la Chambre d'Héliodore ot
il réalise la Messe de Bolsena, la Déli-
vance de Saint Pierre, Héliodore
cchassé du temple, Léon P* arrétant At-
tila aux portes de Rome; la derniére
Stanza, Celle dite de l'Incendie du
Bourg, est terminée en 1517, gréce &
Vintervention de ses apprentis, En
1518 et 1519, c'est au tour de la Loge
de Psyché pour la Farnésine d'Agosti-
no Chigi et des Loges Vaticanes, aux-
quelles Raphael, surchargé de travail,
re met pratiquement pas la main, tout
‘Ange aux bas lev, 1510 ens - Ede pour le
Carlo dune des mosques de coypoe de lo
chapel Chigide Sointe Mace du Peuple 6 Rome,
fen surveillant de prés l'exécution de
ses projets. Depuis 1513, il est en effet
chargé de la conservation des antiqui-
‘és romaines par le pape Léon X qui
Ini confirme V’estime et la confiance de
son prédécesseur, si bien que ses der-
nigres années sont un tourbillon de
travail et de relations publiques. Paolo
Giovio écrit a ce propos: “La grande
intimité avec les puissants, conquise
avec une attitude faite de civilité et de
‘courtoisie, lui procura autant de re-
nommée que excellence de ses
ceuvres..". Une intimité qui ne se
transformera jamais en un hommage
servile ou de ladulation, comme le
montrent les portraits de ces puis-
sants, dans lesquels l'oeil du peintre
ne peut s'empécher de juger et de te-
nir compte de la réalité naturelle.
Une masse énorme de tra-
vail, donc, qui nest pas sans consé-
quence sur la santé de Y'atise, bien
plus que ses amours dont on sai quils
furent nombreux et intenses méme s'il
Wexiste aucun document pour nous
pemettre identifier ces femmes
dont fut "és amoureux’, ni celle "a
rée jusqu'au bout, selon les affzma-
tions de Vasari (la Femme voiléo, la
Fornarina?). Cet immense travail fut
toujours abattu avec une grace et une
sérénité qui semblent rier la fatigue et
les difficulté, ce qui entretint Vidée de
la nature “divine” et “sublime” de Tart
de Raphaél. Une réputation méritée
par a variété de son répertoize qui
déploie sur les murs des palais et les
rétables des églises beauté, perfec-
tion et harmonie avec une intelligence
aristique et une capacité de compré-
hension des ideaux humanistes qui
resteront inégalées. Aussi la fagon
dont il dirige son atelier est révélati-
ce de la personnalité aristique et hu-
maine de Raphael: ils entoure de per-
sonnalités remarquables comme Jules
Romain, luca Penni, Perino del Vaga,
Polidoro de Caravage auxquels il con:
fie de grands travaux quill survelle
avec discretion
Malgré la grice de sa veine
inépuisable, Rephaél est lui aussi mar-
qué par le temps et la fatigue. Dans
son Autoportrait avec le maize d'es-
crime de 1518 (Musée du Louvre), Ra-
phaél apparait avec la barbe, ses
Tongs cheveux séparés par une raie au
milieu, une expression mélancolique et
douce. Cette image est bien différente
de 'Autoportrait de sa jeunesse, Celui
du Louvre annonce en quelque sorte la
fin, la sienne, mais aussi celle de son
monde. En effet, le réve universel de Ju-
Jes Tl est en train de sffriter face a la
puissance et la volonté d’hégémonie de
Ja France et de Espagne. Quant au ré-
‘ve humaniste de Raphaél, il se révele
‘une illusion incapable de contrerla cr
se artistique qui s'amorce avec le Ma-
rigrisme; une crise prévue, voire pré-
parée, par Michel-Ange.
la Transfiguration (1518-20)
est Vexpression du malaise de R
phaél, de la peste de ses certitudes,
Cette ceuvre lui appartient dailleurs
entigrement: a la différence des au-
tes, il la peint seul, sans personne de
‘son atelier (ce fait est confirmé par la
restauration), et invente une composi-
tion inédite pour lui, sans perspective
ni symétrie, mais baignée d'une lumié-
re nouvelle, une ‘lumiére violente,
dramatique, qui donne beaucoup de
relief aux figures et laisse des zones
dans une trés grande ombre..". Liom-
bre et la lumiére qui, selon la tradition
populaire que Vasari a faite sienne, se
seraient manifestées la nuit de sa
mort, lorsque " le Vendredi Saint, la
muit, & farrivée du Samedi, a trois heu-
res, mourut le gentillissime et excel-
lentissime peintre Raphaél d’Urbino,
avec douleur universelle de tous et
plus grandement des doctes..” (lettre
de Marcantonio Michiel).
Dessn de intrude Parton dea chops Chigide Sine- Mari du Pup
quit réosée vers 1515,LE MARIAGE DE LA VIERGE
Dans ce tableau, Raphaél reprend les
motifs dela Remise des clefs du
Pérugin, dans atelier duquel il s'est
formé, et les transforme selon une
nouvelle idée de l'espace, née de la
Renaissance, qui implique la
participation de observateur.
De quelle fagon?
Dans la Remise des clefs, le Pérugin
dispose ses personages en ligne,
frontalement, a gauche et a droite des
protagonistes situés au centre, Cette
disposition axiale est soulignée parla
présence du petit temple octogonal
avec quatre portiques, placé en haut
derriére les personages, et parla
perspective centrale: le résultat est
Lléganécliiee
‘ciognal pln central
on! evalune ocupe
presque o mols de lo
scene, nes pos
en un élément
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caunes de son nae, le
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das le Movioge de
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